Summa cum laude (011606/21) Version imprimable
Analyse
mercredi, 16 juin 2021

 

Par Jean Tsadik


[lat.: avec mention très bien]


Métula, mercredi

 

Le nouveau gouvernement israélien a fort bien négocié la première situation complexe à laquelle il avait à faire face hier.

 

D’une part, sous la houlette de Benny Gantz, le ministre de la Défense, en parfaite coordination avec le Shabak [le contre-espionnage], la Police et l’Armée, il est parvenu à transformer la marche des drapeaux provocatrice des suprémacistes juifs dans la vieille ville de Jérusalem en non-événement.

 

Gantz y est parvenu en deux temps : d’abord en déployant des policiers en nombre disproportionné, qui ont refoulé les foules de jeunes Arabes qui cherchaient le contact avec les suprémacistes.

 

Sans ménagement, pour leur montrer que la muraille n’avait pas de faille, mais sans recours inutile à la force.

 

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Six frappes lourdes du Khe’l Avir la nuit dernière à Gaza

 

Ensuite, en changeant au dernier moment, sans entrer dans des palabres interminables avec les organisateurs, le tracé de la manifestation.

 

Là aussi, des forces de l’ordre en surnombre – et il en fallait, il y avait 5 000 jeunes orthodoxes gonflés à bloc -  ont canalisé la marche en l’obligeant à emprunter le circuit décidé par le Shabak et le Renseignement de la Police. Un cheminement qui évitait partout les quartiers arabes.

 

C’était si bien exécuté que cela avait l’air simple. Si bien fait, que même Ben Gvir, l’adorateur de l’assassin de masse Barukh Goldstein ne tarissait pas d’éloges pour le nouveau gouvernement.

 

Le nouveau cabinet venait de démontrer qu’il est possible de déléguer des décisions aux ministres en charge, qu’ils étaient compétents chacun dans son domaine, et crédibles.

 

Le gouvernement, qui avait investi ses bureaux depuis moins de 24 heures, avait aussi fait la preuve qu’il était désormais possible de séparer le sécuritaire du politique. Ce qui n’était pas le cas sous Netanyahu, qui ne pouvait s’opposer aux intentions des Hassidim sous peine de risquer de perdre son fragile "bloc national", pour moitié composé de partis antisionistes. La grande rigolade.

 

Lorsque l’on n’est pas obligé de survivre politiquement afin de pouvoir éviter des échéances juridiques, on peut se permettre d’être ferme mais juste. De pouvoir dire non sans humilier qui que ce soit. Sans transpirer non plus.

 

Une fois le problème potentiel causé par la marche des étudiants des yeshivot [école toraniques] résolu, on pouvait se préoccuper du Hamas.

 

Ce dernier avait cru pouvoir lancer impunément 25 ballons enflammés sur le pourtour de Gaza durant la journée précédant la marche, causant de multiples foyers d’incendies.

 

Je ne suis pas un grand fan de Naftali Bennett, mais je me rappelle l’avoir entendu dire qu’il fallait réagir aux ballons incendiaires de la même façon que face aux roquettes.

 

Les autres intervenants, les ministres Lieberman et Gantz, de même que le Renseignement et l’état-major de Tsahal partagent ce point de vue.

 

Nous aussi, à la Ména, sous l’angle stratégique et tactique de l’opposition à l’organisation terroriste islamique du Hamas, nous ne cessons de l’écrire depuis des années.

 

Ce qui, conjugué, a fait qu’au milieu de la nuit, le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, a lancé six raids contre des infrastructures principales de la milice de la branche palestinienne des Frères Musulmans [le Hamas]. Dans tout le Califat, de Gaza-city à Khan Younès au Sud.

 

Une riposte d’une ampleur jamais égalée par Netanyahu en douze ans de pouvoir en réplique à des lancers de ballons.

 

La frappe fut à ce point convaincante, que le Hamas n’a pas cillé. Pas une seule roquette n’a été tirée sur Israël en "riposte" à ces raids. Ni pendant la nuit, ni durant ce mercredi. C’est d’ailleurs pour nous en persuader que nous avons attendu le soir afin de proposer cet article.

 

La sextuple attaque avait été accompagnée d’un avertissement à l’intention des chefs de l’organisation terroriste djihadiste : "L'armée israélienne est prête à tout scénario, y compris une reprise des hostilités face à la poursuite des activités terroristes depuis la bande de Gaza".

 

Mais ce n’est pas tout. Israël a mis à profit la situation délabrée des califes de la bande côtière suite à l’opération Gardien des Remparts. Les raids de la nuit dernière constituent la prolongation de ladite confrontation.

 

Une fois n’est pas coutume, Tsahal n’a pas attendu que le Hamas se réarme et se réorganise pour le frapper fort. Ce que les avions à l’étoile de David ont accompli la nuit dernière, c’est ce que nous appelons à la Ména des "frappes d’entretien".

 

Les stocks de roquettes de l’ennemi sont au plus bas. Nombre de ses "artilleurs" sont hors de combat. La moitié de son réseau de tunnels est effondré. Les ateliers de fabrication sont détruits, ne le laissons pas les restaurer. Chaque fois que possible, à chaque opportunité, détruisons ce qu’à grand peine la milice islamique vient de reconstruire.

 

Nous mettons ainsi à profit notre capacité infiniment supérieure à celle du Hamas d’entretenir un affrontement de longue durée.

 

Dans une réflexion plus étendue, c’est ce que nous avons maintes fois expliqué dans ces colonnes : il faut assommer le Hamas de façon décisive – comme cela a été fait lors de Gardien des Remparts -, puis se retirer et l’empêcher de se relever.

 

Avec l’arsenal dont il dispose actuellement, s’il ouvrait le feu sur Ashkelon, Ashdod, Sdérot ou Tel-Aviv, il se ferait fesser. De la position de génuflexion, il passerait à la posture couchée.

 

En renforçant ces frappes par des mesures civiles, le contrôle de la zone de pêche autorisée au large de Gaza, la fouille bien plus tatillonne des camions qui traversent le point de passage de Kerem Shalom à la recherche d’armes et de matériaux interdits, une coopération encore renforcée avec l’Egypte, notamment face à la contrebande en provenance du Sinaï, le doigt tendu en direction des manettes commandant la fourniture de pétrole et d’électricité à l’enclave palestinienne, le Hamas ne se relèvera pas. Il passera son temps à ramper et laissera en paix les habitants des agglomérations israéliennes du pourtour de Gaza, de même que ceux du Califat par ailleurs.

 

Israël contrôle aussi l’argent que le Qatar remet en cash aux gouvernants de Gaza. Et jusqu’à maintenant, depuis la fin des hostilités, Jérusalem n’a pas laissé passer un dollar qatari.

 

Si le Hamas désire reconstruire, il devra avant tout montrer patte blanche. Ce qui signifie qu’il devra nous convaincre que l’argent et le ciment ne serviront pas à rebâtir le réseau souterrain et à fabriquer de nouvelles roquettes.

 

C’est assez facile, car Israël avec son allié égyptien a absolument tous les atouts en main.

 

S’il ne les utilisait pas jusqu’à présent, ces atouts, c’était à cause de la conception stratégique lacunaire de Binyamin Netanyahu. Celle-ci se limitait à obtenir des périodes de calme nécessitant l’acquiescement du Hamas, au bout de négociations interminables au Caire, sous les hospices du Renseignement égyptien.

 

Cette fois-ci, il n’y a pas d’accord de cessez-le-feu. Pas de clauses ni de conditions. L’entente minimale : vous ne tirez pas, nous ne tirons pas non plus.

 

Netanyahu s’imaginait aussi, en ne tenant pas compte de l’avis des experts de Tsahal, que les options étaient soit la réoccupation complète de la bande de Gaza, soit des campagnes qui n’allaient pas à leur terme et qui se concluaient par des cessez-le-feu négociés.

 

Alors que l’on peut taper fort, estourbir le Hamas, se retirer rapidement et entretenir les acquis par des frappes limitées.

 

Le troisième tenant de la doctrine bibiste pour Gaza était de maintenir le Hamas en vie, de le laisser respirer. Ainsi, pensait Netanyahu, la communauté internationale ne pourrait pas obliger Israël à reconnaître un Etat palestinien alors que la Cisjordanie était gouvernée par le Fatah et Gaza, par des djihadistes qui refusent obstinément à l’Etat hébreu, sous toutes les configurations possibles, le droit d’exister.

 

Ce n’était pas faux, mais Netanyahu n’était pas suffisamment disponible, et n’écoutait pas assez les experts pour réactualiser sa stratégie. C’était un homme seul et traqué. Alors que pour déterminer la stratégie optimale, il faut travailler en équipe, rester flexible et à l’écoute, et se remettre tout le temps en question. Impossible à faire lorsque l’on doit se défendre dans trois procédures pénales diligentées contre vous.

 

On prend alors des décisions à l’emporte-pièce, et l’on n’est pas capable de différencier son intérêt personnel de celui du pays que l’on est censé diriger. Pour finir, on a la conviction qu’il ne se passe jamais rien de nouveau sous le soleil, on fait confiance à ce que l’on connaît, on est persuadé que la situation est indénouable, et on passe son temps à refaire les mêmes erreurs.

 

Netanyahu avait surtout peur que Mahmoud Abbas et le Fatah ne mettent la main sur Gaza et ne réclament l’émancipation des Palestiniens. Mais Abbas est vieux et au bout du rouleau. Il n’est plus le chouchou des pétro-dynasties arabes ni de l’Egypte qui ont tourné la page. Il ne contrôle pas sa police et n’a pas les moyens militaires de s’imposer dans la bande côtière, même si on la lui servait sur un plateau d’argent.

 

Ses ambitions aujourd’hui revues à la baisse se limitent à rester au pouvoir en Cisjordanie, ce qu’il ne peut parvenir à faire qu’avec l’aide ininterrompue du Mossad.

 

Ce dont il est capable, c’est d’être présent aux discussions du Caire et d’exiger que l’Autorité Palestinienne soit le récipiendaire unique de l’aide qatarie, ce qui a provoqué l’annulation des rendez-vous dans la capitale égyptienne, le Hamas n’étant pas prêt à négocier sur ces bases.

 

Mais attention Hamas ! Les leaders du nouveau gouvernement s’entendent sur la nouvelle stratégie – ne pas laisser l’ennemi se réarmer, le frapper très durement au cas où il commencerait un nouveau conflit, réagir brutalement à chaque provocation, et utiliser la méthode des "frappes d’entretien".

 

Bennett, Lieberman, Gantz, Lapid et compagnie ne craignent pas le Hamas. Il ne partagent aucunement les préoccupations de l’ex-Premier ministre.

 

Le Hamas est en train de le comprendre. Le Hamas comprend vite les choses qu’on lui explique bien. Et l’autre Abbas, Mansour, l’allié musulman israélien de la nouvelle coalition a saisi que s’il voulait durer et devenir le référent au gouvernement de la minorité des deux millions d’Israéliens musulmans, il devait se tenir à l’écart des questions sécuritaires d’Israël. Ou alors protester pour la forme, en chuchotant.

 

Le nouveau gouvernement a passé son premier examen haut la main. S’il continue de fonctionner ainsi, en laissant les egos au vestiaire, non seulement les Israéliens auront oublié Netanyahu dans trois mois – ils ont la mémoire très courte – mais aussi ceux du Sud pourraient vivre dans la paix et dans le calme. A partir de très bientôt. Le Hamas est conscient que s’il bouge, il ira au-devant de destructions qu’il n’a encore jamais imaginées.

 

 
Première nuit de tous les dangers pour le gouvernement d’unité nationale (011506/21) Version imprimable
Analyse
mardi, 15 juin 2021

 

Par Ilan Tsadik

 

Dans quelques heures va débuter une marche des drapeaux dans la vieille ville de Jérusalem, elle passera par plusieurs quartiers, dont le quartier musulman, et à proximité de la Porte de Naplouse, le principal accès aux mosquées depuis la partie arabe de la ville. La plus symbolique et la plus chaude aussi.

 

La Police, le Shabak [le contre-espionnage], la Justice et le gouvernement, à peine en place depuis 24 heures, ont finalement accepté que la manifestation se déroule.

 

Quand j’évoque le gouvernement, je parle de tous les ministères concernés, celui du nouveau Premier ministre Bennett, celui de la Sécurité publique, dirigé par le Travailliste Omer Bar-Lev, ainsi que celui de la Défense de Benny Gantz, le seul ministre qui a conservé son poste.

 

Cela lubrifie et sécurise la transition et c’est très bien ainsi.

 

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Des suprémacistes juifs à Jérusalem, avant leur dernière marche qui avait embrasé la région

 

On note à cette occasion que les ministères qui n’avaient rien à voir avec la discussion n’y ont pas participé, à l’instar notamment de Yaïr Lapid (Affaires Etrangères), le Premier ministre alternatif, et que les décisions n’ont pas été prises par un seul homme selon son agenda politique et ses préoccupations judiciaires, mais par consultation entre les ministres concernés, et entre lesdits ministres concernés et les responsables du Renseignement

 

Dans le seul intérêt du pays et en fonction uniquement des considérants stratégiques, tactiques et politiques. Et c’est déjà un énorme changement.

 

Netanyahu avait fait en sorte de confronter la nouvelle équipe avec un dossier explosif avant même qu’elle n’ait eu le temps de défaire ses cartons. Netanyahu tel Netanyahu. Tordu. Méphistophélique. Mauvais perdant. Il n’a consacré qu’une demi-heure hier à la passation des fonctions de Premier ministre à son successeur et il a zappé la cérémonie du transfert de l’autorité. Une farce. Mais aussi une atteinte évidente à la sécurité de l’Etat, une de plus, on a cessé de les compter. C’est la transmission la plus courte – et de loin – depuis la création de l’Etat d’Israël. Les autres Premiers ministres plaçaient tous l’intérêt d’Israël avant celui de leur personne.

 

Qu’à cela ne tienne. Les nouveaux arrivants ont pris leur décision d’autoriser la manifestation sur la base des principes qui régissent la démocratie.

 

En l’occurrence, il y en a deux qui s’entrechoquent : le premier est celui de la liberté d’expression et de manifester. Elle est particulièrement importante dans l’Etat de droit, et plus encore juste après la succession d’un régime para-dictatorial qui n’en faisait pas grand cas.

 

En vertu de ce principe, les suprémacistes juifs, la quasi-totalité issue des yeshivoth [écoles toraniques] du pays, ont le droit d’organiser une marche partout où ils le désirent sur le territoire de l’Etat d’Israël. Et je le rappelle pour ceux qui dormaient ces dernières années : la totalité de la ville de Jérusalem fait partie intégrante de l’Etat hébreu, même si cela ne plaît pas forcément aux habitants musulmans de la capitale, ce qui est également compréhensible. Lesquels comptent pour environ 35 pour cent du million de Hiérosolymitains actuels.

 

Le problème posé par les participants à cette marche consiste en cela qu’ils l’ont organisée uniquement afin de provoquer la population arabe. Lors de leur marche précédente, le 10 avril dernier, ils ont déferlé sur les quartiers arabes aux cris de "Mort aux Arabes !", et en rouant de coups tous ceux qu’ils croisaient, ainsi que les policiers qui tentaient de les endiguer.

 

Face à eux, les groupes musulmans faisaient exactement pareil, tant par le choix de leurs slogans que par leur volonté de lyncher des Juifs et de se frotter à la Police.

 

Certains parlent de manifestation "nationaliste", mais cela n’en est pas une. Le fait de brandir le drapeau national et d’insulter les Arabes ne fait pas de vous un "bon Israélien". Loin de là.

 

Pour remettre la synagogue au milieu du village, on précisera que moins de trois pour cent des manifestants-émeutiers de ce soir ont fait ou feront leur service militaire. Qu’ils participent à un courant qui s’est récemment qualifié de sioniste. Mais de "sionistes" religieux, tendance Smotrich-Ben Gvir, dont le sionisme consiste à vouloir remplacer le système juridique de l’Etat d’Israël par la Halakha (la justice rabbinique), et notre régime démocratique parlementaire par une monarchie de droit divin.

