Les Kurdes ne reculent pas, ils avancent (info # 012608/15) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 26 août 2016

 

Par Perwer Emmal à Amarinah

 

13h 38 à Métula, midi 38 à Paris

 

Suite à l’accord entre Ankara et Daesh ayant conduit l’Armée turque, entourée d’éléments d’al Qaëda reconvertis à la hâte en combattants de l’Armée Syrienne Libre (ASL) à prendre la ville de Jarabulus pratiquement sans coup férir, le Vice-Président U.S Joe Biden avait ordonné depuis la capitale turque aux forces kurdes d’évacuer la rive occidentale de l’Euphrate et de retraverser le fleuve en direction du canton de Kobané dans le Rojava.

 

L’Aviation américaine avait soutenu la parodie d’offensive ottomane, intitulée "Bouclier de l’Euphrate", en bombardant Jarabulus déjà abandonnée par ses défenseurs.

 

56 civils ont tout de même perdu la vie lors de bombardements de l’artillerie turque et de l’aviation coalisée, de même qu’un membre de l’ASL et d’une quinzaine de miliciens du Califat Islamique, (sur un millier qui s’y trouvaient avant l’ "attaque" et qui ont eu la vie sauve !).

 

Hier, lors d’un contact téléphonique avec son homologue turc, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a confirmé le retour des combattants kurdes des Unités de Protection du Peuple kurde (YPG) à l’est de l’Euphrate.

 

Il était mal informé !

 

Passant outre les injonctions de leurs anciens alliés étasuniens, les YPG ont, au contraire, intensifié leur offensive, n’hésitant pas à affronter les forces turques qui ont traversé la frontière syrienne. C’est ainsi que les Peshmerga, qui contrôlaient déjà depuis mercredi quatre villages situés à 7.5 km au sud Jarabulus, ont pris dans la nuit la position d’Haymar, plus à l’Ouest (voir la carte annexe), à moins de deux kilomètres de la frontière turque.

 

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La situation dans la région de Jarabulus-Manbij, ce matin à 11h, heure israélienne

Service cartographique © Metula News Agency

 

Forts de cette avancée, ils encerclent pratiquement le corps expéditionnaire turc dans un triangle de cinq kilomètres de côtés.

 

A 47 km au sud-ouest de Jarabulus, les YPG ont, dans le même temps, enlevé à DAESH la localité de Jubb al Hamir, poursuivant l’encerclement d’Arima, tenue par le Califat, et se trouvent pratiquement sur la route Arima-al Bab, qu’ils peuvent couper à tout moment.

 

L’objectif déclaré par les Kurdes et leurs alliés arabes et turkmènes au sein des Forces Démocratiques Syriennes consiste à prendre al Bab, dont ils ne sont plus distants que de 18 km et de faire leur jonction avec leurs frères kurdes du canton d’Afrin.

 

Le ministre turc des Affaires Etrangères, Mevlut Cavusoglu, avait pourtant averti mercredi que "si les Kurdes ne retournent pas à l’est de l’Euphrate, la Turquie prendra les décisions nécessaires à leur encontre".

 

Prenant la parole hier (jeudi), le Sultan Erdogan a jeté les gants, exprimant que son ennemi en Syrie n’était pas DEASH mais les Kurdes, qu’il avait l’intention d’écraser.

 

La volte-face de l’Administration U.S a été très mal perçue par l’Allemagne, et Madame Angela Merkel a donné l’ordre à son aviation de quitter la base d’Incirlik en Turquie pour se réinstaller dans un lieu inconnu, qui pourrait bien se situer dans le Rojava kurde.

 

La Ména a d’autre part appris de l’entourage de la chancelière, que la République Fédérale avait entrepris d’augmenter ses livraisons d’armes aux Kurdes et leur avait transmis des messages les assurant du maintien de son soutien.

 

Les autres Etats européens de la coalition, au premier rang desquels la Grande Bretagne et la France, n’ont pas réagi officiellement et n’ont pas commenté le retournement d’alliances effectué mardi par Washington.

 

Ils sont directement concernés par ces récents évènements, car la dispute entre Washington et les forces kurdes prive la coalition des forces au sol nécessaires pour anéantir l’Etat Islamique ; or cet objectif constitue la raison unique de leur présence en Syrie.

 

Depuis Amarinah, face à Jarabulus, d’où j’envoie cette mise à jour ce vendredi matin, j’observe le pari risqué pris par les YPG en n’obtempérant pas aux instructions de Washington, en choisissant de s’opposer par la force à l’Armée turque, et surtout, en poursuivant leur offensive en vue de réunifier le Rojava.

 

Il semble que le commandement kurde mise sur les désaccords entre les partenaires de la coalition internationale anti-Daesh, ceux, de plus en plus visibles sur le terrain, entre le commandement militaire U.S et l’Administration Obama, sur la pression internationale, ainsi qu’une possible réaction de Vladimir Poutine face à la poursuite de l’incursion turque en Syrie.

 

Peut-être les chefs Peshmerga ont-ils reçu des assurances dans ce sens, mais il ne s’agit que d’une hypothèse de ma part, et je m’empresse de souligner que je ne dispose d’aucune information tangible à ce sujet. Quoi qu’il en soit, les développements militaires des prochaines heures fourniront des informations précieuses à ce sujet.

 

 
L’interview hebdomadaire radiophonique de Stéphane Juffa Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 26 août 2016

 

Juffa, au micro de Jim Mosko sur Radio Judaica :

 

https://youtu.be/l3SZBHH-S58 (Youtube)

 

Au sommaire :

 

1. La situation dans le Rojava.

 

2. L’analyse des résultats des clubs israéliens dans les coupes européennes de football

 

===

 

Incident à Saint-Etienne : la police française empêche les supporters israéliens du Beitar Jérusalem d’entrer dans le stade Geoffroy Guichard avec des drapeaux israéliens, au prétexte que c’est un symbole politique qui n’a rien à faire dans une arène sportive.

 

En revanche, elle autorise l’accès aux drapeaux français et palestiniens, par dizaines dans le cas de ces derniers, sur lesquels le réalisateur-TV s’attarde plusieurs fois durant la rencontre.

 

Il s’agit d’un acte de ségrégation inadmissible à l’encontre du drapeau à l’étoile de David, personne n’ayant jamais banni le drapeau national d’un club disputant un match européen. Assorti d’un acte antisportif et hostile, quant à la présence des drapeaux palestiniens. Les Israéliens attendent de l’UEFA qu’elle sévisse en faisant respecter sa réglementation.

 

 

 
La bataille de Jarabulus n’a pas eu lieu (info # 012508/16) Version imprimable
Exclusivité
jeudi, 25 août 2016

 

Par Stéphane Juffa

 

avec Perwer Emmal sur la ligne de front avec les Peshmerga

 

Quelques heures après le début de l’offensive turque d’hier (mercredi) contre Jarabulus, les supplétifs d’Ankara, les soi-disant rebelles de l’Armée Syrienne Libre, annonçaient triomphalement qu’ils avaient conquis la ville et défait les miliciens de DAESH. Depuis, ils inondent le Net avec des selfies qui les montrent paradant dans la cité déserte où flottent encore les drapeaux de l’Etat Islamique. Ils ont eu… un mort lors de leur glorieuse conquête ; rien à voir donc avec les 75 jours de résistance acharnée des combattants islamistes à Manbij et les 4 200 morts qu’elle leur a coûtés.

 

A cela, une raison très simple : la bataille de Jarabulus n’a pas eu lieu ! Pour l’excellente raison que les miliciens du Califat Islamique n’y étaient plus lorsque les Turcs sont arrivés, et pour la raison encore meilleure qu’ils avaient été prévenus à temps par leur allié Erdogan, qui leur a promis un sauf-conduit pour se rendre à al Bab s’ils ne se battaient pas.

 

Et je suis prêt à parier mon salaire qu’ils n’ont pas eu beaucoup plus de pertes que les "rebelles de l’ASL" dans leur retraite sur plus de cent kilomètres de routes le long de la frontière turque ; ce, alors qu’ils étaient totalement vulnérables aux frappes des avions de l’U.S Air Force, aux obus de l’artillerie et aux salves des chars.

 

L’élément le plus sinistre de cette terrible farce est que les Etats-Unis de Barack Obama, mais aussi les Européens qui n’ont pas bronché, étaient dans le sale coup et dans la mise en scène. Vous parlez d’une coalition pour livrer une guerre sans merci à DAESH, des Rafales vengeurs du Bataclan, envoyés en Syrie afin d’anéantir la menace terroriste qui pèse sur la France et l’Europe !

 

L’Amérique est allée plus loin dans l’infamie, puisque ses chasseurs-bombardiers, de l’aveu de Washington, ont lancé leurs bombes sur l’objectif, en omettant évidemment de préciser aux électeurs américains que ses rues étaient vides, pendant que les terroristes se rabattaient impunément, à quelques secondes de vol de là, sur al Bab.

 

Perwer Emmal, qui s’apprêtait à assister à la confrontation la plus sanglante de la Guerre Civile Syrienne, a tout vu. Il se trouvait avec les troupes des YPG kurdes qui avaient elles aussi avancé en direction de Jarabulus et avaient parcouru plus de 5 km depuis mardi afin d’empêcher les Turcs de se répandre vers le Sud après avoir "libéré" Jarabulus.

 

Les Peshmerga occupent depuis hier les quatre villages de Yusuf Bayk, de Mazalah, d’Akpinar et d’Amarinah, sur la route 216 menant de Jarabulus à al Ghandurah et Mare. Les Kurdes ne sont qu’à 7 km de Jarabulus, mais surtout, à 1 km des Turcs qui occupent el Shamel, qui leur font face, et dont le président a juré leur perte, les qualifiant de terroristes à abattre, au même titre que ceux de DAESH.

 

A ce propos, ce jeudi matin, Emmal m’a appelé afin de m’informer que les Turcs ont déjà attaqué Amarinah et que de violents combats se déroulent en ce moment entre "rebelles" et Peshmerga à Akpinar. Selon notre envoyé permanent sur place, la guerre entre la Turquie et le Kurdistan pourrait avoir commencé.

 

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La situation sur le front de Jarabulus, ce jeudi matin

Service cartographique © Metula News Agency

 

A la Maison Blanche, le porte-parole principal d’Obama, Josh Earnest, a qualifié la mise en scène de ce mercredi d’ "indication de progrès important dans la campagne contre l’Etat Islamique". Peu avant, à Ankara, le Vice-Président Joe Biden, venu rendre une visite d’amitié au "fossoyeur de la presse libre, de la laïcité et des libertés individuelles en Turquie", Recep Tayyip Erdogan, s’est exprimé à l’occasion d’une conférence de presse.

 

Biden, dans une intervention digne de Neville Chamberlain, y a passionnément soutenu la position du semi-dictateur en exigeant des "milices" (sic) kurdes qu’elles abandonnent leur projet d’unification de leur territoire et se plient au diktat du sultan en refranchissant l’Euphrate en direction de l’Est. "Nous avons clairement signifié aux forces kurdes qu’elles doivent se retirer au-delà de la rivière", a indiqué le vice-président des Etats-Unis d’Amérique, ajoutant "qu’elles ne peuvent pas (obtenir) et n’obtiendront pas le soutien américain si elles ne tiennent pas cet engagement". Et comme si la trahison de l’Amérique n’était pas suffisamment grossière, Biden a ponctué son injonction d’un "period", un point (!) ou un point c’est tout (!), dans un vocabulaire que peu de gens utilisent encore pour s’adresser à leur chien.

 

Washington vient d’utiliser son plus fidèle allié dans la région comme de la chair à canon pour libérer Manbij. L’Administration Obama entend désormais obliger les Peshmerga à livrer le fruit de leur sacrifice lors de cette campagne à leur pire ennemi, et les priver – mais de quel droit ? Sur la base de quelle loi d’ingérence ? – du privilège d’assurer la pérennité de leur nation en faisant leur jonction avec leurs frères du canton d’Afrin.

 

A cet acte d’extrême cynisme, s’en ajoute un autre, d’extrême stupidité stratégique : Washington n’ignore pas, en effet, qu’Ankara, durant les six ans qu’a duré jusqu’à présent la guerre civile en Syrie, n’a pas cessé une seule journée de fournir du matériel militaire à DAESH, d’autoriser le libre passage de ses renforts et d’acheter son pétrole. Depuis la coupure des voies d’approvisionnement à partir de l’Irak, grâce aux efforts des Kurdes irakiens, la Turquie constitue l’unique cordon ombilical permettant de maintenir en vie les génocidaires de Yazidis, les crucificateurs de chrétiens, les décapiteurs d’enfants et les brûleurs vifs de prisonniers. S’il l’avait voulu, Erdogan a eu plus de deux ans pour mettre fin à ce terrible trafic.

 

L’offensive déclenchée conjointement, début juin, par la coalition et les Kurdes sur Manbij était, d’un point de vue stratégique, destinée à isoler DAESH de son dernier pourvoyeur afin de pouvoir l’affaiblir et le vaincre. Après Manbij, il ne restait plus qu’à condamner un corridor de 45 km de large, entre Arima et Mare, pour parvenir à ce résultat et incurver la ligne de destin de la Guerre Civile Syrienne et ses images de cruauté, de destruction et de misère humaine devenues irregardables. Encore est-ce sans parler du flux incessant de réfugiés de ce conflit qui noie l’Europe et gonfle les scores électoraux de l’extrême droite.

 

Les miliciens de DAESH se sont retirés sans résister de Jarabulus, parce qu’entre toucher leurs armes au poste frontière ou sur le territoire syrien, cela ne fait pour eux aucune différence. Barack Obama et Recep Erdogan, sous les bêlements des chèvres européennes, viennent de sauver la vie du Califat Islamique, que les Yankees et les Européens étaient censés neutraliser ; du moins, c’est ce que les leaders avaient raconté à leurs administrés, déjà frustrés de voir les attentats islamistes se multiplier, alors que l’Etat Islamique, du moins c’est ce qu’ils croient, croule sous les bombes des justiciers humanistes, un peu comme Dresde ou Tokyo durant la Seconde Guerre Mondiale.

 

Ceux qui s’attendaient à voir des piles de cadavres de miliciens islamistes dans les rues seront surpris ; mais après cette trahison, se pose une question plus grave encore : après le poignard planté hier dans le dos des Kurdes par leurs alliés occidentaux, qui va aller déloger le Califat Islamique de sa capitale de Raqqa ? Pas les Kurdes, qui servaient d’armée au sol à la coalition mais qui vont maintenant s’occuper de résister aux Turcs. Il faudrait, pour les remplacer, au moins deux divisions de militaires européens et américains pour prendre Raqqa, car il n’existe aucune force dans la région capable de remplacer les Peshmerga. Le coût humain estimé pour la conquête de Raqqa s’élève entre 10 et 15 % des forces engagées. Et ce n’est pas tout, il faudrait ensuite que ces quelques 20 000 hommes restent en Syrie pour empêcher que DAESH ne refasse surface et garantir l’ordre public entre les communautés. Mais l’envoi de fantassins n’étant à l’ordre du jour ni de l’U.E, ni des U.S.A, on peut déduire que la mise en scène de Jarabulus, augmentée du discours de Biden à Ankara, confèrent une police d’assurance vie à DAESH, qu’ils étaient venus pour éliminer. Il faudra que quelqu’un dise la vérité aux publics européen et américain, car ils ont le droit de savoir ce que leurs gouvernants décident en leur nom et font avec leur argent, d’ailleurs nous sommes en train de nous en charger.

 

Etant régulièrement en contact avec de nombreux officiers des pays engagés en Syrie et en Irak, je sais que la plupart seront écœurés en lisant cet article, et en constatant la bêtise – je ne vois pas d’autre mot – et la pusillanimité outrancières de leurs politiciens. Je sais aussi que même à contrecœur, ils obéiront aux ordres ou ils quitteront leurs fonctions, car ils sont devenus les piliers de la démocratie et de sa sauvegarde.

 

Quant aux Kurdes, ils sont placés devant un dilemme sans issue : se passer de l’aide de la coalition et risquer de devoir affronter la deuxième puissance (la Turquie) de l’OTAN, sans aviation et sans artillerie, en poursuivant leur offensive en direction de l’Ouest et en s’exposant à d’immenses pertes, ou passer sous les fourches caudines et refranchir l’Euphrate, en se préparant à une guerre sans fin contre l’Etat Islamique, fourni par la Turquie, elle-même soutenue avec enthousiasme par les Etats occidentaux.

 

Reste un mince espoir, et je me surprends à raisonner de la sorte : voir Poutine refuser de jouer à ce jeu de mauvaise Realpolitik, et avertir Ankara que si ses séides sortent de la périphérie de Jarabulus, ils auront affaire à son aviation. J’imagine mal un fin joueur d’échecs comme le Tzarévitch se sacrifier pour les Kurdes, mais il y a dans cette histoire tant de péripéties incroyables et d’opportunisme, que tout peut arriver.

 

Nous venons de recueillir la réaction de Redur Xelil, le porte-parole des Unités kurdes de Protection du Peuple (YPG). Il qualifie l’ "intervention turque à Jarabulus d’acte hostile, dont l’objectif principal n’est pas DAESH mais les Kurdes. Nous n’écouterons pas les demandes de la Turquie ou de puissances en dehors de ce pays. La Turquie ne peut pas nous imposer son agenda ni ses intérêts. Nos forces sont là-bas", a poursuivi Xelil, "nous ne nous retirerons pas de l’ouest de l’Euphrate. Personne n’a le droit de demander aux YPG de quitter la région".

 

La date du 24 août 2016 restera gravée dans l’histoire du sceau de l’infamie, comme l’attaque japonaise sur Pearl Harbor ou l’abandon par l’Administration Obama, le 12 septembre 2012, de son ambassadeur à Benghazi, J. Christopher Stevens, au viol et à l’assassinat par les hordes islamistes. Avec, en prime, une décision suicidaire du point de vue stratégique, qui va, sans aucun doute sensé, encourager les attentats collectifs contre les Américains et les Européens sur leurs sols.

 

 
La Guerre Civile Syrienne ne fait que commencer (info # 012408/16) Version imprimable
Analyse
mercredi, 24 août 2016

 

Par Perwer Emmal dans le Rojava

 

Tôt ce matin, l’Armée turque a lancé une offensive en Syrie sur la ville de Jarabulus, tenue par DAESH et pratiquement encerclée par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), principalement constituées de combattants kurdes.

 

C’est Recep Tayyip Erdogan qui a annoncé l’opération intitulée "Bouclier de l'Euphrate" lors d’un discours à Ankara : "Depuis quatre heures ce matin, nos forces ont lancé une opération contre les groupes terroristes de DAESH et des YPG [Unités de Protection du Peuple kurde]", a ainsi déclaré le président turc.

