Leçons du premier tour de la présidentielle française (info # 012404/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 24 avril 2017

 

Par Amram Castellion

 

Pour ceux qui craignaient un résultat serré et une longue attente, la soirée d’hier a du moins offert le soulagement d’une conclusion claire. Emmanuel Macron emporte largement le premier tour, avec 23,86% des suffrages exprimés, soit deux points et demi devant Marine Le Pen qui plafonne à 21,43%. En troisième arrive François Fillon, qui obtient juste un peu moins de 20% des voix. Il est immédiatement suivi de Jean-Luc Mélenchon à 19,6%. Puis viennent les petits candidats, parmi lesquels deux émergent : celui du parti socialiste, Benoît Hamon, à 6,3%, et le candidat dissident de la droite eurosceptique, Nicolas Dupont-Aignan, à 4,7%.

 

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Un commentaire est-il réellement nécessaire ?

 

Dupont-Aignan a joué pour la droite, en 2017, le rôle que Christiane Taubira avait joué pour la gauche en 2002. Il a pris à François Fillon des voix qui, en son absence, se seraient portées sur lui et l’auraient placé au second tour.

 

Quant à Hamon, son échec – la plus mauvaise performance du parti socialiste depuis Gaston Defferre en 1969 – marque la mort d’un compromis historique : celui qui permettait à une gauche raisonnable et gestionnaire de partager le même parti qu’une gauche plus radicale, plus enthousiaste et moins réaliste. Les gestionnaires sont, pour l’essentiel, partis chez Macron – qui a par ailleurs recruté une partie du centre et au moins une école de la droite, la famille chiraquienne. Les radicaux sont partis chez Mélenchon ; et ceux qui voulaient continuer à faire le lien entre les deux groupes sont devenus inaudibles pour la plus grande partie de l’électorat.

 

La victoire de Macron au deuxième tour est à peu près certaine. Elle montre deux choses : d’abord le pouvoir de séduction du candidat et prochain président ; mais aussi et surtout la remarquable habileté tactique de François Hollande, le président sortant. Devenu si impopulaire qu’il a dû renoncer à se présenter, Hollande a manœuvré avec talent pour placer son successeur sur orbite. La corruption de la justice, poussée par l’exécutif à consacrer des moyens disproportionnés à des accusations mal ficelées contre le candidat de droite, l’a plombé dans l’opinion. La séduction des journalistes et des patrons de presse par Macron a fait le reste.

 

Malgré sa belle victoire d’aujourd’hui, Macron devra faire face à deux fragilités structurelles.

 

Tout d’abord, il n’a pas de parti et celui qu’il est en train de mettre en place n’aura pas la majorité aux élections législatives des 11 et 18 juin prochains. L’époque où un nouveau président français recevait la confiance a priori du pays, qui lui donnait une majorité sans même regarder l’identité des candidats qui le soutenaient, est révolue. La gauche, désormais divisée en deux familles irréconciliables, n’a aucune chance d’avoir une majorité. La droite, affaiblie par sa défaite d’hier, aurait besoin d’un nouveau souffle qui n’est pas impossible, mais reste improbable.

 

Le plus probable est donc que, dans moins de deux mois, la France aura un Parlement sans majorité claire, où la droite et un ou plusieurs autres groupes (macronistes, socialistes, voire Front National) devront trouver pour gouverner de fragiles accords de coalition. Un gouvernement faible, en conflit permanent avec un président faible.

 

Et surtout, au moment même où les institutions s’installent dans le dysfonctionnement permanent, la France confirme plus que jamais qu’elle est une société profondément divisée, où près de la moitié de la population est en état de rage permanente contre l’autre moitié.

 

Les commentateurs ont fait semblant de se scandaliser, hier soir, de ce que Jean-Luc Mélenchon refusait de soutenir Emmanuel Macron au deuxième tour contre Marine Le Pen. Il n’y a rien, pourtant, de plus logique. Si les électeurs de Mélenchon et ceux de Le Pen s’opposent en principe sur la question identitaire – les premiers multiculturalistes et plutôt islamophiles, les seconds centrés sur l’identité française – ils se rejoignent sur presque tous les autres points.

 

Mélechonistes comme lepénistes voient le monde comme un complot des élites (la finance, « le système ») contre les petites gens. Les deux groupes veulent un effort massif de redistribution en faveur des plus modestes. Tous deux veulent mettre fin à la participation de la France dans l’Union Européenne et, plus généralement, réduire l’ouverture de la société française aux flux commerciaux, capitalistiques et humains. Et surtout, les uns comme les autres sont prêts à utiliser pour cela toutes les ressources d’un Etat autoritaire, qui ne se soucierait pas trop des droits individuels et imposerait sa volonté par la force.

 

Dans cette approche commune de la politique – autoritaire, redistributrice et paranoïaque – mélenchonistes et lepénistes ont assez de points communs pour faire passer leurs divergences au second plan. Au cours de la campagne qui vient de s’achever, une partie significative de l’électorat a déjà fait des allers-retours de l’un à l’autre.

 

Dans les mois et les années qui viennent, le président Macron provoquera, inévitablement, d’importantes déceptions – d’abord parce que c’est le cas de tous les pouvoirs en place, mais aussi de par l’impossibilité dans laquelle il risque de se trouver, faute de majorité, de réformer les nombreux blocages de la France. Il ne serait pas surprenant que, dans une telle situation, la « deuxième France » – celle de Le Pen, Mélenchon et des petits candidats extrémistes – trouve un moyen de s’allier en une opposition unique.

 

Hier, cette France de la rage a représenté 43% des électeurs. Après quelques années d’un régime qui ne montre aucune inclination à les écouter ou à prendre en compte leurs intérêts, ce pourcentage devrait augmenter. Il n’y a aucune raison d’être certain a priori que cette hausse s’arrêtera en-dessous du seuil de 50% qui lui donnera le pouvoir.

 

 
Estimations à 17h (Fr), source officielle (info # 032304/17) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 23 avril 2017

 

© Metula News Agency

 

19h35 à Métula, 18h35 à Paris

 

Macron 24%, Fillon et Marine Le Pen dans un mouchoir de poche autour de 21%. Mélenchon largué.

 

 
Enfumage médiatique autour de la mort de 3 soldats syriens (info # 022304/17) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 23 avril 2017

 

© Metula News Agency

 

13h15 à Métula, 12h15 à Paris

 

Un porte-parole des "Forces de Défense de la Patrie" (en anglais NDF National Defence Forces), une milice du régime syrien regroupant environ 55 000 "volontaires", a affirmé à l’AFP qu’une attaque israélienne aurait causé ce dimanche matin la mort de trois soldats syriens dans sa base de Naba al-Fawwar, dans la province de Kouneitra, dans le centre du plateau du Golan.

 

La nouvelle a été reproduite par l’agence semi-étatique française, de même que par de nombreux media arabes, dont la chaîne internationale qatarie Aljazeera. La presse israélienne a également diffusé cette information en créditant ses sources.

 

Outre les trois morts, selon lesdites sources, on compterait également deux blessés.

 

L’opération de ce matin surviendrait après la riposte de Tsahal, vendredi soir, aux tirs de trois obus tombés sur le territoire israélien sans faire de dégâts ou de victimes. Le porte-parole de l’Armée israélienne avait confirmé les frappes de vendredi. Des frappes qui s’inscrivent dans la doctrine israélienne qui veut que l’Armée gouvernementale syrienne est responsable aux yeux de Jérusalem pour ce qui se déroule en Syrie. Et que Tsahal réplique chaque fois qu’un projectile explose en Israël, qu’il ait été tiré intentionnellement, ou par erreur lors d’échanges de feu entre l’Armée d’Assad et les forces rebelles, également actives dans la région.

 

Mais aujourd’hui, le porte-parole de Tsahal s’est refusé, lorsque nous l’avons interpelé, à confirmer l’annonce des NDF. Plus surprenant encore, nos correspondants permanents sur la frontière – des habitants des villages druzes avoisinants -, qui ont la base de Naba al-Fawwar dans leur champ visuel, n’ont remarqué aucune activité de Tsahal dans la zone. Qui plus est, un haut responsable sécuritaire nous a appelés sous le couvert de l’anonymat pour nous informer que, contrairement aux dépêches, l’Armée israélienne n’est pas intervenue sur ce front ce matin.

 

Tout aussi étonnant, la breaking news initiale concernant l’ "incident" qui avait été publiée par l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) a disparu de son site d’information.

 

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Une photo des NDF qui ne prouve strictement rien

 

Ce que nous savons, en revanche, est que d’importants combats, dont nos reporters sur place ont été des témoins oculaires, opposant Armée régulière et rebelles du Front du Sud, font actuellement rage depuis plusieurs jours dans la partie syrienne du Golan. L’Aviation gouvernementale a ainsi effectué au moins 17 bombardements de la ville de Deera et de ses alentours. Deera est située à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Kouneitra, à 30km du point le plus proche sur la frontière israélienne, et à 5km de la Jordanie.

 

Nous savons également avec certitude que, lors des combats de ces dernières heures, un soldat syrien est mort après avoir probablement sauté sur une mine au sud de la localité druze syrienne de Hader, à 20km au nord de Kouneitra.

 

Nous ignorons les raisons qui ont poussé le responsable des NDF à transmettre l’information à la crédibilité très limitée à l’agence française. Une hypothèse est que les trois morts et les deux blessés ont été atteints lors de la riposte de Tsahal de vendredi et que le régime a tergiversé avant d’en publier le bilan humain. En reportant son annonce à aujourd’hui, il peut la présenter comme une attaque spontanée des Forces israéliennes (qui ne serait pas intervenue en réponse aux tirs de vendredi), ce qui aurait l’avantage, pour Damas, d’instiller l’idée qu’Israël rechercherait la confrontation sur le Golan.

 

Notre seconde hypothèse consiste en ce que les soldats syriens morts auraient été tués par des combattants rebelles, ce qui est nettement moins honorifique et héroïque que de succomber à une frappe israélienne. Cette seconde hypothèse possède de plus l’avantage d’ "illustrer" le "soutien" de Tsahal à la rébellion sunnite, qui constitue une constance dans la désinformation de Damas, tendant à expliquer les difficultés que son armée rencontre face à ses ennemis.

 

Reste que si cette annonce n’est pas véridique, ce qui semble être le cas, Damas subira l’effet boomerang de sa tentative d’enfumage en perdant encore un peu plus de sa crédibilité et en exposant à la lumière des projecteurs les objectifs constants de sa désinformation.

 

Notons cependant que la population alaouite de Syrie, ainsi qu’une partie des Druzes de Syrie et du Golan israélien, prennent ce genre de dépêches pour argent comptant, ce qui renforce chez eux le sentiment selon lequel la guerre se déroule principalement contre Israël.

 

Autres éléments qui renforcent le doute quant à la dépêche de l’AFP, l’espace aérien civil dans le nord d’Israël est resté ouvert sans interruption ce matin, alors qu’il est régulièrement fermé dès qu’un accrochage se produit dans le Golan. De plus, vendredi, des sirènes ont retenti avant et après les tirs en provenance de Syrie dans plusieurs localités frontalières israéliennes et ce dimanche, il n’en a rien été.

 

 
La France est un pays qui va très mal (info # 012304/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 23 avril 2017

 

Par Guy Millière

 

Quand cet article paraîtra, le premier tour de l’élection présidentielle française battra son plein. J’ignore qui seront les candidats en lice pour le second tour, et peu m’importe, car ce à quoi je tiens a déjà perdu.

 

Aucun des quatre candidats principaux n’ose dire qu’il défend les valeurs de la civilisation occidentale : au mieux, certains d’entre eux diront qu’ils défendent les “valeurs françaises”, sans aller plus loin et sans expliquer en quoi celles-ci consistent exactement.

 

Aucun des quatre candidats principaux n’ose se définir comme faisant partie du même ensemble civilisationnel que les Etats-Unis, ce qui est préoccupant dès lors que les Etats-Unis sont la principale puissance de la civilisation occidentale, et la seule au sein de la civilisation occidentale à même de résister à ceux qui veulent la détruire.

 

Aucun des quatre candidats principaux n’ose, a fortiori, afficher son amitié pour Israël, ce qui me semble très symbolique dès lors qu’Israël est un pays que tout partisan de la civilisation occidentale devrait défendre, parce qu’il est une démocratie en première ligne face au fanatisme, au totalitarisme et à la haine. Au mieux, un candidat pourra dire qu’il est “favorable à la sécurité d’Israël”, en ajoutant aussitôt qu’il est pour la création rapide d’un Etat palestinien, donc pour la création rapide d’un Etat terroriste voué à la destruction d’Israël.

 

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Un scénario proche de "Soumission", de Michel Houellebecq ?

 

Aucun des quatre candidats principaux ne propose une lutte efficace contre le terrorisme islamique et l’islamisation du pays. Deux d’entre eux, ceux issus de la gauche, évacuent totalement la question, ou presque, et ce fut flagrant au moment de l’attentat sur les Champs Elysées jeudi : l’un parle de la “violence” en général, en oubliant qu’il en a souvent été l’adepte, l’autre tient les propos flous et transparents qui le caractérisent. Les deux candidats de droite font mieux, mais Marine Le Pen propose une fermeture des frontières impossible à mettre en œuvre dans le contexte présent (combien d’agents de la police des frontières faudrait-il recruter, et quand seraient-ils opérationnels ?), et François Fillon suggère un combat contre l’islamisme "au côté de l’Iran", ennemi principal d’Israël, soutien primordial du Hamas et du Hezbollah. Sans commentaire.

 

L’un des quatre candidats, celui qui tient des propos flous et transparents, est, il y a peu, allé en Algérie, pays gouverné par un parti arrivé au pouvoir par le terrorisme et le crime contre l’humanité. Il a profité de l’opportunité pour dire que la colonisation française avait été un crime contre l’humanité. Je le prenais jusqu’à ce moment pour un candidat factice, mais il a montré à Alger qu’il se conduisait en complice des massacres de harkis et de pieds noirs, et il a d’ailleurs reçu les compliments de l’Etat Islamique pour ses belles paroles. Qu’il puisse être en lice pour devenir président suffit à me donner la nausée.

 

Un autre candidat, celui qui parle de la “violence”, est pire encore. Admirateur de criminels tels que Hugo Chavez, Fidel Castro ou Yasser Arafat, il a osé, dans une émission de télévision, juste après l’attaque islamique antisémite entre l’Hypercasher de la Porte de Saint Mandé refuser d’incriminer l’extrémisme islamique, mais ne s’est pas privé d’incriminer “l’extrémisme juif”. Un antisémite n’aurait pu que se délecter de ses mots. Qu’il puisse attirer tant d’électeurs potentiels suscite en moi un intense dégoût.

 

Marine Le Pen a été, je le dis parce que c’est un fait, la seule à oser incriminer le seul antisémitisme qui tue en France aujourd’hui, l’antisémitisme islamique. Elle a été la seule à oser parler de l’assassinat de Sarah Halimi, une femme médecin juive assassinée par un musulman “radicalisé” qui la traitait régulièrement de “sale juive” et qui est maintenant considéré comme un malade mental. Elle est malheureusement à la tête d’un parti fort peu présentable et a un programme économique très proche de celui de l’admirateur d’Hugo Chavez, Fidel Castro et Yasser Arafat.

 

Reste François Fillon. Même si son programme économique est moins mauvais que celui des trois autres, je ne peux oublier, outre ses suggestions d’alliance avec l’Iran, des propos qu’il a tenus dans un passé pas du tout lointain sur la communauté juive (censée selon lui n’avoir pas toujours respecté “toutes les règles de la République”) et sur Israël (“menace pour la paix mondiale”). Lors, quand bien même Fillon tiendrait d’autres propos aujourd’hui, je ne pourrais m’empêcher de penser qu’il s’agirait de paroles de circonstance.

 

Je comprends le désarroi de mes amis Juifs français. Je ne peux que leur conseiller, plutôt que voter au deuxième tour, de voter avec les pieds, en se déplaçant et en partant.

 

Il n’est pas facile de partir, je sais. Néanmoins, le peuple juif a un pays superbe, libre, démocratique, prospère, dynamique et fort. Des assassins peuvent agir dans ce pays, mais des assassins peuvent aussi agir en France.

 

Un ancien Premier ministre a dit que la France ne serait plus la France sans sa population juive.

 

Dès aujourd’hui, on peut légitimement se demander si la France est encore la France et ce qu’est vraiment la France.

 

Un pays où les quatre principaux candidats à une élection présidentielle sont les candidats dont je viens de parler est un pays qui va très mal.

 

Je ne m’attends pas, quel que soit le prochain président français, à ce que quoi que ce soit s’améliore.

 

Je pourrais voter pour un candidat libéral en économie, conservateur au sens américain du terme, donc défenseur du droit naturel des êtres humains et de la démocratie libérale face aux périls totalitaires, ennemi clair et net de tous les antisémitisme et de tous les racismes, défenseur sans détours ni circonlocutions de la civilisation occidentale en tant que civilisation judéo-chrétienne.

 

Ce candidat n’existe pas. Je crains qu’il ne puisse exister dans la France d’aujourd’hui.

 

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Riposte israélienne contre la Syrie (info # 032104/17) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 21 avril 2017

 

© Metula News Agency

 

20h 45 à Métula, 19h 45 à Paris

 

Comme nous l’avions pressenti dans notre breaking news précédente, Tsahal a riposté ce soir aux tirs de trois projectiles depuis la Syrie.

 

Le porte-parole de l’Armée a émis un communiqué laconique précisant que : "En réponse aux projectiles tirés depuis la Syrie qui ont touché les hauteurs du Golan septentrionales plus tôt dans la soirée, les Forces de Défense d’Israël ont visé les positions d’où ces lancements se sont produits".

 

Les "Forces de Défense de la Patrie", une milice à la solde du régime syrien, ont confirmé que Tsahal avait attaqué, à partir du territoire israélien, une batterie d’artillerie dans l’une des positions de l’Armée syrienne de la région de Kouneitra, en représailles à des tirs de mortiers sur le plateau du Golan.

 

Des media proches du régime ont rapporté des frappes de l’Armée de l’air israéliennes dans le même secteur. Cette nouvelle n’a pas été confirmée par d’autres sources.

 

Peu après notre breaking précédente de 18h 45, un troisième projectile syrien avait explosé dans des champs attenants au village druze israélien de Boukata sans causer de dégâts ni faire de victimes.

 

D’après des relais permanents de la Ména à Boukata précisément, Tsahal aurait à nouveau utilisé des missiles Tamouz lors de sa réplique. Lesquels ont frappé de plein fouet, et plus que probablement détruit, la batterie d’artillerie qui avait tiré – intentionnellement ou en visant des positions rebelles – sur Israël.

 

Les Tamouz ont un taux de réussite proche de 100% durant les cinq dernières années.

 

 

 
Deux obus syriens explosent en israël (info # 022104/17) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 21 avril 2017

 

© Metula News Agency

 

18h 45 à Métula, 17h 45 à Paris

 

Deux obus syriens ont explosé en cette fin d’après-midi de vendredi sur le territoire israélien, dans le centre du plateau du Golan, sans faire ni dégâts ni victimes.

 

Une équipe de reportage de la Ména se trouvait par hasard sur place, enquêtant sur un autre sujet, lorsque des échanges d’artillerie se sont produits.

 

Des positions de la rébellion ont été visées par l’Armée gouvernementale au sud du village d’al Qahtaniah, deux obus tombant à moins de 500 mètres de l’endroit où nous nous trouvions. Les points d’impacts se situaient à environ 3.5km au sud-est de la ville abandonnée de Kouneitra

 

La rébellion, à savoir le Front du Sud, a répliqué coup pour coup en ciblant des positions des troupes d’al Assad en direction du Nord.

 

Les obus de l’Armée régulière ont atterri en Israël environ 10 minutes après notre départ qui suivait une accalmie dans les échanges d’artillerie.

 

Tsahal est sans doute en train de riposter en direction des batteries gouvernementales responsables des tirs, comme il le fait chaque fois que le territoire israélien est touché.

 

Il y a quelques minutes, on apprenait que des sirènes annonçant d’autres bombardements avaient retenti en Israël dans le sud du Golan, dans la région de Bneï Yehouda et de Névé Hama, à 25km plus au Sud. Cette zone fait face aux seules positions de DAESH dans le Golan syrien, qui compte une enclave dans laquelle se sont regroupés environ 700 combattants de l’Etat Islamique.

 

Pour le moment, le porte-parole de Tsahal a uniquement annoncé la chute des deux obus syriens en Israël.

 

Nous reviendrons sur la situation dans le Golan au travers d’autres breaking news en cas d’aggravation de la tension, de dégâts ou de blessés.

 

 
Juffa analyse les 5 candidatures principales de l’élection française (012104/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 21 avril 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, sur Radio Judaïca https://www.youtube.com/watch?v=LnYlh_0CPmg (Facebook).

https://youtu.be/qrtVgcTiSIs (Youtube)

 

Stéphane Juffa passe un à un en revue les cinq candidats principaux à la veille de la présidentielle française. Il parle de leur personnalité de leurs propositions et de leur rapport aux Israélites et aux Israéliens.