 

Cette tentative de détournement du sionisme n’a strictement rien à voir avec celui qui a motivé les fondateurs de l’Etat d’Israël. Rien. Nada. Kloum.

 

S’ils voulaient réellement exprimer leur attachement à ce pays, ils cesseraient d’être des déserteurs du service militaire obligatoire, ou viendraient effectuer leur marche avec leurs drapeaux tout le long du pourtour de Gaza où j’habite.

 

Spécialement au moment où des écervelés suprémacistes provoquent tous les Arabes dans le dessein de générer un nouveau conflit armé.

 

Ces néo-sionistes pourraient également troquer la possibilité de lyncher des Arabes contre celle de devenir des soldats du feu. Dans l’attente de leur "démonstration de patriotisme rabbinique", nos voisins de Gaza ont déjà allumé 14 feux à proximité de nos maisons grâce à des ballons incendiaires.

 

Et ce n’est qu’un début. Nos enfants, à Sdérot, Nétivot et dans les kibboutzim du pourtour de Gaza, à peine remis de cinq semaines de l’opération Gardien des Murailles passées dans les abris à écouter les bombes, tremblent de peur et font pipi au lit face aux menaces imminentes d’une reprise des hostilités. Pendant laquelle les manifestants dormiront bien au calme dans leurs écoles religieuses, trop contents d’avoir rallumé le feu, sans que le pays n’y trouve aucun bénéfice.

 

Et j’interdis aux cousins juifs de Paris, de Cannes ou à ceux qui passent leurs vacances en Tunisie tout en maudissant les Arabes, de soutenir les suprémacistes à distance. S’ils comptent le faire, qu’ils viennent avant cela s’installer à Sdérot avec leur progéniture afin de mesurer les conséquences de leurs actes !

 

Sinon, ce sont les pires parmi les lâches et les faux-culs.

 

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas d’embrasser les thèses des suprémacistes musulmans, ni des organisations terroristes islamiques de Gaza, qui ne valent guère mieux que les suprémacistes juifs et qui ne sont attirés que par l’odeur du sang.

 

Nous ne nous soucions aucunement de leurs intérêts. Mais ce n’est pas parce que l’on dispose d’un fusil qu’il faut tirer dans le tas sur ses adversaires. Là, ce n’est pas un principe, c’est de la pyromanie imbécile. Ce n’est pas parce que l’on dispose de l’arme atomique que nous la balançons sur le cœur de Téhéran. La loi du Talion est passée de mode, hormis dans les établissements psychiatriques et chez les admirateurs de l’assassin Barukh Goldstein, à l’instar du député Itamar ben Gvir. Barukh Goldstein était un terroriste juif qui a assassiné en 1994, au Caveau des Patriarches à Hébron, 29 musulmans, simplement parce qu’ils étaient musulmans.

 

Il est l’une des hontes d’Israël. L’un des seuls terroristes issu de notre peuple.

 

Puis les nouveaux ministres, y compris des centristes et des progressistes, ont envisagé un autre principe démocratique, concurrent du premier dans ce cas. Celui qui dicte de réprimer et d’interdire tout acte susceptible de porter atteinte à l’ordre public et de causer des décès évitables.

 

A notre avis, ce second principe aurait dû l’emporter. Particulièrement alors que le Shabak et la Police avaient interdit cette marche la semaine dernière à ce motif.

 

La marche des suprémacistes de ce soir, pour peu que des gens soient tués, peut aisément dégénérer en une nouvelle guerre à Gaza, et pourquoi pas avec le Hezbollah au Liban soutenu par l’Iran. Elle peut également rallumer le feu entre les communautés musulmane et israélite à l’intérieur du pays.

 

S’il y a des morts, c’est ce qu’il adviendra.

 

Pour rien. Sans aucun bénéfice à en retirer.

 

A part un seul peut-être, qui a retenu l’attention du nouveau gouvernement : montrer au Hamas, aux Arabes israéliens, aux Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, ainsi qu’à tous les Etats du Globe que notre présence à Jérusalem n’est pas négociable, qu’elle est pérenne, et que toutes leurs menaces diverses et variées ne nous font pas peur.

 

Que si des cinglés, même la lie de la lie de notre nation, désire manifester dans notre capitale, c’est leur droit. Pour autant qu’il se soumettent aux lois, mais cela, c’est à nous de nous en assurer.

 

D’ailleurs, Benny Gantz, le ministre de la Défense a pris les devants : il a modifié le tracé de la marche, et il a déployé des policiers, des garde-frontières et des soldats en masse afin de séparer les Juifs des Arabes.

 

Déjà des heurts sont à signaler avec des manifestants arabes, mais la situation reste pour le moment sous contrôle. Il y aura ce soir, au début de la manifestation, deux gardiens de l’ordre pour chaque suprémaciste. Et si les choses s’enveniment, trois mille autres se tiennent en réserve, prêts à intervenir à Jérusalem. C’est beaucoup.

 

Le nouveau gouvernement a choisi d’indiquer à tous les intéressés que personne d’autre que lui n’imposera sa loi sur Jérusalem et le reste du pays. S’il y parvient, il évitera de la sorte des tentatives successives.

 

S’il se plante, ce sera dramatique. A commencer par les bibistes qui vont allumer des feux de joie. Ils ont commencé dimanche, lorsque Netanyahu, à partir de la tribune de la Knesset, a déclaré qu’à Téhéran et à Gaza on se réjouissait de l’élection du nouveau gouvernement.  

 

Mais c’est aussi un test pour le Hamas. Car l’organisation islamique terroriste qui impose sa gouvernance sur le Califat de Gaza est très mal en point après Gardien des Murailles. Elle n’est pas en mesure de reprendre le combat, elle panse ses blessures et ses infrastructures militaires sont à plat.

 

Et le Hamas devrait se méfier, il a face à lui un cabinet largement plus sécuritaire que celui qui prévalait sous Netanyahu (et qui n’avait par ailleurs pas son mot à dire).

 

Que ce soient Bennet, Gantz, Lieberman, Bar-Lev [le fils de feu Haïm Bar-Lev, l’un des chefs d’état-major les plus prestigieux de Tsahal], aucun d’eux ne partage la théorie de Netanyahu qui consistait à stopper les confrontations avant d’avoir délogé le Hamas du pouvoir. Aucun n’en fait mystère.

 

Bien d’avantage que cela, des proches de ces hommes ont appelé la rédaction de Métula afin de nous avertir que si le Hamas déclenchait des nouvelles hostilités ce soir, ce serait une excellente opportunité pour lui faire comprendre que nous avons changé de patron, et de lui faire regretter le précédent.

 

Mais il est au courant. Les tirs de ballons en témoignent. S’il était décidé à utiliser le prétexte de la manifestation des suprémacistes, ce sont des roquettes qu’il tirerait.

 

Cela peut venir d’une organisation terroriste concurrente. Il peut y avoir des morts. Tout peut dégénérer. Même si le Hamas fera tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher cette dégringolade.

 

Non pas pour l’amour d’Israël, mais pour rester en vie. Evidemment.

 

On va assister à une première nuit de tous les dangers pour le gouvernement d’union nationale. S’il la traverse sans encombre, il aura beaucoup gagné en légitimité. Si elle lui échappe, et malgré les dispositions qu’il a prises il est largement tributaire du mauvais œil, on s’achemine vers une nouvelle paralysie du pays et des tirs sur le Goush Dan (la région de Tel-Aviv et ses 4.5 millions d’habitants).

 

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Bibi c’est fini (011306/21) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 13 juin 2021

 

© Metula News Agency


Métula, Dimanche soir

 

Ce dimanche soir, Naftali Bennett est devenu Premier ministre de l’Etat d’Israël. En août 2023, Bennett se muera en ministre de l’Intérieur et abandonnera le poste de chef de l’Exécutif à Yaïr Lapid pour les deux années suivantes.

 

Naftali Bennett remplace ainsi Binyamin Netanyahu qui dirigeait le pays depuis douze ans (la plus longue présence à ce poste). Netanyahu a fait savoir qu’il restait en politique et endossait la fonction de chef de l’opposition  avec effet immédiat.

 

Quant à Bennett, il est le chef de file du parti Yamina, [heb.: la droite], une formation laïque de la droite démocratique non populiste. Légèrement à gauche du Rassemblement National en France.

 

Yaïr Lapid est le leader du parti centriste laïc Yesh Atid [héb.: un Avenir existe].

 

La Ména avait été le seul media à prévoir ce dénouement le 27 mars dernier, soit quatre jours après la tenue des élections générales. La prévision de notre agence n’a jamais varié depuis.

 

Naftali Bennett est un homme juif religieux non orthodoxe portant la kippa. Yaïr Lapid est totalement laïc.

 

La coalition d’Unité Nationale, dite du changement, l’a emporté à l’issue d’un vote de confiance sur le score de 60 votes contre 59 et une abstention.

 

Le résultat a été moins serré qu’il n’y paraît, les membres de l’un des deux partis arabes, la Liste Arabe Unifiée, ayant attendu la fin du vote nominatif pour s’exprimer. Avant qu’ils ne le fassent, le résultat était de 59 à 53 en défaveur du bloc bibiste et les dés étaient jetés.

 

Les membres de la Liste Arabe Unifiée avaient tissé un filet de sécurité à la nouvelle coalition. Voyant qu’elle n’avait pas besoin de leurs voix, ils ont voté contre la confiance.

 

La nouvelle coalition d’Unité Nationale regroupe huit formations représentant pratiquement l’ensemble des tendances de la société israélienne, avec Yamina à sa droite, Yesh Atid et Kakhol-Lavan au centre, jusqu’à Meretz à gauche, sans oublier le parti musulman de la Liste Arabe de Mansour Abbas. C’est d’ailleurs la première fois qu’un parti arabe intègre une coalition de gouvernement en Israël.

 

Ladite coalition compte 27 ministres dont 9 femmes, la plus importante représentation féminine depuis la création de l’Etat en 1948.

 

En cas de litige, Bennett et Lapid doivent prendre une décision collégiale. Ils possèdent chacun le droit de veto sur les décisions du gouvernement.

 

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La liste des ministres du nouveau gouvernement

Service cartographique © Metula News Agency

 

La journée parlementaire a été très agitée. Avant les votes, le bloc bibiste s’était entendu pour empêcher Naftali Bennett de prononcer son discours à la tribune de la Knesset, les députés l’interrompant à tour de rôle.

 

Dépourvus de toute dignité, les députés du Likoud et ceux des partis juifs orthodoxes ont hurlé des injures à la face de M. Bennett, lui reprochant d’avoir "trahi Binyamin Netanyahu et d’avoir floué les électeurs bibistes".

 

Des dizaines de députés ont été expulsés de la séance par le Président du Parlement Yariv Levin, lui-même du Likoud.

 

Juste avant le vote de confiance, les députés ont élu au perchoir un nouveau président, en la personne de M. Mickey Levy, qui l’a aisément emporté, la Liste Arabe Unifiée ayant soutenu sa candidature. La passation du marteau entre les deux hommes a été très cordiale. Tous les députés ont applaudi la prise de fonction du nouveau président.

 

Mickey Levy est un ancien officier supérieur de police. Il appartient au parti Yesh Atid [un avenir existe] dirigé par Yaïr Lapid. La Ména avait annoncé il y a une semaine que M. Levy serait probablement le candidat de la nouvelle coalition au perchoir.

 

En cas d’impossibilité pour le président de l’Etat, c’est le président de la Knesset qui assure l’intérim.

 

A l’issue du vote de confiance, Binyamin Netanyahu a quitté son siège de président du conseil pour aller s’asseoir à celui de Yaïr Lapid, qui rejoignait pour sa part le banc des ministres.

 

Comme on le voit sur la photo, Naftali Bennett et Benyamin Netanyahu se sont brièvement serré la main. Mais sans aucune émotion, les deux hommes se détestant cordialement.

 

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Netanyahu-Bennett, une poignée de mains glaciale

 

Le discours prononcé par M. Netanyahu a été jugé détestable par la plupart des observateurs. Deux diplomates israéliens ont appelé la rédaction pour nous dire que le Premier ministre sortant avait sciemment pourri dans son allocution les relations entre Israël et le Président Biden, afin de compliquer la tâche du nouveau gouvernement.

 

Nous notons que Washington n’a toujours pas remplacé les missiles du Dôme de Fer utilisés par milliers durant l’opération Gardien des Murailles qui a opposé Tsahal aux milices terroristes islamiques de Gaza. Les missiles Tamir, comme le reste du Dôme, ont été développés en Israël, mais leur production a été confiée à la société U.S. Raytheon Technologies Corporation. L’Etat hébreu a demandé à Washington de participer principalement au financement du remplacement des Tamir.

 

Après la prestation de serment des nouveaux ministres Bennett et Lapid, Netanyahu a quitté le parlement. Demain (lundi), la transmission de la fonction aura lieu à midi dans l’immeuble du Premier ministre situé à 500 mètres de la Knesset.

 

Plusieurs messages de félicitations sont parvenus à Jérusalem, dont celui du Président américain Joe Biden, qui est arrivé immédiatement après que le résultat du vote de confiance fut connu.

 

M. Biden y déclare qu’ "il a hâte de travailler avec le Premier ministre Bennett pour renforcer tous les aspects des relations étroites et durables entre nos deux nations".

 

Il ajoute qu’ "Israël n'a pas de meilleur ami que les Etats-Unis et que le lien qui unit nos peuples est la preuve de nos valeurs communes et de décennies de coopération étroite et alors que nous continuons à renforcer notre partenariat, les Etats-Unis restent inébranlables dans leur soutien à la sécurité d’Israël".

 

Biden a ajouté que "son administration était pleinement engagée à travailler avec le nouveau gouvernement israélien pour faire progresser la sécurité, la stabilité et la paix pour les Israéliens, les Palestiniens et les peuples de toute la région".

 

Dans tout Israël, y compris à Métula, des manifestations de joie spontanées ont éclaté. Des dizaines de milliers de personnes, pour la plupart munies du drapeau national, ont chanté et dansé et continuent à le faire au moment où nous envoyons cette dépêche.

 

 
Vaste opération de Tsahal en Syrie la nuit dernière (010906/21) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 09 juin 2021

 

© Metula News Agency


Stéphane Juffa, Michaël Béhé et Jules Mazouz ont participé à cette dépêche


Métula, mercredi

 

La nuit dernière – de mardi à mercredi – le Khe’l Avir, l’Armée de l’air israélienne, a conduit plusieurs raids en Syrie.

 

L’objectif consistait à détruire des entrepôts d’armes et de munitions au service des Gardiens de la Révolution khomeyniste [Pasdaran] et de leur milice supplétive du Hezbollah libanais, le plus souvent stockés dans des bases appartenant à l’Armée gouvernementale syrienne de Bashar al Assad.

 

Les armes et munitions visées avaient été transportées d’Iran en Syrie durant le mois dernier, principalement par les deux 747 convertis en cargos de la Qeshm Air, achetés au Japon à la fin du siècle dernier.

 

A la Ména, nous avons suivi tous ces vols sur nos applications de radars aériens civils.

 

L’état-major de Tsahal avait décidé de ne pas intervenir durant la confrontation avec le Hamas en suivant l’hypothèse stratégique consistant à ne rien faire qui soit susceptible de nous amener à devoir traiter plusieurs fronts simultanément. Cela aurait notamment demandé une importante mobilisation de réservistes, et aurait mis de l’huile sur le feu du mouvement de révolte d’une partie des Israéliens musulmans.

 

Il ne fait aucun doute que la Théocratie chiite persane a cru pouvoir tirer profit de ces événements afin de transférer impunément ces armes et ces munitions en Syrie.

 

Ce faisant, même en prenant des dispositions de maintien du secret extrêmes avec ses alliés, elle a commis l’erreur de sous-estimer à nouveau les capacités du renseignement hébreu. Lequel sait, avec une précision déraisonnable, tout ce qu’il se passe de l’autre côté de nos frontières. Y compris l’emplacement exact des marchandises arrivées d’Iran. Exact s’entendant au mètre près.

