Le père de la bombe iranienne abattu ce vendredi à Téhéran [012711/20] Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 27 novembre 2020

 

Stéphane Juffa et Jules Mazouz ont participé à cette dépêche

 

Métula, vendredi, 17h45, 16h45 à Paris

 

Mohsen Fakhrizadeh-Mahabadi, le physicien considéré comme le père de la bombe atomique iranienne a été éliminé entre 14h30 et 14h45 ce vendredi, heure d’Israël, alors qu’il se trouvait à bord de sa voiture dans l’est de Téhéran.

 

Fakhrizadeh-Mahabadi possédait un grade d’officier au sein du corps des Gardiens de la Révolution islamique [fars. : Pasdaran] et était professeur de physique dans une université de la capitale perse.

 

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Fakhrizadeh-Mahabadi

 

Il était le chef du Projet 111, qui constitue, selon les pays occidentaux, le programme qui vise à doter l'Iran d'armes nucléaires. La victime était notamment en charge du développement de l’ogive de la future bombe atomique de la théocratie khomeyniste.

 

Elle supervisait également le programme de développement des missiles balistiques de la dictature chiite.

 

Fakhrizadeh se trouvait dans la banlieue d’Absard vers 16h locales (il y a 1h30 de différence entre l’heure de Téhéran et celle de Jérusalem), lorsque, selon les témoins, une explosion s’est produite, suivie d’un échange nourri d’armes automatiques entre les gardes du corps du physicien et les assaillants.

 

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La scène du guet-apens

 

Tous ont été emmenés à l’hôpital le plus proche, mais il n’a pas été possible de les ranimer. Quatre accompagnants de Fakhrizadeh ont trouvé la mort lors de l’attentat.

 

Le véhicule, comme on le voit sur l’image suivante, est criblé d’impacts de projectiles.

 

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L’état du véhicule

 

Absard regorge de villas réservées à l'élite du régime, avec vue sur le mont Damavand, le plus haut sommet du pays. Ce vendredi, dans le cadre du week-end iranien, les routes étaient plus vides que la normale en raison du confinement résultant de la pandémie de Coronavirus. Cette situation offrait aux assaillants de meilleures chances de réussite qu’à l’accoutumée.

 

Le gouvernement iranien attribue l’assassinat de Fakhrizadeh au Mossad, les media iraniens rappelant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait invité son auditoire, lors de l'une de ses conférences de presse, à "se souvenir du nom du scientifique".

 

Ce n’est pas la première fois que l’on attribue à l’Etat hébreu ainsi qu’à d’autres pays occidentaux l’élimination de savants iraniens liés au programme nucléaire militaire des ayatollahs.

 

Le commandement des Gardiens de la Révolution islamique a promis de venger la mort de l’atomicien.

 

Le ministre iranien des Affaires Etrangères, Mohammad Javad Zarif, a écrit sur son compte Twitter : "Il y a des signes clairs de l'implication israélienne dans la réalisation de cet acte lâche". Il a ensuite appelé la communauté internationale et l'Europe à "mettre un terme au double standard et à condamner l’assassinat".

 

 
Deux positions du Hezbollah libanais anéanties en Syrie [012511/20] Version imprimable
Breaking News !
mardi, 24 novembre 2020

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa et Jules Mazouz ont participé à cette dépêche

 

Métula, nuit de mardi à mercredi, 02h30, 01h30 à Paris

 

A 23h 50 locales précisément, le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, a frappé et oblitéré deux objectifs en Syrie. L’un dans le Golan, à Rwihinah, à 5km au sud-est de la ville fantôme de Kuneitra et à 2km de la frontière israélienne (ligne Alpha). L’autre, au Jabal al Mania [mont al Mania], dans la banlieue sud-ouest de Damas, à 20km du centre-ville [carte].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

Les deux raids de ce soir sont particuliers en cela qu’ils ne visaient pas des positions du contingent iranien en Syrie, non plus que les forces du régime, mais deux bases du Hezbollah libanais implantées dans des anciens camps de l’Armée gouvernementale.

 

La base de Jabal al Mania abritait un vaste entrepôt d’armes et de munitions souterrain, et celui de Rwihinah, une fortification à vocation d’observation des mouvements de Tsahal dans cette partie médiane du Golan.

 

Les deux cibles ont été anéanties et contrairement à ce que la télévision gouvernementale syrienne a annoncé, il n’y a pas que des dégâts matériels mais également des pertes humaines, entre 4 et 7 tués et le même nombre de blessés, selon les estimations de Michaël Béhé.

 

Nous avons mis un peu de temps à produire cette breaking news, car des informations erronées et de fausses citations de l’agence nationale d’information syrienne SANA circulaient, notamment reprises par l’AFP et plusieurs media arabes et israéliens. En réalité, SANA n’a produit aucun des détails que nous présentons dans cette dépêche.

 

La situation dans le Doigt de la Galilée et sur les hauteurs du Golan israéliennes est normale.

 

 
De plus en plus de signes de fraudes. Biden reste favori (012311/20) Version imprimable
Analyse
lundi, 23 novembre 2020

 

Par Amram Castellion

 

Aujourd'hui, lundi 23 novembre, les avocats du président Trump déposeront leurs premiers recours devant les juridictions fédérales pour contester la validité de l'élection présidentielle. Six Etats au moins sont concernés, même s'ils ne feront pas nécessairement tous l'objet de recours aujourd'hui : Pennsylvanie, Michigan, Wisconsin, Nevada, Arizona et Géorgie. Lors d'une interview, Rudy Giuliani, l’avocat du Président – ancien procureur et ancien maire de New York – a aussi évoqué le Nouveau-Mexique. Cependant, la marge Démocrate importante dans cet Etat, et surtout le fait que les Démocrates y étaient en tête dès le début du décompte, rendent particulièrement douteux tout recours dans cet Etat.

 

Le premier argument des avocats du Président est le caractère suspect d'un comportement qui – alors qu'il n'a aucun précédent historique – s'est retrouvé dans dix grandes villes Démocrates.

 

Partout, le décompte s'y est arrêté après quelques heures, alors que Trump était en tête. Partout, dès la reprise du travail, des paquets de bulletins de vote sont soudain apparus, avec des majorités pour Biden qui défient toutes les possibilités statistiques : 143 729 votes pour Biden contre 0 pour Trump à Milwaukee, Wisconsin, par exemple. Et partout, les observateurs Républicains ont été tenus à l'écart, chassés des bureaux de vote ou confinés derrière des barrières d'où ils ne pouvaient physiquement pas vérifier l'authenticité des signatures portées sur les enveloppes contenant les bulletins par correspondance. Ces comportements entièrement nouveaux, mais répétés de ville Démocrate à ville Démocrate, indiquent une forte probabilité de concertation préalable.

 

Les bizarreries statistiques ne sont cependant que des indices : elles permettent d'observer où chercher des preuves, mais elles ne constituent pas la preuve par elle-même. Depuis l'élection, les avocats du Président ont rassemblé des centaines de témoignages sous serment (la personne qui témoigne est passible de prison ferme en cas de mensonge) confirmant l'interprétation qui vient immédiatement à l'esprit quand on évoque ces faits. La plupart de ces témoignages ne seront révélés que cette semaine, mais le petit nombre qui a déjà fuité évoque des pratiques proprement mafieuses : paquets de vote Biden homogènes livrés par une porte dérobée au milieu de la nuit ; agents chargés du décompte recevant l'ordre de ne pas vérifier les signatures ; piles de bulletins de vote sans aucune enveloppe où le nom de Biden seul – et non celui des candidats aux autres élections qui avaient lieu le même jour – était prérempli à la machine, par un cercle noir parfait.

 

Une autre étrangeté statistique a, elle aussi, commencé à trouver une explication dans de nombreux témoignages. D'habitude, lorsqu'un candidat gagne une élection, il remporte la plupart des comtés "pivots" (on dit "violets" en Amérique, par référence aux couleurs rouge et bleue attribuées aux Républicains et aux Démocrates). Ces comtés, qui balancent entre les deux partis au gré des élections, sont d'ailleurs utilisés par les statisticiens comme un signe annonciateur de l'identité du gagnant.

 

Or cette année la quasi-totalité des comtés pivots a voté Trump. Sur les 17 comtés dont le vote, depuis quarante ans, a été le plus proche de celui du collège électoral, 1 seul a choisi Biden – alors que le score le plus mauvais de ces 17 comtés depuis 40 ans avait été de 14 sur 17 pour Clinton en 2012. Les Etats traditionnellement hésitants, comme l'Ohio et la Floride, ont eux aussi voté pour le Président ; comme l'ont fait, dans les Etats actuellement contestés, la quasi-totalité des comtés ruraux.

 

Biden a remporté ces Etats tout en perdant les comtés pivots, parce que les grandes villes y ont montré à la fois un taux de participation exceptionnellement élevé et des majorités exceptionnelles pour Biden. Par exemple, à Philadelphie (Pennsylvanie), le taux de participation a atteint 68% et Biden a gagné 81% des voix.

 

A Milwaukee (Wisconsin), le taux de participation a atteint 78 % et Biden a gagné 80% des voix. 90 des 327 bureaux de vote de la ville ont déclaré une participation de plus de 90%. ; 7 ont un taux de participation de plus de 100% (plus de gens sont venus voter que d'électeurs préalablement enregistrés) ; 2 ont un taux de participation de plus de 200%. Les électeurs supplémentaires sont enregistrés le jour même et ajoutés à la liste.

 

Si ces chiffres paraissent suspects, c'est qu'ils le sont. Mais là encore, une aberration statistique n'est pas une preuve de fraude. Les témoignages qui seront présentés cette semaine permettront d'en savoir davantage sur ces résultats étonnants.

 

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Les avocats Rudy Giuliani et Sidney Powell

 

L'aspect qui sera probablement le plus commenté dans ces plaintes est celui qui a été mis en avant, dans une conférence de presse de jeudi dernier, par une autre avocate qui s'apprête à déposer ses propres plaintes contre le résultat des élections en coordination avec Giuliani : Mme Sidney Powell, elle aussi ancien procureur. Mme Powell affirme avoir la preuve que l'une des entreprises qui fournissent les machines à compter les votes – Dominion Voting Services, qui couvre 40% du marché américain – a introduit dans ses algorithmes des fonctions permettant de transférer automatiquement des votes de Biden vers Trump.

 

Les preuves de cette affirmation manquent encore, mais il y a déjà des faits troublants. Le Texas a refusé de certifier les machines de Dominion, parce qu'elles ne présentaient pas une sécurité suffisante. L'existence d'une fonction permettant d'assigner une pondération différente de 1 à certains votes a été démontrée (elles pourraient, par exemple, compter 0,9 voix pour chaque voix Trump et 1,1 pour chaque voix Biden… si on le leur demandait). Un témoin sous serment, l'homme d'affaires conservateur Joe Holtmann, affirme avoir entendu le directeur de la stratégie de Dominion, Eric Coomer, affirmer dans une réunion Zoom de partisans de la milice Démocrate Antifa qu'il "se charge[ait] de ce que Trump ne gagne pas". Coomer a, depuis, effacé des réseaux sociaux toutes ses interventions, qui montraient en effet un soutien fanatique à Antifa et une haine irrationnelle contre le président Trump.

 

Nous saurons dès cette semaine quelles preuves supplémentaires Mme Powell a de ses accusations contre Dominion. Trois hypothèses peuvent être envisagées, par ordre de probabilité croissant.

 

Première hypothèse : le dossier de Mme Powell est vide, ses témoins sont inexistants ou non crédibles.

 

Cette hypothèse est la seule que l'on puisse exclure avec une quasi-certitude. On ne devient pas mythomane à 65 ans après une carrière de premier ordre : procureure au Texas, puis dirigeante d'une firme d'avocats qui a obtenu 70% de succès dans des jugements en appel. Encore récemment, Mme Powell est l'avocate qui a obtenu l'annulation de la mise en cause du général Flynn, ancien conseiller de Trump pour la sécurité nationale, qui avait été accusé de collusion avec la Russie. Et si par hasard elle avait soudain perdu la tête, les dizaines d'avocats qui travaillent avec elle s'en seraient aperçus et l'auraient empêchée de les entraîner dans sa chute.

 

Deuxième hypothèse : Mme Powell fait une démonstration imparable d'une fraude massive due aux machines de Dominion, suffisante pour renverser le résultat de l'élection. Dans cette hypothèse, les Etats concernés refuseraient vraisemblablement de certifier l'élection – ou, s'ils l'ont déjà fait, leur certification serait annulée en dernier recours par la Cour Suprême. Si suffisamment d'Etats étaient concernés, Biden ne pourrait pas avoir les 270 grands électeurs nécessaires pour être élu président le 13 décembre prochain. Ce cas est prévu par la Constitution des Etats-Unis et s'est déjà produit une fois, en 1824. C'est alors la Chambre des Représentants qui élit le Président, à raison d'une voix par Etat ; et le Sénat qui élit le vice-président. Trump et Pence seraient tous les deux réélus.

 

Cette hypothèse paraît cependant peu réaliste. Les juges demandent un niveau de preuve particulièrement élevé pour prendre une décision qui revient, en pratique, à annuler une élection populaire. Il ne suffit pas que les analyses statistiques montrent des aberrations. Il ne suffit même pas qu'il y ait des preuves circonstanciées de fraude : encore faut-il prouver que cette fraude a porté sur un nombre suffisant de voix pour renverser le résultat. Ajoutons, dans le cas des dossiers préparés par Mme Powell contre Dominion, qu'elle devrait prouver la fraude dans un nombre suffisant d'Etats (pour simplifier, la Pennsylvanie et deux des quatre autre Etats contestés) pour que le nombre de grands électeurs de Biden tombe en-dessous de 270. Or, Dominion n'est pas la seule technologie utilisée dans les Etats contestés ; sa démonstration ne pourrait, même dans le meilleur des cas, que modifier une partie des votes obtenus.