 

 

 
L’étrange béguin des chiraquiens pour Macron (info # 012004/17) Version imprimable
Analyse
jeudi, 20 avril 2017

 

Par Amram Castellion

 

Emmanuel Macron aime à dire qu’il bénéficie de soutiens de gauche, du centre, comme de droite. Ce n’est pas faux, même si ce n’est pas dans la même proportion : la très grande majorité de ses soutiens, comme des électeurs qui se prononceront pour lui dimanche prochain, vient d’un centre-gauche gestionnaire et responsable.

 

Reste que les soutiens à la « macronie » venus de la droite existent bel et bien. Ces soutiens, cependant, sont loin d’être issus uniformément des différentes écoles qui composent la droite française. L’immense majorité d’entre eux vient d’un seul cercle : celui qui entourait l’ancien Président Jacques Chirac, chef de l’Etat entre 1995 et 2007, que l’âge et la maladie empêchent désormais de participer au débat politique.

 

Plusieurs de ces soutiens sont explicites et officiels. Jean-Paul Delevoye, ancien ministre de la Fonction Publique de Chirac, est chargé de la sélection des futurs candidats du parti macroniste aux législatives de juin prochain. Un ancien ministre des Affaires Etrangères de Chirac, Philippe Douste-Blazy, et un ancien ministre de l’Economie, Jean Arthuis, se sont également prononcés pour le candidat du « ni droite ni gauche ». D’autres anciens ministres macronisés incluent Jean-Jacques Aillagon, Anne-Marie Idrac, Dominique Perben et Noëlle Lenoir.

 

En plus de ces ralliements ministériels, d’autres membres du cercle de proches de l’ancien président se sont engagés pour le jeune candidat. C’est le cas dans sa famille ; son petit-fils, Martin Chirac, a rejoint le parti macroniste. Sa fille, Claude Chirac, et son gendre, Frédéric Salat-Baroux, n’ont pas franchi le pas, mais ne cachent pas, dans les dîners en ville, le bien qu’ils pensent de l’impétrant. La famille de l’ancien maire de Paris, Jacques Tibéri, qui avait succédé à Chirac avec sa bénédiction à la mairie de la capitale, s’est elle aussi macronifiée.

 

Plus ambiguë est la position de deux anciens Premiers ministres de Chirac, Alain Juppé et Dominique de Villepin. Le premier, après avoir perdu contre François Fillon lors des primaires de la droite et du centre, a officiellement annoncé, après s’être fait prier, qu’il soutiendrait le candidat de son propre camp. Mais il multiplie les migraines de diva quand il s’agit de venir prouver ce soutien sur le terrain ou devant les caméras, et les mises en garde ronchonnent quand on lui en parle.

 

Après avoir parlé des militants de son propre parti, soutiens de son propre candidat, comme d’un « noyau radicalisé » de militants (une expression généralement réservée aux soutiens de l’Etat islamique), Juppé, avant-hier, a déclaré qu’il se « retrouverait dans l’opposition » si un Président Fillon faisait entrer au gouvernement des représentants de la droite catholique conservatrice. Comme par exemple Christine Boutin, qui fut déjà ministre du Logement pendant deux ans, entre 2007 et 2009, sans que la France subisse exactement les affres d’une terreur blanche.

 

Quant à Villepin, Premier ministre de Chirac entre 2004 et 2007, sa politique semble être de tout faire pour indiquer son soutien à Macron, sauf de l’annoncer explicitement. Les deux hommes se déclarent réciproquement leur amitié à l’antenne, dans l’intimité de quelques millions d’auditeurs.

 

Lundi dernier, BFM (surnommée « radio Macron » pour son engagement constant et caricatural en faveur du candidat) a suggéré que Villepin ferait un bon Premier ministre pour un Président Macron. Et Macron n’a pas dit le contraire.

 

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Me revoilà. Vous m’avez manqué

 

Ce ralliement massif, qu’il soit explicite ou implicite, de chiraquiens à Macron est-il l’indice d’une orientation idéologique particulière du candidat ? Probablement pas – ne serait-ce que parce qu’Emmanuel Macron, tout occupé qu’il est à mettre sa personne au centre de l’image, n’accorde pas la moindre importance à la cohérence idéologique. Il a annoncé successivement que la colonisation avait été un crime contre l’humanité, et qu’il fallait en assumer les aspects positifs. Qu’il n’y a pas de culture française et que la France ne serait jamais, sous son principat, un pays multiculturel. Que les opposants au mariage pour tous ont été injustement humiliés par le Président Hollande, et que l’idée même de donner à l’un d’entre eux un secrétariat d’Etat au Sport est le signe d’une insupportable radicalité. Qu’il renvoyait un de ses correspondants départementaux convaincu de sympathie islamiste, puis qu’il ne le renvoyait pas, puis qu’il l’écartait, ce qui, semble-t-il, est très différent et revient exactement au même, selon la personne à qui on s’adresse.

 

Mais si Macron n’a aucune cohérence idéologique, aucune colonne vertébrale mentale, les chiraquiens, eux, en ont une. Leur entrée en masse dans les équipes Macron, avec la chasse aux postes qui en résulterait nécessairement s’il était élu, fera revenir au pouvoir des réflexes et des raisonnements caractéristiques de toute cette école de la droite française.

 

Tout d’abord, les chiraquiens – à l’exemple de leur maître, lorsqu’il était encore lucide – sont des partisans résolus du multiculturalisme. S’il y a une chose sur laquelle Jacques Chirac n’a jamais varié, c’est sur l’idée que toutes les cultures se valent, que toutes doivent être également respectées, et que seule une arrogance raciste peut conduire les Occidentaux à préférer leur propre culture à celle des autres.

 

Dans une déclaration restée fameuse, parce qu’aussi fausse en fait qu’elle était psychologiquement révélatrice, le président Chirac avait affirmé en 2003 à un homme politique catholique, Philippe de Villiers, que « les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes ». Au nom de cette vision fantasmatique de l’histoire, la France de Chirac avait bloqué la tentative d’autres pays européens de faire figurer dans le préambule du projet de Constitution européenne une référence à ces « racines chrétiennes », historiquement exactes mais politiquement déplacées.

 

Multiculturalistes de principe, les chiraquiens ont aussi une attitude, disons, sans sévérité excessive en matière de morale financière. Là encore, l’exemple vient du sommet. L’ancien président vit, depuis qu’il a quitté l’Elysée, dans un appartement parisien appartenant à l’actuel Premier ministre libanais Saad Hariri, qui le met gratuitement à sa disposition. De nombreux témoins, à Paris, rapportent en confidence que cette dépendance financière personnelle envers des intérêts étrangers était déjà en place lorsque Jacques Chirac et le père de Saad, Rafic Hariri, étaient tous deux aux affaires.

 

Si cela est exact, cela signifie que la politique extérieure de la France a été définie en fonction de paiements personnels d’un dirigeant à l’autre. On ne peut que constater, qu’au Moyen-Orient, la politique française sous Chirac a suivi les virages des intérêts de la famille Hariri : fortement pro-syrienne jusqu’à 2004, puis en première ligne contre la république baathiste après la rupture entre Bachar Assad et Rafiq Hariri la même année et l’assassinat du second sur l’ordre du premier en 2005.

 

Les bonnes habitudes ne se perdant pas si facilement, Dominique de Villepin, depuis qu’il a pris sa retraite de la politique, vit une existence de millionnaire grâce à des missions d’avocat et de conseil. Parmi ses clients les plus généreux figure, en première place, l’Emirat du Qatar. On ne peut pas exclure que si Villepin, comme la macronie le laisse désormais entendre, devenait le Premier ministre ou le ministre des Affaires Etrangères d’un jeune président sans expérience internationale, les intérêts géopolitiques de ses bienveillants parrains auraient au moins autant d’influence sur son action que ceux de la France.

 

Enfin, le mélange de multiculturalisme de principe et de vénalité à la bonne franquette des chiraquiens les conduit presque tous à ne pas avoir une vision particulièrement favorable de l’Etat d’Israël en particulier et des Juifs en général. Jacques Chirac a une rue à son nom à Ramallah - un hommage généralement réservé aux dictateurs sunnites ou aux auteurs d’attentats suicide. Une de nos sources régulières à Paris, qui travaillait alors à l’Elysée, a personnellement entendu Villepin, pendant la deuxième Intifada, expliquer – tout en regrettant les assassinats suicide – que ceux-ci étaient inévitables car « le Moyen-Orient a toujours rejeté les éléments étrangers ».

 

En parfait accord avec cette vision fantasmagorique de l’histoire, la présidence de Chirac, surtout lorsque Villepin était son Premier ministre, a caractérisé le point le plus bas de toute l’histoire des relations franco-israéliennes. La France a condamné en 2002 l’opération Rempart – la vaste opération de sécurisation des territoires palestiniens qui a permis de mettre fin à la seconde Intifada. Elle a condamné l’attaque du Hezbollah par Israël en 2006, considérant sans doute que la violation de la frontière par le Hezb et l’assassinat spontané de huit soldats en territoire israélien constituaient un fait sans importance. Chirac s’était même permis, dans un premier temps, de critiquer le retrait de Gaza en 2005 pour son « unilatéralisme », avant de changer d’avis et de féliciter Sharon.

 

En France même, si les chiraquiens ont toujours maintenu un soutien sans faille des forces de l’ordre à la protection physique de la communauté juive, la période Chirac a été marquée par une intimidation intellectuelle systématique des pro-israéliens. C’est l’époque où la télévision d’Etat passait en boucle et à répétition des images falsifiées de « cruauté israélienne » dans les territoires, refusait de donner la moindre voix aux sceptiques, et présentait trois fois par jour la cause palestinienne comme l’accomplissement de la moralité universelle.

 

S’il reste aujourd’hui des nostalgiques de cette époque, il y a pour eux une bonne nouvelle : presque tous ceux qui étaient aux commandes, en politique comme dans la presse, sont encore vaillants et prêts à reprendre du service.

 

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L’intelligence stratégique de Donald Trump (info # 011604/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 16 avril 2017

 

Par Guy Millière

 

Je pense avoir été quasiment le seul, lorsque Donald Trump s’est présenté á l’élection présidentielle américaine, à avoir dit qu’il avait une stratégie et qu’il entendait aller très loin, si possible jusqu’au bout. La plupart des commentateurs à l’époque le traitaient de clown. J’ai été l’un des seuls, parmi les commentateurs conservateurs, à avoir continué à afficher mon soutien pour sa candidature au cours des mois qui ont mené à la victoire du 8 novembre. J’ai consacré un livre à ce sujet : Après Obama, Trump ? J’ai eu un instant de doute avant l’élection : je pensais que les instituts de sondage tenaient à leur réputation et ne s’autoriseraient pas à afficher des résultats faux, je me suis trompé sur leur compétence.

 

J’ai, depuis l’élection, tenté régulièrement d’expliquer ce que seraient les grandes orientations de la politique de Donald Trump. Aux fins d’être précis et détaillé, j’ai consacré un nouveau livre au sujet, qui sera très bientôt disponible [et qui peut être acheté en précommande par ceux qui veulent être sûrs d’en disposer en cliquant sur ce lien]. J’insiste dans le livre sur la nécessité pour tous ceux qui sous-estiment Donald Trump et qui usent à son égard d’une arrogante et inepte condescendance à lire ses écrits et en particulier son livre The Art of the Deal. Et j’insiste sur l’un des points clé de cet ouvrage : ce qu’il décrit comme la façon de mettre en place des rapports de force aux fins de créer une situation gagnante. J’y explique aussi que Donald Trump n’est pas un isolationniste contrairement à ce que d’aucuns ont hâtivement écrit.

 

La frappe décidée par Donald Trump en Syrie (magistralement expliquée pour la Metula News Agency par Stéphane Juffa la semaine dernière) montre que Donald Trump n’est pas un isolationniste, mais un stratège d’exception. Elle montre aussi une mise en œuvre des principes exposés dans The Art of the Deal. Donald Trump a été confronté à un acte de guerre du régime Assad. Il l’a analysé. Il a réagi non pas de manière impulsive, mais posément et de façon décisive.

 

Par un tir de cinquante-neuf missiles de croisière, il a montré au régime Assad qu’il fixait des limites strictes à la capacité d’action de celui-ci, et a informé le dictateur syrien qu’il pouvait être écarté du pouvoir et que la décision, le cas échéant, serait prise à Washington. Il a signifié aussi à Vladimir Poutine que la Russie n’était pas capable de tenir fermement le régime Assad et n’avait pas respecté sa parole pour ce qui concerne l’élimination des armes chimiques en Syrie. Et il a dit à Vladimir Poutine que toute décision sur le futur de la Syrie impliquait l’assentiment de Washington : il n’a pas fermé la porte à des négociations avec Poutine ; il a simplement posé les conditions d’une négociation, en rappelant qu’il y avait une superpuissance, une seule, et que les années de faiblesse qu’ont été les années Obama étaient terminées.

 

Il a, dans le même mouvement, signifié à l’Iran et aux mollahs de Téhéran, qui sont les véritables maitres du régime Assad et qui prétendent faire de l’Iran la puissance hégémonique régionale, que les Etats-Unis entendaient fixer des limites à cette prétention ; et que les USA ne resteraient pas sans réagir si l’Iran dépassait lesdites limites. Cela vaut à l’évidence pour les actions iraniennes en Syrie, mais aussi pour celles du Hezbollah au Liban, et pour toute autre velléité d’action du régime iranien (les discours des dirigeants iraniens ces derniers jours montrent que le message de Trump a été reçu et suscite bien des grincements de dents à Téhéran).

 

Trump a, dans le même mouvement encore, signalé aux alliés kurdes qu’ils seraient, si nécessaire, protégés et à la Turquie, qu’elle était elle-même sous surveillance.

 

Il n’a aucunement favorisé, faut-il le dire, les groupes islamistes sunnites présents en Syrie, puisqu’au contraire, il a renforcé la présence de forces spéciales américaines à proximité de Mossoul et de Raqqa ces derniers jours. L’Armée américaine construit une base à Tabqah, à une quarante de kilomètres au sud-ouest de Raqqa ; il y a dix mille soldats américains sur le terrain.

 

Le nouveau président américain a agi dans le contexte de l’élaboration d’une alliance destinée à endiguer l’Iran, composée des régimes sunnites (Arabie Saoudite, Egypte, Jordanie, émirats), et d’Israël.

 

Trump a aussi adressé un message à la Chine, et le fait que le président chinois ait été invité à un diner chez Trump au moment où le tir sur la Syrie allait être réalisé n’a sans aucun doute rien dû au hasard. Trump aurait pu attendre. Il a choisi de ne pas attendre.

 

Des journalistes dignes de foi ont rapporté que Trump a conseillé à Xi Jinping de regarder la télévision dans la soirée. Il aurait aussi dit à Xi Jinping de suggérer au dictateur nord-coréen, Kim Jong-Un, de regarder la télévision lui aussi. Trump a confirmé, depuis, dans un entretien diffusé sur Foxnews ce qu’ont rapporté les journalistes en question. Une très puissante flotte américaine vogue désormais à proximité de la Corée du Nord. Et la Chine semble avoir compris le message. Cent cinquante mille hommes de troupe sont déployés sur les frontières de la Corée du Nord. Il semblerait que Kim Jong-Un, tout en persistant à vociférer, se cache soigneusement.

 

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Nous nous sommes bien compris, Xi, tout est clair ?

 

En larguant une bombe très puissante (GBU-43/B Massive Ordnance Air Blast) sur la base arrière de l’Etat Islamique en Afghanistan, le pensionnaire de la Maison Blanche a insisté sur le message affiché lors de la frappe en Syrie. Les semaines à venir vont permettre d’observer la suite des évènements.

 

Il ne fait aucun doute que ce sera passionnant, aucun doute que la doctrine Trump est en train de prendre forme et consistance.

 

Nombre d’observateurs semblent ne pas comprendre la doctrine du nouveau président. Ils ne font ainsi que montrer leur incapacité à comprendre quoi que ce soit, et leurs piètres capacités d’analyse.


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Que vaut une synagogue ? (info # 011204/17) Version imprimable
Culture
mercredi, 12 avril 2017

 

Par Llewellyn Brown

 

Le prestige dont jouissait notre patrimoine autrefois est aujourd’hui affaibli. Sans évoquer les ravages causés par la guerre ou le fanatisme religieux, nous assistons à des tentatives d’effacement qui suivent des voies pacifiques et légales : en France, des édifices religieux, désaffectés faute de fidèles, sont parfois démolis ou transformés ; des monuments ou des hauts lieux de notre culture sont aussi cédés à des étrangers fortunés.

 

Un lieu et une histoire

 

Une menace de cette nature pèse aujourd’hui sur la célèbre synagogue de la rue Copernic à Paris, que l’Union Libérale Israélite de France (ULIF) fit construire1 en 1923-1924. Pièce unique en son genre – un exemple de l’Art déco –, cet édifice date d’un moment où, contrairement à la grande époque du tournant du siècle, on ne construisait plus de synagogues : dans la société environnante, l’ambiance devenait déjà oppressante pour les Juifs, ceci faisant que les synagogues de style Art déco sont rares en Europe.

 

La salle principale de l’édifice conserve aujourd’hui de nombreuses caractéristiques décoratives et structurelles notables : une verrière vitrail, portant un magen David (étoile de David) rayonnant, signée P-J Tranchant et datant de 1924 ; des frises en bas-relief caractéristiques de l’Art déco. Sans être classé monument historique – bien à tort –, le bâtiment actuel est presque centenaire.

 

L’un de ses aspects les plus remarquables ne peut qu’échapper au non-spécialiste : dans la salle principale, des poutres soutiennent un plafond plat surmonté d’une coupole, en sorte que le poids de cette dernière n’est pas distribué directement sur les murs porteurs. Il s’agit d’un morceau de virtuosité technique, imaginé par l’architecte Marcel Lemarié.

 

Une histoire ensanglantée

 

En plus des aspects architecturaux, certains événements marquants entourant ce lieu restent dans toutes les mémoires. Le 3 octobre 1941, d’abord, des actes terroristes touchèrent plusieurs synagogues parisiennes, dont celle de la rue Copernic. Des miliciens français firent exploser une bombe, causant la destruction partielle de l’édifice, que la communauté reconstruisit dès 1946.

 

Ensuite, le vendredi 3 octobre 1980 (date anniversaire de la précédente attaque !), au sortir de l’office, eut lieu l’attentat perpétré par le groupe d’Abou Nidal, causant la mort de quatre personnes et de nombreux blessés.

 

Si ce dernier événement donna lieu à des manifestations de soutien à l’échelle nationale et internationale, les réactions furent plus mitigées du côté des autorités françaises. Pour dénoncer l’attentat, Raymond Barre fit une distinction scabreuse entre les « Israélites qui se rendaient à la synagogue », et les « Français innocents qui traversaient la rue ».

 

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Tout n’est pas délébile, témoignage d’un autre temps :

200 000 Parisiens prennent la rue en 1980 suite à l’attentat contre la synagogue

 

Puis un appel anonyme passé à l’AFP, revendiquant la responsabilité de l’explosion au nom d’un groupuscule d’extrême droite, offrit le prétexte idéal pour détourner l’enquête de la piste des Arabes du Proche Orient. La gauche prétendit que Giscard était complice des extrémistes, et le nouveau gouvernement socialiste continua à pousser l’enquête dans la même direction. C’est le juge antiterroriste Marc Trévédic qui lança un mandat d’arrêt contre Hassan Diab, l’un des assassins présumés du Front Populaire de Libération de la Palestine, établi depuis au Canada, de sorte que celui-ci fut enfin mis en examen et en détention, en… 2008. Diab, qui s’est reconverti en maître de conférences dans deux universités de la capitale Ottawa, est extradé vers la France en 2014. Il y est incarcéré avant d’être remis en liberté en 2016, après l’audition d’un témoignage mettant en doute sa participation à l’attentat.

 

La démolition : un choix radical

 

Malgré la valeur patrimoniale incontestable de ce lieu, en 2015, le conseil d’administration de l’ULIF – sous la présidence de Jean-François Bensahel, flanqué de ses adjoints Guy Bouaziz et Bruno Fraitag – annonça sa décision de démolir tout simplement l’immeuble historique, pour le remplacer par une construction neuve. Non seulement rien n’a été prévu pour la conservation des éléments patrimoniaux, mais la source envisagée des financements reste entourée de mystère : où cette petite communauté est-elle supposée trouver la bagatelle de 20 millions d’euros environ, nécessaires à la réalisation du projet ?

 

Le secret et la précipitation semblent avoir présidé à l’action de Jean-François Bensahel, qui a su s’assurer du soutien des membres du conseil d’administration. Certes, en février de cette année, les cotisants de l’ULIF furent conviés à une présentation du projet par les architectes, mais on a surtout évité de solliciter l’avis de la communauté dans son ensemble.

