Afrin 4ème jour : la guerre qui dérange les hypocrites (info # 012301/18) Version imprimable
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mardi, 23 janvier 2018

 

Par Perwer Emmal

 

Métula et Afrin 19h00, mardi, 18h00 à Paris

 

En ce mardi, quatrième jour de guerre, les troupes turques et leurs supplétifs islamistes arabes poursuivent leur agression contre le canton d’Afrin, dans l’ouest du Rojava.

 

Les combats sont féroces autour des quatre axes par lesquels l’envahisseur tente de pénétrer vers le centre de l’enclave. L’effort des Turcs se porte principalement dans la province de Boulboul au Nord, dans celle  de Sharran à l’Est [face à Azaz], dans celle de Rajo au Nord-Ouest, et dans celle de Jandairis au Sud-Ouest [carte].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

 

Durant la journée d’hier, les agresseurs étaient parvenus à s’emparer du massif stratégique de Barsaya, qui domine la ville d’Azaz en Syrie, sous occupation turque, ainsi qu’une bonne partie de la province de Kilis en Turquie.

 

En fin d’après-midi (lundi), les Unités de Protection du Peuple (YPG) sont parvenues à chasser les Turcs et leurs acolytes du mont Barsaya et à se le réapproprier dans sa totalité. Ces hauteurs se situent à 2,5km d’Azaz.

 

Ce mardi en début d’après-midi, les YPG ont mis en déroute une colonne de l’Armée turque et de ses supplétifs sur la colline de Qastal Jandu, non loin du mont Barsaya, dans le district de Sharran. L’ennemi a abandonné de nombreux morts sur le champ de bataille.

 

Au même moment pratiquement, des Peshmerga ont détruit un véhicule et tué ses six occupants de l’Armée d’agression autour du village de Qudé, dans la zone de Rajo. Les combats se poursuivent en ce moment à cet endroit.

 

Dans la province de Jandairis, au Sud-Ouest du canton, l’envahisseur est en train de se retirer du périmètre du village frontalier de Shih, qu’il avait tenté d’investir depuis les premières heures de la journée.

 

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Des membres des YPG après l’assaut réussi d’une position ennemie

 

Jusqu’à 16h locales ce mardi, tous les combats se déroulent sur les frontières d’Afrin et l’ennemi n’est parvenu nulle part à briser la résistance des YPG et à converger vers le centre de la province. En revanche, les bombardements d’artillerie touchent tout le canton sans grand discernement.

 

Le nombre des morts et des blessés augmente au fur et à mesure des affrontements. Ankara a reconnu la perte d’un second soldat durant les combats d’aujourd’hui. Hier, le premier mort officiellement reconnu par l’agresseur a été enterré en grande pompe dans sa capitale en présence du dictateur Recep Erdogan.

 

A l’occasion de ces pertes, son ministre des Affaires Etrangères, Mevlut Cavusoglu, a tweeté : "Nous n’abandonnerons pas le sang de nos martyrs sur le sol et continuerons notre combat jusqu’à ce que nous ayons déraciné la terreur".

 

Les pertes admises par les belligérants nous paraissent largement sous-évaluées en comparaison des comptes rendus que nous recevons de nos interlocuteurs à proximité des combats.

 

Selon notre estimation, l’Armée ottomane et ses supplétifs ont perdu plus de 100 combattants et pas moins de 250 de leurs hommes ont été blessés. Trois quarts de ces soldats appartiennent aux unités d’islamistes et un quart à l’Armée régulière.

 

On observe à ce propos que des heurts se sont produits entre mercenaires islamistes, particulièrement ceux qui servent sous les ordres d’un personnage se faisant appeler le Major Général Sultan Mourad. Ces échauffourées ont éclaté à l’occasion du rapatriement sur Azaz des corps de 16 supplétifs tombés lors de la bataille du mont Barsaya.

 

Les mercenaires prétendent que les Turcs se servent d’eux comme de la "chair à canon", et qu’ils les envoient systématiquement aux avant-postes alors que les officiers turcs commentent les combats depuis l’arrière. On note à ce propos qu’Ankara ne communique aucun bilan relatif aux pertes dans les rangs de ses auxiliaires arabes.

 

D’après notre évaluation approximative et officieuse, les YPG et les YPJ qui défendent Afrin ont perdu une quarantaine de combattants et ont eu environ 80 blessés dans leurs rangs. Le bilan civil, toujours selon nos estimations et sous les mêmes précautions, s’élève à 35 personnes environ, dont un camarade reporter du nom de Tolhaldan Welat.

 

Sur le plan diplomatique, la séance du Conseil de Sécurité de l’ONU réuni lundi à la demande de la France n’a rien donné, pas de résolution et pas même un appel au despote sanguinaire turc pour qu’il cesse sa campagne criminelle.

 

Dans le camp kurde, parmi les officiers supérieurs des Forces Démocratiques Syriennes et les chefs politiques, on est évidemment très déçu de l’irresponsabilité dont font montre les Etats dits développés.

 

Les critiques n’épargnent personne, mais visent principalement la Grande-Bretagne après la déclaration du porte-parole de Theresa May, qui a reconnu lundi "l’intérêt légitime de la Turquie dans la sécurité de ses frontières", ajoutant que le Royaume-Uni "est engagé à travailler de près avec la Turquie et d’autres alliés afin de trouver des solutions garantissant la stabilité et empêchant l’escalade de la situation tout en protégeant les intérêts sécuritaires de la Turquie".

 

Hier soir, dans le saillant de Manbij au Rojava, certains demandaient à voix haute qui est-ce qui menace la Turquie ? Ils demandaient également si Madame May n’a pas entendu les menaces du sultan d’oblitérer ses alliés kurdes, d’Afrin à la frontière irakienne ?

 

L’écœurement et l’incompréhension prédominent aussi à propos de la position de la France, et particulièrement de son chef de la diplomatie, Jean-Yves Le Drian. Ce dernier, lors d’une réunion avec la presse à Paris a dit notamment : "J'ai eu l'occasion de dire à mon collègue turc hier matin au téléphone que cette offensive nous préoccupait et que si nous comprenions le souci de sécurisation des frontières qu'a la Turquie en ce moment (…)".

 

Le Drian a ajouté : "Nous pensons indispensable qu'il y ait une accélération du processus politique pour éviter l'apparition de nouveaux conflits en Syrie (…)".

 

L’un des principaux chefs des FDS a commenté cette déclaration en lançant, lors d’une réunion impromptue d’officiers : "Les Français ne sont-ils donc pas au courant que le gouvernement de son "collègue" a lancé une guerre d’extermination contre notre peuple ? Que ce sont les enfants d’Afrin qu’il y a lieu de protéger et non les frontières du dictateur que personne ne menace ? Que nous ne sommes pas des terroristes mais ses alliés ? Qu’il n’existe aucun processus politique à accélérer, puisque qu’il (Erdogan) s’est juré de nous éliminer jusqu’au dernier ?".

 

Quelques dizaines de volontaires français, parmi des centaines d’étrangers, ont rejoint les YPG pour se battre à leurs côtés. Deux ex des forces spéciales qui ont été engagés en Syrie m’ont confié hier soir qu’ils avaient honte de leur gouvernement et que sa conduite tendant à lécher les parties d’un assassin était scandaleuse et inadmissible.

 

Lundi soir, par la même occasion, le commandement des FDS a affirmé qu’il examinait des possibilités pour rejoindre les assiégés d’Afrin et participer à la guerre contre l’envahisseur.

 

 
Les Peshmerga tiennent le coup (info # 012201/18) Version imprimable
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lundi, 22 janvier 2018

 

Par Perwer Emmal

 

Métula et Afrin 14h10, lundi, 13h10 à Paris

 

Tôt ce lundi matin, des commandos des Unités de Protections du Peuple (YPG) ainsi que des YPJ, leur homologues féminines, ont attaqué les forces turques et leurs supplétifs islamistes dans la région d’Aziz (voir carte) à deux reprises.

 

Durant la première opération six soldats turcs ont été tués et de nombreux autres blessés. Au cours de la seconde, quelques minutes plus tard, des dizaines d’ennemis ainsi qu’un grand nombre de véhicules militaires ont été mis hors de combat.

 

La concentration qui a été prise pour cible se situe en territoire syrien contrôlé par l’Armée ottomane à l’extérieur du canton d’Afrin, à l’ouest de celui-ci. A l’issue de ce double engagement, les commandos kurdes ont regagné leur base de départ.

 

Cette opération était rendue nécessaire par l’important rassemblement de forces arrivées ces derniers jours de Turquie, qui s’apprêtaient, sans l’ombre d’un doute sensé, à marcher sur l’enclave encerclée du Rojava occidental.

 

D’autre part, et contrairement à ce qu’affirment la plupart des autres media, de même que le gouvernement d’Erdogan, depuis l’offensive lancée vendredi et baptisée "Rameau d’olivier" par l’agresseur, ce dernier n’est pas parvenu à s’emparer du moindre mètre carré du territoire d’Afrin. Ce, malgré sa supériorité écrasante en matériel et un ratio d’un contre quatre au niveau des combattants.

 

Durant la journée de dimanche, l’envahisseur avait péniblement réussi à se rendre maître de quelques collines dans le secteur de Boulboul, au prix d’une offensive majeure impliquant des dizaines de raids aériens, des barrages d’artillerie et le soutien de nombreux blindés. Mais en fin de journée, des éléments mobiles des YPG l’ont intégralement chassé de ses acquis suite à des affrontements de grande intensité.

 

A ce sujet, le narratif de la plupart des autres media qui tentent de couvrir le conflit sont erronés, et les cartes des opérations qu’ils proposent totalement apocryphes. Celles que j’ai consultées ne mentionnent pas la présence des troupes turques à proximité de la ville d’Idlib et dans une grande portion de sa province. Un contingent ottoman qui a traversé la frontière il y a plusieurs semaines en provenance de la province turque de Yayladagi, tout près de la région syrienne de Lattaquié, et qui contrôle désormais les deux tiers de la province d’Idlib.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

 

On ne peut pas parler de victoire kurde sur l’Armée d’invasion dans la zone d’Afrin et dans le reste du Rojava, car l’affrontement ne fait que commencer et il est fortement déséquilibré à tous les égards.

 

En revanche, on peut évoquer une résistance efficace et bien organisée de la part des YPG, qui constitue déjà une surprise aux yeux des experts militaires.

 

On doit également prendre en considération que le terrain du canton d’Afrin, extrêmement vallonné, aux routes étroites et sinueuses, ne favorise pas l’utilisation de matériel lourd. Lors des combats d’hier aux environs de Boulboul, il est advenu au moins deux fois que le premier char d’une colonne avançant à la queue leu leu sur l’une de ces routes de montagne ait été immobilisé par un tir de missile kurde, rendant le reste de la colonne inutile et même exposé à des tirs ultérieurs.

 

De plus, partout où ils sont intervenus, les mercenaires islamistes arabes au service du dictateur d’Ankara ne se sont pas montrés à la hauteur. Fréquemment sous-équipés, mal entraînés et peu motivés, ces ex-miliciens d’al Qaeda, en dépit de leur nombre (30-35 000), n’ont pas fait le poids face aux Peshmerga d’Afrin.

 

Lesquels Peshmerga, en plus de leur courage et de leur détermination, ont visiblement touché du matériel sophistiqué de la part des Américains et ils savent parfaitement s’en servir.

 

Quant à l’Armée turque, elle apparaît également désorganisée, principalement au niveau de son commandement. Certains observateurs étrangers avisés que je côtoie dans le saillant oriental de Manbij où je me trouve, invoquent les purges massives pratiqués par le Sultan dans l’Armée à la suite du coup d’Etat manqué de juillet 2016. A les croire, les meilleurs officiers croupiraient derrière les barreaux du dictateur et leur absence sur le théâtre des opérations aurait des effets désastreux.

 

On est aussi étonné par le manque d’efficacité relatif de l’Aviation ennemie, qui, en dépit de centaines de sorties et d’autant de frappes (environ 250) et disposant des mêmes appareils que les armées américaine et israélienne, se montre incapable de peser d’une manière déterminante dans la bataille.

 

En ce lundi matin de guerre, observant que le front n’a pas été enfoncé comme le prédisait le Grand Turc, et que les défenseurs d’Afrin se livrent à des actions offensives couronnées de succès, le moral des YPG/Forces Démocratiques Syriennes, dans les deux portions du Rojava qu’elles contrôlent, est au beau fixe.

 

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Des Peshmerga déterminés

 

Il est beaucoup question de saisir l’opportunité de l’offensive d’Ankara pour tenter de réaliser la jonction entre les saillants ouest et est autour d’al Bab, accomplissant ainsi la continuité du territoire kurde et désenclavant les défenseurs d’Afrin.

 

Environ 15 000 combattants et combattantes ont été concentrés dans le saillant de Manbij-Arima et ils sont sur le pied de guerre. Près de 3 à 3 500 d’entre eux, revenant de la guerre contre DAESH dans l’ouest syrien, sont armés et entraînés au niveau des meilleures unités d’infanterie motorisée occidentales. De l’avis de leurs chefs, ils devraient être capables de franchir la vingtaine de kilomètres qui les séparent de leurs frères encerclés à l’Ouest.

 

Deux obstacles se dressent cependant face à ce projet. Le premier est mineur : il repose sur la présence d’éléments kurdes de l’Armée gouvernementale syrienne qui ont été envoyés par les Russes à l’extrémité des deux saillants kurdes pour agir en qualité de force de séparation avec l’Armée turque. J’évoque un inconvénient mineur, car, pour les fréquenter régulièrement, ces éléments me semblent largement plus concernés par le destin de leurs frères que par le bien-être des Présidents Assad et Poutine. Si l’ordre de faire mouvement était donné, je pense qu’ils participeraient à l’offensive aux côtés des YPG/FDS et qu’ils ne feraient en tout cas rien pour s’y opposer.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

Les deux saillants kurdes, avec, dans les cercles rouges, les

positions des soldats d’interposition "gouvernementaux"

 

Le second obstacle est bien plus prégnant : il se dit que l’état-major U.S. en Syrie aurait prévenu le commandement kurde qu’en cas d’offensive non provoquée par une action des Turcs contre le saillant de Manbij, Washington pourrait cesser l’approvisionnement en armes, en munitions et en "conseillers" qu’il fournit aux FDS.

 

Un approvisionnement qui, on le constate à Afrin, joue un rôle essentiel dans la bataille.

 

Il ne reste aux forces kurdes que l’option d’attendre, au moins tout le temps que leurs frères kurdes d’Afrin tiennent le choc, de risquer de se fâcher avec Washington (mais pas avec le contingent américain sur place avec lequel les relations sont cordiales), ou encore de choisir le moment opportun pour tenter quelque chose.

 

Il importe tout de même de savoir que l’unification des deux portions du Rojava représente une priorité émotionnelle très élevée dans l’esprit de chaque Peshmerga, et que manquer une opportunité objective de la réaliser n’entre pas vraiment en considération.

 

Sachez encore que le commandement des FDS ainsi que tous les officiers avec lesquels je me suis entretenu nient catégoriquement avoir tiré les roquettes sur la ville turque de Reyhanli (cartes), dans la province d’Hatay, face à l’extrémité sud-ouest du canton d’Afrin. Selon les responsables turcs, ces roquettes auraient fait "au moins un mort et plus de 30 blessés" dans la cité.

 

Ils nient également que les FDS soient à l’origine des tirs qui ont fait deux victimes dans le village de Kaljibirin, à l’est d’Afrin. Ils rappellent qu’ils "n’ont aucun intérêt dans le bombardement d’agglomérations civiles et qu’ils ne s’attaquent jamais à des objectifs situés au-delà de leurs frontières".  Les officiers en charge des FDS n’hésitent pas à accuser les supplétifs islamistes et même les soldats turcs d’avoir eux-mêmes pratiqué ces tirs afin de créer des justifications à leur offensive contre les Kurdes.

 

Ce matin, les combats ont repris de plus belle dans la région de Boulboul, ponctués par d’intenses échanges d’artillerie ainsi que des combats terrestres à proximité de plusieurs villages. On signale également le survol de la ville d’Afrin par des drones.

 

Au nord de Rajo (carte), les YPG viennent de détruire deux chars ennemis et de tuer plusieurs militaires turcs. Les combats font également rage dans cette région du nord-ouest du canton.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

 

En l’absence de chiffres officiels communiqués par les belligérants, la Ména présente dans le Rojava estime à 22 civils et 13 combattants le nombre de morts à Afrin depuis samedi et jusqu’à ce matin, de même qu’une cinquantaine de blessés.

 

Du côté de l’agresseur, entre 60 et 70 soldats et mercenaires au moins ont perdu la vie, et le nombre de blessés dépasse la centaine.

 

 
Afrin : combats d’une extrême violence au sol (info # 032101/18) Version imprimable
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dimanche, 21 janvier 2018

 

Par Perwer Emmal

 

Métula et Afrin 20h20, dimanche, 19h20 à Paris

 

En cette seconde journée de l’offensive turque baptisée "Rameau d’olivier", l’Armée ottomane assistée par ses supplétifs islamistes a lancé une offensive terrestre majeure à partir de la ville de Gülbaba [carte], appuyée par l’aviation, l’artillerie et des blindés.

 

Dès 11 heures ce matin, heure d’Afrin et de Métula, l’agresseur a établi le contact avec les Unités de Protection du Peuple (YPG) kurdes dans la province de Boulboul [voir carte] tentant de s’emparer de plusieurs villages.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

 

Deux interlocuteurs de cette région avec lesquels j’ai pu m’entretenir (je me trouve à Arima, dans le saillant oriental des YPG, à 90km des combats qui se déroulent actuellement) m’ont affirmé que les affrontements étaient d’une violence extrême, particulièrement autour du village de Shengal [carte].

 

Jusqu’à 15 heures à tout le moins, heure de ma dernière liaison téléphonique, les YPG tenaient le front, en dépit du recours intensif de l’ennemi à son aviation. Les troupes de Recep Erdogan n’avaient pas réussi, contrairement à des annonces faites par leur Premier ministre Binali Yildirim, à enfoncer les défenses des Peshmerga et à pénétrer de manière substantielle dans le canton d’Afrin.

 

On dénombrait cependant jusqu’à 15 heures une dizaine de morts (officieux) dans les rangs des YPG et des YPJ (les unités féminines), ainsi qu’une vingtaine de blessés.

 

Les forces kurdes ont détruit avec certitude au moins deux chars M60 Patton de conception américaine, et en ont endommagé plusieurs autres ainsi que des véhicules militaires entre les villages de Shengal et de Boulboul. L’envahisseur a également subi de nombreuses pertes humaines, ce que nie son gouvernement.

 

L’Aviation turque a d’autre part intensifié ses bombardements sur l’ensemble du canton d’Afrin, ciblant principalement sa capitale ainsi que la zone frontière située au Nord-Ouest, dans la proximité de Raco, provoquant la mort, dimanche, de sept civils et en blessant de nombreux autres.

 

Une intense activité militaire de l’ennemi a aussi été observée dans la région de Maréa, à l’est de l’enclave kurde. Des échanges de feu s’y sont produits, mais là encore, en milieu d’après-midi, on ne notait aucune avance tangible des Turcs.

 

A l’occasion d’un point de presse organisé à Istanbul ce dimanche matin, Binali Yildirim a toutefois déclaré que l’Armée ottomane était parvenue à pénétrer dans le canton d’Afrin et que les YPG délaissaient leurs positions n’offrant que peu de résistance. Le Premier ministre de turc a fait état de l’intention de son pays d’établir une "zone de sécurité" jusqu’à une trentaine de kilomètres de sa frontière.

 

Le gouverneur de la ville de Kilis en Turquie, Mehmet Tekinarslan, a par ailleurs annoncé que sur le coup d’1h40 ce matin, trois roquettes s’étaient abattues sur le centre-ville blessant une personne touchée par des éclats de verre.

 

Ali Erbas, le chef de l’autorité turque en charge des affaires religieuses, a pour sa part déclaré que des "prières de conquête" seraient dites dans les mosquées tout au long de ce dimanche.

 

Nous apprenons également que la France a appelé à "une réunion d’urgence du Conseil de Sécurité au sujet d’Afrin, d’Idlib et de la Ghouta". Le fait d’inclure deux régions qui ne sont pas menacées de génocide dans la liste des sujets à traiter diminue cependant la portée de cette proposition, sans doute afin de ménager les susceptibilités d’Ankara. Dans un tweet, le Ministre français des Affaires Etrangères Jean-Yves Le Drian a précisé qu’il appelait à "un cessez-le-feu partout en Syrie et à l’établissement d’accès humanitaire inconditionnels".

