Ceux qui œuvrent à la disparition d’Israël n’ont rien à faire en Israël (info # 012603/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 26 mars 2017

 

Par Guy Millière

 

Je vis désormais aux Etats-Unis. Si j’avais écrit des livres ou des articles vecteurs de haine aux dépens des Etats-Unis, si j’avais fait campagne en faveur de mesures internationales de boycott à l’encontre des Etats-Unis, il est quasiment certain que, quels que soient par ailleurs les documents attestant de mes qualités intellectuelles et de l’importance de mes publications, on m’aurait refusé le statut de résident. Si, ayant participé à des manifestations encourageant la violence contre les Etats-Unis ou prônant leur destruction, j’avais souhaité me rendre aux Etats-Unis, on m’aurait, sans aucun doute aussi, interdit l’entrée sur le territoire du pays. Tout cela m’aurait paru légitime. Un pays peut choisir qui il accueille sur son sol et doit disposer de la liberté de décision en la matière, sinon, il n’est plus un pays souverain.

 

Le parlement israélien a voici peu voté une loi qui interdit l’entrée en Israël de gens tenant verbalement ou par écrit des propos de haine à l’encontre d’Israël et participant au mouvement BDS. Cette loi a fait l’objet de commentaires négatifs dans la presse européenne, où certains ont parlé de décision liberticide. Des articles ont été publiés en Israël qui la critiquent dans des termes similaires.

 

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BDS, un mouvement essentiellement racial

 

Que la presse européenne fasse des commentaires négatifs sur une loi israélienne n’est pas surprenant. Chercher un article positif sur Israël dans la presse de la quasi-totalité des pays européens est plus difficile encore que chercher une aiguille perdue dans un hangar empli de foin.

 

Ce que des journalistes européens trouvent compréhensible lorsqu’ils parlent des Etats-Unis (ou, tout au moins, trouvaient compréhensible lorsqu’ils parlaient des Etats-Unis jusqu’à l’élection de Donald Trump) devient pour eux strictement scandaleux lorsqu’il s’agit d’Israël.

 

Que des commentateurs israéliens émettent des opinions négatives sur une loi israélienne, qui ressemblent aux commentaires hostiles que l’on trouve dans la presse européenne, n’est, hélas, pas surprenant non plus : ces commentateurs appartiennent à la gauche israélienne, qui est, en général, aussi aveugle que la gauche du reste du monde.

 

Que ces commentateurs israéliens ne voient pas qu’il existe une différence radicale entre la critique de la politique d’un pays et la haine exprimée contre ce pays, qu’ils semblent ne pas voir que les campagnes en faveur de mesures internationales de boycott visant Israël ont pour objectif la destruction d’Israël, qu’ils semblent ne pas voir non plus que les manifestations anti-israéliennes sur le sol israélien n’expriment ni critiques ni préoccupations, mais constituent des campagnes de haine, est préoccupant voire scandaleux.

 

Il existe des discours critiques de la politique israélienne, et des intellectuels juifs européens de gauche tiennent volontiers ces discours. En France, des hommes tels qu’Alain Finkielkraut ou Bernard Henri Levy n’ont, par exemple, jamais montré une sympathie débordante à l’égard des gouvernements successifs dirigés par Binyamin Netanyahu, et c’est le moins que je puisse dire. Nul pour autant ne pourrait qualifier leurs discours de discours anti-israélien haineux.

 

La consultation des sites des officines “pro-palestiniennes”, nombreuses en Europe, permet quant à elle de déceler immédiatement que ces organisations sont imprégnées d’autre chose qu’une volonté de critique. Les accusations partiales, partielles et viciées contre Israël y abondent, les falsifications des faits et de l’histoire y sont omniprésentes, l’apologie du terrorisme et de l’assassinat de Juifs n’y est jamais très loin, la diabolisation de l’Armée et du gouvernement israéliens y est récurrente. Quand des officines de ce genre organisent des voyages, elles vont souvent jusqu’au négationnisme, et disent que le voyage a pour destination la “Palestine”, car pour elles, Israël n’existe pas et n’a pas le droit d’exister. Dans quel autre pays accueillerait-on à la frontière des gens qui prétendent que ledit pays n’existe pas et n’a pas le droit d’exister ? Qu’Israël ne veuille pas accueillir des porteurs d’accusations partiales, partielles et viciées, des falsificateurs, des gens faisant l’apologie du terrorisme et de l’assassinat de Juifs et des praticiens de la diabolisation est légitime ; c’est même la moindre des choses dans un contexte où le risque d’attentats terroristes contre Israël et de meurtres contre des Juifs en Israël est omniprésent.

 

Le mouvement BDS (Boycott-Désinvestissement-Sanctions) est à classer dans la même catégorie que les autres organisations “pro-palestiniennes”. Prétendre que ce mouvement ne vise pas la destruction d’Israël implique la volonté d’être aveugle de manière obstinée et forcenée. Vouloir détruire l’économie d’un pays, car c’est le but, c’est vouloir détruire un pays, car aucun pays ne peut vivre avec une économie ruinée. Qu’Israël ne veuille pas accueillir des gens qui s’emploient à détruire Israël est aussi vraiment la moindre des choses.

 

Que des gens désirent venir en Israël pour participer à des manifestations anti-israéliennes qui, systématiquement, sont porteuses de haine et de soutien au terrorisme, et qu’Israël ne veuille pas d’eux est encore une fois la moindre des choses.

 

Ceux qui haïssent Israël, ceux qui veulent détruire Israël, ont le monde entier pour cracher leur venin, vociférer, éructer, brûler des drapeaux israéliens. Ils n’ont pas à se voir accueillis en Israël pour se livrer à leurs méprisables activités. En ne les accueillant pas, Israël se conduit en pays souverain et ne viole le droit de parler et d’agir de personne.

 

Que cela déplaise à ceux qui voudraient qu’Israël soit rayé de la surface de la Terre est logique, mais Israël n’existe pas pour faire plaisir à ceux qui voudraient le rayer de la surface de la Terre.

 

Que des Israéliens ne le comprennent pas n’est pas grave, tant que ces Israéliens sont minoritaires : toute société démocratique inclut des aveugles, qui ont eux aussi le droit de s’exprimer.

 

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Espagne-Israël : seul un miracle… (info # 022403/17) Version imprimable
Sport
vendredi, 24 mars 2017

 

Par Ilan Tsadik

 

Ce soir, à 20h 45 heure de Paris, 22h 45 à Métula (on a changé d’heure la nuit dernière), la Roja (la Rouge), l’équipe espagnole de football, l’une des meilleures de la planète, reçoit la sélection israélienne, la Nivkhéret, à Gijon (ça se prononce khikhonne), dans les Asturies. La rencontre compte pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 2018 en Russie.

 

Avant ce match, l’équipe nationale israélienne pointe au 3ème rang du classement intermédiaire, avec 9 points, trois victoires et une défaite, derrière l’Espagne et l’Italie et leurs dix points chacune. Il faut impérativement terminer dans les deux premiers pour espérer obtenir son ticket pour Moscou.

 

Sur le papier, seul un miracle de la taille de l’ouverture des eaux de la mer Rouge pourrait permettre aux bleus de l’emporter ou même d’obtenir la parité. Mais le ballon et rond, même si ce soir, on ne sait pas si c’est un avantage ou un inconvénient.

 

Le coach, Elisha Levy espère une panne de courant, car dans l’obscurité, nous partons à chances égales avec nos adversaires. Il semble vouloir opter pour un déploiement offensif avec deux attaquants, Tal Ben Haïm et Eran Zahavi, mais certains joueurs pensent que c’est la porte ouverte à une hécatombe.

 

Même si le stade el Molinon, le plus ancien d’Espagne, sera archi-comble ce soir, les joueurs et les journalistes ibères ont tendance à sous-estimer la formation visiteuse, ce qui en fait son meilleur argument.

 

La sélection israélienne s’alignera ce soir avec un brassard noir en hommage à notre confrère Meïr Einstein, emporté cette semaine à 65 ans par une longue maladie. Meïr était le Roger Couderc de la télévision israélienne.

 

Une victoire sur la Roja constituerait un exploit comparable à celle obtenue face à la France par trois buts à deux, le 13 septembre 1993 à Paris, qui barra la route de la Coupe du Monde des Etats-Unis aux Tricolores.

 

Sur le plan extra-sportif, la ville de Gijon se trouve en état de siège ce vendredi. Depuis leur arrivée, les joueurs hébreux, entourés de 13 gardes du corps israéliens, sont confinés dans un hôtel dont ils ne sortent que pour les entraînements. La Roja, quant à elle, est logée dans un autre palace à proximité et bénéficie également d’un gros dispositif policier. Une différence tout de même dans le traitement des deux formations : les Ibères disposent d’un terrain d’entraînement et d’un parcours de golf dans le périmètre de l’hôtel, tandis que les Hébreux sont confinés à l’intérieur. On reparlera de l’hospitalité et des mauvaises manières de nos hôtes.

 

Car il y a bien plus grave. La municipalité de Gijon est la seule de la péninsule disposant d’une équipe en première ou seconde division à avoir officiellement voté le boycott d’Israël. Dès lors, le choix d’Ángel María Villar, le président de la RFEF, la Fédération Royale Espagnole de Football, n’est pas compréhensible. Interrogée à ce sujet, la fédération s’est refusée à tout commentaire.

 

On annonce une vaste manifestation des anti-israéliens, intitulée "carton rouge", juste avant la rencontre. On ose espérer qu’elle ne dégénérera pas, ce qui impliquerait directement la RFEF qui joue, ce vendredi, avec la haine et l’antisémitisme et les invite à s’immiscer dans le sport. Il vaudrait mieux aussi que les 30 000 spectateurs d’el Molinon ne se prennent pas à siffler l’Hatikva, notre hymne national, et qu’on ne les laisse pas entrer dans le stade avec des drapeaux d’entités hostiles, ou des slogans désobligeants, car le football espagnol qui nous passionne tant serait probablement sanctionné par les instances internationales.   

 

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Ici, c’est Gijon

 

Le gouvernement israélien, arguant que le sport est fait pour rapprocher les peuples et non pour attiser le racisme et la haine, a demandé à son homologue à Madrid d’interdire toute manifestation en marge de cette réunion sportive. On ne va pas tarder à savoir s’il a été entendu. Quoi qu’il en soit et en espérant vivement que le sport l’emporte, nous ne pouvons nous empêcher de stigmatiser l’initiative consistant à organiser un match de cette importance dans la ville la plus hostile à Israël d’Espagne. Il y a là au moins un manque de discernement et, au pire, l’intention de surfer sur un ressentiment imbécile pour mettre ses hôtes sous pression. Si la partie avait lieu à Barcelone, à Valence ou à Madrid, les seules manifestations auxquelles on assisterait seraient des manifestations d’amitié entre les deux peuples frères, qui partagent un gros morceau d’histoire commune.

 

Israël compte d’ailleurs des milliers d’amis à Gijon, qui font connaître leur déplaisir sur les réseaux sociaux. A l'instar de Sergio Marqués Prendes, un intellectuel et un éditorialiste qui a exprimé le fond de sa pensée dans La Nueva Espana, (la nouvelle Espagne), sous le titre "Gijón, sept mois de honte". Sur ce site, l’article est reproduit sous une grande photo du cœur de la cité de Gijon barrée du slogan nazi "JUDENFREI".

 

En janvier 2016, le conseil municipal de Gijon avait déclaré la ville "Espace libre d’apartheid israélien". Ce faisant, il entend déconseiller vivement l’achat de produits non seulement israéliens, mais aussi proposés par des entreprises présumées "complices" de "l'apartheid israélien" ou censées obtenir un avantage économique quelconque, fruit du commerce avec celui-ci.

 

La ville de Gijon appelle au contraire à la collaboration avec l’organisation de boycott d’Israël BDS, qui exige explicitement, outre la proscription desdits produits et entreprises, la mise en quarantaine des artistes, des intellectuels, des étudiants, et des formations sportives israéliens. Le même mouvement déclare vouloir "lutter" contre la suprématie juive et le colonialisme sioniste, ce qui en fait, selon Sergio Marqués Prendes, un mouvement ostensiblement antisémite, de même que ceux qui le soutiennent ou le favorisent.

 

Pour Prendes, les droits de l’homme sont déjà entièrement garantis par l'Etat d'Israël. La ville de Gijón, s’allie avec des mouvements qui utilisent spécifiquement la population arabe, en particulier les réfugiés, comme un moyen politique de destruction du seul véritable Etat démocratique dans la région du Moyen-Orient.

 

Il ajoute que les citoyens israéliens d'origine arabe sont la seule population arabe vivant sous l'égide des droits de l'homme au Moyen-Orient, et qu’ils bénéficient de ce parapluie précisément grâce à l'existence de l'Etat d'Israël.

 

Le véritable "apartheid" au Moyen-Orient est celui ressenti par tous ceux qui vivent dans des camps de réfugiés dans les pays arabes "amis de la Palestine". Des personnes qui, avec la complaisance de l'ONU, se voient systématiquement refuser des droits civils tels que le droit à la propriété, celui de voter, le droit au travail, etc.

 

Israël, termine notre confrère, mène une bataille. Une bataille pour les droits de l'homme et de la démocratie sur l’une des scènes les plus complexes et dangereuses qui existent pour la défense de la liberté. Sergio Marqués Prendes invite ses lecteurs à "ne pas se tromper de camp". Il recueille le soutien de nombreux internautes, la vindicte de certains autres, ainsi que notre considération pour sa clairvoyance, son courage et son amitié.

 

C’est donc dans cette ville de Gijon et son atmosphère nauséabonde que la Nivkhéret s’apprête à livrer bataille, par choix de la fédération espagnole de football. Si ce n’était par égard pour les joueurs et les aficionados, qui n’y sont strictement pour rien, nous n’appellerions certes pas le ciel à frapper la péninsule avec les dix plaies d’Egypte (il ne faut rien exagérer), mais à lui infliger une défaite douloureuse, qui pourrait l’empêcher – ce serait une gigantesque surprise – de participer aux prochains Championnats du Monde.

 

Il existe un antécédent à la situation de ce vendredi ; cela se déroula le 7 mars 2009 dans la ville suédoise largement antisémite de Malmö, à l’occasion d’une rencontre de Coupe Davis. La ville avait été ravagée par des milliers d’émeutiers islamistes et néo-nazis. Le Professeur d’histoire suédois Kristian Gerner décrivit ces évènements comme "la pire crise pour les Juifs en Suède depuis la Seconde Guerre Mondiale".

 

L’épilogue de cette histoire fut que la rencontre dut être disputée sans public et, contre toute attente, les tennismen israéliens, qui n’étaient pas favoris, l’emportèrent. Puisse la rencontre de ce soir, rendue artificiellement tendue par une décision stupide, se dérouler sans heurts et sans blessés. Et, laissons-nous aller, une fois n’est pas coutume, à souhaiter que ce ne soit pas le meilleur qui gagne.

 

 
Bruxelles-Metula du 27 mars 2017 (012703/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 24 mars 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/8ojXp3tA2RI (Youtube)

 

Au sommaire de cette semaine :

 

1. La commémoration du génocide des Tutsis en 1994 : le devoir de mémoire, c’est avant tout nommer les victimes et les assassins. La responsabilité terrifiante de la France dévoilée par la Ména, le rôle de la Belgique et le sort du Père Theunis, qui a incité au génocide.

 

2. Jason Greenblatt, l’envoyé de Donald Trump, exige de Binyamin Netanyahu un blocage total des implantations en dehors des trois blocs envisagés. Netanyahu en délicatesse avec sa coalition. Comment refuser lorsque les trois personnes chargées du dossier par le président américain sont des Juifs sionistes et pratiquants. Un piège tendu par Trump ? Le compromis qui pavera la voie à un accord ?

 

3. Terrorisme : débat avec un député écologiste belge. Tous les musulmans ne sont pas terroristes, mais tous les terroristes sont musulmans. Impossible de ne pas considérer cette équation si l’on ne veut pas remplir les cimetières européens. Le terrorisme islamique est l’ennemi auto-désigné ; ne pas le dire ou le combattre, c’est préparer le prochain attentat. On sait quand il aura lieu : très bientôt.

 

4. Le match de ce soir à Gijon d’Israël face à l’Espagne : seul un miracle… Dans une ambiance de ville en état de siège.
 
Westminster (info # 012303/17) Version imprimable
Analyse
jeudi, 23 mars 2017

 

Par Stéphane Juffa

 

Science-fiction : un très long article de Philippe Bernard ce matin, le correspondant du Monde à Londres. L'unique mention de l'islam, de l'islamisme et des musulmans est la suivante : "Nous sommes conscients que les communautés musulmanes vont s’inquiéter à présent, étant donné le comportement de l’extrême droite dans le passé (...)".

 

Sacrée extrême droite, il paraît qu'elle tue des gens de temps à autres...

 

Ce qui "touche un symbole de la démocratie britannique", ce n'est pas le terrorisme islamique, c'est "une attaque".

 

Difficile de croire ce qu'on lit. Le terroriste n'est pas musulman, il est "isolé". Ce qui signifie qu'il a assassiné 4 personnes et en a blessé 40 sans motif, par lassitude, pour ébranler un symbole de la démocratie britannique.

 

Il est le seul dans son cas, le premier, il n'y a pas eu Zaventem ni le Bataclan, ni l'Hyper Casher. Le mec, un loup solitaire, sans doute échappé de la forêt de Sherwood, s'ennuyait le mercredi après-midi - ce n'était pas un prêcheur, un leader communautaire, le représentant d'un grand courant de haine pour tout ce qui est démocratique et non musulman - ; "inspiré par le terrorisme international", il est allé passer ses nerfs à Westminster.

 

Ceux qui écrivent des articles de ce genre, qui les commandent et qui les diffusent ne font définitivement pas le même métier que nous. Il ne s'agit ni d'information ni d'analyse.

 

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Ils sont pourtant des millions à s’exprimer clairement

 

Contrairement au Monde, maintenant, on sait qu'il va y avoir d'autres assassinats collectifs commis par des musulmans en Europe. On sait quand : dans pas longtemps. On sait que les assassins sont déjà sur place. On sait à quelle communauté ils appartiennent, où ils habitent, pourquoi ils agissent. On sait qu'ils ont déjà frappé et tué et que c'est leur unique objectif. On sait qu'ils vont sacrifier leur vie pour tuer LE PLUS GRAND NOMBRE DE NON-MUSULMANS POSSIBLE au nom d'Allah. On sait où ils vont agir : dans un endroit en vue.

 

Et on fait quoi, les brêles, pour empêcher que cela n'arrive ? On prépare les hommages de circonstance ? On dit qu’il faut s’organiser (Hollande) ? On pré-écrit des articles émasculés qui ne veulent rien dire et qui dissimulent l’intolérable réalité ? On protège la communauté musulmane de l' "extrême droite" ? Les Palestiniens du ""génocide"" commis par Israël ? Les banlieusards de la police ? On continue de feindre d’ignorer qu’il existe des milliers de musulmans en Europe pour qui assassiner des non-croyants importe plus que leur propre vie ?

 

 
Vive tension militaire entre Israël et la Russie (info # 012003/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 20 mars 2017

 

Par Stéphane Juffa

 

Rien ne colle au sujet des divers narratifs ayant suivi les raids aériens conduits en Syrie par le Khe’l Avir dans la nuit de jeudi à vendredi derniers. De plus, la situation ne cessant de s’envenimer depuis lors, et les déclarations bellicistes faisant florès, cela amène les experts en stratégie de la Ména à faire des heures supplémentaires afin d’essayer d’y voir clair et de remplir ainsi notre fonction. Si cela ne suffisait pas, tout indique que le torchon brûle entre Moscou et Jérusalem, et qu’un affrontement limité entre les deux armées devient de plus en plus probable ; il est même possible qu’il ait déjà eu lieu.

 

Pourtant, M. Netanyahu était dans la capitale russe la semaine dernière pour y rencontrer M. Poutine et à l’issue de leur entretien, les choses paraissaient sous contrôle. Mais le Tsarévitch et son équipe dirigeante figurent parmi les gouvernements les moins fiables de la planète, ce que nous ont confirmé de vive voix la plupart des représentants des Etats occidentaux que nous côtoyons. Vladimir Poutine est capable de négocier une entente avec vous, un sourire chaleureux aux lèvres, pendant que, dans une autre salle, Lavrov est en train de préparer la livraison d’avions de chasse et de systèmes de missiles avec l’Iran ou la Syrie.

 

Commençons par décrire ce qui nous interpelle à propos du raid de vendredi. Nous n’avons que l’embarras du choix. Lors des opérations aériennes précédentes, l’Aviation israélienne avait tiré des missiles air-sol à bonne distance de ses cibles, le plus souvent à partir du Liban ou à la lisière de ce pays avec la Syrie, et les résultats ont chaque fois été parfaits.

 

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Deux F-16 surmontés d’un F-15

 

Pourquoi, dans ces conditions, cette fois-ci, les appareils hébreux ont-ils profondément pénétré dans l’espace aérien des al Assad ? Quel objectif était suffisamment important et ne pouvait être détruit par les missiles pour justifier qu’on risquât la vie des équipages ?

 

D’autre part, dans les heures qui suivent les raids aériens de Tsahal, le chef de la Ména libanaise, Michaël Béhé, est toujours en mesure de décrire avec précision, le plus souvent avec photos et vidéos à l’appui, les cibles qui ont été visées. Béhé, grâce au réseau d’informateurs qu’il a développé dans la Beqaa libanaise et dans la région élargie de Damas, parvient chaque fois à obtenir des comptes rendus de témoins oculaires. Or cette fois-ci, néant. C’est à peine si ses contacts ont fait état de violentes explosions, mais sans parvenir à les situer géographiquement, ce qui signifie qu’elles ne se sont pas produites dans la zone de Damas et sa grande banlieue.

