Raid sur la Syrie, peut-être plus grave qu’il n’y paraît : debrief (010104/20) Version imprimable
Analyse
mardi, 31 mars 2020

 

Ont participé à cet article : Jean Tsadik, Stéphane Juffa, Michaël Béhé, Jules Mazouz et Yoshua Ohana

 

[Article réalisé par croisement d’informations d’origines étrangères. Taux de certitude concernant le raid sur ash Sha’irat : maximal]

 

Ce mardi soir à 20h 25 heure locale, quatre chasseurs-bombardiers F-16, chacun muni de deux missiles sol-air, ont visé l’aéroport militaire d’ash Sha’irat, à 25km au sud-est d’Homs en Syrie [carte].

 

En chemin, ils avaient été entrevus par des habitants du Liban au large de Tyr, puis à proximité immédiate de Beyrouth, obliquant ensuite sur Zahlé et Baalbek, avant de larguer leurs missiles dans la zone de la frontière syro-libanaise [carte].

 

shairat_reg.jpg

Situation régionale

Service cartographique © Metula News Agency

 

Aucun appareil du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, n’a été à aucun moment mis en danger et les huit missiles qu’ils transportaient ont atteint leurs cibles avec une précision de moins d’un mètre.

 

La DCA [défense contre avions] syrienne a tiré des missiles en direction des projectiles israéliens mais ils ont tous largement manqué leurs objectifs, poursuivant leurs courses folles dans le vide.

 

Le raid visait très probablement le chargement de deux avions cargos iraniens qui avaient très récemment atterri sur l’aéroport de Sha’irat. Dont les deux pistes principales, respectivement de 3.5 et 3km, peuvent pratiquement accueillir des avions de toutes tailles.

 

shairat_det.jpg

Détail de l’aéroport d’ash Sha’irat

Service cartographique © Metula News Agency

 

Un peu moins de la moitié de l’aéroport de Sha’irat a été confié par le régime de Bashar al Assad à l’usage exclusif des Gardiens de la Révolution khomeyniste ; l’unité d’élite de l’Armée iranienne des Pasdaran.

 

Le chargement se trouvait dans cette zone lors du raid. Il comprenait des missiles, de l’appareillage électronique et de contrôle ainsi que des munitions diverses. Il a été détruit dans sa totalité.

 

Tout le personnel – une trentaine de commandos – qui se trouvait près du chargement a été tué ou blessé dans des proportions grossièrement similaires selon des membres du personnel hospitalier de la région d’Homs joints au téléphone par Michaël Béhé une heure après l’attaque. Des dizaines d’ambulances visibles de tous entre Homs et l’aéroport ont évacué les morts et les blessés, dans leur grande majorité iraniens.

 

A en croire l’agence de presse officielle du régime de Bashar al Assad, SANA, le Khe’l Avir aurait attaqué deux autres objectifs, à savoir l’aéroport T4, à 65km à l’est d’ash Sha’irat, près de l’oasis de Khirbat Tiyas, ainsi qu’une "fabrique d’engrais azoté" dans la campagne à l’ouest d’Homs.

 

Nous ne disposons pas d’informations concernant ces autres opérations mais elles sont plausibles, l’aéroport T4 étant également abandonné aux Iraniens et ayant fait l’objet, ces dernières années, de nombreux raids de Tsahal, tous relatés par la Ména.

 

Quant à la "fabrique d’engrais azoté", ce genre de dénomination lorsqu’utilisé par le régime de Damas cache généralement une activité de mise au point, de fabrication ou d’entreposage de moyens militaires. La mention "engrais azoté" pouvant se référer à un traitement de gaz de combat, les infrastructures d’une usine civile de ce type pouvant vaguement rappeler celles nécessaires au traitement des gaz.

 

Si c’est le cas, l’intention de la dictature syrienne pourrait consister à précéder une annonce ultérieure, illustrée par des photographies ou des vidéos, à Jérusalem ou à New-York, démontrant que, violant à nouveau tous ses engagements, Damas s’est remis à produire ce genre d’armes interdites. On rappelle que lorsque l’utilisation de ce genre d’armes par le régime avait été découverte par le passé, cela avait engendré des attaques américaines et européennes au missile de croisière contre la Syrie.

 

Quoi qu’il en soit, si des cibles autres que l’aéroport d’ash Sha’irat ont été visées ce soir et/ou une usine produisant des gaz de combat, nous le saurons très prochainement et ne manquerons pas de l’évoquer à l’intention de nos lecteurs.  

 

La junte théocratique au pouvoir à Téhéran entendait profiter de la confusion régnant dans la région à cause de la pandémie de Covid-19 afin de surprendre la vigilance de l’Armée israélienne. La tentative de ruse des ayatollahs était renforcée par le fait que des milliers de soldats iraniens ont été récemment retirés de Syrie et d’Irak pour être soignés en Iran. De nombreux postes situés sur l’autoroute chiite, notamment dans la base d’Imam Ali à la frontière syro-irakienne ont été abandonnés.

 

La pandémie heurte l’Iran de plein fouet. Selon la théocratie, elle a causé la mort d’environ 3 000 personne, mais selon les organisations de l’opposition au régime, elle frappe le pays en faisant des dizaines de milliers de victimes, dans des proportions proches ou supérieures à celles finalement constatées en Chine.

 

Téhéran a demandé aux Etats-Unis de lever les sanctions économiques décrétées par Washington afin de permettre au régime de financer la lutte contre la maladie. Après un refus initial de la Maison Blanche, le Président Trump était enclin avant ce soir à assouplir lesdites sanctions par souci humanitaire. Nul doute que la tentative d’infiltrer des missiles à Sha’irat ainsi que d’autres préparations d’actions offensives de la part des milices irakiennes supplétives de l’Iran, et des attaques des Houthis yéménites contre l’Arabie saoudite, vont inciter M. Trump à durcir sa position. On ne peut en effet décemment aider les habitants d’un Etat qui vous agresse ainsi que vos alliés pendant qu’il demande des assouplissement des mesure économiques que vous avez décidées afin de le dissuader de mener une politique expansionniste au Moyen-Orient.

 

Si la dictature chiite au pouvoir à Téhéran avait besoin de moyens afin de lutter contre le Covid-19, elle commencerait par épargner ceux qu’elle utilise pour la fabrication de missiles et l’entretient de son corps expéditionnaire en Syrie.

 

La tentative de diversion ayant abouti aux opérations de ce soir ne manquait pas d’inspiration. Les chefs des Pasdaran leur ont sans doute expliqué que c’est en Perse qu’avait été inventé le jeu d’échecs, le plus intelligent des jeux, ce qui est parfaitement exact. Mais ils ont sûrement omis de leur préciser que depuis, la grande majorité des champions du monde étaient juifs.

 

Une grande interrogation s’est faite jour ce soir après les révélations supplémentaires de l’agence SANA. Il pourrait certes s’agir d’une tentative de désinformation de la part du régime damascène, même si on ne comprend pas, de prime abord, quels objectifs elle poursuivrait.


Lire la suite...
 
Important raid israélien en Syrie en ce moment (013103/20) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 31 mars 2020

 

newmena.jpg

 

Métula 21h 45, 20h 40 à Paris

 

Le régime théocratique iranien a tenté d’exploiter la pandémie de Covid-19 qui fait pourtant des ravages en Perse afin d’acheminer discrètement des armes de destruction massive ainsi que des munitions pour son contingent et ses alliés en Syrie.

 

Ces tentatives n’ont cependant pas échappé à l’Armée israélienne qui est en train d’intervenir massivement par les airs, en plusieurs vagues, notamment contre des objectifs situés dans la périphérie de Damas et autour de la ville d’Homs à 120km au nord de la capitale syrienne.

 

Dans tous ces endroits, des habitants font état d’importantes explosions.

 

L’aéroport militaire d’Ash Sha’irat, à 25km au sud-est d’Homs, essuie actuellement les tirs de plusieurs missiles air-sol.

 

Les raids se poursuivent pendant que nous publions cette breaking. Quatre appareils ont été vus par des habitants du Liban à proximité de Tyr et de Beyrouth avant d’obliquer brusquement en direction de Zahlé et Baalbek vers la frontière syrienne.

 

Les media officiels de Bashar al Assad confirment ces attaques sans donner davantage de précisions.

 

Les journalistes de la Ména dans la région sont sur la brèche.

 

 

 
Pourquoi les Chinois résistent mieux que nous au Covid-19 ? (013003/20) Version imprimable
Analyse
lundi, 30 mars 2020

 

Par le Dr. Schlomo Cohen

 

Le Dr. Schlomo Cohen est belgo-israélien, médecin immunologiste, clinicien et chercheur. Il a travaillé sur l'évolution des mécanismes du système immunitaire et a décrit leur influence sur l'hémorragie pulmonaire et la vasculite auto-immune.

 

Les Chinois ont surmonté l’infection du virus COVID-19 en une courte période avec un taux de décès relativement faible, ce qui ne sera vraisemblablement pas le cas des Occidentaux (Européens et Américains).

 

Pourquoi et comment ?

 

C’est sans doute dans la signature héréditaire de l’humanité que se situe la réponse.

 

Tous les humains ont émergé d’un tronc commun venu d’Afrique et ont évolué en plusieurs branches, comme un buisson. Trois branches sont connues : le Sapiens, qui a évolué sur le pourtour de la Méditerranée, le Néandertal, qui a vécu dans les régions froides de l’Europe durant près de 600 000 ans et a survécu à plusieurs périodes glacières, et le Denisova, qui a peuplé l’ensemble de l’Asie.

 

Ces trois populations ont été longtemps isolées les unes des autres et leur système immunitaire s’est adapté à chaque environnement spécifique.

 

Après une longue période de séparation, ces populations se sont rencontrées et ont produit des descendants. L’analyse de notre ADN montre que les trois humanoïdes se sont mélangés. Deux branches ont disparu il y a 30 à 40 000 ans. Aujourd’hui nous sommes tous des Sapiens.

 

arn.jpg

L’ennemi

 

Il faut savoir qu’au fil de temps, le génome élimine les gènes qui ne servent pas, qui ne sont pas sollicités. Seuls les gènes utiles sont conservés. On retrouve aujourd’hui chez les Sapiens 2 à 3% de gènes hérités du Néandertal-Denisova, notamment ceux qui portent la mémoire des infections virales et des éléments qui permettent de résister au froid.

 

Dans une étude récente, la comparaison du génome de plus de 5 000 personnes vivant en Europe, Asie et en Océanie a permis d’identifier des segments insérés dans le génome des hommes modernes, les Sapiens. Des segments néandertaliens particuliers ont été retrouvés dans toutes les populations, et deux types de segments dénisoviens sont présents chez les populations asiatiques.

 

Le SARS-CoV2 (Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus 2) qui produit la pathologie COVID-19 est un virus à ARN qui infecte la population des chauves-souris depuis plusieurs centaines voire milliers d’années.

 

Le point important :

 

Le système immunitaire des Asiatiques s’est adapté à leur environnement. Ils ont eu des contacts plus fréquents avec des virus de cette famille de virus SARS que les occidentaux. Ils prescrivent la chauve-souris comme médicament et ils en mangent comme plat de fête. Ils ont connu des épidémies de SARS–CoV2 dans le passé. Celle de 2002-2003 a été bien documentée scientifiquement et on avait quantifié le nombre d’infections et de décès.

 

En décembre 2019 une nouvelle épidémie de la même famille virale s’est propagée en Chine et a provoqué la pandémie mondiale du Covid-19 que l’on connaît aujourd’hui.

 

Les mécanismes de défense des Asiatiques disposent de mémoire et de savoir immunologiques accumulés à travers le temps grâce aux anciennes épidémies virales de la même famille des SARS-CoV2.

 

En conséquence, plus de 80% des Chinois et des Coréens ont probablement dans leur sang des anticorps spécifiques dirigés contre le SARS-CoV2. Ils constituent une barrière immunologique. C’est cette "immunité collective" qui va protéger ces populations. Lors, si on recherche les mêmes anticorps au sein des populations européennes ou américaines, leur taux sera très faible aujourd’hui. Les occidentaux ne possèdent pas d’immunité collective qui les protège de cette famille de virus.

 

Ce taux faible est le reflet de l’invasion par un nouvel agresseur. Ce qui explique que la pandémie va se poursuivre et causer de nombreux décès.

 

La clinique montre qu’en général les virus à ARN, dont le SARS-CoV2, sont plus agressifs que les virus à ADN.

 

D’abord parce qu’un virus à ARN, une fois qu’il a pénétré dans les cellules de notre corps, court-circuite une étape par rapport au virus à ADN dans son processus de fabrication et de multiplication. Il n’est pas dépendant de l’ADN de la cellule qu’il infecte.

 

Cela dépend également de la longueur du virus SARS qui produit la pathologie du COVID-19. C’est aussi le virus de cette famille qui se transmet par voie orale, ce qui le rend très infectieux.

 

Explication :

 

Le virus à ADN, lorsqu’il arrive à pénétrer dans une cellule doit d’abord s’intégrer dans l’ADN de la cellule pour "répliquer", copier, "photocopier" l’information nécessaire à sa fabrication. Ces "photocopies" de l’information vont être transportées dans le cytoplasme de la cellule par ce qu’on appelle le mARN ou "ARN messager". L’information véhiculée par chaque mARN dans le cytoplasme va permettre d’y assembler les éléments nécessaires à la production d’un nouveau virus à ADN. La majorité des infections virales que nous contractons appartient à cette famille, comme la grippe saisonnière par exemple.

 

En revanche, le virus à ARN qui produit la pandémie actuelle possède une membrane (enveloppe) lipidique. Il se colle aux cellules de notre organisme et lutte pour pénétrer dans le cytoplasme de la cellule où il va relâcher son bagage génétique (l’information) - les nucléoprotéines - qui va s’accrocher sur l’ARN transporteur (il fait de l’auto-stop viral dans la cellule). Ce transporteur va l’amener dans la partie de la cellule où ces éléments nécessaires se rassemblent pour produire le virus. Ce virus possède aussi un enzyme qui lui permet de répliquer son bagage génétique dans le cytoplasme de la cellule et de se reproduire. Ce qui n’est pas le cas des virus à ADN.

