Elections américaines de 2020 : le premier audit (011810/21) Version imprimable
Analyse
lundi, 18 octobre 2021

 

Par Amram Castellion

 

Plusieurs lecteurs nous avaient reproché, en novembre dernier, de publier les témoignages qui conduisaient à mettre en doute la régularité des élections présidentielles américaines dans un petit nombre de grandes villes tenues par le parti Démocrate. Conducteurs de camions chargés de transporter des bulletins de vote d'un Etat vers l'autre au milieu de la nuit, observateurs Républicains chassés de force hors de bureaux de vote, personnel chargé du décompte qui témoignaient avoir vu arriver des piles de bulletins "par correspondance" non pliés (alors que les bulletins par correspondance sont envoyés dans des enveloppes plus petites qu'eux). La diffusion dans ces colonnes de ces témoignages de gens modestes, d'affiliations politique variées, qui s'étaient trouvés impliqués dans le processus électoral nous ont été reprochés comme si c'était le fait d'en parler, et non les faits qui étaient ainsi rapportés, qui menaçait la démocratie américaine.

 

Et pourtant, ces témoignages – tous publics et impossibles à coordonner à l'échelle américaine, sauf à se lancer dans des théories du complot délirantes – ne représentaient pas une rupture fondamentale dans l'histoire américaine. Démocrates comme Républicains se plaignent depuis des décennies que le système électoral n'est pas digne d'une démocratie avancée et présente de multiples failles qui favorisent la fraude. Des centaines d'élus à tous les niveaux, issus des deux partis (mais avec une nette domination des Démocrates) ont été condamnés pour fraude électorale. Les cas les plus récents ont été recensés par l'Heritage Foundation et sont disponibles à la page suivante : Voter Fraud Map: Election Fraud Database | The Heritage Foundation.

 

Comme pour toute forme de délinquance, les condamnations ne représentent nécessairement qu'une portion du nombre des délits commis. Les vierges effarouchées qui s'indignaient qu'on évoque la probabilité d'une fraude lors des élections présidentielles de 2020 manquaient donc des connaissances élémentaires nécessaires pour comprendre le système politique américain.

 

Depuis novembre, du reste, des condamnations ont bien été prononcées sur des cas précis. En Géorgie, deux employés du bureau des élections du comté de Fulton ont été condamnés pour avoir détruit environ 300 demandes d'inscription sur les listes électorales reçues dans les deux semaines avant l'élection – rendant ainsi impossible tout contrôle de la régularité de ces demandes. Dans le Michigan, deux femmes ont été condamnées pour avoir rempli les bulletins de vote de retraités et d'incapables mentaux et avoir forgé leur signature. Personne aux Etats-Unis, qu'il soit Démocrate ou Républicain, ne doute que les cas qui passent devant la justice ne représentent qu'une petite proportion de ceux qui se sont produits.

 

L'existence d'une fraude électorale assez répandue aux Etats-Unis ne fait donc pas débat. Le fait que son intensité soit en proportion directe avec le nombre de bulletins de vote envoyés par correspondance est également indiscutable. Certes, certains Etats (tous Démocrates) encouragent aussi la fraude personnelle en refusant d'exiger des électeurs qui se déplacent pour voter qu'ils présentent une preuve de leur identité. Cela permet aux fraudeurs d'incarner des électeurs abstentionnistes et de voter à leur place. Mais l'ampleur de la fraude qui est ainsi permise est très faible par rapport à ce que permet le vote par correspondance. Comme il n'y a pas d'isoloir, personne ne peut vérifier que la personne qui remplit le bulletin est bien l'électeur lui-même. La seule vérification, très imparfaite, est celle de la correspondance entre la signature portée sur l'enveloppe et celle qui figure sur la liste électorale. Encore faut-il que les employés du bureau de vote – qui sont des fonctionnaires du comté et non, comme en France, des volontaires représentant les partis – fassent cette vérification de bonne foi.

 

La fraude résultant du vote par correspondance est encore aggravée par le fait que de nombreux Etats ne mettent pas à jour de manière régulière et précise la liste de leurs électeurs. De nombreux bulletins sont donc envoyés à des électeurs qui ont déménagé ou qui sont incapacités ou morts. Il suffit alors aux fraudeurs de signer l'enveloppe au nom de ces électeurs, et l'affaire est faite.

 

La raison pour laquelle la question de la fraude électorale a pris une telle importance après l'élection de novembre est la configuration particulière de la victoire de Biden. Dans six Etats – Pennsylvanie, Michigan, Wisconsin, Nevada, Arizona et Géorgie – le candidat Démocrate a gagné avec des marges extrêmement minces, de quelques milliers ou dizaines de milliers de voix sur plusieurs millions d'électeurs. Or, dans les mêmes Etats, dix grandes villes, toutes tenues par des Démocrates, ont vu une brutale poussée du vote Biden à partir de 4 heures du matin, après une interruption du décompte qui n'avait pas de précédent historique. Les bulletins par correspondance arrivés après cette heure – et non ceux qui étaient arrivés avant – dans ces dix villes – et nulle part ailleurs – présentaient des résultats en rupture complète avec les courbes qui précédaient l'interruption du décompte.

 

jumelles.jpg

Philadelphie (Pennsylvanie), nuit du 3 au 4 novembre 2020 : un observateur Républicain, empêché de s'approcher des tables de dépouillement, sort des jumelles pour tenter de continuer à observer

 

Dans une démocratie saine, une telle situation justifie que les résultats soient, au moins, audités après coup. Mais la plupart des Etats concernés s'y sont refusés. Le Michigan a même refusé de publier, le 12 décembre, les résultats d'un audit auquel il avait été procédé dans le comté d'Antrim. Ailleurs, comme en Géorgie, un audit a été décidé, mais les résultats semblent devoir se faire attendre encore longtemps.

 

Cette situation rend d'autant plus instructive la publication, il y a quelques semaines, de l'audit complet des résultats du comté de Maricopa, dans l'Arizona. Ce comté englobe la ville de Phoenix, l'une des dix villes dirigées par des maires Démocrates où l'on a constaté une interruption du décompte, suivie d'une montée en flèche du Biden. Près des deux tiers des votes enregistrés dans l'Arizona (2,1 millions sur 3,4 millions) viennent de ce comté. Joe Biden a gagné l'Etat par une marge de 10.500 voix, dont 45.100 dans le comté de Maricopa.

 

Les résultats détaillés de l'audit sont disponibles au lien suivant :

 

https://bloximages.newyork1.vip.townnews.com/azfamily.com/content/tncms/assets/v3/editorial/e/19/e1967608-1d99-11ec-9f0f-c394f7c3dc5f/614e7177ca92c.pdf.pdf.

 

Ces résultats confirment d'abord que le décompte manuel des bulletins donne la victoire à Biden. Cela devrait mettre fin aux rumeurs selon lesquelles les machines à compter les voix auraient produit des résultats différents de ceux qui résultaient du décompte concret des bulletins. La découverte que certaines machines avaient cette fonction avait causé un émoi compréhensible, mais il n'y a encore aucune preuve qu'elle ait été utilisée le 3 novembre.

 

En revanche, ces résultats détaillés font aussi apparaître l'influence destructrice du vote par correspondance et sa capacité à fausser le résultat d'une élection. Les auditeurs ont ainsi établi que plus de 49 000 bulletins étaient, soit potentiellement, soit certainement entachés d'irrégularités. Par exemple :

 

-          2 382 électeurs n'habitaient plus dans le comté, et 2 081 électeurs n'habitaient même plus dans l'Arizona, au moment où ils ont voté ;

-          9 041 bulletins de vote supplémentaires ont été remplis par rapport au nombre des bulletins envoyés aux électeurs ;

-          3 242 bulletins de vote supplémentaires ont été comptés, par rapport au nombre des électeurs qui ont effectivement voté ;

-          23 344 bulletins de vote ont été remplis par des électeurs qui n'habitaient plus à l'adresse où ils ont été envoyés ;

 

Ce dernier chiffre peut inclure des situations parfaitement normales (par exemple, un jeune adulte qui a déménagé mais habite toujours dans le comté et dont le bulletin arrive chez ses parents) aussi bien que des situations frauduleuses. Les autres exemples cités ci-dessus, en revanche, ne se prêtent à aucune interprétation bienveillante. Le vieux jeu américain de la fraude a bien connu une nouvelle manche le 3 novembre et le nombre de bulletins concernés est supérieur à la marge de la victoire Démocrate.


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Beyrouth : le Hezbollah compte ses morts (011710/21) Version imprimable
Analyse
dimanche, 17 octobre 2021

 

Par Michaël Béhé


Jeudi matin. On se trouve sur la place circulaire du secteur de Tayouné à Beyrouth. A l’Ouest, le secteur chiite et le quartier de Chiyah, autrefois un village chrétien mais aujourd’hui habité par la communauté chiite venue se rapprocher du centre de la capitale.

 

Quartier caractérisé par un urbanisme à l’orientale, constitué de petits immeubles et de petites boutiques, avec, prédominantes, les senteurs de la vie lorsqu’elle n’est pas facile.

 

De l’autre côté, à l’est de la grande place, par le boulevard Sami el-Solh, la Beyrouth chrétienne, cosmopolite et européenne. Beyrouth des grandes universités, des ministères, des hôpitaux, des ambassades, des banques, des magasins et des grands boulevards aérés et verts, des bons restaurants et de l’ambassade de France.

 

Pas loin derrière, les quartiers aisés des maisons individuelles, des collines, là où un petit vent marin permet de respirer les après-midis torrides d’été, quand l’oxygène vient à manquer.

 

Ce jeudi, les deux organisations chiites, Amal [ara.: l’espoir] et la milice terroriste du Hezbollah [ara.: parti de Dieu] ont jeté quelques centaines de leurs partisans, probablement un peu plus d’un millier, dans la rue. Ils se dirigent vers le ministère de la Justice (et le Palais de Justice, situé dans le même complexe) tout proche.

 

Les "manifestants", presque uniquement des hommes, sont renforcés par des miliciens armés jusqu’aux dents et leurs fameux 4x4 Toyota noirs aux vitres teintées qui sèment la terreur dans tout le pays.

 

On veut donner une impression de force et exiger – rien de moins - la démission du juge d’instruction Tarek Bitar, chargé de l’enquête dans l'affaire de l’explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth.

 

Une déflagration qui a ôté la vie à 214 Beyrouthins, en a blessé près de 7 000, et a endommagé la moitié des habitations de la capitale, dont la mienne, restée sans portes ni fenêtres.

 

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Le juge Tarek Bitar

 

Au Liban, dès l’âge de huit ans, tout le monde sait pertinemment que le Hezbollah est à l’origine de cette monstrueuse catastrophe, encore faut-il le démontrer devant les tribunaux.

 

Or Bitar avance rapidement depuis le mois de juillet ; il appartient à la catégorie des magistrats incorruptibles. Quelques jours après sa nomination en février, il avait déclaré à notre excellent confrère L’Orient-le-Jour : "J'irai là où me mèneront la loi et le droit, rien ne m'arrêtera, je ne sais pas où me conduira l'enquête mais je ne la laisserai pas dévier".

 

Il a désormais demandé la levée de l’immunité parlementaire de plusieurs députés au service du Hezb. afin de les interroger. Lançant des poursuites à l'encontre des députés Ghazi Zeaïter, Ali el-Khalil (ancien ministre des Finances), Nouhad Machnouk, ainsi que contre l'ancien Premier ministre Hassan Diab.

 

Le 16 septembre dernier, le juge a lancé un mandat d'arrêt contre Youssef Fenianos, qui a refusé à plusieurs reprises d'être interrogé. Fenianos est l’ancien ministre des Travaux Publics aux ordres du Hezbollah ; il est poursuivi pour les infractions présumées d’"intention d’homicide, négligence et manquements".

 

La terre brûle sous les pieds d’Hassan Nasrallah, le Sayyed, le "seigneur" de la milice terroriste chiite et dictateur de facto du Liban pour le compte de ses mentors de la Théocratie iranienne.

 

En exerçant des pressions intenses style Mafia, il a intercédé, au travers des avocats de Fenianos afin que le juge Bitar soit dessaisi de l’enquête. La cour de cassation a refusé, signe qu’il reste encore quelques édiles debout dans ce pays et que tout n’est pas perdu.

 

Le prétexte ? Le Hezb affirme dans les media qu’il contrôle que le juge est motivé par des considérants "partiaux et politiques", au détriment de la justice et de son organisation. Risible. Les avocats de Fenianos ont allégué la "suspicion légitime", et dénoncé des "comportements déviants". Mais le juge tenace est toujours en place.

 

On est passé aux menaces de mort contre Tarek Bitar et ses proches. Sans résultat. Lors, comme on se considère comme les vrais gouverneurs du pays aux cèdres, dans l’ombre de la marionnette sénile du Président légitime Michel Aoun, on est passé à des menaces signées et endossées.

 

Wafik Safa, le chef de l'appareil sécuritaire du Hezbollah, a alors chargé un journaliste de remettre un pli au juge, rédigé en ces termes : "Nous en avons assez de toi. Nous irons jusqu'au bout avec les moyens légaux, et si cela ne fonctionne pas, nous allons te déboulonner".

 

Dans la droite ligne de ces menaces, jeudi matin de la semaine dernière, les deux organisations chiites franchissaient un nouveau pas en vue d’intimider le gouvernement en place (dont elles font partie) afin qu’il abroge le mandat du juge Bitar.

 

Mais la place de Tayouné est un symbole pour les chrétiens, la limite du territoire qu’ils considèrent comme sacré, à l’intérieur duquel se dresse le ministère de la Justice ainsi que le tribunal. Même durant la terrible Guerre Civile qui a ravagé le pays entre les années 1975 et 1990, leurs adversaires n’étaient pas parvenus à franchir cette frontière invisible au cœur de Beyrouth. On voit d’ailleurs encore des traces des combats sur les immeubles de la place. Plus qu’une frontière, c’est un symbole, or on connaît la force des symboles.

 

Jeudi donc, vers 10h45 du matin, lorsque les participants au "rassemblement pacifique" [selon les termes du communiqué du Hezbollah] sont arrivés dans la région de Tayouné, ils ont été victimes de tirs de snipers postés sur les toits des immeubles se dressant face à eux.

 

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Les participants au rassemblement pacifique du Hezbollah

 

Les tirs très précis ont tué six manifestants ainsi qu’une riveraine, probablement atteinte par une rafale de milicien chiite, et blessé 34 personnes. Trois morts étaient affiliés au Hezbollah et trois à Amal. Cinq personnes sont gravement atteintes et leur diagnostic vital est engagé.

 

Les miliciens chiites ont tenté de riposter mais ils n’étaient pas en mesure de distinguer les tireurs et ne voyaient pas l’origine des balles qui les visaient.

 

Peu après, l’Armée est intervenue protégée par des blindés et a échangé des tirs avec les snipers plusieurs heures durant. On ne compte pas de blessés parmi les soldats, non plus, semble-t-il, que parmi les assaillants.

 

Même trois jours après l’incident, on ignore toujours leur affiliation. Les responsables et les media des organisations chiites accusent principalement les FL ou Forces Libanaises, une milice chrétienne commandée par Samir Geagea.

 

Dans un communiqué conjoint, la direction du Hezbollah et d’Amal ont accusé ouvertement les FL :

 

"L’agression contre la manifestation pacifique a été exécutée par des groupes du parti des Forces Libanaises. Ils ont commis des crimes prémédités… Ils se sont déployés dans les quartiers avoisinants et sur les toits des immeubles et ont tiré directement sur les manifestants".

 

Quant à l’organisation de Samir Geagea, elle réfute absolument ces accusations, affirmant qu’ "elle condamne fermement les événements de la journée [de jeudi] et impute les violences aux "incitations" du Hezbollah contre la direction de l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth l’année dernière".

 

Lorsqu'on lui a demandé si la présence de membres des FL dans les zones d'Ain al-Remmaneh et de Tayouné, où la fusillade a éclaté, signifiait que l'incident était planifié, Geagea a déclaré qu'ils étaient toujours présents dans ces zones [afin de protéger les quartiers chrétiens et ceux qui y habitent].

 

Pour la Théocratie perse, il ne fait aucun doute que ce sont les Israéliens qui sont derrière ce guet-apens. Selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires Etrangères, Saeed Khatibzadeh, l’"Iran pense que le peuple, le gouvernement, l'armée et la résistance au Liban surmonteront avec succès les séditions soutenues par l’entité sioniste".

 

L’assomption de la Théocratie chiite ne tient pas l’eau, car les Israéliens n’auraient pas pris le risque que l’un de leurs hommes soit identifié par les forces libanaises, pas plus que des agents libanais du Mossad en si grand nombre – les snipers étaient une dizaine – qui auraient immanquablement fini par être démasqués. Si cela avait été le cas, les retombées auraient été très néfastes pour l’Etat hébreu, suscitant un tollé sur la scène internationale, ainsi qu’un regroupement des Libanais derrière le Hezbollah, ce qui est diamétralement contraire aux intérêts de Jérusalem.

 

A la Ména nous ne saisissons pas les raisons de l’empressement exagéré des Iraniens et du Hezb. à déterminer les responsables du guet-apens, car l'Armée libanaise ayant déclaré avoir arrêté neuf personnes - dont un Syrien ! -, on devrait incessamment les connaître.

 

Dans ces conditions nous ne nous perdrons pas en conjectures pour notre part et attendrons patiemment le résultat des interrogatoires avant de nous prononcer.

