Fêtes sous haute surveillance (info # 012909/14) Version imprimable
Exclusivité
lundi, 29 septembre 2014

 

© Metula News Agency

 

Métula 18h49, 17h49 à Paris

 

A l’approche de la fête d’Aïd al Adkha (fête du sacrifice), qui débutera le 4 octobre, par laquelle les musulmans commémorent le sacrifice d’Abraham/Ibrahim, les forces israéliennes ont renforcé leurs dispositifs défensifs sur tout le territoire qu’elles ont à défendre.

 

Pour les musulmans, Abraham/Ibrahim, le patriarche commun aux trois religions monothéistes, avait reçu l’ordre d’Allah de lui sacrifier Ismail, fils d’Agar, la servante d’Abraham, et non Isaac, fils de Sarah, comme dans la tradition israélite.

 

A l’occasion de cette fête, l’une des deux plus importantes du calendrier musulman, les fidèles égorgent des moutons en mémoire de l’animal qui a remplacé Ismail au dernier moment sur l’autel dressé par son père.

 

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Une batterie de Dôme de Fer, quelque part sur le territoire israélien

© Metula News Agency

 

Ces dernières années, l’Aïd al Adkha donne parfois lieu à divers débordements violents, généralement inspirés par l’extase religieuse. A cette occasion, certains mahométans se montrent agressifs à l’encontre des minorités évoluant dans les pays qu’ils contrôlent ainsi qu’aux dépens de leurs voisins pratiquant des religions différentes de la leur.

 

Cette année coïncide également avec une situation de violence confessionnelle exacerbée, notamment en Syrie et au Liban, où les communautés s’entre-déchirent au nom d’Allah.

 

La partie orientale du plateau du Golan se trouve depuis quelques semaines dans les mains de la rébellion syrienne non djihadiste, qui a enlevé ce territoire à l’armée du régime.

 

Cette dernière opère toutefois de nombreuses contre-attaques avec tous les moyens à sa disposition, notamment l’aviation et l’artillerie lourde.

 

Les incidents entre Tsahal et les combattants inféodés à Béchar al Assad ainsi que leurs alliés chiites du Hezbollah libanais se sont multipliés récemment, tant sur la frontière israélo-libanaise que sur celle israélo-syrienne et dans la zone montagneuse où les trois pays se rencontrent.

 

Le sud du pays aux cèdres, qui jouxte l’Etat hébreu, est pratiquement entièrement contrôlé par les miliciens du Hezbollah, en dépit d’une présence symbolique et soumise des Forces Armées Libanaise et des patrouilles des soldats des Nations Unies le long de la frontière internationale.

 

Dans le Golan, les Israéliens ont notamment abattu, il y a 6 jours, un bombardier d’attaque au sol de type Sukhoï SU-241, qui avait violé leur espace aérien sur une distance de 800 mètres.

 

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Un Sukhoi-24 de l’Armée d’al Assad

 

D’autre part, deux drones, probablement de fabrication iranienne, ont été dernièrement interceptés par Tsahal à l’aide de missiles Patriot, sans que l’on sache, dans la presse, s’ils transportaient des charges explosives ou s’ils se trouvaient en mission de reconnaissance.

 

De plus l’Armée régulière syrienne tire des projectiles sur le territoire israélien de façon sporadique.

Ces agressions ne se limitent pas aux obus de mortier de faible portée ni aux simples roquettes ; ils comprennent des obus d’artillerie ainsi que d’autres types de munitions.

 

Au Liban, un ingénieur du Hezb, Hassan Ali Haïdar, a été tué le 5 septembre dernier alors qu’il inspectait un dispositif d’écoute secret, près de la localité d’Adloun non loin de Sidon, probablement implanté par les Israéliens. Les responsables de la milice chiite ont juré de venger la mort de cet individu.

 

On comprendra à la lumière de cette énumération que c’est dans un calme uniquement apparent, voulu par les autorités israéliennes, que les Hébreux profitent d’un long mois de fêtes, débutant par Rosh Hashana (le nouvel an, la semaine dernière) et se terminant par Simkhat Torah (la joie de la Torah, le 16 octobre prochain).

 

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Un autre Dôme de Fer, chargé de ses missiles Tamir, ailleurs en Israël

© Metula News Agency

 

L’Armée est en état d’alerte élevé afin de parer à toute éventualité et pour assurer la quiétude des touristes, nombreux, ces jours, à visiter toutes les régions touristiques d’Israël.

 

Toutes les régions du pays, et principalement les plus sensibles d’icelui, accueillent divers dispositifs militaires et un nombre non négligeable de soldats. La Ména, soucieuse de ne pas nuire à l’ambiance de fête et de ne pas fournir à ses ennemis d’informations qui pourraient lui servir a décidé de limiter son narratif à une description générale.

 

Ce qui est certain, c’est qu’en cas d’initiative téméraire des adversaires d’Israël, ses militaires ne seront pas pris au dépourvu.

 

 

 

Note :

 

1La Ména avait annoncé par erreur qu’il s’agissait d’un Mig-21, suivant en cela les premières informations relayées par Tsahal.

 

 

 
Regarder l’existence du mal en face (info # 012809/14) Version imprimable
Analyse
dimanche, 28 septembre 2014

 

Par Guy Millière

 

L'un des drames essentiels de l'ère contemporaine est l'existence au sein des sociétés occidentales d'un refus de regarder en face l'existence du mal.

 

Malgré le goulag et ses horreurs, l'idée que l'Union Soviétique est née d'un élan idéaliste qui a mal tourné reste très présente, et des adeptes du communisme sont encore considérés comme des gens fréquentables.

 

Même si le nazisme est, à très juste titre, considéré comme une abomination, l'idée que ses adeptes ont pu être saisis par une dérive et un moment d'égarement subsiste et circule encore. Il se dit même ici ou là que la population allemande des années 1933-1945 a été « victime » du nazisme.

 

Ce refus conduit à considérer que le régime des mollahs, à Téhéran, aujourd'hui, est lui-même censé pouvoir retrouver sa place parmi les pays civilisés. L'arrivée à la présidence d’Hassan Rohani a ainsi été accueillie avec enthousiasme, et le fait que le véritable dirigeant du pays, Ali Khamenei, continue à énoncer des imprécations génocidaires se trouve présenté ici ou là comme relevant du simple effet de discours et du fait que l'Iran peut se sentir isolé.

 

Ce refus conduit aussi à considérer que les jeunes musulmans qui se rendent dans l'Etat Islamique sont sous l'emprise d'une dérive mentale aberrante qu'il serait possible de corriger : on parle en Europe désormais de programmes de « déradicalisation » destinés à reconduire les brebis égarées vers le troupeau des « bons musulmans », pacifiques, et emplis d'une religion d' « amour et de paix ».

 

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Ou l’attraction perpétuelle exercée par les idées simplistes et violentes

 

Ce refus conduit à ne pas regarder l'islam en face et à ne pas reconnaître que, si l'islam a des facettes pacifiques et des adeptes intégrés dans le mode de vie occidental, il n'en est pas moins également porteur d'incitations à la violence que l'Etat Islamique se contente de prendre au pied de la lettre.

 

Ce refus mène à ne pas voir les « Palestiniens de profession » que sont les dirigeants de l'Autorité Palestinienne et, a fortiori, ceux du Hamas, pour ce qu'ils sont : des gens imprégnés de haine et de ressentiment.

 

Ce refus est un drame, disais-je, parce que refuser de regarder en face l'existence du mal empêche de le combattre et conduit à des illusions délétères qui font des morts, parfois des millions de morts.

 

Le communisme n'aurait sans doute pas fait autant de ravages si, comme l'avait dit Lénine, les capitalistes et les Occidentaux n'avaient pas vendu aux Soviétiques la corde destinée à les pendre ; ce, dès les années 1920. L'Union Soviétique n'aurait pu se constituer un empire si, plutôt qu'écouter des conseillers pernicieux, Franklin Roosevelt avait écouté Winston Churchill qui, dès 1942, ne se faisait aucune illusion sur Joseph Staline.

 

Le nazisme aurait moins tué si des dirigeants en France, au Royaume Uni ou aux Etats Unis ne s'étaient bercés d'illusions et avaient pris au sérieux les imprécations d'Adolf Hitler : une guerre mondiale et la Shoah auraient assurément pu être évitées.

 

La « république » islamique d'Iran n'aurait pas vu le jour si des gens tels que Jimmy Carter et Valéry Giscard d'Estaing n'avaient pas décelé en Khomeiny un vieillard sympathique et opprimé, représentant le peuple iranien.

 

L'Etat Islamique n'aurait lui-même pas vu le jour si Barack Obama, les dirigeants européens et la quasi-totalité des journalistes occidentaux n'avaient pas vu dans les groupes djihadistes en Syrie de gentils « rebelles » et si, dans les années précédentes, George Walker Bush, plutôt qu'être diabolisé parce qu'il parlait de bien et de mal, avait été écouté.

 

Les jeunes musulmans ne se rendraient pas dans l'Etat Islamique si l'Etat Islamique n'existait pas, et si l'islam se trouvait considéré tel qu’il est ; si les incitations à la violence qu'il inclut se trouvaient dénoncées et combattues.

 

La « cause palestinienne » se trouverait discréditée et n'aurait pas pris l'importance qu'elle a prise si la haine et le ressentiment qui imprègnent les dirigeants de l'Autorité Palestinienne et, a fortiori, ceux du Hamas, étaient perçus comme de la haine et du ressentiment.

 

Edmund Burke fait partie des rares auteurs qui me donnent à penser et me servent de référence. Parce qu'il connaissait l'existence du mal, et parce qu'il savait que des hommes peuvent vouloir tuer, faire souffrir, détruire, simplement parce qu'ils se laissent aller à leurs plus bas instincts. Burke avait anticipé les bains de sangs vers lesquels la Révolution française a conduit, et il avait prévu la Terreur. Il est l'auteur d'une phrase souvent citée, mais hélas fort peu mise en œuvre : « Il suffit que les hommes de bien ne fassent rien pour que le mal triomphe ».

 

Pour que les hommes de bien ne fassent rien, il suffit qu'ils oublient l'existence du mal, ou qu'ils refusent de regarder celle-ci en face.

 

Un grand historien britannique, Robert Conquest, a défini le vingtième siècle comme un siècle « ravagé » : précisément parce que le mal a pu y triompher souvent.


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L’étrange disparition de l’inflation (info # 012409/14) Version imprimable
Analyse économique
mercredi, 24 septembre 2014

 

Par Sébastien Castellion

 

Depuis la grande crise financière de 2008, j’ai écrit à plusieurs reprises dans ces colonnes que la politique ultra-accommodante des Banques centrales occidentales (Etats-Unis, Europe et Japon) finirait inévitablement par provoquer un regain d’inflation. Le marché, pour l’instant du moins, est en train de me donner tort.

 

Trois Banques centrales – Réserve fédérale ou « Fed » américaine, Banque Centrale Européenne ou BCE et Banque du Japon ou BOJ – sont responsables de la création de monnaie dans des économies dont le poids combiné est supérieur à la moitié de l’économie mondiale. Toutes les trois ont eu, depuis plusieurs années, une politique débridée de création de liquidités, dans des proportions sans commune mesure avec celles des décennies précédentes.

 

Aux Etats-Unis, Janet Yellen, gouverneur de la Fed depuis le début de l’année et vice-gouverneur durant les quatre années précédentes, aura vu augmenter la masse monétaire américaine (comptes en banque, argent physique et comptes des banques auprès de la Fed) de 4 000 milliards de dollars en cinq ans, soit une augmentation de plus de 50 pour cent.

 

En Europe, relativement plus sage, l’augmentation a été de 10% ou 1 000 milliards d’euros, mais en trois ans seulement. Enfin, au Japon, après l’élection du Premier ministre Abe fin 2012, un nouveau gouverneur de la Banque centrale, Haruhiko Kuroda, s’est empressé d’annoncer en mars 2013 que son objectif était de doubler la masse monétaire ; il n’y est pas encore parvenu, mais il y travaille.

 

Les Banques centrales font tout ce qu’elles peuvent pour rendre plus facile l’attribution de prêts aux entreprises et aux ménages. Depuis quelques semaines, la BOJ a même mis en place des taux d’intérêt négatifs : elle paye les banques (entre 0,015% pour trois mois et 0,02% pour six mois) pour le privilège de lui emprunter de l’argent, en échange d’obligations et autres titres de créance – y compris les titres de la dette de l’Etat.

 

A plusieurs reprises, des taux d’intérêt négatifs ont été observés aussi en Europe – notamment pour les titres de la dette des gouvernements les mieux gérés, qui sont si demandés que les banques sont prêtes à payer pour les obtenir. Des titres de la dette publique allemande et danoise ont ainsi récemment été “vendus” aux enchères pour un prix négatif. Sur le marché interbancaire européen, la BCE conserve un taux de refinancement de base très légèrement positif (0,05 pour cent) mais a dû admettre que le taux interbancaire à très court terme, Eonia, pourrait descendre jusqu’à moins 0,2 pour cent pour certaines opérations.

 

Enfin, aux Etats-Unis, il est vrai que Madame Yellen parle régulièrement d’une « normalisation » à venir – c’est-à-dire la fin des taux zéro et le retour à une politique de financement plus classique. Mais elle tarde tant à agir qu’on peut se demander si son principal objectif n’est pas d’essayer de convaincre le marché qu’il est en meilleure santé qu’il ne l’est réellement, pour qu’il fasse enfin preuve d’un peu plus d’activité.

 

En théorie, les taux d’intérêt négatifs sont une absurdité : si une banque peut être payée pour confier à la Banque centrale les titres de la dette qu’elle possède, il ne devrait bientôt plus rester de titres sur le marché. Le fait que les Banques centrales en sont réduites à des mesures aussi désespérées montre qu’elles ne trouvent plus d’outils plus classiques pour remédier au manque d’appétit de l’économie pour les prêts et crédits qui financent la croissance. Même ces mesures désespérées sont probablement en train d’échouer ; les économies occidentales ne semblent pas réagir au gavage des banques par les Banques centrales.

 

Selon la théorie économique classique, inonder l’économie de monnaie devrait conduire, d’une part à une multiplication des crédits et de l’activité ; d’autre part, à une augmentation de l’inflation. Rien de tout cela, cependant, ne se produit en ce moment ; bien au contraire.

 

En Europe, le taux moyen d’inflation des pays de la zone euro (indicateur HICP) s’est progressivement effondré en trois ans, passant de 3% fin 2011 à 0,4% en août 2014. Au Japon, malgré la politique monétaire la plus agressive du monde industrialisé, Kuroda San a récemment reconnu que son objectif d’une inflation de 2% ne serait pas atteint ; le doublement en cours de la masse monétaire devrait à peine parvenir à pousser l’inflation japonaise à 1,2 ou 1,3 pour cent. Enfin, aux Etats-Unis, l’inflation a été nulle au mois d’août, pour la première fois depuis quatre ans.

 

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« Vous prendrez bien quelques milliers de milliards de plus ? » (Janet Yellen)

 

Comment l’inflation peut-elle donc rester aussi faible dans des économies occidentales gavées de liquidités à n’en plus savoir que faire ?

 

Une explication particulièrement pessimiste, celle du professeur Robert Gordon de l’université Northwestern à Chicago, est que les économies occidentales n’auraient tout simplement plus les ressources nécessaires pour améliorer leur croissance. Non seulement l’arrivée à la retraite des générations du baby-boom va réduire la force de travail disponible, mais il n’y a plus suffisamment de progrès technologique prévisible pour améliorer la productivité et alimenter la croissance.

 

Le professeur Gordon propose donc de revoir à la baisse toutes les prévisions officielles de croissance et de se préparer à un monde de stagnation durable. Dans un tel monde, l’inflation finira bien par se produire : le public, à qui on a répété qu’il peut espérer une amélioration régulière de ses conditions de vie, va demander de plus en plus à une économie qui ne pourra pas suivre la demande. Mais ce sera un phénomène progressif. Il est vain d’espérer une augmentation rapide de l’inflation due à une reprise de l’activité. L’argent que les Banques centrales déversent pour encourager les investissements s’accumule en pure perte dans l’économie, parce que les progrès techniques qui exigeraient ces investissements ne sont tout simplement pas disponibles.

 

L’analyse du professeur Gordon est cependant très isolée parmi les économistes. Elle paraît d’ailleurs contre-intuitive à une époque où les progrès techniques semblent omniprésents dans les technologies de l’information, les matériaux, la santé et de nombreux autres secteurs.

 

Il reste que la combinaison paradoxale d’une faible croissance, d’une création monétaire massive et d’une inflation presque nulle dans les économies occidentales est un fait. Si elle n’est pas due à une rupture historique de la capacité de croissance, y a-t-il des causes plus conjoncturelles qui peuvent l’expliquer ?

 

Une piste intéressante pour résoudre ce paradoxe a été explorée par l’économiste Daniel Alpert dans The Age of Oversupply (« L’âge de la surabondance »), Penguin, 2013.

 

Ce livre est desservi par sa seconde partie, qui répète sans aucune originalité les appels traditionnels des économistes de gauche à augmenter l’intervention de l’Etat dans l’économie. La première partie de l’ouvrage, en revanche, développe une idée originale et rarement mise en avant. Pour Alpert, la principale caractéristique de l’économie contemporaine est que, industrie par industrie, il y a aujourd’hui plus de producteurs qu’il n’en est besoin : trop d’entreprises offrant les mêmes produits et services, trop de salariés offrant leur force de travail. Avec la mondialisation rapide des dernières décennies (baisse des droits de douane, forte réduction des coûts de transport, arrivée de nouveaux pays, surtout asiatiques, sur le marché), toute personne qui souhaite employer un salarié ou acheter un produit particulier peut désormais choisir entre bien plus de solutions qu’elle n’en aura jamais besoin.

 

Or, toute l’analyse économique classique – celle qui concluait qu’une augmentation de la masse monétaire supérieure à la production provoquerait nécessairement de l’inflation – reposait sur l’hypothèse inverse : celle de la rareté des biens et services et de la force de travail.

 

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Israël abat un Mig syrien (info # 022309/14) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 23 septembre 2014

 

© Metula News Agency

 

Métula 10h35, Paris 9h35,

 

Aux alentours de 9 heures ce matin, heure locale, Tsahal a abattu un chasseur bombardier MiG-21 syrien de fabrication russe dans le Golan.

 

Cette interception a été effectuée à l’aide d’un missile sol-air Patriot produit par les Etats Unis.

 

Le MiG-21 survolait la région de Kuneitra en territoire syrien et ne menaçait pas directement les positions israéliennes.

 

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Un MiG-21 de l’Armée de l’air syrienne, semblable à celui

abattu ce matin au-dessus du Golan

 

Il était probablement impliqué dans une mission de bombardement des positions de l’Armée Syrienne Libre (ASL) dans le secteur.

 

Tsahal a toutefois informé le régime de Damas de longue date, que de manière permanente, tous les appareils volant en direction de l’Etat hébreu seraient irrémédiablement abattus.

 

Nous avons déjà mentionné dans ces colonnes qu’un MiG se trouvant au-dessus de Kuneitra se situe à quelques minutes de vol de Kiryat Shmona, Métula, Rosh Pina et Tibériade.

 

S’il parvenait à s’approcher de ces agglomérations, il pourrait leur causer des dégâts en tous points considérables.

 

On nous informe par ailleurs que les débris du chasseur de Béchar al Assad sont tombés en territoire syrien.

 

Nous, d’ajouter que les relations entre Israël et les groupes rebelles de l’ASL spécifiques qui occupent désormais le plus clair du Golan syrien sont bonnes.

 

La collaboration avec l’opposition armée non islamiste à Assad a en outre permis, cette semaine, la visite de l’un des chefs principaux de l’opposition syrienne, Kamal al Labwani, pour dix jours en Israël.

 

Ce médecin, défenseur des droits de l’homme plusieurs fois incarcéré dans son pays, a multiplié les rencontres avec les ministres hébreux, les chefs de Tsahal, les responsables du renseignement, des journalistes et des intellectuels, à l’occasion d’une visite publique sans précédent.

 

Il nous semble que la décision d’abattre le MiG soit autant due à la doctrine préventive que nous avons mentionnée qu’à la volonté politique de Jérusalem d’aider les forces de la rébellion dans le Golan, au moins tant qu’elle ne tombe pas sous l’influence des courants djihadistes que sont l’Etat Islamique et al Nosra.

