L’entité palestinienne doit être vaincue et détruite (info # 012509/16) Version imprimable
Analyse
dimanche, 25 septembre 2016

 

Par Guy Millière

 

Dans un texte récent publié par le magazine américain The Hill [la colline], Greg Roman, directeur du Middle East Forum [forum du Moyen-Orient] à Philadelphie, reprend un discours que Daniel Pipes, le fondateur et le président dudit forum, tient depuis des années, et que j’ai repris moi-même à mon compte : pour qu’il y ait une issue au conflit appelé conflit israélo-palestinien, il faut qu’il y ait un vainqueur et un vaincu, et il faut donc que l’entité palestinienne soit vaincue.

 

Ce discours repose sur une logique élémentaire : il s’agit d’une guerre, et une guerre n’est vraiment achevée que lorsqu’il y a la victoire de l’un et la défaite de l’autre. Une guerre sans vainqueur ni vaincu n’est pas terminée, et conduit, dans la quasi-totalité des cas, à une autre guerre. Ce discours s’impose d’autant plus dans le cas présent, car s’il y a d’un côté un pays démocratique, Israël, il y a, de l’autre, une entité totalitaire utilisant le terrorisme et la propagande à des fins génocidaires.

 

Une entité totalitaire, je l’ai écrit cent fois, veut tout, par définition, et ne respecte ni contrat ni traité ; elle peut être endiguée, elle doit être détruite si l’on veut qu’elle cesse de nuire. Une entité totalitaire utilisant le terrorisme et la propagande à des fins génocidaires est une nuisance qui implique sa destruction de façon plus rapide et plus drastique encore.

 

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Qui veut encore de la solution des deux Etats ?

 

Or Israël n’a pas vaincu l’entité palestinienne pour le moment. Israël ne l’a pas détruite, et cela explique la situation actuelle, qu’on peut décrire, au mieux, comme la gestion du statu quo, au pire, comme le maintien d’un abcès de fixation. Si Israël n’a pas vaincu et détruit l’entité palestinienne pour le moment, c’est parce qu’il existe, en Israël, des forces politiques et intellectuelles qui entretiennent l’illusion qu’une paix est possible avec l’entité palestinienne. Ces forces sont de gauche, et j’ai renoncé depuis longtemps à tenter de comprendre comment un esprit de gauche fonctionne et comment un homme ou une femme de gauche, confronté à une personne armée qui dit vouloir la tuer et qui brandit son arme, peut prétendre que la personne armée en question possède des cotés sympathiques.

 

Analyser les déficits cognitifs et les fantasmes délirants n’est pas de mon ressort. Si Israël n’a pas vaincu et pas détruit l’entité palestinienne pour le moment, c’est également en raison des pressions internationales qui ne cessent d’inciter Israël à s’arrêter avant d’avoir gagné et à stopper toutes les opérations armées menées contre ses ennemis avant que celles-ci soient allées à leur terme, aux fins qu’une solution négociée voie le jour.

 

Mais la solution négociée ne voit jamais le jour, et Israël se voit demander des concessions qui conduisent à un autre conflit armé, à d’autres négociations et à d’autres concessions israéliennes.

 

Ce que souhaite visiblement Greg Roman dans son texte est que des forces politiques et intellectuelles en Israël en viennent à vaincre les forces politiques et intellectuelles de gauche d’une façon suffisamment nette pour qu’il soit possible à Israël de vaincre et détruire à son tour l’entité palestinienne.

 

Je partage ce souhait, cela va de soi. J’aimerais que Binyamin Netanyahu soit parfois plus ferme. Je sais aussi que le contexte dans lequel il évolue n’est pas nécessairement propice à plus de fermeté. Je sais que, pendant les années Obama en particulier, il a été confronté à une administration américaine très hostile à Israël. Et je sais que, si par malheur Hillary Clinton est élue, cela n’annoncera en rien une amélioration.

 

Ce que souhaite Greg Roman est aussi, je pense, j’en ai parlé avec lui à Philadelphie il y a quelques semaines, lorsqu’à l’invitation de Daniel Pipes j’ai donné une conférence au Middle East Forum, que l’attitude internationale vis-à-vis d’Israël change. Je crains à cet égard que l’Europe reste dans la même attitude qu’aujourd’hui. L’Europe constitue le principal soutien de l’entité palestinienne et veut que celle-ci survive : les Européens n’ont pas, depuis longtemps, de sympathie débordante envers Israël, et c’est vraiment le moins que l’on puisse en dire.

 

Je pense que si Donald Trump est élu, ce qui relève d’un défi difficile, un changement d’attitude est envisageable. Si Hillary Clinton est élue, en revanche, aucun changement d’attitude ne pourra être envisagé.

 

Cela signifie-t-il que la situation présente risque de durer ? La réponse est oui, hélas. On peut aussi imaginer que l’entité palestinienne est susceptible de se vaincre elle-même en se décomposant sous le poids de l’insoutenable imposture qui est son essence.


 

 

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Grand restaurant cherche cuisinier Version imprimable
Communiqué
dimanche, 25 septembre 2016

 

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Grande soirée onusienne, énorme discours de Binyamin Netanyahu (info # 012309/16) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 23 septembre 2016

 

Nous avons republié ci-dessous l'article : Grande soirée onusienne, énorme discours de Binyamin Netanyahu (info # 012309/16) [Analyse radiophonique] avec son enregistrement, à 18h 54 heure israélienne, 17h 54 à Paris.

A cause d'un problème technique, il manquait la moitié de l'interview sur la version Youtube.

Nous vous prions de nous excuser pour cet inconvénient.

Sylvie Tobelem
La Ména


 

© Metula News Agency

 

Juffa, au micro de Yanik Farkas sur Radio Judaica :

 

Deux gros sujets d’analyse pour Juffa ce matin, les discours de Mahmoud Abbas et de Binyamin Netanyahu, hier, devant l’Assemblée Générale de l’ONU, et l’échec des tentatives américaine et russe d’instaurer un cessez-le-feu dans la Guerre Civile Syrienne, Juffa expliquant pourquoi la Syrie et l’Irak avaient définitivement cessé d’exister.

 

https://youtu.be/VfHJFL4GIiU [Youtube]

 

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/948977725212395/

 

Mahmoud Abbas

 

s’est exprimé dans la morosité, d’une voix fatiguée, évoquant "un rêve en train de disparaître", et la communauté internationale qui l’avait abandonné, lui et la cause palestinienne.

 

Contrairement à ses interventions précédentes sur cette scène, le chef de l’Autorité Palestinienne s’est adressé à une salle à moitié vide.

 

Il a évoqué des thèmes passéistes, frisant parfois le ridicule, à l’instar de l’intention de l’AP d’assigner la Grande-Bretagne en justice pour la déclaration Balfour, en novembre 1917, qui garantissait la création d’un foyer national juif en Israël.

 

Abbas a évoqué une prochaine tentative de faire adopter au Conseil de Sécurité une résolution condamnant la politique d’implantation israélienne, formulant le vœu que les USA n’useraient pas de leur veto face à cette initiative.

 

Il est revenu sur l’"occupation", sur l’"embargo à Gaza" et sur la prétendue destruction par Israël de lieux saints musulmans et chrétiens, dont personne n’a entendu parler. Il s’est enterré dans un discours agressif et guerrier, ne laissant apparaître aucune perspective de solution.

 

Un discours qui n’a manifestement plus la cote en Europe, accaparée par son combat contre l’islam radical, incapable de ne pas voir dans le Hamas palestinien l’un des acteurs de ce terrorisme.

 

Pas la cote non plus en Amérique, exclusivement concentrée sur son élection présidentielle, dans l’attente, non sans risque pour Abbas, de découvrir la prochaine politique moyenne-orientale du nouveau président.

 

Et plus la cote, et c’est à peine plus surprenant, dans le monde arabe, qui voit de plus en plus en Israël un allié indispensable dans la lutte face à l’expansion iranienne, et qui traîne la cause palestinienne comme un boulet encombrant.

 

 

Binyamin Netanyahu

 

Face à la dépression du leader palestinien, Netanyahu a présenté et "interprété" – quel acteur, quelle perf ! – un discours optimiste, plein et millimétré. [Voir la totalité de l’intervention du 1er ministre israélien].

 

Le Premier ministre hébreu a commencé par régler son compte à l’ONU et aux autres institutions internationales, dont il a condamné l’"obsession israélienne", qualifiant l’Assemblée Générale de "disgrâce", le Conseil des Droits de l’Homme de "plaisanterie", et l’UNESCO de "cirque".

 

Cela serait vraisemblablement tombé dans l’oreille d’un sourd si le président du Conseil israélien n’avait pas fourni quelques chiffres stupéfiants en soutien de ses allégations, tel le fait qu’en 2017, l’Assemblée Générale avait prononcé 23 condamnations, 20 contre Israël et 3 contre le reste du monde.

 

Ce qui a autorisé Netanyahu à déclarer, ce que tous les ambassadeurs présents à Manhattan savaient déjà, à savoir que "l’ONU avait commencé comme une force morale et qu’elle était devenue une farce".

 

Il a rappelé l’évidence, qui veut qu’en concentrant leur temps et leur énergie sur Israël, les institutions internationales ne faisaient pas que fragiliser l’Etat hébreu mais manquaient à leur fonction consistant à améliorer les relations entre les peuples et les conditions de vie humaines, à garantir les droits de la femme ainsi que les droits fondamentaux des dizaines de millions de personnes vivant sous les dictatures.

 

Ce qui découlait de cette constatation était que l’acharnement biaisé et hystérique contre Israël, seul Etat laïc et libéral du Proche-Orient, permet en fait aux régimes totalitaires de préserver le statu quo et de continuer à persécuter leurs ressortissants sans être dérangés.

 

Mais Netanyahu a annoncé un changement fondamental dans le monde arabe, qui ne va pas tarder à s’exprimer publiquement à l’ONU selon lui, constatant que "c’était la première fois, dans sa vie, que beaucoup de ces Etats ne nous considèrent pas comme un ennemi mais comme un partenaire".

 

Le monde a besoin d’Israël pour combattre le terrorisme et afin de développer les technologies de demain, a martelé l’Israélien, souvent sous les applaudissements nourris de l’assistance. Il a expliqué de manière convaincante, que s’il était nécessaire de trouver des solutions au problème des implantations, ces dernières n’étaient pas la cause du conflit israélo-arabe ; pour asseoir ce propos, Netanyahu a rappelé à bon escient qu’avant 1967, l’ensemble de la Cisjordanie – y compris la partie orientale de Jérusalem – et Gaza se trouvaient entièrement en mains arabes, qu’il n’existait aucune implantation, et que cela n’avait pas empêché les Arabes de lancer trois guerres d’extermination contre Israël.

 

Fort de cette démonstration historiquement incontestable, le 1er ministre a invité M. Abbas à faire un choix, celui de la confrontation et du soutien au terrorisme ou celui d’engager des négociations de paix directes. Jusqu’à ce que l’AP prenne la bonne décision, pour Netanyahu, lorsque les Palestiniens parlent de libérer les implantations, ils pensent particulièrement à Tel-Aviv, Jaffa et Haïfa.

 

Il a reconnu qu’il existait un terrorisme juif marginal, comme dans toute société, mais, qu’à l’inverse de l’Autorité Palestinienne, les "leaders israéliens condamnent le terrorisme juif pendant que l’AP célèbre les siens". Le Premier ministre complétant : "Nous emprisonnons nos terroristes pendant qu’ils paient les leurs", faisant allusion aux rentes versées par l’AP aux assassins de Juifs, notamment de civils sans défense, ainsi qu’aux familles de ces terroristes.

 

Binyamin Netanyahu s’est brièvement pris pour un jeune palestinien, Ali, pour énumérer toutes les incitations à la haine, au racisme et à l’assassinat d’Israéliens que celui-ci subissait au cours de sa journée d’écolier, sur le chemin de son établissement scolaire, dans la rue baptisée au nom d’un assassin d’enfant israéliens, dans ses manuels scolaires, à la télévision, dans les journaux et à la radio, n’hésitant pas à citer in extenso les appels au meurtre prononcés par Mahmoud Abbas.

 

Ce qui ne l’a pas empêché d’inviter le président de l’autonomie palestinienne à s’exprimer devant la Knesset, se déclarant prêt, pour sa part, à s’adresser au parlement palestinien à Ramallah.

 

Bibi n’a pas manqué non plus de fustiger la théocratie perse, qui appelle régulièrement à l’anéantissement d’Israël et qui étend son emprise sur ses voisins et exporte son terrorisme sur cinq continents. Il a promis que son pays ne permettra pas à l’Iran de développer des armes nucléaires, "pas maintenant, ni dans une décennie, ni jamais".

 

Sans juger des intentions réelles des uns et des autres, nous avons écouté de la part du Premier ministre israélien, un discours de confiance, de paix, de progrès, de succès, de sécurité, de partage du savoir avec les peuple d’Afrique et de la région, le tout énoncé dans un anglais à la fois parfait et accessible.

 

Face à l’allocution interminable [deux fois le temps imparti] d’Abou Mazen, déprimée et désespérante, rancunière, dénuée de perspective et d’espoir, il fallait, hier à l’ONU, être un délégué de la "République" Islamique d’Iran, ou de la Corée du Nord, pour ne pas se laisser charmer par les propositions du chef de l’exécutif de Jérusalem.

 

 

 
Une première : le Dôme de Fer intercepte deux obus en Syrie (info # 011709/16) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 17 septembre 2016

 

© Metula News Agency

 

Métula, samedi 23h54, 22h54 à Paris

 

Pour la première fois depuis l’introduction du Dôme de Fer en 2010, celui-ci a été utilisé ce samedi sur le front syrien.

 

A vrai dire, la région du Golan a connu une journée mouvementée ; en début d’après-midi les échanges d’artillerie entre l’Armée gouvernementale et les rebelles du Front du Sud [membres de l’Armée Syrienne Libre] atteignaient des cadences infernales, et, grâce au vent d’Est, les détonations faisaient trembler les demeures du Doigt de la Galilée.

 

Une équipe de reporters de guerre de la Ména se trouvait ainsi sur place, lorsque, vers 14h30, un obus de mortier tiré à partir du territoire syrien était intercepté par un missile Tamir lancé par une batterie du Dôme de Fer [héb. : Kipat Barzel].

 

Le scénario se répétait un peu plus tard, lorsqu’un second obus de mortier était à nouveau touché en vol et anéanti par le Dôme de Fer.

 

Ce n’est pas la première fois qu’une batterie de ce type parvient à neutraliser un obus de mortier, c’est déjà arrivé à plusieurs reprises sur le front de Gaza, mais cela n’en reste pas moins un exploit technologique de pointe.

 

En effet, le Dôme et son radar doivent, pendant une période de vol du projectile allant uniquement de 5 à 15 secondes, l’identifier, calculer sa trajectoire, et l’intercepter à l’aide d’un missile. Nous l’avons déjà écrit dans ces colonnes, cela confine à de la science-fiction.

 

Ce qui est également exceptionnel à propos des interceptions de ce samedi, réside en cela que les deux obus de mortier – le porte-parole de Tsahal l’a confirmé – n’auraient pas explosé en Israel s’ils avaient pu poursuivre leur course.

 

Le porte-parole de Tsahal a déclaré à notre oreille, qu’au vu de la courte durée du vol de ce genre d’armes, il avait été décidé de les anéantir par mesure de précaution et en considération du risque qu’elles explosent en Israël.

 

Les experts de la Ména ne sont pas totalement convaincus par cette explication, considérant principalement que des dizaines (voire plus) d’obus de mortier et de roquettes sont quotidiennement échangés entre les belligérants syriens précisément dans cette région, sans que jamais jusqu’à ce jour le Kipat Barzel ne soit intervenu.

 

A la Ména nous émettons l’hypothèse théorique que Tsahal ait voulu protéger quelque chose ou quelqu’un qui se trouvait au moment des tirs du côté syrien du Golan. Sans que nous possédions le moindre indice factuel à ce sujet, si, par exemple, un commando "ami" s’était trouvé à ces moments en opération en Syrie, le tir de missiles Tamir aurait été tout aussi plausible que la version communiquée par le porte-parole de l’Armée.

 

En plus des incidents que nous venons de relater, le Hezbollah ainsi que l’agence officielle d’information syrienne SANA, ont affirmé ce soir que des drones israéliens avaient frappé un objectif de l’Armée gouvernementale et de ces alliés à proximité de la ville de Khan Arnabeh [à quatre kilomètres de la frontière israélienne], tuant un soldat et en blessant plusieurs autres.

 

D’autres sources arabes ont fait état d’autres attaques aériennes israéliennes contre des batteries de l’artillerie gouvernementale.

 

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Une position rebelle (et un rebelle), cette après-midi,

à quelques mètres de la frontière israélienne

Photo Cindy Gzaeil © Metula News Agency

 

Ces deux informations sont formellement démenties par le porte-parole de Tsahal. De plus, nos reporters sur le terrain qui se trouvaient sur un poste d’observation avantageux n’ont pas enregistré d’attaques aériennes israéliennes durant la période concernée.

 

La probabilité la plus envisageable concernant ces prétendues attaques israéliennes consiste en ce que les positions de l’Armée gouvernementale syrienne aient été atteinte par des tirs rebelles, et qu’il est plus glorieux pour Damas de prétendre que ses soldats ont été touchés par Tsahal que par l’Armée Syrienne Libre.

 

Toujours en Syrie, mais à proximité de la frontière iraquienne cette fois, l’Aviation américaine a effectué un bombardement dans la zone de Deir ez-Zor tuant 90 soldats de l’Armée régulière syrienne.

 

Un porte-parole U.S. a fait savoir que les pilotes américains pensaient viser des cibles appartenant à DAESH [l’Etat Islamique en Iraq et en Syrie] ; la Russie, pour sa part, accuse les Etats-Unis de cette erreur qu’elle attribue au "refus entêté" de Washington de coordonner ses opérations militaires en Syrie avec Moscou.


 
L’analyse radiophonique hebdomadaire de Stéphane Juffa (info # 011609/16) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 16 septembre 2016

 

© Metula News Agency

 

Juffa, au micro de Yanik Farkas sur Radio Judaica :

 

https://youtu.be/8dFg75GQV2I (Youtube)

 

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/943883812388453/ (Facebook)

 

Au sommaire :

 

1. L’état de santé et l’œuvre de Shimon Peres

 

2. L’accord, cette semaine, sur le prêt américain à Israël de 34 milliards d’euros sur 10 ans

 

Cela risque de ne pas suffire

Israël ne pourra plus compter sur le Congrès U.S

Cela met l’industrie militaire israélienne en grand danger

Le résultat de l’"entêtement" de Binyamin Netanyahu selon Ehud Barak

Un accord non-révisable, à moins que… Donald Trump ne remporte l’élection présidentielle

 

3. La situation explosive sur le Golan

 

16 roquettes en provenance de Syrie explosent sur le territoire israélien

Les ripostes de Tsahal

Se défendre sans s’empêtrer dans la Guerre Civile Syrienne

 

4. Premier reportage de guerre pour Cindy Gzaiel, stagiaire à la Ména

 

5. Coupe d’Europe : Hapoël Beersheva bat l’Inter à Milan 2 à 0 avec la manière

 

 

 
Le terrible bilan des années Obama (info # 011109/16) Version imprimable
Analyse
dimanche, 11 septembre 2016

 

Par Guy Millière

 

L’heure du bilan des années Obama approche à grands pas. Il n’y a pas grand-chose à ajouter à ce que je décris dans mon livre "Après Obama, Trump ?". Tout lecteur qui veut comprendre l’ampleur de la catastrophe aura à cœur de le lire.

 

Tout s’est déroulé, hélas, comme je l’avais prévu dès le moment où Obama a été élu. Barack Obama a bien été un désastre pour les Etats Unis et un désastre planétaire. Que nombre de journalistes européens et israéliens ne s’en soient pas encore aperçu en dit long sur leur cécité, mais ne change rien aux faits.

 

Comme je m’y attendais depuis 2009, Obama va laisser un Proche Orient ravagé, disloqué, jonché de cadavres et de suppliciés. La Syrie et l’Irak n’existent plus et la guerre y a fait plus de quatre cent mille morts. Une monstruosité appelée Etat Islamique a pris forme et consistance et, tel un cancer produisant des métastases, il est désormais actif dans une vingtaine de pays de la planète. C’est encore sans compter les djihadistes qui se sont disséminés en Europe en s’infiltrant au sein des vagues de “migrants”.

 

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La Turquie d’Erdogan est devenue une dictature islamique. Le croissant chiite dont rêvaient les mollahs de Téhéran est en train de devenir une réalité. Les Kurdes sont abandonnés au profit de l’alliance Moscou-Téhéran-Ankara. Le Sinaï est parcouru par des bandes djihadistes. La Libye aussi.

 

Le seul point relativement positif dans cet effroyable ensemble est le rapprochement qui s’est opéré entre Israël et ce qu’on appelle généralement les régimes sunnites du statu quo, l’Arabie Saoudite, l’Egypte de Sissi, la Jordanie et les pétromonarchies du Golfe. Mais ce rapprochement semble largement revêtir un caractère de circonstance face à la montée en puissance de l’Iran.

 

Des documents récemment mis au jour et publiés dans la presse du monde qui parle anglais exposent ce que j’ai évoqué plusieurs fois : à savoir qu’Obama a jeté son dévolu - au printemps 2009, quand le peuple iranien s’est soulevé – sur la dictature des mollahs avec laquelle il voulait s’entendre et dont il voulait voir le pouvoir consolidé.

 

Cela n’a pas été de la part d’Obama de l’indifférence ou de l’indécision, comme d’aucuns l’ont écrit à l’époque, mais bel et bien une trahison. Ces mêmes documents montrent, comme je l’ai également relevé, qu’Obama n’ignorait rien des conséquences d’un retrait total des troupes de combat américaines d’Irak à la fin de 2011, et savait donc tout à la fois que Bagdad passerait dans l’escarcelle des mollahs, et qu’une déferlante islamiste s’abattrait sur le Nord du pays et sur la Syrie sunnites.

