L’Homme virtuel contre la haine (2ème parties et fin)(info # 012810/14) Version imprimable
Analyse
vendredi, 28 novembre 2014

 

Par Llewellyn Brown

 

 

L’illusion de la “déconstruction”

 

Au fond, l’objectif visé par ces bienpensants est que le caractère problématique de l’existence soit dilué, noyé, dans une pseudo-complexité excluant toute possibilité de nommer ou de réaliser un acte décisif.

 

Cette orientation gouverne le courant universitaire appelé – depuis les élaborations de Jacques Derrida – la “déconstruction”. Cette école de pensée cherche à dénoncer diversement l’emprise du colonialisme (l’“eurocentrisme”) de la pensée conceptuelle (appelée “logocentrisme”), de la domination masculine et des stéréotypes sexuels.

 

Ces catégories de pensée, associées à la tradition occidentale, sont jugées nocives à l’égard de la réalité, dont on affirme l’infinie complexité. Ainsi, les théoriciens du “genre” dénoncent la répartition masculin/féminin comme étant abusivement simpliste, arguant que chacun peut “se sentir” comme étant quelque part entre ces deux identités.

 

Les rôles que l’on joue dans la société sont multiples, témoignant de la “diversité” humaine. De même, il serait faux de dire que l’islam possède telle ou telle caractéristique intrinsèque, parce que ce nom recouvre une pluralité de croyances et de pratiques, de sorte que l’on ne puisse jamais porter de jugement négatif sur lui.

 

Poursuivant dans ce sens, on fera valoir que la majorité des musulmans est “modérée”, et qu’il est parfaitement injuste d’établir un quelconque lien entre l’histoire de l’islam, ses textes “sacrés”, et la présence de la guerre sainte partout sur la surface de la Terre. En revanche, on a toujours le droit d’exprimer un avis positif à son égard, puisque tout ce qui est occidental est nécessairement tyrannique et oppressif et, par contraste, ce qui vient d’ailleurs témoigne obligatoirement de l’infinie et exaltante diversité dont “l’Autre” serait l’unique détenteur.

 

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Hollande, assassin, tu ne veux pas d’Etat palestinien ! Hollande,

assassin, tu ne veux pa…

 

Ainsi donc, la “déconstruction” fustige tout ce qui se situe du côté de la norme – le masculin, l’européen –, au motif que ces valeurs seraient la source d’une pensée simpliste, et d’une politique d’oppression. Cependant, l’erreur, ici, consiste à croire qu’en dénonçant la supposée oppression, on a réussi à évacuer la norme. En réalité, c’est le contraire qui se produit : à la norme, on donne une extension maximale.

 

Pour les Progressistes, il ne saurait exister de perversion sexuelle, ni de transgression, puisque toute conduite doit être considérée comme normale, et on devrait pouvoir l’afficher en public sous l’égide d’une “gay pride”. Il faut qu’on donne un nom respectable à toute identité sexuelle : non seulement dira-t-on “Françaises et Français” – comme s’il s’agissait de deux peuples distincts –, mais on déclinera révérencieusement les identités lesbiennes, gays, bisexuelles, transsexuelles, et tout ce qui réclamera l’intégration au moyen d’une reconnaissance normée.

 

Dans un autre registre, on ne doit pas dire que les criminels sont des méchants, mais avouer qu’ils sont les victimes d’une société qui ne leur procure pas assez d’aide (financière, surtout). Les djihadistes – qui massacrent les autres afin d’imposer la religion mahométane à ceux qu’ils veulent bien laisser en vie – sont supposés être en révolte contre le “racisme” et la “stigmatisation” qu’ils auraient subis : on les jugera incapables de se conduire autrement.

 

On mesure l’extension illimitée donnée à la norme, conséquence de cette attitude présomptueuse et mégalomane : nos belles âmes imaginent que l’Occident est capable de tout absorber de l’immigration, et qu’il peut dissoudre tous les fanatismes issus des peuples accueillis.

 

Si des problèmes se présentent, on les imputera au “racisme”, qui serait l’apanage de l’homme Blanc. Il s’agit, ici, d’un avatar de l’attitude colonialiste : les “antiracistes” n’écoutent jamais leur fameux Autre. S’ils le faisaient, ils risqueraient de buter sur un phénomène radicalement inconciliable, la négation absolue de leur volonté d’une existence apaisée et sans heurts. Au fond, dans l’univers virtuel de “l’antiraciste”, la culture de l’immigré est totalement dénuée de toute épaisseur matérielle, charnelle, de tout ce qui serait réfractaire au compromis : en l’espèce, la pérennité du djihad.

 

 

Le retour en force de la haine

 

C’est ainsi que, pour reprendre les mots de Lacan, les « sujets n’ont pas, de nos jours, à assumer le vécu de la haine dans ce qu’elle peut avoir de plus brûlant ». Nos idéalistes bobos oublient complètement que la civilisation humaine ne suit pas une marche irrépressible vers le Progrès et vers une pacification généralisée, mais que, au contraire, elle trahit une constante qui est celle de la barbarie, et nécessite la guerre contre l’ennemi à l’extérieur et contre la criminalité de l’intérieur.

 

C’est-à-dire, qu’on le veuille ou non, toute société repose sur un dispositif de la maîtrise : sur la force et la domination, et sur leur corrélat, l’exclusion. Ce principe signifie aussi que l’on ne peut se contenter de condamner la haine, parce qu’elle constitue une partie essentielle de l’humain.

 

A vouloir faire comme si cette dimension n’avait plus cours – comme si elle s’évanouissait dans la généralisation des contrats et des négociations –, on ne fait que la déplacer, la disperser pour la rendre à la fois plus présente et insaisissable. Ainsi, par exemple, la force policière ne se manifeste plus dans la répression, mais prend la forme d’une surveillance perpétuelle qui achève d’abolir le domaine privé.

 

L’antiracisme était donc bien fait pour s’accorder avec le narcissisme mahométan, qui s’exacerbe constamment, dans la mesure où on lui fait des concessions, considérées – par leurs bénéficiaires – comme des signes de faiblesse et de veulerie.

 

Plus l’Homme Blanc cherche à expulser l’expression du racisme, plus le mahométan se vautre dans sa posture de victime privilégiée. Plus le mahométan se montre menaçant, violent, plus la belle âme pointe vers le chômage, le racisme, comme les prétendues causes, réclamant qu’on sacrifie de plus en plus nos conditions d’existence.

 

Ainsi prend forme un couple qui s’entretient dans une relation pathologique : l’antiraciste oubliera qu’il ne vénère “l’Autre” que pour autant que celui-ci fait peser sur lui une menace de violence réelle : criminalité des “quartiers” et djihad mondial. On voit aussi se profiler, là, un “cycle de violence” sur le plan économique : de plus en plus d’immigrés vivant sur les largesses de l’État, tandis que ce dernier se révèle de moins en moins capable d’assurer la protection de ses citoyens, victimes des violences. Voire : l’État y a déjà renoncé.

 

C’est dire que les belles âmes s’entretiennent en se faisant les esclaves de cette même violence : là, nous découvrons une face de cet « état de floculation diffuse de la haine qui sature en nous l’appel à la destruction de l’être ». La collusion entre la France et l’islam promue au statut inconcevable de “religion de paix et d’amour” ne peut se réaliser que par le sacrifice du Juif, bouc émissaire responsable du mal.

 

Shmuel Trigano a parfaitement démontré comment on se hâte de proclamer “Français” les djihadistes nés sur le sol français, tandis que l’islam se voit systématiquement disculpé, écarté de toute réflexion ; en parallèle, les Juifs sont dénoncés – par le biais de l’antisionisme – comme étant étrangers à toute valeur humaine.

 

 

Israël : un point de résistance

 

Enfin, s’il existe une société qui se trouve obligée d’ « assumer le vécu de la haine dans ce qu’elle peut avoir de plus brûlant », c’est bien Israël : ce pays, que la “communauté internationale” ne cesse de vouloir dissoudre en le modelant à l’image de son fantasme : à force de résolutions hostiles passées à l’ONU et, tout récemment, de votes parlementaires pour “reconnaître” un “État palestinien”.

 

Bien entendu, ce « vécu de la haine », en Israël, ne signifie aucunement qu’il s’agisse d’une “société de haine”. A notre époque, nous sommes devenus incapables d’entendre une déclaration comme celle-ci, énoncée par le héros sublime Nicomède (Corneille) au sujet de la reine corrompue et manipulatrice : « Ma générosité cède enfin à sa haine ».

 

En Israël, il s’agit d’un peuple qui éprouve, de la manière la plus vive qui soit, à quel point son existence est mise dans la balance par la haine que lui vouent toutes les populations environnantes, et auxquelles les puissances occidentales prêtent leur concours le plus assidu.

 

En effet, Israël représente une société qui sait qu’il suffirait qu’elle baisse sa garde pour que l’existence même du peuple juif soit menacée. Une société qui voit la vie comme valeur irremplaçable, mais qui est prête à la sacrifier, quand la pérennité de son peuple est en jeu.

 

On voit donc qu’il s’agit d’une nation qui réunit et articule des valeurs apparemment incompatibles entre elles : la reconnaissance de ses origines dans une tradition plusieurs fois millénaire, perception que vient soutenir l’attachement à la famille ; en même temps, cet ancrage dans le passé se double d’un regard vers la modernité, dans le goût de la recherche et de l’innovation technologique ; l’amour de l’humain et de la paix se joint au courage et à l’inflexibilité au combat contre l’ennemi.


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L’Homme virtuel contre la haine (1ère de deux parties)(info # 012711/14) Version imprimable
Analyse
jeudi, 27 novembre 2014

 

Par Llewellyn Brown

 

Une « civilisation de la haine » ?

 

Il y a peu de temps, nous avons critiqué des développements faits par deux psychanalystes qui, s’appuyant sur quelques passages de Jacques Lacan, se faisaient les relais de l’idéologie convenue concernant ce que l’on appelle le “racisme”.

 

Loin d’avoir fourni une réelle analyse conceptuelle des propos de Lacan, ces auteurs ont simplement utilisé des citations pour conforter des notions que l’on peut lire dans n’importe quel journal français. Bref, l’idéologie y avait remplacé la pensée.

 

Nous eûmes récemment la surprise de tomber sur un passage de Lacan traitant de la haine, et qui semble apporter un éclairage utile à l’obsession actuelle du racisme. Le texte mérite que nous le citions in extenso :

 

« Néanmoins, les sujets n’ont pas, de nos jours, à assumer le vécu de la haine dans ce qu’elle peut avoir de plus brûlant. Et pourquoi ? Parce que nous sommes déjà très suffisamment une civilisation de la haine. Le chemin de la course à la destruction n’est-il pas vraiment très bien frayé chez nous ? La haine s’habille dans notre discours commun de bien des prétextes, elle rencontre des rationalisations extraordinairement faciles. Peut-être est-ce cet état de floculation diffuse de la haine qui sature en nous l’appel à la destruction de l’être. Comme si l’objectivation de l’être humain dans notre civilisation correspondait exactement à ce qui, dans la structure de l’ego, est le pôle de la haine. »1

 

 

Antiracisme et le triomphe du “Bien”

 

Nos bien-pensants de gauche – ceux qui tiennent les rênes de la politique et des media – ne sauraient admettre une telle analyse. A leurs yeux, la haine n’habite rigoureusement que le peuple de “droite” : que celle-ci soit “extrême” ou non.

 

Plus largement, c’est l’homme occidental qui est coupable de la haine de l’Autre, pour avoir colonisé les pays étrangers et traité leurs peuples comme des êtres inférieurs. A présent, les haineux sont, selon eux, ceux qu’ils appelaient, autrefois, le “prolétariat” et qui, s’étant volatilisés sous les effets du capitalisme, portent désormais le nom de “beaufs”, d’individus “franchouillards”, qui n’acceptent pas l’immigration de peuplement qu’on leur impose. Bref, pour le vertueux “antiraciste”, la haine caractérise rigoureusement ceux qui tiennent à leur mode de vie occidental.

 

Encore, ces personnes font valoir que la civilisation a fait des progrès : après la Shoah, la société française a fait amende honorable, dénonçant les collaborateurs et respectant désormais le “devoir de mémoire”. La France combat le racisme ; seulement il faut éviter de retomber dans les travers du passé : on guettera désormais tout propos “nauséabond”, et tout rappel des “jours les plus sombres”. C’est dire qu’on estime avoir enfin identifié le mal ; le combat se fera dorénavant en fonction de modèles situés systématiquement dans le passé.

 

 

La persistance du sentiment anti-Juif

 

Or si l’on prend au sérieux les propos de Lacan, il faudrait bien reconnaître que la haine qui s’est déchaînée dans notre passé récent, et qui a donné lieu à la Shoah – avec la complicité de tous les pays occidentaux, y compris les États-Unis et l’Angleterre –, n’a pas pu se dissiper comme par magie, pour se loger sous la forme facilement identifiable des gens de l’“extrême droite”, et de la “droite”, qui, par atavisme, en subiraient la tentation permanente.

 

Une telle perception est passablement paradoxale : elle suppose, d’un côté, que la nation se serait transformée radicalement en une entité vertueuse qui reconnaît ses erreurs (le fameux “devoir de mémoire”) et, d’autre part, que le mal revêtirait systématiquement la même forme d’une époque à l’autre (“l’extrême droite”).

 

Cette vision figée fait abstraction d’autres facteurs dont la présence, pourtant, se fait massivement sentir : notamment, la composition même des populations habitant le territoire national. Pour être réaliste, il faudrait admettre que, au contraire, la nation ne change pas, eu égard à ses haines, puisque les Juifs demeurent la cible constante des attaques violentes (verbales et physiques), tandis que la forme adoptée par la haine sera, elle, dictée par des facteurs contingents.

 

Pour reprendre les mots de Lacan, loin d’avoir mis la barbarie derrière nous, nous serions demeurés une « civilisation de haine ». Pour avoir une quelconque réalité, cette nature haineuse ne saurait se limiter à un ennemi aisément identifiable – stigmatisé comme étant l’autre (autre que la “vertu”…) –, mais elle doit se loger là même d’où nous croyions l’avoir bannie : c’est-à-dire dans cette image où nous admirons notre belle identité d’“antiracistes”.

 

C’est dire, donc, que la haine en question – celle que l’on a déversée dans la Shoah, et dont on constate la poursuite à notre époque contemporaine – apparaît comme diffuse et, par conséquent, aisément méconnue.

 

Pourtant, elle éclate, de nos jours, dans les manifestations où l’on scande des slogans anti-Juifs ; dans les agressions antisémites (en augmentation, selon les statistiques récentes), qui vont jusqu’aux massacres (Toulouse, Bruxelles) et aux actes de barbarie (dont fut victime Ilan Halimi).

 

Et pourtant, on ne peut dire que nos dirigeants en prennent la mesure, qu’ils entreprennent de s’attaquer aux causes de cette violence pour en enrayer les effets. On répète ad nauseam les dénonciations du racisme anti-Arabe ou anti-Noir et de l’“islamophobie”, alors même que l’on serait en peine d’identifier des incidents ayant la moindre commune mesure avec ceux dont les Juifs sont régulièrement victimes. Ces derniers commencent à quitter la France, alors que leurs agresseurs s’y installent à demeure.

 

 

Une bonté illusoire

 

Ce que l’on propose comme idéologie “antiraciste” n’est manifestement rien d’autre qu’une pose gratuite que nos belles âmes se sentent libres d’adopter, mais seulement dans la mesure où la stabilité de leur existence est intégralement assurée par le Progrès.

 

Loin d’être conceptuelle, l’idéologie du Bien semblerait se confondre avec le triomphe et la domination incontestées des anciens soixante-huitards : à noter leur collusion avec la classe politique, elle-même bénéficiaire du capitalisme mondialisé. En effet, les opinions qui se veulent “antiracistes” sont professées unanimement par les membres des sphères politique et médiatique, qui se soutiennent mutuellement et qui déterminent – avec la notable exception d’Internet – l’information que l’on veut bien distiller au peuple : les élites s’estiment être seules en mesure de décider ce que l’on a le droit de penser.

 

Les bienpensants se considèrent délestés de tout ce qui pourrait faire entrave à une vision optimiste de la vie. Ils sont convaincus que le Progrès est en marche : la société devient de plus en plus tolérante, puisqu’on accepte “l’Autre”, qu’on ne réprouve plus l’incroyance, l’union libre, l’homosexualité, l’étranger. Toutes ces valeurs rétrogrades sont reléguées aux ténèbres du passé, attribuées aux traditions obscurantistes.

 

On ne peut cependant hisser haut la bannière de l’antiracisme, de l’amour entre les peuples, que pour autant que l’on s’estime à l’abri de tout risque. On peut tenir ces vues généreuses et d’une bienveillance absolue à l’égard de l’Humanité entière uniquement quand on jouit du confort, sans risquer de s’affronter à la bassesse humaine qui remettrait cette vision en cause.

 

Concrètement, ces bienpensants peuvent dénoncer le nationalisme parce qu’ils estiment n’avoir pas de patrie à défendre ; ils peuvent aimer “l’Autre” parce qu’ils vivent dans les quartiers de Paris où la racaille ne sévit pas. On voit ici à l’œuvre le même phénomène qui se produisait quand les Européens dénigraient tranquillement l’Amérique, tout en bénéficiant de la protection que celle-ci offrait contre la menace d’une agression de la part de l’URSS. Bref, les antiracistes, les gauchistes, manifestent la suffisance de l’enfant gâté.

 

Ce rêve dont les bienpensants se bercent est assurément conforté par la virtualisation produite par la globalisation et la numérisation. Autrefois, on pouvait s’exalter à la pensée de l’idéal révolutionnaire, de la haine justifiée du Maître (comme chez Frantz Fanon), mais cette époque est révolue.

 

Aujourd’hui, la haine est proscrite, parce que notre vie se déroule dans un univers dématérialisé : la matière ne pèse plus, rien ne coûte des efforts. Dès lors, pour se ranger du côté du Bien, on n’a pas d’effort physique à produire : immobilisé devant un écran, il suffit de cliquer sur sa souris. Un monde illimité réconforte aujourd’hui les bien-pensants dans leur perception que l’humain n’a pas de consistance, que l’existence peut être intégralement ludique et festive.

 

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Communiqué
jeudi, 27 novembre 2014
 
 
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Iran : mieux vaut pas d’accord qu’un mauvais accord (info # 012611/14) Version imprimable
Analyse
mercredi, 26 novembre 2014

 

Par Jean Tsadik

 

Avant de vous en entretenir et en l’absence de tout motif d’urgence absolue, nous avons voulu, à la Ména, bien comprendre où on en était des négociations avec l’Iran. C’est vraiment la moindre des choses.

 

A Vienne, lundi, les 5+1 et Téhéran se sont mis d’accord sur une extension des négociations jusqu’au 1er mars de l’année prochaine et jusqu’au 1er juillet pour livrer un traité complet signé, muni de toutes ses annexes.

 

Cela ne signifie pas que les diplomates n’aient pas avancé sur certains points clés ; ils ont cependant buté sur le refus des ayatollahs de réduire sensiblement le nombre de leurs centrifugeuses. Ceux-ci désirent en conserver 9 000, quasiment toutes celles qu’ils possèdent aujourd’hui, tandis que les grandes puissances sont prêtes à leur en concéder 4 000, dont la plupart devraient être d’un modèle plus ancien que le plus performant actuellement en activité.

 

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Zarif vient de lui raconter une blague à propos de la jeune Reyhaneh Jabbari,

pendue en Iran pour avoir résisté à son violeur

 

Encore les Américains et les Européens ont mis passablement d’eau dans leur vin à ce sujet, eux qui voulaient, au début des négociations, qu’il n’en demeure que 1 000 à 2 000.

 

On est dans l’impasse, car il est douteux que le Congrès de Washington donne son accord même pour les 4 000 unités admises par les négociateurs occidentaux. L’on sait que la sensibilité du Congrès sur la question de la bombe atomique iranienne est similaire à celle de la Knesset israélienne, et l’on sait aussi que les deux chambres US remodelées par les élections de mi-mandat, dans lesquelles les Républicains sont majoritaires, commenceront à siéger en janvier.

 

On comprend mieux dès lors pourquoi la Maison Blanche était si pressée de ficeler un accord avant la date limite initiale du 24 courant.

 

Le Congrès pourrait même s’abstenir de considérer les progrès effectués à Vienne et décider de nouvelles sanctions contre les Perses. Barack Obama, quant à lui, pourrait alors utiliser son veto afin de neutraliser les décisions de son parlement, mais cela enverrait un signal fort de défiance à la théocratie iranienne, qui durcirait à son tour ses positions. Car à Téhéran, on comprend bien qu’Obama n’est pas éternel et qu’on risque fort d’avoir affaire tôt ou tard avec les Républicains et leur alignement sur les positions de M. Netanyahou.

