Politique étrangère de Biden : les premiers signes (012601/21) Version imprimable
Analyse
mardi, 26 janvier 2021

 

Par Amram Castellion

 

Après seulement quelques jours, il n’y a déjà plus de doute que la présidence Biden s’annonce catastrophique – du moins en politique intérieure. En quelques heures, le nouvel occupant de la Maison Blanche a réussi :

 

à détruire un projet énergétique majeur, le pipeline Keystone XL, qui aurait dû conduire vers les Etats-Unis le pétrole canadien de manière moins coûteuse et plus sûre que les transports par train utilisés actuellement. Plus de 40 000 emplois sont partis en fumée d’un trait de plume ;

 

à interrompre tous les projets d’exploration pétrolière sur les terres fédérales. L’industrie pétrolière représente l’essentiel de l’économie dans plusieurs Etats qui ont voté pour Biden – soit que leurs électeurs l’aient réellement choisi comme au Nouveau Mexique, soit que la fraude Démocrate ait conduit au même résultat comme en Pennsylvanie. Ces Etats (ou du moins leurs régions pétrolières) peuvent donc s’attendre à entrer rapidement en récession ;

 

à annuler un ordre exécutif du Président Trump qui avait abaissé le prix de certains médicaments essentiels, comme l’insuline ;

 

à restaurer l’enseignement dans les services publics de la "théorie critique de la race", un délire totalitaire et anti-scientifique dont le seul but est d’opposer sans fin les Américains les uns aux autres au nom de la diversité de leur taux de mélanine ;

 

à mettre fin, en pratique, aux compétitions de sport féminin en exigeant qu’elles accueillent les sportifs hommes qui choisissent de se définir comme femmes. La conséquence inévitable sera que les sportives, dans la plupart des disciplines, ne pourront plus accéder au podium, que les spectateurs se détourneront de ces compétitions et qu’elles perdront leurs recettes publicitaires.

 

Dans le même temps, la majorité Démocrate au Congrès s’est donné pour première priorité d’organiser le procès politique de l’ancien Président Trump, au mépris de toutes les règles de procédure et de la Constitution américaine elle-même. La persécution systématique de ses soutiens – par le biais de procès quand c’est possible, ou de menaces de boycott des entreprises qui les recruteraient dans le cas contraire – est désormais organisée et assumée par le camp Démocrate.

 

La rapidité et le caractère radical de ces décisions montrent que, du moins dans l’équipe chargée de la politique intérieure, l’aile gauchiste du parti Démocrate l’a clairement emporté sur ce qui reste de modérés. Personne ne sait avec certitude si les centristes ont une chance d’organiser plus tard une révolution de palais – comme ce fut le cas, par exemple, dans la France des années 1980, deux ans après l’élection du président Mitterrand. Je suis, pour ma part, pessimiste sur ce point pour une raison simple : les gauchistes sont mieux organisés et ont moins de scrupules que les libéraux ; ils peuvent compter sur les milices violentes d’Antifa et Black Lives Matter pour faire monter la pression et faire reculer le pouvoir s’il était tenté de chercher une voie moins radicale.

 

Biden, en tout état de cause, ne jouera aucun rôle dans cette guerre interne au parti Démocrate : diminué, sans énergie, lucide par intermittence, il n’est plus que le jouet de rivalités dans lesquelles ses nouvelles fonctions auraient dû lui permettre d’être un acteur.

 

En politique internationale, en revanche, les signaux sont, pour l’instant, plus mitigés. Les nominations aux principaux postes – presque toutes au bénéfice d’anciens de l’administration Obama – donnent un léger avantage aux modérés – mais cet avantage pourrait se révéler fragile. De plus, la grave faiblesse de l’occupant du bureau ovale oblige les alliés traditionnels des Etats-Unis à se préparer à un recul significatif de l’influence américaine.

 

La politique étrangère américaine sera désormais dirigée par Anthony Blinken. L’homme est le contraire d’un extrémiste. Héritier d’une famille qui a beaucoup soutenu le mouvement sioniste au siècle dernier, devenu le beau-fils de Samuel Pisar après le remariage de sa mère, élevé à New York et à Paris, il a fait une carrière de diplomate professionnel avec une spécialisation dans les questions de sécurité. Au début du siècle, il a eu des fonctions auprès du Conseil de Sécurité Nationale et du Comité des Affaires Etrangères du Sénat. Dans ce dernier poste, il a soutenu l’invasion de l’Irak par le Président Bush et avait aidé le Sénateur Biden à formuler une proposition, massivement rejetée, de partition de l’Irak en trois Etats séparés.

 

Plus tard, sous le Président Obama, Blinken a été l’adjoint du conseiller national de sécurité (et par là-même, le conseiller du Vice-Président Biden), puis le numéro 2 du Département d’Etat. Il fut (contrairement à Biden lui-même) favorable à l’élimination d’Osama bin Laden. Tout en jouant un rôle important dans la conduite de la politique iranienne qui a résulté en l’accord catastrophique du 14 juillet 2015, il n’était pas le négociateur et ne peut pas être tenu pour responsable des concessions excessives faites par son patron, John Kerry. En parallèle, il était d’ailleurs actif dans les relations avec Israël sur le dossier très sensible du développement du Dôme de Fer.

 

Sa politique se distinguera certainement de celle du Président Trump sur deux points. D’abord, il ne partage pas (c’est le moins qu’on puisse dire) la réticence de l’ancien président à déclencher des guerres. Ensuite, alors que Trump avait pour objectif de pousser l’Iran à un changement de régime sous le poids de sanctions écrasantes, Blinken devrait poursuivre une politique d’équilibre entre l’Iran et les puissances sunnites. Même ceux qui sont – comme moi – en désaccord avec ces options peuvent au moins s’attendre à ce que Blinken les poursuive dans un esprit professionnel et sans hostilité de principe à l’encontre d’Israël.

 

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Anthony Blinken : un patron francophone et plutôt modéré pour la diplomatie d’une Amérique affaiblie

 

D’autres postes importants en politique étrangère seront, eux aussi, confiés à des modérés. En particulier, le nouveau conseiller pour la sécurité nationale, Jake Sullivan – lui aussi ancien de l’administration Obama – s’était fait remarquer, dans la campagne présidentielle d’Hillary Clinton en 2016, pour avoir recommandé sans succès de prendre des positions plus susceptibles d’attirer le soutien des "cols bleus" du Middle West, un électorat que les Démocrates contemporains ont tendance à mépriser.

 

Enfin, le fait que John Kerry ait été écarté des Affaires Etrangères et mis en charge de la politique climatique ne peut qu’être une bonne nouvelle pour ceux qui se rappellent son mélange unique d’intransigeance et d’incompétence, à l’époque où il officiait comme Secrétaire d’Etat du Président Obama. De même, la très anti-israélienne Samantha Power, ambassadrice auprès des Nations Unies sous Obama, a bien été recasée par l’équipe Biden, mais à la tête de l’organisation qui dirige la politique américaine d’aide internationale. Elle pourra faire moins de mal à ce poste qu’elle n’en faisait sous la précédente administration.

 

Cet avantage des modérés dans les nominations reste cependant fragile. La nouvelle numéro 2 du Département d’Etat, Wendy Sherman, est la personne qui, après John Kerry lui-même, a eu le plus grand rôle dans la rédaction de l’accord nucléaire iranien de 2015. Elle devrait pousser pour une reprise à l’identique de cet accord qui, si les puissances de la région le laissaient aller à son terme sans intervenir, représenterait une menace existentielle pour la paix régionale, en laissant l’Iran, après une décennie, se doter de la bombe.

 

Le choix de Biden pour représenter les Etats-Unis aux Nations-Unies, Linda Thomas-Greenfeld, est une multilatéraliste caricaturale, qui semble prendre très au sérieux les bouffonneries du système onusien, dans lequel des comités de dictateurs corrompus pontifient toute la journée sur les maux de l’occident en général et d’Israël en particulier.

 

L’équipe présidentielle a par ailleurs annoncé une forte volonté de rapprochement avec l’Europe. Cela n’a rien de mal en soi – à cela près que la plupart des Européens adoptent, sur le Moyen-Orient, des positions totalement irréalistes et de nature à gêner les progrès récemment réalisés. La plupart d’entre eux, par exemple, continuent à prendre au sérieux l’Autorité Palestinienne et la perspective à terme d’un Etat palestinien. Un rapprochement avec l’Europe risque donc d’entraîner de nombreuses complications inutiles.

 

L’administration Biden a déjà signalé qu’elle n’essaierait pas de remettre en cause les accords de normalisation signés par Israël avec les Emirats Arabes Unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc. Mais elle n’a pas grand mérite : quand bien même elle le voudrait, ces Etats n’auraient aucune raison de se soumettre à sa volonté. Il existe en revanche un vrai danger – c’est même aujourd’hui le plus probable – pour que l’arrivée d’une nouvelle administration casse la dynamique et empêche de nouveaux pays, qui s’apprêtaient à rejoindre le mouvement, de terminer le processus.

 

La volonté de rompre avec l’héritage de Trump et de punir tous ses alliés pourrait même avoir des conséquences gravissimes dans la région si les Démocrates suivaient ceux d’entre eux qui recommandent de faire payer au prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohamed bin Salman, son amitié avec le Président déchu.

 

Mohamed bin Salman est le principal allié d’Israël au Moyen-Orient. Il est aussi un réformateur exceptionnel, sous l’autorité de qui la police religieuse saoudienne a été fermée, les femmes autorisées à conduire et à marcher sans voile, et le courant pro-occidental dans la péninsule arabe s’est épanoui. Mais il est aussi un dirigeant arabe qui doit gérer l’opposition des islamistes et des fanatiques. Or, ces derniers jours, la CIA a annoncé qu’elle allait déclassifier sa note décrivant la responsabilité du prince dans l’assassinat en 2018 de Jamal Khashoggi, un militant des Frères Musulmans et admirateur d’Osama bin Laden qui s’était réfugié aux Etats-Unis, où il s’était fait de bons amis parmi les Démocrates.


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Bouclier antimissiles israélien : à l’assaut du monde (012501/21) Version imprimable
Analyse
lundi, 25 janvier 2021

 

Par Stéphane Juffa

 

Un événement qui aura un impact stratégique, sécuritaire et économique important s’est déroulé il y a de cela trois semaines, presque sans bruit, impliquant au premier plan Israël et les Etats-Unis.

 

L’évènement en question comporte trois facettes complémentaires : la première, consiste en la livraison par Jérusalem à Washington de deux plateformes de batteries d’interception de mortiers, d’obus, de roquettes et de missiles, le Dôme de Fer. Ce transfert intervenant en vertu d’un accord paraphé entre les deux pays en août 2019.

 

La seconde facette, c’est l’autorisation qui a été donnée simultanément par le gouvernement hébreu aux Yankees de déployer ces équipements dans des bases militaires américaines en Europe, au Moyen-Orient et en Extrême Orient.

 

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Livraison en cours de la seconde batterie en ce mois de janvier

Source : ministère israélien de la Défense

 

Finalement, la troisième est l’annonce de l’ouverture prochaine d’une ligne de production de ce bouclier antiaérien par son concepteur principal, Rafael, avec l'entrepreneur de défense américain Raytheon, l'une des plus grandes entreprises de défense au monde, pour une version américaine des missiles intercepteurs.

 

Les deux plateformes livrées en ce mois de janvier aux Américains ont été produites pas Rafael Advanced Defense Systems Ltd [fr. : Rafael Systèmes de Défenses Avancés]. Rafael étant l’acronyme en hébreu d’Autorité pour le Développement de Moyens de Combat, l’entité de développement étatique de systèmes d’armements, l’un des leaders mondiaux en la matière.

 

Il est prévu que les prochains systèmes concernés par l’accord israélo-étasunien soient produits par Raytheon, dans la double intention de réduire les coûts de fabrication et de proposer une version des armes légèrement américanisée, pour faciliter la vente de cette réalisation technologique à des pays n’ayant pas encore de relations officielles avec Israël.

 

Lorsque l’on évoque ce contrat, on pense logiquement en premier aux pays situés sur les rives du Golfe arabo-persique, qui font face à la menace iranienne, les divers émirats et l’Arabie Saoudite. On sait que l’une des raisons de la normalisation entre ces Etats et Jérusalem réside précisément dans l’intention de se doter du triple bouclier antiaérien israélien, et de ses déclinaisons en cours de développement et à venir.

 

Ces systèmes sont composés du Dôme de Fer, dont la fonction est l’interception d’objets volants d’une portée de 4 à 70 km, de la Fronde de David, conçue pour abattre les avions ennemis, les drones, les missiles balistiques tactiques, les roquettes à moyenne et longue portée et les missiles de croisière, tirés à des distances de 40 à 300 km. Enfin, du Khetz III, Arrow en anglais [fr. : flèche], un missile antibalistique hypersonique et exoatmosphérique.

 

Le Khetz est capable de détruire les missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) transportant des ogives nucléaires, chimiques, biologiques ou conventionnelles pendant la partie de vol spatial de leur trajectoire. Il dispose d’un moteur de détournement, permettant à son véhicule de destruction de changer de direction de façon spectaculaire, notamment en pivotant pour voir les satellites en approche. Le Khetz possède une portée de vol rapportée allant jusqu'à 2 400 km.

 

Ce qui rend ces systèmes si exceptionnels, c’est leur aptitude à identifier la trajectoire de projectiles hostiles, à calculer un point de croisement, et à envoyer un missile tueur lors d’une rencontre s’effectuant à des vitesses phénoménales. A la limite de la science-fiction.

 

Les autres facultés qui les rendent si recherchés consistent dans le fait qu’ils sont chacun totalement fonctionnels et qu’ils ont fait la preuve au combat de leur redoutable efficacité, avec plus de 90% d’intrus interceptés pour le seul Dôme de Fer.

 

A ce jour, d’autres Etats, y compris les Etats-Unis, la Russie et la France, œuvrent au développement de systèmes aux facultés analogues, mais ils sont tous en retard sur Israël, la plupart étant lourds, longs à mettre en place, extrêmement onéreux, et non encore disponibles. 

 

Or le danger est présent dès maintenant, comme l’a illustré l’attaque de la "République" Islamique d’Iran, en septembre 2019 en Arabie Saoudite, des raffineries de pétrole et autres installations de la compagnie pétrolière nationale saoudienne Aramco.

 

Déjà intéressés précédemment, à partir de cette agression qui avait causé des dégâts considérables, et en l’absence totale de réaction militaire américaine ou européenne, Riyad et les émirats ont fait le forcing afin de se procurer les systèmes de protection israéliens.

 

A ce propos, Fayçal H, le relai de la Ména à Amman est formel : les Saoudiens utilisent déjà des intercepteurs israéliens, et il existerait même une usine d’assemblage de Dômes de Fer dans leur pays, supervisée par des ingénieurs israéliens.

 

Toujours selon les rapports de Fayçal H., lorsque l’on entend aux nouvelles qu’un missile balistique iranien, tiré par les Houthis depuis le Yémen sur l’Arabie Saoudite, a été intercepté, c’est bien un missile antimissiles hébreu qui s’en est chargé. Ce, pour une raison assez évidente : c’est pratiquement la seule façon d’intercepter à l’heure actuelle un missile balistique.

 

On peut aussi, avec de la réussite, faire appel au missile antiaérien Patriot, pour tenter d’y parvenir dans le cas d’engins à courte portée. Et vous ne devinerez jamais qui produit ces missiles Patriot. Je vous le donne en mille… Raytheon, le partenaire industriel et commercial de Rafael..

 

Le Khetz III est un produit de IAI, les Industries Aérospatiales Israéliennes, qui sont alliées à Boeing pour la production. La coopération intergouvernementale ne s’arrête pas là, puisque les USA ont largement financé la plus grande partie des coûts de développement de l’Arrow. Et pour l’identification des objectifs à très longues distances, et le suivi du véhicule inhabité de destruction, même la dernière conjugaison du radar israélien "Pin vert" approche de ses limites. Il a fallu le doubler en installant en Israël un hyper-radar U.S de type AN/TPY-2. Un instrument qui recèle des technologies tellement sensibles, qu’il est exclusivement opéré, sur notre propre sol, par des militaires américains.

 

Je n’ai aucun doute quant au fait que, malgré les dénégations des responsables israéliens, le Khetz fait partie intégrante des accords de paix avec les EAU, Bahreïn, et du rapprochement météorique avec l’Arabie Saoudite. Le contraire participerait d’un non-sens.

 

Avec l’aide de Washington et de ses radars, installés dans les bases américaines le long du Golfe et embarqués sur des navires, il est possible de détecter le tir de n’importe quel missile balistique iranien à l’instant de son lancement. Il est également possible au système du Khetz de calculer immédiatement sa trajectoire et le point d’interception. Et plus ce dernier se situe près de l’Iran, plus il est loisible de prévoir (calculer et pré-lancer un second intercepteur) afin de planifier un deuxième essai au cas où le premier échouerait. En s’y prenant ainsi, le taux de réussite prévisible dans la destruction des missiles iraniens s’approche de 100%. S’ils transportent des ogives non-conventionnelles, c’est éminemment important. Pour nous autant que pour nos voisins sunnites, naturellement.

