Les lecteurs remarquent, pour la plupart, que notre consœur, qui
était encore stagiaire il y a un peu plus d’un an, adopte une approche très
différente de celle des media tricolores dans sa couverture des affrontements
entre les émeutiers armés du quartier de la Villeneuve et les forces de l’ordre.
La Mosca décrit ce qu’elle voit et rapporte ce qu’elle entend ;
sans passer sous silence les éléments qui dérangent et sans instrumentaliser
les événements pour servir un but politique ou une quelconque idéologie.
Pur style Ména, qui dérange et désoriente une presse francophone,
qui, à force de gommer l’incorrect, d’utiliser un vocabulaire intentionnellement
soporifique, ainsi qu’un lexique unique et auto-imposé, ne dit plus rien du
tout. N’informe plus, au sens premier.
Un exemple : Patricia relève qu’environ cinq cents policiers,
y compris des commandos, en trois jours de tirs à l’arme à feu de la part des
séditieux, et après l’incendie de 82 voitures, n’ont arrêté que deux suspects.
Cela suffit au lecteur pour réaliser que quelque chose ne tourne
pas rond dans le traitement que le gouvernement français a appliqué aux
violences de Grenoble.
La Ména, La Mosca, sont les seules, dans le paysage médiatique
francophone, à mettre cette équation en évidence. A poser les questions justes.
Mais n’est-ce pas précisément cela le rôle du journaliste ?
Et prendre des risques et conserver la curiosité et la fraîcheur
nécessaires pour passer une nuit entière au côté d’un commando de la police sur
un local d’aération, alors que les balles sifflent à proximité, n’est-ce pas
revenir aux fondamentaux du métier ?
Que les collègues négligent peut-être.
C’est remettre le journaliste à sa place sur le théâtre de l’événement.
C’est reconnaître qu’il y a une place définie. Un journaliste, dont le boulot n’est
pas de dire à ses clients ce qu’ils doivent penser, ni de se soucier de ne pas
échauffer les esprits en parlant de calme lorsqu’il n’existe pas.
Le résultat ne trompe pas ; au bout de quelques lignes de l’article
de notre camarade, le lecteur s’aperçoit qu’il est authentique et différent de
tout ce qu’on lui propose.
Et il n’y pas que les consommateurs d’information civils qui font
ces constatations. Ce matin, j’ai été surpris en lisant les commentaires sur le
papier de Patricia que j’ai trouvés sur le forum du site du
Syndicat National des Officiers de Police français.
Eux, on ne peut pas "la leur faire" ; ce sont
probablement les gens les mieux renseignés de ce qui se déroule effectivement
dans les zones de non-droit.
On retrouve chez eux la même considération et les mêmes réflexes
que ceux des autres lecteurs face à Grenoble
ou le cimetière des rêves. C’est en lisant les commentaires de ces
officiers que j’ai ressenti la nécessité de publier ce suivi d’info.
Ils se reconnaissent dans ce que Patricia La Mosca a écrit. Ils
confirment le contenu. Ils disent que c’est pire encore que ce qu’elle décrit.
Ils se plaignent des risques exagérés qu’on leur fait prendre. Ils parlent de
leur ras-le-bol (également explicité publiquement pour la première fois dans
ces colonnes) et de ses raisons. De la certitude qu’ils ont que les gouvernants
les abandonnent ; qu’ils les considèrent, eux et les hommes qu’ils
commandent, comme de la chair à canon à bon marché.
Je rapporte ici quelques unes de leurs réactions :
Fee-ross : Pu...naise que
c'est, bien vu !!!
C'est
quand même grave/dommage (rayer la mention inutile) de ne pas avoir une presse,
(française, s'entend !) qui ne va pas chercher plus loin... pas hors de nos
frontières, mais "inside" comme le disent certains. (...)
Lemieux66 : Voici un article qui est paru en Israël.
La Ména, de son
nom complet la Metula News Agency, est dirigée au plan rédactionnel depuis le
village israélien de Métula qui lui donne son nom.
Ceci étant précisé, les
observateurs évoquent ici une vision de nos banlieues pertinente, notamment au
regard de leur expérience avérée des populations hostiles à Gaza... (...)
Sombre :Cet article (entre autres) tourne
beaucoup dans les boites persos des collègues....
Par contre je reste étonné que "certains" ne disent rien sur sa
provenance (menapress). Il semble que le choix des sources et leur accès sur le
forum dépende de certains facteurs qui m'échappent de moins en moins.
Et
puis ce commentaire détaillé d’Azerty,
que je trouve instructif quant au fond du problème et que je reproduits en
entier :
Patricia La Mosca (l’article): "Les
flics en ont très gros sur la patate à jouer les "cibles de fêtes
foraines". Les politiques ont certes parlé de rétablir l’ordre public par
tous les moyens, mais leurs ordres sont "faites gaffe de ne pas en abattre
un autre, car la situation échapperait à tout contrôle. Ne tirez que si votre
vie est absolument en danger !".
Azerty :"Oulala,
on est déjà loin ; maintenant, c'est plutôt "tirez qu'après déjà
avoir pris une bastos et que par miracle, vous êtes encore vivant, mais tant
que vous n'avez pas été atteints, serrez les miches".... c'est d'ailleurs
ce qui s'est passé à Villiers le Bel : combien de collègues allumés à l'arme à
feu ? Combien de tir de riposte ? réactyion
des politiques (on pète de joie car nos valeureux policiers ont acceptés d'être
les pigeons d'un stand de tir sans avoir riposté)".
PLM : "Hortefeux,
la peur au ventre, a commis l’acte "incontestablement héroïque" de pénétrer
dans la Villeneuve. Même entouré d’un véritable mur de séparation mobile, il
n’est toutefois demeuré dans la cité que... sept minutes, montre en main".
Azerty :
"C'est ce qui s'appelle en avoir... (je ne précise pas la
taille, ce serait désobligeant)... les mêmes politicards qui demandent à un
collègue se faisant tirer dessus, se prenant boules de pétanques, plaques
d'égouts, pommes de terre hérissées de clous et jets de pierres en tir tendu de
"garder son sang froid" des heures durant (sinon, gare à la sanction)".
Non. Inacceptable.
PLM : "Elle ne dispose pas
non plus des moyens, des hommes et des ordres pour espionner des citoyens
français, nés français, sur le sol national".
Azerty :
"Ben non, un politicard ancien MI ayant utilisé les RG [renseignements
généraux. Ndlr.] à son profit pour se maintenir au courant dans la guerre qui
l'opposait à son 1er Ministre, les a dissouts afin qu'un jour, un
autre MI qu'il serait obligé de prendre pour satisfaire une frange de sa
majorité mais en qui il n'aurait aucune confiance, ne fasse pas pareil et ne se
permette ainsi de lui faire de l'ombre.
DDV [Daniel de Villepin. Ndlr.] squizzait Nico, c'est un secret de polichinelle,
sans les RG, il aurait été aveugle, car les RG renseignaient "sur tout les
phénomènes de sociétés", pas que ceux relevant de la Police (d'où le nom
"généraux").
Il les a remplacé par des SDIG aux effectifs et moyens réduits à une peau de
chagrin".
PLM : "Quant
à la parade d’Hortefeux, elle consiste, en vérité, à placer des caméras de
surveillance à des carrefours sensibles, et à éclairer les appartements du quartier,
toute la nuit durant, avec de forts projecteurs montés sur des hélicoptères".
Azerty :
Exactement ! La réponse doit être pénale ! Tout tir sur un
policier, doit être puni de la peine prévue en cas de tentative d'assassinat
sur un représentant des forces de l'ordre (perpète - même si à titre perso, la
lame froide de la guillotine serait plus dissuasive).
Mais mettre deux fois plus de
collègues, d'hélicos et autres démonstrations de gros bras (gros bras menottés
par un manque de courage et de volonté politique) ne servira à rien.
Quand ce ne sera plus Grenoble, ce
sera ailleurs, pour peu qu'un adolescent décérébré ne soit pas capable de
comprendre ce qu'un gamin de 5 ans connait, à savoir qu'une tête de mort sur un
transfo EDF veut dire "pas touche".
Et après certains se demandent d'où vient notre démotivation. Comme je le
disais ailleurs, il n'y a pas que le financier qui nous importe, le symbolique
aussi.
Tant que le PR ne recevra pas devant les médias du JT de 20h00 le collègue qui
s'est fait tiré dessus en état de LT parce qu'il répliquait à un braqueur qui
l'allumait à l'UZI, démontre que seule sa carrière l'intéresse et que de notre
situation, il se fout éperdument.
Pourquoi le courage politique qu'ils ont pour ceux des gens du voyage qui
créent des pb (alors que d'autres se tiennent bien et travaillent durement), ne
peut-il l'avoir vis à vis de la racaille des cités, et proposer la même
solution (une connerie, hop, dehors du pays. Né en France de parents non
français ? retrait de la nationalité et retour au pays d'origine parental) ?
Peut être que manouches, gitans et autres rom ne représentent qu'un faible
pouvoir électoral... alors que ceux qui foutent la m..e dans les cités et ceux
qui vivent de leur trafic, eux, représentent une masse d'électeurs bien plus
importante !
En gros, mieux vaut être en LD [légitime défense. Ndlr.] devant un rom que
devant un zyva.
C’est en langage flic, dans leur patois. Bien sûr, il ne nous
appartient pas, une fois encore, de dire si nous sommes d’accord ou non, mais
de rapporter ce qu’on ne voit pas en France dans les media : ce qui
préoccupe les officiers de police.
On découvre un autre pan du puzzle. On apprend des choses (beaucoup)
qu’on ne connaissait pas, de la part d’acteurs principaux du face-à-face, les
garants de la sécurité personnelle des Français. Bref, c’est ça de l’information.
Même si je ne suis pas français (Patricia La Mosca l’est, elle), je
conçois aisément que les policiers ne sont pas les ennemis de la démocratie
mais, au contraire, ses boucliers.
C’est partout pareil, je veux dire dans toutes les démocraties,
et les gardiens de l’ordre font partie du camp de ceux qui défendent la loi et
l’Etat de droit. Privez-les de leurs privilèges de fonction, empêchez-les d’appréhender
les séditieux, demandez-leur de se laisser tirer dessus sans répliquer, et vous
mettrez immédiatement l’Etat en péril et encouragerez ceux qui professent
ouvertement leur haine de lui.
"L’intégration des genres
est le processus de l’évaluation, pour les hommes et les femmes, des
implications de toute action planifiée, relativement à la législation, les
politiques et les programmes, dans tous les domaines et à tous les niveaux, et
telle une stratégie pour faire des préoccupations et expériences des femmes,
comme des hommes, une dimension intégrale dans la construction, la mise en
place, le contrôle et l'évaluation de politiques et de programmes dans toutes les sphères, politique, économique et sociale, tels que les femmes et
hommes en bénéficient de façon égale, et que l'inégalité ne soit pas perpétuée.
L'objectif ultime est de compléter l'égalité des genres".(CESNU
1997/2).
Ceci constitue la définition établie par le Conseil Economique et Social
des Nations Unies (CESNU). La même
entité est responsable de l’établissement de la Commission du Statut de la
Femme (CSF), selon la résolution 11(ii) du CESNU, du 21 juin 1946.
Le site Web du CSF
des Nations Unies affirme qu’elle est "l’entité principale chargée de la
définition d’une politique globale" à être "exclusivement consacrée à
l’égalité des genres et à l’avancement des femmes".
Le CESNU a élu 11 nouveaux membres afin de remplir un nombre égal
de vacances du CSF, pour une période de quatre ans, à compter de la première réunion
de la cinquante-sixième session de la Commission, en 2011, et se terminant à la
clôture de sa cinquante-neuvième session, en 2015.
La "République" Islamique d’Iran (RII) a été élue au
sein du groupe des Etats Asiatiques (voir La
Session Organisationnelle du Conseil Economique et Social, 8 et 9èmes
réunions du 28 avril 2010 (CESNU/6419’).
Ainsi, la "République" Islamique d’Iran, - le médaillé d’argent des
championnats du monde de transgression des droits de l’homme -, siège ès
qualité de membre distingué à la
Commission du Statut de la Femme.
Ce qui suit est un bref passage en revue de la contribution de la
RII au statut de la femme, à la poursuite de l’égalité des genres.
L’article 1005 du code civil de la "République"
Islamique mentionne que le mari possède le droit de contrôle sur la liberté de
mouvement et de comportement de sa femme.
L’article 1117 remet au mari le pouvoir d’interdire à sa femme d’accepter
un emploi qu’elle aurait pu choisir.
A en croire les conclusions dérangeantes du Rapporteur Spécial Coomaraswamy (ONU. DocE/CN.4/2002/83),
les inégalités dans la loi et la justice de la "République"
Islamique d’Iran dévoilent des résultats étonnants. Par exemple, si un homme
découvre que sa femme a été infidèle, il a l’autorisation de l’exécuter ;
toutefois, le même système légal condamnera à mort une femme ayant exécuté son
époux dans une situation inverse.
Sortir du Moyen-âge et de la loi des
pervers
Autre exemple saisissant, pris au hasard des violations du statut de la
femme, l’article 1041 du code civil de la RII. Celui-ci provisionne qu’une enfant,
dès l’âge de 9 ans, peut être mariée, par son père ou son grand-père, à un
homme sans son consentement. Le fiancé pouvant être de n’importe quel âge selon
les circonstances.
Il est clair que les lois adoptées et appliquées par les
autorités en place dans la RII avilissent les femmes, laissant apparaître un
absolu dédain pour l’égalité des genres et les instruments légaux qui la
protègent.
Instruments tel l’article 3 de la Convention Internationale des
Droits Civils et Politiques (CIDCP), de 1966, protégeant "les droits égaux
des hommes et des femmes dans la jouissance de toutes les lois civiles et
politiques" ; soumettant ainsi les pays aux provisions de cet
instrument.
La "République" Islamique d’Iran a abominablement transgressé à
répétition cette provision de la loi internationale. Ce qui n’a pas empêché qu’elle
soit élue par l’instance internationale
qui se prétend l’entité principale chargée de la définition d’une politique
globale se consacrant à l’avancement des femmes et à l’égalité des genres.
Cette élection a eu
l’effet d’une humiliation insultante pour les victimes de la discrimination des
genres, autant que pour les efforts et les acquis de ceux qui font campagne
pour l’égalité des genres.
Pour le surplus,
les objectifs promis par le CESNU et la CSF ont été rendus nuls et non
avenus par la perpétration de cet acte contradictoire.
Le mal est fait : des militants tels Neda for a Free Iran, ainsi que d’autres organismes œuvrant pour
les droits de l’homme et l’égalité des genres, doivent se battre afin de remédier
à ce revers international, en prenant sur elles de redonner un sens à leur
lutte aux yeux de la communauté internationale.
Les représentants des Etats membres se réunissent chaque année dans le
quartier général de l’ONU à New York afin d’évaluer les progrès réalisés dans
le domaine de l’égalité des genres, d’identifier les défis à relever, et de
formuler des politiques concrètes pour promouvoir le progrès global de l’égalité
des genres.