 

Tant que ses dossiers ne sont pas connus, on ne peut pas dire avec certitude qu'une victoire de Mme Powell soit impossible ; mais on peut affirmer avec confiance qu'elle est très improbable. Et ce, d'autant plus que les juges devront aussi prendre en compte la situation politique nouvelle créée par l'utilisation systématique de menaces physiques contre les opposants des Démocrates. Dans plusieurs grandes villes contrôlées par les Démocrates, cette menace physique est incarnée par les milices Antifa et Black Lives Matter. Et dans tout le pays, elle est de plus en plus souvent une part centrale du discours des élus Démocrates. Deux agents du bureau des élections du Michigan, qui avaient d'abord refusé de certifier des élections marquées par des irrégularités qui leur paraissaient criantes, ont ainsi cédé et accepté de donner leur signature après que des Démocrates les ont menacés en ligne et ont rendu publique l'école de leurs enfants. On ne peut pas demander aux juges, même ceux de la Cour Suprême, de mettre en danger leurs familles s'ils peuvent l'éviter.

 

La troisième hypothèse, qui semble de loin la plus probable, est que Mme Powell parviendra à démontrer certaines malversations – et que certains responsables de Dominion iront visiter pour quelques années les prisons fédérales – mais qu'elle ne parviendra pas à renverser les résultats de trois Etats contestés, dont la Pennsylvanie. Or, si les résultats d'au moins trois des six Etats sont certifiés (ou quatre sans la Pennsylvanie), Biden sera mécaniquement élu président le 13 décembre et prendra ses fonctions, si le ciel lui prête vie, le 21 janvier. Il sera, naturellement, affaibli par les circonstances de son élection et par l'importance de la fraude révélée au public. La moitié, au moins, du peuple américain le jugera politiquement illégitime. Mais du pur point de vue juridique et institutionnel, c'est bien lui (probablement suivi rapidement de Kamala Harris) qui sera le Président légitimement élu.

 

Si, comme il est probable, ce dernier scénario se confirme, cela illustrera une erreur tactique importante du président Trump : son insistance à ne s'appuyer que sur la volonté populaire, en s'attirant l'hostilité de structures de pouvoir qu'il ne pouvait pourtant pas détruire.

 

Les Grecs auraient dit que Trump fut trop purement démocrate, insuffisamment soucieux de plaire aux oligarques et à leurs clients. Comme démocrate, il a réussi : il a suscité l'enthousiasme des foules et ajouté 11 millions de voix à son score de 2016. Il a convaincu les populations peu diplômées, les perdants de la mondialisation, une proportion de minorités ethniques supérieure à celle de tout Républicain depuis 1960. Ses opposants sont presque exclusivement concentrés dans les grandes villes, là où les réseaux de clientélisme politique sont les plus puissants.

 

Mais il a cru, et ce fut son tort, pouvoir imposer sa volonté aux oligarques : les patrons de presse, les maîtres d'Internet, les patrons politiques des grandes villes, le crime organisé (qui aide depuis toujours les Démocrates à récolter les voix dans les grands centres urbains), les réseaux de financement des milices Antifa et Black Lives Matter. Et tout cela, sans pour autant chercher à les détruire.

 

Un dirigeant qui souhaiterait s'appuyer exclusivement sur le soutien populaire ne peut y parvenir que s'il anéantit méthodiquement les oligarchies. S'il n'en a pas les moyens, il doit, pour survivre, passer avec les oligarques des accords ménageant leurs intérêts en échange de leur soutien ou de leur neutralité. En ne voulant faire ni l'un, ni l'autre, Donald Trump s'est probablement condamné.

 

La suite des événements est difficile à prédire. La victoire de Biden est aussi celle de tous les oligarques précédemment cités, qui vont vouloir empêcher à tout prix la renaissance d'un mouvement démocratique conservateur. Puisque la démonstration d'une fraude massive n'aura pas empêché la victoire Démocrate, le nouveau pouvoir fera tout pour perpétuer et augmenter les possibilités de fraude. La confiance, déjà très faible, dans les élections américaines va se dégrader encore. Il est difficile d'imaginer comment les Républicains pourront jamais gagner une élection future.

 

Difficile – mais pas impossible pour autant. L'élection de 2020 a aussi montré que le mouvement démocratique conservateur, ou trumpisme, est trop fort pour être entièrement abattu par un pouvoir ami des oligarques. La moitié de la population américaine, dominante sur la grande majorité du territoire, refuse d'écouter ce que dit la presse officielle, est à l'abri de l'influence des réseaux mafieux et dispose de ses propres réseaux parallèles d'information et de communication. Cette moitié conservatrice de la population est armée, ce qui la rend difficile à réprimer.

 

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Bombardement de positions iraniennes à la frontière Syrie-Irak [012111/20] Version imprimable
Breaking News !
samedi, 21 novembre 2020

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa et Jules Mazouz ont participé à cette dépêche

 

Métula, samedi, 23h10, 22h10 à Paris

 

Il y a 40 minutes, à 22h 30 locales, des appareils non identifiés ont attaqué dix cibles iraniennes dans la région de Boukamal, en Syrie, sur la frontière syro-irakienne.

 

En plus de nos indicateurs, une source arabe et une autre, kurde du Rojava voisin, mentionnent également cette information.

 

Les objectifs visés sont des bases de la Force d’élite Qods [fars. : Jérusalem] de l’Armée de la théocratie iranienne et de ses supplétifs chiites irakiens, ainsi que des entrepôts d’armes et de munitions.

 

Ils sont situés sur l’autoroute iranienne en rouge sur la carte.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

Michaël Béhé n’est pas parvenu pour le moment à obtenir des bilans humains auprès des sources hospitalières dans la région.

 

Nous sommes cependant en présence d’une opération majeure, selon les indications qui parviennent au compte-gouttes à la rédaction de Métula.

 

A notre avis, c’est le Khe’l Avir qui a effectué ces raids, car aucun autre pays qu’Israël ne combat activement la présence des forces iraniennes en Syrie et leurs tentatives d’envoyer des armes au Liban et à la frontière de l’Etat hébreu.

 

 
Les photos des dégâts occasionnés en Syrie par le dernier raid israélien (011911/20) Version imprimable
Analyse
jeudi, 19 novembre 2020

 

Par Stéphane Juffa

 

Michaël Béhé, Jules Mazouz et Jean Tsadik ont participé à l’élaboration de cet article

 

Note : nous n’avons pas été en mesure de vérifier la suspicion que nous avons évoquée dans notre article d’hier selon laquelle un missile sol-sol aurait été tiré en direction d’Israël depuis la Syrie, puis abattu par la DCA de Tsahal. En conséquence du résultat de nos recherches, nous considérons cette éventualité comme "très peu probable".

 

Suite à l’article de Jean Tsadik d’hier (mercredi), dans lequel, assisté de nos camarades, il établissait l’inventaire des raids menés par le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, dans la nuit de mardi à mercredi, nous avons obtenu des photographies supplémentaires des dégâts occasionnés aux objectifs visés.

 

Ces images viennent s’ajouter à la photo still et à la vidéo montrant l’oblitération d’une batterie de missiles sol-air, que nous avons diffusées hier.

 

Sur la première image qui suit,  l’on voit le quartier général de la 7ème division de l’Armée gouvernementale syrienne dans le Golan.

 

Elle abritait également une partie des activités de planification et de commandement de l’unité d’élite de l’Armée de la théocratie iranienne, la Force Qods [fars. : Jérusalem].

 

Comme on le voit sur cette image AVANT/APRES le raid, le bâtiment a été totalement détruit jusqu’aux fondations.

 

Selon notre spécialiste Jean Tsadik, cette construction pouvait accueillir jusqu’à 130 personnes, mais il est probable qu’au moment de la frappe, son personnel avait été limité à une dizaine d’individus indispensables, dans l’attente d’une riposte de Tsahal suite aux explosifs découverts un peu plus tôt par l’Armée israélienne à proximité de sa frontière.

 

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Source : Armée de Défense d’Israël

 

Cette photo et les suivantes fournissent une évidence d’ordre de grandeur difficilement discutable relativement au bilan proposé par le chef de la Ména libanaise, Michaël Béhé, établissant à 36 morts et 52 blessés le nombre de militaires syriens, iraniens et des miliciens islamiques libanais et irakiens touchés dans les huit cibles visées mercredi par le Khe’l Avir.

 

Ces photographies et la description des fonctions remplies par les objectifs anéantis, ainsi que leur degré de désintégration, fournissent des données critiques quant au rapport de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme OSDH, en Angleterre, qui a fourni un bilan global non plausible de 10 morts.

 

Ces critiques s’étendent naturellement aux media – dont l’agence gouvernementale française d’information AFP -  et aux autres supports qui reprennent les indications fournies par l’OSDH, tout en pouvant raisonnablement constater qu’elles ne correspondent pas aux informations disponibles, que ceux qui les rédigent ne se trouvent pas au Moyen-Orient, et qu’ils servent la propagande et les intérêts de leurs sponsor, l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani. Ce parti pris non-professionnel contrevient au droit du public d’être informé le plus correctement possible. Et par des sources diverses et vérifiables.

 

Michaël Béhé indique que, durant les 36 dernières heures, le bilan des victimes des raids israéliens s’est alourdi et qu’il s’établit désormais à 42 morts.

 

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L’une des positions majeures de la Force Qods à Damas

Totalement anéantie

Service cartographique © Metula News Agency

Source : Armée de Défense d’Israël

 

L’image AVANT/APRES suivante est celle proposée par la société israélienne d’imagerie satellitaire ImageSat International. Elle montre le complexe de la "Maison de verre" ou Glasshouse, située sur l’aéroport international de Damas.

 

Ce très grand bâtiment accueille notamment le Quartier Général des forces iraniennes en Syrie.

 

[L’image et le commentaire qui suivent sont réservés aux abonnés de la Ména]

 

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Le détail des raids de Tsahal la nuit dernière en Syrie (021811/20) Version imprimable
Analyse
mercredi, 18 novembre 2020

 

Par Jean Tsadik

 

Dernières minutes : un "fixeur" (indicateur) de la Ména nous informe qu’un missile aurait été tiré soit par les Iraniens soit par les Syriens depuis le territoire syrien en direction d’Israël il y quelques minutes (après 19h locales mercredi) et qu’il aurait été intercepté par un missile anti-missiles de Tsahal au-dessus de la Syrie. Nous essayons de vérifier l’information. Si elle est avérée, cela déclencherait sans aucun doute une réplique extrêmement sérieuse de la part d’Israël.

 

Michaël Béhé et Jules Mazouz ont collaboré à cet article

 

Nous en savons davantage à propos des opérations entreprises par le Khe’l Avir [l’Armée de l’air israélienne] la nuit dernière en Syrie. Ces divers raids étaient la réplique de l’Armée israélienne à la découverte d’engins explosifs syro-iraniens le long de la frontière du Golan (la ligne Alpha), sur le territoire de l’Etat hébreu.

 

Les attaques ont ciblé huit objectifs, tous situés entre la frontière syro-israélienne dans le Golan et la capitale Damas.

 

Nous avons obtenu un film de Tsahal montrant l’oblitération de trois desdits objectifs. Ces images ont été tournées par des caméras infra-rouge pour la vision nocturne :

https://spokesperson.gincher.net/releases/l-qYuWe2WnzWVOvvsdgJO

 

Le quartier général de la 7ème division gouvernementale syrienne dans le Golan a été attaqué selon le porte-parole de Tsahal, Jonathan Conricus. Il accueillait des militaires iraniens de la force d’élite Qods [fars. : Jérusalem] de l’Armée de la théocratie de Téhéran.

 

Les frappes israéliennes ont également oblitéré des positions ainsi que des dépôts d’armes et de munitions de l’Armée iranienne entre le Golan et Damas, dans la zone de Qisswé et de Sayeda Zeineb, qui pullule d’installations de ce genre et qui sont régulièrement prises pour cibles par les Hébreux.

 

Le Khe’l Avir a aussi lourdement endommagé le quartier général de l’Armée iranienne en Syrie, situé dans le périmètre de l’aéroport international de Damas.

 

Dans la même région, il a visé un hôtel secret qui accueille les hauts responsables et les ministres iraniens lors de leurs séjours en Syrie. Selon des sources concordantes, les Israéliens ont choisi de ne pas anéantir ce site dans lequel séjournaient des hôtes, mais de le frapper en son extrémité. En agissant de la sorte, Tsahal indique que cet "appart-hôtel" n’est plus secret ; il ne peut dès lors plus être utilisé par les visiteurs de la "République" Islamique d’Iran durant leurs déplacements, ce qui va nécessiter de trouver un autre abri et de dépenser passablement de moyens afin de l’aménager. Or l’on sait que la théocratie persane se trouve en situation de banqueroute et que ses disponibilités en devises sont très limitées.

 

Les bombardiers du Khe’l Avir ont finalement ciblé et détruit deux positions de la Défense antiaérienne (DCA) gouvernementale, l’une près de l’aéroport, l’autre en plein sud de la capitale. Ces positions étaient équipées de rampes de missiles mobiles de la plus moderne des déclinaisons actuellement au service de l’armée de Bashar al Assad.

 

Plusieurs de leurs servants ont été tués ou blessés. Ils avaient tenté sans succès d’intercepter les appareils frappés de l’étoile de David qui ont ensuite mis hors de combat leurs batteries de missiles.

 

Neufs soldats et officiers syriens ont été tués lors de ces actions, ils appartenaient au 51ème régiment de Défense (anti) Aérienne. Les officiers morts sont le Major Darwish Shabib, le  Captaine Ali Shaheen, ainsi que le Lieutenant Nahed Mustafa. Les noms des sans grades n’ont pas été communiqués. Huit autre servants de ces batteries ont été blessés, dont deux grièvement (source Michaël Béhé).

 

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La batterie de DCA oblitérée au sud de Damas

Les arbres (ce ne sont pas des buissons) et les bâtiments cubiques de service au premier

plan donnent les proportions de l’explosion. Cette photo still est isolée de la vidéo

de Tsahal présentée en début d’article. Le visionnage de la vidéo permet de reconnaître

qu’il ne s’agit pas d’un dépôt de  munitions car il n’y a pas de seconde explosion

(celle des munitions). Et que tous les personnels qui se trouvaient à proximité

des rampes de missiles ont été soit tués soit (avec beaucoup de chance) blessés

 

Au total, les raids de la nuit dernière ont fait 36 morts, principalement dans les rangs des militaires iraniens de la Force Qods et de leurs supplétifs irakiens et libanais, ainsi que 52 blessés à des degrés divers. Des dizaines d’ambulances ont parcouru les zones des frappes jusqu’à deux heures après les raids.

