Raid israélien à Damas la nuit dernière. La Pax Poutina interrompue par les Iraniens et les Syriens Version imprimable
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jeudi, 08 avril 2021

 

(010804/21) [Breaking news]

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa et Jules Mazouz out participé à cette breaking news.

 

Métula, jeudi, 12h15 à Métula, 11h35 à Paris.

 

La nuit dernière – celle de mercredi à jeudi – à 0h57 du matin heure locale – une pluie de missiles air-air et air-sol s’est abattue sur la zone de Damas, principalement dans le sud de la capitale syrienne, aux abords de l’aéroport international.

 

Les chasseur-bombardiers frappés de l’étoile de David sont arrivés simultanément de plusieurs directions différentes, entre le Golan et le Liban.

 

Ils ont largué des missiles (probablement des) Dalila de dernière génération au passage des crètes des montagnes, à des distances allant de 50 à 60km des objectifs.

 

Des positions militaires gouvernementales syriennes ont été visées, la plupart accueillant des Pasdaran, des Gardiens de la Révolution khomeyniste iranienne ainsi que des miliciens libanais du Hezbollah et d’autres nationalités.

 

A la Ména, nous pensons que l’objectif principal visé et entièrement oblitéré a été un dépôt d’armes sous contrôle iranien situé dans le périmètre étendu de l’aéroport international de Damas.

 

Ces armes, principalement des missiles, étaient arrivés à Damas à 16h23, le mardi 6 avril courant, par un vol spécial QFZ9950 de la compagnie iranienne QESHM AIR [Fars Air Qeshm] au service des Pasdaran.

 

param_qeshm_flight.jpg

Les paramètres radar du vol ayant amené les armes de Téhéran à Damas

On remarque que l’aéroport de destination a été dissimulé à la connaissance du radar

et que l’identificateur radar [SQUAWK] [fr. : transpondeur] n’a pas été activé,

il montre 0000, ajoutant à l’insécurité du trafic aérien civil dans la région

 

Comme on peut le constater sur le relevé radar ci-dessous, le vieux 747 (29 ans d’âge !) de QESHM, immatriculé EP-FAB est reparti à destination de l’aéroport Imam Khomeini (vol QFZ9951) à 18h50, après avoir déchargé sa marchandise.

 

Il était déjà venu à Damas le 3 avril, et il est possible que le dépôt anéanti contenait les chargements des deux vols.

 

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Le relevé du vol aller [ligne du bas] n’indique aucune destination non plus

 

En affrétant ces vols, la Théocratie persane ainsi que le régime alaouite des al Assad au pouvoir à Damas ont grossièrement rompu les conditions de la trêve arrangée par Vladimir Poutine. La Pax Poutina durait sans violation majeure depuis le 16 mars dernier.

 

Les media gouvernementaux syriens font état de 4 blessés dans les rangs de son armée. Des informations non vérifiées que nous avons reçues directement de l’opposition armée à Assad évoquent 11 morts dans l’Armée syrienne et une vingtaine de blessés.

 

Michaël Béhé n’a pas été en mesure de converser par téléphone avec ses amis médecins à Damas, non plus qu’avec des témoins oculaires des explosions, car les lignes téléphoniques avaient été coupées 5 minutes après l’attaque. Elles le sont restées jusqu’à la moitié de la matinée de ce jeudi, et les correspondants de Béhé ont refusé de le renseigner après avoir été mis en garde par des agents du régime.

 

Les media de la dictature alaouite ne mentionnent jamais les bilans de ses alliés iraniens et libanais. D’après la source de la Résistance en contact avec le chef de la Ména libanaise, Michaël Béhé, le nombre des décès dans la Force Qods [ara. : Jérusalem] des Pasdaran ainsi que parmi ses supplétifs se monte à 20 ou 21, dont 8 Iraniens.

 

Damas reconnaît quatre blessés ainsi que des dégâts matériels. Il prétend également, comme à son habitude, "avoir abattu la plupart des missiles israéliens", ce qu’aucun spécialiste ne croît, l’Armée syrienne ne disposant pas de la technologie requise pour abattre un appareil ou un missile israélien.

 

Les media reprenant ces fakes news se livrent intentionnellement à de la désinformation caractérisée et itérative.

 

Vers 1h07 du matin, un missile syrien sol-air égaré a explosé dans le ciel du Doigt de la Galilée, pendant que deux rédacteurs de la Ména se trouvaient à leurs tables de travail à la rédaction.

 

Stéphane Juffa témoigne avoir entendu le bruit d’une explosion. Immédiatement après et pendant une seconde, le ciel est devenu orange. Juffa et Levinsky ont d’abord imaginé qu’un obus de char avait été tiré à partir de la position de Tsahal qui surplombe notre rédaction. Notre rédacteur en chef s’est rendu sur ladite position où les soldats lui ont raconté ce qu’il s’était réellement passé.

 

L’état d’alerte n’a pas été décrété.

 

Le media libanais aux mains du Hezbollah al Manar [ara. : le phare] a annoncé que le missile syrien était à la poursuite d’un appareil du Khe’l Avir, l’aviation israélienne. C’est délirant : il ne se trouvait aucun avion dans un périmètre de 50km du missile en question.

 

Les restes de ce dernier [photo] ont atterri en territoire libanais à proximité du village de Khoula, à 2km à l’ouest de la frontière israélienne et 4 de la ville de Kiryat Shmona [25 000 hab.]. Et à 8km au sud-ouest de la rédaction à Métula.

 

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Les débris du missile syrien au sol dans le village libanais de Khoula

 

La situation est calme dans le Doigt de la Galilée et sur le plateau du Golan. A 10h locales, la sirène marquant le souvenir du génocide par les nazis de six millions d’Israélites a retenti à Métula comme dans le reste d’Israël et la vie s’est arrêtée durant deux minutes. Lors d’un bref recueillement, le drapeau de la Ména a été mis en berne. Il le restera jusqu’à la tombée de la nuit.

 

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Les deux bâtiments abritant les installations de la Ména, ce matin à Métula

 

 

 

 

 

 
Pourquoi avoir attaqué le navire iranien ? (010704/21) Version imprimable
Analyse
mercredi, 07 avril 2021

 

Par Ilan Tsadik

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa, Jules Mazouz et Jean Tsadik ont participé à cet article

 

Hier matin (mardi) aux alentours de 6 heures, heure locale, le navire iranien Saviz a été attaqué dans la mer Rouge, entre Djibouti et le Yémen, dans le goulot d’étranglement large d’une centaine de kilomètres à cet endroit [l’étoile à 4 branches matérialise approximativement l’emplacement de l’attaque sur la carte suivante], qui relie cette mer à l’océan indien.

 

saviz_map.jpg

 

L’attaque est attribuée à Israël par les media iraniens et arabes. A en croire le New York Times, Jérusalem aurait prévenu Washington peu avant l’opération.

 

La réaction de M. Benny Gantz, le ministre israélien de la Défense et Premier ministre en alternance, selon laquelle, sans confirmer l’information, "l'Etat d'Israël doit continuer à se défendre. Partout où nous trouvons un défi opérationnel et un besoin opérationnel, nous continuerons d’agir", laisse à penser que c’est effectivement Tsahal qui est à l’origine de cette attaque.

 

Selon des sources concordantes, le bâtiment perse a été touché en-dessous de la ligne de flottaison par des missiles et/ou des mines magnétiques – limpet mines en anglais -.

 

Selon des sources saoudiennes, les dégâts sont très importants. A en croire les media de la Théocratie iranienne, et notamment ses chaînes de télévision, ils sont au contraire légers et n’auraient pas fait de victimes.

 

Israël, à son habitude, ne commente pas.

 

Le Saviz est enregistré comme un navire marchand selon l’Institut Naval des Etats-Unis (USNI). Mais c’est une couverture ; en fait, il s’agit d’une base flottante au service du Corps des Gardiens de la Révolution khomeyniste, les Pasdaran.

 

Nous pouvons être formels sur ce point, car les experts en photos satellitaires d’ISI, ImageSat International, ont démontré que ce navire n’a pratiquement pas changé de position durant les deux années écoulées. Or la fonction nominale d’un cargo consiste à transporter des marchandises d’un port à un autre.

 

De plus, des activités militaires, basées sur l’utilisation de petites embarcations rapides et armées ont été plusieurs fois identifiées et photographiées autour du Saviz. Ces activités n’entrent pas dans les attributions d’un navire marchand.

 

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Le pont du Saviz avec des canots hors-bord

 

Les fonctions réelles du navire se focalisaient sur le soutien aux alliés Houthis du Yémen dans la guerre qu’ils livrent à l’Arabie Saoudite et à ses partenaires arabes, et notamment pour les aider à mener des frappes contre des bateaux marchands et à lancer des missiles balistiques sur le royaume saoudien.

 

Une autre tâche du Saviz était l’identification des bâtiments entrant et sortant de la mer Rouge, notamment ceux qui empruntent le canal de Suez, avec la possibilité de tenter de les intercepter si les Pasdaran en recevaient l’ordre de la part des ayatollahs au pouvoir à Téhéran.

 

Après qu’un navire marchand israélien a été visé et touché par un missile persan entre Oman et l’Inde le mois dernier, suivant, en février, l’agression dans la même zone contre le roulier géant Helios Ray, la présence du Saviz dans le goulet à l’entrée de la mer Rouge n’était plus supportable.

 

Car c’est à une véritable guerre navale que se livrent Téhéran et Jérusalem depuis deux ans. Les Israéliens ayant endommagé plus d’une douzaine de navires ennemis qui transportaient des armes ou du pétrole à destination principalement de la Syrie.

 

L’intention de la Théocratie était que le brut iranien, soumis à un embargo international, soit débarqué à Lattaquié ou à Tartous en Syrie, pour être vendu et transporté par une entité syrienne à des clients internationaux, entre autres le Vénézuela chaviste.

 

C’est à peu près tout ce que l’on sait de l’incident d’hier. On ignore l’étendue réelle des dommages infligés à la base flottante des Pasdaran. A la Ména, l’on sait cependant que l’intention des assaillants n’était pas de couler le Saviz mais de pénaliser lourdement sa flottabilité.

 

Désormais, il est obligé de retourner en Iran à très faible allure, par ses propres moyens si c’est possible, ou en étant remorqué si nécessaire. De toutes façons, il n’est plus opérationnel, non plus que son équipage, et il ne le sera pas pendant des mois, à la condition encore qu’il soit réparable.

 

La force de Tsahal procède de cela que les Iraniens ne possèdent strictement aucun moyen pour défendre leurs navires, aussi bien les civils que les militaires. Le Khe’l Avir, l’aviation israélienne, pourrait ainsi "finir" le Saviz quand il choisirait de le faire, ou détruire la totalité de la flotte ayatollienne en une seule opération et sans risque d’essuyer des pertes.

 

Cette supériorité tactique absolue est capitale lorsque l’on sait qu’il est impossible de défendre les centaines d’unités marchandes appartenant à des entreprises israéliennes. Dans ces conditions, la mesure efficace est la dissuasion. En mettant hors service le Saviz, Tsahal indique à la Théocratie chiite qu’en cas de récidive d’agression contre nos navires civils, le prix qu’elle aura à payer sera très élevé. L’autre information envoyée aux enturbannés de Téhéran est que la parité des moyens n’existe pas, et que nous n’avons pas l’intention du tout d’entrer dans un cycle attaque-contre-attaque visant la flotte marchande. Il y a un champion et un challenger. Et le challenger a le plus grand intérêt à ne pas l’oublier ; d’ailleurs, il n’a pas le choix.

 

A Métula, nous ignorons aussi qui a porté l’estocade. Est-ce le Khe’l Avir, un commando marin, une opération combinée, des tirs provenant d’une corvette du Khe’l ha-yam [la marine de guerre], d’un sous-marin ? Nous n’en savons rien.

 

Ce que nous savons en revanche, c’est que Tsahal n’était pas forcé d’intervenir à partir du territoire national, situé à plus de 2 000km de l’emplacement de l’attaque à vol d’oiseau. Car l’Armée israélienne est présente dans la région dans laquelle elle dispose de ses propres bases.

 

Soucieux de ne pas dévoiler des informations sensibles, nous n’allons pas établir la liste des Etats de la région qui accueillent nos soldats et leurs armes à bras ouverts. A ce titre, l’assaut pouvait bien venir du territoire saoudien, ce qui n’est plus un secret. Si la normalisation politique tarde un peu, la collaboration stratégique est complète. Et si cela n’était pas le cas, Riad ne permettrait pas aux avions israéliens de survoler chaque jour ses sites d’armes les plus sophistiquées. C’est une lapalissade.

 

Dans le cas où Israël a agi seul, il peut l’avoir fait depuis sa base située en Erythrée sur le mont Soira, à 85km au sud de la capitale Asmara [carte]. C’est le point le plus élevé de ce pays, culminant à 3018 mètres. Selon des sources étrangères autorisées, Tsahal y possède depuis au moins cinq ans un promontoire à partir duquel il peut observer les mouvements de navigation dans les mers avoisinantes, à sa guise et sans être dérangé.

 

Il peut également voir et entendre tout ce qu’il se passe dans le conflit yéménite et transmettre informations et conseils à ses amis saoudiens. Ai-je dit qu’à Riad on a adoré la nouvelle de l’attaque et du retrait du Saviz ?

 

Les Israéliens disposent d’une base supplémentaire bien plus "confortable" et stratégique encore. Sur l’île de Socotra [carte], un gouvernorat indépendant comptant 50 000 habitants, situé à 340km de la côte désertique yéménite, 230 de la Somalie, et un millier de kilomètres de la passe stratégique de Djibouti.

 

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L’île de Socotra et le mont Soira

Service cartographique © Metula News Agency

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Balagan ! [héb. : désordre] (010504/21) Version imprimable
Analyse
lundi, 05 avril 2021

 

Par Jean Tsadik

 

Depuis ce lundi matin, les représentants des partis se succèdent à la résidence du Président d’Israël, M. Reouven (Rubi) Rivlin dans le quartier de Rehavia à Jérusalem, afin de lui indiquer quel est le candidat qu’ils recommandent pour tenter de former le prochain gouvernement. Le Président devrait arrêter son choix entre ce soir et mercredi.

 

Dans le même temps, à un kilomètre et demi de là, au tribunal de district de Jérusalem, s’est ouverte la phase des témoignages des procès au pénal de Binyamin Netanyahu. Ils se prolongeront durant de longs mois au rythme de trois jours de débats par semaine.

 

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A l’issue de la première journée des témoignages, Netanyahu lance des accusations irresponsables contre l’Etat de droit, laissant à l’abandon un pays voué à lui-même

 

A midi quarante-cinq, Ilan Yeshua, l’ancien directeur général du site d’information Walla, le plus visité d’Israël, qui appartenait à l’homme d’affaires Shaul Elovitch, lequel contrôlait également Bezeq, la plus importante société israélienne de télécommunications, est monté à la barre.

 

Elovitch et Netanyahu sont accusés d’avoir échangé "une couverture partisane en faveur du Premier ministre dans Walla" contre des dispositions favorables voire monopolistiques en faveur de Bezeq, à l’époque où M. Netanyahu cumulait la fonction de ministre des Communications et celle de Premier ministre.

 

Grâce à ces dispositions, Bezeq a obtenu la possibilité de s’abstenir d’investir dans la fibre optique pour les échanges Internet durant plusieurs années, réalisant ainsi des profits indus s’élevant à des milliards de shekels.

 

Cette décision a permis à Bezeq de continuer à fournir des connections-cuivre, qui constituaient la seule façon de se connecter à Internet jusqu’à l’ouverture du marché des infrastructures aux concurrents de Bezeq. Ce qui a engendré un retard d’équipement très conséquent pour le marché israélien, freinant ainsi l’expansion de la "nation high-tech".

 

Pour illustrer ce propos et démontrer qu’il ne s’agit pas du tout d’un détail insignifiant, la Ména a été raccordée à la fibre optique (de Bezeq) il y a deux semaines. Nous comptons parmi les 350 premiers raccordés à la fibre dans l’ensemble d’Israël. La rapidité de nos communications est passée de 30 Mb chaotiques par seconde à 600 parfaitement stables. Nous transférons actuellement du matériel informationnel en quelques minutes, ce qui nécessitait des jours ou des semaines il y a quinze jours. Nous avons perdu beaucoup de contrats par le passé pour cette raison, alors que nos clients reconnaissaient volontiers que notre production journalistique était supérieure à celle de nos concurrents. Nous gagnons entre autres entre trente et quarante-cinq minutes de travail quotidiennement.

 

Si Bezeq n’avait pas reçu la possibilité gouvernementale de reculer son investissement, ou si le marché avait été ouvert plus tôt à la concurrence, l’Etat hébreu aurait été raccordé à la fibre optique il y a deux ou trois ans déjà. Désormais, il va falloir encore cinq ans, selon Bezeq, afin de brancher la totalité du pays.

 

L’un des points principaux des procès en cours sera de distinguer si ce retard et les coûts [et les profits. Ndlr.] monumentaux qu’il a provoqués sont dus à un deal entre Elovitch et Netanyahu, ou s’ils ont d’autres causes. Naturellement, nous avons le droit d’avoir notre point de vue à ce sujet, mais pas celui de décider à la place des juges.

 

Quoi qu’il en soit, dès les premières heures des témoignages, les procès sont entrés directement dans le vif du sujet.

 

Ilan Yeshua a en outre déclaré sous serment que "chaque organe de presse reçoit constamment des sollicitations relativement à sa couverture [des évènements]", mais le témoin a précisé que cela dépassait les limites à la fois "en termes de nombre et de nature des demandes". Il a estimé que la quantité et le niveau d'intensité des demandes combinées des autres politiciens en dix ans équivalaient à une semaine de requêtes de la famille Netanyahu. "Il ne fait aucun doute qu'il s'agissait d'un niveau d'intensité différent de la normale", a expliqué Ilan Yeshua.

 

"Normalement, un politicien peut demander une correction, mais il n'enverra pas une édition complète d'article, prête à être publiée. Nous étions en outre dans une situation où il nous était interdit de diffuser les commentaires des internautes".

 

Le témoin a révélé que le couple Elovitch lui demandait constamment d’enlever des articles qui ne plaisaient pas à Binyamin Netanyahu, sa femme, son fils ou leur entourage, et de mener des campagnes négatives à l’encontre des adversaires politiques du Premier ministre. C’est ainsi que des séries de reportages calomnieux furent distillés sur commande contre Moshé Kakhlon, pourtant ministre des Finances de Netanyahu durant cinq ans, de mai 2015 à mai 2020, ou contre Naftali Bennett et Benny Gantz notamment.

 

A plusieurs reprises, Shaul Elovitch ou sa femme Iris, également inculpée, on dit littéralement à Ilan Yeshua que si Netanyahu ou son clan n’appréciaient pas un article spécifique, le Premier ministre ne signerait pas les décrets régulateurs en faveur de Bezeq, et qu’ils perdraient alors "des milliards". Elovitch a expliqué à Yeshua qui l’informait qu’avec ces méthodes il mettait la survie de Walla en danger, que "Walla pèse un gramme et Bezeq une tonne".

 

Pour la procureur principale Liat Ben-Ari, les choses sont claires et évidentes : "L'accusé n°1, le Premier ministre d'Israël, a fait commerce de son pouvoir gouvernemental avec des hommes d'affaires". Elle a fait état de cette conviction à l’ouverture de l’audience ce lundi matin.

