Abbas : rejoindre le Hamas, extrémiste isolé, dans son isolement [012404/14] Version imprimable
Analyse
jeudi, 24 avril 2014

 

Par Sami El Soudi

 

Hier, mercredi, le Hamas et l’Autorité Palestinienne ont paraphé un "accord historique de réconciliation" mettant officiellement fin à sept ans de schisme. Ce traité est censé paver la voie vers la création d’un gouvernement intérimaire d’unité nationale dans les cinq semaines et des élections présidentielles sous six mois.

 

D’après le chef du Hamas à Gaza, Ismaïl Hanya, l’entente décidée hier s’articule autour de celles du Caire et de Doha, dont la réalisation était demeurée lettre morte.

 

Il semble bien que l’acte de conciliation signé hier soit voué au même destin, tant les positions des uns et des autres sont non seulement inconciliables, mais surtout, que les aspects les plus importants d’une intégration réelle du Hamas au sein de l’exécutif palestinien n’ont absolument pas été abordés.

 

Il s’agit d’abord de l’avenir des milices gazaouies de ce mouvement islamique de la "résistance palestinienne" créé par les Frères Musulmans égyptiens qui devraient être démantelées ou placées sous le commandement unique de l’AP. Or on voit mal Hanya livrer ses armes et ses lanceurs de roquette à Mahmoud Abbas.

 

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Azzam al Ahmad (OLP) et Ismaïl Hanya (Hamas, à droite), pour

la signature d’un nouveau traité de dupes à Gaza

 

Ensuite, et cela semble tout aussi insoluble, pour ne pas que ce rabibochage marque la fin de la représentativité de l’Autorité sur le plan international, et pour qu’elle puisse continuer à négocier avec Jérusalem et Washington, il est indispensable que la future AP et son éventuel nouveau président endossent les trois conditions posées par la communauté internationale.

 

Cela a été répété par un responsable de l’Administration Obama immédiatement après l’annonce du traité entre les frères ennemis palestiniens. L’officiel U.S. a déclaré que les Etats-Unis ne reconnaîtraient le gouvernement d’unité que s’il admet le droit d’Israël à l’existence, renonce à la violence – ce qui inclut évidemment les tirs de roquettes sur le sud de l’Etat hébreu -, et s’il se soumet aux traités déjà passés avec Jérusalem, notamment les Accords d’Oslo et la Feuille de route.

 

Au cas où une entité OLP-Hamas n’adopterait pas officiellement ces trois principes et ne se conduirait pas en adéquation avec eux, elle cesserait de bénéficier du soutien et de l’implication des USA. Ce, à cause des orientations politiques de la Maison Blanche et du Congrès, ainsi que de la loi fédérale qui interdit tout contact avec une organisation terroriste.

 

Au Département d’Etat (les Affaires Etrangères) on n’a guère attendu pour affirmer sa déception et son désarroi quant à l’occurrence de l’annonce palestinienne. Jen Psaki, la porte-parole du Département, a fait état de la crainte américaine de voir le traité de réconciliation "compliquer les efforts visant à raviver les discussions de paix". Psaki a dit qu’ "il était difficile d’imaginer qu’Israël accepte de négocier avec un gouvernement qui ne reconnaît pas son droit à l’existence". Des messages ont été envoyés dans les deux camps, de même qu’une demande de clarification par Ramallah au sujet de l’accord de mercredi.

 

Pour Monsieur Netanyahu, Mahmoud Abbas a choisi le Hamas à la place de la paix. "Qui choisit le Hamas ne veut pas la paix", a exprimé le chef de l’exécutif israélien, tout en annulant la participation de son pays à une réunion avec des représentants de l’AP prévue mercredi soir.

 

"Nous considérons cet acte comme un retour au comportement habituel des Palestiniens, qui s’enfuient dès qu’il est question de faire des concessions", a ajouté Netanyahu.

 

En fait, le 1er ministre hébreu pourrait tout aussi bien faire preuve d’un peu de patience, alors que vont s’engager quinze jours de pourparlers intensifs Hamas-OLP en vue de former le gouvernement d’union nationale, de discuter de ses privilèges, de la distribution des portefeuilles ministériels et de la date des élections. Car de l’avis de mes amis à la Moukata de Ramallah, les chances de s’entendre entre Palestiniens sont pratiquement nulles.

 

Mais M. Netanyahu n’allait pas se priver de mettre à profit l’annonce de l’accord afin de fustiger Abbas et démontrer à quel point ce dernier était responsable de l’échec des négociations, qu’il ne désirait pas la paix, à l’inverse de lui-même, l’ "ardent partisan de la solution des deux Etats pour deux peuples".

 

Hypocrite Bibi, qui révèle presque chaque semaine la sortie d’adjudications pour la construction de logements israéliens dans les territoires palestiniens dont le sort définitif est censé être décidé par consentement mutuel selon les engagements déjà signés. Qui se montre incapable d’entamer le débat sur les frontières – n’importe quelles frontières – appelées à circonscrire les limites de la Palestine.

 

L’occasion est trop bonne de claquer la porte au prétexte que l’on ne discute pas avec des terroristes, alors qu’il a lui-même signé deux contrats écrits avec le Hamas, en 2011, contre la libération de Guilad Shalit, et en 2012, pour mettre un terme à l’opération Pilier de Défense. Il a d’ailleurs toujours été plus sérieux et débonnaire lors des tractations avec Hanya qu’il ne l’est avec Abbas.   

 

Contre Shalit, n’a-t-il pas autorisé la remise en liberté d’un millier de prisonniers dans la force de l’âge, y compris des Arabes israéliens, tandis qu’il vient de repousser aux calendes grecques la relaxe de quatre-vingt détenus cacochymes, qu’il avait promise au président de l’Autorité Palestinienne ?

 

Netanyahu est opportuniste et Abbas est stupide. Qu’a-t-il à gagner en annonçant une réconciliation à laquelle personne ne peut croire avec le Hamas ? Si elle prédisposait à quelque chose de solide, il aurait d’abord discrètement négocié tous les points de désaccord avec Hanya, et aurait fait ensuite une déclaration triomphale et crédible. Il n’aurait pas placé la charrue avant les bœufs au risque de nous rendre une nouvelle fois ridicules.

 

Je connais suffisamment et depuis assez longtemps M. Abbas et son entourage pour dire qu’ils vivent dans un monde à part, protégé de la réalité. Ils se comportent comme les représentants d’une superpuissance, ce qui irrite même leurs amis, alors qu’ils vont toujours les poches trouées, incapables de se confronter à la corruption omniprésente, surtout après le licenciement de Salam Fayyad.

 

Il y a quelques jours à peine, l’AP menaçait de s’auto-dissoudre, après la décision de Jérusalem de cesser de lui remettre les impôts sur l’importation des marchandises qu’Israël prélève à sa place. Cette décision suivait elle-même celle de Ramallah de s’inscrire auprès de dix-huit institutions liées à l’ONU, avec pour objectif déclaré d’assigner des responsables hébreux devant des tribunaux internationaux.

 

La réponse desdits Hébreux était pourtant hautement prévisible ; ce qu’Abbas et ses barons n’avaient pas prévu – tels des apprentis politiciens doublés d’exécrables joueurs d’échecs – c’était évidemment le "coup d’après".

 

Alors ils l’ont improvisé, en "menaçant de se saborder", comme s’ils ignoraient que les habitants des implantations ainsi que l’aile droite de la coalition de Bibi allaient sauter de joie et allumer des feux d’artifice sur toutes les montagnes de Judée. Ce, car c’est l’un des axiomes connus de tous les observateurs du conflit israélo-arabe : la disparition de l’AP signifierait à court terme l’annexion de la Cisjordanie, la réalisation du projet du "Grand Israël" et, partant, l’abandon définitif de la perspective de la création d’un Etat palestinien.

 

Et maintenant, l’annonce de cet accord bidon, contre-nature, irréalisable… avec un Hamas qui n’est plus soutenu que par l’Iran, que l’Egypte d’al Sissi abhorre tel un ennemi, de même que l’Arabie Saoudite et la Jordanie. Désire-t-on faire la paix avec l’ennemi de ses amis les plus fidèles ?

 

Avec un Hamas isolé et exsangue, au point qu’il ne trouve même plus de donateur pour régler ses factures d’électricité ! Avec un Hamas dont les points d’approvisionnement souterrains ont été bloqués par l’Armée égyptienne, un Hamas qui n’est plus en mesure de déclencher le moindre cycle de violence contre Tsahal, car il ne dispose plus des armes, des munitions et des fonds que cela requiert. Un Hamas de plus en plus extrémiste et bestial, isolé dans la cage qu’il s’est construite et incapable de se remettre en cause, entrainant ceux qu’il dirige par la force dans sa lente mais irréversible agonie.

 

C’est avec cette hyène à moitié morte que Mahmoud Abbas déclare avoir fait la paix sans même l’avoir vraiment faite. Suicide. Sans remporter le moindre avantage sauf celui de rejoindre un extrémiste isolé dans son isolement. Suicide.

 

Pour être tout à fait complet dans mon compte-rendu, je dois faire état, même si je n’y crois pas du tout, d’une hypothétique situation favorable suite au traité d’hier. J’ai en effet souvent écrit dans ces colonnes qu’Israël ne signerait jamais la paix avec nous tant que Gaza serait contrôlée par le Hamas, et que la communauté internationale ne pourrait l’obliger à enterrer la hache de guerre avec l’AP tout en étant contrainte de continuer à guerroyer aux portes d’Ashkelon et de Sdérot.

 

Or il suffirait que, touché par un improbable accès d’intelligence, Ismaïl Hanya déclare accepter les trois conditions qu’exige Washington et permette à la nouvelle AP de proposer à Jérusalem un traité de paix définitif contre son renoncement à 98% du territoire palestinien qu’elle occupe. Mais il faudrait impérativement que cela soit vrai.

 

Certes, au début, le gouvernement israélien pourrait arguer qu’il ne croit pas à la transformation ni en la sincérité du Hamas, mais quelques gestes qui en apporteraient la preuve auraient tôt fait de mettre Netanyahu à son tour dans les cordes, à la fois acculé par ses grands alliés et ses propres concitoyens.


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La Défaite de la politique (info # 012304/14) Version imprimable
Analyse
mercredi, 23 avril 2014

 

Par Llewellyn Brown

 

Le déclin actuel de la France sur les plans économique et sociétal ne va pas sans sa part de bouffonnerie sous la gouvernance de François Hollande. La promesse d’offrir au pays un « gouvernement exemplaire » s’est concrétisée par un pot-pourri d’ « affaires », témoin l’exemple spectaculaire du ministre des Finances, Jérôme Cahuzac, jurant solennellement devant l’Assemblée nationale qu’il n’était titulaire d’aucun compte en Suisse. Un mensonge rapidement démasqué, sans que son auteur perdît un instant de son arrogance.

 

La “première concubine” étalant ses états d’âme par des tweets, s’est vue éclipsée un temps par la “première maîtresse” ; puis les deux fonctions ont pris subitement pris fin par la décision souveraine du chef de l’État (on doit supposer qu’il s’agissait de deux CDD…).

 

Cette déconfiture du domaine politique ne date pas d’hier : elle devient seulement plus éclatante, suscitant l’étonnement de citoyens et de commentateurs. Un livre récemment traduit et publié en France rend cet état déliquescent des affaires publiques bien plus clair pour notre compréhension. Il s’agit de l’ouvrage du journaliste anglais, Peter Oborne, intitulé Le Triomphe de la classe politique anglaise1. Son analyse très fine, et étayée par une longue expérience, jette une lumière impitoyable non seulement sur la politique d’outre-Manche, mais sur la maladie qui affecte la vie politique des pays occidentaux dans leur ensemble.

 

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Oborne montre comment un changement radical s’est produit dans la vie politique anglaise, renversant les structures établies au cours du XIXème siècle. En effet, les réformateurs de l’époque victorienne se sont efforcés de maintenir une distinction très ferme entre l’intérêt général et les intérêts particuliers, entre public et privé. Jusqu’à récemment, les hommes politiques et les partis étaient encore profondément ancrés dans la population et les provinces. Cependant, commençant par Margaret Thatcher et Tony Blair (créateur du “New Labour”), des “réformateurs” ont sévi, détruisant cette structure. Ils ont engendré une véritable classe de carriéristes et de profiteurs, coupés de la vie du peuple et hostiles aux préoccupations de ceux qu’ils sont supposés représenter.

 

L’Establishment – au cœur de l’ancien système – a ainsi succombé aux attaques conjuguées des économistes radicaux, sur la droite, et de la révolution sociale et culturelle, sur la gauche : groupes qui sont tous deux adversaires de l’autorité et de la tradition. Dès lors, le mot à la mode est “modernisation”, un terme qui respire l’optimisme, la croyance dans le progrès mais qui, en réalité, exprime les dictats de l’économie et du marché, régis notamment par la mondialisation et le capitalisme financier.

 

Ce qu’on appelait l’Establishment – une classe fondée essentiellement sur l’hérédité – était composé d’hommes dévoués à leur fonction. Quand ils quittaient celle-ci, c’était pour occuper d’autres fonctions auprès du peuple. Ils ne tiraient, le plus souvent, aucun bénéfice financier de leur poste, bien au contraire. Les hommes politiques se concevaient comme de modestes serviteurs au service d’idéaux et d’institutions légués par la tradition, et qu’ils avaient le devoir de perpétuer. De nos jours, le politicien estime être à l’origine de lui-même, et au service de sa seule carrière : les institutions sont de simples outils dont il se sert librement. Loin de s’effacer derrière sa tâche, il est convaincu de sa propre importance.

 

Les diverses institutions traditionnelles formaient alors autant de contre-pouvoirs qui protégeaient l’individu contre l’État. Les hommes politiques actuels, en revanche, les haïssent parce qu’elles entravent l’exercice de leurs pouvoirs ; d’où leur propension à jeter le discrédit sur elles, leur refus de se plier à leurs règles.

 

Ainsi, alors que la bourgeoisie et les classes populaires doivent leur propre montée en puissance à l’action du parlement, la classe politique délaisse ce dernier, réservant ses annonces importantes aux media, aux fins de mieux contrôler l’opinion publique. L’auguste chambre des Lords – à l’origine une institution héréditaire – permettait une révision approfondie des projets de loi, avec le concours de pairs disposant de connaissances et d’expériences spécialisées. Actuellement, la chambre est envahie de pairs nommés à vie (telle que la controversée Catherine Ashton), sous l’influence des coteries ou groupes de pression : les politiques aiment à jouir du prestige des Lords, mais ne tolèrent pas ses contrepoids.

 

Les instances dirigeantes sont désormais perméables à l’économie et aux activités commerciales, et les hommes politiques exploitent leur position à des fins d’enrichissement personnel. Naguère, les indemnités accordées aux politiques n’étaient pas suffisantes pour vivre : une autre source de revenus était indispensable et, dès qu’ils n’étaient pas réélus, les politiciens retournaient à leur vie de citoyen ordinaire. Maintenant, ces derniers perçoivent un salaire. Ils font carrière comme n’importe quel employé ; ils exigent donc que leur rémunération soit conséquente, et entendent rester à leur poste le plus longtemps possible. Les indemnités qu’ils perçoivent constituent une source de profit : une allocation pour l’hébergement, par exemple, sert à l’achat de résidences secondaires, ou à la spéculation sur le marché de l’immobilier.

 

Les partis ont subi le même déclin que les institutions, et ne représentent plus leur base traditionnelle. Les financements privés remplacent la contribution des adhérents : les conférences annuelles, par exemple, servent uniquement aux rencontres entre hommes d’affaires et politiciens. Les places à la chambre des Lords sont à vendre, ainsi que les honneurs. Dans ces affaires antidémocratiques, tous les partis trouvent leur compte ; aucun ne s’y opposera : l’intérêt vénal qui les réunit est plus important que leur supposée opposition idéologique.

 

Ce qui importe à la classe politique, c’est la communication, la maîtrise de son image, la démarche publicitaire dans le but de manipuler l’opinion publique. La parole n’a plus qu’une valeur marchande : maniant un lexique vertueux et convenu, l’homme politique ne s’estimera pas tenu d’assumer les conséquences de ses dires face aux démentis de la réalité. Adoptant un ton moralisateur, les hommes politiques veulent faire croire que les membres de leur classe ont le monopole de la vertu. Ils ont beau jeu, puisqu’ils bénéficient d’un régime de faveur que l’on refuse au citoyen ordinaire : ils savent bien qu’on ne leur tiendra pas rigueur pour leurs erreurs ou pour leurs mensonges. Il en allait autrement par le passé : si l’homme politique d’hier échouait ou était reconnu coupable d’abus, il démissionnait aussitôt. Celui d’aujourd’hui se contente d’en rejeter la responsabilité sur ses subordonnés.

 

Sous ce système, aucun débat d’idées n’est possible. Autrefois, on soutenait la doctrine du parti, et si l’on osait s’y montrer réfractaire, on était accusé de trahison. Aujourd’hui, la classe politique est hostile aux grandes idées : toute proposition audacieuse est vigoureusement écartée. Les hommes politiques conçoivent les idées comme des produits de consommation de masse, comme des armes dans la campagne électorale, non comme annonçant un projet à mettre en œuvre. De là vient la pratique électoraliste de la triangulation : l’homme politique cherche à occuper le centre dans le débat, pour accuser (faussement) ses adversaires de tenir des positions “réactionnaires” ou “extrémistes”. La conséquence de cette tactique est que tous les partis – qu’ils soient ”de gauche” ou “de droite” – professent les mêmes idées, claironnent les mêmes slogans.

 

De la même façon, les programmes électoraux sont élaborés en fonction de l’opinion publique, dans le seul but de gagner. On analyse les attentes de l’électorat au moyen de logiciels permettant de cibler la part de la population qui déterminera le résultat final : seule cette population-là intéresse les directeurs de campagne, les autres électeurs sont ignorés. Ainsi, la vie de l’électorat ne trouve aucune expression de ses préoccupations dans les débats politiques.

