Ca fait beaucoup (info # 011912/14) Version imprimable
Analyse
vendredi, 19 décembre 2014

 

Par Ilan Tsadik

 

(avec Patricia La Mosca)

 

Une cour de justice de l’Union Européenne a décidé avant-hier, mercredi, d’exclure le Hamas – le Mouvement de la Résistance Islamique – de la liste des organisations terroristes.

 

Elle n’a pas précisé si elle allait transférer le Hamas sur la liste des associations humanitaires ou celle des associations artistiques.

 

Le tribunal a justifié sa sentence en expliquant qu’il ne s’agissait ni d’une appréciation politique ni au fond mais de la conséquence d’un vice de forme.

 

A l’en croire, l’ajout de la branche armée de l’organisation palestinienne en 2001 à la liste des entités terroristes suite aux attentats du 11 septembre, et de sa branche politique, en 2003, suite à un éclair de bon sens, n’avait pas été motivé sur la base de "faits examinés et retenus dans des décisions d'autorités nationales compétentes, mais sur des imputations factuelles tirées de la presse et d'Internet. Pourtant", poursuit l’arrêt de la cour, "la position commune et la jurisprudence exigent que la base factuelle d'une décision de ce type repose sur des éléments concrètement examinés et retenus dans des décisions d'autorités nationales compétentes au sens de cette position commune".

 

En d’autre termes, comme l’a fort justement rappelé l'avocate du Hamas, Me Liliane Glock, "le tribunal a jugé en droit, et a répondu à la seule question qui vaille : la liste européenne des organisations terroristes doit-elle être calquée sur la liste américaine ? Le tribunal a répondu non", s’est-elle réjouie.

 

Outre-Atlantique la décision du tribunal en question fait beaucoup moins rire, et pour les mêmes motifs. A Washington et à Jérusalem, on n’est absolument pas convaincu par les explications fournies par la justice de l’UE.

 

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Festivités du 27ème anniversaire du Hamas, dimanche dernier à Gaza :

le bon moment pour les extraire de la liste noire du terrorisme…

 

Plusieurs membres de l’Union Européenne, à commencer par la Grande-Bretagne et l’Allemagne, ont déjà fait officiellement savoir que la décision en question ne les concernait pas et que, quoi qu’il advienne, le Mouvement de la Résistance Islamique demeurerait sur leur propre liste des organismes terroristes.

 

Cela va dans le sens de la Commission européenne, qui a indiqué dès avant-hier qu’elle "considère toujours le Hamas comme une organisation terroriste, et qu’elle envisage de faire appel de la décision du Tribunal de l'UE de le retirer de sa liste noire".

 

Le communiqué de l’UE précise qu’elle reste liée aux principes du Quartet, à savoir qu’elle s’interdit d’entretenir des relations avec le Hamas avant qu’il ne renonce au terrorisme, qu’il reconnaisse Israël et qu’il accepte les accords israélo-palestiniens existants.

 

L’UE soulignant que les restrictions frappant le Hamas, telle que le blocage de ses fonds en Europe, demeureraient en place durant les trois prochains mois en vue de l’introduction d’un éventuel appel.

 

La décision de retirer le Mouvement de la Résistance Islamique de la liste noire de l’UE n’affectera cependant pas nos confrères de la presse française, qui n’ont jamais fait mention du fait que le Hamas était une organisation terroriste. Le plus souvent, sous l’impulsion de l’AFP, ils accordent au contraire au moins autant d’importance aux déclarations des responsables de cette milice islamiste qu’à celles du gouvernement hébreu ou du porte-parole de son armée.

 

Eux qui sont si sourcilleux à toujours préciser les choix de l’UE, parlant des territoires de Cisjordanie et de Jérusalem-est "occupés", de colons et des colonies, dès que l’occasion se présente, omettent systématiquement d’accoler "l’organisation terroriste" lorsqu’ils mentionnent le Hamas. Ils citent régulièrement les "sources médicales", les "ministres" et les porte-paroles d’un organisme terroriste, le plus souvent avant le point de vue israélien, ou même en lieu et place de celui-ci.

 

Pendant quelques semaines au moins, leur choix éditorial ne participera pas d’un a priori assurément raciste et antisémite mais d’une posture adoptée par l’entité politique à laquelle ils appartiennent.

 

Quant à Binyamin Netanyahu, il "ne se satisfait pas des explications de l’UE selon lesquelles le retrait du Hamas de sa liste noire dénoterait d’une décision de nature purement technique". Le 1er ministre a exigé sa réintroduction "immédiate" et "permanente", "afin que chacun comprenne qu’il en fait inséparablement partie. Le Hamas", a ajouté le président du Conseil israélien, "est une organisation terroriste assassine, qui souligne dans sa charte que son but est la destruction d’Israël".

 

Un autre politicien du Likoud, Danny Danon, est monté aux barricades, s’exclamant : "La moralité, au Luxembourg (siège du tribunal) est la suivante : Tuez des Juifs et recevez un Etat ! Les Européens pensent certainement que leur sang est noble et que celui des Israéliens ne vaut rien".

 

Notre position sur ces questions ? Elle est simple : le terrorisme étant le fait, pour des individus armés, de s’attaquer systématiquement à des civils, il ne fait strictement aucun doute que le Hamas correspond à cette définition universelle. Il en est même une manifestation vivante.

 

Nous ne ferons à personne l’affront de multiplier les illustrations qui le démontrent, mais citons simplement le tir, cet été, de 5 000 roquettes sur des gens paisibles, dans l’intention unique d’en tuer le plus grand nombre possible. Ou le rapt et le meurtre des trois étudiants talmudiques en juin dernier ; c’est sans compter les exactions de membres de cette milice terroriste contre les habitants de Gaza qu’ils administrent : cela va du ramassage de quelques malheureux, pour de prétendues activités au profit d’Israël - ils leur enfilent un sac en papier sur la tête et ils les mitraillent, sans autre forme de procès et sans même prendre la précaution d’évacuer la rue –, au plastiquage des biens appartenant aux sympathisants de la faction ennemie du Fatah.

 

Sans oublier le complot déjoué par le Mossad et organisé par le Hamas depuis la Turquie d’Erdogan - qui elle aussi mérite largement sa place sur la liste des entités terroristes -, qui visait à éliminer le président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, et à exécuter un coup d’Etat.

 

On compte les exemples de catégorisation du terrorisme du Hamas par centaines, si ce n’est par milliers. Cette organisation n’aurait jamais dû quitter la liste noire de l’UE, et si elle l’a fait, suite à une erreur procédurière, elle aurait dû la réintégrer, par décision politique, quelques heures plus tard.

 

Sale temps pour la diplomatie israélienne : avant-hier était également le jour où le Parlement européen a voté, à Strasbourg et à une large majorité, une motion exprimant son soutien de principe à la reconnaissance d’un Etat palestinien, de concert avec la continuation de négociations entre Israël et les Palestiniens.

 

A la Ména, on observe que la résolution européenne est nettement plus nuancée que celles approuvées par les parlements nationaux de Suède, de Grande-Bretagne, de France, d’Irlande, du Portugal et du Luxembourg [depuis avant-hier également]. Les parlements nationaux appelant leurs gouvernements respectifs à reconnaître immédiatement la Palestine, nonobstant les négociations en cours et l’absence d’accord entre les parties.

 

Réagissant à ce vote, contre l’exclusion du Hamas de la liste noire du terrorisme, ainsi que contre une réunion hostile organisée à Genève, M. Netanyahu a durement rebondi, affirmant qu’ "il semble qu’il y ait trop de gens en Europe, sur un sol où six millions de Juifs ont été massacrés, qui n’ont rien retenu du tout. L’amitié que nous observons de la part des Etats-Unis contraste totalement avec ce que l’on constate à regret en Europe". Le 1er ministre israélien pensait probablement à l’appui sans faille dont jouit son pays dans les deux chambres du Congrès américain et pas forcément à la Maison Blanche.

 

Dans la capitale lémanique, des nations signataires des Conventions de Genève qui gouvernent les lois de la guerre et les occupations militaires ont adopté une dizaine de résolutions destinées "à préserver les règles humanitaires internationales".

 

Elles ont ainsi appelé à l’ouverture d’enquêtes relatives à toutes les violations majeures du droit international dans les zones de conflit entre Israël et les Palestiniens, y compris à Jérusalem-est.

 

Les 126 nations participantes ont en outre adopté par consensus une déclaration dans laquelle elles ont mis en évidence l’interdiction de peuplement d’un territoire occupé. Israël affirmant traditionnellement à ce propos qu’elle n’occupe pas de territoire palestinien car elle a conquis ces terres suite à une guerre avec la Jordanie, tandis qu’aucune entité palestinienne souveraine n’a jamais existé et que la Jordanie a abandonné toute revendication concernant la jouissance de la Cisjordanie qu’elle administrait suite à l’armistice signé le 3 avril 1949, mais dont le contour n’a jamais reçu le statut de frontière internationale.

 

Les USA, le Canada, l’Australie et Israël avaient boycotté la rencontre de Genève.

 

Enfin à New-York, tard dans la soirée de mercredi, la Jordanie, représentante des Etats arabes au Conseil de Sécurité, a soumis, au nom de l’Autorité Palestinienne, une proposition de résolution visant "à mettre fin à l’occupation israélienne en 2017".

 

Ce texte, concocté au bout d’une journée de discussions à huis clos entre les pays arabes et la France, est ce que l’on nomme en langage onusien une "proposition bleue" ; cela signifie qu’elle est prête à être soumise au vote du Conseil en l’état.

 

Reste que Riyad Mansour, l’ambassadeur de l’AP aux Nations Unies, a déclaré que son "pays" restait ouvert à la poursuite de négociations, et qu’il était prêt à "travailler avec ceux qui sont disposés à travailler avec nous au Conseil de Sécurité d’une manière positive et constructive".

 

Ce qui signifie en clair que les Arabes ne disposent pas des appuis nécessaires afin de faire adopter cette résolution, les Etats-Unis ayant fait savoir qu’ils soutiendraient uniquement une proposition dans laquelle les "points principaux" d’un accord seraient le fruit de négociations entre Israéliens et Palestiniens.

 

De l’avis de nos spécialistes-maison, la discussion devrait, dans ces conditions, durer plusieurs semaines ; ils auront donc l’occasion d’y revenir en détail durant la maturation de ce projet à l’intention des lecteurs de la Ména.

 

Le ministre israélien des Affaires Etrangères, Avigdor Lieberman, a d’ores et déjà déclaré que la soumission de ce brouillon équivalait à un acte d’agression destiné à bâillonner l’Etat hébreu, précisant que "rien ne changerait sans le consentement d’Israël".


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Asia Bibi, le temps est compté (info # 011512/14) Version imprimable
Chronique juridique
lundi, 15 décembre 2014

 

Par Raphaël Delpard

 

A Lahore, au Pakistan, dans sa cellule, une toute petite jeune femme, mère de cinq enfants, est insensible au vacarme du monde ; elle ignore par exemple - et c'est tant mieux -, que les députés et les sénateurs français ont voté pour la reconnaissance d'un Etat qui n'a jamais existé, dans le seul objectif d'en humilier un autre, lequel est souverain depuis 1948, et dont la majorité du peuple qui le compose est né il y a cinq mille ans.

 

Dans sa cellule, cette petite femme de rien de tout, illettrée, se nourrit de son angoisse, répétée de l'aube jusqu'au crépuscule : "Sera-ce l'heure suivante où je serai pendue ?".

 

A la Ména, le sort tragique d'Asia Bibi a souvent été évoqué. Rappelons simplement les faits : Asia, ouvrière, en 2009 boit de l'eau dans un verre venant d'un puits réservé aux ouvrières musulmanes ; Asia est chrétienne. Dénoncée pour blasphème, elle fut traînée en justice et condamnée à la pendaison.

 

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Relâchez cette innocente immédiatement !

 

Un comité de soutien se constitue avec pour objectif d'alerter l'opinion internationale. Il faut le dire sans ambages, la réaction a été longue à démarrer.

 

Au Pakistan, où la loi sur le blasphème fait des ravages, les avocats se démènent et interjettent appel sur appel de la condamnation. Le 16 octobre dernier, le tribunal a toutefois confirmé la sentence.

 

Cette fois, les réactions, plus nombreuses, commencent à se manifester dans le monde, mais elles sont encore très insuffisantes. On compte néanmoins des rassemblements et des articles paraissent dans la presse. Cependant, pas un seul grand media ne prend l'affaire à bras le corps et se fait le défenseur de la liberté de culte. Ce sont surtout les gens, les gens de tous les jours qui écrivent à l'ambassade du Pakistan pour réclamer la grâce d'Asia.

 

Une poignée de députés français, emmenés par leur confrère Jean-Frédéric Poisson, pétitionnent. Poisson envoie une supplique au président du Pakistan.

 

Au Parlement européen deux initiatives voient le jour, l'une est due à Rachida Dati et Michèle Alliot-Marie, l'autre aux députés polonais.

 

"Cette résolution", écrit Rachida Dati", dénonce les lois sur le blasphème au Pakistan, en rappelant de nombreuses situations au Pakistan où des femmes, des hommes sont morts simplement parce qu'ils étaient chrétiens ou parce qu'ils défendaient la liberté de religion des chrétiens".

 

Du côté des dirigeants, on est forcé de constater le grand silence. Obama a assuré le service minimum : il a joint le président du Pakistan Mamnoon Hussain au téléphone et demandé la libération d'Asia. Il n'est pas allé plus loin. Le pape François, bien sûr, est en alerte. Mais, que peut-il faire ? Combien de divisions avait demandé Staline au Vatican en son temps ?

 

Et en France ? Ah, en France, nous sommes loin de la mobilisation hystérique pour Ingrid Bettencourt. Comme le dit la philosophe Élisabeth Badinter : "Si François Hollande faisait entendre sa voix, ça aiderait la cause que nous défendons".

 

Seulement voilà, les conseillers du président français n'ont pas compris que s'il rendait visite au président pakistanais et qu'il plaidait la cause de la petite ouvrière chrétienne, sa cote de popularité grimperait d'un seul coup et très haut. Les Français se diraient que, pour la première fois, il s'intéresse à autre chose qu'à sa réélection. Mais Hollande connaît-il seulement l'existence d’Asia Bibi ?

 

Une lueur d'espoir ? Peut-être, mais vacillante : l'avocat chrétien d’Asia Bibi est à Rome où il a donné une conférence de presse. "La prisonnière", a-t-il annoncé, "est au plus mal physiquement et mentalement". Il pense que la pression internationale devrait produit des effets ; des effets; nous n'en quémandons qu'un seul : la libération.

 

L'exécution peut intervenir d'un jour à l'autre, d'une heure à l'autre. Il est encore possible de sauver cette petite femme si les démocrates se mobilisent et font pression sur le gouvernement pakistanais.

 

Non seulement il s'agit de sauver un être humain de la plus absurde des sentences, mais aussi, peut-être, de créer un précédent en faveur des autres personnes qui attendent également la mort pour des condamnations sordides du même type. Vous l'avez sans doute compris, je parle d’une prise de responsabilité, d'un appel à la raison et à la dignité.

 

 

 
Hannah Arendt, Eichmann et l' « antisionisme » contemporain (info # 011412/14) Version imprimable
Analyse d'une oeuvre
dimanche, 14 décembre 2014

 

Par Guy Millière

 

Peu de livres ont été aussi délétères pour Israël et pour la lutte contre l'antisémitisme en Europe qu' "Eichmann à Jérusalem" d’Hannah Arendt. En peu de pages, Arendt y façonne l'image de Juifs d'Europe complices et responsables de leur propre extermination, de nazis allemands pas si coupables que cela, et entraînés vers ce qu'elle appelle la « banalité du mal ».

 

Et la façon dont elle dépeint Adolph Eichmann est centrale dans ce portrait des nazis allemands : elle décrit un homme médiocre, sans véritables convictions, petit bureaucrate rivé à sa tâche et faisant pour l'essentiel ce qu'on lui demandait de faire. Elle brosse aussi l’image d’Israël à l'époque du procès Eichmann de façon dédaigneuse, méprisante, condescendante, parfois insultante.

 

Aucun ouvrage écrit alors sur Israël n'était aussi négatif : aucun Européen, aucun Américain, n'aurait osé écrire un texte aussi sombre sur Israël moins de vingt ans après Auschwitz sans se trouver accusé d'antisémitisme.

 

Hannah Arendt a bien suscité des controverses, mais elle se trouvait immunisée contre les critiques qui auraient pu la taxer d'antisémitisme, car elle était juive, allemande d'origine, réfugiée aux Etats Unis, et elle avait, un temps, épousé les idéaux sionistes avant de leur tourner le dos avec véhémence.

 

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Hannah Arendt : les Juifs co-responsables de la Shoah

 

Tous les textes négatifs sur Israël parus par la suite doivent quelque chose à Hannah Arendt. Tous les antisémites déguisés en antisionistes lui doivent aussi quelque chose, tout comme tous les Juifs « antisionistes ».

 

Aucun texte écrit alors sur les Juifs d'Europe ne les avait accusés aussi ouvertement d'être complices et responsables de leur propre extermination : tous ceux qui ont repris ensuite ce type d'accusations doivent énormément à Hannah Arendt. Tous ceux qui ont voulu dire depuis que les Européens étaient moins coupables qu'on aurait pu le penser ont une dette envers elle.

 

Aucun texte écrit alors n'avait tenté d'exonérer les nazis allemands comme elle l'a fait : tous ceux qui ont écrit ensuite que, bien que coupables, les nazis allemands ne l'étaient pas au point où on avait voulu le dire, et avaient été surtout emportés par une série d'engrenages, ont plus qu'une dette envers elle. Ils sont ses descendants idéologiques directs.

 

Bien que d'autres livres soient parus sur le sujet, la figure d'Eichmann qu'elle dépeint est restée gravée dans les esprits : et jusqu'à présent, les descriptions d'Eichmann sont demeurées dans la lignée qu'elle a dessinée. Un film anglais, réalisé et sorti sur les écrans en 2007, appelé "Eichmann", en est l'illustration, tout comme, quelles que soient ses grandes qualités, le documentaire "Le procès d'Eichmann", de Michael Prazan.

 

En ce contexte, le livre récemment paru de Bettina Stangneth, "Eichmann Before Jerusalem1" (Eichmann avant Jérusalem), est très important. L'auteur, une historienne allemande, utilise des documents pour la plupart inédits ainsi que les résultats de son propre travail d'enquête, et elle montre de manière irréfutable qu'Adolf Eichmann était un nazi convaincu, dogmatique, fanatique, et un antisémite résolu à mener de manière zélée et jusqu'au bout les volontés exterminationnistes du Troisième Reich.

 

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Stangneth montre qu'Eichmann était un manipulateur très intelligent, capable de changer de discours et d'apparence pour tromper ses interlocuteurs. Elle montre aussi, d'une part que les réseaux nazis en Amérique du Sud, au moment où Eichmann a été capturé, étaient très actifs et agissaient au grand jour sous la protection très bienveillante des autorités locales, et, d'autre part, que les idées qui étaient celles d'Eichmann avaient profondément imprégné la société allemande au temps où a été mise en œuvre la « solution finale ».

 

L’auteur ajoute que la société allemande après la guerre, aux fins de se redresser, a préféré faire tout son possible pour tourner la page, réintégrer d'anciens nazis et éviter un examen de conscience trop approfondi qui aurait impliqué de regarder en face une culpabilité collective évidente et les racines de celle-ci.


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Ces nazillons en train de se prendre pour des humanistes (info # 011312/14) Version imprimable
Réinformation
samedi, 13 décembre 2014

 

Par Ilan Tsadik

 

Rififi à Libération après les accusations portées notamment par Sami El Soudi à l’encontre d’Aude Marcovitch et du journal français ? Quelques heures après la parution de "Crise cardiaque !" sous la plume du chef de la Ména palestinienne, Libé et sa correspondante permanente dans notre région s’entêtent et publient un papier intitulé " Regain de tension en Palestine après la mort de Ziad Abou Eïn

".

 

On y lit entre autres perles que "Les conclusions du rapport d’autopsie du ministre ne permettent pas d’établir les causes de son décès, mercredi, lors d’une manifestation".

 

Ainsi, pour Marcovitch et son quotidien, la découverte de la coronaire "bloquée" par un caillot de la taille de mon poing dans le thorax de l’ex-ministre de l’AP, décelée lors de l’examen post-mortem réalisé à l’institut de médecine légale palestinien d’Abu Dis ne suffit donc pas à démontrer qu’Abou Ein est décédé des suites d’un infarctus du myocarde.

 

On se demande ce qu’il aurait fallu trouver lors de l’autopsie pour convaincre cette journaliste et son employeur de la cause du décès.

 

C’est tout de même avancé du bout des lèvres, puisque, phénomène étrange dans le mode opératoire de ce quotidien français, la narration complète de cet évènement d’actualité est réservée aux abonnés.

 

Adhérant strictement à leur ligne éditoriale, il est inutile pour eux de s’interroger sur la signification profonde des cris entendus lors d’une manifestation à Ramallah qu’ils rapportent : "à plein volume et des gorges furieuses scandaient : «Nous te vengerons avec notre propre sang !»".

 

Mais se venger de qui ? De l’état du défunt, dont l’autopsie, suivie par des pathologistes jordaniens, a démontré que 80 pour cent des veines d’Abu Ein étaient bouchées et qu’il avait déjà été victime d’attaques cardiaques précédemment ? Qu’il souffrait d’hypertension artérielle et de diabète ? Qu’il continuait cependant à fumer comme un pompier ?

 

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De plus, il fumait cigarette sur cigarette

 

Cette mauvaise foi est délirante ; on est en pleine incitation à la violence antijuive, encouragée par les déclarations irresponsables des dirigeants palestiniens accusant les policiers israéliens d’assassinat prémédité. On se situe aussi en pleine importation du conflit proche-oriental dans l’Hexagone, attisée par le double vote de leur Assemblée nationale et de leur Sénat reconnaissant l’existence d’un Etat palestinien sur la ligne de démarcation de 67 entre Israël et la Jordanie.

 

On est obligé d’en conclure que, quoi qu’Israël fasse, les journalistes tricolores lui font porter tous les malheurs du monde et, en particulier, ceux des Palestiniens.