 

Certes, la junte chiite a urgemment besoin des fonds retenus à l’étranger et d’une levée des sanctions qui frappent le domaine de l’énergie, mais pas au point de "se laisser mettre à genoux", comme l’a rappelé hier le Guide suprême Khamenei sur les réseaux sociaux et en anglais.

 

Et cela touche au deuxième point de désaccord actuellement infranchissable : Téhéran, en cas d’accord, réclame une levée rapide de toutes les sanctions, sous six mois, un an tout au plus, alors que les Occidentaux, France et USA en tête, entendent imposer un dégel graduel pour s’assurer que les Perses respectent leurs engagements. Ils ne sont pas prêts à défaire totalement les sanctions sur une durée de moins de cinq ans, certains pays parlant même de dix ans.

 

Il faut savoir qu’en cas de breakout, c’est-à-dire si la "République" Islamique décidait de dénoncer l’hypothétique traité sur sa bombe, et donc de la fabriquer, après toutes ces palabres à Vienne et à Genève, il ne resterait plus que l’option militaire pour les en empêcher. Et c’est précisément cette situation de tout ou rien qu’on espère éviter à Paris et à Washington.

 

Ce, parce qu’on est passablement échaudé par le comportement des Iraniens en matière de contrôle des sites par les inspecteurs de l’AIEA : en dépit du compromis intermédiaire de novembre-décembre de l’année dernière, les ayatollahs n’ont pas laissé les commissaires visiter toutes les installations qui les intéressaient, en particulier celle de Perchin, où ils sont convaincus que les khomeynistes ont développé et testé des dispositifs de mise à feu qui ne peuvent servir qu’à faire exploser des bombes atomiques.

 

Et comme Mohammad Zarif, leur ministre des Affaires Etrangères et le chef de leur délégation durant les négociations, persiste à prétendre que son pays n’a jamais envisagé de faire un usage militaire de l’atome, et qu’il n’est pas possible d’effacer les traces dans le sol qui prouveraient le contraire à Perchin, les gens de l’agence onusienne de l’énergie atomique en restent tenus à l’écart.

 

Dans l’ordre des progrès théoriques réalisés ces dernières semaines à Vienne, et il y en eut, Téhéran a accepté le principe de protocoles détaillés pour l’inspection de ses sites. C’est juste que les 5+1 ne lui donnent plus le bon Dieu sans confession et qu’ils veulent avoir le temps de s’assurer que leurs soupçons sont infondés.

 

Au chapitre des avancées, on peut citer, avec toutes les précautions de rigueur, l’acceptation par les Iraniens, dans le cadre d’un accord définitif, de limiter le taux d’enrichissement de leur uranium à 5 pour cent, ainsi que de convertir les plans de leur centrale à eau lourde afin qu’elle ne puisse pas produire de plutonium.

 

Forts de ces quelques signes encourageants et de l’intention commune des parties de ne pas interrompre le dialogue, on va continuer à discuter ces prochains mois, mais à un niveau moins élevé que celui des ministres des Affaires Etrangères.

 

Tant que la junte chiite ne renouvelle pas son stock d’uranium à 20 % qu’elle a effectivement dégradé au printemps dernier, la pression principale s’exerce sur elle ; c’est elle qui a le plus besoin d’atteindre un compromis avec l’Ouest, tandis que ce dernier peut s’accommoder d’un breakout time, soit le temps qu’il faudrait aux ayatollahs pour fabriquer une bombe s’ils tournaient le dos aux négociations, de six à neuf mois. C’est sans doute ce qui fait dire à Binyamin Netanyahu, suivi en cela par les dirigeants arabes de la région : "Mieux vaut pas d’accord qu’un mauvais accord".

 

D’ailleurs, cette fois-ci, après les "incompréhensions" qui avaient suivi les pourparlers de l’an dernier, John Kerry s’est entretenu à de multiples reprises avec le 1er ministre israélien et avec les Saoudiens. Leur ministre des Affaires Etrangères, Saoud al Faysal, a même effectué le déplacement de Riyad à Vienne dimanche dernier pour s’assurer que Kerry ne signerait pas sur un texte inacceptable.

 

Si Barack Obama se concerte avec le président du Conseil hébreu, ce n’est pas parce qu’il en est soudain tombé amoureux, ni même parce qu’il redoute une action militaire préventive de la part de Jérusalem.

 

Une opération de ce genre ne reviendrait sur le tapis que si les théocrates chiites s’éloignaient des dispositions de l’accord intérimaire avant d’en conclure un qui soit définitif. J’ignore à ce propos s’il existe un document signé entre Kerry et Zarif stipulant que le statu quo sera rigoureusement respecté jusqu’au 1er mars, mais cela paraît évident. Si ce n’était pas le cas, les entretiens cesseraient et on ressortirait les Winchester.

 

Non, si le président US a besoin d’Israël à ses côtés, c’est pour persuader le Congrès, le cas échéant, de parapher un projet d’accord, mais pour cela, il doit convenir aux dirigeants de l’Etat hébreu.

 

Lequel ne peut guère camper sur des positions extrémistes, car il a besoin du soutien d’Obama au Conseil de Sécurité pour faire barrage à l’Etat palestinien, et parce qu’il a besoin de la coopération continue de l’administration en place, autant pour assurer le flux de ses livraisons militaires courantes que pour continuer à financer ses projets spéciaux.

 

Si on est poli, on dira que "tout se tient", et si on ne l’est pas, on s’exclamera : "Quel monde de pu… !", mais il est inutile de s’exciter, cela revient précisément au même.

 

On a aussi beaucoup écrit sur le fait qu’Obama voulait prestement finaliser une entente avec Téhéran parce qu’il avait besoin des ayatollahs pour l’aider à combattre l’Etat Islamique. On écrit donc n’importe quoi !

 

On devrait se demander en quoi les Iraniens pourraient-ils bien apporter un soutien décisif au président américain dans cette confrontation. Lui manque-t-il des moyens ? Des soldats ?

 

Le questionnement de base restant : et si les Etasuniens ne réclamaient pas à Khamenei de faire la guerre en Irak, ne la ferait-il pas ? Le Guide suprême avait-il attendu la venue des ambassadeurs de Washington pour envoyer ses Pasdarans guerroyer en Irak et en Syrie ?

 

Assurément, la junte théocratique persane n’avait guère besoin de rappels pour savoir que les sunnites sont ses pires ennemis, et qu’il lui faut contenir leur avancée vers le Sud au risque de perdre de l’influence et de se préparer des lendemains qui déchantent.

 

Le souci des experts US, s’ils le comprennent, consiste à ne pas frapper l’EI trop fort afin qu’il puisse résister aux chiites soutenus par l’Iran et que les deux camps se neutralisent au sud de Bagdad.

 

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Ils se font la main sur les animaux (info # 012411/14) Version imprimable
Informations générales
lundi, 24 novembre 2014

 

Dernières minutes :

 

Ce lundi soir, aux alentours de 18 heures, deux étudiants de la yeshivah Shouvu Banim (revenez, les garçons), âgés respectivement de 32 et 45 ans, se sont fait poignarder par des Palestiniens, à proximité de la porte de Jaffa dans la vieille ville de Jérusalem.

 

Les victimes, l’une blessée légèrement et la deuxième plus sérieusement, sont parvenues jusqu’à la station de police la plus proche pour demander de l’aide ; les deux hommes ont été évacués sur l’hôpital de Shaareï Tzedek (les portes de la justice), après que l’on eut stabilisé leurs blessures sur place.

 

Les forces de police ont rapidement arrêté trois suspects, dont deux mineurs, et passent la ville au peigne fin à la recherche d’éventuels complices.

 

Les premiers résultats de l’enquête semblent indiquer que nous ne serions pas en présence d’un acte terroriste délibéré, mais des conséquences d’une rixe entre trois étudiants talmudiques et quatre jeunes habitants arabes de Jérusalem-Est.

 

 

Ils se font la main sur les animaux (info # 012411/14) [Informations générales]

Par Hevi Pekoz © Metula News Agency

 

Le 3 octobre dernier, des soldats israéliens ont remarqué deux Palestiniens qui se baladaient avec une hyène blessée alors qu’ils patrouillaient près du village d’Etzion en Judée Samarie.

 

Les soldats ont immédiatement appréhendé les deux personnes et contacté la direction de la Nature et des Parcs, un organisme gouvernemental dépendant du ministère de la Protection de l’Environnement, qui gère les réserves naturelles et les parcs nationaux de l’Etat hébreu.

 

Un vétérinaire dépêché sur place, accompagné d’inspecteurs, est parvenu à stabiliser l’état de l’hyène avant de la transférer à la clinique vétérinaire Israeli Wildlife (vie sauvage israélienne).

 

Un interrogatoire préliminaire a permis de révéler que les deux individus résident dans le bourg de Beit Ummar, à 11 km au nord-ouest d’Hébron ; ceux-ci ont toutefois déclaré aux enquêteurs avoir trouvé l’animal dans le lamentable état dans lequel les militaires l’ont découvert et ont été remis en liberté.

                                                                                                      

Cependant, lors de l’enquête, les inspecteurs ont découvert une vidéo postée sur Internet par les deux Palestiniens, les montrant en train de torturer l’hyène, attachée avec des chaines métalliques par la mâchoire et le corps, les pates avant en sang. On y voit également les deux tortionnaires traîner l’hyène par la queue et les poils de sa tête, ce, tout en s’esclaffant.

 

Après la découverte de ces éléments à charge, qui mettaient clairement en doute la version des faits des deux bourreaux, une patrouille de l’Armée israélienne s’est rendue dans leur village pour procéder à leur arrestation.

 

Les interrogatoires et les investigations ont confirmé que l’animal avait été détenu dans d’atroces conditions.

 

Maltraité, privé d’eau et de nourriture, après avoir été capturé à l’aide d’un piège à pates, un objet illégal qui inflige des souffrances extrêmes à ses victimes.

 

L’hyène, en état de choc, avait subi de nombreuses blessures occasionnées par les Palestiniens et souffrait d’une jambe et de dents cassées. Les vétérinaires l’ont soignée et pensent qu’elle pourra retrouver son habitat naturel d’ici un ou deux mois.

 

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Un maître-chien israélien et son équipier

                                                 

La cruauté à l’encontre des animaux, ou zoosadisme, découle d’un comportement sociopathe. La sociopathie est considérée comme un trouble de la personnalité s’appliquant à des personnes ayant du mal à ressentir les émotions humaines à leur propre égard aussi bien qu’à celui d’autrui, ils sont, en outre, incapables de ressentir de l’empathie.

 

Les sociopathes effectuent d’abord leurs "expériences" sur des animaux avant de passer à l’homme.

 

Ainsi, des tueurs considérés comme les plus dangereux de la planète, des assassins tels que Gary Ridgway, qui aurait massacré entre 49 et 90 personnes sur la côte est des Etats-Unis entre 1982 et 2001, Dennis Rader, un tueur en série qui fit 10 victimes entre 1974 et 1991, et Jeffrey Dahmer, surnommé "le cannibale de Milwaukee", ont tous pratiqué la zoosadisme avant de s’en prendre à des humains.

 

Ceci dit, ces assassins ont été retrouvés, jugés et emprisonnés ; quant aux miliciens de toutes les organisations terroristes tels que l’Etat Islamique, le Hamas, le Front al Nosra ou encore Boko Haram, ils tuent impunément hommes, femmes et enfants sans la moindre hésitation, au prétexte qu’ils revendiquent leur participation à une guerre sainte.

 

Ces dégénérés n’ont pas à rendre compte de leurs crimes à moins d’être neutralisés par les frappes de la coalition internationale, les tirs des Peshmergas ou la puissance de Tsahal. Et s’ils survivent, ce qui va être probablement le cas de la plupart d’entre eux, ils continueront à "défendre" la même cause dans d’autres rangs et sous d’autres cieux.

                                                                                                                                             

Le sacrifice d’animaux existe dans la liturgie musulmane, il procède d’une pratique courante ; généralement, c’est un mouton que les fidèles offrent à leur Dieu à l’occasion de l’Aïd al Kabir (la grande fête), appelée également Aïd al Adkha (la fête du sacrifice).

 

Cette tradition commémore la soumission d’Ibrahim (Abraham, pour les judéo-chrétiens) à Dieu, qui a voulu qu’il égorge son fils unique, Ismaël (dans la Bible, c’est Isaac qui devait être sacrifié), en oblation. Dieu a envoyé l’archange Gabriel qui, au dernier moment, avait, substitué un mouton au fils d’Ibrahim.

 

De ce fait, chaque année, le 10ème mois de Dhou al hija (le douzième mois du calendrier musulman), les croyants s’adonnent au sacrifice d’un mouton, en l’égorgeant pour commémorer  l’acte manqué d’Ibrahim.

                                                                                                                                  

En Tunisie, par exemple, plus d’une dizaine de milliers de bêtes à laine ont été égorgées cette année.

 

Hasard, déviance ou habitude, selon Sami El Soudi, la maltraitance des animaux reste une pratique largement plus répandue dans les pays arabes, notamment chez les Palestiniens, que sur le Vieux continent et en Israël.

 

Le 3 octobre à Etzion, les soldats de l’Armée israélienne ont étendu à l’hyène leur principe voulant qu’on "ne laisse pas d’hommes derrière soi" sur le terrain, qu’ils soient morts ou blessés. Cette règle fondamentale au sein de Tsahal assure ses combattants qu’ils ne seront jamais abandonnés en terrain hostile ou dans les griffes de l’ennemi. Durant Rocher Inébranlable, le dernier conflit en date avec le Hamas, des hommes ont encore payé de leur vie leur tentative de récupérer un camarade kidnappé, blessé ou déjà mort.

 

Durant ledit conflit, le meilleur ami de l’homme s’est montré digne des égards conférés par les militaires israéliens au monde animal. Les membres à quatre pattes de l’unité canine de Tsahal, Oketz (dard), spécialisée dans la formation et l’entrainement des chiens à des missions spéciales telles que la localisation des tunnels ou des caches d’armes – se trouvaient en première ligne aux côtés de leurs maîtres. Certains chiens ont d’ailleurs été blessés au combat, et – j’ai bien envie d’écrire "évidemment" - évacués et ramenés en Israël pour y bénéficier de soins médicaux.

 

Pour la petite histoire, ces soldats sans uniforme prennent leur retraite à sept ou huit ans, lorsqu’ils se voient confiés aux soins de leurs maîtres dans la vie civile.

 

Cela contraste de manière extrême avec les usages des miliciens du Hamas, qui ont quant à eux instrumentalisé leurs femmes et leurs enfants comme boucliers humains à Gaza. Ils ont aussi et sans le moindre état d’âme transformé des animaux en armes, en les lançant, bardés d’explosifs, à la tête des hommes de Tsahal.

 

Ainsi, le 18 juin dernier, les miliciens islamistes orientèrent un âne harnaché d’une ceinture explosive dans la direction de soldats israéliens dans le but de les tuer ; repéré par ces derniers, qui n’eurent d’autre choix que celui de le mitrailler, l’aliboron a explosé à bonne distance de ses cibles.

 

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Ce ne sont pas toujours les "gentils" qui gagnent

 

Ce genre d’attaque au baudet avait été observé pour la première fois en 1995, lorsqu’un terroriste-suicide palestinien, chevauchant un âne lui aussi chargé de dynamite, avait foncé sur une position de Tsahal à l’est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Cette attaque n’avait pas tué ni blessé les soldats hébreux mais avait, en revanche, déchiqueté le malheureux animal et son cavalier.


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L'extraordinaire richesse du Hamas (info # 012310/14) Version imprimable
Analyse
dimanche, 23 novembre 2014

 

Par Guy Millière

 

Le magazine Forbes publie très régulièrement des classements des grandes fortunes de la planète. Il vient de diffuser un classement des organisations terroristes les plus riches. Comme on pouvait s'en douter, les organisations terroristes islamiques figurent en tête de liste.

 

Comme c'était prévisible, l'Etat Islamique est en tête du sinistre palmarès : outre l'aide financière qui lui est apportée par le Qatar et par d'autres potentats musulmans gavés de pétrodollars, l'Etat Islamique dispose de l'argent pris dans les banques de toutes les villes dont il s'est emparé, à commencer par Mossoul, dans le Nord de ce que fut l'Irak, mais aussi du revenu de la vente de pétrole, qu'il exporte en direction de la Turquie d'Erdogan et du régime syrien résiduel de Bachar al Assad.

 

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L’émir du Qatar en visite à Gaza avec Ismaïl Hanya

Cet émir a abdiqué en faveur de son fils, Tamim bin Hamad Al Thani,

 en juin 2013, encore bien plus islamiste que lui

 

Comme ce n'était pas nécessairement prévu, le Hamas arrive en seconde position. Le Hamas ne vend pas de pétrole, mais il bénéficie lui aussi de l'aide financière, massive, du Qatar et d'autres potentats musulmans aux poches pleines.

 

Il a bénéficié longtemps de l'aide de l'Iran des mollahs, avec lequel il est en train de renouer des liens. Il tire des revenus de multiples activités de trafic et de contrebande, et, ce qui n'est pas le cas de l'Etat Islamique, il bénéficie de subventions occidentales.

 

Ces subventions ne sont pas directes, bien sûr : officiellement, aucun pays occidental ne finance le terrorisme islamique. Mais les voies indirectes existent, et les pays occidentaux le savent, et sont donc parfaitement conscients de ce qu'ils font.

 

Des aides à la « reconstruction » de la bande de Gaza sont octroyées chaque fois que le Hamas lance des roquettes en direction d'Israël et qu'Israël doit riposter. Les subsides à la « reconstruction » ne servent que pour une faible part au ravalement effectif de la bande côtière : une large quotité de l'argent reçu sert à acheter des matériaux utilisés à des fins exclusivement bellicistes - on l'a vu lors de la découverte des tunnels creusés sous la frontière avec Israël, et destinés à commettre des attentats, des meurtres et des enlèvements -, une plus large portion de cet argent, encore, se retrouve sur des comptes en banque qui permettent aux chefs du mouvement terroriste de mener une vie de milliardaires.

 

Les fonds versés par les pays occidentaux à l'Autorité Palestinienne prennent eux aussi en partie la direction des caisses du Hamas, et ce, d'une manière plus visible encore depuis qu'un gouvernement d'union Fatah-Hamas a été mis en place voici quelques mois.

 

De nombreuses questions devraient être posées à ce sujet. Comment le monde occidental peut-il prétendre faire la guerre à l'Etat Islamique, et ne rien reprocher au Qatar qui finance l'Etat Islamique et le Hamas ?

 

La mansuétude des pays civilisés à l'égard du Qatar vient-elle de ce qu’il investit beaucoup dans l'économie de divers pays occidentaux, à commencer par la France et le Royaume Uni ? Comment le monde occidental peut-il tolérer que des fonds censés servir à des « reconstructions » soient utilisés dans d’autres buts ou détournés massivement : s'agit-il de corruption organisée ? S'agit-il de complicité ?

 

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Attention à la petite tache, Votre Altesse !

 

Comment le monde occidental, car c'est le cas, peut-il continuer à entretenir une distinction artificielle entre l'Etat Islamique et le Hamas ? Est-ce parce que le Hamas tue essentiellement des Juifs, et que tuer des Juifs apparaît moins grave aux yeux des dirigeants du monde occidental ?

 

Comment le monde occidental peut-il continuer à considérer le Hamas comme un mouvement de « résistance » alors que ses méthodes sont exactement semblables à celles de l'Etat Islamique : est-ce, effectivement, parce que le Hamas tue essentiellement des Juifs et cible, pour l'heure, uniquement Israël ?

 

Comment le monde occidental peut-il fermer les yeux sur le fait que non seulement le Hamas utilise des fonds à d'autres fins ou les détourne massivement, mais qu’il fanatise la population placée sous sa coupe, la condamnant à une vie brutale et précaire ? Complicité encore ?

 

A ces questions s'en ajoute une autre, au cœur de l'actualité : alors que les dirigeants du monde occidental savent ce qu'est le Hamas, ce qu’est le gouvernement d'union Fatah-Hamas, très nettement dominé par le Hamas, et qu’ils sont conscients du fait que Mahmoud Abbas est un octogénaire dans la dixième année de son mandat présidentiel de quatre ans, est tout ce qui sépare le Hamas d'une prise de pouvoir totale sur l'Autorité Palestinienne, comment peuvent-ils tenter d'imposer à Israël la création d'un « Etat palestinien », qui deviendrait très vite un Etat Hamas ?