 

La presse subit le même destin : au lieu de représenter un contre-pouvoir – comme les journaleux aiment à le prétendre –, elle est au service de l’élite. Les journalistes n’interprètent plus les événements, mais reproduisent ce que les communicants des dirigeants veulent qu’ils publient. Politique et journalisme sont désormais interchangeables : les deux classes partagent le même niveau social (bourgeois) et les mêmes idées. Ensemble, ils assurent le maintien du système qui assure leur statut de privilégiés.

 

Dans cette esquisse du déclin de la politique anglaise, on reconnaît les mécanismes qui sont également à l’œuvre dans la vie politique française. Assurément, l’analyse d’Oborne met en évidence la face noire du capitalisme postmoderne. Etant à vendre au plus offrant, les hommes politiques actuels ne prendront jamais le risque de réaliser un acte vrai qui risquerait de provoquer une transformation des événements. Ils continueront à ménager leur propre confort, se conformant aux résultats des sondages et aux vœux de ceux qui les financent.

 

C’est dire qu’aujourd’hui, il n’existe plus d’autre – Etat, nation, patrie – au nom duquel on puisse accomplir des actions nobles : on ne dispose plus de ces idéaux au nom desquels l’homme d’Etat pouvait, à l’occasion, réclamer le sacrifice des citoyens, ou se sacrifier lui-même.

 

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La charia prend pied au Royaume Uni (info # 012004/14) Version imprimable
Analyse
dimanche, 20 avril 2014

 

Par Guy Millière

 

Une soumission sournoise à l'islamiquement correct gagne présentement l'Europe. On la trouve en Scandinavie, où les propos critiques ou humoristiques concernant l'islam valent désormais souvent des condamnations en justice. On la trouve en France, où l'écrivain Renaud Camus vient de se voir lourdement condamné, lui aussi, pour avoir osé dire que s'opérait ce que des millions de Français constatent quotidiennement : un grand remplacement de populations, par le biais duquel les chrétiens et les Juifs refluent, tandis que les musulmans, eux, se font de plus en plus nombreux. On retrouve ce phénomène dans divers autres pays.

 

Mais le pays où le processus est actuellement le plus avancé est incontestablement le Royaume Uni. Que, dans un pays qui a été le premier en Europe à promulguer la liberté de parole, celle-ci se trouve de plus en plus nettement foulée aux pieds dès lors qu'il s'agit d'islam est en soi consternant et très inquiétant.

 

Mais ce qui se passe au Royaume Uni va bien au-delà de la simple remise en cause de la liberté de parole. C'est la charia elle-même qui vient se substituer à la loi commune [common law] ; c’est l’abrogation du Bill of Rights de 1688, pierre angulaire des institutions du pays depuis cette date, qui est en train de s'opérer.

 

La Law Society [≈ société du droit], organisation professionnelle représentant les professions juridiques pour l'Angleterre et le Pays de Galles a, voici peu, autorisé ses membres à utiliser la « loi islamique » pour prendre leurs décisions et à la substituer à la common law si les circonstances s'y prêtent.

 

Et les autorités politiques du pays, au nom de la séparation des pouvoirs, n'ont rien trouvé à redire. Seule la Baronne Caroline Cox, membre de la Chambre des Lords, a osé élever la voix. Elle est une femme courageuse mais, hélas, isolée.

 

Comme l'a noté dans un article consacré au sujet le journaliste italien Giulio Meotti, quatre-vingt-cinq cours islamiques règlent désormais les différends familiaux et s'occupent de questions essentielles, telles que le divorce, la garde des enfants en cas de séparation des parents ou l'héritage. Et les habitants du Royaume Uni peuvent, en toute légalité, en vertu du British Arbitration Act, s'adresser à l'une de ces cours islamiques aussi bien qu'à un tribunal, sans qu'aucun juge puisse contester ultérieurement les décisions qui seront prises.

 

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Même plus drôle

 

Dans des villes telles que Manchester ou Birmingham, la majorité des décisions de justice en matière de différends familiaux sont prises par des cours islamiques !

 

Le comité de supervision des universités, en charge d'établir les règles dans l'ensemble du système universitaire, vient d'entériner une demande effectuée par des mouvements islamiques, et, désormais, toutes les rencontres universitaires, tous les colloques organisés dans une université au Royaume Uni, devront observer la stricte séparation des hommes et des femmes.

 

Lors du World Islamic Economic Forum [forum mondial de l’économie islamique], au mois de décembre dernier, David Cameron a proclamé que la place financière de Londres entendait devenir la première place financière du monde pour ce qui concerne la finance islamique.

 

Ce qui est ainsi en train de se mettre en place au Royaume Uni n'est rien moins qu'une soumission qui ne dit pas son nom.

 

Ce n'est pas la liberté de parole seulement qui se trouve remise en cause au Royaume Uni, non, - et quand bien même ce serait uniquement la liberté de parole qui se trouverait remise en cause, ce serait déjà extrêmement grave, car celle-ci est au cœur de toutes les autres libertés dans les sociétés démocratiques -, c'est l'égalité de droit.

 

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Déploiement de nouveaux développements de l’hyper-technologie israélienne (info # 011604/14) Version imprimable
Analyse
mercredi, 16 avril 2014

 

Par Jean Tsadik

 

Israël, on l’a vu dans ces colonnes, fait son possible afin d’empêcher l’approvisionnement du Hezbollah libanais en armement sophistiqué d’origine iranienne et russe, transitant par la Syrie. L’Etat hébreu enregistre d’ailleurs des résultats probants dans cette lutte, ce qui n’empêche pas la milice chiite de recevoir des milliers de roquettes plus conventionnelles, de même que des missiles balistiques de courte portée – 200 à 300 kilomètres.

 

Le danger existe de voir, lors d’un prochain conflit assez probable, une multitude de ces engins fondre sur la Galilée. Ce paramètre a poussé Tsahal à engager de gros moyens dans la poursuite de deux objectifs : être capable d’avertir les populations ciblées par la milice libanaise de la manière la plus précoce et la plus précise possible, et de riposter le plus rapidement possible, en connaissant l’emplacement exact des tireurs.

 

Durant la période de calme relatif qui prévaut, Israël déploie une gigantesque activité dans le domaine de la recherche et du développement d’instruments militaires de très haute technologie, tous pratiquement à la frontière de la science-fiction.

 

La doctrine globale qui est suivie par les analystes de Tsahal est que le meilleur moyen de s’assurer de la victoire la plus nette et la plus économique en vies humaines lors des prochains conflits passe par le recours massif à l’hyper-technologie.

 

On constate à ce sujet l’intégration graduelle du bouclier aérien global, constitué par ses trois éléments, le Dôme de fer, pour les projectiles à courte portée, la Fronde de David pour ceux de moyenne portée, et le Khetz, ou flèche, destiné à intercepter les missiles balistiques tirés depuis des distances de 1000 kms et plus.

 

Cela, ce sont les systèmes nominaux principaux, mais ils ne suffiraient pas s’ils n’étaient pas agrémentés de divers sous-systèmes, conçus pour mettre à niveau les zones d’efficacité réduite des projets déjà connus de nos lecteurs.

 

Ces développements s’effectuent en parallèle d’une autre orientation tout aussi importante, la robotisation. Elle gagne dans les airs, sur terre et sur la mer, et prend d’ores et déjà – en suivant les options choisies initialement à Jérusalem – une place prépondérante aussi bien sur les théâtres d’opérations militaires que dans l’espace civil, qui jouit des retombées des technologies à peine mises au point pour la guerre. Si cette influence des armes nouvelles sur la modernisation des équipements proposés aux civils procède d’une constance historique, elle prend de plus en plus d’importance et survient de plus en plus vélocement.

 

A la Ména nous ne connaissons naturellement pas tous les projets secrets en cours d’évaluation dans l’industrie spécialisée et ne sommes pas enclins à parler de ceux dont le dévoilement intempestif pourrait porter atteinte à l’Etat hébreu, de même qu’à tout autre pays ami. Sachez toutefois que ceux qui sont rendus publics ne représentent que la partie émergée de l’iceberg, et que certaines des découvertes en cours de développement sont à proprement parler ahurissantes d’innovation.

 

Il n’est pas exagéré d’affirmer à ce propos, que ce qui se prépare dans les laboratoires de recherche et les centres d’essais bleu et blanc changera assurément la façon d’envisager la guerre et celle de la faire.

 

Il y a quelques semaines, Tsahal annonçait la mise à l’essai d’un complément laser au Dôme de fer, affecté à l’interception des roquettes de très courte portée, avec un temps de vol de l’ordre de quelques secondes, que le radar du Dôme est capable d’identifier mais que ses missiles n’ont pas le temps effectif d’intercepter.

 

C’est pour pallier cet inconvénient, qui concerne particulièrement des localités comme Sdérot ou Métula, situées à quelques centaines de mètres des avant-postes terroristes, que les savants israéliens ont décidé d’intercepter ces projectiles à vie très courte grâce à un faisceau laser.

 

Ce dernier entre en fonction quasi instantanément lorsqu’une menace est repérée – un peu à la vitesse de l’allumage d’une lampe électrique – et le détruit par concentration d’énergie dirigée sur la roquette, qui la fait chauffer jusqu’à l’explosion en vol.      

 

Lors, chaque percée technologique ouvre des portes à de nouvelles applications. C’est le cas du radar Nurit, dont le ministère de la Défense a annoncé le déploiement notamment sur la frontière nord, face au Hezbollah libanais.

 

Il s’agit d’un appareil hypersophistiqué, remis dans les mains d’une nouvelle unité, Eitam, qui a été rattachée à l’artillerie. Elle a également la responsabilité de l’exploitation du système Raz. Cet autre radar permet de localiser avec précision le lieu d’où un missile balistique situé à plusieurs centaines de kilomètres a été tiré, et, avec une précision de quelques mètres, l’endroit où il va s’abattre ainsi que le moment prévu de l’ "atterrissage". Nurit fait de même mais pour les projectiles lancés à partir d’une distance ne dépassant pas 50-75 kms de l’objectif.

 

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Le Raz

 

Nurit et Raz, dont les indications sont transmises à l’Armée de l’air et à la Défense civile permettent d’abord d’actionner le dispositif "Couleur rouge" pour avertir la population du danger qui la menace. La transmission se fait par des voies digitales et est quasi-instantanée.

 

Elle atteint simultanément les batteries d’artillerie dans la région concernée, de même que les autres armes, qui s’empresseront de neutraliser l’agresseur avec une précision et une rapidité jamais encore égalées ailleurs.

 

Autre nouveauté : les indications fournies par ces nouveaux radars sont couplées avec celles recueillies par une nouvelle unité de météorologie, dont la fonction consiste à affiner la hausse des canons en synthétisant des informations telles que la densité de l’air, les courants, la température, etc.

 

Pour établir leurs calculs, les soldats-météorologues font appel à des ballons gonflés au gaz et munis d’une nacelle. Ceux-ci s’élèvent jusqu’à des altitudes de dix à quinze kilomètres en emmagasinant leurs précieuses informations avant d’exploser. Et la nacelle, dont la chute est amortie, est récupérée pour servir à nouveau.

 

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Tournée de Guy Millière en Israël Version imprimable
Communiqué
dimanche, 13 avril 2014

 

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Processus de paix israélo-arabe : une autopsie (info # 011304/14) Version imprimable
Analyse
dimanche, 13 avril 2014

 

Par Guy Millière

 

Chacun devrait le savoir. Il n'y a jamais eu de processus de paix israélo-arabe. Le monde arabe n'a cessé de vouloir la destruction d'Israël.

 

Après avoir mené la guerre militaire contre Israël et avoir été défait plusieurs fois, le monde arabe est passé à une autre phase, celle du terrorisme, qu'il avait commencé à utiliser au moment où il rêvait encore de victoires militaires, à la fin des années 1960, mais qui est devenu son arme essentielle après 1973.

 

Le terrorisme a lui-même abouti à une défaite du monde arabe, dès lors qu'Israël s'est doté de moyens de défense et de prévention efficaces. La mise hors d'état de nuire quasi complète du terrorisme a fait que la guerre est entrée dans une troisième phase, celle de la "paix".

 

Cette phase s'est appuyée en fait sur une arme élaborée alors même que le terrorisme faisait son apparition. Lui qui avait été présenté comme une "résistance" à une "occupation".

 

La "résistance" était censée être menée au nom d'un "peuple opprimé", le "peuple palestinien", inventé de toutes pièces pour la circonstance.

 

Une "lutte de libération nationale" elle-même inventée fit son apparition. Des gens formés à l'école du KGB ont pris la tête de cette "lutte".

 

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Entre donc, la paix est à l’intérieur !

 

Le but consistait à séduire les gauches occidentales et divers opportunistes plus ou moins antisémites, et à obtenir par la diplomatie ce qui n'avait pas été obtenu par d'autres moyens.

 

Depuis que le terrorisme a été presque complètement mis hors d'état de nuire, la diplomatie est devenue la seule arme ou presque. Et cette arme a permis à ses utilisateurs de remporter des succès.

 

Le plus remarquable d’entre eux a été les Accords d'Oslo.

 

Des dirigeants israéliens ont reconnu en cette occurrence l'existence de la "lutte de libération nationale palestinienne", et, à la suite de cette concession, ils sont passés à d'autres concessions.

 

Le fait qu'en 1992, le nationalisme arabe, qui avait sous-tendu la guerre militaire, puis le recours au terrorisme contre Israël, était déjà sur le déclin, et que l'islam radical ait été lui en pleine ascension, n'y ont rien changé. Le fait qu'un pays non arabe, l'Iran, se soit placé au premier rang des vecteurs de haine anti-israélienne n'y a rien changé non plus.

 

Un peu plus de vingt et un ans après Oslo, le résultat des concessions israéliennes est perceptible : la bande de Gaza est transformée en Hamastan, une autorité palestinienne sous perfusion d'aides internationales a été admise comme un Etat à part entière à l'Unesco et des invitations à l’intention du chef de gang de l'AP sont lancées sur les cinq continents. Des mots nouveaux ont fait leur apparition, qui traduisent des glissements dangereux : "territoires palestiniens", "colonies juives", "occupation".

 

Et dans un contexte où le monde arabe est à feu et à sang, et où l'Iran se dote de l'arme atomique, une administration américaine criminogène se met en tête d'arracher de toutes ses forces à Israël des concessions insensées, qui, pour Israël, équivaudraient à un suicide ! Dans un contexte où une administration américaine se comporte ainsi, des dirigeants "palestiniens" sentent l'odeur du sang et entendent mener plus loin encore leur guerre contre Israël !

 

Mahmoud Abbas fait des demandes insensées en échange desquelles il promet vaguement de rester à une table de négociations où il ne négocie rien. Et il demande en parallèle l'adhésion de l'Etat palestinien qui n'existe pas à une quinzaine d'instances internationales plus ou moins affiliées à l'ONU.

 

Israël se trouve, bien sûr, accusé et se voit demander de céder à quelques-unes des demandes insensées. Israël ne cèdera pas, car la grande majorité du peuple israélien a compris le sens de l’exercice.

 

Il n'y a jamais eu de processus de paix israélo-arabe, non.

 

Il n'y a eu que la guerre contre Israël. Et les Israéliens qui ont rêvé de paix véritable avec l'ennemi sont allés de défaite en défaite.

 

Lorsqu'on se livre à l'autopsie du "processus de paix", mort en réalité depuis sa naissance, on voit que le "processus de paix" n'a jamais été autre chose que ce qu'il est : une arme de guerre, qui a tué et tue encore.

 

Devra tôt ou tard venir le moment où Israël en tirera, pleinement et entièrement, les conclusions qui s'imposent.

 

Un Etat d'Israël de la Méditerranée au Jourdain verra le jour à moyen terme, et inclura la Judée et la Samarie.

 

Des dirigeants israéliens y réfléchissent. Sérieusement. Ils savent que, dans le moyen terme, ce sera l'issue incontournable.

 

En attendant, ceux d'entre eux qui sont au pouvoir ne feront, sans doute, aucune concession supplémentaire et c'est très bien ainsi.

 

Les dirigeants palestiniens se feront admettre dans divers cénacles, mais cela ne signifiera pas grand-chose. Ceux qui les financent paieront, comme ils le font déjà, mais ils ne feront pas davantage : et quand la "Palestine" leur semblera un jouet antisémite trop coûteux et trop inutile, ils cesseront de payer.

 

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Syrie : tous contre tous (info # 011104/14) Version imprimable
Analyse
vendredi, 11 avril 2014

 

Par Michaël Béhé à Beyrouth

 

Depuis ce matin, des combats très meurtriers se déroulent à la frontière syro-irakienne pour la possession des points de passage et le contrôle de la ville de Boukamal.

 

Ces affrontements opposent principalement deux organisations djihadistes concurrentes, Daech, l’Etat Islamique en Irak et au Levant [EIIL] et al Nosra. L’initiative des opérations est à porter sur le compte de l’EIIL, qui est parvenu à progresser dans certains quartiers de Boukamal.

 

Des dizaines de corps inertes ont été ramassés dans cette journée de vendredi, principalement des combattants d’al Nosra, dont une dizaine au moins ont été exécutés de sang-froid.

 

Nos observateurs en Irak nous informent que, jusqu’à maintenant du moins, les drapeaux de l’ASL (Armée Syrienne Libre) flanqués de ceux d’al Nosra flottent toujours sur la frontière entre les deux pays.

 

L’Armée irakienne multiplie ses efforts afin d’empêcher l’EIIL de parvenir à ses fins, car celui-ci revendique le pouvoir à Bagdad, sous les ordres d’Abou Bakr al-Baghdadi. Ce dernier se fait appeler l’ "émir de l’Etat islamique d’Irak" et ne reconnaît pas le régime en place à Bagdad, non plus que celui de Béchar al Assad, évidemment.

