Un chef d’une milice ennemie neutralisé dans le Golan syrien (info # 012307/19) Version imprimable
Analyse
mardi, 23 juillet 2019

 

Par Jean Tsadik

 

Israël a procédé cette semaine à l’élimination ciblée de Machour Zidan, l’un des chefs de la milice chiite libanaise du Hezbollah. Selon des sources de l’opposition syrienne, Zidan a été foudroyé dans sa voiture par un missile tiré d’un drone de Tsahal dans la région nord du Golan syrien [carte] s’étendant du village de Hader (cercle rouge supérieur sur la carte) à la ville de Khan Arnabeh/Nouvelle Kouneitra (cercle rouge médian).

 

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Machour Zidan, le chef ennemi neutralisé

 

Cette zone se situe dans la zone de désengagement délimitée par un accord de 1974 conclu par Israël et la Syrie après la Guerre de Kippour afin que les armées des deux pays ne soient pas face-à-face. Cette zone est syrienne mais le régime de Bashar al Assad a l’interdiction d’y faire pénétrer des armes lourdes.

 

Afin de contourner l’interdiction, la Syrie et l’Iran ont constitué dans cette région, au cours des années, une unité baptisée "Dossier du Golan", censée faire face à l’Armée israélienne, recueillir des informations, recruter des membres et mener des opérations de harcèlement avec des armes légères, des explosifs et des missiles antichars.

 

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La carte de la région

Service cartographique © Metula News Agency

 

"Dossier du Golan" regroupe quelques dizaines de combattants stipendiés (moins d’une centaine), elle comprend des Druzes du village de Hader (5 000 hab.) [carte], de même que des miliciens chiites du Hezbollah venus du Liban tout proche. L’unité est encadrée par des officiers iraniens et syriens. La dictature alaouite de Bashar al Assad prétend ignorer l’existence de "Dossier du Golan", et être dans l’incapacité de traiter le problème vu que cette organisation est implantée dans la zone démilitarisée.

 

Jusqu’à présent "Dossier du Golan" n’a pas réussi à mener d’opérations à l’intérieur du territoire israélien mais est parvenue, en de rares occasions, à dresser des embuscades contre des patrouilles de Tsahal, tuant ou blessant des soldats et des ouvriers occupés à l’entretien du grillage établi sur la frontière (ligne Alpha sur la carte).

 

L’Armée israélienne s’emploie a empêcher l’établissement de "Dossier du Golan" à proximité de la frontière, en conformité avec les choix de son gouvernement, procédant par des frappes déterminées et précises. Tsahal est ainsi parvenue à éliminer un à un tous les chefs de ce groupe, et notamment deux des dirigeants principaux de la branche armée du Hezbollah, le terroriste assassin de petites filles Samir Kuntar, et feu le chef suprême de son appareil militaire, Jihad Moughniyé.

 

Tsahal a également neutralisé des généraux des Gardiens de la Révolution khomeyniste qui figuraient parmi les officiers principaux de l’Armée iranienne.  

 

Machour Zidan était druze. Les combattants druzes atypiques du village de Hader se sont alliés au régime alaouite et au Hezbollah depuis quelques années. Dans un premier temps, lors de la Guerre Civile Syrienne, ils s’y opposaient et étaient proches des Israéliens – comme l’écrasante majorité des Druzes – et de l’opposition armée à Bashar al Assad.

 

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Le véhicule de Zidan en feu

 

Zidan était l’un des dirigeants de "Dossier du Golan". Il était principalement chargé de recruter de nouveaux membres pour l’unité, parmi les Druzes de Hader et les habitants non druzes de Khan Arnabeh/Nouvelle Kuneitra [45 000 hab. avec sa nahiya, son voisinage (sa périphérie)] (cercle rouge médian sur la carte). Il se livrait également au trafic d’armes pour son compte personnel.

 

"Dossier du Golan" s’emploie à recueillir des renseignements sur l’activité militaire de Tsahal dans le Golan. L’unité se confronte aux militaires de l’Armée israélienne dans la ville abandonnée et détruite de Kouneitra (cercle rouge inférieur), qui constitue une sorte de no man’s land entre Israël et la Syrie et où ce genre d’activités est permanent.

 

Une équipe de reporters de la Ména comprenant notre rédacteur en chef Stéphane Juffa se trouvait à quelques mètres de la frontière avec les soldats de Tsahal deux heures avant l’opération contre Machour Zidan.

 

 

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Bruxelles-Métula du 22 juillet 2019 (022207/19) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 22 juillet 2019

 

La "République" Islamique d’Iran a arraisonné un pétrolier britannique et l’a conduit dans son port de Bandar Abbas où elle l’a séquestré et détient ses 23 marins.

 

Téhéran multiplie les provocations contre les Occidentaux dans le Golfe Persique par lequel transite un tiers du brut mondial. D’autre part, il tente d’envoyer des missiles balistiques en Irak et en Syrie, qui sont détruits au fur et à mesure par les Israéliens (selon des sources étrangères), en vue de préparer une riposte sur l’Etat hébreu et l’Arabie Saoudite en cas d’attaque américaine.

 

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La Marine iranienne : des moyens… hum… limités

 

Hier, selon des sources dignes de foi, un convoi de missiles iraniens a à nouveau été oblitéré à Abou Kamal, sur l’Autoroute chiite, à la frontière entre la Syrie et l’Irak. Le raid aurait fait des dizaines de morts parmi les Pasdaran (les Gardiens de la Révolution iranienne) et leurs supplétifs irakiens et libanais (Hezbollah).

 

Les sanctions économiques de Donald Trump fonctionnent et étouffent la théocratie chiite qui est proche de l’asphyxie. Tout ce que cette dictature peut faire consiste à augmenter la gêne et les menaces qu’elle est capable de faire peser sur Washington et ses alliés. Avec, comme objectif, d’obliger les Etats-Unis à s’asseoir à la table de négociations dans les circonstances les moins défavorables pour elle.

 

Mais, ce faisant, elle risque de dépasser les deux lignes rouges fixées par le Pentagone et Jérusalem : la reprise de son projet de bombe atomique et le dérèglement du commerce international.

 

Téhéran joue avec le feu, mais l’Amérique doit résister aux provocations et ne pas se laisser divertir de ses seuls objectifs en Iran : détruire les infrastructures nucléaires et tout ce qui touche aux missiles balistiques, renvoyer les Pasdaran de Syrie et d’Irak chez eux, anéantir les concentrations d’unités d’élite du régime, et obtenir la cessation du soutien apporté par les ayatollahs au terrorisme international. Ce, uniquement grâce à des frappes ciblées de quelques jours, suivies par des frappes d’entretien. Sans se laisser entraîner, tant que la menace reste tolérable, dans un conflit territorial ou maritime classique.

 

L’idéal, pour Donald Trump serait d’éviter tout conflit et de laisser les sanctions anéantir le régime sans aucune intervention militaire. Simplement en attendant qu’elles finissent de faire leur effet et en déployant ses forces afin de dissuader la junte théocratique de faire des bêtises et de ne lui laisser alternative.

 

L’analyse complète et originale de Stéphane Juffa au micro de Joanna Marchi sur Radio Judaïca.

 

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Sur Youtube :

https://youtu.be/MMHhWwt7pGo

Sur Radio Judaica :

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/912604515760885/?t=13

 

 

 
Basket U20, Israël championne d’Europe (012207/19) Version imprimable
Sport
dimanche, 21 juillet 2019

 

Par Ilan Tsadik à la City Arena de Tel-Aviv © Metula News Agency

 

Lundi, 0h40 à Tel-Aviv, 23h40 à Paris

 

Au terme d’une rencontre très disputée et d’un niveau exceptionnel toutes catégories confondues – les statistiques du match en témoignent – la Nivkhéret, la sélection israélienne, s’est imposée dimanche soir face à l’Espagne par 92 points à 84. [Regarder le résumé de la partie].

 

La victoire des bleus et blancs s’est dessinée en seconde période, alors que les deux premiers quarts-temps s’étaient conclus sur des scores d’égalité parfaite.

 

C’est probablement la détermination qui a fait la différence en fin de rencontre et qui a permis à la Nivkhéret de remporter le titre pour la seconde année consécutive. Ce sont aussi les deux prodiges, Yam Madar (17 points), et le meilleur joueur européen de cette catégorie d’âges, Deni Avdija (23 points), qui ont fait pencher la balance longtemps indécise. Mais l’effort collectif fut hors du commun, et tous les acteurs du match, y compris les Espagnols, se sont surpassés et ont présenté aux spectateurs et aux téléspectateurs un basket-champagne.

 

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L’instant de bonheur

Photo : FIBA, Fédération internationale de basketball

 

Le coach, Ariel Beit Halakhmy, est pour beaucoup dans ce succès ; responsable de cette équipe depuis plusieurs années, tacticien hors pair, il est littéralement adulé par ses joueurs.

 

Deni Avdija, l’homme du championnat selon tous les observateurs, était aussi le plus jeune joueur sur le parquet, le seul à n’avoir pas encore 19 ans.

 

Trois autres joueurs de la sélection nationale, Tomer Porat (11 points) Raz Adam (10) et Idan Alber (10) ont également terminé la partie avec un tableau de chasse à deux chiffres. Amit Suss (7) a aussi été l’auteur d’une prestation mémorable.

 

Côté ibère, Miguel Gonzalez a été le meilleur marqueur avec 14 points d’inscrits.

 

L’Espagne était parvenue en finale sans égarer le moindre point, n’enregistrant que des victoires sur des écarts à deux nombres, hormis son quart de finale de jeudi face à la Turquie, remporté à la peine, sur la plus étriquée des marges 70 à 69.

 

La France a dû se contenter de la médaille en chocolat, laissant filer le bronze plus tôt dans l’après-midi, en s’inclinant par 73 à 65 devant l’Allemagne.   

 

Il est rarement arrivé que tout un peuple s’intéresse à ce point à une rencontre de sélections espoirs, mais ce dimanche soir, tout Israël était devant ses téléviseurs et partageait l’émotion de la City Arena de Tel-Aviv, évidemment remplie jusqu’au dernier strapontin et dans laquelle il était impossible d’entendre sa propre voix. Tous les billets pour cette finale avaient été vendus en moins de cinq minutes, et 20 000 candidats n’ont pas trouvé de sièges.

 

Les journalistes sportifs et les scouts (recruteurs de talents) européens et américains n’ont pas tari d’éloges sur les exploits de la Nivkhéret, et l’avenir de ses meilleurs éléments semble d’ores et déjà assuré. Globalement, tout le monde du basket international a suivi ces championnats avec grand intérêt.

 

Outre l’organisation sans faille du tournoi, disputé dans une très bonne ambiance et dans une atmosphère de grande sportivité, la bande des bleus et blancs s’est réellement comportée en gentlemen, faisant chaque fois valoir son état d’esprit et une certaine forme de candeur rafraichissante. Les Israéliens, souvent divisés durant ces derniers mois, n’ont eu aucune peine à se reconnaître dans ces jeunes joueurs simples et passionnés.

 

Quant au public, il a longuement ovationné la sélection espagnole au moment de la remise des trophées. La politique a été tenue à l’écart des débats tout au long du championnat, aucune fausse note n’étant à déplorer.

 

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Deni Avdija a survolé les débats dans tous les compartiments du jeu

Photo : FIBA, Fédération internationale de basketball

 

On a assisté ce dimanche soir à l’évènement sportif de plus haute qualité à s’être déroulé dans l’Etat hébreu ces dernières années, de même qu’à la meilleure prestation d’athlètes israéliens toutes disciplines considérées, conjointement avec nos représentantes en gymnastique artistique.

 

 
Basket U20, Israël domine la France et rejoint l’Espagne en finale (012107/19) Version imprimable
Sport
samedi, 20 juillet 2019

 

© Metula News Agency

 

Dimanche, 01h50 à Metula, 0h50 à Paris

 

Ce samedi soir, à la City Arena de Tel-Aviv pleine à craquer et dans une ambiance de feu, l’équipe d’Israël des moins de vingt ans de basketball a battu son homologue française sur la marque de 81 à 70.

 

La rencontre constituait l’une des deux demi-finales du Championnat d’Europe. Dans l’autre demi-finale, l’Espagne a aisément éliminé l’Allemagne sur le score de 80 à 62.

 

Israël a obtenu l’organisation de ce championnat suite à la victoire de sa Nivkhéret (sélection) l’an dernier à la même époque à Chemnitz en Allemagne. Elle avait battu la Croatie en finale et, déjà, la France en demi-finale (83-57), il y a exactement une année.

 

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Deni Avdija, le meilleur joueur israélien

18 ans seulement, 202 centimètres

Photo : FIBA, Fédération internationale de basketball

 

La sélection française abordait la rencontre de ce samedi soir en ayant gagné tous ses matches précédents. Israël avait perdu sa première confrontation, face à la Serbie, avant de remporter toutes ses autres rencontres.

 

La finale entre Israël, tenante du titre, et l’Espagne se déroulera ce dimanche soir à 20h30 heure locale, soit 21h30 en Europe occidentale. Elle sera diffusée en direct sur diverses chaînes de télévision.

 

La partie de ce soir a été d’excellente facture et d’une énorme intensité. La France avait entamé la rencontre en trombe, menant initialement 11 à 0. La Nivkhéret parvenait cependant renverser la vapeur et à terminer la première période avec un avantage de 5 points. [Voir un résumé vidéo de la partie].

