Macron à Jérusalem : la rupture (012601/20) Version imprimable
Analyse
dimanche, 26 janvier 2020

 

Par Amram Castellion

           

Au deuxième tour de l'élection présidentielle de 2017, environ 95% des Juifs de France ont voté Macron. Ceux qui, comme moi, avaient des doutes sur la personne et se sont abstenus ne l'ont généralement fait que parce que les sondages garantissaient sa victoire. Marine Le Pen, par le bagage historique que son nom et son parti portent, ne semblait tout simplement pas une option imaginable.

 

Par la suite, le Président Macron a fait des pas importants en direction de la mémoire juive. Il fut le premier président à reconnaître que l'antisionisme est une forme d'antisémitisme. Le transfert au Panthéon de la dépouille de Simone Veil était une reconnaissance appréciée de l'histoire de l'Holocauste.

 

Le voyage du président à Jérusalem, à l'occasion de la commémoration de l'Holocauste à Yad Vashem, a annulé tous ces progrès et pourrait représenter une rupture définitive entre le président, d'une part, les Juifs de France et tous ceux qui partagent leurs valeurs, de l’autre.

 

Nous aurions pu admettre qu'il soit le seul chef d'Etat ou de gouvernement, sur les 40 présents, à demander à compléter sa visite par une rencontre avec Mahmoud Abbas à Ramallah. Le Quai d'Orsay s'est toujours vanté de la capacité de la France à parler avec toutes les parties, et ce n'est pas forcément un mal. Le fait que la France, seule parmi les puissances représentées, semble encore croire que le soutien à la cause palestinienne lui apportera des soutiens dans le monde arabe peut être attribué à une erreur d'interprétation – certes majeure – et non à une hostilité particulière.

 

Nous aurions pu admettre aussi que le Président Macron, pour son premier voyage en Israël, se contente d'une courte étape mémorielle et ne demande pas, comme ses deux prédécesseurs l'avaient pourtant fait, l'organisation d'une séquence économique, malgré la rapide augmentation récente des liens d'affaires entre Israël et la France.

 

Mais le président est allé bien plus loin. De manière méthodique et préméditée, il a transformé son court séjour en Israël en une attaque politique systématique contre l'Etat juif, sa souveraineté et ses préoccupations de sécurité. La raison en est un calcul politique assez transparent, qui, s'il réussit, ne nuira pas uniquement aux Juifs de France, mais à tous les Français attachés à leur identité.

 

Au premier jour de sa venue, Macron, dans un scénario manifestement calculé, a mis en scène une altercation avec les forces israéliennes chargées de sa sécurité, à l'entrée de l'Eglise Sainte-Anne à Jérusalem, administrée par la France. Alors que, conformément à l'accord passé entre les forces de sécurité des deux pays, deux officiers israéliens s'apprêtaient à l'accompagner à l'intérieur de l'Eglise, il a exigé qu'ils restent à l'extérieur en prétendant que l'Eglise "est la France" – ce qui est juridiquement faux, la France y est gestionnaire et non souveraine – et en utilisant des mots destinés à identifier le président avec les Arabes de Jérusalem, soumis à l' "occupation juive". Dans une mise en scène aussi précise, dire à un Juif à Jérusalem "Go outside" n'est pas un hasard.

 

Comme l'ont fait remarquer presque tous les journaux français, cette scène était aussi un remake de l'altercation au même endroit, vingt-trois ans plus tôt, entre le président Chirac et les forces de sécurité israéliennes, dont le président d'alors fit semblant de considérer qu'elles le serraient de trop près. Comme souvent, Macron – qui semble avoir des difficultés à exister par lui-même et a souvent besoin de rappeler l'image de ses prédécesseurs – voulait ancrer sa chorégraphie dans les souvenirs collectifs des Français. L'effet politique, cependant, en a été réduit : trop similaire à une scène dont beaucoup de Français se souviennent encore, la mise en scène macronienne est apparue à beaucoup comme un pastiche plutôt que comme un geste politique.

 

Au deuxième jour de sa présence en Israël, sur le site de Yad Vashem, Macron fit encore pire – une attaque si grave que beaucoup de commentateurs ont préféré la passer sous silence. Au milieu d'un discours mémoriel froid, qui montrait une réelle compassion pour les victimes d'hier mais aucune sympathie pour les Juifs d'aujourd'hui, le président a accusé Israël d'exploiter la mémoire de l'Holocauste pour faire avancer ses intérêts géopolitiques d'aujourd'hui.

 

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Ne vous inquiétez pas, Monsieur le Président. Nous connaissons les règles

 

La phrase précise était la suivante : "Nul n'a le droit de convoquer ses morts pour attiser les divisions et les haines contemporaines".  Il n'y a qu'une façon possible de comprendre cette phrase : comme une accusation faite à Israël de rappeler injustement l'Holocauste pour justifier ses avertissements à l'Iran, et, peut-être, sa réticence à donner la terre nécessaire à l’institution un Etat palestinien.

 

Si c'est ce que le président avait à l'esprit – et nous ne voyons pas d'autres explications possibles – c'est là une accusation digne de Dieudonné Mbala-Mbala ou d'Alain Soral. La politique israélienne face à l'Iran est, tout simplement, due au fait que l'Iran annonce chaque jour son intention d'exterminer ou de chasser tous les Juifs d'Israël. Il en est de même du Hamas, dont chacun sait qu'il serait le principal bénéficiaire de la création, de plus en plus improbable, d'un Etat palestinien.

 

Quand quelqu'un annonce qu'il veut tuer tous les Juifs, les Juifs ont tendance à le croire. L'Holocauste n'est que le dernier d'une longue série d'événements qui le leur a appris. Monsieur le Président, la référence à l'Holocauste face aux appels contemporains au génocide n'est pas une habileté politique. Peut-être avez-vous le sentiment, de par votre expérience, que l'habileté politique explique tout. Mais notre expérience des vingt derniers siècles est un peu différente.

 

Le Président Macron n'en avait cependant pas fini. Alors qu'il venait de participer à une cérémonie mémorielle en souvenir des six millions de Juifs assassinés, il s'est mis, dans l'avion de retour, à réfléchir à haute voix devant les journalistes – c'est-à-dire à envoyer délibérément un message – sur ce que devait être sa prochaine tâche mémorielle.

 

Sa réponse ? De même que le président Chirac avait reconnu une responsabilité de la France dans le génocide des Juifs, le Président Macron estime que sa prochaine mission est de reconnaître une responsabilité similaire… dans la guerre d'Algérie.

 

Du point de vue historique, le président sait naturellement que la comparaison est absurde et scandaleuse. Mais son objectif n'est pas de faire œuvre d'historien. Macron est un homme politique : son métier est de ramener des voix vers sa personne et son parti. Analysés à cette lumière, son comportement et ses déclarations à Jérusalem peuvent se comprendre comme suit :

 

la présentation d'Israël comme une puissance occupante et manipulatrice, et des souffrances du "colonialisme" comme comparables à celles de l'Holocauste, se manifeste principalement à l'extrême-gauche de l'arc politique français, dans un électorat principalement acquis à la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Cet électorat mélange des aspirations gauchistes comme la remise en cause du capitalisme, racialistes comme l'idée d'une nature essentiellement oppressive des Blancs et des Juifs, et islamistes.

 

Or, le Président Macron a beaucoup chuté dans les sondages depuis 6 mois. Un sondage récent (BFMTV, 29 janvier) montre que 69% des Français pensent qu'il ne sera pas réélu. Quelle que soit la faiblesse – indiscutable – de ses opposants, la situation politique nationale est devenue très inconfortable pour le président sortant.

 

Dans ces conditions, empêcher la France Insoumise de faire le plein de l'électorat racialo-islamo-gauchiste devient nécessaire pour garantir l'arrivée du président dans les deux premières places au premier tour des prochaines présidentielle. Or il n'y a pas de meilleur moyen de séduire cet électorat que d'accuser Israël – implicitement bien sûr, Macron n'est pas fou – de discrimination raciale, d'occupation, de colonialisme et d'utilisation abusive du souvenir de l'Holocauste.

 

Au deuxième tour, naturellement, Macron – dans un duel très probable contre Marine Le Pen – retournerait immédiatement l'argument et se présenterait comme un rempart contre le même antisémitisme qu'il aura encouragé avant le premier tour pour aller chercher les voix de la France Insoumise. Son calcul est que les Juifs et ceux qui sont proches de leurs valeurs n'auront pas d'autre choix, après avoir été trahis au premier tour, que de se rallier à lui au second.

 

Il y a plusieurs manières dont ce calcul pourrait se révéler faux.

 

Tout d'abord, un rapprochement excessif des thèses racialistes et anticolonialiste risque de coûter plus de voix à Macron qu'il ne lui en rapportera – non pas chez les Juifs, mais chez les Français de souche dont l'image des musulmans est de plus en plus mauvaise et qui n'apprécieront pas de voir leur propre histoire comparée à la barbarie allemande.

 

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Formation d’un gouvernement pro-iranien à Beyrouth (012301/20) Version imprimable
Analyse
jeudi, 23 janvier 2020

 

Par Michaël Béhé

 

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Le pouvoir des gens est plus fort que les gens au pouvoir

 

Depuis avant-hier, Hassane Diab est officiellement le nouveau premier ministre du Liban. Sur le papier, c’est un ingénieur en informatique et communications qui a effectué l’essentiel de ses études dans trois universités britanniques. Il est sunnite, comme le veut la constitution, tandis que le président, Michel Aoun, est maronite (chrétien), et le président du Parlement, en l’occurrence Nabih Berri, est chiite.

 

Jusque-là pour les apparences : Diab a été élu par 69 députés sur 128, à savoir le bloc du 8 mars, constitué des organisations chiites du Hezbollah et d’Amal, du Courant Patriotique Libre (CPL) de Michel Aoun, chrétien, et de quelques parlementaires prétendument indépendants mais maintenus sous l’influence du Hezb d’une façon ou d’une autre.

 

Le grand parti de la communauté sunnite dont Diab est issu, le Courant du Futur de Saad Hariri, n’a pas soutenu sa candidature. Qui plus est, le nouveau premier ministre a été coopté lors d’une réunion secrète (dont tous les Libanais ont entendu parler) entre Gebran Bassil, le chef du CPL, et Nabih Berri, celui d’Amal, la doublure pour noces et banquets du Hezbollah.

 

Bref, Hassane Diab est le choix des Syriens et des Iraniens, de ce mouvement du 8 mars pour lequel la souveraineté et l’indépendance du Liban ne constituent pas une priorité.

 

Si quelqu’un avait encore un doute – c’est qu’il n’est pas libanais -, nous lui rappellerons que Diab fut ministre de l’Education et de l’Enseignement supérieur de 2011 à 2014 sous le Premier ministre Najib Mikati et le Président Michel Sleiman, ce que l’on fait de mieux en matière d’agents du Guide suprême Khameneï et de l’oculiste-boucher de Damas, Bashar al Assad.

 

Les ministres choisis par le nouveau chef du gouvernement sont issus du CPL, des organisations terroristes chiites et des rangs de la formation du Prince-Emir druze Talal Arslane, qui s’alimente à tous les râteliers. 

 

On y trouve un grand nombre de chrétiens orthodoxes, bien plus que la proportion qu’ils représentent dans la population. Du point de vue politique, cela n’a pas plus d’importance que le fait que ce cabinet compte aussi quelques très belles femmes, je pense particulièrement à Varty Ohanian-Kevorkian à la Jeunesse et aux Sports, à Manal Abdel Samad Najd, à l’Information, et à Lamia Yammine Doueyhi au Travail. De plus, certaines d’entre elles ont fait de brillantes carrières, ce qui est une maigre consolation en comparaison de la catastrophe qui frappe le pays et à laquelle elles participent.

 

La nomination la plus surprenante au demeurant est celle de l’aouniste Zeina Acar-Adra au ministère de la Défense. Elle devient la première femme ministre de la Défense dans le monde arabe. C’est une grecque-orthodoxe d’origine, qui doit largement son portefeuille à l’entregent de son mari, l’homme d’affaires Jawad Adra, un sunnite laïc qui s’efforce d’entretenir autant de contacts au sommet du 8 mars (pro-iraniens), qu’à celui du 14 mars (souverainistes). Du libanisme pur jus, tirant le meilleur parti de la polarisation confessionnelle à outrance de notre société : les ponts entre les deux camps sont rares et recherchés dans le monde politique et celui des affaires.

 

Mais pas par la rue… c’est-à-dire par les Libanais, qui manifestent désormais toutes les nuits en affrontant la police de plus en plus violente sous l’influence du Hezbollah. Or la population n’a de cesse que de crier son ras-le-bol, à la fois de cette manière de gérer les affaires de l’Etat qui nous a mis en faillite, et de la soumission aux plus obscures dictatures du monde musulman.

 

Dans cette optique, la titularisation de Zeina Acar ne signifie strictement rien : tout Libanais dès l’âge de dix ans vous expliquera que c’est le Hezbollah, et donc l’Iran, qui s’occupe chez nous des affaires relatives à la guerre et des relations internationales.

 

C’en est même à se demander pourquoi nous entretenons une armée qui ne saurait être engagée dans quelque conflit que ce soit au risque de déclencher immédiatement une guerre civile. Elle est à peine bonne à matraquer les manifestants et à les arroser de balles enrobées de caoutchouc, au point d’en avoir blessé quatre cents en une seule nuit de la semaine dernière. Et d’avoir "fini" les plus convaincus à l’intérieur des casernes, à quatre ou cinq militaires contre un protestataire en état d’arrestation.

 

Selon tous les observateurs, cette répression totalement disproportionnée d’une population en souffrance vise uniquement les sunnites et les chrétiens, de même que les chiites courageux qui se sentent plus libanais qu’iraniens ou syriens. Il est évident, et les dirigeants du 14 mars le soulignent autant qu’ils le peuvent, que le Hezbollah encadre l’Armée de plus en plus près, et que ceux qui ont battu les manifestants en parfaite illégalité sont presque tous des chiites hezbollanis déguisés sous l’uniforme national. Aucun soldat chrétien en pleine possession de ses facultés mentales ne frapperait un Libanais qui brave la nuit, le froid et les coups pour exprimer qu’il a faim, que le système et les responsables doivent changer, et que nous allons droit dans le mur. 

