Comment la France peut-elle sortir de la crise ? (info # 011501/19) Version imprimable
Analyse économique
mardi, 15 janvier 2019

 

Par Amram Castellion

 

Contrairement aux prévisions du gouvernement en décembre, le mouvement des « Gilets Jaunes » continue à manifester tous les samedis à travers la France. Le nombre des manifestants a même augmenté entre le 5 et le 12 janvier, ce qui est franchement inhabituel pour un mouvement datant déjà de près de deux mois.

 

Par sa prolongation, le mouvement a montré une nature un peu différente de la tradition française d’insurrection populaire à laquelle je l’avais rattaché dans ces colonnes. Aucune révolution, après tout, n’a lieu tous les samedis de 15 à 18 heures, après des semaines parfaitement tranquilles.

 

Le gouvernement a compris que c’est la faiblesse des pouvoirs et non le mécontentement des populations qui cause les révolutions. Il a donc envoyé tous les signes nécessaires de fermeté. Des policiers ont procédé plusieurs fois à des tirs de flashball en plein visage – ce qu’il est difficile de faire par erreur – et ont même exhibé (sans, bien sûr, les utiliser) des armes semi-automatiques (Heckler & Koch G36), plus adaptées à une situation de guerre civile qu’au contrôle d’une manifestation. Les juges utilisent généreusement la procédure de comparution immédiate et ont prononcé plusieurs peines de prison ferme dans le cadre de cette procédure accélérée.

 

Cette fermeté a l’avantage d’écarter le risque d’un renversement révolutionnaire du pouvoir. Mais si le mouvement continue malgré tout, c’est qu’il ne se réduit pas à un rêve de révolution. Les manifestants qui viennent toutes les semaines dans les centres-villes expriment aussi, plus ou moins consciemment, un message qui n’a pas changé depuis le début du mouvement : le système français de taxation et de dépense publique est aujourd’hui dans une crise existentielle. Il doit impérativement être transformé pour éviter que le pays ne sombre pour de bon.

 

La crise peut se résumer par quelques chiffres simples :

 

La dépense publique est plus élevée en France que partout ailleurs en Europe. Elle représente 57% de la richesse nationale produite chaque année contre 50% en Italie, 44% en Allemagne et 41% au Royaume-Uni.

 

Cette dépense publique exceptionnellement élevée ne s’explique pas par des services publics plus remarquables ailleurs, mais par le coût exceptionnel des dépenses sociales : 25% de la richesse nationale, ou 43% de la dépense totale.

 

Parmi ces dépenses sociales, certaines, comme les retraites des gens qui ont cotisé pour cela, sont la contrepartie d’une activité économique. Mais la plus grande partie sert à financer un taux d’inactivité beaucoup plus élevé que dans les pays comparables. Parmi la population en âge de travailler, seuls 65% travaillent en France, contre 75% en Allemagne. Si nous avions le même taux d’emploi que nos voisins, il y aurait 4 millions d’emplois de plus en France. On peut estimer l’économie que cela apporterait au budget de l’Etat à 140 milliards d’euros par an, sans compter la richesse supplémentaire créée qui apporterait à son tour de nouvelles recettes – 80 milliards au bas mot (la recette fiscale moyenne est de 40 000 euros par actif, mais je fais l’hypothèse prudente que les 4 millions d’actifs supplémentaires auraient une valeur ajoutée égale à la moitié de la moyenne).

 

Pourquoi y a-t-il tant d’inactifs en France ? Il y a à cela deux principales raisons.

 

D’abord, parce que le système social est conçu pour cela. De nombreuses aides – allocation au parent isolé, allocations familiales dans certaines configurations, aides aux personnes handicapées quand elles pourraient travailler, aides aux demandeurs d’asile… encouragent les personnes inactives à le rester. Parmi ceux qui profitent du système figurent, bien entendu, des Français de souche, mais aussi beaucoup d’immigrés, ce qui contribue à détériorer les relations entre groupes ethniques en France. Ceux dont on nous a beaucoup dit qu’ils enrichiraient la France représentent souvent, du moins d’un point de vue strictement économique, un coût net.

 

L’autre raison de la forte inactivité française est la perte régulière de parts de marché à l’étranger de l’économie française. De 2000 à 2017, les exportations françaises de biens et services sont passées de 17% à 13% du total des exportations de la zone euro, pendant que la part de l’Allemagne passait de 26% à 29% du total. A chaque marché perdu, le nombre des inactifs augmente.

 

La perte de compétitivité est directement liée au fait que la France a la même monnaie que l’Allemagne, dont l’appareil productif est plus efficace que le nôtre (malgré les efforts importants engagés depuis 30 ans en France) et qu’il a méthodiquement baissé ses coûts salariaux depuis la fin du siècle dernier. Par rapport à la productivité moyenne, l’euro est trop élevé pour les exportateurs français et ceux du sud de l’Europe, tout en étant trop faible pour l’Allemagne. Méthodiquement et inéluctablement, cela entraîne, année après année, des pertes de contrats à l’export dans les autres pays et des gains pour l’industrie et les services allemands – et donc une augmentation de l’inactivité en France.

 

La France est donc confrontée à une situation dont il est impossible de sortir sans un changement complet de modèle : trop d’inactifs qui coûtent de plus en plus cher, un Etat constamment à la recherche de plus d’argent, et des payeurs de plus en plus pressurisés qui se révoltent. C’est cette situation, et non les ambitions révolutionnaires ou les discours extrémistes de tel ou tel manifestant, qui explique la persistance du mouvement des Gilets Jaunes. La France qui paie, tout simplement, n’en peut plus.

 

Il y a bien des moyens de sortir de cette crise, mais aucun de ces moyens n’est facile à appliquer et tous entraîneraient des bouleversements profonds. Quatre scénarios sont aujourd’hui possibles :

 

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Cela ne va pas résoudre tous les problèmes

 

D’abord, une solution « à la grecque ». Comme ce fut fait lors de la crise de la dette publique grecque en 2010-2011, la France s’engage dans un programme d’austérité extrême sous contrôle des institutions européennes – c’est-à-dire, en clair, de l’Allemagne. Les services publics sont radicalement réduits ; les salaires baissent de 15 à 20% ; les prestations sociales sont fortement réduites ; l’effondrement des prix des entreprises attire les investisseurs étrangers ; au bout de quelques années, la France retrouve la compétitivité qui lui permet de regagner des parts de marché à l’étranger. Cette solution a l’avantage de permettre de retrouver un équilibre budgétaire et de préserver l'euro. Une fois l’économie repassée à la baisse (un effondrement de 20 à 30% en trois ans), elle repartira à la hausse. Elle a, en revanche, l’inconvénient de risquer de provoquer des mouvements sociaux difficiles à contrôler.

 

Une autre solution possible est une solution « à l’anglaise ». Comprenant que l’euro est l’une des causes de l’inactivité excessive du pays, les Français votent pour une majorité qui décide d’abandonner la monnaie unique. Le franc s’effondre, d’environ 20% face à l’euro, ce qui permet de retrouver une compétitivité à l’export. L’avantage de cette solution est que le poids de l’ajustement serait porté de manière égale par tous les Français, qui perdraient à cette occasion une part importante de leur pouvoir d’achat à l’international. Il y aurait donc moins de troubles internes. Mais ce n’est pas une solution idéale pour autant. En particulier, la dette publique française, libellée en euros, augmenterait mécaniquement dans la nouvelle monnaie. Le coup porté au projet européen avec la fin de l’euro augmenterait inévitablement les tensions entre les pays membres.

 

Une troisième solution est une solution « à la chilienne » : devant des troubles sociaux à répétition, les Français élisent un pouvoir prêt à abandonner pour un temps les principes démocratiques. La baisse de la dépense publique se fait directement au détriment des inactifs. Les troubles qui en résultent, en particulier parmi les immigrés, sont réprimés sans pitié. La baisse du coût unitaire du travail se fait en imposant des mesures qui n’auraient jamais l’accord des partenaires sociaux, comme une régionalisation du SMIC ou une augmentation non compensée de la durée du travail. A la fin d’un tel processus, les équilibres économiques auraient été rétablis, mais la société française serait durablement blessée.

 

Enfin, quand on observe l’histoire récente de la France, on ne peut pas exclure une solution pour laquelle aucun précédent étranger ne peut être identifié et qu’il faudra donc qualifier de solution « à la française ». Dans cette hypothèse, il est décidé de gagner du temps en lâchant du lest face aux revendications sociales, quitte à aggraver encore dans un premier temps les déséquilibres économiques. Le gouvernement pourrait décider de mesures favorables au pouvoir d’achat et défavorables à l’investissement : augmentation du SMIC, impôts plus élevés sur « les riches » (c’est-à-dire sur ceux qui peuvent le plus facilement quitter la France), explosion du déficit budgétaire.

 

Si la France avait sa propre monnaie, une telle solution résulterait immédiatement dans un effondrement de la valeur du franc, qui rétablirait les équilibres. Dans l’union monétaire, en revanche, elle aurait pour seul résultat de faire de la France l’homme malade de l’Europe – le pays qui menace, par son incapacité à se réformer, l’équilibre de l’ensemble du continent. Elle finirait donc par provoquer une prise de contrôle de la politique économique française par ses voisins : difficultés grandissantes à financer le déficit, sanctions financières européennes, voire expulsion de la France de la monnaie unique.

 

Ces quatre scénarios ne sont pas les seuls à être envisageables, mais à moins d’un effondrement social et financier complet (« à la vénézuélienne » ?), la sortie de crise ne peut venir, pour la France, que de l’adoption de l’un d’entre eux ou – plus probablement – d’une solution mixte qui empruntera des éléments à deux ou plusieurs d’entre eux.


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Bruxelles-Métula du 14 janvier 2019 (011401/19) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 14 janvier 2019

 

Le Pentagone prépare des scénarii de frappes contre l’Iran, ou l’apanage de la plus grande puissance mondiale.

 

La synchronisation des stratégies entre les Etats-Unis et Israël qui n’ont jamais été aussi complémentaires. En bonne intelligence.

 

La théocratie perse est ses alliés chiites au Liban et ailleurs ne doivent pas uniquement quitter la Syrie, ils sont voués à disparaître. Jérusalem et Washington s’y emploient, chacun à son échelle, chacun avec les moyens à sa disposition.

 

Une analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, pour l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca Bruxelles.

 

https://youtu.be/B4g3tknfNdo  (Youtube).

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/812910835718974/?t=2 (Facebook Radio Judaïca)

 

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Plan de paix américain : les éléments d’une esquisse (info # 011301/19) Version imprimable
Analyse
dimanche, 13 janvier 2019

 

Par Guy Millière

 

La semaine qui vient de s’écouler a vu des mouvements américains d’importance s’opérer au Proche-Orient.

 

John Bolton s’est rendu en Israël et y a prononcé un message clair et fort. Il s’est également entretenu téléphoniquement avec Vladimir Poutine. Bolton, le Conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, a réaffirmé le soutien sans réserve de l’administration américaine à Israël. Il a souligné à nouveau que les Etats-Unis posaient des limites strictes aux actions de la Turquie, et a stipulé les conditions américaines à l’alliance Poutine-Assad. En parallèle, les mouvements kurdes sur le territoire syrien se sont rapprochés du régime d’Assad.

 

L’objectif d’endiguement et d’asphyxie de la République Islamique d’Iran, a rappelé John Bolton, reste l’un des axes majeurs de la politique américaine pour la région. Tout se passe donc comme prévu depuis l’annonce par Donald Trump du retrait des deux mille soldats américains du territoire syrien.

 

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Proximité de vues

 

Presque au même moment, Mike Pompeo s’est rendu au Caire et y a prononcé un discours qui va dans le même sens que les propos de John Bolton à Jérusalem et qui met davantage encore la pression sur l’Iran.

 

Il se dit à Washington (rien n’est assuré) qu’un geste majeur pourrait se faire qui marquerait le rapprochement entre Israël et l’Arabie Saoudite régie par Mohamed ben Salman.

 

Il se dit aussi, de sources concordantes, que ce qui se prépare est la mise en place du deuxième axe majeur de la politique américaine pour la région : le “plan de paix” américain.

 

Il se dit que ce plan serait très proche de ce que John Bolton a appelé la “solution a trois Etats” : Israël, Egypte, Jordanie. Ce qui semble envisagé est une paix convenant à Israël, réglant la “question palestinienne” et acceptée par le monde arabe sunnite.

 

Le plan prévoirait l’application de la loi israélienne à tous les territoires de Judée-Samarie, y compris ceux occupés actuellement par l’Autorité Palestinienne, pour lesquels serait prévu un statut d’autonomie-association avec la Jordanie au sein du territoire israélien. Les Arabes vivant en Judée-Samarie retrouveraient la nationalité jordanienne et deviendraient des Jordaniens résidant en territoire autonome, leur statut de résidents pouvant être révoqué par Israël s’ils violent la loi israélienne. Des aides financières seraient accordées à la Jordanie, destinées à ce que des Arabes de Judée-Samarie ayant retrouvé la nationalité jordanienne puissent se réinstaller en Jordanie s’ils le souhaitent.

 

Il est prévu que l’Autorité Palestinienne refuse et que Mahmoud Abbas soit envoyé à la retraite, ainsi que tous les dirigeants de l’Autorité Palestinienne qui partageraient la position de refus, ce qui pourrait bien être tous les dirigeants de l’Autorité Palestinienne. Il est prévu aussi qu’une Autorité Palestinienne radicalement transformée deviendrait le gestionnaire de l’autonomie, dans des limites très strictement définies.

 

Le plan ne laisserait pas de côté Gaza, et l’option la plus souvent citée est que Gaza devienne une zone autonome sous contrôle égyptien, les habitants de Gaza se voyant proposer la nationalité égyptienne (la liberté de circulation des Gazaouis sur le territoire égyptien est pour l’heure refusée par l’Egypte). Le Hamas et les autres organisations islamistes présentes à Gaza se verraient proposer de se soumettre au statut d’autonomie sous contrôle égyptien, ou de se trouver confrontées à l’Armée égyptienne, qui les traiterait dès lors à l’égyptienne. Des aides financières seraient accordées à l’Egypte aux fins que des terres du Sinaï soient utilisées pour des développements urbains accueillant des Gazaouis. Une autre option, moins souvent citée, prévoirait que Gaza devienne une zone autonome sous contrôle jordanien et que les Gazaouis reçoivent eux aussi la nationalité jordanienne, avec possibilité pour eux aussi de se réinstaller en Jordanie.

 

Le plan est, bien sûr, élaboré en relation directe avec Binyamin Netanyahou.

 

Ce plan ne conviendrait, c’est clair, pas du tout à l’Autorité Palestinienne telle qu’elle existe aujourd’hui (je l’ai dit, il est prévu qu’elle le refuse et que des conclusions soient tirées). Il ne conviendrait pas du tout au Hamas et aux autres organisations islamistes présentes à Gaza (c’est prévu aussi). Il ne plairait pas du tout à l’Iran (c’est tout à fait prévu). Il déplaira, s’il prend forme, aux dirigeants de l’Union Européenne, et tout particulièrement à Madame Merkel et à Emmanuel Macron, mais Angela Merkel est sur le départ, et Macron est dans une position difficile et en perte vertigineuse de crédibilité. Ce qui pourrait se résumer par une formule adaptée d’un vieux proverbe arabe : les roquets européens peuvent japper, la caravane Trump entend passer.

 

Les principaux obstacles subsistant pour le moment ne se situent pas du côté de l’Europe, dont Donald Trump n’entend tenir aucun compte, mais du côté de la Jordanie, où le roi se montre très réticent. Ce qui se dit à Washington est que les réticences du roi doivent impérativement être vaincues. Ce qui se dit aussi est que si le roi se montre inflexible, il pourrait être remplacé, mais Donald Trump n’est pas un partisan des changements de régimes. Un autre obstacle est ce qui reste du pouvoir de nuisance de l’Iran, et beaucoup dépendra de l’avancée de l’asphyxie du régime des mollahs engagée par l’administration Trump.

 

Les obstacles ne sont pas levés. Le plan n’a pas encore été officiellement présenté et peut être modifié. Il n’est pas parfait.

 

Ce qui semble se mettre en place montre en tout cas l’immensité des avancées qui sont en train de se produire. Trump a écarté tous les paramètres qui servaient à analyser (faussement) le conflit israélo-arabe depuis des décennies : l’UNWRA et la définition des “réfugiés palestiniens”, les résolutions de l’ONU, l’idée qu’il existe un “peuple palestinien” qui aurait “droit à un Etat”, l’idée que l’Autorité Palestinienne telle qu’elle se présente sous sa forme actuelle est un embryon d’ ”Etat palestinien”, l’acceptation tacite du recours au terrorisme par l’Autorité Palestinienne. L’idée qu’une hostilité irréductible existe entre les Etats du monde arabe sunnite et Israël.


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Raids confirmés actuellement sur Damas (011201/19) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 11 janvier 2019

 

© Metula News Agency

 

Métula, 00h30, 23h30 à Paris

 

Des raids aériens sont actuellement en cours en Syrie sur Damas.

 

Selon nos reporters qui suivent les media de la région, huit cibles auraient été attaquées, dont l’aéroport international de Damas. Un avion de fret iranien aurait été détruit, de même que trois autres avions cargos. Des dépôts de missiles auraient aussi été anéantis, ainsi que des positions de l’Armée iranienne.

 

Selon les media officiels syriens, les moyens antiaériens sont entrés en action.

 

D’autre part, des habitants du Doigt de la Galilée ont vu et entendu une forte explosion en Syrie, derrière le mont Hermon.

 

Une vidéo des frappes : https://youtu.be/PK_vGX-DwEc

 

Et une photo :

 

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Tous les reporters de la Ména dans la zone Israël-Liban sont à pied d’œuvre.

 

 
Salut le Mensch ! (info # 010901/19) Version imprimable
Hommage
mercredi, 09 janvier 2019

 

Par Raphaël Delpard

 

Georges Loinger, le dernier Mensch de la Résistance juive en France, vient de nous quitter à l’âge de 108 ans.

 

Georges Loinger naquit à Strasbourg en 1910 dans une famille juive légèrement teintée à gauche tout en étant observante. Une de ces familles attachées aux valeurs humaines, comme les dépeint Léon Bloy dans son admirable ouvrage : "Le salut par les Juifs". Cet humanisme sera le credo de Loinger, sa ligne de conduite ; son fanal.

 

Son entrée dans la résistance est liée à la terrible Rafle du Vél'-d’Hiv'. Le docteur Joseph Weill, président de l’Œuvre de Secours aux Enfants, réfugié à Lyon, réunit à l’hôtel Victoria l’état-major de l’Œuvre. Loinger est présent. Il a trente-trois ans. Il se souvient. Joseph Weill informe le groupe de femmes et d’hommes qui l’entoure, qu’il sait de source sûre que déportation signifie assassinat. Weill comprend qu’il y a urgence à mettre les enfants à l’abri. Avec Georges Garel, il met sur pied un plan de sauvetage unique, et qui jamais n’avait eu lieu auparavant dans l’histoire de la France et de l’Europe : cacher les enfants juifs dans les milieux non-juifs. Il échoit à Georges Loinger la délicate mission de créer une filière de passages d’enfants vers la Suisse.

 

A ce propos, Georges Garel dira plus tard : "C’était de loin la tâche la plus risquée et la plus difficile".