 

Ils montrent que lorsque l’Etat Islamique s’est constitué, Obama n’a rien fait pour l’arrêter ou l’écraser. Ils montrent, en outre, qu’en signant l’accord sur le nucléaire de juillet 2015 avec les mollahs, Obama savait qu’il faisait des concessions majeures qui auraient des conséquences lourdes et feraient peser un danger vital permanent sur Israël.

 

D’autres documents indiquent qu’Obama s’est conduit en ennemi d’Israël autant que cela lui était possible et est responsable de la divulgation des plans d’attaque élaborés par Israël contre les installations nucléaires iraniennes.

 

Ceux qui voudraient consulter ces documents en trouveront les références dans "Après Obama, Trump ?".

 

Ce que nul ne peut savoir encore est ce qu’Obama fera au cours des semaines qui lui restent à la présidence, et surtout, au cours de la période qui s’écoulera entre l’élection de son successeur et celle de l’entrée en fonction de celui-ci.

 

Connaissant Obama, je pense qu’il voudra finir sa présidence en apothéose.

 

Il fera tout, c’est une évidence, pour renvoyer les derniers djihadistes enfermés à Guantanamo vers les zones de combat où ils pourront à nouveau s’adonner à leurs activités favorites, et pour tenir ainsi, sous les yeux extatiques des gauchistes du monde entier, sa promesse de 2008 de fermer la base de Guantanamo.

 

Il envisage aussi très sérieusement de ne pas exercer son droit de veto lorsque la motion que préparent de concert les dhimmi de Hollande en France et les islamistes de l’Autorité Palestinienne sera présentée cet automne aux Nations Unies.

 

Cela entrainerait la reconnaissance par les Nations Unies d’un Etat terroriste de plus, l’Etat palestinien, qui n’existerait que sur le papier, mais deviendrait un outil supplémentaire pour accuser Israël de violer le droit international. On peut s’attendre à ce que la motion soit présentée après le 8 novembre, aux fins de ne pas entrainer de réticences au sein de l’électorat juif américain, et de s’assurer que ce dernier votera massivement pour Hillary Clinton.

 

J’explique dans "Après Obama, Trump ?" que, succédant au désastre étasunien et planétaire causé par Obama, un président à même d’entamer un redressement serait indispensable ; et j’explique pourquoi tant d’Américains ont choisi Donald Trump, ce qui reste, à l’évidence, un mystère pour la plupart des journalistes européens et américains.

 

 

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L’article le plus bête de 2016 (info # 010709/16) Version imprimable
Réinformation
mercredi, 07 septembre 2016

 

Par Ilan Tsadik

 

Avec AFP

 

Votre serviteur est tombé sur l’article le plus stupide publié dans la presse internationale en 2016, à moins que ce ne soit depuis le début du XXIème siècle. Mais je ne peux l’affirmer, n’ayant pas eu le temps matériel de relire tout ce qui s’est écrit depuis l’an 2 000.

 

Le chef-d’œuvre est à mettre au crédit de l’agence semi-étatique française AFP, reproduit et parfois augmenté par ses perroquets habituels, soit pratiquement l’ensemble des media francophones mainstream. "Augmenté", car certains journaux et agences, à l’instar du Figaro et du Monde, pour justifier de leur "différence", ont partiellement re-rédigé la dépêche à leur sauce, en prenant le plus grand soin de ne rien altérer de l’information proposée par la centrale française.  

 

Je reproduis d’abord le nectar de ce fleuron du journalisme, version Le Monde, en abandonnant la seconde partie du câblogramme, qui n’a rien à voir avec mon analyse :

 

            "La Turquie assure avoir chassé l’Etat islamique de la frontière syrienne

Le Monde.fr avec AFP | 04.09.2016 à 20h56 • Mis à jour le 05.09.2016 à 09h59

 

Le premier ministre turc, Binali Yildirim, a annoncé, dimanche 4 septembre, que la frontière turco-syrienne avait été totalement sécurisée après que les forces turques et les rebelles syriens soutenus par Ankara ont chassé l’organisation Etat islamique (EI) des dernières zones qu’elle contrôlait. « Depuis Azaz jusqu’à Djarabulus, notre [bande frontalière] (sic) de 91  kilomètres a été totalement sécurisée », a assuré M. Yildirim lors d’un discours télévisé.

 

Un peu plus tôt, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) avait affirmé que l’EI avait perdu ses dernières positions sur la frontière turco-syrienne. « L’EI n’a plus de contact avec le monde extérieur après avoir perdu les derniers villages frontaliers entre la rivière Sajour et [la localité] d’Al-Raï1 », a indiqué l’Observatoire.

 

« Les rebelles et les factions islamistes soutenus par les chars et l’aviation turcs » se sont emparés de plusieurs villages frontaliers « après que l’EI s’est retiré, mettant fin à sa présence (…) sur la frontière », avait encore précisé l’OSDH.

 

Les milices kurdes également visées

La perte de cette zone frontalière prive l’EI de points de passage pour ses recrues et pour son approvisionnement depuis la Turquie, même si l’organisation djihadiste sunnite contrôle encore de larges pans de territoires en Syrie et en Irak.

 

La Turquie a lancé, le 24 août, l’opération militaire « Bouclier de l’Euphrate » dans le nord de la Syrie, affirmant viser tant l’EI que les milices kurdes qui ont eux-mêmes (sic) joué un rôle majeur pour chasser les djihadistes d’une grande partie de la frontière.

 

[…]".

 

Je n’ai rien à redire au sujet de la déclaration du premier ministre turc (premier paragraphe), à part que beaucoup de choses résident dans l’interprétation que l’on fait de la phrase "notre bande frontalière de 91 kilomètres a été totalement sécurisée". Familiers de la politique menée par le régime de M. Erdogan, nous ne doutons pas un instant que la signification que lui donnait Binali Yildirim était : la Turquie s’est assurée de conserver un vaste corridor communicant avec DAESH, et, partant, de la survie de DAESH, et surtout, elle s’est assurée d’empêcher la formation d’une entité kurde continue sur sa frontière internationale. Cela, l’AFP et ses copie-colleurs ne l’ont pas discerné, mais on ne peut pas leur reprocher de ne pas comprendre la géopolitique moyen-orientale.

 

C’est en progressant dans la suite de l’article que l’on tombe véritablement dans l’abîme, quand AFP-Le Monde choisissent de citer l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, lorsque celui-ci prétend que "L’EI [DAESH] n’a plus de contact avec le monde extérieur après avoir perdu les derniers villages frontaliers entre la rivière Sajour et [la localité] d’Al-Raï1".

 

Ce choix est conforté par les confrères français, qui affirment à leur tour : "La perte de cette zone frontalière prive l’EI de points de passage pour ses recrues et pour son approvisionnement depuis la Turquie".

 

Sans nous mêler de la logique inhérente à l’article – d’y ajouter notre grain de sel -, nous prenons simplement bonne note du fait qu’avant l’opération "Bouclier de l’Euphrate", c’est-à-dire avant le 24 août dernier, la totalité des fournitures de l’Etat Islamique-DAESH en hommes et en matériel transitait par la Turquie. Les armes et les documents saisis sur les miliciens de l’organisation tués ou faits prisonniers confirment par ailleurs cette affirmation sans l’ombre d’un doute sensé.

 

Nous avons donc demandé à notre service cartographique de dresser la carte de la frontière syro-turque telle qu’elle apparaissait avant Bouclier de l’Euphrate. On y distingue, en vert, des deux côtés de la frontière internationale, les territoires entièrement contrôlés par Ankara et par son armée, en vert foncé, la frontière de facto de l’Empire ottoman en Syrie, et trois triangles bleus figurant les points de passage qui permettaient à DAESH de se ravitailler auprès d’Erdogan.

 

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Ca, c’était "avant", quand la Turquie et DAESH avaient une frontière commune

 

Maintenant tout a changé, à en croire AFP-Le Monde, comme on le constate aisément en consultant la nouvelle situation qui prévaut après le 4 septembre, depuis que le Califat Islamique a perdu tout "contact avec le monde extérieur". Des contacts qui, rappelons-le, quitte à verser dans le théâtre de l’absurde, passaient exclusivement par… la Turquie.

 

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Ca, c’est maintenant : le contact géographique Turquie-DAESH est plus

étendu qu’il ne l’a jamais été et la coalition anti-DAESH a été neutralisée

par des moyens politiques

 

A force de réécrire au quotidien la réalité du monde, à la guise du Quai d’Orsay et de l’intelligentsia française, sous la férule de l’Agence France Presse qui ne cesse de donner le ton, et de tous les media qui dansent sur sa musique, sur ce coup, ils sont tous passés ensemble à la trappe réservée aux cancres.

 

Car la Turquie contrôlait déjà les échanges avec DAESH avant Bouclier de l’Euphrate, et ce contrôle était même plus aisé qu’aujourd’hui, puisqu’il s’exerçait à partir d’une frontière internationale renforcée par une clôture quasi ininterrompue et supervisée à partir de positions militaires établies depuis des décennies. Si Erdogan avait voulu étrangler l’EI, il n’aurait pas même eu besoin de tirer un seul coup de fusil, il lui aurait suffi de fermer ses points de passage.

 

En fait, pour vaincre l’Etat Islamique, il fallait impérativement le couper hermétiquement de la Turquie ; c’était l’objectif de la vaste offensive lancée le 31 mai par la coalition anti-DAESH qui réunissait les forces kurdes des YPG au sol, secondées par des militaires d’élite britanniques, français, allemands et américains sur Terre et dans les airs. On distingue d’ailleurs clairement les effets de cette offensive dans la région de Manbij sur les cartes ; le but consistait à réunir les cantons kurdes de Kobané et d’Afrin afin d’étouffer DAESH en le coupant de la Turquie afin de l’anéantir par la suite.

 

Mais au nez et à la barbe des Armées occidentales, pour une raison qui échappe aux états-majors, l’Administration Obama, suivie en cela par ses alliés occidentaux, a soudain décidé d’autoriser Erdogan à lancer Bouclier de l’Euphrate et à abandonner le projet de détruire l’Etat Islamique.

 

Ces considérations d’ordre stratégique sont sans doute insaisissables pour les confrères tricolores, ou peut-être le Quai a-t-il demandé à ses supplétifs médiatiques de noyer le poisson afin d’empêcher les mauvaises langues – elles sont rares dans l’Hexagone mais pas inexistantes – de poser les deux questions qui dérangeraient le gouvernement : que fait désormais l’Armée française en Syrie et où en est la campagne contre DAESH, l’auteur du massacre du Bataclan ?

 

Quoi qu’il en soit, l’AFP prend vraiment ses clients et le public pour des andouilles et s’est ridiculisée en cette occurrence.

 

Quant au fait de savoir pourquoi DAESH s’est retiré sans combattre de Jarabulus et des villages qu’il occupait, "mettant fin à sa présence (…) sur la frontière", lui qui a toujours vendu chèrement sa peau, on s’en souvient notamment à Manbij et à Kobané, n’hésitant pas à lancer des terroristes-kamikazes à l’assaut pour conserver chaque mètre de terrain islamisé, la réponse va de soi.

 

Les miliciens islamistes ne vont tout de même pas combattre les Turcs qui viennent leur sauver la mise, assurant leur approvisionnement et leur survie. Bouclier de l’Euphrate est, sans le moindre doute raisonnable, la bataille qui a fait le moins de victimes dans les rangs du Califat et même de toute la sanglante Guerre Civile Syrienne qui dure depuis cinq ans ; on se demande même s’il y a eu des morts parmi ses combattants car on n’en a pas vus.

 

Mais au fond, pour quelle raison se battrait-on entre musulmans, sunnites et islamistes ? Et puisqu’il y a des gringos d’infidèles qui croient tout ce qu’ils leur racontent et qui devancent même leurs histoires les plus incroyables, quitte à humilier toute une profession. Alors pourquoi se gêner ?

 

 

 

Note :

 

1L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (SOHR) n’est pas beaucoup plus brillant que ses confrères français puisque qu’il n’existe aucun village "entre la rivière Sajour et [la localité] d’Al-Raï", pour la raison assez simple que la rivière Sajour traverse Al Raï.


 
Le jour où Obama a sauvé DAESH (info # 010209/16) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 02 septembre 2016

 

© Metula News Agency

 

Juffa, au micro de Yanik Farkas sur Radio Judaica :

 

https://youtu.be/B_itoRT4RMM  (Youtube)

 

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/933131180130383/  (Radio Judaica)

 

En donnant le feu vert à Recep Erdogan pour entreprendre son opération "Bouclier de l’Euphrate", le Président Barack Obama a sacrifié tous les efforts concédés auparavant, notamment par l’Armée U.S, afin de priver le Califat Islamique de sa voie d’approvisionnement en armes, munitions et combattants en Turquie.

 

De plus, le président américain a retiré à la coalition anti-DAESH sa seule force terrestre, les Forces Démocratiques Syriennes, à prééminence kurde, capable de vaincre le Califat.

 

Celui-ci va se renforcer en Syrie et organiser de nouveaux attentats en Europe et dans le monde. Surtout, qu’en dépit de ses discours, Erdogan ne fait la guerre qu’aux Forces Démocratiques Syriennes depuis que son armée a franchi la frontière syrienne.

 

La lecture de la carte des opérations permet de conclure qu’Ankara coordonne son action avec l’Etat Islamique en Irak et en Syrie.

 

Le Pentagone, le ministère de la Guerre et l’état-major U.S s’émeuvent du déroulement des combats et tentent d’imposer un cessez-le-feu, tandis que John Kerry, Joe Biden et le Président Obama gardent un silence complice.

 

 

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Jarabulus ou les dessous d’un cessez-le-feu précaire (info # 010109/16) Version imprimable
Analyse
jeudi, 01 septembre 2016

 

Par Stéphane Juffa

 

Avec le reporter de la Ména dans le Rojava, Perwer Emmal

 

Le reporter de la Ména, Perwer Emmal, confirme qu’un cessez-le-feu entre l’Armée turque et ses supplétifs islamistes, d’une part, et les forces kurdes et leurs supplétifs du Conseil Militaire de Jarabulus, de l’autre, est respecté depuis mardi.

 

Depuis mardi, le front entre les deux camps s’est stabilisé sur la rivière al Sajour (voir la carte) et l’on ne note pas d’échanges de feu majeurs entre les belligérants. Le retour des Kurdes et de leurs alliés au sud de cette rivière était la condition posée par Ankara pour qu’elle accepte une trêve temporaire.

 

Le Conseil Militaire de Jarabulus a annoncé justifier ce retrait par les massacres perpétrés par des chasseurs-bombardiers turcs contre des civils syriens – arabes pour la plupart -, et pour enlever aux Turcs et à leurs auxiliaires toute "justification pour continuer le bombardement de villages et de civils".

 

La Ména est en mesure d’attester, avec d’autres observateurs sur le terrain, que deux villages du sud de Jarabulus, Job al Kosa et Maghr Sarisat ont en effet été les cibles de bombardements sans discrimination de la part de l’Aviation turque, causant la mort d’au moins 53 civils et en blessant 80 autres.

 

D’autre part, lors des combats au sud de Jarabulus entre les deux protagonistes, les Turcs se sont emparés de 23 villages ; certains d’entre eux ont été conquis après de durs combats, alors que le plus grand nombre a été abandonné par les forces kurdes parce qu’ils étaient indéfendables ou suite à l’ordre qu’elles avaient reçu de retraverser la rivière Sajour.

 

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La carte mise à jour le 1er septembre à midi

Service cartographique © Metula News Agency

 

Lors des combats qui ont impliqué, côté turc, une centaine de chars Patton M60 modernisés, une dizaine de combattants du camp kurde ont été tués et une vingtaine blessés ; de plus, six d’entre eux ont été faits prisonniers, exhibés et maltraités par les militaires ottomans, en parfaite transgression des conventions internationales régissant le sort des prisonniers.

 

Le camp turc a quant à lui perdu six soldats et/ou miliciens islamistes, eu une douzaine de blessés, dont au moins cinq sont dans un état sérieux, et compte cinq chars endommagés par leurs adversaires, dont trois sont dans un état irrécupérable.

 

De plus, l’Armée de Recep Erdogan annonce avoir provoqué la mort de plus de cent miliciens de DAESH-Etat Islamique en Irak et en Syrie. Elle est la seule à mentionner ces pertes ; selon la Ména, depuis le début de l’offensive "Bouclier de l’Euphrate", le 24 août dernier, moins de 15 membres de cette organisation sont effectivement morts, alors qu’ils s’en trouvaient plus d’un millier à Jarabulus avant l’attaque. Aux termes d’un accord secret avec Ankara, ces miliciens ont pu rejoindre sans encombres leur position d’al Bab, à 100 km par la route au sud-ouest de Jarabulus, alors qu’ils étaient exposés sans défense aux attaques des avions turcs et coalisés, qui participaient de concert à l’opération "Bouclier de l’Euphrate". D’autre part, Ankara n’a présenté aucune arme prise à DAESH, ce qui semble indiquer que ses membres ont été autorisés à quitter les lieux avec armes et bagages.

 

On rappelle, pour aider à comprendre la portée extraordinaire de ce qui précède, qu’Erdogan a justifié l’invasion partielle de la Syrie par le besoin d’éradiquer les terroristes de DAESH. Et que l’Amérique et l’Europe, notamment la France, le Royaume Uni et l’Allemagne, ont envoyé des avions et des troupes en Syrie et en Irak dans l’unique but déclaré de neutraliser l’Etat Islamique. Or s’ils ont eu l’opportunité de coincer un millier de miliciens islamistes, entièrement encerclés dans la poche de Jarabulus et qu’ils ne l’ont pas fait, il y a urgemment lieu de se demander ce qu’ils sont venu faire dans cette région du monde.

 

Les trois officiers commandant l’opération contre les FDS (Forces Démocratiques Syriennes) font partie de l’Armée turque, s’agissant du Lieutenant-Général Zekai Askakalli (commandant en chef de l’opération), de son second, le Lieutenant-Général Metin Temel, et du commandant de la division Sultan Murad, le Colonel Ahmed Othman.

 

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Un char turc en Syrie

 

L’existence du cessez-le-feu est confirmée par diverses sources militaires américaines. En revanche, et bien qu’elle le respecte de facto, la Turquie nie avoir accepté une cessation des hostilités avec les Kurdes.

 

En fait, et on le constate à la lecture de la carte, l’armada turque, depuis le début de son incursion en Syrie, n’a livré bataille qu’aux forces kurdes et à leurs alliés. La totalité de ses blindés s’est déployée au sud de Jarabulus, là où se trouve l’Armée Démocratique Syrienne, à laquelle les Ottomans ont enlevé 23 villages, alors qu’aucune initiative militaire n’a été prise en direction de l’Ouest, où se situent les positions du Califat Islamique.

 

Plus symptomatique encore de l’existence d’une authentique coalition turco-DAESH, les miliciens expulsés de Jarabulus et autorisés à se rendre à al Bab sont allés immédiatement renforcer les défenses des djihado-islamistes face aux FDS et notamment à leur "conseillers" occidentaux. Ainsi, les opérations anti-Daesh dans le secteur d’Arima n’ont pas progressé d’un seul kilomètre depuis le 24 août, les Kurdes ayant besoin de recourir à l’ensemble de leurs forces stationnées outre-Euphrate pour tenter de contenir les Turcs.

 

Et comme si cela ne suffisait pas pour dénoncer l’alliance discrète entre Ankara et Raqqa, les miliciens de DAESH mènent ces jours des multitudes d’attaques contre les positions dégarnies de la coalition censée les combattre. Tout cela, de la faute des Turcs et du feu vert que leur ont accordé les Américains et les Européens pour entrer en Syrie.

 

Constatant les mêmes choses que nous, mais avec surprise en ce qui les concerne, à savoir qu’il existait une entente entre Erdogan et DAESH et que "Bouclier de l’Euphrate" ne constitue qu’un rideau de fumée pour aider le califat à combattre la coalition venue l’éradiquer, l’Establishment de la Défense U.S a réagi. Avec les alliés européens, ce sont les Américains qui ont fait pression sur Ankara pour qu’elle interrompe la guerre qu’elle livre aux Kurdes.

 

C’est ainsi le porte-parole de l’état-major U.S [le Central Command], le Colonel John Thomas, qui a informé "avoir reçu les assurances de toutes les parties impliquées  qu’elle allaient cesser de tirer l’une sur l’autre afin de se concentrer sur la menace constituée par l’Etat Islamique".

 

Lundi dernier, le Secrétaire américain (ministre) à la Défense, Ash Carter, avait appelé la Turquie "à rester concentrée sur le combat contre l’Etat Islamique et à ne pas engager les FDS".

 

Quelques heures plus tard, le Secrétaire chargé de la presse du Pentagone, Peter Cook, renchérissait, en qualifiant d’ "inacceptables ces affrontements [entre Turcs et Kurdes], affirmant qu’ils représentaient un sujet de vive préoccupation".

 

Mardi, le chef d’état-major U.S, le Général Joseph Votel, admettait implicitement, à l’occasion d’une conférence de presse, que son pays avait été floué par Erdogan par ces propos : "Au début, lorsque la Turquie identifia une opportunité de combattre l’Etat Islamique à Jarabulus, les forces américaines soutinrent cette offensive, mais lorsqu’ils ont commencé à se concentrer sur quelque chose d’autre que DAESH, nous fûmes contraints de retirer notre concours à cela".

 

Ce qui a retenu l’attention des analystes de la Ména est que tous les responsables U.S à avoir exprimé leur surprise et à avoir œuvré pour l’instauration d’un cessez-le-feu – le Central Command, le Pentagone et le Secrétariat à la Défense – appartiennent à l’Establishment de la Défense. En revanche, aucun membre de l’appareil politique du gouvernement qui a octroyé à Erdogan le feu vert pour "Bouclier de l’Euphrate" – le Secrétaire d’Etat John Kerry, le Vice-Président Joe Biden et le Président Obama – n’a pipé mot sur ces deux sujets.

