Le calme avant la tempête (032503/19) Version imprimable
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lundi, 25 mars 2019

 

© Metula News Agency

 

Dernières minutes : l’opération

 

 

de Tsahal

 

 

à Gaza a débuté (officiel 17h44)

 

Métula, 17h40, 16h40 à Paris

 

Ilan Tsadik rapporte depuis Sdérot :

 

Les autorités civiles ont annoncé il y a une heure et demie aux populations civiles de toutes les communautés du sud d’Israël qu’on allait sous peu entendre de violentes explosions marquant le début de l’opération de Tsahal.

 

Les habitants sont invités à obéir aux injonctions de la Défense passive et à s’attendre également à des ripostes de l’ennemi.

 

A noter que ces injonctions ne viennent pas de l’Armée mais des conseils municipaux et régionaux. Ceci dit, il est peu probable que les autorités civiles auraient procédé à ces annonces de leur propre initiative et toutes au même moment.

 

Interrogé par la Ména, un responsable a indiqué que ces annonces ont pour but que les habitants ne soient pas surpris par les événements à venir.

 

Les abris publics ont été ouverts dans tout le secteur, y compris à Ashkelon et Beersheva.

 

Toutes les batteries du Dôme de fer et de la Fronde de David disponibles ont été déployées.

 

Le service du train reliant le centre du pays à Sdérot, Nétivot et au sud du Néguev en passant à proximité de la barrière de sécurité avec Gaza a été interrompu.

 

 

Sami el Soudi rapporte à proximité immédiate de la frontière avec Gaza :

 

Après nous être entretenus avec plusieurs habitants de Gaza, nous confirmons que, depuis ce matin, les miliciens du Hamas sont "devenus invisibles".

 

Ils ont abandonné toutes leurs positions, de crainte des représailles israéliennes et ont embarqué avec eux le matériel de valeur et les ordinateurs.

 

La circulation dans la Bande est réduite au strict minimum.

 

 

L’analyse de Jean Tsadik à Métula :

 

Si Tsahal déclenche une opération contre le Hamas, elle doit impérativement être décisive.

 

Toute autre option provoquerait des milliers de tirs de roquettes sur les villes et villages israéliens dans le sud ET dans le centre du pays et dégénérerait en une guerre généralisée avec Gaza.

 

Faute de prévoir des frappes de nature à faire taire les lanceurs de roquettes djihadistes, il est préférable de ne pas déclencher d’opération militaire.

 

Nous pensons que l’état-major est conscient de ces impératifs et les prend en compte dans ses décisions.

 

Tsahal dispose de nouvelles armes qu’il n’a pas encore utilisées et qui ne manqueraient pas de surprendre ses ennemis.

 

 

 
Bruxelles-Métula du 25 mars 2019 (022503/19) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 25 mars 2019

 

Après le tir d’une roquette Fadjer de Gaza qui a blessé sept personnes dans un village au nord de Tel-Aviv, une confrontation majeure entre l’Armée israélienne et le Hamas est inévitable.

 

Ce n’est qu’une question de temps, Tsahal amasse des troupes, des chars et des canons autour de l’enclave palestinienne, les miliciens ont abandonné leurs postes pour se mettre à l’abri. Tous les rassemblements dans le sud d’Israël ont été interdits et les évènements publics annulés.

 

Tous les reporters, rédacteurs et analystes de la Ména en Israël et dans le territoire de l’Autorité Palestinienne sont mobilisés.

 

L’analyse complète et originale de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko sur Radio Judaïca.

 

Sur Youtube :

https://youtu.be/R4ryWiIjzYw

Sur Radio Judaica :

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/389494805216814/?t=2

 
Alléluia : Eran Zahavi 4 – Autriche 2 (012503/19) Version imprimable
Sport
dimanche, 24 mars 2019

 

Par Ilan Tsadik à Haïfa

           

Cela avait pourtant très mal commencé pour la Nivkhéret (la sélection) dans ce second match comptant pour les qualifications à l’Euro 2020. Le premier, ici même, s’était soldé jeudi dernier par un partage des points qui n’avait rien de glorieux face à la Slovénie (1-1).

 

Ici, c’est ce magnifique stade Sammy Ofer d’Haïfa, le plus beau du pays, où à peine plus de la moitié des 30 000 sièges étaient occupés – les Israéliens adorent le foot mais ils se demandent encore s’ils ont une équipe nationale qui vaut que l’on vienne la voir – ce sont les invités qui ont tiré les premiers. A la 8ème minute déjà, succession de passes entre Baumgartlinger et Lazaro, qui alerte Zulj, le joueur d’Anderlecht, qui glisse à son tour à Marko Arnautovic, le milieu offensif de West Ham laissé absolument seul par la défense des Hébreux au point de pénalty. Le colosse d’un mètre quatre-vingt-douze conserve son sang-froid et place le ballon hors de portée du gardien Ariel Harush qui n’avait pas encore touché le cuir avant d’aller le chercher au fond de ses filets.

 

Les Autrichiens se disent alors que la belle soirée printanière va leur être agréable, la suite va leur prouver que non. Le 5-0 de Ramat-Gan en 1999 comptant pour l’Euro 2000 remporté par la France, avec les deux réussites de Berkovic et le chef d’œuvre de Revivo appartiennent à l’histoire, la sélection israélienne de 2019 n’est plus que l’ombre de son passé.

 

Pourtant, la tension est grande sur la pelouse. D’abord, parce que les hôtes ressentent encore douloureusement leur défaite de la semaine dernière à Vienne, en match d’ouverture contre la Pologne (0-1), et parce qu’une nouvelle défaite leur est absolument interdite s’ils entendent tenir leur rôle de favoris dans ce groupe G.

 

Ensuite et surtout, parce que sur la ligne de touche se déroule un curieux face-à-face entre le coach des visiteurs, l’Allemand Franco Foda et l’entraîneur… autrichien d’Israël, Andy Herzog, véritable héros du foot dans son pays, comptant toujours le plus grand nombre d’apparitions sous le maillot national (103).

 

Les deux hommes se sont copieusement chambrés durant les jours qui ont précédé la rencontre, et Herzog entend bien montrer à ses compatriotes qu’ils ont eu tort de choisir un mentor étranger à sa place. L’ex-butteur hors normes a aussi très "autrichianisé" les cardes de la Nivkhéret, se faisant entourer de plusieurs concitoyens, notamment de Willi Ruttensteiner au poste de directeur sportif de l’Association israélienne de football (IFA). Mais surtout, Herzog s’est assuré les services d’un "coach mental", en la personne de Markus Rogan, qui fut le meilleur nageur autrichien de tous les temps, remportant deux médailles d’argent en dos aux JO d’Athènes (2004) et détenteur de plusieurs records du monde en son temps et dans sa discipline. Pour ne rien retrancher à la carrière de ce préparateur psychologique, il s’est converti au judaïsme avant d’épouser la très belle Leanne Cobb et de lui faire un enfant.

 

Cela donne envie de reparler de l’Hakoah Vienne [heb. : ha-koakh, la force], le premier vainqueur, en 1925, du championnat professionnel autrichien, après avoir été, deux ans auparavant, la première équipe continentale à battre une équipe professionnelle britannique, West Ham United, alors finaliste de la coupe d'Angleterre, sur le score sans appel de 5 à 0. Parfois l’histoire se mord la queue, ce n’est pas notre ami Arnautovic qui dira le contraire, même s’il ignore probablement cet épisode du club dans lequel il évolue.

 

Retour à la partie de ce soir après ces digressions para-sportives. Mais vous n’avez pas manqué grand-chose : les Autrichiens d’Autriche dominent, tandis que les Israéliens tentent timidement de lancer quelques incursions à proximité de la cage défendue par Heinz Lindner, habituellement le portier des Grasshoppers de Zurich.

 

Puis survint la 34ème minute qui allait tout changer : centre lumineux d’Eli Dassa, un Sabra de 26 ans d’origine éthiopienne, puis tête plongée anthologique d’Eran Zahavi. Lindner, en dépit d’un plongeon méritoire, ne peut que regarder le cuir lui échapper. Un scénario qui va se reproduire plusieurs fois impliquant les mêmes acteurs, mais pour le moment, c’est 1 à 1.

 

La moitié occupée du stade exulte. Les joueurs ont eu le mérite de continuer à y croire, sans doute les prémices du travail du mage Rogan !

 

A peine le temps de reprendre notre souffle, alors que les joueurs rouges multiplient les combinaisons méritoires mais stériles face à notre cerbère en grande forme, qu’à la 45ème minute, le capitaine de la Nivkhéret Bibras Natcho (prononcez Natkho s’il vous plaît !), membre de la minuscule minorité circassienne de Galilée, botte un coup franc ; le roi de la soirée, Eran Zahavi, s’extrait du paquet de joueurs et remet un coup de tête à Heinz Lindner qui n’y pouvait à nouveau rien : Israël 2, Autriche 1.

 

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Eran Zahavi, un brin satisfait peut-être ?

 

Zahavi, qui évolue bizarrement au Guangzhou R&F en Chine, mais qui s’y plaît beaucoup, est en train de donner le tournis à la charnière centrale adverse, composée de Martin Hinteregger qui fait les beaux jours d’Eintracht Frankfort en Bundesliga allemande, et d’Aleksandar Dragovic, qui officie dans le même et néanmoins prestigieux championnat au Bayer Leverkusen.  

 

Et ce n’est pas fini du tout, le plus beau but est à venir. Il arrive d’ailleurs à la 55ème, au retour des vestiaires : Zahavi-le-Chinois expédie en pleine course un missile des vingt mètres dans la lucarne de l’infortuné gardien, qui commence à se demander ce qu’il est venu faire à Haïfa : Eran Zahavi 3 – Autriche 1 ! Et encore, du "mauvais" pied, il est droitier, il l’a sans doute oublié et il a allumé du gauche. Vous verrez sûrement ce but à la télévision, c’est un grand moment du football. Un truc que ceux qui, comme moi, ont eu le privilège de le voir en live, raconteront à leurs petits-enfants et arrière-petits-enfants. La moitié vide du stade a eu tort.

 

Sous le coup de l’émotion, j’avais presque loupé la scène, mais au bord du terrain, comme l’écrit dans un style à peine dramatique Der Standard de Vienne : "Herzog applaudiert, applaudiert, applaudiert, Foda verfällt, verfällt, verfällt". Traduisez "verfällt" par défaille. Cela donne : Foda (l’entraîneur allemand des Autrichiens) défaille, défaille, défaille. Comment peut-on défaillir trois fois de suite ? C’est une autre histoire, demandez-le à Der Standard…

 

A la 66ème, la messe est dite (pliz, les orthodoxes, pas de procès en apostasie, c’est juste une façon de m’exprimer !). Zahavi – who else ? – qui se sent soudain l’esprit d’équipe, qui pense que trois c’est assez, quatre, c’est trop pour Heinz Lindner, et qui veut faire participer le Nazaréen Moanes Dabour (qui n’avait plus scoré depuis longtemps en équipe nationale), lui offre un caviar alors qu’il était en position de se faire re-marquer. Dabour effectue un contrôle en demi-volée et fusille le malheureux goal, qui ne pense qu’à rentrer chez lui au fin fond du Tyrol. Mais qui ne manque ni de courage ni de qualité et repousse l’envoi violent (les Arabes-israéliens n’ont pas l’autorisation d’utiliser des missiles) du natif de Nazareth dont d’autres originaire se sont par ailleurs distingués dans d’autres disciplines. Mais Moanes, têtu tel le frelon (Dabour signifie frelon tant en arabe qu’en hébreu), reprend lui-même le renvoi du Tyrolien et lui expédie une piqûre imparable, et surtout qui fait mal : Israël 4, les autres 1.

 

En fin de rencontre, Arnautovic réduira l’écart afin de le rendre plus décent, sur un but cocasse : un tir dévié par Ariel Harush qui rebondit sur l’attaquant autrichien lui permettant de signer un doublé malgré la défaite de son camp.

 

Les visiteurs n’ont par ailleurs jamais démérité et ils se sont octroyé plusieurs occasions de marquer durant la rencontre, dont une sauvée sur la ligne par un défenseur bleu et blanc. Ils ont aussi terminé le match en ayant tiré sept coups de coin contre aucun à la Nivkhéret.

 

Mais les Israéliens ont joué beaucoup plus verticalement, et ils avaient un certain Zahavi dans leurs rangs, en état de grâce, amen. Même qu’il aurait encore pu en inscrire un quatrième, l’un de ses tirs faisant frémir le poteau des buts adverses par son insupportable proximité, et un autre encore le heurtant violemment.

 

Zahavi a sans doute fait la différence, mais toute l’équipe a montré un beau visage et de la résilience. Surtout en seconde période pendant laquelle elle s’est fait plaisir et laissé paraître des promesses intéressantes en vue d’une éventuelle participation à l’Euro pour lequel Israël ne s’est jamais qualifié.

 

Il semble qu’Herzog et sa bande d’Autrichiens aient impulsé de nouvelles ambitions aux Hébreux en perte de vitesse durant ces dernières longues [interminables, oui ! Ndlr.] années de purgatoire. Puisse cette lueur se transformer en espoir. On en saura un peu plus le 7 juin en Lettonie et quelques jours plus tard en Pologne, un autre favori de la poule G. Mais dans le doute, réjouissons-nous du moment présent. Il nous permettra de passer les élections dans la joie et la légèreté.

 

Je cesse de vous entretenir, car je dois me dépêcher de rentrer à Sdérot, j’ai vu à la TV du bistro dans lequel j’ai rédigé mon article que ça chauffe à nouveau sur le pourtour de Gaza. Ballons incendiaires (un blessé léger à la main), émeutes violentes et riposte d’un char de Tsahal qui a anéanti deux postes d’observation du Hamas. La route du Néguev est longue, elle passe tout près de la frontière. J’espère bien que c’est le dernier article que je vais rédiger cette nuit. Drôle de pays.

 

 
Gaza, les objectifs de l’Iran, la riposte israélienne (info # 012403/19) Version imprimable
Analyse
dimanche, 24 mars 2019


Par Guy Millière

 

Voici une dizaine de jours, deux roquettes de conception iranienne Fajr M70 [l’aube] ont été tirées depuis Gaza en direction de Tel Aviv. Elles n’ont eu aucune conséquence destructrice. L’Armée israélienne a réagi en opérant une centaine de tirs ciblés sur le territoire de la bande de Gaza, sans faire de victimes parmi la population et les terroristes, et sans toucher les rampes de lancement des projectiles. Le gouvernement israélien a aussitôt été critiqué pour n’avoir pas procédé à une riposte plus sévère. Dans une période durant laquelle des élections vont avoir lieu, il est logique que des opposants au gouvernement fassent entendre leur voix et disent qu’ils feraient mieux à sa place.

 

J’aurais tendance à employer sur le sujet une vieille phrase très connue : la critique est aisée, mais l’art est difficile. Et l’art, en l’occurrence, implique de prendre en compte tous les éléments composant la situation.

 

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Une image de la riposte israélienne sur Gaza

 

Le Hamas, qui régit la bande de Gaza (mais ne la régit pas entièrement, car le Djihad islamique palestinien peut agir sans que le Hamas ait apparemment les moyens de l’en empêcher), obéit aux ordres de ceux qui le financent. Aujourd’hui, c’est essentiellement l’Iran et, secondairement, le Qatar. L’Iran a tout intérêt au présent à tenter d’attirer Israël vers une intervention plus lourde à Gaza aux fins qu’Israël se détourne de son objectif prioritaire immédiat, qui consiste à juguler la mainmise de l’Iran sur le territoire syrien, de manière directe ou par le biais du Hezbollah. L’Iran veut aussi, autant que possible, peser sur les élections israéliennes.

 

L’Iran (et le Qatar) voudraient, en supplément, changer la donne régionale et entraîner Israël vers une guerre plus étendue, de façon à ce que les négociations en cours entre les Etats-Unis, Israël, l’Egypte, l’Arabie Saoudite échouent, car, au cœur de ces négociations, il y a précisément l’endiguement de l’Iran et une modification profonde de la donne régionale.

 

La centaine de tirs effectués par l’Armée israélienne à Gaza a été une riposte proportionnée prenant en compte le fait que les deux roquettes tirées ont été soit interceptés, soit qu’elles sont tombées en terrain non habité et n’ont eu aucune conséquence destructrice. Le dôme de fer a montré depuis longtemps son efficacité et a montré aussi que les tirs vers Israël pouvaient être déjoués. La centaine de tirs a rappelé qu’Israël pouvait détruire l’intégralité de la bande de Gaza si telle était la décision du gouvernement israélien. Les tirs israéliens ont été précis. Ils ont touché des installations. Ils n’ont pas tué, car ils n’étaient pas destinés à tuer.

 

La riposte choisie a évité à Israël de se laisser prendre dans l’engrenage que l’Iran aurait voulu provoquer, et permet donc à Israël de rester tourné vers le danger essentiel, la mainmise de l’Iran sur le territoire syrien, et vers l’objectif diplomatique et stratégique lui-même essentiel, les négociations en cours.

 

Il ne fait aucun doute que le Hamas, tout comme le Djihad Islamique palestinien devront être mis hors d’état de nuire, et il ne fait aucun doute aussi que ce sera une priorité pour le gouvernement israélien dans un proche avenir. Il ne fait aucun doute non plus que nombre d’Israéliens souhaiteraient que la mise hors d’état de nuire se fasse beaucoup plus rapidement et de manière drastique. Je suis, en soi, sur cette longueur d’onde, et je souhaite moi-même la destruction totale et irrémédiable du Hamas et du Djihad Islamique palestinien. Mais les choses se feront de la façon dont le gouvernement israélien l’aura décidé et quand il l’aura décidé, et pas quand l’Iran (ou le Qatar) l’auront choisi. Les choses se feront sans hypothéquer le traitement du danger essentiel et l’objectif diplomatique et stratégique lui-même essentiel.

 

Le rôle de dirigeants lucides et responsables est de raisonner en regardant le moyen terme et de poursuivre les buts qu’ils se sont fixés sans en dévier.

 

Les déclarations des dirigeants égyptiens, rendues publiques, qui ont non seulement condamné les tirs du Hamas mais laissé entendre très clairement que si les tirs se reproduisaient (ni les dirigeants égyptiens ni les dirigeants israéliens ne prennent au sérieux, au-delà des formules diplomatiques, l’affirmation des dirigeants du Hamas disant que les tirs de roquettes en direction de Tel Aviv ont été effectués par erreur), l’Egypte ne désapprouverait pas une action de destruction intégrale du Hamas par l’Armée israélienne sont très significatives de ce qui se dessine pour le moyen terme.

 

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Gaza, les objectifs de l’Iran, la riposte israélienne (info # 012403/19) Version imprimable
Analyse
dimanche, 24 mars 2019

 

Par Guy Millière

 

Voici une dizaine de jours, deux roquettes de conception iranienne Fajr M70 [l’aube] ont été tirées depuis Gaza en direction de Tel Aviv. Elles n’ont eu aucune conséquence destructrice. L’Armée israélienne a réagi en opérant une centaine de tirs ciblés sur le territoire de la bande de Gaza, sans faire de victimes parmi la population et les terroristes, et sans toucher les rampes de lancement des projectiles. Le gouvernement israélien a aussitôt été critiqué pour n’avoir pas procédé à une riposte plus sévère. Dans une période durant laquelle des élections vont avoir lieu, il est logique que des opposants au gouvernement fassent entendre leur voix et disent qu’ils feraient mieux à sa place.

 

J’aurais tendance à employer sur le sujet une vieille phrase très connue : la critique est aisée, mais l’art est difficile. Et l’art, en l’occurrence, implique de prendre en compte tous les éléments composant la situation.

 

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Une image de la riposte israélienne sur Gaza

 

Le Hamas, qui régit la bande de Gaza (mais ne la régit pas entièrement, car le Djihad islamique palestinien peut agir sans que le Hamas ait apparemment les moyens de l’en empêcher), obéit aux ordres de ceux qui le financent. Aujourd’hui, c’est essentiellement l’Iran et, secondairement, le Qatar. L’Iran a tout intérêt au présent à tenter d’attirer Israël vers une intervention plus lourde à Gaza aux fins qu’Israël se détourne de son objectif prioritaire immédiat, qui consiste à juguler la mainmise de l’Iran sur le territoire syrien, de manière directe ou par le biais du Hezbollah. L’Iran veut aussi, autant que possible, peser sur les élections israéliennes.