 

Deux situations se présentent : si le génome du virus ARN est court il peut être transporté par un seul transporteur sans être découpé.

 

Mais si le génome du virus est long, comme c’est la cas pour le SARS-CoV2, il sera transporté en morceaux par différents mARN. Ainsi ce seront des morceaux différents (séquences) de virus qui seront produits. Les séquences peuvent se rassembler dans l’ordre initial ou de façon aléatoire et c’est ainsi que se produisent les mutations.

 

C’est-à-dire que notre système immunitaire est confronté à plusieurs agresseurs différents.

 

Le virus qui produit la pathologie COVID-19 et le plus long virus connu de cette famille SARS, ce qui peut expliquer une partie de ses mutations.

 

Si ce virus est aussi particulièrement robuste et agressif, c’est parce qu’il a la capacité de s’adapter et de vivre dans des milieux cellulaires différents : chauve-souris, animal intermédiaire et être humain.

 

Nous disposons d’un autre exemple récent de ce même type d’infection : le MERS-CoV virus qui appartient à la même famille que le SARS-CoV2, qui a infecté des chameaux et a été à l’origine d’une épidémie humaine en Arabie Saoudite en 2012-2013.

 

Pour infecter une cellule animale, le virus doit trouver le mécanisme qui lui permet de pénétrer et de s’adapter à ce nouveau milieu tissulaire comme par exemple la cellule de chameau. Le virus peut transiter par différentes cellules animales avant de contaminer les cellules humaines. Lorsqu’il infecte l’homme, il est déjà fort armé par l’expérience acquise dans plusieurs tissus différents.

 

L’infection virale qui produit l’actuelle pandémie et qui est importée d’Asie peut contenir plusieurs souches du même virus.

 

On connait plusieurs autres virus à ARN comme ceux responsables de la pathologie des hépatites A et C, de la rubéole, des encéphalopathies, et de la fièvre jaune, etc.

 

De l’ambiguïté des tests :

 

Le prélèvement de virus se fait par écouvillon dans la cavité buccale ou nasale, c’est-à-dire dans les parties supérieures des voies respiratoires. Le test cherche à identifier une séquence de virus par la technique (RT-PCR) basée sur la transcription de polymérase [ndlr. : l’ARN est transcrit en ADN complémentaire, puis des séquences d’ADN sont reconnues, habituellement par fluorescence, et permettent d’identifier le virus].

 

Or le génome d’un virus SARS-CoV2 est composé de 10 segments. Les faiblesses de ce test se situent au niveau du prélèvement, du nombre limité de virus à l’endroit du prélèvement, et de la séquence de virus recherchée.

 

Ce qui explique les résultats faussement négatifs dans certains cas.

 

L’évaluation clinique par le médecin est plus importante et plus juste que les tests de prélèvement par écouvillon. La clinique est aussi plus fiable que la radiologie, le scanner, etc…

 

Le meilleur test pour confirmer qu’une personne est immunisée est la recherche d’anticorps spécifiques dans son sang, comme le font les Chinois et les Coréens en une dizaine de minutes seulement.

 

 Conclusion :

 

La raison pour laquelle certaines personnes guérissent facilement et d’autres moins réside dans le fait que le système immunologique inné et adaptatif humain a un tronc commun à tous, mais avec des variantes d’une personne à l’autre.

 

Pour éliminer un virus, une bactérie, un parasite, ou tout autre antigène, les vivants produisent des anticorps contre l’agresseur pour le neutraliser. Le système immunitaire doit produire plusieurs types d’anticorps destinés à s’attaquer à des parties différentes du même agresseur. La capacité de chaque personne à produire ces anticorps adaptés dépend de son profil génétique et de son héritage des infections passées.


Lire la suite...
 
Gantz, un arrangement sur le chemin de l’inconnu (012903/20) Version imprimable
Analyse
dimanche, 29 mars 2020

 

Par Stéphane Juffa

 

Benny Gantz ne sera probablement pas Premier ministre à l’issue de l’accord en vue de la formation du gouvernement d’ "urgence nationale" actuellement négocié entre l’ancien chef d’état-major et Binyamin Netanyahu. D’une part, parce que croire à la promesse de l’actuel chef du gouvernement par intérim de céder sa place après un an et demi fait rire tout le monde, y compris au sein du Likoud. D’autre part, parce que Gantz et Netanyahu peuvent convenir de ce qu’ils veulent, il ne leur appartient pas de désigner les chefs de l’exécutif, mais au Parlement ; il suffirait dès lors, si par miracle Bibi tenait parole pour une fois, qu’une majorité de députés vote une motion de défiance pour que Gantz n’occupe cette fonction que quelques jours. Et parce que, et c’est ce qui est le plus significatif, avec un groupe de quatorze députés face à des partenaires en comptant cinquante-huit, on ne fait pas le poids dans un mariage politique. Ce, d’autant plus que pratiquement tous les députés qui ont suivi Gantz dans sa séparation d’avec Kakhol-Lavan vont être couronnés ministres, et que les élus du Likoud ne recevront que cinq à six portefeuilles ministériels – certains devant se départir de celui qu’ils détiennent jusqu’à maintenant – et que cela déchaîne déjà un amer mécontentement dans les rangs du plus grand parti du pays. Cela n’influe pas sur la détermination pragmatique de Netanyahu, mais cela attise les dissensions parmi ceux qui l’ont soutenu sous l’eau et dans les flammes bien au-delà de tout ce qui était raisonnable.

 

Dans la pratique, la seule possibilité pour que Gantz devienne Premier ministre et le reste plus de quelques jours s’inscrit dans l’éventualité d’une condamnation de Netanyahu au pénal. Ce qui, en nous gardant soigneusement de préjuger des décisions de justice, risquerait théoriquement d’arriver dans entre six et quinze mois.

 

Ceci dit, dans l’intérêt d’Israël tout n’est pas négatif dans ce revirement inattendu. A commencer par le paragraphe de l’accord qui préconise que les projets de loi devront impérativement recevoir l’aval des deux nouveaux associés pour être soumis à l’approbation du plénum. Autant dire que Netanyahu peut dire adieu à ses espoirs d’immunité juridique et qu’il devra, au final, se présenter devant ses juges. Ce, d’autant plus certainement que l’on envisage la nomination très prochaine d’un ministre de la Justice du parti de Gantz - "Khossen lé-Israël", que l’on peut traduire par "Résilience pour Israël", qui était jusqu’à la semaine dernière l’une des trois composantes de Kakhol-Lavan -, qui n’acceptera pas cette infamie.

 

On peut également se réjouir de la disparition prévue à ce poste d’Amir Ohana, le ministre de la Justice qui a fait tout son possible, sur l’ordre de Bibi, pour décrédibiliser l’institution judiciaire qu’il était censé représenter. Good bye aussi Betzalel Smotrich, le ministre Yémina [héb. : la droite] des Transports, qui avait déclaré en juin dernier : "Nous voulons le portefeuille de la Justice parce que nous voulons restaurer le système judiciaire de la Torah", et que "le pays devait aspirer à se présenter comme au temps du roi David", soit effacer son aspiration sioniste de même que son système démocratique.

 

Ce qui est tout aussi cocasse est que Smotrich avait organisé la Parade des Béhémot (bêtes) afin de marquer son opposition à la Gay Pride, alors qu’Amir Ohana, qui est un homosexuel assumé, participait à la fête des LGBT.

 

Cette contradiction entre ministres du bloc bibiste peut prêter à sourire. D’autres apories au crédit de Smotrich sont largement moins humoristiques, comme celle qui lui avait donné envie de danser et de chanter lorsque Yuli Edelstein avait refusé d’obtempérer à l’injonction de la Cour Suprême en déclenchant une crise institutionnelle qui aurait pu être la plus grave dans l’histoire de l’Etat hébreu. Il est vrai que cet acte de défiance de la part de l’ex-président de la Knesset rapprochait le pays du chaos et de l’exercice de la justice telle qu’on la pratiquait à l’époque du Roi David.

 

On a appris que Binyamin Netanyahu insistait lors des débuts des négociations avec Gantz pour que ce dernier cède sa place de président de la Knesset à Yuli Edelstein, dans un nouveau geste de défi à l’encontre de la magistrature. Mais cela a constitué l’une des oppositions de principe du général, et il semble que Bibi n’ait pas insisté.

 

Nettement moins drôle que l’hypothèse de retour aux temps du Roi David : les media en ont peu parlé, mais en pleine crise constitutionnelle et de pandémie meurtrière, tandis qu’Israël s’était trouvée la semaine dernière et durant cinq jours au seuil d’un coup d’Etat, en Judée Samarie, des amis de Smotrich s’attaquaient aux soldats et aux policiers d’Israël avec une violence inouïe. Ce fut d’abord le cas mercredi dernier, lorsque des unités de la Police des Frontières de la région de Judée-Samarie en patrouille furent attaqués par des membres de la communauté illégale de "Koumi Ori" dans une zone militaire fermée, qui les agressèrent à coups de pierres et d’objets divers. Cinq suspects furent arrêtés pour l’occasion.

 

Mais ce n’était rien en comparaison des incidents de ce vendredi. Lorsque, pas loin de là, à proximité de la ville de Naplouse, des Policiers des Frontières furent attaqués au cocktail Molotov alors qu’ils venaient de quitter l’implantation d’Yitzhar. A cette occasion, trois projectiles enflammés ont été lancés sur les véhicules des forces de l’ordre. L’un d’entre eux a pris feu et il s’en est fallu de peu pour que des policiers ne soient transformés en torches humaines [photo]. L’incendie a finalement pu être maîtrisé et l’agression s’est soldée par des dommages aux véhicules.

 

molo.jpg

Sur la route dYitzhar, les bouteilles incendiaires brûlent encore après le passage des soldats

Source : Police israélienne

 

Ce qui est significatif consiste en cela que l’attaque a été perpétrée par des étudiants halakhiques de la Yéshiva (école toranique) d’ "Od Yossef Haï" [héb. : Joseph est toujours en vie], dirigée par le rabbin Itshak Ginsburgh. Un personnage puissant et controversé qui œuvre pour l’abolition du sionisme et le rétablissement de la monarchie biblique telle qu’en vigueur à l’époque du… Roi David.

 

Binyamin Netanyahu et le ministre sortant de la Défense Naftali Bennett (Yémina) - qui va être remplacé par l’ex-Kakhol-Lavan et lui aussi ex-chef d’état-major de Tsahal Gaby Ashkenazi – n’ont pu faire autrement que de condamner cette agression. Netanyahu a ainsi déclaré : "Je condamne fermement les graves violences perpétrées la nuit dernière contre la Police des Frontières. Les forces de sécurité nous protègent tous. C'est un crime à n’importe quel moment, mais un double crime en ce moment, car la Police des Frontières et la police nous aident à faire face à la crise du Corona".

 

Rien n’est simple au sein du bloc bibiste, en particulier avec les partis religieux orthodoxes. Leurs adeptes, dont la plupart ne reconnaissent pas la souveraineté de l’Etat d’Israël, se plaisent à ne pas respecter les ordres de confinement décrétés par le gouvernement. Ainsi, les trois agglomérations les plus touchées en nombre de malades appartiennent tous à cette communauté, avec Kiryat Yeharim qui dénombre 53 malades pour 10 000 habitants, Kfar Khabad 38, et la ville de Bneï Brak [la plus grande concentration de Juifs orthodoxes au monde, 200 000 hab.] 13. La comparaison avec les villes laïques est édifiante : 4 malades pour 10 000 habitants à Tel-Aviv et 1.5 à Haïfa.

 

Dans les hôpitaux, la proportion de malades orthodoxes sous traitement est de plus du tiers des patients. Cette donnée irrite au plus haut point le personnel soignant. Un médecin urgentiste francophone du sud de Tel-Aviv me confiant pas plus tard que ce matin : "S’ils veulent se suicider, ce n’est pas notre problème ; ce qui est notre problème, en revanche, est que lorsqu’ils sont malades ils viennent demander des soins dans les hôpitaux de l’Etat qu’ils ne respectent pas. Ils risquent de nous infecter (le personnel soignant), d’occuper des lits de soins intensifs qui pourraient servir à des gens, religieux ou laïcs, qui respectent le confinement, et aussi infecter d’autres citoyens qui ne leur ont rien demandé".

 

La participation de milliers de personnes hier soir (samedi) – en contradiction totale avec les consignes de prévention – aux obsèques du Rabbin Tzvi Shenker, suscite ce matin des réactions indignées dans l’ensemble du pays et de la classe politique.

 

shenker.jpg

Pour certains orthodoxes, l’Etat d’Israël et ses lois n’existent pas

 

Ce, d’autant plus que le ministre de la Santé sortant choisi par Binyamin Netanyahu est le Rabbin Yaakov Litzman du parti orthodoxe Yahadout ha-Torah, (Judaïsme unifié de la Torah), et qu’il a été élu notamment par ceux qui ont participé à l’enterrement d’hier et qui ne respectent pas les consignes de sécurité face à la pandémie, établies par le ministère de Litzman.

 

Là où le bât blesse vraiment, c’est que le ministère de la Santé exerce une pression ininterrompue sur Netanyahu afin que le gouvernement adopte une politique de confinement total, ce qui devrait être le cas dès ce soir ou demain matin.

 

Depuis quelques jours, la plupart des directeurs des hôpitaux publics israéliens exige à ce sujet qu’à l’occasion de la formation du nouveau gouvernement d’urgence nationale, Litzman soit remplacé par un professionnel de la santé.