 

Cette dichotomie est sans aucun doute à l’origine d’un profond malaise, à croire que l’Army a choisi les Kurdes et la neutralisation de DAESH, tandis que la Maison Blanche a opté pour leurs ennemis turcs et la préservation de DAESH. Or si l’offensive d’Ankara contre les FDS s’était poursuivie, ou si elle reprenait, la coalition pro-turque à laquelle participe l’Air Force, se retrouverait à combattre la coalition anti-Daesh des FDS, qui compte les commandos américains des Special Operations Forces (SOF) dans ses rangs.

 

Perwer Emmal a vu des SOF à Manbij pas plus tard qu’avant-hier. Ils se trouvaient à moins de 10 km de l’avant-garde de l’Armée turque, et largement à portée de son artillerie.

 

Certains, aux Etats-Unis, croient que le tandem Obama-Kerry n’éprouve que du mépris pour l’Armée américaine et pour la sauvegarde des intérêts stratégiques américains à l’extérieur des frontières des USA. A la Ména, nous ne tranchons pas dans cette polémique, mais nous jugeons tout de même particulièrement étrange – et là, c’est clairement un euphémisme – que le 31 mai, le Pentagone lance les Kurdes à la conquête de Manbij, en les assurant de son appui aérien et au sol, dans le but unique d’isoler DAESH de la Turquie, et que le 24 août suivant, le Président Obama autorise Recep Erdogan à employer la force pour empêcher la réalisation de cet objectif.

 

Dans Manbij, ce furent des armes et des munitions turques qui ont tiré sur la coalition anti-DAESH, et, contrairement à Jarabulus, ces équipements ont été largement présentés à la presse internationale. Et ce n’est pas tout : dans Manbij libérée, le Renseignement U.S a mis la main sur des milliers de dossiers – qui prendront encore des mois à disséquer – démontrant, au-delà de tout doute possible, la collusion, la coopération, l’envoi de renforts à l’Etat Islamique [avec des noms, des origines et des dates d’arrivée], les traces du commerce et de l’identité d’intérêt entre le Califat Islamique et le régime de M. Erdogan. Mais pourquoi ne s’entendraient-ils pas, les deux sont islamistes, sunnites et nourrissent la plus grande détestation pour l’Occident et ses valeurs ? Or l’Amérique ne peut pas ignorer ces faits, puisque c’est elle qui s’est chargée de la saisie et de l’étude des documents en question.

 

Certes, DAESH a commis des attentats meurtriers en Turquie, mais ceux-ci n’avaient rien à voir avec des différends idéologiques : ils avaient trait à des disputes de caractère maffieux concernant des paiements en retard, des délais dans l’acheminement des armes et des volontaires, ainsi que des pressions et des contre-pressions. De plus, personne n’a jamais évoqué une quelconque "amitié" entre les deux entités, car il n’existe pas d’amitiés dans cette partie du monde, mais uniquement des intérêts communs menant à des collusions.

 

Pour accepter de pérenniser le fragile cessez-le-feu, Erdogan exige désormais que toutes les forces kurdes – que les militaires américains avaient transportées à l’ouest de l’Euphrate – retraversent ce fleuve en sens inverse. Or il existe une équation fort simple dans la Guerre de Syrie : la seule force au sol capable de défaire DAESH est constituée par les YPG, les Unités de Protection du Peuple kurde ; si les YPG regagnent l’est de l’Euphrate et se trouvent confinés dans un rôle défensif face à l’agressivité d’Erdogan, il n’y aura plus personne de crédible pour anéantir le Califat Islamique, dont l’emprise au Moyen-Orient et dans le reste du monde recommencera à s’affirmer.

 

Dans les autres media, on attribue la plupart du temps à Barack Obama des décisions allant dans le sens de la Realpolitik, mais depuis quand la Realpolitik consiste-elle à protéger ses ennemis au détriment de ses propres intérêts, de sa propre armée et de ses amis ? Qu’est-ce que l’Amérique a gagné en permettant à DAESH de continuer à s’approvisionner en Turquie pour tout ce qui lui manque ? Quel intérêt ont les Etats-Unis à aider le dictateur Recep Erdogan à affermir son emprise islamiste et manifestement antidémocratique sur la Turquie, tout en empêchant les Kurdes, démocrates et laïcs, de réaliser leur émancipation politique ?

 

Visiblement, outre le Pentagone, le General Command et la Ména, les alliés européens ne voient pas de Realpolitik dans la démarche d’Obama, mais uniquement quelqu’un qui se tire une balle dans le pied. A commencer par l’Allemagne, qui s’est distanciée du grand n’importe quoi obamien, suivie par la Grande Bretagne qui exprime sa gêne, et même par le Président Hollande, qui, dans le vocabulaire abscons qui le caractérise a tout de même balbutié que la guerre contre les FDS ne se justifiait pas, et mis en garde contre l’éventualité d’un élargissement du conflit syrien.

 

A Manbij sitôt libérée, les femmes se sont débarrassées des niqab que l’Etat Islamique les obligeait à porter sous peine de mort. A Istanbul, où le corps des femmes se couvre de plus en plus, on ne parle pas, dans les rares journaux encore autorisés à paraître par le sultan, de libérer Manbij mais de la "reconquérir", ce qui représente plus qu’un simple symbole.

 

Et si Erdogan, qui n’a aucune intention de faire la guerre à DAESH, se remet à marcher sur Manbij, que les Kurdes, privés d’aviation, de blindés et d’artillerie n’ont aucune chance de pouvoir tenir seuls, comment réagira la coalition anti-DAESH ?

 

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La bataille de Jarabulus n’a pas eu lieu (info # 012508/16) Version imprimable
Exclusivité
jeudi, 25 août 2016

 

Par Stéphane Juffa

 

avec Perwer Emmal sur la ligne de front avec les Peshmerga

 

Quelques heures après le début de l’offensive turque d’hier (mercredi) contre Jarabulus, les supplétifs d’Ankara, les soi-disant rebelles de l’Armée Syrienne Libre, annonçaient triomphalement qu’ils avaient conquis la ville et défait les miliciens de DAESH. Depuis, ils inondent le Net avec des selfies qui les montrent paradant dans la cité déserte où flottent encore les drapeaux de l’Etat Islamique. Ils ont eu… un mort lors de leur glorieuse conquête ; rien à voir donc avec les 75 jours de résistance acharnée des combattants islamistes à Manbij et les 4 200 morts qu’elle leur a coûtés.

 

A cela, une raison très simple : la bataille de Jarabulus n’a pas eu lieu ! Pour l’excellente raison que les miliciens du Califat Islamique n’y étaient plus lorsque les Turcs sont arrivés, et pour la raison encore meilleure qu’ils avaient été prévenus à temps par leur allié Erdogan, qui leur a promis un sauf-conduit pour se rendre à al Bab s’ils ne se battaient pas.

 

Et je suis prêt à parier mon salaire qu’ils n’ont pas eu beaucoup plus de pertes que les "rebelles de l’ASL" dans leur retraite sur plus de cent kilomètres de routes le long de la frontière turque ; ce, alors qu’ils étaient totalement vulnérables aux frappes des avions de l’U.S Air Force, aux obus de l’artillerie et aux salves des chars.

 

L’élément le plus sinistre de cette terrible farce est que les Etats-Unis de Barack Obama, mais aussi les Européens qui n’ont pas bronché, étaient dans le sale coup et dans la mise en scène. Vous parlez d’une coalition pour livrer une guerre sans merci à DAESH, des Rafales vengeurs du Bataclan, envoyés en Syrie afin d’anéantir la menace terroriste qui pèse sur la France et l’Europe !

 

L’Amérique est allée plus loin dans l’infamie, puisque ses chasseurs-bombardiers, de l’aveu de Washington, ont lancé leurs bombes sur l’objectif, en omettant évidemment de préciser aux électeurs américains que ses rues étaient vides, pendant que les terroristes se rabattaient impunément, à quelques secondes de vol de là, sur al Bab.

 

Perwer Emmal, qui s’apprêtait à assister à la confrontation la plus sanglante de la Guerre Civile Syrienne, a tout vu. Il se trouvait avec les troupes des YPG kurdes qui avaient elles aussi avancé en direction de Jarabulus et avaient parcouru plus de 5 km depuis mardi afin d’empêcher les Turcs de se répandre vers le Sud après avoir "libéré" Jarabulus.

 

Les Peshmerga occupent depuis hier les quatre villages de Yusuf Bayk, de Mazalah, d’Akpinar et d’Amarinah, sur la route 216 menant de Jarabulus à al Ghandurah et Mare. Les Kurdes ne sont qu’à 7 km de Jarabulus, mais surtout, à 1 km des Turcs qui occupent el Shamel, qui leur font face, et dont le président a juré leur perte, les qualifiant de terroristes à abattre, au même titre que ceux de DAESH.

 

A ce propos, ce jeudi matin, Emmal m’a appelé afin de m’informer que les Turcs ont déjà attaqué Amarinah et que de violents combats se déroulent en ce moment entre "rebelles" et Peshmerga à Akpinar. Selon notre envoyé permanent sur place, la guerre entre la Turquie et le Kurdistan pourrait avoir commencé.

 

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La situation sur le front de Jarabulus, ce jeudi matin

Service cartographique © Metula News Agency

 

A la Maison Blanche, le porte-parole principal d’Obama, Josh Earnest, a qualifié la mise en scène de ce mercredi d’ "indication de progrès important dans la campagne contre l’Etat Islamique". Peu avant, à Ankara, le Vice-Président Joe Biden, venu rendre une visite d’amitié au "fossoyeur de la presse libre, de la laïcité et des libertés individuelles en Turquie", Recep Tayyip Erdogan, s’est exprimé à l’occasion d’une conférence de presse.

 

Biden, dans une intervention digne de Neville Chamberlain, y a passionnément soutenu la position du semi-dictateur en exigeant des "milices" (sic) kurdes qu’elles abandonnent leur projet d’unification de leur territoire et se plient au diktat du sultan en refranchissant l’Euphrate en direction de l’Est. "Nous avons clairement signifié aux forces kurdes qu’elles doivent se retirer au-delà de la rivière", a indiqué le vice-président des Etats-Unis d’Amérique, ajoutant "qu’elles ne peuvent pas (obtenir) et n’obtiendront pas le soutien américain si elles ne tiennent pas cet engagement". Et comme si la trahison de l’Amérique n’était pas suffisamment grossière, Biden a ponctué son injonction d’un "period", un point (!) ou un point c’est tout (!), dans un vocabulaire que peu de gens utilisent encore pour s’adresser à leur chien.

 

Washington vient d’utiliser son plus fidèle allié dans la région comme de la chair à canon pour libérer Manbij. L’Administration Obama entend désormais obliger les Peshmerga à livrer le fruit de leur sacrifice lors de cette campagne à leur pire ennemi, et les priver – mais de quel droit ? Sur la base de quelle loi d’ingérence ? – du privilège d’assurer la pérennité de leur nation en faisant leur jonction avec leurs frères du canton d’Afrin.

 

A cet acte d’extrême cynisme, s’en ajoute un autre, d’extrême stupidité stratégique : Washington n’ignore pas, en effet, qu’Ankara, durant les six ans qu’a duré jusqu’à présent la guerre civile en Syrie, n’a pas cessé une seule journée de fournir du matériel militaire à DAESH, d’autoriser le libre passage de ses renforts et d’acheter son pétrole. Depuis la coupure des voies d’approvisionnement à partir de l’Irak, grâce aux efforts des Kurdes irakiens, la Turquie constitue l’unique cordon ombilical permettant de maintenir en vie les génocidaires de Yazidis, les crucificateurs de chrétiens, les décapiteurs d’enfants et les brûleurs vifs de prisonniers. S’il l’avait voulu, Erdogan a eu plus de deux ans pour mettre fin à ce terrible trafic.

 

L’offensive déclenchée conjointement, début juin, par la coalition et les Kurdes sur Manbij était, d’un point de vue stratégique, destinée à isoler DAESH de son dernier pourvoyeur afin de pouvoir l’affaiblir et le vaincre. Après Manbij, il ne restait plus qu’à condamner un corridor de 45 km de large, entre Arima et Mare, pour parvenir à ce résultat et incurver la ligne de destin de la Guerre Civile Syrienne et ses images de cruauté, de destruction et de misère humaine devenues irregardables. Encore est-ce sans parler du flux incessant de réfugiés de ce conflit qui noie l’Europe et gonfle les scores électoraux de l’extrême droite.

 

Les miliciens de DAESH se sont retirés sans résister de Jarabulus, parce qu’entre toucher leurs armes au poste frontière ou sur le territoire syrien, cela ne fait pour eux aucune différence. Barack Obama et Recep Erdogan, sous les bêlements des chèvres européennes, viennent de sauver la vie du Califat Islamique, que les Yankees et les Européens étaient censés neutraliser ; du moins, c’est ce que les leaders avaient raconté à leurs administrés, déjà frustrés de voir les attentats islamistes se multiplier, alors que l’Etat Islamique, du moins c’est ce qu’ils croient, croule sous les bombes des justiciers humanistes, un peu comme Dresde ou Tokyo durant la Seconde Guerre Mondiale.

 

Ceux qui s’attendaient à voir des piles de cadavres de miliciens islamistes dans les rues seront surpris ; mais après cette trahison, se pose une question plus grave encore : après le poignard planté hier dans le dos des Kurdes par leurs alliés occidentaux, qui va aller déloger le Califat Islamique de sa capitale de Raqqa ? Pas les Kurdes, qui servaient d’armée au sol à la coalition mais qui vont maintenant s’occuper de résister aux Turcs. Il faudrait, pour les remplacer, au moins deux divisions de militaires européens et américains pour prendre Raqqa, car il n’existe aucune force dans la région capable de remplacer les Peshmerga. Le coût humain estimé pour la conquête de Raqqa s’élève entre 10 et 15 % des forces engagées. Et ce n’est pas tout, il faudrait ensuite que ces quelques 20 000 hommes restent en Syrie pour empêcher que DAESH ne refasse surface et garantir l’ordre public entre les communautés. Mais l’envoi de fantassins n’étant à l’ordre du jour ni de l’U.E, ni des U.S.A, on peut déduire que la mise en scène de Jarabulus, augmentée du discours de Biden à Ankara, confèrent une police d’assurance vie à DAESH, qu’ils étaient venus pour éliminer. Il faudra que quelqu’un dise la vérité aux publics européen et américain, car ils ont le droit de savoir ce que leurs gouvernants décident en leur nom et font avec leur argent, d’ailleurs nous sommes en train de nous en charger.

 

Etant régulièrement en contact avec de nombreux officiers des pays engagés en Syrie et en Irak, je sais que la plupart seront écœurés en lisant cet article, et en constatant la bêtise – je ne vois pas d’autre mot – et la pusillanimité outrancières de leurs politiciens. Je sais aussi que même à contrecœur, ils obéiront aux ordres ou ils quitteront leurs fonctions, car ils sont devenus les piliers de la démocratie et de sa sauvegarde.

 

Quant aux Kurdes, ils sont placés devant un dilemme sans issue : se passer de l’aide de la coalition et risquer de devoir affronter la deuxième puissance (la Turquie) de l’OTAN, sans aviation et sans artillerie, en poursuivant leur offensive en direction de l’Ouest et en s’exposant à d’immenses pertes, ou passer sous les fourches caudines et refranchir l’Euphrate, en se préparant à une guerre sans fin contre l’Etat Islamique, fourni par la Turquie, elle-même soutenue avec enthousiasme par les Etats occidentaux.

 

Reste un mince espoir, et je me surprends à raisonner de la sorte : voir Poutine refuser de jouer à ce jeu de mauvaise Realpolitik, et avertir Ankara que si ses séides sortent de la périphérie de Jarabulus, ils auront affaire à son aviation. J’imagine mal un fin joueur d’échecs comme le Tzarévitch se sacrifier pour les Kurdes, mais il y a dans cette histoire tant de péripéties incroyables et d’opportunisme, que tout peut arriver.

 

Nous venons de recueillir la réaction de Redur Xelil, le porte-parole des Unités kurdes de Protection du Peuple (YPG). Il qualifie l’ "intervention turque à Jarabulus d’acte hostile, dont l’objectif principal n’est pas DAESH mais les Kurdes. Nous n’écouterons pas les demandes de la Turquie ou de puissances en dehors de ce pays. La Turquie ne peut pas nous imposer son agenda ni ses intérêts. Nos forces sont là-bas", a poursuivi Xelil, "nous ne nous retirerons pas de l’ouest de l’Euphrate. Personne n’a le droit de demander aux YPG de quitter la région".

 

La date du 24 août 2016 restera gravée dans l’histoire du sceau de l’infamie, comme l’attaque japonaise sur Pearl Harbor ou l’abandon par l’Administration Obama, le 12 septembre 2012, de son ambassadeur à Benghazi, J. Christopher Stevens, au viol et à l’assassinat par les hordes islamistes. Avec, en prime, une décision suicidaire du point de vue stratégique, qui va, sans aucun doute sensé, encourager les attentats collectifs contre les Américains et les Européens sur leurs sols.

 

 
La Guerre Civile Syrienne ne fait que commencer (info # 012408/16) Version imprimable
Analyse
mercredi, 24 août 2016

 

Par Perwer Emmal dans le Rojava

 

Tôt ce matin, l’Armée turque a lancé une offensive en Syrie sur la ville de Jarabulus, tenue par DAESH et pratiquement encerclée par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), principalement constituées de combattants kurdes.

 

C’est Recep Tayyip Erdogan qui a annoncé l’opération intitulée "Bouclier de l'Euphrate" lors d’un discours à Ankara : "Depuis quatre heures ce matin, nos forces ont lancé une opération contre les groupes terroristes de DAESH et des YPG [Unités de Protection du Peuple kurde]", a ainsi déclaré le président turc.

 

L’attaque, précédée de bombardements de l’artillerie ottomane à partir de la région de Karkamis, dans son territoire, est menée par des "volontaires" présentés comme des membres de l’Armée Syrienne Libre (ASL). Ils sont soutenus par une dizaine de chars d’assaut.

 

A Ankara, on annonce également que l’opération bénéficie du soutien de la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis. Or cette affirmation est pour le moins surprenante, puisque, après la prise du verrou de Manbij, à 30 km au sud de Jarabulus, grandement facilitée à la fois par des bombardements U.S et des soutiens au sol de commandos américains et européens, la coalition internationale a continué à participer à l’offensive kurde. Laquelle ne s’est pas arrêtée ne serait-ce qu’une journée après la prise de contrôle de Manbij.

 

Or cette offensive se déroule sur deux axes : à l’Ouest, en direction d’al Bab, front sur lequel les Kurdes et leurs alliés s’apprêtent à prendre la ville d’Arima, qu’ils ont déjà dépassée en s’emparant des villages de Jubb al Hamir et de Cheikh Nasir, et au Nord, précisément vers Jarabulus, dont à partir de leur tête de pont d’al Hajaj, ils ne sont plus distants que d’une dizaine de kilomètres.

 

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Une zone d’activités militaires particulièrement dense

Service cartographique © Metula News Agency

 

Or l’aviation coalisée a participé, pas plus tard que le week-end dernier, à la bataille pour la prise d’al Hajaj, ainsi que de quatre autres villages sur la route menant de Manbij à al Ghandoura, plus à l’Ouest.

 

Les Américains et les Européens qui accompagnent la progression des YPG – nous nous étions posé la question, rappelez-vous, de savoir si les Occidentaux maintiendraient leur appui aux FDS après Manbij - se trouvent ainsi, avec leurs hommes, à moins de 10 km des Turcs qui prétendent intervenir afin de chasser les YPG, avec le concours des… Américains et des Européens.

 

Il y a visiblement embrouille, à moins que la coalition occidentale n’entende se combattre elle-même. C’est encore sans compter que ladite coalition opère depuis l’aéroport de Sabat Fawqani, non loin de là dans le Rojava kurde, et depuis l’héliport de Lafarge, dans le même secteur. Plus à l’Est, elle dispose d’un troisième aéroport, à Rimela, à proximité de la frontière iraquienne.

 

Ces bases aériennes en Syrie sont surtout utilisées afin de soutenir les Kurdes et leurs alliés au sein des FDS dans leur guerre avec DAESH, les appareils de la coalition décollant aussi depuis des aéroports de l’Aviation turque, notamment la principale d’entre elles dans la région, à Incirlik.

 

A propos d’Incirlik, on a appris que l’U.S Air Force en avait retiré les vingt bombes atomiques qu’elle y entreposait et les avait transférées sur la base de Deveselu en Roumanie. Officiellement, c’est à cause de l’instabilité qui suit le coup d’Etat manqué ; officieusement, des officiers américains m’ont expliqué que c’était pour éliminer la tentation – même minime – qui aurait pu traverser l’esprit d’Erdogan, si, en cas de désaccord au sujet de la stratégie à suivre en Syrie, il lui avait pris la drôle d’idée de faire main basse sur ces bombes.

 

Quoi qu’il en soit, les Peshmerga (combattants kurdes) vont maintenant camper sur leurs positions face à Jarabulus pour assister à une bataille sanguinaire opposant deux de leurs ennemis, les Turcs et les miliciens de l’Etat Islamique. Si Erdogan n’avait pas déclenché son offensive, c’aurait été leur lot de décramponner les islamistes acculés à l’Euphrate, et cela aurait occasionné des pertes dans leurs rangs.