 

Jusqu’à maintenant, l’on sait, par l’intermédiaire du porte-parole de Tsahal uniquement, que plusieurs objectifs ont été attaqués, et que cela concernait des livraisons d’armes sophistiquées au Hezbollah, mais lesquels ?

 

Et pourquoi le porte-parole de l’Armée s’est-il fendu d’un communiqué alors que, depuis des années, il se refuse obstinément à commenter ce qui se déroule au-delà de nos frontières ? Nous lui avons naturellement posé la question, mais il n’a pas souhaité nous répondre.

 

Quid de cette histoire de missile sol-air intercepté par un Khetz au nord de Jérusalem, une information également transmise par le même porte-parole ? La totalité des confrères ont reproduit ce récit sans broncher et sans se poser de questions ; leur naïveté nous étonnera toujours.

 

Car s’il s’agit bien d’un missile S-200 ou équivalent, sa fonction, sa capacité à voler très haut, très loin et très vite – respectivement 40km, 300km et Mach 4 – le destine à intercepter un avion volant en direction de son objectif, non pas s’en éloignant. Le cas d’école étant un repérage radar d’un appareil au décollage ou se dirigeant vers sa cible ; lors, un missile de ce genre est lancé pour l’empêcher de l’atteindre. Mais les chasseurs-bombardiers à l’étoile de David se rendent plusieurs fois par jour aux confins septentrionaux d’Israël, et Damas n’a pas les moyens de savoir s’ils franchiront sa frontière ou non. Dans la logique, et si les Syriens possédaient des radars suffisamment sophistiqués pour repérer les appareils israéliens au décollage, ils devraient tirer cinquante S-200 quotidiennement et sur tout ce qui vole dans le ciel de Terre Sainte. Ce qui, à n’en point douter, occasionnerait une riposte immédiate de la taille d’une guerre, de la part des Hébreux.

 

Et, de toute façon, les radars syriens n’ont pas pu identifier ces avions sur le trajet aller, car ils volaient en rase-mottes, au point qu’ils ont failli arracher quelques tuiles du toit de la Ména. A cette altitude très inhabituelle, moins de cent mètres du sol, on n’aurait pas pu utiliser un Khetz pour abattre un missile, fait pour intercepter des objets en dehors de l’atmosphère terrestre.

 

Cette altitude de vol pose elle aussi une interrogation supplémentaire : pourquoi voler si bas ? Pourquoi réveiller en sursaut tous les habitants du Doigt de la Galilée, à Rosh Pina, Khatzor, Kiryat Shmona, Métula et sur le plateau du Golan ? Leur mission devait être réellement importante.

 

Nous avons une réponse au moins pour cette énigme : ce ne sont pas des Syriens que nos pilotes se cachaient, qui n’ont pas les capacités techniques de les voir venir, mais des Russes. Les Russes, qui disposent du système antiaérien avancé S-300, notamment embarqué sur leurs navires, dans le sud de la province de Lattaquié en Syrie.

 

Or, à Métula, on sait que les facultés de brouillage des Israéliens sont telles que les Syriens ne voient pas nos avions venir et n’ont pas même le temps de tirer des missiles sol-air lorsque leurs positions sont attaquées. Vendredi non plus, ils ne l’ont pas fait : pour protéger un site, on utilise des missiles à relativement courte portée – quelques dizaines de kilomètres au maximum -, afin de protéger les positions que l’on défend. Le but étant évidemment d’empêcher qu’elles ne soient attaquées et pas d’intervenir une fois qu’elles l’ont été.

 

Ce qui nous fait penser que les Russes et leur S-300 n’ont pas non plus vu nos appareils arriver, et qu’ils n’ont été avertis qu’une fois les frappes effectuées. Ensuite, pour marquer le coup, pour indiquer leur intention de se défendre, ils ont, soit tiré des missiles S-200 ou équivalents (il n’y a pas de grandes différences d’efficacité avec ceux, à longue portée, qui équipent le système S-300), soit ordonné aux Syriens de la faire. De toute façon, il ne fait aucun doute que des officiers russes encadrent physiquement les servants syriens des systèmes antiaériens qu’ils leur ont livrés. Tout comme il ne fait aucun doute que le régime syrien n’aurait pas lancé d’engins de ce genre sur Israël sans l’aval des officiers de Poutine.

 

Encore un fait étrange : on comprend bien que les S-200 ont été tirés en direction des appareils sur le chemin du retour, mais alors pourquoi l’interception par le Khetz a-t-elle eu lieu "au nord de Jérusalem" ? A ma connaissance – et je crois connaître tous les terrains d’aviation d’Israël – il n’existe pas d’aéroport dans cette région, pas plus qu’à proximité immédiate de la capitale de l’Etat hébreu.

 

Les avions qui ont participé à ces raids ont très probablement décollé (et atterri) de la grande base de Ramat-David, à proximité d’Afula, dans le nord du pays, à une centaine de kilomètres de Jérusalem.

 

Que faisait donc un S-200 à proximité de la capitale, à un moment où les participants au raid avaient déjà atterri ou étaient en train de le faire ? Mystère ! A notre avis, il n’a pu s’agir que d’une démonstration de force de la part de Moscou et d’un signe de sa volonté de ne plus laisser le Khe’l Avir intervenir en Syrie comme si c’était son pré carré.

 

Jean Tsadik, notre expert en armement, me fait remarquer que les S-200, ou leurs équivalents plus modernes, sont capables d’embarquer de grosses charges d’explosifs et même une petite bombe atomique, ce qui en fait une fusée qui n’est pas uniquement destinée à abattre des avions. Ce qui renforce l’idée que l’intention du Kremlin consistait à envoyer un avertissement à Israël et non à tenter d’intercepter l’un de ses bombardiers.

 

Cette hypothèse se trouve encore étayée par la convocation, dès vendredi, de l’ambassadeur d’Israël à Moscou par le ministère russe des Affaires Etrangères, afin de "recevoir des explications" relativement au raid de la nuit. Sur le plan formel, cela a tout de même quelque chose de bizarre, à croire que c’est sur le territoire russe que les aéronefs hébreux sont intervenus, ou, à tout le moins, que Poutine a reçu un mandat de l’ONU pour faire le gendarme à Lattaquié, ce qui n’est pas le cas. C’est un peu comme si Jérusalem priait l’ambassadeur russe de venir s’expliquer sur l’occupation de la Crimée, de l’Abkhazie, de l’Ossétie du Nord ou de l’est de l’Ukraine. Mais le Tsarévitch foule les conventions de ses grosses bottes comme si elles n’existaient pas. A témoin, lors d’exercices en Méditerranée orientale, il avait tout simplement enjoint aux Libanais de cesser les vols commerciaux sur Beyrouth pendant 24 heures. Les Libanais avaient protesté mais avaient tout de même fermé l’aéroport Rafiq Hariri suivant la demande des Russes.

 

Et les Israéliens, tant que leur sécurité fondamentale n’est pas en danger, ont tout intérêt à ne pas affronter les Mig et les Soukhoï. Le problème étant qu’on approche de cette fameuse ligne rouge. Un ami, officier de la Marine israélienne, m’a aussi confié que plusieurs opérations en cours avaient dû être interrompues à cause de l’interposition de bâtiments de guerre russes.

 

Pour évaluer le risque de confrontation israélo-russe, il faudrait d’abord saisir ce qui s’est passé aux premières heures de vendredi dernier. Pourquoi 5 F-16 (c’est beaucoup) – Jean Tsadik, qui demeure tout près de Métula affirme qu’il en a vu 4 – assurément protégés par des F-15 en altitude, on fait du radada pour aller bombarder des cibles en Syrie. Notre hypothèse est la suivante : toutes les tentatives effectuées pour livrer des armes sophistiquées au Hezbollah à partir des aéroports de Damas se sont soldées par des attaques israéliennes qui ont non seulement détruit les chargements, mais également infligé de lourdes pertes et des dégâts conséquents à l’Armée gouvernementale.

 

Etant donné que la dotation du Hezbollah en missiles antiaériens et en missiles balistiques à courte portée participe d’une priorité élevée de l’axe Téhéran-Damas - à la fois pour contrôler le pays aux cèdres et pour, le cas échéant, ouvrir un nouveau front face à Israël -, ces deux alliés auraient changé de stratégie. A la place de faire transiter les envois par Damas, ils auraient tenté d’utiliser l’un des nombreux aéroports situés à plus d’une centaine de kilomètres au nord de la capitale. Ce faisant, ils obligeaient les Israéliens, d’une part, à exposer leur aviation loin de leurs bases, et non plus des drones ou des missiles. D’autre part, ils les forçaient à s’aventurer dans le secteur de vol réservé aux Russes d’après les traités officieux conclus entre Poutine et Netanyahu. Comme ils l’escomptaient, cela a généré de vives tensions entre eux, et forcé la main du Kremlin afin qu’il protège, contre son gré, les livraisons d’armes à la milice de Nasrallah.

 

En principe, d’après ce que nous supputons – et nous supputons pas mal, d’ordinaire – Jérusalem et Moscou se sont entendus pour que les appareils russes ne dépassent pas Damas vers le Sud, tandis que ceux du Khe’l ne franchissent pas la capitale syrienne en direction du Nord. Sauf que là, selon notre scénario, et pour maintenir la ligne stratégique impliquant qu’Israël intervient à chaque tentative de livraison de matériel sophistiqué au Hezb, Jérusalem a été contraint de contrevenir à l’accord avec Poutine, provoquant son irritation. De plus, nous sommes absolument certains que les Israéliens n’ont pas averti leurs homologues russes à l’avance de leur projet de raid. Ce, parce que nous ne le faisons jamais, même avec nos vrais alliés, afin de prévenir les fuites qui mettraient nos équipages en danger. En la matière, nous ne faisons confiance à personne.

 

Le régime syrien crie victoire. Non seulement il a annoncé avoir descendu un chasseur-bombardier arborant l’étoile à six branches et en avoir endommagé un second – s’il y a la moindre part de vérité dans cette affirmation, je suis le curé de Cucugnan, avec ou sans l’assentiment de Monsieur Daudet -, mais encore, qu’un changement radical était intervenu dans sa confrontation avec Israël.

 

Selon Bashar Jaafari, l’ambassadeur syrien aux Nations Unies, intervenant dimanche sur la télévision d’Etat, "la Russie a envoyé un message clair à Israël, lui indiquant que les règles du jeu ont changé en Syrie et que sa liberté d’action dans le ciel syrien était terminée". A en croire Jaafari, "l’ambassadeur israélien a été convoqué [au Kremlin] (…) et il lui a été catégoriquement signifié que ce jeu était terminé", ajoutant que l’utilisation de feu antiaérien contre Israël durant la nuit de jeudi dernier a modifié les règles du jeu, et que la Syrie ne resterait plus impassible face à la menace israélienne".

 

Moscou n’a pas commenté cette déclaration, mais Avigdor Lieberman en a fait une intéressante. Le ministre israélien de la Défense a ainsi précisé que "nous n’avons aucun intérêt à interférer dans la Guerre Civile syrienne, que ce soit en faveur ou contre Assad, et nous n’avons aucun intérêt à affronter les Russes. Notre problème principal concerne le transfert d’armes avancées de Syrie au Liban. C’est pour cela que chaque fois que nous identifions une tentative de contrebande d’armes qui pourraient changer les données du jeu, nous agirons pour la contrecarrer. Il n’y aura aucun compromis sur ce sujet", a insisté M. Lieberman.

 

Le ministre a complété son propos en précisant que "si Tsahal décide d’agir, il y a une bonne raison à cela", et, menaçant, "la prochaine fois, si la DCA syrienne intervient contre nos avions, nous la détruirons. Nous n’hésiterons pas, la sécurité d’Israël se situe au-dessus de tout le reste. Il n’y aura aucun compromis".

 

Nous avons principalement émis notre version des évènements par des recoupements d’informations. Reste qu’elle se trouve en adéquation avec tous les paramètres connus de cette affaire, notamment des rumeurs insistantes, stipulant que l’essentiel des frappes aériennes aurait eu lieu entre Homs et Palmyre (à 200km au nord-est de Métula), que le matériel qui faisait route vers le Liban était - une fois n’est pas coutume, d’ordinaire il est iranien – originaire de Corée du Nord et que le convoi a été totalement anéanti.

 

Il nous semble évident que le message de Lieberman, qui a un peu le même tempérament et assurément la même culture que ceux de Poutine, n’était pas destiné à Bashar al Assad mais au Tsarévitch. Et puisqu’il est conscient que le président de toutes les Russies n’accorde d’attention qu’aux actes et non aux paroles, pour bien montrer qu’Israël continuera effectivement à survoler la Syrie lorsqu’elle le décidera, son Armée de l’air a procédé hier à l’élimination ciblée de Yasser A-Sayad, qui roulait dans son automobile sur la route menant du Golan à Damas. A-Sayad était un officier du groupe des Forces de Protection de la Patrie, une unité d’une vingtaine de combattants principalement formée de Druzes syriens, de commandos du Hezbollah et des Gardiens de la Révolution iranienne. Cette entité s’est spécialisée dans la préparation de coups de main dans le Golan israélien. Elle comptait dans ses rangs Djihad Mourgnieh, le chef militaire du Hezbollah, un général iranien et l’assassin libanais Samir Quntar, qui ont été éliminés à l’occasion d’opérations précédentes. Les Forces de Protection de la Patrie ne sont jamais parvenues à mettre en exécution l’un de leurs plans, en raison de l’élimination de ses chefs par Israël.

 

Ce matin (lundi), les chasseurs-bombardiers à l’étoile bleue ont à nouveau franchi la frontière en direction du Liban et de la Syrie. Pendant plus d’une heure, nous avons assisté à des mouvements incessants et très denses de ces appareils, alors que l’espace aérien civil du nord d’Israël avait été fermé.

 

Nous y voyons une nouvelle indication que les Hébreux ne craignent ni le contingent russe en Syrie, ni son système S-300. En fait, Tsahal pourrait détruire le port militaire russe de Tartous et les navires qu’il abrite, les deux aéroports de Lattaquié et tous les avions russes de la région en moins d’une heure, d’après Jean Tsadik. Mais notre camarade émet une mise en garde sévère sur les conséquences qu’entrainerait une confrontation ouverte avec la Russie, que tout le monde évite avec raison. "Ni Napoléon ni Hitler n’ont réussi à les vaincre, et ce n’est pas Netanyahu qui sera le premier à y parvenir", prévient notre spécialiste militaire.


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Rétablir la vérité sur Donald Trump (info # 011903/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 19 mars 2017

 

Par Guy Millière

 

Un problème grave affecte un nombre important de Juifs américains. Ces Juifs américains sont de gauche, ce qui est pleinement leur droit. Ils votent pour le parti Démocrate, ce qui est pleinement leur droit aussi. Ils s’aveuglent sur le glissement du parti Démocrate vers la gauche extrême, vers des positions de plus en plus résolument “propalestiniennes”, voire “antisionistes”. C’est leur droit encore, mais cela pose néanmoins un problème, car cela les conduit à cautionner des antisémites qui cachent à peine leur antisémitisme. A l’instar de Keith Ellison, musulman et compagnon de route des Frères Musulmans, qui dirige désormais le parti Démocrate, au côté du gauchiste “propalestinien” Tom Perez, et qui a longtemps été proche de The Nation of Islam, le mouvement que dirige Louis Farrakhan, un admirateur de longue date du Troisième Reich.

 

C’est plus un problème encore lorsque l’on voit de manière récurrente des dirigeants d’organisations juives américaines, voire parfois des rabbins, rejoindre les manifestations anti-Trump et avancer la main dans la main avec des suppôts du terrorisme “palestinien”, telle Linda Sarsour, organisatrice de la Marche des femmes, au lendemain de l’intronisation de Donald Trump, puis de la Journée sans femmes, le 8 mars dernier.

 

Voire avec une terroriste tueuse de Juifs non repentie telle Rasmea Yousef Odeh, condamnée à la prison à vie en Israël, libérée lors d’un échange de prisonniers, devenue résidente américaine en ayant menti aux services de l’immigration. Que font des Juifs américains au côté de personnes de ce genre ? N’y a-t-il pas une limite à l’indécence ?

 

Norman Podhoretz, un homme pour qui j’ai estime et amitié, et l’un des grands penseurs juifs américains contemporains, dans un livre que je cite souvent "Why Jews Are Liberal" [Pourquoi les Juifs sont-ils libéraux], a expliqué, avec consternation, que nombre de Juifs américains ne sont plus juifs et ont adhéré à la religion constituée par les idées qu’on appelle “liberal” aux Etats-Unis, qui sont les idées de la gauche américaine.

 

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L’antisémite

 

De dérive en dérive, nombre de Juifs américains sont en train de passer des idées “liberal” aux idées qu’on appelle “radical” aux Etats-Unis, celles de l’extrême-gauche islamo-gauchiste.

 

Cela peut conduire à de graves impostures. Il y a quelques semaines, une officine appelée Anne Frank Center for Mutual Respect [le centre Anne Frank pour le respect mutuel] a publié un texte affirmant que l’antisémitisme était omniprésent dans l’administration Trump. Cette officine a autant de rapport avec Anne Frank que j’en ai avec Heinrich Himmler et souille le nom d’Anne Frank en l’utilisant, mais toute la presse du monde a publié des articles disant que “le Centre Anne Frank dénonce l’antisémitisme de l’administration Trump”.

 

Le National Council of Jewish Women (le Conseil National des femmes Juives, qui ne représente pas toutes les femmes juives des Etats-Unis, heureusement) a revendiqué sa participation à des réunions organisées par Linda Sarsour, au cours desquelles des discours favorables au Hamas ont été tenus. Sa directrice, Nancy Kaufman, a déclaré que des désaccords sur des points mineurs n’empêchent pas la coopération sur des questions de fonds avec des femmes qui mènent un combat positif contre la présidence Trump.

 

Isi Leiber, un homme pour qui j’ai également estime et amitié, a écrit voici peu dans un article intitulé “American liberal Jewish leaders fuel anti-Semitism” (les dirigeants juifs américains de gauche alimentent l’antisémitisme) que “l’exploitation de leur identité juive par les dirigeants soi-disant non partisans de grandes organisation juives américaines est sans précédent”, et qu’ ”aujourd’hui, dans ce qui peut être appelé un mouvement d’autodestruction, un nombre substantiel de dirigeants irresponsables de la diaspora juive la plus puissante sur Terre semblent être devenus fous furieux”.

 

Les conséquences de ce courant pour la communauté juive américaine sont potentiellement désastreuses, et le mot “autodestruction” est pleinement adéquat. Les conséquences pour Israël sont potentiellement délétères. Les effets sur la perception internationale de l’administration Trump et de Donald Trump lui-même sont très dommageables ; ni l’administration Trump, ni Donald Trump, qui sont d’ores et déjà insultés et diffamés par tout ce que la planète compte d’islamo-gauchistes, d’adeptes du politiquement correct, de compagnons de route conscients ou inconscients de l’islam radical n’ont besoin de se voir trainés dans la boue par des organisations juives américaines et par des Juifs américains. Les effets sur la perception de l’administration Trump et de Donald Trump par les Juifs du reste du monde et par les Juifs Israéliens pourraient même en souffrir.

 

Melanie Phillips a écrit des mots très pertinents sur le sujet dans un article récent publié par le Jerusalem Post : "How The Monstering of Donald Trump Has Confused the Jews", ou comment la présentation de Donald Trump sous les traits d’un monstre, qui a créé la confusion chez les Juifs, qui agissent, de fait, en faveur des pires ennemis d’Israël aux Etats-Unis est révoltante.

 

J’ai écrit un livre qui rétablit la vérité. J’y inclurai le texte complet de plusieurs discours de Donald Trump, dont celui, superbe, prononcé devant la réunion annuelle de l’AIPAC il y aura bientôt un an. J’ai placé le livre en précommande aux fins que l’éditeur puisse lui donner un maximum d’impact. Je remercie d’avance ceux qui le commanderont à l’adresse suivante : kickstarter.com/la-revolution-trump-de-guy-milliere. Ils s’informeront de manière précise. Ils contribueront, non seulement à diffuser la vérité, mais aussi à mener un combat qui doit impérativement l’être.

 

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Bruxelles-Metula du 17 mars 2017 (021703/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 17 mars 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca

 

Au sommaire de cette semaine https://youtu.be/0D0jFM76etw sur Youtube :

 

Raids de l’Armée de l’air israélienne, la nuit dernière en Syrie et au Liban, visant des convois et entrepôts d’armes sophistiquées destinées au Hezbollah.

 

La défense antiaérienne syrienne inefficace.

 

Un missile syrien de type S-200 (SA-5 pour l’OTAN), volant à 40km d’altitude et à Mach 4 intercepté et détruit par un Khetz dans l’est d’Israël.

 

C'est la première utilisation opérationnelle du Khetz, qui est désormais "testé au combat".

 

Après le tir d’un missile au-dessus du territoire israélien, le risque existe d’un embrasement de la confrontation avec le régime syrien.


 
Raids de l’Aviation israélienne cette nuit en Syrie et au Liban (info # 011703/17) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 17 mars 2017

 

© Metula News Agency

 

8h 30 à Métula, 7h 30 à Paris

 

Des appareils du Khe’l Avir israélien (l’Armée de l’air) ont attaqué un peu après 2 heures locales plusieurs cibles en Syrie et au Liban.