 

Bien sûr, divers arguments sont avancés pour justifier la démolition, mais ils demeurent singulièrement spécieux. L’on prétend que le bâtiment ne serait plus suffisamment solide à la suite de l’attentat de 1980. Ce n’est guère sérieux : la Ville de Paris et les Bâtiments de France eussent alors fermé ce lieu de réunion depuis longtemps. On argue de l’impératif d’une « mise aux normes ». Suivant cette logique cependant, il faudrait raser tous les monuments historiques de France, sans compter que les normes d’aujourd’hui seront inévitablement obsolètes dans cinq ans.

 

Un patrimoine universel

 

Cette synagogue témoigne de l’amour, de la dévotion et de l’énergie que des hommes et des femmes ont consacré à la fondation et à la conservation de ce lieu. Par exemple, quand la verrière fut fracassée en 1980, toute la communauté s’investit pour la faire restaurer. Aujourd’hui cependant, son sort est jugé négligeable : au mieux, elle sera logée « dans un coin quelque part ». C’est bien à de tels points de détail que l’on mesure le véritable esprit d’une entreprise : en l’espèce, le mépris des générations passées, du patrimoine architectural, et de la communauté actuelle.

 

 

 

Note :

 

1Voir Dominique Jarrassé, Guide du patrimoine juif parisien, photographies de Sylvain Ageorges, Parigramme, 2003.

 

Contact : Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Architectural de Copernic accp.paris@gmail.com.

 

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Marche blanche pour Sarah Halimi (info # 010904/17) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 09 avril 2017

 

Par Anne Reinaud, à Belleville

 

Entre recueillement, chagrin, colère et abattement.

 

A l'appel du CRIF et d'autres associations juives, une marche blanche vient de se terminer à Paris.

 

Partie de Belleville cette marche blanche est dédiée à Sarah Halimi assassinée par son voisin dans la nuit de lundi à mardi derniers. Le meurtrier présumé, un certain Kada Traoré, l’a défenestrée.

 

Madame Halimi était âgée de 66 ans, elle laisse une fille et un fils.

 

Selon le témoignage de ce dernier, Sarah Halimi redoutait son voisin, l’auteur du crime, qui l’avait plusieurs fois, de même que sa fille, traitée de "sale juive".

 

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Photo : Anne Reinaud © Metula News Agency

 

C'est sous un soleil presque estival qu'environ 800 personnes se sont rassemblées pour rendre hommage à la victime. La météo franchement radieuse tranchait avec l'atmosphère triste et recueillie de la marche.

 

De nombreuses personnes s'étaient munies de roses blanches. Dans la foule, des participants avaient des larmes plein les yeux.

 

Les commentaires fusaient ; on entendait de nombreux "quelle horreur !".  Une femme racontait en pleurant : "Cinquante ans que j'habite Belleville et maintenant j'ai peur, j'ai peur !".

 

Un autre thème revenait souvent dans les propos de la foule : "Evidemment presque personne n'en parle dans les media, et pas un homme politique n’est là aujourd'hui; ils s'en foutent!".

 

Le cortège est finalement arrivé au pied de l'immeuble où vivait Mme Halimi. Il a entonné d’une seule voix l’hymne israélien, l’Hatikva (l’espoir) et la Marseillaise.

 

Les marcheurs ont scandé le nom de Madame Halimi, d’autres récitaient la prière : "Barouk Dayan emet", bénis soit le Juge de vérité, répétant la formule de circonstance : "Plus jamais ça", sans vraiment pouvoir y croire.

 

J’apprends de la bouche de responsables de la sécurité de la manifestation que des heurts limités se seraient produits lors de la dislocation du cortège à l’initiative de provocateurs issus de la communauté immigrée. Le réseau de surveillance de la communauté israélite fait état d’attroupements hostiles à Belleville de jeunes gens appartenant à ladite communauté.

 

 
L’incitation à la haine antijuive et anti-israélienne se poursuit en France et en Europe (020904/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 09 avril 2017

 

Par Guy Millière

 

La manifestation des antisémites islamo-gauchistes d’Europalestine à Paris il y a huit jours a rassemblé très peu de personnes, deux centaines tout au plus. Les contre-manifestants ont été plus nombreux. Cela peut sembler une bonne nouvelle. Ce serait effectivement une bonne nouvelle si on pouvait imaginer qu’il n’y a que deux centaines d’antisémites en France et que ceux qui combattent courageusement l’antisémitisme et les incitations à la haine d’Israël sont bien plus nombreux que les antisémites. La réalité est hélas différente.

 

Les antisémites rassemblés à l’appel d’Europalestine sont les plus excités, les plus haineux. Ils sont la lie de la terre. Mais il existe tout un ensemble de gens qui, sans être consciemment antisémites ou sans l’assumer explicitement, trouvent que les Juifs ont trop d’influence en France et dans le monde. Tout en pensant sans doute qu’Europalestine exagère un peu, ils songent très vraisemblablement que tous les slogans d’Europalestine ne sont pas faux. Il existe un plus grand nombre de gens encore, qui, sans être résolument anti-israéliens, considèrent qu’Israël est une force d’oppression et fait subir une situation intolérable au “peuple palestinien” et qui, sans s’identifier aux visages haineux des membres d’Europalestine, songent sans aucun doute que les exigences de ce groupuscule sont fondées.

 

Il en est ainsi parce que les grands media en France pratiquent l’information d’une manière effroyablement biaisée et participent à l’incitation à la haine de manière insidieuse et hypocrite, souvent, hélas, en toute bonne conscience.

 

Si aucun grand quotidien français ne met en cause les Juifs en tant que tels, des tribunes paraissent ici ou là pour critiquer le diner annuel du Crif, pourtant bien anodin et souvent très politiquement correct. Les sites qui défendent de manière nette et explicite Israël sont fréquemment qualifiés de “sites d’extrême-droite” et définis, selon l’expression débile née dans les colonnes du journal Le Monde, comme faisant partie de la “fachosphère”.  

 

Lorsqu’il s’agit d’Israël, c’est infiniment pire. Pas un seul grand quotidien, pas même Le Figaro, où les nouvelles concernant Israël sont couvertes par un militant propalestinien appelé Cyrille Louis, ne présente les choses autrement qu’en s’alignant sur le point de vue de l’Autorité Palestinienne ou de l’extrême gauche israélienne.

 

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Le nouveau livre de Guy Millière

[Pour accéder à la présentation et au bulletin de commande]

 

En cherchant sur Google quels étaient les titres du magazine Le Point concernant Israël au moment de rédiger cet article, j’ai trouvé deux titres, et deux titres seulement : “Israël : Benjamin Netanyahu, libre de grignoter la Palestine”, et “Israël sous les critiques en approuvant la première colonie depuis 1991”. En cherchant sur le site de L’Express, j’ai trouvé : “Israël menace de détruire les systèmes syriens de défense aérienne” (c’était avant l’utilisation par Bachar al Assad, une nouvelle fois, de gaz neurotoxiques et la réaction américaine qui s’en est suivie).

 

En regardant du côté du Nouvel Observateur, je n’ai découvert que des titres plus anciens, mais le premier qui est apparu est celui-ci : “Israël : grâce à Trump, l'extrême droite se sent pousser des ailes”. Si je prenais les reportages télévisés, les résultats seraient similaires.

 

Un Français qui ne s’informe que par le biais des media français ne peut qu’avoir l’esprit gravement déformé, penser, pour reprendre les titres que je viens de citer, qu’il existe un pays appelé Palestine et un ignoble Premier ministre israélien qui le “grignote”, qu’Israël “colonise” et doit pour cela être critiqué (par des “anticolonialistes” sans doute), qu’Israël “menace” un pays, la Syrie, qui veut juste se défendre, qu’il existe en Israël une “extrême droite” (des nazis sans doute, à moins que ce ne soit des ”fachos”, comme disent les journalistes “très cultivés” du Monde).  

 

Le résultat est clair, et il n’est pas étonnant dans ces conditions que, comme je l’ai déjà noté, pas un seul candidat à l’élection présidentielle française n’affirme être du côté de la démocratie israélienne et ne dise que le conflit entre Israël et les Palestiniens relève du conflit entre une démocratie et des forces totalitaires faisant appel au terrorisme.

 

Ce qui vaut pour la France vaut, hélas, pour toute l’Europe. Les déclarations, les positions et les actions de l’Union Européenne en font une entité presque aussi anti-israélienne que l’Organisation des Nations Unies. Et quand je vois le nom de Federica Mogherini, Haute représentante de l’Union Européenne pour les Affaires Etrangères, et celui d’Israël accolés dans un gros titre, je sais d’avance que le texte qui suivra sera un texte très négatif aux dépens Israël.

 

Je ne vois strictement aucune raison pour que cela s’améliore. Des tendances politiques profondes sont à l’œuvre. La France comme le reste de l’Europe a choisi l’apaisement devant l’islam politique et soutient depuis longtemps la “cause palestinienne”. L’électorat musulman va compter de plus en plus en Europe, et il n’est nul besoin de faire des analyses très fouillées pour savoir de quelle façon celui-ci vote massivement.

 

Les relations entre Israël et les Etats-Unis sont bien meilleures depuis que Donald Trump est à la Maison Blanche, et l’alliance entre Israël et les Etats-Unis redevient ce qu’elle a été pendant cinq décennies. Quand bien même le parti Démocrate de l’après Obama dérive vers l’islamo-gauchisme et pourrait bien finir par ressembler à un parti de gauche européen. Israël se tourne, outre les Etats-Unis, vers l’Asie, et en particulier vers l’Inde. C’est très sage et très judicieux, car Israël risque fort de n’avoir que de mauvais coups à recevoir de l’Europe.

 

Les Juifs qui vivent encore en Europe devront se battre pour ne pas avoir à vivre en baissant la tête et pour ne pas risquer de finir assassinés. Je comprends ceux d’entre eux qui ne peuvent se résoudre à partir. Je sais aussi que pour certains partir représente un sacrifice.


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Tout sur l’attaque américaine en Syrie (010704/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 07 avril 2017

 

© Metula News Agency

 

Une émission entièrement consacrée à l’attaque américaine en Syrie de la nuit dernière

 

Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/1125872984189534/  (Youtube), analyse :

 

Stéphane Juffa analyse les aspects militaire, stratégique, politique, humain, russe, arabe, israélien, occidental et mondial du raid U.S sur la base de Shayrat.

 

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Un coup de maître : le résultat optimum, pour une prise de risque minimum. Le retour de l’Amérique au Moyen-Orient. Les USA, seule superpuissance militaire mondiale. La Russie et Poutine, ramenés à leur dimension naturelle. La confiance des Arabes retrouvée en un raid. Un signal fort en direction de Téhéran et Pyongyang. Ce fut la dernière tentative du régime al Assad d’utiliser des gaz de combat. Sous le signe de la morale et de l’économie en vies humaines. Pas d’innocents touchés. Aucune parade ni riposte possibles. Non, Donald Trump n’est pas un "gentil campeur".

 

 
Le nouveau Moyen-Orient selon Donald Trump (020304/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 03 avril 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, ce lundi sur Radio Judaïca https://youtu.be/3Gz79_2aEPg (Youtube).

 

Visite aujourd’hui du Président Abdel Fattah al Sissi à la Maison Blanche, 20 ans, jour pour jour, après celle d’Anouar al Sadate – l’Egyptien qui signa la paix avec Israël - auprès de Jimmy Carter. Et c’est plus qu’un symbole.

 

Mercredi, ce sera le tour du Roi Abdallah de Jordanie d’être reçu par Donald Trump ; le mois dernier, le Prince Mohamed bin Salam d’Arabie Saoudite et le Premier ministre irakien al Abadi les avaient précédés.

 

Le Maréchal al Sissi vient chercher une aide financière accrue pour l’Egypte toujours dans la panade, mais également un soutien économique et politique. Il s’agit de tourner la page du choix de Barack Obama qui préférait ses ennemis des Frères Musulmans et reformer l’alliance entre les deux pays qui prévalait avant Obama.

 

Le Raïs veut également l’aide de Washington dans sa lutte contre la guérilla islamiste dans le Sinaï. Il est déjà l’allié militaire d’Israël dans cet affrontement et considère ses bonnes relations avec Jérusalem comme un acquis stratégique.

 

Trump briefera ses interlocuteurs sur le changement d’orientation des USA en Syrie, dont la visée principale n’est plus l’éviction à tout prix de Bashar al Assad. Pour la nouvelle administration, la Syrie a explosé et personne n’est capable de la réunifier. La présence d’Assad est pour le moment un pis-aller.

 

Il désire aussi une coordination globale dans la lutte face à la menace iranienne, qui est l’objectif principal de la nouvelle administration U.S au Moyen-Orient ainsi que celui des Arabes et d’Israël.

 

Le Président Trump mijote une grande manœuvre, dont la finalité est l’officialisation de cette coalition, pour l’instant officieuse, comprenant l’Amérique et l’Etat hébreu.

 

Trump sait que pour y parvenir, il doit faire avancer le dossier israélo-palestinien et il y travaille. Il a obtenu de Binyamin Netanyahu un gel partiel du développement des implantations en Judée-Samarie. Dans la foulée, on attend pour bientôt des "actes de bonne volonté" de la part de Messieurs Netanyahu et Abbas, fruits des discussions du négociateur U.S Jason Greenblatt à Jérusalem et Ramallah.

 

Ce qui ne manque pas d’irriter Naftali Bennett, le ministre de l'Education et de la Diaspora, chef du parti d’extrême droite religieux, le Foyer juif, qui attaque frontalement Netanyahu sur Twitter, l’accusant d’avoir manqué l’occasion d’enterrer la solution à deux Etats. Le Likoud a répliqué encore plus violemment, reprochant à Bennett de manquer d’énergie face aux ennemis d’Israël dans l’Education Nationale.

 

Il est évident que si Binyamin Netanyahu entend participer au Plan Trump, sa coalition éclatera et il devra se chercher de nouveaux alliés politiques au centre et au centre-gauche.

 

 
La manière française de gagner une élection (info # 010304/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 03 avril 2017

 

Par Amram Castellion

 

Dans les élections démocratiques aux résultats incertains, une tactique fréquente pour emporter la victoire est de cibler une catégorie précise d’électeurs qui, si elle entend un discours correspondant parfaitement à ses préoccupations, se mobilisera de manière suffisamment intense et uniforme pour faire passer au candidat la ligne d’arrivée.

 

Ainsi, lors des élections américaines de 2012, la classe ouvrière de l’Ohio avait été convaincue par un martèlement de publicités que le candidat Républicain, Mitt Romney, était un milliardaire ignorant les soucis du peuple. Quatre ans plus tard, un autre milliardaire, Donald Trump, a convaincu la classe moyenne appauvrie du Middle West américain qu’il allait apporter, par le protectionnisme et la limitation de l’immigration, une réponse à son déclin économique.

 

Pour l’élection présidentielle française, dont le premier tour aura lieu le 23 avril prochain, le groupe clé qui fera pencher la balance n’est pas un groupe socio-économique, mais idéologique. Il regroupe les électeurs de la droite modérée – environ un cinquième d’entre eux – qui sont si gênés, ou choqués, par les révélations des derniers mois portant sur le goût excessif de l’argent de François Fillon, qu’ils envisagent sérieusement d’abandonner pour s’abstenir ou pour voter pour le candidat de centre gauche, Emmanuel Macron.

 

L’existence de ce groupe cible peut être conclue en deux chiffres. Le dernier sondage en date (Europe 1, 1er avril), donne 19% d’intentions de vote à François Fillon. Par rapport au nombre des Français qui se déclarent idéologiquement de droite, il manque entre 4 et 5% de l’électorat total.

 

D’autre part, parmi les 25% qui déclarent vouloir voter pour Macron, 16 à 18% de plus que pour les autres candidats déclarent pouvoir encore changer leur choix (37% parmi les soutiens de Macron contre 19% pour ceux de Marine Le Pen et 21% pour ceux de Fillon). Soit, là encore, entre 4 et 5% de l’électorat qui (au-delà des 20% d’incertains communs à tout l’électorat), peuvent plus spécifiquement être définis comme des soutiens fragiles et réversibles du candidat Macron.

 

Ces 4 à 5% de l’électorat total vont décider le 23 avril qui, de Fillon ou Macron, affrontera Marine Le Pen lors du dernier tour, le 7 mai suivant – et, dans presque toutes les hypothèses envisageables, gagnera contre elle et remportera la présidence.

 

La création de ce bloc paradoxal d’électeurs– qui se définissent comme appartenant à la droite, mais envisagent de voter contre le candidat de la droite et pour un candidat de centre gauche – est le résultat d’une double manœuvre politique qui, même si elle a aussi profité de circonstances heureuses, démontre un talent indéniable de la part de la part de François Hollande, actuel occupant de l’Elysée.

 

L’idée d’une candidature d’Emmanuel Macron – alors jeune ministre, presque inconnu, de l’Economie – est initialement apparue à une époque où Hollande était convaincu qu’il serait lui-même candidat. Le président était impopulaire, mais bénéficiait de l’autorité de sa fonction et de l’appui du parti socialiste. Il a estimé qu’une candidature d’ouverture au centre de son jeune ministre apporterait un bloc de voix modérées qui pourrait, au deuxième tour, se reporter sur lui.

 

Ainsi encouragé par son chef, Macron a, en parallèle, courtisé les principaux hommes d’influence de la presse française : Vincent Bolloré, propriétaire du groupe Havas ; Patrick Drahi, un géant du câble que Macron, comme ministre, avait soutenu dans son achat de l’entreprise de télécommunications SFR ; Xavier Niel, un autre Tycoon de la communication, copropriétaire du Monde et détenteur de participations dans de très nombreux autres organes de presse.

 

Armé de ces soutiens, Macron a fait l’objet, pendant toute l’année 2016, d’un bruit médiatique grandissant. Pourtant, à l’époque du moins, la floraison d’articles ne se traduisait pas encore par des intentions de vote importantes dans l’électorat français. Chacun pensait encore que le président Hollande allait se représenter et que la candidature Macron ne serait, à gauche, qu’une candidature d’appoint, une finesse tactique.

 

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Hic, haec, hoc

[lat. Circa : “celui-ci, celle-ci, ceci”]

 

Tout a changé – et c’est là que la chance a joué pour Macron un rôle essentiel – entre le 1er décembre 2016 et le 29 janvier 2017. La première de ces dates est celle où le président Hollande, confronté à des sondages qui ne lui laissaient aucune chance de gagner la primaire de la gauche, a renoncé à se représenter. La deuxième est celle de ces primaires, lorsque les militants ont rejeté la candidature sérieuse et modérée de l’ancien Premier ministre Manuel Valls et se sont donné pour candidat le représentant de l’aile gauche du parti, Benoît Hamon – un candidat non seulement incapable d’attirer le centre, mais piètre tacticien et exceptionnellement mauvais orateur.

 

Dès lors, Macron – entièrement inconnu quatre ans plus tôt, manquant manifestement de l’expérience nécessaire pour exercer les fonctions présidentielles, et qui venait de créer un parti ne comptant aucun élu – devenait le seul candidat à pouvoir représenter la gauche modérée et gestionnaire, qui est l’un des grands courants de pensée du spectre électoral français. Sa candidature, tout à coup, pouvait donc être considérée par l’électorat comme une proposition sérieuse.

 

Restait cependant un obstacle majeur : après cinq ans de présidence Hollande, la gauche était affaiblie et discréditée. Macron pouvait enfin prétendre à la troisième place. Mais, pour arriver au second tour contre Le Pen, il devait surmonter l’impopularité du gouvernement sortant et démotiver les électeurs de droite.

 

C’est alors que s’est mis en place l’autre volet du plan imaginé par la gauche de gouvernement pour conserver le pouvoir malgré son bilan impopulaire. A partir du mois de février, un dossier établi avec soin à partir de documents confidentiels s’étalant sur plus de vingt ans, a commencé à filtrer à la presse française. Ce dossier montrait que le candidat de la droite, François Fillon, ne s’est pas appliqué à lui-même la politique de rigueur budgétaire et de responsabilité qu’il propose au pays. Lorsqu’il était député, il a salarié sa femme et ses enfants pour des tâches dont les articles de presse contestaient la réalité. Il s’est laissé offrir par des amis des cadeaux de prix : montres, costumes. Il semble même avoir demandé à sa fille de lui rembourser, sur les salaires reçus dans l’emploi qu’il lui avait obtenu, le coût de son mariage.

 

Que Fillon paie un coût politique après ces révélations, c’est de bonne guerre. Il n’est jamais bon de montrer un écart trop important entre sa personnalité publique et sa vraie nature. Beaucoup plus inquiétant, pour le fonctionnement même de la démocratie française, fut, à cette occasion, le comportement de la justice.

 

En décembre 2013, François Hollande avait créé une nouvelle institution judiciaire, le Parquet National Financier. Cette institution a compétence pour poursuivre les dossiers complexes relatifs à la fraude fiscale, à la corruption et aux affaires boursières. Elle a eu l’occasion de poursuivre des personnalités de droite comme de gauche. Mais il est difficilement discutable que, nommé exclusivement par le président Hollande, le parquet financier est composé de personnalités proche de son camp politique. Le premier substitut du parquet financier, Ariane Amson, est d’ailleurs l’actuelle conseillère juridique du président Hollande.