 

A propos d’urgence nationale, on sait que le cabinet envisagé comptera 30 ministères, 34 selon les dernières propositions du Likoud. Cela représente un coût avoisinant le milliard de Shekels annuellement, au moment où les hôpitaux, comme en France, manquent des effets élémentaires pour combattre la pandémie.

 

Et particulièrement, alors que l’on approche du million de nouveaux chômeurs dus à la maladie, dont la moitié n’est pas sûre du tout de retrouver un employeur en état de les réengager au sortir de l’épidémie.

 

Comme dans les autres pays industrialisés, l’on s’attend à des faillites massives, à une pénurie de moyens gouvernementaux pour faire face à la situation, et à des emprunts d’Etat obligataires, qui seront réclamés à une population déjà largement paupérisée. L’amertume de la note dépend évidemment du temps qui va encore s’écouler jusqu’à ce que la société puisse reprendre le cours normal de ses occupations. Et à ce propos, personne ne détient la réponse, tant les ravages du virus diffèrent de pays en pays. Ce que l’on sait est que les mesures de confinement seront au moins maintenues ici jusqu’après la Pâque juive, c’est-à-dire au moins jusqu’au soir du 15 avril prochain.

 

Jusque-là, on peut dire qu’un gouvernement d’urgence nationale compterait douze ministres, et qu’il s’agira donc davantage d’un cabinet de combine nationale, destiné à distribuer des bonus aux députés qui se sont comportés comme on le leur demandait. En outre, ceux qui n’obtiendront pas de ministères se verront décerner des présidences de commissions et des ambassades à l’étranger. Et s’il manque de tous ces postes, eh bien nous en créerons ! L’urgence absolue de combattre le Coronavirus apparaît soudain beaucoup plus diffuse et ne remplace pas le partage du butin politique.

 

A l’issue duquel on s’attend à ce que, parmi les ministères vraiment importants, la Défense, la Justice et les Affaires Etrangères aillent à Khossen lé-Israël, les Finances au Likoud, l’Intérieur à l’ex-prisonnier Aryé Déry de Shas, à nouveau soumis à une enquête pénale, etc.

 

Pour les Finances, c’est Israël Katz, du Likoud, qui semble posséder les meilleurs atouts, mais ce qui l’attend ressemble à tout sauf à une sinécure.

 

Chaque pays dépendra, au sortir de la crise sanitaire, de l’énergie restante de sa population pour redémarrer, et cela découlera aussi du nombre de morts et des crédits spéciaux qui auront été débloqués durant la pandémie.

 

A cette aune, Israël, dont l’économie repose pour une grande partie sur les développements de haute technologie, semble relativement bien parée. Notre capacité d’adaptabilité, la qualité de nos cerveaux, et notre propension à l’innovation devraient faire des merveilles dans le "monde d’après".

 

Et là, on compte précisément sur la portion de la population très peu politisée qui travaille dans la recherche et le développement, que cela passionne et qui s’y retrouve bien au niveau des rétributions.

 

J’en veux pour exemple l’initiative privée de Marius Nacht, l’un des patrons du géant informatique israélien Check Point. Nacht a décidé de fabriquer localement les respirateurs qui nous manquent cruellement, et de les exporter si on en produit suffisamment. 

 

Pour parvenir à ses fins, il a réuni nos jeunes gens les plus brillants dans le domaine des sciences et de l’adaptabilité. Presque tous sont issus du Projet Talpiot, un programme militaire à la base qui entraîne les plus brillants éléments, sélectionnés dès les bancs de l’école pour occuper les fonctions de pointe dans la sécurité, la recherche et le développement.

 

Nacht les a divisés en deux équipes, et chaque équipe a dû imaginer et développer l’idée de deux respirateurs répondant à toutes les normes internationales en matière de respirateurs, et les deux prototypes correspondants par équipe. Ils doivent être efficaces, faciles à entretenir et à faire fonctionner, bon marché, fabriqués uniquement sur la base d’équipements disponibles en Israël, et adaptés à une production de masse dans des usines existantes et dans les plus brefs délais.

 

Israel Aircraft Industry, Rafaël, l’institut de développement des armes de pointe, et toute l’industrie militaire ont été associés au défi, de même que les médecins en charge des hôpitaux, qui répondent en direct aux questions des développeurs.

 

Nacht et Check Point ont fourni les fonds nécessaires. On leur a donné deux semaines pour présenter un ou deux prototypes, préliminaires, mais en état de fonctionner. Le terme de ces quinze jours c’est demain. On choisira le concept gagnant, on le développera en même temps que les industriels se prépareront à le fabriquer, puis on lancera la production. Si tout se passe comme prévu, d’ici deux semaines.

 

Une semaine plus tard, on devrait pouvoir fournir les hôpitaux israéliens avec autant de respirateurs qu’ils en réclameront, ensuite on se tournera vers l’exportation. On se prépare à en confectionner des dizaines de milliers, et ce projet constitue l’un des espoirs authentiques de sauver autant de vies humaines à l’échelle de la Planète jusqu’à ce que la pandémie s’épuise.

 

C’est aussi l’espoir du génie israélien. Un exemple de ce que nous sommes capables de faire. Mieux et plus vite que la plupart des autres. Et en fin de compte, pour "après", c’est ce qui sculptera le modèle des pays dans lesquels nous vivrons. Au moment de la grande redistribution il faudra être présent, et nous nous y préparons déjà. Pas les politiciens, Israël.

 

 
France : la réalité est dure mais c’est la réalité (022603/20) Version imprimable
Dernières heures
jeudi, 26 mars 2020

 

Par le Dr. Olivier Katz

 

Dans le cadre de l’accélération de l’épidémie, nous avons contacté le Docteur Yannick Gottwalles, le chef du Pôle des Urgences de l’hôpital Pasteur de Colmar, qui nous a dressé un tableau préoccupant de la progression du COVID-19 sur le terrain.

 

Emmanuel Macron a passé sa journée d’hier dans l’hôpital de campagne dressé par les militaires sur le parking de l’hôpital municipal de Mulhouse. Il était entouré par des officiers qui ne sont pas en relation directe avec la pandémie, dans une structure vide de patients. Un hôpital mobile de trente lits que les Français ont déjà vu deux cents fois sur toutes leurs chaînes de télévision. Il en faudrait cinq cents de plus rien qu’à cet endroit, la plupart équipés de respirateurs, pour espérer se mesurer sérieusement avec le pic de la pandémie attendu à partir de la semaine prochaine. M. Macron est resté à cinquante mètres de la réalité du Coronavirus sans jamais l’effleurer. Dans son discours, il n’a rien évoqué de la situation. Rien de ce dont révèle le Dr. Gottwalles dans cette interview.

 

dr.jpg

Le Docteur Yannick Gottwalles

 

La Ména : Comment évolue la situation à Colmar ? A-t-on atteint le pic de l’épidémie ?

 

La situation à Colmar est dramatique. Le nombre de patients continue d’augmenter. Le pic devrait être atteint vers la fin du mois de mars, ce qui laisse augurer de 10 jours difficiles. Nous sommes actuellement à environ 100 admissions par jour en urgence, dont 80 % de COVID-19. Dans ce groupe, il y a 8 à 12 malades par jour qui nécessitent une intubation avec placement en réanimation, et 5 ou 6 à surveiller de très près.

 

350 lits sont actuellement dédiés au COVID et l’on ouvre de nouveaux services dès que nécessaire. A ce chiffre-là, il faut ajouter 52 lits de réanimation, tous équipés de respirateurs.

 

La Ména : Quel est le parcours suivi habituellement par un patient qui entre pour des difficultés respiratoires, et quels traitements sont mis en route ?

 

Dès que nécessaire, le malade est intubé et placé sous respirateur. On peut dire que 100% des malades en réanimation sont ventilés. Par la suite, en fonction de l’état respiratoire ou rénal, on peut rajouter une ECMO (ang. : Extracorporeal Membrane Oxygenation, il s’agit d’un appareil permettant d’oxygéner le patient en cas de défaillance pulmonaire) ou avoir recours à une hémodialyse (épuration extra-rénale) dans 15 à 20 % des cas. Ce qu’il est important de noter, c’est la rapidité d’évolution de la maladie. Il y a habituellement une aggravation entre le 4ème et le 6ème jour. Si on rate le coche, on perd le patient.

 

Nous utilisons tous les antiviraux en phase d’expérimentation, ainsi que l’hydroxychloroquine dans le cadre de protocoles prédéfinis.

 

La Ména :  Le système est-il saturé ?

 

Oui bien sûr. Au départ il était possible de transférer des patients vers d’autres services de réanimation, proches d’abord comme Nancy, puis plus lointains en avion ou en TGV sanitaire. Mais l’aggravation de l’épidémie dans les autres régions, qui va occasionner des hospitalisations importantes localement, crée une réticence compréhensible de la part de ces services quant aux prochains transferts.

 

Ce matin un TGV sanitaire a permis de libérer 6 places en réanimation (3 heures de route pour des patients instables), 3 ont déjà été attribuées à des admissions de ce matin, et les 3 autres seront bien évidemment réutilisées dans la journée.

 

La Ména :  Que se passera-t-il quand tous les postes de réanimation seront utilisés ? Utilisez-vous des critères de sélection pour l’admission en réanimation ?

 

On utilisera les respirateurs de transport, qui ne permettent pas de gérer sur le long terme la ventilation, et qui pourraient occasionner des barotraumatismes.

 

Il n’y a pas à proprement parler de limite d’âge, même si le chiffre de 70 ans a été souvent avancé. Nous tenons compte de l’autonomie du patient et de ses antécédents pour décider.

 

Nous n’en sommes pas encore à la situation espagnole, et il n’y a pas de malades couchés par terre dans les couloirs.

 

La Ména : Pourquoi l’Allemagne, avec 37 000 malades dépistés et 200 morts présente un profil épidémiologique bien meilleur que la France (25 000-1 300) ? Est-elle juste en retard chronologiquement sur l’évolution de la pandémie, ou y a-t-il des critères objectifs de différenciation ?

 

Il y a plusieurs raisons à cette différence :

l’Allemagne et la France n’ont pas la même politique de dépistage. Les Allemands contrôlent beaucoup de gens, et peuvent rapidement isoler les porteurs de virus.

 

Le système de santé germanique entretient un pool de respirateurs 2,5 fois supérieur à celui de la France.

 

Le confinement a été demandé plus tôt (en Allemagne), et on sait que ce confinement est l’élément majeur de non-dissémination de la maladie. Mais il est vrai que les Allemands n’avaient pas de premier tour d’élections municipales, ce qui nous a fait perdre plusieurs jours. Ces élections nous ont toutefois permis de récupérer dans tous les bureaux de vote dans lesquels un candidat a été élu au premier tour les stocks de gel hydroalcooliques dont nous manquions cruellement.

 

La Ména :  La demande du directeur de l’OMS de tester tous les cas suspects est-elle suivie à Colmar, et la France a-t-elle les moyens de ses ambitions ?

 

Le dépistage en France ne concernait que les patients hospitalisés. Depuis quelques jours, des (médecins) libéraux peuvent effectuer ces tests en ville. Le nombre de tests journaliers dans l’hexagone va passer de 9 à 19 000 puis à 29 000 par jour la semaine prochaine. Mais il y a des faux négatifs et des variations importantes dans le temps.

 

La Ména :  Le personnel est-il testé ? Comment gérez-vous le personnel infecté ?

 

Jusqu’à présent le dépistage est effectué sur la base du volontariat. En cas de positivité, une éviction de 15 jours était proposée, ramenée par le gouvernement à 8 jours s’il n’y a ni température, ni symptômes. Les sujets contacts ne sont pas isolés.

 

La Ména :  Quels sont les équipements manquants actuellement ?

 

La pénurie de masques a été jugulée grâce aux donations d’entreprises ou de particuliers, ainsi que par la mise à disposition du stock de l’Armée, mais il nous manque encore des lunettes, des surblouses et des stéthoscopes.

 

La Ména :  Le centre téléphonique 15 a-t-il été renforcé et peut-il répondre à la demande ?

 

L’engorgement était majeur au début (le nombre d’appels journaliers passant de 800 à 2 500), mais l’installation de 2 salles de crise supplémentaires a permis de ramener le délai d’appel à des niveaux raisonnables.

 

La Ména :  Est-il envisagé une phase « suivante » une fois que les capacités seront dépassées ?

 

Une fois actionné un plan appelé "Blanc", impliquant l’Armée avec ses structures hospitalières fixes et mobiles ainsi que ses hôpitaux de campagne, on arrive au bout du dispositif envisagé.

 

La Ména :  On parle en France de l’activation de la Réserve sanitaire. Qu’en est-il ?

 

Sur Mulhouse, elle a été convoquée, mais par essence, elle est constituée de personnel à risque pour le COVID (âge élevé), ou insuffisamment expérimenté pour de la réanimation lourde, et n’a servi qu’à remplacer le personnel pour des tâches administratives.

 

La Ména : Quel est la situation des EPHAD colmariennes actuellement, sont-elles contaminées ?

 

Indéniablement, une grande part de ces institutions est contaminée, et un véritable drame est en train de se jouer dans ces centres. Les consignes mises en œuvre permettent de traiter sur place les individus atteints par le COVID, une hospitalisation ne pouvant être envisagée (en aucun cas). Un nouvel indicateur va être mis en place ce soir par le gouvernement pour rendre compte de l’état sanitaire des EPHAD.

 

La Ména :  Le pays risque-t-il un rebond avec recrudescence des contaminations à la sortie du confinement ?

 

Bien sûr. On n’a pas de recul suffisant pour savoir si le risque de réinfections secondaires est majeur ou non.

 

La Ména :  La barbe est-elle un facteur facilitant pour la transmission du virus ?

 

Sans doute, de par la possibilité de réceptacle des projections d’une part, et de par la mauvaise occlusion du masque qui limite la protection de l’autre. Tout notre personnel barbu a été sommé de sa raser.