 

Pourquoi, dans ces conditions, ne pas prendre les Saoudiens et les émirats sous l’ombrelle du Khetz, et en jouissant de leur financement pour répartir les frais ? Cela participe du même processus d’interception, utilisant les mêmes radars. Sitôt qu’un missile balistique iranien est lancé, cela oblige de toutes façons à faire entrer en action les mêmes radars et les mêmes Khetz, qui servent à protéger Israël et les bases de l’Armée américaine, mais aussi Riyad, la Mecque, Manama, Abou Dabi et Dubaï, et également Doha au Qatar, et Koweït city. Je vous en donne ma main à couper.

 

Pour le moment, les officiels israéliens se refusent à décliner les noms des pays qui sont concernés par le très prochain déploiement américain de nos armes. Ils ne parlent pas même des Khetz, mais uniquement des Dômes de Fer.

 

C’est là qu’intervient une astuce : dans les communications officielles, Tsahal a cessé depuis déjà quelques années de différencier entre le Dôme de Fer et la Fronde de David. Il englobe tous les usages et les différents types sous le nom générique de Dôme de Fer. A témoin une base de l’Armée pas extrêmement loin de la rédaction, dont on nous a offert la visite guidée ; or, alors que j’avais différents intercepteurs devant les yeux, la jeune officier qui nous servait de guide s’entêtait à ne nous parler que du Dôme de Fer.

 

Pourquoi pas ? Moins nous renseignons nos ennemis, mieux c’est. Cela dit, la jeune personne en uniforme qui nous montrait les batteries de missiles ne pouvait pas savoir que c’est la Ména qui la première, en novembre 2012, avait, en décryptant une vidéo, déterminé qu’Israël venait de procéder au baptême du feu de la Fronde David, contre un Fajr-5, parti de Gaza et qui se dirigeait vers Tel-Aviv.

 

Cela avait fait l’objet d’un article de notre camarade Jean Tsadik qui s’intitulait "Quelques petites améliorations". Le lendemain matin, à notre grande surprise, nous reçûmes un mail de félicitation laconique de l’un des grands responsables du programme, et cela nous avait fait plaisir.

 

Les Dômes de Fer et les Khetz participent assurément à nous rapprocher de nos voisins. C’est bien politiquement, stratégiquement – l’union tactique contre l’ennemi commun fait la force -, et commercialement aussi.  

 

Une plateforme de Dôme de Fer est vendue à 41 millions d’euros. Elle comporte 3 ou 4 lanceurs, chacun contenant 20 missiles intercepteurs, qui coûtent 33 000 euros pièce, et qui sont remplacés après chaque tir.

 

Pour une plateforme de Frondes de David, il faut compter 123 millions d’euros. Tout est à l’échelle, mais deux plateformes suffisent à protéger un territoire de la taille de celui d’Israël.

 

Quant au Khetz III, son prix est de l’ordre de 1.65 à 2.5 millions d’euros par missile. Un coût qui doit supporter en plus près de 850 millions en recherche et développement, dont 615 millions d’euros rien que durant les trois dernières années.

 

L’annonce des premières livraisons de ce mois et des commandes qui ne disent pas leur nom, mais qui s’amoncèlent, garantissent à IAI et à Rafael, donc à l’Etat, des revenus énormes au niveau de la taille de notre pays et du nombre de ses habitants.


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Raid à Hama, (suite) (022201/21) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 22 janvier 2021

 

© Metula News Agency

 

Métula, vendredi matin

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa et Yoshua Ohana ont collaboré à cette dépêche

 

Ce sont sept bases iraniennes que les chasseurs-bombardiers du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, ont attaqué à Hama, en Syrie, dès 4h21 (heure locale) ce vendredi matin.

 

Ces positions abritaient des unités des Gardiens de la "Révolution" khomeyniste (Pasdaran), ainsi que des miliciens du Hezbollah libanais et d’autres volontaires chiites d’autres nationalités au service de Téhéran.

 

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Une photo du raid de ce matin attribuée à un habitant de Hama

 

Des témoins oculaires nous ont directement informés que "tous les objectifs ont été atteints et entièrement détruits, et qu’il y a des dizaines de morts et de blessés qui ont été évacués par des ambulances vers la vingtaine d’hôpitaux de la ville" [ce qui est beaucoup pour une ville syrienne de 550 000 habitants. Ndlr.].

 

Lors d’entretiens téléphoniques, le chef de la Ména libanaise, Michaël Béhé, est parvenu à entrer en contact avec des médecins de Hama. Ceux-ci lui ont confié que 17 combattants étaient morts uniquement parmi ceux reçus dans les hôpitaux Hourani, al Tobi et les deux hôpitaux nationaux-gouvernementaux établis côte-à-côte au sud de la ville.

 

Il s’agit d’environ la moitié des morts de l’attaque selon les médecins et infirmiers interviewés. Le nombre total des blessés se monte à une quarantaine, dont au moins cinq sont dans un état critique.

 

Deux des tués sont des Iraniens, dont un capitaine de l’unité d’élite Qods [ara. : Jérusalem], les autres sont des miliciens chiites d’autres nationalités qui servent de chair à canon à l’Armée de la Théocratie perse.

 

La majorité des militaires de Téhéran ont été soit renvoyés dans leur pays, soit relocalisés dans les zones de l’extrême est syrien, entièrement sous leur contrôle. Les ayatollahs entendent ainsi réduire le nombre d’Iraniens éliminés lors des frappes israéliennes, ayant de plus en plus de mal à dissimuler ces décès en raison de leur nombre croissant. La mort de soldats iraniens provoque des réactions extrêmement hostiles du public, déjà durement touché par la pandémie de Coronavirus et les restrictions.

 

D’autre part. l’on apprend que les media du régime de Bashar al Assad ainsi que ceux qui les relaient servilement sur la surface du Globe diffusent la nouvelle selon laquelle le Khe’l Avir a bombardé cette nuit des quartiers résidentiels de Hama et ainsi infligé la mort d’une famille – deux parents et leurs deux enfants.

 

En réalité, et la Ména engage sa crédibilité à ce propos, les malheureux ont perdu la vie après avoir subi les éclats d’un missile antimissile tiré par la DCA gouvernementale.

 

Aucun appareil ni missile hébreu n’a été abattu, contrairement aux tartarinades du régime qui, une fois encore, se vante d’avoir intercepté la "quasi-totalité des missiles israéliens".

 

Nous le répétons : même au niveau théorique, aucune des armes antiaériennes (sol-air) déployées en Syrie ne possède la capacité d’intercepter un avion ou un missile israélien.

 

Toujours à propos de la Syrie et d’Israël, selon le quotidien saoudien paraissant à Londres Asharq al-Awsat [ara. : le Moyen-Orient], que nous tenons pour le plus important des media arabes et le plus professionnel d’entre eux :

 

https://english.aawsat.com/home/article/2748301/syrian-israeli-officials-reportedly-meet-hmeimim-air-base

 

Des responsables syriens et israéliens auraient tenu une réunion le mois dernier sur la base aérienne russe de Hmeimim, le quartier général du contingent russe en Syrie.

 

Selon les sources citées par Asharq al-Awsat, la réunion comprenait le chef du bureau de la sécurité nationale syrienne Ali Mamlouk, l'assistant à la sécurité du palais présidentiel, Bassam Hassan, l'ancien chef d'état-major israélien, le Brigadier-Général (rés.) Gadi Eizenkot, ainsi que le commandant des forces russes en Syrie, le Général Alexander Chayko.

 

Les responsables syriens ont exigé que le retour de leur pays dans la Ligue arabe soit "facilité" et qu’il reçoive une aide financière pour payer ses dettes à l’Iran. Ils ont également appelé à la levée des sanctions occidentales contre Damas.

 

Israël a exigé pour sa part que le Hezbollah, l'Iran et les milices iraniennes se retirent complètement de la Syrie, qu'un gouvernement syrien comprenant des personnalités de l'opposition soit formé et que l'armée soit restructurée.

 

Damas a nié la tenue de cette réunion. Moscou et Jérusalem n’ont pas commenté. La Ména n’est pas en mesure de confirmer ou d’infirmer cette information, mais les motivations qui pourraient avoir suscité cette rencontre sont fort plausible.

 

En effet, la Syrie est un pays ruiné et en ruines qui voit son horizon entièrement bouché. Elle ne possède pas les capacités de vaincre les Turcs au Nord, d’obtenir la cessation du soutien occidental aux autonomistes Kurdes, ni de s’opposer à Israël. De plus, en cas de normalisation avec Israël, la présence iranienne sur son territoire ne lui est plus nécessaire, et elle ne lui amène que des désagréments, des destructions et de grosses dépenses.

 

Plus positivement, la dictature alaouite aimerait participer à l’essor de la nouvelle et prometteuse alliance, post-printemps arabes, qui se dessine autour de l’axe Jérusalem-Riyad. Combattre l’Etat hébreu avait un sens lorsque tout le monde arabe s’était fixé sa disparition comme objectif primordial. Demeurer le seul Etat arabe à affronter Israël est un non-sens à la fois stratégique et politique. Une condamnation à la défaite sans fin. A la misère et à la guerre défensive.

 

De leur côté, les Russes n’ont plus rien à gagner d’une présence illimitée et onéreuse en Syrie, et cherchent une manière de se retirer en conservant l’actif de leur intervention : préserver le régime de leur allié Bashar al Assad.

 

Quant à Israël, elle est naturellement intéressée par l’éloignement de l’Iran et du Hezbollah de ses frontières, ainsi que par l’isolement de ce dernier au Liban. La normalisation de ses relations avec Damas, si elle est acceptée par ses nouveaux alliés sunnites, entérinerait l’intégration pacifique définitive d’Israël dans la région. De plus, la présence des Iraniens en Syrie condamne également l’Etat hébreu à une guerre d’usure interminable et coûteuse sur ses frontières Nord et Nord-Est.

 

Ce vendredi à la mi-journée. La situation est normale dans le Doigt de la Galilée ainsi que sur les hauteurs du Golan.

 

 
L’Armée de l’Air israélienne a frappé à l’aube des objectifs dans la région de Hama (012201/21) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 22 janvier 2021

 

© Metula News Agency

 

Métula, vendredi matin

 

Stéphane Juffa et Yoshua Ohana ont collaboré à cette dépêche

 

A l’aube de ce vendredi matin, des sources concordantes indiquent que le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, a frappé des objectifs au sol dans la région de Hama en Syrie.

 

Les media officiels syriens confirment ce raid.

 

Nous n’en savons pas plus pour le moment. Nous publierons les détails de l’opération lorsque nous les obtiendrons.

 

La zone de Hama compte plusieurs concentrations de militaires syriens, iraniens et de miliciens du Hezbollah libanais, ainsi que des entrepôts d’armes. C’est également à l’ouest de cette ville que se situe la zone de Masyaf et ses multiples fabriques d’armes et de munitions aux mains des gouvernementaux ainsi que des Gardiens de la Révolution khomeyniste (Pasdaran).

 

Ces positions ont déjà fait l’objet de nombreuses frappes du Khe’l Avir.

 

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La carte de la Syrie situant la ville de Hama

Service cartographique © Metula News Agency

 

 
L’Iran et sa course à la bombe (info # 012001/21) Version imprimable
Analyse
mercredi, 20 janvier 2021

 

Par Jean Claude Zerbib

 

Les problèmes avec l’Iran dus au nucléaire ont émergé au début des années 2000 quand les experts de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA), bras de l'ONU chargé notamment de veiller au respect de la non-prolifération (actions contre le détournement des capacités nucléaires civiles d’un pays en vue d’un usage militaire), ont découvert en juin 20031 des documents qui indiquaient que l’Iran avait créé des installations et mené clandestinement un grand nombre de travaux et d’achats de matériels afin de réaliser une bombe nucléaire. Ce n’était que le début des découvertes dont la Ména en avait présenté l’histoire en juin 2014.

 

Quelques données techniques

 

Pour réaliser une bombe nucléaire, deux voies se présentent : utiliser du plutonium ou de l’uranium fortement enrichi en isotope 2352. Les USA ont fait la démonstration de ces deux moyens en larguant, le 6 août 1945, une bombe à uranium sur Hiroshima, puis le 9 août une bombe au plutonium sur Nagasaki.

 

Il faut donc disposer d’au moins l’une de ces deux matières nucléaires : de l’uranium enrichi à plus de 90% en isotope 235 ou du plutonium. Ces substances sont obtenues de manières très différentes : au moyen de centrifugeuses pour la première et d’un réacteur nucléaire pour la seconde. Mais aussi, dans ce dernier cas, de moyens très spécifiques de chimie sur matière hautement radioactive afin de dissoudre le combustible irradié puis d’extraire le plutonium qui se trouve mélangé intimement à près de 200 autres éléments radioactifs, produits dans le combustible durant son séjour dans le réacteur. Des contraintes techniques importantes qui exigent une maîtrise industrielle de la chimie sous rayonnement.

 

Les choix techniques et stratégiques iraniens

 

L’Iran s’est engagé sur ces deux voies, mais il est industriellement plus en avance avec l’uranium enrichi au moyen de ses centrifugeuses de différents modèles, qu’il a pu acquérir avec la complicité du physicien pakistanais Abdul Qadeer Khan. Téhéran aurait acheté entre 1987 et 1999 au réseau de Khan, des centrifugeuses, des plans et la technologie s’y rapportant3.

 

Le choix du réacteur, dont la construction a été entreprise dès 2004, est quant à lui non-ambigu, car c’est un réacteur plutonigène à eau lourde (40 MW thermiques) et oxyde d’uranium naturel ; un réacteur de conception russe, bien adapté à la production de plutonium, situé aux abords de la ville d'Arak, à 290 km au sud-ouest de Téhéran.

 

Qu’il s’agisse de l’uranium que l’on va enrichir en isotope 235, alors qu’il est sous forme d’hexafluorure gazeux ou du plutonium que l’on va extraire du combustible irradié, sous forme de nitrate puis d’oxyde de plutonium, au final, pour construire le cœur de la bombe, il faut obtenir de l’uranium métal ou du plutonium métal.

 

Une fois acquise la matière nucléaire sous forme métal, le dessin et la réalisation des éléments de coques sphériques métalliques que l’on réalisera, font également partie des savoir-faire secrets acquis par l’Iran auprès d’Abdul Qadeer Khan.

 

Lorsque l’explosion est déclenchée, ces éléments sont brusquement réunis au cœur de l’arme par des produits détonants particuliers, qui explosent de manière synchrone et permettent d’obtenir la masse supercritique qui produit l’explosion nucléaire.

 

L’Iran a également réalisé clandestinement à Arak une usine de production d’eau lourde afin d’assurer le fonctionnement de ce réacteur (constructions annoncées par des dissidents iraniens aux media4 en septembre 2002).

 

L’AIEA a acquis des preuves montrant que des essais de séparation chimique du plutonium ont été réalisés (dissolution du combustible). Cependant l’Iran est loin d’avoir acquis les capacités industrielles qui permettraient d’en séparer des dizaines de kilogrammes.

 

Les premiers pas clandestins vers une arme nucléaire

 

Certaines tricheries découvertes en 2003 remontaient en fait à 16 ans comme celle des débuts de la centrifugation5 en 1987, cachés à l’AIEA. Elles constituaient de nombreux manquements à l’accord signé entre l’Iran et l’Agence, relatif à l’application du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (INFCIRC/214), qui est entré en vigueur le 15 mai 1974. Ce non-respect s’est concrétisé par des activités nucléaires clandestines couvrant pratiquement tous les maillons de ce que l’on appelle le "cycle nucléaire".

 

L’AIEA n’était qu’au début de ses découvertes. Notamment, lorsque le 26 août 2003, ses experts découvrent sur le site de Natanz des traces d'uranium enrichi à des taux supérieurs à ceux habituellement utilisés dans les réacteurs électronucléaires civils (3 à 4%).

 

Ces éléments avaient été révélés aux représentants des Etats membres de l’AIEA en février 2008, par son directeur général adjoint, le Finlandais Olli Heinonen, lors d'une réunion à huis-clos, au siège de l'Agence à Vienne. M. Heinonen était le mieux informé : depuis 2005, il était directement impliqué dans la recherche des tentatives iraniennes de détournement des accords, car il dirigeait les équipes d'inspecteurs qui enquêtaient sur les dérives militaires du programme nucléaire de l'Iran.

 

Malgré le huis-clos de cette réunion, la presse avait réussi à en connaître les points principaux révélés aux Etats membres de l’AIEA. Mr Heinonen aurait notamment montré des preuves indiscutables du caractère militaire des travaux iraniens, comme des croquis figurant une arme de forme sphérique, intégrée dans une tête de missile, ou plus nettement encore, une des caractéristiques du missile iranien6 Shahab-3, prévu pour déclencher une explosion à une altitude d'environ 600 m. Ce choix ne peut concerner qu’une arme nucléaire7, car aucune charge explosive classique ne se déclenche d’aussi haut puisqu’elle aurait très peu d’effets au niveau du sol.