 

Ce qui, d’après les constatations que nous avons-nous même effectuées sur place n’est pas le cas.

 

Notons pour finir que la totalité des Etats occidentaux appellent à soutenir, à armer et à financer l’opposition non djihadiste à Assad, et que nul mieux que le Dr. Labwani ne représente cette tendance.

 

Par ailleurs, la tension est montée d’un cran aux frontières de Syrie et du Liban à la veille des deux grandes fêtes du calendrier israélite, Rosh Hashana et Yom Kippour.

 

Des renforts ainsi que des armes autotractées ont traversé notre région, ces derniers jours, afin de se rapprocher desdites frontières.

 

 

 
Les assassins des 3 étudiants hilkhatiques ont été éliminés (info # 012309/14) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 23 septembre 2014

 

© Metula News Agency

 

Métula 9h05, Paris 8h05

 

Marwan Kawassma et Amer Abou Aïcha, les assassins présumés des trois étudiants torahniques Eyal Ifrakh, Gilad Shaar et Naftali Frenkel, qu’ils avaient kidnappés le 12 juin dernier près de Goush Etzion ont été tués tôt ce matin à Hébron.

 

Les forces israéliennes avaient auparavant encerclé la maison dans laquelle ils se trouvaient et leur avaient proposé de se rendre.

 

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Les assassins du Hamas Marwan Kawassma et Amer Abou Aïcha

 

Trois autres membres de la famille Kawassma qui se trouvaient également sur les lieux ont quant à eux accepté la proposition de capitulation et ils sont sains et saufs.

 

Les deux terroristes ont alors ouvert le feu sur le commando de Tsahal, qui a violemment répliqué, tirant notamment une roquette pour forcer la porte et accompagnant son avance à l’aide d’un bulldozer.

 

Kawassma et Abou Aïcha avaient réussi à changer de planque cinq jours après avoir commis leurs crimes en dépit du déploiement de forces militaires importantes dans la région d’Hébron et de Khalkhoul.

 

Les deux individus s’étaient alors dissimulés dans une fosse septique abandonnée recouverte de terre dans laquelle ils respiraient par des tuyaux.

 

Ils avaient ensuite réussi à joindre la maison dans laquelle ils ont été cueillis cette nuit.

 

 

 
Les plus dangereux ennemis d’Israël (info # 012109/14) Version imprimable
Analyse
dimanche, 21 septembre 2014

 

Par Guy Millière

 

Israël, hélas, ne manque pas d'ennemis sur la terre. L'antisémitisme reste, selon l'expression si souvent utilisée, la « plus vieille haine », la plus tenace, la plus vicieuse et, sans doute, la plus chargée d'assassinats en tous genres. Il continue à exister et à déferler, et se contente de changer de peau et d'apparence selon les lieux et les époques. Tous les antisémites sont, c'est une évidence, des ennemis d'Israël.

 

On peut leur ajouter tous ceux qui se disent « antisionistes » et qui nient être antisémites mais traitent Israël comme un pays entièrement à part et déversent sur Israël des phrases et des diatribes qui ont une forte ressemblance avec celles que l’on répandait en Europe sur les Juifs il y a sept ou huit décennies.

 

On peut leur adjoindre aussi tous ceux qui ne se disent ni antisémites ni « antisionistes », mais qui portent un regard constamment biaisé sur l’Etat hébreu, reprenant à leur compte toutes les falsifications de l'histoire et des faits d'actualité qui circulent concernant Israël et le Proche-Orient ; ils contribuent à la diabolisation d'Israël.

 

On grossira encore la liste en y faisant figurer les dirigeants occidentaux, qui reprennent, sur un mode plus ou moins feutré, les biais anti-israéliens, souvent par lâcheté devant les menaces de l'islam radical, souvent aussi pour préserver de lucratifs contrats avec des pays du monde musulman.

 

Et on augmentera le sinistre recensement avec les noms de quasiment tous les dirigeants, intellectuels et prêcheurs du monde musulman, qui n'ont jamais admis l'existence même d'Israël et qui, pour certains, sont imprégnés d'une haine pathologique des Juifs.

 

Sans oublier tous les Juifs européens ou américains pratiquant la haine de soi, que l'on trouve dans les media, l'Université, la politique, l'activisme gauchiste, et que les ennemis non-juifs d'Israël sont trop heureux d'exhiber dès que l'occasion se présente aux fins de pouvoir dire que même des Juifs sont dans leur camp.

 

Israël, on le voit, ne manque pas d'ennemis sur la terre. Tous ces ennemis sont dangereux, chacun à leur manière.

 

Les ennemis les plus dangereux d'Israël, cela dit, ne me semblent appartenir à aucune de ces catégories.

 

Les plus dangereux ennemis d'Israël me semblent être les Israéliens qui détestent tant leur propre pays qu'ils consacrent leur temps à le dénigrer, à le salir, à contribuer à sa démolition intellectuelle et politique dans le but de contribuer à sa destruction tout court.

 

Ceux-là sont des gens tels que Shlomo Sand ou Guidon Levy. Ce sont aussi les gens qui travaillent pour de pseudo organisations humanitaires, qui sont en réalité des organisations de propagande et d'incitation à la haine.

 

Ce sont également ceux dont la presse israélienne et mondiale a beaucoup parlé ces derniers jours : les quarante-trois réservistes de l'unité 82001 (Yekhida Shmoné-Matayim, littéralement : Unité huit deux-cents) qui ont annoncé leur refus de servir désormais dans cette entité en raison de crimes qu'ils lui attribuent. Les quarante-trois personnes concernées ont envoyé une lettre [angl.] au Premier Ministre, au chef d'état-major des armées ainsi qu’au chef des services de renseignement israélien. Ils ont rendu cette lettre publique.

 

Cette lettre n'est pas uniquement un acte d'insubordination qui ne serait accepté par aucun autre gouvernement d'un pays démocratique. Elle est aussi une lettre de diffamation dans la mesure où elle est porteuse d'allégations graves, et qui semblent infondées. Elle est une lettre de propagande politique au service de l'ennemi, en temps de guerre, car il n'est pas possible de dire, dans le contexte actuel, qu'Israël se trouve en situation de paix. C'est donc une lettre de trahison.

 

Que des réservistes d'une unité cruciale de l'Armée d'Israël commettent un acte d'insubordination est déjà, en soi, extrêmement grave. Qu'ils ajoutent à l'insubordination la diffamation et la propagande au service de l'ennemi est bien plus qu'extrêmement grave.

 

Qu'ils ajoutent que l'action de l'unité 8200 en Judée-Samarie est, en soi, une « action de contrôle d'un autre pays » accroît encore la gravité des choses : ils se placent, de fait, sur les positions de l'Autorité Palestinienne et du Hamas, qui usent de ce type de langage. Ils nient l'existence d'une menace terroriste et totalitaire puisqu'ils n'en parlent pas. Ils se placent au service de cette menace totalitaire et terroriste en n'en parlant pas.

 

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8200, les yeux et les oreilles d’Israël

 

Dans un éditorial récent, le Jerusalem Post a défini leur attitude comme « arrogante, inadmissible et inacceptable ».

 

Dès lors que l'appartenance à l'unité 8200 relève du secret-défense, nul ne sait, certes, qui sont ces quarante-trois réservistes et s'ils existent réellement (les noms figurant sur les copies de la lettre sont floutés). Mais le mal est fait.

 

Il y a des gens qui n'ont décidément aucune honte.


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Un drone israélien s’écrase au Liban, les Kurdes syriens en mauvaise posture (info # 012009/14) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 20 septembre 2014

 

© Metula News Agency

 

Métula, samedi 17h13, 16h13 à Paris

 

Un drone s’écrase au Liban devant Métula

 

Un drone miniature de reconnaissance de Tsahal, fabriqué par la société israélienne Elbit, s’est écrasé aux alentours de 11 heures locales ce matin au-dessus de la ville chrétienne libanaise de Marjayoun, à 7 kilomètres des fenêtres de notre rédaction.

 

L’avion sans pilote, d’un poids approximatif de 50 kilos, a subi une défaillance technique selon les porte-paroles des armées israélienne et libanaise. Cette dernière a d’abord isolé le périmètre où se trouvaient les débris, avant de les ramasser et de les emmener à la caserne de Marjayoun.

 

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Une alouette du ciel à l’envol

 

Les drones de type Skylark (alouette du ciel), ont une portée maximum de 20 à 40 kilomètres. Se lançant à la main, et se récupérant sur un coussin gonflable, ils sont d’un usage extrêmement flexible et économique, très appréciés des unités de combats au sol et des commandos.

 

Ainsi, lors de l’opération Rocher Inébranlable, chaque brigade de Tsahal était dotée de deux petits drones, souvent employés simultanément, qui lui fournissaient des renseignements en temps réel, et qui aidaient à repérer des objectifs tactiques.

 

L’Australie, le Canada, la Croatie, la République tchèque, la Hongrie, la Macédoine, les Pays-Bas, la Pologne, la Slovaquie et la Suède ont acquis des Skylark israéliens. Ceux-ci ont également été déployés par les Américains en Afghanistan et en Irak, de même qu’ils ont été adoptés par les Forces spéciales françaises en mars 2008.

 

 

Les Kurdes en difficulté au nord de la Syrie

 

Le Califat Islamique [EI] a lancé depuis mardi dernier une très violente offensive contre la ville kurde syrienne de Kobané (Aïn el Arab, en arabe, l’"œil de l’arabe"). Alors qu’en Irak, soutenus par les frappes aériennes américaines, les Peshmergas progressent et n’ont plus que 5% de leur territoire à reprendre des mains de l’Etat Islamique qui s’en était emparé lors de son offensive de cet été, en Syrie, la situation des Kurdes est incertaine.

 

Ces derniers mois, les miliciens djihadistes avaient déjà tenté à plusieurs reprises de faire sauter le verrou de Kobané, mais ils avaient été repoussés, essuyant de lourdes pertes.

 

Kobané est la troisième plus grande ville kurde de Syrie avec plus de 50 000 habitants. Elle se trouve à 125 kilomètres au nord-est d’Alep et sur la frontière turque. Toutefois, le régime islamiste de Recep Tayip Erdogan empêche les défenseurs de Kobané d’obtenir les renforts en matériel et en hommes dont les Kurdes ont besoin.

 

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[Service cartographique de la © Metula News Agency]

 

Pendant plusieurs jours, les Turcs ont également barré l’accès de leur territoire aux nombreux civils kurdes qui fuient les combats.

 

D’après nos relais dans la région, une vingtaine de villages autour du bastion kurde ont été pris par les djihadistes d’Abou Bakr al Baghdadi, alors que vingt autres petites agglomérations étaient abandonnées aux miliciens du Califat sans combattre.

 

Au total ce sont 45 000 personnes qui ont cherché refuge en Turquie, et le flux des civils ne tarit pas.

 

Durant les premiers jours de cet exode, les Forces Spéciales d’Erdogan ont tiré des gaz lacrymogènes et fait usage de canons à eau contre les demandeurs d’asile mais ont fini par céder sous leurs nombre et face à la pression internationale.

 

Depuis hier, vendredi, la frontière, sur une largeur de 30 kilomètres, est finalement ouverte en 8 points, d’Akcakale à Mursitpinar.

 

Les YPG (les Unités de Protection du Peuple), qui constituent la milice kurde syrienne, forte d’approximativement 50 000 combattants, tentent de tenir tête aux miliciens d’ISIS [EI].

 

Les Peshmergas, en dépit de leur bonne volonté, souffrent d’une disparité importante en leur défaveur au niveau de la quantité et qualité de leur armement. Ils sont dotés d’armes automatiques et de grenades antichars, alors que le Califat Islamique aligne des dizaines de chars pris à l’Armée d’al Assad et à l’Armée nationale irakienne, ainsi que des blindés légers et de l’artillerie de même origine.

 

Le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a appelé hier toutes les entités politiques kurdes, le Parti de l’Union Démocratique en Syrie, et le Parti des Travailleurs du Kurdistan, le PKK turc, à "oublier leurs différends pour défendre ensemble la dignité, la terre et les vies de la population de Kobané". Barzani a déclaré que : "la défense de la terre et de la population du Kurdistan participait du devoir de chacun et devait passer avant toute autre chose".

 

Il a également lancé un appel à la communauté internationale afin qu’elle fasse son possible pour sauver la population du Kurdistan occidental – c’est ainsi que les Kurdes nomment leurs territoires en Syrie – des mains des terroristes. Ceux-ci, selon le chef de la région autonome du Kurdistan irakien, "perpètrent des crimes et des tragédies où qu’ils se trouvent et doivent en conséquence être frappés et défaits là où ils se trouvent".

 

A Métula nous avons appris que l’Armée US préparait des plans en vue d’une intervention aérienne contre les forces du Califat en Syrie mais aucun raid aérien dans la région n’est signalé pour le moment.

 

Les Turcs adoptent à ce propos une position extrêmement ambiguë, favorable à l’Etat Islamique, puisque non seulement ils n’interviennent pas aux côtés de la coalition internationale, mais encore ils lui interdisent l’usage de leurs aéroports et le survol de leur territoire.

 

Ceci explique probablement la raison pour laquelle DAECH [EI] a relâché ce samedi matin les 49 otages ottomans dont ils s’étaient emparés en juin dernier.

 

L’on sait par ailleurs que 500 Peshmergas ont déjà répondu à l’appel de Massoud Barzani rejoignant les défenseurs de la ville kurde, mais qu’il en faudrait bien davantage pour tenir Kobané.

 

En effet ce bastion, qui subit des bombardements sporadiques d’artillerie, est presque totalement encerclé, et sa voie d’approvisionnement avec la Turquie est coupée par les Autorités d’Ankara.

 

Si Kobané devait tomber, les Kurdes ne seraient plus en mesure de soutenir militairement leurs combattants enclavés dans la région d’Alep. Pour le Califat, au contraire, la voie vers le nord de la frontière irakienne se trouverait ouverte, avec, à la clé, la possibilité d’ouvrir un nouveau front contre les Kurdes irakiens.

 

Sur le plan humanitaire, enfin, on est sans nouvelles d’environ mille villageois de la région des combats, et on craint qu’ils n’aient été sauvagement massacrés par les miliciens islamistes.

 

 

 
La guerre d’Irak et du Levant aura bien lieu (info # 011809/14) Version imprimable
Analyse
jeudi, 18 septembre 2014

 

Par Hevi Pekoz

 

L’aviation américaine a effectué hier, mercredi, trois raids dans le sud de Bagdad contre des positions du Califat Islamique.

 

Ces frappes étaient destinées à soutenir les tentatives de la Golden Brigade, le meilleur commando de l’Armée irakienne, afin de reprendre aux islamistes le contrôle de la ville de Fadhiliya, située à une cinquantaine de kilomètres de la capitale.

 

Un chef de la tribu des Janabi, qui habite le secteur, a précisé que les combats, qui se sont poursuivis jusqu’au milieu de la nuit, n’avaient toutefois pas permis à l’Armée irakienne de pénétrer dans Fadhiliya.

                                                                                               

D’autre part, des kamikazes de l’Etat Islamique [EI] ont fait sauter un pont à Ramadi dans la province d’Anbar, privant ainsi les habitants de ce secteur de leur dernière possibilité de traverser l’Euphrate et tuant huit personnes lors de l’explosion de l’ouvrage.

 

Par ailleurs, des frappes aériennes auraient également eu lieu sur des positions de l’EI à l’extrême est de la Syrie, dans la province de Deir ez-Zor, partiellement contrôlée par DAESH [EI].

 

Les miliciens islamistes auraient par la suite évacué de nombreuses positions dans les villes d’Eshara, de Mayadine (sur la frontière irakienne) et de Deir ez-Zor, dans laquelle ils entreposent le plus clair de leurs armes et munitions dans la région.

 

Craignant des attaques aériennes massives dans les prochaines heures ou jours, l’EI a évacué ses ouvriers travaillant dans les champs pétroliers qu’il exploite, de même que les familles des mercenaires islamiques étrangers installés à proximité.

 

Des informations moins encourageantes nous parviennent de la ville de Jalawla, à l’extrême sud de la région autonome du Kurdistan, sur la rivière Diyala.

 

Jalawla, que les Kurdes appellent Qarah Ghân, est principalement habitée par la population tribale des Krui. La ville, contrôlée conjointement jusqu’en juin dernier par les Forces irakiennes et kurdes avait été abandonnée par les soldats de Bagdad en déroute.

 

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Service cartographique de la Ména © Metula News Agency

 

Depuis, des affrontements extrêmement intenses, opposant les Peshmergas aux miliciens de l’EI, avaient ébranlé la région et s’étaient terminés par un retrait des Forces kurdes de la ville après des combats de rue sanglants.

 

Suite à la réorganisation des Peshmergas, au début de leur dotation en armes modernes et le soutien ponctuel de l’US Air Force, les Peshmergas tentent actuellement de reprendre Jalawla. Mais ils doivent faire face dans la bataille non seulement aux miliciens djihadistes mais également à environ un millier de membres de la tribu Krui.

 

Ces derniers appartenaient au bataillon de Jalawla dans les rangs de l’Armée de Saddam Hussein.

 

Le gouvernement de Bagdad leur a récemment accordé une amnistie générale, tant pour les crimes qu’ils ont pu commettre du temps de Saddam que pour avoir  participé à l’effort de guerre de DAESH [EI].

 

De plus, le Lieutenant général de l’Armée nationale irakienne Abdul Amir al Zaidi a offert des armes et de l’argent aux Krui, à condition qu’ils s’opposent aux Peshmergas dans leur tentative de reprendre la ville.

 

Le commandant des Forces kurdes dans la région, Mahmoud Sangawi, a confirmé que ses hommes avaient affronté des Krui lors des derniers combats contre l’Etat Islamique.

 

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Peshmergas bien équipés, dotés d’armes automatiques et de blindés légers

 

Cet épisode malheureux de la Guerre Civile Irakienne illustre les propos de notre rédacteur en chef Stéphane Juffa dans son dernier article Le monde contre le Califat Islamique, lorsqu’il affirmait que les contours entre l’Armée nationale irakienne et l’EI n’étaient pas clairement dessinés.

 

Comme dans le cas de la tribu Krui, certains éléments de ladite Armée passent d’un camp à l’autre en échange d’avantages pécuniaires, d’armes et de munitions.

 

Dans le cas précis de Jalawla, l’Etat central iranien désire circonscrire la poussée des Peshmergas afin de contenir le futur Etat Kurde dans son réduit du Nord-Est ; la ville de Jalawla ne se trouvant qu’à 110 km au nord-est de Bagdad.

 

Jean Tsadik, féru d’histoire, me fait remarquer qu’une gigantesque bataille avait déjà eu lieu à Jalawla. C’était en avril 637, elle opposait déjà le Califat Islamique [pas EI, le Califat de Rashidun], à l’empire non-arabe des Sassanides, et s’était soldée par la victoire des musulmans. Tsadik attire notre intention sur le fait qu’elle avait mis aux prises 20 000 soldats impériaux contre 12 000 "miliciens" islamistes, soulignant que, comme dans les conflits modernes, la supériorité numérique n’était pas une garantie de succès.

 

Trop occupés à guerroyer contre les islamistes à Ramadi, à l’ouest de la capitale, et dans la région de Fadhiliya, au Sud, l’Armée irakienne préfère faire front commun avec l’EI, par forces tribales interposées, plutôt que de permettre aux combattants du président Massoud Barzani d’étendre encore leur territoire.

 

Dans le même registre, le gouvernement central irakien, symboliquement présidé par un autre Kurde, Fouad Massoum, mais en fait acquis aux chiites du Sud et aux Iraniens, fait pression sur la coalition occidentale afin qu’elle limite ses livraisons aux Kurdes à des équipements militaires de moyenne importance, censés ne pas modifier le rapport de forces entre son Armée et les Peshmergas.

 

Ce qui est regrettable est que les Peshmergas ont démontré leur capacité à faire reculer le Califat Islamique, tandis que l’Armée gouvernementale s’est montrée, jusqu’à présent, incapable de le faire.

 

Mais les chiites et les ayatollahs iraniens pensent à l’avenir, au moment où les miliciens de DAESH [EI] auront été repoussés loin vers le Nord, lorsqu’ils auront à faire face à Barzani et aux revendications kurdes d’indépendance.

