Champions : Beersheva a remporté une précieuse victoire face au champion de Bulgarie (info # 012707) Version imprimable
Sport
mercredi, 26 juillet 2017

 

Par Ilan Tsadik

 

Hapoël Beersheva 2 – Ludogorets 0

 

Soirée de gala au stade Turner de Beersheva, ce mercredi, pour la réception du champion de Bulgarie, Ludogorets, pour le compte du troisième tour qualificatif de la Ligue des Champions, la compétition phare du vieux continent en football.

 

Le caissier avait fait le plein, c’est une constante, en accueillant 16 000 spectateurs sympathiques et bruyants, et surtout totalement pacifiques et sportifs.

 

Ce qui ne les empêche pas d’aimer leur équipe, l’Hapoël (l’ouvrier) Beersheva, et comme on les comprend. Leurs joueurs, surnommés les Chameaux – Beersheva est la capitale du désert du Néguev -, est en train de donner une nouvelle impulsion au football israélien qui en a bien besoin.

 

L’an dernier, en Coupe Europa, ils s’étaient faits les auteurs d’un superbe parcours, allant notamment chercher une victoire à Milan face à l’AC. Cette année, leur appétit a encore grandi, avec l’ambition d’atteindre la phase des groupes de la compétition reine. Mais avant d’y parvenir, il faut préalablement éliminer un sérieux client, à savoir Ludogorets précisément.

 

Une belle équipe qui a la particularité d’aligner neuf Brésiliens dans ses rangs, en plus de deux Roumains, d’un Argentin, d’un Ukrainien et d’un Hollandais. En fait, ce soir, sur la pelouse de Turner, il n’y avait qu’un seul Bulgare, le milieu de terrain et capitaine Dyakov.

 

Neuf Brésiliens, c’est dire si les visiteurs ont présenté un jeu technique et offensif, n’hésitant pas à monter à l’assaut des buts de Gay Khaïmov à six ou sept joueurs. Appliquant un pressing très haut sur les défenseurs, en vue d’empêcher les Chameaux de développer leur jeu habituel au sol à partir d’une passe de leur gardien.

 

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Nwakaeme et Beersheva :

Vous n’avez pas fini d’en entendre parler

 

Cela les a gêné durant un petit quart d’heure, puis les Hébreux se sont peu à peu libérés pour atteindre leur pleine puissance. Devant, les occasions pour Hapoël se multipliaient ; ils développaient des actions de qualité dans un match d’un excellent niveau européen.

 

Il faut dire que le coach d’Hapoël, Barak Bakhar, un ancien défenseur et entraîneur de Kiryat Shmona, avait bien préparé sa tactique. Il avait compris qu’en jouant très haut, les Bulgaro-brésiliens allaient forcément découvrir leurs arrières, là où ils sont nettement moins à l’aise.

 

Surtout lorsque l’on dispose de joueurs intelligents et ultra-rapides à l’instar du Nigérien Anthony Nwakaeme et du capitaine Maor Mélikson. C’est d’ailleurs une combinaison lumineuse entre ces deux hommes qui allait offrir le premier but à Hapoël. Un une-deux royal parti de Nwakaeme, absolument inarrêtable balle au pied, que ce soit face à un, deux ou trois adversaires. Passe sur l’aile droite pour Mélikson, retour instantané et millimétré à l’envoyeur, qui s’était entre-temps avancé et qui plaçait un envoi imparable pour le portier argentin Jorge Broun. De la belle ouvrage, vraiment !

 

Incapables de freiner les vagues rouges et blanches des joueurs locaux, les hôtes se mirent à tacler intentionnellement les jambes de l’élégant Mélikson, qui se retrouvait plus souvent le nez à hauteur de pâquerettes que sur ses pattes. C’était visiblement volontaire, quoique s’en défende le coach Georgi Dermendzhiev       dans l’après-match.

 

On peut regretter l’indulgence de l’arbitre grec, M. Charalambos Kalogeropoulos, partisan, certes, d’un jeu viril, mais à l’excès. Si bien que les visiteurs ont fini par blesser sérieusement le chef chamelier à la cheville. Ce dernier, malgré la souffrance et sur une seule jambe réussit l’exploit de tenir sa place jusqu’à la 71ème minute, lorsque le coach Bakhar mit fin à son supplice en lui substituant le jeune Michaël Ohana.

 

Grand bien lui en prit, car à peine huit minutes plus tard, Ohana reprenait une passe de l’inévitable Nwakaeme et trompait Jorge Broun d’un maître tir dans la lucarne pour la seconde fois de la soirée.

 

Hapoël se ménagea d’autres grosses occasions, notamment par Einbinder à deux reprises, sans parvenir à aggraver la marque. Quant aux visiteurs, ils eurent également leurs chances et passèrent plusieurs fois à deux doigts de la réduction du score, qui leur aurait permis d’inscrire un but à l’extérieur extrêmement précieux en vue de la revanche, la semaine prochaine. Celle-ci se déroulera dans le petit stade de Razgrad, chef-lieu d’une région forestière du nord-est de la Bulgarie.

 

A nouveau, comme lors des tours qualificatifs précédents, les Chameaux ont nettement baissé le pied en seconde période, terminant la rencontre sur les rotules à force de courage et de volonté. Les lacunes au niveau de la condition physique sont le prix à payer du manque de compétition, avant la reprise du championnat régulier. Ludogorets est légèrement à meilleure enseigne à ce propos, puisque son championnat a recommencé la semaine dernière ; les Bulgares ont semblé un peu plus frais sur la fin.