 

Les affirmations documentées de M. Heinonen contrastaient fortement avec les données fournies par le Directeur général de l’AIEA, Mohamed M. el Baradei, dont les rapports et les dires sur l’Iran étaient souvent réducteurs et ambigus8.

 

Ce fut notamment le cas lorsqu’il avait présenté à une commission de l’Assemblée Nationale française le choix iranien de la centrifugation comme une expérience industrielle presque banale9, distincte de la prolifération avérée de l’Irak et de la Libye.

 

Quand l’AIEA rend publiques toutes les actions clandestines iraniennes

 

Le 8 novembre 2011, l’AIEA, dépassant le huis-clos de 2008, présente dans un rapport10 les preuves crédibles d’activités spécifiquement liées à la réalisation d’une arme nucléaire (mise de l’uranium sous forme métal, codes de calcul, intégration de l’arme dans un missile, etc.).

 

Les termes utilisés sont clairs :"l'agence a de sérieuses inquiétudes concernant une possible dimension militaire du programme nucléaire iranien", et précise que "l’Iran a exécuté des activités qui ont trait à la mise au point d’un dispositif nucléaire explosif" (paragraphe 53 du rapport). Une annexe importante du rapport (14 pages sur 26) porte sur les Dimensions militaires possibles du programme nucléaire iranien.

 

Ce rapport s’appuie sur les informations collectées directement par l’AIEA, mais aussi sur celles fournies probablement par les services secrets de dix Etats membres, en particulier des images satellites d’installations nucléaires à plusieurs stades de leur évolution, une documentation volumineuse de plus de 1 000 pages (correspondances, rapports, graphiques visuels provenant d’exposés, vidéos et dessins techniques).

 

Dans ce rapport qui fait l’historique des déviations militaires connues du programme nucléaire iranien depuis 200211, dix éléments cités accréditent indiscutablement l’existence d’un programme nucléaire militaire, notamment le plan d’un engin vendu à l’Iran par le Pakistanais Abdul Qadeer Khan12 qui se livrait à un commerce international illicite de matériel et de technologie nucléaires dans le monde13.

 

L’Iran a reconnu disposer d’un document de 15 pages qui décrit les processus de conversion de composés de fluorure d’uranium en uranium métal et surtout, la production de composants métalliques hémisphériques à l’uranium enrichi, qui constituent le cœur de l’arme nucléaire.

 

Cette étape de métallisation de la matière nucléaire fait partie de la phase ultime de la réalisation de l’arme. C’est pourquoi l’AIEA demande à l’Iran de clarifier les circonstances de l’acquisition de ce document sur l’uranium métal (mais l’AIEA n’obtiendra pas de réponse à cette demande).

 

Le rapport de l’AIEA cite également dans les activités clandestines, la fabrication, depuis février 2007 à Natanz, dans une grande installation souterraine d’enrichissement du combustible, d’uranium sous forme d’UF6 enrichi à un faible taux : un total de 4 922 kg avait été réalisé au 1er novembre 2011 au moyen d’environ 8 000 centrifugeuses, et dans une 2ème installation, un pilote d’enrichissement du combustible, où 73,5 kg enrichis à 20%, ont été obtenus.

 

Pour enrichir cet uranium, deux types de centrifugeuses (IR1 et IR2) ont été utilisés. Les premières (IR1) étaient réalisées sur le modèle pakistanais. Les secondes (IR2) ont été développées en Iran en remplaçant l’acier spécial du rotor par un matériau en fibre de carbone, plus léger et très résistant14, ce qui a permis de doubler la vitesse de rotation.

 

En contradiction avec les résolutions du Conseil de sécurité, les travaux sur le réacteur d’Arak (IR40), modéré à eau lourde, se sont poursuivis et d’après des images récentes, l’installation de fabrication d’eau lourde semble être en service, mais l’Iran n’a pas accordé à l’Agence l’accès à l’eau lourde entreposée dans l’installation de conversion d’uranium (ICU).

 

Des essais de charges explosives hémisphériques, qui ne sont utilisées que dans les armes nucléaires, ont été réalisés, ainsi qu’une tête de missile et des croquis de l’insertion d’une arme sphérique qui correspond à celle d'une tête de missile Shahab-315 nucléarisée.

 

Une série d’éléments convergeant que l’AIEA doit aux recherches de M. Heinonen et de son équipe d’experts.

 

La Russie a pour sa part critiqué la publication d'informations relatives au programme nucléaire iranien contenues dans ce rapport de l'AIEA, estimant qu'elle réduirait les espoirs de dialogue avec Téhéran et laissant entendre qu'elle visait à saboter les chances d'une solution diplomatique16.

 

Nous pouvons dire qu’en novembre 2011, et même probablement avant le rapport de l’AIEA, l’Iran disposait de tous les éléments matériels qui permettaient de constituer une arme nucléaire à uranium enrichi.

 

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Cartographie des sites nucléaires iraniens en 2013

 

Les mésaventures du Plan d’Accord Global Commun (PAGC)

 

Le 14 juillet 2015, l’Allemagne, la Chine, les Etats-Unis d’Amérique, la Fédération de Russie, la France et le Royaume-Uni, appelés groupe des "5+1" ainsi que la Haute représentante de l’Union Européenne et l’Iran se sont mis d’accord sur un Plan d’Accord Global Commun (PAGC).

 

Le 20 juillet 2015, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 2231 qui présente les termes de l’accord. C’est l’AIEA qui assure, avec ses inspecteurs internationaux, le contrôle du respect des dispositions de l’accord depuis le 16 janvier 2016 (date d’application du PAGC).

 

Mais le 8 mai 2018, le Président Donald Trump, annonce que les Etats-Unis allaient se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien.

 

Pour marquer le premier anniversaire de la décision américaine, le 8 mai 2019, l’Iran, par la voix d’Hassan Rouhani, président de la République islamique d’Iran et Chef du Conseil suprême, annonce que le Conseil suprême de sécurité nationale de la République Islamique d’Iran avait ordonné l’arrêt de l’application de certaines mesures prises au titre de l’accord.

 

En clair, l’Iran relançait la construction d’une ou plusieurs armes. Toutes les limites définies par l’accord des "5+1" étaient très largement dépassées : ainsi, selon la BBC, le 12 novembre 2020, le stock d'uranium faiblement enrichi atteignait 2 442.9 kg, soit 12 fois la limite prévue par l'accord17.

 

L’accord prévoyait de ne pas dépasser un total de 300 kg d’UF6, ce qui correspond à 202,8 kg d’uranium avec un taux d'enrichissement maintenu en dessous de 3.67% (en novembre 2020 ce taux dépassait 4,5%). Le surplus du stock d'uranium faiblement enrichi qui s'élevait à environ 15 tonnes, avant l’accord, a été expédié en Russie en janvier 2016 et le maintien du stock à 300 kg d’UF6 restait sous la surveillance de l'AIEA.

 

Egalement d’après l’accord, l’'Iran devait réduire d'environ 20 000 à 5 000 le nombre de ses centrifugeuses installées à Natanz, sans pouvoir utiliser ses centrifugeuses IR2 les plus modernes et les plus efficaces. Les 1 044 centrifugeuses installées au centre souterrain de Fordo ne pourraient être utilisées à l'enrichissement de l'uranium.

 

Situation et menaces actuelles

 

Le 4 janvier 2021, le porte-parole du gouvernement iranien annonce que l’Iran décide de produire de l'uranium enrichi à 20% dans l'usine souterraine de Fordo, en violation de l'accord de Vienne de 2015, qui fixe à 3,67% le seuil maximum d’enrichissement en isotope 235.


 

 

Notes :

 

1 http://www.iaea.org/Publications/Documents/Board/2003/French/gov2003-40_fr.pdf

 

2 Comme le manganèse ou le silicium par exemple, l’uranium naturel est formé de 3 isotopes : le 234, 235 et 238. Seul l’uranium 235 peut, s’il est bombardé par des neutrons, se casser en 2 parties (parfois en 3) qui sont des éléments radioactifs. Cette "fission" s’accompagne d’une émission d’énergie et d’un à trois neutrons qui pourront à leur tour créer des réactions en chaînes.

 

Mais la teneur de l’isotope 235 est faible : 0,71% soit 7,1 kg par tonne d’uranium. Un peu plus de trois tonnes permettraient de faire une bombe, mais cette énorme masse de matière poserait beaucoup de problèmes. Pour augmenter fortement cette teneur (supérieure à 90%), on met en œuvre des procédés physiques comme la centrifugation où de l’uranium sous forme gazeuse (de l’hexafluorure d’uranium, l’UF6) est mis dans des centrifugeuses qui tournent à très grande vitesse (90 000 tours par mn). L’isotope le plus lourd, l’uranium 238, sera le plus plaqué à la paroi par la force centrifuge. En prélevant du gaz dans la zone proche du centre de la centrifugeuse on aura de l’uranium un peu plus riche en éléments légers : les uraniums 234 et 235. En répétant cette opération, avec une cascade de centrifugeuses un très grand nombre de fois, la centrifugation de cet uranium faiblement appauvri de son isotope 238, le plus lourd, on augmentera progressivement la teneur en uranium 235.

 

3 Irving Lewis,

https://dandurand.uqam.ca/wp-content/uploads/2016/03/Proliferation_nucleaire_WEB.pdf

 

4 Le 12 septembre 2002, un dissident iranien, porte-parole du Conseil national de la résistance en Iran (CNRI, un groupe dissident iranien), révèle l'existence de deux sites nucléaires clandestins en Iran : une usine d’enrichissement de l’uranium à Natanz et une usine de fabrication d’eau lourde à Arak. Le Monde 15/10/2013.

 

5 Téhéran aurait acheté, entre 1987 et 1999 voire 2000, au réseau d’Abdul Qadeer Khan, des centrifugeuses, des plans, la technologie s’y rapportant mais aussi le carnet d’adresses des fournisseurs de matériels, un tout que le pakistanais a dérobé aux Pays-Bas. https://dandurand.uqam.ca/wp-content/uploads/2016/03/Proliferation_nucleaire_WEB.pdf

 

6 Le lancer d’une bombe par un avion, comme l’on fait les américains sur le Japon, n’est plus possible aujourd’hui du fait de l’efficacité des systèmes de défense anti-aérienne. Le transport de l’arme nucléaire ou de plusieurs armes se fait au moyen d’un missile

 

7 La bombe lâchée sur Hiroshima a explosé à l’altitude de 580 ±15m et celle de Nagasaki à 503 ± 10m.

 

8 Bernard Kouchner avait demandé à M. el-Baradei de publier d'autres informations détenues par l'AIEA, concernant le programme nucléaire iranien. Paris a confirmé sa position. « La France a reçu à l'agence un briefing technique ouvert à l'ensemble des Etats membres », mais toutes ces informations ne seront pas reflétées dans le rapport du directeur général au conseil des gouverneurs selon l’Associated Press, le 07.09.2009

 

9 "L'AIEA, au Proche et au Moyen-Orient, a en particulier travaillé depuis dix ans sur trois Etats : la Libye, l'Irak et l'Iran. Au moins deux de ces Etats développaient un programme d'armement, et le troisième au moins un savoir-faire, l'enrichissement de l'uranium". Audition à l’Assemblée Nationale, 6 mai 2004.

 

10 Mise en œuvre de l’accord de garanties TNP et des dispositions pertinentes des résolutions du Conseil de sécurité en République Islamique d’Iran, GOV/2011/65, 11 novembre 2011.

 

11 En 2002 et 2003, une entité clandestine iranienne a été chargée de ce programme militaire. Elle avait pour nom de code Plan AMAD.

 

12 Abdul Qadeer Khan a la réputation d’être le père de la bombe atomique au Pakistan (après avoir dérobé les plans des centrifugeuses aux Pays Bas, partenaires d’URENCO) mais c’est aussi un grand trafiquant international de matériel nucléaire, qui a proposé ses services notamment à la Corée du Nord, à Kadhafi en Libye (projet démantelé par les USA) et à l'Iran, mais peut être aussi à l’Irak. https://dandurand.uqam.ca/wp-content/uploads/2016/03/Proliferation_nucleaire_WEB.pdf

 

13 Cette affaire de marché noir nucléaire a été révélée par un ancien inspecteur de l’AIEA, David Albright. Une dénonciation qui a permis la saisie, dans une entreprise suisse, des plans d'une arme nucléaire compacte pouvant être adaptée à des têtes de missiles de type iranien ou ceux de la Corée du Nord (Le Monde 18/06/2008).

 

14 https://www.laradioactivite.com/site/pages/Centrifugeuses_IR1_IR2.htm

 

15 https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/03/01/l-aiea-detient-des-preuves-que-l-iran-a-mene-un-programme-nucleaire-militaire-apres-2003_1017661_3218.html

 

16 Nucléaire iranien : l'AIEA a de "sérieuses inquiétudes", Le Monde, 8 novembre 2011

 

17 https://www.bbc.com/news/world-middle-east-54912402

 

pour lire la suite...
 
Le Drian réagit... Version imprimable
Pamphlet
lundi, 18 janvier 2021

 

Pendant que Tsahal s'apprête à anéantir l'infrastructure nucléaire iranienne, Jean-Yves Le Drian menace : "Il est urgent de dire à l'Iran que cela suffit !"
Il va le leur dire !
Il va le faire !
Il va le faire, il va le leur dire, il va le faire..
Pffff... presque... les Iraniens ont eu très chaud sur ce coup-là...
 
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Alerte écarlate (011701/21) Version imprimable
Analyse
dimanche, 17 janvier 2021

 

Dernières heures : Tsahal a décrété à la mi-journée, l’état d’alerte. Celui-ci est lié au contenu de l’analyse de Jean Tsadik qui suit. Nous conseillons, par mesure de précaution, à tous les Israéliens de se doter d’un récepteur radio fonctionnant sur batteries, de réserves d’eau potable et de nourriture facile à conserver, genre riz et pâtes, ainsi que d’aliments secs.

 

                                                                                                                                                

Alerte écarlate (011701/21) [Analyse]

Par Jean Tsadik

 

Ce qui a le plus retenu notre attention ces derniers jours, plus encore que les raids sur la Syrie, les manœuvres militaires et les mouvements de sous-marins et de bombardiers stratégiques, c’est une vidéo diffusée mercredi soir par le Commandement du Front Intérieur.

 

Davantage que la défense passive dans d’autres pays, le Commandement du Front Intérieur est l’unité de Tsahal chargée de préparer la population civile à un conflit ou à une catastrophe, l’assister pendant la crise et contribuer à la reconstruction après elle.

 

Or le "Commandement" a émis un communiqué sous forme de vidéo proposée sur un ton vaguement humoristique, invitant les Israéliens à se munir d’une bête radio à piles et à la ranger dans leurs abris individuels.

 

Regarder la vidéo :

https://youtu.be/vhehdiwddc4

 

Nir, le présentateur du clip, explique qu’en cas de coupure de courant ou d’interruption du Net et des réseaux téléphoniques, une bonne vieille radio fonctionnant sur batteries constituerait le seul moyen pour les habitants de se tenir informés de l’évolution de la situation et des mesures à prendre.

 

C’est tout. Mais c’est déjà beaucoup. Car pour que Tsahal prenne le risque de générer un mouvement de panique en répandant des "conseils" de ce genre, c’est assurément, au-delà du doute sensé, qu’il y a péril en la demeure.

 

On s’est évidemment demandé quel Etat ou organisation hostile pourrait associer les moyens et l’intention de détruire (par des bombardements ou par des cyber-attaques) nos sources d’électricité. De prime abord, nos doigts se sont instinctivement pointés vers le seul candidat possible, s’agissant de la "République" Islamique d’Iran.

 

Mais en y réfléchissant un peu, nous avons écarté cette hypothèse, en tous cas au niveau d’une initiative militaire spontanée des ayatollahs. En effet, leur posture actuelle consiste à attendre sans bouger une oreille la transition à la tête des Etats-Unis, le nouveau président ayant déjà annoncé son intention de réintégrer l’accord des 5+1 avec Téhéran sur le nucléaire.

 

uss_georgia.jpg

L’USS Georgia, de même que la plus formidable flottille de guerre réunie

depuis très longtemps, se trouvent en ordre de combat dans la région du Golfe

 

De plus, pour démontrer que ce ne sont pas des mots en l’air, Joe Biden a nommé aux postes clés de son administration la plupart des architectes de l’accord sous Barack Obama. A l’instar d’Antony Blinken au poste de Secrétaire d’Etat (ministre des Affaires Etrangères), qui en fut l’un des instigateurs directs. Pour la petite histoire, Blinken est cent pour cent israélite et fier de l’être, et parle parfaitement français pour avoir suivi sa mère à Paris lorsqu’elle s’est remariée avec l’écrivain (entre autres) Samuel Pisar.

 

A la tête de la CIA, Biden a pressenti l’avocat David S. Cohen, tout aussi israélite que Blinken, qui fut accessoirement "Sous-secrétaire au Trésor pour le terrorisme et le renseignement financier" sous Obama, et membre de l’équipe qui a participé aussi bien à l’accord avec l’Iran qu’à la gestion des sanctions relatives à ce pays.