 

Joseph Weill connaissait cet homme intrépide de trente-trois ans, né comme lui à Strasbourg. Il le savait capable de repousser les limites de l’impossible, il n’ignorait rien de son attachement aux valeurs humaines, de son indéfectible amour pour les Juifs, de la permanence de sa foi au sionisme.

Après la réunion de Lyon, Loinger se rendit à Annemasse.

 

- "Annemasse était une petite ville qui convenait à nos projets, parce qu’elle est située en bordure de la frontière suisse".

 

Avant de se lancer dans l’action, il se promena longuement dans les rues. Il avait besoin de sentir la ville, d’être à son écoute, de comprendre la psychologie des habitants - de faire en quelque sorte un état des lieux.

 

- "Pour ne pas me tromper, je suis allé voir le maire, Monsieur Jean Deffaugt, et je lui ai demandé de me désigner un passeur sérieux et honnête".

 

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Georges Loinger et les enfants

 

La première expérience se révéla un échec. Les gardes-frontières suisses refoulaient les adolescents âgés de plus de seize ans. Loinger ignorait la loi. Nullement découragé, il mit au point la technique qui allait assurer le succès de son entreprise :

 

- "L’engagement d’un passeur différent par passage. L’accompagner, attendre sur place, dans le cas où les enfants seraient refoulés".

 

- "A quel moment aviez-vous la certitude que le groupe était arrivé en Suisse ?"

 

- "Lorsque nous arrivions en bordure de la frontière, les enfants continuaient seuls. Ils traversaient alors un no man’s land où tout pouvait encore arriver. Le guide ne les quittait pas du regard et j’attendais qu’il annonce : "Maintenant, ils sont en Suisse"."

 

Georges Loinger réceptionnait chaque groupe directement dans le train à la gare d’Aix-les-Bains.

 

- "Pendant le trajet d’Aix-les-Bains à Annemasse commençait alors un travail psychologique. Il fallait les habituer au changement de nom, leur expliquer qu’ils auraient une frontière à traverser clandestinement, que c’était dangereux. Ils étaient extraordinaires, ils se montraient très attentifs".

 

Georges Loinger a croisé le chemin de Marianne Cohn, une jeune Allemande juive, qui organisait également des passages d’enfants vers la Suisse. Elle sera trahie, enfermée à la prison le Pax [hôtel Pax, à Annemasse, transformé en prison par la Gestapo. Ndlr.] et, les mains liées au dos, exécutée à coups de pelle.

 

Un jour un maquisard du groupe Bourgogne, auquel appartenait Loinger, lui fait savoir qu’il est recherché par la police.

 

- "Il m’a dit : "Fais attention, mec, t’es recherché". Sans plus attendre, il a fallu que je prenne des dispositions".

 

Il décida alors de mettre sa femme et ses deux fils en sécurité en leur faisant passer la frontière à leur tour.

 

- "On raconte que vous avez mis le plus jeune de vos enfants, qui avait juste un an, dans un sac à dos ?"

 

- "C’est exact. Nous avons débarqué en pleine nuit dans une maison. Le propriétaire, bleu de trouille, ne voulait pas nous garder. Je lui ai montré des pièces d’or, que je tenais dans la main droite ; dans la gauche, je tenais un couteau. Il a fini par se calmer".

 

- "Pendant la période des passages, aviez-vous peur ?"

 

- "Non. J’étais inquiet ou angoissé, selon les circonstances. C’est maintenant que j’ai peur. Depuis des années, je me réveille la nuit. Je me dis : et s’il m’était arrivé un pépin avec les enfants ? C’est cinquante ans après que je vis le cauchemar".

 

Il est crédité d’avoir fait passer 350 enfants.

 

Georges Loinger a été le responsable en France de la préparation et de l’organisation de l’Exodus. Après la guerre il fut directeur en France de la compagnie maritime israélienne Zim. Jusqu’à sa mort, il est allé chaque semaine à la piscine.

 

J’ai eu l’honneur de le fréquenter pour la préparation de mes deux ouvrages : "Les enfants cachés" et "L’armée juive clandestine en France".

 

L’extrait que vous venez de lire vient de la réédition de "L’armée juive clandestine en France" parue en 2002 aux éditions Page après Page. [Un livre de Raphaël Delpard, témoignage inédit sur un aspect méconnu de la Seconde Guerre Mondiale, cette enquête dénoue, enfin, la contrevérité qui consiste, depuis des années, à dire que les Juifs se sont laissé traîner aux abattoirs. ...]

 

 
L’intervention pathétique de Binyamin Netanyahu (010801/19) Version imprimable
Breaking News !
lundi, 07 janvier 2019

 

Par Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

En Israël, lorsqu'un Premier ministre convoque les caméras de toutes les chaînes de télévision pour un direct impromptu à 20h en annonçant une déclaration dramatique, c'est en principe afin de parler de la signature d'un traité de paix avec l'Arabie Saoudite ou de la déclaration de guerre contre l'Iran. Pas pour se payer, comme ce fut le cas ce lundi soir, une plaidoirie juridique pro domo devant tout le pays. Pas pour appeler de ses vœux qu'une partie de la procédure soit elle aussi télévisée. Pas pour dire aux juges et aux policiers comment ils doivent mener les enquêtes qui le visent, en EXIGEANT d'eux [לדרוש] des décisions de droit et d'opportunité. Venant du chef de l'exécutif, de n'importe quel exécutif, cela procède même d'une injonction dangereuse faite au pouvoir juridique.

 

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La mine tourmentée ce soir

 

Le clou de ce médiocre spectacle fut tout de même l’affirmation de Bibi selon laquelle il aurait pu clore les procédures ouvertes contre lui en annonçant le retrait d'Israël sur les frontières de 1967. Il a tenté de faire croire qu'il était le seul patriote du pays et qu'Israël était dirigée par des forces de gauche occultes autant que traîtres à la nation. Particulièrement, que les chefs de la Police et le procureur général sont des gauchistes corruptibles, qui veulent par-dessus tout "rendre" Jérusalem-est aux Arabes.

 

En réalité, le chef sortant de la Police, Roni Alsheikh, et Avichai Mandelblit sont non seulement des religieux conservateurs portant kippa, mais aussi, ils n'auraient jamais été nommés à ces postes sans l'appui diligent de Binyamin Netanyahu.

 

Mauvais camarades, ils préfèrent l'intérêt de leur pays et leur intégrité professionnelle au renvoi d'ascenseur. Il reste des hommes honnêtes dans toutes les sphères de la société israélienne, résistant à toutes les pressions et toutes les ignominies ad hominem décochées par Netanyahu et sa clique.

 

Je suis l'actualité israélienne d'assez près pour affirmer ne jamais avoir observé la moindre pression sur M. Mandelblit afin qu'il inculpe le Premier ministre. De toutes façons, après avoir démontré sa détermination face aux manœuvres d'intimidation du clan Bibi, la tombe du père d’Avichai Mandelblit vient par exemple d'être saccagée, je doute que ses décisions seront influencées par qui que ce soit.

 

La manœuvre de ce soir fut particulièrement pathétique. Elle n'a été dictée par aucun fait d'actualité, par aucun événement à caractère d’urgence, ni même par un développement quelconque dans les procédures lancées contre Netanyahu.

 

Elles sont le fait d'un homme visiblement aux abois, dont l'immunité dépend d'un nouveau mandat. Jamais, à ma connaissance, un Premier ministre israélien n’avait ainsi tenté d'instrumentaliser la télévision pour son seul intérêt personnel.

 

Les procédures en cours contre lui n'ont strictement rien à voir avec la politique. Prétendre le contraire implique une volonté de faire obstacle à la marche de la justice et de s'opposer à la quiétude de son application.

 

Netanyahu, en agissant de la sorte pour sauver sa peau à tout prix, précipite l'éthique exigée de la part du gouvernement d'une démocratie comme Israël profondément dans la fange. Avec à la clef des préjudices à la moralité publique dont la restauration prendra des années.

 

Sans présumer des décisions d'Avichai Mandelblit et éventuellement des juges, il y a fort à parier que l'intervention de ce soir n'aura pas fait que du bien au Premier ministre. Certes, pour les partisans du cercle des proches acquis à sa personne, il sera toujours "Bibi mélekh Israël" (Bibi roi d'Israël), mais pour remporter les prochaines élections, vu la concurrence de tous bords, il aura besoin des voix des électeurs centristes et de ceux de la droite extérieure au Likoud. Ce soir, il les a pris pour des andouilles, et l'histoire a montré que tous les politiciens qui avaient pris les Israéliens pour des andouilles étaient revenus bredouilles au soir des élections. L'avenir nous dira si l'histoire se répète ou naan et quel rôle aura joué ce one-man-show sordide.

 

 
Bruxelles-Métula du 7 janvier 2019 (010701/19) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 07 janvier 2019

 

Nuit tendue à Gaza et dans les agglomérations du Néguev après l’envoi par les miliciens islamistes d’un avion télécommandé porteur d’un engin explosif.

 

Riposte israélienne suivie du tir d’une roquette, vers 3h30, sur Ashkelon, interceptée par le Dôme de fer. Lui-même suivi de raids plus conséquents du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne.

 

Les spécialistes de Métula pensent qu’il n’y aura pas d’embrasement cette fois-ci, le Hamas sachant qu’en période électorale, il s’exposerait à une action massive de Tsahal. Ce serait en effet une occasion unique pour Binyamin Netanyahu d’effacer de la mémoire des électeurs ses décisions dramatiques de la dernière confrontation avec la milice islamique.

 

Coopération Israël-Egypte dans le nord du Sinaï : jeudi dernier, le Khe’l Avir, à la demande de l’Egypte, a attaqué l’Etat Islamique à al Arish, Rafah et Cheikh Sweid, sur son territoire.

 

Le Maréchal al Sissi a fait l’éloge de cette coopération dans l’émission "60 minutes" de la BBC. L’alliance israélo-égypto-saoudienne face à l’Iran et aux islamistes de renforce et se dévoile.

 

Une analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, pour l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca Bruxelles.

 

https://youtu.be/zQFJoOIa3sI  (Youtube).

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/1952643098375510/ (Facebook Radio Judaïca)

 

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L’alliance cordiale

 

 
2019 : où en est Israël ? (info # 010601/19) Version imprimable
Analyse
dimanche, 06 janvier 2019

 

Par Guy Millière

 

L’année 2019 commence pour Israël avec la perspective d’élections anticipées. Les débats vont être intenses et féroces. Ils le sont déjà. Des éléments de recomposition politique se dessinent, à gauche comme à droite. Binyamin Netanyahou se trouve menacé de mise en examen, et cette perspective n’a pas été étrangère à sa décision de se présenter à nouveau devant les électeurs. Il était déjà la cible de tous ses ennemis politiques et de quelques-uns de ses alliés. Il va le rester.

 

Les premiers, qui sont à gauche, et qui sont clairement ses ennemis politiques, l’accusent d’être corrompu : je n’ai pas les éléments du dossier dont dispose Avichai Mandelblit [le procureur général. Ndlr.], mais pour l’heure, au nom de la présomption d’innocence, je n’ai aucun motif pour le déclarer coupable de quoi que ce soit. Et, sachant comment la gauche, vaincue électoralement presque partout dans les démocraties du monde, compte sur des moyens détournés pour abattre ceux qui la gênent, on me permettra de faire preuve d’un immense scepticisme face aux rumeurs que la gauche israélienne fait courir et aux pressions qu’elle exerce.

 

Les seconds, à droite, qui sont censés être ses alliés, et qui, pour la plupart, sont ou ont été membres de son gouvernement, lui reprochent de ne pas être assez ferme et déterminé face au terrorisme islamique “palestinien”.

 

Il m’est arrivé, je dois le dire, de partager ces reproches. Je suis, en soi, favorable à la destruction totale du Hamas, à une attitude drastique vis-à-vis de l’Autorité Palestinienne, qui doit, je le pense, être vaincue et conduite aussi près que possible de l’anéantissement. Je suis également favorable à l’annexion de la Judée-Samarie par Israël, en donnant le statut de résidents étrangers aux Arabes de Judée-Samarie. En incitant fortement la Jordanie à leur redonner la nationalité jordanienne et en rappelant que la Jordanie a été créée sur quatre-vingt pour cent des terres du Mandat Palestinien. Ce qui doit, bien sûr, être ajouté à l’équation, tout comme le soulignement de ce qu’un résident étranger dans un pays où il se conduit mal peut en être expulsé. Mais je comprends aussi la prudence de Netanyahou, et je sais qu’il mène des pourparlers internationaux dont la teneur n’est pas toujours énoncée explicitement, et je pense pertinent de ne pas procéder par des jugements péremptoires.

 

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Ce sur quoi tous les Israéliens sont d’accord

 

Une bonne façon d’appréhender la situation et de faire un bilan provisoire de l’action de Netanyahou implique de poser la question : où en est Israël au début de l’année 2019 ?

 

Intérieurement, il y a de la pauvreté en Israël, c’est un fait, mais il y en a, hélas, dans tous les pays du monde développé. Les chiffres du chômage en Israël sont, cela dit, des chiffres de plein emploi : 4,1 pour cent pour les derniers chiffres connus. La croissance se situe aux alentours de 3 pour cent en rythme annuel. Ce qui est un chiffre supérieur à celui qu’on trouve dans la quasi-totalité des pays d’Europe. Le PIB par tête d’Israël est désormais supérieur à celui de la France. Les choses peuvent être améliorées sur divers points, notamment le prix de certains produits qui reste anormalement élevé. Les prix de l’immobilier sont exorbitants. Des monopoles délétères existent. L’état global du pays est néanmoins très bon. D’autant plus qu’Israël est sans cesse menacé et doit dépenser beaucoup en matière de défense. Israël, on doit l’ajouter, est la “start-up nation”, pour reprendre le titre d’un livre à succès, et c’est important. En étant devenu une puissance technologique majeure, Israël a su se rendre indispensable à de nombreux pays du monde. Tout cela est à porter très largement au crédit de Netanyahou. C’est un fait que nul ne peut contester sans mauvaise foi et occultation des réalités.

 

Ce qui va très bien dans le pays peut être attribué à Netanyahou. Ce qui reste à améliorer peut être débattu, et doit être amélioré, sans aucun doute. Mais oublier ce qui va très bien serait malhonnête.

 

Extérieurement, Israël reste menacé par l’Iran et par les groupes qu’il finance, le Hamas et le Hezbollah. Netanyahou a immensément agi pour que les Etats-Unis ne signent pas l’accord désastreux sur le nucléaire iranien. Il n’a cependant pu empêcher Obama de ratifier ledit accord, mais il a pris date.

 

Il a, en outre, développé une stratégie diplomatique d’une intelligence remarquable en direction de l’Afrique subsaharienne et de l’Europe centrale (ce qui permet de contrebalancer l’anti-israélisme pernicieux des dirigeants français, allemands, britanniques et scandinaves, et de limiter les dégâts venant de l’Union Européenne, très anti-israélienne), mais aussi en direction de la Russie et de la Chine. Netanyahu a su discerner que la montée en puissance régionale de l’Iran était perçue comme une menace par le monde arabe sunnite, il a dès lors engagé des ouvertures en direction de l’Arabie Saoudite et des émirats du Golfe (sauf le Qatar) plusieurs mois avant l’élection de Donald Trump.

 

L’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche lui a permis de déployer un ensemble de synergies fécondes, qui vont de la concertation israélo-américaine concernant la sortie de l’accord désastreux sur le nucléaire iranien (qu’il a su mener de main de maitre) à l’installation de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, capitale d’Israël, pensée en concertation avec l’administration Trump.

 

On ajoutera au tableau la délégitimation de l’Autorité Palestinienne et de l’UNWRA (également pensée en concertation avec l’administration Trump), ainsi qu’un rapprochement plus net avec l’Arabie Saoudite et les émirats du Golfe, découlant du sommet de Riyad en mai 2017, et à la préparation du plan de paix régionale, élaboré en dialoguant avec Jared Kushner et Jason Greenblatt, sous le regard de David Friedman.

 

L’élection de Jair Bolsonaro à la présidence du Brésil lui a offert l’opportunité d’une ouverture supplémentaire, en direction de l’Amérique latine cette fois. Des actes terroristes meurtriers venant du Hamas et d’autres groupes terroristes islamiques à Gaza, ou d’Arabes “palestiniens” vivant en Judée-Samarie sur les territoires occupés par l’Autorité Palestinienne, n’ont pas disparu, certes, et lors des récentes attaques de roquettes venues de Gaza, la riposte israélienne a été limitée, et suivie d’une trêve.

 

Israël n’est pas débarrassé de la menace iranienne et n’est pas débarrassé non plus de la menace terroriste islamique “palestinienne”, mais la situation diplomatique du pays s’est considérablement renforcée, sur quatre continents. Ce renforcement doit être attribué à Netanyahou.

 

Des améliorations sont sans doute possibles là aussi. Oublier ce que Netanyahou a accompli diplomatiquement serait néanmoins absolument injuste.

 

Israël au début de l’année 2019 est en somme, et tout bien pesé, dans une situation aussi excellente que possible dans le monde tel qu’il est.

 

La situation de l’Etat hébreu pourra s’améliorer encore si, comme c’est probable, l’asphyxie de l’Iran, qui fait suite à la sortie des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire se poursuit, et si, comme c’est très envisageable, le plan de paix régionale élaboré présentement produit des effets fructueux.


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Bruxelles-Métula du 2 janvier 2019 (010201/18) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
mercredi, 02 janvier 2019

 

Stéphane Juffa résume les informations exclusives recueillies par la Ména au sujet du raid de Tsahal de la semaine dernière sur la Syrie, au micro de Jim Mosko.

 

Sur Youtube : https://youtu.be/69LAl06nwgM

Sur Radio Judaica : https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/vb.552540291522809/275917079766811/?type=2&theater

 

Cette analyse comprend de nombreuses révélations et explications originales et exclusives.

 

Une analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, pour l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca Bruxelles.

 

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Les vœux de l’an des rédacteurs de la Ména pour 2019 (010101/19) Version imprimable
Informations générales
mardi, 01 janvier 2019

 

© Metula News Agency

 

Stéphane Juffa à Métula (rédacteur en chef et analyste stratégique)

 

La situation d’Israël, en cette fin d’année 2018, est complexe mais la survie de l’Etat hébreu n’est en rien menacée. La gestion de la dernière confrontation avec le Hamas à Gaza a été catastrophique et a laissé ouvertes d’imposante cicatrices dans la société israélienne. L’ordre de ne pas intervenir contre les lanceurs de roquettes des milices islamistes leur a permis de noyer littéralement et impunément les habitants du Néguev sous leurs bombes comme jamais auparavant. Et le prétexte selon lequel cette conduite était dictée par la nécessité de traiter préalablement d’autres menaces militaires urgentes est misérable pour ne pas en dire plus. Tsahal est tout à fait capable de gérer simultanément des situations délicates de ce genre sur plusieurs fronts à la fois ; si ce n’était pas le cas, nous nous trouverions dans une situation catastrophique.

 

L’opération Bouclier du Nord n’est pas une campagne militaire mais une entreprise d’ingénierie militaire et civile, se déroulant entièrement sur notre sol et sans confrontation avec aucun ennemi, ce qui est fort différent. Son importance a été outrageusement gonflée à des fins politiques dans le seul but de faire oublier le désastre stratégique à Gaza. A ce titre, l’instrumentalisation de Tsahal par le gouvernement est éminemment néfaste.

 

Nous vivons dans un pays dans lequel un seul homme détient cinq portefeuilles, dont celui de Premier ministre, de ministre de la Défense et de ministre des Affaires Etrangères. On voudrait nous faire croire qu’il n’existe personne, en Israël, capable d’occuper ces fonctions. Binyamin Netanyahu a fait de nous une bien étrange démocratie.