 

En moins de vingt-quatre heures après la première révélation relative à l’emploi par le député Fillon de son épouse, le parquet financier a décidé de se saisir du sujet. La rapidité de cette saisine est aussi surprenante, dans un pays où les justiciables se plaignent de la lenteur habituelle de la justice, que l’était le motif juridique choisi : « détournement de fonds publics », un grief qui ne peut s’appliquer, selon toute la jurisprudence, qu’à un ordonnateur ou un comptable. Or, les députés (ce qu’était Fillon à l’époque) ne sont ni l’un, ni l’autre : les sommes qui leur sont attribuées sont considérées comme un moyen de garantir le bon fonctionnement du parlement et ne relèvent pas du contrôle de la Cour des comptes.

 

En d’autres termes, le parquet financier a agi à la fois avec une rapidité incompréhensible et sur une base juridique extrêmement fragile – comme s’il cherchait moins à appliquer l’Etat de droit qu’à gêner politiquement le candidat de l’opposition. La même rapidité exceptionnelle a été le fait, le mois suivant, du juge d’instruction saisi pour suivre l’affaire, Serge Tournaire. Le choix du juge Tournaire était déjà peu compatible avec le besoin qu’a la justice de donner une image d’indépendance : ce juge a déjà mis en examen l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, sur dix chefs d’inculpation différents, qui ont donné lieu à dix non-lieux (trois chefs d’inculpation supplémentaires attendent encore un jugement). Dans le cas Fillon, alors que les juges d’instruction (Tournaire compris) demandent presque toujours des mesures d’instruction supplémentaires après avoir reçu le rapport de police, Tournaire a choisi de n’en rien faire et de décider immédiatement la mise en examen du candidat. Tout se passe comme si, là encore, il cherchait moins à monter un dossier juridiquement solide qu’à faire subir à Fillon le plus grand dommage politique possible.

 

L’ensemble de ces comportements de la justice peut aisément conduire à conclure que la justice française, indépendante en droit du pouvoir politique, se comporte en pratique en associée du pouvoir exécutif dans la persécution de candidats de l’opposition. C’est là l’un des dysfonctionnements les plus graves qui peuvent subvenir dans une démocratie – une menace directe sur la nature démocratique même du pays.

 

L’effet politique de cet apparent dysfonctionnement de la justice, pour le candidat favori des sondages, est ambigu. Il est probable qu’une partie des électeurs de droite qui ont rallié Macron, tout en étant dégoûtés par la vénalité de Fillon, sont mal à l’aise devant la persécution judiciaire dont sa femme et lui font l’objet.

 

Personne ne peut prévoir comment le conflit entre ces deux préoccupations se traduira dans le secret des urnes, le 23 avril. Mais il y a d’autres indices qui montrent qu’Emmanuel Macron pourrait être plus faible que les sondages le laissent entendre.

 

Toutes les études quantitatives montrent que ses partisans sont moins actifs sur les réseaux sociaux que ceux de Fillon, pourtant placé loin derrière lui dans les sondages. Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour s’inquiéter du flou du programme de Macron et de sa nette tendance à vouloir plaire à tous sans jamais trancher. Le candidat lui-même se réfugie de plus en plus souvent derrière des déclarations confuses et dénuées de sens, comme s’il craignait plus que tout de dévoiler ce qu’il représente vraiment – ou de révéler qu’il ne représente rien. Enfin, il plane sur les sondages un doute persistant, venant du fait que tous les instituts de sondage français comptent, parmi leurs propriétaires, des partisans déclarés de Macron.

 

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Une manifestation antisémite à Paris (info # 010204/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 02 avril 2017

 

Par Guy Millière

 

Une organisation de psychopathes comme il s’en rencontrait en Allemagne au temps du Troisième Reich a organisé hier à Paris une manifestation antisémite. A sa tête se trouve une Juive française gauchiste, elle-même antisémite, Olivia Zemor. Cette organisation (Euro-Palestine) est l’un des fers de lance en France du mouvement BDS (Boycott-Désinvestissement-Sanctions) destiné à détruire économiquement Israël et à renforcer le terrorisme “palestinien”, tueur de Juifs en Israël et ailleurs. En général, elle appelle à des manifestations de haine anti-israélienne et de soutien aux tueurs de Juifs, et elle essaie de cacher son antisémitisme derrière une façade un peu plus présentable. Cette fois, elle a adopté un discours plus explicite en demandant la “séparation du CRIF et de l’Etat”.

 

Cette façon d’énoncer les choses signifie clairement que la principale instance de représentation des Juifs de France se trouve pointée du doigt comme coupable de collusion avec l’Etat, et d’influence sournoise sur le gouvernement français. Il a manqué, sur l’appel à la manifestation, une caricature du type de celles qui se trouvaient dans le Sturmer [l’Attaquant, à parution hebdomadaire] sous Adolf Hitler. Der Sturmer montrant un Juif au nez crochu tirant les ficelles du pays et traitant les politiciens français comme des marionnettes.

 

De nombreuses organisations juives françaises ont demandé l’interdiction de la manifestation, soulignant, outre son caractère abject, les risques de troubles à l’ordre public qu’elle impliquait. Les craintes de voir des débordements aux allures de pogrom suivre la manifestation ont conduit le Service de Protection de la Communauté Juive à demander aux synagogues du centre de Paris de changer les horaires des offices.

 

La manifestation n’a pas été interdite. Elle a eu lieu sous protection de la police. Parce que la police était très présente, et parce que les manifestants n’étaient pas très nombreux, il n’y a pas eu de troubles majeurs à l’ordre public et pas de débordements aux allures de pogrom. Des slogans dignes de ceux qu’on entend à Gaza sous la dictature du Hamas ont néanmoins été criés. Des éléments de propagande antijuive et anti-israélienne ont été distribués.

 

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Le vrai visage des "Propalestiniens" :

Il est juste responsable de l’assassinat de deux innocents au cœur de Paris

Photo Anne Reinaud © Metula News Agency

 

La liberté de parole est une chose et, dans un Etat de droit, elle doit être considérée comme sacrée. La liberté de manifester est à placer dans la même catégorie que la liberté de parole. Néanmoins, quand la liberté de parole se transforme en incitation à la haine antisémite, et quand des manifestations suscitent des craintes légitimes et fondées au vu de ce qui a pu survenir dans un passé récent en France, et sont considérées comme à même de conduire à des pogroms, il ne s’agit plus de liberté de parole et de liberté de manifester, mais de consentement aux incitations à la haine antisémite et aux risques de violences prévisibles.

 

La France est présentement un pays très détraqué et de moins en moins sûr pour les quatre cent mille Juifs qui y vivent encore.

 

Le livre Une France soumise, dirigé par Georges Bensoussan et paru il y a quelques semaines, permet de faire un très inquiétant état des lieux à ce sujet. 

 

L’islamisation rampante du pays fait que l’essentiel des dirigeants politiques sont en position d’otage, coincés entre les risques d’émeute et le danger de perdre les élections en s’aliénant le vote musulman.

 

L’omniprésence d’idées de gauche tendant vers l’islamo-gauchisme fait que l’antisémitisme politiquement correct, de moins en moins caché sous l’”antisionisme”, imprègne d’autant plus l’atmosphère que quasiment toutes les nouvelles diffusées en France sur Israël dans les grands media sont malveillantes et semblent issues directement d’organes de propagande “palestiniens”. 

 

Dans l’université où j’enseignais encore il y a un an, des expositions et des “réunions d’information” sur l’”apartheid israélien” sont organisées de manière de plus en plus fréquentes. Passer dans les couloirs, il y a un an encore, me donnait la nausée. Aujourd’hui, je ne me risquerais plus dans les mêmes couloirs, et je m’y sentirais autant en danger que si je me rendais au cœur de Gaza en portant une kippa. Une situation du même type se retrouve dans un nombre croissant d’universités françaises.

 

Des élections présidentielles vont avoir lieu dans un mois environ. Certains lecteurs me demandent parfois quel candidat ayant une chance d’être élu serait à même de se conduire correctement vis-à-vis d’Israël et prendrait en compte de manière prioritaire la situation délétère et détestable à laquelle se trouve confrontée la communauté juive. Ma réponse est à chaque fois identique : aucun candidat ayant une chance d’être élu ne se conduira correctement vis-à-vis d’Israël et prendra en compte, sinon en deux ou trois mots vite envolés, la situation délétère et détestable à laquelle se trouve confrontée la communauté juive.

 

François Fillon est peut-être le moins pire, et je dis bien : le moins pire. Il a tenu dans un passé récent sur les Juifs et sur Israël des propos difficiles à oublier. Emmanuel Macron a tenu des propos indignes et impardonnables en Algérie et a pour bras droit Richard Ferrand, un socialiste très lié à une organisation de  “soutien à la Palestine”. Il y a toujours des antisémites au Front National, et il y en a bien plus encore à la gauche de la gauche.

 

Que pèsent quatre cent mille Juifs, tous respectueux des lois et du droit, dans une réalité où il existe des millions de musulmans, dont trente pour cent environ ont des inclinations radicales.

 

Et puis, combien de gens en France, sans être aussi excités que les membres d’Euro-Palestine n’en ont pas moins désormais des sympathies qui peuvent les mener à comprendre Euro-Palestine ?

 

Outre Euro-Palestine, on assiste à la multiplication d’organisations immondes, telles que les Indigènes de la République, organisation raciste aussi antisémite qu’Euro-Palestine et résolument favorable au terrorisme, ou le Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah, qui défend l’auteur de deux assassinats commis de sang-froid à Paris (celui du Lieutenant-Colonel américain Charles R. Ray et celui du diplomate israélien Yaakov Bar-Simantov).


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Bruxelles-Metula du 31 mars 2017 (013103/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 31 mars 2017

 

Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/YkijVXEl5QI  (Youtube), analyse :

 

1. La double décision du gouvernement israélien de construire une nouvelle implantation (la première en 20 ans) pour reloger les Edennistes antisionistes d’Amona, qui ont blessé plus de 50 policiers israéliens, en les traitant de soldats nazis et en appelant de leurs vœux la fin du sionisme.

 

Une décision prise afin de calmer les membres de la coalition et de pouvoir annoncer un gel très partiel des implantations à la demande du Président Donald Trump.

 

Les mesures prises par le cabinet Netanyahu ne satisfont toutefois pas la nouvelle administration U.S ; une réunion de 4 heures, la semaine dernière, avec l’émissaire de Washington, Jason Greenblatt, s’est terminée en queue de poisson.

 

Il semble que Donald Trump soit fermement décidé à aboutir à un règlement avec les Palestiniens et le monde arabe. On se dirige vers une crise avec les Etats-Unis, plus profonde peut-être que ce que l’on a connu avec Barack Obama.

 

2. L’Affaire du cimetière de Pantin : il s’agissait bien d’un accident comme l’a démontré l’enquête scientifique de la Ména. Mais la confiance est rompue entre le gouvernement français, les représentants communautaires, d’une part, et la population israélite, de l’autre.

 

La faute au stress permanent imposé aux Juifs, aux décisions arbitraires, au laxisme face à l’antisémitisme, ainsi qu’à une communication calamiteuse.

 

3. La manifestation de demain prévue par la CAPJPO, avec des slogans manifestement antisémites et un appel au BDS, le boycott d’Israël, autorisé par le préfet en contradiction patente avec la loi française.

 

Les Israélites vont, une fois de plus, regarder au balcon les antisémites défiler au cœur de Paris en toute légalité. Vont-ils à nouveau se voir infliger des "Mort aux Juifs !" et des "Juif, tire-toi, la France n’est pas à toi !" ?

 

Le statut des Israélites français se détériore de jour en jour, et le programme des candidats à la présidence promet une aggravation du phénomène.

 

4. La Turquie a décidé de mettre fin à sa campagne militaire en Syrie, mais va-t-elle retirer ses soldats ou maintenir leurs positions. L’avenir des Kurdes en question, avec le rôle grandissant des Russes dans la région et une synchronisation stratégique entre Messieurs Poutine et Trump.

 

 
L’offensive turque en Syrie est terminée. Et alors ? (info # 013003/17) Version imprimable
Analyse
jeudi, 30 mars 2017

 

Par Perwer Emmal

 

Le Premier Ministre turc, Binali Yldrim, a annoncé avant-hier sur la chaîne de télévision NTV que l’opération militaire en Syrie menée par son pays et intitulée "Bouclier de l’Euphrate" était terminée. Cette intervention a duré sept mois ; elle avait pour objectif officiel de combattre l’Etat Islamique (DAESH), ainsi que les "terroristes" du Kurdistan syrien. L’intention affichée consistait à créer une "bande de sécurité" destinée à protéger la Turquie des menaces qu’elle encourait du fait de la Guerre Civile à sa frontière.

 

Les choses ont sans doute été discutées à l’occasion de la première visite du Secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, ce jeudi à Ankara. La déclaration du Premier ministre ottoman avait constitué un préambule à ces entretiens, mais les discussions ne se sont pas bien passées. Lors d’une conférence de presse tendue avec le ministre turc des Affaires Etrangères, Mevlut Cavusoglu, interrogé sur les préférences du nouveau président U.S en Syrie et sur les relations entre l’Amérique et les Kurdes, M. Tillerson a répondu : "Permettez-moi d’être franc, il n’existe pas de décisions simples".

 

Aujourd’hui, l’Armée turque et ses auxiliaires islamistes, en fait des miliciens d’al-Qaïda recyclés, occupent une bande de terre longue de 90km, d’une largeur oscillant entre 5 et 32km en Syrie. M. Binali Yldrim n’a pas précisé si son pays entendait se retirer du territoire qu’elle occupe ou y maintenir sa présence.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

En réalité, avec Bouclier de l’Euphrate, Erdogan poursuivait deux finalités assez éloignées du discours officiel. La première consistait à maintenir un lien géographique avec DAESH, que la Turquie fournissait en matériel de guerre, en combattants islamistes venus du monde entier, et avec lequel la famille du demi-dictateur turc réalisait de juteuses transactions financières. En particulier, les proches d’Erdogan achetaient à DAESH du pétrole brut à un prix défiant toute concurrence, en exploitant le fait que l’EI ne disposait pas d’autres débouchés pour vendre le pétrole qu’il produisait sur le territoire qu’il occupait.

 

Les journalistes et même les policiers turcs, qui n’étaient pas tous dans la confidence de ce commerce, et qui fournirent maladroitement les preuves de son existence, ont subi de plein fouet le courroux du régime. Celui-ci, faute de pouvoir étouffer l’affaire dont les photos s’étalaient partout, se contenta d’interdire de façon musclée que quiconque en Turquie y fasse allusion.

 

Ce n’est pas la coalition occidentale anti-DAESH qui a ainsi coupé le cordon ombilical entre la Turquie et l’Etat Islamique, en raison des relations qui la lient à Ankara, l’un des membres les plus puissants de l’OTAN, mais les Russes.

 

Après la prise d’Alep, réalisée grâce aux bombardements massifs des avions de Vladimir Poutine, ainsi qu’à l’intervention au sol de ses forces spéciales, les Russes, encadrant l’Armée d’al Assad et ses supplétifs chiites libanais, investirent rapidement la région située au sud d’al Bab (carte, cercle 1), coupant définitivement la continuité géographique entre les forces turques et les combattants de l’EI. Ce sont même les forces de Moscou qui chassèrent à elles seules DAESH de la ville de Tadif, située à moins d’un kilomètre au sud-est d’al Bab, après plusieurs assauts infructueux de leurs alliés gouvernementaux. Ce faisant, Poutine contrecarra le premier objectif d’Erdogan.

 

La deuxième finalité poursuivie par Ankara était d’empêcher à tout prix la jonction entre les Kurdes du Rojava oriental, et leurs frères vivant dans la poche d’Afrin, qu’à la Ména nous appelons le Rojava occidental par souci de clarification (Rojava signifie déjà "ouest" en kurde).

 

Au début de Bouclier de l’Euphrate, avec l’évacuation, coordonnée entre les Turcs et l’EI, de la ville frontalière de Jarabulus, présentée par Ankara comme un triomphe militaire mais éventée par la Ména, de violents affrontements se produisirent entre l’Armée ottomane et ses supplétifs, d’une part, et les Forces Démocratiques Syriennes, sous commandement kurde, qui venaient de s’emparer de la ville de Manbij, de l’autre.

 

Ankara, malgré l’envoi de dizaines de chars et l’utilisation massive de son aviation ne parvint cependant qu’à grignoter des parties négligeables du terrain tenu par les FDS. Au contraire, les Peshmerga, depuis sept mois, ont progressé de plusieurs dizaines de kilomètres, tant en provenance de l’Est que de l’Ouest. Désormais, avec l’imposition de la pax poutina, les deux clans kurdes ne sont plus distants que d’une vingtaine de kilomètres (carte. Cela donne aussi l’échelle de la carte dans son ensemble).

 

Ces succès sont dus en partie à la capacité militaire des combattants kurdes, certes, mais également aux pressions du gouvernement Obama sur Erdogan afin qu’il tempère son enthousiasme et réduise son recours à l’aviation. Barack Obama et John Kerry, bien que favorables aux Turcs, ne pouvaient pas lâcher complètement l’allié militaire kurde ; la première raison à cela est que ce sont les Etats-Unis qui avaient demandé aux YPG, les forces kurdes, de franchir l’Euphrate d’est en ouest pour chasser l’EI de Manbij. Washington les a soutenus notamment par des dizaines de sorties de l’U.S Air force, et par l’appui au sol que leur ont procuré les commandos américains et ceux de divers pays européens face aux islamistes. Au début de Bouclier de l’Euphrate, ces commandos occidentaux se trouvaient encore sur le terrain, à quelques kilomètres seulement des attaques turques, elles aussi soutenues par l’aviation coalisée. C’était une situation cornélienne et surtout terriblement dangereuse. Une situation qui suscita l’opposition déterminée du commandement général de l’Armée américaine, et qui aboutit à l’observation imposée d’une ligne de démarcation sur la rivière Sajour. 

 

L’autre raison est stratégique : l’essentiel de la coalition occidentale au sol, face à DAESH et sa capitale Raqqa, est formé par les Forces Démocratiques Syriennes et son ossature kurde, précisément les mêmes forces qui sont déployées à Manbij et à l’ouest de cette cité. Sans les Kurdes, les Occidentaux n’ont aucune chance de prendre Raqqa et Deir-ez-Zor, et devraient abandonner l’idée de les libérer, ou pire, laisser la possibilité au régime d’al Assad et à son protecteur russe de s’en emparer. En plus d’une perte d’influence inacceptable dans la région, le passage des deux villes sous le contrôle du régime amènerait dans son sillage les soldats de l’Armée régulière iranienne, son alliée, et menacerait toute la Syrie de devenir un protectorat de Téhéran, qui s’étendrait de la frontière afghane à la rive libanaise de la Méditerranée, le Liban se trouvant déjà sous l’emprise des supplétifs iraniens du Hezbollah.   

 

Pour le commandement kurde, il était évidemment impensable de mener l’offensive à Raqqa pour les Américains, pendant que les Américains permettaient aux Turcs de les massacrer à Manbij. D’un point de vue encore plus pragmatique, il n’était pas possible pour les Kurdes de dégarnir le front de Manbij pour envoyer des hommes à Raqqa s’il fallait résister à la pression turque.

 

Il y eut un moment de flottement, face au désaccord entre le Président Obama et son état-major, largement dû à l’incompétence, à l’ignorance et au désintérêt de l’ex-président pour la chose militaire et la guerre contre l’EI. Pendant un mois environ, les Peshmerga engagés sur le front de Raqqa cessèrent toute progression, attendant que l’offensive turque qui les visait à l’Ouest soit jugulée par des méthodes diplomatiques.

 

L’affrontement FSD-Turquie se calma relativement sur la Sajour mais il persista à l’ouest, au nord-ouest de Manbij et aux abords d’al Bab, où il fit de nombreux morts dans les deux camps. Si, au sol, les Kurdes et leurs alliés prenaient généralement le dessus sur les Ottomans, particulièrement grâce aux missiles antichars fournis discrètement par les Occidentaux, les frappes aériennes, notamment contre les centres de commandement des FDS, faisaient des ravages. Les alliés occidentaux des Kurdes refusaient de faire donner leur aviation pour les défendre, tandis qu’Erdogan multipliait les raids meurtriers.

 

C’est Vladimir Poutine qui prit les mesures à sa manière pour que cessent les raids aériens du sultan. D’abord il fit survoler à plusieurs reprises la "bande de sécurité" d’Erdogan, passant plusieurs fois à quelques dizaines de mètres de la collision aérienne. Puis, constatant que le message n’était pas passé et que les attaques de l’Aviation ottomane se poursuivaient, il envoya un groupe d’Aero L-39 Albatros bombarder "par erreur" un poste de commandement turc, tuant et blessant plusieurs officiers d’Erdogan.