 

Bien d’autres "ex-administration Obama" font partie des cadres de celle de Biden, ce qui exacerbe en Israël et dans les Etats arabes particulièrement la crainte d’avoir à subir une présidence Obama III qui ne dirait pas son nom. Et qui profiterait de l’âge canonique du Président et de ses problèmes de concentration pour gouverner à sa place

 

Parmi ces ténors, l’on retrouve John Kerry, certes au poste d’ "Envoyé présidentiel spécial pour les affaires concernant le climat". Mais aucun lecteur fidèle de la Ména n’aura oublié que Kerry fut le principal artisan et négociateur des accords avec le ministre iranien des Affaires Etrangères Mohammed Zarif. A cette position, il se montra souvent hermétique aux intérêts israéliens, pour ne pas dire franchement hostile. A Jérusalem, au Caire, à Riyad et à Abou Dabi on se demande si Kerry ne va pas tenter d’influencer le président novice afin de l’amener à se rapprocher de la théocratie islamique, à nouveau pratiquement à n’importe quel prix.

 

A part cela, pour ceux à qui cela aurait échappé, John Kerry est aussi d’origine israélite, mais ses grands-parents, émigrés d’Autriche-Hongrie, s’étaient convertis au catholicisme. Cela n’a évidemment aucune incidence sur la politique américaine, mais il y a vraiment beaucoup de Juifs dans l’équipe Biden, la plupart étant également des anciens réalisateurs des orientations politiques de Barack Obama. Pour ne considérer que la direction de la sécurité nationale et la politique étrangère, cinq des huit responsables choisis par Biden répondent à ces deux critères. Outre Blinken et Kerry déjà mentionnés, Merrick Garland sera procureur national, Alejandro Mayorkas, Secrétaire à la Sécurité intérieure des Etats-Unis, et Avril Haines occupera le poste de directrice du Renseignement national.

 

Les détails qui précèdent quant à la formation de l’administration Biden démontrent au moins deux choses. Premièrement, l’attachement fondamental de l’intelligentzia juive américaine au parti Démocrate, quels que puissent être ses choix politiques à l’égard d’Israël. Deuxièmement et précisément, que l’on peut être juif américain et bien dans ses bottes, et en désaccord profond avec les orientations sécuritaires de Jérusalem.

 

Car à Sion, on a peur de ce qu’il va se passer sous la présidence de Biden. Ne serait-ce que pour les raisons et les personnalités que je viens d’évoquer. Ici, on considère que la théocratie perse et son projet de bombe atomique constituent la menace existentielle primordiale et imminente qui pèse sur Israël et sur le reste du monde.

 

Au point que l’on envisage d’en détruire les infrastructures avant que la nouvelle administration puisse être tentée d’opposer son veto à une offensive israélienne.

 

C’est ce qui explique le clip du Commandement du Front Intérieur. Ce n’est pas que l’on appréhende une attaque iranienne ces prochains jours, ni même de la part de la milice supplétive libanaise Hezbollah des Iraniens. Les Iraniens n’ont même pratiquement pas réagi à la plus grosse opération israélienne de tous les temps visant leurs troupes, la semaine dernière, dans l’extrême est de la Syrie.

 

Un raid qui, contrairement à ce que vous ont dit les autres media, mais comme nous l’annoncions pour notre part le jour même de l’intervention de l’Aviation israélienne, a causé la mort de dizaines voire de centaines de personnes. 101 militaires iraniens et miliciens auxiliaires sont décédés, et 127 autres ont été blessé, dont 28 sont, ce dimanche, dans un état grave, et 7 parmi ceux-ci, désespéré.

 

Ces bilans ont été recueillis ce jour dans les hôpitaux de la région par le chef de la Ména libanaise, Michaël Béhé, spécialement à l’hôpital militaire du régime à Deïr ez-Zor, et à l’hôpital Aïcha à Boukamal.  

 

Les Perses n’ont pas réagi à ces frappes qui ont réduit en poussière l’essentiel de leur positionnement à la frontière syro-irakienne, pour la raison qu’ils espèrent que Joe Biden réintégrera l’accord des 5+1, au pire avec quelques modifications d’ordre esthétique.

 

Or pour le Renseignement hébreu, la théocratie se trouve désormais à un an de la bombe. Ce, grâce aux actions de retardement menées par Tsahal et ses alliés, et notamment le sabotage sur le site de Natanz des centrifugeuses de dernière génération en possession du régime. Des machines nécessaires à l’enrichissement suffisant de l’uranium pour confectionner l’arme atomique.

 

A Jérusalem, on ne permettra pas aux ayatollahs de réaliser leur projet. Même si cela doit nous brouiller durablement avec le gouvernement américain. Pour nous, il s’agit d’une question de vie ou de mort.

 

Ceci dit, autant intervenir avant que Joe Biden ne prenne ses quartiers. Oui, je sais il reste à peine deux jours avant l’intronisation, et trois nuits aussi. Mais très clairement : si Tsahal a intimé aux Israéliens de se munir de radios à piles, ce n’est pas qu’il craigne une attaque iranienne, c’est qu’il prépare la nôtre.

 

Cela ne signifie pas non plus que nous allons intervenir d’ici mercredi, c’est que le gouvernement, l’état-major israélien, celui de l’Armée américaine et le Président Trump, toujours en exercice, ont décidé de se ménager cette opportunité. De la maintenir réalisable en cas de feu vert.

 

Est-ce à dire aussi que nous craignons qu’en représailles les Iraniens ou leurs supplétifs du Hezbollah bombardent nos centrales électriques ? Modérément. Leurs chances d’y parvenir ne sont pas nombreuses, mais il vaut mieux préparer les scénarii du pire si l’on entend se réjouir du meilleur. Non seulement l’ennemi n’a toujours pas apporté la preuve que ses missiles balistiques et ses drones d’attaque sont capables de toucher un objectif en Israël, mais ils sait pertinemment que s’il essayait, il déclencherait une pluie de missiles de précision ultime qui réduiraient à l’état de ruine l’Armée du régime et ses infrastructures, et qui éliminerait ses leaders politiques. Au Liban, en cas d’agression du Hezb, à l’issue d’une confrontation d’un niveau jamais encore atteint, la milice terroriste cesserait d’exister, mais une bonne partie du Liban également.

 

En fait, l’Armée israélienne ne redoute pas principalement une riposte militaire de l’ennemi. La raison de diffusion de la vidéo de la protection civile est ailleurs : en cas d’attaque de notre part, Tsahal aurait recours à des brouillages électrostatiques sur une très large échelle. 

 

Nous le savons car le 6 septembre 2007, lors de l’opération "Hors de la boîte", également baptisée "Verger", lorsque huit appareils de l’Aviation israélienne, le Khe’l Avir, avaient oblitéré le réacteur nucléaire syrien, non loin de Deïr ez-Zor, toute la région avait souffert de ces brouillages.

 

En Syrie ils furent si denses, que l’ensemble des radars fut aveuglé, et que la DCA ne vit pas venir les F-15 et les F-16.

 

Au Liban et dans la zone frontalière où nous nous trouvons, les réseaux de téléphonie mobile, Internet et la télévision cessèrent de fonctionner. C’est d’ailleurs ce phénomène qui nous mit la puce à l’oreille et permit à la Ména d’annoncer l’attaque trois jours avant tous les autres media.

 

Dans les jours prochains, si une opération massive en Iran est déclenchée, nous connaitrons sans doute les mêmes effets, et peut-être même étendus à l’ensemble d’Israël et augmentés en intensité. Or à cette aune, ce sont certaines ondes radio qui résistent le mieux, d’où l’injonction faite aux habitants de se munir de récepteurs autonomes.

 

Ce que j’avance dans cet article ne souffre aucun doute. Non pas de l’éminence certaine d’une frappe israélienne, mais des préparatifs en vue de la rendre possible. Sinon Tsahal n’aurait pas diffusé cette vidéo.

 

Et l’Armée U.S. ne serait pas sur le qui-vive. Ce matin encore, et pour la cinquième fois depuis le début de ce mois de janvier, des Buff, le nom familier du bombardier stratégique (capable de bombardement nucléaire) B-52, du Global Strike Command américain, ont survolé Israël en direction du golfe arabo-persique. Ils ont la particularité d’avoir l’autonomie suffisante pour décoller des USA et larguer 31.5 tonnes de bombes sur n’importe quel point de la planète sans avoir à se ravitailler en vol.

 

Mais ce n’est pas tout. Le porte-avions USS Nimitz entouré de toute son escorte est sur zone, de même que de nombreux autres bâtiments. A l’instar du sous-marin nucléaire USS Georgia, avec 150 missiles Tomahawk dans ses entrailles, qui a été filmé par deux hélicoptères iraniens en train de franchir le détroit d’Hormuz en surface.

 

Les navires et les sous-marins américains et alliés sur zone, dans le Golfe et dans l’océan indien, sont capables à eux seuls de détruire plusieurs fois l’Iran.

 

Les Perses sentent aussi monter la tension, ils ont tiré hier (samedi) des missiles balistiques qui se sont écrasés en mer à 180km du Nimitz, et à 35km de navires marchands qui croisaient dans le secteur. Ces derniers jours, l’Armée de la Théocratie multiplie les exercices et inonde le Net de vidéos montrant des tirs de missiles, lorsque ce n’est pas des visites guidées de fortifications souterraines.

 

Nul doute que ces images ne font pas beaucoup d’effet sur les militaires américains et israéliens. L’idée est que l’assaut soit mené par des avions, des missiles et des drones israéliens, pour permettre à Donald Trump de ne pas être celui qui ouvre les hostilités. Ce qui nécessiterait l’accord du Congrès et serait sans doute refusé, si près de la passation de pouvoir à Joe Biden.

 

En cas de riposte iranienne, l’Army, la Navy et l’Air Force seraient contraints de réagir, ne serait-ce que pour protéger le personnel U.S. présent en nombre, notamment à Bahreïn et en Arabie Saoudite.

 

Israël a-t-il les capacités d’anéantir seul les infrastructures nucléaires, les missiles et la DCA iraniens ? La réponse est sans aucun doute oui. Tsahal s’y prépare depuis des mois voire des années. Et les Iraniens ne disposent pas des armes défensives nécessaires à empêcher les frappes des Hébreux, ni même à les gêner dans l’accomplissement de leur tâche.

 

Israël a-t-il la capacité de réaliser les oblitérations voulues en 48 heures ? A cette question aussi, la réponse est oui. Même s’il faudrait quelques jours de plus pour peaufiner le travail. Un temps additionnel dont il pourrait disposer en cas de riposte de l’Armée persane.

 

La question subsidiaire consiste à savoir si le Hezbollah libanais ouvrira un second front à la demande de ses mentors de Téhéran. Nous sommes nombreux et à tous les échelons à nous poser cette question. Pour ma part, je ne pense pas qu’il le fera, pour les raisons que j’ai développées précédemment. Les dirigeants de la milice terroriste chiite libanaise ne sont pas suicidaires, et ils l’ont prouvé lors de crises précédentes. De plus, ils connaissent spécifiquement les menaces qui pèsent sur leurs têtes.

 

 
L’Armée de l’Air israélienne a anéanti entre 22 et 25 objectifs iraniens en Syrie cette nuit Version imprimable
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mercredi, 13 janvier 2021

 

Dépêche # 011301/21

 

Métula, mercredi matin

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa, Yoshua Ohana et Jean Tsadik ont collaboré à cette dépêche

 

A partir de 01:10 locales et pratiquement jusqu’à l’aube de ce mercredi matin, des vagues de chasseurs-bombardiers israéliens selon les media officiels syriens, iraniens et arabes on déferlé sur la province de Deïr ez-Zor à l’est de la Syrie, à proximité de la frontière irakienne.

 

Les appareils du Khe’l Avir, l’Armée de l’Air israélienne, on frappé et complètement anéanti entre 22 et 25 objectifs situés autour de Boukamal, de la ville de Deïr ez-Zor, dont le camp Saïka des Gardiens de la Révolution khomeyniste iranienne (Pasdaran), ainsi que des radars et batteries de missiles sol-air et d’autres cibles situées dans le désert dans la bulle de couleur orange pastel sur la carte.

 

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La région frappée par les raids de ce matin attribués à Israël

service cartographique © Metula News Agency

 

Les objectifs étaient les quartiers généraux de l’Armée iranienne et de leurs milices supplétives, des bases militaires, des entrepôts d’armes et de munitions situées sur l’autoroute shiite, ainsi que des ouvrages de fortifications.

 

Les Pasdaran de la Brigade al Qods [ara. : Jérusalem] ont fait les frais des attaques, de même que des miliciens du Hezbollah libanais et de la Division Fatemiyoun.

 

La Division des Fatimides [Fatemiyoun], anciennement Brigade des Fatimides, également appelée le Hezbollah afghan, est une milice islamiste chiite, formée par l'Iran et constituée de combattants hazaras afghans (Wikipédia). Elle est de plus en plus utilisées par la théocratie de Téhéran en Syrie comme chair à canon face aux opérations israéliennes afin de limiter les pertes parmi les militaires perses. Ces miliciens sont principalement déployés dans la zone frontalière entre la Syrie et l’Irak et dans le Golan syrien.

 

Selon notre correspondant permanent Perwer Emmal, localisé dans le Rojava, le Kurdistan syrien, juste au nord de l’Euphrate [carte], joint ce matin par WhatsApp, il pourrait s’agir de la plus grosse opération israélienne depuis très longtemps, et même la plus large à ce jour.

 

Les communications avec la région attaquée ont été volontairement et hermétiquement coupées par le régime de Damas, ce qui fait de Perwer Emmal notre seule source directe d’information sur cet évènement.

 

Les sources indirectes étant les media déjà cités.

 

Les raids de ce matin ont fait des dizaines voire des centaines de victimes, morts et blessés confondus dans les rangs ennemis. Les destructions matérielles sont à la même échelle. Emmal, en contact avec des indicateurs de son groupe situés à quelques kilomètres de Deïr ez-Zor, décrivent un dispositif iranien détruit à 80% sur des dizaines de kilomètres le long de l’Euphrate et encore fumants devant leurs yeux.

 

Voici les termes du communiqué de l’agence gouvernementale d’information syrienne SANA en langue arabe :

 

"Deïr ez-Zor – Sana 2020-12-30

 

Après minuit, l'ennemi israélien a lancé une attaque aérienne contre la ville de Deir ez-Zor et la région d'Albu Kamal dans la campagne sud-est du gouvernorat.

 

Une source militaire a déclaré dans un communiqué à SANA qu'à exactement une heure dix minutes de l'aube aujourd'hui, l'ennemi israélien a lancé une agression aérienne contre la ville de Deir ez-Zor et la région d'Albu Kamal [ou Boukamal], et les résultats de l'agression sont actuellement en cours de vérification".

 

Jean Tsadik est d’avis que l’opération de ce matin pourrait procéder d’une provocation israélo-américaine contre la théocratie iranienne. Par son ampleur inhabituelle, les deux alliés entendraient pousser les ayatollahs à tenter une riposte militaire inconsidérée à laquelle Tsahal et l’U.S Army sont parfaitement préparés.

 

Si de telles représailles avaient lieu, cela justifierait une action contre les infrastructures nucléaires et de missiles balistiques avant le départ du Président Donald Trump de la Maison Blanche.

 

A noter que les media iraniens ne mentionnent pas jusqu’à présent de vengeance imminente tel qu’ils le font d’ordinaire.

 

Les media gouvernementaux syrien quant à eux ne prétendent pas que leur DCA a abattu de missiles air-sol hébreux. Selon Perwer Emmal, l’Armée gouvernementale n’a pas même tenté d’interception ce matin. Ce qui pourrait signifier que les raids ont été réalisés par des F-35 furtifs que les militaires syriens n’ont simplement pas vus sur leurs radars.

 

D’autre part, l’Armée russe n’est pratiquement plus présente dans cette partie orientale de la Syrie. C’est là que le contingent de Vladimir Poutine y a subi ses pertes les plus importantes - incluant des généraux - qui ne se justifient pas du point de vue stratégique.

 

Tsahal est en état d’alerte, mais la vie se déroule normalement en Israël, y compris dans la zone frontalière Doigt de la Galilée-Golan, où la quasi-totalité des habitants n’ont pas connaissance des évènements que nous venons de décrire.

 

 

 
Oxymore (011101/21) Version imprimable
Analyse
lundi, 11 janvier 2021

 

Par Stéphane Juffa

 

On peut émettre bien des critiques fondées sur l’action de Binyamin Netanyahu, on est bien obligé de constater qu’il ne baisse jamais les bras et qu’il déploie une énergie et une imagination sans limites afin d’empêcher les procédures juridiques en cours contre lui de se poursuivre.

 

Ce, sur la base largement démontrée que c’est en restant aux affaires qu’il peut le plus aisément trouver des prétextes soi-disant politiques, sanitaires ou sécuritaires pour retarder sans cesse les échéances de ses trois procès.