 

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De plus, il est l’unique responsable du désastre de Gaza et il a montré, en cette occasion, les limites de son expertise stratégique. Aujourd’hui, il représente objectivement un danger pour notre pays, et il serait préférable que quelqu’un de plus approprié dirige Israël en cas de conflit important.

 

Après l’annonce de la tenue d’élections anticipées en avril, deux personnes tiennent le destin de M. Netanyahu entre leurs mains. D’une part, Donald Trump qui, s’il dévoile son plan de paix avant avril, rendra la tâche de l’actuel Premier ministre intenable. Il ne pourra pas, en effet, tout à la fois préparer une échéance électorale difficile, composer le cabinet pratiquement à lui tout seul, diriger le pays, argumenter contre la proposition U.S., au risque de perdre son soutien le plus important, et se défendre face aux quatre procédures pénales aujourd’hui diligentées contre lui. Las, le phénomène qui pourrait gérer tous ces problèmes de front sans porter préjudice à l’Etat qu’il dirige n’a pas encore vu le jour.

 

L’autre personne dont dépend l’avenir politique de M. Netanyahu est le Procureur général Avichai Mandelblit, général de réserve de l’Armée, qui devra décider, normalement en février prochain, s’il inculpe le Premier ministre ou non. Si c’est le cas, M. Netanyahu subira l’interdiction légale de se présenter aux élections et devra faire face à ses juges.

 

Sur le plan strictement stratégique, le prochain chef de l’exécutif aura l’obligation d’anéantir les milices de Gaza et le Hezbollah au Liban, et pas uniquement celle de boucher leurs tunnels. C’est la tâche d’une puissance régionale entourée d’ennemis qui entend faire respecter son autorité et protéger réellement ses citoyens. Il n’existe malheureusement pas d’alternative. C’est en cette occurrence que l’on pourra parler sans démagogie de Bouclier du Nord et de Bouclier du Sud, et pas avant.

 

Un homme suscite beaucoup d’espoirs, c’est Benny Gantz, l’ancien chef d’état-major de Tsahal, peu marqué politiquement, fin tacticien et expert en stratégie. Il sera candidat aux élections d’avril, et selon les premiers sondages, avant même qu’il se soit choisi un parti et qu’il ait ouvert la bouche, il est déjà crédité de 20 sièges (sur les 120 que compte la Knesset). Soit nettement plus que chacun des autres partis constitués hormis le Likud (30).

 

Tout ceci posé, on s’attend aussi à l’ouverture de la guerre d’anéantissement des Kurdes du Rojava par le despote Erdogan. En plus de la tristesse que cette perspective nous inflige, ce conflit, en l’absence des Américains sur le terrain, rendra la situation encore plus fluctuante et, partant, dangereuse. Israël, tout comme la France et quelques autres pays, aidera nos amis kurdes dans la limite de ses capacités (c’est-à-dire sans risquer une guerre frontale avec la Turquie), mais cela risque fort de ne pas être suffisant.

 

En 2019, les rédacteurs, reporters, analystes et autres photographes de la Ména ne risquent pas de se retrouver au chômage. Mais c’est le sacerdoce qu’ils ont décidé d’embrasser, car il faut bien que quelqu’un informe le monde sans parti pris de ce qui se passe ici. De plus, ce sont des métiers passionnants. Merci à eux, au personnel administratif qui se démène sans compter, et surtout, aux lecteurs qui nous font confiance et sans lesquels nous ne serions rien. Paix et santé à tous en 2019 !

 

 

Michaël Béhé à Beyrouth (analyste politique, chef du bureau libanais de la Ména)

 

A Beyrouth, la tension est omniprésente mais elle baigne dans une sorte de léthargie à la libanaise. Depuis des mois, le Hezbollah empêche la formation d’un gouvernement par des manœuvres pathétiques, sachant qu’en l’absence d’un gouvernement, alors que la milice chiite fait un usage de la force sans la moindre restreinte, c’est elle qui dirige les affaires du pays. Y compris la décision de provoquer ou de ne pas provoquer Israël, au risque de plonger le Liban dans un conflit qui nous ramènerait à l’âge de pierre.

 

La population vit dans l’attente imminente d’une frappe de Tsahal contre les immenses entrepôts d’armes que le Hezb a dissimulés sous nos pieds. Cela dit, l’écrasante majorité de mes compatriotes accompagne de ses vœux une intervention israélienne, car la domination violente des chiites et de l’Iran est absolument insupportable.

 

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Tout le monde pense aussi à la question qui ne manquera pas de se poser aux sunnites, aux chrétiens et aux Druzes, de savoir de quel côté nous ferons la guerre. C’est Michel Aoun qui aura à y répondre et c’est une certitude. De cette réponse dépendra l’avenir de mon pays. Non pas de savoir quel sera notre avenir, mais s’il y en aura un.

 

Bonne année 2019 à tous les lecteurs de la Ména, dans le mince espoir, quoique contradictoire, de vivre libres et que le Liban ne soit pas anéanti à cause des seuls intérêts de Téhéran.

 

 

Sylvie Tobelem en Israël (1ère assistante de rédaction)

 

Nous faisons de notre mieux pour répondre le plus vite possible aux centaines de questions administratives posées par les abonnés de la Ména. J’ai demandé à la direction d’engager une assistante afin de m’épauler dans ma tâche. Si le budget le permet, ce sera chose faite en janvier.

 

Une bonne nouvelle pour ceux qui ont commandé des certificats d’actions de la Ména. Ils les recevront également courant janvier.

 

L’essentiel reste le sentiment que nous œuvrons à quelque chose d’important, en procurant des informations de grande qualité, toutes originales, à un lectorat en constante augmentation.

 

En cette année électorale d’une grande importance, dans une situation régionale qui peut exploser à tout moment, je formule mes vœux et ceux de l’équipe administrative pour une nouvelle année de santé et de paix.

 

 

Perwer Emmal (correspondant aux Kurdistans syrien et turc)

 

Je suis installé dans un petit appartement restauré à quelques kilomètres de Kobané dans le Rojava. Chaque jour, sans exception, je parcours le pays pour me rendre compte, sans intermédiaires, de la réalité de la situation.

 

A vrai dire, elle est étouffante. De l’autre côté de la frontière, je vois à l’œil nu les Turcs amasser des centaines de chars et de pièces d’artillerie dans le but déclaré de nous éradiquer. Avec la décision de Donald Trump de nous abandonner à notre sort, notre survie semble objectivement compromise. Et cela, après avoir perdu 2 000 de nos frères dans les combats de la Coalition américaine contre les islamistes, les Russes et les Iraniens.

 

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Nous savons aussi que nous jouissons de la sympathie de millions de personnes qui nous ressemblent, notamment en Israël et en France, y compris des gouvernements. Ils nous aident dans la mesure de leurs moyens. Nous ne sommes pas non plus démunis de matériel militaire performant et nos combattants sont prêts et ils ne tremblent pas. Nous allons vendre chèrement notre peau, soyez-en tous persuadés.

 

Je souhaite simplement être toujours là, et libre, en décembre 2019 pour vous envoyer mes vœux pour 2020. Ce serait déjà un immense accomplissement. Ne nous oubliez pas d’ici là !

 

 

Olivier Katz à Jérusalem (rédacteur-relecteur)

 

Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument

 

L’année 2018 a finalement été plutôt bénéfique pour Israël : Déplacement de l’ambassade américaine à Jérusalem, efficacité du système de défense anti-roquettes, qui a résisté à 24 h de feu nourri à Gaza, et arrêt brutal des hostilités avec le Hamas dans la foulée.

 

Mais cette année a été marquée par la déconfiture de deux présidents du monde démocratique dont le mode de gouvernance s’apparente à un pouvoir personnel. Donald Trump est en train de payer sa gestion des USA par tweets personnels, avec la fermeture du gouvernement que lui a réservée le Sénat américain et l’animosité des généraux américains après sa volte-face en Syrie. Emmanuel Macron, qui a pris de face la vague « gilets jaunes » et va devoir ramer pour s’en extirper, risque de faire les frais de son pouvoir jupitérien.

 

Netanyahu, qui comble personnellement chaque trou dans l’organigramme ministériel, se prendra-t-il les pieds dans le tapis des élections anticipées ?

 

En tout cas, l’année 2019 sera difficile pour les partenaires des Etats-Unis, qu’ils soient Kurdes, Européens ou Israéliens.

 

Bonne année à tous et comptez sur la Ména pour vous donner les clés de lecture des événements majeurs de l’année 2019.

 

 

Roger Bismuth à Tunis

 

Très chers tous à la Ména


J’écris « tous », et je veux réellement toucher tout le monde, je sais les efforts fournis tout au long de l’année qui ont permis à la Ména, par les journalistes, les techniciens, les informaticiens, d’atteindre ce niveau d’information reconnu partout et par tous.

 

Je voudrais, par ces quelques mots, vous dire un grand bravo et un très grand merci. Vous avez permis aux lecteurs de suivre tout ce qu’ils ne reçoivent pas chez eux. Vous formez ensemble une superbe équipe. Je souhaite que l’année prochaine soit encore et toujours meilleure.


Je vous souhaite à tous une très bonne année.

 

 

Guy Millière à Las Vegas (analyste politique, expert en économie)

 

La situation mondiale est si instable qu’il est très difficile de faire des prévisions sur ce qui peut se passer en 2019.

 

Il est, cela dit, possible d’énoncer des vœux. Je souhaite, pour ce qui me concerne, car il en va de la démocratie et du droit dans la première puissance du monde, qu’un procureur spécial soit nommé qui puisse mettre au jour toutes les malversations commises par l’administration Obama, le FBI sous James Comey et la campagne d’Hillary Clinton pendant l’année 2016.

 

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Je souhaite aussi que la République Islamique d’Iran soit davantage asphyxiée qu’elle ne l’est déjà et placée dans une position où elle ne pourra plus nuire. Je souhaite, bien sûr, un recul profond du terrorisme anti-israélien et, en Europe, une défaite cuisante pour le camp anti-israélien et pro-islamique incarné par Emmanuel Macron et Angela Merkel.

 

 

Ilan Tsadik à Sdérot (journaliste, reporter, journaliste sportif)

 

Le Sud est sinistré. On en parle moins, mais les lancers de cerfs-volants et de ballons incendiaires à partir de Gaza se poursuivent, même si c’est à un rythme moindre depuis la trêve négociée par les médiateurs égyptiens. Mais des milliers d’hectares sont partis en fumée et autant d’animaux innocents ont péri (c’est un authentique déchirement), créant une véritable catastrophe écologique.

 

A Sdérot, où je suis installé, les habitants n’ont pas retrouvé le calme. Nous vivons avec un sentiment d’injustice au cœur et de révolte.

 

Pourquoi Binyamin Netanyahu a-t-il laissé les islamistes de Gaza nous noyer sous des milliers de roquettes en donnant l’ordre à nos aviateurs de ne pas intervenir contre les lanceurs de ces bombes ?

 

La question, heureusement posée par la Ména en termes clairs – et uniquement par elle –, est glaçante et emplit les gens d’Ashkelon, de Nétivot, de Sdérot, des kibboutzim et de Beersheva d’effroi. Jamais jusqu’à présent l’Etat n’avait abandonné ainsi une partie de ses habitants sous le feu de l’ennemi.

 

Le sentiment qui prévaut dans le Néguev est que Netanyahu a failli de manière impardonnable, qu’il n’est pas à la hauteur de ses paroles et qu’il doit rentrer chez lui – ou aller en prison s’il est reconnu coupable pour les fautes que la police lui reproche. Ne vous méprenez pas, si nous aurons des élections générales en avril, c’est à cause de ses graves insuffisances lors du dernier affrontement à Gaza. Elles ne sont pas acceptables de la part d’un Premier ministre israélien.

 

 

Claude Berger à Paris (essayiste, romancier, poète et musicien)

 

Israël, un message à portée universelle

 

Rêver un monde meilleur, c’est se donner les moyens d’en comprendre la marche. Or nos sociétés sont inconscientes d’elles-mêmes. Les gauches, toutes tendances confondues, ont réduit le rapport du capital au travail à la seule exploitation quand la droite se contentait d’y voir la course à la compétitivité.

 

Et les deux ont omis d’analyser la marchandisation concurrentielle du travail comme facteur déterminant du salariat et de l’appel aux flux migratoires comme réponse à la revendication, abstraction faite de leurs cultures, fussent-elles mortifères pour l’Occident.

 

Le refus du fait juif dans l’islam rejoint dès lors le vieil antisémitisme européen mais aussi l’antisionisme de gauche, qui exprime tout autant un inconscient culturel antisémite tapi chez les pères de la pensée de gauche qui sécularisaient l’antisémitisme de l’Eglise ancienne. « Rome ou Jérusalem » titrait Moses Hess. Israël a la lourde tâche de se défendre et d’assumer son message culturel à portée universelle.

 

 

Fayçal H. à Amman (informateur-relais)

 

L’alliance israélo-sunnite dont je vous entretiens depuis des années est aujourd’hui une réalité. Elle va se renforcer avec le départ des Américains de Syrie.

 

En Arabie Saoudite, les conseillers et les hommes d’affaires israéliens peuvent désormais se rendre sans visa. Et ils sont des centaines à saisir cette opportunité.

 

On peut raisonnablement espérer en 2019 une officialisation des relations entre Riyad et Jérusalem. Une alliance active contre l’ennemi iranien commun, aussi bien chez lui qu’au Liban, au Yémen et dans les émirats du Golfe, qui sont eux aussi très engagés avec l’Etat hébreu.

 

En cas de conflit avec le Hezbollah au Liban, l’Arabie Saoudite ordonnera à Saad Hariri de prendre le parti d’Israël et proposera au Premier ministre hébreu de couvrir tous les frais de la guerre, à la condition de débarrasser le monde des mercenaires à la solde de Téhéran.

 

La Jordanie suit fidèlement les traces de l’Egypte et de l’Arabie Saoudite, mais sans faire de vagues afin de ne pas réveiller l’hostilité des Palestiniens et des islamistes, hyper-majoritaires dans le royaume.

 

Une bonne année 2019 à nous tous et à la Ména, outil de communication devenu irremplaçable.

 

 

Ferit Ergil (Correspondant de la Ména à Istanbul)

 

Chers ami(e)s et lectrices et lecteurs de la Ména.

 

En cette fin d’année, mon bref message sera chargé d’inquiétude. Violences, attentats terroristes meurtriers, crises et incertitudes sur le plan économique, dirigeants d’Etats manquant d’envergure et de clairvoyance et tenant souvent des discours haineux et belliqueux.

 

L’année écoulée laisse un goût amer dans ma bouche. Mon pays, la Turquie, s’enfonce chaque jour davantage dans l’impasse de l’islamisme et s’engage dans des conflits qui tournent le dos aux principes fondateurs de la République. Mon seul espoir réside dans la jeunesse éclairée et les franges démocratiques de la société civile qui font leurs la devise d’Atatürk : « Paix dans le pays, paix dans le monde ! ».

 

Malgré les heures sombres et lourdes d’anxiété que nous vivons, je souhaite à toutes et à tous une année 2019 que j’espère meilleure que la précédente.

 

 

Philippe Bercovici à Bruxelles (dessinateur de BD, auteur des illustrations de ces vœux)

 

Autoportrait :

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Raphaël Delpard en France (cinéaste, historien, écrivain)

 

Eternel Israël

 

Dans l’année 2018 finissante, comment ne pas avoir une pensée pour Israël ? D’autant plus qu’il y a soixante-dix ans, renaissait le pays ancien. Les Juifs éparpillés pendant deux mille ans pouvaient enfin revenir sur la terre où était née leur patrie.

 

Vivent-ils en paix ? Hélas, non. Depuis 1948, les Israéliens ont dû faire face à des guerres ou des conflits. Depuis la création du nouvel Etat, voici un peuple qui n’a pas cessé de vivre en alerte, même s’il y a eu des périodes de calme. Quel est le peuple dans le monde qui accepterait un tel mode d'existence ?

 

En dépit des accords intervenus avec le voisin arabe, qui est désigné depuis 1967 sous le vocable de "peuple palestinien", la haine du Juif ne s’est jamais éteinte. Le mot d’ordre reste le même, répété jusqu’à la nausée dans les mosquées et imprimé dans les manuels scolaires des enfants arabo-palestiniens.

 

L’Occident, depuis soixante-dix ans, croyant se laver la conscience à bon prix de sa propre colonisation, n’a eu de cesse d’alimenter le feu de la haine, de l’Arabe contre le Juif.

 

Israël est aujourd’hui un pays fort et fragile en même temps. Fort, parce qu’il compte comme une puissance dans le concert des nations. Fort parce qu’il invente en permanence. Le lancement prochainement du vaisseau spatial nommé Bereshit [Au commencement. Ndlr.] apporte la preuve de la vitalité de sa population. Mais il reste néanmoins fragile, car en dépit des victoires remportées, nous constatons qu’il n’a pas vaincu l’ennemi.

 

Alors, en cette année qui s’achève, une seule question occupe mon esprit : pourquoi, et jusqu’à quand ?

 

 

Patricia La Mosca à Paris (journaliste généraliste, enquêtrice, chroniqueuse juridique)

 

Les casseurs qui pillent les magasins et chargent les policiers sont issus de la banlieue. Pour le reste, la révolte des Gilets Jaunes n’intéresse pas plus que cela la population des zones de non-droit, principalement citadine et très éloignée des problématiques frappant les ouvriers et les agriculteurs de province. Eux-mêmes sont largement opposés à la venue, incessante et anarchique, de nouveaux émigrants qui consomment l’argent public sans participer à l’accroissement des richesses. C’est l’essence même du ressentiment populiste.

 

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La mainmise des bandes, savant mélange de dealers, de délinquants et d’islamistes, sur les banlieues de non-droit s’est encore renforcée cette année. Les accrochages à l’arme de guerre se multiplient et la police, dans la plupart des cas, ne tente pas même d’intervenir. On ne l’a pas dotée des moyens en hommes et en matériel pour le faire.

 

La grogne s’étend aussi parmi les forces de l’ordre qui, malgré les promesses, n’ont pas encore touché leur rétribution pour les heures supplémentaires qu’elles ont été appelées à réaliser. Les Gilets Jaunes n’ont rien à envier à la situation économique des policiers et des gendarmes.

 

Les caisses de l’Etat sont désespéramment vides et cela se sent tout le temps. Macron est absent et intangible. La misère augmente et, désormais, elle se voit. Les armes et les ennemis de l’Etat et de la laïcité se multiplient et l’argent malhonnête ne leur fait pas défaut. Je ne veux effrayer personne, mais ça sent le chaos à pleines narines. L’anarchie est déjà là. Gare, désormais, à la révolution et à la guerre civile.

 

 

Jean-Claude Zerbib (ingénieur atomiste, spécialiste des questions nucléaires)

 

Le nucléaire civil a été marqué par la divergence en Chine du réacteur nucléaire le plus puissant construit dans le monde depuis la "divergence" (réaction en chaîne auto-entretenue et contrôlée) le 2 décembre 1942, sous les gradins d’un stade de football de l’Université de Chicago, de la première "pile atomique", sous la direction du physicien Enrico Fermi.

 

Dans sa 1ère demi-heure, la puissance délivrée par cette "pile" était d’environ 0,5 W.