 

En Ligue des Champions, un avantage de deux buts à zéro à la veille du match retour est appréciable. Si Beersheva parvenait à marquer à Razgrad, il faudrait que Ludogorets fasse trembler les filets de Khaïmov à quatre reprises pour se qualifier, ce qui tiendrait de l’exploit.

 

Mais gare à ces Bulgaro-brésiliens tout de même. Des petits gabarits – ça aide à les contrôler sur les balles arrêtées, certes -, mais des footballeurs complets et endurants. Il n’y a qu’à consulter le palmarès de leur formation pour s’en persuader : ils se sont qualifiés par deux fois, ces trois dernières saisons, pour la phase des groupes de la Champions League, tenant par exemple le PSG en échec chez eux.

 

Forts de leur avantage obtenu ce soir, les hommes de l’entraîneur Barak Bakhar seront "raisonnablement favoris"  la semaine prochaine. Avec l’espoir que Maor Mélikson se sera remis de son combat de boxe thaï, et en attendant aussi la première apparition de la nouvelle et prometteuse recrue d’Hapoël, l’avant-centre tchèque Tomáš Pekhart et de son mètre quatre-vingt-quinze. Suite à la blessure de Ben Saar (épaule démise) la semaine dernière face au champion de Hongrie, voilà un renfort qui fera du bien à la pointe de l’attaque.

 

Et si les chameaux franchissent l’obstacle bulgare – mais comment les chameaux passent-ils les haies ? -, il leur faudra alors disputer et remporter une double confrontation contre un adversaire en play-off. Le vainqueur sera admis en phase des groupes de la Ligue des Champions, ce qui constituerait déjà une jolie performance pour Hapoël Beersheva, le champion d’Israël en titre, qui, au vu de ce qu’il a montré, en est parfaitement capable. D’autant plus que s’il passe l’écueil bulgare, il pourra compter sur un autre de ses transferts, l’Espagnol Isaac Cuenca, un ex du FC Barcelone, mais qui est blessé depuis qu’il est arrivé en Israël.

 

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Israël n’a jamais été dans une position diplomatique aussi solide (info # 012307/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 23 juillet 2017

 

Par Guy Millière

 

Je me garderai bien de dire que le discours prononcé par Emmanuel Macron lors du soixante quinzième anniversaire de la Rafle du Vélodrome d’hiver à Paris marquera une inflexion de la politique française vis-à-vis d’Israël. Emmanuel Macron a prononcé quelques paroles fortes, et c’est bien. Ce qui est consternant est qu’aucun président français ne les ait dites avant lui.

 

Macron a invité Binyamin Netanyahu à prendre part aux commémorations ; il l’a accueilli chaleureusement, s’est montré intéressé par la coopération économique entre Israël et la France en matière de hautes technologies, et c’est très bien là encore. Mais on sait que l’amitié que les présidents français manifestent à l’égard d’Israël s’est avérée vite réversible dans le passé. Et cela ne peut effacer cinquante années de politique arabe de la France et l’absence d’avis de la France sur les résolutions votées par l’UNESCO à Cracovie, où la vieille ville de Jérusalem, le Mont du Temple et le Kotel ont été définis à nouveau comme des sites “palestiniens” menacés, tout comme la vieille ville d’Hébron et le Caveau des Patriarches.

 

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Je t’aime. Moi non plus… mon œil.

 

La France de Macron ne “connaît” toujours pas l’histoire du peuple juif et semble penser qu’il y avait des “Palestiniens” au Proche-Orient il y a deux et trois mille ans. L’invitation de Binyamin Netanyahu ne peut effacer non plus la récente réception du chef terroriste Mahmoud Abbas à l’Elysée et l’accolade aimante que Macron a réservée au chef terroriste susdit. Je ne crois pas que Binyamin Netanyahu se fasse beaucoup d’illusions sur la France. Il se comporte diplomatiquement. Je vais revenir sur le sujet dans un article de fond.

 

Les bonnes nouvelles pour Israël sont à chercher ailleurs qu’en France, où l’opinion de la population concernant Israël reste très majoritairement négative (le contraire serait étonnant vu ce qui se dit sur Israël dans les media français).

 

Les liens que Binyamin Netanyahu a noués avec plusieurs pays d’Afrique ces dernières années sont très importants. Les relations établies avec l’Inde et avec le Premier ministre Narendra Modi sont cruciales et essentielles : l’Inde sera un acteur majeur du développement économique de l’Asie, des synergies fructueuses vont prendre forme, et l’Inde est un pays où on comprend parfaitement les dangers de la violence islamique, et où personne n’attribuerait celles-ci au “changement climatique”. Dois-je le noter ? Narendra Modi n’a pas donné la moindre accolade à Mahmoud Abbas. Il n’a pas même jugé utile de se rendre à Ramallah, et a refusé d’aller s’incliner sur la tombe de Yasser Arafat.

 

Binyamin Netanyahu poursuit sa stratégie en Europe centrale où se situent des pays qui ont un passé antisémite, mais où, comme en Inde, on comprend les dangers de la violence islamique et on est donc conscient des agressions constamment subies par Israël. Les pays du groupe de Visegrad (Slovaquie, République tchèque, Hongrie, Pologne) seront des alliés utiles d’Israël dans un contexte où l’Union Européenne est de plus en plus marquée par des penchants anti-israéliens.