 

A l’image de ce qu’il vient de faire en obtenant de la cour, pour cause de Corona, de repousser sine die l’audition des témoins, qui aurait dû débuter à l’entame du mois de février avec l’appel à la barre d’Ilan Yeshua. L’ex-PDG de Walla aurait détaillé le mécanisme d’échange de faveurs régulatoires valant des centaines de millions pour Bezeq, et son patron, le co-inculpé Shaul Elovitch, en échange d'une couverture favorable pour Netanyahu et sa famille sur le site Web de Walla. Le plus grand portail informatique de l’Etat hébreu.

 

A l’appui de la requête de renvoi, des justifications diverses et variées, le fait qu’Israël se trouve plongée dans un confinement quasi-absolu pour une durée indéterminée. Netanyahu est parfaitement au courant de ces mesures, puisque c’est sous son impulsion furieuse que le gouvernement a pris cette décision.

 

N’allez pas dire que cette décision a été inspirée par l’intention de gagner un mois ou deux de répit supplémentaire, vous passeriez pour un mauvais citoyen, voire un gauchiste qui ne se soucie pas de la vie de ses concitoyens, au moment où la pandémie risque de repartir de plus belle.. C’est la marque de fabrique de la Covid 19 : depuis une année qu’elle s’en est prise à la Terre, elle n’a de cesse de menacer de nous anéantir.

 

Un délai supplémentaire, disais-je, qui servira notamment à Netanyahu à préparer une requête d’immunité parlementaire devant le prochain Parlement – c’est ce que ses avocats ont évoqué -, même si c’est lui qui y avait renoncé de son plein gré il y quelques mois de cela. De "son plein gré", façon de parler, il n’avait pas une chance sur un millier de se la voir accorder par la Knesset. Pas plus maintenant qu’alors d’ailleurs, mais la procédure pourra lui faire gagner/perdre quelques semaines de grâce supplémentaires.

 

De plus, quelques jours avant les élections, la une des media aurait été consacrée aux témoignages circonstanciés d’Ilan Yeshua et de dizaines d’autres témoins à charge, ce qui n’est pas le top en matière de propagande électorale.

 

L’obtention d’un énième délai est de bonne guerre diront les hypnotisés du bibisme, ce genre de démarche est totalement licite. C’est exact, à la nuance près que s’il n’avait pas la possibilité de gouverner par décrets à cause de la pandémie, ces requêtes ne pourraient pas être formulées. Aucun autre justiciable en Israël ne saurait être à la fois celui qui promulgue les lois et celui qui en bénéficie. Cela ne sent pas bon, mais ça reste légal. Dans la puanteur épaisse on peut toutefois lire que celui qui est accusé à tort fait tout ce qui est en son pouvoir pour accélérer la diligence de la justice, alors que celui qui se sait coupable agit comme… Netanyahu.

 

Ces procédures de retardement restent du menu frottin, j’en conviens aisément. Ce sont des dispositions qu’il doit prendre car elles aident N. à s’accrocher au pouvoir, et que s’accrocher au pouvoir demeure la seule solution en ce qui le concerne pour ne pas passer la totalité du restant de ses jours derrière les barreaux. Ce qui est motivant, j’en conviens volontiers aussi.

 

Mais à quoi bon être un génie du mal si c’est pour se contenter de ces procédures d’avocaillons ? Et quand j’évoque un génie du mal, je ne parle pas de Lex Luthor, l’adversaire le plus tenace de Superman, mais de son professeur, Binyamin Netanyahu.

 

Voyez plutôt : en théorie, au moment où vous lisez cet article, le sus-cité est cuit.

 

En mars dernier, après avoir envoyé les Israéliens aux urnes pour la troisième fois en moins d’un an dans le seul but de dégager une majorité parlementaire qui lui voterait enfin l’immunité juridique, il ne disposait que de 58 sièges sur 120. Il était donc dans l’incapacité de former une coalition de gouvernement.

 

A la suite d’une négociation quasi-interminable, émaillée d’entourloupes bien bibiennes comme s’il en pleuvait, Mister N. conclut un accord de gouvernance avec Benny Gantz, le leader de Kakhol-Lavan, à l’époque l’autre grand parti du pays. Cette entente prévoyait principalement deux effets : faire accepter un budget sans délai par la Knesset, car cela faisait un an et demi que l’Etat hébreu fonctionnait très mal sans budget, et se relayer à la tête de l’exécutif, Netanyahu cédant sa place à Gantz en novembre 2021.

 

Le Premier ministre n’a respecté aucune des dispositions prévues dans le contrat de coalition, y compris, cela va presque sans dire, les deux conditions essentielles ci-dessus qui avaient amené le chef de Kakhol-Lavan à partager le pouvoir avec le mari de Sara.

 

Les affidés de Netanyahu s’époumonèrent sur commande sans attendre que l’encre de l’accord de gouvernance soit sèche à expliquer que Benny Gantz était un médiocre qui n’avait pas la carrure nécessaire pour occuper les fonctions de Premier ministre et qu’en cas d’alternance, il mettrait la survie de l’Etat hébreu en danger.

 

Les mêmes ne se posèrent pas la question de savoir qui était à l’origine de ce terrible danger : le "médiocre Gantz", qui, le pauvre, ne peut pas grand-chose à ses carences, ou celui qui venait de s’engager à lui remettre les clés de la barraque-Israël ? Ils conclurent donc à la grande sagesse de Binyamin Netanyahu qui, quitte à hypothéquer le salut de son âme, se sacrifiait pour protéger la pérennité d’Israël en refusant de passer le flambeau à Gantz. Le grand homme..

 

Quant au budget, les hypnotisés n’expliquèrent rien du tout, pour la raison que le génie ne s’était pas fatigué à développer sa décision. Prise contre l’avis de la totalité des économistes israéliens, et même de son ministre hyper-Likoud des Finances ; le papa de Yaïr se borna à balbutier que l’adoption d’un budget n’était pas conseillée en période de pandémie. Très étrange plaidoirie en vérité.

 

Car sur cette lancée, il faisait de notre pays le seul de l’OCDE à exister sans budget depuis deux ans, et à perdre plusieurs milliards d’euros à cause de l’anarchie et du gaspi que cela introduit dans la gestion des finances de l’Etat.

 

C’est à croire que les 37 Etats de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques, et les centaines d’experts qui les accompagnent, ignorent tous les bienfaits de l’absence durable d’un budget sur l’économie d’un pays en crise..

 

La vérité est évidemment ailleurs. D’une part l’adoption du budget aurait exposé au public les coûts réels de la foutoirocratie bibienne, ce qui n’est pas conseillé en régime d’élections permanentes. De l’autre, si le budget avait été voté, l’accord de coalition prévoyait que, dans tous les cas d’élections anticipées, c’est Benny Gantz qui assumerait la direction du pays. C’était comme au Monopoly lorsque vous tirez la carte : "Avancez vers la case Prison sans passer par la case Départ".

 

Avant d’ouvrir cette parenthèse, nécessaire à ma démonstration, j’avais écrit qu’en principe, au moment où vous lisez cet article, Monsieur N. est cuit.

 

Car il est vrai qu’en consultant les derniers sondages, on se rend compte que la popularité du Likoud fond telle une peau de chagrin et que le parti conservateur ne recueillerait que 27 sièges le 23 mars prochain. Il ne serait épaulé que par les deux formations religieuses qui totaliseraient quant à elles entre 13 et 16 mandats.

 

Tous les autres partis sans exception ont gravé en lettres de fonte de leur programme électoral la priorité absolue de se débarrasser de B. Netanyahu. Et pour avoir subi camouflets et fausses promesses de la part de l’intéressé durant des années, je peux vous assurer qu’ils sont à la fois démontés et convaincus. Lors, avec une projection de 43 sièges en moyenne début janvier, quand il en faut 61 pour gouverner, et que les élections ont lieu en mars, on est cuit..

 

Même si les instituts de sondages israéliens sont les plus mauvais de la Planète et qu’il faille leur concéder une marge d’erreur de 20%, N. reste cuit. Personne n’a jamais réussi une remontada de 17 sièges en deux mois et des poussières.

 

Or une seule personne au monde pourrait y parvenir, précisément le mentaliste des masses Netanyahu.. Il vient de réaliser deux coups démoniaques, et je pèse mes mots. Un coup moyen et un immense. Les deux, au mépris absolu de toute espèce de valeurs, du bien et du mal, du haut et du bas, de la gauche et de la droite, du chaud et du froid, du sec et de l’humide, du rouge et du noir, et j’en passe, l’énumération des contrastes dans ce cas pourrait durer des heures.

 

J’entends de derrière mon ordinateur les obnubilés qui tentent au vol de se faire passer pour des confucianistes et qui hurlent à mes oreilles : "Qu’importe qu’un chat soit noir ou blanc pourvu qu’il attrape les souris !". Et je dis, comme ils passent allègrement du dogme biblique au pragmatisme à outrance.. Et je dis qu’ils se moquent de l’Etat de droit, de la démocratie, de la Justice séculière, de l’égalité des droits entre les races et entre les genres, comme moi je me fiche de l’an quarante… avant Jésus Christ.

 

Je dis encore qu’à cause d’eux et à cause de cela nous n’avons pas de constitution et nous vivons dans un Etat, non dans une république, ni même dans une monarchie constitutionnelle, parce que dans la Torah il n’y a que des monarques absolus oints par les prophètes en attendant le messie. Et que nous tolérons qu’ils attendent que nous passions de mode avec nos valeurs, et que nous sommes sots au point d’y renoncer pour qu’ils puissent participer au "consensus national". Pour mieux nous marginaliser. Et qu’ils sont radieux au surplus de voir Mister N. démontrer la fragilité de ces valeurs en les détruisant les unes après les autres, contrairement à celles des anges et des prophètes, mais qui sont aussi celles du racisme et du machisme.

 

Car il y a deux courants dans notre société qui louvoient entre l’a-sionisme, l’antisionisme ou l’antisionisme féroce, qui représentent 30 à 40 sièges potentiellement, et qui sont constitués par les Arabes et par les Juifs orthodoxes.

 

Les Arabes parce que nous les rejetons. Les Juifs orthodoxes, parce qu’ils rejettent tout ce que nous représentons. Mais c’est une condition sine qua non d’inclure l’un de ces courants dans sa coalition pour pouvoir gouverner. Et dès lors que ce sont des citoyens, il n’y a pas d’obligation qu’ils aiment leur pays pour profiter des droits qu’il procure, ni de s’abstenir de participer à sa gouvernance.

 

La citoyenneté n’est pas un parti politique ni une opinion, c’est un état légal.

 

Le coup moyen de Netanyahu, c’est précisément, qu’après avoir stigmatisé les députés arabes en les traitant de "terroristes suppôts du terrorisme et du Hamas", après avoir insulté ceux qui s’entretenaient avec eux, après avoir choisi comme thème central de sa campagne électorale : "c’est soit moi, soit les Arabes", de les inclure sur la liste du Likoud pour les prochaines élections.

 

Ce serait énorme s’il n’y avait pas Le Grand Coup.. Le premier mars, soit 22 jours avant les élections, Binyamin Netanyahu va prendre la parole sur toutes les chaînes de télévision. Il ne va pas essayer de se faire passer pour un honnête homme, personne de sensé ne le croirait, il ne va rien justifier du tout. Il va juste dire qu’Israël est le seul pays au monde qui soit débarrassé du Corona, que nous pouvons abandonner nos masques et nos mesures barrières, et reprendre nos activités lucratives pendant que tous les autres êtres humains de la Planète sont confinés ou malades.

 

Depuis le Nouvel An, les livraisons de vaccins de Pfizer s’asséchaient et celles de Moderna n’avaient pas commencé. Ce lundi, les caisses maladies ont même été contraintes d’annoncer qu’elles cessaient d’administrer la première piqûre à de nouveaux demandeurs afin d’assurer la seconde à ceux qui ont reçu la première.  

 

Mais dans le même temps, un avion-cargo déversait 750 000 doses de Pfizer à Tel-Aviv, et il en est prévu d’autres cette semaine. Parce que Netanyahu a passé un deal avec le patron de Pfizer, un accord intitulé "Retour à la vie". Au lieu de l’évoquer à sa place, laissons s’exprimer le Premier ministre :  

 

"L'accord que j'ai conclu avec Pfizer nous permettra de vacciner tous les citoyens israéliens de plus de 16 ans d'ici la fin du mois de mars et peut-être même plus tôt", a déclaré Netanyahu jeudi lors d'un discours public diffusé sur toutes les grandes chaînes de télévision.

 

N. a négocié des millions de vaccins en présentant Israël comme un pays modèle pour la vaccination mondiale, il y en aura même plus que nécessaire, nous pourrons en faire bénéficier d’autres populations – Israël est en train de devenir "une lumière parmi les nations" (c’est de moi, pas de Moïse).

 

Binyamin Netanyahu me redemande la parole : "Ces dernières semaines, j'ai eu dix-sept conversations avec mon ami, le Président et PDG de Pfizer Albert Bourla (…). Ce soir (jeudi), je suis ravi de vous informer d'une formidable avancée qui nous sortira du Coronavirus et nous ramènera à la vie. Nous serons le premier pays au monde à sortir du Coronavirus !".

 

Yeah.

 

Dans le plus pur style bibien, l’accord est secret, seul le leader vénéré (les Iraniens appellent cela un Guide Suprême) qui l’a négocié en connaît ses clauses. Elles ne nous seront pas dévoilées, immatures créatures que nous sommes, mais pas non plus aux députés ni aux ministres. Les imbibés aboient : "Grincheux de gauchiste, petit joueur, l’essentiel est que tel Moïse fendant les eaux de la mer Rouge, Benjamin 1er vient de sauver Israël et le monde !".

 

Moi qui suis un admirateur modéré de Charlton Eston, qui n’ai pas donné mon accord pour vivre dans le Bibiland, et qui n’ai strictement aucune confiance dans aucune des décisions que ce triple inculpé au pénal pourrait prendre. Ce pourquoi j’ai choisi de vivre dans un Etat de droit, et suis très inquiet du fait que notre Khameneï national a certainement promis à son "ami" Albert Bourla de lui communiquer tous les dossiers médicaux des vaccinés, y compris le mien. Sinon pour quelle raison cet accord devrait-il être secret ? Ne me dites pas qu’il aurait touché une commission comme sur les sous-ma...

 

Pour Pfizer, il s’agit d’un modèle inespéré. De bonne taille : neuf millions d’habitants est un nombre crédible, mais plus facile et plus rapide à vacciner que soixante-dix millions. Bien organisé, grâce à son réseau de dispensaires des caisses-maladies. Facile à gérer, alors qu’il n’existe qu’un seul interlocuteur, dont la liberté même dépend de la réussite de l’expérience. De plus, le modèle finance l’expérience, en payant la dose deux fois plus cher que les Européens. J’ai encore quelques doutes quant à N., mais je suis en revanche convaincu que l’ "ami" Bourla est un génie du commerce.

 

Netanyahu admet simplement que "dans le cadre de l'accord avec Pfizer, Israël jouera le rôle d’Etat modèle mondial pour la vaccination rapide de tout un pays et fournira à l'entreprise des données statistiques qui aideront à développer des stratégies pour vaincre le coronavirus [dans les autres pays]".

 

Pfizer a probablement pris une habile décision commerciale stratégique, de plus, il sauve Israël et pourrait finir par sauver Netanyahu par mégarde.

 

Le cas est si démesuré qu’il est cocasse…

 

Soyons encore plus précis et honnêtes : il est possible que je lui doive la vie, et il est certain que des milliers de mes compatriotes échapperont à la maladie et à la mort grâce à lui. A lui, au vaccin, non à Netanyahu.. Quoique… S’il n’était pas inculpé. S’il ne risquait pas l’ouverture imminente du dossier des sous-marins et partant, la prison à perpétuité pour haute trahison. S’il ne devait pas remporter à tout prix les élections générales de mars, il n’aurait pas conclu, toutes affaires cessantes, et à n’importe quel coût, tel un dictateur, l’accord avec Pfizer..

 

Et ma vie serait menacée. Et objectivement, ma vie est mon bien le plus précieux. Plus encore que l’Etat de droit ? Cela se discute, mais les arguments abondent dans les deux sens.

 

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Méphistophélique

 

A ce point de la discussion, il importe d’être aussi transparent que le cristal le plus pur. Je connais le coquin personnellement, je sais ce qu’il a perpétré même au-delà de ce que j’ai déjà écrit. J’ai la conviction intime que c’est un être monstrueux, égoïste, plus avaricieux qu’Harpagon, qui n’a pas la moindre pensée ni pour son pays ni pour ses citoyens, qui sacrifie tout pour éviter la juste sentence de ses actes, et je dirais, si j’avais la qualité professionnelle pour le faire, que c’est sans doute un détraqué mental profond et violent.

 

J’ai dit ceci et je le pense. Mais ensuite ?

 

Si n’importe quel leader de n’importe quel pays – démocrate ou tyran - s’adressait le 1er mars à ses administrés en leur disant "Grâce aux décisions que j’ai prises, vous n’avez plus à craindre du Coronavirus ; vous pouvez baisser vos masques et reprendre le cours normal de vos vies !", ne mériterait-il pas d’être réélu ? Ou, à tout le moins, d’obtenir un sauf conduit pour éviter la prison ?