 

La réaction que j’ai recueillie à chaud de la part de responsables kurdes en tournée dans la région de Manbij a été que "l’initiative française ne s’attachait pas au problème réel qui menace la vie de milliers de civils et que l’ordre du jour unique du Conseil de Sécurité devait être l’arrêt immédiat de l’offensive criminelle turque contre les Kurdes". Les responsables politiques et militaires que j’ai interrogés ont toutefois concédé que "si le Conseil de Sécurité se réunit réellement, on y discutera probablement du problème réel qui se pose".

 

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Un char turc participant aux combats de samedi

 

Riyaz Dirar, le co-président du Conseil Démocratique Syrien [kurde] a à nouveau accusé la Russie de collusion avec l’envahisseur ottoman dans le cadre de l’opération visant la population du canton d’Afrin.

 

Les autorités turques se sont également vantées d’avoir frappé lors d’attaques aériennes la base [ancien aéroport militaire du régime syrien] de Menagh [carré rouge et blanc sur la carte], située dans le territoire contrôlé par les YPG/FDS, qui est utilisé par l’Armée américaine pour approvisionner les combattants kurdes en armes et en munitions. Si cette nouvelle se confirme, elle pourrait sérieusement aggraver les tensions entre Ankara et Washington.

 

Dernière minute : 18h52 locales, par téléphone, on se bat au corps-à-corps pour le contrôle du village de Shengal. A 19h 49 ce dimanche, malgré les moyens énormes investis par l’Armée turque depuis le début de son offensive terrestre à 11h, elle n’était parvenue à occuper aucune localité ou position militaire du canton d’Afrin.

 

 
L’abjecte "cause palestinienne" est dans une phase d’agonie (info # 022101/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 21 janvier 2018

 

Par Guy Millière

 

Mahmoud Abbas a dit voici peu devant les membres dirigeants de l’Autorité Palestinienne que l’administration Trump l’avait giflé et insulté.

 

Ce fut le seul moment réjouissant d’un discours sinistre, antisémite, négationniste, monstrueusement délirant, gorgé de falsifications de l’histoire et d’apologie du terrorisme.

 

De fait, Mahmoud Abbas mérite d’être giflé et insulté depuis très longtemps, et s’il se sent giflé et insulté, il est très bien qu’il en soit ainsi.

 

Mahmoud Abbas mérite, certes, bien davantage que des gifles et des insultes, et la justice la plus élémentaire impliquerait qu’il soit rapidement conduit six pieds sous terre et lesté de plomb, mais des gifles et des insultes seraient un bon début.

 

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Mahmoud Abbas n’est pas seulement un antisémite et un docteur en négationnisme (il est l’auteur d’une thèse de doctorat répugnante évoquant des "liens" entre le nazisme et le sionisme et minimisant très fortement le nombre de victimes de la Shoah), c’est aussi un assassin et un complice d’assassins, un chef de bande terroriste, un être corrompu jusqu’à la moelle des os, haineux et regorgeant de mensonge.

 

C’est un homme qui, en prenant la succession de Yasser Arafat, est devenu complice d’un double crime contre l’humanité : la volonté d’exterminer la population juive israélienne, et la transformation de milliers d’Arabes en assassins - effectifs ou potentiels - de Juifs.

 

C’est un homme qui a des centaines de morts et des milliers de blessés et de mutilés sur la conscience, si tant est qu’il lui en reste quelque bribe.

 

C’est un homme qui ne devrait être appelé "président" par personne, car il n’a aucune légitimité à ce titre, et vient d’entrer dans la quatorzième année de son mandat de quatre ans.

 

C’est un homme qui est en train de s’apercevoir que, pour citer Abba Eban, à force de ne pas manquer une occasion de manquer des occasions, il en a manqué une de trop.

 

Il a eu une utilité pour l’Union Soviétique, dont il est l’une des créatures monstrueuses résiduelles, lorsque l’Union Soviétique voulait déstabiliser le Proche-Orient, et rallier le monde musulman et les gauches occidentales à une cause “anti-impérialiste” fabriquée de toutes pièces.

 

Il a eu une utilité encore quand, après la chute de l’empire soviétique, le monde musulman a voulu utiliser la “cause” fabriquée pour intimider le monde occidental et pour légitimer une part du djihadisme contemporain.

 

Il a bénéficié de la complaisance du premier président anti-américain islamophile et résolument anti-israélien de l’histoire des Etats-Unis.

 

Il ne peut que discerner qu’une page est en train de se tourner avec la présidence Trump.

 

Donald Trump lui a dit explicitement qu’il était un menteur, et lui a fait comprendre que la tolérance américaine pour le “terrorisme palestinien”, pour toute forme d’activité djihadiste, pour les incitations à la haine antisémite et les incitations au meurtre de Juifs était terminée.

 

Mahmoud Abbas n’a pas voulu comprendre qu’au-delà de la limite fixée par Donald Trump, son ticket n’était plus valable, et, parce qu’il est un être essentiellement ignoble, il a persisté dans l’ignominie.


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Afrin : 72 avions, 110 cibles, 10 morts (info # 012101/18) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 20 janvier 2018

 

Par Perwer Emmal

 

Métula et Afrin 1h00, dimanche, minuit à Paris

 

Au terme de cette première journée de l’offensive généralisée de la Turquie contre les Kurdes de Syrie, cyniquement nommée "Rameau d’olivier" par le régime de Recep Erdogan, les Ottomans ont eu recours à 72 chasseurs-bombardiers F-16, qui ont visé 110 objectifs dans le canton d’Afrin et tué dix personnes.

 

Sept victimes sont des civils et trois des combattants ; un homme faisant partie des YPG, les Unités de Protection du Peuple, et deux femmes de leur pendant féminin, les YPJ, ou Unités de Protection de la Femme.

 

En outre, vingt-cinq civils ont été blessés dont plusieurs se trouvent dans un état critique.

 

La plupart des raids ont ciblé Afrin, la capitale du canton du même nom et ses environs, de même qu’un camp de réfugiés.

 

D’autre part, les YPG ont fait échouer deux tentatives des forces turques et de leurs supplétifs islamistes de pénétrer dans la province au niveau du sol. L’une de ces attaques s’est déroulée à partir du territoire turc, au nord de l’enclave, l’autre, à l’Ouest, depuis la région syrienne de Maréa occupée par l’Armée d’Ankara.

 

Le Premier ministre d’Erdogan, Binali Yildirim, a prévenu samedi soir que l’offensive terrestre principale était planifiée pour dimanche.

 

Le Commandement Général des YPG, en charge de la défense d’Afrin et du reste du Rojava, a accusé Moscou d’avoir donné son feu vert à l’opération turque. Nous savons, a communiqué le Commandement des YPG, que l’Armée turque n’aurait pas attaqué Afrin sans avoir préalablement reçu l’approbation de la Russie dont des forces étaient déployée à Afrin.

 

Les soldats russes ont été évacués juste avant le début de l’agression. Le vice de Poutine allant jusqu’à exprimer sa préoccupation au sujet d’une éventuelle escalade et à envisager de saisir le Conseil de Sécurité de l’ONU.

 

A 22h30, samedi soir, les YPG ont juré de résister à l’agression militaire turque contre le canton d’Afrin. "Nous n’avons pas d’autre option que celle de résister", ont déclaré les YPG et les YPJ dans un communiqué, promettant de vaincre les agresseurs.

 

Tard dans la soirée de samedi, les ambassadeurs de Grande-Bretagne, de France et de Chine en poste à Ankara ont été informés par le ministère turc des Affaires Etrangères de l’opération militaire en cours à Afrin. D’après nos sources, aucun gouvernement européen n’a émis de protestation officielle quant à cette agression délibérée visant de parfaits innocents.

 

La Russie, les USA et l’ONU ont demandé aux protagonistes d’éviter l’escalade militaire.

 

 
Bombardements aériens, attaque au sol (info # 022001/18) Version imprimable
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samedi, 20 janvier 2018

 

Par Perwer Emmal

 

Métula et Afrin 18h15, samedi, 17h15 à Paris

 

Sur le coup de 16h 33, heure d’Afrin et de Métula, des appareils turcs ont lourdement bombardé le canton d’Afrin en plusieurs points. Les villes d’Afrin, de Shirwa et de Shra ont été les cibles de ces attaques qui se poursuivent en ce moment même, alors que la nuit est tombée sur la région.

 

Quelques minutes plus tard, l’Armée turque a entamé une offensive terrestre à partir de sa frontière, par le Nord, et depuis la ville de Maréa, à l’Est, en territoire syrien. Selon des sources locales, ces premières tentatives ont été repoussées par les Unités de Protection du Peuple (YPG).

 

Les assaillants auraient eu plusieurs victimes dans leurs rangs, principalement des auxiliaires islamistes.

 

On ignore pour l’instant le nombre de victimes militaires et civiles à Afrin suite aux bombardements aériens et aux opérations terrestres de l’Armée ottomane.

 

Laquelle, par la voix de son état-major, a confirmé avoir lancé l’opération "Rameau d’olivier", précisant par un communiqué : "Nos forces armées ont commencé une opération aérienne à Afrin qui vise le PYD/PKK et l’Etat Islamique".

 

Nous tenons pour notre part à préciser qu’il n’existe pas un seul combattant de l’Etat islamique et/ou du PKK dans la province d’Afrin.

 

Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a confirmé l’information, déjà annoncée par Recep Tayyip Erdogan ce matin à la télévision.

 

La Russie a finalement retiré ses soldats qui se trouvaient en poste à Afrin. Dans un communiqué de son ministère des Affaires Etrangères, Moscou s’est dit "préoccupé" et a déclaré "suivre attentivement le développement de la situation".

 

Les Forces Démocratiques Syriennes à prédominance kurde ont été placées en état d’alerte maximum dans l’ensemble du Rojava. On a signalé des escarmouches à proximité de Kobané, lors desquelles des soldats turcs ou des supplétifs islamistes de leur armée ont trouvé la mort.

 

S’exprimant également par communiqué, les YPG, qui forment l’ossature des FDS, dénoncent un "acte d’agression contre nous, notre peuple et la Syrie. Si nous sommes attaqués", poursuit le communiqué, "nous n’aurons guère d’autre choix que celui de nous défendre ainsi que notre peuple.

 

Exactement comme lorsque les gangs de DAESH ont attaqué Kobané et ont été défaits", conclut le communiqué, "le même sort frappera l’Etat turc s’il tente de s’attaquer à Afrin".

 

D’autre part, des sources proches du régime syrien ont annoncé que Damas avait permis aux YPG d’utiliser son territoire dans la prince d’Alep afin d’envoyer des milliers de combattants en renfort à Afrin durant les dernières 48 heures.

 

Si cette coopération extraordinaire venait à s’amplifier face à un ennemi commun, on pourrait assister à une tentative militaire kurde de relier les deux parties du Rojava dans la région d’al Bab. Il en est question dans les discussions des officiers stationnés dans le saillant de Manbij.

 

 
Erdogan annonce le début de l’agression turque contre Afrin (info # 012001/18) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 20 janvier 2018

 

Par Perwer Emmal

 

Métula et Afrin 16h30, samedi, 15h30 à Paris

 

Lors d’un bref discours télévisé ce samedi, Recep Tayyip Erdogan a annoncé que son armée avait "lancé de facto sur le terrain une offensive terrestre contre l’enclave d’Afrin tenue par une milice kurde dans le nord de la Syrie". Erdogan s’exprimait depuis la province anatolienne de Kütahya.

 

Il a promis qu’ "ensuite, ce sera le tour de Manbij", dans la partie occidentale du Rojava kurde, et qu’ "après, pas à pas, nous nettoierons notre pays de cette terreur répugnante qui tente d’assiéger notre pays, et ce, jusqu’à la frontière irakienne".

 

Cette déclaration de guerre a été accompagnée d’un briefing du chef d’état-major turc, selon lequel l’Armée turque a répliqué à des tirs, hier et aujourd’hui, en provenance d’Afrin, de la part de l’organisation terroriste PYD/PKK.

 

Le PYD est le Parti de l’Union Démocratique, qui a la charge civile du canton d’Afrin. La force armée kurde qui défend ce territoire est les YPG, les Unités de Protection du Peuple.

 

Il n’existe aucun lien organique entre le PYD et le PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan, une organisation strictement turque.

 

Le ministre turc de la Défense, Nurettin Canikli, avait déclaré, vendredi matin sur la chaîne de télévision Haber, "que le niveau de menace contre la Turquie augmente de jour en jour", sans que cette affirmation soit intelligible.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

 

Les YPG n’ont jamais attaqué aucun objectif en Turquie et ne se sont jamais livrées à aucun acte terroriste. Elles constituent l’élément prépondérant des FDS, les Forces Démocratiques Syriennes, les seuls alliés des Américains et des Européens en Syrie. Ce sont les FDS qui ont repoussé au sol l’Etat Islamique au-delà de l’Euphrate.

 

Les YPG, contrairement aux affirmations du chef d’état-major d’Erdogan, ne se sont livrées à aucun tir en direction des forces turques, hormis des tirs de riposte limités faisant suite à des bombardements de l’artillerie ottomane.

 

Hier soir, une avocate d’Afrin a été blessée par des obus tirés à partir du territoire turc dans le nord du canton.

 

Selon l’un de mes interlocuteurs à Afrin que je suis parvenu à joindre à 11 heures ce samedi matin, les bombardements turcs sont les plus intenses depuis qu’ils ont commencé voici une semaine.

 

A l’issue d’une escarmouche provoquée par l’Armée turque, deux mercenaires islamistes ont été tués vendredi lors d’un bref affrontement avec les Peshmerga.

 

Je me trouve à Arima [voir carte], dans le saillant occidental tenu par les YPG-FDS. Je suis dans l’incapacité de me rendre à Afrin, pratiquement encerclée et coupée du monde. Jeudi, les Turcs ont fermé les deux derniers points de passage menant à l’enclave.

 

A Arima et dans tout le secteur, on assiste à l’arrivée de renforts des FDS retirés des effectifs de la région de Deïr Ez Zor où ils combattaient l’Etat Islamique au côté des Américains et des Européens.  A en croire des rumeurs persistantes, les Peshmerga auraient reçu des missiles antiaériens des mains des Américains, ainsi que des engins antichars.

 

On assiste également à un renforcement des effectifs de l’Armée turque et de ses mercenaires islamistes ainsi qu’à des travaux de retranchement face aux positions des FDS dans le secteur du saillant occidental autour de Manbij.

 

Des préparatifs du même ordre sont observés dans la région de Jarabulus déjà occupée par les Turcs, de même que face à Kobané, à l’est de l’Euphrate.

 

Le porte-parole des Nations Unies, M. Stephane Dujarric, est enfin intervenu vendredi, appelant "les parties concernées à éviter de nouvelles escalades ainsi que les actes de nature à approfondir les souffrances du peuple syrien".

 

"Une fois que les violences ont commencé", a ajouté le porte-parole, "il nous est extrêmement difficile d’intervenir".

 

M. Dujarric a affirmé que le Secrétaire général de l’ONU [M. Antonio Guterres] faisait route vers le Conseil de Sécurité et qu’il se dit "préoccupé par chaque situation dans laquelle la vie de civils est menacée".

 

Les responsables politiques et militaires du Rojava se sont montrés perplexes face à ces déclarations onusiennes, soulignant que c’est Ankara qui a unilatéralement déclaré la guerre aux Kurdes de Syrie, et que l’armée d’Erdogan était en train de violer la souveraineté d’un territoire qui ne lui appartient pas. Ils ont également relevé que les FDS n’avaient commis aucune provocation ni émis aucune menace à l’encontre de leur voisin du Nord, et donc que les appels au calme ne les concernent pas. Ils dénoncent une tentative de placer sur un pied d’égalité les agresseurs et les agressés.

 

On ignore quelle sera la position des Etats-Unis en cas de poursuite de l’agression ottomane sur Afrin et au cas où elle s’étendrait au Rojava occidental où sont cantonnés 2 000 militaires U.S, un certain nombre d’entre eux à Manbij.

 

En particulier, l’état-major des FDS se demande si Washington laissera l’aviation ennemie intervenir impunément contre ses positions ainsi que sur les zones civiles.

 

La porte-parole du Département d’Etat américain, Heather Nauert, a fait savoir vendredi que "les Etats-Unis veulent que la Turquie s’abstienne de toute violence dans la ville d’Afrin, au Nord-Ouest [de la Syrie]."

 

D’importantes manifestations de soutien à Afrin se déroulent dans tout le Rojava, la plus importante s’étant tenue à Kobané. Aucun message officiel de soutien de responsables politiques européens n’est parvenu aux Kurdes.

 

En dépit du déséquilibre militaire flagrant sur le terrain, les Peshmerga se déclarent prêts au combat et à faire payer chèrement aux Turcs leur agression. "Notre unique objectif sensé", m’a déclaré ce samedi matin un haut responsable militaire kurde, "consiste à infliger de telles pertes à nos adversaires qu’il seront amenés à reconsidérer l’utilité de leur aventure". Le même officier ajoutant : "Si nous tenons le coup suffisamment longtemps, cela sensibilisera les opinions publiques des pays libres, et cela poussera leurs dirigeants à faire pression sur Erdogan et à nous venir en aide".

 

On apprend également que M. Poutine réclamerait d’Erdogan qu’il retarde son offensive généralisée. Selon Ankara, les forces déployées par la Russie à Afrin auraient été retirées récemment, ce qu’a nié un responsable de Moscou sous le couvert de l’anonymat.

 

L’on sait qu’Ankara a demandé au Kremlin qu’il autorise ses avions à emprunter l’espace aérien syrien, mais on ignore la réponse de Poutine. Ce que l’on sait en revanche est que le vice-ministre syrien à la Défense, Fayçal Meqdad, a affirmé que son pays "s’opposerait par la force à toute agression ou opération militaire contre son territoire de la part de la Turquie en ripostant de manière appropriée". Meqdad a déclaré que "les défenses antiaériennes syriennes se tenaient prêtes à intervenir face à ce genre d’agressions".

 

L’on sait qu’un système de défense antiaérien de type S-400 a été livré par la Russie au régime de Bashar al Assad, et qu’il pourrait avoir la capacité d’intervenir contre des appareils turcs survolant le canton d’Afrin. Le ministre de la Défense ottoman, Nurettin Canikli, a toutefois tourné ces contre-menaces en dérision, précisant que "l’essentiel de la capacité militaire active du régime syrien était assumé par des pays tiers". Il a en outre prophétisé que la campagne militaire contre Afrin ne durerait pas longtemps.

 

 
Un million de Kurdes sont menacés de massacre par un fou (011901/18) Version imprimable
Analyse
vendredi, 19 janvier 2018

 

En raison de la gravité du contenu de cet article, la rédaction de la Ména a décidé de le publier exceptionnellement dans sa totalité sur tous ses supports.

 

Par Perwer Emmal

 

Cela fait longtemps que le dictateur turc Recep Tayyp Erdogan menace la population kurde de Syrie d’annihilation, mais depuis une semaine, pour le million d’habitants du canton d’Afrin, le danger est imminent. Il suffit d’observer les préparatifs militaires de l’Armée ottomane et de ses supplétifs tout autour de l’enclave encerclée pour s’en convaincre. Depuis samedi dernier, ces déplacements de troupes s’accompagnent d’intenses bombardements d’artillerie, ayant fait deux morts jusqu’à maintenant, à partir du territoire turc et des positions occupées par l’Armée d’Erdogan dans la province d’Idlib qu’elle a largement investie (voir les positions de l’Armée turque, matérialisées par des cercles verts sur la carte).

 

S’il restait un doute, il a été écarté par les propos tenus par celui qui se croit la réincarnation du Sultan de l’ancien empire et qui se comporte en conséquence afin d’en agrandir le territoire. Des déclarations à caractère objectivement génocidaire, comme celle de samedi dernier, dans laquelle Erdogan affirmait que "l’incursion militaire de la Turquie dans la province syrienne septentrionale d’Idlib allait écraser/pulvériser les forces de la milice kurde qui contrôlent la région voisine d’Afrin". Ou celle, de la même veine, prononcée dans la ville d’Elazig devant un parterre de membre de son parti AK, dans laquelle il a promis que "si les terroristes d’Afrin ne se rendent pas, nous allons les tailler en pièces".

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

 

Les "terroristes" auxquels il fait allusion ne sont autres que les YGP, les Unités de Protection du Peuple, elles-mêmes membres des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), les seuls alliés des Américains et des Européens en Syrie, qui viennent de défaire DAESH pour leur compte.

 

Mais pour le sultan qui vient de le répéter, la "milice kurde YPG tente d’établir un corridor de la terreur sur la frontière sud de la Turquie, reliant Afrin à la grande région kurde à l’Est". Car pour Erdogan, les YPG ne sont qu’une manifestation masquée du PKK, le Parti des Ouvriers du Kurdistan, un mouvement de résistance des Kurdes de Turquie.

