Tsahal menace nommément des généraux syriens sur un tract (022110/20) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 21 octobre 2020

 

Métula mercredi après-midi,

 

Par Jules Mazouz

 

Suite aux frappes israéliennes d’hier soir qui ont occasionné une breaking news de notre part durant la nuit, des drones de Tsahal ont envoyé des tracts sur les positions de l’Armée régulière syrienne dans le Golan. Nous sommes parvenus à nous en procurer un exemplaire et vous en proposons la traduction et l’analyse.

 

Ce tract est destiné aux soldats et officiers des forces gouvernementales syriennes, dont certains gradés sont cités nommément, avec mention de leurs affectations :

 

tracta.jpg

Le tract envoyé cette nuit aux militaires d’al Assad

après la triple attaque de leurs positions vers 23h15

 

Traduction :

 

            Le Général divisionnaire Ali Assad, commandant de la première division

Le Général divisionnaire Akram Hwidja, commandant de la septième division

Le Général divisionnaire Moufid Hassan, commandant de la cinquième division

Le Colonel  Hocine Hemouche, commandant général de la division 90

Le Brigadier-général commandant de la division 112

Les commandants et les éléments de la première division en général

 

Cette lettre d'avertissement est destinée à l'ensemble des éléments et commandants de l'Armée syrienne et à tous ceux qui ont perdu leur chemin en quête de guerre ou d'argent,

 

les intérêts du Hezbollah et de l'Armée iranienne ne sont pas les mêmes que ceux de la première division ou de l'Etat syrien ni ceux des habitants du Djoulan [Golan] et d’Houarane

 

Tous ceux qui travaillent ou sont en contact avec le Hezbollah sont visés [par cet avertissement],

les Libanais au Liban et vous qui êtes de la chair à canon,

mieux vaut prévenir que guérir,

ce qui est à venir est plus grave encore

 

Ce message est intéressant à plusieurs titres, notamment parce qu’il sous-entend que des éléments de l’Armée syrienne perçoivent une contrepartie pécuniaire en se portant volontaires pour combattre Israël avec l’Armée iranienne et la milice libanaise du Hezbollah.

 

Pendant la période de misère actuelle occasionnée par la Guerre Civile qui dure depuis neuf ans, tout apport supplémentaire d’argent revêt un caractère essentiel pour les Syriens, y compris les militaires. Nous savons par des sources crédibles que des soldats gouvernementaux participent à des combats sur d’autre théâtres d’opérations et particulièrement en Libye.

 

Il s’agit d’une forme de mercenariat autorisé et encouragé par le pouvoir. Cela lui permet de diminuer sa masse salariale, ce qui est critique, tout en maintenant ses soldats en état de combattre. L’engagement de ces hommes se fait également en vertu des choix stratégiques du régime alaouite. Lequel peut se contenter d’un nombre inférieur de soldats après la reprise du contrôle de la plus grande partie du territoire avec l’aide de l’Armée russe. Avec les exceptions remarquables du Rojava, la partie septentrionale de la Syrie située globalement au nord de l’Euphrate, peuplée majoritairement de Kurdes, et la région d’Idlib, à l’ouest d’Alep, où l’Armée gouvernementale, soutenue par les Russes, affronte celle de la Turquie et ses propres mercenaires issus des milices islamiques et notamment de feu Al-Qaeda.

 

Le message de Tsahal à ces volontaires-mercenaires syriens est clair : ils risquent leur vie en prêtant main forte aux Iraniens et à leurs supplétifs chiites libanais, comme Israël l’a démontré quelques minutes avant l’envoi de ce tract.

 

La seconde partie de l’avertissement indique à ceux auxquels il est destiné que l’Armée israélienne connaît leur identité.

 

Quant à la troisième et conclusive partie, elle entend leur faire savoir que les opérations de Tsahal visant ceux qui collaborent avec le Hezb [et l’Iran], soit leur "chair à canon", vont aller s’intensifiant toujours davantage, et qu’ils risquent clairement leur vie s’ils persistent dans leur décision.

 

Cette pratique de la guerre psychologique est-elle efficace ?  Il est difficile de dire à quel point elle l’est, mais si j’étais l’un des officiers mentionnés sur le tract, je considérerais que je suis à moitié condamné à mort par l’armée la plus précise du moment. Qui sait où je suis, à quel moment, et ce que je fais précisément. Impossible d’imaginer que quelqu’un dans cette périlleuse situation ne regarde pas le ciel relativement souvent pour savoir si le Tamouz qui lui est destiné est déjà en train de fendre les cieux.

 

On peut aussi se poser la question de l’état d’esprit des familles de ces officiers, qui sont bien entendu au courant du contenu de ces "avertissements", et qui vivent un deuil en sursis. Et l’état d’âme des collaborateurs de ces généraux, qui savent qu’ils risquent leur vie chaque fois qu’ils se trouvent dans leur voisinage. Que ce soit dans l’appartement d’un building de Damas ou dans une tournée d’inspection au cœur du désert.

 

En fin de compte, tout le monde a peur de mourir.

 

 
Frappes terrestres de Tsahal dans le Golan syrien (012110/20) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 20 octobre 2020

 

Métula, nuit de mardi à mercredi, 02:00 à Métula, 01:00 à Paris,

 

Stéphane Juffa et Jules Mazouz ont participé à cette dépêche

 

Ce mardi soir, vers 23h15 locales, des chars et de l’artillerie de Tsahal ont visé et anéanti plusieurs objectifs situés dans le cercle orange sur la carte ci-dessous.

 

hurr.jpg

Le plateau du Golan avec la zone des incidents de ce soir

Service cartographique © Metula News Agency

 

Des media au demeurant respectables ont rapporté cette information en citant une dépêche de l’agence officielle du gouvernement syrien SANA, et une agglomération du nom de al-Hurriyah [ara. : la liberté] à proximité de laquelle les cibles se situeraient.

 

Nous avons vérifié les nouvelles en arabe, en anglais et en hébreu du site officiel de SANA, et cette information n’y figure pas. [http://www.sana.sy/]

 

De plus, nous ne connaissons pas d’agglomération dans le Golan appelée al-Hurriyah, et nous nous faisons fort de bien connaître la plupart des conurbations des parties israélienne et syrienne du plateau du Golan.

 

En dépit de ces fausses informations, nous sommes en mesure de confirmer que plusieurs attaques quasi-simultanées ont bien été menées dans la zone/province de Kuneitra. Elles ont été conduites à l’artillerie lourde, en corrélation avec des chars qui ont tiré des missiles Tamouz.

 

Selon nos propres sources, trois positions de l’Armée gouvernementale syrienne ont été ciblées et totalement détruites, ainsi qu’un véhicule blindé.

 

Nous ignorons le bilan de ces attaques, mais il est peu probable qu’elles n’aient pas causé de victimes.

 

Au moins une de ces bases accueillait des miliciens libanais du Hezbollah, et une autre, des militaires gouvernementaux syriens. Nous n’avons par de précisions concernant la troisième.

 

Ces positions servaient à espionner celles de Tsahal en territoire israélien en vue de préparer des attentats et des embuscades. Elles se situaient entre les lignes Alpha [cercle bleu plein sur la carte] et la ligne Bravo [cercle rouge], qui constituent la frontière de facto entre les deux pays.

 

Ce territoire matérialisé par des cercles blancs pleins sur la carte est une zone démilitarisée décidée lors des Accords de désengagement de 1974 qui ont suivi la Guerre de Kippour. Damas n’est pas autorisé à déployer son armée dans cette zone ni à permettre à d’autres soldats ou miliciens, principalement iraniens et libanais, de s’y positionner.

 

A 02:00 locales, la situation est calme sur le Golan et dans le Doigt de la Galilée. L’Armée israélienne n’a pas commenté ces incidents.

 

 

 
Etat d’Israël contre Mafia (011710/20) Version imprimable
Analyse
samedi, 17 octobre 2020

 

Au vu de l’importance de cet article et des analyses exclusives qu’il contient, nous avons décidé, exceptionnellement, de le rendre accessible à tous dans sa totalité et gratuitement. (La rédaction)

Par Stéphane Juffa

 

Les tentatives diverses et variées du premier ministre Binyamin Netanyahu et de son entourage destinées à faire annuler ou à tout le moins repousser les procédures judiciaires en cours contre lui se poursuivent sans interruptions.

 

Parmi icelles, les actes d’intimidation visant les responsables des institutions juridiques de l’Etat ont franchi un nouvel échelon, mercredi dernier, avec l’intervention du député (Likoud) et chef du bloc bibiste à la Knesset Miki [Makhlouf-Michaël] Zohar. Zohar s’exprimait à l’antenne de la station de radio 103FM, lors de l’émission d’actualité de Golan Yokhpaz et Anat Davidov.

 

Voici la transcription de morceaux choisis de l’interview. Ceux qui comprennent l’hébreu peuvent suivre l’entièreté de l’émission sur le podcast de 103FM :

https://103fm.maariv.co.il/programs/media.aspx?ZrqvnVq=IDMFLI&c41t4nzVQ=GJL

           

[Zohar] "Si Mandelblit [le procureur général de l’Etat d'Israël] ne démissionne pas de ses fonctions et n’annule pas les actes d’accusation [contre Binyamin Netanyahu], il y aura ici un tremblement de terre".

 

[Golan Yokhpaz ] "Qu’est-ce que c’est, une menace ?"

 

[Zohar] "Non, c’est une promesse !"

 

[Golan Yokhpaz ] "Que savez-vous d’autre qui est censé être rendu public ?"

 

[Zohar] "Je vous promets que des choses vont être prochainement dévoilées… il y aura ici un tremblement de terre, il ne restera plus aucune autre option à Avikhaï Mandelblit que démissionner de sa fonction et annuler les actes d’accusation contre Netanyahu".

 

Zohar a également allégué que Shaï Nitzan [l’ex-procureur de l’Etat] possède d'autres informations "qui pourraient envoyer Mandelblit en prison". "Je ne vais pas en parler car elles n’ont pas encore été divulguées. Je suis sûr qu'elles seront publiées. Il y a d'autres conversations qui ont été enregistrées. Il y a d'autres cas qui n'ont pas encore été publiés", a déclaré Zohar, avant d’ajouter :

 

[Zohar] "(…) Je connais des informations très claires à ce sujet et les informations que je connais disent toutes la même chose - seule une toute petite partie a été révélée. Ils comprendront qu'il vaut mieux pour eux revenir du mauvais chemin qu'ils ont choisi, sinon, ils devront en payer le prix", a complété le chef de la coalition parlementaire bibiste.

 

Suite à ces déclarations, l'avocat Gonen Ben Itzhak, membre du mouvement de protestation contre Netanyahu, a déposé une plainte pénale contre Zohar. Ben Itzhak a affirmé que les propos du doberman de la coalition sont constitutifs du crime de chantage au travers des menaces qu’ils contiennent. Selon Ben Itzhak, ce chantage sous la menace1 contre Mandelblit concerne les procédures judiciaires en cours ainsi que  les affaires pénales à l’étude contre Netanyahu.

 

miki.png

Miki Zohar-la-Menace pour la démocratie

 

L’ancienne juge à la Cour Suprême, Mme Dalia Dorner [les juges en activités ne sont pas autorisés à intervenir dans la presse], a répondu lors de l'édition grand public de Democrat TV à la question de notre excellente consœur Lucy Aharish :

 

[Lucy] "Votre Honneur, j’aimerais un instant comprendre, peut-on dire qu’il s’agit d’une menace explicite contre le conseiller juridique du gouvernement [la seconde fonction d’Avikhaï Mandelblit] ?".

 

La Juge Dorner :

 

"Lors de mon dernier passage à votre émission, j’ai lancé un avertissement relatif aux attaques contre l’autorité et les institutions de la gouvernance ; nos institutions sans lesquelles il n’existe carrément pas d’Etat. Et les politiciens corrompus qui ont des affaires aux trousses œuvrent pour la délégitimation de ces institutions, affirmant qu’il est nécessaire de les démanteler, ce qui équivaut à détruire le pays. Quel pays peut exister sans institutions gouvernementales ?

 

Mais cette fois, je n'en croyais pas mes oreilles : un politicien, membre du pouvoir décisionnel, se présente en direct et commet simplement un délit de chantage avec menaces.

 

Il s’adresse au conseiller juridique du gouvernement en le menaçant, et lui dit que s’il ne retire pas ses inculpations et ne démissionne pas, des choses qui le heurteront seront rendues publiques, et que cela provoquera un véritable tremblement de terre, c’est saisissant !

 

(…) Ils détruisent la confiance dans les institutions de l’Etat. Quel pays peut exister sans système juridique ? Qu’est-ce qu’il arrive à ces gens ? Il se présentent tels des soi-disant patriotes, j’ai envie de pleurer… notre pays que l’on veut protéger en tant que pays juif et démocratique, cela dénote de l’absence totale de responsabilité. Il y a un acte d’accusation contre une personne, elle se présentera devant la justice, comme tout citoyen de l’Etat d’Israël, et si elle est innocente, elle sera innocentée, et si elle est coupable, elle rendra des comptes. Est-ce à cause de cela qu’il faut détruire le pays ?

 

Je veux ajouter un mot encore : parce que je préfère toujours conclure sur une remarque optimiste. Je crois en ce pays et dans ses bons habitants, et je crois que nous allons surpasser ces aléas, et que notre pays continuera d’exister longtemps après que ces politiciens auront cessé de nous gouverner".  

 

La Juge Dorner a précisé que la peine encourue par Miki Zohar est de sept ans de prison. Il est certes protégé par l’immunité parlementaire, mais cela n’empêche pas qu’il soit interrogé, c’est la moindre des choses. L’immunité pourrait être ensuite levée.

 

Regarder toute l’émission de Democrat TV (en hébreu) :

https://www.facebook.com/democratv/videos/358403418808167

 

Selon un haut responsable du ministère de la Justice qui s'est entretenu avec un confrère du magazine économique Globes, cette déclaration est considérée comme une "infraction pénale à tout point de vue". Une pré-enquête est en cours à ce sujet au bureau du procureur, à laquelle M. Mandelblit, concerné par les déclarations de Zohar, n’est strictement pas mêlé. Elle est diligentée par le procureur d'Etat adjoint chargé des suspects occupant des fonctions spéciales, l'avocate Nurit Littman, laquelle examine la question avec la Division des enquêtes policières et du renseignement comme il est d'usage.

 

Cette semaine a également vu la révolte de Benny Gantz, le ministre de la Défense, vice-premier ministre et Premier ministre par alternance, qui doit remplacer Netanyahu en novembre 2021 en vertu de l’accord de coalition en vigueur.

 

Dans une interview publiée jeudi par Ynet (le plus grand portail israélien), l’ancien chef d’état-major de Tsahal a confié qu’il examinait la possibilité de créer une sous-commission d'enquête sur l'affaire des sous-marins au sein du ministère de la Défense qu’il dirige. "C'est certainement un pas que je pourrais franchir", a commenté le leader de Kakhol-Lavan.