 

Du reste, mon avis est que, sauf mauvaise surprise, difficultés de fabrication ou d’approvisionnement chez Pfizer, inefficacité du traitement – c’est une expérience à l’échelle d’un pays après tout -, apparition de graves effets secondaires, Israël sera immunisée au moment des élections et Netanyahu obtiendra une coalition majoritaire à la Knesset.

 

Le message politique est trop fort, basé sur la souche populaire d’animaux de trait qui le soutient déjà, pour qu’il en soit autrement.

 

Qu’en penser ? Espérer une mauvaise surprise pour que le corrompu aille en prison ? Naaan, l’intérêt général et vital surpasse celui d’un seul individu, et nous le payons assez cher ce vaccin ! Posez la première question à quelqu’un d’autre, je n’ai pas la réponse. Que le mal absolu peut accoucher du bien ? Il faudra attendre que les choses se fassent et prendre le recul philosophique pour appréhender l’événement. L’encre va couler à flots, c’est une lapalissade.

 

Il lui reste à gérer la synchronisation temporelle : maintenir suffisamment longtemps le pays sous confinement absolu, sous la "menace mortelle" de la Covid pour empêcher la réouverture des audiences de ses procès, et lâcher la bride quelques jours avant son discours sur la guérison miraculeuse, afin que les gens sachent avant qu’il ne parle qu’ils sont sauvés et qu’ils attendent son intervention avec l’impatience voulue. Mais pour le génie du mal, un tel ajustement, c’est de la roupie de sansonnet.


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Vastes raids de Tsahal la nuit dernière en Syrie (010701/21) Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 07 janvier 2021

 

Métula, jeudi matin

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa et Jules Mazouz ont collaboré à cette dépêche

 

La nuit dernière, à partir de 23h05 locales, l’Armée israélienne a procédé à de nombreuses attaques au missile visant des objectifs en Syrie. Ces objectifs étaient compris dans un rectangle de 125km de long sur l’axe Nord-Sud, et 103 de large, en Est-Ouest.

 

Des dizaines de missiles ont été tirés, la plupart à partir du sol, de la région du Golan israélien, alors que certains sites étaient pris en charge par le Khe’l Avir, l’Armée de l’air israélienne.

 

 

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Carte des raids israéliens en Syrie du 6 janvier 2021

Service cartographique © Metula News Agency

 

 

Tous les missiles ont atteint leur but, aucun d’entre eux n’a été touché par la DCA (Défense Contre Avions) ennemie, en dépit de communiqués mensongers diffusés par les media du régime alaouite d’al Assad, et repris par de nombreux media occidentaux, y compris en Israël.

 

La confusion à ce propos est entretenue par le fait que Tsahal n’émet généralement aucun communiqué suite à ce genre d’opérations.

 

Des dizaines de missiles anti-missiles ont été tirés en vain par l’Armée gouvernementale syrienne, principalement à partir de la colline du Jebel al Mania, dont les batteries sont censées défendre Damas contre des incursions aériennes par le Sud ainsi que toutes les positions gouvernementales, iraniennes, hezbollanies et celles opérées par les milices chiites supplétives entre la capitale syrienne et la frontière israélienne.

 

Le Jebel al Mania se situe à 8km au sud de Damas, 41km à l’est de la frontière israélienne et à 70km de la rédaction de Métula [carte][la position figurée d’al Mania sur notre carte est imprécise en raison du manque de place disponible].

 

Sur le Jebel ce sont les radars et les batteries de la 91ème division gouvernementale qui ont été visés et détruits. On compte des dizaines de morts et de blessés parmi les servants de ces matériels.

 

Ces installations devaient entre autres protéger la multitude de dépôts d’armes, de postes d’observation et de radars déployés dans la zone d’al Kisweh, à 7km à l’ouest d’al Mania, très souvent prise pour cible par Tsahal [carte]. Le village d’al Kisweh se situe à 5km au sud-ouest de Damas, 35km à l’est de la frontière israélienne (ligne Alpha), et à 60km à l’est de notre rédaction.

 

Ce sont pour la plupart des positions des Gardiens de la Révolution khomeyniste iraniens, étoffés par des miliciens supplétifs d’autres nationalités, ainsi que des miliciens du Hezbollah libanais. C’est également dans cette région qu’est installé le quartier général de la 1ère division de l’Armée d’al Assad.

 

Tous les objectifs visés ont été détruits. Michaël Béhé a dénombré 17 morts et 28 blessés autour d’al Kisweh, dont l’officier de l’Armée gouvernementale Hussein Hamm. Ladite armée ne communique pas sur les pertes iraniennes et celles des autres combattants étrangers.

 

De nombreuses autres places fortes de l’ennemi ont été frappées et anéanties par des missiles sol-sol entre al Kisweh et la frontière israélienne.

 

Les blessés ont été évacués vers l’hôpital privé al Salam [ara. : la paix] dans le périmètre de Damas. Plusieurs se trouvent dans un état critique.

 

L’autre objectif principal des raids de la nuit dernière se trouve plus au sud de la Syrie, à 45km en moyenne au nord de la frontière jordanienne. Il s’agit aussi d’une colline, as Swayda [carte], accueillant de nombreux radars et postes d’observation de la frontière israélienne à 78km plus à l’Ouest.

 

Le sommet de la colline d’as Swayda se situe à 80km au sud de Damas et à 125km au sud-est de la rédaction de la Ména.

 

Dans la plaine s’étalant au bas de la colline, sur 40km vers l’Ouest, sont dispersées des batteries de missiles sol-air opérées par la Brigade des Radars de l’Armée gouvernementale. Notamment autour du village d’al Dur.

 

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L’explosion de la position d’al Dur la nuit dernière

 

De multiples unités de Pasdaran (Gardiens de la Révolution Iranienne), du Hezbollah et des supplétifs chiites, dont une unité afghane, occupent ces positions et tentent d’en faire un bastion militaire face au sud du Golan israélien.

 

Les pertes sur cette zone sont également conséquentes. Des sources hospitalières jointes par Michaël Béhé faisaient état cette nuit d’une trentaine de tués.

 

Les destructions sont tout à fait considérables. Des amis de la Ména dans cette région que nous avons joints tôt ce matin nous ont narré des grosses explosions survenant au cœur des nids de missiles.

 

Parmi les pertes gouvernementales il y a l’officier Abdul Karim Shakhbaïr, qui était bien connu dans cette contrée.

 

D’autre part des positions du Hezbollah ont été attaquées par le Khe’l Avir et détruites à al Dimas [carte], à 11km au nord-ouest du palais présidentiel de Bashar al Assad à Damas, 4km de la frontière libanaise à l’ouest, et à 60km au nord de Métula, le territoire israélien le plus proche.

 

L’attaque massive de la nuit dernière, qui a causé la mort d’au moins 80 militaires et miliciens ennemis et en a blessé environ 120 autres, intervient 48 heures exactement après une visite de toutes les régions visées par des officiers d’état-major des Gardiens de la Révolution iraniens. Pratiquement tous les sites qu’ils avaient visités durant trois jours ont cessé d’exister.

 

Ils avaient également visité des aéroports et des héliports, neufs ou restaurés, qui n’ont pas été attaqués la nuit dernière.

 

On apprend d’autre part que des bombardiers stratégiques américains B-52 ont survolé Israël ce matin, pour la troisième fois en quelques jours. C’était une façon pour l’Armée américaine d’indiquer à Téhéran qu’elle est au courant des opérations de cette nuit, qu’elle les approuve et qu’elle est prête à en découdre avec les ayatollahs au cas où ceux-ci décideraient de franchir un échelon supplémentaire dans leur confrontation avec Jérusalem et les autres alliés de Washington au Moyen-Orient.

 

La tension reste très importante dans cette région de la Planète, en témoigne également le déploiement de batteries antimissiles – Dôme de Fer, Fronde de David – dans la région d’Eilat. Ce, afin de parer à une éventuelle agression en provenance des alliés Houthis de Téhéran au Yémen.

 

Ce jeudi et pour le moment, la situation est calme dans le Doigt de la Galilée, sur le Golan et sur l’ensemble du territoire israélien.

 

 
Des dizaines de milliers de manifestants envahissent le Capitole Version imprimable
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mercredi, 06 janvier 2021

 

© Metula News Agency

 

15:10 à Washington DC, 22:10 à Métula, 21:10 à Paris,

 

Aujourd'hui se déroule la cérémonie par laquelle le président des Etats-Unis est finalement désigné dans le Capitole – le bâtiment dont une aile abrite la Chambre des Représentants et l'autre le Sénat.

 

Lors de cette cérémonie, le Vice-Président ouvre les enveloppes contenant les votes des grands électeurs. Ces votes sont comptés, le résultat est certifié et les membres des deux Chambres désignent en conséquence le nouveau Président, qui prend ses fonctions deux semaines plus tard.

 

La cérémonie vient d'être interrompue par le passage en force d'une manifestation de partisans du Président Trump, comptant des dizaines voire des centaines de milliers de participants, réunis à Washington pour protester contre la fraude électorale. Les manifestants ont rompu le barrage de police et sont entrés dans le Capitole.

 

Regarder une vidéo prise à l’intérieur de la Chambre :

https://twitter.com/i/status/1346908276735270922

 

Les Représentants et les Sénateurs se trouvent encore à l’intérieur du bâtiment, il ne semble pas qu’ils aient été molestés. Certains ont trouvé refuge dans les sous-sols.

 

Des forces supplémentaires sont en route vers le Capitole pour évacuer le bâtiment. Le Président Trump, qui avait répété plus tôt dans la journée sa conviction d'avoir gagné les élections, vient de prendre la parole pour appeler les manifestants à ne pas affronter les policiers. Le maire de Washington a décrété un couvre-feu applicable à partir de 18 heures.

 

Il est possible de suivre les événements sur toutes les chaînes TV américaines, FOX News, CNN, etc.

 

 
Les vœux de l’an pour 2021 des rédacteurs de la Ména (010101/21) Version imprimable
Exclusivité
jeudi, 31 décembre 2020

 

Stéphane Juffa à Métula, rédacteur en chef et analyste stratégique

 

Saleté d’année que celle qui se termine. 2020 aura fait bien plus de mal et beaucoup plus durablement que l’on ne se l’imagine.

 

En plus des disparus – combien d’artistes s’en sont allés ! -, des difficultés économiques, de l’incertitude, la pandémie et le confinement ont pesé sur les couples et généré des déchirements familiaux.

 

Ceux qui étaient en sursis et ceux qui vivaient à distance n’ont pas tenu. Une épidémie est surtout semeuse de malheur. Révélatrice des à peu près.

 

La crise du Corona a démontré la fragilité des systèmes humains et les faiblesses de tous ceux qui nous dirigent.

 

Le virus nous rappelle aussi que l’état réel du monde est la prééminence du doute sur les certitudes et partant, que les gens heureux sont ceux qui sont capables de vivre durablement avec le doute.

 

Les moments de bonheur ne sont pas la norme, ils sont des moments d’exception, sachons les cueillir et les cultiver. C’est la leçon du virus à mes yeux.

 

Sachons réintégrer la finitude dans nos vies, nous les vivrons mieux. Ne soyons pas les mêmes après qu’avant, sinon, la douleur n’aura servi à rien. Mais rien n’est sûr, cela peut aussi être pire.

 

La Terre, pour le moment, plie beaucoup mais ne rompt pas malgré les commentaires alarmistes. Mais nous sommes toujours à la merci d’une mutation qui tuerait des milliards d’êtres humains. Dommage que le vaccin ne soit pas arrivé en Israël trois mois plus tôt, cela nous aurait peut-être permis d’être préservés des mutations.

 

Sur le plan économique, Israël a pioché 30 milliards d’euros dans ses ressources pour parer aux besoins les plus pressants créés par la pandémie. C’est approximativement le quart de son budget annuel, mais rien n’a été durablement solutionné. C’est peu ou prou la situation qui prévaut dans les autres pays industrialisés, les plus grosses dépenses sont cependant à venir et nous mettrons des décennies à les rembourser.

 

Grâce à Donald Trump, l’Etat hébreu a intégré sa place naturelle au Moyen-Orient, nous ne l’oublierons pas. Il a aussi instauré la paix entre les Serbes et les Kossovars, ce qui était encore largement plus difficile. S’il n’obtient pas le Prix Nobel de la Paix, il faudra cesser de décerner des Prix Nobel.

 

2021 s’ouvre sur la menace persistante de la bombe atomique iranienne. A part la pandémie, c’est la plus grande menace qui pèse sur le Monde. Mais celle-ci est soluble.

 

Heureusement, Tsahal a en ce moment un très grand chef d’état-major en la personne d’Aviv Kokhavi.

 

Sinon, je constate avec plaisir que les rédacteurs ne s’accordent pas dans leur appréciation de Binyamin Netanyahu. C’est leur droit et ils le font de façon civile sans insulter personne.

 

Mais je ne suis pas neutre, et je réponds à ceux qui déclarent très légèrement que j’éprouverais de la haine à l’encontre de ce Monsieur, que je ne l’accuse pas de corruption. De cela, c’est la justice israélienne qui se charge. Je l’accuse de haute-trahison. Pour avoir accepté seul et par appât du gain, en court-circuitant toutes les instances de décision du pays, au nom d’Israël, de vendre des sous-marins furtifs capables de lancer des bombes atomiques à un Etat qui pourrait éventuellement les utiliser contre Israël et nous détruire. Pour cet acte, je suggère la perpétuité augmentée d’une période d’incompressibilité de mille ans. Mais je ne décide pas, car je n’ai pas autorité pour le faire.

 

Je brosse un portrait sans doute réaliste de la situation qui prévaut en ce tout début d’année. Mais je ne suis pas pessimiste, je crois qu’il existe une solution à toutes ces incertitudes, c’est l’amour. Je crois en l’amour comme valeur suprême chez les humains, comme d’autres croient au ciel, aux rabbins et à Jésus, et j’engage vivement ceux qui sont capables d’aimer à ne pas s’en priver. Car les misères du Monde, comme lorsqu’on les regarde depuis la station spatiale, deviennent minuscules quand on aime vraiment.

 

Bon amour pour 2021..

 

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Michaël Béhé à Beyrouth (analyste politique, chef du bureau libanais de la Ména)

 

Triste Liban en cette fin 2020. Ce qui prime sur tout, c’est que nous n’avons pas d’argent et que c’est dur de voir un voisin de trente ans, professeur d’université, faire les poubelles pour manger.

 

Ce n’est pas que son salaire n’est pas payé, c’est qu’il n’est pas indexé sur le dollar alors que le coût de la vie l’est. Il travaille, mais ce qu’il ramène à la maison ne couvre pas le quart de ses besoins.

 

La situation sécuritaire est à peine moins préoccupante : il n’y a pas de gouvernement, mais le pays est dirigé. Par le… Hezbollah. Et uniquement dans l’intérêt de l’Iran.

 

Et la Covid fait des ravages alors que notre système de santé n’est pas en mesure d’accompagner correctement la pandémie. Particulièrement pour les plus modestes.

 

Le seul espoir réside dans la réaction de mes compatriotes ; ils ne sont pas dupes et exigent le désarmement de la milice et la paix avec Israël. Les affrontements avec les représentants du pouvoir sont de plus en plus violents. L’initiative d’Emmanuel Macron est pathétique et inutile ; elle n'a pas eu d'autre effet que de rendre le Hezb fréquentable.

 

Israël est le pays le plus admiré au Liban. La paix est au bout du couloir, elle est inévitable. Nous en avons tous besoin. Merci pour votre soutien de 20 ans à notre agence.

 

 

Sylvie Tobelem en Israël (1ère assistante de rédaction)

 

Toujours à la bourre au service des abonnés. On s’occupe de vous depuis trois emplacements différents, personnellement, je me trouve à 160km de Métula. Je n’ai vu Stéphane Juffa que deux fois depuis le début de l’épidémie.

 

Mais nous sommes presque à jour et, compte tenu des circonstances, ce n'est pas mal. Le Corona commence à me peser, la situation politique également. Ben Caspit, un grand journaliste du Likoud, disait à propos de M. Netanyahu ce mois de décembre : "Il s’agit d’un homme et de sa famille qui représentent un danger réel et tangible pour eux-mêmes et pour notre existence ici".

 

Le parti auquel ma famille adhérait traditionnellement s’écroule de l’intérieur. Il y aura des élections en mars et M. Netanyahu sera jeté aux oubliettes de l’histoire. C’est le moment car nous n’en pouvons plus, notre pays se dérobe sous nos pieds. Le doute concerne chacune de ses décisions : est-ce pour échapper à la justice ou dans l’intérêt d’Israël ?

 

Longue vie à la grande famille de la Ména, les rédacteurs et les lecteurs !

 

 

Perwer Emmal (correspondant dans le Kurdistan syrien)

 

Le rêve d’un Etat kurde s’est temporairement envolé avec la décision de Donald Trump de laisser tomber le Rojava [le Kurdistan syrien. Ndlr.] et le Kurdistan irakien. En Irak, il nous a jetés en pâture à ses pires ennemis, les Iraniens, dirigés par feu Soleimani, qui nous ont chassés de Kirkouk avec des chars et des missiles américains destinés à l’Armée irakienne.