 

A notre sens, les snipers étaient soit des miliciens chrétiens – on n’exclut pas les FL -, commis à la sauvegarde de l’Etat de droit au Liban, soit c’étaient des agents du gouvernement syrien et/ou iranien, intéressés à replonger le pays dans une guerre civile afin d’en prendre le contrôle, même au prix d’ouvrir le feu sur leurs alliés chiites libanais.

 

Ce que nous ne comprenons pas non plus, c’est l’empressement de notre Premier ministre Najib Mikati, ainsi que des chancelleries française, russe, américaine et du bureau du Secrétaire général de l’ONU, M. Antonio Guterres, à dénoncer l’opération anti-Hezbollah.

 

M. Mikati est allé jusqu’à présenter ses excuses au peuple libanais pour les violences commises dans la journée [de jeudi] à Beyrouth. Même son de cloches à l’international, où les communiqués mettent en garde contre le danger de reprise de la Guerre Civile.

 

Tous omettent cependant de constater que la guerre civile dans notre pays est permanente, et qu’elle est le fait de la milice chiite du Hezbollah et de ses parrains iraniens et syriens. Le Hezb. s’étant substitué au pouvoir légitime à la force de ses armes, et gouvernant illégitimement le Liban contre la volonté de ses habitants.

 

Jeudi, ces entités entendaient obliger les magistrats libanais à revenir sur la décision qu’ils avaient pourtant prise librement et dans leurs compétences de conserver leur confiance à leur pair Tarek Bitar. Cela aurait porté un coup probablement mortel à l’Etat de droit dans notre pays, à ce qu’il reste de notre démocratie soumise à l’occupation irano-syrienne par Hezbollah interposé. Et cela avait pour objectif de priver les Libanais de jamais connaître les responsables de l’explosion d’août 2020 dans le port de Beyrouth, et de les voir justement punis.

 

La marche de jeudi avait pour objet d’empêcher le fonctionnement de la justice, et elle était conduite par des dizaines de miliciens armés qui allaient se retrouver avec leurs fusils mitrailleurs face au ministère de la Justice et au Tribunal.

 

On était en présence d’un putsch voilé qui pouvait réussir soit par l’intimidation, soit par l’usage de la violence guerrière. L’intervention des snipers a contrecarré ce dessein et a protégé nos institutions ainsi que notre indépendance et notre souveraineté.

 

C’est précisément l’opinion de l’écrasante majorité de mes concitoyens. Nous nous sentons à nouveau trahis par le gouvernement de baudruches transparentes qui s’accroche aux rênes d’un pouvoir qui nous a échappé depuis longtemps, et d’alliés étrangers qui, décidément, ne comprennent rien à notre situation.

 

Car le statuquo pour une population opprimée signifie défaite et résignation, ce, alors que nous aspirons uniquement à chasser ces intrus de notre pays, serait-ce au prix d’une guerre et d’une révolte, non seulement légitimes mais aussi nécessaires.

 

Les éminents conseilleurs à l’étranger dont je viens de parler ne proposant strictement rien d’autre, aucune alternative pour nous libérer de nos occupants. Une occupation que nous ressentons tous telle la raison de la crise économique sans précédent qui nous frappe et ne nous lâchera pas tant que le Hezbollah et ses mentors dirigeront le Liban en sous-main. Personne de sensé ne désirant investir dans un pays soumis à un régime et des milices terroristes.

 

D’autre part, en considération du très grand risque de confrontation imminente entre l’Etat hébreu et la Théocratie chiite de Perse, nous savons que Téhéran exigera du Hezbollah qu’il ouvre un second front contre nos voisins du Sud.

 

Or cette milice terroriste puissamment armée a dérobé à nos autorités légitimes les pouvoirs régaliens ; notamment celui de décider de faire la paix ou la guerre. Ce qui place les Libanais devant un risque considérable pouvant conduire à nous rayer de la surface du globe, au prix de dizaines de milliers de morts civils.

 

Le Libanais lambda, en cette fin de semaine, est fier de notre capacité de résistance et ne pleure aucunement l’élimination des miliciens au service de l’Iran jeudi dernier.

 

Fier de constater qu’il existe encore des compatriotes capables et désireux de s’opposer à la volonté de l’occupant. Fier de constater que la domination du Liban par l’Iran et ses supplétifs n’est pas une affaire consommée et entendue, et que nous ne marcherons pas tels des moutons que l’on emmène à l’abattoir, serait-ce dans le cas où le Hezbollah déciderait d’entraîner notre pays dans une guerre suicidaire avec Israël.

 

Une confrontation dans laquelle les Libanais ne trouvent aucun intérêt mais des risques à ne plus pouvoir les compter ni les envisager. Un affrontement contre un pays qui ne nous veut aucun mal et avec lequel quatre-vingts pour cent d’entre nous rêvent d’entretenir des relations pacifiques et cordiales. Dans lesquelles nous distinguons l’avenir du Liban et la sortie de la crise économique qui nous tue à petit feu. Le seul avenir pour notre réhabilitation, cela exprimé le plus clairement du monde et sans la moindre hésitation dans le domaine de la logique.

 

Enfin, je note avec une grande tristesse, en plus du fourvoiement impardonnable que je viens d’évoquer, l’incommensurable pusillanimité des media libanais et étrangers dans les articles et reportages qu’ils diffusent à propos des événements de jeudi.

 

Ces actes journalistiques ont en commun la volonté de préserver et de ne pas froisser les fossoyeurs et les affameurs du Liban et des Libanais.

 

Le plus souvent, à force de circonvolutions, les articles, notamment de nos amis français, en deviennent simplement incompréhensibles. Il y est impossible de savoir qui a fait quoi à qui et dans quel but. Ce qui constitue l’essentiel des éléments utiles à la compréhension d’un événement.

 

Il est aussi impossible de mesurer la prise de risque au péril de sa vie du juge Tarek Bitar. En faveur du Liban, de la démocratie et des valeurs communes des peuples civilisés contre celles de la barbarie.

 

Le journalisme y est remplacé par un charabia pseudo-humanitaire qui fait la part belle aux tourmenteurs sur le dos de leurs victimes. A lire certains de ces articles et certaines de ces dépêches, je me dis qu’aucun lecteur non libanais n’a une chance de comprendre ce qu’il s’est passé jeudi matin sur la place de Tayouné et quels étaient les enjeux de cette confrontation.

 

Je me demande si cette démarche misérable n’est pas intentionnelle et n’a pas pour but inavoué que l’on se désintéresse de notre sort. Que les populations d’Europe ne fassent pas pression sur leurs gouvernements afin qu’ils nous aident à chasser nos fossoyeurs.

 

J’ajoute à mon article deux commentaires de lecteurs parus dans L’Orient-le-Jour, et j’engage ma parole sur le fait qu’ils sont strictement représentatifs de tous les commentaires parus dans ce journal, et de la plupart de ceux des autres publications libanaises en réaction aux événements de jeudi.

 

Malheureusement je ne suis en mesure de demander l’autorisation de recopier ces réactions ni à l’OJL, ni aux commentateurs, mais il importe que leur témoignage soit diffusé le plus largement possible. Et je leur présente toutefois mes excuses pour avoir dérogé à ma déontologie :

 

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L’AFP corrompt sa déontologie au profit du terrorisme arabe (011510/21) Version imprimable
Réinformation
vendredi, 15 octobre 2021

 

© Metula News Agency


Vendredi 10h15 à Métula et à 09h15 à Vichy

 

Dépêche de l’AFP : "Un Palestinien a été tué jeudi soir par des tirs de soldats israéliens en Cisjordanie occupée, a annoncé l'armée [israélienne] dans un communiqué."

 

L'AFP ment et propage des fake news : l'Armée israélienne n'a jamais émis un communiqué avec ce contenu. Ni avec un contenu approchant, similaire ou identique.

 

La dépêche : https://www.lorientlejour.com/article/1278131/un-palestinien-tue-par-des-soldats-israeliens-en-cisjordanie-armee.html

 

C'est du sous-sous-journalisme de scribouillards-fonctionnaires antisémites provenant de l'agence de presse publique contrôlée par l'Etat français.

 

A part cela, en journalisme, l'"activité" prime sur la "nationalité" : un individu palestinien qui lance des bouteilles incendiaires sur des automobilistes civils est un "terroriste palestinien", pas un "Palestinien".

 

On pourrait, à la limite, se contenter d’écrire qu’un "terroriste" a été tué, mais non qu’un "Palestinien" a été tué. Parce qu’il a perdu la vie en tentant d’assassiner des civils innocents de tout crime, pas parce qu’il était palestinien.

 

La déontologie est bourrée de bon sens.

 

Un terroriste, quelle que soit sa nationalité et sa religion, étant un "individu armé s'attaquant systémiquement à des civils".

 

Or un cocktail Molotov est une arme.

 

Que l'Etat français ne se plaigne dès lors pas de l'antisémitisme et ne prétende pas qu’il le combat, alors qu’il autorise ce genre de dérive répétitive qui métastase l’ensemble de la presse tricolore et les mentalités. Qu’il ne se lamente pas lors du prochain assassinat de Français juifs par des Français musulmans, et n'organise pas de manifestations contre l'antisémitisme qu’il tolère voire encourage.

 

Car c'est lui qui est largement responsable de la persistance et de l'aggravation de cette forme éminemment dangereuse du racisme.

 

Dreyfus, Drancy, Dura, cela suffit, quand le comprendront-ils ?

 

 
Syrie : Israël frappe à nouveau plusieurs objectifs iraniens (011410/21) Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 14 octobre 2021

 

© Metula News Agency


Jeudi à Métula

 

La nuit dernière [mercredi à jeudi], à 23h34 locales, des appareils israéliens ont pris pour cible une position iranienne à proximité de la ville  historique de Palmyre ou Tadmor.

 

Palmyre se situe en plein centre du désert syrien, à 55km à l’est de l’aéroport T4 attaqué (probablement) par le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, vendredi dernier, et à 135km de la ville d’Homs, dans la même direction. Ainsi qu’à 185km au nord-est de Damas et de Métula (285km), le point le plus proche sur le territoire israélien [carte].

 

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La situation régionale de Palmyre

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Le raid a pris pour cible une tour de communications ainsi que des installations avoisinantes. Les objectifs visés ont été détruits.

 

L’Armée gouvernementale, reprise par l’agence officielle SANA et la télévision d’Etat, a reconnu la perte de l’un de ses soldats, et le fait que trois autres ont été blessés.

 

Cette source admet également des dégâts matériels.

 

Ce jeudi matin, des supplétifs de l’Iran se présentant comme le "Commandement Opérationnel des Alliés de la Syrie" – une appellation qui englobe diverses milices chiites armées non-syriennes - ont publié leur propre communiqué concernant le raid de la nuit dernière.

 

On y lit que l’attaque visait "leurs installations près de la ville de Palmyre dans le centre de la Syrie mercredi soir, et qu’elle a tué et blessé plusieurs de leurs membres".

 

Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, est parvenu à joindre ce matin par téléphone un ambulancier, qui lui a affirmé que l’opération de la nuit avait donné lieu à un "véritable carnage".

 

A l’en croire, trois soldats gouvernementaux qui servaient une batterie de missiles sol-air ont été tués et huit autres blessés lors de l’opération. Les Iraniens auraient perdu trois officiers qui opéraient dans la tour de communications et compteraient également huit blessés, la plupart dans un état grave à désespéré. Mais les plus touchés sont les miliciens chiites qui dénombrent dix morts et douze blessés, dont cinq dans un état désespéré.

 

Le gouvernement syrien ne fait pas état de ces victimes car il ne reconnaît pas que des combattants étrangers participent à des opérations militaires à ses côtés dans cette partie du pays.

 

Selon l’ambulancier interlocuteur de Michaël Béhé, la tour en question n’est plus qu’un amas de gravats, de même que les autres points d’appui. Il était persuadé qu’il rendait compte de la situation à un officier du Renseignement de l’Armée gouvernementale.

 

Selon les miliciens, les appareils et leurs missiles sont arrivés depuis le Sud, soit par le secteur de Tanf, contrôlé par les Etats-Unis et la coalition internationale. Tanf se situe au croisement des trois frontières, syrienne, jordanienne et irakienne ; de même qu’à 140km de l’Arabie Saoudite.

 

Le "Commandement Opérationnel des Alliés de la Syrie" annonce dans son communiqué qu’il a pris la décision de répondre à cette attaque en représailles pour la vie de ses martyrs et le sang des blessés", et a en outre averti que "la réponse sera très dure".

 

De l’avis des experts de la Ména, les installations visées à Palmyre étaient censées télécommander des attaques de drones en Israël. Sans doute les drones qui ont été détruits à T4 il y a un peu moins d’une semaine.

 

D’autre part, à Boukamal en Syrie, à 240km plein est de Palmyre, des drones ont à nouveau attaqué des postes de commandements, des convois et des dépôts d’armes et de munitions sur l’autoroute chiite appartenant à l’Iran et principalement protégés par des miliciens chiites irakiens. Boukamal se situe sur la frontière entre la Syrie et l’Irak.

 

La zone s’étendant le long de l’Euphrate entre Deïr ez-Zor et Boukamal, sur 120km, est désormais bombardée à intervalles réguliers. Dont plusieurs fois durant la semaine en cours. On dénombre aussi plusieurs morts iraniens et affidés dans ce secteur du fait de ces frappes.

 

L’intensification des incidents ces derniers jours ressemble aux signes avant-coureurs d’une opération majeure d’Israël en Iran contre les infrastructures nucléaires et les missiles balistiques.

 

Cette impression est encore renforcée par le contenu d’une lettre adressée tout récemment au président tournant du Conseil de Sécurité de l'ONU par le représentant permanent de l'Iran auprès des Nations Unies, Majid Takht Ravanchi.

 

Selon Ravanchi, "la menace proférée par cette entité [Israël] de continuer à détruire les capacités de l'Iran, prouve sans aucun doute qu'elle est responsable des récentes attaques terroristes contre notre programme nucléaire pacifique.

 

Ces derniers mois", poursuit le diplomate iranien dans son courrier, "le nombre et l'intensité des actes de provocation ourdis par l'entité israélienne ainsi que ses menaces ont atteint la cote d’alerte".

 

Le représentant de l’Iran termine son message par un avertissement qu’il lance à "l'entité d'occupation israélienne", lui enjoignant "de ne se lancer dans aucune aventure [militaire] contre son pays, notamment contre son programme nucléaire", soulignant que "la réplique iranienne sera forte".

 

Ce jeudi, le Khe’l Avir a fait fermer l’espace aérien du Golan pour 24 heures au moins au trafic civil, au titre de précaution et pour avoir les coudées franches à n’importe quel moment.

 

 
Iran : les Yamim noraïm (011310/21) Version imprimable
Analyse
mercredi, 13 octobre 2021

 

Par Stéphane Juffa

 

Avec Jean et Ilan Tsadik, Michaël Béhé et Daniel Bruch

 

Les Yamim noraïm, pour les Israélites, ce sont les dix "Jours terribles" qui séparent notre nouvel an, Rosh Hashana [héb.: la tête de l’an], du Yom Kippour, le jour du jugement. Jugement des actions écoulées de la personne et de la communauté, aux conséquences - parfois dramatiques en termes de sécheresses, de famines, d’épidémies (déjà) et d’épizooties - subies par l’individu et la communauté.

 

Cette croyance qui persiste de nos jours dans les synagogues, prenait toute sa dimension à l’époque où le Temple trônait à Jérusalem. Lorsque, le jour de Kippour, et uniquement celui-là, le Grand-prêtre [héb.: le Cohen Gadol] entrait dans le Saint-des-Saints afin de rendre compte à la Métaphysique, aussi appelée l’Infini ou symbolisée par un tétragramme, du bilan du monde des Hommes.

 

Dans certains cas où les hommes avaient particulièrement déconné, ha-Cohen ha-Gadol était instantanément carbonisé. Et l’année qui suivait était parsemée d’événements dramatiques engendrant beaucoup de décès parmi la population.

 

Cette intro pour vous dire qu’Israël est en train de vivre des Yamim noraïm en dehors de la période courant de Rosh Hashana à Yom Kippour.

 

Cela survient alors que la société civile ne se rend compte de rien, poursuivant ses occupations de façon plutôt paisible. La troisième vague de Corona est officiellement vaincue, surtout grâce à la troisième dose de vaccination. L’activité économique traverse une sorte de babyboom. Nous avons un gouvernement dans lequel les responsabilités sont partagées, et dans quelques jours, après trois ans de semi-dictature à la Poutine ou à la Erdogan, nous aurons enfin un budget.

 

Cela va "si bien" que l’on ne prévoit pas de hausse d’impôts ni d’emprunt obligataire Corona. Et Israël, contrairement à d’autres pays que nous connaissons bien, sert ses intérêts et rembourse sa dette.

 

Et pourtant…

 

Pourtant, les responsables politiques et militaires israéliens n’ont plus qu’un sujet en tête, et c’est le nucléaire iranien. Ce, alors que la Théocratie chiite se situe à quelques semaines du point de non-retour dans son projet de bombe atomique.

 

Les personnes qui ont la charge de notre sécurité se trouvent face à un choix imposé par les ayatollahs : intervenir militairement en générant un conflit ouvert avec la junte cléricale de Téhéran, écartant de la sorte la menace d’une confrontation nucléaire entre nos deux systèmes pour dix ans au minimum ; avec la possibilité, en cas de défaite probable de Khameneï et de ses complices, augmentée par d’autres petits coups de main de notre part, d’un renversement de ce régime par l’immense majorité des Iraniens qu’il opprime. Le régime le plus obscur et sanglant du Globe avec la Corée du Nord.