 

Que les Turcs prennent Jarabulus n’a pas vraiment d’importance stratégique, puisque cette cité est de toute façon lovée sur la frontière ottomane. Dans les positions kurdes, on plaisante volontiers sur le fait que c’est Erdogan qui a maintenu le point de passage de Jarabulus ouvert entre son pays et la Syrie, pour y faire passer des armes et des volontaires à DAESH. Aujourd’hui, il combat ses ex-alliés à coups d’obus d’artillerie et de chars. Il les trahit simplement pour conserver l’opportunité d’empêcher les Kurdes d’établir la continuité territoriale du Rojava, entre les cantons de Kobané et d’Afrin, et il ne s’en est d’ailleurs pas caché lors de son discours d’Ankara. A cette occasion, Erdogan a par ailleurs exigé des Peshmerga qu’ils refranchissent l’Euphrate d’Ouest en Est.

 

Le risque premier consiste, pour les Kurdes, à voir le sultan absolu égarer des obus dans la bataille de Jarabulus afin qu’ils touchent les positions des FDS-YPG toutes proches. Ce faisant, il s’exposerait à tuer des Américains, des Français, des Britanniques ou des Allemands, ce que personne de normalement constitué ne se hasarderait à faire. Mais celui qui règne sans partage sur la Turquie est-il quelqu’un de véritablement sensé ? On ne va pas tarder à le savoir.

 

L’autre risque réside en cela que le président islamiste ottoman s’essaye à établir la zone d’influence dont il rêve depuis longtemps, le long de sa frontière, en territoire syrien, ce qui, s’il y parvenait, empêcherait les Kurdes d’unifier le Rojava.

 

Reste qu’il existe une différence fondamentale entre s’emparer de la ville frontière de Jarabulus, déjà à moitié turquisée, et s’avancer en territoire syrien sur plusieurs dizaines de kilomètres en affrontant les Kurdes qui s’y trouvent, voire les soldats du régime d’Assad. Non seulement les coalisés ne verraient pas cela d’un bon œil, eux qui combattent dans le Rojava pour établir une séparation géographique entre DAESH et la Turquie, mais les Russes prendraient probablement la mouche et n’hésiteraient pas à envoyer leurs Soukhoï au-devant de l’armée du sultan.   

 

C’est pour ne pas provoquer ces deux susceptibilités qu’Erdogan a préféré, ce matin, envoyer au casse-pipe des volontaires étrangers et non son armée. Depuis les années que nous le suivons, nous avons heureusement décelé chez cet individu un écart considérable entre les menaces qu’il profère et celles qu’il met en chantier.

 

En plus de ce qui précède, des chefs Peshmerga ont attiré mon attention sur le fait que les supplétifs du sultan n’avaient "pas encore conquis Jarabulus". Ils m’ont dit que les mêmes éléments à la solde d’Erdogan, non loin de là, à al Raï, également sur la frontière de la Turquie et avec l’appui massif de ses soldats, avaient mis des semaines à enlever la petite ville. Ils ont ajouté que les dix tanks engagés dans la bagarre à Jarabulus ne suffiraient pas à eux seuls à faire la différence et que les djihadistes, surtout lorsqu’ils sont acculés, sont de meilleurs combattants que ces amalgames d’illuminés de bric et de broc. A midi (mercredi), ils n’avaient réussi à chasser DAESH que du lieu-dit Kaklijah et de quatre autres positions le long de la frontière, par où ils étaient, peu avant, entrés en Syrie.

 

 

Les Kurdes chassent les soldats du régime d’Assaké après une semaine de durs combats

 

A Assaké, dans le Rojava oriental, à 250 km à l’est de Jarabulus à vol d’oiseau, des combats ont opposé, une semaine durant, les YPG et l’Armée régulière d’al Assad.

 

Al Assaké est une ville de 250 000 habitants, à majorité kurde et arabe, avec d’importantes minorités chrétiennes, assyrienne et araméenne. Jusqu’au déclenchement des combats, l’Armée gouvernementale occupait environ 25 % de la cité, principalement les quartiers centraux.

 

Il y a huit jours, suite à des escarmouches, les Peshmerga ont donné l’assaut aux positions de l’Armée et les ont rapidement enfoncées, ce qui a déclenché, vendredi dernier, des bombardements de la part de l’aviation du régime.

 

Prenant prétexte de la présence de forces américaines dans la région, l’U.S Air Force est rapidement intervenue pour intimider les pilotes d’Assad qui ont aussitôt cessé leurs attaques. Lundi, Peter Cook, le porte-parole du Pentagone, avait lancé un cinglant avertissement à Damas, lui signifiant que les Etats-Unis défendraient "leurs forces là où elles se trouvent", et conseillant à Assad "de se tenir à l’écart de là où nous opérons !".

 

Dans le même temps, les Kurdes lançaient un ultimatum aux soldats du régime, déjà complètement encerclés et débordés, leur proposant soit de se rendre en leur promettant de les traiter "comme des frères", soit de s’apprêter à mourir.

 

Suite à quoi des pourparlers s’étaient ouverts sous l’égide de la Russie, qui ont abouti à un accord et à un cessez-le-feu entré en vigueur mardi matin à 2 heures. Aux termes du compromis en question, les Kurdes conservent le contrôle des zones qu’ils ont conquises, tandis que les Syriens et leurs affidés sont contraints de quitter la ville avec interdiction d’y revenir.

 

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La région d’Assaké et Kameshli

Service cartographique © Metula News Agency

 

L’armée du régime continuera de gérer, à titre symbolique, un minuscule périmètre – moins de 5 % de la ville – situé au centre de celle-ci. Toujours en conformité avec les conditions du traité, les deux camps sont en train d’échanger leurs prisonniers, leurs blessés et les corps des hommes morts au combat.

 

Après cette défaite humiliante, le régime ne contrôle plus, dans le Rojava, qu’un périmètre militarisé situé dans la ville de Kameshli, à 73 km au nord-est d’Assaké. La zone gouvernementale, qui correspond à un petit tiers de la ville et de sa banlieue, inclut le poste frontière avec la Turquie, l’aéroport, ainsi que le quartier arabe et une partie des quartiers chrétiens.

 

Kameshli, qui compte 230 00 habitants avec sa périphérie est aujourd’hui la capitale de facto du Rojava. La majorité d’entre eux est kurde, avec une forte minorité arabe, ainsi que des (chrétiens) Assyriens [le nom donné aux Syriaques orthodoxes. Ndlr.] et des Arméniens. [La cité était également, jusque dans les années trente, un haut lieu de la présence et de la culture juive, qui s’étendait à Nusaybin (de l’hébreu Nitzavim, "ceux qui s’y trouvent, qui y sont", du côté turc de la frontière. La quasi-totalité des Juifs ont quitté les lieux en 1947, après la proclamation de l’indépendance de l’Etat d’Israël et les persécutions qui s’en suivirent de la part du régime baathiste de Damas). Ndlr.].

 

Les responsables des YPG avec qui j’avais parlé lors de mon dernier passage à Kameshli et Assaké au début des combats entre les Kurdes et l’Armée, m’ont prédit qu’à court ou moyen terme, il s’agira de chasser les soldats d’Assad du Rojava, en tentant de ne pas se brouiller avec les Russes.  

 

 

De plus en plus de miliciens du Hezbollah refusent de retourner combattre en Syrie

 

Les media libanais et arabes font état cette semaine du refus de dizaines de miliciens chiites libanais de retourner combattre en Syrie aux côtés des soldats du régime, des Iraniens et des Russes.

 

Les réfractaires expliquent qu’ils se font tuer pour rien, car l’Armée gouvernementale se montre incapable de tenir les positions que les Hezbollani libèrent au prix d’énormes pertes.


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Israël a déployé une super-brigade de blindés face au Liban et à la Syrie (info # 012108/16) Version imprimable
Exclusivité
dimanche, 21 août 2016

 

Par Stéphane Juffa

 

avec le reporter-photographe Joshua Ohana

 

 

L’Armée de Défense d’Israël, Tsahal, a déployé une brigade de blindés à proximité des frontières libanaise et syrienne depuis plusieurs semaines.

 

Une brigade est une "formation militaire tactique majeure", qui peut comprendre, en Israël, de 2 000 à 5 000 hommes. Dans le cas qui nous intéresse, il semble qu’il s’agisse d’une unité de dimension légèrement plus importante qu’une brigade classique, puisqu’elle réunit, en plus d’une centaine de chars Merkava – principalement de type IV, le modèle le plus récent – des éléments du génie, de l’infanterie et de l’artillerie.

 

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Plus de cent Merkava à pied d’œuvre

Photo © Metula News Agency

 

La brigade actuellement déployée a pris ses quartiers dans la région des kibboutzim Kfar Szold et Shamir. La Ména a évidemment obtenu l’autorisation formelle de la censure militaire lui permettant de révéler cette présence, mais nous nous abstenons, tout aussi naturellement, de communiquer des informations ou des images plus précises qui pourraient servir aux ennemis de l’Etat hébreu.

 

Tous les Merkava présents sur le terrain sont équipés du système "Trophée", (en hébreu Méhil Ruakh, "manteau coupe-vent", qui protège les chars d’assaut des tirs de missiles et qui a fait ses preuves en opération lors de la confrontation "Rocher inébranlable" (héb. : Tsouk eitan), à Gaza, en 2014.

 

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Prêts à toute éventualité

Photo © Metula News Agency

 

La formation déployée dans le Doigt de la Galilée ne participe pas à un exercice, car, d’une part, les manœuvres militaires de Tsahal durent rarement plus de 4 ou 5 jours, et, de l’autre, la brigade que nous avons observée ne se trouve pas en mouvement mais en position d’attente.

 

L’envoi de cette force sur le terrain fait suite à un regain de tension aux frontières nord, particulièrement face au Hezbollah, qui multiplie les provocations à partir du Liban-Sud et, de façon rhétorique, par des discours menaçants et incendiaires de ses leaders, à commencer par son secrétaire général Hassan Nasrallah.

 

Nous sommes maintenant autorisés à révéler à ce propos, qu’il y a trois semaines, des engins explosifs ont été trouvés dans un sac à Métula, lancés dans un verger depuis le Liban. Il semble qu’ils étaient destinés à réaliser des attentats en Israël.

 

Plusieurs cellules du Hezbollah ont été démantelées en Cisjordanie récemment par l’Armée et le contre-espionnage, et il semble que les explosifs étaient destinés à l’une d’elles.

 

Depuis quelques semaines, Tsahal a pris des mesures défensives le long de la frontière libanaise, qui comprennent des survols fréquents de drones d’observation, des incursions de chasseurs-bombardiers à basse altitude sur les positions de la milice chiite, ainsi que d’autres actions que nous ne désirons pas expliciter dans ces colonnes. Des travaux qui étaient en cours de réalisation à proximité immédiate de la frontière ont également été interrompus.

 

En dépit de cette tension, le front reste calme. Cela est sans doute l’une des conséquences du déploiement de la brigade X, qui représente une force de frappe considérable, de nature à infliger des revers significatifs à l’ennemi en cas d’attaque ou de guet-apens visant le territoire israélien.

 

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La brigade comprend des obusiers autotractés

Photo © Metula News Agency

 

L’autre élément qui influe sur le statu quo procède de la présence d’environ 7 000 miliciens du Hezb. en Syrie, où ils font le coup de feu aux côtés de l’Armée gouvernementale de Bashar al Assad, des Pasdaran iraniens et de l’Aviation russe. Dans cette guerre civile, la milice chiite libanaise a connu récemment des pertes considérables, de l’ordre de deux mille hommes, singulièrement dans la bataille d’Alep et de ses environs.

 

Nous avons il y a peu diffusé une vidéo sur laquelle on voyait une trentaine de miliciens libanais prisonniers des rebelles islamistes. Nous ajoutons, ce dimanche, un film rare sur lequel on distingue plusieurs coups au but contre des Hezbollani, atteints par les salves d’un engin filoguidé de type TOW.

 

Dans les conditions qui prévalent entre Israël et le Hezbollah, ce dernier, qui compte une vingtaine de milliers de miliciens en état de combattre, n’est pas en mesure d’envisager une confrontation généralisée avec Israël. Ce, d’autant plus que si au Liban le Hezbollah est organisé en mouvement de guérilla, ce qui en fait un adversaire difficile à cerner pour une armée régulière, en Syrie, il opère précisément comme une force régulière. Cela en fait une cible facile pour l’Armée de l’air à l’étoile de David, si d’aventure celle-ci était amenée à riposter à une provocation armée contre son territoire ou ses habitants.

 

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Une véritable fourmilière

Photo © Metula News Agency

 

Reste que le Hezbollah se présente au Liban comme la "force de la Résistance" contre Israël, et non comme un contingent d’intervention dans la Guerre Civile Syrienne. Cette image de propagande qui fait sa raison d’être oblige ses dirigeants et ses mentors iraniens à maintenir un état de tension minimal sur notre frontière, assorti d’innombrables agressions verbales.

 

La brigade dont la Ména révèle aujourd’hui l’existence en exclusivité est précisément là pour rappeler aux cheikhs libanais et aux ayatollahs perses la réalité du rapport de force en eux et l’Etat hébreu et pour leur indiquer le prix qu’ils auraient immédiatement à payer s’ils faisaient l’erreur de l’oublier.

 

 

 
Et maintenant, que vont-ils faire ? (info # 011808/16) Version imprimable
Analyse
jeudi, 18 août 2016

 

Par Stéphane Juffa

 

La bataille de Manbij, dans le nord de la Syrie, à 29 km de la frontière turque, qui a duré 75 jours, est maintenant terminée. Selon Perwer Emmal, le correspondant permanent de la Ména dans cette région, qui a fait plusieurs reportages sur le front, les effectifs engagés par les Forces Démocratiques Syriennes ont compté entre 5 000 et 7 000 combattants [suivant les phases de l’offensive], à majorité kurdes, incluant également environ 2 000 membres des tribus arabes autochtones, et aussi quelques centaines de Turkmènes.

 

Ils ont été massivement soutenus par les frappes aériennes de la coalition anti-DAESH, réalisées, pour la plupart, par des chasseurs-bombardiers américains.

 

Au sol, les FDS ont également bénéficié de la participation active au combat de plusieurs commandos d’élite des armées occidentales, à l’instar des hommes des Forces Spéciales d’Intervention U.S (United States Special Interventions Forces (SOF)), des Forces Spéciales du Royaume Uni (United Kingdom Special Forces (SOF)), du COS français (le Commandement des opérations spéciales), et de ceux du (KSK, Kommando Spezialkräfte), l’Unité des Forces Spéciales de la République Fédérale d’Allemagne.

 

Les Allemands nient leur participation à l’offensive et les Britanniques ne la commentent pas, ce qui n’a peu d’importance, car Perwer Emmal a rencontré et parlé dans leur langue avec une cinquantaine de KSK allemands en uniformes distinctifs, et il a aperçu les commandos britanniques en opération sur le front.

 

Notre camarade indique également que les forces d’élite de ces Etats étrangers, les meilleures dont ils disposent, n’ont pas représenté des milliers ni même des centaines d’hommes, mais quelques dizaines. Ces commandos ont toutefois eu une empreinte déterminante sur le déroulement des opérations, lançant des attaques extrêmement efficaces sur des positions-clés de l’ennemi, que les Forces Démocratiques Syriennes n’étaient pas parvenues à enlever après plusieurs tentatives, ou qu’elles auraient mis trop longtemps à prendre et au prix de trop lourdes pertes.

 

L’envoyé de la Ména confirme que l’aptitude au combat, le mode opératoire, l’armement dont disposaient les commandos occidentaux et aussi leur efficacité, sont sans commune mesure avec ceux des FDS, y compris des Unités de Protection du Peuple (YPG) kurdes, qui comptent pour l’essentiel du contingent aligné et qui en assure le commandement.

 

Perwer Emmal observe également que les commandos occidentaux ne s’attardent pas sur le théâtre des opérations : ils y accèdent en véhicules blindés ou par hélicoptères, à partir de bases-arrières situées dans le Rojava (le territoire kurde situé dans le nord de la Syrie) contrôlé par les YPG, effectuent des opérations ciblées et se retirent aussi rapidement et discrètement qu’ils étaient venus. Le reporter de la Ména précise que, selon ce qu’il a vu, "les commandos de ces pays ne se mélangent pas mais accomplissent chacun des missions tactiquement coordonnées".

 

L’Offensive de Manbij avait débuté le 31 mai dernier par le franchissement de l’Euphrate d’Est en Ouest par les FDS en deux endroits, dans la zone du barrage de Tishrin. Son objectif était la prise de la ville ainsi que de dizaines de villages et de vastes territoires à l’ouest, au sud et au nord de celle-ci.

 

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Service cartographique de la Ména © Metula News Agency

 

Manbij représentait la place forte de l’Etat Islamique dans le corridor menant à la Turquie, principalement par le poste frontière de la ville syrienne de Jarabulus [à majorité kurde], toujours aux mains de DAESH. Manbij était, de plus, une agglomération de 70 à 80 000 personnes, qui abritait de nombreux centres de commandement et de renseignement du Califat ainsi que des quantités d’armes majoritairement fournies par le régime de M. Erdogan en Turquie. Perwer Emmal a constaté les marques en turc sur les caisses d‘armes et de munitions, de même que les adresses des fabricants.

 

Outre ce qui précède, Manbij était un centre de transit pour les volontaires au Djihad, qui, passant par la Turquie, allaient rejoindre les combattants de DAESH en Syrie et en Iraq au rythme d’une centaine par semaine.

 

Le dix juin, la ville était hermétiquement encerclée, avec environ deux mille miliciens islamistes dans ses murs et des dizaines de milliers de civils. Le souci de préserver la vie de ces derniers, souvent pris en otages par les islamistes, ou tués alors qu’ils tentaient de rejoindre les lignes de leurs libérateurs, a retardé la conquête, de même que les innombrables mines et objets piégés que les combattants ont trouvés sur le chemin de leur progression. A cela, il convient d’ajouter des tentatives de contre-offensives incessantes et sur tous les fronts de la part de DAESH, menées le plus souvent par des attaques au véhicule-suicide, remplis de plusieurs centaines de kilos d’explosifs, dans le but de rompre le siège.

 

Le bilan des pertes, suite à la prise de la cité, établi par le "Conseil Militaire de Manbij", est le suivant : DAESH aurait perdu 4 180 miliciens, dont les restes de 1 724 d’entre eux se trouvent aux mains des FDS, qui détiennent également 112 prisonniers.

 

Les Kurdes et leurs alliés ont, pour leur part, perdu 264 combattants. Aucun bilan n’existe à propos des décès dans les rangs des commandos occidentaux, qu’Emmal estime entre 4 et 12 morts.

 

On dénombre le décès de 438 civils, la prise en otages de plus de 2 000 [dans tout le secteur, surtout des Kurdes] d’entre eux, et le déplacement de 80 000 personnes, qui ont commencé à regagner leur domicile, le plus souvent détruit ou endommagé.

 

Les FDS ont oblitéré 144 véhicules de combat de l’ennemi, et récupéré 1 268 armes individuelles, 25 mitrailleuses de divers calibres et 34 mortiers.

 

Manbij est tombée mais rien n’est terminé : DAESH continue à contrôler un couloir de 55 km entre les faubourgs d’Arima – le point le plus avancé de l’offensive des FDS à l’ouest de Manbij – et ceux de Marea, tenus par les forces Kurdes du canton d’Afrin, toujours plus à l’Ouest.

 

Or ces 55 km fatidiques sont aussi ceux qui empêchent les Kurdes d’accomplir leur rêve de continuité territoriale en recollant le canton d’Afrin à celui de Kobané. D’ailleurs, ils n’ont pas attendu une seule journée après la prise de Manbij pour dévoiler leur prochain objectif : la ville d’al Bab, qui comptait 62 000 habitants en 2004, mais surtout, qui réduirait à 30 km la distance nécessaire à la réalisation des deux objectifs précités : la rencontre avec l’avant-garde des troupes d’Afrin, et la fermeture totale de la voie d’accès de DAESH en Turquie.

 

Dans l’optique de cette nouvelle offensive, qui a déjà commencé avec la prise de trois nouveaux villages, les FDS ont annoncé la création, dimanche, du "Conseil Militaire d’al Bab", composé de seize officiers issus des organisations syriennes participant aux Forces Démocratiques Syriennes.

 

Ce Conseil, établi sur le modèle du Conseil Militaire de Manbij, est censé diriger les opérations en vue de la libération de la ville et de ses environs. Il s’agit en réalité de contenter les Turcs, qui avaient exigé des Américains en échange de leur "bienveillance", que la guerre, à l’ouest de l’Euphrate, soit commandée par des Arabes et non des Kurdes, et que les combattants kurdes des YPG évacuent la ville sitôt celle-ci tombée. C’est, en théorie au moins, le Conseil Militaire de Manbij qui est supposé organiser la reconstruction de la cité et l’accueil des civils qui avaient été contraints de la quitter.

 

Lundi, Adrian Rankine-Galloway, porte-parole du Pentagone, a confié à l’agence de presse turque Anadolu, au sujet de Manbij, que : "ces opérations seraient conduites de manière consistantes avec les promesses échangées entre les deux pays".

 

Le ministre turc des Affaires Etrangères, Melvut Cavusoglu, avait réclamé, le matin même, le retrait immédiat des forces kurdes de Manbij, rappelant qu’Ankara entendait que les Etats-Unis et les Kurdes respectent l’ "accord". Rankine-Galloway a répondu que la situation dans la ville était encore "très fluide", et que son pays "n’était pas en mesure de s’engager sur un agenda pour le repositionnement final des forces" ; une manière à peine diplomatique d’envoyer Erdogan "se gratter", les Yankees ayant fini par réaliser qu’Ankara ne combattait pas DAESH mais qu’il était au contraire son principal allié, pourvoyeur d’hommes et de matériel et partenaire économique. Et que la guerre que les Ottomans prétendent livrer à l’Etat Islamique n’était qu’un mince paravent destiné à justifier des interventions turques en Syrie, uniquement destinée à combattre les Kurdes et à les empêcher de réaliser l’unification du Rojava.