 

L’attaque, précédée de bombardements de l’artillerie ottomane à partir de la région de Karkamis, dans son territoire, est menée par des "volontaires" présentés comme des membres de l’Armée Syrienne Libre (ASL). Ils sont soutenus par une dizaine de chars d’assaut.

 

A Ankara, on annonce également que l’opération bénéficie du soutien de la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis. Or cette affirmation est pour le moins surprenante, puisque, après la prise du verrou de Manbij, à 30 km au sud de Jarabulus, grandement facilitée à la fois par des bombardements U.S et des soutiens au sol de commandos américains et européens, la coalition internationale a continué à participer à l’offensive kurde. Laquelle ne s’est pas arrêtée ne serait-ce qu’une journée après la prise de contrôle de Manbij.

 

Or cette offensive se déroule sur deux axes : à l’Ouest, en direction d’al Bab, front sur lequel les Kurdes et leurs alliés s’apprêtent à prendre la ville d’Arima, qu’ils ont déjà dépassée en s’emparant des villages de Jubb al Hamir et de Cheikh Nasir, et au Nord, précisément vers Jarabulus, dont à partir de leur tête de pont d’al Hajaj, ils ne sont plus distants que d’une dizaine de kilomètres.

 

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Une zone d’activités militaires particulièrement dense

Service cartographique © Metula News Agency

 

Or l’aviation coalisée a participé, pas plus tard que le week-end dernier, à la bataille pour la prise d’al Hajaj, ainsi que de quatre autres villages sur la route menant de Manbij à al Ghandoura, plus à l’Ouest.

 

Les Américains et les Européens qui accompagnent la progression des YPG – nous nous étions posé la question, rappelez-vous, de savoir si les Occidentaux maintiendraient leur appui aux FDS après Manbij - se trouvent ainsi, avec leurs hommes, à moins de 10 km des Turcs qui prétendent intervenir afin de chasser les YPG, avec le concours des… Américains et des Européens.

 

Il y a visiblement embrouille, à moins que la coalition occidentale n’entende se combattre elle-même. C’est encore sans compter que ladite coalition opère depuis l’aéroport de Sabat Fawqani, non loin de là dans le Rojava kurde, et depuis l’héliport de Lafarge, dans le même secteur. Plus à l’Est, elle dispose d’un troisième aéroport, à Rimela, à proximité de la frontière iraquienne.

 

Ces bases aériennes en Syrie sont surtout utilisées afin de soutenir les Kurdes et leurs alliés au sein des FDS dans leur guerre avec DAESH, les appareils de la coalition décollant aussi depuis des aéroports de l’Aviation turque, notamment la principale d’entre elles dans la région, à Incirlik.

 

A propos d’Incirlik, on a appris que l’U.S Air Force en avait retiré les vingt bombes atomiques qu’elle y entreposait et les avait transférées sur la base de Deveselu en Roumanie. Officiellement, c’est à cause de l’instabilité qui suit le coup d’Etat manqué ; officieusement, des officiers américains m’ont expliqué que c’était pour éliminer la tentation – même minime – qui aurait pu traverser l’esprit d’Erdogan, si, en cas de désaccord au sujet de la stratégie à suivre en Syrie, il lui avait pris la drôle d’idée de faire main basse sur ces bombes.

 

Quoi qu’il en soit, les Peshmerga (combattants kurdes) vont maintenant camper sur leurs positions face à Jarabulus pour assister à une bataille sanguinaire opposant deux de leurs ennemis, les Turcs et les miliciens de l’Etat Islamique. Si Erdogan n’avait pas déclenché son offensive, c’aurait été leur lot de décramponner les islamistes acculés à l’Euphrate, et cela aurait occasionné des pertes dans leurs rangs.

 

Que les Turcs prennent Jarabulus n’a pas vraiment d’importance stratégique, puisque cette cité est de toute façon lovée sur la frontière ottomane. Dans les positions kurdes, on plaisante volontiers sur le fait que c’est Erdogan qui a maintenu le point de passage de Jarabulus ouvert entre son pays et la Syrie, pour y faire passer des armes et des volontaires à DAESH. Aujourd’hui, il combat ses ex-alliés à coups d’obus d’artillerie et de chars. Il les trahit simplement pour conserver l’opportunité d’empêcher les Kurdes d’établir la continuité territoriale du Rojava, entre les cantons de Kobané et d’Afrin, et il ne s’en est d’ailleurs pas caché lors de son discours d’Ankara. A cette occasion, Erdogan a par ailleurs exigé des Peshmerga qu’ils refranchissent l’Euphrate d’Ouest en Est.

 

Le risque premier consiste, pour les Kurdes, à voir le sultan absolu égarer des obus dans la bataille de Jarabulus afin qu’ils touchent les positions des FDS-YPG toutes proches. Ce faisant, il s’exposerait à tuer des Américains, des Français, des Britanniques ou des Allemands, ce que personne de normalement constitué ne se hasarderait à faire. Mais celui qui règne sans partage sur la Turquie est-il quelqu’un de véritablement sensé ? On ne va pas tarder à le savoir.

 

L’autre risque réside en cela que le président islamiste ottoman s’essaye à établir la zone d’influence dont il rêve depuis longtemps, le long de sa frontière, en territoire syrien, ce qui, s’il y parvenait, empêcherait les Kurdes d’unifier le Rojava.

 

Reste qu’il existe une différence fondamentale entre s’emparer de la ville frontière de Jarabulus, déjà à moitié turquisée, et s’avancer en territoire syrien sur plusieurs dizaines de kilomètres en affrontant les Kurdes qui s’y trouvent, voire les soldats du régime d’Assad. Non seulement les coalisés ne verraient pas cela d’un bon œil, eux qui combattent dans le Rojava pour établir une séparation géographique entre DAESH et la Turquie, mais les Russes prendraient probablement la mouche et n’hésiteraient pas à envoyer leurs Soukhoï au-devant de l’armée du sultan.   

 

C’est pour ne pas provoquer ces deux susceptibilités qu’Erdogan a préféré, ce matin, envoyer au casse-pipe des volontaires étrangers et non son armée. Depuis les années que nous le suivons, nous avons heureusement décelé chez cet individu un écart considérable entre les menaces qu’il profère et celles qu’il met en chantier.

 

En plus de ce qui précède, des chefs Peshmerga ont attiré mon attention sur le fait que les supplétifs du sultan n’avaient "pas encore conquis Jarabulus". Ils m’ont dit que les mêmes éléments à la solde d’Erdogan, non loin de là, à al Raï, également sur la frontière de la Turquie et avec l’appui massif de ses soldats, avaient mis des semaines à enlever la petite ville. Ils ont ajouté que les dix tanks engagés dans la bagarre à Jarabulus ne suffiraient pas à eux seuls à faire la différence et que les djihadistes, surtout lorsqu’ils sont acculés, sont de meilleurs combattants que ces amalgames d’illuminés de bric et de broc. A midi (mercredi), ils n’avaient réussi à chasser DAESH que du lieu-dit Kaklijah et de quatre autres positions le long de la frontière, par où ils étaient, peu avant, entrés en Syrie.

 

 

Les Kurdes chassent les soldats du régime d’Assaké après une semaine de durs combats

 

A Assaké, dans le Rojava oriental, à 250 km à l’est de Jarabulus à vol d’oiseau, des combats ont opposé, une semaine durant, les YPG et l’Armée régulière d’al Assad.

 

Al Assaké est une ville de 250 000 habitants, à majorité kurde et arabe, avec d’importantes minorités chrétiennes, assyrienne et araméenne. Jusqu’au déclenchement des combats, l’Armée gouvernementale occupait environ 25 % de la cité, principalement les quartiers centraux.

 

Il y a huit jours, suite à des escarmouches, les Peshmerga ont donné l’assaut aux positions de l’Armée et les ont rapidement enfoncées, ce qui a déclenché, vendredi dernier, des bombardements de la part de l’aviation du régime.

 

Prenant prétexte de la présence de forces américaines dans la région, l’U.S Air Force est rapidement intervenue pour intimider les pilotes d’Assad qui ont aussitôt cessé leurs attaques. Lundi, Peter Cook, le porte-parole du Pentagone, avait lancé un cinglant avertissement à Damas, lui signifiant que les Etats-Unis défendraient "leurs forces là où elles se trouvent", et conseillant à Assad "de se tenir à l’écart de là où nous opérons !".

 

Dans le même temps, les Kurdes lançaient un ultimatum aux soldats du régime, déjà complètement encerclés et débordés, leur proposant soit de se rendre en leur promettant de les traiter "comme des frères", soit de s’apprêter à mourir.

 

Suite à quoi des pourparlers s’étaient ouverts sous l’égide de la Russie, qui ont abouti à un accord et à un cessez-le-feu entré en vigueur mardi matin à 2 heures. Aux termes du compromis en question, les Kurdes conservent le contrôle des zones qu’ils ont conquises, tandis que les Syriens et leurs affidés sont contraints de quitter la ville avec interdiction d’y revenir.

 

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La région d’Assaké et Kameshli

Service cartographique © Metula News Agency

 

L’armée du régime continuera de gérer, à titre symbolique, un minuscule périmètre – moins de 5 % de la ville – situé au centre de celle-ci. Toujours en conformité avec les conditions du traité, les deux camps sont en train d’échanger leurs prisonniers, leurs blessés et les corps des hommes morts au combat.

 

Après cette défaite humiliante, le régime ne contrôle plus, dans le Rojava, qu’un périmètre militarisé situé dans la ville de Kameshli, à 73 km au nord-est d’Assaké. La zone gouvernementale, qui correspond à un petit tiers de la ville et de sa banlieue, inclut le poste frontière avec la Turquie, l’aéroport, ainsi que le quartier arabe et une partie des quartiers chrétiens.

 

Kameshli, qui compte 230 00 habitants avec sa périphérie est aujourd’hui la capitale de facto du Rojava. La majorité d’entre eux est kurde, avec une forte minorité arabe, ainsi que des (chrétiens) Assyriens [le nom donné aux Syriaques orthodoxes. Ndlr.] et des Arméniens. [La cité était également, jusque dans les années trente, un haut lieu de la présence et de la culture juive, qui s’étendait à Nusaybin (de l’hébreu Nitzavim, "ceux qui s’y trouvent, qui y sont", du côté turc de la frontière. La quasi-totalité des Juifs ont quitté les lieux en 1947, après la proclamation de l’indépendance de l’Etat d’Israël et les persécutions qui s’en suivirent de la part du régime baathiste de Damas). Ndlr.].

 

Les responsables des YPG avec qui j’avais parlé lors de mon dernier passage à Kameshli et Assaké au début des combats entre les Kurdes et l’Armée, m’ont prédit qu’à court ou moyen terme, il s’agira de chasser les soldats d’Assad du Rojava, en tentant de ne pas se brouiller avec les Russes.  

 

 

De plus en plus de miliciens du Hezbollah refusent de retourner combattre en Syrie

 

Les media libanais et arabes font état cette semaine du refus de dizaines de miliciens chiites libanais de retourner combattre en Syrie aux côtés des soldats du régime, des Iraniens et des Russes.

 

Les réfractaires expliquent qu’ils se font tuer pour rien, car l’Armée gouvernementale se montre incapable de tenir les positions que les Hezbollani libèrent au prix d’énormes pertes.


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La grande dérive des Juifs américains de gauche (info # 012208/16) Version imprimable
Analyse
lundi, 22 août 2016

 

Par Guy Millière

 

L’une des questions qui m’est le plus souvent posée lors des conférences que je donne en Europe ou en Israël concerne les Juifs américains. Comment ceux-ci peuvent-ils continuer à voter massivement à gauche, alors que la gauche américaine est de plus en plus indifférente à l’antisémitisme dans le monde, et de plus en plus hostile à Israël.

 

Ma réponse consiste en général à citer le livre de Norman Podhoretz, Why Jews Are Liberal [Pourquoi les Juifs sont-ils libéraux (Démocrates)], publié au lendemain de la victoire de Barack Obama en 2008. Norman Podhoretz y explique que de nombreux Juifs américains ne sont plus juifs que du bout des lèvres et, sans s’en rendre compte, ont changé de religion pour adhérer plutôt qu’au judaïsme à un substitut de religion constitué par les idées de la gauche américaine.

 

J’ai longtemps faite mienne cette explication, et je continue à la penser pertinente. Je l’ai déjà dit ici. J’ai considéré que l’aveuglement de nombre de Juifs américains concernant Barack Obama tenait à une volonté chez les Israélites concernés de ne voir chez celui qui est encore président des Etats Unis pour quelques semaines que le « progressisme », quitte à oublier d‘autres aspects bien plus sordides de son action. J’ai voulu, sans l’accepter, excuser cet aveuglement autant que faire se peut, en me disant que, tout de même, les Juifs américains de gauche n’étaient pas, eux, à la différence de celui pour qui ils avaient voté, indifférents à l’antisémitisme et en position d‘hostilité à Israël.

 

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Comment des Juifs peuvent-ils s’associer à ça ?

 

Alors qu’une nouvelle élection présidentielle va avoir lieu et, dans un contexte où il semble qu’une proportion très importante de Juifs américains s’apprête à voter pour Hillary Clinton, j’ai davantage de difficultés à vouloir continuer à les excuser, et j’ai une nette propension à me poser beaucoup de questions à leur égard.

 

D’une part, le Comité National Démocrate, en faisant campagne pendant les élections primaires pour Hillary Clinton et contre Bernie Sanders, n’a pas hésité à utiliser des arguments antisémites et a suggéré à des groupes Démocrates locaux, comme l’ont révélé nombre d’emails divulgués, de souligner que Bernie Sanders est juif, ajoutant que cela dissuaderait des électeurs de voter pour lui. A quels électeurs s’adressaient des messages de ce genre ? Est-il nécessaire de répondre ?

 

Ce recours à des arguments antisémites était d’autant plus nauséabond que celle qui dirigeait à l’époque le comité en question était une Juive, s’agissant de Debbie Wasserman Schulz. Je sais qu’il existe des Juifs antisémites : si Debbie Wasserman Schulz n’en fait pas partie, elle n’a, pour le moins, aucun scrupule.

 

D’autre part, des propos anti-israéliens ont été tenus à la Convention Démocrate, et des drapeaux israéliens ont été brûlés et piétinés devant l’entrée du bâtiment où elle se tenait, sans que cela n’ait semblé émouvoir qui que ce soit, à commencer par Hillary Clinton et son colistier, Tim Kaine.

 

On peut ajouter que, quand bien même elle parle d’amitié envers Israël, Hillary Clinton n’a cessé d’avoir, ces dernières années, des fréquentations douteuses, incluant Sydney Blumenthal et son fils Max, qui lui est sans aucun doute un Juif antisémite, résolument « antisioniste », puisqu’il fréquente le Hamas et traite l’Armée israélienne d’armée nazie.

 

On doit ajouter que la Fondation Clinton a reçu des subventions massives de pays du monde musulman adeptes de la Sharia et clairement hostiles à Israël.

 

On doit ajouter, bien sûr, qu’Hillary Clinton n’a cessé d’appuyer toutes les initiatives anti-israéliennes de Barack Obama, y compris les pires, à l’instar de l’accord passé avec les mollahs de Téhéran en 2015.

 

On peut noter que si Debbie Wasserman Schulz a démissionné de son poste au parti Démocrate après que les manœuvres antisémites susdites aient été mises au jour, elle a été aussitôt embauchée par Hillary Clinton qui en a fait sa directrice de campagne.

 

Que tant de Juifs américains s’apprêtent à voter pour Hillary Clinton en ce contexte montre de leur part non seulement une indifférence à l’antisémitisme, mais aussi une acceptation de l’utilisation de l’antisémitisme à des fins électorales. Et non seulement une acceptation de positions hostiles à Israël, mais aussi une acceptation de l’ « antisionisme » le plus extrême.

 

J’ai du mal à penser que les Juifs américains qui vont voter Hillary Clinton sont encore juifs, même du bout des lèvres. Je serais enclin à penser qu’ils adhèrent pleinement aux idées de la gauche américaine. Qu’ils le fassent en un moment où la gauche américaine adopte des positions et des comportements de plus en plus fangeux me laisse pour le moins perplexe.  


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Israël a déployé une super-brigade de blindés face au Liban et à la Syrie (info # 012108/16) Version imprimable
Exclusivité
dimanche, 21 août 2016

 

Par Stéphane Juffa

 

avec le reporter-photographe Joshua Ohana

 

 

L’Armée de Défense d’Israël, Tsahal, a déployé une brigade de blindés à proximité des frontières libanaise et syrienne depuis plusieurs semaines.

 

Une brigade est une "formation militaire tactique majeure", qui peut comprendre, en Israël, de 2 000 à 5 000 hommes. Dans le cas qui nous intéresse, il semble qu’il s’agisse d’une unité de dimension légèrement plus importante qu’une brigade classique, puisqu’elle réunit, en plus d’une centaine de chars Merkava – principalement de type IV, le modèle le plus récent – des éléments du génie, de l’infanterie et de l’artillerie.

 

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Plus de cent Merkava à pied d’œuvre

Photo © Metula News Agency

 

La brigade actuellement déployée a pris ses quartiers dans la région des kibboutzim Kfar Szold et Shamir. La Ména a évidemment obtenu l’autorisation formelle de la censure militaire lui permettant de révéler cette présence, mais nous nous abstenons, tout aussi naturellement, de communiquer des informations ou des images plus précises qui pourraient servir aux ennemis de l’Etat hébreu.

 

Tous les Merkava présents sur le terrain sont équipés du système "Trophée", (en hébreu Méhil Ruakh, "manteau coupe-vent", qui protège les chars d’assaut des tirs de missiles et qui a fait ses preuves en opération lors de la confrontation "Rocher inébranlable" (héb. : Tsouk eitan), à Gaza, en 2014.

 

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Prêts à toute éventualité

Photo © Metula News Agency

 

La formation déployée dans le Doigt de la Galilée ne participe pas à un exercice, car, d’une part, les manœuvres militaires de Tsahal durent rarement plus de 4 ou 5 jours, et, de l’autre, la brigade que nous avons observée ne se trouve pas en mouvement mais en position d’attente.

 

L’envoi de cette force sur le terrain fait suite à un regain de tension aux frontières nord, particulièrement face au Hezbollah, qui multiplie les provocations à partir du Liban-Sud et, de façon rhétorique, par des discours menaçants et incendiaires de ses leaders, à commencer par son secrétaire général Hassan Nasrallah.

 

Nous sommes maintenant autorisés à révéler à ce propos, qu’il y a trois semaines, des engins explosifs ont été trouvés dans un sac à Métula, lancés dans un verger depuis le Liban. Il semble qu’ils étaient destinés à réaliser des attentats en Israël.

 

Plusieurs cellules du Hezbollah ont été démantelées en Cisjordanie récemment par l’Armée et le contre-espionnage, et il semble que les explosifs étaient destinés à l’une d’elles.