 

Or les Kurdes, qui ne sont pas arabes, sont traditionnellement des alliés des Occidentaux et des Israéliens.

 

En outre, la "République" Islamique d’Iran compte de vastes territoires kurdes sur lesquelles vit une population de 8 millions de personnes qu’elle opprime.

 

Khamenei craint à juste titre que les Kurdes iraniens ne revendiquent leur agrégation au futur Etat kurde d’Irak lorsque celui-ci aurait été officiellement déclaré et reconnu. Les Kurdes d’Irak sont moins nombreux que leurs frères en Iran, ne représentant que 7 millions d’individus environ.


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Le monde contre le Califat Islamique (info # 011609/14) Version imprimable
Analyse
mardi, 16 septembre 2014

 

Par Stéphane Juffa

 

 

Bien, la conférence de Paris sur la nécessité d’éradiquer le Califat Islamique s’est terminée ; elle aura duré trois heures et permis à François Hollande, dont l’action politique jouit de l’appui extatique de 13 pour cent des Français, de prononcer un discours pathétique. Des propos lénifiants sur le ton d’une émission pour enfants, destinés à démontrer combien l’Hexagone était un polygone moral à l’écoute du monde.

 

Parce qu’il importe de stopper l’Etat Islamique, que Laurent Fabius et Jean-Luc Mélenchon réclament qu’il soit désormais appelé le Califat Suédois, parce que c’est faire insulte à l’islam que de montrer des musulmans étêter des coopérants humanitaires chrétiens, le coran dans la main qui ne tient pas le couteau de cuisine. Parce que Fabius s’apprête à donner des leçons de mahométisme à Abou Bark el Baghdadi et que tout le monde en rigole, sauf lui et les décapités.

 

Parce que, dixit le pensionnaire de l’Elysée - qui envoie trente SMS par jour à son ancienne compagne Valérie Trierweiler, le double à la nouvelle, quelques-uns à Ségolène et un ou deux à ses enfants, pendant que le paquebot France heurte l’un après l’autre tous les icebergs de l’Atlantique - il faut absolument soutenir le gouvernement irakien présidé par le Kurde Fouad Massoum. Or ce gouvernement est au mieux une vue de l’esprit et qu’il n’y a personne, pas d’entité étatique digne de ce nom, à soutenir à Bagdad. 

 

C’est une dure constatation que la "communauté internationale" se refuse encore de faire : il n’y a plus d’Irak, d’ailleurs, il n’y en a jamais eu. Mosaïque d’entités hétéroclites que seul un tyran comme Saddam Hussein pouvait, à force de terreur et d’exactions, empêcher de suivre leurs destins divergents. C’est pourtant simple : chiites au Sud, sunnites au Nord et Kurdes dans une petite bande montagneuse lovée entre les frontières vénéneuses de la Syrie, de la Turquie et de la "République" de Khamenei. Et, broyés dans ce retour à l’époque biblique, des minorités vouées au supplice, tels les chrétiens ou les Yézidis.

 

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Problème

 

Et le Sud ne s’arrête pas à Bassora, tout comme le Nord ne freine pas aux confins de la népotie des al Assad. Le découpage à la règle du Moyen-Orient par les puissances coloniales a vécu, et avec lui la tentative arrogante, naïve, écervelée, optimiste ou criminelle d’obliger des peuples à vivre ensemble, qui s’exterminaient depuis des siècles.

 

Back to the schisme historique au sein de l’islam, à l’empire des Perses, aux Mongols-ottomans, aux Pharaons du Nil, aux Bédouins du désert, aux Kurdes, aux chrétiens et aux Israélites.

 

Fin de la construction d’entités plus larges et début du re-morcellement : durant la bataille d’Alep, on a dénombré jusqu’à soixante entités nationales, linguistiques ou confessionnelles se battant contre Béchar al Assad et les unes contre les autres.

 

Retour aux recettes de grand-mère pour guerroyer : gagner du terrain, faire des prisonniers, des esclaves, violer et vendre leurs femmes, décapiter, pendre, noyer, tuer en masse, pour s’en débarrasser et faire trembler les prochains adversaires.

 

Encore faut-il, pour les Occidentaux, ne pas confondre stratégie et tactique, que les chefs d’Etat des grandes démocraties semblent avoir de plus en plus de mal à discerner : lancer des bombes avec des avions sur des barbares, c’est bien, mais ce n’est pas une solution, c’est un moyen.

 

Et si l’on entend retrouver une situation d’équilibre relatif – c’est ainsi qu’il va falloir rebaptiser la paix dorénavant -, il faut impérieusement se soucier de ce qui va s’instaurer par la suite, une fois que l’on aura affaibli les miliciens ivres d’Allah d’El Baghdadi. En principe on devrait s’en soucier avant de tirer le premier missile.

 

Parce que l’EI n’est pas fondamentalement pire que les autres acteurs régionaux, ils ont juste commis l’erreur de se vanter de l’assassinat de leurs otages en les diffusant sur le Net, tandis que la junte théocratique iranienne pend les opposants, les militants des droits de l’homme, les Kurdes, au faîte des grues, et ordonne la lapidation des femmes jugées infidèles par des tribunaux expéditifs, justifiant leur sentence, non pas par la charte des Vikings, M. Fabius, mais par le saint coran. Mais en "République" Islamique de Norvège, on prend soin d’interdire de filmer les mises à mort, sous peine d’en faire partie, ce qui limite le courroux indigné de la "communauté internationale".

 

L’endémie de médiévalisme contagie également les Palestiniens, n’en déplaise aux adorateurs européens du Hamas. Tout le monde n’ayant pas la mémoire assez courte pour avoir déjà oublié les corps mutilés de malheureux, traînés par les pieds derrière des motos dans les rue de Gaza-city, ni, bien sûr, plus récemment, les soi-disant espions du Mossad, parfaitement innocents mais sympathisants du Fatah de Mahmoud Abbas, mitraillés devant la foule avec un sac sur la tête. 

 

Et aussi, parce qu’en politique internationale, il est dangereux d’avoir des dégoûts sélectifs, de rappeler que chez les hôtes préférentiels du pauvre Français Hollande, en Arabie Saoudite, une justice sûre d’elle fait trancher la tête des homosexuels et des apostats de l’islam en place publique, et condamne au fouet les femmes qui conduisent des automobiles, oublient de se couvrir la tête ou serrent la main d’un inconnu. Sauf que le ministre français des Affaires Etrangères n’a pas pensé à dissocier le régime de Riyad du livre de Mohamed, l’économie tricolore étant déjà assez mal en point comme cela.

 

Donc, on réalise urgemment qu’on est au Moyen-Age. On arrête d’essayer d’expliquer aux opinions publiques ses décisions stratégiques par des appels à la sensiblerie, et on réfléchit consciencieusement, entouré par des spécialistes qui connaissent effectivement la situation, sur les démarches à considérer.

 

On cesse aussi de désigner les bons et les méchants au gré de ses humeurs et de ses intérêts à court terme, en prenant ses électeurs pour des cons, sur la simple hypothèse que la plupart sont effectivement des ignares, mais qui ont actuellement assez de soucis existentiels pour chercher à savoir où se trouvent Kirkuk, Raqqah ou Aarsal, les régions où la nouvelle guerre de religion fait actuellement rage.   

 

Cela évitera par exemple à la France d’envoyer pour trois milliards d’euros d’armement à l’Armée libanaise, sachant que ces équipements tomberont directement dans l’escarcelle du Hezbollah qui a totalement phagocyté le pays aux cèdres grâce à l’incroyable passivité de l’Europe en général, de Paris, en particulier. Le Hezbollah qui signifie littéralement – et ce n’est pas du finnois, M. Fabius – le parti d’Allah, et dont les miliciens se targuent de leur appellation de "Fous d’Allah", tout un programme par les temps qui courent.

 

On demandera à l’occasion à la diplomatie française où, sur le globe, on peut trouver des musulmans qu’elle nous autorise à appeler musulmans. Nous cherché, pas trouvé. En Libye, peut-être ? Ailleurs en Afrique ? Dans les banlieues ? Il faudra nous dire.

 

C’est un analyste qui habite à 20 kilomètres des positions tenues par le Front al-Nosra, qui vous pose la question. Jabhat an-Nuṣrah li-Ahl ash-Shām, ou front (djihadiste) pour la victoire des peuples du Levant, étant la branche concurrente de l’Etat Islamique, tous issus d’al Qaeda, qui partage le même mode opératoire que l’EI, et dont les membres se transfèrent sans états d’âme de l’un à l’autre.

 

Or la conférence d’hier n’a pas déclaré la guerre à al Nosra, pas plus qu’elle n’a défini ce qu’elle projetait pour l’avenir de l’Irak et de la Syrie. La démonstration des dangers représentés par cette lacune est facile à poser ; elle participe, comme une grande tranche de la stratégie politique, du principe des vases communicants, autrement plus dévastatrice qu’un missile de Rafale : si l’Amérique et ses alliés affaiblissent considérablement le Califat Islamique, c’est immédiatement al Nosra qui prendra sa place, recueillant du même coup ses combattants et les armes qu’il aura abandonnées. Rien n’aura été fait. Rien n’aura changé. Hormis la rancœur grandissante des sunnites de tout le Moyen-Orient, qui considéreront l’immixtion des chrétiens dans leurs affaires comme une agression, et l’élimination des miliciens arabes comme autant d’assassinats.

 

Car il est un autre élément qu’on ne vous dit pas : c’est que le monde entier, les Arabes particulièrement, ne pensent pas comme vous et nous. Ainsi, depuis la montée en puissance de DAESH, la plupart des sunnites, considérant qu’il défend ce qu’ils assimilent à leur honneur et qu’il constitue le seul rempart crédible contre l’expansion du chiisme et de son alliance al Assad en Syrie, Hezbollah au Liban et théocratie iranienne en Perse, lui accordent l’entièreté de leur sympathie.

 

Jusqu’ici, en Israël, où les partisans d’al Baghdadi terrorisent de plus en plus souvent les Druzes et les chrétiens en effectuant des descentes dans leurs villages et leurs quartiers, leur promettant le même sort que celui réservé aux ennemis de l’EI et commençant même à molester les femmes se trouvant sur leur passage. Les autorités israéliennes sont très peu disertes sur le sujet, craignant d’éveiller d’autres vocations islamistes, mais je peux vous assurer, pour les côtoyer quotidiennement, que la peur au sein de ces minorités se fait de plus en plus concrète.

 

De plus, tous les sunnites que j’ai rencontrés expriment désormais leur haine irréductible des Américains, des Européens, des chrétiens et des Israélites. En termes stratégiques, il faudrait comprendre que – contrairement à l’idée saugrenue que l’on tente d’imposer – l’islamisme et le djihadisme sont profondément ancrés dans les cœurs et les mentalités du Moyen-Orient et ils augmentent avec chaque succès de l’EI et avec chaque frappe aérienne qu’il subit. D’ailleurs, cette empathie gagne aussi rapidement la banlieue, mais cela également, on le dissimule soigneusement à l’opinion. Celle-ci remarque un discours antithétique entre ce qu’elle constate dans la rue et ce qu’on lui raconte à la télévision. Et cela l’irrite. En France, cette double constatation non-miscible est en train de paver la voie royale à Marine Le Pen, qui devrait la conduire directement à l’Elysée.

 

Cela pose un autre problème stratégique majeur : il ne suffit absolument pas de ramollir l’appareil militaire d’ISIS pour extirper l’espérance djihadiste du Moyen-Orient. Car, non, cette mouvance n’est plus un corps étranger de la région mais l’un de ses piliers ; un pilier qui a un milliard de fois plus de consistance que le "gouvernement de Bagdad" qu’on nous invite à soutenir, et qui lui survivra durant des décennies pour ne pas parler de siècles.

 

En termes stratégiques, on doit également redouter l’alliance de facto qui s’est instaurée avec l’Iran. Au point que l’on n’entend pratiquement plus parler des négociations sur la bombe atomique de Téhéran, et que celui-ci n’a toujours pas détruit la moindre de ses milliers de centrifugeuses, pas plus qu’elle n’en a déplacé des sites de Fodow et de Natanz.

 

Des émissaires d’Obama – c’est le Guide suprême Khamenei qui l’affirme et je le crois – ont tenté diverses approches afin de sceller une alliance tactique en vue de combattre le Califat. Khamenei prétend qu’il a refusé ces appels du pied parce qu’ils proviennent d’une "entité entachée". Plus prosaïquement, les ayatollahs voient d’un mauvais œil un retour de la présence militaire occidentale à leurs portes.

 

Encore plus prosaïquement, les experts de la théocratie islamique chiite, qui ne sont pas des chèvres, savent pertinemment, qu’avec ou sans accord formel, l’Occident a besoin de son concours s’il entend sérieusement endiguer l’EI en Irak et en Syrie. Cela favorise Téhéran qui, à chaque frappe contre les sunnites, voit sa puissance augmenter. Or si les alliés éradiquent le Califat, comme ils affirment vouloir le faire, au lieu de se contenter de l’affaiblir pour le contenir, ce qui participe de l’unique option stratégique valable, ils offriront à Khamenei l’hégémonie sur le Tigre et l’Euphrate, hégémonie qu’il s’est déjà attribuée sur le sud chiite de l’Irak.

 

Or gare à ce terrible faux pas, car la "République" Islamique est autrement plus menaçante pour la région, Israël, l’Europe et le monde que l’Etat Islamique. Le premier dispose de missiles balistiques, le second, de mitrailleuses montées sur des pickups. Le premier possèdera bientôt la bombe atomique si la Baronne Ashton ne décuple pas d’efficacité lors des négociations, ce qui est douteux ; Téhéran entretient des millions de soldats et d’auxiliaires, contre trente mille miliciens à DAESH. Et c’est aussi cela qui est incompréhensible, disproportionné, et qui engendre moult questions chez les spécialistes.

 

Le monde vient de déclarer la guerre à 30 000 fanatiques, obligés de contrôler 40% du territoire irakien et 30, de celui de la Syrie ? Si le million d’hommes de la nouvelle Armée irakienne, formée, dotée et financée à coups de milliards par Washington, ses chasseurs et ses centaines de chars, ne suffisent pas à s’opposer à ces cow-boys de l’islam qui tirent dans tous les sens, c’est que la limite entre ladite armée et les cow-boys n’est pas aussi tranchée qu’on voudrait se le figurer.

 

La puissance US, les six Rafales de Paris, les forces britanniques, l’Allemagne pour stopper 30 000 dégénérés ? Qui menaceraient la sécurité de la planète ? Cela me semble grotesque.

 

Il suffirait de donner une douzaine de vieux F-16 à Barzani, de former ses pilotes durant six mois, d’ajouter 50 Merkava et des missiles Tamouz pour que l’on cesse de parler de djihadisme dans le nord de l’Irak. Il est vrai que l’on consacrerait l’indépendance du Kurdistan, mais n’est-ce pas déjà fait ?

 

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11 septembre : treize ans après (info # 011409/14) Version imprimable
Chronique juridique
dimanche, 14 septembre 2014

 

Par Guy Millière

 

Treize années se sont donc écoulées depuis le 11 septembre 2001. A l'époque, les clivages étaient déjà visibles. Passée la stupeur des premiers jours, il y eut ceux qui dirent que c'était la guerre, que celle-ci avait commencé plusieurs années auparavant ; et il y eut ceux qui nièrent l'existence de la guerre.

 

Ceux qui dirent que c'était la guerre rappelèrent qu'il y avait eu des précédents : la première attaque contre le World Trade Center à New York, en 1993, et les attentats anti-israéliens commis par les divers groupes palestiniens. Ils dirent que l'islam radical était à l'offensive et que le monde occidental devait non seulement riposter, mais se donner les moyens d'endiguer l'islam radical, de le réduire au statut de simple nuisance, pour, depuis là, le vaincre. Ils furent appelés « néo-conservateurs », un mot forgé par Irving Kristol, et utilisé par Norman Podhoretz et quelques autres penseurs éminents. Le président des Etats Unis à l'époque était George Walker Bush, et celui-ci puisa dans le néo-conservatisme les composants qui allaient constituer ce qui s'est appelé la « doctrine Bush ».

 

Ceux qui nièrent l'existence de la guerre, eux, incriminèrent plutôt l' « arrogance » passée des Etats Unis, ajoutèrent qu'il fallait comprendre le sentiment d'humiliation des musulmans qui conduisait ceux-ci vers l'islamisme. Ils critiquèrent, bien sûr, les néo-conservateurs et George Walker Bush.

 

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Selon Barack Obama, c’est un coup d’extraterrestres venus d’une autre galaxie.

Rien à voir avec l’islam

 

La « doctrine Bush » conduisit à la guerre en Afghanistan, puis en Irak. Elle reposa sur un projet de transformation du « grand Moyen Orient » destiné à faire sortir celui-ci de son sous-développement économique, politique et culturel et à endiguer puis vaincre l'islam radical. Elle reposa sur la volonté de former une vaste coalition unissant le monde occidental, et divers de ses alliés autour de ce projet.

 

Ceux hostiles à la doctrine Bush furent défavorables à la guerre en Afghanistan, puis, plus encore à la guerre en Irak. Ils parvinrent à diviser le monde occidental, et un axe Paris-Berlin-Moscou se mit en place pour contrer l'action de Bush et préserver le statu quo dans le monde musulman.

 

En 2008, la situation était stabilisée en Afghanistan, la paix était gagnée en Irak, et le pays était en train de devenir une démocratie alliée au monde occidental au bout de cinq ans de guerre. La division du monde occidental n'avait pas permis d'aller plus loin, et de déstabiliser la principale puissance de l'islam radical : l'Iran des mollahs.

 

L'Iran des mollahs était néanmoins affaibli et sur la défensive. Le principal groupe terroriste de l'islam radical, al Qaeda, avait subi de lourdes pertes et se trouvait décimé. Cela dit, Bush avait déclaré que l'action devait être menée dans la durée, et il était devenu clair qu'il n'y aurait pas la durée.

 

Les opposants à la doctrine Bush l'avaient emporté dans les opinions occidentales. Ceux qui avaient voulu contrer l'action de Bush avaient empêché qu’elle soit aussi efficace qu'elle aurait pu l'être, et ils étaient sur le point de priver cette initiative non seulement de sa pleine efficacité, mais de la durée.

 

L'élection de Barack Obama fut la victoire de ceux qui étaient hostiles à Bush et à sa doctrine, et une victoire aussi pour ceux qui avaient voulu contrer son action.

 

Ce qui s'est passé au cours des six années suivantes a confirmé ces victoires. L'Afghanistan a  glissé vers la déstabilisation, vers une quête de « talibans modérés » (oxymore par excellence), vers un affaiblissement de la présence américaine, puis vers la perspective d'un retour au pouvoir des talibans, tout court, à l'ordre du jour aujourd'hui.

 

L'Irak a été abandonné à son sort, et, de fait, abandonné à l'Iran, qui est devenu l'un des pays vers lesquels Obama a décidé de se tourner aux fins de lui accorder une position hégémonique régionale (Obama n'a cessé de tendre la main aux mollahs depuis son arrivée à la Maison Blanche). Al Qaeda a pu reprendre des forces et proliférer à nouveau.

 

Il y eut les soulèvements constituant ce que d'aucuns ont appelé le « Printemps arabe », qu'il aurait mieux valu appeler printemps de l'islam radical.

 

Les tenants de l'islam radical ont pris le pouvoir en Tunisie, en Egypte, au Yémen, en Libye. Ils ont étendu leur emprise sur la zone sahélienne, vers la Centrafrique et le Nigeria. 

 

Ils se sont taillé un pays dans le centre de la Syrie et les régions sunnites de l'Irak.

 

Le seul revers rencontré par l'islam radical a été la prise de pouvoir par le maréchal Sissi en Egypte, avec le soutien de l'Arabie Saoudite et des émirats du Golfe (à l'exception du Qatar).

 

Treize ans après le 11 septembre 2001, ceux qui étaient hostiles à Bush et à la doctrine Bush et ceux qui voulaient contrer l'action de Bush dominent la vie politique et intellectuelle dans le monde occidental.