 

"Avec l’opération du Bouclier de l’Euphrate [2016]", a expliqué le Grand Turc, "nous avons coupé le corridor de la terreur juste en son milieu1. Nous les avons frappés une nuit soudainement. Avec notre opération à Idlib, nous sommes en train d’écrouler leur aile occidentale".

 

L’opération d’Idlib à laquelle se réfère ce poète, a été lancée par l’Armée turque il y a quelques semaines, après un accord passé officiellement avec la Russie et l’Iran, dans le but avancé de pacifier cette zone et d’en faire un terrain de désescalade militaire. Le contingent turc et ses mercenaires y affrontent les miliciens d’al Qaeda sous leur nouvelle appellation de Tahrir al Sham [de son nom complet Hay’at Tahrir al Sham, l’organisation pour la libération du Levant].

 

En fait, au prétexte de "combattre toutes les organisations terroristes", dont il a établi la liste – al Qaeda, DAESH, les YPG et le PKK – aux fins de "protéger la Turquie contre leurs attaques", Erdogan s’installe durablement en Syrie dans le but s’approprier une partie de ce pays en cours de dépeçage.

 

Sauf qu’al Qaeda n’est pas une menace pour Ankara, c’est de cette organisation islamique que sont issus la quasi-totalité des supplétifs combattant en Syrie dans les rangs des Ottomans ; que DAESH, à savoir l’Etat Islamique, n’est plus en condition de menacer personne, et qu’il était, qui plus est, l’allié privilégié et le partenaire commercial de la famille Erdogan en Syrie ; que les YPG, de toute leur histoire, n’ont jamais attaqué la Turquie, et que le PKK est une organisation turque avec laquelle le pouvoir central se trouve en situation de guerre civile depuis des décennies et que ce n’est certes pas à Idlib qu’Erdogan va trouver le moindre de ses combattants.

 

En s’attaquant à Idlib, le sultan-dictateur poursuit trois objectifs : agrandir son territoire aux dépens du régime des al Assad, compléter l’encerclement d’Afrin avec pour objectif à terme de rayer le Rojava de la carte, et s’installer dans le camp de la coalition russo-iranienne qui contrôle une importante partie de l’ex-Syrie.

 

Le feu vert donné par Poutine à Erdogan pour investir la province d’Idlib et s’en prendre aux Kurdes du Rojava indique que la Russie a lâché les Kurdes et que, de son point de vue, le massacre d’une partie des habitants d’Afrin ne la dérangera pas. Il s’agit d’un retournement d’alliance, car le Tzarévitch entretenait jusqu’à présent des relations très correctes avec les Kurdes de Syrie. Il avait même installé une base militaire dans le canton d’Afrin dans laquelle il prodiguait un entrainement au combat aux YPG. Et il avait déployé des unités dans la région d’al Bab, entre les deux saillants kurdes, afin de rassurer les Turcs quant à une éventuelle tentative par les YPG d’établir la continuité géographique du Rojava, et de défendre les positions des Peshmerga face à une éventuelle offensive des troupes d’Ankara.

 

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Le camp de Robar pour personnes déplacées par la guerre, dans la province

de Sherawa, canton d’Afrin, vient d’être bombardé par l’artillerie d’Erdogan

 

A ce propos, le Sultan promet aussi la guerre aux Kurdes de l’ouest du Rojava, ayant déclaré, la semaine dernière, que "la Turquie n’aurait aucun mal à déloger les forces des YPG de Manbij", précisant : "Nous allons prendre les choses en main jusqu’à ce qu’il ne reste plus un seul terroriste", et ponctuant d’une menace datée : "Ils verront ce que nous allons faire dans une semaine environ !".

 

Reste que Poutine a fermé sa base dans le canton d’Afrin peu avant le début de l’agression d’Erdogan à Idlib, et que l’on peut se demander avec inquiétude comment se comportera sa "force de séparation" autour d’al Bab en cas d’une attaque turque. Il y a quelques mois, le Tsarévitch envoyait son aviation interdire aux appareils turcs le survol des Peshmerga, aujourd’hui, il ferme les yeux sur la possibilité d’un massacre de Peshmerga et de civils kurdes par le Sultan. Mais il n’y a pas à sursauter devant ce genre de revirements, cela a souvent été écrit dans ces colonnes : Poutine n’a pas d’amis ni d’ennemis, il n’a que des opportunités. De plus, il n’a guère apprécié la fidélité des YPG envers la coalition américaine, ce qui l’a privé d’une victoire facile et de gains territoriaux dans la région de Deïr Ez Zor, et il est colérique et rancunier.

 

Il n’apprécie pas non plus la décision de Washington de former et d’équiper une puissante unité de gardes-frontières (30 000 hommes) principalement kurdes, basée sur l’ossature des Forces Démocratiques Syriennes, et qui prendra la responsabilité du contrôle des frontières turque, iraquienne et de la ligne de démarcation sur l’Euphrate face à la coalition russo-alaouito-iranienne.

 

La formation de cette nouvelle unité, qui va pérenniser la présence kurde, de même que l’influence occidentale en Syrie, dérange fortement le régime de Damas, qui considère désormais la présence américaine comme "une force d’occupation de son pays". Elle contrarie Moscou, qui y voit un obstacle à l’extension de sa zone d’influence, et a enragé le Sultan, dont le porte-parole, Ibrahim Kalin, a indiqué que "Washington effectue des pas inquiétants visant à légitimer cette organisation [les YPG] et à la rendre durable dans la région". Le porte-parole a complété sa remarque en indiquant que "la Turquie allait poursuivre son combat contre toute organisation terroriste sans se préoccuper de son nom, de sa composition, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières".

 

Face aux écarts verbaux pour le moins inamicaux des ministres du leader turc, Washington se montre extrêmement réservé, n’ayant fait aucune déclaration relativement au projet d’Ankara d’envahir Afrin et de pulvériser les Peshmerga dans le reste du Rojava. Mais il n’a pas fait marche-arrière quant à l’établissement du corps des gardes-frontières et poursuit leur entraînement.

 

A l’inverse, Bashar al Assad est dans tous ses états. Il est fortement déstabilisé par l’incursion ottomane à Idlib, et surtout, par le blanc-seing qu’elle a reçu de la part de ses plus proches alliés russes et perses. Il s’aperçoit, lui qui a à faire face aux raids de plus en plus nombreux de l’Aviation israélienne en périphérie de sa capitale, que l’on ne met pas Poutine dans sa poche mais que c’est lui qui se trouve dans celle du Tsarévitch, et qu’il dépend toujours, pour son maintien, du bon vouloir de ses deux alliés. Et que ce soutien n’est pas définitivement acquis ni basé sur une hypothétique amitié qu’il leur inspirerait. Il s’aperçoit surtout, et cela ne doit pas lui plaire, qu’Erdogan et la Turquie importent infiniment plus aux yeux de Téhéran et Moscou que lui et la Syrie. Au point de trahir ses intérêts et de laisser molester sa souveraineté.

 

Pour Assad, l’annexion d’Afrin par Erdogan part d’une hypothèse inacceptable. Hier, il est allé jusqu’à menacer de lancer ses avions contre ceux du Sultan [en cas d’invasion d’Afrin], ce qui pourrait s’avérer distrayant au niveau des alliances. On pourrait s’amuser à observer qui tire sur qui, et imaginer la migraine que cela occasionnerait à Poutine, l’impassible joueur de poker.

 

Mais à dire vrai, nous ne sommes pas d’humeur à nous amuser. Un million de mes compatriotes se situent désormais sous la menace directe et exprimée d’un mégalomane expansionniste de la pire espèce. Contrairement aux Européens, nous n’oublions pas qu’il y a actuellement des dizaines de milliers de Turcs en prison, dont beaucoup sont soumis à la torture par le tyran. Et nous savons qu’un individu qui traite ses propres compatriotes de la sorte n’aura aucun état d’âme à traiter ses ennemis non-turcs d’une manière bien plus barbare encore.

 

Et nous constatons, une fois de plus, le mutisme des chefs d’Etat européens et le désintérêt complice de leurs journalistes face à l’hypothèse, si ce n’est d’un génocide – laissons ce terme galvauder par d’autres ! -, du moins de massacres ou d’un grand massacre. Où êtes-vous, Macron, Merkel, Antonio Guterres, Mogherini ? Mogherini… Muets et inactifs face à ces sombres perspectives. Sourds aux déclarations du dément et aveugles face à ses mouvements de troupes et ses bombardements.

 

Le PYD, le parti de l’Union Démocratique qui gère actuellement le canton d’Afrin, a lancé un appel mercredi. Restons sobres en épithètes et reproduisons-le tel quel, sans même mentionner les souvenirs qu’il ne va pas manquer de réveiller, d’autres cris d’alarme lancés à d’autres moments de l’histoire par des communautés aujourd’hui décimées :

 

"Nous en appelons au Conseil de Sécurité des Nations Unies afin qu’il prenne les mesures nécessaires à assurer la sécurité tant à l’ouest qu’à l’est de l’Euphrate dans le nord de la Syrie.

 

Nous en appelons également aux forces internationales, aux organisations de la société civile et aux organisations des droits de l’homme pour qu’elles remplissent leurs obligations envers un million de personnes à Afrin.

 

Nous demandons le soutien de tous les Kurdes en Europe ainsi que de toutes les forces démocratiques afin qu’ils fassent entendre la voix d’Afrin dans le monde, de sorte qu’Afrin ne soit pas seule".

 

Quelques manifestations de Kurdes se sont en effet déroulées à Berlin, Copenhague et Paris, réunissant quelques poignées de personnes, dans l’indifférence des populations locales et celle des media qui, dans leur écrasante majorité, ne consacrent même pas un entrefilet à la tragédie qui s’ourdit.

 

Si la Ména n’existait pas, vous non plus ne seriez pas informés. Jusqu’à la bataille de Kobané, je contribuais à un petit journal en langue kurde du sud-est de la Turquie. C’est la Ména et ses responsables qui m’ont appris le métier de journaliste dont j’ai découvert que je ne connaissais pratiquement rien. Ils m’ont appris la différence fondamentale existant entre l’information et l’activisme, qui se traduit par des règles très strictes. Celles qui consistent à faire connaître des faits et à laisser le soin à ceux qui en prennent connaissance d’effectuer leur propre synthèse. On n’écrit pas "J’accuse" tous les jours, et ceux qui s’y sont essayés se sont couverts de ridicule. N’est pas Zola qui veut pour franchir la frontière des genres.

 

Même s’ils se préparent à se défendre comme des hommes et des femmes libres, même s’ils retarderont à n’en pas douter l’échéance inexorable, les Kurdes de Syrie n’ont pas d’avions ni de chars et ils finiront par céder face à la seconde puissance militaire de l’OTAN. Je saisis certes l’importance stratégique de la Turquie pour l’Europe, l’Amérique et les pays dits civilisés. Mais où mènent les accolades de vos dirigeants avec un individu tel Erdogan ? Peut-on s’allier à lui ? L’épargner en omettant cyniquement de répéter les paroles qu’il profère ? Face à ces intérêts et à cette conviction discutable, quel est le prix de la vie d’un million d’amis ?

 

J’ai fait pour ma part ce qu’il fallait pour rester fiable, complet et crédible. Je n’ai pas remplacé la narration des faits par l’attendrissement humanitaire ni la victimisation. Il n’en demeure pas moins qu’un million d’absolus innocents subissent actuellement une menace mortelle imminente. Le reste est affaire de conscience.

 

 

 

Note :

1C’est objectivement inexact, la liaison entre les forces kurdes de l’Est et celles de l’Ouest n’a jamais été réalisée ; les deux entités sont toujours séparées par une vingtaine de kilomètres – voir la carte. Ndlr.

 

 
Bruxelles-Métula du 15 janvier 2018 (011501/18) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
mardi, 16 janvier 2018

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/INAXn3cmuRw (Youtube)

 

Au sommaire : Israël a développé une technologie unique capable de localiser les tunnels stratégiques (d’infiltration et d’attaque) construits pas le Hamas à Gaza et aboutissant en Israël et en Egypte. La destruction d’un réseau souterrain majeur par Tsahal dimanche dernier, le quatrième en quelques mois, le démontre. L’élimination du reste de ces tunnels n’est qu’une affaire de semaines et d’opportunités. A la Ména, on imagine que la technologie développée par les Israéliens serait une adaptation à l’échelle satellitaire de "résonance magnétique". Selon des experts stratégiques israéliens, ce développement marque la fin de la partie pour le Hamas, l’émulation palestinienne des Frères Musulmans égyptiens. Privé de l’argent du Qatar, bloqué dans les airs par le Dôme de Fer et la Fronde de David, incapable de renouveler son stock d’armes et de munitions ni de gérer les populations qu’il contrôle, le Hamas voit sa capacité de nuisance réduite au minimum. L’analyse radiophonique de Stéphane Juffa.  

 
Considérations sur l’assassinat du Rabbin Raziel Shevach (info # 011401/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 14 janvier 2018

 

Par Guy Millière

 

Un rabbin a été assassiné près de Naplouse il y a quelques jours. Il a été assassiné parce qu’il était juif et parce qu’il vivait en Samarie, terre où, avec la Judée, le peuple juif possède ses racines. Son assassin n’a pas encore été arrêté par les forces de sécurité israéliennes. Il le sera sans doute bientôt. S’il est arrêté, il sera jugé et envoyé en prison. Il ressortira un jour, et s’il ne ressort pas, il recevra néanmoins un salaire important de l’Autorité Palestinienne, qui lui permettra de vivre et de faire vivre sa propre famille de manière très confortable. Si sa maison et celle de sa famille relèvent de la juridiction israélienne, elles seront détruites, mais lui et sa famille recevront de l’argent en compensation. S’il est abattu lors de son arrestation, sa famille sera récompensée financièrement.

 

Le rabbin assassiné, Raziel Shevach, laisse derrière lui son épouse et six enfants, ignominieusement plongés dans le malheur. C’était un homme de bien connu pour sa bonté. Il est allé rejoindre la trop longue liste des Juifs victimes d’assassinats terroristes sur la terre d’Israël. Chaque assassinat est un assassinat de trop et ne peut que révolter tous ceux qui ont encore en eux des valeurs éthiques. Chaque assassinat confronte au débat concernant ce qui doit être fait pour tenter de l’éviter.

 

Un projet de loi préconisant la peine capitale pour les terroristes jugés coupables de meurtre a été récemment adopté à la Knesset, et la peine de mort appliquée aux terroristes assassins peut apparaître comme une solution juste et légitime. Qui prend arbitrairement ce qu’un autre être humain a de plus précieux, la vie, doit risquer de perdre la sienne. Une autre solution tout aussi juste et légitime pourrait consister à considérer qu’un terroriste assassin ne doit jamais être pris vivant et ne doit jamais pouvoir jouir du confort d’une prison israélienne, et à tirer les conclusions qui s’imposent.

 

Une meilleure solution serait sans doute de porter un regard plus profond sur la situation.

 

Les assassins tels le tueur du Rabbin Raziel Shevach n’apparaissent pas par génération spontanée. Ils sont le résultat d’un endoctrinement, d’un lavage de cerveau, d’une incitation au meurtre et à la haine antijuive, et ce qui importe dès lors n’est pas seulement d’éliminer les assassins, mais d’éliminer aussi et surtout ceux qui les forment et en font des assassins.

 

Sans l’existence du Hamas, du Djihad islamique palestinien, du Fatah, de l’Autorité palestinienne, et sans les moyens d’endoctrinement, de lavage de cerveau, d’incitation au meurtre et à la haine antijuive dont ces organisations disposent, la situation serait très différente.

 

L’impératif qui découle de cette constatation devrait être dès lors la mise hors d’état de nuire de l’ensemble de ces organisations, de manière claire, nette et définitive, sans en épargner aucune, et sans considérer que certaines sont plus présentables ou fréquentables que d’autres.

 

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L’éducation au meurtre. Pas à Gaza. En Cisjordanie sous contrôle de

l’Autorité Palestinienne. Avec l’argent des contribuables européens…

 

Et il faut commencer par tordre le cou à un mythe : il n’existe pas d’endoctrinement, de lavage de cerveau, d’incitation au meurtre et à la haine antijuive modérés. Il existe uniquement de l’endoctrinement, du lavage de cerveau, et de l’incitation au meurtre et à la haine antijuive. Point final. Ce qui signifie que Mahmoud Abbas et son entourage sont tout aussi ignobles et coupables qu’Ismaël Hanya ou Khaled Mashal du Hamas.


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Israël attaque un complexe militaire important au nord-est de Damas (info # 010901/18) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 09 janvier 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula 15h, mardi, 14h à Paris

 

Selon des sources étrangères (arabes et Reuters) confirmées par le régime syrien, Tsahal a attaqué la nuit dernière, en plusieurs vagues, un complexe militaire situé au nord de la ville d’al Qutayafeh, à 15km au nord-est de Damas, 20 de la frontière libanaise et 85 d’Israël.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

D’après les spécialistes de la Ména, le complexe en question, qui abrite deux bases militaires [voir nos cartes exclusives], serait opéré par des soldats réguliers iraniens aidés par des miliciens du Hezbollah libanais.

 

Ces emplacements disposent de dépôts souterrains qui abriteraient des missiles balistiques Scud, ainsi que des missiles sol-sol de fabrication perse, et, peut-être, des missiles terre-mer russes Yakhont [Rubis] également appelés P-800 Onix [Onyx][code OTAN Strobile SS-N-26, le strobile étant une plante ayant la forme d’un missile].  

 

Le Yakhont est un missile de croisière supersonique moderne principalement destiné à frapper des cibles maritimes, pouvant, dans sa version destinée à l’exportation, transporter une charge de 250kg à une distance utile pouvant atteindre 300km.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Les cibles probables de Tsahal cette nuit

 

Selon des sources officielles russes, des armes de ce type ont été livrées au régime de Bashar al Assad. Le 5 juillet 2013, la Ména avait annoncé en primeur que des entrepôts contenant des Yakhont avaient été détruits dans la province côtière syrienne de Lattaquié par une attaque synchronisée air-mer.

 

Les bases d’al Qutayafeh servant de plateformes de transit d’armes en direction du Liban, on pouvait craindre que des équipements de ces types allaient prochainement être livrés à la milice chiite libanaise du Hezbollah, supplétive des Iraniens dans le pays aux cèdres.

 

Tsahal appréhende particulièrement le Yakhont, qui pourrait servir à protéger le Hezb en cas d’offensive maritime israélienne, mais également atteindre des navires dans le port d’Haïfa ainsi que les plateformes israéliennes de forage et d’exploitation de gaz dans la Méditerranée.

 

Pour parer à cette éventualité, le Khe¨l ha-yam, la Marine de guerre israélienne, a par ailleurs installé des missiles anti-missiles à bord de ses frégates de type Sa’ar 5.

 

Des séries de doubles explosions – une à l’impact et l’autre lorsque les munitions entreposées explosent – ont été entendues cette nuit par des témoins lors des raids hébreux. En considération de la taille des objectifs visés et des moyens ultra-précis utilisés pour l’attaque, on peut considérer que les objectifs ont été atteints et que des dizaines de personnels ennemis qui se trouvaient sur place sont morts ou blessés. Ce fut déjà le cas il y a un mois lors de deux opérations précédentes, déjà décrites par notre agence, du même genre et dans le même périmètre de la grande banlieue de Damas.

 

Ce mardi matin, il semble que Tsahal ait fait usage de missiles de la génération des Popeye, lancés à la fois à partir d’avions et du sol.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

La base la plus septentrionale des deux, décryptée par Jean Tsadik

 

A en croire les communiqués des agences étatiques syriennes, les appareils auraient tiré leurs missiles au-dessus des territoires libanais et/ou israélien, et les tirs sol-sol ont été effectués depuis le Golan et à partir de "Tibériade" (sic).

 

A en croire ces mêmes sources, dont le narratif est bourré de contradictions et de descriptions techniques insolites invitant à la circonspection, la première vague d’attaque a été déclenchée à 2h:40 à partir des airs. Elle aurait été suivie d’une seconde salve sol-sol forte de 4 missiles à 3h04, puis d’une troisième, de 4 nouveaux missiles, à 4h:15.

 

Le porte-parole du gouvernement syrien ne mentionne que des pertes matérielles tout en exaltant les prouesses de sa défense antiaérienne, qui aurait intercepté huit missiles et touché un appareil du Khe’il Avir. Toutes les fanfaronnades similaires précédentes du régime du dictateur alaouite se sont révélées sans fondements à l’épreuve du temps.

 

Si un avion de l’Armée de l’Air israélienne avait effectivement été atteint, le volume de l’opération aurait été augmenté afin de détruire la source des tirs. De plus, le nombre des missiles "abattus" par Damas est totalement incompatible avec le nombre d’impacts rapporté par les témoins.