 

Dans un autre domaine – mais tout est lié désormais - demain mardi, vers seize heures, les cent-vingt députés de la 24ème Knesset se réuniront pour la première fois. Ils prêteront serment en présence du Président Rivlin et entameront les travaux parlementaires immédiatement après cela.

 

Ajoutez à cet ordre du jour chargé, pour comprendre l’ambiance qui règne dans la cité du Roi Salomon, qu’il se tient des manifestations de bibistes et d’anti-bibistes sous les fenêtres de la salle d’audience et face à la résidence du Président, fortifiée pour l’occasion. Mais elles ne réunissent que quelques dizaines de participants bruyants.

 

En fait, je relate tout cela en préambule ; d’une part pour informer nos lecteurs qui ne disposent pas d’autres sources fiables pour connaître de l’air terriblement lourd qui pèse ce lundi sur notre capitale. De l’autre, afin de dénoncer un déséquilibre très dangereux pour la sécurité de l’Etat hébreu.

 

Ce qui précède est un résumé. Il ne comprend pas les manœuvres juridiques, politiques et parlementaires qui se trament en vue de se hisser aux affaires. L’enjeu est de taille et il absorbe la totalité de l’énergie des chefs de clans, de leurs appareils, ainsi que de plusieurs études d’avocats et de conseillers en tous genres.

 

Cela ne vaut pas uniquement pour B. Netanyahu, mais aussi pour Yaïr Lapid, Benny Gantz, Naftali Bennett, etc.

 

Mais quid de la conduite des affaires de l’Etat, précisément ?

 

On imagine aisément que, même si l’on a raison, la seule réponse aux affirmations d’Ilan Yeshua prendra des jours entiers et impliquera d’entendre sur chaque point le commentaire du Premier ministre par intérim. Et le témoignage de Yeshua est loin d’être terminé, de plus, il y a plus de… trois cents témoins ayant rempli une déposition dans ces affaires et susceptibles d’être entendus par la cour.

 

Ce que j’affirme est qu’il est évidemment absolument impossible de gérer une telle densité de tâches et de présider aux destinées d’un pays. En particulier, d’un pays comme Israël.

 

Celui qui prétend le contraire n’est pas bien renseigné, pas intelligent ou d’une parfaite mauvaise foi.

 

Je vais maintenant simplement vous donner deux exemples destinés à soutenir ce que j’avance.

 

Le monde continue d’avancer ; il ne se soucie que modérément des pérégrinations de la politique israélienne. Des événements d’une grande gravité sont en train de se produire, qui nécessitent toute l’attention, mais aussi des concertations sereines et détaillées et des interventions, de la part des décisionnaires de Jérusalem.

 

Or je vous garantis qu’elles n’ont pas lieu. C’est mathématiquement impossible, et cela va le rester, au moins partiellement, potentiellement jusqu’à de nouvelles élections fin août.

 

Asphyxiés par nos avatars domestiques, je suis certain que la majorité d’entre ceux qui suivent la Ména régulièrement n’ont pas remarqué que, depuis le 16 mars dernier, soit depuis vingt jours, le Khe’l Avir [l’aviation israélienne] n’a pas bombardé de positions iraniennes ou du Hezbollah en Syrie.

 

Or auparavant et depuis des mois – à une autre interruption près – les raids de Tsahal se poursuivaient au rythme de deux à trois par semaine. Et je parle uniquement de ceux dont nous avions connaissance. Pour ajouter à ce que je viens d’écrire, les pensionnaires à demeure de la rédaction à Métula me confirment que le trafic des chasseurs-bombardiers sur leur tête a pratiquement cessé. Et Mansour, notre nouveau chef de la Ména dans le Golan, installé à Majd al Shams [ara. : l’étoile du soleil] me rapporte lui aussi que cela fait longtemps que le ciel sur la ligne Alpha – la frontière de facto entre Israël et la Syrie – n’a pas été aussi silencieux.

 

Or cela ne peut pas venir d’une évolution fortuite ou naturelle, car cela n’existe pas. Toutes les guerres ne se sont jamais interrompues autrement que sur la défaite de l’un des camps ou sur un accord de paix.

 

Dans ce cas-ci, c’est d’un accord temporaire qu’il s’agit, d’un cessez-le-feu obtenu par Vladimir Poutine. C’est un accord à la russe. Un arrangement obtenu par la pression sur les parties et par chantage. Un agrément qui ne va pas durer éternellement et qui – parce qu’il s’applique par un processus de retenue imposée et non une quelconque intention de faire la paix – ne va être que partiellement respecté.

 

D’autre part, Moscou lui-même ne respecte pas indéfiniment les ententes qu’il signe ou celles dont il est l’architecte. Il les honore tout le temps qu’elles vont dans le sens de son intérêt. Ensuite il jette une accusation fabuleuse de rupture de l’accord contre l’un des signataires et s’en retire.

 

Contrairement au ministère des Affaires Etrangères en Israël ou au Quai d’Orsay, la diplomatie russe n’a de tout temps eu qu’une seule fonction : atteindre sans passer par l’usage de la force un objectif défini. Et le faire en coordonnant tous les outils d’intimidation à disposition du régime.

 

Les seuls traités que la Russie respecte, ce sont ceux qu’elle ne signe pas. A l’instar de son engagement aux côtés de la dictature alaouite en Syrie, qui tient depuis quatre-vingts ans environ.

 

Il y a les ennemis irréductibles aussi, comme l’Ukraine ou la Pologne, qui comprenaient, jusqu’à l’avènement de Gorbatchev et surtout de Poutine, les Juifs et Israël. Il est vrai qu’il y a un million deux cent mille Israéliens d’origine russe, la seule minorité de cette taille en dehors des pays slaves, qu’ils sont riches, bien portants, puissants et emplis de bons sentiments pour le pays qu’ils ont quitté. Ce sont suffisamment de considérations pour que l’on en tienne compte.

 

Il y a également le fait que Jérusalem constitue un élément économiquement et militairement puissant au Moyen-Orient, et qu’il ne s’est jamais montré hostile ou irrespectueux à l’égard des intérêts russes.

 

Ca compte aussi. Même si le ministère russe des Affaires Etrangères et son immuable patron Lavrov (à cette fonction depuis 17 ans !), suivant un filon qui ressemble à s’y méprendre à la "politique arabe de la France", n’expriment encore que mépris et détestation pour Israël. Eux non plus n’ont pas compris que les pays arabes ont changé et qu’ils ne leur font plus plaisir en s’opposant systématiquement à Jérusalem.

 

Le puissant establishment russe de la Guerre est devenu plus nuancé. D’une part personne, depuis la Guerre de Corée, n’a détruit autant de matériel militaire russe qu’Israël avec tout ce que cela implique, mais de l’autre, les réalisations de Tsahal, de son aviation et de son Renseignement forcent le respect des généraux du Kremlin.

 

L’accord obtenu par les émissaires de Poutine vise à protéger l’allié Bashar al Assad, diminué par le Corona qu’il a contracté, à la tête d’un pays en ruines, qui n’a plus besoin des Iraniens et des destructions qu’ils engendrent, mais qui s’oriente vers une réconciliation avec les riches pays arabes ainsi qu’une normalisation avec Israël.

 

La première chose que Poutine avait obtenue était que les appareils du Khe’l épargnent les militaires syriens, en échange d’informations de leur part concernant les activités des Gardiens de la Révolution khomeyniste sur son sol. Les Pasdaran.

 

Le réchauffement est perceptible, Assad nous a rendu pour un prix relativement modique la folle qui avait traversé la frontière syrienne parce qu’elle trouvait son existence monotone. Depuis, il a autorisé des spécialistes russes à rechercher dans les cimetières damascènes les restes des soldats de Tsahal tués lors de l’affrontement de Sultan Yacov en 1982, ainsi que ceux de l’espion pendu en place publique à Damas, le 18 mai 1965, Eli Cohen. Pour ceux qui sont familiers avec la mentalité des Alaouites syriens, ce n’est ni plus ni moins que le franchissement de la moitié du chemin qui mène à la paix.

 

Poutine a enjoint les Iraniens de stopper leurs livraisons d’armes et de munitions par les airs en Syrie, et les gouvernementaux syriens, de ne pas les laisser transiter par leurs aéroports. Il a même reçu officiellement, voici quinze jours, une délégation du Hezbollah à Moscou, exigeant de l’organisation terroriste chiite libanaise de s’abstenir de toute provocation contre l’Etat hébreu, tant à partir du Liban que de Syrie, et de démanteler des batteries antiaériennes dissimulées dans les quartiers populeux de Beyrouth. Les Russes ont aussi ordonné/demandé à l’organisation de Nasrallah de modérer fortement ses menaces verbales contre Israël.

 

De son côté, le Hezb a réclamé de pouvoir se faire livrer des cargaisons ne comprenant pas d’armes sur l’aéroport de Khmeimim tenu par le contingent russe près de la ville de Lattaquié en Syrie. C’est largement une demande symbolique, destinée à présenter publiquement l’accord comme un échange de concessions plutôt que tel le diktat qu’il est. Le Hezbollah n’ayant aucune difficulté à se faire livrer du matériel civil directement au Liban.

 

Voilà. Cela durera le temps que cela durera. Plus particulièrement, aussi longtemps que les Iraniens ne se mettent pas à tricher, car ils comptent bien profiter de la cessation provisoire et inespérée des attaques aériennes israéliennes contre leurs hommes.

 

Aujourd’hui-même, les grandes oreilles de la Ména, Jules Mazouz, a informé la rédaction qu’un important chargement de missiles était arrivé à Boukamal [Syrie, frontière avec l’Irak. Ndlr.] par l’autoroute iranienne à destination du Liban et de la frontière israélienne.

 

Okay, ça n’est pas par la voie aérienne, mais s’il ne s’agit pas d’un enfumage, Aviv Kokhavi, le chef de l’état-major de Tsahal, va s’en occuper, cette cargaison d’armes ne traversera pas le désert de Syrie. Et les Russes ne bougeront pas. Ils s’attèleront, inlassablement, à instaurer une nouvelle trêve, puisque c’est dans l’intérêt de leur protégé.  

 

Kokhavi est à l’affut, de même que le Mossad, mais cela ne suffit aucunement. Il n’appartient pas aux militaires de prendre les décisions qui reviennent aux civils. C’est malsain et cela procède d’un processus de prises de décisions irrégulier et même dangereux. Car les militaires ne disposent pas d’un point de vue d’ensemble sur le statut du pays en temps réel. Naturellement, leur expertise se limite à leur domaine, celui de la confrontation armée. 

 

Aviv Kokhavi ne peut pas passer un coup de fil à Vladimir Poutine, cela ne se fait pas. C’est le boulot du Premier ministre. Voire plusieurs fois par jour, notamment pour lui demander de faire pression sur Khameneï afin qu’il ramène sa camelote de Boukamal à Téhéran pour éviter que les raids ne reprennent. Et croyez-moi bien que B. Netanyahu ne l’a pas fait. Il faut avoir la tête à cela, être au courant des moindres détails de la situation.

 

Depuis l’instauration de cette Pax Poutina, il faudrait avoir un briefing d’au moins une heure par jour avec Tsahal et le Renseignement. Vous la calez où, cette heure, exactement ?

 

Premier ministre, c’est un job à plein temps. Surtout en Israël. Une fonction qui ne saurait se mélanger avec des préoccupations judiciaires personnelles, comme la préparation de la réponse à Ilan Yeshua. Et si vous ajoutez la bagarre pour essayer de former une coalition en faisait cohabiter des Juifs fascisants qui veulent impunément infliger des roustes à leurs femmes, avec des islamistes qui ne rêvent que de précipiter les homos depuis les toits des immeubles, ce n’est pas joué d’avance.

 

Et la trêve russe ainsi que le suivi qu’elle nécessite ne sont pas tout. Il y a aussi le commencement des discussions entre Américains et iraniens cette semaine à Vienne en vue de relancer l’accord de 2015 sur le nucléaire des ayatollahs.

 

Le simple fait que les 5+1 acceptent d’entrer en matière avec les représentants de la théocratie, alors que Téhéran n’a pas respecté la moindre ligne du traité original depuis sa signature, est le pire des signaux.

 

Il démontre que les 5+1 sont disposés à parapher pratiquement n’importe quel nouvel accord avec les tyrans de Téhéran. Tout ce que Biden désire, à l’instar de son prédécesseur Démocrate Barack Obama, est de normaliser les relations avec ces monstres. Principalement pour faire contrepoids à l’influence des Etats arabes et d’Israël dans cette région du monde.

 

Cela nécessite une attention de tous les instants de la part du chef de l’exécutif israélien. Ne serait-ce qu’afin de circonscrire les dégâts. Mais comment faire lorsque vous êtes condamné à passer trois jours ouvrables sur six au tribunal pour éviter de vous retrouver en prison ?

 

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Métula est de retour en Israël.. (010104/21) Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 01 avril 2021

 

Par Jules Mazouz

 

Le jour suivant la publication de mon article "Juifs : affronts français inintelligents" par la Ména, Météo Consult et  la Chaîne Météo (TV) ont enfin modifié leurs sites Internet respectifs.

 

Désormais, lorsque l’on tape Metula sur leurs moteurs de recherche, on obtient Israël > District Nord > Metula, comme il est possible de s’en convaincre en consultant la copie d’écran ci-dessous.

 

meteoconcorr.jpg

 

Nous nous réjouissons de ce que les choses ainsi que le village qui accueille notre rédaction aient repris leurs places normales, tout en regrettant qu’il ait fallu deux articles, la menace de faire intervenir le gouvernement israélien et un mois d’attente pour en arriver là.

 

Précédemment, pour ceux qui n’avaient pas suivi l’ "affaire", ces deux entités situaient Métula au Liban, dans le district de Nabatiyeh.

 

La rédaction de Métula (en Israël) précise qu’aucun contact n’avait été établi depuis hier avec ces entités appartenant au groupe du journal Le Figaro, lui-même propriété du Groupe Industriel Marcel Dassault (GIM Dassault), dirigé par Charles Edelstenne.

 

Cette prompte réaction dénote de l’oreille attentive tendue à notre agence de presse, tant dans les sphères privée que publique, et tant en Israël qu’en France notamment.

 

Nous restons à attendre un mot public d’excuses adressé aux Métuliens par les responsables de cette erreur. Cela répond à un simple principe de politesse. La Ména est prête, si elle le reçoit, à le diffuser et à en apporter une copie à M. David Azoulai, le maire de notre village, qui avait tenu à rester informé sans interruption des péripéties de cet incident.

 

 
Juifs : affronts français inintelligents (013103/21) Version imprimable
Analyse
mercredi, 31 mars 2021

 

Par Jules Mazouz

 

Des entités françaises de premier plan multiplient les actes de mépris gratuits et stupides à l’encontre de citoyens israéliens et israélites. Deux d’entre eux retiennent notre attention, car ils sont inexcusables. Le second que nous évoquons dans cet article vise spécifiquement le village dans lequel notre agence de presse est installée et il dure depuis un mois.

 

Revenons d’abord sur ce qu’il s’est passé jeudi dernier, 25 mars courant à Roissy. A l’arrivée d’un avion en provenance de Tel-Aviv, les passagers sont canalisés par une force de police armée et obligés de se soumettre à un test de dépistage du COVID-19.

 

Certains d’entre eux qui n’ont pas de masques, ou des masques non réglementaires selon la loi française, après plusieurs avertissements se font verbaliser et infliger une amende de 135 euros.

 

Tous les passagers de ce vol disposaient pourtant du passeport vert attestant qu’ils ont été vaccinés à deux reprises, y compris les dates des vaccinations et les numéros des lots des doses de Pfizer qui leur ont été administrées.

 

Pendant que les passagers israéliens et juifs subissent incrédules ce contrôle débile, d’autres, tous les autres, dont certains venus de pays où la pandémie fait rage, pénètrent sur le territoire tricolore sans la moindre vérification.

 

Certains media communautaires, je pense spécifiquement à Europe-Israël, dans un article truffé de fautes de français, ont trouvé dégourdi d’appuyer sur l’aspect dramatique de l’incident en y ajoutant des détails qui n’ont pas eu lieu.

 

Il n’y avait pas, en effet, de colonnes de policiers armés jusqu’aux dents et le doigt sur la gâchette pour effectuer ce contrôle, comme lors de la rafle du Vel d’Hiv, mais une dizaine d’entre eux, équipés de leur armement nominal.

 

Ces éléments ajoutés sont pourtant parfaitement inutiles. On comprend, sans qu’ils soient nécessaires, le sentiment d’humiliation qu’ont ressenti un grand nombre des passagers pris dans la nasse policière. D’autant plus que le contentieux existant entre la Police française et les Juifs n’a pas disparu ; lorsqu’un groupe d’Israélites se trouve en présence d’un groupe de policiers français, il est absolument normal que les pires souvenirs remontent à la surface ; qu’il s’agisse de rafles, de flics qui poussaient les enfants dans les trains à destination d’Auschwitz à la place des Allemands, de leurs excès de zèle antisémites, ou de leur comportement inhumain dans l’enfer de Drancy. Ceux qui pensent que le souvenir de ces traumatismes s’estompe en moins de quatre-vingt ans ne comprennent rien au fonctionnement de l’être humain.

 

Au gouvernement tricolore de réduire ce genre de rencontres au minimum nécessaire, ce qui était très loin d’être le cas jeudi dernier.

 

Les Juifs français de ce vol, soumis à un test PCR alors qu’ils sont dûment vaccinés dans les règles de l’art, n’avaient qu’une idée en tête face à cette énième vexation-exception, "se tirer de ce pays". Il n’y a pas de raison de ne pas exprimer la vérité clairement.

 

Libération, le quotidien de Patrick Drahi, dirigé par le directeur de la rédaction israélien (ancien rédac-chef d’Haaretz) Dov Khalfon, francisé en Alfon, a repris l’affaire quoique sans aller au bout de son enquête.

 

Ce qui a retenu notre attention, ce sont principalement les réactions des internautes sur la version électronique du journal. A côté de posts agacés par le comportement des autorités, principalement rédigés par des personnes portant des pseudos à consonance juive, on trouve une importante minorité de commentaires carrément antisémites, du genre : Pour qui il se prend le peuple élu pour prétendre devoir être épargné par les contrôles ?

 

Autres intervenants goguenards, le troupeau des béotiens antivaccins qui s’en donnent à cœur joie, inventant que la vaccination n’empêchait pas la transmission du virus. A ce propos, on aimerait bien que les résultats anonymisés de tous les PCR infligés contre leur gré à ces passagers soient envoyés au ministère de la Santé et publiés par ses soins afin de tordre le cou à cette fable urbaine. Ce détestable incident aurait ainsi finalement servi à quelque chose !

 

Aux bonnards antisémites de tout à l’heure, nous répondons par un oui sans appel : les Israéliens prétendent devoir être exonérés des contrôles sur présentation de leur passeport vert. Cela, même si cela vous chagrine, procède de l’évidence.

 

Illustration de mon propos : hier, en France, selon les chiffres officiels : 30 702 nouveaux cas, 381 morts. Et les chiffres de la pandémie sont en augmentation.

 

En Israël : 442 nouveaux cas et 11 morts.

 

En France, on a réalisé 964 333 tests par million d’habitant.

En Israël : 1 461 821

 

Pour répondre à des internautes antivaccins-antisémites qui se demandaient dans Libé pourquoi, si cela fonctionne si bien, les Israéliens portent encore des masques, nous leur indiquons qu’à partir de la semaine prochaine, ils ne seront plus obligatoires.