 

Pendant que d’aucuns insistent encore sur la querelle vaine que des mouvements juifs de gauche américains ont cherché à Binyamin Netanyahu concernant l’accès au Kotel et les conversions au judaïsme, Binyamin Netanyahu pouvait sourire. Car il savait que bien au-delà des Juifs de gauche américains, il pouvait compter sur un appui solide et massif au sein de la société américaine. Celui des mouvements conservateurs et celui des chrétiens évangéliques, qui ont un poids considérable aux Etats-Unis.

 

La principale association chrétienne évangélique de soutien à Israël aux Etats-Unis s’appelle Christians United For Israel (CUFI). Elle vient de tenir son congrès annuel à Washington. Binyamin Netanyahu a envoyé un message chaleureux aux participants de ce rassemblement. Mike Pence, vice-président de Donald Trump, est très proche de CUFI. Donald Trump lui-même soutient CUFI.

 

Et Binyamin Netanyahu le sait : les Etats-Unis n’ont jamais eu un président aussi proche d’Israël que Donald Trump.

 

Binyamin Netanyahu sait aussi que l’alliance avec les pays sunnites amorcée à Riyad sous l’égide de Donald Trump prend peu à peu consistance. Peu de gens dans le monde francophone savent les liens étroits entre les services de renseignement israéliens et égyptiens, et un nombre de gens plus faible encore sait qu’il existe un ambassadeur d’Arabie Saoudite pour Israël, le prince Al-Waleed Bin Talal. Celui-ci a déclaré en prenant ses fonctions il y a quelques mois : “Je suis fier d’être le premier ambassadeur saoudien dans ce beau pays. Israël est un îlot de stabilité dans l’une des zones les plus troublées du monde”.

 

Contrairement à ce que d’aucuns affirment, qui prennent leurs fantasmes pour la réalité parlant de l’isolement d’Israël en soulignant les motions votées à l’UNESCO ou à l’ONU, devenus des cloaques antisémites nauséabonds dont tout pays civilisé devrait se retirer, et contrairement à ceux qui se délectent des émeutes et des meurtres abjects et lâches commis par des terroristes « palestiniens », l’Etat d’Israël n’a jamais été dans une position diplomatique aussi solide. Binyamin Netanyahu y est pour beaucoup.


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Poutine : le coup du cessez-le-feu (info # 012107/17) Version imprimable
Analyse
vendredi, 21 juillet 2017

 

Par Stéphane Juffa

 

En marge du sommet du G20 à Hambourg, le 7 juillet dernier, les présidents russe et américain se sont entendus de manière surprenante pour imposer un cessez-le-feu dans le sud-ouest de la Syrie, aux confins des frontières séparant ce pays de la Jordanie et d’Israël.

 

Trois choses étonnent les observateurs à propos de cet évènement : premièrement, la facilité apparente avec laquelle Vladimir Poutine et Donald Trump se sont mis d’accord. Deuxièmement, les concessions significatives accordées aux Russes par le président américain, mais également aux Iraniens et au Hezbollah. Troisièmement, enfin, le fait que la décision U.S n’ait pas été coordonnée avec Israël, qui est à la fois concernée par les termes de ce cessez-le-feu et qui est censée être l’allié de prédilection de l’Administration Trump dans la région.

 

Le Premier ministre israélien, Binyamin Netanyahu, n’a pas pris de gants ni perdu de temps pour commenter l’accord entre Poutine et Trump. Lors de sa visite à Paris pour les commémorations de la rafle du Vel d’Hiv, Netanyahu a confié à Macron qu’Israël était totalement opposée à ce plan de cessez-le-feu.

 

La raison de cette opposition réside en ce – le plan dans ses détails n’a pas été rendu public - qu’il ne fait nulle part mention des belligérants de la Guerre Civile Syrienne que sont l’Iran et le Hezbollah, qui sont les alliés de Moscou et du régime de Bashar al Assad.

 

Or à Jérusalem l’on craint que Poutine ne facilite l’établissement de bases aériennes et navales de Téhéran à proximité d’Israël, ainsi que terrestres, pour les deux protagonistes, dans la partie syrienne du Golan. Des intentions, qu’on ne tente pas même de dissimuler au pays des ayatollahs.

 

Jusqu’à maintenant, Israël faisait le ménage elle-même afin de contrer les objectifs de ses ennemis, frappant leurs concentrations sur le plateau dès qu’elles se mettaient à prendre forme.

 

Mais la nouveauté, c’est le cessez le feu, qui vient modifier les règles du jeu. Si, jusqu’à présent, Jérusalem et Moscou s’étaient entendus pour qu’Israël n’intervienne pas au nord de Damas, Moscou, pas au sud de la capitale syrienne, et pour que Tsahal exerce partout son droit d’empêcher les livraisons d’armes iraniennes au Hezbollah libanais, le statu quo va peut-être changer.

 

Les craintes des Hébreux sont liées au déploiement de "policiers" russes aux abords de sa frontière du Golan. Nos fixeurs syriens nous ont déjà avertis qu’un premier contingent de ces observateurs particuliers était arrivé dans la province de Deraa, la ville martyre, à 30km d’Israël et 6 de la Jordanie.

 

Ils viennent s’assurer, en principe, que le régime d’Assad va cesser de lancer impunément des missiles et des barils explosifs sur les populations de cette zone. La dernière fois qu’une trêve avait été conclue par les Russes, il y a quelques semaines, elle n’avait pas été respectée par l’Armée alaouite. Cette fois-ci, en dépêchant des observateurs au sol, Poutine escompte avec raison que le dictateur-oculiste ne prendra pas le risque de tuer les hommes de son protecteur, de peur qu’il l’abandonne.