 

Le gouvernement syrien reconnaît la perte de trois soldats et l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme OSDH, une filiale de la Télévision du régime qatari Al Jazzera [ara. : l’île, par référence à la péninsule arabique] installée en Angleterre, présentée par la presse française comme un media de l’opposition syrienne, dont l’AFP reprend les comptes-rendus tel quels, parle de dix morts.

 

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Importants raids de Tsahal en Syrie contre les forces iraniennes et celles du régime [011811/20] Version imprimable
Breaking News !
mardi, 17 novembre 2020

 

© Metula News Agency

 

Métula, nuit de mardi à mercredi, 05h00, 04h00 à Paris

 

Mardi matin, l’Armée israélienne avait découvert des engins explosifs dans le sud du plateau du Golan, près de la frontière entre Israël et la Syrie.

 

Ces Engins Explosifs Improvisés (EEI) se trouvaient du côté israélien de la frontière internationale [ligne Alpha] ; selon un communiqué de Tsahal ils y ont été placés par une escouade syrienne dirigée par des commandos iraniens

 

Ce matériel avait sans doute été dissimulé à cet endroit en prévision d’un coup de main ultérieur contre des militaires israéliens et/ou des ouvriers travaillant à la barrière de sécurité.

 

Les équipes d'ingénierie ont neutralisé les explosifs peu de temps après leur découverte. Il y a environ trois mois, l'Armée avait déjà déjoué une tentative de pose d'explosifs sur le même site.

 

En réponse à cette violation hostile de notre territoire, Tsahal a frappé cette nuit des cibles appartenant à l’unité d’élite du contingent iranien en Syrie, la Force Qods [fars. : Jérusalem] ainsi que des positions des Forces Armées Syriennes.

 

Au cours de l’attaque, des avions de combat du Khe’l Avir [l’Aviation israélienne] ont oblitéré des installations de stockage d’armes et de munitions, des quartiers généraux ennemis et des complexes militaires.

 

En outre, des batteries de missiles sol-air syriennes ont été anéanties.

 

Nous devons l’essentiel de ces informations au communiqué que nous avons reçu du porte-parole de Tsahal il y a quelques minutes. Lequel précise encore que l'Armée israélienne maintient un niveau d’alerte élevé et est prête à faire face à divers scénarios.

 

Il est exceptionnel que le porte-parole de l’Armée commente des activités réalisées en territoire ennemi. Dans son communiqué, toutefois, Tsahal ne donne aucune indication relativement aux régions qui ont été visées lors des raids de cette nuit.

 

A cet égard, c’est la Télévision gouvernementale syrienne ainsi que de l’agence de presse officielle du régime, SANA, et d’autres media officiels, de l’opposition et arabes, qui ont indiqué que les objectifs mentionnés par Tsahal se trouvaient dans la zone élargie de la capitale Damas.

 

Selon SANA, les chasseurs-bombardiers à l’étoile de David sont entrés en territoire syrien en survolant le Golan, ce qui est plausible.

 

Les sources œuvrant pour la dictature de Bashar al Assad, comme à leur habitude, ont mentionné qu’un grand nombre de missiles israéliens [sans doute des Dalila de dernière génération] avaient été abattus par la DCA gouvernementale. Ce que nous infirmons, comme à notre propre habitude, les systèmes de missiles déployés sur le territoire syrien ne possédant pas la capacité d’abattre des Dalila, non plus que les appareils qui les larguent.

 

Au vu de l’inventaire des objectifs et de leur diversité visés par le Khe’l Avir, il nous semble que nous sommes en présence d’une opération majeure. Nous n’avons toutefois aucun bilan humain pour le moment, et ne connaissons pas l’étendue des dommages infligés aux installations de l’adversaire. Nous tenterons de nous procurer ces informations ces mercredi et jeudi.

 

A 5h ce mercredi matin, la vie est normale dans le Golan israélien et dans le Doigt de la Galilée. Les habitants dorment profondément et ne savent rien de l’opération que leurs pilotes viennent de mener en Syrie.

 

 
Donald Trump et Israël (011611/20) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 16 novembre 2020

 

Radiona

 

Ecoutez l’émission : https://youtu.be/RAx_6KXiJVE  

 

Interview téléphonique du rédacteur en chef de la Ména, l’analyste stratégique Stéphane Juffa par le Dr. Olivier Katz :

 

Les deux hommes vont au fond des choses et sans langue de bois. Ils passent en revue :

 

- Le résultat des élections américaines et les soupçons de fraudes

 

- Le bilan de la présidence Trump pour Israël : un ambassadeur d’Israël à la Maison Blanche

 

- Le bilan global de la présidence Trump

 

- Ce que Trump peut faire jusqu’à la passation de pouvoirs en janvier

 

- Ce à quoi l’on peut s’attendre avec l’accession de Joe Biden à la présidence

 

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Olivier Katz et Stéphane Juffa

 

 
Tirs de roquettes sur la région de Tel-Aviv [011511/20] Version imprimable
Breaking News !
samedi, 14 novembre 2020

 

© Metula News Agency

 

Métula 03h46, 02h46 à Paris, dimanche

 

Stéphane Juffa, Jules Mazouz et Ilan Tsadik ont participé à cette dépêche

 

A partir de 02h09 ce dimanche matin plusieurs roquettes – 5 ou 6 semble-t-il – ont été tirées de la bande de Gaza en direction de la région de Tel-Aviv [Goush Dan] ainsi que sur Ashdod.

 

Il semble que la Fronde de David ait intercepté la plupart des tirs ennemis, mais certaines roquettes, comme celles que l’on voit sur deux des vidéos répertoriées dans cette dépêche, ont explosé dans des zones non habitées.

 

On n’annonce aucun blessé pour le moment.

 

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Une partie d’un missile intercepteur est tombée sur l’une des banlieues du sud de Tel-Aviv

 

Le Djihad Islamique Palestinien a revendiqué ces attaques arguant qu’il s’agissait de venger la mort de Baha Abu al-Ata, l’un des chefs de sa branche armée, éliminé par Tsahal à Gaza le 12 novembre 2019.

 

Le Djihad Islamique a annoncé que si Israël ripostait à ces tirs cela conduirait à un très sérieux embrasement de la situation.

 

Pendant ce temps, toutes les positions des milices dans l’enclave côtière ont été évacuées et les chefs des organisations terroristes islamiques ont pris le maquis dans la crainte de la riposte israélienne.

 

Laquelle riposte ne saurait tarder et elle prendra probablement des dimensions inhabituelles au vu de la gravité de la provocation.

 

Nos correspondants dans le Sud nous communiquent d’ailleurs que des chars Merkava ainsi que des obusiers autotractés font mouvement en direction de la bande de Gaza.

 

 

Les vidéos des attaques et des interceptions des roquettes :

 

https ://twitter.com/i/status/1327766470873419776

 

https ://twitter.com/i/status/1327767706515419137

 

https ://twitter.com/i/status/1327769240447946753

 

https ://twitter.com/i/status/1327772752267407361

 

https ://twitter.com/i/status/1327773377730408449

 

L’explosion d’une roquette tout près de l’autoroute no.4 :

 

https ://twitter.com/i/status/1327774065441042432

 

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Une autre roquette a explosé sur la plage de Palmakhim

entre Bat Yam et Ashdod

 

La vidéo du cratère causé par cette roquette :

https://twitter.com/i/status/1327778981521797120

 

Les rédacteurs de la Ména sont mobilisés.

 

 
Infiltration dans le Doigt de la Galilée en provenance du Liban-sud [011411/20] Version imprimable
Breaking News !
samedi, 14 novembre 2020

 

© Metula News Agency

 

Métula 20h15, 19h15 à Paris, samedi

 

Stéphane Juffa, Jules Mazouz et Yoshua O’Hanna ont participé à cette dépêche

 

Vers 18h30 locales, l’Armée israélienne a tiré plusieurs fusées éclairantes sur la région du Doigt de la Galilée où notre rédaction est implantée.

 

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Une photo prise depuis le kibboutz de Kfar Giladi

 

La zone éclairée était celle d’Hardov/Kfar Shuba (Liban), sur les contreforts du mont Hermon, dans laquelle Tsahal craignait une infiltration en provenance du Liban.

 

Notre équipe de Kiryat Shmona, alertée par le bruit provenant du tir des fusées, a réussi à filmer cette vidéo exclusive. La voix en hébreu est cette de notre reporter Yoshua O’Hanna :

 

https://youtu.be/iga6Yc7z1H0

 

Un suspect qui avait franchi la frontière israélo-libanaise a été arrêté peu après au pied d’Hardov, près du village de Radjar en Israël.

 

La frontière entre le Liban et Israël passe au milieu de Radjar. Mais tous les 3 000 habitants, à l’exception de la famille Soleiman, ont demandé et obtenu la citoyenneté israélienne au début des années 80, et le village est placé entièrement sous souveraineté israélienne et protégé par Tsahal.

 

Ce village est le seul de la secte alaouite dans l’Etat hébreu, à laquelle appartient le Président syrien Bashar al Assad. C’est cette minorité de 1.7 millions de personnes (sur 17 millions de Syriens) qui contrôle toutes les activités dans les zones gouvernementales.

 

L’interrogatoire du suspect est actuellement en cours et elle pourrait se prolonger.

 

 
Arménie-Azerbaïdjan, ou la guerre qui ne concernait personne (011211/20) Version imprimable
Analyse
jeudi, 12 novembre 2020

 

Par Jean Tsadik

 

La guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, ou Seconde Guerre du Haut-Karabagh est pratiquement terminée. Elle aura duré sept semaines, entre le 27 septembre et le 9 novembre, et se solde par une quasi-reddition de l’Arménie, immédiatement suivie d’une paix poutinienne, la Russie garantissant physiquement l’intégrité de ce qu’il reste de la République arménienne du Haut-Karabagh — aussi appelé Artsakh.

 

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Carte régionale des Etats

Le territoire représenté de la République du Haut-Karabagh qui apparaît sur cette carte

est celui qui existait jusqu’au 26 septembre dernier

Service cartographique © Metula News Agency

 

Ce qu’il reste de cette république est représenté sur la seconde carte. En fait, il s’agit de la zone rouge, qui s’étend encore sur les quatre cinquièmes de son territoire d’avant le 27 septembre.

 

Mais cette carte est trompeuse, en cela que l’Armée du Haut-Karabagh et l’Armée arménienne – qui ne forment pratiquement qu’une même entité – occupaient également les trois régions en bleu, celle de Kalbajar, celle de Lachin, et celle qui empiétait à l’Est sur une partie de l’Azerbaïdjan.

 

Ces régions servaient de zones de sécurité, de tampons, elles sont montagneuses et chichement peuplées – 600 habitants pour le Kalbajar et 1 900 pour Lachin, dont l’occupation assurait en outre la continuité géographique entre l’Arménie et le Haut-Karabagh [cartes].

 

Suite à la prise de la ville stratégique de Shusha (ou Chouchi) [carte], dimanche dernier par les Azerbaïdjanais, leurs patrons turcs et leurs mercenaires islamiques, la cause était entendue. La capitale du Haut-Karabagh, Stepanakert, n’était plus qu’à deux kilomètres du front et elle n’était pas défendable. Mais surtout, en poussant à l’Ouest sur 5km, les Azerbaïdjanais pouvaient couper le seul lien restant entre l’Arménie et le Haut-Karabagh, le Corridor de Lachin [trait orange sur la carte suivante].

 

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La carte du Haut-Karabagh redessinée par les hostilités

Service cartographique © Metula News Agency

 

Or si ce col de 5km à vol d’oiseau, mais bien plus long et tortueux au sol – je l’ai emprunté en 2008 à l’invitation de confrères arméniens – tombait, les 75 000 habitants de l’enclave qui s’y accrochaient encore – l’autre moitié l’ayant quittée pendant les combats – se seraient retrouvés totalement encerclés par leurs ennemis et menacés de génocide.

 

Plus encore du fait que ceux qui restaient étaient pour la plupart des combattants, au nombre de 50 à 55 000.

 

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Le point de contrôle de l’accès au corridor de Lachin

 

Il ne restait plus qu’à essayer de sauver les meubles, le Premier ministre de la République d'Arménie Nikol Pachinian demandait à Vladimir Poutine de négocier la fin des hostilités. Le Président russe, lors de discussions téléphoniques avec le président-dictateur de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev et celui de Turquie, Recep Erdogan, imposait sa solution, en leur précisant qu’il ne laisserait pas les forces azerbaïdjanaises poursuivre leur progression.

 

Un accord était signé le même jour par Poutine, Aliyev et Pachinian, dont voici la transcription en français :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Déclaration_de_cessez-le-feu_au_Haut-Karabakh_du_10_novembre_2020

 

L’accord est sécurisé par l’envoi d’une force russe de maintien de la paix, forte de 1 960 hommes, qui attendaient leur déploiement. Ce sont eux qui ont pris le contrôle de Shusha et du Corridor de Lachin. L’on voit sur cette troisième carte, diffusée par le ministère russe de la Défense, les emplacements des positions de l’Armée russe dans le Haut-Karabagh.

 

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Le déploiement de l’Armée russe, selon le ministère de la Défense à Moscou

 

On peut considérer que la nouvelle situation qui suit le cessez-le-feu sera définitive, et que ce qu’il reste de la République du Haut-Karabagh sera simplement rattaché à l’Arménie.

 

Le rideau est tombé. On fait la fête dans la capitale de l’Azerbaïdjan sur fond d’hystérie patriotique, pendant qu’à Erevan, on a sombré dans une dépression qui n’est pas près de s’atténuer. Dans la capitale arménienne, des émeutes ont éclaté, leurs participants protestant contre la reddition de leur pays.

 

Mais au-delà de la douleur, force est de constater que le Premier ministre Nikol Pachinian a pris la seule décision qui s’imposait, sauvant de ce fait si ce n’est l’honneur des Arméniens, du moins la vie de milliers d’entre eux.

 

Ce qui irrite à ce point les compatriotes de Pachinian, c’est qu’ils sont de meilleurs soldats que les Azerbaïdjanais, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Même à l’issue de cette guerre qu’ils viennent de perdre, ils ont infligé 3 500 morts à l’ennemi et n’en ont déploré "que" 1 500 à 1 700.