 

A la mi-temps, la marque était encore de 35 à 35, les deux formations se rendant coup pour coup. Ce n’est que dans la quatrième et dernière période qu’Israël parvenait à se détacher de manière irrésistible tuant le suspens dans le money time.

 

Les meilleurs marqueurs ont été Deni Avdija, 26 points, et Idan Avner, 20 points, côté hébreu. Ludovic Beyhurst, le meneur de jeu tricolore, a inscrit 16 points, Eddy Owooto Kaysouloud et Ivan Février ont tous deux comptabilisé 11 points pour les visiteurs.

 

Les Israéliens ont prévalu par leur jeu d’équipe et ont pressé leurs adversaires durant toute la rencontre, soutenus par un public qui n’a pas cessé un instant de les encourager.

 

 
Une base de missiles iraniens détruite ce matin en Irak (011907/19) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 19 juillet 2019

 

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© Metula News Agency

 

Métula, vendredi,

 

Tôt ce matin, la base de Shahada en Irak [ara. : "le témoignage", la principale profession de foi de l’islam : "Il n'y a pas de Dieu autre qu'Allah ; Muhammad est le Messager d'Allah"], contrôlée par les miliciens chiites des Hachd al-Chaabi [ara. : Unités de mobilisation populaire], les supplétifs de l’Iran en Irak, et abritant des Gardiens de la Révolution (khomeyniste) iraniens, les Pasdaran, et des miliciens chiites libanais du Hezbollah, a été la cible d’une attaque aérienne.

 

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Cette base se trouve en zone désertique à proximité de la ville de Salah ad-Din [Saladin][voir la carte], à 720km au nord-est du point israélien le plus proche, non loin de Métula, à 150km au nord-ouest de Bagdad et à 250km de la frontière iranienne la plus proche.

 

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Salah ad-Din

Service cartographique © Metula News Agency

 

L’Armée irakienne a reconnu l’attaque, affirmant qu’ "un drone avait lancé une grenade sur un entrepôt provoquant un incendie". Un descriptif pas crédible selon notre expertise : des drones ont effectivement la capacité de lancer des missiles air-sol mais les informations disponibles sur cette opération correspondent plus à une attaque de missiles lancés par des chasseurs-bombardiers, probablement des F-35 furtifs.

 

Deux cibles à l’intérieur de la base ont été visées et détruites : la première est un bâtiment abritant des missiles balistiques iraniens, vraisemblablement des Zulfiqar à carburant solide [ara. : l’épée à double lame de l’imam Ali, le cousin du prophète Mahomet, vénéré par les chiites comme son successeur], théoriquement capables d’atteindre le nord d’Israël à partir de de Salah ad-Din.

 

Le second objectif était constitué de diverses infrastructures, possiblement des installations de lancement destinées aux Zulfiqar.

 

Les annonces en provenance d’Irak font état d’un mort et de deux blessés. Selon nos informations, cette estimation est nettement minorée, de nombreux Pasdaran iraniens et des miliciens du Hezbollah, attachés à l’assemblage, à l’entreposage, à l’entretien et au tir de ces missiles auraient été tués lors du raid. [voir une vidéo exceptionnelle de l’attaque].

 

Les missiles ont été transportés d’Iran à la base de Shahada par des camions camouflés en véhicules transportant des aliments réfrigérés. Le gouvernement chiite d’Irak avait connaissance de ces transports mais il a préféré ne pas les intercepter.

 

L’édification et l’armement de ce complexe font partie des efforts de Téhéran visant à préparer une riposte à une éventuelle offensive américaine contre son territoire. La junte théocratique chiite au pouvoir en Perse a souvent averti que, dans cette éventualité, elle lancerait des missiles sur Israël, sur les forces étasuniennes et sur leurs alliés dans la région.

 

Les experts en armement de la Ména n’ont pas une grande foi dans la précision et la fiabilité de ces engins, mais notent cependant que la dictature iranienne a fait récemment des progrès dans ces domaines.

 

Le Département de la Défense U.S. a fait savoir qu’il n’a pas participé à cette opération ; ce qui rend plausible les articles de la presse irakienne et arabe qui attribue le raid à l’Etat hébreu. D’autant plus que le gouvernement et l’Armée israéliens ont répété ces derniers jours qu’ils n’hésiteraient pas à frapper des objectifs iraniens en Irak s’ils constituaient une menace pour leur territoire.

 

Fidèle à son habitude, le porte-parole de Tsahal n’a ni confirmé ni démenti ces affirmations.

 

Les Américains disposent toujours de bases en Irak, notamment des centres de Renseignement, dont certaines ne sont pas très éloignées des cibles visées ce matin.

 

Quoi qu’il en soit, les moyens militaires de la dictature théocratique iranienne sont dérisoires en comparaison de l’arsenal à disposition des Américains et des Israéliens. Dans le cas d’une opération visant les infrastructures nucléaires en Iran, les concentrations de missiles balistiques, les centres de recherche, les unités d’élites de l’Armée et les symboles du pouvoir, les ayatollahs voudraient avoir la capacité de concevoir une riposte, même limitée, afin de prolonger la période de confrontation.

 

Un responsable de l’Armée iranienne a fait savoir cette semaine dans ce dessein, que si les Américains pensaient pouvoir effectuer une frappe courte contre leur pays, ils se fourvoyaient. Mais en cas de confrontation armée, Téhéran ne dispose d’aucun moyen réel de contraindre les Américains à entreprendre la conquête de son territoire qui ne revêt aucun intérêt du point de vue stratégique.

 

Après une première frappe, d’une durée de quelques jours tout au plus, les Américains et leurs alliés auraient tout le loisir d’organiser des frappes d’ "entretien", aussi souvent et longtemps que nécessaire, afin d’empêcher l’ennemi de riposter et de réparer les dégâts qu’il aurait subis.

 

Nous notons encore que la base de Shahada est implantée en pleine zone sunnite et que la population de cette région voue une grande hostilité aux Iraniens ainsi qu’aux Unités de mobilisation populaire chiites. Les habitants sont pour la plupart favorables aux Etats-Unis et constituent de ce fait un réservoir intéressant au niveau de la collecte d’informations à caractère militaire.

 

Metula News

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On n’a pas gagné ! (info # 011807/19) Version imprimable
Analyse
jeudi, 18 juillet 2019

 

Par Patricia La Mosca

 

J’ai passé le plus clair du 14 juillet aux Champs Elysées. A ma façon, pour regarder et écouter par moi-même, sans intermédiaires ; pour m’imbiber de ce qui se passait. Comme à mon habitude, je n’étais pas sûre d’écrire un article, cela dépendait de mon ressenti, mais là, je n’ai pas le choix.

 

Je pourrais participer au commentaire des media français unanimes : "Ce fut une soirée bon-enfant pour fêter la victoire de l’Algérie à la CAN, émaillée de quelques débordements sans importance". Mais je mentirais.

 

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Ambiance bon-enfant

 

Cela n’aurait pas de sens, car la "fête" n’est pas terminée. Elle n’est qu’un pâle avant-goût de ce qu’il va se passer vendredi à l’issue de la finale, et je n’ose pas imaginer l’ampleur des "festivités" à venir si le Sénégal bat l’Algérie.

 

Le gouvernement et la presse complice s’efforcent de coller une image de normalité à ce qui s’est passé, mais il n’en est rien, rien n’est normal dans la situation que nous traversons. Nous sommes en train de perdre la raison et tout ce qui s’ensuit.

 

D’abord, il n’y a pas eu de 14 juillet, les flonflons, les guinguettes et les bals musette ont été des exceptions. Ou alors, ils se sont produits au fin fond de la campagne inaccessible ou encore dans des penthouses de bobos du XVIème, dont l’accès était filtré par des régiments de vigiles privés.

 

Mais sur les Champs, au moment du défilé, on ne rencontrait que des touristes étrangers abasourdis par le spectacle, des Gilets Jaunes et des flics occupés à les exfiltrer.

 

Tout ce qui était de couleur jaune était immédiatement confisqué sans ménagement et sous menace d’une interpellation en cas de refus du jaunard. Munis de petits couteaux, les policiers faisaient éclater les ballons jaunes, ils arrachaient les sacs de la même couleur et les survêtements. Sur les trottoirs, ils effectuaient des "nasses", des manœuvres d’encerclement dont ils filtraient les prises.

 

Sans raison, si vous aviez du jaune sur vous, si vous aviez un faciès connu, ou simplement si votre tronche ne leur revenait pas, arbitrairement et sans donner d’explications, ils vous exfiltraient manu-militari vers les rues adjacentes. Ceux qui étaient vraiment trop sages, et même des touristes, étaient maintenus de longues minutes dans la nasse et relâchés au goutte-à-goutte.

 

J’ai ainsi été prise dans deux nasses, et la seconde fois, les CRS ont discuté plusieurs minutes de mon sort avant de me permettre de regarder le défilé.

 

Ce n’était pas une manifestation, je n’ai vu aucune violence de la part des GJ, simplement des personnes au demeurant modestes qui voulaient montrer qu’ils étaient là et qu’aucun de leurs problèmes n’avait été résolu en dépit des promesses d’Emanuel Macron et à la suite de sa campagne de "consultation des Français".

 

Pendant le passage du président, les sifflets ont fusé, accompagnés de cris genre "Macron démission !", et de beaucoup de "Où est Steve ?". Une interrogation liée à la disparition d’un animateur scolaire de 24 ans, Steve Maia Caniço, précipité dans la Loire sur un quai de Nantes lors de la Fête de la musique, le 22 juin dernier suite à une charge de la police, et dont on est sans nouvelles depuis. Steve Maia Caniço n’était pas Gilet Jaune et n’était pas actif en politique, il participait à une soirée techno.

 

Le président dans sa Jeep arborait un sourire soupe au lait pendant que ses forces de l’ordre s’en prenaient aux persifleurs sans ménagement. Certains arboraient un drapeau tricolore, mais cela n’arrêtait pas les gardiens de la paix, et j’en ai vu précipités au sol pendant qu’ils criaient "Mais je n’ai rien fait, moi !".

 

Il y avait aussi sur les trottoirs des partisans de Macron, mais ils étaient encore moins nombreux que les GJ et leurs voix s’entendaient à peine.

 

Après le défilé, lentement, la foule de l’après-midi rentra chez elle dans l’obscurité, ruminant son mécontentement de pas être entendue et son étonnement face à l’extrême rudesse policière. Sur leur chemin, les gens croisaient sans se toiser des supporters de l’Algérie et d’autres originaires du Maghreb qui, joyeux et brandissant de grands drapeaux vert et blanc, se dirigeaient vers la plus belle avenue du monde et en particulier, en direction de la place de l’Etoile rebaptisée place Charles de Gaulle.

 

Il en venait à pied, en voiture, en scooter et à moto. Je les connais bien pour avoir passé un peu moins de cinq ans dans l’une des banlieues chaudes de la capitale, où j’occupais un appartement environ trois jours par semaine, grâce à une bourse d’étude et une participation financière de la Ména.

 

Cette expérience est terminée maintenant, mais elle a été riche en enseignements autant qu’en émotions. Pour vous en donner un aperçu, en mai, durant mon dernier mois d’incubation, j’ai été insultée plus de cent fois, dont 95 avec des injures francophobes à la clé, sans doute inspirées par mon faciès d’Européenne, et cinq fois en raison de mon sexe et du fait que je ne portais pas de foulard. Durant la même période, j’ai été menacée à six reprises d’agressions physiques et de viols demeurés sans suite, mais une fois, deux "jeunes des banlieues" ont arraché mon T-shirt. Je n’ai pu préserver mon intimité que grâce à l’intervention d’une autre personne "travaillant" pour l’un des caïds qui m’avait pris sous sa semi-protection. J’ai tout de même regagné mon appartement en soutien-gorge.

 

Le bref résumé qui précède relate des non-évènements au regard de la loi mafieuse qui régit la banlieue. Je n’ai jamais entendu dire que quelqu’un avait appelé la police pour des faits de cette nature, non plus que lorsque les viols – qui sont monnaie courante, c’est l’une des manières les plus courantes d’avoir des relations sexuelles – ne sont pas empêchés. D’ailleurs, à moins d’un meurtre, la police ne viendrait pas et la victime devrait quitter le quartier afin de se préserver.

 

Ces zones de non-droit [voir un listing assez précis de ces territoires], qui concernent au moins dix millions de personnes en France, nagent dans la violence ininterrompue, la loi du milieu de la drogue, des armes, de la prostitution, dans l’islam idéalisé, identitaire et la haine de la France ; sans parler naturellement de celle d’Israël et des Juifs, les ennemis absolus des territoires perdus de la République. D’ailleurs, personne ne tente plus depuis des décennies d’y combattre l’antisémitisme.

 

Il s’agit d’une haine générique, symbolique, de "race" contre "race", 99 pour cent de ces musulmans n’étant absolument pas capables de désigner l’emplacement de l’Etat d’Israël sur une carte, voire de prononcer le nombre, même approximatif, des Juifs vivant en France. La dernière fois que j’ai posé la question à mon étage, ils constituaient entre 20% et la majorité de la population française. En tout cas, tous étaient authentiquement convaincus que ce sont les Juifs qui dirigent le pays.

 

Retour à la place de l’Etoile. Dans un premier temps, les forces de l’ordre ont reçu l’instruction de contenir les supporters de l’Algérie sur les trottoirs afin de permettre la circulation automobile autour du rondpoint de l’Arc de Triomphe.