 

Officiellement, la déclaration de M. Gantz fait suite à la publication de plusieurs extraits de l'affidavit que l'ancien directeur général du ministère de la Défense, Dan Harel, a récemment soumis à la Cour suprême. Il y déclare notamment qu'en dépit de l’objection professionnelle qu’il avait communiquée à M. Netanyahu, ce dernier avait personnellement approuvé l'achat d'un septième sous-marin [allemand de la classe Dolphin] par Israël. "J'avais l'impression", souligne Harel dans son témoignage, "que derrière ce marché public, se dissimulait un intérêt qui ne m'apparaissait pas clair".

 

Dans les faits, la menace adressée par le ministre de la Défense Gantz à M. Netanyahu procède d’une manœuvre de stratégie politique intelligente : le dossier des sous-marins recèle potentiellement les exactions les plus graves que l’actuel Premier ministre pourrait avoir commises.

 

Ce dossier est lié à trois soupçons de malversations majeures, soit, dans le désordre 1. Un délit d’initiés, qui a amené Netanyahu a réaliser une plus-value hors du commun par l’achat et la revente rapide d’actions dans une société en difficulté financière, qui s’est avérée être un fournisseur en métaux de la société allemande qui fabrique les sous-marins. 2. L’achat par Israël, contre l’avis des professionnels et des experts, d’un nombre exagéré de ces sous-marins et d’équipements d’appoint relativement aux besoins tactiques de Tsahal. Le prix global de chacun de ces submersibles s’élevant à environ un milliard d’euros, ce qui en fait l’arme la plus coûteuse en service dans l’Armée israélienne. 3. L’accord octroyé par Netanyahu à l’Allemagne – Israël ayant participé à l’élaboration de ces engins - au nom de l’Etat hébreu de vendre des sous-marins de ce type à l’Egypte, nonobstant le risque stratégique majeur qu’ils font peser sur la sécurité d’Israël et ses habitants.

 

Concernant le délit d’initiés, M. Mandelblit vient d’annoncer que Netanyahu ne serait pas poursuivi dans cette affaire, en dépit de sa gravité et des soupçons légitimes de fraude qu’elle véhicule, en raison de la clause de prescription ; aucune enquête n’ayant été ouverte à ce sujet contre le Premier ministre et, partant, aucun acte d’accusation n’ayant été dressé contre lui dans le temps imparti.

 

Le chef de l’opposition et du parti Yesh Atid, Yaïr Lapid, a déclaré qu’il se félicitait de l’intention de Gantz de former un comité pour enquêter sur l’affaire des sous-marins.

 

"Il s'agit de l'affaire de corruption liée à la sécurité la plus grave de l'histoire du pays", a déclaré Lapid. "Le Premier ministre n'a toujours pas répondu à la question : pourquoi a-t-il approuvé la vente de sous-marins stratégiques à l'Egypte sans informer le ministre de la Défense et les chefs de l’Armée et du Renseignement ?".

 

Ce, alors que des milliers de concepteurs allemands et autant de militaires égyptiens étaient au courant par la force des choses.

 

Je l’ai plusieurs fois écrit, et je le répète aujourd’hui, après des mois d’enquête, la caractérisation juridique de corruption à l’encontre de Binyamin Netanyahu semble avérée, mais sa gravité est négligeable en comparaison de l’acte de haute-trahison qu’a constitué la vente d’armes de destruction massive à un régime islamiste [celui de Morsi] ouvertement hostile à la pérennité d’Israël. Laquelle décision communiquée aux Allemands a été prise par un seul individu, de manière à court-circuiter les procédures résolutives en vigueur dans l’Etat démocratique d’Israël. Ainsi qu’à dissimuler la décision de la connaissance des responsables et des instances sécuritaires du pays.

 

egypt_dolphin.jpg

L’Egypte recevant le deuxième des 4 sous-marins stratégiques furtifs

qu’elle a commandés en Allemagne. Sans l’accord de Netanyahu, cette

menace contre l’avenir d’Israël n’existerait pas

 

Il est évident à mes yeux que l’ouverture d’une enquête approfondie relative à la malversation qui précède participe de la menace constitutionnelle la plus redoutée par Netanyahu. Reste que, pour des raisons d’ordre principalement procédurières, l’enquête policière n’a pas pu commencer, en dépit de très nombreuses tentatives de saisir la Cour Suprême en la matière. Notamment par l’entremise d’une pétition qui a recueilli les signatures de plus de 4 500 hauts gradés de réserve de Tsahal.

 

Or l’initiative de Gantz visant à réunir une commission d’enquête au sein du ministère de la Défense est parfaitement légitime, puisqu’un recours de ce type existe et que c’est la défense qui est principalement concernée par les faits à examiner.

 

Pour Netanyahu, ce serait la Bérézina ; d’une part, parce qu’il ne possède pas les prérogatives nécessaires à empêcher la formation et le fonctionnement d’une telle commission, ensuite, parce que ses conclusions et ses recommandations à la Cour Suprême obligeraient sans doute la justice à se saisir enfin de l’affaire. En troisième, et c’est là que le choix de Gantz est stratégiquement intéressant, parce que la mise sur pied et la mise en marche d’une commission de ce genre sont relativement rapides ; plus rapides en tous cas que les recours qui restent à Netanyahu pour provoquer la tenue de nouvelles élections, qui n’auraient pas lieu avant mars, avril ou mai, et la possibilité théorique qu’elles lui procurent une majorité parlementaire qui lui permette – a posteriori – d’interrompre ses procès en cours.

 

Benny Gantz semble tenir une carte d’atout gagnante. Et il en est conscient. Il a exigé dans une lettre que le budget pour l’an prochain soit voté à la Knesset avant la fin de l’année civile, comme cela est provisionné noir sur blanc dans le traité de coalition qu’il a signé avec Netanyahu mais que ce dernier n’a jamais eu l’intention de respecter.

 

Pour une foultitude de raisons, dont certaines figurent dans l’accord de coalition, si le budget est voté avant 2021, il ne serait plus loisible à Netanyahu de convoquer des élections l’an prochain. En plus des dispositions contractuelles contraignantes, parce que le pays pourrait fonctionner, et que cela priverait Netanyahu de tout alibi politique justifiant de dissoudre le parlement. Or pour le moment, le budget n’est pas même en préparation au ministère des Finances, sans qu’aucune complication connue ne soit avancée pour justifier cette inertie majuscule. Israël fonctionne, strictement sans raison autre que les intérêts illégitimes de Netanyahu, selon le budget de 2019. Ce qui est évidemment pénalisant et coûteux pour l’économie du pays déjà outrageusement malmenée par la pandémie.

 

Si Gantz tient bon avec sa menace, Netanyahu cèdera. Il se verra même obligé de transmettre les rênes du pouvoir au ministre de la Défense en novembre 2021, comme cela est prévu dans l’accord de coalition, que Netanyahu n’a jamais eu l’intention de respecter.

 

Mais le Premier ministre fera absolument tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher l’ouverture de l’enquête sur l’affaire des sous-marins devant n’importe quelle instance. Tout pour ne pas avoir à répondre à une seule et unique question, qui fait l’économie du reste du procès : Pourquoi avez-vous autorisé l’Allemagne à vendre des Dolphin à l’Egypte ?

 

La Propagandastaffel de Netanyahu s’est évidemment mise en mouvement dès la publication de la lettre de Gantz et la corrélation qu’elle opère entre le budget, les élections, la transmission du pouvoir et la commission d’enquête.

 

Le communiqué émis par les responsables du Likoud, même s’il n’est pas à même d’influer sur la décision de Gantz, ni de faire de l’effet sur le public israélien, reste intéressant de par les arguments qu’il met en avant :

 

"Tout le monde sait que l'affaire des sous-marins a été écartée par toutes les forces de l'ordre (sic) ; même ceux connus pour leur hostilité à l’encontre de Netanyahu ont été forcés d'admettre qu'il n'avait rien à voir avec les allégations (sic ita). Il est temps pour Gantz de commencer à travailler pour le bien du peuple et pas les chiffres des sondages".

 

S’ensuit, après cette monumentale contre-vérité, l’argument massue dans le plus pur style Miki Zohar : "Après que Netanyahu a réussi à réduire le taux d'infection au Coronavirus, au lieu de s'unir dans la lutte et de sauver des vies, Kakhol Lavan continue de constituer un gouvernement au sein du gouvernement et de recycler l'affaire des sous-marins".

 

Naaaaan. Netanyahu n’est strictement pour rien dans la baisse du taux de contamination par le virus en Israël. Je ne crains même pas d’affirmer qu’il déplore cette amélioration, lui qui a placé le pays en confinement généralisé le 25 septembre dernier. Il s’était empressé d’annoncer juste après avoir pris cette décision et déclaré préalablement que le confinement durerait 15 jours, que l’état d’exception demeurerait en vigueur pendant "au moins six mois voire une année" ; cela lui aurait permis d’éviter la phase des témoignages à ses procès, qui doit s’ouvrit fin décembre et de la repousser aux calendes grecques.

 

Même si c’est, comme c’est le cas, au prix du sabotage de l’économie, de dizaines de milliers de faillites, du sabordage de l’industrie du tourisme, de l’aviation et de la restauration, de plus d’un million de chômeurs-corona, et contre l’avis des experts de la santé que Netanyahu a lui-même nommés.

 

Cela n’avait aucune importance aux yeux d’un homme traqué par les conséquences de ses fautes et de sa cupidité, disposé à sacrifier la vie d’un pays entier afin d’échapper à ses juges.

 

Puis l’inattendu s’est produit : un réduction inexplicable de la propagation du virus. Nous sommes passés en deux semaines de plus de 10 000 nouveaux cas journaliers à 1 700 hier (vendredi), et moins de 2 000 également les jours précédents. Du pays mondialement le plus infecté proportionnellement à la taille de sa population, à l’un des plus épargnés.

 

A tel point que le confinement général ne se justifie plus, et que même le ministre Likoud des Finances, Israël Katz, exclut de le prolonger. Netanyahu a beau prétexter la prudence afin de retarder le retour à la normale, il est débordé par la réalité et par les avis des spécialistes de la santé. D’ailleurs, aucun autre pays au monde n’a décrété le confinement généralisé. Maintenant que nous sommes de façon stable au-dessous de 2 000 nouveaux cas/jour, et que tous les autres indices baissent également, le maintien de l’état de siège est simplement ridicule, et chaque heure perdue à empêcher les usines de reprendre le travail et les commerces de rouvrir leurs portes coûte des milliards pour rien. Déjà Netanyahu est contraint d’accepter des assouplissements prévus pour dimanche, lundi est mardi. Ce samedi déjà, les manifestations à Jérusalem n’ont pas pu être interdites, après deux semaines d’interruption. Le Corona ne sauvera donc pas Netanyahu de ses procès..

 

Quant à la revendication de sa Propagandastaffel selon laquelle le Guide Suprême a terrassé l’infection, elle n’est pas uniquement mensongère, elle est aussi délirante. Premièrement, parce qu’elle n’a pas été respectée : tous les chefs spirituels orthodoxes, les "admors", TOUS, tous courants confondus, ont décrété la réouverture immédiate de toutes les écoles talmudiques [héb. : yéshivot]. Elles n’avaient par ailleurs jamais été fermées, non plus que les synagogues et les transports en commun pour les Juifs orthodoxes. Pendant qu’ils représentent la population largement la plus touchées. Pendant qu’ils comptent pour la majorité des patients décédés. Pendant que les autres citoyens se voient condamnés à de très lourdes amendes s’ils s’éloignent de plus d’un kilomètre de leur domicile. Des dizaines de milliers d’entre eux ont été verbalisés pendant que dans les villes religieuses, les pratiquants chargeaient la Police et blessaient des dizaines d’officiers.

 

En plein confinement, un ministre orthodoxe a participé sans s’en cacher à un mariage. Quelques heures plus tard, le gouvernement décrétait un aménagement autorisant – en situation de quasi-couvre-feu ! – les gens à participer au mariage d’un proche.

 

Il convient de préciser que si la Police avait empêché les yéshivot et les synagogues d’ouvrir, les partis religieux auraient voté à la Knesset pour la destitution de Netanyahu la semaine suivante, et l’auraient ainsi exclu du pouvoir et de la politique. C’est de la corruption transparente..

 

Ce n’est pas tout : les routes sont pleines de voitures et de camions, et elles bouchonnent aux heures habituelles. Tout ce qui est resté fermé, ce sont les usines et les commerces. Même si certains restaurants sont à moitié fermés, sous l’œil consentant de la Police. Il y des "deals" entre la Police et les orthodoxes, entre la Police et les usagers. Seules les usines sont fermées. L’état de siège est un fiasco complet, c’est le carnaval Netanyahu de la corruption, la prévalence de l’Etat bananier.

 

Ce qui a arrêté le virus, c’est… le virus. Nous l’avons déjà écrit à maintes reprises, il n’en fait qu’à sa tête. Les gestes barrières ne servent qu’au niveau individuel et à restreindre marginalement les dommages, ils n’ont strictement aucune influence sur les fluctuations fondamentales de l’épidémie. Celles-là, les épidémiologistes ne les comprennent toujours pas.

 

Nous ne sommes peut-être pas tous médecins à la Ména, mais nous sommes des observateurs aguerris : le Covid19 est en train de quitter le Proche-Orient ! Outre Israël, les cas baissent au Liban, en Syrie, dans les territoires palestiniens, en Jordanie, en Egypte (118 cas quotidiens !), etc. Et, jusqu’à plus ample informé, les Syriens et les Jordaniens n’ont pas respecté le confinement généralisé décrété par Netanyahu.

 

Flûte au pipeau, nous ne sommes pas des ânes ! Mais, par un autre mécanisme que les scientifiques ignorent et qu’ils devraient se mettre à étudier à leur plus proche convenance, lorsque le Corona quitte une région, il s’attaque simultanément à une autre. C’est encore une fois le cas de l’Europe de l’Ouest : la France est le pays largement le plus touché de la Planète, avec ses plus de 30 000 cas (officiels) quotidiens, l’Espagne a repassé la barre des 10 000, 20 000 au Royaume-Uni, 10 000 en Italie et en Allemagne, qui n’a rien changé de ses méthodes de prévention, 9 000 en Belgique (c’est grave), aux Pays-Bas, en Pologne et en Tchéquie. Et aucun de ces pays n’a décrété l’état de siège…

 

Pour ceux qui ne l’ont pas encore assimilé, Netanyahu a autant d’effet sur le Corona que sur les éclipses de la lune. Le Likoud actuel, celui de Netanyahu, est devenu une organisation pégreleuse, une authentique association mafieuse. Ce sont les jabotinskistes, les beginnistes, les sharonnistes qui sont les premiers à le reconnaître et à le déplorer. Ils démissionnent en vrac de leurs postes de haut-fonctionnaires, notamment de la tête de tous les départements du ministère des Finances, corrompu jusqu’à l’os et changé en lupanar. Mais la réserve des recours, même gredins, du triple inculpé de Balfour s’amenuise. Ses alliés au sein même de son parti s’éloignent de lui (ils auront mis le temps). Nous ne sommes plus qu’à un tour de manège de la fin du règne de cet escroc apprenti-dictateur. Qui s’est trompé de pays à asservir. Des dizaines de milliers de manifestants vont aller lui rappeler tout cela pas plus tard que ce soir sous ses fenêtres à la rue Balfour.   