 

L’Iran (et le Qatar) voudraient, en supplément, changer la donne régionale et entraîner Israël vers une guerre plus étendue, de façon à ce que les négociations en cours entre les Etats-Unis, Israël, l’Egypte, l’Arabie Saoudite échouent, car, au cœur de ces négociations, il y a précisément l’endiguement de l’Iran et une modification profonde de la donne régionale.

 

La centaine de tirs effectués par l’Armée israélienne à Gaza a été une riposte proportionnée prenant en compte le fait que les deux roquettes tirées ont été soit interceptés, soit qu’elles sont tombées en terrain non habité et n’ont eu aucune conséquence destructrice. Le dôme de fer a montré depuis longtemps son efficacité et a montré aussi que les tirs vers Israël pouvaient être déjoués. La centaine de tirs a rappelé qu’Israël pouvait détruire l’intégralité de la bande de Gaza si telle était la décision du gouvernement israélien. Les tirs israéliens ont été précis. Ils ont touché des installations. Ils n’ont pas tué, car ils n’étaient pas destinés à tuer.

 

La riposte choisie a évité à Israël de se laisser prendre dans l’engrenage que l’Iran aurait voulu provoquer, et permet donc à Israël de rester tourné vers le danger essentiel, la mainmise de l’Iran sur le territoire syrien, et vers l’objectif diplomatique et stratégique lui-même essentiel, les négociations en cours.

 

Il ne fait aucun doute que le Hamas, tout comme le Djihad Islamique palestinien devront être mis hors d’état de nuire, et il ne fait aucun doute aussi que ce sera une priorité pour le gouvernement israélien dans un proche avenir. Il ne fait aucun doute non plus que nombre d’Israéliens souhaiteraient que la mise hors d’état de nuire se fasse beaucoup plus rapidement et de manière drastique. Je suis, en soi, sur cette longueur d’onde, et je souhaite moi-même la destruction totale et irrémédiable du Hamas et du Djihad Islamique palestinien. Mais les choses se feront de la façon dont le gouvernement israélien l’aura décidé et quand il l’aura décidé, et pas quand l’Iran (ou le Qatar) l’auront choisi. Les choses se feront sans hypothéquer le traitement du danger essentiel et l’objectif diplomatique et stratégique lui-même essentiel.

 

Le rôle de dirigeants lucides et responsables est de raisonner en regardant le moyen terme et de poursuivre les buts qu’ils se sont fixés sans en dévier.

 

Les déclarations des dirigeants égyptiens, rendues publiques, qui ont non seulement condamné les tirs du Hamas mais laissé entendre très clairement que si les tirs se reproduisaient (ni les dirigeants égyptiens ni les dirigeants israéliens ne prennent au sérieux, au-delà des formules diplomatiques, l’affirmation des dirigeants du Hamas disant que les tirs de roquettes en direction de Tel Aviv ont été effectués par erreur), l’Egypte ne désapprouverait pas une action de destruction intégrale du Hamas par l’Armée israélienne sont très significatives de ce qui se dessine pour le moyen terme.


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LA PERSECUTION DES CHRETIENS AUJOURD’HUI DANS LE MONDE Version imprimable
Communiqué
vendredi, 22 mars 2019

 

Film-évènement de Raphaël Delpard

 

Historien – cinéaste – écrivain - rédacteur-sociétaire à la na

L’auteur des livres qui ont rétabli la vérité sur l’histoire de l’Occupation, notamment :

Les convois de la honte, l’enquête sur la SNCF et la déportation, Aux ordres de Vichy, l’enquête sur la police française, La conférence de la honte, Evian 1938, L’armée juive clandestine en France 1940 – 1945

 

"LA PERSECUTION DES CHRETIENS

 

AUJOURD’HUI  DANS LE MONDE"

 

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Raphaël Delpard explique les raisons qui l’ont amené à faire ce film :

"J’ai réalisé le film sur la persécution des chrétiens aujourd’hui dans le monde avec l’ambition de porter ce drame à la connaissance du plus grand nombre.

245 millions de femmes, d’hommes et d’enfants dans 73 pays sont chaque jour en bute aux pires maltraitances : bastonnades, lapidations, tortures en tous genres, viols, emprisonnement, discrimination, assassinats. Sur simple dénonciation, ils peuvent à tout moment être accusés de blasphème et cela dans le silence assourdissant des Etats et des Commissions des droits de l’homme que ce soit à l’ONU ou à l’Union européenne.

 

Je tiens à préciser que ma démarche ne relève pas du militantisme chrétien, je ne le suis pas, mais je suis révolté, que l’on puisse, au XXIème siècle, assassiner des populations en raison de leur foi".

 

 

 

 

Offre spéciale pour les lecteurs de

 

la na :

 

Recevez le DVD du film pour la somme de 14

 

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Il vous suffit d’envoyer un chèque de 14 euros

 

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De pathétique à ignoble (info # 011903/19) Version imprimable
Sport
mardi, 19 mars 2019

 

Par Francis Contamines

 

Beaucoup de lecteurs de la Ména, dont j’attends chaque jour impatiemment les analyses captivantes, s’étonneront de trouver mon article dans ces colonnes. Mais j’ai demandé à mon ami de cinquante ans Stéphane Juffa de pouvoir m’y exprimer, conscient de ce que l’agence de presse qu’il dirige est l’un des derniers havres de liberté absolue de la presse francophone de l’écrit.

 

Pardon, alors, pour mon intrusion aux habitués des questions de stratégie internationale et des évènements du Moyen-Orient si je traite aujourd’hui un sujet étranger à leur contexte d’intérêt habituel, s’agissant à la fois d’une actualité différente, qui, de plus, s’intéresse au… sport suisse. Pour ma défense, j’argumenterai que, par la faute du politiquement correct – je devrais plus précisément parler d’une chape de plomb -, de considérants économiques et d’une forme détestable de racisme linguistique, aucun media de mon pays n’accepterait de publier les lignes que vous allez lire. D’ailleurs, vous vous rendrez compte, en filigrane de mon récit, qu’il participe d’une réalité qui va bien au-delà du sport.

 

Trêve d’introduction : ce soir va se dérouler à Berne, la capitale helvétique, un match de hockey sur glace comptant pour le cinquième tour de la poule finale en vue de l’attribution du titre de champion national, autrement dit, les play-offs. La partie opposera le club germanophone local, le CP Berne, aux Romands du Genève-Servette Hockey Club (GSHC) ; les deux formations en sont à deux victoires partout dans cette compétition, qui verra la première équipe qui comptabilisera quatre succès dans la série se qualifier pour les demi-finales.  

 

Or ce soir, la rencontre sera privée de valeur sportive suite à des décisions arbitrales sans le moindre fondement, qui obligeront les gens du bout du lac à s’aligner avec plusieurs juniors dans le tour final de l’une des ligues les plus exigeantes de la Planète hockey.

 

A la place du coach ontarien du Genève-Servette, Chris Mc Sorley, au vu de la gravité de l’injustice, je pense que j’aurais déclaré forfait ou que je m’alignerais avec une équipe de hockeyeurs de douze ans d’âge afin de marquer mon indignation, tout en ne gâchant pas les chances de mes joueurs en vue de l’acte VI qui se déroulera à la patinoire des Vernets, dans la cité de Calvin.

 

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Chis Mc Sorley, le coach de Genève : pas dupe

 

En fait, les décisions extra-sportives visant à favoriser outrageusement les clubs alémaniques empoisonnent ce sport depuis de longues années déjà, privant parfois la meilleure équipe de décrocher les lauriers qui lui reviennent simplement parce qu’elle représente la zone francophone – la Romandie -, ou italophone, le Tessin.

 

En 2010, la finale des play-offs avait vu s’opposer le CP Berne et le GSHC, et elle s’était déjà vu entacher de plusieurs énormes malversations arbitrales qui avaient permis aux Bernois de s’imposer finalement 4 à 3 dans la série, sur sa patinoire (couverte) de la Bern Arena, qui peut accueillir 17 000 spectateurs et qui enregistre la moyenne d’affluence la plus élevée en Europe pour le hockey.

 

En Suisse, le ski et le hockey sur glace sont les deux disciplines qui présentent indiscutablement la plus grande qualité sportive, les hissant parmi les sommets de la hiérarchie mondiale.

 

Reste que d’autres clubs non-alémaniques font souvent les frais du favoritisme débridé tant au niveau des arbitres que des instances à forte majorité alémanique, comme ce fut par exemple le cas lors du dernier match décisif de la série opposant Zoug aux Tessinois de Lugano, lors de laquelle, à deux minutes de la fin de la prolongation, dans les instants fatidiques, les arbitres pénalisèrent un Luganais de deux minutes, alors qu’il n’avait commis strictement aucune faute.

 

Samedi dernier, en revanche, lors de l’acte IV disputé aux Vernets, deux Genevois ont été blessés au sang au visage par des coups de cannes de leurs adversaires, sous les yeux des arbitres, sans qu’aucune pénalité ne soit sifflée contre les fautifs. Ce, quand le règlement prévoit une expulsion automatique d’au moins deux minutes dans ce cas, l’équipe ainsi pénalisée se retrouvant en infériorité numérique sur la glace. Et à cinq contre quatre, ou même, parfois, cinq contre trois, l’opportunité d’inscrire un but est en moyenne de vingt pour cent lors de ces périodes spéciales.

 

Jusqu’à présent, les deux formations se sont imposées chacune à deux reprises à l’extérieur et ont perdu à la maison. Lors de la dernière victoire de Genève à Berne, jeudi dernier, un arbitre américain officiait parmi les quatre juges de jeu, et cela a largement contribué à garantir l’impartialité de la rencontre.

 

Mais si, à Berne, personne ne fut lésé par ce qui se déroula sur la glace, la commission arbitrale de la Ligue, qui juge après coup et à la vidéo les phases de match les plus litigieuses, et qui, dans les cas extrêmes, peut infliger à un joueur une amende et l’exclusion du prochain match, a transgressé toutes les lois du hockey au détriment évident de la formation lémanique.  

 

La Ligue, dirigée par des alémaniques, a décidé d’expulser deux renforts étrangers du GSHC qui n’avaient pas commis la moindre faute. Allant jusqu’au bout de l’iniquité, elle ne les a pas condamnés à un match de suspension en plein play-offs (la période décisive de la saison), mais à deux, assurant ainsi aux Bernois un très net avantage extra-sportif sur leurs adversaires.

 

Les exclus Daniel Winnik et Tommy Wingels sont les troisième et quatrième joueurs les plus importants de Genève, alors que le numéro deux est indisponible à cause d’une blessure aux muscles adducteurs (qui n’a rien à voir avec Berne). Ce qui fait que l’équipe de Mc Sorley se retrouve condamnée à disputer une partie ce soir, à cause de fautes imaginaires, au moment crucial de la saison, privée de trois des cinq joueurs de son bloc de parade (en hockey, les équipes alignent quatre blocs de 5 joueurs, également appelés lignes, qui se relaient sur la glace).

 

Autant dire que la capacité des Aigles (le surnom de Genève-Servette, celui de Berne est les Ours) pour tromper la vigilance de Leonardo Genoni, l’un des meilleurs gardiens de Suisse et du monde, s’en trouve très sérieusement – et pas par le fruit du hasard – altérée. Ce, d’autant plus que les meilleurs buteurs du championnat régulier pour GSHC, Jeremy Wick et Cody Almond, sont eux aussi indisponibles sur blessures jusqu’à la fin de la saison. Eh oui, le hockey est une activité dangereuse.

 

Dans le premier cas, la Ligue a reproché à Tommy Wingels, l'attaquant américain de Genève-Servette, une charge à la tête du Bernois Jan Mursak à la 10e minute de l'acte III du quart de finale, jeudi soir à la Bern Arena, remporté 3 à 2 par les Genevois au terme d’une double prolongation épique.

 

Plutôt que de vous soumettre mon analyse, certains pourraient légitimement imaginer que je m’exprime avec un parti-pris, je préfère céder la parole à Stéphane Rochette, le spécialiste québécois de l’arbitrage de la chaîne payante My Sport, qui diffuse les rencontres du championnat suisse de hockey. Rochette a, auparavant, officié treize ans durant comme arbitre dans ledit championnat : voir la vidéo.

 

Vous l’aurez entendu, la charge est correcte et ne mérite donc pas même une pénalité de deux minutes, encore moins, bien sûr, une pénalité de match, alors que l’exclusion de deux parties est essentiellement scandaleuse et, d’une façon qui ne peut être qu’indiscutable, sciemment décidée en vue de fausser le rapport de force sportif (et très serré) existant entre les deux formations. Pour être plus clair encore : afin de permettre à Berne de se qualifier pour les demi-finales.

 

J’ai demandé l’avis de pas moins de dix spécialistes reconnus du hockey sur glace pour vérifier l’analyse de Stéphane Rochette : neuf ont confirmé qu’il n’y avait pas de faute, le denier déclarant qu’on "aurait pu, à la limite, siffler deux minutes contre "Wingels" pour ne pas avoir contrôlé sa course".

 

Le second cas est plus flagrant encore [voir la vidéo]. Lors de la rencontre de samedi dernier à Genève, l’acte IV, c’est l’autre menace pour la qualification des Ours, le Canadien Daniel Winnik, qui a été banni pour deux matchs.

 

Contrairement à ce que l’on peut croire en regardant la vidéo, les Genevois jouent en grenat et les Bernois en jaune. Ce n’est donc pas Daniel Winnik qui commet l’agression caractérisée que l’on voit, mais c’est lui qui la subit. Le 92 jaune est Gaëtan Hass. On le voit plaquer violemment Winnik contre le plexiglas alors qu’il ne dispute pas le palet, lequel se trouve déjà à l’extrémité de la patinoire, mais cherche clairement à l’intimider voire à le blesser.

 

En hockey, cela implique une pénalité de 2 + 10 minutes, mais les arbitres vont l’ignorer. C’est au contraire l’agressé, Daniel Winnik, qui va se voir infliger deux matchs de suspension par la commission arbitrale, pour un croc-en-jambe inexistant. On distingue le joueur de Berne, Tristan Scherwey, arrivant de la gauche, tentant par obstruction de faire se télescoper les deux joueurs genevois. Au dernier moment, il trébuche sur la jambe de Winnik et se sort, de plus, de ce choc sans aucun mal.

 

De l’avis de mes dix consultants : il n’y a pas de faute, Winnik se contentant de lever la jambe et non de l’étendre devant lui pour faire trébucher son adversaire. Hass doit être envoyé en "prison", possiblement Scherwey pour deux minutes, mais en aucun cas le Canadien. De l’avis des experts, une suspension de match pour ce fait de jeu est inimaginable et, a fortiori, une double suspension participe d’une tentative de manifeste de fausser l’issue du quart de finale entre Berne et Genève.

 

Parlant de Tristan Scherwey, la "victime" du croc-en-jambe, souvent considéré comme un "voyou des patinoires", j’ai choisi de vous soumettre ce qu’il affirmait à son propre propos lors d’une interview donnée à un confrère il y a quelques années :

 

"Multirécidiviste en matière de mises en échec violentes, voire dangereuses, Tristan  Scherwey s’est construit une réputation de vilain garçon. "Surtout en Romandie car, par malheur,  j’ai souvent blessé des joueurs issus de la région francophone. Je comprends que certains ne me portent pas dans leur cœur, vu ma manière de jouer et mon passif (ndlr.: des provocations, des bagarres et des suspensions)".

 

 Scherwey ajoutait, si ce qui précède n’était pas suffisamment explicite :  

 

"J’avoue que je suis sans pitié, mais je ne me rends pas toujours compte de ce que je fais. Des fois, sur le moment, je charge, l’action se termine, et mon adversaire se retrouve couché au sol" [Extrait du quotidien vaudois 24 Heures].

 

Ce sont évidemment les déclarations d’un dangereux irresponsable, qui avait d’ailleurs provoqué une commotion cérébrale chez l’infortuné Gaëtan Augsburger, du Lausanne Hockey Club, une autre formation de la région francophone.

 

Tout cela serait sordide si ce n’était pas aussi regrettable. Les clubs et les joueurs investissent toute leur saison pour remporter le Graal que constitue le titre de champion. Et des millions aussi : 14 millions de francs suisses (12.3 mios d’euros) dans le cas de Genève, et environ 30 (26.5 mios d’euros), dans celui du CP Berne.

 

J’ai choisi la Ména car le quotidien genevois La Tribune de Genève appartient au groupe suisse alémanique Tamedia et n’est déjà plus conçu et rédigé à Genève, ville de 580 000 habitants. Or outre le fait que La Tribune n’est pas faite à Genève, que son niveau rédactionnel est innommable, que les articles sont bourrés de fautes de grammaire et de vocabulaire, que sa lecture en ligne est malgré tout payante, que le contenu est le même que celui de 24 Heures et du Matin, également propriétés de Tamedia, les problèmes dont je vous ai entretenu n’y ont pas droit de cité.

 

Même constatation pour la chaîne de télévision publique romande, RTS, où l’on évite soigneusement tous les sujets qui pourraient irriter ceux de l’autre côté de la barrière de röstis, Röstigraben en allemand. Il existe une sorte de déférence automatique des francophones pour les alémaniques, comme c’est le cas de nombreuses minorités francophones à l’égard des communautés pratiquant les autres langues des pays qu’elles partagent.

 

Il est vrai que les alémaniques sont 5.86 millions et les francophones 1.96 millions, quant aux 680 000 Tessinois, ils apprennent presque tous le suisse-allemand, non par plaisir mais par nécessité.  

 

Zurich, Berne et Bâle sont des géants de l’économie, qui concentrent jalousement tous les centres décisionnels et industriels à l’échelon national. Par comparaison, Fribourg, Lausanne et Genève sont des sympathiques villages. A Genève, les Suisses sont minoritaires face à la population immigrée qui les entretient. Pas les mêmes immigrés qu’en France ou dans le reste de l’Europe, ceux qui sont partis avec l’argent.

 

Lors, face à une telle disparité de moyens, qui, vous l’imaginez bien, se retrouve à tous les niveaux de la coexistence linguistique, si les tricheurs se sont payés les arbitres pour s’offrir, une fois de plus, le championnat de hockey, que voulez-vous que nous y fassions ?

 

La Suisse n’est pas un long fleuve tranquille, retenez la leçon. Et si Genève l’emporte ce soir à Berne, cela tiendra d’un miracle aussi considérable que la traversée de la mer Rouge à pied sec. Le coach n’a pas même les noms de quatre joueurs étrangers à inscrire sur la feuille de match, ce qui représente le nombre de renforts autorisé. L’injustice est amère. Lorsque s’y ajoute l’impossibilité d’en parler, elle devient nauséeuse.

 

 

 
Bruxelles-Métula du 18 mars 2019 (011803/19) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 18 mars 2019

 

Pourquoi a-t-on tiré des roquettes sur Tel-Aviv ?

 

Qui a lancé ces deux projectiles ?

 

Dans quel objectif ces fusées iraniennes Fajr M75 visaient-elles le centre de l’Etat hébreu ?

 

Pour quelle raison Tsahal s’est-il contenté de détruire des bâtiments vides lors de sa réplique ?

 

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Un Fajr M75, du type de ceux lancés jeudi sur Tel-Aviv

L’arme terroriste par excellence : viser une conurbation civile en vrac

 

L’analyse complète et originale de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko sur Radio Judaïca.

 

Sur Youtube :

https://www.youtube.com/watch?v=0VxuYNIBnvk

Sur Radio Judaica :

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/2093536374063359/?t=487

 

 

 
Le parti Démocrate est-il devenu un parti antisémite ? (info # 011703/19) Version imprimable
Analyse
dimanche, 17 mars 2019

 

Par Guy Millière

 

Bien des événements se sont déroulés sur la surface de la planète ces derniers jours. Même si ce n’est pas le plus commenté, l’un des plus essentiels et des plus lourds de signification s’est déroulé aux Etats-Unis.