 

Ce déploiement va sans doute sauver les vies des quelques dizaines de combattants et de civils sunnites, mais ce ne sera pas son seul effet. D’abord, parce qu’il n’est nulle part question de l’envoi de personnels américains dans le Golan (ou ailleurs en Syrie, hormis dans la région de Raqqa-Deïr Ez-Zor, au nord-est de ce pays) afin de co-présider à la mise en œuvre du cessez-le-feu. Ce qui peut laisser perplexe lorsque l’on connaît le peu de cas fait par Poutine pour les questions humanitaires, particulièrement après avoir massacré des dizaines de milliers de civils syriens sunnites avec ses chasseurs-bombardiers, sans le moindre état d’âme.

 

Poutine, ne perdons pas le temps de nos lecteurs, n’a en tête que ses intérêts stratégiques et politiques, et l’instauration d’un cessez-le-feu ne doit être considérée que comme un moyen non-violent d’avancer vers ses objectifs.

 

Lors, en s’installant à Deraa, près de la frontière jordanienne, il se positionne du même coup sur l’Autoroute numéro 5, qui conduit de la frontière jordanienne à Damas, que les Arabes sunnites et les Israéliens comptaient exploiter pour préparer une offensive majeure de leurs alliés rebelles, les Fursan al Joulan [les chevaliers du Golan], équipés, outre par Israël, par les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite, ainsi que les combattants druzes de la province de Suwayda et la majorité des unités de l’Armée Syrienne Libre.

 

Les préparatifs sont en effet en cours, le long de la frontière jordanienne, pour former une petite armée bien dotée et bien commandée, dont le but est de s’emparer des zones qui leur échappent dans le Golan afin de les libérer de la dictature alaouite, ainsi que d’éloigner les soldats chiites iraniens et leurs coreligionnaires libanais du Hezbollah, à la fois d’Israël, de Jordanie et des Etats arabes [voir nos analyses précédentes]. 

 

Avec des policiers russes à 10km de la zone d’entraînement, et disposés entre les rebelles et l’Armée régulière, cela devient mission périlleuse sinon impossible.

 

Durant ces dernières semaines, Jérusalem, ayant eu connaissance du plan de cessez-le-feu en gestation, a eu d’intenses échanges avec des officiels américains, notamment Brett McGurk, l’envoyé spécial de l’Amérique pour la bataille contre l’Etat Islamique, et Michael Ratney, l’envoyé spécial pour la Syrie. Durant les jours qui ont précédé l’annonce de l’accord, Binyamin Netanyahu a haussé le niveau de l’effort diplomatique en téléphonant plusieurs fois à Vladimir Poutine et au Secrétaire d’Etat Rex Tillerson.

 

Au centre de toutes ces initiatives, l’instante prière de ne pas admettre de présence iranienne, hezbollanie, ainsi que des milices chiites affiliées dans le voisinage de l’Etat hébreu et des pays arabes. De ne pas permettre à l’Iran de renforcer sa présence en Syrie, et de ne pas laisser se déployer un contingent russe au sol, dans une zone d’importance stratégique majeure.

 

Poutine et Tillerson ont assuré le Premier ministre israélien que l’accord tiendrait compte de ses préoccupations relatives à l’Iran et au Hezbollah. Mais dans les faits – le gouvernement israélien a reçu une copie du plan de cessez-le-feu – ces préoccupations ont été totalement ignorées, et le plan génère une nouvelle réalité néfaste au sud de la Syrie.

 

Donald Trump n’étant étrangement pas joignable pour discuter de ce problème, les Israéliens s’en sont ouverts aux Russes. Ils ont reçu une réponse non satisfaisante de la part de Sergey Lavrov, leur ministre des Affaires Etrangères – qui n’est pas connu pour être un ami de l’Etat hébreu -, qui a assuré Jérusalem que son pays ne laisserait pas les Iraniens et le Hezbollah s’approcher à moins de 20 miles [32km] de la frontière israélienne.

 

D’abord, cette distance n’est pas suffisante : d’un point de vue strictement tactique, il en faudrait au moins le double. Ensuite, ce n’était pas la requête formulée par Israël : cette dernière exigeait que toute présence iranienne soit bannie de l’ensemble du territoire syrien pour que Téhéran ne devienne pas le grand bénéficiaire de la Guerre Civile et de la solution censée y mettre un terme.

 

Qui plus est, à Métula, nous avons de bonnes raisons de douter à la fois de la capacité et surtout de la volonté de Poutine d’écarter ses alliés chiites de notre frontière. Ses "policiers" ont certes été vus dans la région stratégique de Deraa, mais pas dans celle de Kouneitra, à un jet de pierre d’Israël, qui figure pourtant dans la sphère de désescalade décidée par Poutine et Trump.

 

Pour en avoir le cœur net – rien ne vaut une constatation visuelle – nous nous sommes rendus à deux reprises, cette semaine, sur le toit de la position Booster, la plus avancée des bases israéliennes dans le Golan. Nous avons vivement appelé "Yvan ! Yvan !", mais aucun Russe ne nous a répondu, ce, bien que le cessez-le-feu soit officiellement entré en vigueur dimanche dernier. Or nous savons qu’il y a des soldats iraniens et des miliciens Hezbollani à al Baath, à 2km exactement de Booster. Nous le savons car nous avons, ces dernières semaines, été témoins de l’anéantissement par Tsahal de chars, de nids de mitrailleuses, de batteries d’artillerie et d’entrepôts de munitions des chiites à al Baath.