 

La disposition des gendarmes et des policiers a changé du tout au tout : la rudesse a disparu, avec elle, les nasses, les infiltrations, les activités offensives. L’après-midi, ceux qui arboraient des vêtements jaunes et des drapeaux français étaient traités en ennemis, presque en séditieux, alors que cette nuit, ceux qui brandissent les couleurs algériennes, qui se mettent à hurler "Nique la France !" et "A mort la France !", jouissent de tous les égards.

 

Nous sommes ici pour les encadrer, me chuchote un officier de police, pas pour les confronter. Un peu plus tard, alors que des véhicules seront en flammes sur les voies adjacentes, un autre officier d’une brigade spéciale, au lieu d’intervenir, me soufflera : "On nous a dit de ne pas risquer la révolution pour une voiture qui brûle".

 

Moi je risque : s’il y avait un mort de leur côté dans la bagarre ? En secouant la tête de haut en bas, il répond uniquement : "l’émeute, l’émeute, beaucoup de morts et de blessés, le risque que les banlieues s’embrasent, nous n’avons rien à y gagner, ça va passer, il faut tenir".

 

Je dis : "Ce n’est pas notre fête nationale, ces drapeaux étrangers, les quolibets, les menaces, les insultes et les projectiles ne vous dérangent pas ?".

 

Il répond : "Nous en sommes tous malades. Beaucoup de suicides ces derniers temps. Nous sommes à bout". Et encore : "Nous sommes jetés en pâture par le gouvernement, nous faisons son boulot, nous payons le prix de ses échecs et de son impuissance. Ils nous tapent dessus en pensant taper sur Macron".

 

Je n’ai pas vu de "supporters" précipités au sol et roués de coups par les forces de l’ordre, pas non plus d’assaut contre les casseurs. La différence de traitement réservée aux Gilets Jaunes qui n’ont pas incendié une seule voiture et celui appliqué à ces voyous est à la fois saisissante, révoltante et choquante.

 

Un scooter avec deux passagers sur son dos s’arrête à la hauteur de l’officier et de son peloton. Le conducteur a un casque sur la tête, le second n’en a pas. Qu’à cela ne tienne, on n’en est pas à s’occuper de ces "détails" du code de la route. Le premier, un jeune d’à peine vingt ans sort un doigt d’honneur à trente centimètres du nez de l’officier, en chantant, "on va vous niquer !". L’officier et ses hommes ne réagissent pas, ils suivent les directives qu’ils ont reçues. En partant, le passager m’aperçoit et me lance : "et toi la pute, tu me su… ?".

 

J’en ai assez vu, je rentre. J’apprendrai par la suite que de très nombreux véhicules ont été incendiés durant la nuit dans toutes les villes de France, Lyon (33 policiers blessés) et Marseille sont parmi les plus touchées. Le gouvernement s’est refusé à communiquer un chiffre, continuant à expliquer que "les choses s’étaient dans l’ensemble bien passées", et que c’était "bon-enfant". Au ministère de l’Intérieur, l’entourage du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a déclaré ce lundi qu’il "assumait", et qu’il n’afficherait pas publiquement le nombre de voitures brûlées en France lors des festivités du 13 et du 14 juillet, contrairement aux deux années précédentes.

 

La Provence croit savoir qu’il y en a eu 195. L’un de mes amis policiers que j’ai déjà interviewé pour la Ména commente en souriant : "Oui, pour la Provence uniquement. C’est beaucoup plus, beaucoup beaucoup plus. Ca veut dire quoi, j’assume ?," poursuit l’officier expérimenté, "ça veut dire que vous n’avez pas le droit de savoir, que ce ne sont pas vos affaires, que la préservation des voyous prévaut sur votre droit de savoir. Vous imaginez le sentiment des centaines de gens qui ont perdu leur moyen de transport, souvent leur outil de travail, parce que l’Algérie a battu le Nigéria en coupe d’Afrique ?", me lance le gradé dépité. "On est tous tombé sur la tête et cela va très mal se terminer, cette histoire", conclut-il.

 

Nous vivons dans un pays dans lequel dire la vérité sur un sujet comme celui-ci fait de vous un réactionnaire arabophobe. A la télévision, sur toutes les chaînes, journalistes et politiciens reprennent les slogans officiels s’épanchant sur la joie de la victoire des Algériens et le multiculturalisme qui fait la richesse de la France.

 

Mais on est effectivement tombé sur la tête, pas uniquement parce que l’on cache la vérité aux Français et parce qu’on leur a volé leur fête nationale. Mais principalement, parce que l’on n’a pas de solution face à un problème qui ne cesse d’enfler. Parce qu’on continue de parler des "jeunes des banlieues" et pas de notre problème avec l’islam et les rejetons de l’immigration des années soixante, devenus des Français qui détestent la France, sans vouloir du tout retourner en Algérie.

 

Problème avec l’islam, mais ils ne sont pas tous antifrançais ? Et alors ? Tous les Allemands étaient-ils nazis, tous les Russes staliniens, les Italiens, mussoliniens ? Nous avons des problèmes avec le texte qui fonde leur croyance, avec leur précepte de conquête du monde, d’application de la Charia, avec leur loi qui appelle à assassiner les homosexuels, avec la question de qui l’on met au centre du monde et ses deux réponses incompatibles : l’homme ou dieu ? Avec leur désir de vengeance jamais assouvi, avec leur inculture et leur barbarie en général. Avec leurs rêves qui sont nos cauchemars, avec leur acceptation de sacrifier leur vie à condition de prendre les nôtres, avec les centaines de morts d’innocents qu’ils ont déjà causées dans notre pays et que ceux qui nous dirigent refusent de prendre en compte et d’analyser.


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Bruxelles-Métula du 16 juillet 2019 (011607/19) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
mardi, 16 juillet 2019

 

LA TURQUIE D’ERDOGAN DEFIE L’UNION EUROPENNE EN PROCEDANT A DES FORAGES PETROLIERS ET GAZIERS DANS LA ZONE ECONOMIQUE DE LA REPUBLIQUE DE CHYPRE SOUS LA PROTECTION AGRESSIVE DE SA MARINE DE GUERRE. CE, A QUELQUES MILES DES PLATEFORMES ISRAELIENNES EN MEDITERANNEE, DONT L’EXPLOITATION DES HYDROCARBURES EST SYNCHRONISEE AVEC CELLE DE CHYPRE. DE PLUS, IL EXISTE DES ACCORDS SECURITAIRES ENTRE JERUSALEM ET NICOSIE, ET TSAHAL S’ENTRAINE REGULIEEMENT SUR L’ILE D’APHRODITE EN COOPERATION AVEC LES FORCES DE DEFENSE DE CE PAYS ET FACE A 35 000 SOLDATS OTTOMANS. CEUX-CI SONT DEPLOYES DANS LA "REPUBLIQUE" TURQUE DE CHYPRE DU NORD. UN ETAT FANTOCHE UNIQUEMENT RECONNU PAR ANKARA.

 

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Yavuz, le second navire scientifique turc qui effectue des forages dans la zone économique

de la République de Chypre, sous la protection des bateaux de guerre d’Ankara

 

Hier, lundi, l’Union Européenne a décrété un train de sanctions économiques contre la Turquie afin de marquer son opposition aux manœuvres d’Ankara dans le bassin est-méditerranéen, dans la zone économique cypriote.

 

Chypre fait partie de l’Union Européenne et ladite union est responsable de protéger ses Etats membres face aux agressions de pays tiers.

 

De plus, la Turquie a reçu la semaine dernière la première partie du système antiaérien S-400 qu’elle a acheté à la Russie, et qui menacera les opérations des avions de l’OTAN dans la région. Or la Turquie est membre de l’OTAN et même sa seconde plus puissante armée en termes d’effectifs et en moyens ; elle contrevient ainsi aux principes fondamentaux de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord.

 

Nous sommes convaincus à Métula que Washington va également décréter, pas plus tard que cette semaine, d’autres sanctions économiques visant Ankara.

 

L’économique turque est déjà chancelante et les nouvelles sanctions ne vont pas manquer de l’affaiblir davantage et, partant, d’accentuer encore les tensions diplomatiques et militaires dans la région, déjà en proie à un face-à-face entre la "République" Islamique d’Iran et l’Amérique et ses alliés.

 

L’analyse complète et originale de Stéphane Juffa au micro de Joanna Marchi sur Radio Judaïca.

 

 

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Sur Youtube :

https://youtu.be/cDAnKtePWjA

Sur Radio Judaica :

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/337856757147227/

 

 
La presse française : désinformation et falsification des faits (info # 011407/19) Version imprimable
Analyse
dimanche, 14 juillet 2019

 

Par Guy Millière

 

Je vis désormais très loin de la France. Dix mille kilomètres environ. Onze heures par avion. Je n’y retourne que rarement et de manière brève en général. Je parcours néanmoins la presse française. Pour savoir ce qui s’y dit.  

 

Je ne m’attends pas à y trouver des informations. J’ai sur ce plan tout ce qu’il me faut, et je sais que sur la plupart des sujets abordés, ce que je lirai dans la presse française sera faux ou déformé.

 

Je disais à une époque, pour plaisanter, que la seule rubrique où ce qui était dit dans la presse française était exact figurait dans la rubrique météorologique, mais je dois constater que, depuis que le thème du “réchauffement global anthropique” est devenu omniprésent, même la rubrique météorologique peut devenir inepte.

 

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Rires de potes à l’ombre des potences

 

Non, je parcours la presse française pour y trouver ce qui s’y trouve : la désinformation, la falsification des faits décrits, le remplacement de la connaissance par le dogme, les incitations à la haine quelquefois.

 

Lorsqu’il s’agit des Etats-Unis sous Donald Trump, chaque jour apporte sa moisson. Je ne pense pas me tromper en disant que pas un seul quotidien français n’a publié un article favorable à Donald Trump depuis le jour où il s’est déclaré candidat à la présidence, donc depuis quatre ans maintenant, et depuis qu’il est président, c’est pire encore.

 

Lorsqu’il s’agit d’Israël, c’est quasiment la même chose. Parfois, par inadvertance, ou parce qu’un rédacteur en chef a eu un moment d’absence, un article non imprégné de venin anti-israélien passe, mais il est tout aussitôt enseveli sous une douzaine d’articles venimeux.

 

Lorsqu’il s’agit de dictatures monstrueuses et de dirigeants crapuleux, le ton change et se fait soudain plus doux, plus compassionnel, plus ouvert, et montre immédiatement de quel côté le cœur des auteurs des articles penche.

 

La Chine communiste se trouve en général très bien traitée par les media tricolores, et il est visible que nombre de journalistes espèrent qu’elle deviendra bientôt la première puissance du monde et supplantera les Etats-Unis (nombre de journalistes sexagénaires spécialistes de la Chine ont été maoïstes quand Mao était encore de ce monde, et on peut voir dans leur mansuétude envers le régime abject de Xi Jinping une forme de nostalgie pour l’époque où ils brandissaient le petit livre rouge).

 

Les dirigeants de mouvements terroristes islamiques du Proche-Orient font l’objet d’articles amicaux : un dirigeant du Hamas, très souriant, Ismaïl Haniyeh, a fait la couverture d’un grand hebdomadaire il y a quelques mois. Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, a fait quant à lui l’objet d’une série d’articles très élogieux dans un autre hebdomadaire. Ce qui fait qu’Abou Bakr al Baghdadi n’a pas bénéficié du même traitement médiatique qu’Ismaïl Haniyeh et Hassan Nasrallah est sans doute qu’il était plus difficile à joindre et que les journalistes craignaient d’avoir la tête coupée.

 

Le régime iranien fait présentement l’objet d’articles très bienveillants. Le thème général de ces articles peut être résumé de la façon suivante : le régime iranien a signé un accord assurant que l’Iran ne se livre plus à aucune action visant à obtenir l’arme nucléaire et a respecté scrupuleusement l’accord. L’odieux belliciste Donald Trump, influencé par le tout aussi odieux Binyamin Netanyahou est sorti de l’accord signé par le régime iranien sans aucune raison et menace le régime iranien qui ne lui a rien fait, ce qui crée des tensions dont l’odieux belliciste Donald Trump est le seul responsable. Fort heureusement, la France et l’Allemagne essaient d’aider le régime iranien à surmonter cette mauvaise passe et s’efforcent de trouver un moyen d’assouplir les tensions.

 

Inutile de dire que tout, dans les mots que je viens d’écrire, est faux et même crapuleux, tant, par une inversion de la réalité, les criminels sont présentés comme des victimes et les gens qui tentent d’arrêter les criminels sont présentés comme des criminels.

 

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Reprise de Bruxelles-Metula Version imprimable
Communiqué
dimanche, 14 juillet 2019

 

L’émission Bruxelles-Métula reprendra ce mardi 16 juillet sur Radio Judaïca à 8h, heure de Paris.

 
Bruxelles-Metula annulée demain, lundi 8 juillet ! Version imprimable
Communiqué
dimanche, 07 juillet 2019

 

Mauvaise nouvelle : pas d'émission demain, le rédacteur en chef de Radio Judaica, l'interlocuteur de Stéphane Juffa à Bruxelles-Metula, vient de nous informer à l'instant qu'il est cloué au lit par un mal de dos lancinant. Nous souhaitons à l'excellent Jim Mosko un prompt et complet rétablissement.