 

Cinq appareils ont survolé le Doigt de la Galilée à très basse altitude (sans doute pour éviter les radars) à cette heure, réveillant la plupart des habitants.

 

La défense antiaérienne syrienne a lancé des missiles sur les avions arborant l’étoile de David, mais sans en toucher ni n’en menacer aucun.

 

Les objectifs visés étaient en rapport avec du matériel sophistiqué destiné au Hezbollah libanais. Des témoins en Syrie et au Liban ont rapporté par téléphone au chef de la Ména libanaise, Michaël Béhé, qu’ils voyaient de gros dégâts causés par les raids israéliens.

 

Le porte-parole de Tsahal s’est fendu d’un communiqué relatif aux opérations aériennes de cette nuit. Il rapporte qu’un missile antiaérien a été abattu par l’Armée de l’air israélienne.

 

C’est la première fois depuis des années que le porte-parole de Tsahal commente une opération aérienne menée hors des frontières d’Israël. Nous lui avons demandé la raison de cette exception mais il a refusé de nous répondre.

 

D’autre part, les sirènes annonçant des tirs de roquettes ou de missiles ont retenti dans les localités de la vallée du Jourdain, jusqu’à Modiin et à Jérusalem. A Métula, on sait aussi, et de source sûre, que des intercepteurs ont été tirés en direction d’intrus qui volaient vers le cœur d’Israël. Les personnes que nous avons interrogées, dont des militaires, affirment toutes avoir entendu le bruit caractéristique de deux interceptions.

 

Nous pensons qu’il est probable que des Khetz aient été lancés afin d’abattre un (ou plusieurs) missile(s) en provenance de Syrie.

 

Le seul missile antiaérien au service de l’Armée syrienne capable d’atteindre Jérusalem est le SA-5 Gammon, selon la nomenclature de l’OTAN (S-200 Dubna en russe). Cette fusée, introduite dans la région dans les années 70, d’un poids de 7 000kg et d’une longueur de 11 mètres, vole à 40km d’altitude et à Mach 4. Le SA-5 est l’unique missile antiaérien syrien qui aurait pu justifier le tir d’un Khetz pour l’abattre. Si c’est le cas, cela aura servi de test grandeur nature pour le Khetz et lui permettrait désormais d’arborer la fameuse mention "testé au combat".

 

Le 12 septembre dernier, le Khe’l Avir avait déjà confirmé le tir par les Syriens de deux S-200. Des Syriens qui avaient, à cette occasion, déclaré avoir abattu l’un de nos appareils. Ce que Tsahal avait vigoureusement démenti, qualifiant la fanfaronnade du gouvernement de Damas de "mensonge absolu", et précisant, comme ce matin, "qu’à aucun moment la sécurité de nos appareils n’a été compromise".

 

Depuis les incidents de cette nuit le front semble calme et aucune consigne de sécurité particulière n’a été transmise aux habitants des agglomérations voisines des frontières syrienne et libanaise.

 

 

 
Israël-Palestine : le grand plan de Trump (info # 011503/17) Version imprimable
Analyse
mercredi, 15 mars 2017

 

Par Sami El Soudi

 

Depuis quelques mois, il ne se passait rien de remarquable dans l’Autorité Palestinienne. On y craignait surtout l’avènement de Donald Trump et de son entourage juif hyper-sioniste, et l’on mettait en garde le nouveau président, notamment contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, n’hésitant pas à évoquer une quatrième Intifada.

 

Sur le terrain, on notait l’opposition politique grandissante de Mohamed Dahlan, l’ex-chef des Forces de Sécurité Préventive palestiniennes, qui avait fui en Egypte en 2007 pendant que ses officiers étaient précipités du haut des toits par les islamistes du Hamas qui venaient d’évincer par la force le Fatah de Gaza. Dahlan se pose désormais en alternative à Mahmoud Abbas, qu’il accuse de faire la politique d’Israël en maintenant la coordination sécuritaire avec Jérusalem.

 

Cette dernière démontre chaque nuit son efficacité en permettant de neutraliser des cellules du Hamas et leurs fabriques d’armes en Cisjordanie ; les forces israéliennes, encadrées par le Renseignement, opérant sans cesse pour empêcher la reformation de la présence armée de la Résistance Islamique dans ce territoire. Le Hamas restant l’ennemi mortel de la direction palestinienne à Ramallah.

 

Puis les relations entre Donald Trump se sont soudainement décantées ; après des discussions préliminaires à des échelons subalternes, le président a appelé M. Abbas dimanche dernier par téléphone, ils ont convenu d’une visite prochaine du président de l’Autonomie Palestinienne à Washington, et décidé d’engager des discussions initiales en vue de remettre le processus de négociation entre Ramallah et Jérusalem sur les rails.

 

Concrètement, la Maison Blanche a envoyé dans la région Maître Jason Greenblatt, nommé par M. Trump au poste de Représentant Spécial pour les Négociations Internationales. Depuis, cet Israélite de 49 ans, appartenant à la congrégation orthodoxe américaine, issu de l’Académie talmudique Marsha Stern, d’une Yéshiva académique, et détenteur d’une licence en droit de l’Université de New York, fait la navette pour rencontrer des interlocuteurs israéliens et palestiniens. Son séjour extraordinairement long dans notre partie du monde l’y maintiendra jusqu’à la fin du mois.

 

Greenblatt connaît bien la réalité régionale et sa problématique. Il a notamment publié un livre de voyage en Israël, destiné aux visites familiales. Surtout, au contraire d’autres membres de la nouvelle administration, il ne cache pas qu’il soutient la solution à deux Etats, à la condition qu’elle ne soit pas imposée par des éléments extérieurs au différend, à l’instar de l’ONU. Dans la même foulée, il a affirmé que "les implantations en Cisjordanie ne constituent pas un obstacle à la paix".

 

Or ce juif sioniste, conservateur et pratiquant, s’est vu réserver un accueil de chef d’Etat, hier (mardi) à la Moukata de Ramallah, le siège du gouvernement de l’Autonomie Palestinienne. Outre Mahmoud Abbas, Jason Greenblatt a été reçu par les hommes forts du Fatah, à commencer par Saëb Erekat, l’inamovible secrétaire général du Comité exécutif de l’OLP, par le chef du Renseignement de l’AP, Majid Faraj, ainsi que par notre nouvel ambassadeur à Washington, Hussan Zomlot.

 

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Jason Greenblatt et Mahmoud Abbas

 

Officiellement, il ne s’agissait que d’une prise de contact, mais à l’aune des déclarations des uns et des autres, augmentées par les commentaires du Consulat US de Jérusalem, on s’est rapidement rendu compte qu’il y avait anguille sous roche, et que l’on assistait en fait à une réunion préparatoire en vue d’une grande offensive diplomatique.

 

Ainsi recadrée, la rencontre avait pour but, pour les Américains, d’obtenir un recentrage dénué d’ambiguïté de la part d’Abbas, par lequel il a pris l’engagement de combattre la 3ème Intifada larvée, menée par des Palestiniens contre des Israéliens. C’est ainsi que le président de l’AP a assuré son interlocuteur de "sa garantie de combattre la violence, le terrorisme, ainsi que de mettre fin à tout ce qui ressemble à de l’incitation" (au désordre, au crime et à la haine).

 

Abbas a ainsi rempli l’une des préconditions fixées par Washington et Jérusalem à la reprise du dialogue. Le petit Raïs répondait à l’annonce faite par Greenblatt, qui affirma que "Donald Trump était engagé à parvenir à une paix durable par des négociations directes, et qu’il accordait une importance majeure à ce que toutes les parties œuvrent désormais à la désescalade des tensions".

 

Le No.1 palestinien a renchéri – quel changement d’orientation et de ton ! – en jurant qu’il était entièrement engagé à créer une atmosphère appropriée pour parvenir à la paix – une autre requête israélienne – et à le faire savoir au public israélien. A deux doigts de l’euphorie, Abbas déclarait : "Sous le leadership de Trump, un accord de paix historique est possible". Comparé aux communiqués hargneux des derniers mois, si l’on n’en savait pas un peu plus sur les raisons profondes de ce revirement, on pourrait croire à de la sorcellerie.

 

Greenblatt et Abbas reprenaient finalement cette envolée d’espoir à l’unisson, parlant d’un "engagement commun à avancer vers une paix vraie et durable entre Israéliens et Palestiniens".

 

Côté conseillers palestiniens, on espère un engagement israélien pour mettre fin au conflit et parvenir à un accord. Lequel devrait uniquement retenir la solution des deux Etats, basée sur les frontières de 1967. Voici énoncée la position de départ de l’AP, que l’on peut juger raisonnable après les promesses faites par Barack Obama, François Hollande, et les résolutions du Conseil de Sécurité. A la fin d’une négociation sérieuse, on pourrait sans doute aboutir au maintien des trois régions de peuplement israéliennes, avec de minimes échanges de territoires, mais ne le répétez pas !

 

Car l’emplacement de la frontière entre Israël et l’Etat palestinien n’est pas ce qui importe le plus ; l’essentiel, et l’administration Trump l’a visiblement compris, est que l’on n’a aucune chance d’instaurer la paix dans l’atmosphère pourrie qui prévaut entre les voisins. Au mieux, on aboutirait dans ces conditions à un armistice, et ce n’est pas ce dont la région et ceux qui y vivent ont besoin.

 

L’idée de Trump est de ramener les Palestiniens à leur dimension réelle, avec les exigences sensées qu’ils peuvent formuler. La Palestine, ce n’est pas la Chine, ni l’Egypte, ni l’Italie, ni même la Norvège. C’est un pays qui n’a jamais existé et qui, s’il voit le jour, le devra, non pas aux autres Etats arabes, mais à l’Amérique et à Israël.

 

Dans le même registre, Washington va également restreindre les ambitions de Jérusalem : Israël est un Etat petit à moyen sur l’échelle du monde, qui compte surtout par son niveau technologique et militaire. Mais ce n’est pas la Russie, à laquelle personne n’ose sérieusement demander de se retirer de la Crimée occupée.

 

Ce que veut Trump est organiser au plus vite un front uni sunnites-Israël pour contrer la progression des Iraniens en Irak, en Syrie et au Liban. D’où le slogan fort à ce propos de Netanyahu : "Ne pas remplacer DAESH par Téhéran". Un message porteur s’il en est, qui fédère sans problème Riyad, le Caire, les Emirats du Golfe, la Jordanie, etc.

 

C’est pour cela que Washington prépare la tenue d’une réunion à Amman entre ces nouveaux alliés. Non pas pour résoudre le problème palestinien, mais pour se doter d’une organisation à la mesure du danger, et demander aux Palestiniens et aux Israéliens de se dépêcher de se mettre d’accord ; de faire en sorte que la Palestine devienne un petit Etat sunnite "modéré", le terme a plusieurs fois été utilisé hier à Ramallah.

 

Si la direction de l’AP refuse d’être raisonnable, elle perdra ses soutiens arabes qui ont déjà fortement diminué, perdra l’appui de Trump et se trouvera isolée face à l’extrême-droite israélienne. Pire que ça, cela jetterait du sable dans les engrenages de la coalition militaire anti-Iran, ce qui fâcherait Riyad.

 

C’est en signe de bonne volonté que Donald Trump a approuvé la fourniture d’armes aux Saoudiens pour un contrat de 390 millions de dollars, que Barack Obama avait bloqué mais qui sera suivi de beaucoup d’autres. Même si l’Amérique est de moins en moins tributaire du pétrole arabe, elle veut les Arabes de son côté et entend réparer les infidélités que leur avait faites le pensionnaire précédent de la White House. Pour y parvenir, Trump a convié cette semaine à Washington le ministre saoudien de la Défense et le Prince Mohammad Bin Salam avec un agenda chargé. On y parlera de tout, l’Iran, la Palestine et l’aide accrue que les USA pourraient fournir à la coalition arabe au Yémen.

 

Donald Trump veut également s’assurer de la présence du Roi Salmane al Saoud et des émirs à Amman. C’est du lourd, car au lendemain de cette rencontre, ils ne pourront plus dire qu’ils ne reconnaissent pas Israël et qu’ils ne sont pas "en affaires" avec lui.

 

C’est pour les encourager que le président milliardaire multiplie les déclarations concernant son intention de résoudre le problème palestinien, genre : "J’envisage un accord global qui mettra un terme au conflit israélo-palestinien", ou "Ma conviction personnelle est que la paix est possible et que le temps est venu de parvenir à un accord !", et, "Mon désir est de réaliser l’accord le plus difficile de tous".

 

Plus il multiplie les formules de ce type, plus Trump pourra persuader les grands Etats sunnites de la mise en route d’un processus irréversible. Surtout s’il retarde le transfert annoncé de son ambassade à Jérusalem. 

 

Il est certain que l’extrême droite israélienne, les Edennistes et leurs partisans sont terriblement irrités par la médiation en cours de Jason Greenblatt. Mais Binyamin Netanyahu se montre très prudent afin de ne pas irriter son grand ami, dont il a si longtemps et si ardemment souhaité le succès. C’est à peine si le 1er ministre hébreu a chuchoté à l’oreille de l’émissaire yankee, dimanche dernier, qu’il entendait construire une nouvelle implantation pour y loger les évacués d’Amona.

 

Pour le moment, à la demande expresse de l’ami Trump, les travaux dans les implantations sont à l’arrêt, et le vote concernant l’annexion de Maâlé Adoumim à la Knesset a été à nouveau reporté. On est loin du rêve des Edennistes qui pensaient, sous le nouveau président, pouvoir annexer les zones C de Cisjordanie, puis la Cisjordanie toute entière.

 

C’était une chose, pour Netanyahu, de s’opposer à Obama, un adversaire déclaré avec lequel on n’avait plus grand-chose à perdre ; c’en est une autre de refuser la demande d’un ami, avec lequel on travaille sans filet. Car à l’époque Obama, le chef du gouvernement hébreu pouvait compter en Amérique sur l’appui du lobby pro-israélien, du Congrès à majorité Républicaine, et sur plusieurs soutiens inflexibles chez les Démocrates, mais maintenant, s’il se fâche avec Trump, Netanyahu sera seul. Cela explique sa circonspection.

 

Durant les derniers mois, le Premier ministre avait ignoré notre existence ; toute coopération avec Ramallah se bornait au domaine sécuritaire. Maintenant qu’Abbas sera reçu à Washington, cette approche ne sera plus possible. Elle découlait de la faiblesse endémique de la droite israélienne : son absence de projet de cohabitation avec les Palestiniens. Au Likoud, cela relevait d’une erreur politique, à Israël Beyténou et plus à droite, on faisait clairement confiance au ciel pour qu’il résolve ce problème.

 

L’encouragement, à la Maison Blanche et dans les capitales sunnites, provient de la personnalité de Binyamin Netanyahu : ce n’est pas un idéologue mais un politicien. Il ne préfère pas les Edennistes au Travaillistes, c’est juste à qui lui fournira la base coalitionnaire la plus large et la plus stable pour se maintenir au pouvoir. On l’a vu après la réunion d’Akaba, lorsque les Saoudiens et les autres Arabes lui ont discrètement proposé de négocier sur la base du "projet saoudien". Le Premier ministre n’avait pas refusé, il a, au contraire, tenté de s’allier aux Travaillistes pour faire avancer les choses. Netanyahu a d’ailleurs plus d’amis potentiels à Yesh Atid (Lapid, centre-droit) et auprès des Travaillistes (centre-gauche), que chez Bennett ou Lieberman, et même que dans son propre parti où il n’est pas en odeur de sainteté.

 

Avec l’arrivée de Donald Trump aux affaires, l’offre arabe reste identique, mais elle pourrait être aménagée et garantie par les Etats-Unis. Ce serait alléchant pour Bibi, qui pourrait être tenté par un coup à la Ariel Sharon : quitter le Likoud alors qu’il est Premier ministre et créer un nouveau parti pour réaliser sa politique, en criant "Qui m’aime me suive !".


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A quoi sert la campagne visant à faire passer Trump pour un agent de Moscou ? (info # 011203/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 12 mars 2017

 

Par Guy Millière

 

Depuis des semaines, des rumeurs sont savamment distillées visant à faire passer Donald Trump pour un agent de Moscou et un allié sournois de Vladimir Poutine. Ces rumeurs n’ont pas le moindre milligramme de fondement, mais, comme toutes les rumeurs savamment distillées, elles courent néanmoins.

 

Des journalistes sans scrupules ni honneur s’en font les colporteurs aux Etats-Unis. Ce sont, ce qui n’est pas un hasard, ceux qui faisaient campagne avec ardeur pour Hillary Clinton et qui, en 2008 et 2012, avaient soutenu Barack Obama.

 

Des journalistes français et européens qui ont moins de scrupules et moins d’honneur encore, puisqu’ils se contentent de recopier de manière acéphale ce que les journalistes américains sans scrupules ni honneur colportent, agissent comme une chambre d’écho. Toute forme de contact d’un membre de l’administration Trump avec un diplomate russe, même si c’est une simple salutation échangée quelques secondes dans un couloir, se trouve entachée de suspicion. Des allégations grotesques font l’objet d’articles de plusieurs pages. Des propos inexistants sont cités comme émanant de "sources sûres", bien évidemment toujours anonymes.

 

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Obama et Soros, les cerveaux de la campagne

 

L’objectif de toute l’opération, car il s’agit d’une opération, consiste à déstabiliser Donald Trump et mettre en place les conditions d’un coup d’Etat rampant. Ces "conjurés" voudraient obtenir par des moyens dignes de ceux employés dans les régimes totalitaires ce qu’ils n’ont pas réussi à remporter par le suffrage universel.

 

En attendant le succès éventuel du coup d’Etat, leur mode opératoire vise, dans l’immédiat, à empêcher Donald Trump d’agir, et, si possible, de faire chuter des membres-clés de son administration.

 

Comme toute opération de ce genre, celle-ci compte des concepteurs et des finalités. Et s’il n’est pas difficile de discerner qui sont les chefs comploteurs - les noms de George Soros, qui a investi des dizaines de millions de dollars dans ce qui se passe, et de Barack Obama, qui a mis en place une structure d’agitation-propagande exploitant les moyens financiers de Soros, sont sur toutes les lèvres. Reste qu’au-delà des finalités premières, que l’on peut résumer par le retour au pouvoir à tout prix du parti Démocrate, les objectifs plus vastes sont trop souvent laissées de côté par les commentateurs.

 

Ces finalités sont pourtant flagrantes : sur le plan domestique américain, Soros et Obama (et tous ceux qui travaillent pour eux et avec eux) entendent préserver les "acquis" des années Obama ; il s’agit d’abord de l’économie pervertie par le capitalisme d’accointances (crony capitalism), dans le cadre duquel le gouvernement peut désigner les firmes qui seront favorisées (qui recevront des contrats du gouvernement et des subventions, et qui sont censées financer en retour les campagnes électorales à venir du parti Démocrate) ainsi que les entreprises qui seront éliminées.

 

Ensuite, l’enjeu consiste à conserver les bénéfices de la transformation d’une partie de la population, qui a abouti à la création d’une classe hypertrophique d’assistés permanents dépendants du gouvernement, et ceux obtenus par la régularisation du statut d’immigrants clandestins venus grossir cette classe.

 

Dans le domaine extérieur, leurs intentions sont plus préoccupantes encore. Soros et Obama veulent terminer d’imposer le monde "post-occidental" qui a commencé à prendre forme sous Obama, et qui est censé reposer sur un axe de régimes autoritaires dont les têtes de pont sont Pékin, Moscou et Téhéran.

 

Pour que cet axe dure, il faut éviter toute remise en cause de l’accord passé avec l’Iran en juillet 2015 par John Kerry, au nom d’Obama, et il faut éviter le renforcement de l’OTAN en Europe. Pour que cet axe se consolide, il est nécessaire de faire échouer toute tentative d’endiguement de l’Iran au Proche-Orient, de la Chine en Asie, et toute velléité d’affronter efficacement l’islam radical, dès lors que celui-ci est un moyen de déstabilisation des pays occidentaux très utile pour l’axe en question.

 

Il faut éviter en somme que Donald Trump puisse mettre en œuvre sa politique étrangère, car, pour peu qu’on pose sur celle-ci un regard non obscurci par la désinformation ambiante, on distingue que c’est en fait à l’ensemble des objectifs que s’est fixé Donald Trump en matière de politique étrangère que les comploteurs s’attaquent.

 

Le maitre d’œuvre et le stratège de la politique étrangère de Donald Trump était le Général Michael Flynn, qui avait énoncé l’ensemble des objectifs susdits dans un livre publié voici quelques mois, "The Field of Fight: How to Win the Global War Against Radical Islam and Its Allies" (Le champ de bataille : comment gagner la guerre globale contre l’islam radical et ses alliés). Donald Trump s’est séparé de Michael Flynn en pensant arrêter l’opération de déstabilisation en cours. Il n’a, en fait, rien arrêté du tout.

 

Sebastian Gorka a assisté Michael Flynn et est toujours à l’œuvre en qualité de conseiller spécial du président en matière de terrorisme islamique. Il est lui-même l’auteur d’un livre intitulé Defeating Jihad: The Winnable War [Vaincre le Djihad : la guerre que l’on peut gagner]. Il fait lui aussi l’objet d’une campagne visant à le faire passer pour un agent trouble, dans le but de priver l’équipe présidentielle de ses lumières.