Le prochain rassemblement se tiendra en 2011, à une date à
confirmer, à l’occasion de la cinquante-cinquième session. Cet événement
donnera l’opportunité de faire valoir son désaccord au sujet de la
participation de l’Iran.
Il faut retirer son siège à l’Iran ; les portes de l’arène
internationale doivent être fermées devant lui, afin de d’empêcher la "République"
Islamique d’étendre sa corruption de l’éthique de l’humanité.
La RII ne doit plus être autorisée à bénéficier de la tribune de
l’ONU pour disséminer sa propagande.
Malheureusement, la décision infâme du CESNU ne constitue pas le seul acte d’injustice commis de
l’intérieur des Nations Unies ; le Conseil des Droits de l’Homme a, par le
passé, fait étalage de son double-standard et de son respect sélectif pour le
droit à la liberté d’expression.
Le 23 mars 2007,
Hilel Neuer, le directeur exécutif d’ "UN Watch" y a prononcé un
discours éloquent, mettant en valeur la vérité si souvent délaissée. M. Neuer a
mis en lumière l’évident double-standard du Conseil des Droits de l’Homme :
"(...) mis en présence de rapports indiscutables, émanant du monde de
la torture, de la persécution et de la violence contre la femme, qu’est-ce que
ce Conseil a-t-il proclamé, qu’a-t-il décidé ? (...) sa réponse a
été le silence (...) sa réponse a été criminelle (...) dans les termes d’Harry
Truman, c’est devenu un "Conseil qui ne fait rien, un Conseil pour rien".
Mais ce serait inexact ; ce
Conseil, après tout, a réalisé quelque chose : il a statué, résolution
après résolution, en condamnant un seul Etat – Israël (...). Les dictateurs qui
orchestrent cette campagne vous diront qu’ils tentent de protéger les droits de
l’homme, les droits des Palestiniens.
Ainsi, les meurtriers racistes des
femmes du Darfour, les violeurs du Darfour, viennent-ils ici nous dire qu’ils
se préoccupent des droits des femmes palestiniennes.
Les occupants du Tibet se préoccupent
d’occupation. Les bouchers des musulmans en Tchétchénie se préoccupent des
musulmans (...).
Plus de cent-trente Palestiniens ont
été tués par des forces palestiniennes. Cela représente trois fois le total combiné
ayant servi de prétexte à la convocation de sessions spéciales en juillet et
novembre.
Mais le champion des droits des Palestiniens, c’est Ahmadinejad (...) ne
dites rien (...) pourquoi ce Conseil a-t-il choisi le silence ?
Parce que les despotes qui dirigent ce
Conseil n’ont rien à faire des droits de l’homme. Tout ce qu’ils cherchent à
faire consiste à dénaturer et pervertir les racines du langage et de l’idée des
droits de l’homme (...).
Qu’est-il advenu du rêve des
fondateurs, Eleanor Roosevelt et René Cassin, qui s’étaient retrouvés ici, à
Genève, il y a soixante ans ?
M. le Président, à force de terrible mensonges et d’inversions morales, ce
Conseil est en train de transformer ce rêve en cauchemar".
En violation du protocole de l’ONU, le président du Conseil, Luis Alfonso de Alba,décida de ne pas exprimer de remerciements pour
la déclaration de M. Neuer, et déclara qu’il ne tolérerait pas d’autre
allocution de nature similaire. Il décida qu’elle était inadmissible.
Le Liban est en train de traverser une nouvelle crise
existentielle. Qui dit crise existentielle se réfère à une situation dans
laquelle une entité est menacée d’implosion voire de disparition pure et
simple.
Ce qui distingue ce qui se déroule actuellement dans le pays aux
cèdres des phénomènes ressemblants qu’ont pu traverser d’autres Etats, c’est l’incongruité
des causes et du traitement du mal.
Vu de façon rationnelle, disons avec les yeux d’un Européen
éclairé, ce qui se déroule chez nous procède de tenants d’une simplicité désarmante.
Mais, soumis aux pressions et aux intérêts qui prévalent dans notre région, le
Liban, ses politiciens marrons et ses institutions bidon, perdent à la fois la
tête et le sens du ridicule.
Certes, une intervention de l’Occident, qui pourrait, pour le
moment, se limiter à une ferme démonstration verbale de ses responsabilités,
serait probablement de nature à canaliser la tragicomédie en marche. Mais l’Occident,
effrayé par le terrorisme d’Etat iranien et syrien, et plus préoccupé par les
autres chats qu’il a à fouetter, permet à la conjoncture de dégénérer.
Dans ces conditions, Beyrouth devient le miroir du monde arabe,
laissant apparaître sa folle immaturité, ses innombrables châteaux en Espagne et
son attirance maladive pour le recours à la violence.
Cela se résume à un troupeau de babouins gesticulant devant les
menaces d’une bande d’hyènes. Et à la négation des principes fondamentaux des
sociétés organisées, que sont la prééminence du gouvernement élu, le respect du
judiciaire, et l’asservissement des forces armées et des autorités symboliques au
pouvoir exécutif.
Dans cette chienlit absolue, ce sont les quelques individus qui
persistent à tenir un discours honorable et cohérent qui passent pour des
malades mentaux.
A l’origine de la tempête, l’assassinat de Rafic Hariri, ancien premier
ministre, et de 22 autres personnes, lors d’un attentat à la bombe, le 14 février
2005.
Le
13 décembre de la même année, le gouvernement de la république libanaise demandait
à l’Organisation des Nations Unies de créer un tribunal à caractère
international, chargé de juger les auteurs de l’élimination de son ancien
Président du Conseil.
Répondant
à cette requête, le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies
adoptait, à l’unanimité, le 30 mai 2007, la résolution 1757, ordonnant la
création du Tribunal
spécial pour le Liban (TSL).
Son
mandat : poursuivre les personnes responsables de l’attentat du
14 février 2005.
Après
une enquête minutieuse sur plusieurs années, le TSL est sur le point de rendre
public l’acte d’accusation qu’il a dressé.
Se basant sur des rumeurs
persistantes, le secrétaire
général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, se déclare persuadé que l’acte d'accusation pointe du doigt des membres et
des officiers de sa milice, comme étant impliqués dans l’assassinat du 14
février.
A
l’origine de cette hypothétique accusation contre le Hezb, l’interception par
les enquêteurs de conversations téléphoniques entre des miliciens, les jours
précédant le crime, ainsi que celui de son exécution.
Ce
qui signifierait, tous les Libanais le comprennent, que les séides hezbollanis
de Téhéran et Damas auraient, en l’occurrence, réalisé l’ordre d’abattre
Hariri, sur l’injonction du dictateur syrien Béchar Al-Assad.
Or
la milice chiite, forte de 20 000 hommes de main et puissamment armée par ses
deux commanditaires, fait régner sa loi sur le Liban, privé de toute force
capable ou désireuse de s’opposer aux volontés du Hezbollah.
Dans
ces conditions, Nasrallah, de même
que ses ministres, ses députés et ses alliés prosyriens, n’hésite pas à faire
peser sur la majorité des Libanais – les chrétiens, les musulmans sunnites et
les Druzes – la menace directe d’un putsch.
Une prise de pouvoir dans
un nouveau bain de sang, au cas où le Tribunal Spécial pour le Liban, sous la férule de
son président italien Antonio Cassese, qui échappe totalement au
contrôle de l’exécutif national, inculperait des membres de la milice, ou même,
insinuerait qu’ils pourraient avoir une part de responsabilité dans l’assassinat.
Du
jamais vu depuis la guerre de 2006 : Nasrallah a pratiqué trois interventions médiatiques durant ces dix
derniers jours. Chaque fois, dans le dessein de réfuter la crédibilité et la
compétence du tribunal international.
A l’en croire, il s’agirait
d’une création des Etats-Unis et d’Israël, visant à semer la discorde au Liban.
De plus, certains témoins clés n’auraient pas été entendus par les enquêteurs,
tandis que les témoins impliquant le Hezb auraient fait de fausses dépositions.
Le
Hezbollah, ses alliés libanais et ses sponsors étrangers dénoncent un complot occidental
visant ce qu’ils nomment "Résistance".
Les
nervis de la milice ont dégainé les épées de leurs fourreaux. C’est le cas du ministre
de l'Agriculture, Hussein Hajj Hassan, qui avertit que "le parti de Dieu n'acceptera
en aucun cas l'accusation de ses membres".
Il
s’agit d’un "projet d'accusation de la Résistance avec lequel nous ne ferons
pas preuve d'indulgence", a matraqué Hajj Hassan, précisant que les
Etats-Unis étaient "derrière ce texte", faisant bien sûr allusion à l’acte
d’accusation qui n’a pas encore été produit, et peut être même pas encore
rédigé...
Le
responsable de la région sud (limitrophe d’Israël) de la milice, le cheikh
Nabil Kaouk, prévient pour sa part : "Nous sommes déterminés à faire
face fermement au complot qui se prépare contre nous. Nous réagirons à toute
décision du Tribunal Spécial pour le Liban contre la Résistance comme étant une
mesure de fabrication israélo-américaine qu'on essaie d'appliquer, par le biais
d'instruments locaux ou internationaux".
Dans
cet esprit, le Hezbollah invite les autres composantes politiques libanaises à
rejeter l’acte d’accusation du TSL avant même qu’il ne soit produit, et à mettre sur
pied une espèce de commission nationale de remplacement de l’instance
judiciaire internationale, dont l’unique fonction serait de juger les témoins
auteurs des "faux témoignages" contre la milice.
Là
où l’affaire cesse d’être uniquement granguignolesque, c’est quand les chefs du
Hezb menacent explicitement de recourir à nouveau à la force, au cas où la
majorité élue persisterait à exiger que justice soit rendue. Ils lui collent un
canon de revolver sur la tempe en disant : la justice ou la vie !
Hassan Nasrallah : une menace en l’air
Les
chefs miliciens ne cessent de répéter cette phrase : "Le 5 mai 2008,
le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, avait donné au
gouvernement un délai de trois jours pour revenir sur les décisions qu'il avait
prises...".
Or
le 5 mai 2008, Nasrallah avait exigé du gouvernement Siniora qu’il rétablisse dans
ses fonctions l’officier en charge de l’aéroport international de Beyrouth, que
le gouvernement libanais avait démis, jugeant qu’il agissait pour le compte du
Hezbollah et de l’Iran et non celui de la République.
Le
même gouvernement avait fait appel à l’armée nationale pour faire respecter ses
décisions, mais celle-ci n’obtempéra pas.
Le
7 mai, la milice s’emparait par les armes de Beyrouth et tentait, sans succès,
de s’attaquer aux Druzes dans leur montagne. Les combats coûtèrent la vie à
plus d’une centaine de Libanais.
Face
à la gravité de ces menaces, le chef du Comité exécutif du parti des
Forces Libanaises, Samir Geagea, a déclaré que "la région passe par le
dernier quart d'heure avant la tempête" et que "le Hezbollah veut
transformer le Liban en théâtre de guerre".
Le ministre d'État Adnane Sayyed Hussein a, pour sa part, réitéré
qu’il était vital de "faire la lumière sur les assassins de Rafic Hariri,
ce qui suppose la nécessité de faciliter le travail de cette instance [le TSL.
Ndlr.]". Il a eu cette formule un peu ambigüe quant au choix qu’il fallait
faire : "il importe de ne pas sacrifier la Résistance au nom de la
justice, ni la justice aux dépens de la Résistance".
La position de la France face aux menaces de guerre civile
énoncées par les prosyriens est qu’elle tient à ce que le TSL puisse remplir sa
fonction jusqu’au bout. Mais personne, les amis de Paris aussi bien que ses
ennemis, ne prennent plus en compte les desideratas de la France, sachant qu’elle
ne se mouillera d’aucune façon pour défendre la démocratie.
Quant aux Etats-Unis, leur ambassadrice, Mme Michelle Sison, a rendu
visite au Dr. Geagea. Suite à cette rencontre, les Forces Libanaises ont publié
un communiqué affirmant que "Mme Sison avait renouvelé le soutien absolu
de son administration au Tribunal Spécial pour le Liban et réaffirmé la volonté
de Washington d'offrir "tout le nécessaire pour aider le gouvernement
libanais à étendre son autorité sur l'ensemble de son territoire afin de
préserver la paix civile".
Qu’est-ce qu’ils attendent ?
L’ambassadeur de la "République" Islamique d’Iran, pour
sa part, - infiniment plus présente sur le terrain avec 1 500 Pasdaran -, M. Ghadanfar Reken
Abadi, a déclaré que, "depuis sa fondation, l'entité israélienne constitue
une menace sérieuse pour tous les pays de la région. Israël ne supporte pas de
voir le Liban stable".
La France politiquement correcte a adoré les films de Michael
Moore. Tout particulièrement Fahrenheit
9/11.
Même si nul ne conteste plus que le cinéaste a eu recours à la falsification et au mensonge, on vous
répondra, comme l’a fait un commentateur lors d’un bref échange que nous avons
eu, voici quelques mois, sur l’antenne d’une grande station de radio, que
mentir pour la bonne cause est une action tout à fait excusable, voire digne de
louanges.
Je n’irai pas jusqu‘à affirmer que le fait que Michael Moore ait
écrit des pages antisémites ne le dessert pas du tout, mais je le pense.
Il est un autre cinéaste que la même France apprécie beaucoup :
Oliver Stone. Après des films ouvertement marxistes et férocement haineux à l’encontre
des Etats-Unis, celui-ci semblait s’être assagi en réalisant World Trade Center, film émouvant et
tout à fait acceptable sur des sauveteurs se retrouvant pris dans les décombres
de l’effondrement des Tours Jumelles, le 11 septembre 2001.
S’ensuivit une biographie de George W. Bush, appelée W, dont je pensais devoir attendre le
pire et qui s’est révélée plutôt gentille pour celui qui fut, pendant sa
présidence, l’homme le plus détesté de la Terre, loin devant Ben Laden.
Mais Stone n’est pas homme, semble-t-il, à se laisser glisser
doucement vers le confort et les bons sentiments. En cette seule année, il a
réalisé une suite à son pamphlet caricatural Wall Street, appelée Wall
Street, Money Never Sleeps (Wall Street, l’argent ne dort jamais), qui
devrait sortir bientôt en salles et ravir tous ceux qui communient dans la
haine de l’argent, la détestation de la finance, et dans l’anticapitalisme
viscéral.
Cela ne suffisant pas à refaire sa réputation, il a aussi produit
un documentaire déjà sorti aux Etats-Unis, et qui devrait atterrir
prochainement en France, intitulé South
of the Border (Au sud de la frontière), où les nostalgiques du Stone
marxiste trouveront de quoi satisfaire leurs appétits et défouler leur
frustration.
Le sujet est le caudillo Sud Américain Hugo Chavez, dépeint comme
un saint homme, ami des pauvres, empreint d’une générosité sans bornes, en
proie à l’hostilité illimitée de l’odieuse puissance impérialiste située au Nord.