 

Au lieu de mentionner les avertissements itératifs des responsables politiques et militaires hébreux établissant qu’ils ne permettront pas l’enracinement d’un dispositif militaire iranien permanent sur le sol syrien, non plus que la livraison au Hezbollah libanais de matériel sophistiqué, les media gouvernementaux parlent d’une opération dont l’objectif aurait été de "relever le moral" de l’insurrection syrienne, qu’ils affirment être l’alliée de Jérusalem.

 

Le gouvernement de Bashar al Assad a à nouveau menacé les Hébreux de représailles sanglantes, comme à l’issue des raids précédents. Lesquels n’ont pas été suivis de la moindre tentative de riposte de la part des Alaouites, mais au contraire par la poursuite des frappes visant les unités gouvernementales et leurs soutiens iraniens et libanais.

 

 
Enquête Mueller : le piège se referme (010801/18) Version imprimable
Analyse
lundi, 08 janvier 2018

 

Par Amram Castellion

 

Depuis mai dernier, une équipe de juristes réunie par le procureur spécial américain Robert Mueller cherche à rassembler des éléments de preuve démontrant l'existence d'un complot entre la campagne Trump et le gouvernement russe pour faire gagner à Trump l'élection présidentielle du 8 novembre 2016.

 

Sept mois plus tard, cette équipe n'a rien trouvé. Il y a bien eu des mises en examen dans l'entourage du président, mais pour des faits sans le moindre rapport avec quelque collusion que ce soit : irrégularités fiscales, non-déclaration d'activités de lobbying datant de plusieurs années avant la campagne, fausses déclarations au FBI sur un entretien avec l'ambassadeur russe après l'élection, alors que plus aucune collusion pour gagner l'élection n'était possible (le FBI avait écouté l'entretien lui-même et a confirmé qu'il ne présentait aucune irrégularité).

 

En revanche, de nombreux faits apparus à l'occasion de l'enquête suscitent des interrogations majeures sur l'éthique et le respect de la loi par le parti Démocrate. Au cours des deux dernières semaines, les Démocrates semblent enfin avoir commencé à percevoir le danger et ont radicalement modifié leur présentation des événements. Reste à savoir si ce revirement de dernière minute saura convaincre l'électorat.

 

Les premiers doutes étaient apparus sur le sujet de la constitution de l'équipe Mueller. Sur les quinze juristes recrutés pour l'enquête, tous étaient des habitants de Washington ou New York et six avaient fait des dons à la campagne Clinton. Y a-t-il si peu de juristes aux Etats-Unis pour que Mueller n'ait pas pu trouver des spécialistes sans conflits d'intérêts politiques et vivant dans d'autres milieux que celui de la politique nationale ?

 

Deux des membres de l'équipe – Peter Strzok et Lisa Page – furent écartés en août, après que Mueller eut appris qu'ils avaient échangé plus de 10 000 SMS faisant l'éloge d'Hillary Clinton et dénigrant Trump de manière souvent grossière. Mais cela ne fut connu qu'en octobre. On apprit à cette occasion que Strzok avait été impliqué, un an plus tôt, dans l'enquête du FBI sur le serveur privé qu'Hillary Clinton avait installé chez elle, et par lequel elle avait transmis des documents "secret défense", en violation de la loi américaine. Strzok avait personnellement modifié la première version du rapport, qui parlait de "négligence grave" (une qualification pénale) pour lui substituer les mots "inattention extrême" qui n'ont pas les mêmes conséquences.

 

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"Vous n’aurez qu’à répondre :

Cela dépend de votre définition de ce qu’est l’uranium !"

 

A cette occasion, les Américains se sont vu rappeler à quel point l'enquête du FBI sur Hillary Clinton avait fait foin de toute semblance d'objectivité et méprisé le principe d'égalité devant la justice. Le directeur du FBI, James Comey, avait rédigé le premier brouillon de sa décision de ne pas demander de poursuites contre la candidate le 12 mai 2016, avant que 17 témoins ne soient interrogés – y compris Hillary Clinton elle-même, qui ne le fut que le 2 juillet. Justin Cooper, le technicien qui avait installé le serveur privé dans la maison d'Hillary, effacé ses mails et détruit ses BlackBerry à coups de marteau pour empêcher qu'ils ne tombent dans les mains du FBI, n'a pas été inquiété. Des mails "secret défense" avaient circulé de l'ordinateur d'Hillary à celui de sa conseillère Huma Abedin, et de là à celui du mari d'Huma, Anthony Weiner, actuellement en prison pour pédophilie, sans que, là encore, personne ne soit inquiété.

 

Un autre membre de l'équipe Mueller, Andrew Weissman, avait écrit à Sally Yates, un procureur nommé par Obama qui avait refusé d'appliquer un décret du nouveau président, pour la féliciter. Une autre, Jeannie Rhee, était l'avocate de Ben Rhodes, le conseiller adjoint à la sécurité nationale d'Obama, et avait travaillé pour la Fondation Clinton. Un autre encore, Aaron Zebley, était l'avocat … de Justin Cooper, l'informaticien au marteau.

 

Ayant perdu beaucoup de sa crédibilité quand sa composition fut mieux connue, l'équipe Weiner a aussi souffert des révélations relatives à ce qui, selon tous les témoignages jusqu'à la semaine dernière, était la source des soupçons de collusion : le "dossier Steele", rédigé par un agent à la retraite des services de renseignement britanniques.

 

La presse avait refusé de publier le dossier Steele avant l'élection, faute de crédibilité. Mais cela n'avait pas empêché le parti Démocrate de faire lire le dossier au Président Obama comme un "document ultrasecret", malgré l'absence de contribution des services américains de renseignement – et malgré le fait que les mêmes Démocrates essayaient frénétiquement, dans le même temps, de le faire fuiter.

 

En octobre 2016, le dossier Steele avait conduit l'administration Obama à obtenir l'autorisation d'un juge pour écouter les conversations de Carter Page, un ancien membre de la campagne Trump cité dans le dossier pour avoir, entre autres, offert de lever les sanctions américaines contre la Russie en échange du produit de la vente de 19% d'une société pétrolière et reçu l'assurance que les Russes avaient un dossier compromettant contre Hillary Clinton. Le résultat des écoutes réalisées sur Carter Page n'a montré aucune irrégularité.

 

Après la publication du dossier en janvier dernier, il a servi d'argument principal à l'appui de la conviction que l'on finirait bien par trouver de la collusion entre la campagne Trump et le gouvernement Poutine. Depuis lors, cependant, il a perdu beaucoup de son autorité.

 

Cela ne vient pas seulement du fait que le dossier ne présente aucune preuve à l'appui de ses accusations – pas d'enregistrement, pas de photo, pas de nom de témoins, pas de date et d'heure de réunion. Cela ne vient pas non plus du caractère farfelu de beaucoup d'entre elles (Trump se voyant offrir, à une époque où personne n'envisageait qu'il serait président, un lit où le couple Obama avait dormi pour y faire venir des prostituées ?).

 

Le principal coup à la crédibilité du dossier a été la révélation par la presse américaine (preuves à l'appui, cette fois) que le dossier avait été suscité et financé par la campagne Clinton et le parti Démocrate. Une partie de l'argent Démocrate a été utilisé pour rémunérer des sources russes, payées pour dire ce que les Démocrates avaient envie d'entendre ; ce qui, pour le coup, correspond strictement à la définition d'une "collusion russe".

 

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Winston Churchill, Donald Trump et Binyamin Netanyahou (info # 010701/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 07 janvier 2018

 

Par Guy Millière

 

Un superbe film appelé Darkest Hours [les heures les plus sombres] est sorti en salles aux Etats-Unis à la mi-décembre. Il est maintenant également projeté en France. Hormis une scène inventée par le scénariste et se passant dans le métro de Londres, le film est conforme à la réalité historique. Il retrace les jours au cours desquels Winston Churchill a accédé au pouvoir au début de la Deuxième Guerre Mondiale. Il montre sans fard la lâcheté et l’esprit d’apaisement qui régnaient à l’époque au sein de la classe politique britannique, mais aussi parmi les politiciens français et autour de Franklin Roosevelt aux Etats-Unis.

 

Le film souligne à quel point Winston Churchill a dû résister à de forts courants contraires et s’est trouvé très isolé face à l’hostilité ambiante. Il permet de constater que, parfois, de grands hommes font effectivement l’histoire. Si Winston Churchill n’avait pas résisté, et si des politiciens tels que Neville Chamberlain avaient eu le dernier mot, le Royaume-Uni aurait accepté les conditions d’Adolf Hitler, et ce dernier aurait sans doute gagné la guerre, avec les conséquences qu’on imagine. Un commentateur américain a écrit lors de la sortie du film que Winston Churchill avait sauvé non seulement son pays, mais la civilisation occidentale toute entière.

 

On pourrait ajouter que si le Royaume-Uni avait écouté Winston Churchill plus tôt, la guerre aurait pu être évitée : la réoccupation de la Rhénanie par l’Allemagne en 1936 a été, on le sait maintenant de manière avérée, une provocation délibérée d’Hitler aux fins de voir si la France et le Royaume-Uni interviendraient. Face à leur absence de réaction, Hitler a tiré ses conclusions. Churchill a tenté de sonner l’alarme en vain.

 

On pourrait aussi ajouter que si, en 1938, lors de la conférence d’Evian, on avait écouté Winston Churchill une fois encore, le sort des Juifs d’Europe aurait pu être différent. Churchill avait plaidé en faveur de l’accueil des Juifs d’Allemagne par les pays occidentaux (accueil qui était l’objet de la conférence). Vainement encore. Un mois et demi plus tard, au moment de la conférence et des accords de Munich, dont les signataires furent Chamberlain, Daladier, Mussolini et Hitler, les prévisions de Churchill furent prémonitoires : “Vous avez choisi le déshonneur pour ne pas avoir la guerre, vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre”.

 

On pourrait dire que si Churchill avait été écouté par Franklin Roosevelt à Téhéran, en 1943, le débarquement aurait eu lieu dans les Balkans, ce qui aurait permis d’en finir plus vite avec les camps d’extermination nazis et aurait évité que l’Europe centrale ne tombe sous le joug soviétique. Roosevelt a préféré opter pour les positions de Staline, et les conséquences de cette décision s’avérèrent lourdes de sens.

 

Winston Churchill a été mal récompensé par les Britanniques, puisqu’il a perdu les élections de 1945 et a été remplacé par le travailliste Clement Attlee, qui a renoué avec une politique d’apaisement et nommé l’antisémite Ernest Bevin au poste de ministre des Affaires Etrangères.

 

Bien des commentateurs mesurent mal aujourd’hui à quel point le rôle de Winston Churchill a été prépondérant entre 1940 et 1945, et ce, dès les mois décisifs de mai et juin 1940.

 

En repensant à sa lucidité, son opiniâtreté et sa solitude à ces moments décisifs, en repensant aussi à ce que la civilisation occidentale lui doit, je n’ai pu m’empêcher de tirer des parallèles avec la période dans laquelle nous vivons.

 

Il n’y a certes pas d’Adolf Hitler sur l’horizon, mais il y a des hommes tout aussi dangereux que lui en son temps. Ce qui leur manque est la possibilité et les moyens de déclencher une guerre mondiale ; mais s’ils avaient la possibilité et les moyens de le faire, il est vraisemblable qu’ils passeraient à l’acte.

 

Et l’attitude des dirigeants européens face à ces despotes est infiniment plus proche de celle de Neville Chamberlain que de celle de Winston Churchill. Les Neville Chamberlain d’aujourd’hui ont pour noms Theresa May, Emmanuel Macron, Angela Merkel et Federica Mogherini. Face à Kim Jong Un, face à Xi Jinping, ils adoptent une attitude soumise et soutiennent l’apaisement. Face aux imprécations bellicistes d’Ali Khamenei, ils feignent de ne rien entendre et de croire qu’Hassan Rohani est un “modéré” doté de réels pouvoirs, et non un pantin complice, dont la fonction consiste à cacher que le pouvoir réel en Iran appartient exclusivement au guide suprême. Face au soulèvement en Iran, les lâches dirigeants européens s’efforcent de ne pas entendre les appels de la population opprimée, et choisissent le camp des bourreaux et des assassins. Même confrontés à l’antisémite islamique aussi exécrable qu’insignifiant qu’est Mahmoud Abbas, ils font des courbettes à n’en plus finir.

 

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A l’instar de Chamberlain et Daladier sur cette carte postale,

les signataires de l’accord des 5+1 avec l’Iran ont "sauvé la paix"

 

En revanche, concernant Donald Trump, un président des Etats-Unis qui s’efforce de défendre la civilisation occidentale, ils adoptent une attitude distante, haineuse voire méprisante


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Champigny n’est pas le problème. L’Alsace brûle aussi (vidéos)(info # 010501/18) Version imprimable
Analyse
vendredi, 05 janvier 2018

 

Champigny n’est pas le problème. L’Alsace brûle aussi (vidéos)(info # 010501/18) [Analyse]

Par Patricia La Mosca

 

Le temps n’est plus aux superlatifs ni à l’étonnement en ce qui concerne la situation qui prévaut dans les banlieues critiques. Les chiffres officieux mais fiables font état de 14 à 17 pour cent des Français qui vivraient dans des territoires échappant aux lois et à l’ordre républicains, ce qui concerne tout de même plus de dix millions de nos compatriotes et d’étrangers vivant sur notre sol.

 

Les facteurs les plus préoccupants, faisant que les choses n’iront qu’en s’aggravant, sont au nombre de six :

 

1. Les responsables politiques sont soit complètement largués par la réalité du terrain, soit, étant incapables d’apporter des solutions, ils jouent aux naïfs, soit encore, on assiste à un mélange des deux genres.

 

2. Les forces de l’ordre sont en sous-effectifs chroniques, elles ne sont pas soutenues ni financées comme il se doit par le gouvernement, et, conséquemment, leur qualité, leur niveau de préparation et leur motivation sont en baisse constante. Ces considérants font en sorte qu’elles se bornent à des activités défensives destinées à contenir le phénomène et non à l’éradiquer.

 

3. Les media ne rendent pas compte de ce qui se déroule dans ces territoires, sauf lors d’incidents qu’il est impossible de passer complètement sous silence, comme le double lynchage de Champigny-sur-Marne. Ce faisant, en adoptant cette attitude coordonnée de filtrage de l’information, l’aspect le plus grave de la situation, c’est-à-dire la permanence des phénomènes illicites, est inconnu du public et ne revêt ainsi – très artificiellement – pas le caractère d’urgence absolue qui est le sien.

 

4. L’appareil judiciaire est totalement inadapté à la gravité et à la généralisation des délits.

 

5. Les gangs islamo-mafieux qui contrôlent les zones de non-droit sont de mieux en mieux organisés, armés, renseignés et de plus en plus efficaces. Leur motivation pseudo-idéologique est en hausse et elle s’accompagne du rejet absolu de l’Etat français et de tout ce qu’il représente.

 

6. La situation économique de ces territoires n’offre pas d’alternative de rémunération satisfaisante aux populations qui y vivent en dehors des "perspectives de vie" que propose l’économie parallèle caractérisée par la délinquance. A savoir, et dans l’ordre du volume des revenus, le trafic de drogue, celui des armes, et l’entretien de réseaux de prostitution.

 

 

Le ministère de l’Intérieur satisfait

 

Pour illustrer la première de ces six considérations, il suffit de consulter le bilan tiré par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, affirmant dans un communiqué : "Grâce à la très forte présence policière, combinée à l’efficacité des mesures de protection mises en œuvre sur le fondement de la loi du 30 octobre 2017 renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme (SILT), les fêtes de la Saint-Sylvestre ont pu se passer de manière sereine pour l’ensemble des Français".

 

Cette constatation est délirante, lorsque l’on sait que – sans parler des évènements de Champigny – des quartiers entiers, notamment à Aulnay, à Strasbourg et dans toute l’Alsace, ont été le théâtre de scènes de guerre civile. Témoin le nombre officiel de véhicules incendiés, 1031, en hausse par rapport à 2017, 935. Celui des interpellations, 510, contre 456, et celui des gardes à vue, 349, contre 301 en 2017. Si le Président Macron entend réellement pénaliser la diffusion de fausses nouvelles, son ministre de l’Intérieur devrait être l’un des premiers à en faire les frais.

 

Sans prendre en compte le fait que plusieurs témoins avertis sont convaincus que le chiffre des véhicules incendiés déclaré par le ministère ne reflète qu’une partie de la réalité, je fais l’observation suivante : on parle ici d’un millier de familles qui, en une seule nuit, ont été privées de leur moyen de locomotion principal, celui qui leur sert le plus souvent à se rendre sur le lieu de leur activité professionnelle ou à rechercher un emploi. De plus, au regard de la situation économique le plus souvent précaire des gens demeurant dans les quartiers les plus touchés, les procédures de dédommagement s’annoncent lentes, compliquées et, dans un quart des cas au moins, vouées à l’échec.

 

 

Le refus de la réalité

 

Les chaînes d’info TV, les stations radiophoniques et les journaux ont proposé des débats de "spécialistes". Ces discussions ne portaient que sur le lynchage de Champigny. Les participants s’y attardaient sur les éléments circonstanciels ayant conduit au déchaînement contre les policiers. Ils ont délibérément refusé d’envisager la situation globale des territoires abandonnés de la République, à croire que le cas de Champigny était quasi-isolé, non-représentatif d’un phénomène national, et dû à des groupuscules ultra-minoritaires. Une définition que l’on a pu entendre dans chaque débat et qui est démentie par les vidéos disponibles montrant un véritable déferlement de la foule en direction des gardiens de la paix.

 

Le gouvernement a promis d’arrêter les coupables et de leur infliger des sanctions exemplaires. Mais même s’il y parvient, ce qui est tout sauf certain, cela n’aura strictement aucune influence sur l’état du pays. Car c’est d’un monde parallèle qu’il s’agit, fort de millions de participants, d’une idéologie qui le nourrit, d’une économie qui le finance, de règles, de hiérarchies et de "milices" lourdement armées.

 

Le fait de symptomatiser un incident comme celui de Champigny, en poussant l’analyse comme si cela procédait d’une importance primordiale, et surtout, de choisir des intervenants qui étalaient leur absence de fréquentation de ce "monde" parallèle, avait pour fonction d’entraîner le public sur une fausse piste.  

 

On isole un évènement. On le condamne abondamment et de façon unanime. On l’analyse pour montrer qu’on s’en occupe. On évoque les mesures promises par les autorités et leurs déclarations de fermeté. Et l’on referme la discussion, laissant croire au spectateur que l’incident est pris en charge, que les enseignements sont tirés et qu’un incident du même type ne se reproduira plus. Ce, alors que des évènements similaires se déroulent au même moment, et les jours suivants, dans des dizaines de lieux du territoire national.

 

On est manifestement en présence de tentatives répétées d’escroquerie intellectuelle et de manipulation de l’opinion publique. Une dynamique à laquelle se prêtent les media issus d’un paysage informationnel ayant perdu toute indépendance et diffusant sur tous les sujets un message unique et convenu.

 

Dans l’éventualité où des arrestations seront réalisées, suivies de procédures judiciaires aboutissant à la condamnation de certains agresseurs, les media diffuseront furtivement qu’un certain nombre de "jeunes" auront été condamnés – dont on ne connaîtra jamais le nom parce qu’ils sont, dans 90% des cas, à consonance arabe et qu’une règle étrange protège en France les criminels de ces quartiers d’être identifiés.

 

On prive ainsi le processus judiciaire d’une partie de son effet dissuasif (qu’il conserve dans tous les autres cas) – l’opprobre public atteignant le coupable et sa famille – et on retarde l’identification du problème dans sa dimension réelle et, partant, la possibilité de le combattre et de le solutionner.  

 

 

L’agression vise tous les symboles de l’Etat, l’Alsace brûle

 

Un policier porte un uniforme, sur lequel figurent les couleurs du drapeau français. Il est ainsi la manifestation de l’autorité de l’Etat partout où il se trouve. De ce fait, s’attaquer à un policier équivaut à s’attaquer à l’Etat, c’est simple et c’est vrai.

 

Or, dans tous les territoires perdus de la République, en permanence et pas seulement à Champigny-sur-Marne à la Saint-Sylvestre, les policiers sont systématiquement pris pour cibles, souvent avec l’intention de les tuer.

 

Ce fut par exemple le cas dans le quartier de la Grande-Borne à Viry-Châtillon, en Essonne, le 8 octobre 2016, lorsque deux véhicules de police tombèrent dans un guet-apens tendu par un groupe d'individus cagoulés et munis de 13 cocktails Molotov. Deux membres des forces de l'ordre en ressortaient gravement brûlés, deux autres plus modérément.