 

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Vu de Booster : au premier plan, avec le château d’eau, el Hmidaiah, localité rebelle,

juste derrière, al Baath, aux mains d’Assad et de ses supplétifs chiites

Photo Yoshua Ohanna © Metula News Agency

 

Cette semaine, les combats se sont poursuivis sans relâche entre les rebelles, d’une part, et les forces gouvernementales et leurs alliés, de l’autre. C’est à peine si les tirs d’artillerie avaient un brin diminué.

 

Désormais sous "cessez-le-feu", les Russes, avec le soutien du "président le plus pro-israélien dans l’histoire des Etats-Unis d’Amérique", entendent nous empêcher de nous défendre. Et le monde sait pertinemment que cette frontière est celle de la civilisation face à la barbarie – s’il y avait de la place à Booster, je vous emmènerais tous et vous le constateriez sans peine -, qu’en empêchant l’Iran d’avancer, nous protégeons les Etats arabes, ce qui reste du Liban, et l’Europe. Mais de cela, personne ne parle, parce qu’ils ne comprennent pas ou feignent de ne pas comprendre, ce qui est largement plus confortable.

 

Le plan de Poutine consiste à partager la Syrie en trois zones d’influence : la leur, l’iranienne, et la turque. Ce faisant, ils auront réussi l’impossible pari de maintenir leur allié Bashar al Assad au pouvoir, celui qui est responsable de la mort de 700 000 de ses compatriotes, de 4 millions de blessés et de plus de 7 millions d’exilés, en plus d’avoir réduit un pays à l’état de ruines.

 

D’autre part, ce plan va marginaliser la rébellion, continuer de l’écraser, et la museler, lorsqu’il s’agira de négocier la partition de la Syrie, ce qui est évidemment inévitable.

 

Normalement, après la prise de Raqqa, qui devrait survenir dans quelques semaines, on devrait assister à la plus grosse empoignade de la Guerre Civile, entre les Occidentaux et leurs alliés Kurdes, d’une part, et les Russes, et leurs alliés alaouites, iraniens et chiites libanais, de l’autre. Les deux camps sont censés se déchirer pour les restes de l’Etat Islamique, précisément à Deïr Ez Zor, à 120km au sud-est de Raqqa, et dans sa province, qui jouxte l’Irak.

 

En cas de victoire des Kurdes, la progression de l’Iran vers l’Ouest sera stoppée. Dans le cas contraire, la guerre se déplacera aux confins d’Israël, de la Jordanie et de l’Arabie Saoudite. Il s’agit d’une bataille qui fera des dizaines de milliers de victimes, mais qui est inévitable d’un strict point de vue stratégique. Et on a vu des cessez-le-feu faire encore plus de victimes que des guerres.

 

Reste que, suite à l’étrange accord Poutine-Trump, on ne sait plus très bien ce qui va se passer. Le 7 juillet dernier, à Hambourg, les dés étaient pipés. Le nouveau président a accepté un deal dans lequel il n’a fait que des concessions, et c’est incompréhensible. Au lieu de parler du retrait de Poutine de Syrie, de Crimée, d’Ukraine et de Géorgie, le tzarévitch a obtenu tout ce qu’il voulait. C’est à croire qu’il fait chanter le milliardaire devenu président ; beaucoup de mes collègues l’affirment, moi, je me contente de le mentionner comme une hypothèse, parce que mon analyse m’y oblige, parce que les conditions du cessez-le-feu sont illogiques, parce que l’Iran est l’ennemi juré des USA et que Trump n’a cessé de le proclamer.

 

Si les Forces Démocratiques Syriennes s’arrêtent à Raqqa et laissent les gouvernementaux et l’Aviation russe dévorer Deïr Ez Zor sans intervenir, ce sera la preuve que Trump n’est pas libre de ses décisions. Car laisser tomber le grand Ouest syrien dans l’escarcelle des ayatollahs, qui contrôlent déjà la gouvernance irakienne, représenterait une erreur stratégique qu’aucun chef du monde civilisé ne concéderait s’il était libre. On se demande déjà pourquoi, suite à la rencontre avec Poutine, Donald Trump a décidé de cesser de soutenir tous les groupes rebelles qui combattent Assad, à l’exception des Kurdes. Ce faisant, Trump fait aussi le jeu des Russes et les aide à sauver la peau du tyran-oculiste.

 

Reste Israël, qui ne peut pas, en vue de ses intérêts sécuritaires fondamentaux, permettre aux Iraniens de s’installer à demeure en Syrie, même si cela ne plaira pas à M. Lavrov. C’est le Major Général de réserve Yaakov Amidror qui le lui a fait publiquement savoir cette semaine ainsi qu’aux Américains. Amidror, qui est un ancien conseiller à la Sécurité Nationale, actuellement sans fonction officielle, mais très proche de l’establishment de la Défense et du Premier ministre, a déclaré qu’Israël doit empêcher l’Iran de construire des bases en Syrie à n’importe quel prix.

 

Amidror, qui s’exprimait face aux correspondants de la presse étrangère a précisé : "Les conséquences de voir l’Iran construire des bases en Syrie sont que cela créerait des rampes de lancement pour le Hezbollah et les Iraniens. Et Israël doit l’empêcher quel qu’en soit le prix à payer.

 

Si cela n’était pas pris en compte par ceux qui passent ces arrangements – les Américains, les Russes et d’autres", a complété le général, "cela forcerait Tsahal à intervenir et à détruire chaque tentative de construire une infrastructure en Syrie".

 

Puis, menaçant : "Nous ne laisserons pas les Iraniens et le Hezbollah être les forces qui sortiront victorieuses de cette longue et ravageuse guerre en Syrie, et qui se focaliseraient ensuite contre Israël".