Dans le pays où Stone a précisément le courage extraordinaire de
résider et de gagner sa vie de résistant, en prenant de temps à autres un peu
de repos au bord de sa piscine, dans l’horrible quartier de Beverly Hills.
Le camarade de Beverly Hills, ici avec le
camarade dictateur Hugo Chavez
« Gauchiste »
est leur carton d’invitation à demeure chez les bienpensants,
« antisémite »,
l’un de leurs dénominateurs communs
Outre Hugo Chavez, on retrouve, au fil des séquences, d’autres
personnages très sympathiques et extrêmement épris de liberté, Evo Morales,
dirigeant du mouvement des planteurs de coca, la plante dont on tire la
cocaïne, et président gauchiste de la Bolivie ; Rafael Correa, président
gauchiste de l’Equateur, Lula da Silva, président progressiste du Brésil, et,
bien sûr, Raul Castro, dictateur en exercice de Cuba, et successeur de son
frère Fidel, à qui Stone avait déjà consacré deux documentaires élogieux en
2004.
Ronald Radosh, auteur de nombreux livres scrupuleux a écrit, au
moment de la sortie de South of the
Border aux Etats-Unis, tout ce qu’il y a à en dire : « C’est une
narration d’extrême-gauche, qui fait partie d’une longue lignée de films de
propagande totalitaire, une version américaine de la vieille agitprop
soviétique.
Il n’y a pas une seule voix discordante dans le film. Et aucune
mention du fait que M. Chavez a fait fermer les stations de radio et de
télévision vénézuéliennes qui ne lui convenaient pas, et fait arrêter les
dirigeants politiques qui étaient en désaccord avec lui ».
Stone, qui veut décidément, tout invite à le penser, laisser une
trace marquante, travaille à une série documentaire appelée Oliver Stone's Secret History of America,
l’histoire secrète des Etats-Unis vue par Oliver Stone.
Son objectif non dissimulé est de traîner un peu davantage dans
la fange, non pas seulement quelques épisodes de l’histoire de son pays, mais
l’intégralité de celle-ci.
On apprend qu’y seront réhabilités des personnages aussi nobles
que Staline, Mao, et, bien sûr, le trop mal aimé Adolf Hitler. Je ne doute pas
qu’une chaîne française saura acquérir les droits de diffusion de la série. Je
ne doute pas non plus que certains lui trouveront des qualités et écriront
qu’elle donne à réfléchir.
Oliver Stone a rencontré, au cours de ses récents voyages, le
gentil Mahmoud Ahmadinejad, qui a dû lui donner des conseils sur la façon de
lire Mein Kampf et de lapider les
femmes infidèles.
Expliquant pourquoi on parlait encore tant de la Shoah, Stone, dans un entretien accordé
au Times de Londres, expliquait que
cela venait de « la domination juive sur les media », et ajoutait,
avec délicatesse, « Israël a ‘foutu la merde’ dans la politique étrangère
américaine depuis des années ».
Revenant à celui qui paraît être devenu son penseur favori, il
précisait : « Hitler est un bouc émissaire trop facilement
utilisé ». Yuli-Yoël Edelstein, ministre des Affaires de la Diaspora en
Israël, a dit, à juste titre à mes yeux, que ces remarques étaient
« antisémites ».
Stone répondra vraisemblablement qu’il n’est pas plus antisémite
que son confrère Moore, qu’il déteste surtout Israël (l’entité sioniste, comme
ils disent), et que les seuls Juifs qu’il n’aime pas sont ceux qui soutiennent
Israël, qui se souviennent de la Shoah, et qui n’ont aucune sympathie et pas la
moindre compassion pour Adolf Hitler.
Comme l’Union Européenne l’avait pré-annoncé après l’adoption de
la résolution 1929 par le Conseil de Sécurité le 9 juin, elle vient d’entamer l’application
de sanctions renforcées à l’encontre de la "République" Islamique d’Iran.
Ces mesures concernent principalement le talon d’Achille de la
dictature théocratique chiite, en cela que l’Europe s'en prend au secteur des
industries pétrolière et gazière. A partir de ce mardi, en effet, l’UE interdit
tout nouvel investissement, toute réparation, toute assistance technique ou
transfert de technologie, dans le domaine du raffinage et de la liquéfaction de
gaz.
Or on sait que l’Iran, s’il est encore le cinquième producteur d’or
noir de la planète, est incapable de fabriquer les sous-produits raffinés dont
il a besoin pour son usage domestique, et l’impact de la décision européenne
sera non nul à cet égard.
Ce qui n’interdit pas aux ayatollahs de se fournir ailleurs qu’en
Europe ou aux Etats-Unis (qui ont adopté des mesures ressemblantes à celles de
l’UE). On pense plus particulièrement à la Chine qu’à la Russie, qui rejoint les
positions des Occidentaux, au fur et à mesure des critiques acerbes, que
Téhéran multiplie dans sa direction.
Autres sanctions adoptées à Bruxelles, celles restreignant le
fret aérien et maritime perse à sa portion congrue, fragilisent les activités
de commerce international de la République Islamique. Les formalités en vue des
importations et exportations avec les vingt-sept Etats de l’UE vont devenir un
vrai casse-tête pour les islamistes.
On commence d’ailleurs à voir les prémices des restrictions décidées
par les grandes puissances sur le terrain : en juillet, par exemple, l’Iran
n’a, pour l’instant, reçu que trois cargos maritimes de carburant, contre 10 à
14 les années précédentes à la même époque.
Les trois tankers ayant rompu l’embargo provenaient de la
raffinerie turque Tupras & Unipec,
elle-même une filiale du consortium chinois Sinopec.
Quoi qu’il en soit, on manque cruellement de benzine chez les lapidateurs de
femmes, les pendeurs d’homosexuels et les coupeurs de mains d’enfants.
Et les traders ne prévoient plus qu’un seul chargement de
carburant ce mois, en provenance du Venezuela d’Hugo Chavez.
Avec l’interdiction d’activité de plusieurs banques iraniennes,
Bruxelles espère que ces mesures feront, d’une part, réfléchir Téhéran quant à
la poursuite de son activité d’enrichissement de l’uranium, et, de l’autre, qu’elles
rendront plus difficile l’acquisition de moyens techniques et technologiques
entrant dans le processus de la fabrication d’une bombe atomique.
Les Européens ne sont pas naïfs au point de s’imaginer, qu’après
tous les sacrifices consentis pour devenir une puissance militaire nucléaire,
Téhéran gèlera son programme suite aux dernières sanctions.
Ahmadinejad inspectant le site de Natanz
Jusqu’au
jour où ils seront allés trop loin
En revanche, à terme, le signal envoyé aux ayatollahs est
intéressant : il leur indique que les Européens ne craignent pas d’adopter
des mesures concrètes allant au-delà de ce qui peut se décider à Manhattan.
Mais surtout, ce signal donne à la junte iranienne matière à
réflexion, dans le sens où les sanctions de la communauté internationale ne
peuvent aller que crescendo – à moins d’un hypothétique arrêt du programme d’enrichissement
–.
Téhéran pourrait se retrouver dans une situation paradoxale, dans
laquelle il serait en mesure de construire et d’envoyer des bombes atomiques,
mais où il serait pratiquement isolé des pays détenteurs de technologie, et se
verrait ainsi contraint de vivre en quasi-autarcie.
A la Ména, nous nous demandons toutefois si le fait de coincer l’Iran
dans une situation au demeurant invivable, tout en le laissant acquérir l’arme
absolue, n’aurait pas un effet multiplicateur de son agressivité et de sa
dangerosité.
Nous sommes en mesure d’affirmer que certains ministères
européens des Affaires Etrangères partagent cette préoccupation.
Les réactions du régime islamiste aux sanctions sont multiples et
vont dans toutes les directions, selon la stratégie qu’il applique depuis
longtemps dans le cadre de ses relations avec les pays membres permanents du
Conseil de Sécurité et l’Europe.
Après l’adoption de la 1929, Téhéran a déclaré un "contre-embargo"
à l’encontre de tous les Etats qui avaient voté ou mis en marche le quatrième
train de sanctions et ses compléments US et européens.
Ahmadinejad avait averti l’Europe que "prendre parti pour
les Etats-Unis contre l’Iran serait considéré comme un acte d’inimitié contre
lequel nous réagirons".
Mais dimanche dernier, à Istanbul - qui devient, de plus en plus,
l’extrémité "fréquentable" de l’axe Iran, Syrie, Turquie -, les
émissaires d’Ahmadinejad ont annoncé que leur régime était prêt à renouer "immédiatement"
les discussions avec les Occidentaux autour de la proposition de dupes,
concoctée en mai dernier avec Lula et Erdogan.
Cette offre consistant à échanger ce qui correspond désormais à
la moitié de l’uranium faiblement enrichi en possession des mollahs, contre du
combustible nucléaire. Une entourloupe infantile, destinée à permettre à la junte
chiite de poursuivre son programme d’enrichissement, tout en obtenant la paix
et le retrait des sanctions de la part du reste du monde.
Autre réaction, celle, hier, du représentant de la République
Islamique auprès de l’AIEA à Vienne, Ali Asghar Soltanieh,qui,
suite à la décision de l’Union Européenne, a offert de reprendre le dialogue
avec l’Occident "immédiatement et sans conditions".
Auparavant, Ahmadinejad avait déclaré que son pays ne reprendrait
pas les négociations avant l’automne, pour "punir" ceux qui avaient
décrété les sanctions contenues dans la résolution 1929.
On distingue ainsi la tactique qu’a choisie la junte théocratique ;
elle se décline sur une palette qui va de l’arrogance des "contre-sanctions",
à l’idée que la junte est prise de panique, et qu’elle pourrait ainsi être rapidement disposée à interrompre son
programme de nucléaire militaire.
Bien évidemment, cette conduite ne poursuit qu’un seul but, celui
de gagner du temps, afin d’aménager aux ingénieurs atomistes iraniens le temps
nécessaire à atteindre le point de non-retour. Moment à partir duquel toutes
les négociations envisageables auront le poids de palabres creuses, car plus
rien ne pourrait alors empêcher Téhéran de devenir une puissance nucléaire.
Parallèlement à cette activité, qui se poursuit d’arrache-pied,
la "République" islamique produit en série les armes offensives dont
elle maitrise désormais plus ou moins la fabrication. C’est ainsi qu’un
responsable à Téhéran a prévenu cette semaine, que "son pays était capable
de construire des missiles balistiques en quantité quasi-illimitée",
ajoutant "que c’était exactement ce qui était en cours".
Et ces missiles menacent désormais de frapper les capitales du
Vieux continent avec des charges chimiques et bactériologiques, en attendant la
bombe. Ce, dans une tranche de temps où ni l’UE ni les USA ne disposent d’aucun
système opérationnel capable d’intercepter un missile balistique de moyenne
portée.
Ce qui explique au moins partiellement la signature, en début de
semaine, d’un accord américano-israélien donnant le feu vert et le budget
nécessaire à la poursuite du développement du Khetz-III, le futur modèle de l’intercepteur hébreu d’engins
balistiques.
Le Khetz-III,
contrairement à ses prédécesseurs, est capable de détruire des missiles
iraniens hors de l’atmosphère terrestre. Cela lui permettra d’intercepter des
fusées perses, volant plus haut et transportant de plus grosses ogives, dans
leur phase ascendante, loin du territoire à défendre.
De plus, la neutralisation pourra s’effectuer avant que la tête
du missile ne se subdivise en plusieurs charges d’attaque, théoriquement
capables d’atteindre des objectifs divers et distants les uns des autres.
A l’instar des modèles de Khetz
existants, le III sera produit
conjointement par l’Israel Aircraft
Industry et Boeing. Lors de l’annonce
de la signature du contrat, les responsables du projet ont parlé d’un délai de
quatre ans jusqu’à ce que le nouvel intercepteur soit totalement opérationnel.
A ce moment, ou plus tôt, selon certaines sources, le missile de
protection israélien pourrait être déployé de manière à défendre le territoire
européen. Le Khetz-III devenant l’une
des options principales à cet effet, avec d’autres projets en développement
assumant la même fonction.
On observe, depuis la dernière rencontre entre Binyamin Netanyahu
et Barack Obama, un afflux de budgets américains, s’élevant à plusieurs
milliards de dollars, principalement destinés au développement du Dôme de fer des Hébreux ; leur bouclier
à trois étages, destiné à protéger Israël des projectiles lancés depuis
quelques centaines de mètres et jusqu’à des milliers de kilomètres.
Cette décision de l’administration US vient servir nombre de ses
objectifs : montrer à Jérusalem qu’elle n’est pas seule dans la bataille,
exercer un contrôle sur une éventuelle action militaire de sa part, acheter une
participation (à moindre coût) dans les domaines de pointe dans lesquels les
Israéliens excellent, assurer la défense de l’Occident en complément des
projets américains qui piétinent actuellement, du travail pour l’industrie de l’armement
étasunien, et aider à faire remonter les intentions favorables au Président
dans l’opinion, en vue des élections de mi-mandat en novembre.
On aura rarement vu un investissement aussi productif !
L’auteur
de cet article,Claude Berger, est un sacré personnage.
Enfant caché, shérif à six ans, il a fait d’abord une triple carrière d’écrivain,
de journaliste et de chirurgien dentiste. Il a notamment publié "Marx, l'association, l'anti-Lénine", chez Payot, et "Pour
l'abolition du salariat", aux éditions Spartacus.
Il a signé dans Les Temps Modernes, Libé,
Le Matin, Le Meilleur des Mondes, L’Obs,etc. Mais comme cela ne suffisait pas à rassasier sa soif d’action, il a
ouvert un restaurant musical yiddish dans le cœur du Marais [1], "Le train
de vie". Et, vous n’allez pas croire qui est le chanteur principal !
Si !
Malgré l’envoi d’un bateau libyen, la fièvre médiatique pour Gaza
l’islamiste faiblit. On enlève le voile « humanitaire » et la réalité
apparait. Les « douces flottilles» n’ont qu’un but, conforter le Hamas et
sa guerre contre Israël et l’Autorité palestinienne, et faire oublier les
raisons d’un blocus limité aux armes et aux matériaux à usage militaire.
L’opération Plomb durci,
qui répliquait à l’envoi de milliers de roquettes sur le sud d’Israël, n’a pas
changé le programme du Hamas : le renversement de l’Autorité
palestinienne, l’établissement de la charia et l’éradication de l’Etat hébreu.
Fantasmes du panislamisme, partagés par les Frères Musulmans, les mollahs d’Iran, le Hezbollah, Al-Qaïda, et,
désormais, par une Turquie prise par la tentation de l’hégémonie sur les laïcs
et les minorités.
Pour l’islamisme, Israël est un pays de trop, tout comme les
Juifs sont un peuple de trop. Les victimes d’hier se seraient métamorphosées en
« bourreaux » des Palestiniens, des musulmans, des Arabes, avec la
complicité de l’Occident coupable.