 

 

Note :

 

1Chantage sous la menace, article 428 du Code pénal israélien :

"Extorsion [ou chantage sous la menace] : Menacer une personne par écrit, oralement ou par son comportement, porter illégalement atteinte à une autre personne morale ou physique, à ses choix, à ses biens, à ses moyens de subsistance, à sa réputation ou à sa vie privée, ou menacer une telle personne de publier ou de s’abstenir de publier quoi que ce soit la concernant, ou terroriser une autre personne d'une autre manière afin de la motiver à effectuer un acte ou, au contraire, pour éviter que la personne ne réalise un acte qu'elle est autorisée à faire.

 

Dans les deux cas, l'extorqueur est passible d'une peine d'emprisonnement de sept ans, et si l'acte ou l'omission à la clé de l'extorsion a été commis, il est passible d'une peine d'emprisonnement de neuf ans".

 

 

 
Rencontre israélo-libanaise demain : un petit pas et un grand espoir (011310/20) Version imprimable
Analyse
mardi, 13 octobre 2020

 

Par Michaël Béhé

 

Demain (mercredi), à 10h30 locales, s’ouvriront à Naqoura, au Liban, des négociations directes entre le pays aux cèdres et l’Etat hébreu. Elles se dérouleront dans la base des Nations Unies qui se situe à 2km en moyenne de la frontière entre les deux Etats. Elles concerneront la délimitation des frontières maritimes entre les deux entités, et partant, l’exploitation des riches réserves gazières et pétrolières sous-marines, qui est bloquée en raison d’un différend territorial.

 

La délégation israélienne sera conduite par le directeur général du ministère de l’Energie, Udi Adiri, ainsi que le chef de cabinet du ministre de l’Energie Yuval Steinitz, l’avocat Mor Halutz.

 

A l’occasion de cette rencontre faite de messages subliminaux, d’intentions cachées et de symboles discrets, la délégation israélienne se rendra sur le territoire libanais par la route côtière après avoir pris place à l’intérieur de véhicules blindés de la FINUL, la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban.

 

Ce seront les premières discussions directes impliquant des civils depuis trente ans (des réunions entre FINUL et militaires des deux pays sont parfois organisées afin de dissiper des tensions). La délégation libanaise est présidée par le Général Bassam Yassine, qui occupe actuellement le poste de chef d’état-major adjoint. Elle comprend aussi le Colonel Mazen Basbous, issu des forces marines, le président sortant du conseil d’administration de l’Autorité de l’Energie (LPA), Wissam Chbat, et Nagib Massihi, un expert en droit international et spécialiste du dossier des frontières.

 

On le voit, de notre côté, on a réservé les "places d’honneur" aux militaires. Bassam Yassine prononcera demain l’un des discours d’ouverture des négociations, avant de céder sa place aux spécialistes. Ce choix a été dicté par la volonté de Baabda (le palais présidentiel occupé par le Général Michel Aoun) d’apaiser les critiques des milices chiites du Hezbollah et d’Amal, qui redoutent – et à juste titre – que ce premier meeting ne dissimule le début d’un processus de paix entre les Israéliens et nous.

 

D’autant plus que les Américains – qui sont, rappelons-le, les architectes des traités entre Jérusalem et les Emirats Arabes Unis, d’une part, et le Bahreïn, de l’autre -  mettent le paquet pour faire avancer le processus. Washington a dépêché à Beyrouth David Schenker, le secrétaire d'Etat adjoint américain, chargé des Affaires du Proche-Orient, de même que l'ambassadeur des Etats-Unis en Algérie, John Desrocher, qui officiera comme médiateur lors des négociations.

 

C’est d’ailleurs David Schenker qui, en 2019, avait sorti les négociations préliminaires d’un cul de sac, en présentant de nouvelles propositions ayant obtenu l’aval du Président Aoun.

 

Les Américains sont les co-parrains de ce processus, aux côtés de l’ONU, ce qui dérange le Hezbollah et l’Iran encore davantage. Demain, il ne s’agira que de résoudre les aspects techniques et l’agenda des négociations. Messieurs Schenker et le coordinateur spécial des Nations Unies au Liban, Jan Kubis, s’exprimeront aussi durant la séance d’ouverture, avec Udi Adiri, qui complètera la liste des intervenants.

 

Pour Beyrouth, la solution du différend revêt une grande importance, du fait particulièrement qu’il concerne la zone dans laquelle nous avons le plus de chances de trouver des hydrocarbures et le plus rapidement. De plus, un accord avec notre puissant voisin du Sud est indispensable afin de convaincre des grandes sociétés internationales de prospection et d’exploitation d’intervenir sur cette zone.

 

Tout le monde parle fréquemment de la dispute, mais rares sont ceux, notamment parmi les media, qui en connaissent les fondements. En fait le germe de la mésentente remonte aux accords franco-britanniques Paulet-Newcombe, signés en 1923 et qui ont dessiné la frontière entre le Liban et la Palestine historique – qui deviendra l’Etat d’Israël - occupée à l’époque par les Britanniques.

 

Dans ces accords, la frontière maritime, qui ne présentait pas l’importance qu’on lui connaît aujourd’hui, car personne ne s’imaginait que l’on trouverait du gaz sous la mer et qu’on serait capable de l’exploiter, "débute sur la base de la ligne qui part de Ras Naqoura, sur terre".

 

Il faut comprendre ainsi que la frontière marine est la prolongation "en droite ligne" de la frontière terrestre. Mais cela amène deux contradictions ou problèmes : le premier, comme on le voit sur l’image satellitaire qui suit, provient du fait que la frontière terrestre imprime une inflexion vers le Sud sur ses derniers 800 mètres en direction de la Méditerranée, alors que cette modification d’orientation ne correspond pas à la direction générale de la limite entre les deux pays. Tenir compte de cette inflexion se ferait au détriment d’Israël.

 

trace.jpg

En orange, la frontière maritime selon le principe de

"la prolongation "en droite ligne" de la frontière terrestre"

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Le second écueil sur la voie d’un accord, et c’est le cas de le dire, consiste dans les trois minuscules îlots situés à quelques 900 mètres de la côte [entre le kibboutz de Rosh Hanikra et le moshav de Liman. Ndlr.] que sont Shakhaf [heb. : mouette], Nachlieli et Tkhelet [heb. : bleu ciel]. Les deux plus grands font un peu plus de 100 mètres de long sur 70 de large, et sont partiellement recouverts par les flots. Le troisième est un minuscule rocher qui émerge des vagues.

 

Il n’empêche que ce sont des morceaux de terre émergés, et qu’à ce titre ils déterminent la frontière terrestre et la zone d’influence de l’Etat hébreu. Ce qui, cette fois-ci, pénalise le Liban en faisant remonter la frontière maritime en direction du Nord.

 

iles.jpg

Shakhaf, Nachlieli et Tkhelet

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Il existe des solutions à ces petits problèmes, dont la "technique de la ligne médiane", mentionnée par le Président Aoun ce mardi, qui prend en compte l’orientation générale de la frontière, en faisant à la fois fi de l’inflexion de la frontière terrestre et des trois îlots. Je ne crois pas prendre un risque démesuré en prédisant que ce sera la solution que les négociations retiendront, et qu’elle est à ce point évidente, que les experts prédisent que la question sera résolue en "quelques semaines".

 

Résolue, elle l’aurait été depuis longtemps si les deux capitales se parlaient ; mais officiellement, nous sommes encore en état de guerre, et en état de guerre on n’aplanit pas les différends mais on les exagère au contraire. Même si cela prive l’économie libanaise de devises dont elle a autant besoin que l’être humain a besoin d’oxygène.

 

On va bien sûr se disputer à Naqoura sur le chemin du compromis, et même feindre l’explosion des pourparlers. Il faut que l’accord ait l’air d’avoir été compliqué, c’est nécessaire au niveau de notre problématique domestique, sinon, on pourrait y parvenir en une demi-heure.

 

Ce matin, un bateau de pêche libanais, qui n’avait rien à faire là, a été envoyé dans la zone contestée afin de réchauffer l’atmosphère. Un navire israélien s’est aventuré de 333 mètres – c’est très précis, c’est notre Armée qui l’a calculé… - dans nos eaux territoriales reconnues et a tiré plusieurs coups de semonce, se faisant fort, comme il se doit, de manquer l’esquif avec une large marge de sécurité.

 

Cela pose le décor de ces négociations de paix qui refusent de dire leur nom. Des deux côtés, on insiste pour préciser que "ces négociations se limitent à l'aspect technique du tracé des frontières", comme l’a répété Aoun ce matin en réunion préparatoire au meeting.

 

En Israël, on ne dit pas le contraire afin de ne pas mettre Baabda en délicatesse avec ses partenaires du Hezbollah. A Jérusalem, on a confiance en la dynamique créée par les émissaires de Washington et on ne va pas rendre leur tâche plus ardue.

 

Ici, on a remarqué que le Président Aoun a également mentionné la recherche d’une "solution équitable", ce qui implique que le Liban se préoccuperait aussi du respect des intérêts des Israéliens, et c’est fondamentalement nouveau.

 

Les supplétifs chiites de Téhéran ont tenté de torpiller la rencontre de demain, notamment en faisant dire à leurs politiciens que l’ouverture de ces négociations se faisait "en violation de la Constitution", puisque la présidence avait pris seule la décision d’y participer, sans consulter les autres institutions de l’Etat. Exceptionnellement, Baabda s’est fendu d’un avis de droit sous forme de communiqué officiel, afin d’étayer le fait que "le président de la République est la seule autorité compétente pour mener des négociations [internationales]".

 

Ce message, adressé indirectement à Hassan Nasrallah, le chef du Hezb., précise aussi et de manière imparable que "Tous les autres propos à ce sujet sont des propos qui déforment la Constitution, et leur objectif est soit de tromper, soit pire encore, d'affaiblir la position libanaise au mauvais moment, alors que le Liban entame des négociations techniques sur la démarcation de ses frontières maritimes afin de préserver sa souveraineté et sa richesse naturelle", avant de conclure par "Nous avons besoin de solidarité et de cohésion nationales pour préserver et restaurer nos droits souverains".

 

L’on sait où des négociations commencent mais on ne sait jamais où elles se termineront. C’est exactement comme pour les guerres. Avec une divergence intéressante que j’ai notée : ici, on présente les pourparlers qui s’entament comme devant résoudre les disputes à la fois concernant le tracé des frontières maritimes et terrestres. Lesquelles reposent sur 13 points de discorde. A Jérusalem, on ne mentionne que la délimitation de la frontière maritime. A l’ONU et dans la délégation U.S., on reste flou. On verra comment se passent les discussions les plus simples qui concernent la Méditerranée avant d’envisager la suite.

 

Une femme chiite connue au Liban pour sa volonté de conclure la paix avec les Israéliens a demandé cette après-midi à un petit groupe de personnes : "Si nous résolvons nos différends frontaliers marins et terrestres, quel prétexte restera-t-il pour ne pas signer la paix ? Nous n’avons toujours pas de frontières reconnues avec la Syrie !".

 

C’est la grande inquiétude de l’Iran et du Hezb. L’ouverture de ces négociations répond à une attente de la part des Libanais qui ont besoin du couloir de liberté que représenterait une frontière ouverte avec l’Etat hébreu. Cela changerait tout. Cela nous extrairait de la mainmise absolue due à la promiscuité géographique dans laquelle le Hezbollah nous contraint à la force de ses armes.

 

On observe même des ouvertures de la part de la dictature al Assad en direction d’Israël, aussi improbable que cela puisse paraître.

 

Depuis les deux traités de paix, la dynamique de normalisation avec Jérusalem semble inarrêtable. D’autant qu’elle est activement soutenue par un discours de délégitimation des Palestiniens par le régime d’Arabie Saoudite. A Riyad, on en est à accuser la Palestine d’avoir tissé une alliance avec Hitler, en référence au pacte entre le grand mufti de Jérusalem et le Führer.

 

Il est clair à Beyrouth que les deux dynamiques ne peuvent être que liées : c’est soit l’Iran, soit Israël. Toute discussion avec Jérusalem éloignant la Perse du Liban. Toute discussion de ce type réduisant immédiatement l’autorité du Hezb. sur le Liban.

 

Il convient désormais d’avancer pas à pas, mais de ne jamais cesser d’avancer. A un moment ou un autre, les milices chiites vont hausser le ton et passer aux menaces, cela participe de leur méthodologie.

 

A ce moment, il conviendra d’avoir tissé suffisamment de liens de confiance lors des négociations avec Israël afin que les Américains s’impliquent dans la défense de notre indépendance et qu’ils poussent Jérusalem à en faire autant.

 

 

pour lire la suite...
 
Entretien du système de gestion/publication de la Ména (010510/20) Version imprimable
Communiqué
dimanche, 04 octobre 2020

 

Du lundi 5 au lundi 12 octobre inclus, la Ména réalisera des opérations programmées d’entretien et de mise à jour de ses systèmes de gestion, de publication et de distribution.

 

Durant ladite période, les articles seront exclusivement publiés sur la page Facebook de l’agence - https://www.facebook.com/menapress - et exceptionnellement dans leur totalité.

 

Les journalistes travaillent comme d’habitude.

 

 

 
Pugilat dans un tunnel (013009/20) Version imprimable
Analyse
mercredi, 30 septembre 2020

 

Par Amram Castellion

 

Les articles commentant le premier débat présidentiel américain entre Donald Trump et Joe Biden ne sont pas encore publiés au moment où j’écris, mais il est aisé de faire deux prédictions.

 

D’abord, le thème général sera que le débat, dans son ensemble, a été un désastre. Les deux candidats se sont livrés à des coups bas ; les interruptions étaient fréquentes des deux côtés ; les quelques tentatives pour exposer des projets politiques cohérents ont rapidement dégénéré en affrontements verbaux dignes d’une cour de récréation.

 

Il y a beaucoup de vrai dans cette analyse - j’y reviendrai plus bas. Mais voici une autre prédiction, qui est politiquement tout aussi intéressante :

 

Dans un pays où la plus grande partie de la presse institutionnelle hait intensément le Président Trump, la très grande majorité des commentateurs ne va pas se risquer à prétendre que Biden a gagné.

 

Cela est profondément atypique. Des journalistes qui soutiennent un candidat ont intérêt, même si la réalité est plus complexe, à affirmer que ce candidat a gagné. Cela donne l’impression aux électeurs qui le soutiennent qu’ils sont du côté qui va remporter la victoire ; et le sentiment de faire partie du clan des vainqueurs augmente la probabilité d’aller effectivement voter au lieu de rester chez soi. Il y a quatre ans, ç’avait été la tactique généralement employée lors des débats entre Donald Trump et Hillary Clinton. Alors que ces débats étaient assez équilibrés (et que Clinton a fini par perdre l’élection), la candidate Démocrate était systématiquement présentée comme le vainqueur.

 

Cette année, au contraire, les commentateurs Démocrates vont probablement tout faire pour démobiliser les électeurs indécis et les convaincre de ne pas regarder les débats suivants, en affirmant que les deux candidats ont été un désastre. La tactique offensive des élections précédentes a été remplacée par une tactique défensive : maintenir les électeurs indécis chez eux et laisser les vrais convaincus des deux bords s’affronter, en espérant que cela donnera un avantage aux Démocrates.