 

C’est dur à admettre mais nous devons à Vladimir Poutine et à ses soldats d’avoir échappé à un génocide. Personnellement, sans eux, à Kobani, à trois jours près, j’étais un homme mort.

 

Mais ce n’est que partie remise, nous vivons pour obtenir un pays libre et démocratique qui s’étendra sur nos terres, en Syrie, Turquie, Irak et en Iran.

 

En attendant, je fournis des indications à la rédaction de Métula.  En ce moment, ce ne sont pas des articles, il n’y a pas de quoi en écrire. Nous combattons aux côtés de la coalition occidentale les reliques de l’Etat Islamique par des opérations coup de poing, nous tenons en échec les forces d’al Assad (les Russes ont quitté la région qui va de Deïr ez-Zor à la frontière irakienne), nous informons les Israéliens sur les activités des Iraniens sur l’autoroute chiite et nous faisons face aux Turcs et à leurs mercenaires islamistes à l’occasion des guet-apens sanguinaires qu’ils nous tendent à l’intérieur même du Rojava.

 

Nous sommes les fantassins des Américains. C’est ainsi que nous touchons du matériel, que nous restons organisés, que nous faisons entrer des devises et que nous nous préparons à chasser Erdogan de notre patrie.

 

Nous conservons par ailleurs quelques enclaves dans le canton d’Afrin, notamment aux environs de la position turque d’al Bab.

 

 

Olivier Katz à Jérusalem (rédacteur-relecteur)

 

Notre plus grande difficulté sera cette année de faire disparaitre l’année 2020 le plus rapidement possible de nos mémoires, pour voir advenir 2021… et ses confinements, mesures barrières et difficultés économiques secondaires.

 

Il y aura aussi, espérons-le, le triomphe de la vaccination contre le virus et la reprise d’une activité presque normale (il ne faut pas en demander trop) autour de nous.

 

Et si, en ouvrant les yeux en 2021, la machine de guerre atomique iranienne a disparu, l’Arabie Saoudite et l’Indonésie prennent part au sommet exceptionnel « Israël et ses nouveaux amis », le budget de la Knesset est accepté à une large majorité et les touristes sont à nouveau présents dans le pays, on considérera que 2020, à l’instar des guerres de Gog et Magog, n’aura été que les soubresauts du passage vers une ère nouvelle de paix et de prospérité. Bonne année à tous.

 

 

Ilan Tsadik à Sdérot (journaliste, reporter, journaliste sportif)

 

J’attends. J’attends que Netanyahu s’en aille. Cela n’est plus possible, la corruption gagne partout ; elle n’est plus un crime mais un modèle.

 

A force de confinements, la plupart des gens ne gagnent plus leur vie mais on les poursuit toujours s’ils ne paient pas leurs dettes.

 

Les administrations ne fonctionnent pas. Ou alors, les fonctionnaires vous font une faveur lorsqu’ils vous répondent. Le plus souvent, ils en savent moins que vous sur le sujet que vous abordez et n’ont pas la moindre envie de faire un effort pour se renseigner.

 

Les cours à l’université (ma femme et moi poursuivons nos études) sont chaotiques.

 

Nous subissons le pire gouvernement depuis la création de l’Etat d’Israël. La situation sécuritaire dans le pourtour de Gaza où nous habitons stagne. Les terroristes islamiques peuvent nous attaquer à la roquette à n’importe quel moment. On ne dort que d’un œil. On craint pour les enfants.

 

A mon avis, la moitié des habitants de la région a quitté le pourtour. Ne restent que ceux qui n’ont pas les moyens de faire autrement, ceux qui n’ont pas de travail ailleurs et quelques idéalistes.

 

Netanyahu s’en moque. Il n’est absorbé que par une seule et unique question : comment échapper à la prison. Là cela sent toutefois la fin de son ère, les rats de son parti quittent le navire. Il ne peut plus compter que sur ses affidés du Likoud – ceux qui n’ont pas d’avenir politique sans lui, largement les plus bêtes – et sur les deux partis religieux, qu’il arrose de pognon et de passe-droits face aux restrictions du Corona comme s’il en poussait sur les arbres. C’est tout ce qui importe aux partis religieux et aux cours hassidiques.  La politique, la démocratie et l’Etat d’Israël sont vraiment les cadets de leurs soucis.

 

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Mais ce n’est pas avec ce soutien que Netanyahu va remporter les quatrièmes élections qu’il nous impose en mars. Il nous oblige à aller voter sans enjeu politique, uniquement pour tenter d’obtenir l’immunité juridique à la Knesset. Et cela nous coûte chaque fois des milliards d’euros que nous n’avons pas.

 

Soyons sobres pour nos vœux de 2021 : je vous souhaite simplement la santé, et aux Israéliens, d’être débarrassés de cet être malfaisant et de sa famille de vampires.

 

 

Claude Berger à Paris (essayiste, romancier, poète et musicien)

 

La crise sanitaire et l'interrogation qu'elle fait peser sur le monde entier, masquent les liens qu'elle entretient avec les autres crises à l'horizon.  En France, celle des gilets jaunes. En Europe, la crise migratoire qui bouleverse le paysage sociétal, c'est aussi la crise islamiste issue de la confrontation entre le culte et le marché du travail qui implique une liberté de circulation des femmes contraire aux dogmes de l'islam, tout comme l'inquisition fut portée au 15ème siècle par l'Eglise chrétienne.  C'est enfin la crise du système salarial qui relie toutes ces crises entre elles. Or là, il existe une omerta sur ce qui fait le fondement de nos sociétés, à savoir la marchandisation du travail concurrentiel qui engendre l'individualisme et le chacun pour soi dans l'ignorance des cultures. A tout ceci, il faut ajouter les menaces totalitaires dans le domaine du géopolitique. Mes vœux ? Lever cette omerta, œuvrer vers une société associative, rétablir l'étude et le sens de l'humanisme. La philosophie du judaïsme peut aider pour beaucoup... Moses Hess, reviens !

 

Jules Mazouz à Jaffa (grandes oreilles)

 

Chères amies et amis,

 

"Celui qui sait profiter du moment, c'est là l'homme avisé." (Goethe)

 

2020 aura chamboulé le plus grand nombre… Et à l’approche de la nouvelle année, bien que les temps soient durs, allez-vous résister ? Nous voyons pointer la solution du vaccin pour 2021, en espérant que la Covid ne sera plus qu'un mauvais souvenir.

 

Chaque année, j'aime à rappeler que le plus important est de se souhaiter une bonne santé. C'est encore plus le cas alors que s'ouvre 2021, pour nous faire oublier 2020.

 

Tous mes vœux pour une année réussie : beaucoup de rencontres enrichissantes, des projets plein la tête et l'énergie pour les réaliser.

 

Que 2021 vous apporte la joie qui éclairera vos journées, la prospérité, la bonne humeur, et de réaliser l'ensemble de vos projets.

 

Excellente année !

 

 

Fayçal H. à Amman (informateur-relais)

 

Je vous ai rapporté la réalité des contacts entre les Etats arabes et Israël pendant dix-neuf ans avant qu’ils ne s’officialisent.

 

Désormais, les discussions secrètes se poursuivent, mais elles concernent quasi-exclusivement la collaboration sécuritaire. Il est vrai qu’elle prend des proportions que personne n’est capable d’imaginer. Moi, je ne peux pas en parler, c’est bien trop sensible.

 

Deux sujets : l’un militaire, comment faire face aux Iraniens et à leurs porte-flingues. L’autre politique : comment se débarrasser en douceur de la "cause palestinienne", qui ennuie tout le monde, qui est dirigée par des leaders totalement corrompus ; et surtout, qui avait été inventée pour justifier de jeter les Juifs à la mer.

 

Maintenant que cela n’est plus d’actualité et que nous avons besoin des Juifs, les successeurs d’Arafat sont devenus inutiles.

 

Ils vont irrémédiablement disparaître en tant qu’entité politique. Mais une question me taraude : que vont devenir les 4 millions de Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza. Car personne ne propose de solution. A commencer par M. Netanyahu qui semble se désintéresser de la question.

 

D’après ce que j’observe au niveau des discussions arabo-israéliennes, c’est le Renseignement israélien qui dirige son pays.

 

 

Ferit Ergil (Correspondant de la Ména à Istanbul)

 

Chers lecteurs et chères lectrices de la Ména dont je suis correspondant en Turquie depuis de nombreuses années. Dans les conditions dramatiques que nous traversons, je ne peux souhaiter que la paix dans la région et la santé pour tous et toutes.

 

Dans ces moments dramatiques, je salue en particulier mes amis d'Israël et je leur dis Shalom de tout cœur.

 

 

Philippe Bercovici à Bruxelles (dessinateur de BD, auteur des illustrations de ces vœux)

 

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Raphaël Delpard en France (cinéaste, historien, écrivain)

 

Ce que je vois…

 

Je ne vis pas la réalité israélienne. Je n’ai donc pas compris le déferlement de haine à l’encontre du Premier ministre.

 

A-t-il commis des fautes ? Peut-être ! A-t-il pris de l’argent dans la caisse ? Peut-être ! Mais il ne serait pas le seul ! 

 

Que l’on me désigne un dirigeant politique d’une totale honnêteté à part Charles de Gaulle ou qui, d’une façon ou d’une autre, n’a pas trempé les mains dans quelque chose de broussailleux ?

 

Ce que je vois de l’extérieur d’Israël, c’est une société saine ; vivante ; qui tient debout ; une économie stable, des réussites techniques dans tous les domaines de la recherche à vous couper le souffle. Des accords avec les ennemis d’hier et d’avant-hier. La realpolitik a fini par l’emporter. Depuis 73 ans, Israël est un miracle. Une lumière qui luit, là-bas, au bout du sombre couloir. Les manifestations contre le Premier ministre me sont apparues comme étant du même niveau que les crises de colère que font les enfants gâtés.

 

 

Patricia La Mosca à Paris (journaliste généraliste, enquêtrice, chroniqueuse juridique)

 

En France, nous nous enfonçons chaque année davantage.

 

Nous en sommes à la consécration de la fracture identitaire et à la reconnaissance d’un Etat dans l’Etat, l’évolution des territoires perdus de la République.

 

Leurs habitants sont devenus des intouchables, les réglementations concernant la pandémie ne les concernent pas.

 

On les laisse sombrer dans le commerce de la drogue, la prostitution, l’arnaque systématique aux aides sociales totalement indues, la violence urbaine – de plus en plus souvent les batailles de rues et les règlements de comptes entre bandes à l’arme de guerre - le pillage de magasins, l’anti-France et, bien entendu, un antisémitisme forcené et revendiqué, le tout, sans la moindre sanction.

 

C’est plus que cela et la différence est d’importance : on a abandonné jusqu’à l’idée de leur imposer les lois de notre pays.

 

Cette présidence est navrante, Emmanuel Macron vit dans une bulle de la taille de l’Elysée, il  pratique l’adulation obligatoire de sa personnalité imposée à son entourage et à ses ministres. Il s’entoure d’un nombre non proportionnel d’homosexuels, au point que l’on peut parler de lobby, et surtout, il ne tient aucune des foultitudes de promesses dont il nous inonde et se montre incapable de gouverner la France.

 

Personne ne lui fait confiance pour rien, particulièrement pour gérer la pandémie et ses conséquences. Nous ne sommes pas protégés.

 

Pendant que ces vœux de la Ména sont diffusés, des milliers de voitures sont incendiées et des pompiers, des personnels soignants et des gardiens de la paix sont agressés dans l’exercice de leur travail sacré. En dépit du couvre-feu ! On ne connaîtra cependant jamais les noms des délinquants, car ils se situent de l’autre côté de la fracture et que l’on veut éviter de fabriquer du racisme contre les racistes en protégeant l’identité des voyous.

 

Bonne année 2021 aux lecteurs de la Ména, mais c’est absolument sans conviction. Car l’épidémie n’a pas arrangé les choses. Bien au contraire. Ces immunités encouragent l’expression supérieure de la violence : le terrorisme islamique.

 

 

Jean-Claude Zerbib (ingénieur atomiste, spécialiste des questions nucléaires)

 

Des vœux pour une vigilance citoyenne.

 

D’après l’écrivaine Galia Ackerman, dès la fin du 18ème siècle, un village juif, qui s’appelait “Tchernobyl”, a été l’un des principaux centres du hassidisme en Ukraine. Mais pendant la Seconde Guerre Mondiale, il fut incendié et ses habitants exterminés par l’Armée allemande.

 

Ce fût la 1ère catastrophe de Tchernobyl. Il ne s’agissait pas hélas, d’une extermination isolée, tant en Ukraine qu’en Biélorussie, la proche voisine (à une dizaine de km du réacteur détruit), où selon les travaux d’un historien allemand, 619 villages furent incendiés et leurs populations exterminées par les troupes hitlériennes. Seuls un peu plus des deux tiers de ces villages furent reconstruits.

 

Si, pour l’Europe, Tchernobyl est un mauvais rêve que l’on tente d’oublier, cette catastrophe se rappelle à l’Ukraine et à notre souvenir, comme un grand nombre de problèmes posés par les déchets radioactifs laissés en héritage par la production d’électricité d’origine nucléaire.

 

Bien des mensonges subsistent encore, aux plus hauts niveaux des Etats, pour cacher l’impact sanitaire qui frappe, à échéance de quelques années, des dizaines de milliers d’intervenants sur le site du réacteur en ruine, en réduisant parfois de plusieurs dizaines d’années leur espérance de vie. Alla Yarochinskaya, alors députée au Soviet Suprême avait écrit dans son ouvrage, en 1991 : le mensonge sur Tchernobyl est aussi terrifiant que la catastrophe elle-même. Un constat plus que jamais d’actualité.

 

Un incendie de forêt s’est déclaré le 4 avril 2020 en Ukraine dans la zone d’exclusion autour de la centrale de Tchernobyl, ce Pompéi soviétique comme l’appelle Galia Ackerman. Plusieurs foyers, situés à environ 16 km à l’Est et à 20 km à l’Ouest ont pris naissance dans cette zone interdite, matérialisée par une barrière qui décrit un cercle de 30 km de rayon autour du réacteur accidenté. Les herbages et les feuilles d’arbres qui se déposent dans la forêt depuis la catastrophe, constituent avec les arbres, une masse contaminée qui est remise en suspension sous forme de cendres lors des incendies.

 

Le 17 avril, des vents violents ont entraîné la reprise de ces feux à 37 km à l’est et 110 km à l’ouest de la centrale. Des évènements qui se sont déjà produits dans le passé et ont remis en suspension dans l’air des aérosols de césium, isotope radioactif principal, toujours persistant car ses caractéristiques font que son activité ne décroît que de moitié en 30 ans.

 

Une courte histoire qui montre que les peuples d’Europe n’ont pas fini de gérer l’ensemble des déchets radioactifs accumulés depuis le début de la production d’électricité par voie nucléaire. Une vigilance citoyenne sur l’exigence d’une gestion responsable de ces déchets radioactifs reste plus que jamais nécessaire à l’aube de cette nouvelle année 2021.

 

 

Jean Tsadik en Israël (analyste stratégique, expert militaire)

 

La situation stratégique d’Israël en cette fin d’année Corona est plutôt favorable. D’abord, parce que plusieurs voisins régionaux sont devenus nos alliés et que les relations avec le gouvernement égyptien et son tout puissant service de Renseignement n’ont jamais été meilleures.

 

Cela change beaucoup de choses. Le monde arabe est devenu plus anti-iranien, anti-palestinien et anti-Hezbollah qu’Israël lui-même.

 

L’écart technologique au niveau des armements n’a jamais été aussi grand en notre faveur et les frappes de grande précision du Khe’l Avir [l’Armée de l’Air israélienne. Ndlr.], dont nous vous entretenons chaque semaine, se situent à la limite de la science-fiction.

 

Le degré d’infiltration de notre Renseignement dans le corps de nos principaux ennemis aussi. Jamais dans l’histoire, des services n’ont été aussi bien et précisément informés des activités de  forces hostiles qu’Israël aujourd’hui. Jamais, nulle part, leur capacité de frapper les ennemis où nous le désirons et quand nous le désirons n’avait atteint ce niveau. Je tiens à rendre ici hommage au travail phénoménal de ces milliers de femmes et d’hommes de l’ombre. Israël et la Planète ont une énorme dette envers eux.

 

Mais la menace du Hezbollah, du Hamas et surtout de l’Iran demeurent. Elle nous oblige à une guerre d’usure qui consomme nos énergies et que nous ne pouvons interrompre. Elle a engendré sans doute plus de 750 interventions violentes de Tsahal durant 2020.

 

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Sur ces trois théâtres de confrontations, nous ne pouvons espérer mettre un terme à la guerre d’usure sans risquer un embrasement qui entraînerait des centaines ou des milliers de victimes en Israël. Avec le risque concret que ces trois théâtres se fondent en un seul en cas de conflit ouvert.