 

Le premier des deux réacteurs "EPR" de la centrale de Taishan, de technologie française et d’une puissance nette de 1660 millions de Watts (MW), aurait, selon Hong Kong Free Press, "divergé" vers la mi-juin 2018, soit 8,5 ans après le début de sa construction. La Chine n’a pas fait de déclaration officielle sur cet évènement.

 

En France, l’année a été marquée par des débats sur la sûreté des installations nucléaires, la gestion des déchets radioactifs et sur les problèmes connus par le frère du réacteur chinois, dont la construction a démarré en Normandie 23 mois avant le réacteur chinois et qui démarrera peut-être fin 2019.

 

C’est la possibilité de débattre, d’interpeller les différents responsables et de pouvoir modifier les orientations qu’il faut souhaiter à tous les citoyens du monde, notamment lorsque les enjeux techniques et politiques engagent leur génération et celles à venir.

 

 

Jean Tsadik en Israël (analyste stratégique, expert militaire)

 

Au Nord, le Hezbollah noyaute complètement l’Armée libanaise. La milice chiite fait directement face à Métula et à nos jeunes soldats. Ce face-à-face n’est pas durable. Du point de vue stratégique, Israël doit prendre l’initiative de déloger les supplétifs de Téhéran, non seulement de la zone frontalière, mais de la totalité du Liban. Plus nous attendons, plus nos pertes serons lourdes.

 

Dans le Sud, il y a longtemps que, partant des mêmes considérations, nous aurions dû anéantir le Hamas et les autres factions islamistes. Il n’est pas tolérable qu’un pays comme le nôtre accepte de subir les roquettes de ces terroristes, capables d’atteindre toutes nos métropoles depuis cet îlot de violence situé à 60km de Jérusalem et de Tel-Aviv.

 

En Syrie et sans doute en Irak, nous allons continuer à détruire sans relâche le contingent iranien et ses armes.

 

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J’espère un changement de gouvernement en 2019, car celui-ci n’a pas relevé les défis à Gaza et au Liban et ce n’est pas pardonnable. La candidature déclarée de l’ancien chef d’état-major, Benny Gantz, apolitique, pourrait remettre de l’ordre dans la maison.

 

 

Sami El Soudi en Palestine (chef du bureau palestinien de la Ména)

 

Dans le territoire de l’Autorité Palestinienne, c’est toujours la corruption, l’arbitraire et la torture (souvent de parfaits innocents et principalement à la prison de Jéricho) qui prévalent.

 

Le Président Abbas, qu’on pensait agonisant, a obtenu un sursis au niveau de sa santé. Il a même annoncé des élections générales dans six mois : on verra, personne n’y croit vraiment. Face à la recrudescence du terrorisme du Hamas qui menace son régime, il a pris nombre de mesures énergiques.

 

Il a demandé à Israël de cesser l’approvisionnement de pétrole à Gaza dans le dessein évident d’affaiblir l’organisation islamiste. Le Hamas était au tapis, mais l’argent qatari l’a remis en partie d’aplomb.

 

En Cisjordanie, la police de l’Autorité matraque sans ménagement tout rassemblement islamiste et collabore sans se ménager avec les Israéliens pour les aider à mettre la main sur les terroristes.

 

Sur le plan politique, c’est le statu quo navrant. L’AP est de plus en plus marginalisée. Par Netanyahu, certes, mais également par Trump et par le monde arabe. A force de refuser tous les compromis, elle est devenue nuisible pour les enjeux principaux de la région. En fait, on attend la publication du plan de paix américain, avec des craintes mêlées d’un semblant d’espoir. Si les Arabes pouvaient nous imposer un arrangement, cela réjouirait bien des Palestiniens, coincés au fond du cul-de-sac.

 

Bonne année 2019. Et longue vie à la Ména, le media qui ne fait pas de compromis et qui ne censure personne !

 

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Amram Castellion à Metula (analyste politique, expert en économie) :

 

2019 s’annonce comme une année d’incertitude où plusieurs systèmes qui avaient fonctionné depuis des décennies vont connaître leur moment de vérité.

 

La croissance mondiale sera plus faible que cette année, avec, selon l’OCDE, une croissance moyenne de 3,5% en 2019 contre 3,7% en 2018. Ce ralentissement sera plus prononcé aux Etats-Unis, ayant été causé pour partie par la « guerre des tarifs » que le président Trump a engagée contre la Chine. Trump a sacrifié, en toute connaissance de cause, un peu de croissance pour protéger l’emploi américain : l’année qui commence montrera s’il a trouvé ou non le bon dosage. Sur le plan politique, 2019 sera comme les deux années précédentes : les Démocrates annonceront toutes les semaines que Trump est fini, mais il ne le sera pas.

 

Le modèle européen est au bout du rouleau. Après les victoires répétées des partis populistes, la révolte des gilets jaunes en France montre qu’il n’est plus possible de voir un continent entier, sauf un pays, perdre indéfiniment ses emplois industriels et ses parts de marché parce que sa monnaie est trop faible pour l’Allemagne et trop forte pour tous les autres pays. Si les Européens ne font pas baisser l’euro dès cette année, les mouvements politiques qui prennent le pouvoir dans toute l’Europe contesteront bientôt de nouveau la monnaie unique.

 

Au Moyen-Orient, il faudra gérer les conséquences du retrait américain de Syrie. Erdogan, qui triomphe aujourd’hui, va probablement découvrir que les choses sont plus complexes qu’il ne les avait rêvées.  Son rêve d’un second empire ottoman pourrait bien se perdre dans les montagnes du Rojava.

 

Puisse l’année qui commence apporter à tous nos lecteurs la satisfaction et la paix.

 

 

Bernardo Stenhof (ambassadeur auprès des Nations Unies et de l’Unesco, écrivain et éditeur)

 

La dernière année est passée à très grande vitesse pour un observateur comme moi.

 

A l’ONU, au « Conseil de droits de l’homme », malgré l’impulsion américaine, la plupart des pays arabes continuent à réciter leur mantra de soutien pour le peuple palestinien. Personne n’est dupe.

 

Un autre sujet me choque et m’inquiète : l’expression de l’antisémitisme et les actions violentes qui lui sont attachées. Les Etats et politiciens protestent, bien sûr, mais sans force.

 

Il semble que nous ayons laissé le BDS s’établir pendant que nous cherchions à démontrer notre bonne foi. Il faut que toutes les forces juives, mais aussi les non-Juifs honnêtes, se fédèrent pour écraser cette hydre afin que ce que nos parents ont connu ne se reproduise pas.

 

 

Llewellyn Brown en France (traducteur officiel de la Ména, rédacteur, écrivain)

 

Ces dernières années, deux événements ont montré que le cours de notre existence collective n’est pas réglé une fois pour toutes : l’élection de Donald Trump et le vote pour le Brexit, survenus en 2016. La première montra qu’il est possible de faire une brèche dans la collusion massive entre la “gauche” et les media et d’instituer une politique en lien avec le peuple. Le second porta un coup de boutoir aux diktats de l’Union Européenne.

 

En France, l’événement clef fut l’élection d’Emmanuel Macron, dont la qualité consiste à avoir déclenché le mouvement des « gilets jaunes » et d’avoir révélé, aux yeux de tous, l’état réel du pays. Les autres présidents, depuis Mitterrand, savaient faire semblant de respecter les institutions et leur peuple, tout en œuvrant à la destruction de leur pays. Macron a mis la machine à nu ; on voit à présent que nous sommes gouvernés par une clique dont l’arrogance n’a d’égale que son incompétence. On comprend désormais que le souci de nos dirigeants n’est pas de servir leur pays, d’assurer un niveau de vie correct et une société unie : personne n’apporte une réponse au chômage chronique, à l’assistanat grandissant, ni à la dégradation des conditions de vie d’un grand nombre de nos concitoyens.

 

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Les décisions les plus cruciales pour le pays ont été prises en dehors de toute consultation démocratique : l’adhésion à l’Union Européenne, l’adoption du Deutsche Mark (pardon, de l’euro…) comme monnaie unique, l’immigration africaine et maghrébine massive. Ces choix conduisent à l’abandon de la souveraineté – et partant, de la démocratie –, la ruine de notre économie (totalement asservie à celle des Germaniques), la destruction du tissu de notre société (livrée à la conquête musulmane, exposée aux violences des délinquants et des djihadistes). Tout cela, au profit des grandes sociétés et des parasites incultes – autoproclamés “élites” – qui ne lésinent ni sur les lubies à la mode (la “transition écologique”) ni sur leur confort personnel. La contestation faite par les gilets jaunes porte au grand jour le point auquel une immense part de la population française est exploitée par des gouvernants dont l’inventivité – en l’espèce, sans bornes – se limite à créer de nouvelles taxes.

 

Prétendra-t-on que les revendications des gilets jaunes sont trop nombreuses et impossibles à réaliser ? Il suffirait, au fond, de réellement écouter le peuple, et trancher sur les choix que nous venons d’énumérer. Des décisions qui ne se contenteraient pas d’accommoder le statu quo, mais remettraient enfin en question des structures mises en place depuis quarante ans.

 

Macron, opérant à “l’extrême centre”, refuse le moindre changement de politique, persistant à utiliser des tactiques dilatoires (« consultation nationale ») et à dénoncer les menaces du “populisme” et du “fascisme”. Or, la société française a atteint un point de rupture. Celui-ci peut, certes, durer encore quelque temps, produisant des ravages, mais le statu quo n’est plus immuable, même si la France manque cruellement de personnalités compétentes…

 

La révolte populaire, cependant, nous montre la soif d’un réel changement.  L’horizon n’est plus complètement fermé, comme il a pu le sembler encore très récemment. A tous, je souhaite une excellente année 2019.

 

 

Yoshua Ohana (fixeur militaire, photographe, région-nord-est)

 

A la fin de l’été, j’ai été victime d’un stupide accident qui m’a éclaté un genou. J’ai subi une importante intervention chirurgicale il y a plus de trois mois et je viens juste de recommencer à me déplacer péniblement avec des béquilles et de suivre des séances de rééducation et de balnéothérapie.

 

Faute de pouvoir arpenter le Golan et la frontière libanaise avec mes appareils de photo, ma fonction favorite, Juffa m’a trouvé un job de remplacement : suivre les réseaux sécuritaires lors des incidents et des raids en Syrie et me tenir en relation avec nos amis informateurs.

 

Cela m’a tenu occupé. Mais je suis un homme d’extérieur et je rêve d’air frais, d’action et d’espaces. Peut-être à la fin janvier, inch Allah !

 

Dans l’entretemps, je vous souhaite à tous, lecteurs et confrères, la santé et le bonheur. C’est une antienne, certes, mais on n’apprécie la santé à sa juste valeur que lorsque l’on en est privé !

 

 
Annonce des voeux de l'an des rédacteurs de la Ména ! Version imprimable
Communiqué
lundi, 31 décembre 2018

 

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La faillite morale de l’Europe occidentale (info # 013012/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 30 décembre 2018

 

Par Guy Millière

 

J’aimerais traiter d’un autre sujet. Mais en observant l’année écoulée, et plus particulièrement ce qui a pu se passer au cours des dernières semaines, je ne peux que constater la faillite morale de l’Europe occidentale.

 

Certes, comme je l’ai écrit la semaine dernière, l’Europe occidentale est devenue l’épicentre de l’antisémitisme mondial, ce qui est honteux, sept décennies à peine après la Shoah.

 

Certes aussi, l’Europe occidentale s’est laissé envahir par des millions de musulmans qui contribuent très fortement, voire essentiellement, à l’antisémitisme ambiant en Europe, et l’Europe occidentale est devenue otage de l’islam. Mais la faillite morale de l’Europe occidentale va bien au-delà de cela.

 

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Une peau de chagrin ?

 

Il fut un temps, et j’en parle au passé, où l’Europe occidentale affirmait ses racines chrétiennes. Or les chrétiens sont depuis des années persécutés, exterminés dans le monde musulman. Que font les dirigeants d’Europe occidentale pour aider les chrétiens persécutés ? Rien. Ou quasiment rien. C’est à peine si le sujet est abordé dans les grands media européens.

 

C’est l’islam qui est en question, bien sûr, parce que c’est dans le monde musulman que ce que je viens de décrire se déroule. Et, certes, l’Europe occidentale est l’otage de l’islam, mais les dirigeants d’Europe occidentale pourraient au moins murmurer, tête baissée en position de dhimmi, quelques mots sur le sujet. Mais même murmurer quelques mots semble beaucoup trop pour eux.

 

La raison en est, je pense, que l’Europe occidentale est postchrétienne et n’a plus guère de repères éthiques. Elle est que l’Europe occidentale est si profondément plongée dans la soumission qu’elle se fait servile, bien au-delà même de ce que l’islam exige.

 

Les actes atroces, et qui devraient soulever l’indignation, tels que l’agression meurtrière qui a fauché des Juifs israéliens en Judée-Samarie, dont une femme enceinte, et qui a conduit à la mort d’un bébé né prématurément ne choquent quasiment personne en Europe occidentale. Les victimes étaient des Juifs israéliens (tout comme les deux jeunes soldats tués un peu plus tard par des criminels du même acabit), et les assassins étaient “Palestiniens”, donc du genre qui entraîne la vénération en Europe occidentale. Que personne ne soit choqué en Europe occidentale, sauf les Juifs et les (rares) amis des Juifs et d’Israël, est effroyablement normal, au vu de ce qu’est l’Europe occidentale aujourd’hui.

 

Mais l’égorgement et la décapitation de deux jeunes Européennes au Maroc, égorgées et décapitées parce qu’elles n’étaient pas musulmanes, et le fait qu’égorgement et décapitation aient été filmés en vidéo par les assassins, et que la vidéo ait été envoyée aux familles des victimes, n’a pas davantage choqué en Europe occidentale.

 

La récente tuerie au marché de Noël de Strasbourg a elle aussi vite glissé vers la rubrique des faits divers, et les victimes ont à peine eu davantage de considération que des victimes d’accidents de la route.

 

Les parents de l’assassin ont eu droit, en revanche, comme c’est désormais la lamentable tradition, à un entretien télévisé et ont pu dire que s’ils avaient connu le projet de leur fils, ils l’auraient “dissuadé” de le réaliser. Les voisins de l’assassin terroriste ont également été invités à s’exprimer et ont pu affirmer que l’assassin terroriste était un “gentil garçon”.  Le fait qu’à vingt-neuf ans il avait déjà à son actif vingt-sept condamnations pour des crimes et délits parfois très graves et demeurait en liberté a été énoncé, puis vite laissé de côté. Seuls quelques-uns de ceux qui ont regardé l’entretien avec le père de l’assassin terroriste ont remarqué qu’il se teignait la barbe au henné pour ressembler au “Prophète” Mohamed, comme le font les djihadistes fanatiques, et qu’il portait un bonnet à l’effigie de Che Guevara, l’exécuteur des basses œuvres du clan Castro après que celui-ci a pris le pouvoir à Cuba.

 

Plus rien ne choque en Europe occidentale. Ou, plus exactement, ceux qui sont choqués parce qu’ils ont encore des repères éthiques sont poussés vers les marges, incités à se taire, traités de réactionnaires et de suppôts de l’extrême droite.

 

Ce qui est à l’œuvre est un syndrome qui, si rien ne vient l’interrompre, sera porteur de la mort d’une civilisation. C’est ce que j’ai analysé dans un livre que j’ai écrit et publié récemment : Comment meurt une civilisation*. Et j’ai écrit le livre pour expliquer ce qui guette l’Europe occidentale

 

J’aimerais traiter d’un autre sujet, assurément.

 

Mais je suis né en Europe occidentale. J’y ai mes racines. Voir venir la mort d’une civilisation où l’on a ses racines ne peut qu’emplir de consternation.

 

 

 

Note :

* Guy Millière, Comment meurt une civilisation, Texquis, 2018, 87p., 12 euros.

 

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Ce n’est pas encore Noël pour les Russes [suite et fin] (022912/18) Version imprimable
Analyse
samedi, 29 décembre 2018

 

Légendes, images, explications et commentaires :

 

Note : afin d’être parfaitement honnêtes dans notre compte-rendu, pour chaque objectif atteint, nous avons mentionné une triple évaluation de nos informations et recoupements : elles embrassent notre pourcentage de certitude d’avoir précisément identifié la localisation géographique de la cible, le degré de notre certitude que l’objectif en question a bien été visé, et notre appréciation théorique – au regard de la nature du site et de notre expérience préalable – du nombre des victimes présumées lors de l’attaque spécifique.

 

Avertissement : S’agissant d’une reconstitution, et en vue des difficultés objectives d’évaluation, il est probable que nous nous soyons trompés, - mais marginalement – lors de nos estimations, s’agissant d’un travail pointu qui n’avait jamais encore été réalisé par un media indépendant.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

(1).. Le garage Alsumaria

Il était situé à 930 mètres de la piste de l’aéroport de Mezzé [carte], au nord-ouest de Damas, dont la piste longue de 2.8km peut accueillir tous les types d’avions, et surtout, à moins de 500m de l’autoroute Damas-Beyrouth.

 

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Le garage automobile Alsumaria

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Il abritait plus que probablement des armes et des munitions à l’intention de Hezbollah.

Il était protégé par le commando 555 de l’Armée syrienne, disposé tout autour du bâtiment.

Il a très probablement été totalement détruit par les tirs de plusieurs missiles.

Précision de notre localisation : 100%

Degré de confirmation de la frappe : 80%

Nombre probable de personnels tués ou blessés : 20

 

 

(2).. Dépôt d’armes

Il était situé à 4km à l’ouest de l’objectif no.1 et à 8km du palais de Bashar al Assad, en plein cœur du dispositif de la Division no.4 de l’Armée gouvernementale. A 400m de l’autoroute Damas-Beyrouth.

 

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Dépôt d’armes de la Division no.4

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Il abritait des armes et des munitions à l’usage des Iraniens, du Hezbollah et de l’Armée gouvernementale. Probablement des Fajr de fabrication iranienne et/ou, possiblement des armes chimiques, le bataillon de guerre chimique étant caserné tout près de l’objectif, non loin du centre de renseignement de la Division no.4

 

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L’objectif après l’attaque

Source : image satellite de la société israélienne ISI

 

Il a été totalement détruit par les tirs de plusieurs missiles.

Précision de notre localisation : 100%

Degré de confirmation de la frappe : 100%

Nombre probable de personnels tués ou blessés : Entre 2 et 10

 

 

(3).. L’hôpital gouvernemental du quartier de Daryya

Il est situé au nord du quartier de Darrya, à 2km au sud-est de l’aéroport de Mezzé et à 2.7km au sud de l’autoroute Damas-Beyrouth.

Ses caves abritaient des armes et des munitions à l’intention du Hezbollah.

 

Les entrepôts souterrains auraient été détruits.

Précision de notre localisation : 100%

Degré de confirmation de la frappe : <60%

Nombre probable de personnels tués ou blessés : inconnu.

 

 

(4).. Position du commando d’artillerie gouvernementale 137 de Khan Asleh

Le commando 137 fait partie de la Division no.7. La cible principale était le commando 115, qui possédait divers types de missiles, dont des Tochka de fabrication russe, pointés vers Israël.

Elle est située à 32km au nord-est de la frontière israélienne et à 7km environ au sud-ouest de Damas.

 

Les entrepôts d’armes et de munitions ont été détruits.

Précision de notre localisation : niveau de la localité

Degré de confirmation de la frappe : 75%

Nombre probable de personnels tués ou blessés : Entre 20 et 40

 

 

(5).. Ferme agricole du Front Populaire pour la Libération de la Palestine

Elle est située à l’est du village de Khan Asleh et au sud de l’objectif précédent (4).