 

Ce n’est pas nécessairement un mauvais choix politique. En première analyse, la perception d’un effroyable match nul peut être justifiée par les arguments suivants :

 

D’une part, Joe Biden a survécu à l’épreuve de 90 minutes d’exposition publique. Personne ne peut cacher qu’il est physiquement affaibli ; son langage corporel est hésitant et défensif alors que celui de Trump est dominant et agressif ; mais il a pu éviter, dans ses propos, les énormes gaffes du type de celles qui ont récemment inquiété ses électeurs sur l’évolution de ses facultés cognitives. Il n’y a pas eu, ce soir, de déclarations comme « je vais battre Joe Biden », « je suis entré au Sénat il y a 180 ans », « je suis candidat au Sénat » ou « 200 millions d’Américains sont morts du Covid » (toutes des déclarations authentiques de Biden pendant ces derniers mois). Et Biden, quels que soient ses problèmes de santé, a montré qu’il savait encore porter des coups rhétoriques.

 

beitrump.jpg

Un pugilat équilibré par la médiocrité. Avec un Joe Biden qui donne l’impression de vouloir

entrer dans un EHPAD plutôt qu’à la Maison Blanche

 

D’autre part, Trump n’a pas profité du débat, comme ses fonctions présidentielles auraient pu l’y inciter, pour prendre une posture bipartisane et s’élever au-dessus de la mêlée. S’il l’avait fait, peut-être aurait-il convaincu certains électeurs indécis qu’il a, au moins, l’avantage de la dignité. Au lieu de cela, Trump, lui aussi, s’est livré à une série d’attaques destinées principalement à mobiliser ses partisans.

 

Sur le fond du débat, peu de progrès ont été réalisés d’un côté ou de l’autre. Les candidats ont d’abord parlé de la Cour suprême, où le Sénat s’apprête à confirmer la candidate de Trump, la juge Amy Coney Barrett, consolidant ainsi pour quelques décennies la majorité conservatrice à la Cour. Cet échange n’a rien appris de nouveau à personne : Mme Barrett est une candidate difficile à attaquer sur le plan personnel ; Biden s’est donc contenté de dire qu’il aurait préféré attendre le résultat de l’élection avant qu’un candidat ne soit nommé.

 

Puis, le modérateur – Chris Wallace, un journaliste qui travaille pour la chaîne Fox News mais hait notoirement le président – a demandé à Biden si, comme le réclame l’aile gauche du parti, il augmenterait, s’il était élu, le nombre des juges de la Cour suprême pour renverser sa majorité. Biden a alors refusé de répondre – et ce refus illustre pourquoi, à mon sens, le résultat de ce débat brutal et désagréable est, au total, un léger avantage politique pour Trump.

 

Si Biden avait annoncé une augmentation du nombre des juges, il aurait provoqué des hurlements de joie dans son aile gauche, qui se serait mobilisée massivement pour aller aux urnes. En revanche, la grave atteinte à la tradition constitutionnelle que représenterait cette décision lui aurait coûté les voix d’électeurs indécis. A l’inverse, s’il avait dit qu’il s’en tiendrait à la tradition qui limite à neuf le nombre des juges de la Cour suprême, son aile gauche l’aurait déserté, mais il aurait rassuré les indécis.

 

Sa décision de refuser de répondre garantit que ni les centristes ni les gauchistes ne s’enthousiasmeront pour lui. Des électeurs de ces deux ailes se déplaceront bien, mais sans ferveur ; et beaucoup d’autres resteront chez eux.

 

Ce choix tactique est parfaitement défendable. En revanche, il exige, pour parvenir à la victoire, que les Républicains ne se mobilisent pas massivement pour leur propre candidat. D’où la tonalité générale des commentateurs Démocrates sur le débat : tout cela était catastrophique, passons à autre chose, restez chez vous. Comme le reste du débat l’a montré, il n’est pas certain que cette tactique réussisse.

 

Après la Cour suprême, les candidats sont passés à la politique de santé. Les effets désastreux de la pandémie aux Etats-Unis jouent politiquement contre Trump, même si, dans un pays fédéral, la responsabilité de la politique de santé est largement confiée aux Etats. Trump a répliqué sur les effets catastrophiques de la fermeture de l’économie imposée dans les Etats Démocrates pour lutter contre la pandémie et a rappelé sa politique visant à faire baisser le prix des médicaments. Léger avantage à Biden sur ce sujet : la position de Trump n’est pas déraisonnable, mais elle n’a pas la même force émotionnelle que d’accuser son adversaire d’être responsable de la mort d’Américains.

 

Sur l’économie, léger avantage à Trump qui rappelle que le projet de Biden contient une considérable augmentation d’impôts – ce que Biden ne cherche ni à nier, ni à justifier. A cette occasion, Biden rappelle que Trump a payé peu d’impôts sur le revenu (ce qui est parfaitement légal mais politiquement dommageable), et Trump rappelle pour sa part l’étendue de la corruption dans la famille Biden : Hunter Biden, le fils du candidat, a bénéficié, quand son père était vice-président, de millions de dollars de paiements sans contrepartie évidente de la part de la Russie, de la Chine et de l’Ukraine. Match nul.

 

Sur les questions raciales, Biden recommence à trianguler entre son aile gauche et les indépendants. Il ne soutient pas les révoltes raciales violentes qui agitent plusieurs dizaines de villes Démocrates : il en nie l’existence. Dans la phrase la plus surréaliste d’une soirée qui en a compté beaucoup, il affirme « Antifa n’est pas une organisation mais un état d’esprit ». Or, les indépendants savent parfaitement qu’Antifa est une organisation, violente et totalitaire, soutenue par le parti Démocrate. Les gauchistes, pour leur part, soutiennent Antifa et n’apprécieront que moyennement de ne pas être soutenus par le candidat. Avantage à Trump sur le sujet.

 

Même schéma sur l’environnement. Alors que le site de campagne du candidat indique explicitement que Biden soutient la « nouvelle donne verte » - un projet écologique porté par l’aile gauche du parti et considéré comme dangereux par les milieux économiques –, Biden affirme ouvertement qu’il ne le soutient pas mais qu’il mettra en œuvre un « plan Biden », différent mas non précisé. Une fois de plus, les indépendants sont troublés et les gauchistes lâchés en place publique.

 

Au total, cette triangulation était probablement nécessaire pour Biden, qui ne peut pas se permettre de s’aliéner entièrement ni son aile gauche, ni son aile droite. Mais elle conduira inévitablement à réduire le taux de participation parmi son électorat.

 

Or Trump n’a pas le même problème. Son aile droite et une grande partie des indépendants partagent au moins une préoccupation : celle du rétablissement de l’ordre et de la fin des émeutes. Le principal coup politique porté par Trump dans la soirée a été le moment où il a demandé à Biden de citer une seule organisation de police qui soutient sa candidature. Biden s’est soudain figé, silencieux, pendant plus d’une seconde, avant de passer à un autre sujet sans répondre. Ce moment aura été favorable à Trump à la fois chez les indépendants et dans son aile droite.

 

 

pour lire la suite...
 
Knesset : la Police s’oppose par la force à une manifestation démocratique et légale (012909/20) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 29 septembre 2020

 

Jérusalem, mardi, 14h20 à Métula, 13h20 à Paris

 

Communication de la Police israélienne : "Le Porte-parole de la Police :

 

A Jérusalem, [actuellement] lors de la manifestation qui a lieu près de la Knesset, des représentants de la municipalité ont arraché des banderoles, les manifestants ont tenté d’empêcher les employés de la municipalité de le faire et trois manifestants ont été arrêtés [par la Police] sur les lieux.

 

Les unités de police sur place".

 

Les représentants de la municipalité ne sont pas autorisés par la loi à retirer les banderoles des manifestants.

 

Ce qu'ils ont fait est totalement illégal, tout comme ce que fait la Police.

 

La loi est la même pour tous. Personne n'est au-dessus de la loi.

 

De plus, les manifestants n'ont pas non plus enfreint les règles Corona. Il suffit de regarder les images en direct de la protestation pour s’en convaincre.

 

La Police empêche les gens de se rendre sur le lieu du rassemblement et distribue des contraventions à ceux qui parquent leur véhicule sur des places pourtant prévues à cet effet.

 

Les forces de l’ordre sont en train d’atteindre aux principes fondamentaux de la démocratie.

 

Les représentants de la municipalité et la Police seront tenus de répondre de leurs actes devant un tribunal.

 

Vous pouvez suivre ces évènements dramatiques en direct grâce aux images filmées par notre consœur : Or-ly Barlev sur Facebook.

 

 
Israël, situation dramatique (012609/20) Version imprimable
Analyse
samedi, 26 septembre 2020

 

Par Stéphane Juffa

 

Ca y est, nous sommes en confinement. Depuis 14h hier (vendredi) après-midi, les Israéliens n’ont plus le droit de s’éloigner de leur domicile, de quitter l’agglomération dans laquelle ils vivent, de se rendre sur leur lieu de travail, ni de rencontrer d’autres personnes.

 

Etrange impression. On regarde les murs et on se dit qu’il vaut mieux disposer d’une grande maison, d’un jardin et d’un réfrigérateur bien rempli.

 

Grâce à ma carte de journaliste, j’ai traversé mon village de trois mille habitants. Je l’ai trouvé vide, sans voitures sur la route ni personne dans la rue. Surtout sans bruit. Le confinement, c’est d’abord le silence.

 

Aucun doute n’existe sur le fait qu’il était nécessaire de faire quelque chose, de prendre des mesures, de se protéger. Ces dernières vingt-quatre heures, on a référencé 5 800 nouveaux cas, 34 décès et 886 patients en situation critique, dont 178 sous respirateurs.

 

Un seul élément pour illustrer le sérieux de notre situation : Israël est aujourd’hui, proportionnellement s’entend, le pays qui compte le plus grand chiffre de nouveaux cas quotidiens. Plus que les Etats-Unis, que le Brésil et que l’Inde. Il est vrai que l’Etat hébreu est aussi le leader du dépistage systématique parmi les pays industrialisés, avec 361 240 personnes testées par million d’habitants. Soit bien plus du double de la France par exemple, et davantage que l’Allemagne et les Etats-Unis.

 

neti.jpg

Le roi a-t-il perdu la raison ?

 

La faute à qui ? Chacun à sa théorie. Il est certain qu’au printemps nous avons déconfiné trop vite et dans l’anarchie, nous avions l’impression, comme tout le monde, que l’épidémie était derrière nous. Vrai aussi, les experts s’accordent à le relever, que l’autorisation donnée par Netanyahu aux voyageurs en provenance des USA d’entrer en Israël, sans être ni examinés ni isolés, inspirée uniquement par le souci de ne pas irriter l’allié Donald Trump, a été l’un des principaux vecteurs de contamination. Nous avons également échoué avec notre programme de suivi électronique par le biais des téléphones portables destiné à couper les chaînes de propagation du virus. Notre modèle ne fonctionne pas, il envoie en quarantaine des personnes qui n’ont jamais croisé un malade et laisse au contraire en liberté celles qui sont atteintes et symptomatiques ainsi que celles qu’elles ont contaminées.

 

Ce n’est pas réparable : si on ne coupe pas la chaîne de contagion très rapidement, on en perd définitivement le contrôle. Depuis peu, le projet, ainsi que ses mises à jour, ont été confiés à l’Armée, mais que de temps perdu en palabres de politiciens.. Le système était censé être opérationnel depuis juillet.  

 

Nous avons fait des erreurs, certes, mais je ne crois pas que ce soient elles qui ont fait de nous aujourd’hui les cancres de la Planète. Je ne crois pas que les décisions humaines soient à la source de la contagion. Partant, je suis convaincu que nous n’avons pas les moyens de l’infléchir. Ce virus se propage géographiquement comme il l’entend, cela dépend sans doute de facteurs naturels comme le climat, mais pour le moment, les experts ignorent lesquels.

 

Ce que l’on constate est qu’aussi bien sur le plan domestique qu’international, les zones qui sont actuellement touchées sont celles qui avaient été partiellement épargnées lors de la première vague. Pour rappel, en mars, Israël était championne du monde de l’efficacité dans le combat contre la pandémie. En France, pendant que le Covid-19 ravageait l’Alsace, la région Alpes-côte d’Azur était épargnée. Netanyahu et Raoult s’auto-congratulaient, mais ils n’y étaient probablement pour rien. C’est le virus qui décide où il va et avec quelle violence il frappe !

 

Et il sévit par zones géographiques et non par contamination humaine : nous n’avons strictement aucun mouvement de population avec le Liban et la Syrie, nos voisins les plus proches, les frontières étant hermétiquement fermées. Pourtant, c’est le Proche-Orient qui déguste, y compris Gaza et l’Autonomie palestinienne. Le Proche-Orient, pas le Moyen-Orient, eux c’était en juillet-août et cela s’est calmé depuis, et pas grâce aux "mesures barrières", mais parce que le virus avait décidé d’aller sévir ailleurs. A l’instar de la France et de l’Espagne. En Allemagne, Belgique, Tchéquie et Italie, les mauvais chiffres sont également en augmentation mais la situation n’est pas encore dramatique. L’Europe de l’Est est épargnée, ce n’est pas son tour.

 

Tant que nous n’aurons pas trouvé de remède ou compris le mode de fonctionnement du Coronavirus, il continuera de se déplacer à sa guise, de s’éloigner et de revenir.

 

Je ne prétends nullement qu’il ne soit pas possible de limiter les dégâts : il est clair que si lundi, lors du Yom Kippour (la fête du Grand Pardon), les synagogues sont prises d’assaut par un million de fidèles, une semaine plus tard nous compterons 50 000 cas par jour. A ce propos, 250 étudiants d’une yéshiva [une école toranique] de la communauté de Gour, qui avaient prié ensemble dans une synagogue de Jérusalem pendant Rosh Hashana (le Nouvel an israélite qui s’est déroulé il y a une semaine exactement) sont désormais soit positifs soit malades. Et les Juifs orthodoxes qui représentent environ 10 % de la population comptent aujourd’hui pour 41% des positifs et des morts.

 

gamzu.jpg

Le Professeur Gamzou, désigné par Netanyahu pour diriger la guerre contre le Covid,

qui s’aperçoit, écœuré, qu’il ne dirige rien du tout, et qu’il cautionne des décisions

d’ordre strictement politique

 

Il est par ailleurs possible de se protéger et d’éviter à 99% de contracter la maladie. Il suffit pour cela de rester chez soi, de ne voir personne et de se faire livrer ses provisions en les désinfectant et en se désinfectant soi-même lorsqu’on les reçoit. Certains sourient, mais je connais plusieurs personnes qui se comportent strictement de la sorte, qui ne sont pas malades et qui ne le seront pas. Mais ils n’arrêteront pas la pandémie et ils n’infléchiront même pas ses courbes.

 

L’équation se pose donc au niveau de l’Etat, dont la fonction raisonnable des dirigeants consiste à réduire tant que faire se peut la progression de l’épidémie, et au moins à la contenir jusqu’à ce que le virus décide d’aller jouer plus loin.