 

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Le député P.S Benoît Hamon possède le sens inné de l’histoire et de la justice

 

C’est lui l’auteur du projet de résolution parlementaire pour la reconnaissance de la Palestine par la France ; il a reconnu : "Cette résolution est tout à fait opportune sur le plan électoral. Il s’agit du meilleur moyen pour récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers, qui n’a pas compris la première prise de position pro-israélienne de Hollande, et qui nous a quittés au moment de la guerre de Gaza".

 

Aux parlements européens qui ont déjà voté en faveur de la reconnaissance d'un « Etat Palestinien » (Suède, Royaume Uni), vient de s'ajouter le parlement espagnol, et va s'ajouter, sans doute, le français.

 

L'Union Européenne semble vouloir absolument d'un « Etat palestinien », et, précise-t-on dans les sphères dirigeantes de l'Union, dans les « frontières de 1967 », qui ne sont pas des frontières et n'en ont jamais été. L'administration Obama pense comme les dirigeants européens, mais ne peut pas obtenir un vote du Congrès, surtout maintenant que celui-ci a basculé dans le camp Républicain.


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On s’éloigne toujours plus d’une solution négociée (info # 011911/14) Version imprimable
Analyse
mercredi, 19 novembre 2014

 

Par Sami El Soudi

 

D’après Al-Ahram (les pyramides), le plus grand quotidien égyptien, le Hamas réclame désormais la dissolution du gouvernement palestinien d’unité nationale.

 

Citant un baron du Hamas à Gaza, Ismail Radwan, le cabinet d’union aurait déçu et il devrait rendre son tablier. Le Hamas, selon les mêmes sources, serait à la recherche d’une solution alternative "qui remplirait ses obligations à l’égard du peuple palestinien".

 

Le Mouvement de la Résistance Islamique (Hamas) reproche au Fatah de M. Abbas de ne pas préparer les élections générales, présidentielles et provinciales, qui devaient se tenir six mois après la signature de l’accord pour la création du gouvernement commun, signé au Caire le 2 juin dernier.

 

En réalité il ne s’agit que d’un prétexte, car ce qui ennuie effectivement les califes de Gaza, c’est leur propre incapacité à utiliser la couverture offerte par le soi-disant gouvernement d’unité pour sortir l’enclave côtière de son isolement, sans toutefois se départir du pouvoir absolu et autoritaire qu’ils y exercent.

 

Hanya et compagnie auraient voulu que les policiers de l’Autorité se déploient aux points de passage avec l’Egypte et Israël, sans armes et privés d’authentiques prérogatives, pour continuer à gérer le trafic des marchandises à leur gré, exactement comme avant Rocher Inébranlable. Ils entendaient – et ne s’en sont pas cachés – recommencer à détourner des matériaux de construction afin de réparer les tunnels et les ouvrages militaires détruits par Tsahal, tout en renouvelant la contrebande d’armes, de munitions et de devises, en réhabilitant les galeries passant sous la frontière égyptienne.

 

De plus, le Hamas comptait également sur la réouverture du poste frontière de Rafah afin de rétablir son influence sur la rue cairote pour aider ses mentors des Frères Musulmans malmenés par le Président al Sissi.

 

Mais ledit Abdel Fattah al Sissi n’entend desserrer l’étau autour de Gaza que si les policiers de l’AP exercent un contrôle réel et total sur les check-points, et qu’ils le fassent respecter du bout de leurs fusils si nécessaire.

 

Jusqu’à leur hypothétique déploiement, la frontière reste fermée, les livraisons de ciment, en accord avec Jérusalem, se font au compte-goutte – au rythme actuel il faudrait 50 ans pour réparer les dégâts de Rocher Inébranlable – et surtout, Sissi s’empresse de construire un no man’s land sur ses 13 kilomètres de frontière commune avec Gaza, afin d’empêcher toute activité de contrebande et d’infiltration vers le Sinaï.

 

Considérant que le projet initial de 500 mètres de largeur n’était pas suffisant, il vient de décider de la doubler. Pour réaliser cette "bande de sécurité" anti-Hamas, il est en train de détruire un millier de maisons appartenant à des Palestiniens établis du côté égyptien de la frontière - après la débâcle de la Guerre des Six Jours, quand Gaza était rattachée à l’Egypte -, promettant à leurs occupants des dédommagements qui ne leur seront jamais versés.

 

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Dynamitage de maisons palestiniennes à Rafah par l’Armée égyptienne

 

L’opposition du gouvernement égyptien contre le Hamas n’est pas sur le point de se dissiper alors que les soldats de son armée tombent chaque jour dans des embuscades tendues par des islamistes jouissant du soutien de Gaza. En fait, la situation dans le Sinaï rappelle de plus en plus celle qui sévit en Irak et en Syrie et l’on peut presque parler d’un conflit ouvert et permanent.

 

Il résulte de ce qui précède qu’Hanya et sa dictature sont entièrement dépendants d’Israël pour l’ensemble de leur approvisionnement. Des discussions impliquant des institutions internationales sont en cours, en vue d’instaurer un suivi de l’usage des matériaux de construction devant servir exclusivement à restaurer les maisons des civils. Mais les procédures envisagées sont terriblement compliquées, le Hamas faisant son possible pour conserver la capacité de brouiller la traçabilité des produits qui seraient importés.

 

Dans ces conditions, Gaza continue de patauger dans ses ruines et de consommer les denrées qui lui sont fournies par ses ennemis de Jérusalem. L’essentiel étant que la Résistance Islamique se trouve dans l’incapacité prolongée de se réarmer, de reconstituer ses stocks de roquettes et autres munitions.

 

C’est d’ailleurs cette faiblesse qui fait que le front reste parfaitement calme, hormis le tir de deux obus de mortier par une organisation islamique dissidente il y a quelques semaines, dont les auteurs ont été retrouvés puis sévèrement châtiés par les miliciens d’Hanya. Ce n’est assurément pas le moment d’exciter les Israéliens. 

 

La direction du Hamas sait pertinemment que même s’il en avait l’intention - ce qui n’est pas le cas - Abbas ne peut rien faire pour desserrer l’étreinte autour de Gaza, la décision se trouvant dans les mains de Jérusalem et surtout du Caire. Mais l’encerclement sécuritaire et politique dans lequel il se trouve ne lui convient pas, lui qui rêvait d’un aéroport et de faire libérer les terroristes détenus en Israël et qui l’avait promis aux Palestiniens comme raison de subir la guerre de cet été.

 

Le Hamas n’a participé au gouvernement d’union que pour remettre les pieds en Cisjordanie et assurément pas pour confier les clés de la bande côtière au Fatah. Car il saisit évidemment aussi que celui qui contrôle les entrées des personnes et des marchandises dans Gaza règne de facto sur ce territoire. Et il n’en a pas chassé le Fath’, en juin 2007, occasionnant la mort violente de 150 Palestiniens, pour le rendre sans combattre à l’OLP.

 

Le Mouvement de la Résistance Islamique possède en cela un allié de poids en la personne de Binyamin Netanyahu, qui ne l’a pas éradiqué en août alors qu’il en avait les moyens, mais qui s’est contenté de le stériliser, sachant que personne ne l’obligera à signer un accord de paix avec nous tant que les djihadistes gouverneront dans l’enclave côtière.

 

Je ne cesse de le répéter depuis des années dans ces colonnes : nul ne peut exiger de la part de Jérusalem qu’elle fasse la paix avec la moitié des Palestiniens alors que l’autre moitié continuerait à œuvrer à son éradication ; ce qui explique aussi que c’est l’Egypte qui exige le déploiement des policiers armés de Ramallah aux frontières de la Bande, alors que l’on n’a jamais entendu cette exigence prononcée par le chef de l’exécutif israélien.

 

Ces considérations font que Mahmoud Abbas a décidé de jouer à fond une autre carte ; celle qui consiste à imposer diplomatiquement l’existence d’un Etat palestinien à Israël, sans négociations et sans aucun accord, et donc, sans aucune concession de sa part.

 

C’est ainsi qu’il s’active avec succès à obtenir la reconnaissance de cet Etat par les démocraties européennes et qu’il mise sur l’appui du canard boiteux1 Obama au Conseil de Sécurité cet hiver, lorsqu’il y présentera la même demande de reconnaissance de la Palestine en tant qu’entité étatique.

 

Même si les chances d’y parvenir sont minces et que les décisions des parlements européens dans ce sens sont uniquement symboliques, Abbas mise surtout, en choisissant de maximiser ses revendications, sur sa chance de devenir le leader de tous les Palestiniens, et de mettre en exergue la volonté indéfectible du 1er ministre hébreu de conserver le statu quo en gelant les discussions avec l’Autorité.

 

Pour ce faire, Ramallah entretient artificiellement la violence à Jérusalem afin de conserver le différend israélo-palestinien au premier rang des préoccupations de la communauté internationale, au moins jusqu’à la discussion sur l’indépendance de la Palestine au Conseil de Sécurité.

 

Il est aidé en cela par l’engouement que suscitent les images en provenance d’Irak et de Syrie, qui mettent en exergue les succès et la férocité de l’Etat Islamique. Peu de gens en dehors du Moyen-Orient sont capables de mesurer l’impact que suscite l’EI sur la population palestinienne, en particulier sur les jeunes en manque d’action et en quête de célébrité.

 

Je passe le plus clair de mon temps, ces dernières semaines, à mesurer cet impact en conduisant des sondages d’opinion, et suis en mesure de vous assurer qu’il est extrêmement conséquent ; la plupart de mes compatriotes ressentent de l’empathie et même de la fierté à l’annonce des "triomphes" d’el Baghdadi et de ses combattants.

 

En Occident, on se méprend sur l’effet qu’opère sur les foules sunnites les décapitations de mécréants, la mise en vente des femmes des vaincus et les massacres perpétrés par les soldats hystériques de l’islam conquérant. Ici, ce n’est pas le dégoût humaniste européen qui prime mais l’admiration ; laquelle génère des vocations de meurtres et de martyrs auprès de centaines de jeunes Palestiniens, ce qui promet des lendemains difficiles pour la police israélienne.

 

Abbas surfe sur cette passion lorsqu’il affirme que la présence de Juifs sur l’esplanade des mosquées "souille" les lieux saints de l’islam, et que "Jérusalem est à nous et pas à eux".

 

Certes, Yoram Cohen, le chef du contre-espionnage israélien n’a pas entièrement tort quand il contredit le chef de son gouvernement en affirmant que Mahmoud Abbas n’incite pas à la violence contre les Israélites. D’abord parce que c’est Binyamin Netanyahu qui fait tout ce qu’il peut pour noircir le trait en présentant le président de l’Autorité Palestinienne comme un extrémiste comparable dans ses objectifs à Hanya et à Mashal, ce qui est terriblement exagéré. Tout ce que Netanyahu désire, c’est que personne ne l’oblige à négocier avec le petit raïs de la Moukata de Ramallah.

 

Ensuite, parce qu’Abbas privilégie effectivement la carte diplomatique qu’il est en train de jouer et n’a aucune intention d’allumer les feux d’une troisième Intifada dont les résultats seraient contre-productifs pour son projet. Abbas n’est pas un général, c’est un survivant ; un petit politicien sans pouvoirs qui n’existe que par ses manipulations et qui en est parfaitement conscient.

 

Ce qui ne l’empêche pas, bien au contraire, d’amplifier des rumeurs destinées à entretenir la violence et la haine, telle la mise en cause d’Israël pour la pendaison du conducteur de bus Youssouf Hassan al Ramouni, dans laquelle elle n’est strictement pour rien. Ou ces accusations délirantes selon lesquelles les Juifs auraient décidé de s’en prendre à la mosquée al Aksa (la plus lointaine) pour reconstruire leur temple à sa place.  

 

Les lecteurs de la Ména doivent savoir que l’AP, à l’instar de la plupart des musulmans, nie l’existence du temple de Salomon édifié 1 700 ans avant la construction des deux mosquées à Jérusalem. Pour protéger leur mensonge, ils s’opposent mordicus à toute entreprise archéologique qui pourrait dévoiler au monde leur imposture.

 

De même qu’ils passent sous silence le fait qu’al Aksa a été bâtie en 705 sur le site de l’Eglise Notre-Dame, érigée en ce lieu saint par l’empereur Justinien, en 530 après J.-C. Il est vrai, d’autre part, que Jérusalem n’apparaît nulle part dans le Coran et que Mahomet ignorait plus que probablement jusqu’à l’existence de cette cité.

 

Cela, c’est la vérité historique, ce qui n’empêche nullement que des milliers de croyants soient aujourd’hui prêts à sacrifier leur vie pour la sauvegarde de ce qu’on leur a affirmé constituer le 3ème lieu saint de l’islam. Et factuellement, politiquement, c’est cela qui importe.

 

Alors, pendant qu’Abou Mazen dénonce l’attaque de civils dans une maison de prière à Har Nof, son parti, le Fatah, sur sa page officielle Facebook, annonce la distribution de sucreries "pour célébrer l’opération de Jérusalem menée afin de venger l’exécution du martyr Youssouf al Ramouni [le chauffeur de bus] et les violations de la mosquée al Aksa". Quant à Jamal Tiraoui, porte-parole du même Fatah, il a informé sur le site Web d’Al Watan News (la patrie), que le mouvement "approuvait l’opération-martyr à Jérusalem" et qu’ "il escortait les martyrs de la famille Abou Jamal jusqu’au paradis".


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Attentat de la synagogue, mise à jour (info # 031811/14) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 18 novembre 2014

 

 

© Metula News Agency

 

Jérusalem 13h07, midi 07 à Paris

 

Ce matin, aux environs de 7 heures, deux terroristes palestiniens se sont introduits dans la synagogue du quartier orthodoxe d’Har Nof à Jérusalem.

 

Habitants de Jabel Moukaber, dans l’est de la capitale, ils étaient détenteurs de cartes d’identité israéliennes. Indirectement, cela signifie que leur zone domiciliation dépend de la police israélienne et non de l’Autorité Palestinienne pour tout ce qui concerne la sécurité.

 

Les deux agresseurs, Hassan et Uday Abou Jamal, étaient cousins. L’un était muni d’une machette et d’un revolver, l’autre, uniquement d’une machette.

 

Il est probable que les fidèles les aient initialement pris pour des employés de nettoyage. Hassan et Uday Abou Jamal ont patiemment attendu que la synagogue se remplisse et que la prière débute avant de s’en prendre aux personnes de l’assistance, tuant et blessant le plus de gens possible.

 

Deux agents de la circulation, alertés par les bruits des coups de feu et par les cris, se sont instinctivement rendus sur place ; ils ont été accueillis par des tirs et ont été blessés, dont l’un grièvement à la tête. Ce policier se bat actuellement pour sa survie dans un hôpital de Jérusalem, son diagnostic vital étant engagé.

 

Peu après, une force d’intervention de la police, dûment informée de ce qui se passait et équipée en conséquence s’est portée au-devant des terroristes et les a éliminés.

 

Les commandos ont dévêtu les dépouilles des deux assassins afin de s’assurer qu’ils n’étaient pas porteurs de bombes à retardement à même leur corps.

 

En même temps qu’ils s’assuraient que les deux individus n’avaient pas été assistés par d’autres terroristes, les forces de sécurité de l’Etat hébreu ont investi leurs demeures et arrêté plusieurs proches pour interrogatoire.

 

Durant ces dernières minutes, nos correspondants dans la capitale nous annoncent que des heurts se produiraient entre des émeutiers palestiniens et des policiers, principalement dans le quartier de Jabel Moukaber précisément.

 

Les autorités politiques et sécuritaires israéliennes ont accusé l’AP et son chef, Mahmoud Abbas, d’avoir récemment incité les habitants de Jérusalem-est à la violence contre les Israélites.

 

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L’appel des organisations palestiniennes résumé en un dessin

 

Les organisations djihadistes palestiniennes, le Hamas et le Djihad islamique en tête, ont élevé les deux terroristes au rang de "martyrs nationaux du peuple palestinien". Sur leurs chaînes télévisées, ils diffusent en boucle les images des assassins, appelant les Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem, et principalement les détenteurs de cartes d’identité israéliennes - "parce que c’est plus facile pour eux"- à utiliser leur véhicule, des couteaux, ainsi que toute autre arme ou objet à leur disposition afin d’assassiner tous les Juifs à leur portée.

 

Le Front Populaire pour la Libération de la Palestine vient de revendiquer l’attentat, déclarant que ses deux auteurs appartiennent à son organisation.

 

L’Union Européenne a quant à elle dénoncé ce crime, de même que le gouvernement allemand, qui s’est exprimé par l’intermédiaire de son ambassadeur en Israël.

 

John Kerry, le Secrétaire d’Etat US, a fait une déclaration très claire à partir de Londres, exigeant de l’Autorité Palestinienne qu’elle condamne l’assassinat collectif de ce matin, qu’elle s’abstienne de toute incitation à la violence, l’appelant à œuvrer en faveur d’un retour au calme.

 

Peu après l’intervention de John Kerry, Mahmoud Abbas a émis un communiqué dans lequel il condamne le meurtre de civils quels qu’ils soient, et particulièrement de personnes en train de prier.

 

Mais parallèlement, une autre source de l’AP a accusé Benjamin Netanyahou et sa politique d’être à l’origine de la situation de violence qui prévaut.

 

L’Autorité Palestinienne s’emploie, ces dernières semaines, à attiser la haine, principalement à Jérusalem, dans le but de replacer le différend israélo-palestinien au centre des préoccupations de la communauté internationale.

 

Elle s’y consacre en diffusant largement des rumeurs sans fondement et délirantes, principalement sur une prétendue intention du gouvernement israélien de s’en prendre à la mosquée al Aqsa sur le mont du Temple.

 

L’AP exploite également des faits divers en les transformant en événements soi-disant liés à son différend avec Israël.

 

Hier, Ramallah a instrumentalisé le suicide d’un conducteur de bus, Youssouf Hassan al Ramouni, qui s’est pendu dans son véhicule, afin de faire croire aux Palestiniens qu’il avait été tué par les Israéliens.

 

Cette autre affirmation est mensongère, comme le confirme l’autopsie réalisée par le très sérieux institut de médecine légale d’Abou Kabir ; cela n’a pas empêché des media, à commencer par l’AFP, d’émettre des dépêches reprenant en long et en large les affirmations controuvées et explosives des organisations terroristes palestiniennes.

 

L’unique question légitime que pourrait soulever l’Autorité Palestinienne concerne les déclarations du gouvernement israélien relatives à l’agrandissement des implantations existantes et au peuplement juif de quartiers arabes de Jérusalem.

 

Quoiqu’il en soit, ces activités politiques ne sauraient justifier des assassinats collectifs sauvages, distinctement inspirés par les activités de l’Etat Islamique en Irak et en Syrie, qui jouit d’un soutien très étendu parmi la population palestinienne et suscite des vocations de violence et de sacrifice.

 

Dans la situation qui prévaut, alors que plusieurs Etats européens, dont la France, ont fait part de leur intention de reconnaitre l’Etat palestinien, Mahmoud Abbas multiplie les déclarations offensives, en félicitant notamment les familles des assassins et en leur garantissant des rentes, partiellement payées avec l’argent des contribuables européens.

 

A l’évidence, le comportement récent du président de l’AP l’exclut de la catégorie des "interlocuteurs modérés", ce qui devrait, normalement, remettre en question les décisions des parlements européens.

 

L’absence de tout contact entre Israéliens et Palestiniens depuis des mois a créé un vide que s’empressent de combler les organisations djihadistes qui refusent le droit de l’Etat d’Israël à l’existence et prônent son élimination et celle de ses habitants.

 

Les instances sécuritaires israéliennes sont actuellement réunies afin de discuter des démarches qui pourraient infléchir la courbe des attentats quasi quotidiens dans la capitale.

 

Reste qu’il semble difficile, pour ne pas dire impossible, de déjouer des initiatives spontanées telle celle des deux cousins terroristes à Har Nof ce matin.

 

L’une des mesures envisagées consisterait à permettre à d’avantage de civils israéliens de détenir et d’arborer des armes personnels, ce, en dépit des risques connus, inhérents à ce genre de décision.

 

 

 
Les images de l’agression terroriste d’Har Nof (info # 021811/14) Version imprimable
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mardi, 18 novembre 2014

 

© Metula News Agency

 

Jérusalem 09h40, 08h40 à Paris

 

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Les organisations palestiniennes Hamas et Djihad Islamique se sont félicitées de l’assassinat collectif de ce matin. Des sources palestiniennes, soutenues par des media étrangers, créent un lien entre l’attaque de la synagogue et la découverte, hier, d’un conducteur d’autobus palestinien pendu dans son véhicule.

 

Ils affirment ou sous-entendent que ledit chauffeur aurait été tué par des Israéliens, en dépit des conclusions de l’autopsie conduite par l’Institut de médecine légale et forensique d’Abou Kabir, dans la banlieue de Tel-Aviv, qui affirme que le chauffeur s’est suicidé au-delà de tout doute sensé.