 

Cela montre, d’une part, que l’Etat hébreu se situe après l’épidémie de Covid et que la France est en plein dedans, dans des proportions qui le disputent aux pics les plus élevés de cas depuis le déclenchement de la maladie.

 

Cela explique, d’autre part, que les gens les moins dangereux car les moins susceptibles de transporter la maladie sur tout le territoire français jeudi dernier étaient les passagers de ce vol ElAl 325. Et ce sont précisément ceux que les autorités de l’Hexagone ont choisi de contrôler !

 

Au milieu d’un système de santé en échec et d’un système de contrôle nommé passoire.

 

Au gouvernement français de prendre des dispositions plus intelligentes, en tenant compte du fait qu’il est actuellement la principale source de l’encouragement à l’immigration vers Israël. Ce qui pourrait avoir des conséquences désagréables, compte tenu du fait que le directeur général de la Santé en France, le Professeur Jérôme Salomon est juif, et qu’il est même un descendant direct du Capitaine Alfred Dreyfus, qui avait également eu à tâter de l’équité de l’Etat français à l’égard de sa population israélite. A l’île du Diable, et lorsqu’il s’était fait dégrader pour un crime qu’il n’avait pas commis dans la cour d’honneur de l’école militaire de Paris, sous les cris de la foule : "A mort Judas ! Mort au juif !". Vous croyez sincèrement que nous avons oublié ?

 

Compte-tenu aussi que la communauté israélite est largement sur-représentée dans les professions médicales, et qu’en ces heures dramatiques pour la France, les médecins juifs français sauvent des vies sans la moindre discrimination, naturellement, pour le sexe du patient, sa religion ou sa nationalité.

 

S’agissant d’une affaire liée à l’aviation, nous remarquons qu’elle survient après certains antécédents désagréables restés inexpliqués. Je pense à ce capitaine d’Air France qui, à son arrivée à Tel-Aviv, s’écriait au micro "Bienvenue en Palestine !". Au fait que les vols de la compagnie nationale française sur Tel-Aviv avant le Covid s’effectuaient en condition court-courrier – ce qui influait sur la disposition de la cabine (sièges plus serrés), le type d’avions utilisés et la qualité du service – alors que les vols équidistants vers les pays qui entourent Israël étaient des moyen-courriers. Je pense aussi à la suppression des vols Air France entre Marseille et Tel-Aviv, alors qu’ils étaient parmi les plus remplis de la compagnie. Ce qui était assez naturel, vu que Marseille abrite la deuxième population israélite de France avec 80 000 Juifs, soit plus de 9% de la population de la cité phocéenne. Air France a supprimé ses vols à destination de Tel-Aviv au départ d’une ville accueillant la troisième communauté juive d'Europe, après celles de Paris et de Londres ??

 

Ca fait beaucoup, non ?

 

 

Venise n’est pas en Italie

 

Le 2 mars dernier, lors de l’un de ses contrôles de routine, Ilan Tsadik découvrait que Météo Consult et la Chaîne Météo (TV) plaçaient le village de Métula, peuplé des irréductibles journalistes que nous connaissons bien, au Liban, dans le Gouvernorat de Nabatiyeh.

 

Ce, alors que ce village de 3 000 habitants fait partie de l’Etat d’Israël depuis avant même sa création, notamment dans le plan de partage de l’ONU de 1947. Et que son rattachement à l’Etat hébreu n’est contesté par aucun Etat.

 

Météo Consult et la Chaîne Météo (TV) appartiennent au groupe du journal Le Figaro, lui-même propriété du Groupe Industriel Marcel Dassault (GIM Dassault), dirigé par Charles Edelstenne.

 

Désireux de ne pas envenimer les choses, toutes les erreurs ne justifiant pas de scandales à l’échelle planétaire, nous avions émis un simple communiqué reprenant les faits, le 2 mars dernier.

 

Plusieurs lecteurs de La Ména avaient, de leur propre initiative, interpelé Météo Consult, notamment par message électronique. La société avait promptement réagi en reconnaissant son erreur et en promettant de la corriger sans délai :

 

Un lecteur : "Je vous signale que Métula n'a JAMAIS fait partie du Liban mais est depuis toujours une ville israélienne. Veuillez en tenir compte !".

 

Réponse de Météo Consult le 9 mars : " Bonjour, nous faisons suite à votre remarque et vous en remercions.

Nous vous informons qu'un correctif est en cours d'exécution.

Bien cordialement.

 

Karine Braz

 

METEO CONSULT - Groupe Figaro

Domaine de Marsinval 78540 Vernouillet, France

Tél : 01 39 28 19 90 - Fax : 01 39 71 85 31

e-mail : contact@meteoconsult.fr"

 

Nous décidâmes d’attendre un peu, d’autant que Madame Karine Braz expliquait que c’était un problème de base de données, et que cela prendrait "quelques jours" pour ramener Métula dans le pays qui est le sien.

 

Le 9 mars, soit une semaine après notre communiqué, ne décelant aucun correctif, je décidai d’interpeler Madame Braz par téléphone pour savoir où ils en étaient. Elle reconnut les faits et la conversation se déroula de façon fort civile. Elle promit qu’elle allait relancer le département concerné et me remercia même de lui avoir rappelé de faire le nécessaire.

 

Conciliants, nous avons attendu. Des membres d’institutions locales et nationales nous ont appelés à plusieurs reprises afin de savoir si les choses étaient en voie de solutionnement ou si une action diplomatique était nécessaire. Nous leur avons proposé de se munir d’un peu de patience, les assurant que nous suivions la bonne réalisation de l’engagement de Météo Consult, et qu’en aucun cas nous ne lâcherions le morceau avant que la modification ne soit réalisée.

 

Nous sommes le 31 mars, soit pratiquement un mois après la désagréable découverte effectuée par Ilan Tsadik. J’ai vérifié hier sur les deux supports médiatiques français et n’y ai décelé aucun changement, le siège de notre agence de presse étant toujours signalé comme situé au Liban, dans le Gouvernorat de Nabatiyeh.

 

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Cela suffit. Nous ignorons si l’ "erreur" initiale provenait d’une malveillance ou d’une glissade de bonne foi. En dépit du fait que je me montrerais quelque peu réticent à utiliser une base de données situant Métula dans un pays en guerre avec l’Etat hébreu.

 

Mais si nous n’avons pas de réponse à cette question, nous pouvons en revanche décréter qu’un délai d’un mois pour résoudre un problème de ce type n’est pas concevable.

 

Ce n’est ni éthique ni respectable face aux habitants de Métula, dont deux analystes de la Metula News Agency, Amram Castellion et Stéphane Juffa, non plus que par l’égard qui est dû aux citoyens de l’Etat d’Israël.

 

Pour les personnes lésées, ce retard est inacceptable.

 

La réaction de Stéphane Juffa que j’ai sollicité ce matin a été : "Si ces gens ne maîtrisent pas leur outil de travail, qu’ils cessent alors d’émettre jusqu’à ce qu’ils apprennent leur géographie ! Mais maintenir une faute de ce genre, mêlant deux Etats officiellement en guerre, un mois après que nous la leur avons poliment signalée, cela confine au mépris des Israéliens, peut-être au racisme avec volonté de nuire.".

 

C’est bien mon avis également, même si je ne suis pas Métulien comme notre rédac-chef.

 

"Il y a possiblement une tentative de s’en prendre à notre agence de presse de la part du Figaro. Cela a suivi de près la critique d’un article de ce quotidien qui outrepassait un grand nombre de nos règles déontologiques dans l’une de ses dépêches sur Gaza au contenu proprement scandaleux. Il est advenu par le passé que des confrères, incapables de faire face à nos imputations circonstanciées se "vengent" en décernant des coups très au-dessous de la ceinture. Sans digresser outre mesure, on doit bien convenir que la seule institution d’envergure basée à Métula est la Ména, que c’est Métula qui est insultée par une fausse attribution géographique, et qu’un mois après la découverte de l’imposture, le Figaro n’a toujours pas trouvé le temps de rectifier sa faute. Il y a ceux qui croient aux concours de circonstances et il y a les autres. Nous, nous faisons partie de la seconde catégorie", ajoutait Juffa.

 

Quoi qu’il en soit, nous allons encore attendre jusqu’à la fin de cette semaine. Nous exigeons de constater sur les deux supports une correction claire et précise qui ne laisse aucune trace de l’imposture, ainsi que des excuses détaillées et sincères exprimées aux habitants de Métula.

 

Faute de quoi nous informerons sans état d’âme et dès lundi prochain les autorités israéliennes concernées, et nous n’avons pas le moindre doute que cet incident, au demeurant sans conséquence s’il avait été traité dans un délai raisonnable, va dégénérer en dispute diplomatique.

 

GIM Dassault est certes un groupe privé, mais il est très étroitement lié à l’Etat français. Lequel, au vu de ces deux affaires, doit impérativement choisir s’il souhaite des relations bilatérales avec Israël basées sur le respect mutuel, ou s’il entend continuer à articuler sa perception des Israélites sur la base de ce qu’il a montré lors des procès Dreyfus, des lois d’apartheid de la période de Vichy et de la Controverse de Nétzarim, fabriquée par sa chaîne publique principale de télévision.

 

 
Ils ne comprennent pas : ces élections ont tout changé.. (012703/21) Version imprimable
Analyse
samedi, 27 mars 2021

 

Par Stéphane Juffa

 

En Israël les urnes ont rendu leur verdict, et contrairement à ce que la plupart des commentateurs racontent, il est sans appel. A leur corps défendant, il faut admettre que tous les journalistes qui couvrent ces élections sont exténués, nous y compris.

 

Avant d’expliquer pourquoi le résultat de cette consultation est sans appel, il faut en rappeler l’enjeu : pour la quatrième fois consécutive, la décision d’envoyer les Israéliens voter appartenait exclusivement au Premier ministre par intérim Binyamin Netanyahu. Personne d’autre dans le landernau politique local n’a souhaité ou œuvré en faveur de ce scrutin.

 

Lequel ne présentait aucun enjeu politique, au point qu’aucun parti n’a émis de projet de gouvernance.

 

Le pensionnaire de la rue Balfour à Jérusalem ne poursuivait qu’un seul et unique objectif : obtenir une majorité parlementaire d’au moins 61 sièges afin de faire adopter par la Knesset une loi lui assurant l’immunité juridique. Pour éviter les procès actuellement diligentés contre sa personne et d’autres qui pourraient suivre, et annuler le risque très présent d’avoir à passer plusieurs années en prison.

 

Or comme on peut le constater sur le tableau ci-dessous, le bloc bibiste obtient, après le comptage définitif de tous les bulletins, - les réguliers et les enveloppes spéciales -, 52 sièges sur les 120 que compte la Knesset.

 

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M. Netanyahu peut caresser l’espoir de voir le parti Yamina [héb. : la droite] de Naftali Bennett, qui n’a recueilli que 7 mandats, se joindre à sa coalition en échange d’un accord d’alternance au poste de chef de l’exécutif. Mais, même dans ce cas, il lui manquerait deux sièges pour atteindre la majorité et former un nouveau gouvernement.

 

Pour y parvenir, il lui faudrait à la fois l’apport de Bennett et celui de la Liste Arabe Unie islamiste de Mansour Abbas, qui disposera de 4 députés dans la prochaine Knesset.

 

Or l’éventualité d’un ralliement d’Abbas est pratiquement impossible. Si cela dépendait de la seule volonté du Premier ministre aux abois, cela ne présenterait aucun problème, l’intéressé l’a rappelé, mais d’autres, incontournables, ne l’envisagent pas.

 

A commencer par la direction de la Liste Arabe Unie, pour laquelle une participation à la coalition dans laquelle siègeraient les "Sionistes" religieux d’Itamar Ben Gvir impliquerait un suicide politique définitif au sein de la communauté arabe israélienne. Ce dernier, qui briguerait un portefeuille ministériel dans un hypothétique gouvernement Netanyahu, se trouve à la tête d’un mouvement kahaniste ouvertement raciste, dont l’un des chevaux de bataille est l’expulsion des Arabes israéliens hostiles à l’Etat d’Israël. Une définition qui convient parfaitement à la formation de Mansour Abbas.

 

Pour ajouter à l’impossibilité d’admettre la Liste Arabe Unie dans le bloc bibiste et donc de le rendre majoritaire, il suffit de mentionner que Ben Gvir et Bezalel Smotrich de Yamina ont déclaré, après la publication des résultats, qu’ils ne participeraient jamais à une coalition qui inclurait le parti de Mansour Abbas ou dont la majorité dépendrait de son bon vouloir.

 

Voici qui semble mettre un terme à la possibilité de Binyamin Netanyahu de former une coalition gouvernementale, et, à notre avis, qui le forcera à prendre sa retraite politique et lui indiquera le chemin qui mène à la prison de Maasiyahu Prison près de la cité de Ramla.

 

Pour le moment, le Premier ministre se mure dans le silence à la recherche d’une très hypothétique solution magique. Il a, par exemple, proposé à Guidon Saar - le sécessionniste du Likoud qui a fondé le parti du Nouvel Espoir et qui a été suivi par tous les barons du courant traditionnel – une alternance à la tête de l’Etat au bout d’un an.

 

Proposer le trône de chef de l’exécutif à un adversaire honni n’ayant totalisé que 6 mandats mardi, voilà qui illustre mieux que n’importe quelle autre démonstration la détresse abyssale dans laquelle se trouve Netanyahu.

 

Ce d’autant plus que Saar a immédiatement rejeté la proposition. A la fois pour des motifs idéologiques – il a spécifiquement quitté le Likoud pour mettre fin à l’ère Netanyahu -, et en songeant au sort de l’accord d’alternance que Netanyahu a signé l’an dernier avec Benny Gantz, et dont il n’a pas respecté le moindre paragraphe.

 

En plus d’approcher les chefs des autres partis et de leur faire miroiter monts et merveilles, le triple accusé au pénal tente aussi de débaucher des membres du bloc adverse. Il a également établi une cellule confiée à son affidé Natan Eshel, qui s’efforce de lancer des fake news afin de semer la zizanie chez les anti-bibistes, naturellement occupés à se consulter pour mettre sur pied une stratégie commune.

 

Plus tôt ce vendredi, l’une de ces fausses nouvelles s’était mise à courir, annonçant qu’Ahmed Tibi, de la Liste (arabe) conjointe, était en train de négocier avec Netanyahu son ralliement à sa coalition.

 

Il en faudra cependant beaucoup plus cette fois-ci pour détourner l’attention des opposants au bibisme, désormais habitués à toutes les acrobaties et à tous les coups fourrés dont est capable Abou Yaïr [ara. : le père de Yaïr, c’est ainsi que Netanyahu s’est fait appeler dans la communauté arabe-israélienne].

 

L’enseignement simple et clair que l’on peur tirer de ce qui précède est que, s’il est pour le moment impossible de savoir s’il y a des vainqueurs à ces élections, il est en revanche assez tôt pour conclure qu’il y a un perdant, et que c’est Binyamin Netanyahu.

 

Immédiatement après la fête de Pâque qui débute samedi soir, c’est-à-dire le 5 avril, commencera au tribunal de district de Jérusalem l’audition des témoins dans l’un des procès au pénal instruits contre le Premier ministre. Ces témoignages se succèderont des mois durant à raison de trois journées de travail par semaine. Et à partir de maintenant, l’accusé n’a plus en main la moindre carte qui lui permettrait de retarder voire d’annuler ces procédures.

 

Le même jour, les nouveaux députés prêteront serment à la Knesset. Au sein du bloc anti-bibiste, c’est Avigdor Lieberman, le leader d’Yisrael Beiteinu, qui a pris les devants et qui prépare une offensive parlementaire contre Netanyahu.

 

Celle-ci est basée sur le principe suivant : il n’est pas certain du tout que les 7 formations du bloc parviennent à s’entendre entre elles et ensuite avec Bennett ou Abbas pour former une coalition de gouvernance.

 

En revanche, il est bien plus aisé qu’elles s’entendent pour faire adopter des dispositions décisives en vue de couper l’herbe sous les pieds du pensionnaire de la rue Balfour. Car, en définitive, c’est leur objectif commun : se débarrasser et débarrasser Israël de sa mainmise.

 

Pour y parvenir, le plan consiste en trois mouvements initiaux rendus possibles par la majorité numérique anti-Bibi qui siègera dans la XXIVème Knesset :

 

Premièrement, il s’agira de voter le remplacement du Président du Parlement, Yariv Levin, un séide de Netanyahu, qui détient d’incontournables prérogatives dans l’agencement des débats à la chambre. En vue des échéances cardinales qui attendent les députés jusqu’à la moitié de l’été, il importe de le remplacer par quelqu’un appartenant à la nouvelle majorité parlementaire.

 

Yariv Levin pourrait refuser de convoquer une séance pleinière pour voter son évincement, auquel cas la Cour Suprême serait saisie afin de l’obliger à organiser ce vote. Levin pourrait à nouveau, comme l’avait fait son prédécesseur bibiste Yuli-Yoel Edelstein, passer outre l’injonction de la Justice israélienne, donnant ainsi lieu à une nouvelle grave crise institutionnelle.

 

Reste qu’au bout de ces péripéties, comme dans le cas précédent, le président de la Knesset n’aurait pas d’autre alternative que celle de se plier à la décision du pouvoir judiciaire.

 

La seconde initiative en préparation chez Yvette Lieberman consiste à répartir la présidence des commissions entre les co-vainqueurs du scrutin de mardi. La présidence desdites commissions possède un impact prépondérant sur le travail du parlement et les décisions qui y sont prises.

 

La troisième démarche, la plus significative et de loin, sera de faire voter une loi interdisant à un inculpé au pénal d’occuper la fonction de Premier ministre. L’objectif de cette opération visera à exclure Binyamin Netanyahu du jeu politique, au moins pendant la législature de la XXIVème Knesset.

 

De l’avis de tous les observateurs, cette exclusion permettrait au Likoud de se choisir un candidat de remplacement et de dissoudre quasi-instantanément le blocage actuel. Car les spécialistes s’accordent pour convenir que la crise ne découle pas de l’incompatibilité des partis à s’entendre, les divisions idéologiques entre les partis mainstream étant superficielles, mais des désaccords fondamentaux autour de la personne de M. Netanyahu.

 

Une fois ces modifications acquises, les 7 partis du bloc anti-bibiste concentreraient leurs efforts afin de tenter de former sereinement une majorité de gouvernement, possiblement avec les deux formations indécises, mais aussi avec des mouvements ou des députés appartenant pour le moment au bloc adverse. En cas de retrait forcé de Netanyahu, en effet, les alliances seraient dissoutes et l’intérêt naturel des politiciens de participer à la direction du pays ravivé.

 

Il se peut cependant que ces tentatives n’aboutissent pas et que l’actuel Premier ministre parvienne à se maintenir dans l’équation politique. Dans ce cas, il se passerait des choses intéressantes. Ceux qui se lamentent en Israël, et ils sont légions, sur l’éventualité d’une cinquième élection de rang ne saisissent pas que ce serait la dernière ! Car les conditions de leur tenue seraient différentes de toutes celles qui ont prédominé lors des quatre scrutins précédents.