 

Ce n’est pas le témoignage à rallonges de Michael Cohen, l’ancien avocat de Donald Trump, qui s’est révélé être un escroc et un être sordide, à qui les Démocrates ont fait débiter des insanités sur Donald Trump en lui promettant d’obtenir un aménagement de la peine de prison qu’il s’apprête à purger, non. Quand bien même le témoignage à rallonges de Michael Cohen a montré jusqu’à quel niveau cloacal les Démocrates pouvaient descendre pour diffamer Donald Trump et tenter d’engager une procédure d’empêchement [destitution] totalement infondée contre lui.

 

Ce n’est pas non plus l’annonce sans cesse reportée de la publication imminente du rapport rédigé par le procureur Robert Mueller sur la prétendue “collusion” entre Donald Trump et la Russie non plus. Chacun, sauf quelques fanatiques aveuglés par la haine et la lecture d’une presse qui a renoncé à informer, sait qu’il n’y a jamais eu de collusion entre Donald Trump et la Russie, que la base d’une enquête qui n’aurait jamais dû avoir lieu est un rapport frelaté et sans fondement rédigé par un ancien espion britannique sans scrupules pour le compte de la campagne présidentielle d’Hillary Clinton.

 

Le rapport du procureur Robert Mueller sera vide de toute accusation de collusion. Les Démocrates du Congrès en sont tellement persuadés qu’ils sont déjà passés à autre chose et ont choisi de redoubler d’efforts diffamatoires (d’où le témoignage à rallonges de Michael Cohen), et de mener une campagne de harcèlement stalinienne contre l’ensemble de la famille Trump, l’intégralité des entreprises qui font partie de la Trump Organization, les avocats de Donald Trump, et tous ses amis proches.

 

L’événement le plus essentiel et le plus lourd de signification a sans doute été le refus des Démocrates américains de condamner les propos antisémites à répétition d’Ilhan Omar, l’une des deux islamistes qu’ils ont fait entrer à la Chambre des représentants. Que le parti Démocrate ait accepté comme candidates deux islamistes (Ilhan Omar et Rashida Tlaib) est déjà extrêmement grave et très lourd de signification. Que non seulement il les ait fait entrer à la Chambre des représentants est extrêmement inquiétant. Mais qu’il leur ait permis d’accéder à des commissions importantes (la commission des Affaires Etrangères pour Ilhan Omar !) est plus inquiétant encore.  Qu’il ait renoncé à présenter une motion condamnant explicitement l’antisémitisme et les propos antisémites tenus par Ilhan Omar et ait fait voter à la place un vague texte condamnant toutes les haines est carrément scandaleux et montre que le parti Démocrate entérine les propos antisémites d’Ilhan Omar.

 

Aucun dirigeant du parti Démocrate n’a condamné ces propos en incriminant, même verbalement, Ilhan Omar. Nancy Pelosi s’est contentée de dire qu’Ilhan Omar avait beaucoup souffert et ne comprenait pas les normes culturelles américaines. Ilhan Omar est arrivée aux Etats-Unis en tant que réfugiée à l’âge de treize ans. Elle en a trente-sept aujourd’hui. En vingt-quatre ans de vie aux Etats-Unis elle semble avoir intégré, surtout, les normes culturelles islamiques, la haine des Juifs, d’Israël et des Etats-Unis. Rashida Tlaib ne vaut pas mieux. Plusieurs des candidats aux élections primaires Démocrates ont apporté leur soutien à Ilhan Omar et donc leur soutien à ses propos.  

 

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Nancy Pelosi soutenant Ilhan Omar, la représentante du Minnesota au Congrès des USA

Nancy Pelosi est la Démocrate qui préside la Chambre des représentants des États-Unis

 

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Une riposte à la Bibi (021503/19) Version imprimable
Analyse
vendredi, 15 mars 2019

 

Par Sami el Soudi

           

A partir d’une heure dix-huit la nuit dernière, l’Aviation israélienne a bombardé une centaine d’objectifs dans la bande de Gaza en représailles au tir de deux roquettes quelques heures plus tôt sur Tel-Aviv. Mais à nouveau, selon les injonctions de Binyamin Netanyahu, ces raids n’ont visé que des bâtiments vides et n’ont fait que deux blessés dans le camp des islamistes.

 

Il s’agit quelque part d’un exploit, car dans la densité de Gaza, il faut être diablement habile pour détruire autant de cibles sans faire la moindre victime. Depuis la dernière confrontation en novembre dernier, lorsque les terroristes djihadistes avaient lancé impunément en une seule nuit plus de 500 projectiles sur les kibboutzim du pourtour de leur enclave, les pilotes hébreux sont devenus les champions du monde de cette discipline.

 

Les ateliers de fabrication et d’assemblage des roquettes, disséminés dans toute la Bande, n’ont pas été visés par les appareils de l’Etat hébreu. Ils sont souvent construits sous des hôpitaux et des écoles, et Israël a décidé de ne pas prendre le risque de tuer des personnes en les anéantissant.

 

Plus "Bibi" encore : depuis ce matin, Tsahal annonce que les deux roquettes ayant atteint Tel-Aviv hier soir avaient été tirées par erreur alors que des miliciens effectuaient des travaux d’entretien sur ces engins. En fait, ce sont des Fajr-5 ou Fajr-M75 (75 indiquant leur portée en km) ; ces fusées de fabrication iranienne, démunies de système de guidage – ce sont donc des roquettes, non des missiles comme souvent mentionné par erreur – sont capables d’emporter une charge de 90kg d’explosif, ce qui occasionne des dégâts très importants si elles touchent une cible, de l’ordre de la destruction totale d’un immeuble.  

 

Naftali Bennett, pourtant ministre de l’Education et de la Diaspora en exercice dans le cabinet Netanyahu et co-leader de la Nouvelle Droite, a réagi à cette affirmation sur le ton de l’ironie : "J’ai une révélation à faire : pour que des missiles s’envolent vers Tel-Aviv, quelqu’un doit installer les rampes de lancement, quelqu’un doit orienter la rampe, et quelqu’un qui effectue toutes ces opérations n’a pas peur d’Israël et cela, c’est la vérité".

 

Ceux qui connaissent le mode opératoire de ces fusées ne peuvent que partager la constatation du ministre de l’Education israélien. Lequel a ajouté : "La réponse israélienne au tir de missiles (sic) sur Tel-Aviv est pathétique. Il faut dire la vérité, je ne peux pas même m’imaginer Poutine expliquant aux Russes, après un tir de missiles (sic) sur Moscou, que l’ennemi a fait cela par erreur".

 

Bennett a poursuivi sa charge contre Binyamin Netanyahu, déclarant : "Netanyahu est un bon Premier ministre et un habile politicien, mais en qualité de ministre de la Défense, il a mené une politique sécuritaire désastreuse face au Hamas et aux terroristes, au point qu’ils se moquent de nous. Le temps est venu d’adopter une conduite différente de 180 degrés. Il n’y a plus d’excuses, j’appelle le Premier ministre à conduire une opération convaincante face au Hamas, et s’il en est incapable, de confier le portefeuille de la Défense à quelqu’un d’autre afin que nous puissions mener la tâche à son terme".

 

J’ai choisi ces citations de N. Bennet car elles reflètent fidèlement la réaction prise dans sa véhémence de la classe politique israélienne à l’exception des partis arabes et de ceux de [la vraie. Ndlr.] gauche. Même au sein du Likoud, la contestation se fait de plus en plus bruyante.

 

Je maintiens quant à moi mes évaluations d’hier, à savoir que des miliciens du Hamas en désaccord avec les termes de la trêve qui était en train d’être mise en place par les médiateurs venus du Caire ont tiré les deux Fajr sur Tel-Aviv afin de mettre le feu aux poudres et de faire capoter les négociations.

 

Je maintiens également que ce qui dicte la conduite de M. Netanyahu est la nécessité selon lui de protéger l’existence du Hamas à Gaza, même au prix de bombardements sur les agglomérations du Néguev et de celui d’attaques visant le centre d’Israël. Son point de vue est que tant que le Hamas – et les factions djihadistes avec lui – dirigeront le califat côtier, personne ne pourra obliger Israël à accepter le concept d’un Etat palestinien s’étendant à la fois sur Gaza et la Cisjordanie.

 

Pour l’actuel Premier ministre hébreu, quelques semaines avant que les Etats-Unis ne dévoilent leur plan de paix, le maintien du Hamas à la tête du califat assurera que le destin de la bande côtière ne sera pas associé à celui du reste de l’entité palestinienne dans le cadre d’une proposition de règlement.  

 

Les miliciens islamistes, profitant des dispositions apaisantes du chef de l’exécutif israélien, ont lancé cette nuit et à l’aube quelques roquettes sur les communautés israéliennes avoisinantes ; certaines sont tombées sur le territoire de Gaza, l’une d’entre elles a explosé sur une école inutilisée durant la nuit, tandis que les habitants se trouvaient dans les abris, et toutes les autres ont été interceptées par le Dôme de fer.

 

Tsahal n’a pas répliqué à ces attaques. Les tirs ont cessé peu après 7h ce vendredi matin, un diplomate égyptien me confiant, sous le couvert de l’anonymat, que son pays était parvenu à faire accepter un cessez-le-feu à partir de 8h.

 

On assiste depuis à un retour extra-rapide à la normale, les écoles de Beersheva et du reste du Néguev ont ouvert leurs portes comme à l’accoutumée ce vendredi et toutes les manifestations publiques prévues ce weekend sont maintenues.

 

Le Hamas a pour sa part informé les habitants de Gaza que les émeutes traditionnelles du vendredi à la sortie des mosquées étaient annulées pour cette fin de semaine. C’est la première fois qu’elles n’auront pas lieu depuis bientôt un an. Des miliciens de l’organisation sont présents en nombre et en armes afin d’empêcher les gens de s’approcher de la frontière. S’il n’existait pas de compromis avec Israël, ils ne pourraient pas se mouvoir à découvert, à quelques centaines de mètres des canons de Tsahal.

 

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Il y a aussi des manifestations spontanées à Gaza

 

D’autre part, la journée d’hier (jeudi) Gaza a connu de violentes manifestations réunissant des milliers de personnes mécontentes de la politique du Hamas dans le califat et de l’instrumentalisation de leurs souffrances et de leur sacrifice dans la confrontation avec l’Etat hébreu.


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Roquettes du Hamas sur Tel-Aviv et réplique de Tsahal en cours (011503/19) Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 14 mars 2019

 

© Metula News Agency

 

Metula, 1h28, 0h28 à Paris (début du compte-rendu)

 

Tsahal attaque des "positions terroristes" depuis dix minutes à Gaza, c’est ce que vient d’annoncer le porte-parole de l’Armée israélienne quelques secondes après l’observation des frappes effectuée par Ilan Tsadik près de Sdérot.

 

Cette riposte fait suite aux tirs de plusieurs roquettes sur la région de Tel-Aviv à partir de Gaza aux environs de 21h10 locales.

 

On apprend à l’instant (1h34) que les sirènes d’alerte retentissent dans le Conseil régional d’Eshkol situé sur le pourtour de l’enclave palestinienne, ce qui laisse présager une nuit difficile, avec le risque d’un embrasement au Sud.

 

Préalablement, Tsahal, avait fait état lors de l’agression terroriste sur le Goush Dan, la grande région de Tel-Aviv, de deux roquettes non-interceptées par la Fronde David mais tombées dans des endroits inhabités sans faire de blessés.

 

Une fois n’est pas coutume, bien que nous ignorons le nombre exact de projectiles lancés depuis la bande côtière, nous nous permettons d'affirmer qu’au moins deux d’entre eux ont bien été interceptés par le système de protection antiaérien.

 

Nous basons notre assertion sur la vidéo filmée par des habitants de Tel-Aviv que nous reproduisons ici. On y distingue plusieurs missiles d’interception à la trajectoire typique de la Fronde David, qui poursuivent les roquettes et les interceptent en vol occasionnant deux explosions caractéristiques sur la nature desquelles nous nous permettons d’être formels.

 

Nous ne savons pas ce qui a occasionné l’annonce surprenante du porte-parole.

 

Au moment des tirs de roquettes, l’alerte a retenti dans les agglomérations du centre d’Israël et les habitants se sont rendus aux abris. Ils ont entendu une série de fortes détonations provenant sans doute des interceptions.

 

A noter que le match de Coupe d’Europe de basket opposant le Maccabi aux Turcs d’Anadolu Efès qui se déroulait au stade de Yad Eliahou, en plein centre de Tel-Aviv, n’a pas été interrompu. La partie a vu la victoire des visiteurs, interrompant ainsi une série de sept victoires consécutives des Télaviviens à domicile.

 

La population a été d’autant plus prise au dépourvu par les tirs de roquettes qu’ils sont intervenus alors qu’aucun combat n’avait lieu dans la zone de Gaza et qu’au contraire, des négociations intenses en vue d’une consolidation de la trêve se déroulaient ces derniers jours autour d’une active médiation égyptienne.

 

Suite à l’attaque sur Tel-Aviv, la délégation du Caire a quitté la bande côtière en prévision des représailles israéliennes. Durant toute la soirée, les Egyptiens ont toutefois tenté de préserver le calme en intervenant à Gaza et à Jérusalem.

 

Nous notons également que tant le Hamas que le Djihad Islamique ont publiquement nié être à l’origine des tirs, les responsables du Hamas ajoutant qu’ils poursuivraient les auteurs de cet acte.

 

Pour le chef de la Ména palestinienne, Sami el Soudi, les miliciens à l’origine de l’agression de ce soir sont sans doute des membres d’une faction du Hamas mécontents des termes de la trêve envisagés par la médiation égyptienne. Ce vendredi, la remise d’un nouveau versement qatari de 20 millions de dollars à Gaza était attendu avec l’approbation du gouvernement israélien, pour autant que le Hamas respecte les provisions de la trêve. Suite à la situation prévalant cette nuit, cette remise de fonds n’aura très vraisemblablement pas lieu. Pour el Soudi, il n’est plus possible de considérer le Hamas tel une organisation homogène depuis de nombreux mois et certains de ses éléments recherchent la confrontation à tout prix avec les Israéliens.

 

A Métula, nous avons la conviction absolue que l’état-major de Tsahal connaît avec précision l’identité des terroristes et, partant, l’exécutif hébreu aussi. Nous rappelons qu’il s’agit de terroristes, car ce sont des individus armés qui s’attaquent intentionnellement à des civils, et que notre narratif n’est basé sur aucune autre considération, le terme "terroriste" ne devant pas procéder d’un artifice de stigmatisation afin qu’il conserve son sens.

 

Les reporters de la Ména sont mobilisés afin de suivre le déroulement de la confrontation en cours. La question que nous nous posons consiste à savoir si le cabinet israélien se contentera d’une riposte symbolique dans le but d’éviter un embrasement, ou s’il ordonnera à l’Armée de frapper massivement les "terroristes de Gaza" en proportion de l’acte d’extrême gravité qu’ils ont commis jeudi soir.

 

Dès l’annonce des tirs sur le Goush Dan, les miliciens islamiques de Gaza ont tous délaissé leurs positions, et leurs dirigeants ont quitté leurs résidences pour se réfugier en lieu sûr.

 

A trois semaines des élections générales, les citoyens israéliens comprendraient mal un manque de fermeté de la part du Premier ministre Binyamin Netanyahu alors qu’une zone urbaine de près de cinq millions de ses compatriotes a été prise pour cible par les terroristes islamiques.

 

Ce, alors que tous les partis politiques ont exigé une riposte sévère à l’attaque sur Tel-Aviv. Les chefs du mouvement Bleu-Blanc, particulièrement Messieurs Yaïr Lapid et l’ancien chef d’état-major Gaby Ashkenazi ont critiqué l’attitude attentiste de M. Netanyahu et promis qu’ils adopteront une politique de fermeté lorsqu’ils seront aux affaires.

 

Mais les plus vives critiques émanent de la droite, notamment d’Avigdor Lieberman qui n’hésite pas à affirmer que l’argent du Qatar est une forme de racket payé au Hamas afin qu’il se tienne tranquille ; et que "même l’augmentation des sommes versées aux terroristes n’amènerait pas le calme. Au contraire, cela conduit à de nouvelles provocations", selon l’ancien ministre de la Défense de M. Netanyahu. Pour l’Union des partis de droite, "la politique de confinement (menée par M. Netanyahu) a été touchée par un missile sur le centre de Tel-Aviv. Enfin, pour Naftali Bennett, co-leader de la Nouvelle Droite, "le temps est venu de défaire le Hamas une fois pour toutes. Plus de tirs contre les dunes de sable sans causer de dommages à l’ennemi, mais le temps est venu de poursuivre sans compromis et de neutraliser systématiquement les leaders du Hamas".

 

Pendant la rédaction de cette breaking nous apprenons de la part du porte-parole de Tsahal que c’est le Hamas qui a tiré les roquettes sur le Goush Dan.

 

D’autre part, les roquettes tirées sur le Conseil régional d’Eshkol ont atterri sur le territoire de Gaza.

 

Les sirènes viennent de retentir dans les Conseils régionaux de Shaar Hanegev et  de Sdot Negev en bordure de l’enclave palestinienne.

 

Selon les observations que vient de nous transmettre Ilan Tsadik, l’essentiel des frappes de l’Armée israélienne visent actuellement le sud de la bande de Gaza.

 

Il est 3h04 à Métula et nous continuons à suivre l’évolution de la situation.

 

 
Bruxelles-Métula du 11 mars 2019 (011103/19) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
mardi, 12 mars 2019

 

La synthèse de Stéphane Juffa et de la Ména sur l’incident antisémite du carnaval d’Alost et ses conséquences en Belgique, sur la situation des Juifs belges et sur les relations entre Israël et la Belgique.

 

Les enseignements qu’il était nécessaire de tirer. Sans langue de bois, comme d’habitude.

 

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L’analyse complète et originale de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko sur Radio Judaïca.

 

Sur Youtube :

https://youtu.be/Laoa2By4Ido

Sur Radio Judaica :

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/1250968321727804/

 

 
La haine "antisioniste" est une haine antisémite (info # 011003/19) Version imprimable
Analyse
dimanche, 10 mars 2019

 

Par Guy Millière

 

Il existe des Juifs antisémites. Il en existe en Europe. J’en ai rencontré, et le moins que je puisse dire est qu’ils se sont mal conduits avec moi et, bien au-delà de moi, avec la communauté juive française. Il en existe aux Etats-Unis. L’un d’eux, Bernie Sanders, est à nouveau candidat à la présidence des Etats-Unis. Il se définit comme socialiste et “propalestinien”. Il vient d’apporter son soutien aux deux islamistes antisémites qui siègent à la Chambre des Représentants sur les bancs Démocrates.

 

Il y a en Europe des Juifs antisémites qui écrivent. Certains d’entre eux ont publié voici peu une pétition dans le journal de gauche Libération. La pétition ne se définit pas comme antisémite, cela va de soi (plus personne ne se dit antisémite en France, car cela tombe sous le coup de la loi). Elle se définit comme “antisioniste”, et ses auteurs sont donc “antisionistes”, comme Dieudonné M’bala M’bala ou Alain Soral.

 

Leur texte s’appelle “L’antisionisme est une opinion, pas un crime”, et ils tentent donc de faire passer une incitation criminelle à la haine pour une opinion. Avec des arguments comme les leurs, Les Protocoles des sages de Sion et ce qui paraissait dans le Sturmer de Julius Streicher relevait de l’opinion. Les rédacteurs des Protocoles des sages de Sion et ceux des articles publiés dans le Sturmer, après tout, n’ont pas commis directement de crime. Ils n’ont directement tué personne. Les “antisionistes” d’aujourd’hui non plus ne tuent personne.

 

Le problème est que les incitations à la haine conduisent les criminels à tuer. La trajectoire qui a conduit des Protocoles des Sages de Sion et des articles du Sturmer à Auschwitz est effroyablement claire.

 

La trajectoire qui mène de l’”antisionisme” aux volontés de destruction d’Israël, d’extermination de sa population juive et à la haine parfois meurtrière des Juifs ailleurs dans le monde est, hélas, tout aussi claire.