 

Lequel institut ne s’est jamais mêlé de politique et est considéré par les spécialistes comme l’un des plus fiables et des plus professionnels de la planète.

 

CNN vient d’annoncer que "4 Israéliens et 2 Palestiniens avaient péri ce matin" lors d’un incident à Jérusalem. Ce qui démontre que les media français n’ont pas l’exclusivité de l’activisme antisémite.

 

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Deux des fidèles assassinés par les terroristes palestiniens

 

Les responsables politiques et sécuritaires israéliens accusent Mahmoud Abbas d’inciter systématiquement les Arabes de Jérusalem à s’en prendre aux Israélites, au prétexte fallacieux que l’Etat hébreu projetterait de modifier le statut des mosquées de l’esplanade du temple.

 

Des renforts de la police et de l’Armée ont été mobilisés à Jérusalem et en Cisjordanie.

 

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Les corps des terroristes juste avant d’être évacués

 

A noter la hache ensanglantée à proximité de l’individu. Il avait tenté de se faufiler entre les voitures en stationnement, tirant dans toutes les directions.

 

Il a été abattu par un policier, que le terroriste venait de réussir à blesser grièvement.

 

L’un des deux assassins travaillait dans une épicerie du quartier d’Har Nof où il croisait quotidiennement ses futures victimes. Les deux étaient cousins et venaient du quartier de Jabel Moukaber à Jérusalem.

 

 

 
Grave agression terroriste contre une synagogue à Jérusalem (info # 011811/14) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 18 novembre 2014

 

© Metula News Agency

 

Jérusalem 08h25, Paris 07h25

 

Métula, Paris

 

A 7 heures, ce mardi matin, deux terroristes palestiniens originaires de Jérusalem-Est se sont introduits dans la synagogue du quartier de Har Nof dans la capitale, en plein office.

 

Les agresseurs, munis de haches et de revolvers, s’en sont pris à tous les fidèles auxquels ils pouvaient accéder.

 

Les terroristes ont été neutralisés par deux policiers, dont une femme, qui se trouvaient dans les parages [voir la vidéo]. L’un a été abattu dans la synagogue, l’autre, à l’extérieur, alors qu’il tentait de fuir.

 

Il n’y avait pas de gardes à l’entrée de l’édifice religieux dans ce quartier orthodoxe de la capitale.

 

La synagogue dans laquelle s’est déroulée l’agression fait partie d’un complexe imposant de bâtiments utilisés par la communauté religieuse de feu le rabbin Ovadia Yossef.

 

Plusieurs députés du parti politique de l’ancien rabbin, le Shas (ultrareligieux sépharade), demeurent non loin du lieu de l’incident.

 

L’un des assassins a commencé à tirer avant même de parvenir dans la salle où se déroulait la prière ; les deux tueurs ont agi le visage découvert en hurlant allah houakbar.

 

Une vaste opération des forces de l’ordre se déroule en ce moment même afin de s’assurer que les agresseurs ne disposaient pas de complices, notamment d’un éventuel chauffeur qui les aurait déposés sur les lieux.

 

On compte au moins 4 morts parmi les fidèles et treize blessés dont quatre sont dans un état critique et deux sont moyennement atteints, y compris l’un des deux policiers ayant échangé des tirs avec les terroristes avant de parvenir à les mettre hors d’état de nuire.

 

Le policier en question est touché à la cuisse. Un secouriste parvenu sur les lieux est également blessé par balles.

 

 

 
Comment est née la diabolisation d'Israël (info # 011611/14) Version imprimable
Analyse
dimanche, 16 novembre 2014

 

Par Guy Millière

 

Israël est aujourd'hui, les enquêtes d'opinion l’indiquent, le pays le plus détesté de la planète. Seule la population des Etats Unis, au sein du monde occidental, exprime une opinion majoritairement positive concernant ce pays, qu'il faut haïr si l’on veut être « politiquement correct ».

 

Des attaques terroristes, qui indigneraient l’opinion si elles avaient lieu ailleurs sur Terre, sont jugées banales, presque logiques, dès lors qu'elles se produisent en Israël et visent les Juifs israéliens.

 

Des mots péjoratifs sont quotidiennement associés à Israël, « colonies » et « colonisation », « territoires occupés ». Bien qu'Israël soit une démocratie en bien des points exemplaire, le pays est présenté dans la grande presse comme s'il s'agissait d'une sorte de dictature belliciste. Et bien qu'Israël soit l'une des premières puissances technologiques du monde, ses prouesses sont souvent minorées, voire occultées. 

 

Il n'en a pas toujours été ainsi. Ainsi, le politologue américain Joshua Muravchik a publié voici quelques semaines un livre, "Making David Into Goliath1"", (transformer David en Goliath), qui retrace magistralement la généalogie du basculement.

 

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Au début des années 1960, rappelle l’auteur, Israël était admiré dans l'ensemble du monde occidental. Le peuple israélien était perçu comme un petit peuple courageux et opiniâtre, qui, malgré les épreuves qui ont marqué son histoire, faisait fleurir le désert et devait se battre avec détermination face au risque d'annihilation incarné par le monde arabe.

 

Au moment de la Guerre des Six Jours encore, les dirigeants et les media européens se situaient massivement aux côtés d'Israël, à l'exception notoire du Général de Gaulle.

 

Tout a changé en quelques années.

 

Les facteurs du changement ont été la création de la « cause palestinienne » et le choc pétrolier du début des années 1970.

 

Avec la création de la « cause palestinienne », le petit pays assiégé par l'immensité du monde arabe s'est trouvé peu à peu présenté comme une grande puissance cherchant à écraser à son tour un petit peuple.

 

Le « peuple palestinien », inventé à ce moment, a été décrit comme le nouvel archétype du « peuple opprimé ». Et Israël s'est trouvé décliné tel l'archétype du pays « impérialiste » et « colonialiste », en reprise et en adaptation « très libre » des thèses existentialistes.

 

Le terrorisme - il ne faut pas l'oublier, les « mouvements palestiniens » ont été les inventeurs du terrorisme musulman moderne - a d'abord choqué, puis, à force d'être présenté comme le fruit amer du « désespoir » et comme l’expression d'actes de « résistance » à une intolérable « oppression », il a fini par se trouver justifié.

 

Dès lors que la cible du terrorisme est israélienne, l'attitude qui prédomine désormais en considération d'Israël voudrait que des actes effroyables soient le résultat d'une politique effroyable.

 

Le choc pétrolier a renforcé les effets de la « cause palestinienne ». Le monde arabe a pu commencer à exercer des chantages vis-à-vis du monde occidental, ce qui a conduit celui-ci, l'Europe en particulier, à la prudence, puis à la pusillanimité sans bornes.

 

Le monde arabe a commencé, aussi, à disposer de ressources financières considérables qui lui ont permis de disséminer massivement une propagande anti-israélienne et propalestinienne, et d'acheter de l'influence dans l'économie, les media, la finance et la politique.

 

Une propagande qui a atteint ses cibles à gauche et à l'extrême gauche. Mais partout, elle a fait son chemin. Elle a entraîné des réécritures controuvées de l'histoire enfantant des narratifs biaisés.

 

L'influence achetée par les pétrodollars a également fait son effet.

 

Le résultat est la situation actuelle. Israël, dit Joshuah Muravchik, est le seul pays dont on peut souhaiter la disparition dans une conversation normale, à Paris ou à New York, sans passer immédiatement pour un monstre. C'est un fait que j'avais déjà observé avec effroi dans mes propres livres.

 

Que plus des deux tiers des motions votées à l’Assemblée Générale des Nations Unies soient des motions anti-israéliennes et que quatre-vingt pour cent des activités du Conseil des Droits de l'Homme de cette même institution soient consacrés à critiquer ou condamner Israël ne paraît pas être une anomalie, ajoute Joshua Muravchik. Cela aussi, m’avait déjà choqué.

 

Que des populations musulmanes se soient installées en nombre croissant dans divers pays d'Europe et que l'islam radical ait déferlé dans tout le monde musulman n'a rien arrangé.

 

Israël n'est pas seulement détesté : Israël est diabolisé. Muravchik dresse un constat mais ne propose pas de remède.

 

Il se contente de déplorer que des intellectuels israéliens contribuent à la diabolisation de leur propre pays (Shlomo Sand n'est, hélas, pas le seul concerné).

 

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Incident de la Nakba à Bitunia : un policier et son commandant interpelés (info # 011211/14) Version imprimable
Chronique juridique
mercredi, 12 novembre 2014

 

Par Stéphane Juffa

 

Dans nos articles publiés le jeudi 22 mai de cette année, "Ils nous refont la Controverse de Nétzarim 1ère et 2ème partie" (liens réservés aux abonnés), nous commentions une information selon laquelle des Gardes-frontière israéliens auraient tiré à balles réelles sur des émeutiers palestiniens dans le village de Bitunia, près de Ramallah, dans les territoires palestiniens contestés.

 

Ils commémoraient violemment, avec d’autres civils, le 66ème anniversaire de la Nakba (le "désastre", à savoir la création de l’Etat d’Israël).

 

L’Autorité Palestinienne, l’ensemble des media arabes, la presse française, ainsi que l’ONG israélienne B’tselem affirmaient que lors de cet affrontement, deux Palestiniens âgés de 17 ans avaient trouvé la mort et qu’un troisième, du même âge, avait été grièvement blessé.

 

Nous émettions des doutes quant à cette assertion sur la base de l’analyse des images disponibles ainsi que celle du physicien Nahum Shahaf, qui concluait à une mise en scène.

 

D’autre part, nous avions questionné l’identité des victimes fournie par B’tselem. Nous en avions discuté avec des responsables de cette ONG, qui reconnurent explicitement l’existence d’une incompatibilité flagrante au niveau des noms des morts, tout en ajoutant que ces erreurs n’étaient pas rares lors des incidents de ce type.

 

Finalement, nous annoncions que la justice israélienne avait immédiatement ouvert une enquête au plus haut niveau et qu’elle publierait ses conclusions dès que celle-ci serait terminée.

 

Dans nos articles, nous avions envisagé tous les postulats possibles, que nous avions résumés ainsi :

 

"Les enquêteurs ont à plancher sur les hypothèses suivantes :

 

* Les policiers israéliens ont effectivement assassiné les deux civils palestiniens

 

* Nawarah et Salameh sont morts mais sous des balles palestiniennes

 

* Les Palestiniens ont utilisé les noms et les identités de personnes effectivement mortes durant la même période mais lors d’une autre occurrence, comme un accident de voiture, par exemple, et ils n’ont aucun lien réel avec les acteurs que l’on voit sur les films de Zaïd.

 

* On est en présence d’une mise en scène

 

Dans le premier cas, les policiers devraient être jugés et probablement passer le restant de leurs jours sous les verrous".

 

Cette mention de notre part démontrait que, malgré nos soupçons, nous ne nous substituions pas aux enquêteurs, et que c’était à eux, et pas à nous, d’établir les responsabilités dans cette affaire.

 

Nous respections ainsi notre statut de journalistes non militants, et laissions le soin à la justice de faire son travail.

 

Or il apparaît qu’un policier des Gardes-frontière, ainsi que son commandant, ont été placés en état d’arrestation pour le meurtre présumé du jeune Palestinien Nadim Nawarah.

 

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Les obsèques de Nadim Nawarah

 

Dans un premier temps, l’Armée et la police – à laquelle appartient le corps des Gardes-frontière – avaient affirmé ne pas avoir utilisé de munitions létales durant la confrontation.

 

Pendant l’enquête, des contradictions à ce sujet avaient toutefois vu le jour entre la version de Tsahal et celle de la police.

 

L’investigation est parvenue à établir qu’une balle réelle (pas en caoutchouc) a perforé le sac à dos de Nawarah et a identifié l’arme avec laquelle celle-ci avait été tirée. Le sac contenant la balle avait été remis aux enquêteurs israéliens par l’Autorité Palestinienne.

 

La police de district, responsable de l’enquête, avait interrogé tous les policiers présents sur les lieux qui avaient tous nié avoir effectué des tirs à balles réelles.

 

Il est cependant établi, désormais, que la balle a bien été tirée par un membre des Gardes-frontière, et celui-ci vient d’être placé en détention provisoire par le Tribunal de Jérusalem pour une période de six jours.

 

Son commandant a également été arrêté puis assigné à résidence jusqu’à dimanche prochain. On le soupçonne d’avoir été au courant de ce que l’un de ses hommes avait tiré sur les émeutiers et d’avoir couvert le responsable en mentant lui aussi aux détectives.

 

La justice a imposé le secret sur cette affaire pendant le temps de l’enquête, tandis qu’un porte-parole de l’Armée a précisé que celle-ci se poursuivait ; il a également insisté sur le fait que l’arrestation du suspect ne signifiait nullement la culpabilité du policier [non plus que l’oblitération de nos soupçons. Ndlr.].

 

Les éléments récents que nous retraçons dans cet article démontrent, une fois encore, la crédibilité de la justice israélienne, qui ne se laisse pas dérouter par la situation politique tendue, et notamment les heurts quasi-quotidiens se déroulant ces jours à Jérusalem et en Cisjordanie.

 

Quant à nous, nous respectons une ligne de conduite déontologique très stricte, obligeant les journalistes, au moment d’un incident, à prendre en compte toutes les hypothèses envisageables.

 

L’éthique journalistique réclame aussi aux media ayant couvert une affaire, d’informer sans tarder le public lorsqu’un élément nouveau se fait jour à son sujet ; ce que nous réalisons dans cet article.

 

Si le suspect devait être reconnu coupable d’homicide par la justice, il purgerait, comme nous l’avions annoncé à l’époque, une très lourde peine de prison.


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Méfiez-vous de ceux qui n’aiment pas les chiens (info # 011011/14) Version imprimable
Analyse
lundi, 10 novembre 2014

 

Par Ilan Tsadik

 

74 coups de fouet pour celui qui achète, vend, entretient un chien chez lui ou le promène dans la rue, c’est la peine, assortie d’une amende de dix millions de tomans [env. 300 euros], qu’encourront les amis des meilleurs amis de l’homme dans la "République" Islamique d’Iran.

 

Le projet de loi a été lancé par 32 députés au Majlis, l’ersatz de parlement de la dictature théocratique de Téhéran, et il a toutes les chances d’être approuvé.

 

Ouaf !

 

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Femen-Iran : une chienne à poils et Ahmadinejad

 

Pendant que l’on discutait à la Chambre le fait de savoir s’il y avait lieu d’appliquer cette loi de manière rétroactive sur les deux cents ans écoulés, le président américain, Barack Obama, envoyait à la mi-octobre une lettre secrète au guide suprême de la révolution khomeyniste, Ali Hosseini Khamenei.

 

Dans cette missive rédigée sur un ton amical et révélée par le Wall Street Journal, le chef du monde libre évoquait la possibilité d’actions communes entre les USA et l’Iran contre l’Etat Islamique en Irak et en Syrie.

 

Ce courrier, dont le contenu littéral demeure inconnu, liait une éventuelle coopération militaire et dans le domaine de l’échange d’informations au projet de bombe atomique de Téhéran.

 

On ignore à Métula dans quel sens la proposition s’articulait ; était-ce : entendons-nous sur la bombe afin que nous puissions collaborer contre le Califat Islamique, ou coopérons contre le Califat Islamique et bâclons l’accord sur le nucléaire ?

 

Quoi qu’il en soit, l’annonce de cet échange épistolaire a été fort mal accueillie aux Etats-Unis, où sévit désormais une majorité entièrement Républicaine à l’échelon du pouvoir législatif. On se demande, outre-Atlantique, s’il y a lieu de deviser en secret avec une autocratie antichiens et s’il est avisé de lier les dossiers de la guerre contre DAESH et de la bombe atomique chiite.

 

Et on répond évidemment par la négative, rappelant au canard boiteux [la définition d’un président US ne jouissant pas de la majorité au Congrès] qu’il n’existe aucune commune mesure entre le danger représenté par une bande de sauvages djihadistes armés d’arcs et de flèches et celui de voir un régime totalitariste disposer de l’arme suprême ainsi que des missiles qui lui permettront de terroriser la planète dès qu’ils seront opérationnels.

 

A Washington, on rappelle aussi à M. Obama que la différence entre la sauvagerie des barbares sunnites et des arriérés chiites ne tient qu’au mode d’exécution des innocents ; alors que DAESH leur coupe la tête ou les mitraille, lorsque le temps presse, les ayatollahs les pendent par strangulation, histoire de prolonger le calvaire des suppliciés durant de longues minutes.

 

Ainsi, 55 personnes ont été exécutées de cette manière en deux semaines, entre le 18 et le 29 octobre, y compris Reyhaneh Jabbari, une étudiante en décoration de 26 ans, reconnue coupable de s’être défendue contre un policier en train de la violer, des opposants politiques, des homosexuels ainsi que des mineurs au moment des faits qui leur étaient imputés.

 

Le mollah Laridjani, réagissant, le 15 octobre, à un rapport d’organes internationaux sur les exactions commises en Iran sur le site du Club de la presse des Gardiens de la Révolution, a déclaré : "Plus on nous attaque sur les droits humains et plus nous serons déterminés à appliquer nos peines". Ca promet.

 

Son frère, Javad Laridjani, est président du "Centre des droits de l’homme" de la magistrature perse. L’un de leurs cousins est bourreau et un neveu est le fournisseur principal de corde à nœud du régime.

 

Depuis le début 2014, l’Iran pourrait avoir assassiné des milliers de personnes de la sorte, le compte-rendu et le décompte de la plupart des mises à mort étant le plus souvent gardé secret, comme la lettre de M. Obama. Et les nombreuses visites d’hommes politiques occidentaux à Téhéran, et surtout, de patrons d’industries – notamment automobiles et françaises – avides de réaliser de bonnes affaires à l’ombre des potences, se multiplient.

 

Je m’abstiendrai de vous inonder des qualificatifs "honteux", "répugnant", "révulsant", "émétique", etc. D’abord, je déteste les répétitions, ensuite, à force d’itérations, elles finissent par devenir banales, et puis je suis convaincu que vous possédez un cerveau en bon état de marche et que vous êtes parfaitement capables de tirer vos conclusions par vous-mêmes.

 

De toute façon, il faut absolument innover si l’on veut sortir la France de la crise, naan ?

 

Le 24 courant constituera la date butoir pour parvenir à un accord définitif avec l’Iran sur l’avenir de son programme nucléaire. Il y a quelques jours, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique a fait savoir, à New York, que Téhéran ne collaborait pas avec ses spécialistes, en rupture avec les dispositions figurant dans l’accord intermédiaire. Les ayatollahs empêchent particulièrement les inspecteurs de l’AIEA de se rendre à Perchin, où ont été réalisés les essais des systèmes de mise à feu des bombes atomiques.

 

A moins de quinze jours de l’échéance des négociations, Khamenei n’est toujours pas d’accord de sacrifier la moindre centrifugeuse aux exigences des 5+1, ni de stopper la construction de son usine d’eau lourde, destinée à la fabrication du plutonium à usage militaire.

 

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Les Européens ne pardonnent pas Auschwitz aux Juifs (info # 010911/14) Version imprimable
Analyse
dimanche, 09 novembre 2014

 

Par Guy Millière

 

Jeudi 30 octobre, le gouvernement de centre-gauche suédois, conduit par le socialiste Stefan Lofven, a reconnu « l'Etat de Palestine ». La ministre des Affaires Etrangères, Margot Wallstrom, a déclaré qu'elle pensait que la décision prise par le gouvernement auquel elle appartient « montrerait la voie » à d'autres gouvernements européens.

 

Il est, hélas, clair qu'elle a raison. Le 13 octobre dernier, le Parlement britannique a massivement voté en faveur de la reconnaissance officielle de la « Palestine », et même si ce vote fut symbolique, il n'en a pas moins été significatif : lors du débat qui a précédé le vote, nombre d'intervenants ont souligné « l'urgence » d'une telle reconnaissance.

 

En France, François Hollande a dit très explicitement, le 19 septembre dernier, que « la France veut un Etat palestinien à côté d'Israël », et les députés socialistes préparent actuellement un texte inspiré de celui voté en Suède, aux fins de le faire adopter par l'Assemblée Nationale. Tôt ou tard, le texte sera adopté.

 

Margot Wallstrom a ajouté que la reconnaissance de « l'Etat de Palestine » par le gouvernement suédois permettrait de « relancer les négociations » et allait renforcer les positions des « modérés ». Il est évident que ce qu'elle a dit est faux et qu'elle le sait. A l’instar de tous les gouvernements européens qui sont susceptibles de suivre la Suède, elle pratique l'aveuglement volontaire.