 

C’est tout de même significatif d’observer à quel point le régime en place n’hésite pas à aller à contre-courant des doléances exprimées jour après jour par une vaste majorité des Libanais. Nous allons prochainement dépasser les cinquante pour cent de personnes vivant dans ce pays au-dessous du seuil de pauvreté, la livre ne vaut bientôt plus rien (50% de dépréciation face au dollar durant l’année écoulée), ce qui entraîne une baisse considérable de notre pouvoir d’achat qui n’était déjà pas bien élevé, nous sommes en pleine récession économique, et Aoun et ses alliés n’en ont strictement rien à faire. Ils poursuivent sur leur lancée.

 

Ils ont pris la direction opposée de celle qui nous donnait une chance de nous en sortir, car pour cela, nous avons besoin de l’aide des Américains et des monarchies sunnites, à commencer par l’Arabie Saoudite. L’économie iranienne est exsangue du fait des sanctions américaines et nous ne pouvons ainsi attendre aucune aide de ceux qui nous occupent militairement. Quant à l’Amérique, elle a non seulement placé le Hezbollah à une place de choix sur sa liste des organisations terroristes, mais elle vient encore par deux fois, récemment, de renforcer les mesures pénalisant la milice de Nasrallah. Riyad, pour sa part, est entièrement mobilisée à se préparer à une confrontation avec l’Iran, à combattre les Houthis au Yémen, ouvertement soutenus par le Hezb et ses mentors, et à se rapprocher d’Israël afin que Jérusalem l’aide à réaliser ces deux priorités.

 

Avec la formation d’un gouvernement dépendant du Hezbollah, et donc de l’Iran, il est évident que nous venons de tourner le dos à ceux qui avaient la capacité de nous porter secours.

 

Ces observations rendent évident le fait qu’Aoun et Nasrallah ont fait un pari risqué, pour ne pas dire suicidaire. Car la rue n’est pas dupe et les manifestants exigent désormais la démission de Diab et de son cabinet, en plus de celle du président de la République. La protestation ne peut que s’étendre et se durcir, comme cela va aussi être le cas des tentatives visant à la juguler.

 

Or ces manifestations visent de plus en plus distinctivement la cause principale des malheurs du Liban et celle qui trouve son intérêt à nous condamner à une misère de plus en plus noire. En étouffant nos cris à l’aide de bâtons avant de passer – ce n’est qu’une question de semaines – aux fusils. Je parle évidemment du Hezbollah

 

Alors qu’on ne s’y trompe pas, les Libanais s’expriment de plus en plus ouvertement, c’est la récompense du courage, et cela rend le Hezbollah complètement fou ! La révolte revêt de plus en plus les mêmes allures qu’à Téhéran et à Bagdad : on veut que les Iraniens rentrent chez eux et cessent d’utiliser notre territoire comme base logistique de leurs rêves génocidaires. On n’entend surtout pas mourir pour assouvir les délires guerriers de Khameneï et de l’islam chiite de destruction d’Israël. Or cette menace est fortement présente dans le subconscient de tous les Libanais : si le Hezb tire des missiles sur l’Etat hébreu à partir de Beyrouth, les Hébreux tireront sur Beyrouth. Et de leur point de vue, ils n’auront pas le choix.

 

Les langues se délient. La formation de ce gouvernement indique l’isolement grandissant du Hezbollah et son affaiblissement. Ce dernier est particulièrement flagrant depuis l’élimination du criminel Qassem Souleimani. On vient de réaliser à quel point ce général au service de la théocratie perse était personnellement responsable de l’asservissement du Liban ; c’était même son idée, et il en était le "grand organisateur".

 

Privé de ressources extérieures, mis au banc du monde musulman et du monde tout court, le Hezbollah ne peut que se montrer de plus en plus irascible et partant, de plus en plus décalé et violent.

 

Mais Khameneï n’a semble-t-il pas idée de la capacité de résilience des Libanais, forgée par des siècles de dominations étrangères et d’apprentissage des façons de leur résister. Contrairement aux apparences, le Hezbollah et la "République" Islamique de Téhéran sont des nains face au peuple libanais, à sa tradition de liberté, à son refus des diktats religieux et à sa profondeur culturelle.

 

De plus, notre résistance est spontanée, elle vient des tripes et elle ne coûte pas cher. Nous voulons que tout ce qui touche à l’Iran et la Syrie, de même qu’à leurs supplétifs chiites libanais disparaisse ou crève. Nous voulons que le vieillard cacochyme Michel Aoun, disposé à toutes les trahisons pour mourir sur le trône, parte à la retraite. Et qu’il emmène avec lui toute cette clique de politiciens marrons, qui servent leurs intérêts plutôt que ceux des Libanais. Nous voulons que le système électoral confessionnel cesse d’exister, et que le nouveau soit démocratique et qu’il permette l’alternance. Nous voulons, enfin, vivre en paix avec nos voisins éclairés, nos partenaires naturels, nos sources d’activités potentielles, d’investissements et d’emplois. Nous voulons regarder vers le Sud et travailler avec nos amis israéliens ; vers l’Ouest, en direction de Chypre, des Européens, et, plus loin, des Etats-Unis ; vers les émirats et les monarchies arabes, auxquelles nous avons toujours servi d’intermédiaires avec le monde chrétien. Nous voulons participer au projet d’exploitation du gaz dans le bassin est-méditerranéen, ainsi qu’à la construction du gazoduc vers l’Europe avec nos amis grecs et italiens.


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Bruxelles-Métula du 20 janvier 2020 (012001/20) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 20 janvier 2020

 

Le nouvel intercepteur-laser israélien : une technologie qui va probablement et rapidement changer la face du monde.

 

Stéphane Juffa au micro d’Anne-Sophie Dekeyser sur Radio Judaïca.

 

Sur Youtube :

https://youtu.be/zrZkbtGX2HM

 

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Deux raids majeurs en Syrie cette nuit, attribués à Israël (011501/20) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 14 janvier 2020

 

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Mercredi, 01h55 à Métula, 0h55 à Paris

 

Deux attaques aériennes durant cette nuit (mardi à mercredi) attribuées à Israël par les media officiels syriens.

 

La première a visé des éléments iraniens ainsi que des milices chiites irakiennes et libanaise à leur service à l’entrée de la ville de Deir ez-Zor, sur l’Euphrate. Les dégâts sont importants, il y a des morts parmi ces combattants ainsi que dans les rangs de l’Armée gouvernementale syrienne.

 

Le second raid, le plus important, a ciblé la base aérienne T4, ou aéroport al Althias, du nom de la ville-oasis Khirbat Thiyas, toute proche, qui est située en plein désert syrien, à 55km à l’ouest de Palmyre et à 83km à l’est de Homs.

 

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Carte de situation de la base T4

Service cartographique © Metula News Agency

 

L’attaque au missile a été d’une rare violence. Radio Damas, au milieu d’informations fantaisistes faisant état de missiles israéliens abattus (au début, ils ont prétendu que l’attaque avait été repoussée par la DCA d’al Assad), a reconnu finalement d’importants dégâts matériels.

 

Les autres nouvelles des media gouvernementaux syriens sont sans intérêt. Elle ne constituent pas de l’information mais de la propagande.

 

Plusieurs bombardiers Soukhoï 22 et 24 de fabrication russe ont été détruits au sol.

 

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Photo satellitaire de la base aérienne T4

Service cartographique © Metula News Agency

Base . Google earth Pro

 

Faute de toute information côté israélien, on ignore quels étaient les objectifs visés et la raison de ces opérations.

 

Nous ignorons également les bilans de cette intervention, les lignes téléphoniques ayant été interrompues immédiatement après l’assaut, probablement afin d’empêcher Michaël Béhé de s’entretenir avec les médecins de l’hôpital de Khirbat Thiyas. D’après ce dernier toutefois, le bombardement de cette nuit "pourrait être les plus violent de ceux qui ont touché T4 jusqu’à présent. En considération des dommages subis dans la base aérienne", poursuit le chef de la Ména libanaise, "les pertes en hommes et en matériel sont probablement très importantes".

 

On sait en revanche que T4 constitue une importante base militaire partiellement cédée aux Iraniens, et qu’elle a été prise pour cible au moins huit fois déjà par Tsahal dans le passé (selon le décompte de la Ména).

 

Nous savons également que deux gros porteurs syriens ont atterri hier, des Ilyushin 76, en provenance de Téhéran, à 11h20 et respectivement 13h, heures locales. On pouvait suivre leurs périples sur l’application Flightradar24.

 

Vu la virulence de l’intervention attribuée à Israël, soit l’état-major israélien entendait détruire les armes amenées par les Ilyushin avant qu’elles ne puissent être mises à l’abri, soit les Iraniens préparaient une opération imminente contre l’Etat hébreu.

 

Nous remarquons également que lors de la présentation annuelle du Renseignement militaire israélien qui s’est déroulée ce mardi, les intervenants ont estimé que l’élimination de Qassem Souleimani, la mobilisation du régime théocratique afin de réprimer la révolte populaire, ainsi que la tension entre la "République" Islamique et les Etats-Unis constituaient un moment opportun pour frapper très fort le déploiement perse en Syrie. Plus encore que jusqu’à maintenant.

 

 
Bruxelles-Métula du 13 janvier 2020 (011301/20) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 13 janvier 2020

 

Toujours la situation avec l’Iran : les derniers développements :

 

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-          Attaque iranienne à la roquette sur une base américaine

-          Risques d’une riposte américaine ?

-          Pourquoi les Israéliens bombardent-ils sans relâche la frontière Syrie-Irak ?

-          Pourquoi les Iraniens ont-ils abattu le Boeing ukrainien ?

-          Les manifestants iraniens bravent les balles des Pasdaran. Que réclament-ils ?

-          La politique insensée des gouvernements et des media européens

L’analyse de Stéphane Juffa pour Bruxelles-Métula au micro d’Anne-Sophie Dekeyser sur Radio Judaïca.

 

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Sur Youtube :

https://youtu.be/YlSHbar-V9A

 

 
Irak : cinq roquettes explosent sur une base américaine (011201/20) Version imprimable
Dernières heures
dimanche, 12 janvier 2020

 

Dimanche, 19h30 à Métula, 18h30 à Paris

 

Des sources militaires irakiennes ont informé l’agence Reuters que sept roquettes avaient frappé ce dimanche en fin d’après-midi la base aérienne d’al Balad [carte].

 

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L’emplacement géographique de la base d’al Balad/Yathrib

Service cartographique © Metula News Agency

 

Cette dernière est située près du village de Yathrib, à 14km à l’est de la ville d’al Balad (80 000 hab.). Elle abrite à la fois des soldats gouvernementaux et des militaire américains et se trouve à 60km au nord de Bagdad.

 

Il s’agit de la plus grande base aérienne en Irak [carte].

 

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La base d’al Balad/Yathrib

Service cartographique © Metula News Agency

Source : Google Earth Pro

 

Selon des sources concordantes, seules cinq roquettes ont atteint Yathrib.

 

On ignore pour le moment s’il y a des victimes américaines ou des dégâts, et si cette attaque sera suivie de représailles étasuniennes. Ce qui serait sans doute le cas si des soldats U.S. ont été touchés.

 

Selon Radio Bagdad, captée par notre camarade Jules Mazouz, quatre soldats irakiens auraient été blessés lors de l’attaque. Les informations de Radio Bagdad sont à considérer avec précaution, plusieurs nouvelles que cette station a récemment émises s’étant avérées sans fondements. Il s’agit d’une radio gouvernementale.

 

Les milices chiites irakiennes supplétives de l’Armée iranienne sont sans doute à l’origine de ces tirs de Katiouchas.

 

 
Deux raids aériens sur Boukamal attribués à Israël (011012/19) Version imprimable
Analyse
vendredi, 10 janvier 2020

 

Par Ilan Tsadik

                                                                                                                    

La nuit dernière (jeudi à vendredi), des chasseurs-bombardiers ainsi que des drones ont effectué deux raids visant des intérêts iraniens dans la région de Boukamal en Syrie, à la frontière avec l’Irak.

 

Les chasseurs-bombardiers ont détruit des entrepôts ainsi que des infrastructures dans la base Imam Ali construite par l’Armée de la "République" Islamique d’Iran.

 

Des drones ont quant à eux ciblé et anéanti un convoi de camions en provenance d’Iran dès qu’il eut franchi la frontière syrienne. Les véhicules étaient conduits et protégés par des miliciens chiites des Hachd al-Chaabi, les Unités de Mobilisation Populaire.

 

Tous les camions ont été oblitérés et les drones ont ensuite donné la chasse aux miliciens qui s’éloignaient des poids lourds en feu.

 

Les véhicules transportaient des missiles balistiques et les entrepôts accueillaient des armes du même type.

 

Selon Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, qui s’est entretenu par téléphone avec des personnels hospitaliers de l’hôpital de Boukamal, 9 miliciens auraient péri lors de ces raids et 5 autres seraient blessés, dont 2 dans un état désespéré.

 

La plupart des media régionaux attribuent ces nouveaux raids au Khe’l Avir, l’Armée de l’air israélienne, ce qui est plausible.

 

Les images satellitaires prises par la société spécialisée ImageSat International (ISI) indiquent que les Iraniens investissent de très gros efforts afin de reconstruire et d’améliorer les capacités de leur grande base frontalière d’Imam Ali.

 

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Photo d’ISI montrant les récentes réalisations souterraines des Iraniens

à Imam Ali

 

Les nouvelles installation comprennent de nombreuses fortifications souterraines, des tunnels et des entrepôts pouvant recevoir des armes et des munitions.

 

Selon des sources concordantes, Vladimir Poutine aurait informé le régime de Bashar al Assad de l’intention des Américains de couper définitivement l’autoroute chiite reliant l’Iran aux frontières libanaise et israélienne.

 

A la Ména nous n’avions pas compris la décision étasunienne d’empêcher les FDS sous commandement kurde de couper ce corridor passant le long de l’Euphrate sur son versant occidental. A plusieurs reprises durant la guerre menée ces dernières années par la coalition face à DAESH et aux soldats de l’Armée gouvernementale alaouite des al Assad, les Peshmerga avaient atteint la route en question lors de leur offensive terrestre. Pour des raisons difficiles à saisir, le commandement américain leur avaient alors ordonné de se retirer sur la rive orientale du fleuve.

 

D’autre part, les services de Renseignement U.S., canadiens, et très probablement israéliens ont déterminé avec certitude que le Boeing 737-800 de la compagnie nationale Ukraine International Airlines qui s’est écrasé au décollage de l’aéroport Imam Khomeiny de Téhéran a été abattu par un missile sol-air iranien. Les 176 passagers et membres d’équipage ont péri lors du crash. Parmi les morts on dénombre des Iraniens, des Canadiens, des Ukrainiens, des Suédois, des Allemands et des Britanniques.