 

L’EIIL est, à son origine en 2006, une émanation d’al Qaeda en Irak. Un pays dans lequel il regroupe de nombreuses factions djihadistes, ainsi que trente tribus sunnites représentant environ 70 % des habitants de la province irakienne d’al Anbar, dans l’ouest de cet Etat.

 

Au niveau idéologique, ce qui différencie le plus l’EIIL et al Nosra procède de la volonté déclarée d’al Baghdadi (EIIL) de contrôler à la fois l’Irak et la Syrie et de n’en faire plus qu’un seul califat islamique.

 

Un postulat que le successeur de Ben Laden à la tête d’al Qaeda, un autre émir, Ayman al Zawahiri, a rejeté, ce qui a conduit, en 2007, à la scission entre son organisation et l’EIIL.

 

Depuis, les relations entre les deux courants djihadistes n’ont cessé de dégénérer, aboutissant, en 2014, à un conflit armé direct entre l’EIIL et al Nosra. En janvier dernier, les miliciens de l’Etat Islamique en Irak et au Levant avaient consacré la situation d’antagonisme armé en équarrissant une centaine de membres d’al Nosra dans la cité de Racca, située sur l’Euphrate, à 160km à l’est d’Alep, non loin du lac al Assad.

 

Cela faisait suite à la décision de l’énigmatique chef d’al Nosra, Mohammad al Juliani, dont le visage est inconnu du public, d’intégrer al Qaeda. En novembre dernier, al Nosra – le Front pour la victoire du peuple du levant – devenait de la sorte – al Qaeda Bilad ah-Sham -, soit al Quaeda au Levant.

 

Ce qui n’était pas du tout du goût des autres composantes de l’Armée Syrienne Libre (ASL), et notamment des Frères Musulmans et du FILS, le Front Islamique de Libération de la Syrie, qui refusent toute allégeance à une entité étrangère et désirent focaliser le combat sur l’objectif de se débarrasser de Béchar al Assad et des alaouites afin de constituer une république islamique syrienne, gouvernée par la Charia.

 

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Un héros de l’EIIL, soutenu par l’Arabie, les émirats du Golfe et la Turquie,

s’apprête à exécuter deux enfants au nom des valeurs de l’islam

 

Il est toutefois erroné de classer, comme le fait souvent l’AFP, les protagonistes sous l’appellation de djihadistes pour qualifier EIIL, et de rebelles [sous-entendu, membres de l’ASL], pour identifier al Nosra. Ce, car al Nosra, partant, al Qaeda, est également djihadiste.

 

La différence tient à ce que l’EIIL et son émir Baghdadi sont des islamistes irakiens désireux d’engloutir les deux pays sous leur domination, tandis qu’al Nosra, après avoir détrôné les alaouites et massacré les autres composantes de l’ASL, règnerait en Syrie, tandis que c’est al Qaeda qui dominerait la nouvelle union ou fédération islamique constituée par les "républiques" islamiques des deux Etats.

 

Mais au-delà des dissemblances apparemment idéologiques prédominent un conflit de caïds et d’intérêts pécuniaires ; c’est à qui recueillera le plus de fonds provenant des riches émiratis, des Saoudiens et des Turcs. Car sans l’aide de ces mécènes du djihadisme, dont l’argent va essentiellement à al Nosra, personne n’entendrait parler de ces organisations.

 

Quoique depuis novembre dernier, les hommes de Juliani (al Nosra) se sont emparés du champ pétrolier d’al Omar – le plus grand gisement de Syrie – et ils l’exploitent pour leur compte.

 

A noter aussi qu’en 2011, à l’issue d’un calcul machiavélique, sous le couvert d’une "amnistie générale" qui n’en fut jamais une, Assad élargissait la plupart des membres d’al Nosra qu’il détenait, ainsi que des individus dont il était clair qu’ils rejoindraient ce groupe une fois libérés.

 

Le dictateur-oculiste damascène poursuivait ainsi trois lièvres à la fois : générer un conflit armé entre al Nosra et l’EIIL (qui faisait au départ de la Guerre Civile partie de la rébellion), ce qui a le don d’affaiblir considérablement ses ennemis ; diviser l’ASL, ce qui est fait aussi, les autres constituantes de l’Armée Syrienne Libre, les islamistes et les séculiers, devant choisir entre l’aide occidentale et al Nosra, classé organisation terroriste par les Etats-Unis. Et finalement, faire un geste d’ouverture à l’égard des monarques de Ryad, en renforçant leur "danseuse" préférée en Syrie.

 

Personnellement, cela me fait toujours sourire de penser que, le plus légalement du monde, le Paris Saint-Germain et al Nosra font appel aux mêmes "investisseurs" qataris. Je ris moins quand je sais que les pires ennemis proclamés par Mohammad al Juliani et ses amis sont les USA, Israël et les pays occidentaux1, et qu’ils définissent la démocratie comme la "religion des impies".

 

Cela en dit long quant aux objectifs à terme de ceux dont dépend la surnage économique de la France. Et cela dissipe les doutes à propos des authentiques visées islamistes d’Erdogan, dont le soutien aux bouchers djihadistes fait l’objet de nombreux rapports de l’ONU. Ce qui est d’ailleurs relativement inutile, puisque l’un de nos amis kurdes qui s’est récemment rendu dans une ville turque limitrophe de la Syrie nous a rapporté que l’hébergement des miliciens, leur présence dans les hôpitaux, leur encadrement militaire, leur dotation en armes et le soutien logistique que leur procure Ankara sont visibles de tous.

 

Là où les guerres inter-sunnites et leurs sponsors qui ont pignon sur rue dans les capitales occidentales ne m’amusent plus du tout – al Nosra et l’EIIL sont exclusivement sunnites -, c’est quand je constate les attentats contre les civils auxquels se livrent régulièrement ces dégénérés. Pas plus tard qu’avant-hier, Juliani a revendiqué une explosion à la voiture piégée qui a fait vingt-cinq morts dans un quartier "hostile" d’Homs. Et pas loin de là, à al Zeitoun, ce sont quatorze personnes, y compris des femmes et des enfants, qui ont été massacrés.  

 

Bien sûr, ces organisations djihadistes dirigent des succursales chez nous, au Liban. Des terroristes qui ripostent à la guerre que leur livre en Syrie le Hezbollah chiite en activant des voitures piégées au milieu des quartiers populeux du sud de notre capitale.

 

J’ai essayé dans ce papier, à l’occasion des combats qui font rage à la frontière irakienne, de décrire clairement à l’intention des lecteurs de la Ména qui sont ces organisations dont les media généralistes parlent sans arrêt sans procurer les moyens de les identifier, pas plus que leurs chefs et les puissances qui les financent.

 

J’ai agi ainsi parce que notre agence s’emploie toujours à décrire les faits tels qu’ils se produisent ainsi que les informations concernant les auteurs et leurs ambitions. Mais j’aurais pu aussi tout résumer en quatre lignes, disant qu’il n’existe plus une seule Guerre Civile en Syrie mais des guerres civiles. Des conflits opposant des miliciens, des mercenaires islamistes par milliers et dans tous les camps sunnites, et aussi des Kurdes et des représentants des autres minorités, qui tentent de survivre ou d’engranger quelque avantage du chaos ambiant.

 

On peut également préciser que des centaines de combattants sont passés d’al Nosra à l’EIIL et vice-versa, certains changeant même plusieurs fois de camp. A l’instar de Juliani, qui a combattu les impurs en Irak sous les ordres de son guide vénéré d’alors, Baghdadi.

 

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Rwanda : le déni et l’indécence de la France (info # 010804/14) Version imprimable
Analyse
mardi, 08 avril 2014

 

Par Stéphane Juffa

 

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De nombreuses enquêtes ont été menées sur le Génocide des Tutsis au Rwanda en 1994. L’une des plus sérieuses fut sans conteste celle conduite par la Ména, à partir de 2002, qui se solda par la publication de près de 140 analyses et autres documents. Ceux-ci ont établi la réponse à trois questions fondamentales : l’Etat français a-t-il activement participé, avec ses élus, ses diplomates et son armée à la préparation du génocide ? A son encadrement ? A son exécution ?

 

Pour toute personne de bonne foi, la simple de lecture de l’article récapitulatif Inacceptable, certes mais imprescriptible" et de ses liens, diffusé initialement en août 2008 et que nous republions aujourd’hui, aboutit, au-delà du doute sensé, à répondre trois fois par l’affirmative à ces interrogations.

 

Trois fois, et pas deux fois ni une seule ; pas du bout de la langue ; pas de manière superficielle ni floutée, mais en étayant, par des preuves et des témoignages recueillis sur place et même au Congo voisin, la terrible vérité : la France a perpétré un génocide, il y a vingt ans à peine, participant avec ses commandos, ses légionnaires, ses hélicoptères, ses jeeps et ses mitrailleuses, à l’anéantissement d’environ 800 000 innocents non armés de tous âges en quatre mois. Il s’agit d’une cadence supérieure à celle des nazis et de leur extermination industrielle des Israélites durant l’ensemble du Second Conflit Mondial.

 

Ce qui effraie le plus dans ce crime est qu’il a été commis pratiquement sans motif, et sans que les cibles visées par l’Armée française n’aient jamais constitué la moindre menace sécuritaire et encore moins militaire ou politique pour la France. Tant de morts, uniquement parce qu’un président français, dont les activités lui avaient déjà valu la Francisque pendant l’Occupation, nourrissait une antipathie prononcée pour les Tutsis.

 

Et parce que, dans un système politique français éculé, qui donne ces derniers temps des signes d’incurabilité terminale, dans un appareil dans lequel la corruption, l’affairisme, le copinage, la médiocrité, les ambitions démesurées et la servilité règnent en maîtres, personne n’a eu la capacité, ou simplement les couilles, de refuser de réaliser les ordres criminels de François Mitterrand.

 

Cohabitation oblige, à l’époque l’Hexagone était en plein dedans, le clivage gauche-droite ne permet pas de se jeter les responsabilités à la tête ; l’on garde, au contraire, comme autant de bombes à retardement, ce que l’on sait de l’attitude des "autres" dans la réalisation de l’ethnocide africain de 94, et cela n’ajoute pas à la clarté du débat public, on le comprendra sans peine.

 

De très nombreux responsables politiques actuels ont participé – à un degré ou un autre – à la tentative d’extermination des Tutsis ; on peut citer Villepin, Juppé (ministre des Affaires Etrangères au moment du génocide) ou Kouchner, mais ce serait presque injuste, tant ils sont nombreux.

 

Depuis 94, faute de pouvoir expliquer ses actes, la France officielle les dément et agresse ou discrédite ceux qui rapportent les faits. Mais la France politique n’est pas seule en cause, elle est suivie dans son déni par la plupart de ses intellectuels, et par une grande partie des media main stream, la presse la plus lâche et convenue du monde démocratique.

 

A l’époque de la publication de notre enquête, strictement aucun media français ne partageait nos conclusions. Lors, aujourd’hui, quand, presque triomphaux, nos confrères annoncent la condamnation à 25 ans d’enferment d’un capitaine hutu paraplégique par la justice française pour son rôle dans le génocide, ne comprennent-ils réellement pas que les juges ont envoyé aux galères un troisième violon dans l’orchestre des complices et alliés de la France en 1994 ? Et que, ce faisant, mais pour des fautes autrement plus graves, elle devrait aussi condamner la moitié survivante de la politique française ?

 

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Inacceptable, certes mais imprescriptible (info # 010808/8 août 2008) Version imprimable
Analyse
mardi, 08 avril 2014

 

Par Stéphane Juffa

 

tutsie.jpgLa diplomatie française, par l’intermédiaire de son porte-parole Romain Nadal, a exprimé qu’il y avait, dans les Conclusions du rapport de la "Commission chargée de rassembler les preuves montrant l'implication de l'Etat français dans le génocide", présentées mardi à Kigali, des "accusations inacceptables portées à l'égard de responsables politiques et militaires français".

 

Quelque chose me dit que le terme "inacceptable" est savamment choisi. Le Quai n’a pas dit de ces conclusions qu’elles étaient "contrefaites", ni "calomnieuses", pas plus qu’ "infondées", juste "inacceptables"

 

Ce qui surprend aussi, dans ce bref communiqué des Affaires Etrangères, c’est que, pour moitié, il s’applique à parler de leur "détermination à construire une nouvelle relation avec le Rwanda".

 

Personnellement, si j’étais ministre des AE et que la justice d’un Etat étranger accusait le mien à tort d'avoir été "au courant des préparatifs" d’un ethnocide et d’avoir "participé aux principales initiatives" de sa mise en place ainsi qu’à "sa mise en exécution", j’ordonnerais à mon porte-parole d’affirmer l’innocence de mon pays. Je ne chercherais pas à tout prix à placer "notre relation" avec la capitale en question dans "une perspective d’avenir".

 

Est-ce la langue diplomatique qui est abstruse, est-ce que la France est à ce point chrétienne, qu’elle s’empresse de tendre la joue droite juste après avoir été frappée sur la gauche ?

 

C’est à peine si, sur les rives de la Seine, on ose en plus "s'interroger sur l'objectivité du mandat confié à cette commission indépendante chargée par les autorités rwandaises de rassembler les preuves montrant l'implication de l'Etat français dans le génocide perpétré au Rwanda".

 

Lorsqu’on en est à "s'interroger sur l'objectivité d’un mandat", c’est qu’on a le trouble dans ses idées. Il me semble pourtant que toute question est bonne à poser à une commission ; surtout si elle a trait à l’"implication" de la France dans le génocide, et qu’elle ne conjecture pas, dans son libellé, que la France avait participé à son exécution.

 

D’autant plus que cette interrogation est, ma foi, fort semblable, à celle posée à la Mission parlementaire française sur le Rwanda, en 1998.

 

Quant à savoir si c’est la mission française ou la commission rwandaise qui a réalisé sa tâche avec le plus d’objectivité, je conseille la plus grande prudence.

 

Ce n’est pas, en effet, parce que les sept juristes et historiens ayant rédigé les Conclusions qui accusent la France sont Rwandais, et, par conséquent, africains, que cela procure le droit au Quai d’Orsay, a priori, avant d’avoir pris connaissance de leur rapport, de réfuter leurs qualités et leur rectitude.

 

Il faudrait, au moins, si on ne veut pas avoir l’air de racistes de primaire engeance, étudier, comme nous l’avons fait sur place, les conditions dans lesquelles la commission rwandaise a recueilli ses témoignages, et analyser leur plausibilité dans l’histoire, le temps et l’espace avant de s’avancer péremptoire.

 

[Compulser le Témoignage d’un Français devant la commission rwandaise, ceux d’Européens accablants pour la France, celle de ce colonel belge de l’ONU qui y a accusé la France d’avoir assassiné le président Habyarimana.]

 

Lorsqu’on est accusé d’avoir participé à l’assassinat de 800 000 êtres humains, on pourrait prendre la peine d’écouter ce qu’a rapporté l’Européenne Nicole Merlo, et qui est si détaillé que nous avons eu besoin de trois articles pleins pour nous en faire l’écho : un, deux et trois.

 

Après cela, on aura du mal à saisir ce dont Philippe Bernard parlait, avant-hier, dans son véritable mémoire de défense de l’Etat français publié par Le Monde, lorsqu’il exprime sa gêne, "tant peuvent être sujets à manipulation des témoignages invérifiables de génocidaires repentis, recueillis par leurs vainqueurs dans un pays traumatisé et autoritaire".

 

Des "génocidaires repentis", les témoins suscités ? Sur quel marché Le Monde compte-t-il cette fois-ci vendre ses salades ? Pour qui Le Monde rame-t-il dans la couverture des suites de cette tragédie ?

 

Il est vrai que ce journal ignore largement ce qui s’est dit durant les témoignages donnés face à la commission rwandaise d’investigation. La raison ? Hormis Colette Braeckman pour Le Soir belge et Patrick de Saint-Exupéry (ex-Fig.), qui firent à Kigali un passage ultra rapide, le correspondant de la Ména, Serge Farnel, fut le seul journaliste occidental à assister à l’intégralité des débats de la seconde session de la Commission. Celle où les témoins apportèrent leurs dépositions à la barre.

 

Cette absence des media français démontre à elle seule leur manque d’entrain à retrouver la vérité.

 

Lors, mes confrères n’ont pas vu ce témoin, dont l’audition devant la commission révéla que les soldats français se trouvaient aux deux bouts de l’enfer. Ou cet autre, encore, qui décrit comment les soldats français l’ont précipité de leur hélicoptère, et qui montre ses blessures pour illustrer ses dires.

 

Nous sommes les premiers à le proclamer, tout témoignage est questionnable, encore faut-il se donner la peine de le mettre en doute ; la seule bonne manière de disqualifier un témoignage consiste d’abord à l’éplucher scrupuleusement. Celle qui s’escrime à l’écarter d’un revers de manche, au prétexte que l’armée française serait incapable de commettre semblable exaction, ne fera légitimement qu’exciter les doutes. Elle procède du même réflexe, arrogant et inepte, que celui qui consiste à affirmer qu’untel n’a pas pu bidonner un reportage d’actualité parce qu’il est journaliste de renom. Et de croire que, ce faisant, on va fermer la discussion.

 

Quand on veut savoir ce qui s’est passé en 1994, et vérifier in situ la vraisemblance des témoignages, on peut aussi se rendre à Cyangugu pour entendre Isidore, qui, pointant son index vers la rivière, explique la raison pour laquelle les Français ont pris des bateaux pour éventrer les cadavres qui flottaient.

 

Ensuite, si on n’a pas encore vomi sa honte, on devra prendre connaissance de l’opinion sur l’objectivité de la mission parlementaire française d’un député qui en fut vice-président. Celle qui fut exprimée le 11 mai 2006, à l'Assemblée Nationale, par Jean-Claude Lefort dans son interpellation écrite du Quai d’Orsay.