 

Par le fait, d’abord, que si les candidats pressentis par le Président Rivlin ne parviennent pas à former une coalition, ce qui pourrait durer jusqu’à la mi-juin, c’est le tandem actuel, issu de l’accord du printemps dernier, qui expédierait les affaires courantes. Et ce tandem, rappelons-le, est formé à parité entre des ministres de Kakhol-Lavan et du bloc bibiste. Et toutes les décisions, pour être exécutoires, doivent recueillir les signatures conjointes de Binyamin Netanyahu et de Benny Gantz. Et rien ne pourrait être modifié jusqu’aux prochaines élections, qui se tiendraient entre la fin août et le mois d’octobre, soit dans les trois mois suivant l’incapacité pour un membre de la Knesset de former un gouvernement, après les tentatives également infructueuses des candidats désignés par le Président Rivlin.

 

A une exception près, mais elle est de taille ! A partir du mois d’octobre de cette année, c’est Benny Gantz qui, selon l’accord de gouvernance alternée cosignée par Netanyahu – et qu’il n’a strictement jamais eu l’intention de respecter, c’est ce qui l’a conduit à provoquer les élections de la semaine qui s’achève - sera Premier ministre. Et si les cinquièmes élections en vue de l’immunisation juridique de Netanyahu se soldaient également par un match nul, Gantz le resterait.

 

Cela donne des idées à bien des députés du Likoud, sur fond de grogne profonde, contre leur leader. Jusqu’à maintenant, ils ne décidaient strictement de rien, mais le deal proposé par Netanyahu était : Vous vous taisez, vous faites ce que je vous dis de faire, et je vous amène les sièges de députés et les portefeuilles ministériels !".

 

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Bibi c’est fini..

 

Sauf que cette fois, la récolte est maigre. Le Likoud perd 7 mandats relativement à la consultation du 2 mars 2020, ce qui signifie que 7 députés rentrent chez eux, et que les portefeuilles ministériels paraissent également perdus. Le parti a égaré près de 300 000 voix entre les élections de 2020 et celles-ci. Tout le monde accuse tout le monde d’être responsable de ce revers, le plus grand accusateur étant évidemment Netanyahu.

 

Tout le monde likoudien, - et c’est bien pire pour le guide suprême -, comprend que s’il y a un cinquième scrutin, la moisson sera plus mauvaise encore. Parce que ce printemps, on avait l’argument de la vaccination, rien de moins que la victoire sur le Corona.. On avait les photos du premier restaurant qui rouvrait, du premier café qui, en présence fortement médiatisée du Premier ministre, accueillait à nouveau des clients.

 

On avait les images de la signature des traités de paix avec les pays arabes. Maintenant, les membres du Likoud et les Israéliens ne savent pas encore que les relations avec la Jordanie, par la seule faute du père de Yaïr, sont en train de se détériorer rapidement. De même que celles avec les Emirats Arabes Unis, qui ont interrompu les vols entre les deux pays.

 

L’idée dont je parlais quatre paragraphes plus haut, c’est de nommer Benny Gantz Premier ministre dès à présent. On le disait politiquement mort, mais Kakhol-Lavan, son parti, qui, selon les instituts de sondages n’était pas censé dépasser le quorum, a obtenu un résultat surprenant : 8 sièges !

 

Gantz possède un avantage sur le leader officieux du bloc anti-bibiste, Yaïr Lapid : il est largement plus consensuel et pas considéré comme une personnalité de gauche, à l’instar de Lapid. Même si cela est totalement infondé concernant Lapid. Mais Gantz passe bien auprès de Naftali Bennett, et même des partis orthodoxes. C’est un personnage peu polémique qui inspire la confiance et qui pourrait jouer le rôle du joker dans la politique israélienne, tant le microcosme concerné en a marre des frasques de Netanyahu et n’est absolument pas tenté par de nouvelles élections sans fondement politique.

 

Bibi or not Bibi, it cannot be indefinitely the question!

 

On est seul lorsque l’on se drogue, lorsque l’on meurt et lorsque l’on est envoyé en prison. Les colistiers du Premier ministre par intérim ont fait bloc autour de lui pendant trois ans, avalant des couleuvres par conteneurs entiers. Mais toutes les lubies, les alliances contre nature – le Likoud est un parti laïc et modéré par essence, les associations avec les partis orthodoxes et les malades mentaux de l’extrême-droite israélienne ne sont pas du goût des cadres du parti. Et le bloc bibiste ne compte que cela, alors qu’il n’y a que des partis laïcs dans le bloc adverse – et l’agression permanente contre les institutions et les édiles du pays exaspèrent. Surtout quand on perd, c’est terriblement humain.

 

Pour Netanyahu, cela sent la fin de parcours, et ce n’est plus une prévision mais une observation. Cela peut même aller très vite.

 

Lui-même est au bout du rouleau, et on le serait pour moins que ça. L’énergie qu’il a déployée à 71 ans grâce à son instinct de survie est monumentale, mais sur les images préfigurant le doute de la défaite, il avait l’air exténué. Je parie qu’il n’a plus aucune envie d’être Premier ministre. Si on pouvait lui garantir qu’il ne serait pas poursuivi en échange de sa démission, il accepterait tout de suite. Mais on ne le peut pas. On pourrait, à la rigueur, négocier une peine symbolique avec sursis dans les trois affaires jugées actuellement, mais personne ne peut s’engager à ce qu’il ne soit pas poursuivi dans l’affaire de la vente des sous-marins stratégiques à l’Egypte islamique de Mohamed Morsi. Il n’existe pas d’innocentement a priori dans des procès qui ne sont pas encore ouverts.

 

Parce qu’Israël n’est pas une république bananière. Parce que des gens comme moi ne vont pas laisser tomber une suspicion de haute-trahison. Jamais. Nous sommes la voix des soldats qui veillent cette nuit par zéro degrés sur le mont Hermon, c’est pour eux que nous poursuivons sans cesse la justice. Pas celle des rabbins de Shas ou des soi-disant "sionistes" religieux. Du racisme, du repli sur nous-mêmes et de l’adoration des idoles qui n’en valent pas la peine. Nous sommes la voix des pilotes de F-35 qui survolent l’Iran en ce moment-même, des agents qui participent à un banquet à Damas dans les arcanes du pouvoir alaouite. Ce sont eux nos héros, et personne d’autre. Notre motivation. De l’affaire Mohamed Dura à celle des Dolphin, c’est le même combat pour la vérité que nous menons. Pour la jeunesse de ce pays, pour l’Etat de droit irréprochable que nous lui devons, pour les valeurs de la lumière et de la transparence, et contre, oui contre celles de l’obscurantisme, de la combine et de l’aliénation. 

 

Ceux qui affirment que les élections de cette semaine se sont terminées en queue de poisson aboutissant à un nouveau score paritaire ne savent pas de quoi ils parlent. C’est douze ans d’un régime sans partage qui ne nous ressemblait pas et qui nous collait aux basques comme un vieux chewing-gum qui se termine sous nos yeux.

 

Nous avons évité la tentation d’une dictature à la Poutine-Erdogan. Nous avons sauvé notre appareil judiciaire et particulièrement notre chère Cour Suprême. Nous avons empêché que nos tribunaux soient remplacés par des cours halakhiques. Nous avons sauvegardé notre mode et notre douceur de vie et la prépondérance de la laïcité sur lequel notre Etat est fondé. Nous avons fait front contre la corruption et nous avons montré que nous ne sommes surtout pas neutres. Que nos grands-pères ne se sont pas révoltés contre deux mille ans d’apatridie en vain, et que nos pères n’ont pas fait la guerre pour rien. Nous nous sommes levés derrière des drapeaux noirs et le poing levé, pour montrer que nous ne sommes pas des Juifs errants auto-condamnés à attendre en victimes expiatoires, en brûlant le drapeau d’Israël et en dansant sur la sonnerie du souvenir de nos morts, un très hypothétique messie sans prétendre à la propriété sur notre terre.

 

Ceux qui ne voient rien n’ont pas même remarqué qu’à l’occasion de cette élection, la liste conjointe arabe s’était immiscée dans la politique israélienne. Regardez notre graphique des résultats, il est semblable à ceux des autres media et il intègre les partis arabes dans le bloc anti-bibiste. Sans que personne ne songe à redire, après que le Premier ministre sortant a offert de s’allier au parti islamiste afin d’éviter la sentence de ses juges.

 

Parce qu’en Israël, il existe des sionistes, des personnes qui voient dans l’Etat hébreu la continuité de l’épopée d’Abraham, de Salomon, de Baruch Spinoza et d’Albert Einstein, et il en existe d’autres qui s’opposent à cette perspective.

 

Certaines de ces personnes sont arabes, d’autres sont juives. Nous avons jugé nécessaire de mentionner enfin qui était quoi dans notre tableau récapitulatif des résultats.

 

Israël pourrait éventuellement exclure les partis antisionistes de la représentation parlementaire. Tous, il ne suffit pas de proclamer que l’on est juif pour échapper à la distinction, ne vous trompez pas de critère, se déclarer juif n’est pas un passe-droit ni une panacée. Et un antisioniste juif ne vaut pas mieux qu’antisioniste arabe.

 

A cela, nous préférons que ceux qui ne partagent pas notre perspective nationale puissent participer à l’Etat de droit. Avec des prérogatives identiques aux nôtres mais les obligations fondamentales en moins. Parce que se fondre dans notre philosophie n’est pas une nécessité pour jouir de ses droits fondamentaux. A condition que l’on ne nous oblige pas à confondre bloc bibiste et bloc national, parce que là, on cesse immédiatement de sourire. Nous ne sommes pas dupes.

 

Il y a, dans ce contexte, un homme qui a changé la manière dont on envisageait les choses. Un individu vivant dans la cité de Maghar [pron. : M’rar] en Haute-Galilée [23 000 hab.]. Une ville de discorde, où les communautés druze et chrétienne se juxtaposent plus qu’elles ne cohabitent, y compris une petite minorité musulmane.

 

Souvent cela tourne au vinaigre, et il n’y pas longtemps les échauffourées ont encore fait des morts.

 

A Maghar vit un homme qui n’est pas consensuel. Un musulman en l’occurrence. Pas un ami à nous. Du tout. Un islamiste, proche du Hamas, qui voit les femmes à la maison et les homosexuels en prison. A tel point que les autres partis arabes se sont séparés de lui, de Mansour Abbas.

 

Jusqu’à lui, les partis arabes étaient certes représentés à la Knesset, mais ils adoptaient depuis toujours une posture hostile, minimisant jusqu’à invoquer un accident de circonstance le fait qu’ils étaient contraints de participer au jeu parlementaire. Pour y faire entendre leur protestation, guère plus.

 

Ce faisant, ils trahissaient la volonté de 75% des 1.8 millions de membres de la communauté arabe israélienne, qui aspire à participer à la gestion du pays. Parce qu’elle est lésée en s’autoexcluant des affaires, et parce que, mais cela est encore tabou et ne fait pas partie du sujet de cet article, elle se reconnaît largement dans la société que nous constituons ensemble depuis 70 ans. Elle a, au fil du temps, acquis une identité qu’elle a contribué à établir et qui lui convient : israélienne.

 

Mais pour Abbas, c’est principalement la volonté de participer à la gestion du pays qui primait. A l’instar des partis juifs orthodoxes et suivant leur exemple. Finie l’opposition systématique, la "résistance" perpétuelle : nous participons pleinement, mais nous demandons les mêmes prérogatives et les mêmes ressources que les vôtres.

 

C’était tellement évident, qu’en l’espace de quelques jours, les autres partis arabes, bien plus modérés et laïcs, ont suivi, et qu’ils se retrouvent pour la première fois intégrés dans le tableau des résultats à la section israélienne et pas en marge d’icelle. Et que la Propagandastaffel du Likoud claironne  que Netanyahu négocie l’adhésion à sa coalition avec eux et sur son initiative.

 

C’est tout. Tout ce qui s’est passé cette semaine est énorme. Si nous ne sommes pas malvoyants comme nos confrères, c’est grâce à l’énorme prestation fournie par les journalistes de la Ména. Vous n’en avez vu que la petite partie émergée, comme pour les icebergs. On a eu tout juste dans nos analyses et comptes-rendus. On avait, à l’inverse des confrères et de tous les instituts de sondages, informé que la Liste Arabe Unie et les "Sionistes" religieux obtiendraient le quorum. On a écrit mardi que les résultats des sondages à la sortie des bureaux de vote ne valaient pas un kopek et que les résultats du dépouillement changeraient du tout au tout des dizaines de fois. A l’issue du dépouillement de 90% des bulletins réguliers, nous avons informé que les résultats étaient définitifs. Jeudi, que le dépouillement des 450 000 enveloppes doubles (octroyant 14 sièges sur 120) ne changeraient pas les résultats. La Ména a simplement fait sont travail d’information. Mais elle l’a bien fait et cela va continuer.

 

 
Elections israéliennes : les bulletins spéciaux pourraient éventuellement faire la différence Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 24 mars 2021

 

© Metula News Agency (012503/21)

 

Métula, jeudi, 01h35 à Métula, 00h35 à Paris.

 

A l’heure où nous écrivons cette breaking, on ne sait toujours pas lequel des deux blocs – les bibistes ou les antibibistes – a remporté les élections législatives de mardi, et l’on ignore également s’il y aura un vainqueur.

 

A minuit, 90% des bulletins avaient été dépouillés, et il ne restait plus qu’à compter ceux de 96 bureaux de vote. Selon Jean Tsadik qui a effectué de savants calculs, la comptabilisation des résultats de ces bureaux ne peut pas modifier le nombre de sièges attribué aux partis, non plus que la taille des blocs.

 

A ce stade du dépouillement, le bloc bibiste remporte 52 mandats au maximum et le bloc antibisbiste 56.

 

Le parti Yamina [héb. : la droite] de Naftali Bennett est crédité de 7 sièges, et Raam, le parti arabe islamiste dirigé par Mansour Abbas, de 5. Dans l’état actuel des choses, si Raam s’allie au bloc antibibiste, celui-ci obtiendrait la majorité absolue de 61 sièges. A la fois Yamina et Raam n’ont pas indiqué s’ils entendent se rallier à un bloc. Tous les instituts de sondages israéliens prédisaient que Raam n’atteindrait pas le quorum.

 

Des discussions discrètes ont débuté entre les 13 formations admises à la Knesset, mais toutes attendent les résultats définitifs pour se déterminer et annoncer les choix qu’elles voudront faire.

 

Car les jeux ne sont pas faits. En ce moment même, en effet, on est en train de compter ce que l’on appelle en Israël les "doubles enveloppes" [ha-maatafot ha-kefoulot]. Ce sont celles de toutes les personnes autorisées à voter mais qui n’ont pas eu la possibilité d’exercer leur devoir électoral dans le bureau de vote dans lequel elles sont inscrites.

 

Cette catégorie d’électeurs comprend les soldats, les marins, le personnel diplomatique en poste à l’étranger, les personnes incapables de se déplacer, les personnes hospitalisées ainsi que les soignants.

 

On évalue cette année le nombre des maatafot ha-kefoulot (en nette hausse à cause du Corona) à environ 450 000, représentant 14 sièges, selon l’évaluation de Jean Tsadik, à raison d’un peu plus de 31 000 suffrages exprimés pour un siège.

 

Les spécialistes de la politique israélienne estiment que le décompte de ces 450 000 bulletins pourrait occasionner le glissement du résultat issu du dépouillement des bulletins ordinaires d’un siège en faveur d’un bloc ou de l’autre. Deux, dans une situation très exceptionnelle.

 

On s’attend généralement à ce que Yamina rejoigne le bloc bibiste, et Raam, les antibibistes, mais sans aucune garantie. Tout semblant négociable. Cela dépendra largement des résultats définitifs. Sur la base de cette hypothèse, le bloc du premier ministre pourrait atteindre 60 sièges ou être réduit à 58 députés, et ses opposants pourraient passer à 62 sièges ou redescendre à 60.

 

Tout autre résultat, s’il n’est pas exclu, serait cependant considéré comme surprenant.

 

Nous pensons être en mesure de disposer des résultats définitifs vendredi matin et prévoyons de livrer l’analyse de la Ména le même jour. Dès le lendemain, samedi 27, la fête juive de Pessakh [Pâque], l’une des fêtes majeures des Israélites qui durera jusqu’au samedi suivant 3 avril, va débuter, ce qui ne favorisera pas la tenue de négociations à proprement parler.

 

Il reste que le résultat de ce scrutin n’a pas la même significations pour toutes les personnalités politiques :

 

Binyamin Netanyahu doit pouvoir établir une majorité de 61 sièges sur les 120 que compte la Knesset pour espérer faire voter une loi lui assurant l’immunité juridique. C’est l’unique raison pour laquelle il a convoqué ce scrutin vidé des enjeux politiques traditionnels d’une élection générale.

 

C’est sa quatrième tentative en un peu plus d’un an, les précédentes s’étant soldées par des échecs. Tout résultat autre que la formation d’un gouvernement qu’il dirigerait constituerait une défaite pour le Premier ministre par intérim, âgé de 71 ans. Et résulterait en un risque majeur d’être reconnu coupable dans les affaires pénales pour lesquelles il est jugé, impliquant l’éventualité d’être condamné à une peine de prison ferme de plusieurs années.

 

Cet enjeu, connu de tous les Israéliens, ajoute à la tension très vive créée par l’incertitude.

 

Depuis notre dernière breaking, les résultats intermédiaires ont oscillé entre 64 voix au maximum pour les bibistes et Yamina, et 63 mandats pour les anitbibistes. Vers cinq heures du matin, l’affaire semblait classée et les observateurs pensaient que M. Netanyahu allait être en mesure d’obtenir une majorité parlementaire.

 

C’est alors que le Comité électoral a annoncé que Raam avait franchi la barre du quorum et serait représenté au Parlement. Ce qui inversait la tendance ainsi que les espoirs.

 

Il se peut aussi que Raam et/ou Yamina n’adhèrent à aucun bloc, auquel cas, personne ne pourrait obtenir de majorité. Dans ce cas, les électeurs israéliens seraient sans doute conviés à des cinquièmes élections fin août ou début septembre. Nous évoquerons cette hypothèse le cas échéant dans notre prochaine analyse.

 

Nous rappelons pour le moment que Stéphane Juffa, dans son analyse de mardi matin, contredisant tous les sondeurs, annonçait que les islamistes de Raam et les fascisants des "Sionistes religieux" feraient leur entrée à la Knesset, et que Mansour Abbas et Itamar Ben-Gvir, leurs têtes de liste, sont ministrables s’ils décident de monnayer leur adhésion à l’un des deux groupes.

 

A partir de la nuit dernière, Yesh Atid de Yaïr Lapid et Yamina ne s’expriment plus publiquement, et les députés du Likoud n’interviennent plus à la télévision après qu’ils se soient violemment pris à partie entre eux.

 

Ces sages décisions ont pour objectif de permettre aux leaders des blocs d’ouvrir sereinement un dialogue avec Bennett et Abbas sans hypothéquer d’éventuels ralliements par des déclarations intempestives.

 

 

 
Elections israéliennes : il est trop tôt pour savoir si quelqu’un a gagné (012403/21) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 23 mars 2021

 

© Metula News Agency

 

Métula, mercredi, 01h35 à Métula, 00h35 à Paris.

 

Nous n’allons pas proposer un article de fond cette nuit sur le élections générales qui viennent de se dérouler en Israël.

 

La raison de notre choix est que presque aucun résultat réel, c’est-à-dire issu du dépouillement de bulletins, n’a été publié. Dans tous les bureaux de vote, on se trouve en plein comptage. Tout ce qui est disponible, ce sont les résultats de sondages réalisés devant certains de ces bureaux considérés par les sondeurs comme représentatifs.