 

Le jour même du crash, la Ména avait soutenu cette hypothèse, exprimée noir sur blanc dans l’article "L’Iran attaque des bases U.S. au missile balistique et place le M.O au seuil de la guerre" :

 

"On ignore si cet accident aérien est lié d’une manière ou d’une autre aux activités militaires dans la région. La concomitance des divers évènements nous semble suspecte, ce d’autant plus que la compagnie ukrainienne a immédiatement décidé de cesser la desserte des aéroports iraniens après l’accident. Ce qu’elle n’aurait pas fait si elle ne prenait pas en compte une cause non-accidentelle de la catastrophe. Il pourrait théoriquement s’agir d’un tir par erreur de la DCA iranienne aux aguets, ou d’un système de tir automatique. On ne tardera pas à le savoir".

 

Il s’agit effectivement d’un "tir par erreur de la DCA iranienne aux aguets" (et on n’a pas tardé à le savoir). Ce qui n’excuse rien du tout. Ce tir est constitutif d’un meurtre de 176 innocents et non d’un assassinat, ce qui aurait été le cas si le tir avait été volontaire.


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L’Iran attaque des bases U.S. au missile balistique et place le M.O au seuil de la guerre (010801/20 Version imprimable
Analyse
mercredi, 08 janvier 2020

 

Par Stéphane Juffa avec tous les journalistes de la Ména postés au Moyen-Orient

 

Entre 01:45 et 02:45 heure irakienne (00:45 – 01:45 à Métula et 23:45 – 00h:45 à Paris) la "République" Islamique d’Iran a lancé 15 missiles balistiques de moyenne portée en direction de deux bases situées en Irak qui abritaient des soldats américains.

 

Les résultats détaillés et les bilans de ces frappes n’ont pas encore été publiés par les organes militaires et gouvernementaux aux Etats-Unis. Officiellement, pour la raison qu’ils seraient toujours en train d’évaluer les dégâts et les pertes éventuelles causés par ces attaques. En réalité, c’est parce que lesdites informations recèlent quantité d’enseignements relatifs aux capacités des missiles utilisés, qui sont actuellement disséqués par les spécialistes américains et israéliens. Et également, afin de ne pas fournir d’éléments pouvant être utiles à l’ennemi persan.

 

Les objectifs visés étaient les bases aériennes de Aïn al Assad [ara. : l’œil du lion] à 100km à l’ouest de Bagdad, et le Q.G des forces U.S. à Erbil, capitale du Kurdistan irakien [carte].

 

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Les bases américaines visées cette nuit

Service cartographique © Metula News Agency

 

Nous n’avons aucune information relative aux résultats des frappes à Aïn al Assad. En revanche, le correspondant permanent de la Ména au Kurdistan, Perwer Emmal, a pu recueillir les conclusions de celles d’Erbil, de la bouche d’un responsable officiel de l’Entité politique autonome kurde du nord de l'Irak.

 

Selon ce dernier, et la source a été vérifiée par nos soins, deux missiles iraniens ont atteint Erbil ; l’un s’est écrasé dans le périmètre élargi de l’aéroport international local, à l’écart des installations aéroportuaires et n’a pas explosé. Le second a touché une zone désertique à 35km environ à l’ouest de la ville d’Erbil sans causer de victimes ni de dégâts matériels.

 

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Tir d’un missile balistique iranien ce matin

 

Par comparaison, les missiles balistiques israéliens, à l’instar des dernières conjugaisons du Jéricho, peuvent atteindre n’importe quelle cible sur la Planète avec une charge utile (classique ou nucléaire) de 1 300kg, et un MECP [écart circulaire maximum probable] de l’ordre d’un kilomètre.

 

Les résultats médiocres des tirs sur Erbil, s’ils sont confirmés par ceux d’Aïn al Assad, démontreraient que la théocratie chiite a eu recours à des armes qui ne sont pas opérationnelles. Ce qui la priverait des moyens nécessaires pour espérer soutenir une confrontation avec Washington ou Jérusalem.

 

L’usage d’armes non-opérationnelles de ce type participerait d’une tentative désespérée de nature suicidaire de la part des ayatollahs, car aucun Etat ne viserait la plus puissante armée du monde avec des armes inopérantes. Qui plus est, l’emploi de telles armes démontrerait aux Américains et aux Israéliens que Téhéran est pratiquement démuni de moyens offensifs face à une éventuelle attaque visant ses installations stratégiques.

 

Les media de la junte religieuse perse annoncent avoir tué plus de quatre-vingt militaires étasuniens lors de l’attaque de cette nuit qu’elle avait baptisée "Opération shahid [martyr] Qassem Souleimani".

 

Le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique, le corps d'élite de l'Armée iranienne qui était soumis au commandement de feu Qassem Souleimani, a fait savoir que les attaques contre les bases irakiennes étaient une vengeance dure pour la mort de son chef.

 

Le CGRI a déclaré que tout pays abritant des troupes américaines pourrait être soumis à "des actes hostiles et agressifs" et a appelé les citoyens américains à demander à leur gouvernement de retirer ses troupes de la région.

 

"Nous avertissons le Grand Satan", a poursuivi le communiqué des Pasdaran, "que si vous répétez votre méchanceté, engagez des actions ou une agression supplémentaire, nous répondrons par des réponses encore plus douloureuses et écrasantes".

 

D’intenses consultations sont actuellement en cours au sommet de l’Etat et de l’Armée américaine, idem en Israël, ainsi qu’entre Washington et Jérusalem et d’autres alliés des USA.

 

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, le secrétaire à la Défense Mark Esper et le président du Joint Chiefs of Staff, le Général Mark Milley, se sont rendus à la Maison Blanche après l'attaque et ils en sont repartis deux heures plus tard.

 

Aux Etats-Unis, on est en train de décider si on va ou non frapper tout ou partie des 52 sites stratégiques identifiés en Iran par le Renseignement U.S. Au cas où la totalité de ces sites serait détruite, cela priverait pratiquement la théocratie chiite de tout recours à la force militaire et la priverait définitivement de son infrastructure nucléaire destinée à produire une bombe atomique.

 

L’Armée américaine a dépêché ces derniers jours six bombardiers stratégiques B-52 sur la base britannique de Diego Garcia dans l’océan indien. Diego Garcia se trouve à 3 500km de la partie méridionale de l’Iran et est ainsi à portée de n’importe quel objectif sis sur le territoire des ayatollahs.

 

Dans le cas où un militaire américain aurait été tué ou sérieusement blessé lors de l’attaque de cette nuit, Donald Trump n’hésitera sans doute pas à lancer une contre-attaque sur l’Iran. Si tous les missiles perses ont manqué leurs cibles, le président posséderait la latitude de décider de mettre fin au cycle de violences-représailles qui a suivi l’élimination du chef des Gardiens de la Révolution khomeyniste, feu le Général Qassem Souleimani. Ce, sans qu’aucun soldat de l’Oncle Sam n’aurait été blessé.

 

Jusqu’à maintenant, la présidence américaine ne s’est exprimée qu’au travers d’un message du Président sur Twitter dont le contenu est : "Tout va bien ! Des missiles ont été lancés depuis l’Iran sur deux bases situées en Irak. L’évaluation des victimes et des dommages a lieu actuellement. Jusqu’ici tout va bien ! Nous possédons l’armée la plus puissante et la mieux équipée du monde et de loin. Je ferai une déclaration demain matin (mercredi après-midi en Israël et en Europe)".

 

Diverses sources iraniennes ont annoncé qu’en cas de réplique américaine, la théocratie avait ordonné à sa milice supplétive libanaise du Hezbollah d’attaquer Israël. Tsahal est parfaitement préparé à cette éventualité et il a déployé toutes les ressources nécessaires pour y faire face. Y compris celles lui permettant, le cas échéant, de mener une opération préventive au pays des cèdres, mais aussi de moyens défensifs et offensifs de contre-attaque.

 

Rien ne dit non plus que le Hezbollah – qui dispose d’une certaine marge de manœuvre autonome - obéirait aveuglément à un ordre de ce type qui, il le sait, pourrait le conduire à son éradication ainsi qu’à l’oblitération d’un grand nombre d’infrastructures indispensables du Liban.

 

D’autre part, à un petit intervalle du moment durant lequel se déroulaient les attaques au missile en Irak, un Boeing 737-800 à peine sorti d’usine, de la compagnie nationale Ukraine International Airlines s’est écrasé au décollage de l’aéroport Imam Khomeiny de Téhéran. Les 176 passagers et membres d’équipage ont péri lors du crash. Parmi les morts on dénombre des Iraniens, des Canadiens, des Ukrainiens, des Suédois, des Allemands et des Britanniques.


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Bruxelles-Métula du 6 janvier 2020 (010601/20) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 06 janvier 2020

 

L’analyse stratégique de la situation face à l’Iran

 

Stéphane Juffa au micro de Joanna Marchi sur Radio Judaïca.

 

Sur Youtube :

https://youtu.be/iwU1SjoF0Ck

Sur Radio Judaïca :

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/1364925763669584/

 

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Echanges de feu nourris entre Américains et Iraniens en Irak. Vive tension dans toute la région Version imprimable
Breaking News !
samedi, 04 janvier 2020

 

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Samedi, 23h30 à Métula, 22h30 à Paris

(010401/20) 

 

Selon Radio Bagdad, la station gouvernementale irakienne, captée par Jules Mazouz, les Iraniens et/ou leurs milices supplétives chiites irakiennes ont bombardé six bases américaines en Irak.

 

Les journalistes de Radio Bagdad étaient particulièrement tendus à l’antenne.

 

Des soldats U.S. auraient péri lors de ces attaques, qui visent principalement les positions étasuniennes dans la région de Mossoul, à 240km au nord de Bagdad.

 

Nous tenons pour certain que la base de Kindi, située dans le nord de cette ville, a essuyé les tirs de nombreuses roquettes.

 

Tirs de mortiers également sur la base de Kiara où résident des forces américaines dans la même région. Le poste de commandement opérationnel régional U.S. à Ninive, à 75km à l’ouest de Mossoul, a lui aussi été visé par des mortiers.

 

RT, anciennement Russia Today, une chaîne de télévision d'information internationale en continu financée par l'Etat russe, diffuse ces images de l’une de ces attaques antiaméricaines :

 

https://twitter.com/RuthKiryati/status/1213544757462470656

 

Dans un communiqué, les Phalanges du Hezbollah (une milice chiite sous commandement iranien) ont appelé ce soir "les frères des forces de sécurité irakiennes (l’Armée nationale irakienne) à s'éloigner des bases ennemies américaines à pas moins de 1000 mètres". Plusieurs bases militaires hébergeant à la fois des militaires américains et irakiens.

 

Selon des sources concordantes et fiables, les Américains ont entamé leurs ripostes, bombardant depuis les airs une position iranienne en Irak et faisant au moins dix morts et un nombre non encore identifié de blessés parmi les militaires de Téhéran

 

Un autre raid a été mené contre une position iranienne/milices chiites irakiennes dans la zone frontalière entre la Syrie et l’Irak, non loin d’Abou Kamal.

 

Les appareils de l’U.S. Air Force survolent massivement l’Irak, y compris Bagdad, ainsi que des zones en territoire syrien.

 

Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, rapporte également une très intense activité aérienne israélienne dans tout le sud libanais.

 

Actuellement la situation est calme sur l’ensemble du territoire israélien, qui subit des trombes d’eau depuis deux jours, occasionnant des inondations, notamment dans la région de Tel-Aviv. Tsahal est placé en état d’alerte élevé.

 

 
Etat d’alerte au Moyen-Orient : l’estimation des dangers (030301/20) Version imprimable
Analyse
vendredi, 03 janvier 2020

 

Par Jean Tsadik

 

L’élimination cette nuit du Général Qassem Souleimani, le commandant de la force al Qods [ara. : Jérusalem], no.2 de la théocratie chiite iranienne, probablement lors d’une opération conjointe américano-israélienne, modifie totalement les fondamentaux de la situation moyen-orientale.

 

Ce pour une raison très simple : en annonçant qu’il avait donné l’ordre de procéder à l’oblitération ciblée du général iranien, Donald Trump a clairement démontré qu’il était prêt à une confrontation majeure avec la dictature de Téhéran. [Regarder la vidéo filmée par l’Armée américaine montrant le moment où le véhicule de Souleimani a été la cible d’un missile de précision tiré par un drone : https://youtu.be/R-9gYccauyE].

 

Avant de prendre cette décision, Trump ne pouvait pas, en effet, ignorer que l’anéantissement du no.2 du régime perse, le premier militaire du pays, le chef de sa stratégie, de la confrontation avec Israël et de l’expansion de l’empire chiite en direction de l’Irak, de la Syrie et du Liban risquait de déclencher un processus d’affrontement direct qui aboutirait potentiellement à une guerre ouverte et totale.

 

Pour la première fois depuis son accession à la présidence, Donald Trump, qui déteste le recours à la force militaire, s’en est pris directement aux Iraniens – et non plus à leurs supplétifs -, et encore à l’échelon le plus élevé.

 

Il est ainsi évident qu’il a pris en compte l’hypothèse d’un conflit et qu’il l’assume.

 

Tout comme il est évident qu’il s’agit d’un choix à caractère stratégique et non d’une réaction à l’attaque de l’ambassade américaine à Bagdad, orchestrée par la junte des ayatollahs de Téhéran.

 

Certes, en agissant de la sorte, Trump se démarque de Jimmy Carter et de la façon dramatique qu’il avait eue de gérer la crise des otages de l’ambassade américaine à Téhéran en 1979, et cela est de bonne guerre en cette année électorale.

 

Mais le président étasunien est solidement entouré par d’excellents stratèges militaires. Même s’il ne les écoute pas toujours, il n’a pu ignorer ce qu’ils ne cessent de lui répéter : on ne prend pas le risque de déclencher une guerre en représailles à quelque provocation tactique que ce soit.

 

Si on le fait, à l’instar de l’immense erreur d’Ehud Olmert face au Hezbollah à l’été 2006, on laisse à l’adversaire le privilège de choisir le moment de la confrontation. Cela équivaut aux échecs à opter de commencer la partie avec les noirs alors que l’on peut jouer avec les blancs.

