Le pape François, propagandiste "palestinien" (info # 012405/15) Version imprimable
Analyse
samedi, 23 mai 2015

 

Par Guy Millière

 

Je ne sais si le pape François a effectivement appelé Mahmoud Abbas « ange de la paix » ou si, comme des communiqués correctifs du Vatican le suggèrent, il a simplement émis le souhait que Mahmoud Abbas devienne un « ange de la paix ». La première hypothèse suscite le dégoût. La deuxième suscite également le dégoût.

 

Que des dirigeants politiques occidentaux reçoivent un chef terroriste antisémite, négationniste, admirateur d’un complice d’Adolf Hitler, Amin al Husseini, est déjà, en soi, répugnant, et montre que le monde occidental est dirigé par des gens sans éthique ni sens de l’honneur.

 

Mais que le principal représentant du catholicisme sur terre se conduise comme les dirigeants politiques occidentaux est autrement plus grave : l’Eglise a, certes, un long et lourd passé antisémite et n’a toléré que tardivement, et, à l’évidence, à contrecœur, l’existence d’Israël ; mais qu’elle compromette ainsi et de manière aussi flagrante les valeurs qu’elle prétend professer montre un glissement évident vers l’imposture.

 

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"Mon ange !", "mon père !"

 

Le pape François, certes, ne fait que récidiver : son voyage en « terre sainte », voici presque un an, avait déjà été, dans une très large mesure, un voyage au service de la propagande « palestinienne ». Nul n’a oublié son passage à Bethlehem, son discours devant un montage photographique mêlant l’image de Jésus à celle d’un « Palestinien », et celle de soldats israéliens à celle de tortionnaires de l’empire romain, et son arrêt devant la barrière de sécurité, à l’endroit précis où Gaza se trouvait comparée au camp d’extermination d’Auschwitz.

 

La récidive vient montrer que le voyage susdit n’était pas un incident de parcours, mais le tracé d’une ligne politique nauséabonde, une immixtion du religieux dans le politique (sur un mode de fraternisation avec le totalitarisme), une contribution à la falsification de l’histoire, et un abandon concret des chrétiens de Judée-Samarie, persécutés par les islamistes « palestiniens », et marginalisés par l’Autorité Palestinienne, elle-même très islamisante.

 

Que le pape François ait reçu Mahmoud Abbas (et ce n’était pas la première fois), et qu’il l’ait fait à l’occasion de la canonisation de deux « Palestiniennes », désignées comme telles par le Vatican, en rajoute dans le nauséabond.

 

Les deux femmes canonisées méritaient sans doute un profond respect, et les qualifier de « Palestiniennes » est inadmissible : l’une et l’autre sont nées au dix-neuvième siècle, sur des terres qui faisaient partie de l’empire ottoman, et qui n’étaient en aucun cas et nulle part désignées comme « palestiniennes ». Le Mandat palestinien confié au Royaume Uni a été fondé aux fins qu’il soit le foyer national juif ; c’est beaucoup plus tard que la notion de « peuple palestinien » a été forgée par le KGB et les services du Colonel Nasser.

 

Lire dans un communiqué du Vatican que deux religieuses « palestiniennes » ont été canonisées participe à placer l’Eglise, une fois de plus, au service de la propagande « palestinienne » et de tous ceux qui la relaient complaisamment.

 

C’est aussi trahir la mémoire de deux femmes que la décision prise est censée honorer. L’une, Mariam Bawardi, est née en Galilée, à Iblin ; elle était une Arabe chrétienne qui s’est fait trancher la gorge pour avoir refusé de se convertir à l’islam ; présenter Mariam Bawardi comme « instrument de rencontre et de communion avec le monde musulman » c’est cracher sur ce qu’elle fut, sauf à considérer que la rencontre et la communion avec le monde musulman passent par le choix entre la conversion à l’islam et un couteau tranchant. L’autre sainte, Marie-Alphonsine Ghattas, est née à Jérusalem et a vécu à Bethlehem, en un temps où Bethlehem était encore une ville très majoritairement chrétienne ; elle était également une Arabe chrétienne. 

 

Voir une photo du pape François donnant une accolade fraternelle à Mahmoud Abbas, à l’occasion de ces deux canonisations, écorche les yeux tant c’est indécent. Même si les mots « ange de la paix » n’avaient pas été prononcés du tout, l’indécence, en toute son obscénité, serait déjà là.

 

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La défaite de Palmyre marque le début de la fin de la mainmise alaouite en Syrie (info # 012205/15) Version imprimable
Analyse
vendredi, 22 mai 2015

 

Par Jean Tsadik

 

Cette semaine, deux villes importantes sont tombées aux mains du Califat islamique : Ramadi, en Irak, à 70km à l’ouest de Bagdad, et Palmyre, en plein centre de la Syrie, à 200km de Damas par l’autoroute, et 150 d’Homs.

 

Dans les deux cas, les blindés et les avions des armées régulières n’ont pas suffi à contenir les djihadistes, pas plus que la participation dans les affrontements des Gardiens de la Révolution iraniens et de leurs supplétifs, les miliciens chiites libanais du Hezbollah. Sans oublier les bombardements massifs des chasseurs-bombardiers de la coalition occidentale, et les frappes ciblées des commandos américains au sol. Rien n’y fait, les islamistes sunnites continuent d’avancer.

 

Contrairement à ce que les distances pourraient laisser croire, les 70km entre Ramadi et Bagdad seront plus difficiles à franchir pour les hommes d’ISIS que les 200km de Palmyre à Damas. Ce, parce que le soutien international apporté au gouvernement irakien est plus étoffé que celui dont jouit Bachar al Assad, qui se limite, en fait, à l’aide de Téhéran et celle de Moscou, ainsi qu’à la bienveillance de Pékin.

 

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Palmyre et le réseau routier : le carrefour incontournable vers le Nord et vers l’Est

 

Mais c’est surtout la loi du nombre qui pénalise le régime de l’oculiste-dictateur, qui ne contrôle plus qu’un petit quart de son territoire, contre cinquante pour cent à ISIS : alors qu’en Irak, sunnites (35%) et chiites (65%) se trouvent en quantités significatives, en Syrie, il y a entre un million et demi et deux millions d’alaouites sur 18 millions de Syriens, dont 13 millions de sunnites.

 

Après la perte de Palmyre, une cité de 200 000 habitants, dont 70 000 avaient fui devant l’avancée de l’Etat Islamique, le dernier axe de communication qui reliait la capitale à l’est de la Syrie est tombé, de même que la ville principale de la frontière avec l’Irak, Deir ez-Zor.

 

A Damas, dans l’entourage même de Bachar, on admet qu’il ne s’agit pas d’une perte temporaire de territoire, mais de provinces que l’Etat central ne récupèrera sans doute jamais. Globalement, le moral des alaouites est au plus bas, leurs forces étant partout en recul.

 

Même si ce n’est pas encore la déroute, on sait pertinemment que Damas ne résisterait pas longtemps à une attaque coordonnée de DAESH au Nord, Nord-Est, et d’al Nosra et de l’Armée Syrienne Libre à partir du Golan et de Jordanie.

 

De plus, tous les accès aux pays limitrophes par voie terrestre, Jordanie, Irak, Turquie, Liban et Israël (à part un corridor de 5 kilomètres entre Hader-Syrie, et Majd el Chams-Israël), sont désormais aux mains des diverses factions de l’opposition.

 

Dans la capitale syrienne, on reparle d’une retraite en bon ordre vers le réduit alaouite traditionnel de Lattaquié et Tartous, à l’Ouest du pays et au nord du Liban. Parmi les membres de la société très officieuse des analystes stratégiques de l’Etat hébreu, il se murmure que plus tôt ce redéploiement aura lieu, mieux ça sera, non seulement pour les combattants de la communauté alaouite, mais aussi pour ses civils.

 

Ce que l’on craint, à Métula, c’est un véritable massacre d’alaouites aussitôt que le verrou de Damas aura sauté ; entre la haine religieuse qui sépare alaouites et sunnites, pour lesquels les premiers ne représentent qu’une déviance criminelle de l’islam, et le fossé infranchissable qu’ont creusé quatre ans et demi de guerre civile impitoyable, parsemée d’innombrables exactions, on doit s’attendre à des centaines de milliers de victimes innocentes du côté des perdants au moment de la déroute.

 

Et la rivière de sang ne s’arrêterait probablement pas à la frontière libanaise, c’est en tout cas la conviction d’Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, et la nôtre. Nasrallah s’en était ouvert, au début de ce mois, à l’occasion d’une rencontre avec Michel Aoun, son allié chez les chrétiens maronites ; il avait déclaré : "Si Assad tombe, le Hezbollah tombe !".

 

On assisterait, en effet, à un déferlement des hordes djihadistes en direction de la Bekaa et de Beyrouth, appuyées par les sunnites libanais, l’Armée, les Druzes, ainsi que par tous les groupes de personnes – et ils sont légions – qui ont dû subir les excès, les attentats et les attaques des Fous d’Allah ces dernières années. Les combats ininterrompus font déjà rage dans la région d’Ersal, où les miliciens chiites, pourtant appuyés par une partie de l’Armée, ont de plus en plus de mal à contenir la pénétration des islamistes sunnites venus de Syrie.

 

En prenant la décision de se retirer de Damas et des grandes villes avant le début de l’assaut contre la capitale, pour se réinstaller dans le réduit traditionnel alaouite, Bachar al Assad parviendrait à restreindre significativement le périmètre à défendre, augmentant de cette manière sensiblement l’efficacité de ses soldats. Il dispose de suffisamment de chars, d’artillerie et d’avions pour combattre, mais ce sont les hommes qui lui font défaut pour ternir un front aussi large que celui qu’il leur a assigné.  

 

De toutes façons, face à l’offensive menée par ses ennemis, le front se restreint de lui-même, mais cela se fait en perdant des personnels et des armes précieux, tandis qu’en les redéployant autour de Lattaquié, Assad préserverait sa puissance de feu et serait sans doute capable de stabiliser durablement le front à l’extérieur du réduit alaouite. Ce, d’autant plus que, sur ce territoire, il dispose d’un vaste accès à la mer, d’une énorme base de la marine russe à Tartous, et de réserves d’argent suffisantes pour s’approvisionner en armes et en munitions.

 

Le hic, c’est précisément l’amour propre de cette communauté alaouite, habituée depuis les années soixante à diriger le pays et non à subir la loi des autres ; à vivre en chasseurs et non en gibiers. Se retirer à Lattaquié sans avoir combattu pour Damas, c’est admettre que la défaite est inéluctable – même si elle l’est -, et beaucoup d’assadologues partagent l’opinion que Bachar ne s’y résoudra jamais, ou alors, uniquement lorsqu’il ne disposera d’aucun autre choix. 

 

Il faut dire, qu’en plus d’être fanatisés par les discours religieux, les combattants d’ISIS sont remarquablement adaptés aux conditions de cette guerre. Sur leurs pickups, ils ont pour eux la mobilité des essaims d’insectes, la simplicité de l’armement, qui permet l’interchangeabilité des personnels, instantanément remplacés lorsqu’ils tombent par une nouvelle vague de combattants.

 

Ils utilisent la barbarie comme une tactique militaire pour terrifier leurs ennemis, comme à Palmyre, où, sur cinq cents morts, 71 ont été sauvagement exécutés pour "coopération avec un régime infidèle". 

 

Forts de ses récentes conquêtes, DAESH contrôle désormais toutes les exploitations de gaz et de pétrole de Syrie à deux exceptions près. De plus, des rapports très frais le démontrent à nouveau : la Turquie d’Erdogan – pilier de la politique d’Obama dans la région – n’a jamais cessé de fournir les djihadistes en hommes – des Turcs, mais aussi des volontaires venus du monde entier -, en nourriture et en armes.

 

C’est une situation étrange à laquelle on assiste, avec les Américains et les Européens, membres de l’OTAN, qui font la guerre à l’Etat Islamique, pendant que la Turquie, seconde puissance de l’OTAN, l’arme et lui envoie des renforts.

 

En Israël, on se contente pour le moment de suivre très attentivement l’évolution de la situation militaire volatile. Ainsi, les Forces armées libanaises font état de survols incessants des champs de batailles d’Ersal (Liban) et Qalamoun (Syrie) par les appareils frappés de l’Etoile de David.

 

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Des combattants agiles et… des pilotes peu inspirés

 

En principe, Jérusalem n’intervient pas dans la bagarre, si ce n’est pour apporter un soutien logistique et médical à ses voisins sunnites non djihadistes de l’ASL du plateau du Golan.

 

A court terme, l’évolution de la Guerre Civile est favorable aux Israéliens, avec l’affaiblissement majeur de l’Armée gouvernementale et la dispersion des miliciens hezbollani aux quatre vents. Plus tard, nous aurons probablement à faire frontière commune avec un califat avide d’engloutir de nouvelles conquêtes afin de terminer l’œuvre incomplète du Prophète.


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La lutte contre l’antisémitisme en France n’aura pas lieu (info # 011705/15) Version imprimable
Analyse
dimanche, 17 mai 2015

 

Par Guy Millière

 

En France, la lutte contre l’antisémitisme se mène activement, disent les journaux. Manuel Valls vient même d’être récompensé et de recevoir, de la part de l’association des rabbins européens, le prix Lord Jacobivits pour sa « détermination exemplaire » à conduire ce combat. Je ne doute pas de la sincérité et de la détermination de Manuel Valls sur ce point. Je pense néanmoins nécessaire de dire que cette détermination sera inefficace et ne changera rien à une situation qui empire de jour en jour.

 

La lutte contre l’antisémitisme en France vise, de fait, essentiellement l’antisémitisme d’extrême droite. Dès lors que les antisémites d’extrême droite, quand bien même ils existent indéniablement, ont, pour la plupart, l’âge avancé d’un Jean-Marie Le Pen et ne sont responsables de quasiment aucun des actes antisémites commis au cours des dernières décennies, le choix de la cible est pour le moins douteux. Quand un tireur tire à côté de la cible, le résultat est aisé à anticiper.

 

L’antisémitisme qu’il faudrait viser, et Manuel Valls, je pense, le sait, est celui émanant des milieux islamiques, de la gauche et de l’extrême gauche, mais celui-là est épargné, ou évoqué avec circonspection et une extrême timidité.

 

Dès lors que l’antisémitisme islamique s’en prend souvent, aux fins d’esquiver les coups qu’on pourrait lui porter, à Israël et aux « sionistes », il rencontre même un écho grandissant.

 

Et en lisant les journaux français, on ne peut réellement s’en étonner.

 

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Diversion raciste

Les media français préfèrent combattre pour le droit de critiquer Israël. Il y a déjà 40%

 d’antisémites déclarés en France, mais personne ne les rappelle à leurs devoirs fondamentaux

 

Pas un jour ne se passe sans qu’un article plus ou moins imprégné de haine anti-israélienne ne soit publié. Des terroristes posent une bombe et tirent sur des soldats israéliens qui ripostent ? Les terroristes sont décrits par la presse française comme de braves jeunes gens tués sans raison par d’odieux soldats. Il faut lire l’article en entier pour découvrir que les jeunes gens en question posaient une bombe et avaient tiré les premiers.

 

Un bon soldat israélien, pour la quasi-totalité de la presse française, c’est un soldat israélien tué par des « Palestiniens ». Un soldat israélien vivant n’a de valeur, pour nombre de journalistes tricolores, que s’il entend critiquer son pays et dire que tous ceux qui sont militaires en Israël sont d’abjects criminels racistes et vicieux.

 

Autre exemple, il concerne les écoles financées par l’ONU et transformées par une organisation islamo-nazie en lieux d’inculcation de propagande antisémite et génocidaire et en dépôts d’armes et de roquettes, avec enfants en guise de boucliers humains à la clé ?

 

Israël décide de détruire les dépôts d’armes et de fusées que sont ces écoles, et les frappe lorsque les enfants ne sont pas à l’intérieur ? Une commission de l’ONU (dont on connaît les positions a priori) accuse Israël de crimes de guerre ? La presse française reprend alors en chœur les accusations de l’ONU, et un grand journal du soir accuse directement Israël de « détruire des écoles ».

 

Des Juifs éthiopiens manifestent, et la manifestation est accompagnée de quelques violences policières ? C’est Israël (et non quelques policiers) qui se trouve accusé (dans plusieurs journaux cette fois) de brutalité ignoble.

 

L’association gauchiste appelée Breaking the Silence publie un ensemble de témoignages anonymes et strictement invérifiables censés venir de soldats israéliens ayant participé à l’opération Rocher Inébranlable ? Le journal du soir susdit titre, sans la moindre vérification des sources de Breaking the Silence, « La dérive morale de l’armée israélienne », incriminant ainsi l’armée israélienne dans son ensemble.

 

Et je passe sur ce qu’on trouve sur des magazines d’extrême gauche et sur des sites de propagande « propalestinienne ». On peut y lire des récits de voyages en « Palestine » absolument grotesques : des gens arrivent dans un pays dont ils nient l’existence et annoncent, au contrôle des passeports, vouloir entrer dans un pays qui n’existe pas, et que des tueurs de Juifs voudraient faire exister au terme d’un immense bain de sang.  

 

Ces « touristes » traînent un lourd passé de soutien aux tueurs de Juifs. Ils désirent traverser le pays dont ils nient l’existence pour se rendre auprès de tueurs de Juifs. Ils sont interrogés par les agents chargés de contrôler les passeports, souvent interceptés, souvent reconduits vers un avion qui les ramène à leur lieu de départ. Et ils s’en étonnent ! Et ils s’indignent !

 

Je me dis, en lisant leurs récits, que ces gens ont beaucoup de chance qu’Israël soit une démocratie et que les policiers des frontières israéliens soient amènes. Je me dis que ces gens n’auraient pas même dû pouvoir embarquer dans un avion à destination de Tel-Aviv. Je me dis que si je me rendais dans n’importe quel pays démocratique sur terre en tenant les propos que tiennent ces énergumènes, je serais expulsé immédiatement et sans ménagement, voire sans la moindre politesse.

 

Ces « propalestiniens » sont une frange extrême, qui frôle la maladie mentale. Malheureusement, ils ne sont pas seuls, et ils attirent les sympathies des intellectuels français.  

 

Si je ne connaissais Israël qu’en allant sur certains sites ou en lisant la grande presse française, je penserais qu’Israël est un Etat totalitaire de type fasciste, habité de gens méprisables qui ne méritent même pas d’exister. Je me dirais que chaque fois qu’un Israélien est assassiné, c’est bien fait pour lui, et je regretterais qu’il n’y ait pas davantage d’Israéliens assassinés. Je me dirais que les gens du Hamas souffrent à cause d’Israël et sont des résistants antifascistes. Je me dirais que Mahmoud Abbas est un brave homme épris de paix qui doit se battre sans cesse contre des Juifs perfides. Je regarderais les Juifs en France avec du soupçon dans les yeux, voire de la haine. Je manifesterais contre Israël, et je serais à peine dérangé par les cris du genre « A mort les Juifs ! ». Je me dirais que la colère peut mener à quelques excès, mais que c’est une colère légitime.

 

Mais je connais Israël et je sais à quel point tout ce que je pourrais penser d’Israël en allant sur ces sites et en me contentant de lire la presse main stream de l’Hexagone est abominablement falsificateur, porteur d’incitations délibérées à la haine anti-israélienne et, de fait, à l’antisémitisme.

 

Je sais que le combat contre l’antisémitisme devrait commencer là, et précisément là : dans un coup d’arrêt porté aux falsifications et aux incitations délibérées à la haine anti-israélienne et, de fait, à l’antisémitisme.

 

Or je sais que ce combat-là ne sera pas mené, qu’aucun dirigeant politique français au pouvoir ou aspirant à y accéder, pas plus Manuel Valls qu’un autre, ne rappellera la grande presse française au respect de principes déontologiques élémentaires. Je sais qu’aucun dirigeant politique français ne pointera du doigt la moindre organisation « propalestinienne ».

 

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Si, réellement, la France sans les Juifs, ce n’est pas la France, eh bien, tant pis pour la France ! Version imprimable
Analyse
jeudi, 14 mai 2015

 

Par Stéphane Juffa

 

Ce n’était qu’une question de temps de savoir quand les relations entre les gouvernements français et israélien allaient exploser. Il n’était pas difficile de le prévoir et nous n’avons ainsi que peu de mérite à l’avoir fait. Cela procède d’un engrenage qui s’était mis en marche à l’Assemblée nationale avec la reconnaissance de l’Etat palestinien à une forte majorité ; on savait que c’étaient les prémices d’une vaste offensive diplomatique franco-arabe diligentée par Laurent Fabius et visant le Conseil de Sécurité de l’ONU.

 

La semaine dernière, tout a éclaté, à Jérusalem, à l’occasion du dialogue stratégique annuel réunissant traditionnellement les experts des ministères des Affaires Etrangères des deux pays. Et ça a pété fort, de l’avis des diplomates des deux délégations, puisqu’on en est presque arrivé aux insultes entre les représentants israéliens, emmenés par le Directeur Général des Affaires Etrangères, Nissim Ben Shitrit, et l’imposante ambassade tricolore, dirigée par le Secrétaire Général du Quai d’Orsay, Christian Masset.

 

D’habitude, en cette occurrence, on laissait de côté les désaccords pour se concentrer sur les points communs existant entre les deux politiques étrangères. Mais la semaine dernière, les participants comprirent, dès les premiers échanges, que cela allait, cette fois, se passer beaucoup moins sereinement.

 

Les divergences s’articulent autour du projet de Laurent Fabius de présenter au Conseil de Sécurité une proposition de résolution dont l’objectif avoué est de mettre un terme au contentieux israélo-palestinien.

 

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Sanctions, vous avez dit sanctions ?

 

Un premier jet du brouillon de la motion avait été vigoureusement rejeté par l’Autorité Palestinienne, il y a plusieurs mois, parce qu’il mentionnait clairement la reconnaissance d’Israël en sa qualité d’Etat juif.

 

Ce qui n’a pas découragé le ministre français des Affaires Etrangères, puisque ce dernier remet ces jours l’ouvrage sur le métier, et qu’il en est déjà à discuter de phraséologie avec ses homologues arabes, palestinien, de même qu’avec d’autres Etats membres permanents du Conseil.

 

Fabius, à qui les Américains ont demandé d’attendre avec son initiative que les négociations avec l’Iran se terminent, reste résolu à présenter son texte avant la fin de la session de septembre à Manhattan.

 

Or le Quai discute du contenu de sa résolution avec tout le monde, sauf avec l’Etat hébreu, qui est, évidemment, l’une des parties intéressées en premier lieu par cette initiative. Son ébauche de formulation circule entre de nombreuses capitales, alors que Jérusalem n’en a pas encore officiellement vu la copie, ni même n’a été informée de ses grandes lignes, ce que l’on assimile ici à un comportement catégoriquement hostile. Hostile, au point que l’on s’interroge sur l’intérêt de poursuivre un dialogue stratégique avec Paris, quand la discussion est intentionnellement évidée de son plus important sujet.

 

C’est grâce à des diplomates amis d’Israël que nous nous sommes finalement procurés un exemplaire officieux du document qui pourrait influencer la survie de notre pays. Vous parlez d’un détail…

 

Nissim Ben Shitrit a ouvertement protesté contre le mode opératoire de ses hôtes, leur reprochant de "parler avec le monde entier de votre initiative, sauf avec nous", leur lançant aussi : "Vous semblez avoir oublié que nous sommes également partie prenante à cela et que vous avez l’obligation de nous y impliquer aussi".