 

A Colmar, les équipes travaillent d’arrache-pied, toujours sur le fil du rasoir en matière de places ou de matériel, mais savent que le pic n’est pas encore atteint. La mobilisation nationale a permis de rendre le quotidien plus vivable, mais que se passera-t-il quand le reste de la France, et notamment la région parisienne sera saturée ?

 

 
La Haute Cour ordonne l’élection d’un nouveau président permanent de la Knesset ce jeudi à midi Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 26 mars 2020

Nouvelle no.012603/20

 

Yuli Edelstein, le président sortant de la Knesset, a présenté mercredi matin sa démission dès l’ouverture de la séance plénière, qu’il a clôturée immédiatement après sa "communication extraordinaire". Il avait également convenu de la date de lundi prochain en vue d’une nouvelle réunion du Parlement. Mais ledit Parlement n’avait pas de président pour diriger la prochaine séance, aucune disposition légale ne précisant la marche à suivre en cas de démission d’un président sortant (issu d’une législation précédente).

 

De plus, Edelstein disposait légalement d’un délai de rétractation de 48h, à l’image de tous les députés et ministres en Israël. Ce délai devait se terminer vendredi matin et aucune initiative parlementaire ne pouvait théoriquement être prise avant cette échéance.

 

edelyut.jpg

La Présidente de la Cour Suprême, la juge Esther Hayut

et l’ex-Président de la Knesset, Yuli Edelstein

Source : Adina Wallman, porte-parole de la Knesset

 

En agissant de la sorte, Yuli Edelstein a contrevenu en toute connaissance de cause à l’injonction de la Haute Cour qui lui intimait de réunir le plenum pour procéder à l’élection de son remplaçant avant la fin de la journée de mercredi.

 

Edelstein a choisi au contraire d’adresser depuis le perchoir des critiques virulentes à l’encontre du tribunal, et comptait générer une crise institutionnelle procurant du temps et des arguments à Binyamin Netanyahu afin d’échapper à son procès, ou, à tout le moins, pour en reculer l’échéance.

 

Dans son discours de démission, Edelstein a notamment prétendu que "la décision de la Haute Cour sapait les fondements de la démocratie".

 

Des hauts responsables du Likoud et du cabinet intérimaire ont saisi l’occasion pour saluer l’acte de défiance d’Edelstein contre l’institution juridique, et ses attaques verbales contre la Haute Cour. Ces appels à l’insurrection ont enflammé la base fanatique des bibistes, invités à croire que la plus haute cour du pays agissait au nom d'un vaste complot de gauche visant à renverser Netanyahu. Les expressions de haine et de menaces de violence ont immédiatement fleuri sur les réseaux sociaux.

 

La Haute Cour, saisie par la Commission régulatoire de la Knesset récemment élue, a ordonné le transfert de l'autorité du président de la Knesset au vétéran de la chambre Amir Peretz, du parti travailliste, pour convoquer un plénum, ainsi que de démettre Yuli Edelstein de toute autorité. Le mandat décerné à Amir Peretz par le tribunal se limite à lui permettre de convoquer une séance plénière au cours de laquelle il sera procédé à l’élection d’un président permanent de la Knesset ce jeudi à la mi-journée. Le candidat le plus en vue à ce poste est le député Meïr Cohen de Kakhol-Lavan.

 

Dans sa décision, la Présidente de la Cour Suprême, la juge Esther Hayut, a stigmatisé Edelstein, affirmant qu'il avait commis "une violation sans précédent de l’Etat de droit". Hayut a vivement critiqué la décision d'Edelstein de verrouiller la session plénière contrairement à la décision du tribunal.

 

La décision, adoptée à l'unanimité par Esther Hayut et les juges Meltzer, Handel, Vogelman et Amit, a déterminé que le refus de Yuli Edelstein "affecte clairement le statut de la Knesset en tant qu'autorité indépendante, ainsi que le processus de transition gouvernementale".

 

La proposition de nommer Amir Peretz pour une seule session avait été suggérée à la Cour par le Conseiller juridique de la Knesset Eyal Ynon et affinée par le Conseiller juridique du gouvernement Avikhaï Mandelblit, qui représentait en l’occurrence "l'Etat de droit et l'intérêt public".

 

Quant à Yuli Edelstein, qui pouvait briguer la succession de Netanyahu à la tête du Likoud, ou même la présidence de l’Etat à la suite du Président Ruby Rivlin, sa carrière va probablement s’achever par l’acte d’infamie qu’il a commis hier.


 

 

 
Le président de la Knesset annonce sa démission (012503/20) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 25 mars 2020

 

© Metula News Agency

 

Le Président de la Knesset, Yuli Edelstein, a démissionné mercredi matin. Il a annoncé sa décision à l’occasion d’une "communication extraordinaire" en début de séance plénière, puis a clôturé les débats, renvoyant la prochaine réunion du parlement à lundi.

 

Edelstein a préféré cette solution à celle qui consistait à présider aujourd’hui une séance qui devait se solder par l’élection de son remplaçant. Il répond ainsi à l’arrêt de la Haute Cour de Justice qui lui enjoignait d’autoriser le vote en question pas plus tard que ce mercredi.

 

Le président de la Knesset démissionnaire a subi de nombreuses et énergiques pressions contradictoires provenant de son parti, le Likoud, aussi bien que de membres d’autres formations de la coalition bibiste, le poussant à accepter ou au contraire à refuser la décision du tribunal. Comme Stéphane Juffa l’avait mentionné hier, en cas de refus de la part d’Edelstein, le pays se serait trouvé en situation de coup d’Etat institutionnel.

 

yanna.jpg

Pendant l’annonce de la démission d’Edelstein, des centaines d’Israéliens manifestaient

devant la Knesset, brandissant des pancartes du style :

"Les corrompus, marre de vous !"

 

"La décision de la Haute Cour sape les fondements de la démocratie", a en outre déclaré Edelstein dans son discours de démission.

 

En tant qu’individu qui a payé un lourd tribut personnel, ayant été emprisonné pendant des années [en Union Soviétique Ndlr.] pour vivre dans l’Etat d'Israël, je n'ai pas besoin de m'expliquer. En tant que démocrate juif sioniste qui a combattu des régimes arriérés et en tant que président de la Knesset, j'ai décidé de ne pas permettre qu’Israël sombre dans l’anarchie.

 

Je ne participerai pas à une guerre civile et agirai selon l'héritage de David Ben Gourion. Les citoyens israéliens ont actuellement besoin d'un gouvernement d'unité. Ces jours-ci, une pandémie nous met en danger de l'extérieur, tandis que des dissensions internes nous détruisent de l'intérieur. Nous devons tous nous élever au-dessus de cela et nous unir. Par la présente, je démissionne de mon rôle de président de la Knesset".

 

yadla.jpg

Les députés Gantz et Netanyahu visiblement enthousiasmés par

l’annonce de la démission de Yuli Edelstein

 

Gantz a réagi à la démission d’Edelstein en annonçant "qu'il terminerait d'abord les processus qu’il a engagés à la Knesset, puis qu’il se tournerait vers les tentatives visant à élargir le gouvernement".

 

Il a noté que "le Comité des Finances, des Affaires Etrangères et de la Sécurité de la Knesset avaient déjà été formés, ainsi qu’un comité chargé de régler la question du Corona et bien plus encore".

 

Il a ajouté : "Suite à la décision de la Haute Cour, nous procéderons à l’élection du président de la Knesset comme cela est de mise dans un Etat démocratique.

 

J’agirai sans crainte, les pirouettes rhétoriques, les attaques dénuées de retenue contre le tribunal, celles nous visant, mes partenaires et moi, resteront sans effet ; je commencerai par restaurer la démocratie israélienne dans son fonctionnement complet.

 

Ensuite, j'ai l'intention d’envisager toutes les manières possibles de former un gouvernement d'unité qui combattra le Corona et relèvera les défis supplémentaires auxquels nous sommes confrontés".

 

A ce propos, Yuli Edelstein a donné un dernier coup de pouce à son mentor Netanyahu en retardant la reprise des débats jusqu’à lundi, ce qui n’était absolument pas nécessaire. On se trouve cependant en présence d’un vide constitutionnel, aucun texte ne stipulant ce qu’il fallait faire en cas de démission du président de la Knesset (ce n’est jamais advenu jusqu’à maintenant).

 

Lundi, il restera à Benny Gantz quatorze jours ouvrables pour former un gouvernement, et il pourra obtenir une rallonge de quatorze jours supplémentaires auprès du Président Rivlin. Le leader de Kakhol-Lavan devra se méfier des manœuvres que ne manquera pas de tenter le bloc bibiste afin de lui compliquer le travail en l’obligeant à consommer des jours de mandat. Notamment en saisissant la Haute Cour au sujet du processus de remplacement du président de la Knesset, quelques heures seulement après que ses membres se sont élevés contre l’ingérence de la Haute Cour dans le fonctionnement de la Knesset. On dirait que ces gens essaient pas tous les moyens de mettre à jour la définition encyclopédique de l’hypocrisie.

 

L’agenda de Benny Gantz commence par l’élection d’un nouveau président. Après quelques pérégrinations et palabres, ce devrait être le député Meïr Cohen (Kakhol Lavan) qui devrait succéder à Edelstein.

 

Ensuite, la route sera libérée pour toutes les réformes que la majorité parlementaire voudrait faire passer. Elle commencera probablement par une proposition de loi déjà déposée, visant à interdire à un député sous le coup d’une procédure pénale de briguer un poste ministériel, de même, nous l’espérons, que celui de président de l’Etat.

 

La proposition de loi d’Israël Beiténou (Lieberman) prévoit aussi de limiter à deux le nombre autorisé de législatures pour un Premier ministre.

 

Comme Juffa l’a écrit dans son analyse d’hier, le train des anti-bibistes a désormais quitté la gare et rien de légal ne peut l’arrêter en chemin. A chaque arrêt, la marge de manœuvres de Gantz ira augmentant alors que celle de Netanyahu, s’amenuisant.

 

Cela renforcera la position prépondérante de Gantz dans les négociations en vue de former un gouvernement d’union. Et si les tentatives échouent, l’ancien chef d’état-major de Tsahal pourra toujours composer une coalition avec une partie des députés du Likoud. Une fois Netanyahu exclu de la course à la présidence du Conseil, il faudra bien qu’ils redéfinissent leur avenir politique.

 

 
L’Etat de droit israélien sous la menace d’un (vrai) coup d’Etat ! (012403/20) Version imprimable
Analyse
mardi, 24 mars 2020

 

Par Stéphane Juffa

 

Avec Jean Tsadik, et Ilan Tsadik qui a participé au suivi des débats de la Knesset

 

Une minuscule introduction est nécessaire pour expliquer à ceux qui ne l’ont pas encore compris le sens de notre travail. Je suis républicain, c’est aussi le seul principe accepté par tous les rédacteurs de la Ména où qu’ils se trouvent sur la Planète. Quelles que soient nos sensibilités, nous sommes républicains, ce qui signifie que l’Etat de droit, le respect des instances fondamentales de tous les régimes démocratiques et partant, de la démocratie, ne sont pas négociables.

 

Tout le reste est permis, et jamais il ne me viendrait à l’idée de censurer qui que ce soit pour les idées qu’il peut émettre et les analyses qu’il peut produire. Particulièrement si elles diffèrent des miennes. Nous avons démontré notre attachement à ces principes à cinq mille reprises déjà.

 

Le problème lors de la plus importante crise politique que traverse l’Etat d’Israël depuis sa création consiste en cela qu’une partie non négligeable de nos concitoyens et des Israélites de l’exil ignore à la fois la signification de l’Etat de droit et de la séparation des pouvoirs, ou que la prépondérance absolue de ces principes pour la survie d’Israël – aussi déterminante que Tsahal -  leur échappe.

 

Pour d’autres, les messianistes par exemple, la démocratie ne procède pas d’une valeur à laquelle ils adhèrent, et ils la considèrent plutôt telle une hérésie dans la profession de leur croyance. Pour d’autres encore, nombreux, l’adhésion superficielle à la démocratie est un argument qui vaut tant qu’elle correspond à leurs objectifs politiques ; mais ils la vouent aux gémonies dès qu’elle les prive du pouvoir. 

 

Au paroxysme de l’absurdie, pour des milliers d’incultes, la défense de l’Etat de droit s’assimile à un engagement politique de gauchistes, de traîtres, d’arabisants et de quelques autres déviances burlesques, violentes et psychiatriques.

 

Tant pis pour eux. Les hommes ne discutent pas avec les escargots.

 

Pour remettre la synagogue au cœur du village, rien ne peut nous faire dévier de notre travail d’informateurs, et leurs insultes, qui sont récemment passées au stade des menaces physiques, n’ont strictement aucun effet sur notre engagement à relater les faits et à les analyser en toute indépendance.

 

Si j’évoque ce sujet, c’est que ce mardi matin, l’Etat de droit en Israël est menacé. Car la Haute Cour de Justice avait imparti au président de la Knesset, le député du Likoud Yuli Edelstein, jusqu’à 21h hier (lundi) pour lui indiquer s’il entendait convoquer une session du Parlement jusqu’à mercredi (demain) afin de discuter et voter pour le choix de son remplaçant.

 

"Avec tout le respect que je vous dois, tant que le tribunal me présentera, à moi et à la Knesset israélienne, un ultimatum pour tenir la session au plus tard le 25 mars 2020, je ne serai pas d'accord", a répondu Edelstein.

 

"Cela signifierait que l'ordre du jour de la Knesset serait fixé par la Cour suprême et non par le président de la Knesset, qui est chargé de cette tâche.

 

yulibib.jpg

Edelstein et Netanyahu

Le sacrifice du fou pour sauver Bibi des griffes de la Justice ?

 

"L'ingérence de la Cour dans le jugement du président du Parlement concernant l'ordre du jour de la Knesset et la convocation d'un vote pour son remplacement est une immiscion sans précédent dans le domaine politique."