 

Le Conseil Militaire d’al Bab occupée s’est immédiatement adressé à la coalition dirigée par les USA pour lui demander la poursuite de son aide afin de "libérer notre terre et notre peuple des terroristes de DAESH".

 

Ca ne va pas être simple… Le rêve de l’état-major U.S consistait à transporter les unités des FDS qui ont pris Manbij au Sud-Est afin qu’ils procèdent à l’assaut final contre Raqqa, la capitale de DAESH en Syrie.

 

Il est sûr que cela constitue l’objectif ultime de la coalition en Syrie et que cela calmerait Erdogan. Certes, mais une offensive immédiate sur Raqqa présente deux complexités majeures que le Pentagone ne sait pas résoudre :

 

1. L’urgence absolue pour les Kurdes est la libération du Rojava, le désenclavement du canton d’Afrin, et le soutien aux YPG en difficulté dans le quartier kurde d’Alep. Ce, alors que la chute de Raqqa procède d’un intérêt "national syrien", pour lequel les Kurdes ne comprennent pas pourquoi ils devraient être les seuls à se sacrifier au prix d’énormes pertes envisagées – rien à voir avec les 264 combattants perdus à Manbij -. Le seul avantage que les Kurdes envisagent dans la prise de Raqqa, est la fin de la menace-DAESH sur le Rojava et certains gains territoriaux, mais situés hors du territoire qu’ils revendiquent, et dans lequel ils peuvent prétendre à l’existence d’une majorité démographique.

 

2. Après la prise de Manbij, il reste à traiter le corridor de 55 km de large aux mains de DAESH reliant Raqqa à la Turquie et lui assurant la quasi-totalité de son approvisionnement. La prise de Manbij "sans finir le travail" qui constituait le seul intérêt de cette offensive n’a aucun sens pour les Occidentaux. En revanche, l’isolation hermétique de ces deux entités islamistes-sunnites affaiblirait rapidement Raqqa et toutes les troupes du Califat en Syrie, et faciliterait grandement la prise de Raqqa en novembre ou au printemps. Il est ainsi plus logique de prendre d’abord al Bab et ensuite Raqqa que le contraire.

 

Sans attendre la réponse d’Obama, les vaillants Peshmerga ont déjà commencé leur progression vers Afrin. Ces derniers jours, ils ont conquis des positions stratégiques autour de la ville d’Arima, la dernière défense d’ISIS avant al Bab, à 20 km de celle-ci.

 

Ils viennent d’entamer une bataille dont l’issue impactera l’avenir, non seulement des Syriens, des Kurdes et des islamistes, mais également des Turcs, qui risquent de perdre toute frontière commune directe avec la Syrie et vont au-devant d’un soulèvement généralisé de "leurs" Kurdes, adossés au Rojava. Les premiers coups de feu dirigés vers la cité insignifiante d’Arima pourraient bien avoir donné le coup d’envoi de la dernière bataille conduisant à la constitution, au Moyen-Orient, d’un nouvel Etat central, non arabe, démocratique, riche en pétrole et en ressources humaines, et entretenant traditionnellement des relations cordiales avec Israël, l’Europe, les Etats-Unis et la Russie.


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Judo : l’Israélien en demi-finale face au Français Riner (info # 031208/16) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 12 août 2016

 

© Metula News Agency

 

Vendredi, 18h45 à Métula, 17h45 à Paris

 

En quarts de finale, Or Sasson, décidément en grande forme, a également dominé le judoka néerlandais Roy Meyer, en obtenant un waza-ari et en paraissant bien plus à son affaire et surtout plus frais que son adversaire.

 

Au prochain tour, en demi-finale, Sasson affrontera en soirée le super favori, le Français Teddy Riner, qui a, de son côté, battu le Brésilien Rafael Silva.

 

Le vainqueur disputera la finale pour la médaille d’or, et le perdant affrontera l’un des vainqueurs des repêchages, pour la médaille de bronze.

 

Ah oui, nous allions oublier un détail : Teddy Riner n’a perdu aucun combat depuis plusieurs années.

 
Judo : l’Israélien bat l’Egyptien par K.O (info # 021208/16) Version imprimable
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vendredi, 12 août 2016

 

© Metula News Agency

 

Vendredi, 17h30 à Métula, 16h30 à Paris

 

Vers 16h 20, heure israélienne, le suspens relatif à l’affrontement [vidéo de la totalité du combat] opposant en judo, dans la catégorie des plus de 100kg, Or Sasson à l’Egyptien Islam el Shahabi est parvenu à son terme.

 

Dans une ambiance électrique, devant des spectateurs chauffés à blanc et des dizaines de millions de téléspectateurs, principalement en Israël et dans le monde arabe, Sasson a terrassé son adversaire par ippon, le K.O du judo, sanctionnant le fait que les deux épaules d’un compétiteur touchent le sol simultanément.

 

Un ippon met du même coup un terme au combat ; dans le cas de Sasson et Shahabi, cela est advenu trois minutes après le début de la joute et deux minutes avant sa fin.

 

Peu auparavant, l’Hébreu avait déjà fait trébucher son opposant en lui infligeant un waza-ari, l’occurrence à laquelle l’une des épaules d’un judoka heurte le sol.

 

Au moment de se saluer, Shahabi a refusé de serrer la main de son vainqueur, sous les sifflets nourris de l’ensemble du public.

 

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Il est trop tôt pour juger des retombées de cette défaite dans le pays du Nil, dont les habitants se sont déchirés, ces derniers jours, pour savoir si l’un de leurs représentants, el Shahabi, devait ou non rencontrer une "créature sioniste".

 

Ladite créature va cependant poursuivre son chemin dans la compétition à Rio, dans l’espoir de décrocher une médaille à laquelle il peut aspirer au vu de son classement de cinquième meilleur judoka de la planète dans sa catégorie.

 

Quant à el Shahabi, il est éliminé et va s’en retourner prochainement au Caire. La proportion déjà prise par son échec est sans aucun doute exagérée, dans ce qui est, avant tout et uniquement, un affrontement sportif. En Israël, d’ailleurs, on n’enregistre aucun triomphalisme, les commentateurs se contentant de regretter le comportement antisportif de notre voisin.

 

Nous avons attendu 17h locales et le second combat du judoka israélien, afin de pouvoir vous informer sur le fait que Sasson l’a également remporté par waza-ari face au Polonais Maciej Sarnacki.

 

Sasson est désormais qualifié pour les quarts de finale, durant lesquels il affrontera le Hollandais Roy Meyer. Contrairement aux deux premiers tours de la compétition, s’il perdait face à Meyer, Sasson disputerait la poule de consolation qui peut mener à la médaille de bronze.

 

En cas de victoire, il trouverait sur la route du titre olympique le Français Teddy Riner, grand dominateur de la catégorie depuis plusieurs années. Riner sera opposé en quarts au Brésilien Rafael Silva, qui jouira de la sympathie a priori du conseil arbitral.

 

Le duel Sasson-Meyer se déroulera aux alentours de 17h 40, heure israélienne.

 

 

 
Des dizaines de miliciens libanais prisonniers humiliés par les rebelles en Syrie (info # 010508/16) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 05 août 2016

 

© Metula News Agency

 

Juffa, au micro de Jim Mosko sur Radio Judaica :

 

https://youtu.be/uUIzg39nHyU  (Youtube)

 

https://www.facebook.com/radiojudaica/  (Radio Judaica)

 

Des dizaines de miliciens du Hezbollah aux mains des rebelles en Syrie

 

La Ména diffuse ce vendredi une vidéo montrant des dizaines de miliciens de l’organisation terroriste chiite libanaise du Hezbollah prisonniers des rebelles du Fatah el Cham (la victoire en Syrie), ex-al Qaëda en Syrie :

 

https://www.facebook.com/scoops.rotter.net/videos/1024446827604838/

 

On y voit des miliciens terrifiés à l’idée de ce qui les attend, entassés à terre les uns sur les autres, face au sol. Le "réalisateur" rebelle leur ordonne de regarder la caméra en hurlant.

 

Ces combattants libanais ont été appréhendés lors de la bataille d’Alep qui fait rage ces derniers jours, et qui oppose les rebelles sunnites aux forces gouvernementales, soutenues au sol par le Hezb et l’Iran chiites et l’Aviation russe.

 

L’existence de cette vidéo n’a pas encore été rendue publique au Liban, où l’on s’attend à des réactions politiques passionnées.

 

80 millions d’euros de dons internationaux détournés pour acheter des armes au Hamas

 

La police israélienne a arrêté en juin dernier Mohamed el Khalabi, l’un des hauts responsables de l’organisation humanitaire World Vision à Gaza, accusé d’avoir volé plus de 7.5 millions d’euros par année au profit de la milice terroriste islamiste.

 

La direction de World Vision met en doute les révélations israéliennes, ce qui démontre qu’elle ignore ce qui se passe chez elle, et se révèle incapable de contrôler l’affectation de dons humanitaires provenant de plus d’une centaine de pays.

 

El Khalabi n’a pas été recruté alors qu’il officiait déjà au sein de World Vision, mais y a été implanté par l’organisation terroriste ; il a ensuite gravi tous les échelons de l’ONG jusqu’à s’assurer de sa direction régionale.

 

Cette affaire va assurément réduire les dons étatiques et privés en faveur des organisations palestiniennes. Dans certains pays, notamment au Royaume Uni et en Australie, on se pose très sérieusement des questions quant au business du soutien financier à Gaza et aux "fonctionnaires" de l’Autorité Palestinienne.

 

AFP : l’incitation à la haine par manipulation des communiqués officiels

 

Comment l’agence semi-officielle française s’y prend-elle pour détourner les citations des institutions officielles israéliennes, et quel est l’impact émotionnel qu’elle cherche à induire parmi ses lecteurs.

 

Juffa déconstruit les méthodes racistes et antisémites de l’Agence France Presse.

 

Bonne semaine pour le foot israélien

 

Be’er Sheva se qualifie pour les barrages de la Ligue des Champions aux dépens des Grecs d’Olympiacos (1-0 à Be’er Sheva, 0-0 à Athènes, [1-0 sur l’ensemble des deux matches]).

 

Bétar Jérusalem et Maccabi Tel-Aviv atteignent également les play-offs, mais en Europa Ligue (la seconde compétition de clubs eu Europe), en sortant respectivement Jelgava de Lettonie (3-0, 1-1 [4-1]), et les Roumains de Pandurii (2-1, 3-1 [5-2]).

 

Attention à Omer Atzily (23), du Bétar, l’étoile montante du foot israélien.

 

 

 
Be’er Sheva en play-off de la Ligue des Champions (info # 010308/16) Version imprimable
Sport
mercredi, 03 août 2016

 

Par Ilan Tsadik à Be’er Sheva

 

Hapoël Be’er Sheva vient d’accéder, dans son nouveau stade Yakov Turner plein à exploser de ses 16 000 fans, au niveau des play-offs de la Ligue des Champions, en éliminant l’Olympiacos Pirée sur le score d’un but à zéro.

 

A l’aller, à Athènes, il y a une semaine, les deux équipes s’étaient séparées sur le résultat nul et vierge de zéro à zéro.

 

Olympiacos, champion de Grèce en titre, a remporté son championnat national 2015-2016 en engrangeant 85 points des 90 en jeu, avec 30 points d’avance sur le Panathinaikos son dauphin.

 

Le club athénien a également participé à 15 phases des poules ces 17 dernières années, devancé uniquement par cinq clubs européens au nombre de ces participations. C’était, ce mercredi soir, la 15ème participation de Be’er Sheva (héb. : les sept puits) dans une compétition européenne, et la 150ème des portuaires.

 

Reste que la victoire des gens de la capitale du Néguev est totalement méritée, leur adversaire, sur l’ensemble des deux rencontres, ne s’étant ménagé aucune occasion de marquer digne de ce nom.

 

A l’aller, au stade Georgios Karaiskakis, les Israéliens, relativement timorés en attaque, avaient eu deux ou trois possibilités de l’emporter. Mais ce mercredi soir, ils étaient nettement supérieurs aux Hellènes, imposant notamment leur domination au centre du terrain.

 

Il fallut tout de même attendre la 79ème minute pour voir le défenseur Shir Tsédek – un transfert d’Hapoël Kiriat Shmona, la formation du Doigt de la Galilée, à 12km de Métula – libérer les spectateurs et les téléspectateurs hébreux, d’un tir imparable suivant un contrôle aérien dans les seize mètres des visiteurs.

 

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Shir Tsedek, le buteur de la soirée

 

Il plongeait du même coup toute la Grèce dans la déprime, mettant une fin prématurée à la saison européenne de leur équipe-phare. Le propriétaire d’Olympiacos, Evangelos Marinakis, avait prévenu, à la suite de la contre-performance de son club à Karaiskakis, qu’en cas de non-qualification à Be’er Sheva, il licencierait tous les joueurs et l’entraîneur Victor Sanchez, qui n’a même pas réellement commencé sa première saison dans l’équipe du Pirée.

 

Il est vrai que les champions de Grèce ont fait triste figure lors de cette double confrontation, se montrant indignes de leur réputation. Mais Marinakis n’est pas étranger à cette situation, car Olympiacos (comme l’ensemble de la Grèce) traverse cette année une grave crise financière qui l’a empêché d’acquérir des renforts de haut niveau. Mais même avec un budget en baisse, s’élevant à 60 millions d’euros, il a été dominé par les footballeurs du désert encore quatre fois moins riches.

 

Les hommes de l’entraîneur Barak Bakhar, lui aussi un ancien joueur et entraîneur d’Hapoël Kiryat Shmona, attendent désormais de connaître leur futur adversaire en play-off, pour une double confrontation qui déterminera celui des deux qui rejoindra les grands d’Europe (automatiquement qualifiés) en phase des groupes.

 

L’opposition s’avère d’ores et déjà relevée, puisque, outre les neufs autres clubs qualifiés à l’issue de ce troisième tour qualificatif, avec Monaco, qui a éliminé les Turcs de Fenerbahçe sur le résultat accumulé de 4 à 3, et l’Ajax d’Amsterdam, s’ajouteront Manchester City, Mönchengladbach, Porto, Rome, ainsi que les Espagnols de Villeréal, directement qualifiés pour les play-offs.

 

Quoi qu’il en soit, Hapoël (l’ouvrier (de)) Be’er Sheva est déjà assuré d’encaisser environ cinq millions d’euros en droits divers pour sa participation au knock-out, ce qui devrait lui permettre d’engager au moins un avant de pointe de bon niveau, qui lui fait actuellement défaut.

 

En cas d’élimination lors des play-offs de la Ligue des Champions, les joueurs du Néguev auront le privilège de participer à la phase des poules de la Ligue Européenne, la deuxième compétition en importance des clubs du vieux continent.

 

Si toutefois ils parviennent en phase des poules de la Ligue des Champions, ils enrichiraient leur cassette d’une vingtaine de millions d’euros supplémentaires.

 

Ce mercredi soir, sous les ordres du bon arbitre français, M. Benoît Bastien, les meilleurs joueurs d’Hapoël furent les défenseurs Ben Biton et Ofir Davidzada (qui rejoindra le FC Gent, en Belgique, après les play-offs), le milieu Maor Melikson, et l’attaquant nigérian Anthony Nwakaeme, qui fut probablement le meilleur footballeur sur la pelouse du stade Turner.   

 

Be’er Sheva s’est confectionné ce soir trois ou quatre occasions de buts, dont une, très nette, en contre, après avoir ouvert la marque, alors que les visiteurs tentaient en vain de sauver les meubles.

 

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L’AFP détourne à nouveau une citation du porte-parole de l’Armée israélienne (info # 023107/16) Version imprimable
Réinformation
dimanche, 31 juillet 2016

 

© Metula News Agency

 

Voici un extrait de la dépêche produite en cette après-midi de dimanche par l’agence semi-officielle française :

 

"Un Palestinien a tenté de poignarder des soldats israéliens à un barrage en Cisjordanie occupée avant d'être abattu par des militaires, a indiqué l'armée israélienne. "Un Palestinien armé d'un couteau a attaqué des soldats à l'entrée de Naplouse", la grande ville du nord de ce territoire occupé depuis près de 50 ans par Israël, a affirmé l'armée dans un communiqué. "Des soldats ont tiré sur l'assaillant et l'ont tué", a-t-elle ajouté.

 

(…).

 

Le fait d’attribuer à quelqu’un des propos qu’il n’a pas émis ou de les modifier dans l’intention de modeler artificiellement l’opinion d’un public (par opposition à une erreur fortuite) est constitutif d’une malversation journalistique de gravité extrême.

 

Pourtant, le communiqué de l’Armée israélienne a été totalement bidouillé par France Presse ; la version "retouchée" apparaissant déjà dans des dizaines de media, à l’instar du Figaro et d’Europe1.

 

Le communiqué original que l’agence française attribue à l’Armée israélienne ne mentionne pas de "Palestinien". Il n’évoque pas la "Cisjordanie" (pas plus que la Judée-Samarie), ni l’argument, ajouté par l’AFP et répété par deux fois, selon lequel il s’agirait d’un "territoire occupé", et ensuite d’un "territoire occupé depuis près de 50 ans par Israël".

 

Sans vouloir nous préoccuper du fond, dans cette mise au point, c’est-à-dire d’évaluer si la Judée-Samarie est effectivement un territoire "occupé" ou non – une position qui ne fait pas l’unanimité et doit donc être mentionné comme telle selon la déontologie journalistique -, nous observons, une fois encore, un élément raciste dans le câblogramme de l’AFP.

 

Nous voulons parler de la systématicité de son affirmation selon laquelle la Cisjordanie serait un "territoire occupé". Nous notons que cette systématicité n’est appliquée par l’agence française et par les media francophones qui la suivent dans aucun autre cas de territoire disputé ou considéré comme "occupé" par la communauté internationale et ses instances.

 

A titre d’exemples, Chypre du Nord, le Tibet, la Crimée ou la partie orientale de l’Ukraine ne sont pas systématiquement présentés comme des territoires soumis à une "occupation". Cette réservation d’utilisation, cette ségrégation limitée à Israël, est constitutive d’une exception à caractère spécifiquement raciste et/ou antisémite.

 

Elle est probablement augmentée d’une intention préméditée de provoquer la haine des Israéliens et/ou des Israélites, qui "occuperaient depuis 50 ans un territoire qui ne leur appartiendrait pas" et qui, au surplus, "seraient les seuls dans ce cas à l’échelle planétaire".

 

En plus d’avoir créé et de propager intentionnellement cette systématicité, le caractère dolosif de cette exception se voit encore accentué par la tentative de l’attribuer frauduleusement au porte-parole de l’Armée israélienne. Les racistes à l’origine de cette malveillance entendent ainsi essaimer le message fallacieux qui voudrait que l’Armée israélienne serait au courant du "fait qu’elle occupe le territoire d’un autre peuple", ce qui en ferait une armée conduisant une lutte amorale en pleine conscience. Cela appellerait à verser Tsahal, cette armée essentiellement juive, dans la catégorie des monstres, ou, à tout le moins, dans celle du cynisme paradoxal.

 

L’autre effet recherché par les racistes de l’AFP et de ceux qui reproduisent ses dépêches est, évidemment, la justification du terrorisme palestinien, puisqu’en termes de législation et de pratiques internationales, il est légitime, pour quelqu’un qui subit une occupation, de tenter d’assassiner celui qui la lui inflige.  

 

A la suite de cette malveillance caractérisée, la consœur tricolore publie encore dans sa dépêche le bilan des tués, qu’elle attribue aux "violences", dans lequel elle mélange pêle-mêle les victimes israéliennes du terrorisme palestinien et ceux qui les ont assassinées ou qui ont tenté de le faire.  

 

Ci-après, le texte authentique du communiqué de l’Armée israélienne : "Un agresseur armé d’un couteau est sorti de son véhicule et a chargé des soldats à l’entrée de Naplouse. Les Forces ont contrecarré la tentative d’attaque au couteau et tiré sur l’agresseur, ce qui a entraîné sa mort".

 

La Ména a informé dans le détail le porte-parole de l’Armée israélienne de cette malveillance, de même que les autorités compétentes.  

 

 

 
Nice : la niaiserie officielle (info # 012607/16) Version imprimable
Analyse
mardi, 26 juillet 2016

 

Par Claude Berger1

 

 « Il s’est radicalisé très récemment et très rapidement »… C’est la nouvelle niaiserie proposée par le ministre de l’Intérieur et répétée à longueur d’ondes à propos du criminel islamiste de Nice. Autrement dit, badauds et futurs électeurs, la conclusion s’impose : vos dirigeants, Cazeneuve, Hollande et Valls sont hors de cause, puisqu’il était impossible de prévoir le passage à l’acte de quelqu’un qui n’était pas fiché et qui, selon un fidèle, « ne fréquentait pas la mosquée et ne suivait pas le ramadan » !

 

En conséquence de ce qui précède, il faut donc vous habituer, Français, à votre sort de cibles permanentes, à domicile, comme pour le couple de Magnanville, ou dans vos festivités, comme lors du massacre du 14 juillet !

 

En vérité, ce propos du ministre est révélateur de l’aveuglement de la pensée des dirigeants politiques face à l’islam et à l’islamisme, et face au terrorisme qui s’en réclame. D’une part, même repérés par les services de renseignements, les terroristes islamistes qui ont sévi à Toulouse, Paris et Bruxelles ont pu circuler sans problème et opérer à leur guise. D’autre part, on ne peut plus faire « comme si » il n’y avait pas de problème avec l’islam, vu sous le prisme de l’extension mondiale du marché du travail.

 

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Dans la dynamique de la concurrence planétaire, c’est soit eux qui

viennent chez nous, soit nous qui créons des emplois chez eux, quitte à délocaliser

 

Un marché qui implique notamment la liberté de circulation des femmes et la perte de la mainmise religieuse sur l’hégémonie sociale au profit de l’Etat républicain.

 

Les bombardements ciblés sur DAESH ne règlent évidemment pas le problème du basculement des cités à forte implantation musulmane dans la marginalisation insurrectionnelle d’une partie des populations nourries par l’islam. Ce problème est mondial et concerne également tous les pays musulmans.