 

Ce qui n’est ni suffisant ni définitif, particulièrement alors que les résultats des sondages sont à ce point serrés que l’on peut envisager une égalité absolue entre les blocs bibiste et antibibiste.

 

Marginalement, parce qu’Israël possède probablement les plus mauvais instituts de sondage de la planète des démocraties avancées.

 

Il y a une demi-heure, tous donnaient les bibistes légèrement en tête et capables d’atteindre la majorité de 61 sièges requise pour la formation d’un gouvernement, et désormais, tous modifient leur estimation initiale en prévoyant un tassement du Likoud à 30 sièges et une victoire des antibibistes qui obtiendraient ladite majorité absolue.

 

Par respect pour nos lecteurs, nous n’allons pas passer la nuit à jouer les essuie-glaces et à modifier notre analyse et nos prévisions au fur et à mesure des ajustements des instituts de sondages, qui ne vont pas manquer de se succéder.

 

Nous exprimerons nos conclusions lorsque les résultats définitifs ou quasi-définitifs seront connus.

 

Ce qu’il est actuellement possible de considérer comme acquis, ce sont les éléments suivants : au cas où les antibibistes obtiendraient moins de 60 sièges lors du décompte final, il appartiendrait à Naftali Bennett, à la tête du parti Yamina [la droite], auquel les sondages à la sortie des urnes n’accordent que 7 sièges sur les 120 que compte la Knesset, de déterminer lequel des deux blocs dirigerait le pays.

 

Il disposerait dans cette éventualité d’un tel levier sur Binyamin Netanyahu, qu’il ne manquerait pas de présenter des exigences démesurées pour permettre à Netanyahu de former une coalition majoritaire.

 

Laquelle, dans le meilleur des cas, reposerait sur un seul mandat d’avance sur les antibibistes, et serait la proie de toutes les convoitises et de tous les chantages. Non seulement au moment de former une coalition, mais également après avoir formé un gouvernement et commencé à diriger les affaires du pays.

 

Tous les membres d’une éventuelle coalition bibiste connaissent par cœur les termes de l’équation à laquelle fait face l’actuel Premier ministre par intérim : devenir Premier ministre permanent ou risquer de passer des années derrière les barreaux d’une prison. Dès lors, nous vous assurons qu’ils abuseraient de ce paramètre durant d’hypothétiques négociations.

 

Ce que l’on peut dire aussi, est que le parti travailliste que l’on pensait moribond est en train de réaliser un bon score, entre 7 et 8 sièges ; que le parti sioniste religieux et son leader fascisant Itamar Ben-Gvir va faire son entrée au Parlement, en réalisant le même résultat peu ou prou que les travaillistes. Kakhol-Lavan [bleu-blanc] de Benny Gantz résiste mieux que prévu, réalisant une performance comparable à celle des formations que je viens de citer, ce qui est également le cas du parti de gauche Meretz [héb. : énergie], auquel les mêmes sondeurs prédisaient qu’il n’atteindrait pas le quorum.

 

Le bloc bibiste sans Yamina est crédité de 52 à 53 sièges en ce moment par tous les instituts de sondages, ce qui, si cela se confirme, ne permettrait en aucun cas à Binyamin Netanyahu d’atteindre les 61 sièges nécessaires à la formation d’une majorité parlementaire.

 

Nous espérons être en mesure de trancher ce mercredi après-midi, mais ce n’est pas du tout certain. Dans l’entre-temps, deux analystes de la Ména vont suivre l’évolution des résultats du dépouillement toute la nuit, ainsi que les déclarations des chefs de partis. En cas de rebondissements majeurs, ils émettront des breakings. Ils seront remplacés par une autre équipe à neuf heures ce mercredi matin.

 

 
Israël a rendez-vous aujourd’hui avec son histoire (012303/21) Version imprimable
Analyse
mardi, 23 mars 2021

 

Par Stéphane Juffa

 

On vote ce mardi en Israël. Il s’agit en principe d’élections générales ou législatives, mais ce n’est qu’une apparence. Car aucun des trente-neuf partis en lice n’a présenté de programme politique. C’est un peu normal car c’est la quatrième fois que nous sommes appelés aux urnes en un an. Et pour une seule raison, détournée de la fonction des élections générales : la quatrième tentative – après les trois précédentes infructueuses – de Binyamin Netanyahu pour obtenir des électeurs une majorité de 61 sièges à la Knesset, qui lui octroierait l’immunité juridique et lui assurerait de ne pas passer de longues années en prison.

 

Pas de programmes politiques, pas de débat politique non plus. Personne n’a évoqué l’avenir de la Judée-Samarie, l’éventualité d’un Etat palestinien, l’opposition des concepts de gouvernance gauche-droite, la situation alarmante de l’économie, l’inégalité flagrante entre les communautés, la nécessité d’une constitution, l’absence de budget depuis deux ans, les dangers qui pèsent sur la démocratie, la réforme souhaitable du système électoral, le respect des droits fondamentaux, notamment des femmes et des enfants, la conscription obligatoire des orthodoxes, ni même la manière d’aborder la période post-Corona.

 

Rien. Pas même un débat formel à la télévision. Netanyahu n’en a jamais accepté depuis une éternité. Il s’est moqué du candidat de Yesh Atid [héb. : il y a un avenir], Yaïr Lapid, celui qui a les meilleures chances de le battre, en arguant qu’il n’avait pas le courage de se mesurer à lui. Et en le défiant d’accepter une confrontation télévisée. Mais Lapid a ramassé le gant et c’est Netanyahu qui s’est instantanément esquivé.

 

Les analystes savent que c’est à cause d’une seule question qu’il redoute plus que tout, et pour la poser, il n’est pas nécessaire d’être un immense tribun : "Pour quelle raison avez-vous pris l’énorme risque d’autoriser la vente des sous-marins stratégiques furtifs germano-israéliens à l’Egypte islamique de Mohamed Morsi ?

 

Et si vous ne voulez pas répondre à cette interrogation, ce que vous n’avez pas fait face aux citoyens de l’Etat d’Israël, mais aussi aux députés, à l’état-major de l’Armée, au Conseil des ministres et au Mossad, pouvez-vous au moins nous exposer une raison – n’importe laquelle pourvu qu’elle soit sensée – à part les intérêts économiques démontrés que vous aviez dans la réalisation de cette transaction, qui aurait pu vous conduire à autoriser les Allemands étonnés à réaliser cette vente ?".

 

Voici pourquoi les électeurs israéliens sont privés de débat télévisuel depuis plusieurs années. A cause d’une seule question. Celle qui démontre le degré de corruption de M. Netanyahu au-delà du doute possible.

 

Une élection législative dans une démocratie, c’est forcément une fête. Mais pas lorsque c’est la quatrième en un peu plus d’un an !

 

Depuis la création de l’Etat d’Israël, toutes les élections ont été décrites comme cruciales ou historiques. Le pays en était honnêtement convaincu, mais c’était une erreur d’appréciation. C’est celle-ci qui est cruciale.

 

Par-delà l’avenir de l’actuel Premier ministre, elle va décider si ce pays va continuer d’être une démocratie de type ouest-européen, comme celles que l’on trouve au Royaume-Uni, en Allemagne ou en Italie, par exemple. Je ne parle pas de la France, où l’on élit démocratiquement un roi aux prérogatives démesurées ; c’est en France aussi que l’on a inventé la loi qui a empêché de poursuivre feu le président Chirac pour les délits qu’on lui imputait, qui sert de modèle aux aspirations de Netanyahu, et qui a même été baptisée ici la "loi française". Ou si l’on va devenir une démocratie de type illibéral, comme on en trouve en Turquie, en Russie, en Hongrie ou en Pologne. 

 

Si vous ignorez ce qu’est une démocratie illibérale, demandez une explication à Alexei Navalny..

 

Car une démocratie ouest-européenne ne se limite pas à la tenue d’élections libres. C’est également le respect de la séparation, de l’ordonnance et de l’indépendance des trois pouvoirs, dans l’ordre, législatif, juridique et exécutif. C’est un espace politique dans lequel l’égalité des droits entre les individus est respectée, le droit de faire appel, celui de disposer d’une presse libre, d’une police qui fait prévaloir la loi, où les dispositions républicaines et constitutionnelles sont à la fois garanties et exercées.

 

Une démocratie, c’est un Etat dont le débat parlementaire fonctionne. Où les députés et les ministres ne sont pas des faire-valoir.

 

A cause de Binyamin Netanyahu nous naviguons entre la Grande-Bretagne et la Russie ; nous ne sommes pas à Moscou ni à Ankara, mais déjà plus à Londres ni à Berlin et ni à Prague. La détermination de mes compatriotes va décider aujourd’hui à quelle catégorie nous allons appartenir.

 

A Londres, il n’est pas concevable que pour des raisons de pure opportunité personnelle, Boris Johnson s’abstienne deux ans durant de présenter un budget à la Chambre. Un Etat sans budget n’est pas une démocratie.

 

A Berlin, il ne viendrait pas à l’idée d’Angela Merkel de faire passer une loi l’exonérant du paiement d’une partie de ses impôts personnels. Or c’est précisément ce qu’a fait Binyamin Netanyahu lorsqu’il a réclamé et obtenu de ses sectateurs du Likoud et des partis du Moyen-Age à la Knesset qu’on l’autorise à ne pas payer un million de shekels [environ 250 000 euros] au fisc, sans produire la moindre justification intelligible pour étayer sa demande. 

 

A Prague, le Président du gouvernement Andrej Babis ne signerait pas un accord de coalition avec le chef d’un autre parti, prévoyant l’adoption du budget et l’alternance entre les deux hommes à la tête de l’exécutif, sans réaliser aucune des clauses fondamentales de ce pacte de gouvernement. Et sans jamais avoir eu l’intention de le faire.

 

Mais surtout, nulle part dans ces Etats de décence le chef du gouvernement n’aurait songé accuser la Justice, la Police et la presse de son pays dans leur ensemble d’ourdir un putsch conspirationniste afin de le chasser du pouvoir. Ce, quel que soit son désarroi ou la précarité de sa situation judiciaire. Parce qu’ils savent à quel point une accusation fallacieuse de ce type, de la part du chef de l’exécutif, est destructive pour ses compatriotes, pourquoi cela ébranle les fondements mêmes de l’Etat de droit, à quel point les effets d’une crise artificielle de ce genre sont durables, et la restauration des institutions prend du temps, si cette réhabilitation est possible, ce qu’il reste à démontrer.

 

Ces chefs de gouvernements savent que l’Etat de droit, privé de ses institutions, de ses magistrats, de ses policiers et de ses journalistes n’en est plus un. Ils savent également que seul un dément ou un despote peut appliquer le principe "d’après moi le déluge" au détriment des personnes qu’il a la charge d’administrer.

 

Ce que je viens d’énoncer, et qui ne représente qu’une partie des activités récentes de l’apprenti-tyran Netanyahu, est connu de la plupart des Israéliens. Ce ne sont pas ces faits qu’ils contestent.

 

En plus de ce qui précède, cela fait belle lurette que Netanyahu a cessé de gouverner ce pays. Il se contente de faire ce que l’on nomme en anglais des "spins". Et, une fois n’est pas coutume, je regrette qu’il n’existe pas en français de mot équivalent pour décrire ce phénomène. Essayons tout de même… un "spin" est une pirouette, une déclaration ou une promesse vaine (non suivie d’effet), énoncée avec l’unique intention de séduire des électeurs potentiels crédules et/ou plongés dans une grande détresse.

 

Le dernier "spin" de Netanyahu a consisté à annoncer aux Arabes israéliens qu’il allait ordonnancer des vols directs entre Tel-Aviv et la Mecque afin de favoriser leur pèlerinage à la Kaaba.

 

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Binyamin Netanyahu a investi ce printemps dans une campagne massive dans les villes arabes

Il s’y fait appeler Abou Yaïr, "père de Yaïr" selon la tradition arabe

 

Yaïr Netanyahu, qui avait provoqué l'indignation après avoir qualifié de honte la condamnation d'un activiste orthodoxe, Amiram Ben-Uliel, pour le triple meurtre d'une famille palestinienne absolument innocente de tout crime, et partagé un financement participatif destiné à assurer sa défense.

 

Ben-Uliel avait incendiée une maison arabe au hasard dans le village de Duma, dans la nuit du 30 juillet 2015. L'incendie criminel a tué Ali Dawabsheh, 18 mois brûlé vif. Sa mère, Riham, et son père Saad, sont décédés plus tard des suites de leurs blessures. Le frère d’Ali, Ahmad,

âgé de quatre ans, a survécu avec des brûlures sur le corps.

 

Yaïr Netanyahu  a en outre déclaré : "Il n’y aura jamais de paix avec ces monstres sous la forme d’hommes qui se disent "Palestiniens" depuis 1964". Il n’a pas été démenti par son père pour tous ces propos

 

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Amiram Ben-Uliel, un assassin orthodoxe raciste auteur d’un triple crime gratuit,

Des dégénérés fiers et satisfaits d’avoir brûlé vifs une famille d’Arabes innocents.

Vénéré chez les Netanyahu

 

L’un des "spin" précédents datant de quelques jours fut de mettre sur pied un déplacement express aux Emirats Arabes Unis afin de poser quelques heures avec le Cheikh Khalifa ben Zayed Al Nahyane pour présenter l’aspect idyllique de la paix qu’ "il" a instaurée avec nos voisins arabes.

 

C’est un spin-gagnant auprès du public israélien, longtemps habitué à être entouré d’ennemis hostiles. Sauf que le Cheikh ben Zayed n’a pas apprécié de faire de la figuration pour la campagne électorale du Premier ministre israélien. Et qu’il a eu la franchise de le faire savoir, ajoutant qu’il "pensait avoir fait la paix avec une nation et pas avec un seul individu". Face aux dispositions chafouines du monarque émirati, qui ne présageaient rien de bon pour son image, Netanyahu a annulé son voyage à la toute dernière minute, prétextant des raisons diverses et variées.

 

L’été dernier, il avait promis qu’il allait étendre la souveraineté israélienne à la Cisjordanie. Il en avait fait, pendant un temps, son spin de bataille. Cela devait intervenir le premier juillet 2020. Puis l’apprenti autocrate a changé d’avis, comme d’habitude sans ne rien expliquer à personne.

 

C’est d’ailleurs son mode opératoire dans le cabinet qu’il dirige. Il ne met personne au courant des décisions qu’il va prendre, et dissimule au contraire les informations de la connaissance des ministres, y compris ceux de son propre parti ou de son bloc. Lorsqu’il s’agit de signer un accord international à l’étranger, il se rend seul à la cérémonie, le tout, par crainte de partager la publicité qui en découle avec une autre personnalité, qui, demain, peut devenir un adversaire.

 

Dans ces conditions, connues de la grande majorité des Israéliens, comment expliquer que les derniers sondages lui attribuaient (à son parti le Likoud) 30 à 31 sièges sur les 120 que compte la Knesset ? Et qu’il n’est pas certain du tout qu’il ne parvienne pas à former une coalition de 61 députés à l’issue de la consultation électorale, même si, mathématiquement, une majorité de nos compatriotes déclarent souhaiter son départ ?

 

La raison est simple. Elle découle d’un spin qui a bien tourné : la vaccination de l’ensemble de la population contre le Corona. Nous l’avions prédit dans l’un de nos articles ; nous avions dit au milieu de cet hiver qu’au début du mois de mars, il se présenterait comme celui qui a vaincu la pandémie, en se flattant du fait qu’Israël – à moins de l’apparition d’un variant résistant aux vaccins – est le seul pays au monde à avoir vaincu la maladie et retrouvé une vie quasiment normale.

 

Et c’est vrai.

 

Mais ce n’est pas dû à un éclair de génie de Netanyahu. C’est un remarquable orateur, un politicien sans scrupules, mais c’est un stratège militaire médiocre, un poltron en proie à l’hystérie, et quelqu’un qui n’a absolument rien de la vision politique d’un Churchill. La plupart des gens vont confondant un brillant orateur avec un grand chef d’Etat. Or rien n’est plus faux ; un bon chef d’Etat se caractérise surtout par les décisions qu’il prend. Un clown, par celles qu’il déclare qu’il va prendre.

 

Israël, y compris votre serviteur, a eu la vie sauve grâce au fait qu’avant d’aller se coucher, Netanyahu ne pense pas à ce qu’il pourrait faire afin d’améliorer les conditions de vie de ses administrés, mais se demande quel lapin il pourrait sortir de son chapeau afin de réunir une majorité qui lui décernerait l’immunité et lui permettrait d’échapper à la prison.

 

A cette aune, toutes les idées sont bonnes, comme celle, singulière à l’époque, d’immuniser un pays tout entier. Cela tombait à pic, puisque le président de Pfizer, Albert Bourla, est un Juif originaire de Salonique qui, outre sa sympathie authentique pour l’Etat hébreu, était à la recherche d’un laboratoire d’essai à échelle réelle pour tester son vaccin.

 

Au moment où les deux hommes ont convenu d’un deal, nous nous situions dans un lieu imprécis entre des gens chanceux et les cobayes d’une expérimentation.

 

Nous avons payé près du double du prix que versent les Européens pour chaque dose de vaccin, Netanyahu ayant toujours été fort généreux avec l’argent des autres. Ceci dit, j’admets volontiers qu’à posteriori cela valait largement la peine, et qu’Israël, qui est en passe de devenir le premier pays à retourner à une activité économique normale, va gagner largement plus d’argent que le surcoût payé à Pfizer.

 

Netanyahu a pris un pari risqué en usant de la surface financière et de l’infrastructure médicale d’un pays avancé. Toujours dans la même optique : remporter finalement des élections et échapper à la justice. A nous d’admettre honnêtement cependant, que sans lui et sans les casseroles qu’il traîne lamentablement à la patte, nous serions, comme les Européens, en voie de sombrer dans la quatrième vague de la pandémie, avec tous les désagréments que cela implique.

 

Au lieu de cela, les Israéliens dansent sur les tables des cafés à Tel-Aviv, vont à la plage, assistent aux matchs de foot, se rendent aux concerts et sont en train de tomber leurs masques.

 

A Tel-Aviv, on enterre la pandémie. Regarder le reportage de BFM TV

 

Pour un grand nombre de nos compatriotes, c’est tout ce qui importe, et sincèrement, on ne saurait leur jeter la pierre. Ne plus se soucier de ne pas tomber malade, ne plus vivre avec cette anxiété permanente, pour soi et pour ses proches, retrouver une activité professionnelle normale, revoir des êtres humains, ré-aimer, qu’y a-t-il de plus essentiel dans la vie ?

 

Certains sont carrément reconnaissants à Binyamin Netanyahu. Une minorité, il n’est pas aimé, d’ailleurs, on n’a pas vu une seule manifestation de bibistes digne de ce nom depuis un an, face aux dizaines de milliers d’anti-bibistes, qui battent le pavé de Jérusalem et de toutes les intersections routières chaque fin de semaine.

 

D’autres, peu politisés, font rapidement le bilan de l’action du Premier ministre et ont décidé de ne pas aller voter. Si Tel-Aviv votait à 70%, Netanyahu n’aurait aucune chance de remporter ces élections..

 

On trouve également dans le lot de ses supporters un noyau d’inconditionnels, mais ils ne sont pas nombreux. La plupart des "Likoudnikim" traditionnels et respectables, les partisans de Menahem Begin, d’Arik Sharon et ceux qui aiment à se situer dans l’héritage de Zeev Jabotinsky, le fondateur de leur mouvement, voteront contre Netanyahu qu’ils détestent. Ils ont pris le parti du dissident du Likoud Guidon Saar, qui s’est engagé par écrit à ne pas participer à une éventuelle coalition incluant Netanyahu.