 

En termes strictement stratégiques, on peut s’interroger sur la raison qui avait poussé Trump, en 2017, à abandonner les Kurdes (déjà) irakiens alors qu’ils étaient confrontés autour de Kirkouk aux mêmes Forces de Mobilisation Populaires. Ces dernières étaient encadrées par des officiers iraniens sous le commandement de Qassem Souleimani ; elles supportaient l’essentiel de la confrontation aux côtés de l’Armée irakienne, obéissant aux injonctions d’un gouvernement chiite inféodé aux ayatollahs iraniens. Le comble de la sottise fut que pour vaincre les Kurdes, les Iraniens et les Forces de Mobilisation Populaires s’appuyèrent uniquement sur le matériel que les Américains avaient fourni à Bagdad.

 

Si Trump avait alors soutenu ses alliés kurdes, Téhéran n’aurait pas pu s’implanter comme il l’a fait en Irak, pas plus qu’il n’aurait pu construire sa fameuse autoroute chiite en direction de Beyrouth et de Jérusalem.

 

Ce fut un monumental gâchis, une erreur stratégique majeure et coûteuse. On peut sans doute la mettre sur le compte d’un président encore inexpérimenté à l’époque en matière de compréhension du labyrinthe moyen-oriental.

 

Laissons toutefois le passé là où il se trouve, car la question est désormais "que va-t-il se passer ?".

 

Avant de l’envisager, il convient tout de même de préciser que le narratif de la quasi-totalité des autres media européens et américains relativement à la situation prévalant en Irak est trompeur. Contrairement à ce qu’ils racontent, il n’existe pas de "peuple irakien" homogène, mais deux groupes ennemis ; les chiites, alignés sur Téhéran - à l’exception notable de l’imam chiite Moqtada al-Sadr, de ses nombreux partisans et de sa milice ouvertement opposée aux Iraniens - qui pleurent l’élimination de Souleimani.

 

Et les sunnites et les Kurdes, qui représentent environ 45% de la population, qui sont fermement opposés au gouvernement en place et à l’invasion rampante des Iraniens. Sur cette vidéo, on voit des milliers de sunnites irakiens manifester leur joie au péril de leur vie à l’annonce de l’éradication du général perse : https://twitter.com/SecPompeo/status/1212955403077767168

 

Cette précision, pour expliquer que les Iraniens ne sont pas en Irak en terrain conquis, et qu’en cas de guerre totale, les Américains peuvent compter sur la moitié de la population ainsi que sur les milices sunnites qui ne participent pour le moment à aucune confrontation.

 

En Irak, il y a donc ceux qui ont attaqué l’ambassade américaine, les chiites aux ordres de Khameneï, anciennement transmis par feu son régisseur Souleimani, et ceux qui fêtent la perte de ce dernier. Ils ne sont pas réconciliables, en tout cas tant que les Perses n’auront pas quitté définitivement leur pays.

 

Les dirigeants de la junte religieuse persane pleurent leur général [https://youtu.be/st4HXoZX228], tout en lançant des menaces de guerre imminente.

 

Ainsi le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, après avoir décrété un deuil national de trois jours, a déclaré qu' "une vengeance terrible attendait les criminels qui ont assassiné Souleimani". Il a pris la décision de nommer Souleimani chef d’état-major à titre posthume et de lui décerner le grade de Sfihabad, maréchal. Khameneï a en outre désigné le Brigadier Général Esmaïl Qaani, ancien bras droit de Souleimani, comme nouveau chef de la force al Qods.

 

Toutes les forces militaires présentes aux abords du Moyen-Orient et à l’intérieur de celui-ci sont en état d’alerte, y compris Tsahal bien entendu. En Israël, les permissions ont été supprimées, toutes les bases sont en mode opérationnel et d’autres mesures qu’il n’est pas nécessaire de mentionner dans ces colonnes ont été prises.

 

L’Armée a fermé la station de ski du mont Hermon par précaution ; c’est l’une des parties du territoire les plus exposées à d’éventuelles représailles. Si cela n’avait pas été le cas, les pistes auraient été envahies par des dizaines de milliers de skieurs ce weekend, car l’enneigement y est particulièrement abondant. L’espace aérien civil dans le Doigt de la Galilée n’a, en revanche, pas été fermé, comme c’est le cas en présence d’un danger imminent.

 

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L’Armée a barré les accès aux pistes de ski

 

Je décrirai l’état d’esprit de Tsahal comme prêt à toute éventualité dans une grande sérénité. Cela découle de la constatation selon laquelle l’ennemi ne dispose pas des moyens nécessaires afin de se mesurer militairement à l’Etat hébreu. Encore moins aux Etats-Unis.

 

Pour être plus précis encore, on dira que toute action militaire majeure de la théocratie chiite participerait de l’ordre du suicide. Ce, notamment parce que du point de vue stratégique, plusieurs Etats dont Israël n’attendent que l’opportunité adéquate pour réduire à néant l’infrastructure nucléaire des ayatollahs, leurs fabriques et concentrations de missiles, ainsi qu’un répertoire très  bien choisi de cibles, en Iran, en Irak et en Syrie.

 

Le commandant en chef de l’Armée iranienne a beau déclarer ce matin que "nos missiles se trouvent en alerte de guerre et nous attendons les instructions du président", il n’impressionne pas les responsables militaires qui lui font face.

 

L’éventualité la plus désagréable est celle représentée par la menace des milliers de roquettes aux mains du Hezbollah libanais. Mais la même équation s’impose à son chef, le Sayyed Hassan Nasrallah : tout acte hostile à l’encontre d’Israël exposerait son organisation et sa propre personne à un éventuel anéantissement.

 

Nasrallah a certes promis le "juste châtiment aux assassins criminels responsables de la mort du général iranien Qassem Souleimani". Soulignant que "ce sera la responsabilité et la tâche de tous les résistants et combattants à travers le monde", mais s’il est sensé, ce qui est ordinairement son cas, il s’en tiendra aux menaces non suivies d’effets.

 

C’est d’ailleurs le questionnement de base : l’appréhension du rapport de force entre l’Iran et ses adversaires implique pour ses dirigeants, au-delà du doute sensé, de s’abstenir de toute action militaire. Reste que si la dictature chiite ne réagissait pas à l’élimination de son principal chef de guerre, elle perdrait toute crédibilité en tant que puissance militaire.

 

Ce qu’il lui reste dans l’éventail des possibilités de "riposte raisonnable" se situe dans des actes très circonscrits, indirectement de préférence, par l’intermédiaire des nombreuses milices étrangères que l’Iran a créées, notamment au Yémen, en Irak et au Liban. Mais alors que les forces occidentales dans la région sont sur le pied de guerre, à l’abri de la surprise, la liste des choix de réplique est objectivement très limitée.

 

Au cas où Téhéran ne souhaite pas déclencher son propre Armageddon, ses représailles devront se cantonner dans le domaine des attentats contre des personnes ou dans celui des actes de guérilla.

 

La France s’est exprimée par la voix d'Amélie de Montchalin, la secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes ; celle-ci a affirmé que "quand de telles opérations ont lieu, on voit bien que l'escalade est en marche, alors que nous souhaitons avant tout la stabilité et la désescalade". Derrière ce discours aux apparences de responsabilité, les mots stabilité et désescalade expriment la volonté de maintenir le statu quo, c’est-à-dire de préserver la dictature odieuse des mollahs et des ayatollahs, ce qui nous semble à vrai dire difficilement compréhensible. Ce qu’elle nomme "de telles opérations" est somme toute l’anéantissement d’un méga-criminel dont les mains étaient entachées du sang de milliers d’être humains et qui n’avait jamais dissimulé sa haine à l’encontre des régimes démocratiques et laïcs à l’instar de celui de la France.

 

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Vidéo et photo exclusives de l’élimination de Souleimani (020301/20) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 03 janvier 2020

 

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Vendredi, 06h36 à Métula, 05h36 à Paris

 

La Ména diffuse ci-après les images édifiantes de l’oblitération du Général Qassem Souleimani, le commandant de la force al Qods [ara. : Jérusalem] des Gardiens de la Révolution Islamique Iranienne.

 

Regarder la vidéo : https://youtu.be/QbcLpmqmUYk

 

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L’avion de Souleimani quelques instants après son

atterrissage sur l’aéroport de Bagdad

 

 
Le Général Souleimani, no.2 du régime islamique iranien, a été éliminé à Bagdad (010301/20) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 03 janvier 2020

 

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Vendredi, 05h40 à Métula, 04h40 à Paris

 

Le Général Qassem Souleimani, le commandant de la force al Qods [ara. : Jérusalem] des Gardiens de la Révolution khomeyniste, la première unité d’élite de l’Armée iranienne, a été tué durant une attaque aérienne à l’Aéroport International de Bagdad. A la Ména on estime l’attaque aux alentours de 2h30 heure locales.

 

Outre le fait qu’il commandait les fronts syrien et irakien et qu’il recevait ses ordres directement du Guide suprême Ali Khameneï, Souleimani était l’officier supérieur principal de l’Armée iranienne. Il était considéré comme le no.2 de la théocratie persane.

 

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Le cadavre de Souleimani a été identifié grâce à la bague qu’il ne quittait jamais

 

Abu Mahdi al-Muhandis, le no.2 des Forces de Mobilisation Populaires, la milice chiite irakienne, qui est la principale organisation supplétive de la "République" Islamique d’Iran, a également péri lors du raid. Il était venu accueillir Souleimani à l’aéroport.

 

Ahmed al-Assadi, le porte-parole des Forces de Mobilisation Populaires, a accusé l’ennemi américain et israélien d’être à l’origine de la mort du moudjahid [ara. : un combattant de la foi qui s'engage dans le Djihad] Abu Mahdi al-Muhandis.

 

L'avion de Souleimani était arrivé du Liban ou de Syrie. La frappe aérienne a eu lieu dès qu'il est descendu de l'appareil. Al-Muhandis et ses compagnons qui étaient présents ont tous été oblitérés par l’explosion. Ils se trouvaient dans deux véhicules qui ont été spécifiquement visés et détruits.

 

Parmi eux, deux chefs d’autres milices irakiennes chiites fidèles à l'Iran ont également perdu la vie lors de l’opération, dont un responsable du Kataëb [ara. : phalanges] Hezbollah, impliqué dans l'attaque contre l’ambassade des Etats-Unis cette semaine.

 

Le Kataëb Hezbollah, est une milice chiite irakienne qui n’a rien à voir avec le Hezbollah libanais. Il prend ses ordres à Téhéran.

 

L’attaque de ce matin intervient suite à l’attaque de l’ambassade américaine le weekend dernier, orchestrée par les supplétifs de Téhéran en réaction aux frappes aériennes U.S. dimanche. Ces frappes ont tué 25 combattants des Kataëb Hezbollah. L'Armée étasunienne avait alors déclaré que les frappes étaient des représailles au meurtre, la semaine dernière, d'un entrepreneur américain lors d'une attaque à la roquette sur une base militaire irakienne conduite par la milice.

 

Selon les techniques employées ce vendredi matin, il nous semble à la Ména que l’opération de neutralisation de ce matin à l’aéroport de Bagdad est une opération conjointe des armées israélienne et américaine.

 

En ce moment-même, Tsahal envoie d’importants renforts sur les fronts septentrionaux. On craint en Israël que cette élimination ne déclenche le conflit généralisé avec l’Iran.

 

L’adjoint au Conseil à la Sécurité Nationale sous Barack Obama, Ben Rhodes, l’un des principaux artisans de l’Accord nucléaire avec l’Iran, celui qui avait également suggéré à Obama d’abandonner Hossni Moubarak :

 

"Bien sûr, Souleimani a beaucoup de sang sur les mains.  Mais c'est un moment réellement effrayant. L'Iran va répondre et probablement dans plusieurs endroits. Je pense à tous les personnels américains dans la région".

 

Les journalistes de la Ména sont à pied d’œuvre.

 

 
Les vœux des rédacteurs de la Ména pour 2020 (010101/20) Version imprimable
Analyse
mardi, 31 décembre 2019

 

© Metula News Agency

 

Stéphane Juffa à Métula, rédacteur en chef et analyste stratégique

 

Israël est un pays fort et structuré. C’est ma constatation essentielle au vu de sa capacité à traverser l’une des plus violentes crises politiques de son histoire sans perturbations majeures.

 

En dépit de la mise en accusation de son Premier ministre et des agressions verbales de ce dernier visant les magistrats qui le mettent en cause, allant jusqu’à les accuser d’avoir fomenté un "coup d’Etat" contre sa personne, Israël continue de vivre d’une manière relativement sereine.

 

La magistrature, privée pourtant de procureur général par la volonté de Netanyahu et de ses séides, qui retardent sa nomination pour de sombres raisons personnelles, continue de fonctionner et elle est considérée avec raison à l’étranger comme l’une des plus indépendantes et équitables de la Planète.

 

La high-tech, principalement dans le domaine médical, est en train de développer des remèdes contre le cancer. Elle se place également à la pointe du progrès dans une multitude d’autres domaines.  Son chiffre d’affaires ne cesse d’augmenter au rythme de ses avancées, jonglant avec les dizaines de milliards d’euros. Les publications scientifiques internationales sont remplies d’articles relatant ses découvertes.

 

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L’Armée israélienne, sous le commandement remarquable du Général Aviv Kokhavi, gère indépendamment du tumulte politique la sécurité du pays. La plupart des opérations qu’elle lance chaque semaine pourraient figurer dans les livres d’histoire et être enseignées dans les écoles militaires. Nul doute qu’elles le seront. Tsahal a fait en sorte qu’aucun projectile n’a traversé notre frontière septentrionale en 2019 sans être instantanément abattu, et ceux qui les avaient lancés, tout comme ceux qui leur avaient ordonné de le faire, ne se trouvent plus parmi nous pour en parler.

 

On en viendrait presque à penser qu’Israël se porte mieux sans gouvernement opérationnel et sans parlement depuis un an qu’auparavant.

 

Les préoccupations pourtant ne manquent pas, à commencer par la situation de guerre larvée avec l’Iran et par le déficit qui se creuse à cause de l’inaction prolongée dans la gestion des finances publiques.

 

2019 a été une bonne cuvée pour la qualité des analyses et la précision des breaking news de la Ména. L’appareil est bien rôdé sans qu’aucun de ses rouages n’ait jamais sombré dans la routine ou l’autosatisfaction. Je me permets de saluer particulièrement les équipes qui passent leurs nuits à vous informer sur les activités militaires en Syrie et en Irak, mais surtout, et ce sont en partie les mêmes, ceux qui ont assuré la couverture du conflit entre la Turquie et les Kurdes, parfois au péril de leurs vies. La Ména a été reconnue à cette occasion par nombre de ses pairs comme ayant été le media d’information et d’analyse principal de cette guerre.