 

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Les auteurs de la pétition se réfugient sournoisement derrière le fait, qu’au début du vingtième siècle, une partie des Juifs étaient opposés au sionisme, ce qui est exact. Ils passent de là à la justification de l’ “antisionisme” contemporain, en oubliant un détail : le sionisme n’est plus un projet. L’Etat d’Israël existe, a été créé dans les suites du démantèlement de l’empire ottoman et il compte neuf millions d’habitants. Se dire “antisioniste” aujourd’hui est d’une autre nature qu’en 1900, c’est affirmer que l’Etat d’Israël n’a pas d’existence légitime et doit disparaître. Ce qui est la position des ayatollahs iraniens, du Hezbollah, du Hamas, des dirigeants de l’Autorité Palestinienne lorsqu’ils parlent arabe, et des dirigeants de tous les groupes djihadistes sur la Terre. Se dire “antisioniste” aujourd’hui, c’est dire, ce que fait le texte de la pétition, que l’existence d’Israël est un crime, que les Juifs israéliens sont criminels en tant Juifs israéliens, et que les Juifs qui ailleurs dans le monde soutiennent Israël (ou les non-juifs comme moi qui soutiennent eux aussi Israël) sont complices du crime.

 

Le vocabulaire employé par les auteurs de la pétition est celui que l’on trouve dans les brochures du Hamas, qui ne sont pas des pétitions. Il y est question de “colonisation”, de la “Palestine” et de ses habitants condamnés à l’exode et à la spoliation. C’est, pour quiconque connait l’histoire, un vocabulaire de falsification de l’histoire. Y sont niés les liens millénaires du peuple juif à la terre d’Israël. C’est donc un vocabulaire négationniste.

 

Il y est question d’une “extrême droite” israélienne, des exactions que les sionistes d’ ”extrême droite” sont censés “faire subir aux Palestiniens”. Il n’y est jamais question de terrorisme, d’assassinats barbares et abjects commis contre des Juifs par des Arabes fanatisés et eux aussi “antisionistes”. Dans la tradition des textes totalitaires et antisémites, les bourreaux sont décrits comme des victimes, et les victimes comme des bourreaux.

 

Dois-je l’ajouter ? Accoler les mots “extrême droite” à Israël a toujours été l’un des éléments du discours antisémite anti-israélien. Cela permet de dire en général un peu plus loin que l’Armée israélienne se conduit comme les nazis, et que les nazis après tout n’étaient pas si coupables. Cela permet d’écrire que lorsqu’une famille juive est massacrée en Judée-Samarie, c’était une famille de colons fascistes qui a bien mérité son sort et de décrire les massacreurs comme des libérateurs.


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Belgique : après l’insulte de quelques uns, le déshonneur de tous (info # 010903/19) Version imprimable
Analyse
samedi, 09 mars 2019

 

Par Bernardo Stenhof

(ambassadeur auprès des Nations Unies et au Conseil des droits de l’homme)

 

En Belgique, c'est légal. Stigmatiser spécifiquement une communauté nationale en la présentant comme l'amie des rats et ses membres comme des affameurs publics, c'est légal.

 

On se demande même de quoi les Juifs se plaignent "encore", à croire qu'ils en veulent au Carnaval et désirent déposséder la Belgique de l'une de ses plus importantes traditions culturelles.

 

L' "intention n'était pas méchante", souligne l'UNIA, "quand on examine la législation, il semble que tout soit resté dans les limites de la loi. Nous comprenons que certaines personnes se soient senties blessées mais l’intention n’était pas méchante".

 

L'UNIA est le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme. Parfois, l'antiracisme dans sa déclinaison belge peut surprendre. Car l'UNIA subjectivise le problème : ce ne sont pas les carnavalesques qui ont commis un acte antisémite caractérisé, mais les Juifs qui se sont sentis blessés. Et que peut la Justice face à l'hyper-sensibilité de "certaines personnes" ? Dont seuls six millions de parents ont été exterminés par un régime qui brandissait à leur encontre uniquement les mêmes motifs de haine qu’à Alost. Infondée, gratuite, encore sanglante, mais "pas méchante". 

 

Les Juifs sont décidément des gens curieux qui n'aiment pas apparaître tels des monstres vautrés sur les économies du peuple parmi leurs amis les rats ? Des gens qui n'appartiennent qu'à une seule communauté nationale spécifique et qui n'ont pourtant jamais volé un centime à personne.

 

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Un Juif belge et son ami le rat

 

Le quotidien Le Soir explique (heureusement parce que nous avions du mal à comprendre) : "Le char incriminé présentait deux mannequins affublés de stéréotypes juifs afin de railler le fait que le carnaval d’Alost était cette année contraint à l’économie".

 

On se félicite que personne n'ait coupé l'eau du stade municipal, ces cons auraient rouvert les chambres à gaz ! Le Soir est inconscient, antisémite, totalement stupide ou les trois à la fois. Dangereux en tout cas. Quelle est la relation entre les restrictions budgétaires du carnaval d'Alost et les Juifs ? Pour Le Soir, cela semble relever de l'évidence même, au point de faire l’économie de toute explication ! Cette causalité banalisée relève cependant du racisme à l'état natif.

 

Et si la Commission Européenne et même l’Unesco auxquelles, avant l’éclaircissement du Soir, les finesses de l’humour burlesque flamand avaient également échappé, ont condamné le plus fermement qu’elles pouvaient cet acte d’antisémitisme caractérisé, c’est sans doute qu’elles ne pipent rien au particularisme belge.

 

Ce particularisme qui fait qu’un petit monde entier d’intellectuels, de journalistes, de magistrats et de personnalités politiques et gouvernementales, mais aussi de citoyens lambda, cautionnent par leur silence pesant l’expression la plus sordide de haine des Juifs en 2019.

 

Ce minuscule modèle réduit de monde qui laisse les Juifs belges s’émouvoir seuls, et porter plainte seuls contre l’agression aux contours si terriblement primitifs qui les frappe.

 

Il y a péril en la demeure. Et le roi qui pourrait servir à quelque chose une fois en empêchant son royaume d'ajouter au malheur du monde est pris d'une extinction de voix.

 

Il y a décidément quelque chose de pourri au royaume de Belgique, se serait sans doute exclamé Hamlet devant un si misérable spectacle de démission générale.

 

 
Belgique : plus grave que le char nazi (010503/19) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 05 mars 2019

 

© Metula News Agency

 

Les organisations juives de Belgique condamnent la présence de DEUX chars antijuifs au carnaval d'Alost, reprenant les thèmes antisémites nationaux-socialistes les plus radicaux du 3ème Reich.

 

La Commission Européenne condamne fermement.

 

Mais pas Belga [l’agence de presse nationale belge], mais pas les media belges, qui se contentent de faire état des deux condamnations précédentes en montrant des photos de chars ou du carnaval qui n'ont rien d'antisémite, mais pas les associations citoyennes belges, mais pas le gouvernement belge, mais pas la police, mais pas le roi, ni aucun des principaux responsables politiques.

 

ILS N'ONT PAS D'OPINION !

 

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L’info telle que parue dans le grand quotidien Le Soir :

"Les organisations juives dénoncent des dérives antisémites au carnaval d’Alost

Elle dénonce [avec une faute d’accord. Ndlr.] la présence de marionnettes de juifs [Juifs avec une majuscule, il s’agit des membres d’un peuple. Ndlr.] au nez crochus [avec une seconde faute d’accord. Ndrl.] et aux coffres remplis d’argent"

 

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Dans La Libre, l’autre grand quotidien belge francophone :

"Représentations antisémites au carnaval d'Alost : la Commission européenne condamne" (Belga)

 

Tous les media israéliens condamnent, incrédules, le gouvernement israélien condamne.

 

C'est plus que regrettable, plus que représentatif d'une atmosphère putride, c'est infiniment grave et dangereux.

 

 

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La trahison des dirigeants français face aux djihadistes (info # 010303/19) Version imprimable
Analyse
dimanche, 03 mars 2019

 

Par Guy Millière

 

Le gouvernement français va, semble-t-il, renoncer à rapatrier tous les djihadistes qui ont rejoint l’Etat Islamique et qui ont été capturés. Une poignée d’entre eux a été livrée aux autorités irakiennes, et ceux-là seront jugés en Irak. Mais le gouvernement français a aussitôt fait savoir qu’ils ne devaient en aucun cas subir la peine de mort.

 

D’autres seront sans doute rapatriés et reviendront sur le territoire français. Christophe Castaner l’a dit voici quelques semaines : ils sont français. Ce qui signifie qu’aux yeux de Christophe Castaner (mais le reste du gouvernement, et Macron compris, pensent comme lui) : ils n’ont pas cessé d’être français en rejoignant l’Etat Islamique.

 

Les adultes passeront peut-être par la case prison avant de ressortir. Les enfants, eux, ne peuvent être emprisonnés, et, dira-t-on (dit-on déjà), ce sont des enfants.

 

L’idée de considérer que dès le moment où ils ont rejoint l’Etat Islamique, ces gens ont cessé d’être français, ce qui devrait avoir conduit depuis longtemps à les déchoir de leur nationalité, n’a, semble-il, qu’à peine effleuré l’esprit des dirigeants tricolores. Et, lorsque cela leur a effleuré l’esprit, cela a été pour les conduire à conclure qu’une déchéance de nationalité aurait été à la rigueur envisageable pour ceux qui ont une double nationalité (et encore a-t-on entendu, faudrait-il que le pays de leur autre nationalité les accepte), mais que, pour ceux qui n’ont que la nationalité française, une telle issue a toujours été impensable.

 

On va, dans les semaines à venir, entendre parler de “déradicalisation”, ce mot grotesque. Et on va faire comme si aucun problème majeur ne résultera de leur ““rapatriement””.

 

Il faut le dire dès lors : les dirigeants français se moquent de la population française.

 

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Fais du feu dans la cheminée, je reviens chez nous !

(Photo : Abou Maryam al Firanssi, anciennement Kevin Chassin)

 

Ils savent que les djihadistes qui vont rentrer en France sont de véritables bombes à retardement qui pourront exploser à n’importe quel moment. Ils savent que la “déradicalisation” est une imposture. Aller expliquer à des gens qui sont imprégnés de doctrine islamique que l’islam est une religion de paix est à même de rencontrer autant de succès que le geste consistant à uriner dans un violon en espérant obtenir une musique harmonieuse, à la différence que dans leur cas, il n’y a pas de violon mais des couteaux à peine secs servant à égorger.

 

Les dirigeants français savent ce qu’est l’islam et savent donc pertinemment que l’islam n’est pas une religion de paix.

 

Ils savent que les enfants de djihadistes (sauf, disons, les nourrissons) sont déjà islamisés et feront de bons petits djihadistes dans un futur assez proche.

 

Les membres du gouvernement vont donc sciemment ajouter des risques d’attentats aux risques d’attentats déjà existants et des risques très concrets de crimes aux risques de crimes déjà présents.

 

Ils vont aussi ajouter de l’antisémitisme islamique à l’antisémitisme islamique déjà très implanté en France, ce, tout en prétendant “lutter contre l’antisémitisme” (qu’ils ne combattent d’ores et déjà pas du tout).

 

Ils se rendent coupables de trahison aux dépens de leur devoir le plus élémentaire, qui est celui d’assurer la sécurité de leurs concitoyens. Il est vrai, je sais, que la présence d’un grand nombre de musulmans en France, la sur-délinquance qui en découle, le militantisme islamique qui s’y rattache, font que la France est déjà très nettement rongée de l’intérieur.

 

Personne n’accusera les dirigeants français de trahison, car la trahison a eu lieu bien avant leur gouvernance : les dirigeants d’aujourd’hui sont les héritiers d’une trahison commise il y a plusieurs décennies et ajoutent simplement de la trahison à la trahison.

 

Ils bénéficient, pour trahir, d’un travail de remplacement de l’information par la désinformation et d’une entreprise constante d’intimidation qui fait qu’une majorité de Français n’expriment guère leur désaccord ou le font de manière feutrée, voire résignée (aucune manifestation contre l’islam radical et le djihad n’aura lieu).

 

Ils conduisent le pays vers le naufrage et le chaos.

 

Des livres ont parlé de suicide de la France : mais ce n’est pas un suicide, c’est un assassinat.

 

Comme souvent, hélas, les premières victimes sont les Juifs, mais le nombre d’églises pillées et saccagées s’accroit chaque jour dans l’indifférence générale, car les églises en France sont vides.

 

Le futur est très sombre.

 

Pour ce qui me concerne, j’ai pu partir à temps.

 

J’ai beaucoup de compassion pour ceux qui ne peuvent pas partir.

 

J’ai fait paraitre il y a quelques semaines un livre appelé Comment meurt une civilisation*. Ceux qui veulent comprendre peuvent le lire.

 

Ceux qui ne veulent pas comprendre peuvent s’en abstenir.

 

Ceux qui sont aveuglés par la désinformation peuvent penser que j’exagère. Je ne leur en veux pas. Nul ne peut en vouloir aux aveugles.

 

 

 

Note :

*Guy Milliere, Comment meurt une civilisation, Texquis, 2018, 12 euros

 

 

 
Bruxelles-Métula du 25 février 2019 (012502/19) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 25 février 2019

 

INCULPATION EVENTUELLE DE M. BINYAMIN NETANYAHU : L’AVOCAT GENERAL AVICHAI MENDELBLIT DEVRAIT FAIRE PART DE SA DECISION JEUDI PROCHAIN

 

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Netanyahu peut-il réellement perdre les élections s’il est inculpé ?

 

Oui, pour 2 raisons : d’abord, beaucoup d’Israéliens seraient dérangés de devoir voter pour un candidat inculpé au pénal.

 

Ensuite, des partis et des leaders, partenaires potentiels d’un nouveau gouvernement Netanyahu ont fait savoir qu’ils pourraient refuser de rejoindre une coalition dirigée par Bibi si ce dernier était inculpé.

 

Dans les derniers sondages, l’Alliance bleu et blanc de Gantz et Lapid devance le Likoud avec 35-36 sièges, contre 26 à 30 sièges pour le Likoud, suivant les instituts.

 

Mais surtout les deux grands blocs droite et centre sont pratiquement à égalité pour former une coalition. La décision de M. Mandelblit pourrait avoir un effet déterminant sur cette parité.

 

L’analyse complète et originale de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko sur Radio Judaïca.

 

Sur Youtube :

https://youtu.be/BGobAZ0lueE

 

Sur Radio Judaica :

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/664887743925711/$

 

 
L’instrumentalisation de l’antisémitisme par Macron à des fins politiques (info # 012402/19) Version imprimable
Analyse
dimanche, 24 février 2019

 

Par Guy Millière

 

Les tenants du pouvoir macronien en France et leurs alliés n’ont jamais reculé devant les pratiques sordides. Ils ont baissé les impôts des plus riches tout en augmentant simultanément les prélèvements sur les plus pauvres et en inventant une multitude de nouvelles taxes, cela tout en se proclamant économiquement libéraux. Ils sont si libéraux que l’ "Index of Economic Freedom" a, cette année, rétrogradé la France de quelques places dans son classement de la liberté économique, la confinant à la peu glorieuse 71ème place mondiale.

 

Les macroniens ont insulté la population de multiples façons. Ils ont répondu à la révolte des gilets jaunes, à laquelle ils ne s’attendaient visiblement pas, en redoublant d’insultes à leur endroit, dans la gamme “factieux”, “chemises brunes”, “fascistes”, et en n’écoutant pas une seule seconde les doléances qu’ils expriment. En utilisant une violence répressive extrême, destinée à susciter la peur d’aller manifester, en laissant des bandes de casseurs de banlieue et des anarchistes ravager la cité aux fins de susciter l’antipathie de la population.

 

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A quoi pense Macron derrière cette mimique de théâtre ?

Au territoire "palestinien" occupé depuis 71 ans par les Juifs ?

Aux pacifiques miliciens-émeutiers du Hamas éliminés à Gaza ?

 

Le pouvoir a ensuite décidé d’organiser un simulacre de débat, censé déboucher sur un simulacre de référendum, dont les questions inutiles sont déjà écrites. Il a osé appeler ce simulacre de débat, fait de monologues lors desquels Macron se livre, des heures durant, à une propagande illimitée sans que quiconque ait le droit de lui répliquer, “grand débat national”. Bien que la révolte semble en train de s’essouffler, le gouvernement entend enfoncer le clou, en songeant aux prochaines échéances électorales.

 

Le président et son entourage ont utilisé d’emblée, dès la fin du mois de novembre dernier, les arguments constitutifs de l’antisémitisme, - “factieux”, “chemises brunes” et “fascistes”, qui, amalgamés, ne peuvent qu’être antisémites -, et la présence de quelques vils antijuifs sur les marges des manifestations, le plus souvent vite repoussés par les manifestants eux-mêmes, leur a servi à présenter la révolte comme antisémite. Des personnages infects qui espéraient paraître sur quelques photos de presse ont bénéficié par ce biais d’une publicité inespérée : le négationniste Hervé Ryssen, affublé d’un gilet jaune, s’est même retrouvé en couverture de Paris Match. Ils insistent maintenant sur le thème du “péril antisémite d’extrême droite” censé menacer la République.

 

Des actes antisémites odieux, croix gammées sur des portraits de Simone Veil, tag “Juden” sur une boutique vendant des bagels, déracinement d’arbres plantés à la mémoire d’Ilan Halimi, ont servi de prétexte pour organiser une manifestation contre l’antisémitisme. Une commission d’enquête parlementaire a également été créée pour “enquêter” sur la “violence d’extrême droite” prétendument liée aux gilets jaunes.

 

Quiconque a un tant soit peu observé les violences en fin de manifestations de gilets jaunes sait qu’elles n’ont qu’infiniment peu à voir avec l’extrême droite et beaucoup avec des bandes de casseurs de banlieue et des anarchistes, dont une majorité de jeunes musulmans oscillant entre l’islamisme et la délinquance, ainsi qu’avec des gens d’extrême gauche. Cela signifie que la “commission d’enquête” est une imposture. La “commission d’enquête”, confiée de surcroit à des parlementaires d’extrême gauche, ce qui en ajoute à la mystification, qui, pour que l’on relève bien le profil de ceux qu’elle suspecte, a voulu convoquer sans tarder Marine Le Pen et sa nièce.

 

Quiconque a observé la manifestation contre l’antisémitisme a pu voir que ses participants se sont bien gardés d’aller au-delà d’une dénonciation stérile de l’antisémitisme en général et ont eux aussi choisi de cibler l’extrême droite. Quiconque a regardé la liste des organisations participantes n’a pu que constater que plusieurs d’entre elles entretiennent des liens amicaux avec des tueurs de Juifs et avec des organisations terroristes incitant à l’assassinat de Juifs, donc avec la lie antisémite de la Terre. Prétendre lutter contre l’antisémitisme et le condamner en ayant ce genre de fréquentations et en apportant son soutien à ceux que l’on fréquente est bien pire encore que de l’imposture. C’est hypocrite et carrément immonde.

 

L’antisémitisme remonte en France. Il est encore d’extrême droite, mais l’antisémitisme d’extrême droite est désormais marginal, le cibler relève d’une ficelle très usée aux relents entêtés de renfermé.

 

L’antisémitisme qui tue et qui agresse des Juifs en France est essentiellement un antisémitisme islamique : il agit dans les banlieues musulmanes où Mohamed Merah - maudit soit son nom ! - est resté un héros. Or cet antisémitisme-là, le seul qui assassine des Juifs, n’est quasiment jamais condamné.

 

Il n’est quasiment jamais condamné parce qu’il jouit du soutien de gens qui contribuent eux-mêmes à la montée de l’antisémitisme en France et qui sont sans doute les principaux responsables de cette recrudescence : ceux de la gauche “antisioniste”, les compagnons de route de l’islamisation de la France, qui diabolisent et insultent Israël et les Juifs israéliens, en sachant parfaitement quelles conséquences leur incitation à la haine aura sur les Juifs français.


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L’héritage de la mère vierge (012102/19) Version imprimable
Analyse
jeudi, 21 février 2019

 

Par Claude Berger1

 

« C’est pourquoi je crois agir selon l’esprit du Tout Puissant, notre créateur, car en me défendant contre le Juif, je combats pour défendre l’œuvre du Seigneur ». Cette phrase est tirée de « Mein Kampf » et son auteur, c’est Hitler. Il y affirme le lien entre sa foi chrétienne, qui lui a été transmise, et son antisémitisme radical.