 

Ce dernier peut compter sur le soutien des orthodoxes. Il est inutile de préciser qu’il s’agit d’ "ultra-orthodoxes" comme le font certains confrères, le sens d’ultra faisant déjà partie de la définition de l’orthodoxie.

 

Cinquante pour cent des cours hassidiques iront voter. Leur taux de participation dépassera les 80%, et ils plébisciteront la même formation – le Judaïsme Unifié de la Torah pour les ashkénazes et Shas pour les séfarades - politique à plus de 90%, obéissant ainsi aux injonctions de leur rabbin, le chef de leur communauté.

 

Les orthodoxes représentent environ un million trois cent mille personnes en Israël. A part une petite minorité estimée à trente ou quarante mille membres d’orthodoxes sionistes, tous sont antisionistes, opposés à l’Etat d’Israël, voire carrément à son existence. La moitié de façon modérée, l’autre, véhémente, avec entre cent mille et cent-vingt mille "violents", qui sont plus proches du Hamas et de l’ayatollah iranien Khameneï, que de Binyamin Netanyahu.

 

C’est cette moitié qui ne vote pas, par mépris pour nos valeurs. Les autres déposent un bulletin dans l’urne par seul intérêt économique. C’est un partenariat avec Netanyahu, mais pas idéologique : il arrose d’argent la communauté orthodoxe en échange de son soutien inconditionnel.

 

C’est ce que le Premier ministre appelle le "bloc national", les lecteurs apprécieront. Les orthodoxes, s’ils votaient tous, représenteraient entre 22 et 24 sièges à la Knesset, ce soir, ils en obtiendront entre 12 et 14.

 

C’est à cause d’eux que nous n’avons pas de constitution, car ils rejettent catégoriquement la convention des droits de l’homme, et particulièrement la notion d’égalité de droits entre l’homme et la femme.

 

C’est par leur faute que nous sommes l’Etat d’Israël et pas la République d’Israël, car pour eux, le régime de la nation juive ne peut être que la monarchie de droit divin.

 

Ce sont des racistes, des xénophobes, des misogynes vivant dans un système de soumission féodale, et pour beaucoup des désaxés sexuels pratiquant le viol et la polygamie. Officieusement, le nombre de pédophiles parmi les orthodoxes est entre dix et douze fois plus élevé que dans le reste de la société. Un grand nombre d’entre eux étant des rabbins, chefs de communautés ou enseignants, qui ont abusé sexuellement de leurs adeptes ou de leurs élèves.

 

Ces jours, Israël est secouée par un nouveau scandale de pédophilie, un orthodoxe célèbre, Yehuda Meshi-Zahav, le fondateur de Zaka, un organisme reconnu et grandement utile d’identification des victimes de catastrophes. Meshi-Zahav appartient au courant minoritaire sioniste, ils est accusé de viols et d’actes de pédophilie multiples sur des jeunes garçons et des jeunes filles.

 

Pour ces personnes, la démocratie et l’Etat de droit sont des hérésies empruntées à des cultures païennes. Plusieurs de leurs représentants dans le monde politique œuvrent afin de remplacer les institutions existantes par celles décrites dans la Bible.

 

A l’orée de ces élections, ils ont déjà annoncé qu’ils comptaient réduire l’influence de la Cour Suprême. Si la majorité parlementaire dépend de leurs voix, ou le résultat du vote sur son immunité, Netanyahu n’hésitera pas à abonder dans leur sens.

 

Un candidat orthodoxe comme Itamar Ben Gvir est un admirateur de Baroukh Goldstein, l’assassin raciste qui a massacré en 1994, sans aucun motif, 29 musulmans qui priaient dans le Caveau des Patriarches à Hébron.

 

C’est lui aussi qui réclame la libération de l’assassin d’Itzkhak Rabbin, Ygal Amir. Mais ce n’est pas tout, quelques jours avant cet assassinat, Ben Gvir s’était fait connaître du grand public en brandissant l’emblème de la Cadillac volé sur la voiture du Premier ministre abattu, s’exclamant : "Nous avons eu sa voiture, nous l’aurons lui aussi !".

 

Cet énergumène sera peut-être ministre de l’Etat d’Israël en cas de victoire de Netanyahu ce soir. C’est le genre d’évènements qui ne peuvent survenir que dans une démocratie illibérale sur la voie du totalitarisme.

 

Il servirait dans le même gouvernement que Mansour Abbas, le leader du parti Raam, la formation officiellement islamiste et antisioniste arabe, représentant l’aile politique de la branche méridionale du mouvement islamique en Israël.

 

Mansour a quitté la liste arabe unie pour se rapprocher de Netanyahu. Lequel qualifiait les députés de cette liste de terroristes, alors qu’ils ne sont pas islamistes et ne prônent pas la destruction de l’Etat d’Israël.

 

On parle aussi de Mansour comme d’un ministrable. Particulièrement si d’aventure le bloc ""national"" obtenait 60 sièges et avait besoin de la voix de Mansour pour s’assurer de la majorité.

 

C’est l’enjeu de ces élections. L’intérêt d’un homme condamné à les remporter à n’importe quel prix ou à se retrouver derrière les barreaux pour de longues années.

 

Israël des Ben Gvir et des Mansour, qui licencierait le Procureur général de l’Etat, le Juif pratiquant – à ne pas surtout confondre avec les orthodoxes !! - Avikhaï Mandelblit quelques jours après son éventuelle victoire, pour le remplacer par un procureur fantoche à la botte du demi-dictateur, qui annulerait les procès en cours.

 

Ou celle pour laquelle 23 000 combattants d’Israël ont donné leur vie, celle à laquelle rêvaient les six millions de Juifs en pénétrant dans les chambres à gaz nazies, pour lesquels nous avons construit ce pays ; car si Israël avait existé en 1940 ils ne seraient pas morts, et c’est en leur mémoire, pour nous excuser d’être arrivés en retard, que nous nous battons pour repousser l’infamie.

 

 
On a perdu le Rostov-sur-le-Don (012003/21) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 20 mars 2021

 

Stéphane Juffa et Jules Mazouz ont participé à la rédaction de cet article

 

Métula, samedi soir.

 

Les avions de surveillance anti-sous-marins Boeing P-8 Poseidon et les autres systèmes U.S. et de l’OTAN de suivi des déplacements des sous-marins potentiellement hostiles ont perdu la trace du submersible d’attaque furtif russe Rostov-sur-le-Don.

 

La localisation du sous-marin russe a été perdue il y a quelques jours alors qu’il se trouvait précisément dans la zone de la frontière maritime entre le Liban-Sud et l’Etat d’Israël.

 

La Royal Navy britannique avait la charge de suivre le Rostov alors qu'il naviguait vers le Sud et pénétrait dans la Méditerranée.

 

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Le Rostov-sur-le-Don en train de traverser le détroit du Bosphore en décembre 2015

 

Il avait dépassé Gibraltar il y a un mois environ, et dès lors il appartenait à la Sixième flotte américaine basée à Naples de prendre le relais en vue de sa localisation permanente.

 

Les deux grands blocs sont équipés afin de suivre les submersibles du camp adverse ainsi que des pays problématiques tels la Turquie, la Corée du Nord et l’Iran dès qu’ils quittent les ports.

 

Pour les plus sophistiqués d’entre eux, il est difficile de retrouver leur trace une fois qu’on la perd en pleine mer. C’est également dangereux, car cela met en péril vos propres bâtiments ainsi que vos territoires terrestres.

 

C’est pour ces raisons que les marines américaine et israélienne le recherchent activement au large des côtes de l’Etat hébreu depuis jeudi dernier.

 

L’US Navy a engagé dans cette traque des P-8 Poseidon, des avions de lutte anti-sous-marins hypersophistiqués, utilisant principalement le radar de surveillance maritime AN/APY-10 produit par la société américaine Raytheon.

 

Le P-8, qui est un dérivé du Boeing 737, emporte deux pilotes et sept opérateurs.

 

On envisage également l’hypothèse selon laquelle le submersible russe aurait été victime d’une avarie et serait possiblement perdu.

 

Réagissant à cette éventualité, la Russie a fuité une information affirmant que "le sous-marin d'attaque diesel-électrique Rostov-sur-le-Don qui a disparu des écrans radar de l'OTAN la semaine dernière reste en contact avec le commandement et transmet des informations".

 

Peu avant cela, le Vice-amiral Igor Osipov, commandant de la flotte russe de la mer Noire, avait confirmé que les six sous-marins de la flotte étaient en service actif en mer. Osipov a naturellement refusé de communiquer leurs zones d’activité.

 

Ce qui tend à indiquer que le Rostov n’a pas été perdu mais qu’il a effectivement réussi à tromper la vigilance des forces de l’OTAN est que, pendant que l’on recherche le sous-marin, les communications avec les appareils britanniques basés sur l’île de Chypre ont été brouillées. Or la Russie est le seul pays "hostile" de la région à posséder les capacités de brouillage de ce type.

 

Le Rostov-sur-le-Don est un sous-marin à propulsion hybride, diesel-électrique. Il appartient à la seconde déclinaison de la classe Kilo, également identifiée comme les navires du Projet 636 ou Projet 636 Varshavyanka. Ces submersibles sont considérés comme faisant partie des plus silencieux en activité. Ce qui est très important, car le bruit émis en plongée est un élément essentiel permettant de repérer ces bâtiments.

 

Comme l’a dit le Vice-amiral Osipov, la Russie dispose de six sous-marins issus du Projet 636. Moscou a également vendu ces armes à l’export, à la Chine, l’Algérie et le Vietnam. Mais nous avons des raisons de penser que les bâtiments livrés à ces pays sont moins performants que ceux dont dispose la flotte russe.

 

Les Projet 636 comptent 12 officiers et 41 hommes d’équipage, ils mesurent 74 mètres de long.

 

L’armement du Rostov comporte dix-huit torpilles et huit missiles SAM (antiaériens), ainsi que des missiles de croisière d'attaque terrestre et antinavires Kalibr.

 

Les marins russes ont acquis une grande dextérité pour exploiter au mieux les qualités furtives des Projet 636. Ils sont ainsi capables de se dissimuler à quelques mètres sous la coque d’un navire marchand en pleine navigation, n’offrant de la sorte que l’écho radar d’un seul bâtiment.

 

Selon un ex-sous-marinier israélien cependant, ce genre d’astuce n’est valable que lorsqu’un submersible n’est pas spécifiquement recherché comme c’est le cas actuellement. Au vu du matériel présentement impliqué par les Américains et les Israéliens dans leur traque, en se focalisant sur chaque navire opérant sur la zone de recherche, le submersible russe n’a aucune chance d’échapper à terme à ses poursuivants en opérant ce genre de stratagèmes.

 

Les Projet 636 sont le pendant russe des sous-marins germano-israéliens de la classe Dolphin 1 et 2, dont cinq unités sont en service actif au sein du Khe’l ha-Yam (la marine de guerre israélienne) et trois autres sont en commande.

 

Les Dolphin 2 mesurent 67 mètres. Ils se distinguent des Kilo 2 par les très grands tubes lance-torpilles de 650mm. Ceux-ci peuvent être utilisés pour la pose de mines, le lancement de gros missiles de croisière ou de véhicules de transport pour des nageurs de combat. En plus de ces équipements et des torpilles standards, il est généralement admis que les Dolphin sont capables de lancer des missiles de croisière Popeye Turbo de fabrication israélienne à armement nucléaire.

 

Il s’agit de missiles d’une portée de 1 500 à 2 000km que l’on soupçonne à l’international d’être équipés d'une ogive nucléaire de 200 kilotonnes contenant environ 6 kilogrammes de plutonium. Ce sont ces sous-marins et ces équipements qui confèrent à Israël la capacité de seconde frappe nucléaire afin de dissuader tout ennemi potentiel de tenter de nous faire disparaître de la carte du monde.

 

A titre de comparaison, Fat Man [ang. : gros homme] la bombe atomique au plutonium larguée sur Nagasaki le 9 août 1945 et qui avait fait plus de 70 000 morts, était d’une puissance de 21 kilotonnes.

 

 
Raid à l’aéroport de Damas : Israël détruit une cargaison d’armes arrivée le jour même Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 17 mars 2021

 

© Metula News Agency

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa et Jules Mazouz ont participé à la rédaction de cet article

 

Métula, mercredi matin.

 

Durant la nuit dernière [mardi à mercredi], à partir de 22h35 en Israël et en Syrie, le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne a lancé cinq raids à partir du Golan visant le périmètre de l’aéroport international de Damas.

 

Les chasseurs-bombardiers à l’étoile de David attaquaient une cargaison d’armes arrivée mardi matin à 11h de Téhéran par un vol cargo de la société Fars Qeshm Air, nationalisée au service de Gardiens de la Révolution khomeyniste, les Pasdaran.

 

Juste après l’atterrissage, les soldats iraniens et les miliciens à leur service s’étaient empressés de transférer les conteneurs aériens dans plusieurs entrepôts temporaires discrets de la périphérie de l’aéroport. Leur projet consistait à dispatcher leur contenu à partir de ce mercredi matin aux quatre coins de la Syrie ainsi qu’entre les mains de la milice terroriste du Hezbollah au Liban.

 

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La situation de l’aéroport international dans la cité de Damas

Service cartographique © Metula News Agency

Source : Google Earth Pro

 

Deux témoins joints pas téléphone par Michaël Béhé ont déclaré que certains conteneurs utilisés appartenaient à l’ONU et à la société de courriers rapides DHL, probablement dérobés par les Iraniens afin de dissimuler la nature de leur contenu.

 

Le chargement a été réparti dans trois dépôts, situés entre 200 et 300 mètres de l’aire de déchargement utilisée par l’Armée iranienne.

 

Tous les dépôts ont été atteints, occasionnant une seconde explosion significative démontrant que la cargaison comportait également des produits explosifs, probablement du carburant et des ogives de missiles.

 

Jules Mazouz a également suivi, durant la même journée de mardi, deux vols cargos en provenance d’Iran opérés par une autre compagnie perse, Mahan Air, ainsi que par un appareil de l’Armée de l’air syrienne.

 

Il est possible que leur chargement était stocké au même endroit que celui de Fars Qeshm Air et a subi le même sort. Mais la Ména ne dispose pas d’informations détaillées concernant ces deux autres vols.

 

Des sources confidentielles nous indiquent que tous les objectifs ont été visés et détruits, que tous les missiles air-sol ont atteint leur but et que les appareils ont regagné leurs bases intacts.

 

Les sources gouvernementales syriennes qui ont annoncé le raid ont à nouveau indiqué que l’Armée de Bashar al Assad avait "abattu la plupart des missiles ennemis". C’est totalement faux et les media qui rapportent ces fadaises se moquent de ceux qui les consultent.

 

Les sources interrogées par Michaël Béhé ont fait état d’une activité de la DCA [Défense Contre Avions] plus intense qu’à l’accoutumée, occasionnant un immense feu d’artifice dans la campagne autour de la capitale syrienne.

 

La Ména remarque une nouvelle fois que les militaires du régime syrien n’étaient pas présents à proximité des entrepôts abritant les armes iraniennes. Ce qui fait que c’est au moins le quatrième raid israélien consécutif lors duquel aucun militaire ou civil syrien n’a été blessé.

 

Quelques dizaines de miliciens chiites supplétifs des Pasdaran étaient quant à eux présents sur les lieux. Les riverains de l’aéroport ont entendu les sirènes de plusieurs ambulances après le raid, mais Michaël Béhé n’a pas été en mesure de recueillir des bilans humains dans les hôpitaux damascènes.

 

Il apparaît d’une part que les consignes de silence assignées au personnel médical se sont renforcées dernièrement, et de l’autre, que la discipline dans ce domaine a toujours été mieux respectée dans les hôpitaux de la capitale que dans ceux de province.

 

A Métula on observe ces derniers mois une médiation russe extrêmement active destinée à persuader les armées israélienne et syrienne de ne pas s’affronter. L’un des effets de ces efforts est la recherche par des unités russes spécialisées des restes du maître espion israélien Elie Cohen, pendu en place publique de Damas le 18 mai 1965. Les nombreuses demandes précédentes de restitution de la dépouille d’E. Cohen présentées par les Israéliens depuis 56 ans avaient été rejetées.

 

Les aviateurs qui ont mené les attaques de cette nuit ont sans doute redoublé de précautions pour ne pas blesser des militaires syriens, ce qui aurait pu influer négativement sur cette tentative de rapatriement des restes d’Elie Cohen.

 

Nous rappelons aussi que la Présidence syrienne avait communiqué le 8 mars dernier, annonçant que Bachar al Assad et son épouse Asma avaient été testés positifs au Coronavirus après avoir ressenti les symptômes caractéristiques de la maladie. A en croire cette source, ils seraient dans un état stable.

 

La maladie du président-dictateur ralentit naturellement le processus de rapprochement engagé par Vladimir Poutine, mais la détermination du Tsarévitch d’exclure la Syrie et Israël du cercle des pays en guerre n’en a pas diminué pour autant. Son intention consiste à engager les deux pays dans une dynamique de normalisation de leurs relations, afin que le régime alaouite puisse être réadmis dans le giron arabe. Moscou jugeant qu’à terme, le régime des ayatollahs n’est pas viable, et que l’avenir de la Syrie se situe aux côtés des Etats arabes. 

 

Des canaux de communication existent désormais entre les responsables militaires et politiques syriens et israéliens, nous n’avons aucun doute à ce sujet.

 

Nous observons que le dernier raid en Syrie attribué à Israël dont nous avons eu connaissance et dont nous avons relaté les péripéties s’est déroulé le 28 février dernier. Il avait également touché la région de Damas, mais un peu plus au Sud, dans la zone hautement militarisée d’al Kissweh.

 

Nous sommes convaincus que les Russes tentent de réduire la répétitivité des attaques du Khe’l Avir en Syrie en échange d’une réduction par Assad des approvisionnements iraniens ainsi que d’une prise de contrôle de leur fréquence.

 

 
Encore une découverte israélienne qui change la manière dont on fera la guerre (011503/21) Version imprimable
Analyse
lundi, 15 mars 2021

 

Par Ilan Tsadik

 

Une nouvelle arme vient de terminer ses essais dans le Sud et va très rapidement passer au stade de la production en chaîne chez le géant israélien pluridisciplinaire Elbit Systems. Cela fait déjà quelques années que les chercheurs et développeurs israéliens ont habitué le monde à leurs découvertes à la limite de la science-fiction, que ce soit le Dôme de Fer, capable d’abattre des obus et des roquettes en plein ciel, ou la Flèche, le Khetz, qui peut intercepter des missiles balistiques en dehors de notre atmosphère, ou encore le Manteau coupe-vent, un procédé de défense active, qui fait exploser les missiles ennemis avant qu’ils n’atteignent nos chars ou nos Jeeps.

 

La Piqûre de Fer, le dernier né de l’industrie israélienne de l’armement, jure avec les innovations précédentes, car il s’agit de la déclinaison de l’une des armes les plus communes du champ de bataille et depuis pas mal de décennies. Après le fusil-mitrailleur, le mortier ou lance-mines est en effet l’outil de guerre le plus répandu dans toutes les armées du monde, y compris les organisations terroristes ou les mouvements de guérilla. De plus, relativement aux autres systèmes de combat, il est extrêmement économique, à peine quelques centaines d’euros pour le mortier, le tube-le lanceur, et pour l’obus de mortier, le projectile qu’il lance.