 

Et lors de la guerre précédente, aux mêmes motifs, entre 1988 et 1994, ils avaient tué 20 000 militaires adverses, un nombre quatre fois supérieur à leurs propres pertes, et s’étaient emparés de 14% du territoire azerbaïdjanais, y compris le Haut-Karabagh.

 

Mais en 1994, l’Arménie et ses trois millions d’habitants ne se battait "que" contre l’Azerbaïdjan et ses dix millions d’habitants. Certes, Bakou, important producteur de pétrole, bien plus riche, a toujours possédé du matériel plus nombreux et de meilleure qualité.

 

Restait que les deux armées étaient peu ou prou de même grandeur, autour des 250 000 hommes avec les réservistes. Et les deux pays ne disposaient que d’aviations désuètes, qu’ils étaient incapables de mettre à profit pour leur assurer un avantage décisif. Or dans ces conditions, l’Arménien est un meilleur combattant que l’Azéri, on le redit.

 

Mais en 2020, les cartes étaient faussées par l’alignement de la Turquie d’Erdogan aux côtés du Dictateur Ilham Aliyev, au nom d’une croisade musulmane à l’envers contre les infidèles chrétiens. Il est vrai que l’azéri, la langue que l’on parle à Bakou, est un dérivé du turc, et que les locuteurs de ces deux langues se comprennent très bien.

 

C’est tout. Pour le reste, la conquête préméditée du Haut-Karabagh et de ses environs, sans provocation de la part des Arméniens, fait partie du Djihad entamé par Recep Erdogan, celui qui se considère être le nouveau sultan et le successeur de Saladin à la tête des armées de l’islam. Celui qui a massacré les Kurdes du Rojava sans la moindre faute de leur part, et qui continue d’occuper une partie de leur territoire. Celui qui les bombarde fréquemment en Irak. Celui qui combat l’Armée régulière de Bashar al Assad au sud-est d’Alep. Celui qui clame que les Juifs sont responsables des tremblements de Terre. Celui qui occupe le tiers de Chypre et qui n’a de cesse de provoquer Nicosie et Athènes, les menaçant d’une guerre d’extermination et violant quotidiennement leurs eaux territoriales et leur espace aérien. Celui qui insulte le président français comme s’il s’agissait d’un gamin dévoyé dans une cour d’école. Celui qui mène le Djihad en Libye. Celui, enfin, qui affirme que l’Occident chrétien est en guerre contre les musulmans et qui menace les chrétiens européens d’instaurer l’insécurité permanente dans leurs villes.

 

Concernant Chypre, la Grèce et Israël, Erdogan devrait se tenir tranquille. Benny Gantz, le ministre israélien de la Défense vient à nouveau de rencontrer ses homologues cypriote et hellène à Chypre cette semaine, et notre alliance est en place, ce qui ferait payer au sultan un prix militaire exorbitant s’il se laissait enivrer par ses propres provocations et se livrait à la sottise de trop.

 

Rien à voir avec l’Arménie… l’un des pays les plus infortunés de la Planète. Petit, peu peuplé – 3 millions d’habitants – au point de ne représenter pratiquement aucune masse critique dans aucun domaine. Privé d’accès à la mer. Entouré de nations expansionnistes, islamiques ou en guerre, et privé par celles-là des deux tiers de son territoire historique, en Turquie, en Azerbaïdjan et en Géorgie. Doté d’une diaspora pâlotte de douze millions et demi d’Arméniens qui le soutiennent du bout des ongles ; il y a eu moins de mille volontaires de la diaspora venus prendre les armes pour défendre la mère patrie. Rien à voir avec la diaspora juive, à part en ce qui concerne sa dimension.

 

Un Etat qui, de la fin du XXème siècle à 2010 a connu l’exil d’un million de ses citoyens, harassés par la misère et la stagnation. Une nation qui doit, depuis 2010 – ce que peu de gens savent –, à la Russie, dont l’Armée est en permanence déployée pour la protection de ses frontières (mais pas celles du Haut-Karabagh jusqu’à maintenant) de ne pas être envahie par la Turquie, l’Iran et l’Azerbaïdjan. Un pays isolé, qui ne s’entend avec aucun de ses voisins, dont seuls 200km de ses 1 254km de frontières sont ouvertes. Encore qu’avec la Géorgie, un seul point de passage est praticable, car Tbilissi fait face au Sud à la révolte indépendantiste d’un petit territoire peuplé d’Arméniens, et craint l’influence d’Erevan dans cette dispute.

 

Arménie, un pays démocratique et chrétien. Confronté à une dictature violente installée en Azerbaïdjan, sous les traits de la népotie des Aliyev, qui a jeté des centaines d’opposants en prison où ils y pourrissent, depuis l’accession d’Heydar Aliyev au pouvoir, le père d’Ilham, en 1993.

 

Mais démocratique et chrétien, de nos jours, ne garantit aucune forme de solidarité ou de sécurité. On ne va pas risquer un affrontement avec un cinglé comme Erdogan et avec le monde musulman pour trois millions d’Arméniens qui ne mobilisent pas même leurs frères dispersés dans le monde.

 

Alors on ferme les yeux et on regarde ailleurs. La preuve ? Combien d’entre vous étaient au courant de ce que je suis en train d’écrire ? Dans la nouvelle relation media-pouvoir qui s’est instaurée dans les pays civilisés, il suffit de ne pas parler d’une situation pour qu’elle n’existe pas. Alors la presse occidentale et partant, européenne, si elle a bien relaté l’existence d’un conflit entre Bakou et Erevan, l’a fait de façon floutée, en mettant exagérément l’accent sur l’aspect humanitaire des choses. De façon à ne pas titiller les consciences, à ce que personne ne demande au gouvernement pourquoi on ne prend pas position. Pourquoi on n’aide pas des gens, un régime qui nous ressemble ? Pourquoi on ne résiste pas au Satrape Erdogan ? 

 

Reste que les media turcs n’ont pas forcément la même approche "modératrice" que leurs confrères occidentaux, et la communication par Internet ne connaît pas de frontières. Ainsi en France, le Mémorial du génocide arménien de Décines-Charpieu et le Centre national de la mémoire arménienne près de Lyon ont été profanés par des hordes de Loups gris, une organisation nationaliste turque au service de la politique d’Erdogan. Ces derniers s’en sont également pris, en bloquant une autoroute, à des Arméniens, avec une violence inouïe faisant plusieurs blessés.

 

A Paris, on n’a pas insisté. Sinon, il aurait fallu rapporter les propos peu avenants qui fleurissent dans la presse azerbaïdjanaise et turque à propos des chrétiens. Faire rejaillir les tensions musulmans-chrétiens, juste après l’affaire Samuel Paty, l’Arménie n’en valait pas la peine… Le 1er octobre, le Président  Macron a bien accusé la Turquie d'envoyer des djihadistes en Azerbaïdjan et il a demandé des comptes à Erdo. Mais il s’est montré aussi convainquant qu’au Liban et n’a pas tardé à s’effacer, se contentant d’envoyer un peu d’aide médicale à Erevan.

 

Pourtant Macron aurait dû insister, parce que face à l’Azerbaïdjan, l’Arménie avait toutes ses chances, mais contre l’ingérence de l’Armée turque, la seconde en taille au sein de l’OTAN en termes de matériel et de personnel, mieux valait déposer les armes.

 

Ankara a envoyé ses chasseurs F-16 combattre les chrétiens – à la Ména, nous citons les journaux turcs, nous n’avons pas de raisons particulières de protéger le régime semi-dictatorial d’Erdogan – arméniens, mais également des milliers de mercenaires ex-al Qaeda, ceux qui combattent au nom de l’islam sous le drapeau turc à Alep et dans le Rojava, des Libyens aussi, des canons, des missiles et des drones. De telle façon que le camp azerbaïdjanais pouvait se permettre des pertes bien plus significatives que les infortunés Arméniens. Et cela, lors d’une guerre de faible intensité comme cela a été le cas, change la donne. Les Arméniens avaient beau être de meilleurs soldats, face à un remake d’Alamo, ils ne pouvaient rien faire.

 

Ce, d’autant plus qu’Israël a également aidé, quoique pour d’autres motifs, la dictature des Aliyev, et croyez bien que je n’en suis pas fier ! Officiellement, l’Azerbaïdjan est le second plus gros client de l’industrie militaire des Hébreux, derrière l’Inde ; mais c’est sans compter avec les ventes réalisées en Arabie Saoudite et dans les Etats du Golfe, ce qui ne change rien au caractère mercantile et hideux de notre aide à une dictature contre une démocratie amie, avec laquelle nous partageons notre système de gouvernance.

 

De plus, les Arméniens que je connais m’ont assuré que "le matériel bleu et blanc a fait la différence, notamment au niveau des missiles d’attaque qui ont fait des ravages dans les positions des défenseurs du Haut-Karabagh". J’ai honte, particulièrement auprès des Israéliens d’origine arménienne, au nombre de 15 000, principalement à Jérusalem. Je ne pense pas que l’attitude d’un Etat démocratique doive uniquement répondre à des impératifs économiques, politiques ou stratégiques. Ce dont Israël a si longtemps souffert. Furieux de cette situation, Erevan a rappelé son ambassadeur à Tel-Aviv, et comme on comprend les Arméniens.

 

Il me faut aussi préciser que Bakou joue un rôle primordial dans le dispositif israélien face à l’Iran, et que l’Iran représente aujourd’hui et de loin la menace la plus prégnante qui s’exerce sur la sécurité de l’Etat hébreu. L’Azerbaïdjan des Aliyev, de par sa situation géographique, constitue l’un des alliés les plus utiles de Jérusalem dans son face-à-face avec les ayatollahs ; et dans ce genre d’équation, peu importe que l’allié soit démocratique on non. L’essentiel étant qu’il soit fiable.

 

On dit merci Poutine – un autre "grand démocrate" – d’avoir épargné au monde un deuxième génocide arménien après celui perpétré d'avril 1915 à juillet 1916, qui avait coûté la vie à 1.2 millions de civils arméniens de tous âges. Il est vrai que c’est la Russie, alors URSS, qui, en 1923, sous Staline alors secrétaire général du Comité central, membre du Politburo et de l'Orgburo, est à l’origine de ce conflit.

 

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Victoire probable de Biden, rupture certaine de l'Amérique (010611/20) Version imprimable
Analyse
vendredi, 06 novembre 2020

 

Par Amram Castellion

 

Introduction du rédac chef : On doit à Amram Castellion l’analyse de dimanche dernier intitulée "Elections américaines : analyse des votes par anticipation" ; dans cet article notre camarade affirmait que tous les sondages existants  - tous, dont certains pressentaient une avance à deux chiffres en faveur des Démocrates – se fourvoyaient totalement. Tous les media américains ayant pignon sur rue prévoyaient une "blue wave", une vague bleue, le bleu étant la couleur du parti Démocrate, caractérisée par une victoire de Joe Biden avec une avance moyenne de 8 à 12 pour cent.

 

Castellion avait basé ses propres estimations sur le comptage des votes anticipés des électeurs "affiliés" aux deux partis politiques. Ses prévisions étaient extrêmement proches de la réalité sortie des urnes, et s’il est probable que Donald Trump s’incline en définitive, ce sera sur le fil du rasoir, avec un écart de voix au plan national de l’ordre de deux pour cent.

 

Cet épisode de la lutte de la Ména pour la vérité, et de notre démarcation relativement à la pensée unique en favorisant la réflexion indépendante démontre deux choses : la première, et elle est lourde de conséquences, étant que, dans tous les pays démocratiques, les media sont de moins en moins crédibles. La seconde, et elle est réjouissante, c’est que la Ména, même si elle doit pour ce faire prendre le contre-pied de l’ensemble de la presse américaine, conserve intacte sa capacité de réflexion autonome, qu’elle ne craint jamais de la partager, et qu’elle a, jusqu’à maintenant, chaque fois eu raison de le faire.

 

           

Au moment où, dans la journée de mercredi, les résultats de six Etats clés – Pennsylvanie, Michigan, Wisconsin, Arizona, Nevada et Géorgie – ont commencé à évoluer rapidement d'une victoire nette de Trump, prévisible pendant la nuit, vers une victoire de son opposant Démocrate, l'atmosphère chez les militants Démocrates n'était pas à l'euphorie.

 

D'abord, parce qu'ils devaient admettre que les sondeurs, une fois de plus, avaient démontré leur incompétence. En pourcentage du vote populaire, Biden l'emporte d'environ 2 points. Toutes les prévisions, qui montraient un écart de 10 à 15 points, étaient ridiculement fausses.

 

Il apparaît nettement qu’en-dehors des grandes zones urbaines, le peuple américain continue à donner massivement son soutien aux Républicains.

 

Ensuite, parce que le rêve Démocrate d'un pouvoir absolu et éternel n'est pas encore à leur portée. Le Sénat, sans lequel on ne peut rien, restera [vraisemblablement Ndlr.] Républicain, même si la majorité ne sera probablement plus que de 51 contre 49. La Chambre gardera une très courte majorité Démocrate, les Républicains semblant bien partis pour les priver de 5 ou 6 sièges relativement à la dernière législature.

 

Le décompte des voix se poursuit au moment où j'écris et plusieurs des résultats par Etat seront contestés devant les tribunaux ; la victoire de Biden ne peut donc encore être considérée que comme probable et non certaine. Pourtant, même si les avocats Républicains parviennent à renverser le résultat dans un ou deux Etats charnières, Biden a dans trop d'entre eux une avance (certes très courte) pour qu'il soit très crédible d'envisager que les juges les renversent tous.

 

Cette victoire, si elle se confirme, non seulement ne mettra pas fin à la grave division interne dont souffrent les Etats-Unis, mais va l'intensifier davantage. Il y a à cela trois raisons.

 

Premièrement, même un candidat comme Biden, traditionnellement associé à la frange modérée du parti Démocrate, n'est pas parvenu à attirer les "indépendants" (on dirait chez nous les centristes), ni les Républicains modérés que Trump aurait pu effrayer. Il n'y a pas eu de synthèse Démocrate dans la société américaine ; et si la personnalité de Biden n'en a pas été capable, on voit mal qui pourrait jamais y parvenir.