 

Le choix d’imposer à l’opinion publique un narratif mensonger de l’actualité proche-orientale n’est pas fortuit, et sa cause la plus plausible – quelqu’un en distingue-t-il une autre ? – est l’antisémitisme. Un antisémitisme débridé, qui fait que l’on oublie les devoirs de réserve et de vérification des faits lorsqu’il s’agit de parler d’Israël et des Israélites. Qui fait qu’il semble que tout est normal – donc ne nécessitant aucun commentaire, aucune sonnerie d’alarme – lorsque les Palestiniens appellent à se venger des Juifs par la violence – avec leur sang ! – lorsque l’un des leurs décède d’une pathologie dont il était préalablement affecté.

 

C’est toute la presse française qui est en cause ; avec, autre exemple, Piotr Smolar, l’Aude Marcovitch du Monde, qui mentionne dans son papier Réout Mor, la porte-parole de l’ONG Yesh Din (il y a une justice), œuvrant pour les droits de l’homme en Israël, citant ce propos hallucinant qu’elle aurait tenu : "(...) On a marché, vers des terres appartenant à un habitant. Nous étions loin d'Adeï Ad, lorsque les soldats nous ont bloqué[s]. Ils ont commencé à tirer avant même qu'on ne s'approche d'eux".

 

Des soldats qui tirent dans une foule, ça fait très mal, tout le monde le sait, cela provoque la mort de dizaines de personnes. Des soldats qui tirent, c’est de notoriété publique depuis l’invention de la poudre à fusil, font usage d’armes à feu, de canons, etc.

 

Mais dans ce cas précis, Smolar a simplement omis de préciser qu’ils ont tiré quelques grenades lacrymogènes, ce qui participe d’un tout autre scénario, d’une toute autre réalité, d’un autre évènement.

 

Reste que dans la presse française on s’autorise absolument à toutes les malversations lorsqu’il s’agit des Hébreux et de noircir leur image pour en faire des monstres.

 

A l’instar de Céline Lussato, la Marcovitch-Smolar de l’Obs – ils sont interchangeables, animés de la même haine, inspirés par le même dogma de journalistes médiocres, des pseudo-professionnels remplacés par des activistes antijuifs enragés, utilisant les mêmes méthodes de corruption des faits allant toujours dans le même sens, celui de la condamnation d’Israël, quelle que soit la vérité factuelle, fréquentant les mêmes endroits dans lesquels règne la réalité virtuelle du conflit israélo-arabe.

 

Lussato a ainsi décrété d’autorité – tournant le dos aux accusations précédentes de strangulation, de coups de manche de fusil au thorax d’Abu Ein par les garde-frontières, etc. – que la mort du ministre de l’AP fut le résultat de l’inhalation de gaz lacrymogènes. S’ensuit une analyse théorique, quasi encyclopédique, de la dangerosité de l’utilisation de ces gaz contre les personnes.

 

Elle parle d’ "images qui montrent également une bombe lacrymogène exploser au pied du responsable palestinien, qui semble ensuite respirer à grand peine" ; des images qu’elle est strictement la seule à avoir vues.

 

Et des "autorités israéliennes qui évoquent une crise cardiaque", sans préciser – un "détail de l’histoire" ? – qu’une autopsie d’Abu Ein a été réalisée à l’institut médico-légal de l’Autorité Palestinienne, par des médecins palestiniens et en présence de spécialistes israéliens et jordaniens. Et qu’au vu des résultats de cette opération post-mortem, il n’existe pas une chance sur un milliard pour que le décès soit dû à autre chose qu’à une crise cardiaque.

 

Pour le surplus, si cette journaleuse avait effectué un travail de journaliste, par exemple en s’adressant à des médecins comme nous l’avons fait, elle se serait vue expliquer qu’une mort par gaz est causée par une asphyxie, et que ses victimes arborent toutes un teint violacé, à mille années-lumière des symptômes visibles d’Abu Ein sur les nombreux documents filmiques à disposition. Mais pourquoi perdre son temps, n’est-ce pas Céline ?

 

Pourquoi, dans la même veine, énumérer la longue liste des pathologies dont souffrait la victime avant l’incident qui lui fut fatal ? Des autres "détails de l’histoire" ? Pourquoi créer des doutes dans l’esprit du lecteur, une réflexion, peut-être, sur la responsabilité de ceux qui ont envoyé un individu en pareille condition diriger une marche de protestation, alors que n’importe quelle contrariété, n’importe quelle situation de stress avait de grandes chances de l’emporter au Walhalla ?

 

Lussato, dans son texte, rappelle le fait qu’Abu Ein fut également "un ancien prisonnier des Israéliens". Dans l’environnement antijuif qui empeste à Paris, cela signifie que le défunt a sans doute été enfermé pour des activités politiques. Comme s’il y avait des prisonniers politiques dans les geôles de l’Etat hébreu !

 

Ô Céline, Céline… vos lecteurs n’auront ainsi pas le droit de savoir qu’il fut condamné pour l’assassinat de Boaz Lahav et David Lankri, tous deux âgés de 16 ans à l’époque, alors qu’ils s’étaient réunis autour d’un feu de joie à Tibériade en 1979. Que lors de cet attentat terroriste 36 autres adolescents avaient été blessés à des degrés divers. Que Tibériade n’est pas une implantation et que cette ville se trouvait déjà profondément à l’intérieur du territoire israélien en 1967.

 

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Deux des victimes de l’assassinat collectif à caractère raciste pour lequel Abu Ein

fut condamné à la perpétuité : David Lankri (à gauche) et Boaz Lahav

Les Français n’ont pas le droit de savoir !

 

Abu Ein, qui avait pris la fuite en Amérique, fut d’ailleurs le premier terroriste extradé par les Etats-Unis vers Israël, en 1981, en considération de la gravité des charges qui pesaient contre lui. Condamné à la détention à perpétuité, il ne dut sa libération qu’à un échange de prisonniers intervenu en 85, et connu sous le nom d’ Isskat Jibril (le marché-l’affaire Jibril).

 

Dis-moi, Céline, ça fait tout de même beaucoup de "détails de l’histoire" au détriment des Juifs que tu oublies et qui jettent une lumière très différente de celle que tu as concoctée sur l’incident de mercredi dernier et sur son principal protagoniste, naan ?

 

Tiens, l’abominable agence de presse semi-officielle du gouvernement français, l’AFP, n’est pas d’accord avec toi, Céline. Sous le titre terriblement faux : "Un ministre palestinien tué par des soldats israéliens lors d’une manifestation", Franz-Press déclare, sans s’embarrasser de caractères en italique ni des moindres guillemets, les mêmes qui foisonnent dans ses dépêches lorsqu’un terroriste palestinien lance sa voiture contre des passants à un arrêt de bus – il y a des cas où on n’est jamais trop prudent ! :

 

"Ziad Abou Eïn, en charge du dossier de la colonisation au sein de l'Autorité Palestinienne, est décédé après avoir été frappé au torse par des soldats lors d'une marche de protestation dans le village de Turmus Ayya, près de Ramallah".

 

Pas question pour l’officine spécialisée dans la stigmatisation en bloc d’Israël, de gaz lacrymogènes, et encore moins de crise cardiaque. Abou Ein EST mort parce qu’il A été "frappé et bousculé" par la soldatesque juive.

 

Cette version non plus ne fait pas l’ombre d’un doute – ce début de phrase est cocasse au niveau de la logique… -, nous l’avons trouvée sur le site de LCI-Tf1, difficile d’être plus généraliste et plus exposé au regard des Français. Nous aurions pu la prendre ailleurs, puisqu’elle a été publiée sur 40 000 supports, à en croire le compteur de Google sur Internet ; sur tous les journaux français en ligne, et beaucoup de media arabes, sans doute histoire de favoriser le rapprochement arabo-israélien pour la paix, dont vos représentants viennent de nous rebattre les oreilles dans votre Assemblée nationale et votre Sénat.

 

Ca fait vite des millions de personnes qui ont ainsi pris une nouvelle fois connaissance de la cruauté sans borne d’Israël et des Israéliens. De quoi apaiser les tensions intercommunautaires dans l’Hexagone et prévenir les vocations à la Mohammed Merah, n’est-ce pas ?


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Crise cardiaque ! (info # 011112/14) Version imprimable
Analyse
jeudi, 11 décembre 2014

 

Par Sami El Soudi

 

Ziad Abu Ein était coronarien, il souffrait de diabète et d’une tension artérielle systématiquement élevée. Il n’avait rien à faire sur le lieu d’une manifestation, d’ailleurs ses médecins lui avaient formellement conseillé d’éviter toute situation de stress qui pouvait lui être fatale.

 

Le stress provoque une poussée d’adrénaline, responsable d’une tachycardie ; celle-ci augmente le travail du cœur, qui, s’il est en mauvais état, n’est plus capable de gérer ces sollicitations. Or à se confronter avec des soldats à un mètre de distance et à prononcer des discours politiques dans ces conditions, on assiste à une accélération du rythme cardiaque chez toute personne normalement constituée, même en bonne santé.

 

Les cardiologues auxquels nous avons parlé ont tous reconnu les signes avant-coureurs d’une crise cardiaque au moment où, sur les films, on observe la harangue de l’ex-chef de la Commission de l’OLP contre la Barrière de Sécurité et les Implantations ; Abu Ein avait le souffle court et il transpirait. Sa main posée sur la cage thoracique au moment de son malaise corrobore le diagnostic.

 

Les résultats de l’autopsie effectuée au centre médico-pathologique palestinien d’Abou Dis, en présence de pathologistes jordaniens et d’un Israélien démontrent évidemment et sans l’ombre d’un doute sensé la cause du décès du ministre de l’Autorité Palestinienne : infarctus du myocarde. Témoins les légers saignements identifiés dans les muscles de son cou et au-dessous de l’aorte.

 

80 pour cent de ses vaisseaux sanguins dans la région du cœur étaient obstrués et des signes indiquent qu’il avait déjà subi des attaques cardiaques par le passé. La mort est survenue suite à un blocage de l’artère coronaire.

 

A la sortie de l’examen pathologique, devant le centre hospitalier attenant à l’Université al Quds où je me trouvais, aucun des médecins ayant participé à l’autopsie ne mettait ce diagnostic en question. Ceci dit, les petites poussettes avec un membre des garde-frontières israéliens ainsi que la présence dans l’air de gaz lacrymogènes sur le lieu de la manifestation n’ont en rien aidé la condition du défunt.

 

Reste qu’une personne en bonne santé s’en serait sortie indemne et que ce genre d’incidents est inhérent aux rassemblements de protestation de cette sorte.

 

De plus, à en croire le témoignage réalisé en direct de Turmus Aiya, au nord de Ramallah, par notre camarade Tom Rayner de la chaîne anglaise Sky News, les activistes palestiniens présents sur les lieux ont empêché un paramédical israélien de s’occuper d’Abu Ein, tandis que ce dernier se trouvait affaissé au sol en pleine attaque cardiaque.

 

Il est fort possible que si on lui avait laissé pratiquer les gestes d’urgence préconisés en pareil cas, le ministre de l’AP aurait pu être sauvé. Mais les militants ont préféré le soulever et le transporter vers une ambulance dans laquelle il a trouvé la mort.

 

Voici pour les faits, qui imposent un certain nombre de graves interrogations quant à l’instrumentalisation généralisée effectuée autour de l’incident. A savoir l’exploitation politique qu’en fait la direction du Fatah à Ramallah, l’empressement incompréhensible de la plupart des media internationaux à imputer le décès du ministre aux policiers israéliens, et les réactions officielles des représentants de l’Union Européenne et des Etats-Unis.

 

A ce titre, j’ai retenu celle de la nouvelle cheffe des Affaires Etrangères de UE, Madame Federica Mogherini, qui s’est dite "inquiète des informations faisant état d’un usage abusif de la force par les soldats et policiers israéliens". Or il n’y a assurément pas eu, dans ce cas, d’usage abusif de la force par ces militaires et les images des dizaines de reporters présents – la manifestation avait été annoncée à l’avance – sont là pour le prouver.

 

Certains, à Ramallah, se réjouissent de la position déséquilibrée, visiblement anti-israélienne, déjà observée dans les déclarations de la nouvelle représentante de la diplomatie de l’UE mais cela n’est pas mon cas.

 

Je n’oublie pas une seule seconde que la paix se fait avec ses ennemis et pas avec ses amis, et que l’Europe ne pourra jouer un rôle dans le processus de négociation que si elle jouit de la confiance des deux camps, ce qui ne doit vraisemblablement déjà plus être le cas.

 

Ces accusations intempestives de la part de Federica Mogherini alimentent l’orientation choisie par Mahmoud Abbas depuis le licenciement de l’ancien 1er ministre de l’AP, le pragmatique Salam Fayyad, afin de plaire au Hamas.

 

La voie suivie par Abou Mazen consiste à imposer une solution à Jérusalem plutôt que de la négocier avec elle. C’est dans le cadre de cet effort que s’inscrivent les pressions exercées sur les parlements européens afin qu’ils reconnaissent l’Etat de Palestine sur les frontières de 1967, de même que le projet de résolution qu’Abbas entend proposer au Conseil de Sécurité visant à prescrire la même solution au cas où les discussions n’aboutiraient pas à un accord dans un laps de temps de deux ans.

 

A mon humble avis, cette nouvelle ligne de conduite mènera à un renforcement du camp droitiste dans l’Etat hébreu et à son recroquevillement sur lui-même, de même qu’à une recrudescence des violences, évidemment doublée d’une augmentation du nombre des morts et des blessés.

 

Malheureusement, cela s’inscrit dans le plan cynique de l’AP, destiné à donner l’impression qu’il existe une situation d’urgence objective nécessitant la création de notre Etat, et que ladite création constituerait la panacée de tous les problèmes de la région et du monde.

 

Cela explique sans doute qu’après avoir transformé le suicide d’un conducteur de bus palestinien en assassinat commis par les Israéliens, les ténors de l’AP se déchaînent tous désormais afin de condamner les "crimes quotidiens d’Israël contre notre peuple", selon Saëb Erekat, "un acte barbare qui ne peut être ni accepté ni toléré, une attaque brutale ayant provoqué la mort d’Abu Ein", à en croire Mahmoud Abbas. Dans cette foire à l’outrance, on décernera assurément un accessit à Hanan Ashrawi, membre du Conseil National Palestinien, qui voit dans cette crise cardiaque rien de moins qu’ "un acte délibéré et volontaire d’assassinat et de criminalité".

 

Au niveau des oscars internationaux d’incitation à la haine anti-israélienne par la propagation de rumeurs infondées, on nominera l’ensemble des media français, une fois de plus ; la palme revenant, de haute lutte, à Aude Marcovitch, la correspondante permanente de Libération, qui a annoncé, "à chaud", le décès de Ziad Abou Ein "après avoir été frappé par des soldats israéliens alors qu’il protestait contre l’installation d’un avant-poste illégal de colons près de Ramallah".

 

Marcovitch, sans doute pour donner du poids à son récit, cite "des témoins sur place, l’un des militaires a frappé le ministre au torse avec la crosse de son fusil".

 

Au demeurant peu concernée par la phrase d’Albert Camus "mal nommer les choses ajoute au malheur du monde", l’envoyée de Libé se trompe aussi quant à l’objectif du rassemblement tel que déclaré par ses organisateurs : il ne s’agissait pas de protester contre l’installation d’un soi-disant avant-poste, mais de planter des oliviers et toute leur symbolique en protestation contre la confiscation de terres palestiniennes.

 

Mais si elle avait vraiment tenu à informer le public français, Mademoiselle Marcovitch n’aurait certainement pas omis de préciser que l’ "organisation de la résistance populaire" faisait également partie des fonctions liées au portefeuille ministériel du défunt ; ni que ce dernier avait été condamné à la prison à vie pour avoir assassiné, en 1979, deux enfants israéliens à Tibériade et en avoir blessé trente-six.

 

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Ziad Abu Ein : condamné à perpétuité pour l’assassinat de Tibériade en 1979,

libéré en 1985 à l’occasion d’un échange de prisonniers [l’Accord Jibril]

 

Ces détails ont si peu d’importance dans la compréhension d’un évènement, qu’il aura semblé à la "journaliste" française qu’on pouvait faire l’économie de leur énumération. Elle avait déjà conçu qu’on pouvait carrément oublier de mentionner une attaque à la roquette d’agglomérations israéliennes par le Hamas depuis Gaza, se moquant, sur Facebook, de quelqu’un qui lui demandait pourquoi elle ne l’avait pas fait.

 

Revenons aux gens sérieux. J’ai longuement discuté avec l’un des proches conseillers de Mahmoud Abbas des dangers enceints dans cette politique tendant à exciter la population palestinienne en exacerbant sa haine des Israélites pour la pousser au terrorisme.

 

Mon interlocuteur m’a répondu sans faire usage de la langue de bois : "Que veux-tu donc que nous fassions, attendre sans réagir que Netanyahu finisse de judaïser Jérusalem et d’étendre les implantations à toute la Cisjordanie ?". Il a ajouté : "A l’entendre, nous devrions sans cesse donner des gages de bonne conduite en nous abstenant de réagir à ses provocations afin qu’il daigne s’asseoir avec nous pour entamer des discussions, sans qu’il accepte même de définir le sujet ni le cadre de ces négociations". Et de résumer sa pensée par : "Il est évident que Netanyahu ne désire pas progresser sérieusement en direction d’une solution, ce que déclare ouvertement son allié et ministre de l’Economie [Naftali] Bennett, qui dénonce journellement le projet des deux Etats vivant côte à côte. C’est en désespoir de cause", termine le conseiller, "après avoir vraiment tout essayé, que nous avons décidé de tenter de contourner le blocage israélien en nous adressant à la communauté internationale et aux instances juridiques internationales. Notre inquiétude, c’est l’avenir du peuple palestinien, non le statu quo !".

 

Je l’ai interrogé sur la nécessité de parler avec Israël pour parvenir à la paix et sur la dangerosité d’encourager les gens à s’en prendre aux Israéliens en lançant des accusations délirantes.

 

Le confident d’Abou Mazen m’a précisé que, pour le moment, il s’agissait de "faire payer à Israël le prix de sa politique et non de faire la paix. Quant à la manière", a-t-il conclu, "même si elle ne nous plaît pas beaucoup, à la guerre comme à la guerre, surtout si ça marche sur les opinions publiques occidentales. Cela fait certes des victimes, mais nous ne parviendrons à rien sans sacrifices et nous ne poussons pas à la troisième Intifada ; rien qu’à réagir individuellement aux provocations d’Israël qui se multiplient".

 

Parlant de provocations, je ne peux que confirmer les propos qui m’ont été tenus : même si elles n’ont pas l’intention de chasser les musulmans de l’Esplanade des Mosquées, les autorités municipales et nationales israéliennes permettent aux activistes religieux juifs d’aller prier en groupe à cet endroit, ce qui n’était pas le cas auparavant. Nir Barkat, le maire de Jérusalem, vient en outre de se rendre à proximité immédiate des mosquées entouré d’un important dispositif policier et ces actes sont très mal perçus par la population arabe.

 

D’autre part, je ne considère pas que la destruction des demeures de terroristes ayant causé la mort de civils procède d’une punition collective illégitime. Ce, à la condition, bien sûr, que les terroristes criminels soient tous, sans distinction de nationalité ou de confession, traités à la même enseigne.

 

Or, si j’ai pu visiter les ruines des maisons des terroristes arabes des derniers attentats de Jérusalem, j’attends toujours la destruction de celles des six assassins juifs, le 2 juillet dernier, de Mohammed Abu Khdeïr, âgé de 16 ans, qu’ils avaient brûlé vif. Si les Israéliens comptent être crédibles, il leur faut appliquer la même loi à tous, ce qu’ils ne font manifestement pas.

 

D’autres mesures de répression collective sont actuellement appliquées par les autorités israéliennes à des Palestiniens assurément innocents de tout crime. Comme celle qui consiste à répandre indistinctement, sur toutes les maisons d’un quartier arabe de Jérusalem, le liquide pestilentiel que les policiers hébreux appellent bouesh.

 

Celui-ci s’incruste dans les murs, les fenêtres et les meubles et son odeur irrespirable résiste à tous les lavages pendant des jours. Ce mélange n’est pas létal mais il est extrêmement désagréable. Je pense en disant cela à mes deux tantes âgées de plus de 80 ans, qui n’ont jamais prononcé la moindre menace à l’encontre d’un Juif et qui ont vu leur appartement, au 3ème étage d’un immeuble du quartier de Silwan, à proximité du Mur des Lamentations, souillé par ce produit.

 

Des actes de ce genre ne sont pas faits pour apaiser les tensions. Comment s’imaginer que des personnes paisibles s’étant vues infliger ce traitement ne se sentent pas persécutées et n’entretiennent pas de sentiment de révolte ?

 

Quel est le but recherché par la coalition Netanyahu au travers de ces brimades. Le 1er ministre israélien pense-t-il que nous allons nous évaporer au contact du bouesh, nous dissoudre ? Parfois, en analysant ces actes qui n’ont jamais évité le moindre attentat terroriste, bien au contraire, on se dit que le seul motif de ces dirigeants procède de la haine raciste et de la volonté de heurter la sensibilité de tous les Palestiniens. De creuser un fossé de haine et d’incompréhension assez profond pour être certains qu’il ne sera jamais comblé et que nous ne vivrons jamais en bonne entente.

 

Ne comptez pas sur moi pour exprimer la moindre compréhension pour la politique suivie par le gouvernement israélien sortant, je doute même qu’il y en ait une de cohérente. Ne comptez pas non plus sur moi pour exprimer de la compassion pour Ziad Abu Ein, car je déteste les assassins d’enfants de quelque confession qu’ils soient et que je n’oublie ni ne pardonne.


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Décryptage des raids de dimanche (info # 010912/14) Version imprimable
Analyse
mardi, 09 décembre 2014

 

Par Jean Tsadik

 

A la Ména nous avons naturellement passé les dernières 48 heures à analyser la portée du double raid aérien du Khe’l Avir (l’Armée de l’air israélienne) visant, selon des sources étrangères concordantes, deux objectifs dans le périmètre de la capitale syrienne.

 

L’une des cibles détruites était un entrepôt situé dans l’aéroport international de Damas, l’autre, une base à al Dimass, à mi-chemin entre la capitale et la frontière libanaise, fréquentée par des militaires d’élite syriens et iraniens, ainsi que par des miliciens du Hezbollah libanais.

 

Notre première conclusion consiste à dire que les rapports provenant de diverses sources officieuses faisant état de nombreuses victimes lors de ces attaques, dont un haut gradé du Hezb, semblent plausibles proportionnellement à l'importance de ces frappes et l’étendue des dégâts que l’on a constatés sur les multiples documents filmiques postés sur le Net.