 

Ne pas avoir perçu ce phénomène témoigne de l’aveuglement qui a présidé à l’importation massive de mains d’œuvre sans tenir compte des matrices culturelles qui les ont formatées. Or nos sociétés sont fondées sur la transformation du travail en marchandises sur un marché concurrentiel ; l’oublier, l’ignorer c’est aller droit vers une crise du salariat par le surnombre sur ce marché, et c’est provoquer les crises identitaires, non seulement chez les nations importatrices, mais aussi chez les populations migrantes. A terme cela équivaut à semer les germes d’une guerre civile.

 

Le discours anti-islamophobe ou anti-amalgame veut taire ce conflit et ne fait que servir la cause de l’islamisme. Il est temps de reconquérir les territoires perdus de la République, en démantelant les contre-cultures islamistes qui s’y sont développées.

 

On ne saurait oublier de ce point de vue, qu’avant de devenir compatible avec la République, l’Eglise inquisitoriale dut subir la contrainte révolutionnaire et la lutte anticléricale. Puis, après la Seconde Guerre Mondiale, l’Eglise a été contrainte à faire un travail sur elle-même pour se démarquer d’un antijudaïsme ayant pu favoriser l’antisémitisme exterminateur et participer, après la reddition de l’Allemagne, à l’exfiltration de responsables nazis vers l’Amérique du Sud et les pays arabes.

 

L’islam repose également sur un dogme clivant : Mahomet est le Prophète, et ne pas y croire rejette les réfractaires du côté des mécréants. S’ensuit l’obligation de convertir l’univers. Mais le schéma parental et sexuel sous-jacent, resté sans analyse, implique une oppression des femmes et une pulsion de mort dirigée contre les Juifs et des chrétiens. Pulsion qui trouve sa jouissance dans la mort des mécréants.

 

Soumettre la volonté de spiritualité et de morale affichée dans l’islam, à l’instar des autres religions mais contredite par la violence, à une mise sur le divan est une nécessité. Introduire la critique de cette violence conquérante dans les lieux d’éducation est un devoir. D’autant que les matrices culturelles ne façonnent pas qu’un islam rituel qui peut se radicaliser par le littéralisme, elles façonnent également un islam culturel, qui lui aussi se radicalise, ce que semble ignorer le ministre.

 

De fait, aucun des tueurs des différents attentats n’était expert en commentaire coranique ! Cet islamisme culturel opère sur le sol français, il est dans l’air que respirent nos jeunes. Il est dans la haine de la culture française. Il se diffuse dès le plus jeune âge peu ou prou dans ce qui se transmet par l’inconscient culturel. Or il n’existe pas de frontière hermétique entre l’islam dit modéré et l’islamisme qui a recours à la violence.

 

Un autre combat est à mener : en finir avec le marché du travail qui crée sans cesse un appel d’air de migrants, qui ne sont pas uniquement des « migrants économiques », mais également des migrants culturels.

 

Il est sans doute utile de se rappeler qu’en 2015, sur une embarcation chargée de 112 migrants qui menaçait de sombrer, une quinzaine de musulmans jetèrent douze chrétiens à la mer.


 

 

Note de la rédaction :

 

1Claude Berger est l’auteur de « Pourquoi l’antisémitisme » et de « En finir avec le salariat », aux Editions de Paris.

 

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Des balles libanaises survolent la Ména, un soldat blessé (info # 012007/16) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 20 juillet 2016

 

© Metula News Agency

 

Mercredi, 11h30 à Métula, 10h30 à Paris,

 

Ce matin, sur le coup des huit heures, des rafales de mitrailleuses lourdes ont été tirées à partir du Liban en direction des bâtiments de la Ména à Métula et de la base de Tsahal Narkiss (narcisse).

 

Les projectiles venant du Nord ont survolé notre rédaction à une hauteur de 8 à 15 mètres avant d’atteindre Narkiss, qui a subi deux impacts.

 

Narkiss se situe à vol d’oiseau à 45 mètres au-dessus de notre rédaction, se trouvant toutes deux à proximité du sommet du Har Hatzvia, le mont de l’Observation, haut de 610m en son point culminant.

 

Un soldat a été légèrement blessé par le ricochet d’une balle et a été transporté à l’hôpital de Tzfat (Safed) par une ambulance de l’Armée.

 

La sirène d’alarme de la base de Narkiss a retenti et les militaires ont gagné les postes de combat, dont plusieurs chars Merkava, en disponibilité permanente à cet endroit.

 

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Narkiss, la Ména, le Liban

Service cartographique © Metula News Agency

 

En revanche, les habitants de la partie civile d’Har Hatzvia, plus proche des sources de tir que Narkiss, n’ont pas été prévenus et continuent de vaquer à leurs occupations, avec notamment des enfants qui occupent un parc de jeux juste en aval de nos bureaux. Il n’y a pas de déploiement de soldats et d’équipements dans le quartier.

 

Les agriculteurs de la partie centrale de Métula ont, en revanche, été invités à ne pas s’approcher de notre colline.

 

Depuis l’incident, des drones et des hélicoptères nous survolent en permanence.

 

C’est la première fois depuis 2006 que la partie peuplée de Métula est visée par des tirs libanais. Durant la Seconde Guerre du Liban, nous avions été les cibles de dizaines de tirs de roquettes, les maisons d’Har Hatzvia portant encore clairement, pour la plupart, des traces évidentes d’éclats de ces projectiles.

 

En novembre 2005, la maison située exactement au-dessous du petit complexe de la Ména (à 30m) avait subi les tirs croisés de deux roquettes et elle avait été entièrement détruite, voir notre article de l’époque : "Antijuivisme : Ne me parlez pas des tagueurs de banlieue !".

 

En 2005, l’hypothèse avait été envisagée selon laquelle le Hezbollah s’était trompé de cible en visant la demeure de deux paisibles instituteurs alors qu’il comptait probablement détruire les bâtiments de notre agence de presse.

 

Ce mercredi, nous ignorons la nature de son objectif et les raisons qui l’ont poussé à prendre le risque de s’attirer les foudres d’une riposte de Tsahal, qui pourrait être mordante, Israël n’acceptant pas que son territoire soit attaqué, qui plus est, les parties habitées de celui-ci.

 

Nous devons aussi admettre que nous ne nous sommes rendu compte de rien, car au moment des tirs, des jardiniers s’occupaient de notre gazon ainsi que de nos fleurs et le bruit de leurs tondeuses a couvert celui des tirs et de la sirène d’alarme de Narkiss.

 

Il est toutefois envisageable que ce soit à nouveau la Ména qui ait été visée – puisque nous nous sommes trouvés sur le parcours des balles - mais cela reste à démontrer. Jusqu’aux résultats de l’enquête, nous poursuivons notre travail d’information sans précautions particulières et ne manquerons pas d’aviser nos lecteurs en cas d’éventuels développements de l’incident. A 11H27, des chasseurs-bombardiers du Khe’l Avir (Armée de l’Air) ont franchi la frontière libanaise.

 

Ecoutez le commentaire de Stéphane Juffa à chaude au micro de Jim Mosko.

 

 

 
Brexit : une catastrophe ? (info # 011407/16) Version imprimable
Analyse
jeudi, 14 juillet 2016

 

Par Llewellyn Brown

 

Le vote du référendum de la Grande Bretagne portant sur son maintien ou non dans l’Union Européenne a provoqué bien des remous, et continue à faire couler de l’encre. Pour l’establishment politico-journalistique, le « non » retentissant de la population britannique a constitué un désastre inouï, et l’on n’a pas lésiné sur les qualificatifs pour dénoncer cette décision malvenue.

 

Le peuple

 

L’un des premiers fautifs dénoncés régulièrement dans les media fut le peuple. Selon les opinions exprimées par l’establishment, les classes populaires seraient foncièrement inaptes à prendre des décisions concernant leur destin. Faisant écho à ce mépris, Alain Minc a prétendu que le résultat de cette consultation représentait « la victoire des gens peu formés sur les gens éduqués ». Apparemment, il eût souhaité que chacun fût obligé de présenter des diplômes appropriés pour recevoir sa carte d’électeur.

 

Le terme « populisme » est devenu l’antienne des gens de gauche, et nous pouvons nous interroger quant aux préjugés que ce terme recouvre. Car enfin, ceux qui, autrefois, faisaient profession de défendre le peuple, ont lâché celui-ci au profit des nouvelles victimes de la société moderne, désignées par les euphémismes « diversité », et « chances pour la France ». Quant aux gens du peuple, puisqu’ils jouissent désormais des produits du capitalisme au même titre que les anciens soixante-huitards, ils sont qualifiés de « beaufs » ; ils sont jugés incultes, incapables d’éprouver des sentiments beaux et élevés à l’égard de l’Autre. Bref, le peuple étant pétri de mauvais penchants, l’élite politicienne estime de son devoir de le brider et de le ramener dans le droit chemin.

 

Selon cette optique, la démocratie semblerait révéler de sévères limites, n’étant un système de gouvernement convenable que si le peuple vote en conformité avec les directives de ceux qui prétendent savoir. Ainsi, au sujet d’un éventuel retrait français de l’Europe, Alain Juppé déclare : « Organiser un référendum aujourd’hui en France serait totalement irresponsable ». Il serait sans doute du même avis que Giscard d’Estaing, qui avait affirmé, en 2005, au sujet d’un référendum similaire : « C’est une bonne idée d’avoir choisi le référendum, à condition que la réponse soit oui ». En somme, le peuple doit se taire, fermer les yeux, et se laisser gouverner par ses élites prétendument éclairées : ceux qui savent ce dont la Nation a besoin.

 

Il est loisible de discerner, derrière ces jugements plutôt irrationnels, une certaine rancune inspirée par la conscience d’avoir manqué un rendez-vous crucial. En effet, le constat s’impose : le peuple s’est présenté aux urnes en masse, contrairement à ces vertueux qui n’ont pas pris la peine de sortir de chez eux !

 

L’histoire se répète

 

Cette attitude n’est pas nouvelle pourtant : l’irrespect à l’égard du sentiment du peuple semble être une constante depuis que François Hollande est au pouvoir. En effet, l’attitude des élites auto-proclamées est comparable à celle manifestée à l’égard de la « Manif’ pour tous », mouvement qui s’est mobilisé contre le mariage homosexuel en novembre 2012. Quand le gouvernement voulait à tout prix faire passer cette loi, les bien-pensants dénonçaient déjà l’obscurantisme du peuple, la prétendue intolérance de ce dernier à l’égard des homosexuels, et son repli sur des valeurs réactionnaires.

 

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No comment

 

Pour réprimer l’expression massive du rejet de ce projet de loi, les forces policières avaient eu recours à une violence démesurée, notamment contre des personnes âgées et des enfants, tous pacifiques ; et quiconque arborait publiquement le t-shirt rose revêtu de l’emblème du mouvement risquait de faire un tour au poste de police. Les forces de l’ordre allaient jusqu’à falsifier les photographies aériennes de la manifestation, gommant soigneusement certains endroits pour faire croire que la participation était moins nombreuse qu’elle ne le fut en réalité.

 

Certes, pour condamner cette attitude populaire spécifique à la France, dans ce cas précis, on a remarqué qu’une législation similaire était passée, sans susciter de réelle opposition dans d’autres pays européens. Par ailleurs, on pouvait s’étonner de l’étrange insistance du gouvernement à promulguer une loi qui ne semblait apporter rien de nouveau par comparaison avec le PACS, qui accordait déjà aux homosexuels des avantages comparables à ceux offerts par le mariage. Or justement, personne à ma connaissance, ne s’est interrogé quant aux raisons motivant cette opposition massive. Il eût fallu au moins émettre l’hypothèse que celle-ci trahissait la présence d’un profond malaise dans notre société. Pour en amorcer la réflexion – et sans émettre d’assertion ferme ou tranchante –, on peut penser qu’elle n’était pas étrangère au délitement qui frappe la qualité de vie dans notre pays, à ces phénomènes qui touchent de nombreux habitants en milieu urbain : le déclin du lien en société, l’immigration massive et incontrôlée qui conduit à l’islamisation de nombreux quartiers.

 

L’immigration

 

Si l’on a décrété que le sentiment « populiste » était responsable du résultat éclatant du référendum, on a considéré que le repli identitaire, le fascisme et le racisme donnaient son contenu à ce nivellement par le bas. Force est de constater, cependant, que ces termes sont devenus la tarte à la crème des discours politiques aujourd’hui, puisqu’ils équivalent au qualificatif simpliste “méchant”.

 

En effet, devant l’immigration de peuplement que nous subissons – en l’absence de tout processus démocratique sur la question –, il est légitime de s’interroger et de réclamer une discussion ouverte. Car enfin, tout sujet réellement politique mérite que le peuple dans son ensemble soit invité à en débattre, au lieu qu’on le lui confisque arbitrairement sous des prétextes faussement moraux. En l’espèce, il s’agit pour le peuple de s’exprimer sur l’opportunité et les modalités de l’immigration, afin de déterminer, avec toute la lucidité possible, la réponse à la question : dans quelle société désirons-nous vivre ?

 

Il n’y a donc pas lieu de s’étonner si ce même sujet a pu entrer en considération pour les électeurs britanniques. Notamment, au regard du fait qu’Angela Merkel – chancelière de l’Union Européenne, pourrait-on dire – s’était empressée de réclamer l’arrivée massive en Europe de « migrants » transitant par la Turquie, sous prétexte de leur prétendue fuite de la guerre en Syrie-Irak. La question était devenue d’autant plus pressante que ces flux migratoires contenaient – et contiennent encore – une part criminelle non négligeable. Alors, attribuer le résultat du référendum à la supposée prévalence d’un sentiment raciste relève d’une inversion logique : il ne s’agissait pas de la promulgation de mesures vexatoires visant une certaine population, mais d’une opposition à des mesures déjà imposées aux autochtones. Ce n’est qu’avec une bonne dose de mauvaise foi que l’on prétendrait entendre des bruits de bottes !

 

Puis, pour emprunter les mots d’André Siegfried, quand il affirmait pouvoir réduire une séance de son cours à Science Po à cette seule phrase : « La Grande Bretagne est une île », pourquoi les Britanniques ne se prévaudraient-ils pas de cet avantage que leur procure la géographie de leur pays pour affirmer leur souveraineté ; pour prendre du large face au tropisme grégaire qui anime les pays du continent ?

 

Certes, invoquant les impératifs issus de la mondialisation, on a pu déclarer que la Grande Bretagne ne pourrait jamais survivre seule. Ce jugement se laisse discuter : je connais un tout petit pays situé au Proche Orient qui doit constamment affronter des dangers autrement plus existentiels, depuis sa (re)naissance. Certains choisissent la solitude, d’autres se la voient imposer…

 

Qui est frileux ?

 

Il convient d’examiner de plus près la nature des arguments avancés pour critiquer le choix britannique. On n’a pas manqué, par exemple, de souligner les dangers qu’encourait le pays en quittant l’Union : les risques pour l’économie, qui supporterait mal l’absence du renfort que procure le nombre [et l’accès à un marché domestique de plus d’un demi-milliard d’êtres humains à fort pouvoir d’achat. Ndlr.] ; la nécessité de renégocier tous les accords passés avec l’Union et avec les partenaires commerciaux, et d’autres encore. En somme, il s’agit d’arguments exprimant un sentiment de panique à l’égard des dangers pouvant surgir pour le statu quo. Une telle réaction paraît tout à fait attendue. L’objectif même présidant à la création de l’Union Européenne consistait à créer une force économique sur le plan mondial, un marché stable, et des sociétés pacifiées grâce à l’abolition des spécificités nationales. Ainsi, en plaçant le débat sur le seul plan du confort matériel, ces voix cherchent avant tout à dénier toute question réellement politique ; car toute interrogation de cet ordre doit nécessairement porter sur le destin du peuple ; elle doit définir comment ce dernier voit son existence.

 

L’attitude conservatrice exprimée par ceux qui dénoncent le Brexit est patente : on a bien noté que nombre d’« experts » et de « responsables » politiques n’ont rien vu venir, proclamant qu’il était impossible que les Britanniques fassent un tel choix. On comprend donc leur désarroi, quand le peuple a opposé un démenti massif à leurs prévisions ! Nos élites sembleraient uniquement capables de seriner leurs discours soporifiques dans le but de mener leurs transactions en vase clos et souvent à leur avantage personnel. A ce titre, que « l’impossible » se produise enfin est une chose éminemment salutaire !

 

Or c’est ici qu’il convient, me semble-t-il, de marquer la réelle valeur humaine du référendum britannique. Les postmodernes – parmi lesquels nos gauchistes – sont épris d’un monde où le capitalisme dispense ses bienfaits, et abreuve les populations de plus en plus d’objets de consommation.

 

Mettons cela en des termes familiers, ceux que l’on entend dans tous les discours. Aujourd’hui, chacun est convié à vivre non dans le monde réel, mais dans le virtuel, à être « connecté », à afficher un optimisme sans bornes à l’égard de l’avenir radieux promis à l’humanité occidentale. On nous exhorte aussi à adhérer à l’idéologie du « développement durable ». Celui-ci s’entend comme la version moderne de la quadrature du cercle, où la production accrue des objets informatiques est supposée conduire miraculeusement à l’assainissement de notre environnement. Dans le même ordre d’idées, on nous somme de combattre le « réchauffement climatique ».

 

Bref, au regard de toutes ces causes, la vie humaine se résume à la gestion des choses, au détriment du lien par la parole, comme Jean-Claude Milner l’a si bien démontré1. Quelle meilleure façon de réduire la population à l’impuissance, que de lui occuper l’esprit avec des gadgets électroniques ? Mais au fond, au lieu que ces derniers servent l’humain, c’est chaque utilisateur qui se met au service des multinationales en leur fournissant des données. Cette situation n’est pas sans conséquences sur ce que l’humain est prêt à investir pour vivre réellement. Sous les effets de ce conditionnement, la population ne peut que devenir frileuse, ayant de plus en plus peur de prendre des risques, d’affronter l’inconnu. Connaissant donc cette pente qui affirme son emprise dans les pays occidentaux, notre surprise ne peut qu’être grande devant le sursaut que révèle le référendum, car voilà cet inconnu ; contre toute attente, les Britanniques l’ont fait surgir !

 

Dès lors, nos élites redoutent des exit en chaîne : que les peuples veuillent, à tour de rôle, s’affranchir de la tutelle bureaucratique et antidémocratique de l’Union Européenne. Ce que nous voyons se manifester, c’est l’expression éclatante d’un désir que nos dirigeants voulaient étouffer sous le confort de la routine. Par son choix, le peuple britannique a refusé de consentir à son effacement, revendiquant le droit d’épouser son destin singulier. Ce qui apparaît au grand jour relève du désir inconscient qui, lui, n’incarne jamais la belle harmonie dont rêvent nos bien-pensants : si c’était le cas, notre monde serait une vraie pépinière d’utopies. Au contraire, ce que l’on peut mettre ici sur le compte du désir relève de la dysharmonie qui constitue le fond de l’humain. Il n’y a pas lieu de s’étonner si une attitude de conflit finit toujours par ébranler nos aspirations à la paix.

 

Un acte, enfin

 

Prenant le contre-pied de cette réalité, nos postmodernes demeurent habités par le rêve d’une existence éthérée, et ne tolèrent pas que quelqu’un dise « non », que l’on refuse de céder devant la masse. Comment ose-t-on dire « non » à ceux qui prétendent savoir ce qui est bien pour nous ?

 

Après cette réponse inouïe exprimée par les Britanniques, il est normal que l’on s’affole : pris de court devant l’inattendu, chacun est interloqué. Cependant, passé ce moment de saisissement, les personnalités politiques et les commentateurs retrouvent rapidement leurs repères : ils accusent les gens malfaisants, les pas-comme-il-faut ; ils critiquent le mécanisme du vote, exigeant que le peuple repasse aux urnes, dans le fol espoir qu’il se rendra compte enfin de son erreur… De cette manière, ils misent non sur l’intelligence mais sur la peur, espérant que tout le monde redeviendra craintif et se laissera dicter ses choix. Ce n’est guère une position très courageuse.

 

Parmi les griefs formulés, on a prétendu que le référendum était faussé parce que les électeurs auraient confondu la question soumise à leur réflexion avec leur désenchantement à l’égard du gouvernement du jour. Mais tout de même, la politique n’a jamais été pure, détachée des considérations concrètes dans lesquelles chacun se trouve sur le moment. Transposons la problématique au domaine intime quand il est question de brouille : on peut toujours prétendre que l’un des deux partenaires a fait le mauvais choix, qu’il a agi pour des raisons très confuses et sans mesurer les réelles conséquences. Dans les deux cas, il n’empêche qu’au-delà du domaine des discours, il existe celui de l’acte, et c’est celui-ci qui porte à conséquence. Pour lui donner sa vraie portée, on peut entendre ce mot dans tous les sens du terme : juridique, médical (l’estampille officielle qui détermine une certaine réalité), criminel (produisant l’irréparable). C’est cette valeur qui donne son poids au choix des Britanniques : il s’agit d’une déclaration dans le style : « Je sors, je dis “non”, et je n’ai pas à vous dire pourquoi ! ».

 

Bref, un acte représente un saut existentiel, après quoi tout le monde peut lancer des imprécations qui n’expriment rien d’autre qu’un sentiment d’impuissance, parce que plus rien ne sera comme avant. C’est ainsi.

 

Catastrophe !

 

Donc, une catastrophe ? Oui : mais au sens étymologique du terme. Dans le théâtre de la Grèce antique, ce mot désignait un tournant dans l’action dramatique. A cet égard, on peut songer à la pièce éponyme de Samuel Beckett, que celui-ci écrivit à la demande de l’Association internationale pour la défense des artistes, et qui fut créée au Festival d’Avignon en 1982, lors de la manifestation « Une nuit pour Vaclav Havel ». En effet, l’écrivain tchèque était en prison depuis plusieurs mois, pour dissidence.