 

C’est là que se situe le second drame des Israéliens. J’ai écrit plus haut qu’il fallait faire quelque chose, je n’ai pas dit qu’il fallait décréter un confinement général qui ressemble à un couvre-feu. Mais qui suis-je pour donner des conseils, je ne suis pas épidémiologiste ?

 

L’ennui est que c’est le Professeur Ronni Gamzou, le chef de la lutte contre le Corona en Israël, celui que l’on appelle dans la presse le Tsar, nommé à ce poste par Netanyahu le 23 juillet dernier qui l’affirme.

 

Dégoûté, à la suite d’un conseil des ministres qui avait duré dix-sept heures, le professeur se confia à la presse : "C'est une décision malheureuse. C'était répugnant, je dois prendre des paquets de pilules anti-nausée", a déclaré Gamzou jeudi soir. "Netanyahu, qui au début ne voulait pas intensifier le blocus, a changé d'avis en raison des manifestations continues contre lui".

 

Selon Gamzou, "tout a commencé lorsque les conseillers juridiques ont dit à Netanyahu que les manifestations ne pouvaient légalement pas être interdites. Netanyahu a dit : "Si tout le monde est à la maison et que toute l'économie est fermée, pourquoi serait-il impossible d'empêcher les manifestations ?".

 

Nous nous sommes levés [vendredi] avec la phrase de Netanyahu : "Je veux imposer l’état d'urgence en Israël !".

 

Le Professeur Gamzou ne croit pas au confinement général imposé par le Premier ministre, non plus que les membres du "cabinet Corona", que le experts présents et passés du ministère de la Santé, et que le ministre des Finances Israël Katz, pourtant un fervent supporter de Netanyahu et baron du Likoud.

 

A propos des experts, Netanyahu s’est exclamé : "J’ai toujours eu le courage de m’opposer à l’avis des experts et cela m’a toujours réussi". C’est évidemment totalement faux, chaque fois qu’il n’a pas suivi leurs conseils, dans tous les domaines, il a commis des gaffes monumentales.

 

Quant à Israël Katz… il n’avait pas été convié à la discussion de la journée. Il n’a été prié de s’y joindre qu’au moment de voter, avec les autres ministres. D’abord étonné, il a fait savoir que l’économie du pays ne survivrait pas à une telle décision, qu’elle coûterait des dizaines de milliards de shekels, et qu’il existait d’autres solutions. Elevant la voix, Netanyahu lui a intimé de se taire, comme à plusieurs autres ministres qui s’opposaient à sa décision prise durant son sommeil. Netanyahu a dit à Katz à très haute voix : "Le ralentissement annuel de l'activité économique pendant la période des fêtes juives garantira que les dommages à l'économie seront limités".

 

"Pendant dix-sept heures hier (jeudi), et aujourd’hui durant cinq heures (vendredi), nous n’avons pas parlé de l’épidémie, des mesures à prendre dans les hôpitaux, de ce qu’il convenait de faire avec les ultra-orthodoxes, comment sauvegarder l’économie en autorisant certaines entreprises à rester ouvertes, nous n’avons parlé que des manifestations ! A 95% !", m’a confié vendredi soir, au bord de la crise de nerfs, un ministre qui a participé à toutes les discussions.

 

"Pendant les pauses, il nous prenait un à un en aparté et tentait de nous convaincre de soutenir le confinement général, et aujourd’hui, par vidéo-conférence, c’était l’état d’urgence. Il avait l’air d’un possédé, il frappait sur la table, il faisait peur, mais Yuval [Steinitz, le ministre de l’Energie] et Yuli [Edelstein, le ministre de la Santé], bien qu’il était contre ces décisions, ont marché. Ils ont lu à la presse à différents moments des déclarations qu’on leur avait écrites et qui exigeaient d’imposer l’état d’urgence. On voyait bien à leur expression qu’ils étaient très mal à l’aise dans ce rôle, mais ils ont décidé de suivre le "Guide Suprême"", a poursuivi le ministre.

 

Miki (Makhlouf) Zohar, député du Likoud, chef du bloc bibiste à la Knesset et l’un des dobermans de Netanyahu a été l’un des messagers commis afin de porter le message selon lequel l’objectif des manifestants consiste à torpiller les "efforts" du Premier ministre pour que la pandémie tue le plus d’Israéliens possibles. Jeudi, Zohar a ainsi accusé sur les ondes de la radio de Tsahal les manifestants "d'être heureux dans leur cœur tandis qu’il y a 7 000 malades par jour. Ils veulent provoquer le chaos et la destruction", a-t-il déclaré.

 

De son côté, Netanyahu accusait tout le monde d’être à l’origine de l’expansion de la maladie, le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, son vice-Premier ministre Kakhol-Lavan Benny Gantz, les conseillers juridiques, l’opposition, les manifestants et même la population, indisciplinée, qui serait responsable du retour du virus pour n’avoir pas respecté les consignes de séparation.

 

De la façon la plus artificielle qui soit, il a lié la fermeture des synagogues à l’interdiction des manifestations, et il a ordonné à tous les députés du Likoud de véhiculer cette ineptie. C’est une erreur impardonnable, les religieux constituant un danger démontré pour la santé publique, alors que les manifestants ne forment qu’un péril pour le maintien de Netanyahu au pouvoir. Il n’a jamais été établi que les manifestants, qui respectent les consignes de sécurité, aient été la cause d’une seule infection au Covid-19. Seuls 35 ont été testés positifs. En ce qui concerne les orthodoxes, si lundi prochain, à l’occasion du Yom kippour, ils se pressent dans les synagogues – et il n’y aura pas de policiers dans ces synagogues -, nous allons véritablement au-devant d’une énorme catastrophe.

 

Les députés du Likoud ont transféré la question sur le terrain du droit ; en plus d’accuser les manifestants de propager l’épidémie et d’être un exemple pour le reste de la nation, l’incitant à ne pas suivre les règles du confinement, leur message choisi par la Propagandastaffel du Premier ministre était : si on permet à ces "gaucho-anarchistes" de manifester, il est impossible d’exiger des orthodoxes de ne pas fréquenter les synagogues. Même si les orthodoxes sont un million et qu’ils prient dans des espaces clos et surpeuplés, et que les manifestants sont (au plus) 40 000, et qu’ils se déplacent en plein air derrière des masques de protection !  

 

Jeudi, Netanyahu a décidé de soumettre une loi au vote de la Knesset afin d’interdire les manifestations durant le confinement déjà programmé pour vendredi à 14h. En première lecture, les amis de Benny Gantz ont laissé faire. La loi a été ensuite renvoyée en commission pour recueillir d’éventuelles propositions d’amendements. La commission à siégé sans interruption entre jeudi soir et vendredi à 13h30. Ilan Tsadik a suivi pour nous la totalité des débats, souvent houleux et même injurieux. Il y eut près de 4 000 amendements présentés par l’opposition, Kakhol-Lavan et même… par des députés du Likoud. Constatant qu’il serait impossible de faire voter toutes ces propositions avant le début du shabbat (vendredi soir), le président de la commission a ajourné la discussion et la loi n’a pas été votée.

 

Pris de panique, Netanyahu a décidé de faire voter l’état d’urgence à l’échelon du gouvernement. Mais la loi israélienne prescrit que l’état d’urgence ne peut être déclaré que si les députés se trouvent dans l’incapacité de participer aux activités de la Knesset, ce qui n’est évidemment pas le cas. Le Conseiller juridique du gouvernement, Avikhaï Mandelblit, a informé M. Netanyahu de cette disposition, l’avertissant que si elle était prise, la Cour Suprême l’annulerait. La loi est la loi, Mandelblit n’y est à nouveau pour rien.

 

Pour le Premier ministre, l’objectif était d’empêcher la grande protestation hebdomadaire de ce soir devant sa résidence officielle de la rue Balfour à Jérusalem. Ce rassemblement réunit chaque samedi une foule compacte qui compte outre plusieurs députés de divers partis, des dizaines d’ex-officiers supérieurs de Tsahal et d’anciens chefs du Renseignement. Tous exigent la démission de Binyamin Netanyahu, la tenue de ses procès pour fraude, corruption et abus de confiance, ainsi que l’ouverture de l’enquête concernant l’affaire des sous-marins stratégiques dont il a accepté la vente à l’Egypte de Morsi et dont nous avons abondamment traité dans ces colonnes. Plus de 4 000 officiers de réserve ont adressé une lettre signée à la Cour Suprême réclamant l’ouverture de cette enquête visant le chef de l’exécutif.

 

En plus de ce qui précède, ces protestations ont généré dans les sondages une perte de popularité du Likoud, qui égarerait ainsi un quart à un tiers de ses députés actuels en cas de nouvelles élections. Or Netanyahu prévoit de provoquer une nouvelle consultation électorale en décembre ou en mars, dans le but de pouvoir former une coalition qui voterait en faveur d’une immunité juridique qui le sauverait de ses procès et probablement d’une peine de prison ferme. Mais avec la perte de puissance de son parti, le résultat d’un quatrième scrutin paraît de plus en plus hypothétique. Il convient donc de faire cesser ce mouvement le plus rapidement possible, et à n’importe quel prix, selon la conception de Netanyahu.

 

A ce propos, il ne cesse de répéter que l’augmentation de la pandémie touche l’ensemble de la Planète et que les autres pays seront contraints d’emboiter le pas à Israël en décrétant un reconfinement généralisé qui ressemble à un état de siège. Mais pour le moment, l’Etat hébreu, je veux dire Binyamin Netanyahu, est le seul à avoir pris cette mesure extrême et pas forcément adéquate selon le monde médical.  

 

En dépit de toutes les tentatives effectuées par le Premier ministre, aucune loi n’interdit aux manifestants de se réunir à l’endroit de leur choix sur le territoire national, même à plus de mille mètres de leur domicile. Ainsi, ce samedi, les protestations sur des centaines de ponts et de carrefours routiers se déroulent comme ces dernières semaines.

 

Concernant Jérusalem, les protestataires se rendront à la résidence officielle du Premier ministre en cortèges de voitures (on attend entre 3 et 4 000 véhicules), ce qui annule pratiquement le risque de contagion.

 

Vidéo d’un cortège de protestation à Tel-Aviv : https://youtu.be/N7MtRSnz7CU

 

A proximité dudit domicile, ils pourront manifester sur les places de France et de Paris ainsi que dans les rues adjacentes. Les organisations responsables de ces mouvements ont assuré que les participants respecteraient à la lettre les consignes de sécurité édictées par le ministère de la Santé.

 

On apprend d’autre part que M. Avikhaï Mandelblit, le procureur général d'Israël et conseiller juridique du gouvernement, a préparé à l’intention du Premier ministre Binyamin Netanyahu une déclaration relative à ses conflits d’intérêt. Netanyahu s’était engagé à signer un tel document suite à la demande de la Cour Suprême de l’Etat d’Israël, mais ne s’était pas exécuté jusqu’à présent.

 

Par ce document, le Premier ministre, en raison des inculpations qui le frappent, doit s’engager à ne participer en aucune manière – directement ou indirectement - aux processus de nomination de responsables de la Police, de la Justice et du Parquet. Il ne saurait en effet participer au choix de fonctionnaires qui pourraient être amenés à l’interroger, à le poursuivre ou à le juger.

 

D’autre part, M. Netanyahu est prié de s’engager à ne pas faire usage de sa position prépondérante de chef de l’exécutif afin d’évoquer ses positions, ses arguments et ses griefs relativement aux procès dans lesquels il est inculpé.

 

 

pour lire la suite...
 
Sud-Liban : un entrepôt de munitions du Hezbollah explose. L’AFP implose (012209/20) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 22 septembre 2020

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa et Jules Mazouz ont participé à cette dépêche

 

Métula, mardi, 20h40 à Métula, 19h40 à Paris

 

Cette après-midi, un entrepôt d’armes et de munitions de la milice chiite terroriste libanaise du Hezbollah, supplétive armée de la "République" Islamique d’Iran, a explosé dans le village d’Aïn Qana [carte].

 

Cette agglomération de 6 000 habitants est située à 20km au nord de Métula, 13km au sud-est de Sidon et 35km en plein sud de Beyrouth.

 

ain_qana.jpg

Aïn Qana, Liban-Sud

Service cartographique © Metula News Agency

 

Agrippée à la montagne à 700 mètres d’altitude (comme notre rédaction), Aïn Qana domine le littoral méditerranéen.

 

La déflagration était importante. Des gens de la région ont rapporté que la terre tremblait sous leurs pieds. Elle a été très nettement entendue à Métula et a engendré un vaste incendie autour du site de l’explosion.

 

exp1.jpg

L’explosion

 

Des miliciens en armes ont entouré Aïn Qana et sa région d’un cordon de sécurité, interdisant l’accès à tout le monde, y compris à l’Armée et à la Police libanaises.

 

Deux vidéos de l’explosion :

https://twitter.com/i/status/1308389040350203904

https://twitter.com/i/status/1308395870363119616

 

Il y a plusieurs blessés et sans doute également des morts. Il est difficile d’en savoir plus, les miliciens protégeant les convois et les ambulances. Une source sur place a parlé de "16 morts dont des militaires iraniens", mais nous n’avons pour le moment aucune confirmation de cette affirmation.

 

La direction du Hezbollah a jusqu’à présent refusé de commenter l’événement. Un discours du Sayyed Hassan Nasrallah, le chef de l’organisation terroriste, est prévu en soirée mais on ignore s’il sera maintenu.

 

Selon toutes les sources libanaises, l’explosion est due à un "accident de travail" des miliciens, advenu alors qu’ils manipulaient des munitions. Le stockage et le transport des munitions constituent un exercice délicat et périlleux – même pour les armées régulières - qui réclame de l’organisation et du savoir-faire.

 

Le recours à des armes et des munitions vendues en tant que surplus par certaines armées, ainsi qu’à des explosifs à la provenance douteuse augmente sensiblement les dangers encourus par les opérateurs et la population.

 

Il est certain que l’accident de cette après-midi va encore attiser les tensions au pays des cèdres, où la population n’est pas encore remise de l’explosion du 4 août dernier, qui a fait plus de 200 morts et 6 500 blessés, et dont la responsabilité est clairement attribuée au Hezbollah.

 

La déflagration d’Aïn Qana survient alors que la majorité des Libanais exige le désarmement de la milice terroriste, et que les discussions en vue de former un gouvernement sont bloquées par l’exigence du Hezb d’obtenir, et à titre définitif, le portefeuille des Finances.

 

Le président français, en opposition frontale avec celui des Etats-Unis, plébiscite quant à lui l’intégration des représentants des milices dans le nouveau cabinet, jugeant leur participation "incontournable".

 

La presse française soutient la position d’Emmanuel Macron en censurant les informations connues sur l’incident d’Aïn Qara. Les media reprennent dans leur quasi-unanimité la dépêche tronquée de l’agence de presse officielle du gouvernement tricolore AFP :

https://www.msn.com/fr-fr/news/monde/liban-un-b-c3-a2timent-du-hezbollah-touch-c3-a9-par-une-violente-explosion/ar-BB19iZ74

 

Cette dépêche dissimule outrageusement la responsabilité du Hezbollah dans l’explosion de ce mardi. Selon Michaël Béhé, la propagande pro-Hezb, pro-Iran des media français surpasse celle des propres organes d’information de la milice chiite.