 

L’opération de la nuit dernière est ainsi avant tout un succès du Renseignement israélien. Rendu possible, évidemment, uniquement grâce à la dextérité du Khe’l Avir et au niveau technologique de ses moyens ainsi que de ses schémas opératoires alternatifs et évolutifs.

 

Il s’est agi d’une erreur d’appréciation de la part des ayatollahs ; mais il en existe une bien plus dérangeante sur le chemin de leurs objectifs en Syrie et au Liban. Nous parlons d’une "impossibilité conceptuelle" à cause de laquelle les Pasdaran et les stratèges d’al Assad se cognent la tête itérativement sur la muraille israélienne.

 

Sans dépasser quelques limites qui pourraient donner des idées de solutions à nos ennemis, nous observons cette lapalissade : quoi que ces armées fassent, la chaîne d’approvisionnement de leurs matériels de guerre livrés en Syrie et au Liban est obligatoirement interrompue. Obligatoirement, elle reste immobilisée dans des entrepôts.

 

La raison en étant que ces armes sont destinées à un conflit ouvert avec Tsahal. Or il n’en existe pas. Les stocks sont destinés à pourvoir les Pasdaran et le Hezb en armes et en munitions "dès lors qu’un tel conflit éclaterait".

 

Soit qu’il fût provoqué par l’Armée d’Aviv Kokhavi, soit que l’ordre d’ouvrir un nouveau front provienne de Téhéran. Par exemple suite à une éventuelle frappe massive de l’infrastructure nucléaire de la Théocratie (et on n’en est pas loin).

 

Mais ces armes ne peuvent pas être déployées sur le terrain en situation de "paix" car elles seraient instantanément oblitérées par Tsahal, de même que leurs servants.

 

Il est également impossible de se contenter de les empiler dans les entrepôts en Iran et de les dépêcher aux frontières d’Israël en cas de nécessité. D’abord, parce qu’il y en aurait trop à transporter dans un laps de temps beaucoup trop court. Ensuite, parce que le Khe’l Avir se ferait un plaisir de neutraliser les deux vieux tacots-747 de Qeshm sitôt qu’une confrontation majeure éclaterait.

 

Si nous les laissons voler, c’est uniquement que cela nous aide à suivre leurs cargaisons.

 

Or en dépit de toutes les tentatives de camouflage et d’éparpillement des stocks, et l’ennemi ne manque pas d’imagination, le fait que ces concentrations deviennent statiques en fait des cibles immanquables pour le renseignement israélien.

 

C’est la quadrature du cercle. Et l’Iran a besoin d’une solution, mais celle-ci n’existe pas. La seule envisageable consisterait à déclencher une guerre surprise contre l’Etat hébreu, mais elle se terminerait en suicide tactique, qui, selon les moyens employés pour provoquer la guerre éclair, pourrait aboutir à la disparition de l’Iran de la carte du monde. Et la pérennité d’Israël.   

 

La nuit dernière, aux alentours de minuit, plusieurs formations de chasseurs-bombardiers israéliens ont ostensiblement traversé l’espace aérien libanais, y compris le ciel de Beyrouth. Ils ont lancé des missiles air-sol à partir des confins du pays aux cèdres sur une multitude d’objectifs.

 

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En orange les zones des frappes de l’Aviation israélienne la nuit dernière

 

D’abord les nids de missiles sol-air à Dumeïr, qui avaient été remplacés depuis notre dernière attaque il y a un mois, ont été pulvérisés.

 

Ensuite diverses planques situées dans la proximité non immédiate (pas loin mais à l’extérieur du périmètre des activités aéroportuaires) de l’aéroport international de Damas ont toutes été détruites.   

 

Des doubles explosions aux dimensions gigantesques témoignant initialement de l’explosion de la charge du missile hébreu, puis de celle, infiniment plus volumineuse, des stocks de munitions ont été constatées. Tous les habitants de la capitale syrienne ont pu les observer.

 

A Ayn al-Tinah, dans le Rif, à 17km au nord de Damas, une batterie de DCA a été pulvérisée, de même que quelques bâtiments dans un centre de développement d’armes de destruction massive.

 

Des entrepôts ont aussi été anéantis dans le sud-ouest du gouvernorat d’Homs, et dans celui de la ville de Hama.

 

Dans le gouvernorat d’Homs l’aéroport militaire désaffecté d’al Dabaa à 16km au sud-ouest de la cité d’Homs, qui sert de base de stockage et de QG au Hezbollah libanais a été durement frappé.

 

Dans la province de Lattaquié, le fief des Alaouites et l’unique région des ports maritimes de Syrie, on nous signale de grosses explosions dans des dépôts à proximité de la ville de Safita, à 20km à l’est du port de Tartous, au pied de la montagne.

 

Le plan strictement tactique n’a pas non plus été négligé par l’Aviation israélienne. Ainsi, les bombardements ont visé et totalement oblitéré des cibles dans la zone d'Al-Alali à Sahnaya et des positions appartenant à la 1ère Division de l’Armée gouvernementale à Al-Kisweh, toutes situées autour de Kisweh, au sud-ouest de Damas, entre la capitale syrienne et la frontière israélienne du Golan.

 

Le Khe’l Avir a aussi visé et annihilé des radars de DCA ainsi que des batteries de missiles de la 155ème brigade à Hafir Al-Tahta dans la région orientale de Qalamoun.

 

Les frappes de la nuit dernière constituent une opération majeure contre les dispositifs iranien, gouvernemental et de la milice libanaise du Hezbollah. Cette dernière a été lourdement éprouvée, car ce sont ses miliciens qui étaient chargés de la garde rapprochée de la quasi-totalité des dépôts détruits.

 

Selon les sources gouvernementales syriennes, les attaques de la nuit n’ont fait que des dégâts matériels. Selon le magasin de confection de Coventry appelé Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, mais qui n’est autre qu’une officine de propagande de l’Emir Tamim bin Hamad du Qatar, utilisant du matériel de la chaîne Al Jazeera, les raids ont causé la mort de "plus de 10 personnes", dont au moins cinq militaires du régime.

 

Selon Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, entre 80 et 100 soldats et miliciens ont perdu la vie, et le nombre des blessés dépasse les 220. Au moins 26 autres personnels étaient portés disparus à midi ce mercredi.

 

Il y a un civil parmi les morts, un disparu, et dix au bilan des blessés.

 

Aucun appareil ou missile israélien n’a été touché par la défense antiaérienne de l’ennemi, ni même inquiété.

 

Tous les media qui reprennent ces sources frelatées, à l’instar de l’AFP, de la quasi-totalité des media tricolores par effet de cascade, et même de la chaîne télévisée franco-israélienne I24News, sont des amateurs malintentionnés ou mal-informés, ou les deux, qui participent à la propagande de régimes dictatoriaux.

 

 
Politique française : vers une nouvelle rupture ? (010706/21) Version imprimable
Analyse
lundi, 07 juin 2021

 

Par Amram Castellion

 

Nous avons suffisamment, à la Mena, critiqué Emmanuel Macron pour reconnaître sans rechigner ses succès. Quatre ans après sa prise de pouvoir en 2017 et moins d'un an avant les prochaines élections présidentielles, son principat aura définitivement marqué l'histoire de France par le changement radical qu'il a introduit dans le paradigme central de la vie politique française.

 

Avant Macron, le principal axe de la vie politique française opposait deux familles de pensées. D'un côté, une gauche qui mettait en avant la redistribution des richesses, la solidarité des peuples et la protection de l'Etat. De l'autre, une droite attachée à la liberté d'entreprendre, à la préservation du récit national et à la responsabilité individuelle. Chacun de ces groupes était une alliance de sensibilités diverses, qui connaissait d'importantes divisions internes : en particulier, chacun rassemblait des gestionnaires modérés, dont on distinguait souvent mal la différence d'un bord à l'autre, et des profils plus idéologiques. Mais, dans la logique de la Cinquième République, où toute l'organisation du pouvoir dépend du choix du Président, elles étaient prêtes, dans l'ensemble, à s'unir au deuxième tour des présidentielles derrière un candidat commun.

 

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Davantage que des différences politiques et de personnes,

deux systèmes de gestion opposés et incompatibles

 

Les sensibilités de gauche et de droite n'ont pas disparu ; la plupart des Français intéressés par la politique continuent à s'identifier à l'une de ces deux grandes familles. Les partis traditionnels de la gauche et de la droite, qui ont accumulé au cours des siècles les réseaux de notables et les compétences de gestion, continuent aussi à dominer le jeu politique lors des élections locales à tous les niveaux.

 

En revanche, au niveau national – dans la préparation de la seule élection qui compte vraiment, la présidentielle d'avril 2022 – les représentants de ces anciennes familles politiques ne semblent avoir aucune chance. Les sondages montrent que tous les candidats possibles plafonnent un peu au-dessus de 10% (pour la droite classique et la gauche dure de Jean-Luc Mélenchon), et même entre 6 et 7% pour la gauche gestionnaire du Parti socialiste. La division droite-gauche n'a pas disparu des esprits, mais elle a cessé – et ce sera l'héritage fondamental d'Emmanuel Macron dans l'histoire politique de la France – d'être la question fondamentale qui oppose les Français au moment de déterminer leur destin.

 

Au lieu de cette division ancienne, la France semble être revenue à l'un des plus anciens débats de l'histoire de la pensée politique, qui a préoccupé les philosophes d'Aristote à Montesquieu : celui qui oppose les partisans de l'oligarchie et ceux de la démocratie.

 

Macron a rassemblé autour de lui une élite gouvernante appartenant à la droite comme à la gauche, mais qui a en commun d'avoir été formée dans les mêmes écoles, d'appartenir aux mêmes milieux et d'avoir les mêmes références. La plupart ont fait Sciences-Po ou, plus rarement, une école d'ingénieurs. Les plus prestigieux y ont ajouté l'ENA. Ils ont une bonne connaissance des institutions françaises et européennes, du droit et des principes de l'économie tels qu'on les enseignait en France dans les années 1980. Ils sont convaincus que l'Etat a pour rôle de réglementer les entreprises, que l'Union Européenne est une entreprise vertueuse qui permettra de dépasser les nationalismes sanglants des siècles passés, que l'immigration sera un moteur pour l'économie et une autre occasion de lutter contre l'étroitesse d'esprit de la France de leurs grands-parents.

 

La désindustrialisation leur semble être le destin inévitable des économies européennes. Ils ne nient pas les souffrances que les peuples subissent à cause de la perte des emplois industriels, d'une monnaie unique qui réduit la compétitivité des exportations françaises, de la coexistence avec de nouvelles populations qui ne partagent pas leurs modes de vie et leurs valeurs. Mais ils y voient des difficultés passagères, nécessaire pour faire naître un monde où une économie décarbonée se concentrera sur les services et l'innovation, où une Europe unie empêchera le retour aux guerres intra-européennes du passé, et où des relations respectueuses s'installeront pour toujours entre toutes les communautés.

 

Le discours de cette élite reçoit l'assentiment de nombreuses personnes au-delà de son propre cercle. Macron, qui l'incarne, devrait, d'après les derniers sondages, recevoir entre 20 et 25% des voix au premier tour de la présidentielle et est favori pour gagner le second. Et pourtant, l'influence de ce discours s'érode régulièrement, à mesure que progresse dans la population française une tout autre vision du monde.

 

Pour les Français influencés par cette autre vision, les élites qui gouvernent la France ont échoué à protéger les intérêts fondamentaux de leur peuple. Ces Français estiment que l'intervention pointilleuse et souvent ignorante des administrations dans l'activité économique crée des retards, des lourdeurs et des découragements qui appauvrissent l'ensemble du pays. Ils reconnaissent que l'Union Européenne a apporté certains bienfaits, comme le marché unique et la libre circulation ; mais ils estiment qu'elle a dévasté les entreprises françaises en leur imposant une monnaie, l'euro, dont la valeur trop forte étrangle la capacité de la France à exporter.

 

De plus, ils ne croient pas que l'identité et les traditions françaises doivent être dépassées, surmontées ou abandonnées. Le souvenir des excès passés du nationalisme leur paraît moins important que le besoin de préserver l'héritage des siècles et le sentiment de leur propre identité. Ils ne voient pas dans les difficultés liées à l'immigration une simple étape avant la mise en place d'une coexistence pacifique et respectueuse, mais le début d'une guerre tragique et sans merci entre cultures, qui dominera les prochains siècles.

 

Le principal projet politique de ces Français est de chasser du pouvoir – ou du moins des principaux postes de décision – les élites animées par la vision oligarchique. Ils ne savent pas trop par quoi les remplacer, car ils ne disposent pas – sauf dans la police et les forces armées – d'une élite alternative ayant le même niveau de compétence. Mais ils espèrent donner, par leur vote, des maîtres politiques aux oligarques, qui reflèteront les préoccupations du peuple et limiteront leur influence. Au projet oligarchique du macronisme, ces Français opposent un projet politique démocratique, de contrôle des élites par le peuple.

 

Une grande partie d'entre eux s'apprête à voter pour Marine Le Pen qui, d'après les derniers sondages, devrait arriver en tête du premier tour avant de s'incliner au second devant Emmanuel Macron, par environ 45% contre 55% des voix.

 

Ce résultat est le plus probable. Mais il n'est pas garanti, pour les raisons suivantes.

 

Tout d'abord, Marine Le Pen ne concentre pas sur sa personne le soutien de tous les Français animés par la vision démocratique. Elle a une certaine habileté manœuvrière, mais n'est pas largement respectée pour ses capacités intellectuelles ni pour sa force de travail. De plus, elle est la fille de son père, qui concentrait sur sa personne la nostalgie de la collaboration avec l'Allemagne et le soutien d'antisémites de tout poil. Les années passent, les souvenirs s'éloignent et la fille de Jean-Marie Le Pen n'a jamais rien dit qui permette de croire qu'elle partage ces opinions. Pourtant, inévitablement, un certain soupçon demeure. Inévitablement aussi, certains soutiens du père se sont ensuite dirigés vers la fille, créant un entourage où il n'est pas difficile de trouver, parmi d'autres, un reste d'influence des collaborateurs historiques.

 

Si tous ces points conduisent à affaiblir Le Pen face à Macron, ils signifient aussi que la vision oligarchique est plus faible en France que les sondages ne semblent le montrer. Il existe un volant d'électeurs qui ne croient pas dans la sagesse des administrations, le dépassement du nationalisme, les bienfaits de l'Union Européenne et l'avenir radieux de l'immigration, mais qui ne souhaitent pas, pour toutes les raisons précédentes, voter Le Pen. Si la vision oligarchique était confrontée, dans l'année qui vient, à une grave preuve de son échec – et surtout, si d'autres personnalités venaient à incarner, en plus de la candidate, la vision démocratique – ces électeurs pourraient surmonter leurs réticences et finir par lui apporter leur voix. Souvenons-nous que l'avantage actuel de Macron, dans les sondages, n'est que de 5 points : il suffirait donc qu'un électeur sur quarante (soit, pour un taux de participation de deux tiers, un Français sur soixante) change son vote de Macron à Le Pen pour qu'elle entre à l'Elysée.

 

Cela n'a rien d'impossible. Macron sera sans doute renforcé, dans les prochains mois, par l'amélioration récente de la gestion de la pandémie. Celle-ci a commencé de manière catastrophique, avec un système de santé manifestement impréparé et des retards inexcusables dans la fourniture des masques, puis des vaccins ; mais elle a, depuis, pris un rythme de croisière plutôt satisfaisant.

 

Dans d'autres domaines, en revanche, la gestion des oligarques ne montre aucune amélioration. Le principal est celui de l'insécurité et des relations entre communautés, devenues le premier fournisseur de votes Le Pen. La possibilité pour que des conflits majeurs éclatent avant l'élection présidentielle et bénéficient d'une forte couverture médiatique ne peut certainement pas être écartée.