 

Dans cette très courte pièce, on voit le personnage principal debout et immobile, tête baissée et coiffée d’un chapeau. Autour de lui, le metteur en scène observe et donne des ordres à son assistante, qui exécute diverses manipulations afin que cette figure anonyme soit présentable : on ignore pour quel événement.

 

Si cette pièce – sans le moindre discours idéologique – visait à affirmer un soutien à l’égard d’un artiste opprimé par un régime totalitaire, elle l’a fait par le biais d’un visage qui se relève, et qui brise ainsi les attentes d’une foule réclamant la soumission. La figure fait face, mais n’affirme rien, si ce n’est en opposant son regard insondable qui impose le silence à la masse grégaire.

 

Le contexte du Brexit peut paraître moins sublime, plus terre à terre, plongé dans la gangue du quotidien. En effet, le saisissement causé par le choix inattendu des Britanniques fut immédiatement recouvert par le vacarme affolé des commentateurs. Cependant, le silence est là, au cœur de cet acte de rupture. Il vaut la peine que nous en prenions la vraie mesure.

 

 

 

[1] Jean-Claude Milner, Court traité politique I : La Politique des choses ; II : Pour une politique des êtres parlants, Lagrasse, Verdier, 2011.


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Le ministre égyptien des Affaires Etrangères en Israël : très importante visite (info # 011207/16) Version imprimable
Analyse
mardi, 12 juillet 2016

 

Par Sami el Soudi

 

Dimanche dernier, Samekh Shoukry était en Israël pour une visite officielle. C’était la première fois en neuf ans qu’un ministre des Affaires Etrangères des bords du Nil se rendait à Jérusalem. A son arrivée, Shoukry a déclaré que "la réalisation de la vision de la solution des deux Etats réclame des initiatives pour construire la confiance, de même qu’un désir authentique qui résiste à toutes les circonstances. L’Egypte est engagée", a ajouté le ministre, "à soutenir les efforts de paix israélo-palestiniens et est disposée à fournir pour ce faire toutes les formes d’assistance possibles".

 

Cette annonce participait de l’emballage médiatique que les deux pays avaient conjointement décidé de proposer pour dissimuler les enjeux réels de cette rencontre de la plus haute importance. Il s’agissait de ne pas pousser des Egyptiens dans les bras des Frères Musulmans, alors que la situation reste quasi-insurrectionnelle aux bas des pyramides, et que la cause palestinienne demeure sensible pour un grand nombre de concitoyens du Maréchal Abdelfattah al Sissi.

 

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Samekh Shoukry en Israël

Israël et l’Egypte : des "alliés stratégiques vitaux dans la région"

 

L’emballage en question avait été coordonné avec grand soin avec Isaac Molkho, l’émissaire spécial de Netanyahu, que l’on a plus vu dans la capitale égyptienne qu’à Tel-Aviv durant ces dernières semaines. Molkho a d’ailleurs atterri à l’aéroport Ben Gourion quelques minutes seulement avant l’arrivée du ministre d’al Sissi.

 

En fait, l’unique proposition tangible concernant le processus de paix exprimé durant cette visite concerne l’invitation faite au Premier ministre israélien et à Mahmoud Abbas de se rencontrer face à face dans la capitale égyptienne, sans conditions préalables, en présence du maréchal. M. Netanyahu, c’était dans le scénario, s’est empressé d’accueillir favorablement cette initiative, tandis qu’elle était très fraichement perçue à Ramallah, ce qui était également attendu.

 

La proposition d’al Sissi s’inscrit en porte-à-faux avec la démarche de la France, et Abbas sait qu’au Caire il ne serait pas ovationné debout par le parlement, et qu’il ne jouirait d’aucun traitement de faveur de la part de ses hôtes. Cela contraste avec la démarche des Européens, qui lui promettent de faire pression sur Israël pour qu’elle accepte de négocier un règlement ayant pour cadre la ligne d’armistice de mai 1967.

 

En résumé, on dira que le processus prôné par le Pharaon conduit à un Etat avec la plus petite indépendance possible pour les Palestiniens, assortie de garde-fous sécuritaires draconiens, alors que celui de l’Union Européenne favorise un Etat de Palestine le plus autonome envisageable, assorti d’une ingérence maximale de la communauté internationale. La différence, mais elle est de taille, consiste en cela que l’initiative égyptienne a le soutien des autres grands Etats arabes et qu’elle a une chance d’aboutir, jouissant d’un a priori favorable du Premier ministre hébreu. Tandis que l’initiative européenne, précisément parce que Jérusalem s’y oppose, n’est qu’un show qui ne mène nulle part, comme tout le monde en est conscient. Son objectif principal vise à souligner l’empathie des gouvernements du vieux continent pour la cause palestinienne, principalement destinée à calmer les populations musulmanes qu’ils gèrent, qui en ont fait un symbole et un sujet de rassemblement, source de désordres.

 

Reste que Shoukry n’est pas venu en Israël pour s’occuper des problèmes des Palestiniens dont son gouvernement n’a cure, mais de s’entretenir de l’accentuation de la coopération avec le pays qu’il définit désormais comme un "allié stratégique vital dans la région", et je tiens cette formule de la bouche même de hauts fonctionnaires cairotes avec lesquels je me suis entretenu.

 

Le gouvernement al Sissi, soit l’Armée égyptienne, considère le Hamas comme un ennemi mortel. Il n’oublie pas que cette organisation est la version palestinienne de la confrérie des Frères Musulmans, et que ce sont eux qui l’ont créée. Il n’oublie pas non plus que le Hamas avait activement participé au "Printemps égyptien", en s’attaquant notamment aux prisons pour libérer des terroristes islamistes qui avaient ensuite soutenu Morsi.

 

A cet égard, on note que le blocus imposé par l’Egypte à la Bande de Gaza est largement plus hermétique que celui des Israéliens, qu’aucune marchandise ne transite du Sinaï vers l’enclave palestinienne, que le poste frontière de Rafah est plus souvent fermé qu’ouvert, et que les habitations palestiniennes, qui dissimulaient des sorties de tunnels côté égyptien, ont été dynamitées par milliers, sans aucun ménagement ni dédommagement pour ceux qui y résidaient.

 

Un Etat palestinien indépendant est la dernière chose que Le Caire appelle de ses vœux ; Le Caire, qui exclut d’avoir pour voisin un califat islamique dirigé par le Hamas, œuvre au contraire pour la disparition de cette organisation. Le gouvernement al Sissi n’est pas même disposé à prendre le risque de l’établissement dans la Bande d’un Etat gouverné ou co-gouverné par le Fatah, par crainte d’un nouveau putsch islamiste, rampant ou violent.

 

Pour ces raisons, lorsque les Israéliens ont proposé aux Egyptiens la construction d’une île artificielle au large de Gaza pour abriter un port commercial, ils se sont vu opposer une ferme fin de non-recevoir.

 

Quant à l’Autonomie Palestinienne, l’Armée du Pharaon la considère comme un agglomérat de pantins corrompus, dont l’objectif consisterait à maintenir le statu quo le plus longtemps possible afin d’amasser des fortunes personnelles sur la base des donations internationales et arabes. A propos de ces dernières, on observe leur diminution de mois en mois, à l’exception de celles du Qatar. Parlant précisément de Mahmoud Abbas, mes interlocuteurs d’outre-canal m’affirment qu’il ne peut pas même compter sur 50 000 partisans fiables [sur un total de 2.5 millions Palestiniens, y compris à Jérusalem] vivant en Cisjordanie. "L’Autorité Palestinienne, son président et ses barons sont inconsistants et se trouvent à la tête d’une institution imaginaire, qui ne devrait pas être en charge des négociations avec Israël et qui devrait accepter avec des applaudissements une solution définitive qui serait négociée avec les Juifs par l’Arabie Saoudite et l’Egypte", affirment les membres du gouvernement d’al Sissi, ajoutant que "s’ils persistent dans leur attitude butée, arrogante et irrationnelle, ils n’obtiendront rien, et Israël avalera ce qu’il leur reste de territoires, et qu’alors, il n’y aura plus rien à faire pour eux".

 

L’un des locuteurs égyptiens de haut rang présent lors de l’une de nos rencontres m’a dit, en présence de ses collègues : "Le monde arabe en a marre des Palestiniens qui ne comprennent pas que l’ennemi des vrais musulmans est l’Iran, et que pour le combattre, notre meilleur allié est Israël", poursuivant, "cela fait des décennies que nous sacrifions nos hommes et nos ressources afin de vous aider et que vous, vous ne faites rien pour justifier le gigantesque dévouement des Arabes. Vous êtes des égoïstes dont la population vit dix fois mieux que chez nous", ponctua l’intervenant sur un ton vif.

 

Pour l’Egypte, la priorité absolue, c’est la pacification de la péninsule du Sinaï, où les islamistes, à commencer par l’organisation Wilayat Syna (Province du Sinaï – de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant, ayant intégré DAESH en 2014), mène une guerre de guérilla contre les forces du régime. En octobre dernier, les islamistes actifs dans ce désert avaient abattu un Boeing russe, tuant tous ses occupants et infligeant un coup terrible à l’activité touristique, indispensable à la survie économique de l’Egypte.

 

Or Israël, à la demande du Caire, intervient plusieurs fois par semaine par des frappes de drones contre les djihadistes du Sinaï. La mission principale de Samekh Shoukry en Israël consistait à approfondir toujours davantage la coopération stratégique et tactique avec Tsahal, qui inclut déjà une coordination permanente au niveau opérationnel et du renseignement.

 

De son côté, Jérusalem a autorisé Le Caire à acheminer des troupes et des avions dans la presqu’île, très au-delà des limites stipulées dans les Accords de Camp David. A en croire le no.2 de Tsahal et l’ambassadeur israélien au Caire, les relations et la coopération entre les deux pays sont "plus étroites que jamais".

 

Ces relations de confiance avaient débuté lorsque, à la demande des généraux égyptiens, à l’été 2013, Israël était intervenue auprès de l’Administration Obama afin que les USA ne déclarent pas officiellement que Mohamed Morsi avait été renversé par un "coup d’Etat militaire" [bien que ce fût le cas], ce qui les aurait privés, à cause de la législation américaine, de toute aide économique et militaire. Depuis cette intervention, les relations sont allées se solidifiant.

 

En plus du volet sécuritaire direct, Sissi aimerait qu’Israël l’aide à rétablir des relations correctes avec Ankara, ainsi qu’à résoudre une dispute lancinante qui l’oppose à l’Ethiopie au sujet du partage des eaux du Nil. L’Egypte voudrait aussi bénéficier des percées israéliennes dans le domaine énergétique, notamment des forages de gaz et de pétrole dans la Méditerranée et de leur exploitation.     

 

Les discussions ont aussi certainement abordé les questions régionales, dont l’intégration des moyens militaires et leur déploiement concerté face à la menace iranienne, y compris en Irak, en Syrie et au Yémen. Au Yémen, où, les spécialistes stratégiques de la Ména en sont absolument convaincus, l’Arabie Saoudite, principal bailleur de fonds du Caire, a largement recours aux conseillers hébreux, aux drones israéliens, ainsi qu’à d’autres matériels.

 

On le voit dans le sillage de la visite de Shoukry, la coopération entre Israël et les grands pays sunnites a atteint des dimensions importantes. Au point que la cause palestinienne, longtemps instrumentalisée par les mêmes pays pour justifier la guerre contre Israël, n’a plus de raison d’être et est devenue une gêne dans l’élaboration des stratégies régionales.

 

Les Etats arabes n’ont toutefois pas officiellement abandonné les Palestiniens, car leurs opinions publiques ne le leur pardonneraient pas. Mais M. Abbas ne doit pas se laisser aveugler par l’emballage favorable décidé pour dissimuler cette rencontre bilatérale, car sans la volonté effective du Maréchal Sissi de faire évoluer notre cause, elle va s’embourber.

 

L’intelligence voudrait qu’Abou Mazen [Abbas] fasse tout ce qu’il peut pour accrocher notre petit wagon au train arabo-israélien en marche. Pour y parvenir, il devrait revoir ses prétentions à la baisse, prendre conscience de notre poids relatif dans la balance des relations internationales, et cesser à la fois sa guerre diplomatique contre Jérusalem et son soutien symbolique au terrorisme. Ce, même si, au-delà de la rhétorique, les forces de l’Autorité collaborent pleinement avec les Israéliens pour juguler ce fléau.

 

Car désormais, et c’est l’exigence d’Israël, partiellement comblée par la visite de Samekh Shoukry, Binyamin Netanyahu demande que la coopération israélo-arabe devienne visible, aussi bien dans les relations bilatérales qu’au sein des instances internationales, où les diplomates arabes agissent comme si la guerre contre les Juifs se perpétuait.


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Les enjeux réels de la visite de Netanyahu en Afrique (info # 010807/16) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 08 juillet 2016

 

© Metula News Agency

 

Juffa s’exprime ce vendredi au micro de Jim Mosko :

 

https://youtu.be/GmulmElWbGw (Youtube)

 

Et aussi :

 

L’espionnage entre pays amis : pourquoi est-ce une pratique courante, presque nécessaire ?

 

L’offensive kurde sur Manbij : couper l’accès de DAESH à la Turquie et construire l’Etat kurde. Les combats font rage depuis le 1er juin.

 

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Golan : un incident inhabituel (info # 010407/16) Version imprimable
Analyse
lundi, 04 juillet 2016

 

Par Jean Tsadik

 

Un incident intéressant s’est produit hier, dans la région de Kouneitra, opposant l’Armée gouvernementale syrienne à Tsahal.

 

Cela a commencé dans la nuit de samedi à dimanche, lorsqu’une roquette tirée par l’Armée alaouite de Bashar al Assad a explosé du côté israélien de la frontière, sans faire ni dégâts ni victimes. La raison pour laquelle l’incident n’a pas été observé à chaud par la Ména réside dans le fait que le projectile syrien a atterri à proximité immédiate de la clôture qui délimite la séparation entre le Golan israélien et le Golan syrien.

 

Or il s’agit d’une zone éloignée de toute région habitée, druze ou juive, où la Ména dispose de ses nombreux relais. L’épisode de ce weekend ressemble à la photo d’archives ci-dessous, prise par nos reporters il y a de cela un an, sur laquelle on distingue le point d’impact encore fumant d’une roquette, quelques mètres à l’intérieur du territoire israélien.

 

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Photo d’archives : la clôture sépare Israël de la Syrie

© Metula News Agency

 

C’est certes un épisode mineur, mais la doctrine d’Israël consiste à répliquer à chaque attaque touchant son territoire. Le but recherché, que l’agression soit intentionnelle ou non, est d’obliger les protagonistes de la Guerre Civile à contrôler leurs tirs sous peine d’être énergiquement sanctionnés par Tsahal.

 

De fait, les combats se déroulent dans la partie syrienne du Golan, principalement entre l’Armée régulière et les rebelles du Front Sud, à partir de quelques mètres du territoire israélien. Au surplus, ces derniers jours voient des affrontements acharnés entre les protagonistes, particulièrement dans la partie centrale du plateau – Kouneitra et ses environs -, ainsi qu’autour de la ville de Déra, plus au Sud, où la Guerre Civile avait par ailleurs débuté.

 

En fin d’après-midi de dimanche, l’Armée israélienne a riposté, probablement par deux tirs de missiles Tamouz, même si le communiqué officiel évoque des représailles effectuées depuis une position de notre artillerie. Il est notable que depuis cinq ans, le taux de réussite du Tamouz est de l’ordre de cent pour cent, le seul échec enregistré ayant été dû à une grossière erreur de manipulation des soldats.

 

Les tirs israéliens ont visé deux positions de l’artillerie lourde d’Assad et, toujours selon le communiqué de Tsahal, "des coups au but ont été observés", ce qui signifie habituellement que les cibles ont été anéanties.

 

Nous avons pour notre part remarqué deux évènements singuliers dans le déroulement de cet incident : premièrement, il est extrêmement rare que l’Armée commente ce type d’avatars et se fende pour ce faire d’un communiqué. Deuxièmement, d’ordinaire, la réplique des Hébreux est immédiate et se produit dans l’heure qui suit l’agression ennemie. La décision d’agir, quasi-automatique, est prise au niveau du commandement régional du Golan, or, cette fois-ci, il s’est passé plus d’une demi-journée entre la chute de la roquette et la riposte israélienne.

 

Cela entraîne l’interprétation suivante de notre part : le franchissement de la frontière par le projectile étant pratiquement insignifiant et très probablement dû à la maladresse des soldats d’Assad, il ne justifiait qu’une réponse symbolique, du genre d’un tir visant une position militaire inutilisée, comme il en existe des dizaines des deux côtés de la clôture.

 

Le communiqué de Tsahal a beau préciser que "Tsahal n’intervient pas dans les combats en Syrie mais est ferment décidé de se défendre et à réagir face à tout incident exceptionnel", cela ne l’empêche pas de procéder à certaines "retouches" affectant ses intérêts lorsque l’occasion se présente.

 

En tenant compte des routines en vigueur entre Tsahal et ses voisins syriens, Israël était en situation de légitime défense et avait un "coup à jouer" pour compenser l’affront qu’il avait subi. Sauf que cette fois l’état-major hébreu a pris tout son temps pour décider d’une éventuelle riposte et pour choisir ses objectifs.

 

Or ceux-ci correspondent à deux de ses priorités. Première raison : donner un coup de main au Front Sud, dirigé par des membres modérés de l’Armée Syrienne Libre (ASL), avec laquelle, spécifiquement dans la région du Golan, Israël entretient des relations de non-agression. Tsahal lui fournissant régulièrement, à tout le moins, des vivres ainsi que le suivi médical pour ses combattants et pour les civils vivant sur le territoire qu’elle contrôle.

 

Il suffit d’observer le calme absolu qui règne au point de passage de Kouneitra et les dispositions prises des deux côtés pour le préserver pour se rendre compte de l’existence d’un dialogue entre l’ASL-Golan et Tsahal.

 

Or le Front Sud est récemment soumis à une pression militaire importante de la part de l’Armée régulière et de ses alliés sur place du Hezbollah et des Pasdaran iraniens. Dans le secteur de Déra, les avions et les hélicoptères du régime, encadrés par les conseillers russes, projettent sur les combattants et les civils des barils explosifs qui provoquent de gros dégâts.

 

A proximité d’Israël, où les Mig d’Assad ne s’aventurent pas, ce sont les batteries d’artillerie lourde, dont ne disposent pas les rebelles, qui compliquent la tâche de l’ASL. En recourant à la litote, nous dirons que l’élimination, dimanche, des deux batteries gouvernementales ne pénalise pas l’ASL, et aussi, qu’à choisir entre des mauvais voisins, Jérusalem ne préfère pas forcément la proximité immédiate des Alaouites, des Khomeynistes et des miliciens chiites libanais.

 

L’autre raison stratégique (c’est un bien grand mot dans ce cas) réside en cela que le Front Sud combat actuellement une petite poche d’islamistes affiliés à DAESH [voir la flèche bleue sur la carte ci-jointe]. Ces djihadistes appartiennent à la "Brigade des Martyrs du Yarmouk", une force d’environ 700 guerriers, qui contrôlent une bande de terre d’une quinzaine de kilomètres, le long de la frontière israélienne, à partir et au nord de Khamat Gader, une station thermale réputée au croisement des trois frontières, Israël, la Jordanie et la Syrie.

 

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En rouge, l’Armée d’Assad et ses alliés, en vert, les rebelles du Front Sud,

et en noir, au bout de la flèche, les Martyrs du Yarmouk

Service cartographique © Metula News Agency

 

Les Martyrs ont beau affirmer haut et fort qu’ils ne sont pas en guerre avec l’Etat hébreu, et clamer, chaque fois qu’un mauvais coup est tenté contre lui, qu’ils n’y sont pour rien, ils restent des représentants de l’Etat Islamique, les seuls dans la proximité immédiate d’Israël, qui n’aimerait pas qu’ils fassent tache d’huile.

 

La destruction des deux batteries d’artillerie constitue, à cet égard aussi, une façon d’alléger la pression sur l’ASL afin qu’elle puisse continuer à contenir la petite enclave de djihadistes.

 

Le cas sur lequel nous venons d’approcher notre loupe démontre que l’on peut être neutre dans la Guerre Civile syrienne tout en sachant exploiter les erreurs de ses ennemis afin de protéger ses intérêts.

 
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Oui mais avec dégoût (info # 013006/16) Version imprimable
Analyse
jeudi, 30 juin 2016

 

Par Stéphane Juffa

 

Un accord de seulement trois pages en dit long sur la pseudo-complexité artificiellement entretenue, qui empoisonnait depuis six ans les relations entre Jérusalem et Ankara. Et même si la teneur de ce maigre document n’a pas été rendue publique, on en connaît les grandes lignes : Israël payera vingt millions de dollars de compensation aux familles des activistes islamistes tués en 2010 sur le Mavi Marmara, alors qu’ils tentaient de désenclaver le Hamas et refusaient d’obtempérer aux injonctions de la Marine israélienne. La belle affaire ! Ces vingt millions, à l’échelle d’un Etat, représentent environ deux-cents euros dans le budget d’une famille européenne moyenne. Et ces vingt millions constituent absolument toutes les concessions dont l’Etat hébreu se fendra aux termes de ce traité.

 

Quant aux Turcs, ils abandonnent l’idée de poursuivre en justice les soldats israéliens et leurs officiers ayant participé à l’arraisonnement, et ils empêcheront – ce sera difficile à vérifier – les représentants du Hamas présents sur leur sol de se livrer à des activités violentes à l’encontre d’Israël. C’est mieux que rien, mais est-ce que cela change grand-chose ?