 

La délégation française a copieusement menti, répondant à Ben Shitrit qu’aucun brouillon détaillé n’avait été soumis aux Palestiniens ni aux pays arabes, et promettant qu’ "on se trouvait uniquement à un stade préliminaire, et que, lorsque nous aurons rédigé quelque chose, nous vous le montrerons".

 

Christian Masset a tenté en vain de convaincre ses interlocuteurs que le processus en cours se déroulait à leur profit, et que Paris essayait de parvenir à une formule qui soit acceptable par les deux camps et qui permettrait la reprise des négociations.

 

Chercher un phrasé qui conviendrait à Israël sans lui en parler ? Que voici une étonnante démarche, surtout si le Quai utilise les compétences des ennemis déclarés de l’Etat hébreu afin de le rédiger.

 

A ce moment de la réunion, le ton monta, les disputes et la confrontation prirent le dessus, jusqu’à ce que les fonctionnaires présents ne purent que constater que l’atmosphère de cette rencontre traduisait fidèlement l’état des relations entre les deux capitales, et que l’on se trouvait même au plus profond d’une crise majeure qui n’allait probablement que s’amplifier encore.

 

Pour saisir la colère des Israéliens, nous, de dévoiler que le plan Fabius – à l’instar de la reconnaissance de la Palestine par l’Assemblée nationale - prévoit que le Conseil de Sécurité appelle Jérusalem à se replier sur ce que le Quai nomme "les frontières d’avant 67". La proposition précise que toute modification ou échange territorial devra être accepté par l’Autorité Palestinienne.

 

Cela aurait pour conséquence de couper Jérusalem de Tel-Aviv, l’autoroute reliant les deux villes empruntant brièvement un tronçon situé au-delà de la "ligne verte", et de placer la frontière de l’Etat de Palestine, à son extrémité occidentale, à 14.3 kilomètres de la mer, exactement entre Tel-Aviv et Netanya, au cœur névralgique d’Israël.

 

Dans cette formulation, Paris confond intentionnellement la ligne d’armistice, temporaire par définition, qu’Israël avait conclue avec la Jordanie au terme de la Guerre d’Indépendance et une prétendue frontière avec une entité palestinienne, qui n’existait pas avant 1967.

 

D’un strict point de vue stratégique, compte tenu de l’instabilité politique et sécuritaire régnant dans la région, de la présence du Hamas en Cisjordanie, qui prône l’anéantissement d’Israël et des Israéliens, et de la poussée djihadiste, qui s’exerce massivement depuis quelques années, nous pouvons objectivement tirer deux conclusions émanant de la proposition française :

 

1.     Au-delà de tout doute sensé, le retrait de l’Etat hébreu sur la ligne d’armistice, sans modification de son tracé, affaiblirait considérablement la situation stratégique d’Israël, en attentant notablement à sa capacité à défendre sa population côtière, qui représente environ cinq millions d’habitants sur les sept et demi que compte ce pays.

 

2.     En prenant comme référence une période d’un demi-siècle qui suivrait le retrait exigé par Fabius, ce qui constitue une durée très courte en matière de géopolitique, en observant les cinquante années qui l’auront précédé, ainsi que l’évolution de la violence et de l’interprétation des textes sacrés durant ce laps de temps, il est possible d’en déduire que l’on se dirige vers l’exacerbation des conflits et non l’accalmie.

 

Dans ces conditions, si ce retour à la ligne d’armistice devait se réaliser, on peut techniquement prévoir que les risques de massacres, voire de génocide, visant la population israélienne s’en verraient considérablement augmentés.

La proposition Fabius ne se borne pas à demander à Jérusalem de s’exposer volontairement à des risques mettant en cause sa survie, elle l’exige, de plus, et la menace de sanctions si elle ne s’exécute pas.

 

Ainsi, le projet du Quai entend-il délimiter la période durant laquelle les parties devraient s’entendre sur les détails de l’application de la résolution qui serait votée au Conseil de Sécurité ; de par la manière dont cette motion est présentée, et de par son contenu, il serait plus précis de parler de période laissée à Israël pour décider de se suicider.

 

Passé ce délai, le projet du ministère tricolore des Affaires Etrangères prévoit l’introduction de sanctions internationales contre Israël, qui seraient, assurément, de nature à la faire plier ou à l’asphyxier financièrement et militairement.  

 

L’éventualité de la convocation d’une conférence internationale pour décider de l’avenir des relations israélo-arabes est également envisagée par les divers brouillons de l’initiative Fabius. A raison de sept millions d’Israéliens pour un milliard et demi d’Arabo-musulmans, la tenue d’une conférence de ce type équivaut à l’organisation d’un match de football qui opposerait un joueur israélien à onze propalestiniens, aux arbitres et au public. C’est à peu près la signification de l’instauration de la jurisprudence internationale à la force du plus grand nombre ; cela donne accessoirement des présidents iraniens, pakistanais ou saoudiens à la tête du Conseil des droits de l’homme ou de l’Assemblée générale de l’ONU. On dit ensuite que Jérusalem ne respecte jamais la législation internationale…

 

La proposition française est catastrophique, et la France du Maréchal Pétain n’aurait probablement pas rechigné à la présenter elle-même à l’ONU. Elle a, de plus, un effet pernicieux et méphitique sur la situation entre Palestiniens et Israéliens ; d’abord, parce que, connaissant le libellé de la résolution que Paris prépare, Mahmoud Abbas devrait être carrément sioniste pour rouvrir sérieusement les pourparlers de paix avec Netanyahu avant de voir, dans quatre mois tout au plus, si elle est acceptée ou refusée à New York.

 

A ce titre, c’est indubitablement l’initiative diplomatique de l’Hexagone qui bloque tout progrès, non seulement en direction d’une éventuelle entente entre les protagonistes, mais même dans la réalisation d’avancées minimalistes.

 

Ensuite, parce qu’il est exclu qu’Israël participe à ce processus ou qu’elle accepte de se plier à l’éventuelle résolution qui couronnerait de succès les efforts de Paris. Si les électeurs hébreux étaient consultés sur ce sujet, ils la repousseraient à plus de 80 pour cent de leurs suffrages.

 

Or, même si ce processus occasionnait des souffrances certaines aux populations israélienne et palestinienne, l’ONU n’est pas aujourd’hui en mesure d’imposer sa volonté à Jérusalem. Ce que l’on peut envisager, contrairement aux intentions de M. Fabius, c’est un renforcement du camp des faucons, entraînant un durcissement sévère de la politique israélienne à l’égard des Palestiniens, et, plus que probablement, l’annexion définitive de la Cisjordanie.

 

Voici, brièvement énumérées, les seules perspectives concevables de l’initiative française. Avec elle, les Palestiniens ont moins de chances d’obtenir un Etat que sans elle, et les lourds contentieux franco-israélien et franco-juif sont en train de se creuser irrémédiablement.

 

Cela peut sembler étrange que cette nouvelle crise – peut-être la plus grave – éclate à l’initiative d’un Laurent Fabius, descendant de l’une des plus prestigieuses familles juives d’Alsace-Lorraine, petit-fils d’Elie Fabius, un célèbre antiquaire, arrière-petit-fils d’Emmanuel Fabius, dont le propre grand-père, Joseph, changea son nom de famille de Léon à Fabius, en 1808, lorsque les Juifs français obtinrent enfin le privilège de porter un nom de famille. Ca fait du monde à se retourner dans sa tombe !

 

Jusqu’à présent, pendant qu’on crie "Mort aux Juifs !" sur les grands boulevards, et "Juif, fous le camp, la France n’est pas à toi !", devant une France impassible, pendant qu’on brise la stèle d’Ilan Halimi, comme si les tortures qu’on lui a infligées ne suffisaient pas, le gouvernement, en paroles au moins, prenait le parti des Juifs.

 

Jusqu’à Manuel Valls, qui répétait, la semaine dernière, que l’antisionisme est la face cachée de l’antisémitisme. Valls, dont on a bien remarqué qu’il n’a participé ni à la discussion, ni au vote ayant conduit à la proclamation, par l’Assemblée nationale, de l’Etat de Palestine.

 

Même si la sympathie du 1er ministre ne fait pas de pli, son amitié est, cette fois, nettement insuffisante, et s’il compte sauver les meubles, il faudrait qu’il ne tarde pas à se rappeler qu’il est le chef du gouvernement, car on est entré dans le temps additionnel précédant le divorce final.

 

Et si, réellement, la France sans les Juifs, ce n’est pas la France, eh bien, tant pis pour la France ! Aucun Israélite digne de ce nom n’acceptera que Paris se batte pour mettre Jérusalem en danger existentiel. D’ailleurs leur migration s’accentue, même avant la parution de cet article ; chaque semaine, on reçoit un coup de téléphone d’Ashdod ou de Netanya, d’une connaissance, née en France, dont on n’aurait jamais pu imaginer qu’elle puisse la quitter.

 

Mais Dreyfus, ça suffit, les lois d’exception de Vichy, les policiers français impunis de Drancy, qui poussaient les enfants vers les chambres à gaz pendant que nous défendions l’honneur de la France à Bir Hakeim et sur le plateau des Glières ! On n’a pas oublié le "Ils étaient restés tels qu'ils avaient été depuis tout temps : un peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur", pas plus que l’accusation d’infanticide lancée par France 2 à Nétzarim, torrents de boue vert-gris, qui se sont mués en fleuve d’hostilité et de haine permanente.


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Jérusalem et Riad : couper la tête de l’anaconda (info # 011105/15) Version imprimable
Analyse
lundi, 11 mai 2015

 

Par Jean Tsadik

 

La semaine dernière l’arrivée d’un Airbus saoudien à l’aéroport de Tel-Aviv, photographié sous toutes ses coutures, a fait le buzz. C’était la première fois qu’un appareil du royaume des Ibn Saud atterrissait publiquement en Israël, un pays avec lequel Riad n’entretient pas de relations diplomatiques.

 

Beaucoup d’encre a coulé à propos de ce mini-évènement, et il convient de ne pas lui donner plus d’importance qu’il n’en a vraiment. La compagnie portugaise Hi Fly, qui louait cet appareil à la Saudi Arabian Airlines, le transporteur national de la monarchie, a d’ailleurs vu son contrat dénoncé par les Saoudiens. Ces derniers ont fait valoir que leurs inspecteurs aéronautiques n’auraient pu se rendre dans l’Etat hébreu pour superviser les travaux d’entretien, à cause, précisément, de l’absence de relations diplomatiques entre les deux pays.

 

Auparavant, ils avaient déclaré que l’information quant à la présence du gros porteur dans les ateliers de la société Bedek, pour y subir un entretien de routine, était fausse. Reste que l’A330 saoudien s’y trouve toujours et que les travaux ont débuté.

 

Il sera intéressant de suivre cette affaire pour voir si les ponts entre la Saudi et Hi Fly sont réellement coupés, ou si l’avion reprendra au contraire du service sous ses couleurs actuelles après être passé entre les mains des techniciens hébreux.

 

a330.jpg

Un Airbus saoudien à Tel-Aviv

 

A notre avis, cette péripétie n’est pas anodine et elle témoigne du processus de rapprochement indéniable entre Jérusalem et Riad ; Hi Fly, dont nous connaissons la bonne réputation dans le monde aéronautique, n’aurait pas hypothéqué ses contrats valant plusieurs dizaines de millions de dollars sans avoir reçu le OK de ses clients avant d’envoyer l’A330 se refaire une beauté en Terre Sainte.

 

Ce petit avatar participe à démontrer tout le bon sens qui existe pour le Roi Salman bin Abdulaziz Al-Saud, qui a succédé en janvier dernier à son demi-frère Abdallah décédé, d’avoir recours au savoir-faire de ses voisins Hébreux, plutôt que de faire systématiquement appel aux fournisseurs de services européens ou américains.

 

Cela est vrai pour l’entretien des appareils et des équipements civils, mais également de tout leur arsenal militaire, allant des chasseurs-bombardiers aux chars d’assaut. On parle ici d’un marché de plusieurs milliards de dollars annuels, qui apporterait des avantages pécuniaires aux deux parties.

 

Cette évaluation pourrait également englober des projets de mises-à-niveau (upgrade) de matériels existants, dans lesquels les Israéliens sont des experts renommés, et, bien évidemment, l’acquisition d’équipements fabriqués localement, à commencer par les drones.

 

D’ailleurs, il n’est plus nécessaire de dissimuler qu’une collaboration de cette sorte existe, et que le royaume a modifié ses lois en 2006 afin de permettre de se procurer légalement des objets fabriqués en Israël.

 

Pour saisir la taille de ce marché potentiel, il n’est que de rappeler que la monarchie saoudienne est l’Etat, au monde, qui dépense la plus grande proportion de son budget à l’achat d’armes, et que cela en fait le second acheteur à l’échelle planétaire en valeur absolue. Disposant des moyens que lui confère son rang de second producteur d’or noir, et détenteur des deuxièmes réserves mondiales, vous parlez d’un pouvoir d’achat.

 

On sait à la fois beaucoup et peu de choses quant à l’étendue réelle de la coopération entre les deux entités ; n’ayant pas pour habitude de propager des rumeurs, pas plus que de compliquer des transactions que nous considérons stratégiquement précieuses dans l’intérêt de la région, nous devons nous exprimer avec prudence.

 

En commençant par rappeler l’évocation sibylline qu’avait effectuée le 1er ministre Netanyahu devant le Congrès américain, au sujet des intérêts communs et des convergences de vues entre le pays qu’il dirige et des Etats arabes de la région.

 

Lui qui a coutume d’en rajouter pour faire le show, s’est montré particulièrement hermétique sur le sujet. C’est ce que l’on peut appeler un understatement, un euphémisme, en français.

 

On sait, par exemple, que des drones arborant (ou non) l’étoile de David sont régulièrement signalés en mer Rouge. On leur attribue régulièrement des faits d’armes, le plus souvent au Soudan ; le 6 mai dernier, ils auraient anéanti une usine dans la région d’Omdurman (à proximité immédiate de la capitale Khartoum), à l’aide de deux missiles. L’installation détruite abritait vraisemblablement une chaîne d’assemblage de fusées iraniennes qui œuvrait sous la direction de Pasdarans.

 

Le plus souvent, ces engins sans pilotes s’en prennent à des convois d’armements sophistiqués que les mêmes perses tentent d’acheminer par mer et par terre pour les livrer à leurs protégés du Hamas à Gaza et du Hezbollah au Liban.

 

Or ces deux organisations terroristes et leur mentor iranien commun constituent les pires ennemis des Saoudiens ; ceux avec lesquels ils sont précisément en guerre au Yémen.

 

Une simple lecture de la carte permet de s’apercevoir que Port Soudan n’est éloigné que de 300 kilomètres de Djeddah et de la Mecque, et de pas plus de 850 km de Sanaa, au Yémen, où ont lieu une grande partie des bombardements réalisés par les aviations saoudienne et arabes.

 

Des rapports émanant de sources fiables font état de survols fréquents de drones non identifiés sur les lieux des frappes, avant et après qu’elles aient lieu. Cela suit un mode opératoire pratiquement identique à celui que l’on a pu observer l’été dernier dans le ciel de… Gaza.

 

Affirmons-le sans tourner autour du pot : nous serions terriblement étonnés si ces aéronefs n’appartenaient pas au Khe’l Avir, et ne fournissaient pas des informations opérationnelles aux aviations arabes participant à l’opération Tempête décisive. Il est à noter que les avions sans pilotes fournissent des données en temps réel plus utiles que celles des satellites ; dans les armées U.S et dans Tsahal, ils possèdent l’avantage inégalé de remplir simultanément deux missions complémentaires : l’observation et l’intervention contre des objectifs au sol.

 

Nous serions également surpris d’apprendre que les pilotes saoudiens et ceux d’autres forces aériennes participant au conflit ne soient pas encadrés par des spécialistes du Khe’l Avir. Plusieurs raisons plaident en ce sens : 1. Une grande similitude opérationnelle entre l’Armée de l’air israélienne et ce que l’on peut apprendre de la manière de procéder des pilotes saoudiens, malgré le peu d’information qui nous parviennent ; 2. Des résultats d’une précision satisfaisante de la part d’équipages n’ayant aucune expérience du combat ; or il est pratiquement impossible de réaliser ce genre d’exploits dans l’improvisation. 3. Un nombre réduit de bavures, les tirs se concentrant sur les objectifs sélectionnés, en épargnant relativement les acteurs collatéraux sur les scènes d’interventions. 4. La prudence du régime saoudien, peu enclin à entreprendre des missions aventureuses sans en maîtriser les conséquences ; ledit régime a pris l’habitude de toujours s’entourer des meilleurs experts étrangers dans toutes ses entreprises sophistiquées ; 5. Riad ne fait pas confiance aux Américains depuis le rapprochement amorcé entre Washington et Téhéran ; dans le même temps, le roi et son entourage sont convaincus de l’existence d’un intérêt commun supérieur avec Jérusalem sur la nécessité absolue de contenir la poussée de la "République" Islamique. Ils ont en outre observé que les Israéliens ne constituaient aucune menace pour leur régime, et qu’ils ne leur avaient jamais posé le moindre problème.

 

En plus de ce qui précède, les lecteurs de la Ména sont au courant, depuis plusieurs années désormais, grâce aux témoignages de notre correspondant permanent en Jordanie, Fayçal H, de l’existence de contacts réguliers entre responsables israéliens et saoudiens.

 

Or nous sommes en mesure d’affirmer que ces rencontres se sont multipliées et ont gagné en importance ces derniers temps. On peut parler de coordination stratégique face à l’ennemi commun ; on sait, par exemple, qu’en cas d’attaque des Hébreux contre l’infrastructure nucléaire perse, les Saoudiens leur ouvriraient leur espace aérien et leur offriraient un appréciable soutien logistique.

 

Aux dernières nouvelles en provenance de Fayçal H, on devrait parler d’un pacte d’alliance, qui prévoirait une intervention coordonnée contre les ayatollahs au cas où l’accord préparé par les 5+1 ne parviendrait pas à incurver de manière satisfaisante la progression de la théocratie chiite vers la bombe atomique.

 

D’ailleurs, si un traité était effectivement signé entre Téhéran et les grandes puissances, il est prévu que la coopération régionale entre les grands Etats sunnites et Israël se pérennise et prenne ses distances à l’égard de Washington, dont le rôle se verrait encore réduit.

 

Des media américains ont également évoqué un financement des activités de Binyamin Netanyahu par les Saoudiens, avançant même le chiffre de seize milliards de dollars. Ces sommes seraient destinées à renforcer les capacités de surveillance et d’intervention, de même qu’à participer au développement d’armements dans l’optique d’une confrontation avec la junte cléricale perse.

 

D’autres observateurs d’outre-Atlantique avancent aussi que Riad aurait participé au financement de la campagne électorale du Likoud, jugeant que l’opposition israélienne se montrerait trop molle et inefficace face à la menace commune.

 

Nous, d’avouer honnêtement que nous ne possédons aucun début de preuve concernant ces allégations, mais que, dans l’atmosphère qui prévaut désormais entre les deux pays, l’hypothèse qu’elles soient réelles – totalement ou partiellement - n’est pas sensationnelle.

 

A Métula, nous avons également enregistré avec attention l’assertion lancée sur sa page Facebook par le Secrétaire général du parti yéménite al-Haq, Hassan Zayd, selon laquelle des chasseurs-bombardiers israéliens auraient directement participé, le 26 mars dernier, pour la première fois, à des attaques au sol au Yémen au côté des aviations arabes.

 

Cette déclaration est difficile à vérifier, mais on ne lui accorde ici que peu de crédit : il n’est en effet pas dans la tradition de Tsahal de s’impliquer dans des conflits qui ne concernent pas directement Israël ; de plus, le risque humain et politique de voir l’un de nos pilotes tomber entre les mains des Houthi, des miliciens du Hezbollah, des partisans de l’ex-président Saleh, de militaires iraniens, voire de combattants liés à al-Qaeda, ne nous paraît pas gérable.

 

Au-delà des nombreuses rumeurs, des informations non-publiables et de celles qui sont invérifiables, il est extrêmement probable que des conseillers israéliens soient actuellement à pied d’œuvre en Arabie saoudite. L’ampleur prise par la coordination stratégique entre Riad et Jérusalem est telle, que le gouvernement saoudien ne prend même plus la peine de nier que des rencontres ont lieu.


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Conférences de Stéphane Juffa Version imprimable
Communiqué
lundi, 11 mai 2015

 

Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Metula

 

News Agency et analyste stratégique, développera les

 

thèmes d’actualité suivants:

 

 

"L'expansion régionale de l'Iran

 

sanctuarisé par les 5+1, et

 

L'isolement diplomatique et médiatique

 

d'Israël"

 

 

Le mardi 26 mai à 20 heures 30, à Grenoble : 

 

Une conférence organisée par la Synagogue ACJG RACHI

11 rue André Maginot 38000 GRENOBLE

Tél. : 04 76 87 02 80

rachigrenoble@gmail.com

Entrée payante : 10 euros. 5 euros pour les étudiants

Réservation souhaitable

 

Le jeudi 28 mai à 20 heures 30, à Bruxelles : 

 

Une conférence co-organisée par Radio Judaïca, en exclusivité pour la Belgique, et la na
Au Foyer SEF
150, Avenue Winston Churchill - 1180 Bruxelles
Réservations, le matin au Tél. + 32 2 648 18 59

Ou par mail à l’adresse secretariat@cerclebengourion.be  
http://www.cerclebengourion.be
Entrée payante : 15 euros. 12 euros pour les étudiants

Réservation hautement souhaitable (la salle était bondée lors de la dernière conférence)

 

Le lundi 1er juin à 20 heures 15, à Marseille : 

 

Une conférence co-organisée par Radio JM, le CRIF, le Centre Edmond Fleg et la na
Au Newport

79-81 Avenue Pointe Rouge - 13008 Marseille
Réservations au Tél. 06 16 24 92 73

Ou par mail à l’adresse : support.mena@live.com
Entrée payante : 15 euros. 12 euros pour les étudiants

Réservation souhaitable

 

Le mardi 2 juin à 20 heures 15, à Genève : 

 

Une conférence organisée par la Communauté Israélite de Genève

21 av. Dumas - 1206 Genève

Tél. 022 317 89 00

http://www.comisra.ch/

Entrée libre, réservation suggérée

 

 

 
Les prochaines attaques contre Israël se préparent (info # 011005/15) Version imprimable
Analyse
dimanche, 10 mai 2015

 

Par Guy Millière

 

Les élections législatives du mois de mars dernier semblent déjà très lointaines. Ce qui paraissait être une grande victoire de Binyamin Netanyahou a finalement conduit à la formation d’un gouvernement de coalition reposant sur une seule voix de majorité. Et ce gouvernement est dès lors fragile.

 

La grande presse israélienne a repris ses critiques contre Binyamin Netanyahou et l’attaque, tant pour avoir procédé à une dissolution de la Knesset, dont elle s’interroge encore sur l’utilité, que pour avoir passé alliance avec les partis ultra-orthodoxes.