 

Depuis quelques semaines, Tsahal a pris des mesures défensives le long de la frontière libanaise, qui comprennent des survols fréquents de drones d’observation, des incursions de chasseurs-bombardiers à basse altitude sur les positions de la milice chiite, ainsi que d’autres actions que nous ne désirons pas expliciter dans ces colonnes. Des travaux qui étaient en cours de réalisation à proximité immédiate de la frontière ont également été interrompus.

 

En dépit de cette tension, le front reste calme. Cela est sans doute l’une des conséquences du déploiement de la brigade X, qui représente une force de frappe considérable, de nature à infliger des revers significatifs à l’ennemi en cas d’attaque ou de guet-apens visant le territoire israélien.

 

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La brigade comprend des obusiers autotractés

Photo © Metula News Agency

 

L’autre élément qui influe sur le statu quo procède de la présence d’environ 7 000 miliciens du Hezb. en Syrie, où ils font le coup de feu aux côtés de l’Armée gouvernementale de Bashar al Assad, des Pasdaran iraniens et de l’Aviation russe. Dans cette guerre civile, la milice chiite libanaise a connu récemment des pertes considérables, de l’ordre de deux mille hommes, singulièrement dans la bataille d’Alep et de ses environs.

 

Nous avons il y a peu diffusé une vidéo sur laquelle on voyait une trentaine de miliciens libanais prisonniers des rebelles islamistes. Nous ajoutons, ce dimanche, un film rare sur lequel on distingue plusieurs coups au but contre des Hezbollani, atteints par les salves d’un engin filoguidé de type TOW.

 

Dans les conditions qui prévalent entre Israël et le Hezbollah, ce dernier, qui compte une vingtaine de milliers de miliciens en état de combattre, n’est pas en mesure d’envisager une confrontation généralisée avec Israël. Ce, d’autant plus que si au Liban le Hezbollah est organisé en mouvement de guérilla, ce qui en fait un adversaire difficile à cerner pour une armée régulière, en Syrie, il opère précisément comme une force régulière. Cela en fait une cible facile pour l’Armée de l’air à l’étoile de David, si d’aventure celle-ci était amenée à riposter à une provocation armée contre son territoire ou ses habitants.

 

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Une véritable fourmilière

Photo © Metula News Agency

 

Reste que le Hezbollah se présente au Liban comme la "force de la Résistance" contre Israël, et non comme un contingent d’intervention dans la Guerre Civile Syrienne. Cette image de propagande qui fait sa raison d’être oblige ses dirigeants et ses mentors iraniens à maintenir un état de tension minimal sur notre frontière, assorti d’innombrables agressions verbales.

 

La brigade dont la Ména révèle aujourd’hui l’existence en exclusivité est précisément là pour rappeler aux cheikhs libanais et aux ayatollahs perses la réalité du rapport de force en eux et l’Etat hébreu et pour leur indiquer le prix qu’ils auraient immédiatement à payer s’ils faisaient l’erreur de l’oublier.

 

 

 
Et maintenant, que vont-ils faire ? (info # 011808/16) Version imprimable
Analyse
jeudi, 18 août 2016

 

Par Stéphane Juffa

 

La bataille de Manbij, dans le nord de la Syrie, à 29 km de la frontière turque, qui a duré 75 jours, est maintenant terminée. Selon Perwer Emmal, le correspondant permanent de la Ména dans cette région, qui a fait plusieurs reportages sur le front, les effectifs engagés par les Forces Démocratiques Syriennes ont compté entre 5 000 et 7 000 combattants [suivant les phases de l’offensive], à majorité kurdes, incluant également environ 2 000 membres des tribus arabes autochtones, et aussi quelques centaines de Turkmènes.

 

Ils ont été massivement soutenus par les frappes aériennes de la coalition anti-DAESH, réalisées, pour la plupart, par des chasseurs-bombardiers américains.

 

Au sol, les FDS ont également bénéficié de la participation active au combat de plusieurs commandos d’élite des armées occidentales, à l’instar des hommes des Forces Spéciales d’Intervention U.S (United States Special Interventions Forces (SOF)), des Forces Spéciales du Royaume Uni (United Kingdom Special Forces (SOF)), du COS français (le Commandement des opérations spéciales), et de ceux du (KSK, Kommando Spezialkräfte), l’Unité des Forces Spéciales de la République Fédérale d’Allemagne.

 

Les Allemands nient leur participation à l’offensive et les Britanniques ne la commentent pas, ce qui n’a peu d’importance, car Perwer Emmal a rencontré et parlé dans leur langue avec une cinquantaine de KSK allemands en uniformes distinctifs, et il a aperçu les commandos britanniques en opération sur le front.

 

Notre camarade indique également que les forces d’élite de ces Etats étrangers, les meilleures dont ils disposent, n’ont pas représenté des milliers ni même des centaines d’hommes, mais quelques dizaines. Ces commandos ont toutefois eu une empreinte déterminante sur le déroulement des opérations, lançant des attaques extrêmement efficaces sur des positions-clés de l’ennemi, que les Forces Démocratiques Syriennes n’étaient pas parvenues à enlever après plusieurs tentatives, ou qu’elles auraient mis trop longtemps à prendre et au prix de trop lourdes pertes.

 

L’envoyé de la Ména confirme que l’aptitude au combat, le mode opératoire, l’armement dont disposaient les commandos occidentaux et aussi leur efficacité, sont sans commune mesure avec ceux des FDS, y compris des Unités de Protection du Peuple (YPG) kurdes, qui comptent pour l’essentiel du contingent aligné et qui en assure le commandement.

 

Perwer Emmal observe également que les commandos occidentaux ne s’attardent pas sur le théâtre des opérations : ils y accèdent en véhicules blindés ou par hélicoptères, à partir de bases-arrières situées dans le Rojava (le territoire kurde situé dans le nord de la Syrie) contrôlé par les YPG, effectuent des opérations ciblées et se retirent aussi rapidement et discrètement qu’ils étaient venus. Le reporter de la Ména précise que, selon ce qu’il a vu, "les commandos de ces pays ne se mélangent pas mais accomplissent chacun des missions tactiquement coordonnées".

 

L’Offensive de Manbij avait débuté le 31 mai dernier par le franchissement de l’Euphrate d’Est en Ouest par les FDS en deux endroits, dans la zone du barrage de Tishrin. Son objectif était la prise de la ville ainsi que de dizaines de villages et de vastes territoires à l’ouest, au sud et au nord de celle-ci.

 

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Service cartographique de la Ména © Metula News Agency

 

Manbij représentait la place forte de l’Etat Islamique dans le corridor menant à la Turquie, principalement par le poste frontière de la ville syrienne de Jarabulus [à majorité kurde], toujours aux mains de DAESH. Manbij était, de plus, une agglomération de 70 à 80 000 personnes, qui abritait de nombreux centres de commandement et de renseignement du Califat ainsi que des quantités d’armes majoritairement fournies par le régime de M. Erdogan en Turquie. Perwer Emmal a constaté les marques en turc sur les caisses d‘armes et de munitions, de même que les adresses des fabricants.

 

Outre ce qui précède, Manbij était un centre de transit pour les volontaires au Djihad, qui, passant par la Turquie, allaient rejoindre les combattants de DAESH en Syrie et en Iraq au rythme d’une centaine par semaine.

 

Le dix juin, la ville était hermétiquement encerclée, avec environ deux mille miliciens islamistes dans ses murs et des dizaines de milliers de civils. Le souci de préserver la vie de ces derniers, souvent pris en otages par les islamistes, ou tués alors qu’ils tentaient de rejoindre les lignes de leurs libérateurs, a retardé la conquête, de même que les innombrables mines et objets piégés que les combattants ont trouvés sur le chemin de leur progression. A cela, il convient d’ajouter des tentatives de contre-offensives incessantes et sur tous les fronts de la part de DAESH, menées le plus souvent par des attaques au véhicule-suicide, remplis de plusieurs centaines de kilos d’explosifs, dans le but de rompre le siège.

 

Le bilan des pertes, suite à la prise de la cité, établi par le "Conseil Militaire de Manbij", est le suivant : DAESH aurait perdu 4 180 miliciens, dont les restes de 1 724 d’entre eux se trouvent aux mains des FDS, qui détiennent également 112 prisonniers.

 

Les Kurdes et leurs alliés ont, pour leur part, perdu 264 combattants. Aucun bilan n’existe à propos des décès dans les rangs des commandos occidentaux, qu’Emmal estime entre 4 et 12 morts.

 

On dénombre le décès de 438 civils, la prise en otages de plus de 2 000 [dans tout le secteur, surtout des Kurdes] d’entre eux, et le déplacement de 80 000 personnes, qui ont commencé à regagner leur domicile, le plus souvent détruit ou endommagé.

 

Les FDS ont oblitéré 144 véhicules de combat de l’ennemi, et récupéré 1 268 armes individuelles, 25 mitrailleuses de divers calibres et 34 mortiers.

 

Manbij est tombée mais rien n’est terminé : DAESH continue à contrôler un couloir de 55 km entre les faubourgs d’Arima – le point le plus avancé de l’offensive des FDS à l’ouest de Manbij – et ceux de Marea, tenus par les forces Kurdes du canton d’Afrin, toujours plus à l’Ouest.

 

Or ces 55 km fatidiques sont aussi ceux qui empêchent les Kurdes d’accomplir leur rêve de continuité territoriale en recollant le canton d’Afrin à celui de Kobané. D’ailleurs, ils n’ont pas attendu une seule journée après la prise de Manbij pour dévoiler leur prochain objectif : la ville d’al Bab, qui comptait 62 000 habitants en 2004, mais surtout, qui réduirait à 30 km la distance nécessaire à la réalisation des deux objectifs précités : la rencontre avec l’avant-garde des troupes d’Afrin, et la fermeture totale de la voie d’accès de DAESH en Turquie.

 

Dans l’optique de cette nouvelle offensive, qui a déjà commencé avec la prise de trois nouveaux villages, les FDS ont annoncé la création, dimanche, du "Conseil Militaire d’al Bab", composé de seize officiers issus des organisations syriennes participant aux Forces Démocratiques Syriennes.

 

Ce Conseil, établi sur le modèle du Conseil Militaire de Manbij, est censé diriger les opérations en vue de la libération de la ville et de ses environs. Il s’agit en réalité de contenter les Turcs, qui avaient exigé des Américains en échange de leur "bienveillance", que la guerre, à l’ouest de l’Euphrate, soit commandée par des Arabes et non des Kurdes, et que les combattants kurdes des YPG évacuent la ville sitôt celle-ci tombée. C’est, en théorie au moins, le Conseil Militaire de Manbij qui est supposé organiser la reconstruction de la cité et l’accueil des civils qui avaient été contraints de la quitter.

 

Lundi, Adrian Rankine-Galloway, porte-parole du Pentagone, a confié à l’agence de presse turque Anadolu, au sujet de Manbij, que : "ces opérations seraient conduites de manière consistantes avec les promesses échangées entre les deux pays".

 

Le ministre turc des Affaires Etrangères, Melvut Cavusoglu, avait réclamé, le matin même, le retrait immédiat des forces kurdes de Manbij, rappelant qu’Ankara entendait que les Etats-Unis et les Kurdes respectent l’ "accord". Rankine-Galloway a répondu que la situation dans la ville était encore "très fluide", et que son pays "n’était pas en mesure de s’engager sur un agenda pour le repositionnement final des forces" ; une manière à peine diplomatique d’envoyer Erdogan "se gratter", les Yankees ayant fini par réaliser qu’Ankara ne combattait pas DAESH mais qu’il était au contraire son principal allié, pourvoyeur d’hommes et de matériel et partenaire économique. Et que la guerre que les Ottomans prétendent livrer à l’Etat Islamique n’était qu’un mince paravent destiné à justifier des interventions turques en Syrie, uniquement destinée à combattre les Kurdes et à les empêcher de réaliser l’unification du Rojava.

 

Le Conseil Militaire d’al Bab occupée s’est immédiatement adressé à la coalition dirigée par les USA pour lui demander la poursuite de son aide afin de "libérer notre terre et notre peuple des terroristes de DAESH".

 

Ca ne va pas être simple… Le rêve de l’état-major U.S consistait à transporter les unités des FDS qui ont pris Manbij au Sud-Est afin qu’ils procèdent à l’assaut final contre Raqqa, la capitale de DAESH en Syrie.

 

Il est sûr que cela constitue l’objectif ultime de la coalition en Syrie et que cela calmerait Erdogan. Certes, mais une offensive immédiate sur Raqqa présente deux complexités majeures que le Pentagone ne sait pas résoudre :

 

1. L’urgence absolue pour les Kurdes est la libération du Rojava, le désenclavement du canton d’Afrin, et le soutien aux YPG en difficulté dans le quartier kurde d’Alep. Ce, alors que la chute de Raqqa procède d’un intérêt "national syrien", pour lequel les Kurdes ne comprennent pas pourquoi ils devraient être les seuls à se sacrifier au prix d’énormes pertes envisagées – rien à voir avec les 264 combattants perdus à Manbij -. Le seul avantage que les Kurdes envisagent dans la prise de Raqqa, est la fin de la menace-DAESH sur le Rojava et certains gains territoriaux, mais situés hors du territoire qu’ils revendiquent, et dans lequel ils peuvent prétendre à l’existence d’une majorité démographique.

 

2. Après la prise de Manbij, il reste à traiter le corridor de 55 km de large aux mains de DAESH reliant Raqqa à la Turquie et lui assurant la quasi-totalité de son approvisionnement. La prise de Manbij "sans finir le travail" qui constituait le seul intérêt de cette offensive n’a aucun sens pour les Occidentaux. En revanche, l’isolation hermétique de ces deux entités islamistes-sunnites affaiblirait rapidement Raqqa et toutes les troupes du Califat en Syrie, et faciliterait grandement la prise de Raqqa en novembre ou au printemps. Il est ainsi plus logique de prendre d’abord al Bab et ensuite Raqqa que le contraire.

 

Sans attendre la réponse d’Obama, les vaillants Peshmerga ont déjà commencé leur progression vers Afrin. Ces derniers jours, ils ont conquis des positions stratégiques autour de la ville d’Arima, la dernière défense d’ISIS avant al Bab, à 20 km de celle-ci.

 

Ils viennent d’entamer une bataille dont l’issue impactera l’avenir, non seulement des Syriens, des Kurdes et des islamistes, mais également des Turcs, qui risquent de perdre toute frontière commune directe avec la Syrie et vont au-devant d’un soulèvement généralisé de "leurs" Kurdes, adossés au Rojava. Les premiers coups de feu dirigés vers la cité insignifiante d’Arima pourraient bien avoir donné le coup d’envoi de la dernière bataille conduisant à la constitution, au Moyen-Orient, d’un nouvel Etat central, non arabe, démocratique, riche en pétrole et en ressources humaines, et entretenant traditionnellement des relations cordiales avec Israël, l’Europe, les Etats-Unis et la Russie.


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Aux sources du phénomène Hillary Clinton (info # 011508/16) Version imprimable
Analyse
lundi, 15 août 2016

 

Par Sébastien Castellion

 

Dinesh D’Souza, Hillary’s America (Kindle Edition, livre ou DVD)

 

Dinesh D’Souza est l’un des auteurs les plus importants de la droite intellectuelle américaine. Arrivé de Bombay en Californie pour y faire ses études à la fin des années 1970, il a rapidement entamé une carrière d’auteur spécialisé dans la dénonciation de l’influence culturelle de la gauche sur la société. Ses livres ont notamment analysé les sources des tensions entre blancs et noirs (The end of racism, 1991), l’influence délétère de la gauche dans les universités (Illiberal education, 1995), l’influence internationale de l’Amérique (What’s so great about America, 2002) et l’apologétique de la religion chrétienne.

 

En 2010, il avait fourni l’analyse la plus convaincante à ce jour de l’idéologie du président Obama. Selon D’Souza, Obama n’est ni un marxiste classique ni un musulman secret (deux explications fréquemment rencontrées à droite mais qui n’expliquent pas l’intensité des liens du président avec Wall Street, ni les nombreuses attaques de drone qu’il autorise contre les mouvements islamistes). Il est avant tout un anticolonialiste, c’est-à-dire un idéologue convaincu que l’influence de l’Occident dans le monde a été néfaste et qu’il faut rendre les Etats-Unis moins puissants pour rééquilibrer les choses.

 

En anticipation de l’élection présidentielle de novembre prochain, D’Souza a étudié l’histoire du parti Démocrate en général et, plus particulièrement, d’Hillary Clinton, qui, selon tous les sondages disponibles à ce jour, a toutes les chances de devenir le prochain président américain.

 

D’Souza commence par une question fondamentale : pourquoi Mme Clinton parvient-elle à obtenir une telle fidélité des électeurs Démocrates ? Elle n’a pas le charme ou l’habileté politique de son mari. Elle n’incarne pas, comme le faisait Obama, le symbole d’une Amérique surmontant ses anciennes divisions pour élire un membre d’une minorité naguère persécutée. Enfin, Mme Clinton, malgré une très longue carrière politique, ne peut citer aucun succès marquant dans les fonctions qu’elle occupait dans la Maison Blanche de Bill Clinton, lors de son passage au Sénat ou comme Secrétaire d’Etat du président Obama. Cette presque septuagénaire n’a, tout simplement, rien accompli de remarquable à ce jour.

 

La réponse de D’Souza est qu’Hillary Clinton incarne, pour les militants du parti Démocrate, ce que ni son mari ni le président Obama n’ont jamais pu promettre : la pureté idéologique, la promesse d’une poursuite déterminée et implacable des objectifs qui unissent les membres du parti.

 

Pour comprendre quels sont ces objectifs, D’Souza consacre un peu plus de la moitié de son ouvrage à faire l’historique du parti Démocrate avant d’écrire celle d’Hillary Clinton. Il voit principalement, dans l’histoire du parti Démocrate contemporain, l’influence de trois pères fondateurs.

 

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Dinesh D’Souza et Hillary Clinton: la passion de comprendre contre la passion du pouvoir

 

Le premier est Andrew Jackson, général adulé de la guerre de 1812 contre la Grande-Bretagne, fondateur en 1824 du parti Démocrate et premier président Démocrate des Etats-Unis, de 1829 à 1837. Comme le rappelle D’Souza de manière détaillée, Jackson se forgea une solide clientèle politique en expropriant par la menace ou la guerre des dizaines de tribus indiennes, dont les terres étaient ensuite revendues à bas prix à ses soutiens politiques. Au passage, Jackson lui-même, né dans la pauvreté avant la Révolution de 1776, devint à titre personnel l’un des hommes les plus riches des Etats-Unis. Dans les deux siècles qui suivirent, le parti Démocrate n’a jamais cessé d’acheter le soutien de ses fidèles par la distribution de faveurs, ni de permettre à ses dirigeants de s’enrichir massivement à titre personnel.