 

Il commença par indiquer, qu'en 1998, la mission parlementaire sur le Rwanda s’était employée à "dégager la France de toute responsabilité" et que ses conclusions avaient "par la suite été contestées pour leur partialité et la censure de certains témoignages". Lefort évoqua, par ailleurs, l’existence de "la mission citoyenne d’information" qui produisit des témoignages d’un "engagement de l'Etat français dans un massacre en cent jours de plus d'un million d'hommes, de femmes et d'enfants". (Ex- "Un étendard sanglant" à laver par Serge Farnel).

 

Quant au rôle de Dominique de Villepin… Voici, j’en suis certain, qui aidera à appréhender la légitimité – ou la légèreté - des accusations rwandaise contre sa personne : "De Villepin : jusqu’aux oreilles, avant, pendant et maintenant".

 

Et pour un premier aperçu du rôle criminel tenu par "tonton" et tous ses petits nains dans l’extermination des Tutsis, rien ne vaut, pour commencer, la lecture attentive de "Bruno, François, Paul et les autres…".

 

L’ethnocide a fait l’objet d’une enquête exclusive de la Metula News Agency donnant lieu à plus d’une centaine d’articles. Parmi ceux-ci, les dix-huit analyses, aussi passionnantes que méticuleuses, de "Un étendard sanglant à laver" [1], qui servent désormais de référence à la reconstitution du génocide des Tutsis rwandais.

 

Ne nous perdons pas en conjectures qui n’ont plus lieu d’être : les accusations portées par la commission rwandaise, également appelée "Commission Mucyo", du nom de son président et ancien ministre de la Justice, sont objectivement imparables. Nous avons suffisamment enquêté pour l’affirmer : la France politique et militaire de l’époque de Mitterrand et de la Cohabitation a effectivement contribué à la préparation et à l’accomplissement du génocide.

 

Elle l’a fait de la manière la plus sournoise qui soit : sous le couvert de l’envoi de coopérants, puis d’une force "pacificatrice" mandatée par l’ONU, dont la mission était de protéger les Tutsis, dont Mitterrand collaborait en fait à l’extermination.

 

Non contente de ces crimes, dont ce n’est que le fait de s’y confronter qui est "inacceptable" pour la France officielle et médiatique de 2008, Paris – c’est dans notre enquête – a continué à soutenir les génocidaires défaits en exil, à cacher des chefs assassins, à nier jusqu’à la factualité du génocide et à entraver les tentatives de confondre judiciairement les responsables hutus et français.

 

La France a fait plus grave encore : elle a instrumentalisé le juge Bruguière afin qu’il lance des mandats d’arrêt internationaux à l’encontre des plus proches lieutenants de l’actuel président du Rwanda, Paul Kagamé. Des mandats d’arrêt contre ceux qui ont fait cesser le génocide ! Elle a autorisé qu’on bidouille une enquête jusqu’à la lie afin de laisser croire au monde que Kagamé avait assassiné le président hutu Juvénal Habyarimana.

 

Pour remettre l’église au milieu du village, j’engage ma responsabilité – sur la base de nos enquêtes – sur le fait que ce n’est pas Kagamé ni ses amis tutsis, ni les Casques bleus belges qui ont abattu le Falcon d’ Habyarimana. Restent les Hutus, les militaires français ou des mercenaires à leur botte ; je vous donne en mille qui sont les plus capables, parmi les suspects restants, de manier des missiles sol-air.

 

Si la France d’en haut ne peut, dans cette affaire aussi, "accepter" de reconnaître ses fautes, c’est d’abord parce qu’il y a encore trop de responsables en place dont les mains sont rouges du sang des Tutsis. C’est ensuite que ce pays n’est pas actuellement suffisamment stable pour effectuer toutes les réformes, toutes les mises en examen et toutes les mutations qu’engendrerait une psychanalyse nationale.

 

C’est, enfin et surtout, parce que cette collaboration à un génocide n’avait aucun sens, et que la France s’y est tout de même brûlée. Elle n’en a tiré aucun profit d’aucune sorte et, le pire, c’est qu’elle n’a jamais projeté d’en tirer le moindre bénéfice.

 

La vérité est dérisoire, à la mesure du carnage qu’elle a engendré. Je vous la livre après des années de réflexion et des discussions serrées avec plusieurs acteurs principaux et des spectateurs bien logés de cet Holocauste africain ; j’ai longtemps questionné sa vraisemblance mais maintenant j’en suis convaincu : François Mitterrand détestait, pour des raisons obscures qu’il a probablement emportées avec lui dans l’au-delà, les Tutsis. De plus, il privilégiait les Hutus, qui étaient plus nombreux, moins développés et qui parlaient français, par opposition aux chefs du FPR, de culture anglophone. Des avantages à ses yeux.

 

C’est tout.

 

C’est tout pour François Mitterrand et les 800’000 victimes, s’entend. Car les autres, ce qu’ils sont toujours incapables d’"accepter", c’est l’insupportable légèreté avec laquelle, de gauche comme de droite, ils l’ont suivi. L’insupportable insouciance avec laquelle ils l’ont aidé – ou lui ont permis, ce qui est plus fâcheux – de matérialiser sa détestation. Par l’envoi d’armes aux Hutus. Par leur encadrement. Par leur organisation. Par la mise à disposition de l’ambassade de France et de son personnel à Kigali. Par la mobilisation de l’armée et la corruption extrême de son rôle et par le silence terrible des media.

 

Un silence qui pèse et qui a contribué à créer des connivences et des réseaux nuisibles. Quand les élites d’un pays ont besoin d’une psychothérapie et qu’ils l’évitent, le mal ne se résorbe pas spontanément. Il enfle, au contraire et dissocie le patient de la réalité. Cela mène à l’acceptation de la représentation symbolique du monde et fait exécrer la factualité des événements et ses ambassadeurs.

 

On trouve un bon exemple de ce mal plumitivement transmissible en lisant le commentaire de Thomas Hofnung, le spécialiste Afrique de Libération, sur les Conclusions de la Commission Mucyo, dans son papier "De Mitterrand à Villepin, tous coupables selon Kigali".

 

Hofnung écrit : "Hier soir, les autorités françaises, dans l’attente de pouvoir lire ce document, ont réaffirmé qu’elles déniaient toute «légitimité» et «impartialité» à cette commission, perçue comme une riposte aux mandats d’arrêt du juge Jean-Louis Bruguière, contre neuf proches du président Paul Kagame".

 

Mais ce prétexte ne tient pas la mer, car voici ce que nous en disait Jean de Dieu Mucyo, le 21 décembre 2006 déjà : "Je crois qu'il s'agit là d'une stratégie des Français, car on avait déjà terminé la première phase et annoncé la deuxième. Or c'est dans l’intervalle qu'il y a eu émission de ces mandats. Donc, ils savaient qu'on allait commencer la deuxième phase. Je crois qu'ils l'ont fait exprès". (ex-"Les preuves existantes permettent de déferrer des hauts responsables français !" – 21.12.2006 -).

 

C’est exact, nous avons vérifié, le gouvernement rwandais avait effectivement publié la date de la session des témoignages de la commission. Factuellement, c’est donc le ministre qui a raison et Hofnung et ceux qui ânonnent qui se fourvoient et qui fourvoient l’opinion : s’il y a eu représailles, ce ne peut être que l’envoi des mandats de Bruguière en riposte à la publication de la date du recueil des témoignages sur la participation française au génocide. C’est béton.

 

Hofnung s’aventure, un peu plus loin, à copier-coller sur son article la version officielle selon laquelle" (…) il n’y avait plus de soldats français en 1994, à la suite de la signature des accords d’Arusha (fin 1993)". C’est faux, cependant, tous les témoignages que nous avons honnêtement recueillis sur place affirment le contraire, et ils n’émanent pas d’ex-génocidaires repentis, de témoins manipulés et terrorisés par qui que ce soit ou d’anti-Français convaincus. Le témoignage fait à la Ména et non à la commission d’enquête rwandaise par l’Européenne Nicole Merlo (opus cité) est éclairant à cet égard. Madame Merlo nous a affirmé, avec force détails et repères vérifiables, que juste avant le début du génocide, "on voyait des soldats français à tous les barrages"

 

Baste des sornettes pour demeurés, il est peut-être temps d’affronter la réalité. Ce n’est pas la France que les menteurs protègent, ce ne sont que leurs privilèges. Ils vivent à nouveau un temps où dans une publication telle Télérama on peut se livrer à des jeux de mots avec les noms de Juifs sans que cela n’émeuve personne. Un temps où, pour tout débat, on insulte ses contempteurs. Un temps où l’élite est médiocre, où, à court d’arguments, elle s’est mise à pétitionner à tout va pour des gens et des causes qui n’en valent pas la peine. Un temps où on joue sur l’éloignement géographique et linguistique de ceux qui dérangent pour étouffer et distordre leurs propos.

 

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La guerre contre Moshe Ya’alon (info # 010604/14) Version imprimable
Analyse
dimanche, 06 avril 2014

 

Par Guy Millière

 

L'Administration Obama, je n'ai cessé de l'expliquer, entend briser Israël. Elle ne peut cependant y parvenir aussi aisément qu’elle se l’imaginait. La population israélienne, dans sa très grande majorité, a compris à qui elle avait affaire et n'a plus aucune confiance en l'occupant actuel de la Maison Blanche ou en son Secrétaire d'Etat, John Kerry, dont elle peut observer présentement les roueries et les manœuvres.

 

Binyamin Netanyahou sait lui aussi à qui il a affaire, et fait tout pour ne pas se trouver mis en tort par l'un des actuels dirigeants américains, quel qu'il soit.

 

Il entend gagner du temps jusqu'aux prochaines échéances, en l'occurrence les élections de mi-mandat en novembre 2016. Il entend, autant que faire se peut, limiter les dégâts jusqu’alors.

 

Il doit prendre en compte que, en raison du système électoral israélien, son gouvernement est nécessairement un gouvernement de coalition, et il sait que la meilleure façon de se garder des attaques diplomatiques lancées contre lui est de disposer d'une coalition aussi vaste que possible. Faire coexister dans le même gouvernement Naftali Bennett et Tsipi Livni relève sur ce point de la prouesse.

 

Il lui faut néanmoins, au sein de son gouvernement, quelqu'un qui proclame la vérité, et c'est, je pense, le rôle dévolu à Moshe Ya'alon.

 

Plusieurs fois, au cours des dernières semaines, Moshe Ya'alon a en effet dit la vérité. Il a, dès lors, logiquement attiré sur lui les foudres des grands media internationaux, et celles de l'Administration Obama. Ces foudres étaient d’ailleurs attendues, les grands media internationaux et l'Administration Obama détestant absolument tout ce qui ressemble à la vérité concernant Israël et la situation au Proche-Orient.

 

Ce qui est consternant est que des media israéliens (Yediot Aharonot, Haaretz, Channel 2) se soient eux-mêmes associés aux fulgurations washingtoniennes, et aient, ce faisant, tenté de déstabiliser le gouvernement Netanyahou, en menant une forme de guerre verbale et politique contre Moshe Ya'alon.

 

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Kerry et Ya’alon : obsessionnel, affirme le second

 

Ce qui est scandaleux est que ces media aient même contribué au déclenchement des critiques, en divulguant des propos de Moshe Ya'alon, qui, sans cela, n'auraient pas été aussi largement relayés et n'auraient pas pu aboutir à une atmosphère au parfum de scandale.

 

Je comprends qu'il y ait, dans chaque pays, une gauche et une droite. Je pense qu'économiquement, partout sur Terre, la gauche se trompe, même si c'est sans doute avec les meilleures intentions. Je déchiffre les raisons pour lesquelles la gauche fait régulièrement preuve d'une naïveté aux allures suicidaires lorsqu'elle parle de politique internationale et de géopolitique.

 

Je comprends très mal toutefois, je dois l’admettre, la gauche israélienne, lorsqu'elle s'évertue à dépeindre Mahmoud Abbas comme un homme de paix, alors que ses propos les plus odieux sont aisément disponibles dans plusieurs langues pour quiconque fait une recherche minimale sur Internet.

 

Je comprends très mal qu'elle s'obstine à ne pas voir à qui elle a affaire en ce qui concerne les membres de l'Administration Obama et en Obama lui-même, alors qu'il faut se crever soi-même les yeux et les tympans, et encore avec une obstination forcenée, pour ne pas voir à quelles manœuvres sordides ces gens se livrent.

 

Je comprends plus mal encore comment, en menant la guerre contre Moshe Ya'alon et en tentant de déstabiliser le gouvernement Netanyahou, des media proches de la gauche israélienne ne perçoivent pas qu'ils agissent, non pas contre un gouvernement, mais contre leur pays lui-même, dans une période âpre et rude qui impliquerait un minimum de cohésion nationale. Ces contempteurs du ministre de la Défense ne perçoivent pas qu'il y a chez eux, dans les conditions qui prédominent, davantage que du désaccord politique mais une forme de trahison.

 

Moshe Ya'alon dit la vérité, notai-je précédemment, et la vérité doit être dite. Si le gouvernement israélien ne dit pas la vérité au peuple israélien, qui la lui dira ?

 

L’ex-commandant-en-chef de Tsahal a dit qu'Israël ne peut compter essentiellement que sur lui-même ? C'est, hélas, exact. C'est là le discours d'un homme d'Etat et c’est le devoir du gouvernement d'un pays qui se trouve dans la situation d'Israël aujourd'hui que de la répercuter à ses administrés.

 

Moshe Ya'alon a dit que les Etats-Unis sont affaiblis sur la scène mondiale ? C'est là encore exact. Et pas un seul dirigeant politique de la planète ne pense le contraire, sauf, peut-être, les membres de l'Administration Obama. Et l’on attend d’Israël qu’il soit le seul pays où des dirigeants politiques devraient penser autre chose que ce que pensent les autres dirigeants politiques de la planète ?

 

Moshe Ya'alon a dit que les Etats-Unis ne prendront vraisemblablement aucune mesure pour que l'Iran n'accède pas au nucléaire militaire ? Là encore, pas un seul dirigeant politique de la planète, à commencer par ceux d’Iran, ne pense que les Etats-Unis feront quoi que ce soit pour empêcher l'Iran d'accéder au nucléaire militaire. Israël est le premier pays concerné par les risques représentés par cette prolifération, et le ministre de la défense d'Israël devrait maintenir la population d'Israël en situation d'anesthésie sur ce plan ?

 

Moshe Ya'alon a déclaré que John Kerry était obsessionnel et devrait laisser les Israéliens tranquilles. Il s'est excusé pour des propos qui n'en sont pas moins exacts. Comment définir le rapport de John Kerry au dossier israélo-arabe autrement qu'en parlant d'obsession ?

 

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Rony Brauman ou le vase communicant des culpabilités (info # 010404/14) Version imprimable
Analyse d'une oeuvre
vendredi, 04 avril 2014

 

Par Alexandre Feigenbaum

 

Alexandre Feigenbaum est directeur de recherche, auteur et co-auteur de plusieurs ouvrages, notamment de "Recettes pour l'élimination du peuple juif" (avec Kebir Jbil et Bernice Dubois, l'Apart Ed. 2010). Le dernier essai de ce militant pour les droits humains, "pour une Charte du respect, 10 propositions pour combattre le racisme antijuif", préfacé par Hassene Chalghoumi, va paraître ce mois chez Feuillage.

  

 

En mars dernier, Rony Brauman a pris publiquement parti pour défendre ceux qui appellent au boycott d'Israël. Voilà donc un médecin, symbole de l'aide humanitaire et du refus de la souffrance, qui encense des terroristes dont l'objectif est de massacrer des civils. Comment expliquer ce parti pris anti-israélien ? Pour essayer de comprendre, il faut évoquer deux aspects apparemment contradictoires de son attitude : le négationnisme et la revendication de sa judéité.

 

Le négationnisme : En 1999, Rony Brauman avait cosigné avec Eyal Sivan un film sur Adolf Eichmann, « Le spécialiste », monté à partir d'images d’archives du procès d’Eichmann en 1961 à Jérusalem. Comme le notait à l'époque Dominique Vidal dans le Monde Diplomatique, le film révèle un Eichmann finalement pas aussi monstrueux que ça :

 

« Là où le procureur général Gideon Hausner dénonçait un « fauve » qui « ne mérite même plus d’être appelé homme », nous découvrons un fonctionnaire ordinaire - « plus proche de Courteline que de Shakespeare ».1

 

Mais en 2004, Hillel Tryster, directeur de la Fondation Spielberg du film juif, révéla que pour parvenir à donner cette représentation d'Eichmann, Brauman et Sivan avaient en fait manipulé les images d'archives du procès.2

 

Certains dialogues du « Spécialiste » n'existent tout simplement pas. Brauman et Sivan ont amputé des scènes des archives et mélangé des séquences au montage. Chacune de ces manipulations concourt à minimiser la culpabilité d’Eichmann, comme si les réalisateurs avaient suivi un projet négationniste.

 

brauman.jpg

Quand la haine de soi conduit au délire :

à soutenir les bombardements du Hezbollah sur les civils israéliens et

à humaniser la personnalité d’Adolf Eichmann quitte à corrompre des archives…

 

Dominique Vidal l’avait bien vu : le film donne le sentiment qu’Eichmann n’était pas un bourreau, mais un simple technicien de la solution finale, un « spécialiste », plutôt sympathique, qui n'avait fait qu’exécuter des ordres. Même si elle est à la mode grâce à Hanna Arendt, cette image d'Eichmann ne colle pas du tout à la réalité historique (voir l'ouvrage de référence « Eichmann à Jérusalem », de Gideon Hausner, le procureur du procès).

 

La revendication de la judéité : Rony Brauman n'hésite pas à rappeler publiquement et médiatiquement sa judéité, comme par exemple en août 2006, dans un célèbre appel paru dans Libération : « Nous, Juifs contre les frappes d’Israël », prenant parti pour le Hezbollah contre Israël.