 

Quant à Jeff Sessions, qui suit des orientations très claires et compte restructurer la justice dans des directions bien précises, il s’est trouvé placé au cœur de la cible des conjurés sur la base d’accusations sans fondements.

 

Jared Kushner, que Donald Trump entend charger du dossier du Proche-Orient, est le prochain sur leur liste, et il se dit qu’il a croisé l’ambassadeur de Russie dans le hall de la Trump Tower (cela en fait sans doute un transfuge et un traitre !).

 

Les conséquences de cette offensive font qu’un ensemble de décisions majeures sont en suspens. Le renforcement de l’OTAN qui semblait s’amorcer est au point mort, la coalition destinée à endiguer l’Iran (et à renforcer la position régionale d’Israël) est au point mort elle aussi, tout comme le renforcement militaire du Japon et les pressions exercées sur la Chine aux fins qu’elle raisonne la Corée du Nord.

 

Les négociations prévues avec Vladimir Poutine, dont l’objectif était de dissocier la Russie de l’Iran sont, pour l’heure, inenvisageables, ce qui permet à Téhéran de renforcer ses positions en Syrie. L’Etat Islamique recule en Irak, au profit de l’Iran qui instrumentalise le régime en place à Bagdad ; cela a en outre pour effet de relocaliser des factions de l’Etat Islamique, qui se renforce ailleurs, entre autres dans le Sinaï.

 

Donald Trump semble avoir pris la mesure du danger et décidé de contre-attaquer en dévoilant des actions litigieuses commises par Barack Obama durant sa présidence, ce qui suscite d’immenses remous à Washington. Il est à souhaiter que la contre-offensive réussisse, car ce n’est pas uniquement l’avenir des Etats-Unis qui est en jeu, mais également celui du monde.

 

Il n’est pas du tout certain que les dirigeants européens analysent correctement ce dont traite cet article. Ce qui n’est pas le cas des dirigeants d’Israël, qui décodent correctement la situation. Binyamin Netanyahu vient de se rendre à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine et lui demander de ne pas permettre à l’Iran et au Hezbollah de s’installer dans le sud de la Syrie, à proximité du Golan, et pour éviter le pire dans un contexte où Donald Trump ne peut guère agir pour le moment.


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Le gouvernement Netanyahu alloue 288 millions d’Euros aux yeshivas (info # 010603/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 06 mars 2017

 

Par Ilan Tsadik

 

Chaque année la population de Juifs orthodoxes en Israël, déjà forte de 800 000 âmes, augmente d’environ 4% en raison de son fort taux de natalité. On parle ici des Israélites observant à la lettre les principes de la Halakha, la loi juive interprétée par les rabbins et découlant à la fois de la Torah écrite et orale. Les autres composantes de la population les nomment les "ultra-orthodoxes" ou encore les "Kharédim", littéralement "ceux qui craignent" Dieu et qui sont terrifiés à l’idée de violer l’une des 613 mitzvot (commandements issus de la Torah) ; des termes rejetés par les intéressés, qui les considèrent péjoratifs. Selon eux, ils sont tout simplement les Juifs.

 

Les orthodoxes représentent 10% de la population d’Israël, alors que les autres Juifs, y compris d’autres groupes de religieux, atteignent 5.5 millions, soit un peu plus de 65 pour cent des habitants du pays.

 

Or en 2015-2016, la part des hommes orthodoxes qui travaillaient, selon les statistiques de l’Etat, ne dépassait pas les 51-52%, les autres se consacrant exclusivement à l’étude de la Torah. Ce qui explique qu’il y a plus de femmes orthodoxes ayant un emploi que d’hommes, soit environ 73% d’entre elles (contre 80% des autres Israéliennes).

 

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Les Juifs orthodoxes vont fièrement aller en prison

plutôt que rejoindre l’Armée sioniste

 

On imagine les efforts que la société doit concéder pour permettre à cette communauté de vivre sans produire de richesses ni participer à la défense d’un pays en guerre. Or cette contribution a encore augmenté dimanche dernier, lorsque le gouvernement hébreu a décidé d’accroitre de 50 millions de shekels (13 millions d’euros) le budget alloué aux yeshivas – les centres d’étude de la Torah et du Talmud -, le portant à 1 224 milliards de shekels, soit 288 millions d’Euros.

 

C’est la somme record atteinte par ce budget de tous temps, et le troisième record de ce type à tomber depuis 2015, année du retour des partis orthodoxes, Yahadout ha-Torah (le judaïsme unifié de la Torah) pour les ashkénazes, et Shas, pour les séfarades.

 

Yahadout ha-Torah détient six sièges sur les 120 que compte la Knesset, le parlement israélien, et Shas sept. A eux deux ils constituent le balancier entre la majorité et l’opposition, séparés par sept sièges d’écart.

 

Pour le représentant de Yahadout ha-Torah que j’ai interpelé, cet accroissement budgétaire n’a rien d’étonnant, puisqu’il est dicté par les conditions du pacte de gouvernement de la coalition actuelle.

 

Certes. Mais les choses ne sont pas si simples, ne serait-ce que sur le plan comptable ; à savoir que, durant les années où les partis orthodoxes ne participaient pas à la coalition et où Yaïr Lapid était ministre des finances, par exemple en 2013, le nombre des élèves des yeshivas, récipiendaires de subventions revues à la baisse, avait reculé de 8%.

 

Depuis 2015, tous les avantages pécuniaires octroyés aux yeshivas et aux orthodoxes que Lapid avait réduits ont été restaurés. Et le taux d’hommes mariés qui fréquentent les écoles religieuses à temps complet a grimpé de 15 pour cent en deux ans, soit deux fois l’augmentation naturelle du nombre d’orthodoxes.

 

Les appuis financiers distribués par l’Etat aux "kharedim" dans le besoin, en plus des aides sociales versées aux autres Israéliens dans le même cas, ont également augmenté, ainsi que ceux versés aux élèves à plein temps des yeshivas de tous les âges.

 

D’autres contraintes qui les concernaient ont été levées, comme celle de rechercher un emploi pour avoir droit à des assistances supplémentaires.

 

Résultat de ces mesures, il n’est plus intéressant pour les orthodoxes de travailler, et la proportion de ceux qui ont un emploi stagne depuis leur retour au gouvernement. A noter toutefois que les deux partis politiques qui les représentent continuent de les encourager à trouver un job, et qu’ils envisagent d’installer des versions adaptées de Pôle-emploi, à Jérusalem et dans les autres villes et quartiers dans lesquels ils sont présents en nombre.

 

Tous les députés de Shas et de Yahadout ha-Torah ne partagent toutefois pas cette préoccupation, à l’instar du député Moshé Gafni, qui relève la problématique attenante à l’emploi des femmes. Il est clair que peu d’orthodoxes sont foncièrement dérangés par le fait qu’ils vivent aux dépens de leurs compatriotes. Et d’ailleurs, le mot compatriote n’a pas chez eux l’acception qu’elle revêt généralement. Ainsi, lorsqu’il prit la décision de participer à une coalition gouvernementale, le parti du Judaïsme unifié de la Torah ne manqua pas de faire savoir que l’importance de "la survie des yeshivas surpassait celle de l’Etat d’Israël".

 

Les orthodoxes, à l’exception d’une partie ultra-minoritaire qui a embrassé la modernité, se caractérise par un rejet absolu de la culture laïque postmoderne. Les partisans de l’orthodoxie ont au contraire fusionné afin de faire montre de leur opposition à l'émancipation, l'illumination, et au mouvement "Haskalah" (l’éducation), dérivé de l'illumination. Ils repoussent l'acculturation, la sécularisation, la réforme religieuse sous toutes ses formes, des légères aux extrêmes, ainsi que l’émergence du mouvement national juif, qui a abouti à la création d’Israël.

 

Ils sont d’avis que la ségrégation de la société moderne est nécessaire pour maintenir une adhésion inébranlable à la fois à la loi juive et à leurs coutumes.

 

La seule source de pouvoir pleinement légitime à leurs yeux est le rabbin de la congrégation à laquelle ils appartiennent. Ils croient aussi que le fait d’échanger leur soutien à un gouvernement contre de l’argent procède d’un principe acceptable ne heurtant pas leur morale. Et nous devons à la vérité de dire qu’ils ne se sont pas imposés à cette coalition, ni à toutes celles qui l’ont précédée et auxquelles ils ont participé. Notamment celles dirigées par les travaillistes, desquels ils furent les plus fidèles alliés politiques des décennies durant.

 

Non seulement ils ne font pas l’armée, à quelques centaines d’exceptions près, mais ils harcèlent les jeunes qui se sont engagés, jusqu’à utiliser des méthodes violentes à leur encontre. Ils n’hésitent pas non plus à se mesurer à la police ou à Tsahal lorsqu’un rabbin l’a ordonné ; comme ce fut le cas lors de l’évacuation de l’implantation d’Amona, lorsqu’ils blessèrent des dizaines de Gardes-Frontières. Sur les murs de la synagogue d’Amona, l’on retrouva des graffitis comparant les gardiens d’Israël aux soldats nazis, de même que l’écusson de la Police israélienne, sur lequel le cœur de l’emblème avait été remplacé par une croix gammée.

 

Un grand nombre d’Israéliens n’accepte pas que l’on finance ainsi des ennemis auto-déclarés de l’Etat. Dans la majorité des yeshivas, ils ont exclu les fondateurs du sionisme, dont Théodore Herzl, Ze’ev Jabotinsky – le père du courant révisionniste, dont se réclame le Likoud, précision que je destine à ceux qui ne connaissent que leur propre prénom et le mot gauchistes -, de même que David Ben Gourion.

 

A part ne pas enseigner l’histoire et la géographie, on n’y inculque pas non plus les mathématiques et les langues étrangères. A quoi bon ?

 

La réaction d’Uri Regev, le directeur de l'organisation Hiddush - Pour la liberté religieuse et l'égalité -, condense bien le ras-le-bol ambiant et la coupe qui déborde. Il a fustigé la décision de dimanche, par laquelle on a  encore une fois augmenté le financement des yeshivas.

 

Et Regev ne s’est pas trompé de cible en stigmatisant non pas les orthodoxes mais "le gouvernement (qui) approuve sans hésitation le financement accru des yeshivas, tout en réduisant le financement pour les pompiers et les services de secours, pour les soldats démobilisés, les collectivités locales, de même que les subventions au logement".

 

Avant d’ajouter : "Il est clair que ce n'est pas un gouvernement qui représente le peuple, mais un gouvernement qui achète les voix des ultra-orthodoxes afin de rester au pouvoir. Voilà ce que tous les gouvernements israéliens ont fait, et le temps est venu de dire Non ! Il faut arrêter le vol de l'argent public par les politiciens cyniques".

 

 
La France et l’antisémitisme musulman (info # 010603/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 05 mars 2017

 

Par Guy Millière

 

La grave agression dont ont été victimes voici peu deux jeunes Juifs à Bondy en Seine Saint-Denis est venue rappeler que l’antisémitisme reste virulent en France, et peut expliquer pourquoi tant de Juifs quittent la France, année après année.

 

La France est devenue, comme d’autres pays d’Europe, un pays dangereux pour les Juifs. Et les Juifs y sont victimes d’un antisémitisme qui n’est quasiment pas combattu et qui continue à monter dans l’atmosphère, l’antisémitisme musulman.

 

A la différence de l’antisémitisme d’extrême droite, qui n’a pas disparu mais qui est largement dénoncé, l’antisémitisme musulman est tabou : nul n’ignore son existence, mais nul n’ose en parler, pas même les organisations censées lutter contre l’antisémitisme, à l’exception notable du BNVCA.  

 

L’antisémitisme musulman peut d’autant plus aisément continuer à gagner du terrain que, outre le fait qu’il n’est pas combattu, il dispose d’un grand nombre de compagnons de route : ceux qui se cachent derrière le masque de l’”antisionisme” et des critiques perfides et biaisées d’Israël. Plus globalement, cet antisémitisme remembre les divers adeptes de la cause “palestinienne”, qu’ils soient gauchistes ou qu’ils appartiennent à des franges en apparence plus “modérées” ; celles qui se déclarent hostiles au terrorisme islamique, mais font une exception lorsque le terrorisme islamique est “palestinien” et tue des Juifs israéliens.

 

L’antisémitisme musulman est tellement présent dans l’atmosphère en France que des antisémites musulmans peuvent être présentés comme des jeunes gens très sympathiques et très humanistes, jusqu’au moment où on découvre réellement qui ils sont. Et même en ce cas, certains leur trouvent des circonstances atténuantes ou acceptent des explications approximatives et enlisées dans le mensonge.

 

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No comment needed

 

L’un des antisémites musulmans correspondant à ce que je viens de décrire est le dénommé Mehdi Meklat, un blogueur de banlieue qui a connu une ascension fulgurante parmi les gens de la gauche française “bienpensante”. Il s’est trouvé présenté comme un “écrivain remarquable et ouvert” tant que nul n’avait lu les messages répugnants contre les Juifs, contre les femmes, contre les homosexuels, qu’il rédigeait en parallèle sur twitter et d’autres réseaux sociaux.

 

Un autre de ces antisémites musulmans est Houda Benyamina, cinéaste, César du meilleur premier film, encensée par toute la critique, décrite comme “admirable”, “inventive”, mais qui partage sur Facebook des dessins parus dans la presse du monde arabe où on recycle les thématiques de Je suis partout et du Stürmer [le "frappant"], de Julius Streicher, au temps d’Adolf Hitler.

 

Dois-je le dire ? Je crains fort que l’antisémitisme musulman s’installe à demeure dans l’atmosphère française parce que la gauche française “bienpensante” l’excuse, l’exonère, et parfois le partage. Parce que la droite française n’ose pas le condamner explicitement et nommément, et parce que les grands media français font comme s’il n’existait pas et comme si des cas tels ceux de Mehdi Meklat et de Houda Benyamina étaient marginaux, alors qu’ils ne le sont pas du tout. J’en parle par expérience, car avant de quitter la France, j’ai vécu dans des lieux où des gens “pensant” comme Mehdi Meklat et Houda Benyamina abondaient.

 

Quand Georges Bensoussan a cité les propos d’un sociologue algérien Smaïn Laacher, parlant de la transmission de l’antisémitisme de père en fils et de mère en fille dans les familles musulmanes, il avait raison, et Smaïn Laacher avait raison aussi. Georges Bensoussan a été assigné en justice pour avoir dit la vérité, ce qui est absolument honteux, mais significatif de l’état de la France aujourd’hui.

 

Les candidats de la gauche à la prochaine élection présidentielle, Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon, jureront la main sur le cœur qu’ils ne sont pas antisémites, mais leurs prises de positions face à Israël et à la cause “palestinienne” montrent qu’ils sont hypocrites. Ce, car il n’est vraiment pas très difficile de voir que la propagande disséminée par l’Autorité Palestinienne, qu’ils soutiennent, est antisémite et incite à la haine des Juifs. Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon, en soutenant l’Autorité Palestinienne, sont pour le moins complices d’antisémites, et donc coupables d’antisémitisme.

 

Emmanuel Macron est un candidat à géométrie variable selon l’auditoire, donc il peut être antisémite et philosémite selon qui l’écoute et selon le sens du vent, mais cela signifie qu’il peut être aussi antisémite que Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon lorsqu’il s’agit pour lui de racoler les électeurs de ces derniers.

 

Marine Le Pen dirige un parti dont les pires antisémites ont été éliminés mais où il reste des antisémites, où on ne parle strictement jamais d’antisémitisme musulman, et où on peut soutenir des décisions essentiellement antisémites telles le vote de la résolution 2334 des Nations Unis, adoptée le 23 décembre dernier, avec l’assentiment du gouvernement socialiste français.

 

François Fillon pourrait apparaitre comme le moins antisémite des candidats, et comme le plus à même de combattre l’antisémitisme musulman, mais nombre de propos qu’il a tenus sur la communauté juive et sur Israël montrent que ses idées sont loin d’être claires sur ce plan, et que tout en prétendant vouloir combattre l’islamisme, il ne parlera pas de l’antisémitisme musulman. S’il devait être remplacé par Alain Juppé au pied levé, ce ne serait pas mieux, au vu des liens qu’entretient Alain Juppé avec des organisations islamiques.

 

Pas un seul jour ne passe sans que les grands media français, qui font comme si l’antisémitisme musulman n’existait pas, ne fassent allégeance à celui-ci par le biais d’un reportage hideux et mensonger sur Israël ou les “Palestiniens”. 

 

L’explication à tout cela est simple : tout politicien, pour être élu en France à une position importante, ne peut se passer désormais de l’électorat musulman, et les tendances démographiques montrent que cela va devenir de pire en pire dans les années à venir (un article d’Yves Mamou pour le Gatestone Institute, un centre de recherche basé à New York dont je suis membre est édifiant sur ce point, et dit ce qui ne se dit pas en France.

 

Ladite France, depuis la mise en œuvre de la sinistre “politique arabe de la France”, a pris certaines orientations et en est désormais prisonnière. Les grands media français discernent dans quel sens souffle le vent, et n’ont aucun mal à sentir qu’il souffle plutôt en direction de la oumma, et pas en direction des Juifs de diaspora.

 

Quel que soit le président qui sera élu dans deux mois en remplacement de François Hollande, il sera complice, compagnon de route, ou idiot utile de l’antisémitisme musulman, à l’instar des grands media français.


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France : chaos politique (info # 012702/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 27 février 2017

 

Par Amram Castellion

 

Depuis l’instauration de l’élection du Président de la République au suffrage universel en 1965, celle-ci est le moment central de la vie démocratique française.

 

Les grands partis politiques sont entièrement organisés pour la préparation de ce scrutin. Pendant cinq ans, ils essaient de multiplier leurs victoires aux élections locales, afin d’étendre leur influence et leurs moyens de financement. Puis, tous les cinq ans, ils se concentrent entièrement sur la préparation du suffrage.

 

Pour cela, ils mettent en avant le meilleur candidat qu’ils puissent trouver. Un candidat qui a le soutien des militants, mais qui peut aussi séduire au-delà de la base du parti. Un candidat que son caractère et son expérience rendent crédible pour représenter la France face aux dirigeants du monde et pour tracer les grandes directions de l’avenir du pays.

 

Lors du premier tour de l’élection, les candidats les moins sérieux sont éliminés. Puis, lors du deuxième tour, les chefs de deux grands partis s’affrontent en apportant leurs propositions respectives aux principaux enjeux que le pays doit confronter. Celui qui gagne exerce le pouvoir suprême pendant cinq ans. Il bénéficie, en principe, d’une Assemblée nationale de sa couleur politique ; il dicte au gouvernement les priorités de son action ; il nomme les personnes de son choix aux principaux emplois de l’Etat ; il exerce une influence réelle, même si elle n’est pas complète, sur la ligne éditoriale des principaux organes de presse.

 

Telle est, du moins, la manière dont se sont déroulées les élections présidentielles de 1965 à 2012. Mais pour les élections de 2017, qui seront décidées dans dix semaines à peine, tout sera massivement différent.

 

Pour la première fois dans l’histoire de la Cinquième République, la désignation des candidats s’est faite après l’éviction furieuse, par les électeurs, de presque tous les représentants de la classe politique traditionnelle. Les candidats qui semblaient les plus crédibles il y a quelques mois – François Hollande, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Manuel Valls, François Bayrou... - ont tous dû renoncer à se présenter. Ce coup de balai ne peut signifier qu’une chose : les électeurs ne font plus aucune confiance à leur classe politique.

 

Pour la première fois aussi l’une des principales écoles de pensée politique française, ce qu’on appelle la gauche, n’aura pas de candidat sérieux. Les primaires de la gauche, le 29 janvier dernier, ont écarté l’ancien Premier ministre Manuel Valls, qui tentait, selon une recette constante depuis François Mitterrand, d’unifier derrière sa candidature deux visions du monde profondément incompatibles :

 

D’une part, des partisans d’une redistribution accrue des richesses, de statuts sociaux toujours plus protecteurs et de l’ouverture inconditionnelle aux minorités culturelles (principalement l’islam). Cette école de la gauche radicale cherche principalement les effets d’annonce et la satisfaction émotionnelle des réformes, sans se soucier de leurs possibles effets pervers sur l’ensemble de la société ;

 

Et, d’autre part, des partisans de la gauche qui comprennent parfaitement que trop de dépenses mène à la faillite, trop de réglementation à la fuite des talents, et trop de tolérance à l’affrontement violent entre communautés. Cette école de la gauche gestionnaire partage les mêmes valeurs ultimes que la gauche radicale, mais est prête à prendre des mesures qui semblent aller en sens inverse afin de préserver ces valeurs à long terme.

 

Lors des primaires du 29 janvier, la majorité des militants de gauche a rejeté l’alliance entre ces deux gauches, incarnée par Manuel Valls. Ils ont désigné comme candidat Benoît Hamon, un homme politique professionnel (il n’a jamais eu d’autre activité), ancien ministre de l’Education et de la Recherche. Son programme est entièrement orienté vers la gauche radicale : droit de vote des étrangers aux élections locales, fin de l’état d’urgence qui a permis aux forces de l’ordre françaises de démanteler plusieurs complots terroristes, démantèlement de l’infrastructure nucléaire qui permet à la France de bénéficier d’un approvisionnement sûr en électricité de bon marché, attribution d’un revenu universel de 600 euros par mois, reconnaissance d’un Etat de Palestine, lutte fiscale et réglementaire contre l’innovation technologique…

 

Avec ce programme, le candidat de gauche a renoncé de lui-même à toute chance d’être élu en mai prochain. Son seul objectif est d’éviter d’être dépassé par les candidats de la gauche révolutionnaire qui sont une constante de la vie politique française et y apportent le charme suranné de leurs vieilleries idéologiques (cette année, c’est un certain Mélenchon qui joue ce rôle). Benoît Hamon, par ce choix tactique, laisse la totalité de l’électorat de la gauche gestionnaire sans aucun candidat auquel elle puisse s’identifier.