 

Et de sauver également les pays civilisés, qui ne montrent pas de signes extérieurs d’inquiétude, tout en comptant sur nous pour effectuer la sale besogne à leur place. Voire en envisageant - faisant preuve à nouveau de beaucoup d’hypocrisie - de nous condamner à l’ONU pour avoir menacé la "paix du monde" et pour constituer une nation de perpétuels "va-t-en-guerre".

 

A propos de ce qui précède, j’ai entendu un propos aberrant tenu récemment par le confrère Eric Zemmour. Sans me mêler de ses propositions politiques – je suis toutefois très éloigné de l’admiration qu’il exprime pour Napoléon, De Gaulle et Pétain -, l’une de ses phrases m’a sérieusement fait douter de ses capacités différenciatrices. Il avait demandé à quel titre on pouvait interdire à l’Iran de fabriquer sa bombe atomique, alors que l’Amérique, Israël, etc. la possédaient.

 

J’ai déjà buté sur cette logique inepte autant qu’irresponsable : le fait qu’il s’agisse d’une dictature cléricale qui menace ouvertement d’imposer ses croyances à la Terre entière, de rayer Israël de la carte et les Arabes après elle, qui affirme son droit à envahir la péninsule arabique en joignant le geste à la parole, qui maintient les Iraniennes en état de semi-esclavage, qui pend au faîte des grues par strangulation des dizaines de milliers de ses administrés – dont la plupart sont non seulement innocents mais aussi victimes d’injustices , ne suffit pas à persuader Eric Zemmour qu’il serait largement préférable que des satrapes de cette engeance ne disposassent pas de la bombe atomique ? Ni des missiles pour les lancer sur Paris ? 

 

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Une Femen s’était pendue symboliquement à la passerelle Debilly à Paris à l’occasion

de la visite du président iranien. Pour rappeler les exécutions de dizaines de milliers d’innocents par la Théocratie. Pour ceux, un peu limités, qui ne comprennent pas

pourquoi il est nécessaire de les empêcher d’acquérir la bombe atomique

 

L’autre option – celle qui exclut une intervention militaire - pour les dirigeants israéliens consiste à laisser la Théocratie chiite devenir un régime "au seuil de" la bombe. Ce qui signifie qu’à partir d’imminemment tout de suite, nous aurions à faire face à l’agressivité et l’expansionnisme d’une junte d’illuminés religieux, qui pourraient disposer d’armes atomiques à tout moment, sans que nous n’ayons plus les moyens militaires de les en empêcher.

 

Lors, sous cette ombrelle de sanctuarisation nucléaire, les ayatollahs accroitraient sans cesse leur arsenal non-conventionnel ainsi que les missiles pour transporter leurs ogives. La junte cléricale chiite deviendrait rapidement une puissance régionale, puis une entité fortement nucléarisée, capable de menacer la Terre entière, ce qu’elle n’hésitera pas à faire, puisqu’elle le fait déjà avant même de disposer de l’arme suprême.

 

Si nous laissons faire, cela signifierait que la prochaine confrontation mondiale serait nucléaire. Cela pousserait aussi et inéluctablement tous les Etats de la région moyen-orientale, à commencer par l’Arabie Saoudite, l’Egypte et la Turquie, à se doter eux aussi de la capacité atomique militaire. Ne serait-ce que pour pouvoir se défendre, ce qui serait parfaitement raisonnable mais éminemment dangereux.

 

A Métula, nous ignorons ce que le gouvernement a décidé, et même s’il a définitivement arrêté sa décision.

 

Ce que nous sommes en mesure d’affirmer toutefois, c’est que les entraînements et les préparatifs militaires vont bon train, et qu’ils sont réalisés dans l’hypothèse d’une action prochaine de Tsahal contre les infrastructures nucléaires et de missiles en Iran.

 

Une fois n’est pas coutume, nos camarades de la Ména Ilan Tsadik et Daniel Bruch ont observé ces déploiements de visu. Nous ne fournirons aucun détail, mais nous pouvons dire que l’Armée israélienne se prépare à une éventuelle riposte des Perses contre notre territoire.

 

Une réplique qui pourrait venir de partout, mais principalement de Syrie et du Yémen. Et qui serait essentiellement constituée d’un grand nombre de missiles et de drones (des dizaines, pas des centaines) tirés à la fois.

 

A Métula, nous sommes totalement convaincus que le raid de vendredi soir dernier sur T4 que nous avons révélé dans ces colonnes visait une concentration de drones iraniens amenés en Syrie à cette intention.

 

Et que l’opération de sabotage du complexe du groupe Shahid Hemmat à Téhéran, le dimanche 25 septembre dernier [voir nos articles précédents], visait des missiles "de précision", entreposés dans le même objectif.

 

La Théocratie a progressé dans le domaine des drones d’attaque, qu’elle avait utilisés pour la première fois contre les raffineries de pétrole en Arabie saoudite, à la mi-septembre 2019. La même technologie que celle employée afin d’attaquer des navires civils dans l’océan indien, supposés avoir des liens avec l’Etat hébreu.

 

Ces drones, de différentes tailles, semblent précis, mais il leur manque la vitesse – ils sont bien plus lents que les avions de ligne -, et la seule façon de s’en servir efficacement serait de les lancer en nombre.

 

Khameneï doit également éviter de se livrer à des représailles disproportionnées, car il n’a pas la capacité, et de loin, ni de détruire Israël, ni de lui infliger des dégâts cataclysmiques.

 

Or si l’opération israélienne est déclenchée, elle ne visera qu’à oblitérer les infrastructures déjà citées, de même que des systèmes antiaériens, des aéroports, des centrales électriques et des voies de transport et de communications. Et sans doute aussi les casernements de certaines unités d’élite des Gardiens de la Révolution khomeynistes [les Pasdaran].

 

Mais c’est tout. Une action de ce genre n’aurait pas pour finalité de causer le plus grand nombre de morts possible dans les rangs de l’Armée du régime, mais de détruire des installations, des machines, du matériel et des dépôts de minerai.

 

Dans ces conditions, et c’est pour cela que Khameneï doit se méfier, au cas où une riposte de son Armée ferait, presque par hasard, par négligence ou par malchance, des dizaines de victimes en Israël, voire plus, nous riposterions à notre tour en frappant plus fort, notamment les symboles de la dictature, ses chefs, ainsi que les concentrations abritant leurs partisans.

 

Et Tsahal dispose des moyens de détruire plusieurs fois l’entièreté de l’Iran, que ce soit en recourant à des armements conventionnels ou de destruction massive.

 

A un échelon moindre, c’est la réflexion que devrait aussi entretenir Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah libanais. Il pourrait répondre à la demande de ses mentors perses et ouvrir un second front face aux Hébreux. Tenter de tirer des dizaines voire des centaines de roquettes vers nos conurbations. Nasrallah connaît cependant parfaitement les trois éléments-clés d’un éventuel conflit : 1. Il n’a pas la capacité d’infliger des dégâts majeurs en Israël, assurément pas sur le plan tactique (à réduire le potentiel de combat de Tsahal). 2. Plus il tuerait d’Israéliens et plus les frappes de Tsahal seraient étendues et 3. Elles se termineraient imparablement par la disparition de sa milice ainsi que par son éradication physique.

 

Ce qui est sûr aussi est que la Théocratie persane est sur les dents. Le géant américain Microsoft vient de dévoiler que les Hackers du régime s’en sont pris aux ordinateurs de grandes sociétés d’armement américaines et israéliennes. Dans ce domaine également, comme pour ses drones, Khameneï dispose d’arguments non nuls. Quoiqu’éloignés à des années-lumière des moyens technologiques à la disposition de ses adversaires, à commencer par Israël. Sans l’ombre d’un doute sensé, nous ne jouons pas dans le même bac à sable. Du point de vue de l’armement, il a au moins cinquante ans de retard sur nous.

 

En cas d’attaque israélienne, l’Iran connaîtra de nombreux problèmes informatiques majeurs ; son trafic automobile, ferroviaire, militaire et aéronautique deviendra ingérable. Il sera impossible pour cette raison de sortir de Téhéran à bord d’un véhicule. L’électricité sera coupée dans toutes les zones où se dérouleront des raids du Khe’l Avir, l’Aviation Israélienne. Les radars seront brouillés ; leurs servants verront sur leurs écrans une multitude d’appareils qui n’existent pas dans la réalité et seront incapables de les différencier de vrais. Les voies pour l’acheminement d’éventuels renforts seront rendues impraticables par des bombardements aériens. De même que les bases aériennes actives et les systèmes antiaériens susceptibles de mettre en danger quelconque nos équipages.

 

Toutes les communications hertziennes seront brouillées dans la partie centrale de l’Iran et au-delà de ses frontières, en Irak, en Syrie, au Liban, et, malheureusement, dans une partie d’Israël. La télévision ne fonctionnera pas non plus.

 

Une dizaine de sites liés aux activités nucléaires seront anéantis, dont celui de Natanz – le plus vaste – et celui de Fordo, construit à l’intérieur d’une montagne. Une petite dizaine de sites de fabrication et d’entreposage de missiles balistiques seront détruits en Iran, de même que plusieurs bases et magasins en Irak et en Syrie.

 

En deux heures d’opérations, la menace atomique iranienne aura cessé d’exister. Le reste consistera en des opérations de nettoyage, puis en des frappes d’entretien, pendant les semaines qui suivront.

 

A notre avis, l’offensive principale s’étendra sur deux jours. La plupart des raids seront conduits par des F-35 furtifs et par des missiles de précision. Les pertes israéliennes lors de ces attaques seront inexistantes ou extrêmement faibles.

 

Les Iraniens tenteront de riposter en suivant des plans préétablis, étant parfaitement conscients de ce qu’il va leur arriver. Les unités concernées pourront tenter de réaliser ces plans de façon indépendante, même coupées de leur commandement central, avec tous les dangers que fait courir l’action sans information.

 

A notre avis, le Renseignement hébreu est de plus au courant de ces plans "autonomes" et Tsahal prévoit de les anéantir avant qu’ils ne puissent être mis en œuvre.

 

En dépit de tout ce à quoi ils s’attendent, les Iraniens seront toutefois très surpris par la sophistication, l’ampleur et la virulence des frappes. Ils seront pratiquement incapables de toute réaction défensive.

 

Sur le plan offensif, les Pasdaran tenteront de tirer des missiles et des drones chargés d’explosifs en direction du territoire israélien. La quasi-totalité voire la totalité n’atteindra pas ses objectifs.

 

Téhéran demandera au Hezbollah d’ouvrir un second front contre l’Etat hébreu, mais à notre avis, Nasrallah ne s’exécutera pas. Tout au plus, il commettra quelques gestes d’agressions symboliques. Tsahal mesurera ses ripostes au Liban tant que les agressions du Hezb ne provoqueront pas de victimes ni de dégâts importants.

 

En cas d’offensive réelle du Hezbollah, tous les plans de Tsahal sont prêts et les cibles ont déjà été désignées par ordre de nocivité. La confrontation entre Tsahal et le Hezbollah, si ce dernier décidait d’ouvrir un second front, serait la plus violente jamais expérimentée entre Israël et le pays aux cèdres. Les frappes initiales des Israéliens seraient extrêmement violentes et mettraient en application la doctrine "Momentum" [héb.: Tnoufa] élaborée par le chef d’état-major de Tsahal, le Brigadier-Général Aviv Kokhavi.

 

Les activités offensives en Iran ne mobiliseraient qu’une partie restreinte et spécialisée du Khe’l Avir et des forces spéciales. La grande majorité des F-16 et des F-15 serait disponible pour d’éventuelles frappes au Liban, à Gaza, en Syrie et en Irak.

 

Sans être aisée ni inoffensive, une intervention d’Israël en Iran ne poserait pas de problèmes tactiques insurmontables ; et la riposte des Iraniens et de leurs supplétifs devrait être relativement discrète selon notre estimation. Le risque pour que l’opération envisagée se solde par un échec, c’est-à-dire l’impossibilité de retarder de plusieurs années le franchissement par la Théocratie iranienne du point de non-retour dans sa mise au point de l’arme atomique, ainsi que l’impuissance à mettre hors de combat la plupart de ses missiles balistiques, est très faible.

 

D’après nos informations et constatations sur le terrain, l’exécutif israélien penche en faveur d’une intervention. Mais la supériorité militaire ne suffit pas pour qu’il donne le feu vert à Tsahal. Pour cela, il faut obtenir au moins l’engagement de la part des Etats-Unis et de la Russie de ne pas s’opposer militairement à notre entreprise.

 

A cette fin, le gouvernement hébreu a lancé une intense campagne diplomatique. Yaïr Lapid, notre ministre des Affaires Etrangères et futur Premier ministre par alternance, est à Washington où cela ne se passe pas très bien. Il est antichambré par le président Biden, qui l’a mis en contact avec Jake Sullivan.

 

Sullivan n’est pas n’importe qui, c’est le Conseiller de Sécurité Nationale du pensionnaire de la Maison Blanche. Mais c’est un exécutant, non un décisionnaire.

 

Lapid lui a dit qu’il était venu à Washington parce que "l’Iran est sur le point de devenir un pays au seuil du nucléaire". Il a répété la même antienne aux oreilles de la délégation de leaders du Congrès venus à sa rencontre, avec à leur tête Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des Représentants (assemblée nationale).

 

Notre ministre a exprimé à Jake Sullivan "la nécessité d'un plan alternatif" au Plan d'Action Global Conjoint, l’accord entre la Théocratie persane et les 5+1 négocié sous Barack Obama en 2015 et abandonné par Trump en 2018.

 

Lapid a expliqué que la chose était ultra-urgente mais le message est semble-t-il tombé dans l’oreille d’un sourd. M. Sullivan faisant valoir que son pays persiste à explorer la voie diplomatique pour bloquer les ambitions nucléaires de l'Iran. Et se contentant de rappeler que Joe Biden avait dit à Naftali Bennett en août que si cette dernière tentative échouait, il était prêt à "envisager d’autres options".

 

Lapid a tenté d’expliquer que la tentative avait déjà échoué puisque l’Iran était en train de devenir, ces jours-ci, un pays au seuil de la bombe atomique ; et que même si les négociations reprenaient – ce qui n’est pas arrivé à cause des maintes manœuvres retardantes de la délégation iranienne à Vienne – elles ne pouvaient pas aboutir avant que Téhéran ne dépasse le point de non-retour.

 

Sullivan a tenté de calmer les préoccupations de Lapid en réitérant l’engagement du Président de "ne jamais permettre que l’Iran ne détienne la bombe atomique". Mais cela ne l’a pas satisfait. Car la Théocratie est en passe de devenir ces jours une puissance atomique.

 

Plus tard ce mercredi, Yaïr Lapid s’est retrouvé en présence de du Secrétaire d’Etat U.S. [ministre des Affaires Etrangères] Tony Blinken et de leur homologue émirati Abdullah bin Zayed Al Nahyan afin de commémorer le premier anniversaire des accords d’Abraham.

 

A l’occasion de la conférence de presse qui s’en est suivie, Blinken, qui est un Israélite issu d’une famille sioniste, a tenté maladroitement d’aplanir les angles dans le différend entre l’Etat d’Israël et le Président des Etats-Unis. Il a ainsi déclaré : "le temps presse pour un retour iranien au plein respect de l'accord nucléaire de 2015", mais, sentant sans doute qu’il s’éloignait trop de la position officielle de son gouvernement, Blinken a précisé : "la voie diplomatique est le moyen le plus efficace de s'assurer que Téhéran n'acquiert pas d'armes nucléaires".

 

N’étant visiblement pas à une contradiction près, il a reconnu que Téhéran n’était pas disposé à revenir à l’accord de 2015, et que, de toutes façons, cet accord ne garantissait plus l’abandon par la Théocratie de son projet de bombe atomique.

 

Face à ce cocktail aigre-doux, le ministre israélien a eu quant à lui le mérite de la cohérence, affirmant :  "Chaque jour qui passe, chaque retard dans les négociations, rapproche l'Iran d'une bombe nucléaire. Si un régime terroriste veut acquérir une arme nucléaire, nous devons agir. Nous devons préciser que le monde civilisé ne le permettra pas". C’est une déclaration d’intention. Il semble, le cas échéant, que malencontreusement le monde civilisé se réduit à Israël.

 

On nage en plein dans les tactiques obamesques. Manœuvres de dupes faisant le jeu des ayatollahs. Multiplication des promesses contredites par la réalité, ou perte du discernement du Président des Etats-Unis ?

 

Yaïr Lapid n’obtiendra pas l’engagement de non-intervention qu’il était venu chercher. Les militaires n’ont rien à ajouter : ils sont d’accord avec Kokhavi pour qui ils entretiennent un profond respect. Mais ce sont des soldats dans une démocratie, et ils exécutent les ordres du Président. Grâce à leur sympathie, on peut uniquement s’attendre à ce qu’ils ne tirent pas sur nos F-35. Mais pas qu’ils continuent à nous livrer les pièces de rechange nécessaires à les maintenir en vol.

 

A Jérusalem, il faudra prendre la décision avec cette inconnue, et c’est une grosse inconnue. Et dans l’Administration américaine, on crève de trouille de voir les Iraniens ouvrir un feu de riposte sur les nombreuses forces U.S stationnées dans le Golfe arabo-persique, et d’être ainsi entraînés dans un conflit à son corps défendant. "A cause d’Israël".

 

"Vision Obama du monde" : pas fiables à l’endroit des alliés de l’Amérique et mépris pour les militaires fussent-ils américains.

 

Ces tout prochains jours, le Premier ministre Bennet se rendra en Russie pour rencontrer Poutine en quête du même engagement de non-ingérence.