 

Edelstein ajoutant que "l'ingérence du tribunal dans l'affaire revêtirait un caractère politique évident, et que si le tribunal décidait d'intervenir, il pourrait être perçu comme plongeant ses orteils dans le marais politique, ce qui porterait gravement atteinte à la confiance du public".

 

Edelstein a déclaré qu'il porterait la question du choix d’un nouveau président du Parlement à l'ordre du jour "dès que possible, lorsque toutes les circonstances le justifieront, à tout moment à partir des prochains jours et au plus tard lorsque la Knesset se réunira pour établir un gouvernement".

 

La réaction de la plus haute instance juridique de l’Etat face à ce refus ne se fit pas attendre, aussi a-t-elle ordonné à Edelstein d'autoriser la Knesset à discuter du choix d'un nouveau président d'ici mercredi.

 

La Présidente du Tribunal, Madame Esther Hayut, a expliqué sa décision inférant que "le refus persistant de permettre un vote complet à la Knesset pour l'élection d'un président permanent sape les fondements du processus démocratique. Il porte manifestement atteinte à la réputation de la Knesset en tant qu'organe indépendant ainsi qu'au transfert pacifique du pouvoir (…)".

 

On ne peut échapper à la conclusion que dans ces circonstances particulières, il s'agit d’un de ces rares cas qui nécessitent l’intervention du tribunal afin de ne pas porter atteinte à notre système de gouvernement parlementaire", peut-on lire dans la décision.

 

Mme Hayut a souligné que "61 membres (sur 120) de la Knesset sont intéressés à voter pour élire un nouveau président de la Knesset et que faire barrage à cet effort, dirigé par une majorité de membres de la Knesset, est une violation de la volonté des électeurs".

 

Elle a également répondu à un argument présenté par Edelstein selon lequel le remplacement du président de la Knesset à ce moment nuirait aux négociations pour la formation d’un gouvernement d'unité : "La position du président de la Knesset selon laquelle la tenue d'élections pour un président permanent nuirait à la formation du gouvernement est une inversion causale. La Knesset est souveraine. La Knesset n’est pas "le fan club du cabinet".

 

Le refus initial de Yuli Edelstein de signaler à la Haute Cour s’il entendait ou non autoriser le vote de son remplacement avait été précédé par une intervention à peine croyable du ministre de la Justice, Amir Ohana, nommé par Binyamin Netanyahu. Ohana a composé un Tweet dans lequel il a écrit : "Si j’étais le président de la Knesset, je dirais : non.".

 

Le gouvernement intérimaire dirigé par Netanyahu a qualifié la mise en demeure de la Cour Suprême de "coup (d’Etat)".

 

Netanyahu lui-même a ordonné aux membres du Likoud et aux députés de son bloc de boycotter les délibérations de la Knesset qui se sont déroulées hier. Cette séance avait pour but de permettre la nomination des commissions parlementaires sans lesquelles le Parlement est incapable de fonctionner.

 

Lundi 16 mars, Yuli Edelstein avait clôturé la première réunion de la Knesset après les récentes élections générales au bout de seulement quatre minutes, invoquant le danger d’infection des députés par le Covid-19. Il avait ainsi empêché la Knesset de fonctionner, en entravant la formation des commissions dans lesquelles le bloc bibiste, en minorité à la Knesset, s’est également retrouvé en minorité dans les commissions.

 

Lors de la discussion en séance plénière qui a précédé le vote, outre Edelstein, la seule représentante du bloc bibiste présente était la ministre de la Culture et du Sport Miri Regev. Cette dernière a empêché le chef de Kakhol-Lavan d’adresser un message intelligible aux députés. Elle a saboté l’intervention de la personnalité chargée par le Président Rivlin de former un gouvernement à coups d’invectives et de hurlements divers.

 

Il était impossible d’obliger Regev à quitter la salle vu qu’elle était, par calcul, l’unique représentante du gouvernement intérimaire, et que la session ne pouvait se tenir hors la présence d’au moins un membre du cabinet.

 

A la suite de la séance plénière, lors de la première réunion de la "Commission organisatrice", celle qui régule le travail du Parlement et établit les autres commissions, les députés bibistes étaient de retour. Miki Zohar remplaçait Miri Regev dans le rôle de saboteur principal de l’exercice parlementaire, interrompant les intervenants et soulevant tous les points de procédures possibles afin de plomber la réunion. 

 

Les députés du bloc bibiste bien que présents lors des débats ont refusé de participer aux votes constitutifs des deux principales commissions de la Knesset, celle des finances et celle gérant les questions sécuritaires et politiques. Ces commissions ont toutefois pu être établies. Quatre sous-commissions ont en outre été créées, notamment celle chargée d’accompagner la lutte contre le Covid-19. Deux de ces sous-commissions seront présidées par des députés de la Liste Unifiée des Arabes israéliens, dont celle devant se pencher sur l’explosion de violence dans le secteur arabe.

 

Les membres du bloc bibiste ont quitté la salle avant les votes pour la mise en place des sous-commissions, Miki Zohar sollicitant personnellement tous les députés du bloc à cette fin. Peu auparavant, on a assisté à un échange très dur, parsemé d’invectives, entre Zohar et les membres du parti Yémina (la droite) appartenant pourtant au même camp, qui entendaient participer aux travaux de la commission et avaient communiqué au président les noms des membres de leur parti qui allaient s’y associer.

 

En quittant bruyamment les lieux, le même Zohar a annoncé que son bloc abandonnait la Knesset et ne participerait pas aux réunions des commissions non plus qu’aux séances plénières.

 

Après l’injonction de la Cour Suprême obligeant Yuli Edelstein à procéder à l’élection de son successeur jusqu’à mercredi, des députés du bloc bibiste ont réagi de façons diverses à cette ordonnance.

 

Le ministre du Tourisme (Likoud), Yariv Levin, dans sa réponse, a affirmé que "le tribunal a officiellement pris le contrôle de la Knesset".

 

Le ministre de la Sécurité Publique (Likoud), Gilad Erdan, après avoir dans un premier temps invité Edelstein à refuser l’injonction de la Haute Cour et à "ne pas se départir de ses flingues", s’est ensuite rétracté, précisant : "Cependant, si la Haute Cour adopte une décision forçant l'élection d'un président de la Knesset pendant que les négociations en vue de la constitution d'un gouvernement d'unité sont en cours, nous devons respecter la décision ou bien nous résigner à l'anarchie".

 

Même son de cloche sous la plume de Gideon Sa’ar, celui qui s’était confronté à Netanyahu pour lui disputer les commandes du Likoud et avait été traité de gauchiste et de traître par le Premier ministre intérimaire. Sa’ar a ainsi tweeté que "la position d’Edelstein était légitime et qu’il devrait la défendre dans la procédure devant la Haute Cour", mais il a aussi signifié que "les appels à ne pas accepter une décision directe de justice étaient inacceptables".

 

Quant au ministre des Transports de Yémina, Bezalel Smotrich, il a déclaré : "Pendant l'une des crises les plus difficiles, le système judiciaire fait la promotion d'un coup d'Etat en Israël. Rien de moins". Smotrich, un messianiste, avait, il y a quelques mois, exprimé que la justice séculière en Israël devait être remplacée par la justice halakhique (religieuse).

 

Ce n’est pas la première fois que le bloc bibiste et son leader, Binyamin Netanyahu, affirment que les instances juridiques de l’Etat hébreu fomentent un coup d’Etat contre sa personne. En septembre, il avait déjà allégué, comme moyen de défense contre son inculpation au pénal, que le Procureur général Avikhaï Mandelblit, les autres magistrats du Parquet, la Police et les media, avaient ourdi un coup d’Etat pour le chasser du pouvoir.

 

A noter, et c’est important, qu’il n’existe aucun lien entre le Parquet et la Cour Suprême qui constituent deux instances totalement indépendantes dans l’appareil judiciaire. La Cour Suprême ou Haute Cour, qui a pris la décision hier d’obliger Edelstein à procéder à l’élection en vue de son remplacement est composée de juges de toutes les sensibilités politiques, de plusieurs religieux, de laïcs et de représentants de la minorité arabe.

 

Accuser ce tribunal d’agir avec un parti pris dans ses décisions ne participe pas d’une critique démontrable et partant raisonnable, mais procède de ce fait d’une tentative indiscutable de porter atteinte à l’Etat de droit et à la démocratie.

 

Un éventuel refus d’obtempérer de la part du tandem Netanyahu-Edelstein constituerait la première occurrence depuis la création de l’Etat d’un refus d’accepter une décision de sa plus haute instance juridique, fragilisant dans son sillage tout l’édifice judiciaire israélien.

 

En observant ces évènements très graves, la conclusion selon laquelle M. Netanyahu n’œuvre uniquement, depuis un an et demi, que dans le but d’échapper à son procès est objectivement inévitable. Il est en train d’instrumentaliser la terrible pandémie de Covid-19 pour continuer à délégitimer l’appareil judiciaire israélien, ce qui cristallise une atteinte jamais encore observée contre l’Etat de droit. Sauf que, désormais, il s’emploie aussi activement à neutraliser le parlement en l’empêchant par de multiples manipulations mafieuses de siéger et de remplir son rôle. Un rôle rendu plus indispensable encore par la prolifération exponentielle du virus et des dispositions économiques et budgétaires y afférentes, qui sont l’apanage de la Knesset.

 

Le train des anti-bibistes est toutefois en marche ; il a quitté la gare, et rien de légal ne peut plus le forcer à s’arrêter. S’il poursuit son chemin, d’ici demain, un remplaçant d’Edelstein sera élu au perchoir. Ce qui permettra, quelques jours plus tard, de faire voter une loi interdisant à un député sous inculpation pénale de briguer le poste de ministre, à fortiori, celui de Premier ministre.

 

Dans ce cas, Netanyahu a déjà obligé tous les députés du bloc bibiste à signer une déclaration selon laquelle – s’il était empêché de se présenter - ils ne soutiendraient aucun candidat aux prochaines élections générales qui pourraient se dérouler dès la fin de la pandémie. Sacrée leçon de civisme !

 

C’est peut-être là le talon d’Achille de Binyamin Netanyahu : s’il tente d’imposer au pays un régime autocratique, un peu comme en Turquie ou en Russie, toujours dans l’objectif d’échapper à ses procès, pour le moment, il fait peser l’essentiel de ses décisions autoritaires sur les membres de son propre parti et de son bloc, en les écrasant littéralement sous les menaces.

 

Reste que le vote parlementaire visant à l’empêcher de redevenir Premier ministre implique la modification d’une "khok yessod", c’est-à-dire d’une Loi Fondamentale de l’arsenal législatif israélien. Or les votes de cette espèce se déroulent à bulletins secrets, et plusieurs députés du Likoud, dont un qui s’est ouvert à la Ména sous le couvert de l’anonymat, prétendent qu’une dizaine au moins d’entre eux, protégés par ce mode de scrutin, en profiteraient pour appuyer la loi et se "débarrasser" ainsi d’un personnage devenu de plus en plus despotique et incontrôlable.

 

Dans l’immédiat et à cause des manœuvres de Netanyahu à la Knesset, le schisme et la tension augmentent dans le pays. Hier, des milliers de personnes arborant des drapeaux noirs et des drapeaux nationaux manifestaient spontanément devant le Parlement en exigeant la préservation de l’Etat de droit.  

 

Ce mardi, l’appareil de propagande du Likoud, après que ses députés ont qualifié d’inconscient et d’irresponsable le rassemblement des légitimistes sur le parvis de la Knesset, leur reprochant de menacer de contagion la Garde de l’institution et les policiers, a organisé, au même endroit, une manifestation de soutien à Netanyahu.

 

Mais le pire pourrait être à venir avant la fin de la semaine en cours. A la Ména et parmi la frange éduquée de la population, l’on craint deux mesures hypothétiques qui pourraient nous faire basculer dans le précipice. La première, serait évidemment un refus d’obtempérer de la part de Yuli Edelstein répondant aux ordres de Netanyahu. Dans ce cas, nous ignorons ce que serait la réaction des députés qui représentent la majorité parlementaire et nous craignons des heurts violents entre manifestants pro et anti-Bibi. En tout état de cause, l’insoumission du président de la Knesset à une décision juridique devrait être interprétée comme un authentique coup d’Etat, cette fois-ci, dont les conséquences sont pour le moment imprévisibles.

 

La seconde mesure, plus préoccupante encore, procèderait d’une décision du premier ministre par intérim de confinement général de la population – on sait qu’une telle mesure est sur le point d’être décrétée, avec recours à la troupe afin de la faire respecter – mais qui inclurait la Knesset et ses députés, et pourquoi pas, les juges de la Cour Suprême.

 

En droit israélien, l’exécutif, inféodé en démocratie aux pouvoirs – dans l’ordre – judiciaire et législatif, ne détient pas l’autorité requise afin d’empêcher un membre de la Knesset de se rendre où il le désire et quand il le désire. On peut donc s’imaginer – c’est aussi ce que nous disent des conseillers de Kakhol-Lavan – que les députés n’accepteraient pas une telle décision, et qu’ils se rendraient au parlement pour y siéger en dépit du décret de Netanyahu.

 

A partir de ce point, nous nous perdons en conjectures et nous refusons d’envisager pour le moment les terribles répercussions dont nous pourrions être témoins. Cela dépendrait largement de la réaction initiale des forces de l’ordre face aux députés.

 

Ce qui est sûr est que, dans ces deux hypothèses funestes, Israël se trouverait divisée en deux camps, celui qui obéit à la Justice et à la députation, face à celui qui suit le Premier ministre intérimaire Binyamin Netanyahu.

 

Il est clair que nous sommes tout aussi opposés à ce genre de situation qu’à celle d’un coup d’Etat. Tout comme il est clair que nous devons cette situation impensable en Israël, qui a toujours été considérée comme le régime démocratique au monde le moins enclin à un coup d’Etat, à un individu aux abois, prêt à sacrifier une nation toute entière à son objectif d’échapper à ses juges et au verdict qu’ils pourraient rendre.