 

Dans cette espèce de manifeste, il écrit notamment : « Mais quoi qu'on puisse penser du Hezbollah, l'attaque qu'il a menée contre des soldats israéliens (…) a servi de prétexte au gouvernement israélien pour mettre en application un plan qu'il avait déjà préparé longtemps à l'avance »3.

 

L'appel ne dénonçait nulle part l'intention du Hezbollah de massacrer autant de Juifs que possible et de détruire Israël. C'est Israël qui était accusé d'agressivité et de prendre « prétexte du tir de roquettes artisanales par le Hezbollah »4.

 

Comment peut-on à la fois se revendiquer anti-israélien, commettre un film négationniste, soutenir des terroristes antijuifs et se revendiquer juif ? Habituellement, plusieurs explications de tels comportements sont avancées : influence de pétrodollars, haine de soi etc. Mais pour qu'un grand militant des droits humains comme Brauman en arrive à « bidouiller » les archives d'un procès, il faut sans doute rechercher d'autres explications ; pour tenter de comprendre, il faut accepter que cela représente un acte essentiel à ses yeux et éviter de mettre systématiquement en doute la sincérité de Brauman.

 

Les descendants de peuples persécutés hésitent souvent entre des attitudes extrêmes, de la vengeance à la soumission, du rejet de la filiation à un nationalisme exacerbé, de l'abandon de la religion des pères à l'adoption d'une pratique rigoureuse. Mais la raison du génocide échappe à la raison humaine. Après la Shoah, il est difficile d'être homme, et encore plus d'être juif.

 

Les descendants sont taraudés par la question de « pourquoi ce massacre ? ». La seule vraie réponse, c'est la folie des bourreaux. Mais des descendants cherchent et imaginent une co-culpabilité des victimes, parce que ce serait humainement plus facile à supporter. Car rien n'est pire à admettre que le massacre gratuit d'innocents.

 

D'ailleurs Tryster notait que les trucages de Brauman et Sivan présentent les victimes juives d'Eichmann comme des gens « qui n'ont pas toujours fait leur possible pour résister à l'extermination ». Brauman, non content d'avoir rendu Eichmann moins méchant, en arrive donc à culpabiliser les victimes.

 

Comme dans des vases communicants, il abaisse artificiellement le niveau de la culpabilité d'Eichmann en générant une culpabilité de ses victimes.

 

Conclusion recherchée par cet exercice : les victimes ne sont plus vraiment victimes et les Juifs ne sont plus vraiment juifs. Il n'y a plus de vrais Juifs. Heureusement Brauman est là, avec son appel dans Libération, il reprend les signes de la judéité, apparemment convaincu que les autres Juifs les ont abandonnés. Il sait, lui, comment résister : il a traqué la souffrance à travers le monde.

 

Son pouvoir est immense : n'a-t-il pas rendu Eichmann moins brutal et moins cruel ? N'a-t-il pas effacé aux yeux de toute l'humanité le visage du vrai Eichmann ? Lui, le militant des droits humains qui est allé jusqu'à rectifier le passé !

 

Ce comportement rappelle un personnage d'un roman de Cecil Roth, qui détourne un avion vers Nuremberg, là où tout a commencé, et exige que l'on détruise Yad Vashem, afin que la haine n'existe plus, afin qu'elle n'ait jamais existé. Comme Brauman, ce personnage refait l'histoire rétrospectivement.

 

La suite est affreusement logique : puisque la Shoah n'était pas si terrible que cela, et que les victimes étaient un peu coupables, c'est toute l'image d' « Israël - terre refuge des Juifs persécutés » qui est vidée de sens par Brauman. Au contraire, Israël devient un refuge de coupables.5 La judéité selon Brauman implique ainsi une prise de position anti-israélienne.

 

Combattre le racisme, c'est vouloir changer la réalité. Mais il semble que pour ces militants anti-israéliens, changer la réalité, cela consisterait uniquement à la déguiser, la rendre moins terrifiante, plus acceptable a posteriori, et à en prendre le contrôle.

 

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Turquie : Les municipales gagnées sur fond d’intrigues et de scandales (info # 010104/14) Version imprimable
Analyse
mardi, 01 avril 2014

 

Par Ferit Ergil


Dimanche dernier, en Turquie, les élections municipales ont à nouveau été remportées par le parti gouvernemental AKP. Elles se sont déroulées dans un climat d’extrême tension, suite à une vaste affaire de corruption ayant éclaté à la fin de l’année dernière, qui implique directement le Premier ministre Erdogan et son proche entourage.

 

Le scandale a pris réellement forme il y a un mois environ, lorsque furent diffusés sur les réseaux sociaux plusieurs enregistrements de conversations téléphoniques compromettant Recep Tayyip Erdogan, son fils, ainsi que plusieurs de ses proches. Ces transcriptions renforçaient les soupçons de corruption à l’encontre du gouvernement d’Ankara, et elles ont attisé la colère de milliers de Turcs, à nouveau descendus dans les rues pour y exprimer leur courroux.

 

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AK - Parti de la Justice et du Développement (Erdogan)

CHP – Parti Républicain du Peuple

MHP – Parti du Mouvement Nationaliste

BDP – Parti pour la Paix et la Démocratie

 

En réaction à ce scandale, Erdogan a fustigé les réseaux sociaux et fait bloquer l’accès à Twitter, après avoir précédemment menacé d’interdire Facebook et YouTube juste après la diffusion des premières fuites téléphoniques. Cette décision lui a valu du coup la réprobation internationale mais, selon les propres termes du chef de l’exécutif ottoman, lancés au cours d’un rassemblement électoral, il n’en a cure.

 

La semaine dernière, on annonçait la mise en ligne de vidéos montrant les ébats sexuels du Premier ministre en compagnie d’une ancienne Miss Turquie, aujourd’hui présentatrice de télévision.

 

Certains journaux étrangers, tels Libertatea de Bucarest et des organes de presse grecs et italiens, en ont fait état, mais cette vidéo n’a finalement pas été publiée dans les réseaux sociaux turcs.

 

La situation eût été intéressante quand on sait toute la vigueur que le chef de l’AKP met pour donner à son pays un visage de plus en plus islamisé, se faisant le champion du respect des bonnes mœurs, de la vertu et de l’honnêteté.

 

On n’a donc pas vu le leader islamiste dans son plus simple appareil et c’est dommage, cela aurait autant exposé son discours controuvé que son anatomie. Reste que la révélation du 27 mars dernier sur les nouvelles écoutes de membres du gouvernement, enregistrées à leur insu, a réellement eu l’effet d’une bombe. L’information avait immédiatement été reprise par ce qui reste de la presse libre dans le pays.

 

On y entend des discussions au sommet de l’Etat entre le ministre des Affaires Etrangères, Davudoglu, le chef d'état-major adjoint, le chef du service du renseignement (MIT), Hakan Fidan, ainsi qu’un autre conseiller ministériel, quant à un hypothétique engagement militaire turc dans le conflit syrien. Au besoin, comme le propose Fidan lors de ces conversations, en provoquant de toutes pièces un casus belli afin de justifier une intervention.

 

Le but d’une telle opération, envisagée à la veille des élections, consistait à faire oublier les échecs du gouvernement et à redorer son blason pour le maintenir au pouvoir.

 

Le plan du chef des services secrets était complètement machiavélique, puisqu’il proposait d’envoyer des hommes en Syrie afin de tirer des roquettes sur la Turquie ! Dans cet enregistrement, on entend les objections du conseiller, qui fait valoir que la réalisation de ce complot est susceptible de présenter des risques pour la population. Ce à quoi Fidan rétorque, soutenu par le troisième larron militaire, que « les missiles tomberont dans une zone inhabitée ».

 

Quant à Davudoglu, l’idée ne lui semblait pas inintéressante : une « attaque » du Front Islamiste de Damas et d'Irak aurait représenté un bon alibi pour « entrer en guerre » et la « riposte » turque aurait ainsi été approuvée par la communauté internationale.

 

Restait à convenir de la cible de « l’agression syrienne ». Qu’à cela ne tienne ! En réfléchissant pour définir quelle partie de leur propre pays il convenait d’attaquer, les quatre compères ont estimé que la tombe ottomane de Süleyman Chah, gardée par une poignée de soldats, située près d’Alep mais considérée, selon le droit international, comme territoire turc, participait d’un objectif approprié.

 

Les comploteurs décidèrent également de ne pas saisir les Nations Unies après l’attaque de la Turquie par des soldats turcs, car ils craignaient la réaction américaine, le renseignement US ayant les moyens de découvrir la supercherie.

 

Dès la publication de cet enregistrement terriblement compromettant, Youtube a rapidement rejoint Twitter dans les indésirables et a également été interdit et bloqué dans le pays. Dans la soirée qui a suivi ces révélations, tous les enregistrements avaient été effacés de tous les réseaux sociaux existants.

 

Vers minuit, nous apprenions qu'un obus "syrien" était tombé en fin d'après-midi sur le territoire turc, en zone inhabitée, près d'Antakya (Antioche), et que les forces armées turques ripostaient par des tirs de canon. Gageons qu’elles n’ont pas subi d’effet de surprise excessif.

 

Dans tout autre pays démocratique, les faits que nous retraçons dans ce papier, survenant en plus d’innombrables actes répressifs et corruptifs, auraient suffi pour envoyer Erdogan et son Parti pour la Justice et le Développement au Diable. Chez nous, cela ne lui a coûté que la perte d’à peine 5% des suffrages.

 

Les lecteurs de la Ména ne seront sans doute pas étonnés d’apprendre que, depuis des décennies, aucune élection n’avait suscité autant de cas de fraude de la part du régime. Dans les deux villes principales, Istanbul et Ankara, on a par exemple remplacé des observateurs du dépouillement du scrutin par des membres de l’AKP, en organisant d’intimidants mouvements de foule en face de certains bureaux de vote sensibles.

 

On ne peut toutefois pas remettre en cause la victoire des islamistes d’Erdogan, l’avance de son parti sur les autres s’établissant à deux chiffres en pour cent et non à quelques voix. La vérité crue est que les Turcs ont décidé de se boucher les oreilles et de se voiler les yeux sur ce qu’ils savent de l’exercice défaillant du pouvoir. Ils ont choisi d’écouter le leader charismatique qui démontre qu’il préserve son influence prépondérante sur le petit peuple et les classes défavorisées.

 

L’électorat, à l’est du Bosphore, est simple, pour ne pas dire simplet. Il a réagi favorablement à l’argumentaire trivial de Tayyip Erdogan qui, comme c’est son habitude, n’a rien fait de plus qu’articuler sa campagne sur un grand antagonisme.

 

Après la culture occidentale et l’implantation rampante d’Israël dans la société turque, il a ciblé cette fois son ancien allié, le prédicateur islamiste Fethullah Gülen et ses partisans. Il les a accusés de rien de moins que de fabriquer de fausses affaires de corruption dans le dessein de fomenter un coup d’Etat. Il a présenté à ses compatriotes la nécessité urgente de déraciner les Gülénistes pour sauver la patrie. C’était son seul cheval de bataille lors de la campagne électorale, et avec une pincée d’intimidation, cela a suffi à faire la différence.

 

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Jonathan Pollard doit être libéré, mais uniquement parce qu’il est injustement emprisonné Version imprimable
Analyse
dimanche, 30 mars 2014

 

Par Guy Millière

 

Le sort subi par Jonathan Pollard est profondément inique. Certes, il a été reconnu coupable d'espionnage, mais les charges retenues contre lui sont mineures en comparaison d’autres cas d’espionnage aux Etats-Unis dont les auteurs ont depuis longtemps recouvré la liberté. En effet, Jonathan Pollard n'a pas espionné au profit d'un pays ennemi des USA, mais en faveur d'une nation qui, jusqu'à démonstration du contraire, est l’amie et l’alliée de l’Amérique.

 

La sécurité de cette dernière n’a donc en rien été menacée. En outre, tout en assurant la sécurité de l’Etat hébreu, Pollard permettait, dans le cadre des relations stratégiques entre Israël et les Etats Unis, de servir fondamentalement la sécurité même de son pays.

 

Malheureusement, l’homme s'est mal défendu à l'époque lors de son procès, et Israël n’a pas su plaider sa cause. Les services de renseignement et de sécurité américains en ont profité pour faire de lui un bouc émissaire, une sorte de symbole expliquant le long emprisonnement abusif – 28 ans !! - auquel il est soumis.

 

Nombre d'Israéliens souhaiteraient le voir enfin libéré, et c’est là une attente que je partage. Mais je crains fort, et j’écris ces mots avec une infinie tristesse, que ce jour n’arrive jamais. Précisément parce que Pollard est devenu un symbole.

 

Un président américain qui le libèrerait ferait, certes, un geste juste et noble, certainement reconnu comme tel par certains, mais, d’un autre côté, cet acte lui attirerait aussi les foudres de ceux qui ont fait de Pollard le bouc émissaire qu’il est.

 

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Lorsque c’est la justice qui commet un délit

 

Le président devrait donc trouver une parade, or la seule justification possible et acceptable serait qu'il puisse obtenir en échange des concessions extrêmement conséquentes de la part du gouvernement israélien.

 

Il m’est difficile de l’écrire, il le faut pourtant : ces concessions ne doivent pas être accordées. Cet échange serait un odieux marché de dupes, Jonathan doit être libéré, mais pas à ce prix.

 

J'aborde ce sujet parce que l'éventualité de cette libération est un bruit qui va actuellement bon train. Ceci s’explique par le fait que les négociations de « paix » avec l'Autorité Palestinienne sont en train de capoter, comme cela était évidemment prévisible, et que, tout aussi inévitablement, Israël risque fort de se voir attribuer la responsabilité de l'échec des négociations.

 

L’évocation à Washington de la libération de Jonathan Pollard, dont on parle aujourd’hui abondamment en Israël, serait envisagée en échange de celle de prisonniers palestiniens reconnus coupables par la justice de terrorisme et d’assassinats. De prisonniers dont  la libération a déjà été programmée, ainsi que celle d'autres détenus dont l’identité n’a pas encore été rendue publique. Cet échange est censé éviter l’explosion des négociations, et la désignation d'Israël comme fautif.

 

Si la vague de libérations prévue samedi dernier n'a pas eu lieu, c’est parce que le gouvernement Netanyahu sait pertinemment que la relaxe de terroristes aurait été non seulement un outrage aux victimes et à leurs familles (ainsi qu'une offense à la justice israélienne), mais aussi, que ce geste aurait été totalement vain.

 

L'administration Obama - qui semble être à l'origine de la rumeur - fait  miroiter l’élargissement de Jonathan Pollard de façon à obtenir tout de même la libération prévue des terroristes palestiniens. Si Israël venait à céder, il est plus qu’évident que l’Etat hébreu n'obtiendrait strictement rien en échange. La libération d’assassins ne permettrait sans doute pas celle de Jonathan Pollard, et Barak Obama invoquerait des complications de dernière minute, ou dirait, dans le style qu’on lui connaît, que c'était une promesse, juste une promesse.  

 

Si cependant la libération de Jonathan Pollard devenait effective, les pressions exercées aussitôt viseraient à pousser Israël à une reddition sans conditions aux demandes d'Obama, de Kerry et de Mahmoud Abbas. L'isolement et l'ostracisation d'Israël s’en trouveraient considérablement accentués. Un « cadeau immense » et un « geste de mansuétude extraordinaire » ont été accomplis en faveur d'Israël ! entendrait-on de tous côtés, et Israël se permet de ne pas faire la « paix » comme on l’attendait d’elle ?

 

Encore une fois, je l’affirme : Jonathan doit être libéré, mais pas à ce prix. Il doit immédiatement retrouver la jouissance de la liberté parce qu’il croupit derrière les barreaux depuis vingt-huit ans désormais, sans avoir causé ni même menacé la vie de quiconque, ce qui fait qu’il a déjà payé au moins dix fois sa dette à la société étasunienne. Et parce que chacun des terroristes que Jérusalem a déjà relâchés et ceux que Washington lui demande encore d’élargir, ont commis des crimes dont la gravité est maintes fois supérieure à ceux de Pollard, et que la justice ne saurait faire l’économie de cette comparaison, car, dans ce cas, elle n’est plus la justice mais la furie sadique des hommes.

 

Jonathan Pollard doit ainsi être libéré pour des raisons d'éthique et de justice, et strictement et uniquement pour elles. Aucune autre raison ne peut et ne doit se trouver invoquée à son sujet, et aucun marchandage ne peut et ne doit être accepté. L'éthique et la justice ne sont pas des objets de marchandages.

 

Israël paie déjà un prix exorbitant depuis la signature des Accords d'Oslo qui l’ont pris dans un engrenage délétère.

 

Ce qui doit être à l'ordre du jour est la mise en place d'une stratégie permettant de sortir de cet engrenage, la poursuite d'une stratégie permettant de retarder et d'enrayer les effets pernicieux et sournois de la politique Obama, laquelle, je l'ai noté plusieurs fois, est une doctrine de guerre visant à la destruction d'Israël.

 

Il faut savoir qu’Israël n'a aucun « partenaire pour faire la paix ».

 

Mahmoud Abbas n'a cessé de vouloir la désintégration d'Israël et n'a jamais été un « partenaire pour la paix » : il est, nul ne l'ignore, sauf les sourds et les aveugles, un négationniste antisémite, un admirateur d'Amin al Husseini, un disciple de Yasser Arafat, un homme qui ment lorsqu'il parle anglais et dit la vérité lorsqu'il parle arabe et qui tient, dans cette langue, des propos djihadistes.


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Golan : les agresseurs sont morts (info # 022803/14) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 28 mars 2014

 

© Metula News Agency

 

 

Metula 00h47, 22h47 à Paris

 

breaking-news_ii.jpgNous confirmons que les deux individus qui étaient parvenus à pénétrer de quelques mètres en territoire israélien, sur le Golan central, sont très probablement morts, suite à un bref échange de tirs.