 

Il n’est pas possible, en effet, d’imaginer qu’il n’y ait eu de nombreux personnels dans ces emplacements stratégiques au moment des assauts. Les media d’Etat du régime alaouite se sont certes empressés d’annoncer qu’il n’y avait aucune victime ; quant à nous, et sur la base de notre expérience consommée du décryptage de ce genre d’opérations, nous serions surpris qu’elles n’aient pas fait des dizaines de morts, probablement même des centaines. A ce propos, Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, nous a informés qu’on entendait les sirènes des ambulances sur les sites touchés jusqu’à quatre heures après les frappes.

 

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Le ballet des appareils israéliens, dimanche, dans le ciel de Damas

 

Le fait que la junte de Béchar al Assad se soit contentée d’en appeler au Conseil de Sécurité de l’ONU et se soit abstenue de lancer ses menaces habituelles de représailles démontre deux choses : premièrement qu’elle n’est pas en mesure de se confronter même localement à Tsahal, toute occupée qu’elle est à sauver sa position à l’aéroport de Deir ez-Zor, à l’extrême est de la Syrie, en proie aux assauts répétés des combattants de l’Etat Islamique.

 

Damas ne contrôle plus de voie de communication terrestre pour ravitailler ses brigades dans cette région, et la perte de l’aéroport et des bases gouvernementales qui l’entourent signifierait la disparition de la présence de l’Armée dans cette vaste zone, l’incapacité qui s’ensuivrait d’y frapper ses adversaires par les airs, sans compter les milliers de soldats qui tomberaient entre les mains de l’EI et qui se battent donc pour leur survie.

 

Ensuite, al Assad est trop satisfait des opérations menées par la coalition internationale contre le Califat – et jamais jusqu’à présent contre ses propres troupes – pour détourner l’attention des Américains et de leurs alliés de leurs activités en allumant un nouveau foyer de confrontation face à Jérusalem. Dans ces conditions, mieux vaut, pour la dictature alaouite, prendre son mal en patience, se poser en victime de l’agressivité des Israéliens et claironner que cela démontre la collusion existant entre les Hébreux et la rébellion, y compris avec les composantes djihadistes, à en croire les communiqués damascènes.

 

A y regarder froidement, rien n’indique, dans les raids de dimanche, une quelconque coopération de ce genre, Israël se contentant d’écarter de son voisinage les menaces caractérisées par l’importation d’armes sophistiquées dans la région.

 

C’est donc délire et propagande, mais à une exception près ; celle constituée par la collaboration toujours plus étroite entre l’Etat hébreu et l’opposition armée non djihadiste dans le Golan. Nous en parlons depuis longtemps dans ces colonnes, sans pouvoir, de par notre obligation de réserve, nous étaler dans les détails.

 

Ce que nous pouvons cependant en dire, est qu’elle a permis, d’une part, aux groupes idéologiquement modérés du haut plateau de chasser l’Armée régulière et de prendre le contrôle continu de la frontière depuis le mont Hermon, au Nord, jusqu’à Hamat Gader, là où passe la triple frontière – Syrie, Jordanie, Israël – au sud-est du lac de Tibériade.

 

D’autre part, le soutien de Tsahal a procuré à ses alliés syriens la capacité de résister à l’emprise de DAECH et d’al Nosra, à l’inverse de ce qui se produit actuellement dans la plupart des autres parties de la Syrie, où la révolte modérée, en pleine débandade, se voit systématiquement phagocytée par les forces islamo-djihadistes.

 

C’est dire si la synergie dans le Golan conduit à des effets décisifs, au profit commun d’Israël et de la rébellion. Et si nous sommes disposés à en parler ce mardi plus librement qu’à l’accoutumée, c’est parce que les observateurs de la FNUOD, la Force des Nations Unies chargée d’Observer l’accord de Désengagement de 1974 dans le Golan, multiplie ces temps ses rapports publics au Conseil de Sécurité, mettant en évidence la coopération israélo-syrienne dont nous faisons mention.

 

Certes, puisque cet accord avait été signé entre Jérusalem et Damas à la suite de la Guerre de Kippour, et que les forces de Damas ont pratiquement disparu du Golan, il n’a plus de raison d’être, pas plus que ceux qui avaient la tâche d’observer son respect par les belligérants. Ajoutons à cela que les militaires onusiens ont été proprement chassés par les miliciens islamistes, probablement avec l’accord de la rébellion modérée, de la quasi-totalité des positions qu’ils occupaient sur le territoire syrien, et qu’ils ne quittent pratiquement plus leurs casernements sécurisés en zone israélienne. Cela leur procure plus de temps pour rédiger des rapports.

 

Ceux-ci répertorient non seulement les nombreuses activités sanitaires coordonnées entre les voisins, mais également de fréquentes rencontres entre responsables des deux entités ainsi que des livraisons de matériel destiné aux révoltés.

 

Le dernier rapport, remis le 1er décembre dernier par la FNUOD au Conseil de Sécurité, relate la construction d’un village de tentes situé à seulement 300 mètres de la frontière israélienne afin d’abriter les familles de 70 déserteurs de l’Armée d’Assad ayant rejoint l’opposition. Vu à la jumelle, il nous semble que les tentes et les boîtes de nourriture dispensée à ces familles portent des inscriptions en hébreu, mais tout le monde peut se tromper.

 

Pour en revenir aux attaques de dimanche après-midi, notre attention a été éveillée par deux évènements : 1. La colère de Moscou, qui a officiellement demandé des explications à Jérusalem au sujet de ces frappes et réclamé qu’elles ne se reproduisent plus. 2. La reconnaissance inaccoutumée par le régime syrien de ce que l’entrepôt détruit à l’aéroport international contenait des "missiles".

 

C’est si suspect que cela nous amène à penser que les deux objectifs visés ne contenaient pas du tout le même type d’armement. Selon nous, al Dimass abritait du matériel iranien, dont Moscou n’a rien à faire et qui était destiné au Hezbollah au Liban, tandis que l’autre cible renfermait des équipements russes, dont l’anéantissement a mis hors de lui Sergeï Lavrov, le ministre des Affaires Etrangères de Poutine depuis 2004. Ce dernier est connu ici pour son antisémitisme indécrottable, du genre de celui qui sévissait en Union Soviétique, [une pathologie dont Vladimir Poutine est parfaitement exempt. Ndlr.] et pour la "politique arabe de la Russie", que Lavrov n’a cessé d’avantager.

 

A notre avis, en œuvrant par recoupements, al Dimass abritait vraisemblablement des missiles sol-sol perses de type Fateh-110 (conquérant en farsi), d’une portée de l’ordre de 250km et pouvant transporter environ 500kgs d’explosifs, une quantité redoutable, ainsi que des drones, eux aussi de conception iranienne, dont plusieurs ont déjà été utilisés pour tenter de scruter le territoire israélien, notamment sur le littoral méditerranéen et sur le Golan. Il est possible que ces drones puissent aussi emporter de plus faibles quantités d’explosifs – une centaine de kilos ? – que le Hezbollah pourrait être tenté de précipiter sur les villes israéliennes.

 

En plus de ces chargements, les magasins d’al Dimass pouvaient éventuellement contenir des missiles antiaériens d’architecture russe, mais fabriqués en Chine ou en Corée du Nord. En janvier, en octobre 2013, ainsi qu’en février 2014, le Khe’l Avir était déjà intervenu afin de neutraliser des missiles sol-air que Damas et Téhéran destinaient au Hezbollah.

 

Ce que nous écartons en principe est qu’il se soit trouvé des composants du système sophistiqué russe S-300, de défense contre des attaques aériennes à al Dimass. Parce que ce système est constitué de camions, de radars, de centres de commandement et de recueil de données, ainsi que de plusieurs rampes de tir, et que ces matériels sont trop volumineux, trop complexes et trop voyants pour être manipulés par une milice telle que le Hezbollah.

 

Non, en revanche, nous ne serions pas plus surpris que cela si les bâtiments atomisés par les F-16 à l’étoile de David à l’aéroport international contenaient quant à eux, non pas des missiles, mais des composants du fameux S-300. Cela expliquerait précisément la colère de Lavrov, qui n’apprécierait pas que les Jids [Juifs en russe] anéantissent le coûteux matériel qu’il venait de livrer à son allié alaouite.

 

Par le passé, Vladimir Poutine a beaucoup tergiversé sur le bien-fondé de doter al Assad d’un tel système. Après avoir promis à l’oculiste-dictateur de le lui livrer, il avait, sous la pression massive de Jérusalem - Binyamin Netanyahu s’était même spécialement déplacé au Kremlin pour adjurer le président russe de ne pas commettre cette "erreur" – accepté, de manière certes assez floue, de retarder sine die la livraison.

 

Mais compte tenu de la tension actuelle avec l’Occident autour de la question ukrainienne, et des sanctions que les Etasuniens et les Européens ont imposées à Moscou, et avec les chasseurs-bombardiers de la coalition qui sillonnent le ciel syrien comme s’ils évoluaient dans leur pré carré, on est libre d’imaginer que Poutine ait à nouveau changé d’avis, désireux de fournir à Damas la possibilité de rester maître chez lui, en lui conférant la capacité de mettre de l’ordre dans son ciel (ou de pouvoir menacer de le faire), à la fois face aux appareils alliés et ceux arborant l’étoile bleue à six branches. Il est clair que si le dispositif du S-300 était déployé – son déploiement complet dure tout de même environ un an – des raids comme ceux d’il y a deux jours seraient largement plus difficiles à réaliser pour les Israéliens.

 

Quant à ces derniers, ils entendent conserver les coudées franches sur la Syrie et l’Irak, principalement au moment où Barack Obama permet aux ayatollahs iraniens d’envoyer leurs vieux Phantoms F-4 de l’époque du Shah pilonner les positions d’ISIS en Irak, et que cela plaît – on se demande bien pourquoi – à l’actuelle administration américaine.

 

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Une escadrille de Phantoms lors d’une présentation aérienne,

à Téhéran, au printemps dernier

 

Pendant qu’il coordonne ses opérations avec Khamenei – l’US Air Force manque-t-elle à ce point d’avions ? – et qu’il lui livre probablement des pièces détachées pour ses coucous, Obama prépare en secret des sanctions contre Jérusalem pour la punir de la politique qu’elle mène dans les territoires.

 

Ce qui a poussé 45 députés Républicains à réclamer au pensionnaire de la Maison Blanche de venir prestement s’expliquer à ce sujet devant le Congrès.

 

Or évoluant dans une telle situation, dans laquelle Washington favorise ses ennemis formant la junte théocratique perse, tout en préparant des mesures afin de pénaliser son allié régional participant de la seule démocratie de la contrée, il importait à l’exécutif israélien d’agir rapidement. Car il se demande sans doute à notre instar, si le blanc-seing donné par la coalition à l’armée de Béchar ne serait pas la résultante d’une négociation avec Téhéran.


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Deux raids de l’aviation israélienne à damas (info # 020712/14) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 07 décembre 2014

 

© Metula News Agency

 

Métula 17h42, 16h42 à Paris

 

La Ména annonce que deux raids aériens israéliens se sont produits cette après-midi, le premier, sur une base gouvernementale syrienne située à al Dimass, à 15 kilomètres de la capitale Damas, l’autre, contre le périmètre de l’aéroport international de Damas.

 

Selon des témoins à al Dimass, au moins dix explosions ont été entendues autour du site attaqué, et la DCA syrienne aurait tenté d’intervenir mais n’aurait pas touché les chasseurs-bombardiers à l’étoile de David.

 

dimass.jpg

 

Il semble que les positions visées abritaient des missiles, d’un type dont Israël avait annoncé par le passé qu’elle ne tolérerait pas la présence dans la région.

 

Le gouvernement syrien vient de se plaindre d’une double attaque aérienne israélienne sur sa capitale. La nouvelle vient d’être confirmée par la télévision nationale syrienne et par la chaîne du Hezbollah al Manar (le phare).

 

 
Briser l’engrenage d’Oslo (suite) (info # 010712/14) Version imprimable
Analyse
dimanche, 07 décembre 2014

 

Par Guy Millière

 

J'écrivais ici la semaine dernière qu'il était urgent pour Israël et pour ses défenseurs de briser l'engrenage d'Oslo, et qu'il fallait pour cela quitter le terrain de l'ennemi. J'ai dit que j'y reviendrais et j'y reviens.

 

Ce qu'il importe de ne jamais oublier pour cela est que ce qui oppose Israël à ses ennemis est tout ce qui sépare la démocratie du totalitarisme. Israël est une démocratie, donc un pays où on raisonne en termes de contrat passé et de respect des contrats, de compromis, d'égards pour la vie humaine. Les factions palestiniennes, quelles qu'elles soient, sont des factions totalitaires, pour lesquelles les contrats sont faits pour être brisés, les compromis sont des signes de faiblesse, et la vie humaine, quelque chose de négligeable.

 

Savoir qu'on a affaire à des totalitaires permet de comprendre que tout contrat passé ne sera pas respecté, que tout compromis est vain et contre-productif, et qu'attendre un milligramme de respect pour la vie humaine de la part de l'ennemi est strictement inutile, et même très dangereux.

 

Savoir qu'on a affaire à des totalitaires implique dès lors de ne se faire strictement aucune illusion, et de déduire qu'il n'y a, dans un conflit semblable, qu'une seule issue : la victoire, qui implique l'effondrement du totalitarisme, ou la défaite.

 

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Rabin, Clinton, Arafat : regarder droit devant soi

 

La victoire implique une stratégie. Et le premier élément de cette stratégie consiste à ne pas accepter les mots de l'ennemi et sa redéfinition de la réalité.

 

Les mots de l'ennemi abondent, et dès qu'on les emploie, on effectue des concessions sur les droits inaliénables d’Israël.

 

On concède ainsi dès que l'on parle de Cisjordanie : la Judée-Samarie n'a été appelée Cisjordanie que pendant dix-huit ans, tant que la Jordanie était en position de puissance occupante après avoir pris possession du territoire par la force. Le mot Cisjordanie doit être banni. Définitivement. Il équivaut à considérer que la Judée-Samarie a fait légitimement partie du territoire jordanien, ou appartient à un territoire géographique dont fait aussi partie la Jordanie.

 

On concède aussi, en parlant de la Jordanie sans rappeler qu'elle a représenté quatre-vingt pour cent du territoire du Mandat palestinien confié aux Britanniques pour créer le foyer national juif. La Jordanie est un Etat arabe « palestinien » : qu'un roi issu d'une dynastie chassée de La Mecque y règne ne change rien à la réalité. Que des diplomates soient tenus, pour des raisons de politique régionale, à être polis avec ce roi ne change rien à la réalité non plus. Les défenseurs d'Israël dans le monde occidental ne sont pas tenus par les règles diplomatiques.

 

On concède lorsqu'on parle de « Jérusalem Est ». Il y a divers quartiers à Jérusalem. Une moitié de la ville a été annexée de force par la Jordanie quand celle-ci a annexé la Judée-Samarie, mais cette annexion n'a pas plus de légitimité que l'annexion de la Judée-Samarie elle-même.

 

Les Juifs ont été chassés de la moitié de Jérusalem annexée de force par la Jordanie, les synagogues ont alors été détruites dans cette moitié de la ville. Le Kotel [le Mur des Lamentations. Ndlr.] avait été transformé en urinoir. Il importe de ne jamais parler de « Jérusalem Est » et de rappeler sans cesse à ceux qui en parlent les crimes commis lors de l'occupation jordanienne.

 

On concède lorsqu'on accepte le mot « colonie » pour parler des quartiers juifs de « Jérusalem Est », et de ce qui s'appelle officiellement « implantations » : les quartiers juifs de « Jérusalem Est » sont des quartiers de Jérusalem. Point final.

 

Les « implantations » sont des villes et villages juifs en Judée-Samarie. Point final. Il importe de demander à ceux qui parlent de « colonies » s'ils ont quelque chose contre une présence juive, s'ils cautionnent le racisme antisémite de l'entité palestinienne et s'ils le partagent, et veulent voir des terres Judenrein. S'ils ignorent ce que signifie Judenrein, il est possible de les renvoyer aux œuvres complètes d'Hitler et de Goebbels, deux hommes très respectés auprès des dirigeants palestiniens.

 

On concède aussi, bien sûr, lorsque l'on accepte la redéfinition de la réalité émanant de l'ennemi. Celui-ci parle de « peuple palestinien » : il est indispensable de demander à celui-ci où il trouve mention d'un « peuple palestinien » dans les textes datant de 1949 ou des années suivantes, jusqu'à la fin des années 1960. Il est indispensable d'exiger des références précises. Il est utile de citer les déclarations de dirigeants palestiniens disant que le « peuple palestinien » n'existe pas et n'est qu'une machine de guerre conçue pour détruire Israël. Ces déclarations abondent et ne sont pas difficiles à trouver.

 

On concède, cela va de soi, lorsque l'on accepte de parler de « territoires occupés » ou de « territoires palestiniens ». La Judée-Samarie n'est pas « occupée » par Israël, mais participe d’un territoire sans statut définitif. Elle n'est pas un territoire palestinien car il n'a jamais existé de pays appelé « Palestine ».

 

Le deuxième élément de cette stratégie implique de rappeler que l'ennemi n'a aucune légitimité et se conduit de manière criminelle. L'Autorité Palestinienne n'a renoncé au terrorisme et au meurtre que lorsque ses dirigeants s’exprimaient en anglais, et encore pas toujours.

 

L’AP glorifie tous les assassins de Juifs, et les traite en héros et en « martyrs ». Elle lave le cerveau des enfants et des adultes avec une propagande haineuse et raciste. Il importe de rappeler qu'elle est une entité criminelle et de souligner sans cesse qu'une entité criminelle doit être traitée comme telle.

 

Binyamin Netanyahou demande, à très juste titre, que l'Autorité Palestinienne reconnaisse Israël en tant qu'Etat juif, et il en fait un préalable à tout accord. C'est à mes yeux un minimum (Israël a été fondé en tant qu'Etat juif !), mais c'est insuffisant.

 

Un préalable devrait être la cessation de toute propagande raciste dans les terres aux mains de l'Autorité Palestinienne, la mise en place d'un système d'éducation apprenant aux enfants sous la coupe de l'Autorité Palestinienne ce que sont la paix, la liberté individuelle, la tolérance ; la mise en place de media pluralistes dans les territoires sous la coupe de l'AP, et la transformation de celle-ci en un Etat de droit, au sein duquel l'incitation au meurtre, au terrorisme et au racisme seraient des crimes majeurs. Tant que ce préalable ne sera pas respecté, toute discussion, toute poignée de main est inutile.

 

Le troisième élément de cette stratégie impliquerait de demander des comptes aux gouvernements occidentaux pour leur financement de l’entité criminelle en question, de ses manuels scolaires incitant au crime, au terrorisme et au racisme, et de media du même tonneau que les manuels scolaires.

 

En finançant ce qu'ils financent, les gouvernements occidentaux violent les principes qu'ils affirment être les leurs et se conduisent eux-mêmes d'une façon doublement criminelle : en incitant au meurtre de Juifs et aux attaques terroristes contre Israël, et en contribuant à transformer des Arabes en armes de destruction massive et en animaux sacrificiels.


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Les députés français ne saisissent pas la portée de ce qu’ils viennent de commettre (info # 010312/1 Version imprimable
Analyse
mercredi, 03 décembre 2014

 

Par Stéphane Juffa

 

Au lendemain du vote du parlement français sur la Palestine, le moment n’est pas à jouer les vierges effarouchées ni à multiplier l’usage des adjectifs. On pourrait certes refaire des "J’accuse", ou parler, comme le fit le Président Franklin Roosevelt après Pearl Harbor, d’un "jour frappé du sceau de l’infamie", et tout ce qu’on écrirait serait parfaitement légitime, mais cela a été trop souvent fait et n’a plus beaucoup d’impact.

 

Mieux vaut restreindre le débat en traitant de l’essentiel et avec précision si l’on entend servir à quelque chose, et rien n’est plus facile à faire :

 

La gravité de l’acte commis par les députés français, n’est pas, comme ils voudraient le faire croire, dans leur reconnaissance de l’Etat de Palestine. Certes, le moment est très mal choisi, hormis pour les socialistes en pleine débâcle, dans leur dessein de récupérer au moins la sympathie des électeurs d’origine maghrébine. Ce, car une majorité d’Israéliens – mais pas de Palestiniens, tous les sondages l’indiquent – se déclarent toujours, en principe, favorables à la création de la Palestine aux côtés de leur Etat, et qu’ils y voient la solution à terme d’un conflit dont, avec leurs voisins, ils sont les principales victimes.

 

Le texte que les députés ont voté est inadmissible en cela qu’il entend imposer à Israël un règlement urgent et définitif du conflit passant par l'établissement d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël, "sur la base des lignes de 1967".

 

Or le différend entre Israéliens et Palestiniens est foncièrement d’ordre territorial et le point d’achoppement majeur consiste en leur désaccord sur le tracé de leur future frontière. Si on le délimite à leur place, on enlève jusqu’à la raison d’être de négociations entre eux.

 

Plus encore, l’une des deux conséquences indirectes de l’injonction parlementaire française participe d’une marginalisation irresponsable des autres sujets sur lesquels les parties doivent impérativement s’entendre, à savoir les questions sécuritaires, la nature du futur Etat palestinien et celle de ses relations avec l’Etat hébreu ainsi que la question du partage de l’eau.

 

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Le "combat historique" dans les rues de France et à l’Assemblée

 

Ces aspects du différend doivent être solutionnés avant que de pouvoir se mettre d’accord sur le tracé de la frontière, ou, plus spécifiquement encore, pour obtenir la capacité de le définir. Mais voilà qu’en voulant commencer par la fin, les députés tricolores ont enlevé toute obligation, de la part des Palestiniens, de devoir chercher des compromis avec leurs adversaires. Or, en l’absence de négociations, on ne parvient pas à la paix mais à la guerre.

 

Seconde conséquence : l’effet du vote d’hier est ainsi diamétralement opposé à ce qu’a prétendu l'écologiste François de Rugy, cristallisant le faux message des tenants du oui, soit "une invitation au dialogue et à l'apaisement".

 

C’est tout le contraire qui est vrai : le scrutin d’hier participe d’une invitation faite aux Palestiniens de ne pas négocier avec Jérusalem, puisqu’on leur promet d’obtenir, quel que soit leur comportement politique et les concessions qu’ils sont dorénavant libres de ne pas faire, le but qu’ils s’étaient fixé pour les discussions avec leurs voisins occidentaux.