 

Par comparaison, la droite française est plus conforme au modèle traditionnel de la République. Elle a un parti dominant, les Républicains ; un candidat crédible, l’ancien Premier ministre François Fillon, dernier survivant de la classe politique traditionnelle. Elle est aussi largement favorite, grâce à son implantation dans l’ensemble du territoire, pour gagner les élections législatives qui suivront en juin prochain les présidentielles. S’il est élu, Fillon, et lui seul, s’inscrirait dans le modèle traditionnel des présidents de la Cinquième République.

 

Cependant, ses chances ont été réduites par la révélation, savamment orchestrée par la presse française, des avantages dont il a autrefois, lorsqu’il était député, fait bénéficier sa femme en l’embauchant comme attachée parlementaire – un travail dont il ne reste pas de trace probante. Ces faits ne constituent aucune illégalité (les allocations versées aux députés étaient, jusqu’en 2012, pleinement propriété de l’élu qui pouvait en faire ce qu’il voulait), mais ils ont nui à sa popularité. Fillon reste dans le trio de ceux dont l’élection est possible, mais il ne peut plus être considéré comme le grand favori qu’il était avant ces révélations.

 

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L’un de ces trois candidats sera président dans trois mois. Ne cachez pas trop votre joie

 

Présente aussi dans le trio des éligibles, même si ses chances semblent très limitées, la candidate du Front National, Marine Le Pen, serait une présidente très différente du modèle institutionnel classique. Une majorité de 60 à 65% des Français lui est très défavorable. Son élection, peu probable, ne pourrait intervenir que par un concours de circonstances – forte abstention, menaces sécuritaires – qui la ferait apparaître comme un moindre mal, sans pour autant la rendre populaire. Son parti n’a ni l’infrastructure, ni les compétences nécessaires pour remporter les législatives. Il s’est rendu populaire par ses positions contre la délinquance et l’immigration et par des propositions sociales pour les ménages modestes (retraite à 60 ans, baisse des prix de l’électricité) ; mais ses compétences économiques et sa capacité à gérer sont aussi inexistantes que celles de la gauche radicale. Une Présidente Le Pen devrait donc composer avec une majorité d’inspiration différente. Elle devrait laisser le Premier ministre gouverner et se contenter des luttes d’influence que lui donnerait son pouvoir de nomination et les privilèges de sa fonction.

 

Encore plus originale est l’émergence d’un troisième candidat crédible : l’ancien conseiller de François Hollande et ancien ministre de l’Economie, Emmanuel Macron. Contrairement à Le Pen, il est techniquement compétent. Mais comme elle, il ne dispose pas d’un parti capable de gagner les élections législatives et devrait composer, s’il gagnait, avec une majorité qui a son propre programme.

 

Surtout, Macron représente une nouveauté radicale dans l’histoire de la Cinquième République : un candidat parvenu aux portes de l’Elysée sans y être porté par un réseau structuré d’élus et d’institutions représentatives.

 

L’homme n’a rigoureusement aucune légitimité politique. Il n’a jamais été élu, n’a jamais géré de collectivité locale, n’a jamais négocié avec des syndicats ou des associations professionnelles. Sa candidature est soutenue par quelques élus sans réseau national, comme le maire de Lyon Gérard Collomb, mais surtout, par un assez dense réseau patronal, en particulier dans la presse (Pierre Bergé, Patrick Drahi). Ces soutiens lui assurent un traitement plus que privilégié dans les media, qui est à l’origine de sa progression dans les sondages.

 

Le fait qu’une telle base de soutien puisse suffire à rendre crédible une candidature présidentielle est un signe inquiétant de l’effondrement des institutions représentatives françaises traditionnelles : collectivités élues, syndicats, groupes professionnels. Si Macron était élu, la fonction présidentielle – naguère encore le couronnement d’une vie passée à tisser de profonds réseaux au cœur de la société française – se transformerait en un stage de luxe au service de l’establishment.

 

Au-delà des personnalités en lice, ce qui caractérise la campagne actuelle est l’effacement presque complet des débats de politique publique, au profit d’une mise en scène aussi spectaculaire que maladroite des personnes.

 

La France a de profonds problèmes : un chômage élevé au-delà de ce qui est acceptable, une dépense publique ruineuse, l’hostilité des quartiers musulmans à la nation, la baisse régulière de la qualité de l’enseignement, l’exil massif des plus riches et des plus talentueux. Une campagne responsable consisterait à opposer plusieurs projets possibles pour remédier à ces problèmes.

 

Or, si les trois candidats ont, à des degrés divers, fait l’exercice consistant à aligner une série de propositions, seul Fillon fait de la crédibilité de son programme son principal argument de campagne.

 

Le Pen se positionne avant tout comme la candidate dont l’élection froisserait l’establishment et ne semble pas gênée par le fait que l’application littérale de son programme économique conduirait la nation à sa ruine.

 

Macron a fini par publier un programme, qui comprend quelques lacunes gigantesques : en particulier, il annonce des économies sur les dépenses publiques sans indiquer comment elles seraient réalisées. Mais il fonde, lui aussi, avant tout sa campagne sur la mise en scène de sa personne plus que de son programme. A plusieurs reprises, dans des moments dont il est difficile de savoir s’ils relevaient d’une bouffée de narcissisme délirant ou d’une simple habileté politique, il a affirmé que son élection représenterait la rencontre historique entre un homme et une nation pour un destin commun. Ce type de phénomène peut, certes, se produire, mais il concerne plutôt des hommes qui ont déjà fait la preuve de leur valeur – gagné une guerre, par exemple, ou mis fin à une crise économique. On ne voit pas bien comment une nation pourrait éprouver un sentiment fusionnel collectif avec un stagiaire qui a pris le melon.

 

Dans une telle situation, le programme de travail du prochain gouvernement a de grandes chances de résulter, non des intentions de tel ou tel candidat à la présidence, mais des tractations entre les groupes parlementaires à la recherche d’un compromis de coalition. Au moment précis où elle est confrontée au type de difficultés qui justifierait d’appliquer à la lettre l’esprit de la Cinquième République, la France s’apprête peut-être à y répondre par un retour enthousiaste à l’époque de la IVe République sur le déclin : instabilité ministérielle, compromis boiteux, pays ingouvernable, obsession des polémiques et des scandales, désintérêt profond pour la solution des problèmes de la nation. Si cette prédiction devait se réaliser, ceux d’entre nous qui le peuvent seront de plus en plus tentés d’aller essayer d’autres cieux.

 

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Les antisémites font passer la haine des Juifs avant toute autre considération Version imprimable
Analyse
dimanche, 26 février 2017

 

Par Guy Millière

 

Israël est un petit pays sur la surface de la planète : un peu plus de vingt mille kilomètres carrés, peu ou prou la dimension de l’Etat du New Jersey aux Etats-Unis. C’est aussi un petit pays par son nombre d’habitants : moins de neuf millions de personnes vivent en Israël, moins que la population de la ville de New York.

 

C’est néanmoins un pays d’une importance stratégique cruciale en termes de géopolitique mondiale, car c’est la seule démocratie réellement pluraliste au Proche-Orient, l’une des principales puissances militaires de la région, l’une des puissances technologiques et économiques majeures de ce temps, et le seul allié fiable des Etats-Unis et du monde occidental dans cette partie du monde.

 

C’est, en outre, nul ne l’ignore, la patrie du peuple juif, et quiconque sait ce que le judaïsme et les Juifs ont apporté à l’humanité et à quel degré l’antisémitisme a ravagé ladite humanité ne peut ignorer à quel point il est important que les Juifs aient à nouveau une patrie, et un pays à même de leur servir de dernier refuge.

 

Que les antisémites de toute la planète soient hostiles à Israël est logique. Qu’ils fassent passer leur haine des Juifs avant toute autre considération est logique aussi : la haine des Juifs rend ceux qu’elle imprègne aveugles et destructeurs. Que l’administration Obama ait tout fait pendant huit ans pour déstabiliser Israël et pour placer le gouvernement israélien le dos au mur ne paraitra moins logique qu’à ceux qui feindraient d’ignorer que Barack Obama est un homme d’extrême gauche, islamophile, qui a beaucoup fréquenté des antisémites et qui a peu ou prou autant de sympathie pour Israël qu’un dirigeant des Frères Musulmans. Que Donald Trump et son administration adoptent une attitude résolument inverse de celle adoptée pendant les années Obama n’a rien de surprenant, dès lors que et Donald Trump et son administration entendent replacer au centre de l’action et des positions des Etats-Unis les valeurs les plus essentielles de la civilisation occidentale, et raisonner de manière logique et éthique.

 

Qu’en ce contexte, Donald Trump et son administration soient sans cesse insultés et trainés dans la boue est répugnant, mais pas étonnant : l’administration Trump est la plus philosémite et philo-israélienne de toutes les administrations américaines depuis 1948. Quant à Donald Trump, il est sans doute le président le plus philosémite et philo-israélien à avoir jamais emménagé à la Maison Blanche.

 

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Antisémite !

 

Alan Dershowitz a écrit, il y a quelques années, qu’Israël était traité comme le Juif parmi les nations de la planète, et comme les Juifs sont traités par les antisémites depuis des siècles, ce qui était et reste tout à fait exact, hélas. J’aurais pour ma part tendance à dire que l’administration Trump est traitée comme le Juif parmi les administrations américaines, et Donald Trump comme le Juif parmi les présidents américains.

 

Des magazines d’extrême gauche et d’extrême droite aux Etats-Unis ont d’ores et déjà commencé à compter le nombre de Juifs travaillant effectivement dans l’administration Trump.

 

L’audition au Sénat américain de David Friedman, ambassadeur des Etats Unis en Israël nommé par Donald Trump, a conduit des sénateurs Démocrates de gauche à poser au futur ambassadeur des questions très insidieuses qui étaient porteuses du soupçon, si souvent énoncé par les antisémites, de double allégeance. Il lui a ainsi été demandé de manière quasi-explicite s’il était pleinement du côté des Etats-Unis et de quel côté il se situerait en cas de conflit entre Israël et les Etats-Unis. N’en étant pas à une contradiction près, des Démocrates de gauche ont aussi laissé entendre que Trump était entouré d’antisémites et pouvait être lui-même antisémite, ce qui serait ridicule et grotesque si ce n’était aussi ignoble. Comme si tout cela ne suffisait pas, et d’une manière qui ne peut que conduire à se poser des questions quant à leurs orientations, des organisations juives américaines de gauche ont pu se faire le relais de rumeurs d’antisémitisme au sein de l’administration Trump ainsi qu’en la personne du président.

 

Les sénateurs Démocrates qui ont interrogé David Friedman diront, bien sûr, qu’ils ne sont pas du tout antisémites, et ils ajouteront qu’ils se situent du côté d’Israël. Au vu de leurs propos, il n’en est pas moins légitime de s’interroger, et au vu de leurs décisions passées, il est plus légitime encore de poser la question : peut-on avoir soutenu toutes les décisions de l’administration Obama touchant Israël, dont l’accord avec l’Iran des mollahs antisémites et anti-israéliens, et prétendre sérieusement qu’on n’est pas antisémite et qu’on est du côté d’Israël ? Allons donc !

 

Ce que je viens d’écrire à propos des sénateurs Démocrates concerne également les organisations juives américaines de gauche, qui incriminent Trump et son administration et qui ont elles aussi soutenu toutes les décisions de l’administration Obama, strictement toutes.

 

Des magazines d’extrême gauche et d’extrême droite en Europe n’ont pas encore commencé à compter le nombre de Juifs dans l’administration Trump, mais cela ne saurait tarder. L’amitié de Trump envers Israël a été décrite dans la presse européenne d’une manière si méprisante qu’il était difficile de ne pas y voir en filigrane la haine anti-israélienne.

 

La famille juive de Donald Trump s’est trouvée décrite ici ou là comme on décrivait les Juifs dans une certaine presse durant les années 1930. Les accusations de double allégeance portées contre David Friedman par des sénateurs Démocrates ont trouvé un écho ici ou là, et David Friedman a été décrit abondamment comme quelqu’un d’extrême droite (les fanatiques antisémites tueurs de Juifs au Proche-Orient ne sont jamais décrits de manière infamante en Europe et jamais présentés comme d’extrême droite, même lorsqu’ils lisent et diffusent Mein Kampf).

 

Les accusations d’antisémitisme portées contre Donald Trump et son administration, aussi ridicules, grotesques et ignobles soient-elles sont très abondamment reprises partout en Europe ces derniers jours, et les organisations juives américaines de gauche qui s’en font le relai sont hélas souvent citées.

  

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Bruxelles-Metula du 24 février 2017 (012402/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 24 février 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/aHbMtHKA9Ak (Youtube)

 

Au sommaire de cette semaine :

 

1. Les réactions de la classe politique israélienne après l’annonce du verdict condamnant le soldat Lior Azaria à 18 mois de prison pour le meurtre d’un prisonnier arabe.

 

Entre populisme au rabais et séparation des pouvoirs.

 

2. Les experts libanais jugent qu’une nouvelle guerre avec Israël est inéluctable. Juffa analyse les raisons de leur conviction et donne des informations supplémentaires.

 

3. Hapoël Beer Sheva quitte la Coupe Europa avec les honneurs.

 

 
Liban-Israël : les nuages s’amoncellent à nouveau (info # 012302/17) Version imprimable
Analyse
jeudi, 23 février 2017

 

Par Michaël Béhé à Beyrouth

 

On assiste ces derniers jours à un net regain de tension entre le Liban et Israël, qui, selon plusieurs analystes stratégiques à Beyrouth, rend une prochaine confrontation armée "inéluctable". Les mêmes experts prophétisent que le pays aux cèdres subira des destructions à une échelle encore jamais atteinte, et qu’il ne se trouvera cette fois personne pour nous aider à nous relever.

 

En fait, ce qui rend cette prophétie particulièrement inquiétante est que lors des derniers conflits, c’est principalement l’Arabie Saoudite et les Emirats qui avaient financé la reconstruction, et que, dans la conjoncture qui prévaut, Riyad se situe dans l’autre camp.

 

Il faut préciser que c’est le Hezbollah qui a allumé le feu, suivi en cela par le Président de la République, Michel Aoun, qui a jugé légitimes les armes de la milice chiite, et promis à Israël des représailles sanglantes en cas d’agression de ce dernier.

 

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Hassan Nasrallah et Michel Aoun

Il y a grand danger à embrasser n’importe qui

 

Les menaces proférées par Hassan Nasrallah, indiquant que les missiles du Hezb atteindront cette fois le réacteur nucléaire de Dimona, le réservoir d’ammoniac d’Haïfa, les plateformes maritimes de prospection d’hydrocarbures et les tankers de pétrole concernent, à n’en point douter, les intérêts vitaux de notre puissant voisin méridional. Ces menaces interviennent en écho à celles proférées simultanément par les ayatollahs à Téhéran, décrivant l’Etat hébreu comme un cancer éphémère qui sera prochainement anéanti.

 

En vérité, et c’est ce qui rend l’occurrence d’une guerre vraisemblable, il ne s’agit pas uniquement d’un différend local qui opposerait la milice à Israël, mais d’un contentieux régional comprenant des intérêts importants autant qu’explosifs.

 

D’un côté nous avons le Hezbollah, qui impose sa loi par la violence aux citoyens libanais, ses alliés politiques, y compris le Président chrétien Michel Aoun et son parti le CPL, l’Iran et la Syrie ; de l’autre, l’on trouve Israël, les autres partis chrétiens et sunnites libanais, les Etats arabes sunnites et l’Amérique du nouveau Président Donald Trump.

 

Sur le plan intérieur, les déclarations de Nasrallah ont torpillé les efforts d’Aoun visant à recréer des liens solides avec l’Arabie Saoudite. Le président s’est rendu il y a peu à Riyad dans ce but et l’émissaire du Roi Salmane al Saoud, Thamer el Sabhan, est venu à Beyrouth. Dans le parti chrétien des Forces Libanaises, on considère les déclarations du secrétaire général du Hezb comme une "déclaration de guerre en bonne et due forme" faite à Riyad. Même son de cloche du Premier ministre sunnite Saad Hariri, qui a souligné, la semaine dernière, "l’importance du triptyque entre l’Etat (libanais), les Arabes et la résolution (du Conseil de Sécurité) 1701, qui immunise le Liban contre les dangers en provenance de l’extérieur (…)".

 

On le constate, les déclarations de Nasrallah ont réussi à briser toute velléité de Michel Aoun de se rapprocher des Arabes, afin de continuer à nous soumettre exclusivement à la coupe des Iraniens. Elles ont ébranlé le fragile ciment gouvernemental, qui va, dès la prochaine secousse, voir les chrétiens et les sunnites, qui représentent environ soixante pour cent de la population, retourner dans l’opposition.

 

Quant à la résolution 1701, c’est celle qui a mis fin à la Guerre de 2006 avec Israël. Elle impliquait le déploiement de l’Armée libanaise le long de la frontière avec l’Etat hébreu en lieu et place du Hezbollah, et le désarmement de toutes les milices avec l’aide des forces des Nations Unies. Or actuellement, il est bien difficile de différencier les miliciens de l’Armée sur cette même frontière, et le contingent onusien, la FINUL, se contente de patrouiller sur les grands axes routiers, sans chercher à s’emparer des armes du Hezbollah.

 

La légitimation de cette situation par le président Aoun doit ainsi être perçue comme une violation de cette résolution, ce qui ne manque pas d’alerter, outre Israël, les Arabes et la communauté internationale. Une commission formée d’ambassadeurs des membres permanents du Conseil de Sécurité est d’ailleurs attendue prochainement à Beyrouth pour recevoir des "éclaircissements" de la part de Michel Aoun.

 

Sur le plan international, l’Iran et ses supplétifs au Liban vivent très mal la réorientation de la position des Etats-Unis post-Obama face à Téhéran. Washington a déjà réinstauré des sanctions à l’encontre de la théocratie chiite après des tirs expérimentaux de missiles balistiques. Donald Trump, lors de sa conférence de presse commune avec Binyamin Netanyahu, a affirmé que son pays ne permettrait jamais aux Perses d’obtenir l’arme atomique ; il a, de plus, sorti un carton jaune en direction du régime du "Guide suprême" Ali Khamenei. Ce denier, en dépit des bravades rhétoriques qu’il adresse à Washington, est bien obligé de prendre les avertissements de Trump très au sérieux au vu du rapport de force entre l’Iran et les USA. De sorte que lors des grandes manœuvres des Pasdaran, la semaine dernière, qui ont duré trois jours, ils se sont précautionneusement gardés de tirer des missiles balistiques, se contentant de lancer des fusées tactiques à courte portée, qui ne font peur à personne.

 

Pour Téhéran, l’objectif consiste à compléter sa "ceinture chiite" allant de l’Iran au Liban en passant par l’Irak et la Syrie. En Irak, ils contrôlent déjà le gouvernement central et l’Armée. Ainsi, les troupes qui sont en train de prendre Mossoul sont exclusivement chiites, encadrées par de nombreux soldats iraniens. Elles investissent une ville sunnite, dont les habitants ne montrent aucun signe de liesse en voyant ces combattants inamicaux, les inondant par haut-parleurs d’incantations chiites qui leur sont ostensiblement hostiles. Les habitants de Mossoul, qui ont subi le joug barbare de DAESH, s’apprêtent à subir une nouvelle occupation qu’ils redoutent avec raison. Les portraits des martyrs chiites tués par les sunnites il y a des siècles et les drapeaux iraniens qui surplombent les Hummers des conquérants, ne laissent pas de place à l’illusion d’une vie meilleure.

 

Pour les Occidentaux, l’ennemi c’est DAESH, mais pour le monde arabe, Arabie Saoudite et Egypte en tête, DAESH est un pis-aller mais un pis-aller sunnite, les Occidentaux, des gens qui n’ont jamais rien compris au Moyen-Orient, et l’ennemi, c’est l’Iran.

 

 

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La ceinture chiite

 

La poussée des Perses explique l’importance stratégique des Kurdes et des Israéliens. Les Kurdes se sont arrêtés à la lisière-est de Mossoul et ils ne participent pas à sa conquête. Ce ne sont pas des Arabes et ils sont pour la plupart d’origine sunnite. Ils sont bien armés et ont un rôle relativement rassurant dans la stratégie américaine (à part pour les Turcs) : ils représentent le seul rempart face à l’expansionnisme iranien, que Barack Obama, en dépit des avertissements urgents de ses généraux, avait laissé se développer.

 

Pas étonnant, dans ces conditions, que Washington a confié aux mêmes Kurdes la tâche de déloger DAESH de sa capitale syrienne Raqqa. Au moins, Raqqa ne tombera pas entre les mains de Téhéran, qui est déjà présent à Damas, à Alep et Homs, ainsi que dans le Golan. Avec ses soldats, certes, mais également, par proxy, avec ses supplétifs chiites libanais du Hezbollah. Khamenei profite ainsi pleinement de la puissance de feu des Russes, sachant fort bien qu’ils ne resteront pas éternellement en Syrie et que les Alaouites de Bashar al Assad sont bien trop peu nombreux pour régir un si grand territoire. Il leur suffit, pensent les Iraniens, d’être présents, d’avoir de la patience, et de ne pas être importunés – ni eux ni le Hezb – par les Israéliens, les Américains et les Arabes.