 

Je termine mes vœux par une pensée émue, suite à la disparition douloureuse de deux grands amis de notre agence, à quelques jours d’intervalle, durant l’année écoulée ; Roger Bismuth, l’humaniste et le visionnaire qui avait réalisé la synthèse impossible entre les mondes arabe et juif, et Maurice de Paillette, grand officier de terrain de l’Armée française, homme de culture, de partage et de tradition. Je les avais d’ailleurs fait se rencontrer et leurs discussions nocturnes me laisseront un souvenir inexhaustible.

 

Pendant que je rédigeais ces vœux, j’ai appris le décès du Professeur Haïm Vidal Sephiha, le 17 décembre dernier à Boulogne-Billancourt. Haïm était l’âme de la langue et de la culture judéo-espagnoles, qu’il avait ressuscitées et réhabilitées dans la réalité moderne. C’était un grand homme passionné auquel je consacrerai un article distinct dans les semaines à venir. Il avait plusieurs fois publié des textes dans les colonnes de la Ména qui nous avaient tous enthousiasmés, et qui avaient largement étendu nos connaissances sur notre propre histoire. Il suivait assidument nos articles depuis les premiers jours. Que son âme repose en paix dans le sommeil des Justes.  

 

Je salue également la mémoire des trois camarades qui nous ont quittés depuis la création de la Ména, Luc Rosenzweig, l’une des plus fines plumes qu’ait connu le journalisme français, Laurent Murawiec, l’un des plus éminents analystes stratégiques de notre époque, qui a influencé plusieurs gouvernements américains, dont celui de Donald Trump, et Gérard Huber, écrivain et psychanalyste français, auteur notamment du livre de la Ména sur la Controverse de Nétzarim.

 

A cette liste de disparus depuis notre création, il convient d’ajouter le Capitaine de la marine marchande Khananya Peretz et le Général Benny Peled, ancien commandant du Khe’l Avir, l’Armée de l’Air israélienne. Nous n’oublions aucun d’entre eux, ils nous inspirent quotidiennement dans notre travail. Parce que personne n’a acquis sa capacité de comprendre le monde sans l’aide de ceux qui nous ont précédés, et parce qu’il n’existe pas de chemin que l’on puisse emprunter qui n’ait été tracé par quelqu’un d’autre avant nous.

 

Tous ont été nos maîtres et nos amis, sans lesquels nous ne serions pas ceux que, modestement, nous sommes.

 

Sur cette note de mémoire, recueillie mais pas triste, je vous souhaite à tous, chers abonnés, camarades et au personnel administratif et technique de la Ména une très belle année 2020 de santé, de qualité et d’amour. L’amour, sans lequel tout le reste de l’existence n’a pas de raison d’être.

 

 

Michaël Béhé à Beyrouth (analyste politique, chef du bureau libanais de la Ména)

 

Le Liban vit depuis quelques semaines dans une atmosphère de révolte populaire permanente. Hassan Diab a été nommé Premier ministre, mais il ne jouit pas de la confiance de la rue ni même des formations politiques sunnites, notamment à cause de sa proximité avec le Hezbollah. Selon la plupart des analystes politiques libanais, Diab, bien que sunnite, serait l’homme du Hezbollah chiite, ce qui modifierait fondamentalement l’équilibre des pouvoirs entre les communautés religieuses dans notre pays.

 

Le Hezbollah, milice supplétive de l’Iran, menace en permanence d’intervenir militairement au Liban au cas où la protestation menacerait les institutions libanaises, qu’il noyaute et qui lui permettent de constituer un Etat dans l’Etat. Il envoie régulièrement des casseurs agresser les manifestants pacifiques dans la rue.

 

De plus en plus de Libanais, notamment lors de débats organisés pendant les manifestations, réclament la normalisation des relations avec Israël.

 

L’économie et les banques sont en faillite, le gouvernement ne remplit pas son rôle, les chefs de l’Armée sont inquiets et divisés, le président de l’Etat, Michel Aoun est totalement impotent. Tout cela rend la situation extrêmement fragile et explosive. Une guerre civile n’est pas à exclure en 2020.

 

Je souhaite aux lecteurs libanais de la Ména un pays libre pour le réveillon 2020 et la fin de l’occupation rampante iranienne. Ce, même au prix d’une nouvelle guerre meurtrière entre le Hezb et Israël sur notre territoire. Mieux vaut risquer sa vie pour redevenir libre que passer sa vie sous une occupation étrangère. La Ména constitue un poumon d’information indépendante pour des milliers de mes compatriotes. Nous lui souhaitons longue vie, de même qu’à tous ses abonnés et à mes chers confrères.

 

 

Sylvie Tobelem en Israël (1ère assistante de rédaction)

 

Peu de pannes (2, très brèves) en 2019, mais une intense activité continue de nos informaticiens afin de préserver nos installations face aux attaques permanentes de nos ennemis, souvent identifiables à des pays.

 

La gestion administrative est dans l’ensemble satisfaisante. J’ai obtenu l’aide d’une seconde assistante à mi-temps, uniquement occupée à enregistrer les pièces comptables. Cela me libère un peu.

 

Nous sommes toujours aussi fiers de participer au travail de la Ména et avons l’impression de côtoyer les meilleurs spécialistes de la presse. C’est extrêmement gratifiant.

 

Le nombre des abonnements a augmenté de 4.69% en 2019, en dépit de l’annulation de quelques milliers d’autres, en défaut de paiement de plus de 12 mois. Cet effort d’assainissement se poursuivra l’an prochain afin de ne pas léser les lecteurs qui s’acquittent régulièrement du prix de leur abonnement.

 

Des discussions vont avoir lieu afin d’envisager une hausse raisonnable des prix des abonnements, qui n’ont jamais évolué depuis notre création en mai 2000. Depuis, la hausse des coûts, des salaires et les pertes de change sont importantes et freinent nos projets.

 

Le projet de TV Ména n’a progressé que de 3% en 2019, et sa capitalisation, de moins d’1%. Il ne semble pas que le public francophone soit suffisamment intéressé à se doter d’une chaîne de télévision digne de ce nom. A mon avis, nous avons réalisé un peu moins de la moitié du projet depuis 2009.

 

Je suis au courant de nos retards dans certains domaines de services à la clientèle et promets de m’y atteler après de courtes vacances en famille prévues début janvier. Entre-temps, je vous souhaite à tous, chers lecteurs, chers administratifs et chers rédacteurs, de bonnes fêtes de fin d’année et une nouvelle année 2020 heureuse et en pleine santé.

 

 

Perwer Emmal (correspondant dans le Kurdistan syrien)

 

Une guerre contre la Turquie nous a partiellement privés de notre indépendance dans la région du Rojava, dans le nord de la Syrie. Trahis et abandonnés par Donald Trump pour des raisons qu’il ne serait pas même capable d’expliquer, nous avons bien résisté à la seconde plus puissante armée de l’OTAN.

 

Nous avons également été capables de circonscrire l’Armée de Bashar al Assad, un ramassis de saltimbanques d’une lâcheté difficilement descriptible, et contrôlons toujours, de façon démocratique, une vaste majorité du Rojava.

 

Je suis installé dans la ville de Kobané, sous protection russe, et je parcours sans arrêt la province pour me faire une idée du rapport de forces. Nous jouissons toujours de l’aide indispensable d’Israël et d’un certain nombre de pays européens, et nous avons pu échapper en 2019 à un génocide programmé par l’Hitler du Moyen-Orient, Recep Erdogan. Principalement grâce à la résilience de nos combattants et de nos combattantes.

 

Tout ceci posé, personne n’a aucune idée de ce que nous réserve l’avenir, totalement incertain pour le peuple kurde. J’exprime toute mon admiration pour la Ména, qui fut distinctement la principale source d’informations vérifiables durant l’affrontement avec la Turquie, sur le plan mondial. Son rédacteur en chef m’a même rendu visite en plein conflit à Kobané afin de me remettre les effets et les devises qui m’ont permis de tenir le coup. Ici aussi, la Ména est devenue indispensable. Mes meilleurs vœux à ses lecteurs pour 2020.

 

 

Olivier Katz à Jérusalem (rédacteur-relecteur)

 

Au cours de 2019, les gilets jaunes et les grèves ont fait prendre conscience aux Français que la situation économique était fragile. Pendant ce temps, le Brexit risque de faire exploser l’Europe, les errances de la Turquie et le bellicisme iranien menacent d’avoir raison de l’OTAN et des suprastructures mondiales. La variable kurde, elle, est passée en pertes et profits.

 

Israël a vécu une période étonnante, entre roquettes au sud, opérations au Nord et élections à rallonges en bruit de fond. Tsahal a montré les dents et s’efforce d’installer à nouveau une dissuasion salutaire.

 

Pour 2020, je souhaite un Premier Ministre stable pour le pays, ce qui favoriserait les réformes économiques, notamment en faveur des plus fragiles. Je souhaite aussi le recul de l’arrogance iranienne, grâce aux sanctions américaines et à leurs conséquences économiques locales. Et je souhaite avant tout une bonne année et une bonne santé en 2020 à tous les lecteurs et amis de la Ména.           

 

 

Roger Bismuth à Tunis

 

Décédé le 1er octobre 2019.

 

 

Ilan Tsadik à Sdérot (journaliste, reporter, journaliste sportif)

 

Aviv Kokhavi, le commandant en chef de Tsahal, a révélé cette semaine que les discussions avec le Hamas, par l’intermédiaire des Egyptiens, progressaient de manière satisfaisante. Il a dit que l’organisation terroriste islamique avait opté pour l’amélioration des conditions de vie dans la bande côtière ainsi que pour une accalmie sur le long terme avec Israël.

 

Il a également déclaré que 99% des récentes agressions contre l’Etat hébreu étaient le fait du Djihad Islamique et non du Hamas, qui s’efforce d’empêcher les affrontements.

 

Plus important encore, Kokhavi a exprimé que l’organisation islamique s’était réorganisée et qu’elle avait mis fin au morcellement clanique auquel elle faisait face.

 

Cela répond aux informations exclusives exactes de Sami el Soudi depuis plus d’un an, qui avait démontré que le Hamas s’était fractionné en plusieurs groupes de miliciens qui n’obéissaient plus à un commandement centralisé.

 

On envisage sérieusement au Caire [où les discussions se déroulent. Ndlr.] d’autoriser quelques milliers de Gazaouis à revenir travailler en Israël. Et on reparle d’un port en eaux profondes, d’une nouvelle centrale électrique, et de diverses mesures de normalisation des relations avec l’enclave palestinienne.

 

Il convient certes d’avancer prudemment dans ces pourparlers, mais ils constituent une option intéressante. Car, au bout du compte, on ne pourra pas continuer à survivre comme on le fait maintenant, ni dans le pourtour de Gaza, ni à Gaza même. Si vous avez des doutes, venez passer vos prochaines vacances à la maison.

 

Il est nécessaire de faire des choix clairs : soit on anéantit le Hamas et on prend la responsabilité de Gaza et de son million et demi d’habitants, soit on tente de trouver un modus vivendi avec eux. Et s’ils envisagent un changement de cap, c’est sans doute parce qu’ils sont éreintés des coups de nos représailles, qu’ils sont en train de comprendre qu’ils ne nous vaincront jamais militairement et, sans doute, que nous ne sommes pas les pires ennemis sur lesquels ils auraient pu tomber. Un autre ennemi que nous, avec la puissance dont nous disposons, les aurait déjà massacrés depuis longtemps.

 

C’est également grâce à l’Egypte que ces changements s’esquissent, sans elle ces nouvelles options n’existeraient pas. Bonne année à tous de Sdérot.

 

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Claude Berger à Paris (essayiste, romancier, poète et musicien)

 

2020, une année cruciale ! Le besoin de démocratie et d’équité sociale se fait sentir en Irak, au Liban, en Iran… et en France, mais aussi en Israël.

 

Qualifier la crainte des migrations en Europe de « populiste » ne rend pas compte de la déperdition culturelle qui menace notre continent, ni de la menace bien réelle du terrorisme islamiste.

 

La réactivation de l’antisémitisme, sous un habit antisioniste, réclamerait une analyse de l’inconscient culturel des droites et des gauches, héritières d’un antijudaïsme chrétien sécularisé.

 

Et puis, il y a un aveuglement propre à nos sociétés fondées sur la marchandisation du travail salarié. Mais il y a aussi des signes d’espoir y compris au Moyen Orient ! Transformer la réalité ? Mais les vœux ne suffisent plus. Il y a lieu de les muter en volontés. Vive la Ména !

 

 

Jules Mazouz entre Jaffa et Dunkerque (grandes oreilles)

 

Chers amis, comme vous le savez, la lumière du temple brilla durant 8 jours après la victoire des Hasmonéens. Ce fut un miracle parmi tant d'autres qui ont fait d’Israël ce qu’il est aujourd'hui, gardien de nos frontières et de notre peuple.

 

Puisse la même lumière apporter la paix, la sérénité et surtout la santé à vous et à vos proches pour cette nouvelle année 2020.

 

Merci pour votre fidélité à la Ména.

 

 

Fayçal H. à Amman (informateur-relais)

 

La coopération entre le monde arabe et l’Etat d’Israël est devenue une routine. Les rencontres opérationnelles se suivent à un rythme soutenu, principalement entre chefs militaires, responsables du Renseignement, experts en armement et hommes d’affaires.

 

Il y a de nombreux Israéliens, du matériel israélien et même des usines israéliennes en Arabie Saoudite, y compris sur des sites militaires et des aéroports.

 

On trouve aussi des Saoudiens et d’autres officiels arabes fréquemment en Israël. Dans la plupart des Etats du Golfe, la présence des Israéliens est normalisée. A la Ména, nous avions été les premiers à décrire les contacts initiaux entre Ryad et Jérusalem, il y a de cela presque vingt ans.

 

Les temps ont bien changé : les Arabes ne font plus du tout confiance aux Américains, particulièrement après la non-réaction de leur armée suite aux attaques iraniennes contre les raffineries de l’Est de l’Arabie Saoudite. L’une des raisons en est que l’Amérique est désormais auto-suffisante en pétrole et même exportatrice. La dépendance du monde occidental envers le pétrole arabe a fortement diminué.

 

Dans la situation qui prévaut désormais, le principal pilier des Arabes dans leur stratégie de défense face à Téhéran est Israël. Cette évolution est encore renforcée par la faible capacité militaire des Etats sunnites, incapable même de mater la révolte des Houthis au Yémen malgré une supériorité insolente en armement et un niveau presque illimité de leurs moyens financiers.