 

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Des gardiens de la loi en train de brûler

 

Les agresseurs appartiennent au gang "S", pour "Serpente", le nom de la rue où ils se sont établis. 17 d’entre eux ont été mises en examen du chef de "tentatives de meurtres sur personnes dépositaires de l'autorité publique commises en bande organisée". Aucun n’a avoué sa responsabilité. Quelques 2 000 habitants du "village" de la Grande Borne, que l’on surnomme ici  "GB", ont été interrogés. Aucun n’a parlé, de crainte de passer pour une "poucave", un mouchard, ce qui équivaut dans les "quartiers" à une condamnation à mort. L’un des agresseurs, "Roro", a été violemment battu par ses complices du gang pour s’être vanté de ses "faits de guerre" auprès d’une fille. L’un des policiers a subi plusieurs greffes du visage, tous sont marqués à vie par l’assaut dont ils ont été victimes. Cela, c’est une vraie image de la situation qui prévaut là où vivent 15 pour cent de mes compatriotes.

 

Les gangs islamo-mafieux disposent d’un armement de plus en plus sophistiqué, souvent plus performant que celui mis à la disposition des forces de l’ordre. Outre les armes de guerre, allant de la Kalachnikov au lance-roquette, les gangs diversifient leur matériel de combat ; ainsi, depuis déjà quelque temps, ils recourent systématiquement aux fusées pyrotechniques, exactement comme en Cisjordanie. Ils s’en servent non seulement pour incendier des voitures, mais également en tir tendu contre les policiers et contre les pompiers et les secouristes, comme sur ces vidéos-preuves filmées à Strasbourg durant la dernière Saints-Sylvestre, qui s’est déroulée "de manière sereine pour l’ensemble des Français", sans qu’aucun media national français n’en parle. Les émeutes ont toutefois touché les quartiers de Neuhof, de Hautepierre, de la Meinau, de Koenigshoffen, de l’Ill, des Poteries, de Guirbaden, de l’Esplanade, des Hirondelles, du Seince, de l’Elsau, de Kronenbourg, de la Liebermann, du Wihrel, de la Montagne verte, des XV, des Pins, d’Henry Meck et du centre de Strasbourg ! Ainsi que les villes de Schiltigheim, Bischheim, Illkirch-graff, Haguenau, Sélestat, Molsheim, Hœnheim, Lingolsheim et Eckbolsheim.   

 

Les vidéos :

https://www.facebook.com/fares.hamzaoui.92/videos/992075730945336/                                   https://www.youtube.com/watch?v=7UndplQviHs (Ecoutez et lisez les commentaires !)


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Les vœux des rédacteurs de la Ména pour 2018 (010101/18) Version imprimable
Exclusivité
dimanche, 31 décembre 2017

 

© Metula News Agency

 

Stéphane Juffa à Métula, rédacteur en chef et analyste stratégique

 

Les analystes stratégiques distinguent trois formes de menaces extérieures pesant sur l’Etat d’Israël. Celle du premier type, existentielle, émanant d’armées régulières d’Etats hostiles, alignant en permanence des millions de soldats, des milliers de chars, des centaines d’avions et/ou des armes éprouvées de destruction massive. Cette menace s’est estompée à la suite de l’accord de paix avec l’Egypte, de la guerre civile larvée dans ce pays et des relations de coopération qui se sont instaurées depuis entre le Caire et Jérusalem. Elle a totalement disparu à la suite de la Guerre Civile en Syrie, qui a vu son armée se réduire de deux millions d’hommes à environ cent-vingt mille aujourd’hui.

 

La menace du second type peut être qualifiée de "gênante", c’est celle qui a supplanté celle du premier type et qui existe à Gaza, matérialisée par le Hamas, et au Liban, par le Hezbollah. Elle est asymétrique, opposant des milices dotées de roquettes et d’armes individuelles à l’une des armées les plus sophistiquées du moment. Elle peut causer des pertes humaines dans l’Etat hébreu allant de quelques dizaines de civils et de militaires à quelques milliers. Mais elle ne met pas en danger la survivance d’Israël non plus que ses infrastructures, et a ceci de particulier, qu’elle peut être annihilée à n’importe quel moment sur décision du pouvoir politique.

 

La menace du troisième type est celle représentée par l’Iran, une dictature théocratique de quatre-vingt millions d’habitants. L’Iran dispose d’une force armée importante en effectifs, de l’ordre du million d’hommes, mais il n’a ni aviation digne de ce nom, ni force blindée, ni marine crédible. Il concentre son potentiel de nuisance dans le développement de ses missiles balistiques et d’armes de destruction massive, y compris l’arme atomique. En attendant de maîtriser ces moyens, Téhéran multiplie les menaces "gênantes" du deuxième type aux portes d’Israël, dans le Golan, au Liban, et, dans une moindre mesure, à Gaza.

 

C’est de cette menace iranienne que nous aurons à parler le plus souvent en 2018. Si le Président Trump avait autorisé son armée et les forces kurdes à s’emparer d’une portion de l’Autoroute chiite en Syrie, la menace iranienne serait marginale, tant pour l’Etat hébreu que pour les autres pays arabes de la région. Sachant que les Kurdes n’étaient qu’à un kilomètre du but lorsque la Maison Blanche les a arrêtés sans raison apparente, on se rend compte de l’impact extraordinaire de cette étrange décision et du danger durable qu’elle représente.

 

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En Israël, les manifestations contre la corruption vont aller s’intensifiant. On ne peut pas accepter que des Israéliens se nourrissent du contenu des poubelles de Tel-Aviv tandis que leurs dirigeants piochent dans les caisses publiques. Tant que M. Netanyahu ne sera pas inculpé, le mécontentement populaire restera contrôlable ; mais si le procureur décide de traduire le Premier ministre en justice et que ce dernier ne démissionne pas, nous irons au-devant de troubles majeurs. Sans prétendre pouvoir déterminer l’innocence ou non de M. Netanyahu, je n’apprécie pas qu’il accuse en bloc la justice, la Police et la presse du pays d’être à la source de ses ennuis judiciaires. Celui qui touche à nos juges et à nos libertés fondamentales s’attaque directement aux Israéliens, indépendamment de leurs convictions politiques. Les Israélites, des siècles durant, ont rêvé de posséder enfin leurs propres instances souveraines, même dans les trains qui les emmenaient vers l’enfer. Maintenant que nous les avons constituées et qu’elles sont un modèle du genre, nous ne laisserons ni ce Premier ministre ni un autre, ni aucun président les critiquer pour échapper au sort qu’ils méritent.

 

En Europe, les gouvernements se montrent incapables d’empêcher les attentats collectifs islamiques, ni de contester aux gangs islamo-mafieux les territoires dans lesquels ils se sont installés en périphérie des grands centres urbains. Les théories selon lesquelles il existerait un plan musulman pour s’emparer des démocraties occidentales n’ont pas lieu d’être. Les gangs en question ne sont pas organisés pour renverser la démocratie mais pour dénier l’application de ses lois et de son ordre dans les zones où ils sont établis.

 

Ils ont toutefois un effet politique dissuasif sur les gouvernants, en cela que ces derniers craignent sans cesse un soulèvement généralisé des "banlieues". Ils croient pouvoir l’empêcher en limitant le soutien public qu’ils apportent à leurs forces de maintien de l’ordre, et en s’abstenant de prendre des décisions, à l’international, qui pourraient froisser la sensibilité des musulmans.

 

En France, les media, dans le même souci que leur gouvernement, ne relatent plus les émeutes qui secouent régulièrement les territoires perdus de la République, comme ce fut par exemple le cas au début de ce mois de décembre à Asnières-sur-Seine   [https://www.youtube.com/watch?v=sLsCoM45tms].

 

Cette situation influence de plein fouet la situation des citoyens juifs ainsi que l’attitude de la presse à l’égard du différend israélo-palestinien. Suivant l’impulsion de l’agence de presse semi-publique AFP, la relation des évènements du Proche-Orient est de plus en plus biaisée.  Des règles journalistiques ségrégationnistes à l’encontre d’Israël sont unanimement adoptées et des transgressions linguistiques systématiquement employées pour stigmatiser l’Etat hébreu et favoriser ses adversaires.

 

On note, dans le même élan, une inquiétante banalisation de l’expression antisémite, florissant à tous les niveaux de la société. Elle est accompagnée par la résurgence en force de l’extrême droite, en réaction à de grandes vagues d’immigration incontrôlées et porteuses de violence. C’est le cas notamment en Suède, Autriche, Allemagne, Hongrie, Pologne et en France.

 

Ces perspectives globalement peu encourageantes ne m’empêcheront pas de souhaiter à tous les lecteurs de la Ména ainsi qu’à ses collaborateurs une nouvelle année de santé, de qualité et d’amour.

 

 

Michaël Béhé à Beyrouth (analyste politique, chef du bureau libanais de la Ména)

 

Le Liban va mal. Certes, c’est une constante. Mais avec le retour des miliciens chiites du Hezbollah au bercail, au fur et à mesure que la Guerre Civile syrienne se tasse, l’emprise iranienne sur le pays aux cèdres se fait toujours plus lourde et asphyxiante.

 

Nous sommes, en pratique, un Etat occupé par l’Iran, par Hezbollah interposé. Ce dernier phagocyte notre armée, l’utilise contre la résistance sunnite en Syrie et l’instrumentalise face à Israël dans le Sud, dans des uniformes de l’Armée, sous le nez des casques bleus.

 

De plus, les Hezbollani se battent sur le Golan contre la résistance syrienne, aux côtés des Pasdaran iraniens, à 15 kilomètres de la frontière de l’Etat hébreu. Au moindre faux pas, ou si Israël décide que la mascarade a trop duré, la guerre éclatera : tout le monde est conscient ici que ce n’est qu’une affaire de temps.

 

Les entrepôts chiites regorgent d’armes et de munitions, même en plein centre de Beyrouth et dans des caves. Les sunnites, les chrétiens et les Druzes redoutent le moment où le pays sera entraîné dans un conflit qu’il ne peut pas gagner et qui ne concerne pas 75 pour cent de ses habitants.

 

On sait aussi que la riposte de Tsahal sera terrible, qu’elle fera des milliers de morts et qu’elle nous renverra au temps des arcs et des flèches. La grande question étant de savoir ce que décideront le Général Aoun et les chefs des communautés non-chiites du Liban. S’ils ne se joignent pas à la guerre contre le Hezbollah, s’ils trichent, nous aurons, en plus des Israéliens, la quasi-totalité du monde arabe contre nous.

 

C’est ce qui pousse un grand nombre de patriotes libanais à renseigner les Israéliens sur les activités des chiites et de leurs parrains iraniens. Certains sont pris, mais cela ne décourage pas les autres. On en trouve partout, à tous les échelons de la classe politique, des militaires et du renseignement.

 

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Les non-chiites tentent d’obtenir des garanties de neutralité de la part du Hezb pour sauver le Liban ; nous appelons cela pudiquement la « distanciation ». Mais les chances de parvenir à un compromis sont chimériques, la milice de Nasrallah existant pour servir les intérêts de Téhéran et pas ceux du Liban.

 

Espérons que le désastre ne se produira pas en 2018 et qu’à force de le repousser, il finisse par disparaître. En vous rappelant l’importance énorme de la Ména et la nécessité presque stratégique pour les hommes libres de bonne volonté qu’elle continue de croître, je vous souhaite à toutes et à tous une bonne nouvelle année.

 

 

Sylvie Tobelem en Israël (1ère assistante de rédaction)

 

En 2017, avec l’aide précieuse d’une assistante et d’autres tâches à remplir, nous avons fait de notre mieux pour donner satisfaction aux abonnés de la Ména. Je saisis l’occasion pour présenter mes excuses pour les retards que certains ont connus et pour les rares cas encore en traitement. Mais aussi pour vous encourager à payer régulièrement le prix de vos abonnements, pour ne pas hésiter à contracter des abonnements Amis de la Ména et à acheter des actions de notre agence, car ils sont les seuls garants de notre indépendance absolue. Celle qui nous permet d’être ce que nous sommes dans le paysage médiatique et d’ignorer les affres du politiquement correct.

 

J’ai l’impression que cette année, nous avons encore progressé, tant par la qualité de nos analyses que par nos reportages exclusifs en provenance des divers champs de bataille. J’en profite pour remercier nos cartographes, que l’on réveille à n’importe quelle heure de la nuit et qui fournissent un boulot d’une précision qui estourbit nos confrères.

 

Avec l’impression de faire quelque chose d’utile, et la certitude que notre relation de confiance a un sens, je vous envoie à tous mes vœux sincères de bonheur pour 2018.

 

 

Perwer Emmal (correspondant aux Kurdistans syrien et turc)

 

Les fusils sont sur le point de se taire en Syrie. La quasi-totalité des terres situées au nord de l’Euphrate se trouve entre les mains des Kurdes. Les Américains sont sur le point d’effectuer une importante réduction de leurs forces dans la région.

 

C’est le moment où chacun fait le bilan de la bataille pour son compte. Nous, les Kurdes, nous rappelons qu’il y a à peine plus de trois ans, l’Etat islamique occupait 60 pour cent de Kobané et toutes les provinces qui l’entourent. Nous nous battions le dos au mur, sur la frontière avec la Turquie, qui aidait nos agresseurs autant qu’elle le pouvait.

 

Notre situation stratégique est incomparablement préférable aujourd’hui. Le Rojava a presque quintuplé de volume. Notre petite armée, les Unités de Protection du Peuple (YPG), est passée de 15 à 50 000 combattantes et combattants, bien mieux équipés et entraînés.

 

Nous avons réalisé ces transformations tout en conservant nos principes démocratiques et sans sombrer dans la barbarie au combat.

 

Et pourtant, le gouvernement U.S. nous a informés qu’il cessait de nous livrer les armes et les munitions nécessaires à notre défense, nous laissant seuls face à l’Armée d’al Assad, à ses protecteurs russes, à ses alliés de l’Armée régulière iranienne et à leurs milices chiites iraquiennes. Et surtout, vulnérables face aux avions du dictateur Erdogan qui, non content d’occuper une partie du Rojava, menace chaque semaine de nous exterminer.

 

Heureusement, à ce propos, que la Ména existe et qu’elle est beaucoup lue, car sans elle, l’information ne dépasserait pas le Bosphore. Les Américains et les Européens refusent de réagir aux menaces de celui qui se prend pour le sultan d’un nouvel empire ottoman et préfèrent ne pas en parler. Si l’information circulait, les dirigeants du monde libre et de l’OTAN ne pourraient justifier aux yeux de leur opinion publique le maintien d’une alliance avec une brute épaisse de ce calibre.

 

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En Turquie, nos frères kurdes sont persécutés à coups de bombardement aériens. En Iran, ceux qui revendiquent notre identité se retrouvent pendus au filin des grues. Suite à un autre lâchage de nos alliés américains et européens, les Kurdes irakiens, qui avaient déclaré leur indépendance, se retrouvent dans une situation militaire des plus délicates. Quant à nous, minorité devenue partie incontournable des négociations sur l’avenir de la défunte Syrie, nos perspectives, pour être franc, sont encore mal définies.

 

Je tiens à remercier les lecteurs de la Ména et mes confrères, pour m’avoir sans cesse soutenu et m’avoir donné la possibilité de faire entendre la voix étouffée de mon peuple. Que vive l’amitié profonde qui unit les Kurdes et les Juifs, elle est l’une des clés des espoirs du Moyen-Orient ! Que la paix arrive, qu’elle panse les blessures de la guerre et qu’elle amène la sérénité aux familles des morts.

 

 

Olivier Katz à Jérusalem (rédacteur-relecteur)

 

Nous vivons une époque formidable. Formidable certes, mais au sens originel du terme, c’est à dire redoutable. L’année qui s’achève a cassé tous les codes que le monde avait mis en place depuis des millénaires :

 

- L’énergie d’origine fossile vit ses derniers moments, tout comme la voiture à essence et chauffeur, qui va rapidement disparaître du paysage, permettant d’envisager à court terme une énergie gratuite et un mode de transport écologiquement responsable et urbainement acceptable.

 

- L’avènement des cryptomonnaies, et leur parcours pour le moins erratique, ouvrent une ère nouvelle dans les échanges interhumains.

 

- Mais la technologie disruptive majeure, qui est déjà en train de révolutionner le monde est l’Intelligence Artificielle. Le monde est arrivé à la phase finale de l’affrontement Homme-machine, et depuis que le champion du monde de Go s’est fait battre par Alpha-Go de Google Deep Mind, la machine a gagné tous ses combats avec l’humain sur le plan de la connaissance pure. Il lui reste à acquérir la conscience, ce qui prendra très peu de temps1.

 

Cette intelligence artificielle va faire disparaître des centaines de milliers d’emploi, dont le renouveau de type schumpétérien n’est absolument pas assuré.

 

Elle est également à l’origine des progrès fulgurants de la recherche militaire, et permettra aux pays les plus en phase avec cette nouvelle donne de prendre une avance irrattrapable sur le reste du monde. Cela va nécessiter des sacrifices éthiques majeurs (transmission de data exhaustives, soumission de l’homme à la puissance des machines, acceptation de l’hégémonie des GAFA – Google et consorts –, augmentation du QI de la génération suivante par tous les moyens déontologiques ou non). Cela permettra aux plus forts de survivre en s’appuyant sur cette Intelligence Artificielle, et obligera les moins préparés à subir le joug de la machine, dans un statut de « dhimmi humain ».

 

Pour tous ceux qui vous disent : « jamais je ne pourrai accepter ce pacte avec le diable » … demandez-vous plutôt si cette attitude ne vous condamne pas inexorablement à faire partie de la catégorie « exploités ».

 

Alors, est-ce que c’est bon pour Israël ?

 

Ce petit pays au faîte de toutes les technologies récentes, grâce aux milliers de start-ups locales, a déjà intégré dans ses programmes toutes ces informations et prépare très activement la guerre sans humains sur le terrain, l’éducation individualisée, l’homme bionique, et la vie éternelle.

 

Bonne année 2018 à tous !

 

 

Note:

Pour tous ceux qui ne maîtrisent pas le concept, il est urgent de se plonger dans le livre de Laurent Alexandre « La Guerre des intelligences », Editions JC Lattès.

 

 

Ilan Tsadik en Israël (journaliste, reporter, journaliste sportif)

 

Pour mes prévisions de 2018, j’ai décidé de sortir ma boule de cristal, réalisation de la high-tech israélienne de la fin des années 40. Je vois ma voisine d’en face en train de préparer le petit déjeuner complètement nue… Tksss… naaan, j’ai oublié d’allumer la boule, ça c’est par la fenêtre… Je vois l’équipe nationale d’Israël de foot rompre une série de 167 défaites consécutives en battant l’équipe réserve féminine de Suède, évoluant en monokini, sur le score de 1 à 0. Je ne vois pas Sara Netanyahu, ni Federica Mogherini. Je vois Serena Williams changer de discipline, passer au ski alpin et battre les blancs en neige. Je vois une professeur de quarante balais à Amiens jouer avec le khamamé d’un petit élève de 15 ans. Je vois l’équipe d’Israël de foot battre le Brésil 8-0 en finale de la Coupe du Monde… et je constate qu’il est temps de changer les piles !

 

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Je vois une grosse Gazaouie en train de lancer un obus de mortier sur mon jardin. Je vois Ameerah Al-Taweel, la belle princesse rebelle d’Arabie Saoudite, accéder au trône à Riyad. Je vois le clitoris des femmes égyptiennes en train de repousser. Je vois Madame Erdogan assistant aux funérailles de son mari. Je vois la sœur de Melania Trump devenir ambassadrice des Etats-Unis à Jérusalem. Je vois des milliers de Françaises croquantes sur la plage de Tel-Aviv. Je vois Ayelet Shaked, la ministre de la Justice, en maillot de bain à la tribune de la Knesset, s’exprimant en pantomime. Je vois Juffa en train de contempler ses posters de Monica Vitti et de Marie Laforêt, se demandant laquelle des deux sera Miss Univers en 2018. Je vois les Pasdaranettes iraniennes en tenue minimaliste attaquer Tsahal sur le Golan à coups de tomates. Je vois les Peshmerguettes kurdes et les soldates de l’Armée de Défense d’Israël s’éclater ensemble sur une piste de danse. Je vois Brigitte Bardot, chaque matin devant son miroir, se demandant : "Tout ça pour ça ?". Je revois Mireille Darc dans sa jupe fendue du Grand blond, et Romy Schneider, attachée dans son plus simple appareil aux rails du train dans l’ "Enfer" [https://youtu.be/PrpxcBniV1I].

 

Et j’entends Germaine – tiens, ils ont ajouté le son à la boule de cristal ! -, qui me crie : Ilan, lève-toi, tu vas à nouveau être en retard pour aller chercher Ethan au jardin d’enfants !