 

In Le Point :

 

"Liban : un bâtiment du Hezbollah touché par une violente explosion

 

Une puissante explosion a secoué un bâtiment d'un village du sud du Liban. Selon une source militaire, il s'agit d'un « site du Hezbollah ». Source AFP

 

Une puissante explosion a secoué, mardi, un bâtiment du mouvement chiite armé Hezbollah aux abords d'un village du sud du Liban, provoquant d'épaisses volutes de fumée noire, ont indiqué à l'Agence France-Presse des sources concordantes.

 

Évoquant un « accident », une source proche du parti pro-iranien a indiqué à l'AFP qu'il s'agissait « d'un site du Hezbollah ». Un habitant du village d'Aïn Qana a évoqué une maison faisant office de « centre du Hezbollah », et a précisé que des membres du mouvement ont bouclé le secteur. Selon les « informations préliminaires » d'une source militaire, il s'agit d'un « site du Hezbollah »".

 

Dans la presse française, un dépôt d’armes et de munitions devient un "bâtiment", un "site", un "centre", ou encore une simple et inoffensive "maison". Que de contorsions complices de la langue française en faveur d’une organisation terroriste qui a assassiné des dizaines de soldats français et plusieurs diplomates..

 

Et la milice terroriste du Hezbollah – dont la branche armée est officiellement reconnue comme telle par la France et l’Union Européenne – devient, par la magie des petites mains de l’AFP et de ses collabos de la presse francilienne, un "parti [politique] pro-iranien", même un "mouvement".

 

Il est vrai qu’un parti politique qui détient des entrepôts d’armes et de munitions cela présente certaines contradictions. Mais surtout, que la Résolution 1701 du Conseil de Sécurité, rédigée et proposée par la France et adoptée le 11 août 2006, prévoit que seule l’Armée libanaise est autorisée à détenir des armes, et que c’est elle qui doit être déployée le long de la frontière israélienne. Il n’y est nulle part précisé que la milice terroriste chiite œuvrant au profit de la théocratie iranienne à l’encontre de l’indépendance du Liban était autorisée à entretenir des dépôts d’armes dans le Liban-sud.

 

Dans les moutures plus récentes de ce câblogramme (la dépêche évolue), l’AFP donne la parole à "un" villageois qui nie qu’il se soit agi d’un dépôt de munitions du Hezb ; l’AFP évoque même la possibilité que l’explosion soit due au Khe’l Avir, l’Aviation israélienne [un bombardement ? J] : " (…) l'explosion, « aux causes inconnues, a coïncidé avec le survol de l'aviation ennemie, qui depuis ce matin n'a pas quitté le ciel »".

 

Même les journaux du Hezbollah n’avaient pas osé…

 

Selon Michaël Béhé, cette dépêche de l’AFP, et sa diffusion dans toute la presse de l’Hexagone va plus loin dans sa déformation partisane et intéressée des faits que toutes les précédentes. Il s’en rappellera, dit-il, comme celle du jour où les media français ont péri corps et biens. Selon notre camarade, désormais aucune information émanant d’un media français n’est crédible. Toutes sont susceptibles d’être détournées.

 

 

 
Liban : Trump explose le complot infernal de Macron (011709/20) Version imprimable
Analyse
jeudi, 17 septembre 2020

 

Par Michaël Béhé

 

Dernières heures : ce jeudi après-midi, nous apprenons que Paris a accepté l’exigence des deux milices chiites au service de l’Iran – le Hezbollah (le parti de Dieu) et Amal [ara. : espoir, la milice du "mouvement des dépossédés"] – d’obtenir les portefeuilles des Finances et de la Santé dans le futur gouvernement, ainsi qu’un droit de veto général sur toutes les décisions du cabinet. Une discussion cruciale sera organisée dimanche chez le président Michel Aoun. Le Premier ministre pressenti Moustapha Adib a annoncé qu’il envisageait de refuser de former un gouvernement dans ces conditions et a dénoncé une ingérence inacceptable dans les affaires du Liban.

 

pompeo.jpg

(Mike Pompeo, Secrétaire d’Etat U.S.) Les Etats-Unis ont pris la décision de débarrasser la

Planète des théocrates Iraniens, non de leur offrir le Liban

 

Le "plan" Macron

 

Le Président français, Emmanuel Macron, a grondé les politiciens libanais pour ne pas avoir respecté la date barrière de mardi dernier qu’il leur avait fixée afin de constituer un nouveau gouvernement. C’est un "grondeur" dans l’âme, plaisante-t-on au Sérail, le bâtiment datant de l’époque ottomane qui sert de siège au Premier ministre et au gouvernement. On évoque dans la foulée les remontrances télévisées du Président à l’encontre du journaliste Georges Malbrunot, qu’il jugeait "irresponsable" pour avoir dévoilé ses rencontres avec des dirigeants de la milice chiite du Hezbollah.

 

Le plan de M. Macron consiste à former un gouvernement comprenant tous les partis libanais afin de changer la Constitution nationale. C’est lacunaire, commente-t-on ici avec le sourire, c’est une idée, pas un plan. C’est naïf, ajoute Sami Gemayel, le chef du parti chrétien des Kataëb [les phalanges]. Comment quelqu’un qui prétend connaître le Moyen-Orient peut-il en effet imaginer que l’Iran des ayatollahs pourrait lâcher son os libanais simplement parce qu’un président français le lui a demandé gentiment ?

 

Il existe une immense dichotomie entre la vision du pensionnaire de l’Elysée et les espoirs de quatre-vingt pour cent des Libanais. Particulièrement après la gigantesque explosion qui a soufflé Beyrouth le mois dernier. Pour Paris, il est illusoire d’envisager l’avenir du pays aux cèdres sans la participation du Hezbollah, et notamment à cause de la puissance militaire de la milice. Dans le projet Macron, l’intégration du Hezb constitue une clef de la préservation du Liban.

 

Pour les Libanais, l’organisation de Nasrallah, supplétive de Téhéran, est d’abord le responsable de l’explosion du port, de ses morts, de ses blessés et des destructions qu’elle a occasionnées, et elle n’est pas la solution du problème mais sa cause. En particulier, les armes illégales qu’elle détient et qui lui permettent de constituer un Etat dans l’Etat et de prendre toutes les décisions importantes à la place du pouvoir légitime. Pour les Libanais, toute solution passe d’abord et avant tout par le désarmement du Hezb.

 

La solution passe aussi par le renvoi dans leurs pénates des politiciens actuels, que la population juge irrémédiablement corrompus, responsables de la crise économique abyssale à laquelle elle a à faire face, et du risque permanent d’un conflit entre la milice chiite et Israël pour servir la politique iranienne. Un affrontement qui ne concerne pas les Libanais et qui réduirait notre pays à l’état de ruine.

 

Aussi, une approche sensée de la proposition française permet de voir si elle résout ces trois problèmes majeurs : en pressant le Premier ministre pressenti Moustapha Adib à former au plus vite une coalition avec les partis et les personnalités existantes, y compris le Hezb, on ne répond pas à l’attente de la rue mais on les sauve de la guillotine qu’ils méritent amplement. Lors, espérer que ces dinosaures vont s’auto-envoyer à la maison n’est pas naïf, c’est extrêmement naïf, limite idiot.

 

macron.jpg

Tiens, il pleut..

 

Encore, si la préservation grâce à Macron d’une classe politique en échec – contre la volonté populaire – pouvait assurer l’obtention de prêts à l’international afin de combler nos besoins urgents, estimés à 80 milliards d’euros, cela aurait un sens. Mais la France ne nous propose pas d’argent, pour la raison qu’elle n’en a pas. Et tant que le pays sera dirigé par un gouvernement de l’ombre à la solde de Khameneï [le "Guide suprême" de la théocratie iranienne], les pays arabes [la Ligue Arabe a inscrit le Hezbollah le 11 mars 2016 sur sa liste des organisations terroristes], l’Amérique et le Fonds Monétaire International, les seuls à pouvoir nous éviter la banqueroute, ne nous aideront pas. Ils ne cessent de nous le répéter.

 

Quant aux armes du Hezbollah, elles servent principalement à tenir en joue les autres Libanais – la majorité -, et accessoirement à exercer des provocations contre l’Etat hébreu, qui risquent en permanence de dégénérer en massacre. Notre massacre.

 

Résultat des courses : le "plan" Macron, même s’il réussissait, n’apporterait aucune solution à nos problèmes immédiats. A part faire parler de lui et entretenir l’illusion d’un rôle prépondérant fictif de Paris dans l’ordre mondial et particulièrement dans ses anciennes colonies !     

 

Washington explose l’initiative française

 

La Maison Blanche, qui s’oppose à la nucléarisation de l’Iran ainsi qu’à ses ambitions bellicistes et expansionnistes, a pris des mesures qui torpillent concrètement les manœuvres d’Emmanuel Macron.

 

La semaine dernière, en effet, les Etats-Unis ont élargi leurs sanctions liées au Liban en inscrivant sur sa liste noire deux anciens ministres du gouvernement qu'ils accusent de représenter les intérêts du Hezbollah et partant, de l’Iran.

 

Cette décision constitue un signal clair de la part de Washington indiquant que si des personnalités attachées au Hezbollah devaient intégrer le futur gouvernement libanais, c’est le Liban qui subirait des sanctions à l’instar de celles qui frappent Téhéran, qui pourrait être considéré tel un pays terroriste, et même subir la rupture des relations diplomatiques avec l’Amérique.

 

Or aucun Etat au monde ne peut fonctionner correctement contre la volonté de Washington ; assurément pas un pays comme le nôtre, qui se trouve en phase de dégradation politique et économique avancée. Dans ces conditions, au cas où dimanche un gouvernement serait formé incluant des ministres des organisations terroristes chiites et leur octroyant de surcroît le droit de veto sur ses décisions, cela marquerait sans doute la désintégration finale de notre pays, associée à un risque élevé de reprise de la guerre civile. Il est d’ores et déjà établi qu’aucune formation du Bloc du 14 mars, l’alliance souverainiste œuvrant pour le désarmement du Hezbollah et l’indépendance du Liban, ne participerait à un tel gouvernement.

 

La position des Etats-Unis a été répétée de façon limpide par le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo mardi sur France-Inter, qui, lors d’une interview a notamment déclaré :

 

"Les Etats-Unis assument leur responsabilité et nous empêcherons l’Iran d’acheter des chars chinois et des systèmes de défense aérienne russes, puis de vendre des armes au Hezbollah (et) de torpiller les efforts du président Macron au Liban".

 

"Vous ne pouvez pas permettre à l’Iran d’avoir plus d’argent", a ajouté le secrétaire d’Etat U.S., "de pouvoir et d’armes tout en essayant de déconnecter le Hezbollah des catastrophes qu’il a provoquées au Liban".

 

Macron à contre courant

 

Nous ignorons quels sont les objectifs que poursuit le président français ; la raison pour laquelle il désire renforcer la mainmise de l’Iran sur notre pays, alors que la responsabilité de ses supplétifs libanais du Hezb dans l’explosion du port de Beyrouth est connue de tous.

 

Ce qui est certain pour l’écrasante majorité de mes compatriotes est que le maintien de la milice de Hassan Nasrallah en tant que gouvernement de l’ombre à la force de ses armes mène le Liban à sa perte.

 

Plus encore, l’initiative de Macron se situe non seulement à l’encontre de notre volonté et de nos intérêts, mais également en porte-à-faux avec le sens de l’histoire.

 

A Beyrouth nous avons suivi avec une très grande attention la signature des accords de paix entre Jérusalem, Manama et Abou Dabi. Contrairement à ce qu’a voulu montrer la presse française [la moitié des titres de la presse écrite a simplement décidé de ne pas mentionner la signature de ces traités. Ndlr.], les Libanais et les Arabes ont tous compris que ces conventions de paix pavaient une nouvelle ère de collaboration fructueuse entre eux et l’Etat hébreu, que cette impulsion est irréversible, et qu’elle entraînera à brève échéance toute la région, car cela se situe dans son intérêt indiscutable.

 

Les caractéristiques du monde arabe, on s’en rend compte rapidement, et d’Israël sont en tous points complémentaires. Le rejet de l’émancipation des Juifs dans la région était une erreur politique qui semblait incompatible avec celle des Etats arabes qui venaient eux aussi d’accéder à leur indépendance, de même que la création et l’instrumentalisation du peuple palestinien dans le seul dessein de justifier l’anéantissement d’Israël.

 

Dans la même semaine que celle de la signature des traités de paix sur les rives du Potomac, nous apprenons que des contrats pour un montant de plusieurs milliards de dollars ont déjà été signés entre des groupes arabes et des universités, des sociétés, et même des clubs sportifs de l’Etat hébreu. Signés.

 

Simultanément, alors que des transactions du même type pourraient être engagées avec le Liban et nous extraire rapidement de notre déconfiture, Paris et son apprenti-président nous éloignent de nos frères arabes pour nous jeter dans les bras de leur ennemi mortel. Cela n’a aucun sens, c’est dénué de logique, c’est un amalgame de haine, de bêtise et d’arrogance.

 

Reste que les Libanais ne sont pas dupes. La plupart d’entre nous rêvons de paix avec nos voisins du Sud, la différence étant que nous n’hésitons plus à raconter nos rêves. A l’instar de ce qu’a fait Sejaan Azzi, un ancien ministre du Travail, sur la chaîne de télévision NBN [voir la vidéo avec traduction en anglais : https://youtu.be/w9nsjl5bPUg].

 

 

pour lire la suite...
 
Roquettes sur le Néguev et ripostes israéliennes à Gaza (suite) (021609/20) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 16 septembre 2020

 

Métula, mercredi, 06h45 à Métula, 05h45 à Paris

 

Suite à notre précédente breaking, et sur la base des premières informations produites par le porte-parole de Tsahal durant cette nuit (mardi à mercredi), nous sommes en mesure d’affirmer ce qui suit :

 

A 20h15 locales mardi, pendant la signature à la Maison Blanche des accords de paix entre Israël et les Emirats Arabes Unis et entre Israël et le Bahreïn, les organisations terroristes islamiques de Gaza ont tiré plusieurs roquettes en direction des villes d’Ashdod [225 000 hab.] et d’Ashkalon [127 000 hab.].

 

L’un de ces projectiles a atteint un quartier commercial du centre d’Ashdod. A l’impact, la roquette n’a causé que des dégâts matériels. A une trentaine de mètres de là cependant, le souffle de l’explosion à détruit la vitrine d’une blanchisserie. Deux hommes (âgés de 28 et 62 ans) ont été blessés par les éclats de verre dont l’un se trouve dans un état sérieux à l’hôpital Assuta d’Ashdod. Quatre autres personnes sont plus légèrement atteintes, la plupart ayant subi un état de choc.

 

En riposte à cette agression spontanée (non précédée d’une quelconque activité offensive de l’Armée israélienne), à partir de 4h30 locales, des avions de combat, des drones et des hélicoptères d'assaut du Khe’l Avir, l’Armée de l’air israélienne, ont frappé en plusieurs vagues des cibles militaires du Hamas dans la bande de Gaza.