 

Ces derniers, trop faibles militairement et trop prudents pour agir seuls face à l’Iran en Syrie, se contentent de soutenir des groupes combattants rebelles, à l’instar du Front Islamique, armé et financé par Riyad et Doha, qui compte tout de même quelques 80 000 combattants.

 

Mais il est certain que plus l’Iran progresse dans son projet de Ceinture chiite, plus les Arabes se rapprochent d’Israël. Une alliance que les media du Hezb au Liban n’ont de cesse de fustiger, mais qui s’organise toujours davantage.  Dans la péninsule du Sinaï, la coopération militaire entre le Caire et Jérusalem est omniprésente. Ce n’est pas que le Maréchal al Sissi s’accommode des incursions de Tsahal dans son territoire, c’est qu’il les réclame, en particulier les drones, l’aviation, le renseignement et les opérations de commandos.

 

De même, c’est un secret de polichinelle d’affirmer que des experts militaires israéliens "conseillent" les pays arabes dans leur campagne du Yémen face aux protégés chiites de Téhéran. A la Ména, Fayçal H, notre camarade en poste à Amman, m’assure que des bases de soldats israéliens existent dans le désert saoudien face aux positions iraniennes dans le sud-ouest irakien. Et les formations mixtes de F-16 jordaniens et israéliens patrouillent régulièrement dans cette région ainsi que sur le Golan syrien.

 

En Israël même, la rédaction centrale de Métula me confirme, sans épiloguer, que d’importantes activités se déroulent le long de notre frontière. Du matériel extrêmement performant est entreposé à proximité du Liban-Sud, les exercices, les repérages et les réunions d’officiers d’état-major se multiplient dans la région.

 

Ces derniers jours, des bâtiments de guerre hébreux ont pénétré dans nos eaux territoriales, et les chasseurs-bombardiers à l’étoile de David sillonnent notre ciel quotidiennement et tout le monde peut les voir et les entendre.

 

Si un conflit se précise, l’on peut s’attendre à les voir frapper les Iraniens et les Hezbollanis en Syrie, où la milice a la faiblesse d’agir à l’instar d’une armée régulière et non plus comme une guérilla insaisissable. Jérusalem n’a aucune raison de laisser rentrer les 5 000 meilleurs combattants de la milice chiite au Liban alors qu’ils sont des proies faciles dans leurs baraquements en Syrie.

 

A en croire la rédaction de la Ména, Tsahal est prêt à déferler sur le Liban si Israël est attaqué ou concrètement menacé de l’être. Nous risquons de voir notre ciel regorger de dizaines de drones d’assaut, d’hélicoptères et d’avions d’attaque au sol. Selon les analystes beyrouthins, en cas de conflit, les Israéliens ne prendront plus de gants comme lors des dernières confrontations. Ils cibleront d’emblée tous les réseaux de communications ; ceux du Hezb, évidemment, mais aussi nos routes et nos ponts. Leur tactique consistera à noyer leurs ennemis sous les bombes afin qu’ils ne puissent plus respirer. Les caches de munitions de la milice exploseront les unes après les autres, emportant les voisins avec elles.

 

Au début du conflit, Jérusalem demandera sans doute à Michel Aoun et aux Forces Armées Libanaises de quel côté ils se positionnent. S’ils font une mauvaise réponse, tardent à la donner ou rompent leurs éventuels engagements, le Liban pourrait bien retourner au temps des hommes des cavernes, avec Hassan Nasrallah, vêtu d’une seule peau de bête, faisant tournoyer son gourdin en vociférant hébété "Dimona !", les "plateformes !", "l’ammoniac !".

 

Et si l’Iran s’en mêle, ce qu’il ne fera probablement pas, car l’Iran n’est pas suicidaire et préférera, comme en 2006, envoyer des Libanais pas très futés mourir à sa place, nous aurons droit aux missiles de croisière et aux engins balistiques, pauvres de nous. A voir la manière dont ils détruisent, sans être autrement inquiétés, les installations stratégiques d’Assad au cœur de Damas, quelqu’un de sensé éviterait de provoquer les Israéliens.


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L’Armée de l’Air israélienne frappe encore à Damas (info # 012202/17) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 22 février 2017

 

© Metula News Agency

 

Selon des sources médiatiques arabes concordantes au Liban et en Syrie, des chasseurs-bombardiers israéliens [probablement des F-16] auraient attaqué, vers 3 heures ce matin, des objectifs proches de la ville d’al Kutayfah, à 15km au nord-est de la capitale syrienne.

 

A en croire les mêmes sources – la Ména n’a pas encore été en mesure de recueillir le témoignage d’observateurs oculaires – les cibles visées étaient des bunkers de la 3ème division blindée syrienne, dont le quartier général se situe effectivement dans les montagnes autour d’al Kutayfah et dans les positions creusées dans leur roche.

 

Ces fortins servent également d’entrepôts protégés de stockage pour les armes et munitions en provenance d’Iran destinées au Hezbollah libanais.

 

Six missiles auraient été tirés par les appareils du Khe’l Avir ; nous pensons qu’ils visaient les armes en question, soit dans leurs bunkers, soit pendant qu’elles étaient transférées sur des camions (plus faciles à détruire), soit, encore, alors qu’elles se trouvaient déjà sur les routes reliant la Syrie au Liban tout proche.

 

Plusieurs témoins libanais dignes d’intérêt de la plaine de la Bekaa au Liban ont déclaré aux media arabes avoir entendu les avions israéliens tournoyer à basse altitude, une demi-heure durant, sur la ville de Baalbek avant le raid.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

Il se peut qu’ils attendaient le moment le plus opportun pour intervenir en Syrie toute proche. Dans la plupart des cas, les chasseurs-bombardiers auraient également pu lancer leurs missiles à partir du territoire libanais. Lesdits missiles, ayant une précision démontrée de l’ordre d’un demi-mètre de la cible lorsqu’ils sont tirés jusqu’à 80km de distance. Dans le cas de cette nuit, les objectifs se trouvaient à moins de 20km de la frontière libanaise.

 

L’intérêt de larguer ces missiles depuis le territoire libanais découle du fait que ce dernier est nettement moins dense en moyens antiaériens que la Syrie.

 

Des bruits de fortes explosions ont été entendus, de même que la venue de nombreux véhicules de secours a été observée en direction d’al Kutayfah.

 

La dernière opération aéronautique israélienne de ce genre sur Damas date du 13 janvier dernier, lorsque le Khe’l Avir a anéanti l’aéroport de Mazzé et ses installations secrètes, à l’ouest de la capitale syrienne et à proximité immédiate du palais de Bashar al Assad. La Ména avait été le premier media à produire les détails et les images de ce raid.

 

La ligne stratégique suivie par Israël consiste à empêcher l’approvisionnement du Hezbollah libanais en missiles antiaériens et en missiles sol-sol de moyenne portée.

 

L’attaque de cette nuit intervient immédiatement après que des menaces de guerre eurent été proférées contre Israël par les chefs de la théocratie chiite iranienne, par son supplétif, le Cheikh Hassan Nasrallah, secrétaire général de la milice du Hezbollah libanaise, et par le président du Liban, le Général Michel Aoun.

 

La tension entre le Liban et Israël est nettement remontée ces derniers jours, et une confrontation militaire n’est pas à exclure ce printemps ou cet été, entre les protagonistes.

 

 
Netanyahu-Trump: La solution à un Etat, Israël, prend place sur l’horizon (info # 011902/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 19 février 2017

 

Par Guy Millière

 

Pour la plupart des journalistes et des dirigeants politiques européens, résolument favorables au terrorisme génocidaire “palestinien”, le moment a été, à l’évidence, douloureux, et a décuplé la rage anti-Trump qui les imprègne, mais c’est un fait : la rencontre entre Donald Trump et Binyamin Netanyahu à Washington a montré que quelque chose avait effectivement changé dans les relations entre Israël et les Etats-Unis.

 

Donald Trump n’a pas évoqué, sinon de manière très furtive, la tristement célèbre “solution à deux Etats” (qui n’a jamais été une solution) et a, pour l’essentiel, dit qu’il incomberait aux Israéliens de décider souverainement, avec une aide américaine bienveillante, mais sans la moindre pression de la Maison Blanche. Binyamin Netanyahu n’a pas non plus, bien sûr, évoqué la tristement célèbre solution susdite.

 

Ce qui se murmure à Washington est que d’autres solutions sont envisagées, même si elles ne sont pas énoncées explicitement devant des journalistes. Aucune d’elles ne laisse beaucoup de place pour l’Autorité Palestinienne, qui, au vu de l’évolution du monde arabe aujourd’hui, ne pourra bientôt plus compter que sur le soutien de l’Europe.

 

La solution la plus souvent évoquée ces jours derniers à Washington est l’annexion par Israël de ce qui a été défini lors des accords d’Oslo comme la zone C de Judée-Samarie, et, pour les zones A et B, une autonomie strictement conditionnée, avec maintien ou réattribution aux Arabes vivant dans ces zones de la nationalité jordanienne. Il resterait à convaincre pleinement la Jordanie du bienfondé de cette solution, et des négociations sont en cours à cette fin, qui ont commencé lors de la visite du Roi Abdallah II à la Maison Blanche.

 

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Ils trament des trucs

 

La solution énoncée par Caroline Glick (octroi de la nationalité israélienne aux Arabes de Judée-Samarie) est jugée trop dangereuse, et je comprends pourquoi : il faudrait une longue période de désintoxication mentale pour que les Arabes de Judée-Samarie cessent d’être habités par la haine meurtrière que l’Autorité Palestinienne a injecté dans leur cerveau.

 

La solution énoncée par Martin Sherman, qui consisterait à inciter les Arabes de Judée-Samarie à partir habiter ailleurs moyennant compensation financière semble trop difficile à mettre en œuvre, et trop à même de susciter un redoublement d’hostilité anti-israélienne ; encore que, si les Arabes de Judée-Samarie disposent de l’autorisation de partir habiter ailleurs et reçoivent une compensation financière, il semble assuré que certains saisiront l’opportunité, à condition que des pays soient prêts à les accueillir.

 

L’une des craintes majeures de la Jordanie est que les un million sept cent mille Arabes des zones A et B, s’ils ont tous des papiers jordaniens en bonne et due forme, puissent déstabiliser Jordanie à un moment où le pays fait déjà face à de grandes difficultés découlant de la situation en Syrie. Les négociations en cours doivent régler le problème.

 

La solution la plus souvent évoquée ces jours derniers ne se mettra, le cas échéant, de toutes façons pas en place dans le court terme. Elle devrait aller de pair avec une alliance militaire d’endiguement de l’Iran des mollahs, que l’Administration Trump s’efforce de mettre en place, et qui comprendrait, outre Israël et la Jordanie, l’Egypte et l’Arabie Saoudite.

 

Ce qui bloque la pleine mise en place de l’alliance est, pour l’heure, le projet d’installation de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, et c’est entre autres pour cela que l’ambassade des Etats-Unis n’a pas encore été transférée dans la capitale d’Israël.

 

Les dirigeants des pays arabes de l’alliance ne s’intéressent, à l’évidence, dans les faits, et même si leurs discours disent souvent le contraire, plus beaucoup à l’Autorité Palestinienne.

 

Une phrase souvent répétée par les politiciens américains dit que lorsque la chaleur monte, ceux qui sentent la chaleur qui monte voient plus aisément la lumière.

 

Les dirigeants des pays arabes de l’alliance sentent, à l’évidence, la chaleur qui monte à Téhéran. Ils voient qu’Israël est une puissance militaire majeure dans la région. Ils se voient faire par les Etats-Unis une offre qu’il leur sera difficile de refuser.

 

Ils n’ont, c’est certain, pas beaucoup d’amitié pour Israël, mais si le choix qui s’offre à eux se résume à l’alliance avec Israël ou l’écrasement par l’Iran, ils ne choisissent pas l’écrasement par l’Iran. Et s’ils doivent pousser l’Autorité Palestinienne de côté pour ériger cette alliance, c’est ce qu’ils choisiront, vraisemblablement de manière discrète.

 

Les dirigeants de l’Autorité Palestinienne, découvrant qu’ils sont sur un siège éjectable, sont, à l’évidence, très amers, et la rencontre entre Mahmoud Abbas et Mike Pompeo, le nouveau directeur de la CIA, à Ramallah, ces jours derniers, a dû se dérouler dans une atmosphère glaciale. Mike Pompeo n’avait aucune bonne nouvelle à annoncer à Mahmoud Abbas, et vu qui est Mahmoud Abbas, c’est très bien ainsi.

 

Rien n’est fixé, bien sûr. Dans une région telle que le Proche-Orient, tout peut tomber ou retomber très vite. Les dirigeants européens feront tout ce qu’ils peuvent pour sauver l’Autorité Palestinienne, les négociations en cours sont complexes (c’est pour cela que Donald Trump a dit qu’Israël devait “montrer de la modération concernant les implantations pendant quelques temps”), mais néanmoins, ce qui s’esquisse est très loin de ce qui se profilait il y a quelques mois encore, quand Barack Obama était au pouvoir.

 

Le journal français de centre droit Le Figaro titrait mercredi dernier, “Trump et Netanyahu enterrent la ‘solution à deux États’”, et l’auteur de l’article était à l’évidence de l’humeur qui sied quand on assiste à un enterrement. Le quotidien français de gauche et d’extrême gauche Libération titrait quant à lui, “Israël : Trump envisage une ‘solution à un ou deux Etats’”, ce qui était une façon de sauver les apparences et d’envisager une survie de la “solution à deux Etats”.

 

Les apparences ne seront pas très longtemps sauves. Depuis, Libération a publié un article décrivant la “position puérile et dangereuse de Donald Trump”, caricaturant ce dernier comme un crétin irresponsable : pour un journal comme Libération, un ami d’Israël, hostile au terrorisme, ne peut être qu’un crétin irresponsable, et l’esprit de responsabilité consiste à soutenir le terrorisme.

 

Ce ne sont là que deux ou trois échantillons.

 

La rage anti-Trump des soutiens européens du terrorisme génocidaire “palestinien” ne va pas retomber de sitôt.


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Stage à la Ména Version imprimable
Communiqué
dimanche, 19 février 2017

 

La Metula News Agency offre une place de stage de journalisme, en son centre rédactionnel de Métula, pour une durée de six mois, avec possibilité de six mois supplémentaires si entente mutuelle.

 

Nous offrons : une expérience unique avec des journalistes de premier plan. L’occasion d’améliorer ses qualités rédactionnelles sous le suivi d’un maître de stage. Le gîte et le couvert. La possibilité d’apprendre l’hébreu. L’argent de poche. La possibilité d’effectuer ce stage dans le cadre d’études académiques israéliennes, européennes ou américaines. Le stage comprend une formation de journaliste radiophonique appliquée ainsi qu’une familiarisation aux métiers de la télévision. Le stage inclut des reportages sur le terrain.

 

Nous réclamons : une authentique passion pour la profession. Une maîtrise élevée de la langue française écrite et parlée. La participation à tous les travaux existant dans une rédaction, y compris l’entretien. De bonnes connaissances soit en anglais soit en hébreu soit en arabe moyen-oriental. Un ordinateur personnel. Une expérience rédactionnelle préalable. Une bonne connaissance du travail de la na. Une indépendance d’esprit.

 

La ou le stagiaire devra être muni d’une assurance santé et accident valable en Israël pour toute la durée du stage. Les transports sont à la charge de la, du stagiaire. L’offre s’adresse strictement à des femmes ou des hommes entre 20 et 35 ans, sans préférence de convictions, de religion ni d’origine. Début du stage : le 2 avril 2017.

 

Faire offre de candidature à redaction@metulanews.info en joignant un CV muni d’une photographie récente, de (quelques) documents publiés et d’une lettre de motivation manuscrite d’une page (scannée).

 

Cette offre fera office de document juridique régissant la relation entre la Metula News Agency et la ou le stagiaire.


 
Offre d’emploi sponsorisée Version imprimable
Communiqué
dimanche, 19 février 2017

 

Excellent restaurant européen dans le Doigt de la Galilée, fréquenté par les collaborateurs de la Ména, cherche cuisinier ou apprenti cuisinier, belge, français, italien ou suisse, pour travail à plein temps.

 

Proposition idéale pour un candidat venant de s’installer en Israël ou envisageant de le faire prochainement. Envoyez vos coordonnées à info@metulanews.info, nous les communiquerons aux directeurs de l’établissement demandeur.

 

 

 
La visite de Binyamin Netanyahu à Washington (011702/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 17 février 2017

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/tl_RdiQvNcw (Youtube)

 

Et aussi :

 

Les batailles d’al Bab et de Raqqa (capitale de DAESH) en Syrie : commentaire et analyse.

 

La défaite d’Hapoël Beersheva en Coupe Europa face aux Turcs de Beciktas : fin de parcours européen cette année.

 

 

 
Syrie : ce que Poutine veut (info # 011602/17) Version imprimable
Analyse
jeudi, 16 février 2017

 

Par Perwer Emmal correspondant permanent dans le Rojava

 

Les quelques 4 000 djihadistes de DAESH résistent encore, ce jeudi, dans leur bastion d’al Bab, au nord-est d’Alep, sur la route conduisant de cette cité à Manbij. Au Sud, ils font face à l’Armée régulière syrienne, soutenue par des miliciens du Hezbollah libanais (environ 10 000 hommes au total sur ce front), et par l’Aviation et l’Artillerie russes. Au Nord, à l’Est et à l’Ouest, ils se battent contre l’Armée turque, comptant 1 500 hommes, soixante chars, des Léopards allemands pour la plupart, ainsi que des avions ; les Turcs sont flanqués de 3 000 supplétifs djihadistes, qu’Ankara présente comme des membres de l’Armée Syrienne Libre, mais qui appartiennent en fait à al Qaëda ainsi qu’à d’autres organisations islamistes opposées à DAESH. A 5km, à l’ouest d’al Bab, et à 9 à l’Est, on trouve également les têtes-de-pont des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), à forte majorité kurde, soutenue par des combattants sunnites locaux.

 

Les FDS sont pratiquement à l’arrêt depuis le début du mois de décembre. Elles ne combattent pas les soldats d’Assad et leurs alliés, et les affrontements entre les Kurdes et les Turcs ne sont plus que sporadiques.

 

L’offensive turque contre al Bab a débuté le 6 novembre dernier et s’est traduite par un véritable désastre pour les forces d’Erdogan, pourtant terriblement supérieures en matériel en comparaison de celui des miliciens islamistes de DAESH.

 

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Carte de la situation à al Bab, ce jeudi 16 février 2017

Service cartographique © Metula News Agency

 

Jusqu’au 9 décembre, tous leurs assauts, qui s’inscrivent dans l’opération Bouclier de l’Euphrate, en vue de prendre le nœud stratégique d’al Bab avaient lamentablement échoué. Les militaires de la plus grande armée de l’OTAN perdant même du terrain au profit de leurs adversaires.

 

Plusieurs sources de l’opposition turque et de l’Armée imputent aux purges qui ont suivi le coup d’état manqué du 15 juillet, et notamment l’emprisonnement de plusieurs généraux et de commandos spéciaux dans leur entièreté, l’incapacité de déloger le Califat Islamique de son bastion.

 

Selon notre décompte, environ 800 Turcs et supplétifs ont trouvé la mort lors de Bouclier de l’Euphrate, dont près de 300 soldats de l’Armée régulière. Ces chiffres, que nous avons établis en discutant avec les divers belligérants, sont plus de deux fois plus élevés que ceux reconnus par Ankara.

 

Fin décembre, les Turcs avaient abandonné de nombreux matériels aux mains des miliciens de DAESH lors d’assauts repoussés, y compris deux chars Léopards en parfait état de marche.

 

A partir du 4 décembre, après un accord passé entre Messieurs Poutine et Erdogan, et suite à la victoire des gouvernementaux d’al Assad à Alep face à la Résistance syrienne, Moscou est intervenu massivement pour venir en aide aux Ottomans empêtrés. Mais le Tsarévitch a posé des conditions draconiennes au Sultan en échange de son appui : ne pas dépasser la route Manbij-Alep, cesser toute activé à l’encontre des Kurdes en Syrie, et maintenir, en s’abstenant aussi de les attaquer, au moins 500 mètres entre les positions turques et celles des Alaouites d’al Assad et leurs alliés.

 

Aux Kurdes, Poutine a promis qu’ils ne seraient plus attaqués par les Turcs en Syrie, mais il a exigé d’eux qu’ils abandonnent leur progression en vue de réunifier le Rojava, ce qui impliquait la prise d’al Bab. Les Kurdes et leurs Unités de Protection du Peuple, qui assurent le commandement des FDS, n’ont pas eu d’autre choix que celui d’obtempérer. Depuis, ils ont allégé leur dispositif autour d’al Bab, que j’estime actuellement à environ 3 500 hommes, prélevant des milliers de combattants de ce front pour les affecter à la bataille de Raqqa, où les FDS ont enregistré une progression spectaculaire.

 

A partir du 4 février, l’Aviation et l’Artillerie russes ont littéralement écrasé al Bab et ses environs sous les bombes pour permettre à Erdogan de conquérir enfin cette ville. Le 10 février, les forces gouvernementales syriennes Tigre, celles de la Défense Nationale, renforcées par 500 miliciens du Hezbollah et encadrés par des commandos russes ont attaqué la ville de Tadef, à l’ouest d’al Bab, privant les assiégés de leur dernière voie de communication avec le reste du Califat Islamique. En dépit de cette opération, la cité de Tadef intra-muros restait, ce jeudi, entre les mains de DAESH.