 

 

Roger Bismuth à Tunis

 

En vérité, je suis terriblement déçu et dubitatif concernant la totalité du monde qui nous entoure. Comme bien des observateurs, j’ai l’impression que tout se délite, tant au niveau des preneurs de décisions que des media qui les commentent et des intellectuels qui sont censés nous indiquer la direction à suivre. Chaque matin, en prenant connaissance des nouvelles de la Planète, j’ai le sentiment que la médiocrité, telle une énorme marée noire, avance et qu’elle engloutit tout sur son passage. Je doute de tout, je ne parviens pas à distinguer la conscience des dirigeants.

 

Dans ce marasme, il existe un rai de lumière : la Ména. Je trouve la totalité de ses contributeurs extraordinaires et inspirés. Plusieurs fois par semaine, ils sont mon refuge de bon sens, mon éclaircie et mon repos. Avec leur énergie et les risques qu’ils prennent, ils démontrent qu’ils n’ont pas perdu l’espoir et que la réalité mérite d’être relatée avec précision et analysée avec exactitude.

 

En cette fin 2017, je veux simplement les remercier ; remercier tous ceux qui collaborent à notre media, des grands analystes et jusqu’aux petites mains de la technique et de l’administration qui fournissent un boulot formidable. Et je formule le vœu qu’avec tous ceux qui peuvent y contribuer, nous les aidions à réaliser leurs projets, en particulier, leur chaîne de télévision, qui changerait le paysage audiovisuel et procurerait au plus grand nombre – de moins en moins de personnes lisent – un accès à l’information véritable et honnête.

 

Etant en contact quotidien avec leur rédacteur en chef Stéphane Juffa, je sais qu’ils y travaillent, mais ils ne peuvent pas tout faire seuls. Pour une si petite équipe, moins de trente personnes, ils en font déjà tant ! TV Ména, ce serait surtout un immense cadeau pour nous ; une question de confort intellectuel, et, bien plus encore, un ajout inestimable, dans un monde qui prend des allures de jungle ultra-violente, pour notre sécurité. Santé, responsabilité, paix et sécurité, sont les vœux que j’adresse à toute la famille de la Ména pour 2018. Pour ceux qui la fabriquent et pour ceux qui l’apprécient et qui la méritent.

 

 

Guy Millière à Las Vegas (analyste politique, expert en économie)

 

L’année 2018 s’annonce pleine d’espoir pour Israël. Il y aura bientôt un an, un nouveau président des Etats-Unis, très différent du précédent, prenait ses fonctions. Il est le meilleur ami d’Israël et du peuple juif qu’il y ait eu à la Maison Blanche.

 

Il a œuvré sans relâche au rapprochement entre les pays arabes sunnites et Israël aux fins d’endiguer l’Iran.

 

L’année 2018 verra sans doute ce rapprochement se renforcer, et la “question palestinienne” se trouver encore davantage marginalisée. Il restera à l’administration Trump la tâche de circonscrire plus nettement la Corée du Nord et l’Iran. Mon souhait est que cela se fasse sans guerre. J’aimerais souhaiter que la France et l’Union Européenne prennent des positions moins résolument anti-israéliennes, mais je ne peux souhaiter l’impossible.

 

 

Jean Tsadik à Métula (analyste stratégique, expert militaire)

 

La situation globale dans la région continue d’être très fluide. La clé de l’Autoroute chiite est dans les mains de Vladimir Poutine qui la vendra au plus offrant. Il n’a pas d’amis, que des partenaires et des ennemis potentiels ; il vient de vendre pour trois milliards de dollars des systèmes antiaériens S-400 à la Turquie, seconde plus grande armée de… l’OTAN. Lorsque quelqu’un a quelque chose à "acheter", y compris les Saoudiens et les Israéliens, c’est au Tzarévitch qu’ils s’adressent, pas à Donald Trump.

 

Je reste plus que jamais persuadé que si nous sommes arrivés à ce rapport de forces, c’est parce que Poutine détient des informations qui pourraient faire vaciller la présidence de Trump. Le président américain ne fait, pour aider Israël, que des choses qui ne dérangent pas les Russes ; comme annoncer le transfert de son ambassade à Jérusalem ou mettre l’Autorité Palestinienne devant l’évidence de son impuissance.

 

Pendant ce temps, les Perses et leurs supplétifs du Hezbollah se rapprochent dangereusement de notre frontière dans le Golan, et cela interpelle au plus haut point les responsables sécuritaires hébreux. Notre pire ennemi, celui qui annonce notre oblitération prochaine, ne se trouve plus qu’à un jet de pierre de nos populations. C’est ce qui dominera notre agenda en 2018.

 

Dans un proche avenir, je ne parle pas de guerre mais d’adversaires qui avancent leurs pions sur l’échiquier stratégique. Avec, plus clairement que jamais, le bloc chiite contre le bloc sunnite, auquel nous sommes désormais associés. La faiblesse avec laquelle les Etats arabes ont réagi au transfert de l’ambassade U.S. à Jérusalem en a fourni une preuve supplémentaire.

 

Je vous souhaite de connaître la santé et la paix l’année prochaine. Quant à nous, nous promettons de garder nos doigts sur le clavier et de continuer à vous informer de tous les évènements significatifs de la région, d’Europe et d’Amérique et même au-delà.

 

 

Claude Berger à Paris (essayiste, romancier, poète et musicien)

 

Aux amis lecteurs de la Ména : En cette veille de nouvelle année, qu'il me soit permis de vous adresser mes vœux et mes souhaits de rapprochement face aux défis qui nous attendent.

 

De plus en plus, le refus du fait juif dans les terres de culture islamique converge avec le refus du fait juif en Occident. Ce dernier se manifeste notamment par le silence des autorités et de la presse face aux actes violents de l'antisémitisme, mais aussi sous la forme du déni de l'identité juive-israélienne lors des votes émis dans les instances internationales.

 

73 ans après la Shoah, ce refus résurgent de notre identité doit nous inciter à réaffirmer la portée universelle de la pensée de Jérusalem, que ce soit face aux nouvelles formes du négationnisme ou face à cet antisémitisme du silence.

 

Ce fut au XIXème siècle, l'attitude de Moses Hess qui, après l'affaire de Damas, écrivit "Rome et Jérusalem", première manifestation du sionisme politique fondé sur les valeurs du judaïsme. Le refus de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par de nombreux pays européens au passé compromis, doit nous stimuler à mener ce combat.

 

 

Fayçal H. à Amman (informateur-relais)

 

L’alliance stratégique entre le monde arabe et Israël est devenue semi-officielle. La défense de l’Arabie Saoudite et la protection du Royaume hachémite et des pays du Golfe dépendent largement des ressources de l’Etat hébreu.

 

La coordination dans le domaine du renseignement se fait en temps réel. L’aide officielle et privée des Israéliens dans le conflit yéménite, face aux alliés des Iraniens est omniprésente, de même que leur matériel. L’apport des experts de Tsahal face à l’Iran est très apprécié.

 

Le nouvel homme fort de Riyad, Mohammed bin Salmane, est un admirateur d’Israël, de ses réalisations et de sa technologie, ainsi qu’un contempteur de la cause palestinienne, de ses délires, de sa violence et de son recours systématique au terrorisme.

 

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En 2018, la coopération entre les sunnites et les Israéliens ira encore s’accentuant, principalement dans le cadre de la préparation à la confrontation avec Téhéran, sur la frontière iranienne, mais également en Iraq, en Syrie, au Liban, et, bien sûr, au Yémen.

 

Seule ombre au tableau : le racisme antisémite des populations de nos pays, trop longtemps cultivé par nos dirigeants, s’est enraciné dans les esprits et continue à y être cultivé par les islamistes. La meilleure médecine pour l’endiguer sera de trouver une solution entre Israël et les Palestiniens. Celle qui se dessine est très différente du rêve de Yasser Arafat, qui voulait un super-Etat palestinien destiné à éradiquer Israël et à prendre le contrôle de la Jordanie et d’une partie conséquente du Liban et de la Syrie. Dans les palais arabes, on évoque plus volontiers une autonomie locale, aux pouvoirs étendus. Mais pas trop.

 

 

Ferit Ergil (Correspondant de la Ména à Istanbul)

 

Chers amis lecteurs, collaborateurs et rédacteurs de la Mena,

 

Je souhaite à toutes et à tous une bonne année 2018 et "paix dans nos pays, paix dans le monde", selon la devise de Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la République de Turquie en 1923.

 

 

Philippe Bercovici à Bruxelles (dessinateur de BD, auteur des illustrations de ces vœux)

 

Chers lecteurs de la Mena,


Je pense souvent à ce que pourraient ressentir aujourd’hui les gens de la génération de mon père, qui ont connu la guerre et qui croyaient à une amélioration à terme de la condition des humains. De même que la vision du futur dans les images de science-fiction ne s’est pas réalisée, les préjugés et la bêtise n’ont pas disparu.

 

Je souhaite, faute de mieux, qu’un genre de Dôme de fer mental puisse nous aider à supporter les stupidités et les arguments fallacieux qui ne manqueront pas de nous assaillir pendant les douze mois qui viennent.

 

Et que chaque fois qu’un mensonge ou un préjugé se déploie dans l’air, un bouclier puisse le détruire comme par magie avant qu’il ne nous atteigne.

 

Je vous souhaite la meilleure des années pour 2018.

 

 

Raphaël Delpard en France (cinéaste, historien, écrivain)

 

Jérusalem oui, mais après ?

 

Je suis de ceux qui ont applaudi à l’initiative du président américain de déplacer l’ambassade et de reconnaître la ville trois fois sainte comme la capitale une et indivisible de l’Etat d’Israël. Il était temps que cessent le mensonge et l’hypocrisie. Le déplacement de l’ambassade avait fait l’objet aux États-Unis en 1995 d’un vote massif des sénateurs et des députés. La décision était repoussée de six mois en six mois. Trump, une fois de plus, a fait preuve du réalisme qui fait tant défaut à de nombreux dirigeants.

 

L’annonce de Trump met à bas le rêve de la Ligue arabe de jeter les Juifs hors de leur terre. Leur refus de la partition, en 1947, se retourne contre eux. Si nous avons raison de nous réjouir de la situation irréversible créée par Trump, la joie ne doit pas nous faire oublier les Arabes palestiniens musulmans et, pour ce qu'il en reste, leurs compatriotes chrétiens. C’est un peuple qui souffre. Nous avons le devoir de tout mettre en œuvre pour les aider à sortir de la tutelle de ceux qui les trompent et leur mentent depuis bientôt 70 ans.

 

La décision de Trump pose une question essentielle à laquelle seuls les Juifs israéliens doivent répondre, car ils ne peuvent continuer d’attendre que les autres leur disent ce qu’ils sont. Israël est-il un pays pour les Juifs ou le pays des Juifs ? Le temps est venu d’écrire un nouveau chapitre du roman national et de définir clairement l’identité d’Israël.

 

 

Patricia La Mosca à Paris (journaliste généraliste, enquêtrice, chroniqueuse juridique)

 

La situation évolue constamment dans les territoires perdus de la République française. D’une part, ils s’étendent un peu, gangrenant d’autres banlieues ; de l’autre, leurs habitants se radicalisent, ont de plus en plus confiance en eux et disposent de plus en plus de moyens – y compris des armes de guerre qu’ils n’hésitent pas à utiliser lorsqu’ils le jugent nécessaire.

 

Combien y aura-t-il de véhicules incendiés durant la nuit de la Saint Sylvestre ? Probablement plus d’un millier, sans que la Police ne puisse faire quoi que ce soit pour faire mentir cette prévision.

 

La Police ne fait plus peur qu’aux honnêtes gens. Ici, les flics ne font même plus illusion ; lorsqu’ils tentent encore et parfois une descente pour endiguer la délinquance, ils se "replient" invariablement, les vitres de leurs voitures brisées, ce qui est désormais considéré comme un moindre mal. Les défenseurs de l’ordre n’ont pas oublié, ni leurs collègues immolés-vifs, ni ceux abattus comme des animaux, ni les nombreux blessés et estropiés qui ne font pas la une des journaux, pas plus que ceux, inculpés par la justice pour des crimes qu’ils n’avaient évidemment pas commis dans le périlleux exercice de leur tâche.

 

Ici, l’Etat français et sa loi n’existent pas, ils sont détestés. Chaque terroriste est un héros dont on envie le sort et dont on tague le nom sur l’un des rares espaces disponibles sur les murs.

 

L’islam est un prétexte solide et incontournable, la Palestine, un motif de ralliement dont ils ignorent absolument tout, ce qui n’a aucune importance pour ce qu’ils en font. En plus du danger que les gangs font peser sur le pays, de la terreur dans laquelle ils maintiennent ceux qui n’ont pas les ressources pour vivre ailleurs, il n’existe rien d’acceptable ni d’enviable dans ce sous-monde hideux, crasseux et terrifiant.

 

La vie des hommes est littéralement soumise au bon vouloir des caïds. Celle des femmes est un enfer sans espoir, leur existence ne servant qu’à satisfaire les basses envies des voyous. C’est Alger à 5km du périph. En espérant que cela ne devienne pas Damas.

 

 

Jean-Claude Zerbib (ingénieur atomiste, spécialiste des questions nucléaires)

 

L’année 2017 a été marquée par les menaces nucléaires de la Corée du Nord à l’encontre de l’Amérique et de ses frères ennemis de la Corée du Sud. Une menace qui s’est esquissée voici près d’un tiers de siècle.

 

Les premiers tirs de missiles nord-coréens avaient été réalisés dès 1984 sous le grand-père Kim Il-sung, qui avait lancé une quinzaine de Scuds durant son règne (1984-94). Son fils, Kim Jong-Il, procéda à 16 tirs entre 1994 et 2011. Mais c’est le petit-fils, Kim Jong-un, qui, en six ans, a battu les records de la famille avec 83 missiles tirés depuis 2012, dont une salve, le 8 juin 2017.

 

Parallèlement à ces efforts, la Corée du Nord, avec l’aide d’un ingénieur pakistanais, Abdul Qadeer Khan1, qui lui avait fourni la technologie nucléaire, en particulier la conception des centrifugeuses pour l'uranium enrichi (plans volés au consortium anglo-germano-néerlandais URENCO qui mettait au point l’enrichissement civil de l’uranium par centrifugation), avait, vers 1992, amorcé les travaux pour la réalisation d’une arme nucléaire.

 

En décembre 1993, lors d’une visite à Pyongyang de Benazir Bhutto, un troc entre les deux Etats, coréen et pakistanais, avait porté sur la livraison par Islamabad des plans de la centrifugeuse "Pak 1" contre le schéma détaillé de fabrication et de montage du missile balistique "Nodong", qui servira de modèle au "Ghaouri" pakistanais.

 

Cette aide pakistanaise a permis à la Corée du Nord de procéder à ses premiers essais nucléaires : en octobre 2006, mai 2009 et février 2013. Ces tests, interdits par l'ONU, s’accompagnèrent chaque fois d’un accroissement des sanctions internationales, lesquelles pénalisent fortement la population nord-coréenne. Mais ces sanctions n’ont pas permis de freiner la course vers un missile porteur et une arme plus puissante.

 

Kim Jong-un s’est ainsi révélé être un adepte de la doctrine du Premier ministre pakistanais Ali Bhutto, qui déclarait publiquement, après l’explosion de la bombe indienne en 1974, que les Pakistanais se procureront eux aussi leur bombe, quitte à manger de l’herbe et des racines.

 

Le 4ème essai nucléaire de la Corée du Nord fut effectué le 6 janvier 2016. Il a été présenté officiellement comme étant celui d’une bombe thermonucléaire (bombe à fusion de l’hydrogène qui a pour "amorce" une bombe à fission classique) : « Le premier essai de bombe à hydrogène de la République a été mené avec succès », avait annoncé le mercredi 6 janvier la télévision officielle nord-coréenne, précisant que l’engin était miniaturisé.

 

Mais, comme l’énergie délivrée par cette explosion ne fut que de l’ordre de quelques kilotonnes, il est très peu vraisemblable qu’il se soit agi d’une bombe à hydrogène.

 

Les photos diffusées par les Coréens montrent cependant un engin à deux "bulbes" afin de bien suggérer les deux étages d’une bombe à hydrogène. Si c’était vraiment le cas, les Nord-Coréens ont essuyé un échec : l’énergie thermique libérée par la bombe à fission n’a pas pu provoquer la fusion de l’hydrogène (de plus d’une dizaine de millions de degrés Celsius).

 

La même année, le 9 septembre 2016, la Corée du Nord célébrait le 68ème anniversaire de sa fondation en procédant au 5ème et plus puissant de ses essais nucléaires souterrains, équivalent à entre 140 et 250 kilotonnes de TNT et présenté comme étant une "bombe H", ce que démentent cependant de nombreux experts internationaux.

 

Mais posséder une arme nucléaire ne suffit pas pour être compté parmi les puissances nucléaires militaires. Il faut, pour entrer dans la "cour des grands", disposer également d’un missile à la fois performant, pour atteindre une cible lointaine, et assez puissant pour transporter une ou plusieurs charges nucléaires de près d’une demi-tonne chacune.

 

Les dernières tentatives de Kim Jong-un visent à la fois à augmenter la puissance des tirs nucléaires et la portée de ses missiles. Les premiers essais de missiles nord-coréens datent des années 1990, quand ils purent récupérer un SS-N-6, un missile balistique soviétique. Cet été de 2017, le dernier tir du "Hwasong" a atteint une distance estimée à 10 000 km.

 

Aussi, la promesse de Donald Trump d’apporter "le feu et la fureur", associée à celle de Kim Jong-un, qui promet en retour "souffrance et douleur" si les sanctions de l’ONU contre son pays venaient à être encore renforcées, ne sont pas de bon augure en cette fin d’année 2017.

 

 

Note :

1 A.Q. Khan rentré au pays en décembre 1975 avec les plans complets photocopiés, a ensuite proposé ces plans et une liste d’entreprises pouvant réaliser les divers composants et alliages spéciaux des centrifugeuses à la Corée du Nord, Kadhafi, Saddam Hussein et aux Iraniens.

 

 

Sami El Soudi en Palestine (chef du bureau palestinien de la Ména)

 

Gare à l’euphorie, car elle travestit la réalité. Gare à la dépression, car elle empêche de réfléchir. Lors d’un conflit qui dure depuis des décennies, il n’y a jamais que des perdants. J’essaie de conserver mon esprit critique et d’avoir sur le monde le regard le plus objectif possible ; et s’il y en a qui me prennent pour un traître à mon peuple ou pour un admirateur d’Israël, tant pis pour eux. Je ne suis pas là pour corriger leur opinion.

 

L’unique manière pour que les Palestiniens parviennent un jour à obtenir un Etat est de prouver leur crédibilité : leur capacité à poursuivre un projet sensé qui ne soit pas uniquement basé sur la propagande et la révolte, mais sur une appréciation correcte de la situation. Et surtout, qu’ils cessent de confondre terrorisme et émancipation. Israël n’acceptera jamais à ses côtés une entité ennemie ; et il a les moyens de lui barrer le chemin.

 

Pour espérer exister, il faut impérativement construire une relation de bon voisinage. Il faut se donner une marche à suivre, basée sur le développement économique et sur la proximité du pôle technologique, en quête de main d’œuvre qualifiée, qu’est Israël. Particulièrement lorsque l’on ne dispose pas de matières premières, ni d’industrie.

 

Salam Fayyad, l’ancien Premier ministre de l’Autorité Palestinienne, avait tout compris. Il avait lancé ce chantier. C’est pour cela qu’il a été tant détesté par les corrompus et par les islamistes, qui veulent instaurer la charia et éliminer les infidèles, et qui ont fait du progrès leur ennemi. Car les gens heureux n’ont pas besoin d’eux, non plus que les personnes éduquées. Cela vaut pour tous les extrémismes religieux.

 

Le seul défi pour Israël, ce sont les Palestiniens qui ont intégré cette logique. Face aux assassins, les Hébreux n’ont besoin ni de réfléchir, ni de politique. Si, en novembre 47, les Arabes avaient accepté le Plan de Partage de l’ONU, Israël serait mort en couches. Si, en janvier 2009, Mahmoud Abbas avait entériné le résultat des négociations avec le gouvernement israélien, il existerait aujourd’hui un Etat palestinien sur 90 pour cent du territoire arabe d’avant 1967.

 

A force de dire "non" sans en avoir la force, à force de confondre propagande haineuse et construction d’un Etat, nos aspirations réalisables ont fondu. Désormais, à moins d’un changement hautement improbable d’orientation en notre faveur du Congrès américain (et non du président), nous pouvons oublier Jérusalem.