Cette mythologie est favorisée, en Europe, par les orphelins des idéologies
de renversement totalitaire, aveugles devant l’islamisme, dans un climat qui
n’est pas sans rappeler la déliquescence de la conscience dénoncée par Stéphane
Zweig lors de la montée du nazisme.
Avec des grilles de lecture voisines, on confondra islamisme et
peuple palestinien, Hamas et Fatah. On contraindra l’information à entrer dans
les habits étroits d’une « vision » d’Israël déguisé en Etat
« colonial », voire nazi et génocidaire, agent de l’impérialisme
américain, nom laïc du « Satan ».
Et on rejettera ce qui en dérange l’imagerie. Au besoin, on en
fabriquera : enterrement fictif d’un militant palestinien à Djénine ;
« assassinat » fictif à Gaza d’un enfant palestinien, dont le montage
photo fera le tour de la planète ; maquillage quotidien de l’événementiel.
On en oubliera le blocus égyptien et la bienveillance de l’Autorité
palestinienne.
On taira le ravitaillement permanent de Gaza.
Apartheid ? Un habitant sur cinq en Israël est arabe. Tous
jouissent des droits de l’homme et de la représentation parlementaire, alors
que la simple présence juive en terre d’Islam est rarement tolérée.
Et qu’en sera-t-il dans l’Etat palestinien ?
Amnésie sur l’origine du conflit israélo-palestinien qui tient
dans le refus arabe, en 1948, de la création de deux Etats ; le refus de
l’Etat juif annihilant d’ailleurs tout projet de construire l’Etat palestinien
sur les territoires qui lui étaient dévolus par l’ONU.
Curieusement, il ne fut jamais question d’un Etat palestinien,
(qui n’eut jamais d’existence historique) lors de l’occupation égyptienne de
Gaza, jordanienne des Territoires - avec interdiction d’accès au Mur Occidental
pour les Juifs – ainsi que durant toute la domination ottomane du Moyen-Orient.
Avant de pencher un temps vers le panarabisme de Nasser, le mouvement
palestinien parlait la langue de l’islamisme, et, tout naturellement, le grand
Mufti de Jérusalem allait voir son ami Hitler pendant la guerre à Berlin.
Ce n’est que tardivement, et pas toujours très clairement – double
langage oblige -, que le mouvement nationaliste palestinien se sépare de ses
idéologies de naissance et accepte le principe de deux Etats.
L’islamisme, comme le nazisme ou le bolchévisme, n’accorde pas de
place, ni aux Juifs, ni à la démocratie. Il ne fait pas de place non plus aux
femmes.
Les Juifs en terre d’Islam, près d’un million, ont dû fuir,
chassés, persécutés et poussés simplement dehors.
Claude Berger
Le sionisme, loin d’être un mouvement colonial, est le mouvement
d’émancipation des Juifs, à la fois de l’Europe et des terres de l’Islam.
Les réfugiés palestiniens, partis de leur gré ou chassés en 1948,
lors de la guerre menée par cinq pays arabes contre Israël, doivent participer
à la création de leur nouvel Etat, tout comme les Juifs des pays arabes ont
façonné Israël. Question d’équivalence pour deux nationalismes.
Au début du XIXème siècle, Chateaubriand avait
parfaitement saisi le problème et dénoncé l’asservissement des Juifs et
leur état de dhimmitude sous l’oppression ottomane et musulmane :
« Pénétrez dans la demeure de ce peuple, vous le trouverez dans une
affreuse misère, faisant lire un livre mystérieux à des enfants qui, à leur
tour, le feront lire à leurs enfants.
Ce qu’il faisait il y a cinq mille ans, ce peuple le fait encore.
Il a assisté dix-sept fois à la ruine de Jérusalem ; et rien ne peut le décourager ;
rien ne peut l’empêcher de tourner ses regards vers Sion.
Quand on voit les Juifs dispersés sur la terre, selon la parole
de Dieu, on est surpris, sans doute : mais pour être frappé d’un
étonnement surnaturel, il faut les retrouver à Jérusalem ; il faut voir
ces légitimes maîtres de la Judée esclaves et étrangers dans leur propre
pays ; il faut les voir attendant, sous toutes les oppressions, un roi qui
doit les délivrer. Si quelque chose, parmi les nations, porte le caractère du
miracle, nous pensons que ce caractère est ici. » (Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem).
La campagne de presse orchestrée pour soutenir le Hamas sous
couvert de convois « humanitaires », au détriment de l’Autorité
palestinienne, a pour autre but d’entretenir le thème commun à l’islamisme et à
l’ « anti-impérialisme », de « l’illégitimité » d’Israël.
Contestant toute place aux Juifs, à la fois comme Etat-nation et
comme peuple en dispersion, l’antisionisme est bien l’antisémitisme de notre
temps.
Mais cette complaisance vis-à-vis de l’islamisme ne s’exerce pas
seulement à l’encontre d’Israël ou de l’Autorité palestinienne, il concerne la
France et la démocratie française. Les mêmes media se gardent bien de lier
entre elles les formes multiples d’incivilité et d’irrespect de la culture
nationale, qui, peu à peu, tissent la toile de l’islamisme radical.
Ici, un drapeau français remplacé par le drapeau algérien ; émeute
à Paris, stade Charléty, pour une défaite algérienne avec tentative de lynchage
d’un rabbin ; protection devenue nécessaire des imams républicains, injure au chef de l’Etat, à Saint-Denis, et à
ce qu’il incarne, le pays lui-même.
Prolifération de zones armées de non-droit, la dissolution
nationale des valeurs et de la culture est omniprésente. Intégration ou
subversion ? Diversité mesurée ou irrespect terrorisant ?
La mise en question de la légitimité de la France n’est plus de
l’ordre du fantasme. Ceux qui voudraient l’ignorer doivent se garder de prêter
l’oreille à Kadhafi, qui dit tout haut ce que d’autres pensent tout bas :
« les musulmans vont hériter de l’Europe ; la Turquie sera un cheval
de Troie… personne ne peut nous interdire de vivre en Europe… Heureusement, les
musulmans se multiplient… Même en Palestine, personne ne peut arrêter ce
phénomène… Allah a promis la victoire de l’Islam sur toutes les religions »
(Discours du 10 juin).
Il y a quelques deux siècles, le même Chateaubriand, à son retour
de Jérusalem, livrait ce propos toujours actuel : « Un nouvel Orient
va-t-il se former ? Qu’en sortira-t-il ? Recevrons-nous le châtiment
mérité d’avoir appris l’art moderne des armes à des peuples dont l’état social
est fondé sur l’esclavage et la polygamie ?
Une fois n’est pas coutume, cet article représente les opinions
confondues des quatre rédacteurs israéliens de la Ména. Devant la grossièreté
et la gravité des faits, nous nous sommes réunis à deux reprises, hier soir et
ce matin, et avons convenu des éléments clés qui figurent ci-après.
Cet article inclut notre réaction à la dépêche de l’AFP, "En
Israël, se faire passer pour juif pour séduire une femme conduit en
prison", diffusée notamment dans le Monde, qui néglige, à notre sens, des éléments prépondérants dans
la compréhension de l’événement, et instrumentalise, à nouveau, l’actualité
dans un souci de propagande.
Mais la réaction prévisible de l’agence de presse semi-officielle
française, de même que d’une partie significative de la presse tricolore qui la
suit, ne constitue pas l’essentiel de l’affaire en cause.
Elle ne fait qu’ajouter une malversation politico-médiatique à un
événement inqualifiable s’étant déroulé dans un tribunal israélien.
Aux faits maintenant : un habitant arabe de la partie
orientale de Jérusalem, Sabar Kachour, âgé de 30 ans, vient d’être condamné à
18 mois de prison ferme par le tribunal de district de la capitale pour le viol
d’une Israélienne.
Lors d’un accord de compromis avec le parquet, Kachour a reconnu
les faits qui lui étaient reprochés, à savoir d’avoir fait croire à sa
partenaire qu’il était juif, célibataire et intéressé par une relation sérieuse.
La cour, composée de trois juges, Tzvi Segal, Président – et
vice-président du Tribunal de district de Jérusalem ! -, Yoram Noam et
Moshé Drori, a, dans un second temps, infligé la peine susmentionnée à
l’accusé.
Auparavant, Sabar Kachour avait déjà, aux mêmes motifs, subi une
détention préventive de deux mois, suite au dépôt de plainte de la plaignante,
puis avait été assigné à résidence, muni d’un bracelet électronique, une année
durant, en attendant son procès.
Mais seuls les deux mois de prison ferme seront déductibles, par
décision des juges, des 18 mois que Kachour aura à purger.
L’outrage découle du fait que l’accusé n’a pas violé la
plaignante, l’acte sexuel ayant été consommé avec son plein consentement.
La cour reconnaît, dans son arrêt, que nous ne sommes pas en présence
d’un "cas classique de viol obtenu par l’usage de la force", mais a
jugé que "l’offense était suffisante pour justifier d’une peine de prison
ferme".
Elle a, de surplus, décidé d’une peine supplémentaire de deux ans
et demi avec sursis et condamné l’accusé à verser des dommages et intérêts à sa
victime.
Les juges, dans leur verdict, ont appliqué un article archaïque,
que nous considérons anticonstitutionnel, de la Loi Pénale israélienne.
En effet, l’article 345 A/2 de ladite loi, qualifiant les
"fautes sexuelles", assimile à un viol l’acte sexuel réalisé, même
avec le consentement de la femme, lorsque le "violeur" l’a
"escroquée" en lui mentant sur "son identité" et sur
"la nature de l’acte".
Cette faute est punie de quatre ans d’emprisonnement (cf. un an
et demi ferme et deux ans et demi avec sursis) par le code pénal israélien.
D’autres pays, dont des démocraties avancées comme les
Etats-Unis, ont adopté des dispositions similaires aux provisions de l’article
345 A/2.
S’il ne fait aucun doute – puisqu’il l’a reconnu – que Kachour
avait menti sur son identité, son état civil et ses intentions, les grands
avocats que notre consultant, Maître Assaf Shiloh, a contactés dès hier
après-midi, ont décrit comme abusive et totalement disproportionnée
l’interprétation, par la cour, du dol commis par l’accusé.
Sabar Kachour, ne disposant que de moyens économiques limités, était
défendu par un conseiller commis d’office, en la personne de Maître Adnan
Aladin, un Arabe israélien de Nazareth.
Maître Shiloh s’est longuement entretenu avec ce confrère afin de
connaître tous les aboutissants de la condamnation de son client, avant de
formuler son point de vue.
Il l’a vivement critiqué pour s’être rendu au tribunal sans sa
lanterne magique (sorry, je sais que c’est un sujet dramatique, mais je n’ai
pas pu me contenir).
Il en ressort que cette condamnation est inadmissible :
d’une part, au vu de la disproportion entre l’acte impliqué et la peine, et de
l’autre, au regard de ce qui nous apparaît comme l’anticonstitutionnalité de
l’article 345 A/2.
La justice a les yeux bandés !
En effet, il convient d’exfiltrer de la loi les éléments qui
concernent l’éthique et non le droit : que l’accusé se soit "mal
conduit" en se présentant à sa partenaire sous une fausse identité, ne
fait aucun doute. Mais "mal se conduire" participe d’un point
d’éthique et non de droit.
Si cette loi était plus largement sollicitée, il est à peu près
évident que la plupart des mâles d’Israël et du monde entier devraient être envoyés
– sans même s’embarrasser d’un jugement – à quatre ans de bagne.
Dans ces conditions, lorsqu’un délit peut être imputé à presque
toute la population masculine du monde civilisé, la loi devient inapplicable et
doit, conséquemment, être retirée du code pénal.
Lequel d’entre nous, mes amis, n’a pas enjolivé à dessein son
identité pour obtenir les faveurs d’une belle ?
Quand à l’auteur de ces lignes, il avoue, faisant ainsi l’économie
d’une procédure judiciaire longue et coûteuse, s’être initialement présenté à
sa fiancée comme un pilote de F-15, fils d’un milliardaire de la high-tech
(pardon papa, prof d’uni c’est pas mal aussi), qui avait promis à Nihya de
l’inviter à passer les vacances d’été sur son yacht de 38 mètres, mouillant
d’ordinaire à Monte-Carlo.
A quel poste de gendarmerie faut-il que je me constitue
prisonnier ?
Cela pourrait faire sourire si la liberté d’un innocent n’était
pas compromise. Nous sommes fous de rage devant cette sentence stupide.
Depuis hier, parallèlement à Me Shiloh, nous avons
contacté de nombreux ténors du barreau afin qu’ils interjettent gratuitement
l’appel en faveur de Sabar Kachour. Certains ont déjà donné leur accord. Un
autre nous a indiqué qu’il considérait prendre cette initiative avant même que
nous le contactions.
Sortant exceptionnellement de notre réserve de journalistes, nous
passons le plus clair de notre temps au téléphone, à sensibiliser nos confrères
de la presse en hébreu à cette erreur judiciaire. La quasi-totalité partage
notre horreur et a décidé de relever le défi.
D’autre part, à notre initiative, un petit collège d’avocats
étudie en ce moment une requête auprès de la Haute Cour de Justice afin qu’elle
considère la constitutionalité de la loi en question. La procédure existe en
Israël, reste à analyser, en droit, si elle peut aboutir.
Ces activités ne nous empêchent pas de nourrir des réflexions
plus étendues que le cas nous inspire. Par exemple : en principe, accepter
d’accomplir l’acte d’amour dépend de l’attirance que la femme peut ressentir à
l’endroit de son amant, non de ce qu’il a pu lui raconter pour la séduire.
En principe toujours, il ne devrait pas y avoir calcul, dans
l’acceptation ou le refus de consommer l’acte. Un acte sexuel, en principe encore,
n’est pas l’aboutissement d’une transaction, contre des profits immédiats ou à
venir, il ne découle pas d’un commerce.
Car si c’est le cas, si la plaignante a évalué ce qu’elle avait à
perdre et à gagner à coucher avec Sabar, cette supputation s’apparente à un
intérêt quantifiable, et l’action de chercher une contre-valeur à l’abandon de
son corps n’est pas sans rappeler le commerce des prostituées ou, au moins, des
courtisanes.
A l’heure de vérité, c’est un homme de chair et d’os qui s’est
allongé sur la plaignante, avec son consentement ; c’est ainsi sa
personnalité qui était censée l’attirer, et les éléments promotionnels dont
l’amant avait fait usage lors de la phase de séduction étaient dépassés dans le
temps par ces considérations de désir et d’envie.
On peut même franchir un pas de plus, et prétendre que la
plaignante avait, possiblement, un faible pour les bonimenteurs et les
menteurs ; et que ces deux défauts faisaient partie de l’ensemble de
choses qui l’attiraient chez Kachour.
De plus, si elle recherchait, comme elle le prétend, une relation
sérieuse et durable, elle aurait pu se montrer moins pressée d’aller cueillir
la pomme, et demander, par exemple, qu’il lui fasse découvrir son cadre de vie,
sa maison.