 

Ils ne veulent pas discerner l'étendue du désastre qu'ils ont provoqué. Ils falsifient les faits, oublient qu'en 2008 l'Afghanistan était stabilisé, l'Irak n'était plus en guerre, l'Iran des mollahs était sur la défensive, et al Qaeda profondément affaibli.

 

Ils ne veulent pas voir que ce qui a préservé la région du désastre absolu a été, précisément, la prise du pouvoir par le maréchal al Sissi en Egypte.

 

Ils sont horrifiés par la brutalité et la dangerosité de l'Etat Islamique, né des décombres d'al Qaeda en Irak.

 

Ils semblent incapables de voir les sombres jeux d'alliance qui se sont tissés entre forces radicales, le soutien de la Turquie et du Qatar à l'Etat Islamique, les accords passés, puis brisés, entre celui-ci et l'Iran et ce qui reste du régime Assad en Syrie.

 

Ils s'apprêtent peu ou prou à suivre le capitaine du naufrage, Barack Obama, qui est poussé à agir contre l'Etat Islamique par son opinion publique, mais entend faire son possible pour résister à la poussée, parce que ceux qui soutiennent l'Etat Islamique sont plutôt ses amis, à commencer par la Turquie et le Qatar.

 

Ils semblent ne pas comprendre que l'Egypte et l'Arabie Saoudite n'entendent que soutenir très modérément les opérations contre l'Etat Islamique dès lors que celles-ci ne peuvent que renforcer l'Iran des mollahs.

 

Ils ne veulent toujours pas voir ce que les néo-conservateurs et George Walker Bush percevaient dès le 11 septembre 2001 : nous sommes en guerre. L'islam radical est à l'offensive. Le monde occidental doit non seulement riposter, mais se donner les moyens d'endiguer l'islam radical, de le réduire au statut de simple nuisance,  et de le vaincre.

 

Ce qui les meut est l'aveuglement face à l'islam radical, une volonté d'apaisement à son égard, voire des complicités avec celui-ci. Ce qui les meut est, aussi, leur hostilité pathologique à l’encontre d’Israël : peu de temps après les attentats du 11 septembre, nombre d'entre eux ont commencé à faire circuler la rumeur que ce qui s'était passé était le fruit d'un complot de la CIA et du Mossad.


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Golan : visite de bon voisinage (info # 010909/14) Version imprimable
Reportage photo
mardi, 09 septembre 2014

 

Par l’équipe de reportages Nord-Est © Metula News Agency

 

Nous avons effectué hier, lundi, un reportage extrêmement fructueux le long de la frontière entre Israël et la Syrie, sur le plateau du Golan.

 

Les objectifs de notre petite expédition consistaient à observer visuellement l’état du conflit entre la rébellion et l’Armée de Béchar al Assad, ainsi qu’à tenter de savoir qui faisait la loi au sein de l’opposition armée dans cette région, entre les islamistes extrémistes et les composantes plus modérées de l’Armée Syrienne Libre (ASL).

 

D’autre part nous voulions savoir si la ligne Alpha, autrement dit la frontière entre l’Etat hébreu et son voisin de l’Est était calme et stable, ou si les escarmouches s’y multipliaient, et les menaces se concrétisaient.

 

Comme dans notre cas le journalisme ne se limite pas à répercuter les bilans des victimes obtenus au guichet d’une organisation terroriste, nous avons arpenté des sentiers pierreux et à peine praticables le long du grillage de séparation, nous trouvant, pendant plus de 3 heures, à moins de 10 mètres de la Syrie en guerre.

 

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Une position de l’ONU adossée à Kuneitra

 

La première constatation que nous tirons de notre randonnée est, qu’hier du moins, la situation était particulièrement sereine. Le front du Golan, pratiquement sur toute sa longueur, des contreforts du mont Hermon, au Nord, jusqu’à Khamat Gader, au Sud, sur la frontière jordanienne, est aux mains des opposants à Assad.

 

L’Armée du régime tient toujours ses positions sur l’un des deux mamelons constituant le mont Hermon, et de là, le long du Liban, qu’elle a déjà entrainé dans sa guerre civile.

 

On se balade en plein traumatisme d’après la bataille ; de toute l’après-midi, nous n’avons pas croisé le moindre porte-flingue d’al Assad, ni aucun combattant de l’ASL, pas plus que les habitants, encore terrés dans leurs maisons. A peine quelque véhicule utilitaire s’aventurant prudemment sur des routes dangereuses.

 

Côté israélien, des patrouilles, qui ne se formalisent pas outre mesure de notre présence, nous prenant sans doute pour des forces spéciales (qui d’autre s’aventurerait ici ?). Tsahal s’est installé à quelques centaines de mètres de la frontière, dans des bases où il a pu déployer tout son arsenal hypersophistiqué. Les soldats nous regardent sans doute à la jumelle mais nous fichent la paix.

 

La zone reste tout de même très dangereuse. Pendant notre visite, sur le coup de 19 heures, on entend deux ou trois rafales au loin ; une balle perdue a touché légèrement un militaire israélien à la jambe. Celui-ci est emmené en hélicoptère vers l’hôpital de Safed, à 5 minutes de vol.

 

Notre découverte la plus intéressante, nous l’avons faite à Kuneitra. Kuneitra, ville fantôme dans laquelle personne ne vit depuis 1967 lorsqu’elle fut prise et détruite par les guerriers hébreux.

 

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L’hôtel de ville abandonné de Kuneitra

 

Israël s’en est retiré depuis 40 ans, et, ces derniers mois, elle était devenue l’enjeu de la guerre du Golan entre Assad et ses contempteurs.

 

Au centre de la bataille un petit poste frontière, l’allure insipide, à 30 mètres de son homologue israélien. C’est cette position, symbolique et stratégique à la fois, qui était au cœur des combats ; des centaines de Syriens viennent de mourir pour elle.

 

Difficile de croire que l’on puisse donner sa vie pour quelque chose d’aussi misérable. Le poste frontière est là, devant nous, vide de toute présence humaine à notre grand étonnement.

 

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C’est pour ça que 300 personnes au moins sont mortes

 

Il y a quelques jours, dans l’euphorie de la victoire, les drapeaux de toutes les factions en guerre contre la dictature alaouite avaient surgi de nulle part.

 

Maintenant, quelqu’un a fait de l’ordre et il ne reste qu’une seule bannière. Nous reconnaissons celle de Jabkhat Thowar Suriya, le Front Révolutionnaire Syrien (FRS).

 

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C’est une agréable nouvelle, car le FRS représente une aile idéologiquement modérée au sein de l’Armée Syrienne Libre.

 

C’est un front qui s’est solidifié face au renforcement du Califat Islamique, sous les ordres d’un certain Jamal Maarouf, le chef de la Brigade des Martyrs de Syrie, basé à proximité d’Idlib, dans le nord-ouest du pays.

 

C’est l’un des rares groupes à s’être prononcé en faveur de la seconde conférence de paix de Genève, en présence de représentants du régime.

 

Le FRS, qui compte une dizaine de milliers de combattants, prône le renversement des alaouites et l’établissement d’une démocratie pluraliste, une perle rare dans la région ; une organisation plus nationaliste arabe qu’islamiste, on pourrait presque parler d’un mouvement "laïque".

 

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On ne s’est pas fait le moindre cadeau

 

Ce sont des gens avec lesquels il est possible de discuter, du genre que les Européens, les Américains et les Israéliens aideraient volontiers.

 

D’ailleurs ce que l’on constate sur le terrain témoigne de ce qu’un dialogue existe. Notamment l’hôpital de campagne opéré par les Hébreux, à califourchon sur la ligne Alpha, pas loin de la bourgade druze-israélienne de Boukata.

 

C’est un secret de polichinelle de dévoiler que le Front Révolutionnaire Syrien reçoit de la part des Occidentaux des aides de toutes sortes. Mais mieux vaut, pour le moment, ne pas entrer dans les détails.

 

Ce qui frappe sur place c’est ce drapeau orphelin, pas dominateur puisqu’attaché à mi-mât et sans personne pour le garder.

 

En face, en Israël, c’est pareil, le poste frontière est fermé et désaffecté. Il y a quelques jours, la Police Militaire, armée jusqu’aux dents, nous a empêché de nous approcher à 100 mètres d’ici, mais ce lundi, cela ressemble au désert des Tartares. Personne - ni dans les nombreuses bâtisses, ni dans l’aile technique, ni dans les miradors.

 

Il est évident que des deux côtés de la frontière on s’est entendu afin d’éloigner les combattants les uns des autres et d’éviter ainsi les frottements incendiaires.

 

Dans ces conditions nous pouvons aller ou nous voulons ; il n’y a pas même un Casque bleu de l’ONU, dont les baraquements sont tout proches, pour nous barrer le chemin. A peine deux soldats philippins ventripotents, absorbés par leur jogging quotidien, qui nous font un geste amical, tout heureux de croiser d’autres êtres vivants.

 

Nous posons le pied dans le No Man’s Land, gravissons les marches d’un mirador des Nations Unies déserté et posons notre lourd téléobjectif sur la rambarde de métal pour prendre des photos,

 

Nous regardent-ils en face ? Probablement. On sent quelques paires d’yeux fixées sur nous mais en toute discrétion : que ce silence a l’air bien ordonné !

 

Nous continuons notre inspection, et croisons  des voisins moins tranquilles. C’est un pick-up d’al Nosra - le drapeau d’al Qaeda à l’avant en témoigne -, qui revient d’une tournée de pillage. Il est chargé comme un mulet de motocyclettes volées et tire par un câble un tout terrain, lui aussi ramené en butin d’une razzia sur le village d’el Hmidaiah, à 7 km d’ici. Ses habitants avaient eu la mauvaise idée de prendre parti pour al Assad ; ils sont désormais contents de conserver leur tête sur leurs épaules à défaut de leurs moyens de locomotion.

 

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Les islamistes d’al Qaeda ramenant leur butin (dans le cercle rouge, le drapeau d'al Nosra)

 

Les miliciens sont extrêmement dangereux, ce sont eux qui détiennent toujours les 45 Casques bleus fidjiens, probablement à une cinquantaine de kilomètres de notre frontière. Nous sommes les témoins privilégiés de la coexistence entre le Front Révolutionnaire Syrien et les barbares d’al Nosra.

 

Le drapeau au check post montre qui est actuellement le chef, le plus fort. Mais les miliciens islamistes semblent ici chez eux, jouissant d’une grande liberté de mouvements de la part de leurs alliés du moment.

 

Cette alliance est d’ailleurs assez surprenante lorsque l’on sait qu’il y a tout juste un peu plus d’un mois, le FRS et al Nosra se sont violemment affrontés dans Jisr al Choughour, pas loin du port syrien de Lattaquié et à 6 km de la frontière turque.

 

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Golan : Tsahal a sauvé la vie de soldats de l’ONU (info # 010809/14) Version imprimable
Analysis
lundi, 08 septembre 2014

 

Par Jean Tsadik

 

Jeudi 28 août dernier, une journée après s’être emparés du point de passage entre la Syrie et Israël sur le Golan, les miliciens d’al Nosra, un groupe affilié à al Qaeda, ont fait prisonnier 45 soldats de l’ONU des Iles Fidji.

 

Ces derniers, qui font partie de l’UNDOF, la Force des Nations Unies d’Observation du Désengagement [de l’accord désengagement entre Damas et Jérusalem de 1974] avaient reçu l’ordre du commandant de l’UNDOF de déposer leurs armes et de se rendre sans combattre aux combattants djihadistes.

 

Depuis, des négociations secrètes sont en cours entre l’ONU et al Nosra en vue de leur libération. Les islamistes exigent divers soutiens logistiques ainsi qu’une rançon. Depuis une semaine, al Qaeda menace de juger les Casques bleus devant un tribunal islamique appliquant la Charia.

 

Ces derniers, dont le titre de combattants n’est pas reconnu par al Nosra, risquent la peine capitale et peut-être la décapitation en leur qualité de mécréants.

 

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Casques bleus passant devant des soldats israéliens dans le Golan

 

Simultanément à la capture des observateurs fidjiens, les miliciens avaient également encerclé deux positions de l’ONU dans la zone de désengagement, tenues par 75 militaires philippins. Dans ce cas aussi, le commandement de l’UNDOF sur le Golan ordonna à ses hommes d’obtempérer aux exigences des djihadistes en leur remettant leurs armes et en se rendant.

 

Mais le Général Gregorio Pio Catapang, depuis Manille, était intervenu afin de contredire ces ordres, enjoignant à ses hommes encerclés de se battre pour éviter le sort des Fidjiens.

 

"Je leur ai dit", déclare le Général Catapang, "de ne pas exécuter l’ordre qu’ils avaient reçu, parce qu’il était en violation de nos règles stipulant que nous ne remettons nos armes à feu à personne, et qu’il n’existait aucune garantie pour que vous soyez libérés après les avoir remises".

 

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Samedi 30 août, avec l’aide des soldats irlandais de l’UNDOF et d’autres Casques bleus compatriotes, les 35 Philippins de la première base engagèrent le combat avec les rebelles islamistes et parvinrent à rejoindre le territoire israélien à bord de leurs véhicules blindés.

 

Les choses étaient beaucoup plus compliquées en ce qui concernait la seconde base sous contrôle philippin, car cette dernière se vit rapidement encerclée par plus d’une centaine d’insurgés islamistes.

 

Ceux-ci tentèrent de défoncer le portail du camp avec leurs pick-ups tout en arrosant les assiégés de tirs de mortiers. Une nouvelle fois, les Irlandais intervinrent et escortèrent leurs 40 camarades vers le territoire israélien, synonyme de salut.

 

Cet incident a ouvert une grave dispute entre Manille et les Nations Unies, le haut commandement des forces philippines exigeant l’ouverture d’une enquête contre le commandant de l’UNDOF afin de savoir pourquoi il avait ordonné à ses hommes de se rendre et de mettre ainsi leurs vies en danger.

 

Manille a d’ailleurs avisé New-York par écrit qu’il ne remplacerait pas son contingent de 331 soldats de maintien de la paix lorsque leur mission se terminera en octobre.

 

A la Ména nous avions des reporters sur place lors de ces incidents et nous avions assisté à l’évacuation de la seconde position philippine, observant des "détails" de l’opération que nous ne pouvions pas rapporter.

 

Nous sommes désormais en grande partie libres de le faire après que le journal irlandais The Sunday Independant (l’indépendant du dimanche) a révélé, citant des sources irlandaises officielles, que "les soldats irlandais auraient été tués ou pris en otages par les extrémistes islamistes si l’Armée israélienne n’était pas intervenue militairement dans la bataille pour sauver les soldats de l’ONU encerclés".

 

Cette remarque vaut également pour les militaires philippins, même si le journal de Dublin ne les mentionne pas nommément.

 

Faute de l’aide de Tsahal, rapportent les mêmes sources, "il est presque certain qu’il y aurait eu des blessés ou des morts [ce qui ne fut pas le cas lors des deux évacuations]". Les Israéliens disposent de bases qui dominent les positions dans lesquelles les observateurs de l’ONU étaient encerclés, précise The Independant, et l’assistance des Hébreux fut "déterminante dans le succès de l’opération", selon les sources autorisées qu’il cite.

 

Sources qui ajoutent que les Israéliens ont guidé les troupes irlandaises envoyées en secours des Philippins, leur permettant d’éviter les plus grosses concentrations des miliciens d’al Qaeda les plus puissamment armés. 

 

Il existe également des témoignages non-confirmés, écrit le journal irlandais, indiquant que les Israéliens ont ouvert le feu sur les islamistes afin qu’ils cessent de s’en prendre aux soldats philippins et irlandais.

 

C’est ici une courtoisie des officiels Irish, qui entendent laisser au gouvernement de Jérusalem le choix de parler de cet incident ou de taire son existence. Quant à nous, qui ne sommes pas diplomates mais reporters, nous pouvons attester que Tsahal est massivement intervenu pour sauver la mise sérieusement hypothéquée des Casques bleus. Nous prenons même le risque de rapporter que, de la manière dont elle était conduite, l’opération de secours avait très peu de chances de réussir et beaucoup de finir en désastre.

 

Nous, d’espérer que ce fait d’arme fraternel participera à modérer l’antisémitisme suffoquant régnant sur l’île au trèfle et à la harpe celtique. Rien n’est moins sûr, car son ministre des Affaires Etrangères, Charlie Flanagan, a déjà oublié de remercier publiquement Tsahal pour son coup de main salvateur.

 

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Israel est-il la cause de la remontée de l'antisémitisme en Europe ? (info # 010709/14) Version imprimable
Analyse
dimanche, 07 septembre 2014

 

Par Guy Millière


La question qui sert de titre à cet article peut sembler absurde. Elle ne l'est pas. Elle est l'indice d'une perversion grave des esprits, augmentée d'une tentative menée par certains d'exacerber la diabolisation d'Israël.

 

Des commentateurs en Europe, mais aussi aux Etats Unis, répondent à la question par l'affirmative et prétendent que oui, Israël est la cause de la remontée de l'antisémitisme en Europe.

 

Quelle raison invoquent-ils ? Le « comportement d'Israël », bien sûr.

 

Si vous leur demandez de quel comportement ils parlent, ils vous répondront en évoquant les "massacres" commis par Israël à Gaza, ou la "colonisation" opérée par Israël dans les "territoires palestiniens occupés".

 

Si vous leur dites que la façon dont ils décrivent ce qu’ils affirment est très biaisée, puisque ne se trouvent évoqués, pour ce qui concerne les "massacres", ni les quatre mille roquettes tirées vers Israël par le Hamas, sans lesquels Israël n'aurait pas eu à riposter, et à tenter de détruire les installations de lancement de ces projectiles, ni l'utilisation par le Hamas de boucliers humains, et puisque ne se trouvent pas davantage évoqués, pour ce qui concerne les "colonies", la volonté d'épuration ethnique antijuive de l'Autorité Palestinienne et de disposer d'un territoire Judenrein.

 

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Pas d’avoir peur, vous ne comprenez rien, d’en avoir marre !

 

Si vous leur rétorquez que seule l’AP peut rendre impensable l'existence de villes et de villages juifs dans un territoire appelé Judée-Samarie bien avant que quiconque n’avait envisagé de les rebaptiser "territoires palestiniens", ils vous diront que c'est vous qui parlez de manière biaisée.

 

La cause, pour eux, est entendue une fois pour toutes. Israël a essentiellement tort. Les ennemis d'Israël ont essentiellement raison. Israël est un pays que ses ennemis ont raison d'agresser et d'attaquer, car ils sont "opprimés", et toute riposte israélienne est, par définition, "disproportionnée" puisque c'est une riposte israélienne, celle d’une entité "colonisatrice".

 

Quand des Israéliens sont tués, c'est le "cycle de la violence", et quand des Arabes meurent, placés là par le Hamas aux fins qu'ils soient tués, c'est un crime israélien ; car le Hamas ne peut pas avoir tort : il est l'une des incarnations des "opprimés de la colonisation".

 

L'existence de citoyens israéliens arabes, chrétiens et musulmans, est, bien sûr, ignorée par ces gens, et ils n'en parlent d'ailleurs jamais ; ce qui leur permet de dire incidemment qu'Israël est « raciste », voire qu'Israël est un « pays d'apartheid ».

 

En sous-jacence à tout cela, il y a l'adhésion de ces gens à la falsification des faits et au vocabulaire mis en place par la machine de propagande palestinienne et, au-delà, islamique.

 

Il y a la diabolisation sournoise et omniprésente d'Israël qui en résulte. La volonté d'isoler un Israël diabolisé, avant de passer à la prochaine étape, énoncée ici ou là par ces gens lorsqu'ils se laissent aller à des confidences : la (re)naissance d'un pays juif au Proche Orient, vous suggèreront-ils, a été une erreur qui devra être rectifiée.

 

Ces gens vous affirmeront bien sûr qu'ils aiment les Juifs. Ils vous le jureront, la main sur le cœur. Ils ajouteront, qu'hélas, Israël donne une image désastreuse des Juifs.

 

Et ils glisseront subrepticement le tracé d'une ligne de démarcation séparant les bons Juifs, ceux qui se font discrets, se comportent en citoyens européens irréprochables et qui n'ont aucun penchant pour Israël (s'ils dénoncent Israël, c'est encore mieux !), et les mauvais Juifs, ceux qui sont trop ostensiblement juifs et qui ont de la sympathie pour Israël, voire de la famille en Israël.