 

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L’Europe n’a-t-elle pas encore tué assez de Juifs ?

 

De fait, toutes les déclarations diplomatiques récentes de Mahmoud Abbas et des autres dirigeants « palestiniens » montrent une volonté de parvenir à une reconnaissance officielle de la « Palestine » sans négociations et sans accord de paix. C'est très exactement cette reconnaissance que la Suède leur apporte et que tous les gouvernements qui suivront la Suède leur apporteront.

 

De fait encore, toutes les déclarations récentes de Mahmoud Abbas et des autres dirigeants « palestiniens » concernant le terrorisme montrent qu'il n'y a chez eux aucune trace de « modération », et qu'ils peuvent traiter des assassins comme des héros et des « martyrs » sans perdre le qualificatif de « modérés » aux yeux des Européens.

 

Leur reconnaissance par des Etats importants ne peut que les inciter à persévérer, et l'Autorité Palestinienne de continuer à se trouver traitée comme un gouvernement honorable bien qu'elle ait formé un gouvernement d'union avec les terroristes fanatiques du Hamas. Cela ne peut que pousser les extrémistes palestiniens à aller plus loin dans la direction qu'ils ont choisie de suivre.

 

Margot Wallstrom a souligné que le gouvernement suédois se situait dans la ligne définie par l'Union Européenne, ce qui est hélas exact.

 

Elle fait référence à une position prise par l'Union Européenne en 2009, et c'est véridique, une fois encore.

 

En décembre 2009, le Conseil de l'Union Européenne a adopté un ensemble de conclusions stipulant que l' « Etat de Palestine » doit être « reconnu officiellement » dès que les conditions seraient réunies, définissant à l'avance, sans concertation ni négociation, ce que devraient être les frontières de cet Etat, à savoir « les frontières d'avant 1967 ».

 

Le document souligne que la capitale de l' « Etat de Palestine » doit être Jérusalem. Il ajoute que des « ajustements de frontières ne seront acceptés » que s'ils bénéficient de l’ « accord des deux parties » ; ce qui signifie, en langage clair, que les ajustements de frontières éventuels ne seront acceptés par l'Union Européenne que s'ils sont acceptés par l'AP.

 

Les dirigeants européens qui ont adopté ces conclusions ne sont pas totalement ignorants de l'histoire : ils savent, par conséquent, qu'il n'y a pas de « frontières d'avant 1967 » et que les soi-disant « frontières de 1967 » étaient uniquement les lignes d'armistice de 1949.

 

Ils savent que la Guerre des Six Jours a été une guerre d'agression arabe visant à l'annihilation d'Israël, et que les territoires perdus en 1967 l’ont été par l'Egypte, la Jordanie et la Syrie. Ils savent qu'en 1967, il n'existait pas de « territoires palestiniens » et que nul n'aurait osé définir à l'époque la Judée-Samarie et la bande de Gaza comme des « territoires palestiniens ».

 

Ils savent qu'à l'époque, l'OLP ne revendiquait pas la création d'un « Etat palestinien », et se présentait comme un mouvement voué à « libérer » un seul territoire, celui d'Israël. Ils savent qu'aucun dirigeant palestinien n'a jamais accepté et n'acceptera jamais la création d'un Etat de Palestine vivant en paix à côté de l'Etat juif d'Israël, et qu'il n'y aura dès lors jamais d'accord ou de traité de paix ; Arafat ne l'a jamais accepté, Mahmoud Abbas non plus, même quand des dirigeants israéliens ont fait des propositions que d'autres dirigeants israéliens considéraient suicidaires pour Israël.

 

Les dirigeants européens savent que les lignes d'armistice de 1949 ont été et restent considérées comme militairement indéfendables par les états-majors israéliens successifs, et qu'aucun gouvernement israélien n'acceptera un retour auxdites lignes d'armistice. Ils savent qu'aucun gouvernement israélien n'acceptera de diviser Jérusalem et de céder la souveraineté israélienne sur la vieille ville et sur les lieux saints.

 

Ils ont adopté une version falsifiée de l'histoire qui est celle mise en place par la propagande arabe.

 

En définissant a priori les frontières entre Israël et un Etat de Palestine, et en entérinant d'avance les positions « palestiniennes », ils ont vidé les négociations de leur sens, et ont endossé la définition unilatérale des dirigeants « palestiniens » de ce que serait leur « Etat ».

 

Ils n'ignorent pas que les dirigeants palestiniens veulent une reconnaissance officielle de la « Palestine » sans négociations et sans accord de paix. Ils n'ignorent pas que les dirigeants « palestiniens » ne veulent pas la paix.

 

Ils n'ignorent pas qu'aucun dirigeant « palestinien » n'a jamais été « modéré ».

 

Ils n'ignorent pas ce que veulent en réalité les dirigeants « palestiniens ».

 

Ils font néanmoins comme s'ils l’ignoraient.

 

Comprendre leur position impliquerait de comprendre l'évolution de l'Europe depuis 1945.

 

L'Europe s'est reconstruite après la Deuxième Guerre Mondiale sur la base d'un postulat : l'Etat nation et l'identité nationale sont la source de tous les maux et de toutes les guerres. Israël est un Etat nation et possède une identité nationale forte, donc Israel a tort, Israel est un pays dangereux.

 

L'Europe s'est reconstruite chargée du poids de sa culpabilité dans la Shoah et a voulu se décharger dudit poids : soutenir la « cause palestinienne » permet aux Européens de dire que les Juifs israéliens sont aussi criminels que les Européens au temps du nazisme et se conduisent vis-à-vis des Palestiniens comme les Européens se sont conduits à l’encontre des Juifs.

 

La vieille phrase disant que les Européens ne pardonneront jamais Auschwitz aux Juifs reste exacte : les Européens se déchargent de leur culpabilité aux dépens des Juifs en accusant ceux-ci d'être aussi criminels que les Européens l'ont été autrefois vis-à-vis des Juifs.

 

L'Europe s'est, décennie après décennie, imprégnée d'un discours relativiste et multiculturaliste, imprégné d' « anti-impérialisme », au nom duquel toutes les civilisations sont égales, mais la civilisation occidentale est moins égale que les autres.

 

Israel est très souvent décrit en Europe en ce contexte comme un pays « impérialiste », colonialiste, soit une incarnation de la civilisation occidentale coupable face à la civilisation musulmane, incarnée par les « Palestiniens ».

 

L'Europe a vu, en outre, sa population changer, et des minorités musulmanes grandir en elle, et elle s'est rapprochée de la vision musulmane du monde.


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Les Républicains vont gagner. Mais ce n’est pas le plus important (info # 010411/14) Version imprimable
Analyse
mardi, 04 novembre 2014

 

Par Sébastien Castellion

 

A la veille de l’élection américaine de mi-mandat, qui concerne tous les membres de la Chambre des Représentants, 36 des 50 gouverneurs d’Etat et 36 des 100 sénateurs, tous les instituts de sondage prévoient une large victoire de l’opposition Républicaine. Même les sondeurs proches des Démocrates, qui ont tenté de présenter des résultats favorables à leur camp pendant la plus grande partie de la campagne, ont rejoint le consensus de la profession dans les derniers jours pour éviter le risque que des prévisions biaisées feraient courir à leur réputation.

 

Pour la Chambre des Représentants, d’ores et déjà contrôlée par les Républicains, les jeux sont bel et bien faits – au point que cette élection ne semble intéresser aucun commentateur. En 2012, les Républicains avaient gagné une majorité de sièges (234 sur 435) alors même qu’ils étaient minoritaires en voix à l’échelle du pays. Cette fois-ci, ils ont, selon les sondages, une avance en voix d’environ six points (53/47).

 

Et pourtant, les perspectives de gains Républicains restent limitées. Les sondages ne placent clairement les Républicains en tête que dans 228 circonscriptions, soit moins que ce qu’ils détiennent aujourd’hui. Certes, leur avantage au plan national leur permet d’espérer remporter la plupart des 28 élections où les sondages sont trop serrés pour faire un pronostic sûr. Mais le résultat le plus probable est que la majorité Républicaine à la Chambre augmentera de moins de 10 sièges au total.

 

Comment la Chambre des Représentants – qui était encore, il y a moins de dix ans, le lieu où les vagues politiques de gauche et de droite trouvaient leur traduction la plus spectaculaire – est-elle devenue aussi imperméable au mouvement de balancier politique ? C’est principalement la conséquence de l’abandon par les Démocrates, sous Obama, du groupe d’électeurs qui avait la plus grande tendance à passer d’un parti à l’autre : celui des pauvres Blancs des petites villes et de la campagne, culturellement conservateurs et économiquement fragiles.

 

Cette population s’était prononcée pour Bill Clinton en 1992. Elle avait fait perdre sa majorité à George W. Bush en 2006 et avait contribué à la première victoire d’Obama en 2008.  Depuis lors, cependant, elle a vu toutes ses valeurs – ordre, respect de la religion et du travail, attachement au droit de porter des armes – attaquées par le président. L’ancienne population charnière a donc rejoint en masse le parti opposé, créant une nouvelle carte électorale où toutes les zones électorales sont solidement Républicaines.

 

Les Démocrates, en échange, ont consolidé leur avantage dans une autre population autrefois charnière : celle des ouvriers de l’industrie. Ils ont aussi largement compensé leurs pertes dans les campagnes en augmentant leur popularité dans les populations urbaines : minorités ethniques, fonctionnaires, nouveaux riches progressistes de la finance et de la haute technologie. Enfin, ils ont mis en place un système remarquable de ciblage personnalisé de leurs électeurs pour les convaincre d’aller voter, augmentant ainsi en leur faveur le taux de participation.

 

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Les Etats-Unis depuis 2012 (Républicains en rouge, Démocrates en bleu) : peu de changements à attendre demain

 

A l’issue de ces changements de comportements électoraux, le rapport des forces n’a pas beaucoup changé au plan national, mais le nombre de circonscriptions capables de passer d’un camp à l’autre a été fortement réduit. Pour simplifier à peine, les villes sont et resteront Démocrates et les campagnes sont et resteront Républicaines, quels que soient les résultats nationaux. Les Républicains ont obtenu une majorité de sièges en 2012 avec moins de voix que les Démocrates à l’échelle nationale ; et ils devraient garder une majorité comparable, ou à peine améliorée, même si une vague Républicaine se confirme.

 

On peut également prévoir une grande stabilité dans les élections au poste de gouverneur. Sur les 36 élections qui se tiendront demain, 12 montrent des sondages serrés ; mais rien ne permet de prévoir que les Républicains (qui détiennent actuellement 29 mandats de gouverneur sur 50) prendront plus d’Etats aux Démocrates que l’inverse.

 

Dans ces conditions, l’attention des commentateurs se porte principalement sur les élections sénatoriales : c’est là que des gains Républicains importants sont attendus.

 

Les Républicains sont minoritaires au Sénat, où ils n’occupent que 45 sièges sur 100. Pour reprendre le contrôle de la Chambre – et donc de tout le pouvoir parlementaire aux Etats-Unis – ils doivent gagner 6 sièges supplémentaires. S’ils n’en gagnent que 5, le Sénat restera Démocrate, car, lors d’un vote à 50/50, c’est la voix du vice-président, le Démocrate John Biden, qui fait la différence.

 

Or, les sondages montrent que la probabilité de gagner six sièges est assez élevée. Sur 36 sièges mis en jeu, 16 sénateurs Républicains et 11 sénateurs Démocrates sont assurés de garder leur siège. Et sur les neuf élections restantes, trois – dans le Montana, le Dakota du Sud et la Virginie Occidentale – voient les sondages donner une nette avance aux candidats Républicains contre un sortant Démocrate. Les Républicains doivent donc gagner encore trois sièges tenus par les Démocrates (ou quatre si leur sénateur de Géorgie, seul Républicain qui n’a pas une forte avance dans les sondages, venait à perdre).

 

Tout se décidera donc dans six Etats où les sondages donnent les candidats au coude à coude : Alaska, Caroline du Nord, Colorado, Iowa, Louisiane et New Hampshire.

 

La plupart des sondeurs estiment probable que les Républicains gagneront au moins la moitié de ces élections serrées. Si c’est le cas, ils reprendront le contrôle total du Parlement : le président Obama, dans les dernières années de son mandat, devra donc composer avec deux chambres hostiles et verra fortement limiter sa capacité à mettre en œuvre son programme très « libéral » (au sens américain ; en termes plus clairs, gauchiste).

 

Et pourtant, même ce succès, s’il est confirmé, paraîtra bien décevant au parti Républicain en comparaison de l’immense vague de mécontentement qui a saisi l’Amérique contre le président Obama et la politique Démocrate. Le président a, selon les sondages, entre 39% et 43% de soutien populaire. Les deux tiers des Américains pensent que le pays va dans la mauvaise direction. Un plus grand nombre d’Américains fait davantage confiance aux Républicains qu’aux Démocrates, sur un plus grand nombre de sujets qu’à aucun moment depuis 2006.

 

Dans ces conditions, tout autre parti d’opposition, dans une autre démocratie, s’attendrait à un changement massif de la composition électorale. Or, ce n’est presque certainement pas ce que nous allons voir.

 

La raison de ce paradoxe tient dans ce qui constitue le plus grand succès historique du président Obama (certains diront même le seul) : la mise en place d’une machine politique qui garantit aux Démocrates, même en période de mécontentement et d’impopularité, un taux de participation de leurs électeurs nettement supérieur à celui de leurs opposants.

 

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Depuis lors, les messages sont devenus plus sophistiqués

 

Cela a d’abord été obtenu en choisissant des thèmes de campagne destinés à éveiller l’indignation des Démocrates pour les pousser à voter – même s’il fallait pour cela inventer des fables complètes dans la description de leurs adversaires.

 

A cette fin, les campagnes Démocrates présentent systématiquement les Républicains comme racistes, sexistes, homophobes et inféodés au grand capital. Ces accusations ne reposent sur aucun fait ; elles ont un net effet délétère sur la société américaine ; mais elles suscitent assez d’émotion pour garantir un fort taux de participation chez ceux et celles qui y croient et se sentent personnellement concernés.


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Fiente de poulet (info # 010211/14) Version imprimable
Analyse
dimanche, 02 novembre 2014

 

Par Guy Millière

 

L'administration Obama prépare-t-elle la reconnaissance par les Etats Unis d'un Etat palestinien ?

 

Un discours prononcé par John Kerry le soir de la fête musulmane de l'Aid al-Adha a particulièrement retenu mon attention à ce sujet ces dernières semaines.

 

Il incluait des éloges dithyrambiques de l'islam : ce genre d’éloges dithyrambiques de l'islam est chose courante depuis que Barack Hussein Obama se trouve à la Maison Blanche.

 

Ce discours n'a pas retenu mon attention parce qu'il comportait des critiques du gouvernement israélien : il est bien connu désormais que l'administration Obama est la plus inamicale à l’encontre d’Israël depuis 1948.

 

Non. Ce discours m’a interpelé parce que John Kerry a, une fois de plus, défini le « conflit israélo-palestinien » comme le conflit central du Proche Orient, et a ajouté qu'il était la « cause de tous les problèmes de la région », le « responsable de la montée en puissance de l'islam radical », et même, un « catalyseur de recrutement pour l'Etat Islamique ».

 

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Kerry : des propos irresponsables cachant des intentions inavouables

 

Dans la foulée, John Kerry a laissé entendre que la création d'un Etat palestinien (conformément, bien sûr, aux lignes du plan de paix arabe, qui prévoit, entre autres, un retour aux « frontières de 1967 ») serait urgente et essentielle.

 

Que John Kerry voie dans le « conflit israélo-palestinien » le conflit central du Proche Orient et la cause de tous les problèmes de la région n'est pas surprenant ; cette vision myope et biaisée est celle de tous les gens de gens de gauche voire d'extrême gauche.

 

Qu'il attribue la montée en puissance de l'islam radical au « conflit israélo-palestinien »  est plus inquiétant, et indique que l'administration Obama est décidément prête à accuser Israël de tous les péchés du monde (il est évident que la non résolution du conflit est, pour Kerry, le fait de la responsabilité d'Israël).

 

Qu'il attribue au « conflit israélo-palestinien » un rôle de catalyseur de recrutement pour l'Etat Islamique est plus inquiétant encore, et montre que l'administration Obama est prête à incriminer Israël pour les massacres commis en Syrie et en Irak, ainsi que pour les actes terroristes commis par des adeptes de l'Etat Islamique.

 

Qu'il insiste en filigrane sur l'urgence de la création d'un Etat palestinien doit être perçu comme un signal d'alarme.

 

De fait, plusieurs pays européens semblent enclins à reconnaître rapidement un Etat palestinien (la Suède vient de le faire, le Royaume Uni a des intentions qui viennent de s'afficher au Parlement à Londres). Une éventuelle reconnaissance d'un Etat palestinien par plusieurs pays européens pourrait

être utilisée comme un prétexte par l'administration Obama aux fins d'aller elle-même en direction de cette reconnaissance.

 

L'Autorité Palestinienne ne cache pas son intention de demander cette reconnaissance aux Nations Unies dans les prochaines semaines ou les prochains mois. Cette requête devrait, en toute logique, se heurter à un veto américain au Conseil de Sécurité. Des diplomates israéliens et divers commentateurs craignent cependant que les mots de John Kerry préparent une possible abstention, et non un veto.

 

Une abstention américaine entraînerait alors la reconnaissance d'un Etat palestinien par ce que d'aucuns nomment encore la « communauté internationale ».

 

Cela ne déboucherait pas sur la création effective et concrète d'un tel Etat, mais exacerberait les risques de sanctions diverses contre Israël, constituerait un carburant supplémentaire pour les campagnes de boycott d'Israël, et pourrait permettre à l'Autorité Palestinienne, en se proclamant Etat, de saisir la Cour pénale internationale pour accuser Israël de divers crimes imaginaires.

 

Ce serait, le cas échéant, une victoire majeure pour le Hamas, qui fait partie intégrante du gouvernement de l'Autorité Palestinienne.

 

Une victoire majeure aussi pour le terrorisme islamique et le terrorisme international.

 

Ce serait, le cas échéant encore, une victoire majeure pour l'islam radical et l'Etat islamique.

 

Le fait que le Congrès américain, lors des élections de ce mardi, puisse basculer entièrement du côté des Républicains n'empêchera en rien Obama de prendre des décisions majeures. Comme il l'a dit lui-même, il peut contourner le Congrès, utiliser son stylo pour signer des décrets (executive orders), et son téléphone pour donner des directives.


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Les Peshmergas d’Irak et de Syrie combattent côte à côte (info # 010111/14) Version imprimable
Exclusivité
samedi, 01 novembre 2014

 

Par Stéphane Juffa avec Hevi Pekoz et Jean Tsadik à Métula et Perwer Muhammad Ali à Kobané

 

Les 150 Peshmergas venus d’Irak ont finalement été autorisés par le gouvernement turc à traverser sa frontière et à se rendre dans la ville assiégée de Kobané, en Syrie, à quelques centaines de mètres à peine.

 

Les Peshmergas, cependant, n’ont pas emprunté le chemin le plus court mais ils ont pénétré sur le territoire syrien à 4 kilomètres environ à l’ouest du poste frontière de Mürsitpinar, non loin de la colline de Shaïr.

 

L’entrée des combattants venus d’Erbil a été protégée par d’intenses bombardements aériens effectués par les appareils de la coalition.

 

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Les Peshmergas d’Irak pénètrent en Syrie

 

Auparavant, les Peshmergas du président du Gouvernement Régional du Kurdistan Irakien, Massoud Barzani, avaient dû patienter trois jours durant dans un camp turc, situé à huit kilomètres de la frontière.

 

Le retard occasionné était dû à deux éléments : le premier concernait la nécessité de synchroniser les opérations avec les YPG, les Unités de Protection Populaire, qui combattent les islamistes dans Kobané.

 

La seconde tenait aux réticences du gouvernement d’Ankara, qui fait tout son possible pour minimiser la portée de la contribution de ces renforts qui ont pourtant traversé une bonne partie de son territoire pour parvenir à destination.

 

Mais c’est du bout des lèvres et sous une pression massive de Washington que Recep Tayip Erdogan a finalement autorisé ce transfert, non sans le critiquer vertement.

 

A Paris, quelques minutes après avoir rencontré le président François Hollande, Erdogan a ainsi lancé : "Pourquoi Kobané et pas les autres villes telles Idlib, Hama ou Homs [en Syrie]… Ce, alors que 40% du territoire irakien est également contrôlé par l’Etat Islamique ? (…) On ne parle que de Kobané où il n’y a pratiquement plus personne à part 2 000 combattants".

 

Les facteurs de réticence du président ottoman sont multiples et ils ont récemment été développés dans ces colonnes par Ferit Ergil, dans son article "Du rififi chez les Turcs".