 

D’autre part, Ankara sera autorisée à construire des infrastructures civiles à Gaza, notamment des hôpitaux, des installations pour le traitement de l’eau et une centrale électrique. Cette clause est carrément comique, car il n’y avait pas besoin d’envoyer un bateau d’islamistes se frotter aux frégates du Khe’l ha-yam (la marine de guerre des Hébreux) pour obtenir l’aval d’Israël pour ce genre d’entreprises.

 

Jérusalem, en effet, n’a jamais empêché personne de venir en aide aux habitants de Gaza, pour autant qu’elle puisse s’assurer que les approvisionnements qui parviennent dans la bande côtière ne servent pas au califat djihadiste qui y règne d’une main de fer pour confectionner des armes et étayer des tunnels.

 

Car le Hamas n’a aucunement le souci d’améliorer les conditions de vie des personnes qu’il gouverne, sans jamais, par ailleurs, leur avoir demandé si cette gouvernance leur convenait. Il y a, au point de passage d’Erez, des dizaines d’usines vides, qui avaient été édifiées afin de permettre aux Gazaouis de gagner leur vie en travaillant et de faire vivre leurs familles. Mais ce projet commun à Israël et à l’Autorité Palestinienne, qui nourrissait Gaza et lui procurait des devises, a été immédiatement torpillé par le Hamas en 2007, lorsque, par un coup d’Etat sanglant, il avait évincé le Fatah de l’enclave.

 

Le Calife Ismaïl Hania et ses acolytes n’ont strictement aucun programme économique en vue de développer Gaza, son agriculture et son industrie. C’est un point qu’il fallait clarifier : le développement économique est l’affaire des gouvernements dont la préoccupation principale réside dans le bien-être des gens et leur sécurité ; c’est le cas des sociétés dans lesquelles l’homme se situe au centre de l’univers et que l’univers est exploité dans le but d’améliorer sa condition.

 

Dans un système islamo-djihadiste, c’est Allah qui se situe au centre de l’univers et c’est l’homme qui doit œuvrer, jusqu’au sacrifice de sa vie si nécessaire, pour participer au triomphe d’Allah par l’expansion de la Charia sur l’ensemble de la planète. Par acceptation de l’ensemble de la planète si elle y consent, ou par sa soumission par la force, si elle s’y refuse.

 

On peut même affirmer que le développement des infrastructures et l’amélioration des conditions de vie des populations soumises à un système islamiste va dans le sens contraire des objectifs poursuivis par ceux qui le dirigent. Ces derniers ont besoin de morts de faims hargneux et écœurés par les conditions de vie qui leur sont imposées – que les dirigeants imputent aux ennemis de l’islam -  pour être prêts à servir de piétaille au Djihad. Cela explique qu’Ismaël Hanya et Khaled Mashal n’ont pas accouru pour baiser les babouches du Sultan Recep en prenant connaissance de son programme d’investissements à Gaza. Au contraire, ils l’ont traité de tigre de papier se pliant aux conditions imposées par les Juifs.

 

Ce, car toute l’aide turque transitera par le port d’Ashdod et y sera minutieusement contrôlée. Or la seule chose qui intéressait les djihadistes palestiniens consistait en la levée du blocus maritime, dans le seul dessein de pouvoir importer des armes et des munitions. L’aide humanitaire et l’amélioration des infrastructures, ils n’en ont rien à faire. Pour preuve, s’ils ne détournaient pas environ quatre-vingt pour cent de l’argent attribué à Gaza dans les préparatifs de la prochaine guerre contre Israël, l’enclave côtière commencerait à ressembler à Monte-Carlo.

 

D’ailleurs on trouve de tout à Gaza, du nécessaire au superflu, des fraises de Galilée aux automobiles japonaises. Les étals des magasins sont remplis de denrées, achalandées par des centaines de convois routiers israéliens hebdomadaires au point de transit de Kerem Shalom (le vignoble de la paix). La seule chose qui manque aux Gazaouis lambda, c’est l’argent pour s’offrir ces marchandises, et, puisqu’on ne leur permet pas de travailler… Ce léger désagrément n’interpelle pas Hanya, Mashal et leurs camarades, puisque des agences de renseignement étrangères ont établi que chacun possède des milliards de dollars personnels, qu’ils ont prélevés sur l’aide internationale, notamment européenne et arabe.

 

Donc pour eux, Recep Erdogan n’a strictement rien obtenu d’intéressant par l’intermédiaire de l’accord israélo-turc. Au contraire, les Ottomans veilleront certainement à ce que les matériaux de construction, dont le ciment et le fer à béton, soient effectivement employés aux fins de construire l’usine électrique et les hôpitaux ; ainsi, ces substances qui seront présentes à Gaza et dont les djihadistes ont besoin pour étendre leurs fortifications militaires leur échapperont. Rageant, naan ?

 

De plus, lorsque leurs administrés bénéficieront d’eau de bonne qualité et d’électricité à toutes les heures du jour, ils auront plus à perdre qu’aujourd’hui, ce qui fera encore augmenter l’opposition de la population face aux provocations suicidaires du Califat contre l’Etat hébreu, et rendra la tâche des chefs djihadistes plus ardue qu’aujourd’hui.

 

C’est ici l’occasion d’expliquer aux antisémites européens ainsi qu’aux propalestiniens, que s’ils étaient moins bornés, ils comprendraient cette dynamique : Israël n’a pas vocation à maltraiter les Palestiniens, quoi qu’en dise Edgar Morin-Nahum, et n’a aucune objection à les voir construire un aéroport à Gaza, un port maritime, ni même la plus grande mosquée de la Terre si cela leur chante, et de gouverner leur territoire de façon totalement indépendante, car cela renforcerait leur désir de vivre. Tout ce qu’Israël fait, mais absolument tout, de même que l’Egypte, consiste à empêcher le Hamas d’amasser des armes et de les utiliser contre ses ressortissants.

 

Si les Palestiniens remettaient l’Homme au milieu du village et Allah à la mosquée d’icelui, comme les Israéliens, les Européens, les Britanniques (oh oh !), les Américains, les Russes, ainsi que l’ensemble des nations industrialisées, les hostilités cesseraient instantanément.

 

Quant à Recep Erdogan, après que nous ayons constaté que l’accord qu’il vient de signer avec Israël participe d’un texte creux et inutile, on peut légitimement se demander pourquoi il a attendu aussi longtemps pour renouer des relations normales avec l’Etat hébreu.  

 

Pour le comprendre, il faut déjà intellectualiser que ce petit homme, arrogant, agressif et imbu de lui-même comme pouvaient l’être les Staline, Hitler, Tito, de Gaulle, Mitterrand et désormais Poutine, avait de multiples raisons de créer artificiellement une relation d’hostilité avec l’Etat hébreu. Le motif principal, qui malgré la foultitude de précédents échappe toujours à la plupart de mes confrères analystes, tient à l’utilité résidant dans l’instrumentalisation de l’antisémitisme. En effet, après les Printemps arabes, l’accession au pouvoir de Morsi en Egypte, la chute de Kadhafi et l’éclatement des guerres civiles en Syrie et en Irak, il a semblé à Erdogan que la situation se prêtait à la ressuscitation de l’empire ottoman. Il fut persuadé que le monde arabo-musulman discernerait en lui l’homme providentiel qui le fédérerait en prenant sa direction politique ; or, compte tenu de la détestation des Israélites qui fait rage parmi les nations qu’il entendait vassaliser, il était simplement impossible de conserver les relations amicales qui liaient la Turquie à Israël.

 

Il était même de bon aloi pour Erdogan, dans cette perspective, de se montrer le plus antisémite de tous, allant jusqu’à accuser les Juifs d’être à l’origine, non seulement des difficultés sociales et économiques qui secouaient le Bosphore, mais aussi des coups de grisou qui tuaient ses mineurs et des tremblements de terre qui ébranlaient ses compatriotes.

 

Secondement, l’instrumentalisation de l’antisémitisme lui a permis de trouver le bouc émissaire éprouvé afin de l’aider à convaincre ses concitoyens – surtout ceux de la campagne, toujours largement majoritaires et incultes – de la nécessité de porter son parti islamiste au pouvoir et de lui accorder des privilèges étendus.

 

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Authentique : un tribunal turc a interdit de prétendre qu’il existe une

ressemblance quelconque entre Recep Erdogan et Gollum le Hobbit

 

Dans cette démarche, il devait également décapiter la seule institution garante de la démocratie à la turque capable de contrecarrer son projet de mainmise absolue, à savoir l’armée de son pays. Or celle-ci était l’alliée inconditionnelle de Jérusalem, qui lui fournissait des drones, qui mettait à jour l’électronique de ses Phantom F-4 et de ses F-16 ainsi que de ses chars, qui entraînait ses pilotes et qui lui indiquait les doctrines de la guerre moderne, lui permettant ainsi de se maintenir à niveau. Le Mossad, pour sa part, informait régulièrement et en profondeur le MİT des dangers qui pourraient éventuellement menacer son pays.

 

Jusqu’à la venue d’Erdogan, les pilotes hébreux et leurs avions utilisaient à leur guise les aéroports et le ciel turcs, pour le plus grand bonheur de leurs collègues du cru. Une relation d’extrême confiance prévalait, qui renforçait l’état-major turc, en lui procurant notamment beaucoup de puissance et d’assurance. J’avais pu personnellement me rendre compte de cette amitié, lorsque je fus reçu, à titre personnel, dans le superbe country-club de l’Armée de l’air turque, dans la région d’Ankara, au début des années deux mille. J’y fus accueilli comme un roi et j’y déjeunai à la table des plus grands généraux de cette armée amie, avec lesquels je pus m’entretenir à bâtons rompus.

 

Pour lui attribuer des complots imaginaires, et ensuite juger ses généraux, les destituer et les envoyer purger des peines interminables dans ses prisons, Recep Erdogan devait isoler l’Armée et la rendre orpheline. Le gel des relations avec Jérusalem, prenant appui sur la plaisanterie du Mavi Marmara, affrété par une organisation "humanitaire" islamiste, dirigée par l’un de ses amis, allait aider le petit sultan dans cette entreprise qui fut couronnée de succès.

 

Puis Erdogan fut contraint de déchanter quant à ses autres objectifs : les Arabes le refoulèrent sans ménagement, al Sissi détrôna Morsi, son influence sur les conflits syrien et irakien s’avéra quasi-nulle, la Turquie se brouilla avec tous ses anciens amis, y compris la famille al Assad et les ayatollahs iraniens. Le président au palais monumental se retrouva au seuil de la confrontation avec les Russes ; les Européens le lâchaient dans la répression des Kurdes, de ses journalistes et de ses parlementaires.

 

Erdogan se retrouve maintenant avec des Kurdes syriens à deux doigts d’unifier le Rojava et d’établir un Etat de facto, alors que les Américains, et surtout les Russes, empêchent son armée de poser ne serait-ce qu’un seul godillot sur le sol syrien.

 

Pour ne rien arranger, les hôtels d’Antalya se sont vidés des millions de touristes israéliens et russes qu’ils accueillaient. Et ses alliés du Califat Islamique, avec lesquels il troquait des armes et des mercenaires contre du pétrole, à un prix défiant toute concurrence pour enrichir sa cassette personnelle, fâchés parce qu’il les laisse choir, se font exploser à l’aéroport Atatürk.

 

Et le pire de tout est que les avions équipés de l’électronique israélienne, faute d’entretien et de mises à jour, voient leurs capacités opérationnelles se réduire comme une peau de chagrin.

 

Devant tant de désastres, Erdogan a même décidé de renvoyer Ahmet Davutoglu, qui fut pourtant son compagnon de route, son ministre des Affaires Etrangères depuis 2009, et son Premier ministre, à partir de 2014. On a émis de nombreuses théories au sujet de ce congédiement, mais à mon sens, le sultan l’utilise comme tête de Turc (eh oui !), pour trouver un responsable à toutes les erreurs qu’il a lui-même commises. Il n’allait tout de même pas s’auto-destituer.

 

Désormais l’hostilité avec Israël ne lui servait plus à rien. En signant l’accord de normalisation, il ne lui a rien donné et ne lui a rien pris. Il espère simplement briser un peu son isolement, et ramener en Turquie un peu de l’énergie extraordinaire que dégage l’Etat hébreu. Un proche du gouvernement de Jérusalem m’a aussi confié que Netanyahu serait intervenu auprès de Poutine pour qu’il normalise également ses relations avec Ankara. Les deux accords ont été annoncés le même jour et cela n’a rien d’un hasard. D’après ma source, l’unique condition du Tzarevitch, imitant les "exigences" que le Sultan Erdo avait soumises à Israël, sorte de vanne à son intention, consistait à recevoir des excuses et une compensation pour le Soukhoï que les Turcs lui ont abattu. Hier, le maître du Kremlin a déjà annulé deux dispositions antiturques qu’il avait décidées suite à l’incident.

 

Dire qu’Israël n’a rien gagné avec la signature des trois feuilles de papier n’est pas tout à fait exact. Elle a indirectement obtenu que la Turquie reconnaisse son blocus maritime contre le Hamas, et hérité d’un médiateur utile avec cette organisation terroriste mais néanmoins voisine.

 

Sur le plan économique, elle va probablement vendre son gaz naturel à Ankara, qui ne peut plus se permettre d’être totalement dépendante de Poutine pour son approvisionnement. On pourrait également construire un gazoduc passant par la Turquie afin d’approvisionner l’Europe, les deux pays y trouveraient leur compte.

 

Et surtout, c’est un marché potentiel de plusieurs dizaines de milliards de dollars qui se rouvre aux Israéliens ; un marché qu’ils connaissent parfaitement, de surplus, et qui a faim de ce que nous pouvons lui vendre.

 

De quoi accorder un bon point à la diplomatie de Binyamin Netanyahu pour ce résultat, l’honnêteté nous le réclamant. Il a fait entériner l’accord par le cabinet restreint pour les affaires politiques et sécuritaires, même si ce ne fut pas sans mal, avec des abstentions de ministres et des oppositions lors du vote, intervenu après 4h 30 de discussions intenses.

 

Les ministres ont fait savoir au chef de l’exécutif que, dans l’ordre normal d’une gouvernance éthique, on présente d’abord un brouillon d’accord international à son gouvernement et on ne le signe qu’ensuite, après qu’il ait été adopté. Les ministres se sont également étonnés de l’absence de représentants des services de renseignement et de l’Armée lors de la discussion.

 

C’est vrai qu’ils en ont gros sur la patate et qu’ils auraient manifesté leur opposition ; particulièrement, ils ne digèrent pas que leur gouvernement présente des excuses pour l’arraisonnement du Marmara, qu’il leur avait ordonné d’exécuter, qui était légal et légitime et qui a protégé les intérêts supérieurs de leur pays. Les commandos-marins n’oublient pas que certains de leurs camarades ont été grièvement blessés lors de l’incident, parce que les mêmes politiques leur avaient demandé d’y aller avec le dos de la cuillère, ce qu’ils avaient fait avant d’être brutalement agressés et de devoir sauver leur peau.

 

Les Israéliens, qui se sont exprimés lors de sondages, se sont aussi prononcés contre le traité de rabibochage avec le petit sultan. Ils partagent évidemment l’avis des militaires quant à l’abordage du bateau d’islamistes. Et puis, ils se rappellent des déclarations éminemment antisémites, stupides et grossières d’Erdogan, et ils sont au courant des maltraitances que subissent les journalistes, les laïcs et les démocrates, et du glissement de la Turquie vers la dictature. Les Israéliens, de par leur ADN, haïssent la dictature.

 

De plus, les Kurdes sont nos amis indéfectibles (eux) depuis toujours, des Juifs, qu’ils n’ont jamais persécutés et d’Israël, depuis les premiers jours de son existence, et l’idée que le Sultan Machin pourrait utiliser des armes israéliennes afin de les combattre nous fait honte.


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Mieux vaut partir que fuir (info # 011906/16) Version imprimable
Analyse
dimanche, 19 juin 2016

 

Par Guy Millière

 

Il arrive encore que l'on me demande pourquoi j'ai quitté la France et le continent européen pour vivre aux Etats Unis. Je ne peux pas répondre que c'est pour m’éloigner des crimes commis au nom du djihad : l'atrocité commise voici peu à Orlando a été le pire crime de masse perpétré sur le sol américain, et elle n'est que le point culminant d'une série d’assassinats accomplis au nom du djihad aux Etats Unis depuis quelques années. Il y a moins de six mois, un couple islamiste a assassiné à San Bernardino en Californie. Auparavant, des tueries ont eu lieu à Chattanooga, à Fort Hood, ainsi qu’en divers autres lieux. Le djihad ne connait pas de frontières et déferle partout où des islamistes sont présents ou peuvent pénétrer.

 

Je ne peux pas dire non plus que c'est parce que les dirigeants au pouvoir font preuve de lucidité et de courage. Barack Obama est un gauchiste islamophile, qui longtemps n'a pas même parlé d'attentats terroristes lorsqu'il se trouvait confronté à un attentat terroriste ; quand le Major Nidal Malik Hasan a agi à Fort Hood, il avait qualifié ce qui s'était passé « d’incident sur le lieu de travail ». Obama se refuse toujours à parler d'islam radical. Face à ces agressions, Manuel Valls, en France, s'est montré plus clair et plus courageux.

 

Je ne peux pas non plus répondre, à l'évidence, que c'est parce que la haine anti-israélienne est absente en Amérique. Sur les campus de nombre d'universités U.S, on peut en effet rencontrer des activistes "propalestiniens" aussi bilieux et bornés que ceux que l’on croise en France.

 

En revanche, je peux affirmer que les réactions face aux crimes commis au nom du djihad sont porteuses aux Etats Unis d'une détermination qui tranche avec ce que l'on peut observer en France et sur le vieux continent.

 

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Paris-Texas

 

Si les paroles d'apaisement sont certes nombreuses, comme en Europe, la colère et la détermination à se battre restent davantage présentes aux Etats Unis. Et j'apprécie la colère et la détermination à se battre lorsqu'elles sont légitimes, car elles reflètent une volonté de rester debout et de ne pas se soumettre.

 

Aux Etats Unis, des dirigeants politiques osent encore désigner le danger et l'ennemi, et ils le font plus clairement que n'importe quel dirigeant français ou européen, y compris Manuel Valls. Si Barack Obama se refuse à parler d'islam radical - et, essentiellement, Hillary Clinton aussi -, ce n'est pas le cas de Donald Trump, par exemple. Et j'apprécie que des dirigeants politiques osent parler distinctement, sans utiliser la moindre langue de bois. Agir autrement, c’est se condamner soi-même à la défaite. La France et le continent européen endossent peu à peu les couleurs de la défaite.

 

Et si la haine anti-israélienne est présente sur les campus de plusieurs universités américaines, elle est très largement absente de la société américaine en son ensemble, ce qui est, à mes yeux, réconfortant. Nul ne m'a jamais demandé aux Etats Unis pourquoi je défends Israël alors que je ne suis pas juif, or c'est une question que l'on me pose sans cesse en France et sur le continent européen.

 

Je peux ajouter que la "cause palestinienne", hors des universités, a peu d'adeptes aux Etats Unis car elle y est considérée comme une cause douteuse, ce qui constitue à mon sens une preuve de lucidité.

 

Il me serait loisible ajouter d'autres raisons encore. La très faible présence de l'antisémitisme dans la société américaine, la survivance des idées de bien et de mal, ou de l'idée que tout crime implique un châtiment proportionnel au crime pour que justice soit faite. Un respect de l'être humain en tant qu'être humain. Une courtoisie et une gentillesse sans équivalents dans le reste du monde occidental. Une police qui se fait respecter, et qui garantit effectivement sécurité et liberté.

 

En regardant la France avant de partir, je me suis dit que la France n'était plus le pays que j'ai connu dans ma jeunesse, et qu’elle était engagée dans un processus de déclin peut être irréversible.

 

En regardant les Etats Unis en arrivant, je me suis senti confirmé dans mes décisions, et quand bien même des signes de dégénérescence touchent également les Etats Unis, il m'a semblé évident que le processus y était beaucoup moins avancé.

 

J'ai repensé alors à une phrase que répétait souvent mon ami Sammy Ghozlan, le fondateur du Bureau National de Vigilance contre l'Antisémitisme : "mieux vaut partir que fuir". Je suis parti la tête haute, pour poursuivre mes combats, pas du tout pour y renoncer. Je n'ai pas fui. Je n'accepterai jamais d'être condamné à la fuite. Je n'accepterai jamais de me taire.

 

Et parce que je suis fidèle à mes combats, je reviendrai. Souvent. Parce que je suis fidèle en amitié, je serai présent demain, lundi 20 juin, au dîner de levée de fonds du Bureau National de Vigilance contre l'Antisémitisme.


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Raid aérien d’Israël à Homs avec le OK de Poutine (info # 010806/16) Version imprimable
Analyse
mercredi, 08 juin 2016

 

Par Jean Tsadik

 

Des chasseurs-bombardiers israéliens ont attaqué et anéanti des positions de l’Armée gouvernementale syrienne, tard dans la nuit de samedi à dimanche derniers. Les appareils frappés de l’étoile de David auraient ciblé des positions de la puissante IVème division mécanisée, commandée par le Général de brigade Maher al Assad, frère cadet de Bashar, considéré comme la seconde personnalité la plus puissante du régime.

 

Les objectifs se situaient à Shinshar, dans la périphérie de la ville de Homs, à 110km en plein nord de Damas, et surtout, à 23km du nord-est du district libanais de l’Akkar, sous contrôle quasi-absolu du Hezbollah.

 

Le principal media à avoir annoncé la nouvelle est le journal électronique d’opposition au régime Zaman al Wasl [le temps de la discussion], opérant depuis Homs. L’information a également été commentée par des officiers de l’Armée régulière, qui prétendent que les avions hébreux ont été repérés par leurs radars mais qu’ils se sont abstenus de tirer.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

Nous ne pouvons accorder de crédit à cette tartarinade, persuadés que nous sommes que les Israéliens sont parvenus depuis longtemps à aveugler totalement les moyens anti-a&ea