 

Nous devrions changer cette situation stagnante, particulièrement en Iran, pendant que nous sommes "irrésistibles". La stagnation stratégique ne participe pas d’un bon principe. Le monde se porterait mieux si les infrastructures nucléaires militaires des ayatollahs étaient éradiquées.

 

Je ne suis pas persuadé qu’avec l’avènement de Joe Biden à la Maison Blanche, cette ouverture restera envisageable.

 

Compte tenu de ces constatations, mais également de la pandémie planétaire, de l’endettement des Etats et des particuliers qui en résulte, de la gravissime crise de gouvernance que subit mon pays, mon optimisme pour 2021 est forcément tempéré. Mais surtout, que cela ne nous empêche pas d’être heureux !

 

 

Sami El Soudi en Palestine (chef du bureau palestinien de la Ména)

 

La cause palestinienne était tributaire du soutien du monde arabe. Sans lui, elle se désintègre, particulièrement de l’intérieur, alors que nos dirigeants, des barons cacochymes, ne se font plus aucune illusion quant à notre émancipation politique.

 

Le prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane, nous hait profondément. Il n’attend que le décès de son père Salmane ben Abdelaziz, âgé de 85 ans – et il a largement dépassé l’espérance de vie des descendants de son père Ibn Séoud, le fondateur du royaume – afin de conclure une alliance absolue avec Jérusalem.

 

Les proches de Mohammed ben Salmane et ceux de Salmane ben Abdelaziz se livrent à une guerre d’influence sans merci à ce sujet sans attendre la disparition du second.

 

Il est impossible de se tromper, le temps où nous étions "à la mode" se termine et il n’existe rien que nous puissions faire contre cela. L’aide étrangère, spécialement celle de nos frères arabes, s’épuise en conséquence.

 

Il est urgent et nécessaire d’exploiter la présidence de Joe Biden afin de revoir nos exigences à la baisse et de nous contenter d’une autonomie la plus vaste possible, peut-être avec les symboles d’un pseudo-Etat, mais cela n’est vraiment pas sûr.

 

C’est à nous qu’il appartient de lancer l’initiative. Sinon, les pays régionaux, à commencer par Israël et l’Egypte, vont se partager nos restes.

 

C’est le sens de l’histoire et on ne peut pas y résister. En Israël, Netanyahu va disparaître au printemps, mais ses successeurs seront bien plus à droite que lui et bien davantage opposés à toute négociation avec nous. Personne ne négocie avec des mourants.

 

Saëb Erekat est mort cette année. Dans un hôpital israélien [Hadassah de Jérusalem. Ndlr.]. C’était depuis Arafat le chef inamovible de notre diplomatie. C’était aussi l’un des piliers de l’égoïsme, des avantages personnels, de la stagnation et du double langage.

 

C’est Erekat qui n’a pas répondu à l'offre de paix de 2008 du Premier ministre Ehud Olmert et de Madame Livni. S’il l’avait fait, il existerait aujourd’hui un Etat palestinien sur 97% des territoires jordaniens d’avant 1967 et à Gaza.

 

Maintenant, nous sommes marginaux. Et c’est malheureusement notre vraie place. Avec la masse critique d’un (petit) département français très mal géré.

 

Je nous souhaite une année 2021 sans catastrophe humaine.

 

 

Amram Castellion à Marseille (analyste politique, expert en économie) :

 

L'année qui s'achève a été, sur presque tous les plans sauf un, la pire pour la planète depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

 

L'économie mondiale s'est probablement contractée de plus de 4%, avec de fortes variations régionales.  En Europe, la récession a été de 7,5% ; et en France, de plus de 9%.  Dans les pays industriels regroupés au sein de l'OCDE, la proportion des chômeurs a doublé en un an, passant de 5 à 10%.  Des métiers entiers sont ravagés ; des millions de gens qui ne pensaient jamais en arriver là font face à la misère, à la dépression, à la tentation du suicide.

 

2021 devrait connaître une certaine amélioration, à condition que la vaccination contre la COVID récemment engagée se révèle efficace.  Mais cette amélioration ne sera ni complète, ni immédiate. La masse critique des vaccinés ne sera pas atteinte avant le troisième ou le quatrième trimestre.  Les Etats étant ce qu'ils sont, les restrictions qui empêchent une vie économique et sociale normale ne seront levées qu'avec un retard de plusieurs mois.  Dans l'intervalle, les Etats ont souscrit une dette publique monstrueuse qui pèsera sur leurs contribuables pendant plusieurs générations.

 

L'arrivée imminente et frauduleuse d'une administration Démocrate à Washington, dans une atmosphère de division et de manque de confiance sans précédent, va marquer un déclin accéléré de la puissance américaine.  Le système diplomatique multilatéral sera certes revigoré, mais les grands gagnants en seront la Chine, l'Iran et toutes les puissances dont les intérêts exigent une Amérique faible.

 

La seule bonne nouvelle est que le nouveau Moyen-Orient que nous avions vu poindre depuis au moins une décennie, marqué par une coopération économique et stratégique structurelle entre Israël et les puissances arabes, est désormais une réalité. Peu importe, au fond, que les Démocrates cherchent à ressusciter le cadavre du régime des mollahs. Israël et les Arabes n'ont plus besoin des Etats-Unis pour faire face à cette menace. Ensemble, ils en ont largement les moyens.

 

Je m'attends à voir, dans l'année qui commence, l'amitié née des accords d'Abraham continuer à se développer, installant définitivement Israël dans son rôle de pivot de la coopération régionale.  Face à l'alliance israélo-arabe, ni les antisémites du Moyen-Orient, ni ceux d'Europe, ni ceux du parti Démocrate ne peuvent rien. C'est réconforté par cette certitude que je souhaite à tous nos lecteurs, malgré la dureté des temps, une excellente année 2021.

 

 

Bernardo Stenhof (ambassadeur auprès des Nations Unies et de l’Unesco, écrivain et éditeur)

 

Au début de cette année 2020, rien ne laissait prévoir comment elle allait se terminer. Comme d’habitude l’ONU s’en donnait à cœur joie en condamnant Israël à tout bout de champ, malgré les gros yeux des Etats-Unis qui coupaient leurs financements.

 

Qu’à cela ne tienne : les Etats qui, pendant des décennies, ont jeté l’argent par les fenêtres pour des causes perdues continuent de le faire.

 

Puis la COVID 19, nouvel arrivant sur la scène internationale, nous a montré l’impréparation des Etats importants du Globe. Le monde est désorganisé.

 

Ce qui m’a énormément choqué, c’est que le prestigieux Prix Nobel de la Paix a été décerné à une organisation qui remplit son rôle de fournisseur de nourriture et qui n’a rien à voir avec la fin d’un conflit.

 

Le Président Obama l’a reçu pour des projets de paix qui n’ont jamais abouti. Quelle honte que le Président Trump, véritable faiseur de paix, ait été mis de côté. Après des usurpateurs comme Arafat, Clinton, la fondation Nobel devrait se choisir des dictateurs, là il n’y aurait pas de fautes de goût.

 

Comme dit le Psaume "Qu’y a-t-il de meilleur que des frères assis ensemble ?".

 

Y-a-t-il quelqu’un que cela intéresse ?

 

 

Llewellyn Brown en France (traducteur officiel de la Ména, rédacteur, écrivain)

 

Cette année aura engendré des changements irréversibles dans notre existence, même si d’aucuns attendent encore le retour à une vie « normale ». De toute l’histoire, on n’a jamais mis le monde quasi entier à l’arrêt, ni, en temps de paix, assigné des populations saines à résidence, les traitant comme si elles étaient criminelles ou sources d’infection. Le résultat est la destruction de pans entiers de l’économie et du tissu social de notre société au nom d’une « politique sanitaire » ; disons plutôt bio-politique : la gestion des populations anonymes, réduites à leur qualité d’organismes isolés et muets, totalement malléables.

 

Certes, la maladie existe : dans certains pays, on en meurt réellement. Cependant, dans nos contrées, le vrai (virus) n’est qu’un moment du faux : un levier dans une épidémie de propagande et de manipulation à une échelle inouïe. On nous instille la peur, afin d’effacer tout débat politique et toute humanité. Affirmons qu’au contraire, il n’y a pas de réalité qui ne doive s’appréhender à travers la fenêtre de l’humain.

 

Dans cette guerre contre l’humain, on est enjoint de croire que la catastrophe est le fruit du hasard et que les discours et actions incohérentes de nos dirigeants sont dus à leur faiblesse humaine. Celui qui ose mettre en cause cette idéologie diffusée par tous les media est qualifié de « complotiste » : l'expression désigne désormais celui qui suppute que ni les hommes politiques, ni ceux qui détiennent le pouvoir financier et manient les données informatiques, ne veulent nécessairement notre bien.

 

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Guy Debord expliquait en 1988 (« Commentaires sur La Société du spectacle ») que la part d’opacité dans nos sociétés allait s’augmentant et que les comploteurs œuvrent désormais en la faveur de l’ordre établi, s’étalant « presque au grand jour ». Ainsi, si les actions réelles demeurent cachées, il suffit désormais d’observer ce qui se déroule sous les yeux de tous. On sait, par exemple, la part prépondérante que tiennent Bill Gates et Gavi Alliance (pour le… gavage aux vaccins ?) dans l’OMS : il suffit de consulter Wikipedia. La « Grande réinitialisation » visant une utopie technocratique est annoncée urbi et orbi

 

Chacun a vu nos dirigeants annuler nos libertés. Le débat démocratique est remplacé par l’endoctrinement, par une vérité décrétée par des « experts » que, sous prétexte qu’ils seraient « scientifiques » ou « médecins », l’on doit croire superstitieusement. Or non seulement sont-ils à la solde de groupes pharmaceutiques, mais quelqu’un qui n’a pas la charge de patients réels ne peut pas être considéré comme un médecin : il est devenu un homme politique, qui n’est plus tenu responsable de ses échecs. On cherche désormais à nous imposer un état d’urgence pérenne et à nous forcer d'absorber des produits encore à l’état expérimental, abusivement nommés « vaccins », avec ségrégation sociale (passeport sanitaire) en cas de résistance. Les immenses intérêts financiers en jeu suffisent pour éteindre tout scrupule moral.

 

On voit qu’il s’agit de l’aboutissement de processus engagés depuis longtemps : le démantèlement de l’Etat au profit d’intérêts privés ; l’immigration massive et des idéologies « progressistes » destructrices de l’identité nationale, affaiblissant la volonté de résister. La fumisterie du « climat » et du « développement durable » annihile tout débat politique.

 

L’heure est donc grave et requiert notre décision préméditée de rester lucide et de maintenir la liberté de parole, pour que notre destin reste humain. C’est ce que je souhaite pour les amis et les lecteurs de la Ména. 

 

 

Yoshua Ohana (fixeur militaire, photographe, région-nord-est)

 

Je suis toujours handicapé, n’ayant pas récupéré depuis plus de deux ans d’un accident domestique. Je ne parviens toujours pas à plier normalement l’un de mes genoux en dépit de deux interventions chirurgicales. De plus, cela reste douloureux.

 

J’ai toutefois partiellement repris mes activités professionnelles car on ne peut pas passer son temps à s’apitoyer sur son sort.  

 

Moi non plus, je ne supporte plus la gouvernance de Bibi Netanyahu. Tout ce que l’on touche est sale et corrompu. En périphérie, à Kiryat Shmona où j’habite notamment, c’est encore pire que dans les grandes villes.

 

Les préposés à la protection de la nature déclarent des arbres malades et dangereux afin qu’ils soient abattus ; pour faire du bois de chauffage et toucher leur commission.

 

C’est juste un exemple parmi tant d’autres de l’héritage du bibisme, pour ceux qui préfèrent ignorer ce qu’il se passe réellement ici.

 

Je souhaite à Israël et au monde de retrouver leurs esprits en 2021. Ce n’est pas un vœu, c’est une nécessité. Sinon nous allons dans le mur.

 
 
Israël et les vaccinations : des chances réelles d’être débarrassés de la Covid avant la fin février Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 31 décembre 2020

 

Par Ilan Tsadik

Dépêche (013112/20) 

 

Sdérot, jeudi matin,

 

à minuit ce jeudi soir, soit à la fin 2020, en 11 jours, presque un million d'Israéliens auront été vaccinés, soit plus de dix pour cent de la population.

 

Au rythme où nous allons - y compris l'augmentation quotidienne du nombre des inoculations, nous voulons arriver à 150 000 administrations par jour - toute la population israélienne sera vaccinée de son plein gré courant mars, et toutes les personnes à risque et les soignants, à la fin janvier.

 

S’il se confirme que les vaccins actuels administrés en Israël, Pfizer et Moderna, sont efficaces contre les mutations, avant la fin février, compte tenu de la proportion de personnes qui seront vaccinées et d’un peu plus de 800 000 individus qui ont déjà développé des défenses immunitaires, la pandémie aura été vaincue dans l’Etat hébreu.

 

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Le Président de l’Etat, M. Rubi Rivlin a montré l’exemple

 

Si le pari est tenu, avec un brin de réussite, Israël sera le premier pays du globe à être débarrassé de la Covid-19. Des milliers de morts auront ainsi été épargnées, davantage de souffrances et de déchirements encore, et la société retrouvera une vie normale.

 

En plus de ce qui précède, Israël aura assis son image de pays high-tech, démontrant sa réactivité, son adaptabilité, sa vigueur, ce qui aura à n’en point douter un important impact à l’international.

 

Le pays aura également démontré qu’il est capable lorsque c’est nécessaire de surpasser les clivages laïcs-religieux, Juifs-musulmans, jeunes-vieux, riches-pauvres, ashkénazes-séfarades, bibistes-antibibistes, centre-périphérie, lorsqu’il fait face à des questions existentielles. Lorsque le bien de tous est en jeu.

 

Aujourd’hui, c’est l’ensemble des communautés qui est à pied d’œuvre, partout, sans différence de croyance, d’âge et d’origine, jusque dans les zones les plus reculées, afin de gagner ce pari. Sans cela, tout le monde le comprend bien, nous ne serions pas sur le point d’y réussir..

 

 
Très tôt ce matin, le Khe’l Avir a oblitéré des objectifs au nord-ouest de Damas (013012/20) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 30 décembre 2020

 

© Metula News Agency

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa et Jules Mazouz, ont participé à cette dépêche

 

Métula, mercredi

 

La nuit dernière, sur le coup de 01h30 heure locale, le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, a attaqué des cibles du Hezbollah localisées à Nabi Habeel, en Syrie [carte].

 

La Défense Contre-Avions (DCA) gouvernementale ayant tenté d’intervenir, des chasseurs-bombardiers israéliens ont détruit des batteries de missiles sol-air ainsi que des camions Pantsir et des positions d’un bataillon de la DCA de l’Armée d’al Assad.

 

Nabi Habeel se situe à 16km au nord-ouest de Damas et du palais de Bashar al Assad, à 61km au nord-est de notre rédaction de Métula, et à 5km de la frontière libanaise.

 

Mais surtout, Nabi Habeel se trouve sur une route secondaire qui jouxte l’autoroute No.1 reliant Damas à Beyrouth. Cette route oscille parallèlement à la No.1 en Syrie, et la rejoint au Liban, à 2km de la frontière.

 

Nabi Habeel [ara. : le Prophète Habeel] est également un lieu de pèlerinage dans la religion druze. Il existe une maison de prière druze sur une colline, non loin du lieu où l’attaque s’est produite.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Source : Google Earth Pro

 

A notre avis, le Khe’l Avir a intercepté un convoi d’armes iraniennes escorté par des miliciens du Hezbollah libanais et a détruit les armes et tué ou blessé ceux qui l’accompagnaient.

 

Les sources gouvernementales syriennes reconnaissent la mort d’un de leurs soldats, et le fait que trois autres ont été blessés. Tous appartenaient au bataillon de DCA.

 

Le bilan, qui ne mentionne pas les pertes dans les rangs de la milice, est en réalité est bien plus lourd que ne l’admet Damas. Michaël Béhé n’a pas été en mesure de s’entretenir avec des sources médicales, mais il évalue cette après-midi entre 12 et 15 le nombre de soldats et de miliciens oblitérés, et un nombre sensiblement égal de blessés. Ce, sur la base de témoignages de contacts concordants de la Ména parmi l’opposition syrienne.

 

SANA, le principal media de propagande du régime alaouite syrien des al Assad a rapporté que des missiles israéliens avaient été interceptés par sa DCA et que les missiles de Tsahal avaient été tirés du sol, à partir du nord de la Galilée, soit la région de Métula. Ces deux informations sont parfaitement imaginaires.

 

A l’heure de publier cette nouvelle, soit près de 15h locales, nous assistons sur la rédaction et le Liban-Sud à une intense activité d’appareils israéliens qui dure depuis une bonne demi-heure. D’après ce que nous voyons et entendons, ces avions n’ont pas ouvert le feu jusqu’à maintenant.

 

 
Vaccin : Israël en tête de la course, la France à la traîne (012912/20) Version imprimable
Analyse
mardi, 29 décembre 2020