 

Le Kremlin présenta ses excuses comme il se doit en pareil cas, et Ankara les accepta sans rechigner. Pour être convaincant, le Tsarévitch employa des appareils d’entraînement fabriqués en Tchéquie, hâtivement peints aux couleurs de l’Armée d’al Assad. Chez Assad, les L-39 ne servent quasiment plus qu’à l’entraînement, alors qu’en Russie, il en existe encore 600 en état de voler (la Russie en avait acheté originellement 2100), et on peut les doter de 1 200kg de bombes chacun. De quoi visiblement faire peur à un dirigeant turc, car depuis cette erreur, je n’ai plus vu ni entendu parler d’attaques au sol de positions kurdes par l’Aviation turque.

 

Poutine ne s’en est pas tenu au nettoyage du ciel pour impressionner les Ottomans ; dès le mois de décembre dernier, il créa, à proximité du front, face aux Turcs, quelques unités mixtes (pas plus d’une douzaine) Armée régulière syrienne-Forces Démocratiques Syriennes. On distingue sur la carte, dans le cercle #1, des unités de ce genre. Le message du président russe est clair : qui s’attaque à l’Armée syrienne, s’attaque à son protecteur russe, qui interviendra avec tout le "discernement" dont il a fait preuve à Alep et ailleurs, tuant des gens par dizaines de milliers.

 

Comment Poutine fait-il coexister des soldats syriens et des Peshmerga, ce qui tiendrait du miracle tant leurs intérêts divergent et tant ils se détestent ? Et comment a-t-il fait pour convaincre Bashar al Assad de protéger les forces kurdes alors qu’il aspire ouvertement à récupérer le Rojava ?

 

C’est simple : en fait, les "militaires gouvernementaux" sont aussi kurdes que les combattants des FDS. Ils appartiennent à la Résistance Nationale Syrienne, une force uniquement composée de Kurdes, qui se sont battus aux côtés du régime à Alep et se sont illustrés dans la bataille féroce qui s’est déroulée face à l’EI aux alentours de l’Ecole d’Infanterie. Mais la RNS, ou Brigade des Martyrs de Kafr Saghir, a toujours conservé son indépendance. Ils ont fait le coup de feu aux côtés des Alaouites, parce que DAESH combattait leurs frères dans le Rojava et menaçait le quartier kurde d’Alep. Reste que leur ennemi principal a toujours été la Turquie : ces combattants haïssent littéralement les Turcs - j’ai pu m’en rendre compte personnellement en discutant avec eux -, bien davantage, si c’est encore possible, que les YPG les détestent.

 

Profitant des retombées de cette alliance – il est impossible sur le terrain de distinguer les FDS des RNS, les Martyrs de Kafr Saghir obéissant avec plaisir aux injonctions du commandement FDS – Poutine occupe désormais le terrain. Depuis quelques semaines, ne prenant absolument pas en compte les réticences de Bashar al Assad, les soldats russes forment, entraînent et arment des Peshmerga, prenant une place croissante parallèlement aux instructeurs occidentaux. L’entente semble idyllique, les Kurdes étant reconnaissants envers les Russes pour avoir fait taire les armes et renforcé leurs positions.

 

Cela ajoute au dilemme d’Ankara : laisser ses troupes en Syrie ou les en retirer. Erdogan pourrait les y maintenir, mais à quoi bon, puisqu’elles ne peuvent plus avancer et que la Turquie est géographiquement coupée de l’EI ? Bien sûr, tant que ses soldats sont présents, ils empêchent l’unification du Rojava, mais le sultan risque un affrontement avec les Russes, dépense beaucoup d’argent et provoque de l’amertume parmi ses officiers, dans une armée déjà terriblement affaiblie par les purges ayant suivi le coup d’Etat manqué du 15 juillet dernier.

 

Ce qui est sûr est que si les Turcs décidaient de s’en aller, les Peshmerga parcourraient immédiatement les 20km séparant le saillant est du saillant ouest. Et personne ne pourrait les en empêcher.

 

Bien plus au Sud, les Kurdes qui se battent aux côtés d’environ 1 500 Occidentaux sur le terrain, dont 1 000 Américains, ont pris le contrôle du barrage de Tabka (carte, cercle #2), ont traversé l’Euphrate, et se sont emparés de l’aéroport, à 12km du fleuve, dans lequel, à l’été 2014, les miliciens de DAESH avaient exécuté, après les combats, près de 200 soldats du régime.

 

Le barrage, s’il n’a pas subi de dommages structurels durant les affrontements des derniers jours, n’a plus de salle de contrôle, les islamistes l’ayant saccagée avant de se retirer. Cela fait planer un risque d’inondation de la plaine en aval, y compris sur la ville de Raqqa, à 40km. Des techniciens syriens ont bien tenté de venir réparer les dégâts mais ils ont été accueillis par un feu nourri de l’artillerie daeshiste et ont rebroussé chemin.

 

Comme on le voit dans le second cercle de la carte, les FDS progressent maintenant sur la rive sud de l’Euphrate, avec pour dessein d’encercler Raqqa, dont ils ne sont plus éloignés, sur la berge opposée, que de 4km par endroits. Ils progressent également le long du cours d’eau en direction de Deir-ez-Zor.  


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Cimetière de Pantin : analyse et épilogue (info # 012803/17) Version imprimable
Analyse
mardi, 28 mars 2017

 

Par Stéphane Juffa

 

Depuis plus d’une semaine, précisément depuis le lundi 20 courant, la polémique enflait au sein de la communauté juive de Paris. Qu’est-ce qui a causé la destruction d’une quinzaine de tombes dans le carré israélite du cimetière de Pantin ?

 

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Un évènement banal ?

 

Deux raisons à cette dispute : le sentiment – c’est plus qu’une impression – d’être les laissés-pour-compte de l’appareil étatique qui, en cette veille d’élection présidentielle, drague les citoyens français de confession musulmane de manière presque obsessionnelle ; il n’est que d’entendre les discours de Mélenchon, d’Hamon et de Macron pour s’en persuader, ainsi que la passivité du gouvernement face à ceux qui détestent et menacent les Juifs en public.

 

Les autorités viennent ainsi d’autoriser une manifestation organisée par la CAPJPO Euro-Palestine contre ce qu’elle appelle l’ "occupation et la colonisation de la Palestine", pour la "participation à la campagne BDS" de boycott d’Israël, pourtant décrétée illégale par le gouvernement, mais aussi  "plus que jamais" pour la "séparation du CRIF et de l’Etat !" et la "dissolution de la LDJ !". Pour ceux qui auraient un doute, ces mots d’ordre se retrouvent sur le site Web de la CAPJPO.

 

Avec l’offensive visant le CRIF, le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, on franchit cette fois la frontière illusoire entre l’antisionisme et l’antisémitisme. C’est l’assurance de voir scander, samedi prochain, en toute légalité, des slogans en faveur de la destruction de l’Etat hébreu et au détriment de la communauté la plus républicaine et pacifique de France. Avec, de plus, un grand risque de voir des enragés hurler "A mort les Juifs" ou "Juif, tire-toi, la France n’est pas à toi", comme c’est déjà arrivé dans ce genre de manifestations.

 

Les autorités auraient même demandé à la petite communauté israélite des Loubavitch de fermer sa permanence parisienne située non loin du passage de la manifestation, pour en faciliter le déroulement. On comprend, dans ces conditions, qu’il ne fait pas bon, par les temps qui courent, être un Israélite français en général, parisien, en particulier.

 

Autre raison de la dispute, la communication médiocre de la ville de Paris, de la police et des institutions représentant les Israélites. A l’instar de celle de la mairie :

 

"Lundi 20 mars, une voiture conduite par un particulier dans une allée du cimetière de Pantin a refusé la priorité à un camion de la ville de Paris. Pour éviter une violente collision, l’agent municipal qui conduisait le camion a été contraint de faire sortir son véhicule de la route. Contournant les arbres qui bordaient la chaussée, il a heurté treize sépultures confessionnelles situées dans la 48e division, avant de marquer enfin l’arrêt".

 

Des sépultures... confessionnelles ? Face à l’émoi d’une communauté qui découvre les tombes de ses membres éclatées, comme à la suite d’un bombardement ou d’un cataclysme, des pierres déplacées découvrant la fosse où les êtres chers sont enterrés, tout ce que les services de Madame Hidalgo ont été capables de faire fut de parler des circonstances de l’accident, sans un mot de sympathie. En oblitérant le fait que la victime, c’était une fois de plus la communauté juive, comme si sa foi était une maladie honteuse, comme s’ils ignoraient les nombreuses profanations volontaires d’autres cimetières français par des antisémites ces derniers temps ? On parlera à tout le moins d’un extraordinaire manque de sensibilité.

 

Et la police, face à la surprise et aux interrogations, qui, à la place de hâter son enquête et de publier un rapport circonstancié avec photos et témoignages à l’appui, ne serait-ce que pour tordre le coup à la rumeur naissante, traîne les pieds et n’a toujours pas publié son document de synthèse plus d’une semaine après les faits.

 

Quant au CRIF, au Grand Rabbinat et aux autres représentants de la communauté, leur mode de communication a cent ans de retard. D’abord, ils se trompent de cible en stigmatisant le trouble qui a envahi leur propre communauté, et dont ils ne saisissent ostensiblement pas la profondeur de la blessure – ils parlent d’un "simple fait divers" ! – ainsi que l’exigence d’explications claires et rassurantes. On le distingue bien dans la note du président du CRIF, Francis Kalifat : "Un simple fait divers, qui s’est produit lundi dernier et qui avait été traité comme tel toute la semaine, s’est transformé en délire digital pendant le week-end (…). Cela est riche d’enseignements. Nous apprenons comment un événement, certes regrettable mais banal (sic), peut enfler en rumeur sur les réseaux sociaux".

 

Kalifat, qui pense mettre fin aux doutes en affirmant : "Je me suis entretenu avec la personne accidentée. C'est bien à la suite d'un accident que le camion a renversé les tombes".

 

Face aux multiples interrogations légitimes qui entourent l’affaire, ce que les Israélites parisiens attendent, ce n’est précisément pas ce type de messages soi-disant apaisants, ce sont des faits, des preuves. Car les indices sont bouleversants : outre la communication calamiteuse, les personnes qui se rendent sur place – dont la reporter de la Ména Patricia La Mosca et de nombreux lecteurs et amis de l’agence - ne parviennent pas à mettre en adéquation l’ampleur des dégâts et le fait qu’ils auraient pu être causés par un seul camion. Patricia, qui observe que dans ce cimetière multiconfessionnel, c’est uniquement la parcelle réservée aux Juifs qui a été dégradée, me fait même cette confidence au téléphone : "Là, ils nous prennent clairement pour des cons !".

 

Et puis il y a un arbre, intact, qui aurait dû se trouver sur le parcours du camion, et un buisson abîmé, mais du mauvais côté, comme si le camion était sorti du cimetière et non le contraire. Et ces ouï-dire des responsables communautaires, qui avancent comme autant de témoignages indiscutables : "Je vous dis que…", "J’ai vu des témoins", "J’ai rencontré le gardien du cimetière, qui m’a dit que..", "Même le Grand rabbin l’a dit, vous mettez la parole du Grand rabbin de France en doute ?".

 

On oublie facilement que, par les temps qui courent, nul n’est au-dessus du soupçon, et qu’un Grand rabbin de France avait été contraint de démissionner en 2013, car il n’avait jamais obtenu d’agrégation de philosophie comme il l’avait laissé entendre.

 

La colère grondait, l’impression très nette d’être floué, qui atteignait jusqu’au député Meyer Habib, se lâchant sur un réseau social en ces termes : "On pourrait savoir ce qui s’est réellement passé au cimetière de Pantin ! On nous cache des choses et là ça devient inacceptable".

 

Hier, lundi, sur Facebook, on en arrivait quasiment aux insultes personnelles entre ceux qui endossaient la thèse officielle de l’accident et ceux qui la contestaient. Je fus moi-même pris à parti pour avoir refusé de conclure sans plus attendre à la malveillance déguisée en accident de la route. Un ami dont je respecte la perspicacité me reprochait de devenir plus diplomate que journaliste. Le débat commençait à s’éparpiller, ce qui m’amena à envisager une preuve facile à produire, qui permettrait de trancher dans la controverse : oubliant intentionnellement tous les autres éléments du questionnement, je conclus que, soit il existait des images, non pas de l’accident, ce qui peut arriver, mais de l’enlèvement du camion d’entre les pierres tombales, cela constituerait une preuve suffisante pour accréditer la thèse officielle. Il n’était pas envisageable, en effet, que la police – et au moins elle -  ne photographie pas le désencastrement du poids lourd. A l’opposé, si ces images n’existaient pas, si les "autorités" n’étaient pas en mesure de les produire, la thèse de la malveillance semblerait la plus plausible.

 

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Le camion, enchevêtré parmi les sépultures

 

J’avais pris l’engagement que, dans la seconde éventualité, la Ména ouvrirait une enquête à Paris et que nous découvririons la vérité. Je comptais, il est vrai, sur nos spécialistes de l’analyse de l’image et sur nos amis physiciens, qui ont fait du chemin depuis qu’ils ont dévoilé l’imposture de la Controverse de Nétzarim (Affaire Mohamed Dura), au début des années 2 000.

 

Puis, comme par enchantement, très vite, nous avons reçu les photos du camion enchevêtré dans les tombes. Jusqu’à ce matin, sans savoir qui les avait prises [mais cela n’a pas d’importance], elles n’ont cessé de nous parvenir par messages personnels. Lors, Francis Kalifat et ses amis auraient tort de continuer à stigmatiser la curiosité des gens et de les accuser de je ne sais quel complot, car mon impression à froid en découvrant les images était que le camion était trop petit, et surtout trop peu endommagé – juste un phare latéral cassé – pour avoir pu causer un carnage aussi massif. Des dizaines de pièces de marbre, de plusieurs centaines de kilos chacune, renversées par un camion pratiquement intact, qui s’est, de surplus, arrêté des mètres avant d’entrer en collision avec les pierres tombales les plus éloignées, cela n’avait vraiment pas l’air concluant.

 

Vers une heure du matin, heure d’Israël, la nuit dernière, j’ai réveillé les collaborateurs scientifiques de la Ména, en leur soumettant les deux thèses, oralement et par écrit, sans autre forme de commentaire. Aucun d’entre les trois n’avait suivi l’affaire, deux savaient uniquement "qu’il s’était passé quelque chose dans un cimetière juif à Paris".

 

Une heure après la réception des deux premières photos, j’obtins la confirmation de mon équipe qu’elles étaient authentiques (techniquement pas modifiées). Puis les scientifiques ont passé sept heures à effectuer une simulation digitalisée de l’ "accident". Au début de cette après-midi de mardi, utilisant l’un de nos logiciels maison, ils étaient parvenus à réaliser près de 90% des dégâts en lançant le camion jusqu’à l’endroit où il s’est immobilisé. Cela signifie que les pierres tombales au sol correspondent à 90% à ce que l’on distingue sur les photos actuelles des dégâts. Pour les professionnels, dont je ne suis pas, cela signifie également, au-delà de tout doute sensé, que c’est bien le camion qui apparaît sur les images qui a causé la destruction des tombes et non un acte de malveillance.

 

Dans la reconstitution (qui nécessite l’installation de notre logiciel) on voit très clairement qu’il y a eu un effet domino ; une première pierre verticale de masse imposante ayant été heurtée par l’avant du camion, en a percuté une autre, qui est tombée sur une troisième, qui, en chutant, a déplacé un couvercle de catafalque, etc.

 

Le résultat est celui que l’on voit sur les photos.

 

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Une roue s’est arrêtée dans une tombe

 

Je m’inquiétai du fait que ces énormes pierres soient tombées "si facilement". Ce à quoi le physicien me répondit que le calage de ces pierres n’est en principe pas prévu pour résister à des camions, et que les camions ne circulent généralement pas dans les travées des cimetières. Il est prévu qu’elles résistent au vent et aux tremblements de terre, c’est suffisant. Pour en avoir le cœur net, j’ai appelé ce matin un directeur local de la Khévra kadisha, l’entreprise générale des pompes funèbres israéliennes, qui m’a confirmé les affirmations du physicien.  

 

C’est presque tout. Enquête terminée. Le doute raisonnable ne subsiste pas. L’affaire nous enseigne à nouveau de ne pas confondre les indices, les intuitions et les preuves.

 

Presque tout parce qu’il manque un dernier volet : à la Ména, la science prime dans l’analyse, car on ne discute pas contre les lois de la physique. Mais ensuite, une autre réflexion s’impose et corrobore le travail des techniciens : l’enlèvement du camion a eu lieu de jour, il n’y a que le carré des tombes endommagées qui était interdit au public par un simple ruban rouge. Sans faire de procès d’intention à personne ni distribuer des certificats d’angélisme, il est difficile d’imaginer que les autorités municipales ou nationales auraient pris le risque énorme de faire entrer un camion dans un domaine public et de le positionner au milieu de tombes juives. Si cela fuitait, c’était un séisme de 10 sur l’échelle de Richter assuré, et un méga-scandale ingérable avant les élections.

 

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Une trace de pneu qui a permis de reconstituer précisément la trajectoire du camion

 

Et placer l’une des roues du camion dans une tombe (regardez les photos)… vous parlez d’une profanation ! Non plus commise par un groupe de néo-nazis ou d’islamistes, mais par l’Etat français. Et encore, on distingue au moins trois employés qui assistent ou participent à l’enlèvement du camion : si la Ména avait dû enquêter sur place, elle aurait commencé par les identifier et les interviewer ; et ce ne sont pas des politiciens, s’il y avait eu magouille, nous n’aurions pas eu beaucoup de peine à les faire craquer, et on imagine aisément la suite.

 

Les photos de l’enlèvement ont ainsi conduit, comme je l’imaginais, à l’élucidation du dilemme en quelques heures. En fait, on avait atteint notre conviction à 4h du matin, nous avons finalisé l’enquête par engagement professionnel, parce que c’est ainsi que l’on procède quand on fait les choses sérieusement.

 

Je remercie Claude Namer, qui s’est rendu deux fois sur place et nous a remis le matériel visuel qui nous était nécessaire, découvrant les traces de pneus du camion et reconstituant fidèlement son trajet. Merci aussi à Eber Haddad, qui nous a fourni les clés ayant conduit à la solution de l’énigme.

 

 
Ceux qui œuvrent à la disparition d’Israël n’ont rien à faire en Israël (info # 012603/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 26 mars 2017

 

Par Guy Millière

 

Je vis désormais aux Etats-Unis. Si j’avais écrit des livres ou des articles vecteurs de haine aux dépens des Etats-Unis, si j’avais fait campagne en faveur de mesures internationales de boycott à l’encontre des Etats-Unis, il est quasiment certain que, quels que soient par ailleurs les documents attestant de mes qualités intellectuelles et de l’importance de mes publications, on m’aurait refusé le statut de résident. Si, ayant participé à des manifestations encourageant la violence contre les Etats-Unis ou prônant leur destruction, j’avais souhaité me rendre aux Etats-Unis, on m’aurait, sans aucun doute aussi, interdit l’entrée sur le territoire du pays. Tout cela m’aurait paru légitime. Un pays peut choisir qui il accueille sur son sol et doit disposer de la liberté de décision en la matière, sinon, il n’est plus un pays souverain.

 

Le parlement israélien a voici peu voté une loi qui interdit l’entrée en Israël de gens tenant verbalement ou par écrit des propos de haine à l’encontre d’Israël et participant au mouvement BDS. Cette loi a fait l’objet de commentaires négatifs dans la presse européenne, où certains ont parlé de décision liberticide. Des articles ont été publiés en Israël qui la critiquent dans des termes similaires.

 

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BDS, un mouvement essentiellement racial

 

Que la presse européenne fasse des commentaires négatifs sur une loi israélienne n’est pas surprenant. Chercher un article positif sur Israël dans la presse de la quasi-totalité des pays européens est plus difficile encore que chercher une aiguille perdue dans un hangar empli de foin.

 

Ce que des journalistes européens trouvent compréhensible lorsqu’ils parlent des Etats-Unis (ou, tout au moins, trouvaient compréhensible lorsqu’ils parlaient des Etats-Unis jusqu’à l’élection de Donald Trump) devient pour eux strictement scandaleux lorsqu’il s’agit d’Israël.

 

Que des commentateurs israéliens émettent des opinions négatives sur une loi israélienne, qui ressemblent aux commentaires hostiles que l’on trouve dans la presse européenne, n’est, hélas, pas surprenant non plus : ces commentateurs appartiennent à la gauche israélienne, qui est, en général, aussi aveugle que la gauche du reste du monde.

 

Que ces commentateurs israéliens ne voient pas qu’il existe une différence radicale entre la critique de la politique d’un pays et la haine exprimée contre ce pays, qu’ils semblent ne pas voir que les campagnes en faveur de mesures internationales de boycott visant Israël ont pour objectif la destruction d’Israël, qu’ils semblent ne pas voir non plus que les manifestations anti-israéliennes sur le sol israélien n’expriment ni critiques ni préoccupations, mais constituent des campagnes de haine, est préoccupant voire scandaleux.

 

Il existe des discours critiques de la politique israélienne, et des intellectuels juifs européens de gauche tiennent volontiers ces discours. En France, des hommes tels qu’Alain Finkielkraut ou Bernard Henri Levy n’ont, par exemple, jamais montré une sympathie débordante à l’égard des gouvernements successifs dirigés par Binyamin Netanyahu, et c’est le moins que je puisse dire. Nul pour autant ne pourrait qualifier leurs discours de discours anti-israélien haineux.