 

Cette personne, Binyamin Netanyahu, semble reprendre à son compte la décision de la vieille prostituée Clara Zahanassian dans La visite de la vieille dame de Friedrich Durrenmatt : "Le monde a fait de moi une putain ; je veux faire du monde un bordel !".

 

 
Corona : la vérité sur la situation en Alsace, sans enfumage (011903/20) Version imprimable
Dernières heures
jeudi, 19 mars 2020

 

Par le Dr. Olivier Katz

 

Alertés par les informations en provenance d’Alsace, nous nous sommes entretenus avec le Docteur Georges Fabrice Blum, responsable de la Cellule de crise de Mulhouse, et ses réponses claires à nos questions donnent un reflet saisissant du paysage sanitaire local.

 

La Ména : Quelle est la situation actuellement à Mulhouse ?

 

Tout l’hôpital est mobilisé, toutes les opérations de chirurgie réglée ont été annulées, et la totalité des appareils d’assistance respiratoire est utilisée pour le traitement des patients COVID-19, soit 54 respirateurs sur 54. Jusqu’à présent, 60 lits de cohorting (ang. : regroupement. Espace réservé au traitement des patients COVID-19 présentant des problèmes respiratoires ne nécessitant pas de réanimation. Ndlr.) étaient disponibles. Il a été installé, hier, 2 unités supplémentaires de 30 et 40 lits, qui sont quasiment saturées, et dans lesquelles 3 patients supplémentaires ont déjà été intubés (ndlr : Bien entendu d’autres suivront, si tant est que des machines supplémentaires soient livrées).

134 lits étaient réservés aux patients COVID-19 sans signes respiratoires, ce chiffre ayant été étendu à 200 ce jour.

 

blum.jpg

Le Docteur Georges Fabrice Blum, responsable de la Cellule de crise de Mulhouse

 

La Ména : De quoi l’hôpital manque le plus actuellement ?

 

De médecins et d’infirmières de réanimation essentiellement.

Les masques commandés depuis longtemps ont dû arriver aujourd’hui.

Il manque également des sacs pour recevoir les morts, 110 devant être rapidement acheminés sur place.

 

La Ména  : Quels types de patients sont hospitalisés actuellement à Mulhouse ?

 

Au début de l’épidémie, on pensait que les gens âgés allaient payer un lourd tribut au Coronavirus ; il faut reconnaitre que de plus en plus de jeunes peuplent nos services, 50% des malades ayant moins de 60 ans. La politique mise en place, du fait du nombre de respirateurs limité, fixe à 70 ans l’âge maximum d’entrée en réanimation.

1 820 patients ont été testés et 61 décès sont à déplorer.

 

 

La Ména  : Le personnel est débordé, du moins c’est ce qui ressort des blogs, cris d’alarme, témoignages et WhatsApp échangés. Qu’en est-il sur le terrain. Combien de soignants sont contaminés ?

 

Je n’ai pas le chiffre exact du personnel testé positif, mais il est conséquent évidemment, ce qui limite encore les possibilités sanitaires locales. Ce qui est sûr, c’est que les équipes sont épuisées, qu’une cellule psychologique a été mise en place, mais qu’il n’y a pas de relève possible pour l’instant.

 

La Ména  : On a beaucoup médiatisé l’apport de l’Armée française à l’hôpital de Mulhouse.

Qu’en est-il exactement ?

 

Un A 330 a transporté 6 patients sous assistance respiratoire hier pour les centres hospitaliers de Marseille et Toulon, ce qui a libéré 4 machines à Mulhouse, aussitôt réutilisées pour d’autres patients. Un hélicoptère a effectué plusieurs rotations vers les centres de Metz, Strasbourg ou Nancy. Mais ce que tout le monde attend, c’est le montage d’un hôpital militaire de campagne qui devrait devenir opérationnel d’ici le 27 mars.

 

La Ména  : Pourquoi si tard ? Pour le public, 10 jours pour monter un hôpital militaire pour 30 patients, quand les Chinois mettent une semaine pour créer de toutes pièces un hôpital de  1 000 lits, c’est étonnant ?

 

Parce-que les ordres sont arrivés tardivement, et que sans l’aide des politiques, cette éventualité n’aurait pas été envisagée.

A quelques exceptions près (1 million de masques vont être sortis de la réserve militaire), le matériel de l’Armée a vocation à y rester.

 

La Ména : En matière de santé publique, le confinement est-il respecté à Mulhouse ?

 

Globalement oui, la ville est à l’arrêt complet, dans tous les quartiers, même les plus indisciplinés habituellement.

 

La Ména : A-t-on perdu du temps dans la gestion de cette crise ?

 

Incontestablement, mais personne n’y croyait.

 

La Ména  : Comment se sont faites les coopérations avec le privé, ou transfrontalières ?

 

Le secteur privé a immédiatement été impliqué, notamment en stoppant toute intervention non urgente, ce qui a permis d’ajouter 7 médecins anesthésistes et 15 infirmiers(es) anesthésistes à l’équipe publique. Des unités de cohorting ont été positionnées dans les cliniques privées du département. En transfrontalier (ndlr. : coopération avec l’Allemagne et la Suisse), rien n’a été entrepris à ma connaissance.

 

La Ména  : Beaucoup d’histoires circulent dont l’authenticité est sujette à caution. Qu’en est-il en vérité ?

 

Les blouses à usage unique sont lavées et réutilisées : non c’est inexact.

Les médecins généralistes se plaignent d’être obligés d’aller chercher leurs masques à Mulhouse ou Colmar, et il y en a très peu : c’est malheureusement juste. Il a été distribué 17 masques par généraliste, ils vont donc travailler avec 2 masques par jour dans le meilleur des cas.

La patinoire de Mulhouse a été réquisitionnée pour servir de morgue : Fake news, la ville a prévu des camions frigorifiques pour la gestion des personnes décédées, ça c’est exact.

 

Il faut souligner l’efficacité des politiques, et en particulier du député Olivier Becht, qui, depuis le début de la pandémie a activé tous ses réseaux pour obtenir du ministère de la Santé une aide substantielle pour la ville de Mulhouse.

 

= = =

 

Voilà où nous en sommes ce soir à Mulhouse, mais les problèmes ne font que commencer, la phase de pic épidémique n’étant de loin pas atteinte. Le département du Haut-Rhin va aborder la période suivante qui verra affluer des centaines de patients, avec un système de santé déjà saturé, au bord de l’explosion.

 

 

 

 
Une info exclusive de la Ména confirmée par Tsahal 21 jours plus tard (011803/20) Version imprimable
Analyse
mercredi, 18 mars 2020

 

Par Ilan Tsadik  

 

Le 27 février dernier, la Ména émettait une breaking news intitulée : "Elimination d’un chef du Hezbollah sur la frontière syrienne" ; nous y décrivions, quelques minutes après les faits, l’élimination du chef Hezbollah Imad Tawil dans la localité de Hader en Syrie, à 4.5km de la frontière israélienne dans le Golan.

 

Pour l’occasion, nous publiions une carte détaillée ainsi que des photos du véhicule détruit du milicien, fournies par nos amis de l’autre côté de la frontière.

 

Nous précisions en exclusivité que Tawil était chargé de la "préparation d’attentats le long de la frontière israélienne".

 

tawil.jpg

Feu Imad Tawil le chef du groupe qui préparait l’attaque (source Ména)

 

L’article en question peut être consulté sur la page Facebook de notre agence ainsi que sur notre site www.menapres.org.

 

Or hier, et c’est une occurrence assez exceptionnelle pour être relevée, un communiqué de Tsahal venait confirmer les informations que nous avions données à nos lecteurs il y a trois semaines de cela.

 

Le message du porte-parole indique que la veille (dimanche) une "procédure AAR d’Analyse opérationnelle et de Renseignement Après Action" avait été finalisée.

 

Celle-ci indiquait qu’une attaque qui devait être perpétrée par des miliciens du Hezbollah avec l’aide de l’Armée gouvernementale syrienne le 2 mars courant avait été contrecarrée.

 

tawilcar.jpg

Ce qu’il reste du véhicule de Tawil et du commandement des miliciens

 

"L’attaque planifiée était prévue à partir d’un complexe de l’Armée syrienne situé dans la zone démilitarisée du Nord-Golan, à proximité de la ville de Hader. Elle devait être réalisée par le Hezbollah avec le concours de l’Armée d’Assad et viser des soldats de Tsahal".

 

Durant la semaine précédant l’attaque programmée une unité du Yamam – une entité spéciale israélienne rattachée à la Police des frontières – ainsi que des observateurs du 595ème bataillon de Renseignement de campagne" ont identifié des activités suspectes se déroulant dans des zones sensibles qui dévoilaient qu’une attaque était en préparation" (communiqué de Tsahal).

 

"Parmi ces activités, l’observation de l’utilisation de téléphones portables et de caméras professionnelles, d’appareils servant à mesurer la force du vent etc.

 

anmomtre.jpg

Un soldat syrien à Hader  opérant une mesure du vent grâce à un anémomètre.

La mesure du vent est nécessaire afin de calculer la correction nécessaire à prendre

en compte lors de tirs opérés par des snipers (Source : Tsahal)

 

Lorsque l’occasion s’est présentée – le 27 février (Ména), le communiqué ne mentionne pas la date – le véhicule du groupe d’assaut (ennemi) a été visé (et détruit, tuant Imad Tawil (Ména), Tsahal ne fournit aucun nom) -, lors d’un raid conduit par un hélicoptère d’attaque de Tsahal".

 

Voir la vidéo publiée par Tsahal : https://spokesperson.gincher.net/releases/PH82rW-htrwLua1wDEenq  

 

 

 
La France se prépare à des scènes de guerre (021603/20) Version imprimable
Analyse
lundi, 16 mars 2020

 

Par Sébastien Castellion

 

En raison de la gravité du contenu de cet article, la rédaction a décidé de le rendre gratuitement accessible à l’ensemble du public.

                                                                             

Samedi 14 mars, le Premier ministre Edouard Philippe annonçait, dès minuit, la fermeture des commerces "non essentiels" – en clair, tous les commerces, y compris les restaurants, à la seule exception des magasins d'alimentation et services de santé.

 

Cette annonce était la conséquence inévitable des derniers chiffres de la pandémie du CoVid-19 pour la France. Après avoir connu une courte décélération du 7 au 10 mars, la contamination est repartie à un rythme de type exponentiel : chaque jour, le nombre de nouveaux cas recensés est supérieur à celui de la veille (900 nouveaux cas recensés le 15 mars, contre 203 le 10 mars).

 

Le nombre de victimes augmente, lui aussi, de manière exponentielle : 3 morts le 10 mars, 12 le 14 et – la nouvelle tombe alors même que j'écris ces lignes – 36 le 15 mars.

 

Au total, 5 423 cas ont été établis dans le pays et 127 personnes sont mortes. Et cela ne fait que commencer. Lorsqu'une épidémie évolue selon une courbe exponentielle, le renversement de tendance ne peut apparaître qu'une fois que les mesures prises auront eu leur effet – c'est-à-dire après la période de latence moyenne entre la contamination et l'identification clinique du mal, soit environ 9 jours. La courbe des morts, elle, ne peut s'infléchir qu'après l'expiration du délai moyen entre la contamination et le décès du malade, soit 13,5 jours.

 

La croissance de la maladie est actuellement si rapide que personne ne peut croire que les mesures annoncées samedi par le Premier ministre suffiront pour limiter les dommages. D'ici demain mardi au plus tard, d'autres dispositions suivront presque certainement : confinement général de la population, autorisée seulement à sortir pour acheter de la nourriture et aller au travail dans les secteurs qui resteront en opération ; arrêt ou réduction à l'extrême des transports en commun ; possible couvre-feu pour toute la population, obligée de rester chez elle après une heure qui reste à fixer ; et intervention de l'armée pour contrôler le respect de ces mesures.

 

Je précise que je n'ai aucune source au sein du pouvoir qui m'ait confirmé tout cela. J'ai consulté, en revanche, un épidémiologiste, qui sait comment fonctionnent les courbes de contamination et ce qu'il faut faire pour casser une croissance exponentielle.

 

L'effet de ces mesures ne sera pas immédiatement visible. Le nombre des nouveaux cas identifiés chaque jour ne commencera pas à baisser avant le milieu de la semaine du 23 mars ; le nombre de décès quotidiens, vers la fin de la même semaine. Il ne serait pas étonnant que la France enregistre, au maximum de la courbe, plus de 300 décès par jour du fait du SARS-Cov-2. L'Italie aura alors entamé la décroissance, si bien que la France sera probablement le premier pays du monde en nombre de victimes par jour. (Du moins officiellement : les statistiques iraniennes sont presque certainement falsifiées et c'est ce pays, non l'Italie comme le disent les statistiques officielles, qui détient en réalité le record des nouvelles contaminations et des décès).

 

La courbe des décès a, sur celle des contaminations, l'avantage d'être fiable en France. Chacun est désormais parfaitement conscient que le nombre réel des contaminations est supérieur au nombre recensé, d'un facteur probablement situé quelque part entre 10 et 100. Non pas que le gouvernement mente – il fait ce qu'il peut – mais parce qu'il n'y a tout simplement pas assez de tests disponibles.

 

cases_brut.jpg

La courbe du Coronavirus en France : une exponentielle presque parfaite

 

Pour résumer, voilà quelle est la situation ce matin du 16 mars :

 

La France a officiellement 5 423 résidents contaminés par le virus. La vérité est située quelque part entre 50.000 et 500.000. La très grande majorité des personnes contaminées ne souffre que de symptômes légers, voire pas de symptômes du tout. C'est notamment le cas, sans que personne ne sache encore pourquoi, de la quasi-totalité des enfants qui ont attrapé le virus.