 

De nouveaux visages, politiquement liés ou non à Le Pen, défendent par ailleurs la vision démocratique et ne souffrent pas des mêmes associations que la candidate. Sur le plan politique, les élections régionales qui se tiendront les 20 et 27 juin donneront l'occasion à des candidats lepénistes de se faire connaître des électeurs. Dans au moins une région (Provence-Alpes-Côte d'Azur) et probablement dans une deuxième (Bourgogne – Franche-Comté), ces candidats devraient l’emporter : cela affaiblira l'argument selon lequel les lepénistes n'ont pas d'élite capable de gérer le pays ou qu'il n'y a personne d'autre derrière la candidate. Dans la vie intellectuelle et sur les plateaux de télévision, des intervenants porteurs d'une vision du monde proche de celle de Le Pen, les connotations collaborationnistes et antisémites en moins, bénéficient d'une grande audience. Toute la France connaît désormais Eric Zemmour ; d'autres noms, comme celui de Jean Messiha, commencent eux aussi à être reconnus.

 

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Droite, centre, gauche et passe (010306/21) Version imprimable
Analyse
jeudi, 03 juin 2021

 

Par Stéphane Juffa

 

Avec Jean Tsadik et Sami el Soudi

 

Nous n’avons pas participé à la foire d’empoigne politico-médiatique qui a secoué Israël ces derniers jours, et notamment aux rebondissements relatifs à la question de savoir si le front antibibiste allait se montrer capable ou non de former une majorité gouvernementale et de mettre ainsi un terme à l’ère Netanyahu qui a duré douze ans.

 

Depuis hier soir [mercredi], aux alentours de 23 heures, les Israéliens connaissent la réponse à cette question. La transition a débuté, elle va durer quelques jours, et elle n’est théoriquement pas à l’abri des ruades de désespoir d’un monde en train de s’écrouler.

 

Si nous sommes restés en retrait et avons décidé d’épargner des avatars purement politiciens à nos lecteurs, c’est accessoirement parce qu’il valait mieux laisser les partenaires de la coalition d’unité nationale se dépatouiller jusqu’à ce que la fumée blanche s’échappe de la cheminée de Kfar ha-Maccabiah, l’hôtel près de Tel-Aviv dans lequel ils s’étaient réunis afin de discuter. Nous n’allions pas, à l’instar de nos confrères, en l’absence d’informations tangibles, vous abreuver pendant six jours d’innombrables rumeurs contradictoires et de peu d’importance.

 

Ce, d’autant plus, principalement, que la Ména avait déjà publié et par le menu ce qu’il allait se passer, et que nous ne trouvons pas absolument nécessaire de nous répéter.

 

Ce qui peut sembler remarquable, c’est que nous avions expliqué tout ce qui est en train de se dérouler le samedi 27 mars dernier, soit quatre jours après la tenue des élections générales.

 

L’analyse en question s’intitulait : "Ils ne comprennent pas : ces élections ont tout changé.. (012703/21)". Elle est disponible en clair sur le site de notre agence [www.menapress.org] et sur notre page Facebook [https://www.facebook.com/menapress].

      

Nous étions le seul et unique media à affirmer et sans circonvolutions :

 

"En Israël les urnes ont rendu leur verdict, et contrairement à ce que la plupart des commentateurs racontent, il est sans appel. (…)

 

Ceux qui affirment que les élections de cette semaine se sont terminées en queue de poisson aboutissant à un nouveau score paritaire ne savent pas de quoi ils parlent. C’est douze ans d’un régime sans partage qui ne nous ressemblait pas et qui nous collait aux basques comme un vieux chewing-gum qui se terminent sous nos yeux".

 

Les autres media prophétisaient un cinquième retour aux urnes en cas d’impossibilité pour Netanyahu de former un nouveau gouvernement. Ils étaient loin de la plaque.

 

Depuis lors nous n’avons jamais changé de prévision, serait-ce d’un iota. Au point qu’une petite minorité de lecteurs bibistes nous avait pris pour des "gauchistes" comme ils disent, décrétant que cette analyse n’en était pas une mais qu’elle traduisait une prétendue haine de Binyamin Netanyahu ainsi que notre espérance politique. Depuis, j’imagine qu’ils s’étouffent, ils pleurent et ils suffoquent.

 

Un général de réserve de Tsahal m’a appelé à une heure ce matin pour me dire que nous étions en quelque sorte les "mentalistes" de la politique et de la stratégie.

 

J’ai trouvé cela flatteur, mais je lui ai expliqué que nous n’avions pris aucun pari. Que si c’était le cas, depuis le temps que nous décrivons les événements à venir – dans le cas précis neuf semaines  avant qu’ils ne surviennent -, cela nous serait déjà arrivé de nous tromper.

 

Nous disposons uniquement d’une certaine expérience dans nos domaines de prédilection, nous travaillons beaucoup, et, en comparant l’actualité avec des modèles de situations précédentes, en les croisant et en appréhendant parfaitement la dynamique des événements en cours, nous pouvions nous projeter dans le temps, avec un risque d’erreur pratiquement insignifiant.

 

Est-ce ainsi que les mentalistes fonctionnent ? Je l’ignore. C’est possible. A la Ména, c’est uniquement et vraiment de l’analyse.

 

Si j’ai commencé cet article par ce rappel, ce n’est certes pas suite à un accès d’autosatisfaction. Nous sommes très modestes, c’est une condition du succès de notre travail, et nous le resterons.

 

Nan. C’est parce que cela reflète la réalité, et que les autres media, par jalousie et parce que notre professionnalisme leur donne sans doute le vertige, ainsi que nos détracteurs, ne l’auraient pas mentionné publiquement. Or cela me paraissait injuste pour mes camarades qui ont fourni une prestation ontologiquement exceptionnelle qui ne méritait pas de passer inaperçue. On ne doit pas se pâmer d’exploits de ce genre, mais il n’y a pas non plus de raison qu’ils ne soient pas signalés. C’est juste une affaire de mesure.

 

Il faut dire que l’évènement en soi est tout aussi particulier. Il a abouti à cela qu’hier soir, le chef du parti Yesh Atid [héb. : un avenir existe], Yaïr Lapid, a appelé le Président de l’Etat Rubi (Réouven) Rivlin, qui se trouvait au stade de football de Tel-Aviv pour suivre la finale de la Coupe d’Israël (remportée par le Maccabi Tel-Aviv sur l’Hapoël Tel-Aviv 2 à 1 après prolongation).

 

Lapid a prononcé à son oreille par téléphone portable la phrase consacrée en pareille circonstance "Ala beyadi larkiv mimchala", en français, "Je suis parvenu à former un gouvernement".

 

Cela signifiait que Lapid avait reçu les signatures de chefs de partis ayant recueilli au moins 61 sièges sur 120 lors des élections du 23 mars d’accord pour former ledit gouvernement.

 

Quelques minutes plus tard, un document était transmis au Président portant les huit signatures en question, avec copie à Yariv Levin, le secrétaire de la Knesset.

 

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Sauf miracle, l’ère Netanyahu est terminée

 

Le processus était lancé. Ce jeudi matin, les mêmes chefs des partis ont prié Levin de faire procéder à un vote lundi prochain en vue de le remplacer (très probablement) par Meïr Cohen de Yesh Atid.

 

Cela écourterait le temps de latence qui pourrait être mis à profit par Netanyahu afin de faire pression sur des députés de Yémina [héb. : A droite (Bennett)] et de Tikva Khadasha [héb. : Nouvelle espérance (Guidon Saar)] afin qu’ils désertent la nouvelle coalition.

 

Si Yariv Levin était destitué lundi, le vote et la prestation de serment pourraient avoir lieu dès le lendemain, ce qui atténuerait les tensions. De toutes façons, la nouvelle coalition n’a aucune intention de s’embarrasser d’un nervis de Netanyahu au perchoir, ce qui fait que, de son point de vue, le plus tôt il sera remplacé, le mieux cela sera.

 

Il faut dire que la Propagandastaffel de Netanyahu exerce une pression qui n’a rien de démocratique sur tous les députés de la nouvelle coalition. Tous les moyens sont bons afin de les intimider à l’exception de l’assassinat politique, du moins jusqu’à présent.

 

Une foule de partisans incultes du Premier ministre sortant agresse sans discontinuer les députés et leurs familles, organisant des manifestations devant leurs domiciles, les couvrant d’insultes et de menaces de mort sur les réseaux sociaux et par messages téléphoniques, se focalisant notamment sur le bébé âgé d’un an et demi de la députée du parti de gauche Meretz [héb. : énergie] Tamar Zandberg.

 

Cette dernière a été contrainte de quitter son domicile avec sa famille après avoir été victime d’une fake news de la part des séides de Netanyahu.

 

On voit dans les rues et sur le Net les posters de Bennett et de Lapid, la tête enceinte d’un keffieh palestinien façon Yasser Arafat. On relit le mot "traître", qui avait, avec le poster, précédé de quelques jours l’assassinat du Premier ministre israélien Itzkhak Rabin par un orthodoxe.

 

Qui ressemblait à s’y méprendre dans son apparence et dans sa construction idéologique aux jeunes orthodoxes mâles – les femmes ne sont pas autorisées à participer à des occurrences publiques – qui sont en train de brâmer ce soir devant le domicile de la ministre de l’Intérieur pressentie de Yémina, Ayelet Shaked.

 

Personne n’a été tué mais c’est dans l’air selon le Shabak, le contre-espionnage. Les dirigeants du futur gouvernement d’Israël, les juges et les procureurs sont entourés d’une protection policière permanente, de même que leurs familles. Du jamais vu à cette échelle en Israël. La résultante de l’action d’une authentique mafia et d’un parrain refusant de quitter le pouvoir sans essayer d’entraîner les habitants d’un pays entier dans sa chute.

 

Cela n’empêchera pas Benjamin Netanyahu de choir et d’être ainsi soumis sans tour de prestidigitation possible aux verdicts des juges de Jérusalem devant lesquels il comparaît. La formation du gouvernement Lapid-Bennett prive entre autres effets secondaires l’inculpé de Balfour de pouvoir espérer une cessation des procédures pénales ouvertes contre sa personne ainsi qu’une immunité parlementaire spéciale qu’il n’aurait eu aucune vergogne à faire voter s’il avait gagné les dernières élections.

 

Il tentera toutefois de conserver son poste de député et de chef du Likoud afin de pouvoir bénéficier de l’immunité parlementaire simple dont jouissent tous les membres de la Knesset. Et qui, dans son cas, est préférable à pas d’immunité du tout.

 

Mais la coalition qui se dessine ainsi que ses dynamiques sont nettement plus intéressantes que le sort que le destin et la justice réserveront à Netanyahu. La formation du prochain gouvernement reflète une véritable révolution dans la vie politique de l’Etat hébreu.

 

Parce qu’il s’agit d’un authentique gouvernement d’union nationale, qui comprend trois formations de la droite traditionnelle, Yémina, Tikva Khadasha et le parti russophone d’Avigdor Lieberman, Israël Beiténou [Israël notre maison]. Deux partis centristes, Yesh Atid et Kakhol-Lavan [bleu-blanc] de Benny Gantz. Ainsi que deux partis progressistes, le parti socialiste israélien, celui qui a fondé cet Etat, et Meretz à sa gauche.

 

Voyons rapidement ce que ce gouvernement a de novateur : il amènera au poste de chef de l’exécutif le premier Premier ministre religieux (portant kippa) de l’histoire d’Israël en la personne de Naftali Bennett. Cette coalition sera également la première à intégrer un parti arabe israélien, Raam, soit les initiales de la Liste Arabe Unie. Ce n’est pas n’importe quel parti, puisqu’il s’agit d’une formation d’inspiration islamique, l’expression politique de la branche méridionale du Mouvement Islamique en Israël.

 

C’est la formation la plus extrême parmi les quatre "grands" partis arabes israéliens. Ce sera aussi la formation la plus religieuse de ce gouvernement toutes croyances confondues, puisque les trois partis orthodoxes juifs ont tous opté pour le camp bibiste.

 

Il y a quelques lignes directrices qui ont présidé à la formation de cette coalition qu’il est préférable de connaître. Comme le fait qu’il ne s’agit pas d’un rapprochement idéologique : Bennett ne va pas devenir islamiste et Meretz ne va pas devenir un parti de droite.

 

Chacun garde son identité et ne tentera pas de profiter du compromis afin de faire prévaloir ses points de vue. Selon les partis qui composeront ce gouvernement, il s’agira de réparer les dommages causés par la pandémie, par Benyamin Netanyahu, de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions de l’Etat, de veiller au redémarrage économique, et de s’occuper de la gestion de la dette.

 

Laquelle atteint l’équivalent de 25 000 euros par Israélien, aînés et nourrissons compris (contre 40 000 euros en France).

 

Cela va faire bientôt trois ans qu’Israël n’a pas de budget. C’est une conséquence de la ligne suivie par Netanyahu et c’est également un cas unique parmi les démocraties avancées. Mais surtout, l’adoption d’un budget ne procède pas d’un acte symbolique ni d’une disposition marginale. C’est l’un des outils principaux de la gouvernance. Sans budget, il n’y a pas de politique économique, à terme, il n’y a plus d’Etat.

 

Dès lors, l’une des priorités de ce gouvernement sera de faire voter un budget le plus rapidement possible, et c’est l’intérêt de tous les partis et de tous les Israéliens. Ceux de droite et ceux de gauche, les Israélites et les Arabes.

 

C’est ce qui motive les composants de cette coalition hétéroclite. Ils sont convaincus qu’ils sont d’accord sur 80% des sujets à traiter. Concernant les 20% restants, ils ne sont pas prioritaires, et, dans un gouvernement de cette sorte, on ne touchera pas au statu quo ; en cas de divergences politiques et idéologiques on ne touchera à rien. S’il y a un dilemme qu’il est nécessaire de trancher dans l’urgence, ce sont Lapid et Bennett qui décideront collégialement.

 

Mais pour le moment, il faut que les ministères et les ministres se remettent à travailler. Il faut repourvoir les centaines de postes de fonctionnaires que l’on n’a pas pu engager faute de budget. Avant de se disputer sur nos différences, on doit se reconstruire sur nos besoins communs et fondamentaux. La tâche est colossale, elle va prendre des années.

 

Et on va réutiliser le nous. On va se concerter, personne ne prendra plus de décisions tout seul. Personne ne signera plus un accord international sans en avoir discuté en conseil des ministres. Et il n’y aura plus de clauses secrètes dissimulées à la connaissance des ministres.

 

Ca va être un sacré changement.

 

On ne va pas aborder tous les sujets en une seule analyse, mais il y en a un qu’il est nécessaire d’expliquer. Comment comprendre, en effet, que l’on puisse se retrouver à la tête d’un pays démocratique lorsque son parti n’a recueilli que 7 sièges aux élections législatives ?

 

Qu’on a perdu un député qui a fait défection en route, et qu’on pourrait en perdre un second si Nir Orbach quittait le navire ? Suivant ce qu’il se passe ce weekend, Naftali Bennet pourrait se retrouver lundi avec le septième parti par ordre de grandeur dans la coalition, devançant uniquement la Liste Arabe Unie de Mansour Abbas. Et encore être Premier ministre et même le premier dans la rotation.

 

J’ai mis du temps à la trouver, mais il y a une logique et une explication. Je vous la livre : Dans leur approche, les architectes de ce gouvernement ont décidé de ne pas prendre en considération le nombre de voix comptabilisées par chaque parti, mais la répartition des suffrages exprimés au niveau national, en fonction de la droite et de la gauche.

 

De la vraie droite et de la vraie gauche, non de celles évoquées par Netanyahu comme un moyen pour stigmatiser ses adversaires et les changer en ennemis et en traîtres. Car, en définitive, chacun place la frontière entre la droite et la gauche là où il le désire. Pour le Premier ministre sortant, la gauche c’était tout ce qui n’est pas le Likoud et les partis orthodoxes.