 

Avec le Tsarévitch ce sera différent. Il répondra : c’est votre affaire, faites comme vous l’entendez et assumez les conséquences de vos actes ! Tout ce que je demande, parce que j’ai des forces déployées dans la région, est que vous me révéliez précisément ce que vous comptez faire et quand vous comptez le faire..

 

Faire des confidences au Diable ? A un joueur de poker prêt à vendre toute sa famille si cela en vaut la peine. Bennett va sûrement se demander s’il ne préfère pas la réponse de Sullivan.

 

Il ne pourra pas mentir à Poutine, ce serait la pire des choses. Bennett va lui dire que c’est trop tôt, qu’il sera informé quelques heures avant l’attaque, comme d’habitude.

 

Vladi va faire les gros yeux, et la discussion va être transférée aux militaires des deux armées, qui ne s'apprécient pas beaucoup.

 

Ni Lapid ni Bennett ne reviendront avec une réponse utile de leurs voyages. Washington et Moscou réagiront en fonction de leurs intérêts et des conditions du moment.

 

Plus le travail de Tsahal sera propre et rapide, plus la riposte des Iraniens sera contrôlée, plus les risques seront maîtrisés.

 

Poutine ne réagira pas militairement, il n’en a pas les moyens, mais il peut nous pourrir la vie. En aidant les Iraniens, Assad, ou en apportant son soutien à toutes les initiatives anti-nous dans le cadre de l’ONU.

 

Biden non plus ne donnerait pas l’ordre à son Armée de s’interposer entre les Iraniens et nous. Il est déjà au plus bas dans les sondages, et les Américains qui s’intéressent à la santé du monde – il y en a – connaissent la venimosité du régime iranien et ne pardonneraient pas à leur Président de le privilégier au détriment de leur plus fidèle allié.

 

Mais il suffirait à Biden de nous intimer de cesser les opérations pour que nous n’ayons pas d’autre choix que celui d’obtempérer. En traînant les pieds, certes, prenant le soin de terminer les missions en cours, mais d’obtempérer.

 

D’où la nécessité de réaliser l’essentiel des objectifs – à savoir priver Khameneï de sa capacité à fabriquer une bombe – dans les toutes premières heures de l’opération. Deux ou trois heures, le reste serait du bonus.

 

Et les Européens, les plus menacés par la bombe iranienne ? Inutile de les mentionner, il n’y a rien à attendre d’eux, des lâches et des tire-au-flan.

 

On va devoir décider seuls, en consultation avec nos militaires et nos stratèges. Ne compter que sur nous. Dans un environnement hostile.

 

Et prendre une terrible décision. Ce qui est sûr est que le monde sera beaucoup plus sûr dix minutes après le retour de notre première vague de bombardiers qu’actuellement.

 

Terrible décision. Jours terribles. Yamim noraïm.

 

 
Important raid attribué à Israël contre des objectifs iraniens en Syrie (010910/21) Version imprimable
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vendredi, 08 octobre 2021

 

© Metula News Agency


Samedi, 02:30 à Métula, 01:30 aux Baux-de-Provence

 

Cette nuit – vendredi à samedi –, à 21h30 locales, des chasseurs-bombardiers "probablement" israéliens ont attaqué au missile des objectifs situés sur l’aéroport T4 dans le désert syrien, à 2.3km au sud-ouest de la ville-oasis de Khirbat Thiyas [photos].

 

L’aéroport se trouve également à 88km à l’est de la ville d’Homs dans la province éponyme, 150km au nord-est de la capitale Damas, et 235km de Métula, dans la même orientation cardinale, le point le plus proche du territoire israélien.

 

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La carte de situation régionale de l’aéroport T4 (en-haut à droite)

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

T4 a été principalement "confié" par le régime de Bashar al Assad aux Gardiens de la Révolution khomeyniste iraniens (les Pasdaran) et à leurs miliciens supplétifs du Hezbollah libanais et d’autres pays et contrées chiites.

 

Des soldats syriens sont également positionnés sur cette base aérienne, spécialement des serveurs de canons et de missiles antiaériens déployés dans son périmètre.

 

Ces positions de DCA [Défense Contre Avions] sont figurées par les petits cercles blancs sur la carte détaillée. Nous n’avons pas entouré chaque batterie, car nous en avons dénombré plus d’une centaine. En revanche, nous avons indiqué par les cercles blancs les zones où elles sont disposées.

 

Les media gouvernementaux syriens ont annoncé le raid qu’ils attribuent sans hésitation à Israël. Damas a admis que douze de ses militaires avaient été blessés et que le raid avait causé des dégâts matériels.

 

Le régime ne publie habituellement des bilans (très approximatifs) que de ses propres combattants tués ou blessés. Dans le langage codé utilisé par l’agence nationale d’information syrienne SANA, le texte du communiqué indique que les victimes – notamment des soldats iraniens - se comptent par dizaines et que les dégâts sont très conséquents.

 

SANA a tenu à préciser que les appareils qui ont mené l’opération provenaient de la direction d’al Tanf au croisement de la triple frontière syro-irako-jordanienne. Le gouvernement de la dictature alaouite tente ainsi d’impliquer la Jordanie qui aurait été traversée par les appareils du Khe’l Avir et les Etats-Unis, qui contrôlent la zone d’al Tanf, qui auraient potentiellement été dans le secret du raid.

 

Nous ne croyons pas, pour notre part et pour diverses raisons tactiques, que les avions ont suivi cet itinéraire, et nous pensons que ce sont des F-35 furtifs (qui n’avaient pas besoin de se cacher) qui ont mené à bien cette mission, étant les mieux adaptés à la réaliser.

 

Des sources fiables nous ont annoncé que des dizaines d’ambulances acheminaient les blessés vers l’hôpital de Palmyre, à 50km à l’est de T4, ainsi que vers ceux d’Homs.

 

Michaël Béhé n’est pas parvenu à s’entretenir avec les personnels hospitaliers, les lignes de téléphone publiques ayant été coupées juste après l’attaque.

 

Les installation iraniennes de T4 ont été ciblées à de nombreuses reprises dans le passé par le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne.

 

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La carte détaillée de la base aérienne T4 (archives)

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

En rouge les deux hangars et l’apron [le parking pour avions] qui accueillaient des drones iraniens et qui avaient été visés par le Khe’l Avir après une tentative d’incursion d’un drone (abattu par la DCA de Tsahal) dans la région de Bet Shéan en Basse Galilée, en février 2018. Les deux hangars avaient été presque totalement détruits.

 

En vert des bâtiments administratifs également au service des Pasdaran, qui avaient aussi fait les frais de raids précédents.

 

Dans le cercle bleu, un appareil de l’Armée de l’air syrienne qui se trouvait là au moment où la photo satellitaire avait été prise. Nous pensons que cet avion n’était pas en état de voler, et qu’il avait été entreposé à cet endroit afin de faire croire que cette aile de l’aéroport desservait l’Armée syrienne et non les Iraniens. Les Iraniens ne disposant pas de chasseurs-bombardiers en Syrie.

 

Dans le carré rose, un emplacement qui avait été anéanti alors qu’il accueillait des missiles fraîchement arrivés d’Iran par avion-cargo, dans l’attente d’être transportés au Liban ainsi qu’à proximité de la frontière israélienne dans le Golan.

 

La piste unique mesure 3.3 kilomètres dans sa totalité, ce qui permet à tous les avions de l’emprunter.

 

Nous n’avons pas d’information pour le moment quant à la nature des objectifs qui ont été visés et très vraisemblablement oblitérés. Nous savons cependant que les Iraniens utilisent encore T4 comme base pour leurs drones de combat et, dans une moindre mesure car l’emplacement est très exposé pour cette activité, pour le trafic de missiles et de munitions en direction des frontières de l’Etat hébreu.

 

Nous avons appris d’autre part que des drones avaient attaqué des postes de commandement iraniens le long de l’autoroute chiite à proximité de la ville syrienne de Boukamal, sur l’Euphrate, à la frontière syro-irakienne.

 

Notre correspondant dans le Rojava [le Kurdistan syrien], Perwer Emmal, nous a rapporté d’importantes explosions dans les installations perses, des tirs de mitrailleuses dans la vague direction des drones, et une circulation soutenue d’ambulances.

 

Nous estimons à plus de 90% de probabilités que ce sont les Israéliens qui ont mené ce raid sur Boukamal.

 

Ces opérations s’inscrivent sur fond de tension croissante entre Jérusalem et Téhéran alors que la Théocratie chiite ne se trouve plus qu’à quelques semaines du point de non-retour dans son projet de fabrication de la bombe atomique.

 

 
Pourquoi Zemmour monte (010410/21) Version imprimable
Analyse
lundi, 04 octobre 2021

 

Par Amram Castellion

                                                                             

Le cauchemar de l’establishment français est-il en train de devenir réalité ? Dans un sondage du 1er octobre, le journaliste Eric Zemmour arrive troisième dans les intentions de vote des Français au premier tour de la présidentielle, avec 15% des suffrages contre 23% à Emmanuel Macron et 16% à Marine Le Pen. Suivent les candidats de la droite classique (Xavier Bertrand, 14%), de l’extrême gauche (Jean-Luc Mélenchon, 9%), des écologistes (Yannick Jadot, 9%) et de la gauche socialiste (Anne Hidalgo, 5,5%).

 

La montée des intentions de vote pour Zemmour fait déjà flotter, dans les salles de rédaction et les appareils politiques, une atmosphère de panique et d’hystérie destructrice. Le parti macroniste, la République en Marche, a créé une cellule exclusivement consacrée à la lutte contre Zemmour. Paris-Match a tenté de l’attaquer par sa vie privée. Claude Askolovitch, incarnation des journalistes de l’establishment, se répand dans Paris pour dire que "jusqu’ici il croyait à la liberté d’expression, mais que face à Zemmour, il faut tout faire pour l’empêcher de parler". Le président du CRIF, Francis Kalifat, multiplie – en violation directe avec sa mission, qui n’inclut pas d’imposer ses préférences personnelles à la communauté – les déclarations selon lesquelles "aucune voix juive ne doit aller à Zemmour".

 

Malheureusement pour tous ces bons Français enragés, la raison qui leur fait perdre les pédales est la même que celle qui explique le succès du candidat : Eric Zemmour veut mettre au centre du débat politique, un sujet que les élites françaises cherchent, depuis au moins 50 ans, soit à rendre inexprimable et tabou, soit à n’aborder que de manière marginale. Ce sujet est la préservation de l’identité française face aux menaces que font peser sur elle l’immigration, le poids croissant de l’islam dans la société française, le pouvoir des institutions européennes… et la maladie française, que l’on rencontre dans tous les milieux de pouvoir, du dénigrement de soi et de la recherche d’une identité alternative.

 

L’attachement d’Eric Zemmour à l’identité française est au cœur de son œuvre d’intellectuel : seize essais et trois romans depuis 1995. En commençant par des ouvrages commentant la vie politique française avec l’œil d’un journaliste bien introduit, il a ensuite évolué vers des livres plus théoriques, qui condamnent l’abandon des valeurs viriles, le rejet de la culture française traditionnelle, et la culture de la repentance. Présent sur les ondes françaises depuis près de trois décennies, il y a développé un talent de débatteur de haut niveau, combinant courtoisie envers ses contradicteurs, sens de la formule choc et maîtrise d’un large corpus historique et littéraire français.

 

Le fait qu’un candidat qui met au centre de son discours la défense des intérêts nationaux et de la culture française rencontre du succès dans l’opinion ne devrait étonner personne. Dans la culture politique qui domine en France depuis les années 1970, les valeurs le plus souvent mises en avant ont été la construction européenne, l’antiracisme, les droits de l’homme et le pacifisme. La repentance historique pour les crimes passés de la France, réels ou imaginaires, se porte également bien parmi nos élites.

 

Pendant longtemps, la défense de l’identité française n’était portée sur la scène politique que par la famille Le Pen. Mais la France du fondateur de la dynastie n’était que le souvenir malsain, perversement entretenu, d’une demi-France : celle de la collaboration. Son antisémitisme, ses provocations, en faisaient un repoussoir pour les amoureux de la France issus d’autres traditions, y compris celle de la Résistance, ou pour ceux qui étaient désireux de dépasser les divisions de la Deuxième Guerre mondiale pour passer à autre chose.

 

Quant à sa fille, qui dirige désormais la crèmerie familiale, elle s’est certes écartée de ces liens historiques. Mais elle a aussi cessé de faire de la défense de l’identité française le cœur de son discours. On ne sait d’ailleurs pas trop bien ce qu’est ce cœur. La défense des petits contre les puissants, un thème qui lui a donné un large écho électoral dans les classes populaires ? La défense des libertés individuelles contre les contraintes bureaucratiques, thème qu’elle a beaucoup développé récemment ? La sortie de l’Europe, centre de son programme de 2017 ? Le maintien dans l’Europe, annoncé pour sa campagne de 2022 ? Il semble, tout simplement, qu’elle navigue à vue, en chef d’entreprise sans stratégie claire, entre les vieux réseaux antisémites et collabos hérités de sa famille, le petit peuple dont elle a voulu être la voix, les conseillers divers qui l’orientent à hue et à dia, sa famille, son jardin et ses chats.

 

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Vers le deuxième tour ?

 

Zemmour, au contraire, présente une cohérence qui permet de redessiner les lignes politiques. En mettant au cœur du débat la préservation de l’identité française, il peut regrouper autour de lui tous ceux qui veulent sauver cette identité traditionnelle contre les trois menaces de l’islam, de l’idéologie européenne et de la haine de soi. Peu importe que leurs origines intellectuelles soient dans la Résistance ou à Vichy, dans la tradition de l’Eglise catholique ou dans celle de la Révolution : toutes ces traditions avaient le patriotisme en facteur commun, toutes peuvent se retrouver dans le candidat qui fait du patriotisme son drapeau.

 

De plus – n’en déplaise à ceux qui voient en lui un intellectuel égaré en politique – Zemmour a manifestement le sens de la communication politique. Même ses déclarations les plus contestables du point de vue intellectuel ont une indiscutable efficacité politique.

 

Lorsqu’il a affirmé que le Maréchal Pétain avait protégé les Juifs français et livré les Juifs étrangers aux Allemands, il avait, pour l’essentiel, historiquement tort. (On trouve des cas où l’administration de Vichy a préféré cibler les étrangers, mais la police française a bien traqué, livré et tué des Juifs français, suivant en cela des instructions du Maréchal qui étaient souvent allées plus loin que ce qu’exigeaient les Allemands). Mais si le message historique est inexact, le message politique présent est percutant : au moment où l’identité française est menacée, il est moins important d’entretenir les divisions passées que de voir les patriotes d’aujourd’hui s’unir pour la défendre, quelles que soient leurs origines familiales ou intellectuelles.

 

De même, quand Zemmour demande de rétablir l’obligation de donner aux enfants des prénoms français (quitte à les compléter par un deuxième prénom étranger si la famille le souhaite), il n’agit pas en intellectuel, mais en politique. Tous les politiques ont besoin de mesures phares, réalisables ou non, qui marquent les esprits et font passer un message simple – en l’espèce, la volonté de mobiliser tous les citoyens autour d’une histoire et d’une identité commune.

 

Un message cohérent, présenté de manière politiquement habile, qui répond aux besoins d’une partie importante de l’électorat et que personne d’autre, par incompétence ou par peur des représailles de l’establishment, ne parvient à porter : il était inévitable que cette recette se traduise par un succès dans les sondages. Aujourd’hui, ce succès est tel qu’il lui permet d’envisager d’être présent face au Président Macron au deuxième tour de la présidentielle.

 

De manière plus subtile, à l’intérieur de ce message général à l’électorat français, le candidat Zemmour adresse aussi un message à sa propre communauté. Après avoir longtemps évité de parler de ce sujet en public, le candidat Zemmour recommence, depuis quelques mois, à rappeler régulièrement qu’il est juif, élevé dans des écoles juives et hébraïsant. Jusqu’à la mort de son père en 2013, on le voyait régulièrement à la synagogue de la rue Vauquelin qui est aujourd’hui la mienne. En se portant candidat à la présidence de la République, Eric Zemmour parle d’abord à tous les Français, mais aussi, accessoirement et plus particulièrement, aux Français juifs. Or, ceux-ci ont plusieurs raisons d’être sensibles à son message.

 

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Téhéran : c’était bien un sabotage (010210/21) Version imprimable
Analyse
samedi, 02 octobre 2021

 

Par Jean Tsadik

 

Lundi dernier, nous publiions dans ces colonnes sous la dépêche "Explosion suspecte dans un centre de recherche à Téhéran", la nouvelle selon laquelle une explosion s’était produite la veille dans un centre de développement secret appartenant aux Gardiens de la Révolution khomeyniste iranienne (Pasdaran) à l’ouest de Téhéran.

 

Personne n’était cependant capable de préciser l’endroit où l’incident s’était produit, ses causes ni le type de dégâts qu’il avait causés.

 

Nous laissions entendre pour notre part qu’il s’agissait sans doute d’une opération réalisée par les services israéliens, vu le nombre d’incidents similaires qui secouent l’ensemble de la Théocratie chiite iranienne depuis quelques années.

 

Vu également que la déflagration de la semaine dernière s’est produite dans la région de l’ouest de la capitale [carte], dans laquelle sont concentrées les activités de ce genre, et où la Ména a déjà rapporté des frappes attribuées à Israël. Ces attaques précédentes avaient visé des entreprises mêlées au développement de systèmes de l’arme atomique, à celui de missiles balistiques capables de la transporter, ainsi qu’à diverses activités non-liées au projet nucléaire, de contrebande d’armes et de munitions à destination de la Syrie et du Liban.