 

Or M. Netanyahou, pour composer son gouvernement, a procédé de manière logique. Il a non seulement passé alliance avec les partis ultra-orthodoxes, mais il a commencé la formation de sa coalition par la conclusion de cette alliance.

 

Pouvait-il faire autrement ? Non. Le nombre de sièges dont ces partis disposent ne le permettait pas. Le 1er ministre pensait, sans aucun doute, que cette alliance serait la phase la plus difficile et la plus susceptible de controverse.

 

Et il est très vraisemblable que s’il n’avait pas procédé de la sorte, et n’avait pas réussi à s’entendre avec les ultra-orthodoxes, Herzog leur aurait tendu la main à sa place.

 

Le fait qu’Aryé Dery, le chef de file du Shass [parti ultrareligieux sépharade. Ndlr.], soit passé par la case prison, il y a quelques années, pour corruption, et se retrouve détenteur du portefeuille de l’Intérieur, peut laisser un goût amer dans la bouche de certains. Le fait que plusieurs réformes seront sans doute bloquées peut déranger les mêmes. Mais le résultat des élections a été ce qu’il a été. Le choix était : les ultra-orthodoxes dans un gouvernement Netanyahou, ou les ultra-orthodoxes dans la tentative de formation d’un gouvernement Herzog. L’absence des ultra-orthodoxes dans une coalition ne faisait pas partie de l’équation.

 

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L’itinéraire de Dery, de 22 mois de prison ferme, pour corruption, alors qu’il occupait

 le poste de ministre de l’Intérieur, au ministère de l’Intérieur, à nouveau, indispose

fortement des millions d’Israéliens

 

Que Moshe Kakhlon et son parti Kulanu [nous tous] entrent dans la coalition était attendu, tout comme la participation de Naftali Bennett et du parti HaBayit HaYehudi [la maison juive. Ndlr.]. Que Naftali Bennett ait attendu le dernier moment aux fins d’obtenir un maximum d’avantages fait partie de la tactique politique.

 

Le comportement d’Avigdor Lieberman, qui a permis à Bennett d’obtenir ces gains [sans son adhésion, M. Netanyahu aurait été dans l’impossibilité de former une coalition gouvernementale. Ndlr.], mais qui, surtout, a fragilisé la position de Netanyahou, fait aussi partie de la tactique politique. Que Bennett ait pu obtenir davantage est une chose ; que la position de Netanyahou soit fragilisée en est une autre, bien plus délicate, particulièrement dans le contexte actuel.

 

Cela dit, le point le plus regrettable du dernier scrutin, à mes yeux, est le système proportionnel, qui empêche que se dégage une majorité claire. Ce mode de scrutin émiette les voix, suscite l’instabilité, et donne un poids disproportionné à des petits partis et à des manœuvres plus ou moins myopes. Partout où le système proportionnel existe, il conduit à ce type de résultats. Binyamin Netanyahou doit agir avec le système électoral tel qu’il est [où le modifier, en faisant passer une loi adéquate au parlement. Ndlr.].

 

Or la situation d’Israël réclamerait de la stabilité. Car Israël va faire l’objet d’attaques, qui sont, en ce moment même, en phase de préparation.

 

Le danger iranien va se faire vraisemblablement plus grand que jamais. Le Congrès américain vient, quasiment, de donner un feu vert à Barack Obama pour aller jusqu’au bout de ce qui a été esquissé à Lausanne, et qui ressemble à une capitulation américaine ; l’Iran risque fort d’être une puissance dotée de l’arme nucléaire à assez brève échéance. Les conséquences régionales risquent d’être immenses, turbulentes, et préoccupantes.

 

Une fois qu’Obama sera allé au bout de son accord avec les ayatollahs, il passera à ce qu’il semble déterminé à obtenir : une résolution onusienne stipulant la reconnaissance d’un Etat palestinien dans les « frontières de 1967 » (avec un ajustement et des échanges de territoires purement hypothétiques et qui ne verront pas le jour).

 

Cette résolution serait présentée par l’Autorité Palestinienne et par la France au Conseil de Sécurité. Les Etats Unis n’useraient pas de leur droit de véto, dit-on, ces jours derniers à Washington, ce qui permettrait à la proposition d’être adoptée. Si Israël ne se pliait pas à la résolution, des sanctions internationales seraient mises en place contre lui.

 

Obama s’apprête, dit-on encore, ces jours derniers à Washington, à provoquer ainsi une grave crise en Israël, et à mettre Netanyahou en position très difficile. L’hypothèse d’Obama est que Netanyahou, ne pouvant se soumettre, pourrait être mis en minorité et condamné à démissionner et à provoquer de nouvelles élections, qu’il perdrait.

 

Je pense qu’il y aurait effectivement, le cas échéant, une grave crise en Israël, mais ne suis pas du tout certain que Netanyahou se trouverait en position très délicate. Il a prouvé de nombreuses fois qu’il était un homme d’Etat.

 

Je pense, qu’en cas de crise, le peuple israélien ne se placerait pas du côté de la soumission.

 

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Le président tunisien reçoit le chef de la communauté juive (info # 010605/15) Version imprimable
Analyse
mercredi, 06 mai 2015

 

Par Hevi Pekoz

 

Hier, mardi, le Président de la République tunisienne, Béji Caïd Essebsi, a reçu au palais de Carthage le Président de la Communauté israélite tunisienne, l’industriel Roger Bismuth.

 

La rencontre, qui s’est voulue très protocolaire, a permis au chef d’Etat de réaffirmer l’importance que la Tunisie accorde à sa communauté juive.

 

Il a réitéré son engagement à traiter tous ses "enfants" de confession mosaïque en toute égalité afin qu’ils puissent connaitre une coexistence "exemplaire et tolérante".

 

Pour sa part, Monsieur Bismuth a rappelé l’attachement de tous les membres de sa communauté à leur pays, ainsi que son désir de voir le pèlerinage de Lag Ba’Omer, la Ghriba, sur l’île de Djerba, couronné de succès.

 

Roger Bismuth, s’adressant à la presse dans une salle du palais, a dit toute l’importance de ce pèlerinage pour la promotion du tourisme tunisien et pour sa réussite globale.

 

Il est vrai que la capacité du régime tunisien à préserver sa petite communauté juive est considérée par de nombreuses chancelleries européennes et par Washington comme le baromètre du succès de son processus démocratique, et que cette capacité conditionne, au moins partiellement, leur volonté d’investir et de soutenir cet Etat maghrébin.

 

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Béji Essebsi, à droite, recevant Roger Bismuth au palais de Carthage

 

Et Roger Bismuth est considéré par les capitales occidentales comme un témoin respectable, un patriote tunisien fiable, et un Juif objectif et bien informé des évolutions dudit thermomètre ; c’est ce qui explique qu’elles le consultent régulièrement.

 

Devant les caméras, en dépit de la solennité de la rencontre, Essebsi et Bismuth se sont tutoyés.

 

A l’abri des micros, ils ont procédé à un tour d’horizon approfondi, une demi-heure durant, des problèmes politiques, sécuritaires et économiques auxquels leur pays doit faire face. Les deux hommes, qui ont pratiquement le même âge (89 ans), jouissent à la fois d’une très grande expérience dans ces domaines et d’une non moins importante notoriété. Tous deux ont toujours œuvré pour le progrès de la Tunisie et de ses habitants ; ce qui n’a jamais empêché Roger Bismuth d’exprimer aussi, ouvertement, son attachement à ses traditions ainsi qu’à l’Etat d’Israël.

 

Cet ancien député a réussi à démontrer qu’on pouvait à la fois exprimer sa fidélité sans faille, tout au long d’une vie bien remplie, pour son pays, même si sa religion officielle est l’islam, ce, sans trahir le peuple auquel il appartient et ses aspirations.

 

La question "israélienne" n’a pas été évitée lors de l’entretien, Monsieur Essebsi confirmant que les ressortissants de l’Etat hébreu étaient les bienvenus dans son pays, et notamment à l’occasion du pèlerinage de la Ghriba, qui débute aujourd’hui.

 

Une polémique avait vu le jour, la semaine dernière, lorsque le ministère israélien des Affaires Etrangères avait émis un avis de prudence, déconseillant aux citoyens de l’Etat hébreu de se rendre à Djerba cette année, pour des raisons sécuritaires.

 

Tunis avait réagi très rapidement, en assurant que toutes les dispositions avaient été prises et que l’intégrité de tous les visiteurs serait assurée.

 

Roger Bismuth, depuis l’île de Djerba, nous a confirmé cet état de fait, nous rapportant que le déploiement des militaires, des policiers et des agents en civil était effectivement impressionnant.

 

Dans l’avion qui l’emmenait de Tunis à Djerba, de nombreux ambassadeurs étrangers, ainsi que des officiels tunisiens avaient pris place. Parmi eux, la ministre du Tourisme, Selma Elloumi, qui, dans une ambiance bonne enfant, n’a cessé de plaisanter avec le président de la communauté juive et les autres passagers.

 

Les media tunisiens ont abondamment couvert la rencontre du palais de Carthage, avec force photos et reportages vidéo. Au niveau du texte, les journaux locaux étaient cependant avares de détails ; presque tous se sont prêtés à l’exercice d’acrobatie consistant à embrasser la communauté israélite de Tunisie, tout en restant extrêmement froids relativement à Israël, et particulièrement à l’encontre de ses dirigeants.

 

Ainsi, on accepte les touristes israéliens, mais on n’entend pas progresser, en tout cas pas officiellement, vers un réchauffement des relations entre les deux pays.

 

Les deux Etats avaient, par le passé, échangé des bureaux d’intérêt, sortes de mini-ambassades, mais la tentative avait tourné court, notamment en raison de la pression arabe exercée sur Tunis.

 

Des relations existent, certes, entre les deux entités, mais elles sont limitées à des domaines spécifiques et restreints, comme la médecine et certains aspects marginaux de la lutte antiterroriste.

 

A ce sujet on peut dire que les deux capitales ont eu raison en ce qui concerne leur évaluation de la sécurité du pèlerinage de la Ghriba et celle des Israélites de Tunisie. En d’autres termes, la menace islamiste existe bel et bien dans ce pays du Maghreb, et les affrontements entre les forces armées et les djihadistes sont fréquents et parfois mortels.

 

Ces derniers mois, par ailleurs, l’Armée et la police ont enregistré des succès prometteurs dans leur lutte face au terrorisme.

 

Cela n’empêche que Jérusalem avait raison de conseiller la prudence aux Israéliens, en raison des activités de ces mouvements radicaux, farouchement opposés aux Juifs et aux Israéliens, mais également à l’ordre républicain que tente d’imposer le gouvernement.

 

C’est dans cette ambiance de cordialité sous condition, que le quotidien indépendant tunisien Le Temps titrait, sous la plume de Samia Harrar, un article intéressant : "Un espoir de paix…".

 

Dans ce papier, la consœur se réfère à l’importance historique et traditionnelle de la synagogue de la Ghriba, qui serait bâtie "en partie, avec des vestiges du Temple de Salomon".

 

Roger Bismuth a ajouté à notre intention, que la présence juive à Djerba remonte à plus de 3 000 ans, soit plus de 1 600 ans avant la naissance de l’Islam. Le président de la communauté israélite nous a raconté comment ses lointains aïeux, fuyant les persécutions dans le Royaume d’Israël, avaient traversé l’Egypte et le nord du Maghreb pour venir s’installer sur la "douce île de Djerba" comme l’appelle Samia Harrar.

 

Pour le reste, son article suit la ligne officielle : chaleureuse avec ses compatriotes juifs, avenante avec les touristes israéliens, et hostile à l’encontre du "premier ministre israélien et ses sbires", qui, à l’en croire, n’auraient rien retenu des leçons de l’histoire.

 

Notre camarade va jusqu’à conseiller "vivement" à Binyamin Netanyahu de venir en pèlerinage à la Ghriba, espérant qu’il y serait peut-être "touché par la grâce".


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La volonté d’effacer la présence juive au Proche-Orient persiste (info # 010305/15) Version imprimable
Analyse
dimanche, 03 mai 2015

 

Par Guy Millière

 

J’ai publié, il y a quelques années, un petit livre appelé « Comme si se préparait une seconde Shoah ». Le titre semblait alarmiste et il l’était effectivement.

 

A ceux qui me disaient que j’étais excessivement pessimiste, je répondais en insistant sur les mots « comme si », et j’ajoutais que non, que personne, nulle part, ne préparait quoi que ce soit qui ressemble à Auschwitz. J’ajoutais aussi qu’Israël avait, fort heureusement, les moyens de se défendre.

 

Je n’ai rien à changer aux réponses que je faisais alors, sinon sur un point : des gens s’efforcent aujourd’hui de préparer quelque chose. Cela ne ressemblerait pas à Auschwitz. Cela fonctionnerait autrement, mais le résultat serait identique ; je ne pense pas que l’Iran des mollahs aura l’intention ou la possibilité d’utiliser l’arme atomique dont il risque fort de disposer bientôt, mais je suis persuadé que, dans nombre de leurs rêves, Khamenei, Rohani, et les fanatiques qui les entourent, imaginent l’effet d’une bombe nucléaire envoyée sur Israël et murmurent parfois entre leurs lèvres que ce serait une façon d’ajouter six millions de Juifs pulvérisés aux six millions de Juifs réduits en cendres, il y a sept décennies, sur ordre d’Hitler.

 

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Le mufti de Jérusalem, en compagnie d’Adolf Hitler :

ils s’accordaient parfaitement sur l’avenir qui devait être réservé aux Juifs

 

Je suis aussi persuadé que les gens du Hamas font des songes proches de ceux de Khamenei, Rohani et consorts, et qu’ils voient d’un très bon œil l’accès probable de l’Iran à l’arme atomique.

 

Je ne serais pas très loin d’imaginer que les dirigeants de l’Autorité Palestinienne, qui sont à mes yeux aussi laïques et modérés que les gens du Hamas, aimeraient se trouver à l’abri si une bombe plus puissante que celle d’Hiroshima était lancée sur Israël. Toutefois, ils ne détesteraient pas totalement l’idée qu’elle soit lancée : leur but, dès la fondation du Fatah, qui, avant d’être repeint couleur Lénine par le KGB, s’inscrivait dans la filiation du mouvement initialisé par le mufti hitlérien Amin Al-Husseini, consistait à faire disparaître Israël.

 

J’ajouterai qu’en attendant ce qui ne ressemblerait pas à Auschwitz mais aurait le même résultat, tous ces braves gens aux idées génocidaires, avec lesquels les dirigeants européens veulent s’entendre, tout comme l’administration Obama, préparent le terrain.

 

Et là, je ne parle pas seulement de la fabrication d’armes, du creusement de tunnels ou de l’élaboration de plans abjects, je parle de la délégitimation et de la diabolisation d’Israël, qu’ils énoncent à longueur de communiqués et de discours, avec la pleine coopération des grands media occidentaux, au sein desquels il n’y a pas d’antisémites, bien sûr, mais juste des « antisionistes ».

 

Je parle aussi de ce qu’on appelle, dans le monde anglophone, les actions de lawfare (actions par la loi et la diplomatie). Celles-ci vont des tentatives de faire annuler des contrats et des accords d’investissement dans le cadre du mouvement Boycott-Désinvestissement-Sanctions, à la préparation de motions présentées au Conseil de Sécurité des Nations Unies, aux fins de faire reconnaître un Etat Palestinien (qui n’existera jamais et dont ni les dirigeants de l’Autorité Palestinienne ni ceux du Hamas ne veulent) et, surtout, de mettre Israël dans son tort.

 

Elles vont de l’obsession anti-israélienne injectée à doses massives dans l’ubuesque Commission des Droits de l’Homme des mêmes Nations Unies, au sein de laquelle le seul et unique pays censé violer les droits de l’homme est un pays dont je n’ai nul besoin de citer le nom ici, au travail de sape mené par une autre branche des Nations Unies, l’Unesco. Unesco, où un Etat de Palestine qui n’existe pas a été admis et s’affaire, avec ses complices, sur un mode totalitaire, à effacer le passé juif au Proche-Orient.

 

A la redéfinition de la Tombe de Rachel en mosquée Rabah, et du Tombeau des Patriarches à Hébron, en mosquée al-Haram al-Ibrahim, obtenue en 2010, et décrits désormais comme « sites palestiniens », se sont ajoutés d’autres sites.

 

La mosquée Al Aqsa et le Dôme du Rocher viennent de se voir également définis comme « sites palestiniens », et la définition concerne « tout le complexe sacré qui les entoure ».


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Une mauvaise histoire druze (info # 012904/15) Version imprimable
Analyse
mercredi, 29 avril 2015

 

Par Stéphane Juffa

 

L’émotion et un certain malaise règnent dans le Doigt de la Galilée et dans la partie israélienne du Golan depuis dimanche dernier. Ce sentiment est né lorsque l’on a appris que deux des quatre individus éliminés dimanche par Tsahal alors qu’ils posaient une bombe à la frontière syro-israélienne étaient des Druzes de la région.

 

Les autorités israéliennes ont fait quelques efforts pour passer l’information sous silence, mais une manifestation, hier, mardi, dans la ville de Majdal Shams, réunissant certes moins de 150 personnes, a dévoilé le pot aux roses. Encore que le public n’est pas au courant de tous les détails de l’affaire, que nous exposons ici.

 

Taïr Mahmoud, qui était âgé de 34 ans, et son frère, Nazih, de 12 ans son cadet, sont nés à Majdal Shams, la plus grande agglomération druze du Golan israélien, forte de ses 9 000 habitants.

 

Dans leur jeunesse, ils avaient traversé la frontière pour s’installer côté syrien, dans la ville d’Hader.

 

La maison qu’ils habitaient était toutefois la plus proche d’Israël, et, comme en témoigne leur tante, Sahar Mahmoud, "quand ils étendaient leur linge, tout le monde pouvait les voir distinctement".

 

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Taïr (à gauche) et Nazih Mahmoud

 

Ils s’étaient engagés dans les troupes du dictateur alaouite Béchar al Assad, avant d’être enrôlés dans une organisation terroriste, encadrée par la milice chiite libanaise du Hezbollah.

 

C’est après avoir reçu un entrainement qu’ils s’apprêtaient, dimanche dernier, à poser un engin explosif de forte puissance le long du grillage de sécurité. Avec deux complices, ils entendaient faire sauter la bombe au passage d’une patrouille de Tsahal ; par le passé, des actes similaires avaient causé la mort de militaires israéliens, y compris des Druzes, ce que nous avions chaque fois relaté dans ces colonnes.

 

Le trouble s’est insinué lorsque la famille des deux individus a édifié à Majdal Shams une tente de deuil, comme c’est la coutume dans les pays arabes. La parenté des deux hommes se disposait à recevoir les invités désireux de lui témoigner leur sympathie ; dans les faits, ceux-ci furent fort clairsemés et l’événement est resté, par son ampleur, très marginal au sein des Druzes du Golan.

 

Dans la tente, on a toutefois pu entendre les qualificatifs de "héros" et de "martyrs" de la bouche de certains membres de la famille. Plus encore, une petite manifestation bruyante fut organisée, fermement confinée par Tsahal, pour demander le rapatriement des deux dépouilles afin qu’elles soient enterrées à Majdal Shams.

 

Ce qui jette un froid consiste en cela que les Druzes du Golan entretiennent des relations très pacifiques avec leurs voisins israélites. Une grosse majorité de la population druze du plateau travaille dans les villes de la vallée du Jourdain, où certains d’entre eux ont également ouvert, depuis de longues années, des commerces florissants dans tous les domaines d’activités.

 

Ils fréquentent aussi les universités israéliennes, particulièrement celle d’Haïfa ainsi que le collège académique de Tel Haï, situé à mi-chemin entre Métula et Kiryat Shmona.

 

Au dispensaire de cette ville, on rencontre d’ailleurs des dizaines de médecins et d’infirmières qui viennent quotidiennement y travailler en descendant de la montagne, suite à un trajet d’une vingtaine de minutes.

 

Dans tout le Doigt de la Galilée, on croise également des architectes, des ingénieurs et des avocats du Golan, qui sont habilités à plaider devant tous les tribunaux d’Israël.

 

La population druze du haut plateau est sensibilisée par la guerre civile syrienne, qu’elle ne peut ignorer, car les combats qui opposent la Résistance à l’Armée gouvernementale et à ses alliés iraniens et libanais, font rage à quelques centaines de mètres de chez eux. Et l’écho des bombardements d’artillerie, mais aussi des tirs d’armes automatiques, ne s’arrête pas à la frontière et fait trembler la terre presque journellement.

 

Si la plupart des Druzes ne sont concernés que par le sort du million de leurs frères vivant de l’autre côté de la frontière et restent concentrés sur leurs affaires sans s’impliquer dans le conflit, le reste de la communauté est partagé.

 

30% ont pris fait et cause pour l’opposition, alors que 70% sont politiquement impliqués dans le soutien du régime alaouite.

 

Dans leurs quatre villes, Majdal Shams, Massadé, Boukata et Ein Kenya, on trouve même des permanences de soutien sur lesquels a été déroulé le drapeau gouvernemental syrien, de même que des portraits du dictateur.

 

Tant que ces activités restent confinées dans la sphère politique et n’occasionnent pas de troubles à l’ordre public, les autorités israéliennes se gardent d’intervenir. La conduite de Jérusalem s’inspire du fait que, comme nous l’avons déjà dit, seule une faible partie de la communauté est impliquée dans ces occupations, et qu’une intervention de la police ne ferait qu’aggraver les choses.

 

D’ailleurs, le chef spirituel de tous les Druzes israéliens, le Cheikh Mouwaffak Tarif, s’est empressé de rédiger un communiqué dans lequel il dénonce vivement la décision de la famille Mahmoud. "Ce qui nous importe", a déclaré le cheikh, "c’est l’existence de l’Etat d’Israël et sa sécurité". Le leader spirituel ajoutant : "Ces druzes ne représentent aucun Druze du pays, et une vaste majorité dans le Golan ne soutient pas ces actes criminels".

 

Le maire de Majdal Shams, Dolan Abou Saleh, renchérissait en condamnant sans réserve l’établissement de la tente dans sa circonscription, et en expliquant : "C’est absurde! Pendant que Tsahal s’emploie à défendre les hauteurs du Golan et les résidents de la cité, il y en a qui crachent dans le puits dont ils boivent l’eau".

 

Les relations entre les Druzes vivant dans l’Etat d’Israël d’avant 1967 et ceux du Golan sont très particulières. Ceux qui sont établis à l’ouest de la ligne verte sont de fervents patriotes israéliens, qui font leur service militaire, beaucoup au titre d’officiers et même d’officiers supérieurs. Dans la ville druze israélienne de Khorfesh, pour ne parler que d’elle, on compte par centaines les tombes des soldats morts pour la défense d’Israël, bien plus nombreuses, proportionnellement, que dans le village de Métula où nous sommes établis.

 

On observe, à ce propos, que c’est actuellement la brigade d’élite Kherev (sabre) qui s’occupe de la défense de Métula et qui patrouille sans relâche le long de la frontière libanaise. Or Kherev est constituée à plus de 80% de Druzes. Des Druzes que l’on trouve également dans toutes les autres unités de Tsahal et de la police.

 

La situation n’est pas la même dans le Golan, où guère plus de vingt pour cent de la communauté a opté pour la citoyenneté israélienne. Les autres se tiennent politiquement à l’écart des courants nationalistes.