La ferme appartient au FPLP d’Ahmed Jibril et abritait des armes et des munitions iraniennes.

Elle est située à 31km au nord-est de la frontière israélienne et à 8km environ au sud-ouest de Damas.

 

Les entrepôts d’armes et de munitions ont été détruits.

Précision de notre localisation : +-500m

Degré de confirmation de la frappe : 80%

Nombre probable de personnels tués ou blessés : inconnu

 

 

(6).. Ecole de conduite à al Dimass

Elle est située dans la ville d’al Dimass, à 4km de la frontière libanaise et sur l’autoroute Damas-Beyrouth.

L’école dissimulait un centre d’entraînement et de regroupement de soldats iraniens et de miliciens du Hezbollah.

 

Le bâtiment a été détruit.

Précision de notre localisation : niveau de la localité

Degré de confirmation de la frappe : >90%

Nombre probable de personnels tués ou blessés : entre 10 et 50

 

 

(7).. Quartier général de la Division no.10

Il est situé entre les villes de Qatana et de Yafour, à 4km au sud-ouest de Damas et à 4.6km au sud-ouest de l’autoroute Damas-Beyrouth.

C’est principalement la brigade 98 qui était visée, et possiblement des entrepôts d’armes et de munitions à destination du Hezbollah.

 

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Quartier général de la Division no.10

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Les frappes ont été précises, elles ont probablement impliqué plusieurs missiles.

Précision de notre localisation : 100%

Degré de confirmation de la frappe : >80%

Nombre probable de personnels tués ou blessés : entre 10 et 50

 

 

(8).. Le Centre de recherche international de Jomrayah

Il est situé à 6km au nord-ouest de Damas et abrite le centre de développement d’armes chimiques et bactériologiques irano-syrien. Il a déjà fait l’objet de frappes israéliennes et américaines.

 

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Centre irano-syrien de développement d’armes chimiques et bactériologiques

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

L’objectif visé a été totalement détruit, cela a impliqué le tir de plusieurs missiles.

Précision de notre localisation : 100%

Degré de confirmation de la frappe : >95%

Nombre probable de personnels tués ou blessés : entre 5 et 30


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Ce n’est pas encore Noël pour les Russes [1ère de 2 parties] (012912/18) Version imprimable
Analyse
samedi, 29 décembre 2018

 

Par Stéphane Juffa pour la rédaction de l’article et la synthèse

Par Jean Tsadik pour l’identification des cibles et les évaluations

Par Michaël Béhé pour le recueil des informations arabes

Par Yoshua Ohana pour le recueil des sources israéliennes

Par Ilan Tsadik pour le recueil des informations américaines et autres

 

A en croire les officiels russes, l’attaque menée par Israël dans la nuit de mardi à mercredi fut un échec retentissant, ce, grâce à la technologie russe qui, selon eux, a permis aux Syriens d’abattre 14 des 16 missiles Dalila qu’auraient lancés des avions Sufa [tempête] (F-16).

 

Derrière cette affirmation se dissimule principalement un souci d’ordre commercial : les systèmes antimissiles conçus au pays de Poutine représentent la marchandise de pointe de l’industrie militaire russe. Les Turcs, les Iraniens, d’autres Etats et même les Saoudiens ont signé des contrats de plusieurs milliards de dollars pour l’acquisition du système S-400, censé interdire totalement le survol d’un espace aérien, que ce soit par des chasseurs-bombardiers, des missiles ou des drones.

 

Les experts du monde entier ont ainsi les yeux rivés sur les performances de ces équipements chaque fois qu’une intervention israélienne se dessine, ce qui amène Moscou à contrôler consciencieusement sa communication et à diffuser les scores dithyrambiques qu’auraient réalisé leurs missiles face aux "agressions" de l’Aviation "sioniste".

 

En fait, il ne s’agit pas uniquement des résultats obtenus face aux pilotes israéliens, puisque, lors de l’opération conjointe américano-franco-britannique du samedi 14 avril 2018 contre les armes chimiques de Bashar al Assad, les mêmes sources russes annonçaient fièrement que plus des deux tiers (71 missiles interceptés sur 103 missiles tirés par la coalition) des missiles de cette coalition avaient été interceptés.

 

Selon le Général Roudskoï, cette importante proportion d’interceptions témoignait "de la grande efficacité de ces systèmes (antiaériens) et de l'excellente formation du personnel militaire syrien, entrainé par nos spécialistes".

 

Personne ne croit évidemment les chiffres publiés par les généraux du Kremlin, ce, d’autant plus que l’étendue des dégâts au sol, provoqués par des missiles qui auraient été détruits en vol, ne correspond aucunement à ces annonces publicitaires.

 

Pour ne considérer que les raids israéliens, les ravages qu’ils occasionnent aux infrastructures iraniennes en Syrie, ainsi qu’à celles du Hezbollah et de l’Armée gouvernementale sont tels, qu’ils ont généré une acrimonie résultant en une tension fortement perceptible dans les relations entre Moscou et Jérusalem. C’est à croire que les Israéliens s’emploieraient à détruire l’économie militaire russe.

 

Cela explique que la délégation militaire des Hébreux, conduite par le chef des opérations militaires de Tsahal, le Général Aharon Halivaqui, qui s’est rendue en Russie à la mi-décembre afin d’aplanir les différends entre les deux Etats, a été antichambrée. Elle n’a pas rencontré ses homologues locaux, mais des seconds couteaux, dirigés par un vieux général qui devait prendre sa retraite quelques jours après la réunion. Les seuls éléments positifs de ce meeting furent que la coordination des opérations dans le ciel de Syrie serait maintenue et si possible améliorée, et qu’une autre délégation russe visiterait l’Etat hébreu les jours suivants, afin de se rendre compte de visu de la question des tunnels du Hezbollah. Ce voyage a bien eu lieu et il a été concluant.

 

Depuis mercredi, pour notre modeste part, nous avons investi de l’énergie pour comprendre et vous informer de ce qui s’était réellement passé en Syrie la nuit précédente. Pour ce faire, nous avons épluché la presse arabe, prêté l’oreille à des militaires dissidents syriens, écouté attentivement les maigres révélations faites par des responsables israéliens, à commencer par le Premier ministre qui en a parlé, et suivi les déclarations effectuées par des organismes militaires américains, qui sont régulièrement et précisément tenus informés par les Israéliens des résultats de leurs opérations. Sur ces bases, appartenant toutes au domaine public, nous avons fait jouer notre expérience pour effectuer des recoupements visant à déterminer quels étaient les objectifs de Tsahal et les conséquences de ses raids. Nous avons ensuite identifié les cibles sur des photos satellitaires, en tentant d’expliquer ce que contenaient les infrastructures qui ont été détruites, et de procéder sur cette base à une évaluation grossière du nombre de victimes causées par les raids.

 

De fait, ce que nous avons ainsi découvert se trouve à de années-lumière de ce que les Russes prétendent, et vous allez le voir, c’est extrêmement intéressant. Tout d’abord, ce ne sont pas 16 missiles qui ont été tirés, mais 52 selon notre décompte. Ensuite, Tsahal a innové à l’occasion de cette opération en de nombreuses manières : l’Armée israélienne n’est pas uniquement intervenue par les airs, elle a aussi lancé un certain nombre d’engins à partir de ses navires de guerre positionnés face aux côtes libanaises, de même que des fusées sol-sol. De plus, elle a utilisé une vaste panoplie de missiles, dont c’était pour certains le baptême de l’air. Le Khe’l Avir, pour sa part, n’a pas recouru qu’à des F-16, mais aussi au bombardier furtif F-35 et, très probablement, à des F-15, au moins afin d’assurer sa suprématie aérienne en évitant aux Russes l’idée de faire décoller leurs appareils de la base de Khmeimim à proximité de Lattaquié.

 

L’opération a consisté en trois raids ou phases, la première étant lancée sur le coup de 22h15 locales, et la dernière se ponctuant aux premières heures de mercredi.

 

Mais avant tout cela, les Israéliens avaient décidé de tester les Russes pour savoir s’ils tiendraient leurs engagements, notamment ceux réitérés à Moscou la semaine précédente. C’est ainsi que l’officier en charge de la communication avec Khmeimim téléphona à son homologue russe une bonne dizaine de minutes avant la première frappe selon nos estimations. Elle prenait en compte la protestation adressée par les chefs de l’Armée de l’Air de Poutine après le raid de septembre sur Lattaquié, lors duquel les Russes n’avaient été prévenus qu’une minute à l’avance [source : état-major russe].

 

Mardi, donc, la femme-officier qui appela Khmeimim indiqua à son vis-à-vis l’heure et le secteur qui seraient visés. Ceci posé, les Israéliens doutaient de la correction des Russes, censés – c’est dans les termes de l’accord – ne pas informer les Syriens et les Iraniens de l’attaque imminente. Le but de l’entente en question visant à assurer une séparation en vol entre les appareils des deux pays et non à intervenir dans les affrontements opposant l’Etat hébreu à ses ennemis.

 

Pour en avoir le cœur net, les Israélien envoyèrent d’abord un DECOY, un leurre, à l’endroit qu’ils avaient communiqué aux Russes. Il s’agissait d’un missile de croisière d’un modèle ancien, se déplaçant péniblement à la vitesse d’un avion à hélices. Comme ils le soupçonnaient, la frappe annoncée était "attendue", et le vénérable projectile fut accueilli et abattu par une nuée des missiles antimissiles, principalement tirés par des Pantsir, un véhicule antiaérien de courte à moyenne portée, dont on ignore s’ils étaient manœuvrés par des Syriens, des Russes, ou par des Syriens encadrés par des Russes.

 

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Un Pantsir prêt à faire feu

 

En plus de renseigner les Israéliens sur la fiabilité des Russes et sur leurs intentions réelles, il est possible que l’allumage des systèmes antiaériens ennemis renseigna Tsahal sur leur emplacement, leur quantité et leur nature. Et encore, cette ruse les obligea à consommer un grand nombre de missiles antimissiles – ils s’en sont donnés à cœur joie – et à mettre du temps pour recharger leurs lanceurs. Ce fut, à notre connaissance, le seul projectile israélien intercepté de toute la soirée. La véritable opération pouvait alors commencer, entourée de moyens électroniques qui rendaient les objets volants hébreux inaccessibles aux systèmes russes et mettant à l’œuvre des matériels hypersophistiqués dotés d’une précision diabolique.

 

Si les Russes n’ont pas fait appel à leurs S-400, c’est qu’ils savaient pertinemment qu’ils n’auraient pas davantage de succès avec ce matériel qu’avec celui qui était à la tâche. Les Israéliens n’auraient jamais envoyé leurs pilotes sur la Syrie s’ils n’en étaient absolument convaincus. De plus, si les Russes avaient utilisé les S-400 et qu’ils avaient manqué toutes leurs cibles, cela aurait démontré qu’ils ne sont pas à la hauteur, et cela aurait sérieusement porté atteinte à leurs activités commerciales face à leurs clients.

 

Selon notre recherche, dix sites ont été oblitérés lors de l’assaut. Certains nécessitant jusqu’à quatre ou cinq missiles pour obtenir leur destruction totale. En tout, selon nos estimations et recoupements, ce sont dix objectifs au moins qui ont été atteints [voir la carte détaillée et les explications dans la seconde partie de cet article]. Tous n’étaient pas Iraniens ni hezbollanis, contrairement à ce qui a été publié ailleurs ; des postes de commandement, des commandos et des installations de l’Armée gouvernementale ont également été neutralisés. Et parmi les objectifs visés, dans certains cas, les Israéliens n’ont frappé que la section qu’ils avaient choisi d’anéantir.

 

 

A suivre dans la seconde partie de l’article…

 

 
Raid d’envergure sur Damas (012512/18) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 25 décembre 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula, 00h10, 23h10 à Paris

 

Des chasseurs-bombardiers - israéliens selon des sources libanaises et des media officiels syriens -, mènent depuis 22h15 environ (21h15 en France) des attaques de "grande envergure" contre des objectifs à Damas et dans sa proximité immédiate [photo]. Les objectifs principaux appartiennent à l’Armée iranienne.

 

L’agence officielle du régime alaouite, SANA, annonce que la DCA syrienne a tiré des missiles en vue d’intercepter les projectiles israéliens et qu’un certain nombre auraient été touchés.

 

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Des missiles atteignant Damas

 

Nous ne pensons pas que des objets volants israéliens aient été touchés mais confirmons que, dans la région du mont Hermon, plusieurs missiles antimissiles ont bien été tirés. A Métula (à +- 20km du Hermon), nous avons clairement entendu cinq détonations que l’on peut assimiler à des tirs de cette nature.

 

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Cette photo permet d’appréhender l’étendue des attaques de ce soir

 

Selon des témoins oculaires, la DCA syrienne aurait utilisé des systèmes d’interception nouvellement intégrés pour la première fois, mais sans plus de succès qu’avec le matériel plus ancien.

 

D’autre part, un missile antimissile israélien a été tiré dans la région de Hadera, à 35km au nord de Tel-Aviv (photo). Nous confirmons l’information ainsi que l’interception du missile intrus. Il s’agit probablement d’un Khetz (Flèche, Arrow), et d’un tir visant un missile syrien ayant manqué sa cible et ayant poursuivi sa route de manière incontrôlée dans le ciel israélien. Un incident similaire est déjà survenu dans un passé relativement récent.

 

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La traînée du missile tiré dans la région de Hadera

 

Des témoins libanais font état d’une intense activité d’appareils israéliens dans le sud de leur pays à très basse altitude, mimant des attaques, particulièrement au-dessus de la rivière Zaharani.

 

Nous n’avons pour le moment pas de bilans et d’informations concernant toutes les pertes et les dégâts infligés à l’ennemi. Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, nous rapporte à l’instant le témoignage d’habitants de Damas faisant étant d’une gigantesque explosion au cœur de leur capitale. Au moins deux dépôts d’armes et de munitions iraniens ont été totalement détruits.

 

L’on sait avec certitude que l’aéroport de Mezzé et la zone de Jomrya, au nord de Damas, [carte] ont été sévèrement touchés, et qu’il s’agit de la plus grande opération israélienne depuis celle de septembre dernier sur Lattaquié, lors de laquelle un Iliouchine russe s’était écrasé.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

Nous savons qu’au moment de la première attaque de la soirée, trois avions venaient d’effectuer le trajet de Téhéran à Damas : un avion de de transport de passagers de la plus grande compagnie privée iranienne, Mahan Air, l’un des deux Boeing 747 cargos de Fars Air Qeshm, ainsi qu’un Iliouchine 76 de la Syrian Airlines.

 

Des sources libanaises rapportent aussi une grande concentration de bâtiments militaires hébreux face aux côtes libanaises. Ces vaisseaux auraient participé aux tirs de missiles sur la Syrie. Michaël Béhé parle d’une trentaine de missiles israéliens qui se seraient abattus sur ce pays jusqu’à maintenant.

 

On apprend qu’une nouvelle vague d’attaques israélienne est actuellement en cours.

 

Tsahal a dépêché des renforts dans le Nord d’Israël. Tous les rédacteurs et informateurs de la Ména dans la région sont mobilisés.

 

 
L’Europe occidentale redevient la matrice de l’antisémitisme mondial (info # 012312/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 23 décembre 2018

 

Par Guy Millière

 

Un sondage récent a souligné la remontée de l’antisémitisme en Europe occidentale. Le sondage ayant été commandé par CNN, chaine américaine de la gauche politiquement correcte, nulle mention de la nature de l’antisémitisme en question ne figurait. Des sondages à peine plus anciens réalisés par des instituts sérieux tels que le Pew Center sont plus précis. L’antisémitisme en Europe occidentale aujourd’hui est essentiellement un antisémitisme musulman, arrivé avec l’immigration musulmane dans les pays concernés.

 

L’immigration musulmane ayant les faveurs de la gauche et de l’extrême gauche qui, pour des raisons de détestation de la civilisation occidentale et pour des motifs électoraux, considèrent que quasiment rien de ce qui se rattache à l’islam ne peut être critiqué, un effet de contamination s’opère, et un antisémitisme de gauche et d’extrême gauche vient s’ajouter à l’antisémitisme musulman. Et la montée de l’antisémitisme au sein du parti travailliste britannique pourrait constituer un exemple effroyablement emblématique sur ce point.

 

Les journalistes d’Europe occidentale étant très souvent de gauche et d’extrême gauche, les media d’Europe occidentale, au mieux, pratiquent l’aveuglement volontaire devant ce qui se passe, au pire, s’en font les complices ; et des articles insidieusement nauséabonds apparaissent et sont publiés.

 

L’antisémitisme explicite et avoué restant entaché de marques d’infamie, le masque de l’”antisionisme” lui sert souvent de couverture, et les discours anti-israéliens prolifèrent en Europe occidentale, et ce n’est pas du tout un hasard si on les trouve chez les antisémites musulmans, chez les antisémites de gauche et d’extrême gauche et, bien sûr, chez les autres journalistes, à de rares exceptions près.

 

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Partout…

 

Les dirigeants politiques opportunistes étant infiniment plus nombreux que les dirigeants politiques droits et intègres, les gouvernements occidentaux censés être dirigés par des “conservateurs”, à l’instar de celui de Theresa May et de celui d’Angela Merkel, ainsi que les gouvernements censés n’être “ni de droite ni de gauche”, tel le gouvernement français sous la présidence d’Emmanuel Macron, n’hésitent jamais à rejoindre la cohorte anti-israélienne.

 

Outre leur soutien au terrorisme islamique anti-israélien caché sous un soutien politique et financier à l’Autorité Palestinienne, outre leur refus de reconnaitre Jérusalem capitale d’Israël, outre leur attitude scandaleuse lors du vote de résolutions anti-israéliennes à l’ONU, à l’UNESCO ou au Conseil des droits de l’homme, ces gouvernements persistent à cautionner un régime qui appelle ouvertement à une action génocidaire visant à effacer Israël et le peuple juif israélien de la surface de la Terre, ce régime est la République Islamique d’Iran. 

 

La montée en puissance de l’islam en Europe occidentale, la montée de l’antisémitisme musulman qui l’accompagne, la montée de l’antisémitisme de gauche et d’extrême gauche qui en découle, font que la vie des Juifs en Europe occidentale est de plus en plus précaire et difficile (sauf pour les Juifs qui pratiquent concrètement le rejet des valeurs juives), et font que peu à peu les Juifs d’Europe occidentale quittent les pays où ils vivaient. L’antisémitisme est présent ailleurs sur la Planète, particulièrement, bien sûr, dans le monde musulman, mais ce qui arrive aux Juifs d’Europe occidentale, sept décennies après la Shoah, est innommable.

 

L’anti-israélisme généralisé qui se répand dans ce contexte, qui constitue une soumission servile et hypocrite au terrorisme islamique qui tue des Juifs en Israël, de la part des gouvernements d’Europe occidentale, ainsi que la caution accordée par ces mêmes gouvernements à l’infâme régime islamique iranien sont tout aussi innommables.

 

L’Europe occidentale dans les années 1930-1940, jusqu’à l’année 1945, a été la matrice de l’antisémitisme mondial. Et nul n’ignore à quoi cela a conduit.

 

L’Europe occidentale est en train de redevenir la matrice de l’antisémitisme mondial. 