 

Depuis, et jusqu’à aujourd’hui, l’Armée turque est difficilement parvenue à s’emparer d’environ un tiers d’al Bab, et sa lente progression continue, ralentie par la détermination farouche des islamistes encerclés.

 

En principe, l’Armée alaouite n’est pas censée franchir la ligne constituée par la route Alep-Manbij, mais l’accord entre Poutine et Erdogan relevant de tout sauf d’une entente cordiale, les choses pourraient encore changer. D’une part, parce que, dans la région de Tadef, les Ottomans ont franchi la route en question de quelques kilomètres en direction du Sud, engendrant des échanges de feu immédiats avec les forces d’Assad, ses alliés et les Russes.

 

Le 9 février, des bombardiers russes ont même pilonné une position turque, blessant 13 soldats et en tuant 3. Le Kremlin a bien entendu présenté ses excuses pour cette bavure, qu’il attribue à "la mauvaise coordination sur le terrain entre Moscou et Ankara", mais personne n’est dupe et tous ont compris le message d’avertissement, à commencer par Erdogan.

 

D’autre part, Bashar al Assad voit d’un très mauvais œil l’accord entre les Russes et les Turcs, lequel pérennise la présence du contingent d’occupation turc sur une centaine de kilomètres de sa frontière, pour une profondeur atteignant par endroits 30km. Ledit accord consacre par la même les deux régions autonomes du Rojava, séparées par 14km l’une de l’autre.

 

Il est clair que les objectifs de Vladimir Poutine et de l’oculiste de Damas diffèrent. Alors que le second rêve de récupérer l’ensemble du territoire syrien, le Tsarévitch, comprenant qu’à peine deux millions d’Alaouites ne seront plus capables d’administrer un territoire de 185 00 kilomètres carrés, dont ils ne contrôlent plus qu’un tiers peuplé de 16 millions d’ennemis, vise une solution différente.

 

Poutine entend faire attribuer aux Alaouites par la communauté internationale leur réduit naturel constitué par la province de Lattaquié, probablement augmenté de la ville d’Alep. Mais il compte négocier cette solution prisée par les Occidentaux contre la reconnaissance de la souveraineté russe sur la Crimée, la région ukrainienne de Donetsk, de même que sur les divers territoires qu’il s’était préalablement procurés. Et contre sa réhabilitation à l’international et la levée des sanctions qui pénalisent son pays. On peut imaginer que les rumeurs de négociations secrètes entre le Tsarévitch et Donald Trump gravitent déjà autour de cette solution, pendant qu’à Astana, on amuse la galerie avec des pourparlers entre le gouvernement Assad et les rebelles.

 

Le seul intérêt de ces négociations au Kazakhstan tient à des petits échanges de territoires et de prisonniers, de même qu’à l’instauration et à l’entretien d’une esquisse de cessez-le-feu, qui restaurent la réputation de Poutine, salement entachée par les crimes de guerre que ses aviateurs ont commis en Syrie. Mais si les victimes de ces bombardements elles-mêmes l’acceptent en sa qualité de médiateur, pourquoi voudriez-vous que les Occidentaux, toujours à la recherche d’un apaisement, se montrent plus royalistes que le tzar ?  

 

Quoi qu’il en soit, on aurait tort de croire que le président russe organise l’avenir de la Syrie et l’avènement de la paix avec ses "amis" turcs et iraniens. Son but actuel consiste uniquement à imposer le gel des ambitions des uns et des autres, ainsi que de leurs positions militaires, pour aborder le grand troc qu’il projette en position de force. A nous de reconnaître qu’il fait preuve d’une remarquable efficacité, même si ses méthodes sont pour le moins brutales.

 

Et pendant ce temps, c’est-à-dire depuis le 6 novembre de l’an dernier précisément, 33 000 FDS, dont 25 000 Kurdes, ont progressé de 65km par endroits en direction de la capitale syrienne de DAESH à Raqqa (voir la carte). Ils se trouvent désormais à 5km de sa banlieue et à 11 du cœur de la cité aux mains du Califat. Ce faisant, ils ont ajouté 3 300 kilomètres carrés au Rojava et libéré pas moins de 240 villages kurdes et arabes.

 

 

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Carte de la situation à Raqqa, ce jeudi 16 février 2017

Service cartographique © Metula News Agency

 

Lors de cette offensive qu’ils ont baptisée à l’israélienne "Colère de l’Euphrate", ils ont pris le contrôle de la totalité de la rive septentrionale du lac Assad, jusqu’aux portes de la ville de Taqba, sur le barrage stratégique du même nom. A l’est de Raqqa, avec l’aide de quelques 500 commandos américains et de l’US Air Force, de petites unités spéciales françaises, allemandes et britanniques, ils progressent aussi afin de couper la route reliant Raqqa à l’autre grande ville aux mains de DAESH, Deir Ez Zor.

 

Le moment de l’assaut décisif contre Raqqa approche. Washington a livré, le 31 janvier, des dizaines de SUV et autres blindés aux Forces Démocratiques Syriennes, tout en feignant de les remettre à ses composants arabes uniquement et non aux Druzes qui en constituent l’épine dorsale, pour ne pas exciter Recep Erdogan.

 

Mais avant la cognée, il va falloir se mettre d’accord sur le "butin". Pas tant au sujet de l’avenir de Raqqa, qui n’a qu’une importance toute relative pour les Kurdes, mais à propos de celui du Rojava, du pays des Kurdes syriens. Donald Trump va devoir décider si, en contrepartie des efforts consentis par ses alliés kurdes – 200 morts tout de même depuis le début de l’opération Colère de l’Euphrate -, il est prêt à cautionner leur autonomie.


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La Révolution et nous (info # 011402/17) Version imprimable
Analyse d'une oeuvre
mardi, 14 février 2017

 

Par Llewellyn Brown

 

L’écriture et la réflexion de Jean-Claude Milner sont saisissantes de vie et de clarté. Milner est un penseur et un écrivain engagé : non dans le sens ordinaire de ce terme – qui serait plutôt synonyme d’« embrigadé » dans un parti politique (surtout de gauche) – mais quelqu’un qui donne corps, dans sa réflexion, aux préoccupations auxquelles il a consacré son existence. Par là même, sa pensée nous éclaire sur les enjeux de la nôtre. Dans ce livre consacré à la question de la « révolution », il met à plat ce qu’il a vécu autrefois en tant que militant maoïste, et ce qui a bouleversé notre époque moderne dans son ensemble.

 

Dans le terme révolution, il voit un idéal qui a imprégné le débat politique depuis la Révolution française en 1789 jusqu’au 11 septembre 2001, où eut lieu un événement d’importance mondiale, qui ne devait rien à l’idée de révolution. Le terrain politique qu’il examine est nécessairement miné mais, affirme-t-il, le changement d’époque permet de prendre du recul et d’analyser cette notion – ainsi que les événements qui s’en réclament – avec acuité, avant que nous n’oubliions ce qui a soulevé tant de passions. Or dans ce domaine, les idées sont tout sauf claires et distinctes : qu’il s’agisse d’en faire l’éloge ou de verser dans la dénonciation, on ne fait pas la différence entre la Révolution française et la prise de pouvoir en Russie (1917) ou en Chine (1949) ; entre la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, d’un côté, et la Terreur, de l’autre, il en va de même. Mais l’analyse que conduit Milner dans ce livre - 1Relire la Révolution - permet de faire les indispensables distinctions d’ordre structural et d’en tirer leçon, grâce à une connaissance approfondie de l’Histoire, et une logique des plus rigoureuses.

 

Une seule réelle révolution

 

Certains, comme Hanna Arendt, ont dénoncé la Révolution française, pour lui opposer la Révolution anglaise de 1641, ou celle des États-Unis de 1776, supposées à l’origine s’articuler sur des constitutions aptes à assurer la paix et la stabilité du pays. Or le cas des États-Unis est trompeur, puisque la Constitution de 1787 – qui n’est pas celle, centralisatrice, en vigueur aujourd’hui – incluait l’esclavage, entraînant une guerre civile meurtrière ; elle n’a pas non plus empêché les Etatsuniens d’exterminer les Indiens jusqu’en 1890. En fait, un semblant d’égalité a été préservé au prix de guerres de conquêtes territoriales d’une férocité qui allait bien au-delà de celle des guerres napoléoniennes.

 

Par contraste, Milner affirme que la Révolution française « fonde la culture européenne », et il nous démontre pourquoi, en opérant une distinction entre la « révolution » et « la croyance révolutionnaire ». En effet, celle-ci fait l’amalgame d’un nombre de notions que tous reconnaîtront : par exemple l’idée que la révolution est faite pour et, de préférence, par les pauvres ; qu’elle est apte à apporter un changement illimité ; qu’elle doit fonder un nouvel Etat, mais qu’à cette fin, un moment d’illégalité est inévitable. Or tout regard rigoureux sur la réalité historique dément ces articles de foi. Par exemple, il est remarquable que la Révolution française eut lieu non dans un moment de pauvreté, mais à une époque de prospérité et de puissance, sur le plan national.

 

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L’exécution de Robespierre et Saint-Just ou l’apprentissage de la révolution

 

Milner fait alors une distinction capitale entre les « révolutions idéales » – celles qui offrent des modèles réalisés de la révolution – et l’« Idéal de la Révolution », ce dernier constituant le « point de fuite » du tableau politique à l’époque moderne. Or cet Idéal de la Révolution a justement pris corps dans la Révolution française, en sorte que celle-ci n’a cessé d’être intégrée à la pensée politique européenne. En réalité, la Révolution française n’était pas seulement la première – les autres se réclamant immanquablement d’un modèle antérieur –, elle est la seule révolution : les autres ne sont que des coups d’Etat, visant l’obtention et la conservation du pouvoir. La chose est frappante : dans la Révolution française – et contrairement aux révolutions idéales –, il n’y eut ni conjurés ni organisation clandestine : les actions furent publiques, et il n’y eut pas de parti. De même que la Révolution française ne fut pas un coup d’Etat, elle rompt avec la révolte qui, elle, concerne purement les besoins, par contraste avec la politique, qui traite le domaine plus vaste des droits.

 

Polybe et la révolution

 

Une référence théorique s’impose aux hommes politiques, qu’ils la connaissent réellement ou non : il s’agit de l’historien Polybe (ca. 208-126 avant notre ère) qui, dans le livre VI de Histoire, divise les régimes en monarchie (gouvernement par un seul), aristocratie (gouvernement par plusieurs : les « meilleurs ») et démocratie (gouvernement par le peuple entier). A chacun de ces régimes correspond une forme dégradée, respectivement tyrannie, oligarchie et ochlocratie (la foule).

 

Ces régimes se succèdent dans un éternel recommencement avec, de l’un à l’autre, une période transitionnelle de violences. Pour éviter ces dernières – et pour assurer la stabilité des institutions –, il paraît préférable de combiner des éléments issus des trois formes fondamentales : c’est le principe bien connu des branches du pouvoir (exécutive, judiciaire, législative).

 

Cette conception classique était à l’œuvre chez les acteurs de la Révolution française, y compris dans la période problématique marquée par la Convention montagnarde, qui commence le 2 juin 1793 et se termine le 9 thermidor (27 juillet 1794) par l’arrestation de Robespierre. En effet, le « polybisme » suppose une logique de l’intervalle, selon laquelle les périodes troubles de transition n’ont aucune valeur propre, mais servent seulement à l’instauration rapide d’un nouveau régime stable. C’est dans cette perspective que Robespierre souhaitait une résolution rapide de la Révolution et de la Terreur qui, en tant que moment d’exception, devait aboutir à sa propre dissolution.

 

Saint-Just, en revanche, adopta la position contraire, et absolument inédite sur le plan historique, voyant toute mise en suspens de la révolution comme un danger pouvant mener au désastre. Il s’agissait alors de vivre en révolutionnaire – ce mot était un néologisme –, pour prolonger cette action dans la durée. La révolution devint alors une forme autonome, au lieu d’être un simple moment de transition.

 

La Terreur

 

Ainsi, la révolution désignait une situation totalement inédite : Milner souligne que la Révolution française était la seule pour qui la « croyance révolutionnaire » n’existait pas encore. Il s’agit là d’un fait structurant. Le surgissement de cette nouveauté absolue fut causé par la fuite du roi à Varenne : dans toute l’Histoire, on n’avait jamais vu l’abandon de l’Etat par celui qui devait en garantir la constitution. Cet acte, aux yeux des révolutionnaires, était assimilable à la haute trahison. Cette nouveauté en entraîna une autre : la monarchie fut irrémédiablement associée au crime. Dès lors se fondait la conception selon laquelle la révolution devait être un événement instaurant le pouvoir de tous : la démocratie.

 

Deux moments sont à distinguer : la Première Terreur – située entre le 10 août et septembre 1792 –, et la Grande Terreur, correspondant à la Convention montagnarde. La première appartient au peuple qui – et contrairement aux espoirs des philosophes –, au lieu de manifester le pouvoir civilisateur du progrès et de l’instruction, a révélé toute sa sauvagerie. Il fallait absolument, donc, écarter le peuple de tout acte de violence et, moyennant l’instauration de la guillotine, remettre cet office aux représentants du peuple. Réduisant les masses au statut de spectateurs, il s’agissait de mettre une fin aux massacres. A ce titre, il faut se rappeler que Robespierre était un ferme adversaire de la peine de mort. Cependant, la menace pesant sur le pays était réelle : non seulement y avait-il la guerre extérieure, mais le pays était infesté d’agents provocateurs, tel Danton, financés par Londres. Par conséquent, privilégiant le long terme sur l’immédiat, Robespierre chercha à faire durer la Terreur, le temps d’éliminer ceux qui voulaient qu’elle cessât instantanément (au profit de ceux qui, comme Lénine par la suite, menaçaient de détruire l’économie), et ceux qui voulaient qu’elle durât indéfiniment (comme Saint-Just). Le pari fut risqué, et l’erreur de Robespierre fut, à ce moment, de faire de la politique comme on fait la guerre, avec la conséquence que sous la Terreur – c’était là sa spécificité –, on n’était pas coupable après l’acte, mais on pouvait être jugé avant de l’avoir commis. On sait que Robespierre paya le prix de cette erreur funeste.

 

La manière dont les marxistes-léninistes agissaient était totalement à l’opposé : pour eux, la terreur n’était pas un moment d’exception – par définition provisoire – destiné à rendre l’avenir possible, mais une action préparant l’avenir, notamment dans l’instauration de l’Etat-terreur.

 

La Déclaration des droits

 

L’invention capitale de la Révolution française fut la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : elle représente un moment de coupure historique. Le rapport entre la Déclaration et la constitution est d’ordre logique : les deux demeurent distinctes. Cependant, si la seconde dépend de la première, aucune constitution précise ne peut, en retour, se déduire des droits, qui sont formulés de manière minimaliste.

 

La distinction des droits entre ceux appartenant à l’homme et ceux du citoyen est cruciale. Les droits de l’homme/femme (dénomination choisie par Milner) viennent à chacun du simple fait de naître et de parler, indépendamment de ses qualités ou attributs. En effet, Milner souligne que le corps est la seule chose que nous ayons en commun. Il s’agit donc d’une égalité qui ne doit rien à l’histoire ou à la société, définissant la condition du corps parlant. Celle-ci détermine – de l’extérieur – l’humanité du citoyen. Si elle est minimaliste, cette définition n’a rien d’abstrait cependant, comme le prétendent certains, s’en déduisent la liberté, l’égalité et la propriété, qui sont des droits de corps.

 

Milner précise que, comme les droits de l’homme/femme, ceux du citoyen n’ont rien de traditionnel ni d’anglais : loin de dépendre d’un régime particulier, ils définissent la forme de participation sociale la plus universelle. Contrairement aux droits de l’homme/femme cependant, ceux-ci sont maximalistes, pouvant s’étendre indéfiniment. Cependant, la citoyenneté fait aussi partie des droits de l’homme/femme, parce que ceux-ci doivent s’incarner dans une société réelle. A l’inverse, être citoyen sans être homme conduirait à une citoyenneté aveugle : l’adaptation déshumanisante à une machine.

 

Aujourd’hui

 

La conclusion du livre est extrêmement dense, décrivant l’importance de la révolution pour nous, aujourd’hui. D’abord, ceux qui adhèrent à la « croyance révolutionnaire » – les révolutionnaires historiquement attitrés – se montrent comme de simples « professionnels de la révolution » : ils tiennent à ce que rien ne les surprenne ou n’échappe à leur maîtrise. Ils s’inscrivent ainsi dans la perspective classique du « polybisme », qui exclut toute nouveauté : dans cette optique, tout est déjà arrivé, tout a déjà été dit. Tout se fond dans la continuité, sans coupure, de l’éternel recommencement. C’est ce que Milner (à la suite de Lacan) appelle la réalité ; l’idéologie qui s’en déduit se nomme le réalisme.

 

Or le révolutionnaire – tel qu’il apparut à la Révolution française, et contrairement à la pratique des marxistes-léninistes – n’est pas un maître. Au contraire, il se trouve aux prises avec le non-savoir : il voit ce que personne d’autre n’a vu et se trouve, par conséquent, dans l’obligation de décider sans savoir pourquoi. Dans les mots de Milner, « être révolutionnaire, c’est ne pas savoir de quelle métamorphose du monde l’acte que j’accomplis en pleine connaissance de cause aura été tout à la fois la cause et le révélateur ». Le réel – tel que Lacan le conceptualise, et Milner après lui – demeure radicalement réfractaire au savoir. Il prend l’exemple de la peste d’Athènes (430 avant notre ère), décrite par Thucydide et par Lucrèce, mais considérée comme un simple « détail » par Platon : « La peste ne m’aura rien appris, aurait pu dire un survivant athénien. Rien, sauf la peste elle-même et qu’on peut en parler ». Ainsi en va-t-il aussi de la Shoah, dont le trou béant n’apprend rien : on peut cependant en parler avec une parole inédite, comme nous le montrent Claude Lanzmann, dans Shoah, ou Primo Levi.

 

Si la Révolution française touche au réel, c’est dans la mesure où elle révèle que la politique concerne, en dernière analyse, la survie des êtres parlants. Il n’existe donc aucune continuité entre la Déclaration des droits et la Terreur, qui, elle, marquait le moment où la réalité – sous la forme de la survie de la patrie – absorbait ce réel, au détriment des êtres parlants.

 

L’approche de la politique, telle que l’élabore Milner, permet de réintégrer la compassion, dont la particularité consiste en la possibilité de découvrir le réel d’un corps, et d’un corps parlant. Alors, les libertés ne sont plus de pures abstractions, mais concernent le corps, jusque dans sa dimension la plus élémentaire : « Les droits de l’homme/femme résument ce qui fait qu’on ne traite pas un homme ou une femme comme un animal ; ils commencent donc au plus près de l’animalité. ».


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Israël : l’Amérique est de retour (info # 011202/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 13 février 2017

 

Par Guy Millière

 

La presse européenne a accueilli avec une forme de soulagement et d’espoir le fait que l’ambassade des Etats-Unis en Israël ne serait pas transférée immédiatement à Jérusalem. Elle y a vu un renoncement de l’Administration Trump.

 

La presse européenne découvrira dans les semaines et les mois à venir qu’il n’y a aucun renoncement. David Friedman sera l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, et c’est à Jérusalem qu’il le sera. Il considérera, comme Donald Trump, que Jérusalem est la capitale d’Israël. L’ambassade des Etats-Unis sera transférée à Jérusalem en concertation avec le gouvernement d’Israël, qui est et sera consulté sur le sujet. Trump n’est pas en quoi que ce soit un homme qui renonce.

 

De la même façon, la presse européenne a cru voir dans un récent communiqué de la Maison Blanche une volonté de l’Administration Trump de réprouver les constructions israéliennes en Judée-Samarie.

 

La presse européenne devrait relire d’urgence le communiqué. Celui-ci conseille à Israël de ne pas construire dans l’immédiat de nouveaux villages juifs en Judée-Samarie, mais y entérine sans le moindre problème l’expansion des villes et villages juifs existants. Cela n’est pas une réprobation mais un conseil sur un point et un feu vert essentiel sur un autre. Sean Spicer, porte-parole de la Maison Blanche, a d’ailleurs été très explicite à ce propos. Je cite : “Nous ne considérons pas que l’existence d’implantations constitue un obstacle à la paix”.

 

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C’est enfin fini

 

Si les journalistes européens consultaient leurs amis au sein de l’Autorité Palestinienne, ils discerneraient aisément qu’à Ramallah le communiqué a été lu et compris. Et ils percevraient aussi que chez Mahmoud Abbas et dans son entourage, c’est l’angoisse qui prédomine.

 

Pas un seul membre de l’Administration Trump n’a pris contact avec l’Autorité Palestinienne depuis le 20 janvier, et quand des membres de l’AP ont tenté de contacter la Maison Blanche, personne ne leur a répondu. Un certain Majed Faraj s’être rendu à Washington très récemment, mais il n’a rencontré que quelques subalternes.

 

L’explication de l’angoisse de l’Autorité Palestinienne est très simple en réalité. Elle tient dans le discours que Donald Trump a prononcé devant l’assemblée annuelle de l’AIPAC le 21 mars dernier.

 

Trump y déclarait notamment : “Dans la société palestinienne, les héros sont ceux qui assassinent les Juifs. Nous ne pouvons laisser cela continuer. Nous ne pouvons pas laisser cela arriver plus longtemps”.