 

C’est-à-dire que tous ses adversaires étaient automatiquement "de gauche". Et cela pouvait changer très rapidement au fur et à mesure de ses besoins personnels. Comme dans le cas de Benny Gantz, qui était un "affreux gauchiste" lors des avant-dernières élections. Qui est devenu quelqu’un de convenable lorsqu’il est devenu partenaire avec des droits de décision égaux à ceux de Netanyahu lors de la dernière législature ; puis quelqu’un de carrément fréquentable après le 23 mars dernier, lorsque "Bibi" a compris qu’il avait perdu les élections, au point de proposer à Gantz une nouvelle coalition avec la première rotation à la clé au poste de Premier ministre pour l’ancien général. Netanyahu venait d’oublier qu’il avait convoqué les élections de mars précisément pour ne pas avoir à transmettre le bâton de maréchal à Benny Gantz, comme le provisionnait l’accord de coalition qu’il avait signé avec lui six mois plus tôt.

 

Et pour finir, depuis l’annonce de la nuit dernière de la mise sur pied d’un gouvernement d’union nationale, Gantz est redevenu un "gauchiste", pivot du "gouvernement de gauche" que Naftali Bennett est sur le point de constituer.

 

La vérité est différente. Lapid, Saar, Gantz, Bennett, Lieberman et compagnie ont compris que pour être crédible et acceptable par les Israéliens, un gouvernement d’union nationale se devait de refléter les sensibilités politiques des électeurs.

 

Dans ces conditions, il importait que Bennett, Saar et Lieberman, les représentants de la droite et des religieux non orthodoxes dans le gouvernement d’union, disposent d’une influence égale à celle des centristes et de la gauche, même si leurs partis avaient recueilli moins de voix qu’eux.

 

D’où la décision de partager en deux forces identiques dans le gouvernement d’union les privilèges de la droite, d’une part, et ceux du centre et de la gauche, de l’autre.

 

Et même de confier la première rotation au poste de président du conseil à Bennett, et dans deux ans à Lapid.

 

C’est le fruit d’une décision très sage dans l’intérêt du pays de la part des partis du centre et de gauche.

 

C’est aussi une invitation faite aux membres et aux députés de l’actuel Likoud de rejoindre Bennett et Saar dans la nouvelle coalition aussitôt que Netanyahu aura quitté la politique de son plein gré, après en avoir été écarté par son parti, ou au moment où les juges de ses procès rendront leurs verdicts et que ces derniers recèleraient une privation des droits civiques.

 

Ce sont ces dispositions très spéciales qui rendent le gouvernement d’unité nationale crédible, en faisant en sorte qu’il figurera tous les citoyens d’Israël dans leur authentique représentativité.

 

Netanyahu ce n’est pas la droite, comme il se plaît à le clamer. Netanyahu, c’est Netanyahu. Un aventurier sans foi ni loi, occupé dans un premier temps à gagner indûment de l’argent grâce à la fonction pour laquelle il avait été élu, et dans une seconde phase, à ne pas avoir à rendre des comptes pour ses larcins devant un tribunal. A n’importe quel prix. Même au détriment des intérêts du pays et de ses habitants. Mais en les dressant les uns contre les autres, en vertu de leurs opinions politiques, de leurs origines ou de leurs religions.

 

Le triple inculpé de la rue Balfour – et ce n’est rien qu’une question de temps avant que le gouvernement d’union nationale encourage la Police et les juges à ouvrir enfin l’enquête le concernant s’agissant de la vente de sous-marins stratégiques à un régime islamique – est allé jusqu’à déclencher une guerre avec le Hamas à Gaza et une quasi-guerre civile afin de créer un environnement dans lequel il pourrait encore s’accrocher au pouvoir. Et cela a presque fonctionné.

 

C’est arrivé lorsque Netanyahu a lâché les souverainistes juifs sur les quartiers arabes de Jérusalem aux cris de mort aux Arabes. Il savait parfaitement ce que cela allait provoquer, car le contre-espionnage l’avait imploré de renoncer à cette folie en lui exposant les risques qu’il prenait et leurs conséquences inévitables.

 

Non pas que nous soyons amis avec l’organisation terroriste islamique du Hamas, mais parce que Netanyahu lui a tendu la perche qu’elle attendait. La justification pour déclencher une guerre.

 

C’est le contraire qui est vrai : Netanyahu n’a jamais laissé Tsahal terminer une guerre et éliminer le Hamas, exposant inévitablement Israël à un prochain conflit avec cette milice. Quant à Jean Tsadik et moi, nous ne cessons d’affirmer que cela constitue une priorité stratégique majeure ; une menace qu’Israël ne peut en aucun cas tolérer. Les événements récents à Gaza et en Israël ont démontré le bienfondé de notre raisonnement. Il suffit pour le compléter d’imaginer la situation qui aurait prévalu si le Hezbollah et l’Iran avaient ouvert un autre front au Nord.

 

On aurait ramassé des milliers de morts dans nos rues. Israël aurait sans doute triomphé mais elle se serait vue profondément fragilisée plusieurs semaines durant. Le genre de situation qu’un dirigeant normal, dévoué au seul intérêt du pays qu’il gouverne, voudrait éviter à tout prix.

 

La réaction des Arabes israéliens était prévisible quoiqu’elle ait surpris par son ampleur et sa violence.

 

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Opération terrestre israélienne sur le Golan la nuit dernière (010606/21) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 01 juin 2021

 

© Metula News Agency


Stéphane Juffa et Jules Mazouz ont participé à cette dépêche


Métula, mardi soir

 

La nuit dernière – de lundi à mardi – une force importante de Tsahal a franchi la ligne de barbelés séparant la Syrie et Israël pour accomplir une opération militaire de l’autre côté de la barrière de sécurité.

 

Le lieu visé par l’Armée israélienne se situe en territoire israélien mais de l’autre côté de ladite barrière, constituée par un solide grillage courant le long d’une route de patrouilles.

 

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Lieu de l’opération de la nuit dernière

L’emplacement de l’intervention est signalé par une étoile de David rouge et jaune

Service cartographique © Metula News Agency

 

Cette situation existe en de nombreux points des frontières avec la Syrie et le Liban, car, dans ces régions à la topographie accidentée, il est techniquement impossible d’édifier une barrière de sécurité et la route qui l’accompagne précisément sur le tracé de la frontière.

 

Dans le cas d’espèce, la frontière internationale correspond à la Ligne Alpha, ou Ligne de Séparation Alpha, matérialisée par des points noirs remplis de bleu sur la carte.

 

L’Armée gouvernementale syrienne avait imaginé pouvoir s’installer et construire une fortification sur le territoire israélien, simplement parce qu’elle se situait côté syrien du treillis métallique. Et également, parce que Damas ne pensait pas que Jérusalem risquerait un affrontement entre les deux armées uniquement afin de détruire cette position avancée.

 

Il s’agissait d’un ouvrage militaire important qui servait de poste d’observation à disposition de l’Armée des al Assad et de son allié chiite libanais du Hezbollah pour suivre les mouvements de Tsahal.

 

En plus du fait que ce fortin se situait en Israël, l’accord de désengagement de 1974 entre les deux pays stipule qu’aucun poste militaire ni aucun soldat du régime alaouite ou allié à icelui n’a le droit de se trouver dans la zone démilitarisée entre les lignes Alpha et Bravo [cercles blancs sur la carte].

 

Peu après minuit, des unités d’infanterie, de chars, canines et du génie, soit plusieurs centaines de soldats de Tsahal, ont franchi le grillage de sécurité et parcouru les quelques centaines de mètres qui les séparaient de la position ennemie.

 

Durant l’opération, le ciel était sillonné par des drones d’observation et d’attaque qui sécurisaient les troupes au sol.

 

Lorsqu’ils se sont aperçus de l’avancée des forces israéliennes, les miliciens libanais et les militaires syriens se sont retirés précipitamment en direction du territoire syrien.

 

Après avoir sécurisé la place, le génie a détruit la construction grâce à 50kgs d’explosifs.

 

La force d’intervention a refranchi un peu plus tard la barrière de sécurité. Tous les personnels sont sains et saufs.

 

Tsahal a avisé l’Armée syrienne qu’il ne tolérerait aucune présence armée sur son territoire et qu’il interviendrait à nouveau si nécessaire.

 

Des officiers ont confié à la Ména que l’état-major de l’Armée israélienne avait préféré une intervention terrestre à une frappe aérienne afin de signifier à l’ennemi que nous nous sentions parfaitement prêts à intervenir au sol si nous jugions que c’était nécessaire.

 

 
Vivre à 200 mètres du Hezbollah (info # 013105/21) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 31 mai 2021

 

© Metula News Agency

 

Par Stéphane Juffa au micro d’Olivier Rafowicz pour KAN, La Radio publique israélienne.

 

Ecoutez l’interview de 16 minutes :

 

Sur Facebook :

https://www.facebook.com/kanenfrancais/posts/2909188086062904?notif_id=1622447409841200&notif_t=page_tag&ref=notif

 

 

Sur Youtube :

https://youtu.be/b7iU0lzy0lk

 

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A gauche, Stéphane Juffa, et Olivier Rafowicz

 

 
Symbole contre symbole (info # 012605/21) Version imprimable
Analyse
mercredi, 26 mai 2021

 

Par Ilan Tsadik

 

La dernière confrontation à Gaza a eu un impact important non seulement au Moyen-Orient, mais également, indirectement, en Europe et ailleurs.

 

En Europe, particulièrement, la symbolique de la cause palestinienne s’est réveillée et a pris une tournure bien particulière.

 

Avant d’aller plus loin, il est nécessaire, principalement dans ce cas, de rappeler qu’un symbole n’a nul besoin de se baser sur des faits pour exister. Lorsque l’on évoque le symbole de la cause palestinienne en Occident, il est indispensable de préciser, et c’est basé sur des dizaines d’enquêtes, que ses porteurs, pour plus de 98% des individus, sont totalement incapables de situer la Palestine et Israël sur une carte, et ignorent les éléments géographiques de base de la Palestine, comme sa dimension, le nombre de Palestiniens, ou encore le nombre d’habitants d’Israël. D’autre part, ils n’ont pas la moindre idée du bilan des morts et des blessés du dernier affrontement entre Tsahal et le Hamas.

 

Cela dit, cela n’enlève rien à la force du symbole. Ce, d’autant plus qu’il s’agit d’un symbole identitaire.

 

Descendre dans la rue pour exprimer son soutien au Hamas, ou écrire des slogans anti-israéliens ou antisémites sur les murs des banlieues, c’est une façon pour des musulmans européens d’exprimer leur révolte contre les autorités du pays qui les accueille et qu’ils croient gouverné par "les" Juifs. C’est aussi une possibilité d’exprimer son appartenance à l’islam et son rejet des valeurs qui s’opposent à lui.

 

Il me faut m’empresser de préciser que ce phénomène ne touche pas tous les musulmans vivant dans des pays occidentaux, loin s’en faut, ni même la majorité d’entre eux. Le jour où l’on a compté le plus grand nombre de manifestants propalestiniens dans les rues de France durant Gardien des Murailles, il y en avait 22 000 dans tout l’Hexagone selon la Police.

 

Lors, même si, par hypothèse que la Police se soit trompée, il y en avait le double, relativement à la population musulmane de France on parle d’une très petite minorité. Ce qui ne nous permet pas d’exclure cependant qu’une partie significative de ceux qui ne sont pas suffisamment motivés pour battre le pavé sont tout de même sympathisants de "la cause".

 

L’autre élément fondamental à relever participe de cela que parmi les 22 000 manifestants, selon les relevés de deux de nos journalistes-témoins qui se sont mêlés aux cortèges, 20 000 étaient des musulmans assumés, soit plus de 90%.

 

Le calcul était relativement facile à réaliser en observant les vêtements des participants, ainsi que la partie des slogans qui étaient repris en arabe ; la population "souchienne" ne pratiquant pas l’arabe et n’arborant pas le voile islamique.

 

Autre critère d’observation en Europe, qui conforte la précédente, la répartition par pays des manifestations. Elles ont eu lieu uniquement dans les pays à forte population immigrée, la France, le Royaume-Uni, la Belgique, l’Espagne et la Suède.

 

Rien ou presque en Grèce, rien en Tchéquie, en Slovaquie, en Slovénie, en Ukraine, en Hongrie, en Autriche, au Danemark, aux Pays-Bas, en Bulgarie, en Pologne, etc.

 

Vidéo : au château de Prague, la résidence présidentielle, le drapeau israélien a remplacé celui de l’Union Européenne aux côtés des couleurs tchèques :

https://youtu.be/NRhaoVlQc_I

 

fratelli.jpg

Fratelli d’Italia : frères d’Italie au Parlement de Rome

(également le nom de l’hymne national italien)

 

En Italie et en Allemagne, on a observé des manifestations mais limitées.

 

On peut affirmer que plus la population immigrée est importante, plus les manifestations ont pris de l’ampleur, la Grande-Bretagne arrivant largement en tête de ce phénomène.

 

L’on remarquera aussi que lesdits pays à forte immigration sont ceux desquels les gouvernements se montrent les plus critiques de la politique israélienne, notamment sur les media publics.

 

Inversement, les pays qui limitent fortement l’immigration sont ceux dans lesquels l’appui à Israël se fait le plus clairement entendre, que ce soit au niveau du soutien populaire, de celui de certaines municipalités ou partis politiques, ou carrément au niveau de l’Etat.

 

De l’Etat, comme en Tchéquie, en Slovaquie, en Slovénie, en Ukraine, et en Autriche, où le drapeau israélien a été hissé aux côtés des couleurs nationales sur certains édifices gouvernementaux.

 

En Allemagne, le parti de la droite républicaine, principale formation d’opposition, a arboré les couleurs de l’Etat hébreu sur le building de son siège. En Italie, plusieurs députés ont brandi le même étendard en pleine séance du Parlement.

 

Assiste-t-on à un épiphénomène marquant l’expression d’une sympathie à un camp ou à un autre pendant la durée d’un conflit ?

 

Nous ne le croyons pas en regardant cet événement de plus près. Ce, d’autant plus que, même dans les pays où la symbolique propalestinienne fait la loi dans la rue, un contre-phénomène, une contre-symbolique pro-israélienne est en train de voir le jour.

 

Ce qui est plus intéressant encore, consiste à remarquer que les nouveaux partisans européens d’Israël ne sont pas juifs dans leur écrasante majorité.

 

En France, par exemple, nous avons pris le temps de consulter les textes des internautes réagissant aux articles sur Gaza dans la presse conservatrice. Dans le Figaro, par exemple, nous avons comptabilisé que 85% des commentateurs des articles exprimaient leur soutien voire leur admiration pour Israël, contre 15% d’anti-Israéliens.

 

Ce qui est spécifiquement intéressant tient à l’argumentation de ce parti pris. La plupart des intervenants soulignant la similitude du danger que l’Etat hébreu affrontait à Gaza avec celui posé, selon eux, par l’ "invasion" étrangère musulmane.

 

Les mêmes internautes plébiscitaient le "courage" d’Israël, ainsi que le fait que ce courage manquait aux autorités françaises, et que ce n’était qu’une question de temps avant que Gaza ne se transpose à Paris ou à Marseille ; les intervenants se déclarant persuadés que la France se défendra moins bien que les Israéliens.

 

Un nombre non-négligeable des commentateurs affirmaient pour leur part que la guerre civile des "souchiens" contre les islamistes avait déjà commencé, mettant en avant ce qu’il se passe dans les territoires de non-droit également appelés les territoires perdus de la République.

 

C’est totalement nouveau. En Europe et en France. On brandit un symbole – la résistance d’Israël face au Djihadisme – contre un autre symbole – la résistance des Djihadistes face à l’Armée israélienne.

 

Il est intéressant aussi d’observer ce que recoupent ces deux symboles. Ceux qui agitent celui de la "résistance d’Israël" prétendent défendre les valeurs laïques, celles de la République, ainsi que celles de l’identité nationale.

 

Ils ne sont pas forcément des sympathisants ni des grands connaisseurs de ce qu’il se passe en Israël, non plus que des analystes militaires. Israël est juste leur héros, comme le Hamas est celui de l’autre camp.

 

Reste à leur concéder que dans leur masse, ils se tiennent largement plus au courant de l’évolution de la situation en consultant les media, et ils sont davantage au fait des avatars de l’affrontement devant Gaza.

 

Ils adhèrent à une symbolique politique, alors que la symbolique propalestinienne est une symbolique identitaire.