 

La consultation des sites des officines “pro-palestiniennes”, nombreuses en Europe, permet quant à elle de déceler immédiatement que ces organisations sont imprégnées d’autre chose qu’une volonté de critique. Les accusations partiales, partielles et viciées contre Israël y abondent, les falsifications des faits et de l’histoire y sont omniprésentes, l’apologie du terrorisme et de l’assassinat de Juifs n’y est jamais très loin, la diabolisation de l’Armée et du gouvernement israéliens y est récurrente. Quand des officines de ce genre organisent des voyages, elles vont souvent jusqu’au négationnisme, et disent que le voyage a pour destination la “Palestine”, car pour elles, Israël n’existe pas et n’a pas le droit d’exister. Dans quel autre pays accueillerait-on à la frontière des gens qui prétendent que ledit pays n’existe pas et n’a pas le droit d’exister ? Qu’Israël ne veuille pas accueillir des porteurs d’accusations partiales, partielles et viciées, des falsificateurs, des gens faisant l’apologie du terrorisme et de l’assassinat de Juifs et des praticiens de la diabolisation est légitime ; c’est même la moindre des choses dans un contexte où le risque d’attentats terroristes contre Israël et de meurtres contre des Juifs en Israël est omniprésent.

 

Le mouvement BDS (Boycott-Désinvestissement-Sanctions) est à classer dans la même catégorie que les autres organisations “pro-palestiniennes”. Prétendre que ce mouvement ne vise pas la destruction d’Israël implique la volonté d’être aveugle de manière obstinée et forcenée. Vouloir détruire l’économie d’un pays, car c’est le but, c’est vouloir détruire un pays, car aucun pays ne peut vivre avec une économie ruinée. Qu’Israël ne veuille pas accueillir des gens qui s’emploient à détruire Israël est aussi vraiment la moindre des choses.

 

Que des gens désirent venir en Israël pour participer à des manifestations anti-israéliennes qui, systématiquement, sont porteuses de haine et de soutien au terrorisme, et qu’Israël ne veuille pas d’eux est encore une fois la moindre des choses.

 

Ceux qui haïssent Israël, ceux qui veulent détruire Israël, ont le monde entier pour cracher leur venin, vociférer, éructer, brûler des drapeaux israéliens. Ils n’ont pas à se voir accueillis en Israël pour se livrer à leurs méprisables activités. En ne les accueillant pas, Israël se conduit en pays souverain et ne viole le droit de parler et d’agir de personne.

 

Que cela déplaise à ceux qui voudraient qu’Israël soit rayé de la surface de la Terre est logique, mais Israël n’existe pas pour faire plaisir à ceux qui voudraient le rayer de la surface de la Terre.

 

Que des Israéliens ne le comprennent pas n’est pas grave, tant que ces Israéliens sont minoritaires : toute société démocratique inclut des aveugles, qui ont eux aussi le droit de s’exprimer.

 

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Espagne-Israël : seul un miracle… (info # 022403/17) Version imprimable
Sport
vendredi, 24 mars 2017

 

Par Ilan Tsadik

 

Ce soir, à 20h 45 heure de Paris, 22h 45 à Métula (on a changé d’heure la nuit dernière), la Roja (la Rouge), l’équipe espagnole de football, l’une des meilleures de la planète, reçoit la sélection israélienne, la Nivkhéret, à Gijon (ça se prononce khikhonne), dans les Asturies. La rencontre compte pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 2018 en Russie.

 

Avant ce match, l’équipe nationale israélienne pointe au 3ème rang du classement intermédiaire, avec 9 points, trois victoires et une défaite, derrière l’Espagne et l’Italie et leurs dix points chacune. Il faut impérativement terminer dans les deux premiers pour espérer obtenir son ticket pour Moscou.

 

Sur le papier, seul un miracle de la taille de l’ouverture des eaux de la mer Rouge pourrait permettre aux bleus de l’emporter ou même d’obtenir la parité. Mais le ballon et rond, même si ce soir, on ne sait pas si c’est un avantage ou un inconvénient.

 

Le coach, Elisha Levy espère une panne de courant, car dans l’obscurité, nous partons à chances égales avec nos adversaires. Il semble vouloir opter pour un déploiement offensif avec deux attaquants, Tal Ben Haïm et Eran Zahavi, mais certains joueurs pensent que c’est la porte ouverte à une hécatombe.

 

Même si le stade el Molinon, le plus ancien d’Espagne, sera archi-comble ce soir, les joueurs et les journalistes ibères ont tendance à sous-estimer la formation visiteuse, ce qui en fait son meilleur argument.

 

La sélection israélienne s’alignera ce soir avec un brassard noir en hommage à notre confrère Meïr Einstein, emporté cette semaine à 65 ans par une longue maladie. Meïr était le Roger Couderc de la télévision israélienne.

 

Une victoire sur la Roja constituerait un exploit comparable à celle obtenue face à la France par trois buts à deux, le 13 septembre 1993 à Paris, qui barra la route de la Coupe du Monde des Etats-Unis aux Tricolores.

 

Sur le plan extra-sportif, la ville de Gijon se trouve en état de siège ce vendredi. Depuis leur arrivée, les joueurs hébreux, entourés de 13 gardes du corps israéliens, sont confinés dans un hôtel dont ils ne sortent que pour les entraînements. La Roja, quant à elle, est logée dans un autre palace à proximité et bénéficie également d’un gros dispositif policier. Une différence tout de même dans le traitement des deux formations : les Ibères disposent d’un terrain d’entraînement et d’un parcours de golf dans le périmètre de l’hôtel, tandis que les Hébreux sont confinés à l’intérieur. On reparlera de l’hospitalité et des mauvaises manières de nos hôtes.

 

Car il y a bien plus grave. La municipalité de Gijon est la seule de la péninsule disposant d’une équipe en première ou seconde division à avoir officiellement voté le boycott d’Israël. Dès lors, le choix d’Ángel María Villar, le président de la RFEF, la Fédération Royale Espagnole de Football, n’est pas compréhensible. Interrogée à ce sujet, la fédération s’est refusée à tout commentaire.

 

On annonce une vaste manifestation des anti-israéliens, intitulée "carton rouge", juste avant la rencontre. On ose espérer qu’elle ne dégénérera pas, ce qui impliquerait directement la RFEF qui joue, ce vendredi, avec la haine et l’antisémitisme et les invite à s’immiscer dans le sport. Il vaudrait mieux aussi que les 30 000 spectateurs d’el Molinon ne se prennent pas à siffler l’Hatikva, notre hymne national, et qu’on ne les laisse pas entrer dans le stade avec des drapeaux d’entités hostiles, ou des slogans désobligeants, car le football espagnol qui nous passionne tant serait probablement sanctionné par les instances internationales.   

 

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Ici, c’est Gijon

 

Le gouvernement israélien, arguant que le sport est fait pour rapprocher les peuples et non pour attiser le racisme et la haine, a demandé à son homologue à Madrid d’interdire toute manifestation en marge de cette réunion sportive. On ne va pas tarder à savoir s’il a été entendu. Quoi qu’il en soit et en espérant vivement que le sport l’emporte, nous ne pouvons nous empêcher de stigmatiser l’initiative consistant à organiser un match de cette importance dans la ville la plus hostile à Israël d’Espagne. Il y a là au moins un manque de discernement et, au pire, l’intention de surfer sur un ressentiment imbécile pour mettre ses hôtes sous pression. Si la partie avait lieu à Barcelone, à Valence ou à Madrid, les seules manifestations auxquelles on assisterait seraient des manifestations d’amitié entre les deux peuples frères, qui partagent un gros morceau d’histoire commune.

 

Israël compte d’ailleurs des milliers d’amis à Gijon, qui font connaître leur déplaisir sur les réseaux sociaux. A l'instar de Sergio Marqués Prendes, un intellectuel et un éditorialiste qui a exprimé le fond de sa pensée dans La Nueva Espana, (la nouvelle Espagne), sous le titre "Gijón, sept mois de honte". Sur ce site, l’article est reproduit sous une grande photo du cœur de la cité de Gijon barrée du slogan nazi "JUDENFREI".

 

En janvier 2016, le conseil municipal de Gijon avait déclaré la ville "Espace libre d’apartheid israélien". Ce faisant, il entend déconseiller vivement l’achat de produits non seulement israéliens, mais aussi proposés par des entreprises présumées "complices" de "l'apartheid israélien" ou censées obtenir un avantage économique quelconque, fruit du commerce avec celui-ci.

 

La ville de Gijon appelle au contraire à la collaboration avec l’organisation de boycott d’Israël BDS, qui exige explicitement, outre la proscription desdits produits et entreprises, la mise en quarantaine des artistes, des intellectuels, des étudiants, et des formations sportives israéliens. Le même mouvement déclare vouloir "lutter" contre la suprématie juive et le colonialisme sioniste, ce qui en fait, selon Sergio Marqués Prendes, un mouvement ostensiblement antisémite, de même que ceux qui le soutiennent ou le favorisent.

 

Pour Prendes, les droits de l’homme sont déjà entièrement garantis par l'Etat d'Israël. La ville de Gijón, s’allie avec des mouvements qui utilisent spécifiquement la population arabe, en particulier les réfugiés, comme un moyen politique de destruction du seul véritable Etat démocratique dans la région du Moyen-Orient.

 

Il ajoute que les citoyens israéliens d'origine arabe sont la seule population arabe vivant sous l'égide des droits de l'homme au Moyen-Orient, et qu’ils bénéficient de ce parapluie précisément grâce à l'existence de l'Etat d'Israël.

 

Le véritable "apartheid" au Moyen-Orient est celui ressenti par tous ceux qui vivent dans des camps de réfugiés dans les pays arabes "amis de la Palestine". Des personnes qui, avec la complaisance de l'ONU, se voient systématiquement refuser des droits civils tels que le droit à la propriété, celui de voter, le droit au travail, etc.

 

Israël, termine notre confrère, mène une bataille. Une bataille pour les droits de l'homme et de la démocratie sur l’une des scènes les plus complexes et dangereuses qui existent pour la défense de la liberté. Sergio Marqués Prendes invite ses lecteurs à "ne pas se tromper de camp". Il recueille le soutien de nombreux internautes, la vindicte de certains autres, ainsi que notre considération pour sa clairvoyance, son courage et son amitié.

 

C’est donc dans cette ville de Gijon et son atmosphère nauséabonde que la Nivkhéret s’apprête à livrer bataille, par choix de la fédération espagnole de football. Si ce n’était par égard pour les joueurs et les aficionados, qui n’y sont strictement pour rien, nous n’appellerions certes pas le ciel à frapper la péninsule avec les dix plaies d’Egypte (il ne faut rien exagérer), mais à lui infliger une défaite douloureuse, qui pourrait l’empêcher – ce serait une gigantesque surprise – de participer aux prochains Championnats du Monde.

 

Il existe un antécédent à la situation de ce vendredi ; cela se déroula le 7 mars 2009 dans la ville suédoise largement antisémite de Malmö, à l’occasion d’une rencontre de Coupe Davis. La ville avait été ravagée par des milliers d’émeutiers islamistes et néo-nazis. Le Professeur d’histoire suédois Kristian Gerner décrivit ces évènements comme "la pire crise pour les Juifs en Suède depuis la Seconde Guerre Mondiale".

 

L’épilogue de cette histoire fut que la rencontre dut être disputée sans public et, contre toute attente, les tennismen israéliens, qui n’étaient pas favoris, l’emportèrent. Puisse la rencontre de ce soir, rendue artificiellement tendue par une décision stupide, se dérouler sans heurts et sans blessés. Et, laissons-nous aller, une fois n’est pas coutume, à souhaiter que ce ne soit pas le meilleur qui gagne.

 

 
Bruxelles-Metula du 27 mars 2017 (012703/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 24 mars 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/8ojXp3tA2RI (Youtube)

 

Au sommaire de cette semaine :

 

1. La commémoration du génocide des Tutsis en 1994 : le devoir de mémoire, c’est avant tout nommer les victimes et les assassins. La responsabilité terrifiante de la France dévoilée par la Ména, le rôle de la Belgique et le sort du Père Theunis, qui a incité au génocide.

 

2. Jason Greenblatt, l’envoyé de Donald Trump, exige de Binyamin Netanyahu un blocage total des implantations en dehors des trois blocs envisagés. Netanyahu en délicatesse avec sa coalition. Comment refuser lorsque les trois personnes chargées du dossier par le président américain sont des Juifs sionistes et pratiquants. Un piège tendu par Trump ? Le compromis qui pavera la voie à un accord ?

 

3. Terrorisme : débat avec un député écologiste belge. Tous les musulmans ne sont pas terroristes, mais tous les terroristes sont musulmans. Impossible de ne pas considérer cette équation si l’on ne veut pas remplir les cimetières européens. Le terrorisme islamique est l’ennemi auto-désigné ; ne pas le dire ou le combattre, c’est préparer le prochain attentat. On sait quand il aura lieu : très bientôt.

 

4. Le match de ce soir à Gijon d’Israël face à l’Espagne : seul un miracle… Dans une ambiance de ville en état de siège.
 
Westminster (info # 012303/17) Version imprimable
Analyse
jeudi, 23 mars 2017

 

Par Stéphane Juffa

 

Science-fiction : un très long article de Philippe Bernard ce matin, le correspondant du Monde à Londres. L'unique mention de l'islam, de l'islamisme et des musulmans est la suivante : "Nous sommes conscients que les communautés musulmanes vont s’inquiéter à présent, étant donné le comportement de l’extrême droite dans le passé (...)".

 

Sacrée extrême droite, il paraît qu'elle tue des gens de temps à autres...

 

Ce qui "touche un symbole de la démocratie britannique", ce n'est pas le terrorisme islamique, c'est "une attaque".

 

Difficile de croire ce qu'on lit. Le terroriste n'est pas musulman, il est "isolé". Ce qui signifie qu'il a assassiné 4 personnes et en a blessé 40 sans motif, par lassitude, pour ébranler un symbole de la démocratie britannique.

 

Il est le seul dans son cas, le premier, il n'y a pas eu Zaventem ni le Bataclan, ni l'Hyper Casher. Le mec, un loup solitaire, sans doute échappé de la forêt de Sherwood, s'ennuyait le mercredi après-midi - ce n'était pas un prêcheur, un leader communautaire, le représentant d'un grand courant de haine pour tout ce qui est démocratique et non musulman - ; "inspiré par le terrorisme international", il est allé passer ses nerfs à Westminster.

 

Ceux qui écrivent des articles de ce genre, qui les commandent et qui les diffusent ne font définitivement pas le même métier que nous. Il ne s'agit ni d'information ni d'analyse.

 

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Ils sont pourtant des millions à s’exprimer clairement

 

Contrairement au Monde, maintenant, on sait qu'il va y avoir d'autres assassinats collectifs commis par des musulmans en Europe. On sait quand : dans pas longtemps. On sait que les assassins sont déjà sur place. On sait à quelle communauté ils appartiennent, où ils habitent, pourquoi ils agissent. On sait qu'ils ont déjà frappé et tué et que c'est leur unique objectif. On sait qu'ils vont sacrifier leur vie pour tuer LE PLUS GRAND NOMBRE DE NON-MUSULMANS POSSIBLE au nom d'Allah. On sait où ils vont agir : dans un endroit en vue.

 

Et on fait quoi, les brêles, pour empêcher que cela n'arrive ? On prépare les hommages de circonstance ? On dit qu’il faut s’organiser (Hollande) ? On pré-écrit des articles émasculés qui ne veulent rien dire et qui dissimulent l’intolérable réalité ? On protège la communauté musulmane de l' "extrême droite" ? Les Palestiniens du ""génocide"" commis par Israël ? Les banlieusards de la police ? On continue de feindre d’ignorer qu’il existe des milliers de musulmans en Europe pour qui assassiner des non-croyants importe plus que leur propre vie ?

 

 
Vive tension militaire entre Israël et la Russie (info # 012003/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 20 mars 2017

 

Par Stéphane Juffa

 

Rien ne colle au sujet des divers narratifs ayant suivi les raids aériens conduits en Syrie par le Khe’l Avir dans la nuit de jeudi à vendredi derniers. De plus, la situation ne cessant de s’envenimer depuis lors, et les déclarations bellicistes faisant florès, cela amène les experts en stratégie de la Ména à faire des heures supplémentaires afin d’essayer d’y voir clair et de remplir ainsi notre fonction. Si cela ne suffisait pas, tout indique que le torchon brûle entre Moscou et Jérusalem, et qu’un affrontement limité entre les deux armées devient de plus en plus probable ; il est même possible qu’il ait déjà eu lieu.

 

Pourtant, M. Netanyahu était dans la capitale russe la semaine dernière pour y rencontrer M. Poutine et à l’issue de leur entretien, les choses paraissaient sous contrôle. Mais le Tsarévitch et son équipe dirigeante figurent parmi les gouvernements les moins fiables de la planète, ce que nous ont confirmé de vive voix la plupart des représentants des Etats occidentaux que nous côtoyons. Vladimir Poutine est capable de négocier une entente avec vous, un sourire chaleureux aux lèvres, pendant que, dans une autre salle, Lavrov est en train de préparer la livraison d’avions de chasse et de systèmes de missiles avec l’Iran ou la Syrie.

 

Commençons par décrire ce qui nous interpelle à propos du raid de vendredi. Nous n’avons que l’embarras du choix. Lors des opérations aériennes précédentes, l’Aviation israélienne avait tiré des missiles air-sol à bonne distance de ses cibles, le plus souvent à partir du Liban ou à la lisière de ce pays avec la Syrie, et les résultats ont chaque fois été parfaits.

 

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Deux F-16 surmontés d’un F-15

 

Pourquoi, dans ces conditions, cette fois-ci, les appareils hébreux ont-ils profondément pénétré dans l’espace aérien des al Assad ? Quel objectif était suffisamment important et ne pouvait être détruit par les missiles pour justifier qu’on risquât la vie des équipages ?

 

D’autre part, dans les heures qui suivent les raids aériens de Tsahal, le chef de la Ména libanaise, Michaël Béhé, est toujours en mesure de décrire avec précision, le plus souvent avec photos et vidéos à l’appui, les cibles qui ont été visées. Béhé, grâce au réseau d’informateurs qu’il a développé dans la Beqaa libanaise et dans la région élargie de Damas, parvient chaque fois à obtenir des comptes rendus de témoins oculaires. Or cette fois-ci, néant. C’est à peine si ses contacts ont fait état de violentes explosions, mais sans parvenir à les situer géographiquement, ce qui signifie qu’elles ne se sont pas produites dans la zone de Damas et sa grande banlieue.

 

Jusqu’à maintenant, l’on sait, par l’intermédiaire du porte-parole de Tsahal uniquement, que plusieurs objectifs ont été attaqués, et que cela concernait des livraisons d’armes sophistiquées au Hezbollah, mais lesquels ?

 

Et pourquoi le porte-parole de l’Armée s’est-il fendu d’un communiqué alors que, depuis des années, il se refuse obstinément à commenter ce qui se déroule au-delà de nos frontières ? Nous lui avons naturellement posé la question, mais il n’a pas souhaité nous répondre.

 

Quid de cette histoire de missile sol-air intercepté par un Khetz au nord de Jérusalem, une information également transmise par le même porte-parole ? La totalité des confrères ont reproduit ce récit sans broncher et sans se poser de questions ; leur naïveté nous étonnera toujours.

 

Car s’il s’agit bien d’un missile S-200 ou équivalent, sa fonction, sa capacité à voler très haut, très loin et très vite – respectivement 40km, 300km et Mach 4 – le destine à intercepter un avion volant en direction de son objectif, non pas s’en éloignant. Le cas d’école étant un repérage radar d’un appareil au décollage ou se dirigeant vers sa cible ; lors, un missile de ce genre est lancé pour l’empêcher de l’atteindre. Mais les chasseurs-bombardiers à l’étoile de David se rendent plusieurs fois par jour aux confins septentrionaux d’Israël, et Damas n’a pas les moyens de savoir s’ils franchiront sa frontière ou non. Dans la logique, et si les Syriens possédaient des radars suffisamment sophistiqués pour repérer les appareils israéliens au décollage, ils devraient tirer cinquante S-200 quotidiennement et sur tout ce qui vole dans le ciel de Terre Sainte. Ce qui, à n’en point douter, occasionnerait une riposte immédiate de la taille d’une guerre, de la part des Hébreux.

 

Et, de toute façon, les radars syriens n’ont pas pu identifier ces avions sur le trajet aller, car ils volaient en rase-mottes, au point qu’ils ont failli arracher quelques tuiles du toit de la Ména. A cette altitude très inhabituelle, moins de cent mètres du sol, on n’aurait pas pu utiliser un Khetz pour abattre un missile, fait pour intercepter des objets en dehors de l’atmosphère terrestre.