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Le sacrifice des Kurdes (012112/18) Version imprimable
Analyse
vendredi, 21 décembre 2018

 

Par Stéphane Juffa

 

Avec Perwer Emmal dans le Rojava

           

Le fondement de la relation qui unissait les Kurdes de Syrie et les Etats-Unis consistait en un échange tactique simple : les Kurdes fournissaient toutes les troupes au sol de la coalition internationale dirigée par Washington dans la guerre qu’elle livrait à DAESH et indirectement à la Russie, à ses alliés iraniens et gouvernementaux syriens. En échange, l’Amérique se portait garante de la souveraineté et de la sécurité des Kurdes syriens, principalement face à la Turquie d’Erdogan, qui répète à l’envi qu’il va mener incessamment une offensive généralisée contre le Rojava, dont l’objectif est l’annihilation de Kurdes.

 

Le Général James Mattis, le secrétaire U.S. à la Défense [ministre de la Défense], a immédiatement adressé sa démission au président Trump. Lequel venait d’annoncer le départ rapide du corps expéditionnaire étasunien de Syrie, sans en avoir préalablement informé son gouvernement, non plus que ses alliés kurdes. Le seul coup de téléphone que le Président a passé était adressé au bourreau assoiffé de sang kurde, le Satrape Erdogan.

 

Quoi qu’ait pu être le contenu de cette conversation, les experts du domaine stratégique s’accordent sur le fait que, dès que le dernier soldat de l’Oncle Sam aura quitté le Rojava – ce qui, selon l’annonce de Trump, devrait être le cas dans quelques jours seulement – la Turquie entamera son opération militaire contre les quatre millions de Kurdes et les deux millions de membres des autres communautés de la région, y compris les chrétiens syriaques.

 

En fait, tout le commandement de l’Armée américaine s’oppose à cette décision. C’est certes une question stratégique impliquant le rôle de l’Amérique en tant que défenseur du monde libre, mais c’est également une affaire de parole ; celle que les officiers U.S. avaient donnée à leurs compagnons d’armes, les Peshmerga, de ne jamais les laisser démunis face à un dirigeant brutal qui ne rêve que de les anéantir et n’en fait pas mystère.

 

Sans évoquer nommément les Turques et les Kurdes dans sa lettre de démission de deux pages, James Mattis y cultive cependant le mérite de la clarté sans équivoque : "Une des croyances fondamentales que j’ai toujours conservée est que la force d’une nation est liée de façon inextricable à la force de notre système unique et abouti d’alliances et de partenariats. Alors que les USA restent la nation indispensable du monde libre, nous ne pouvons pas protéger nos intérêts et remplir efficacement ce rôle sans entretenir des alliances fortes et sans montrer du respect à ces alliés".

 

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Bro ?

(Ang. : Frères d’armes ?)

 

Ce point de vue n’est pas uniquement partagé par les autres généraux, il l’est aussi par l’écrasante majorité des représentants et sénateurs, Républicains et Démocrates pour une fois confondus.

 

Dans un communiqué, le leader de la majorité Républicaine du Sénat, Mitch McConnell, a souligné "l’importance de conserver les alliances post-Seconde Guerre Mondiale, de même que la compréhension précise de [qui sont] nos amis et nos ennemis".

 

L’ex-Vice-Président de Barack Obama, Joe Biden, va plus loin encore dans l’expression du même sentiment : "Nous partageons le point de vue – qui est celui des Démocrates et des Républicains depuis longtemps dans cette nation – que le respect de nos alliés et notre engagement auprès des alliances les plus importantes et efficaces ont rendu, dans l’histoire, l’Amérique plus sûre ".

 

Ces prises de position s’expliquent entre autres par le fait que les combattants kurdes (les Peshmerga) ont parfaitement rempli leur part du contrat. Au point qu’en avril dernier, le Général américain Jonathan Braga, le directeur des opérations en Syrie, déclarait "qu'il aurait fallu 60 000 GI's pour accomplir ce qu'ont réalisé les Forces Démocratiques Syriennes (FDS)", composées à 85 pour cent de combattants kurdes.

 

Cette alliance a permis aux Etats-Unis de se contenter de ne déployer que 3 000 hommes des forces spéciales dans le Rojava. Ce sont ces unités dont Donald Trump vient de décréter le retrait.

 

En fait, avec leur aide et celle d’autres commandos français, britanniques, canadiens, australiens et allemands [Perwer Emmal, notre correspondant permanent sur place a également évoqué des opérations coup de poing de Tsahal], les FDS n’ont pas uniquement combattu l’Etat Islamique. Ils ont occupé des positions le long de l’Euphrate empêchant les Iraniens d’établir l’Autoroute chiite qui était censée aménager une voie terrestre afin d’acheminer des forces et du matériel de Téhéran à la frontière israélienne. Qui plus est, lors de confrontations dont le récit n’a pratiquement été rapporté que par la Ména, les FDS se sont directement confrontées au corps expéditionnaire russe, à l’est de Deir ez-Zor, lorsque le contingent de Poutine avait tenté de s’implanter au nord de l’Euphrate. Le plus important engagement de ce type s’était produit le 7 février dernier : les assaillants n’avaient pas uniquement été éconduits, encore laissèrent-ils des dizaines de morts et de blessés sur le champ de bataille, dont plusieurs généraux et officiers supérieurs.

 

Suite à ces massacres, l’état-major du Tzarévitch décida de limiter son action à des frappes aériennes et à des opérations de soutien au sol, mais uniquement dirigées contre les rebelles arabes sunnites.

 

Le sacrifice des Kurdes fut à la hauteur de leur succès : selon le Général James B. Jarrad, chef des opérations spéciales de la coalition internationale, le bilan des pertes des FDS pour les seuls combats dans les régions de Raqqa et Deir ez-Zor s’élève à 1 200 morts et 2 500 blessés. Les FDS parlent de 968 morts et 2 112 blessés.

 

Sans comptabiliser l’invasion du canton d’Afrin par les Turcs, Perwer Emmal considère que les Kurdes ont perdu environ 2 000 combattantes et combattants engagés sous la bannière de la Coalition, et qu’ils ont eu plus de 3 000 blessés. Lorsque l’on sait que les effectifs des FDS se montent à 40 000 militaires, on réalise que plus de 10 pour cent de leurs membres ont été mis hors de combat lors de la guerre des Occidentaux pour l’éradication de DAESH.

 

Or c’est au lendemain de la victoire finale contre ledit DAESH, lorsque les FDS ont conquis le dernier bastion de l’Etat Islamique à Hajin, que Donald Trump a annoncé le retrait "immédiat et complet" de son contingent.

 

Il laisse ainsi les FDS/YPG Unités de Protection du Peuple seules face à la seconde armée la plus puissante de l’OTAN. Sans blindés lourds face aux 4 500 chars (dont 700 Léopards 1 & 2 allemands) de l’Armée ottomane, sans avions, face aux 250 F-16 d’Erdogan, presque sans canons, face aux 1 500 obusiers automoteurs des Turcs.

 

Certes, les FDS/YPG possèdent de l’armement moderne qui leur a été fourni par les Américains et les Européens lors de la guerre contre DAESH, mais il est principalement léger. Ce sont de meilleurs combattants que les Turcs, plus motivés et aguerris par trois ans de participation à un conflit actif, mais reste, qu’à terme, il est difficile d’imaginer qu’ils pourraient contenir une invasion de l’Armée turque. Les moyens en présence et le nombre de personnels penchent trop en faveur de l’agresseur.

 

Ceci dit, l’envahissement du Rojava par les séides d’Erdogan et ses mercenaires islamistes ne serait pas une partie de plaisir, et l’on ne sait jamais comment une guerre évolue, les conflits étant parsemés d’impondérables. Ce, d’autant plus que les Américains ne sont pas les seuls alliés des Peshmerga. A ce titre, la Grande-Bretagne a exercé une forte pression sur Trump afin de tenter de le faire changer d’avis. Lors, on ne sait pas si les Européens, les Australiens et les Canadiens vont également retirer leurs commandos du Rojava ; cela va se décider dans les journées à venir, mais aucun Etat normalement gouverné ne souhaite se confronter aux Turcs dans une guerre, à moins que cela ne soit inévitable, ou que d’autres pays européens, tels Chypre ou la Grèce soient attaqués (ils ont également été menacés d’une intervention militaire par Erdogan). 

 

Il y a aussi sur place quelques milliers de soldats U.S. "privés", dont les services étaient loués par le gouvernement américain. Une part d’entre eux décidera de rester dans le Rojava et de batailler aux côtés des Kurdes. Les YPG peuvent également compter sur environ 2 500 volontaires étrangers, déjà intégrés dans leurs rangs.

 

Le président américain a réagi en homme d’affaire et pas en chef d’Etat. On lui avait parlé d’une guerre contre l’Etat Islamique, elle a été gagnée. Merci à ceux qui ont contribué à ce succès, nous vous en sommes reconnaissants, mais comme l’Amérique n’a rien à gagner dans la région sur le plan économique, on ramène les boys à la maison.

 

A propos de l’Etat islamique, d’un point de vue strictement stratégique, c’est une erreur de l’avoir éradiqué jusqu’au dernier de ses miliciens. Loin des frontières d’Israël, DAESH était le seul prédateur connu des Iraniens et des hordes chiites irakiennes, qui n’ont rien à apprendre de personne en matière de cruauté gratuite. On aurait pu, après avoir fort justement réduit leur puissance et leur territoire, les confiner dans la région s’étendant de Deir ez-Zor à la frontière irakienne ; ce faisant ils auraient contribué à maintenir un certain équilibre des horreurs.

 

L’hystérie des Occidentaux à les oblitérer sans rapport avec leur dangerosité relative, en particulier des Européens et des Français, provient d’un calcul abracadabrantesque et démagogique. Celui d’attribuer à DAESH la responsabilité des attentats islamiques commis sur leur territoire. Après la tuerie du Bataclan, il fallait désigner un coupable, faire la guerre à quelqu’un pour étancher la soif de vengeance du peuple. C’est pour cela, qu’à grand renfort de publicité – rappelez-vous des discours des dirigeants et des articles des journaux – ils ont envoyé les Rafales, les Tornados et les F-16 en Syrie. Aujourd’hui, DAESH est mort mais cela ne l’a pas empêché de revendiquer les assassinats de Strasbourg et celui du concert de Las Vegas.

 

On vous avait dit que les actes terroristes islamiques cesseraient avec l’anéantissement de DAESH en Syrie et on vous a copieusement menti. A la Ména, nous l’avions proclamé haut et fort à l’époque : Merah, les meurtriers des journalistes de Charlie et ceux de l’Hyper-Kasher de la porte de Vincennes n’avaient rien à voir avec l’Etat Islamique, si ce n’était l’admiration que lui vouaient les auteurs de ces crimes et son exemplarité islamique. Les ferments de cette violence sont enceints dans les textes de l’islam, qui n’a rien à voir avec une religion de paix ni d’amour (il suffit de les lire pour s’en rendre compte. On y trouve l’obligation de convertir à la croyance de Mahomet tous les peuples de la planète, et certains prennent ces injonctions à la lettre, sans avoir besoin d’une influence venue de Syrie. C’est pour cela que les assassinats collectifs islamiques vont continuer, des milliers de croyants étant prêts à les commettre. A se tromper d’ennemi, on n’arrête pas ses méfaits mais on commet des fautes stratégiques. Pour incurver vers le bas la fréquence de ces crimes, il n’existe pas d’autre alternative que celle de cesser de courtiser les musulmans et d’infiltrer les communautés d’immigrés pour en extraire les islamiques orthodoxes. Je sais que l’idée n’est pas sexy et que les musulmans innocents ne méritent pas cette mesure, mais c’est la seule qui serait efficace. C’est parmi eux que se dissimulent les ennemis qui, en France, par exemple, sont tous français.  

 

Pour revenir strictement à la décision du retrait des troupes yankees de Syrie, ce que Trump et Obama ont de commun est qu’ils n’aiment ni la guerre ni l’Armée, même si c’est pour des raisons différentes. Il est clair, aussi, que le président actuel sait jouer de la puissance U.S. comme outil de dissuasion, mais pas au point de risquer d’être entraîné dans un conflit pour les Kurdes. Les Kurdes ? Ils ont été un allié providentiel, mais en business, les alliances sont faites pour être révoquées, et Washington possède bien plus d’intérêts à conserver de bonnes relations avec la Turquie qu’à se fâcher avec elle pour quatre millions de Kurdes.

 

L’un des problèmes de ce type d’hyper-pragmatisme d’inspiration mercantile consiste en cela que le boss n’écoute pas ses "conseillers". Lorsque l’un d’entre eux lui déplait ou lui tient tête, il est viré. Lorsqu’un autre ne partage pas les orientations que le taycoon a décrétées, personne ne le retient, il peut poser son tablier et rentrer chez lui. Encore que, dans le cas de James Mattis, Trump a déclaré que celui-ci démissionnait pour prendre sa retraite, ce qui n’est pas la vérité : le général explique dans sa lettre de départ qu’il ne peut pas cautionner le choix du président.

 

Trump ne consulte pas, ou alors très brièvement. Il prend des décisions, le plus souvent à l’instinct ou sur le mode "homme d’affaire", qui lui a si bien réussi jusqu’à maintenant. Le hic procède de cela que la stratégie militaire n’est pas un commerce d’opportunités, et que l’on ne s’improvise pas général. Il existe des décisions qui ne sont pas dictées par la possibilité de gains pécuniaires immédiats, et quand on a décrété l’ "Amérique d’abord", on n’a, en principe, pas à dépenser des centaines de milliards de dollars à fonds perdus dans des contrées éloignées. D’ailleurs il paraît que la décision de retirer l’Army d’Afghanistan pourrait suivre très rapidement. Au temps pour les structures étatiques et militaires que l’Occident tente depuis des décennies d’instaurer à Kaboul afin de faire barrage aux Talibans ! Elles seront aussi emportées par la crue.

 

Quant au rôle de leader du monde libre ? C’est un principe abstrait aux yeux du milliardaire. Las, s’il va laisser Poutine, avec ses 60 soixante coucous, dans le rôle d’arbitre unique de tout le Moyen-Orient, Trump ne saisit visiblement pas la portée du désastre qu’il est en train d’engendrer. Pas uniquement pour les Kurdes, bien entendu, mais face à l’expansion iranienne, pour la sauvegarde des chrétiens d’Orient, pour conserver un mince espoir d’indépendance et de paix pour les Libanais, bref, pour tous les hommes épris de liberté et de laïcité au Moyen-Orient, sans oublier, évidemment, l’opposition démocrate au leader fanatique en Turquie.

 

Quant à Israël, Donald Trump lui fait indubitablement un enfant dans le dos. Dès demain, les Iraniens et le Hezbollah, euphoriques, vont avancer leurs pions en direction de nos frontières. Le risque de voir les missiles S-400 des Russes tenter d’entraver nos opérations en Syrie vient de doubler. Jusqu’à hier, Poutine savait que s’il intervenait contre l’Etat hébreux, il aurait affaire aux Yankees, et cela calmait ses ardeurs. Mais maintenant que les Américains s’en vont, nous nous retrouvons stratégiquement seuls face à Poutine, et cela complique passablement les choses que notre grand-frère quitte la région.

 

Tout cela posé sans oublier cependant que l’Amérique dispose toujours d’une force aérienne et maritime imposante dans la région, opérant notamment depuis d’importantes bases dans le Golfe et en Irak. Si la Maison Blanche décidait de dissuader Erdogan d’envahir la Syrie, ou Poutine de nous faire des misères, ou même de frapper très fort l’Iran, elle pourrait le faire avec ses moyens régionaux. Mais, naturellement, Trump ne retire pas ses soldats de Syrie pour préparer des guerres mais afin de s’en extraire. Il est persuadé que ses nouvelles sanctions contre les ayatollahs suffiront à les mettre à genoux, et ces mécanismes-là, il est sûr de bien les maîtriser. Ils font partie de son élément.

 

Reste que la démission de James Mattis ne participe pas uniquement d’une exposition à un génocide pour les Kurdes, d’un enterrement de première classe pour tous les Libanais hormis les chiites, et d’un désagrément pour Israël, il est également le signe d’une grosse crise aux Etats-Unis. Car dégoûter le Général Mattis de son portefeuille, ce n’est pas comme limoger le Procureur général Jeff Sessions, licencier sans ménagements le ministre des Affaires Etrangères Rex Tillerson, ni remplacer le Conseiller à la Sécurité Nationale H.R. McMaster.


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Bruxelles-Métula du 17 décembre 2018 (011712/18) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 17 décembre 2018

 

Il n’y a pas de zone tampon entre Israël et le Liban, de ce fait, le Hezbollah, qui contrôle tout le Liban-Sud après avoir phagocyté l’Armée libanaise, fait face à Tsahal.

 

Lorsque les soldats israéliens interviennent pour détruire des tunnels au-delà du mur de sécurité mais toujours sur le territoire souverain de l’Etat hébreux, ils sont à cinq mètres des miliciens chiites.

 

Les ennemis ne sont alors séparés que par quelques soldats de l’ONU aux bras liés. C’est le face-à-face de tous les dangers, un faux mouvement de la part de l’un des protagonistes pouvant déclencher une guerre.

 

Stéphane Juffa expose les périls stratégiques et tactiques d’une telle situation, ainsi que l’impuissance des autorités libanaises, prises en otages par la milice supplétive de Téhéran.

 

Cette analyse comprend de nombreuses révélations et explications originales et exclusives.

 

Voir une vidéo du Hezbollah : au premier plan, trois soldats libanais ou miliciens du Hezbollah, dont l’individu sans casque. A droite, chaussés des bottes rouges des commandos, des membres des unités spéciales de Tsahal. A gauche, sous leur tunique bleue, les soldats de l’ONU. Les deux camps se disputent sur le tracé précis de la frontière, sur lequel les Israéliens veulent déplier une serpentine de barbelés.

 

Une analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, pour l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca Bruxelles.

 

https://youtu.be/5j9EY-cx8i0 (Youtube).

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/386524292103088/ (Facebook Radio Judaïca)

 

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Un dangereux face-à-face
 
 
Le gouvernement français récompense le terrorisme islamique (info # 011612/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 16 décembre 2018

 

Par Guy Millière

 

Deux attaques terroristes islamiques ont eu lieu en Judée-Samarie ces derniers jours. Elles ont été répugnantes et lâches, comme toutes les attaques terroristes islamiques. Une attaque terroriste islamique a eu lieu à Strasbourg en France.

 

La presse française a fait ses gros titres sur l’attaque de Strasbourg. Elle a à peine mentionné les attaques perpétrées en Judée-Samarie. Cela a permis de ne pas avoir à lire nombre d’articles nauséabonds. Les articles auraient sans aucun doute parlé (comme ceux, rares, qui ont été publiés sur le sujet) de “colons”, de “colonies”, et de “territoires palestiniens occupés”.

 

Les terroristes de Judée-Samarie étaient (sont) des Arabes musulmans passés à l’islamisme actif, tout comme le terroriste de Strasbourg, mais ils étaient (sont) “Palestiniens”, ce qui en soi est suffisant pour leur valoir toutes les mansuétudes de la presse française.

 

C’est parce qu’en France on considère qu’il y a de “bons” terroristes islamiques (ceux qui tuent des Juifs en Israël) et de mauvais terroristes islamiques (ceux qui tuent des non Juifs en France) que le gouvernement français a décerné un “Prix des droits de l’homme” voici peu à une organisation qui ne cache pas sa sympathie pour les terroristes islamiques qui tuent des Juifs en Israël, Al-Haq (la vérité, l’un des noms d’Allah dans le Coran). Le directeur d’al-Haq, Shawan Rateb Abdallah Jabarin, est membre du FPLP, une organisation terroriste ne se définissant pas comme islamique, mais qui commet des attentats et des meurtres antijuifs, et qui est hostile à l’existence d’Israël.