 

S’il existe un sujet digne d’intérêt pour la compréhension des événements tragiques de l’histoire, des bûchers de l’inquisition au décret espagnol du sang impur et du port de la rouelle, à la Shoah, comptable d’un million cinq cent mille enfants assassinés, c’est bien la mise au jour et l’étude de la façon dont fonctionne ce lien.

 

Auparavant, Léon Poliakov avait démystifié l’omerta qui règne sur le sujet : « On croit deviner les raisons pour lesquelles l’érudition du XXème siècle préfère se taire sur les diatribes antijuives d’un Voltaire ou d’un Kant, d’un Proudhon ou d’un Marx » et « de se demander s’ils n’expriment pas une orientation essentielle de la pensée occidentale ». Poliakov concluait que « c’est à la théologie (…) que revient le rôle primordial (celui d’une infrastructure si l’on veut) dans les mutations de gauche ou de droite de l’antisémitisme »2.

 

Quelle est donc cette infrastructure qui va subir des mutations pour passer du nazisme au bolchévisme ? De l’inquisition à l’expulsion ? De la haine aux pogromes ?

 

Chaque peuple se cherche une origine et un chemin de vie, une conception de la parentalité, de la sexualité, de la reproduction, de la spiritualité et de la mort ; chaque peuple antique se trouve des dieux père et mère « à l’origine » ou bien des dieux multiples. Le judaïsme rompt avec cette tradition. Le statut de Dieu est celui d’une puissance céleste aussi inimaginable que le statut de l’infini du cosmos ou celui de l’infini du temps, sans aucun rapport avec un quelconque anthropomorphisme.

 

Les ancêtres, chez les Juifs, sont des gens faillibles, en recherche, imparfaits et mortels et non pas des êtres divins.

 

Le christianisme inventé par Paul après la mort de Jésus qu’il n’a pas connu, dissident du judaïsme et proche des cultes agnostiques et des cultes à mystères, rétablit une parentalité projetée au ciel : une mère vierge, une conception immaculée et un fils divin, sauveur du péché originel. On peut y décrypter la projection au ciel d’un amour incestueux de la mère et du Fils Dieu, accompagné d’un meurtre symbolique du père réel. L’inceste étant interdit dans toutes les sociétés, il s’ensuit un tabou sur l’acte de chair qui est qualifié de péché originel « hostile à Dieu », au même titre que les Juifs sont déclarés « hostiles » à Dieu et « ennemis de tous les hommes » (Thessaloniciens 1,2).

 

En refusant l’eucharistie, le Juif reste donc porteur du péché originel, tout en étant attaché au père réel qui, lui, assume l’acte de chair. Selon la Cabale, cet acte se doit d’être un acte de communion entre Dieu, la femme et l’homme, à la condition que celui-ci accueille enfin son côté féminin refoulé, pour être ainsi à l’image de Dieu « mâle et femelle » et que l’union soit aussi celle de leurs âmes.

 

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Le père, le fils et le saint esprit

Le refus de la trinité par les Juifs est-il la raison indélébile du rejet des Juifs ?

 

Le schéma paulinien de l’immaculée conception, du couple Vierge et du Fils-Dieu pur et sauveur du péché originel par le moyen de la fusion eucharistique engendre une équation mystérieuse de quatre termes :

 

1 /Le juif est à l’origine de la chute par le maintien du péché originel.

 

2/ Il est un corps étranger sale et visqueux comme le sperme du père hors du ventre de la mère.

 

3/ Il complote pour rétablir le pouvoir du père satanique : « Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père », est-il écrit dans Jean 8.

 

En conclusion, 4/ Il faut l’éliminer : « Que seulement disparaisse celui qui fait obstacle, et alors se révélera l’impie que le Seigneur détruira du souffle de sa bouche et anéantira de l’éclat de son avènement »… « L’apparition de cet impie se fera par la puissance de Satan » (Thessaloniciens (2,2,7,9).

 

Le rejet de l’acte de chair réputé satanique, suscite une pulsion de mort ou, pour le moins, une pulsion d’éviction du Juif de la scène. Tel est pour le moins la conséquence du schéma paulinien qui invite également l’esclave à ne pas se révolter du fait qu’au ciel les derniers seront les premiers (a contrario de la pulsion judaïque de sortir de l’esclavage).

 

Cette équation mystérieuse fonctionne et a fonctionné comme une véritable matrice culturelle de formation des individus et n’agit pas, loin de là, uniquement par les textes mais par les rapports hommes-femmes, parents-enfants, et par une conception de la sexualité et de la parentalité à la façon d’un petit lait maternel. Au final cette matrice engendre un inconscient culturel qui détermine les comportements et les opinions politiques, et que l’on peut détecter dans l’antisionisme et dans l’antisémitisme actuels.

 

Ce sont les mutations sécularisées de cette matrice que nous devons suivre pour comprendre le façonnement du discours hitlérien et nazi :

 

« Le Juif (…) est et demeure le parasite type, l’écornifleur qui, tel un bacille nuisible, s’étend toujours plus loin sitôt qu’un sol favorable l’y invite. Là où il se fixe, le peuple qui l’accueille s’éteint au bout de plus ou moins longtemps (…). Il empoisonne le sang des autres, mais préserve le sien de toute altération (…) sa raison d’être est de réduire en esclavage, et par là, d’anéantir tous les peuples non-juifs (…) » : Hitler, Mein Kampf.

 

Le Juif à l’origine de la chute, le Juif comploteur, le Juif corps étranger, le Juif qu’il faut éliminer… tout y est.


Bien évidemment, en contrepoint, le discours chrétien qui a fait amende honorable, est riche d’amour fusionnel, asexué, de pureté, d’esthétique et de compassion, un auteur célèbre en avait pris la défense, tout en défendant la légitimité du peuple juif sur la terre d’Israël, il s’agit de Chateaubriand dans « Génie du christianisme ».

 

Mais l’équation mystérieuse issue de la matrice culturelle paulinienne n’avait pas révélé ses futures mutations. Celles qui allaient formater les « chrétiens germaniques » précurseurs du nazisme, celles qui allaient marquer les grands auteurs de la gauche : Marx qui souhaitait rendre le Juif « impossible », Proudhon qui voulait l’exterminer, Fourier lui voir refuser les droits civiques, Bakounine « dissoudre ce peuple-sangsue », sans que jamais les adeptes n’analysent les effets de leur antisémitisme sur leurs propres théories, y compris sur leurs conceptions sociétales du grand renversement des premiers par les derniers, du soir final, et du messie prolétarien, tous critères qui ne font que séculariser une matrice culturelle tapie dans l’inconscient.

 

 

 

Notes :

 

1Claude Berger « Pourquoi l’antisémitisme ? » (Editions de Paris, Max C)

2Léon Poliakov « Avertissement, Histoire de l’antisémitisme, t3 » (Calmann –Lévy)


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Sanctions sur l'Iran : la débâcle continue (011902/19) Version imprimable
Analyse économique
mardi, 19 février 2019

 

Par Amram Castellion

           

La semaine dernière (mercredi 13 et jeudi 14 février) s'est tenue à Varsovie une conférence internationale d'un genre particulier. Les Etats-Unis, les Etats européens, les Etats arabes du Golfe et Israël étaient tous invités, sous la présidence du Vice-Président Mike Pence, pour parler de "promouvoir un avenir de sécurité et de paix au Moyen-Orient".

 

La composition de la liste des invités ne laissait aucun doute concernant le véritable objectif de la conférence : il était d'afficher ouvertement la coopération de tous les pays décidés à agir contre la menace iranienne.

 

La minorité des pays européens qui souhaite, au contraire, maintenir un lien "constructif" avec l'Iran – principalement l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni – avaient fait le choix de ne pas envoyer leurs principaux dirigeants à la conférence et n'y étaient représentés que par des diplomates de moindre niveau. De même, la responsable de la politique étrangère communautaire, Federica Mogherini – une partisane bien connue de la détente avec l'Iran – n'a pas trouvé dans son emploi du temps quelques heures pour une apparition à Varsovie.

 

Les puissances qui rêvent encore d'éviter l'isolement international de la République Islamique sont cependant bien isolées. A Varsovie, le Premier ministre israélien s'est affiché avec les ministres des Affaires Etrangères du Bahreïn et d'Oman. Les ministres des Emirats, d'Arabie Saoudite et du Bahreïn ont longuement discuté, à micro ouvert, des attaques israéliennes sur des cibles iraniennes en Syrie – et ils n'avaient que des éloges pour ces actions. Benjamin Netanyahu a eu une longue conversation avec les ministres du "groupe de Visegrad" (Pologne, République tchèque, Slovaquie et Hongrie), au cours de laquelle les quatre Européens n'ont pas émis d'objections à l'affirmation du Premier ministre hébreu, selon laquelle l'Europe fait fausse route à ne pas se rapprocher davantage d'Israël face à la menace commune.

 

Pour que le front anti-iranien puisse s'afficher aussi ouvertement, il ne peut y avoir qu'une explication : l'Iran est devenu trop faible pour que les pays concernés risquent quoi que ce soit. De fait, depuis la pleine entrée en vigueur des nouvelles sanctions américaines le 5 novembre dernier, l'Iran continue à s'affaiblir inexorablement. Les mesures mises en place pour contourner ces sanctions ne sont pas à la hauteur, loin s'en faut, de l'hémorragie économique terminale que connaît le pays.

 

Des dizaines de grandes compagnies, principalement américaines et européennes, installées en Iran soit depuis plusieurs décennies, soit à l'occasion de la levée des sanctions internationales qui avait fait suite à l'accord nucléaire de 2015 (dit "JCPOA") ont annoncé leur départ par crainte des sanctions américaines.

 

Lors du premier train de sanctions en août, les entreprises industrielles avaient commencé le mouvement de sortie : le pétrolier français Total et son homologue russe Lukoil, le transporteur naval norvégien Maersk, l'automobiliste Peugeot, les avionneurs Boeing et Airbus, le raffineur de pétrole indien Reliance, le géant de l'ingénierie allemande Siemens…

 

Puis, avec le deuxième train de sanctions, le 5 novembre, ce sont les dernières entreprises financières qui ont suivi le pas. Les banques avaient presque toutes anticipé les sanctions et annoncé qu'elles cessaient toute activité en Iran. La compagnie belge de systèmes de paiements SWIFT a été la dernière à partir dans les premiers jours de novembre, rendant considérablement plus complexe tout transfert financier en provenance ou à destination de la République Islamique.

 

En plus de priver l'Iran d'investissements étrangers, ces départs réduisent fortement sa capacité à maintenir à flot son industrie pétrolière et gazière, qui représentait en 2017 80% environ des exportations du pays.

 

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Le leader suprême iranien, Khamenei, à la recherche de nouvelles sources de revenus

 

Certes, les Etats-Unis ont accordé des dérogations à huit pays importateurs de pétrole iranien, pour éviter de bouleverser les marchés du pétrole et de provoquer des hausses de prix excessives ou des ruptures d'approvisionnement. Mais ces dérogations – notamment pour l'Irak, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud – ont toutes des limites dans le temps. Il ne fait aucun doute que l'objectif des Etats-Unis est d'en réduire progressivement la portée pour étrangler toujours davantage l'économie iranienne, du moins tant que la République Islamique sera au pouvoir. Dans l'intervalle, le manque d'investissement dans les industries d'extraction iranienne réduit graduellement la production et en augmente les coûts.

 

Face à ce retrait massif des circuits financiers et des investissements mondiaux, l'Iran n'a que des possibilités limitées d'action. Il peut se tourner vers des entreprises chinoises ou russes, mais ni les unes ni les autres ne seront prêtes à s'engager pour les mêmes montants dans une économie déclinante (et leurs technologies sont souvent, quoique pas toujours, moins efficientes). Téhéran peut contourner les sanctions en faisant vendre par l'Irak du pétrole iranien sous pavillon irakien… mais là encore, les bénéfices sont limités. Enfin, l'élite économique du pays continue à profiter, grâce à des prises de participations complexes et opaques, d'un réseau d'avoirs à l'étranger qui la protège en partie de l'effet des sanctions. Mais il n'en est pas de même du peuple, qui connaît une paupérisation accélérée et dont le mécontentement face au régime se manifeste presque tous les jours dans des manifestations aux quatre coins du pays.

 

Le recul économique de l'Iran s'accompagne, inévitablement, d'un déclin militaire. La République Islamique a dépensé des milliards d'euros pour financer ses satellites au Moyen-Orient – Hezbollah, Hamas et Houthis – et son installation directe sur le territoire syrien. Elle n'a strictement rien obtenu en échange : ni contrôle du Yémen, ni la moindre attaque réussie contre Israël. Et elle a perdu des centaines d'hommes, des armes pour des centaines de millions d'euros de valeur, dans les frappes d'Israël et de ses alliés divers et variés.

 

Là encore, la population iranienne ne supporte plus que la richesse du pays parte dans des aventures militaires vouées à l'échec : parmi les slogans les plus populaires des manifestations iraniennes figurent "Mort à la Palestine" et "Ni Hezbollah ni Hamas". Le pouvoir, certes, tient encore. Mais les Iraniens n'ont plus aucune illusion. Et au fur et à mesure que leur situation se dégrade, leur colère ne peut que continuer à monter pendant que le régime continuera à s'appauvrir. Personne ne sait quand la conséquence logique de cette situation – un changement de régime – se produira ; mais à moins que les Etats-Unis ne changent de politique, cette conclusion est désormais la seule possible.

 

Dans cette situation, l'annonce récente, le 31 janvier dernier, de la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni sur la création d’un instrument dit INSTEX ("Instrument for Supporting Trade Exchanges") pour échapper aux sanctions américaines et faciliter le commerce entre l'Europe et l'Iran, ne peut avoir qu'une valeur symbolique.

 

INSTEX, dont la gestion est basée à Paris, permettra aux petites entreprises de disposer d'un système de paiement sécurisé avec l'Iran, sans aucune utilisation du dollar américain (le seul fait de commercer en dollar rend en effet les entreprises susceptibles d'être atteintes par les sanctions américaines si elles travaillent avec l'Iran). Mais s'il permet aux PME de commercer, INSTEX n'est pas accessible aux grandes entreprises : ses très modestes revenus, environ 3 millions d'euros, ne lui permettent pas de garantir les paiements des grands structures.


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Les antisémites, c’est vous ! (info # 011802/19) Version imprimable
Analyse
lundi, 18 février 2019

 

Par Patricia La Mosca

 

UN MAUVAIS REMAKE DE LA MANIF-CHARLIE

 

J’ai vu et entendu comme tout le monde la vidéo des injures prononcées aux dépens du philosophe Alain Finkielkraut, mais cela n’a suscité en moi aucune surprise. Les gilets jaunes procèdent d’un rassemblement hétérogène dans lequel toutes les composantes de la société françaises peuvent exprimer les revendications qui les caractérisent. Si la participation des banlieues à ce mouvement est très limitée, il est clair, au vu de leur look et de leur façon de parler, que les agresseurs de l’académicien en font partie. Or, dans cette périphérie où je passe une partie de mon temps, l’antisémitisme du type exprimé par ces énergumènes est tout simplement la norme et personne ne tente quoi que ce soit pour que cela change. Il suffit de lire les tags qui colorent chaque pan de mur disponible pour s’en persuader, le dernier en date étant : "Nous sommes tous Mohammed Merah". Cela concerne des millions d’individus, et je peux vous assurer que si M. Finkielkraut avait la mauvaise idée de "venir prendre la température" dans le 93, je doute qu’il en ressortirait indemne.

 

Tenter de tirer le moindre enseignement de ce qui s’est passé pour l’appliquer aux gilets jaunes relève de la plaisanterie de mauvais goût, si ce n’est d’une volonté déshonnête de ternir leur image. Il y a certes un réservoir inquiétant de racisme et d’antisémitisme primaires qui enfle dans la banlieue, qui conditionne la vie publique et qui va, indubitablement, exploser un jour ou l’autre ; mais cet antisémitisme-là est issu de l’islam et de la perception des Juifs dans le monde arabo-musulman, et il n’a rien à voir avec celui des élites françaises, partis politiques, gouvernement et presse, qui m’apparaît bien plus pernicieux parce qu’il est intellectuel et donc prémédité.

 

C’est ainsi que 14 partis politiques, soit presque tous les courants qui composent la représentation nationale, ont invité les Français à participer à une manifestation contre l’antisémitisme qui se tiendra demain (mardi) place de la République. On va essayer d’y recréer l’effet de la manif pour Charlie, qui avait marqué les esprits sans pour autant changer quoi que ce soit à la liberté de s’exprimer contre les religions en général, contre l’islam en particulier. On peut même constater qu’à la suite des assassinats des journalistes de l’hebdo satirique, les confrères qui prennent le risque de critiquer cette religion et ses adeptes sont de moins en moins nombreux. Il n’y a guère que Charlie qui poursuive inlassablement dans sa ligne laïque, les autres journalistes préférant leur quiétude à la narration de l’inquiétante réalité. Qui préfèrent la collaboration que vivre sous le coup de menaces de mort quotidiennes. Les ex-Charlie qui n’ont pas viré leur cuti, que sont Philippe Val et Zineb El Rhazoui, par exemple, en savent quelque chose et sont tributaires d’une protection rapprochée dans toutes leurs évolutions. Il est évidemment plus confortable de répercuter docilement les dépêches délirantes de l’AFP concernant l’ "occupation de la Palestine par Israël", "le droit au retour des Palestiniens", ou même "les massacres hallucinatoires que Tsahal perpétrerait contre les Arabes", pour passer des weekends tranquilles. C’est au détriment des Juifs et c’est devenu licite, légitime, bien noté et main stream jusqu’à l’unanimisme.   

 

Que penser alors de l’organisation du rassemblement de demain, massivement soutenu par la plupart des media ? C’est évidemment préférable aux manifestations de haine antijuive que l’on voit de plus en plus souvent en France et en Europe, aux swastikas sur le portrait de Simone Weil, aux Juden sur les boutiques appartenant à des Israélites et aux "Rentre à Tel-Aviv !", lancés par des manifestants au philosophe Alain Finkielkraut.

 

Mais c’est extrêmement dérangeant tout de même.

 

DENONCER LES EFFETS TOUT EN IGNORANT SCIEMMENT LES CAUSES

 

J’ai lu attentivement l’invitation à participer à la manifestation de mardi, elle appelle certes à combattre l’antisémitisme, et, je cite, elle convie au "rassemblement face à la hausse des actes antisémites en France".

 

Je crains toutefois l’effet Charlie, que cette formulation ne serve à rien, qu’elle dénonce les effets du mal et pas ses causes. Et que, ce faisant, elle ait un résultat conservateur et non destructeur sur la légitimité de l’incitation antisémite.

 

Ce qui me préoccupe plus que les croix gammées, les insultes antisémites et même les agressions physiques, toutes le fait de racistes décérébrés, de plus en plus nombreux, ce sont leurs causes. Et je ne vois pas un seul mot dans l’appel qui engage à combattre les causes de ce fléau qu’est l’antisémitisme quasi-officiel, l’attisement de la haine des Juifs parmi les Français de souche, ceux qui ne se baladent pas avec un coran dans leur poche.

 

Or il n’est pas nécessaire d’avoir fait l’ENA pour réaliser que l’on n’atteint pas sans raison une situation dans laquelle plus d’un Français sur cinq croit en l’existence d’un complot juif mondial, et dans laquelle les menaces et violences visant les Juifs augmentent régulièrement, notamment de 74 % l’an dernier.

 

NOMMER LES RESPONSABLES DE L’INCITATION ANTIJUIVE SYSTEMATIQUE

 

Il y a des RESPONSABLES à cette situation et des mesures concrètes à prendre. Non seulement ils ne sont pas cités ni dénoncés, mais j’affirme que la majorité des organisateurs de la manifestation font partie de ces responsables et ont sciemment renoncé à prendre les décisions nécessaires à combattre efficacement l’antisémitisme.

 

La Ména s’efforce d’énumérer et d’analyser les causes de ce néo-antisémitisme depuis bientôt 20 ans !