 

Le problème palestinien n’a plus qu’une influence symbolique. Les Etats arabes n’ont plus rien à faire de cette cause qu’ils avaient contribué à placer sur le devant de la scène, sauf sur un point : ils connaissent la sympathie dont elle jouit dans la rue arabe et les dirigeants ne veulent pas, en cette période délicate, se mettre les peuples à dos. Mais pour le reste, j’ai de la peine à me souvenir quand les organisations arabes ont lancé leur dernière campagne diplomatique sérieuse à l’encontre d’Israël.

 

L’Egypte et Israël sont quasiment des alliés stratégiques. Ils organisent des campagnes militaires communes, particulièrement dans le Sinaï. Les relations entre les dirigeants sont chaleureuses, coordonnées et basées sur la confiance et les intérêts communs.

 

L’Etat hébreu gagne des milliards de dollars, probablement des dizaines de milliards de dollars en exportant ses armes, sa technologie et ses conseils dans le monde arabe.

 

En cas de conflit avec les ayatollahs, et même dans les exercices réalisés en préparation de celui-ci, les Hébreux savent qu’ils peuvent utiliser le ciel arabe, notamment celui de Jordanie et d’Arabie Saoudite, à leur guise. Cela comprend les infrastructures militaires au sol.

 

Plus la menace iranienne sera tangible, plus l’alliance sacrée Israël-pays arabes sera visible.

 

Dans toutes nos capitales, on attend avec un grand intérêt les rapports de la Ména concernant les activités militaires en Syrie et en Irak. Notre agence possède la meilleure réputation parmi tous les media auprès des responsables sécuritaires et du renseignement. Notre rôle et notre fiabilité à ce titre sont particulièrement importants.

 

Je souhaite une excellente nouvelle année à mes chers confrères de l’agence ainsi qu’à tous ses lecteurs, dans le monde arabe et partout ailleurs.

 

 

Ferit Ergil (Correspondant de la Ména à Istanbul)

 

« Paix dans le pays, paix dans le monde » était la devise de Kemal Atatürk, fondateur de la République de Turquie. Et pourtant, au cours de l’année écoulée, les guerres « chaudes » et « froides » ont fait rage dans le monde et dans nos régions.

 

Nous entamerons dans quelques jours le nouvel an 2020 avec, pour ma part, un goût amer dans la bouche, en faisant le constat de la persistance des conflits et des interventions étrangères dans le pourtour méditerranéen. Les successeurs d’Atatürk dans l’administration de l’Etat n’ont pas suivi ses préceptes sur le refus d’intervenir dans les affaires des voisins.

 

La laïcité reste inscrite comme un principe intangible dans la constitution turque, mais elle s’est effritée depuis des décennies et cohabite, de nos jours, avec les dogmes officialisés de l’Islam. L’exode des populations issues des zones de conflits dans le voisinage, notamment en Syrie et en Irak, suscitent une xénophobie exacerbée par les difficultés économiques du pays, le chômage massif et la stagnation.

 

Une lueur d’espoir est née à l’issue des élections municipales, avec l’avancée de l’opposition laïque dans l’ensemble du pays et la conquête de la capitale, Ankara, et de la municipalité métropolitaine d’Istanbul par le Parti Républicain du Peuple (laïc). Mais la tâche des nouveaux maires sera difficile, avec l’épée de Damoclès d’une éventuelle destitution et d’une mise sous tutelle suspendue au-dessus de leur tête, accompagnée de pressions d’ordre financier.

 

J’envoie de la ville d’Istanbul, de nouveau ornée des portraits d’Atatürk, mes vœux les plus sincères aux lecteurs de la Ména, en espérant que la nouvelle décennie sera celle de la paix entre les peuples de la région – une paix dictée par la raison, la sagesse et le bon sens, contre les menées des forces obscurantistes.

 

 

Philippe Bercovici à Bruxelles (dessinateur de BD, auteur des illustrations de ces vœux)

 

Indisponible en cette fin d’année 2019.

 

 

Raphaël Delpard en France (cinéaste, historien, écrivain)

 

L’exercice prophétique est rendu difficile par la complexité des mouvements du monde, qui ne semblent refléter ni les résultats, ni les ambitions.

 

Ainsi, l’amélioration de la situation sociale des classes les plus démunies aux Etats-Unis depuis l’élection du Président Trump devrait être l’occasion d’un vivat général.  Or, nous assistons au contraire à la curée contre le président en exercice, pour le jeter au sol.

 

Israël vit une crise structurelle qui plonge le pays, pourtant classé 5ème parmi les pays les innovants de la Planète, dans la tourmente économique.

 

Certes, les Israéliens finissent toujours par trouver la solution. Mais était-ce bien utile de plonger le pays dans une telle situation ?

 

Je termine ici, car le patron a bien précisé : "pas plus de dix lignes", en disant qu’en France, le pays est ouvert à toutes les crises. Le personnel politique de tous les bords ne réglera rien, car trop empêtré dans son incapacité à gouverner. Je crains 2020.

 

 

Patricia La Mosca à Paris (journaliste généraliste, enquêtrice, chroniqueuse juridique)

 

J’en ai assez d’écrire chaque année à l’occasion des vœux que la situation en France n’est pas bonne. En réalité, elle est désastreuse et elle s’est encore nettement détériorée en 2019.

 

Sur le plan politique et journalistique, on n’a pas suffisamment pris en compte que l’expression anti-israélienne s’est désormais totalement décomplexée. On en est presque à un alignement automatique, non sur les capitales arabes, qui se sont rapprochées de Jérusalem, mais sur les narratifs caricaturaux et infantiles des organisations et des Etats terroristes.

 

Le pouvoir et la presse dissimulent en permanence la vérité sur ce qui se passe en Turquie et en Iran. Ils continuent à soutenir ces régimes bien qu’Ankara et Téhéran cassent du sucre sur le dos de la France, le plus souvent de manière extrêmement grossière et non-diplomatique, plusieurs fois par mois.

 

Le gouvernement et les confrères sont à la fois motivés par le souci de ne pas froisser la banlieue, dont ils craignent plus que jamais – et avec raison – un embrasement général, de par les séquelles de la politique arabe de la France et les sentiments antisémites qui persistent dans ces milieux.

 

Quant auxdites banlieues, elles sont de moins en moins contrôlables et contrôlées. Les effectifs des forces de maintien de l’ordre et les moyens financiers et en équipement dont elles disposent ne couvrent pas dix pour cent des besoins réels.

 

Cela cantonne la police et le renseignement exclusivement à des fonctions défensives. J’ai rendu en 2019 mon appartement en banlieue, mais je m’y rends encore souvent. La haine de la France augmente proportionnellement aux largesses distribuées par les politiques et à leurs déclarations anti-israéliennes. En banlieue, on ne considère pas ces gestes comme des ouvertures en direction des musulmans, mais comme des preuves de la faiblesse des institutions françaises, de la montée en force de l’Islam et de sa prochaine prise de contrôle de la France. C’est encore loin de la réalité, mais c’est le sentiment qui prédomine et qui se lit sur les graffitis des murs.

 

Selon un spécialiste de la police avec lequel j’entretiens des relations régulières, les "zones perdues de la République" se sont encore étendues d’environ huit pour cent en 2019. Selon tous les responsables, cela sera pire en 2020, parce qu’il n’y a pas d’argent dans les caisses de l’Etat et parce qu’il n’existe aucun plan pour reconquérir le terrain perdu ou le circonscrire.

 

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Selon les mêmes sources, il faut s’attendre à une recrudescence des actes antichrétiens et antijuifs en 2020. En 2019, les media « mainstream » n’ont parlé que des violences qu’il était impossible de dissimuler, et encore, de manière très fragmentaire. Lorsqu’il y a le plus petit doute quant à la mise à sac d’une église ou d’un bâtiment officiel, on privilégie automatiquement l’hypothèse de l’accident.

 

Nous en sommes arrivés à un stade où les confrères qui évoquent l’hypothèse d’un acte islamique "lorsque cela ne s’impose pas absolument avec toutes les preuves à l’appui", se font rabrouer très énergiquement, jusqu’à ce qu’ils n’aient plus envie de recommencer.

 

J’invite mes concitoyens à se risquer dans les "banlieues" et à constater de leurs propres yeux sur les murs que les terroristes qui ont massacré des Français sont dépeints comme des héros et que toutes les formules scatologiques et sexistes sont employées pour décrire ce qu’ils veulent faire à la France.

 

Dans ces conditions, il n’est pas sorcier de comprendre que si tous les musulmans ne soutiennent évidemment pas le terrorisme, les territoires perdus de la République sont devenus le terreau fertile du terrorisme islamique.

 

Il paraît aussi que le nombre des armes de guerre a doublé. D’ailleurs, elles sont de plus en plus utilisées contre les policiers et les services d’urgence. Pourquoi ? Pour rien. Parce que ces corps représentent l’Etat français et que c’est l’Etat français qu’on hait le plus. Et on le hait non pas parce qu’il serait hostile, mais parce qu’il est faible.

 

Vous repenserez malheureusement à ces vœux en 2020. Je vous souhaite cependant une nouvelle année la moins mauvaise possible. Et vous engage à réfléchir à votre sécurité, car la sécurité personnelle est devenue un enjeu principal du Grand Dérèglement. 

 

 

Jean-Claude Zerbib, en France, (ingénieur atomiste, spécialiste des questions nucléaires)

 

L'année 2019 n'a pas été une année favorable pour le nucléaire civil français. Elle a été marquée par :

 

-          la découverte ou l'aveu officiel de défauts importants affectant des composants majeurs installés sur plusieurs des 58 réacteurs en fonctionnement,

 

-          les graves défauts de soudures réalisées dans l'imposant réacteur nucléaire de Flamanville.

 

Démarrée en 2007, la construction de l'EPR de Flamanville, le plus puissant réacteur de troisième génération (1 650 MW) était évaluée à 3,5 milliards d'euros et devait permettre une mise en service en 2012. Le coût a plus que triplé (12,4 milliards d'euros) et la divergence prévue pour fin 2022 (10 ans de retard).

 

La construction de ce réacteur a été ponctuée de malfaçons et d'anomalies métallurgiques affectant le couvercle et le fond de cuve du réacteur, et susceptibles d’amoindrir sa résistance à la pression et aux chocs thermiques.

 

Depuis une vingtaine d'années, la France n'a pas construit de nouveaux réacteurs nucléaires et l'on constate que si le savoir nucléaire progresse, le savoir-faire se perd s'il n'est pas entretenu.

 

Nous aurons l'occasion d'en reparler dans l'année qui vient avec les lecteurs de la Ména, à qui nous souhaitons une belle année 2020.

 

 

Jean Tsadik en Israël (analyste stratégique, expert militaire)

 

Israël a bien un chef de gouvernement, mais ce n’est pas celui que nous croyions. En l’absence de Binyamin Netanyahou, exclusivement occupé à courir après une improbable immunité – il va d’ailleurs la demander à la Knesset dans les deux prochaines semaines -, celui qui assume la fonction de Premier ministre, c’est le chef de notre armée, Aviv Kokhavi.

 

Il le fait d’ailleurs très bien ; cela l’oblige à se mêler, en plus de la défense du pays et des affaires stratégiques, des questions économiques et de la politique étrangère d’Israël.

 

A propos de défense, le contraste entre la qualité exceptionnelle des interventions de Tsahal ces derniers temps et les bavardages de nos politiciens est remarquable. Jamais l’Armée israélienne n’avait été aussi efficace et active dans la protection à grande distance de notre pays. La quantité d’efforts requis afin d’y parvenir, au niveau de la préparation des opérations, de leur exécution, de la gestion de notre technologie, des impératifs stratégiques et tactiques, de l’intégration de nouvelles armes et du renseignement, situe Tsahal à l’échelon le plus élevé qu’elle ait jamais atteint.

 

Ce, tandis que le niveau de nos politiciens n’a jamais été aussi médiocre et irresponsable.

 

Cette semaine, le Général Kokhavi a multiplié les déclarations fondamentales dans le domaine de la projection de nos relations à venir avec la plupart de nos voisins. Ce qui a attiré mon attention est sa déclaration selon laquelle une confrontation généralisée avec la République Islamique d’Iran était pratiquement inévitable. Or, le chef d’état-major n’émet pas ce genre de constatations à la légère. Il est parfaitement au courant de leur impact au Moyen-Orient et ailleurs.

 

Kokhavi a perçu que Téhéran, en proie à une situation économique inextricable et à la révolte de sa population, s’est engagé dans une fuite en avant qui comprend le renforcement de sa présence face à Israël et au Liban, au prix d’immenses sacrifices, ainsi que la remise en route de son programme nucléaire militaire.

 

Ce sont ces deux éléments conjugués, associés au fait que l’Amérique et l’Europe ont renoncé à gérer la menace iranienne, qui ont amené le chef de Tsahal à sa constatation. Elle est lourde de conséquences pour nous et pour tous les peuples de la région. En comparaison de ce qui se prépare, on peut considérer la dangerosité du Hamas et du Hezbollah comme des piqûres d’abeilles.

 

Je n’ai pour ma part aucun doute que c’est ce problème qui marquera l’année nouvelle. Je ne doute pas non plus que l’Armée israélienne saura le gérer de manière adéquate, qu’il ne met pas en question la survie de notre pays et qu’il se soldera, malgré des moments douloureux, par l’affaiblissement, voire par la défaite de la junte théocratique qui dirige l’Iran.

 

Reste que ce questionnement aboutira à des situations nouvelles et difficilement prévisibles, qu’il y aura lieu de traiter dans l’urgence avec intelligence. C’est donc lucide, mais confiant, que j’aborde 2020. Dans ces vœux, je tenais simplement à souligner ce qui est réellement significatif pour les mois qui viennent. Et cela ne m’empêchera pas de souhaiter à nos lecteurs et à mes camarades de la Ména une nouvelle année de santé, de sécurité et de bonheur.

 

 

Sami El Soudi en Palestine (chef du bureau palestinien de la Ména)

 

La situation des Palestiniens stagne.

 

Nous sommes coincés entre Binyamin Netanyahu, qui n’a strictement aucune intention de négocier quoi que ce soit avec nous et qui risque même d’annexer la Cisjordanie, ou une partie de celle-ci, afin de réaliser un coup électoral, et Mahmoud Abbas, profiteur cacochyme entouré de barons véreux.