 

Le vote français ne coïncide en aucun cas avec ceux des parlements britannique et ibérique, qui se sont délibérément abstenus de tenter d’imposer aux parties les termes de la conclusion des pourparlers qu’ils sont tenus d’entreprendre ; les représentants de ces peuples circonscrivant leur choix à la reconnaissance des Palestiniens à disposer d’un Etat et à appeler les antagonistes à entreprendre des discussions sans plus tarder. 

 

Ce que j’expose ici n’a pas échappé à la plupart des députés français du centre et de droite qui sont intervenus pour affirmer qu'une reconnaissance de la Palestine ne pouvait intervenir qu’au terme de négociations.

 

C’est notamment ce qu’a très clairement expliqué à la tribune M. Philippe Vigier, le président du groupe parlementaire de l’Union des Démocrates et Indépendants (UDI). Avec les cent-cinquante autres membres de l’hémicycle ayant rejeté la motion socialiste, Philippe Vigier a préservé un peu de l’honneur de la France, de même que la prévalence de l’intelligence et de l’intégrité politique. Les critiques que nous formulons dans cet article ne les concernent pas.

 

Mais qui, dans l’Hexagone, a-t-il eu le privilège d’écouter les sages propos de M. Vigier ? A part les téléspectateurs de la Chaîne parlementaire LCP qui diffusait la séance en direct, strictement personne. Les Français n’ont eu droit qu’aux résumés folkloriques et sans nuances des grandes chaînes TV et des media main stream.

 

Aucun d’entre eux n’a, par exemple, souligné l’absence cependant remarquable, lors du vote, du ministre des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, ainsi que du 1er ministre Manuel Valls. Lequel avait activement participé, peu auparavant, à l’exercice des questions au gouvernement.

 

Le 1er ministre, celui des Affaires Etrangères, sont pourtant, avec le président Hollande, les dépositaires du pouvoir régalien de la France en matière de politique étrangère, et non l’Assemblée nationale qui s’en est emparée de manière inconstitutionnelle, à en croire nombre d’intervenants.

 

Qu’est-ce donc que cette nouvelle forme d’interférence, déguisée sous l’appellation trompeuse d’ "invitation" adressée au gouvernement de reconnaître l'Etat palestinien ? Comme l’a fait remarquer le représentant de la Haute-Corse, le radical de gauche Paul Giaccobi, même si, au Palais Bourbon, on s’exprime le plus souvent en langage feutré, inviter quelqu’un à faire quelque chose, en français, signifie l’enjoindre à s’exécuter, le prier ou lui commander de le faire.

 

Ce que nous ne pouvons que confirmer, observant avec regret que M Giaccobi a finalement décidé de ne pas prendre part "volontairement" au scrutin, à l’instar de Messieurs Gérard Charasse et Roger-Gérard Schwartzenberg, entre autres.

 

Les députés français s’expriment en langage châtié. Nous, c’est un luxe que nous ne pouvons nous permettre, vu que c’est sur l’avenir de nos enfants et de notre pays que glosent ces sentencieux de bord de Seine. Ainsi, s’il nous prenait la drôle d’idée, ce mercredi, de réaliser ce qu’ils ont décrété hier, nous ne pourrions plus emprunter l’autoroute qui mène de Tel-Aviv à notre capitale, ni même le train, puisqu’ils traversent quelques kilomètres de zones qui appartenaient à la Jordanie avant 1967.

 

J’espère que ce seul exemple aide à fournir quelque substance à la discussion de café du commerce qui s’est déroulée hier dans leur Assemblée nationale. Les députés français ne saisissent pas la portée de ce qu’ils viennent de faire ; et leur prétention selon laquelle leur vote n’aurait qu’une portée symbolique, loin d’atténuer leur méfait le caractérise.

 

Car tout ce que l’Etat français peut arrêter concernant notre avenir ne saurait, par définition, qu’être purement symbolique, et n’aura jamais la moindre influence sur ce que nous allons décider.

 

Dans ces conditions, force nous est de constater que les répercussions concrètes de ce scrutin symbolique vont uniquement se faire sentir sur le territoire français, ce qui était d’ailleurs, de l’aveu de Benoît Hamon, l’un des parrains de la proposition socialiste, l’objectif de cette sinistre mascarade.

 

Cet été, des dizaines de milliers d’islamisants, tous voiles dehors, descendaient les boulevards en scandant "mort aux Juifs !", et en ce début décembre, au lieu de leur signifier qu’ils ne le toléreraient pas, les parlementaires bleu-blanc-rouge viennent d’ajouter "à bas Israël !", en tentant de se faire passer pour des humanistes. Les bigres !

 

Un jour avant que les représentants du peuple français ne palabrent, quai d’Orsay, sur le thème de la création d’un Etat n’ayant jamais eu aucune existence physique ou politique jusqu’à ce qu’il déclare la guerre aux Israélites, trois hommes cagoulés agressaient un jeune couple dans leur appartement de Créteil. Créteil où survit, sous les menaces quotidiennes, les quolibets, les provocations et la violence, la plus grande concentration de Juifs du Val de Marne. Le couple a été malmené, dévalisé et les assaillants ont violé la femme.

 

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, après que la police ait mis la main sur les suspects, a décrété que "le caractère antisémite" de l’agression de lundi "semble avéré".

 

Nous n’allons assurément pas expliquer ici que les deux évènements sont forcément liés, ni même que les trois criminels étaient au courant de ce qui se déciderait le lendemain dans l’hémicycle. En revanche, à force de voir les media tricolores, désormais relayés par les élus de la nation, évoquer avec nostalgie l’existence famélique d’un Etat de Palestine ainsi que de son "peuple" qui auraient existé avant l’avènement des envahisseurs, occupants, colonialistes, sanguinaires tueurs d’enfants sionistes, l’esprit de vengeance "légitime" contre leurs frères ou leurs cousins français ne prend pas la direction de l’apaisement, bien au contraire.

 

Le Monde, dans sa narration du vote d’hier, mentionnait le parlementaire UDI Meyer Habib, opposé à la résolution, comme un député franco-israélien. Le Monde collabore à l’instauration de l’environnement putride antijuif et ces temps, il déchaîne ses partis-pris à longueur de pages. Quand donc lira-t-on dans la même presse les exploits de Madame Rachida Dati, "maire franco-algéro-marocaine du 7ème arrondissement de Paris" ? Le jour où la presse main stream communiquera les noms et les origines des voleurs-violeurs de Créteil ?

 

Et ce qui s’est passé hier à l’Assemblée marque le franchissement de la dernière ligne rouge, du dernier garde-fou. Une vaste majorité de députés français vient de livrer un Etat clés en main à Mahmoud Abbas, le président d’une entité qui nie l’existence historique du temple de Salomon à Jérusalem, et prétend que lorsque les Juifs visitent ses ruines, ils souillent le sol sacré du troisième lieu saint de l’islam.

 

Ces députés viennent de livrer un Etat à une entité dont la moitié du gouvernement est formée par une organisation appelant ouvertement à l’assassinat de tous les Israélites, prônant leur génocide et évoquant toute forme de négociation avec eux comme une perte de temps.  

 

Nous, de préférer le discours franchement crapuleux du communiste François Asensi, présentant cette reconnaissance comme s’inscrivant dans "un combat historique".

 

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Prix du pétrole : une bonne nouvelle mal accueillie (info # 010211/14) Version imprimable
Analyse économique
mardi, 02 décembre 2014

 

Par Sébastien Castellion

 

Vendredi dernier, alors que les Américains se ruaient sur les magasins pour profiter du jour de soldes le plus spectaculaire de l’année - le Black Friday ou « vendredi noir » qui fait suite à la fête traditionnelle de Thanksgiving -, des soldes bien plus spectaculaires étaient annoncés à l’échelle de l’économie mondiale.

 

Dans une réunion tenue la veille à Dubaï, l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) venait de décider de ne pas réduire son plafond de production. Cette décision allait à l’encontre des prévisions de la plupart des analystes, qui avaient annoncé que le cartel essaierait au moins de contrer la baisse récente des prix du pétrole : le principal indicateur (NYMEX) était déjà passé d’un maximum de 113 $ le baril en juin dernier à 73 $ avant l’annonce de la décision de l’OPEP.

 

Sitôt cette annonce connue, les prix ont accéléré leur effondrement ; ils tournaient autour de 66 $ à la dernière clôture des marchés.

 

Au lieu de se réjouir de la bouffée d’air ainsi apportée à l’économie, la plupart des commentateurs s’est immédiatement lamentée de la décision de l’OPEP. Le ton de certaines réactions qui attribuent de noirs desseins à l’Arabie Saoudite, pays le plus influent de l’OPEP, fait parfois penser aux théories du complot.

 

Le ministre iranien du pétrole, Bijan Zanganeh, a ainsi déclaré à l’agence iranienne Sana que « la décision n’est pas bénéfique pour tous les membres de l’OPEP ». A un plus bas niveau, des sources iraniennes expliquent régulièrement à la presse que les puissances arabes cherchent à maintenir des prix bas pour faire souffrir l’économie iranienne, handicapée par les sanctions internationales.

 

En Russie (qui ne fait pas partie de l’OPEP), on croit volontiers à un complot occidental pour affaiblir une puissance dont l’économie reste extrêmement dépendante du pétrole et du gaz. La semaine dernière, le ministre des finances russe, Anton Siluanov, a annoncé que les revenus de la Russie avaient baissé de 130 à 140 milliards de dollars par an, dont 40 milliards dus aux sanctions occidentales et le reste à la baisse des prix du pétrole et du gaz. Comme cette annonce a été faite avant la décision de l’OPEP, la situation ne peut que se détériorer davantage.

 

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Les prix du pétrole vendredi dernier : cœurs sensibles s’abstenir

 

En Occident, on préfère une explication qui est elle aussi un peu conspiratoriale, mais que les Saoudiens eux-mêmes expriment parfois explicitement. Quand les prix sont bas, un producteur à faible coût, comme l’Arabie ou les pays voisins, peut accepter de réduire ses profits si cela entraîne la faillite ou l’arrêt du développement de concurrents à prix d’exploitation élevés. En l’espèce, le concurrent visé est l’industrie américaine du pétrole de schiste, qui a considérablement augmenté sa production au cours des dernières années et réduit progressivement la dépendance du monde envers le pétrole du Golfe arabo-persique.

 

Il est probable en effet que la volonté de faire souffrir l’industrie du pétrole de schiste a joué un rôle dans la décision de l’OPEP. Les cours des entreprises les plus impliquées dans cette industrie, comme Halliburton et Schlumberger, sont partis à la baisse vendredi.

 

Et pourtant, plutôt que de voir dans la tactique des producteurs arabes un coup de maître diabolique, il serait plus exact de la comprendre comme une tentative désespérée de retarder une évolution inévitable, qui est en train de faire des Etats-Unis la première puissance pétrolière mondiale et de réduire fortement la dépendance du monde envers le pétrole arabe.

 

Certes, si la baisse des prix se poursuit, les investissements vont se ralentir dans le pétrole de schiste, dont les coûts de production sont encore beaucoup plus élevés que ceux du pétrole « classique » des pays du Golfe. Cependant, les coûts de production dans le schiste ne cessent de baisser. Ils sont actuellement compris entre 50 et 55 $ le baril selon les gisements, ce qui les rend encore (tout juste) rentables aux prix actuels du marché.

 

Et surtout, les sociétés du schiste ont les ressources nécessaires pour passer quelques mauvaises années. Les investissements et dépenses de recherche-développement déjà lancés vont permettre aux coûts de production de continuer à descendre. Même parmi les entreprises les plus touchées par la baisse des prix, beaucoup pourront éviter la faillite en vendant une part des droits acquis sur les immenses territoires américains et canadiens où se fait la production. Oui, il y aura des faillites ; mais c’est un phénomène normal quand le marché se retourne. Les faillites d’entreprises dans une industrie n’entraînent pas automatiquement la fin de cette industrie ; elles peuvent entraîner au contraire leur regroupement et leur renforcement pour l’avenir.

 

Plus fondamentalement encore, la réduction de l’influence mondiale des pays de l’OPEP est déjà un fait. Dès cette année, la production américaine sera à peu près équivalente à celle de l’Arabie Saoudite, chacun des deux pays produisant environ 13% du pétrole mondial. Et si on raisonne par bloc, l’ensemble « Etats-Unis, Canada et Mexique » produira environ 21% du pétrole mondial, soit autant que l’ensemble formé par l’Arabie Saoudite, le Koweït, le Qatar et les Emirats Arabes Unis. La décision des producteurs arabes de pousser les prix à la baisse peut ralentir leur affaiblissement relatif au profit de l’Amérique du Nord, mais ne peut pas mettre fin à ce mouvement.

 

De plus, en réduisant leurs propres recettes pétrolières, les producteurs arabes condamnent leurs économies à voir s’étioler ce qui est, à peu de choses près, leur seule et unique source de richesse. Or, simultanément, la baisse des prix du pétrole va bénéficier à presque tous les secteurs des économies beaucoup plus diversifiées d’Occident.

 

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Depuis l’an dernier, grâce à la production de pétrole de schiste, la production nationale des Etats-Unis est supérieure à leurs importations

 

Pour ces économies, la baisse des prix du pétrole va fonctionner comme une gigantesque réduction d’impôts. Elle va conforter les marges des entreprises et augmenter les revenus disponibles des ménages, ce qui facilitera les investissements, l’épargne et la demande. Le monde produit environ 85 millions de barils par jour : une baisse de 45 $ depuis juin dernier signifie donc que l’économie mondiale gagnerait, sur un an, environ 1 400 milliards de dollars d’argent disponible, soit plus du double de l’effet de soutien à la croissance que l’administration Obama espère obtenir grâce au déficit public. De plus, contrairement au déficit, ces recettes supplémentaires pour l’économie sont permanentes et n’auront pas à être remboursées par les générations futures.


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Deux attentats terroristes, ce lundi (info # 020112/14) Version imprimable
Breaking News !
lundi, 01 décembre 2014

 

© Metula News Agency

 

Metula 15h50, midi 14h50 à Paris

 

Nouvelle agression terroriste au carrefour de Goush Etzion, là où les trois étudiants talmudiques avaient été enlevés en juin, avant d’être assassinés, et où Dalia Lemkus, 26 ans, avait péri, le 10 novembre dernier, lors d’une autre opération terroriste. 

 

C’est une femme, ce matin, âgée de 22 ans, d’origine palestinienne, qui s’est attaquée à un passant, munie de deux couteaux.

 

La victime, Yoshua Lorakh, est légèrement blessée, alors que la terroriste a été stoppée dans sa tentative par des tirs de soldats de la brigade Kfir (lionceaux) qui se trouvaient à proximité.

 

L’assaillante a été transportée vers l’hôpital Hadassah à Jérusalem dans un état critique.

 

Des barrages ont été établis sur les routes afin de retrouver le véhicule ayant conduit la jeune femme sur les lieux de son crime.

 

La terroriste vient d’être identifiée, il s’agit d’Amal (espoir) Takatka, de la ville de Bet Fadjer, située au sud de Bethléem.

 

La Ména a appris, de source palestinienne, que Tsahal a procédé à l’arrestation pour interrogatoire du père de la terroriste. La zone où se situe la maison des Takatka a été déclarée zone militaire interdite, et elle fait l’objet de fouilles par l’Armée israélienne.

 

La victime attendait à une station d’autostop et s’entretenait avec une connaissance qui se trouvait au volant d’une voiture

 

D’autre part, un homme entre cinquante et soixante ans a été intentionnellement renversé par une voiture à l’intersection d’Alon, près de Hadera, et se trouve dans un état désespéré.

 

L’homme est atteint à la tête et a perdu connaissance ; il a été rapidement pris en charge par des paramédicaux du Magen David Adom (l’étoile de David rouge) ainsi que par une unité médicale mobile de l’Armée parvenue sur les lieux.

 

Les soins prodigués ont inclus une anesthésie et la mise sous respiration artificielle du blessé, avant d’évacuer le malheureux à l’aide d’un hélicoptère qui s’était posé non loin de là.

 

Selon les témoignages concordants, c’est le chauffeur d’une automobile privée qui a volontairement heurté le passant avant de prendre la fuite en direction du carrefour de Tapouakh (pomme), situé en Samarie, dans les territoires disputés.

 

 

 
La dernière pirouette du gouvernement Netanyahu ? (info # 010112/14) Version imprimable
Analyse
lundi, 01 décembre 2014

 

Par Olivier Katz

 

Lorsque le 23 novembre Benyamin Netanyahu a réuni son gouvernement et lui a soumis son projet de loi visant au renforcement du caractère juif de l’Etat d’Israël, 14 de ses 22 ministres ont approuvé ce texte, que les plus « faucons » d’entre eux attendaient depuis longtemps.

 

67 ans après la résolution de l’ONU sur la partition de la Palestine mandataire, qui faisait pourtant mention à 29 reprises du terme « Etat juif », l’exécutif israélien s’est senti le besoin de préciser, à usage tant externe que domestique, que ce pays sera dorénavant qualifié d’« Etat national du peuple juif ».

 

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Pas d’accord du tout

 

Jusqu’à présent, une Loi Fondamentale – Ben Gourion n’avait pas souhaité doter Israël d’une Constitution en considération du nombre de Juifs non encore revenus sur leur terre, et de l’opposition farouche des milieux religieux -, conférait à ce pays les 2 caractéristiques qui lui ont servi de clé de voûte de sa création jusqu’à nos jours : sa double nature « juive ET démocratique ».

 

« Le but de cette loi est d'assurer l'avenir du peuple juif sur sa terre », a assuré Netanyahu. Ce qui définit un peuple, n’en déplaise à Shlomo Sand, c’est une histoire commune, une langue comprise par tous, une terre à partager, et une religion majoritaire.

 

Lors, dans la logique de ce postulat, le pays d’Israël se confond effectivement avec l’Etat du peuple juif. De plus, la société israélienne, majoritairement travailliste et peu dévote en 1948, s’est considérablement renforcée dans sa pratique religieuse, pour compter actuellement 20% d’orthodoxes et 60 % de pratiquants [y compris des traditionnalistes] à des degrés divers. Cette évolution spirituelle permet de comprendre pourquoi cette arlésienne sort du bois après plusieurs tentatives infructueuses, le caractère juif devenant prégnant dans la population actuelle.

 

Ce renforcement du plateau juif de la balance n’en altère pas pour autant le contrepoids démocratique, garante d’une justice respectueuse des minorités. La France, « fille ainée de l’église », a longuement débattu de son identité, sans remettre en cause son statut démocratique. Israël se situe à mille lieues des théocraties perse ou djihadistes, et la création de la Cour Suprême, pour le moins indépendante, en est une preuve flagrante, s’il était nécessaire d’en apporter.

 

Mais, fallait-il se lancer dans un débat constitutionnel alors que le pays transpire sa judaïté au quotidien ? Du calendrier à l’immigration, en passant par les symboles de l’Etat et la gestion de la terre, tout concourt à marteler son appartenance au monde mosaïque. En conséquence, le besoin de reconnaissance judaïque ne pouvait être simplement religieux.

 

Alors qu’à l’instar de 134 pays dans le monde les Suédois décident de reconnaître l’Etat palestinien, comme l’a également fait le parlement britannique1, alors qu’il existe dans le monde 57 pays membres de la Conférence islamique, le scellement d’une identité juive en Israël ne peut que renforcer ce besoin identitaire politique du monde des Hébreux. Cette loi, si elle passait la rampe, deviendrait alors un cri de ralliement pour ceux qui cherchent à accentuer la judaïté d'Israël face à une tentative internationale de délégitimation du seul Etat juif.

 

Reste que les Israéliens ne sont pas tous convaincus de cette priorité. De nombreuses voix, et pas des moindres, se sont immédiatement élevées pour signifier au Premier Ministre qu’il fait fausse route.

 

Le nouveau président de l’Etat, Reuven Rivlin, a dénoncé la prépondérance, dans le texte proposé, de la judaïté sur la démocratie. Le procureur Yehuda Weinstein a regretté les risques que ce projet de loi faisait prendre au pays, estimant qu’il aura une incidence sur la vie de chaque citoyen, ainsi que sur les affaires étrangères.

 

Ainsi, Israël pourrait être stigmatisée et accusée de racisme, traitant notamment sa population arabe – 20% de l’ensemble -, en citoyens de seconde zone, ce qui ne manquerait pas de souffler sur les braises de la révolte qui couve tant à Jérusalem-Est qu’à Umm El Fakhem (la mère du charbon2).

 

Même Shimon Peres est monté au créneau, n’hésitant pas à appeler Ben Gourion à la rescousse (lors d’une cérémonie à la mémoire du père-fondateur à laquelle participait Netanyahu) : "Sa voix exige que nous soyons ce qu'Israël était censée représenter : un état-modèle sain et éclairé, qui cherche la justice, l'égalité et la paix". En ajoutant : "Ce projet de loi est une tentative d’asservissement de la Déclaration d’Indépendance à des besoins politiques éphémères".

 

Que ce texte voit le jour ou non, le mal est fait, la fracture entre les Juifs israéliens et leurs concitoyens d’autres obédiences restera longtemps ouverte, le principal défi restant l'intégration dans le système d'une très grande minorité non-juive.

 

Alors, était-ce le moment ?

 

En matière de stratège politique, Netanyahu brandit son projet alors que le contexte est des plus troubles. Comme en avril, à l’époque où les négociations avec les Palestiniens étaient sur le point d’échouer, il profite du sentiment d’insécurité ambiant pour dégainer une proposition de loi qui risque de faire exploser sa coalition.

 

Il donne des gages d’alignement à sa droite, et pose un ultimatum au centre droit (Yaïr Lapid et Tsipi Livni), les enjoignant à se soumettre ou à quitter le navire. Les partis religieux, qui ne pourraient que suivre une dérive cléricale du Likoud, reviendraient alors dans la coalition gouvernementale, mais en faiseurs de rois et avec tous les inconvénients que l’on a déjà connus…

 

Ce, à moins qu’une version plus consensuelle de cette loi ne soit finalement adoptée. En effet, il y a sur le tapis 3 rapports, 2 présentés par des parlementaires, et le 3ème par le Premier Ministre lui-même.