 

Au bénéfice d’un statut particulier, tous les Druzes du Golan disposent des mêmes droits que les Israéliens, à l’exception, pour les non-israéliens, du droit de vote lors des scrutins nationaux.

 

Entre la population du Golan et celle d’avant 1967, c’est la fraternité druze qui prédomine en principe ; les mariages entre elles sont légions et chaque grande famille compte des membres des deux côtés de la ligne verte, ce, même si l’arabe qu’ils pratiquent n’est pas exactement identique, et si l’on peut reconnaître leur origine à leur parler.

 

Lors des réunions familiales, on évite habituellement de parler politique, mettant en avant ce qui unit plutôt que ce qui divise.

 

Reste que lors d’événements comme celui de Majdal Shams, les non-dits se font soudain pesants, de même qu’au sein des entreprises israéliennes, entre employés juifs et druzes d’Israël, d’une part, et Druzes du Golan, de l’autre.

 

Ce qui dérange est que, jusqu’à maintenant, les cas comme celui des frères Mahmoud étaient extrêmement rares, de même que la réaction de leur famille. Il est pénible d’imaginer que ces miliciens, nés sur le territoire israélien, avaient pour projet d’assassiner des militaires de Tsahal, et parmi eux, possiblement, des Druzes et même des Druzes de Majdal Shams.

 

Appeler ces deux individus des héros et des martyrs ne saurait laisser indifférents les autres habitants de la région.

 

Ce qui gêne encore plus, et c’est une exclusivité de la Ména, est qu’une partie de la famille Mahmoud s’est installée dans des localités juives de Galilée, et que plusieurs de ses enfants servent actuellement, et de manière fort honorable d’ailleurs, dans les rangs de l’Armée israélienne.

 

Ces derniers n’ont, bien évidemment, pas participé aux activités commémorant le deuil de leurs deux cousins.

 

Pour les lecteurs que cela intéresse, la Ména avait abondamment narré les pérégrinations de la famille Mahmoud dans une série d’articles intitulée Un Golan, des Druzes 1ère partie, 2ème partie. C’était aussi une partie de la saga de la famille Mahmoud qu’Eran Riklis avait assez fidèlement racontée dans son film La fiancée syrienne.

 

En dépit du sentiment d’inconfort qui s’est installé, on prévoit que la situation va rentrer dans l’ordre dès la semaine prochaine. Retour à la normalité et à la convivialité, certes, mais les événements dont nous venons de parler resteront dans les mémoires et encombreront les relations traditionnellement bonnes entre les Druzes du Golan et leurs voisins juifs du plateau, ainsi qu’entre les Druzes du Golan et la population israélienne, en particulier, les Druzes israéliens.

 

Dans la région, tout le monde a coutume de répéter avec fierté qu’aucun Juif n’a jamais tué un Druze et qu’aucun Druze n’a jamais tué un Juif. Cela reste vrai, mais il s’en est fallu de pas grand-chose pour que cette tradition, enviable entre toutes les communautés du Moyen-Orient, ne soit brutalement interrompue.


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Confirmation : des projectiles ont été tires sur Ein Zivan à partir de la Syrie (info # 022804/15) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 28 avril 2015

 

© Metula News Agency

 

Métula, mardi, 13h10, midi 10 à Paris

 

Nos reporters confirment, depuis le kibboutz d’Ein Zivan, situé face au point de passage de Kuneitra, que deux obus de mortier en provenance de Syrie ont explosé dans le périmètre du kibboutz, vers midi, heure locale.

 

Les deux projectiles n’ont fait aucun blessé.

 

D’autre part, les spécialistes des forces de sécurité de Tsahal ont d’ores et déjà établi que les deux obus étaient des "projectiles errants", résultant des combats qui se déroulent en Syrie.

 

Ces affrontements opposent, d’un côté l’ASL (Armée Syrienne Libre) et les djihadistes d’al Nosra (al Qaeda) – tous sunnites -, et de l’autre, les soldats de l’Armée gouvernementale syrienne – alaouites -, ceux de l’Armée régulière iranienne, ainsi que les miliciens de l’organisation terroriste libanaise Hezbollah – tous chiites.

 

Suite à l’observation réalisée par les artificiers israéliens, il y a peu de chance d’assister à une riposte de Tsahal, même si la situation demeure tendue après les incidents de ces derniers jours.

 

 
Des projectiles ont été tires sur Israël à partir de la Syrie (info # 012804/15) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 28 avril 2015

 

© Metula News Agency

 

Métula, mardi, midi et demi, 11h30 à Paris

 

Vers midi, heure locale, des explosions ont été entendues dans la partie septentrionale du plateau du Golan.

 

Les sirènes ont retenti dans la région visée, ainsi que dans les kibboutzim et villages situés au pied de la chaîne montagneuse, à l’est du Jourdain, mais pas à Kiryat Shmona ni à Métula.

 

La Ména a immédiatement dépêché une équipe de reporters sur les lieux ; celle-ci fait état de projectiles ayant explosé dans le périmètre du kibboutz d’Ein Zivan, face au point de passage de Kuneitra.

 

De nombreux éléments de l’Armée et de la police sont également sur place et ne signalent, pour le moment, aucun blessé.

 
Israël devance les intentions de quatre poseurs de bombes (info # 012704/15) Version imprimable
Breaking News !
lundi, 27 avril 2015

 

© Metula News Agency

 

Métula 3h53, 2h53 à Paris

 

Quatre poseurs de bombes en provenance de Syrie ont été neutralisés par l’aviation israélienne

 

Aux alentours de 21h30, heure locale, dimanche, des militaires israéliens ont identifié quatre individus en train de placer un engin explosif près de la route jouxtant la frontière syrienne dans le nord du plateau du Golan.

 

L’aviation israélienne est immédiatement intervenue, selon le témoignage oculaire de notre correspondant sur place, Yoshua Ohana.

 

Un hélicoptère de combat Apache [a-pa-tchi] a, semble-t-il, lancé un missile sur le groupe d’assaillants et les a anéantis. La mort des assaillants est confirmée.

 

Un drone survolait également le lieu de l’incident, pendant que des chasseurs-bombardiers du Khe’l Avir assuraient la suprématie aérienne en se plaçant en retrait, sur le Doigt de la Galilée.

 

La frappe est intervenue avant que l’engin n’explose ; on ne dénombre aucun blessé côté israélien.

 

Cette tentative intervient 24 heures après les raids de l’Armée de l’Air de l’Etat hébreu sur trois entrepôts de missiles balistiques situés dans des bases de l’Armée syrienne de la banlieue nord de Damas. Nous avions rendu compte des détails de cette opération dans une breaking de samedi dernier : "L’Armée de l’Air israélienne a frappé trois bases en Syrie la nuit dernière".

 

Nous considérons que l’agression avortée de dimanche soir participait d’une velléité de représailles de la part de l’axe Téhéran-Damas-Hezbollah.

 

Tsahal est déjà intervenu à plusieurs reprises, par les airs et par la mer, afin de détruire des dépôts et des convois d’armes sophistiquées, mises à la disposition de l’Armée d’al Assad et des supplétifs chiites libanais du Hezbollah par la "République" Islamique d’Iran.

 

 

Flagrant délit de désinformation

 

L’agence de presse Reuters a publié un communiqué en français réalisé par Allyn Fisher-Ilan et Jean-Stéphane Brosse, intitulé "Raid aérien israélien sur le Golan, quatre activistes tués".

 

Dans cette dépêche, Reuters écrit notamment que "Quatre activistes ont été tués dimanche par une frappe aérienne israélienne alors qu'ils plaçaient un engin explosif le long de la frontière entre Israël et la Syrie, dans la région du Golan occupé par l'Etat hébreu, rapporte une source militaire israélienne".

 

Ce câblogramme est mensonger, aucune source militaire israélienne n’ayant effectué ce compte-rendu.

 

Nous rappelons, pour le surplus, qu’un activiste est une personne qui s’adonne à une activité politique et en aucun cas à un acte de guerre, et qu’Israël et ses sources militaires considèrent que le Golan fait partie intégrante de l’Etat hébreu. Aucun porte-parole de Tsahal ne saurait, en conséquence, se référer à "la région du Golan occupé par l'Etat hébreu".

 

D’autre part, éliminer un "activiste", c’est-à-dire une personne désarmée, constituerait un crime de guerre aux termes de la législation internationale, alors que neutraliser un milicien ou un soldat en train de poser une bombe relève de la légitime défense selon les mêmes lois.

 

 

L’AFP aussi

 

L’AFP commet exactement le même dol et aux mêmes motifs en annonçant : "Le bombardement est survenu dans la région du Golan occupé par l'Etat hébreu, rapporte une source militaire israélienne".

 

L’agence semi-officielle française, dans une dépêche ressemblant à s’y méprendre à celle de Reuters, accuse également Israël de crime de guerre de manière implicite en rapportant que "Quatre activistes ont été tués dimanche par une attaque aérienne israélienne alors qu'ils plaçaient un engin explosif le long de la frontière entre Israël et la Syrie".

 

L’AFP ne va cependant pas jusqu’à créditer une source officielle israélienne pour cette imputation, se contentant d’un contresens : le fait de "placer un engin explosif" annihilant les qualités de militant politique et de civil.

 

Nous, de mettre à nouveau en garde nos confrères ainsi que les autorités politiques des pays concernés contre la dangerosité pour l’ordre public et pour l’intégrité des membres de certaines communautés résidant dans la manipulation systématique de l’information de manière à faire passer l’agresseur pour la victime et l’agressé pour l’agresseur.

 

Qui plus est, laisser croire intentionnellement que l’Armée israélienne "reconnaîtrait" sa culpabilité a priori en admettant qu’elle "occupe" le Golan, légitimerait de facto toute tentative violente de s’en prendre à ses personnels. Ce, car la législation internationale reconnaît le droit d’un Etat dépossédé d’une partie de son territoire par la force d’essayer de se le réapproprier par la force.

 

Dans ces manipulations déontologiques spécifiques, Reuters et l’AFP "résolvent" radicalement tout questionnement relatif aux revendications contradictoires d’Israël et de la Syrie sur le plateau du Golan, en indiquant fallacieusement que l’Armée israélienne "reconnaît" elle-même qu’elle "occupe" cette région.

 

Sur le fond, on peut également se demander si des miliciens libanais (qui sont très possiblement à l’origine de l’incident d’hier soir) ou des soldats de l’Armée régulière iranienne possèdent la légitimité pour tenter de se "réapproprier" le Golan alors que leurs pays n’y ont jamais exercé leur souveraineté.

 

Nous, de répéter inlassablement que ce genre de désinformations peut engendrer des comportements susceptibles d’entraîner la mort d’innocents, le développement du racisme et de l’antisémitisme, ainsi que susciter des vocations djihadistes chez des individus. Le désir ou même la "nécessité" de venger les "quatre activistes" engagés dans un "combat légitime" seraient à cet égard des réflexes compréhensibles.

 

Les mots font autant de morts dans le monde que la cigarette.  

 

    

 
Proche-Orient : le monde occidental n’a cessé de pratiquer la lâcheté (info # 012604/15) Version imprimable
Analyse
dimanche, 26 avril 2015

 

Par Guy Millière

 

Ecrivant actuellement un livre sur l’islam, j’ai été amené à consulter de nombreux documents. En me penchant à nouveau sur ce qui concerne Israël et le Proche-Orient, j’ai mesuré, une fois de plus, à quel point le monde occidental n’avait cessé de pratiquer la lâcheté et la duplicité.

 

En 1916, T. E. Lawrence avait obtenu le soutien du chérif de La Mecque et de son clan, en promettant au chérif un empire arabo-musulman reconstitué. C’est dans ce contexte qu’a débuté la « révolte arabe » qu’avait désirée Londres contre l’Empire ottoman. Cela n’a pas empêché Français et Britanniques de négocier simultanément les accords Sykes-Picot, et, un peu plus tard, le Royaume Uni, de signer la déclaration Balfour. Il était impossible de respecter à la fois la promesse faite au chérif, les accords Sykes-Picot, et la déclaration Balfour.

 

Le résultat de ce triple engagement, après la 1ère Guerre Mondiale, fut la trahison du chérif et de son clan, donc leur délégitimation, l’application des accords Sykes-Picot, et le respect de la déclaration Balfour, mais au rabais.

 

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Lawrence d’Arabie,

les Européens ont tout de même foutu un sacré bor…

 

Cela a obligé le chérif à partir en exil ; on a donné à l’un de ses fils, au titre de lot de consolation, un pays dessiné arbitrairement, le « Royaume d’Irak », et à un autre fils, un autre lot de consolation, l’ « Emirat de Transjordanie ». Ce dernier représentait quatre-vingt pour cent des terres du Mandat palestinien initialement prévues pour abriter le foyer national juif.

 

La dynastie chérifienne à La Mecque a survécu très peu de temps, et La Mecque, de même que toute l’Arabie, sont tombées aux mains d’intégristes, les wahhabites, avec la bénédiction des Britanniques.

 

Les Britanniques ont, de fait, détruit le clan du chérif (dont ne subsiste aujourd’hui que la monarchie hachémite jordanienne). Ils ont installé les wahhabites au pouvoir en Arabie, créé des pays dessinés au crayon sur une table, et amputé le foyer national juif de plus des trois quarts de sa superficie.

 

Pouvait-on faire pire ? Oui, semble-t-il, puisque les Britanniques ont ensuite choisi de faire accéder au statut de plus haute autorité religieuse musulmane (mufti) de Jérusalem, un homme connu pour ses idées islamistes et antisémites, qui se rapprochera ensuite des Frères Musulmans, puis du nazisme.

 

Le mufti fondera une légion Waffen SS dans les Balkans, et contribuera activement à la Shoah. Cet homme a attisé la haine antijuive au sein du Mandat palestinien, et organisé des pogroms. Non encore satisfaits du désastre qu’ils étaient en train de créer, les Britanniques en ont rajouté un autre, en fermant les yeux sur les propos du mufti et les pogroms qui s’ensuivirent. Et en favorisant l’immigration musulmane sur les terres du mandat, tout en asphyxiant l’immigration juive, y compris pendant la Shoah, dont le Royaume Uni peut dès lors être considéré comme complice.

 

Les Britanniques ont, c’est hélas incontestable, fortement contribué à la haine arabe antijuive au Proche-Orient, en acceptant de jouer les accessoires d’un islamo-nazi, et en ayant fortement contribué au peuplement arabe des terres du Mandat, avec les conséquences que l’on sait.

 

L’un des objectifs des Britanniques (auxquels se sont ralliés les Français) après 1945 et après la Shoah, a consisté à tout faire pour qu’Israël meure peu de temps après sa naissance. La France a fourni un faux passeport et a assuré l’exfiltration du mufti afin qu’il parte reprendre ses « belles activités » ailleurs. [Il s’agit d’une sans doute d’une tradition française : Paris hébergera l’ayatollah Khomeiny à Neauphle-le-Château, dès 1978, où il prépara calmement la transition de l’Iran en dictature islamique, et sauvera Arafat, complètement encerclé par Tsahal à Beyrouth, en 1982. Ndlr.]

 

C’est précisément ce que fit le mufti Haj Amin al-Husseini, traversant des territoires contrôlés par les autorités de Sa Gracieuse Majesté, grâce aux papiers fournis par les Français.

 

Quand les pays arabes ont déclaré la guerre à Israël, nul dirigeant britannique, français, ou même américain, n’aurait misé un centime sur la survie d’Israël. Nul grand pays occidental n’a fourni d’armes à Israël. La Tchécoslovaquie fut la seule à répondre aux appels du minuscule pays à peine ressuscité de ses cendres.

 

Israël a survécu, on le sait, et s’est développé, nul ne saurait l’ignorer. La France et le Royaume Uni ont joué les alliés de circonstance pour Israël ; puis ils ont pris leurs distances pour complaire au monde musulman.

 

Les Etats-Unis ont pris le relais à la fin des années 1960, mais n’ont pas hésité à exercer plusieurs fois des pressions iniques sur l’Etat hébreu, ce qui a conduit, entre autres choses, aux accords d’Oslo et au processus de guerre et d’assassinats terroristes antijuifs et anti-israéliens appelé par erreur « processus de paix ».

 

Les terroristes musulmans antijuifs, formés par le mufti et par des officiers nazis partis au Proche Orient après la chute d’Hitler, ont pris, à partir de 1964, une apparence laïque. Financés et conseillés par l’Union Soviétique, ils se sont reconvertis en « mouvement de libération nationale » d’un peuple inventé pour la circonstance, les « Palestiniens », ce qui leur a permis de recruter des compagnons de route chrétiens léninistes.


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L’Armée de l’Air israélienne a frappé trois bases en Syrie la nuit dernière (info # 012504/15) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 25 avril 2015

 

© Metula News Agency

 

Métula 11h30, Paris 10h30

 

Selon des sources concordantes ne laissant pas de place au doute, l’aviation israélienne a attaqué, la nuit dernière (vendredi à samedi), des positions de l’Armée syrienne proche de la frontière libanaise.

 

Les bases des brigades d’élite 155 et 65 de l’Armée alaouite ont ainsi été les cibles des raids du Kh’el Avir, et de très violentes explosions nous ont été rapportées par des habitants des villes de Yabroud et Qarah, dans la banlieue nord de la capitale syrienne.

 

L’opposition syrienne fait également état de lourdes détonations dans la région d’al Qutayfah, à proximité de Kalamoon. La base visée à al Qutayfah appartient au bataillon 92 de l’Armée gouvernementale ; elle abrite les entrepôts dans lesquels sont stockés les missiles à longue portée mis à disposition d’al Assad et du Hezbollah par la "République" Islamique d’Iran.

 

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Les 3 objectifs attaqués par l’Armée de l’Air israélienne cette nuit

 

Ces raids interviennent quelques heures après la découverte d’une piste d’envol construite par le Hezbollah dans la Vallée du Liban, qui pourrait être utilisée pour recevoir des armes et des munitions, accueillir des renforts et lancer des drones.

 

Cet aérodrome a été localisé à 10 kilomètres d’Hermel, à une vingtaine de kilomètres de la frontière syrienne. La piste en question a été édifiée dans la plus grande discrétion, entre 2013 et 2014.

 

Al Jazeera, confirme, pour sa part, les témoignages de l’Armée Syrienne Libre quant au bombardement d’al Qutayfah.

 

Pour le moment, ni le porte-parole de Tsahal, pas plus que le gouvernement syrien et le Hezbollah ne commentent, ne confirment ou infirment ces nouvelles. Aucune tentative de réplique n’a été enregistrée à l’heure où nous diffusons cette breaking.

 

 

 
Un Etat palestinien va naître à côté d’Israël mais pas celui qu’on attendait (info # 012104/15) Version imprimable
Analyse
mardi, 21 avril 2015

 

Par Sami El Soudi

 

Hier (lundi) une délégation de huit ministres du gouvernement palestinien d’union, qui devait rester une semaine dans la bande de Gaza, a quitté précipitamment l’enclave côtière et a regagné la Cisjordanie après un séjour de 24 heures seulement.

 

C’est le 1er ministre Rami Hamdallah, qui ne faisait pas partie de la délégation, qui a donné l’ordre aux ministres, accompagnés d’une trentaine de conseillers, de s’en aller. Cette décision fait suite à des mesures de harcèlement infligées par le Hamas, qui gouverne la Bande, aux ministres venus de Ramallah.

 

Ceux-ci furent confinés dans un hôtel du bord de mer, empêchés par les miliciens islamistes à la fois de se rendre dans la ville de Gaza et de recevoir les visiteurs qu’ils entendaient rencontrer.

 

Les mesures inhospitalières avaient débuté avant même l’arrivée des officiels, puisque des bombes avaient explosé, durant les deux jours précédant leur venue, à proximité immédiate des bureaux du gouvernement, situés dans un bâtiment de l’ONU, et devant la résidence de Mahmoud Abbas dans l’ouest de Gaza-city.

 

Il est nécessaire de rappeler que l’exécutif d’union nationale est composé de personnalités apolitiques, et qu’il était censé jouir du soutien du Hamas, ce qui n’a pas empêché les actes d’intimidation que je viens d’énumérer.

 

En novembre dernier, des incidents similaires avaient amené M. Hamdallah à renoncer au dernier moment à se rendre dans l’enclave.

 

Les ministres devaient principalement discuter avec les chefs de la Résistance Islamique (Hamas) de la crise attenante au règlement des salaires par l’Autonomie Palestinienne des quelques 50 000 employés engagés par le califat gazaoui.

 

Trois problèmes au demeurant insurmontables compliquaient la recherche d’une solution : premièrement, la plupart de ces "fonctionnaires" sont en réalité des miliciens armés, dont la fonction consiste à protéger le Hamas face à Israël et à l’Egypte, mais également à réprimer toute tentative de la part des partisans de l’OLP à Gaza de s’exprimer. Deuxièmement, et cela découle du premier point, ils sont bien trop nombreux relativement aux moyens limités dont dispose Ramallah ; et le fait de stipendier ceux que l’Europe, les Etats-Unis et nombre d’Etats arabes considèrent comme des terroristes aurait pour conséquence inévitable de se priver de leurs dons, de provoquer la faillite de l’AP et l’impossibilité de procéder à la reconstruction de Gaza. A ce propos, et faute d’engagements vérifiables du régime gouvernant Gaza quant à l’utilisation des fonds, la plupart des promesses de dons venues des entités mentionnées ne se réalisent pas.

 

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Payer ces miliciens avec l’argent des contribuables européens et américains ?

 

Troisième problème : si Ismaïl Hanya et son organisation exigent le paiement de ces salaires, à ceux qui sont, en principe, des fonctionnaires de l’AP, ils n’ont strictement aucune intention de concéder la moindre parcelle d’autorité au cabinet d’union à Gaza. En fait, ils réclament que Ramallah paie leurs employés et leurs miliciens, tout en excluant le gouvernement palestinien de la Bande.

 

Les discussions visant au rapprochement entre le Fatah et le Hamas sont ainsi au point mort et la restauration de l’enclave n’a pratiquement pas débuté. Les disputes concernent également le déploiement de policiers de l’AP aux frontières entre Gaza, d’une part, et l’Egypte et Israël, de l’autre. Rappelons qu’il s’agit d’une condition majeure exigée par le Maréchal al Sissi pour entrevoir le début d’une normalisation des rapports de son pays avec ce territoire.

 

On se dirige en fait dans la direction opposée de cette dynamique. Car, en plus de ce qui précède, des rumeurs persistantes font état de préparatifs, de la part de la Résistance Islamique et de ses alliés sur place, en vue de la constitution d’un califat voire d’un émirat à Gaza, c’est-à-dire d’un Etat indépendant.

 

La première étape dans cette réalisation consistera en la formation d’un "haut comité", prélude à la déclaration d’indépendance. Tout en niant officiellement cette intention, des dirigeants du Hamas, à l’image de Mahmoud Zahar, ont admis que c’était le but poursuivi par son mouvement. Zahar a notamment déclaré : "Il n’y a rien de faux ou de honteux à intituler la situation dans la bande de Gaza autorité ou administration", précisant que "si nous établissons un émirat ou un Etat dans la bande de Gaza où en quelque autre endroit de Palestine, cela ne signifierait pas que nous sommes prêts à abandonner un seul pouce de la Palestine".