 

Deuxièmement, le camp vainqueur est travaillé par des divisions presque aussi violentes que celles qui opposent Démocrates et Républicains. Au sein du parti Démocrate est apparue, pendant le mandat de Trump, une gauche révolutionnaire, qui n'a aucun respect pour les Démocrates modérés de papa, ceux que l’on appelle les "libéraux". Elle a la ferme intention d'écarter les libéraux du pouvoir et d'imposer à l'Amérique son programme extrémiste.

 

Cette gauche radicale jouit d’une aile violente : les mouvements Antifa et Black Lives Matter, qui terrorisent depuis le printemps dernier plusieurs villes Démocrates où ils brûlent, pillent et, à plusieurs reprises, assassinent dans une impunité presque totale. Elle dispose aussi d’une aile politique, avec des membres de la Chambre comme Ilhan Omar et Alexandria Ocasio-Cortez, qui soutiennent des positions communisantes en économie et radicalement pro-iraniennes, pro-vénézuéliennes et anti-israéliennes en politique étrangère.

 

L'alliance entre les libéraux et les gauchistes est indispensable pour maintenir une majorité Démocrate. Mais c'est une alliance contre nature entre des notables gestionnaires et des révolutionnaires qui ne rêvent que de pouvoir absolu et de modification radicale de la société. Elle ne peut que se transformer en conflit de plus en plus ouvert à mesure qu'avancera le mandat Biden/Harris. L'un des fronts les plus importants – et les plus mystérieux pour les observateurs – de ce conflit portera sur l'identité des gens qui influenceront le probable président Biden, un vieux monsieur en pleine perte de ses capacités cognitives, qui n'a assurément pas l'énergie ou la capacité nécessaires pour diriger seul le pays le plus puissant de la Planète.

 

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Joe Biden en campagne avec sa femme

 

Troisièmement, pendant que les Démocrates devront gérer leurs conflits internes, il sera par ailleurs probablement impossible aux modérés de passer une alliance, même tactique, avec les Républicains qui composent la moitié du pays. La raison en est simple : les conditions de la victoire de Biden, si elle se confirme, sont telles qu’il sera impossible aux vaincus de croire qu’elle a été obtenue à la loyale.

 

Le discours officiel est que les votes par correspondance, massivement favorables à Biden, sont venus progressivement annuler, dans cinq Etats, les bulletins physiquement déposés dans les urnes, qui donnaient initialement l’avantage à Trump. Ce discours officiel va être répété et répété jusqu’à ce que les Républicains n’osent plus rappeler ce qu’ils ont vu pendant trois jours. Mais l’examen des faits permet de poser quelques questions dont la réponse semble confondante.

 

D’abord, cet effet massif des votes par correspondance – qui ont changé le résultat de 10 à 15 points – n’est visible que dans les Etats clés, dont les Démocrates avaient besoin pour gagner. Il n’existe, par exemple, aucun Etat où les Démocrates aient gagné de 5 points le soir du 3 novembre, pour voir cet avantage grandir à 15 ou 20 points après l’arrivée des votes par correspondance.

 

Il n’existe pas non plus de petit Etat, produisant trop peu de grands électeurs pour intéresser l’appareil Démocrate, où une avance Républicaine de 10 ou 12 points se soit transformée miraculeusement en gain Démocrate d’un demi-point. L’ « effet massif du vote par correspondance » n’est visible que là où les Démocrates en avaient besoin. Il n’est par ailleurs visible que dans des Etats dont le gouverneur, qui contrôle l’organisation des élections, est Démocrate.

 

De plus, l’examen du dépouillement en temps réel montre que se sont produits des événements qui, statistiquement, ne se produisent jamais. Quand on examine les dépouillements du Wisconsin le 4 novembre, par exemple, on constate, immédiatement après une interruption du dépouillement pendant 4 heures, justifiée par le besoin de se reposer, l’ajout d’un coup de 139 889 voix pour Biden et de zéro pour Trump avant que la progression des deux courbes ne reprennent leur évolution préalable. C’est aussi crédible, dans un électorat partagé par moitié, que de dire que l’on a jeté une pièce 140 000 fois en l’air et qu’elle est toujours retombée du côté pile. [Dans le Wisconsin, sur trois millions deux cent mille suffrages exprimés, après le décompte de 99 pour cent d’entre eux, l’avance de Biden est de vingt mille voix. Ndlr.].

 

Un phénomène comparable a également été observé, là aussi après une petite sieste des dépouilleurs, dans le Michigan.

 

On doit l’observation de ce phénomène, ainsi que le graphique qui suit et qui le matérialise, au site américain FiveThirtyEight [ang.: 538] fondé par Nate Silver en 2008. Il s’agit d’un media en ligne fournissant une synthèse statistique des sondages d'opinions relatifs notamment aux élections présidentielles américaines. 538 représente le nombre des grands électeurs du Collège électoral des Etats-Unis. Ce media et son fondateur ne peuvent être soupçonnés de sympathies trumpistes, Silver étant un Démocrate déclaré, et 538 ayant fourni des sondages d’opinion aussi erronés que tous les autres en faveur de Biden avant ces élections. D’ailleurs, à ma connaissance, l’appareil Démocrate ne conteste pas ces phénomènes non plus que les relevés effectués par 538. [fivethirtyeight.com].

 

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Courbes du dépouillement dans le Wisconsin et le Michigan, le mercredi 4 novembre

 

Le fort soupçon de fraude qui naît à la lecture de ces courbes n'est pas dissipé par plusieurs scènes troublantes observées (et filmées) dans des bureaux de vote : observateurs Républicains jetés dehors, fenêtres obstruées par des cartons pour que personne ne puisse voir de l'extérieur ce qui se déroule, découverte de paquets de bulletins de 90% à 100% en faveur de Biden, en particulier, dans le cas d'un paquet de 23 000 bulletins dans le Michigan.

 

Tous ces faits permettent de déterminer avec une quasi-certitude que les résultats des élections sont entachés de fraudes massives commises par le camp Démocrate. Cela ne signifie pas nécessairement que Joe Biden n'aurait pas pu gagner à la loyale ; mais cela signifie presque certainement qu'aucune réconciliation n'est possible avec les Républicains.

 

Les Démocrates modérés sont donc condamnés à rester en mariage avec leurs alliés d'extrême gauche – et donc à leur faire des concessions dans le programme des lois et dans les nominations.

 

Il n'est d'ailleurs pas impossible que cet attelage acquière un jour tous les pouvoirs : une majorité Républicaine d'une seule voix au Sénat implique qu'il suffit de retourner un seul sénateur (par la conviction, la corruption ou le chantage) pour arriver à un Sénat à 50/50, dans lequel la vice-présidente, Kamala Harris, détiendrait la voix déterminante.

 

La Cour suprême est pour l'instant majoritairement Républicaine, mais elle ne pourra au mieux qu'annuler une loi de temps en temps sur un programme législatif massif, du type de celui défendu par l'équipe Biden pendant la campagne : augmentation massive d'impôts, attribution de la nationalité américaine à 11 millions d'immigrés, extinction progressive des industries d'hydrocarbures, etc. .

 

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Vienne : mise à jour de ce mardi matin (020311/20) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 03 novembre 2020

 

Métula 10h55, 09h55 à Vienne, mardi

 

Par Stéphane Juffa et Jules Mazouz

 

La Police viennoise n’en sait pas beaucoup plus ce mardi matin que ce qu’elle connaissait durant la nuit. Elle n’est toujours pas en mesure de comprendre ce qu’il s’est précisément passé, et notamment combien de terroristes exactement ont participé à l’agression, ni, surtout, quels étaient les objectifs qu’ils désiraient atteindre.

 

Ce que l’on peut dire en se basant sur les déclarations officielles est que cinq personnes sont mortes, dont l’un des terroristes, et deux femmes. Il y a en outre 15 à 17 blessés soignés dans les hôpitaux, dont 7 sont dans un état grave. Les personnes hospitalisées souffrent de blessures par balles et de coups de couteaux.

 

On sait, sur la base des indications fournies par Harald Sörös, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, qu’il y a eu six scènes principales de tirs, et que la première se situait aux abords immédiats de la synagogue principale de Vienne. Laquelle était fermée à clé et inoccupée au moment de l’agression. Toutes les scènes de tirs sont localisées dans le même périmètre, celui du premier arrondissement de la capitale autrichienne.

 

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La carte des scènes de tirs établie selon les informations du ministère de l’Intérieur

 

Les informations faisant état d’une prise d’otages ainsi que d’incidents survenus dans d’autres villes d’Autriche sont des fake news.

 

La Police a enjoint les Viennois de ne pas quitter leur domicile, et se livre à des fouilles méthodiques dans les appartements de la cité à la recherche de terroristes cachés. Les établissements d’enseignement sont fermés dans la capitale ce mardi. La Communauté israélite a décidé pour sa part d’interrompre toutes ses activités jusqu’à nouvel avis et a invité ses membres à ne pas quitter leurs domiciles.

 

Le Chancelier fédéral Sebastian Kurz [le chef du gouvernement] a souligné qu'il régnait une "situation sécuritaire très tendue, en particulier à Vienne, où plusieurs assaillants sont toujours en cavale, et que l'opération policière battait son plein".

 

Une vidéo montre un terroriste tirant sur un passant à bout portant au fusil-mitrailleur, avant de revenir sur ses pas pour lui administrer le coup de grâce à l’aide d’un revolver.

 

Par respect pour la victime nous avons choisi de ne pas reproduire ce document, mais ces images indiquent que le passant a tenté de surprendre le terroriste en ouvrant le feu à son passage, mais sans résultat probant : soit il a manqué sa cible, soit le calibre de son arme était trop petit, soit, encore, le terroriste était protégé par un gilet pare-balles.

 

Nous avons isolé une photo sur la vidéo montrant le moment où le terroriste "achève" sa victime à l’arme de poing, en floutant le malheureux par respect pour lui.

 

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Le terroriste en train d' "achever" le passant que nous avons flouté, à l'aide d'une arme de poing. On distingue un fusil-mitrailleur au niveau de sa taille

 

Le ministre autrichien de l'Intérieur, Karl Nehammer, a annoncé lors d'une conférence de presse donnée ce mardi matin que le terroriste que l’on voit sur la photo était un sympathisant de la milice terroriste de l'Etat islamique, et qu’il était équipé d'un fusil d'assaut et d'un mannequin explosif. Nous ajoutons aux déclarations du ministre : "ainsi que d’une arme de poing".

 

C’est la somme de ce que l’on pouvait dire ce matin à propos de cette agression terroriste islamique qui a frappé le cœur de Vienne. Il nous manque des informations capitales concernant les objectifs recherchés par le commando, notamment le fait de savoir si c’était la synagogue et les institutions juives qui étaient principalement visées, sur l’affiliation des terroristes, leur nombre précis, leur mode opératoire et les éventuels appuis dont ils ont bénéficié pour perpétrer leurs crimes.

 

Nous sommes également intéressés par le fonctionnement/disfonctionnement de la Police et de l’Autorité politique autrichiennes, qui paraissent toujours nager dans l’inconnu, 15 heures après l’attaque de leur capitale. Elles se livrent à des vérifications systématiques, sans se montrer capables d’exploiter les informations en leur possession.

 

 
Attaques terroristes à Vienne (suite)(010311/20) Version imprimable
Breaking News !
lundi, 02 novembre 2020

 

Métula 01h55, 00h55 à Vienne

 

Par Stéphane Juffa et Jules Mazouz

 

L’incident n’est pas terminé et la Police viennoise ne communique pas de détails sur les opérations en cours. Nous savons qu’il a débuté à 20h15 locales environ (lundi) par une fusillade à proximité de la synagogue principale de Vienne.

 

Les tirs ont cessé il y a environ une heure et demi, mais les forces de l’ordre restent puissamment déployées dans tout le 1er arrondissement, en plein cœur de la capitale autrichienne.

 

Il y a au moins trois morts confirmés : un terroriste, un policier et un passant. D’autre part, les hôpitaux font état de quinze blessés dont sept sont dans un état grave.

 

Six ou sept autres terroristes ont été appréhendés, et trois sont encore en fuite, activement recherchés par les forces de l’ordre.

 

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La Police autrichienne en train de fouiller des suspects, cette nuit à Vienne

 

Il s’agit d’une agression de terroristes islamiques, qui visaient six objectifs dans le centre de Vienne : Morzinplatz, Salzgries, Seitenstettengasse, Graben, le marché fermier et celui de la viande. Les terroristes étaient armés de fusils-mitrailleurs, probablement des Kalashnikovs, et ont tiré des dizaine de balles.

 

Des échanges de feu se sont également produits dans la Judengasse [all. : la rue des Juifs], dans laquelle est situé le centre de la communauté israélite viennoise. Nous ne sommes cependant pas capables, non plus que la Police et les media autrichiens, de confirmer au-delà du doute possible que ces bâtiments de la communauté israélite étaient directement visés par les terroristes. La synagogue était fermée à clé et inoccupée au moment de l’attaque.

 

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La photo du terroriste abattu par la Police

 

Une vidéo obtenue par un media israélien montre un terroriste tirant sur le passant (mort) à bout portant au fusil-mitrailleur, avant de revenir sur ses pas pour lui administrer le coup de grâce à l’aide d’un revolver.

 

Par respect pour la victime nous avons choisi de ne pas reproduire ce document, mais on distingue sur ces images que le passant a tenté de surprendre le terroriste en ouvrant le feu à son passage, mais sans résultat probant : soit il a manqué sa cible, soit le calibre de son arme était trop petit, soit encore, le terroriste était protégé par un gilet pare-balles.

 

Nous attendrons demain afin de prendre connaissance des détails des événements de cette nuit. Il nous apparaît d’ores et déjà cependant que les terroristes ont manqué leur affaire, car deux tués – sans avoir atteint une personnalité connue - pour un commando d’une dizaine de terroristes lourdement armés ayant attaqué six objectifs, la moisson est maigre.

 

A l’heure d’interrompre temporairement le suivi du déroulement de cette agression, nous avons bien plus de questions sans réponses que d’éléments nous permettant de comprendre quel était l’objectif stratégique ou tactique de ces terroristes et pourquoi ils ne l’ont pas atteint.