 

L’incident a eu lieu sur la colline de Khazka (également appelée Bachanite), qui culmine à 950 mètres d’altitude.

 

C’est sur ces hauteurs qu’est installée une ferme d’éoliennes qui n’est plus exploitée, à proximité immédiate du camp des forces de l’ONU chargées de la supervision de l’Accord de Désengagement de 1974.


Le commando venu de Syrie, dont on ignore encore l’identité et l’affiliation, avait détruit une partie de la barrière de sécurité, et, selon Tsahal, était en train de saboter des « infrastructures frontalières ».

 

Lors de l’incident de ce soir, les parachutistes israéliens ont appliqué les nouvelles consignes d’ouverture de feu récemment décrétées.

 

Jusqu’à maintenant, lorsqu’ils remarquaient un suspect armé s’approchant de la frontière, les militaires hébreux avaient pour instruction de lui demander de s’identifier, puis de l’appréhender.

 

C’est suite à l’incident de mardi dernier, lors duquel quatre parachutistes avaient été blessés par une charge explosive activée au passage de leur jeep, que les règles d’ouverture de feu ont été modifiées.

 

L’un des soldats avait été grièvement blessé et l’aviation avait frappé plusieurs objectifs gouvernementaux à l’intérieur du territoire syrien.

 

khezka.jpg

Service cartographique de la Metula News Agency

 

Quelques jours auparavant, une autre charge avait explosé dans la région d’Har Dov, sur la frontière israélo-libanaise. Tsahal avait alors riposté en tirant deux obus depuis une base située à 50m de notre rédaction sur un entrepôt de munitions dissimulé dans un quartier civil de la ville chiite libanaise de Kfar Kileh.

 

L’agression de ce vendredi soir n’aurait pas pu avoir lieu sans l’accord et le soutien logistique de l’Armée gouvernementale syrienne. L’incident a eu lieu à l’extrême sud de la zone contrôlée par les forces de Béchar al Assad sur le Golan.

 

Cette tentative d’infiltration semble indiquer que la dictature alaouite a décidé de ne pas tenir compte de l’avertissement de Tsahal en représailles à l’embuscade, mardi dernier, contre les quatre parachutistes.

 

Si l’exécutif hébreu maintient sa doctrine de représailles systématiques et proportionnelle aux attaques visant ses soldats et sa population, on doit s’attendre, cette nuit ou pendant la journée de samedi, à une nouvelle riposte des Forces de Défense d’Israël.

 

 

 
Deux infiltrés armés neutralisés sur le Golan (info # 012803/14) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 28 mars 2014

 

© Metula News Agency 

 

Metula 23h45, 21h45 à Paris

 

breaking-news_ii.jpgIl y a quelques minutes de cela des parachutistes israéliens, dans la partie centrale de la frontière du Golan, ont identifié deux individus armés s’approchant d’ouvrages militaires de Tsahal.

 

Selon les premières indications en notre possession, les intrus seraient parvenus à franchir la barrière de sécurité séparant l’Etat hébreu de la Syrie.

 

Les militaires ont ouvert le feu sur les suspects et il semble que ceux-ci aient été neutralisés.

 

Le porte-parole de l’Armée israélienne confirme l’essentiel de ces informations.

 

Nos reporters suivent le déroulement de cet incident.

 

 

 

 
Que fait un crocodile israélien dans les eaux du nord de l’Allemagne ? (info # 012603/14) Version imprimable
Analyse
mercredi, 26 mars 2014

 

Par Jean Tsadik

 

Les essais [vidéo] des deux sous-marins israéliens – le Tanine (crocodile) et le Raav (démon, Rahab est un monstre marin dans la mythologie juive) – se poursuivent dans les eaux allemandes au large de Kiel, et danoises, dans la région du port de Hirtshals.

 

C’est probablement face au Danemark que les deux bâtiments vont procéder ce printemps aux tests de plongée en eaux profondes – ils devraient atteindre -350 mètres, ce qui est considérable – avant de se voir installer une dernière tranche d’équipements sophistiqués et d’être livrés en Israël plus tard cette année.

 

Officiellement, chaque unité aura coûté dans les 400 millions d’euros, dont un tiers ont été financés par la République allemande, ce qui illustre de manière tangible la signification de l’amitié actuelle régnant entre les deux pays.

 

Officieusement, on parle d’un coût pour le contribuable israélien de 600, voire 650 millions pièce. La différence tenant dans l’armement spécifique qui sera embarqué une fois que les deux monstres auront été accueillis à la maison.

 

Quoi qu’il en soit, ces submersibles constituent largement les "véhicules uniques les plus onéreux" de l’arsenal de Tsahal. Ils sont également probablement les sous-marins à propulsions non nucléaire les plus avancés jamais imaginés et construits par l’homme.

 

Le Tanine et le Raav ont été fabriqués dans les chantiers navals Howaldtswerke-Deutsche Werft (HDW), appartenant au groupe Thyssen, dans le nord de la République fédérale. Ils sont le fruit d’une coopération longue, intime et de grande ampleur entre les HDW, d’une part, la Marine et l’Industrie israéliennes, de l’autre.

 

En simplifiant à peine les choses, on peut dire que la partie navigation est le fait des Germains, et celle attenant à l’armement, le pré carré des Hébreux. Un ami israélien participant à ce projet ultrasecret a daigné me confier "que le degré de coopération et de compréhension entre les personnels des deux pays était impressionnant".

 

Côté allemand, des entreprises comme Siemens, Atlas Elektronik et Tognum (ex-MTU Friedrichshafen), le fabriquant des moteurs, participent à l’aventure. Côté israélien, on retrouve tous les ténors de l’industrie militaire, Elbit, Elta et compagnie.

 

Ces submersibles sont équipés de moteurs hybrides diesel-électricité, au concept un peu comparable à celui qui propulse certaines automobiles. Ils recèlent toutefois d’un avantage évident sur vos voitures, lié au milieu auquel ils sont destinés : ils sont pratiquement anaérobiques, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas besoin d’air pour fonctionner. Ce privilège leur permet de parcourir de longues distance dans un silence quasi-total – caractéristique fondamentale pour ne pas être repérés par les sonars -, soit environ 8 000 kilomètres en surface et 4 500 en plongée, à 8 nœuds (15km/h) de moyenne.

 

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Des mastodontes allemands pour assurer la pérennité d’Israël

 

Le Tanine et le Raav appartiennent à la classe de sous-marins Dolphin (dauphin), du nom du premier submersible de cette catégorie issu de la coopération germano-israélienne, qui fut livré au He’l ha-yam, la Marine de l’Etat hébreu, en 1999. Le Léviathan (baleine) le rejoignit un an plus tard, suivi du Tkuma (renaissance) peu après.

 

Ces trois unités confèrent déjà à la Marine bleu-blanc la capacité de se livrer à des opérations de reconnaissance et d’attaque très loin des côtes de Terre sainte. C’est à eux que fut confiée la mission, révélée en exclusivité par la Ména, qui consista, le 5 juillet dernier, à détruire un lot de missiles de fabrication russe Yakhont (onyx) dans la ville portuaire syrienne de Lattaquié. Le Yakhont est un engin antinavires de longue portée et de grandes précision et sophistication à même de gêner le déplacement des bâtiments israéliens et occidentaux au Moyen-Orient.

 

Les vaisseaux Tanine et Raav, de même qu’une troisième unité non encore baptisée dont la livraison est prévue en 2017, constituent des versions largement améliorées des premiers Dolphins. Leur tirant d’eau est supérieur de 28 pour cent à celui de leurs prédécesseurs.

 

Ils sont capables d’emporter 20 torpilles et disposent de 10 lanceurs. 4 d’entre eux sont d’énormes tubes de 650 millimètres, leur permettant de larguer des mines, de lancer de gros missiles de croisière et même des véhicules habités ; ainsi que des canots ou des sous-marins de poche, que les commandos-yami – les commandos du He’l ha-yam (arme de la mer) – peuvent mettre à profit pour effectuer des interventions à des milliers de kilomètres de leurs bases, ou qui peuvent servir à récupérer des agents ayant œuvré en pays hostiles.

 

Reste que la spécificité la plus remarquable de ces nouveaux submersibles, à en croire des sources étrangères auxquelles nous faisons toute confiance, réside en cela que le Crocodile et le Démon sont conçus afin de lancer des bombes atomiques. Des fusées transportant 200kgs de charge utile dont 6 de plutonium.

 

En 2000, l’Administration Clinton avait rejeté la demande de Jérusalem de lui fournir des missiles Tomahawk à long rayon d’action, qui auraient pu être tirés à partir des tubes de 650mm. Cette décision obligea les Hébreux à concevoir leur propre missile de croisière lancé à partir d’un sous-marin (eng. SLCM), le Popeye Turbo Cruise Missile, une déclinaison de leur fusée Popeye de base.

 

Or la Marine américaine a identifié un essai de tir de ce missile dans l’Océan indien, qu’elle juge capable de couvrir une distance de l’ordre de 1 500km.

 

De notre point de vue, il ne fait donc aucun doute que l’Etat d’Israël dispose désormais non plus uniquement de la possibilité de placer une première frappe nucléaire, mais également de celle de la "Deuxième frappe", qui est l’apanage des membres d’un club très restreint de nations.

 

Cette deuxième frappe, que nous avons souvent évoquée dans ces colonnes, participe d’un élément prépondérant de la dissuasion nucléaire. Elle permet de communiquer à n’importe quel agresseur potentiel que, même si Israël devait être victime d’une agression majeure au moyen d’armes de destruction massive, et même si ses centres de commandement étaient atteints, il resterait capable d’infliger des dommages cataclysmiques à son ennemi.

 

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Vendez ! (info # 012403/14) [Analyse économique] Version imprimable
Analyse économique
lundi, 24 mars 2014

 

Par Sébastien Castellion

 

Disons-le tout de suite pour éviter les malentendus : personne au monde ne peut prédire précisément quand un marché va monter ou baisser. Si j'étais doté de ce don, je serais riche.

 

Même ceux qui sont réellement devenus riches sur les marchés financiers, et dont la prévision sur l'évolution de ces marchés est le métier, se trompent - chacun d'entre eux, sans aucune exception - plus souvent qu'ils ne devinent juste.

 

Les mouvements du marché à un moment donné ne dépendent pas seulement des données économiques fondamentales. Ils sont le résultat combiné des actions de millions de vendeurs et d'acheteurs, dont chacun essaie de prendre en compte ce que pensent les autres, et ce qu'ils pensent que les autres pensent. Le modèle est beaucoup trop complexe pour permettre à aucun agent, quel qu'il soit, de faire des prévisions précises.

 

Il n'empêche que - sans fixer de date précise - certaines données économiques finissent toujours par avoir une influence sur les mouvements des marchés financiers. Or, si l'on examine ces données à la fin du premier trimestre 2014, la conclusion paraît inévitable : les marchés d'actions sont aujourd'hui trop chers. Ils vont baisser.

 

Quiconque vendrait ses actions aujourd'hui perdrait peut-être par rapport à demain, ou à la semaine prochaine, ou à la fin de la décennie ; mais il gagnera par rapport à la situation la plus probable des prochains mois et, vraisemblablement, des prochaines années.

 

Cela est encore plus vrai si le portefeuille des investisseurs en question est représentatif d'un des indices qui représentent l'état moyen de la Bourse (S&P 100, Dow Jones, CAC 40 etc.). La valeur de la Bourse, après tout, n'est que la somme des valeurs d'entreprises particulières, et certaines d'entre elles échappent toujours plus ou moins aux mouvements d'ensemble.

 

Plusieurs événements économiques se sont combinés au cours des dernières semaines pour rendre plus que vraisemblable une baisse des marchés d'actions.

 

Aux Etats-Unis, les prévisions de consommation des ménages sont déplorables. Le gouvernement continue à mettre en évidence la baisse du taux de chômage (désormais descendu à 6,6 %). Mais tous les analystes - et maintenant, ce qui est plus important, presque tous les Américains - savent que cette baisse est une illusion provoquée par le grand nombre d'Américains sans emploi qui ont cessé d'un chercher un et ne sont donc plus comptés parmi les chômeurs. Si le taux de participation à la force de travail était le même aujourd'hui qu'en 2008 (avant la crise financière et l'élection d'Obama), le taux de chômage serait de 10,8 %. Ce taux de chômage corrigé n'a à peu près pas changé depuis 2009, au cœur de la crise financière.

 

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Malgré les annonces, la situation de l'emploi en Amérique ne s'améliore pas

 

A cette faiblesse fondamentale, désormais structurelle, de l'emploi américain, s'ajoutent en ce moment les inquiétudes liées à la mise en œuvre de la réforme de l'assurance santé. Tous les Américains savent que cette réforme va augmenter le coût moyen de l'assurance - donc réduire leur capacité à consommer - et qu'elle va s'accompagner d'une diminution en termes absolus de l'emploi à temps plein, car les employeurs ont intérêt à placer le plus grand nombre possible d'employés en temps partiel pour échapper à l'augmentation des coûts que cause la réforme.

 

Résultat : les Américains vont consommer moins ; les entreprises (environ 70% de la valeur totale en Bourse) dont les profits dépendent de leur consommation vont voir leurs profits baisser ; et la valeur de leurs actions sera réduite en conséquence.

 

A ces mauvaises nouvelles sur le front de la consommation s'ajoutent des signes concordants, qui montrent que la politique de création monétaire sans limite (ou "facilitation quantitative") ayant marqué toutes les années Obama, commence à être confrontée à ses inévitables conséquences.

 

Dans une période de faible demande et de désendettement des entreprises, les milliers de milliards de dollars créés sans contrepartie réelle sont restés, pour l'essentiel, immobilisés dans les réserves des entreprises et des banques. La base monétaire américaine ajustée (quantité de monnaie en circulation), dans la définition employée par la Federal Reserve (ou Fed, la Banque centrale des Etats-Unis), est passée de 800 milliards de dollars en 2008 à 4000 milliards aujourd'hui, sans pour autant que cette création massive de monnaie ait provoqué d'inflation dans le panier de la ménagère.

 

Elle est, en revanche, responsable d'une forte augmentation des prix sur les marchés financiers, qui explique pourquoi les résultats de la Bourse étaient si bons pendant que l'économie américaine piétinait et perdait de l'emploi.

 

La Fed sait que cette politique de création incontrôlée de monnaie ne peut pas durer éternellement. Si le mouvement n'est pas inversé, l'économie américaine finira inévitablement par entrer dans une phase d'inflation accélérée, qui provoquera l'effondrement des marchés financiers. La hausse du coût de la vie réduira la valeur des titres du Trésor (qui ne produisent presque pas d'intérêt) ; elle obligera à une augmentation des taux d'intérêts - qui, à son tour, fera baisser la valeur des maisons pour lesquelles les Américains se sont endettés. Appauvris dans leurs investissements en bons du Trésor et dans leurs investissements immobiliers, les Américains devront vendre leurs actions, entraînant la chute du marché des actions.

 

Pour éviter ce scénario catastrophe, le nouveau gouverneur de la Fed, Mme Janet Yellen, a fait sa première conférence de presse mercredi dernier (19 mars) pour annoncer que le programme de "facilitation quantitative" allait progressivement être revu à la baisse.

 

C'est, sur le fond, une bonne décision, la seule manière d'éviter une crise inflationniste. Mais, pour les marchés d'actions, c'est aussi le signe que l'accès permanent à des liquidités sans limites, auquel ils s'étaient accoutumés depuis cinq ans, va bientôt se tarir. Il devient donc raisonnable, pour tous ceux qui auront besoin de liquidités dans les prochains mois, de vendre des actions plutôt que d'en acheter.

 

Ce mouvement à la vente - et donc à la baisse des prix - est d'autant plus inévitable que la valeur totale du marché des actions, comparée à la richesse nationale, a atteint depuis quelques semaines des niveaux anormalement hauts.

 

Le ratio moyen valeur du marché / richesse produite au cours des deux dernières générations tourne autour de 68 %. Les deux points les plus hauts atteints au cours des quinze dernières années furent de 153 % en 2000, juste avant l'explosion de la bulle des nouvelles technologies, et 116 % en 2008, avant la crise financière. Depuis le début de l'année 2014, le ratio tourne autour de 125 % : un nouveau maximum qui rend les investisseurs inconfortables et ne présage rien de bon sur les prochaines évolutions.

 

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Etats-Unis : valeur totale des actions / richesse nationale

 

Il ne faut pas non plus espérer trouver, dans d'autres zones économiques, les opportunités d'investissement en actions qui s'effacent aux Etats-Unis.

 

L'Europe continuera pendant de longues années à gérer les conséquences de ses récentes crises financières : le paiement de ces dettes, la relative lourdeur des procédures administratives et le niveau élevé des impôts sont autant d'obstacles à l'amélioration des profits. La nouvelle instabilité géopolitique provoquée par le comportement imprévisible de la Russie ne va certainement pas arranger les affaires.

 

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Les abominables desseins de Barack Obama (info # 012303/14) Version imprimable
Analyse
dimanche, 23 mars 2014

 

Par Guy Millière

 

Les propos tenus par Barack Obama lorsqu'il a reçu Mahmoud Abbas à la Maison Blanche, le lundi 17 mars, sont, à l'évidence, obscènes : dire d'un homme qui ne cesse d'inciter à la violence terroriste et qui reçoit des assassins juste sortis des prisons israéliennes comme des héros dignes de louanges et de célébrations, qu'il a « rejeté la violence », ne peut que susciter le dégoût. Et conduire à songer que, pour Barack Obama, tuer des Juifs n'est sans doute pas un acte violent, surtout quand les Juifs en question sont israéliens.

 

Mais l'obscénité de Barack Obama est logique, elle n'est que la face visible de ce qui se trame à la Maison Blanche.