 

Comme ils sont délicats, ces gens ne parlent pas explicitement de bons ou de mauvais Juifs, bien sûr. Ils disent, par exemple, que les organisations juives « outrepassent leur rôle » et attirent la détestation sur elles en défendant Israël.

 

Ils désignent comme traîtres les Juifs qui décident de partir pour Israël ou qui, simplement, envisagent de le faire et les définissent alors comme des adeptes de Belzébuth.

 

Ils somment, en quelque sorte, les Juifs de choisir le camp du rejet d'Israël en leur demandent de voir que c'est l'abominable Israël qui est la cause de presque tous les maux qu'ils subissent.

 

Ils exonèrent les antisémites.

 

Ils laissent entendre subliminalement que si des Juifs qui défendent Israël sont agressés, c'est de leur faute, puisqu'ils défendent un pays indéfendable, et c'est la faute du pays indéfendable lui-même.


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Israël : la digue de la convenance à sauté en France (1ère partie)(info # 010509/14) Version imprimable
Réinformation
vendredi, 05 septembre 2014

 

Par Ilan Tsadik

 

Durant Rocher inébranlable, la rédaction nous a demandé de nous concentrer plus particulièrement sur le narratif de la guerre et sur l’analyse de la situation, laissant au second plan les agressions médiatiques systémiques dont Israël a été victime.

 

Au premier rang desquelles, mais cela ne doit plus surprendre personne, celles de la presse tricolore qui nous a traités comme si nous étions les ennemis de l’humanité. Ce qui a d’ailleurs le mérite d’irriter les peuples et les nations qui subissent réellement des tentatives de génocides, ou, à tout le moins, des traitements barbares du genre de ceux que l’on nous reproche dans les media de l’Hexagone.

 

Des Soudanais s’élèvent ainsi contre le silence et l’absence des journalistes face aux deux millions de morts au Darfour, des Kurdes, des chrétiens irakiens et syriens, des Yézidis, qui ne comprennent pas bien la raison pour laquelle les Occidentaux sont traumatisés par 2 000 victimes à Gaza, alors qu’en une heure, les djihadistes ont exécuté mille civils avant de les jeter dans une fosse commune, tandis que leurs femmes étaient vendues à Mosul comme esclaves sexuelles pour 500 dollars "pièce".

 

La réponse qu’apporte Alain Gresh à cette disproportionnalité, dans un article du 21 juillet dernier du Monde Diplo, ne saurait laisser indifférent : "(…) il est vrai que la cause palestinienne est emblématique, non pas par le nombre de victimes, mais par le fait que c’est le dernier conflit colonial".

 

Ca a le mérite d’être une réponse du type qui suffit à justifier la destruction d’Israël selon les critères fanoniens des néo-existentialistes ; leur seul problème – mais sa centralité suffit à en faire des monstres assoiffés de sang juif – réside en ce que le conflit israélo-arabe n’a jamais été une guerre coloniale, ne répondant à aucune des références d’une guerre coloniale, comme nous avons pris la patience de le démontrer au-delà de tout doute sensé dans ces colonnes.

 

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Tout ce que les Français n’ont pas vu à Gaza

 

Maintenant, vous comprenez pourquoi des gens comme Marius Schattner ou Charles Enderlin, ou des organismes  comme l’AFP mènent un véritable combat, y compris en exerçant des pressions sur les confrères et les media récalcitrants, afin qu’ils prennent soin de mentionner les mots "colons" et "colonies" dans chacun de leurs reportages.

 

Parce que s’il s’agit d’un conflit colonial, le Hamas, représentant des Palestiniens opprimés, est en droit de lancer des fusées sur Tel-Aviv, tandis que s’il s’agit d’un affrontement entre légitimités, c’est Jérusalem qui possède celle de se défendre lorsque ses villes sont attaquées par des terroristes, dont le but se limite à tuer le maximum de Juifs possible.

 

Le reste du papier de Gresh, en fait une critique d’un article de BHL, n’est qu’un amoncellement de contre-vérités du genre : "BHL semble ignorer les campagnes de haine qui déferlent sur Israël depuis des années et qui amène une majorité des habitants à souhaiter l’expulsion des citoyens arabes de l’Etat".

 

Je vis en Israël et je n’ai jamais observé la moindre de ces campagnes de haine contre la minorité arabe ; quant à la seconde affirmation, elle est si gratuite, si infondée, qu’y répondre participerait à lui donner un semblant de contenu. Gresh a ainsi à nouveau fait étalage de son ignorance crasse du fait israélien.

 

Gresh est un fielleux dogmatique qui, comme l’ensemble des néo-existentialistes, a toujours refusé d’ouvrir le débat public pour y confronter ses affirmations aux nôtres. C’est évidemment plus confortable et d’autant moins nécessaire quand les "colonialistes" se sont assuré les services de l’AFP, véritable parole d’évangile des plumitifs français.

 

Bien moins lisible est la démarche d’I24News, lorsqu’elle invite l’alibi-colon de l’Agence France Presse, Michaël Blum, à prêcher sur ses plateaux. Il est vrai que pour certains, travailler pour une agence de presse qui considère que Gaza est une colonie fait de vous un "modéré fréquentable".

 

Mais ce n’est pas l’essentiel. Ce qui est fondamental est que la quasi-totalité des confrères franciliens a désormais fait sienne la théorie de la "guerre coloniale", qui implique qu’ils défendent, par tous les artifices disponibles – et ils ne sont pas à court d’imagination en la matière -, l’opprimé palestinien contre le colonisateur juif.

 

L’un de ces subterfuges, lancé par l’AFP et repris en cœur par un millier de perroquets idiots, a consisté à réduire le récit de Rocher Inébranlable au bilan des victimes de la guerre. Comme si celui qui subit les plus lourdes pertes avait la raison pour lui ou une partie d’icelle. Comme si c’était plus important que d’identifier pour ses lecteurs ou ses téléspectateurs le camp qui a commencé, qui s’attaque spécifiquement à des civils, qui tire depuis les écoles, les mosquées et les hôpitaux, et qui a rompu les sept cessez-le-feu qu’il s’était engagé à respecter, alors que les Israéliens n’en ont brisé aucun.

 

A cela Gresh répond avec les références suivantes : "Et que, encore une fois, nous n’avons pas affaire à deux armées qui se battent à armes égales. Il faut toujours rappeler cette formule du dirigeant du Front de libération nationale algérien Larbi Ben M’hidi, arrêté le 23 février 1957 par l’armée française et interrogé par des journalistes à propos du FLN posant des bombes dans des cafés dissimulées dans des couffins : « Donnez-nous vos avions, nous vous donnerons nos couffins. »".

 

C’est irrémédiable. Tant que le Hamas-FLN (Guerre d’Algérie, guerre de colonisation) n’aura pas d’avions, il lui sera permis d’assassiner des Israéliens. Et comme il n’aura jamais d’avions…

 

Le gros des titres et des journalistes français ayant embrassé cette optique, se doit, à chaque occasion, de fustiger les Hébreux. Même si, pour y parvenir, ils doivent travestir la vérité. Parfois, cela ressemble à de la propagande nazie, comme dans ce papier du 18 août de Luc Mathieu dans Libération, dont le seul titre entend décrire les Israéliens comme des criminels absolus : "A Gaza, « les civils étaient la cible »".

 

A la toute fin du papier, on comprend, lorsqu’on est un professionnel de l’info, que le titre reprend une affirmation tronquée de Maître Raji Sourani – dont certains lecteurs se rappellent du nom pour le rôle qu’il avait joué dans la Controverse de Nétzarim1 -, qui confie à Luc Mathieu : "Les civils se sont retrouvés dans le collimateur. Ils étaient la cible. Sinon pourquoi détruire la centrale électrique, les puits, les écoles, les hôpitaux, les ambulances ?".

 

Je vous livre en passant la réponse que les lecteurs de Libé ne liront jamais : parce que les témoignages présentés par la Ména durant Rocher Inébranlable, y compris de nombreuses pièces filmiques, ont démontré que c’étaient des roquettes djihadistes qui ont détruit en partie les lignes d’approvisionnement électrique ainsi que les cuves de carburant de l’unique centrale électrique de Gaza. Que des techniciens israéliens, en pleine guerre, et pour épargner aux civils gazaouis des souffrances inutiles, ont tenté de réparer certains de ces câbles à haute tension, mais ils en ont été empêchés par des tirs tendus de miliciens islamistes. Toute l’électricité et le carburant de la centrale électrique de l’enclave palestinienne, et Mathieu n’est pas censé l’ignorer ni le cacher à ses lecteurs, proviennent de l’Etat hébreu. Ce dernier n’ayant jamais interrompu sa fourniture, même quand certains de leurs bénéficiaires tiraient 200 roquettes par jour sur les civils du Néguev, y compris sur les livreurs de fuel et les employés de la Compagnie d’électricité.

 

De plus, les films de Tsahal que nous avons diffusés, et dont Sourani et Mathieu ne peuvent non plus ignorer l’existence, montrent que les miliciens de Gaza tiraient leurs roquettes depuis les écoles et les hôpitaux ; ce qui, face au droit international, en faisait naturellement des objectifs assurément légitimes. Et si Libération conteste l’authenticité de ces témoignages, il doit le faire savoir et présenter et étayer son point de vue, et non pas faire comme si ces images n’existaient pas.

 

De plus, d’autres vidéos mises à disposition par l’Armée israélienne apportent la preuve irréfutable que les ambulances étaient utilisées à Gaza par des miliciens armés afin d’aller d’une position de tir à l’autre.

 

Reste que 80% de l’article de Luc Mathieu est évidemment consacré à la publication orientée de divers bilans humains de Rocher Inébranlable. Des bilans communs à l’ONU et aux ONG palestiniennes ; ce que l’on peut comprendre, puisqu’elles se fournissaient à la même source, à savoir le centre de communication du Hamas.

 

Sur cette base, l’ONU affirme que la plupart des 1948 victimes qu’elle répertorie, soit 72%, étaient civiles. Mathieu ne trouve pas de meilleures oreilles que celles du directeur d’une ONG palestinienne Al Dameer (la conscience), pour lui demander comment est-ce possible que, selon les Israéliens, la proportion de miliciens parmi les morts est plus grande que celle des civils.

 

Ce qui fait "soupirer" le directeur d’Al Dameer, le pauvre Khalil Abou Shammala, qui ignorait que des hommes armés avaient tiré 4 000 bombes volantes sur les villes israéliennes à partir de Gaza, et qui s’exclame : "On ne sait même pas ce qu’ils veulent dire par terroristes".

 

Dans ces conditions, et par souci didactique – pour ne pas qu’ils meurent complètement crétins – j’informe Shammala et Mathieu, qu’un terroriste, c’est quelqu’un d’armé qui, indépendamment de ses motivations, s’attaque systématiquement à des personnes civiles. Comme quelqu’un qui tire un Fajr-5, transportant 50kg d’explosifs, sur Tel-Aviv ou Jérusalem, connards !

 

Mais la cerise sur le gâteau de l’article de Libération (de tout complexe antisémite ?), c’est tout de même le paragraphe que le journal consacre à expliquer pourquoi, si la plupart des morts étaient des civils, la tranche d’âge 20-29 ans est largement surreprésentée sur des listes des morgues de la bande côtière. Cette tranche d’âge étant celle à laquelle appartient le plus grand nombre de miliciens djihadistes.

 

La réponse qu’a obtenue Luc Mathieu a eu le mérite de me faire éclater de rire tant elle est grotesque : " Cela n’a rien d’étonnant", assure Issam Younis, directeur général du centre Al-Mezan (la balance), "les jeunes hommes se déplacent plus que les vieux, les femmes ou les enfants. Ce sont eux qui vont chercher l’eau et le pain et amènent les blessés à l’hôpital. Ils sont les plus exposés".

 

NO COMMENT. Ou comment à Libé on se fout royalement de l’intelligence de ses lecteurs. A la Ména, où ça n’est pas le cas, on publie la dernière évaluation en date établie par Sami El Soudi ; celui-ci estime à environ 2 350 le nombre de Gazaouis morts ou de définitivement portés disparus lors de Rocher Inébranlable, dont un peu moins des deux tiers étaient des terroristes au service des milices islamistes palestiniennes de Gaza. Un peu plus de 350 victimes ne sont répertoriées sur aucune liste car elles ont été enterrées par le Hamas dans des cimetières improvisés afin de réduire le nombre connu de ses pertes.

 

D’autre part, El Soudi affirme que 8 200 miliciens ont été blessés lors du conflit, dont 3 000 sont encore dans un état sérieux. Près de 2 500 civils ont également été blessés. Il précise que ces chiffres sont en parfaite adéquation avec les noms et les âges fournis par les hôpitaux contrôlés par le Mouvement de la Résistance Islamique et ajoute que ces listes sont incomplètes.   

 

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Golan : combats et accrochages avec Tsahal (info # 010409/14) Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 04 septembre 2014

 

© Metula News Agency

 

Métula, jeudi 16h30, 15h30 à Paris

 

Peu avant midi, les sirènes d’alerte ont retenti dans la partie septentrionale du plateau du Golan. Un obus d’artillerie de l’Armée régulière syrienne venait de s’abattre et d’exploser au nord du Kibboutz Ortal.

 

Tiré vraisemblablement par méprise, il n’en a pas moins déclenché une riposte de Tsahal, qui a oblitéré la position de l’armée d’Assad d’où le projectile était parti, à l’aide d’un missile Tamouz.

 

Au sein des forces de défense d’Israël, on a décidé de ne pas baser son attitude sur le seul critère tendant à savoir si le tir venant du territoire adverse était intentionnel ou non, comme c’était le cas auparavant.

 

Un officier rencontré la semaine dernière tout près d’El Hmidaiah, a indiqué à la Ména "que c’était à eux [à l’Armée syrienne] de faire en sorte que leurs tirs n’atteignent pas l’Etat hébreu s’ils ne voulaient pas que nous anéantissions ceux qui en sont responsables", ajoutant, "et ils ne désirent pas que nous ripostions, car, chaque fois, nous sommes très précis et ils perdent des hommes et du matériel. Ils font ensuite plus attention, c’est l’effet dissuasif, c’est ce que nous recherchons. Ce n’est pas parce qu’ils se battent entre eux qu’ils doivent faire peser un danger sur les citoyens de notre pays ; nous ne sommes pour rien dans leurs disputes et adoptons une stricte politique de neutralité dans leur conflit".

 

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Service cartographique de la © Metula News Agency

 

En face, dans la région de Kuneitra, les alaouites ont lancé une vaste contre-attaque contre la rébellion dès les premières heures de ce jeudi matin. Initialement, ils ont quelque peu progressé, mais, à 15h 30 locales, ils n’étaient toujours pas parvenus à reprendre le poste syrien de la frontière avec Israël, considéré par les belligérants comme un emplacement stratégique.

 

A la rédaction de Métula, à 30km de l’épicentre des combats à vol d’oiseau, on entend très distinctement les nombreux échanges d’artillerie.

 

Même si aujourd’hui nous n’avons pas de reporters sur place, nos fixeurs permanents à Boukata nous rapportent des affrontements exceptionnellement féroces et disputés.

 

L’un des problèmes qui dérangent Israël consiste en ce que – à l’instar de la frontière avec le Liban – le grillage de démarcation n’est pas partout aligné sur la Ligne de désengagement Alpha, qui fait office de frontière internationale avec la Syrie.

 

Il est en effet impossible que la barrière suive partout la frontière, à cause de la topographie accidentée, d’une part, ensuite, parce que cela aurait obligé de construire un grillage tout en zigzags.

 

C’est pour cette raison qu’Israël a préféré une clôture rectiligne – toujours en-deçà de la Ligne Alpha, donc toujours en territoire israélien – au risque de posséder des parcelles de terrain qui ne se trouvent pas protégées par l’enclos artificiel.

 

En certains endroits, ces terrains israéliens dont l’accès est ouvert à partir de la Syrie, peuvent atteindre 50 et même 70 mètres de longueur jusqu’à la clôture. Ceci dit, ils sont partout indiqués par des bornes, ou, à défaut, par de gros barils remplis de béton et ornementés de l’étoile de David.

 

Or, depuis le début des combats actuels, la rébellion – qui comprend des éléments de l’ASL et des miliciens djihadistes d’al Nosra – ont pris l’habitude de s’attaquer aux forces de Béchar al Assad à partir du territoire israélien auquel rien ne les empêche d’accéder.

 

Ils tentent ainsi de dissuader les combattants alaouites de les prendre pour cibles, jusqu’à ce que les soldats de l’Armée gouvernementale perdent leurs nerfs et prennent le risque de viser leurs ennemis sans pouvoir toujours éviter Israël.

 

Il y a deux jours, des confrères d’une chaîne de la télévision israélienne qui filmaient l’opposition armée en action ont dû se réfugier en urgence dans d’anciennes fortifications sous un feu nourri de l’Armée syrienne.  

 

L’officier qui avait accepté de répondre à quelques-unes de nos questions, et auquel nous demandions pourquoi Tsahal laissait les rebelles agir depuis notre territoire, nous a répondu que "la situation était effectivement dérangeante, mais que l’ADI préférait, pour le moment, n’intervenir que lorsque la barrière ou des militaires ou des civils israéliens étaient pris pour cibles".

 

D’après la déclaration d’un responsable de l’ASL [Armée Syrienne Libre] qui nous a appelé il y a une demi-heure par téléphone, les combats de la journée auraient permis à la rébellion de renforcer ses positions dans la ville déserte de Kuneitra et ses alentours, ainsi que de percer en direction du Sud-Est, où elle se serait rapprochée de la cité de Deera [35km de Kuneitra] où la révolte armée contre la népotie des al Assad avait éclaté.

 

Nous prenons ces nouvelles avec prudence et nous rendrons demain sur place afin de relever nous-mêmes les positions des uns et des autres.

 

 

 
Obama a effectivement transformé le Moyen-Orient (info # 013008/14) Version imprimable
Analyse
dimanche, 31 août 2014

 

Par Guy Millière

 

Je me souviens de l'époque où Obama a été élu président des Etats Unis. J'étais quasiment seul en France à exprimer qui il était et ce qu'étaient ses projets. Je disais, entre autres, que c'était un homme dangereux pour Israël. On me répliquait que je m'inquiétais excessivement. Lorsque je rappelais qu'il s'appelle Barack Hussein Obama, on me reprochait, parfois, de ne pas occulter le prénom Hussein. Quand Barack Hussein Obama a prêté serment lors de son intronisation, il n'a pas occulté « Hussein », il a, au contraire, insisté dessus.

 

Jusqu'à ce jour, je le sais, certains me trouvent abusif et me reprochent la façon dont je parle du président actuel des Etats Unis.

 

J'avoue ne pas savoir quel degré de cécité il faut avoir atteint pour ne pas voir.

 

Barack Hussein Obama disait vouloir transformer les Etats Unis. Il les a effectivement transformés.

 

Il est le premier président de l'histoire à avoir violé la Constitution plus d'une dizaine de fois sans avoir été menacé d'une procédure d'empêchement : ce qui signifie que la Constitution se trouve présentement en suspens, pas tout à fait abrogée, mais presque. Pour une transformation, c'est une transformation !

 

Et puisqu'on me dira peut-être, qu'en accusant ainsi Obama je dépasse les bornes, je citerai quelques exemples : le mensonge délibéré concernant le dossier Benghazi, où il s'agissait tout de même de l'assassinat d'un ambassadeur des Etats Unis ; le mensonge, quelques mois auparavant, sur le dossier Fast and Furious, où il s'agissait de rien de moins que de vente d'armes à des cartels de la drogue mexicains ; le mensonge concernant les écoutes de journalistes ; celui concernant l'utilisation des services fiscaux pour harceler des adversaires politiques, les modifications de diverses lois, dont celle appelée Obamacare d'un simple trait de plume, sans le moindre respect pour le Congrès ; la signature de nombreux décrets outrepassant les pouvoirs conférés au président. Je donnerai les détails dans un prochain livre.

 

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Certains diront

 

Barack Hussein Obama a dit ultérieurement vouloir changer le monde. Il n'a pas, ou pas encore, changé le monde. Mais il est une région du monde qu'il a profondément changée : le Proche Orient.