 

La deuxième influence dominante du parti Démocrate est celle du président Franklin D. Roosevelt, qui dirigea les Etats-Unis de 1933 à sa mort, en 1944. L’influence de Roosevelt sur le parti Démocrate fut particulièrement marquante dans deux domaines.

 

Tout d’abord, il fut le premier à changer la stratégie du parti à l’égard de la minorité noire. Jusqu’à Roosevelt, le parti Démocrate était intrinsèquement, profondément hostile à la reconnaissance des droits des Noirs. Il a ardemment soutenu l’esclavage, contre l’opposition des Républicains, jusqu’à la défaite du Sud dans la guerre civile.

 

Puis, le parti Démocrate a été à l’origine de toutes les manœuvres destinées à empêcher les Noirs de profiter de leur liberté retrouvée : lois ségrégationnistes, création du Ku Klux Klan (longtemps décrit comme « le bras armé du parti Démocrate »), les lynchages, l’entrave au droit de vote… Avant Roosevelt, le racisme était au cœur même de l’identité Démocrate.

 

La révolution introduite par Roosevelt et complétée par ses successeurs – en particulier Lyndon Johnson, président de 1963 à 1969 – ne consistait cependant pas en une répudiation du racisme. Afin de conserver sa majorité, Roosevelt a maintenu en place les lois ségrégationnistes et a toujours su tordre le bras des quelques Démocrates antiracistes du Nord pour qu’ils ne fassent pas de difficultés sur le sujet. En revanche, il est allé activement à la recherche du vote noir, qui était auparavant massivement acquis au parti Républicain, en mettant en place des programmes sociaux qui répondaient à l’urgence de l’époque de la Grande Dépression.

 

Comme le signale D’Souza, lorsque des individus ou des groupes se sont éloignés d’une idéologie malfaisante – ceux qui ont quitté le communisme, par exemple, ou qui, de nos jours, s’éloignent du djihadisme – ils ont retracé leur trouble et l’histoire de leur conversion dans des livres ou des articles qui documentent la manière dont ils ont vaincu le mal. Or, il n’existe rigoureusement aucun témoignage de Démocrates expliquant comment ils ont compris que le racisme était condamnable – pas un livre, pas un article, pas une interview.

 

Cette absence de témoignage s’explique, selon l’auteur, par le fait que la conversion des Démocrates à l’antiracisme n’a jamais représenté une crise de conscience mais, sur le modèle de Roosevelt, un simple calcul électoral. En offrant des revenus sociaux à la population noire, sans exigence de travail, et en encourageant financièrement les comportements qui pérennisent la dépendance (comme la multiplication des naissances hors mariage), les Démocrates se sont assuré un vivier de voix pérenne correspondant exclusivement à leurs intérêts électoraux.

 

Cela ne veut pas dire que les Démocrates d’aujourd’hui soient intrinsèquement racistes – ni, du reste, réellement antiracistes. Ce n’est pas leur problème : leur problème est, exclusivement, le calcul électoral. Et s’il faut, pour s’assurer une majorité, maintenir en permanence une population dans la dépendance et la pathologie sociale, cela représente pour eux un prix parfaitement acceptable.

 

L’autre influence durable du président Roosevelt sur le parti Démocrate contemporain vient de sa fascination pour un modèle social dans lequel l’Etat, sans nationaliser directement les entreprises productives, leur impose des règles strictes de comportement au nom de sa définition de l’intérêt général.

 

D’Souza démontre, par de nombreux exemples, que ce modèle dirigiste s’accompagnait, chez Roosevelt comme dans toute la gauche américaine, d’une fascination pour les fascismes européens qui le mettaient en œuvre de manière plus complète (Roosevelt lui-même préférait Mussolini, cependant que le jeune John Kennedy était revenu plein de louanges d’un voyage dans l’Allemagne nazie).

 

Dans le cas de Roosevelt, le dirigisme a conduit à une intervention permanente pour limiter la chute des prix et des salaires qui a transformé ce qui aurait été l’une des inévitables corrections passagères du marché en une crise grave et prolongée. Une crise qui a multiplié les soutiens aux totalitarismes du vingtième siècle, convaincus que le capitalisme avait rencontré ses limites. Plus tard, le Président Obama s’est inspiré de ce modèle dirigiste pour imposer des objectifs politiques à l’une des principales industries américaines, l’assurance santé. Hillary Clinton propose une prise de contrôle comparable des prêts aux étudiants et du financement des universités.

 

Enfin, le troisième père fondateur du parti Démocrate est quelqu’un qu’Hillary Clinton a personnellement connu et admiré : Saul Alinsky, mort en 1972. Etudiant en criminologie dans le tournant des années 1930, Alinsky avait étudié de l’intérieur la mafia de Chicago. Après avoir appris les méthodes des groupes criminels, il les a transposées pour menacer et faire chanter les employeurs et les gouvernements locaux afin d’obtenir l’augmentation des recrutements ou des salaires, l’amélioration des conditions de travail… ou le financement de Saul Alinsky lui-même. Il a expliqué ses principes de cynisme absolu dans l’action politique dans un ouvrage, Règles pour les radicaux, à qui Hillary Clinton a consacré son mémoire de thèse.

 

Malgré l’admiration manifeste de Mme Clinton pour Alinsky, lorsque celui-ci lui proposa, à la fin de ses études, un emploi dans son organisation semi-criminelle, elle refusa en expliquant « que l’on peut obtenir de meilleurs résultats à l’intérieur du système qu’en le pressurant de l’extérieur1 ». Cette phrase résume toute sa carrière.

 

La deuxième partie du livre tente d’expliquer la vision du monde spécifique d’Hillary Clinton, héritière de cette triple tradition politique. Les écrits assez nombreux de la candidate offrent des indices concordants qui montrent une personnalité à la fois hautement idéologique et faisant preuve d’un cynisme absolu dans la recherche du pouvoir.

 

Pour ce qui est de l’idéologie, Mme Clinton pousse les instincts dirigistes bien au-delà de l’économie : elle a écrit plusieurs articles et un livre (It takes a village, 1996) pour défendre la thèse selon laquelle l’éducation des enfants et l’instruction des jeunes doit, autant que possible, être confiée aux institutions étatiques plutôt qu’aux familles. La prise de contrôle des universités par un système de financement public est, de nouveau, au cœur de son programme présidentiel pour novembre prochain.

 

Quant au cynisme politique, la candidate en a fait preuve à un degré bien supérieur au degré habituel des hommes politiques. Elle n’a longtemps dû sa carrière qu’à son mariage avec un homme politique plus talentueux et plus charmeur qu’elle, mais fragilisé par un appétit sexuel sans contrôle.

 

Hillary est devenue indispensable à la survie politique de son mari en se consacrant systématiquement, pendant des décennies, à attaquer personnellement les femmes qu’il avait séduites. D’Souza documente, exemple après exemple, les chantages au silence, diffamations et menaces physiques organisées contre ces femmes par la candidate2.

 

Depuis l’époque où son mari était gouverneur de l’Arkansas jusqu’à son propre passage au Secrétariat d’Etat, toute la carrière d’Hillary Clinton est marquée par une série de scandales financiers et personnels : enrichissement par délit d’initiés, vente de faveurs politiques, y compris d’amnisties présidentielles… Le plus grand de ces scandales est, de loin, la confusion des genres entre la Fondation Clinton – une organisation à but prétendument humanitaire, financée à la hauteur de plusieurs centaines de millions de dollars par diverses donations – et l’action de Mme Clinton comme Secrétaire d’Etat. Les donateurs de la Fondation (dont 90% des recettes ne sont pas allées à l’action humanitaire, mais à la rémunération d’alliés politiques embauchés pour la circonstance) ont bénéficié d’un trafic d’influence systématique dont le couple Clinton, à titre personnel, a largement profité.

 

Ainsi, Frank Giustra, un entrepreneur canadien qui souhaitait développer une mine d’uranium au Kazakhstan, obtint le soutien du Département d’Etat après avoir versé 31 millions de dollars à la Fondation. Toujours dans le domaine de l’uranium, la société d’Etat russe Rosatom reçut l’accord du Département d’Etat pour acheter une société qui possédait 20 % des réserves américaines après avoir généreusement financé la Fondation Clinton. Le soutien des Etats-Unis au renversement du régime Kadhafi en Libye coïncidait mystérieusement avec des plans d’investissement en Libye présentés à la Secrétaire d’Etat par un de ses plus proches conseillers, Sydney Blumenthal. Les exemples, précis et documentés, se multiplient sur plusieurs dizaines de pages.


 

 

Notes :

 

1 La correspondance entre Alinsky et Clinton peut être achetée au lien suivant : https://www.scribd.com/doc/240077031/The-Hillary-Letters.

 

2 D’Souza a une expérience personnelle de l’utilisation de moyens d’Etat pour intimider les opposants. Après son article sur Obama, il fut la première et, à ce jour, la seule personne jamais incriminée et menacée de détention pour avoir, en violation d’un article jamais appliqué de la loi électorale, donné 20 000 dollars de sa poche à la campagne électorale d’un ami

 

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Le pape François s’aveugle sur l’islam (info # 011408/16) Version imprimable
Analyse
dimanche, 14 août 2016

 

Par Guy Millière

 

Le pape François a donc récidivé. Il a dit, voici quelques jours, dans un avion qui le ramenait de Pologne, qu’il n’aimait pas parler de « violence islamique ». Il a ajouté qu’il existait aussi de la violence catholique, et que celle-ci était également condamnable.

 

De tels propos dégagent un fort parfum d’apaisement. En un moment où des terroristes tuent en vociférant Allahou Akbar et en citant le Coran, ce, sur plusieurs continents, en un moment où un prêtre vient d’être décapité au couteau pendant qu’il célébrait la messe, on ne peut qu’avoir l’impression d’une volonté de ne pas voir, de ne pas entendre et de ne pas lire. Alors que des chrétiens viennent d’être assassinés en masse en Syrie, en Irak, au Nigeria, on peut même songer à une forme de lâche complicité.

 

Quand bien même le pape voudrait dialoguer avec des tenants de l’islam, il ne devrait pas oublier que le dialogue doit reposer sur la vérité, sur les faits et sur les données concrètes, sans quoi, il ne s’agit pas de dialogue mais de soumission. La soumission permet à l’islam d’avancer sans encombre, sans que des questions lui sont posées, sans que des limites lui soient fixées, sans qu’existe la possibilité de le réformer. La soumission prépare les conditions qui pavent la voie d’autres assassinats et qui permettront aussi de nier que ces assassinats ont quoi que ce soit à voir avec l’islam.

 

Que le pape ait ajouté qu’il existait de la violence catholique n’a rien arrangé, bien au contraire.

 

Le pape devrait savoir mieux que personne que le christianisme n’incite pas au meurtre et que, s’il y a des meurtriers catholiques, ces derniers ne tuent pas au nom du catholicisme. Ignore-t-il à ce point la théologie catholique et les préceptes du christianisme ? A-t-il une hostilité secrète à l’encontre des catholiques et du christianisme pour déformer à ce point la réalité ? Voulait-il seulement pratiquer le relativisme, et dire que toutes les religions sont équivalentes et également coupables ? Est-ce son rôle de chef spirituel de pratiquer le relativisme ?

 

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François : une attirance certaine pour les murs

 

Je parle de récidive, car ce pape n’a pas cessé, depuis qu’il est pape, de délivrer des messages délétères. Après la tuerie de Charlie Hebdo, il avait quasiment justifié l’acte des frères Kouachi ou l’avait pour le moins traité sur un mode édulcoré, affirmant que si on avait insulté sa mère, il aurait lui aussi « frappé ». Les caricaturistes de Charlie Hebdo avaient insulté Mohammed. Ils avaient été frappés.

 

Lors d’une visite en Israël, rebaptisée visite en « Terre Sainte », car le nom d’Israël écorche les lèvres de ce pape, il avait cautionné l’imposture « palestinienne », avait dit la messe à Bethlehem sous une grande photo assimilant le Christ à un mort « palestinien » et les soldats israéliens à des Juifs censés avoir assassiné le Christ. Il avait ensuite posé devant la barrière de sécurité en un endroit précis où l’endiguement de Gaza était placé en position d’équivalence à l’extermination subie par les Juifs à Auschwitz. Quoi qu’il ait fait ou dit au cours du reste de son voyage en « Terre Sainte », avoir fait ce qu’il a fait à Bethlehem et devant la barrière de sécurité était impardonnable et relevait de la propagande antisémite. Comme tout antisémite, le pape François a ses bons Juifs et entretient de bonnes relations avec quelques rabbins, je sais.

 

Après sa visite en « Terre Sainte », le pape François s’est livré à des déclarations anticapitalistes et a récité ce que j’avais appelé à l’époque l’évangile selon Saint Marx. Il a reçu avec affection Mahmoud Abbas au Vatican. Il a voulu traverser la frontière entre les Etats Unis et le Mexique avec des immigrants illégaux et, faute d’y être parvenu, est allé célébrer une messe tout au bord de la frontière, côté mexicain, en tenant des propos peu amènes aux dépens des Etats Unis.

 

Aux Etats Unis où il s’est également rendu, pour y prononcer des discours qu’on aurait pu croire écrits par ceux qui peaufinent ceux de Barack Obama. Obama, l’homme qui ignore toujours qu’il existe un terrorisme islamique sur Terre, et qui persiste à penser que le Major Hassan a tué à Fort Hood en 2009 en criant Allahou Akbar parce qu’il était « déprimé ».

 

François s’est aussi prononcé en faveur de l’entrée en Europe d’un plus grand nombre de migrants musulmans venant du Proche-Orient et de Libye, et il a joint le geste à la parole, sans toutefois accueillir le moindre migrant sur la place Saint Pierre ou dans les palais pontificaux.

 

François vient d’un continent où la théologie de la libération a été très influente, et la théologie de la libération est au christianisme ce que le cancer est à la bonne santé. On peut espérer que ce pontife sera un accident dans l’histoire récente de la papauté. On peut aussi craindre qu’il incarne une tendance : le catholicisme recule en Europe et dans tout le monde occidental. Ses principaux bastions se situent désormais en Afrique subsaharienne et en Amérique latine. Jorge Mario Bergoglio a été propulsé par ces bastions.


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Judo : l’Israélien en demi-finale face au Français Riner (info # 031208/16) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 12 août 2016

 

© Metula News Agency

 

Vendredi, 18h45 à Métula, 17h45 à Paris

 

En quarts de finale, Or Sasson, décidément en grande forme, a également dominé le judoka néerlandais Roy Meyer, en obtenant un waza-ari et en paraissant bien plus à son affaire et surtout plus frais que son adversaire.

 

Au prochain tour, en demi-finale, Sasson affrontera en soirée le super favori, le Français Teddy Riner, qui a, de son côté, battu le Brésilien Rafael Silva.

 

Le vainqueur disputera la finale pour la médaille d’or, et le perdant affrontera l’un des vainqueurs des repêchages, pour la médaille de bronze.

 

Ah oui, nous allions oublier un détail : Teddy Riner n’a perdu aucun combat depuis plusieurs années.

 
Judo : l’Israélien bat l’Egyptien par K.O (info # 021208/16) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 12 août 2016

 

© Metula News Agency

 

Vendredi, 17h30 à Métula, 16h30 à Paris

 

Vers 16h 20, heure israélienne, le suspens relatif à l’affrontement [vidéo de la totalité du combat] opposant en judo, dans la catégorie des plus de 100kg, Or Sasson à l’Egyptien Islam el Shahabi est parvenu à son terme.

 

Dans une ambiance électrique, devant des spectateurs chauffés à blanc et des dizaines de millions de téléspectateurs, principalement en Israël et dans le monde arabe, Sasson a terrassé son adversaire par ippon, le K.O du judo, sanctionnant le fait que les deux épaules d’un compétiteur touchent le sol simultanément.

 

Un ippon met du même coup un terme au combat ; dans le cas de Sasson et Shahabi, cela est advenu trois minutes après le début de la joute et deux minutes avant sa fin.

 

Peu auparavant, l’Hébreu avait déjà fait trébucher son opposant en lui infligeant un waza-ari, l’occurrence à laquelle l’une des épaules d’un judoka heurte le sol.

 

Au moment de se saluer, Shahabi a refusé de serrer la main de son vainqueur, sous les sifflets nourris de l’ensemble du public.

 

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Il est trop tôt pour juger des retombées de cette défaite dans le pays du Nil, dont les habitants se sont déchirés, ces derniers jours, pour savoir si l’un de leurs représentants, el Shahabi, devait ou non rencontrer une "créature sioniste".

 

Ladite créature va cependant poursuivre son chemin dans la compétition à Rio, dans l’espoir de décrocher une médaille à laquelle il peut aspirer au vu de son classement de cinquième meilleur judoka de la planète dans sa catégorie.

 

Quant à el Shahabi, il est éliminé et va s’en retourner prochainement au Caire. La proportion déjà prise par son échec est sans aucun doute exagérée, dans ce qui est, avant tout et uniquement, un affrontement sportif. En Israël, d’ailleurs, on n’enregistre aucun triomphalisme, les commentateurs se contentant de regretter le comportement antisportif de notre voisin.

 

Nous avons attendu 17h locales et le second combat du judoka israélien, afin de pouvoir vous informer sur le fait que Sasson l’a également remporté par waza-ari face au Polonais Maciej Sarnacki.

 

Sasson est désormais qualifié pour les quarts de finale, durant lesquels il affrontera le Hollandais Roy Meyer. Contrairement aux deux premiers tours de la compétition, s’il perdait face à Meyer, Sasson disputerait la poule de consolation qui peut mener à la médaille de bronze.

 

En cas de victoire, il trouverait sur la route du titre olympique le Français Teddy Riner, grand dominateur de la catégorie depuis plusieurs années. Riner sera opposé en quarts au Brésilien Rafael Silva, qui jouira de la sympathie a priori du conseil arbitral.

 

Le duel Sasson-Meyer se déroulera aux alentours de 17h 40, heure israélienne.

 

 

 
Israël arrête un employé de l’ONU à Gaza (info # 011208/16) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 12 août 2016

 

© Metula News Agency

 

Juffa, au micro de Jim Mosko sur Radio Judaica :

 

https://youtu.be/kkYjS7w9d6I (Youtube)

 

Une semaine après le directeur d’une ONG qui détournait des fonds au profit du Hamas, un ingénieur palestinien inculpé par Israël :

 

Wahid Borsh, 38 ans, mettait les camions de l’ONU à disposition de l’organisation terroriste pour aménager des infrastructures militaires dans le port.

 

L’ONU rétorque qu’il n’a détourné que "300 tonnes" de gravats.

 

Borsh est également accusé par la justice de l’Etat hébreu d’avoir donné la priorité aux travaux concernant les secteurs de Gaza où habitent les dirigeants du Hamas.