 

Un journaliste a demandé à Yaakov Amidror si Israël bénéficierait de la liberté de mouvement nécessaire pour agir en Syrie de cette manière. "Je ne vois pas qui l’arrêterait. Je veux dire", a répondu le général, "que si c’est dans l’intérêt d’Israël, nous devrons nous efforcer d’agir pour être sûrs que nos intérêts soient protégés".


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L’UNESCO est devenue une imposture. L’Europe est complice (info # 011607/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 16 juillet 2017

 

Par Guy Millière

 

La décision prise par l’UNESCO, le 7 juillet dernier, de définir la vieille ville d’Hébron et le Caveau des patriarches comme un site “palestinien” protégé est odieuse et infecte à plus d’un titre.

 

D’abord, bien sûr, elle constitue un acte de négationnisme absolu en ce qu’elle nie le caractère juif d’un lieu qui est, après le Mont du temple et le Mur occidental, le plus sacré pour les Juifs et le judaïsme. Ensuite, elle foule aux pieds l’histoire elle-même en définissant ce site comme ”palestinien” : l’islam est apparu plus de sept siècles après qu’Hébron ait été fondée et que le Caveau des Patriarches ait été construit, les invasions arabes de la Judée sont advenues un peu plus tard encore. Le peuple palestinien, lui,  a été inventé à la fin des années 1960. L’Autorité Palestinienne a été établie en 1994. 

 

En troisième lieu, elle justifie une volonté de prédation et de spoliation arabe musulmane d’un lieu juif. Enfin, par une inversion des faits digne des pires totalitarismes, elle proclame que le site aurait besoin d’être “protégé” d’Israël et des Juifs, au bénéfice des prédateurs spoliateurs.

 

Cette décision fait suite à celles du même type déjà prises par l’UNESCO l’an dernier, définissant la Vieille ville de Jérusalem, le Mont du Temple et le Mur occidental sur le même mode : sites “palestiniens” protégés. Elle est survenue trois jours après la décision entérinée le 4 juillet, qui a réitéré les deux autres, prises l’an dernier à propos de Jérusalem.

 

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UNESCO : l’antisémitisme institutionnalisé à l’échelle de la planète

Les nazis leur ont pas suffi, ils viennent nous chercher ici

 

La décision du 7 juillet dernier est symboliquement d’autant plus ignoble qu’elle a été prise à Cracovie, à une cinquantaine de kilomètres d’Auschwitz-Birkenau. Venir nier le caractère juif des lieux les plus sacrés du judaïsme à proximité de ce qui a été le lieu le plus abominable de la tentative d’extermination du peuple juif sur le sol européen implique une obscénité morale sans limites.

 

Deux pays et deux pays seulement ont dénoncé la décision, déclarant qu’elle était bien davantage que scandaleuse, et ont commencé à en tirer les conséquences, considérant que, décidément, l’UNESCO était devenue une institution qu’il n’était plus possible de fréquenter sans se compromettre : Israël et les Etats-Unis.

 

Que les pays du monde musulman membres de l’UNESCO n’aient rien trouvé à redire est terriblement logique : la motion qui a porté la décision vient de l’Autorité Palestinienne, et les pays du monde musulman n’ont cessé de soutenir l’AP. Ils n’ont jamais dénoncé le terrorisme “palestinien”. Ils viennent de montrer qu’ils soutiennent aussi le négationnisme, le remplacement de l’histoire par la propagande, et la prédation-spoliation qui constitue l’objectif de l’Autorité Palestinienne. Ce n’est pas surprenant et cela ne peut étonner que ceux qui vivent sans cesse dans l’aveuglement volontaire. Les pays du monde musulman ont approuvé tant la motion que la décision.

 

Que nombre de pays du monde sous-développé n’aient rien dit s’explique de la même façon. Ces pays soutiennent l’Autorité Palestinienne, ne dénoncent jamais le terrorisme “palestinien”, et acceptent quasiment toujours tout ce qui s’accepte dans les pays du monde musulman. Les pays du monde sous-développé ont globalement approuvé la motion et la décision.

 

Que les pays d’Europe n’aient rien dit eux non plus, que certains d’entre eux aient approuvé la décision ou aient décidé de s’abstenir et de détourner le regard s’explique aussi au vu de ce que devient l’Europe, mais ne peut que susciter le dégoût et la colère.

 

Sept décennies après la Shoah, l’Europe n’en a pas même tiré les leçons de dignité qui s’imposaient. Elle adopte des comportements dont elle devrait avoir honte, et elle n’a même pas honte.

 

Tout en prétendant lutter contre l’antisémitisme, l’Europe approuve des comportements qu’on ne peut décrire autrement que comme antisémites. Tout en affirmant être le continent de la connaissance, elle se fait complice d’insultes successives à la connaissance historique la plus élémentaire. Tout en proclamant défendre le droit, elle contribue à nier le droit le plus essentiel d’un peuple, c’est-à-dire la reconnaissance de ses racines et de sa légitimité, car c’est ce qu’elle fait au peuple juif. Et elle fait cela au nom d’un autre peuple, le peuple palestinien, qui, fait sans précédent dans l’histoire de l’humanité, n’a été forgé que pour être l’instrument de destruction d’un autre peuple.   

 

L’Europe se trouve en état de naufrage culturel et politique. Elle est démographiquement sinistrée, économiquement déclinante. On peut ajouter à cet ensemble lugubre qu’elle a perdu ses repères moraux. Elle en administre peu à peu la preuve. Son attitude à l’UNESCO se situant itérativement aux dépens des Juifs, du judaïsme et d’Israël participe de l’une de ces preuves accablantes.