 

Cette altitude de vol pose elle aussi une interrogation supplémentaire : pourquoi voler si bas ? Pourquoi réveiller en sursaut tous les habitants du Doigt de la Galilée, à Rosh Pina, Khatzor, Kiryat Shmona, Métula et sur le plateau du Golan ? Leur mission devait être réellement importante.

 

Nous avons une réponse au moins pour cette énigme : ce ne sont pas des Syriens que nos pilotes se cachaient, qui n’ont pas les capacités techniques de les voir venir, mais des Russes. Les Russes, qui disposent du système antiaérien avancé S-300, notamment embarqué sur leurs navires, dans le sud de la province de Lattaquié en Syrie.

 

Or, à Métula, on sait que les facultés de brouillage des Israéliens sont telles que les Syriens ne voient pas nos avions venir et n’ont pas même le temps de tirer des missiles sol-air lorsque leurs positions sont attaquées. Vendredi non plus, ils ne l’ont pas fait : pour protéger un site, on utilise des missiles à relativement courte portée – quelques dizaines de kilomètres au maximum -, afin de protéger les positions que l’on défend. Le but étant évidemment d’empêcher qu’elles ne soient attaquées et pas d’intervenir une fois qu’elles l’ont été.

 

Ce qui nous fait penser que les Russes et leur S-300 n’ont pas non plus vu nos appareils arriver, et qu’ils n’ont été avertis qu’une fois les frappes effectuées. Ensuite, pour marquer le coup, pour indiquer leur intention de se défendre, ils ont, soit tiré des missiles S-200 ou équivalents (il n’y a pas de grandes différences d’efficacité avec ceux, à longue portée, qui équipent le système S-300), soit ordonné aux Syriens de la faire. De toute façon, il ne fait aucun doute que des officiers russes encadrent physiquement les servants syriens des systèmes antiaériens qu’ils leur ont livrés. Tout comme il ne fait aucun doute que le régime syrien n’aurait pas lancé d’engins de ce genre sur Israël sans l’aval des officiers de Poutine.

 

Encore un fait étrange : on comprend bien que les S-200 ont été tirés en direction des appareils sur le chemin du retour, mais alors pourquoi l’interception par le Khetz a-t-elle eu lieu "au nord de Jérusalem" ? A ma connaissance – et je crois connaître tous les terrains d’aviation d’Israël – il n’existe pas d’aéroport dans cette région, pas plus qu’à proximité immédiate de la capitale de l’Etat hébreu.

 

Les avions qui ont participé à ces raids ont très probablement décollé (et atterri) de la grande base de Ramat-David, à proximité d’Afula, dans le nord du pays, à une centaine de kilomètres de Jérusalem.

 

Que faisait donc un S-200 à proximité de la capitale, à un moment où les participants au raid avaient déjà atterri ou étaient en train de le faire ? Mystère ! A notre avis, il n’a pu s’agir que d’une démonstration de force de la part de Moscou et d’un signe de sa volonté de ne plus laisser le Khe’l Avir intervenir en Syrie comme si c’était son pré carré.

 

Jean Tsadik, notre expert en armement, me fait remarquer que les S-200, ou leurs équivalents plus modernes, sont capables d’embarquer de grosses charges d’explosifs et même une petite bombe atomique, ce qui en fait une fusée qui n’est pas uniquement destinée à abattre des avions. Ce qui renforce l’idée que l’intention du Kremlin consistait à envoyer un avertissement à Israël et non à tenter d’intercepter l’un de ses bombardiers.

 

Cette hypothèse se trouve encore étayée par la convocation, dès vendredi, de l’ambassadeur d’Israël à Moscou par le ministère russe des Affaires Etrangères, afin de "recevoir des explications" relativement au raid de la nuit. Sur le plan formel, cela a tout de même quelque chose de bizarre, à croire que c’est sur le territoire russe que les aéronefs hébreux sont intervenus, ou, à tout le moins, que Poutine a reçu un mandat de l’ONU pour faire le gendarme à Lattaquié, ce qui n’est pas le cas. C’est un peu comme si Jérusalem priait l’ambassadeur russe de venir s’expliquer sur l’occupation de la Crimée, de l’Abkhazie, de l’Ossétie du Nord ou de l’est de l’Ukraine. Mais le Tsarévitch foule les conventions de ses grosses bottes comme si elles n’existaient pas. A témoin, lors d’exercices en Méditerranée orientale, il avait tout simplement enjoint aux Libanais de cesser les vols commerciaux sur Beyrouth pendant 24 heures. Les Libanais avaient protesté mais avaient tout de même fermé l’aéroport Rafiq Hariri suivant la demande des Russes.

 

Et les Israéliens, tant que leur sécurité fondamentale n’est pas en danger, ont tout intérêt à ne pas affronter les Mig et les Soukhoï. Le problème étant qu’on approche de cette fameuse ligne rouge. Un ami, officier de la Marine israélienne, m’a aussi confié que plusieurs opérations en cours avaient dû être interrompues à cause de l’interposition de bâtiments de guerre russes.

 

Pour évaluer le risque de confrontation israélo-russe, il faudrait d’abord saisir ce qui s’est passé aux premières heures de vendredi dernier. Pourquoi 5 F-16 (c’est beaucoup) – Jean Tsadik, qui demeure tout près de Métula affirme qu’il en a vu 4 – assurément protégés par des F-15 en altitude, on fait du radada pour aller bombarder des cibles en Syrie. Notre hypothèse est la suivante : toutes les tentatives effectuées pour livrer des armes sophistiquées au Hezbollah à partir des aéroports de Damas se sont soldées par des attaques israéliennes qui ont non seulement détruit les chargements, mais également infligé de lourdes pertes et des dégâts conséquents à l’Armée gouvernementale.

 

Etant donné que la dotation du Hezbollah en missiles antiaériens et en missiles balistiques à courte portée participe d’une priorité élevée de l’axe Téhéran-Damas - à la fois pour contrôler le pays aux cèdres et pour, le cas échéant, ouvrir un nouveau front face à Israël -, ces deux alliés auraient changé de stratégie. A la place de faire transiter les envois par Damas, ils auraient tenté d’utiliser l’un des nombreux aéroports situés à plus d’une centaine de kilomètres au nord de la capitale. Ce faisant, ils obligeaient les Israéliens, d’une part, à exposer leur aviation loin de leurs bases, et non plus des drones ou des missiles. D’autre part, ils les forçaient à s’aventurer dans le secteur de vol réservé aux Russes d’après les traités officieux conclus entre Poutine et Netanyahu. Comme ils l’escomptaient, cela a généré de vives tensions entre eux, et forcé la main du Kremlin afin qu’il protège, contre son gré, les livraisons d’armes à la milice de Nasrallah.

 

En principe, d’après ce que nous supputons – et nous supputons pas mal, d’ordinaire – Jérusalem et Moscou se sont entendus pour que les appareils russes ne dépassent pas Damas vers le Sud, tandis que ceux du Khe’l ne franchissent pas la capitale syrienne en direction du Nord. Sauf que là, selon notre scénario, et pour maintenir la ligne stratégique impliquant qu’Israël intervient à chaque tentative de livraison de matériel sophistiqué au Hezb, Jérusalem a été contraint de contrevenir à l’accord avec Poutine, provoquant son irritation. De plus, nous sommes absolument certains que les Israéliens n’ont pas averti leurs homologues russes à l’avance de leur projet de raid. Ce, parce que nous ne le faisons jamais, même avec nos vrais alliés, afin de prévenir les fuites qui mettraient nos équipages en danger. En la matière, nous ne faisons confiance à personne.

 

Le régime syrien crie victoire. Non seulement il a annoncé avoir descendu un chasseur-bombardier arborant l’étoile à six branches et en avoir endommagé un second – s’il y a la moindre part de vérité dans cette affirmation, je suis le curé de Cucugnan, avec ou sans l’assentiment de Monsieur Daudet -, mais encore, qu’un changement radical était intervenu dans sa confrontation avec Israël.

 

Selon Bashar Jaafari, l’ambassadeur syrien aux Nations Unies, intervenant dimanche sur la télévision d’Etat, "la Russie a envoyé un message clair à Israël, lui indiquant que les règles du jeu ont changé en Syrie et que sa liberté d’action dans le ciel syrien était terminée". A en croire Jaafari, "l’ambassadeur israélien a été convoqué [au Kremlin] (…) et il lui a été catégoriquement signifié que ce jeu était terminé", ajoutant que l’utilisation de feu antiaérien contre Israël durant la nuit de jeudi dernier a modifié les règles du jeu, et que la Syrie ne resterait plus impassible face à la menace israélienne".

 

Moscou n’a pas commenté cette déclaration, mais Avigdor Lieberman en a fait une intéressante. Le ministre israélien de la Défense a ainsi précisé que "nous n’avons aucun intérêt à interférer dans la Guerre Civile syrienne, que ce soit en faveur ou contre Assad, et nous n’avons aucun intérêt à affronter les Russes. Notre problème principal concerne le transfert d’armes avancées de Syrie au Liban. C’est pour cela que chaque fois que nous identifions une tentative de contrebande d’armes qui pourraient changer les données du jeu, nous agirons pour la contrecarrer. Il n’y aura aucun compromis sur ce sujet", a insisté M. Lieberman.

 

Le ministre a complété son propos en précisant que "si Tsahal décide d’agir, il y a une bonne raison à cela", et, menaçant, "la prochaine fois, si la DCA syrienne intervient contre nos avions, nous la détruirons. Nous n’hésiterons pas, la sécurité d’Israël se situe au-dessus de tout le reste. Il n’y aura aucun compromis".

 

Nous avons principalement émis notre version des évènements par des recoupements d’informations. Reste qu’elle se trouve en adéquation avec tous les paramètres connus de cette affaire, notamment des rumeurs insistantes, stipulant que l’essentiel des frappes aériennes aurait eu lieu entre Homs et Palmyre (à 200km au nord-est de Métula), que le matériel qui faisait route vers le Liban était - une fois n’est pas coutume, d’ordinaire il est iranien – originaire de Corée du Nord et que le convoi a été totalement anéanti.

 

Il nous semble évident que le message de Lieberman, qui a un peu le même tempérament et assurément la même culture que ceux de Poutine, n’était pas destiné à Bashar al Assad mais au Tsarévitch. Et puisqu’il est conscient que le président de toutes les Russies n’accorde d’attention qu’aux actes et non aux paroles, pour bien montrer qu’Israël continuera effectivement à survoler la Syrie lorsqu’elle le décidera, son Armée de l’air a procédé hier à l’élimination ciblée de Yasser A-Sayad, qui roulait dans son automobile sur la route menant du Golan à Damas. A-Sayad était un officier du groupe des Forces de Protection de la Patrie, une unité d’une vingtaine de combattants principalement formée de Druzes syriens, de commandos du Hezbollah et des Gardiens de la Révolution iranienne. Cette entité s’est spécialisée dans la préparation de coups de main dans le Golan israélien. Elle comptait dans ses rangs Djihad Mourgnieh, le chef militaire du Hezbollah, un général iranien et l’assassin libanais Samir Quntar, qui ont été éliminés à l’occasion d’opérations précédentes. Les Forces de Protection de la Patrie ne sont jamais parvenues à mettre en exécution l’un de leurs plans, en raison de l’élimination de ses chefs par Israël.

 

Ce matin (lundi), les chasseurs-bombardiers à l’étoile bleue ont à nouveau franchi la frontière en direction du Liban et de la Syrie. Pendant plus d’une heure, nous avons assisté à des mouvements incessants et très denses de ces appareils, alors que l’espace aérien civil du nord d’Israël avait été fermé.

 

Nous y voyons une nouvelle indication que les Hébreux ne craignent ni le contingent russe en Syrie, ni son système S-300. En fait, Tsahal pourrait détruire le port militaire russe de Tartous et les navires qu’il abrite, les deux aéroports de Lattaquié et tous les avions russes de la région en moins d’une heure, d’après Jean Tsadik. Mais notre camarade émet une mise en garde sévère sur les conséquences qu’entrainerait une confrontation ouverte avec la Russie, que tout le monde évite avec raison. "Ni Napoléon ni Hitler n’ont réussi à les vaincre, et ce n’est pas Netanyahu qui sera le premier à y parvenir", prévient notre spécialiste militaire.


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Rétablir la vérité sur Donald Trump (info # 011903/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 19 mars 2017

 

Par Guy Millière

 

Un problème grave affecte un nombre important de Juifs américains. Ces Juifs américains sont de gauche, ce qui est pleinement leur droit. Ils votent pour le parti Démocrate, ce qui est pleinement leur droit aussi. Ils s’aveuglent sur le glissement du parti Démocrate vers la gauche extrême, vers des positions de plus en plus résolument “propalestiniennes”, voire “antisionistes”. C’est leur droit encore, mais cela pose néanmoins un problème, car cela les conduit à cautionner des antisémites qui cachent à peine leur antisémitisme. A l’instar de Keith Ellison, musulman et compagnon de route des Frères Musulmans, qui dirige désormais le parti Démocrate, au côté du gauchiste “propalestinien” Tom Perez, et qui a longtemps été proche de The Nation of Islam, le mouvement que dirige Louis Farrakhan, un admirateur de longue date du Troisième Reich.

 

C’est plus un problème encore lorsque l’on voit de manière récurrente des dirigeants d’organisations juives américaines, voire parfois des rabbins, rejoindre les manifestations anti-Trump et avancer la main dans la main avec des suppôts du terrorisme “palestinien”, telle Linda Sarsour, organisatrice de la Marche des femmes, au lendemain de l’intronisation de Donald Trump, puis de la Journée sans femmes, le 8 mars dernier.

 

Voire avec une terroriste tueuse de Juifs non repentie telle Rasmea Yousef Odeh, condamnée à la prison à vie en Israël, libérée lors d’un échange de prisonniers, devenue résidente américaine en ayant menti aux services de l’immigration. Que font des Juifs américains au côté de personnes de ce genre ? N’y a-t-il pas une limite à l’indécence ?

 

Norman Podhoretz, un homme pour qui j’ai estime et amitié, et l’un des grands penseurs juifs américains contemporains, dans un livre que je cite souvent "Why Jews Are Liberal" [Pourquoi les Juifs sont-ils libéraux], a expliqué, avec consternation, que nombre de Juifs américains ne sont plus juifs et ont adhéré à la religion constituée par les idées qu’on appelle “liberal” aux Etats-Unis, qui sont les idées de la gauche américaine.

 

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L’antisémite

 

De dérive en dérive, nombre de Juifs américains sont en train de passer des idées “liberal” aux idées qu’on appelle “radical” aux Etats-Unis, celles de l’extrême-gauche islamo-gauchiste.

 

Cela peut conduire à de graves impostures. Il y a quelques semaines, une officine appelée Anne Frank Center for Mutual Respect [le centre Anne Frank pour le respect mutuel] a publié un texte affirmant que l’antisémitisme était omniprésent dans l’administration Trump. Cette officine a autant de rapport avec Anne Frank que j’en ai avec Heinrich Himmler et souille le nom d’Anne Frank en l’utilisant, mais toute la presse du monde a publié des articles disant que “le Centre Anne Frank dénonce l’antisémitisme de l’administration Trump”.

 

Le National Council of Jewish Women (le Conseil National des femmes Juives, qui ne représente pas toutes les femmes juives des Etats-Unis, heureusement) a revendiqué sa participation à des réunions organisées par Linda Sarsour, au cours desquelles des discours favorables au Hamas ont été tenus. Sa directrice, Nancy Kaufman, a déclaré que des désaccords sur des points mineurs n’empêchent pas la coopération sur des questions de fonds avec des femmes qui mènent un combat positif contre la présidence Trump.

 

Isi Leiber, un homme pour qui j’ai également estime et amitié, a écrit voici peu dans un article intitulé “American liberal Jewish leaders fuel anti-Semitism” (les dirigeants juifs américains de gauche alimentent l’antisémitisme) que “l’exploitation de leur identité juive par les dirigeants soi-disant non partisans de grandes organisation juives américaines est sans précédent”, et qu’ ”aujourd’hui, dans ce qui peut être appelé un mouvement d’autodestruction, un nombre substantiel de dirigeants irresponsables de la diaspora juive la plus puissante sur Terre semblent être devenus fous furieux”.

 

Les conséquences de ce courant pour la communauté juive américaine sont potentiellement désastreuses, et le mot “autodestruction” est pleinement adéquat. Les conséquences pour Israël sont potentiellement délétères. Les effets sur la perception internationale de l’administration Trump et de Donald Trump lui-même sont très dommageables ; ni l’administration Trump, ni Donald Trump, qui sont d’ores et déjà insultés et diffamés par tout ce que la planète compte d’islamo-gauchistes, d’adeptes du politiquement correct, de compagnons de route conscients ou inconscients de l’islam radical n’ont besoin de se voir trainés dans la boue par des organisations juives américaines et par des Juifs américains. Les effets sur la perception de l’administration Trump et de Donald Trump par les Juifs du reste du monde et par les Juifs Israéliens pourraient même en souffrir.

 

Melanie Phillips a écrit des mots très pertinents sur le sujet dans un article récent publié par le Jerusalem Post : "How The Monstering of Donald Trump Has Confused the Jews", ou comment la présentation de Donald Trump sous les traits d’un monstre, qui a créé la confusion chez les Juifs, qui agissent, de fait, en faveur des pires ennemis d’Israël aux Etats-Unis est révoltante.

 

J’ai écrit un livre qui rétablit la vérité. J’y inclurai le texte complet de plusieurs discours de Donald Trump, dont celui, superbe, prononcé devant la réunion annuelle de l’AIPAC il y aura bientôt un an. J’ai placé le livre en précommande aux fins que l’éditeur puisse lui donner un maximum d’impact. Je remercie d’avance ceux qui le commanderont à l’adresse suivante : kickstarter.com/la-revolution-trump-de-guy-milliere. Ils s’informeront de manière précise. Ils contribueront, non seulement à diffuser la vérité, mais aussi à mener un combat qui doit impérativement l’être.

 

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Bruxelles-Metula du 17 mars 2017 (021703/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 17 mars 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca

 

Au sommaire de cette semaine https://youtu.be/0D0jFM76etw sur Youtube :

 

Raids de l’Armée de l’air israélienne, la nuit dernière en Syrie et au Liban, visant des convois et entrepôts d’armes sophistiquées destinées au Hezbollah.

 

La défense antiaérienne syrienne inefficace.

 

Un missile syrien de type S-200 (SA-5 pour l’OTAN), volant à 40km d’altitude et à Mach 4 intercepté et détruit par un Khetz dans l’est d’Israël.

 

C'est la première utilisation opérationnelle du Khetz, qui est désormais "testé au combat".

 

Après le tir d’un missile au-dessus du territoire israélien, le risque existe d’un embrasement de la confrontation avec le régime syrien.


 
Raids de l’Aviation israélienne cette nuit en Syrie et au Liban (info # 011703/17) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 17 mars 2017

 

© Metula News Agency

 

8h 30 à Métula, 7h 30 à Paris

 

Des appareils du Khe’l Avir israélien (l’Armée de l’air) ont attaqué un peu après 2 heures locales plusieurs cibles en Syrie et au Liban.

 

Cinq appareils ont survolé le Doigt de la Galilée à très basse altitude (sans doute pour éviter les radars) à cette heure, réveillant la plupart des habitants.

 

La défense antiaérienne syrienne a lancé des missiles sur les avions arborant l’étoile de David, mais sans en toucher ni n’en menacer aucun.

 

Les objectifs visés étaient en rapport avec du matériel sophistiqué destiné au Hezbollah libanais. Des témoins en Syrie et au Liban ont rapporté par téléphone au chef de la Ména libanaise, Michaël Béhé, qu’ils voyaient de gros dégâts causés par les raids israéliens.

 

Le porte-parole de Tsahal s’est fendu d’un communiqué relatif aux opérations aériennes de cette nuit. Il rapporte qu’un missile antiaérien a été abattu par l’Armée de l’air israélienne.

 

C’est la première fois depuis des années que le porte-parole de Tsahal commente une opération aérienne menée hors des frontières d’Israël. Nous lui avons demandé la raison de cette exception mais il a refusé de nous répondre.

 

D’autre part, les sirènes annonçant des tirs de roquettes ou de missiles ont retenti dans les localités de la vallée du Jourdain, jusqu’à Modiin et à Jérusalem. A Métula, on sait aussi, et de source sûre, que des intercepteurs ont été tirés en direction d’intrus qui volaient vers le cœur d’Israël. Les personnes que nous avons interrogées, dont des militaires, affirment toutes avoir entendu le bruit caractéristique de deux interceptions.

 

Nous pensons qu’il est probable que des Khetz aient été lancés afin d’abattre un (ou plusieurs) missile(s) en provenance de Syrie.

 

Le seul missile antiaérien au service de l’Armée syrienne capable d’atteindre Jérusalem est le SA-5 Gammon, selon la nomenclature de l’OTAN (S-200 Dubna en russe). Cette fusée, introduite dans la région dans les années 70, d’un poids de 7 000kg et d’une longueur de 11 mètres, vole à 40km d’altitude et à Mach 4. Le SA-5 est l’unique missile antiaérien syrien qui aurait pu justifier le tir d’un Khetz pour l’abattre. Si c’est le cas, cela aura servi de test grandeur nature pour le Khetz et lui permettrait désormais d’arborer la fameuse mention "testé au combat".