 

Où veut en venir Israël : l’analyse de Juffa.

 

Le judoka égyptien Islam el Shahabi hésite à affronter cette après-midi l’Israélien Or Sasson :

 

Débat passionné sur les réseaux sociaux égyptiens : Shahabi doit-il se présenter face à une "créature sioniste" ?

 

La plupart des internautes répondent par l’affirmative, mais dans des termes douteux. Certains appellent le judoka des bords du Nil à "bouffer son adversaire".

 

Shahabi est 28ème mondial, Sasson 5ème, il faudra beaucoup d’appétit à l’Egyptien, musulman pratiquant par ailleurs. Et s’ils se rencontrent, se serreront-ils la main ?

 

Et puis, émouvant : Fabien Gilot, relayeur du 4 X 100 mètres nage libre français, médaillé d’argent dimanche dernier, dont le grand-père était un rescapé d’Auschwitz, a tatoué sur son avant-bras en grosses lettres hébraïques : "Je ne suis rien sans vous".

 

 

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Binyamin Netanyahu multiplie ses interventions télévisées à un rythme frénétique :

 

Il vient d’annoncer que le sort des Palestiniens lui importait plus qu’à Mahmoud Abbas.

 

Qu’est-ce qui pousse Netanyahu ? A-t-il raison à propos des Palestiniens ?

 

 
Mahmoud Abbas s’en prend à la Déclaration Balfour (info # 010708/16) Version imprimable
Analyse
dimanche, 07 août 2016

 

Par Guy Millière

 

Mahmoud Abbas est un être abject, c’est une affaire entendue. Un musulman formé à l’école d’Amin Al Husseini, le mufti nazi qui aurait dû finir sa sinistre carrière sur le banc des accusés au Procès de Nuremberg, au côté de Rudolf Hess et d’autres crapules nazies.

 

Abbas est un négationniste falsificateur, auteur d’une thèse de doctorat qui aurait fait frémir d’aise Robert Faurisson. Ce fut l’un des séides de Yasser Arafat, le neveu égyptien d’Amin al Husseini, et l’un des financiers des assassins et tortionnaires des athlètes israéliens à Munich en 1972.

 

Il fut le successeur d’Arafat, lorsque le vieux tueur de Juifs est mort du sida (semble-t-il), et a dû être remplacé. Abou Mazen (nom de guerre d’Abbas) reste aujourd’hui le dictateur de l’entreprise de crime et de corruption appelée Autorité Palestinienne ; une entité qui occupe une part importante des terres du Judée Samarie, et qui vit des donations de dirigeants politiques antisémites occidentaux, grâce auxquels il va pouvoir finir sa vie, non pas avec douze balles dans la peau, comme il le mériterait, mais dans un palais des mille et une nuits, construit spécialement pour lui.

 

Cela dit, Mahmoud Abbas ne songe pas à se retirer et insiste au contraire pour rester présent sur la scène mondiale. Il pourrait d’ailleurs être en train d’y mener quelques combats de trop : quand on a été confit de haine toute sa vie, il arrive que la pourriture gagne le cerveau, c’est un risque inhérent, et c’est ce qui semble se passer.

 

Mahmoud Abbas est allé parler récemment devant le Parlement européen, où il a tenu des propos antisémites dignes de ceux qu’il prononce en arabe à Ramallah, mais qu’il se garde, d’ordinaire, de tenir lorsqu’il voyage en Occident. Ses propos n’ont pas suscité l’indignation qu’ils méritaient : il a reçu, au contraire, une ovation debout et enthousiaste. Il a dit ce qu’il avait sur le cœur, et il a eu de la chance : il y a tant de gens moralement dégradés au Parlement européen aujourd’hui, que des discours antisémites peuvent désormais y être débités tout en étant très bien accueillis.

 

Enhardi, grisé peut-être, Mahmoud Abbas s’en prend depuis quelques jours à la Déclaration Balfour, et clame vouloir obtenir une condamnation juridique de celle-ci. On peut douter qu’il sera aussi heureux dans cette démarche qu’au Parlement européen. Qui peut-il, en effet, solliciter pour obtenir la condamnation juridique qu’il souhaite ? Les antisémites européens ne verront aucun intérêt à cela, peu désireux qu’ils sont de se brouiller avec le Royaume-Uni ; de plus, ils se demanderont quel est l’intérêt de cette initiative.

 

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Lord Arthur Balfour, Premier ministre, puis Secrétaire du Foreing Office [ministère des Affaires Etrangères], adressa, en cette dernière qualité, une lettre ouverte, le 2 novembre 1917, à Lord Lionel Rothschild, éminence de la communauté juive britannique et financier du mouvement sioniste :

 

"Cher Lord Rothschild,

 

j'ai le plaisir de vous adresser, au nom du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration ci-dessous de sympathie à l'adresse des aspirations juives et sionistes, déclaration soumise au Parlement et approuvée par lui.

 

Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays.

 

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter cette déclaration à la connaissance de la Fédération sioniste.

 

Arthur James Balfour"

 

 

Les dirigeants américains, même les plus favorables à la « cause palestinienne », se poseront les mêmes questions que leurs confrères européens. Mahmoud Abbas trouvera même difficilement l’appui des dirigeants arabes musulmans, qui, pour la plupart, n’ont aucune envie d’agiter une controverse concernant un document vieux d’un siècle et très éloigné de l’actualité immédiate. Le monde arabe musulman est plutôt en train de se rapprocher d’Israël et n’a que faire présentement de réveiller une vaine discorde historique.

 

Resterait éventuellement l’Iran des mollahs ? Mais à quoi rimerait et à quoi servirait, surtout, une condamnation de la Déclaration Balfour par une cour iranienne ?

 

On peut vraiment se demander pourquoi Mahmoud Abbas se focalise sur ce point. D’autant plus que la Déclaration Balfour n’est pas un texte à valeur juridique et ne peut être placé sur le même plan qu’une motion de la Société des Nations ou des Nations Unies, ou même, que les Accords de San Remo.

 

La Déclaration Balfour est un document qui évoque la recréation d’un foyer national juif en Palestine, dans le respect des populations arabes locales. Rien de moins, mais rien de plus. C’est un document qui a été invoqué lors du démantèlement de l’empire ottoman, puis trahi par les Britanniques dès la création du Mandat Palestinien et la nomination rapide d’Amin al Husseini au poste de mufti de Jérusalem. On pourrait, à la rigueur, en dire que c’est une promesse faite, et largement déchirée ensuite, par le pays qui l’a faite.

 

La seule explication logique (si tant est qu’il y en ait une), est que Mahmoud Abbas voit sans doute dans la Déclaration Balfour l’affirmation de la volonté de retour des Juifs vers Eretz Israël [le pays, la terre d’Israël]. Cette volonté est en réalité bien plus ancienne, mais des gens comme Mahmoud Abbas ne s’encombrent pas des faits.

 

La démonstration qu’Abou Mazen entend vraisemblablement établir, voudrait que les Juifs n’existaient pas sur la terre d’Israël avant 1917, et que leur retour sur cette terre ait été le fruit d’une manœuvre impérialiste britannique.

 

Il ne convaincra que ceux qui, comme lui, ne s’encombrent pas de la vérité historique, et encore pas tous, car beaucoup lui susurreront qu’il fait beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

 

Mahmoud Abbas est un vieillard sénile et bilieux qui en est réduit à brasser du vent pour tenter d’exister encore. Il veut se faire remarquer et est prêt à trouver n’importe quel prétexte pour cela. Il parvient à se faire remarquer un peu, mais pas davantage, et surtout, pas durablement.

 

La « cause palestinienne » disparaît peu à peu des écrans radars de la diplomatie planétaire. Les dirigeants européens s’y intéressent désormais bien davantage que la plupart des dirigeants arabes musulmans. Les dirigeants américains s’y intéressent moins encore que les dirigeants européens, et, pour ce qui concerne les dirigeants Républicains, ils ne s’y intéressent pas du tout, sinon comme une question de terrorisme à régler. Les dirigeants islamiques parlent toujours de détruire Israël, mais parlent surtout de détruire l’Occident et ne font pas de la « cause palestinienne » le point focal de leur attention.


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Des dizaines de miliciens libanais prisonniers humiliés par les rebelles en Syrie (info # 010508/16) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 05 août 2016

 

© Metula News Agency

 

Juffa, au micro de Jim Mosko sur Radio Judaica :

 

https://youtu.be/uUIzg39nHyU  (Youtube)

 

https://www.facebook.com/radiojudaica/  (Radio Judaica)

 

Des dizaines de miliciens du Hezbollah aux mains des rebelles en Syrie

 

La Ména diffuse ce vendredi une vidéo montrant des dizaines de miliciens de l’organisation terroriste chiite libanaise du Hezbollah prisonniers des rebelles du Fatah el Cham (la victoire en Syrie), ex-al Qaëda en Syrie :

 

https://www.facebook.com/scoops.rotter.net/videos/1024446827604838/

 

On y voit des miliciens terrifiés à l’idée de ce qui les attend, entassés à terre les uns sur les autres, face au sol. Le "réalisateur" rebelle leur ordonne de regarder la caméra en hurlant.

 

Ces combattants libanais ont été appréhendés lors de la bataille d’Alep qui fait rage ces derniers jours, et qui oppose les rebelles sunnites aux forces gouvernementales, soutenues au sol par le Hezb et l’Iran chiites et l’Aviation russe.

 

L’existence de cette vidéo n’a pas encore été rendue publique au Liban, où l’on s’attend à des réactions politiques passionnées.

 

80 millions d’euros de dons internationaux détournés pour acheter des armes au Hamas

 

La police israélienne a arrêté en juin dernier Mohamed el Khalabi, l’un des hauts responsables de l’organisation humanitaire World Vision à Gaza, accusé d’avoir volé plus de 7.5 millions d’euros par année au profit de la milice terroriste islamiste.

 

La direction de World Vision met en doute les révélations israéliennes, ce qui démontre qu’elle ignore ce qui se passe chez elle, et se révèle incapable de contrôler l’affectation de dons humanitaires provenant de plus d’une centaine de pays.

 

El Khalabi n’a pas été recruté alors qu’il officiait déjà au sein de World Vision, mais y a été implanté par l’organisation terroriste ; il a ensuite gravi tous les échelons de l’ONG jusqu’à s’assurer de sa direction régionale.

 

Cette affaire va assurément réduire les dons étatiques et privés en faveur des organisations palestiniennes. Dans certains pays, notamment au Royaume Uni et en Australie, on se pose très sérieusement des questions quant au business du soutien financier à Gaza et aux "fonctionnaires" de l’Autorité Palestinienne.

 

AFP : l’incitation à la haine par manipulation des communiqués officiels

 

Comment l’agence semi-officielle française s’y prend-elle pour détourner les citations des institutions officielles israéliennes, et quel est l’impact émotionnel qu’elle cherche à induire parmi ses lecteurs.

 

Juffa déconstruit les méthodes racistes et antisémites de l’Agence France Presse.

 

Bonne semaine pour le foot israélien

 

Be’er Sheva se qualifie pour les barrages de la Ligue des Champions aux dépens des Grecs d’Olympiacos (1-0 à Be’er Sheva, 0-0 à Athènes, [1-0 sur l’ensemble des deux matches]).

 

Bétar Jérusalem et Maccabi Tel-Aviv atteignent également les play-offs, mais en Europa Ligue (la seconde compétition de clubs eu Europe), en sortant respectivement Jelgava de Lettonie (3-0, 1-1 [4-1]), et les Roumains de Pandurii (2-1, 3-1 [5-2]).

 

Attention à Omer Atzily (23), du Bétar, l’étoile montante du foot israélien.

 

 

 
Be’er Sheva en play-off de la Ligue des Champions (info # 010308/16) Version imprimable
Sport
mercredi, 03 août 2016

 

Par Ilan Tsadik à Be’er Sheva

 

Hapoël Be’er Sheva vient d’accéder, dans son nouveau stade Yakov Turner plein à exploser de ses 16 000 fans, au niveau des play-offs de la Ligue des Champions, en éliminant l’Olympiacos Pirée sur le score d’un but à zéro.

 

A l’aller, à Athènes, il y a une semaine, les deux équipes s’étaient séparées sur le résultat nul et vierge de zéro à zéro.

 

Olympiacos, champion de Grèce en titre, a remporté son championnat national 2015-2016 en engrangeant 85 points des 90 en jeu, avec 30 points d’avance sur le Panathinaikos son dauphin.

 

Le club athénien a également participé à 15 phases des poules ces 17 dernières années, devancé uniquement par cinq clubs européens au nombre de ces participations. C’était, ce mercredi soir, la 15ème participation de Be’er Sheva (héb. : les sept puits) dans une compétition européenne, et la 150ème des portuaires.

 

Reste que la victoire des gens de la capitale du Néguev est totalement méritée, leur adversaire, sur l’ensemble des deux rencontres, ne s’étant ménagé aucune occasion de marquer digne de ce nom.

 

A l’aller, au stade Georgios Karaiskakis, les Israéliens, relativement timorés en attaque, avaient eu deux ou trois possibilités de l’emporter. Mais ce mercredi soir, ils étaient nettement supérieurs aux Hellènes, imposant notamment leur domination au centre du terrain.

 

Il fallut tout de même attendre la 79ème minute pour voir le défenseur Shir Tsédek – un transfert d’Hapoël Kiriat Shmona, la formation du Doigt de la Galilée, à 12km de Métula – libérer les spectateurs et les téléspectateurs hébreux, d’un tir imparable suivant un contrôle aérien dans les seize mètres des visiteurs.

 

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Shir Tsedek, le buteur de la soirée

 

Il plongeait du même coup toute la Grèce dans la déprime, mettant une fin prématurée à la saison européenne de leur équipe-phare. Le propriétaire d’Olympiacos, Evangelos Marinakis, avait prévenu, à la suite de la contre-performance de son club à Karaiskakis, qu’en cas de non-qualification à Be’er Sheva, il licencierait tous les joueurs et l’entraîneur Victor Sanchez, qui n’a même pas réellement commencé sa première saison dans l’équipe du Pirée.

 

Il est vrai que les champions de Grèce ont fait triste figure lors de cette double confrontation, se montrant indignes de leur réputation. Mais Marinakis n’est pas étranger à cette situation, car Olympiacos (comme l’ensemble de la Grèce) traverse cette année une grave crise financière qui l’a empêché d’acquérir des renforts de haut niveau. Mais même avec un budget en baisse, s’élevant à 60 millions d’euros, il a été dominé par les footballeurs du désert encore quatre fois moins riches.

 

Les hommes de l’entraîneur Barak Bakhar, lui aussi un ancien joueur et entraîneur d’Hapoël Kiryat Shmona, attendent désormais de connaître leur futur adversaire en play-off, pour une double confrontation qui déterminera celui des deux qui rejoindra les grands d’Europe (automatiquement qualifiés) en phase des groupes.

 

L’opposition s’avère d’ores et déjà relevée, puisque, outre les neufs autres clubs qualifiés à l’issue de ce troisième tour qualificatif, avec Monaco, qui a éliminé les Turcs de Fenerbahçe sur le résultat accumulé de 4 à 3, et l’Ajax d’Amsterdam, s’ajouteront Manchester City, Mönchengladbach, Porto, Rome, ainsi que les Espagnols de Villeréal, directement qualifiés pour les play-offs.

 

Quoi qu’il en soit, Hapoël (l’ouvrier (de)) Be’er Sheva est déjà assuré d’encaisser environ cinq millions d’euros en droits divers pour sa participation au knock-out, ce qui devrait lui permettre d’engager au moins un avant de pointe de bon niveau, qui lui fait actuellement défaut.

 

En cas d’élimination lors des play-offs de la Ligue des Champions, les joueurs du Néguev auront le privilège de participer à la phase des poules de la Ligue Européenne, la deuxième compétition en importance des clubs du vieux continent.

 

Si toutefois ils parviennent en phase des poules de la Ligue des Champions, ils enrichiraient leur cassette d’une vingtaine de millions d’euros supplémentaires.

 

Ce mercredi soir, sous les ordres du bon arbitre français, M. Benoît Bastien, les meilleurs joueurs d’Hapoël furent les défenseurs Ben Biton et Ofir Davidzada (qui rejoindra le FC Gent, en Belgique, après les play-offs), le milieu Maor Melikson, et l’attaquant nigérian Anthony Nwakaeme, qui fut probablement le meilleur footballeur sur la pelouse du stade Turner.   

 

Be’er Sheva s’est confectionné ce soir trois ou quatre occasions de buts, dont une, très nette, en contre, après avoir ouvert la marque, alors que les visiteurs tentaient en vain de sauver les meubles.

 

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L’AFP détourne à nouveau une citation du porte-parole de l’Armée israélienne (info # 023107/16) Version imprimable
Réinformation
dimanche, 31 juillet 2016

 

© Metula News Agency

 

Voici un extrait de la dépêche produite en cette après-midi de dimanche par l’agence semi-officielle française :

 

"Un Palestinien a tenté de poignarder des soldats israéliens à un barrage en Cisjordanie occupée avant d'être abattu par des militaires, a indiqué l'armée israélienne. "Un Palestinien armé d'un couteau a attaqué des soldats à l'entrée de Naplouse", la grande ville du nord de ce territoire occupé depuis près de 50 ans par Israël, a affirmé l'armée dans un communiqué. "Des soldats ont tiré sur l'assaillant et l'ont tué", a-t-elle ajouté.

 

(…).

 

Le fait d’attribuer à quelqu’un des propos qu’il n’a pas émis ou de les modifier dans l’intention de modeler artificiellement l’opinion d’un public (par opposition à une erreur fortuite) est constitutif d’une malversation journalistique de gravité extrême.

 

Pourtant, le communiqué de l’Armée israélienne a été totalement bidouillé par France Presse ; la version "retouchée" apparaissant déjà dans des dizaines de media, à l’instar du Figaro et d’Europe1.

 

Le communiqué original que l’agence française attribue à l’Armée israélienne ne mentionne pas de "Palestinien". Il n’évoque pas la "Cisjordanie" (pas plus que la Judée-Samarie), ni l’argument, ajouté par l’AFP et répété par deux fois, selon lequel il s’agirait d’un "territoire occupé", et ensuite d’un "territoire occupé depuis près de 50 ans par Israël".

 

Sans vouloir nous préoccuper du fond, dans cette mise au point, c’est-à-dire d’évaluer si la Judée-Samarie est effectivement un territoire "occupé" ou non – une position qui ne fait pas l’unanimité et doit donc être mentionné comme telle selon la déontologie journalistique -, nous observons, une fois encore, un élément raciste dans le câblogramme de l’AFP.

 

Nous voulons parler de la systématicité de son affirmation selon laquelle la Cisjordanie serait un "territoire occupé". Nous notons que cette systématicité n’est appliquée par l’agence française et par les media francophones qui la suivent dans aucun autre cas de territoire disputé ou considéré comme "occupé" par la communauté internationale et ses instances.