 

Plus d’une douzaine de cibles terroristes ont été visées et oblitérées, parmi lesquelles une usine de fabrication d'armes et d'explosifs, une vaste structure souterraine, ainsi qu’un complexe militaire utilisé par le Hamas pour l'entraînement de ses miliciens et les essais de lancement de roquettes.

 

Selon un communiqué du porte-parole de Tsahal, "13 roquettes ont été tirées (à partir de 4h32 mercredi) depuis la bande de Gaza sur le territoire israélien. Les systèmes de défense aérienne de Tsahal [Dôme de Fer] ont intercepté huit de ces roquettes".

 

Nous sommes sans nouvelles d’éventuels blessés et dégâts matériels occasionnés par les tirs de ces roquettes. Interpelé par nos soins, le porte-parole nous a indiqué "être en train de vérifier les conséquences de ces tirs".

 

 
Alertes sur le Néguev et opérations israéliennes à Gaza. Tsahal impose le silence (011609/20) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 16 septembre 2020

 

Métula, mercredi, 05h45 à Métula, 04h45 à Paris

 

Depuis 4h32 locales, les sirènes d’alerte ont retenti plusieurs fois dans des dizaines d’agglomérations israéliennes du pourtour de Gaza.

 

Des opérations de l’Armée israélienne sont en cours, mais le porte-parole de Tsahal ne fournit aucune information relativement aux tirs de roquettes des organisations terroristes palestiniennes et à ses propres activités.

 

Le but est de ne pas donner d’informations à l’ennemi pendant les combats, tout en indiquant à la population de se mettre à l’abri.

 

Ilan Tsadik à Sdérot a vu l’interception de deux roquettes, il entend de nombreuses détonations et perçoit des éclairs de lumière sur l’enclave côtière, mais il ne dispose d’aucune précision.

 

Des sources situées à Gaza et d’autres sources arabes font état de violents bombardements dans la bande, mais nous ne sommes pas en mesure de vérifier ces informations. Non plus que les images et vidéos que ces sources diffusent sur le Net.

 

 

 
Pendant la cérémonie de paix aux USA, les terroristes bombardent Ashdod et Ashkalon (011509/20) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 15 septembre 2020

 

Métula, mardi, 20h35 à Métula, 19h35 à Paris

 

Pendant que les représentants d’Israël, des Emirats Arabes Unis et de Bahreïn signent la paix à Washington, sous les auspices du Président Donald Trump, les terroristes de Gaza ont ouvert le feu sur les villes d’Ashdod et d’Ashkalon et sur plusieurs autres agglomérations du Néguev.

 

A 20h 15 locales, les organisations terroristes islamiques de la bande côtière ont lancé plusieurs salves de roquettes en direction d’Israël, y compris sur les cités importantes d’Ashdod et d’Ashkalon.

 

La plupart des projectiles des terroristes ont été interceptés par le Dôme de Fer selon les informations communiquées par nos camarades sur le pourtour de Gaza. Il semble que deux personnes aient été blessées assez sérieusement à Ashdod par une roquette qui a explosé en plein milieu d’un quartier d’habitation. D’autres personnes sont légèrement atteintes, principalement en état de choc.

 

La question qui se pose en ce moment précis consiste à savoir s’il s’agit d’un acte symbolique limité de la part des terroristes pour montrer leur opposition à la paix, ou si nous assistons à une agression d’une plus grande ampleur, qui engendrera un nouveau cycle d’affrontements.

 

Ce qui est certain est que Tsahal va riposter à cette agression spontanée – non précédée par aucun acte offensif de l’Armée israélienne -, dont le caractère terroriste – des individus armés attaquant systémiquement des civils – ne fait pas de doute.

 

https://twitter.com/i/status/1305919993524219906

 

 

 
Frappes israéliennes en Syrie (011409/20) Version imprimable
Breaking News !
lundi, 14 septembre 2020

 

Métula, lundi, 19h15 à Métula, 18h15 à Paris

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa et Jules Mazouz ont participé à  cette dépêche

 

Ce lundi, d’après des sources concordantes et vérifiées par nos soins, des appareils du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, ont attaqué une position de l’Armée iranienne dans les environs de Boukamal [carte] à proximité de la frontière irakienne.

 

safiraboukamal.jpg

Vue globale

Service cartographique © Metula News Agency

 

Le raid, probablement effectuée par des chasseurs-bombardiers furtifs F-35, a coûté la vie à neuf miliciens chiites irakiens au service de la "République" Islamique d’Iran ainsi qu’à trois militaires gouvernementaux syriens dont un officier.  

 

Il y a quelques minutes, Michaël Béhé est parvenu a réaliser une brève interview téléphonique d’un aide-soignant à l’hôpital de Boukamal. Ce dernier a ajouté que sept autres miliciens et militaires avaient été blessés lors de l’intervention, dont deux grièvement.

 

Ces personnels gardaient un important dépôt d’armes et de munitions formé de plusieurs bâtiments qui ont été intégralement détruits.

 

De nombreuses ambulances ont été vues sur le lieu des frappes.

 

D’autre part, vendredi matin, à 1h34 précisément, deux autres F-35 (probablement) ont pris pour cibles les deux édifices d’une fabrique d’assemblage de missiles iraniens dans la zone industrielle d’al Safir, à une vingtaine de kilomètres au sud-est d’Alep [carte]

 

Safzonesafir_local.jpg

La zone de l’attaque à al Safir

L’étoile symbolise l’emplacement de l’usine

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Comme on le distingue sur cette image satellitaire AVANT-APRES de l’agence israélienne ISI, spécialisée dans ce genre d’images, le bâtiment du haut (mais le plus au Nord en réalité, l’image ayant été inversée pour les besoins graphiques) qui contenait les explosifs ainsi que le carburant pour missiles a été totalement oblitéré. La seconde explosion, celle des stocks contenus dans ledit bâtiment, l’a totalement rasé.

 

L’autre bâtiment, qui accueillait les appareillages techniques et les structures des missiles a été sévèrement endommagé. Le matériel qu’il contenait a été détruit et n’est plus utilisable.

 

safi_2_fact_av_ap_fine.jpg

La Carte AVANT/APRES d’ISI

 

SANA, l’agence d’information du gouvernement syrien et l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, avaient annoncé le raid de vendredi. Ils avaient déclaré que certains des missiles air-sol israéliens Dalila avaient été abattus en vol, ce que l’étude détaillée des ruines exclut catégoriquement.

 

Aucun des moyens antiaériens présents sur le sol syrien n’est technologiquement capable d’intercepter des missiles de ce type ains que les appareils furtifs qui les lancent.

 

Selon des sources kurdes (non vérifiées) de la région, quatre militaires iraniens ou des supplétifs irakiens ou libanais ont péri lors de ce raid et neuf autres ont été blessés.

 

Cette zone industrielle, relativement éloignée de la frontière israélienne (347km de Métula, le point le plus proche), a déjà été plusieurs fois attaqué chirurgicalement par le Khe’l Avir. Il est plus que probable que les équipements avaient été transportés dans la région par des avions-cargos qui se sont posés sur l’aéroport d’Alep [carte].

 

Les gouvernementaux syriens et leurs alliés iraniens ont bâti des usines d’armement dans cette zone industrielle ainsi qu’au nord de l’aéroport, à proximité immédiate de bâtiments industriels civils et d’autres constructions à usage militaire, actuellement inoccupés ou abritant des équipements sans intérêt stratégique.

 

Les missiles de cette fabrique étaient destinés au contingent iranien en Syrie et au Hezbollah au Liban.

 

 

 
Israël reconfine ! (011309/20) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 13 septembre 2020

 

Métula, dimanche, 23h20 à Métula, 22h20 à Paris

 

Après 7 heures de discussions interminables et la démission du ministre orthodoxe de la Construction et du Logement, Yaakov Litzman, le cabinet a finalement adopté la proposition du ministère de la Santé et du préposé au traitement de la pandémie, le Professeur Ronni Gamzou. Celle-ci consiste à imposer un confinement quasi-général en Israël à partir de vendredi prochain à 14h. et pour une durée d’au moins trois semaines.

 

Les détails des dispositions seront diffusés plus tard dans la soirée, mais le Premier ministre a déclaré il y a quelques minutes en conférence de presse que les habitants ne pourront pas s’éloigner de leur domicile de plus de 500 mètres, et que les réunions de personnes ne pourront pas dépasser 20 individus en extérieur et 10 sous un toit.

 

net.jpg

Une période très compliquée

 

Les commerces seront fermés, à l’exception de ceux assurant des activités indispensables à l’instar des pharmacies et des magasins d’alimentation. Les restaurants pourront effectuer des livraisons à domicile mais pas accueillir de clients.

 

Les hôtels seront également clos, et les transports entre agglomérations ne seront autorisés que pour les personnes pouvant faire état d’une raison valable de se déplacer en conformité avec les règles édictées.

 

Des dispositions spéciales relatives aux prières seront énoncées ultérieurement ; elles concernent les Juifs pratiquants, car le confinement couvre la période des grandes fêtes israélites, débutant vendredi soir à l’occasion du Nouvel an – Rosh hashana [héb. : la tête de l’an] – et se terminant en principe à Simkhat Torah [héb. : la fête de la Torah].

 

Yaakov Litzman, le chef du parti Agudat Yisraël et bras droit politique du Rabbin de Gour [l’une des plus grandes cours hassidiques], a justifié sa démission par le refus gouvernemental de permettre aux Juifs pratiquants de fréquenter les synagogues à leur guise durant les fêtes. Litzman, lors d’une interview télévisée, a laissé entendre que la décision de re-confinement avait été intentionnellement prise afin de brimer les Juifs religieux.

 

Cependant, parmi les 153 769 cas de Corona avérés et les 1 108 décès, les Juifs pratiquants et les Arabes israéliens représentent, à égalité, plus de la moitié des cas, soit près du double de leur proportion dans la société israélienne.

 

D’autre part, M. Litzman ainsi que son épouse ont déjà contracté une forme active du COVID 19, avec des symptômes modérés. Cela s’est passé alors qu’il était ministre de la Santé et qu’il avait participé discrètement à plusieurs services religieux interdits par ses propres décrets dans une synagogue.

 

Le Professeur Ronni Gamzou ainsi que le nouveau ministre de la Santé, Yuli Edelstein, se trouvent en quarantaine à leurs domiciles respectifs. Ils ont participé à la conférence de presse de ce soir par vidéoconférence.  

 

Aucune décision n’a été prise relativement au maintien de l’activité des aéroports internationaux ; une commission ad hoc a été nommée à cet effet, qui comprend le ministre des Affaires Etrangères, le ministre de la Santé et la ministre des Transports.

 

Leur décision devrait être connue demain (lundi), l’on s’attend à ce que les aéroports restent ouverts, et que les vols aller-retour vers l’étranger déjà programmés puissent se dérouler comme prévu. Les quelques vols agencés sont tous pleins pendant la période des fêtes, et les passagers détenant un titre de transport devraient pouvoir les emprunter.

 

Binyamin Netanyahu a prononcé de nombreuses inexactitudes lors de sa conférence de presse. Il a par exemple déclaré que le taux de mortalité en Israël – 120 morts pour un million d’habitants - était plus faible que celui de la moyenne des autres pays [https://www.worldometers.info/coronavirus/].

 

Ceci est faux selon les bilans de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), d’après laquelle notre taux de mortalité est légèrement plus élevé que ladite moyenne.

 

Netanyahu a également annoncé que la nouvelle vague de Coronavirus était globale et que d’autres Etats – dont la France, l’Italie, l’Espagne et l’Australie notamment – avaient déjà pris des mesures en vue du re-confinement. Cet argument est totalement incorrect : Israël est le premier et le seul pays jusqu’à présent à avoir décrété le re-confinement.

 

Cette mesure est toutefois rendue nécessaire par la hausse régulière du nombre de personnes contaminées par le virus, qui a dépassé les 4 000 quotidiennement ces derniers jours.

 

La capacité des hôpitaux à traiter les malades (1 000 actuellement en soins intensifs) est limitée. Non par le manque de respirateurs – le Mossad, le service du Renseignement en a achetés plus de 5 000 lors de la première vague de l’épidémie - ou de lits, mais par manque de personnel.

 

Il semble que les hôpitaux publics, bien qu’ils ont bénéficié d’une importante aide financière gouvernementale, n’ont pas pris les dispositions adéquates afin d’ouvrir de nouvelles unités de médecine interne dédiées au traitement du COVID 19.

 

Le Premier ministre Binyamin Netanyahu va s’envoler incessamment à destination de Washington où il doit participer mardi à la cérémonie de signature de deux accords de paix sous l’égide du président Donald Trump, avec les Emirats Arabes Unis et Bahreïn.

 

Le contenu de ces accords n'a pas été présenté aux membres du gouvernement ni au comité des Relations Extérieures et Sécuritaires de la Knesset. Personne, à part M. Netanyahu et les négociateurs, n’est au courant des conditions de ces accords. Plusieurs législateurs de la droite et de la gauche parlementaires ont exprimé leur opposition à ce mode opératoire.

 

L'ancien ministre de la Défense Moshé Yaalon a demandé que les détails de l'accord soient discutés par les commissions de la Knesset avant leur signature, mais les experts juridiques affirment qu'il n'y a aucune obligation de le faire et que les traités pourront être ratifiés rétroactivement.

 

Une foule de plusieurs centaines de manifestants a bloqué l’un des accès de l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv afin de protester contre le départ de M. Netanyahu, jugeant qu’au vu de la situation intérieure alarmante, sa place était en Israël.

 

Durant la séance du conseil d’aujourd’hui, des ministres se sont également disputés relativement au droit de ceux qui réclament la démission du Premier ministre de manifester devant ses résidences à Jérusalem (officielle) et à Césarée (privée). Le Conseiller du gouvernement et Procureur général d’Israël, M. Avikhaï Mandelblit a tranché, déterminant qu’il était anticonstitutionnel d’interdire de manifester en dépit du confinement. Des aménagements concernant des mesures de distanciation et de limitation du nombre de participants pourront éventuellement être édictées par le ministère de la Santé ou par la police.

 

Les débats lors du conseil des ministres ont été vifs et les participants étaient divisé quant aux mesures à prendre pour lutter contre l’expansion de la pandémie. Finalement, les ministres ont voté à l’unanimité en faveur des dispositions générales.

 

Nombre d’observateurs ont remarqué que la décision était tombée à la dernière minute dans la précipitation absolue, alors que rien n’avait empêché le gouvernement de trancher voici plusieurs jours ou plusieurs semaines. Une majorité de journalistes israéliens pense que des considérations politiques et d’intérêt particulier du Premier ministre sont intervenues dans les décisions prises par le cabinet.

 

Pour notre part, nous ne comprenons pas pourquoi, face à une augmentation exponentielle des nouveaux cas ainsi que des décès, l’imposition du re-confinement n’est pas intervenue immédiatement et qu’elle a été repoussée à vendredi.

 

Israël effectue depuis plusieurs semaines 40 000 tests journaliers du Coronavirus, ce qui la situe, proportionnellement, parmi les trois ou quatre pays qui pratiquent le plus de dépistages à l’échelon planétaire. Le nombre élevé des cas recensés dans l’Etat hébreu provient notamment de cette politique de dépistage préventif qui n’est pas en vigueur dans la plupart des autres pays.