 

A commencer par cet exécrable reportage de France 2 en 2000, qu’elle a déconstruit, dans lequel la chaîne publique accusait directement Tsahal d’avoir intentionnellement assassiné un adolescent palestinien, Mohammed Dura. Et depuis, en dépit des quelques 200 preuves indiscutables que notre agence a produites, tous les gouvernements français, toutes tendances confondues, ont couvert l’imposture, se sont activement efforcés de cacher la vérité aux Français avec tous les moyens à disposition de l’Etat, et continuent, 19 ans après, à le faire.

 

Comment voulez-vous, dans ces conditions, ne pas détester des gens qui "massacrent délibérément (c’est la thèse du reportage) des enfants au fusil-mitrailleur" ?

 

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Tsahal = bande de Juifs qui massacrent les enfants arabes comme des SS

 

Nous avons également dit, là aussi avec des dizaines d’exemples et d’analyses à la clé, que l’agence étatique française d’information, l’AFP, reprise par la quasi-totalité des media francophones, y compris en Belgique et en Suisse, incite par ségrégation sémantique à la haine d’Israël et partant des Juifs. Ces media mènent quotidiennement une véritable guerre philologique contre l’Etat hébreu.

 

Pour comprendre de quoi il est question, je cite un bref passage d’une dépêche de l’AFP reprise par Libération à la fin de la semaine dernière. La dépêche était consacrée à l’assassinat d’une jeune fille israélienne juive, Ori Anbacher, par un terroriste palestinien. On a retrouvé le câblogramme recopié à l’identique dans presque tous les quotidiens francophones :

 

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est rendu dimanche chez les parents de la jeune fille dans la colonie israélienne de Tekoa en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans".

 

Or les termes de "colonie" et d’ "occupation", qui signifient la spoliation du pays d’un autre peuple, nettoyage ethnique, sont uniquement réservés à Israël dans les dépêches de l’agence d’information de l’Etat français et de tous nos media. Ce, bien qu’il existe plus de 2 000 différends territoriaux dans le monde, pratiquement tous plus discutables que les revendications israéliennes sur la Judée-Samarie et sur Jérusalem. Mais l’AFP, lorsqu’elle évoque les pays-occupants, ne parle pas compulsivement des colonies russes en Ukraine, turques en Syrie et à Chypre, ni des territoires géorgiens, tchétchène, de la Crimée occupés pas la Russie, du territoire tibétain occupé depuis 67 ans par la Chine à l’issue d’une guerre sanglante. Alors qu’ils sont employés chaque fois qu’Israël est évoquée quel que soit le sujet traité.

 

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Ils affirment sérieusement ne pas connaître la cause de l’explosion de l’antisémitisme

 

C’est de la ségrégation au sens objectif du terme, n’allant pas sans rappeler les lois antijuives du gouvernement français légitime et élu lorsqu'il était installé à Vichy : pour des situations identiques, semblables ou ressemblantes de différends territoriaux (la confrontation israélo-palestinienne n’est rien d’autre qu’un différend territorial entre des légitimités incompatibles), ces accusations ne sont lancées par l’AFP et la presse qui la répercute qu’à propos d’Israël. Ce sont autant d’incitations à la haine, alors qu’il serait très facile pour le gouvernement français de se débarrasser de cette ségrégation intolérable autant que raciste en interdisant le traitement différentiel des Juifs.

 

Cette ségrégation s’accompagne impérativement de justifications du terrorisme palestinien. En reprenant le même passage de Libération que j’ai préalablement cité, le lecteur est invité à comprendre que, puisqu’Israël occuperait le territoire palestinien depuis 50 ans, ce qui reste naturellement à démontrer, l’assassinat commis par le terroriste palestinien (qui n’est évidemment pas qualifié de terroriste dans la dépêche) sur Ori Anbacher est légitime, car il participe d’une guerre de libération d’un pseudo-colonialisme.

 

Stéphane Juffa, dans un post privé sur Facebook, assure que l’argumentaire de l’agence de presse du gouvernement et du politiquement correct français serait à la limite recevable [et donc pas antisémite. Ndlr.] si Tekoa était une colonie (la science a démontré que les implantations juives ne correspondent pas aux critères de définition des colonies), si Tekoa avait appartenu à quelque époque que ce soit à un Etat palestinien, et si un tel Etat avait existé et avait contrôlé un territoire quel qu'il fût.

 

Juffa ajoute (c’est moi qui ai additionné les détails) que ces rappels systématiques, factuellement et historiquement ineptes, sont particulièrement étonnants lorsqu’ils proviennent de l'agence de presse officielle de l'Etat qui est réellement la dernière puissance coloniale de la Planète, régissant la vie de 2.5 millions de colonisés, en admettant arbitrairement que la Corse n’est pas une colonie. La France, qui a assassiné des millions de colonisés, dépeuplé des territoires entiers, notamment en Algérie, à Madagascar et en Indochine afin de tenter de préserver son empire. Ce, tandis que le conflit israélo-palestinien, pris au sens le plus large, depuis 1860, soit depuis 159 ans, a causé la mort de 26 655 Israéliens ou Juifs (avant la création de l’Etat d’Israël en 1948) et de 36 000 Palestiniens environ selon la plupart des sources scientifiques.

 

ON OUVRE UN AUTRE GRAND DEBAT NATIONAL ?

 

Du fait de la ségrégation médiatique antijuive et de la guerre sémantique que livre l’ensemble des media tricolores à Israël, de l’Humanité au Figaro, il existe une énorme contradiction avec leur soutien à la manif contre l’antisémitisme de demain. C’est carrément le grand écart. Comment Libération, mais ce n’est qu’un exemple représentatif, peut dans la même semaine publier les arguments qui justifient/légitiment l’assassinat d’Ori Anbacher, et s’émouvoir sur sa manchette de l’augmentation de 74% des actes antisémites en France ? Cette démarche me semble difficile, pour ne pas dire impossible à soutenir.

 

J’ai évoqué la ségrégation technique d’Israël et partant des Juifs, ainsi que le détournement consistant de la réalité afin, avec la bénédiction des gouvernements successifs, de justifier le terrorisme palestinien, en affirmant que ce sont là les incitations principales à la haine antijuive intellectée en France. Il faut y ajouter le refus d’agir pour combattre réellement l’antisémitisme, ce qui cause mes interrogations relativement au rassemblement de demain.

 

Car la Ména n’est pas la seule à avoir dénoncé le lien entre la couverture mensongère, d’une hostilité permanente à l’encontre d’Israël dans les media de l’Hexagone, et l’incitation à l’antisémitisme. Il est vrai que, dans ce domaine également, nous avons été des précurseurs en démontrant la cause à effet dès le début des années 2000. Mais, d’une part, nous ne sommes plus les seuls à dénoncer ce détestable phénomène, et de l’autre, les solutions pratiques sont connues des pouvoirs publics. Elles existent !

 

Cela concerne le narratif du conflit israélo-arabe aussi bien que le traitement des autres foyers antisémitogènes de la République. Le tout est contenu dans un rapport officiel de 2004, rédigé par Jean-Christophe Rufin, un écrivain, médecin et ex-responsable de nombreuses associations humanitaires, diplomate, devenu en 2008 le plus jeune membre de l’Académie française, intitulé "Chantier sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme". Cette vaste étude approfondie avait été commandée à M. Rufin par le ministre de l'Intérieur, de la Sécurité Intérieure et des Libertés Locales de l’époque, le pourtant infréquentable Dominique de Villepin, qui évoque publiquement, aujourd’hui encore, de prétendus massacres perpétrés par l’Armée israélienne sur des civils palestiniens. 

 

Tout y figure, les sources des problèmes aussi bien que leurs solutions, mais aucune des propositions de mesures urgentes préconisées par Jean-Christophe Rufin n’avait été prise en compte par les pouvoirs publics, et la maladie dont les symptômes étaient tous connus en 2004, faute d’être traités, n’ont fait qu’empirer et vont continuer à s’aggraver.

 

PERENISER LE DROIT D’ETRE ANTISEMITE, PAS COMBATTRE L’ANTISEMITISME

 

Le problème inhérent à la manifestation de demain, à l’instar de ce qu’il fut lors de la manif-Charlie, est que lorsque l’on prétend combattre un ennemi sans le nommer, on n’a aucune chance de le vaincre [particulièrement quand on sait qui il est ! Ndlr.]. J’atteste quant à moi l’existence de pompiers pyromanes : en appelant à manifester contre l’antisémitisme, ces partis et media entendent pouvoir continuer sans être inquiétés par personne leur incitation à l’antijuivisme. Avec, à l’esprit, qu’on ne puisse plus les accuser d’être antisémites, puisque ce sont eux qui ont appelé à manifester contre l’antisémitisme. N’est-ce pas un calcul terriblement cynique ?

 

Et lorsque le Président Macron enfonce le clou en critiquant Tsahal qui tirerait à Gaza sur des manifestants pacifiques, qui sont en fait en très grande majorité des terroristes islamiques armés jusqu’aux dents – le Hamas les a revendiqués en tant que chahids, noms, grades, âges, photographies en uniformes et fonctions à l’appui -  cela n’aide évidemment en rien à combattre l’antisémitisme.

 

Pas plus que les partis écologiques participant à l’appel au rassemblement, qui ont tout simplement "oublié" de condamner le massacre par le feu des cerfs-volants incendiaires palestiniens de la faune et de la flore gagnée par les Israéliens sur le désert, sur 3 300 hectares. Soit, pour être parfaitement lisible, une aire de 33km sur 33km dans laquelle la quasi-totalité des animaux ont été incinérés vivants, de même que tous les arbres et toutes les cultures.

 

Quant au Parti Communiste Français, il œuvre carrément à l’éradication de l’entité coloniale sioniste, comme ils disent, fort du riche héritage politique de ce que l’on voit dans l’Aveu de Costa Gavras, ou de l’élimination par Staline de tous les médecins juifs d’Union Soviétique ; le PCF, dont les maires décernent la citoyenneté d’honneur à des terroristes palestiniens, dont le seul exploit est d’avoir assassiné des tas d’autres Ori Anbacher, toutes aussi innocentes qu’elle, fait aussi partie du comité d’organisation de la manifestation CONTRE… l’antisémitisme.  

 

A la Ména, nous n’avons pas l’ambition de dire aux gens ce qu’ils doivent faire, car aucun de nous n’a la prétention d’être un maître à penser. Nous nous contentons de présenter les faits et de les analyser avec le plus de discernement et de précision possibles. Et de bonne foi aussi. Ce que je peux dire à titre personnel, c’est que je ne participerai pas à ce rassemblement, car pour moi, il ne vise nullement à éradiquer ou même à combattre l’antisémitisme structuré (secondaire), mais au contraire à procurer une exonération à ceux qui comptent continuer à l’exercer, exactement comme ils le font aujourd’hui.

 

 
Elections israéliennes : l’ombre de 1992 (info # 011702/19) Version imprimable
Analyse
dimanche, 17 février 2019

 

Par Guy Millière

 

Des amis israéliens n’ont cessé de me dire ces dernières années que le risque de voir la gauche revenir au pouvoir en Israël était désormais quasiment nul. Sachant les dégâts immenses que la gauche peut susciter partout où elle arrive au pouvoir, ces paroles me rassuraient.

 

Dois-je l’écrire ? Elles me rassuraient d’autant plus qu’Israël est un pays confronté à des dangers très concrets, qu’il s’agisse de la menace iranienne ou de la présence à l’extrême proximité d’Israël de deux entités islamistes vouées à la destruction du pays : l’une au Sud, le Hamas, qui occupe la bande de Gaza, l’autre à l’Ouest, l’Autorité Palestinienne, sur des terres de Judée-Samarie. Je n’ai cessé ces dernières années de dire et d’écrire que Binyamin Netanyahou est l’un des plus grands hommes d’Etat de ce temps, et que le fait qu’il soit Premier ministre est pour Israël un atout majeur.

 

Ces derniers temps, j’ai, je dois le dire, glissé vers l’inquiétude. Binyamin Netanyahou se trouve incriminé pour des motifs qui me semblent mineurs et très spécieux. La présomption d’innocence qui doit valoir dans un Etat de droit n’est pas respectée, et la gauche, qui n’est pas parvenue à gagner électoralement contre Binyamin Netanyahou, semble espérer se débarrasser de lui par d’autres moyens que le suffrage universel, et utiliser pour cela le harcèlement diffamatoire et l’instrumentalisation de la justice.

 

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Benny Gantz, Binyamin Netanyahou, une issue plus incertaine que jamais

 

En supplément, divers petits partis de droite ne semblent pas parvenir à s’entendre, et font courir le risque d’un émiettement des voix qui les mènerait à ne pas atteindre le seuil requis pour avoir des représentants à la Knesset. Peut-être parviendront-ils à s’unir et à remédier à l’émiettement. Au moment où j’écris ces lignes, ce n’est pas le cas.

 

Ce qui pourrait se profiler, si l’émiettement perdure, serait un scénario proche de celui qui s’est réalisé le 23 juin 1992. A l’époque, divers petits partis de droite sont restés divisés, et les voix qui se sont portées vers eux ont été perdues, ce qui a contribué à la défaite d’Yitzhak Shamir. Cette défaite a eu pour conséquence la formation d’un gouvernement de gauche dirigé par Yitzhak Rabin, et la suite est, hélas, bien connue ; elle a pour nom les Accords d’Oslo, le retour d’exil de l’OLP et de sa bande de terroristes et d’assassins antisémites, la création de l’Autorité Palestinienne et, très logiquement et très effroyablement, une explosion du nombre d’attentats terroristes meurtriers et d’assassinats en Israël. Une explosion qui a duré jusqu’à la construction de la barrière de sécurité qui, si elle n’empêche pas tous les attentats terroristes et tous les assassinats, en empêche quand même un très grand nombre.

 

Ce qui pourrait se profiler, donc, serait une victoire de la gauche. Quand bien même cette victoire ne serait pas celle de la gauche la plus inepte et la plus délétère (les travaillistes sont en grande difficulté, et la gauche plus extrême ne fait aucune percée significative), elle n’en serait pas moins la victoire d’une gauche dangereuse. Celle-ci tente de prendre un visage rassurant et centriste, et reposerait sur une alliance Yair Lapid-Benny Gantz, ce dernier étant censé incarner un semblant de fermeté en raison de son passé militaire.

 

Je dois le souligner dans le contexte de ce qui précède : une éventuelle victoire de cette alliance ne me rassurerait pas du tout. Lapid et Gantz utilisent un langage que je parviens aisément à décoder et parlent de la nécessité d’une “séparation” avec les “Palestiniens”. Ils envisagent, en filigrane, des concessions à l’”Autorité Palestinienne”. Gantz a tenu récemment des propos sur le retrait de Gaza qui m’ont consterné et ont montré à quel type de concessions il songeait (qu’il lui ait été conseillé ensuite de modérer son ardeur ne change rien).

 

Les gens de gauche (et ceux du centre gauche) ne semblent pas comprendre que toute concession face à une entité terroriste est conçue par celle-ci comme une victoire l’incitant à être plus sanglante. Ils ne semblent pas comprendre que la seule attitude appropriée face à une entité terroriste est de l’endiguer et, si possible, de l’écraser sans qu’elle puisse se relever, pas de se “séparer” d’elle en la récompensant de quelque manière que ce soit. L’Autorité Palestinienne est responsable de tous les meurtres d’Israéliens perpétrés ces derniers mois, strictement tous, y compris les plus abjects. Elle finance et récompense le terrorisme tueur de Juifs israéliens. Elle incite à l’assassinat de Juifs israéliens. Elle ne vaut fondamentalement pas mieux que le Hamas.


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Compromis entre la Russie, Israël, la Syrie et l’Iran (011302/19) Version imprimable
Analyse
mercredi, 13 février 2019

 

Par Stéphane Juffa

 

Avec Jean Tsadik

 

Il est possible d’écouter un résumé de cette information par Stéphane Juffa sur le podcast de l’émission Bruxelles-Métula de lundi dernier au micro de Jim Mosko, sur Radio Judaïca Bruxelles à l’adresse URL https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/243812089889507/?t=1  

 

PREAMBULE

 

C’est un scoop énorme : à Métula, nous avons acquis la conviction absolue que la Russie se trouve à l’origine d’un compromis impliquant la Syrie, Israël et… l’Iran.

 

Attention, il ne s’agit pas d’un accord en vue de la résolution pacifique d’un conflit, non plus que d’une trêve, ces Etats restant en guerre, mais d’aménagements constituant un compromis. Lequel est destiné à la neutralisation d’activités spécifiques, ce qui est concurremment dans l’intérêt commun de ces parties.

 

Nous sommes parvenus à cette certitude non pas sur la base de fuites éventuelles, mais en effectuant des recoupements d’informations et de photographies diffusées par des organes étatiques et médiatiques. Et grâce à notre observation constante de la situation.

 

Il n’y a sans doute pas eu de discussions directes entre l’Iran, Israël et la Syrie. Nous sommes persuadés que c’est la délégation russe de haut rang qui a visité Israël il y a un peu plus de quinze jours qui a tout organisé. Moscou avait probablement négocié les conditions de la participation de Téhéran et de Damas préalablement avec eux.

 

Les négociations conduites en Israël ont été rapides, moins de deux jours selon notre estimation.

 

NATURE DU COMPROMIS

 

Les Iraniens ont quitté leur centre opérationnel en Syrie, situé sur l’Aéroport International de Damas [carte], dans le très vaste bâtiment appelé Maison de Verre. Ce site servait de quartier général au corps expéditionnaire iranien des Gardiens de la Révolution ainsi qu’à ses forces supplétives du Hezbollah et autres bandes armées. Les Iraniens géraient le trafic, l’entreposage et la transmission d’armes, de munitions et de matériel militaire et électronique à destination de leurs propres troupes et pour le Hezbollah au Liban. Ils disposaient d’une zone de fret réservée sur l’aéroport ainsi que de multiples dépôts, de surface et souterrains. Ils conservaient dans la zone de l’aéroport la plus grande partie de leur armement, y compris des missiles. C’est également dans la Maison de Verre que s’était installé le centre du Renseignement de la "République" Islamique d’Iran en Syrie.

 

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Sur ces prises de vues satellitaires de la société israélienne ISI on distingue sur la photo

de droite, prise le 18 janvier 2019, que les parkings de véhicules sont occupés. Sur l’image

de gauche, prise le 22 janvier, 2 jours après le raid israélien, ils sont vides, ce qui signifie

que la Maison de Verre n’est plus occupée

 

Les Iraniens se sont relogés sur l’aéroport T4, aussi dénommé Althias [carte], situé à 160km au nord-est de la Maison de Verre, au milieu du désert syrien, à 60km à l’ouest de la cité antique de Palmyre, et à 233km de Métula, la partie d’Israël la plus proche de T4.

 

Laquelle base aérienne où les forces khomeynistes ont réemménagé a été très utilisée par le contingent russe et l’Armée gouvernementale syrienne durant la guerre qui les a opposés aux combattants de l’Etat Islamique (DAESH) plus à l’Est. Depuis que l’EI a pratiquement été vaincu, principalement par les Peshmerga kurdes des YPG et les militaires de la Coalition Occidentale, les Russes et les Alaouites ont quasiment délaissé T4 et l’ont désormais confiée aux Iraniens.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Map Pro

 

Les Gardiens de la Révolution khomeyniste disposaient depuis longtemps d’une section qui leur était réservée à T4 et qui a plusieurs fois été bombardée et détruite par le Khe’l Avir (l’Aviation israélienne). Ce, notamment les 9 juillet, 9 avril et 10 février de l’an dernier. En février, ce fut la riposte à l’envoi d’un drone bourré d’explosifs que Tsahal avait abattu au-dessus de la vallée de Bet-Shéan (Israël). Lors de la première réplique, ce jour-là, le Khe’l Avir avait perdu un F-16 sur le Golan, suite à une erreur du pilote. En représailles, les chasseurs-bombardiers à l’étoile de David avaient anéanti la section iranienne à T4 d’où le drone avait été lancé. Les photos exceptionnelles de l’incident sont encore visibles sur le site de la Ména.