 

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Strasbourg, l’acte d’un "mauvais" terroriste djihadiste

 

Apparemment, pour le gouvernement français, les positions d’al-Haq sont honorables. Cela montre que les positions du gouvernement français ne sont pas honorables.

 

Pour faire semblant de ne pas se contenter de récompenser une organisation de soutien aux terroristes islamiques qui tuent des Juifs en Israël, le gouvernement français a décerné le même “Prix des droits de l’homme” cette année à une organisation israélienne gauchiste et “propalestinienne” (B’tselem), qui passe son temps à accuser Israël de pratiquer l’apartheid et de perpétrer des “crimes de guerre”.

 

Tant que le gouvernement français se conduira de cette façon, on pourra considérer qu’il cautionne et soutient lui-même des actes terroristes islamiques antijuifs et se place du côté de ceux qui tuent des Juifs en Israël. On pourra considérer qu’il a, pour le moins, des orientations résolument anti-israéliennes et, comme on dit chez certains, “antisionistes” (il le confirme d’ailleurs en continuant à verser à l’Autorité Palestinienne des millions d’euros utilisés pour financer le terrorisme islamique et la propagande “antisioniste” de ladite Autorité). On ajoutera que, tout en gardant la politesse diplomatique nécessaire pour que fonctionnent les relations internationales, le gouvernement israélien aura toutes les raisons (je pense que c’est déjà le cas) de considérer le gouvernement français comme faisant partie des ennemis de son pays.

 

Tant que le gouvernement français se conduira de cette façon aussi, il ne faudra pas s’étonner qu’il puisse y avoir en France des assassinats de Juifs et une montée de l’antisémitisme islamique : récompenser la haine anti-israélienne et antijuive (car récompenser Al-Haq, c’est récompenser la haine anti-israélienne et anti-juive) et récompenser le membre d’une organisation terroriste anti-israélienne qui soutient le terrorisme islamique tueur de Juifs envoie un message aux musulmans français, et tout particulièrement à ceux tentés par l’islamisme actif.

 

Tant que le gouvernement français se conduira de cette façon, enfin, il ne faudra pas s’étonner qu’il y ait des attaques terroristes islamiques telle que celle commise à Strasbourg.

 

Les terroristes islamiques ne font fondamentalement pas de différence : ils mènent le djihad contre les mécréants.

 

L’ombre du djihad plane sur Israël. Elle plane aussi sur la France.

 

En s’aveuglant volontairement sur elle, en imaginant pratiquer l’apaisement à son égard par l’octroi de récompenses à des organisations telles que Al-Haq, en continuant à financer l’Autorité Palestinienne, le gouvernement français prépare au peuple français des lendemains violents et sordides.


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L’analyse approfondie de la situation sécuritaire d’Israël (011512/18) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
samedi, 15 décembre 2018

 

© Metula News Agency

 

Stéphane Juffa décortique les situations stratégique et tactique d’Israël face au Liban, aux Iraniens en Syrie, et en Cisjordanie.

 

Cette analyse comprend de nombreuses révélations et explications originales et exclusives.

 

Une analyse de Stéphane Juffa au micro de Kol Aviv, une station de radio de Toulouse.

 

https://youtu.be/WmIbPxk7XYI (Youtube).

 

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Des soldats libanais à 10 mètres d’une pelleteuse israélienne

sans obstacle entre eux (Photo : Hezbollah)
 
 
Les forces françaises tuent le musulman soupçonné d'avoir tiré sur des Français à Strasbourg Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 13 décembre 2018

 

© Metula News Agency

 

(021312/18)

 

 

Metula, 22h42, 21h42 à Paris

 

Selon une source proche de l’enquête et digne de crédit, Chekatt Chérif, le meurtrier présumé du Marché de Noël de Strasbourg, aurait été abattu par les forces de l’ordre françaises.

 

Il a été tué par un imposant dispositif policier vers 21 heures locales, dans le quartier du Neudorf, au 74 de la rue Lazaret.

 
Attentat terroriste mertrier près de Ramallah. Deux Israéliens tués (011312/18) Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 13 décembre 2018

 

© Metula News Agency

 

Metula, 12h30, 11h30 à Paris

 

Un homme sort de sa voiture, tire sur les personnes présentes à un arrêt de bus, des civils et des militaires mélangés, et prend brièvement la fuite.

 

Le Magen David Adom [l’équivalent de la Croix Rouge israélienne] et l’organisation Zaka font état de deux morts et de deux blessés graves, évacués sur le centre médical Shaaré Tsedek à Jérusalem.

 

Les morts sont deux soldats de Tsahal.

 

L’un des blessés actuellement aux soins intensifs est un jeune homme de 21 ans. Atteint à la tête, son pronostic vital est engagé.

 

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La situation sur la scène du crime

 

L’agression a été perpétrée il y a approximativement une heure sur la route 60, près de Givat Assaf (la colline d’Assaf), à 5km au sud de l’implantation d’Ofra, à l’entrée occidentale du village arabe de Deïr Dibwan, à 2.5km à l’est de Ramallah et à 13km environ de Jérusalem.

 

Le chef d’état-major de Tsahal a décrété le blocus de Ramallah pour les besoins de l’enquête. Une vaste opération militaire est en cours à Ramallah afin de retrouver les terroristes.

 

Le couvre-feu a été proclamé. Le Djihad islamique et le Hamas se gaussent de ce "succès". Le Hamas menace : "Nous avons encore d’autres surprises qui décontenanceront Israël".

 

 
Erdogan promet d’attaquer le Kurdistan syrien dans les deux jours (011212/18) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 12 décembre 2018

 

Par Perwer Emmal dans le Rojava

 

Le Sultan Recep Erdogan a déclaré ce mercredi matin qu’il allait attaquer le Kurdistan syrien (Rojava) dans les deux prochains jours. Il a pris la parole à l’occasion d’une rencontre de l’industrie militaire turque.

 

Il a précisé qu’il s’agira d’une "opération d’envergure", et qu’elle se produira à l’est de l’Euphrate, donc pas dans la région de Manbij mais celle notamment de Kobané [voir carte].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte Wikipedia

 

"Le temps est venu de réaliser notre intention d’en finir avec les terroristes à l’est de l’Euphrate", a tempêté le président-dictateur, qui détient quelques 60 000 de ses concitoyens dans ses prisons, et qui pratique la torture systématique. Ces malheureux subissent la répression du coup d’Etat manqué de l’été 2016. La grande majorité d’entre eux est parfaitement innocente.

 

Erdogan prétend avoir informé Washington de son intention de déclencher la guerre. Il a dit que son régime ne s’était encore jamais opposé aux Etats-Unis et à leurs militaires, qui seraient toujours des partenaires stratégiques à son sens. "Nos divergences sur la Syrie ne doivent pas empêcher le développement de nos relations", a ajouté le despote.

 

Il est difficile de comprendre ce message adressé aux Américains lorsque l’on connaît la situation dans le Rojava. En effet, l’Armée étasunienne procède depuis les dernières provocations militaires d’Ankara à des patrouilles mixtes avec les YPG – les Unités de Protection du Peuple (kurde) – tout le long de la frontière que le Sultan compte attaquer. [D’ailleurs, depuis la création de ces patrouilles conjointes, les activités militaires turques contre le Rojava ont totalement cessé. Ndlr.].

 

On voit quotidiennement les véhicules du contingent U.S., surmontés de leur drapeau national, patrouiller face aux Turcs. Des militaires d’autres pays occidentaux sont également déployés à l’est de l’Euphrate, dont des Français, des Britanniques, des Allemands ainsi que des soldats et des conseillers d’autres armées. En cas d’"opération d’envergure", ces forces seraient inévitablement confrontées à l’Armée ottomane.

 

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Erdogan va-t-il donner réellement l’ordre dément à ses chars d’avancer ?

 

Les YPG ont été évidemment placées en état d’alerte sur tout le territoire du Rojava qu’elles contrôlent. Leur capacité opérationnelle est toutefois réduite par le fait que 15 000 Peshmerga [les combattants kurdes] participent actuellement aux côtés de la Coalition Occidentale à une campagne visant à neutraliser les dernières poches de résistance de l’Etat Islamique à l’extrême est de la Syrie, tout près de la frontière avec l’Irak [carte].

 

En fait, outre les forces spéciales des Etats déjà cités, la totalité de la force terrestre de la Coalition Occidentale contre DAESH est constituée par les FDS – les Forces Démocratiques Syriennes -, dans lesquelles les YPG composent l’écrasante majorité des effectifs (pas loin de 90 pour cent).

 

Washington a déclaré dans un passé récent qu’il ne retirerait pas ses troupes du Rojava en cas d’une agression turque. Il s’agit même des termes de l’entente entre les Kurdes et la Coalition : nous vous fournissons la force terrestre nécessaire afin d’éradiquer l’Etat Islamique en échange de votre soutien politique et militaire face aux menaces d’Erdogan à l’est de l’Euphrate, de même qu’à l’ouest du fleuve dans la région de Manbij [carte].

 

De toute façon, en cas d’offensive majeure de l’Armée du président islamiste de la Turquie, les YPG seraient contraintes de se retirer précipitamment du front de Dir Ez-Zor pour se redéployer aux devants de l’envahisseur.

 

Comme l’on peut s’en rendre compte sans difficulté, le Sultan sanguinaire ne met pas uniquement en danger la population du nord syrien mais également la paix du monde. Ce, car ses menaces d’intervention contre le Rojava concernent automatiquement toutes les forces qui s’y trouvent, de même que les Etats qui les y ont envoyées.

 

Le despote d’Ankara a justifié l’annonce de son offensive prochaine en exprimant le "vif souhait de rendre la paix et la tranquillité aux habitants de l’est de l’Euphrate". Il avait utilisé le même argument pour attaquer et envahir le canton d’Afrin, entre le 20 janvier et le 20 mars derniers, occasionnant des milliers de victimes, dont un grand nombre de civils.

 

On note aussi qu’hormis la zone très restreinte et isolée de la confrontation avec DAESH [carte], le Rojava constitue objectivement la région la plus paisible et démocratique de Syrie.

 

Notre opinion face à ces menaces très précises, partagée par les spécialistes de la rédaction à Métula, est que le Sultan mentalement déficient ne se livrera pas à une offensive généralisée mais qu’il procédera à des pilonnages d’artillerie et à des raids aériens visant des secteurs où les Occidentaux ne sont pas présents.

 

Au cas où nous nous tromperions, on assisterait dès le début des hostilités à une confrontation directe entre l’Armée turque et celle des Etats-Unis, y compris dans les airs, avec des conséquences aussi imprévisibles que périlleuses.

 

 
Bruxelles-Métula du 10 décembre 2018 (011012/18) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 10 décembre 2018

 

Où en est l’opération contre les tunnels offensifs du Hezbollah "Bouclier du Nord" ?

Comment détruit-on un tunnel ?

Combien y a-t-il de tunnels en tout ?

Pourquoi Tsahal a-t-il attendu aussi longtemps avant d’intervenir ?

 

Une analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, dans le cadre de Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca.

 

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/728183480888409/ (Radio Judaica)

https://youtu.be/IlvkuN520J0 (Youtube).

 

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La perceuse et sa "mèche" de 6 mètres à l’œuvre pour dévoiler un tunnel

Photographie Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

 
Les pays d’Europe sont minés par l’attraction du suicide (info # 010912/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 09 décembre 2018

 

Par Guy Millière

 

Hanoucca renvoie à une rébellion menée au nom du judaïsme. Juste avant les fêtes de Hanoucca (est-ce un hasard ?), une agression caractéristique s’est produite aux Nations Unies contre Israël et contre le judaïsme lui-même.

 

Six résolutions anti-israéliennes ont été votées coup sur coup en assemblée générale. Certaines étaient “propalestiniennes” et demandaient la création d’un “Etat palestinien” sur la base des “frontières” de 1967, qui, comme chacun devrait le savoir et comme ceux qui me lisent ici le savent, ne sont pas des frontières et n’ont jamais été autre chose que les lignes d’armistice de 1949. D’autres falsifiaient carrément l’histoire sur un mode négationniste, et niaient tout lien entre le judaïsme et le Mont du Temple.

 

L’une des résolutions niait la souveraineté d’Israël sur le Mont du Temple et demandait que cette souveraineté soit abolie (au nom de l’allégation mensongère selon laquelle Israël entraverait la liberté d’exercice des religions en “occupant” la vieille ville de Jérusalem). Ladite résolution a été adoptée par 148 voix pour, et seuls 11 pays ont voté contre. Une autre, plus globale, soutenant l’essentiel des positions “palestiniennes”, accusant Israël de tous les maux et destinée à financer un “programme spécial d’information sur la question de Palestine (qu’il vaudrait mieux appeler programme de désinformation) a reçu 152 voix, et les votes opposés au texte ont été moins nombreux encore : 8 seulement.

 

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La prochaine résolution sur l’agenda de l’ONU :

La Terre est plate et c’est Israël qui l’a aplatie. Les Européens envisagent de s’abstenir

 

Les textes des résolutions où il était question de Jérusalem n’utilisaient pas les mots “Mont du Temple”, mais l’expression islamique, al-Haram al-Sharif (noble sanctuaire), ce qui donnait à leur négationnisme une dimension claire et explicite de soumission à une vision islamique du monde.

 

Israël a, bien sûr, voté contre toutes les résolutions, mais la majorité écrasante représentée par les votes favorables à celles-ci montre que, outre une falsification négationniste de l’histoire, inadmissible en soi, la vision islamique du monde avance et se propage.

 

Le fait que les votes opposés aux résolutions soient si minoritaires est d’autant plus consternant que seuls trois pays occidentaux ont voté de la même façon qu’Israël et ont osé s’opposer au négationnisme et à la vision islamique du monde : les Etats-Unis, le Canada et l’Australie.

 

Les pays européens n’ont pas voté en faveur des résolutions mais se sont abstenus, optant pour une attitude lâche et servile qui signifie qu’ils ne veulent pas pleinement se rallier au négationnisme et à la vision islamique du monde, mais ne veulent pas non plus risquer le courroux islamique ; si l’on utilise le terme islamique adéquat, c’est une attitude de dhimmi.

 

Noa Furman, représentant permanent adjoint d’Israël aux Nations Unies, a souligné en commentaire que l’attitude des Européens montrait non seulement que ceux-ci adoptaient des attitude antijuives en acceptant de nier le judaïsme, mais adoptaient aussi, sans peut-être s’en rendre compte, une attitude antichrétienne. En effet, en votant comme ils l’ont fait, les Européens nient les fondements de leur propre civilisation, puisque les descriptions islamiques qui vont de pair avec l’appellation al-Haram al-Sharif donnée au Mont du Temple sont contraires à la description chrétienne de Jérusalem et incompatibles avec elle. Cela n’a rien changé à l’attitude européenne.

 

Les résolutions ainsi votées ne modifieront pas la réalité sur place. Jérusalem unifiée restera Jérusalem et ne cessera pas d’être la capitale d’Israël. L’histoire restera ce qu’elle est, et les Nations Unies resteront ce qu’elles sont : un lieu de propagande délétère où, comme le disait un ministre israélien des Affaires Etrangères il y a plusieurs décennies déjà, il serait possible de faire voter en assemblée générale un texte disant que la terre est plate et que c’est Israël qui l’a aplatie.

 

Mais les votes sur ces résolutions constituent une confirmation supplémentaire, après tant d’autres (doit-on évoquer les positions prises par les pays européens à l’UNESCO ou au Conseil des droits de l’homme ?), de ce que les pays d’Europe sont minés par l’attraction du suicide et sont prêts, s’il s’agit des Juifs et du judaïsme, et même s’il s’agit aussi du christianisme, à accepter la voix du plus fort, du plus menaçant, du plus intimidant. Ce renoncement à être ne peut que susciter la consternation et le dégoût.


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Le grand avenir des gilets jaunes (info # 010812/18) Version imprimable
Analyse
samedi, 08 décembre 2018

 

Par Claude Berger

 

Il a suffi d’une taxe sur les carburants glissée sous le masque d’une intention écologique pour que la coupe trop pleine déborde. Trop, c’était trop. Alors, la révolte spontanée des gilets jaunes contre l’arbitraire de cette décision a ouvert la voie à l’expression de multiples revendications, toutes nées du mal-être ressenti par une majorité de la population. La révolte populaire, soutenue par plus de 80% des Français, désigne la baisse du pouvoir d’achat, la fiscalité injuste, la marginalisation par abandon des zones rurales et périphériques, la non-représentativité de la classe politique aveugle sur la crise sociétale que connaît le pays et, également, l’arbitraire du pouvoir d’Etat qui s’exerce sur le peuple, la complaisance vis-à-vis des flux migratoires qui renforcent la dépense publique, et la concurrence des mains d’œuvre sur le marché du travail, sans jamais rencontrer d’opposition des grands employeurs ou des maîtres de la finance. Alors oui, il s’agit d’une révolte « contre le système » en crise et contre ses présidents récents de si peu d’envergure.

 

Mais de quel système s’agit-il ? Or là, force est de constater que droite et gauche entretiennent ensemble une omerta sur ce qui fait le fondement de nos sociétés, à savoir le salariat ; c’est-à-dire la transformation du travail en marchandise concurrentielle qui conditionne la recherche permanente de mains d’œuvre moins chères, le chacun pour soi des salariés et la citoyenneté désolidarisée, qui pérennise leur concurrence sur le plan sociétal au profit de l’Etat.

 

Or ce système, né selon Fernand Braudel au XIVème siècle et qui résulte de l’appropriation du travail par les marchands, ce système est à bout de souffle. La revendication contre l’exploitation a poussé le capital à rechercher des mains d’œuvre moins chères et la mondialisation du marché du travail qui suit verse des millions d’individus en surnombre sur ce marché.

 

Les autres recours face à la revendication, outre l’importation de mains d’œuvre concurrentielles, sont les suivants : l’exportation des fabriques, l’innovation permanente, la course à la croissance, l’automation, la course à la technologie et à la science pour diminuer la part du travail rémunéré dans le même temps où le capital se met en recherche de travail salarié ; et enfin, la marchandisation de toutes les activités humaines, culturelles, sexuelles, affectives, suivie d’une déperdition culturelle et de l’absence de chemin de vie rassurant pour le pays France en voie de dissolution par une Europe pas mieux lotie et exposée à l’islamisme…

 

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Fin de parcours pour ce système, c’est la révolte populaire au grand jour et la découverte que droite et gauche ont entretenu la même omerta, et, pire que la gauche, par la réduction du rapport du capital au travail à la seule exploitation et par là, la réduction du rapport de la gauche à la droite à la seule revendication dans l’ignorance de la marchandisation du travail, est le meilleur agent de la fuite en avant du capitalisme. Droite et gauche même combat ?

 

Fin de parcours pour ce système, ladite crise migratoire n’est que l’un des signes de la crise du salariat.

 

Un certain Marx, lui aussi victime d’une omerta par la gauche lassalienne, une omerta qui l’emportera jusqu’à nos jours et qui commence à durer, le disait déjà en 1881 : « Tous ces « socialistes » ont un point commun, ils laissent subsister le travail salarié… Tout cela n’est qu’une tentative maquillée en socialisme pour sauver la domination capitaliste ». Ailleurs il déclarait : « Le capitalisme et le salariat sont liés l’un à l’autre et disparaitront ensemble, il est donc absurde de parler de capitalisme sans salariat ».