 

Ces derniers s’accommodent fort bien du statu quo et passent leur temps à s’enrichir de façon impudente, principalement en détournant l’aide internationale destinée à mes nombreux compatriotes indigents, qui ne la perçoivent jamais.

 

La construction des infrastructures d’un pays à naître est inexistante, mais la confrontation avec l’Armée israélienne n’est pas non plus à l’ordre du jour. La force de police palestinienne collabore plein pot avec Tsahal, l’un et l’autre étant animés par le souci commun de limiter l’extension des islamistes en Cisjordanie.

 

La vie en Palestine est triste et monotone, sans aucune ouverture à l’horizon. Les Etats arabes se sont désintéressés de notre sort au profit de la confrontation avec l’Iran, aux côtés d’Israël.

 

De Cisjordanie, on observe avec horreur le Hamas et le Djihad islamique instrumentaliser les civils à Gaza en les sacrifiant sur la frontière avec l’Etat hébreu.

 

Je suis certain que nous avons manqué le coche de notre émancipation. Plusieurs fois dans l’histoire, mais surtout, lors des négociations avec Ehud Olmert et Tzipi Livni en 2008, début 2009. Nous pourrions avoir aujourd’hui un Etat si nous avions été moins bêtes et jusqu’au-boutistes. La question est : qu’en aurions-nous fait ? Pas mal d’intellectuels nationalistes palestiniens que je fréquente n’hésitent plus à affirmer ouvertement qu’ils préféraient la période de l’occupation israélienne.

 

 

Amram Castellion à Métula, (analyste politique, expert en économie) :

 

A l’échelle de la planète, l’année 2020 s’annonce comme celle d’une amélioration significative de la situation géopolitique et morale. Les deux institutions les plus hostiles aux valeurs occidentales – celles de l’égalité des individus, de la méritocratie, de la transparence de l’information, du respect de l’histoire et de la règle de droit – sont toutes les deux confrontées à une impasse.

 

La première, la République Islamique d’Iran, sait désormais, même si elle ne l’admet pas, qu’elle ne parviendra jamais à détruire Israël. Ruinée par les sanctions, haïe par sa population, elle continue à perdre des milliards de dollars de ressources militaires, qu’elle n’envoie en Syrie que pour les voir transformées en fumée par Tsahal. Le seul héritage durable du régime des mollahs sera d’avoir vu, avant son effondrement, une grande alliance arabo-israélienne se former contre lui et le caractère définitif du retour des Juifs chez eux enfin reconnu par toutes les puissances qui comptent.

 

Le deuxième grand ennemi de la civilisation est le parti Démocrate américain, qui rêve de remplacer une société du droit – égalitaire, méritocratique et transparente – par une société des races, de l’arbitraire et de la propagande. George Orwell décrivait dans 1984 le risque d’une évolution future du régime soviétique ; les Démocrates en ont fait un modèle à imiter. Ils y ont trouvé leur inspiration pour la dénaturation délibérée du langage, l’effacement de l’histoire au profit de directives quotidiennes toujours changeantes, et même la « minute de la haine » à l’encontre de la personne de leur principal ennemi.

 

Eux aussi, cependant, sont en train d’échouer. La procédure d’impeachment du Président Trump, qui a ouvertement méprisé le droit et les faits, va échouer devant le Sénat – à moins que les Démocrates fuient la queue entre les pattes et renoncent même à saisir le Sénat. Les sondages montrent que l’opinion américaine se détourne de l’obsession maladive et sans succès des Démocrates pour abattre un homme au lieu de faire leur travail de législateurs.

 

Le régime des mollahs tombera, peut-être même dès 2020. Trump, si D- préserve sa santé, sera réélu. Un autre Trump vient de prendre le pouvoir au Royaume-Uni et dirige son pays vers la liberté économique et l’acceptation sans complexe de son identité. Israël sera pour toujours un Etat central au Moyen-Orient, entretenant de bonnes relations avec la plupart de ses voisins.

 

Au milieu de ces bonnes nouvelles, certains pays restent coincés dans le mode de pensée qui échoue partout et ne peut qu’échouer. C’est le cas de la France, dont les dirigeants en sont encore à s’excuser de leur identité, à se coucher devant leurs ennemis, à avoir désigné leur propre population comme une menace et à considérer comme une priorité absolue de cacher la vérité au peuple. L’avenir dira si d’autres dirigeants parviennent, plus tard, à prendre le train d’un monde en amélioration. Ce n’est pas impossible. Mais si cela ne se fait pas, eh bien, le monde progressera sans elle.

 

Dans l’intervalle, je souhaite à tous nos lecteurs une excellente année et une joyeuse décennie 2020.

 

 

Bernardo Stenhof à Genève (ambassadeur auprès des Nations Unies et de l’Unesco, écrivain et éditeur)

 

Cela fait bientôt une douzaine d’années que je fréquente le siège des Nations Unies à Genève. Pour la première fois, en septembre, des escalators et des ascenseurs étaient hors service dans les bâtiments pour cause de restrictions budgétaires.

 

Le Président Trump, considéré par de nombreux membres de cette auguste assemblée comme un détraqué mental, a, en réduisant sa participation financière, mis en place de petites nuisances.

 

Qu’en sera-t-il s’il réduit de façon substantielle les budgets alloués à l’OTAN ? Je pense que l’année 2020 sera celle d’une reprise de conscience, qui, du moins je l’espère, permettra de remettre les pendules à l’heure. Car nos dirigeants ont besoin d’un réveil brutal pour les sortir de leur médiocrité.

 

2020 sera une année exceptionnelle, du moins je nous le souhaite.

 

 

Llewellyn Brown en France (traducteur officiel de la Ména, rédacteur, écrivain)

 

La France va très mal. Le pays est profondément divisé, un effet recherché par son banquier président lui-même. D’un côté, les « élites » : le 1% de grosses fortunes, soutenues par les journalistes et les Bobos qui, bénéficiant de l’économie mondialisée, baignent dans le confort et dans le narcissisme de se ranger du côté du Bien. De l’autre côté, la populace, jugée coupable de tous les mauvais sentiments : les Français qui vivent dans la précarité et voient leur niveau de vie baisser, ou doivent apprendre que plus personne ne promettra de réduire le chômage.

 

Cette situation est devenue patente depuis les manifestations spontanées et inattendues des Gilets jaunes et, à présent, à la suite des grèves où les salariés se révoltent contre la contre-réforme du système des retraites : les organisations syndicales craignent de se trouver débordées par leur base.

 

Pour les retraites, les autorités prétendent que l’Etat n’en a plus les moyens. C’est faux, bien sûr : les fonds sont illimités quand il s’agit de remplir les poches de nos dirigeants, de financer la fumisterie du « développement durable » ou de favoriser les populations d’assistés islamiques : « migrants » ou habitants des « quartiers ». Ces populations, on le sait, ont été amenées expressément pour réduire le coût des salaires et mettre au pas les autochtones.

 

Nous assistons au démantèlement de tout ce qui fait une nation. Les supposés responsables nationaux passent sous silence l’augmentation exponentielle de la violence dans le pays et rejettent d’emblée toute suggestion que les incendies d’églises et d’usines puissent être d’origine criminelle : l’exécution du djihad par le feu. Des groupes financiers – avec l’aide de la magistrature – ayant mis en place notre président, celui-ci, par ses actions, met au grand jour le mécanisme à l’œuvre. Certes, l’Etat existe toujours, mais le pays est donné en fermage aux marchés privés et la seule fonction du gouvernement paraît être désormais de taxer toujours davantage les Français, sans pour autant que l’argent recueilli ne serve à améliorer leur qualité de vie. Les entreprises rentables (Aéroports de Paris, la Française des Jeux) sont vendues. On laisse péricliter les corps intermédiaires – police, justice, santé, enseignement –, en les privant des moyens nécessaires.

 

On veut faire croire que les salariés de ces secteurs sont des « privilégiés » (rappelons que le salaire des professeurs débutants en France s’élève à peine au-dessus du SMIC). L’objectif du pouvoir consiste à pousser les Français à se retourner contre les « profiteurs » de ces régimes spéciaux qui, pourtant, furent institués par le patronat. Surtout, il s’agit de faire oublier que la prédation se situe, en réalité, au niveau de l’Etat, celui-ci étant gangréné par la corruption et livré au capitalisme de connivence. Le pays n’appartient plus au peuple.

 

Toutefois, ce qui nous reste est la possibilité d’entretenir des échanges chaleureux et vivifiants, aptes à rendre ce monde habitable et à préparer le changement dont les contours commencent à s’esquisser. A tous, je souhaite une excellente année 2020.

 

 

Yoshua Ohana à Kiryat Shmona (fixeur militaire, photographe, région nord-est)

 

Non encore remis d’un "accident domestique" survenu il y a un an et demi, je m’apprête à subir une nouvelle opération correctrice à la jambe durant la première semaine de janvier.

 

Je suis cantonné par mon état à suivre les mouvements de troupes, particulièrement les activités aériennes, à partir de mon balcon à Kiryat Shmona et à en référer à la rédaction de Métula.

 

Je suis également en charge des contacts avec nos différentes sources d’information pour recueillir les images et les vidéos que nous publions souvent après les frappes du Khe’l Avir en Syrie et en Irak.

 

Mais il me tarde beaucoup de reprendre mes appareils photos et de participer à nouveau aux enquêtes de terrain, sur le front syrien et le long de la frontière libanaise. Je ne suis décidément pas un homme d’intérieur. J’espère reprendre mon vrai travail en mars ou en avril.

 

Jusqu’alors, je vous souhaite à tous et à toutes une excellente nouvelle année 2020. Et faites attention lorsque vous montez sur une échelle.  C’est comme pour l’information : mieux vaut laisser faire les pros.

 

 
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Communiqué
mardi, 31 décembre 2019

 

 

NE MANQUEZ SOUS AUCUN

 

 

PRETEXTE LES VOEUX

 

 

DES REDACTEURS DE LA

 

 

Ména,

 

 

 

AUX PREMIERES HEURES

 

 

DU 1ER JANVIER 2020 !!

 

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DEJA DES REVELATIONS

 

 

EXCLUSIVES

 

 
Grosses frappes (probablement) israéliennes sur la frontière syro-irakienne (012612/19) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 25 décembre 2019

 

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Mercredi-jeudi, 01h31 à Métula, 0h31 à Paris

 

Ce mercredi soir, la Ména confirme plusieurs attaques aériennes attribuées à Israël par l’Iran et la Syrie dans la région frontalière entre la Syrie et l’Irak.

 

La cible principale de ces raids aux missiles lancés par des avions était la brigade 47 de l’Armée iranienne, comptant également des miliciens chiites irakiens et du Hezbollah libanais.

 

De violentes explosions ont été perçues par des témoins oculaires dans le quartier d’al J’mayat de la ville frontalière d’Abou Kamal (Syrie) où se situe le Q.G de la 47ème brigade.

 

La Ména annonce également en exclusivité qu’une base iranienne en Irak, dans laquelle étaient stockés des missiles, a été visée et totalement détruite.

 

Michaël Béhé est parvenu à s’entretenir avec un médecin de l’hôpital d’Abou Kamal, lequel a décrit ces derniers raids comme "apocalyptiques" au niveau "du bruit des détonations et de l’ampleur des dégâts constatés".

 

Sans être capable de fournir à Michaël Béhé un bilan humain précis de ces frappes, le praticien lui a déclaré avoir personnellement dénombré treize cadavres, ainsi qu’une "trentaine de combattants blessés, dont une grande part ne passera pas la nuit".

 

Ces éléments de bilan n’incluent pas le raid en Irak, dont nous avons pris connaissance par des media locaux proposant des récits concordants.

 

Les Perses avaient déjà été fortement ébranlés par les opérations de dimanche à Damas. La radio d’Etat syrienne, captée par Jules Mazouz, a cité ce soir une source officielle iranienne "promettant qu’Israël le regrettera", en parlant des opérations de ce mercredi.

 

D’autre part, un Mig-29 de l’Armée de l’air iranienne s’est écrasé contre le sommet du mont Sablan, dans la province d’Andabil, au nord-est de l’Iran. Le pilote a été tué. On ignore si la perte de cet appareil est due à un affrontement ou si elle est le résultat d’un accident.

 

Et aussi : les terroristes islamiques palestiniens de Gaza ont tiré une roquette mercredi soir sur Ashkelon, au moment précis où le Premier ministre intérimaire Binyamin Netanyahu prononçait un discours électoral dans cette ville.

 

M. Netanyahu a été immédiatement évacué vers un abri. La roquette palestinienne a été interceptée par le Dôme de Fer.

 

En réponse à cette agression spontanée (non précédée d’activités offensives de l’Armée israélienne), l’artillerie de Tsahal a bombardé une position du Hamas près de la ville de Bet Lahiya, à l’extrémité septentrionale de la bande de Gaza. Probablement la position d’où avait été tiré le projectile sur Ashkelon.

 

Des media du Hamas ont fait état de frappes du Khe’l Avir sur l’enclave côtière, ce que nous ne confirmons pas. Nous pensons que la réplique principale de l’agression d’Ashkelon est encore à venir.

 

Ces évènements se déroulent alors que toute la région est plongée dans une véritable tempête météorologique depuis 24 heures. Une tempête qui va se poursuivre durant les jours à venir. Les prévisions font état de possibilité de chutes de neige sur les hauteurs d’Israël, donc également à Métula, où notre rédaction est située à 600 mètres d’altitude.

 

Il neige abondamment sur le mont Hermon, y compris sur la portion inférieure des remontées mécaniques.

 

 
Le commandant des Gardiens de la Révolution Iranienne éliminé en Syrie (012312/19) Version imprimable
Analyse
lundi, 23 décembre 2019

 

Par Jean Tsadik

 

Métula, lundi soir.


C’est intentionnellement que la Ména n’a pas émis de breaking news cette nuit suite à des attaques attribuées à Israël en Syrie.

 

Toutes les nouvelles publiées jusqu’à maintenant par les autres media et pseudo-media sont fausses ou inexactes.

 

Après de longues heures de recherches, nous sommes en mesure d’annoncer ce qui suit :

 

Des opérations conduites à l’aide de missiles de croisière ont eu lieu la nuit dernière aux alentours de 23h, heure locale. Ces missiles ont été tirés à partir de navires probablement israéliens croisant au large du Liban, ainsi que par des appareils du Khe’l Avir.

 

Une intense activité aérienne a été observée de visu par nos reporters sur le nord du Doigt de la Galilée ainsi que sur le Golan à l’heure indiquée.