 

Le gouvernement hébreu a accepté la requête des Russes de ne pas empêcher le déménagement des Gardiens de la Révolution, ce qu’ils auraient pu faire aisément. Jérusalem a aussi accédé à la demande de Moscou de ne pas effectuer de raids sur Damas tant que les Iraniens et les Syriens n’utiliseraient pas les aéroports et les autoroutes de la région damascène et du reste de la Syrie pour y amener et y convoyer des armes destinées à l’Armée perse et au Hezbollah. Tant, également, que les Iraniens et les Syriens ne tenteront pas de renforcer leur présence militaire à proximité du Golan. C’est d’ailleurs la politique israélienne depuis longtemps, Israël n’a pas modifié sa stratégie suite au compromis.

 

Mais depuis qu’il est en place et est respecté, le Khe’l Avir n’a pas eu à intervenir dans le ciel syrien. Alors qu’il y menait quasiment une opération par semaine en moyenne à la fin 2018, il n’a pas bombardé les positions syriennes et iraniennes depuis le 20 janvier dernier. Soit lorsque les Iraniens ont abandonné la Maison de Verre, avant même la venue de la délégation russe à Jérusalem.

 

LES RAISONS QUI ONT AMENE AU COMPROMIS

 

Comme on peut s’en persuader sur les photos, les dizaines de frappes de Tsahal sur les positions ennemies avaient fait très mal aux Iraniens et aux Syriens. Particulièrement les dernières, celles du 25 décembre, du 12 et du 20 janvier, que nous avons abondamment décortiquées dans ces colonnes.

 

Les Iraniens ont perdu des centaines d’hommes lors de ces attaques, qui s’ajoutent à leurs quelques 5 000 soldats qui sont morts depuis que Téhéran est intervenu en Syrie. De plus, Israël a détruit des centaines de tonnes de matériel qu’ils avaient acheminé à grands frais en Syrie, principalement dans les entrepôts de l’Aéroport International. La quasi-totalité desdits entrepôts a elle-même été oblitérée, ainsi que les défenses antiaériennes syriennes censées protéger ce périmètre [photo].

 

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Sur cette photo satellite d’ISI, prise après le raid israélien du 20 janvier,

on distingue les entrepôts iraniens détruits (notez la précision des destructions)

ainsi qu’un radar de tir (JY-27) et d’un Pantsir (Telar) un véhicule russe lanceur de

missiles antiaériens, tous deux oblitérés

 

Les ayatollahs ont été amenés à réaliser qu’ils ne possédaient pas les moyens de s’opposer à Israël et de réaliser leurs objectifs stratégiques en s’efforçant de reconstruire au fur et à mesure ce que nous leur détruisions. Qu’il s’agisse des armes ou des pertes humaines. De plus, en raison des sanctions économiques américaines terriblement efficaces, ils n’ont d’ailleurs plus les moyens de le faire.

 

Pour ne rien arranger aux affaires des Iraniens, durant les huit années qu’a duré la Guerre Civile en Syrie, et malgré leurs innombrables sacrifices, ils ne sont jamais parvenus – et ce n’est pas faute d’avoir essayé – à tirer le moindre projectile sur le territoire hébreu, ne serait-ce qu’une balle de fusil, ni à abattre un seul de nos avions ou à blesser le moindre de nos soldats. Leur bilan n’est pas maigre, il est vide.

 

Les Russes et les gouvernementaux syriens avaient également un grand intérêt à parvenir à un compromis avec Israël. Eux, dont l’ambition est de montrer qu’ils ont remporté la Guerre Civile et que le pays est désormais pacifié se voyaient démentis lors de chaque attaque israélienne.

 

En dépit des communiqués de leur propagande, annonçant que tous les missiles israéliens avaient été interceptés, nos pilotes détruisaient chaque fois et sans encombre la totalité de leurs objectifs. Cela causait une publicité exécrable pour l’image de la technologie russe et pour la vente de leur matériel militaire, à commencer par leurs systèmes de missiles antimissiles.

 

Désormais, les Russes peuvent affirmer pour la galerie que ce sont eux qui nous tiennent éloignés de Damas, et même clamer sur un air menaçant que nos attaques sont illégitimes et qu’elles doivent cesser, personne n’est dupe. Des images satellites montrent que les hommes de Poutine ont finalement déployé les S-300 qui, en septembre, étaient censés, selon le Kremlin, être opérationnels en une semaine. En réalité ils ne fonctionnent pas mieux que les dizaines d’autres missiles sol-air que nous avons désintégrés. Si Israël ne possédait pas la technologie pour brouiller les S-300 et les S-400, elle n’aurait jamais envoyé ses pilotes en mission des centaines de fois sur l’ensemble du territoire syrien. Y compris, le 18 septembre dernier sur Lattaquié, le centre névralgique du déploiement russe en Syrie protégé par des S-400.

 

L’Armée d’Assad a aussi subi d’énormes dégâts lors de nos raids des mois écoulés, tant sur le plan humain que matériel. Les dommages qu’elle a essuyés sont colossaux, particulièrement au niveau de ses infrastructures militaires. Et c’est l’aéroport international syrien, en fin de compte, qui a été ravagé, vague après vague, par nos assauts. Ces derniers ont coûté aux Syriens la majorité de leurs missiles de défense antiaérienne, et les Russes n’ont pas non plus les moyens ou l’envie de passer leur temps à les remplacer gratuitement.

 

Tant pour les Russes que les Syriens, les Israéliens ne constituent pas pour le moment le problème principal qui est en revanche l’obsession des ayatollahs. Or les sacrifices que la monomanie de Rohani leur a causés jusqu’à maintenant ne se justifient plus. C’est ce qui les a amenés à "encourager" les Perses à quitter Damas et à ne plus y revenir.

 

CHANGEMENT DE JEU

 

De fait, le repli des Iraniens vers T4 marque leur défaite militaire, leur débâcle même. Le miroir d’une stratégie hors de leur portée, d’une misérable adaptation tactique et d’un entêtement coupable autant qu’hors de prix.

 

Il y a plus grave, de leur point de vue : si les Israéliens les ont frappés trois fois à T4, rien de ce que je connais ne pourra les empêcher d’y intervenir une quatrième fois, voire une cinquième, si nécessaire.

 

La base aérienne d’Althias est une oasis dans le désert, tout ce qui s’y déroule est extrêmement visible à partir du ciel et de l’espace. Par exemple, contrairement à ce qui se passait à l’aéroport de Damas, où les vols des cargos iraniens se mélangeaient avec les vols civils, ceux de l’Armée syrienne et ceux du corps expéditionnaire russe, à T4, on sait que tous les mouvements aériens sont en principe destinés aux Gardiens de la Révolution, et cela les rend bien plus faciles à surveiller et terriblement vulnérables.

 

Pour les convois routiers d’éventuelles livraisons au Hezbollah au Liban, ils sont à découvert sur les routes du désert sur au moins une centaine de kilomètres, ce qui en fait des cibles pour Cessnas, non pour des F-35.

 

A regarder les choses en face, cet exil intérieur à proximité de Palmyre signifie en fait la fin de la double stratégie perse visant à constituer une présence offensive constante entre Damas et la frontière israélienne, ainsi qu’un pont aérien et terrestre permanent, afin d’approvisionner le Hezbollah au Liban, pour qu’il puisse éventuellement y ouvrir un second front face à l’Etat hébreu et aussi, s’assurer indéfiniment la mainmise sur le pays des cèdres.

 

La géographie et les rapports de force étant ce qu’ils sont, les stratèges de l’Armée iranienne sont bien conscients qu’il leur sera extrêmement difficile de monter des opérations contre Israël à partir de T4. Aussi, s’ils ont accepté d’y transférer leur quartier général, c’est pour protéger symboliquement leur honorabilité : ils n’abandonnent pas la Syrie, ils s’y déplacent. Cela est fait pour adoucir la pilule de la défaite et pour dissimuler la vérité aux Iraniens sans perdre la face.

 

Est-ce à dire que les ayatollahs ont hissé le drapeau blanc de la reddition ? Loin s’en faut : du point de vue politique, même si cela n’a ni queue ni tête sur le plan stratégique, la guerre contre Israël constitue un élément justificatif principal du maintien de la junte théocratique au pouvoir à Téhéran et des restrictions à peine supportables qu’elle impose à la population. Il faut conduire le Djihad contre les Juifs et cela justifie tous les sacrifices, il est même impossible d’en discuter.

 

Alors, si Téhéran a abandonné la confrontation de proximité, armée contre armée, à partir de Damas et des contreforts du Golan, il l’a immédiatement remplacée par deux alternatives stratégiques : la guerre à distance par missiles à longue portée, et la guérilla du Hezbollah pour déstabiliser le front du Golan.

 

Il y a dix jours, le régime des ayatollahs a annoncé le déploiement d’un missile de croisière de 1 200km, une portée qui épouse parfaitement la nouvelle option de guerre contre Israël. Deux jours plus tard, la junte chiite annonçait le lancement réussi d’un satellite dans l’espace, ce qui s’inscrit dans la même perspective de conflit à distance sans confrontation au sol.

 

La semaine dernière, la "République" Islamique [khomeyniste] d’Iran fêtait son 40ème anniversaire. A cette occasion, Yadollah Javani, le responsable des affaires politiques des Gardiens de la Révolution, a menacé de détruire des villes entières d’Israël au cas où les Etats-Unis attaqueraient la "République" Islamique.

 

Lundi soir, Binyamin Netanyahu a répondu à Javani : "Si ce régime commet la terrible erreur de tenter de détruire Tel-Aviv ou Haïfa, il n’y parviendra pas. Toutefois, ce serait le dernier anniversaire de la révolution qu’ils célèbreraient".

 

Sur le plan tactique, nous sommes, à Métula, d’accord avec M. Netanyahu : le rapport de force dans le domaine des missiles à moyenne portée, des armes de destruction massive et du spatial est encore plus au détriment de Téhéran que ce qu’il a tenté de faire depuis huit ans. Mais il est vrai que les menaces en l’air coûtent moins cher en hommes, en armes et en argent que la guerre en Syrie.

 

La seconde alternative stratégique a elle aussi été mise en œuvre sans tarder : avant-hier, le Hezbollah et les commandos pro-Assad druzes du village de Hader (Golan syrien, à 3.5km de la ville de Majdal Chams en Israël) composant le Fouj al-Joulan [régiment du Golan], conseillés par des officiers iraniens mais sans participation opérationnelle de soldats syriens et iraniens, a entrepris de déstabiliser la frontière du Golan entre la Syrie et l’Etat hébreu.


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Les principaux dirigeants européens inspirent le dégoût (info # 011002/19) Version imprimable
Analyse
dimanche, 10 février 2019

 

Par Guy Millière

 

J’aimerais ne pas avoir à ressentir de dégoût à l’encontre des principaux dirigeants européens, mais c’est impossible. Ils ne cessent de proclamer de grands principes et ne cessent de les trahir. Ils prétendent être du côté des droits de l’homme, mais leur définition des droits de l’homme est à géométrie très variable. Ils se sont indignés parfois des massacres commis par l’Etat Islamique en Syrie et en Irak. Ils ont qualifié Bachar al Assad de dictateur criminel. Ils sont prêts à pointer du doigt le prince héritier d’Arabie Saoudite Mohammed ben Salman lorsqu’il fait, sans doute, éliminer brutalement un agent des Frères Musulmans. Mais leurs grands principes s’effacent lorsqu’il s’agit des “Palestiniens” et leur attitude quand des attentats antijuifs sont commis sur la terre d’Israël ne cesse d’être empreinte de réserve, pour ne pas dire davantage.

 

Lorsque l’administration Trump leur a demandé, il y a quelques mois, de se comporter dignement et de ne plus financer l’Autorité Palestinienne tant qu’elle persistera à inciter au terrorisme et à rémunérer les tueurs de Juifs emprisonnés ou les familles de tueurs de Juifs morts, ils ne se sont pas contentés de faire la sourde oreille. Ils ont juré d’accroitre les sommes qu’ils versent à l’Autorité Palestinienne pour compenser le fait que les Etats-Unis ont nettement commencé à lui couper les vivres. Et lorsque l’administration Trump a décidé de cesser de financer l’UNWRA, en soulignant que ne pouvaient être définis comme réfugiés que des gens qui avaient effectivement quitté Israël en 1948-49, mais en aucun cas leurs enfants, leurs petits-enfants, leurs cousins ou les membres de leur famille par alliance, ils se sont empressés de dire qu’eux, ils allaient financer l’UNWRA bien davantage qu’ils ne l’avaient fait jusque-là et persister à considérer que le nombre de réfugiés est bel et bien celui donné par les organes de propagande palestiniens (cinq millions de personnes environ).

 

Leur attitude globale lorsque le Hamas a organisé les “pseudo-marches du retour” au printemps dernier a consisté à adhérer au discours de propagande du Hamas et à accuser mensongèrement l’Armée israélienne de commettre des massacres.

 

Et quand bien même quasiment plus aucun dirigeant israélien n’ose encore proposer une “solution à deux Etats”, quand bien même le monde arabe sunnite se fait très discret sur la question, et quand bien même l’administration Trump prépare en coopération avec le gouvernement israélien un plan de paix vraisemblablement très éloigné de la solution à deux Etats, ils continuent à prôner celle-ci, en insistant dès qu’ils le peuvent sur la nécessite absolue de diviser Jérusalem et de ne surtout pas y installer leurs ambassades.

 

Les grands principes des principaux dirigeants européens s’effacent aussi très prestement lorsqu’il s’agit du principal ennemi d’Israël, la République Islamique d’Iran. Celle-là a vu le jour il y a quarante ans en raison du comportement inepte et criminel du calamiteux Président américain Jimmy Carter ; mais si Khomeiny n’avait bénéficié de la bienveillance européenne en général et de celle de la France en particulier, son retour à Téhéran aurait été bien plus compliqué, peut être compromis.

 

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Les amis des Européens

 

Depuis, les principaux dirigeants européens ont eu bien trop souvent une attitude de compromission envers un régime infréquentable et répugnant. Ils ont commercé avec lui quand ils ont pu et respecté les sanctions à ses dépens lorsqu’il leur a été impossible de faire autrement. Ils se sont empressés de ratifier l’accord sur le nucléaire passé avec la théocratie de Téhéran et se sont précipités aussitôt l’accord signé pour passer avec les mollahs des contrats qu’ils espéraient lucratifs. Ce, sans prêter la moindre attention au comportement antisémite du régime et aux accents génocidaires et résolument anti-israéliens de ses dirigeants, sans prêter attention non plus aux exécutions d’Iraniens par centaines et à la misère généralisée d’un peuple entier.

 

Lorsque Donald Trump a décidé de sortir de l’accord parce que le régime ne le respectait pas, continuant ses activités nucléaires militaires, semant la guerre et la déstabilisation dans toute la région, et menaçant Israël plus précisément que jamais, ils ont tout fait pour continuer à commercer avec la dictature perse et se sont efforcés d’agir pour qu’elle ne s’effondre pas.

 

Ils viennent d’élaborer un mécanisme de troc censé leur permettre d’échapper aux sanctions américaines qui pourraient les frapper s’ils continuent à collaborer avec le régime des ayatollahs. Ils semblent prêts, pour y parvenir, à affronter les sanctions américaines.

 

Faut-il qu’ils tiennent à ce régime pour se comporter de la sorte !


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Turquie : La « Madurophilie » bat son plein (info # 010902/19) Version imprimable
Analyse
samedi, 09 février 2019

 

Par Ferit Ergil

 

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Erdogan avec Maduro, lors de sa visite à Caracas

 

Côté « people », la plupart des habitants d’Istanbul et ses 20 millions d’âmes n’avaient probablement jamais entendu parler du Venezuela ni de son Président Nicolas Maduro, dont la physionomie, avec ses grosses moustaches noires et sa carrure de lutteur, s’apparente à celle d’un Turc dans l’imagerie populaire d’ici ou d’ailleurs. Jamais entendu parler jusqu’à ce que la presse tabloïde fasse découvrir l’homme des Caraïbes dans un restaurant huppé d’Istanbul, en septembre 2018, lors de sa quatrième visite en Turquie en deux ans, sur son chemin de retour d’un voyage en Chine.

 

Ils dînèrent chez Nusret Gökçe, 35 ans, propriétaire d’une chaîne de steak house aux quatre coins de la ville, mais aussi à Dubaï et Doha, en passant par New York et Miami, qui aurait appris les métiers de la bouche en Argentine, après avoir abandonné les bancs de l’école à dix ans pour devenir apprenti boucher. Il est surnommé « Salt Bae », pour ses manières particulières de saupoudrer de sel ses grillades, dont le prix à la portion peut varier de 100 à 300 euros dans ses restaurants à la mode, lieu de rencontre des célébrités locales.

 

Les magazines people portèrent l’événement à la une, et le repas salé de Maduro fut ainsi connu du grand public. Y compris des habitants de son pays, dont la majorité doit faire face à des pénuries graves et à la sous-alimentation, avec des revenus ne dépassant souvent pas un euro par jour, compte tenu de l’inflation galopante et de la dépréciation du Bolivar, la monnaie locale.

 

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Maduro chez « Salt Bae » à Istanbul

 

La précédente visite relativement discrète de Maduro en Turquie et sa rencontre avec Erdogan datent des cérémonies d’intronisation de ce dernier, à l’été 2018 ; le Vénézuélien y était invité d’honneur.

 

Les media stambouliotes proches du Palais rapportèrent que l’enfant des Caraïbes portait un intérêt croissant pour la Turquie, appréciant particulièrement la série télévisée « La résurrection d’Ertugrul ». Une fiction ayant pour héros le père du fondateur de la dynastie ottomane, dont Maduro ordonna la diffusion sur les chaînes TV publiques de son pays, considérant que les deux pays, si éloignés géographiquement, étaient cependant très proches à l’heure des jets intercontinentaux, au point qu’ils partageaient les mêmes idéaux et la même destinée.

 

Turkish Airlines avait commencé à desservir Caracas dès 2016, l’année coïncidant avec l’accroissement des échanges commerciaux entre les deux pays, par 3 vols hebdomadaires, et les visas étaient supprimés de part et d’autre.

 

Après la réélection de Maduro, la presse le montra aux côtés du Président Erdogan, paré pour l’occasion des couleurs du pays hôte lors de sa visite à Caracas en Décembre 2018. Il reçut à cette occasion une réplique du sabre de Simon Bolivar, le "Libertador" emblématique du Venezuela. Les déclarations communes souligneront l’amitié inébranlable entre les deux nations, éprises de la démocratie et des droits de l’homme, luttant contre les « forces hégémoniques » (entendez l’Occident et l’inévitable impérialisme américain). Les deux hommes signèrent en cette occasion de juteux contrats afin de cimenter cette nouvelle amitié.

 

DES AFFAIRES EN OR

 

Le commerce turco-vénézuélien, quasi inexistant jusqu’alors, prendra son essor dès 2016, l’année suivant la tentative du coup d’Etat raté en Turquie contre Erdogan, et aussi celle de l’arrestation de l’un de ses protégés à Miami, un jeune homme d’affaire turco-iranien. Cela fut le prélude à la détérioration des relations entre Istanbul et Washington, parallèlement à leur divergence de positions sur la Syrie de plus en plus manifeste dès cette époque.

 

Le businessman appréhendé en Floride, Zarrab, naturalisé turc sous le le nom de Sarraf (bijoutier, en turc, par une curieuse coïncidence) s’était spécialisé dans le commerce de l’or. L’administration américaine lui reprochait principalement d’avoir enfreint l’embargo imposé à l’Iran en lui livrant de grosses quantités d’or, ainsi que de s’être livré au blanchiment d’argent et à diverses fraudes bancaires.

 

Durant son procès, Zarrab passa aux aveux, affirmant que toutes ces opérations se déroulaient sous le contrôle direct de Recep Erdogan. Peu après, plusieurs dirigeants de la banque étatique turque Halk Bank seront également arrêtés à leur arrivée sur le sol américain et inculpés sous les mêmes chefs d’accusation.

 

Après le putsch raté du 15 juillet 2015, imputé par la Turquie - régime et opposition réunis -, au prédicateur Fethüllah Gülen établi sur le territoire U.S. depuis de nombreuses années, les autorités d’Ankara réclameront son extradition. Mais l’administration américaine n’a pas donné suite à cette demande jusqu’à ce jour, ajoutant une pièce de plus à la discorde entre les deux gouvernements.