 

Parmi ces raisons, il faut souligner l’hostilité d’une grande partie de la population turque, à majorité sunnite, à l’encontre des Kurdes et, particulièrement, l’hostilité du courant nationaliste, qui refuse catégoriquement toute ouverture à leur endroit, et considère globalement les Kurdes comme les ennemis, y compris les 15 millions d’entre eux vivant en Turquie.

 

De plus, force est de répéter que Recep Erdogan est un islamiste, dont les sympathies vont à al Nosra et à l’Etat Islamique.

 

D’ailleurs, parallèlement au transfert des 150 Peshmergas irakiens, un chiffre insuffisant pour provoquer un revirement fondamental dans l’issue des combats, Ankara continue de soutenir les milices djihadistes, laissant transiter par son territoire des mercenaires musulmans de plus de 80 nationalités, ainsi que des armes, des munitions et des vivres.

 

Ceux de nos confrères sur place qui sont parvenus à obtenir des documents filmiques montrant le soutien d’Ankara aux djihadistes ont été inquiétés, menacés, et une consœur libanaise, Serena Chéhim, a même trouvé la mort dans des circonstances douteuses.

 

Pour cacher aux Turcs l’entrée des Peshmergas de Barzani à Kobané, des soldats ont constitué une barrière de boucliers dans le but d’empêcher les photographes présents de faire leur travail.

 

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Tragicomique

 

Notre correspondant sur place nous indique que les combattants venus d’Erbil étaient embarqués dans une dizaine de jeeps flambant neuves, entourées de blindés légers assurant leurs protection, et accompagnés de mitrailleuses lourdes montées sur des pickups, de lanceurs de mortiers, de canons et de missiles antichars.

 

Ces hommes viennent s’ajouter à quelques 50 militaires des forces syriennes libres, sous le commandement du Colonel Abdul Jabbar al Oqaidi, entrés dans la ville assiégée il y a quelques jours.

 

Il est évident que l’apport de ces personnels et de leur armement jouera un rôle crucial dans la reconquête de la ville martyr, car ce qui manquait le plus aux YPG, c’était des armes antichars, de l’artillerie et du sang frais,

 

Ces renforts seront peut-être suffisants pour repousser DAECH derrière les limites de l’agglomération mais assurément pas pour lancer une offensive d’envergure afin de libérer une partie significative du territoire dont le Califat Islamique a pris le contrôle en Syrie.

 

On peut d’ailleurs, nous aussi, nous demander si les stratèges américains et européens ne se rendent pas compte que les moyens qu’ils ont engagés sur le terrain ne suffisent pas à renverser le sort des armes.

 

Certes, il serait préférable de dépêcher plus de forces terrestre sur le théâtre des opérations, ce qui pose un problème tant à Barack Obama qu’aux dirigeants de l’Union Européenne. Reste que des milliers de combattants non-djihadistes de l’Armée Syrienne Libre ainsi que d’autres Peshmergas sont disponibles à cet effet, mais qu’ils ne reçoivent pas le soutien adéquat des puissances occidentales.

 

Qui plus est, les experts militaires de la Ména sont formels quant à la possibilité de fournir un soutien aérien plus conséquent et efficace aux forces qui combattent tant les djihadistes que le régime de Béchar al Assad.

 

Cela pourrait être aisément accompli en multipliant le nombre des chasseurs-bombardiers et en redéfinissant leurs missions, ainsi qu’en engageant des hélicoptères d’assaut que l’on ne voit pratiquement pas dans la bataille.

 

Il ne nous semble pas utile de mentionner que les forces de la coalition disposent des appareils et équipages nécessaires, prêts à intervenir, par milliers.

 

Les experts de la Ména formulent le vœu qu’il s’agit d’un calcul d’ordre stratégique de la part des coalisés, et que ceux-ci comprennent que la présence de l’Etat Islamique, pour détestable qu’elle soit, participe à contrebalancer les aspirations de l’Iran chiite en Irak. Et que, d’autre part, l’Armée alaouite d’al Assad constitue le seul rempart tangible face à l’avancée dudit Etat Islamique à l’Ouest, en direction de Damas, du Liban et d’Israël.

 

Si les stratèges occidentaux ont compris cette équation, ce serait le signe qu’ils préfèrent une politique réaliste à celle consistant à vouloir changer le monde ou à le façonner à leur image.

 

Notre correspondant face à Kobané, Perwer Muhammad Ali, nous indique également qu’un officier Peshmerga en train d’entrer en Syrie a crié à son intention : "En une semaine nous aurons nettoyé Kobané de ces mercenaires".

 

Ce ne sont peut-être pas 150 Peshmergas irakiens qui vont changer la face du monde, toutefois, nous distinguons un élément plus que symbolique dans leur participation aux affrontements de Kobané. Pour le comprendre il faut prêter l’oreille à ce commentaire d’un officier des YPG, nous affirmant qu’assister au combat commun des YPG et des combattants irakiens était un fait d’extrême importance pour le peuple kurde.

 

Nous, d’observer attentivement que, jusqu’à un passé très récent, en raison de mille divergences internes, aussi futiles que pénalisantes, les Kurdes restaient divisés, tant militairement que politiquement.

 

Cette guerre, l’intervention timorée des grandes puissances, le danger existentiel représenté par les djihadistes sunnites ainsi que le bombardement de villes turques kurdes par l’Armée turque ont fini par faire comprendre aux YPG syriens, au PKK en Turquie et au Gouvernement Régional du Kurdistan, qui lui le savait déjà, qu’il n’existe qu’une seule planche de salut pour leur peuple.

 

Celle-ci participe d’un Etat indépendant regroupant les Kurdes d’Irak, de Turquie, de Syrie, et également les sept millions de Kurdes iraniens.

 

Ceci présage d’une accentuation des confrontations entre le PKK et Ankara, d’un affermissement des positions du PYD, le Parti de l’Union Démocratique (l’organe politique auquel obéissent les Unités de Protection Populaire). D’une étatisation accrue du Kurdistan en Irak, et de la recrudescence des sentiments nationalistes chez les Kurdes iraniens, dont le monde ignore largement les souffrances à cause du blackout de Téhéran.


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Infiltration à Métula ? (info # 012610/14) Version imprimable
Exclusivité
mercredi, 29 octobre 2014

 

© Metula News Agency

 

Les rumeurs selon lesquelles le Hezbollah préparerait le terrain en vue d’un prochain affrontement avec l’Armée israélienne vont bon train. Un gradé de Tsahal vient d’affirmer, qu’à Jérusalem, on est désormais convaincu que la milice chiite d’Hassan Nasrallah, supplétive du régime théocratique de Téhéran, a effectivement creusé des tunnels sous la frontière internationale israélo-libanaise.

 

Il prétend toutefois qu’on ignore leurs emplacements exacts.

 

Dans l’entre-temps, il se passe de drôles de choses sur ladite frontière, à l’instar de l’événement capturé cette semaine en photos par l’une de nos équipes de reporters, à proximité de Métula.

 

Suite à une alerte, un détachement de soldats comprenant deux spécialistes de l’unité des scouts de Tsahal, a effectué une patrouille dans la zone adjacente au grillage qui marque la limite entre les deux pays.

 

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Les deux hommes les plus avancés sont des éclaireurs bédouins,

spécialisés dans l’identification et l’interprétation des traces

 

Ils ont positivement repéré de multiples traces de pas, se répétant sur une distance de plusieurs centaines de mètres.

 

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Un scout bédouin en train de délimiter une trace

 

Le ou les individus, dont on ignore la provenance et l’objectif précis, ont trouvé refuge, durant un temps indéterminé, dans une fortification datant des années 40-50 depuis laquelle les habitants de Métula guettaient d’éventuels mouvements de l’Armée libanaise.

 

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L’ancienne position abandonnée dans laquelle les intrus

ont trouvé refuge

 

Durant les recherches effectuées par les militaires hébreux, et en vue d’éviter d’éventuels incidents, les forces de l’ONU se sont déployées autour de l’événement, observant la situation à la jumelle.

 

Du point de vue de la Ména, il pourrait s’agir de promeneurs égarés, ou de SDF à la recherche d’un toit. On se demande cependant ce que de tels individus viendraient faire dans les alentours immédiats de l’une des frontières les plus sensibles du globe.

 

Ce pourquoi, à l’agence, on favorise l’hypothèse selon laquelle des agents du Hezbollah viennent faire des repérages, et pas uniquement dans le cas que nous avons fortuitement photographié.

 

Reste à savoir si ces personnes sont venues du Liban et y sont retournées ; sont venues du Liban et sont restées en Israël ; ou comptent parmi les collaborateurs de la milice chiite de notre côté de la frontière. Dans cette dernière hypothèse, ils se seraient déplacés le long de la zone sensible, auraient effectué des relevés, puis seraient repartis vers l’intérieur du pays.

 

Dans cette éventualité, ils auront sans doute été filmés par les caméras de surveillance, nombreuses dans la région, et pourront probablement être retrouvés par le service du contre-espionnage (Shin Bet).

 

On s’interroge tout de même quant à la raison pour laquelle ces aléatoires agents de l’ennemi auraient laissé autant de traces sur la terre meuble qui jouxte la barrière.

 

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Les casques bleus de la FINUL observent les militaires

israéliens dans leurs œuvres

 

Au-delà de ces considérations tactiques pour lesquels nous n’aurons jamais de réponses, l’enseignement que nous tirons de cet incident consiste à y trouver une preuve tangible du fait que l’organisation de Nasrallah prépare ses plans en vue d’une confrontation à venir ; et que cette confrontation n’épargnera pas les agglomérations israéliennes proches de la frontière.

 

L’Etat hébreu peut, quant à lui, prendre toutes les dispositions nécessaires, il ne sera pas en mesure, aux premières heures d’un possible conflit, de parer à toutes les initiatives de l’ennemi. Particulièrement, si c’est l’ennemi qui décide d’ouvrir les hostilités.

 

En revanche, pour les jours qui suivraient, Tsahal dispose non seulement de ses propres plans constamment mis à jour, mais il possède également des informations précises qui lui sont fournies par divers canaux, tant humains que mécaniques.

 

Les premiers jours d’un affrontement entre Tsahal et le Hezbollah causeraient leur lot de victimes en Israël ; la suite conduirait à une invasion terrestre de grande envergure du pays aux cèdres, ainsi qu’à une riposte, qui, comme l’a prédit un général israélien, "ramènerait le Liban 70 à 80 ans en arrière". 

 

Une fois encore, et cela doit être rappelé, Israël n’a aucune prétention territoriale ou autre sur son voisin du Nord ; mais s’il est menacé voire attaqué par des forces agissant depuis son territoire, sa riposte sera dévastatrice. En considération de la situation qui prédomine dans notre région et des forces hostiles à proximité aussi bien qu’à un millier de kilomètres d’ici, on peut s’attendre à une réplique plus massive et aux conséquences plus durables que lors des dernières guerres entre Israël et le Hezbollah.

 

 

 
Un livre pour regarder l’antisémitisme musulman en face (info # 012610/14) Version imprimable
Analyse
dimanche, 26 octobre 2014

 

Par Guy Millière

 

Je pensais depuis des années qu'un livre consacré à l'antisémitisme musulman serait une œuvre de salubrité publique. Or ce livre existe, et je viens d'en découvrir l'existence grâce à Ted Belman, qui gère le remarquable site www.israpundit.org.

 

Il est rédigé en anglais et publié aux Etats Unis. Je doute fort qu'il soit jamais publié en langue française, raison de plus pour que ceux qui pratiquent peu la langue de Shakespeare se mettent enfin à l'étudier sérieusement. Son auteur est un universitaire de qualité, Neil J. Kressel, qui enseigne à la William Patterson University, dans le New Jersey. Le livre s'appelle The Sons of Pigs and Apes: Muslim Antisemitism and the Conspiracy of Silence1 (Les fils de porcs et de singes : l'antisémitisme musulman et la conspiration du silence).

 

D'une manière très factuelle et très documentée, Neil J. Kressel y montre d'une part que l'antisémitisme en terre d'islam est aussi ancien que l'islam lui-même (ce qui avait déjà été révélé par d'autres auteurs telle Bat Ye'or). D'autre part, surtout, et c'est très important, Kressel explique que le monde musulman, au cours des dernières décennies, s'est imprégné de l'antisémitisme européen, l'a intégré à l'antisémitisme musulman plus ancien, et a donné à celui-ci une nouvelle vigueur et une modernité.

 

Toutes les thématiques de l'antisémitisme national-socialiste et d'extrême droite des années 1930-1940, tel qu'il sévissait à Paris ou Berlin, ont été mises sous le boisseau en Europe et c’est seulement aujourd'hui qu’elles commencent à ressurgir. Elles ont été préservées, exacerbées, utilisées jusqu'à la lie dans le monde musulman. Elles y sont intactes et considérées comme participant de l'ordre de l'évidence.

 

Le titre du livre vient de ce que les Juifs sont effectivement considérés comme « fils et filles de porcs et de singes » dans des programmes télévisés, dans des manuels scolaires ainsi que dans les journaux de nombreux pays musulmans. Et cette idée y est si présente, qu'elle va au-delà de l'insulte : nombre de gens, dans les pays concernés, en sont à croire et à penser que les Juifs ont vraiment des liens de parenté génétique avec les porcs et les singes.

 

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L’ex-président égyptien Mohamed Morsi, à propos des Juifs :

"ces fauteurs de guerres sont les descendants des singes et des porcs"

 

Dans les mêmes programmes télévisés, manuels scolaires et journaux, les Juifs sont décrits comme les manipulateurs de la finance mondiale, dirigeants d'une conspiration maléfique destinée à détruire le monde, en général et le monde musulman, en particulier.

 

Ce qui en résulte est une haine viscérale des Juifs, l'idée que les Juifs doivent être éliminés avant qu'ils ne mettent leurs abominables projets à exécution.

 

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Le Juif, dans la presse main stream arabe

 

Dans le monde occidental, on garde le silence sur le sujet et on se garde d'en parler, dit Neil J. Kressel. Quiconque ose l'évoquer se fait traiter de raciste et d'islamophobe : on impose de la sorte le silence concernant un racisme odieux, sous prétexte qu'en parler serait raciste ou susciterait une peur phobique (donc irrationnelle) de l'islam.

 

Lorsqu’on en traite, et ce fut le cas dans un livre paru en France voici quelques années, c'est sur un mode très spécieux, qui consiste à justifier l'existence de l'antisémitisme musulman, tout en le présentant sur un mode aseptisé.

 

La conséquence est que l'antisémitisme musulman se dissémine dans les pays occidentaux par l'intermédiaire des communautés musulmanes, ce, d'autant plus fortement que nous sommes à l'ère de la globalisation des réseaux sociaux, d'Internet et de la télévision par satellite.

 

La conséquence en est que l'antisémitisme musulman qui se répand dans les pays occidentaux n'est pas combattu ou dénoncé (le combattre et le dénoncer impliqueraient de désigner les pays dont il émane). Il peut donc croître sans encombres, pénétrer peu à peu les esprits de gens qui ne sont pas musulmans, permettre à des antisémites d'extrême droite de refaire surface sous d'autres atours, autoriser la reprise de thèmes antisémites d'extrême droite par des gens d'extrême gauche.


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Le coup du bélier (info # 012510/14) Version imprimable
Réinformation
samedi, 25 octobre 2014

 

Par Stéphane Juffa

 

Avec Yaël Bensimhoun et Ilan Tsadik

 

Voici le premier paragraphe d’une dépêche du "Monde avec AFP" concernant l’attentat de mercredi, intitulée "Israël : un bébé tué dans une attaque à la voiture bélier à Jérusalem" :

 

"Une voiture a foncé sur un groupe de piétons, mercredi 22 octobre, à un arrêt de tramway à la limite de  Jérusalem-Ouest et Jérusalem-Est. Le drame, qualifiée de « terroriste » par les autorités israélienne, a tué un bébé de trois mois et blessé neuf personnes, dont l'un est en état critique et deux ont été sérieusement touchés, selon les secours".

 

Les parents de la jeune défunte, tout comme les rescapés, pourront toujours saisir la justice contre Volkswagen, le fabriquant de la "voiture" assassine, ou contre "le drame", qui a tué le bébé et blessé neuf personnes.

 

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La berline, coupable selon Le Monde avec AFP de l’assassinat collectif  de Jérusalem

 

On découvre dans le second paragraphe que le "chauffeur de la voiture", qui tentait de s’enfuir, a été stoppé par un policier, et que, "grièvement blessé, l’homme est mort dans la soirée".

 

On ne sait toujours pas, à ce stade de la lecture, qu’il s’agit d’un terroriste palestinien, cela viendra dans la suite de l’article. Cette manière d’annoncer les choses constitue un véritable outrage à la profession, doublé d’un manque de respect caractérisé aux dépens des victimes et du public.

 

Mais à la Ména, nous avons l’habitude de cette sémantique frelatée aux lourds relents d’antisémitisme de la part de ces auteurs. A l’AFP, cela fait même l’objet d’une circulaire interne, déjà ancienne, qui impose des "règles rédactionnelles pour le traitement de la copie sur le conflit israélo-palestinien".

 

Ainsi, dans cette directive que nous nous sommes procurée, on apprend pourquoi ce sont toujours les "voitures" et les "drames" qui tuent des Israéliens et des Juifs et jamais des Palestiniens ou des Arabes.

 

Les ordres des commissaires politiques sont on ne peut plus clairs dans ce sens, comme dans l’extrait suivant de la directive :

 

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Dans l’exemple, illustratif du désir des gardiens de la doxa, le tueur, c’est l’ "attentat suicide" lui-même et non le "kamikaze" palestinien.

 

D’ailleurs, pour ceux qui s’étonnent encore de ne trouver le mot terroriste qu’entre guillemets et, le plus souvent, en italiques – deux précautions valant vieux qu’une – dans les journaux français, la directive de l’AFP fournit sur ce point également la clé du mystère : il n’existe et n’existera jamais de terroristes arabes.

 

Ce, quand bien même ils assassineraient deux cents personnes au cœur de Tel-Aviv. Voici la raison par laquelle l’AFP explique ce choix :

 

            afp_2.jpg

 

Ce serait donc par souci de ne pas susciter d’éventuelles critiques contre la "neutralité" et l’ "impartialité" de l’AFP, que ses responsables ont, une fois pour toutes, décidé qu’il n’y aurait pas, dans la presse qui reprend ses câblogrammes (la quasi-totalité des media francophones !) de terroristes palestiniens.

 

On a employé le conditionnel au début du paragraphe qui précède, parce qu’on ne croit absolument pas à cette explication. Ce, pour deux raison : premièrement, pour qu’elle tienne la route, il faudrait encore que l’agence semi-officielle française ait fait la démonstration que les "opérations militaires ou les liquidations menées par l’autre camp israélien" procèdent effectivement du terrorisme. Or l’AFP n’a jamais apporté la preuve de cette hypothèse, même sous forme d’esquisse, ce qui fait d’elle un argument inutilisable pour décider d’une ligne éditoriale aussi radicale que celle figurant dans la directive.

 

La seconde raison tient au fait que, dans notre métier, la crainte d’éventuelles critiques – surtout quand on fait correctement son travail – ne saurait en aucun cas justifier de la distorsion volontaire, a priori, permanente et systématique, de faits d’actualité. On est ici ni plus ni moins en présence d’un aveu de mauvaise foi et de bidonnage prémédité de la vérité aux dépens d’une nation et de ses intérêts.

 

Les commissaires politiques de l’agence française stipulent spécifiquement, dans leur ordonnance, de n’utiliser le mot "terroriste" qu’en le mettant "dans une citation attribuée à un responsable". D’où l’explication des guillemets et des italiques dans les dépêches de l’AFP et les media français. Maintenant vous savez pourquoi !

 

Evidemment, cela donne l’impression, à la lecture, que les seuls à considérer les terroristes palestiniens comme des terroristes sont les officiels israéliens. Comme dans l’extrait qui ouvre cette analyse : "Le drame, qualifiée de « terroriste » par les autorités israélienne".

 

Et pardonnez-leur en passant leurs très nombreuses fautes de français - "qualifiée", "israélienne" et "(…) neuf personnes, dont l'un est (..)" -, car c’est vraiment la moindre d’entre leurs malversations.

 

En renonçant, par prudence, à l’emploi du mot "terroriste", ils s’exemptent de l’obligation qui est faite aux journalistes de qualifier l’actualité qu’ils rapportent. Nous, évidemment, de demander : et vous, si vous n’êtes pas certains des choix sémantiques des "autorités israéliennes", AFP, Le Monde, Libération, Figaro, et autres complices de désinformation délibérée, comment désignez-vous un individu qui lance son véhicule contre des passants innocents (même juifs !) ? Ce, sachant que le fait de s’auto-exonérer d’une qualification appropriée déroge de vos obligations déontologiques et favorise objectivement, dans le cas précis, la propagation de l’antisémitisme.