 

L’UNESCO est devenue une imposture dont l’’Europe est complice.

 

L’attaque terroriste meurtrière survenue sur le Mont du Temple vendredi dernier est légitimée par l’imposture : si le Mont du Temple est un site “palestinien”, une attaque terroriste contre des Israéliens en un lieu “palestinien” est un acte de “résistance”.

 

L’AFP l’a bien compris, qui répète cette contrevérité à longueurs de dépêches, se faisant le vecteur principal de la corruption des media francophones. Une contrevérité issue des décisions de l’ONU et de ses dépendances et le plus souvent avalisées par le gouvernement français.

 

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Bruxelles-Métula du 14 juillet 2017 (011407/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 14 juillet 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca  https://youtu.be/YnusgHQAgD4 (Youtube).

 

Au sommaire :

 

1. Attentats dans la vieille ville de Jérusalem, ce vendredi matin : plusieurs Israéliens blessés dont deux sont dans un état grave. Les trois terroristes armés de mitraillettes et de revolvers ont été éliminés.

 

2. Les affaires qui malmènent le pays : les sous-marins allemands et Bezek. De nombreux proches du Premier ministre sous les verrous ou assignés à résidence. Pour comprendre de quoi il s’agit.

 

3. Bons résultats des quatre clubs israéliens engagés en Ligue des Champions et en Ligue Europa de football. Le commentaire sur les rencontres de la semaine.

 

 

 
Bruxelles-Métula du 7 juillet 2017 (021207/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
mercredi, 12 juillet 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca  https://youtu.be/7eXkGUP3I8M (Youtube).

 

Au sommaire :

 

1. L’asphyxie du Hamas à Gaza, l’organisation terroriste islamique financièrement exsangue

Pression financière du monde arabe, de l’Autorité Palestinienne et d’Israël

Frontière égyptienne avec Gaza fermée depuis le début de l’année

Le Qatar, le plus grand soutien du califat, obligé de renvoyer les représentants du Hamas de son territoire et de lui couper son aide financière

 

2. La visite de l’ami Narendra Modi, le Premier ministre indien

Gros accords signés dans les domaines de l’agriculture et de la Défense

Pas de visite de Modi à l’Autorité Palestinienne

Développement de missiles en commun

 

3. La visite de Binyamin Netanyahu à Paris

Retour à la période gaullienne avec Macron ?

 

4.. Les qualifications des clubs israéliens en Coupe Europa de football

Les Maccabiades, d’abord une grande réunion de jeunes sportifs israélites

La belle victoire à Wimbledon de Dudi Sela sur John Isner, 20ème joueur mondial

 

 
Israël-Palestine : une petite flamme d’espoir encore faiblarde (info # 031207/17) Version imprimable
Analyse
mercredi, 12 juillet 2017

 

Par Sami el Soudi

 

L’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas s’est engagée dans une offensive économique visant à asphyxier le Hamas à Gaza. Elle a coupé les subventions destinées à acheter du mazout en Israël afin de produire de l’électricité dans l’enclave côtière, de même que les fonds affectés aux soins que les plus atteints des malades de Gaza reçoivent dans les hôpitaux de l’Etat hébreu, et elle ne paie plus les fonctionnaires en poste dans la Bande.

 

En conséquence de ces mesures, deux enfants souffrants que l’AP n’a pas autorisés à traverser la frontière sont morts ; en outre, les Gazaouis ne bénéficiaient que de trois heures d’électricité quotidienne, et les travaux de reconstruction des dégâts subis en 2014 lors de l’aventure militaire contre Tsahal sont au point mort.

 

Les difficultés rencontrées par la direction du Hamas sont encore aggravées par l’isolement diplomatique auquel fait face le Qatar, qui était jusqu’à présent le principal soutien financier de l’organisation terroriste islamique, à hauteur d’un milliard de dollars en moyenne par année.

 

Dans sa lettre de réponse à l’ultimatum que lui ont adressé les pays arabes, Doha a été contraint à s’engager à expulser les représentants du Hamas actifs sur son territoire, à couper les fonds qu’il allouait au califat de Gaza, et à rompre ses relations avec les Frères Musulmans, principaux adversaires du maréchal égyptien al Sissi et mentors du Hamas.

 

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Le point de passage de Rafah entre l’Egypte et Gaza : une frontière presque toujours fermée. La clé de la prison à ciel ouvert se trouve exclusivement entre des mains arabes.

 

Les grands Etats arabes ont exercé ces pressions sur le Qatar dans le cadre de leur lutte contre le terrorisme islamique qui les menace, des demandes américaines et des nécessités attenantes au rapprochement avec Israël.

 

Ces changements politiques ont obligé l’organisation terroriste qui étouffe Gaza à renouer le contact, tête basse, avec lesdits Etats, à y envoyer des émissaires et à se plier à leurs exigences. Par exemple, à la demande explicite du Caire, le Hamas construit à sa frontière avec l’Egypte un No man’s land pour empêcher les terroristes en provenance de Gaza de se rendre dans le Sinaï pour y tendre des embuscades aux soldats de Sissi.

 

En signe d’encouragement, le Caire a remis un chargement de pétrole au Hamas, ce qui a permis de faire passer le temps d’approvisionnement des habitants à six heures d’électricité quotidiennes. Mais le poste frontière entre le Sinaï et la Bande à Rafah est resté presque tout le temps fermé depuis le début de l’année, et s’il s’ouvre ce sera au compte-gouttes.