 

 
Pourquoi la gauche israélienne s’est effondrée (info # 010707/19) Version imprimable
Analyse
dimanche, 07 juillet 2019

 

Par Guy Millière

 

La gauche israélienne va très mal. On peut considérer qu’elle est moribonde. Les récentes élections tenues en Israël ont montré qu’elle était en voie de disparition. Les élections qui vont avoir lieu cet automne en conséquence de l’impossibilité de former un gouvernement à laquelle a été confronté Binyamin Netanyahou ne devraient pas apporter aux partis de gauche israéliens de meilleurs résultats.

 

Dans la presse du monde qui parle anglais, des articles tentent de trouver des explications et, lorsqu’ils sont écrits par des commentateurs qui se sentent proches de la gauche israélienne, les articles prennent une tonalité où se mêlent inquiétude et consternation. Dans la presse française, résolument anti-israélienne depuis des décennies, des journalistes vont jusqu’à dire qu’ils s’inquiètent de la survie de la démocratie israélienne.

 

Il est intéressant dans ce contexte de lire un livre paru voici quelques semaines, en langue anglaise (il ne sera j’en suis sûr jamais traduit en français), et qui traite en profondeur et de manière profonde et incisive de ce qui arrive à la gauche israélienne. L’auteur du livre est Mordechaï Nissan, ancien professeur à l’université hébraïque de Jérusalem. Le livre s’appelle *The Crack Up of the Israeli Left [l’effondrement de la gauche israélienne].

 

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La gauche israélienne : un reliquat ?

 

Mordechaï Nissan écrit que l’effondrement en question trouve très largement son origine dans les illusions délétères qui ont conduit aux accords d’Oslo. Ceux-ci devaient, selon leurs signataires israéliens, conduire à la paix : ils ont conduit à tout autre chose.

 

Ils reposaient sur une incompréhension catastrophique de ce que sont le totalitarisme et le fanatisme. Ils ont entraîné la création de l’Autorité Palestinienne, donc la création d’un quasi-Etat confié à un conglomérat d’organisations terroristes dominé par une organisation islamique cachée sous la défroque de la laïcité, le Fatah. Ils ont conduit à une vague d’attentats atroces qui ont tué ou mutilé des centaines d’Israéliens, dont de nombreux enfants. Ils ont fait qu’Israël a reconnu ce conglomérat d’organisations terroristes comme représentant légitime d’un peuple inventé dans les officines du KGB aux fins de servir d’arme de destruction anti-juive, le “peuple palestinien”. Ils ont permis que ce conglomérat d’organisations terroristes se dote de moyens d’endoctrinement des populations arabes qu’il a été autorisé à régir. Ils ont enclenché un processus qui a fait qu’Israël a dû participer à des négociations dont il était évident, d’emblée, qu’elles ne servaient à rien, dès lors que la seule chose acceptable pour les dirigeants du conglomérat d’organisations terroristes serait la disparition d’Israël. Dans un bain de sang juif, de préférence. Ils ont placé Israël dans une position délicate et ont contraint les dirigeants israéliens ultérieurs, même lorsqu’ils n’étaient pas de gauche, à adopter des positions défensives, à parfois faire de vaines concessions et à céder quelquefois sous la pression. Et il a fallu, souligne Mordechaï Nissan, tout l’art diplomatique de Binyamin Netanyahou au cours de la décennie écoulée pour ne pas céder davantage, mais des gestes désastreux ont été accomplis, ainsi l’abandon de la bande de Gaza, vite tombée entre les mains sordides du Hamas.

 

La population israélienne a pu avoir des illusions. Ces illusions ont été payées douloureusement. Elles se sont estompées peu à peu. Il n’en reste pas grand-chose aujourd’hui. Les Israéliens qui imaginent encore qu’une “solution à deux Etats” est envisageable, qu’il peut être utile de dialoguer avec les dirigeants “palestiniens”, et que ceux-ci sont autre chose que d’immondes menteurs et des assassins abjects sont devenus très minoritaires.

 

Le parti travailliste israélien, en 2019, parle encore dans son programme de “deux Etats pour deux peuples” et d’”accord politique” pour parvenir à cette fin. Il lui est difficile de faire autrement sans se renier. Ceux de ses électeurs qui sont devenus lucides et qui se refusent à voter pour la droite ont pu soutenir la coalition Blanc Bleu, qui s’est contentée lors de la campagne qui a conduit aux élections du mois d’avril, de parler de “séparation” et de promettre d’engager des négociations, sans aller plus loin.

 

Outre la chute des illusions au sein de la population israélienne, d’autres éléments jouent :

 

- la menace iranienne et l’évolution économique et géopolitique du monde font que les pays du monde arabe sunnite se rapprochent d’Israël et voient toujours davantage les dirigeants “palestiniens” comme un fardeau dont ils voudraient eux-mêmes se débarrasser ;

 

- ce que l’administration Trump a engrené fait que l’idée d’”Etat palestinien” va se trouver reléguée dans le révolu.

 

 

Note :

*Mordechaï Nissan, The Crack Up of the Israeli Left, Mantua Books, 224p., 2019, $ 19.95

 

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Pas de vacances pour Bruxelles-Metula Version imprimable
Communiqué
dimanche, 07 juillet 2019

 

En raison de son succès, Radio Judaïca et la na ont décidé de poursuivre la

 

diffusion en direct de leur émission hebdomadaire Bruxelles-Métula même

 

pendant la pause de juillet-août. L’émission se déroule tous les lundis matin à 7h40

 

heure de Belgique et l’enregistrement est ensuite disponible sur la na et Radio

 

Judaïca dans la journée.

 

 

 

 
Moyen-Orient : qu'arrive-t-il à la diplomatie française ? (010307/19) Version imprimable
Analyse
mercredi, 03 juillet 2019

 

Par Amram Castellion

                                   

Depuis le début du siècle, le paysage géopolitique au Moyen-Orient a connu un bouleversement complet.

 

Israël, principal développeur d'armements de très haute technologie, et l'Arabie Saoudite, principal financeur de ces développements après les Etats-Unis, ont mis en place une alliance stratégique qui a transformé la supériorité militaire israélienne en domination absolue et de long terme.

 

L'Iran, qui était encore considéré au début du siècle comme une menace existentielle sérieuse pour Israël, est une puissance finissante, en effondrement économique et sociétal, encombrée par un équipement militaire d'un autre âge.

 

Même si leurs opinions publiques sont encore hésitantes, les puissances sunnites de la Péninsule Arabique ont, en pratique, accepté la permanence d'Israël dans la région. Elles le disent désormais ouvertement.

 

L'Autorité Palestinienne, qui était encore prise suffisamment au sérieux il y a vingt ans pour qu'Ehud Barak lui propose un Etat sur 100% de la Cisjordanie et de Gaza (y compris la souveraineté sur le Mont du Temple) n'est plus vue que comme ce qu'elle est : une mafia qui se répartit l'aide internationale sans se soucier d'administrer quoi que ce soit, qui n'a aucun pouvoir ni à Gaza ni en zone C de Judée-Samarie, et dont même le pouvoir sur les zones A et B n'est rendu possible que par le soutien sécuritaire d'Israël. Les opinions arabes, qui faisaient de la cause palestinienne leur principale passion il y a vingt ans, se sont lassées de cette clique et n'en parlent presque plus jamais.

 

Le Hezbollah, il y a vingt ans, était en train de prendre le pouvoir au Liban pour mener la guerre contre Israël. Aujourd'hui, il a le pouvoir au Liban et tient trop à le garder pour oser attaquer Israël, quelles que soient les instructions de ses maîtres de Téhéran.

 

La population juive en Judée-Samarie (zone C) et dans l'est de Jérusalem atteignait 340 000 habitants en 1999. Elle dépasse 660 000 habitants vingt ans plus tard. Elle augmente 60% plus vite que la population juive à l'ouest de la ligne verte, mais aussi plus vite que la population arabe des zones A et B.

 

Bref, tout a changé. On pourrait donc s'attendre à ce que les services diplomatiques étrangers, dont le métier est d'informer leurs nations respectives de la situation internationale pour leur permettre de défendre au mieux leurs intérêts, adaptent en conséquence leurs analyses et leurs recommandations.

 

Et pourtant, quand on observe la production du ministère français des Affaires Etrangères – le Quai d'Orsay – sur la situation au Moyen-Orient, on est frappé par l'absence de tout changement (en vingt ans !) dans les messages et les propositions.

 

Le Quai continue à demander "une solution à deux Etats (Palestine et Israël), négociée dans le cadre multilatéral des Nations-Unies". Il ne dit pas comment négocier avec deux autorités à la fois (celle de Gaza et celle de Ramallah), ni pourquoi ce qui a toujours échoué du fait du refus palestinien aurait la moindre chance de réussir la prochaine fois.

 

Le Quai continue à considérer toute implantation juive à l'est de la ligne verte comme contraire au droit international. Le fait qu'il sait parfaitement que c'est faux n'est pas grave en soi : il est parfaitement acceptable, en politique internationale, d'être prudent dans l'emploi de la vérité quand cela correspond à un intérêt national. Ce qui est grave, c'est qu'on voit mal comment l'intérêt de la France est défendu en tenant une ligne qui est chaque jour plus contraire à la réalité sur le terrain et à toute perspective réaliste de règlement. Il est possible (souhaitable, à mon sens) que la Judée-Samarie soit un jour partagée, mais elle ne sera jamais rendue dans son intégralité. Jérusalem et le Golan ne le seront jamais. Refuser d'admettre l'évidence n'est pas une manière de faire progresser ses intérêts.

 

Le Quai, qui a fait depuis au moins un siècle le choix (intelligent du reste) d'une politique pro-sunnite, continue à agir comme si son opposition à plusieurs intérêts existentiels d'Israël – une frontière défendable, des Palestiniens désarmés – allait renforcer l'image de la France dans le monde sunnite… Alors même que les puissances sunnites font le chemin inverse et reconnaissent de plus en plus explicitement le caractère légitime de ces intérêts. Concrètement, la France est devenue plus hostile à la politique israélienne que le sont les puissances sunnites avec qui elle souhaite avoir de bonnes relations.

 

Le Quai continue à faire semblant d'accepter les récits des Frères musulmans sur la situation à Gaza (des "manifestants pacifiques" injustement visés par Israël) alors même que le monde sunnite, hors Qatar, s'est donné pour priorité stratégique l'extermination des Frères et que l'information sur la situation réelle – une population terrorisée et fanatisée employée de force dans l'espoir de rompre la frontière et de massacrer des Juifs – est immédiatement accessible pour toute personne disposant d'une liaison internet et d'une formation de niveau école primaire.

 

Le Quai continue à vouloir sauver le régime des mollahs en Iran, en opposant artificiellement un président Rouhani "modéré" et un camp extrémiste. Il sait pourtant parfaitement que le régime, entraîné dans une spirale de ruine et de déclin, ne pourra pas survivre éternellement. Les investissements français de l'époque récente sont perdus, et la France ne pourra revenir en Iran qu'après un changement de régime qui est donc dans son intérêt. Pourquoi, dans ce cas, ne pas adapter en conséquence la politique de la France ?

 

Tout cela semble n'avoir rigoureusement aucun sens. Pourquoi un ministère dont tout le monde s'accorde à dire qu'il contient de bons esprits, et qui est remarquablement informé de ce qui se passe dans le monde, continue-t-il à tenir des discours contraires à la fois à la simple information, aux intérêts des principaux alliés de la France, et à ceux de la France elle-même ?

 

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Le Quai d'Orsay : le bâtiment est superbe, mais les fonctions cognitives semblent atteintes

 

La première réponse de mes sources au Quai d'Orsay est souvent qu'un ministère fait ce que lui dit l'autorité politique et qu'il n'a pas reçu d'instructions pour changer ses orientations. Mais cette réponse n'a pas grand sens. La plupart des hommes politiques français, jusqu'au plus haut niveau inclusivement, ne connaît rien à la région et dépend donc des analyses du Quai pour fixer des orientations. Si ces analyses ne s'adaptent pas aux nouvelles réalités, les instructions ne pourront pas changer non plus.

 

Beaucoup de Français conscients du problème pensent que la gestion politique de la population musulmane française explique l'incapacité française à adapter sa politique extérieure. Je ne suis pas convaincu. Si les puissances arabes elles-mêmes évoluent, avec une population à 100% musulmane, qu'est-ce qui empêcherait la France de le faire avec moins de 15% ?

 

L'explication par la corruption, que j'ai entendue à plusieurs reprises, n'est pas satisfaisante non plus. Il y a bien eu des ambassadeurs – ou plutôt d'anciens ambassadeurs à la retraite – reconvertis en consultants ou avocats pour des puissances du Golfe, mais il n'y a pas de corruption généralisée dans les services qui expliquerait le détournement des esprits. Et même si c'était le cas, cela ne pourrait pas expliquer pourquoi la France reste à la traîne des puissances arabes elles-mêmes dans leur évolution sur la situation au Moyen-Orient.

 

Reste l'antisémitisme culturel traditionnel, assez ancré au ministère. On aime à y penser que les Juifs d'Israël ont créé une entité étrangère et par définition vouée à disparaître. On trouve que la présence d'Israël nuit aux anciennes prétentions de la France à jouer un rôle directement dans la région, et en particulier à participer à la gestion du patrimoine chrétien de Jérusalem. Et, comme tous les groupes attachés à une vision du monde, on y a développé une forte résistance à reconnaître les faits qui la remettent en cause.