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Le lieu de l’attaque, localisation régionale

Service cartographique © Metula News Agency

 

Vu surtout le rapprochement de l’imminence du franchissement du point de non-retour par la junte cléricale au pouvoir en Iran dans son projet de bombe atomique.

 

Après beaucoup de travail (plusieurs jours) de nos plus fins limiers, rendu possible par les relevés satellitaires de nos pairs d’ImageSat International – ISI, nous sommes parvenus à déterminer avec certitude :

 

-          qu’il s’est agi d’un nouveau sabotage de haute importance et de précision chirurgicale, réalisé dans le style opératoire du renseignement hébreu

 

-          à identifier l’entité de couverture qui réalisait ces travaux et auquel ce grand complexe de 2km sur 3 appartient, s’agissant du "Centre industriel Shahid Hemmat"

 

-          à localiser précisément ce centre industriel sur la carte, ainsi que le bâtiment et la partie de celui-ci qui a été détruite [carte]

 

-          à obtenir et à présenter les images des dégâts dans le format AVANT et APRES, photographiées à partir d’un satellite par la société israélienne spécialisée ImageSat International (ISI) [photo]

 

-          à déterminer avec une quasi-certitude la nature du matériel visé et détruit

 

Les principales difficultés que nous avons rencontrées dans notre quête d’informations proviennent du fait que ce centre "industriel" ne se situe pas exactement dans la banlieue industrielle qui s’étend au nord-ouest de Téhéran sur 120km, mais à 7km au sud de celle-là. Et à 25km au nord-ouest de l’important aéroport de Mahmudabad.

 

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Le "Centre industriel Shahid Hemmat", en fait, un repaire secret

de l’ "Organisation autonome de recherche et de Djihad" des Pasdaran

Service cartographique © Metula News Agency

 

Le centre en question, contrairement aux autres entreprises de l’énorme zone industrielle contiguë, est un peu à l’écart de toute autre construction et entouré d’un grillage ainsi que d’un mur de protection.

 

Il abrite une dizaine d’unités, constituées elles-mêmes d’ateliers, de laboratoires et d’entrepôts. Ce centre est dédié au développement et à la mise au point de missiles à propulsion liquide, le domaine de prédilection du groupe Shahid Hemmat. Lequel s’occupe activement d’accueillir et de copier des missiles originaires de Corée du Nord.

 

Ceci explique la raison – à cause de la dangerosité des activités qui s’y déroulent - pour laquelle le centre a été construit à l’écart de tout autre bâtiment.

 

Sous l’identité factice du groupe Shahid Hemmat se cache en fait l’Organisation autonome de recherche et de Djihad. Un groupe qui fait l’objet de sanctions discontinues de la part des Etats-Unis.

 

Ce n’est pas la première fois qu’une installation de cette organisation est prise pour cible. L’attaque la plus meurtrière s'est produite en 2011, lorsqu'une action près d'une base à Téhéran avait tué dix-sept Pasdaran. Dont Tehrani Moukadem, un haut responsable des Gardiens de la Révolution. Le personnage en charge du programme des missiles.

 

L’autre raison qui nous a compliqué la tâche dans notre travail de recherche découle de ce que la photo d’ISI est orientée avec le Sud vers le haut, pour des raisons qui nous échappent, alors que la presque-totalité des cartes géographiques et des images satellitaires sont proposées avec le Nord vers le haut. Cette orientation peu ordinaire explique pourquoi nous avons indiqué le Sud sur l’image en question et non le Nord.

 

Les autres cartes que nous proposons, établies par le service cartographique de notre agence, le sont dans le "bon sens", avec l’atelier endommagé en bas, et ce qui ressemble à un entrepôt, en-haut.

 

Ces constatations nous amènent à penser que l’aile détruite dudit bâtiment, avec une précision rectangulaire, accueillait très vraisemblablement des missiles balistiques – peut-être coréens -, qui ont été entièrement oblitérés.

 

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La photo satellitaire d’ImageSat International, AVANT et APRES l’attaque

 

Il est naturel d’envisager que la Théocratie chiite entendait utiliser ces missiles, sans doute les plus précis de son arsenal, afin de riposter à une éventuelle frappe généralisée des Israéliens qui viserait prochainement l’infrastructure nucléaire et les missiles balistique de la junte cléricale.

 

En plus de ce qui précède, Téhéran sait que les stratèges israéliens connaissent l’emplacement – puisque même les lecteurs assidus de la Ména le connaissent – des entrepôts souterrains de ses missiles balistiques ; que Tsahal ne manquerait dès lors pas de détruire au tout début de son opération militaire éventuelle.

 

On remarque une fois de plus l’efficacité extraordinaire prêtée au Mossad, qui est capable de localiser exactement des missiles qu’il entend détruire au sein d’un bâtiment qui ne mesure guère davantage que 100 mètres sur 40, et dont (probablement) il aurait anéanti 25 mètres sur 40.

 

Deux Pasdaran sont morts lors de l’attaque, il s’agit de Saïd Murtaza Karimi et d’Hussein Abdi. Un troisième est grièvement blessé et son pronostic vital est engagé.

 

Il va sans dire que les Perses entouraient du plus grand secret les activités du centre et partant, celles conduites dans ce bâtiment spécifique. Au lendemain de cette action, nous ne doutons pas du fait qu’elle crée un environnement de suspicion entre ceux qui étaient au courant, et qu’elle occupe grandement le contre-espionnage des ayatollahs. Ce qui ne manque assurément pas de créer un climat délétère dans les hautes sphères du régime ainsi qu’à la tête du corps de Gardiens de la Révolution khomeyniste. Une situation qui avantage naturellement leurs ennemis.

 

Une dernière question demeure sans réponse de notre part, et c’est celle du mode opératoire utilisé par les saboteurs. C’est une question qui se pose de façon itérative lorsque l’on se penche sur les destructions survenues par dizaines dans les emplacements les mieux gardés de la théocratie persane.

 

Dans le complexe de Natanz, pour anéantir les centrifugeuses les plus modernes du régime, ou dans le centre de documentation et d’archivage du projet de bombe atomique iranienne, en plein cœur de Téhéran, comment les James Bond ont-ils franchi les murs et les grillages, les gardes et les caméras de surveillance, avec des dizaines de kilos d’explosifs sur eux, et probablement des armes pour leur-autodéfense ?

 

Dans le centre de documentation à Téhéran, ils ont aussi dérobé une demi tonne de matériel et l’ont ramené à Jérusalem.

 

Comment ont-ils franchi les distances importantes à ciel ouvert à l’intérieur de ces installations, dans le cas de lundi, 250 mètres en ligne droite à partir du premier obstacle ?

 

Et comment sont-ils repartis sans se faire remarquer, et se sont-ils éloignés des zones de leurs actions, qui ont sans doute été bouclées très rapidement après leur incursion ?

 

Les interrogations sont rhétoriques tant il est vrai que nous n’avons aucune envie d’en connaître les réponses. Si je les mentionne, c’est simplement pour donner au lecteur un aperçu de la complexité de ces opérations, qui se déroulent à quelques 1 370 kilomètres du point le plus proche en territoire israélien.

 

Dans le cas de l’attaque du "Centre industriel Shahid Hemmat", il est possible que les intervenants aient eu recours à un drone lancé à partir d’un lieu à proximité de la cible. Cela avait déjà été le cas à Karaj, à 35km plus au Nord, lors d’une attaque que nous avions narrée dans ces colonnes.

 

La vérité est que nous n’en savons rien et que c’est très bien ainsi. Nous ne cherchons pas même à découvrir les réponses à cette question pour ne rien vous cacher. Cela nous embarrasserait plutôt qu’autre chose.

 

La semaine dernière nous avons également noté une attaque aérienne à al Mayadin, en Syrie, le long de l’Euphrate, entre Deïr Ez-zor et la frontière irakienne. Des dépôts de missiles ont été visés et détruits. Il y a eu de nombreux morts et blessés, pour la plupart dans les rangs des miliciens chiites irakiens, les supplétifs kamikazes de la Théocratie.

 

Il s’agit à 85% de probabilités d’une opération aérienne du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, mais nous n’avons pas trouvé suffisamment d’éléments pour en parler avec pertinence.

 

Il faut dire que les media du régime alaouite de Bashar al Assad n’avaient pas relevé l’incident. Pour la raison que, selon le narratif officiel syrien, il n’y a pas de soldats iraniens en Syrie et encore moins de miliciens irakiens.

 

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Explosion suspecte dans un centre de recherche à Téhéran (012709/21) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 26 septembre 2021

 

Lundi, 02:30 à Métula, 01:30 à Montana-Crans

 

Dimanche en fin d’après-midi, une importante explosion suivie d’un incendie s’est produite dans un centre de recherche appartenant aux Pasdaran, le Corps des Gardiens de la Révolution khomeyniste, à l’ouest de Téhéran.

 

L’agence de presse Reuters ainsi que des sources arabes et iraniennes ont également rapporté l’incident.

 

On ignore pour l’instant l’emplacement exact du sinistre, mais les organes d’information de la Théocratie admettent qu’au moins trois personnes ont été blessées ou tuées sur le site de la déflagration.

 

En revanche, lesdits organes de presse ne fournissent aucune indication relativement aux causes de ce sinistre, aux activités qui se déroulaient dans cet établissement ou sur l’étendue des dégâts.

 

Il est établi que toutes les activités des Pasdaran sont liées à la défense des frontières du pays et du maintien de l'ordre en Iran. Les Gardiens de la Révolution sont chargés de protéger le système de la "République" Islamique et d’exporter la "révolution" khomeyniste dans d’autres contrées.

 

Les Pasdaran, au nombre d’environ 150 000 hommes, comptent une vingtaine de grandes formations militaires, dont des unités aériennes, des parachutistes, des commandos et une force navale.

 

Ils dépendent directement du Guide suprême Khameneï et non de la hiérarchie de l’Armée iranienne.

 

La quasi-totalité des forces iraniennes déployées en Syrie, en Irak et au Liban appartiennent au Corps des Gardiens de la Révolution.

 

Lequel joue un rôle primordial dans le projet de développement de la bombe atomique de la Théocratie chiite, en sécurisant les sites de recherche, d’enrichissement, de production et de stockage.

 

De plus, les Pasdaran disposent de leurs propres centres de recherche secrets attenants à ce projet, qui s’occupent des phases sensibles du développement ainsi que de la transformation des acquis technologiques en arme (weaponization ou militarisation (moins bon)).

 

Plusieurs de ces centres sont installés dans les banlieues industrielles à l’ouest de la capitale, dans lesquelles on trouve des milliers d’ateliers et de fabriques de toutes sortes et de toutes tailles, qui fournissent un excellent camouflage pour les activités des Pasdaran ainsi que des pièces de sous-traitance, des matériaux et des outils dans tous les domaines.

 

De plus, ce secteur dispose d’aéroports, dont certains accueillent fréquemment les deux 747 cargos de Qeshm Air qui transportent armes et munitions en Syrie et au Liban.

 

La zone, de 120km sur 20, est hautement sécurisée par la Police et les Pasdaran eux-mêmes. Elle s’étend de la banlieue de Qods [ara.: Jérusalem], à l’orée immédiate de Téhéran, sur un axe nord-ouest, jusqu’à la ville et la province de Qazvin.

 

Elle fait l’objet de dizaines d’explosions non expliquées, le plus souvent attribuées à Israël aidée par des groupes de l’opposition au régime. D’autres installations dans tous le pays sont très fréquemment l’objet d’incendies et d’explosions inexpliqués par le régime. Ces incidents, par leur fréquence ainsi que leur étendue sont proportionnellement les plus abondants du genre sur la planète et ne peuvent pas être attribués à des causes naturelles. D’autre part, la plupart des sites dévastés produisent ou stockent des éléments nécessaires ou utiles à la production de l’arme atomique ainsi qu’à la conception et la fabrication de missiles de croisière.

 

Une cinquantaine d’articles et de dépêches de la Ména ont été consacrés à cette zone géographique, aux activités ainsi qu’aux actes de sabotage qui s’y déroulent.

 

Les autorités israéliennes se sont toujours refusées à confirmer ou à infirmer leur implication dans ces évènements.

 

AIEA : l’Iran ne respecte pas l’accord de raccroc permettant d’entretenir le matériel de surveillance de ses activités nucléaires


L'organisme de surveillance nucléaire affilié à l’ONU a déclaré ce dimanche à Vienne que l'Iran n'avait pas honoré les termes d'un accord ultra-minimal conclu dans l’urgence il y a deux semaines pour permettre aux inspecteurs de l'organisme de surveillance de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique d'entretenir ses équipements installés dans le pays.

 

Rafaël Grossi, le directeur général de l'AIEA, a indiqué que "la décision de l'Iran de ne pas autoriser l'agence à accéder à l'atelier de fabrication de composants de centrifugeuses de TESA à Karaj est contraire aux termes convenus de la déclaration conjointe publiée le 12 septembre".

 

"Entre le 20 et le 22 septembre, l'Iran a autorisé [selon les termes de l’accord du 12 septembre] les inspecteurs de l'AIEA à entretenir les équipements de contrôle et de surveillance identifiés par l'agence et à remplacer les supports de stockage de données dans tous les emplacements nécessaires en Iran, à l'exception de l'atelier de fabrication de composants de centrifugeuses du complexe TESA Karaj", a précisé le communiqué de l'AIEA.

 

En vertu de l'accord, l'AIEA devait remplacer ses supports de stockage des données également dans l’unité de Karaj. Mais la Théocratie chiite a argué que lors d’une attaque au drone attribuée à Israël en juin dernier, l’une des quatre caméras aurait été détruite ainsi que son système de sauvegarde des données. Téhéran a utilisé ce prétexte pour refuser l’accès de ce site aux inspecteurs et leur permettre de faire leur travail.

 

A noter que l’accord ne prévoyait pas de permettre aux délégués de l’AIEA d’analyser ou d’emporter les données enregistrées par ces équipements de surveillance, mais uniquement de remplacer par des disques vierges les disques de stockage qui avoisinaient leur capacité maximale. Téhéran assurant vaguement l’AIEA qu’en cas d’accord définitif entre lui et les 5+1 sur le nucléaire, il remettrait le contenu de ces disques à l’agence viennoise [ce qui ne serait alors plus d’aucune utilité pratique. Ndlr.].

 

Laquelle a demandé à la Théocratie de lui fournir des détails quant à son refus de la laisser remplacer les disques pleins ainsi que l’équipement endommagé dans l’usine de Karaj.

 

A noter que cette usine se situe en plein milieu de la zone frappée ce dimanche par l’explosion mystérieuse à l’ouest de Téhéran. Le 26 juin dernier, la Ména avait publié un article intitulé "Iran : plus près de la guerre que d’un accord", dans lequel on lisait notamment :

 

"Cette semaine derechef [mercredi dernier, le 23 juin], c’est une usine qui produisait des pièces maîtresses pour les centrifugeuses dans la ville de Karaj, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Téhéran qui a été la cible d’une attaque de drones".

 

Le 4 juillet suivant, nous publiions dans ces colonnes l’analyse "Raid en Iran : Israël dans le rôle de protecteur de la raison", entièrement consacrée à l’opération de sabotage de l’installation de Karaj, cartes et photos à l’appui. Dont voici l’une des illustrations ci-dessous :

 

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Sous-marins australiens : une critique au lieu d’une autocritique (012509/21) Version imprimable
Analyse
samedi, 25 septembre 2021

 

Par Ilan Tsadik

 

Je crois avoir lu l’essentiel de ce qui a été écrit sur cette pénible affaire des sous-marins australiens dans les presses australienne, américaine, britannique et israélienne, et je vois une différence majeure entre toutes ces sources et les media français.

 

Ceux-là omettent de planter le décor des transactions d’armes. Or c’est, avec le crime organisé, la drogue et la prostitution, le pire business qui soit. Un univers sans foi ni loi, dans lequel les gouvernements, toujours représentés par des entremetteurs dépourvus de toute trace de vertu, se battent littéralement entre eux pour arracher des contrats qui leur garantissent des commissions mirobolantes.

 

Or dans cette jungle, les proxénètes français ont souvent la plus mauvaise réputation.

 

On ne peut dès lors que déplorer l’attitude de déni de nos confrères de la presse francilienne, qui se laissent à nouveau servilement instrumentaliser par leur gouvernement, abandonnant du même coup leur curiosité, leur liberté de penser, leur fiabilité et leur intelligence. Cela fait tout de même beaucoup de lacunes.

 

Lors, lorsque l’on écoute Jean-Yves Le Drian, le ministre tricolore des Affaires Etrangères, parler de ce type de commerce en utilisant des arguments empruntés à l’éthique, on ne sait déjà pas si l’on doit en rire ou en pleurer.

 

Lorsque Le Drian argue à propos de cette dispute entre Paris et Washington, qu’elle "est très symbolique. Il y a eu mensonge, il y a eu duplicité, il y a eu rupture majeure de confiance, il y a eu mépris donc ça ne va pas entre nous", on ne comprend pas de quoi il parle.

 

De symbolisme dans le trafic d’armes ? De mensonge ? Horreur ! De duplicité, alors que, parmi les marchands d’armes français on considère l’absence de scrupules comme un grand avantage sur ses concurrents, et de rupture de confiance, alors que la confiance n’a strictement aucune place dans ce genre de transactions, et que le mépris est un ingrédient obligé que l’on réserve pour les intérêts des concurrents ; particulièrement lorsque l’on tente de décrocher un contrat de quatre-vingt-dix milliards de dollars australiens [56 milliards d’euros] (au moins).