La décision des juges a-t-elle été inspirée par le fait que Sabar
est arabe et que la plaignante est israélite ? Rien ne permet de
l’affirmer avec certitude lorsqu’on est un journaliste consciencieux.
Mais, au vu de l’aspect hyper excessif du verdict, on ne peut pas
non plus l’exclure. D’autant plus qu’après quelque recherche, nous nous sommes
aperçus que l’un des assesseurs, Moshé Drori, a, assez récemment, été l’auteur
d’un autre verdict intolérable, sur lequel planait un épais soupçon de racisme.
Ca s’est passé à Jérusalem, en 2006, un étudiant hilkhatique
avait renversé et blessé, avec sa voiture, une nouvelle émigrante juive
éthiopienne dans un parking, avant de prendre la fuite sans lui porter secours.
Drori, Juif pratiquant lui-même, avait, en cette occasion déjà,
déclenché les critiques écœurées de ses pairs et des nôtres, en relaxant le
chauffard, Itamar Biton, afin, expliqua-t-il dans son jugement, "de ne pas
hypothéquer ses chances d’être reçu comme... juge (!!!) officiant dans un
tribunal rabbinique.
Ca donne envie d’y soumettre ses différends, non ?
Moshé Drori était tombé dans l’abjection ultime, en exprimant à
propos de la victime (pas l’étudiant hilkhatique, la caissière de supermarché),
que, "grâce à son accident, elle avait finalement été acceptée dans sa
nouvelle société".
Je m’arrête cinq minutes pour rendre. Puis je rectifie ce
que j’ai rédigé plus haut : il ne fait aucun doute que le juge Drori est un
épouvantable raciste, qui a autant sa place dans le tribunal d’un Etat
démocratique que votre serviteur aux assises du Front National.
Avec le degré d’estime dans lequel il tient les Juifs noirs, il
est vraisemblable qu’il ne soit pas non plus un adorateur de la culture arabe
et de ses pratiquants palestiniens.
Mais la raison pour laquelle Drori continue de siéger dans les
jurys, procède d’une autre aberration dans la loi de ce pays, qui veut –
partant d’un bon motif, certes, afin d’assurer leur parfaite indépendance – qu’il
ne soit pas possible de destituer les juges après qu’ils aient été nommés.
Et il faudrait une réforme fondamentale du système judicaire
israélien pour amender cet état de choses. Et il faudrait également adopter une
disposition de remplacement, apte à conserver leur indépendance aux juges, tout
en protégeant les judiciables que nous sommes, des magistrats ayant perdu le
sens de leurs responsabilités.
Drori a-t-il influé sur la lourdeur de la peine ? Possible.
Ce qui mettrait en cause la clairvoyance et le professionnalisme de ses deux
confrères.
Leur jugement est-il teinté de racisme ? C'est-à-dire :
un Juif de la bonne société de Jérusalem, représenté par un baveux à 150 000
dollars l’affaire, aurait-il été condamné à de la prison ferme pour un délit
identique à celui de Sabar Kachour ?
Je réponds non, et avec moi, la jurisprudence que j’ai eu le
temps de feuilleter depuis sept heures ce matin.
A la question : Kachour aurait-il été condamné à l’enjôlement
devant 99% des autres jurys formés de trois magistrats, je réponds non
également. Jusqu’à maintenant, il n’a pas été particulièrement assisté par la
chance.
Peut-on, comme le font Le
Monde et l’AFP, généraliser le
verdict frappant le Palestinien à l’ensemble de l’appareil judiciaire israélien ?
Présenter le cas de l’accusé comme s’il émanait d’un esprit général qui
régnerait ici, serait le témoin d’un racisme d’Etat et même d’un racisme
populaire ?
C’est ridicule. Aussi excessif que le verdict qui nous révolte.
L’affirmation contenue dans le titre du Monde : "En Israël, se faire passer pour juif pour
séduire une femme conduit en prison" est mensongère. Si cela était le cas,
des centaines de musulmans croupiraient dans nos prisons à ce motif.
Ce qui est vrai, c’est que, dans un cas spécifique, se faire
passer pour Juif ET CELIBATAIRE (tu as à nouveau oublié un mot, AFP, ya distraite !), au terme d’une
procédure scandaleuse, a conduit un non-Juif en prison.
La généralisation est venimeuse, indue. Un juge maboule ne fait
pas Israël, tout comme un juge fada français ne représente pas la France.
Au temps pour les justiciers masqués, qui crient à l’apartheid
dans les commentaires liés à la dépêche de l’AFP-Monde !
Ce sont des ignares, ne connaissant rien d’Israël, tirés servilement
par les narines, depuis des années, par une presse française spécialisée dans
le funambulisme sur la ligne de démarcation de l’antisémitisme actif.
Israël, sa population et ses autorités sont largement moins
racistes que leurs homologues dans l’hexagone. Et Israël se trouve en guerre de
survie contre des pays musulmans depuis le jour de sa naissance. Et les
insultes "bounioul", "raton", "bicot", "scabèche",
"melon", etc., ne sont pas d’usage de ce côté de la Méditerranée. Il
n’en existe pas non plus de remplacement.
Par Patricia La Mosca, envoyée spéciale à Grenoble
Je me trouve à Grenoble
depuis samedi matin, soit un peu plus de 24 heures après le déroulement du fait
divers servant de prétexte à cette "petite guerre civile", comme je
l’ai entendu appeler par des responsables sécuritaires.
Depuis, l’entrée dans le
quartier de la Villeneuve ressemble à l’accès à Gaza ; les véhicules sont
systématiquement fouillés, leurs passagers brièvement interrogés.
250 CRS ainsi que deux
commandos d’élite de la police, le GIPN et le RAID, se sont positionnés aux
points stratégiques de la cité. Ils portent des gilets pare-balles et des armes
de guerre. Certains sont des snipers, reconnaissables au fin fusil à trépied,
surmonté d’une grosse lunette qu’ils utilisent.
Face à eux, des grappes
de jeunes gens qui palabrent, les mains nues, mais les regards chargés de
menaces et de haine.
La Villeneuve a cela
d’étonnant que l’endroit est plutôt joli et sympathique, surtout lorsqu’on ne s’approche
pas des cages d’escaliers. Ici, contrairement à la plupart des zones de
non-droit que j’ai eu l’occasion de visiter, il y a visiblement eu une
recherche architecturale.
Les maisons ne sont pas alignées symétriquement, elles ne sont
pas semblables, ce ne sont pas des poulaillers comme on en a vus ailleurs, et
les avenues verdoyantes dans lesquelles – habituellement – circulent les
tramways aèrent la ville.
Peu de confrères journalistes... exécrable couverture médiatique
des événements. Partout c’est la langue de bois qui domine, à croire que la
langue française manque de mots.
Peu de reportages aux journaux télévisés, dépouillés, hors sujet,
plus éloignés des acteurs de l’actualité que lorsqu’on mentionne un incident à
Bethlehem. Ca n’a pas l’air de se passer en France.
L’homme qui a attaqué le casino d'Uriage-les-Bains,
au fusil mitrailleur, avec un complice, est uniformément présenté tel un
"délinquant" ou un "braqueur". Son nom figure sur les
dépêches d’agences et les articles, il s’agit de Karim Boudouda.
Multirécidiviste à 27 ans, condamné
trois fois aux assises, on peine à saisir ce que cet individu faisait en
liberté. C’est à croire qu’il a commencé ses braquages à l’âge de dix
ans ?
Boudouda est le seul individu du
quartier de la Villeneuve, après quatre jours d’affrontements, dont le nom ait
été révélé.
Les autres acteurs (des centaines,
non des dizaines) de la tragédie sont tous anonymes pour la presse, sans
visages, sans motifs, sans stratégie et sans dénominateurs communs. On a réussi
la stérilisation totale des événements gravissimes qui secouent ici la France
depuis quatre jours ; on est parvenu à réaliser le tour de force de vider
ce soulèvement armé de toute substance, de tout point de référence que le
public pourrait reconnaître.
Ca se résume officiellement
à la bataille que livrent des défenseurs de l’Etat, faisant bloc autour du
ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, qui a déclaré, samedi, sous mes yeux
à Grenoble, qu'il souhaitait "rétablir l'ordre public et l'autorité de
l'Etat au plus vite et par tous les moyens".
Mais ils
guerroient contre des martiens : des gens sans identité, des fantômes, des
"émeutiers" que le téléspectateur a l’interdiction de voir de près.
Hortefeux, la peur
au ventre, a commis l’acte "incontestablement héroïque" de pénétrer
dans la Villeneuve. Même entouré d’un véritable mur de séparation mobile, il
n’est toutefois demeuré dans la cité que... sept minutes, montre en main.
Guerre ? Pas
à en croire les confrères, s’efforçant – vous l’aurez compris – de minimiser
l’affrontement, titrant, bilan après bilan : "La nuit a été plus
calme", "La nuit a été calme", etc. A les lire et à regarder les
chaînes nationales, je me demande par moments ce que je suis venue faire en
Isère hors de la saison du ski.
Certes, mais
jusqu’à samedi soir, en matière d’affrontements armés, les confrères, avec
insistances, se bornaient à parler d’un individu isolé (probablement un
lunatique), qui, lors d’une manifestation, avait sorti un pistolet de petit
calibre.
"Ca fait
chi... d’entendre des trucs comme celui-là", me glisse un policier, qui
m’a admise dans sa planque, pas longtemps après l’éclatement de cinq coups de
feu très distincts, pas loin de l’endroit où nous nous trouvons.
"Dites à vos
lecteurs qu’ils tentent de nous descendre", me prie l’homme en uniforme.
Illustration : les deux projectiles de gros calibre tirés sur un véhicule
en mouvement de la BAC – la Brigade Anti-Criminalité -. C’était la
nuit dernière (dimanche à lundi), dans le "caaalme décrit pas mes
collègues.
Les flics en ont
très gros sur la patate à jouer les "cibles de fêtes foraines". Les politiques
ont certes parlé de rétablir l’ordre public par tous les moyens, mais leurs
ordres sont "faites gaffe de ne pas un abattre un autre, car la situation
échapperait à tout contrôle. Ne tirez que si votre vie est absolument en
danger !".
Alors ils essuient
sans broncher, mais avec les boules. La nuit de samedi à dimanche, que j’ai
passée dehors, j’ai au moins entendu sept épisodes de tirs. L’un semblait provenir
d’une arme automatique, mais je ne suis pas une experte en balistique.
Commando d’élite du GIPN
Groupe
d’Intervention de la Police Nationale
L’un des délégués
syndicaux des policiers, Daniel Chomette, a déclaré que ses confrères
"avaient atteint un seuil de rupture", et j’ai recueilli tous les
éléments nécessaires pour le confirmer.
Ce lundi, il n’y a que deux individus
en garde à vue. Un troisième est détenu pour un motif qui n’a rien à voir avec
les émeutes. Toutes les autres personnes appréhendées ont été relâchées ou sont
sur le point de l’être.
On saisit à quel point la chasse et
les moyens mis en œuvre ont été improductifs, en considérant que 82 voitures
(d’habitants du quartier) ont été incendiées depuis vendredi, un tramway, trois
gros véhicules de chantier, deux centres de formation et plusieurs commerces,
dont certains ont été pillés.
Deux suspects uniquement ?
Forts, ces martiens !
En vérité, c’est principalement le
renseignement qui fait défaut, car la police n’avait jamais considéré qu’elle
devait se préparer à une confrontation armée. Elle ne dispose pas non plus des
moyens, des hommes et des ordres pour espionner des citoyens français, nés
français, sur le sol national.
Des martiens que les confrères se
contentent d’appeler du même substantif : "les jeunes". Les vrais
jeunes n’ont pourtant rien fait pour mériter cette comparaison peu flatteuse ni
cette usurpation sémantique. Une usurpation qui fait immanquablement penser,
pour ceux qui suivent la Ména, à "activistes" et "militants"
lorsqu’ils décrivent les terroristes du Hamas. La réalité ce sont eux qui la reconstruisent.
En fait, on se trouve en plein
scénario d’autodestruction : un régime démocratique et la presse protègent
des agresseurs défiant leurs valeurs et les règles de leur civilisation.
Dans le cas de Grenoble, on doit
refuser, au risque de perdre son âme, d’entrer dans toute discussion contenant
la moindre justification de la rébellion, violente et armée, menée par des membres de la communauté
musulmane de la Villeneuve.
Car si l’on accepte de lier le sort
d’un gangster, s’attaquant au fusil-mitrailleur à une salle de casino remplie
de clients et de personnel, à des revendications sociales ou politiques, et à
l’usage d’armes à feu contre des policiers, nous aurons cessé d’être. Non
seulement en tant que Français, mais en tant que société organisée tout court.
Il se planque où, l’autre avec son Karcher ?
Et le parti socialiste, avec son
silence insupportable, complice, électoraliste ?
On dirait que le
seul programme politique des formations modérées participe désormais à ressusciter
le Front National.
Quant à la parade
d’Hortefeux, elle consiste, en vérité, à placer des caméras de surveillance à
des carrefours sensibles, et à éclairer les appartements du quartier, toute la
nuit durant, avec de forts projecteurs montés sur des hélicoptères.
Les habitants
innocents – en plus du stress qu’ils subissent – n’ont pas fermé l’œil de la
nuit. Ceux qui ne sont pas innocents et qui les terrorisent : on n’en a
rien à faire !
A déclencher une
insurrection armée au motif qu’un gangster multirécidiviste a été abattu par la
police après lui avoir tiré dessus, ils montrent qu’ils refusent de se plier à
la loi du pays qu’ils habitent ; il n’y a pas le début de recherche de
justice dans le comportement des séditieux.
Il y a la
revendication de faire la loi, d’être la loi, partout où ils sont et quoi qu’ils
fassent, de remplacer l’Etat de droit par la loi des caïds des quartiers. Ou,
au moins, de tenir l’Etat hors de leurs royaumes de drogue et de trafics.
Ce qui se déroule
ces jours à Grenoble est un avertissement pour le moment à moindres frais. Il y
a des arsenaux d’armes de guerre dans les quartiers, des membres de gangs qui
ne craignent pas même les unités d’élite de la Police française.
Des voyous qui ne
paieront certainement pas pour les dommages qu’ils viennent d’occasionner et
qui s’élèvent à des millions d’euros. C’est nous qui raquons !
Mais ce n’est pas
cela qui importe réellement. Ce qui compte, c’est le défi qui est lancé au
gouvernement de ce pays, à ses juges, à ses partis politiques et à ses
citoyens. L’heure de vérité commence à sonner.
Les caïds des
autres zones de non-droit se frottent les mains : les Français ont peur
d’eux. L’embrasement général n’est qu’une question de date, de déclencheur, d’opportunité,
de prétexte ; et la police, à en croire ce que m’ont dit ses meilleurs
éléments, n’est pas prête et se trouve en sous-effectifs.