 

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Briser l’engrenage d’Oslo (info # 013011/14) Version imprimable
Analyse
dimanche, 30 novembre 2014

 

Par Guy Millière

 

Le plus monstrueux dans les propos que l’on entend actuellement en Europe concernant la reconnaissance d'un « Etat palestinien » n'est pas que ces discours prétendent mener à reconnaître un « Etat » sans structures politiques précises, sans frontières définies, sans accord de paix avec Israël, et régi fondamentalement par des terroristes désireux de rayer Israël de la carte du monde ; non : tout cela est effectivement abominable, mais il y a pire.

 

Le plus exécrable est que ces discours traitent de la reconnaissance d'un « Etat palestinien » précisément au nom de la « paix » !

 

On pourrait penser que ceux qui tiennent ces discours puisent leur inspiration dans le 1984 de George Orwell et parlent une novlangue dans laquelle la « paix » est en réalité la guerre. Car, de facto, ce qui se passe est la guerre : les attaques de roquettes contre Israël depuis Gaza relevaient de la guerre, les assassinats perpétrés à Jérusalem, Tel-Aviv ou dans les alentours d' Hébron, ces dernières semaines, relèvent de la guerre ; l'offensive diplomatique conduite présentement par Mahmoud Abbas et ses séides relève de la guerre elle aussi, les discours parlant de la reconnaissance d'un « Etat palestinien » sont eux-mêmes des actes de guerre contre Israël.

 

On doit constater que ceux qui tiennent ces discours puisent aussi leur inspiration ailleurs : dans les accords d'Oslo. Ceux-ci étaient censés paver la voie vers la « paix ».

 

Il était pourtant évident pour ceux qui avaient les yeux ouverts à l'époque que ces accords menaient vers la guerre et vers des dangers exacerbés pour Israël.

 

La décennie qui s'est ouverte en 1992 a vu survenir une pluie atroce et sanglante d'attentats divers contre la population juive israélienne, et les attentats n'ont cessé que parce que la barrière de sécurité, si critiquée par les amis du terrorisme, a été érigée.

 

L'Autorité Palestinienne a été mise en place à cette occasion et a pu assoir son emprise sur les populations arabes de Judée-Samarie. Avec elle une dictature arabe corrompue de plus et un appareil de propagande antijuive financés par le monde occidental ont vu le jour.

 

1992 a aussi vu s'enclencher des négociations censées mener à un « accord de paix » qui n'a jamais été conclu, car le but recherché par les ennemis d'Israël n'était pas la paix, mais la possibilité pour eux d'utiliser les négociations comme un moyen de sans cesse incriminer et délégitimer Israël ; ce qu'ils ne se sont pas privés de faire bien au-delà de la décennie en question.

 

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Ils préparent la paix

 

L’objectif des ennemis d'Israël consistait également à accentuer la propagande anti-israélienne et antijuive qu'ils déversaient dans le monde occidental, ce qu'ils font jusqu'à ce jour avec un succès évident, et d'ajouter à leur panoplie anti-israélienne et antijuive une offensive diplomatique, ce qu'ils réalisent également.

 

Tout cela serait grave en soi, très grave même, mais ce qui rend les choses plus désastreuses encore est que les gouvernements israéliens successifs n'ont pas réussi à briser l'engrenage qui s'est ainsi mis en place et se sont laissé peu à peu entraîner dans ses rouages.

 

Et il suffit de regarder une vingtaine d'années en arrière pour mesurer l'étendue des dégâts.

 

Avant Oslo, Israël ne reconnaissait pas l'OLP : aujourd'hui, les dirigeants israéliens sont tenus, et parfois sommés, de rencontrer et de serrer la main aux dirigeants de cette organisation. Et ils le font.

 

Avant Oslo, nul ne parlait de « territoires palestiniens occupés » : aujourd'hui, cette expression falsificatrice est omniprésente, et les dirigeants israéliens sont quasiment contraints de l'utiliser, sous peine de passer pour des extrémistes. Et nombre d'entre eux le font.

 

Avant Oslo, la majeure partie des dirigeants israéliens ne parlaient pas du « peuple palestinien » et de ses « droits ». Nombre d'entre eux rappelaient que le « peuple palestinien » avait été inventé, ce qui est historiquement exact. Aujourd'hui, pratiquement tous les dirigeants israéliens parlent du « peuple palestinien », nombre d'entre eux évoquant des « droits » de celui-ci.

 

Avant Oslo, la droite israélienne considérait qu'il y avait déjà un « Etat palestinien », la Jordanie, et n'envisageait pas d'en créer un deuxième. Aujourd'hui, l'idée qu'il faut créer un « Etat palestinien » est de plus est énoncée de tous côtés comme une absolue nécessité, et la majeure partie des dirigeants de la droite israélienne évoquent, certes avec réticence, mais évoquent quand même cette nécessité.

 

Je l'ai déjà écrit, mais je pense indispensable de l'écrire à nouveau : Israël et ses dirigeants se placent ainsi, par glissements progressifs, sur le terrain de l'ennemi. Et se placer sur le terrain de l'ennemi permet à la rigueur d'endiguer l'ennemi, mais pas de gagner la bataille, et fait courir le risque de la perdre.


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L’Homme virtuel contre la haine (2ème parties et fin)(info # 012810/14) Version imprimable
Analyse
vendredi, 28 novembre 2014

 

Par Llewellyn Brown

 

 

L’illusion de la “déconstruction”

 

Au fond, l’objectif visé par ces bienpensants est que le caractère problématique de l’existence soit dilué, noyé, dans une pseudo-complexité excluant toute possibilité de nommer ou de réaliser un acte décisif.

 

Cette orientation gouverne le courant universitaire appelé – depuis les élaborations de Jacques Derrida – la “déconstruction”. Cette école de pensée cherche à dénoncer diversement l’emprise du colonialisme (l’“eurocentrisme”) de la pensée conceptuelle (appelée “logocentrisme”), de la domination masculine et des stéréotypes sexuels.

 

Ces catégories de pensée, associées à la tradition occidentale, sont jugées nocives à l’égard de la réalité, dont on affirme l’infinie complexité. Ainsi, les théoriciens du “genre” dénoncent la répartition masculin/féminin comme étant abusivement simpliste, arguant que chacun peut “se sentir” comme étant quelque part entre ces deux identités.

 

Les rôles que l’on joue dans la société sont multiples, témoignant de la “diversité” humaine. De même, il serait faux de dire que l’islam possède telle ou telle caractéristique intrinsèque, parce que ce nom recouvre une pluralité de croyances et de pratiques, de sorte que l’on ne puisse jamais porter de jugement négatif sur lui.

 

Poursuivant dans ce sens, on fera valoir que la majorité des musulmans est “modérée”, et qu’il est parfaitement injuste d’établir un quelconque lien entre l’histoire de l’islam, ses textes “sacrés”, et la présence de la guerre sainte partout sur la surface de la Terre. En revanche, on a toujours le droit d’exprimer un avis positif à son égard, puisque tout ce qui est occidental est nécessairement tyrannique et oppressif et, par contraste, ce qui vient d’ailleurs témoigne obligatoirement de l’infinie et exaltante diversité dont “l’Autre” serait l’unique détenteur.

 

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Hollande, assassin, tu ne veux pas d’Etat palestinien ! Hollande,

assassin, tu ne veux pa…

 

Ainsi donc, la “déconstruction” fustige tout ce qui se situe du côté de la norme – le masculin, l’européen –, au motif que ces valeurs seraient la source d’une pensée simpliste, et d’une politique d’oppression. Cependant, l’erreur, ici, consiste à croire qu’en dénonçant la supposée oppression, on a réussi à évacuer la norme. En réalité, c’est le contraire qui se produit : à la norme, on donne une extension maximale.

 

Pour les Progressistes, il ne saurait exister de perversion sexuelle, ni de transgression, puisque toute conduite doit être considérée comme normale, et on devrait pouvoir l’afficher en public sous l’égide d’une “gay pride”. Il faut qu’on donne un nom respectable à toute identité sexuelle : non seulement dira-t-on “Françaises et Français” – comme s’il s’agissait de deux peuples distincts –, mais on déclinera révérencieusement les identités lesbiennes, gays, bisexuelles, transsexuelles, et tout ce qui réclamera l’intégration au moyen d’une reconnaissance normée.

 

Dans un autre registre, on ne doit pas dire que les criminels sont des méchants, mais avouer qu’ils sont les victimes d’une société qui ne leur procure pas assez d’aide (financière, surtout). Les djihadistes – qui massacrent les autres afin d’imposer la religion mahométane à ceux qu’ils veulent bien laisser en vie – sont supposés être en révolte contre le “racisme” et la “stigmatisation” qu’ils auraient subis : on les jugera incapables de se conduire autrement.

 

On mesure l’extension illimitée donnée à la norme, conséquence de cette attitude présomptueuse et mégalomane : nos belles âmes imaginent que l’Occident est capable de tout absorber de l’immigration, et qu’il peut dissoudre tous les fanatismes issus des peuples accueillis.

 

Si des problèmes se présentent, on les imputera au “racisme”, qui serait l’apanage de l’homme Blanc. Il s’agit, ici, d’un avatar de l’attitude colonialiste : les “antiracistes” n’écoutent jamais leur fameux Autre. S’ils le faisaient, ils risqueraient de buter sur un phénomène radicalement inconciliable, la négation absolue de leur volonté d’une existence apaisée et sans heurts. Au fond, dans l’univers virtuel de “l’antiraciste”, la culture de l’immigré est totalement dénuée de toute épaisseur matérielle, charnelle, de tout ce qui serait réfractaire au compromis : en l’espèce, la pérennité du djihad.

 

 

Le retour en force de la haine

 

C’est ainsi que, pour reprendre les mots de Lacan, les « sujets n’ont pas, de nos jours, à assumer le vécu de la haine dans ce qu’elle peut avoir de plus brûlant ». Nos idéalistes bobos oublient complètement que la civilisation humaine ne suit pas une marche irrépressible vers le Progrès et vers une pacification généralisée, mais que, au contraire, elle trahit une constante qui est celle de la barbarie, et nécessite la guerre contre l’ennemi à l’extérieur et contre la criminalité de l’intérieur.

 

C’est-à-dire, qu’on le veuille ou non, toute société repose sur un dispositif de la maîtrise : sur la force et la domination, et sur leur corrélat, l’exclusion. Ce principe signifie aussi que l’on ne peut se contenter de condamner la haine, parce qu’elle constitue une partie essentielle de l’humain.

 

A vouloir faire comme si cette dimension n’avait plus cours – comme si elle s’évanouissait dans la généralisation des contrats et des négociations –, on ne fait que la déplacer, la disperser pour la rendre à la fois plus présente et insaisissable. Ainsi, par exemple, la force policière ne se manifeste plus dans la répression, mais prend la forme d’une surveillance perpétuelle qui achève d’abolir le domaine privé.

 

L’antiracisme était donc bien fait pour s’accorder avec le narcissisme mahométan, qui s’exacerbe constamment, dans la mesure où on lui fait des concessions, considérées – par leurs bénéficiaires – comme des signes de faiblesse et de veulerie.

 

Plus l’Homme Blanc cherche à expulser l’expression du racisme, plus le mahométan se vautre dans sa posture de victime privilégiée. Plus le mahométan se montre menaçant, violent, plus la belle âme pointe vers le chômage, le racisme, comme les prétendues causes, réclamant qu’on sacrifie de plus en plus nos conditions d’existence.

 

Ainsi prend forme un couple qui s’entretient dans une relation pathologique : l’antiraciste oubliera qu’il ne vénère “l’Autre” que pour autant que celui-ci fait peser sur lui une menace de violence réelle : criminalité des “quartiers” et djihad mondial. On voit aussi se profiler, là, un “cycle de violence” sur le plan économique : de plus en plus d’immigrés vivant sur les largesses de l’État, tandis que ce dernier se révèle de moins en moins capable d’assurer la protection de ses citoyens, victimes des violences. Voire : l’État y a déjà renoncé.

 

C’est dire que les belles âmes s’entretiennent en se faisant les esclaves de cette même violence : là, nous découvrons une face de cet « état de floculation diffuse de la haine qui sature en nous l’appel à la destruction de l’être ». La collusion entre la France et l’islam promue au statut inconcevable de “religion de paix et d’amour” ne peut se réaliser que par le sacrifice du Juif, bouc émissaire responsable du mal.

 

Shmuel Trigano a parfaitement démontré comment on se hâte de proclamer “Français” les djihadistes nés sur le sol français, tandis que l’islam se voit systématiquement disculpé, écarté de toute réflexion ; en parallèle, les Juifs sont dénoncés – par le biais de l’antisionisme – comme étant étrangers à toute valeur humaine.

 

 

Israël : un point de résistance

 

Enfin, s’il existe une société qui se trouve obligée d’ « assumer le vécu de la haine dans ce qu’elle peut avoir de plus brûlant », c’est bien Israël : ce pays, que la “communauté internationale” ne cesse de vouloir dissoudre en le modelant à l’image de son fantasme : à force de résolutions hostiles passées à l’ONU et, tout récemment, de votes parlementaires pour “reconnaître” un “État palestinien”.

 

Bien entendu, ce « vécu de la haine », en Israël, ne signifie aucunement qu’il s’agisse d’une “société de haine”. A notre époque, nous sommes devenus incapables d’entendre une déclaration comme celle-ci, énoncée par le héros sublime Nicomède (Corneille) au sujet de la reine corrompue et manipulatrice : « Ma générosité cède enfin à sa haine ».

 

En Israël, il s’agit d’un peuple qui éprouve, de la manière la plus vive qui soit, à quel point son existence est mise dans la balance par la haine que lui vouent toutes les populations environnantes, et auxquelles les puissances occidentales prêtent leur concours le plus assidu.

 

En effet, Israël représente une société qui sait qu’il suffirait qu’elle baisse sa garde pour que l’existence même du peuple juif soit menacée. Une société qui voit la vie comme valeur irremplaçable, mais qui est prête à la sacrifier, quand la pérennité de son peuple est en jeu.

 

On voit donc qu’il s’agit d’une nation qui réunit et articule des valeurs apparemment incompatibles entre elles : la reconnaissance de ses origines dans une tradition plusieurs fois millénaire, perception que vient soutenir l’attachement à la famille ; en même temps, cet ancrage dans le passé se double d’un regard vers la modernité, dans le goût de la recherche et de l’innovation technologique ; l’amour de l’humain et de la paix se joint au courage et à l’inflexibilité au combat contre l’ennemi.


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L’Homme virtuel contre la haine (1ère de deux parties)(info # 012711/14) Version imprimable
Analyse
jeudi, 27 novembre 2014

 

Par Llewellyn Brown

 

Une « civilisation de la haine » ?

 

Il y a peu de temps, nous avons critiqué des développements faits par deux psychanalystes qui, s’appuyant sur quelques passages de Jacques Lacan, se faisaient les relais de l’idéologie convenue concernant ce que l’on appelle le “racisme”.

 

Loin d’avoir fourni une réelle analyse conceptuelle des propos de Lacan, ces auteurs ont simplement utilisé des citations pour conforter des notions que l’on peut lire dans n’importe quel journal français. Bref, l’idéologie y avait remplacé la pensée.

 

Nous eûmes récemment la surprise de tomber sur un passage de Lacan traitant de la haine, et qui semble apporter un éclairage utile à l’obsession actuelle du racisme. Le texte mérite que nous le citions in extenso :

 

« Néanmoins, les sujets n’ont pas, de nos jours, à assumer le vécu de la haine dans ce qu’elle peut avoir de plus brûlant. Et pourquoi ? Parce que nous sommes déjà très suffisamment une civilisation de la haine. Le chemin de la course à la destruction n’est-il pas vraiment très bien frayé chez nous ? La haine s’habille dans notre discours commun de bien des prétextes, elle rencontre des rationalisations extraordinairement faciles. Peut-être est-ce cet état de floculation diffuse de la haine qui sature en nous l’appel à la destruction de l’être. Comme si l’objectivation de l’être humain dans notre civilisation correspondait exactement à ce qui, dans la structure de l’ego, est le pôle de la haine. »1

 

 

Antiracisme et le triomphe du “Bien”

 

Nos bien-pensants de gauche – ceux qui tiennent les rênes de la politique et des media – ne sauraient admettre une telle analyse. A leurs yeux, la haine n’habite rigoureusement que le peuple de “droite” : que celle-ci soit “extrême” ou non.

 

Plus largement, c’est l’homme occidental qui est coupable de la haine de l’Autre, pour avoir colonisé les pays étrangers et traité leurs peuples comme des êtres inférieurs. A présent, les haineux sont, selon eux, ceux qu’ils appelaient, autrefois, le “prolétariat” et qui, s’étant volatilisés sous les effets du capitalisme, portent désormais le nom de “beaufs”, d’individus “franchouillards”, qui n’acceptent pas l’immigration de peuplement qu’on leur impose. Bref, pour le vertueux “antiraciste”, la haine caractérise rigoureusement ceux qui tiennent à leur mode de vie occidental.

 

Encore, ces personnes font valoir que la civilisation a fait des progrès : après la Shoah, la société française a fait amende honorable, dénonçant les collaborateurs et respectant désormais le “devoir de mémoire”. La France combat le racisme ; seulement il faut éviter de retomber dans les travers du passé : on guettera désormais tout propos “nauséabond”, et tout rappel des “jours les plus sombres”. C’est dire qu’on estime avoir enfin identifié le mal ; le combat se fera dorénavant en fonction de modèles situés systématiquement dans le passé.

 

 

La persistance du sentiment anti-Juif

 

Or si l’on prend au sérieux les propos de Lacan, il faudrait bien reconnaître que la haine qui s’est déchaînée dans notre passé récent, et qui a donné lieu à la Shoah – avec la complicité de tous les pays occidentaux, y compris les États-Unis et l’Angleterre –, n’a pas pu se dissiper comme par magie, pour se loger sous la forme facilement identifiable des gens de l’“extrême droite”, et de la “droite”, qui, par atavisme, en subiraient la tentation permanente.

 

Une telle perception est passablement paradoxale : elle suppose, d’un côté, que la nation se serait transformée radicalement en une entité vertueuse qui reconnaît ses erreurs (le fameux “devoir de mémoire”) et, d’autre part, que le mal revêtirait systématiquement la même forme d’une époque à l’autre (“l’extrême droite”).

 

Cette vision figée fait abstraction d’autres facteurs dont la présence, pourtant, se fait massivement sentir : notamment, la composition même des populations habitant le territoire national. Pour être réaliste, il faudrait admettre que, au contraire, la nation ne change pas, eu égard à ses haines, puisque les Juifs demeurent la cible constante des attaques violentes (verbales et physiques), tandis que la forme adoptée par la haine sera, elle, dictée par des facteurs contingents.

 

Pour reprendre les mots de Lacan, loin d’avoir mis la barbarie derrière nous, nous serions demeurés une « civilisation de haine ». Pour avoir une quelconque réalité, cette nature haineuse ne saurait se limiter à un ennemi aisément identifiable – stigmatisé comme étant l’autre (autre que la “vertu”…) –, mais elle doit se loger là même d’où nous croyions l’avoir bannie : c’est-à-dire dans cette image où nous admirons notre belle identité d’“antiracistes”.

 

C’est dire, donc, que la haine en question – celle que l’on a déversée dans la Shoah, et dont on constate la poursuite à notre époque contemporaine – apparaît comme diffuse et, par conséquent, aisément méconnue.

 

Pourtant, elle éclate, de nos jours, dans les manifestations où l’on scande des slogans anti-Juifs ; dans les agressions antisémites (en augmentation, selon les statistiques récentes), qui vont jusqu’aux massacres (Toulouse, Bruxelles) et aux actes de barbarie (dont fut victime Ilan Halimi).

 

Et pourtant, on ne peut dire que nos dirigeants en prennent la mesure, qu’ils entreprennent de s’attaquer aux causes de cette violence pour en enrayer les effets. On répète ad nauseam les dénonciations du racisme anti-Arabe ou anti-Noir et de l’“islamophobie”, alors même que l’on serait en peine d’identifier des incidents ayant la moindre commune mesure avec ceux dont les Juifs sont régulièrement victimes. Ces derniers commencent à quitter la France, alors que leurs agresseurs s’y installent à demeure.

 

 

Une bonté illusoire

 

Ce que l’on propose comme idéologie “antiraciste” n’est manifestement rien d’autre qu’une pose gratuite que nos belles âmes se sentent libres d’adopter, mais seulement dans la mesure où la stabilité de leur existence est intégralement assurée par le Progrès.

 

Loin d’être conceptuelle, l’idéologie du Bien semblerait se confondre avec le triomphe et la domination incontestées des anciens soixante-huitards : à noter leur collusion avec la classe politique, elle-même bénéficiaire du capitalisme mondialisé. En effet, les opinions qui se veulent “antiracistes” sont professées unanimement par les membres des sphères politique et médiatique, qui se soutiennent mutuellement et qui déterminent – avec la notable exception d’Internet – l’information que l’on veut bien distiller au peuple : les élites s’estiment être seules en mesure de décider ce que l’on a le droit de penser.

 

Les bienpensants se considèrent délestés de tout ce qui pourrait faire entrave à une vision optimiste de la vie. Ils sont convaincus que le Progrès est en marche : la société devient de plus en plus tolérante, puisqu’on accepte “l’Autre”, qu’on ne réprouve plus l’incroyance, l’union libre, l’homosexualité, l’étranger. Toutes ces valeurs rétrogrades sont reléguées aux ténèbres du passé, attribuées aux traditions obscurantistes.

 

On ne peut cependant hisser haut la bannière de l’antiracisme, de l’amour entre les peuples, que pour autant que l’on s’estime à l’abri de tout risque. On peut tenir ces vues généreuses et d’une bienveillance absolue à l’égard de l’Humanité entière uniquement quand on jouit du confort, sans risquer de s’affronter à la bassesse humaine qui remettrait cette vision en cause.

 

Concrètement, ces bienpensants peuvent dénoncer le nationalisme parce qu’ils estiment n’avoir pas de patrie à défendre ; ils peuvent aimer “l’Autre” parce qu’ils vivent dans les quartiers de Paris où la racaille ne sévit pas. On voit ici à l’œuvre le même phénomène qui se produisait quand les Européens dénigraient tranquillement l’Amérique, tout en bénéficiant de la protection que celle-ci offrait contre la menace d’une agression de la part de l’URSS. Bref, les antiracistes, les gauchistes, manifestent la suffisance de l’enfant gâté.