 

En plus de ce qui précède, nous ne croyons absolument pas à la raison injustifiable avancée par les gardiens de la bienpensance de l’AFP afin d’interdire à leurs rédacteurs – nooon, ce ne sont pas des journalistes ni des reporters – l’emploi du vocable "terroriste" pour décrire un terroriste palestinien.

 

Nous sommes persuadés, au-delà de tout doute sensé, qu’il s’agit d’un parti-pris politique et antisémite découlant de l’adhésion à caractère génocidaire des responsables rédactionnels de l’AFP à la théorie néo-existentialiste tirée de Fanon, selon laquelle le conflit israélo-palestinien n’est pas une guerre entre deux légitimités difficilement conciliables mais une guerre de décolonisation menée par l’oppressé palestinien contre le colonisateur juif israélien.

 

Lors, selon le principe fanonien, l’oppressé n’est JAMAIS un terroriste mais quelqu’un qui combat pour retrouver l’honneur qui lui a été confisqué. Et dans ce cadre donné, même si l’opprimé commet des crimes abominables, il reste un combattant de la liberté et ne saurait, en aucun cas, mériter le qualificatif "terroriste".

 

Nous tenons comme preuve à la base de notre conviction le choix forcené de l’AFP et de ses acolytes d’employer le terme "colonie" au lieu d’implantation pour parler des villages de peuplement israélites en Cisjordanie. Ce, alors que la Ména a démontré scientifiquement que "colonie", en français, est inapproprié et que son usage itératif dénote d’une intention de stigmatiser plutôt que d’informer. A en croire la circulaire interne, on pourrait utiliser le terme colon, car "il n’y en a pas d’autre qui soit satisfaisant tant en anglais qu’en français". Au temps pour les settlers, messieurs les liars !

 

Autre chose. Quand elle cite les "autorités israéliennes" à propos des terroristes, l’AFP devrait tout de même s’abstenir d’inventer des citations qu’elles n’ont pas prononcées. L’agence semi-publique a remis le couvert d’une traduction incomestible ce mercredi, en faussant grossièrement les propos du ministre israélien de la Sécurité Intérieure, Itzkhak Aharonovitch, tenus sur la scène de l’attentat. M. Aharonovitch a déclaré : "Au demeurant nous parlons d’un attentat par écrasement (à l’aide d’un véhicule)", pigua drissa, en hébreu ; nous avons publié sur Youtube l’intégralité de l’intervention du ministre, que nous a confiée le porte-parole du ministère, rebuté par l’usage que l’agence de presse francilienne en avait fait et par sa façon de procéder.

 

L’AFP a en effet rapporté que M. Aharonovitch avait exprimé : "C'est un attentat à la voiture bélier selon les premiers éléments de l'enquête…", contrevérité aussitôt reprise par l’ensemble de ses perroquets suiveurs de la francocacophonie.

 

C’est grave. Non seulement de modifier les paroles de quelqu’un à son insu, mais de se servir de cette prévarication afin de booster la falsification du récit. Car une voiture bélier, ce n’est pas cela du tout ; c’est "une automobile qui est projetée sur la façade d’un établissement afin de la démolir pour y pénétrer et finalement commettre un cambriolage ou un braquage (…)" (Wikipédia).

 

Comme au Moyen-Age, les béliers servent à forcer un passage en détruisant des obstacles qui empêchent une progression. Or le terroriste, Abd al Rahman al Chaludi, ne cherchait à se rendre nulle part, mais simplement à tuer des individus en vertu de leur appartenance nationale et religieuse.

 

Une attaque au bélier n’a donc pas pour finalité de tuer, tandis qu’un attentat par écrasement recèle pour unique objectif d’assassiner le plus d’êtres humains possible.   

 

Lors, dans le sillon incertain de l’AFP, on a vu pulluler les titres et les narratifs relatifs au pseudo-attentat "à la voiture-bélier", une formule autrement adoucie en comparaison d’un attentat par écrasement, qui pouvait faire ombrage à la cause de son auteur et figurait une drôle de méthode, tout de même, pour recouvrer son honneur, de la part d’un oppressé.

 

Mais les "attentats à la voiture-bélier", ça n’existe pas, c’est une invention des journaleux-fonctionnaires de l’Etat français, une voiture utilisée pour tuer devient une arme, c’est comme une Kalachnikov-girafe ou une Katioucha-bambi.

 

Dernier point de ce papier, il concerne la première alerte de l’AFP à propos de l’attentat, lancée à 17h27 heure de Paris, alors qu’il était 18h27 à Jérusalem. Avec pour annonce : "ALERTE – Jérusalem : la police tire sur un conducteur ayant renversé des piétons avec sa voiture".

 

Tirer sur un conducteur, même s’il a renversé des piétons, est constitutif d’un meurtre, car renverser des piétons, fortuitement, même si cela découle d’une faute de conduite, n’est pas un crime.

 

De plus, l’ontologie des journalistes nous oblige à aller toujours vers l’élément le plus identifiant (qualifiant un sujet le plus précisément d’après l’acte qu’il a commis) d’un personnage que nous mentionnons dans un article. Ainsi, il ne viendrait à l’idée de personne d’écrire qu’un "peintre en bâtiments allemand a opté pour la solution finale de la question juive". On aura l’obligation de rapporter que "le dictateur nazi, Adolf Hitler a décidé de…".

 

Dès lors qu’il est devenu un assassin, Abd al Rahman al Chaludi a, du point de vue de l’information, cessé d’être un "conducteur" pour devenir un meurtrier et un terroriste ; tout comme les piétons, qui, dès qu’ils ont été écrasés par cet individu, sont devenus des victimes, des morts et des blessés.

 

C’est une vraie règle. Elle existe afin de ne pas créer artificiellement le trouble dans l’esprit du consommateur de nouvelles. Parce qu’en cette occasion, en se soustrayant à cette loi, l’AFP procède, pour la énième fois dans sa couverture du conflit israélo-arabe, à l’inversion des rôles des victimes et des criminels.

 

Chaludi devient de la sorte la victime des tirs de la police, alors que les vraies victimes sont expurgées de leur rôle et deviennent des figurants.

 

Cette inversion procède de la pire malversation qu’il soit possible de commettre dans le métier que nous exerçons.

 

Sûr que l’escroquerie permanente de l’Agence France Presse dans sa narration du différend israélo-arabe, ainsi que le suivisme consentant pratiqué par la quasi-totalité des confrères de l’Hexagone, constituent le vecteur principal de l’incitation à la haine antisémite en France, qu’elle est responsable de la multiplication des agressions contre les Israélites dans ce pays ainsi que de la décision d’un nombre toujours plus grand parmi eux d’émigrer en Israël.

 

Parce qu’en plus du reste, cette propension à salir sans cesse l’Etat hébreu schlingue l’injustice, rappelle – comment pourrait-il en aller autrement – Dreyfus et Vichy, Radio Paris et Je suis partout, et que cette puanteur française est devenue irrespirable.

 

Nous l’exprimons en forme de conseil à messieurs Valls et Hollande, dont nous ne doutons pas de la sincérité en matière de lutte contre le racisme et l’antisémitisme : rien ne sert de vouloir placer un flic derrière chaque Juif, vous n’aurez jamais assez de flics.

 

Il est encore possible d’infléchir la courbe de l’antisémitisme en France. Il faut, pour cela, punir les chiens enragés de l’antisionisme, occupés à bidouiller l’info pour assouvir leur impatience. Convier tous les confrères à leur devoir de réserve et à leur obligation d’honnêteté. Leur rappeler que la diffusion intentionnelle d’informations que l’on sait fausses participe non pas d’une erreur mais d’une faute, et que celle-ci doit être sanctionnée. Leur faire savoir que les mots et les images tuent bien plus que les fusils. Il faut mettre en pratique les excellentes chartes éthiques dont disposent les confrères français. Même lorsqu’il s’agit d’Israël et des Juifs.

 

      

 
Assassinat collectif palestinien au cœur de Jérusalem (info # 022210/14) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 22 octobre 2014

 

Mercredi, 20h40 à Metula, 19h40 à Paris

 

Aux alentours de 18 heures, un conducteur, probablement originaire du quartier de Silouane dans la partie orientale de Jérusalem, après être passé devant le siège national de la police israélienne, a lancé son véhicule contre les usagers du tramway hiérosolymitain qui patientaient à la station de la "Colline aux munitions", Givat Ha-Takhmochette, sur le carrefour de la Colline française, Giva ha-tzarfatite.

 

Le terroriste est parvenu, au volant de sa grosse berline grise, à faucher 9 personnes, comme on le voit clairement sur cette vidéo saisissante.

 

Un bébé, une petite fille âgée de 3 mois, est décédée des conséquences de ses blessures, et une femme de 50 ans est grièvement atteinte, alors que les 7 autres victimes sont touchées de façon légère à modérée.

 

A l’issue de sa chevauchée meurtrière, le terroriste a heurté un poteau qui a stoppé la progression de son automobile.

 

Après l’immobilisation de celle-ci, le chauffeur a tenté de prendre la fuite en courant ; il a cependant été rattrapé par un officier de l’unité antiterroriste Yassam, qui se trouvait fortuitement sur les lieux, et qui est parvenu à dégainer son arme et à tirer en direction de l’assassin.

 

Ce dernier, connu des forces de sécurité, serait encore en vie, quoique très sérieusement blessé.

 

Ce n’est pas la première fois que des extrémistes palestiniens font usage de véhicules à moteur afin d’écraser des civils israélites dans la capitale de l’Etat hébreu. Il y a 2 mois, un autre terroriste, Nayef Jabis, avait renversé un autobus à l’aide d’une pelle mécanique avant d’être mis hors d’état de nuire par un gardien de prison ; un passant Abraham Walles, âgé de 29 ans et père de 5 enfants, avait perdu la vie lors de cette agression.

 

En juillet 2008, un Palestinien de Jérusalem avait lui aussi lancé un engin de travaux publics contre un autobus, dans la rue principale de Jaffa, tuant deux passagers et en blessant des douzaines d’autres.

 

Récidive quinze jours plus tard, quand 24 civils innocents avaient été blessés lorsqu’un autre nationaliste palestinien avait défoncé leurs voitures, également à l’aide d’un bulldozer.

 

L’Agence France Presse avait, lors de l’assassinat de la rue de Jaffa, décrit l’évènement comme un accident de la circulation, dénonçant les Israéliens qui avaient neutralisé le tueur. La Ména s’était alors employée à préciser les faits et à débouter cette tentative dévoyée et raciste de transgression intentionnelle de la réalité par des professionnels de l’information.

 

Cette fois aussi, l’agence semi-officielle de l’Etat français n’est pas persuadée que les faits que nous venons de décrire participent d’un acte terroriste, puisque, dans toutes ses dépêches, elle enceint le mot terroriste entre des guillemets.

 

Ce soir, en dépit de la "prudence" habituelle de l’agence semi-publique française, le Hamas s’enorgueillit de l’assassinat collectif de ce soir, allant jusqu’à donner le nom et les antécédents du criminel, et le qualifiant de martyr sorti de ses rangs.

 

Il s’agirait d’Abd al Rahman al Shaludi, 20 ans, appartenant à cette organisation classée terroriste par la plupart des institutions internationales, qui aurait fait plusieurs séjours dans les prisons israéliennes. A l’annonce des évènements, des dizaines de jeunes émeutiers se sont répandus à l’entrée du quartier de Silouane et à proximité de la demeure de l’assassin.

 

Au moment où le Hamas se flatte du meurtre d’Israéliens innocents comme s’il s’agissait d’un fait d’armes héroïque, nous, de rappeler que, le mois dernier, l’hôpital télavivien d’Ichilov a soigné la fille de son chef Ismaïl Hanya. La direction de cet établissement a tenu à préciser qu’elle fait partie de plusieurs milliers de patients palestiniens de la bande de Gaza et de l'Autorité Palestinienne, adultes comme enfants, qui sont hospitalisés chaque année pour des traitements divers dans ce seul centre de soins.

 

L’un des partis au conflit fait tout son possible afin de sauver les petites filles de l’autre, alors que l’autre fait son possible pour tuer le plus possible de fillettes du premier. C’est le fossé infranchissable qui sépare l’humanisme de la barbarie et dans lequel les antisémites perdent leurs âmes les uns après les autres.

 

Dernière minute :

 

Les premières conclusions de l’enquête concernant l’incident d’Ezouz, à la frontière israélo-égyptienne, indiquent que nous sommes probablement en présence d’une tentative violente de contrebande de drogue à partir du Sinaï.

 

Les agresseurs ont ouvert le feu simultanément à partir de trois positions, dont une voiture qui empruntait la route longeant la frontière. Les contrebandiers ont fait usage d’armes automatiques, de grenades antichars et même de missiles.

 

Dans l’échange de feu, le Capitaine Or Ben Yehouda, commandant de compagnie, ainsi qu’une soldate ont été blessés.

 

Tsahal a répliqué, éliminant au moins trois des assaillants.  

 

 

 
Des soldats de Tsahal agressés depuis l’Egypte (info # 012210/13) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 22 octobre 2014

 

Conférence à Marseille

 

Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Metula News Agency

 

et analyste stratégique, développera le thème d’actualité suivant :

 

"Les djihadistes nos nouveaux voisins"

 

Le lundi 10 novembre à 20 heures 15, à Marseille : 

 

Une conférence co-organisée par le Centre Edmond Fleg, le CRIF Marseille Provence, la Radio Juive de Marseille et la na.

 

4 Impasse Dragon, 13006 Marseille 06, France

Tél. 04 91 37 42 01

http://www.centrefleg.com/

Entrée payante : 15 euros. 12 euros pour les étudiants

 

 

Des soldats de Tsahal agressés depuis l’Egypte (info # 012210/14) [Breaking news]

© Metula News Agency

 

Mercredi, 15h50 à Metula, 14h50 à Paris

 

En début de cette après-midi, des individus ont ouvert le feu sur des soldats israéliens à proximité de la frontière égyptienne.

 

Une enquête est en cours mais il se pourrait que les agresseurs aient utilisé des grenades antichars (RPG) ou des missiles.

 

Deux militaires de Tsahal, un homme et une femme appartenant au bataillon d’infanterie Caracal [du nom d’un lynx du désert], ont été blessés lors de l’incident et transportés par hélicoptère vers l’hôpital Soroka de Be’er Sheva.

 

D’autre part, 5 soldats supplémentaires ont été eux aussi blessés tandis qu’ils se dirigeaient prestement vers le lieu de l’accrochage, lorsque la jeep dans laquelle ils se trouvaient s’est retournée.

 

D’importants renforts ont été acheminés vers la zone de l’attentat, située non loin de la petite localité d’Ezouz, au sud de Nitzana, par crainte que des éléments ennemis aient réussi à s’infiltrer sur le territoire de l’Etat hébreu.

 

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La région de l’embuscade

Service cartographique de la © Metula News Agency

 

L’identité des agresseurs n’est pas encore connue, mais la péninsule du Sinaï est infestée par des terroristes qui combattent aussi bien les Forces Armées Egyptiennes que Tsahal.

 

Les plus actifs sont des groupes affiliés à al Qaeda ou au Hamas de Gaza ainsi qu’à d’autres organisations extrémistes palestiniennes.

 

Ansar bayt al Maqdis [les défenseurs du mont du Temple (de Jérusalem), tiré de l’hébreu bet-hamigdash, le Temple], une organisation salafiste connue de la Ména affidée à al Qaeda, a revendiqué le guet-apens au Caire.

 

Il s’agit de bandes autonomes fortes de cinq à dix hommes, qui tendent des embuscades aux militaires égyptiens et israéliens.

 

Ils reçoivent, le plus souvent moyennant paiement, le soutien de bédouins traditionnellement opposés au pouvoir cairote.

 

Le Caire et Jérusalem coopèrent étroitement dans la lutte contre ces terroristes, particulièrement en échangeant leurs informations.

 

La région frontalière de l’Egypte, de Gaza jusqu’à Eilat (215 kilomètres), est quasi constamment survolée par des drones israéliens.

 

Ce n’est pas la première fois que des incidents de ce genre ont lieu dans cette zone : en septembre 2012, un soldat qui supervisait des travaux à la frontière avait été tué par des tirs d’armes automatiques.

 

Trois mois auparavant, un automobiliste israélien avait également trouvé la mort lorsque des terroristes infiltrés avaient fait exploser un engin au passage de son véhicule.

 
Du rififi chez les Turcs [2ème de 2 parties] (info # 012110/14) Version imprimable
Analyse
mardi, 21 octobre 2014

 

Dernières heures, par Perwer Muhammad Ali face à Kobané :

 

Hier, vers minuit, les miliciens djihadistes ont attaqué les Unités de Protection Populaire kurdes (YPG) à Kobané sur plusieurs fronts à la fois : dans l’axe Sud-Est, à partir de l’Est et de l’Ouest, en utilisant des armes lourdes.

 

Les combats ont duré le reste de la nuit et ont été particulièrement violents ; les affrontements les plus rudes se sont déroulés autour de la municipalité de la ville.

 

Les YPG sont parvenus à repousser toutes les attaques des islamistes qui ont à nouveau perdu un nombre élevé de combattants. Les corps de 24 miliciens du Califat ainsi que leurs armes personnelles se trouvent entre les mains des défenseurs de Kobané.

 

Ce mardi matin, la situation est calme hormis les bombardements alliés qui ont repris.

 

Les renforts annoncés de Peshmergas irakiens ne sont toujours pas parvenus dans le secteur des combats.

 

D’autre part, une journaliste libano-américaine, Serena Chéhim, travaillant pour la chaîne TV iranienne Press TV exprimant les vues de la junte théocratique au pouvoir à Téhéran, a trouvé la mort dans un accident de circulation dans des circonstances suspectes.

 

La consœur couvrait les évènements de Kobané à partir de la frontière turque. Elle avait réussi à se procurer des images de miliciens de l’Etat Islamique rejoignant le théâtre des opérations en Syrie en se dissimulant dans des camions de diverses ONG ainsi que du Programme Alimentaire Mondial de l’ONU (PAM).

 

Ces transferts s’effectuent avec l’approbation des autorités turques qui auraient assassiné Serena Chéhim afin de l’empêcher de diffuser les documents en question.

 

La journaliste se disait préoccupée et avait fait savoir à d’autres confrères sur place qu’elle craignait pour sa vie.

 

Notre correspondant Perwer Muhammad Ali, un Kurde de Syrie, nous informe également qu’il se sent épié par les services du renseignement turc et qu’il craint pour sa sécurité.

 

 

Du rififi chez les Turcs [2ème de 2 parties] (info # 012110/14) [Analyse]

Par Ferit Ergil © Metula News Agency

 

Les jours suivants virent une grande flambée de violence en Turquie. Les manifestants, en majorité kurdes, affrontèrent violemment les forces de l'ordre qui répliquèrent avec brutalité.

 

Des combats opposèrent dans la ville de Diyarbakir, bastion kurde dans le Sud-Est, les militants kurdes à ceux de l’Hüda-par [en entier Hür Dava Partisi, littéralement, "le Parti de la Cause Libre"], un mouvement de djihadistes kurdes sunnites membres du Hezbollah turc.

 

Les métropoles de l'Ouest comme de l'Est s'enflammèrent, le couvre-feu fut décrété dans plusieurs villes, des statues d'Atatürk furent déboulonnées et brûlées, des bâtiments publics et des écoles saccagés, des supermarchés pillés.

 

Tandis que le MHP-nationaliste sommait ses militants de ne pas sortir dans la rue et de garder le calme, tout en qualifiant les faits de « conséquence inévitable de la politique d'ouverture kurde » d'Erdogan, les organisations kurdes et le parti HDP, par la voix de ses députés, regrettèrent publiquement la tournure prise par les évènements, invoquant des « provocations de milieux occultes ».

 

Pendant plusieurs jours, la Turquie se focalisa sur « les Kurdes qui saccagent le pays », et le Califat et ses crimes furent quasiment oubliés. Seuls quelques media critiques osèrent rapporter les propos d'un député de l’AKP, selon lesquels « l'Etat Islamique tue mais ne torture pas ! », tandis que les policiers attaquaient les manifestants dans une ville de Sud-Est aux cris de « Vive l'Etat Islamique » (ISID en turc) !