Reste que la
solution, s’il en existe une, n’est pas policière. Les forces de l’ordre sont
un moyen, non une issue, ne le perdons jamais des yeux.
Pas de yaka et de faukon dans cet article,il
existe une véritable problématique. Premier problème : ces gens s’asseyent
sur notre espoir de les intégrer dans les traditions et les règles de notre
société.
Maintenant, ce
sont eux, au contraire, qui entendent nous intégrer aux leurs. Et ils ne
cessent de le hurler ; si on ne les entend pas, c’est que mes confrères
sont sourds et prudents. Ils empêchent l’information de vous parvenir.
A une époque où toutes les grandes économies occidentales
souffrent d'une dette publique excessive et d'une mauvaise gestion des finances
publiques, les marchés financiers ont adopté un nouveau rôle.
De mois en mois (et presque de semaine en semaine), ils indiquent
par des mouvements rapides de capitaux quel espace économique leur paraît le
plus inquiétant pour les investisseurs.
Il y a deux mois, c'était l'Europe qui était au centre de leurs
préoccupations, à la suite de la faillite grecque et de la détérioration des
comptes publics de plusieurs autres Etats.
Les mouvements massifs de capitaux hors d'Europe, au printemps,
ont eu - pour l'instant du moins - l'effet espéré. Pour éviter la faillite
complète, tous les gouvernements d'Europe ont annoncé des mesures drastiques
d'économies : réduction du nombre de fonctionnaires et quelquefois
réduction de leurs salaires, coupes sombres dans les subventions.
Les investisseurs semblent donner à l'Europe le bénéfice du doute
après ces décisions. La semaine dernière, les deux pays qui semblaient les plus
menacés par la banqueroute - la Grèce et l'Espagne - sont parvenus à placer
sans difficultés particulières de nouvelles émissions de leur dette d'Etat.
En revanche, la même semaine a été marquée par des signes de
nervosité croissante des marchés au sujet d'une autre économie occidentale qui
ne montre pas les mêmes signes de retour à la raison dans la gestion des ses
comptes publics : celle des Etats-Unis d'Amérique.
Jeudi dernier, la réserve fédérale (la "Fed", Banque Centrale
américaine) a reconnu, dans un communiqué, que l'économie américaine ne
retrouverait sans doute pas un chemin de croissance normal avant cinq ou six
ans.
Le communiqué ajoutait que la Fed, en conséquence, ne pourrait
pas réduire ses émissions de dettes comme initialement prévu. Elle pourrait, au
contraire, avoir besoin d'une nouvelle augmentation de ses émissions.
Les marchés financiers ont immédiatement réagi à cette annonce en
vendant des quantités massives de dollars. La monnaie américaine a commencé à
glisser par rapport à toutes les autres monnaies de référence, et ce mouvement
se poursuivait encore à la fin de la semaine.
Les analystes de la banque d'affaires Goldman Sachs s'attendent à
ce que le dollar continue à baisser au moins jusqu'à la fin 2010 ; ils voient
l'euro, à cette date, revenu à 1,35 dollar.
Une question de temps et d’instabilité
Jusqu'à récemment, en période de crise financière, le dollar
servait de refuge aux capitaux inquiets par l'instabilité des marchés. Cela
avait encore été le cas à l'automne 2008, lorsqu'une crise financière qui
trouvait son origine dans le système financier américain avait paradoxalement
provoqué la hausse du dollar.
Ces temps-là sont manifestement terminés. Ce n'est pas qu'il n'y
ait pas de mauvaises nouvelles venant des autres zones économiques (le
jour même de l'annonce de la Fed, la Chine annonçait un ralentissement assez
significatif de ses perspectives de croissance). Mais ce sont les Etats-Unis
qui, pour les investisseurs, sont devenus le premier problème économique de la
planète.
Les causes de l'inquiétude des marchés ne sont pas seulement
financières. Certes, l'augmentation rapide de la dette américaine (bien partie
pour dépasser 100% du produit intérieur brut dans quelques années) commence à
causer des inquiétudes sur la capacité de remboursement à long terme.
Mais plus encore que les seuls chiffres de la dette, c'est la
politique économique du Président Obama qui suscite l'inconfort des investisseurs.
Alors que l'Europe a reconnu ses problèmes financiers et pris les
premières mesures nécessaires, les USA n’ont rien fait de tel. Au contraire,
lors du dernier G8, le Président Obama a tenté (en vain) de convaincre ses
collègues européens de relancer les dépenses publiques pour soutenir la
croissance.
Le Président ne semblait tout simplement pas comprendre, qu'une
politique de dépense publique agressive en Europe aujourd'hui, conduirait
inévitablement à un retrait des financements de marché, et donc à la faillite
pure et simple des Etats européens.
Cette démonstration d'illettrisme économique de la part de
l'homme le plus puissant du monde ne pouvait pas rassurer les investisseurs.
Elle a contribué à les convaincre que la situation actuelle des Etats-Unis
- croissance très faible, investisseurs méfiants, taux d'intérêt proches de
zéro et déficit supérieur à 10% du produit intérieur brut - n'allait pas
s'améliorer de sitôt.
Obama reste convaincu que la bonne réaction de l'Etat face au
marasme économique consiste à dépenser toujours plus. Il ne veut pas ou ne peut
pas appréhender que l'accumulation des déficits inquiète les ménages et les
entrepreneurs, et retarde les décisions d'embauche, d'investissements et de
dépenses. Jusqu'au point où toutes ces décisions retardées finissent par
retirer bien davantage à l'économie que le surcroît de dépenses publiques ne
lui a apporté.
Ce n'est pourtant pas faute de données disponibles. Il y aura
bientôt dix-huit mois (en février 2009) qu'Obama a fait voter, sous le nom de
"stimulus", le plus grand programme de dépenses publiques de
l'histoire de l'humanité.
Un an et demi plus tard, la croissance reste plate et les
indicateurs avancés de l'économie américaine (confiance des entrepreneurs,
trafic portuaire, commandes passées aux usines, vente de logements neufs) sont
tous passés au rouge.
La combinaison de tous ces indicateurs rend même désormais assez
vraisemblable le retour, d'ici un ou deux trimestres, à une situation de
récession aux Etats-Unis.
Mais le Président Obama est trop intelligent pour accepter la
leçon des faits.
Au lieu d'admettre que la relance par la dépense publique est un
échec, il a fait de son mieux pour réduire encore la confiance des entreprises
et des ménages, par une série de lois qui garantissent à peu près certainement
un long ralentissement des investissements, des embauches et des dépenses.
La première de ces lois fut la réforme de l'assurance santé.
Cette réforme, qui fait passer sous le contrôle de l'Etat le
sixième de l'économie américaine, ne sera pas stabilisée avant plusieurs années,
du fait de son incommensurable complexité.
Elle a des effets sur tous les employeurs américains :
chargés de financer l'assurance santé de leurs employés, ils sont aujourd'hui
incapables d'évaluer ce que sera le coût de cette assurance d'ici quelques
années.
Faute de pouvoir prédire le coût du travail, les employeurs,
autant que possible, ont cessé d'embaucher. Depuis qu'Obama a pris le pouvoir,
le nombre d'emplois aux Etats-Unis a baissé chaque mois.
Plus récemment, on constate un découragement massif des chômeurs
américains, qui cessent leurs efforts de recherche de travail. En deux mois
(mai-juin) la force de travail aux Etats-Unis a ainsi été diminuée de près d'un
million de personnes.
Après avoir créé l'incertitude sur le coût du travail, Obama
s'est attaché à la créer aussi sur le coût de l'argent. La loi de réforme de la
régulation financière, adoptée la semaine dernière, n'est pas, comme la presse
l'a souvent présentée, simplement destinée à la règlementation des marchés
financiers (ou, comme les journalistes aiment à l'écrire, de "Wall
Street").
Cette loi couvre l'ensemble du secteur financier américain, de
très loin le plus large du monde - y compris la banque de détail et les prêts
aux entreprises.
Comme pour l'assurance santé, ce domaine d'application est si
gigantesque, que la plus grande partie des effets réels de la loi ne sera
connue qu'après plusieurs années.
Les dizaines de nouvelles instances de régulation créées par la loi
(couvrant par exemple le coût des cartes de crédit, la protection des
consommateurs et les règles régissant les prêts immobiliers) ne sont pas encore
nommées.
Il faudra plusieurs années pour que leurs décisions deviennent
assez prévisibles pour permettre aux entreprises de les intégrer dans leurs
calculs d'investissement et d'embauche.
Peut-on encore aggraver l'incertitude des entrepreneurs quand on
a déjà rendu impossible toute prévision des coûts du travail et des coûts de
financement ? Cela semble difficile, mais Obama n'a pas pour rien été décrit
par ses partisans comme le plus intelligent des Présidents.
A un peu moins de deux
ans de l’échéance de son premier quinquennat, les choses se présentent de
manière morose pour le Président Nicolas Sarkozy. Selon un sondage réalisé
durant ce mois de juillet par l’institut LH2,
il bénéficierait actuellement de 33 pourcent d’opinions favorables.
Soit la moitié qu’en 2007
à la même époque. A poursuivre sur la même voie, il va bientôt falloir
instaurer une échelle négative afin de présenter le soutien dont jouit le
pensionnaire de l’Elysée.
Avec tout ce qu’il est
permis de penser sur la valeur des enquêtes d’opinion, il reste à convenir que
ce sont ceux qui y répondent qui font et défont les présidents. Et quand tous
les instituts annoncent les mêmes tendances, à moins de vouloir se suicider
politiquement, il vaut mieux faire le point et s’enquérir de ce qui ne tourne
pas rond.
Certes, en ce qui
concerne Sarkozy, il existe un front
d’antis systématiques suspect (un réseau ?), passant le plus clair de
son temps à chercher à la loupe des prétextes pour s’en prendre au Président.
Je pense principalement à Libé et à l’Obs, dont le parti pris méthodique contre
ce chef de l’Etat français constitue un nouveau record historique.
Ces media et d’autres
soutiennent concurremment tous ceux qui s’attaquent à la présidence ainsi que la
moindre de leurs initiatives dans ce sens. Dans les cas de Ségolène Royal et de
Martine Aubry, on franchit régulièrement le seuil du théâtre-guignol.
Cette posture trouve sa
prolongation auprès d’un nombre conséquent de journalistes et d’humoristes. On
ne se souvient pas avoir jamais entendu parler – même pour rire – de
sodomisation du premier personnage de la République sur une radio publique.
Pas plus qu’on avait vu
de publication satirique proposer un montage photographique montrant un
président en train de pénétrer une chèvre.
La publication en
question, le Monte, dont la société
d’édition, Sonora Média, a été assignée
en justice par le chef de l’Etat, était représentée en la circonstance par notre
ami Patrick Klugman. Un avocat qui se spécialise décidément dans la défense des
causes nobles...
Force est de constater,
donc, qu’il existe une fronde "naturelle" de haineux inconditionnels,
constituée par les reliques de la presse mitterrandienne, rejointes dans leur
ressentiment par leurs confrères et amis chiraco-villepénistes.
Il n’est guère facile de
se faire des amis lorsqu’on est élu sous une bannière réformatrice, remettant
en cause tous les principes de gouvernance appliqués précédemment.
Il est alors plus
qu’urgent de lancer et de réussir les réformes que l’on préconisait, afin de
créer un nouveau réservoir de satisfaits
du régime, capable supplanter les adversaires en les noyant sous le nombre.
On entre là dans la
critique authentique de l’action de Nicolas Sarkozy, et, force est de le constater,
il est en voie d’échouer.
On ne lui reprochera pas,
bien sûr, d’excès d’autoritarisme, ni de mettre en danger l’expression
plurielle de la République. Ces arguments, agités par les antis depuis la campagne électorale, apparaissent, au fil du déroulement
du quinquennat, absolument ineptes et relevant de la seule invective.
On n’avait jamais été
plus libre en France, que ce fut sous les gaullistes, les post-gaullistes ou
les mitterrandiens.
Mais pour le reste... le
premier problème – non des moindres -, est celui du "positionning",
du positionnement politique.
Enoncé plus simplement :
pour être apprécié, à la tête de l’Etat, il convient de se forger une
"clientèle", soit un groupe important de personnes, pour l’intérêt
desquelles on œuvre plus particulièrement et avec succès.
Chez Sarko, cependant, tout
semble fait à l’avenant, et on dirait qu’il s’ingénie à décevoir la ou les
"clientèle(s)" qui l’ont porté au pouvoir. Ce sont elles qui se
réduisent maintenant telles des peaux de chagrin.
Car, quand on se promène
dans une zone de non-droit, en promettant de la "nettoyer au Karcher", on a meilleur temps de
faire évoluer la situation des quartiers.
Or, en consultant les
diverses informations que m’ont fournies des camarades français, spécialistes
du problème, il apparaît, sans le moindre doute, que la condition de ces zones
échappant au contrôle de l’Etat a encore empiré depuis la promesse de Sarko.
Mais pour des millions de
citoyens, inquiets de la multiplication, de l’extension et de la radicalisation
de ces quartiers, l’insécurité qu’ils représentent constitue toujours le
premier sujet d’inquiétude.
Lors, l’inaction ou
l’incapacité d’agir du candidat pour lequel ils avaient voté les éloigne
irréversiblement de lui, accentuent leur sentiment d’impuissance et de révolte,
et finissent par les faire migrer vers l’extrémité droite de l’échiquier
politique tricolore.
La même constatation est
à tirer en ce qui concerne les Israélites et les amis d’Israël dans
l’Hexagone : à l’occasion de l’élection de Nicolas Sarkozy, ils avaient
démontré la fausseté de l’équation proposée par Pascal Boniface, en 2001, en sa
qualité de conseiller du PS, selon laquelle il fallait impérativement épouser
la cause palestinienne si l’on voulait briguer l’Elysée.
Les amis de l’Etat
hébreu, à l’occurrence de mai 2007, avaient, au contraire, établi qu’il était
préférable de déclarer avoir décidé à Jérusalem de se porter candidat à la
présidence française pour y parvenir.
Un dossier sensible,
préparé par des scientifiques français, dont une copie avait été remise à la
Ména, concluait que plusieurs millions de citoyens tricolores ressentaient un
lien ou une empathie en faveur d’Israël.
Dans ce nombre, pour
trois millions de personnes, cet intérêt constituait le déclencheur principal
de leur choix lors d’une élection présidentielle, et pour quatre millions
supplémentaires, "un facteur prépondérant dans leur choix".
Or ces personnes avaient
été déçues, voire blessées, par le penchant massivement proarabe des politiques
de Chirac et de Mitterrand, et écœurées par le traitement biaisé,
systématiquement anti-israélien, de la presse francilienne, et notamment des
media publics.
Des millions de Français
étaient persuadés, par exemple, que l’avènement de Sarkozy à l’Elysée
coïnciderait avec la mise en lumière des circonstances de la mise en scène de
l’"assassinat de Mohamed A-Dura", et la prise de mesures justicières
contre ses auteurs, et contre ceux qui s’emploient à les protéger.