 

Le Chancelier fédéral Sebastian Kurz, interviewé par nos camarades de la chaîne TV autrichienne oe24.TV il y a quelques minutes à peine, n’en sait visiblement pas plus que nous à ce sujet.

 

 
Attaque d’une synagogue en plein cœur de Vienne (020211/20) Version imprimable
Breaking News !
lundi, 02 novembre 2020

 

Métula 22h15, 21h15 à Vienne

 

Par Stéphane Juffa et Jules Mazouz

 

En ce moment même un grave événement se déroule autour d’une synagogue en plein centre de Vienne, la capitale autrichienne, non loin de la place de Suède.

 

On entend des coups de feu et l’on assiste à un déploiement à grande échelle de la Police.

 

Regarder les premières images de l’incident :

https://twitter.com/i/status/1323348213097730050

 

La station de métro Schottenring a été bouclée par des agents de l'unité spéciale Wega. Au moins un homme aurait été grièvement blessé – certaines sources annonçant déjà son décès, et plusieurs autres sont blessés.

 

Les sources que nous avons jointes sur place font état de plusieurs terroristes, dont un aurait actionné une ceinture explosive. Mais nous n’en avons pas confirmation.

 

Un énorme embouteillage s'est déjà formé sur l’avenue de l’Empereur François-Joseph.

 

D’autres sites, notamment le centre communautaire israélite, pourraient faire l’objet d’autres agressions simultanées. Des sources parlent aussi de restaurants qui subiraient des agressions.

 

Ce qui est sûr est que la Police est à la poursuite de plusieurs suspects.

 

 
Elections américaines : analyse des votes par anticipation (010211/20) Version imprimable
Analyse
lundi, 02 novembre 2020

 

Par Amram Castellion

           

Deux jours avant les élections américaines, chacun des deux camps semble confiant de la victoire à venir. Cette situation est assez rare : le plus souvent, à ce stade, la victoire de l'un des deux camps paraît probable même à l'autre. Les victoires de Bush en 2004 et d'Obama en 2008 et 2012 étaient anticipées ; et même si la réalité a prouvé le contraire, la plupart des Républicains estimaient en 2016 qu'Hillary Clinton avait toutes les chances de gagner. Il faut remonter vingt ans en arrière, aux élections de 2000 (qui se sont décidées à un cheveu dans un seul Etat), pour retrouver une situation où l'optimisme était également partagé des deux côtés.

 

En conséquence de cet optimisme partagé, il faut d'ores et déjà s'attendre à ce que cette élection connaisse un taux de participation exceptionnellement élevé. D'ores et déjà, dimanche 1er novembre à midi, le nombre d'Américains qui avaient voté par anticipation était de 84 millions, soit 62% du nombre total des électeurs en 2016. Ce montant inclut à la fois les votes par correspondance (l'électeur envoie son bulletin de vote par la poste) et les votes en présence (il se déplace pour aller au bureau de vote, mais le fait avant le jour de l'élection).

 

Ces votes par anticipation permettent dès à présent d'observer certaines tendances de fond qui auront un impact sur l'élection. On ne sait naturellement pas pour qui ces électeurs se sont prononcés : le dépouillement est interdit avant la clôture des bureaux de vote, mercredi 3 novembre à 20 heures.

 

Mais les technologies actuelles du "big data" permettent, avec quelques heures à peine de décalage, de connaître le profil de ceux qui ont voté. En particulier, on peut savoir combien d'électeurs, parmi ceux qui ont déjà voté, se sont enregistrés dans leurs bureaux de vote comme Démocrates, Républicains ou indépendants. Cette pratique de l'enregistrement n'a pas d'équivalent en Europe, mais a une grande importance dans la culture politique américaine : de 80 à 90% des électeurs, selon les Etats, choisissent de se définir comme appartenant à l'un des deux partis. Dans cette analyse, nous les décrirons comme les "affiliés".

 

Cela n’empêche évidemment pas des "affiliés" de voter pour l'autre parti s'ils le souhaitent, mais leur permet de recevoir en priorité la littérature de leur parti de rattachement et, dans la plupart des Etats, de participer aux primaires qui désignent le candidat de ce parti. L'analyse des données relatives aux électeurs qui ont déjà voté est réalisée, entre autres, par le site Targetsmart. Elle permet d'affiner les pronostics sur la probabilité respective de victoire des deux candidats.

 

A l’avant-veille du scrutin, à l'échelle du pays, 48,1% des électeurs "affiliés" sont des Démocrates ; 41,7% des Républicains ; et 10,2% des indépendants. Cela signifie-t-il que la victoire de Biden est inévitable ? Non, pour trois raisons :

 

D'abord, les Démocrates ont donné instruction à leurs électeurs, pendant la campagne, de voter autant que possible par correspondance, donc par anticipation, pour réduire le risque d'infection par le Covid-19. Les Républicains, eux, ont insisté sur le vote en présence, moins susceptible de se perdre ou de faire l'objet de fraude. A mesure que l'on se rapproche de la clôture des bureaux, le pourcentage de Républicains devrait donc augmenter, même si personne ne peut dire de combien.

 

Ensuite, la répartition par affiliation ne se traduit pas exactement dans le vote : les indépendants ne se répartissent pas également entre les candidats ; il y a des Républicains qui votent pour le candidat Démocrate, et l'inverse. A titre d'exemple, les Démocrates avaient une avance de 5,5 points sur les Républicains parmi les électeurs "affiliés" de 2016 (48,2% contre 42,7%). Or, au total des suffrages exprimés, Hillary Clinton n'a obtenu que 2,1 points de plus que Donald Trump : 48% contre 45,9%.

 

Enfin et surtout, le total des voix exprimées à l'échelle nationale n'a, par lui-même, aucune importance dans la désignation du vainqueur : l'important est ce qui se passe dans la minorité d'Etats où la majorité de l'un ou l'autre parti n'est pas assez grande pour que le résultat soit acquis d'avance.

 

Trente-six Etats sont considérés aujourd'hui comme acquis d'avance à l'un des deux candidats.

 

Biden remportera, quoi qu'il en soit, Hawaii, les trois Etats de la côte Ouest, le Nouveau-Mexique, l'Illinois, le Maryland, le New Jersey, New York et quatre des cinq Etats de Nouvelle-Angleterre (seul le New Hampshire est incertain). Ces Etats sûrs lui garantissent d'ores et déjà 210 des 270 grands électeurs nécessaires pour être élu président.

 

Trump, lui, a dans la poche la plus grande partie des Etats ruraux du centre de l'Amérique, le vieux Sud et l'Alaska, qui lui assurent 126 grands électeurs.

 

Quatorze Etats sont compétitifs, pour un total de 202 grands électeurs : l'Arizona, le Colorado, la Floride, la Géorgie, le Michigan, le Minnesota, la Caroline du Nord, le New Hampshire, le Nevada, l'Ohio, la Pennsylvanie, le Texas et le Wisconsin. C'est donc sur ces Etats qui nous devons concentrer nos analyses.

 

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La carte des résultats de cette élection en fonction de notre analyse

 

La suite de cette analyse ne fera, délibérément, aucune référence à aucun sondage. Les sondeurs américains ont largement montré leur faiblesse en 2016. Cette année, les résultats qu'ils fournissent pour un même Etat varient parfois de plus de 15 points. Nous faisons donc l'hypothèse que les résultats que l'on peut extraire des votes par anticipation sont plus fiables que les sondages. Cela est vrai, en tout cas, lorsque le nombre des votes par anticipation déjà exprimés se rapproche du nombre total des voix exprimées en 2016. Par ailleurs, nous tiendrons compte, Etat par Etat, des écarts historiquement constatés entre l' "affiliation" des électeurs et le résultat du vote. Par convention, nous ferons l'hypothèse que les indépendants se répartissent à 50/50 entre les deux candidats et expliquerons ces écarts par des Républicains votant Démocrate, ou l'inverse.

 

Cette méthode fait d'abord apparaître quelques bonnes nouvelles pour le Président Trump. Au Texas, où plus d'électeurs ont déjà voté que le nombre total d'électeurs de 2016, les affiliés Républicains représentent 50% des voix déjà exprimées, contre 39% d’affiliés Démocrates. De plus, l'expérience de 2016 montre que le résultat final n'est pas très différent de la répartition des appartenances politiques : Trump avait gagné l'Etat avec 9 points d'avance sur Hillary Clinton avec un électorat les affiliés Républicains dominaient de 10 points. Vu le grand nombre des électeurs déjà exprimés, on peut sans risque ajouter 38 grands électeurs au score de Trump.

 

Même conclusion, à peine plus fragile, en Floride. Au niveau du nombre des affiliés, les Républicains n'y devancent les Démocrates que d'un point (47% contre 46%) alors que le nombre des électeurs exprimés atteint 85% du total de 2016. Mais la Floride est un Etat qui compte beaucoup d’affiliés Démocrates votant pour Trump : en 2016, il avait gagné l'Etat de 1,2 point, alors le nombre des affiliés Démocrates était supérieur de 5,4 points aux affiliés Républicains parmi les électeurs. Cette marge de 6 points est suffisante pour prédire une victoire de Trump dans l'Etat et 29 grands électeurs supplémentaires.

 

Enfin, Trump est presque certainement en avance dans l'Ohio. En 2016, il avait gagné l'Etat avec une avance de 8 points alors que les affiliés Républicains avaient moins d'un point d'avance parmi les électeurs exprimés (48% contre 47% pour les Démocrates). Quatre ans plus tard, alors que le nombre des suffrages exprimés a atteint 55% du total de 2016, les affiliés Républicains ont une avance de 6 points. Il est donc raisonnable d'attribuer à Trump les 18 grands électeurs de l'Etat.

 

Il y a aussi de bonnes nouvelles pour Biden.

 

Au Colorado, avec une très forte participation, les affiliés Démocrates ont 5 points d'avance sur les Républicains parmi les électeurs exprimés (48% contre 43%). C'est moins que la répartition finale en 2016 (7,7 points d'avance pour les Démocrates) ; mais l'Etat avait été gagné avec un écart de 5 points. Biden y reste donc largement favori, avec 9 grands électeurs à son compte.

 

Son avantage est plus fragile dans le Minnesota. Alors qu'un peu plus de la moitié du nombre des électeurs de 2016 a déjà voté, les affiliés Démocrates ont 14,5 points d'avance sur les Républicains (46% contre 31,5% des exprimés). Mais cet Etat compte un nombre exceptionnellement élevé d’affiliés Démocrates votant Trump : en 2016, Hillary Clinton ne l'avait emporté que de 1,5 point alors que l'avance des affiliés Démocrates parmi les électeurs était déjà de 14 points. Nous attribuons cet Etat et ses 10 grands électeurs à Biden… mais avec un risque plus élevé qu'ailleurs de surprise.

 

Pour deux Etats importants pour Biden, les données ne sont pas suffisantes pour tirer une conclusion. Au New Hampshire, qu'Hillary Clinton avait emporté de justesse (46,8% contre 46,5%), seuls 22% du nombre des électeurs ont déjà voté. Les affiliés Démocrates y sont très majoritaires (54% contre 34%), mais l'échantillon, presque exclusivement urbain, est trop limité pour en tirer des conclusions. Au total, Biden y a probablement l'avantage, du fait d'une culture propre à la Nouvelle-Angleterre qui est généralement très hostile à la personne de Trump. Nous lui attribuons les 4 grands électeurs, tout en reconnaissant que cela ne s'appuie pas sur des données chiffrées suffisantes.

 

Pour la Pennsylvanie, les données ne sont pas suffisantes non plus : seuls 37% du nombre des électeurs de 2016 se sont déjà exprimés. Mais parmi eux, les affiliés Démocrates possèdent une majorité écrasante : 62% contre 30%. Dans les comtés urbains de l'Est, dont la culture est proche de celle de la Nouvelle-Angleterre, le vote Démocrate dépasse pour l'instant 90% des suffrages exprimés, 5 points de plus qu'en 2016. Cependant, les Républicains investissent énormément d'efforts pour faire voter l'Ouest de l'Etat. La culture y est plus proche de celle du Midwest et de la ceinture industrielle ; les habitants y ont très mal pris l'annonce de Biden déclarant qu'il voulait faire progressivement disparaître l'industrie pétrolière. Quand les résultats de ces cantons arriveront, Trump remontera rapidement. Nous considérons cet Etat comme trop serré pour faire des prévisions ; l'énergie que mettent les deux campagnes pour l'emporter semble prouver qu'elles non plus n'y voient pas clair.

 

Trump est en revanche en avance dans deux Etats du Sud. Il avait remporté de 5 points la Géorgie (16 grands électeurs) en 2016, alors que la répartition de l'électorat "affilié" donnait aux Républicains un avantage de 10 points. Alors que plus de 92% du nombre des électeurs de 2016 a déjà voté, cet avantage Républicain n'est plus que de 7 points, mais reste suffisant pour prédire sa victoire, même si, comme il y a 4 ans, 5% de l'électorat se révélait être composé de Républicains votant Démocrate. En Caroline du Nord, où la même proportion d'électeurs a déjà voté, les Républicains avaient remporté l'Etat de 3,5 points en 2016 alors qu'ils étaient 10 points derrière parmi les électeurs exprimés (43% contre 53%). Quatre ans plus tard, cet avantage Démocrate est réduit à un seul point. Comme le phénomène des Démocrates pour Trump n'a pas pu passer de 13 points à 0 en si peu de temps, nous attribuons l'Etat et ses 15 grands électeurs à Trump.

 

A ce stade, nos calculs donnent donc 237 grands électeurs à Biden contre 242 à Trump, la Pennsylvanie ne pouvant pas être décidée. Continuons : les cinq Etats qui restent à étudier sont tous assez complexes.

 

En Arizona (11 grands électeurs), Trump l'avait emporté de 3,5 points en 2016. Oui, mais… les électeurs affiliés Républicains avaient une avance de 7 points dans le total exprimé. Alors que plus de 90% du nombre des électeurs de 2016 a déjà voté, l'avance Républicaine parmi les électeurs exprimés n'est plus que d'un demi-point. Si la proportion des Républicains votant Démocrate reste la même, l'Etat devrait changer de bord et passer à Biden.