 

De plus, sur ce qui précède, aucune de ces critiques n’est même justifiée ni à sa place dans ce différend. Laissons alors Le Drian, ses critiques et ses rappels d’ambassadeurs dans le monde du pathos duquel ils n’auraient jamais dû sortir, et adressons-nous aux vrais considérants afin de comprendre ce qu’il s’est réellement passé.

 

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Le Mirage V, ou Mirage "israélien"

Développé à la demande expresse de Jérusalem pour pailler les carences du Mirage III,

selon le cahier des charges exclusif des Israéliens et avec leur coopération active, sur

la seule base de leur expérience au combat acquise lors de la Guerre des Six Jours.

La France en produira 532. Aucun ne sera livré au Khe’l Avir, l’Aviation israélienne,

au prétexte d’un embargo et afin de "ne pas bouleverser l’équilibre des forces au

Proche-Orient". Paris livrera toutefois 107 Mirages "israéliens" à l’Egypte,

l’ennemi existentiel d’Israël d’alors. En niant avec véhémence l’avoir fait. L’Egypte utilisera

ces appareils en 1973 lors de la Guerre de Kippour tuant nombre de soldats israéliens.

Au niveau de la symbolique, du mensonge, de la duplicité, de l’abus de confiance et

du mépris, Israël reconnaît sans conteste l’expertise du gouvernement français

(Sur la photo : un Mirage "israélien" en service dans l’Armée de l’Air égyptienne)

 

Les Australiens ont passé une commande à la France pour l’achat de douze sous-marins. Au milieu du processus ils ont changé d’avis, considérant que ce deal ne correspondait plus à leurs besoins stratégiques. Ayant reçu entre-temps une meilleure offre de la part des Etats-Unis, ils ont dénoncé le contrat.

 

N'ont-ils pas bien fait ? Devaient-ils débourser une telle somme tout en étant persuadés que les armes qu’ils allaient recevoir ne leur convenaient pas ? Davantage encore suite au renforcement à coloration hégémonique de la Chine, qui a pris récemment des proportions inquiétantes, et contre lesquelles Paris, son industrie et son armée ne peuvent offrir aucune parade crédible.

 

Washington est venu avec le projet intégratif AUKUS, auquel participe également le Royaume-Uni, et qui, lui, octroie à Canberra, dès son entérinement et non à la livraison des navires, la garantie de bénéficier de la protection la plus performante qui existe face à l’expansionnisme chinois.

 

Pour mémoire, les USA disposent de forces armées dont la puissance et la dotation est égale à deux fois la somme de celles de toutes les autres armées du globe.  

 

Vous connaissez un meilleur argument que celui-là ?

 

Devant une simple alternative comme celle-ci, ce que l’on attend de la part des personnes qui nous gouvernent consiste à opter pour le choix qui s’impose. Dans cette réflexion, les concepts de symbolique, de mensonge, de duplicité, de confiance et de mépris sont totalement déplacés.

 

Ce qui compte pour un pays est de dépenser son argent de la manière la plus adéquate à ses besoins. Un point. Et si l’environnement stratégique a changé, ou même si l’on s’est trompé lors de l’évaluation de ses besoins militaires, cela n’a pas d’importance du moment que l’on est capable de corriger le tir à temps.

 

Et si l’on a signé un contrat et qu’il comprend éventuellement une compensation pécuniaire en cas de dénonciation, eh bien on paie la somme qui s’impose, qui représentera toujours une pénalité moindre que celle découlant d’un mauvais choix stratégique valable pour les trente années à venir.

 

D’ailleurs, les Australiens, par l’intermédiaire de leur Premier ministre Scott Morrison, ont expliqué cette position de façon limpide lors d’une conférence de presse qu’il a accordée à Sydney. Il a détaillé : "Je pense qu'ils [les Français] avaient reçu toutes les raisons de savoir que nous avions de profondes et graves réserves quant au fait que les capacités du sous-marin de la classe Attack ne répondaient pas à nos intérêts stratégiques et nous avions clairement indiqué que nous prendrions une décision basée sur notre intérêt stratégique national".

 

Nous n’avons quant à nous aucune raison logique de ne pas croire Scott Morrison. Que ce soit Naftali Bennett en Israël ou Emmanuel Macron à Paris, nous sommes convaincus que devant une alternative identique ils auraient pris la même décision que lui. C’est ce que l’on attendrait d’eux. Et s’ils n’agissaient pas ainsi, ils commettraient une faute difficilement pardonnable.

 

Je suis persuadé au surplus que Canberra avait mis Paris au courant de ses tergiversations, notamment à l’occasion de la visite de Morrison dans la ville des lumières à la mi-juin dernier. Pourquoi ne l’aurait-il pas fait, ce genre de réévaluation est parfaitement courante et légitime ?

 

J’ai suivi le débat entre Eric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon avant-hier à la télévision ; et je n’ai pas réussi à compter le nombre impressionnant de fois où ils ont affirmé que s’ils étaient élus à la présidence, ils dénonceraient unilatéralement tous les engagements pris par la France envers l’Union Européenne qui ne serviraient pas ce que l’intérêt national ou populaire – pour l’épithète, c’est selon que l’on écoutait Zemmour ou Mélenchon - exige. C’est par ailleurs le discours de tous les candidats français à la présidence avant qu’ils ne soient élus. C’était aussi celui que tenait Emmanuel Macron avant d’accéder à l’Elysée.

 

A les en croire, la France aurait le droit d’annuler unilatéralement ses engagements politiques majeurs, alors que Canberra aurait dû maintenir les siens, tout en sachant qu’ils n’étaient plus adéquats, dans le domaine attenant à sa sécurité, avant même que la construction du premier des douze sous-marins n’ait débuté ?

 

Le Quai d’Orsay s’octroie quant à lui  le privilège de dénoncer la "duplicité" de ses anciens alliés, et d’appeler les Européens à la rescousse, car s’ils "ne sentent pas que pour rester dans l'Histoire, il faut qu'ils s'unissent et défendent ensemble leurs propres intérêts, alors leur destin sera totalement différent".

 

Etrange résurgence de la mémoire de M. Le Drian, auquel il faut peut-être rappeler que la France conduit depuis 2012 une guerre au Mali en se foutant monumentalement de l’avis des Européens, afin de préserver les acquis de la France-Afrique qui n’ont pas grand-chose à voir avec ceux de l’Union Européenne. La France étant le seul des 27 Etats-membres de l’U.E. à s’autoriser à participer à un conflit destiné à préserver ses intérêts particuliers, et le seul, d’autre part, à être impliqué dans un conflit tout court.

 

Elle est également – c’est une parenthèse qui nous concerne en Israël - le seul pays au monde à entretenir une mission diplomatique, avec statut diplomatique pour la mission et pour un diplomate à demeure, dans le Califat islamique de Gaza. Le seul étranger autorisé à y vivre.

 

A Métula on se demande en quelle année naîtra le sorcier qui sera capable d’expliquer la différence entre la doctrine, les objectifs et le mode opératoire des Mourabitoun, de Boko Haram, du Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans, de l’Etat islamique dans le Grand Sahara, que l’Armée française combat au Mali, et le Hamas ou le Djihad Islamique qu’elle côtoie pacifiquement à Gaza.

 

Suffirait-il, comme le Hamas dans l’enclave palestinienne ou le Hezbollah au Liban, qu’un groupe terroriste et reconnu comme tel par l’Union Européenne fasse la guerre aux Juifs pour qu’aussitôt il devienne fréquentable ? Et que l’AFP, l’agence de presse étatique de l’Etat français, cite ses porte-paroles et ses "sources hospitalières", avec plus d’égards et de correction qu’elle ne cite les ministres du gouvernement du très démocratique Etat d’Israël ? La question mérite d’être posée sans circonvolutions.

 

Macron discute de l’avenir du pays des cèdres avec les terroristes islamistes au Liban, responsables du massacre de 58 paras français en 1983, et de l’assassinat de l’Ambassadeur Louis Delamare à Beyrouth, tandis qu’il tue ses pygmalions en Afrique. Allez, après cela, comprendre quelque chose dans les méandres malodorants de l’Etat français.

 

Au chapitre de l’étrange appel de Le Drian à l’unité européenne, on est contraint et forcé d’ajouter que la France est le seul grand pays européen à ne pas participer à l’élaboration et à la fabrication du chasseur-bombardier Eurofighter Typhoon. Les Français ont préféré poursuivre l’exploitation du Rafale, au lieu de se fondre dans l’effort européen en abandonnant les réalisations nationales dans ce domaine, comme l’ont fait les autres pays.

 

Avec cela, lorsque Le Drian lance son dramatique appel aux Européens afin qu’ils "s'unissent et défendent ensemble leurs propres intérêts", faute de quoi ils ne resteront pas dans l’histoire, nous sommes parfaitement d’accord avec lui. Dommage que le pays qu’il représente soit celui qui fasse la démonstration du contraire en la matière. Sans aller jusqu’au bout de la réflexion, auquel cas il se serait aperçu que la France est déjà pratiquement sortie de l’Histoire, parce que – et il n’y a pas de meilleur exemple que la dénonciation du contrat australien et de ses tenants concrets pour l’illustrer – un Etat esseulé de soixante-cinq millions d’habitants ne fait plus le poids sur l’échiquier stratégique et économique du monde. Et le bât ne blesse pas à cause d’une très hypothétique trahison, d’animosités, d’intérêt commercial ou de mauvaises volontés, mais à cause d’un dysfonctionnement structurel.

 

Aussi, tant Mélenchon que Zemmour et tous les autres ont totalement tort à propos de l’Europe. Il n’en faut pas moins, il en faut plus. Pour rester dans l’Histoire, il faut transformer l’Union Européenne en Etats-Unis d’Europe, sur un modèle très proche de celui des USA, avec remplacement des hauts-fonctionnaires à Bruxelles – la pire chose pour un pays est d’être dirigé par des fonctionnaires - par un gouvernement de politiciens et un Président de l’Europe élu au suffrage universel. Il importe que le Parlement Européen devienne l’instance législative suprême pour tous les Etats de l’Europe.

 

Mais à ce que l’on constate, l’orgueil mal placé des élites parisiennes conduira plus volontiers la France au suicide qu’à la renonciation à son autorité suprême. Qu’elle a de facto déjà perdue de toutes façons à cause du sens de la marche du monde et de ses nouveaux impératifs économiques.

 

Refermez les frontières, c’est cela qui va sauver la mère-patrie en faillite… Réinstaurez le protectionnisme à l’échelon national, fabriquez vos avions tout seuls – en dépit de l’exemple éclatant de la réussite d’Airbus ! – Réparez avec des articles biaisés écrits par des journalistes incompétents à la botte du pouvoir les erreurs de la France…

 

Le Drian, toujours lui, avait sorti de sa poche il y a quelques mois un carton jaune en direction de l’abominable régime iranien, l’enjoignant d’abandonner sa course à la bombe atomique et de laisser immédiatement les inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique [AIEA] contrôler ses activités. Téhéran n’est désormais plus qu’à un mois du point de non-retour dans sa quête à l’arme atomique, et Le Drian a oublié ce qu’il avait dit. Ne l’aurait-il pas oublié, faute d’une politique commune décidée par le gouvernement des Etats-Unis d’Europe, et d’une force militaire à l’échelle de leur population et de leurs richesses cumulées, la France n’a, de toutes façons, pas son mot à dire seule face à l’Iran.   

 

Quant aux profondes et graves réserves – pour revenir à l’affaire des sous-marins - qu’évoquent les Australiens à chaque occasion – pas uniquement leur Premier ministre – elles concernent notamment les dépassements permanents du montant de la transaction avec les Français, les retards qui s’accumulaient (cela étonne-t-il quelqu’un ?), ainsi que la proportion de travail qui devait être réalisée en Australie.

 

En 2016, à la signature du contrat, lorsque nous avions entendu prononcer le chiffre de quatre-vingt-dix milliards de dollars australiens, soit 56 milliards d’euros (non définitif), nous avions tiqué.

 

Parmi les classes de submersibles en lice dans la dernière ligne droite avant le choix des Australiens figuraient le Type allemand 214, le Sōryū japonais et le Scorpène français.

 

Or Israël a acquis ou commandé huit bâtiments de Type 212 ou 214, mais les a payés 1.3 milliard d’euros pièce. Sur la base de ce prix unitaire, douze sous-marins auraient coûté 15.6 milliards d’euros, soit environ 25.2 milliards de dollars australiens.

 

On était plus ou moins dans les marques de la première estimation du Plan de Capacité de Défense australien en 2009. Puis le budget est monté à 36 milliards de dollars australiens, avant d’atteindre 80 milliards, puis 90, et l’hémorragie ne semblait pas en voie d’être maîtrisée.

 

J’ai demandé à mon père, le spécialiste en stratégie militaire Jean Tsadik, si l’on parlait des mêmes sous-marins que ceux que nous avons achetés, avec les mêmes caractéristiques et au même prix. La réponse de mon père fut que le prix des submersibles envisagés par les Australiens pouvait différer d’une vingtaine de pourcents suivant l’équipement exigé, mais pas davantage. Mon père a précisé qu’il s’agissait effectivement du même bateau fabriqué par Thyssen Krupp Marine Systems à Kiel que celui que nous avons acheté. Il a ajouté que les nôtres étaient très complets, mais qu’une partie du système électronique et tout le système d’armement étaient ajoutés en Israël selon nos compétences et à nos frais.

 

En ajoutant 20% au prix des Type 214, on obtient tout au plus 18.72 milliards d’euros, soit 30.25 milliards de dollars. Mais pas 90…

 

Le choix de 2016 s’était finalement porté sur le Shortfin Barracuda, le Barracuda à nageoires courtes. Il s’agit d’une version du Barracuda, un sous-marin français à propulsion nucléaire, spécialement transformé en submersible à propulsion diesel-électrique afin de se plier au cahier des charges australien, et renommé pour l’occasion Shortfin Barracuda Block 1A.  

 

L’un des problèmes consistait en cela qu’il s’agissait presque de construire en fait un nouveau bateau, et que cela devenait beaucoup plus coûteux que l’achat d’un bâtiment existant et en utilisation courante tel le Type 214 allemand. De plus, la France n’a pour l’instant construit qu’un seul Barracuda à propulsion nucléaire, ce qui est également très neuf.

 

C’était un mauvais choix. Avec cette capacité industrielle limitée, les sous-marins d’origine française auraient pu rester bloqués le long d’un quai australien des mois durant. Particulièrement au début du processus, lorsqu’un ou deux bateaux seulement auraient été en activité. Ca a été plusieurs fois le problème du porte-avions Charles de Gaulle, qui a passé des années en cale sèche, le rendant indisponible en une occasion plus de deux ans.

 

C’est un luxe que l’Australie ne peut absolument pas se permettre dans l’environnement stratégique qui prévaut actuellement autour d’elle.

 

Le Barracuda, qu’il soit à propulsion classique ou nucléaire, est un projet prometteur, qui sera éventuellement un bon sous-marin dans une dizaine d’années. Encore qu’à ce terme et au prix du contrat, l’Australie en aurait sans doute possédé plus que la France et aurait largement financé sa mise au point. Or ça n’a jamais été l’objectif poursuivi par Canberra.

 

Dans la version américano-britannique qui a finalement été choisie, on note qu’il ne s’agit pas d’une transaction portant sur l’achat de bateaux mais sur l’intégration des Australiens dans l’alliance AUKUS. Il n’est pas question ici de projet, mais d’une réalité immédiate. Dans quelques mois l’on verra des marins du pays des kangourous à bord de sous-marins stratégiques U.S. et british pour se familiariser avec leur pilotage.

 

Un peu plus tard, il est question de prêter ou de louer des sous-marins nucléaires existants aux gens des antipodes, et en cas d’urgence ou de menace, il n’existe aucun doute sur le fait que les deux autres alliés se rueraient à l’aide de l’île-continent de l’hémisphère-sud avec une flotte existante et compétitive. Ce que la France et son unique Barracuda ne peuvent évidemment pas faire.

 

En adhérant à cette alliance - AUKUS n’est pas le nom d’un nouveau sous-marin mais celui d’un pacte d’alliance stratégique -  Canberra s’offre du même coup la protection constituée par les onze porte-avions de l’U.S. Navy, dont le premier d’une nouvelle classe, l’USS Gerald R. Ford (CVN-78). Auxquels viennent s’ajouter les deux porte-aéronefs britanniques flambant neufs de la classe Queen Elizabeth.

 

Cerise sur le gâteau, le 16 septembre dernier, la conclusion du pacte de défense AUKUS a été annoncée conjointement par le Premier ministre australien Scott Morrison, le Premier ministre britannique Boris Johnson et le Président américain Joe Biden. En vertu de cette alliance, un nouveau sous-marin à propulsion nucléaire va être construit à Adélaïde, en Australie, à l'aide de la technologie nucléaire britannique et américaine. L’accord prévoit un transfert à Canberra de la technologie permettant la construction des moteurs nucléaires.

 

On peut se demander pourquoi, si les habitants des antipodes ont opté pour la propulsion nucléaire, ils n’ont pas envisagé l’acquisition de Barracudas. En plus des autres facteurs déjà mentionnés dans cet article, on notera que les conceptions des réacteurs nucléaires français impliquent qu’ils doivent être pratiquement remplacés tous les dix ans. En revanche, les conceptions américaine et britannique ne prévoient pas d’entretien majeur de ces réacteurs pendant la durée de vie prévue des sous-marins.

 

La différence entre les deux techniques se chiffre d’une part en centaines de millions de dollars, et de l’autre, en plusieurs mois d’immobilisation du navire durant les travaux.