Mais trois ans après,
Charles Enderlin est toujours correspondant permanent à Jérusalem, et Arlette
Chabot, directrice de l’information à FR2.
Charles s’est même vu remettre la Légion d’Honneur pour son œuvre de
journaliste, ce qui est subi comme une insulte personnelle par cette clientèle, qui avait voté Sarko à 85%.
D’autre part, l’Elysée
n’a strictement rien fait pour l’application de la résolution 1701 à l’ensemble
du Liban, alors que cette résolution avait été proposée dans l’urgence et avec une
insistance particulière par la France au Conseil de Sécurité, en 2006.
Paris avait obtenu de
Jérusalem qu’elle interrompe son offensive contre le Hezbollah, en lui
garantissant qu’elle obtiendrait la mise en place complète des termes de cette
résolution.
Depuis, au mépris de la
1701, la Syrie livre des missiles par centaines au Hezbollah, pouvant tuer des
milliers de personnes à Tel-Aviv.
La France, sous Sarkozy,
n’a pas levé le petit doigt pour s’opposer de manière efficace à cette
violation de la part de Damas. Au contraire, elle a demandé répétitivement à
Jérusalem de cesser ses vols de surveillance, destinés à mesurer l’étendue des violations.
Très récemment, son
ambassadeur au Liban, Denis Pietton, s’est gaussé de ce que la France n’avait
pas voté pour classer le Hezbollah dans la catégorie des organisations
terroristes. Ses victimes civiles en Galilée et leurs cousins à Paris apprécieront.
Plus près de nous, en
2009, Sarkozy et Kouchner se sont rendus en chair et en os à Jérusalem afin de
signer l’engagement de la France à faire cesser la contrebande entre l’Egypte
et la Bande de Gaza, en échange de l’arrêt de l’opération Plomb Fondu.
Israël a mis un terme aux
hostilités, tandis que la France n’a pas empêché la livraison au Hamas d’une
seule grenade à main.
Du point de vue
stratégique, on ne saisit toujours pas, à la Ména, le rationnel qui a poussé
Paris à sauver ce qui pouvait l’être du potentiel de destruction du Hamas et du
Hezbollah. Dans l’optique des intérêts tricolores, cela nous paraît à tout le
moins... contreproductif.
Et puis, le pensionnaire
de l’Elysée ne manque plus une occasion de stigmatiser l’attitude d’Israël :
il a ainsi condamné l’arraisonnement du Mavi
Marmara, qualifiant, une nouvelle fois, le comportement de l’Etat hébreu de
"disproportionné".
Si rien ne change et que
Sarko se représente en 2012, la "clientèle" pro-israélienne française
préférerait l’actuel président à une Martine Aubry, mais donnerait
majoritairement ses faveurs à quelqu’un de plus net ou de plus prometteur en
regard de l’Etat hébreu, à l’image d’un Dominique Strauss-Kahn. Ce, dans des
proportions qui pourraient s’avérer décisives au moment du décompte final.
En la matière, Nicolas
Sarkozy a éloigné de sa personne une autre catégorie significative d’électeurs qui
lui était largement acquise lorsqu’il avait disposé de Ségolène Royal. C’est à
croire qu’il mène ses relations publiques dans la plus complète des improvisations.
Autre problème de Sarko,
les actes manqués. A l’instar du joueur d’échec, un chef d’Etat se doit
d’examiner l’impact du prochain coup, et toutes ses conséquences, avant de
toucher une pièce.
Est-ce à mettre sur le
compte de l’hyperactivité ou de la futilité du président ? En tout
cas, c’est précisément ce qu’il ne fait pas. Il confond allègrement les idées
et les projets. Comme lorsqu’il a fait part de son intention de voir chaque
écolier de l’hexagone adopter à titre posthume un enfant tué à l’occasion de la
Shoah.
Belle idée au demeurant, mais
c’était sans prendre en compte l’effet traumatisant qu’elle aurait sur les
jeunes du XXIème siècle. Était-il vraiment impossible de penser à
cet incontournable écueil avant de proposer ce projet et d’être contraint de le
retirer, en essuyant une nouvelle défaite, en tous point inutile autant qu’évitable
?
Et le projet de l’Union
de la Méditerranée ? Un mauvais gag, au mieux un commencement d’ébauche,
mais qui a sérieusement endommagé les relations avec l’Allemagne d’Angela
Merkel.
Madame Merkel, dont la
réaction pourrait être résumée par celle de notre confrère de Libération, Jean
Quatremer,sur son blog les Coulisses de Bruxelles : "Une affaire mal ficelée, mal
préparée, mal vendue".
Un projet pour lequel il
était, de surcroît, fort prétentieux de nommer l’insipide Valérie Hoffenberg au
titre incroyablement pompeux de "Représentante spéciale de la
France pour la dimension économique, culturelle, commerciale, éducative et
environnementale du processus de paix au Proche-Orient". Et de lui attribuer, en 2008, la Légion d’Honneur. Cela prend
des allures de promotion canapé, même si, possiblement, cela n’en est pas.
On ne s’éparpille pas de
la sorte lorsque l’on est aux commandes de l’un des grands Etats d’Europe. Pas
plus que l’on n’étale à la vue du pays ses problèmes de couple et son remariage
presque instantané. Il faut choisir entre faire parler de soi dans les colonnes
d’Atlantic Monthly ou celles de Cosmopolitan.
Sympa, mais...
Et la décision de
présenter Jean Sarkozy à la direction de l'Etablissement Public d'Aménagement du quartier d'affaires de la Défense
(EPAD) ? Était-il à ce point
impossible d’imaginer la vague de protestations qu’elle déclencherait avant de
toucher le pion ? L’énoncé de la question même me semble receler la
réponse adéquate.
On pourrait encore
aligner les exemples, mais ceux qui précèdent suffisent à la démonstration.
Et plus les clientèles naturelles s’égarent, plus
les actes manqués s’accumulent, plus le pourcentage de satisfaits baisse, et
plus la marge de manœuvre se restreint.
Plus l’échéance de 2012
approche, et plus tout ce que Sarko pourrait entreprendre de majeur aurait un
goût de récupération.
C’était au bout de six
mois de pouvoir, qu’il aurait fallu mettre les quartiers au pas, si c’était possible. Et si ça ne l’est pas, il
aurait fallu éviter d’évoquer les Karcher ;
c’est l’une des dures règles de l’exercice du pouvoir.
Faute de conserver et
d’agrandir la portion du public qui lui était favorable, c’est la partie des
antis systématiques qui ressuscite et qui gonfle. Si bien que, désormais,
toutes les décisions de l’Elysée semblent vouées aux gémonies, même celles qui
ne le méritaient pas (et il en existe !). C’est cela les signes que donne
un Président affaibli. C’est à peine si on ne va pas lui reprocher la débâcle
en Afrique du Sud.
Sarkozy a aussi manqué le
grand coup de balai qu’il devait donner dans les media publics. C’est ce qu’il
a réalisé à France Inter, mais quel
est l’impact effectif de France Inter,
et de la radio, à l’heure du tout électro-visuel ?
Personne ne peut asseoir
sa politique et imposer de véritables réformes avec le climat de fronde et de
détestation qui flotte dans les rédactions de France-Télévisions. On y exècre et méprise le Président. Et si la
Ména est en mesure de savoir qu’on l’y insulte et le moque, depuis Métula, il
nous semble que Sarko aussi devrait être au courant. D’autant plus qu’un petit
nombre de journalistes ont proposé de le mettre au parfum. La preuve, ils nous ont
avertis !
La nomination de Rémy
Pflimlin contitue-t-elle un remède à la situation délétère qui règne sur le
grand immeuble des bords de Seine ? Sans mettre en doute les qualités de
l’Alsacien, on se permet d’en douter : c’est un homme de gestion de la
continuité, un homme d’écoute, un trop gentil, pour redresser une situation à
ce point détériorée.
C’est le ménage qu’il
fallait faire, et c’est tout autre chose. De plus, le temps manque, on arrive
beaucoup plus rapidement qu’on ne le croit dans le final de l’épreuve. Et lors
du sprint, il faut au moins que la télévision d’Etat soit gérée par des
journalistes en moyenne neutres à l’égard du pouvoir. Sinon, c’est foutu ;
et il n’est pas même nécessaire de se représenter, mieux vaut un retrait
honorable qu’une déculottée laissant des traces.
Il me revient fréquemment, ces temps derniers, l’écho de
conversations à mon sujet. Mon nom circule. Mais pas du tout de la façon dont
je pourrais le souhaiter. Vraiment pas, non. Il semblerait que je suis un être
infâme, infréquentable, dont les livres doivent être soigneusement ignorés et
que les journalistes des grandes rédactions sont censés jeter au vide-ordures,
si, fâcheusement, ils les reçoivent.
Je ne sais si on leur recommande de les toucher uniquement avec
des gants de caoutchouc et de se désinfecter les mains après ce geste fatal,
mais je pourrais être enclin à le penser. Mes articles ne doivent pas être
commentés tant ils sont nauséabonds.
Les grandes radios ne m’invitent plus : la dernière en date
à l’avoir fait fut Europe 1, mais en
voyant l’air renfrogné des présentateurs et la mine affligée de celui qui
m’avait fait venir, au moment où j’ai quitté les studios, j’ai compris qu’il
n’y aurait pas d’autre fois, et j’espère que le pauvre garçon n’a pas été
licencié pour faute grave à cause de moi.
A la télévision, seul le producteur d’une émission m’invite
encore parfois, et reçoit, chaque fois, des menaces, des imprécations, des
courriers indignés en abondance. Lorsqu’on lui parle de son émission, on lui
dit qu’il peut inviter une représentante haineuse des Indigènes de la République, celle-là même qui figure sur la
couverture d’un livre qu’un ami m’a remis et dont je parlerai bientôt ici, et
qui s’appelle "Nique la France".
On lui dit qu’il peut inviter un philosophe adepte de Joseph
Staline. Mais inviter Guy Millière, là, cela devient carrément indécent. La
seule personne qu’on lui reproche d’avoir invité, outre moi-même, est l’infâme
Dieudonné, c’est dire.
Qu’ai-je fait pour mériter ce traitement. Aurai-je fait
l ‘éloge d’Adolf Hitler ? Non : il serait difficile de trouver
plus antinazi que moi dans l’Hexagone. Alors ? Serai-je antisémite ?
Raciste ? Non, je n’ai jamais cessé de combattre toutes les formes
d’antisémitisme et de racisme.
Et comme je l’ai écrit ailleurs : « si on attaque
injustement un Juif, je suis juif ; si on attaque injustement un Africain,
je suis africain ; si on attaque injustement un musulman ou un Arabe, je
suis musulman et je suis arabe ». Je persiste et je signe.
Le politiquement correct c’est...
Clair que je fais bien pire que l’apologie d’Adolf Hitler,
qu’être antisémite ou raciste : je défends Israël, et je ne le fais pas en
levant le petit doigt et en prenant un air compassé, ou en disant que, depuis
Paris, je suis plus à même de juger de la situation que le gouvernement
israélien. Non : je le fais en considérant que les attaques contre Israël
sont injustes et teintées de relents certains d’antisémitisme.
Et je le fais en respectant scrupuleusement les faits historiques,
plutôt que de me soumettre à la propagande qui traîne dans l’air du temps. Je
le fais en sachant encore ce qu’est la différence entre démocratie et
totalitarisme, en appelant un chat un chat et un terroriste un terroriste.
Je le fais au temps où Binyamin Netanyahu est Premier ministre,
comme je l’ai fait au temps où cette position était occupée par Ariel Sharon.
C’est effectivement pire que faire l’éloge d’Hitler, n’est-il pas ?
Lorsqu’il est question de Gaza, je peux citer Claude Lanzmann
quand il parle de « chancre ». Lorsqu’il est question, encore,
parfois, de Sabra et Chatila, je rappelle que l’action a été menée par les
milices chrétiennes et je rappelle aussi la généalogie de la décomposition du
Liban et les massacres de villages chrétiens libanais que personne n’évoque.
Quelle faute de goût ! Evoquer les massacres commis contre des chrétiens !
Lorsque je parle d’Ahmadinejad, je le décris comme un fanatique
dangereux et comme un négationniste aux intentions génocidaires, ce qui n’est
pas poli et ne peut que choquer des gens qui lui donnent du « Monsieur le
Président ».
J’ai traduit en français les Ecrits
d’un homme qu’il est de bon ton de traiter de crétin, Ronald Reagan, et que je
tiens pour l’un des grands présidents de l’histoire des Etats-Unis. J’ai non
seulement défendu George Walker Bush, mais, circonstance aggravante, j’ai écrit
des livres expliquent les tenants et les aboutissants de la doctrine Bush.
On me soupçonne même d’avoir des idées proches de celles des
néoconservateurs ; vous savez, ces gens qui préfèrent la démocratie aux
dictatures, le droit à l’arbitraire, et qui pensent que des guerres préventives
contre des criminels contre l’humanité peuvent parfois constituer la moins
mauvaise solution.
J’aurais même des liens avec des fascistes notoires, qui sont
d’autant plus fascistes qu’ils sont juifs, ainsi Daniel Pipes, Norman Podhoretz
ou Bill Kristol. Une véritable horreur !
J’ai même dit, je crois, que je souhaitais que les Arabes de Gaza
soient délivrés du Hamas, et ceux de Judée-Samarie des séides du négationniste
Mahmoud Abbas.
On ne dit pas ce genre de choses. On ne critique pas l’islam
radical : ou alors, on le fait en citant Caroline Fourest, et en défendant
la cause gay et lesbienne pour montrer qu’on est très ouvert.
Mais on ne le fait pas en citant Wafa Sultan. On signe J Call en prenant un verre à Saint
Germain des Prés. On ne critique pas J
Call. Et puis, surtout, on ne critique pas Barack Obama : comment
critiquer un saint homme ? Comment oser penser qu’il n’a pas des idées
lumineuses et que le rôle du commentateur est de glisser des pétales de roses
sous ses pas.
Il existe présentement en France un stratagème organisé de
boycott des produits israéliens, d’intimidation des commerçants, de
diabolisation d’Israël, qui me semble parfois destinée à préparer le terrain au
pire.
Il existe aussi, ce doit être dit, d’autres formes de boycott. Je
ne peux plus publier un livre chez un grand éditeur de langue française. Je ne
peux plus publier un article dans un grand quotidien ou dans un grand
hebdomadaire. Je suis sur des listes noires à la radio et à la télévision. Des
gens bien intentionnés ont tout fait pour que je perde toutes mes sources de
revenus, et pour que je sois en situation de mort intellectuelle, et, sans
doute de mort tout court. Pourquoi ?
Il fut un temps où, en France, on pouvait aimer l’Amérique, toute
l’Amérique, y compris l’Amérique conservatrice, celle du pays intérieur qui
écoute Johnny Cash, Toby Keith et Brooks and Dunn. Ce temps semble terminé.
Cette Amérique-là, vous dira-t-on aisément en France aujourd’hui, est
abominable.