 

Ce sont assurément des partisans de l’Etat de droit et de la démocratie, alors que chez les propalestiniens, on soutient un califat islamique et l’on rejette les valeurs de la République, de la laïcité et de la démocratie.

 

Cela n’indique pas que les adeptes de la cause palestinienne n’émettent pas des revendications relatives au droit, ou, du moins, à une certaine forme d’application de celui-ci.

 

Principalement en adoptant la posture victimaire et en se plaignant d’un génocide que les soldats hébreux commettraient. Ils ignorent le chiffre de 253 décès avancé par le Califat de Gaza, civils et combattants confondus, ce qui, pour huit jours de combats de grande intensité, fait de Gardien des Murailles le "génocide" le plus léger, et d’extrêmement loin, que l’histoire humaine ait connu.

 

Les propalestiniens clament également le droit des Palestiniens à la souveraineté sur l’ensemble du territoire disputé, sans préciser le sort qui serait réservé aux Israéliens, mais que l’on peut aisément imaginer en prêtant l’oreille à leurs slogans et à leurs cris.

 

Il est certain que la proportion de proisraéliens parmi les internautes-commentateurs des journaux progressistes français – Libé, le Monde etc. - est nettement moindre que celle des media conservateurs. Mais il est loin d’être nul et avoisine sans les atteindre les 30% selon nos pointages. Et ils reprennent les mêmes motifs que sur le Figaro.

 

En face, on compte des propalestiniens extrêmement virulents, de même que des gens se réclamant ou laissant paraître une sensibilité de gauche, et des individus dont le langage laisse filtrer des motivations à la limite de la propagande antisémite. Ces journaux ne devraient pas se contenter d’effacer les messages qui leur semblent trop pro-Israéliens, une activité qui ne fait pas l’ombre d’un doute, ils devraient faire très attention également à ne pas héberger des interventions qui n’auraient pas fait rougir le gouvernement de Vichy et ses législateurs antijuifs.

 

Je dirai sans hésiter que la population tricolore se reconnaît largement plus dans le symbole pro-israélien, que dans le propalestinien.

 

Ce, en dépit d’une propagande imbuvable de tous les instants des media publics en faveur des terroristes islamiques du Hamas contre l’Etat de droit d’Israël.

 

Mais cela n’efface nullement le sentiment de la majorité des Français [il s’agit d’une perception de notre part, non d’une vérité absolue, nous n’avons pas la prétention de remplacer une consultation électorale par notre impression] se sentant non-représentés, non-protégés et gouvernés par des incapables et des menteurs.

 

Beaucoup résistent à la tentation de voter Rassemblement National, tout en se sentant abandonnés par le macronisme, qui a montré ses limites dans la gestion du Corona, de la crise économique et de la sécurité civile.   

 

La quasi-totalité des Français a dû prendre des dispositions afin de préserver sa propriété, à commencer par son véhicule. Les mêmes vivent avec l’impression de ne pouvoir compter que sur eux-mêmes pour se garantir les revenus nécessaires à leur survie économique à ce stade de l’épidémie du Corona.

 

Or Israël c’est aussi le seul pays du globe dans lequel la pandémie a été éradiquée et dans lequel les habitants vivent une existence absolument normale. Si Emmanuel Macron n’a pas conscience de cette réalité, eux si.

 

Israël constitue une branche à laquelle il est facile de se raccrocher par les temps maussades qui prévalent en Europe. Notamment parmi nos amis militaires français et les membres de la communauté du Renseignement.

 

Souvent certains d’entre eux nous font la remarque que les organisations qu’ils combattent au Mali depuis 2013 – et contre lesquelles ils ont perdu 56 camarades - ne sont rien d’autre que des duplicatas du Hamas et du Djihad Islamique Palestinien.

 

Or quelle justification objective est-il loisible de faire valoir pour condamner Israël qui se défend contre des tirs de roquettes sur Tel-Aviv, tout en combattant ANSAR Dime ou ANSARUL Islam, ou encore le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans ? Alors que ces milices islamiques ne menacent même pas le territoire français ?

 

La réponse est la chape de plomb sans failles que le gouvernement français fait peser sur le conflit malien et ses péripéties, qui a déjà fait au moins 2 500 morts. Or si la mort durant un combat de 253 personnes méritait l’intitulé de génocide, comment devrait-on nommer l’éradication de 1 200 musulmans avec la participation active de l’Armée française au Mali ?

 

La question que je ne fais que soulever dans cet article est grave. Elle concerne tout autant les lettres adressées par les officiers supérieurs français au président de leur république. Or le contenu de ces lettres se réfère précisément à la menace d’une perte de souveraineté et de contrôle du territoire national face à ces identitaires qui soutiennent notamment le Hamas.

 

Ce sont des lancements d’alerte, non pas des menaces de putsch. Emmanuel Macron ne comprend décidément rien à rien.

 

Il dicte une position alignée sur celle du Hamas à son Premier ministre, à l’agence de presse nationale AFP, à tous les media étatiques et à la diplomatie française.

 

Si un évènement de la semaine dernière illustre bien ce parti pris, c’est l’interview accordée à TV5 par Son Excellence Daniel Saada, ministre plénipotentiaire de l'ambassade d'Israël, actuel chargé d'Affaires d'Israël en France.

 

L’interviewer choisi par la chaîne était Mohamed Kaci, un confrère d’origine algérienne, militant passionné de la cause palestinienne. C’est un choix douteux et tout sauf innocent que de charger un activiste musulman d’interroger l’ambassadeur d’Israël, en plein conflit, sur une chaîne de télévision française.

 

Regarder l’entretien de TV5 [vidéo] :

https://youtu.be/19ZlUfZGrC4

 

En fait, ce ne fut pas une interview mais l’agression d’un diplomate représentant un Etat démocratique prétendument ami par un journaliste principalement médiocre et accessoirement malintentionné, fonctionnaire de l’Etat français.

 

Kaci fit état d’un "bilan très lourd" de 227 Palestiniens tués, parmi eux 64 enfants, citant (mal) les sources du Califat islamique. Mais oubliant de préciser – l’étourdi ! –, d’une part que ceux qui ne sont pas des "enfants" au pied de ce bilan, sont des terroristes qui ont tiré 5 000 roquettes sur les villes israéliennes, avec l’unique objectif de tuer le plus de civils juifs possibles. Et d’autre part, que la majorité des morts civils gazaouis ont été tués par des roquettes du Hamas qui ont explosé dans le périmètre de Gaza.

 

Lorsque l’ambassadeur expliqua ce fait avéré à Kaci, celui-ci, qui n’était visiblement pas au courant de la réalité, répliqua à l’intention de M. Saada : "Ca c’est votre point de vue, M. l’ambassadeur".

 

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Encerclé en rouge, le nombre de roquettes islamiques tombées sur Gaza

Pas le point de vue de M. Saada, le bilan de Tsahal…

 

Selon Kaci tout le monde sait que Gaza est une prison à ciel ouvert. De plus, il a donné aux téléspectateurs de TV5, en exclusivité universelle, la raison du récent conflit, à savoir que "Gaza est sous blocus depuis 13 ans, d’où ces tirs de roquettes du Hamas".

 

Lorsque l’ambassadeur fit remarquer à cet ersatz de journaliste qu’Israël ne peut pas imposer un blocus à Gaza, puisqu’une partie de la frontière de l’enclave palestinienne est contrôlée par l’Egypte, principal pays arabe, et non par Israël, le journaleux répondit que le blocus était imposé par les deux pays.

 

On se demande alors pourquoi le Hamas ne lance pas de roquettes sur l’Egypte selon sa théorie ?

 

Le fonctionnaire de presse de l’Etat français a aussi affirmé qu’ "Israël était considérée comme une puissance occupante à Gaza". Par qui ? Sa perceptrice, ses cousins et sa concierge ? M. Saada a précisé pour sa part qu’il n’y avait pas un seul soldat israélien à Gaza. J’ajoute, égyptien non plus.

 

Le faussaire de l’info a affirmé entre autres que Tsahal a détruit des hôpitaux à Gaza. Je crois que même le Hamas n’affirme pas cette contre-vérité. Ou quand l’info officielle française dépasse la propagande des organisations terroristes islamiques.

 

Mohamed Kaci a aussi joué au jeu idiot des présentateurs français consistant à placer le plus de fois possibles le mot colonie dans l’interview. Or quelqu’un devrait lui dire d’urgence que l’on ne peut pas être un colon sur un territoire lié à l’histoire de sa nation.

 

Pour que l’on puisse parler de colonie, il faut impérativement que le territoire incriminé n’ait pas de lien historique avec la "métropole" qui le contrôle. Que la population qui en est originaire n’ait aucune racine commune avec celle de la métropole. Comme c’est le cas de la Guyane ou de la Nouvelle Calédonie pour la France, par exemple.

 

Les guerres d’émancipation des pays colonisés par la France ont fait des millions de morts, 200 000 à Madagascar et 800 000 en Algérie, pour ne parler que de ces deux territoires. 1 050 000 personnes furent massacrées en Indochine par l’Armée française, dont 150 000 civils. Aucun des combattants de ces pays n’a cependant tiré une seule balle de fusil sur Paris ou sur toute autre ville continentale française.

 

Si 227 Palestiniens tués constituent un "bilan très lourd", quel qualificatif doit-on utiliser pour ces populations décimées par l’Empire colonial français ?

 

Enfin, l’activiste de la symbolique propalestinienne a osé la question : "Pourquoi les Palestiniens devraient-ils accepter un gouvernement de droite et d’extrême droite en Israël ?".

 

Je me contenterai de faire savoir à cet ignare que le gouvernement actuel de transition en Israël est parfaitement paritaire entre deux formations politiques, le Likoud, de droite, comparable aux Républicains en France, et Bleu-Blanc, que l’on peut situer légèrement à gauche du MoDem. Chaque décision pour être adoptée doit obtenir les voix de la majorité des ministres qui sont également répartis entre ces deux partis.

 

Celui qui qualifie le gouvernement actuel d’Israël de gouvernement de droite ou d’extrême droite n’est pas uniquement un fieffé menteur, c’est aussi un malade mental.

 

Tout ce que ce "journaliste" du service public a affirmé durant l’interview du représentant de l’Etat d’Israël en France est factuellement faux. Absolument tout. Au point que Son Excellence Daniel Saada, ministre plénipotentiaire de l'ambassade d'Israël a été amené à qualifier son comportement professionnel de "scandaleux" et de "honte", ce qui dénote d’une conduite anormale lors de l’interview d’un diplomate.

 

Ce fait divers pour exprimer que Paris a adopté en guise de politique au Proche-Orient la symbolique djihadiste palestinienne. En même temps, cela confine, aux yeux d’une majorité de Français qui ne sont plus dupes, à une reddition face à la frange la plus islamiquement radicale de leurs nouveaux compatriotes.

 

Au point qu’il faudra bientôt une nouvelle marche nationale contre l’antisémitisme afin de contenir les blessures causées par les mensonges de Mohamed Kaci et de ses clones disséminés par une chaîne publique.

 

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Gaza : les derniers développements, l’Iran et le Liban (info # 022005/21) [Analyse télévisuelle] Version imprimable
Analyse
jeudi, 20 mai 2021

 

TV Mena

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Par Stéphane Juffa en vidéo sur la situation.

 

Sur RadioJ, au micro de Steve Nadjar.

 

Ecoutez l’interview de 5 minutes :

 

https://youtu.be/2ru2-C1pp-A

 

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Les journalistes

 

 
Victoire de Tsahal par K.O : les détails (info # 012005/21) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
jeudi, 20 mai 2021

 

© Metula News Agency

 

Le point et l’analyse de Stéphane Juffa sur la situation.

 

Tous les détails concernant la victoire de Tsahal.

 

Sur Kan en français, avec la journaliste Emmanuelle Adda.

 

Ecoutez l’interview de 14 minutes :

 

https://www.facebook.com/watch/?v=306367091072224

 

Pour ceux qui ne sont pas sur Facebook :

 

https://open.spotify.com/episode/0NFK5grMLOmqNyMXCPorwn?si=EsXfn-lPRxydNoyNsTQ-cg 

 

 

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Tsahal par K.O (011805/21) Version imprimable
Analyse
mardi, 18 mai 2021

 

Analyse de Stéphane Juffa, assisté de Jean Tsadik, avec la participation de Michaël Béhé, Sami el Soudi, Jules Mazouz et Ilan Tsadik


Métula, mardi 18:00, 17:00 à Eugénie-les-bains

 

Cet article fera date, car l’information qu’il contient n’a été communiquée par aucun media et elle est capitale.

 

La Guerre de Gaza est virtuellement terminée..

 

C’est l’information en question.

 

Voici l’une des dernières annonces en date émise par le porte-parole de Tsahal concernant la nuit dernière [de mardi à mercredi] :

 

"Des avions de combat de Tsahal ont frappé pour la quatrième fois le réseau de tunnels "Métro" de l'organisation terroriste du Hamas dans le nord de la bande de Gaza. Au cours de la frappe, environ 65 cibles terroristes ont été oblitérées par 62 avions de combat des Forces de Défense d’Israël, au moyen d’environ 110 projectiles guidés".

 

Ce que Tsahal ne dit pas, c’est que la capacité des organisations terroristes islamiques palestiniennes de Gaza de tirer des roquettes sur les villes et les villages israéliens a été anéantie.

 

Et c’est tout ce qu’il leur restait après que leurs infrastructures de surface ont été détruites à 85%.

 

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Trois missiles alignés pour la destruction d’une section du Métro

 

Vidéo : Destruction d’une autre section du Métro sur le bord de mer

https://twitter.com/ArabNewsfr/status/1394590105591967746?s=07&fbclid=IwAR38oszXM0TOMKd92-RTJ8JreZK_FMnMxx5PNly1B-o3BHafQo5sgpKi4xA

 

La plupart des analystes pensaient qu’il serait impossible à l’Armée israélienne d’anéantir le réseau de roquettes et leurs lanceurs installés dans le labyrinthe de boyaux souterrains baptisé Métro, parfaitement étayé grâce à des structures préfabriquées en béton et long de 150 kilomètres.

 

Le Hamas aussi en était persuadé.

 

D’après les connaissances militaires qui prévalaient avant Gardien des Murailles, c’était effectivement impossible.

 

A la Ména, au fait des capacités développées par l’industrie de l’armement israélienne, nous savions que c’était possible. Mais nous étions convaincus que cela prendrait entre deux et trois semaines à partir de la destruction des moyens militaires ennemis de surface. C’est-à-dire à partir de maintenant.

 

Lors, nous savions pertinemment que l’Etat hébreu ne disposerait pas de ce laps de temps, en raison de la pression internationale, particulièrement celle émanant de la Maison Blanche, pour mener à terme cette tâche.

 

C’était aussi l’opinion des analystes stratégiques du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne.

 

Nous étions tous persuadés que seule une opération terrestre éclair pouvait venir à bout du Métro. Et que la confrontation actuelle se terminerait par une situation dans laquelle le Hamas et ses organisations complices disposeraient toujours de plusieurs milliers de roquettes et d’une infrastructure souterraine idoine pour les lancer sur Jérusalem et Tel-Aviv lorsqu’ils le décideraient.

 

Le Métro et ses roquettes étaient tout ce qu’il restait aux terroristes djihadistes pour perturber Israël. Cela ne pesait d’aucun poids stratégique et cela avait un impact tactique très limité. Rien qui ne mette directement en danger la suprématie militaire d’Israël et encore moins sa pérennité. Mais vivre sous la menace constante d’un groupe restreint de terroristes islamiques et de leur armement datant des années cinquante, acharnés à faire le plus de victimes possibles dans notre population civile était insupportable.

 

Privées de cette menace, ces milices terroristes ne sont guère plus combatives qu’une meute de chats ronronnants. De plus, tous leurs concepteurs d’armement, tous les cadres de leur industrie militaire et tous les ateliers de fabrication ont été anéantis avant même que ne commence la destruction du Métro. Ce qui compliquera terriblement la tâche de leur réhabilitation par le Hamas.