 

Le monde occidental verrait enfin son vœu de solution à deux Etats se réaliser, un israélien, l’autre palestinien, même si ce n’était pas exactement ceux qu’il envisageait. De facto, on aurait même deux Etats palestiniens, l’un à Gaza, l’autre, en Judée et Samarie !

 

En Cisjordanie, on se montre absolument convaincu de la proche émergence du califat de Gaza, étant certain, comme l’énonce l’ancien ministre de l’AP et membre du Fatah, Hassan Asfour, que "la question n’est plus s’il existe une visée séparationniste pour la bande de Gaza, mais quand et comment elle se réalisera".

 

Et Abbas, qui vient de fêter ses 80 ans, a beau multiplier les annonces à la télévision, selon lesquelles il n’y aura pas d’Etat palestinien sans la bande de Gaza, il sait fort bien que le Hamas ne le laissera jamais poser le pied dans ce territoire ni tenter de le gouverner. 

 

Mahmoud Abbas a également raison lorsqu’il affirme que la création d’un califat dans l’enclave côtière administrerait un coup majeur à la solution des deux Etats ainsi qu’à la réunification des deux courants palestiniens.

 

Plus encore, il semble avoir enfin compris ce que je m’efforce de répéter à longueurs d’articles et aussi lors de la plupart de mes entretiens avec les responsables de l’AP. Le discours que j’entretiens depuis de nombreuses années, s’articule sur deux constatations évidentes : 1. Il n’y aura pas d’Etat palestinien reconnu par la communauté internationale tant que Gaza sera aux mains des islamistes djihadistes ; 2. L’unique moyen de se réapproprier Gaza participe de l’utilisation de la force, exactement comme le Hamas avait chassé le Fatah de la Bande, par la force, en 2007.

 

Le président de l’Autonomie Palestinienne s’est rangé à la raison en demandant, lors d’une récente réunion des chefs d’Etats arabes dans la station égyptienne de villégiature de Sharm El Cheikh, aux dirigeants présents de "lancer une opération identique à "Tempête décisive" [la guerre qu’ils mènent au Yémen] sur la bande de Gaza".

 

Le jour même, un conseiller d’Abou Mazen a appelé les pays arabes "à se mobiliser et à frapper le Hamas avec un poing de fer".

 

Moi, de reposer la question que nombre de responsables du Fatah envisageaient l’été dernier : pourquoi n’avoir pas aidé Binyamin Netanyahu à se débarrasser du Hamas lors de Rocher inébranlable, alors que l’on se trouvait dans l’ordre du possible, du réalisable, plutôt que de saisir la Cour Pénale Internationale contre des pseudos crimes de guerre que Jérusalem aurait commis ?

 

L’idée était d’obtenir de Netanyahu, avec l’aide des Occidentaux, qu’il remette Gaza à l’AP et l’aide à la gérer et à la reconstruire, avec leur appui éventuel sur le terrain.

 

Ramallah aurait pu, en envoyant quelques milliers de nos policiers, se mêler à la bataille et en promettant des concessions aux Israéliens sur des exigences que nous savons intenables, récupérer Gaza et effectuer un grand pas dans la voie d’une solution à notre différend avec les Juifs.

 

Parce qu’en revanche, l’appel aux leaders arabes ne sera pas suivi d’effets, c’est une certitude et donc une nouvelle initiative d’Abbas vouée à l’échec. Les sunnites n’entreprendront rien aux portes d’Israël qui puisse l’indisposer, alors qu’ils comptent de plus en plus sur l’expertise de Tsahal pour contrer à la fois l’avancée d’ISIS et surtout celle de l’Iran.

 

D’ailleurs, des observateurs, et non des moindres, s’entêtent à essayer de me convaincre que les Israéliens fournissent un sérieux coup de main aux Saoudiens dans la réalisation de leurs frappes aériennes au Yémen. Jean Tsadik m’assurant que "Riad n’aurait jamais pris le risque de ce conflit sans bénéficier de l’expertise des meilleurs spécialistes en la matière" [c’est effectivement le mode opératoire des rois saoudiens. Ndlr.]. Et les meilleurs experts en la matière, ce sont, sans l’ombre d’un doute sensé, les pilotes israéliens.

 

Si j’ajoutais la moindre information à ce sujet, on m’a dit que nous irions au-devant de problèmes pour l’agence, donc je ne développerai pas.

 

Ainsi, si les Etats arabes voulaient répondre à l’appel d’Abbas en vue d’écraser le Hamas et de libérer militairement Gaza de son emprise, ils le feraient d’entente avec Jérusalem. Jérusalem est ainsi incontournable, elle est à la fois notre problème et notre solution ; alors pourquoi l’affubler de soi-disant crimes de guerre, alors que, simultanément, on appelle, du haut d’une tribune, les Arabes à effectuer des "crimes de guerre" au même endroit et face au même ennemi djihadiste ?

 

Si un jour se tient à la CPI le procès d’Israël sur la base des accusations de l’AP, l’avocat de l’Etat hébreu ne manquera pas de citer l’appel à la guerre lancé par Abbas à Sharm el Cheikh. On ne frôle plus le ridicule, on l’a dépassé depuis longtemps. A la différence près, qu’en cas d’opération arabe pour "en finir avec le Hamas", on risque fort de multiplier le bilan des morts palestiniens de Rocher inébranlable par cinq ou par dix. Les guerriers arabes n’ont, en effet, pas gagné leur célébrité pour leur propension ou leur capacité à s’occuper d’épargner les victimes collatérales.

 

Reste qu’à la Moukata de Ramallah, on n’est pas à un délire près. On accuse ainsi Israël d’être à l’origine de la décision du Hamas de déclarer son califat indépendant. Des officiels de l’AP que j’ai rencontrés affirment que le Hamas négocie directement avec Jérusalem son projet d’Etat ; ils se croient même en position de prétendre que ces discussions seraient "déjà très avancées".

 

Mahmoud al Habbash, le conseiller d’Abbas pour les Affaires Religieuses, celui qui appelle aussi "à frapper le Hamas avec un poing de fer", a affirmé avant-hier (dimanche), que "le projet du Hamas de créer une entité séparée dans la bande de Gaza procédait d’une dangereuse conspiration israélienne".

 

Il a précisé sa pensée en disant qu’ "Israël a l’intention de diviser le peuple palestinien et de transformer son territoire en entités morcelées et en cantons". D’autres leaders de l’OLP ont repris les mêmes dénonciations de l’Etat hébreu, ajoutant toutefois que le but de la conspiration israélienne visait à liquider la cause palestinienne.

 

Je ne crois pas du tout, pour ma part, que nous soyons en présence d’un complot israélien. En revanche, je sais que le Hamas a fait une croix sur une éventuelle réconciliation, à ses conditions, avec le Fatah ; il est aussi dans l’incapacité de se réarmer, grâce au blocus égyptien à Rafah, et est donc conscient que s’il déclenche un nouvel affrontement avec Tsahal, il va, derechef, se faire décimer. Il évolue également dans un environnement géopolitique défavorable, en froid avec son mentor qatari, en bisbille avec les Saoudiens, et en guerre avec les Egyptiens. Le Hamas, qui lit la presse aussi bien que vous et moi, a appris que les Hébreux ont mis au point un appareil capable de localiser précisément les tunnels stratégiques qu’il s’est remis à creuser ; il ne dispose plus ainsi du moindre avantage relatif comparé à Israël. De plus, il est déjà totalement dépendant de lui pour l’ensemble de son approvisionnement en nourriture, en marchandises, et en énergie.

 

Il est clair que si elle entend décréter son Etat, la Résistance Islamique, qui n’a plus de débouchés avec l’Egypte, se doit de normaliser ses approvisionnements et ses communications avec Israël, sinon, son califat ne sera pas viable.

 

Or le Hamas a beaucoup à offrir à Binyamin Netanyahu, à commencer par l’assurance qu’il partage avec moi, que tant que le Hamas contrôlera Gaza, personne ne forcera le 1er ministre de permettre la création de notre Etat en Cisjordanie.


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Soixante-dix ans après : la Shoah a échoué (info # 011904/15) Version imprimable
Analyse
dimanche, 19 avril 2015

 

Par Guy Millière

 

On célébrait, voici quelques jours, Yom ha Shoah, la journée du souvenir de la Shoah. Une fois de plus, en Israël, les sirènes ont retenti et la population s’est figée pour un instant de silence. A Paris, au Mémorial de la Shoah, on a lu la liste des noms des Juifs français qui ont péri, à Auschwitz ou dans d’autres camps d’extermination. D’autres commémorations ont eu lieu en divers points de la planète. Cela fait soixante-dix ans, cette année, qu’Auschwitz a été libéré et que la barbarie nazie est tombée. Il reste peu de survivants pour témoigner. Ils auront bientôt tous disparu.

 

Mes pensées en un tel moment, je dois le dire, sont partagées. D’une part, je considère qu’il est très important que la mémoire soit préservée, intacte. Oublier les morts, comme cela a été dit tant et tant de fois et à juste titre, serait les tuer une deuxième fois.

 

De l’autre, je dois le redire : je ressens de la tristesse, en songeant que ce sont, surtout, les Juifs qui préservent la mémoire des morts.

 

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Protéger la mémoire

 

L’expression « crime contre l’humanité » n’a de sens que si on comprend que la Shoah n’a pas été seulement un crime contre les Juifs, mais également un crime contre l’humanité entière, et un crime contre l’idée même d’humanité ; elle a été la barbarie la plus abjecte, un assassinat commis en commun par des millions d’Européens, qui, en le perpétrant, se sont exclus de l’humanité.

 

On enseigne très insuffisamment la Shoah dans les écoles, les collèges, les lycées et les universités d’Europe aujourd’hui, et cela ne me semble pas sans conséquences sur les esprits et sans signification concernant l’évolution de ce continent.

 

Je ressens plus de tristesse encore en songeant qu’en Europe, on relativise trop souvent la Shoah, en ne soulignant pas, ou pas assez, qu’elle fut un crime sans équivalent dans l’histoire. Or, non seulement elle fut la seule tentative d’élimination totale d’un peuple par des moyens industriels, mais aussi, cette tentative se déroula sur un continent qui prétendait incarner la civilisation. Les autres crimes qu’on appelle génocides sont indubitablement abominables et abjects, mais aucun d’eux ne peut être comparé à l’ethnocide nazi pour ces deux raisons précises.

 

Je pense que la relativisation de la Shoah, ou la volonté de la comparer à d’autres crimes qu’on qualifie de génocides, conduit inévitablement à sa banalisation et aux abus de langage issus d’un relativisme plus large : ceux qui amènent certains à parler, en langue de bois contemporaine, de « concurrence mémorielle ».

 

Il se dessine, en Europe, en raison de ladite « concurrence mémorielle », une volonté de tourner la page et de « passer maintenant à autre chose ».

 

Et le fait que tant de gens en Europe veuillent désormais « passer à autre chose » tient à ce que les Européens n’ont pas vraiment tiré les leçons de la Shoah ; ils n’ont pas surmonté la détestation des Juifs qui a marqué le Vieux continent deux millénaires durant et, selon l’expression très juste de Zvi Rex, n’ont pas « pardonné Auschwitz aux Juifs ».

 

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Les Européens, pas uniquement les Allemands

 

Il y a eu une volonté d’effacement des Juifs pendant tout le temps que l’antisémitisme a duré en Europe. Les Juifs ne se sont pas effacés eux-mêmes. La Shoah a été une tentative concentrée et organisée pour les anéantir.

 

Nombre de gens en Europe ont eu honte quand la Shoah ait été mise au jour. Ils ont pratiqué ce qui fut nommé le « devoir de mémoire ». 

 

Ils veulent maintenant ranger le « devoir de mémoire » sur une étagère.

 

Ils en veulent aux Juifs, tout à la fois parce qu’il y a eu la Shoah, qui, sans Juifs, n’aurait pas eu lieu, et également parce que les Juifs sont bien décidés à protéger la mémoire.

 

Ils en veulent aux Juifs de n’avoir toujours pas disparu, et aussi, d’avoir désormais un pays où se garde la mémoire et qui assure par son existence que les Juifs ne disparaîtront pas et qui, donc, montre que la Shoah a échoué et n’a pas triomphé.


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Obama se soumet. L’accord avec l’Iran a du plomb dans l’aile (info # 011504/15) Version imprimable
Analyse
mercredi, 15 avril 2015

 

Par Stéphane Juffa

 

Lors de sa réunion d’hier (mardi) après-midi, le Comité des Relations Etrangères du Sénat a adopté à l’unanimité la proposition de loi sur l’accord avec l’Iran présentée par son président, le sénateur Républicain Bob Corker.

 

Auparavant, ce dernier avait négocié quelques amendements à son texte avec le sénateur Démocrate Ben Cardin. Ils ont convenu de deux modifications superficielles du libellé original portant sur la réduction de 60 à 30 jours de la période d’examen par le Congrès d’un éventuel projet de traité avec Téhéran, ainsi que sur l’allègement des clauses portant sur l’abandon par la "République" Islamique de son soutien au terrorisme.

 

Suite à ces compromis, le Comité, qui siégeait en séance publique, a endossé le bill par 19 voix contre 0, soit les suffrages de dix sénateurs Républicains et neuf Démocrates. La proposition va prochainement être soumise au vote du Sénat, où l’on prévoit qu’elle sera acceptée à une écrasante majorité.

 

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L’Iran avait envoyé ses "Femen" à la réunion de la commission du Sénat

 

La nouvelle loi établit que l’administration Obama devra soumettre au Congrès le texte d’un éventuel accord définitif aussitôt qu’il aura été rédigé. Le gouvernement devra s’abstenir de supprimer la moindre sanction durant une période d’examen de 30 jours par les deux chambres, leur donnant la possibilité d’entériner ou d’interdire la levée des sanctions frappant actuellement le régime théocratique iranien.

 

Le président Obama a réagi par l’intermédiaire du porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest. Ce dernier a annoncé que le compromis résolvait certaines des objections soulevées par le président au sujet de sa mouture initiale, en réduisant la période d’examen et en adoucissant la clause sur le terrorisme.

 

Mais la nouvelle la plus importante rendue publique par Earnest concerne la décision du pensionnaire de la White House de signer la loi, alors qu’il avait déclaré jusqu’à présent qu’il lui opposerait son veto.

 

Le porte-parole a mentionné que "Nous sommes passés d’une proposition de législation que le président aurait rejetée, et qui a subi des modifications substantielles, jusqu’à revêtir la forme d’un compromis que le président est d’accord de signer".

 

L’instigateur de la loi, M. Corker, a vigoureusement repoussé cette interprétation qu’il a appelée "a spin", à savoir une grossière distorsion de la réalité, expliquant que le président avait, en vérité, "changé d’avis après s’être trouvé confronté à un rouleau compresseur".

 

Il est vrai que l’explication fournie par la Maison Blanche est peu crédible, particulièrement après avoir observé les efforts hors du commun déployés par l’administration pour faire pression sur les parlementaires Démocrates. Ce, afin qu’ils votent massivement contre le projet de loi, pour qu’il ne bénéficie pas de la majorité des deux tiers qui neutralise le droit de veto présidentiel.

 

On comprendra mieux la frustration de M. Obama en résumant les effets immédiats de la décision du Comité des Relations Etrangères du Sénat : le gouvernement U.S vient d’être privé par le Congrès de l’autorité de décider de la signature ou non du traité qu’il négocie avec Téhéran ; la décision ultime revenant aux législateurs.

 

Josh Earnest travestit la vérité lorsqu’il déclare : "De plus, plutôt que de réclamer le droit de décider sur la totalité de l’accord, le bill modifié prescrit un vote futur sur la levée des sanctions qui ont été imposées par le Congrès, ce que la Maison Blanche a toujours considéré comme nécessaire. Le compromis établit un vote qui se limitera à ces sanctions imposées par le Congrès, ce vote ne serait pas un oui ou un non relatif à l’accord".

 

Au niveau purement sémantique, le porte-parole a sans doute raison, mais dans les faits, si le Congrès décidait le maintien des sanctions à une majorité des deux tiers, il n’y aurait pas d’accord. Car Rohani a averti jeudi dernier que les Iraniens ne signeront aucun traité qui ne prévoirait pas la suppression de toutes les sanctions dès le lendemain de son entrée en vigueur.

 

Quant à la majorité des deux tiers, à en croire un Démocrate important au Congrès, "la loi aurait recueilli une adhésion écrasante, à l’épreuve du veto, en plénière du Sénat". Et le Sénateur Ben Cardin, l’autre Démocrate qui a rédigé le compromis avec Corker, de renchérir : "Nous sommes impliqués. Nous sommes impliqués ici, il n’y a plus que le Congrès qui puisse changer ou modifier de manière permanente le régime des sanctions".

 

En réalité, Barack Obama, qui affirmait, voilà une semaine encore, que les exigences du Congrès empiétaient sur son autorité, a été amené à céder la main en constatant que son veto allait être balayé par une majorité des deux tiers. Non seulement il ne pourrait parapher le contrat que son administration négocie avec les ayatollahs, mais, de plus, il aurait hypothéqué sa possibilité de gérer les affaires de l’Etat face à un parlement unanimement hostile durant la fin de son mandat.

 

Obama tient certes à son traité avec la "République" Islamique, mais pas au point d’entrer dans l’histoire comme un président qui s’est mis à dos non seulement les parlementaires Républicains mais également ceux de son propre parti.

 

Il s’agit pour lui d’une âpre défaite, mais agissant en pragmatique dès que sa personne est concernée, il aura préféré circonscrire ce revers en changeant de camp, que risquer un Pearl Harbor politique.

 

Reste que les dégâts pour sa présidence sont déjà considérables ; à commencer par mentionner qu’Obama aura à faire face à un Congrès revivifié et uni, qui se montrera intraitable sur les sujets-clés d’un éventuel accord avec l’Iran. Cela implique le droit pour les inspecteurs de l’AIEA de poser des caméras de surveillance et de contrôler le site de leur choix quand ils le désirent, au besoin en effectuant des visites surprises ; la modification du réacteur d’Arak, de sorte qu’il ne puisse plus produire d’eau lourde en quantités suffisantes pour confectionner une bombe ; la fermeture de l’installation souterraine de Fodow ; la fin de l’enrichissement de minerai au-dessus de 3.5 pour cent et la neutralisation vérifiable des stocks existants ; la limitation draconienne des activités de recherche, de manière à ce que le breakout time ne soit pas réduit au terme du traité, et, bien entendu, la levée graduelle des sanctions, au fur et à mesure des progrès réalisés par les Perses, et uniquement après vérification par les commissaires de l’agence viennoise.

 

Autant dire que John Kerry a du pain sur la planche et qu’il va devoir revoir ses positions de négociation à la hausse…

 

Non. Soyons plus précis encore : les chances pour que Khamenei accepte les termes d’un traité qui ait une chance de passer la rampe au Congrès sont pratiquement inexistantes ; la décision d’hier sonne ainsi vraisemblablement le glas de la négociation avec la "République" islamique. C’est la portée réelle du vote du Comité du Sénat.

 

Et ce n’est là qu’une partie de ses conséquences. Lorsque les négociateurs se retrouveront le 21 de ce mois, les Iraniens auront compris que ce qui se discute avec leurs homologues des 5+1 n’aura pas d’effet définitif, puisque ce qui sera décidé devra encore recevoir l’aval du Congrès U.S. Cela change pas mal de choses, à commencer par la quasi-certitude que Zarif exigera la réciprocité, à savoir la nécessité de l’homologation de tout compromis par le Majiles. A Lausanne, on négociait un accord, désormais, on négociera une "proposition d’accord". A partir de ce matin, ce n’est plus Obama qui décide.

 

Que cela semble loin tout à coup. D’autant plus que Kerry devra proposer à ses parlementaires un texte sans floutages, décrivant très précisément les clauses du contrat et les moyens crédibles de les vérifier. Nous nous trouvons dans un remake de Mission impossible.

 

Autre conséquence de la décision d’hier, l’Administration va désormais devoir très sérieusement préparer des alternatives à l’échec probable des pourparlers. Il s’agit d’un durcissement des sanctions et de l’éventualité d’une action militaire, précisément ce que le président désirait éviter à n’importe quel prix. Mais il ne pourra pas revenir devant son opinion après avoir signé le bill Corker, et transférer la faute de l’échec des discussions en direction du Capitole. Il ne pourra pas non plus dire : "Les négociations n’ont pas abouti, laissons alors les ayatollahs fabriquer leur bombe".

 

Sommes-nous en train d’assister à une victoire de la ligne Netanyahu ? En partie à tout le moins, même si les parlementaires américains agissent pour ce qu’ils considèrent être, en premier lieu, l’intérêt de leur nation et non celui d’Israël. Reste que Netanyahu leur a bien expliqué les enjeux de l’affaire et les a convaincus de s’impliquer pour que leur président ne signe pas n’importe quoi.


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Un mardi crucial pour Barack Obama (info # 011404/15) Version imprimable
Analyse
mardi, 14 avril 2015

 

Par Stéphane Juffa

 

Certains prétendent que la vie n’est qu’un éternel recommencement et j’ignore s’ils ont tort ou raison. Ce que je sais, en revanche, est que tout ce qui concerne l’ "accord" qu’auraient conclu les 5+1 avec l’Iran, le mois dernier à Lausanne, ressemble à s’y méprendre à ce que les mêmes protagonistes avaient convenu en novembre 2013 à Genève.

 

A l’époque, alors que tous les confrères du monde entier applaudissaient à tout rompre le "traité signé avec Téhéran", la Ména, inquiète de se voir refuser le texte de l’accord par l’Union Européenne afin de le commenter sérieusement, se tourna vers les Iraniens qui confirmèrent ses craintes : aucune entente n’avait été atteinte lors des discussions d’alors, le factsheet (feuille d’information) distribué à la presse par Barack Obama était un tissu de mensonges, et la "République" Islamique ne s’était engagée strictement sur rien.

 

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Lequel choisiriez-vous comme négociateur ?

 

Pour clarifier leur position, nos interlocuteurs du ministère perse des Affaires Etrangères acceptèrent notre demande et la publièrent très rapidement (en l’espace de quelques heures) par l’intermédiaire de leurs agences de presse.

 

En dépit de ces preuves difficilement contournables, les media mondiaux, y compris israéliens, continuèrent de palabrer sur un texte de contrat qui n’existait pas, choisissant d’ignorer les informations que nous avions produites. Nous avons l’habitude de ce genre de situations, et eux, de publier des bêtises.

 

Bis repetita placent ? Les choses qui se répètent plaisent-elles réellement ? Je n’en sais rien non plus. Nous, nous avons à nouveau fait strictement notre travail de journalistes1, en annonçant qu’une "liste de paramètres clés" avait été étudiée à Lausanne, qu’elle n’était pas signée, qu’il n’y avait d’accord sur rien, ni aucun engagement contraignant pour les parties qui avaient pris part aux discussions de Lausanne.

 

Une nouvelle fois, nous avions eu l’impression de prêcher dans le désert, pendant que les ministres occidentaux et l’ensemble de la presse – la française, d’ailleurs, un peu plus fort que les autres – acclamaient l’ "accord historique" qui venait d’être réalisé et qui mettait fin à un long processus de négociations qui avait duré douze ans. A nouveau, nous étions pratiquement les seuls à ne pas sabler le champagne.