 

Il faut aussi préciser que, jusqu’à la semaine dernière, lorsque les images produites par le ministère de la Défense se sont mises à circuler, le mortier était considéré comme l’artillerie du pauvre. Il fallait généralement tirer un bon nombre de salves (des soldats aguerris peuvent en tirer plus d’une vingtaine pas minute) avant que l’une d’elle ne menace réellement l’objectif visé. Jusqu’à ce moment, les mortiers, une arme très imprécise, pouvaient occasionner des dégâts collatéraux effrayants.

 

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Le moment du tir

Source : ministère israélien de la Défense

 

Mais c’était mieux que rien, surtout si l’on disposait de plusieurs tubes. Avec un peu de chance et d’expérience, on pouvait arrêter la progression d’une unité légère de l’adversaire, attaquer un groupe de soldats isolés, et cela nous donnait une chance de sauver notre peau face à un ennemi supérieur en nombre et en équipement.

 

L’autre avantage étant qu’il est possible de poser l’un de ces tubes n’importe où, sur un 4x4, un transport de troupes blindé, et même au sol, sur le dos des soldats. Votre serviteur compte ainsi des dizaines de kilomètres de balades avec cette pièce d’équipement sur l’épaule. Ca n’était pas mon plus grand amour et cela ne reste pas mon meilleur souvenir.

 

Il faut croire que nous sommes un peu masochistes dans ce pays, car nous sommes probablement la dernière armée à équiper nos chars, les Merkava, avec un mortier court, également appelé mortier de commandos, de 60mm, disposant d’une petite trentaine d’obus dans l’habitacle.

 

Nous les utilisons principalement afin d’extraire le tank d’un risque d’encerclement, lorsque son lourd canon devient pratiquement inutile face à des fantassins trop proches de l’engin, et protégés par des obstacles contre les tirs tendus des mitrailleuses du Merkava.

 

C’est la principale limite d’un char, il ne peut tirer qu’à tirs tendus. Il suffit dès lors qu’une colline de quelques mètres s’interpose entre l’ennemi et vous pour qu’il devienne inefficace.

 

Dès lors, les moyens de frapper l’adversaire sont les bombardements aériens, les canons d’artillerie et certains missiles relativement sophistiqués. Mais jusqu’à ce que les avions ou les hélicoptères interviennent, vous avez largement le temps de vous faire tuer plusieurs fois, notamment par les obus de mortier de l’adversaire. Même problème avec votre artillerie lourde : elle n’est pas toujours à proximité, elle a parfois d’autres chats à fouetter, se meut péniblement et se met en place lentement.

 

L’idéal serait de disposer d’obus de mortier "intelligents", mais cela appartenait au monde des rêves des soldats. Du moins jusqu’à la semaine dernière…

 

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Il ne s’agit pas d’un dauphin mais d’une seringue, et ça va faire du bruit…

Source : ministère israélien de la Défense

 

Cela vient de ce que le mortier est à peine dirigeable au moment du tir. En fait, on vise sa cible uniquement grâce à l’inclinaison du tube qui détermine sa portée (distance de tir), et en choisissant une charge propulsive plus ou moins importante.

 

De plus, une fois que le projectile est parti, on n’a plus le moindre contrôle sur lui ; sa trajectoire dépend entre autres des phénomènes météorologiques, particulièrement du vent, et vu qu’il est dépourvu de moyens de guidage, il n’est pas rare qu’il explose à des centaines de mètres de l’objectif que vous vouliez éliminer.

 

Or si vous installez des ailerons et des ordinateurs sur l’obus et au sol, vous en faites un missile, et c’est comme inventer l’œuf ou la poule, l’ordre n’a pas d’importance, l’idée est que vous inventez quelque chose qui existe déjà.

 

Il fallait être israélien pour se mettre en tête de transformer un obus de mortier, caractéristiquement plus bête qu’un fauteuil de cinéma, en une arme de haute précision. Ca leur a pris dix ans, comme l’a admis le chef de l’Administration pour le Développement des Armes et des Infrastructures Technologiques du ministère de la Défense, Yaniv Rotem. Ils ont douté mais n’ont jamais baissé (ou levé, cela revient au même) les bras.

 

Et la semaine dernière, comme on le voit sur cette vidéo, lors des tests, entre un kilomètre et douze de distance, on a chaque fois oblitéré la cible. Ce que je vous raconte a l’air simple, mais c’est l’une des plus grandes évolutions de l’art de la guerre, en tout cas depuis que Sir Wilfred Stokes, en 1915, mit au point son trench mortar [ang. : mortier de tranchée], qui devint le premier mortier moderne, après les mortiers de sièges, qui étaient utilisés depuis le XVIIème siècle. Les poilus français le baptisèrent le crapouillot, à cause de sa forme disgracieuse qui rappelait à des hommes très fatigués la forme d’un crapaud.

 

La vidéo des essais : https://youtu.be/wJ3qZcjyUFU

 

Revenons au XXIème siècle, pour constater que l’évolution représentée par l’introduction de la Piqûre de Fer va modifier toute la conception des conflits, à partir déjà des prochains mois. C’est comme si chaque petite unité disposait désormais de sa propre artillerie mobile, et que celle-ci était aussi précise que les missiles Tamouz, mais pour une fraction du prix et avec une flexibilité incomparable.

 

La Piqûre de Fer, Oketz Plada en hébreu, est guidée de deux façons : par GPS - exactement le même système que celui que vous utilisez dans votre véhicule ou sur votre téléphone portable – et/ou par faisceau laser.

 

Le recours au laser est intéressant pour deux raisons. Premièrement, parce qu’il est possible pour un adversaire de brouiller le signal d’un GPS, et secondement, parce que le faisceau laser peut être dirigé sur la cible par une multitude de vecteurs, allant d’autres soldats possédant un lien visuel avec l’objectif, des avions ou des hélicoptères, des drones, des positions reculées, et d’autres encore, que je ne citerai pas. Bien évidemment, ces données, dans les armées modernes, sont partagées par tous ceux qui en ont besoin, aussi bien sur le terrain, dans les airs, ou même à partir de Tel-Aviv ou de New-York.

 

Et même sans me trouver dans le secret des dieux, je puis vous assurer que, s’ils le décident ou si leurs chefs le font à leur place, les soldats sur le front n’auront qu’à introduire l’obus dans le tube et le réglage, largement automatisé, se fera en buvant son café à… Tel-Aviv, à New-York ou en vacances à Honolulu.

 

Nous nous trouvons en plein dans la conception de la guerre prônée par une personne que nous apprécions beaucoup à Métula, s’agissant du chef d’état-major de Tsahal, le Général Aviv Kokhavi. L’introduction d’Oketz Plada va multiplier la létalité du mortier au moins par cent, avec un taux de coups au but, jusqu’à 12km de distance, qui approchera rapidement du cent pour cent. Dans le même temps, cette nouvelle arme va réduire très sensiblement le nombre de victimes collatérales durant les conflits.

 

Comme le désirait Kokhavi, la première frappe, basée sur les repérages du Renseignement militaire, occasionnée par des centaines de Piqûres de Fer réparties dans une multitude de petites formations de commandos et d’infanterie, va infliger une gifle terrible à l’ennemi, que ce soit le Hamas à Gaza ou le Hezbollah au Liban. Cette nouvelle invention pourrait même déterminer le sort de la bataille lors des toutes premières heures du conflit. Avec, de plus, un inconvénient qui devient un avantage : le fait que le vol d’un fauteuil de cinéma soit totalement incontrôlable après son envol par celui qui l’envoie, le rend imbrouillable par celui qui les reçoit.

 

C’est bon, vous pourrez continuer plus tard à réfléchir à ce que je viens d’écrire, je ne peux pas attendre les retardataires.

 

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On vous avait prévenus

Source : ministère israélien de la Défense

 

Ce nouveau succès de la technologie israélienne a amené le ministre de la Défense Benny Gantz à la même conclusion que la nôtre : "L’intégration de la Piqûre de Fer dans l’Armée israélienne", a dit l’ancien chef d’état-major, "correspond à la vision présentée dans le plan pluriannuel de révolution de Tsahal qu’est Tnoufa. Il répond également aux besoins de Tsahal, en adaptant les capacités de combat pour lutter contre des ennemis cachés dans des environnements civils et urbains, tout en respectant les normes juridiques et morales fixées par l’Etat d’Israël".

 

"Tnoufa" signifie en hébreu l’évolution. C’est la traduction du plan "Momentum" mis au point par le Général Kokhavi et ses experts.

 

Les tests des dernières semaines ont été réalisés avec des tubes de mortiers Cardom [héb. : hache] qui sont en service dans Tsahal depuis de nombreuses années. D’après les ingénieurs, une très petite modification a suffi pour leur permettre de tirer les Piqûres de Fer. Ce sont ces tubes que l’on voit sur les illustrations de cet article et la vidéo. On a aussi utilisé pour effectuer les tirs un transport de troupes M113 américain, rebaptisé d’un nom de femme, Zelda, qui a été introduit dans l’Armée américaine en 1961.

 

C’est indubitablement pour montrer à tout le monde – et je vous assure que le monde est nombreux aux balcons – que l’emploi de la Piqûre ne nécessite pas d’investissement dans le matériel périphérique. Qu’il s’agit d’une arme d’emploi rustique, comme l’apprécient les militaires, et que le secret de l’invention, le cerveau, se trouve ailleurs. Et que, de plus, il ne prend pas beaucoup de place.

 

L’annonce de cette arme révolutionnaire intervient – comme parfois le hasard fait bien les choses ! – au moment où l’Armée américaine est en train de choisir son nouveau mortier, qu’elle utilisera dans les années à venir. Un marché de milliards de dollars. Et comme c’est étrange aussi, Oketz Plada possède un calibre de 120 millimètres, exactement comme les tubes américains existants. Et les véhicules sur lesquels ils pourraient être principalement montés sont les Strykers et les AMPV, qui sont déjà adaptés afin de recevoir des systèmes israéliens, en l’occurrence les Manteaux coupe-vent, que j’ai brièvement mentionnés en début d’article.

 

Mais l’argument principal n’est pas là. Il repose sur cela qu’aucun système n’est capable, non pas de réaliser, mais d’envisager de réaliser ce que fait cette Piqûre de Fer. Et je peux même vous confier que dans nombre d’autres armées, comme dans le cas du Dôme de Fer, on n’imaginait pas qu’il était possible de transformer un obus de mortier en arme de haute précision. Pour vous dire toute la vérité et rien que la vérité, moi non plus, je ne l’avais jamais imaginé.

 

 
Histoires d’eau (011203/21) Version imprimable
Analyse
vendredi, 12 mars 2021

 

Par Jean Tsadik

 

Noble Dina 

 

Durant la semaine qui s’achève un important exercice militaire naval et international s’est déroulé dans la région est-méditerranéenne. Il a été baptisé du nom de "Noble Dina"1. Pour la première fois dans les annales de Noble Dina, qui se déroule chaque année, la France et Chypre ont participé aux manœuvres aux côtés de la Grèce et d’Israël.

 

L’entraînement s’est déroulé à l’ouest de l’île d’Aphrodite [Chypre], jusqu’à la proximité de la Crète et en bordure de la mer Egée. Il était placé sous le commandement du Khe’l ha-Yam, la Marine de Tsahal.

 

Le Khe’l ha-Yam a dépêché pour l’exercice des vedettes lance-missiles Saar spécialement équipées pour la lutte anti-sous-marine. La flotte grecque (les Garde-côtes) dispose également de trois navires dérivés des Saar, de la classe Nirit, qu’elle a achetés à l’Etat hébreu.

 

Israël a aussi utilisé lors de ces manœuvres un sous-marin stratégique furtif de la classe Dolphin [photo].

 

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Un dauphin quelque part entre Chypre et la Crète

 

Les forces engagées on largement fait appel à plusieurs types de moyens aériens durant les opérations.

 

Ce qui a principalement été expérimenté, parmi les éléments rendus publics à l’issue de ces manœuvres, a été la lutte anti-sous-marins, des missions de recherche et de secours en mer, ainsi que des scénarios de batailles navales.

 

Les objectifs de Noble Dina 2021 qui s’est achevé hier (jeudi) ont été, selon un communiqué du porte-parole de l’Armée israélienne, de "renforcer la coopération entre les marines qui y participaient, ainsi que d’élargir leur base de connaissances opérationnelles communes".

 

Selon le même communiqué, il a été couronné de succès et a permis de renforcer le "langage commun" [d’harmoniser les procédures] entre les participants.

 

Le chef des opérations du Khe’l ha-Yam, le Vice-amiral Eyal Harel, a relevé, outre les points que nous avons mentionnés, "qu’au cours de la semaine écoulée, la Marine a dirigé un exercice à grande échelle dans lequel elle a mis en œuvre des capacités (…) d'escorte de convois et de combat de surface. Ces exercices sont d'une importance capitale pour renforcer les liens de la Marine avec les flottes étrangères qui partagent des intérêts similaires".

 

Ce que les participants ne disent pas, c’est que Noble Dina 2021 a été spécifiquement conçu pour coordonner des tactiques communes face à l’impérialisme du dictateur islamiste turc Recep Erdogan. L’Armée de ce dernier multiplie en effet les activités et les provocations précisément dans les eaux dans lesquelles les manœuvres conjointes se sont déroulées. Il s’agit pourtant des eaux territoriales de la Grèce et de Chypre, mais sur lesquelles la Turquie d’Erdogan conteste la souveraineté.

 

La France et Israël ont tenu à montrer à Ankara qu’elles se tiennent, avec leurs arsenaux, aux côtés d’Athènes et de Nicosie face à l’agression rampante du nouveau sultan. Paris et Jérusalem ont récemment donné, prêté et vendu pour des milliards d’euros de matériel militaire à ces deux alliés, y compris divers types d’aéronefs et des chasseurs-bombardiers Rafales.

 

Les relations politiques et militaires entre Paris et les deux Etats hellénophones, d’une part, et entre eux et les Israéliens, de l’autre, sont fraternelles. Il existe notamment une alliance très solide dans tous les secteurs d’activités entre Israël, la Grèce et la Crète. Cette entente est officialisée par plusieurs accords internationaux et fait l’objet de visites régulières entre les dirigeants de ces Etats, de même que d’une coopération de tous les instants entre les militaires.

 

Dina 2021 a aussi été marqué par un rapprochement supplémentaire entre l’Armée française et Tsahal, qui sont complémentaires dans un grand nombre de domaines et qui comptent de nombreux ennemis communs. Le 5 mars dernier, les chefs des états-majors des deux pays, les Généraux Aviv Kokhavi et François Lecointre, se sont rencontrés à bord du porte-avions Charles de Gaulle, qui croisait pour l’occasion au large de Tel-Aviv [photo].

 

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En plus, ils se ressemblent

 

Les deux hommes ont établi un dialogue de confiance et d’amitié, dont bénéficie toute la région. Mais les rapports entre les militaires des deux armées ont toujours été cordiaux, ils se heurtent cependant à la "politique arabe" du Quai d’Orsay et de l’Elysée, destinée à ne pas froisser les Etats arabes, mais essentiellement, les populations françaises d’origine maghrébine. Cette option en politique internationale est cependant en train d’être remise en cause par les alliances qui s’opèrent entre les chancelleries arabes et Jérusalem, notamment face à la menace nucléaire iranienne.

 

A l’aune des divergences profondes qui se développent entre les Arabes et l’administration Biden, ainsi que de l’orientation isolationniste américaine, d’inspiration obamienne, tendant à se désintéresser  de la question du nucléaire perse, il existe objectivement une fenêtre de coopération économique, stratégique et scientifique largement ouverte entre Jérusalem et Paris.

 

En fait, les activités des deux pays et leurs domaines d’expertise sont extraordinairement complémentaires. Ils pourraient développer une foultitude de projet communs, notamment dans le domaine du commerce de l’armement dans lequel ils sont en compétition dans de nombreux pays, à l’instar de l’immense marché que constitue l’Inde.

 

Ils pourraient aussi augmenter considérablement leur part de marché dans les pays arabes, qui ne se cachent pas de vouloir diversifier leurs sources d’approvisionnement en raison de la politique hostile prônée par l’équipe Biden. Paris pourrait, outre la technologie, bénéficier de l’excellente carte de visite d’Israël dans les pays de la péninsule arabique, méfiants par rapport à Paris en raison de sa trop grande proximité avec Téhéran et le Hezbollah.

 

Dans le domaine de la santé, Jérusalem – sur la base de sa propre expérience - n’aurait aucune difficulté à organiser rapidement la campagne de vaccination en France qui bat de l’aile, à la limite du pathétique.

 

En dépit de cette situation stratégiquement très favorable à l’instauration d’un nouvel âge d’or entre Paris et Jérusalem, les analystes stratégiques de la Ména pensent que les projets communs resteront limités à cause de la posture anti-israélienne fortement enracinée dans l’administration et l’intelligentzia tricolore.

 

 

12 navires marchands iraniens attaqués par la Marine israélienne

 

On apprend en cette fin de semaine qu’au moins douze bâtiments marchands iraniens ou transportant du matériel iranien ont été attaqués par des commandos israéliens depuis 2019.

 

Les fuites à ce sujet sont orchestrées par des officiels du gouvernement Biden et d’autres pays, dont l’Iran lui-même. Elles interviennent au vu de la montée des tensions régionales, notamment pour expliquer que l’attaque du roulier israélien MV Helios Ray en mer d’Oman, ne constitue pas un fait de guerre isolé sur ce nouveau front.

 

Plusieurs supertankers, notamment saoudiens, avaient préalablement été arraisonnés et capturés avec leur équipage par les Gardiens de la Révolution khomeyniste, les Pasdaran. Le dernier en date est l’attaque du pétrolier coréen, le MT Hankuk Chemi en janvier dernier, relâché début février ainsi qu’une partie de son équipage, ne comprenant pas le capitaine. Ces libérations sont intervenues en échange du dégel de 7 milliards de dollars appartenant à l’Iran retenus dans les banques coréennes en application des sanctions internationales.

 

La plupart des cibles visées par les Israéliens sont des pétroliers qui tentent de braver l’embargo international et américain concernant les exportations de brut. Des chargements totalisant des millions de barils sont envoyés en Syrie, en partie pour approvisionner le régime de Bashar al Assad, et le reste, pour être réexpédié à partir de Lattaquié et Tartous afin de générer des devises.

 

Les mollahs utilisent également la voie maritime pour transporter des armes en Syrie et au Liban, en supplément de celles transitant par l’autoroute chiite, régulièrement bombardée par l’Aviation israélienne.

 

Jérusalem a ouvert ce nouveau front maritime après avoir constaté l’inaction de la communauté internationale suite à la rupture de la promesse que Téhéran lui avait faite de cesser de fournir la Syrie en pétrole.

 

En Israël on craint que ces ventes ne financent le terrorisme au Moyen-Orient et en Syrie ainsi que le programme atomique militaire des ayatollahs et celui de leurs missiles balistiques.

 

La Théocratie persane utilise le plus souvent de vieux pétroliers rouillés pour ces périlleux voyages, dont la documentation indique de fausses destinations, qui changent fréquemment de directions, effectuent des transbordements entre eux, le tout, dans des tentatives dérisoires pour éviter d’être repérés.

 

Mais il est impossible de dissimuler un bâtiment de la taille d’un pétrolier de l’attention des nombreuses vigies des Américains, des Israéliens et de leurs alliés, disposées tout le long des itinéraires que ces épaves flottantes sont bien obligées de suivre si elles désirent se rendre en Syrie.