 

Ce qui fait un pays est une succession de hasards, d’alliances, de besoins et d’opportunités. Il n’existe pas, en la matière, de légitimité absolue. Un pays est une idée moderne – un ensemble légal contraignant surplombant des différences. J’ignore si nous avons ce qui est nécessaire pour faire un pays – et si j’avais peur de mon ombre, je cacherais mes doutes, comme beaucoup de mes compatriotes. Tout ce que je peux dire, c’est que nous avons autant de raisons que bien des nations d’avoir notre pays, et autant de raisons que bien d’autres qui en sont privées.

 

Ce qu’il faut pour réaliser un destin national, c’est une dose suffisante d’intelligence au sein de la communauté. Pour le moment, cette intelligence nous fait cruellement défaut, c’est une constatation objective. Et ce n’est pas en excluant les Etats-Unis de nos fréquentations que nous inverserons cette tendance. Bonne année à tous, et merci à la Ména de me donner la plus totale des libertés pour m’exprimer. Cette liberté n’existe nulle part ailleurs.

 

 

Amram Castellion à Métula (analyste politique, expert en économie) :

 

Si nous prenons un peu de recul et voulons bien nous souvenir du passé récent, il ne fait pas de doute que 2017 a été une exceptionnellement bonne année et que 2018 commence, elle aussi, sous d’excellents augures.

 

Selon le Fonds Monétaire International, la croissance économique mondiale a été de 3,6% en 2017 et devrait atteindre 3,7% en 2018. Cela fera de l’année prochaine la meilleure depuis la crise économique de 2008. Les principales menaces structurelles qui ont, depuis dix ans, menacé de provoquer une nouvelle crise – l’explosion du déficit américain et la crise financière européenne – sont désormais sous contrôle. Il existe encore une incertitude, du fait de l’insuffisance des données disponibles, sur la solidité du système financier chinois en période de croissance réduite. Mais cette incertitude est loin d’avoir le caractère d’urgence que semblait avoir, par exemple, la crise de l’euro en 2013.

 

La croissance mondiale n’est pas seulement en augmentation : elle est aussi plus équitablement répartie qu’elle ne l’a été depuis le début du siècle. La Chine a bel et bien oublié les années de croissance à deux chiffres et s’installe sur un chemin de croissance de 6 à 7%, désormais identique à celui de l’Inde. A l’inverse, l’Europe sort des taux de croissance anémiques qu’elle connaissait au début du siècle et devrait connaître une croissance de 2,2% cette année, désormais égale à celle des Etats-Unis. Les pays de l’Est de l’Europe, avec une croissance moyenne de 3,5%, rattrapent progressivement leur retard sur un Ouest plus poussif.

 

Sur le plan de la sécurité et de la guerre contre le terrorisme, la situation mondiale s’est nettement améliorée depuis trois ans. Daesh ne contrôle plus aucun territoire. Libérées du front syrien, les forces arabes du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) ont déjà commencé l’offensive qui mettra fin, dans les prochaines semaines ou les prochains mois, à tous les espoirs du mouvement houthi au Yémen, ce Daesh shiite. Le Hamas, affaibli par l’effondrement de 29 tunnels et par une infiltration généralisée de ses forces, a annoncé qu’il renoncerait à gouverner Gaza.

 

Il n’y a aucune raison de penser que ces tendances s’inverseront en 2018. Quand les Houthis et le Hamas auront été traités, l’étape décisive sera de désorganiser et de refouler nos voisins du Hezbollah et les forces iraniennes projetées dans la région. Ce ne sera pas simple ; mais le déséquilibre des forces en notre faveur (surtout si l’on ajoute à la supériorité technologique israélienne les capacités d’infiltration et le talent de commandos de nos alliés du CCG) est tel que l’issue de la guerre ne fait rigoureusement aucun doute.

 

Dans cette atmosphère générale, la principale cause de souci est la faiblesse stratégique persistante de l’Europe : sans dirigeants sérieux, sans vision claire des enjeux mondiaux, sans unité interne, sans capacité de réforme adaptée et sans discours construit face aux ambitions conquérantes d’un certain islam, le vieux continent – ou du moins sa partie occidentale – navigue à la godille et se gorge de mots vides, tant sur le plan économique que diplomatique ou stratégique.

 

En contrepartie, l’année 2017 a vu apparaître des Etats-Unis à nouveau maîtres du jeu : déterminés à gagner leurs guerres, à nettoyer la corruption sans limites de l’ère Obama, à soutenir leurs alliés et à affaiblir leurs ennemis. Cette divine surprise, que presque aucun d’entre nous n’attendait il y a un an, fait plus que compenser la triste dérive européenne et permet de rester, au total, très optimistes pour l’année qui s’annonce.

 

Sous ces heureux auspices, je souhaite à tous nos lecteurs une heureuse et fructueuse année 2018.

 

 

Bernardo Stenhof (ambassadeur auprès des Nations Unies et de l’Unesco, écrivain et éditeur)

 

Mes chers amis,

 

L’année 2017 n’a pas donné lieu à se réjouir dans les organisations internationales. L’Unesco, une nouvelle fois, a prétendu retirer au peuple juif tout droit sur la tombe des Patriarches et sur Jérusalem. L’empressement de pays qui se croient civilisés à voter avec les « autres » traduit un défaitisme plus fondamental, peut-être même suicidaire. Ceux qui commencent par accepter de faire semblant de croire que Jérusalem n’est pas juive, finissent par laisser dire dans leur propre pays que Jésus, au fond, était est un musulman qui s’ignorait. Et par laisser interdire chez eux crèches, sapins, santons et ce qui n’est pas hallal…

                                                                                                                      

Puis est arrivé Trump, qui a dit quelques vérités sur Jérusalem. Il est mis en minorité à l’ONU, et je suis certain que si les pays musulmans l’avaient demandé, la France – la laïque et la fille aînée de l’Eglise – aurait voté en faveur d’un bombardement de Jérusalem et de Washington sous l’égide de l'ONU, au nom de son éternelle alliance avec les Sarrasins…

 

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Pour dire la vérité, j’en ai assez. Au lieu de servir la santé, les sciences et la connaissance utiles à l’humanité, je suis de plus en plus tenté de ne rien faire. Bonne année, malgré ce coup de mauvaise humeur, à tous et à toutes.

 

 

Llewellyn Brown en France (traducteur officiel de la Ména, rédacteur, écrivain)

 

Depuis quelques décennies, et à une allure accélérée, l’Europe a changé de face sous les assauts d’une immigration massive comme on n’en a jamais vu dans l’Histoire. Dans les rues de nombreux quartiers en Ile-de-France, on n’entend plus parler français, sans compter les ravages perpétrés dans de nombreuses villes de France. Sous l’effet de ce changement inouï, le tissu social se trouve mis en pièces, à un degré que l’on n’eût pas imaginé il y a quarante ans et ce, avec l’active complicité de nos « élites » : politiques et journalistes, tous ceux qui décident et parlent à la place des autres, sans jamais avoir à rendre compte des conséquences de leurs décisions et de leurs paroles auprès de cette race honnie que l’on nomme, avec dégoût, « le peuple ».

 

En Europe, le langage dit « politiquement correct », qui n’est autre que celui de la ségrégation – « indigénistes », néo-féministes, partisans de l’orthographe dite inclusive – se fait envahissant. La supériorité morale dont il revêt les allures ne doit pas faire illusion : loin d’être l’expression de la générosité et d’un esprit vertueux, il reflète la propension des hommes à faire disparaître toute diversité d’opinions afin de ne prendre aucun risque. L’éloge du « migrant », la dénonciation du « racisme » par les multi-cul est une propagande destinée à effacer toute singularité. Le prétendu « antiracisme » et la dénonciation publique du désir masculin – celui-ci étant assimilé à des penchants porcins – relèvent d’une même furie de masse qui ne laisse plus de place au rire. L’être dénué de culture propre, de passé historique, et absolument interchangeable, est l’objet passif du capitalisme financier mondialisé. L’Education nationale française y prête son concours zélé depuis des décennies, pour rendre inaccessible tout esprit critique.

 

Dans ce contexte, la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël, suivie de sa défense par Nikki Haley au Conseil de Sécurité de l’ONU, marque un tournant historique. Elle signale à la fois le courage d’un chef d’Etat de s’inscrire en faux contre l’opinion malveillante de la « communauté internationale », et témoigne des réelles mutations entourant Israël au Moyen-Orient : la marginalisation de la « question palestinienne » et les alliances nouées avec de nombreux pays arabes, entre autres. De l’ensemble des pays conspirant à leur propre disparition, et dont le mutisme fut retentissant face à l’épuration des populations chrétiennes au Moyen Orient, on ne peut attendre aucun acte de courage.

 

Aux amis, rédacteurs et lecteurs de la Ména, je souhaite une année riche en échanges fructueux, et un esprit éveillé, en mesure de répondre aux mutations qui marquent notre époque.

 

 

Yoshua Ohana (fixeur militaire, photographe, région-nord-est)

 

Je termine 2017 avec des milliers d’images dans la tête, et autant sur mes disques durs, qui y sommeilleront sans doute pour l’éternité. Pour quelques dizaines de publiées.

 

Et je sais qu’il va y en avoir autant en 2018 si ce n’est davantage, entre les belles, celles qui heurtent et celles qui sont à peine regardables.

 

Trois fois par semaine, je travaille sur le Golan, et au moins une fois, sur la frontière syrienne où les gens n’ont pas cessé une journée de s’entretuer sous notre nez depuis bientôt cinq ans. Les Iraniens et le Hezbollah s’approchent de notre frontière dans le nord du plateau, au pied du Hermon. Nous nous préparons en conséquence et sur tous les plans.

 

Surtout ne vous éloignez pas ! Restez fidèles à notre manière de faire de l’information, au plus près de là où elle se déroule. Payez votre abonnement, donnez-nous les moyens de nous dépasser et de réaliser vos rêves…

 

 

 
Chaque 1er janvier, c'est l'ouverture de l'année politique ! Version imprimable
Communiqué
dimanche, 31 décembre 2017

 

Ne manquez pour rien au monde les vœux des

 

rédacteurs de la na pour 2018

 

 

Dès 4 heures du matin le 1er janvier !

 

Entre gravité et fou rire garanti

 

 

 
Le Pape François soutient le terrorisme islamique tueur de Juifs (info # 013112/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 31 décembre 2017

 

Par Guy Millière

                                               

Je ne suis pas catholique. Je l’ai été dans ma jeunesse, parce qu’en France, le catholicisme est la religion dominante. Je me souviens, ayant fréquenté l’école primaire en Lorraine où j’étais astreint aux cours d’éducation religieuse catholique, que les Juifs étaient définis dans mon livre de catéchisme comme un peuple déicide.

 

Depuis le concile Vatican II, en 1973, ces mots ont disparu des livres de catéchisme, mais je suis certain qu’ils restent imprimés dans les mémoires de nombres de gens de ma génération. Le souvenir de ces mots m’a éloigné du catholicisme.

 

Parce que j’ai douté par la suite, je préfère désormais me définir comme agnostique.

 

Si je perdais mes doutes et que je retrouvais des certitudes, je pourrais me convertir au judaïsme ou devenir chrétien évangélique (encore que j’aie du mal à voir en Jésus le fils de Dieu et non un prêcheur juif crucifié par les Romains), mais je ne pourrais redevenir catholique. Je ne pourrais reconnaitre l’autorité spirituelle d’un pape et l’appeler “Saint Père”.

 

Je le pourrais bien moins encore avec le pape actuel, que je considère comme un chrétien très étrange, plus proche à mes yeux du marxisme que des valeurs chrétiennes.

 

J’ai déjà eu l’occasion de critiquer ses propos. Je dois le faire à nouveau, et je dois les mettre en perspective.

 

Ce que le Pape François a déclaré le 25 décembre en comparant le voyage de deux Juifs donnant naissance à un enfant juif à Bethlehem à celui d’immigrants musulmans (et souvent imprégnés d’antisémitisme) tentant de s’installer dans le monde occidental était absolument inapproprié et très douteux. Ses affirmations, un peu plus tard, sur la nécessité de voir se créer un Etat “palestinien” étaient une prise de position militante relevant de la basse politique, doublée d’un appel renouvelé pour une cause nauséabonde et criminelle qu’il a déjà soutenue dans le passé.

 

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Le Pape François avec Rohani :

"On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui" (Pierre Desproges)

 

Lors de son voyage en Israël (pays jamais nommé dans le programme officiel du voyage, il y est uniquement question de “Terre sainte”), il a entériné l’équation “Bethlehem = Auschwitz”. Il s’est arrêté devant un fragment de la barrière de sécurité portant cette comparaison ignoble en levant délibérément les yeux au ciel devant les photographes. Il a également accordé un accueil chaleureux au terroriste islamique antisémite Mahmoud Abbas au Vatican, à l’occasion de l’ouverture d’une ambassade de l’ “Etat palestinien” auprès du Saint Siège.


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Les Palestiniens tirent 3 roquettes sur le Néguev (info # 012912/17) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 29 décembre 2017

 

Métula, vendredi 13h15, 12h15 à Paris

 

A 11h50 locales, ce vendredi matin, les sirènes de la "couleur rouge" ont retenti sur le pourtour de la Bande de Gaza [voir la vidéo].

 

Trois roquettes ont été tirées – sans aucune provocation de la part des Israéliens – sur le Conseil régional de Shaar Haneguev [le portail du Néguev] à partir de l’enclave palestinienne.

 

Deux des projectiles ont été interceptés et détruits par le Dôme de fer, tandis qu’un troisième explosait sur un bâtiment public, occasionnant quelques dégâts matériels mais pas de blessés.

 

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Le Conseil régional de Shaar Haneguev sur la carte

Service cartographique © Metula News Agency

 

Tsahal a très rapidement riposté en attaquant deux positions du Hamas dans le nord de la Bande de Gaza avec l’Aviation et des tirs de chars.

 

Au moment de l’agression palestinienne, se déroulait une cérémonie dans la région à la mémoire du Soldat Oron Shaül, qui a été tué lors du conflit de 2014 face au Hamas à Gaza. Le Hamas refuse toujours de rendre les restes d’Oron Shaül, réclamant la libération de terroristes jugés et purgeant des peines de prison en échange de sa dépouille.

 

Il s’agit de la 31ème roquette tirée spontanément à partir de Gaza depuis l’annonce par le Président Trump de la décision de l’Amérique de transférer son ambassade à Jérusalem.

 

 
Chateaubriand, Macron et Jérusalem (info # 012612/17) Version imprimable
Analyse
mardi, 26 décembre 2017

 

Par Claude Berger1

 

En 1806, le grand Chateaubriand, de retour de Jérusalem, écrivait : 

« Pénétrez dans le demeure de ce peuple, vous le trouverez dans une affreuse misère, faisant lire un livre mystérieux à des enfants qui, à leur tour, le feront lire à leurs enfants. Ce qu’il faisait il y a cinq mille ans, ce peuple le fait encore. Il a assisté dix-sept fois à la ruine de Jérusalem ; et rien ne peut le décourager ; rien ne peut l’empêcher de tourner ses regards vers Sion. Quand on voit les Juifs dispersés sur la terre, selon la parole de Dieu, on est surpris, sans doute : mais pour être frappé d’un étonnement surnaturel, il faut les retrouver à Jérusalem ; il faut voir ces légitimes maîtres de la Judée esclaves et étrangers dans leur propre pays ; il faut les voir attendant, sous toutes les oppressions, un roi qui doit les délivrer. Si quelque chose, parmi les nations, porte le caractère du miracle, nous pensons que ce caractère est ici. » (Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem).

 

En 2017, Macron, devenu président, nous fait part de sa « préoccupation » que Jérusalem fût enfin reconnue, de plein droit, propriété de « ces légitimes maîtres de la Judée esclaves et étrangers dans leur propre pays » par un président américain réaliste, entérinant une situation d’unification de Jérusalem qui remonte à 1967, situation qui assure dans les faits le libre accès aux lieux saints des trois cultes concernés.

 

En s’informant, le président français pourrait découvrir que lorsque la Jordanie s’empara militairement de la partie est de Jérusalem en combattant les Juifs, de 1947 à 1967, les Juifs n’avaient plus accès au Mur, des synagogues et des cimetières furent alors détruits, et le parvis du Mur des lamentations fut transformé en toilettes publiques.

 

Emmanuel Macron pourrait alors s’abstenir de prôner la « négociation » sous des auspices internationaux, alors que celle-ci, en majorité, n’eut jusqu’ici pour autre but que de faire pression contraignante sur Israël afin d’admettre le point de vue palestinien consistant à ne pas reconnaître d’Etat du peuple juif et d’empêcher toute présence juive dans un futur Etat palestinien, tout comme il est de règle dans de nombreux pays arabo-musulmans.

 

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Les vrais dictateurs ne le dérangent pas,

tel Erdogan qui menace les Kurdes syriens d’un quasi-génocide

 

Le Hamas, le Hezbollah et la puissance iranienne montante vont plus loin : ils veulent l’éradication d’Israël et le génocide de sa population. Ce refus du fait juif et du peuple juif, cet antisémitisme d’origine musulmane, se concrétisèrent autrefois dans le statut de soumission imposé aux Juifs tout comme la rouelle.

 

 

 

Note1 :

Auteur de « Pourquoi l’antisémitisme ? » et de « Itinéraire d’un Juif du siècle » aux Editions de Paris

 

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La signification de Hanoucca et le Président Donald Trump (info # 012412/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 24 décembre 2017

 

Par Guy Millière

 

Les Juifs du monde entier viennent de fêter Hanoucca. Il est inutile, j’imagine, que je rappelle ce qu’est Hanoucca, ce qu’a été la révolte des Maccabées contre la dynastie Séleucide et l’hellénisation des Juifs et du judaïsme, et ce qu’a été le miracle de la fiole d’huile qui a permis d’allumer la menora du Temple pendant huit jours. Il est également inutile que je rappelle ce qu’est la signification essentielle de Hanoucca.

 

J’ai souvent repensé à cette signification à propos de la renaissance du pays juif en terre d’Israël, aux batailles que le pays juif en terre d’Israël a dû mener pour survivre face à ses multiples ennemis, ainsi qu’aux batailles que le pays juif doit continuer à mener jusqu’à ce jour.

 

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J’ai resongé à cette signification en écoutant le Président Donald Trump parler à la Maison Blanche au commencement de Hanoucca et rétablir une tradition qui avait été hideusement déformée par Barack Obama pendant huit ans.

 

Donald Trump a noté très justement que l’histoire de Hanoucca a commencé avec un tyran qui a voulu punir de mort quiconque pratiquait la religion juive et s’est continuée avec le soulèvement d’un groupe de patriotes juifs qui est parvenu à vaincre une armée puissante et a rétabli la liberté et la souveraineté juive sur la terre d’Israël.

 

Il a ajouté que Hanoucca était un symbole de la foi et de la résilience du peuple juif. Il a poursuivi en soulignant l’apport immense des Juifs aux Etats–Unis, et en présentant à l’auditoire une menora datant de 1650, censée être la première menora arrivée aux Etats-Unis. Ainsi qu’une lampe appartenant à une survivante de la Shoah, devenue américaine, et qui est parvenue à préserver la lampe malgré la persécution et la proximité de la mort la plus atroce. Trump a terminé en disant que le miracle de Hanoucca est “le miracle d’Israël”, rappelant que Jérusalem est une ville juive, capitale d’Israël, et en affirmant que le monde entier est plus lumineux grâce au peuple juif, au judaïsme et à l’existence d’Israël.

 

J’ai repensé à la déclaration du Président Donald Trump en voyant l’hostilité européenne à la reconnaissance de Jérusalem capitale d’Israël par le président américain, et en notant tout ce qui sépare Donald Trump, son administration et les gouvernements d’Europe occidentale aujourd’hui.


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Bruxelles-Métula du 18 décembre 2017 (011812/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 18 décembre 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/UqN_Gvkghfk (Youtube)

 

Au sommaire : La situation au sud d’Israël face à Gaza et l’évaluation des risques de guerre

 

 

 
Emmanuel Macron, petit soldat de la cause anti-israélienne (info # 011712/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 17 décembre 2017

 

Par Guy Millière

 

La conférence de presse donnée par Emmanuel Macron et Binyamin Netanyahou au Palais de l’Elysée lors de la visite du Premier ministre israélien à Paris il y a huit jours fut éloquente. Pendant que Binyamin Netanyahou parlait, Emmanuel Macron regardait devant lui en fronçant les sourcils, et sans un seul sourire.

 

Quand bien même il avait accueilli Binyamin Netanyahou de manière prétendument chaleureuse un peu plus tôt, il aurait été difficile en ces instants de voir sur son visage la moindre trace d’amitié.