 

Mais à la vérité, même cette explication n'est pas entièrement satisfaisante. Les diplomates français ne sont pas des retraités ronchons qui ressassent leurs préjugés en buvant une verveine. Ce sont des professionnels, des analystes, souvent jeunes, exposés quotidiennement à l'information la plus à jour.

 

Mon impression est que le paradoxe le plus important de l'absence de toute évolution de la position française est que les diplomates qui l'expriment savent désormais parfaitement qu'elle ne correspond plus à rien. On me murmure même que des rapports confidentiels, rédigés par le Centre d'Analyse, de Prévision et de Stratégie (ou CAPS, le "think-tank interne" du ministère) auraient abordé la question et été envoyés au ministre.

 

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Les photos de la frappe sur Jamraya (010207/19) Version imprimable
Analyse
mardi, 02 juillet 2019

 

© Metula News Agency

 

Métula, mardi

 

Hier nous avions identifié et décrit, en exclusivité pour les lecteurs de la Ména, les cibles qui ont été visées lors de l’attaque - attribuée à Israël selon des sources étrangères – qui s’est déroulée aux premières heures de lundi.

 

Parmi celles-ci, nous avions acquis la certitude que des objectifs situés dans le périmètre du soi-disant centre de recherche scientifique de Jamraya [le CERS, Centre D'Etudes et de Recherches Scientifiques] avaient été frappés et oblitérés.

 

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Le soi-disant centre de recherche scientifique de Jamraya

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Aujourd’hui, la société israélienne ISI, ImageSat International, le leader mondial dans les prises de vue de ce genre, a publié des photographies satellitaires exceptionnelles qui viennent confirmer nos présomptions.

 

Nous y voyons le cliché d’un bâtiment pris le 4 juin dernier, soit avant l’attaque, ainsi qu’un autre, photographié hier après le raid. Sur la seconde image, on s’aperçoit que l’entrepôt a été entièrement neutralisé.

 

Nous pensons qu’il accueillait des armes iraniennes sophistiquées appelées à jouer un rôle prépondérant en cas de confrontation avec Israël ; possiblement le centre de contrôle de missiles sol-air et les radars d’une batterie 3-Khordad [far. : juin] et ses missiles Sayyad-2 [far. : chasseur], les mêmes que ceux qui ont abattu le drone américain dans le Golfe d’Oman.

 

Les Iraniens présentent cet ensemble comme une version domestique du S-400 russe. Nous sommes convaincus que les Israéliens possèdent les moyens d’aveugler ce système de même que le S-400 original, mais il était plus sûr de l’oblitérer afin d’écarter un péril théorique voire marginalement gênant dans l’hypothèse d’une confrontation globale.

 

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ISI, ImageSat International

 

Durant la nuit du 30 juin au 1er juillet, un entrepôt du complexe de Jamraya a été totalement détruit. Il mesurait 30 mètres par 12 et était situé à 6km au nord de Damas intra-muros. Il était sans doute utilisé pour le stockage de systèmes d’armement sophistiqués qui ont nécessité une attention particulière. Ce site dépendait des Iraniens et de leurs supplétifs chiites libanais du Hezbollah

 

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Note administrative Version imprimable
Communiqué
mardi, 02 juillet 2019

 

L’émission radiophonique hebdomadaire Bruxelles-Métula fait la pause durant les mois de juillet et août. En cas de nécessité informationnelle durant cette période nous diffuserons des émissions spéciales

 
Syrie : la plus grosse attaque israélienne depuis un an au moins (010107/19) Version imprimable
Breaking News !
lundi, 01 juillet 2019

 

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Métula, lundi

 

Selon des sources étrangères, vers 0h30 cette nuit Tsahal a ciblé de nombreux objectifs en Syrie. Des avions ont tiré des missiles Dalila à partir de la frontière entre la Syrie et le Liban, et des navires du Khe’l Hayam [la marine de guerre israélienne] ont également lancé des missiles depuis la Méditerranée à proximité du rivage libano-syrien.

 

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Un objectif en flammes, cette nuit, au cœur de Damas

 

La télévision nationale syrienne, pour la première fois depuis des années, émet en continu dans la foulée de ces raids.

 

L’agence officielle du régime alaouite des al Assad, SANA, fait état de "quatre martyrs, dont des enfants, et des blessés parmi les civils dans la localité de Sahnaya [carte] dans la banlieue sud de Damas". Des sources russes autorisées ont déclaré à ce propos que les victimes civiles de Sahnaya n’ont pas été atteintes par les missiles israéliens mais par des projectiles de la DCA [Défense Contre Avions] syrienne, des missiles S-125 selon Moscou. Ce qui n’empêche nullement les media gouvernementaux d’Assad de diffuser largement des images de civils sans vie, et notamment de trois enfants, dont leur armée est en fait responsable du décès.

 

Un missiles antiaérien syrien qui a manqué sa cible et échappé au contrôle de ses servants a par ailleurs explosé dans la partie de Chypre occupée par l’Armée turque, à plus de 175km à l’ouest des côtes syriennes, provoquant un incendie. Selon le ministre des Affaires Etrangères de ce territoire considéré comme une république indépendante par Ankara, il s’agit d’un missile de fabrication russe qui a explosé en vol et n’a pas fait de victimes. A notre avis c’est un engin de type S-200.

 

D’après le chef de la Ména libanaise, Michaël Béhé, l’attaque israélienne de cette nuit a été "très agressive, bien plus que les opérations des derniers mois". En outre, toujours selon Michaël Béhé, les divers media syriens font état de 16 morts dont six civils, mais notre camarade affirme avec certitude que ce chiffre est très nettement sous-évalué et modulé en fonctions des exigences de la propagande. Béhé est brièvement parvenu à s’entretenir avec un médecin de l’hôpital militaire d’Homs, qui lui a rapporté que "son établissement, à l’instar des autres hôpitaux de la région, croulait sous les blessés et qu’il y avait au moins 70 militaires morts, principalement des Iraniens et des miliciens chiites libanais du Hezbollah". Le bilan des attaques de cette nuit s’élève d’après notre spécialiste dans ce domaine à entre 130 et 170 tués et plus de 350 blessés, en ne tenant compte que des victimes causées directement par les frappes attribuées aux Israéliens.

 

En dépit des annonces des autorités syriennes affirmant avoir abattu certains missiles israéliens, tous ont atteint et détruit leurs cibles sans exceptions. On nous rapporte également que des unités spéciales russes établies dans le nord de la Syrie ont tenté de faire dévier des missiles israéliens de leurs trajectoires, probablement sans y parvenir ou avec un succès très limité.

 

Les sites visés avec une quasi-certitude lors de l’opération de cette nuit sont en vertu de l’estimation exclusive de la Ména [voir carte] :

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

1. Le soi-disant centre de recherche scientifique de Jamarryya (déjà bombardé à de multiples reprises), dans lequel était dissimulé un entrepôt souterrain de missiles appartenant à l’Armée iranienne.

 

2. L’aéroport de Mezzé (déjà bombardé à de multiples reprises), à proximité du palais présidentiel.

 

3. Les installations militaires situées au sud-ouest de Damas, entre 40 et 45km de la frontière israélienne, dans la zone des villes d’al Kishweh, Sahnaya et Darayya. Il s’agit d’une zone à forte concentration d’ouvrages tactiques comprenant des Q.G de divisions, de forces spéciales, des entrepôts d’armes et des nids de missiles antiaériens et sol-sol (déjà bombardés à de multiples reprises).

 

4. Une base militaire dans la ville d’al Dimass, sur la route Damas-Beyrouth, servant à l’entraînement des forces syriennes, iraniennes ainsi que des miliciens du Hezbollah, abritant également des entrepôts d’armes et de munitions destinées au Hezbollah (déjà bombardée à de multiples reprises).

 

5. Zabadani : un camp de la milice terroriste chiite libanaise du Hezbollah, à proximité de la frontière libanaise.

 

6. L’aéroport d’al Qousseir, à 17km au sud-ouest d’Homs, principalement utilisé par les Iraniens et le Hezbollah, et desservi par une piste de 2.6km.

 

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Vue de détail de l’aéroport de Qousseir près d’Homs

 

7. Plusieurs autres cibles de la zone d’Homs, appartenant à l’Armée iranienne et ses divers supplétifs chiites.

 

La raison de la frappe sur l’aéroport de Mezzé justifie une observation : les Gardiens de la Révolution, les Pasdaran perses, avaient transféré à Mezzé des drones d’attaque ainsi qu’un centre de contrôle à partir de l’aéroport T4 situé dans le désert, à 165km au nord-est.

 

Ils préparaient sans doute une attaque contre Israël. Leur intention était de réduire le temps de vol des drones afin de diminuer le risque qu’ils ne soient identifiés par les opérateurs de Tsahal en parcourant les 215km séparant T4 de la frontière israélienne. La distance de Mezzé à ladite frontière n’est que de 50km, soit quelques minutes de vol, ce qui restreint d’autant les chances que les aéronefs soient repérés. Heureusement pour les Hébreux, notre Renseignement a eu vent de la manœuvre avant que les Iraniens ne puissent mettre leur menace à exécution.

 

Les autres raisons ayant conduit aux frappes de la nuit dernière consistent plus que probablement en la nécessité d’oblitérer des nouvelles cargaisons de missiles envoyées d’Iran, d’empêcher qu’ils n’atteignent le Liban, de frapper des membres des forces spéciales iraniennes et syriennes ainsi que des miliciens du Hezbollah, et des nids de missiles antiaériens.

 

Cette opération s’inscrit dans la stratégie déclarée de Jérusalem de ne pas permettre l’établissement de l’Armée iranienne en Syrie de même que l’envoi d’armes au Hezbollah au Liban.

 

Tsahal a été mis en état d’alerte bien qu’une riposte de l’ennemi ne semble pas à l’ordre du jour, car il ne dispose pas des moyens de la réaliser non plus que ceux de risquer un affrontement généralisé avec l’Armée israélienne.

 

 
L’immoralité absolue de la presse et de la politique étrangère françaises (info # 013006/19) Version imprimable
Analyse
dimanche, 30 juin 2019

 

Par Guy Millière

 

Ces derniers jours, la presse française a beaucoup ironisé sur le fait que Donald Trump après avoir envisagé des frappes contre l’Iran, y a renoncé. Si Donald Trump avait procédé à ces frappes, la presse française lui aurait donné tort, sans chercher à comprendre et analyser, et elle l’aurait traité de belliciste irresponsable. Comme il ne l’a pas fait, la presse française lui donne tort aussi, et le traite de velléitaire. Quelle que soit la décision qu’il prenne, Donald Trump a tort. Et quand elle parle de l’action d’asphyxie menée par Donald Trump contre le régime des mollahs, elle partage les positions dudit régime sans rappeler que c’est pourtant un régime criminel et dangereux, le plus inhumain de la Planète selon tous les indices avec la Corée du Nord. La presse française donne également tort au président américain pour oser envisager un plan de paix au Proche-Orient sans avoir l’aval des dirigeants terroristes “palestiniens”. Les journalistes français lorsqu’il s’agit de Trump et du Proche-Orient se drapent sans cesse dans la toge de la dignité et de la sagesse. Ils savent, disent-ils. Ils comprennent ce que Trump ne comprend pas.

 

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Donald Trump, un homme qui est en train de changer fondamentalement

l’état du monde et celui de son pays pour le meilleur

 

La réalité est qu’ils ne comprennent rien, suivent aveuglement les préceptes ineptes qu’on leur a inculqués dans des cours biaisés à l’université et se plient docilement aux sordides méandres de la politique étrangère française.

 

Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement : ce qu’on leur a inculqué à l’université est une vision du monde imprégnée de marxisme apprêté à la sauce franchouillarde démocrate-chrétienne de haine des anglosaxons, de l’Occident et d’amour pour tout ce qui est antioccidental, ce qui les mène à une préférence pour l’islamisme.

 

La politique étrangère française est d’une immoralité absolue.

 

Elle était imprégnée de joie quand l’accord sur le nucléaire fut signé avec l’Iran. Lorsque le régime des mollahs avait sans attendre avait décidé de consacrer l’essentiel de l’argent débloqué grâce à l’accord à poursuivre ses projets d’arme nucléaire, à financer le terrorisme islamique (et plus particulièrement le Hezbollah, le Hamas et les milices Houthi au Yémen), à implanter des agents de déstabilisation sur les cinq continents, et à financer les activités menaçantes de Kim Jong-Un en Corée du Nord. Cela n’importait pas à la France, dès lors qu’il allait rester de l’argent pour acheter des produits français et faciliter l’implantation d’entreprises françaises en Iran.

 

Elle s’est imprégnée d’amertume et de dépit lorsque Donald Trump est sorti de l’accord sur le nucléaire, parce que cela a signifié que l’Iran allait avoir moins d’argent pour acheter des produits français et que l’implantation d’entreprises françaises en Iran, déjà commencée à coups dizaines de millions d’euros, était très compromise. La détestation à l’encontre de Donald Trump, déjà bien présente, allait s’en trouver exacerbée.

 

La politique étrangère française est, depuis le départ, chargée d’aversion aux dépens de l’attitude générale de Donald Trump vis-à-vis d’Israël et de la façon dont Donald Trump se comporte au sujet des organisations ”palestiniennes”. Paris a misé depuis cinquante ans sur ces dernières, et le fait que Trump promeuve des projets de paix qui les marginalisent lui est insupportable.