Il fut un temps où il était possible, en France, d’aimer Israël,
tout Israël, y compris les gens du parti de Menahem Begin ; l’Israël qui a
gagné en 1967 et qui a résisté à l’agression sournoise en 1973 ; l’Israël
qui a fait fleurir le désert et donné un espoir aux survivants de la Shoah. Ce
temps semble révolu. Israël, vous dira-t-on aisément en France aujourd’hui, est
un Etat dangereux, criminel, colonialiste.
Voici trente ans, je défendais la liberté individuelle, les
droits naturels de l’être humain, la libre entreprise. Je n’ai pas changé. Je
tenais, parce que je suis historien, au respect scrupuleux des faits. Je n‘ai
pas changé non plus.
Je tenais, parce que je suis économiste, à la rationalité des
analyses économique, et j’étais guidé par des valeurs éthiques fondamentales.
Je n’ai pas changé là encore.
J’ai plutôt le sentiment que c’est la France qui a changé, et
qu’on veut me faire comprendre que je suis de trop.
Lors d’une réunion d’ambassadeurs
russes, hier au Kremlin, le Président Medvedev a fait part de son inquiétude
montante au sujet de l’Iran.
Il a notamment
déclaré : "Il est évident que l’Iran s’approche de la possession du
potentiel qui, en principe, pourrait être utilisé pour la création d’armes
nucléaires (...) l’Iran ne se comporte pas de la meilleure manière".
Medvedev ajoutant :
"La résolution du problème nucléaire iranien implique une grande dose de
patience et d’énergie, mais les conséquences d’un échec dans la gestion de
cette crise seraient graves".
Au
Liban, ce genre d’interventions, de plus en plus fréquentes, de plus en plus
précises et provenant de sources de plus en plus diverses, fait immédiatement
claquer des dents.
D’abord,
parce que nous avons au moins 1 500 Gardes de la Révolution, en uniformes, sur
notre sol, et qu’ils échappent entièrement au contrôle de nos institutions
légales.
Ensuite,
parce que ces assertions indiquent que l’heure de vérité approche, à laquelle
notre puissant voisin du Sud, et peut-être d’autres Etats, vont être tentés d’employer
la force afin de détruire le "potentiel" dont parle Medvedev.
Et
qui dit attaque potentielle contre la "République" Islamique, soulève
automatiquement le grand point d’interrogation quant à une éventuelle réplique
armée du Hezbollah à partir du sud de notre territoire.
Là
encore, le gouvernement légitime du pays du cèdre ne dispose pas des moyens
nécessaires pour influer sur la décision que prendrait Hassan Nasrallah. Et, suivant
ce qu’elle serait, elle a le pouvoir de réduire notre fragile Etat en cendres
et de le faire exploser politiquement.
Inquiétude
supplémentaire : les rapports se multiplient indiquant que les maîtres de
Téhéran n’avaient pas du tout, en 2006, autorisé Nasrallah à kidnapper la
patrouille israélienne sur son territoire, incident qui plongea le Liban dans
la guerre et la destruction.
Suite
à cette indiscipline, les ayatollahs auraient écarté le chef libanais du Hezb
du poste décisionnel au sommet de la milice chiite, où il serait désormais
remplacé par des officiers perses.
En
d’autres mots, ce seraient les Iraniens qui décideraient, le moment venu, de l’entrée
en conflit de notre pays, et, partant, de son avenir.
Et
si cette menace existentielle ne suffisait pas à entretenir la pression, il est
une autre affaire, sans relation avec Israël et l’Iran au demeurant, qui
pourrait elle aussi conduire cet automne vers un putsch ou une nouvelle guerre
civile.
Cette
"affaire", c’est la promulgation attendue de l’acte d’accusation du
Tribunal Spécial pour le Liban (TSL), dans le dossier de l’assassinat de l’ex-1er
ministre Rafic Hariri.
A
en croire les indiscrétions et les rumeurs, on s’attend à ce que ce document
mette en cause le sommet de l’Etat syrien, en ce qui concerne la décision d’assassiner
Hariri, et des éléments du Hezbollah dans son exécution.
Huit
hommes de main des Fous d’Allah, dont
les appels auraient été interceptés dans les jours qui ont précédé l’attentat. Fait
déterminant : les conversations de ce réseau ont immédiatement et
totalement cessé une fois le forfait accompli.
Or
les acheteurs des cartes prépayées des téléphones mobiles ont été identifiés.
Ce sont des membres du Hezb, dont le TSL va probablement réclamer l’arrestation
et l’extradition. C’est oublier un peu vite que c’est le Hezbollah qui, fort de
ses armes et de ses alliances, fait la pluie et le beau temps au Liban.
Côté
gouvernement, Saad Hariri s’apprête déjà à minimiser l’impact de l’acte d’accusation
mettant sur la sellette les meurtriers de son propre père. Il pourrait, aux
fins d’empêcher une prise du pouvoir par la milice chiite, refuser d’exécuter
les injonctions du TSL.
La milice verte ne plaisante pas
Il
a déjà suggéré discrètement à Nasrallah, si les accusations contre les membres
de son parti devaient tomber, d’affirmer que les exécutants "ont agi de
leur propre chef, sans avoir reçu l’ordre de tuer de leurs commandants". Le
Secrétaire général du Hezbollah a refusé ne serait-ce que d’entrer en matière
sur cette proposition.
Mais
la volonté d’apaisement d’Hariri est une chose, et la réaction populaire
prévisible, au sein des sunnites et des chrétiens, en est une autre.
Une
réaction qui pourrait mettre le feu aux poudres entre les communautés. Et il ne
faudrait pas grand-chose, tant dans la majorité du 14 Mars (qui regroupe
également la majorité des citoyens de ce pays), on n’apprécie guère l’emprise
qu’exerce le Hezb et les Iraniens sur les prérogatives réservées, en principe,
à l’exécutif élu.
En
particulier, bien entendu, on devient presque fou en imaginant que ce sont des
étrangers qui détiennent, dans les faits, la décision de déclarer ou non la
guerre à Israël, avec le risque inconsidéré que cela comporte.
On se remet du grand show Obama-Netanyahu (même les désordres
étaient précisément organisés) de la semaine dernière à la Maison Blanche.
Images de l’arrivée de Binyamin et de son interminable limousine par
la porte principale, plans sur les entretiens en tête-à-tête, joyeux tohu-bohu
de dizaines de journalistes et de photographes se pressant autour des deux
leaders bien répandus dans leurs fauteuils.
Et surtout, les deux hommes se regardent, se sourient niaisement et
se tiennent par la main à la moindre occasion, un peu comme Baba et Bibi, les
deux hercules en string, sur le char Franz-Télévisions
à la dernière Gay Pride.
Et les voilà d’accord sur absolument tout : l’Iran, le
processus de paix, le maintien de la supériorité qualitative de Tsahal, des
capacités nucléaires des Hébreux – à cause de leur situation sécuritaire très
particulière, Baba dixit -, et Baba ajoutant, en accentuant les syllabes :
les obligations ("bonds") des Etats-Unis
envers Israël sont "un-brea-ka-ble". En français : infrangibles !
En français quotidien, modèle vacances d’été 2010 : incassables, inébranlables.
Gros contraste avec la dernière rencontre, dont Netanyahu était
sorti avec le visage enflé d’un boxeur qui vient de faire douze rounds contre
Mike Tyson.
"Comment se porte le niveau de confiance entre vous ?",
demande un confrère au successeur de Franklin Roosevelt.
"Moi ? Demande Barack Obama l’air surpris. Mais je lui
faisais déjà entièrement confiance avant d’être élu à la présidence" ;
et il regarde Bibi, avec l’air d’un boxer qui vous demande un petit morceau de la
barre de chocolat que vous tenez dans vos doigts.
Nous nous sommes tant aimés
Et Bibi de remuer timidement les paupières à deux reprises, afin
de confirmer les dires de son compagnon, tout en marquant combien son acquiescement
est superflu. Ne pas croire mon Baba sur parole, tksss...
"Donc votre brouille avec Israël est désormais terminée ?",
demande un autre collègue, venu de Canaan, comme nous.
"Une brouille avec Israël, moi ? Jaaaamais. Neeeeever,
mais où donc êtes-vous allé chercher une chose pareille ?", s’emporte
le Président sur un ton jovial.
Et Netanyahu, visage impassible, qui semble avoir soudain oublié
que, la dernière fois, on l’avait fait entrer par une porte dérobée (je ne
mange pas cochère), après qu’Hillary l’ait déjà assoupli en public, et que son
pote d’aujourd’hui lui avait soumis, par surprise, un ultimatum très indigeste.
Bibi était alors venu plaider à Washington pour une conduite
cohérente et coordonnée face à la menace iranienne, et il s’en était reparti
avec un diktat assez brutal : soit tu cesses toute construction dans les
implantations et à Jérusalem, man,
soit on va se mettre à rationner les pièces de rechange pour tes avions et the money pour tes projets dans le
domaine de la high-tech militaire.
Yeah ! Même si les
drones qui sauvent les vies des boys en
Afghanistan ont été conçus par les Israéliens, de même que la technologie nécessaire
à intercepter les missiles balistiques en vol. Des activités qui protègent l’Amérique
et qui font gagner un paquet de dollars à ses entreprises.
Mais on ne discute pas avec les Etats-Unis, particulièrement
lorsqu’on est entouré par des dizaines de millions de types qui ne pensent qu’à
vous jeter tout habillés à la baille. Non, Germaine, pas dans la piscine de l’hôtel...
Dans ces conditions, sans l’avouer publiquement, en continuant à
faire son Tartarin à la télé, Netanyahu avait imposé le gel de pratiquement
tous les nouveaux chantiers hors des frontières de 67.
De quoi satisfaire Obama et permettre de relancer les
négociations de proximité avec l’Autorité Palestinienne ?
Si l’on veut. Dans une certaine mesure, le pensionnaire de la
Maison Blanche a réussi ainsi à montrer qui était le boss, l’homme, mais rien de plus. Ca n’est pas ce qui a amené au
réchauffement de l’atmosphère entre le Potomac et le Yarkon.
Ce serait plutôt l’approche des élections de mi-mandat en
novembre, où Baba risque de perdre la majorité aux chambres, et se voir
contraint de terminer sa cadence tel un coq boiteux, otage d’un Congrès hostile,
pour toutes ses décisions.
D’après ce que nous avons appris d’Obama en un an et demi, il s’agit
probablement de la raison de ce rapprochement aussi soudain que ne le fut le
frimas.
Il est vrai que l’actuel président est bien plus concerné par sa
carrière que par la création d’un Etat palestinien ou même l’acquisition de la
bombe atomique par les ayatollahs.
C’est que les USA demeurent très majoritairement pro-israéliens
et que les concitoyens de Baba avaient du mal à s’identifier à sa politique
résolument anti-hiérosolymitaine (c’est vrai qu’il est plus facile de prononcer :
"antiquaire").
Vrai aussi qu’Israël compte ses meilleurs amis politiques parmi
les élus Démocrates à Washington, et que Netanyahu leur avait fait une cour à
la limite de la décence afin qu’ils fassent pression sur le Président.
Barack Obama ne dit pas la vérité quant à la crise totalement
artificielle qu’il a imposée à Israël depuis son accession au pouvoir.
Mais ce qui dérange, dans les allées du marché coloré de Makhané Yehuda, à Jérusalem, ce qui
indispose entre les étals et qu’on n’oubliera pas de sitôt, c’est que les
attaques du Président n’étaient pas uniquement dirigées contre le gouvernement
Netanyahu, sa coalition, la personnalité de Bibi – tout cela, les Israéliens
auraient pu le comprendre – mais aussi contre eux. Contre Israël.
A témoin, l’accueil glacial qu’Obama avait également réservé à
Shimon Pérès, leur président coupe-rubans, certes, mais, de plus, Prix Nobel et
l’un des hommes les plus pacifiques du Moyen-Orient.
Et le boycott absolu des media et des journalistes hébreux, qui
étaient traités pire des pestiférés aux abords de la White House, et auxquels Baba n’avait accordé aucune interview à
partir de son intronisation.
Depuis la semaine dernière, c’est tout le contraire, les hommes
du Président nous appellent, pour nous demander si nous ne manquons de rien ?
Une photo par-ci, une fuite par-là, ils nous couvent comme des coqs en pâte.
Dans une entrevue publiée dans un magazine du week-end, Barack
Obama se demande si le public israélien ne se méfie pas de lui parce qu’il
porte "Hussein" en second prénom. Il est grand temps qu’il surmonte l’aversion
que nous lui inspirons, et qu’il vienne se rendre compte de visu, que nous ne
vivons pas dans des huttes et ne nous transportons pas à dos de chameaux.
Le précédent roi de Jordanie s’appelait Hussein, et tout le monde
ici savait qu’il était notre ami véritable. En plus, il était arabe.
Au-delà de ces considérations, c’est à vous qu’il appartient de saisir
l’essentiel : quels que soient les sentiments profonds d’Obama à l’égard d’Israël
(et j’admets une haute probabilité qu’ils ne soient pas des meilleurs), ce sont
les contingences politiques qui font tourner le monde et non les sentiments
personnels.
Bibi avait besoin des pièces de rechange de Baba, c’est pour cela
qu’il a cessé de construire dans les implantations. Et maintenant Baba a besoin
d’apparaître tel un ami d’Israël afin de ne pas connaître la Bérézina au
Congrès et au Sénat, et c’est pour cela, uniquement, qu’il embrasse Bibi. Et alors ?
Il y a deux mois, Obama obligeait Netanyahu à se plier au jeu le
plus débile qui soit : parler par l’intermédiaire d’un américain aux chefs
de l’Autorité Palestinienne, distants de vingt minutes par la route, en dehors
des heures de pointes.
Désormais, Obama demande à Mahmoud Abbas de cesser de faire l’enfant
et d’entamer sans retard les négociations directes. Il lui demande également de
ne pas faire le capricieux et de ne pas les interrompre le premier prétexte
venu, genre disposition d’une caravane dans une implantation edenniste.
A Ramallah, on réclamait que Washington impose son idée des
frontières aux deux belligérants. Là, on n’en est plus sûr du tout ; on
pense que cette idée pourrait être favorable aux Juifs.
Hier soir, Sami El Soudi a failli m’appeler en pleine finale du
Mondial (à un quart d’heure près) ; je lui avais dit que je préparais ce
papier, et il voulait me confier un scoop : de nombreux membres du Fatah
font pression sur Abou Mazen afin qu’il démissionne, et qu’ainsi, Obama ne
puisse pas l’obliger à s’asseoir face à Netanyahu et à accepter des conditions
qu’ils jugent défavorables aux Palestiniens.
C’est pourtant ce qui risque de se produire.
L’idylle entre Jérusalem et Washington va durer si les Démocrates
perdent la majorité aux chambres. Sinon... sinon je n’aimerais pas me trouver à
la place de Netanyahu. Déjà vous avez vu la différence de classe entre ma Nihya
et sa Sarah ?