 

127 personnes sont mortes. A quelques erreurs possibles près, ce chiffre correspond à la réalité. S'il est exact que la grande majorité des décès concerne des personnes âgées ou déjà malades, il y a des exceptions : des adultes encore jeunes et en bonne santé périssent aussi, même si c'est plus rare.

 

Le nombre quotidien de nouvelles contaminations et de nouveaux morts va mécaniquement augmenter pendant plus d'une semaine – environ 10 jours pour le premier et 13 pour le dernier. Puis, les courbes repartiront à la baisse, pour aller vers une disparition totale de l'épidémie quelques semaines ou quelques mois plus tard. Personne ne peut aujourd'hui prédire avec certitude quel sera le rythme de la décroissance.

 

Enfin, pour faire face à cette situation, le gouvernement français s'apprête à mettre en place des mesures exceptionnelles telles que la France n'en a connues qu'en temps de guerre, y compris la possibilité d'un couvre-feu et d'une administration partiellement militaire du pays.

 

Le nombre des morts est aggravé par un phénomène sur lequel tous les observateurs sont d'accord : la France n'est pas prête à affronter l'épidémie. Le Covid-19 n'a, pour l'instant, ni traitement ni vaccin. Baisser le taux de mortalité exige donc avant tout deux choses. D'abord, limiter les contaminations, non seulement en changeant les comportements, mais en disposant de produit désinfectant, de masques et de gants. Ensuite, fournir de l'oxygène aux cas les plus atteints, seul moyen d'augmenter leurs chances de survie en l'absence de traitement.

 

Or, ces moyens n'existent tout simplement pas. Il n'y a pas assez de masques, pas assez de gants, pas assez de produits désinfectants, pas assez de respirateurs. Pas assez de médecins et d'infirmières non plus d'ailleurs. On détourne pour la lutte contre le Coronavirus des personnels d'autres services : à la fin de la crise, il faudra ajouter au nombre des victimes du virus celui de ceux qui n'auront pas été traités à temps pour d'autres pathologies.

 

Faute des équipements suffisants, le nombre total des victimes sera supérieur à ce qu'il aurait dû être. La question politique se posera alors inévitablement : y a-t-il une responsabilité du gouvernement dans cette surmortalité ?

 

La réponse à cette question n'est pas simple. Le gouvernement n'est pas responsable du déclenchement de l'épidémie. Il met désormais en place des moyens exceptionnels – tels que la France ne les a jamais vus en temps de paix – pour freiner sa progression. On n'est pas en France dans la situation de l'Iran, qui a d'abord nié la maladie et même encouragé les infections (en appelant au pèlerinage après le déclenchement de l'épidémie), puis systématiquement menti sur les chiffres.

 

Et pourtant, il y a bien une responsabilité de l'Etat français dans deux aspects de l'évolution de l'épidémie. Le premier de ces aspects concerne tous les gouvernements précédents ; le second est une accusation de l’équipe en place, mais il est probable que ses prédécesseurs n'auraient pas fait mieux.

 

La première faute des gouvernements français successifs a été budgétaire. La France est un pays riche et détient le record des dépenses publiques parmi les économies importantes. Les ressources étaient donc largement disponibles pour mettre en place un stock stratégique suffisant de gants, produits désinfectants, masques et appareils respiratoires pour faire face à une épidémie. Personne ne pouvait savoir que le Covid-19 se déclencherait fin 2019, mais tout le monde savait qu'il y aurait, un jour, une pandémie d'une maladie respiratoire.

 

Mais, dans l'attribution des gigantesques dépenses publiques françaises, la préparation des situations d'urgence – sanitaires, de défense ou autres – n'est qu'un objectif parmi d'autres. Elle passe bien après les objectifs de redistribution, et plus particulièrement de redistribution aux inactifs : allocations sociales, chômeurs, pré-retraités, fonctionnaires en surnombre (3 millions de fonctionnaires de plus que l'Allemagne), accueil des migrants, etc. Le poids de la redistribution a, avec le temps, étouffé toutes les autres dépenses. Sur 1 000 euros distribués par l'Etat, 575 le sont en dépenses sociales. Le résultat est qu'alors que la dépense publique représente environ 55% de la richesse créée en France contre environ 40% il y a 50 ans, la qualité des services publics n'a pas sérieusement augmenté ; et beaucoup de Français ont le sentiment qu'elle s'est dégradée.

 

La deuxième faute du gouvernement – du gouvernement en place, pour le coup – est d'avoir refusé pendant plusieurs jours cruciaux d'écouter les statisticiens et les épidémiologistes qui, en voyant le début de la courbe des infections, avaient annoncé dans le détail ce qui allait arriver. Le 8 mars, le président Macron incitait encore les Français à sortir et aller au théâtre. Le 12 mars, le ministre de l'Education Nationale refusait la fermeture généralisée des écoles. A ce jour encore, la fermeture des frontières françaises – une mesure adoptée par l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne – est refusée par principe.

 

Erreurs temporaires, de quelques jours, pourra-t-on dire. Mais cela n'est pas une explication suffisante, car au moment où elles étaient commises, la situation était parfaitement prévisible par les experts. Et dans une épidémie au développement si rapide, chaque jour compte pour limiter les contaminations et les décès.

 

Plus on regarde le déroulement des événements, plus il semble que le pouvoir français ait été victime de deux désordres collectifs de la personnalité auxquels la société française est volontiers sujette et auxquels les gouvernements précédents avaient, eux aussi, souvent succombé : le narcissisme et le fétichisme idéologique.

 

Le narcissisme est un dérèglement qui consiste à penser que l'on est un cas particulier, unique, auquel les règles générales ne sont pas applicables. Les individus peuvent en être atteints, mais aussi les peuples. La France, en l'espèce, a voulu croire que ce qui arrivait aux Chinois, puis aux Italiens, ne pouvait pas lui arriver – sans autre raison que parce qu'elle était la France.

 

rue.jpg

Des Parisiens au marché hier dimanche : comme si la réalité ne pouvait pas les atteindre

 

Le fétichisme idéologique consiste à analyser une action ou une politique, non par leurs conséquences concrètes, mais à travers le prisme de l'idéologie qu'elles pourraient illustrer ou encourager. Si la France avait fermé ses frontières, moins de Chinois et d'Italiens infectés l'auraient visitée avant la généralisation de l'épidémie et il y aurait aujourd'hui moins de malades et moins de morts. Mais fermer les frontières aurait paru nationaliste et c'était ce que demandait le Rassemblement National. Il fallait donc s'y opposer, sans prendre en considération les conséquences concrètes de ce refus.

 

Aujourd'hui, les conséquences sont là. La France s'apprête à connaître une crise majeure, la plus importante de son histoire en temps de paix. Les libertés vont être réduites dans des proportions qu'aucun Français de moins de 80 ans n'a jamais connues. Une économie dirigée et en partie militarisée sera mise en place pour quelques semaines ou quelques mois. Face au désastre financier et économique, la France et l'Europe mettront en place des mesures tout aussi exceptionnelles de soutien, qui n'empêcheront pas une sévère récession.

 

Quand tout cela sera fini, que la maladie aura disparu et que l'Etat habituel des droits et libertés aura été rétabli, qu'en restera-t-il ? Si le traumatisme a été suffisamment important, peut-être un peu de méfiance face aux tendances nationales au narcissisme et au fétichisme idéologique ; peut-être aussi des priorités plus saines dans les dépenses publiques, pour faire moins de poids à la redistribution et davantage à la préparation des crises. Un gouvernement plus réaliste, moins attaché aux symboles et plus aux conséquences concrètes de ses décisions, plus soucieux aussi de préparer l'avenir, finira peut-être par parvenir au pouvoir. Encore faudra-t-il pour cela que les Français souhaitent, cette fois, tirer les conséquences de leurs échecs passés – et ne se contentent pas, comme ceux que je voyais hier dimanche se mêler les uns aux autres comme si de rien n'était, de hausser les épaules en répétant qu'en France, ce n'est jamais comme ailleurs. Les règles qui s'appliquent à tous valent pour nous aussi – y compris celle qui veut que la réalité finisse toujours par écraser ceux qui la nient.

 

 

 
Bruxelles-Métula du 16 mars 2020 Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 16 mars 2020

 

L’influence du Coronavirus sur l’Armée iranienne, ses capacités de nuisance, le programme nucléaire, les visées stratégiques du régime et ses alliés régionaux.

 

Des informations et des développements exclusifs.

 

L’analyse de Stéphane Juffa pour Bruxelles-Métula au micro d’Anne-Sophie Dekeyser sur Radio Judaïca.

 

Sur Youtube :

https://youtu.be/rbBLuCFQ7lw

 

ansojuf.jpg

 

 
Les supplétifs iraniens bombardent des soldats américains en Irak (011403/20) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 14 mars 2020

 

Par Jean Tsadik

 

Avec Jules Mazouz, Michaël Béhé et Stéphane Juffa

 

Ce samedi matin, peu avant midi heure de Métula, plusieurs salves de roquettes se sont abattues sur le Camp Taji, situé à 14km au nord de Bagdad [cartes].

 

L’information provient de sources officielles militaires irakiennes, elle a été confirmée par Radio Bagdad ainsi que par notre observateur radio Jules Mazouz.

 

taji_bukamal_sakhar_map.jpg

Service cartographique © Metula News Agency

 

Selon les officiels irakiens, cette agression a blessé au moins deux militaires irakiens. Les tirs ont consisté en 12 à 18 roquettes.

 

Dans le Camp Taji, les soldats gouvernementaux irakiens sont séparés de leur collègues américains et coalisés. Les roquettes de ce matin sont tombées à la fois sur des installations au service des Irakiens à proximité de la piste d’aéroport – les Irakiens touchés appartenaient à la défense contre avions - et sur des baraquements d’habitation des Occidentaux.

 

On ignore si le bombardement a causé des pertes chez les coalisés. Le Pentagone n’a fait aucune déclaration pour le moment. Une source américaine en Irak dénombre officieusement 3 soldats U.S. blessés.

 

Cette attaque est particulière car elle s’est déroulée de jour. Les précédentes visant les mêmes objectifs se produisirent nuitamment.

 

A l’instar de l’agression de mercredi dernier qui a coûté la vie à trois militaires U.S. et à un soldat britannique dans la même base d’al Taji.

 

camp_taji_450.jpg

Les détails du Camp Taji

Service cartographique © Metula News Agency

Source : Google Earth Pro

 

Suite à ces tirs, les Américains avaient réagi énergiquement, ciblant au moins cinq objectifs par voie aérienne appartenant aux Kataëb Hezbollah [ara. : les Phalanges du Hezbollah], un groupe armé chiite supplétif de l’Armée iranienne en Irak. Les Kataëb Hezbollah n’ont rien à voir avec le Hezbollah libanais, hormis qu’ils se situent dans le même camp et qu’ils tuent pour les intérêts du même patron.

 

Parmi les cibles de l’U.S. Air force, officiellement des entrepôts d’armes, nous avons identifié le Quartier Général des Kataëb Hezbollah à al Najebeia, ainsi qu’une base à Jurf al Sakher, à 39km au sud-ouest de Bagdad [carte].

 

A Jurf al Sakher, le Général Siamand Mashhadani du corps d’élite des Gardiens de la Révolution khomeyniste [far. : "Pasdaran" = gardiens, diminutif de "Sepâh-e Pâsdârân-e Enghelâb-e Eslâmi", l’Armée des Gardiens de la Révolution Islamique] a perdu la vie lors du raid américain.

 

L’opération la plus sanglante s’est déroulée à Bukamal en Syrie [carte], sur la frontière entre ce pays et l’Irak, dans et à proximité du camp iranien d’Imam Ali. Les bombardements ont causé la mort de 27 miliciens supplétifs de l’Iran et d’un nombre indéterminé (mais nettement moindre) de militaires iraniens. Les militaires iraniens ont été soignés dans un hôpital installé au sein même du camp d’Imam Ali.

 

Dès jeudi matin, des Pasdaran ont bloqué les accès de et vers Bukamal ainsi que les routes menant à Imam Ali, de même que les liaisons téléphoniques et les connexions Internet. Ce sont des Kurdes des Forces Démocratiques Syriennes et des médecins de l’hôpital d’al Qaïm, côté irakien de la frontière, qui ont fourni des bilans concordants à Michaël Béhé.

 

Nous notons que les Kataëb Hezbollah sont mentionnés sous le dénominateur global de PMF, soit Forces de Mobilisation Populaire par les instances officielles irakiennes. Or les PMF sont intégrées à l’Armé régulière irakienne et portent souvent le même uniforme, le gouvernement de Bagdad étant chiite, lui aussi inféodé au régime des ayatollahs de Téhéran.

 

Le gouvernement irakien a d’ailleurs dénoncé la riposte U.S. de mercredi et jeudi, prétextant qu’elle constituait une violation de son territoire.

 

Ce positionnement, c’est-à-dire la soumission de l’exécutif irakien à la théocratie persane, pose de sérieux problèmes à l’Armée américaine. Cela va de l’impossibilité de faire confiance aux soldats du régime qui occupent les même cantonnements que les boys, à celle de partager les informations avec eux, et aux soupçons selon lesquels les soldats irakiens aident les miliciens des PMF/Kataëb Hezbollah à préparer leurs tirs sur les Américains.

 

En fait, le commandement U.S. tend à considérer les militaires irakiens chiites exactement comme des Iraniens. Cette assimilation n’est tempérée que par le fait que lors de chaque raid des militaires irakiens sont tués ou blessés, et que les miliciens sont parfaitement au courant de leur présence, par exemple à al Taji, et du risque auquel ils les soumettent.

 

Il ne fait aucun doute non plus que les opérations U.S. sont coordonnées avec Tsahal, les mêmes cibles sur l’autoroute chiite, à la frontière syro-irakienne, étant visées par les deux armées de l’air de manière complémentaire : ce ne sont pas les mêmes objectifs qui sont attaqués dans le même périmètre, tous constituant des objectifs stratégiques.