 

La politique étrangère française est, en fait, hostile à tout ce que fait Trump en matière de politique étrangère, parce que la politique étrangère française en son intégralité peut être qualifiée de crapuleuse et cynique (les exemples sont trop nombreux pour être cités ici et les colonnes de la Ména regorgent déjà d’analyses circonstanciées à ce sujet). Alors que la politique étrangère de Trump est marquée par des principes éthiques (préférence pour la démocratie israélienne, aversion pour les pratiques du régime antisémite génocidaire des mollahs, et pour celles d’organisations telles que l’Autorité Palestinienne et le Hamas) et des considérations de sécurité placées au-dessus des calculs à courte vue.

 

Ne dites pas à des diplomates français qu’ils sont crapuleux : ils prendraient la pose de vierges offensées. Ne leur dites pas qu’ils sont cyniques, ils vous riraient au nez en vous disant qu’ils le savent, quitte à s’en flatter.

 

Dès lors que la politique étrangère française est la même quel que soit le président installé à l’Elysée, il vous reste, si vous avez encore en vous le sens de la dignité et le respect des valeurs fondamentales, à en tirer les leçons et à vous abstenir de la coopter en vous pinçant le nez aux prochaines élections.


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Le plan américain n’est pas ce qu’on vous a raconté (info # 012906/19) Version imprimable
Analyse
samedi, 29 juin 2019

 

Par Sami el Soudi

 

Les Palestiniens ont une fois de plus manqué le train en ne participant pas à la conférence de Bahreïn qui s’est tenue cette semaine. L’Autorité palestinienne, sans parler du Hamas, a tout fait pour persuader les Etats arabes de ne pas se rendre à Manama. Elle a échoué dans cette tentative, la plupart de ces pays envoyant des délégués pour participer à cet évènement. Pour couronner cet échec, tous ont accueilli favorablement la démarche de l’administration Trump visant à progresser dans la solution du différend avec Israël en commençant par le volet économique. Tous ont également souligné le fait que cette démarche ne devait ni remplacer ni occulter la discussion politique.

 

On peut certes tenter de minimiser la portée de cette rencontre mais on aurait tort. Il est vrai qu’on n’y a pris aucune résolution et que la plupart des délégations officielles étaient composées d’acteurs de second plan. Il n’y avait pas même de délégation israélienne mais des représentants officieux, beaucoup d’hommes d’affaires et de spécialistes des questions sécuritaires. On y vit aussi des media de l’Etat hébreu, qui ne se gênèrent pas pour diffuser une très large couverture de la conférence ainsi que de nombreuses interviews des délégués arabes, de ministres, mais également d’individus privés exposant tous favorablement les perspectives d’une coexistence pacifique avec Israël.

 

Comme on s’y attendait, on a parlé de ce que l’on pourrait faire pour lancer l’économie palestinienne avec un budget de cinquante milliards de dollars, y compris des investissements dans les pays limitrophes de l’Autonomie afin d’y créer les synergies nécessaires à la réussite du projet, et d’associer ces Etats au succès escompté de cet espèce de Plan Marshall.

 

On a également énormément devisé, en séance plénière et surtout en coulisses, sur le problème principal commun posé par l’Iran et partant, sur l’élargissement de la coopération technique et militaire entre le monde sunnite et Jérusalem. Une coopération qui dure déjà depuis de nombreuses années et dont le chiffre d’affaire atteint désormais des dizaines milliards de dollars ; la technologie bleu-blanc se rencontre partout dans le Golfe persique ainsi qu’en Arabie Saoudite. Elle est particulièrement présente dans le domaine du Renseignement, de l’encadrement et de la fourniture de matériels, dans tout ce qui touche à la défense face à l’Iran, à la confrontation avec les Houthis au Yémen, à la guerre antiterroriste et aux activités militaires conjointes. Ce n’est un secret pour personne qu’il existe des patrouilles aériennes mixtes israélo-jordaniennes autour de la Syrie et des interventions aériennes opérationnelles de l’Aviation israélienne dans le Sinaï à la demande du gouvernement égyptien.  

 

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La conférence de Bahreïn : un succès de la diplomatie américaine

 

A ce qui précède, il convient d’ajouter qu’en cas de conflit ou d’opération contre l’Iran, le ciel et les infrastructures arabes seront totalement ouvertes aux activités de l’Armée israélienne. D’ailleurs, ils le sont déjà très largement.

 

Tout cela appartient-il à la sphère symbolique et à une dynamique de rapprochement pas à pas entre le monde arabe et l’Etat hébreu. La réponse est non, sans la moindre hésitation.

 

Ce qu’il importe de considérer est l’objectif recherché par Jérusalem dans ses relations avec les pays arabes. Certes, à part la Jordanie et l’Egypte, il n’existe pas d’ambassades de ces Etats dans l’entité sioniste, bien que les représentations officielles de cette dernière, ayant pignon sur rue, se multiplient dans les émirats du Golfe.

 

Mais le but recherché par Jérusalem n’a jamais été de développer des clubs de vacances à Médine pas plus qu’à Abou Dabi ou à Mascate. Ni de leur vendre des automobiles que l’Etat hébreu ne produit pas, non plus que d’essayer de les convertir à la démocratie voire au sionisme.

 

Le but ultime pour les Israéliens consistait à mettre un terme à la menace militaire arabe qui, voici quelques années encore, constituaient une menace existentielle visant leur pérennité dans la région. Or cette menace a complètement disparu. La seconde attente concernait la coopération dans le domaine sécuritaire et contre la menace terroriste : elle est également comblée. Le troisième objectif visait la vente aux pays du Moyen-Orient des produits dans lesquels Israël excelle, à savoir l’exportation de savoir faire et de matériel technologique et militaire, or dans ce domaine-là, les résultats dépassent toutes les espérances. Les ventes de ces produits vont, durant les prochaines années, participer pour une part toujours plus manifeste dans les revenus des Hébreux.

 

Reste un domaine dans lequel leurs espérances ne sont pas encore réalisées, c’est celui de la normalisation. La cessation de la posture automatiquement hostile des Arabes dans les institutions internationales, l’ouverture des frontières au plus grand nombre et la normalisation des rapports diplomatiques.

 

Ceci dit, on peut d’abord se demander avec qui les Etats arabes ont-ils des relations normales ? Pas même entre eux, plusieurs frontières restant même infranchissables entre pays musulmans ou appartenant à la Ligue Arabe. On peut ensuite souligner, ce qui est sans doute difficile de comprendre pour les Occidentaux, que la plupart des régimes arabes ne souhaitent pas cette ouverture, restant campés sur leurs particularismes, jaloux de leurs exceptions et de la licence qu’ils prennent pour contourner les principes généraux et individuels attenants aux droits de l’homme, et à leur application médiévale de la loi religieuse, de la torture et de la peine capitale. Est-il difficile de comprendre que les Saoudiens, par exemple, n’ont pas très envie de voir déferler un tsunami de touristes israéliens en shorts et en T-shirts dans le souk de Médine, prenant des photos de tout ce qu’ils y voient ?  

 

Contrairement aux aspirations des Palestiniens, une lecture simple de la situation permet de conclure que les Israéliens ont d’ores et déjà obtenu tout ce qu’ils désiraient dans leurs relations avec le monde arabe. Pour Jérusalem, les rapports qui prévalent ainsi que la dynamique qui a été lancée satisfont ou excèdent les expectations.

 

Elles peuvent demeurer ce qu’elles sont aujourd’hui pendant des décennies, sans concevoir un besoin urgent de solutionner le différend compliqué qui les oppose à nous. On se passe aussi bien des touristes israéliens à Djeddah que des touristes omanais à Tel-Aviv.

 

Pour ne rien retrancher au succès du rapprochement israélo-arabe spectaculaire, on constate que chaque initiative telle que la réunion de Manama, lors de laquelle on fait des affaires, on se découvre des dénominateurs communs et on ne parle que d’horizons pacifiques minimise l’importance de la cause palestinienne. Déjà, si on obligeait les pays arabes ayant participé au sommet de Bahreïn de choisir entre couper les ponts avec Jérusalem ou Ramallah, la réponse unanime ne conforterait pas les Palestiniens.

 

Force est de constater que nos dirigeants commettent toutes les erreurs possibles, ce qui est une habitude chez eux. Ils ont refusé le plan de partage en 1947 qui nous octroyait la plus grande partie des terres cultivables, le plan Gunnar Jarring en 1967, la possibilité de conclure la paix à deux Etats avec le gouvernement Olmert en 2009, qui nous accordait 97% de la Cisjordanie et l’entièreté de Gaza, et maintenant, ils se barricadent dans le refus et dans leur isolement, facilitant ainsi le rapprochement tectonique entre nos "frères" et nos adversaires.

 

Comme après chaque occasion manquée, l’étendue de nos revendications et donc de notre marge de manœuvre va se retreindre davantage ; on ne va plus pouvoir espérer qu’une autonomie étendue voire un sous-Etat ne jouissant que de prérogatives limitées, ce qui revient pratiquement au même.

 

Pourtant, le plan Kushner est construit très intelligemment. Il ne contient aucune provision politique, ne nous demande de faire aucune concession, n’oblitérant ainsi aucune de nos revendications nationales et de nos aspirations. Dans son acception formelle, non plus que dans ses intentions, il ne prévoit pas leur remplacement par l’octroi d’avantages financiers ; il n’est nulle part question d’acheter notre émancipation contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Ceux qui prétendent le contraire ne l’ont pas lu ou participent à la propagande de l’Autorité Palestinienne dans le but de justifier son opposition.

 

En fait, sa dynamique est totalement différente : elle vise à enrichir la Palestine afin de réduire la haine engendrée par la misère et le désœuvrement que connaît une portion tangible de mes compatriotes. Le plan part du principe que ce qui a fait échouer toutes les négociations jusqu’à maintenant réside dans la différence abyssale de bien-être et de perspectives entre les Israéliens et les Palestiniens.

 

Non seulement le plan Kushner ne réduit-il pas le champ de nos aspirations théoriques, encore son dévoilement démontre qu’il n’a pas été développé conjointement entre Washington et Jérusalem. Il comprend en effet des clauses, à l’instar de la construction d’une route palestinienne reliant Gaza à la Cisjordanie, qui ne sont assurément pas du goût de la droite israélienne qui œuvre à la dislocation du lien entre ces deux territoires et leur avenir distinct.

 

Il nous faut honnêtement comprendre quelque chose : notre cause, la cause palestinienne, a été gonflée en revendication nationale afin de procurer aux Etats arabes qui pensaient y parvenir une légitimation afin de rayer Israël de la carte. Durant la Guerre de 1948, la Campagne de Suez en 56, et la Guerre des Six Jours en 1967, la création d’un Etat palestinien n’a jamais été prise en compte par les grands Etats arabes, ce qui faisait que le monde accordait sa sympathie à Israël, menacé de guerre d’extermination par des forces numériquement et matériellement dix fois supérieures.

 

La preuve la plus évidente ? De 1948 à 1967 Gaza, la totalité de la Cisjordanie et plus de la moitié de Jérusalem étaient sous souveraineté arabe indisputée, or il ne fut jamais question d’y fonder un Etat palestinien.

 

L’avènement de la revendication nationale palestinienne, inventée par le KGB et le Renseignement égyptien sous Nasser, et brillamment défendue par le tribun Arafat, à grands renforts d’attentats anti-israéliens et anti-occidentaux et de détournements d’avions, fonctionna et généra un basculement des sympathies dans le monde en faveur de ce peuple privé de terre que nous constituons, au détriment des Israéliens devenus occupants et dont l’existence, depuis la Guerre d’Octobre [Guerre de Kippour], en 1973, au plus tard, n’était plus remise en doute.

 

Nouveau changement désormais : les Etats arabes n’ont plus l’intention d’éradiquer Israël mais d’utiliser son expertise afin de combattre l’ennemi chiite. Les scories de l’alibi palestinien ne sont plus nécessaires, plus encore, d’un point de vue strictement stratégique, elles gênent.

 

Reste nous. Nous qui avons grandi en nombre, nous qui n’appartenons à aucun autre pays arabe, qu’Israël n’a aucune intention d’intégrer, nous qui avons tant cru que nous constituons une nation, que nous avons fini par en constituer une. Nous ne sommes pas du vent, nous sommes des êtres humains qui, comme les autres êtres humains, possédons le droit fondamental de nous gouverner nous-mêmes.

 

En 1910, nous étions les Arabes de Palestine, sans ambition d’émancipation clairement articulée, mais trois fois plus nombreux que les Juifs ; maintenant, pour paraphraser Luigi Pirandello, nous sommes quatre millions et demi de citoyens en quête d’Etat.

 

La question qui se pose à nous est strictement tactique : quelle est la meilleure façon de parvenir à nos fins ? En nous prostrant dans le refus, en estant auprès de la Cour Pénale Internationale en cherchant à faire accuser Israël pour des crimes imaginaires ? En risquant, comme c’est le cas actuellement, de nous trouver accusés par la même instance relativement aux tortures bien réelles que l’Autonomie Palestinienne fait subir à ses opposants politiques, en premier lieu les sympathisants du Hamas ? En soutenant le BDS sans avoir fait reculer d’un seul pour cent les exportations d’Israël ni les investissements dans celui-ci ? En rémunérant avec l’argent des pays donateurs les auteurs d’assassinats d’Israéliens et leurs familles ? En entretenant la haine à l’école ? En mettant le feu au Néguev et en jetant la population de Gaza sur les barrières dans l’espoir qu’elle se fasse tuer ?