 

Même si, jeudi dernier, c’est le Guide suprême de la Révolution khomeyniste, Ali Khamenei, qui, dans un discours, confirmait nos réserves les unes après les autres, déclarant notamment que : "rien n’avait été finalisé" dans la capitale vaudoise, que "les paramètres discutés n’avaient pas eu de résultats contraignants", et qu’ "il était trop tôt pour dire si ces discussions aboutiraient à un accord".

 

On peut, certes, ne pas être d’accord avec la partie adverse lors d’une négociation, mais, puisqu’elle est la partie adverse, celle avec laquelle on négocie, et, par définition, celle qui décide en finalité d’adhérer ou non à un compromis, on n’a pas le loisir de prendre des décisions à sa place, ni de feindre de ne pas entendre ce qu’elle affirme ou de négliger ses propos.

 

Or Khamenei ne s’est pas contenté de contredire le nouveau factsheet diffusé par Obama, précisant notamment que l’ "Iran n’admettrait pas les inspecteurs de l’AIEA dans ses sites militaires", il a également certifié que la feuille d’information que le président américain a triomphalement présentée était "essentiellement fausse".

 

Quelques heures plus tôt, le Président Rohani, numéro 2 de la théocratie chiite, avait fait savoir que son pays ne "signerait aucun agrément, à moins que toutes les sanctions économiques soient totalement levées dès le premier jour de la mise en application du deal".

 

Cette déclaration de Rohani est évidemment incompatible avec deux au moins des provisions qui figurent sur la feuille d’information – Parameters for a Joint Comprehensive Plan of Action Concerning the Islamic Republic of Iran’s Nuclear Program (angl.) - présentée par le Département d’Etat. Je pense en particulier à cette disposition : "Les sanctions américaines et européennes liées au nucléaire seront suspendues après que l’AIEA aura vérifié que l’Iran a pris toutes les mesures-clés liées au nucléaire. (…)", et à celle-ci : "Toutes les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU concernant la question de l’Iran nucléaire seront levées simultanément à la réalisation, par l’Iran, des actions liées au nucléaire et touchant les sujets-clés (l’enrichissement, Fodow, Arak, les éventuels aspects militaires, et la transparence)".

 

Le porte-parole du département d'Etat, Jeffrey Rathke, a par ailleurs réagi aux déclarations des deux plus hautes personnalités du régime iranien en réaffirmant que "les sanctions seront suspendues de manière progressive et sous condition de vérification que l'Iran respecte ses engagements, conformément à un plan d'action complet et définitif". Rathke ajoutant : "Nous n'allons pas répondre à chaque déclaration publique faite par un responsable iranien, ni négocier en public".

 

En étant optimiste, la réalisation par Téhéran des actions impliquées prendrait entre trois et cinq ans ; période durant laquelle, à en croire les services de John Kerry, certaines des sanctions ne seraient pas supprimées. Entre l’interprétation U.S et celle de Hassan Rohani, la contradiction ne porte pas, comme Barack Obama a tenté de le faire croire, sur des "points de détail", mais sur les sujets centraux de la négociation.

 

Or dans le cas présent, les communiqués transmis à la presse par les Américains et les Iraniens ne s’accordent pratiquement sur rien. Celui du Département d’Etat s’étend sur 1 318 mots, et il est pratiquement rédigé sous la forme d’un document juridique. Celui des Iraniens, censé exprimer les mêmes engagements-cadres, n’en fait que 512.

 

Lorsque l’on compare le factsheet étasunien au communiqué perse, on est forcé de constater que les quelques "points de détail" qui resteraient à négocier, dont parle le Président Obama, sont en fait des désagréments allant jusqu’à l’opposition totale.

 

Prenons l’exemple du site souterrain de Fodow : Washington affirme que l’Iran s’est engagé à y stopper l’enrichissement de l’uranium durant 15 ans, tandis que Téhéran dit que c’est une mesure qu’il pourrait prendre "s’il le décidait".

 

Au niveau des "nouvelles centrifugeuses", l’antinomie est encore plus flagrante ; les Yankees affirment que les ayatollahs se sont engagés à ne pas en faire usage, alors que les principaux intéressés assurent que leur utilisation se poursuivra sur la base d’un plan courant sur dix ans.

 

En ce qui concerne le réacteur à eau lourde d’Arak, les textes des deux camps font état d’un désaccord qui semble lui aussi antithétique. Selon l’Administration, la "République" Islamique s’est engagée à démanteler le cœur de ce réacteur au plutonium, tandis que le régime chiite déclare qu’il sera "mis à jour et modernisé".

 

Les mêmes divergences apparaissent pratiquement dans chacun des sujets traités, et il n’est dès lors pas utile de multiplier les exemples de ces désaccords. Le texte U.S est truffé des formules "l’Iran s’engage à", "l’Iran fera", "l’Iran accepte", alors qu’aucune d’icelles n’intervient dans la rédaction du communiqué des mollahs, qui répètent à l’envi qu’ils ne se sont engagés à rien du tout et que tout reste à négocier.

 

Sur notre rocher de Métula, nous sommes restés sans voix en prenant connaissance de la dépêche lancée dimanche par notre consœur AFP et reprise en canon par des centaines de supports-perroquets. Nous nous sommes dits que, soit, à l’agence semi-officielle française, ils ne comprennent pas le farsi, soit ils ont décidé de négliger ce que les dirigeants iraniens avaient à dire, soit ils savent mieux qu’eux ce sur quoi ils se sont engagés… ou pas. Je trouve leur compte-rendu saisissant, et mesure, à l’aune de cet extrait, la distance considérable qui nous sépare de l’AFP quant à la manière de pratiquer le journalisme :

 

"(…) Le 2 avril, après des mois de négociations, Téhéran et le groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) sont tombés d'accord sur les grandes lignes d'un accord pour imposer des contrôles plus stricts sur le programme nucléaire de Téhéran, l'Iran demandant en échange la levée des sanctions internationales.

 

Les négociateurs se sont donné jusqu'à fin juin pour tenter de régler les détails techniques et juridiques complexes en vue de trouver un accord définitif qui mettrait fin à 12 ans de crise diplomatique internationale sur ce programme iranien. (…)". Fin de la parenthèse AFP.

 

Avec d’autres observateurs éveillés, nous avons également noté une grosse contrevérité dans le dernier discours de Barack Obama au Jardin des Roses, dans lequel il mentionne l’ "accord historique" : il y a prétendu, qu’à son accession à la présidence, l’ "Iran possédait des milliers de centrifugeuses", qui allaient désormais être réduites à "6 000 environ". C’est factuellement faux. En 2008, l’Iran n’en possédait guère plus de 800. De plus, on peut légitimement se demander si ce n’est pas en considération de l’indécision du nouveau président américain sur les dossiers de politique étrangère que la junte cléricale chiite avait décidé de booster son programme nucléaire ?

 

Ayant constaté tout ce qui précède, vient le moment de relever qu’il existe cependant deux différences fondamentales entre novembre 2013 et avril 2015. La première est que le président disposait à l’époque d’une majorité Démocrate au Congrès, ce qui n’est plus le cas dans les deux chambres. La seconde réside en cela que si les représentants et les sénateurs avaient été pris de court il y a presque un an et demi, n’imaginant pas qu’un président des Etats-Unis irait jusqu’à présenter au public un accord qui n’existait pas, ils ne se laissent plus surprendre, désormais, par ces méthodes inspirées des coutumes politiques en vigueur à Chicago.

 

Ainsi, le Sénateur Républicain Mark Kirk, de l’Illinois, qui, contrairement à l’AFP, fait grand cas des déclarations de Khamenei de jeudi, en déduit qu’il est nécessaire que le Sénat se prononce sur le sujet, et que "le plus tôt sera le mieux". Kirk a confié à Bloomberg News que ce vote est rendu nécessaire puisque "l’Iran refuse d’endosser le même cadre que les USA en vue d’un accord final, et parce qu’il rejette vivement les sujets fondamentaux comme la manière dont serait gérée, dans un traité, la levée générale des sanctions, l’enrichissement de l’uranium, et le fait de montrer patte blanche sur ses activités nucléaires militaires".

 

Ce qui va compliquer la tâche de Barack Obama et de John Kerry procède de ce que des sénateurs de leur propre parti, et non des moindres, à l’instar de Chuck Schumer (New-York), ont décidé de soutenir le projet de loi présenté par le Républicain Bob Corker (R-Tennessee), le président du Comité des Relations Etrangères du Sénat. Pour ne rien arranger aux affaires de la Maison Blanche, le Sénateur Harry Reid du Nevada, l’actuel leader de la minorité Démocrate au Sénat, a décidé de proposer Chuck Schumer pour le remplacer, lorsqu’il prendra sa retraite l’année prochaine.

 

C’est ce mardi après-midi que le Comité des Relations Etrangères du Sénat, réunissant 10 Républicains et 9 Démocrates, doit siéger afin de débattre de la proposition Corker, de décider si elle sera soumise à l’approbation des 100 sénateurs de la chambre, et pour tenter de trouver, avant cela, une formulation de compromis que les deux partis soumettraient de concert à leurs pairs.

 

Le but du projet de loi Corker est de donner aux chambres une période de 60 jours pour étudier un éventuel accord définitif avec l’Iran. 60 jours durant lesquels l’administration Obama n’aurait pas le droit de lever les sanctions qui frappent l’Iran ; à l’issue de cette période, le Congrès voterait pour décider si les sanctions peuvent être supprimées ou si elles doivent demeurer en place.  

 

Ceci posé, il est évident que si les sanctions n’étaient pas levées, Téhéran ne signerait pas l’hypothétique traité, la suppression des sanctions procédant de la seule concession que les 5+1 envisagent à l’issue des négociations actuelles.

 

Le Président Obama a promis qu’il engagerait son veto contre l’adoption de la loi Corker dans sa mouture actuelle (50 amendements seront discutés cette après-midi en commission). La Maison Blanche a fait savoir que ce bill, cette loi, empiétait sur l’autorité du président et "tuerait" toute chance de parvenir à une entente définitive avec l’Iran sur le dossier nucléaire.

 

Afin de neutraliser un veto présidentiel, il faut qu’une loi obtienne à la fois les deux tiers des voix des sénateurs et des représentants, soit 67 sénateurs et 290 représentants. Les Républicains disposant de 54 sièges au Sénat et de 244 à la chambre, l’adhésion de parlementaires Démocrates durant les votes est indispensable pour blinder la loi face à un éventuel veto présidentiel.

 

Les chances d’obtenir les deux tiers des suffrages seraient nettement augmentées si les membres du Comité des Relations Etrangères du Sénat parvenaient à s’entendre sur un libellé commun. L’une des propositions d’amendement Démocrate dont j’ai eu vent voudrait réduire la durée de la période d’examen de 60 à 30 ou 40 jours, ce qui ne change fondamentalement pas grand-chose. Une autre voudrait alléger le bill Corker de l’exigence qu’il contient et qui consiste à réclamer du Président Obama qu’il certifie que l’Iran n’a soutenu aucun acte de terrorisme visant les Etats-Unis ou un citoyen américain. Il est vrai que si cette clause était maintenue, sur la base de ce que nous savons à Métula des activités passées de Téhéran, le président ne pourrait pas effectuer ce serment et le traité sur le nucléaire tomberait à l’eau sans avoir besoin de procéder à l’étude circonstanciée de son brouillon.

 

Mais d’autres propositions d’amendement s’inscrivent dans le sens du durcissement des conditions posées à l’abandon des sanctions, à l’instar du projet du Sénateur Républicain de Floride Marco Rubio, qui a annoncé hier (lundi) qu’il briguerait le ticket Républicain pour les présidentielles de 2016. Rubio demande que le texte soit aménagé afin d’exiger la reconnaissance de l’Etat d’Israël par la "République" Islamique.

 

En attendant d’y voir plus clair, les pro et les anti font de leur mieux afin de s’attirer les faveurs des parlementaires. Ainsi, John Kerry est venu en personne défendre son cas devant l’ensemble des sénateurs et des représentants lors d’auditions à huis clos.

 

Quant à Israël, elle a choisi une double stratégie ; celle qui consiste à favoriser le rejet de facto du traité par le Congrès U.S, tout en proposant des modifications consistantes au corps de l’accord envisagé avec Téhéran. Cela démontre, d’une part, que Jérusalem n’est pas opposée par principe à toute entente avec la junte théocratique, et de l’autre, cela agit comme un "encouragement" en direction de Barack Obama, afin qu’il œuvre au renforcement des conditions posées par ses négociateurs, la prochaine fois qu’ils s’entretiendront avec Zarif.

 

A la White House, on sait que le Congrès est massivement pro-israélien et qu’il est préférable de le caresser dans le sens du poil si on entend s’éviter des désagréments majeurs. Cela pourrait d’ailleurs devenir très rapidement désagréable pour Barack Obama, surtout dans le cas où le projet de loi obtiendrait la majorité des deux tiers. Et cela deviendrait quasiment intenable pour lui si un nombre considérable de ses amis Démocrates soutenaient l’initiative.

 

On pourrait alors parler d’un pseudo-impeachment des législateurs à l’encontre du président. "Pseudo", car la finalité de cette procédure de destitution consiste à permettre à la justice d’engager une action pénale visant un haut-fonctionnaire, voire le président, et non de chasser ce dernier pour des motifs politiques.


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Obama est prêt à signer un accord avec un régime qui veut rayer Israël de la carte du monde Version imprimable
Analyse
dimanche, 12 avril 2015

 

Par Guy Millière

 

Ceux qui douteraient encore (il y en a, je le sais) des intentions funestes de Barack Obama à l’encontre d’Israël devraient prendre connaissance de ses récents propos concernant la demande énoncée par Binyamin Netanyahou, disant qu’il est nécessaire d’exiger de la "République" Islamique qu’elle reconnaisse Israël. Obama a écarté cette demande d’un revers de main.

 

Ce qui signifie non seulement que le président américain entérine la non-reconnaissance de l’existence d’Israël par le régime iranien, mais aussi, qu’il entérine, ce faisant, tout le discours du régime iranien concernant Israël.

 

Et c’est un fait, Obama n’a pipé mot quand le commandant des Basij, la garde prétorienne au service direct d’Ali Khamenei, a dit que « la destruction d’Israël était non-négociable » ; déclaration qui ne peut avoir été prononcée qu’avec l’aval de Khamenei. Obama n’a pas exprimé la moindre réserve non plus lorsqu’Ali Khamenei a chanté, avec une foule fanatisée, « Mort à Israël ». Son porte-parole ne s’est pas fendu de la moindre remarque, sans parler de critique.

 

Le pensionnaire de la Maison Blanche n’a pas réagi non plus lorsque les chants « Mort à l’Amérique » ont succédé à « Mort à Israël ». On peut en déduire qu’Obama déteste autant l’Amérique qu’il déteste Israël, mais cela ne change rien à son attitude vis-à-vis d’Israël.

 

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L’Amérique peut-elle signer un accord portant sur le nucléaire avec un Etat

dont le leader suprême vient encore de crier "Mort à l’Amérique" ?

 

Cette péripétie indique, au-delà de tout doute sensé, qu’Obama est prêt à signer un accord avec un régime qui entend rayer Israël de la carte du monde et qui l’exprime publiquement. Nous, de prendre bonne note que la volonté affichée de ce régime d’anéantir l’Etat hébreu ne constitue pas un obstacle aux yeux d’Obama.

 

Il est prêt à signer un accord avec un régime qui veut se doter de l’arme nucléaire aux fins de se sanctuariser et de pouvoir financer des actions terroristes et des actes de guerre conventionnelle menés par des groupes aux intentions antijuives et anti-israéliennes non dissimulées, sans que ces projets ne constituent des obstacles à ses yeux.

 

Sur la base des constatations qui précèdent, il est nécessaire de déduire que Barack Obama constitue, plus que jamais, un danger mortel pour Israël, et que, voyant la fin de son mandat approcher, il multiplie les initiatives qui accentuent cette menace.

 

Ce qui paraît jouer en faveur d’Israël, dans ce contexte, est le fait que l’accord dont on ne cesse de parler n’est en réalité pas un accord. Comme la Ména l’avait annoncé dans ces colonnes au lendemain de sa publication, l’ « accord » de Lausanne n’est en réalité qu’un document de travail n’imposant aucune contrainte aux parties ayant participé aux négociations.

 

C’est de plus en plus flagrant : chacun peut constater que le texte présenté par l’Administration U.S en anglais, et censé correspondre littéralement au texte communiqué en farsi par la théocratie iranienne, sont très différents. Par sa longueur, le texte proposé par Washington est trois fois plus long que l’autre, et par son contenu : la « version Obama » annonce des engagements fermes et définitifs de la part de l’Iran, qui n’existent absolument pas dans la version en farsi.

 

A la défaveur d’Israël, on observe que, dans ce bal des hypocrites, tous les participants aux négociations affirment qu’il s’agit réellement d’un accord. Cela implique le risque de voir la version en farsi mise en œuvre en Iran, et la version en anglais appliquée par l’Occident. Les Occidentaux respecteraient sans doute ce qui est énoncé en anglais, tandis que les Iraniens réaliseraient ce qui est rédigé en farsi. L’Iran possèderait la bombe, se sanctuariserait, financerait actions terroristes et actes de guerre de groupes antijuifs et anti-israéliens, tandis que les Occidentaux fermeraient les yeux, affirmant que rien ne se passe.

 

Ce qui paraît jouer en faveur d’Israël est, aussi, que le Congrès, y compris nombre de Démocrates, entend dénoncer très rapidement, dans les tout prochains jours, le projet d’accord, et rappeler fermement la Constitution des Etats Unis, qui stipule que le président signe les traités, mais qu’ils n’ont aucune valeur sans l’approbation du Sénat. Si une majorité des deux tiers (67 sénateurs) au moins vote contre l’accord, la résolution qu’ils auraient mise aux voix serait à l’épreuve du veto présidentiel, et le projet d’accord avec l’Iran serait rejeté sans qu’Obama y puisse rien.

 

A la défaveur d’Israël, on note qu’Obama semble vouloir soumettre le projet d’accord au Conseil de Sécurité des Nations Unies, instance sur laquelle le Congrès des Etats Unis n’a aucune prise. Le projet ne serait alors pas entériné par les Etats Unis, mais aurait néanmoins l’appui du président des Etat Unis et du reste du monde. Le refus du Congrès serait ainsi contourné à l’échelle mondiale. Ce serait sans précédents, mais avec Obama, tout est possible. [La Maison Blanche ne peut en fait soumettre au Conseil de Sécurité qu’un accord en bonne et due forme, et non un projet d’accord non-contraignant pour les parties, qui ne suffirait probablement pas pour lever les sanctions préalablement adoptées par le Conseil de Sécurité. On voit mal, en effet, le Conseil annuler les sanctions alors que Téhéran n’a encore pris aucun engagement. Ndlr.].

 

Ce qui paraît jouer en faveur d’Israël est aussi que les pays sunnites se sentent aussi menacés qu’Israël par ce qui se trame. Ils voient que l’Iran veut non seulement la destruction d’Israël, mais également la leur. Lors du dernier sommet de la Ligue Arabe, il a été décidé de mettre en place une force arabe conjointe. Laquelle mise en place a commencé. Des bombardements sur les forces Houthi au Yémen, armées et encadrées par Téhéran, se déroulent désormais depuis plusieurs semaines.


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Chroniques kurdes (info # 010904/15) Version imprimable
Analyse
jeudi, 09 avril 2015

 

Par Hevi Pekoz

 

Différends irako-kurdes

 

Le président du Gouvernement régional du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, et le premier-ministre irakien, le chiite Haïder al Abadi, se sont entretenus lundi dernier à Erbil, capitale de la Région autonome du Kurdistan (irakien), pour discuter de plusieurs dossiers urgents.

 

Tout d’abord, de la reprise de Mosul, deuxième plus grande ville d’Irak, occupée depuis juin 2014 par l’Etat Islamique ; les deux hommes ont tenté de mettre au point une stratégie commune qui inclurait les Peshmergas (combattants kurdes irakiens) et les soldats irakiens à forte majorité chiite (soutenus par l’Armée iranienne).

 

De plus ils ont discuté de la part du budget de l’Etat irakien réservée au Gouvernorat kurde, dont aucune somme n’a été transférée à Erbil depuis janvier 2014. Ce budget est destiné au paiement des salaires des fonctionnaires et des Peshmergas, comme le prescrit la nouvelle Constitution irakienne. Ces dispositions provisionnent la restitution partielle de fonds à valoir sur l’exportation du pétrole exploité dans la zone kurde.

 

Faute d’avoir reçu de Bagdad l’argent qui lui revenait, le gouvernement de la Région autonome du Kurdistan a entrepris d’exporter lui-même son pétrole sans passer par l’Etat irakien.

 

Ainsi, début novembre dernier, le gouvernement de Barzani annonçait avoir exporté pour 2.87 milliards de dollars de pétrole, passant outre l’interdiction mise en place par le pouvoir central. Cette vente a causé de nombreux litiges entre les deux entités, du fait notamment que le premier tanker affrété par la Région autonome kurde fut destiné aux Israéliens, alliés traditionnels des Kurdes, mais avec lesquels Bagdad n’entretient aucune relation.

 

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Le SCF Altai au large d’Ashkelon, en juin 2014, la première livraison de brut

réalisée directement par la Région autonome du Kurdistan

 

L’accord pétrolier Erbil-Bagdad prescrivait le transfert de 150 000 barils de brut par jour, du gouvernement régional kurde à l’Irak, en échange de 17% du budget de l’Etat irakien après déduction des "dépenses souveraines", ce qui représentait 455 misérables millions de dollars dont 45 millions sont réservés aux Peshmergas. Les "dépenses souveraines" de Bagdad ne faisant qu’enfler, la part théorique des Kurdes ne représenterait plus, actuellement, que 12% dudit budget.  

 

En février dernier, une délégation dirigée par le premier ministre kurde, Nechirvan Barzani, le neveu du Président Massoud, s’était rendue à Bagdad pour discuter du non-respect de l’accord. La délégation kurde comprit à cette occasion, qu’au prétexte de la crise financière que traverse l’Irak et de son manque de liquidités chronique, le gouvernement irakien sous emprise iranienne n’était pas disposé à payer son dû, même grossièrement amputé, à la Région autonome du Kurdistan.

 

Les deux parties se sont mises d’accord pour se rencontrer ultérieurement afin de trouver une solution à leur différend, en plus de "démontrer leur engagement commun à voir le pays sortir de la crise financière". Une commission dite de financement a été mise en place.

 

Dans le domaine sécuritaire, les entretiens de lundi entre Massoud Barzani et le 1er ministre irakien ont permis, à en croire al Abadi, la mise en place d’un plan militaire de coordination entre les deux entités irakiennes, plan qui devrait permettre la libération de la province de Ninive, dans laquelle se situe notamment la ville de Mosul.

 

Le chef du gouvernement irakien a demandé l’aide des Kurdes pour la libération de Mosul, ajoutant que seule une alliance Bagdad-Erbil pourrait contrer l’ensemble des menaces terroristes (islamistes sunnites).