 

Finalement, nous nous penchons depuis plusieurs jours sur l’influence qu’a l’épidémie de Coronavirus en Iran sur les activités de son armée, notamment en Syrie et au Liban.

 

Les chiffres des morts et des personnes infectées sont incontrôlables mais ce qui est sûr est que ceux donnés par la dictature théocratique sont absolument faux et sous-évalués. Le nombre de morts pourrait dépasser les 3 000 victimes, selon les moudjahidines Khalk [ou Organisation des Moudjahidines du Peuple Iranien (OMPI)] qui combattent les ayatollahs ainsi que d’autres associations de l’opposition civile iranienne avec lesquelles nous sommes en relation.

 

Ce qui nous apparaît certain est que l’Iran est le second pays le plus touché par la pandémie après la Chine, tant au nombre des décès qu’à celui des personnes infectées. Cette dernière estimation ne fait pas l’ombre d’un doute, tout comme le fait que la "République" Islamique d’Iran ne dispose pas des matériels et des personnels médicaux en quantité suffisante pour faire face à la maladie. L’Iran est en passe de devenir le premier foyer mondial du Coronavirus.

 

On peut simplement s’en persuader en comptant le nombre élevé de ministres et de conseillers malades, certains dans le premier cercle du "Guide suprême", à l’instar d’Ali Akbar Velayati, son principal conseiller. Velayati, pédiatre de formation, qui fut ministre des Affaires Etrangères de décembre 1981 à août 1997.

 

Nombreux sont aussi les officiers des Pasdaran et les conseillers iraniens à être atteints par la maladie. Cela met en doute non seulement leur aptitude à combattre mais aussi la menace qu’ils contaminent massivement le reste de l’Armée ainsi que les personnes qu’ils rencontrent.

 

On sait avec certitude à ce propos que des délégations iraniennes ont contagionné un grand nombre de dirigeants du Hezbollah. Les Iraniens étaient évidemment entrés au Liban sans avoir à se soumettre au moindre contrôle. Des rumeurs persistantes courent aussi à Beyrouth selon lesquelles Hassan Nasrallah, Secrétaire général du Hezb., aurait été contaminé par ces encombrants visiteurs. D’après Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, ces soupçons concernant Nasrallah sont cependant invérifiables.

 

Un autre problème provient du fait que les Iraniens qui tuent des militaires américains et européens par proxys interposés sont en train de demander des milliards de dollars d’aide d’urgence à la Banque Mondiale pour combattre la pandémie et à Washington, des allégements supplémentaires dans l’application des sanctions.

 

Sur les rives du Potomac et dans le reste du monde libre on aimerait naturellement aider la population iranienne, otage des imams, sans aider à soigner ceux qui s’emploient à tuer nos soldats. Un équilibre pas forcément évident est à trouver rapidement.

 

Dans l’entre-temps on s’attend à une riposte énergique des Américains. Avec le risque, pour la junte théocratique, que Donald Trump décide de s’attaquer à des Iraniens, peut-être en Iran, pour faire cesser les agressions. Cela dépendra principalement de savoir si des boys sont morts, et combien d’entre eux sont tombés.

 

 

 
Métula frappée par la tempête (011303/20) Version imprimable
Dernières heures
vendredi, 13 mars 2020

 

Une grosse tempête a frappé les hauteurs du Doigt de la Galilée cette nuit, avec des rafales de vent atteignant les 150km/h à Métula [2 500hab.].

 

Pour ne rien arranger, des arbres sont tombés vers minuit sur les lignes à haute tension plongeant les habitants dans l’obscurité. L’unique route reliant Métula au reste d’Israël a été plusieurs fois coupée ces dernières 24 heures, par des troncs et des feuillages affalés en travers de la chaussée.

 

Les dégâts sont importants comme on peut l’apprécier sur cette vidéo de la rue principale du village tournée par Stéphane Juffa ce matin avec son téléphone portable.

 

https://youtu.be/tUUMAeW5p0U

 

Fort heureusement il n’y pas eu de blessés, mais la moitié des bâtiments a souffert. Une partie de la toiture de ceux de la Ména a été arrachée, et les deux journalistes présents ont du intervenir sur les toits en pleine bourrasque afin de protéger les bureaux de l’agence.

 

Il s’agissait d’un vent d’Est, relativement chaud, remontant d’Egypte et transportant du fin sable rouge qui a pénétré et souillé les habitations.

 

D’abondantes précipitations sont également tombées toute la nuit.

 

tal.jpg

Un chêne vieux de 450 ans s’est brisé dans la Forêt de Tal

dans le Doigt de la Galilée

 

La météo annonce une seconde vague de la même tempête pour la nuit de vendredi à samedi.

 

Cet épisode de mauvais temps survenant en pleine crise de Coronavirus, avec 130 cas relevés ce vendredi matin en Israël, dont 3 cas graves et 5 sérieux, les misères des habitants du Nord sont passées presque inaperçues.

 

L’électricité dans le quartier où se situe la rédaction de la Ména, le plus élevé de Métula, à 750 mètres d’altitude, n’a été rétablie qu’à midi trente vendredi.

 

 

 
Bruxelles-Métula du 9 mars 2020 (010903/20) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 09 mars 2020

 

Bibi, c’est pratiquement fini, vers quoi se dirige désormais Israël ?

 

L’analyse de Stéphane Juffa pour Bruxelles-Métula au micro d’Anne-Sophie Dekeyser sur Radio Judaïca.

 

Sur Youtube :

https://youtu.be/QZQA3WLmHfc

 

ansojuf.jpg

 

 

 

 

 
Bruxelles-Métula du 2 mars 2020 (010203/20) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 02 mars 2020

 

1.      Journée d’élections à Métula

2.      En Syrie, c’est la guerre entre les armées gouvernementale et turque

3.      Les rebelles sunnites du Golan se soulèvent et attaquent les positions de l’Armée d’al Assad

L’analyse de Stéphane Juffa pour Bruxelles-Métula au micro d’Anne-Sophie Dekeyser sur Radio Judaïca.

 

Sur Youtube :

https://youtu.be/HZxOTTp9i2Q

 

ansojuf.jpg

 

 

 
Que sait-on du coronavirus en France ? (020203/20) Version imprimable
Analyse
lundi, 02 mars 2020

 

Par le Dr. Olivier Katz

 

D’abord il ne faudrait plus l’appeler Coronavirus, cette appellation recouvrant depuis très longtemps des virus connus à ARN [Acide RiboNucléique, par opposition aux virus à ADN, plus dangereux mais beaucoup plus rares] dont la membrane en forme de couronne [Corona] est responsable de l’étymologie. Notre sujet du jour, qui répond au doux patronyme de SARS-Cov2, est finalement entré dans l’histoire sous le nom de CoVid-19 (Corona Virus Disease), qui désigne en fait la maladie elle-même.

 

En France, on compte officiellement ce lundi 130 cas de contamination, avec 2 décès à ce jour ; le chiffre n’est pas encore alarmant, et ne semble pas sous-évalué. Contrairement à d’autres Etats dans lesquels le comptage est pour le moins fantaisiste, ou dans lesquels le dépistage ne peut être effectué compte-tenu du niveau de la médecine locale (6 laboratoires peuvent tester le Coronavirus pour 1,2 milliards d’habitants en Afrique), la France, et l’Europe en général, jouent la transparence.

 

On peut cependant remarquer quelques éléments atypiques qui nous font penser que ce Coronavirus est loin de la grippette sympathique :

 

Le taux de mortalité, pour l’instant (le taux exact ne sera connu au mieux qu’au pic de l’épidémie, en divisant le nombre de morts par le nombre de patients atteints) est proche de 3,5%, soit quand-même 7 fois celui de la grippe, mais moins que le SARS, crédité de 9,6%.

 

La population à risque est essentiellement masculine, âgée, présentant d’autres pathologies (essentiellement cardio-vasculaires) et immunodéprimées. Parmi la population à risque, le taux de mortalité se rapproche des 15%

 

auch.jpg

Certains supermarchés sont littéralement pris d’assaut

Ici Auchan à Vélizy

 

L’incubation est longue (14 jours), ce qui aggrave les risques de contamination. Le R0 ou taux de reproduction de base (nombre de personnes potentiellement contaminées par un patient) est de 3 environ, à comparer à 1,3 pour la grippe (mais à 9 pour la rougeole).

 

On ne sait pas pour le moment si une personne asymptomatique [Ndlr. Ne présentant pas les symptômes de la maladie] peut transmettre le virus ; un cas de transmission venant d’une personne asymptomatique décrit en Allemagne a été pour l’instant infirmé.

 

Le mode de contamination « gouttelettes » est le plus courant (virus contenu dans la salive, et extériorisé dans la toux ou l’éternuement, puis absorbé par contact), mais la transmission fécale est de plus en plus mise en cause, ce qui va poser un vrai problème de santé publique dans les pays sous-développés, ou dans les hôpitaux ayant pris en charge des patients atteints.

 

Il n’y a pas de traitement spécifique

 

Voilà pour la partie technique.

 

Pour le volet santé publique, il nous faut nous intéresser à son épidémiologie. Pour comprendre son mode d’entrée sur un territoire, il faut repérer le Patient 0, celui par lequel le virus a été introduit (on l’appelle patient 0 par analogie avec le Sida, pour lequel le steward canadien Gaëtan Dugas avait été le malade O (pour Out of California), qui est devenu par la suite patient 0).

 

Autant en Haute-Savoie on connaît ce chef d’entreprise qui a séjourné en Italie et est revenu chez lui, autant pour le deuxième foyer, dans l’Oise, le patient 0 n’a pu être identifié.

 

Commence alors une course contre la montre pour l’enquête épidémiologique, qui devra déterminer, à partir des zones de fréquentation, des moyens de transports, et de l’emploi du temps des patients 1 et suivants, d’où peut provenir l’infection.

 

Tant que ce patient 0 n’est pas retrouvé, le virus peut sévir, à l’insu du patient 0 le plus souvent. Cette enquête est nécessaire scientifiquement pour comprendre la maladie, et médicalement, pour appréhender son mode de transmission et éviter la propagation.

 

On classe ensuite les personnes-contact en 3 catégories de risque – négligeable, faible, et modéré à élevé -. Les premiers peuvent vaquer à leurs occupations, les seconds sont confiné à leur domicile mais contactent l’Agence Régionale de Santé tous les jours pour savoir si un symptôme de type fièvre notamment est apparu. Et les derniers, ceux pour lesquels un contact avec un sujet malade a duré plus d’une heure, sont hospitalisés en isolement.

 

Pour essayer de juguler la transmission du virus, on classe l’épidémie en 3 stades :

Stade 1 : Il faut freiner l’introduction du virus

Stade 2 : Il faut freiner la propagation du virus (dès l’apparition de plusieurs clusters (foyers))

Stade 3 : Il faut atténuer les effets de l’épidémie

 

Nous sommes entrés depuis le 1er mars en phase 2, avec fermeture d’établissements scolaires, annulation de manifestations regroupant du public, et mise en quarantaine.

 

Tous les épidémiologistes s’accordent pour dire que le stade 3 est inévitable en France. Il se traduira par des restrictions de circulation, de l’enseignement en ligne et du chômage partiel.

 

Quelle est la situation sur le terrain ?

 

Dans l’Oise, 107 établissements sont fermés, 26 000 élèves se retrouvent cantonnés à la maison, et 2000 professeurs rongent leur frein. Et ce, sans compter les habitants des communes alentour qui lancent des pétitions pour demander la fermeture des écoles de Compiègne, interdire aux élèves des "clusters" d’accéder à leurs écoles situées sur des communes non touchées par l’arrêté de fermeture ; idem pour les personnes qui voudraient voir les enfants de la base aérienne de Creil, un des foyers de la maladie, rester cloitrés dans des bunkers. Les maisons de retraite filtrent les entrées pour éviter la contamination d’une population à risque de contagion et de mortalité élevés.

 

100 000 habitants sont actuellement confinés, les rayons des supermarchés, toujours ouverts, sont désespérément vides, les plus prévoyants ayant déjà stocké la nourriture nécessaire.

 

Des consultations médicales sont mises en place dans l’enceinte de certains collèges.

 

Mais dans le même temps, les transports en communs, souvent bondés, continuent à circuler à Creil. En fait, la préfecture a refusé le confinement à l’italienne - avec interdiction de sortie pour la population -, et fait appel au civisme de ses administrés.

 

Élément intéressant, les élèves et les adultes mis en quarantaine au retour d’un pays touché (hors Chine, Iran, …) vont pouvoir retourner à l’école une fois leur quatorzaine terminée. En fait le passage au stade 2 de l’épidémie permet la recirculation de personnes venant d’Italie notamment : il n’y a plus de mesure visant à endiguer l’introduction du virus en France ! Il est là !

 

Il faut également noter que le personnel médical et de secours paie un lourd tribut au CoVid-19. Plusieurs soignants sont passés de l’autre côté de la barrière, notamment trois employés de l’hôpital Tenon, et une caserne de pompiers (Saint Georges à Rennes) qui est tout simplement fermée.

 

Concomitamment à la crise médicale, l’exécutif passe en force avec le 49.3 sur sa réforme des retraites. L’extension du Coronavirus, relayée par les media d’information en continu, bienveillants envers le gouvernement, organisant tables rondes sur interviews de personnalités dont l’acuité sur le sujet ne saute pas aux yeux, « masquant » ainsi la vacuité du débat politique.

 

La mise en scène du Président et de ses ministres sur tous les fronts de la lutte contre le CoVid-19 donne une impression d’impuissance qui pourrait se retourner contre la République En Marche au cours des scrutins municipaux.

 

Il ne manque plus encore qu’un attisement des braises du mal-être de l’hôpital public pour que le tableau soit complet.


 

Lire la suite...
 
Synthèse de l’actualité urgente (010103/20) Version imprimable
Analyse
dimanche, 01 mars 2020