 

En fait, il est pratiquement impossible de concurrencer l’offre étasunienne en matière d’armement. On saisira sans doute mieux ce que cela signifie en comparant par exemple le nombre de chasseurs-bombardiers F-15 construits à ce jour – 2 000 – à celui des Rafales – 200 -. Cette différence implique naturellement une plus grande disponibilité de pièces détachées, un choix d’options bien plus diversifié sur l’appareil U.S., infiniment plus de systèmes périphériques d’armes, d’appareils, de radars et de suivi de missions, davantage d’outils facilitant l’entretien des avions, des mises-à-jour électroniques et mécaniques plus fréquentes, une offre de nouvelles versions incomparable et des moyens financiers à disposition sans commune mesure. Le F-15 ayant depuis longtemps remboursé les coûts de sa mise au point et ayant dégagé d’importants bénéfices, alors que le Rafale est encore loin de cet état.

 

Pour ceux qui comprennent l’exemple qui précède, il ne reste pas grand-chose à ajouter. A l’heure actuelle, il ne suffit pas qu’une arme présente des qualités supérieures à celle proposée par un fabricant d’un autre pays. Car ce qui rend ladite arme plus performante, ce sont tous les facteurs que je viens de citer à propos du F-15 et du Rafale.

 

Cette constatation n’est pas sympathique, mais les Américains ne sont pas présents sur le marché de l’armement pour y être sympathiques. Et leur dureté n’est pas dirigée spécifiquement contre la France, mais indifféremment contre tous les autres pays, à commencer par leurs alliés.

 

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Les 2 derniers fugitifs recapturés à Djénine. La Palestine effondrée Version imprimable
Analyse
dimanche, 19 septembre 2021

 

(info # 011909/21)

Par Jean Tsadik et Sami el Soudi

                                                                             

avec Ilan Tsadik

 

Très tôt ce dimanche matin, entre une heure et deux heures, un commando israélien a cueilli à Djénine les deux derniers fugitifs - Iham Kamamji et Munadil Nafiyat [photo] – de l’évasion du pénitencier de Gilboa, il y a treize jours de cela.

 

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Kamamji (à gauche) et Nafiyat juste après leur arrestation

Source : Shin-Bet

 

Le commando a encerclé la maison dans laquelle les fuyards s’étaient réfugiés depuis quelques jours, entourés par deux complices locaux. Les quatre hommes se sont rendus sans combattre ; ils ont été immédiatement emmenés pour interrogatoire dans un bureau du Shin-Bet, le service du contre-espionnage et de la Sécurité générale.

 

L’intervention à Djénine [50 000hab.], la ville (et le camp de réfugiés [12 000hab.]) la plus violente et abondamment pourvue en armement clandestin de l’Autorité Palestinienne (AP). Kamamji est originaire du bourg de Kufr Dan [6 000hab.], à 4km à l’ouest de Djénine, où vit encore la plus grande partie de sa famille. Celle-ci n’était pas au courant de sa présence à Djénine.

 

L’extrémité Nord de Djénine est située à 4km de la ligne verte [la limite entre Israël et la Cisjordanie], et son extrémité Nord-Est, à 12km du pénitencier de Gilboa, sis de l’autre côté de ladite ligne évidemment.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

Comme nous l’avions imaginé, ces deux fugitifs se sont dirigés immédiatement après leur évasion vers le territoire de l’AP. Contrairement aux quatre autres qui avaient opté pour le Nord, en territoire israélien, espérant à tort trouver de l’assistance auprès des populations musulmanes rurales de Galilée et de Nazareth, Kamamji et Nafiyat ont pu bénéficier de collaborations locales.

 

Cela n’empêche nullement qu’ils ont été donnés aux Israéliens par d’autres Palestiniens, probablement de Djénine. Une unité du Renseignement de l’Armée, disposant de moyens de haute technologie, avait préalablement vérifié que les deux hommes recherchés se trouvaient effectivement dans le bâtiment indiqué, de même que l’emplacement précis dudit bâtiment.

 

Tsahal a eu recours cette nuit à un procédé de diversion afin de surprendre les deux individus recherchés. Vers une heure du matin, l’Armée israélienne a envoyé un important contingent de soldats, de façon totalement découverte, dans le camp de réfugiés de la ville palestinienne.

 

Ce camp se trouve à l’ouest de Djénine. Les organisations terroristes palestiniennes ont cru que les Israéliens venaient procéder à l’arrestation de personnes soupçonnées d’activités terroristes qui se cachent dans le camp. Des sympathisants du Djihad Islamique, du Hamas et du Fatah ont accueilli les soldats à coups de pierres et de cocktails Molotov.

 

Au même moment, dans la partie orientale de la cité, soit à l’opposé géographique du camp de réfugiés, des unités d’élite du Shin-Bet et des commandos du Yamam, [des policiers du corps des Garde-Frontières] ont encerclé la planque des deux terroristes en goguette.

 

Leur action était sécurisée par les commandos Kharouv de la brigade Kfir, qui opèrent en permanence en Judée-Samarie (Cisjordanie).

 

Après des tirs de semonce, la force d’intervention a invité les fugitifs à se rendre. Quelques minutes plus tard, les deux hommes sortaient de la maison sans armes, les mains en l’air. Voir la vidéo exceptionnelle de l’arrestation, filmée et commentée par des Palestiniens de Djénine :

https://twitter.com/i/status/1439400219670634502

 

La nouvelle de l’arrestation de Kamamji et Nafiyat s’est répandue à Djénine telle une traînée de poudre. En quelques minutes, des dizaines de miliciens et de sympathisants des organisations terroristes palestiniennes tiraient avec des armes à feu en direction des soldats en train de quitter la ville, et leur lançaient des grenades artisanales.

 

Aucun soldat israélien n’a été atteint, alors qu’un porte-parole de l’hôpital local a fait état de trois blessés dans les rangs palestiniens.

 

Toute l’opération a été planifiée et orchestrée par le Brigadier Général Yaniv Alalouf, le chef de la division Judée-Samarie de Tsahal, et par le colonel Arik Moyal.

 

Au sein de Tsahal et de la Police, on se prépare à d’éventuels tirs de roquettes à partir de Gaza et à des tentatives d’assassinats ciblés dans les villes israéliennes. Les batteries du Dôme de Fer sont en alerte maximale dans le pourtour élargi de la bande côtière palestinienne.

 

La rage suscitée par un fort sentiment d’impuissance prévaut chez les Palestiniens. Et ce ressenti a beaucoup de raisons d’être.

 

Il découle du fait que l’évasion qui a eu lieu le cinq septembre courant a d’abord été accueillie par la population et les milices terroristes islamiques comme un véritable triomphe. Des condamnés à perpétuité avaient réussi à se faire la malle de l’une des prisons les plus sécurisées d’Israël.

 

C’était un pied de nez envoyé à l’Etat hébreu, le signe qu’il est possible de faire libérer d’autres détenus, et surtout, l’évasion était pressentie comme une victoire de l’ingéniosité palestinienne-arabe sur la sophistication inopérante de l’ennemi israélien.

 

Lors de l’annonce de l’évasion et depuis, aucun organisme palestinien n’avait évoqué l’éventualité que les fuyards soient repris. Avec l’arrestation des deux, puis des quatre premiers prisonniers, on ne parlait plus que de ceux qui étaient encore au large, en faisant d’eux de plus grands héros encore du fait qu’ils réussissaient durablement à échapper à la chasse à l’homme lancée par les Israéliens.

 

Une traque qui a impliqué des milliers d’hommes ainsi que des moyens extraordinaires. Pour les deux camps il s’agissait d’un bras de fer plus symbolique que tout autre chose. L’enjeu se situant très au-delà de la dangerosité pratique des échappés.

 

Leur arrestation, côté palestinien, est à la mesure de l’enthousiasme que leur évasion avait suscité. D’autant plus qu’elle concerne six fuyards, répartis en trois groupes de deux, et qu’ils ont été tous récupérés dans des environnements très différents.

 

Les premiers, Mahmoud Aradeh et Yakub Kadari, dans une grande ville musulmane d’Israël, Nazareth, où aucun des habitants ne leur est venu en aide. Les seconds, Zakaria Zubeidi et Mohammed Aradeh, dans un terrain vague, à proximité du village arabe d’Umm al-Ghanam en Galilée. Et les troisièmes, Iham Kamamji et Munadil Nafiyat, au cœur même de l’Autorité Palestinienne, dans la ville-symbole de Djénine, sujet de fierté et d’arrogance du Djihad, du Hamas et du Fatah, le point d’appui principal des milices islamiques armées en Samarie.

 

Le pire de tout, pour l’ethos palestinien, en plus du fait du constat que les Israéliens sont capables de faire ce qu’ils veulent, partout où ils le souhaitent dans l’ensemble de la "Palestine", est qu’ils n’ont pas même perdu un seul combattant dans l’aventure.

 

Pire encore que le pire de tout est la constatation qui s’impose que, dans les trois cas, la capture des héros-fugitifs n’a été rendue possible que grâce à la coopération de musulmans avec ceux que l’on appelle en Cisjordanie arabe, selon le lexique consacré, les "forces d’occupation".

 

Pour le Palestinien lambda, ces observations mènent à deux constatations guère plus réjouissantes l’une que l’autre mais distinctes. 

 

Premièrement, cela signifie durablement que les Arabes israéliens sont effectivement devenus des Israéliens arabes, que ce sont des traîtres et qu’il n’est pas/plus possible de les considérer comme faisant partie de la cause palestinienne, avec tout ce que cela implique.

 

Ensuite, cela indique qu’au sein même du territoire qui était jordanien avant la guerre de 1967, la "Palestine politique et revendicable", plus rien ni personne n’est sûr. Là également, les collaborateurs avec l’ennemi sont légions, soit par appât du gain – des récompenses en espèces, mais le plus souvent des remises d’avantages pour soi ou pour un membre de sa famille -, soit parce qu’ils font l’objet d’une multitude de chantages issus de comportements inavouables que le Shin-Bet sait exploiter au maximum.

 

Dans les deux cas, la généralisation de ces constatations est à mettre en équation avec la marginalisation de la cause palestinienne, principalement dans le monde arabe, et partant, sur l’ensemble de la planète.

 

On a certes voulu minimiser la portée des Accords d’Abraham, mais la cause palestinienne reposait essentiellement sur le refus par les "frères arabes" de la normalisation des relations avec Israël. On n’était pas capables de vaincre militairement l’ennemi sioniste, mais tant que les trois non de Khartoum prévalaient : pas de paix avec Israël, pas de reconnaissance d’Israël, pas de négociation avec Israël, on repoussait l’échéance et on restait unis autour de l’objectif commun.

 

Un jour viendrait immanquablement, par des moyens politiques – le retrait d’Israël de Cisjordanie – ou militaires, par l’union des Arabes, où on obtiendrait gain de cause. L’abandon par Israël de la Cisjordanie contre sa reconnaissance dans une situation fragilisée et non-défendable, avec une frontière passant à 18 kilomètres de Tel-Aviv. Véritable invitation, le moment opportun, à la campagne suivante aboutissant à la destruction définitive de l’entité sioniste.

 

La réincarcération en treize jours de traque, dans les conditions où elle s’est réalisée, des six héros-fugitifs de la cause palestinienne va, vous l’aurez compris, largement au-delà d’un fait divers presque banal, assurément exempt intrinsèquement de signification stratégique : l’évasion de six prisonniers sécuritaires et leur recapture.  

 

Il est intéressant à ce propos de mentionner les noms des signataires de la résolution de Khartoum : l’Egypte, la Syrie, la Jordanie, le Liban, l’Irak, le Maroc, l’Algérie, le Koweït, et le Soudan.

 

Quatre des neuf signataires sont devenus les alliés militaires d’Israël, deux ont cessé d’exister en tant qu’entités étatiques homogènes, un, le Koweït entretient officieusement des relations "normales" avec Israël, et le dernier, l’Algérie, est une dictature militaire anachronique, dont l’orientation diplomatique a moins d’influence sur le monde que la République Sérénissime de Saint-Marin.

 

Les Arabes ont "effondré" la cause palestinienne, au point que les Palestiniens – à commencer par leurs dirigeants – ont cessé d’y croire. Ne reste que des bandes mafieuses qui s’habillent du manteau politique afin de justifier leurs crimes. Et qui n’hésitent jamais à échanger des informations avec Israël.

 

La faute à ce que la Palestine est une création de la Guerre Froide, la justification politique de l’intention des pays arabes d’éradiquer Israël sans passer pour des résurrections de nazis.

 

Maintenant n’ayant plus les mêmes finalités et s’étant aperçus qu’Israël, loin d’être un ennemi juré était un allié fiable et précieux, les Arabes ont changé d’avis. Et la cause palestinienne n’est plus qu’un épiphénomène pour nostalgiques du panarabisme et antisémites indécrottables, broyés dans un processus irrémédiable.

 

C’est maintenant que les Palestiniens deviennent effectivement des réfugiés.

 

La fuite des six prisonniers était un regain d’espoir, une sorte de résurgence. La puissance écrasante d’Israël, sa méthode, son efficacité y ont mis un terme. Pour les Palestiniens, il aurait mieux fallu que l’évasion n’ait pas lieu. Le plus désespérant pour eux a été l’annonce faite par le ministre hébreu de la Défense, Benny Gantz, il y a une semaine environ, affirmant que tous les fugitifs seraient repris, que ce n’était qu’une question de temps.

 

Une prédiction aussitôt confirmée sans nuances par la Ména. Quel autre pays peut être à ce point certain de remettre la main sur des évadés en fuite vers les quatre points cardinaux, protégés par des milices armées constituées de milliers de membres qui n’ont aucune autre activité que celle de s’opposer à Israël depuis des décennies ? Que valent ces milices, à quoi servent leurs armes ?

 

Le Hamas avait publié, il y a deux jours, une déclaration avertissant Israël des conséquences de toute opération militaire à Jénine, puisque les deux derniers évadés "pourraient s'y trouver".

 

Le Jihad Islamique Palestinien, auquel tous les fugitifs étaient affiliés à l’exception de Zakaria Zubeidi, avait juré d'empêcher par la force la capture de ses deux hommes par les forces israéliennes.

 

Les deux milices ont été inexistantes. Transparentes. Incapables du moindre geste pour protéger leurs héros.

 

Mais Israël ne peut pas céder au triomphe. Certes, treize jours durant, l’Etat hébreu a mis en œuvre toute son intelligence accumulée pour écœurer les Palestiniens, et impressionner ses ennemis potentiels au-delà des frontières. Cela, c’est Israël des lumières, le redoutable, plus fort que dans le film Fauda, celui qui impose le respect, l’admiration presque.

 

Puis il y a Israël de la corruption, de la combine et de la médiocrité. Celui qui a permis aux terroristes assassins de s’évader presque facilement de son pénitencier de haute sécurité. Pour les Palestiniens, c’est une débâcle. Pour les Israéliens, c’est un triomphe succédant à une débâcle, mais ne l’effaçant pas.

 

La déroute – et non pas la bavure – de gardiens qui dorment dans les miradors, de leurs confrères censés fouiller les cellules toutes les heures et demies, et qui ne le faisaient plus. De l’autorisation donnée aux fuyards de se regrouper dans la même cellule la veille de l’évasion. D’un creusement de tunnel qui dure dix mois, implique onze détenus et passe toutefois inaperçu. D’un autre maton qui avait commandé pour les fugitifs du matériel qui leur faisait défaut pour réaliser leur fuite et qui, en attendant les résultats de l’enquête, a été mis à pied.

 

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Raid sur des objectifs iraniens à la frontière syro-irakienne (011509/21) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 15 septembre 2021

 

Mercredi, 12:23 à Métula, 11:23 à Arvier, dans le val d’Aoste, où l’on parle aussi [une sorte de] français. Arvier est célèbre pour l’excellent vin d’altitude (800m) qu’on y produit, l’ "Enfer d’Arvier", qui contient pour 80% de grappes du très ancien cépage "Petit Rouge". La bourgeoisie de Turin et de Milan s’arrache ce nectar proposé à un prix raisonnable. Lorsqu’on en trouve.

 

Hier mardi, des chasseurs-bombardiers F-15 ont attaqué trois objectifs dans la zone frontalière de Boukamal, entre la Syrie et l’Irak. Deux de ces cibles sont situées en Syrie et une en Irak.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

La Ména est en mesure de confirmer avec cent pour cent de certitude la véracité de ces raids et engage sa responsabilité rédactionnelle sur le contenu de cette dépêche.

 

L'agence de presse officielle du régime syrien SANA, citant des "responsables militaires" de la province irakienne d'Anbar, a déclaré : "Des avions de guerre et des drones ont lancé quatre missiles vers le quartier général des Régiments de la Mobilisation Populaire qui "sécurisent" la bande frontalière syro-irakienne".

 

En fait, ce sont les Phalanges du Hezbollah [irakien, sans lien direct avec le Hezbollah libanais. Ndlr.] ainsi que les Phalanges également irakiennes des Sayyid al-Shuhada' [ara.: Maîtres des Martyrs], toutes deux effectivement affiliées aux Brigades de la Mobilisation Populaire, qui ont fait les frais de ces frappes.

 

Les PMU, en anglais Popular Mobilization Units, constituent l’essentiel des forces supplétives de l’Iran dans la région et ailleurs au pays de Bashar al Assad. Les PMU contrôlent le point de passage de Boukamal pour la Théocratie perse.

 

Cette ville se trouve en Syrie sur l’autoroute chiite utilisée afin de convoyer armes, munitions et renforts par la voie terrestre au Liban, et en Syrie à proximité du territoire israélien.