 

A titre d’exemples, Chypre du Nord, le Tibet, la Crimée ou la partie orientale de l’Ukraine ne sont pas systématiquement présentés comme des territoires soumis à une "occupation". Cette réservation d’utilisation, cette ségrégation limitée à Israël, est constitutive d’une exception à caractère spécifiquement raciste et/ou antisémite.

 

Elle est probablement augmentée d’une intention préméditée de provoquer la haine des Israéliens et/ou des Israélites, qui "occuperaient depuis 50 ans un territoire qui ne leur appartiendrait pas" et qui, au surplus, "seraient les seuls dans ce cas à l’échelle planétaire".

 

En plus d’avoir créé et de propager intentionnellement cette systématicité, le caractère dolosif de cette exception se voit encore accentué par la tentative de l’attribuer frauduleusement au porte-parole de l’Armée israélienne. Les racistes à l’origine de cette malveillance entendent ainsi essaimer le message fallacieux qui voudrait que l’Armée israélienne serait au courant du "fait qu’elle occupe le territoire d’un autre peuple", ce qui en ferait une armée conduisant une lutte amorale en pleine conscience. Cela appellerait à verser Tsahal, cette armée essentiellement juive, dans la catégorie des monstres, ou, à tout le moins, dans celle du cynisme paradoxal.

 

L’autre effet recherché par les racistes de l’AFP et de ceux qui reproduisent ses dépêches est, évidemment, la justification du terrorisme palestinien, puisqu’en termes de législation et de pratiques internationales, il est légitime, pour quelqu’un qui subit une occupation, de tenter d’assassiner celui qui la lui inflige.  

 

A la suite de cette malveillance caractérisée, la consœur tricolore publie encore dans sa dépêche le bilan des tués, qu’elle attribue aux "violences", dans lequel elle mélange pêle-mêle les victimes israéliennes du terrorisme palestinien et ceux qui les ont assassinées ou qui ont tenté de le faire.  

 

Ci-après, le texte authentique du communiqué de l’Armée israélienne : "Un agresseur armé d’un couteau est sorti de son véhicule et a chargé des soldats à l’entrée de Naplouse. Les Forces ont contrecarré la tentative d’attaque au couteau et tiré sur l’agresseur, ce qui a entraîné sa mort".

 

La Ména a informé dans le détail le porte-parole de l’Armée israélienne de cette malveillance, de même que les autorités compétentes.  

 

 

 
L’intelligence stratégique de Binyamin Netanyahu (info # 013107/16) Version imprimable
Analyse
dimanche, 31 juillet 2016

 

Par Guy Millière © Metula News Agency

 

Je l’écris à nouveau, je pense que Binyamin Netanyahou est l’un des très rares hommes d’Etat de ce temps. Avoir réussi à endiguer l’essentiel des mauvais coups que l’administration Obama a tenté de porter à Israël depuis huit ans a été la démonstration d’une intelligence stratégique remarquable.

 

Binyamin Netanyahou n’a, certes, pas réussi à endiguer tous les mauvais coups : il n’a pu empêcher Obama et Kerry de passer un accord désastreux avec la République Islamique d’Iran. Mais il a pu mettre fin à l’insupportable harcèlement exercé par le Hamas depuis Gaza lors des opérations militaires de 2014, sans parvenir toutefois à écraser totalement le Hamas.

 

Obama, quant à lui, s’est employé à freiner les livraisons de matériel militaire à Israël et a accentué les pressions exercées sur lui en décidant, un temps, le boycott de l’aéroport Ben Gourion par les appareils américains.

 

 

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Barack et Bibi, deux génies stratégiques,

un seul ou aucun des deux ?

 

Netanyahou a dû céder un peu, mais, dans l’ensemble, la situation d’Israël est bien meilleure que ce qu’elle aurait été si l’Etat hébreu avait été privé de l’intelligence stratégique de Netanyahou. On le comprendra, j’en suis certain, quand le moment sera venu de passer des pages d’actualité des journaux à celles des livres d’histoire.

 

L’intelligence stratégique de Netanyahou a été à l’œuvre aussi dans une recomposition des alliances d’Israël. Le Premier Ministre a non seulement compris qu’Obama était un ennemi sournois de son pays, il a également saisi que l’alliance d’Israël avec les Etats Unis était menacée par la "gauchisation" du Parti Démocrate, et que l’Europe, qui s’islamise à une vitesse croissante, était, elle, un ennemi déclaré d’Israël.

 

Le chef de l’exécutif hébreu s’est dès lors réorienté vers la Russie de Vladimir Poutine, discernant qu’il était un nationaliste russe philosémite. Il a mené une diplomatie d’ouverture non déclarée vis-à-vis des puissances sunnites du statu quo, confrontées au  péril djihadiste sunnite et à la montée en puissance de l’Iran.

 

Il a passé des accords avec la Turquie d’Erdogan, sans illusions sur le personnage, mais en sachant qu’au-delà de ses penchants totalitaires, il était soumis à la pression russe, à celle de l’Iran qui est lui-même sous la pression de la Russie, ainsi qu’à des pression et difficultés domestiques. Ce, tant en raison du poids croissant de la minorité kurde dans son pays, qu’en proie à des difficultés économiques et financières. La croissance turque reposant désormais essentiellement sur des emprunts effectués auprès de puissances islamiques du statu quo, telle l’Arabie Saoudite et les Emirats du Golfe.

 

Netanyahou a surtout passé des accords avec plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, auxquels il a rendu visite récemment. Ces traités reposent sur l’appréciation par Netanyahou de ce que l’Afrique subsaharienne est une région pauvre, sous-développée, et qui a un besoin évident de technologies qu’Israël est à même de fournir. Dans le domaine de l’irrigation, par exemple, Israël va disposer de marchés d’exportation supplémentaires, qui rendront le pays moins vulnérable à des actions de boycott éventuellement décidées à l’échelon européen.

 

Ces accords reposent principalement sur le fait que les pays d’Afrique subsaharienne sont confrontés à une menace djihadiste forte, et ont un besoin urgent de l’expertise et de la coopération israéliennes dans le secteur de la lutte anti-terroriste. Israël va, sans nul doute, faire bénéficier les pays concernés de son savoir-faire.

 

Ces accords reposent aussi sur la nécessité pour Israël de disposer d’alliés diplomatiques supplémentaires. En un moment où des manœuvres anti-israéliennes se préparent sous l’égide la France (avec l’appui explicite de l’Union Européenne), et vraisemblablement d’un Obama en fin de parcours et en quête d’héritage, qui pourraient conduire à des motions anti-israéliennes déposées à l’ONU, les voix de quelques pays d’Afrique membres non permanents du Conseil de Sécurité [mais sans droit de veto. Ndlr.] sont à même de gripper des rouages délétères. Netanyahou le sait.

 

Ceux qui regardent agir Netanyahou et souhaiteraient son échec le savent aussi, et, sans le dire, ils trépignent de rage. Ils constatent que l’intelligence stratégique de Netanyahou conduit à une recomposition des alliances d’Israël.


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L’Arabie Saoudite demande l’aide militaire d’Israël (info # 012907/16) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 29 juillet 2016

 

© Metula News Agency

 

Juffa, interviewé par Jim Mosko sur Radio Judaica :

 

https://youtu.be/8HKAn6zDC_s (Youtube)

 

Selon plusieurs sources arabes et européennes, le nouveau ministre saoudien des Affaires Etrangères, M. Adel al-Jubeir, aurait affirmé que son pays "a impérieusement besoin de l’assistance militaire israélienne afin de vaincre les rebelles yéménites" soutenus par l’Iran.

 

Le Roi Salam est au courant, de même que le Qatar et les Emirats Arabes Unis. Les pilotes saoudiens de F-15 sont trop "inexpérimentés" pour imposer leur loi dans le conflit, ils ont déjà perdu 28 de ces appareils. Des avions qui devraient être utilisés pour assurer la suprématie aérienne et non les attaques au sol, pour lesquelles les F-16 sont plus efficaces.

 

Les aviateurs hébreux, eux, sont hautement qualifiés et ils ont fait leurs preuves face aux "milices palestiniennes et libanaises" aux yeux des Saoudiens.

 

En fait, cela fait déjà trois ans que la Ména affirme que des Israéliens aident et conseillent la monarchie et ses alliés face aux chiites yéménites, notamment grâce à leurs drones. Mais Riad désire une augmentation significative de l’implication de Jérusalem dans la confrontation avec Téhéran et ses supplétifs.

 

Ces nouvelles font suite à la visite semi-officielle, la semaine passée, d’une délégation saoudienne conduite par le très influent Général Anwar Eshki en Israël, où ses membres ont rencontré tous les acteurs de la vie politique du pays.

 

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Réunion commune des deux délégations à Jérusalem,

le Général Eshki est le cinquième personnage depuis la droite,

le temps des complexes est terminé

 

Un marché se profile qui, sous l’appellation de la Proposition de Paix saoudienne, échangerait un soutien militaire accru des Israéliens contre la réduction des exigences concernant les Palestiniens, dont l’Etat qu’ils réclament deviendrait une autonomie élargie.

 

Ce seraient l’Arabie Saoudite, l’Egypte et d’autres pays sunnites qui négocieraient avec Jérusalem et non Mahmoud Abbas et l’Autorité Palestinienne.

 

John Kerry rencontrera Mahmoud Abbas demain (samedi) à Paris pour, au contraire, renforcer sa position dans les négociations et dynamiser l’Initiative Française, qui prévoit une conférence internationale, où l’AP aurait le même poids qu’Israël.

 

On peut désormais parler d’une confrontation entre l’Initiative Française, appuyée par Washington et des Etats Européens, face à la Proposition Saoudienne révisée à l’aune de l’alliance stratégique Israël-Etats sunnites, qui prend des dimensions considérables.

 

Le choix des Américains et des Européens, qui jouent à fond la carte iranienne, oblige Israël et les Arabes à s’entendre face à leur ennemi commun iranien. Cela explique également la raison pour laquelle les Arabes comptent sur Israël au Yémen et non sur les Américains et les Européens, qui ne leur inspirent pas confiance.

 

Le directeur de l’Institut National de Sécurité israélien, le Général (ret.) Amos Yadlin, longtemps chef du renseignement militaire, un personnage central de l’establishment hébreu de la Défense, a confirmé, mardi dernier devant les caméras de France 24, que son pays et l’Arabie Saoudite coopéraient.

 

Une coopération qui brûle les étapes, M. Adel al-Jubeir ayant exprimé, selon des sources concordantes, que "le monde entier doit envisager une coexistence amicale et une camaraderie entre le Royaume Saoudien et Israël, puisqu’après tout, nous somme historiquement des cousins".

 

Il semble que c’est encouragé par la solidité de ce nouvel axe stratégique que M. Netanyahu s’est lancé dans un nouvel agrandissement des implantations en Judée-Samarie. Le consentement tacite de Riad et du Caire face à cette initiative, les leaders du monde arabe, suffit à contrebalancer les critiques de l’Occident.

 

Avec l’apparition au grand jour de cette nouvelle alliance, dont les lecteurs de la Ména ont suivi la construction en exclusivité intégrale grâce à Fayçal H. en Jordanie et Sami el Soudi, on assiste actuellement à une révolution majeure des données au Moyen-Orient.

 

 

 
Nice : la niaiserie officielle (info # 012607/16) Version imprimable
Analyse
mardi, 26 juillet 2016

 

Par Claude Berger1

 

 « Il s’est radicalisé très récemment et très rapidement »… C’est la nouvelle niaiserie proposée par le ministre de l’Intérieur et répétée à longueur d’ondes à propos du criminel islamiste de Nice. Autrement dit, badauds et futurs électeurs, la conclusion s’impose : vos dirigeants, Cazeneuve, Hollande et Valls sont hors de cause, puisqu’il était impossible de prévoir le passage à l’acte de quelqu’un qui n’était pas fiché et qui, selon un fidèle, « ne fréquentait pas la mosquée et ne suivait pas le ramadan » !

 

En conséquence de ce qui précède, il faut donc vous habituer, Français, à votre sort de cibles permanentes, à domicile, comme pour le couple de Magnanville, ou dans vos festivités, comme lors du massacre du 14 juillet !

 

En vérité, ce propos du ministre est révélateur de l’aveuglement de la pensée des dirigeants politiques face à l’islam et à l’islamisme, et face au terrorisme qui s’en réclame. D’une part, même repérés par les services de renseignements, les terroristes islamistes qui ont sévi à Toulouse, Paris et Bruxelles ont pu circuler sans problème et opérer à leur guise. D’autre part, on ne peut plus faire « comme si » il n’y avait pas de problème avec l’islam, vu sous le prisme de l’extension mondiale du marché du travail.

 

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Dans la dynamique de la concurrence planétaire, c’est soit eux qui

viennent chez nous, soit nous qui créons des emplois chez eux, quitte à délocaliser

 

Un marché qui implique notamment la liberté de circulation des femmes et la perte de la mainmise religieuse sur l’hégémonie sociale au profit de l’Etat républicain.

 

Les bombardements ciblés sur DAESH ne règlent évidemment pas le problème du basculement des cités à forte implantation musulmane dans la marginalisation insurrectionnelle d’une partie des populations nourries par l’islam. Ce problème est mondial et concerne également tous les pays musulmans.

 

Ne pas avoir perçu ce phénomène témoigne de l’aveuglement qui a présidé à l’importation massive de mains d’œuvre sans tenir compte des matrices culturelles qui les ont formatées. Or nos sociétés sont fondées sur la transformation du travail en marchandises sur un marché concurrentiel ; l’oublier, l’ignorer c’est aller droit vers une crise du salariat par le surnombre sur ce marché, et c’est provoquer les crises identitaires, non seulement chez les nations importatrices, mais aussi chez les populations migrantes. A terme cela équivaut à semer les germes d’une guerre civile.

 

Le discours anti-islamophobe ou anti-amalgame veut taire ce conflit et ne fait que servir la cause de l’islamisme. Il est temps de reconquérir les territoires perdus de la République, en démantelant les contre-cultures islamistes qui s’y sont développées.

 

On ne saurait oublier de ce point de vue, qu’avant de devenir compatible avec la République, l’Eglise inquisitoriale dut subir la contrainte révolutionnaire et la lutte anticléricale. Puis, après la Seconde Guerre Mondiale, l’Eglise a été contrainte à faire un travail sur elle-même pour se démarquer d’un antijudaïsme ayant pu favoriser l’antisémitisme exterminateur et participer, après la reddition de l’Allemagne, à l’exfiltration de responsables nazis vers l’Amérique du Sud et les pays arabes.

 

L’islam repose également sur un dogme clivant : Mahomet est le Prophète, et ne pas y croire rejette les réfractaires du côté des mécréants. S’ensuit l’obligation de convertir l’univers. Mais le schéma parental et sexuel sous-jacent, resté sans analyse, implique une oppression des femmes et une pulsion de mort dirigée contre les Juifs et des chrétiens. Pulsion qui trouve sa jouissance dans la mort des mécréants.

 

Soumettre la volonté de spiritualité et de morale affichée dans l’islam, à l’instar des autres religions mais contredite par la violence, à une mise sur le divan est une nécessité. Introduire la critique de cette violence conquérante dans les lieux d’éducation est un devoir. D’autant que les matrices culturelles ne façonnent pas qu’un islam rituel qui peut se radicaliser par le littéralisme, elles façonnent également un islam culturel, qui lui aussi se radicalise, ce que semble ignorer le ministre.

 

De fait, aucun des tueurs des différents attentats n’était expert en commentaire coranique ! Cet islamisme culturel opère sur le sol français, il est dans l’air que respirent nos jeunes. Il est dans la haine de la culture française. Il se diffuse dès le plus jeune âge peu ou prou dans ce qui se transmet par l’inconscient culturel. Or il n’existe pas de frontière hermétique entre l’islam dit modéré et l’islamisme qui a recours à la violence.

 

Un autre combat est à mener : en finir avec le marché du travail qui crée sans cesse un appel d’air de migrants, qui ne sont pas uniquement des « migrants économiques », mais également des migrants culturels.

 

Il est sans doute utile de se rappeler qu’en 2015, sur une embarcation chargée de 112 migrants qui menaçait de sombrer, une quinzaine de musulmans jetèrent douze chrétiens à la mer.


 

 

Note de la rédaction :

 

1Claude Berger est l’auteur de « Pourquoi l’antisémitisme » et de « En finir avec le salariat », aux Editions de Paris.

 

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Nouvel incident dans le Golan (info # 022507/16) Version imprimable
Breaking News !
lundi, 25 juillet 2016

 

© Metula News Agency

 

Lundi, 23h50 à Métula, 22h50 à Paris

 

Cette après-midi (lundi) des obus de mortier ont explosé dans la partie israélienne du Golan central, à proximité immédiate de la frontière, sans faire de victimes ni de dégâts.

 

Il est probable qu’il s’agisse une nouvelle fois de projectiles perdus résultant de l’affrontement durable qui oppose, à quelques centaines de mètres d’Israël, l’Armée gouvernementale syrienne au Front Sud, entre les localités de Baath City (également nommée la Nouvelle Kouneitra) et el Khmadaiah.

 

Quelques instants plus tard, le Khe’l Avir, l’Armée de l’air israélienne, a riposté en détruisant deux postions des forces gouvernementales à Baath City depuis lesquelles les projectiles avaient été tirés.

 

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La région des incidents

Service cartographique © Metula News Agency

 

Dans un message à Reuters, l’Armée syrienne a affirmé qu’une attaque avait été menée par deux avions israéliens "de reconnaissance (sic)", qui auraient touché un immeuble résidentiel de la ville, causant des dommages matériels sans blesser personne.

 

Le porte-parole de l’Armée israélienne a confirmé les incidents, indiquant pour sa part que "le Khe’l Avir avait  pris pour cible avec succès la source des tirs en Syrie", précisant que "le gouvernement syrien était responsable pour tous les tirs provenant de Syrie, et que Tsahal continuerait à agir afin de préserver la souveraineté israélienne et de protéger Israël".

 

La Ména a observé ces derniers jours un regain de tension dans le Golan et dans le Doigt de la Galilée, notamment après des tirs de mitrailleuses depuis le Liban sur Har Hatsfia à Métula et la riposte israélienne contre des positions du Hezbollah dans le Golan, puis la brève incursion d’un drone en provenance de Syrie dans l’espace aérien hébreu.

 

Tsahal a déployé des moyens dans la région pour faire face à toute éventualité ; des moyens dont la nature est couverte par la censure militaire.