 

C’est l’idée d’Aviv Kokhavi, le général chef de l’état-major de Tsahal, décidément un homme hors du commun. Il a réuni les commandants de l’Aviation et de l’Artillerie, et leur a donné quatre jours pour détruire le Métro.

 

Ils lui ont sans doute répondu que c’était absolument impossible.

 

Il leur a immanquablement affirmé que ce n’était pas leur opinion qu’il leur demandait mais qu’il s’agissait d’un ordre. Que c’était à eux de s’organiser. Que c’était leur boulot.

 

Jusqu’à présent, en plus des tirs d’artillerie, on s’est trouvé à un moment avec 160 chasseurs-bombardiers dans la minuscule portion de ciel de Gaza. Et au moins trente drones et quinze hélicoptères d’assaut.

 

Demandez à un contrôleur aérien de l’aéroport H.-Jackson à Atlanta, le plus fréquenté du monde, même sans que ces avions ne tirent un seul coup de feu, s’il s’agit d’un trafic gérable. Il vous répondra invariablement que non. Parce que c’est un tour de force, surtout que ces avions se déplacent beaucoup plus rapidement en configuration d’attaque que ceux qui sont en phase d’évolution autour d’un aéroport civil.

 

Lorsque l’on imagine qu’ils ont aussi tiré à tout le moins deux cents projectiles, dont 120 missiles guidés, l’on dépasse la science-fiction. Il s’agit de l’opération aérienne la plus complexe jamais organisée dans l’histoire militaire. Dix fois plus sophistiquée que la précédente.

 

Et elle s’est reproduite quatre fois lors des trois derniers jours, à quelques dizaines d’avions près. Ce mardi matin, c’était le cinquième service.

 

On est arrivé à une intensité et une puissance de feu simplement incroyables. Et la cerise sur le gâteau, c’est que ces cinq raids et tout le reste des opérations n’ont occasionné que 500 morts dans le Califat de Gaza. Dont uniquement dix pour cent de civils. Parmi lesquels soixante-cinq pour cent ont été occis par des roquettes djihadistes ayant explosé prématurément.

 

Je regrette sincèrement chacune de ces morts civiles, mais relativement au travail accompli, les pertes collatérales infligées par Tsahal sont insignifiantes. Ceux qui prétendent le contraire sont soit désinformés, soit désinformants, soit ce sont des nigauds.

 

Est-ce à dire que Tsahal a détruit la totalité du Métro et des roquettes à disposition des terroristes islamiques ?

 

Certes non. Il doit leur rester entre 500 et 1 000 roquettes intactes, très majoritairement des modèles à courte portée. Et le Hamas ne peut pas les tirer jusqu’à la dernière, car sans cette petite quantité restante, il serait totalement nu face à la force de frappe de Tsahal.

 

Alors il limite les tirs. Il avait promis de viser une nouvelle fois Tel-Aviv la nuit dernière et il ne l’a pas fait. Toutes les roquettes destinées à cette opération avaient été détruites [source Tsahal]. L’Armée israélienne a neutralisé 70 batteries souterraines capables de tirer 7 roquettes simultanément.

 

On aurait pu croire que la milice terroriste s’abstenait de tirer parce qu’elle entendait faire étalage de sa bonne volonté pour parvenir à un cessez-le-feu. Mais si cela avait été le cas, elle n’aurait pas lancé des engins à faible rayon d’action et à l’unité sur le Kibboutz Nahal Oz à 06h07 ce matin, sur celui d’Ein Hashlosha à 06h17, et sur le pourtour de Gaza à 05h33.

 

Car ces salves n’avaient pratiquement aucune chance de faire des dégâts significatifs sur leurs objectifs, et si le Hamas désirait faire montre de ses bonnes intentions, ces tirs n’en valaient pas la chandelle. Ils étaient contre-productifs.

 

A part cela, on n’a pas observé de tirs de la version longue portée [70-80km] sur Tel-Aviv et le centre d’Israël depuis dimanche matin à minuit vingt-et-une.

 

Ce n’est pas tout. La plupart des projectiles tirés sur les agglomérations israéliennes du pourtour de Gaza sont désormais des obus de mortier. Ils transportent bien moins d’explosifs qu’une roquette, et ils sont tirés depuis la surface. Un habitant de ces conurbations a été grièvement blessé, mais trois unités de canonniers de mortiers djihadistes ont été décimées.

 

Nous ne PRETENDONS AUCUNEMENT QUE LES MILICES TERRORISTES ISLAMIQUES NE SONT PLUS CAPABLES DE TIRER DES ROQUTTES, Y COMPRIS SUR TEL-AVIV, NOUS AFFIRMONS UNIQUEMENT QUE LE NOMBRE DE ROQUETTES QUI RESTE A LEUR DISPOSITION EST NEGLIGEABLE. Et qu’il se réduit d’heure en heure.

 

La preuve : ils viennent d’en tirer trois salves sur Ashdod, Ashkelon et Beersheva, à 14h31, 14h46 et 14h56.

 

Mais s’il y a trois jours chacune des salves sur ces villes comportait au moins 50 roquettes, aujourd’hui, les trois salves conjuguées et sur les trois villes ont compté au total moins de 20 projectiles. Le commentaire d’Eyal ben Moerdekhaï, notre observateur à Ashkelon : "Cela change de voir dans le ciel cette après-midi les panaches de deux intercepteurs [du Dôme de Fer] seulement, alors que le weekend dernier, il y en eut jusqu’à 25 simultanément.

 

De plus, à cause de l’effondrement de la plus grande partie du Métro, les terroristes palestiniens sont contraints de lancer la plupart de leurs roquettes depuis la surface. Et ce mardi, plusieurs de ces "artilleurs" ont été conséquemment mis hors de combat.

 

Cela ne signifie pas que les obus de mortiers sont inoffensifs : il y a quelques instants, des projectiles de ce genre se sont abattus sur les unités d’habitation d’ouvriers agricoles étrangers sur le territoire du Conseil régional d’Eshkol (dans le pourtour de Gaza) qui s’étaient réunis dans l’un des appartements.

 

On déplore deux morts, deux blessés graves et six blessés légers.

 

Un Israélien a par ailleurs été blessé non loin de là, au point de passage de Kerem Shalom, également par un mortier, alors qu’il supervisait le transfert de denrées humanitaires et de fioul destinés aux habitants de la bande côtière. C’est la parabole du chien mordant la main de celui qui le nourrit.

 

Tsahal n’a pas terminé son travail. Il reste des tunnels intacts dans le sud (zone de Rafah) et le centre (zone de Khan Younès) de Gaza. Mais ils sont moins significatifs, car, plus éloignés des métropoles israéliennes, ils étaient naturellement largement moins achalandés en roquettes.

 

Dans le périmètre de Gaza-city, il reste aussi des lanceurs, des entrepôts de roquettes à détruire, et j’ai l’impression que Tsahal sait où ils se trouvent. Cela fera probablement partie du sixième assaut combiné à venir.

 

Ceci dit, au rythme où vont les choses, dans 3 ou 4 jours, les milices islamiques ne seront pas en mesure de lancer plus de quelques roquettes isolées. Et de s’attirer des ripostes ravageuses de la part de l’Armée israélienne.

 

Pendant ce temps, une autre part de l’activité de cette dernière se concentre sur l’élimination des chefs politiques et militaires du Hamas et du Djihad - la liste de ces éliminations est déjà très longue -, ainsi que de leurs villas vides en surface.

 

Il reste à espérer qu’un cessez-le-feu ne sera pas imposé à Jérusalem prématurément.

 

Mais même dans ce cas, nous affirmons dans cet article que Gardien des Murailles ne se soldera pas par un match nul. Les milices islamiques de Gaza agonisent. Ses chefs ne sont pas en état d’exiger quoi que ce soit à la fin de cette confrontation, uniquement que le boxeur Tsahal cesse de les rouer de coups, car ils sont K.O. debout.

 

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Gardien des Murailles jour 6 : il va falloir très bientôt faire un choix (011605/21) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 16 mai 2021

 

Synthèse et analyse de Stéphane Juffa, avec Michaël Béhé, Sami el Soudi, Jules Mazouz, Ilan et Jean Tsadik


Métula, dimanche 23:00, 22:00 à Husseren-les-Châteaux

 

La destruction des fabriques d’armes du Hamas, c’est fait. Les locaux, les machines et les stocks de matières premières ont été pulvérisés. Ceux qui se trouvaient en surface comme ceux qui étaient dans ce que l’on appelle désormais le Métro de Gaza.

 

Il s’agit d’un réseau de tunnels comprenant des ateliers de production, des centres de développement, des postes de commandement et des dépôts de roquettes.

 

Tous les membres du bureau de recherche qui se situait dans le Métro ont été tués par un missile de précision. Cela prendra des années au Hamas pour reconstituer ces deux entités : la conception et la fabrication d’armes. Ce sera déjà fort compliqué au niveau des ressources, mais les ingénieurs éliminés seront encore bien plus difficilement remplaçables.

 

C’est le chef d’état-major de Tsahal, le Général Aviv Kokhavi, qui a donné ces informations ce dimanche soir à l’occasion d’un point de presse conjoint avec Binyamin Netanyahu et Benny Gantz, le ministre de la Défense.

 

Voilà textuellement ce qu’il a déclaré de plus intéressant :

 

"Le Hamas a commis une grave erreur. Il ne nous a pas bien lus et n'a pas su apprécier l'intensité de notre réponse [à son agression]. Nous avons nui à la capacité souterraine qui était le projet phare du Hamas.

 

Nous avons mortellement endommagé le projet de fabrication de missiles et de roquettes, ce qui exigera également une longue réhabilitation.

 

Cependant, les tirs sur le pourtour de Gaza se sont poursuivis et à grande échelle. Nous en sommes conscients. Nous avons l'intention de continuer à agir avec autant de force que nécessaire et conformément aux mesures que nous avons planifiées".

 

Plus tard, Kokhavi a confié que l’Armée israélienne avait transformé le Métro en train express pour l’enfer.

 

Comme on le distingue sur la photo suivante, Tsahal dispose de bombes capables d’accéder aux tunnels et de les détruire. Nous ne disposons visiblement pas des plans de ce réseau de galeries construites ces dix dernières années, mais nous sommes en train de les reconstituer.

 

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Les soldats de Kokhavi ont déjà annihilé 1 100 rampes de lancement de roquettes. La vaste majorité d’entre elles souterraines.

 

A l’heure où nous rédigeons cette synthèse, des dizaines de miliciens islamiques sont bloqués dans ces boyaux et ils étouffent lentement.

 

Les chiffres varient sur la dimension du Métro. Entre quelques dizaines de kilomètres et plusieurs centaines. Selon notre spécialiste en armements Jean Tsadik, il y en aurait environ 150km. Tous étayés.

 

Pour un territoire de 45km sur 10 en moyenne, c’est monumental. Les couloirs et les carrefours les plus stratégiques ont été dédoublés, voire triplés. Toutes les zones sont accessibles au moins par deux itinéraires distincts.

 

Une grande partie de ce labyrinthe est oblitérée. Pas détruit sur toute sa longueur, mais les nœuds d’accès et les extrémités des tronçons de la moitié du Métro ont été effondrés.

 

Le reste est en cours de "traitement", et constitue désormais l’effort principal de l’Armée israélienne, car c’est tout ce qu’il reste au Hamas et qui lui procure sa capacité de tirer des roquettes jusque au nord de Tel-Aviv. Moins qu’auparavant, mais plusieurs milliers de ces projectiles demeurent accessibles pour les terroristes.

 

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Des p’tits trous, des p’tits trous, toujours des p’tits trous… des petits trous  

 

Pour le moment, cette capacité se réduit graduellement, et son utilisation est de plus en plus aléatoire et périlleuse pour les miliciens islamiques. Mortelle.

 

Reste qu’elle leur permet de déplacer et de tirer les roquettes sans avoir à mettre la tête dehors. Car s’ils se hasardent à l’air libre, ils meurent en quelques secondes.

 

A l’instar des tireurs de missiles antichars Kornet qui ne peuvent pas être transportés dans le Métro. Tsahal a réduit tous les commandos de lanceurs, soit 21, sauf un. Celui qui a tué un officier dans le village de Netiv ha-Assara. Ce fut leur premier et dernier essai couronné de succès.

 

Le Hamas et le Djihad Islamique Palestinien disposent d’un important stock de Kornet. Ils étaient destinés à arrêter les chars Merkava en cas d’attaque terrestre généralisée. Mais ils ne servent plus à rien après que l’industrie de l’armement des Hébreux a développé et produit le "Manteau coupe-vent" ; un système de défense actif qui protège les blindés et les autres véhicules.

 

Depuis que le "Manteau coupe-vent" a été introduit, aucun char n’a été égratigné par la milice islamique. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé lors des affrontements précédents. C’est ce qui a amené le Hamas à tenter d’utiliser cette arme remarquable contre des véhicules militaires isolés encore non-équipés du "Manteau coupe-vent" qui coûte cher, ou contre un automobiliste civil imprudent.

 

En surface, le Hamas n’existe plus. Toutes ses infrastructures, à peu de choses près, ont été détruites par les Israéliens. Les autres le seront à brève échéance.

 

Surtout si le Hamas nous aide dans cette tâche, la Compagnie Israélienne (nationale, étatique) d’Electricité, qui fournit le courant à Gaza, annonçant que 5 des 10 lignes électriques qui transportent l'électricité vers la bande ont été endommagées en territoire gazaoui. Par des roquettes tirées par les terroristes islamiques et elles ne seront pas réparées pour le moment. Car la CIE n'a pas accès au site en raison des hostilités. Ce qui laisse cinq heures de courant quotidien aux Gazaouis.

 

Les responsables de la Santé du Califat dénombrent se soir 190 morts et 1 240 blessés depuis le début des hostilités. Michaël Béhé, qui a consulté les médecins chefs des grands hôpitaux de la bande côtière par téléphone, annonce que 377 miliciens islamiques ont trouvé la mort lors des combats, 1 311 autres ont été blessés, et plus de 150 sont portés disparus.

 

Presque sans atteindre de civils gazaouis, ce qui tient du prodige et d’une attention extrême. On déplore toutefois 39 civils tués, la plupart par les 459 roquettes des terroristes qui ont explosé sur leur propre territoire (source Tsahal). Sur 3 000 tirées au total.

 

Pour le Métro, c’est plus compliqué, car son trajet passe intentionnellement sous des maisons d’habitation. Cela rend sa destruction très épineuse, et il y a déjà eu deux ou trois ratés qui ont coûté cher en vies innocentes.

 

Dix d’un coup, dans la pire des occurrences : huit enfants et deux femmes. C’est très dur. Ce n’est pas ce que nous voulions ; on redoublera d’attention, mais il faut que nous éliminions la menace des roquettes qui pèse sur nos villes. Cela ne doit pas être oublié : s’ils ne nous attaquent pas nous ne répliquons pas.  Le Califat de Gaza nous intéresse moins que notre dernière paire de chaussettes. Et nous ne voulons assurément pas réoccuper la bande côtière.

 

Cela, il est primordial de le comprendre : suite à l’agression du Hamas, l’objectif qui a été fixé à Tsahal par le gouvernement consiste à éliminer la menace des roquettes le plus longtemps possible. En frappant très fort ses infrastructures et ses dirigeants civils et militaires.

 

Le but de Gardien des Murailles n’est pas de chasser le Hamas du pouvoir ni de réoccuper Gaza. Lors, l’Armée, disciplinée, réalise strictement ce qui lui a été demandé.

 

Si nous réoccupions Gaza, nous deviendrions responsables d’1.6 millions de personnes. De les nourrir, de maintenir l’ordre, de leur prodiguer les services de santé et d’assurer leur sécurité. Ce qui n’empêcherait certainement pas des Gazaouis de tirer des roquettes sur Sdérot et de dresser des guet-apens contre nos militaires et nos civils, comme c’était le cas lorsque nous administrions l’enclave palestinienne.

 

Nous pourrions également transférer la gouvernance à des dirigeants alternatifs ou à l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas. De toutes façons, c’est l’Autorité Palestinienne qui finirait pas administrer la bande de Gaza.