 

De plus, l’image de la Turquie se détériora brutalement aux yeux de l’opinion publique occidentale suite à la vague d’arrestations consécutives au putsch du 15 juillet. Erdogan, réélu de justesse président mais avec des pouvoirs étendus, se tournera vers de nouveaux horizons jusque-là inexplorés pour diversifier ses relations et ses échanges.

 

Ce qui amena précisément les échanges commerciaux turco-vénézuéliens à exploser entre 2016 et 2017, sur la base d’exportations turques de produits de première nécessité, tels la farine, les pâtes alimentaires, le savon, les couches pour bébés et différents produits cosmétiques. Le volume de ces exportations passera de 18 millions de dollars en 2016 à 38 millions en 2017. Dans le même temps, les importations en provenance du Venezuela, composées essentiellement des produits ferreux et pétroliers augmenteront de 65 à 117 millions au cours de la même période, présentant un excédent croissant en faveur de Caracas.

 

S’ensuivit un scoop décoiffant en 2018, lorsque la presse progouvernementale d’Istanbul révéla les projets de Maduro, consistant à détourner l’embargo occidental. Lequel embargo avait été décrété afin de sanctionner les atteintes répétées à la démocratie dans son pays : face aux difficultés économiques croissantes - une inflation record à un million de pourcents, entraînant la dépréciation du Bolivar, des pénuries, et un vaste mécontentement populaire -, on enverrait l’or vénézuélien aux Emirats Arabes Unis pour l’échanger contre des euros et des dollars qui font crucialement défaut à Caracas.

 

Peu après cette nouvelle, la Ména turque apprenait que le nouveau ministre de l’Industrie du Venezuela, Tareck Zaidan El Aissami Maddah, un curieux personnage d’origine libano-syrienne, objet de maintes allégations de connivence avec le narcotrafic et de blanchiment d’argent, et ancien vice-président de Maduro, effectuerait une visite à Çorum ; une ville du centre de l’Anatolie de moyenne importance.

 

Seul attrait économique notable de Çorum, on y trouve une unité moderne spécialisée dans le traitement de l’or, qui y fut installée par les bons soins de la famille Ahlatçi depuis 2012. L’activité commerciale de cette entité vit le jour dans les années 80 sous la forme d’une modeste bijouterie dans une bourgade de province, et se poursuivit par un étonnant partenariat avec le géant énergétique russe Gazprom pour la distribution de gaz dans les provinces de l’Anatolie centrale.

 

En 2016, prenant des parts de plus en plus importantes dans le commerce de l’or sur le marché domestique, le business des Ahlatçi atteignit un chiffre d’affaire de plus de 8 milliards de dollars. Un pur exemple de « miracle économique » de l’ère Erdogan.

 

En Juillet 2018 nous apprenions par la presse provinciale locale que le chef du clan Ahlatçi, Ahmet Ahlatçi, avait personnellement été présenté à Maduro par Erdogan, et que la visite de la raffinerie d’or de Çorum avait « ébloui » Tareck Maddah. A court terme, le commerce entre les deux pays devrait maintenant atteindre le volume d’un milliard de dollars.

 

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Erdogan présentant Ahmet Ahlatçi à Maduro

 

Le ministre vénézuélien chargé des mines, Victor Cano, annonçait à son tour à la presse turque que : « le raffinage de l’or, sa transformation en pièces certifiées, habituellement effectués en Suisse, seraient désormais confiés aux "pays alliés" ».

 

Un « Conseil d’Affaires Turco-Vénézuélien » a été créé pour superviser le commerce grandissant entre les deux pays. Sa direction a été confiée à un homme d’affaires fraîchement émoulu, Selim Bora, dont l’activité principale connue jusqu’alors était le tourisme.

 

Ce qui ne l’a pas empêché de s’épandre sur les « avantages mutuels » de la coopération turco-vénézuélienne devant les caméras de la BBC. Bora y a souligné les possibilités de troc entre les deux pays, qui ouvriront des champs d’activités nouveaux aux entrepreneurs turcs en échange de produits pétroliers. Une manne également pour les entreprises turques du bâtiment.

 

Hayri Küçükyavuz, installé à Caracas depuis 24 ans et responsable local du bureau de Müsiad, une association « indépendante » d’hommes d’affaires turcs proches du pouvoir erdogiste, s’est lui aussi exprimé sur une autre affaire en or : « Le responsable de la pénurie », imputa-t-il, « c’est le capitalisme. Le gouvernement vénézuélien propose dès lors aux Turcs l’exploitation de ses mines d’or. Lesquels toucheront 70% du produit extrait et raffiné, à condition de mettre en place les installations à leur charge ; 30% du produit reviendra à l’Etat vénézuélien sous forme de don. Beaucoup d’entreprises turques sont intéressées » a déclaré Küçükyavuz en conclusion.

 

On le serait à moins devant un régime prêt à brader de la sorte ses richesses naturelles.

 

CONVERGENCES POLITIQUES

 

Depuis la fin janvier dernier, le Venezuela a pris subitement le devant de la scène dans les media mondiaux, tandis que la presse turque se porte à l’unanimité au soutien de Maduro face aux pressions occidentales.

 

Les quelques rares voix de la presse stambouliote laïque, difficilement tolérées par le pouvoir qui contrôle la quasi-totalité des publications, sont vite étouffées. A l’exemple de celle d’Yilmaz Özdil, éditorialiste au quotidien Cumhuriyet [la République] d’Istanbul, qui s’interroge en vain : « OK », écrit Özdil, « Trump est mauvais, mais cela fait-il de Maduro un bon ? ».

 

Un de ses confrères lui répliqua que toutes les pénuries alimentaires au Venezuela sont l’œuvre de capitalistes sans vergogne, qui veulent saboter le socialisme. La gauche turque, très affaiblie depuis la fin de l’ère stalinienne dans ses variantes russe et chinoise, subjuguée par les discours socialistes de façade de Chavez, le défunt prédécesseur de Maduro, s’aligne sur son pouvoir à l’image d’un Mélenchon français, ne manquant pas, en passant, de condamner les exactions policières à Paris.

 

La gauche turque soutient ainsi le régime à l’agonie dans les Caraïbes, tolérant en fait les pires atrocités au nom de l’antiaméricanisme et d’un socialisme devenu totalement chimérique.

 

Les clés de ce soutien nous sont livrées sans circonvolutions inutiles par une courtisane d’Erdogan, l’une de ses admiratrices sans faille basée à Paris, présidente et rédactrice en chef d’une officine de propagande sur le Web, la Red’action, Öznur Küçüker Sirene. Cette dernière nous apprend à l’occasion que la Turquie et la Russie ont été les principaux acheteurs d’or dans le monde en 2018, et détaille les convergences entre la Turquie et le Venezuela dans un article de fond sur le site en français de la Radio-Télévision Turque, sous le titre : « Pourquoi Erdogan est-il un fervent défenseur de Maduro ?

 

Deux pays lointains qui se battent contre les mêmes pressions des Etats-Unis et d’autres pays occidentaux qui souhaitent les contrôler en raison de leur importance géostratégique : la Turquie et le Venezuela ainsi que leurs chefs d’Etat n’ont jamais été aussi proches ».


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La persécution des chrétiens (info # 010802/19) Version imprimable
Analyse
vendredi, 08 février 2019

 

Par Raphaël Delpard

 

Les chrétiens constituent actuellement dans le monde la communauté la plus persécutée.

 

Les soulèvements populaires qui eurent lieu au Proche-Orient à compter de 2010 et que la presse européenne baptisa "Printemps arabes" furent un désastre pour les populations, qu’elles soient Arabes musulmanes ou Arabes chrétiennes.

 

L’effondrement de ces sociétés eut au moins le mérite, si l’on veut bien accepter l’expression, de mettre en lumière la situation des chrétiens. Et l’on put alors constater à quel point ces populations étaient - et le sont toujours - dans une situation d’extrême survie.

 

Les chrétiens d'Orient, habitant dans des pays à majorité musulmane, sont considérés par les Occidentaux comme des pièces rapportées. L’histoire ne s’est pas écrite de cette façon ; ce fut l’inverse qui a prévalu. Les coulées musulmanes conquérantes contraignirent les populations à l’adoption de la langue arabe, et il y eut des autochtones qui, pour survivre, se convertirent. Rappelons que les chrétiens d’Orient, qui sont évoqués ici, sont les peuples souches des pays que l’islam a envahis.

 

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En Iran : un régime que l’Union Européenne s’efforce de préserver

 

Si nous évoquons en permanence la situation des chrétiens d’Orient, ceci s’explique par la proximité culturelle et spirituelle qui nous lie avec les peuples d'origine. Les premiers évangélisateurs qui débarquèrent en Europe, et plus particulièrement en France, vers 132 après l’avènement du Christ, étaient des Grecs. C’est à cause de cela que les Européens, et parmi eux les Français, tournent plus volontiers leur regard dans la direction du Proche-Orient, oubliant le reste du monde. La France a été durant des années protectrice des chrétiens d’Orient.

 

On compte environ 2 milliards 200 millions de chrétiens sur la planète. Peut-être le chiffre est-il plus élevé. Il faut savoir que, par souci de sécurité, des chrétiens préfèrent de ne pas se déclarer en tant que tels.

 

On comptait, il y a dix ans, 50 pays où la persécution était visible et constante. Le recensement de 2019 accuse le chiffre de 73. L’augmentation est considérable. Les 23 Etats supplémentaires se tenaient auparavant devant le portillon. Constatons qu’ils l’ont franchi.

 

Au moment où vous lisez le texte, dites-vous que 245 millions de femmes, d’hommes et d’enfants dans le monde sont persécutées en raison de leur foi chrétienne. Ce qui est contraire à l’article 18 de la Charte universelle des droits de l’homme, initiée par Eléonore Roosevelt en 1948.

 

Revenons une année en arrière, et constatons qu’en 2017 et 2018, pour être le plus précis possible, les chrétiens persécutés s’élevaient à 215 millions. Voyez la différence en deux ans.

 

Si nous voulons évaluer l’ampleur du désastre au niveau européen, imaginons que les populations de France, d’Allemagne, d’Italie, de Belgique, d’Autriche et de Hollande seraient chaque jour en bute aux pires maltraitances : bastonnades, lapidations, tortures en tous genres, viols, emprisonnements, discriminations, assassinats. Sur simple dénonciation, chaque individu peut être à tout moment accusé de blasphème, comme ce fut le cas de cette chrétienne pakistanaise, Asia Bibi, qui fut emprisonnée durant neuf ans et condamnée à la pendaison pour avoir bu par mégarde un verre d’eau provenant d’un puits qui était réservé à des ouvrières musulmanes. En le faisant, elle avait blasphémé le prophète.

 

Pour nous résumer, 1 chrétien sur 9 dans le monde est persécuté :

 

1 chrétien sur 6 est fortement persécuté en Afrique.

1 chrétien sur 3 est fortement persécuté en Asie y compris au Moyen-Orient.

1 chrétien sur 21 est fortement persécuté en Amérique latine.

 

Arrêtons-nous un instant sur Cuba, tant choyé par la gauche européenne, qui occupe la 9ème place dans la liste des pays persécuteurs. Voici ce que nous en dit l’Index mondial de la persécution des chrétiens de 2019, éditée par l’ONG Portes Ouvertes :

 

Le contrôle totalitaire du régime sur les citoyens et leurs droits individuels n’a pas changé, notamment en ce qui concerne les activités de l’Eglise. Les chrétiens continuent d’être particulièrement vulnérables.

 

L’évocation de "persécution des chrétiens" ne livre pas ce que recouvre la réalité. De quelles persécutions les chrétiens sont-ils les victimes ?

 

Tracasseries administratives. Discrimination concernant l’attribution d’un emploi ou l’entrée dans une université. Discrimination dans l’administration. En Egypte, les Coptes ne peuvent pas postuler à un emploi dans une administration ou faire carrière dans l’Armée. Viol des femmes, enlèvement des adolescentes ensuite mariées de force à un musulman. Prison, violence. Eglises fermées ou incendiées.

 

Bientôt, il ne restera plus de chrétiens dans les pays persécuteurs. En Syrie, la guerre les a contraints à un exil forcé. Depuis les événements ils sont passés de 25% de la population à 2%.

 

Lors d’un procès, quel qu’en soit le motif, le chrétien en face d’un musulman ne sera jamais acquitté, mais de facto reconnu coupable.

 

La liste serait incomplète si n’y figurait pas l’extrémisme islamique.

 

Pourquoi, au XXIème siècle, tue-t-on des chrétiens ? La question nous entraîne sur le chemin cahoteux de la faillite des Etats, la disparition de la liberté religieuse, la découverte de la charia comme référence au sein des organisations internationales, à l’exemple de l’ONU et de la Cour européenne des droits de l'homme.


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Bruxelles-Métula du 4 février 2019 (010202/19) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 04 février 2019

 

INTERVIEW IMPORTANTE : tout sur les nouvelles armes développées par l’Iran, sur leur dangerosité réelle pour Israël et pour l’Europe.

 

Le Général Hossein Salami, no.2 des Gardiens de la Révolution Islamique, menace Israël de la détruire en trois jours avec la "capacité stratégique" développée par l’Iran, mais avec quels moyens ? Il affirme que les Israéliens n’auront pas suffisamment de tombes pour enterrer leurs morts.

 

Pourquoi cette affirmation est en fait un aveu de faiblesse qui trahit ce général.

 

Dans quels domaines les Perses sont-ils vraiment dangereux ?

 

Beaucoup d’informations exclusives jamais évoquées jusqu’à présent.

 

Une analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, pour l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca Bruxelles.

 

https://youtu.be/VAG9_E05smg  (Youtube).

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/2307385752813257/?t=8

(Facebook Radio Judaïca)

 

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Ou de l’Iran…

 

 
“Devoir de mémoire” et détestation d’Israël (info # 010302/19) Version imprimable
Analyse
dimanche, 03 février 2019

 

Par Guy Millière

 

Le 27 janvier dernier était la journée internationale de commémoration de la  Shoah. C’était aussi le 74ème anniversaire de la chute du camp d’extermination d’Auschwitz.

 

Les derniers survivants de la Shoah se font rares. Les articles dans la presse française sur le sujet se font plus rares encore. Pour une raison logique. Ces dernières années, une irritation est montée dans les opinions publiques européennes au nom du fait qu’il était bien trop question de la Shoah et qu’il était temps de tourner la page. La presse française en a tenu compte et s’est adaptée, ce qui, je pense, ne lui a pas été très difficile.

 

Je ne peux m’empêcher de me souvenir que lorsque j’étais enfant, nul ne parlait de l’extermination des Juifs d’Europe dans les cours d’histoire : c’était à l’évidence un sujet tabou qu’il fallait occulter. Le film "Nuit et brouillard" était projeté dans les écoles et les lycées, mais il y est question de déportations, de camps de concentration et des horreurs du nazisme, mais pas de ce que les nationaux-socialistes allemands ont appelé la “solution finale”.

 

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Je dois me rappeler que j’ai découvert ce qui s’était passé bien plus tard, alors que j’allais avoir vingt ans, grâce à une survivante d’Auschwitz qui m’avait expliqué ce qu’était le tatouage bleu qu’elle portait sur son bras. Elle m’avait dit que dans les années 1945-50, la vérité n’intéressait personne.

 

Je dois me rappeler qu’on a commencé en France à parler de l’extermination des Juifs d’Europe lorsque la série télévisée américaine "Holocauste" a été diffusée très largement, et je dois me rappeler aussi qu’à ce moment, nombre de gens ont réagi sur le mode hypocrite de la “surprise”, et en disant “nous ne savions pas”. Que les gens de ma génération, nés après la Guerre, n’aient pas su n’était pas étonnant. Que des gens qui avaient atteint l’âge adulte en 1940 n’aient pas su était bien davantage qu’improbable.

 

Je dois me rappeler que le film "Shoah" de Claude Lanzmann est venu ensuite, et qu’a été imposé en France ce qu’on a appelé un “devoir de mémoire”. Et je dois dire que l’expression “devoir de mémoire” a toujours laissé un goût amer en moi. Après l’amnésie et l’occultation, il a fallu retrouver la mémoire, mais ce fut un devoir, un exercice imposé qui ne pouvait que finir par irriter un nombre croissant de ceux à qui il était imposé.

 

Je dois constater que l’époque où le “devoir de mémoire” a été imposé a été aussi celle ou la détestation de l’Etat d’Israël a commencé à envahir l’atmosphère française, en même temps que le soutien à la “cause palestinienne”. Et je dois dire que je n’ai pas vraiment vu là un hasard.

 

Les Français avaient soudain l’obligation de se souvenir du crime abject commis en Europe contre les Juifs et ne pouvaient plus l’occulter. C’était, ont pensé des Français, la faute des Juifs. S’il n’était pas resté des Juifs susceptibles de parler du crime abject, nul n’en aurait parlé. Et il y avait même un Etat juif et un mémorial, Yad Vashem, destiné à faire que le souvenir du crime ne s’efface pas !

 

Accuser l’Etat juif de tous les maux fut une compensation, et accuser les soldats juifs de se comporter comme des nazis devint un moyen, pour des Français, de se déculpabiliser : si des Juifs sont nazis désormais, a-t-on commencé à entendre, Auschwitz n’est plus qu’une horreur à classer parmi d’autres horreurs. On a parlé de “concurrence des mémoires” en comparant la Shoah à de multiples crimes, dont, bien sûr, celui censé être commis par Israël contre les “Palestiniens”. Avec une perversité cynique et calculée, les propagandistes “palestiniens” et “propalestiniens” en ont rajouté en s’efforçant de comparer le sort des “Palestiniens” à celui des Juifs sous les nazis. On parla de la "nakhba", censée être l’équivalent “palestinien” de la Shoah. On parla de “diaspora” palestinienne et de la Palestine comme de la terre promise des “Palestiniens”. 

 

En France, on n’évoque plus guère la journée internationale de commémoration de la Shoah, non.

 

On évoque toujours l’antisémitisme, mais c’est le plus souvent pour le brandir tel un ustensile idéologique destiné à diaboliser quiconque défend la civilisation occidentale et la souveraineté nationale, et on évoque rarement l’antisémitisme qui agresse les Juifs en France : l’antisémitisme islamo-gauchiste. C’est normal : les antisémites islamo-gauchistes sont “propalestiniens” et détestent l’Etat juif qui est l’Etat qu’il est bienséant de détester en France.

 

J’écoute assez peu les radios françaises. En cherchant ce qui avait pu se dire ou s’écrire en France sur le 27 janvier, je suis tombé sur une chronique de l’infâme François Clemenceau, qui a autrefois été un grand désinformateur sur les Etats-Unis. Après s’être verbalement “inquiété” de la remontée de l’antisémitisme en France (et après avoir accusé les “gilets jaunes” d’être antisémites avec des mots que n’aurait pas désavoué Benjamin Griveaux1), cet abject individu a osé dire que l’on peut ne pas être antisémite et critiquer la “colonisation” de la “Palestine” par Israël et les exactions et les crimes du “gouvernement d’extrême droite” de Netanyahou.

 

On peut cacher son antisémitisme sous l’antisionisme politiquement correct, n’est-ce pas Monsieur Clémenceau ?

 

 

 

Note :

1 Secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre et porte-parole du gouvernement actuel en France

 

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Bruxelles-Métula du 28 janvier 2019 (012801/19) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 28 janvier 2019

 

Tout savoir sur le rapport de force entre Israël et le Hezbollah libanais.

 

Les capacités militaires de la milice chiite, son aptitude à mettre ses menaces à exécution, le risque réel de déclenchement d’un conflit ainsi que l’allure qu’il prendrait, et les moyens de dissuasion à disposition de Tsahal.

 

Une analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, pour l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca Bruxelles.

 

https://youtu.be/UP5i5Yc3pKQ  (Youtube).

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/343473039600545/?t=12  

(Facebook Radio Judaïca)

 

 

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Hezbollah, la milice chiite libanaise : des références on ne peut plus claires

 

 
La dérive des Démocrates U.S. vers l’islamisme et l’antisémitisme se poursuit (info # 012701/19) Version imprimable
Analyse
dimanche, 27 janvier 2019