 

Au Nevada (6 grands électeurs), la situation est exactement inverse. Clinton avait emporté cet Etat de 2,5 points… mais les affiliés Démocrates avaient une avance de 6 points parmi les électeurs exprimés. Alors qu'autant d'électeurs ont déjà voté cette année que pour toute l'élection de 2016, cette avance n'est plus que de 0,2 point. Si le nombre des Démocrates pour Trump, qui représentaient alors 3,5% de l'Etat, n'a pas été réduit à zéro, Trump devrait l'emporter.

 

En Iowa, le nombre des électeurs exprimés représente pour l'instant moins de 60% du total de 2016. Cependant, Trump avait remporté l'Etat avec un écart de 9 points en 2016 (51% contre 42%) alors même que la répartition des électeurs "affiliés" entre partis était presque inverse : 52% de Démocrates contre 41% de Républicains. Or, à ce jour, les Démocrates n'ont plus que 4,5 points d'avance : 46,5% de Démocrates contre 42% de Républicains. Même si la proportion des Démocrates pour Trump était quatre fois plus faible qu'il y a 4 ans, Trump l'emporterait.  Nous attribuons donc les 6 grands électeurs de l'Iowa à Trump.

 

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Flèche mortelle ou la fixation de Kokhavi (012810/20) Version imprimable
Analyse
mercredi, 28 octobre 2020

 

Par Jean Tsadik

 

Hier soir (mardi), un peu avant 23h, le Doigt de la Galilée a été secoué par deux énormes explosions séparées par moins de deux secondes. Les détonations furent si puissantes que la terre et les maisons tremblèrent, et qu’on les a ressenties de Métula au sud de Rosh Pina, en passant par le plateau du Golan, soit dans un carré de 35km de côté.

 

S’ensuivit un lourd silence, du genre de ceux qui s’imposent lorsque l’on a été soudainement ramené à une réalité que l’on tentait d’oublier. La question que tous les habitants, juifs, arabes, druzes, alaouites, bédouins, kibboutzniks et moshavniks compris, sans oublier les Libanais, immédiatement de l’autre côté de la frontière, se sont posés : s’agit-il d’un exercice de Tsahal ou de deux roquettes du Hezbollah ?

 

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A Naqoura, au Liban, Israéliens et Libanais cherchent des solutions consensuelles

 

Dans le premier cas, on va pouvoir aller se coucher comme si rien n’était advenu. Dans le second, on va aller dormir dans la chambre blindée, en se préparant mentalement à y passer la nuit durant les prochaines semaines. Comme si la Covid, le chômage, les restrictions ne suffisaient pas, et qu’en plus on allait se taper une guerre.

 

S’égrènent les secondes. Si l’on entend une sirène ou un avis par haut-parleur, c’est mauvais signe. Si le silence perdure, c’était un exercice. On appelle un ami "qui sait", même si personne ne sait. Le téléphone de la Ména doit retentir sans arrêt mais on ne le soulèvera pas, parce qu’évidemment, nous n’avons pas d’information, nous sommes à la même enseigne que tout le monde : dans l’expectative. Nous ne sommes pas là pour atténuer les angoisses des gens mais pour les informer. Jouer les psys est non seulement harassant, cela nous empêche aussi de faire notre travail. Or la responsabilité est lourde, s’agissant de pouvoir répondre le plus rapidement possible à la question posée. Et de façon certaine, pas à l’instinct.

 

Passent trois minutes. Nous avons la réponse : c’est un exercice. Si cela n’était pas le cas, la région serait en branle-bas de combat, et les Merkava, situés à 50m en amont de la rédaction, s’agiteraient dans toutes les directions.

 

Un grand exercice se déroule depuis dimanche, baptisé "Flèche mortelle". En fait, ce sont des manœuvres de grande ampleur. Y "participent différents quartiers généraux, des forces régulières et de réserve, y compris l'Armée de l'air, la Marine et les forces terrestres, ainsi que la direction du Renseignement, la direction de la technologie et de la logistique et la direction de la cyberdéfense" précisait le communiqué de Tsahal. Du très lourd.

 

Cela devrait se terminer demain après-midi. Les militaires de tout le pays sont en effervescence, davantage d’avions et d’hélicos dans le ciel, de chars et de camions sur les routes, et de mouvements de frégates et de sous-marins dans les ports.

 

Tout s’anime, mais dans le Doigt de la Galilée, nous peinons à différencier les effets de l’exercice avec notre réalité quotidienne. L’entraînement avec les opérations de guerre. C’est voulu. En fait, entre le trafic quotidien des chasseurs bombardiers et des drones sur nos têtes et ceux de "Flèche mortelle", il n’y a aucune différence.

 

Il y en a une pour les miliciens du Hezbollah, qui voient les F-16 s’ "amuser" à simuler des attaques sur leurs positions. Ils passent tellement près que les pilotes peuvent les saluer de la main.

 

C’est tellement voulu, que Tsahal a inauguré la semaine dernière un site d’entraînement permanent suivant un concept révolutionnaire.

 

La première innovation consiste en cela que "Forêt de Galilée", c’est le nom du site d’entraînement, a été établi à seulement 300 mètres de la frontière libanaise.

 

"Le complexe est calqué sur un village libanais, utilisant des renseignements détaillés et une analyse minutieuse du territoire ennemi.

 

Il comprend une zone d'entraînement pour le combat en terrain urbain et pour le combat dans des structures souterraines, la capacité d'exercices de tir réel et d'exercices tactiques sous la canopée, une interface de formation logistique, des champs de tir, des sites d'entraînement aux explosifs, des capacités d'entraînement des véhicules blindés de combat, ainsi que la formation en terrain montagneux", a annoncé Tsahal.

 

Le fait que les exercices se déroulent à balles réelles et à portée de fusil du Hezbollah oblige les soldats à les considérer avec le plus grand sérieux, ainsi qu’à être prêts à répondre à une vraie attaque à n’importe quel moment. C’est presque génial.

 

C’est ce qu’à Tsahal on appelle "une réponse innovante à une transition rapide de la routine à l'urgence sur le front libanais".

 

Le projet a été établi en moins d'un an à la suite des leçons tirées des événements de l'année précédente. C'est plus qu’un moyen de former les forces aux conditions exactes du combat au pays des cèdres. C’est pratiquement "être au Liban". Sans compter que cela améliore les capacités de l'Infanterie à déployer rapidement et efficacement des troupes et/ou des renforts sur le champ de bataille en cas de besoin. Puisque le plus clair du temps, des centaines d’hommes armés, munis du meilleur matériel à disposition, journalièrement testé au "combat", et abondamment dotés en munitions se trouveront déjà à 300 mètres des premières positions ennemies.

 

La confusion entre la vraie guerre et l’exercice, y compris l’explosion d’énormes obus au milieu de la nuit, c’est encore une idée d’Aviv Kokhavi, le "nouveau" chef d’état-major. Il expérimente et peaufine notre capacité offensive, c’est son idée fixe : en cas de conflit, écraser l’ennemi syrien, iranien, chiite libanais sous un déluge de bombes d’une précision démoniaque afin de l’empêcher de respirer. Détruire l’essentiel de ses capacités de nuisance dans la première demi-heure de la confrontation, sur l’ensemble des deux fronts du Nord, Syrie et Liban.

 

Par rapport à l’explosion du port de Beyrouth cet été, qui avait détruit ou endommagé 200 000 édifices, ce que Kokhavi réserve au Hezb et à ses alliés en cas de provocation, c’est Armageddon, la fin du monde. Non pour anéantir le Liban, naturellement, mais pour ôter de la tête du Hezb l’idée d’essayer de nous faire la guerre.

 

L’approche de Kokhavi est prophylactique. Mais pour que cela fonctionne, il faut que notre menace soit tangible et qu’elle puisse être déclenchée quasi-immédiatement. Qu’il s’agisse d’une offensive de Tsahal ou, et c’est largement plus délicat, si c’est l’ennemi qui a pris l’initiative de déclencher un conflit. Si l’on mise sur la dissuasion, elle doit être efficace. C’est une nouvelle approche. Avant Kokhavi, Tsahal manquait d’armes qui font mal très vite et qui enlèvent à l’adversaire l’envie de se battre avec nous.

 

C’est réparé. On a dit à Kokhavi que ce n’était pas le moment, que le virus avait vidé les caisses de l’Etat. Il a répondu que ce n’était pas son problème. On lui a demandé de réduire les coûts des exercices en se contentant de faire appel aux unités régulières. Il a dit non, que ce qu’il importait, c’était précisément la préparation des forces de réserves, et il a mobilisé des milliers d’hommes. De toutes façons, ils étaient confinés chez eux avec interdiction de s’éloigner de leur domicile, autant que cette situation serve à quelque chose..

 

On lui a dit qu’il était impensable de réaliser un exercice de cette importance en pleine épidémie et confinement généralisé, et que cela allait occasionner des milliers de nouveaux cas parmi les soldats. Kokhavi a répondu que le Hezbollah et les Iraniens étaient également au courant de cet élément pondérable, et que c’était précisément pour cela qu’il fallait s’entraîner. Il a demandé qu’un volet de l’exercice consistât à déterminer et à appliquer des mesures préventives efficaces empêchant la contagion, ce qui a été fait et intégré dans "Flèche mortelle".

 

Sous les ordres de son chef d’état-major hors du commun, Tsahal se prépare comme si la pandémie n’existait pas et comme s’il n’y avait pas de crise politique. Kokhavi a su au contraire tirer parti des frasques de Netanyahu ; à part Benny Gantz [le ministre de la Défense], qui vient régulièrement observer les choses sur le terrain, le gouvernement ne se mêle pas des affaires de l’Armée. Et elle ne se mêle pas des siennes.

 

Parallèlement aux coûts et aux problématiques, il y a aussi plein d’avantages à organiser des manœuvres de la taille de "Flèche mortelle". D’abord, l’on est certain que pendant qu’elles durent, le Hezb et les Iraniens se tiendront tranquilles, le contraire serait suicidaire. Ensuite, chaque exercice à l’échelle nationale de ce type peut cacher la préparation d’une vraie offensive ; l’antagoniste doit ainsi se tenir impérativement prêt à toute éventualité. Pour ce faire, il doit déployer ses propres troupes, nous indiquant ainsi leurs positions et leur nombre, et dévoiler ses armes et ses stocks de munitions, ce qui est précieusement informatif. S’il ne le fait pas, il prend le risque de s’exposer à une initiative de notre part, et il y a pas mal de choses que nous avons répertoriées de l’autre côté de la frontière qu’il nous plairait d’oblitérer.

 

Pour finir, il est toujours favorable de montrer à ceux d’en face nos capacités militaires et logistiques, ainsi que de leur donner un aperçu calculé de nos nouvelles armes et des connaissances de notre Renseignement. Particulièrement si nos moyens sont impressionnants et que l’adversaire ne dispose d’aucun recours pour nous empêcher d’agir. Cela a un effet "refroidissant" sur les velléités agressives même des plus belliqueux.

 

Des lecteurs me demandent fréquemment pourquoi Tsahal n’attaque pas les sites de missiles, les fabriques d’armes souterraines et les stocks de roquettes du Hezbollah au Liban, alors que nous savons où ils se trouvent et que nous avons la capacité de les anéantir.

 

Je leur réponds que ce n’est pas ainsi que cela fonctionne, que la guerre n’est pas une finalité mais un embarras pour accéder à une situation civile favorable. Je leur dis, prenez exemple sur Donald Trump, qui a coincé les Iraniens dans les cordes sans tirer un seul coup de feu, et qui a amené plusieurs Etats arabes à cesser durablement de soutenir le terrorisme et à conclure la paix avec Israël, sans les combattre ni même les menacer.

 

Ma dernière remarque ne concerne que le Moyen-Orient, mais Trump a résolu d’autres conflits ailleurs en ayant recours à la puissance économique des Etats-Unis et en se reposant sur une dissuasion militaire massive et la suprématie de son Armée. Entre analystes stratégiques, nous évoquons beaucoup la paix qu’il a conclue entre la Serbie et le Kosovo, car, pour divers facteurs objectifs, leur différend nous paraissait insoluble. Le Président U.S. est même parvenu, en marge de ces accords, à instaurer des relations diplomatiques entre l’Etat musulman du Kosovo et Israël et à obtenir le transfert de l’ambassade de Serbie de Tel-Aviv à Jérusalem.

 

C’est de cela qu’il convient de s’inspirer, et c’est ce à quoi s’occupent Kokhavi et Tsahal. Leur part du "game" consiste à démontrer la supériorité indiscutable de notre puissance militaire, de son état de préparation et de nos moyens technologiques aux Iraniens, au Hezbollah, à Erdogan et à tous nos autres ennemis potentiels. C’est beaucoup, mais cela se limite à cela.

 

Car ce qui importe du point de vue stratégique, ce n’est pas que le Hezbollah dispose de 120 000 roquettes, c’est du nombre qu’il peut réellement en tirer et des risques auxquels il s’expose s’il essaie.

 

Ce qui importe, ce ne sont pas les 4 000 avions de guerre dont dispose Poutine sur le papier, mais le fait qu’il ne peut en aligner que 150 en vol opérationnel simultanément (et encore !), sans compter la capacité d’opposition de l’US Air Force et du Khe’l Avir. Non que nous ayons l’ambition d’affronter la Russie, ce n’est qu’un exemple comptable.

 

Ce qui importe, et cela, ce n’est pas un exemple comptable, ce n’est pas le nombre d’avions dont disposent l’Egypte et l’Arabie Saoudite, c’est le fait que nous appartenons désormais, et solidement, au même camp.

 

Il est plus important que Benny Gantz puisse entendre des "voix amies" parlant de paix en provenance du Liban, comme il l’a relaté hier, ce qui met le Hezbollah et son mentor iranien sur la touche, que de menacer nos voisins du Nord de les renvoyer à l’âge des cavernes.

 

D’autant que l’une de ces voix est celle de la propre fille du président Michel Aoun, Claudine. Elle affirme simplement qu’avant que nous puissions conclure la paix, il convient de solutionner nos différends frontaliers. Ca a le mérite de la clarté.

 

C’est aussi le désir du Président Aoun, dont nous savons à la Ména – nous le savons parce qu’il nous l’a dit ! – que conclure la paix avec nous participe de l’un de ses rêves les plus chers. Nous savons aussi qu’il n’est pas antisémite et qu’il ne nourrit strictement aucune haine à l’encontre de notre Etat. Il doit simplement composer avec des terroristes armés qui occupent le sien, avec une marge de manœuvre proche de zéro.