 

Comme je l'ai déjà écrit de nombreuses fois, Barack Obama est en guerre avec Israël. Et il continue cette guerre, qui, ne pouvant certes pas être militaire, n’en est pas moins verbale et diplomatique.

 

Elle possède aussi sa dimension géopolitique. Barack Obama prépare les prochaines étapes, celles qui surviendront après la fin des pourparlers de « paix », et qui viseront à isoler Israël.

 

Mais il est aussi en train de recomposer la région et de tenter d'affaiblir Israël autant que faire se peut en renforçant ses pires ennemis.

 

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Mahmoud, distinguez-vous la lumière au bout du tunnel ?

 

Au cœur de la recomposition de la région que désire Barack Obama, il y a sûrement un Iran doté de l'arme nucléaire, sanctuarisé, immunisé, à même d'actionner des groupes terroristes islamistes ailleurs en général, et contre Israël en particulier, mais pas uniquement.

 

Il y a aussi que l’allié iranien, outre le Hezbollah, compte des groupes islamistes sunnites. Tel le Djihad islamique, qui a récemment envoyé une salve de roquettes sur le sud d'Israël et qui est l'un de ces groupes ; mais il y en a d'autres.

 

Tout en se défiant du Hamas, l'Iran semble, d'après des informations circulant dans plusieurs centres de recherches stratégiques à Washington, aider les Frères Musulmans à « résister » au Maréchal al Sissi. L'Iran semble aussi se rapprocher de certaines factions d'al Qaeda.

 

Au cœur de la recomposition de la région voulue par Barack Obama, il y a des groupes islamistes sunnites alliés à l'Iran, et il y a un partage de la Syrie entre les régions tenues par Assad, allié de l'Iran épaulé par le Hezbollah, et des régions sunnites, qui devraient, à terme, être tenues par des factions d'al Qaeda à même de coexister en statu quo avec le régime Assad.

 

La guerre civile en Syrie est entrée dans une phase dont personne ou presque ne parle, où il y a une guerre civile dans la guerre civile, et où des factions sunnites d'al Qaeda, acceptant l'idée de statu quo, combattent d'autres factions sunnites islamistes (celles composant l'Etat islamique en Irak et au Levant).

 

Il y a aussi l’appui persistant du Qatar, qui se démarque des autres émirats du Golfe en ce qu'il soutient toujours, bien que plus discrètement, les Frères Musulmans.

 

Au cœur de la recomposition obamienne, il y a, en outre, l'affaiblissement des émirats du Golfe hormis le Qatar, et l'affaiblissement de l'Arabie Saoudite.

 

Le fait que les Frères Musulmans aient été explicitement désignés ces derniers jours comme une « organisation terroriste » par l'Arabie Saoudite, suivie en cela par les émirats du Golfe à l’exception du Qatar, n'est pas du tout dû au hasard. Le fait que l'Arabie Saoudite et les émirats du Golfe aient, le 5 mars dernier, rappelé leurs ambassadeurs au Qatar n'est pas du tout dû au hasard non plus.

 

On peut penser que, loin des micros, Barack Obama a dit bien d'autres choses à Mahmoud Abbas que ce qu’il lui a confié publiquement, et qu’il y a, parmi ces choses, des idées obscènes. On peut raisonnablement imaginer que Barack Obama lui a parlé de la recomposition de la région qu'il convoite et qu'il entend mettre en œuvre.

 

Le président américain a perdu une bataille avec la chute de Mohamed Morsi, mais il n'a pas renoncé à son projet. Son objectif reste assurément un Proche-Orient plus sûr pour l'islam radical et pour les pires ennemis d'Israël.

 

Beaucoup moins sûr aussi pour les pays et les régimes qui combattent l'islam radical ou que celui-ci pourrait déstabiliser : l'Egypte du Maréchal al Sissi, l'Arabie Saoudite et les émirats du Golfe.

 

Son objectif est de poursuivre la guerre contre Israël. Il ne peut mener cette guerre de manière militaire, disais-je, et encore, cela reste à démontrer.

 

En dépit du fait que faciliter la tâche des ennemis militaires et terroristes d'Israël participe de la conduite d’une guerre militaire, force est de constater que l'Administration Obama continue à financer et à faire voter des crédits pour la défense d'Israël, pour le Dôme d'acier, tout particulièrement.

 

Mais le pensionnaire de la Maison Blanche fait désormais son possible pour que les crédits alloués aux moyens offensifs et à la lutte anti-terroriste de l'armée israélienne ne soient pas là ; le refus absolu de livrer une plateforme de maintenance d'hélicoptères Apache, il y a trois ans, a été sur ce plan très symbolique, et le fait qu'Israël ait réussi à contourner le refus ne change rien à la réalité et l’intentionnalité du refus.

 

Obama, faut-il le rappeler, a fait divulguer plusieurs fois dans les grands media les plans d'attaque des installations nucléaires iraniennes élaborés par Israël, et il n'a cessé d'exercer d'intenses pressions pour qu'aucune attaque n'ait lieu. Avec les résultats qu'on doit constater : aucune attaque, à ce jour, n'a eu lieu.

 

La recomposition de la région voulue par Obama se poursuivra tant qu'Obama sera à la Maison Blanche.

 

Si un Président Républicain succède à Obama en janvier 2017, une orientation différente pourra se profiler, mais redresser la situation sera difficile. Détruire est plus facile que construire.

 

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Le Conseil du droit d’affamer l’Homme de l’ONU (info # 012003/14) Version imprimable
Analyse
jeudi, 20 mars 2014

 

Par Bernardo Stenhof à Genève (ambassadeur auprès des institutions internationales)

 

J’adresse aux lecteurs de la Ména un billet presque en direct de la 25ème session du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Genève.

 

La Russie s’approprie la Crimée et, dans le cadre onusien, on en parle un peu ; enfin juste ce qu’il faut pour que l’on ne puisse pas dire que cela est passé inaperçu.

 

Bon, j’ai l’habitude de ces situations. Il n’existe pas de véto aux droits de l’Homme, pas de grosses escarmouches ni de cris, rien de spectaculaire.

 

Le lendemain, ce jeudi, donc, c’est Israël qui sera sur la sellette1, et sans ses diplomates, absents pour cause de grève. Comme toujours, cela va remplir au moins une journée d’ordre du jour, durant laquelle chaque membre de l’Union des Pays Islamiques va cracher son venin sur les "territoires", le "génocide", et "l’oppression" des Palestiniens.

 

De quels Palestiniens vont-ils parler ? De ceux du camp de Yarmouk, dans la périphérie de Damas, où 20 000 personnes sont assiégées sans nourriture ? Où des êtres humains mangent les feuilles des arbres, et où, en janvier dernier, des informations faisaient état de l’affamation à mort de civils comme arme de guerre du régime.

 

Les hôpitaux et dispensaires du camp ont été en majorité détruits, ce qui, de plus, laisse intentionnellement la population sans soins.

 

Le 15 janvier dernier, un convoi de l’UNRWA (Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) entre dans Yarmouk mais ne peut pas décharger les vivres qu’il transporte, les soldats gouvernementaux empêchant les délégués de l’ONU de remplir leur tâche.

 

Ce qui précède est tiré du rapport de la Commission d’Enquête Internationale Indépendante sur la République Arabe Syrienne. Celui-ci sert de base à la juge suisse Carla del Ponte, commissaire de ladite commission, qui affirme avoir suffisamment d’éléments pour faire ouvrir une procédure au Tribunal International contre les dirigeants syriens ainsi que contre d’autres protagonistes de la Guerre Civile, notamment les islamistes. Elle a accordé avant-hier une interview à ce sujet à la télévision suisse romande RTS.

 

Madame del Ponte sait de quoi elle parle : entre 1999 et 2007, elle était le procureur général du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie, et de 99 à 2003, pour le Rwanda.

 

Pourquoi ai-je décidé de parler de ce sujet ? Parce que pas un mot pendant les discussions sur la Syrie n’a vraiment mentionné ce scandale. Où sont les manifestants comme pour Sabra et Chatila et la flottille de Gaza ?

 

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Un jeune Palestinien du camp de Yarmouk en train de traire une chienne

 

Je crois qu’ils se sont perdus devant les supermarchés pour réclamer le boycott d’Israël. On ne peut que regretter de constater que dans le pays fondateur de la charte des droits de l’homme et du citoyen il ne manque pas d’adeptes de l’assassin Mohammed Merah, alors que la situation des victimes de Béchar al Assad n’interpelle personne.

 

Mais où sont les "humanistes" qui n’hésitent jamais à se mobiliser pour manifester sous les fenêtres des ambassades israéliennes ?

 

Je crois que ces "indignés sélectifs" étaient en route pour les représentations russes et syriennes, mais que, chaque fois, ils se sont trompés d’adresse.

 

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Des grèves dont personne ne parle minent l’Etat hébreu (info # 021903/14) Version imprimable
Analyse
mercredi, 19 mars 2014

 

Par Yaël Bensimhoun

 

"Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit", raillait, à tort ou à raison, l’ex-Président Sarkozy, après qu’eut lieu en 2008 une série de mouvements sociaux dans le secteur public. Si cette remarque, certes cocasse dans la bouche d’un chef d’Etat, revêt quelque réalité dans l’Hexagone, elle est également vraie dans l’Etat hébreu, au vu de la situation actuelle.

 

En effet, depuis quelques mois, on observe en Israël une recrudescence des conflits sociaux et des grèves touchant le secteur public et qui cependant passent presque inaperçus aux yeux du citoyen lambda, les media n’en faisant pas leurs choux gras.

 

Pourtant, les services touchés ne sont pas des moindres : entre autres, la sécurité sociale, le Tabo - le registre officiel des biens immobiliers -, le service des permis de conduire du ministère des Transports et celui des Affaires Etrangères.

 

On peut à juste titre s’interroger de l’utilité de faire grève lorsque celle-ci n’est pas répercutée par un porte-voix médiatique. La grève n’est-elle pas, en plus d’un moyen de pression, un cri d’alarme visant à alerter l’opinion ?

 

Certes, ce manque de résonnance dans les media présente un certain avantage, puisqu’il permet à la majorité de la population de vaquer à ses occupations sans avoir à se préoccuper du dialogue social entre les parties.

 

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En toute discrétion

 

La situation sécuritaire parfois préoccupante absorberait suffisamment l’énergie des Israéliens sans que d’autres soucis ne viennent s’y greffer. Et cependant, les problèmes, engendrés notamment par la grève au ministère des Affaires Etrangères, sont assez sérieux et pénalisants pour qu’on s’y arrête.

 

Car si cette grève paralyse peu encore l’activité globale du pays, les gênes aux Affaires Etrangères privent les ressortissants israéliens à l’étranger de tous les services consulaires auxquels ils sont en droit prétendre.

 

A cela s’ajoute la rupture des contacts entre diplomates israéliens et étrangers, la non prise en charge des visites officielles en Israël des représentants étrangers ou israéliens quels qu’ils soient (présidents et 1er ministres compris), ainsi que de l’organisation logistique qui va de pair, et la non délivrance de visas ou de passeports diplomatiques.

 

En outre, la coopération avec certaines institutions gouvernementales, comme les Services du renseignement du Mossad, du Shin bet (contre-espionnage) ou de l’Armée israélienne a été interrompue ainsi que les contacts avec les Nations Unies et autres organisations internationales, l’UNIFIL entre autres.

 

Une grève aussi sévère au sein d’un ministère tel que celui des Affaires Etrangères paraît quelque peu insolite, on en conviendra. Faut-il que tout ait déjà été tenté pour parvenir à ces extrémités ? Selon Yaïr Frommer, le président du syndicat des salariés de ce ministère, ces mesures interviennent après une année entière de conflit avec le ministère des Finances et sept mois de discussions désastreuses devant un conciliateur.

 

Frommer accuse les représentants des Finances d’avoir « déposé une proposition humiliante », qui ne comprend aucune solution et ne constitue pas une base pour des négociations sérieuses.

 

« Les fonctionnaires du ministère des Finances portent gravement atteinte aux relations extérieures et à la bonne santé du pays », a-t-il encore reproché. « Ce ne sont pas eux qui défendront Israël face aux vagues continuelles de délégitimation que l’on connait et de boycott. Ce ne sont pas eux qui protègeront ses intérêts économiques devant la communauté internationale, mais bien nos diplomates, qui prouvent chaque jour leur attachement à l’Etat en relevant des défis et en œuvrant à la bonne renommée du pays », a conclu le délégué syndical.

 

Or les conditions de travail des employés du ministère des Affaires Etrangères sont selon lui inacceptables. Les revendications portent, bien sûr, d’abord sur la revalorisation des salaires ; ceux-ci n’ayant pas augmenté depuis près de douze ans. Un jeune diplomate gagne seulement 5 700 shekels bruts (1 185 euros), tandis qu’après 20 ans de loyaux services, son salaire atteint péniblement 9 000 shekels (1 870 euros). « Un tiers des jeunes diplomates israéliens ont quitté leur emploi après qu’ils se sont rendus compte qu’ils ne parviendraient pas à joindre les deux bouts » a déploré un autre délégué syndical.

 

Les fonctionnaires du ministère ont également demandé que soit prise financièrement en considération la perte des revenus des conjoints des diplomates lors de leurs séjours à l’étranger.

 

Si le ministère des Finances persiste à ignorer ces revendications et se refuse à résoudre rapidement le conflit, le pays sera bientôt confronté à des difficultés conséquentes.

 

Dernièrement, le Premier ministre Binyamin Netanyahu était en visite aux USA pour y signer un accord de coopération stratégique entre Israël et le gouverneur de Californie Jerry Brown. Il a rencontré les PDG d’Apple, de Whatsapp et d’eBay afin de promouvoir les sciences et la technologie israéliennes, mais ces rencontres se sont effectuées sans la présence de représentants du ministère des Affaires Etrangères, pourtant souhaitable en pareilles circonstances.

 

Le Premier ministre britannique, David Cameron, reçu par la Knesset la semaine dernière et dont la visite était programmée depuis un certain temps, a maintenu son voyage malgré les perturbations au sein du ministère. Mais l’incertitude a plané sur la tenue et le déroulement de cette visite.

 

Le voyage du Pape François en Terre sainte, prévu le 24 mai prochain, est également sujet à questionnement. Car dans la mesure où la grève se prolongerait, nombre de pèlerins qui accompagnent régulièrement le souverain pontife lors de ses déplacements se trouveraient bloqués à l’entrée du pays.

 

De plus, les préparatifs attenants à un tel voyage s’en trouveraient grandement compliqués, le protocole, mais surtout la sécurité du pape lors de ses déplacements n’étant plus assurée par les services compétents.

 

Avouons sans sourire qu’il serait fort malvenu que le pape, alias Jorge Mario Bergoglio, dont la dernière visite en Israël remonte à 1973, passe à nouveau plusieurs jours enfermé dans un hôtel à Jérusalem, comme cela fut le cas lors de la Guerre de Kippour !

 

Enfin, le tourisme et l’immigration risquent de subir quelques moments difficiles, même si Avi Zana, le directeur d’AMI (Alya et Meilleure Intégration) se veut rassurant et parle de « petits tracas » rapidement résolubles.

 

A l’échelle individuelle, un cas a retenu notre attention. Celui d’un nouveau-né, le petit Nahor, retenu au Népal parce que le consulat israélien refuse de lui accorder un passeport.

 

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L’aviation israélienne punit l’armée d’Assad (info # 011903/14) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 19 mars 2014

 

© Metula News Agency 

 

Mercredi matin, 9h00 à Métula, 8h à Paris

 

breaking-news_ii.jpgTôt ce matin, bien avant l’aube, l’aviation israélienne a attaqué et détruit plusieurs positions de l’Armée régulière syrienne.

 

Parmi les cibles du Hel’Avir, des batteries d’artillerie, des camps d’entraînement et des postes de commandement.

 

Quatre objectifs principaux étaient visés dans le sud de la Syrie et le porte-parole de l’Armée israélienne a confirmé que des coups au but avaient été observés à l’issue de ces raids.

 

Parmi les objectifs neutralisés, on compte les quartiers généraux des 90ème et 68ème brigades de Béchar al Assad, situés à Kuneitra, à proximité de la frontière israélienne.

 

D’après la chaine TV Al Arabia, les F16 à l’étoile de David ont également anéanti un complexe militaire situé à proximité de l’autoroute al Salam (la paix), reliant la capitale Damas au Golan. Selon la même source, des témoins oculaires auraient observé trois très grosses explosions après le passage des chasseurs-bombardiers.

 

Ces raids aériens nocturnes font suite à la réplique immédiate ayant suivi l’agression de quatre parachutistes de Tsahal qui gardaient la frontière sur le Golan.

 

Lors de cette première riposte, l’artillerie des Hébreux avait visé des cibles de proximité de l’Armée syrienne, tandis que des unités spécialisées tiraient des missiles Tamouz sur des fortifications plus distantes.

 

Ces représailles énergiques remplissent plusieurs fonctions ; la première consiste à démontrer à Béchar al Assad que son armée est particulièrement vulnérable aux coups que Tsahal peut lui porter, et que Jérusalem n’hésite pas à avoir recours à la force lorsqu’Israël est attaquée.

 

A ce propos, on note avec intérêt que les cibles israéliennes des douze dernières heures possèdent toutes une valeur tactique avérée dans la lutte que livre Assad à sa rébellion.

 

Ces objectifs ne représentent ainsi pas des « défouloirs » servant à la vengeance des Hébreux suite à l’agression de quatre des leurs, mais, comme les Q.G. des 90ème et 68ème brigades syriennes, ces choix consacrent l’élimination de points d’appui importants du régime dans la Guerre Civile.

 

Il ne fait subséquemment aucun doute que, ce matin, l’opposition armée syrienne dans le Golan et dans le Sud du pays se trouve renforcée par l’anéantissement de positions clés de son ennemi.