 

En énonçant ces éventualités, on comprend bien qu’elles ne mènent pas à notre émancipation. Elles servent à entretenir la haine du peuple jusqu’à ce qu’il se lasse de haïr ou jusqu’à ce que nos "frères" arabes négocient une solution sur notre dos. Ou se désintéressent de nos revendications, comme c’est déjà le cas.

 

L’autre option consiste à participer à la négociation du plan Kushner. Parce que la puissance qui détermine l’avenir de la Planète, celle sur laquelle compte le monde arabe, n’est pas la France, l’Islande ou l’Irlande mais l’Amérique.

 

Commencer par mettre nos jeunes au travail, les faire participer à l’essor de la région et du monde est une bonne manière de mettre un processus en mouvement. Particulièrement lorsque l’on a échoué dans toutes nos autres tentatives. Particulièrement, aussi, si cela nous donne la possibilité de vérifier que l’argent promis est effectivement investi et si l’on peut s’assurer que la partie politique de la négociation soit engagée à brève échéance et non aux calendes grecques. Ce que personne ne fera à notre place si nous continuons à boycotter les uniques discussions qui concernent notre avenir.


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Bruxelles-Métula du 24 juin 2019 (012406/19) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 24 juin 2019

 

POURQUOI LES RESPONSABLES DE LA SECURITE NATIONALE DES ETATS-UNIS, DE RUSSIE ET D’ISRAEL SE RENCONTRENT-ILS CETTE SEMAINE A JERUSALEM ?

 

L’analyse complète et originale de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko sur Radio Judaïca.

 

D’abord le fait qu’Israël soit associée à cet événement, même qu’elle l’accueille dans sa capitale de Jérusalem, aux côtés des deux hyper-puissances, démontre l’importance stratégique que nous avons acquise ces dernières années.

 

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Netanyahu et Bolton

En attendant Petroshev…

 

Washington et Moscou ont besoin de se coordonner avec Israël sur le sujet crucial qu’est l’Iran.

 

Netanyahu a dit hier (dimanche) à l’Amérique, lors d’une conférence de presse avec John Bolton, que nous étions à ses côtés, et prêts à nous battre à ses côtés si elle nous le demandait.

 

Israël se prépare discrètement mais activement à l’éventualité d’une confrontation. Tsahal, le Renseignement et la Défense Civile mettent les bouchées doubles.

 

Les Américains veulent constituer un front le plus uni et large possible contre l’Iran, afin de ne pas octroyer aux ayatollahs de possibilité d’échapper à leur pression.

 

Ils veulent que les Russes ne les embêtent pas si la bagarre se déclenche, et cela passe par une vaste entente qui englobe également la situation en Syrie.

 

Les Russes aimeraient normaliser la victoire de Bashar al Assad, au travers notamment d’un rapprochement entre Damas et l’Arabie saoudite. Et ils savent que tant que les Iraniens seront en Syrie, cela n’arrivera pas.

 

Ils vont, à leur habitude, tenter de monnayer leur "non-ingérence" dans la dispute iranienne, par exemple par l’acceptation de leur présence dans l’est de l’Ukraine et la levée des sanctions qui en découlent. Et pas uniquement, ils ont beaucoup de choses à troquer.

 

Une rumeur insistante prétend que juste après la rencontre entre les Israéliens, les Russes et les Américains, il va s’en produire une autre, qui comprendra les responsables sécuritaires saoudiens et ceux des autres pays arabes, ici, en Israël.

 

Les Américains attaquent déjà l’Iran, ils lui livrent une guerre économique sans merci. Aujourd’hui lundi, ils lancent un nouveau train de sanctions contre l’Iran déjà suffocant.

 

Les ayatollahs étouffent, c’est pour cela qu’ils multiplient les provocations mais en se gardant soigneusement de toucher aux soldats américains et aux intérêts fondamentaux de Washington dans la région.

 

Militairement, ils ne peuvent strictement rien faire, Donald Trump n’a qu’à attendre, c’est cela la puissance de l’Amérique. Le temps joue contre l’Iran.

 

Il suffit aux Américains d’être prêts à parer à toute éventualité par une présence militaire et une bonne synchronisation avec leurs amis, en faisant avancer leur rouleau compresseur économique. C’est la grande force de Donald Trump : il a pleinement conscience de la puissance des Etats-Unis et il sait l’utiliser.

 

Dans cette dynamique, Téhéran va devoir céder, c’est inexorable, il n’y a même pas besoin de se poser la question. Militairement, il n’a rien à opposer à l’Amérique et à Israël, ni maintenant, ni durant une frappe, ni après. 

 

L’unique pression que les Iraniens peuvent exercer, c’est augmenter la production de leur uranium enrichi. Mais s’ils passent la ligne rouge, il y aura la guerre et ils la perdront.

 

Sur Youtube :

https://youtu.be/KJzAgxfr9qw

Sur Radio Judaica :

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/785417505186170/?t=13

 

 

 
Les tout derniers soubresauts de la vision d’Obama (info # 012306/19) Version imprimable
Analyse
dimanche, 23 juin 2019

 

Par Guy Millière

 

Les effets des années Obama sont très différents de ce qu’Obama aurait souhaité. Obama aurait voulu que la transformation radicale des Etats-Unis qu’il a engagée soit parachevée par une présidence Hillary Clinton. Mais parce qu’Hillary Clinton a été une très mauvaise candidate, qu’elle était (et reste) le personnage politique le plus corrompu des Etats-Unis, et que nombre d’Américains le savaient, parce que, aussi, elle a négligé de faire campagne dans des Etats qu’elle pensait acquis aux Démocrates, elle a perdu et Donald Trump est devenu président. Obama a fait glisser le parti Démocrate vers la gauche : le glissement est tellement abrupte que le parti Démocrate est devenu un parti gauchiste, qui énonce des propositions plus excessives et délirantes les unes que les autres, et qui aura bien du mal à l’emporter en 2020. Même si des sondages très spécieux disent aujourd’hui le contraire.

 

Pour s’assurer que Trump perdrait à coup sûr, Obama avait utilisé la CIA, le FBI et une large part de l’appareil d’Etat américain afin d’espionner et de déstabiliser la campagne de Donald Trump. Il a recouru pour cela à un dossier frelaté, acheté par la campagne Clinton à un ex-agent secret britannique ; cela a conduit aux accusations de “collusion” avec la Russie proférées contre Donald Trump. Les accusations sont maintenant tombées, et le ministre de la Justice en place à Washington, William Barr, fait mener des enquêtes qui pourraient bientôt conduire vers la prison les dirigeants de la CIA et du FBI en place en 2016, ainsi que des membres de la défunte administration Obama.

 

Au Proche-Orient, Obama voulait installer l’Iran en position hégémonique, ce qui avait conduit au désastreux accord de juillet 2015 sur le nucléaire iranien. Auparavant, il avait tenté d’installer au pouvoir les Frères Musulmans dans les pays du monde arabe sunnite et, sans doute, jusqu’en Arabie Saoudite, par le biais de ce que d’aucuns avaient appelé le “printemps arabe”.

 

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Fini de rire, les tartuffes,

le pacte d’Obama avec le Diable est mort et enterré

 

Il avait exercé une pression maximale sur Israël et repris à son compte l’essentiel des positions “palestiniennes”.

 

La tentative de renversement du régime d’Assad en Syrie a été la fin du prétendu “printemps arabe”. Elle a conduit à un bain de sang, et ce n’est que parce que le régime des al Assad a été soutenu par la Russie qu’il est toujours au pouvoir.

 

La Libye est en ruines. En Egypte, Morsi n’a été que brièvement au pouvoir, et le Président Sissi qui l’a remplacé a écrasé les Frères Musulmans. Ceux-ci ne sont au pouvoir nulle part, sinon dans leur version turque, sous les traits de l’AKP d’Erdogan. Le soutien que leur accorde le Qatar s’est fait discret. Le Hamas – branche “palestinienne” des Frères - à Gaza n’est pas en excellente posture.

 

Les pays arabes sunnites, sous l’égide de l’Arabie Saoudite, se rapprochent d’Israël, ce qui est aux antipodes de ce que souhaitait Obama, et se détachent de plus en plus nettement de la “cause palestinienne”, ce qui est aussi à l’opposé de ce qu’il désirait. Leur problème majeur est le danger incarné par l’Iran, qui subit le processus d’endiguement et d’asphyxie mis en place par l’administration Trump. La théocratie chiite exerce son pouvoir de nuisance en actionnant le Hamas contre Israël (ce que les mollahs ne pourront plus faire longtemps, car leurs caisses sont vides ; ils ne peuvent plus même financer le Hezbollah), et en attaquant des pétroliers à proximité du détroit d’Ormuz.

 

Pour contrer l’Iran, les pays arabes sunnites ont besoin des Etats-Unis, et ils n’ont pas besoin du tout des dirigeants “palestiniens”. Pour se dessiner un futur serein, ils ont besoin d’Israël, et préféreraient en finir avec les dirigeants “palestiniens”.

 

Le Hamas n’est pas en excellente posture, disais-je : il était financé par l’Iran et cela appartient presque au passé. Il reste financé par le Qatar, et dépend de plus en plus du bon vouloir d’Israël. Ses dirigeants savent qu’ils se trouvent sur des sièges éjectables.

 

L’Autorité Palestinienne n’est pas en meilleure situation : elle ne peut que constater que les dirigeants des pays arabes sunnites ont ignoré ses demandes de ne pas se rendre dans quelques jours au Bahreïn pour le premier volet du plan de paix Trump et seront bel et bien représentés à Manama.

 

L’AP espère que la conférence de Manama se conclura sur un échec, et il est très envisageable qu’elle a tort. Elle espère que le second volet du plan de paix Trump ne sera jamais présenté. Laquelle présentation a été reportée par le fait que de nouvelles élections vont avoir lieu en Israël. Mais elle aura lieu. En novembre.

 

L’Autorité Palestinienne peut encore compter sur l’Iran, sur la Russie, peut-être sur la Chine, sur l’Europe occidentale, sur la France et l’Allemagne, ces pays amis de l’Iran des mollahs. Elle ne peut plus compter sur personne dans le monde arabe sunnite. Ce n’est pas un bon signe pour elle. Vraiment pas du tout.


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Les Iraniens ne décideront pas où et quand, ni même comment (012106/19) Version imprimable
Analyse
vendredi, 21 juin 2019

 

Par Jean Tsadik

 

La tension monte de jour en jour entre les Etats-Unis et la "République" Islamique d’Iran. Cette dernière multiplie les provocations militaires en vue d’entraîner l’Amérique dans une confrontation armée limitée, mais en se gardant soigneusement de tuer des militaires U.S. ou de s’attaquer à ses intérêts fondamentaux. Cela place l’état-major et le président américains dans une situation compliquée : ils ont le choix entre frapper les positions des Gardiens de la Révolution disposées autour du Golfe, ce qui ne leur amènerait aucun avantage stratégique, ou lancer l’assaut contre les installations nucléaires des ayatollahs, leurs missiles balistiques, leurs aéroports ainsi que les concentrations de leurs forces spéciales. La seconde option constitue l’objectif militaire de leur déploiement, mais elle s’assimile à une déclaration de guerre à la junte théocratique au pouvoir à Téhéran ainsi qu’à une riposte "disproportionnée".

 

Or ce n’est pas parce que l’ennemi vous provoque que l’on déclenche une opération majeure de ce type, mais parce qu’on l’a décidé soi-même, en fonction de considérations politiques et stratégiques. En déclenchant la Seconde Guerre du Liban en 2006, Israël a payé chèrement le fait que son Premier ministre d’alors, Ehoud Olmert, avait oublié ce principe de stratégie élémentaire.

 

Dans un premier temps, suite à l’interception hier (jeudi) de l’un de ses drones de surveillance, un MQ-4C Triton, au-dessus du détroit d’Ormuz, le Président Trump avait décidé de répliquer en suivant la première option. Fort heureusement, il s’est ressaisi et poursuit au contraire ses préparatifs en vue de la seconde, tout en multipliant les contacts avec ses alliés régionaux afin de coordonner leurs positions.

 

Au sujet de l’interception du drone, d’un point de vue technique, ce qu’il faut en dire est que le MQ-4C Triton est un gros appareil doté d’un moteur à réaction de la taille d’un avion de ligne, que ce n’est pas un avion furtif, que sa vitesse maximale est de l’ordre de 500km/h, ce qui en fait une proie relativement facile, et qu’il n’est pas armé.

 

En consultant la carte ci-après et particulièrement l’itinéraire qu’il a suivi hier, on comprend que sa mission consistait à surveiller les voies maritimes dans le golfe Arabo-Persique, le détroit d’Ormuz et le golfe d’Oman. Il n’a à aucun moment tenté de dissimuler son itinéraire qui pouvait aisément être suivi depuis des heures par les radaristes iraniens.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : Département américain de la Défense

 

Son unique principe de protection reposait sur le fait qu’il survolait les eaux internationales, dans un espace aérien lourdement emprunté par l’aviation civile, y compris les compagnies américaines, et qu’une attaque le visant participerait d’une agression non-provoquée, donnant le droit à l’Armée américaine de répliquer en situation de légitime défense.

 

La difficulté technique de l’interception est nulle et ne participe donc d’aucun exploit militaire. De par la mission que le MQ-4C remplissait, il était plus facile de l’abattre que d’abattre un Boeing ou un Airbus, qui volent beaucoup plus haut et à une vitesse deux fois plus élevée que ce drone.