 

 
Netanyahu face aux généraux (info # 012307/16) Version imprimable
Analyse
dimanche, 24 juillet 2016

 

Par Guy Millière

 

Israël, qui peut l’ignorer, est confronté, depuis sa renaissance il y aura bientôt sept décennies de cela, à la guerre. Celle-ci a pris la forme de guerres conventionnelles : en 1948-49, en 1967 et en 1973. Peu à peu, la confrontation s’est transformée pour prendre la forme de la guerre terroriste menée par l’OLP dès les années 1970, qui n’a pas cessé depuis, même si, grâce à la barrière de sécurité, à l’endiguement de Gaza, à des moyens de surveillance sophistiqués, et à une vigilance de chaque instant des forces de sécurité, le nombre d’actes terroristes a diminué. Et, faute de pouvoir recourir aux explosifs et aux attentats suicides, les assassins recourent désormais essentiellement au couteau, au fusil d’assaut ou à la voiture tueuse.

 

La confrontation a pris aussi la forme de la guerre diplomatique et de la guerre de propagande, on ne peut que le constater tous les jours. Et l’OLP a remporté, hélas, diverses victoires dans ces domaines. Les accords d’Oslo ont constitué l’une de ces victoires, la création de l’Autorité Palestinienne, qui a donné une apparence présentable à une organisation criminelle, en a été une autre, ainsi que la reconnaissance de l’Autorité Palestinienne en tant qu’Etat palestinien, partout où cette reconnaissance s’opère.

 

Les résultats des élections israéliennes, année après année, montrent que le peuple israélien en sa majorité n’est pas dupe, n’a pas d’illusions, sait ce qu’est l’Autorité Palestinienne, discerne que confier un Etat à ces gens-là serait irresponsable et suicidaire. Les Israéliens n’ignorent pas que ces gens-là, de toute façon, ne veulent pas d’un Etat mais visent uniquement la destruction d’Israël ; ils instrumentalisent les territoires qu’ils occupent comme bases-arrière en vue de ladite destruction, utilisent les populations arabes qu’ils contrôlent par l’endoctrinement, et amassent des armes pour l’anéantissement d’Israël et du peuple juif.

 

Ces résultats montrent que la gauche, parce qu’elle reste dupe et prisonnière d’illusions, est condamnée à être minoritaire, et ce n’est pas la récente révélation de pourparlers secrets entre Itzkhak Herzog et Mahmoud Abbas, au moment des dernières élections israéliennes, négociations au cours desquelles Herzog s’est révélé prêt à tout céder à l’OLP sans rien obtenir en échange, qui vont changer cette situation, ni la perception que la majorité des Israéliens peut avoir de la gauche.

 

Ces résultats se heurtent également à une double réalité : la majorité des journalistes israéliens, à  la différence de la majorité des Israéliens, est de gauche, et livre une guerre médiatique aux dirigeants choisis par l’électorat israélien. La majorité des chefs militaires de l’armée d’Israël, et une majorité des chefs des services de renseignement israéliens sont eux aussi de gauche, et font tout ce qui est en leur pouvoir pour entraver les décisions prises par les dirigeants légitimement élus.

 

La guerre médiatique livrée par les journalistes de gauche a conduit aux multiples campagnes de presse contre Binyamin Netanyahou et, de manière récurrente, contre son épouse. Elle a conduit aussi aux campagnes de presse contre Avigdor Lieberman. Elle sert, de facto, la guerre diplomatique et la guerre de la propagande menée contre Israël. Elle fournit des arguments à l’OLP devenue Autorité Palestinienne, qui sait pouvoir compter sur nombre d’idiots utiles s’exprimant dans Haaretz, entre autres. Elle fournit des arguments  aux gouvernements anti-israéliens du monde entier, qui peuvent dire qu’ils ne sont pas complètement anti-israéliens, puisque les arguments qu’ils utilisent sont des arguments exprimés dans les media israéliens.

 

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Netanyahu, en 2014, avec deux chefs d’état-major Yaalon et Gantz

Moshé Yaalon (Likoud), ministre de la Défense de 2012 à 2016, appelé par Netanyahu,

puis vertement écarté, à la faveur d’une alliance politique, au profit de Lieberman

 

L’action de la majorité des chefs militaires de l’Armée d’Israël, et d’une majorité des chefs des services de renseignement israéliens est bien plus délétère. Quand elle se retrouve dans des films de propagande anti-israéliens, tels The Gatekeepers (Les gardiens), basé sur les témoignages de six anciens dirigeants du Shin Beth (service de la sécurité intérieure [le contre-espionnage]), elle est un très mauvais coup porté à Israël. 

 

Quand elle conduit à des textes collectifs dénonçant ou critiquant l’action du gouvernement israélien, tel celui publié il y a quelques semaines par un groupe de deux cent quatorze généraux, signant collectivement Commanders for Israeli Security (Commandants pour la Sécurité Israélienne), elle est bien davantage qu’un très mauvais coup porté à Israël.

 

Il semble, c’est ce que décrit un article très documenté paru voici peu sur le site politico.com aux Etats Unis (Netanyahu vs. The Generals [Netanyahu face aux généraux]), que l’action susdite est allée jusqu’à empêcher que certaines décisions soient prises et que certaines actions soient réalisées par le gouvernement israélien dans un passé récent.

 

Il paraît évident qu’une hostilité aux allures de confrontation existe entre Binyamin Netanyahou et nombre de généraux israéliens. Cette confrontation est préoccupante, tout particulièrement dans le contexte turbulent d’aujourd’hui. Elle constitue un danger majeur pour la sécurité et l’avenir d’Israël. Le rôle de l’Armée d’Israël, qui est une armée du peuple, ne consiste pas à s’opposer au gouvernement démocratiquement élu et aux décisions souveraines du peuple d’Israël. Il n’est pas de contribuer en quoi que ce soit et sous quelque forme que ce soit à la guerre engagée contre Israël.

 

Il paraît  clair, hélas, que le danger susdit s’est déjà, pour partie, concrétisé. Comme Caroline Glick l’a noté il y a quelques semaines, des actions militaires israéliennes ont été conduites ces dernières années par des chefs qui n’avaient pas de stratégie de victoire1. Des chefs militaires, qui n’ont pas de stratégie de victoire conduisent à des morts inutiles. Toute mort inutile d’un soldat israélien relève de l’absolument inadmissible.

 

 

 

Note du rédacteur en chef :

 

1En 2014, lors de l’opération Falaise Inébranlable (faussement traduite en français par "bordure protectrice"), Binyamin Netanyahu avait décidé seul d’engager Tsahal dans une campagne contre le Hamas à Gaza. Non seulement il n’avait pas de "stratégie de victoire", mais il n’avait pas désigné non plus à l’Armée Israélienne d’ "objectif stratégique" à atteindre.

 

Il ne s’agit pas uniquement de l’avis des spécialistes stratégiques de la Ména, confrères de Guy Millière, mais également de celui, exprimé sur un ton particulièrement dur à l’encontre de Netanyahu, d’Avigdor Lieberman, à l’époque ministre des Affaires Etrangères, et désormais nommé par Netanyahu au poste de ministre de la Défense. Lieberman affirmait que l’Armée israélienne devait pénétrer dans Gaza et en chasser le Hamas, et que sinon, Falaise Inébranlable était inutile.

 

"Falaise Inébranlable" a causé la mort de 67 Israéliens, dont cinq civils, et 2271 Israéliens ont été blessés, dont 837 civils. De nombreux officiers de Tsahal, n’ayant strictement aucun penchant particulier pour la gauche, considèrent que ces morts et blessés furent "totalement inutiles" et "absolument inadmissibles", puisque leur sacrifice fut la résultante de l’incompétence du Premier Ministre.

 

C’est non seulement le droit de ces officiers et experts en stratégie, responsables militaires de la sécurité d’Israël et de leurs concitoyens, d’exprimer leur point de vue professionnel en conformité avec les lois et les usages d’un Etat démocratique, mais c’est également leur devoir.

 

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Le putsch en Turquie, l’attaque sur Métula, et les généraux et les rabbins violeurs (info # 012207/1 Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 22 juillet 2016

 

© Metula News Agency

 

Juffa s’exprime ce vendredi au micro de Jim Mosko sur Radio Judaica :

 

 https://youtu.be/oTZ7wXM-2kQ  (Youtube)

 

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/vb.552540291522809/902438593199642/?type=2&theater   (podcast radio Judaica)

 

Turquie :

 

Le coup d’Etat de l’Armée avait été très mal préparé, Internet et les réseaux de téléphonie mobile n’ont pas été coupés, ce qui a permis aux partisans d’Erdogan d’organiser le contre-putsch. Notamment, Recep Erdogan a eu la possibilité d’envoyer une vidéo à partir de son téléphone mobile, appelant ses partisans à descendre massivement dans la rue, ce qui a grandement participé à l’échec de la tentative des militaires.

 

La plupart des "soldats-rebelles" n’avait pas été mise au courant, ils pensaient participer à un exercice de maintien de l’ordre. Ils ne pouvaient pas savoir qu’ils avaient été précipités dans une logique de "tuer ou être tués".

 

Mais c’était compréhensible car les conjurés, des officiers supérieurs, n’étaient pas plus de dix ou vingt, condition sine qua non pour ne pas ébruiter leur projet ; ils comptaient sur la fidélité de leurs troupes et leur haine du régime, ce qui n’a pas suffi.

 

Les ministres et autres membres de l’appareil gouvernemental n’ont pas été arrêtés et ont pu communiquer à leur guise. Tous les media favorables au régime n’ont pas été sécurisés. Les rebelles n’ont pas été capables (motivés) de tenir les lieux-clés ainsi que les centres névralgiques du régime.

 

La loi martiale, décrétée par les putschistes, n’a pas été imposée efficacement, ce qui a permis aux partisans d’Erdogan de descendre dans la rue et de se confronter aux militaires.

 

Une partie de l’Armée, la police et le MIT (les services de renseignements) sont restés globalement fidèles au pouvoir. C’est le résultat de purges antérieures au coup d’Etat, lors desquelles Erdogan avait envoyé en prison les chefs de ces institutions qui lui étaient hostiles, pour les remplacer par des sympathisants. Si le coup d’Etat avait été tenté dix ans plus tôt, il aurait sans doute réussi.

 

Les rebelles ont été incapables d’atteindre le point de basculement, qui aurait déclenché l’effet dominos indispensable au succès d’un coup d’Etat.

 

Il s’en est fallu tout de même de peu : il était impérieusement nécessaire de s’assurer de la personne d’Erdogan ou de l’éliminer, c’était une condition majeure du succès. Un chasseur rebelle F-16 a eu le Gulfstream IV du président dans sa ligne de tir mais n’a pas fait feu, n’étant pas certain de l’avoir identifié correctement.

 

Autre échec majeur : les anti-Erdogan, anti-islamistes, pourtant majoritaires à Istanbul et dans les grandes villes, ne se sont pas mobilisés face aux manifestants pro-régime, leur abandonnant la rue. Ils attendaient tranquillement chez eux et sans prendre de risques que le coup réussisse. Après les énormes purges en cours, touchant pour le moment plus de 70 000 personnes, ils devront désormais attendre très longtemps qu’une occasion similaire de renverser le dictateur démocratiquement élu se présente.

 

Ces évènements posent la question politico-philosophique suivante : suffit-il qu’une personnalité soit démocratiquement élue pour qualifier son régime de démocratique ? Ce, même s’il arrête des journalistes, prive des partis politiques de leurs droits fondamentaux et s’approprie la justice ? Et surtout, depuis la tentative manquée, s’il écarte et emprisonne tous ceux qui pourraient, à l’avenir, créer les conditions d’une alternance démocratique ?

 

Tirs sur Métula en direction de la Ména :

 

Rappel des évènements de mercredi et révélation exclusive : hier soir, le Hezbollah a mené sous nos yeux une opération militaire à Kfar Kileh – à 400 mètres de notre rédaction – afin de neutraliser les responsables des tirs de mercredi.

 

Les généraux et les rabbins violeurs :

 

Le rabbin Eliézer Berland, leader de la communauté des "Shouvou Banim" (revenez les fils [à la religion]), une branche prépondérante de la Khassidoute de Bretslav, arrêté après son extradition d’Afrique du Sud et 3 ans de cavale. La justice lui impute des abus sur au moins cinq personnes.

 

Le Bridadier-Général Ofek Buchris, l’un des plus brillants officiers de Tsahal, ancien commandant de la Brigade Golani, accusé de viols par la justice militaire sur au moins deux subordonnées féminines entre juillet 2010 et septembre 2013.

 

Pas moins de 17 chefs d’accusation sont retenus contre le général.

 

Des dizaines d’officiers de l’Armée, de la police et des personnalités politiques ont été reconnus coupables pour des faits semblables, y compris l’ex-Président Moshé Katsav, qui purge une peine de prison.

 

Des centaines de rabbins se sont livrés à des abus sexuels, principalement de nature pédophile sur des élèves et des femmes pratiquantes, venues leur demander conseil.

 

Il est nécessaire de mettre à jour ces pratiques criminelles, sans états d’âme, pour infléchir ce qui est devenu un véritable fléau en Israël et dans la diaspora.

 

 
Riposte de Tsahal à l’attaque contre Metula (info # 022007/16) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 20 juillet 2016

 

© Metula News Agency

 

Mercredi, 20h10 à Métula, 19h10 à Paris,

 

Une heure environ après l’attaque en provenance du Liban-Sud contrôlé par le Hezbollah visant le quartier de Har Hatzfia (le mont de l’Observation) à Métula, Tsahal a riposté dans le Golan syrien.

 

Deux projectiles, vers 8h ce matin, avaient atteint la base israélienne de Narkiss (narcisse), à 45 mètres de la rédaction de la Ména, occasionnant une blessure très superficielle à un soldat.

 

Jérusalem a réagi en envoyant un chasseur-bombardier tirer deux missiles sur des positions dans la ville syrienne de Baath City (ou la Nouvelle Kouneitra), tenue par le régime alaouite et ses alliés de la milice du Hezbollah libanais.

 

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Baath city

Service cartographique © Metula News Agency

 

Baath City est située précisément sur la ligne de front, face aux forces rebelles du Front Sud, positionnées à quelques dizaines de mètres au sud-ouest de la cité.

 

Les deux objectifs, occupés par des miliciens chiites libanais du Hezbollah, ont été détruits et ceux qui s’y trouvaient ont été tués ou blessés.

 

Nous avons mis quelques heures à nous assurer que le raid sur Baath City avait bien été mené par le Khe’l Avir (Armée de l’Air), après que le Hezbollah l’avait attribué au Front al Nosra, qui aurait, pour l’occasion et à en croire les chiites, utilisé des "roquettes hautement explosives", dont l’impact aurait tué des civils.

 

Maher al Ali, un porte-parole du Front Révolutionnaire Syrien (membre du Front Sud), ainsi que d’autres mouvements rebelles actifs dans la région ont tous soutenu la version de l’attaque aérienne. Mais Tsahal, comme à son habitude, a annoncé : "Nous ne répondons pas aux récits de ce genre".

 

Il y a une heure, nous avons reçu le ok définitif et suffisant de l’un de nos scouts à Boukata. Il a vu le F-16 faire feu sur le bâtiment gouvernemental syrien à Baath City. Il est vrai que cette ville ne se trouve qu’à 2km de la frontière israélienne et à 7 de la ville druze de Boukata.  

 

 

 
Des balles libanaises survolent la Ména, un soldat blessé (info # 012007/16) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 20 juillet 2016

 

© Metula News Agency

 

Mercredi, 11h30 à Métula, 10h30 à Paris,

 

Ce matin, sur le coup des huit heures, des rafales de mitrailleuses lourdes ont été tirées à partir du Liban en direction des bâtiments de la Ména à Métula et de la base de Tsahal Narkiss (narcisse).

 

Les projectiles venant du Nord ont survolé notre rédaction à une hauteur de 8 à 15 mètres avant d’atteindre Narkiss, qui a subi deux impacts.

 

Narkiss se situe à vol d’oiseau à 45 mètres au-dessus de notre rédaction, se trouvant toutes deux à proximité du sommet du Har Hatzvia, le mont de l’Observation, haut de 610m en son point culminant.

 

Un soldat a été légèrement blessé par le ricochet d’une balle et a été transporté à l’hôpital de Tzfat (Safed) par une ambulance de l’Armée.

 

La sirène d’alarme de la base de Narkiss a retenti et les militaires ont gagné les postes de combat, dont plusieurs chars Merkava, en disponibilité permanente à cet endroit.

 

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Narkiss, la Ména, le Liban

Service cartographique © Metula News Agency

 

En revanche, les habitants de la partie civile d’Har Hatzvia, plus proche des sources de tir que Narkiss, n’ont pas été prévenus et continuent de vaquer à leurs occupations, avec notamment des enfants qui occupent un parc de jeux juste en aval de nos bureaux. Il n’y a pas de déploiement de soldats et d’équipements dans le quartier.

 

Les agriculteurs de la partie centrale de Métula ont, en revanche, été invités à ne pas s’approcher de notre colline.

 

Depuis l’incident, des drones et des hélicoptères nous survolent en permanence.

 

C’est la première fois depuis 2006 que la partie peuplée de Métula est visée par des tirs libanais. Durant la Seconde Guerre du Liban, nous avions été les cibles de dizaines de tirs de roquettes, les maisons d’Har Hatzvia portant encore clairement, pour la plupart, des traces évidentes d’éclats de ces projectiles.

 

En novembre 2005, la maison située exactement au-dessous du petit complexe de la Ména (à 30m) avait subi les tirs croisés de deux roquettes et elle avait été entièrement détruite, voir notre article de l’époque : "Antijuivisme : Ne me parlez pas des tagueurs de banlieue !".

 

En 2005, l’hypothèse avait été envisagée selon laquelle le Hezbollah s’était trompé de cible en visant la demeure de deux paisibles instituteurs alors qu’il comptait probablement détruire les bâtiments de notre agence de presse.

 

Ce mercredi, nous ignorons la nature de son objectif et les raisons qui l’ont poussé à prendre le risque de s’attirer les foudres d’une riposte de Tsahal, qui pourrait être mordante, Israël n’acceptant pas que son territoire soit attaqué, qui plus est, les parties habitées de celui-ci.

 

Nous devons aussi admettre que nous ne nous sommes rendu compte de rien, car au moment des tirs, des jardiniers s’occupaient de notre gazon ainsi que de nos fleurs et le bruit de leurs tondeuses a couvert celui des tirs et de la sirène d’alarme de Narkiss.

 

Il est toutefois envisageable que ce soit à nouveau la Ména qui ait été visée – puisque nous nous sommes trouvés sur le parcours des balles - mais cela reste à démontrer. Jusqu’aux résultats de l’enquête, nous poursuivons notre travail d’information sans précautions particulières et ne manquerons pas d’aviser nos lecteurs en cas d’éventuels développements de l’incident. A 11H27, des chasseurs-bombardiers du Khe’l Avir (Armée de l’Air) ont franchi la frontière libanaise.

 

Ecoutez le commentaire de Stéphane Juffa à chaude au micro de Jim Mosko.