 

Au vu des très fréquentes attaques du Khe’l Avir, l’Armée de l’Air israélienne, ainsi que de la coalition internationale dans ce secteur, Téhéran fait appel à ses supplétifs chiites pour garder les entrepôts d’armes et y acheminer par camions la marchandise militaire en provenance d’Iran afin de limiter ses propres pertes.

 

Le Pentagone a déclaré dans un communiqué que les cibles attaquées hier étaient précisément des installations opérationnelles et des sites de stockage d'armes.

 

Nos sources ajoutent que l’une des installations opérationnelles concernées était un quartier-général iranien de majeure importance établi en Irak. Des entrepôts, des camions et des véhicules de commandement en mouvement ont été aussi visés et détruits par les raids. Ils venaient de traverser la frontière dans le sens Irak-Syrie lorsqu’ils ont été oblitérés.

 

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Des véhicules perses terminant de se consumer

 

Dans un premier temps, les media iraniens, gouvernementaux syriens, ceux des Brigades de la Mobilisation Populaire, et de très nombreux supports informationnels arabes qui reprenaient leurs informations avaient attribué l’opération à l’Armée Américaine.

 

Mais le Colonel U.S. Wayne Marotto s’est empressé de déclarer dans un tweet que les Etats-Unis "n'avaient pas mené de frappes aériennes à Boukamal le 14 septembre 2021". Un responsable de la Coalition Internationale a précisé que ses forces n’avaient pas non plus participé à l’attaque.

 

L'attaché de presse du Pentagone, John Kirby, a déclaré qu’il s’était agi de "frappes aériennes de précision".

 

Les militaires U.S. ne mentent jamais dans leurs communiqués. Ils considèrent qu’étant, et de très loin [leur arsenal est égal à plus de deux fois celui de toutes les autres armées du globe réunies. Ndlr.] la plus grande puissance militaire mondiale, ils ne craignent personne et peuvent se permettre de dire toujours la vérité lorsqu’ils choisissent de communiquer.

 

En agissant de la sorte, à la façon de Monsieur Propre – Monsieur Transparent, il arrive fréquemment que les Américains mettent dans l’embarras certains de leurs amis qui ne possèdent pas la plus grande puissance militaire mondiale.

 

Selon certaines sources que nous n’avons pas été en mesure de vérifier, des drones d’assaut auraient également pris part à la cognée.

 

En agissant uniquement par déduction, il est loisible de déterminer que la seule armée en dehors des Américains et de leurs alliés de la Coalition Internationale qui était capable de réaliser ces attaques, avait intérêt à le faire, et qui disposait des armes mentionnées dans les rapports était l’Armée israélienne. A nos yeux, et simplement par recoupement, il n’existe pas le moindre doute quant à l’identité des appareils ayant réalisé ces raids.

 

Perwer Emmal, le correspondant permanent de la Ména dans le Rojava, le Kurdistan syrien, qui contrôle un territoire proche de Boukamal, rapporte que l’opération a causé la mort d’en tout cas 12 combattants affidés à l’Iran, et du double de blessés, dans leur grande majorité des vacataires des organisations chiites irakiennes.

 

Emmal ajoute que les camions anéantis transportaient des centaines de GPS destinés au projet irano-hezbollani de doter des roquettes al Fateh en possession du Hezb [par dizaines de milliers. Ndlr.] de GPS afin de les transformer en missiles. Cette cargaison comportait aussi des équipements sophistiqués et coûteux, et des systèmes de vision nocturne. Tout le chargement ainsi que les véhicules qui le transportaient ont été carbonisés.

 

Perwer Emmal nous indique également que le 5 courant, les Iraniens et les miliciens à leur service ont fait traverser la frontière irako-syrienne à 30 camions-citernes et à 7 véhicules armés d’accompagnement. Une partie d’entre eux est passée par Boukamal, l’autre par une piste en sable située plus au Sud. Ces chargements de pétrole étaient destinés au Hezbollah au Liban, alors que les excédents seront vendus au marché noir.

 

Entre le 1er et le 5 septembre, 40 autres camions-citernes et 10 véhicules d’accompagnement avaient déjà passé la frontière se dirigeant vers la même destination, en employant la route qui passe par Deir ez-Zor avant de traverser le désert syrien.

 

La guerre par intermittence que se livrent Jérusalem et Téhéran a débuté depuis longtemps.

 

 
Al Sissi-Bennett de quoi ont-ils réellement parlé.. (info # 011409/21) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
mardi, 14 septembre 2021

 

Radio Ména                      Kan en français I צרפתית I

 

Stéphane Juffa, analyste stratégique et rédacteur en chef de la Metula News Agency explique, au micro de Yaël Bornstein pour Kan en français, la radio du service public israélien, ce que le Président égyptien al Sissi et le Premier ministre israélien Bennett se sont réellement dit lors de leur rencontre d’hier (lundi) à Sharm el Cheikh.

 

Ils ont discuté en tête-à-tête quatre heures durant. C’est assurément qu’ils avaient des choses importantes à échanger.

 

C’est très différent de ce que tous les autres media ont relaté et pas politiquement correct du tout.

 

Les deux journalistes ont évoqué les raisons de cette réunion dans le Sinaï, son contenu, son lien avec l’Arabie Saoudite, le Hamas et la bombe atomique iranienne.

 

Ecoutez l’interview de 26 minutes :

 

Le lien sur Facebook :

https://fb.watch/80qo8KFmsQ/

 

Le lien non-Facebook sur le site Web de Kan en français :

https://www.kan.org.il/radio/program.aspx/?progid=1159

Choisissez l’onglet Kan en français – 13.09.21

L’interview débute juste après la lecture des titres

 

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Les journalistes

 

 
Ripostes contre le Hamas, Tsahal hausse le ton (011309/21) Version imprimable
Analyse
lundi, 13 septembre 2021

 

Par Stéphane Juffa


Lundi, 14:16 à Métula, 13:16 à Courmayeur, dans le val d’Aoste, où l’on parle aussi [une sorte de] français

 

Hier soir, dimanche, à 20h45 heure locale, la milice terroriste islamique du Hamas avait procédé à une agression spontanée – non précédée d’aucune action offensive de Tsahal – en tirant une roquette sur la ville israélienne de Sdérot. Il s’est agi d’un acte de terrorisme caractérisé – d’individus armés s’attaquant systémiquement à des civils. Le projectile a été abattu par le Dôme de Fer.

 

En riposte à cette attaque, le Khe’l Avir, l’Armée de l’Air israélienne, a frappé et oblitéré vers 3h du matin des complexes militaires du Hamas. Ces sites étaient utilisés pour l'entraînement des miliciens terroristes et comprenaient une usine d’armement, un dépôt d'armes, ainsi qu'un puits d’accès menant à un tunnel terroriste souterrain [carte et situation].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Source : Tsahal

 

Le Lieutenant-Colonel Amnon Shefler, porte-parole de Tsahal, a fait la déclaration suivante : "Alors qu'Israël s’efforce de promouvoir la stabilité, les organisations terroristes dans la bande de Gaza continuent de régner par la violence, n'ayant aucun respect pour la vie humaine de part et d'autre de la frontière".

 

Pendant le déroulement de ces raids, les milices terroristes ont lancé une seconde roquette en direction du territoire du Conseil Régional d’Eshkol, dans le sud du pourtour de Gaza.

 

Le projectile a également été descendu en vol, ce qui établit un bilan de 100% de réussite du Dôme de Fer en réponse aux quatre agressions spontanées du Hamas, ces trois derniers jours. Deux visant le Conseil Régional d’Eshkol, et deux la ville de Sdérot, dans le nord du pourtour de la bande côtière.

 

Sdérot compte environ 22 000 habitants. Elle a essuyé près de 10 000 roquettes et obus de mortier depuis l’an 2 000. Sdérot a perdu onze de ses habitants pendant cette période, dont quatre mineurs, trois entre deux et quatre ans. Elle est jumelée avec Antony [64 000 hab.], dans la banlieue sud de Paris.

 

Suite à la seconde attaque à la roquette de la nuit de dimanche à lundi, des chasseurs-bombardiers du Khe’l Avir ont effectué une nouvelle série d’attaques, anéantissant une position militaire du Hamas à Khan Yunes. En outre, une mitrailleuse lourde utilisée par les miliciens pour tirer sur nos avions a été mise hors d’état de nuire.

 

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La nuit dernière à Gaza

Des "mini-attaques", vraiment ?

 

La tactique du Hamas nous paraît étrange à la Ména. Ces tirs sporadiques en petit nombre cherchent à avoir un effet symbolique et partant psychologique sur les populations palestiniennes de Gaza et de Cisjordanie. La milice islamique leur indiquant que la lutte contre Israël se poursuit, même si elle est de faible intensité. Le Hamas se bat, pendant que les organisations concurrentes – en particulier le Fatah de Mahmoud Abbas – coopère avec Jérusalem.

 

Reste que, face à la détermination du nouveau gouvernement en Israël, la milice terroriste ne peut guère aller au-delà des actes symboliques. Car Israël, si elle ne déclenchera pas une guerre pour une ou deux roquettes interceptées par jour, n’hésiterait pas à le faire si la milice se lâchait à faire pleuvoir une pluie de dizaines de projectiles sur les agglomérations du sud-ouest d’Israël.

 

Lors, les ténors de la coalition que sont le Premier ministre Bennett et le Grand Argentier Yvette Lieberman ne cherchent qu’un prétexte afin de régler leur compte définitivement aux terroristes de l’enclave palestinienne. Par le passé, ils avaient fréquemment et vivement critiqué la retenue de l’ex-Premier ministre Netanyahu à l’égard du Hamas.

 

Quant au ministre de la Défense Benny Gantz et au chef d’état-major Aviv Kokhavi, ils partagent ce point de vue mais dans son acception exclusivement stratégique. C’est par ailleurs aussi la position des analystes de la Ména depuis trente ans.

 

C’est-à-dire qu’Israël, puissance militaire et économique au niveau planétaire, ne peut pas rester à la merci des tirs de roquettes de quelques milliers de miliciens aveuglés par des croyances religieuses extrémistes, utilisant des armes datant des années quarante, si ce n’est plus tôt que cela.

 

Pour les partisans de cette ligne de conduite, il est possible d’anéantir militairement le Hamas et le Djihad Islamique, puis de les remplacer à Gaza en installant une gouvernance modérée, avec le soutien d’Israël et de l’Arabie Saoudite.

 

Cette option était écartée par Binyamin Netanyahu, qui pensait que tant que le Hamas se trouvait à la tête de l’enclave côtière, les négociations en vue de la formation d’un Etat palestinien resteraient bloquées. A ses yeux, les souffrances infligées aux habitants du pourtour de Gaza et les affrontements sporadiques avec les terroristes ne justifiaient pas l’abandon de cette posture stratégique.

 

Pour le courant favorable à l’éradication du Hamas, le changement de régime à Gaza n’implique pas obligatoirement une adhésion internationale à la thèse des deux Etats.

 

Le risque est préférable au statu quo, qui est quant à lui intenable et jusqu’à l’aberration. Particulièrement au vu d’une probable confrontation avec l’Iran et possiblement avec le Hezbollah au Liban. A nos yeux, il est impératif, au-delà de toute discussion sensée, de nous débarrasser du risque d’avoir à guerroyer simultanément sur trois fronts : Iran, Hezbollah et Hamas.

 

Sinwar et Def, les principaux dirigeants de la milice islamique, sont naturellement au courant de l’existence ainsi que de la pression montante exercée par cette équation. Et ils ne sont pas suicidaires, aussi, ils s’abstiennent pour le moment de pousser les provocations au-delà de leur dimension symbolique.

 

Mais le prix payé par le Hamas pour susciter cet effet psychologique est exorbitant : contrairement à ce que d’aucuns s’imaginent, les frappes du Khe’l Avir de ces trois derniers jours, et celles en riposte aux tirs de ballons incendiaires ne sont pas des "mini-attaques" comme on l’entend parfois.

 

Les usines de roquettes, dépôts d’armes et de munitions et boyaux souterrains qui sont chaque fois anéantis par Tsahal revêtent une importance de premier plan dans le dispositif défensif des milices. Ils sont choisis avec une grande attention par les stratèges de l’Armée israélienne, qui jouissent d’un système de Renseignement ultra-efficace.

 

Le solde de l’équation est assez simple : Jérusalem entend, jusqu’à la mi-octobre, période à laquelle la fabrication de la bombe iranienne atteindrait son point de non-retour, se concentrer sur la préparation d’une opération militaire visant à détruire les infrastructures nucléaires et celle des missiles balistiques dans la Théocratie persane.

 

Le Hamas, allié de Téhéran, tente, à son niveau, de compliquer les préparatifs tactiques, politiques et diplomatiques du projet des Israéliens.

 

Jusqu’alors, s’il est possible pour le Hamas, même au prix de destructions irremplaçables dans son propre système de défense, de continuer à occuper les Israéliens à raison d’une ou deux roquettes par jour, de lancers de ballons incendiaires, d’organiser des émeutes à la frontière de la bande, le tout pour inciter à une troisième Intifada chez les Arabes israéliens et en Cisjordanie, il le fera.

 

Son problème - et c’est une révélation aussi traumatisante pour les Palestiniens que les émeutes entre Israéliens musulmans et juifs le furent pour l’Establishment hébreu de la Défense en mai -, les Israéliens musulmans ne soutiennent pas l’Autorité Palestinienne et encore moins les organisations djihadistes. Ils l’ont démontré de façon limpide ces derniers jours en refusant globalement de cacher, de nourrir ou de transporter les six fugitifs de la prison de Gilboa. Ils ont, au contraire et sans états d’âme, aidé les autorités de leur pays à les rattraper.


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Pour la 3ème nuit consécutive, les milices terroristes tirent une roquette sur Israël (021209/21) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 12 septembre 2021

 

Dimanche, 21:55  à Métula, 20:55 à Plaisians [202 hab.] dans la Drôme provençale

 

Pour la troisième fois en trois jours, les milices islamiques terroristes de Gaza ont tiré une roquette à 20:45 locales en direction de Sdérot.

 

Peu auparavant, les sirènes avaient retenti dans le pourtour de l’enclave palestinienne.

 

L’Armée israélienne a indiqué que le projectile a été à nouveau – à l’instar des deux précédents - intercepté par le Dôme de Fer.

 

L’interception de roquettes, d’obus de mortier ou d’obus d’artillerie tirés sur Sdérot représente un défi technologique ultime, du fait que la frontière de Gaza ne se trouve qu’à 1.3km des limites municipales. Dans un laps de temps pouvant être inférieur à huit secondes, le système du Dôme de Fer doit identifier le tir du projectile, calculer sa trajectoire, lancer un missile intercepteur sur une trajectoire de collision avec une précision de quelques centimètres et percuter la roquette en explosant.

 

La roquette tirée hier, samedi, par les terroristes l’avait été à partir d’un point plus éloigné de Sdérot et était demeurée en vol durant dix-neuf secondes.

 

Israël est actuellement le seul pays à maîtriser cette technologie d’interception.

 

Plus tôt dans la journée, le chef d'état-major de Tsahal, le Général Aviv Kockhavi, avait déclaré à l’occasion d’une remise de diplômes de fin de formation à des marins : "L'Armée israélienne défend la frontière de la bande de Gaza et nous n'accepterons aucune violation de notre souveraineté d'aucune sorte. Nous réagissons vigoureusement à toute violation et continuerons à le faire. Si la situation s'aggrave, le Hamas et la bande de Gaza paieront un lourd tribut".

 

A l’instar des deux nuits écoulées, les observateurs s’attendent à une réplique de Tsahal dans les prochaines heures. Ladite riposte sera sans doute un peu plus marquée que les précédentes par souci de dissuasion progressive.

 

L’Armée israélienne est déployée le long de la frontière avec la bande côtière et se tient prête à reprendre l’opération Gardien des Remparts interrompue en mai si cela s’avérait nécessaire.

 

Nous rappelons que l’attaque de ce soir contre Sdérot procède d’une agression spontanée – non précédée d’aucune action offensive de Tsahal -, et qu’il s’agit d’un acte de terrorisme caractérisé – d’individus armés s’attaquant systémiquement à des civils.

 

Nous rappelons également que la milice islamique du Hamas est officiellement classée "terroriste" par le Canada, les Etats-Unis, l'Union Européenne, la Ligue Arabe, l'Australie, le Royaume-Uni, le Japon et Israël.

 

Cette qualification constitue un élément qui échappe souvent à l’attention de bon nombre de nos confrères, particulièrement les Français, et qui revêt pourtant une importance prépondérante dans la compréhension de ce genre d’événements.

 

A l’heure où la roquette qui se dirigeait vers Sdérot était abattue, se déroulait un incident dans notre village de Métula [2 500 hab.] assis sur la frontière avec le Liban. La rédaction de notre agence se situant à 380 mètres de la ville de Kfar Kileh [20 000 hab.] soumise au contrôle du Hezbollah et de l’Iran.

 

Les habitants étaient priés d’éviter de s’approcher de la partie nord-est de notre agglomération, pendant que des patrouilles de Tsahal et de volontaires armés de Métula sécurisaient les lieux.

 

Après vérification, il apparaît qu’un individu armé en provenance du Liban-Sud avait grimpé sur la barrière de sécurité séparant les deux pays.

 

Ayant actionné les dispositifs d’alerte automatiques, et voyant des militaires israéliens s’approcher rapidement du lieu où il se trouvait, l’intrus a refranchi la barrière en sens inverse et est rentré chez lui en s’éloignant en courant de la barrière.

 

La situation dans notre village est redevenue absolument normale.

 

 

 
Tsahal réplique par des oblitérations de sites stratégiques du Hamas à Gaza (011209/21) Version imprimable
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dimanche, 12 septembre 2021