 

D’autant plus qu’elles doivent traverser le canal de Suez, sous souveraineté égyptienne, et que les Egyptiens font partie intégrante de l’Alliance d’Abraham, le nom officieux de la coalition israélo-arabe qui s’oppose à la junte cléricale chiite de Téhéran.

 

A plusieurs reprises, les navires ont été interceptés en Méditerranée, à l’instar du porte-conteneurs perse Shahr e Kord [photo], qui brûle maintenant depuis trois jours au large de Lattaquié en Syrie, à propos duquel Téhéran affirme qu’il a été  touché par un missile hébreu.

 

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Cela fait trois jours que ce bateau est la proie des flammes

 

L’objectif tactique des Israéliens ne consiste pas à les couler, ce qui générerait des marées noires qu’ils ne souhaitent évidemment pas, mais à obliger ces bâtiments à rebrousser chemin, à ralentir sensiblement, ou encore, à les rendre définitivement indisponibles.

 


 

Note :

 

1"Noble Dinah", vraisemblablement par référence à Dinah, la fille du patriarche Jacob dans la Bible et de Léa. Dinah a été enlevée et violée par Shekhem, le fils du roi Hamor de Shkhem (aujourd’hui Naplouse en Cisjordanie). Les frères de Dinah, en représailles, pillèrent et rasèrent la ville, tuant la plupart de ses combattants, y compris Hamor et Shekhem. Le choix du nom est sans doute un message destiné à un agresseur potentiel : celui qui s’attaque à nous s’exposera à une riposte sans pitié.

 

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Elections palestiniennes : dans la douleur (010903/21) Version imprimable
Analyse
mardi, 09 mars 2021

 

Par Sami el Soudi

 

Les élections législatives [pour le Conseil Législatif Palestinien] doivent se tenir en principe le 22 mai prochain dans les parties de Cisjordanie contrôlées par l’Autorité Palestinienne et dans la bande de Gaza. Normalement, l’élection du Président de l’Autorité Nationale Palestinienne devrait suivre le 31 juillet. On ignore si l’actuel président, Mahmoud Abbas, 85 ans, a ou non l’intention de se représenter.

 

Les dernières élections législatives se sont déroulées en janvier 2006, et les présidentielles, le 9 janvier 2005, pour un mandat de 4 ans, cependant jamais renouvelé.

 

La Commission Electorale Centrale a annoncé que 2.6 millions d’électeurs sur 2.8 inscrits dans ces deux territoires s’étaient enregistrés pour participer aux consultations électorales.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

La décision d’organiser ces suffrages, qui a été acceptée à la fois par le Fatah et le Hamas, mais à l’initiative de Mahmoud Abbas par décret, suscitent des questions et des commentaires.

 

La première concerne l’opportunité de convier une organisation terroriste non-démocratique telle le Hamas à un processus électoral démocratique. Chaque Palestinien sait, en effet, que soit le Hamas perd les législatives au profit du Fatah, auquel cas, il n’acceptera jamais les résultats, et partant, ne cèdera en aucun cas le contrôle de Gaza à l’Autorité Palestinienne. Soit il les remporte, et ne pourra dans ce cas ni gouverner l’AP, ni même participer aux réunions du Conseil Législatif [Al-Majlis al-Tashrī`iyy] se tenant en Cisjordanie, car Israël l’en empêcherait. C’est pour cette raison que le siège quasi-permanent du CLP se trouve à Rimal, au cœur de la ville de Gaza.

 

Il y a lieu de préciser à ce propos que la charte de l’organisation djihadiste qu’est le Hamas prévoit la destruction de l’Etat d’Israël et rejette même à jamais le principe de négocier une solution avec lui. Cela aide à saisir les fondements de la décision de Jérusalem.

 

Concernant le Fatah et Mahmoud Abbas, on peut se questionner sur la raison pour laquelle ils organisent des élections qu’ils ne peuvent que perdre. Soit dans les urnes, auquel cas le Hamas obtiendrait la légitimité de gouverner la Cisjordanie, soit, en cas de victoire, ils ne pourraient pas reprendre le contrôle de Gaza.

 

C’est ce qui s’appelle un cas de lose-lose, à tous les coups on perd.

 

Ce questionnement est judicieux, certains leaders arabes ont dit à Abou Mazen [autre patronyme de Mahmoud Abbas] que l’organisation de ces consultations était une folie sans nom. La première raison de l’initiative d’Abbas est cependant qu’il n’a jamais abandonné l’idée de replacer Gaza sous le contrôle de l’Autorité Palestinienne.

 

C’est largement un vœu pieux mais le leader du Fatah espère que, de guerre lasse, en proie à de grandes difficultés financières, à l’incapacité de faire avancer sa cause, et sous la pression des pays arabes, à commencer par l’Egypte, le Hamas finira par abandonner sa proie. Il pourrait ensuite unifier les territoires palestiniens sous une même gouvernance.

 

Il y a également l’ethos palestinien qui veut que nous soyons tous frères et qu’il n’existe d’issue favorable à notre émancipation que pour une nation palestinienne unifiée. Ce, même si l’organisation terroriste islamique a tenté plusieurs fois d’éliminer physiquement Abou Mazen [qui a été le plus souvent sauvé par le Renseignement israélien], et que toutes les tentatives de rapprocher les deux courants se sont soldées pas de cuisants échecs. Parfois sanglants.

 

On ajoutera encore à ces raisons que la communauté internationale – lisez Joe Biden et son administration – ne forcera jamais les Israéliens à reconnaître un Etat de Palestine en Cisjordanie et à y évacuer des régions, alors que les Palestiniens du Hamas continuent de tirer des roquettes sur les Israéliens du pourtour de Gaza et parfois sur Tel-Aviv.

 

Je compléterai cette liste de réponses par celle qui me semble la plus significative : la visibilité de la cause palestinienne s’effrite rapidement au niveau mondial. Il ne reste bientôt plus que les Etats voyous, ceux qui soutiennent le terrorisme d’Etat pour ne pas lâcher les Palestiniens. Dans ces conditions, les deux courants, déjà fortement affaiblis, s’imaginent qu’il est préférable d’unir leurs forces et d’afficher l’image d’une entité qui élit ses dirigeants démocratiquement et paisiblement afin de se confronter au désintéressement dont nous sommes l’objet. Depuis janvier 2009, Abbas n’a plus aucune légitimité démocratique pour assumer la fonction de président, et le parlement ne fonctionne pratiquement pas. Ces élections sont avant tout une re-légitimation des institutions pour rendre vie à l’idée de la Palestine.

 

Reste que dans une situation dans laquelle l’Arabie Saoudite et l’Egypte haïssant le Hamas et n’ayant que du mépris à l’égard du Fatah et de ses leaders, ne souhaitent plus la création d’un Etat palestinien, il est pratiquement impossible de convaincre le reste du monde.

 

On assiste à la signature d’accords de paix définitifs et de normalisation entre l’Etat hébreu et plusieurs pays arabes ou musulmans sans la moindre restitution de terres palestiniennes. Ensuite, ces Etats se désintéressent de notre sort et ne pensent qu’à développer leurs relations bilatérales avec Israël.

 

Nous jouissons pour le moment de la sympathie d’une grande partie de l’Europe, mais pas au point de se mouiller pour nous. Les oboles qu’ils nous lancent ne suffisent qu’à nous empêcher de suffoquer, mais pour le reste, ils se contentent de nous sourire. Si ton frère ne se porte pas à ton secours, n’attends pas de ton cousin qu’il le fasse, est un proverbe oriental qui décrit assez bien la situation que nous traversons.

 

On a vu certains intellectuels français se montrer très vindicatifs à l’encontre de Jérusalem, arguant qu’Israël avait l’obligation – mais de quel ordre ? – de nous fournir des vaccins en nous incluant dans sa campagne exemplaire d’immunisation. D’autres sont allés plus loin en inventant de toutes pièces un embargo qu’Israël imposerait sur les chargements qui nous sont destinés. Comme l’ont signalé mes camarades depuis Métula, cette seconde imputation fallacieuse serait synonyme de crime contre l’humanité de la part de nos voisins de l’Ouest.

 

C’est absurde. Ils n’ont strictement aucune obligation de nous vacciner. Pourtant, ils nous fournissent, aux frais de leurs contribuables, des dizaines de milliers de doses, et ce chiffre va augmentant. Même le personnel médical de Gaza vient se former à la lutte contre le virus à Tel-Aviv et à Haïfa. Ils y reçoivent, en plus des cours, du matériel de test et des vaccins, et jouissent d’un soutien en ligne de la part de leurs collègues israéliens. Mieux encore, des médecins arabes-israéliens, avec l’accord de leurs autorités, se trouvent en ce moment-même à Gaza afin d’encadrer les praticiens locaux face à la pandémie.

 

Ce, alors que les califes islamiques qui contrôlent la bande côtière continuent à œuvrer pour l’éradication des Hébreux, il est vrai, avec moins d’assiduité ces trois derniers mois.

 

Moi je pose la question de savoir en quoi l’Etat hébreu serait-il davantage tenu que la France de nous fournir gratuitement des vaccins ? Parce qu’il serait l’auteur d’un quelconque crime originel ? C’est idiot. En tous cas, les mêmes "amis" ne vitupèrent pas pour se plaindre de ce que la France ne nous a pas livré la moindre dose de vaccin. Visiblement, cela ne les dérange pas dans leur double grille de lecture.

 

Certains partisans de "la cause" dans les pays européens n’hésitent pas à parler du "génocide" que nos voisins seraient en train de commettre sur nous. Mais non seulement il n’existe aucun génocide de cette sorte, mais de plus, ils soignent nos VIP dans leurs hôpitaux, y compris les VIP de Gaza. Y compris ceux qui font partie de la direction du Hamas et leurs familles.

 

Quelqu’un a-t-il dit à ces "bonnes âmes" que ce sont les Israéliens qui ont soigné Saëb Erekat, le Secrétaire Général du Comité exécutif de l'OLP à l’hôpital Hadassah à Jérusalem, lorsqu’il fut touché par la Covid ? C’est là qu’il mourut il y a quatre mois, après avoir reçu les soins les plus performants possibles.

 

Etrange façon de mener un génocide ! Les seuls d’entre nous qui sont morts en 2020 des mains des Israéliens sont ceux que l’appareil militaire du Hamas a envoyés se faire massacrer contre les positions de Tsahal autour de l’enclave de Gaza. Et ceux interceptés en flagrant délit d’attaque terroriste. C’est tout. 

 

Les sondages prédisent un léger avantage pour le Fatah, 38% d’intentions de vote contre 34 au Hamas. Mais si ces enquêtes d’opinions sont plutôt bien faites, notre population hésite à indiquer aux enquêteurs ses réelles intentions de vote. Il faut dire que les cas de torture et d’arrestations arbitraires ne sont pas rares, et qu’au quotidien, les militants du Hamas en Cisjordanie sont traités comme des ennemis à surveiller de près. Quant aux partisans du Fatah à Gaza, ils ont sérieusement intérêt de se taire, et je ne suis pas certain qu’ils devraient prendre le risque d’aller voter.

 

La gouvernance du Fatah est réellement en danger, car lors des élections de 2006, les sondages le donnaient aussi gagnant, et finalement il a été battu par le Hamas. Il faut préciser, pour ceux qui ignorent notre quotidien, que le Hamas est notoirement pourri par la corruption. Que dans cette "prison à ciel ouvert" qu’est Gaza, les rejetons des chefs de l’organisation terroriste djihadiste se promènent en voitures de sport et fréquentent les meilleures écoles privées à l’étranger. Des Mercédès et des Audi qui ont atteint la frontière de Kerem Shalom sur des camions israéliens.

 

Mais ce qui est pire, est que la corruption est encore dix fois plus présente en Cisjordanie dans les rangs des fonctionnaires et des politiciens du Fatah, où absolument chaque démarche officielle est tributaire d’une gratification, et où les barons de Ramallah sont tous riches à millions (de dollars) et où Abbas possède des milliards de dollars, et ses fils, des millions. Tous prélevés sur l’aide internationale, naturellement.

 

Il faut tout de même faire justice à Mahmoud Abbas sur deux points : c’est lui, récipiendaire de l’héritage difficile de Yasser Arafat, qui a reconnu l’existence de l’Etat d’Israël à l’issue des accords d’Oslo en 1994. C’est également sous sa présidence que l’Autorité Palestinienne a coupé tous ses liens avec le terrorisme. Ce qui nous permet de déclarer que depuis de nombreuses années, pratiquement depuis son entrée en fonction, aucun gouvernement Abbas n’a jamais organisé d’attentat contre Israël ou des Israéliens. Et il s’agit d’un changement suffisamment notoire pour que je le mentionne, car ce qui semble aujourd’hui une évidence, n’en était pas une du temps des Tanzim de Marouane Barghouti et notamment des bombardements fréquents sur le quartier hiérosolymitain de Gilo à partir de Bet Jala. Les Tanzim étaient financés en douce par Arafat qui faisait mine d’œuvrer pour la paix. Ils étaient la milice terroriste du Fatah en Cisjordanie.

 

C’est aussi Abbas qui a manqué notre plus belle occasion d’accéder à un Etat, sous le gouvernement Ehud Olmert-Tzipi Livni. Je me rappelle parfaitement, pour y avoir participé, qu’à la Conférence d'Annapolis, Madame Livni proposa à Mahmoud Abbas, en mars 2008, un plan de paix fondé sur la création d'un Etat palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale et le retour d'un million de réfugiés palestiniens en Israël.

 

Vers la fin de l’année, le projet était ficelé, et prévoyait en outre l’établissement de notre Etat sur 97% du territoire jordanien d’avant 1967.

 

Mal conseillé par des individus qui l’ont convaincu qu’il obtiendrait davantage si Binyamin Netanyahu était élu en février 2009, Abou Mazen a rejeté la proposition à la dernière minute. Lors des élections générales de ce même mois, le parti Kadima, emmené par Madame Livni, obtenait le plus grand nombre de suffrages mais le président israélien confiait à Netanyahu le soin de former le gouvernement suivant.

 

C’en était terminé de nos espoirs. Aujourd’hui, les Palestiniens sensés ne croient plus en la création de notre Etat. Le gouvernement de l’Autorité Palestinienne demeure en place à Ramallah principalement afin de régir les zones qui lui sont attribuées, et d’épargner aux Israéliens le statut d’occupant de toutes nos principales villes, ce qui lui vaudrait le devoir de pourvoir aux besoins de la population, ainsi que la tâche d’y faire régner l’ordre.

 

Abbas et son successeur devraient être stipendiés par Jérusalem pour le boulot qu’ils réalisent à leur place et en leur faveur. Ils s’occupent aussi de faire la police, en parfaite coordination avec les forces israéliennes ; c’est ensemble qu’ils combattent les cellules du Hamas et des autres mouvements djihadistes.

 

La stratégie suivie par Binyamin Netanyahu peut sembler géniale à un grand nombre de ses compatriotes et de Juifs de la Diaspora. Elle consiste, comme on le distingue sur la carte, à laisser aux Palestiniens la gestion d’un territoire morcelé, fait de dizaines d’îlots de souveraineté conditionnelle non contigus (en vert foncé), les zones A.

 

C’est pratiquement ingouvernable. On doit obligatoirement passer par des zones de souveraineté israélienne pour se rendre d’un îlot à l’autre. Des zones dans lesquelles les implantations se multiplient selon le principe du fait accompli. A dire vrai, il faudrait disposer de la force d’un dieu grec pour recoller les morceaux et en faire un Etat.

 

Cette stratégie répond à la plupart des exigences de la sécurité israélienne, et c’est certainement la plus grande réalisation de l’ère Netanyahu. C’est parfait. Sauf sur un point : la bombe à retardement que constitue la population de ces zones. Elle atteint actuellement 2.6 millions d’Arabes palestiniens, qui n’étaient que 700 000 en 1967, au début de l’occupation israélienne de la Cisjordanie.

 

Or cette population a la particularité d’exploser de temps à autres et de se déchaîner contre ceux qui l’occupent ou l’empêchent de respirer. La région se souvient par exemple de la Grande Révolte, qui a duré de 1936 à 1939, de celle de 47-48, et des deux Intifada. Mais il y en a eu d’autres.

 

Cela prendra un an, dix ou même vingt-cinq, mais ces populations confinées exploseront à nouveau, c’est dans leur ADN. Et si cela se produit dans dix ans, nous serons plus de quatre millions. C’est le legs que va faire M. Netanyahu à ses compatriotes lorsqu’il prendra sa retraite, ce qui peut se produire peut-être dans quelques jours à l’issue des élections générales israéliennes.

 

Il nous a enfermés dans des enclaves séparées sans essayer de solutionner le problème posé par notre cohabitation. Il a refusé tout dialogue avec la Moukata de Ramallah ou a posé des conditions qui démontraient qu’il n’aboutirait nulle part. Il a fait en sorte que le canal pour des relations directes soit muré, à part pour les aspects sécuritaires de notre mitoyenneté. Ce faisant, il a allumé le système de retardement d’une bombe humaine qui ne peut faire autrement – l’histoire l’a montré – qu’exploser. Ce qu’il a fait n’est pas une stratégie, c’est la politique de l’autruche. Netanyahu n’a pas apporté de solution à ce problème, il l’a uniquement dissimulé momentanément sous un tapis. Ce n’est pas pareil.

 

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Communiqué de la rédaction Version imprimable
Communiqué
mardi, 02 mars 2021

 

Dimanche dernier, la Ména a publié un article d’Ilan Tsadik intitulé "Pour une filiale du Figaro, Métula se situe au Liban". La filiale en question est la société Météo Consult, qui comprend la chaîne de télévision La Chaîne Météo qui place également le village israélien dans lequel la Ména est installée au Liban, dans le district de Marjayoun.

 

Nous ignorons s’il s’agit d’un acte de malveillance délibéré ou d’une faute de bonne foi. Ce qui est certain, c’est que nous nous attendions à ce que l’erreur soit prestement corrigée. Ce qui, à midi, heure française, de ce mardi n’avait pas été fait.

 

Dans cette malversation, il n’est nullement question de liberté d’expression, s’agissant d’une fake news. Et la diffusion d’une fake news n’a rien à voir avec la liberté.

 

A la Ména, nous n’avons aucune intention d’entamer un dialogue à ce sujet avec Le Figaro ou sa société mère, le Groupe Dassault (GIMD). Nous nous en tenons strictement à notre rôle d’informateurs, excluant celui d’activistes, de lobbyistes ou de négociateurs.

 

Notre désir, dans cette malfaçon, est de la voir corrigée sans délai inutile et sans générer de scandale. Nous pourrions surfer sur cette affaire, comme d’autres media l’auraient sans doute fait mais, comme le savent ceux qui nous connaissent, ce n’est pas ainsi que nous envisageons notre marketing.

 

Ceci dit, Métula ne restera pas au Liban. C’est une question d’égards fondamentaux pour les habitants de ce village et pour la souveraineté de leur pays. Nous nous sommes assurés que l’ambassade d’Israël à Paris et la municipalité de Métula étaient informées du problème. Si cela ne suffit pas, nous alerterons le gouvernement israélien, ce qui pourrait aboutir à une brouille diplomatique et/ou à une action en justice que nous ne souhaitons pas.

 

Stéphane Juffa

 

 
Le projet de loi pour un pouvoir Démocrate permanent (010203/21) Version imprimable
Analyse
mardi, 02 mars 2021