 

Erdogan et son ami de toujours, Ahmet Davutoglu, promu premier ministre, doivent également faire face aux critiques de la presse étrangère. Celle-ci voit dans la non-intervention turque à Kobané, malgré la résolution votée au Parlement à l’initiative de l’AKP, un refus de combattre aux côtés de l’YPG (les forces d'autodéfense kurdes en Syrie) et du PKK, et dans les manifestations violentes en Turquie un cri de désespoir. Pour justifier de leur passivité, Erdogan et Davutoglu affirment que « l'EI et le PKK sont des mouvements terroristes qui se ressemblent », et ils nient, en dépit des nombreuses évidences démontrant le contraire, soutenir l'Etat Islamique.

 

Les sociaux-démocrates du CHP, par la voix de leur leader Kiliçdaroglu, très contesté dans son propre parti, proposeront l’adoption d’une nouvelle résolution parlementaire demandant l'intervention de l'Armée turque, limitée à Kobané. Ils ne seront pas entendus. Vraisemblablement, cette proposition était destinée à rassurer les alévis [les adeptes d’une religion non mahométane regroupant entre 10 et 15% de la population turque, nombreux à soutenir le CHP], très inquiets de l'avènement d'un régime sunnite extrémiste et répressif en Turquie, ainsi que les Kurdes « loyalistes » [fidèles à l’Etat turc].

 

C'est dans ce contexte que l'aviation turque est intervenue, le 14 octobre dernier, contre « des forces du PKK infiltrées à partir de l'Irak ». Ces miliciens auraient auparavant attaqué un poste frontière turc.

 

Il est aussi intéressant, voire étonnant, de noter que, peu après ce bombardement, John Kerry déclarait que « les Kurdes, de toutes façons, n'attendaient, ni ne souhaitaient une intervention militaire turque » à Kobané.

 

 

Erdogan le funambule 

 

Le manque de « lisibilité » apparent de la politique turque, soulignée avec force par de nombreux observateurs dont Jacques Hubert-Rodier, dans la livraison des Echos du 17 octobre courant, ne peut s'expliquer uniquement par les réticences, voire l'hostilité de l'Armée turque face à une intervention à Kobané aux côtés des milices kurdes qui furent ses ennemis pendant 30 ans, même si ce paramètre est à prendre en considération parmi d'autres.

 

Le nœud du problème réside dans la logique d'Erdogan et de ses ambitions inassouvies qui lui dictent ses règles de conduite. Sa stratégie à long terme est due au Professeur Davutoglu, son ancien ministre des Affaires Etrangères devenu premier ministre. Davutoglu, antisémite fervent, est l’architecte du principe « zéro problèmes avec les voisins », ayant abouti aux « problèmes avec tous les voisins ». Il consiste à tout mettre en œuvre pour faire de la Turquie le pays pivot du Moyen Orient, avec Erdogan à la tête d’une coalition sunnite, se présentant comme un « musulman modéré », acceptable par le monde occidental. Un quasi-sultan, dans les faits, ressuscitant sous forme républicaine l'ancien empire ottoman qui dirigeait le monde sunnite.

 

Les déboires des Frères Musulmans en Egypte et en Tunisie orientèrent naturellement Erdogan vers la Syrie, gouvernée par l'alaouite Assad, qui fut son « ami » le temps de régler leur compte aux laïcs turcs.

 

Il profita de la tension qu’il avait artificiellement créée face à Damas pour décapiter l'Armée acquise au modèle républicain d'Atatürk, et préparer « l'ouverture kurde », en désamorçant les velléités guerrières de la rébellion kurde, jadis soutenue par le clan Assad, père et fils, avec des promesses d'autonomie.

 

L'arrivée de près d'un million de réfugiés syriens en Turquie permit à Erdogan de trouver, dans le flot de sunnites fuyant leur pays, un vivier de combattants pour sa propre cause, en se posant en champion de la cause sunnite, comme l'atteste d'ailleurs son soutien au Hamas.

 

Il brigua le titre de défenseur des « droits de l'homme », responsable de l'accueil de ces demandeurs d'asile, qu'il utilisera, en fin tacticien, comme supplétifs de la police contre les manifestants de Gezi Park à Istanbul, au printemps 2014, en faisant donc d'une pierre deux coups !

 

L'ouverture kurde lui permettra d'avoir les mains libres pour combattre, successivement, les laïcs, ses ex-alliés de la communauté Gülen, aussi bien que les libéraux, qui soutinrent jadis sa politique.

 

Dans la situation actuelle, en homme expérimenté habitué à jouer ses adversaires contre ses ex-amis, la logique d’Erdogan lui commande d’agiter, face au mécontentement et à la frustration des Kurdes, l’épouvantail nationaliste, et de susciter un élan de solidarité autour du gouvernement face au « péril séparatiste kurde ».

 

Ce faisant, il continue de caresser la population islamiste dans le sens du poil, après l’avoir galvanisée, des années durant, par des discours bellicistes contre « les autres ».

 

Un autre paramètre, et non des moindres, à prendre en considération, quoiqu’omis par la presse occidentale, réside dans la tenue des élections législatives en 2015, qui devraient permettre à Erdogan de conserver la majorité absolue, et de régner en maître sur les trois pouvoirs, législatif, exécutif et juridique, ce dernier ayant d’ores et déjà été purgé de ses adversaires avec l’aide des partisans de Gülen.

 

En prenant soin de ne pas s’aliéner sa base islamiste, Erdogan devra donc conserver, autant que possible, des suffrages à l'est du pays, où son parti est majoritaire, et s'attirer les voix nationalistes qui lui font défaut. Cela reste un exercice de funambule, dans un pays et une région où les équilibres sont traditionnellement fragiles, les amitiés et inimitiés mouvantes et changeantes.

 

Les récents projets de loi consécutifs aux émeutes d'octobre, renforçant les pouvoirs de la police, avec la possibilité de perquisitionner au domicile de suspects et de procéder à des arrestations sans l’autorisation d’un juge, interdisant les media « pro-terroristes » avec confiscation de leur matériel sur simple décision de police, accroissant le contrôle des réseaux sociaux, vont dans le sens de l’absolutisme.

 

Cela n’empêchera cependant pas le Président Erdogan de fêter, le 29 octobre prochain, le 91ème anniversaire de la République dans le nouveau palais présidentiel qu’il s’est fait construire sur l'ancienne ferme expérimentale bâtie par Atatürk, au début de la République turque, dans les faubourgs d'Ankara.

 

L'immense bâtisse, construite en dépit de l’avis défavorable de la justice, est baptisée Ak Saray, c'est à dire le « Palais Blanc », il est conçu pour rivaliser en faste et grandeur avec la Maison Blanche.

 

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Erdogan ou comment manipuler la démocratie pour détruire la République


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Du rififi chez les Turcs [1ère de 2 parties] (info # 012010/14) Version imprimable
Analyse
lundi, 20 octobre 2014

 

Par Ferit Ergil

 

Dernières heures :

 

Les Etats-Unis ont procédé, ce matin à l’aube, au parachutage d’armes et de munitions à l’intention des forces kurdes toujours assiégées à Kobané.

 

L’opération a été menée par des appareils de transport de type Hercules C-130, qui ont également envoyé aux Unités de Protection Populaire (YPG) du matériel sanitaire de premier secours.

 

A en croire le porte-parole de l’Armée américaine, le matériel, largué à quelques centaines de mètres de la frontière turque, provient des autorités kurdes d’Irak, une information qu’il convient de mettre au conditionnel.

 

D’autre part, le gouvernement turc a fait savoir ce lundi qu’il autorisait des Peshmergas irakiens à venir renforcer les défenseurs de Kobané en transitant sur son territoire.

 

Si cette dernière mesure se vérifiait, on serait en présence de deux éléments de nature à permettre aux Kurdes de reprendre entièrement le contrôle de leur ville ; ce, d’autant plus que les bombardiers de la coalition ont poursuivi ces dernières heures le pilonnage des positions de l’Etat Islamique, lançant notamment 11 raids dans le courant de la nuit dernière.

 

On sait que les miliciens djihadistes ont subi de très lourdes pertes la semaine dernière, ce qui les a contraints à céder du terrain à leurs adversaires. On sait aussi qu’en dépit de ces pertes, DAESH continue de renforcer ses combattants à Kobané à l’aide de troupes fraiches, d’armes et de munitions.

 

Or les islamistes étaient déjà supérieurs en nombre et en dotation aux forces d’autodéfense kurdes ; en particulier, ils disposent d’armes lourdes, tandis que l’YPG manquait de moyens antichars.

 

 

 

 

Le titre est bien entendu emprunté au célèbre film de Jules Dassin, « Du rififi chez les hommes » datant des années 50 et ayant pour thème la guerre de gangs rivaux qui s'épuisent au terme d'une longue lutte pour s'approprier le magot.

 

La Turquie d'Erdogan est revenue au-devant de la scène et de l'actualité avec l'intensification de la lutte pour la conquête de Kobané (Ayn-el-Arab), bourgade peuplée de Kurdes de Syrie aux confins de la Turquie, où se déroulent depuis un mois des combats acharnés entre les forces kurdes d'autodéfense et l'Etat Islamique alias DAESH.

 

 

Quelques rappels de faits récents

 

Le gouvernement islamiste d'Erdogan a subi deux secousses successives en 2013, qu'il surmonta  avec difficulté : le mouvement de protestation de Gezi Park, au cœur d'Istanbul, qu'il réprima violemment et, plus tard, le scandale de corruption et de détournement de fonds à grande échelle qui toucha ses proches en automne. Les malversations furent révélées au grand jour par son ex-allié établi en Pennsylvanie, le prédicateur Fethullah Gülen, dont les partisans au sein de l'appareil d'Etat (police et justice) furent évincés.

 

Le mouvement Gülen fut décrété « Etat parallèle » ; une demande d'extradition (qui n'a pas eu de suite jusqu'à présent) a été communiquée à l'administration américaine, et de nombreux suspects furent arrêtés et jugés pour complots contre l'Etat. Parmi ceux-ci, de hauts gradés de l'Armée, dont le chef d'état-major en personne, ainsi que des journalistes et intellectuels laïcs, poursuivis par un appareil de justice à la botte du pouvoir.

 

Erdogan fit voter au parlement, par sa majorité de l'AKP [parti pour la Justice et le Développement], une loi promulguant l'élection au suffrage universel du Président de la République, ce qui lui ouvrait les portes d'un régime présidentiel et lui assurait les pleins pouvoirs, une fois débarrassé de ses rivaux de tous bords.

 

Alors que l'islamisation du pays battait son plein, avec des cours obligatoires de religion sunnite dans les écoles, la levée de l'interdit sur le voile islamique, y compris dans les écoles primaires et dans la fonction publique, Erdogan renforçait son soutien aux djihadistes combattant le régime dictatorial de Bachar el Asad, jadis son ami personnel.

 

Parmi les faits qui firent la une des journaux disposant d'une relative liberté d'expression, fin 2013, citons entre autres, le cas des cargaisons d'armes destinées à l'EI arraisonnées par des gendarmes turcs à la frontière syrienne, et autorisées à reprendre la route après l’intervention des services secrets (MIT) dirigés par un proche d'Erdogan, tandis que les gendarmes étaient arrêtés et poursuivis pour entrave à l'action de l'Etat.

 

Plus récemment, en juin 2014, tandis que la pression de l'EI s'accentuait à la frontière, en même temps que la débandade de l'Armée régulière irakienne et la prise de Mossoul, 49 personnes du consulat turc de cette ville, dont le consul général, furent capturées par l'organisation terroriste.

 

Le gouvernement d’Ankara décréta la censure sur toute information concernant les otages, alors que des stands de soutien à l’EI se multipliaient, en pleine rue, dans les quartiers d’Istanbul dirigés par les municipalités de l'AKP.

 

Certaines boutiques affichaient carrément dans leurs vitrines des T-shirts à l'effigie du Califat.

 

Ce n'était un mystère pour personne que la Turquie était devenue la plaque tournante de convois de mercenaires et de djihadistes occidentaux vers les zones tenues par les islamistes en Syrie.

 

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Collecte de fonds pour l'EI - Istanbul Juin 2014

 

Les élections présidentielles d'août dernier se déroulèrent sans surprise, et Erdogan fut élu dès le premier tour, avec la majorité des voix, face à un candidat commun de l'opposition composée du CHP (officiellement social-démocrate), du MHP, nationaliste, et d’un autre candidat du parti HDP, représentant essentiellement les Kurdes. Le candidat commun faisait pâle figure face à Erdogan ; c’était un turco-égyptien, connu comme islamiste lui-même, et bénéficiant de fort peu de sympathie de part de la base laïque du CHP.

 

Quant au candidat du HDP, Selahattin Demirtas, il menait une campagne axée sur la démocratisation du pays, les droits de la minorité kurde, et rassemblait également les voix de l'extrême gauche et de certains  libéraux turcs, mécontents de l'évolution de l'AKP.  Demirtas obtint le score de 10% lors de l’élection présidentielle.

 

Au bout de plusieurs mois de tractations secrètes menées entre le gouvernement Erdogan, par l'intermédiaire du chef des services de renseignements et le leader du PKK (mouvement armé kurde ayant combattu l'armée turque durant 30 ans) Abdullah Öcalan, un accord fut signé en mars 2013 entre les parties.

 

Il prévoyait l'octroi d'une autonomie accrue aux zones de l'Anatolie orientale, peuplées essentiellement de Kurdes. Öcalan conduisit les négociations (dont l’existence est farouchement niée par Erdogan)  depuis sa cellule de prison sur l'île d'Imrali dans la mer Marmara, en Turquie. Il ordonna à ses sympathisants armés d'accepter un cessez-le-feu avec l'Armée turque et de se retirer vers leur bastion du mont Qandil, en Irak, aux confins de la Turquie. L’existence de cet accord explique entre autres la passivité des mouvements kurdes durant les protestations de Gezi Park à Istanbul au printemps et à l’été 2013.

 

 

Kobané et Erdogan

 

Fin septembre 2014, alors que les djihadistes du Califat exécutaient sauvagement les otages occidentaux, les membres du consulat turc de Mossoul furent miraculeusement libérés. Ils regagnèrent le pays, en costume-cravate, souriants et en bonne santé, ce qui suscita des interrogations dans la presse turque.

 

Certains media opposés au gouvernement parlèrent ouvertement de « farce ». D’autres, acquis à la cause d'Erdogan, firent état d'une intervention des services de renseignement, tandis que la presse occidentale révélait qu'il y avait eu échange d'une centaine de prisonniers du Califat contre les diplomates d’Ankara.

 

On se trouvait pourtant au cœur de la période où la coalition occidentale était en train de se constituer pour intervenir contre l'EI qui assiégeait Kobané, et les dirigeants turcs exprimaient leur réticence à rejoindre l’alliance, prétextant la situation des otages turcs de Mossoul.


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Obama, Prix Nobel de la Paix : cinq ans après (info # 011910/14) Version imprimable
Analyse
dimanche, 19 octobre 2014

 

Par Guy Millière

 

Barack Obama a obtenu le prix Nobel de la paix il y a cinq ans, au mois d'octobre 2009. A l'époque, il avait encore accompli fort peu de choses. Il avait abandonné à leur sort les manifestants iraniens qui protestaient contre la réélection truquée de Mahmoud Ahmadinejad et qui appelaient les Etats Unis à l'aide au nom de la liberté et de la démocratie.

 

Il avait tenu un discours à Ankara que Recep Tayyip Erdogan pouvait considérer comme le feu vert à ses projets islamistes. Il avait prononcé un discours remarqué au Caire, qui lui avait permis d'exposer son projet de rapprochement avec l'islam radical, tout en traitant Israël d'Etat d'apartheid. Il avait exposé ses sympathies pour les Frères Musulmans.

 

Il avait envoyé Hillary Clinton rencontrer son homologue russe pour lui offrir un gros bouton de plastique jaune et rouge censé marquer un « redémarrage » ; sauf qu'au lieu du mot redémarrage, perezagruzka, le bouton portait un mot signifiant surcharge, peregruzka.

 

Il avait annoncé l'abandon de l'installation de missiles antimissiles en Pologne et en République tchèque pour bien montrer à Poutine qu'il se montrerait très flexible ; et il avait déclaré aux autorités chinoises que la défense des droits de l'homme ne constituerait pas sa priorité. C'était apparemment des débuts encourageants pour le Comité Nobel.

 

Les cinq années qui ont suivi ont montré à celui-ci que ses espoirs n'avaient pas été vains : cinq années superbes pour la paix mondiale !

 

Au cours de ce que quelques égarés avaient appelé à l'époque le « printemps arabe », Ben Ali, en Tunisie, a laissé la place à Ennahda, et quand bien même Ennahda n'exerce plus tous les pouvoirs, la Tunisie depuis ne s'est pas relevée de son traumatisme.

 

En Egypte, Hosni Moubarak a été renversé, et Mohamed Morsi et les Frères Musulmans sont arrivés au pouvoir peu après ; le maréchal Sissi essaie aujourd'hui, avec difficulté, d'éviter le naufrage du pays.

 

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L’Egypte reconnaissante

 

En Libye, le régime du colonel Kadhafi a été remplacé par des groupes djihadistes qui n'en finissent pas de ravager le pays. Grâce aux armes venues des arsenaux libyens pillés, une guerre a eu lieu au Mali, une autre en Centrafrique, et les djihadistes, qui ont désormais leurs bases arrières en Libye, écument toute la zone sahélienne. Boko Haram au Nigeria, appuyé par ces mêmes djihadistes, a pu tuer sauvagement des milliers de chrétiens.

 

La victoire âprement obtenue au temps du Président Bush au terme de l'opération, dite « Surge » [la "poussée", l’augmentation du nombre de soldats U.S décidée par George W. Bush en 2007 afin de sécuriser Bagdad ainsi que la province de l’Anbar] menée par le général Petraeus en Irak. Surge a été transformée en débâcle lorsque les troupes américaines ont totalement quitté le pays, bien que les chefs de l’état-major américain avaient prévenu que s'il ne restait pas un minimum de dix mille hommes de troupe américains dans le pays un désastre s’ensuivrait.

 

L'abandon par les Etats Unis des forces modérées en Syrie a conduit à une longue guerre civile qui a fait deux cent mille morts pour l'heure, et permis à Bachar al Assad de se maintenir au pouvoir avec l'appui du Hezbollah, de l'Iran et de la Russie. Cette « désertion » de la part de Washington a offert les trois quarts de la Syrie à Jabat Al Nosra et à l'Etat Islamique qui a, par ailleurs, progressé jusqu'aux portes de Bagdad et perpétré de multiples massacres.

 

L'abandon de l'Afghanistan aux talibans est en cours. Un rapprochement entre l'Administration Obama et l'Iran des mollahs, destiné à permettre l'accès de ceux-ci au nucléaire militaire est également en cours.

 

Israël a subi de nombreuses agressions verbales et des tentatives de déstabilisation de la part de Barack Obama en personne, ou par John Kerry interposé, et a subi une agression concrète menée par le Hamas au cours de l'été dernier grâce aux milliers de roquettes qui ont pu entrer à Gaza quand Morsi était au pouvoir au Caire.

 

L'Ukraine est toujours en situation de guerre larvée avec la Russie, qui a annexé la Crimée et menace les Etats baltes. La Chine, elle, a annexé de fait l'espace aérien de la mer de Chine et envisage d'une manière de plus en plus tangible d'annexer les îles Spratly et les îles Senkaku, ce qui crée des tensions sans précédent depuis des décennies avec le Japon.

 

En Amérique latine, le Venezuela d'après Chavez est toujours dans le chaos, même si cela ne fait plus les gros titres de l'actualité.

 

Il reste un peu plus de deux années à Barack Obama pour parfaire son bilan. Quelques centaines de milliers de morts supplémentaires et il pourrait, qui sait, ce serait sans précédent, se voir attribuer un deuxième Prix Nobel de la Paix.


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Conférence de Stéphane Juffa à Genève et Bruxelles Version imprimable
Communiqué
dimanche, 19 octobre 2014


Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Metula News

 

Agency et analyste stratégique, développera le

 

thème d’actualité suivant :

 

"Nos nouveaux voisins djihadistes"

 

Le mardi 4 novembre à 20 heures 15, à Genève : 

 

Une conférence organisée par la Communauté Israélite de Genève

21 av. Dumas - 1206 Genève

Tél. 022 317 89 00

http://www.comisra.ch/

Entrée libre

 

et le

 

 Le jeudi 6 novembre à 20 heures 15, à Bruxelles : 

 

Une conférence co-organisée par le Cercle Ben Gourion, Radio Judaïca et la na
Au Foyer SEF
150, Avenue Winston Churchill - 1180 Bruxelles
Réservations, le matin au Tél. + 32 2 648 18 59

Ou par mail à l’adresse secretariat@cerclebengourion.be
http://www.cerclebengourion.be
Entrée payante : 15 euros. 12 euros pour les étudiants

 

 

 
Kobané presque libérée (info # 011610/14) Version imprimable
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jeudi, 16 octobre 2014