 

Ce rêve dont les bienpensants se bercent est assurément conforté par la virtualisation produite par la globalisation et la numérisation. Autrefois, on pouvait s’exalter à la pensée de l’idéal révolutionnaire, de la haine justifiée du Maître (comme chez Frantz Fanon), mais cette époque est révolue.

 

Aujourd’hui, la haine est proscrite, parce que notre vie se déroule dans un univers dématérialisé : la matière ne pèse plus, rien ne coûte des efforts. Dès lors, pour se ranger du côté du Bien, on n’a pas d’effort physique à produire : immobilisé devant un écran, il suffit de cliquer sur sa souris. Un monde illimité réconforte aujourd’hui les bien-pensants dans leur perception que l’humain n’a pas de consistance, que l’existence peut être intégralement ludique et festive.

 

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Communiqué
jeudi, 27 novembre 2014
 
 
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Iran : mieux vaut pas d’accord qu’un mauvais accord (info # 012611/14) Version imprimable
Analyse
mercredi, 26 novembre 2014

 

Par Jean Tsadik

 

Avant de vous en entretenir et en l’absence de tout motif d’urgence absolue, nous avons voulu, à la Ména, bien comprendre où on en était des négociations avec l’Iran. C’est vraiment la moindre des choses.

 

A Vienne, lundi, les 5+1 et Téhéran se sont mis d’accord sur une extension des négociations jusqu’au 1er mars de l’année prochaine et jusqu’au 1er juillet pour livrer un traité complet signé, muni de toutes ses annexes.

 

Cela ne signifie pas que les diplomates n’aient pas avancé sur certains points clés ; ils ont cependant buté sur le refus des ayatollahs de réduire sensiblement le nombre de leurs centrifugeuses. Ceux-ci désirent en conserver 9 000, quasiment toutes celles qu’ils possèdent aujourd’hui, tandis que les grandes puissances sont prêtes à leur en concéder 4 000, dont la plupart devraient être d’un modèle plus ancien que le plus performant actuellement en activité.

 

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Zarif vient de lui raconter une blague à propos de la jeune Reyhaneh Jabbari,

pendue en Iran pour avoir résisté à son violeur

 

Encore les Américains et les Européens ont mis passablement d’eau dans leur vin à ce sujet, eux qui voulaient, au début des négociations, qu’il n’en demeure que 1 000 à 2 000.

 

On est dans l’impasse, car il est douteux que le Congrès de Washington donne son accord même pour les 4 000 unités admises par les négociateurs occidentaux. L’on sait que la sensibilité du Congrès sur la question de la bombe atomique iranienne est similaire à celle de la Knesset israélienne, et l’on sait aussi que les deux chambres US remodelées par les élections de mi-mandat, dans lesquelles les Républicains sont majoritaires, commenceront à siéger en janvier.

 

On comprend mieux dès lors pourquoi la Maison Blanche était si pressée de ficeler un accord avant la date limite initiale du 24 courant.

 

Le Congrès pourrait même s’abstenir de considérer les progrès effectués à Vienne et décider de nouvelles sanctions contre les Perses. Barack Obama, quant à lui, pourrait alors utiliser son veto afin de neutraliser les décisions de son parlement, mais cela enverrait un signal fort de défiance à la théocratie iranienne, qui durcirait à son tour ses positions. Car à Téhéran, on comprend bien qu’Obama n’est pas éternel et qu’on risque fort d’avoir affaire tôt ou tard avec les Républicains et leur alignement sur les positions de M. Netanyahou.

 

Certes, la junte chiite a urgemment besoin des fonds retenus à l’étranger et d’une levée des sanctions qui frappent le domaine de l’énergie, mais pas au point de "se laisser mettre à genoux", comme l’a rappelé hier le Guide suprême Khamenei sur les réseaux sociaux et en anglais.

 

Et cela touche au deuxième point de désaccord actuellement infranchissable : Téhéran, en cas d’accord, réclame une levée rapide de toutes les sanctions, sous six mois, un an tout au plus, alors que les Occidentaux, France et USA en tête, entendent imposer un dégel graduel pour s’assurer que les Perses respectent leurs engagements. Ils ne sont pas prêts à défaire totalement les sanctions sur une durée de moins de cinq ans, certains pays parlant même de dix ans.

 

Il faut savoir qu’en cas de breakout, c’est-à-dire si la "République" Islamique décidait de dénoncer l’hypothétique traité sur sa bombe, et donc de la fabriquer, après toutes ces palabres à Vienne et à Genève, il ne resterait plus que l’option militaire pour les en empêcher. Et c’est précisément cette situation de tout ou rien qu’on espère éviter à Paris et à Washington.

 

Ce, parce qu’on est passablement échaudé par le comportement des Iraniens en matière de contrôle des sites par les inspecteurs de l’AIEA : en dépit du compromis intermédiaire de novembre-décembre de l’année dernière, les ayatollahs n’ont pas laissé les commissaires visiter toutes les installations qui les intéressaient, en particulier celle de Perchin, où ils sont convaincus que les khomeynistes ont développé et testé des dispositifs de mise à feu qui ne peuvent servir qu’à faire exploser des bombes atomiques.

 

Et comme Mohammad Zarif, leur ministre des Affaires Etrangères et le chef de leur délégation durant les négociations, persiste à prétendre que son pays n’a jamais envisagé de faire un usage militaire de l’atome, et qu’il n’est pas possible d’effacer les traces dans le sol qui prouveraient le contraire à Perchin, les gens de l’agence onusienne de l’énergie atomique en restent tenus à l’écart.

 

Dans l’ordre des progrès théoriques réalisés ces dernières semaines à Vienne, et il y en eut, Téhéran a accepté le principe de protocoles détaillés pour l’inspection de ses sites. C’est juste que les 5+1 ne lui donnent plus le bon Dieu sans confession et qu’ils veulent avoir le temps de s’assurer que leurs soupçons sont infondés.

 

Au chapitre des avancées, on peut citer, avec toutes les précautions de rigueur, l’acceptation par les Iraniens, dans le cadre d’un accord définitif, de limiter le taux d’enrichissement de leur uranium à 5 pour cent, ainsi que de convertir les plans de leur centrale à eau lourde afin qu’elle ne puisse pas produire de plutonium.

 

Forts de ces quelques signes encourageants et de l’intention commune des parties de ne pas interrompre le dialogue, on va continuer à discuter ces prochains mois, mais à un niveau moins élevé que celui des ministres des Affaires Etrangères.

 

Tant que la junte chiite ne renouvelle pas son stock d’uranium à 20 % qu’elle a effectivement dégradé au printemps dernier, la pression principale s’exerce sur elle ; c’est elle qui a le plus besoin d’atteindre un compromis avec l’Ouest, tandis que ce dernier peut s’accommoder d’un breakout time, soit le temps qu’il faudrait aux ayatollahs pour fabriquer une bombe s’ils tournaient le dos aux négociations, de six à neuf mois. C’est sans doute ce qui fait dire à Binyamin Netanyahu, suivi en cela par les dirigeants arabes de la région : "Mieux vaut pas d’accord qu’un mauvais accord".

 

D’ailleurs, cette fois-ci, après les "incompréhensions" qui avaient suivi les pourparlers de l’an dernier, John Kerry s’est entretenu à de multiples reprises avec le 1er ministre israélien et avec les Saoudiens. Leur ministre des Affaires Etrangères, Saoud al Faysal, a même effectué le déplacement de Riyad à Vienne dimanche dernier pour s’assurer que Kerry ne signerait pas sur un texte inacceptable.

 

Si Barack Obama se concerte avec le président du Conseil hébreu, ce n’est pas parce qu’il en est soudain tombé amoureux, ni même parce qu’il redoute une action militaire préventive de la part de Jérusalem.

 

Une opération de ce genre ne reviendrait sur le tapis que si les théocrates chiites s’éloignaient des dispositions de l’accord intérimaire avant d’en conclure un qui soit définitif. J’ignore à ce propos s’il existe un document signé entre Kerry et Zarif stipulant que le statu quo sera rigoureusement respecté jusqu’au 1er mars, mais cela paraît évident. Si ce n’était pas le cas, les entretiens cesseraient et on ressortirait les Winchester.

 

Non, si le président US a besoin d’Israël à ses côtés, c’est pour persuader le Congrès, le cas échéant, de parapher un projet d’accord, mais pour cela, il doit convenir aux dirigeants de l’Etat hébreu.

 

Lequel ne peut guère camper sur des positions extrémistes, car il a besoin du soutien d’Obama au Conseil de Sécurité pour faire barrage à l’Etat palestinien, et parce qu’il a besoin de la coopération continue de l’administration en place, autant pour assurer le flux de ses livraisons militaires courantes que pour continuer à financer ses projets spéciaux.

 

Si on est poli, on dira que "tout se tient", et si on ne l’est pas, on s’exclamera : "Quel monde de pu… !", mais il est inutile de s’exciter, cela revient précisément au même.

 

On a aussi beaucoup écrit sur le fait qu’Obama voulait prestement finaliser une entente avec Téhéran parce qu’il avait besoin des ayatollahs pour l’aider à combattre l’Etat Islamique. On écrit donc n’importe quoi !

 

On devrait se demander en quoi les Iraniens pourraient-ils bien apporter un soutien décisif au président américain dans cette confrontation. Lui manque-t-il des moyens ? Des soldats ?

 

Le questionnement de base restant : et si les Etasuniens ne réclamaient pas à Khamenei de faire la guerre en Irak, ne la ferait-il pas ? Le Guide suprême avait-il attendu la venue des ambassadeurs de Washington pour envoyer ses Pasdarans guerroyer en Irak et en Syrie ?

 

Assurément, la junte théocratique persane n’avait guère besoin de rappels pour savoir que les sunnites sont ses pires ennemis, et qu’il lui faut contenir leur avancée vers le Sud au risque de perdre de l’influence et de se préparer des lendemains qui déchantent.

 

Le souci des experts US, s’ils le comprennent, consiste à ne pas frapper l’EI trop fort afin qu’il puisse résister aux chiites soutenus par l’Iran et que les deux camps se neutralisent au sud de Bagdad.

 

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Ils se font la main sur les animaux (info # 012411/14) Version imprimable
Informations générales
lundi, 24 novembre 2014

 

Dernières minutes :

 

Ce lundi soir, aux alentours de 18 heures, deux étudiants de la yeshivah Shouvu Banim (revenez, les garçons), âgés respectivement de 32 et 45 ans, se sont fait poignarder par des Palestiniens, à proximité de la porte de Jaffa dans la vieille ville de Jérusalem.

 

Les victimes, l’une blessée légèrement et la deuxième plus sérieusement, sont parvenues jusqu’à la station de police la plus proche pour demander de l’aide ; les deux hommes ont été évacués sur l’hôpital de Shaareï Tzedek (les portes de la justice), après que l’on eut stabilisé leurs blessures sur place.

 

Les forces de police ont rapidement arrêté trois suspects, dont deux mineurs, et passent la ville au peigne fin à la recherche d’éventuels complices.

 

Les premiers résultats de l’enquête semblent indiquer que nous ne serions pas en présence d’un acte terroriste délibéré, mais des conséquences d’une rixe entre trois étudiants talmudiques et quatre jeunes habitants arabes de Jérusalem-Est.

 

 

Ils se font la main sur les animaux (info # 012411/14) [Informations générales]

Par Hevi Pekoz © Metula News Agency

 

Le 3 octobre dernier, des soldats israéliens ont remarqué deux Palestiniens qui se baladaient avec une hyène blessée alors qu’ils patrouillaient près du village d’Etzion en Judée Samarie.

 

Les soldats ont immédiatement appréhendé les deux personnes et contacté la direction de la Nature et des Parcs, un organisme gouvernemental dépendant du ministère de la Protection de l’Environnement, qui gère les réserves naturelles et les parcs nationaux de l’Etat hébreu.

 

Un vétérinaire dépêché sur place, accompagné d’inspecteurs, est parvenu à stabiliser l’état de l’hyène avant de la transférer à la clinique vétérinaire Israeli Wildlife (vie sauvage israélienne).

 

Un interrogatoire préliminaire a permis de révéler que les deux individus résident dans le bourg de Beit Ummar, à 11 km au nord-ouest d’Hébron ; ceux-ci ont toutefois déclaré aux enquêteurs avoir trouvé l’animal dans le lamentable état dans lequel les militaires l’ont découvert et ont été remis en liberté.

                                                                                                      

Cependant, lors de l’enquête, les inspecteurs ont découvert une vidéo postée sur Internet par les deux Palestiniens, les montrant en train de torturer l’hyène, attachée avec des chaines métalliques par la mâchoire et le corps, les pates avant en sang. On y voit également les deux tortionnaires traîner l’hyène par la queue et les poils de sa tête, ce, tout en s’esclaffant.

 

Après la découverte de ces éléments à charge, qui mettaient clairement en doute la version des faits des deux bourreaux, une patrouille de l’Armée israélienne s’est rendue dans leur village pour procéder à leur arrestation.

 

Les interrogatoires et les investigations ont confirmé que l’animal avait été détenu dans d’atroces conditions.

 

Maltraité, privé d’eau et de nourriture, après avoir été capturé à l’aide d’un piège à pates, un objet illégal qui inflige des souffrances extrêmes à ses victimes.

 

L’hyène, en état de choc, avait subi de nombreuses blessures occasionnées par les Palestiniens et souffrait d’une jambe et de dents cassées. Les vétérinaires l’ont soignée et pensent qu’elle pourra retrouver son habitat naturel d’ici un ou deux mois.

 

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Un maître-chien israélien et son équipier

                                                 

La cruauté à l’encontre des animaux, ou zoosadisme, découle d’un comportement sociopathe. La sociopathie est considérée comme un trouble de la personnalité s’appliquant à des personnes ayant du mal à ressentir les émotions humaines à leur propre égard aussi bien qu’à celui d’autrui, ils sont, en outre, incapables de ressentir de l’empathie.

 

Les sociopathes effectuent d’abord leurs "expériences" sur des animaux avant de passer à l’homme.

 

Ainsi, des tueurs considérés comme les plus dangereux de la planète, des assassins tels que Gary Ridgway, qui aurait massacré entre 49 et 90 personnes sur la côte est des Etats-Unis entre 1982 et 2001, Dennis Rader, un tueur en série qui fit 10 victimes entre 1974 et 1991, et Jeffrey Dahmer, surnommé "le cannibale de Milwaukee", ont tous pratiqué la zoosadisme avant de s’en prendre à des humains.

 

Ceci dit, ces assassins ont été retrouvés, jugés et emprisonnés ; quant aux miliciens de toutes les organisations terroristes tels que l’Etat Islamique, le Hamas, le Front al Nosra ou encore Boko Haram, ils tuent impunément hommes, femmes et enfants sans la moindre hésitation, au prétexte qu’ils revendiquent leur participation à une guerre sainte.

 

Ces dégénérés n’ont pas à rendre compte de leurs crimes à moins d’être neutralisés par les frappes de la coalition internationale, les tirs des Peshmergas ou la puissance de Tsahal. Et s’ils survivent, ce qui va être probablement le cas de la plupart d’entre eux, ils continueront à "défendre" la même cause dans d’autres rangs et sous d’autres cieux.

                                                                                                                                             

Le sacrifice d’animaux existe dans la liturgie musulmane, il procède d’une pratique courante ; généralement, c’est un mouton que les fidèles offrent à leur Dieu à l’occasion de l’Aïd al Kabir (la grande fête), appelée également Aïd al Adkha (la fête du sacrifice).

 

Cette tradition commémore la soumission d’Ibrahim (Abraham, pour les judéo-chrétiens) à Dieu, qui a voulu qu’il égorge son fils unique, Ismaël (dans la Bible, c’est Isaac qui devait être sacrifié), en oblation. Dieu a envoyé l’archange Gabriel qui, au dernier moment, avait, substitué un mouton au fils d’Ibrahim.

 

De ce fait, chaque année, le 10ème mois de Dhou al hija (le douzième mois du calendrier musulman), les croyants s’adonnent au sacrifice d’un mouton, en l’égorgeant pour commémorer  l’acte manqué d’Ibrahim.

                                                                                                                                  

En Tunisie, par exemple, plus d’une dizaine de milliers de bêtes à laine ont été égorgées cette année.

 

Hasard, déviance ou habitude, selon Sami El Soudi, la maltraitance des animaux reste une pratique largement plus répandue dans les pays arabes, notamment chez les Palestiniens, que sur le Vieux continent et en Israël.

 

Le 3 octobre à Etzion, les soldats de l’Armée israélienne ont étendu à l’hyène leur principe voulant qu’on "ne laisse pas d’hommes derrière soi" sur le terrain, qu’ils soient morts ou blessés. Cette règle fondamentale au sein de Tsahal assure ses combattants qu’ils ne seront jamais abandonnés en terrain hostile ou dans les griffes de l’ennemi. Durant Rocher Inébranlable, le dernier conflit en date avec le Hamas, des hommes ont encore payé de leur vie leur tentative de récupérer un camarade kidnappé, blessé ou déjà mort.

 

Durant ledit conflit, le meilleur ami de l’homme s’est montré digne des égards conférés par les militaires israéliens au monde animal. Les membres à quatre pattes de l’unité canine de Tsahal, Oketz (dard), spécialisée dans la formation et l’entrainement des chiens à des missions spéciales telles que la localisation des tunnels ou des caches d’armes – se trouvaient en première ligne aux côtés de leurs maîtres. Certains chiens ont d’ailleurs été blessés au combat, et – j’ai bien envie d’écrire "évidemment" - évacués et ramenés en Israël pour y bénéficier de soins médicaux.

 

Pour la petite histoire, ces soldats sans uniforme prennent leur retraite à sept ou huit ans, lorsqu’ils se voient confiés aux soins de leurs maîtres dans la vie civile.

 

Cela contraste de manière extrême avec les usages des miliciens du Hamas, qui ont quant à eux instrumentalisé leurs femmes et leurs enfants comme boucliers humains à Gaza. Ils ont aussi et sans le moindre état d’âme transformé des animaux en armes, en les lançant, bardés d’explosifs, à la tête des hommes de Tsahal.

 

Ainsi, le 18 juin dernier, les miliciens islamistes orientèrent un âne harnaché d’une ceinture explosive dans la direction de soldats israéliens dans le but de les tuer ; repéré par ces derniers, qui n’eurent d’autre choix que celui de le mitrailler, l’aliboron a explosé à bonne distance de ses cibles.

 

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Ce ne sont pas toujours les "gentils" qui gagnent

 

Ce genre d’attaque au baudet avait été observé pour la première fois en 1995, lorsqu’un terroriste-suicide palestinien, chevauchant un âne lui aussi chargé de dynamite, avait foncé sur une position de Tsahal à l’est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Cette attaque n’avait pas tué ni blessé les soldats hébreux mais avait, en revanche, déchiqueté le malheureux animal et son cavalier.


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Méfiez-vous de ceux qui n’aiment pas les chiens (info # 011011/14) Version imprimable
Analyse
lundi, 10 novembre 2014

 

Par Ilan Tsadik

 

74 coups de fouet pour celui qui achète, vend, entretient un chien chez lui ou le promène dans la rue, c’est la peine, assortie d’une amende de dix millions de tomans [env. 300 euros], qu’encourront les amis des meilleurs amis de l’homme dans la "République" Islamique d’Iran.

 

Le projet de loi a été lancé par 32 députés au Majlis, l’ersatz de parlement de la dictature théocratique de Téhéran, et il a toutes les chances d’être approuvé.

 

Ouaf !

 

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Femen-Iran : une chienne à poils et Ahmadinejad

 

Pendant que l’on discutait à la Chambre le fait de savoir s’il y avait lieu d’appliquer cette loi de manière rétroactive sur les deux cents ans écoulés, le président américain, Barack Obama, envoyait à la mi-octobre une lettre secrète au guide suprême de la révolution khomeyniste, Ali Hosseini Khamenei.

 

Dans cette missive rédigée sur un ton amical et révélée par le Wall Street Journal, le chef du monde libre évoquait la possibilité d’actions communes entre les USA et l’Iran contre l’Etat Islamique en Irak et en Syrie.

 

Ce courrier, dont le contenu littéral demeure inconnu, liait une éventuelle coopération militaire et dans le domaine de l’échange d’informations au projet de bombe atomique de Téhéran.

 

On ignore à Métula dans quel sens la proposition s’articulait ; était-ce : entendons-nous sur la bombe afin que nous puissions collaborer contre le Califat Islamique, ou coopérons contre le Califat Islamique et bâclons l’accord sur le nucléaire ?

 

Quoi qu’il en soit, l’annonce de cet échange épistolaire a été fort mal accueillie aux Etats-Unis, où sévit désormais une majorité entièrement Républicaine à l’échelon du pouvoir législatif. On se demande, outre-Atlantique, s’il y a lieu de deviser en secret avec une autocratie antichiens et s’il est avisé de lier les dossiers de la guerre contre DAESH et de la bombe atomique chiite.

 

Et on répond évidemment par la négative, rappelant au canard boiteux [la définition d’un président US ne jouissant pas de la majorité au Congrès] qu’il n’existe aucune commune mesure entre le danger représenté par une bande de sauvages djihadistes armés d’arcs et de flèches et celui de voir un régime totalitariste disposer de l’arme suprême ainsi que des missiles qui lui permettront de terroriser la planète dès qu’ils seront opérationnels.

 

A Washington, on rappelle aussi à M. Obama que la différence entre la sauvagerie des barbares sunnites et des arriérés chiites ne tient qu’au mode d’exécution des innocents ; alors que DAESH leur coupe la tête ou les mitraille, lorsque le temps presse, les ayatollahs les pendent par strangulation, histoire de prolonger le calvaire des suppliciés durant de longues minutes.

 

Ainsi, 55 personnes ont été exécutées de cette manière en deux semaines, entre le 18 et le 29 octobre, y compris Reyhaneh Jabbari, une étudiante en décoration de 26 ans, reconnue coupable de s’être défendue contre un policier en train de la violer, des opposants politiques, des homosexuels ainsi que des mineurs au moment des faits qui leur étaient imputés.

 

Le mollah Laridjani, réagissant, le 15 octobre, à un rapport d’organes internationaux sur les exactions commises en Iran sur le site du Club de la presse des Gardiens de la Révolution, a déclaré : "Plus on nous attaque sur les droits humains et plus nous serons déterminés à appliquer nos peines". Ca promet.

 

Son frère, Javad Laridjani, est président du "Centre des droits de l’homme" de la magistrature perse. L’un de leurs cousins est bourreau et un neveu est le fournisseur principal de corde à nœud du régime.