 

Il ajoutait dans la foulée : “Dans les manuels scolaires et dans les mosquées palestiniennes, il existe une culture de la haine qui est implantée là depuis trop d’années. Et si l’on veut parvenir à la paix, cela doit cesser... Il faut mettre fin à l'enseignement de la haine. II faut y mettre fin dès maintenant”.

 

Ce sont des paroles claires. Donald Trump entend traiter l’Autorité Palestinienne comme ce qu’elle est : une entité infréquentable parce qu’incitant au meurtre et à la haine.

 

Il ajoutait encore : “Il n'y a pas d'équivalence morale. Israël ne donne pas aux places publiques le nom de terroristes. Israël ne paie pas ses enfants pour poignarder des Palestiniens pris au hasard”.

 

Donald Trump ne placera pas sur le même plan une société démocratique respectueuse du droit et une entité terroriste, et il ne considérera pas qu’il y a une équivalence morale entre l’une et l’autre, non.

 

Trump promettait : “Lorsque je serai Président, j’enverrai un signal clair montrant qu'il n'y a pas de mésentente entre nous, l'Amérique, et notre allié le plus fiable : l'Etat d'Israël”.

 

Il est président et les signaux qu’il envoie sont clairs.

 

La plateforme du Parti Républicain adoptée quelques mois plus tard s’inscrivait dans la continuation ; elle ne mentionnait pas l’Autorité Palestinienne et ne comportait aucune allusion au “processus de paix” et à la “solution à deux Etats”.

 

Les journalistes européens vont devoir s’adapter. Comme le dit une vieille expression américaine, il y a un nouveau shérif en ville. Le nouveau shérif sait faire la différence entre les criminels et les victimes de crimes, et entre une société de droit et une entité terroriste.

 

Il n’entend pas parler avec l’entité terroriste. Il n’entend pas considérer les Juifs comme des intrus en Judée-Samarie. Il sait que la capitale d’Israël est Jérusalem.

 

Il recevra Binyamin Netanyahu cette semaine avec les honneurs qui lui sont dus.

 

Il a fait envoyer par son Conseiller National de Sécurité, Michael Flynn, ces jours derniers, un message très ferme à la République Islamique d’Iran en forme d’une ligne rouge que le régime des mollahs aura tout intérêt à ne pas franchir.

 

Il n’y aura rien d’étonnant si, dans les quatre années à venir, l’Autorité Palestinienne se voit proposer, au mieux, un statut d’autonomie très surveillée qu’il lui sera très difficile de refuser, sauf si elle veut pleinement appartenir au passé et si Mahmoud Abbas choisit de finir sa vie ailleurs qu’en Judée-Samarie.

 

Il n’y aura rien d’étonnant non plus si le régime des mollahs, dans la même période, se trouvera confronté à de très profondes difficultés, voire à bien davantage.

 

C’est, au-delà d’Israël, une recomposition de toute la région qui prend forme, et Israël retrouve sa place, légitime, d’allié essentiel des Etats-Unis au Proche-Orient.

 

Comme le disait Ronald Reagan en 1984, America is back, l’Amérique est de retour. La page sur laquelle se sont écrites les années Obama sera bientôt tournée, et la nouvelle page sera très différente.

 

Ceux qui n’ont pas pris Donald Trump au sérieux il y a dix-huit mois se sont lourdement trompés. Ceux qui ne le prennent pas au sérieux aujourd’hui se trompent bien davantage encore.

 

Les entraves que gauchistes et Démocrates américains ne cessent de mettre sur le chemin de Donald Trump montrent qu’ils sont inquiets. Dès lors que gauchistes et Démocrates américains sont résolument “propalestiniens”, leur inquiétude est logique, tout autant que l’angoisse de l’Autorité Palestinienne.

 

 
Aulnay : la France attaquée aux obus de mortier (info # 010602/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 13 février 2017

 

Par Patricia La Mosca

 

Rama Yade, ancienne secrétaire d’Etat de Nicolas Sarkozy et candidate à la présidence française, s’est fendue de la déclaration suivante au sujet des évènements qui secouent actuellement Aulnay-sous-Bois, dans la banlieue parisienne : "C'est toute la jeunesse des quartiers populaires que la police a humiliée par cet acte infâme. Qu'est-ce que c'est que la République pour ces jeunes qui subissent l'humiliation de la part de ceux qui devraient les protéger ? Comment après leur parler des valeurs de la République ?".

 

Ce commentaire fait écho à celui de Bruno Beschizza, ancien officier de police et maire LR d’Aulnay, qui s’émeut : "La police est là pour protéger et non humilier nos concitoyens".

 

Face à eux, une presse qui non-informe, un peu à la manière de ce qu’elle fait au sujet du conflit israélo-palestinien. Elle a autant de manque d’égards et de non-curiosité à propos des forces de l’ordre françaises que des soldats de Tsahal. Elle les juge avant la justice et dissimule les faits susceptibles d’expliquer leur comportement.

 

Cette presse de l’Intifada, de même que les personnalités politiques qui ne cherchent plus qu’à plaire aux électeurs de confession musulmane à tout prix, en viennent à ignorer la fonction même de la police : elle ne consiste pas à protéger les vendeurs de drogue mais principalement à maintenir l’ordre, ce qui est une véritable gageure dans certaines portions du territoire comme dans la Cité des 3 000 à Aulnay. Et c’est en maintenant l’ordre, qu’elle protège l’ensemble de nos concitoyens, et uniquement de cette manière.

 

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Certes, mais de quelle justice parlent-elles ?

 

J’ignore bien sûr si, comme les en accuse la rumeur publique, des policiers ont violé un habitant de cette cité âgé de 22 ans, et s’ils l’ont fait, ils doivent être condamnés par la justice sans le moindre état d’âme. Mais de toute façon, il n’existe pas de cause à effet entre l’éventuelle responsabilité des gardiens de la paix et l’innocence, voire l’héroïsme du jeune homme en question.

 

Nous connaissons d’autres éléments factuels qui sont soigneusement ostracisés ou déformés par nos confrères journalistes français, et que l’opinion publique doit partager pour être en mesure de se faire une idée équilibrée de cette affaire.

 

A commencer par les circonstances de l’interpellation qui s’est déroulée jeudi passé ; vers 17 heures, ce jour-là, les policiers ne se sont pas livrés à un contrôle d’identité de routine, loin s’en faut. Ils intervenaient dans un quartier régi par les marchands de drogue, dans lequel tout représentant de l’Etat qui tente de se mesurer à eux risque sa vie. Car ce qui n’a pas été dit est que la Cité des 3 000, de son vrai nom, la "Rose des vents", avec ses HLM aux formes géométriques conçus dans les années 70, abrite plus de 20 000 personnes et constitue, sans l’ombre d’un doute sensé, l’un de ces fameux territoires perdus de la République.

 

Les policiers tentaient un coup de filet contre des gros bonnets du trafic de stupéfiants à l’occasion d’une opération surprise. Preuve en est qu’ils étaient venus munis de gaz lacrymogènes, dont ils ont d’ailleurs eu à se servir pour se dégager.

 

Lors de leur action, ils se sont rapidement rendu compte que les "guetteurs", désormais disséminés aux alentours de tous les points de vente de came, ont averti les dealers de l’arrivée de la maréchaussée en émettant des signaux bien connus des forces de l’ordre. Dès ce moment, tous les acteurs du commerce de la drogue opérèrent un retrait rapide vers des positions préparées à l’avance depuis lesquelles ils ont menacé et filmé les fonctionnaires.

 

Tous, sauf un, dont la fonction était, très probablement, de ralentir les policiers afin de permettre aux vendeurs de récupérer leur marchandise et de prendre la poudre d’escampette. Ceci éclaire l’acharnement des quatre hommes – sans l’excuser aucunement - aujourd’hui inculpés, contre l’individu qui a fait capoter leur plan.

 

Le jeune homme s’est ainsi débattu de toutes ses forces, même au sol, jusqu’à en perdre son pantalon, contre les représentants de l’Etat qui le traitaient il est vrai sans le moindre ménagement. Sur les images filmées par des témoins de la scène, on distingue que l’homme est ensuite menotté et poussé dans un véhicule de police pour être emmené au commissariat. A son arrivée, constatant qu’il saigne au niveau des fesses, il est transporté par les pompiers à l’hôpital Robert Ballanger, où un médecin diagnostiquera une "déchirure de l’anus sur 10cm".

 

Dimanche soir, l’un des quatre policiers est mis en examen pour viol, et trois de ses confrères, pour violences volontaires. Dimanche matin, pourtant, le parquet de Bobigny, après une enquête préliminaire, avait requalifié les faits de "viol en réunion" en "violences volontaires". Sur les vidéos, on voit en effet un policier asséner au jeune homme un coup de matraque télescopique horizontal au niveau des fesses. Les mêmes vidéos montrent que son pantalon a glissé durant la bagarre, écartant de la sorte une éventuelle intention sexuelle de la part des policiers.

 

Dès jeudi soir, le parquet avait confié l’enquête à l'Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN). L’accusation de viol émane de Théo, le jeune homme de 22 ans, qui prétend qu’on lui a intentionnellement enfoncé une matraque dans l’anus lors de son interpellation sur la voie publique.

Pour sa part, le secrétaire général adjoint du syndicat Alliance de la Police Nationale, Frédéric Lagache, rappelle à juste titre qu’ "autant dans les conclusions de l'IGPN que dans celles du parquet, il n'y aurait pas eu une intention de viol contre cette personne. A aucun moment, nos collègues n'ont eu une intention de commettre ce crime, parce qu'un viol c'est un crime".

 

Pour en avoir le cœur net, j’ai questionné indépendamment deux chirurgiens spécialisés dans les traumatismes pour leur demander, sans mentionner l’affaire d’Aulnay, si un coup de matraque sur une personne nue pouvait occasionner une déchirure de 10cm au niveau de l’anus sans qu’il y ait eu pénétration. Les deux m’ont répondu sans hésitation par l’affirmative, et les deux ont précisé qu’un examen approfondi de la blessure révélerait à coup sûr si elle a été occasionnée par une pénétration ou par un coup porté horizontalement, les caractéristiques des deux types de blessures étant différentes. Depuis, l’anus de Théo a été recousu et les enquêteurs connaissent sans doute la réponse à ce questionnement.

 

Frédéric Lagache espère, de plus, "que le juge n'a pas pris cette décision [les mises en examen, dimanche soir] au regard de tout ce déferlement médiatique qui a fait qu'il a subi une pression pour mettre en examen ce collègue pour viol".

 

En fait, il ne s’agit pas uniquement d’un déferlement médiatique et des accusations de plusieurs personnalités politiques visant les fonctionnaires. Ce que le délégué syndical et les media français passent sous silence ou amenuisent considérablement, ce sont les émeutes qui secouent Aulnay-sous-Bois depuis samedi dernier.

 

Ces émeutes sont d’une violence inouïe qui inclut l’utilisation d’armes de guerre. La compagnie de CRS appelée en renfort a ainsi essuyé des tirs tendus de mortier, un type d’arme plus fréquemment utilisé par le Hamas à Gaza qu’en banlieue parisienne. Suite à ces tirs, cinq personnes ont été appréhendées.

 

Des bandes ont également saboté l’approvisionnement électrique de la cité, qui a été plongée dans l’obscurité une bonne partie de la nuit de samedi à dimanche. D’autre part, de nombreuses voitures ont été incendiées – et non pas une seule comme rapporté par les media franciliens -, plusieurs abribus ont été pulvérisés et un bus partiellement ravagé par le feu.

 

Présente la plupart du temps sur place, j’ai pu constater, d’une part, que certaines rues ressemblent à un champ de bataille, et d’autre part, que les émeutiers agissent de façon parfaitement organisée et synchronisée, les attaques contre les forces de l’ordre étant brèves, mais d’une violence extraordinaire et parfaitement ciblées.

 

Il ne fait aucun doute dans mon esprit que ces désordres sont largement plus significatifs et préoccupants que le possible débordement d’officiers de police sur un individu lors d’une opération anti-drogue.

 

Reste que l’establishment français fait bloc et prend le plus grand soin à ne pas fustiger les fauteurs de troubles. Je suis en particulier incrédule face aux propos de Rama Yade, totalement déconnectée de la réalité de la banlieue de ce début de 2017. Ses propos que j’ai déjà cités, "C'est toute la jeunesse des quartiers populaires que la police a humiliée par cet acte infâme. Qu'est-ce que c'est que la République pour ces jeunes qui subissent l'humiliation de la part de ceux qui devraient les protéger ?", représentent à la fois une dangerosité inconsciente, une justification des actes d’agression contre les fonctionnaires de l’Etat, un encouragement à la violence, et un jugement – acte infâme – qui est tout sauf avéré et qui devrait rester l’apanage de la justice après une enquête méticuleuse.

 

En quoi "toute la jeunesse des quartiers populaires" a-t-elle été "humiliée" parce que des policiers ont courageusement tenté de faire leur métier en combattant les trafiquants de drogue ?

 

Nous sommes en pleine philologie des racailles, dont le but est de pérenniser leur emprise sur ces quartiers et de continuer à tenir leur population en otage. Si c’était sa voiture qui avait été incendiée, Madame Yade saisirait immédiatement ce dont je parle.

 

C’est bien entendu gravissime. Cela entraîne naturellement la démotivation dans les rangs des policiers avec lesquels je me suis entretenue ces derniers jours ; ils ne saisissent pas pourquoi ils sont ainsi jetés aux gémonies par une presse quasi-unanime. Un officier désabusé m’a ainsi confié : "Ils ne pigent pas la signification de l’utilisation des mortiers contre nous, et ils se forcent à ignorer que ces banlieues dissimulent des arsenaux très fournis en armes de guerre". Un autre ajoutant : "Ils ne s’en émeuvent que lorsqu’elles leur pètent à la gueule, lorsque des individus issus de ces pépinières de terroristes traversent le Périphe. C’est la France qu’ils combattent.".

 

C’est à ce moment que je m’aperçois que je suis adossée à un muret qui porte l’inscription "Viv (sic) Mohamed Merah !" en rouge, au milieu d’un tas d’autres graffitis en arabe.

 

Ces évènements et ce que j’apprends dans ma fréquentation des banlieues me fait penser que nous sommes en train de passer de la démocratie à la gestion des intérêts publics par la rue. Je partage l’inquiétude du délégué du syndicat de police quant à la décision des juges, car il n’y a, dans le dossier et en l’état, aucun élément permettant une mise en examen pour viol. La thèse selon laquelle ces quatre policiers sont utilisés comme boucs émissaires pour tenter d’apaiser les voyous me semble plus plausible en vertu de ce que je sais.

 

C’est le contraire qui va arriver. Ces gangsters sont pleins d’enthousiasme, d’idées et d’énergie ; ils rayonnent face à un système politique malade, et ils fêtent la décision du juge, la posture de la presse et les déclarations des hommes politiques comme autant de victoires. Nous sommes dans la ligne de Benoît Hamon qui les plaint, et je n’ose imaginer ce qu’il adviendra s’il passe.

 

Les gouvernants privés d’épine dorsale qui se laissent dicter leur conduite par des gens qui piétinent la loi, voilà qui me fait penser aux articles de Juffa et d’[Ilan] Tsadik à propos des évènements d’Amona, très loin d’ici. Et ce ne sont probablement pas les seules ressemblances entre la France et Israël.

 

 
Alain Finkielkraut, un intellectuel à la française (info # 012901/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 29 janvier 2017

 

Par Guy Millière

 

Je déteste critiquer quiconque prétend soutenir Israël et défendre la civilisation occidentale ; il est toutefois des cas où cela me semble, hélas, nécessaire. J’ai pu apprécier autrefois des livres écrits par Alain Finkielkraut et défendre ses positions lorsqu’il a été attaqué par des antisémites et des « antisionistes ». J’ai participé à des réunions publiques lors desquelles il a été applaudi pour son courage.

 

J’ai beaucoup moins apprécié sa participation à ce sous-produit lamentable du groupe d’influence américain J Street appelé J Call. Un organisme qui prétend défendre Israël tout en adoptant des positions anti-israéliennes ; mais je n’avais fait aucun commentaire sur l’homme, je me suis contenté de critiquer J Call et d’affirmer que c’est une imposture.

 

Ces derniers temps, Alain Finkielkraut est allé beaucoup plus loin dans sa démarche et a pris des positions qui me semblent difficilement défendables. Avec des soutiens comme lui, Israël n’a pas besoin d’ennemis, et avec des défenseurs de son acabit, la civilisation occidentale fait face à un grand péril.

 

S’être fait des illusions sur Barack Obama au début de sa présidence était excusable, garder ces illusions alors que, quittant la Maison Blanche, Obama jette le masque ne l’est plus à mes yeux.

 

Défendre la résolution 2334 des Nations Unies, qui mérite de figurer parmi les résolutions les plus abjectes votées au Conseil de Sécurité, et qui place la vieille ville de Jérusalem, le Mont du Temple et le Mur occidental dans les « territoires palestiniens occupés » équivaut à se faire complice d’une falsification de l’histoire dont la finalité est de délégitimer Israël, le judaïsme et le peuple juif. Et ce type de complicité doit être dénoncé, c’est ce que je fais ici.

 

Tomber en pamoison devant un discours de John Kerry soutenant la résolution susdite et dénonçant toute présence juive en Judée-Samarie équivaut à soutenir l’idée d’une épuration ethnique antijuive, puisque la dénonciation prononcée par John Kerry est le pendant direct de la demande de l’Autorité Palestinienne, qui veut une Judée-Samarie sans Juifs. Ce type de soutien doit être dénoncé. Je le fais ici.

 

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Alain Finkielkraut : la Ména avait toujours pris son parti

 

Alors que Donald Trump s’installe à la Maison Blanche et sera sans aucun doute le plus grand ami d’Israël à avoir jamais occupé le Bureau ovale, Alain Finkielkraut s’inquiète pour la pérennité de la solution à deux Etats. Il semble n’avoir toujours pas compris que Mahmoud Abbas et ceux qui l’entourent n’ont jamais voulu d’un Etat palestinien vivant en paix à côté de l’Etat d’Israël, mais ont toujours œuvré à la destruction du seul Etat juif sur Terre.

 

Que des diplomates et des politiciens antisémites fassent comme s’ils ne comprenaient pas cette dynamique est explicable, car ce sont des diplomates et des politiciens antisémites. Que des gens d’une intelligence moyenne ou très peu informés ne comprennent pas est également explicable, car ce sont des gens d’une intelligence moyenne et très peu informés ; ils sont particulièrement excusables s’ils vivent en France et sont abreuvés quotidiennement pas des discours biaisés gommant les dimensions intrinsèquement criminelles de la « cause palestinienne ». Mais qu’un homme intelligent, cultivé, et disposant de tous les moyens de s’informer ne comprenne pas me semble impossible.

 

Ce qu’Alain Finkielkraut a dit récemment, particulièrement à propos de Donald Trump, vient confirmer mon hypothèse : Alain Finkielkraut ne lit que ce qui ne vient pas perturber ses préjugés.

 

Car penser que Donald Trump ne connait rien à rien est d’une arrogance méprisante et, partant, méprisable, et implique de ne jamais avoir écouté un entretien avec lui, sinon après que l’entretien a été réduit à l’état de confetti par un journaliste débile et malveillant.

 

Réduire un entrepreneur qui a créé des milliers d’emplois sur les cinq continents au fait que ses baignoires ont des robinets en or équivaut à raisonner comme un pigiste écrivant pour Gala, Voici ou Ici Paris.

 

Opposer la révolution américaine au rêve américain tel qu’actuellement incarné par Donald Trump implique de n’avoir rien compris à la révolution américaine et au rêve américain, et de n’avoir rien compris, surtout, à l’immense élan qui a porté Donald Trump à la Maison Blanche.

 

Cet élan ne venait pas de gens qui rêvaient d’avoir des robinets en or ou de gagner la finale de "The Apprentice1", l’apprenti. Il venait de gens qui voulaient et veulent toujours que l’esprit de la révolution américaine, qu’Obama a foulé aux pieds, puisse rester vivant, et que les Etats-Unis restent ce qu’Abraham Lincoln avait défini comme « le dernier meilleur espoir sur Terre ».

 

Il venait de gens qui veulent une économie dynamique et le respect des valeurs fondamentales qui ont fait des Etats-Unis ce qu’ils sont. Alain Finkielkraut ne connait probablement pas les Etats-Unis, ou il n’en connait que ce qu’en connaissent ceux qui se rendent à Manhattan, à Washington DC ou à San Francisco, mais qui ne rencontreront jamais les gens du peuple, qu’au fond d’eux, ils trouvent stupides et infréquentables.

 

En cela, Alain Finkielkraut est un intellectuel à la française du début du vingt-et-unième siècle, donc un intellectuel vivant à une époque où la France est en pleine déchéance et touchée au plus profond par la « défaite de la pensée ».


 

 

Note :

 

1 "The Apprentice" est une émission de télé-réalité apparue aux États-Unis sur la chaîne NBC. Au centre de l'émission, une célébrité du monde des affaires - Donald Trump dans la première version de l’émission -, fait passer un entretien d'embauche, constitué d'épreuves concrètes, à plusieurs postulants. Elle les élimine un par un pour enfin proposer au gagnant un poste très bien rémunéré au sein de son entreprise. D’autres versions de cette émission existent également en France et au Royaume-Uni.

 

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Israël : les missiles qui changent tout ! (012701/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 27 janvier 2017