 

Emmanuel Macron était sans doute plus souriant lorsqu’il s’entretenait avec le dictateur islamique turc Recep Tayyip Erdogan aux fins de voir avec lui comment il pourrait s’y prendre pour contrer la décision de Donald Trump de reconnaitre Jérusalem en tant que capitale d’Israël. Il était sûrement beaucoup plus souriant lorsqu’il faisait une fois de plus allégeance à l’émir du Qatar, le 8 décembre dernier, aux fins de ramener des contrats à la France et de contribuer à ce qu’un pays qui soutient le Hamas et la République Islamique d’Iran puisse trouver une respiration malgré les pressions exercées sur lui par l’Arabie Saoudite et les pays sunnites coalisés contre le terrorisme islamique.

 

Macron sera assurément plus souriant encore la prochaine fois que son ami - un véritable ami, celui-ci - Mahmoud Abbas viendra à Paris, et il ira même jusqu’à l’embrasser, sans doute, sur les deux joues, avec un amour non feint, comme au mois de juillet dernier.

 

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Mon ami, je prépare actuellement une initiative visant à empêcher la

reconnaissance de Jérusalem comme votre capitale

 

Il y a longtemps que la France officielle a choisi son camp et a des connivences avec des antisémites tueurs de Juifs. C’était le cas sous Pétain, au temps de la collaboration. Cela s’est poursuivi, après une parenthèse sous le Général de Gaulle, lorsque celui-ci a trahi Israël pendant la Guerre des Six Jours, puis, quelques mois plus tard, lorsqu’il prononça ses imprécations contre le “peuple dominateur et sûr de lui-même1”. Cela a continué avec la ligne suivie par des ministres des Affaires Etrangères pour le moins douteux : Maurice Couve de Murville, qui fut chargé à Vichy de “réduire l'influence juive dans l'économie française” (tout un programme au temps où les Juifs devaient porter l’étoile jaune et étaient entassés par la police française dans des trains à destination d’Auschwitz), Michel Jobert, qui considérait, en 1973, qu’en attaquant Israël, les Arabes Musulmans voulaient seulement rentrer chez eux, l’antisémite Roland Dumas et quelques autres.

 

 

 

Note de la rédaction :

 

1Il existe dans ce discours de De Gaulle du 21 novembre 1967 un passage encore plus éloquemment antisémite, et bien moins connu que celui du "peuple dominateur et sûr de lui-même". C’est celui où l’ancien président français évoque le caractère malveillant atavique des Israélites : "En dépit du flot, tantôt montant, tantôt descendant, des malveillances qu'ils provoquaient, qu'ils suscitaient plus exactement, dans certains pays à certaines époques (…)".

 

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Jérusalem : Donald Trump, un dirigeant imprégné de droiture éthique et un maître en stratégie Version imprimable
Analyse
samedi, 09 décembre 2017

 

Par Guy Millière (info # 011012/17)

 

Donc, Donald Trump a reconnu Jérusalem comme la capitale d’Israël. Il avait promis de le faire pendant la campagne qui l’a conduit à la victoire. Il a tenu sa promesse.

 

Donc aussi : il a commencé à mettre en place les procédures de transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. Ce qu’il avait aussi promis pendant la campagne.

 

Ce qu’il a fait pourrait paraitre simple, logique, évident. Jérusalem est, depuis sept décennies, la capitale d’Israël et le reconnaitre devrait être aussi aisé que dire qu’il y a du soleil quand il fait beau et que le ciel est gris quand il pleut.

 

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Pourtant, cela ressemble à un immense scandale. Le monde musulman oscille entre colère et consternation. Les organisations terroristes “palestiniennes” sont au bord de la crise de nerf. Les dirigeants d’Europe occidentale trépignent d’arrogance et traitent une fois de plus Donald Trump d’irresponsable et d’abruti.

 

Il en est ainsi pour des raisons qu’il devrait être inutile d’expliquer mais qu’il faut expliquer tout de même.

 

Le monde musulman entretient depuis des décennies un fantasme obsessionnel qui consiste à vouloir nier l’existence d’Israël, et qui l’a conduit à tenter de détruire Israël par la guerre conventionnelle, par le terrorisme, puis par la propagande la plus abjecte et par des manœuvres diplomatiques sordides.

 

Un fantasme s’est incrusté dans le fantasme : l’idée que Jérusalem était sacrée pour les musulmans, ce qu’elle n’a, en réalité, jamais été et qu’elle n’était pas une ville juive. Ce sont cependant les Juifs qui la faisaient survivre alors, et ce sont les Juifs qui l’ont fait renaitre peu à peu. Jérusalem n’a jamais été sacrée pour les musulmans, quand bien même ils l’ont conquise et occupée. Dans les années 1870, comme le montre très bien The Innocents Abroad [Les innocents à l’étranger] de Mark Twain, Jérusalem était une ville de province oubliée au sein de l’empire ottoman. Elle a toujours été fondamentalement une ville juive : les Juifs ne l’ont jamais quittée sauf sous le coup de massacres et de persécutions. Le monde musulman veut faire de Jérusalem un symbole, une sorte de trophée qu’il faudrait retirer aux Juifs, car il y a dans l’inconscient collectif musulman l’idée que si Jérusalem est retirée aux Juifs, le judaïsme tombera, et Israël tombera aussi.

 

Les organisations terroristes “palestiniennes” ont été créées pour contribuer à la destruction d’Israël, et placées au service du fantasme et du fantasme incrusté dans le fantasme. Elles n’ont pas et n’ont jamais eu d’autre rôle que cette contribution : elles ne représentent aucun pays appelé Palestine, car il n’y a jamais eu de pays arabe musulman appelé Palestine, tout comme il n’y a jamais eu de peuple palestinien avant que le KGB invente cette notion, il y a cinquante ans.

 

Dire que les organisations terroristes “palestiniennes” veulent faire de “Jérusalem-Est” leur capitale est de leur part une affirmation de ce qu’elles se donnent pour but de s’emparer du symbole, du trophée, et de le retirer aux Juifs aux fins que le judaïsme et Israël tombent.

 

Dans leur définition de “Jérusalem-Est” se trouve la Vieille ville, donc les lieux saints, parmi lesquels le Kotel [le mur occidental du Temple israélite], que les organisations terroristes “palestiniennes” entendent présenter, sur un mode négationniste, et dans le cadre d’une négation plus vaste de l’histoire juive, comme le “mur d’al Buraq”. Al Buraq étant la créature ailée sur le dos de laquelle Mohamed est censé s’être envolé vers le ciel. Mohamed, si tant est qu’il ait existé, n’a jamais mis le pied à Jérusalem.


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Echec cuisant de la "journée de la rage"(info # 010912/17) Version imprimable
Analyse
samedi, 09 décembre 2017

 

Par Ilan Tsadik à Sdérot

 

Comme le chef de la Ména palestinienne, Sami el Soudi, l’énonçait clairement dans son article de jeudi, il ne fallait pas s’attendre à voir des centaines de milliers de personnes dans les rues de Cisjordanie, après l’appel par le Fatah et le Hamas à un "jour de rage" pour protester contre la décision des USA de transférer leur ambassade à Jérusalem.

 

En fait et malgré la quasi-totalité des media français qui essaient de convaincre le public du contraire, cette révolte commandée a fait chou blanc.

 

Selon des sources concordantes, elle a réuni moins de 3 000 personnes en plusieurs points de Judée et de Samarie.

 

Lorsqu’il s’agit du narratif d’un rassemblement ayant réuni une quantité de participants de cet ordre, à Lille ou à Toulouse, les media nationaux tricolores n’en font pas même état ; à l’instar d’une manifestation en faveur des prisonniers basques, qui réunit en ce moment 10 000 personnes à Paris.

 

En revanche, ils sont tous à évoquer le "jour de colère" des Palestiniens [Le Monde], et "Jérusalem au bord du gouffre" [Libération] ; à interviewer des passants palestiniens et des représentants palestiniens qui exagèrent leurs exploits de façon délirante.

 

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Plus de fumée que de de feu

 

Or hier, la prière principale des musulmans à la mosquée Al Aqsa et sur l’esplanade qui la borde avait réuni plus d’une quinzaine de milliers de participants, sans restrictions d’âge, comme souvent imposées par la Police israélienne, et tout s’est déroulé sans le moindre incident. A en écœurer les dizaines de photographes étrangers, massés à la porte de Damas, qui ont guetté toute la journée en vain l’épanchement du sang qui leur avait été promis.

 

Il y a certes eu des petits attroupements violents, à Toulkarem, Naplouse, Hébron et Ramallah, lors desquels des émeutiers ont précipité des pierres et de cocktails Molotov sur les forces de l’ordre. Lesquelles ont répondu avec des canons à eau, des tirs de grenades assourdissantes, des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc tirées dans les jambes.

 

La Police a procédé à une cinquantaine d’interpellations et on dénombre une centaine de blessés pour toute la Cisjordanie et la Bande de Gaza.

 

D’autre part, des rassemblements ont réuni à peine quelques dizaines de participants dans les villes arabes israéliennes d’Oum el Fakhem, de Kalansua, Nazareth et Kfrar Kana. On n’y signale ni incidents ni blessés.

 

Dans la Bande Gaza, le Hamas a envoyé des petits groupes de jeunes émeutiers [5-6 cents en tout] s’attaquer aux soldats en six point de la barrière de sécurité entourant l’enclave palestinienne. Là aussi, les fauteurs de troubles étaient équipés de pierres et de cocktails Molotov. Là aussi, ils ont été éloignés par Tsahal qui a utilisé des moyens pour la dispersion des manifestations.

 

Constatant que ses appels à la 4ème Intifada ne prenaient pas, le Hamas a tenté l’escalade militaire. L’organisation terroriste islamique a lancé trois roquettes en direction du territoire israélien depuis hier [vendredi].


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Il s’agit d’un plan (010712/17) Version imprimable
Analyse
jeudi, 07 décembre 2017

 

Par Sami el Soudi

 

L’annonce de Donald Trump hier marque probablement la fin du rêve d’un authentique Etat indépendant pour les Palestiniens. Des décennies durant, depuis les accords d’Oslo, l’Autorité Palestinienne, aidée par ceux qui croyaient en nos mythes et nos ethos, et aussi par ceux qui exprimaient ainsi leur antijuivisme, se sont attelés à préparer l’établissement de notre Etat indépendant au sein des institutions internationales. A force de diplomatie, nous avons été reconnus comme Etat membre à l’UNESCO, au Comité International Olympique et auprès de la Cour Pénale Internationale. Nous avons aussi été reçus aux Nations Unies sous le statut d’Etat observateur non membre, à la suite d’un vote lors duquel 138 pays [dont la France. Ndlr.] ont voté en faveur de notre admission, alors que la plupart des Etats européens ont fait partie des 41 abstentions.

 

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Des Palestiniens brûlent Donald Trump en effigie

Des heurts ont lieu avec la Police en plusieurs endroits, 30 blessés pour l’instant

 

Or toute cette activité de grignotage laborieux de légitimité a été mise à terre en une seule décision des Etats-Unis : avec Jérusalem comme capitale d’Israël, la Palestine ne sera jamais un Etat comme un autre. Sans Jérusalem, nous pouvons encore devenir un "Etat moins" ou une "Autonomie plus", mais pas un pays au sens plein.

 

Ce, à moins que le Président Trump soit contredit par l’un de ses successeurs, ce qui semble très improbable après que le Sénat américain ait confirmé en juin dernier, à l’unanimité de 90-0, la loi votée en 1995 par les deux chambres du Congrès. Ladite loi, le "Jerusalem Embassy Act", avait été adoptée à une écrasante majorité de représentants et de sénateurs le 23 octobre 1995. Elle reconnaît que Jérusalem est la capitale de l’Etat d’Israël et décide d’y transférer l’ambassade américaine.

 

En fait, D. Trump, obtempérant à la requête formelle du Sénat suite au vote de juin dernier, n’a fait que mettre en pratique une décision du législateur américain.

 

Inutile également d’accorder une importance exagérée à la réponse que feront les Palestiniens, la Ligue arabe, qui se réunira samedi en session extraordinaire, et le Conseil de Sécurité de l’ONU, qui en fera de même demain, à la demande de huit pays membres, dont quatre européens.

 

Le Hamas peut bien brûler des drapeaux américains et israéliens, il n’y a rien de nouveau à cela. Il peut appeler à une nouvelle Intifada, lors de laquelle quelques malheureux vont simplement se blesser. L’émulation palestinienne des Frères Musulmans égyptiens est à bout de souffle ; elle exerce déjà sa capacité de nuisance au maximum et cela n’empêche même plus les habitants du Néguev de dormir. La réaction d’Ismaïl Hanya et de son organisation terroriste aurait pesé de quelque poids si elle avait, ne serait-ce qu’une seule fois, proposé un autre agenda, mais elle a toujours prôné la destruction de l’ "entité sioniste" et le génocide de ses citoyens, sans jamais n’avoir eu le commencement des moyens de réaliser ces objectifs. Tout ce que le Hamas est parvenu à faire est de mener, en lançant des guerres suicidaires, dans un premier temps à la destruction de Gaza, et à force, de devenir insignifiant.

 

Et Mahmoud Abbas amuse la galerie en claironnant que les USA, en prenant cette décision, se sont exclus des négociations en vue d’un règlement pacifique. Une prise de position périlleuse, lorsque l’on sait que seul Washington est capable de faire évoluer les choses, et que tout ce qui se passe actuellement est le résultat d’un plan savamment mûri entre Trump, le Prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, le Maréchal égyptien al Sissi et Binyamin Netanyahu.

 

Mahmoud Abbas, à part se rendre ridicule et jeter nos enfants dans les rues pour affronter les policiers hébreux, n’a pas les moyens de s’opposer au tsunami qui s’est formé contre lui.

 

Les Etats arabes ont certes critiqué la décision de M. Trump quasi à l’unisson, mais aucun politologue arabe n’est dupe. Les réactions très modérées des leaders des grands pays sunnites ne servent qu’à sauver l’apparence du maintien du soutien aux frères palestiniens. Le Roi Salman a dénoncé du bout des lèvres une décision "injustifiée et irresponsable", quant à al Sissi, il a évoqué des "mesures qui affaiblissent les chances de parvenir à la paix au Moyen-Orient".

 

Pour qui sait décoder ces commentaires, il est évident que, non seulement ceux qui les ont prononcés sont très satisfaits de la décision de Donald Trump, mais qu’en plus, sans leur accord préalable, elle n’aurait pas été prise. Dans ces conditions, la réunion extraordinaire de la Ligue arabe ne peut aboutir à rien d’autre qu’à rien. Aucune décision opérationnelle n’y sera décidée.

 

Quant au Conseil de Sécurité, les Etats-Unis y disposent d’un droit de veto auquel ils n’hésiteront pas un instant à recourir. En fin de compte, même si cela va prendre un peu de temps et comme je l’ai lu ce matin sous la plume de cinq spécialistes du monde arabe, la manœuvre de Trump constitue une nouvelle déclaration Balfour, en consacrant le caractère israélien de Jérusalem, d’une part, et en nanisant la cause palestinienne, de l’autre.

 

Déjà la Tchéquie et les Philippines ont fait connaître leur intention de transférer leur ambassade israélienne à Jérusalem. A en croire M. Netanyahu, d’autres pays envisagent une décision similaire, et sur ce point, je le crois ; ce n’est que l’affaire d’un peu de temps.

 

Le 8 novembre dernier, au cours d’une visite éclair à Riyad et de rencontres avec le Roi Salman et le Prince MBS, Mahmoud Abbas s’est vu présenter le plan régional convenu avec Washington et Jérusalem. Outre l’abandon de Quds, il prévoit le non-retour des réfugiés de 48, l’administration d’un territoire discontinu, le maintien de la plupart des implantations, et la création d’une "sorte" d’Etat réduit à sa plus simple expression de souveraineté conditionnelle.  

 

Les monarques saoudiens ont présenté la chose à Abbas sous la forme d’un ultimatum : soit vous acceptez le plan et jouirez de notre soutien financier afin de créer une entité dans laquelle on peut vivre convenablement, soit on va vous faire remplacer par quelqu’un qui nous comprenne et on va se désintéresser de la cause palestinienne.

 

De retour à Ramallah, tous les barons de l’OLP ont poussé des cris d’orfraie et joué les fiers à bras, rejetant la proposition comme si cela changeait quelque chose. Abbas a téléphoné, dans la précipitation, à tous les amis de la Palestine dans le monde arabe et sur le reste du globe. Tous lui ont montré de la sympathie et l’on assuré de leur soutien moral.

 

Et hier, en dix minutes de discours de Trump, la sanction est tombée.

 

Les dirigeants du monde arabe ont fini de se distraire avec le jouet nommé Palestine. Ils s’en servaient lorsque leur objectif était de détruire Israël. Maintenant qu’ils en ont besoin afin de se défendre face aux Iraniens et au péril réel qu’ils représentent, le jouet ne leur sert plus à rien. Au contraire, il les gêne. D’autant plus qu’ils se sont soudain aperçus que l’Etat hébreu, depuis qu’il existe, ne leur a somme toutes jamais cherché de noises et qu’il est au contraire un voisin appréciable.  Un voisin dont la puissance, lorsque l’on s’allie à lui, devient un composant efficace de leur propre sécurité.


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L’Aviation israélienne frappe à nouveau à Damas cette nuit (info # 010512/17) Version imprimable
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lundi, 04 décembre 2017

 

© Metula News Agency

 

Métula , Beyrouth, mardi 02h30, 01h30 à Paris

 

Plus tôt cette nuit, vers 23h 45, Tsahal a attaqué et détruit le "Centre de Recherche et d’Information de Jamraya", situé à  6km au nord-ouest de Damas, à proximité de la banlieue de Qudssaya. Le centre en question se trouve par ailleurs à moins de 5km du palais présidentiel de Bashar al Assad [en noir sur la carte].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base Google Earth Pro

 

Ce raid, confirmé par Michaël Béhé à Beyrouth qui a parlé à deux témoins oculaires, a été mené selon des media arabes par des chasseurs-bombardiers israéliens.

 

Les témoins interrogés par le chef de la Ména libanaise ont évoqué de très fortes explosions provoquées par des missiles, ainsi que d’importants incendies, comme en témoigne la photographie suivante. Le bruit des détonations a été clairement entendu dans l’ensemble de la capitale syrienne.

 

Les mêmes témoins ont vu des tirs de la DCA gouvernementale contre les appareils israéliens et/ou contre les missiles qu’ils avaient lancés. L’annonce faite par l’agence de presse officielle du régime SANA selon laquelle l’Armée syrienne aurait abattu trois des six missiles tirés par les Israéliens n’est pas crédible.

 

Lors des précédents raids attribués à Israël, SANA a chaque fois publié des communiqués de ce genre, stipulant parfois que des appareils hébreux avaient été abattus, et ces "informations" se sont toujours révélées mensongères. A la Ména, nous ne pensons pas qu’en l’état actuel de son avancement, l’Armée du régime ait la capacité d’intercepter des avions ou des missiles israéliens.

 

Le Centre de Jamraya avait déjà été l’objet par le passé d’un raid du Khe’il Avir. Selon des agences de Renseignement occidentales, il abrite des unités de développement, de fabrication et de stockage de missiles, de roquettes et d’armes non-conventionnelles, à l’instar de gaz de combat.

 

Outre des Syriens, du personnel et des Pasdaran iraniens, de même que des miliciens libanais du Hezbollah participent aux activités et à la protection de ce centre. La Ména a appris que de nouvelles constructions étaient en cours sur le site, encadrées par des ingénieurs perses.

 

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Une photo des explosions prises par des habitants de la capitale syrienne

 

Au vu de l’ampleur et de l’intensité des frappes, comme dans le cas de la base d’al Kishwa, oblitérée il y a moins de 70 heures par Tsahal, on s’attend à ce que des dizaines d’individus aient péri lors du raid de cette nuit.

 

Dans le nord d’Israël, dont la frontière se situe à 55km de la cible visée, la situation est calme, la plupart des habitants, endormis, ignorant que cette attaque a eu lieu. L’Armée israélienne est déployée avec les moyens nécessaires pour faire face à toute éventualité, mais on ne distingue aucune activité particulière de sa part, ni d’effervescence.

 

A la rédaction de Métula, on considère une riposte irano-syrienne peu probable au vu du rapport de force qui penche lourdement en faveur des Hébreux et qui pourrait être la source de destructions bien plus importantes chez les Syro-iraniens en cas de conflit ouvert.

 

 
Bruxelles-Métula du 4 décembre 2017 (010412/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 04 décembre 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane juffa au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/9CVlgJrbhVk  (Youtube)

 

Au sommaire : Les derniers détails et les bilans de l’attaque israélienne de samedi en Syrie

 

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Les antisémites déguisés en “antisionistes” brûlent leurs dernières cartouches (info # 010312/17) Version imprimable