 

Il n’y a pas eu de frappes visant des entrepôts de missiles ou d’autres objectifs tactiques dans la région de Damas. Mais uniquement des tirs de précision sur des cibles distantes les unes des autres, dans la zone étendue de la capitale syrienne.

 

Les missiles étaient dirigés contre des personnalités appartenant aux appareils militaires syrien et iranien, notamment contre leurs lieux de domicile.

 

Aucun missile n’a été intercepté par la DCA syrienne.

 

Tous les objectifs ont été atteints et oblitérés. Reste qu’il ne nous est pas possible de déterminer avec précision l’emplacement géographique de ces cibles. Aucune photographie représentant les bâtiments visés n’est en effet disponible. Leur emplacement était tenu secret et ils étaient entourés de larges périmètres inaccessibles aux civils.

 

Ce que nous pouvons confirmer avec certitude est que le Général Hadj Ali [photo], le chef du corps des Gardiens de la Révolution Islamique khomeyniste (Pasdaran) en Syrie, ne recevant ses ordres que du Guide suprême Ali Khameneï, a été éliminé lors de l’une de ces attaques.

 

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Feu le Général Hadj Ali

 

Il a été cueilli à son domicile. La plus grande partie de sa famille a également péri lors de l’explosion.

 

Les Pasdaran comptent 150 000 hommes répartis en une vingtaine de formations, y compris des unités de parachutistes, de commandos et d’infanterie de marine. Ils constituent le fer de lance du contingent de l’Armée iranienne en Syrie et en Irak, et la force d’élite de cette armée, dotée du meilleur équipement en possession de la théocratie chiite.

 

Plusieurs officiers supérieurs des Gardiens de la Révolution ont également été neutralisés. Nous pensons qu’ils se trouvaient au domicile d’Hadj Ali au moment du raid, sans doute pour participer à une réunion importante.

 

Un autre missile de croisière a atteint l’emplacement où se trouvait l’un des fils (il a trois enfants) du Dictateur-président syrien Bashar al Assad. Il a été blessé au niveau de ses membres inférieurs. On ignore pour le moment si son diagnostic vital est engagé.

 

Les bilans publiés dans les autres media sont également fantaisistes. Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, qui est parvenu à s’entretenir avec des médecins hospitaliers syriens, fait état d’au moins 40 morts et d’une centaine de blessés, dont une vingtaine se trouvent dans un état désespéré. Selon Béhé, le bilan humain est vraisemblablement supérieur à ces estimations.

 

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al Mouallem, a accusé depuis Moscou Israël de mener une "agression de missiles sur Damas et sa banlieue".

 

Voici les termes utilisés par Mouallem selon l'agence de presse russe Tass : "Hier, Israël a lancé une attaque contre la République Arabe Syrienne, tirant un certain nombre de roquettes contre des installations à Damas et dans la périphérie".

 

Mouallem participait à une réunion avec son homologue russe, Sergey Lavrov.

 

Il est clair que ces opérations ciblées portent un coup redoutable à la tête du dispositif iranien en Syrie. De nature même à l’avoir décapité.

 

Les autorités syriennes n’ont fourni aucun détail supplémentaire, tentant de gêner le Renseignement hébreu dans sa récolte d’informations relatives aux résultats précis des opérations de dimanche soir.

 

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Assassinat de Sarah Halimi : justice des hommes ou justice de Dieu ? (012212/19) Version imprimable
Analyse
dimanche, 22 décembre 2019

 

par Llewellyn Brown

 

Le 3 avril 2017, Sarah Halimi était assassinée par défenestration, par les mains de Kobili Traoré. Un an et demi plus tard, ce jeudi 19 décembre, la chambre d’instruction a annoncé que l’assassin, mis en examen pour homicide volontaire à caractère antisémite, ne sera pas jugé. En effet, on a déclaré le prévenu pénalement irresponsable de son acte, au prétexte qu’il était sous l’emprise du cannabis – utilisation du stupéfiant néanmoins volontaire – qui avait provoqué une « bouffée délirante ». Trois expertises psychiatriques sont intervenues, hésitant toutefois à déterminer s’il s’agissait d’une « abolition » ou d’une « altération » de son discernement.

 

En conséquence donc, le criminel est judiciairement libre. Maître Francis Szpiner, avocat des enfants et de la famille, précise que « monsieur Traoré sera examiné par des praticiens et ils seront obligés de constater qu'il ne souffre d'aucune affectation psychiatrique. Il n'est pas schizophrène, il n’est dangereux que lorsqu'il prend du cannabis, donc, il n’y a aucune raison de le garder dans un hôpital… » Reconnaissons que le garde-fou – si l’on nous passe cette expression – paraît des plus légers au regard de la menace que cet individu représente encore.

 

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Traoré : "Allah-hou akbar !"

 

On comprend bien que cette décision du tribunal puisse déchaîner la polémique. Certains font valoir l’expertise de psychiatres, ces derniers déclarant qu’au moment de commettre son forfait, l’assassin ne pouvait être responsable de son acte. D’autres se scandalisent de ce jugement, insistant sur le caractère antisémite du crime, et arguant notamment de la motivation islamique de l’assassin ayant poussé le cri djihadique « Allah-hou akbar ». Ceux qui soutiennent les instances de justice considèrent que leurs opposants font fi de l’indispensable cadre institutionnel et du sérieux de ses agents, estimant qu’une telle attitude cherche à faire plier la justice devant des sentiments irrationnels.

 

Cependant, il semblerait plutôt que ceux qui font ainsi confiance à l’institution judiciaire font fausse route, se prêtant à une confusion des genres, au moment même où ils se revendiquent d’une rigueur supérieure à la populace. Or il convient, au contraire, d’établir une distinction que l’on ne fait trop que rarement.

 

Gilles de Rais

 

On peut prendre l’exemple d’un criminel célèbre, Gilles de Rais (1405-1440), dans le récit qu’en fait l’écrivain Joris-Karl Huysmans vers 1891*. Cet homme, héros de guerre, compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, devint fameux pour l’extrême horreur de ses crimes. La violence qu’il avait exercée d’abord dans la légalité guerrière fut ensuite tournée vers le rétablissement de sa fortune pour, enfin, devenir un but en soi. Gilles se livrait à une frénésie de tortures et de mises à mort, tandis que ses acolytes écumaient la campagne, enlevant les enfants, au point que l’on a pu parler de « génocide », en raison du caractère systématique de ces rapts qui vidèrent les contrées de tous leurs habitants mineurs. Dans le château de Tiffauges, en Vendée, ces derniers subirent les pires supplices : viols, tortures, dépeçage… Le catalogue désordonné des supplices annonce, quelques siècles à l’avance, les crimes détaillés méticuleusement par le marquis de Sade dans ses fictions. Huysmans précise : « Les textes du temps comptent de sept à huit cents victimes, mais ce nombre insuffisant, semble inexact. Des régions entières furent dévastées […]. »

 

La légende s’est chargée de donner un visage à cette horreur innommable. On note, au sujet d’une femme qui servait à appâter les enfants, que « le peuple épouvanté appelle cette pourvoyeuse de chair, cette ogresse, la Meffraye, du nom d’un oiseau de proie ». Gilles lui-même inspira la figure de la Barbe bleue, dans les contes populaires rendus ensuite célèbres par Charles Perrault.

 

Malgré l’énormité de ces opérations – qui couvraient un large territoire –, l’on découvrit la réalité de ces horreurs seulement après que Gilles eut commis publiquement un crime multiple : violant la loi féodale, profanant une chapelle et s’emparant d’un clerc tonsuré de l’Église. C’est alors que Huysmans raconte longuement le procès du criminel.

 

Les deux juridictions

 

Ce qui est instructif, pour notre cas, relève de la distinction pratiquée à cette époque. Deux tribunaux furent institués : « […] l’un, ecclésiastique, pour juger les crimes qui relevaient de l’Eglise, et l’autre civil, pour juger ceux qu’il appartenait à l’Etat de connaître ». Le premier s’occupait du salut de l’âme, le second se chargeait de la question du corps.

 

En effet, l’Eglise se refusait d’intervenir dans un domaine qui ne relève pas de sa compétence, ou de son champ d’action. Elle ne pouvait donc toucher au champ profane : les autorités d’Etat devaient prononcer « la sentence de mort que l’Église s’interdisait de proférer en raison du vieil adage : Ecclesia abhorret a sanguine » [Lat. : L'église abhorre le sang].  La distinction exemplifiée ici dans le système de justice est théorisée quelques siècles plus tard par Blaise Pascal, dans son élaboration des différents « ordres ». Dans ses Pensées, Pascal établit des champs distincts que l’on ne doit pas confondre : le corps, ou la réussite mondaine (politique, guerrière) ; l’esprit, ou l’élaboration intellectuelle ; et le cœur, ou le domaine spirituel. Chacun de ces ordres fonctionne selon ses lois propres, ignorant complètement les règles régissant les autres. Le refus de la confusion dicte une conduite politique raisonnée : « Ces discours sont faux et tyranniques : Je suis beau, donc on doit me craindre ; je suis fort, donc on doit m’aimer ».

 

En ce qui concerne l’âme, la rédemption de Gilles s’exprime de façon spectaculaire dans la conclusion du récit déroulé par Huysmans : « Et foudroyé par la grâce, dans un cri d’horreur et de joie, il s’était subitement renversé l’âme ; il l’avait lavée de ses pleurs, séchée au feu des prières ». Le repentir est indispensable, dans ce qu’il témoigne d’un changement intime dans le cœur du criminel. Cependant, la conversion n’est pas l’unique composante du dispositif destiné à trancher du sort de Gilles. Une fois que Gilles eut reconnu ses crimes, une autre étape devait intervenir : « La justice de Dieu était satisfaite, le crime était reconnu, puni, mais effacé par la contrition et la pénitence. La justice humaine demeurait seule ».

 

Ainsi, pour ce seul criminel et cette seule série de crimes, aucune des deux juridictions ne pouvait être écartée. Cet exemple démontre la nécessité de se garder de confondre les domaines temporel et spirituel. En l’occurrence, l’Eglise réussit à sauver l’âme de Gilles, mais cet aboutissement heureux n’écarte en rien la justice des hommes. En effet, la conversion ne saurait en rien effacer la réalité des exactions commises : les centaines de victimes dont la vie fut anéantie dans les plus atroces souffrances, et leurs familles arbitrairement privées de leur progéniture.

 

Cependant, ce même propos peut se retourner pour souligner l’importance du côté spirituel. En matière de justice, on ne peut simplement satisfaire le besoin de paix dans la société, sans se préoccuper du sort qui concerne l’individu intimement. Si, dans le contexte du Moyen Âge, ce dernier domaine était pris en charge par l’institution ecclésiastique, on ne doit pas céder à une erreur de perspective inspirée par notre siècle, et se laisser obnubiler par la façade confessionnelle. Ce dont il s’agit est bien le domaine intime, que seul l’individu peut connaître, voire qui échappe à toute connaissance directe par ce dernier. Il suffira de transposer les termes « péché » et « grâce », et de parler de « désir », d’« inconscient » dont, comme le dirait Lacan, chacun demeure responsable. Il y va donc d’un champ où notre être se joue tout entier, mais qui ne se laisse pas maîtriser par la rationalité, dont chacun doit répondre.

 

Psychiatrie et justice

 

Or dans le cas de l’assassin de Sarah Halimi, la confusion des genres semble être à l’œuvre. D’une part, certains semblent tenir l’avis des psychiatres pour la déclaration d’une vérité, estimant que le prévenu ne saurait être criminellement responsable de ses actes. L’erreur ici consiste à laisser la psychiatrie se poser en position d’expertise, l’érigeant au statut d’une instance irréfutable, extérieure au système de justice. A ce titre, elle est supposée apte à dicter le champ d’application du domaine judiciaire. On imagine le tollé qui se lèverait si l’Église s’autorisait à disculper les criminels, au motif qu’ils ont fait pénitence.

 

Contrairement à cette place qu’on accorde à la psychiatrie, celle-ci n’est pas extérieure à la société et à ses rapports de force ; elle ne peut donc se prévaloir d’une position surplombante. On l’a déjà vue aux ordres du pouvoir politique, notamment dans les régimes totalitaires : sera déclaré « fou » celui qui s’excepte de la norme sociale. Voire, encore récemment en France, un fonctionnaire fut interné dans une institution psychiatrique par son employeur, le préfet des Alpes-Maritimes.

 

Malheureusement, ce même principe vaut pour les juges qui, supposés se plier à la rigueur exigée par leur discipline et l’interprétation des lois, doivent être libres de toute influence partisane. En réalité – le fait est notoire en France –, un certain nombre de magistrats se montrent obéissants aux idéologies dominantes, et serviles à l’égard des ordres donnés par le pouvoir politique.

 

L’assassin de Sarah Halimi a donc été déclaré non responsable de ses actes, en raison d’une crise de délire. Pourtant, le petit peuple dit vrai quand il note que le criminel n’agit pas tout seul, en dehors de tout discours ambiant. S’il assassine une Juive, c’est parce qu’un tel acte est cautionné par l’islam conquérant, les injonctions de ce dernier étant propagées dans les milieux familiaux, sociaux, électroniques, et cautionnée par un pouvoir politique complaisant. Ce discours est présent à tout moment : il n’est pas réservé aux seuls moments de folie. Il désigne les Juifs comme des mécréants à l’égard de la foi, et comme des profiteurs à l’égard de la société. Sur les deux comptes, les musulmans sont des victimes supposées, et appelés à se venger.

 

Il est peut-être vrai que le criminel était momentanément délirant, emporté par une fureur irrésistible, mais cette passion – qu’on lui a inculquée – reste néanmoins la sienne : il est seul à pouvoir en répondre. Il peut l’abjurer ou la maintenir, mais il est obligé de choisir et de se déclarer. Priver l’assassin de toute responsabilité, c’est, au fond, lui dénier son humanité, celle-ci consistant en l’aptitude de prendre connaissance de ses actes, et d’en répondre, notamment devant les hommes.

 

 

 

Note :

 

*Joris-Karl Huysmans, Gilles de Rais : la sorcellerie en Poitou, précédé de Gilles de Rais ou le crime parfait, par Jérôme Solal, Jérôme Millon, Grenoble, « Golgotha », 2019.

 

 

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Orly Ben-Ari Ginsberg refuse sa nomination au poste de Procureur de l’Etat (012112/19) Version imprimable
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samedi, 21 décembre 2019

 

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