 

 

 
La population française va-t-elle ouvrir les yeux ? (info # 031707/16) Version imprimable
Analyse
dimanche, 17 juillet 2016

 

Par Guy Millière

 

Le gouvernement israélien a immédiatement présenté ses condoléances et offert sa solidarité à la France et à la population française après l’horrible attentat de Nice. Nul membre du gouvernement israélien n’a dit qu’une éventuelle riposte française serait disproportionnée ou n’a demandé à la France d’entamer des négociations avec les adeptes de la barbarie djihadiste. J’évoque ces points parce qu’un contraste existe avec l’attitude des gouvernements français successifs lorsqu’Israël est attaqué. Je les mentionne aussi parce que les réactions des gouvernements français successifs lorsqu’Israël est attaqué peuvent être décrites par un mot : apaisement.

 

Depuis des décennies, les gouvernements français font une distinction entre les terroristes djihadistes selon qu’ils sont « palestiniens » ou non, et ne veulent voir un danger djihadiste que lorsqu’il n’est pas « palestinien ». Le gouvernement français actuel s’est même distingué ces derniers mois en votant une motion anti-israélienne et antisémite à l’UNESCO et en renouant des relations empressées avec un gouvernement qui est sans doute, avec celui, en carton-pâte de l’OLP, alias Autorité Palestinienne, le plus antisémite de la terre, celui de la République Islamique d’Iran.

 

Depuis des décennies aussi, les gouvernements français ont des positions très précautionneuses vis-à-vis de la présence islamique en France. Jusqu’à ce jour, parler de l’antisémitisme musulman qui se dissimule derrière la quasi-totalité des attaques antisémites en France aujourd’hui est quasiment impossible. Jusqu’à ce jour aussi, la branche française des Frères Musulmans, organisation abjecte et infréquentable, est traitée comme une composante normale et acceptable de l’islam en France.

 

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Un suivi terriblement compliqué

 

Le résultat est une politique sans direction précise et sans épine dorsale. Le résultat de cette politique est la situation d’aujourd’hui.

 

Des milliers de musulmans tentés par le djihad sont présents sur le sol français. Fort peu parmi eux passeront à l’acte, mais ceux qui le feront provoqueront des ravages : le terroriste de Nice a tué plus de quatre-vingt personnes et en a blessé, parfois très gravement, des dizaines d’autres. Il a agi seul, sans doute avec des complicités, mas il a montré ce qu’un homme seul déterminé à mourir en shahid est capable de faire. Ceux qui ont agi au Bataclan et ailleurs à Paris, le 13 novembre, étaient moins de dix : le bilan de leur action est, hélas, connu, cent trente morts et des dizaines de blessés là encore. Les tueurs de Charlie Hebdo étaient deux.

 

Même si une simple centaine des musulmans tentés par le djihad en France passe à l’acte, les cadavres risquent d’être très nombreux.

 

Des musulmans qui ne sont pas tentés par le djihad sont également présents sur le sol français, mais un nombre conséquent parmi eux est prêt à fermer les yeux et à excuser les djihadistes qui passent à l’acte. En son temps, il y a quatre ans, Mohamed Merah est devenu un héros dans toutes les banlieues de l’islam. Dans plusieurs écoles et lycées français, il a été impossible de faire respecter une minute de silence à la mémoire des victimes assassinées par les frères Kouachi.

 

L’immense majorité des musulmans présents en France ne sont ni tentés par le djihad ni prêt à fermer les yeux et à excuser les djihadistes, mais ils se montrent très peu concernés par les attentats qu’ils commettent, sont prompts à prétendre que cela ne les regarde pas parce que les djihadistes « ne sont pas musulmans ». Cette majorité silencieuse est confortée dans ses positions par les dirigeants politiques du pays et ceux des associations musulmanes, qui ne cessent de répéter que les adeptes du djihad ne sont pas musulmans.

 

L’immense majorité des musulmans présents en France n’en sont pas moins touchés par l’antisémitisme et la haine d’Israël, et n’ont rien à redire lorsque le djihad assassine en Judée Samarie ou à Tel-Aviv. Ils sont, là encore, confortés dans leurs positions par les dirigeants politiques du pays et ceux des associations musulmanes, qui ne cessent de répéter que la « cause palestinienne » est une noble cause.

 

On peut ajouter à la liste des dangers l’existence de plus de cinq cent soixante-dix zones de non-droit répertoriées par le gouvernement, et l’état des prisons françaises, qui sont devenues de véritables centres de recrutement pour le djihad mondial.

 

Le gouvernement français actuel, en ce contexte, prétend combattre l’Etat Islamique en Syrie et en Irak, ou des islamistes en Afrique subsaharienne, et il s’étonne que des tueurs, commandités par l’Etat Islamique ou d’autres groupes islamistes, soient furieux. Il s’étonne que des attentats aient lieu en France, ce qui ne devrait pas le surprendre.

 

Si la population française ouvrait les yeux, elle demanderait des comptes. Elle demanderait de la cohérence. Elle demanderait qu’on appelle les choses par leur nom, et qu’on dise ce qui est, à savoir que l’islam radical a déclaré la guerre au monde occidental tout entier. Il n’est pas extérieur à l’islam, mais en est une excroissance délétère.

 

Il existe dès lors un problème au sein de l’islam, qu’il est nécessaire de regarder en face, et de traiter avec le pragmatisme requis. Toute forme de sympathie envers l’islam radical est une sympathie avec l’ennemi, et toute coopération avec l’islam radical procède de la collaboration avec l’ennemi.

 

Les crimes commis au nom de l’islam radical sont des crimes, quel que soit l’endroit où ils sont commis, et un tueur djihadiste qui tue à Paris, à Nice, à Orlando, à Istanbul, en Judée Samarie ou à Tel Aviv est un tueur djihadiste et un soldat dans la guerre contre le monde occidental. Une guerre ne peut être gagnée que si l’on s’en donne les moyens. La France, comme d’autres pays occidentaux, a un besoin urgent d’un gouvernement cohérent et déterminé.


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Dernière minute : Tsahal tire sur un drone syrien Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 17 juillet 2016

 

Dernière minute :

 

Aux alentours de 17h, Tsahal a tiré deux missiles sol-air Patriot sur un drone qui était sur le point de s’introduire au-dessus du territoire israélien en provenance de Syrie.

 

Selon nos reporters, l’intrus a été abattu ou a rebroussé chemin. Des débris d’un Patriot sont tombés à proximité du kibboutz d’Ayelet Ha-shakhar (la biche de l'aurore) sans faire ni dégâts ni victimes. Nous sommes en attente d’une confirmation officielle.

 

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Les images du tout récent tir de Patriots

 

La population du Golan et du Doigt de la Galilée n’a pas reçu de consignes particulières de sécurité et continue à vaquer à ses occupations.

 

Nous interviendrons en cas de développements ultérieurs, notamment dans l’éventualité d’une réplique de l’Armée israélienne.

 

 

 
Deux soldats tués dans le Golan : Tsahal vient de confirmer (info # 021707/16) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 17 juillet 2016

 

© Metula News Agency

 

Dimanche, 16h00 à Métula, 15h00 à Paris,

 

A 15h37, heure de Métula, le porte-parole de Tsahal nous a confirmé par téléphone l’information que nous donnions en exclusivité à 8h15 ce matin.

 

Il est ainsi avéré que deux soldats du bataillon 601 du génie ont trouvé la mort, ce matin vers 07h00, près du sommet du massif du Hermon, qui surplombe la ville druze de Majdal Shams (étoile du soleil).

 

Trois autres soldats sont blessés – et non deux comme nous l’annoncions à 8h15 -, dont l’un se trouve dans un état décrit comme "modéré à sérieux". Les trois hommes sont soignés à l’hôpital Rambam de Haïfa.

 

Les militaires se trouvaient en patrouille dans une Jeep, et c’est le conducteur – le Premier Sergent Hussam Tapash, un Druze de Bet D’jan, décédé lors de l’accident - qui est responsable de la manipulation ayant conduit à l’explosion de la grenade.

 

Le Sergent Shlomo Rindanao, un nouvel émigrant venu seul en Israël pour s’engager dans Tsahal, est la seconde victime de cet évènement.

 

L’Armée continue, en cette après-midi de dimanche, son enquête afin de comprendre les circonstances exactes du drame.

 

 

 
Très grave accident dans le Golan (info # 011707/16) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 17 juillet 2016

 

© Metula News Agency

 

Dimanche, 8h15 à Métula, 7h15 à Paris,

 

Un accident s’est produit ce matin dans une jeep de Tsahal au sein d’une base militaire à proximité du village druze de Majdal Shams (Golan), lorsqu’une grenade aurait explosé incidemment, atteignant plusieurs soldats.

 

Deux militaires auraient péri dans l’accident et deux blessés ont été conduits à l’hôpital par ambulance. Il s’agit d’une information préliminaire de la Ména en attente d’une confirmation du porte-parole de Tsahal.

 

 

 
L’analyse de l’attentat terroriste de Nice (info # 011507/16) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 15 juillet 2016

 

© Metula News Agency

 

Juffa s’exprime ce vendredi au micro de Jim Mosko sur Radio Judaica :

 

https://youtu.be/TW8Yh2vyalU  (Youtube)

 

Non ce n’est pas le camion qui a assassiné 85 personnes, c’est le terroriste islamiste qui le conduisait, contrairement à ce que nous avons entendu toute la nuit sur les media français.

 

L’analyse des questions : "Pourquoi ?". Pourquoi des individus qui vivent parmi nous sacrifient-ils leur vie pour tuer d’autres gens au nom d’une religion ? En quoi ces décès font-ils avancer l’islamisation de la planète ? En quoi ces assassinats peuvent-ils être fêtés comme autant de victoires par de nombreux musulmans ?

 

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Faute de répondre à ces questions et d’identifier les mobiles profonds du terrorisme islamiste, il va continuer à tuer. Il faut cesser de se focaliser sur DAESH, il existe des dizaines d’autres organisations terroristes islamistes actives de par le monde. Il convient de les identifier, de les repérer, et de les combattre.

 

Ostensiblement, le paragraphe "des analystes" de l’AFP ne s’applique pas pour expliquer les mobiles des assassins du Bataclan, de Zaventem et de la promenade des Anglais : "Pour les analystes, les attaques palestiniennes résultent surtout des vexations de l'occupation israélienne, de l'absence de toute perspective proche d'indépendance et des frustrations économiques".

 

Il est donc nécessaire, puisque l’existence d’Israël n’est pas la cause de ce délire meurtrier,  d’étudier sérieusement – sans haine ni parti-pris – la relation existant entre l’islam et le terrorisme, car il ne s’agit pas, contrairement à ce que les gouvernements et certains journalistes affirment, d’une relation marginale.

 

La Guerre contre le terrorisme n’est pas seulement la Guerre contre DAESH. Il n’est plus temps de prendre des mesures symboliques en lançant quelques bombes sur Raqqa afin de rassasier le besoin de vengeance du peuple, mais de combattre réellement les terroristes là où ils se trouvent, et cela va des banlieues au Maghreb.

 

Sur le plan sécuritaire, les gouvernements peuvent agir à deux niveaux : premièrement, en sécurisant (filtrages, contrôles, barrières) la rue et principalement les concentrations publiques et les sites à risque, deuxièmement, en combattant par le renseignement globalisé et les frappes militaires les organisations et leurs bailleurs de fonds sur toute la surface de la Terre.

 

L’"assaillant" de Nice n’a pas été publiquement identifié ; il le sera lorsque son nom aura été publié.

 

 

 
Brexit : une catastrophe ? (info # 011407/16) Version imprimable
Analyse
jeudi, 14 juillet 2016

 

Par Llewellyn Brown

 

Le vote du référendum de la Grande Bretagne portant sur son maintien ou non dans l’Union Européenne a provoqué bien des remous, et continue à faire couler de l’encre. Pour l’establishment politico-journalistique, le « non » retentissant de la population britannique a constitué un désastre inouï, et l’on n’a pas lésiné sur les qualificatifs pour dénoncer cette décision malvenue.

 

Le peuple

 

L’un des premiers fautifs dénoncés régulièrement dans les media fut le peuple. Selon les opinions exprimées par l’establishment, les classes populaires seraient foncièrement inaptes à prendre des décisions concernant leur destin. Faisant écho à ce mépris, Alain Minc a prétendu que le résultat de cette consultation représentait « la victoire des gens peu formés sur les gens éduqués ». Apparemment, il eût souhaité que chacun fût obligé de présenter des diplômes appropriés pour recevoir sa carte d’électeur.

 

Le terme « populisme » est devenu l’antienne des gens de gauche, et nous pouvons nous interroger quant aux préjugés que ce terme recouvre. Car enfin, ceux qui, autrefois, faisaient profession de défendre le peuple, ont lâché celui-ci au profit des nouvelles victimes de la société moderne, désignées par les euphémismes « diversité », et « chances pour la France ». Quant aux gens du peuple, puisqu’ils jouissent désormais des produits du capitalisme au même titre que les anciens soixante-huitards, ils sont qualifiés de « beaufs » ; ils sont jugés incultes, incapables d’éprouver des sentiments beaux et élevés à l’égard de l’Autre. Bref, le peuple étant pétri de mauvais penchants, l’élite politicienne estime de son devoir de le brider et de le ramener dans le droit chemin.

 

Selon cette optique, la démocratie semblerait révéler de sévères limites, n’étant un système de gouvernement convenable que si le peuple vote en conformité avec les directives de ceux qui prétendent savoir. Ainsi, au sujet d’un éventuel retrait français de l’Europe, Alain Juppé déclare : « Organiser un référendum aujourd’hui en France serait totalement irresponsable ». Il serait sans doute du même avis que Giscard d’Estaing, qui avait affirmé, en 2005, au sujet d’un référendum similaire : « C’est une bonne idée d’avoir choisi le référendum, à condition que la réponse soit oui ». En somme, le peuple doit se taire, fermer les yeux, et se laisser gouverner par ses élites prétendument éclairées : ceux qui savent ce dont la Nation a besoin.

 

Il est loisible de discerner, derrière ces jugements plutôt irrationnels, une certaine rancune inspirée par la conscience d’avoir manqué un rendez-vous crucial. En effet, le constat s’impose : le peuple s’est présenté aux urnes en masse, contrairement à ces vertueux qui n’ont pas pris la peine de sortir de chez eux !

 

L’histoire se répète

 

Cette attitude n’est pas nouvelle pourtant : l’irrespect à l’égard du sentiment du peuple semble être une constante depuis que François Hollande est au pouvoir. En effet, l’attitude des élites auto-proclamées est comparable à celle manifestée à l’égard de la « Manif’ pour tous », mouvement qui s’est mobilisé contre le mariage homosexuel en novembre 2012. Quand le gouvernement voulait à tout prix faire passer cette loi, les bien-pensants dénonçaient déjà l’obscurantisme du peuple, la prétendue intolérance de ce dernier à l’égard des homosexuels, et son repli sur des valeurs réactionnaires.

 

brexit3.jpg

No comment

 

Pour réprimer l’expression massive du rejet de ce projet de loi, les forces policières avaient eu recours à une violence démesurée, notamment contre des personnes âgées et des enfants, tous pacifiques ; et quiconque arborait publiquement le t-shirt rose revêtu de l’emblème du mouvement risquait de faire un tour au poste de police. Les forces de l’ordre allaient jusqu’à falsifier les photographies aériennes de la manifestation, gommant soigneusement certains endroits pour faire croire que la participation était moins nombreuse qu’elle ne le fut en réalité.

 

Certes, pour condamner cette attitude populaire spécifique à la France, dans ce cas précis, on a remarqué qu’une législation similaire était passée, sans susciter de réelle opposition dans d’autres pays européens. Par ailleurs, on pouvait s’étonner de l’étrange insistance du gouvernement à promulguer une loi qui ne semblait apporter rien de nouveau par comparaison avec le PACS, qui accordait déjà aux homosexuels des avantages comparables à ceux offerts par le mariage. Or justement, personne à ma connaissance, ne s’est interrogé quant aux raisons motivant cette opposition massive. Il eût fallu au moins émettre l’hypothèse que celle-ci trahissait la présence d’un profond malaise dans notre société. Pour en amorcer la réflexion – et sans émettre d’assertion ferme ou tranchante –, on peut penser qu’elle n’était pas étrangère au délitement qui frappe la qualité de vie dans notre pays, à ces phénomènes qui touchent de nombreux habitants en milieu urbain : le déclin du lien en société, l’immigration massive et incontrôlée qui conduit à l’islamisation de nombreux quartiers.

 

L’immigration

 

Si l’on a décrété que le sentiment « populiste » était responsable du résultat éclatant du référendum, on a considéré que le repli identitaire, le fascisme et le racisme donnaient son contenu à ce nivellement par le bas. Force est de constater, cependant, que ces termes sont devenus la tarte à la crème des discours politiques aujourd’hui, puisqu’ils équivalent au qualificatif simpliste “méchant”.

 

En effet, devant l’immigration de peuplement que nous subissons – en l’absence de tout processus démocratique sur la question –, il est légitime de s’interroger et de réclamer une discussion ouverte. Car enfin, tout sujet réellement politique mérite que le peuple dans son ensemble soit invité à en débattre, au lieu qu’on le lui confisque arbitrairement sous des prétextes faussement moraux. En l’espèce, il s’agit pour le peuple de s’exprimer sur l’opportunité et les modalités de l’immigration, afin de déterminer, avec toute la lucidité possible, la réponse à la question : dans quelle société désirons-nous vivre ?

 

Il n’y a donc pas lieu de s’étonner si ce même sujet a pu entrer en considération pour les électeurs britanniques. Notamment, au regard du fait qu’Angela Merkel – chancelière de l’Union Européenne, pourrait-on dire – s’était empressée de réclamer l’arrivée massive en Europe de « migrants » transitant par la Turquie, sous prétexte de leur prétendue fuite de la guerre en Syrie-Irak. La question était devenue d’autant plus pressante que ces flux migratoires contenaient – et contiennent encore – une part criminelle non négligeable. Alors, attribuer le résultat du référendum à la supposée prévalence d’un sentiment raciste relève d’une inversion logique : il ne s’agissait pas de la promulgation de mesures vexatoires visant une certaine population, mais d’une opposition à des mesures déjà imposées aux autochtones. Ce n’est qu’avec une bonne dose de mauvaise foi que l’on prétendrait entendre des bruits de bottes !

 

Puis, pour emprunter les mots d’André Siegfried, quand il affirmait pouvoir réduire une séance de son cours à Science Po à cette seule phrase : « La Grande Bretagne est une île », pourquoi les Britanniques ne se prévaudraient-ils pas de cet avantage que leur procure la géographie de leur pays pour affirmer leur souveraineté ; pour prendre du large face au tropisme grégaire qui anime les pays du continent ?