 

Depuis le début 2014, l’Iran pourrait avoir assassiné des milliers de personnes de la sorte, le compte-rendu et le décompte de la plupart des mises à mort étant le plus souvent gardé secret, comme la lettre de M. Obama. Et les nombreuses visites d’hommes politiques occidentaux à Téhéran, et surtout, de patrons d’industries – notamment automobiles et françaises – avides de réaliser de bonnes affaires à l’ombre des potences, se multiplient.

 

Je m’abstiendrai de vous inonder des qualificatifs "honteux", "répugnant", "révulsant", "émétique", etc. D’abord, je déteste les répétitions, ensuite, à force d’itérations, elles finissent par devenir banales, et puis je suis convaincu que vous possédez un cerveau en bon état de marche et que vous êtes parfaitement capables de tirer vos conclusions par vous-mêmes.

 

De toute façon, il faut absolument innover si l’on veut sortir la France de la crise, naan ?

 

Le 24 courant constituera la date butoir pour parvenir à un accord définitif avec l’Iran sur l’avenir de son programme nucléaire. Il y a quelques jours, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique a fait savoir, à New York, que Téhéran ne collaborait pas avec ses spécialistes, en rupture avec les dispositions figurant dans l’accord intermédiaire. Les ayatollahs empêchent particulièrement les inspecteurs de l’AIEA de se rendre à Perchin, où ont été réalisés les essais des systèmes de mise à feu des bombes atomiques.

 

A moins de quinze jours de l’échéance des négociations, Khamenei n’est toujours pas d’accord de sacrifier la moindre centrifugeuse aux exigences des 5+1, ni de stopper la construction de son usine d’eau lourde, destinée à la fabrication du plutonium à usage militaire.

 

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Infiltration à Métula ? (info # 012610/14) Version imprimable
Exclusivité
mercredi, 29 octobre 2014

 

© Metula News Agency

 

Les rumeurs selon lesquelles le Hezbollah préparerait le terrain en vue d’un prochain affrontement avec l’Armée israélienne vont bon train. Un gradé de Tsahal vient d’affirmer, qu’à Jérusalem, on est désormais convaincu que la milice chiite d’Hassan Nasrallah, supplétive du régime théocratique de Téhéran, a effectivement creusé des tunnels sous la frontière internationale israélo-libanaise.

 

Il prétend toutefois qu’on ignore leurs emplacements exacts.

 

Dans l’entre-temps, il se passe de drôles de choses sur ladite frontière, à l’instar de l’événement capturé cette semaine en photos par l’une de nos équipes de reporters, à proximité de Métula.

 

Suite à une alerte, un détachement de soldats comprenant deux spécialistes de l’unité des scouts de Tsahal, a effectué une patrouille dans la zone adjacente au grillage qui marque la limite entre les deux pays.

 

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Les deux hommes les plus avancés sont des éclaireurs bédouins,

spécialisés dans l’identification et l’interprétation des traces

 

Ils ont positivement repéré de multiples traces de pas, se répétant sur une distance de plusieurs centaines de mètres.

 

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Un scout bédouin en train de délimiter une trace

 

Le ou les individus, dont on ignore la provenance et l’objectif précis, ont trouvé refuge, durant un temps indéterminé, dans une fortification datant des années 40-50 depuis laquelle les habitants de Métula guettaient d’éventuels mouvements de l’Armée libanaise.

 

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L’ancienne position abandonnée dans laquelle les intrus

ont trouvé refuge

 

Durant les recherches effectuées par les militaires hébreux, et en vue d’éviter d’éventuels incidents, les forces de l’ONU se sont déployées autour de l’événement, observant la situation à la jumelle.

 

Du point de vue de la Ména, il pourrait s’agir de promeneurs égarés, ou de SDF à la recherche d’un toit. On se demande cependant ce que de tels individus viendraient faire dans les alentours immédiats de l’une des frontières les plus sensibles du globe.

 

Ce pourquoi, à l’agence, on favorise l’hypothèse selon laquelle des agents du Hezbollah viennent faire des repérages, et pas uniquement dans le cas que nous avons fortuitement photographié.

 

Reste à savoir si ces personnes sont venues du Liban et y sont retournées ; sont venues du Liban et sont restées en Israël ; ou comptent parmi les collaborateurs de la milice chiite de notre côté de la frontière. Dans cette dernière hypothèse, ils se seraient déplacés le long de la zone sensible, auraient effectué des relevés, puis seraient repartis vers l’intérieur du pays.

 

Dans cette éventualité, ils auront sans doute été filmés par les caméras de surveillance, nombreuses dans la région, et pourront probablement être retrouvés par le service du contre-espionnage (Shin Bet).

 

On s’interroge tout de même quant à la raison pour laquelle ces aléatoires agents de l’ennemi auraient laissé autant de traces sur la terre meuble qui jouxte la barrière.

 

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Les casques bleus de la FINUL observent les militaires

israéliens dans leurs œuvres

 

Au-delà de ces considérations tactiques pour lesquels nous n’aurons jamais de réponses, l’enseignement que nous tirons de cet incident consiste à y trouver une preuve tangible du fait que l’organisation de Nasrallah prépare ses plans en vue d’une confrontation à venir ; et que cette confrontation n’épargnera pas les agglomérations israéliennes proches de la frontière.

 

L’Etat hébreu peut, quant à lui, prendre toutes les dispositions nécessaires, il ne sera pas en mesure, aux premières heures d’un possible conflit, de parer à toutes les initiatives de l’ennemi. Particulièrement, si c’est l’ennemi qui décide d’ouvrir les hostilités.

 

En revanche, pour les jours qui suivraient, Tsahal dispose non seulement de ses propres plans constamment mis à jour, mais il possède également des informations précises qui lui sont fournies par divers canaux, tant humains que mécaniques.

 

Les premiers jours d’un affrontement entre Tsahal et le Hezbollah causeraient leur lot de victimes en Israël ; la suite conduirait à une invasion terrestre de grande envergure du pays aux cèdres, ainsi qu’à une riposte, qui, comme l’a prédit un général israélien, "ramènerait le Liban 70 à 80 ans en arrière". 

 

Une fois encore, et cela doit être rappelé, Israël n’a aucune prétention territoriale ou autre sur son voisin du Nord ; mais s’il est menacé voire attaqué par des forces agissant depuis son territoire, sa riposte sera dévastatrice. En considération de la situation qui prédomine dans notre région et des forces hostiles à proximité aussi bien qu’à un millier de kilomètres d’ici, on peut s’attendre à une réplique plus massive et aux conséquences plus durables que lors des dernières guerres entre Israël et le Hezbollah.

 

 

 
Assassinat collectif palestinien au cœur de Jérusalem (info # 022210/14) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 22 octobre 2014

 

Mercredi, 20h40 à Metula, 19h40 à Paris

 

Aux alentours de 18 heures, un conducteur, probablement originaire du quartier de Silouane dans la partie orientale de Jérusalem, après être passé devant le siège national de la police israélienne, a lancé son véhicule contre les usagers du tramway hiérosolymitain qui patientaient à la station de la "Colline aux munitions", Givat Ha-Takhmochette, sur le carrefour de la Colline française, Giva ha-tzarfatite.

 

Le terroriste est parvenu, au volant de sa grosse berline grise, à faucher 9 personnes, comme on le voit clairement sur cette vidéo saisissante.

 

Un bébé, une petite fille âgée de 3 mois, est décédée des conséquences de ses blessures, et une femme de 50 ans est grièvement atteinte, alors que les 7 autres victimes sont touchées de façon légère à modérée.

 

A l’issue de sa chevauchée meurtrière, le terroriste a heurté un poteau qui a stoppé la progression de son automobile.

 

Après l’immobilisation de celle-ci, le chauffeur a tenté de prendre la fuite en courant ; il a cependant été rattrapé par un officier de l’unité antiterroriste Yassam, qui se trouvait fortuitement sur les lieux, et qui est parvenu à dégainer son arme et à tirer en direction de l’assassin.

 

Ce dernier, connu des forces de sécurité, serait encore en vie, quoique très sérieusement blessé.

 

Ce n’est pas la première fois que des extrémistes palestiniens font usage de véhicules à moteur afin d’écraser des civils israélites dans la capitale de l’Etat hébreu. Il y a 2 mois, un autre terroriste, Nayef Jabis, avait renversé un autobus à l’aide d’une pelle mécanique avant d’être mis hors d’état de nuire par un gardien de prison ; un passant Abraham Walles, âgé de 29 ans et père de 5 enfants, avait perdu la vie lors de cette agression.

 

En juillet 2008, un Palestinien de Jérusalem avait lui aussi lancé un engin de travaux publics contre un autobus, dans la rue principale de Jaffa, tuant deux passagers et en blessant des douzaines d’autres.

 

Récidive quinze jours plus tard, quand 24 civils innocents avaient été blessés lorsqu’un autre nationaliste palestinien avait défoncé leurs voitures, également à l’aide d’un bulldozer.

 

L’Agence France Presse avait, lors de l’assassinat de la rue de Jaffa, décrit l’évènement comme un accident de la circulation, dénonçant les Israéliens qui avaient neutralisé le tueur. La Ména s’était alors employée à préciser les faits et à débouter cette tentative dévoyée et raciste de transgression intentionnelle de la réalité par des professionnels de l’information.

 

Cette fois aussi, l’agence semi-officielle de l’Etat français n’est pas persuadée que les faits que nous venons de décrire participent d’un acte terroriste, puisque, dans toutes ses dépêches, elle enceint le mot terroriste entre des guillemets.

 

Ce soir, en dépit de la "prudence" habituelle de l’agence semi-publique française, le Hamas s’enorgueillit de l’assassinat collectif de ce soir, allant jusqu’à donner le nom et les antécédents du criminel, et le qualifiant de martyr sorti de ses rangs.

 

Il s’agirait d’Abd al Rahman al Shaludi, 20 ans, appartenant à cette organisation classée terroriste par la plupart des institutions internationales, qui aurait fait plusieurs séjours dans les prisons israéliennes. A l’annonce des évènements, des dizaines de jeunes émeutiers se sont répandus à l’entrée du quartier de Silouane et à proximité de la demeure de l’assassin.

 

Au moment où le Hamas se flatte du meurtre d’Israéliens innocents comme s’il s’agissait d’un fait d’armes héroïque, nous, de rappeler que, le mois dernier, l’hôpital télavivien d’Ichilov a soigné la fille de son chef Ismaïl Hanya. La direction de cet établissement a tenu à préciser qu’elle fait partie de plusieurs milliers de patients palestiniens de la bande de Gaza et de l'Autorité Palestinienne, adultes comme enfants, qui sont hospitalisés chaque année pour des traitements divers dans ce seul centre de soins.

 

L’un des partis au conflit fait tout son possible afin de sauver les petites filles de l’autre, alors que l’autre fait son possible pour tuer le plus possible de fillettes du premier. C’est le fossé infranchissable qui sépare l’humanisme de la barbarie et dans lequel les antisémites perdent leurs âmes les uns après les autres.

 

Dernière minute :

 

Les premières conclusions de l’enquête concernant l’incident d’Ezouz, à la frontière israélo-égyptienne, indiquent que nous sommes probablement en présence d’une tentative violente de contrebande de drogue à partir du Sinaï.

 

Les agresseurs ont ouvert le feu simultanément à partir de trois positions, dont une voiture qui empruntait la route longeant la frontière. Les contrebandiers ont fait usage d’armes automatiques, de grenades antichars et même de missiles.

 

Dans l’échange de feu, le Capitaine Or Ben Yehouda, commandant de compagnie, ainsi qu’une soldate ont été blessés.

 

Tsahal a répliqué, éliminant au moins trois des assaillants.  

 

 

 
L’étrange disparition de l’inflation (info # 012409/14) Version imprimable
Analyse économique
mercredi, 24 septembre 2014

 

Par Sébastien Castellion

 

Depuis la grande crise financière de 2008, j’ai écrit à plusieurs reprises dans ces colonnes que la politique ultra-accommodante des Banques centrales occidentales (Etats-Unis, Europe et Japon) finirait inévitablement par provoquer un regain d’inflation. Le marché, pour l’instant du moins, est en train de me donner tort.

 

Trois Banques centrales – Réserve fédérale ou « Fed » américaine, Banque Centrale Européenne ou BCE et Banque du Japon ou BOJ – sont responsables de la création de monnaie dans des économies dont le poids combiné est supérieur à la moitié de l’économie mondiale. Toutes les trois ont eu, depuis plusieurs années, une politique débridée de création de liquidités, dans des proportions sans commune mesure avec celles des décennies précédentes.

 

Aux Etats-Unis, Janet Yellen, gouverneur de la Fed depuis le début de l’année et vice-gouverneur durant les quatre années précédentes, aura vu augmenter la masse monétaire américaine (comptes en banque, argent physique et comptes des banques auprès de la Fed) de 4 000 milliards de dollars en cinq ans, soit une augmentation de plus de 50 pour cent.

 

En Europe, relativement plus sage, l’augmentation a été de 10% ou 1 000 milliards d’euros, mais en trois ans seulement. Enfin, au Japon, après l’élection du Premier ministre Abe fin 2012, un nouveau gouverneur de la Banque centrale, Haruhiko Kuroda, s’est empressé d’annoncer en mars 2013 que son objectif était de doubler la masse monétaire ; il n’y est pas encore parvenu, mais il y travaille.

 

Les Banques centrales font tout ce qu’elles peuvent pour rendre plus facile l’attribution de prêts aux entreprises et aux ménages. Depuis quelques semaines, la BOJ a même mis en place des taux d’intérêt négatifs : elle paye les banques (entre 0,015% pour trois mois et 0,02% pour six mois) pour le privilège de lui emprunter de l’argent, en échange d’obligations et autres titres de créance – y compris les titres de la dette de l’Etat.

 

A plusieurs reprises, des taux d’intérêt négatifs ont été observés aussi en Europe – notamment pour les titres de la dette des gouvernements les mieux gérés, qui sont si demandés que les banques sont prêtes à payer pour les obtenir. Des titres de la dette publique allemande et danoise ont ainsi récemment été “vendus” aux enchères pour un prix négatif. Sur le marché interbancaire européen, la BCE conserve un taux de refinancement de base très légèrement positif (0,05 pour cent) mais a dû admettre que le taux interbancaire à très court terme, Eonia, pourrait descendre jusqu’à moins 0,2 pour cent pour certaines opérations.

 

Enfin, aux Etats-Unis, il est vrai que Madame Yellen parle régulièrement d’une « normalisation » à venir – c’est-à-dire la fin des taux zéro et le retour à une politique de financement plus classique. Mais elle tarde tant à agir qu’on peut se demander si son principal objectif n’est pas d’essayer de convaincre le marché qu’il est en meilleure santé qu’il ne l’est réellement, pour qu’il fasse enfin preuve d’un peu plus d’activité.

 

En théorie, les taux d’intérêt négatifs sont une absurdité : si une banque peut être payée pour confier à la Banque centrale les titres de la dette qu’elle possède, il ne devrait bientôt plus rester de titres sur le marché. Le fait que les Banques centrales en sont réduites à des mesures aussi désespérées montre qu’elles ne trouvent plus d’outils plus classiques pour remédier au manque d’appétit de l’économie pour les prêts et crédits qui financent la croissance. Même ces mesures désespérées sont probablement en train d’échouer ; les économies occidentales ne semblent pas réagir au gavage des banques par les Banques centrales.

 

Selon la théorie économique classique, inonder l’économie de monnaie devrait conduire, d’une part à une multiplication des crédits et de l’activité ; d’autre part, à une augmentation de l’inflation. Rien de tout cela, cependant, ne se produit en ce moment ; bien au contraire.

 

En Europe, le taux moyen d’inflation des pays de la zone euro (indicateur HICP) s’est progressivement effondré en trois ans, passant de 3% fin 2011 à 0,4% en août 2014. Au Japon, malgré la politique monétaire la plus agressive du monde industrialisé, Kuroda San a récemment reconnu que son objectif d’une inflation de 2% ne serait pas atteint ; le doublement en cours de la masse monétaire devrait à peine parvenir à pousser l’inflation japonaise à 1,2 ou 1,3 pour cent. Enfin, aux Etats-Unis, l’inflation a été nulle au mois d’août, pour la première fois depuis quatre ans.

 

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« Vous prendrez bien quelques milliers de milliards de plus ? » (Janet Yellen)

 

Comment l’inflation peut-elle donc rester aussi faible dans des économies occidentales gavées de liquidités à n’en plus savoir que faire ?

 

Une explication particulièrement pessimiste, celle du professeur Robert Gordon de l’université Northwestern à Chicago, est que les économies occidentales n’auraient tout simplement plus les ressources nécessaires pour améliorer leur croissance. Non seulement l’arrivée à la retraite des générations du baby-boom va réduire la force de travail disponible, mais il n’y a plus suffisamment de progrès technologique prévisible pour améliorer la productivité et alimenter la croissance.

 

Le professeur Gordon propose donc de revoir à la baisse toutes les prévisions officielles de croissance et de se préparer à un monde de stagnation durable. Dans un tel monde, l’inflation finira bien par se produire : le public, à qui on a répété qu’il peut espérer une amélioration régulière de ses conditions de vie, va demander de plus en plus à une économie qui ne pourra pas suivre la demande. Mais ce sera un phénomène progressif. Il est vain d’espérer une augmentation rapide de l’inflation due à une reprise de l’activité. L’argent que les Banques centrales déversent pour encourager les investissements s’accumule en pure perte dans l’économie, parce que les progrès techniques qui exigeraient ces investissements ne sont tout simplement pas disponibles.

 

L’analyse du professeur Gordon est cependant très isolée parmi les économistes. Elle paraît d’ailleurs contre-intuitive à une époque où les progrès techniques semblent omniprésents dans les technologies de l’information, les matériaux, la santé et de nombreux autres secteurs.

 

Il reste que la combinaison paradoxale d’une faible croissance, d’une création monétaire massive et d’une inflation presque nulle dans les économies occidentales est un fait. Si elle n’est pas due à une rupture historique de la capacité de croissance, y a-t-il des causes plus conjoncturelles qui peuvent l’expliquer ?

 

Une piste intéressante pour résoudre ce paradoxe a été explorée par l’économiste Daniel Alpert dans The Age of Oversupply (« L’âge de la surabondance »), Penguin, 2013.

 

Ce livre est desservi par sa seconde partie, qui répète sans aucune originalité les appels traditionnels des économistes de gauche à augmenter l’intervention de l’Etat dans l’économie. La première partie de l’ouvrage, en revanche, développe une idée originale et rarement mise en avant. Pour Alpert, la principale caractéristique de l’économie contemporaine est que, industrie par industrie, il y a aujourd’hui plus de producteurs qu’il n’en est besoin : trop d’entreprises offrant les mêmes produits et services, trop de salariés offrant leur force de travail. Avec la mondialisation rapide des dernières décennies (baisse des droits de douane, forte réduction des coûts de transport, arrivée de nouveaux pays, surtout asiatiques, sur le marché), toute personne qui souhaite employer un salarié ou acheter un produit particulier peut désormais choisir entre bien plus de solutions qu’elle n’en aura jamais besoin.

 

Or, toute l’analyse économique classique – celle qui concluait qu’une augmentation de la masse monétaire supérieure à la production provoquerait nécessairement de l’inflation – reposait sur l’hypothèse inverse : celle de la rareté des biens et services et de la force de travail.

 

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Israël abat un Mig syrien (info # 022309/14) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 23 septembre 2014

 

© Metula News Agency

 

Métula 10h35, Paris 9h35,

 

Aux alentours de 9 heures ce matin, heure locale, Tsahal a abattu un chasseur bombardier MiG-21 syrien de fabrication russe dans le Golan.

 

Cette interception a été effectuée à l’aide d’un missile sol-air Patriot produit par les Etats Unis.

 

Le MiG-21 survolait la région de Kuneitra en territoire syrien et ne menaçait pas directement les positions israéliennes.

 

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Un MiG-21 de l’Armée de l’air syrienne, semblable à celui

abattu ce matin au-dessus du Golan

 

Il était probablement impliqué dans une mission de bombardement des positions de l’Armée Syrienne Libre (ASL) dans le secteur.

 

Tsahal a toutefois informé le régime de Damas de longue date, que de manière permanente, tous les appareils volant en direction de l’Etat hébreu seraient irrémédiablement abattus.

 

Nous avons déjà mentionné dans ces colonnes qu’un MiG se trouvant au-dessus de Kuneitra se situe à quelques minutes de vol de Kiryat Shmona, Métula, Rosh Pina et Tibériade.

 

S’il parvenait à s’approcher de ces agglomérations, il pourrait leur causer des dégâts en tous points considérables.

 

On nous informe par ailleurs que les débris du chasseur de Béchar al Assad sont tombés en territoire syrien.

 

Nous, d’ajouter que les relations entre Israël et les groupes rebelles de l’ASL spécifiques qui occupent désormais le plus clair du Golan syrien sont bonnes.

 

La collaboration avec l’opposition armée non islamiste à Assad a en outre permis, cette semaine, la visite de l’un des chefs principaux de l’opposition syrienne, Kamal al Labwani, pour dix jours en Israël.

 

Ce médecin, défenseur des droits de l’homme plusieurs fois incarcéré dans son pays, a multiplié les rencontres avec les ministres hébreux, les chefs de Tsahal, les responsables du renseignement, des journalistes et des intellectuels, à l’occasion d’une visite publique sans précédent.

 

Il nous semble que la décision d’abattre le MiG soit autant due à la doctrine préventive que nous avons mentionnée qu’à la volonté politique de Jérusalem d’aider les forces de la rébellion dans le Golan, au moins tant qu’elle ne tombe pas sous l’influence des courants djihadistes que sont l’Etat Islamique et al Nosra.

 

Ce qui, d’après les constatations que nous avons-nous même effectuées sur place n’est pas le cas.

 

Notons pour finir que la totalité des Etats occidentaux appellent à soutenir, à armer et à financer l’opposition non djihadiste à Assad, et que nul mieux que le Dr. Labwani ne représente cette tendance.

 

Par ailleurs, la tension est montée d’un cran aux frontières de Syrie et du Liban à la veille des deux grandes fêtes du calendrier israélite, Rosh Hashana et Yom Kippour.

 

Des renforts ainsi que des armes autotractées ont traversé notre région, ces derniers jours, afin de se rapprocher desdites frontières.