 

Or c’est précisément ce que Netanyahu ne veut pas. Depuis 12 ans, il refuse tout dialogue avec Abbas et s’imagine qu’en ignorant les Palestiniens, ils cesseront d’exister. Netanyahu veut maintenir le Hamas au pouvoir dans l’enclave, c’est sa doctrine. Il est convaincu que tant que le Hamas gouvernera Gaza, et le Fatah la Cisjordanie, personne ne pourra nous obliger à reconnaître un Etat palestinien.

 

Ce n’est pas faux par essence, mais cela nous coûte un prix exorbitant. Celui d’un pays aux trois quarts paralysé par une organisation terroriste islamique, des morts (10 jusqu’à maintenant), et des agglomérations du pourtour de Gaza qui se vident de leurs habitants.

 

Cette situation n’est pas vivable et cette menace n’est pas supportable. De plus, le fait qu’elle perdure incite une partie des Arabes israéliens à la révolte, encourage la sédition des islamistes contre Mahmoud Abbas en Cisjordanie, et donne des idées au Hezbollah et aux Iraniens.

 

Il existe une autre solution, celle que nous prônons depuis que le Hamas gouverne Gaza.  Cela consiste à entrer dans Gaza et y détruire toutes les armes et les munitions. D’arrêter tous les dirigeants terroristes. Puis de s’en retirer.

 

Quitte à réaliser des frappes ponctuelles s’ils tirent à nouveau sur nos agglomérations ou s’ils construisent un nouveau Métro. Mais avec nettement moins de moyens qu’aujourd’hui. De toutes façons ils essaieront de tirer sur nos villes et nos villages, alors autant que ce soit avec des arcs et des flèches.

 

Mais ce ne sont pas les ordres qu’a reçu Tsahal. Tsahal, qui a terminé aujourd’hui d’anéantir la force navale du Hamas. Il a détruit toutes ses embarcations (22) et ses armes. Plus ses dix bases et ses cinq entrepôts. Et le Khe’l ha-Yam, la Marine israélienne, a anéanti un commando qui tentait de lancer des mini-sous-marins téléguidés contenant 50kg d’explosifs chacun en direction de la plateforme pétrolière maritime de Tamar.

 

Mais on arrive au bout de la liste des objectifs des Gardiens des Murailles. Il est impossible de détruire totalement le Métro sans avoir recours une intervention terrestre. Les cibles de surface ont été anéanties à 90 pour cent et les dirigeants terroristes se terrent comme des rats dans les tunnels.

 

Avant la fin de la semaine, nous arriverons à un carrefour : ce sera soit accepter un cessez-le-feu avec les milices islamiques de Gaza, soit donner d’autres instructions à l’Armée.

 

Soyons précis, les alternatives à un cessez-le-feu sont réoccuper Gaza ou continuer à détruire les tunnels. Les deux options nécessitent un intervention terrestre majeure. Selon nous, il faut terminer la destruction des tunnels et des roquettes, et cela ne fait pas l’ombre d’un doute dans nos esprits. On ne peut pas terminer cet affrontement en laissant à des terroristes islamiques qui l’ont déjà fait le loisir de canarder Jérusalem et Tel-Aviv quand ils le désirent.

 

L’ambassadeur israélien à l’ONU Guilad Erdan l’a rappelé aujourd’hui au Conseil de Sécurité : tout pays est en droit de répliquer si un ennemi bombarde ses villes. Sauf que pour nous, il ne s’agit pas d’un droit mais d’une obligation. Jusqu’à la castration dudit ennemi.

 

 
L’image de la guerre (info # 011505/21) Version imprimable
Analyse
samedi, 15 mai 2021

 

Par Jules Mazouz

 

Chaque guerre a une image qui la symbolise, et sauf à faire preuve d’immodestie inhabituelle dans mon cas, je l’ai trouvée.

 

En fait, ce n’est pas une image, c’est une vidéo, celle d’un journaliste sur un toit :

https://twitter.com/Lebanon24/status/1392810199526825987

 

A côté de lui, il a un appareil photo Canon professionnel, dont il se sert comme d’une caméra. Pour filmer ce qu’il va arriver, parce que les Israéliens l’ont annoncé.

 

Ils ont envoyé des messages pour prévenir les gens présents à Gaza qu’ils vont détruire un immeuble.

 

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L’écroulement

 

Ils ont d’abord lancé un petit missile inoffensif contre le toit du building, qu’ils appellent un "toc-toc" (à la porte), pour prévenir tout le monde.

 

Ils ont contacté téléphoniquement et individuellement les personnes qui se trouvaient encore dans le secteur. Dans leur langue, évidemment.

 

Ensuite, les soldats de Tsahal ont tiré des fusées aux extrémités des rues qui bordent le bâtiment.

 

Afin que personne ne soit blessé. Tous les Gazaouis connaissent désormais les codes de Tsahal.

 

Les organisations terroristes islamiques ont tiré 2 300 roquettes jusqu’à maintenant avec pour objectif unique de tuer le plus grand nombre possible d’Israéliens.

 

Et les Israéliens ont besoin de deux heures pour s’assurer qu’ils ne vont blesser aucun Gazaoui en démolissant un édifice public. Aucun. Zéro. Parce qu’ils ne haïssent personne. Ils font ce qu’ils jugent nécessaire afin de dissuader les terroristes islamiques de tirer sur leurs familles.

 

Y compris en oblitérant un immeuble de ce genre. Parce qu’il accueille les bureaux centraux du Renseignement militaire du Hamas ainsi que des infrastructures utilisées pour communiquer des informations tactico-militaires aux miliciens sur le terrain. Des centres de commandement, des banques de données informatiques. Même des ateliers d’armement et des dépôts de roquettes.

 

Particulièrement aux étages inférieurs, c’est là qu’elles sont les mieux protégées, les plus aisément transportables et les moins visibles au quotidien.

 

C’était le cas de cet immeuble, al Shorouk, l’aube en arabe. Il abritait des roquettes de longue portée. Elles auraient été tirées sur Tel-Aviv.

 

Le journaliste arabe de la vidéo était au courant de tout cela. Et aussi de la précision incroyable à laquelle sont parvenus les Israéliens.

 

Au point que le journaliste arabe ne porte pas de casque ni de gilet pare-balles ! Aucune protection, toutefois son langage corporel ne laisse percevoir aucune crainte.

 

Pourtant, il sait qu’il va assister à la destruction totale, à l’élimination plutôt, d’un bâtiment majeur de 14 étages, et que cela va occasionner une gigantesque explosion.

 

Mais parfaitement maîtrisée. L’immeuble de taille identique auquel al Shorouk était adossé n’a pas une égratignure. C’est à peine croyable. Les habitants de Gaza pourront continuer à l’utiliser alors que l’autre n’est plus qu’un amas de gravats. Il a été rasé.

 

Cela permet au journaliste arabe de prendre des photos (stills) pendant que le Canon filme et que l’immeuble s’écroule. A la façon des Tours jumelles à Manhattan.

 

Il se situe à une cinquantaine de mètres seulement de l’explosion.

 

Mais il voue une totale confiance aux Israéliens. A leurs intentions et à leurs capacités toutes extraordinaires.

 

Le bâtiment détruit abritait également plusieurs media internationaux, y compris européens. Ainsi que des agences humanitaires. Leurs responsables savaient pertinemment que par leur présence dans cette construction ils servaient de boucliers à une industrie de mort, destinée à assassiner le plus d’enfants possibles en Israël. Cela ne les dérangeait pas semble-t-il.

 

Voilà. Cette vidéo et la situation qu’elle décrit illustrent parfaitement la réalité de "Gardien des Murailles" ou de la "Bataille pour al Aksa" selon les organisations terroristes islamiques palestiniennes.

 

Il n’y a rien à ajouter. L’image vaut mieux que tous les mots. Encore faut-il savoir et avoir envie de la regarder.

 

 
Le conflit s’est invité à Métula (021405/21) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 14 mai 2021

 

© Metula News Agency


Métula, vendredi 23:50, 22:50 à Vaison-la-Romaine


En ce moment même, une situation d’urgence se déroule dans notre village de Métula. Des dizaines d’émeutiers en provenance du Liban ont forcé le grillage de sécurité séparant les deux pays et tentent de progresser à l’intérieur d’Israël [voir photo].

 

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En jaune le périmètre de Métula et, entourée, la position des véhicules de Tsahal surmontés

de gyrophares rouges. Au-delà de la ligne orange les phares de véhicules libanais

Photo originale de la Metula News Agency ©

 

La position de chars Merkava située à 70m derrière la rédaction, sur la même colline "des Scouts", a tiré cinq coups de semonce en faisant de son mieux afin de ne pas atteindre les Libanais, solidement entourés et dirigés par le Hezbollah. Les obus des chars traversent le ciel de tout le village car la base de l’Armée se trouve à l’ouest de la conurbation, et le théâtre de l’incident au Nord-Est d’icelle.

 

Le département de la Sécurité de la municipalité de Métula [3 000 hab.] a diffusé plusieurs communiqués par SMS aux habitants, dont voici le principal :

 

"Suite à une nouvelle escalade des événements et des tentatives de s'approcher de la clôture sous le couvert de l'obscurité.

Vous devez rester chez vous et ne pas sortir sauf raison impérative.

Vous êtes également toujours tenus de ne pas vous approcher de la clôture de sécurité du village.

Les lumières dans la partie nord-est de notre agglomération ont été intentionnellement assombries.

 

Nous émettrons une mise à jour si nécessaire.

Le  Conseil de Sécurité de Métula"

 

Plus tôt dans l’après-midi, à un kilomètre plus au Sud, toujours le long du périmètre de Métula, le même groupe d’émeutiers [photo] avait déjà opéré un trou dans le grillage avant de s’y engouffrer.

 

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Pendant 3 heures ils ont crié "Mort aux Juifs !" et promis de nous exterminer,

comme le prophète Mahomet avait massacré la tribu juive de Khaybar,

à 150km de Médine, en 628 de notre ère

A noter aux côtés des drapeaux jaune et vert du Hezbollah, celui vert blanc et rouge de l’Iran

Mais aucun drapeau libanais

Photo originale de la Metula News Agency ©

 

Ils ont mis le feu aux broussailles, ce qui a nécessité l’intervention des pompiers de Métula. Un char avait tiré un coup de semonce, et des militaires de la brigade d’infanterie Givati [photo] avaient ouvert le feu sur les éléments les plus avancés de l’émeute qui se trouvaient sur notre territoire.

 

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Les soldats de la brigade Givati

motivés et très à leur affaire face aux Hezbollah

Photo originale de la Metula News Agency ©

 

Nous nous trouvions sur place avec les soldats, et d’après leurs relevés, un individu avait été blessé au niveau des membres inférieurs par l’un de leurs tirs. Quelques heures plus tard, le Hezbollah indiquait que l’individu en question était décédé des suites de ses blessures, et qu’il se nommait Mohamed Tahan.

 

Les tirs des chars ont cessé depuis quelque minutes, mais aucun avis de retour à la normale ne nous est parvenu des autorités.

 

Nous ne savons pas non plus si l’incident a fait des victimes.

 

A cet instant la municipalité informe les habitants que Tsahal va bientôt procéder à des tirs de fusées éclairantes sur la zone des affrontements. Ceci, dans le but de pas stresser davantage la population, car le lancement de ces fusées est très bruyant et ensuite on y voit comme en plein jour.

 

L’incident a été instrumentalisé par le Hezbollah libanais pour deux raisons : la première consiste à montrer aux alliés du Hamas et aux Arabes en général que la milice terroriste chiite libanaise ne reste pas inactive face aux hostilités à Gaza. Ce qui lui a déjà été amèrement reproché par les organisation terroristes islamiques sunnites, qui demandaient au Hezb et à son patron iranien d’ouvrir un second front contre l’Etat hébreu, afin d’alléger la pression militaire sur Gaza qui devient intenable pour ces organisations.

 

A l’instant : le tir des fusées éclairantes.

 

La seconde raison a pour but d’ouvrir un sujet de discorde autour de la mort invérifiable de Mohamed Tahan pour, le cas échéant, si Téhéran le décidait, pouvoir faire dégénérer la situation et légitimer un très hypothétique conflit entre le Liban et Israël.

 

Une situation dans laquelle le Liban, dont 80% de la population est catégoriquement opposée à un tel conflit, serait précipité dans une confrontation qui pourrait le conduire à cesser d’exister.

 

Nous observons à Métula que l’Armée libanaise [photo] non plus que les forces de l’ONU, massivement présentes des deux côtés de la frontière, ne sont pas parvenues à juguler les émeutiers du Hezbollah. Ou ont décidé de ne pas entrer en conflit avec ce dernier.

 

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Les militaires de l’Armée libanaise sur la route du haut,

ceux de Tsahal sur celle du bas, séparés par un mince grillage

Tout à droite sur la photo, la borne bleu ciel de l’ONU qui indique la frontière internationale

Photo originale de la Metula News Agency ©

 

Nous notons aussi que trois projectiles ont été tirés sur Israël dans le Golan à partir du territoire syrien. Ils n’ont occasionné ni blessés ni dégâts. Nous pensons que c’est l’organisation Dossier du Golan, sous prédominance iranienne et Hezbollah, qui est responsable de ces tirs.


Au moment précis où nous terminons cette breaking, la municipalité nous annonce le retour à la normale et autorise les villageois à quitter leur domicile et à vaquer à leurs occupations.


 
Gaza subit une offensive majeure de Tsahal déclenchée à 00h30 (011405/21) Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 13 mai 2021

 

Métula, vendredi 02:00, 01:00 à Marseille

 

A minuit trente précise ce vendredi, Tsahal, l’Armée israélienne, a lancé une attaque fulgurante contre la bande de Gaza, depuis les airs – grâce à des chasseur-bombardiers, des hélicoptères d’assaut et des drones  -, la mer et la terre – avec des chars, des canons et de l’infanterie.

 

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Gaza brûle-t-elle ?

 

Ilan Tsadik depuis Sdérot annonce que "les vitres ne cessent de trembler" dans son appartement, "que le bruit est tel que la municipalité a été contrainte d’informer les habitants qu’il s’agit d’une opération israélienne, et que la population est invitée à ne pas quitter les abris jusqu’à nouvel ordre".

 

La même injonction est entrée en vigueur dans les agglomérations du pourtour de la bande côtière situées à moins de 4km de la frontière avec l’enclave palestinienne.

 

Ces vidéos montrent l’intensité des bombardements sur les positions de l’ennemi :

https://twitter.com/i/status/1392965317509386246

https://twitter.com/i/status/1392968375748505600

 

Le ciel de Gaza est rouge en permanence. Des connaissances gazaouies jointes par Sami el Soudi au téléphone lui disent que cette offensive est "terrifiante", "qu’elles ne se souviennent pas d’avoir jamais subi une attaque aussi violente", à tel point que "gens ne s’entendent littéralement pas parler".

 

Pendant ce temps, les miliciens des organisations terroristes islamiques de Gaza continuent de lancer des roquettes par centaines à partir des rampes souterraines. Beersheva a été visée à plusieurs reprises cette nuit, de même que le pourtour de la bande, Ashkelon et Ashdod. Plus de 94% des projectiles sont interceptés mais l’on compte tout de même certaines destructions dans ces agglomérations.

 

Mais pas de blessés sérieux, hormis une femme âgée qui est tombée en se précipitant vers l’abri et qui a succombé aux blessures occasionnées par sa chute.

 

L’attaque de cette nuit n’a pas pour but de réoccuper Gaza mais de porter un coup décisif à son réseau de tunnels, aux rampes de lancement de roquettes, à toute l’infrastructure de l’ennemi ainsi qu’aux institutions servant à la gouvernance du califat.

 

Des actions ponctuelles de commandos ne sont pas à exclure.

 

Tsahal a annoncé avoir détruit deux immeubles qui servaient aux unités de cyber-guerre du Hamas. Pour le reste, l’Armée israélienne ne communique pratiquement pas.


 
3ème jour de Gardien des Murailles : synthèse et analyse de Stéphane Juffa (info # 011305/21) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
jeudi, 13 mai 2021