 

Quand Barack Hussein Obama est arrivé à la présidence, il y avait des régimes autoritaires alliés des Etats Unis en Tunisie, en Libye (où Kadhafi, en 2003, avait décidé de coopérer avec les Etats Unis dans la lutte contre le djihadisme), en Egypte, au Yémen, en Arabie Saoudite, dans les émirats du Golfe et en Jordanie.

 

L'Irak était stable et se reconstruisait après l'offensive dite « surge », menée par le Général David Petraeus. L'Afghanistan était stable aussi, même s'il y avait toujours des accrochages avec des factions talibanes. La Syrie était une dictature hostile, mais elle-même stable. Le Hamas était à Gaza, mais semblait endigué.

 

Six ans et demi plus tard, le changement est passé par là. La Tunisie n'est plus un régime autoritaire, mais, après avoir été au pouvoir, le parti islamiste Ennahda joue un rôle politique clé.

 

La Libye est un champ de bataille chaotique où s'affrontent des groupes djihadistes, et les armes des arsenaux de Kadhafi sont aux mains de milices islamistes qui sèment la violence jusqu'en Centrafrique et au Nigeria.

 

L'Egypte se trouve reprise en main par le Maréchal Sissi, qui tente de rétablir l'ordre après le renversement de Mohamed Morsi et des Frères Musulmans, arrivés au pouvoir après qu'Hosni Moubarak ait été lui-même renversé avec l’aide active d’Obama.

 

Le Yémen est tenu en large partie par des factions d'al Qaeda. L'Arabie Saoudite et les émirats du Golfe (sauf le Qatar), voyant ce qui se passe autour d'eux, se défient.

 

Le Qatar est devenu l'un des principaux financiers du djihadisme dans la région. La Jordanie est profondément déstabilisée par l'arrivée sur son sol de dizaines de milliers de réfugiés venus de Syrie et ne sait plus sur qui compter.

 

L'Irak se trouve en situation de dislocation entre, d'un côté, au Sud, un pouvoir chiite passé sous le contrôle de l'Iran, et des autres, au centre et au Nord, une prise de pouvoir par l'Etat Islamique, qui tient aussi la moitié Est de la Syrie.

 

La Syrie elle-même est aussi écartelée entre les régions de l’Ouest, tenues par Assad, et celles de l’Est, tenues par les djihadistes de l'Etat Islamique.

 

Le Hamas, au temps de Morsi, ayant reçu des armes et du ciment, a construit des tunnels et accumulé des roquettes, qui n'ont cessé, pendant cinquante jours, d'être envoyés sur Israël.

 

Ces six années et demi ont été six années et demi de reflux et de débâcle pour les Etats-Unis, de trahison par Obama des alliés des Etats Unis dans la région (Ben Ali, Moubarak ne sont plus là, Kadhafi est dans une tombe). Les gouvernements de pays encore alliés des Etats Unis (Egypte, Arabie Saoudite, Jordanie, Israël) se défient désormais des Etats Unis. Les gouvernements de pays se conduisant en ennemis de l’Amérique (Qatar, Iran) sont mieux traités qu’eux par Washington 

 

J'ai dit dans les livres que j'ai consacrés à Barack Hussein Obama qu'il entendait rendre le Proche-Orient plus sûr pour l'islam radical.

 

Le fait est que le Proche-Orient est aujourd'hui beaucoup plus sûr pour l'islam radical. Ceux qui veulent à tout prix exonérer Barack Hussein Obama diront qu'il s'agit d'une suite de malencontreux hasard. Il existe des gens, je sais, qui prétendent que lorsqu'on met de l'eau dans une casserole, qu'on met la casserole sur une source de chaleur, et que l'eau s'évapore, il n'y a pas de relations entre le fait que la casserole a été mise sur le feu et l'évaporation de l'eau. Il est donc logique qu'il y ait des gens qui ne voient pas de relation de cause à effet entre les décisions de Barack Hussein Obama et les résultats de ses décisions.

 

J'ai dit, dans les mêmes livres, que Barack Hussein Obama n'était pas un ami d'Israël. Ceux qui veulent à tout prix exonérer Barack Hussein Obama affirmeront que, s'il a, ces derniers temps, soutenu avec obstination les propositions de cessez-le-feu des amis du Hamas, à savoir le Qatar et la Turquie, c'est parce qu'il trouve qu'Erdogan a une jolie moustache et parce qu'il se sent bien en compagnie des membres de la famille al Thani ; je me permettrai d'avoir un avis différent.

 

Je rappellerai aussi que c'est pendant la période où Mohamed Morsi étaient au pouvoir en Egypte, avec le soutien explicite de Barack Hussein Obama, que l'essentiel des roquettes tirées ces dernières semaines, et que la majeure partie du ciment qui a servi à construire les tunnels ont pu entrer à Gaza.

 

Et je rappellerai que l'arrivée au pouvoir du Maréchal Sissi s'est faite contre la volonté explicite de  Barack Hussein Obama. Ceux qui veulent à tout prix exonérer Barack Hussein Obama diront que c'est parce que Mohamed Morsi semblait beaucoup plus sympathique à Barack Hussein Obama qu'Abdel Fattah al Sissi. Mohamed Morsi avait une si jolie barbe grise...

 

Ceux-là disent aussi que c'est la faute de George Walker Bush, qui n'est plus au pouvoir depuis plus de six ans, si l'Etat Islamique s'étend en Syrie et en Irak. Je ne connais pas leur interprétation des multiples discours au cours desquels Barack Hussein Obama clamait sa fierté d'avoir « mis fin » totalement à la présence américaine en Irak, en n’y laissant pas un seul soldat ; mais je suis sûr qu'ils ont des explications en stock, et qu'ils clameront que ne pas laisser un seul soldat américain en Irak était une excellente façon d'éviter l'invasion de l'Irak par les hordes de l'Etat Islamique. Comment éviter une invasion ? En ne laissant personne faire obstacle à l'invasion. De grands stratèges auraient dû y penser plus tôt. 

 

J’ignore aussi la nature de leur commentaire à propos du plus récent discours de Barack Hussein Obama ; celui où il a affirmé que, face aux hordes de l'Etat Islamique - et alors que son propre ministre de la Défense avait dit, deux jours plus tôt, que ces hordes représentaient la plus grande menace pour la sécurité du monde depuis la Deuxième Guerre Mondiale -,  il n'avait « pas de stratégie ». Je suis certain qu'ils ont, là encore, des éclaircissements en réserve, et qu'ils avanceront que l'absence de stratégie est une superbe stratégie. De grands stratèges auraient dû y penser plus tôt, là encore.


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Gigantesque explosion dans le Doigt de la Galilée (info # 013108/14) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 31 août 2014

 

© Metula News Agency

 

Métula, dimanche 15h10, 14h10 à Paris

 

Dernière minute :

 

breaking-news_ii.jpgAu début de cette après-midi de dimanche, aux alentours de 14 heures 15, une gigantesque explosion a secoué tout le Doigt de la Galilée, de Métula à la rive septentrionale du lac de Tibériade, sur une distance de près de 50 km.

 

Les fenêtres et les murs du bâtiment de la rédaction ont vibré comme lors d’un tremblement de terre.

 

Jusqu’à présent, et en dépit de tous nos appels, l’Armée, la police et les pompiers n’ont pas été en mesure de nous renseigner sur l’origine de cette explosion.

 

Il se pourrait qu’elle se soit produite dans un territoire étranger, au Liban ou en Syrie. Ce genre de bruit peut résulter de l’explosion d’un vaste dépôt de munitions souterrain du Hezbollah, des rebelles syriens ou de l’Armée régulière des al Assad.

 

Il peut aussi provenir d’une charge explosant sur le passage d’une patrouille, ou encore, de bombes énormes, de l’ordre de 5 tonnes, mais qu’on n’a jamais vu utiliser jusqu’à maintenant dans notre région.

 

Etrangement, à proximité de l’heure de l’explosion, Tsahal a abattu un avion sans pilote (drone) au-dessus de la ville de Kuneitra, à la frontière entre Israël et la Syrie sur le Golan.

 

L’Armée israélienne a utilisé pour ce faire des missiles sol-air Patriot de fabrication américaine. Mais l’impact de tels missiles ne génère pas un bruit de l’amplitude de celui qui a été entendu. Ce, à moins que le drone en question ne transportât une immense ogive explosive (de l’ordre de plusieurs centaines de kilos), qui aurait éclaté lors de sa rencontre avec le missile.

 

Nous enquêtons. Quant à l’origine de cet avion sans pilote, elle peut être iranienne, syrienne ou il peut avoir été envoyé par le Hezbollah.

 

La seule des trois entités mentionnées capable de fabriquer de tels objets volants est l’Iran, mais Téhéran pourrait en avoir fournis à Hassan Nasrallah ou à Béchar al Assad. Dans tous les cas, si le drone transportait des explosifs, il faut s’attendre à de vives représailles israéliennes.

 

 

 

 
Israël a une frontière commune avec al Qaeda (info # 013008/14) Version imprimable
Analyse
samedi, 30 août 2014

 

Par Stéphane Juffa

 

Nous passons pas mal de temps, ces derniers jours, à la frontière israélo-syrienne dans le Golan. Avec notre Land bien équipée, enfoncés sous des casques et des gilets pare-balles, et connaissant parfaitement les lieux et les chemins de traverse, il nous est possible de nous rapprocher à 400 mètres des combats qui opposent les soldats d’Assad à la rébellion armée.

 

Etrange impression en vérité, que celle de pouvoir passer, en moins d’une demi-heure, d’un monde absolument paisible à l’un des fronts les plus féroces de ceux en activité sur la planète. Plus étrange encore, lorsque nous traversons les villes druzes-israéliennes de Massadé, à 1.5km des affrontements ou de Boukata, qui jouxte les combats, de voir les gens au travail et les enfants qui jouent dans la rue, sur un fond d’explosions parfois énormes et de gerbes de feu qui peuvent illuminer la nuit.

 

Nous avons, ces jours, deux points de vue de prédilection : celui que nous avons surnommé Alamo, et qui constitue la position israélienne la plus avancée en direction de l’Est, à un jet de pierre du village syrien d’El Hmidaiah, dépassant vers Damas de près d’un kilomètre la ville-fantôme de Kuneitra déjà aux mains des islamistes d’al Nosra ; et l’autre, 6km plus au Nord, dans un poste désaffecté par Tsahal, bien au-devant des plus intrépides de nos confrères, tout près de l’hôpital de campagne israélien dont nous avions dévoilé l’existence, quand tout le monde, y compris les autorités israéliennes, affirmait qu’il n’existait pas.

 

Même contraste en y accédant ; on passe au pied d’une petite montagne, et sur la route, entouré de limousines citadines, un vaste restaurant druze toujours très animé, plein de joyeux dîneurs qui semblent se sentir autant en sécurité que dans un bistro de Chamonix ou de Montana-Crans.

 

Pourtant, on s’étripe un demi-kilomètre plus loin et les convives le savent très bien, même si un fragile pan de montagne leur dissimule le carnage et qu’ils ne sont pas plus que nous à l’abri d’un obus perdu.

 

On avance un peu et là, on voit absolument tout. Cela tient pour moitié du cinéma en plein air et pour l’autre, d’un jeu électronique. A nous de nous pincer le plus souvent possible afin de nous rappeler qu’il ne s’agit pas d’un spectacle et qu’il nous faut redoubler de prudence si nous ne voulons pas en faire partie.

 

Tout y est. Toutes les quelques heures, des alentours de Jubata al Khashab jusqu’à Kuneitra, les villes et la campagne se couvrent des champignons provoqués par les obus d’artillerie. S’ensuivent les balles traçantes, rouges, qui ressemblent aux lumières d’un feu d’artifice, et qui viennent heurter, par grappes de trois, de sept ou de quinze, un objectif dont nous ignorons ce qu’il renferme.

 

Dernier épisode sanglant, ce samedi matin, lorsque des miliciens de Jabkhat al Nosra (le front al Nosra), la branche d’al Qaeda impliquée dans la Guerre Civile Syrienne, a encerclé plusieurs positions des soldats philippins de l’ONU dans la zone de désengagement de 1974, qu’ils ont pour tâche de surveiller.

 

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La ligne orange de gauche [Alpha] est la frontière entre Israël et la Syrie

La ligne orange de droite est la ligne Beta

Entre les deux lignes s’étend un territoire syrien (en principe) démilitarisé,

soumis au contrôle des troupes de l’ONU basées dans le Golan

 

Service cartographique de la Ména © Metula News Agency

 

Sommés de se rendre par les djihadistes – certaines bases, comme Rwihana, se trouvent à moins de 2km d’Israël – les Philippins, pour ne pas être pris en otages comme 44 de leurs camarades fidjiens, se dégagent en combattant, tentant de rejoindre Israël avec l’aide de leurs camarades irlandais et de Tsahal. Une quarantaine environ, sous nos yeux, en courant et pris de panique, ont traversé le point de passage de Kuneitra et sont parvenus en Terre Promise.

 

Aux dernières nouvelles, une trentaine d’autres seraient parvenus à les imiter. La situation est plus délicate pour ceux dont les bases sont situées plus loin de la frontière de l’Etat hébreu, jusqu’à 15km à l’intérieur d’une zone pratiquement totalement aux mains de la rébellion.

 

D’ailleurs, comme le confirme cette vidéo, les islamistes se sont aussi emparés du poste frontière côté syrien (dont nous avons publié la photo il y a trois jours paré de drapeaux du régime), ce qui rend plus ardu encore le repli de l’ONU. Il y a quelques instants, mais nous ne l’avons pas vu, étant revenus à la rédaction de Métula pour vous faire notre rapport, les miliciens auraient carrément bombardé le camp des militaires philippins.

 

En ce qui concerne Israël, la nouvelle principale de cette semaine est qu’elle a un nouveau voisin sur le Golan et qu’elle doit désormais faire frontière commune avec al Qaeda. A long terme, c’est très inquiétant, même si, pour le moment, les djihadistes prennent le plus grand soin à éviter toute provocation à l’encontre de Tsahal.

 

L’officier israélien qui a été touché (voir nos nouvelles de mercredi), l’a été par le tir d’un soldat de Damas à l’arme automatique. Tsahal avait riposté en anéantissant deux positions des hommes de Béchar al Assad.

 

Depuis, on a assisté à un autre fait d’armes significatif jeudi, lorsque les chasseurs-bombardiers du même Assad sont intervenus contre des positions d’al Qaeda à moins de 5km d’Israël. Est-ce utile de préciser que Jérusalem, inquiète de la progression des djihadistes, avait donné son accord à Damas pour ce raid ?

 

Ce, car l’espérance de vie d’un pilote syrien décollant de Damas en direction du Sud-Ouest est de l’ordre de 20 secondes, parce que si on lui permettait de survoler le Golan, il se trouverait à moins d’une minute de Métula, Kiryat Shmona, Rosh Pina ou Tibériade.

 

Cela démontre que désormais, tout le monde communique avec tout le monde, y compris avec ses ennemis. Encore que l’autorisation israélienne, à constater de visu par les résultats de l’attaque aérienne, devait stipuler catégoriquement de ne pas s’en prendre aux villages sunnites du flan syrien du plateau du Golan, non plus qu’aux positions de l’opposition armée non islamiste [l’Armée Syrienne Libre], jusqu’à maintenant amie de l’Etat hébreu.

 

Ce que nous ignorons est la proportion d’al Nosra dans les combats actuels de l’autre côté de la frontière. Les miliciens ont-ils pris le pas sur les "villageois" de l’ASL ou font-ils simplement cause commune pour chasser les alaouites de la région ?

 

C’est toute la coopération des dernières années qui dépend de la réponse à ces questions, y compris l’activité de l’hôpital de campagne, planté exactement à califourchon sur la frontière, et dont nous croisons les médecins dans leurs véhicules civils et sans escorte revenant de dispenser leurs soins.

 

La bataille du Golan n’oppose pas des milliers de combattants mais quelques centaines de part et d’autre, tous, très puissamment équipés. Ce qui reste de la Brigade du Golan d’Assad a lancé deux contre-offensives ces trois derniers jours pour reconquérir le terrain perdu mais elle n’y est pas parvenue.

 

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Une compagnie de Casques bleus philippins à la parade

 

Si les choses restent comme nous les avons laissées tout à l’heure, tout le Golan syrien, des trois frontières Israël-Jordanie-Syrie aux contreforts du Hermon, est aux mains de la rébellion. Laquelle se montrait incapable de progresser depuis des mois avant l’arrivée des renforts d’al Nosra.

 

Des miliciens qui se sont fait rejeter du Nord-syrien par leurs frères ennemis de DAESH lors de combats sanglants contre ceux d’El Baghdadi ; ce dernier ayant fait sécession d’al Qaeda pour établir le Califat Islamique sur les parties de l’Irak et de Syrie qu’il contrôle.

 

Quant aux membres d’al Nosra, ils ne rendent rien à ceux de l’EI en matière de cruauté, de racisme et d’antisémitisme. Ils décapitaient déjà du chrétien, de l’alaouite et du Druze bien avant l’apparition de DAECH sur les champs de bataille. La seule différence sensible que l’on pourrait observer, hormis les conflits de personnes et d’intérêts entre les califes, est qu’al Nosra se concentrerait "plutôt" sur la "libération" de la Syrie que sur la construction d’un Etat islamiste dans la région. Vous parlez d’un soulagement !

 

Tout le Moyen-Orient bouge et saigne. A Aïn al Arab (l’œil de l’Arabe), dans le nord de la Syrie, tout près de la frontière turque, les peshmergas affluent de partout, Turquie (PKK), Iran, Irak – on en compte un millier en renfort – pour affronter le Califat Islamique qui menace de prendre la troisième cité kurde de Syrie (que l’on nomme Kobane en kurde) et de déferler sur le Kurdistan iraquien.

 

L’Egypte et les Emirats Arabes Unis aident les "modérés" en Libye, avec leurs aviations et des opérations commando, à juguler les djihadistes. L’Amérique a critiqué ces interventions sans qu’il nous soit loisible d’en saisir la raison, car, sans cette aide, la Libye aussi deviendra un califat islamique. En quoi cela servirait-il l’intérêt de Washington ?

 

Il nous était déjà impossible de comprendre pourquoi Bruxelles et Washington se sont à ce point dépensés pour sauver le Hamas à Gaza. L’Occident a semble-t-il décroché, ne parvenant pas à concevoir l’étendue et la nature de la menace qui s’approche de sa porte. Il faudrait également que quelqu’un exprime aux dirigeants du vieux continent la signification des derniers sondages réalisés en France, qui indiqueraient qu’un habitant sur sept est favorable à l’Etat Islamique et à la charia qu’il entend imposer. A force de taper sur les Américains et sur les Israéliens pendant des années dans les media cela n’a pas de quoi nous surprendre.


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Embrasement dans le Golan (info # 012708/14) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 27 août 2014

 

© Metula News Agency

 

Métula, mercredi 14h10, 13h10 à Paris

 

Ce mercredi, des combats très importants se déroulent dans la partie syrienne du plateau du Golan.

 

Ils opposent les forces du régime alaouite de Damas à la rébellion, et ont pour but de se saisir de la partie orientale du point de passage de Kuneitra avec Israël.

 

Aux dernières nouvelles ce poste frontière est tombé aux mains de l’opposition armée et le drapeau des al Assad a été ramené.

 

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Le poste frontière syrien de Kuneitra, ici encore surplombé par les drapeaux du régime

Photo © Metula News Agency

 

Ce n’est pas la première fois que l’Armée Syrienne Libre tente d’enlever cette position. Par le passé ses combattants étaient même parvenus à s’y accrocher brièvement, avant d’en être chassés par l’Armée régulière.

 

L’importance stratégique du contrôle de ce point de passage est évidente, elle permet d’acheminer des blessés vers l’Etat hébreu par une route principale et en bon état, de recevoir des marchandises, des vivres, et, éventuellement, de l’équipement militaire et des munitions.

 

Au cours des combats qui se déroulent actuellement, plusieurs projectiles, notamment des obus de mortier, ont atteint accidentellement le territoire israélien, causant des dégâts à plusieurs véhicules.

 

Un officier de Tsahal en faction dans le bâtiment israélien de la frontière a été atteint par des balles tirées en tir tendu provenant d’une position de l’Armée régulière syrienne. Le soldat a été touché à la poitrine et évacué vers un hôpital Rambam d’Haïfa ; son état est jugé moyennement grave.