 

Cette gauche absurde dénoncée par Marx n’a été capable que de revendication et d’étatisation, donc de capitalisme d’Etat et de salariat d’Etat, pire que le salariat privé et assorti à l’Est de dictature et de répression de masse tout en se prétendant « marxiste ». On notera que Marx dénonçait déjà les « marxistes » tout en rendant hommage à Turgot, qui sous Louis XVI avait déjà compris l’essence du salariat. La même gauche obscurantiste avait aussi, décidément, censuré l’antisémitisme des pères fondateurs de la gauche, dont celui de Marx, et ses effets sur leurs propres théories.

 

Aujourd’hui la révolte gronde et ne se reconnaît pas dans les partis. Est-il possible de sortir de la marche folle d’une société fondée sur le salariat et le chacun pour soi ? L’invention d’une société non salariale solidaire et associative émanant du peuple reprenant pied dans les campagnes est-elle possible ?

 

Au niveau des structures, l’invention des kibboutz et leur pérennisation malgré la crise qui les a affectés a prouvé que des communautés non salariales étaient de l’ordre du possible. Les nouveaux kibboutz urbains, structures souples de communautés d’existence ou de production en ville, qui corrigent les défauts des kibboutz des campagnes et leur aspect « village clos » le prouvent à nouveau.

 

Ils peuvent être immédiatement réinventés en Afrique pour contrer l’intégration des pays du Sud-Sahara dans le moule du marché du travail et de la migration. Enfin, la révolution des œillets du 25 avril 1974 à Lisbonne a montré l’exemple d’un mouvement apartidaire, sans violence, en mesure de n’être pas seulement « contre » le système mais de manifester ce dont pourquoi il était « pour », avant d’être repris en mains par les idéologues de gauche, pressés d’en finir avec ce peuple qui osait !


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Tsahal s’attaque aux tunnels du Hezbollah (010412/18) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 04 décembre 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula, mardi, 15h00, 14h00 à Paris

 

Depuis la nuit dernière, Tsahal a déclenché l’opération "Bouclier du Nord" le long de la frontière avec le Liban et particulièrement à Métula, le siège de notre rédaction.

 

Dès 22h hier [lundi] notre village a été déclaré Zone militaire, à la plus grande surprise des habitants qui ne remarquaient rien de spécial, à l’exception peut-être d’une imposante présence de véhicules militaires sur les routes et de commandos lourdement armés, chaussette noir jusqu’aux yeux, qui barraient l’entrée des plus petits sentiers conduisant à la frontière.

 

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Photographies © Stéphane Juffa, Metula News Agency

 

A la Ména, nous étions au courant de ce qui se passait mais fonctionnions sous une très stricte interdiction de la censure militaire de parler de quoi que ce soit en rapport avec cette activité. Les hommes des forces spéciales avaient reçu la consigne de se borner à répondre aux nombreuses questions qu’on leur posait par la phrase : "Nous sommes au travail".

 

Ce matin, nous nous réveillions entourés de dizaines de confrères de la presse télévisée et écrite, aussi bien des Israéliens que des étrangers. Les services d’urgences – notamment l’hôpital de campagne desservi par Rahem, l’association de volontaires médicale et de secours de Métula, dirigée par Akki Levinsky – étaient à pied d’œuvre et la cellule de crise de la municipalité était au travail autour de son maire.

 

Perpendiculairement à notre rédaction, à 400 mètres d’icelle, Tsahal avait découvert l’extrémité d’un tunnel stratégique du Hezbollah, construit grâce à l’argent et aux conseillers iraniens, qui débouche à une quinzaine de mètres en territoire hébreu [photos].

 

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Photographies © Stéphane Juffa, Metula News Agency

 

Les commandos d’infanterie ont d’abord sécurisé toute la zone, l’Armée a adressé une menace en arabe aux miliciens du Hezbollah de ne pas s’approcher des tunnels, puis les travaux de mise à jour du puits de sortie ainsi que du boyau d’accès ont débuté. Ils se poursuivent en ce moment, alors que les pelleteuses ont déjà largement dégagé le secteur reliant la sortie du tunnel à la ville libanaise chiite de Kfra Kileh (25 000 hab.) aux mains du Hezb, sur une hauteur de plusieurs mètres.

 

Ecoutez l’intervention de Stéphane Juffa au micro d’Alexandre Theron, sur Radio Judaica.

 

La situation est calme et sous bon contrôle de Tsahal, déployé dans toute la région et observant les activités de l’ennemi depuis les airs. Bouclier du Nord, une opération essentiellement défensive, va se poursuivre ces prochains jours ; elle a pour but de détruire l’option militaire conçue par la milice chiite libanaise et ses chefs à Téhéran, consistant à se ménager des options offensives grâce au creusement de divers tunnels sous la frontière.

 

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Photographies © Stéphane Juffa, Metula News Agency

 

Ces activités contreviennent évidement aux dispositions de la résolution 1701 du Conseil de Sécurité, laquelle avait mis fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah de 2006. Le Général de brigade Ronen Manelis, porte-parole de Tsahal, l’a rappelé à bon escient.

 

Manelis a également précisé que "le fait que le Hezbollah a des tunnels qui traversent la frontière est la preuve d’une violation flagrante de la souveraineté israélienne. Nous considérons cela comme une situation sérieuse portant atteinte au Liban et aux citoyens libanais, et tenons le gouvernement libanais responsable. Nous possédons en outre les preuves indiscutables de ce que le gouvernement libanais ne contrôle pas sa frontière. L’argent iranien est derrière ces tunnels", a poursuivi le général.

 

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Photographies © Stéphane Juffa, Metula News Agency

 

Toujours selon Mandelis, "les troupes israéliennes le long de la frontière ont été renforcées, nous contrôlons totalement la situation et sommes déterminés à chasser la menace des souterrains du Hezbollah de la frontière nord".

 

L’Armée libanaise a déployé quelques chars ainsi que des unités de combat à distance respectable d’Israël afin de parer, nous citons, "à une éventuelle opération israélienne".

 

Quant à l’Armée syrienne, elle a été placée en état d’alerte en réaction aux activités du Khe’l Avir à la frontière israélo-libanaise.

 

Le Hezbollah et l’Iran n’ont pas bougé face à la destruction de leurs tunnels qui leur ont coûté cher et qui représentaient leur unique option offensive terrestre en cas de confrontation avec l’Etat hébreu.

 

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Une vue de l’intérieur du tunnel découvert ce matin à Métula

 

Le déclenchement de l’opération Bouclier du Nord, à vocation défensive, nous l’avons précisé, doit être considéré en corrélation avec le long entretien entre Messieurs Netanyahu et Mike Pompeo, le Secrétaire d’Etat américain, hier à Bruxelles. Une rencontre à laquelle participaient des responsables militaires et du Renseignement.

 

Israël envisage désormais de poursuivre la destruction du corps expéditionnaire iranien en Syrie et celle des entrepôts abritant les roquettes du Hezbollah au Liban. Le Premier ministre a probablement demandé à M. Pompeo que les Etats-Unis s’interposent au cas où la Russie déciderait d’intervenir militairement aux côtés des Syriens, des Iraniens et du Hezbollah face à une éventuelle attaque préventive des forces de Jérusalem. Il est tout aussi probable que l’Administration Trump soit encline à accorder cette assurance aux Israéliens.

 

Ce, d’autant plus que Washington n’a pas du tout apprécié les essais de tirs des nouveaux missiles balistiques perses, capables de frapper l’Europe, non plus que les actes bellicistes de Vladimir Poutine à l’encontre de l’Ukraine.

 

La démonstration du Khe’l Avir qui a mis à nu les carences des forces russes au Moyen-Orient, et particulièrement de leurs missiles et de leur aviation, pourrait encourager les Occidentaux et Israël à pousser leur avantage tactique en se débarrassant de la menace de la théocratie iranienne, ainsi que de la terreur que font régner ses supplétifs du Hezbollah sur la majorité des habitants du Liban.  

 

 
Insurrection (010312/18) Version imprimable
Analyse
lundi, 03 décembre 2018

 

Par Amram Castellion

           

Samedi dernier 1er décembre, les rues de Paris et de nombreuses villes en France ont été l'objet de scènes qui, sans être encore des scènes de guerre, dépassaient de loin le niveau des débordements qui accompagnent souvent les larges manifestations. Des véhicules et des bâtiments publics en feu ; des policiers gravement blessés et leurs voitures ravagées ; des barricades bloquant les rues et les ronds-points ; des symboles nationaux, comme l'Arc de Triomphe à Paris, profanés et couverts de graffiti.

 

Le président de la République, absent pendant les événements mais rentré dimanche matin d'Argentine, et le gouvernement sont encore en train de décider des suites à donner aux revendications des "gilets jaunes", un mouvement de contestation fiscale, dont les manifestations ont été infiltrées par plusieurs événements violents. Mais, à moins qu'ils ne fassent soudain preuve d'un talent politique dont ils ont jusqu'à présent spectaculairement manqué, la probabilité que ce mouvement insurrectionnel se poursuive est aujourd'hui très élevée. Cela tient à au moins trois facteurs : les raisons qui ont poussé les manifestants à lancer leur mouvement ne vont pas disparaître ; personne ne contrôle les éléments violents qui profitent des manifestations ; la réaction du président et du gouvernement semble prouver qu'ils sont incapables de modifier la situation politique qui a causé la crise.

 

Le mouvement dit des "gilets jaunes" (un vêtement de sécurité qu'il est obligatoire, depuis 2008, d'avoir dans sa voiture pour être visible en cas de panne ou d'accident) est apparu en réaction à l'augmentation du prix de l'essence – une augmentation certes essentiellement due aux cours mondiaux, mais que le gouvernement a aggravée par une augmentation des taxes sur le combustible de 7 centimes d'euros par litre pour le diesel et 4 centimes pour l'essence, applicable à partir du 1er janvier prochain.

 

En prenant en compte cette augmentation, la France aura l'un des prix de l'essence les plus élevés d'Europe : équivalent aux pays nordiques et supérieur à l'Allemagne de 4 à 5 centimes le litre, à la Belgique de 15 à 17 centimes et à l'Espagne d'environ 25 centimes.

 

Pour la partie de la population française qui vit à la campagne ou dans de petits bourgs et a besoin de sa voiture pour aller travailler, cette augmentation ne peut pas être compensée en utilisant moins la voiture. Elle représentera une réduction nette de leur niveau de vie, qui viendra s'ajouter à une série d'augmentations récentes des prélèvements. Depuis le début de l'année 2018, ces ménages ont aussi vu augmenter leurs factures de gaz, le prix du tabac, les recettes des amendes de la circulation et, pour ceux qui sont à la retraite, le prélèvement total sur leur revenu au titre de la Contribution Sociale Généralisée ou CSG. Pour les actifs, la hausse de la CSG a eu lieu aussi mais a été compensée par une baisse des charges sociales.

 

Au-delà des augmentations récentes, la population qui se révolte – celle des petits revenus d'activité en zone rurale et périurbaine – est victime d'une augmentation régulière de la pression fiscale depuis le début du siècle, alors même que les services publics ne se sont pas améliorés et ont même tendance, dans la partie de la France où ils vivent, à se détériorer : fermetures de bureaux de poste, regroupements d'administrations dans des endroits plus lointains, fermetures de cliniques…

 

En 2017, les prélèvements obligatoires en France ont représenté 1 000 milliards d'euros, contre 632 milliards quinze ans plus tôt. Lorsque le poids des impôts augmente de manière régulière sans contrepartie visible, le moment vient inévitablement où les fins de mois deviennent de plus en plus difficiles à boucler et où le mécontentement accumulé est prêt à éclater.

 

Le Président Macron et le gouvernement Philippe, depuis 18 mois, ont contribué à allumer l'étincelle, non seulement parce qu'ils ont continué l'alourdissement fiscal des quinze dernières années, mais aussi parce qu'ils ont fait l'erreur politique de penser que cette population-là serait toujours muette.

 

Les signaux politiques envoyés depuis son élection par le Président Macron ont été exclusivement adressés aux populations urbaines. Les riches des villes d'abord, séduits par la modernité et l'internationalisme du jeune président et sa bonne compréhension du monde des affaires, puis appâtés par des mesures fiscales en leur faveur : la quasi-suppression de l'impôt sur la fortune, le plafonnement de l'imposition des produits du capital. Mais aussi les populations urbaines plus modestes, qui verront disparaître la taxe d'habitation qui pèse particulièrement lourd sur elles. Et même les pauvres des villes, notamment les immigrés, que le pouvoir a courtisés tant par des mesures symboliques – on ne compte plus le nombre des immigrés présentés comme des amis du président et mis en avant à sa demande dans les media – que par des discours très favorables à l'arrivée de nouveaux migrants (les politiques effectivement mises en place sont bien moins tranchées).

 

Cette coalition politique urbaine est encore renforcée par la priorité que donne le gouvernement à la "transition énergétique", c'est-à-dire essentiellement à la lutte contre les énergies fossiles. Il est facile, quand on habite en ville, d'utiliser moins sa voiture si le prix des combustibles augmente, mais cela est impossible lorsqu'on habite dans des zones que les transports en commun ne desservent pas.

 

Or, toute cette population rurale et périurbaine a longtemps été tout simplement oubliée par les calculs politiques macronistes – comme si cette population devait éternellement se taire et souffrir. Le sentiment d'être méprisé, joint à des difficultés financières toujours croissantes, a d'abord fait monter sourdement la rage de ces Français oubliés. Maintenant qu'elle a explosé, cette rage ne cherche pas particulièrement à rester dans les bornes d'un discours politique courtois qui avait entièrement négligé leur existence.

 

Il ne fait pas de doute en effet que les "gilets jaunes", par leur comportement, emploient déjà une partie de la violence et des excès des révolutionnaires de 1789 dont ils sont les descendants. Blocage des routes pendant de longues heures ; passants contraints de signer une dénonciation de Macron ou de crier à sa démission pour être autorisés à passer ; agressions de policiers ; détérioration de bâtiments publics ; tous ces faits ont été constatés parmi les "gilets jaunes" eux-mêmes, et non seulement dans les mouvements extrémistes ou chez les casseurs qui ont profité du désordre.

 

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"Il y a bientôt 230 ans qu'on ne s'était pas amusés comme ça"

 

Les grandes manifestations ont en effet attiré, comme c'est souvent le cas, de petits groupes violents dont les motivations n'ont rien à voir avec celles des manifestants.

 

Des groupuscules d'extrême-droite espèrent profiter de la sympathie de cette chose rare en France – un mouvement de masse à la fois populaire et ethniquement blanc – et y voient l'occasion de narguer le pouvoir. Cependant, si leur présence est avérée, je n'ai pas réussi à trouver de preuve solide de leur participation aux violences.

 

Il n'en est pas de même des mouvements violents d'extrême-gauche, tels que les "Black Blocks" ou le Comité Justice pour Adama, qui ont, eux, laissé de longues minutes de films témoignant de leur rôle essentiel dans les violences qui ont eu lieu samedi à Paris.

 

Enfin, comme dans toute zone urbaine désormais en France, les grandes manifestations attirent aussi des casseurs spécialisés, le plus souvent venus des banlieues musulmanes, qui profitent de la foule pour venir détruire et piller.

 

La difficulté est que la journée de samedi a montré que le gouvernement est mal armé contre cette convergence de groupes violents. La gestion de la manifestation parisienne, où les "gilets jaunes" ont été refusés sur les Champs Elysées et ont saccagé les rues parallèles sans pouvoir être confinés, a été remarquablement inefficace. La capacité de la police à intercepter à l'avance les éléments violents, pourtant fichés, afin de les empêcher de se rassembler, semble nulle. Pourtant, les technologies existent ; elles sont utilisées avec beaucoup d'efficacité en Chine, en Israël et ailleurs. Mais la police française, budgétairement exsangue comme la plupart des services publics, reste limitée aux technologies du vingtième siècle dans le contrôle des manifestations.

 

Incapable de faire face au déchaînement des violences, le gouvernement – et c'est encore plus grave – ne semble pas capable non plus de mettre fin à la situation politique qui a provoqué la crise.

 

La principale cause de cette situation est que la France a une population massive d'inactifs en âge de travailler : chômeurs, femmes au foyer, bénéficiaires de minima sociaux, migrants récemment arrivés et placés à la charge de la communauté. Pour une population en âge de travailler de 40,1 millions d'habitants, la France n'a que 26,6 millions d'emplois, soit un taux d'emploi de 65,4%. Par comparaison, le taux d'emploi en Allemagne est de 75,6%. Si la France avait le taux d'emploi de l'Allemagne, elle aurait plus de 4 millions d'emplois supplémentaires.

 

C'est le coût de cette inactivité française – au moins 140 milliards d'euros par an, chiffre qui ne prend pas en compte le surcoût médical des inactifs – qui fait que les services publics français s'appauvrissent pendant que les impôts montent. Pour changer structurellement la situation française et mettre fin à l'étranglement qui a provoqué le mouvement des gilets jaunes, il faudrait pouvoir augmenter massivement le taux d'emploi. Or, les mesures qui le permettraient sont inconcevables pour le gouvernement actuel. Il faudrait en effet :

 

 

- Soit faire baisser le niveau de l'euro d'environ 15% pour permettre aux entreprises françaises de regagner des parts de marché à l'export et créer de l'emploi. Ce serait possible en modifiant les modes d'intervention de la Banque Centrale Européenne. Mais l'Allemagne s'y opposerait de toutes ses forces et devrait y être contrainte par un front de tous les autres pays européens. Or, la France de Macron a choisi au contraire l'alliance allemande contre les autres pays d'Europe, qu'il accuse de "populisme". Il ne prendra donc aucune action en ce sens ;

 

- Soit simplifier radicalement le droit du travail tout en réduisant le SMIC et les minima sociaux, pour susciter la création de nombreux emplois précaires et mal payés. Cette réforme devrait être beaucoup plus radicale que la réforme du droit du travail lancée en 2017 par le gouvernement Philippe. Elle aurait pu, éventuellement, être engagée en tout début de quinquennat, mais est désormais politiquement impossible.

 

Ajoutons que le gouvernement ne semble pas aller non plus dans le sens de réformes de plus long terme qui pourraient contribuer à augmenter le taux d'emploi, comme une meilleure adéquation entre les formations professionnelles et les besoins des entreprises.

 

Dans l'impasse en matière de politique économique, le gouvernement ne semble pas capable non plus d'élargir une offre politique qui fait reposer son soutien sur moins de 20% des Français. Le macronisme combine en effet de quoi rebuter à la fois la plus grande partie de la droite et la plus grande partie de la gauche. Il est ouvert à l'immigration, au multiculturalisme et à la liberté des mœurs, n'a pas de sympathie particulière pour la famille et cache à peine qu'il préfère l'Europe à la Nation. Mais il est aussi à l'écoute des entreprises, assez indifférent aux inégalités de revenus et partisan de laisser les riches s'enrichir sans leur demander de comptes. Dans le paysage politique traditionnel français, voilà de quoi se faire bien des ennemis dans les deux camps.

 

Le président Macron a encore restreint sa base politique en faisant de la "transition énergétique" une obligation absolue de son action. Le gouvernement est prêt à engager des centaines de milliards d'euros pour réduire la quantité d'énergie disponible (en renchérissant les énergies fossiles), réduire la part du nucléaire (qui émet pourtant encore moins de gaz à effet de serre que les énergies dites renouvelables) et d&eacu