 

Le gouvernement israélien tenait, de cette manière, à signifier à Assad que sa politique d’ouverture du Golan au Hezbollah et à d’autres organisations terroristes participe d’un calcul téméraire, qui lui coûtera gros dans la Guerre Civile s’il maintenait sa décision.

 

Pour les observateurs, il ne fait en effet aucun doute que l’Armée de Damas a apporté son soutien logistique à l’agression d’hier contre l’Etat hébreu, la zone où cette dernière s’est produite étant l’une des rares où les troupes gouvernementales exercent un contrôle absolu.

 

La majorité des territoires jouxtant la partie israélienne du Golan se trouvent quant à eux sous l’emprise de la résistance, voire dans des zones disputées.

 

A l’état-major de Tsahal on discerne, à l’occasion de l’agression d’hier après-midi, une orientation stratégique durable de la part des alaouites et des Iraniens, et l’on s’attend à de nouvelles actions contre les positions israéliennes sur le Golan. Or si ces prévisions devaient se réaliser, on assisterait notamment à un renforcement conséquent de l’aide apportée par les Israéliens à la résistance non-djihadistes qui se bat contre Assad sur le plateau frontalier.

 

Ce soutien - qui constitue l’un des secrets les mieux gardés de Tsahal - s’exerce déjà depuis plusieurs mois. Il consiste en un apport de ressources aux communautés syriennes voisines, en une assistance médicale, un encadrement, ainsi que dans la fourniture d’armes israéliennes, américaines et provenant de certains Etats arabes (ou simplement payées par les soins de ces derniers).

 

Jusqu’à maintenant cette aide a marqué des points positifs en permettant aux habitants de tenir la dragée haute à l’armée alaouite, tout en maintenant éloigné d’Israël les composantes islamiste et djihadiste de l’opposition armée.

 

Ce mouvement de « coordination » irait lui aussi sans doute s’amplifiant si Assad persistait à servir de point d’appui à des attaques du Hezbollah contre Israël.

 

Cette dernière se gardant l’option d’intervenir sur d’autres théâtres d’opérations de la Guerre Civile sur l’ensemble du territoire syrien.

 

Le déséquilibre du rapport de force actuel est tel, qu’en l’espace de quelques heures et sans s’exposer à un péril majeur, Israël possède la capacité extraordinaire de modifier la dynamique générale de la bataille, en plaçant l’Armée régulière syrienne dans une position défensive fort inconfortable.

 

Certains chefs de l’opposition aux al Assad, conscients de cette capacité des Israéliens, leur ont d’ailleurs proposé la semaine dernière de renoncer à revendiquer la partie du Golan qu’ils administrent en échange d’un soutien militaire. Notamment de l’instauration par le Hel’Avir d’une zone d’interdiction de survol dans le sud syrien pour les appareils du régime. Sans conjecturer sur des perspectives de ce genre, il n’en est pas moins clair que la rupture du cessez-le-feu par Assad, qui durait depuis 1973, participe au rapprochement entre Jérusalem et l’opposition syrienne.

 

En attendant de futurs développement, toutes les forces de Tsahal dans le Nord se trouvent en état d’alerte générale ce mercredi matin, et nous assistons depuis la rédaction à une multiplication sensible de la fréquence des patrouilles également sur la frontière libanaise, de même qu’à des survols incessants par les appareils du He’l Avir.

 

 

 
Agression de Majd el chams, suite et détails (info # 021803/14) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 18 mars 2014

 

© Metula News Agency 

 

Métula, 20h 45, 19h45 à Paris

Nos reporters sont de retour à la rédaction de Métula après avoir reconnu les lieux du guet-apens de cette après-midi, interrogé des témoins et recueilli la plupart des détails qui leur manquaient.

Le bilan, d’abord : les quatre soldats - des parachutistes - blessés ont été évacués par hélicoptère à l’hôpital Rambam d’Haïfa. L’un d’entre eux, choqué par le souffle de l’explosion, est indemne et a pu regagner son unité. Deux autres militaires sont modérément atteints et restent hospitalisés ; le quatrième, un lieutenant, sous commandant de section, est grièvement touché et son diagnostic vital est engagé.

L’incident a débuté vers 14h15, heure locale, lorsque des soldats installés dans une position fortifiée de Tsahal sur la frontière syrienne ont observé des déplacements suspects le long du grillage de sécurité.

Les quatre hommes se sont rendus sur place à bord d’une jeep afin de vérifier leurs doutes. Parvenus sur les lieux, ils ont été surpris par une charge explosive que des individus agissant depuis le territoire syrien avaient activée à l’arrivée du tout-terrain.

Comme on le voit sur les images qui suivent, photographiés par des villageois de Majd el chams (l’étoile du soleil), les hommes de l’armée israélienne se sont rapidement déployés le long de la frontière, pendant que des missiles et des obus d’artillerie étaient tirés sur des positions de l’Armée régulière syrienne, d’où était parti le commando.

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L’infanterie de Tsahal se déploie sur la frontière syrienne
immédiatement après l’annonce du guet-apens

Le porte-parole de Tsahal fait état de coups au but et nos sources parlent de positions ennemies totalement détruites et de plusieurs morts et blessés parmi les troupes de Béchar al Assad (Tsahal ne fournit pas de bilans des pertes adverses).

Suite à l’incident, le commandement des forces israéliennes sur place a fait passer un message aux Syriens par l’intermédiaire des soldats de l’ONU, leur indiquant qu’en cas d’agression additionnelle de leur part, Tsahal frapperait l’ensemble de leurs positions sur le plateau du Golan.

Comme nous avons pu nous en rendre compte in situ, la situation, quoique tendue, demeurait calme depuis la riposte israélienne.

Selon toute vraisemblance, l’agression d’aujourd’hui a été menée par des miliciens du Hezbollah ayant été aidés dans leur tâche par l’Armée régulière syrienne. Cette attaque répond à une double menace : celle proférée par la milice chiite libanaise de riposter aux récentes frappes du Hel’Avir au pays des cèdres et en Syrie, ainsi que celle formulée par le dictateur Béchar al Assad, de permettre au Hezbollah et à d’autres groupes terroristes d’agir à partir du Golan.

Nous sommes convaincus que l’intention première des agresseurs consistait à kidnapper des militaires israéliens afin de s’en servir ensuite comme otages. Ils ont été surpris dans leurs préparatifs par la vigilance des parachutistes israéliens.

Les actes belliqueux observés ces dernières semaines à partir de la Syrie marquent un tournant stratégique dans les relations entre le régime de Damas et l’Etat hébreu. Nous ne sommes pas en train d’assister à des opérations sporadiques à partir de la Syrie, mais à une nouvelle et dangereuse orientation décidée par la dictature alaouite. Tout laisse aussi à penser que cette décision a été prise d’entente avec Téhéran.

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Une position syrienne touchée de plein fouet par les artilleurs hébreux

Au cas où ces deux régimes entendraient persévérer dans cette nouvelle conduite, ils s’exposeraient à des interventions israéliennes dans la Guerre Civile Syrienne. Car, contrairement au rapport de force existant au Liban, où l’on assiste à une confrontation entre une armée régulière, Tsahal, et une milice opérant à couvert par des opérations de guérilla, en Syrie, nous avons affaire à des forces régulières.

Cette constatation inclut les miliciens du Hezb agissant aux côtés des troupes régulières syriennes qui combattent dans ce pays à visage découvert, utilisant des chars de l’artillerie ainsi que des cantonnements apparents.

Dans cette configuration, les unités syriennes, iraniennes, et chiites libanaise représentent des cibles commodes pour l’aviation à l’étoile de David.

Si les attaques sur le Golan en provenance de Syrie devaient se poursuivre, Assad et Khamenei s’exposeraient à des interventions israéliennes de nature à modifier, localement ou globalement, le rapport des forces entre leurs troupes et la rébellion syrienne.

De son côté, Israël prendrait un risque modéré, au vu de son écrasante supériorité militaire, mais s’exposerait tout de même à des attaques intermittentes contre ses soldats sur le Golan ainsi qu’à d’éventuelles frappes limitées de missiles contre sa population civile.

Reste qu’en cas de frappes de ce genre, on aboutirait rapidement à un conflit généralisé entre la Syrie et Israël, dans lequel l’identité du perdant est connue d’avance.
 
 
 
Grave incident à la frontière syrienne (info # 011803/14) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 18 mars 2014

 

© Metula News Agency

 

Metula 15h15, 14h15 à Paris

 

breaking-news_ii.jpgUn grave incident s’est produit il y a une demi-heure environ dans le nord du plateau du Golan.

 

Nos équipes de reportage sont en route vers le lieu de l’évènement, près du village druze de Majd el chams (l’étoile du soleil) et pour le moment nous sommes renseignés par nos observateurs permanents sur place.

 

Ce que nous pouvons dire est que l’artillerie israélienne est massivement entrée en action et que ses tirs se poursuivent au moment de diffuser cette breaking.

 

Il s’agit à nouveau d’explosifs placés sur la route des patrouilles, qui ont été activés au passage de soldats. Mais cette fois, le guet-apens se produit côté syrien et non libanais.

 

Il y a de nombreux blessés – au moins quatre - suite à cette agression. Pour cette raison, nous prévoyons que la situation va s’envenimer dans les prochaines heures.

 

Le porte-parole de Tsahal vient de confirmer l’incident.

 

Nous poursuivons notre investigation.

 

 

 
Les inconvénients et les avantages de l’hostilité de l’Administration Obama à l’encontre d’Israël Version imprimable
Analyse
dimanche, 16 mars 2014

 

Par Guy Millière

 

Ceux qui (il y en a) n'auraient pas encore compris les intentions de Barack Obama et de son administration concernant Israël auraient tout intérêt à se pencher sur l'absence quasiment totale de réaction officielle américaine à la saisie d'armes effectuée voici quelques jours par la marine israélienne dans la mer Rouge.

 

L'administration Obama a pris acte de la saisie, puis a déclaré que c'était un dossier séparé, et que cela n'affectait en rien les négociations en cours avec le régime iranien concernant le programme nucléaire de celui-ci. Autrement dit : le fait que le régime iranien organise le transfert d'armes offensives à des organisations terroristes agissant dans le Sinaï et à Gaza, à même de frapper le cœur d'Israël, n'a rien à voir, aux yeux de l'Administration Obama, avec la fabrication éventuelle, par le même régime iranien, d'armes offensives infiniment plus dangereuses.

 

Rien à voir non plus avec la question de savoir si le régime iranien susdit a des intentions offensives en général, et des intentions offensives à l’encontre d'Israël en particulier.

 

Il est sans doute possible de faire mieux en termes d'hypocrisie et de mensonge, mais c'est difficile. Malaisé de ne pas penser que l'Administration Obama ne prend pas les dirigeants israéliens pour des imbéciles, et, dès lors que les dirigeants israéliens ne sont pas des imbéciles, il est ardu de ne pas voir là une volonté de les insulter.

 

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Le Klos C dans le golfe d’Eilat, escorté par une vedette israélienne

Pas vu pas pris, pour Barack Obama ?

 

L'Administration Obama se révélant obstinément sourde aux déclarations bellicistes et génocidaires provenant, à intervalles réguliers, de Téhéran, hypocrisie et mensonge ne sont pas surprenants, pas plus que la volonté d'insulter les dirigeants israéliens, je sais.

 

Ceux qui ne comprendraient toujours pas les intentions de Barack Obama et de son administration concernant Israël, malgré l'absence pratiquement totale de réaction officielle américaine à la saisie d'armes effectuée voici quelques jours par l'Armée israélienne dans la mer Rouge, et qui s'obstineraient donc dans la non-compréhension volontaire, devraient alors s'intéresser au refus obstiné des dirigeants palestiniens de reconnaître Israël en tant qu'Etat juif, et à la façon dont Obama lui-même, le Département d'Etat et John Kerry, considèrent désormais que ce refus ne constitue en aucun cas un obstacle insurmontable à la signature du moindre accord, ou même d'un simulacre d'accord.

 

Ce que signifie ce refus est, en fait, un rejet de l'existence même d'Israël, puisqu'Israël existe précisément en tant qu’Etat juif et l'Etat du peuple juif. Qui peut imaginer que les dirigeants du peuple juif peuvent signer quoi que ce soit avec des personnages qui nient leur droit même d'exister et qui affirment dès lors implicitement qu'Israël ne doit pas exister, et ses dirigeants non plus ? Que peut-on en déduire concernant Obama, le Secrétariat d'Etat et John Kerry ?

 

Si vous pensez qu'on peut en déduire qu'ils sont prêts à entériner la dimension négationniste des dirigeants palestiniens, vous êtes sur la bonne voie. Si vous imaginez qu'ils seraient prêts à confier un Etat à des dirigeants palestiniens négationnistes ne cachant même pas leur négationnisme, vous êtes toujours sur la bonne voie. Et si vous en déduisez qu'ils ne sont plus très loin du discours entérinant la théorie islamiste selon laquelle Israël est une épine dans le pied du monde arabe, qui doit impérativement en être retirée, vous vous rapprochez de la vérité.

 

Jamais une administration américaine n'a été aussi hostile à l'existence d'Israël. J'ai écrit dès l'installation d'Obama à la Maison Blanche qu'il en serait ainsi, et, hélas, il en est ainsi.

 

Les inconvénients et les conséquences délétères de cette hostilité sont multiples. L'Iran a pu continuer et continue à avancer en direction de l'arme nucléaire (je pense que l’on peut considérer qu'il en dispose d'ores et déjà). L'isolement diplomatique international d'Israël se poursuit et s'accentue. Les structures juives américaines de défense d'Israël, en ce qu'elles sont liées au parti Démocrate dont Obama et son administration sont issus, sont affaiblies, comme je l'ai expliqué ici récemment.

 

Cette hostilité peut aussi apparaître comme présentant quelques avantages.

 

D'une part, les dirigeants palestiniens - même ceux sur qui on s'obstine à poser l'étiquette de « modérés » -, n'usent plus de subterfuges verbaux et de circonlocutions, et il faut vraiment se rendre soi-même aveugle et sourd d'une manière forcenée pour ne pas le voir et l'entendre. Yasser Arafat lui-même tenait un langage plus feutré. La crédibilité de ceux qui oseraient encore prétendre qu'il existe un « partenaire palestinien » pour faire la « paix » s'amenuise de jour en jour. Il n'y a jamais eu de tel partenaire, et surtout pas pour faire la paix. Cela n'a jamais été aussi flagrant qu’aujourd’hui.

 

D'autre part, et cela procède d’une conséquence de ce qui précède, les solutions autres que la prétendue « solution à deux Etats » trouvent un terrain plus propice pour se trouver affirmées. La « solution à un Etat », avancée par Caroline Glick dans son dernier livre, solution qui suppose l'annexion par Israël de la Judée-Samarie, apparaît comme une solution intéressante et bien plus réaliste que l'intégralité des discours de John Kerry lors de ses séjours au Proche Orient.

 

Cette solution n'est certes pas envisageable dans le court terme, parce que l'Autorité Palestinienne existe et parce que certains Etats la maintiennent sous perfusion financière. Ils ont fait de Mahmoud Abbas - désormais sans doute un président à vie, sur le modèle de Robert Mugabe ou de la dynastie des Kim en Corée du Nord - leur idole et leur exemple de dirigeant démocratiquement élu.

 

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Nord : les soldats s’en sortent bien, la situation s’envenime :(info # 031403/14) Version imprimable
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vendredi, 14 mars 2014

 

© Metula News Agency 

 

Métula 20h40, 19h40 à Paris

 

breaking-news_ii.jpgLes deux militaires qui ont été les cibles d’une agression à l’explosif à bord de leur Hummer blindé à partir du Liban, dans la région du Hermon, viennent d’être renvoyés dans leur unité par le personnel médical.

 

Ils avaient été secoués par le souffle de la détonation et l’on craignait pour leur santé. L’examen qu’ils ont subi n’a révélé aucune blessure physique.

 

D’autre part, on apprend que les chars situés au-dessus de la rédaction ont visé des objectifs appartenant au Hezbollah à Kfar Kileh (25 000 hab.), au Liban, à moins de 500 mètres de nos fenêtres.

 

Michaël Béhé à Beyrouth nous informe d’autre part que des batteries d’artilleries de Tsahal ont, de plus, tiré sur des positions de la milice chiite dans les environs des localités de Kfar Shouba et Hilta, sur les contreforts du Hermon.

 

Notre camarade fait état d’incendies et de victimes dans les positions de la milice, ce que les media qu’elle contrôle se refusent pour le moment de confirmer.

 

De plus, le groupe islamiste Daech, l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), le plus radical des groupes djihadistes participant à la Guerre Civile en Syrie, a revendiqué le guet-apens.

 

Si cette revendication devait être vérifiée, on serait en présence d’une tentative d’exportation du conflit syrien, ce qui pourrait avoir de sérieuses conséquences dans la région.

 

Face aux pertes et dégâts probables parmi les combattants de la milice chiite libanaise – information confortée par les affirmations de Tsahal rapportant avoir atteint ses objectifs lors de sa riposte -, on s’attend ce soir à un réchauffement certain de la frontière libano-israélienne.

 

Dans cette hypothèse, les Forces Armées Libanaises ont été mises en état d’alerte à l’instar de l’Armée de Défense d’Israël. Nos sources nous indiquent à cet égard que des renforts feraient route vers le Nord ainsi que des batteries de Dôme de Fer.

 

La plupart des appelés en permission pour le week-end et le carnaval juif de Pourim ont été invités à rejoindre prestement leurs unités. 

 

Suite aux évènements de la soirée, le rédacteur en chef de la Ména a décidé de placer les personnels libanais et israélien de l’agence au second niveau d’alerte qui en compte cinq.

 
Nord : les échanges de feu se poursuivent (info # 021403/14) Version imprimable
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vendredi, 14 mars 2014