 

Le 12 septembre dernier, le Khe’l Avir avait déjà confirmé le tir par les Syriens de deux S-200. Des Syriens qui avaient, à cette occasion, déclaré avoir abattu l’un de nos appareils. Ce que Tsahal avait vigoureusement démenti, qualifiant la fanfaronnade du gouvernement de Damas de "mensonge absolu", et précisant, comme ce matin, "qu’à aucun moment la sécurité de nos appareils n’a été compromise".

 

Depuis les incidents de cette nuit le front semble calme et aucune consigne de sécurité particulière n’a été transmise aux habitants des agglomérations voisines des frontières syrienne et libanaise.

 

 

 
Israël-Palestine : le grand plan de Trump (info # 011503/17) Version imprimable
Analyse
mercredi, 15 mars 2017

 

Par Sami El Soudi

 

Depuis quelques mois, il ne se passait rien de remarquable dans l’Autorité Palestinienne. On y craignait surtout l’avènement de Donald Trump et de son entourage juif hyper-sioniste, et l’on mettait en garde le nouveau président, notamment contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, n’hésitant pas à évoquer une quatrième Intifada.

 

Sur le terrain, on notait l’opposition politique grandissante de Mohamed Dahlan, l’ex-chef des Forces de Sécurité Préventive palestiniennes, qui avait fui en Egypte en 2007 pendant que ses officiers étaient précipités du haut des toits par les islamistes du Hamas qui venaient d’évincer par la force le Fatah de Gaza. Dahlan se pose désormais en alternative à Mahmoud Abbas, qu’il accuse de faire la politique d’Israël en maintenant la coordination sécuritaire avec Jérusalem.

 

Cette dernière démontre chaque nuit son efficacité en permettant de neutraliser des cellules du Hamas et leurs fabriques d’armes en Cisjordanie ; les forces israéliennes, encadrées par le Renseignement, opérant sans cesse pour empêcher la reformation de la présence armée de la Résistance Islamique dans ce territoire. Le Hamas restant l’ennemi mortel de la direction palestinienne à Ramallah.

 

Puis les relations entre Donald Trump se sont soudainement décantées ; après des discussions préliminaires à des échelons subalternes, le président a appelé M. Abbas dimanche dernier par téléphone, ils ont convenu d’une visite prochaine du président de l’Autonomie Palestinienne à Washington, et décidé d’engager des discussions initiales en vue de remettre le processus de négociation entre Ramallah et Jérusalem sur les rails.

 

Concrètement, la Maison Blanche a envoyé dans la région Maître Jason Greenblatt, nommé par M. Trump au poste de Représentant Spécial pour les Négociations Internationales. Depuis, cet Israélite de 49 ans, appartenant à la congrégation orthodoxe américaine, issu de l’Académie talmudique Marsha Stern, d’une Yéshiva académique, et détenteur d’une licence en droit de l’Université de New York, fait la navette pour rencontrer des interlocuteurs israéliens et palestiniens. Son séjour extraordinairement long dans notre partie du monde l’y maintiendra jusqu’à la fin du mois.

 

Greenblatt connaît bien la réalité régionale et sa problématique. Il a notamment publié un livre de voyage en Israël, destiné aux visites familiales. Surtout, au contraire d’autres membres de la nouvelle administration, il ne cache pas qu’il soutient la solution à deux Etats, à la condition qu’elle ne soit pas imposée par des éléments extérieurs au différend, à l’instar de l’ONU. Dans la même foulée, il a affirmé que "les implantations en Cisjordanie ne constituent pas un obstacle à la paix".

 

Or ce juif sioniste, conservateur et pratiquant, s’est vu réserver un accueil de chef d’Etat, hier (mardi) à la Moukata de Ramallah, le siège du gouvernement de l’Autonomie Palestinienne. Outre Mahmoud Abbas, Jason Greenblatt a été reçu par les hommes forts du Fatah, à commencer par Saëb Erekat, l’inamovible secrétaire général du Comité exécutif de l’OLP, par le chef du Renseignement de l’AP, Majid Faraj, ainsi que par notre nouvel ambassadeur à Washington, Hussan Zomlot.

 

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Jason Greenblatt et Mahmoud Abbas

 

Officiellement, il ne s’agissait que d’une prise de contact, mais à l’aune des déclarations des uns et des autres, augmentées par les commentaires du Consulat US de Jérusalem, on s’est rapidement rendu compte qu’il y avait anguille sous roche, et que l’on assistait en fait à une réunion préparatoire en vue d’une grande offensive diplomatique.

 

Ainsi recadrée, la rencontre avait pour but, pour les Américains, d’obtenir un recentrage dénué d’ambiguïté de la part d’Abbas, par lequel il a pris l’engagement de combattre la 3ème Intifada larvée, menée par des Palestiniens contre des Israéliens. C’est ainsi que le président de l’AP a assuré son interlocuteur de "sa garantie de combattre la violence, le terrorisme, ainsi que de mettre fin à tout ce qui ressemble à de l’incitation" (au désordre, au crime et à la haine).

 

Abbas a ainsi rempli l’une des préconditions fixées par Washington et Jérusalem à la reprise du dialogue. Le petit Raïs répondait à l’annonce faite par Greenblatt, qui affirma que "Donald Trump était engagé à parvenir à une paix durable par des négociations directes, et qu’il accordait une importance majeure à ce que toutes les parties œuvrent désormais à la désescalade des tensions".

 

Le No.1 palestinien a renchéri – quel changement d’orientation et de ton ! – en jurant qu’il était entièrement engagé à créer une atmosphère appropriée pour parvenir à la paix – une autre requête israélienne – et à le faire savoir au public israélien. A deux doigts de l’euphorie, Abbas déclarait : "Sous le leadership de Trump, un accord de paix historique est possible". Comparé aux communiqués hargneux des derniers mois, si l’on n’en savait pas un peu plus sur les raisons profondes de ce revirement, on pourrait croire à de la sorcellerie.

 

Greenblatt et Abbas reprenaient finalement cette envolée d’espoir à l’unisson, parlant d’un "engagement commun à avancer vers une paix vraie et durable entre Israéliens et Palestiniens".

 

Côté conseillers palestiniens, on espère un engagement israélien pour mettre fin au conflit et parvenir à un accord. Lequel devrait uniquement retenir la solution des deux Etats, basée sur les frontières de 1967. Voici énoncée la position de départ de l’AP, que l’on peut juger raisonnable après les promesses faites par Barack Obama, François Hollande, et les résolutions du Conseil de Sécurité. A la fin d’une négociation sérieuse, on pourrait sans doute aboutir au maintien des trois régions de peuplement israéliennes, avec de minimes échanges de territoires, mais ne le répétez pas !

 

Car l’emplacement de la frontière entre Israël et l’Etat palestinien n’est pas ce qui importe le plus ; l’essentiel, et l’administration Trump l’a visiblement compris, est que l’on n’a aucune chance d’instaurer la paix dans l’atmosphère pourrie qui prévaut entre les voisins. Au mieux, on aboutirait dans ces conditions à un armistice, et ce n’est pas ce dont la région et ceux qui y vivent ont besoin.

 

L’idée de Trump est de ramener les Palestiniens à leur dimension réelle, avec les exigences sensées qu’ils peuvent formuler. La Palestine, ce n’est pas la Chine, ni l’Egypte, ni l’Italie, ni même la Norvège. C’est un pays qui n’a jamais existé et qui, s’il voit le jour, le devra, non pas aux autres Etats arabes, mais à l’Amérique et à Israël.

 

Dans le même registre, Washington va également restreindre les ambitions de Jérusalem : Israël est un Etat petit à moyen sur l’échelle du monde, qui compte surtout par son niveau technologique et militaire. Mais ce n’est pas la Russie, à laquelle personne n’ose sérieusement demander de se retirer de la Crimée occupée.

 

Ce que veut Trump est organiser au plus vite un front uni sunnites-Israël pour contrer la progression des Iraniens en Irak, en Syrie et au Liban. D’où le slogan fort à ce propos de Netanyahu : "Ne pas remplacer DAESH par Téhéran". Un message porteur s’il en est, qui fédère sans problème Riyad, le Caire, les Emirats du Golfe, la Jordanie, etc.

 

C’est pour cela que Washington prépare la tenue d’une réunion à Amman entre ces nouveaux alliés. Non pas pour résoudre le problème palestinien, mais pour se doter d’une organisation à la mesure du danger, et demander aux Palestiniens et aux Israéliens de se dépêcher de se mettre d’accord ; de faire en sorte que la Palestine devienne un petit Etat sunnite "modéré", le terme a plusieurs fois été utilisé hier à Ramallah.

 

Si la direction de l’AP refuse d’être raisonnable, elle perdra ses soutiens arabes qui ont déjà fortement diminué, perdra l’appui de Trump et se trouvera isolée face à l’extrême-droite israélienne. Pire que ça, cela jetterait du sable dans les engrenages de la coalition militaire anti-Iran, ce qui fâcherait Riyad.

 

C’est en signe de bonne volonté que Donald Trump a approuvé la fourniture d’armes aux Saoudiens pour un contrat de 390 millions de dollars, que Barack Obama avait bloqué mais qui sera suivi de beaucoup d’autres. Même si l’Amérique est de moins en moins tributaire du pétrole arabe, elle veut les Arabes de son côté et entend réparer les infidélités que leur avait faites le pensionnaire précédent de la White House. Pour y parvenir, Trump a convié cette semaine à Washington le ministre saoudien de la Défense et le Prince Mohammad Bin Salam avec un agenda chargé. On y parlera de tout, l’Iran, la Palestine et l’aide accrue que les USA pourraient fournir à la coalition arabe au Yémen.

 

Donald Trump veut également s’assurer de la présence du Roi Salmane al Saoud et des émirs à Amman. C’est du lourd, car au lendemain de cette rencontre, ils ne pourront plus dire qu’ils ne reconnaissent pas Israël et qu’ils ne sont pas "en affaires" avec lui.

 

C’est pour les encourager que le président milliardaire multiplie les déclarations concernant son intention de résoudre le problème palestinien, genre : "J’envisage un accord global qui mettra un terme au conflit israélo-palestinien", ou "Ma conviction personnelle est que la paix est possible et que le temps est venu de parvenir à un accord !", et, "Mon désir est de réaliser l’accord le plus difficile de tous".

 

Plus il multiplie les formules de ce type, plus Trump pourra persuader les grands Etats sunnites de la mise en route d’un processus irréversible. Surtout s’il retarde le transfert annoncé de son ambassade à Jérusalem. 

 

Il est certain que l’extrême droite israélienne, les Edennistes et leurs partisans sont terriblement irrités par la médiation en cours de Jason Greenblatt. Mais Binyamin Netanyahu se montre très prudent afin de ne pas irriter son grand ami, dont il a si longtemps et si ardemment souhaité le succès. C’est à peine si le 1er ministre hébreu a chuchoté à l’oreille de l’émissaire yankee, dimanche dernier, qu’il entendait construire une nouvelle implantation pour y loger les évacués d’Amona.

 

Pour le moment, à la demande expresse de l’ami Trump, les travaux dans les implantations sont à l’arrêt, et le vote concernant l’annexion de Maâlé Adoumim à la Knesset a été à nouveau reporté. On est loin du rêve des Edennistes qui pensaient, sous le nouveau président, pouvoir annexer les zones C de Cisjordanie, puis la Cisjordanie toute entière.

 

C’était une chose, pour Netanyahu, de s’opposer à Obama, un adversaire déclaré avec lequel on n’avait plus grand-chose à perdre ; c’en est une autre de refuser la demande d’un ami, avec lequel on travaille sans filet. Car à l’époque Obama, le chef du gouvernement hébreu pouvait compter en Amérique sur l’appui du lobby pro-israélien, du Congrès à majorité Républicaine, et sur plusieurs soutiens inflexibles chez les Démocrates, mais maintenant, s’il se fâche avec Trump, Netanyahu sera seul. Cela explique sa circonspection.

 

Durant les derniers mois, le Premier ministre avait ignoré notre existence ; toute coopération avec Ramallah se bornait au domaine sécuritaire. Maintenant qu’Abbas sera reçu à Washington, cette approche ne sera plus possible. Elle découlait de la faiblesse endémique de la droite israélienne : son absence de projet de cohabitation avec les Palestiniens. Au Likoud, cela relevait d’une erreur politique, à Israël Beyténou et plus à droite, on faisait clairement confiance au ciel pour qu’il résolve ce problème.

 

L’encouragement, à la Maison Blanche et dans les capitales sunnites, provient de la personnalité de Binyamin Netanyahu : ce n’est pas un idéologue mais un politicien. Il ne préfère pas les Edennistes au Travaillistes, c’est juste à qui lui fournira la base coalitionnaire la plus large et la plus stable pour se maintenir au pouvoir. On l’a vu après la réunion d’Akaba, lorsque les Saoudiens et les autres Arabes lui ont discrètement proposé de négocier sur la base du "projet saoudien". Le Premier ministre n’avait pas refusé, il a, au contraire, tenté de s’allier aux Travaillistes pour faire avancer les choses. Netanyahu a d’ailleurs plus d’amis potentiels à Yesh Atid (Lapid, centre-droit) et auprès des Travaillistes (centre-gauche), que chez Bennett ou Lieberman, et même que dans son propre parti où il n’est pas en odeur de sainteté.

 

Avec l’arrivée de Donald Trump aux affaires, l’offre arabe reste identique, mais elle pourrait être aménagée et garantie par les Etats-Unis. Ce serait alléchant pour Bibi, qui pourrait être tenté par un coup à la Ariel Sharon : quitter le Likoud alors qu’il est Premier ministre et créer un nouveau parti pour réaliser sa politique, en criant "Qui m’aime me suive !".


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A quoi sert la campagne visant à faire passer Trump pour un agent de Moscou ? (info # 011203/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 12 mars 2017

 

Par Guy Millière

 

Depuis des semaines, des rumeurs sont savamment distillées visant à faire passer Donald Trump pour un agent de Moscou et un allié sournois de Vladimir Poutine. Ces rumeurs n’ont pas le moindre milligramme de fondement, mais, comme toutes les rumeurs savamment distillées, elles courent néanmoins.

 

Des journalistes sans scrupules ni honneur s’en font les colporteurs aux Etats-Unis. Ce sont, ce qui n’est pas un hasard, ceux qui faisaient campagne avec ardeur pour Hillary Clinton et qui, en 2008 et 2012, avaient soutenu Barack Obama.

 

Des journalistes français et européens qui ont moins de scrupules et moins d’honneur encore, puisqu’ils se contentent de recopier de manière acéphale ce que les journalistes américains sans scrupules ni honneur colportent, agissent comme une chambre d’écho. Toute forme de contact d’un membre de l’administration Trump avec un diplomate russe, même si c’est une simple salutation échangée quelques secondes dans un couloir, se trouve entachée de suspicion. Des allégations grotesques font l’objet d’articles de plusieurs pages. Des propos inexistants sont cités comme émanant de "sources sûres", bien évidemment toujours anonymes.

 

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Obama et Soros, les cerveaux de la campagne

 

L’objectif de toute l’opération, car il s’agit d’une opération, consiste à déstabiliser Donald Trump et mettre en place les conditions d’un coup d’Etat rampant. Ces "conjurés" voudraient obtenir par des moyens dignes de ceux employés dans les régimes totalitaires ce qu’ils n’ont pas réussi à remporter par le suffrage universel.

 

En attendant le succès éventuel du coup d’Etat, leur mode opératoire vise, dans l’immédiat, à empêcher Donald Trump d’agir, et, si possible, de faire chuter des membres-clés de son administration.

 

Comme toute opération de ce genre, celle-ci compte des concepteurs et des finalités. Et s’il n’est pas difficile de discerner qui sont les chefs comploteurs - les noms de George Soros, qui a investi des dizaines de millions de dollars dans ce qui se passe, et de Barack Obama, qui a mis en place une structure d’agitation-propagande exploitant les moyens financiers de Soros, sont sur toutes les lèvres. Reste qu’au-delà des finalités premières, que l’on peut résumer par le retour au pouvoir à tout prix du parti Démocrate, les objectifs plus vastes sont trop souvent laissées de côté par les commentateurs.

 

Ces finalités sont pourtant flagrantes : sur le plan domestique américain, Soros et Obama (et tous ceux qui travaillent pour eux et avec eux) entendent préserver les "acquis" des années Obama ; il s’agit d’abord de l’économie pervertie par le capitalisme d’accointances (crony capitalism), dans le cadre duquel le gouvernement peut désigner les firmes qui seront favorisées (qui recevront des contrats du gouvernement et des subventions, et qui sont censées financer en retour les campagnes électorales à venir du parti Démocrate) ainsi que les entreprises qui seront éliminées.

 

Ensuite, l’enjeu consiste à conserver les bénéfices de la transformation d’une partie de la population, qui a abouti à la création d’une classe hypertrophique d’assistés permanents dépendants du gouvernement, et ceux obtenus par la régularisation du statut d’immigrants clandestins venus grossir cette classe.

 

Dans le domaine extérieur, leurs intentions sont plus préoccupantes encore. Soros et Obama veulent terminer d’imposer le monde "post-occidental" qui a commencé à prendre forme sous Obama, et qui est censé reposer sur un axe de régimes autoritaires dont les têtes de pont sont Pékin, Moscou et Téhéran.

 

Pour que cet axe dure, il faut éviter toute remise en cause de l’accord passé avec l’Iran en juillet 2015 par John Kerry, au nom d’Obama, et il faut éviter le renforcement de l’OTAN en Europe. Pour que cet axe se consolide, il est nécessaire de faire échouer toute tentative d’endiguement de l’Iran au Proche-Orient, de la Chine en Asie, et toute velléité d’affronter efficacement l’islam radical, dès lors que celui-ci est un moyen de déstabilisation des pays occidentaux très utile pour l’axe en question.

 

Il faut éviter en somme que Donald Trump puisse mettre en œuvre sa politique étrangère, car, pour peu qu’on pose sur celle-ci un regard non obscurci par la désinformation ambiante, on distingue que c’est en fait à l’ensemble des objectifs que s’est fixé Donald Trump en matière de politique étrangère que les comploteurs s’attaquent.

 

Le maitre d’œuvre et le stratège de la politique étrangère de Donald Trump était le Général Michael Flynn, qui avait énoncé l’ensemble des objectifs susdits dans un livre publié voici quelques mois, "The Field of Fight: How to Win the Global War Against Radical Islam and Its Allies" (Le champ de bataille : comment gagner la guerre globale contre l’islam radical et ses alliés). Donald Trump s’est séparé de Michael Flynn en pensant arrêter l’opération de déstabilisation en cours. Il n’a, en fait, rien arrêté du tout.

 

Sebastian Gorka a assisté Michael Flynn et est toujours à l’œuvre en qualité de conseiller spécial du président en matière de terrorisme islamique. Il est lui-même l’auteur d’un livre intitulé Defeating Jihad: The Winnable War [Vaincre le Djihad : la guerre que l’on peut gagner]. Il fait lui aussi l’objet d’une campagne visant à le faire passer pour un agent trouble, dans le but de priver l’équipe présidentielle de ses lumières.

 

Quant à Jeff Sessions, qui suit des orientations très claires et compte restructurer la justice dans des directions bien précises, il s’est trouvé placé au cœur de la cible des conjurés sur la base d’accusations sans fondements.

 

Jared Kushner, que Donald Trump entend charger du dossier du Proche-Orient, est le prochain sur leur liste, et il se dit qu’il a croisé l’ambassadeur de Russie dans le hall de la Trump Tower (cela en fait sans doute un transfuge et un traitre !).

 

Les conséquences de cette offensive font qu’un ensemble de décisions majeures sont en suspens. Le renforcement de l’OTAN qui semblait s’amorcer est au point mort, la coalition destinée à endiguer l’Iran (et à renforcer la position régionale d’Israël) est au point mort elle aussi, tout comme le renforcement militaire du Japon et les pressions exercées sur la Chine aux fins qu’elle raisonne la Corée du Nord.

 

Les négociations prévues avec Vladimir Poutine, dont l’objectif était de dissocier la Russie de l’Iran sont, pour l’heure, inenvisageables, ce qui permet à Téhéran de renforcer ses positions en Syrie. L’Etat Islamique recule en Irak, au profit de l’Iran qui instrumentalise le régime en place à Bagdad ; cela a en outre pour effet de relocaliser des factions de l’Etat Islamique, qui se renforce ailleurs, entre autres dans le Sinaï.

 

Donald Trump semble avoir pris la mesure du danger et décidé de contre-attaquer en dévoilant des actions litigieuses commises par Barack Obama durant sa présidence, ce qui suscite d’immenses remous à Washington. Il est à souhaiter que la contre-offensive réussisse, car ce n’est pas uniquement l’avenir des Etats-Unis qui est en jeu, mais également celui du monde.

 

Il n’est pas du tout certain que les dirigeants européens analysent correctement ce dont traite cet article.