 

L’Armée de Défense d’Israël a riposté en neutralisant l’origine des tirs. En ce moment-même, elle frappe d’autres objectifs gouvernementaux à l’intérieur du territoire syrien.

 

Jusqu’à présent, l’ADI (Tsahal) n’était intervenue que pour éloigner les agriculteurs, les touristes et les journalistes de la zone dangereuse.

 

Les combats sont si violents que nous entendons clairement les échanges d’artillerie à la rédaction de Métula, à une distance de plus de 30 km à vol d’oiseau du théâtre des opérations.

 

Notre correspondant sur place nous informe à l’instant que les affrontements se sont étendus et aggravés à proximité immédiate de l’agglomération druze-israélienne de Boukata.

 

Tsahal nous a instamment demandé de ne pas nous approcher de cette zone et en a interdit le survol.

 

A la Ména, et probablement au sein de l’Armée israélienne elle-même, on se pose la question quant à une éventuelle participation des forces du Califat Islamique aux combats de ce mercredi.

 

Nous sommes en mesure de révéler que les 5 roquettes de 122mm, tirées samedi soir à partir de la Syrie sur Israël et dont nous avions fait état dans ces colonnes, l’avaient été par des miliciens de DAECH et non par l’Armée Syrienne Libre ni par l’Armée régulière.

 

Alors que la prise de la région des combats actuels par l’ASL, qui entretient des rapports cordiaux avec Tsahal, constituerait un événement favorable, en revanche, si c’étaient les miliciens du Califat qui étaient en train de remporter cette bataille et de s’établir à notre porte, cela pourrait avoir des conséquences dramatiques pour la stabilité de la région.

 

On ne peut pas écarter non plus l’hypothèse d’une participation d’éléments du Califat dans la confrontation, aux côtés de l’ASL, ni celle d’une prise de contrôle, partielle ou entière, de l’Etat Islamique sur les combattants de l’ASL.

 

Nous savons que Tsahal est très bien informé de ces choses et que nous le serons également dans les jours ou les heures à venir. Dans l’entre-temps, l’écho des tirs à l’arme lourde se fait encore plus pressant et l’une de nos équipes de reporters se rendra sur les lieux dès que Tsahal en autorisera l’accès.

 

 

 
Accord en vue (info # 022608/14) Version imprimable
Exclusivité
mardi, 26 août 2014

 

Par Stéphane Juffa

 

Dans une constellation très étrange, au Proche Orient, dans laquelle les Israéliens n’ont pas entendu leur premier ministre depuis plusieurs jours, tout en subissant plus d’une centaine de roquettes quotidiennement, avec blessés et dégâts à la clé, du jamais vu dans l’histoire d’Israël…

 

Pendant que ces mêmes Israéliens se réjouissent d’avoir une Armée forte, intelligente et humaine ainsi qu’un état-major à la hauteur, qui remplace le pouvoir politique aux abonnés absents…

 

Au moment où Khaled al Batch, représentant du Djihad Islamique à Gaza - une organisation encore plus fanatique que le Hamas - réclame à cor et à cri un cessez-le-feu immédiat et annonce que ses miliciens n’en peuvent plus de subir les attaques ciblées du Khe’l Avir…

 

Quand Ismaïl Hanya, le numéro 1 du Hamas-Gaza, informe, il y a quelques minutes et en une seule ligne, d’un accord politique imminent ; et Moussa Abou Marzouk, le numéro 2 du Hamas-extérieur, précise que c’est pour 20 heures, ce soir au Caire…

 

Alors que Mahmoud Abbas promet d’intervenir en public, plus ou moins à la même heure et déclare qu’il présentera une nouvelle surprenante et secrète à propos d’une coalition d’énergies…

 

Quand son homme de confiance, le chef de la délégation mixte palestinienne au Caire, Azzam al Ahmad, s’étend devant les caméras d’une TV du Fatah sur le fait que des "mains cachées", entendez celles de Khaled Mashal, ont empêché, dans la nuit du 19 au 20 août1, au dernier moment, la signature d’un accord sur les bords du Nil.

 

Qu’il accuse nommément le numéro 1 du Hamas-étranger de torpiller toutes les initiatives pour mettre fin à la guerre, et qu’il menace de faire des révélations tonitruantes à son sujet, lorsqu’il le jugera nécessaire, on sent bien qu’il se passe quelque chose dans notre région.

 

Personne n’en sait plus pour le moment, à part qu’une trêve illimitée devrait entrer en vigueur à 19 ou 20 heures. Israël attendra de s’assurer que le texte qui lui convient n’a pas été amendé au dernier moment et à son insu pour faire savoir qu’il l’adopte. Pendant ce temps, pendant que nous rédigeons, les miliciens djihadistes, conscients qu’ils n’en auront plus besoin, vident leurs fonds de caves des roquettes dont ils aspergent les habitants du sud d’Israël. Il y a 3 blessés, et un mort sur le territoire du Conseil régional d’Eshkol.

 

Les "factions palestiniennes" ont décidé de se passer de l’accord de Mashal et de l’émir Tamim bin Hamad bin Khalifa al Thani – le Belzébuth milliardaire -, et de les évincer tous les deux, à l’occasion de l’un de leurs rares éclairs d’intelligence, du cercle des preneurs de décisions palestiniens.

 

Car faute de cela, le Qatar, qui entend sacrifier les Palestiniens de Gaza sur l’autel d’Allah ne les laisserait pas faire.

 

Il est clair que même sans objectif stratégique - Netanyahu le paiera probablement de sa carrière politique ! -, à force de réduire en poussière, les unes après les autres, toutes les positions des djihadistes, Benny Gantz aurait fini par les neutraliser tous.

 

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Tsahal a transformé l’ "immeuble des Italiens" à Gaza en une seconde tour de Pise

 

Derrière la hargne de la propagande des porte-paroles de la milice, on discerne à Gaza un projet islamiste aussi en ruine que la bande côtière elle-même ; avec des miliciens épuisés à genoux, s’époumonant à lancer des fusées sur les Juifs mais qui les égratignent à peine, alors que ceux-là leur répliquent à coups de missiles d’une tonne, et qu’ils en meurent.

 

Nous l’avions déjà dit en 2006 à l’occasion de la Seconde Guerre du Liban, il arrive toujours un moment où plus personne n’a envie de faire la guerre, ou le jeu dévoile qu’il n’est pas un jeu, mais une martingale de mort, qui ne sert qu’à remplir les cimetières et semer la désolation.

 

Alors, tout en demeurant extrêmement curieux des surprises qu’on nous promet, on s’attend, à Métula, simplement à l’adoption de la proposition égyptienne modifiée.

 

Les points de passage fonctionneront comme jusqu’à présent ; peut-être que les Egyptiens ouvriront celui de Rafah de temps à autre, et les pêcheurs de Gaza pourront jeter leurs filets à 12 km de la côte. La belle affaire !

 

Tout ce que les djihadistes auront gagné à bombarder Israël, c’est un califat en ruines ; et leurs chefs sont pratiquement condamnés à passer, à l’instar du commandeur du Hezbollah Hassan Nasrallah, le reste de leur vie sous terre.

 

Ce sera aussi la première victoire des anti-djihadistes, pour le plus grand plaisir du roi Abdallah d’Arabie, de son homonyme de Jordanie et du général al Sissi au Caire. La nouvelle alliance, qui recule au Kurdistan, en Irak et en Syrie n’aura pas cédé à Gaza.

 

C’est leur ennemi qui se voit aujourd’hui contraint d’accepter une trêve illimitée dans le temps, contre la seule promesse de discuter avec lui dans un mois ou deux, sans la moindre obligation.

 

J’ai une autre mauvaise nouvelle pour le Hamas : il s’agit d’une impasse ; la nouvelle alliance ne lui donnera plus jamais l’occasion de se réarmer et de relever la tête. Ce n’est pas dans sa direction que la diplomatie va faire son œuvre, car le Hamas est condamné à disparaitre étouffé, mais c’est sur deux autres axes, Mahmoud Abbas et la politisation de l’entente régionale : Riyad, le Caire, Jérusalem.

 

Israël aura sans doute un prix à payer pour avoir totalement négligé l’Autorité Palestinienne alors qu’il était possible de négocier avec elle. Il y a désormais de nouveaux acteurs sur la scène en remplacement de ceux qui sont loin et perdus : d’abord les Européens, et puis le pâle reflet de l’Amérique selon Obama, qui a perdu toute influence dans la région. La même Amérique, qui entendait résoudre la crise à Paris, grâce à la participation d’Erdogan et du Qatar, précisément ceux qui veulent que le sang ne cesse jamais de couler.

 

Obama et Kerry n’ont pas non plus le privilège de toujours se tromper.

 

Reste l’attente prévue des nouveaux alliés, qui ne renonceront pas facilement au plan de paix saoudien.

 

Cela signifie que les Hébreux devront transiger, et je précise qu’il s’agit de la naissance d’un Etat palestinien à côté du leur.


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Rocher inébranlable se poursuit (info # 012608/14) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 26 août 2014

 

© Metula News Agency

 

Métula, mardi 8h55, 7h55 à Paris

 

breaking-news_ii.jpgSituation

 

Le Hamas a tiré 13 projectiles depuis hier minuit sur Israël. Une roquette a été interceptée par le Dôme de Fer au-dessus de Tel-Aviv.

 

Une autre, de grande taille, transportant au moins 50kg d’explosifs, a éclaté dans la cour d’un immeuble d’Ashkelon, à 150 mètres de l’appartement de notre correspondante permanente sur place, Yaël Bensimhoun, causant des blessures légères par éclats à six personnes dont un enfant, qui ont été évacués sur l’hôpital Barzilaï. Les dégâts autour du point d’impact sont considérables. Deux immeubles et une villa sont endommagés.

 

Dans le même laps de temps, Tsahal a visé 15 sites utilisés par les milices djihadistes, dont des rampes de lancement, des entrepôts et des ateliers de fabrication de roquettes.

 

L’Armée a frappé deux écoles de l’ONU au centre et au nord de la bande de Gaza d’où étaient régulièrement tirés des roquettes et des obus de mortier sur Israël. Les responsables de l’UNRWA, de même que les réfugiés, avaient été prévenus et ont eu le temps d’évacuer les établissements.

 

Selon l’Armée, l’obus de mortier ayant tué le jeune Daniel Tragerman dans le kibboutz Nakhal Oz a été tiré depuis l’une de ces écoles.

 

Deux gratte-ciels de Gaza-city ont été réduits en poussière [vidéo d’il y a deux jours : Tsahal hausse le ton], dont l’ "immeuble italien", et ses 13 étages. Tsahal a employé dans les deux cas la procédure "on frappe à la porte", consistant à envoyer de petits missiles inoffensifs afin de prévenir les occupants de l’attaque principale.

 

Ces édifices au demeurant civils abritaient des centres de commandement des milices djihadistes, des appartements de terroristes ainsi qu’un grand atelier de fabrication de bombes.

 

Des responsables du Hamas ont indiqué, malgré l’évacuation des deux sites, que deux personnes auraient été tuées lors des attaques et plusieurs autres blessées. Ces informations sont à prendre avec la plus grande prudence, comme toutes celles émanant des services du Mouvement de la Résistance Islamique, qui ne différencie pas entre l’information et la propagande.

 

Netanyahu

 

Selon un sondage publié ce matin, la cote du 1er ministre israélien se trouve en chute libre. Il recueille 33 pour cent d’opinions favorables contre 88 au moment du début de l’opération terrestre, il y a 40 jours.

 

Le public lui reproche son incapacité à terminer la guerre et à rétablir, comme il l’avait promis, la sécurité des Israéliens du sud du pays.

 

Il lui reproche également son inaptitude à fixer les objectifs stratégiques de Rocher Inébranlable ainsi que son absence de propositions politiques et l’isolement d’Israël.

 

Cette image d’impotence s’accompagne de disputes incessantes sur la place publique et de critiques virulentes au sein du cabinet restreint politico-sécuritaire. Personne ne connaît, en Israël, les buts convoités par M. Netanyahu ni les méthodes qu’il entend emprunter pour les réaliser. Celles-ci semblent changer plusieurs fois par jour.

 

Diplomatie

 

On parle beaucoup de la proposition égyptienne modifiée, ce matin. Celle-ci s’exprime désormais de la façon la plus fondamentale possible : maintien des points de passage ouverts et élargissement de la zone de pêche, accompagnés par un cessez-le-feu total et illimité dans le temps.

 

Toutes les factions palestiniennes de Gaza ont exprimé leur volonté d’accepter ladite proposition, à laquelle s’oppose toujours Khaled Mashal depuis Doha.

 

A l’ONU, les Etats-Unis préparent leur propre ébauche de résolution appelant à un cessez-le-feu au Conseil de Sécurité. Ils travaillent d’entente avec les Européens et la Jordanie. On s’attend à ce que la résolution US soit alignée sur l’initiative égyptienne avec, en plus, un appel à la reprise des négociations en vue d’un accord politique global entre Israël et l’Autorité Palestinienne.

 

 

 
Deux roquettes tirées ce soir du Liban sur la région de Métula (info # 022508/14) Version imprimable
Breaking News !
lundi, 25 août 2014

 

© Metula News Agency

 

Métula, lundi 23h27, 22h27 à Paris

 

breaking-news_ii.jpgA 22h14 l’alerte rouge a retenti pour la première fois cet été dans le Doigt de la Galilée, notamment à Kiryat Shmona et à Métula.

 

On confirme le tir de deux roquettes au moins à partir du village de Jarmak, au Liban, à 12 kilomètres de la rédaction.

 

jarmak.jpg

La carte

 

L’artillerie israélienne est en train de pilonner sévèrement l’origine des tirs, à raison de 5 obus de 155mm par minute.

 

De plus Tsahal lance des bombes éclairantes sur Jarmak qui est survolé par des drones.

 

L’Armée libanaise fait mouvement vers le lieu des tirs afin de tenter d’appréhender les responsables.

 

Nous nous refusons d’indiquer les endroits où sont tombés les projectiles afin de ne pas apporter des informations à l’ennemi.

 

Notre première analyse nous laisse à penser que ces tirs ont été effectués par un groupuscule palestinien ou salafiste, et non par le Hezbollah. Ce qui indiquerait que la situation au Nord n’est pas en passe de se détériorer.

 

 

 
Il est plus que temps de définir les objectifs stratégiques d’Israël (info # 012508/14) Version imprimable
Breaking News !
lundi, 25 août 2014

 

© Metula News Agency

 

Métula, lundi 21h09, 20h09 à Paris

 

Situation

 

Depuis minuit, le Hamas a tiré 120 projectiles sur les agglomérations du pourtour de Gaza et du sud d’Israël. Le Dôme de Fer en a interceptés 13, dont un au-dessus d’Ashdod. Les débris de la roquette sont cependant tombés sur le toit en verre d’un centre commercial, occasionnant une grande peur parmi les clients mais sans faire de blessés.

 

La rampe de lancement qui avait servi à tirer une fusée, hier, sur Jérusalem, a été détruite par le Khe’l Avir.

 

Tsahal, en début d’après-midi, a oblitéré un pas de tirs dissimulé dans une école dans le quartier de Shuja’iyya, d’où de multiples lancements visant Israël avaient été effectués.

 

De plus, deux terroristes qui ciblaient l’Etat hébreu ont été éliminés.

 

A 19h45, une roquette M-75 (75 = 75km) a été envoyée par le Hamas en direction de Tel-Aviv mais elle a été interceptée par le Dôme au-dessus de Kiryat Ono, dans la banlieue orientale de la grande métropole.

 

Un seul israélien a été blessé ces dernières 24h, ayant été légèrement atteint par des éclats de mortier dans le Conseil régional d’Eshkol (pourtour de Gaza).

 

Ce lundi, l’Armée de Défense d’Israël a effectué 70 frappes sur la bande de Gaza.

 

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Nouvelle tactique de Tsahal :

Des roquettes avaient été tirées de cet immeuble de 7 étages sur Israël

 

D’autre part, l’Armée, avec le soutien actif du Shinbet (le contre-espionnage), a anéanti un véhicule en mouvement dans lequel avaient pris place trois miliciens de l’Armée de l’Islam qui prévoyaient des attaques prochaines sur Israël.

 

Cette organisation terroriste fonctionne sous le commandement du Hamas et est connue pour avoir participé à l’enlèvement du Sergent-major Gilad Shalit et de notre confrère Alan Johnston en 2007 (journaliste de la BBC, correspondant actuel à Rome, capturé par les miliciens islamistes le 12 mars 2007 et libéré le 4 juillet suivant, après avoir été convié à un petit-déjeuner avec Ismaïl Hanya).

 

Selon l’agence palestinienne Ma’an, reprenant des sources médicales à Gaza, les combats de ce lundi auraient causé la mort de 12 personnes et en auraient blessées 7 autres dans la Bande.

 

Tsahal n’est pas seul à faire face aux miliciens djihadistes de la bande côtière, puisqu’on a appris aujourd’hui que les Forces Armées Egyptiennes ont effectué plusieurs arrestations d’islamistes armés au cours du weekend.

 

Le Brigadier Général Mohammed Samir Abdel Aziz Ghonim, porte-parole de l’Armée égyptienne, a déclaré que 4 Palestiniens recherchés, originaires de Sheikh Zouweid et de Rafah, dans la bande de Gaza, ont été arrêtés samedi, ainsi qu’une 5ème personne, hier, dimanche.

 

Parmi les individus arrêtés se trouve Mohammed Salem Suwaylim, considéré comme un terroriste très dangereux par le Caire.

 

Le Brigadier Général Samir a également rendu public que 14 miliciens djihadistes avaient été neutralisés lors de multiples raids ayant été menés dans le courant du weekend.

 

De plus, 5 extrémités de tunnels de contrebande, connectant la bande côtière à l’Egypte, ont été dynamitées par l’Armée du Président Abdel Fatah al Sissi. Ces galeries servaient au transport d’armes, de munitions, de devises, de carburant et de mercenaires islamistes entre l’Egypte et Gaza.

 

Avant la prise de pouvoir d’al Sissi dans le pays du delta du Nil, on comptait ces tunnels par centaines, mais, suite à des actions coordonnées entre le Caire et Jérusalem, il n’en demeure plus que quelques unités en état opérationnel. Qui plus est, l’Armée égyptienne a amélioré son efficacité dans le contrôle du trafic des marchandises sur son territoire, et notamment sur les ponts et tunnels traversant le canal de Suez, réduisant la possibilité de réapprovisionnement du Hamas à la portion congrue.

 

 

Le point de vue de Stéphane Juffa, (avec Jean Tsadik et Sami el Soudi)

 

Sur le plan diplomatique, le Caire a réitéré aujourd’hui sa proposition de cessez-le-feu illimité, rendant publique une version à peine modifiée de la précédente.

 

Selon celle-ci, les contrôles aux points de passage seraient quelque peu [à peine] allégés, l’Autorité Palestinienne les contrôleraient côté Gaza, et la zone de pêche serait étendue.

 

Durant les semaines suivant l’instauration et le respect de la trêve, les discussions auraient lieu au Caire sur tous les sujets intéressant l’Etat hébreu ainsi que les factions palestiniennes.

 

Le chef de la Ména palestinienne, Sami el Soudi, affirme en outre que l’AP et toutes les factions armées présentes dans la bande de Gaza sont prêtes à accepter l’offre égyptienne. Selon notre camarade, même le Hamas-Gaza est disposé à mettre un terme aux hostilités. El-Soudi a vu un appel écrit, envoyé par le Djihad Islamique dans ce sens.

 

Mais Khaled Mashal, le numéro 1 du Hamas-étranger, s’oppose au texte égyptien, et persiste à "exiger" l’ouverture totale et sans contrôle des points de passage avec Gaza ainsi que la libération des prisonniers du Hamas, l’ouverture d’un port, d’un aéroport, le libre trafic des devises, etc.

 

Il est de plus en plus évident que l’influence de l’émir du Qatar, Tamim bin Hamad bin Khalifa Al Thani, agit de manière décisive sur les positions de Mashal, jouant sur le soutien financier indispensable qu’il prodigue à l’organisation terroriste.

 

Il semble que l’émir al Thani et Mashal fassent tout ce qui est en leur pouvoir afin d’obliger l’exécutif israélien à déclencher une offensive généralisée contre l’enclave palestinienne.