 

Le missile qui l’a intercepté est un Sayyad-2 [far. : chasseur] tiré par les Pasdaran, les Gardiens de la Révolution khomeyniste, à partir d’une batterie 3-Khordad [far. : juin], établie à 60km du point d’interception, non loin de la petite ville iranienne de Sirik [carte] qui compte environ 4 000 habitants, dans la province d'Hormozgan.

 

La gageure n’est pas technique, elle réside dans la décision de s’attaquer à un aéronef en opération appartenant à la plus grande puissance militaire mondiale.

 

Les dirigeants de la théocratie chiite ont tenté de justifier l’interception en arguant que le drone avait pénétré dans leur espace aérien, la Navy affirme quant à elle, et elle a raison, que son appareil survolait les eaux internationales. En fait, ce n’est pas qu’il existe une dispute quant à l’emplacement géographique où l’interception s’est produite, c’est que Téhéran a unilatéralement décidé, comme on s’en rend compte sur la carte, d’étendre la limite de ses eaux territoriales au mépris des lois de la mer et des conventions internationales.

 

Le MQ-4C Triton n’est pas un drone d’attaque, mais il n’en est pas moins un chef d’œuvre très accompli de technologie, doté de radars performants lui permettant de réaliser des activités de surveillance de trafics civils et militaires ; il peut également repérer des cibles pour les chasseurs-bombardiers et les guider jusqu’à elles et est capable de rester en vol durant des dizaines d’heures sans avoir besoin de s’avitailler. La perte de cet engin pour les Américains a surtout un aspect financier, car son coût unitaire avoisine les deux-cents millions de dollars, soit le prix moyen d’un chasseur-bombardier furtif F-35.

 

A noter à ce propos que la philosophie américaine en matière d’avions sans pilotes diffère sensiblement de celle des Israéliens. L’Etat hébreu privilégie les appareils plus légers, propulsés par des turboréacteurs, presque tous armés de missiles, très difficiles à localiser sur un radar, et surtout, coûtant une fraction du prix d’un MQ-4C par exemple. Les drones israéliens les plus chers reviennent à un quart du prix d’un appareil de ce type.

 

Parlant d’Israël, les récentes attaques contre les pétroliers, l’interception du drone et les propos bellicistes des ayatollahs et de Donald Trump génèrent ici de fortes préoccupations. Cette semaine, le cabinet provisoire pour les affaires politiques et sécuritaires a siégé pendant de très nombreuses heures passées à écouter les analyses des responsables du renseignement et des experts stratégiques.

 

Ce que l’on craint à Jérusalem est que si l’option 2 est engagée, Téhéran pourrait décider de lancer tous les missiles balistiques qu’il possède sur les bases américaines et sur les alliés de Washington parmi lesquels l’Etat hébreu est le plus en vue.

 

La dictature perse pourrait également ordonner au Hezbollah d’ouvrir un front au nord d’Israël, en tirant des milliers de roquettes sur notre pays.

 

Les questions qui se posent au gouvernement et à l’état-major concernent le niveau de notre préparation face à ce type d’évènements régionaux ainsi que le degré et le mode de participation que nous pourrions être appelés par les Américains à prendre en charge lors d’une attaque sur les sites stratégiques en Iran.

 

Il est de notoriété publique, ou quasiment, que le Khe’l Avir [l’Aviation israélienne] n’a pas son égal pour certains genres de missions de bombardements d’extrême précision. De plus, il connaît parfaitement les systèmes de radars à disposition de Téhéran et est passé maître dans leur neutralisation ; et ce qui est largement plus appréciable encore, c’est que nous sommes les seuls à nous être confrontés des centaines de fois aux Pasdaran et que nous leur avons infligé chaque fois des défaites cuisantes.

 

En plus de ce qui précède, Israël a été à la pointe absolue de la lutte contre le programme nucléaire iranien dans tous les domaines et il a été le seul pays à rejeter totalement l’accord de 2015 entre les 5+1 et les ayatollahs. Ce, avant que Donald Trump ne soit élu à la Maison Blanche, qu’il ne le dénonce à son tour et qu’il réinstaure les sanctions économiques contre cette dictature.

 

Dans ces conditions, Israël ferait bien mauvaise figure s’il refusait une éventuelle sollicitation de Donald Trump de se joindre à la campagne militaire qu’il envisage. Qui plus est, alors que le but stratégique que nous recherchons avec le plus d’ardeur et de conviction est la destruction physique du projet de bombe atomique chiite, l’oblitération de tout ce qui touche aux armes balistiques de la "République" Islamique, et son désengagement du Liban et de Syrie. Avec, en point de mire, dans le sillage d’une éventuelle déconfiture militaire du régime, son vraisemblable renversement par les libéraux iraniens, dont les valeurs sont très proches des nôtres.

 

Ceci posé, ces hypothèses ne vont pas sans quelques inquiétudes à Jérusalem. Globalement, on aime rester maître de notre destin et l’on est gêné de devoir emboiter le pas de quelqu’un d’autre, en particulier lorsque le quelqu’un d’autre en question est aussi puissant et, pour ne rien édulcorer, lorsqu’il a la réputation de prendre ses décisions en solo sans toujours tenir compte de l’avis des spécialistes. Les choses se corsent lorsque l’on augmente l’équation par le fait que nous ne pouvons raisonnablement rien lui refuser.

 

Ainsi, lors des dizaines d’heures de consultations, cette semaine à Jérusalem, l’on a sûrement fait remarquer aux dirigeants que les hôpitaux n’étaient pas prêts à accueillir dans un laps de temps très court des dizaines de milliers de blessés, comme cela pourrait être le cas en situation d’attaque coordonnée Iran-Hezbollah-Hamas. Les experts leur ont probablement dit également que nous étions toujours particulièrement mal équipés dans la lutte contre les incendies, et que des centaines de missiles et de roquettes pourraient allumer des brasiers à l’abord de nos villes que nous aurions de la peine à circonscrire. Qu’il faudrait probablement recourir à de multiples évacuations de conurbations sous le feu de l’ennemi.

 

Mais ce qui a sans doute fait réfléchir plus que le reste a trait à l’aspect militaire d’une coordination avec les USA de Donald Trump. Dans le choix des objectifs par exemple : si notre meilleur ami à Washington se contentait d’une attaque d’avertissement, laissant intactes les usines d’enrichissement de Fodo et de Natanz ? S’il parvenait à un mauvais accord – même avec de bonnes intentions – avec le clergé chiite ? Si le conflit dégénérait en guerre d’usure et si Trump perdait les élections de 2020, et que le nouveau président étasunien décidait d’un désengagement unilatéral et non coordonné – comme ce fut le cas l’an dernier dans le nord de la Syrie au détriment des Kurdes -, nous laissant seuls, impliqués dans une guerre totale face à un pays de quatre-vingt millions d’individus ?

 

Ce sont assurément des sujets très sérieux qu’il est indispensable d’envisager avant toute implication éventuelle dans un conflit. Qui plus est, au risque de nous fâcher gravement avec notre ami Trump, si un plan nous semblait dénué de logique ou n’intégrait pas suffisamment nos préoccupations, nous pourrions toujours nous y opposer, d’abord en tentant de faire valoir notre point de vue, ensuite en refusant de participer à quelque chose qui nous paraîtrait désavantageux. Après tout, il serait aussi difficile à Donald Trump d’expliquer à son opinion publique qu’Israël – l’expert en matière d’Iran – l’a laissé tomber parce qu’il n’embrassait pas ses choix tactiques.

 

Ceci dit et étudié avec tout le sérieux nécessaire, il importe de garder en tête un certain nombre d’éléments avérés que nous connaissons. Outre le fait que le monde entier, à commencer par la population iranienne, se trouve dans une situation unique de se débarrasser de la clique de satrapes sanguinaires qui ont fait main basse sur l’Iran et menacent chaque semaine de nous exterminer. Que si le monde, sous l’impulsion de Donald Trump, ne saisit pas cette opportunité, il sera de plus en plus difficile, voire impossible de freiner l’enracinement et l’expansion de cette bande de barbares, y compris et à brève échéance dans le domaine nucléaire.

 

Outre cette constante prépondérante, écrivis-je, un autre facteur majeur doit être intégré dans l’équation générale si l’on veut qu’elle prévale : l’impotence militaire de la théocratie persane. Et c’est là vraiment l’essentiel : en cas d’attaque américaine ou américano-israélienne sur les sites nucléaires, les bases de missiles, les aéroports et les camps des unités d’élite, la dictature des mollahs n’aurait strictement aucun moyen ni de s’y opposer, ni de nous infliger des pertes et des dégâts dignes d’être pris en compte dans l’équation.

 

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Le porte-avions USS Abraham Lincoln et une petite partie de son escadre

Les Iraniens n’ont rien à leur opposer

 

Un confrère me disait hier, en apprenant l’incident du drone : "Le degré de difficulté de la campagne d’Iran telle qu’elle est envisagée est entre huit et dix fois moindre que le coefficient de résistance rencontré lors de la Guerre du Kosovo en 1998 entre l’Armée yougoslave et l’OTAN", et je partage totalement son avis.

 

La campagne se présenterait telle une série de raids qui durerait entre deux et trois semaines. Elle préserverait les villes iraniennes pour se concentrer, dans un premier temps, sur la destruction des missiles et des quelques avions outrageusement surannés dont dispose la dictature, qui pourraient tenter d’entraver l’intervention dans la phase de destruction de ses objectifs.

 

A aucun moment cette dernière n’aurait la capacité de menacer la Marine américaine, non plus que nos avions, les bases de nos alliés dans la région et notre territoire.

 

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Bruxelles-Métula du 17 juin 2019 (011706/19) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 17 juin 2019

 

POURQUOI LES ETATS-UNIS N’ONT-ILS PAS REAGI MILITAIREMENT A L’ATTAQUE PAR LES IRANIENS, LA SEMAINE DERNIERE, DE DEUX NAVIRES MARCHANDS DANS LE DETROIT D’HORMUZ ?

 

L’analyse complète et originale de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko sur Radio Judaïca.

 

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Les Iraniens forcés à la faute…

 

1. Parce que Washington ne veut pas être entraîné dans un conflit de frontière ou dans une confrontation navale. L’objectif des Etats-Unis consiste à mettre fin définitivement au programme nucléaire perse et à l’expansionnisme des ayatollahs au Moyen-Orient et, accessoirement, à défendre ses soldats et ses intérêts. L’Amérique ne va pas laisser à Khameneï le choix des armes et du terrain de la confrontation.

 

2. Parce que 20% de l’énergie fossile mondiale transite par ces voies maritimes et que la sécurité du trafic est le problème de tous les pays consommateurs et producteurs. L’intention de Donald Trump est, dans ces conditions favorables, de prôner la plus large coalition diplomatique et militaire possible contre Téhéran et non d’ouvrir seul un conflit parfaitement inutile avec les Iraniens.

 

3. Parce que ce double acte de piraterie maritime place l’Amérique dans la position la plus favorable possible en vue de la rencontre de Bahreïn la semaine prochaine : il ne sera pas difficile à Trump de persuader les pays sunnites que leur problème fondamental est l’Iran, et qu’il convient de clôturer la question palestinienne sans perdre de temps et le plus économiquement possible.

 

4. Israël interviendra si la menace de la réalisation d’une bombe atomique chiite est "incontournable par d’autres moyens et imminente", ce qui n’est pas le cas pour le moment.

 

5. Téhéran va multiplier les agressions militaires mineures afin de tenter d’amener Donald Trump à la table de négociation. Si la "République" Islamique ne faisait pas montre de sa capacité de nuisance, il ne serait pas nécessaire de négocier avec elle et elle disparaîtrait dans les quelques mois à venir à cause des sanctions économiques qui se trouvent à leur paroxysme.

 

 

Sur Youtube :

https://youtu.be/C7lcSS0koAE

Sur Radio Judaica :

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/2956508341056534/

 

 
Les multiples conséquences de la situation politique israélienne (info # 011606/19) Version imprimable
Analyse
dimanche, 16 juin 2019

 

Par Guy Millière

 

Le fait que Binyamin Netanyahou n’ait pu former un gouvernement et qu’il a dû se résoudre à provoquer de nouvelles élections en septembre a de multiples conséquences.

 

Pour la société israélienne au premier chef, bien sûr, puisque celle-ci est condamnée à être dirigée par un gouvernement provisoire qui ne peut que gérer les affaires courantes et se trouve dans l’incapacité de prendre des décisions importantes.

 

Cela a des conséquences pour l’image d’Israël à l’échelle internationale : le pays donnait jusque voici quelques mois une image de stabilité, et Israël avait été classé récemment huitième puissance du monde en termes d’accomplissements et d’influence ; or cette image est écornée et le pays apparaît désormais marqué par l’indécision et par des déchirements qui, vus de l’extérieur, peuvent paraître absurdes.

 

Cela a des conséquences pour la stature de Binyamin Netanyahou, Premier ministre sortant d’Israël. Celui-ci est détesté depuis longtemps par tous ceux qui détestent Israël et qui, tout en le détestant, ne pouvaient pas ne pas noter qu’Israël inspirait le respect.

 

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Avigdor Lieberman vient d’annoncer qu’il soutiendra le candidat du parti qui

arrivera en tête en septembre. Voilà qui complique plus encore les affaires de Bibi