 

Cependant, la libération de Mosul demeure au cœur d’un problème majeur, les dirigeants kurdes estimant que la ville appartient de fait à la région kurde et souhaitant l’intégrer à leur région autonome en route vers l’indépendance totale, tandis que les Irakiens s’y opposent explicitement.

 

Ce différend profite évidemment à l’Etat Islamique, qui, faute d’entente entre Erbil et Bagdad, continue son occupation de Mosul.

 

L’alliance entre Bagdad et Erbil dans la bataille avait été préconisée par le Secrétaire d’Etat U.S John Kerry, lorsqu’il avait demandé à Massoud Barzani de soutenir plus activement que précédemment le nouveau gouvernement irakien qui était en train de se former, lui promettant qu’al Abadi saurait trouver une solution au problème du pétrole.

 

Par le passé, les Américains avaient, à maintes reprises, conditionné l’envoi de matériel militaire sophistiqué aux Kurdes à l’accord du gouvernement irakien. On sait, par ailleurs, que Washington, de même que la majorité des chancelleries européennes, s’opposent à la sécession du Kurdistan afin de ne pas exacerber les tensions régionales, particulièrement avec la Turquie et l’Iran.

 

 

Les Kurdes célèbrent le Newroz et rendent visite à leurs anciens voisins émigrés en Israël

 

Les Kurdes ont célébré, il y a deux semaines, leur nouvel an, le Newroz, qui constitue la fête la plus importante de leur calendrier. Cette commémoration a lieu chaque printemps chez les Kurdes de tous les pays ; à l’instar d’Israël, où de nombreux Kurdes musulmans se sont spécialement rendus afin de fêter Newroz avec leurs anciens voisins et amis juifs. Les 200 000 Juifs kurdes habitant Israël ayant continué d’entretenir une relation privilégiée avec leur contrée d’origine et ses traditions.

 

 

Divisions fratricides entre les Kurdes turcs, syriens et irakiens

 

En Syrie et en Irak, la bataille contre l’EI se poursuit alors que resurgissent les problèmes politiques inter-Kurdes. La division a repris ses droits entre les leaders des régions kurdes ; une division qui s’était estompée, ces derniers mois, notamment lorsque la ville de Kobané, au nord de la Syrie, était assiégée et que les Peshmergas irakiens s’y étaient rendus pour venir en aide à leurs compatriotes syriens des YPG (Unités de Protection du Peuple).

 

L’union sacrée entre les Kurdes syriens et les Peshmergas avait quelque chose d’historique, sachant que les deux partis politiques qui les commandent, respectivement le PYD, le parti de l’Union Démocratique Syrienne, historiquement proche du PKK turc (Parti des travailleurs du Kurdistan), et le Parti Démocratique du Kurdistan irakien, dirigé par Massoud Barzani, ne partagent pas la même vision quant à l’avenir des Kurdes.

 

Les dirigeants kurdes syriens et turcs réclament une large autonomie intégrée dans les pays où vivent les Kurdes, à savoir en Turquie et en Syrie – la situation politique en Iran ne permettant pas aux Kurdes de s’autonomiser voire même de proclamer leur identité -, tandis que Barzani, souhaite, quant à lui, la création d’un Etat du Kurdistan rassemblant tous les Kurdes en son sein.

 

Ce sujet de discorde a longtemps empêché les Peshmergas de prendre part au combat à Kobané, le PKK s’opposant fermement à un rapprochement entre les YPG syriens et leurs frères irakiens.

 

On a brièvement pu croire à une réconciliation entre les deux courants ; cependant, avant même la fin de la bataille remportée à Kobané, les diverses composantes du peuple kurde ont ravivé leurs anciennes disputes.

 

On en veut pour preuve la décision du PKK turc de décréter la création du "canton de Sinjar", qui se trouve pourtant dans la Région Autonome du Kurdistan irakien. C’est en décembre dernier, un mois avant l’éviction de l’EI de Kobané, que, lors d’un meeting réunissant des responsables du PKK et des Yézidis, le canton de Sinjar avait été autoproclamé. Cela causa la colère du gouvernement kurde irakien, qui rejeta cette annonce, expliquant qu’il s’agirait d’un canton qui se dissocierait de la Région autonome du Kurdistan (irakien).

 

Cette initiative, décidée par le PKK turc, avait pour seul but de créer la pagaille dans l’organisation de la Région autonome.

 

Témoin de cet éparpillement, un épisode inter-kurde violent qui s’est déroulé dimanche dernier : Haydar Shesho, le commandant en chef de l’Unité de Protection de Sinjar (HPS), la force armée des Yézidis (communauté kurde de confession zoroastrienne), a été arrêté et emmené par un commando d’hommes armés.

 

Shesho se trouve à la tête de 3 000 résistants Yézidis qui se battent à Sinjar pour reprendre le contrôle total de la ville et de ses environs, assiégée depuis le 3 août dernier par les miliciens de l’Etat Islamique. Pris au piège islamiste, des milliers de civils yézidi encerclés, sans nourriture ni eau, s’étaient réfugiés pendant plus d’une semaine sur le mont Shingal, jusqu’à ce que les Peshmergas parviennent à ouvrir un corridor qui permit de sauver la plupart des réfugiés affamés.

 

Selon des témoins oculaires, des hommes appartenant au PDK (le Parti démocratique du Kurdistan de Massoud Barzani) ont surgi dimanche dans la maison de Shesho, l’appréhendant, lui et d’autres hommes qui s’y trouvaient. Son arrestation survient après la publication par Kurdsat (chaîne de télévision kurde irakienne) d’une interview dans laquelle il aurait vivement critiqué le traitement des Yézidis par le gouvernement autonome kurde.

 

Des douzaines d’activistes et de membres de la communauté yézidi ont également été arrêtés ces derniers jours. Parmi ceux-ci, Kheri Ali Ibrahim, membre de l’organisation "Initiative for Ezidis around the world" (Initiative pour les Yezidis autour du monde), arrêté ce samedi 4 avril après avoir critiqué les autorités régionales sur Facebook.

 

 

Kobané reprend lentement goût à la vie

 

Perwer Mohammed Ali, le correspondant de la Ména qui avait suivi pour nous la bataille de Kobané, nous informe que la population a commencé à reconstruire ses maisons, et que la municipalité a entrepris le nettoyage de la ville.

 

Les habitants reviennent au compte-gouttes dans leur cité malgré l’effondrement de la plupart des bâtiments. Actuellement, seules deux écoles sont en état de fonctionner, et elles rencontrent les plus grandes difficultés à se fournir en matériel scolaire. Perwer ajoute qu’il craint pour le futur des enfants de Kobané autant qu’il redoute la menace terroriste toujours plus présente en Syrie.

 

 

Les Kurdes syriens pris en tenaille entre DAESH et al Qaeda

 

Pas très loin de Kobané, dans la nuit de dimanche à lundi, 300 civiles kurdes ont été capturés dans le village de Tuqad (à 20 kilomètres à l’ouest d’Alep) par le Front al Nosra (Al Qaeda au Levant, en Irak et en Syrie), alors qu’ils se rendaient à Alep et à Damas. Ils fuyaient l’avancée de DAESH (l’Etat Islamique), qui a planté son drapeau à seulement 400 mètres de leur village d’origine, Afrin, à 40 kilomètres au nord d’Alep. Les miliciens d’al Nosra avaient, dans un premier temps, relâché les femmes et les enfants, mais ont transféré le reste des hommes à al Dana, dans la province d’Idlib, à 56 kilomètres d’Alep, où ils les ont finalement également relaxés dans le courant de la nuit suivante.

 

 

Convergence de vues entre Bagdad et Ankara

 

Le 1er ministre irakien, Haïder al Abadi, s’est récemment entretenu au téléphone avec Ahmet Davutoglu, son homologue turc, à propos de l’intégrité territoriale de l’Irak et s’est félicité de la vision commune qu’ils partagent. Plus clairement : les chiites irakiens, leurs mentors iraniens et le gouvernement d’Erdogan s’entendent pour s’opposer à la sécession et à l’indépendance du Kurdistan irakien.


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Les marchés financiers américains dans la zone dangereuse (info # 010604/15) Version imprimable
Analyse économique
lundi, 06 avril 2015

 

Par Sébastien Castellion

 

Plus de six ans ont passé depuis que le principal indice boursier du marché américain, le S&P 500, atteignit un minimum de 676 le 9 mars 2009, au cœur de la grande crise financière. Depuis, l’indice a plus que triplé (2070 vendredi dernier) et le sentiment des investisseurs est, à première vue, optimiste.

 

Il y a d’excellentes raisons à cette amélioration. La croissance américaine a été, au cours de six ans, de 2,5% par an en moyenne (plus faible que dans les décennies précédentes, mais plus forte qu’en Europe) et les profits des entreprises ont plus que doublé. La banque centrale américaine (Federal Reserve ou « Fed ») a mis en place une politique de création monétaire ultra-agressive : emprunts de collatéral à taux zéro et création de monnaie ex nihilo en acceptant, comme collatéral, des bons du Trésor créés spécialement pour l’occasion.

 

C’est d’ailleurs la Fed, de manière intéressante, qui a pris la responsabilité de la relance. La politique budgétaire américaine, dans l’intervalle, a été mise en pilotage automatique.

 

Immédiatement après la crise financière de 2008, l’administration Obama a lancé une augmentation massive des dépenses publiques dans l’espoir d’encourager la demande : programme d’investissement dans les infrastructures, nationalisation de fait de General Motors et des programmes de prêts aux étudiants, subventions aux énergies nouvelles, recrutements dans l’administration fédérale, forte augmentation des dépenses d’assurance maladie…

 

L’effet immédiat de ces dépenses a peut-être été de ralentir la récession de 2008-2009 (les économistes sont en désaccord sur ce point). Ce qui est certain,  en revanche, c’est qu’après que le déficit fédéral eut atteint un maximum historique de 1 400 milliards de dollars en 2010, il est devenu impossible de poursuivre une politique budgétaire aussi agressive.

 

Depuis 2010, la dépense fédérale totale s’est stabilisée autour de 3 800 milliards de dollars et le déficit baisse progressivement (400 milliards l’an prochain). Il n’y avait pas d’autre solution pour éviter l’explosion fiscale complète du pays. Mais, en conséquence, la politique budgétaire américaine ne dispose plus d’aucune marge de manœuvre pour influencer l’économie du pays. (La seule voie qui serait aujourd’hui envisageable consisterait à réduire délibérément les dépenses pour libérer les énergies du secteur privé ; mais elle est inconcevable sous une administration Démocrate).

 

Six ans après la grande crise financière, l’état de l’économie américaine est mitigé.

 

Le chômage a fortement baissé (de 10% fin 2009 à 5,5% début 2015). Malheureusement, cette amélioration a été presque entièrement causée par la forte augmentation du nombre des Américains qui ont cessé de chercher du travail. 93 millions d’Américains en âge de travailler, soit 38% du total, ont désormais renoncé. Comme le montre le graphique suivant réalisé par The Federalist, si la proportion d’Américains qui ne cherche pas de travail était restée la même depuis 2009, le taux de chômage atteindrait aujourd’hui 11%.

 

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Le chômage américain : une amélioration en trompe-l’œil

 

Malgré une amélioration moyenne des conditions de vie, les classes moyennes inférieures ont connu, elles, une dégradation de leur qualité de vie. En effet, les bas salaires ont stagné pendant que le prix des produits de première nécessité augmentait nettement plus vite que l’inflation moyenne (cf. l’analyse du journaliste économique Doug Kass, qui donne à ce phénomène le nom poétique et intraduisible de Screwflation).

 

Certains secteurs connaissent un vrai renouveau : c’est le cas de l’automobile, qui bénéficie de nouveaux systèmes de prêts très compétitifs et du vieillissement du parc. L’immobilier est dans une situation plus fragile : les prix ont remonté, au moins dans les quartiers aisés, mais la difficulté des classes moyennes à trouver des financements a nettement réduit le nombre des transactions par rapport à la situation qui prévalait avant la crise.

 

Il est donc surprenant que, face à des résultats aussi mitigés, les marchés financiers, eux, semblent nager dans l’euphorie.

 

Les taux d’intérêt nuls ou presque nuls (un résultat de la politique de la Fed), combinés avec une augmentation des profits, ont amélioré les bilans des entreprises, ce qui a logiquement profité aux marchés financiers. Dans le même temps, beaucoup d’entreprises se sont lancées dans des opérations d’« ingénierie financière », dans lesquelles elles rachètent leurs propres actions, ce qui réduit le nombre d’actions sur le marché et augmente donc leur prix.

 

Et pourtant, des signes de plus en plus clairs commencent à apparaître, qui pourraient conduire à un retournement du marché dans un avenir pas si lointain.

 

Tout d’abord, les acteurs de marché semblent ignorer délibérément les turbulences de l’actualité, même lorsque celles-ci ne peuvent pas manquer d’impacter les profits des entreprises au cours des prochaines années. Parlez à un trader d’élite, à New York ou à Chicago, des conséquences de l’effondrement des prix des matières premières à travers le monde ; de l’instabilité géopolitique au Moyen Orient et autour de la Russie ; des exemples de surinvestissement dans plusieurs actifs à travers le monde (travaux publics chinois, immobilier de luxe dans le Golfe Persique, certaines infrastructures européennes…). Il vous répondra probablement en citant le dernier communiqué du Conseil des gouverneurs de la Fed, sans prêter une grande attention à l’image d’ensemble.

 

Même dans l’ordre purement financier, plusieurs phénomènes devraient inquiéter les acteurs de marché. L’augmentation des profits des entreprises au cours des dernières années semble s’être ralentie, et presque interrompue, en 2014. Les problèmes massifs liés aux dettes publiques américaine, européenne et japonaise (60 pour cent de l’économie mondiale, tout de même) n’ont pas connu de réponse structurelle, même si les faibles taux d’intérêt les rendent gérables à court terme.

 

La forte augmentation du dollar, enregistrée depuis la mi-2014 (l’euro vaut 1,08 dollars aujourd’hui contre 1,39 il y a onze mois), s’appuie, certes, sur des raisons fondamentales. La Fed a commencé à réduire son programme d’achats de bons du Trésor, et donc les quantités de monnaie qu’elle pompe dans l’économie. Les prévisions de croissance pour 2015 atteignent entre 2,5 et 3 % pour l’Amérique, soit bien plus qu’en Europe (entre 1 et 1,5 %) ou au Japon (entre 0,5 et 1 %).

 

Néanmoins, une modification aussi rapide dans la valeur des monnaies aura inévitablement des conséquences désagréables sur les exportations et les profits des entreprises américaines.

 

Malgré toutes ces raisons d’être prudent, c’est le contraire que l’on observe sur les marchés étasuniens, où l’optimisme des investisseurs continue à être confirmé par toutes les enquêtes. Les secteurs qui devraient être les plus affectés par les dernières évolutions économiques (industrie, énergie) sont ceux dont les actions voient leur prix augmenter le plus rapidement : un autre signe de décalage inquiétant entre l’économie et le comportement des marchés.

 

L’outil le plus classiquement utilisé pour estimer si un marché est surévalué ou non est le PER (Price-Earning Ratio), c’est-à-dire le rapport entre le prix moyen des actions et les revenus moyens des entreprises, ajustés sur dix ans pour neutraliser les effets du cycle économique. Ce ratio est aujourd’hui presque égal à 28, soit – comme le montre le graphique suivant réalisé par Market Watch – au même niveau où il était en 2008, juste avant le déclenchement de la crise financière.

 

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La survalorisation des entreprises (courbe bleue) a retrouvé son niveau de 2008

 

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Rien n’est entendu jusqu’à ce que tout soit entendu (info # 010304/15) Version imprimable
Analyse
vendredi, 03 avril 2015

 

Par Stéphane Juffa

 

En novembre 2013, Barack Obama, assisté en cela par les chefs d’Etat des autres pays du 5+1, avait ouvertement menti à l’opinion publique mondiale, lorsque, brandissant une feuille d’information rédigée  par les conseillers du Département d’Etat, il l’avait présentée comme un traité signé avec la "République" Islamique d’Iran.

 

La Ména avait alors créé le buzz en dévoilant qu’aucun texte d’accord n’avait été approuvé, et encore moins signé, entre les 5+1 et Téhéran, et que le seul écrit existant consistait en un document préconisant les "premières mesures" qui pourraient éventuellement être prises par les parties, en vue d’aboutir à une entente.

 

L’analyse de la Ména était à ce point pertinente, que, quelques jours plus tard, elle avait été publiée par le site de la Maison Blanche, qui fut ainsi contrainte de reconnaitre la réalité de ce que nous exposions.

 

Le vrai document contraignant fut signé début janvier 2014, suite à d’énormes pressions, y compris des menaces d’intervention militaire, exercées par Washington sur la théocratie chiite.

 

Hier, en prenant la parole dans le Jardin des Roses de la White House, le président américain a un peu moins menti. On navigue toutefois dans le show médiatique, dans une dynamique d’optimisme forcené, qui, comme l’ont souligné des officiers du Mossad, reste largement "déconnecté de la réalité".

 

A nouveau, la nuit dernière, Barack Obama a articulé son intervention sur la base d’une feuille d’information made in USA, confectionnée par les mêmes conseillers qu’en novembre 2013. Les Iraniens n’ont pas participé à sa composition et n’y adhèrent pas.

 

Ce qui résulte de plusieurs semaines de négociations acharnées entre les ministres des Affaires Etrangères des 5+1 et la junte théocratique persane se limite à une "liste de paramètres clés", qui "pourraient servir" à l’élaboration d’un "plan d’action global" (Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA)) relatif au programme nucléaire de la "République" Islamique iranienne.

 

Il faudrait encore – c’est le Département d’Etat US qui le précise –, entre maintenant et le 30 juin, écrire ledit JCPOA, se mettre d’accord avec Zarif sur tout son contenu, y compris les détails, et ensuite, passer à la rédaction du traité proprement dit et à son approbation officielle.

 

Et comme la délégation iranienne a à nouveau insisté pour que cela soit mentionné noir sur blanc : "Nothing is agreed until everything is agreed", "rien n’est entendu jusqu’à ce que tout soit entendu", il n’y a, formellement, aucun engagement de la part de l’Iran sur quoi que ce soit de ce qui a été discuté ces derniers jours à Lausanne.

 

La différence la plus évidente entre la nuit dernière et le 24 novembre 2013, est que Monsieur Obama n’a pas déclaré fallacieusement qu’un accord avait été signé, et que le préambule du factsheet distribué par le Département d’Etat mentionne correctement, cette fois, la situation juridique dans laquelle nous nous trouvons actuellement.

 

Reste que les "paramètres" ne sont pas signés, que Zarif en a fait, en farsi et sur les media de la junte, une description très différente de celle présentée par Monsieur Obama, ce qui a participé à jeter des milliers de ses compatriotes extatiques dans les rues de leur capitale, pour fêter la victoire de leurs diplomates sur ceux du monde entier.

 

Ces manifestations contradictoires se situent à l’opposé de celles qui illustrent traditionnellement la signature d’un authentique traité.

 

Il demeure que les résultats du travail effectué à Genève sont de meilleure qualité qu’en 2013 ; preuve en est que les "paramètres" n’apparaissent pas au mode conditionnel, et que les chefs de délégations ont, cette fois-ci, participé à une conférence de presse commune organisée à l’Ecole Polytechnique Fédérale de la capitale du canton de Vaud.

 

D’ailleurs, les sourires et les embrassades des Occidentaux avec les Perses revêtaient quelque chose d’indécent à notre avis. Premièrement, parce qu’aucun traité n’a été atteint ; ensuite, parce que Zarif et ses compères sont les ministres d’un régime dictatorial, qui œuvre ouvertement à la destruction de l’Etat d’Israël, dont la "justice" multiplie les pendaisons d’homosexuels au faîte des grues, assassine les opposants politiques et les renégats à l’Islam, martyrise les minorités et ordonne la lapidation des femmes soi-disant infidèles.

 

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Indécence

 

Cette junte a également porté la guerre au Yémen, elle est en train de s’accaparer d’énormes portions du territoire irakien, elle s’oppose, en Syrie, aux islamistes et à ceux qui s’emploient à instaurer la démocratie, elle masse des troupes à proximité de la frontière israélienne du Golan, elle arme et encadre la milice du Hezbollah au Liban, dont elle a totalement oblitéré la cohésion intercommunautaire.

 

La moindre des choses, à nos yeux, oblige de conserver ses distances avec des individus de ce type et à éviter de se taper sur l’épaule. C’est d’ailleurs là la première victoire de Khamenei : avant même d’avoir concédé quoi que ce soit, il a fait de son régime infréquentable un membre de la communauté internationale, dont le drapeau trône, dans l’EPFL, au milieu de ceux des grandes puissances de la planète.

 

Même si le Département d’Etat a, cette fois-ci, correctement indiqué que les festivités ne s’appliquaient qu’à l’énonciation des "paramètres" en vue d’un "plan d’action global", cela n’empeche guère la plupart de nos confrères, même les plus sérieux d’entre eux, de parler d’un accord, d’un accord préliminaire ou d’un accord temporaire. Au temps pour eux !

 

Il est vrai que le "Département" fait tout ce qui est en son pouvoir, dans sa feuille d’information, pour la présenter comme s’il s’agissait d’un contrat. Les phrases se multiplient, qui commencent par : "L’Iran s’est engagé indéfiniment à… ", "L’Iran a accepté de…", "L’Iran procédera à la réalisation de…", "L’Iran n’aura pas de …", etc. L’Iran s’est engagé ? Bollocks! (± mon œil). Il s’agit évidemment de contrevérités destinées à fausser la compréhension de l’opinion publique en général, de l’américaine, en particulier.

 

Le président Obama a, bien entendu, lui-aussi multiplié les exagérations de ce genre, confondant intentionnellement un "cadre de négociations" a minima, avec un "bon accord" (a good deal). Il ne dit pas non plus la vérité, lorsqu’il affirme que les négociations ont "réussi exactement comme nous l’attendions". Car ce que son gouvernement avait annoncé préalablement était que ces négociations devaient se conclure jusqu’au 31 mars dernier par la signature de l’accord-cadre, dont c’était uniquement les détails qui devaient être rédigés jusqu’au 30 juin. On en est très loin.

 

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Indécence

 

Barack Obama n’hésite pas non plus à décrire les résultats de Lausanne, plusieurs fois dans son intervention, comme un "accord international". Un accord qu’il qualifie d’ailleurs d’"historique".

 

Conscient, toutefois, que le fruit de la pêche de Kerry dans les eaux du Léman est insuffisant pour convaincre le Congrès, et que va s’engager avec lui un "débat vigoureux" (a robust debate), le pensionnaire de la Maison Blanche n’hésite pas à menacer les élus de son pays. Entrevoyant la possibilité que le Congrès, auquel il avait promis un traité signé, ne se satisfasse pas d’un plan de discussions non contraignant, et que cela le rende enclin à rejeter la manière dont l’Administration gère ces négociations, et à imposer de nouvelles sanctions contre la "République" Islamique, Obama avertit : "Si le Congrès tue cet agrément, [d’une manière qui] ne se base pas sur une analyse d’experts et sans offrir une alternative raisonnable, ensuite… l’unité internationale va s’écrouler".

 

A plusieurs reprises, lors de son speech, Obama a fait référence à l’accord dont il est convaincu qu’il se réalisera, dans les termes de "Best option", la meilleure option possible.