 

A nous également de ne pas oublier que le nouveau "Premier ministre désigné" pour former un gouvernement est Saad Hariri. Il est sunnite, et ce n’est pas uniquement qu’il n’est pas hostile à notre égard, mais plutôt qu’en sa qualité d’ "homme des Saoudiens" à Beyrouth (il est d’ailleurs né à Riyad), il est très objectivement l’un de nos alliés. Les choses changent vite lorsque l’on ne les empêche pas de bouger.


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Claire victoire de Trump au deuxième débat (012310/20) Version imprimable
Analyse
vendredi, 23 octobre 2020

 

Par Amram Castellion

 

Lorsqu'un débat politique est clairement gagné par l'un des participants, on peut le voir même en coupant le son.

 

Pour le deuxième et dernier débat de la campagne présidentielle américaine, Donald Trump – loin de l'agressivité et de l'impulsivité dont il avait fait preuve lors du premier débat – était calme, posé et digne. Joe Biden, son concurrent Démocrate, était visiblement crispé et fatigué. Il ricanait, fermait les yeux, regardait sa montre et s'agrippait à son stand.

 

Cette différence dans l'attitude des deux candidats était d'autant plus marquante que Biden n'était pas apparu en public pendant les cinq jours qui avaient précédé le débat. Il avait donc eu tout le temps de se reposer et de se préparer. Trump, au contraire, travaille comme un forçat. A 74 ans, deux semaines après avoir été victime du Covid, il enchaîne entre deux et trois événements de campagne par jour, en plus de la charge normale du métier présidentiel. Le fait qu'il paraisse le plus reposé et le plus maître de lui des deux en dit long sur l'état de santé du candidat Démocrate. A plusieurs reprises, Trump s'est appuyé sur l'impression de déclin physique et mental que présente son opposant pour attaquer sa crédibilité, en rappelant qu'il a passé 47 ans à Washington sans jamais mettre en œuvre les réformes qu'il propose aujourd'hui.

 

La Commission des débats, à la suite de la foire d'empoigne du premier face-à-face où les deux candidats s'interrompaient sans cesse, avait imposé la règle selon laquelle chaque candidat aurait deux minutes pour répondre et que pendant ces deux minutes, le micro de son adversaire serait coupé. L'atmosphère était donc nettement améliorée. La modératrice, Kristen Welker, de la chaîne NBC, pourtant connue pour être une Démocrate militante, était bien plus professionnelle et moins biaisée en faveur de Biden que ne l'avait été le modérateur du premier débat, Chris Wallace, qui travaille pour la chaîne Républicaine Fox News, mais dont la haine personnelle de Trump était bien plus visible.

 

Sur le fond, on ne pouvait que regretter la décision de la Commission des débats, qui avait exclu à la dernière minute les sujets de politique étrangère. Cette décision montre la partialité de la Commission : elle ne pouvait que bénéficier à Biden, dès lors qu’elle écartait du débat les succès remportés par Trump en matière de politique commerciale (réduction du déficit avec la Chine) et les accords historiques de paix au Moyen-Orient.

 

Malgré cela, presque tous les sujets abordés ont tourné à l'avantage du Président. La seule exception est le traitement du Covid. Non pas que Trump n'ait pas préparé de bonnes réponses : il a interdit les vols de Chine alors que Biden souhaitait les maintenir et il a organisé efficacement le soutien fédéral aux Etats en envoyant des équipements là où c'était nécessaire. Mais le résultat final est indiscutablement mauvais : les Etats-Unis ont perdu 215 000 habitants, victimes de l'épidémie, qui n'est  toujours pas maîtrisée aujourd'hui. Biden demande plus de protections et l'on peut entendre à demi-mot "quitte à sacrifier l'économie". Trump insiste pour maintenir l'économie en fonctionnement, et il est difficile de ne pas entendre implicitement "quitte à sacrifier des vies". Les deux arguments peuvent s'entendre, mais l'un et l'autre rebuteront une partie des électeurs. Match nul donc sur ce sujet, qui a sans doute pris un temps excessif dans le débat.

 

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Le regard de la proie et celui du prédateur

 

Sur tous les autres sujets, Biden a clairement perdu.

 

Sur la question raciale aux Etats-Unis (pourquoi revenir sur ce sujet, déjà abordé dans le premier débat ?), c'est une défaite aux points plutôt qu'une déroute. Biden rappelle la politique d'internement des mineurs entrés illégalement par la frontière Sud, qui avait choqué une partie importante de l'opinion. Trump réplique en soulignant que cette politique était exactement la même que celle de l'administration Obama-Biden avant lui, avec l'une des meilleures "petites phrases" de la soirée : à Biden qui lui reprochait d'avoir "mis des enfants en cage", il répond, et répète la question à plusieurs reprises, "Qui a construit les cages, Joe ?".

 

Plus tard, Biden s'embrouille. Trump lui offrait une opportunité d'attaquer en s'étant vanté excessivement d'avoir été le meilleur Président pour les Noirs "à la possible exception d'Abraham Lincoln". Biden ne s'indigne pas de cette comparaison manifestement excessive, ni même du mot "possible", mais croit être spirituel en disant "Abraham Lincoln ici présent est le Président le plus raciste". Cette attaque confuse, où transparaît l'ancienne hostilité des Démocrates contre Lincoln (le plus grand héros national américain après Washington), confirme la comparaison et profite à Trump. Avantage Trump.

 

Le vrai massacre commence lorsque la modératrice évoque l'ingérence étrangère dans les élections. C'est l'occasion pour Trump de rappeler le sujet dont Biden ne voulait pas entendre parler : l'étendue effarante de la corruption de la famille Biden. Comme tous les Américains le savent désormais – à l'exception de la minorité qui ne reçoit ses informations que de la presse Démocrate – cette corruption a été démontrée ces dernières semaines par le contenu d'un ordinateur appartenant à Hunter Biden, le fils du candidat. L'authenticité des documents contenus dans cet ordinateur a été confirmée par le directeur national du Renseignement et par deux des personnes destinataires des courriels qui y ont été trouvés. L'un de ces témoins, Tom Bobulinski, avait fait une conférence de presse juste avant le débat ; l'autre, Bevan Cooney, est actuellement en prison pour un schéma d'investissement frauduleux auquel Hunter Biden était associé.

 

Les courriels démontrent que Biden, pendant et après son mandat de vice-président, utilisait son fils pour monnayer l'accès à sa personne auprès de sociétés et de puissances étrangères : Russie, Kazakhstan, Ukraine et Chine. Cela ferait de lui, s'il parvenait à la présidence, un risque majeur pour la sécurité nationale – et, qu'il y parvienne ou pas, un délinquant passible de la prison. L'affaire étant compliquée, Trump se concentre sur une seule opération : le virement à Hunter Biden de 3,5 millions de dollars par la femme du maire de Moscou. Biden ricane, lève les yeux au ciel, parle de "désinformation russe", mais n'ose pas affirmer clairement que les allégations sont fausses. A ce moment-là, il a perdu le débat – et possiblement la présidence.

 

Mauvaise performance de Biden aussi sur la politique de santé. Trump a conservé un aspect important de la réforme Obama ("Obamacare") : l'interdiction faite aux assureurs de pénaliser les nouveaux assurés pour les conditions médicales préexistantes. Mais il a mis fin à l'obligation, très impopulaire, de s'assurer pour une série de risques souvent superflus pour les assurés les plus jeunes. L'une des principales propositions de sa campagne 2020 est d'interdire aux compagnies pharmaceutiques de vendre les médicaments plus cher aux Etats-Unis qu'à l'étranger. Cela offre aux électeurs américains, sur le sujet ultra-sensible du coût de la santé, le premier espoir d'une amélioration concrète depuis des décennies.

 

A ce moment, Biden commet une deuxième bourde majeure de la soirée. Pour défendre l'Obamacare, il affirme : "Aucun Américain n'a perdu sa couverture santé avec Obamacare". La vérité est que des millions de plans de santé furent annulés (entre 2,6 et 4,7 millions selon les études). La plupart des bénéficiaires ont été redirigés ensuite vers d'autres formes d'assurance, mais des millions d'électeurs se rappellent l'angoisse d'avoir perdu la couverture santé qu'ils avaient choisie et n'apprécieront pas le mensonge de Biden sur ce sujet.

 

Le massacre s'achève en fin de débat, à propos de la politique climatique et énergétique. Sur le climat, Trump peut tirer avantage des réductions d'émissions de CO2 des Etats-Unis, même s'il n'en est pas l'instigateur (de même qu'on peut lui reprocher les morts du Covid même s'il n'en est pas responsable), simplement du fait des fonctions qu'il occupe. Biden manque de clarté, propose des politiques déjà en place ; on sent qu'après une heure et demie, il commence à fatiguer.

 

C'est le moment de porter l'estocade. Trump reproche à Biden d'avoir proposé d'interdire l'exploitation des gisements schisteux d'hydrocarbures (fracking), une technologie qui a permis aux Etats-Unis de devenir la première puissance énergétique mondiale… et qui a permis au prix de l'essence à la pompe d'être presque divisé par deux depuis le début de la présidence Obama.

 

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Tsahal menace nommément des généraux syriens sur un tract (022110/20) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 21 octobre 2020

 

Métula mercredi après-midi,

 

Par Jules Mazouz

 

Suite aux frappes israéliennes d’hier soir qui ont occasionné une breaking news de notre part durant la nuit, des drones de Tsahal ont envoyé des tracts sur les positions de l’Armée régulière syrienne dans le Golan. Nous sommes parvenus à nous en procurer un exemplaire et vous en proposons la traduction et l’analyse.

 

Ce tract est destiné aux soldats et officiers des forces gouvernementales syriennes, dont certains gradés sont cités nommément, avec mention de leurs affectations :

 

tracta.jpg

Le tract envoyé cette nuit aux militaires d’al Assad

après la triple attaque de leurs positions vers 23h15

 

Traduction :

 

            Le Général divisionnaire Ali Assad, commandant de la première division

Le Général divisionnaire Akram Hwidja, commandant de la septième division

Le Général divisionnaire Moufid Hassan, commandant de la cinquième division

Le Colonel  Hocine Hemouche, commandant général de la division 90

Le Brigadier-général commandant de la division 112

Les commandants et les éléments de la première division en général

 

Cette lettre d'avertissement est destinée à l'ensemble des éléments et commandants de l'Armée syrienne et à tous ceux qui ont perdu leur chemin en quête de guerre ou d'argent,

 

les intérêts du Hezbollah et de l'Armée iranienne ne sont pas les mêmes que ceux de la première division ou de l'Etat syrien ni ceux des habitants du Djoulan [Golan] et d’Houarane

 

Tous ceux qui travaillent ou sont en contact avec le Hezbollah sont visés [par cet avertissement],

les Libanais au Liban et vous qui êtes de la chair à canon,

mieux vaut prévenir que guérir,

ce qui est à venir est plus grave encore

 

Ce message est intéressant à plusieurs titres, notamment parce qu’il sous-entend que des éléments de l’Armée syrienne perçoivent une contrepartie pécuniaire en se portant volontaires pour combattre Israël avec l’Armée iranienne et la milice libanaise du Hezbollah.

 

Pendant la période de misère actuelle occasionnée par la Guerre Civile qui dure depuis neuf ans, tout apport supplémentaire d’argent revêt un caractère essentiel pour les Syriens, y compris les militaires. Nous savons par des sources crédibles que des soldats gouvernementaux participent à des combats sur d’autre théâtres d’opérations et particulièrement en Libye.

 

Il s’agit d’une forme de mercenariat autorisé et encouragé par le pouvoir. Cela lui permet de diminuer sa masse salariale, ce qui est critique, tout en maintenant ses soldats en état de combattre. L’engagement de ces hommes se fait également en vertu des choix stratégiques du régime alaouite. Lequel peut se contenter d’un nombre inférieur de soldats après la reprise du contrôle de la plus grande partie du territoire avec l’aide de l’Armée russe. Avec les exceptions remarquables du Rojava, la partie septentrionale de la Syrie située globalement au nord de l’Euphrate, peuplée majoritairement de Kurdes, et la région d’Idlib, à l’ouest d’Alep, où l’Armée gouvernementale, soutenue par les Russes, affronte celle de la Turquie et ses propres mercenaires issus des milices islamiques et notamment de feu Al-Qaeda.

 

Le message de Tsahal à ces volontaires-mercenaires syriens est clair : ils risquent leur vie en prêtant main forte aux Iraniens et à leurs supplétifs chiites libanais, comme Israël l’a démontré quelques minutes avant l’envoi de ce tract.

 

La seconde partie de l’avertissement indique à ceux auxquels il est destiné que l’Armée israélienne connaît leur identité.

 

Quant à la troisième et conclusive partie, elle entend leur faire savoir que les opérations de Tsahal visant ceux qui collaborent avec le Hezb [et l’Iran], soit leur "chair à canon", vont aller s’intensifiant toujours davantage, et qu’ils risquent clairement leur vie s’ils persistent dans leur décision.

 

Cette pratique de la guerre psychologique est-elle efficace ?  Il est difficile de dire à quel point elle l’est, mais si j’étais l’un des officiers mentionnés sur le tract, je considérerais que je suis à moitié condamné à mort par l’armée la plus précise du moment. Qui sait où je suis, à quel moment, et ce que je fais précisément. Impossible d’imaginer que quelqu’un dans cette périlleuse situation ne regarde pas le ciel relativement souvent pour savoir si le Tamouz qui lui est destiné est déjà en train de fendre les cieux.

 

On peut aussi se poser la question de l’état d’esprit des familles de ces officiers, qui sont bien entendu au courant du contenu de ces "avertissements", et qui vivent un deuil en sursis. Et l’état d’âme des collaborateurs de ces généraux, qui savent qu’ils risquent leur vie chaque fois qu’ils se trouvent dans leur voisinage. Que ce soit dans l’appartement d’un building de Damas ou dans une tournée d’inspection au cœur du désert.

 

En fin de compte, tout le monde a peur de mourir.

 

 
Frappes terrestres de Tsahal dans le Golan syrien (012110/20) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 20 octobre 2020