 

 

 
La guerre d’Irak et du Levant aura bien lieu (info # 011809/14) Version imprimable
Analyse
jeudi, 18 septembre 2014

 

Par Hevi Pekoz

 

L’aviation américaine a effectué hier, mercredi, trois raids dans le sud de Bagdad contre des positions du Califat Islamique.

 

Ces frappes étaient destinées à soutenir les tentatives de la Golden Brigade, le meilleur commando de l’Armée irakienne, afin de reprendre aux islamistes le contrôle de la ville de Fadhiliya, située à une cinquantaine de kilomètres de la capitale.

 

Un chef de la tribu des Janabi, qui habite le secteur, a précisé que les combats, qui se sont poursuivis jusqu’au milieu de la nuit, n’avaient toutefois pas permis à l’Armée irakienne de pénétrer dans Fadhiliya.

                                                                                               

D’autre part, des kamikazes de l’Etat Islamique [EI] ont fait sauter un pont à Ramadi dans la province d’Anbar, privant ainsi les habitants de ce secteur de leur dernière possibilité de traverser l’Euphrate et tuant huit personnes lors de l’explosion de l’ouvrage.

 

Par ailleurs, des frappes aériennes auraient également eu lieu sur des positions de l’EI à l’extrême est de la Syrie, dans la province de Deir ez-Zor, partiellement contrôlée par DAESH [EI].

 

Les miliciens islamistes auraient par la suite évacué de nombreuses positions dans les villes d’Eshara, de Mayadine (sur la frontière irakienne) et de Deir ez-Zor, dans laquelle ils entreposent le plus clair de leurs armes et munitions dans la région.

 

Craignant des attaques aériennes massives dans les prochaines heures ou jours, l’EI a évacué ses ouvriers travaillant dans les champs pétroliers qu’il exploite, de même que les familles des mercenaires islamiques étrangers installés à proximité.

 

Des informations moins encourageantes nous parviennent de la ville de Jalawla, à l’extrême sud de la région autonome du Kurdistan, sur la rivière Diyala.

 

Jalawla, que les Kurdes appellent Qarah Ghân, est principalement habitée par la population tribale des Krui. La ville, contrôlée conjointement jusqu’en juin dernier par les Forces irakiennes et kurdes avait été abandonnée par les soldats de Bagdad en déroute.

 

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Service cartographique de la Ména © Metula News Agency

 

Depuis, des affrontements extrêmement intenses, opposant les Peshmergas aux miliciens de l’EI, avaient ébranlé la région et s’étaient terminés par un retrait des Forces kurdes de la ville après des combats de rue sanglants.

 

Suite à la réorganisation des Peshmergas, au début de leur dotation en armes modernes et le soutien ponctuel de l’US Air Force, les Peshmergas tentent actuellement de reprendre Jalawla. Mais ils doivent faire face dans la bataille non seulement aux miliciens djihadistes mais également à environ un millier de membres de la tribu Krui.

 

Ces derniers appartenaient au bataillon de Jalawla dans les rangs de l’Armée de Saddam Hussein.

 

Le gouvernement de Bagdad leur a récemment accordé une amnistie générale, tant pour les crimes qu’ils ont pu commettre du temps de Saddam que pour avoir  participé à l’effort de guerre de DAESH [EI].

 

De plus, le Lieutenant général de l’Armée nationale irakienne Abdul Amir al Zaidi a offert des armes et de l’argent aux Krui, à condition qu’ils s’opposent aux Peshmergas dans leur tentative de reprendre la ville.

 

Le commandant des Forces kurdes dans la région, Mahmoud Sangawi, a confirmé que ses hommes avaient affronté des Krui lors des derniers combats contre l’Etat Islamique.

 

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Peshmergas bien équipés, dotés d’armes automatiques et de blindés légers

 

Cet épisode malheureux de la Guerre Civile Irakienne illustre les propos de notre rédacteur en chef Stéphane Juffa dans son dernier article Le monde contre le Califat Islamique, lorsqu’il affirmait que les contours entre l’Armée nationale irakienne et l’EI n’étaient pas clairement dessinés.

 

Comme dans le cas de la tribu Krui, certains éléments de ladite Armée passent d’un camp à l’autre en échange d’avantages pécuniaires, d’armes et de munitions.

 

Dans le cas précis de Jalawla, l’Etat central iranien désire circonscrire la poussée des Peshmergas afin de contenir le futur Etat Kurde dans son réduit du Nord-Est ; la ville de Jalawla ne se trouvant qu’à 110 km au nord-est de Bagdad.

 

Jean Tsadik, féru d’histoire, me fait remarquer qu’une gigantesque bataille avait déjà eu lieu à Jalawla. C’était en avril 637, elle opposait déjà le Califat Islamique [pas EI, le Califat de Rashidun], à l’empire non-arabe des Sassanides, et s’était soldée par la victoire des musulmans. Tsadik attire notre intention sur le fait qu’elle avait mis aux prises 20 000 soldats impériaux contre 12 000 "miliciens" islamistes, soulignant que, comme dans les conflits modernes, la supériorité numérique n’était pas une garantie de succès.

 

Trop occupés à guerroyer contre les islamistes à Ramadi, à l’ouest de la capitale, et dans la région de Fadhiliya, au Sud, l’Armée irakienne préfère faire front commun avec l’EI, par forces tribales interposées, plutôt que de permettre aux combattants du président Massoud Barzani d’étendre encore leur territoire.

 

Dans le même registre, le gouvernement central irakien, symboliquement présidé par un autre Kurde, Fouad Massoum, mais en fait acquis aux chiites du Sud et aux Iraniens, fait pression sur la coalition occidentale afin qu’elle limite ses livraisons aux Kurdes à des équipements militaires de moyenne importance, censés ne pas modifier le rapport de forces entre son Armée et les Peshmergas.

 

Ce qui est regrettable est que les Peshmergas ont démontré leur capacité à faire reculer le Califat Islamique, tandis que l’Armée gouvernementale s’est montrée, jusqu’à présent, incapable de le faire.

 

Mais les chiites et les ayatollahs iraniens pensent à l’avenir, au moment où les miliciens de DAESH [EI] auront été repoussés loin vers le Nord, lorsqu’ils auront à faire face à Barzani et aux revendications kurdes d’indépendance.

 

Or les Kurdes, qui ne sont pas arabes, sont traditionnellement des alliés des Occidentaux et des Israéliens.

 

En outre, la "République" Islamique d’Iran compte de vastes territoires kurdes sur lesquelles vit une population de 8 millions de personnes qu’elle opprime.

 

Khamenei craint à juste titre que les Kurdes iraniens ne revendiquent leur agrégation au futur Etat kurde d’Irak lorsque celui-ci aurait été officiellement déclaré et reconnu. Les Kurdes d’Irak sont moins nombreux que leurs frères en Iran, ne représentant que 7 millions d’individus environ.


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Golan : visite de bon voisinage (info # 010909/14) Version imprimable
Reportage photo
mardi, 09 septembre 2014

 

Par l’équipe de reportages Nord-Est © Metula News Agency

 

Nous avons effectué hier, lundi, un reportage extrêmement fructueux le long de la frontière entre Israël et la Syrie, sur le plateau du Golan.

 

Les objectifs de notre petite expédition consistaient à observer visuellement l’état du conflit entre la rébellion et l’Armée de Béchar al Assad, ainsi qu’à tenter de savoir qui faisait la loi au sein de l’opposition armée dans cette région, entre les islamistes extrémistes et les composantes plus modérées de l’Armée Syrienne Libre (ASL).

 

D’autre part nous voulions savoir si la ligne Alpha, autrement dit la frontière entre l’Etat hébreu et son voisin de l’Est était calme et stable, ou si les escarmouches s’y multipliaient, et les menaces se concrétisaient.

 

Comme dans notre cas le journalisme ne se limite pas à répercuter les bilans des victimes obtenus au guichet d’une organisation terroriste, nous avons arpenté des sentiers pierreux et à peine praticables le long du grillage de séparation, nous trouvant, pendant plus de 3 heures, à moins de 10 mètres de la Syrie en guerre.

 

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Une position de l’ONU adossée à Kuneitra

 

La première constatation que nous tirons de notre randonnée est, qu’hier du moins, la situation était particulièrement sereine. Le front du Golan, pratiquement sur toute sa longueur, des contreforts du mont Hermon, au Nord, jusqu’à Khamat Gader, au Sud, sur la frontière jordanienne, est aux mains des opposants à Assad.

 

L’Armée du régime tient toujours ses positions sur l’un des deux mamelons constituant le mont Hermon, et de là, le long du Liban, qu’elle a déjà entrainé dans sa guerre civile.

 

On se balade en plein traumatisme d’après la bataille ; de toute l’après-midi, nous n’avons pas croisé le moindre porte-flingue d’al Assad, ni aucun combattant de l’ASL, pas plus que les habitants, encore terrés dans leurs maisons. A peine quelque véhicule utilitaire s’aventurant prudemment sur des routes dangereuses.

 

Côté israélien, des patrouilles, qui ne se formalisent pas outre mesure de notre présence, nous prenant sans doute pour des forces spéciales (qui d’autre s’aventurerait ici ?). Tsahal s’est installé à quelques centaines de mètres de la frontière, dans des bases où il a pu déployer tout son arsenal hypersophistiqué. Les soldats nous regardent sans doute à la jumelle mais nous fichent la paix.

 

La zone reste tout de même très dangereuse. Pendant notre visite, sur le coup de 19 heures, on entend deux ou trois rafales au loin ; une balle perdue a touché légèrement un militaire israélien à la jambe. Celui-ci est emmené en hélicoptère vers l’hôpital de Safed, à 5 minutes de vol.

 

Notre découverte la plus intéressante, nous l’avons faite à Kuneitra. Kuneitra, ville fantôme dans laquelle personne ne vit depuis 1967 lorsqu’elle fut prise et détruite par les guerriers hébreux.

 

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L’hôtel de ville abandonné de Kuneitra

 

Israël s’en est retiré depuis 40 ans, et, ces derniers mois, elle était devenue l’enjeu de la guerre du Golan entre Assad et ses contempteurs.

 

Au centre de la bataille un petit poste frontière, l’allure insipide, à 30 mètres de son homologue israélien. C’est cette position, symbolique et stratégique à la fois, qui était au cœur des combats ; des centaines de Syriens viennent de mourir pour elle.

 

Difficile de croire que l’on puisse donner sa vie pour quelque chose d’aussi misérable. Le poste frontière est là, devant nous, vide de toute présence humaine à notre grand étonnement.

 

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C’est pour ça que 300 personnes au moins sont mortes

 

Il y a quelques jours, dans l’euphorie de la victoire, les drapeaux de toutes les factions en guerre contre la dictature alaouite avaient surgi de nulle part.

 

Maintenant, quelqu’un a fait de l’ordre et il ne reste qu’une seule bannière. Nous reconnaissons celle de Jabkhat Thowar Suriya, le Front Révolutionnaire Syrien (FRS).

 

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C’est une agréable nouvelle, car le FRS représente une aile idéologiquement modérée au sein de l’Armée Syrienne Libre.

 

C’est un front qui s’est solidifié face au renforcement du Califat Islamique, sous les ordres d’un certain Jamal Maarouf, le chef de la Brigade des Martyrs de Syrie, basé à proximité d’Idlib, dans le nord-ouest du pays.

 

C’est l’un des rares groupes à s’être prononcé en faveur de la seconde conférence de paix de Genève, en présence de représentants du régime.

 

Le FRS, qui compte une dizaine de milliers de combattants, prône le renversement des alaouites et l’établissement d’une démocratie pluraliste, une perle rare dans la région ; une organisation plus nationaliste arabe qu’islamiste, on pourrait presque parler d’un mouvement "laïque".

 

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On ne s’est pas fait le moindre cadeau

 

Ce sont des gens avec lesquels il est possible de discuter, du genre que les Européens, les Américains et les Israéliens aideraient volontiers.

 

D’ailleurs ce que l’on constate sur le terrain témoigne de ce qu’un dialogue existe. Notamment l’hôpital de campagne opéré par les Hébreux, à califourchon sur la ligne Alpha, pas loin de la bourgade druze-israélienne de Boukata.

 

C’est un secret de polichinelle de dévoiler que le Front Révolutionnaire Syrien reçoit de la part des Occidentaux des aides de toutes sortes. Mais mieux vaut, pour le moment, ne pas entrer dans les détails.

 

Ce qui frappe sur place c’est ce drapeau orphelin, pas dominateur puisqu’attaché à mi-mât et sans personne pour le garder.

 

En face, en Israël, c’est pareil, le poste frontière est fermé et désaffecté. Il y a quelques jours, la Police Militaire, armée jusqu’aux dents, nous a empêché de nous approcher à 100 mètres d’ici, mais ce lundi, cela ressemble au désert des Tartares. Personne - ni dans les nombreuses bâtisses, ni dans l’aile technique, ni dans les miradors.

 

Il est évident que des deux côtés de la frontière on s’est entendu afin d’éloigner les combattants les uns des autres et d’éviter ainsi les frottements incendiaires.

 

Dans ces conditions nous pouvons aller ou nous voulons ; il n’y a pas même un Casque bleu de l’ONU, dont les baraquements sont tout proches, pour nous barrer le chemin. A peine deux soldats philippins ventripotents, absorbés par leur jogging quotidien, qui nous font un geste amical, tout heureux de croiser d’autres êtres vivants.

 

Nous posons le pied dans le No Man’s Land, gravissons les marches d’un mirador des Nations Unies déserté et posons notre lourd téléobjectif sur la rambarde de métal pour prendre des photos,

 

Nous regardent-ils en face ? Probablement. On sent quelques paires d’yeux fixées sur nous mais en toute discrétion : que ce silence a l’air bien ordonné !

 

Nous continuons notre inspection, et croisons  des voisins moins tranquilles. C’est un pick-up d’al Nosra - le drapeau d’al Qaeda à l’avant en témoigne -, qui revient d’une tournée de pillage. Il est chargé comme un mulet de motocyclettes volées et tire par un câble un tout terrain, lui aussi ramené en butin d’une razzia sur le village d’el Hmidaiah, à 7 km d’ici. Ses habitants avaient eu la mauvaise idée de prendre parti pour al Assad ; ils sont désormais contents de conserver leur tête sur leurs épaules à défaut de leurs moyens de locomotion.

 

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Les islamistes d’al Qaeda ramenant leur butin (dans le cercle rouge, le drapeau d'al Nosra)

 

Les miliciens sont extrêmement dangereux, ce sont eux qui détiennent toujours les 45 Casques bleus fidjiens, probablement à une cinquantaine de kilomètres de notre frontière. Nous sommes les témoins privilégiés de la coexistence entre le Front Révolutionnaire Syrien et les barbares d’al Nosra.

 

Le drapeau au check post montre qui est actuellement le chef, le plus fort. Mais les miliciens islamistes semblent ici chez eux, jouissant d’une grande liberté de mouvements de la part de leurs alliés du moment.

 

Cette alliance est d’ailleurs assez surprenante lorsque l’on sait qu’il y a tout juste un peu plus d’un mois, le FRS et al Nosra se sont violemment affrontés dans Jisr al Choughour, pas loin du port syrien de Lattaquié et à 6 km de la frontière turque.

 

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Golan : Tsahal a sauvé la vie de soldats de l’ONU (info # 010809/14) Version imprimable
Analysis
lundi, 08 septembre 2014

 

Par Jean Tsadik

 

Jeudi 28 août dernier, une journée après s’être emparés du point de passage entre la Syrie et Israël sur le Golan, les miliciens d’al Nosra, un groupe affilié à al Qaeda, ont fait prisonnier 45 soldats de l’ONU des Iles Fidji.

 

Ces derniers, qui font partie de l’UNDOF, la Force des Nations Unies d’Observation du Désengagement [de l’accord désengagement entre Damas et Jérusalem de 1974] avaient reçu l’ordre du commandant de l’UNDOF de déposer leurs armes et de se rendre sans combattre aux combattants djihadistes.

 

Depuis, des négociations secrètes sont en cours entre l’ONU et al Nosra en vue de leur libération. Les islamistes exigent divers soutiens logistiques ainsi qu’une rançon. Depuis une semaine, al Qaeda menace de juger les Casques bleus devant un tribunal islamique appliquant la Charia.

 

Ces derniers, dont le titre de combattants n’est pas reconnu par al Nosra, risquent la peine capitale et peut-être la décapitation en leur qualité de mécréants.

 

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Casques bleus passant devant des soldats israéliens dans le Golan

 

Simultanément à la capture des observateurs fidjiens, les miliciens avaient également encerclé deux positions de l’ONU dans la zone de désengagement, tenues par 75 militaires philippins. Dans ce cas aussi, le commandement de l’UNDOF sur le Golan ordonna à ses hommes d’obtempérer aux exigences des djihadistes en leur remettant leurs armes et en se rendant.

 

Mais le Général Gregorio Pio Catapang, depuis Manille, était intervenu afin de contredire ces ordres, enjoignant à ses hommes encerclés de se battre pour éviter le sort des Fidjiens.

 

"Je leur ai dit", déclare le Général Catapang, "de ne pas exécuter l’ordre qu’ils avaient reçu, parce qu’il était en violation de nos règles stipulant que nous ne remettons nos armes à feu à personne, et qu’il n’existait aucune garantie pour que vous soyez libérés après les avoir remises".

 

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Samedi 30 août, avec l’aide des soldats irlandais de l’UNDOF et d’autres Casques bleus compatriotes, les 35 Philippins de la première base engagèrent le combat avec les rebelles islamistes et parvinrent à rejoindre le territoire israélien à bord de leurs véhicules blindés.

 

Les choses étaient beaucoup plus compliquées en ce qui concernait la seconde base sous contrôle philippin, car cette dernière se vit rapidement encerclée par plus d’une centaine d’insurgés islamistes.

 

Ceux-ci tentèrent de défoncer le portail du camp avec leurs pick-ups tout en arrosant les assiégés de tirs de mortiers. Une nouvelle fois, les Irlandais intervinrent et escortèrent leurs 40 camarades vers le territoire israélien, synonyme de salut.

 

Cet incident a ouvert une grave dispute entre Manille et les Nations Unies, le haut commandement des forces philippines exigeant l’ouverture d’une enquête contre le commandant de l’UNDOF afin de savoir pourquoi il avait ordonné à ses hommes de se rendre et de mettre ainsi leurs vies en danger.

 

Manille a d’ailleurs avisé New-York par écrit qu’il ne remplacerait pas son contingent de 331 soldats de maintien de la paix lorsque leur mission se terminera en octobre.

 

A la Ména nous avions des reporters sur place lors de ces incidents et nous avions assisté à l’évacuation de la seconde position philippine, observant des "détails" de l’opération que nous ne pouvions pas rapporter.

 

Nous sommes désormais en grande partie libres de le faire après que le journal irlandais The Sunday Independant (l’indépendant du dimanche) a révélé, citant des sources irlandaises officielles, que "les soldats irlandais auraient été tués ou pris en otages par les extrémistes islamistes si l’Armée israélienne n’était pas intervenue militairement dans la bataille pour sauver les soldats de l’ONU encerclés".

 

Cette remarque vaut également pour les militaires philippins, même si le journal de Dublin ne les mentionne pas nommément.

 

Faute de l’aide de Tsahal, rapportent les mêmes sources, "il est presque certain qu’il y aurait eu des blessés ou des morts [ce qui ne fut pas le cas lors des deux évacuations]". Les Israéliens disposent de bases qui dominent les positions dans lesquelles les observateurs de l’ONU étaient encerclés, précise The Independant, et l’assistance des Hébreux fut "déterminante dans le succès de l’opération", selon les sources autorisées qu’il cite.

 

Sources qui ajoutent que les Israéliens ont guidé les troupes irlandaises envoyées en secours des Philippins, leur permettant d’éviter les plus grosses concentrations des miliciens d’al Qaeda les plus puissamment armés. 

 

Il existe également des témoignages non-confirmés, écrit le journal irlandais, indiquant que les Israéliens ont ouvert le feu sur les islamistes afin qu’ils cessent de s’en prendre aux soldats philippins et irlandais.

 

C’est ici une courtoisie des officiels Irish, qui entendent laisser au gouvernement de Jérusalem le choix de parler de cet incident ou de taire son existence. Quant à nous, qui ne sommes pas diplomates mais reporters, nous pouvons attester que Tsahal est massivement intervenu pour sauver la mise sérieusement hypothéquée des Casques bleus. Nous prenons même le risque de rapporter que, de la manière dont elle était conduite, l’opération de secours avait très peu de chances de réussir et beaucoup de finir en désastre.

 

Nous, d’espérer que ce fait d’arme fraternel participera à modérer l’antisémitisme suffoquant régnant sur l’île au trèfle et à la harpe celtique. Rien n’est moins sûr, car son ministre des Affaires Etrangères, Charlie Flanagan, a déjà oublié de remercier publiquement Tsahal pour son coup de main salvateur.

 

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Israël : la digue de la convenance à sauté en France (1ère partie)(info # 010509/14) Version imprimable
Réinformation
vendredi, 05 septembre 2014

 

Par Ilan Tsadik

 

Durant Rocher inébranlable, la rédaction nous a demandé de nous concentrer plus particulièrement sur le narratif de la guerre et sur l’analyse de la situation, laissant au second plan les agressions médiatiques systémiques dont Israël a été victime.

 

Au premier rang desquelles, mais cela ne doit plus surprendre personne, celles de la presse tricolore qui nous a traités comme si nous étions les ennemis de l’humanité. Ce qui a d’ailleurs le mérite d’irriter les peuples et les nations qui subissent réellement des tentatives de génocides, ou, à tout le moins, des traitements barbares du genre de ceux que l’on nous reproche dans les media de l’Hexagone.

 

Des Soudanais s’élèvent ainsi contre le silence et l’absence des journalistes face aux deux millions de morts au Darfour, des Kurdes, des chrétiens irakiens et syriens, des Yézidis, qui ne comprennent pas bien la raison pour laquelle les Occidentaux sont traumatisés par 2 000 victimes à Gaza, alors qu’en une heure, les djihadistes ont exécuté mille civils avant de les jeter dans une fosse commune, tandis que leurs femmes étaient vendues à Mosul comme esclaves sexuelles pour 500 dollars "pièce".

 

La réponse qu’apporte Alain Gresh à cette disproportionnalité, dans un article du 21 juillet dernier du Monde Diplo, ne saurait laisser indifférent : "(…) il est vrai que la cause palestinienne est emblématique, non pas par le nombre de victimes, mais par le fait que c’est le dernier conflit colonial".