 

Nous, d’admettre volontiers que si tous les paramètres envisagés se réalisent de la manière la plus favorable aux 5+1, sur les points en suspens qu’il reste à négocier, et qu’un traité est signé le 1er juillet, la question de savoir s’il représente ou non la meilleure option dans la gestion du nucléaire iranien se poserait effectivement.

 

En intégrant toutes les conditions que nous avons évoquées au début de cette analyse, et donc sous les plus strictes réserves journalistiques en vigueur à la Ména, nous avons considéré les paramètres retenus par les négociateurs.

 

Ce que nous pouvons globalement en dire est que, s’ils sont intégralement respectés, l’Iran ne construira pas de bombes atomiques dans la décennie à venir. Nous pouvons également assurer nos lecteurs qu’il ne sera pas plus proche de la bombe au terme de cette hypothétique agrément qu’il ne l’est aujourd’hui, et même, sur une base objective, qu’il en serait un peu plus éloigné.

 

Ajoutons à ces considérations générales, que si l’éventuel accord était parfaitement appliqué, le breakout time – le temps nécessaire à Téhéran pour réunir les conditions indispensables à la fabrication d’une bombe atomique après avoir rompu ses engagements – serait plus long qu’il ne l’est aujourd’hui. Il serait aussi bien plus long qu’il ne l’était à la fin de 2013, lorsqu’on l’évaluait, dans nos colonnes, à "quelques semaines".

 

Il est difficile de chiffrer précisément ce laps de temps, mais on peut raisonnablement en dire qu’il se situerait "au moins entre 6 et 8 mois", ce qui procurerait aux puissances et à Israël le temps suffisant afin de rebondir et d’envisager des solutions de remplacement.

 

Il est intéressant de remarquer que les "paramètres" mentionnent spécifiquement le breakout time, prescrivant qu’il doit être d’un an au moins. A partir de cette annotation, si les négociations à suivre se déroulent bona fide, on pourra prendre cette durée de 12 mois comme base de référence afin de régler d’éventuelles divergeances entre les interprétations.

 

Au niveau du détail des paramètres envisagés, ceux de nos lecteurs qui pratiquent l’anglais pourront le consulter dans le document original publié par le Département d’Etat.

 

Les points principaux que nous avons retenus, sous les mêmes réserves que précédemment, concernent la réduction du nombre des centrifugeuses. Elles passeraient de 19 000, aujourd’hui, à 6 104 pendant 10 ans ; toutes appartenant à la première génération de centrifugeuses produites par l’Iran, IR-1. De plus 1 044 des 6 104 centrifugeuses restantes ne participeraient pas à l’enrichissement de l’uranium.

 

L’Iran accepterait en outre de limiter la pureté de son minerai à 3,67% durant 15 ans, et à ne conserver que 300 kilos des stocks totalisant 10 000 kilos actuellement en sa possession.

 

Le site souterrain de Fodow ne serait plus utilisé pour enrichir de l’uranium pendant une quinzaine d’années, et serait transformé en site de recherche dans divers domaines scientifiques. Les deux tiers des centrifugeuses qui s’y trouvent en seraient retirés et placés sous la garde de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA).

 

Les 5 060 centrifugeuses restantes, à l’exclusion des modèles plus récents, IR-2, IR-4, IR-5, IR-6, et IR-8, seraient concentrées uniquement dans les installations de surface de Natanz. 1 000 centrifugeuses IR-2M en seraient par ailleurs retirées et passeraient elles aussi sous le contrôle de l’AIEA.

 

Les inspecteurs de l’agence de Vienne obtiendraient la possibilité de vérifier les activités des sites d’enrichissement, mais également des mines, des lieux transport et d’entreposage, ainsi que de s’assurer que l’Iran ne produit pas de nouvelles centrifugeuses.

 

Au chapitre des inspections de l’AIEA et de la transparence, il est évident que des divergences majeures persistent entre les protagonistes, car rien n’indique, dans les "paramètres", que les commissaires pourraient inspecter les emplacements militaires suspects, comme celui de Perchin, pas plus qu’ils ne seraient autorisés à effectuer des visites surprises, là où bon leur semble.

 

A propos des sanctions, il semble que les 5+1 aient partiellement adopté la position de Téhéran : celles-ci seraient rapidement levées après que l’AIEA aura vérifié qu’il avait tenu tous ses engagements.

 

En revanche, "l’architecture" des sanctions resterait en place, ce qui permettrait leur réinstauration rapide, sitôt qu’il aurait été démontré que la théocratie chiite contrevient, ne serait-ce qu’à un seul de ses engagements majeurs.

 

Les autres sanctions et restrictions américaines existantes, notamment celles concernant le terrorisme, les infractions aux droits de l’homme et la production de missiles balistique resteraient en vigueur.

 

Il apparait, de plus, que les négociateurs ne sont pas parvenus à s’entendre à propos des activités de recherche que les Perses seraient autorisés à poursuivre. Cette question demeure l’un des points épineux restant à aborder.

 

Force est de constater que les négociateurs des 5+1 ont réellement produit un effort consciencieux à l’hôtel Beau Rivage. Avec les réserves que nous avons formulées, particulièrement le fait qu’aucun engagement n’avait été pris par les Iraniens, on doit tout de même retenir que l’ensemble des mesures proposées par les 5+1 préfigurent d’un système rationnel, qui, faute de priver les ayatollahs des instruments servant à produire une bombe, bouche tout de même tous les accès envisageables pour une telle réalisation, et pendant une période allant de 10 à 15 ans.

 

Au cas où ces "paramètres" aboutiraient effectivement à un traité, il y aurait lieu de se demander si toute autre solution, à l’exclusion d’une intervention militaire, pourrait être de nature à mieux isoler le danger nucléaire iranien que les clauses dudit traité.

 

On doit aussi s’interroger sur l’efficacité d’une campagne militaire qui viserait les infrastructures nucléaires de la junte chiite. On doit le faire en considérant les dégâts directs qui pourraient être occasionnés, et la nécessité de "frappes d’entretien", essentielles afin d’empêcher l’ennemi de reconstruire ses installations détruites. Il faudrait envisager l’implication économique d’un conflit à long terme contre la "République" Islamique, de même que les pertes humaines et la déstabilisation régionale et planétaire qui en résulterait.

 

Dans cette équation, et si un tel traité était effectivement conclu, Barack Obama disposerait d’arguments concrets face à l’opposition systématique de Binyamin Netanyahu ainsi que des Républicains au Congrès.

 

Concrets ou probants ? Il est difficile de répondre à ce questionnement, car, outre les aspects négatifs de la conservation de l’infrastructure nucléaire persane et de la réintégration de Téhéran parmi la communauté des nations, ainsi que de la réhabilitation de son économie, il n’est pas permis d’oublier que l’accord envisagé va entériner l’agressivité de l’Iran dans la sphère moyen-orientale.

 

On retrouverait des ayatollahs plus riches, autorisés à faire le commerce de ce qui leur est nécessaire pour construire des armes, capables de lever plus d’armées et de soutenir davantage d’organisations terroristes. L’accord final envisagé possède également des aspects de blanc-seing donné aux ayatollahs pour étendre leur empire au détriment des Etats arabes sunnites, des minorités chrétiennes et d’Israël.

 

De plus on a déjà remarqué que Barack Obama avait octroyé aux soldats de Téhéran ainsi qu’à leurs alliés et à leurs supplétifs terroristes une immunité militaire quasi parfaite, et ce, avant même la conclusion des négociations. Or, en frappant les ennemis des Iraniens en Irak et en Syrie, il est évident que la Maison Blanche favorise l’avancée des mollahs dans l’univers arabo-musulman. Cette constatation suffit aux chefs d’Etat sunnites ainsi qu’à Monsieur Netanyahu pour déterminer que l’Iran khomeyniste constitue un ennemi irréductible, avec lequel, par sa faute, aucun dialogue n’est possible.


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Israël-Belgique : Israël lésé (info # 010104/15) Version imprimable
Sport
mercredi, 01 avril 2015

 

Par Ilan Tsadik

 

34 000 spectateurs avaient garni les gradins du stade Teddy, hier soir, à Jérusalem, afin d’assister à la rencontre entre Israël et la Belgique, comptant pour les éliminatoires du Championnat d’Europe des nations.

 

Les débats étaient dirigés par l’arbitre anglais, M. Mark Clattenburg. Au moment du coup de sifflet initial, les Diables rouges occupaient le 4ème rang au classement FIFA des meilleures nations de la planète foot, alors que les Hébreux se situaient 22 places plus loin.

 

Ces derniers, surtout, devaient effacer leur terrible contre-performance de samedi dernier, lorsqu’ils avaient été surclassés par le Pays de Galles, à Haïfa, sur le score sans appel de 3 buts à 0. Or, au vu de la composition des équipes et de leur place respective dans la hiérarchie mondiale, les Gallois apparaissaient comme les pièces de rechange de la formidable machine à gagner du coach belge Marc Wilmots.

 

La première mi-temps fut très pénible pour la Nivkhéret ainsi que pour ses supporters ; soucieux de ne pas se laisser surprendre en contre, les bleus et blancs avaient opté pour une tactique hyper prudente, consistant à attendre les rouges sur la ligne médiane, à jouer regroupés autour du portier Ofir Marciano, et à pratiquer par de timides contres, en allant chercher les attaquants de pointe Ben Sahar et Tomer Hemed.

 

Mais ces derniers étaient aisément neutralisés par l’arrière-garde des Flamo-wallons, dont les sommets culminent tous autour du mètre nonante, comme ils disent.

 

Fermer les espaces pour ne pas encaisser de but autour des artistes Kompany, De Bruyne, Benteke, Fellaini, Nainggolan et de leur superstar Eden Hazard, voilà la tâche à laquelle s’étaient collés les protégés du coach Gutman en première période.

 

Ils allaient vite déchanter, sur une vilaine erreur d’arbitrage : Nainggolan tentait de reprendre de volée un centre venu du coin gauche de son attaque, le ballon dévissait sur sa chaussure, mais, par chance, il échouait dans les jambes de Marouane Fellaini, totalement démarqué, qui n’avait aucune pitié pour Marciano.

 

A propos de chance : notre service de cartographie a procédé à l’analyse géométrique d’une photo de l’action, que nous avons prise au moment de la passe involontaire de Nainggolan [cerclé en violet]. On distingue sans l’ombre d’un doute sensé que, non seulement le marqueur, Fellaini, se trouve à ce moment au-delà de la ligne du hors-jeu [ligne rose], mais trois de ses coéquipiers également [cercles rouges].

 

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Quatre Diables en position de hors-jeu. Le juge de touche a la berlue

 

Le but a été marqué en situation irrégulière et aurait dû être annulé par les arbitres. Ceux-ci ont commis une grosse faute qui a faussé le résultat de la partie et, du même coup, le classement du groupe B.

 

Reste que, vu la physionomie de la période initiale, l’avantage pris par les visiteurs n’était pas démérité ; Benteke avait même la possibilité de doubler la mise en se présentant seul face au dernier rempart israélien mais perdait son duel contre Marciano, très en verve hier soir.

 

On observait une nette différence de niveau entre les formations, les hôtes jouissant de beaucoup de liberté jusqu’à une trentaine de mètres des poteaux de la Nivkhéret. Sous certains aspects, la rencontre ressemblait à la suite logique de la débâcle de Haïfa, particulièrement en ce qui concernait la timidité défensive. On sentait toutefois les Israéliens bien plus concentrés que face à Galles : même menés, ils ne sortaient pas de leur sujet et commençaient à irriter les Diables, fatigués de se heurter, vague après vague, à une formation tactiquement bien organisée.

 

Il n’en demeure qu’à la pause, les commentateurs hébreux se montraient très critiques à l’égard de leur équipe, soulignaient la supériorité des Belges et se demandant ce qui pouvait être fait pour éviter le naufrage annoncé de leur formation.

 

Ils n’eurent pas à s’interroger longtemps : l’extrême prudence de la première période était, cette fois-ci, une ruse d’Eli Gutman ; elle avait eu pour objectif d’endormir les Belges qui se croyaient en promenade de santé et à l’abri d’un accident de parcours.

 

Quelle ne fut pas leur surprise, cependant, dès le retour des vestiaires, lorsque la Nivkhéret se mit à les presser sur tout le terrain, à prendre leur mesure ainsi que la direction des opérations.

 

Rarement l’on avait vu semblable métamorphose dans le courant d’une partie. Les blancs, plus le match avançait, se mettaient à faire le siège en règle de la cage de Thibaut Courtois et à le harceler de toutes parts. Aussi, le Belges perdirent-ils l’entièreté de leur superbe. Hazard, l’un des meilleurs joueurs de la planète, quitta la pelouse, écœuré, à la 63ème minute. Dans celle qui suivit, le capitaine Kompany, déjà averti en première mi-temps, tentait d’arrêter Eran Zehavi, qui lui échappait, par une prise de judo.  

 

Direction la sortie, Kompany laissait ses camarades à neuf joueurs de champ 26 minutes durant. 26 minutes durant lesquelles les visiteurs résistèrent tant bien que mal, acculés autour de Thibaut Courtois, qui, par des parades exceptionnelles, parvint à sauvegarder le précieux avantage obtenu au début du match.

 

La domination des Zehevi, Biton (brillant), Natkho, Ben Sahar, Ben Khaïm II, entré à la pause à la place de Hemed, Rafaelov, qui avait pris celle de Yeini, et l’attaquant Barda, qui avait remplacé le défenseur Ben Haroush, à la 84ème, pour forcer la main du destin, était totale.

 

Le coach Eli Gutman a, cette fois, parfaitement géré le match et ses joueurs ont été tactiquement disciplinés.

 

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Jésus-Courtois s’interpose une nouvelle fois devant Zehavi et Ben Khaïm II

 

Cocasse : Rafaelov joue à Bruges, Gershon à Gent, et Barda a quitté Genk il y a une saison et demie. Rafaelov et Gershon sont les seuls des 24 acteurs de la partie qui rentreront en Belgique lorsqu’elle sera terminée. Les 11 Belges sont alignés dans des clubs étrangers.

 

Même Tal ben Khaïm I, le défenseur que nous avons abondamment critiqué, et dont c’était hier l’anniversaire, se surpassait et amenait, balle au pied, le danger devant les buts de Courtois.

 

Cela faisait des années que les Diables rouges n’avaient pas été pareillement dominés, et des années, que les bleus et blancs ne s’étaient pas montrés aussi conquérants. Rien à voir avec la 1ère mi-temps, les Hébreux, certes avec un homme en plus à partir de la 64ème minute, étaient supérieurs à leurs adversaires dans tous les compartiments du jeu, rapidité, technique, physique. Impressionnant, improbable revirement !

 

Pour illustrer mon propos, j’ai choisi de partager avec vous quelques commentaires de supporters belges et de représentants de la rédaction, publiés pendant le match sur le site Internet du quotidien La Libre Belgique. Ils témoignent avec fidélité de ce qui s’est déroulé sur la pelouse de Teddy, sous les plumes de nos adversaires :

 

* Faut vraiment qu'on fasse gaffe, là, on va le regretter ! * Israel mériterait de marquer, si on est juste. Ceci étant, je préfère que le score reste en l'état ou s'aggrave * la Belgique va perdre * J'adore Chadli, mais pourquoi le faire rentrer dans un match pareil !!! Il faut de la vitesse et de la technique... Voilà Rafaelov aïe aïe aïe * Wilmots n’a plus la main sur son équipe * Il reste une vingtaine de minutes à tenir * Rouuuuh, ça devient chaud bouillant là ! * Autant contre Chypre je m'étais amusé, autant là je stresse * Roh lala, on se fait bouffer !! On perd tous nos ballons * Enorme Courtois en 2 temps ! * Meilleur joueur : Courtois. Comme quoi... Jamais je n'aurais pronostiqué cela en première mi-temps * Le sauveur pour l'instant ne se prénomme pas Jésus mais Thibault [Courtois] * On n'arrive plus à sortir de notre camp. On perd les ballons, les duels. Incroyable * On joue comme des cadets * Vivement la fin de ce match * Un pied en avant et c'est but sur cette action * Hier, on s'imaginait déjà en demi à l'Euro et là, on se fait ridiculiser par Israël, avec juste Thibaut à niveau... * C'est quand même fou de se dire qu'avant la 50è, Courtois n'avait RIEN eu à faire, 25 mins plus tard il va peut-être finir homme du match... * C'est plus un match de foot là, c'est juste un attaque-défense * Pfff, les gars, je sais plus quoi dire * Vivement la fin !! * On va finir par s'en prendre un, bordel ! * Qu'elles vont être longues ces dernières minutes... * Quelle panique la défense belge, elle est à la ramasse * Bon cela dit, il y a quelques années, on jouait bien mais on perdait, espérons que ce soir, en jouant mal on gagne ! * Une fin d'enfer pour les Diables ! * C'est quoi cette équipe nom de Dieu, le problème c'est que la Belgique se croit gagnante à l'avance * Cette fin de partie est INSU-portable * Mouais, on a gagné mais il n'y a vraiment pas de quoi être fier ; surtout après que la presse a encensé la victoire de samedi comme si on avait écrasé l'Allemagne * Que ce fut pénible et douloureux ! *.

   

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Netanyahu et les somnambules (info # 012203/15) Version imprimable
Analyse
dimanche, 22 mars 2015

 

Par Guy Millière

 

Hermann Broch fait paraître en 1931, à Munich, le premier volume de son roman Les somnambules. Il y analyse la dissolution des valeurs de son pays, l’Autriche, avant la Première Guerre Mondiale, la cécité qui en a résulté, et le désastre qui a suivi. Il est clair qu’il évoque, en filigrane, un autre désastre en gestation.

 

L’époque où nous vivons est très différente sous de nombreux aspects, mais elle est marquée, elle aussi, par un somnambulisme préoccupant. C’est dans tout le monde occidental que s’opère présentement une dissolution des valeurs. Et c’est dans tout le monde occidental que s’installe une cécité. Nous n’en sommes pas encore au désastre, mais le désastre peut survenir.

 

Au sein de l’Europe, des analyses très parcellaires circulent concernant une « crise économique » touchant le continent, mais quasiment aucune analyse d’ensemble ne circule venant expliquer que la « crise » est une crise politique, culturelle, démographique, tout autant qu’une crise économique.

 

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Winston Churchill

"Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur.

Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre"

 

Aucune lecture du monde ne s’opère prenant en compte des repères essentiels tels que la différence entre démocratie et dictature, entre liberté et oppression. D’étranges et tortueux discours teintés d’un apaisement suicidaire hantent l’atmosphère, suggérant que l’Iran des mollahs n’est pas si dangereux, ou que le pays juif est la cause essentielle de la rage musulmane.

 

Aux Etats Unis, des discours plus lucides peuvent se tenir. La dissolution des valeurs n’est pas encore aussi intense qu’en Europe. Mais la cécité a beaucoup gagné de terrain, puisqu’elle a permis l’installation à la Maison Blanche d’un homme qui a pour unique profession, depuis sa jeunesse, la dissolution des valeurs et l’installation de la cécité ; ce qui, bien sûr, fait qu’il est tenu en haute estime en Europe, quitte à démentir le proverbe, "il faudrait dire qu’au royaume des aveugles, le roi des aveugles est, logiquement, roi".

 

A côté des discours plus lucides qu’on entend aux Etats-Unis, des discours se multiplient, porteurs d’analyses aussi parcellaires que ceux qui circulent en Europe, et qui semblent avoir pour but d’entraîner les Etats Unis vers les engrenages qui broient actuellement l’Europe. Des discours porteurs d’un effacement des repères, alors que d’autres disent ce qui se dit en Europe concernant l’Iran, le pays juif et la rage musulmane.

 

Dans un pareil contexte (assez effroyable et assez inquiétant, car il peut conduire au désastre), il est des femmes et des hommes qui savent se dresser au-dessus de l’époque, pour dire ce qui doit l’être. Quand ils sont écrivains, ou intellectuels, ils analysent, ils énoncent, et laissent leurs analyses et leurs énoncés comme les signes que tout, en leur époque, n’était pas que cécité.

 

Quand ils sont dans la politique, ils peuvent tenter de faire davantage. Winston Churchill, au vingtième siècle, a tenté de faire davantage, et, dans les années 1940, face à la dissolution des valeurs et à la cécité de son temps, il a dit et fait ce qui devait l’être. Il n’a pas toujours été écouté : il avait prévenu des intentions d’Hitler avant qu’elles prennent, abominablement, forme. Et il avait prévenu des intentions de Staline bien avant que celles-ci se concrétisent. Il a, parfois, pu éviter le pire. Nombre de Britanniques lui ont tardivement (parfois trop tardivement) rendu hommage.

 

J’ai, dans d’autres articles, placé Binyamin Netanyahou à la hauteur de Winston Churchill. Je persiste et je signe : Binyamin Netanyahou perçoit la dissolution des valeurs qui règnent en Europe et qui gagnent aux Etats Unis. Il rappelle, face à cette dissolution, ce qui doit l’être. Il discerne la cécité hégémonique en Europe et installée à la Maison Blanche, et il rappelle, là encore, ce qui doit l’être.

 

Il défend et incarne la sécurité d’Israël dans un contexte très difficile et très délétère.

 

Il a, en prenant tous les risques, car il n’a cessé de savoir l’hostilité de l’occupant de la Maison Blanche, rappelé pourquoi l’Iran des mollahs est dangereux. Non pas seulement pour Israël, mais pour le monde.

 

Il a désigné la rage musulmane comme la pathologie majeure de ce temps et expliqué que non, le pays juif n’en est pas la cause essentielle.

 

En parlant comme il l’a fait en France, en janvier, après l’attaque djihadiste au magasin Hyper Cacher, il ne fait aucun doute qu’il percevait la nature des engrenages qui étaient en marche.

 

Il a dit, et dit encore, ce qui doit l’être. Il a fait, et fait encore, ce qui est en son pouvoir. Il a prévenu, et prévient, avant que le pire prenne forme. Il a tenté, et tente de contribuer à éviter le pire.

 

Nombre d’Européens le détestent tout autant que l’occupant de la Maison Blanche le déteste, mais être détesté par certaines personnes est un honneur.

 

Nombre d’Israéliens l’ont beaucoup critiqué, voire traîné dans la boue, avant que le peuple d’Israël, dans un élan de lucidité digne d’éloges, lui donne, aux élections du 17 mars dernier, une victoire essentielle pour le futur d’Israël et celui du monde.

 

Nombre d’Israéliens lui rendent hommage dès aujourd’hui. Des Israéliens en plus grand nombre encore lui rendront hommage plus tard, lorsque d’épiphénoménales médiocrités auront rejoint le néant qu’elles n’auraient jamais dû quitter.

 

Je pense utile de lui rendre hommage dès aujourd’hui et de rappeler ce qui doit l’être.

 

Il reste à Binyamin Netanyahou à former un gouvernement, puis à gouverner Israël encore, dans une période très difficile.

 

Il sera à la tête d’Israël quand Obama quittera la Maison Blanche.

 

Il sera dans l’histoire d’Israël et dans l’histoire du monde quand d’autres auront quitté l’histoire du monde par la porte de service.


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Avec ou sans Bibi (info # 011603/15) Version imprimable
Analyse
lundi, 16 mars 2015

 

Par Stéphane Juffa