 

Ils suivent en cela un projet marqué par l’exaltation islamiste de la victimisation suprême de la population gazaouie, destiné, par son sacrifice et celui des miliciens djihadistes, à faire avancer la cause de de la domination de la Terre par l’islam ; un projet visant à montrer que les croyants sont prêts à mourir pour Allah l’arme à la main et à pousser à l’extrême l’antagonisme déjà existant entre les musulmans djihadistes, d’une part, l’Occident, ses valeurs, et les Etats sunnites traditionnels comme l’Egypte, l’Arabie-Saoudite et la Jordanie, de l’autre.

 

Face au nombre d’obus de mortier et de roquettes à courte portée, qui rendent pratiquement impossible la vie normale des habitants du sud-ouest d’Israël, le gouvernement israélien est amené, même si ce n’était pas son intention première, à envisager l’invasion de Gaza.

 

Combien de jours supplémentaires, un Etat souverain et puissant comme celui d’Israël pourrait-il supporter qu’une portion importante de ses citoyens soit quotidiennement la proie de milices djihadistes, inférieures en nombre, en qualité et en équipement ?

 

Au fur et à mesure que se prolonge Rocher Inébranlable, les avis se multiplient, au sein du cabinet restreint politico-sécuritaire et jusqu’aux partis de centre gauche, pour mettre un terme définitif au régime du Hamas à Gaza.

 

Pour sa part, Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité Palestinienne, tente d’exploiter la situation afin de faire progresser le processus de paix avec Israël en direction de la création de l’Etat palestinien, avec la ligne de démarcation israélo-jordanienne de 1967 pour frontière.

 

Abbas multiplie les appels dans ce sens vers l’ONU, demandant à l’Organisation des Nations Unies de fixer un calendrier strict définissant le cadre d’hypothétiques négociations entre Ramallah et Jérusalem.

 

En résumé, la position d’Abou Mazen consiste à accepter la proposition égyptienne en lui ajoutant cette perspective politique.

 

Dans les couloirs de l’ONU, cependant, les Européens et les Américains, membres permanents du Conseil de Sécurité, même s’ils sont globalement favorables à des négociations entre l’Etat hébreu et l’AP sur les bases de la ligne de démarcation de 67, rechignent à répondre favorablement à Abbas, ne voulant pas récompenser l’agression du Hamas en octroyant aux Palestiniens ce qu’ils leur ont refusé jusqu’à maintenant.

 

A Jérusalem, on parle beaucoup de cette perspective de négociations encadrées, qui a toujours été rejetée par les divers cabinets Netanyahu, notamment au cours de la mission Kerry, à l’hiver dernier.

 

Dans les rangs des observateurs professionnels, on remarque l’inaction dangereuse du premier ministre israélien, qui se montre incapable de faire des propositions, pas plus dans le domaine stratégique que politique.

 

Depuis son accession au pouvoir, en 2009, Monsieur Netanyahu n’a pas formulé la moindre proposition politique concernant sa vision d’avenir concernant les relations d’Israël avec les Palestiniens ou avec le monde Arabe.

 

Quant à l’aspect stratégique de Rocher inébranlable, le premier ministre définit l’objectif stratégique d’Israël comme : "la garantie de calme pour les habitants du sud du pays".

 

Or cet objectif ne saurait constituer un objectif stratégique ; un objectif stratégique s’entendant, par exemple, comme "l’écrasement du Hamas et la reconquête ou non de la bande de Gaza par les armes". Ou alors, "la volonté de parvenir à un accord de trêve avec le Hamas. Ou avec l’Autorité Palestinienne".

 

Même si les spécialistes de la Ména partagent le point de vue tactique apparemment suivi par le gouvernement de Jérusalem, à savoir la poursuite énergique d’une guerre d’usure, ne comprenant pas d’offensive généralisée sur Gaza, ce point de vue est insuffisant. Il doit obligatoirement servir un objectif stratégique clairement établi et répondre à la question : désirons-nous parvenir à un accord avec le Hamas ou l’éliminer ?

 

Et avec ou sans le Hamas, que désirons nous faire de Gaza ? Quelle relation désirons nous instaurer avec Gaza ? Devons-nous viser un accord exclusivement technique avec les Palestiniens, prenant la forme d’une trêve d’un an, de cinq ou dix ans, ou avons-nous l’intention de négocier un accord politique avec eux (Mahmoud Abbas) ?

 

Après avoir répondu précisément à ces questions, il serait possible de s’atteler à la réalisation tactique des buts ainsi définis, et de se préparer à leur accomplissement.

 

Mais faute d’établir des priorités stratégiques, on se place inévitablement à la traine du Hamas, en lui abandonnant l’initiative : si le Hamas tire, Israël réplique ; si le Hamas cesse de tirer, Israël "répondra au calme par le calme" (Binyamin Netanyahu).

 

Lors, cela ne correspond pas du tout aux intérêts d’Israël, qui, si elle le décidait ainsi, devrait s’atteler à la réalisation d’un plan se terminant par l’anéantissement du Hamas, indépendamment du fait que celui-ci s’abstienne ou persiste à tirer des roquettes sur le territoire israélien.

 

Faute d’objectifs stratégiques clairement établis, les décisions concernant l’avenir d’Israël se prennent à Gaza, au Caire, à Washington, à Manhattan (ONU) et au Qatar ; partout sauf à Jérusalem.

 

Et cela dévoile une mauvaise gestion de la crise et de la guerre.

 

Ce, en dépit du fait qu’il existe véritablement, et pour la première fois, une concordance d’intérêts avec les pays arabes avoisinants. Concordance qui ne sera exploitable qu’au moment où nous aurons nous même décidé ce que nous voulons faire.

 

 

 
Le chien qui mord la main qui le nourrit (info # 042408/14) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 24 août 2014

 

© Metula News Agency

 

Métula, dimanche 22h00, 21h00 à Paris

 

Depuis la rupture par le Hamas du dernier cessez-le-feu, mardi dernier 19 courant à 15 heures 30, les miliciens islamistes de Gaza ont tiré 726 projectiles sur l’Etat hébreu, dont 129 depuis hier-minuit, le Dôme de Fer en interceptant 10.

 

Deux de ces fusées se dirigeaient vers Tel-Aviv ; l’une d’entre elles a été interceptée tandis que l’autre a explosé dans un terrain inhabité. Un autre engin a été anéanti sur la région de Jérusalem dans la soirée.

 

Tsahal a quant à lui frappé 59 cibles islamistes dans la bande côtière depuis minuit, principalement des sites de lancement de roquettes et des entrepôts d’armes et de munitions.

 

Tôt ce matin, un immeuble de 16 étages, qui abritait des postes de commandement des milices djihadistes, a lui aussi été pulvérisé, après que Tsahal eut informé ses occupants de l’imminence de l’attaque à suivre.

 

En début d’après-midi, Mohammed Talat al Ghoul, responsable des transactions financières du Hamas et "ministre" de la "Justice" de cette organisation, a été éliminé par le Khe’l Avir dans la rue al Wahda, au nord de la Bande, lorsqu’il se trouvait dans son véhicule en marche.

 

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Les restes de la voiture de Mohammed al Ghoul

Ce n’est pas aujourd’hui encore que les miliciens recevront leur solde

 

Outre al Ghoul, qui a péri lors de l’attaque, 10 autres individus dont ses gardes du corps ont été blessés à divers degrés.

 

Au moment du raid, le trésorier du Mouvement de la Résistance Islamique transportait dans sa limousine de très grandes quantités de dollars en billets. Une partie de ceux-ci ont été détruits lors de la frappe, mais beaucoup d’autres flottaient dans les airs au-dessus du site de l’attaque et les habitants couraient dans tous les sens afin de tenter de s’en procurer le plus grand nombre possible.

 

A 13 heures 29, 5 obus de mortier ont touché les alentours du point de passage d’Erez, blessant 4 personnes dont 3 grièvement et l’autre superficiellement.

 

Les personnes touchées sont des chauffeurs bédouins qui étaient employés par les autorités d’Erez afin de transporter les blessés et les malades de Gaza vers les hôpitaux de Cisjordanie, de Jérusalem-est et d’Israël.

 

Avant d’être pris pour cibles par les terroristes djihadistes, en cette seule journée de dimanche, les quatre chauffeurs avaient déjà transporté 70 Palestiniens vers les centres médicaux, sauvant probablement la vie de beaucoup d’entre eux.

 

Les tirs des islamistes ont continué après l’évacuation des 4 chauffeurs bédouins.

 

En termes de logique et de valeurs occidentales, il est difficile d’expliquer la raison pour laquelle le Hamas a tenté de tuer ces personnes, qui, au risque de leur vie, avaient déjà transporté des milliers de Gazaouis en péril.

 

La même interrogation se poste quant aux tirs incessants sur le point de passage des marchandises de Kerem Shalom, par lequel quelques 6 000 camions ont transité depuis le début de Rocher Inébranlable, épargnant aux Gazaouis - miliciens compris – la famine et les épidémies.

 

Les quatre courageux conducteurs ont été transférés par les services du Magen David Adom (l’Etoile de David rouge) à l’hôpital Barzilaï d’Ashkelon.

 

En riposte à ces tirs, Tsahal a détruit la rampe de lancement des mortiers [la serre sur la vidéo] d’où l’attaque était partie. Il semble qu’il existait une autre position milicienne ayant participé aux tirs de 13 projectiles sur le point de passage d’Erez, dont la seule fonction consiste à venir en aide aux habitants de Gaza.

 

Le ministre de la Défense israélien, Moshe Ya’alon, a pris la décision de fermer le point de passage afin d’éviter des dégâts supplémentaires. Erez demeure toutefois ouvert pour l’accueil des personnes de Gaza dont le pronostic vital est engagé ; ainsi, on attendait encore 53 patients gazaouis ce dimanche.

 

 

Au nord d’Israël

 

Ce matin, Tsahal a déclaré n’avoir pas souhaité riposter aux tirs de roquettes d’hier soir en provenance du Sud-Liban, préférant collaborer avec la FINUL (Force Intérimaire des Nations Unies au Liban). L’Armée israélienne a précisé qu’elle ne se restreindrait pas lors d’éventuelles agressions à l’avenir.

 

Pas de réplique non plus des Forces de Défense d’Israël suite aux projectiles tirés depuis la Syrie sur le Golan ; Tsahal n’a pas tenu à justifier sa décision. Nous le faisons à sa place : ce n’est pas, cette fois, l’Armée de Béchar al Assad qui est responsable des tirs, mais un groupuscule qui ne fait pas non plus partie de l’opposition armée.

 

Tout de suite après les tirs, des officiers de l’Armée régulière ont communiqué directement avec leurs homologues israéliens, leur demandant de les "laisser s’occuper des agresseurs". Quelques instants plus tard, on pouvait voir, depuis la frontière israélienne, l’attaque au canon et la destruction des terroristes et de leur rampe de lancement, installés dans un poste abandonné de l’Armée syrienne.

 

 

Iran

                             

Les Gardiens de la révolution islamique iranienne affirment, sur leur site Internet, avoir abattu un drone israélien qui se dirigeait vers le site nucléaire de Natanz, situé à 220 km au sud de Téhéran.

 

Les Pasdarans n’ont toutefois pas été capables de présenter la moindre preuve de leurs exploit, ni de démontrer que l’avion sans pilote qu’ils auraient abattu était de fabrication israélienne. Ils n’ont donné en outre aucune indication quant à la date de l’éventuelle interception.

 

D’autre part, la "République" Islamique d’Iran a dévoilé de nouveaux armements qu’elle affirme avoir mis au point.

 

Il s’agit d’un missile terre-mer, le Ghadir [de Ghadir Khumm, un lieu saint shiite], ayant une portée de 100 km ; et d’un missile de croisière le Nasr-e Basir (victoire percutante), dont la portée n’a pas été dévoilée.

 

L’Iran a également présenté deux drones, le Karrar-4 (percuteur), supposé évoluer à haute altitude, ainsi que le Mohajer-4 (migrateur), destiné à générer des cartes géographiques à usage aussi bien civil que militaire.

 

 

 
Un relent vert de gris plane sur l'Europe (info # 032408/14) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 24 août 2014

 

Par Guy Millière

 

Un Néerlandais de quatre-vingt-onze ans a eu, voici quelques jours, un geste dont il a été beaucoup question dans divers journaux et magazines. J'entends insister sur ce geste, car il est, à ma connaissance, sans précédent et se trouve être porteur d'une charge symbolique très forte qui donne à penser.

 

Ce Néerlandais, un certain Henk Zanoli, avait reçu la médaille des Justes pour avoir caché un enfant juif pendant la Seconde Guerre Mondiale, et lui avoir ainsi sauvé la vie.

 

Il a rendu la médaille en la renvoyant à l'ambassade d'Israël aux Pays Bas. Aux fins que ses motivations apparaissent explicitement, il a accompagné son acte d'une lettre.

 

Il a, bien sûr, fait connaître son geste et le contenu de la lettre à la presse pour qu'elle en fasse la publicité.

 

Dans la lettre, Henk Zanoli explique que s'il avait à refaire ce qui lui a valu la médaille des Justes, il ne le referait pas ; ce qui signifie, en d'autres termes, qu'il laisserait aujourd'hui l'enfant qu'il a caché et sauvé être déporté et tué par les nazis dans un camp d'extermination, et qu'il contribuerait donc, au moins passivement, au génocide antijuif.

 

Il ajoute que ce changement radical d'attitude tient à la politique « criminelle » menée par Israël, et, tout particulièrement, aux récentes ripostes israéliennes aux tirs de roquettes du Hamas.

 

Il précise, pour se justifier, que six membres de sa famille ont été récemment « assassinés » par Israël à Gaza, lors du bombardement d'un camp de réfugiés.

 

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Et si l’intelligentzia européenne ne cherchait qu’un

prétexte pour s’exonérer de sa collaboration à l’époque du IIIème Reich

 

Pas un seul instant Henk Zanoli n'évoque les raisons de la présence de membres de sa famille dans un camp de réfugiés à Gaza. Pas un seul instant, il n'explique ce que sont ces camps, où on est « réfugié » de père en fils depuis quatre générations (il semblerait qu'une descendante de Zanoli ait épousé un Arabe palestinien qui jouit d’une bonne situation et entretient une famille aisée : réfugiés, dites-vous ?).

 

Pas un seul instant, il n'évoque l'utilisation des civils de Gaza comme boucliers humains par le Hamas, les raisons des tirs israéliens contre le Mouvement de la Résistance Islamique, les infinies précautions prises par Israël pour éviter la mort de civils à Gaza.

 

Pas un seul instant, il ne note le fait que des gens tels que les membres de sa famille ont, sans aucun doute, été prévenus par Israël de l'imminence d'un bombardement et sont, s'ils sont morts, tout de même restés sur place, soit volontairement, soit forcés par le Hamas. Non.

 

Israël est, en somme, accusé de manière fallacieuse et manipulatrice d' « assassiner » sans raison ni motif, sans discernement, cruellement.

 

D' « assassiner » des « réfugiés » et de se conduire ainsi de façon si abominable que cela implique de pouvoir regretter de ne pas avoir contribué à la Shoah pendant la Seconde Guerre Mondiale.

 

Ce n'est pas dit, mais il est aisé de déduire que les « crimes » israéliens sont placés ainsi à un degré de gravité au moins équivalent à celui des crimes nazis, sans quoi les regrets seraient injustifiés.

 

C'est disais-je, un geste, à ma connaissance, sans précédent.

 

Jamais un Juste n'avait regretté publiquement de ne pas avoir contribué au génocide antijuif. Certains Justes avaient peut-être eu des regrets en privé (je n'ose le penser), mais énoncer de tels regrets publiquement leur aurait, le cas échéant, semblé être si infâme et infect qu'aucun n'aurait osé.

 

C'est un geste porteur d'une charge symbolique très forte, et qui donne à penser, disais-je aussi : quand bien même les accusations générales portées là contre Israël font partie de la propagande anti-israélienne, colportée depuis longtemps en Europe par l'extrême-gauche, l'extrême droite et les organisations « propalestiniennes », et quand bien même les propos affirmant que les Israéliens se comportent comme les nazis se sont comportés vis à vis des Juifs foisonnent parmi ces accusations, c'est la première fois que ces accusations et ces propos conduisent à l'énonciation d'un regret de ne pas avoir participé au génocide antijuif pendant la Seconde Guerre Mondiale.

 

Il a été beaucoup question du geste dans divers journaux et magazines, ai-je noté. La presse néerlandaise a fait connaître le geste et la lettre, et les journalistes et commentateurs hollandais qui ont écrit sur le sujet ont semblé trouver geste et lettre très logiques. Le quotidien Haaretz, qui a répercuté en Israël la nouvelle diffusée par la presse néerlandaise, n'a rien trouvé à redire : cette absence de commentaire ne me surprend, hélas pas, de la part de ce quotidien.

 

Le magazine L'Express, qui, en France, a tiré un article de la nouvelle publiée dans Haaretz n'a pas commenté non plus. Les lecteurs de L'Express qui ont laissé un avis personnel sur le site ont, bien sûr, approuvé chaleureusement le geste et la lettre.

 

L'Express avait publié la semaine précédente un éditorial de Christophe Barbier qui traitait peu ou prou les Juifs de traîtres à la France et d'adeptes de Belzébuth. Et les lecteurs de L'Express qui avaient commenté l'éditorial avaient aussi approuvé chaleureusement celui-ci.


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Tir de 5 roquettes depuis la Syrie (info # 022408/14) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 24 août 2014

 

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Métula, dimanche 2h25, 1h25 à Paris

 

Aux alentours de 1h30 locales, 5 roquettes tirées depuis la Syrie ont explosé à proximité de villages et de kibboutzim dans le nord du Golan sans faire de victimes ni de dégâts.

 

On serait en présence de roquettes et non d’obus de mortiers, comme lors des incidents d’il y a quelques mois, au même endroit.

 

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Récupération des restes de Katiouchas il y a quelques minutes

 

Selon nos premières informations, la zone des explosions s’étendrait sur plusieurs kilomètres, entre le kibboutz Eïn Zivan et le village d’Aloneï ha-Bashan, en passant par la zone délicate du point de passage de Kuneitra.

 

On s’attend à une réplique énergique de Tsahal contre l’Armée de Béchar al Assad lors des prochaines minutes voire des heures à venir.

 

La Ména se tient prête à envoyer une équipe de reporters sur place. La zone des incidents se situe à une petite demi-heure de la rédaction par la route.

 

  

 
La guerre de Gaza (suite) (info # 012408/14) Version imprimable
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samedi, 23 août 2014

 

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Métula, dimanche 0h25, 23h25 à Paris

 

 

Situation

 

Les miliciens de Gaza ont tiré 110 projectiles depuis hier minuit sur Israël, dont 25 depuis 19h. 17 roquettes ont été interceptées par le Dôme de Fer ; l’une d’elles a été abattue au-dessus de la banlieue de Tel-Aviv.

 

Il y a moins de deux heures, 2 personnes ont été légèrement blessées à Be’er Sheva par des shrapnels. Deux roquettes avaient évité les batteries du Dôme de Fer protégeant la capitale du Néguev pour des raisons que l’Armée est en train de vérifier.

 

Ces dernières vingt-quatre heures, Tsahal a visé 60 sites terroristes, dont des rampes de lancement, des bases d’entrainement, des miliciens-lanceurs de fusées et des véhicules transportant des miliciens djihadistes.

 

 

Tirs à partir du Liban

 

Deux Katiouchas ont été tirées ce soir à partir de la côte sud-libanaise en direction de la Galilée occidentale.

 

L’une d’elles a atteint l’Etat hébreu, touchant une agglomération située à l’est de Naharya, que nous ne désirons pas identifier afin de ne pas renseigner les terroristes.

 

Une maison vide a été touchée par la roquette ; il n’y a pas de victimes, mais certains voisins sont en état de choc. En outre, une fillette a été légèrement coupée au visage par une tuile tombée d’un toit suite à la déflagration ; elle reçoit des soins à l’hôpital de Naharya.

 

Notre bureau de Beyrouth nous informe que les Forces Armées Libanaises, soucieuses de ne pas se laisser entrainer dans une confrontation avec Israël, encercleraient actuellement les tireurs.