  

 

 
L’initiative Macron au Liban sanctuarise la mainmise du Hezbollah et de l’Iran (010509/20) Version imprimable
Analyse
samedi, 05 septembre 2020

 

Par Michaël Béhé

 

J’en suis resté à l’incident de mercredi à Beyrouth, lorsque le Président Macron, de sa voix de fausset qui se prend pour celle du Général De Gaulle, a admonesté devant les caméras le confrère Georges Malbrunot, à cause d’un article qu’il a publié dans Le Figaro - "Liban: le pas de deux d’Emmanuel Macron avec le Hezbollah".

 

Vidéo de l’objurgation : https://twitter.com/i/status/1301122564509630465

 

Certains des rédacteurs de la Ména ont fréquenté de près Malbrunot et ils n’en ont retenu aucune sympathie particulière, ils s’en étaient d’ailleurs ouverts dans ces colonnes. Mais cela s’adressait à la personnalité de ce collègue ; sur le plan professionnel, c’est un authentique journaliste qui, de plus, est l’un des rares professionnels français à bien connaître le Moyen-Orient.

 

En août 2004, il avait été enlevé en Irak par un groupuscule islamique en compagnie de Christian Chesnot, et avait passé cent vingt-quatre jours en détention comme otage entre ses mains. Il avait ensuite été libéré après le versement par le gouvernement français d’une rançon de quinze millions d’euros, ce que l’establishment tricolore nie jusqu’à ce jour. Dans tous les cas, cela avait permis à Malbrunot d’approfondir sa connaissance de notre réalité.

 

L’article qui a fâché Macron n’a rien d’un brûlot, c’est une analyse sereine de la démarche du président français au Liban. Un papier factuel et informatif que la Ména n’aurait eu aucune réticence à publier.

 

Dans ces conditions, qu’est-ce qui a pu valoir à Malbrunot les adjectifs "irresponsable, grave, non-professionnel et mesquin" de la bouche de Macron, et surtout en public ?

 

- Deux éléments qui figurent dans l’article : le fait que le Président a rencontré à deux reprises des hauts responsables du Hezbollah, une organisation classée terroriste par la plupart des pays civilisés et par l’Union Européenne, et qu’il lui a reconnu un rôle incontournable et pérenne dans l’équation libanaise.

 

nashanged.jpg

Ce que veulent les Libanais (Nasrallah)

 

C’était en fait un secret de polichinelle à Beyrouth dont tout le monde était au courant. Mais le filtre de la bienpensance avait encore fonctionné entre notre capitale et Paris, puisqu’aucun autre media de l’Hexagone n’avait mentionné ces entretiens, se contentant de couvrir la visite du pensionnaire de l’Elysée de façon absconse, montrant des photos de lui en train de planter des arbres et d’embrasser des petites libanaises. Rien qui ne pouvait éclairer le Français lambda quant à la portée politique de sa venue parmi nous.

 

C’est cet "oubli" unanime d’informer les Français qui est scandaleux, et certainement pas ce qu’a fait Malbrunot. Un oubli qui s’ajoute à des dizaines d’autres et dont on se demande comment ils sont imposés à une profession entière dans un pays supposé disposer d’une presse libre. Ce qui est sûr est que les media français sont devenus largement corrompus et médiocres, et qu’ils ne remplissent plus leur rôle de transmission de l’information. Ils participent au contraire au modelage des esprits, pour faire accepter au public des pseudo-certitudes qui n’ont rien à voir avec la réalité.

 

L’autre question que l’on doit se poser est pourquoi la divulgation de ses contacts avec le Hezbollah a-t-elle à ce point irrité Emmanuel Macron, au point de se donner en spectacle devant des dizaines de caméras de télévision ?

 

C’est assurément parce qu’il ne s’est pas contenté de rencontrer des hauts responsables du parti d’Allah, c’est aussi pour ce qu’il leur apporte. Le 6 août dernier, soit deux jours après l’explosion de l’entrepôt no. 12 du port de Beyrouth appartenant au Hezbollah, qui a coûté la vie à 193 Libanais et qui en a blessé 6 500, Macron s’était entretenu en aparté avec Mohammed Raad, le chef du bloc parlementaire du Hezbollah. Pour la milice supplétive de l’Iran, c’était inespéré, c’était aussi la première fois que le chef de l’exécutif d’un Etat occidental lui faisait cet honneur. Dans l’entourage de Raad et de Nasrallah, le Sayyed, le Secrétaire général du Hezb, on parle depuis ouvertement d’une "reconnaissance internationale". Une sorte de récompense incompréhensible pour le commun des mortels pour avoir entreposé pendant six ans 2 750 tonnes d’explosif militaire au cœur d’une métropole de deux millions d’habitants.

 

Suite à l’explosion, Paris s’était irritée contre Washington qui entend naturellement durcir les sanctions à l’encontre du Hezb, envoyant le message en clair au Président Trump : "Votre politique de pressions va échouer, vous allez étouffer le Liban, et la seule force qui ne s’effondrerait pas, c’est le Hezbollah".

 

Sur les rives du Potomac, on prend Emmanuel Macron pour un original. D’autant plus qu’il a jugé nécessaire d’enfoncer le clou en envoyant un message supplémentaire de l’autre côté de l’Atlantique : "Le Hezbollah est une force politique présente au Parlement et aussi une force efficace car le reste des partis n'a pas réussi à diriger le pays et le principe de ne pas négocier avec le Hezbollah ne réussira tout simplement pas".

 

Dans son article, Malbrunot cite également une autre de ses sources qui a rapporté un point essentiel du dialogue avec le Hezb. Macron aurait dit à Raad : "On ne vous ennuie pas sur la question de vos armes et sur deux ou trois points qui vous importent ; mais en contrepartie, vous mettez de l’oxygène dans le système. Acceptez de jouer le jeu, car on ne peut plus continuer comme cela, et vos partisans couleront avec le système".

 

Une grande partie du paradoxe Macron est enceint dans cette formule : on donne du concret – le droit de former une armée parallèle au Liban, donc un Etat dans l’Etat, de poursuivre ses provocations contre Israël –, et on réclame de l’abstrait : "mettre de l’oxygène dans le système, jouer le jeu, ne plus continuer comme cela", assorti d’une menace qu’on ne saurait moins tangible de "couler avec le système".

 

Outre le fait que tout ce que Macron vient d’offrir au Hezbollah se situe en porte-à-faux absolu avec les dispositions de la Résolution 1701 du Conseil de Sécurité, rédigée par… la France, les concessions réclamées au Hezb et son maître iranien sont du genre qu’ils n’ont aucune peine à faire. On se demande d’ailleurs si lors de leur seconde rencontre à la résidence des Pins (la demeure officielle de l’ambassadeur de France) en début de semaine, Raad, en signe de bonne volonté, n’est pas venu avec deux bouteilles d’oxygène…

 

Mais, parlant de la résidence des Pins, il y a des Français que ce soutien inconditionnel à la milice terroriste chiite ne fait sûrement pas rire. Je pense particulièrement à la famille de l’Ambassadeur Louis Delamare, assassiné par le Hezb au pied de cette propriété le 4 septembre 81 ; ni celles des 58 paras français du Drakkar, massacrés par les précurseurs de Raad un peu plus d’un an plus tard, dans le quartier de Ramlet El Baida. Décidément, la politique française a toujours la mémoire courte.

 

Selon Malbrunot, Macron aurait fait la morale à Raad, lui enjoignant : "Quittez la Syrie et le Yémen, et faites le boulot ici pour construire un Etat, parce que ce nouvel Etat va aussi bénéficier à vos familles !". Aux dernières nouvelles, le Guide suprême iranien, Ali Khameneï, convaincu et ému aux larmes, était à la recherche de camions d’occasion pour ramener les miliciens de Nasrallah au Liban…

 

En principe, le message du chef de l’exécutif tricolore consiste à enjoindre aux responsables politiques libanais de modifier notre système électoral basé sur l’appartenance religieuse – chaque communauté n’élit que les députés issus de sa propre congrégation – en un système réellement universel où tous les Libanais peuvent voter pour tous les candidats libanais.

 

Cette suggestion, pas forcément mauvaise, était précédée de l’exigence de nommer rapidement un Premier ministre en remplacement d’Hassan Diab. C’est fait, le nouveau s’appelle Moustapha Adib, mais c’est bonnet blanc et blanc bonnet, même leurs patronymes sont des anagrammes ; tous deux ne sont soutenus que par le Hezbollah et le parti du Président Aoun, et rejetés par tous les partis de l’opposition – la coalition du 14 mars – ainsi que par l’écrasante majorité de la population libanaise.

 

Le Liban réclame l’expulsion de la classe politique corrompue actuelle et surtout du Hezbollah, qu’il considère être le responsable principal de sa déchéance. Or Macron, tout en prétendant le contraire, tente de préserver l’une et l’autre.

 

Si encore cette proposition de pacotille s’était accompagnée d’un chèque à la mesure de notre dette – entre 60 et 80 milliards d’euros nécessaires à remettre le pays sur ses pieds selon les experts confirmés – mais il n’y avait pas même un demi-milliard d’euros dans la valise du président français, dont les coffres sont aussi vides que les nôtres.

 

A la place, il a envoyé des Alpha-jets survoler le port de Beyrouth, ce dont les Libanais n’avaient vraiment pas besoin, eux qui voient tous les jours les F-16 Israéliens passer sur leurs têtes en route vers leurs cibles en Syrie, et qui se retiennent pour ne pas les applaudir.

 

Le plan de Macron n’a aucune chance de réussir, car la clé unique de notre salut passe par le désarmement de la milice chiite, dont le Président renforce au contraire la mainmise. Il entend convoquer une conférence de donateurs à Paris, mais elle n’aboutira à rien. Car tant le FMI (le Fonds Monétaire International) que les Etats pétroliers arabes sunnites, l’Allemagne et les Etats-Unis n’enverront pas un centime au Liban tant qu’il restera dirigé par un gouvernement de l’ombre à la solde de la "République" Islamique d’Iran. Or ils sont les seuls à pouvoir réunir l’argent qui nous fait défaut, et ils n’ont jamais fait mystère de cette condition.

 

Au moment où le monde arabe se prépare à une confrontation avec l’Iran en se rapprochant d’Israël pour y parvenir, l’initiative française n’est pas uniquement vouée à l’échec, elle est aussi à rebours de l’histoire.

 

Une anecdote dans ce sens, rapportée par le grand quotidien israélien Yediot Aharonoth [héb. : les dernières nouvelles], vient confirmer la constitution de cette nouvelle coalition. Cela se passe juste après que Riyad et Manama (Bahreïn) ont autorisé les avions d’ELAL à utiliser à leur guise leur espace aérien. A Amman, un frère du roi, le Prince jordanien Ali el Hussein, avait qualifié dans un tweet le président des Emirats Arabes Unis de "traître" pour avoir conclu l’accord de normalisation avec l’Etat hébreu. Un caricaturiste avait accompagné ce tweet d’un dessin sur lequel il crache au visage du cheikh Zayed al Nahyane. Cela n'a pas du tout plus à Abou Dabi. Le cheikh a personnellement appelé le Roi Abdallah afin de l’avertir qu’il allait immédiatement expulser les 250 000 Jordaniens qui travaillent dans les EAU et qui assurent une bonne partie des revenus du royaume hachémite. Résultat de l’intervention du cheikh Zayed, le tweet a été effacé et le dessinateur jeté en prison.

 

Dans ces conditions, les chances de voir les Saoudiens ou les Emirats du Golfe arabo-persique soutenir un pays dominé par les proxys des Iraniens sont inexistantes.

 

La rue et les intellectuels ne sont pas dupes. Des manifestations violentes se sont déroulées au centre de la capitale alors que le président français n’avait pas encore quitté le pays, où les participants demandaient à Macron de s’occuper de ses affaires. Je conseille à ce propos un excellent article paru dans l’Orient-le-Jour sous la signature de Pierre Issa, le Secrétaire général du parti laïc du Bloc National [https://www.lorientlejour.com/article/1231527/pour-des-sanctions-internationales-contre-les-dirigeants-libanais.html].

 

Issa y écrit entre autres choses : "Certes, la formation d’un gouvernement et l’adoption de certaines réformes constitueraient un succès pour la diplomatie française (…). Mais cela ne fera que retarder la chimiothérapie politique dont le Liban a besoin pour se débarrasser de ses dirigeants politiques et des problèmes endémiques de corruption et de soumission aux acteurs régionaux".

 

C’est la position de la majorité de mes compatriotes, le cœur de notre révolte. Ce n’est pas de bouteilles d’oxygène dont le Liban a besoin, c’est d’air. Et la meilleure manière d’ouvrir la fenêtre consiste à nous extirper de l’occupation iranienne en faisant la paix avec Israël. Le sujet n’est plus tabou, l’évoquer ne constitue plus un crime de haute trahison ; nous voulons aller travailler à Tel-Aviv, y envoyer nos étudiants se frotter à la high-tech de la nation start-up, nous voulons commercer avec eux et accueillir leurs millions de touristes. Nous voulons coopérer avec les Israéliens dans la recherche de gaz et de pétrole dans notre partie de la Méditerranée, et nous n’avons pas d’autres raisons que la politique belliciste de l’Iran pour ne pas le faire.

 

Paix est le maître mot qui manque dans le discours de Macron. Et sans la paix, il n’existe pas d’avenir pour le Liban. Paix, souveraineté et désarmement du Hezbollah. Trois principes fondamentaux dont le plan irréalisable du pensionnaire de l’Elysée est exempt. Car d’autre part, si nous pouvions reprendre notre destin en main, ce que désirent ardemment 80% des Libanais, les prêts du FMI, des Arabes et des pays occidentaux afflueraient aussitôt. C’est l’Iran qu’ils n’entendent pas aider, non le Liban.

 

Quant à Macron, sa démarche est inspirée par la politique traditionnelle du "contre-courant", transformée en doctrine par le Quai d’Orsay depuis des décennies. Sauf qu’elle n’a jamais fonctionné et qu’elle a toujours conduit la France à l’échec. La reconnaissance du Hezbollah par Paris ne va pas déroger à cette règle, tout ce que l’Hexagone peut envisager après cela sur le plan économique, c’est un rapprochement supplémentaire avec Téhéran et Damas. Des pays exsangues, qui ne peuvent représenter que des marchés marginaux pour l’économie française.

 

Pire que cela. Les Etats arabes, qui sont les principaux prêteurs de Bercy n’ont pas apprécié du tout que la France pactise avec leur ennemi et le renforcent. On peut prévoir d’importantes réductions des investissements des émirats et de l’Arabie saoudite en France, et ce n’est guère ce dont elle a actuellement besoin. Les fautes se paient cash en cette période de vaches maigres générale. On peut même prévoir un basculement des achats de la France vers Israël dans ces pays. Une semaine après la visite de la délégation israélienne à Abou-Dabi, des Emiratis se sont déjà intéressés à des investissement pour des milliards de dollars en Israël, et les contrats ne vont pas tarder à se concrétiser.

 

 

pour lire la suite...
 
Raid aérien visant des militaires iraniens sur l’aéroport T4 dans le désert syrien (010309/20) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 02 septembre 2020