 

Ce, parce que les militaires des bords du Nil ne se font aucune illusion quant aux intentions et aux affinités du Hamas : les islamistes et tous ceux qui ont des liens avec les frères Musulmans sont les ennemis des militaires égyptiens et la méfiance à leur encontre n’est pas réversible. L’objectif du Caire, de Riyad et de l’Autorité Palestinienne consiste à faire renoncer le Hamas à la domination de Gaza en l’étouffant. Les livraisons à caractère humanitaire sont uniquement destinées à la population, captive des islamistes depuis que le Hamas a pris le contrôle de la Bande en recourant à un putsch sanglant contre l’Autorité Palestinienne en 2007.

 

La seconde préoccupation des pays sunnites et d’Israël consiste à ne pas placer l’organisation terroriste dans une situation de désespérance extrême qui pourrait la pousser à une guerre suicide contre l’Etat hébreu.

 

Avigdor Lieberman, le ministre israélien de la Défense, a récemment évoqué ce problème, affirmant que l’Egypte devait faire plus dans l’approvisionnement de Gaza, alors que sa presque totalité provient aujourd’hui d’Israël. Ce sont en effet deux cent cinquante camions qui transitent actuellement d’Israël vers Gaza quotidiennement.

 

Mohammed Dahlan, qui était le chef militaire du Fatah à Gaza en 2007, qui s’était lâchement enfui en Egypte lors du putsch, bien que disposant de forces supérieures au Hamas en nombre et en équipement, et qui lorgne depuis l’exil sur la succession de Mahmoud Abbas, partage l’opinion qu’il existe un risque d’une nouvelle guerre à Gaza si l’organisation islamique terroriste qui la contrôle est placée le dos au mur.

 

Il préconise une éviction du Hamas en souplesse – sous la pression ma non troppo – afin de s’y réinstaller avec ses partisans. De là-bas, il aurait tout loisir de préparer le renversement de l’équipe dirigeante de l’AP, qui le déteste cordialement pour la corruption qu’il personnifie et les nombreux assassinats qu’elle lui attribue.

 

Du point de vue israélien, les opinions sont partagées. Sans tomber dans le stéréotype attribuant aux Hébreux l’apanage des décisions machiavéliques, il faut bien reconnaître l’existence d’un courant au sein de l’establishment de la Défense et de certains politiciens. Ces derniers estiment que la survie du Hamas à Gaza à moitié anesthésié bloque l’éventualité de la création d’un Etat palestinien et qu’il faut donc l’encourager. Hormis l’aspect de l’encouragement, bien entendu, c’est un point de vue que nous avons souvent fait valoir dans les colonnes de la Ména. Ce, vu que les Etats-Unis n’obligeront jamais Jérusalem à accepter la solution à deux Etats tant qu’une "menace palestinienne armée et hostile à la paix" se maintiendra dans l’un des deux territoires qui formeraient l’Etat de Palestine. Nous avions même prôné la participation militaire de l’Autorité Palestinienne à une opération visant à déloger le Hamas de son califat et nous persévérons dans cette analyse.

 

En Israël, précisément, un évènement politique vient de procurer une alternative à la position de la coalition Netanyahu aux affaires. Ce dernier, et surtout ses alliés de l’ultra-droite, refusent dans les faits toute initiative qui serait susceptible d’aboutir à la solution des deux Etats, même si parfois le chef de l’exécutif hébreu prétend le contraire à des fins diplomatiques.

 

L’évènement en question est la victoire cette semaine d’Amir Peretz au premier tour de l’élection en vue de désigner un nouveau chef au parti travailliste israélien. Arrivé troisième lors de ce scrutin, l’actuel secrétaire, Itzkhak Herzog, ne participera pas au second tour. Il était favorable à des négociations en vue de l’établissement de notre Etat, à la condition de l’absence de tout acte terroriste palestinien durant dix ans. Autant dire, hormis la rhétorique divergente, que son projet équivalait à celui de Binyamin Netanyahu.

 

Quant à Amir Peretz, qui dispose des plus grandes chances de l’emporter au second tour, il professe une approche diamétralement différente : pour lui, il faut entamer sans attendre les négociations avec Ramallah en vue de la création de notre Etat, y compris l’abandon des implantations situées en dehors des trois blocs de peuplement connus. Peretz préconise également de discuter directement avec le Hamas la cessation de l’état de guerre et la mise en place d’un ambitieux programme de développement économique comprenant la construction d’un port marchand à Gaza. Il va même jusqu’à évoquer la libération de Marouane Barghouti, qui purge une peine d’emprisonnement à vie pour sa participation à plusieurs assassinats d’Israéliens. Mais pour Peretz, Barghouti est le seul homme politique palestinien qui disposerait de la poigne et du charisme nécessaires pour prendre la suite d’Abbas, unifier les Palestiniens et conduire à leur terme des négociations aboutissant réellement à la paix. Ce point de vue est discutable, mais il a l’avantage de mobiliser beaucoup d’adeptes dans la région.

 

Ce qui ajoute à l’intérêt du changement probable à la tête du parti travailliste est l’origine séfarade [marocaine] de Peretz, et également de l’autre candidat en lice, Avi Gabaï. Or cette origine pourrait drainer un grand nombre de soutiens parmi la population séfarade israélienne, jusqu’à maintenant allergique au parti travailliste. Ce, d’autant plus qu’au Likoud, qui compte le plus grand nombre d’électeurs originaires d’Afrique du Nord, les postes-clés ont toujours été détenus par une large majorité d’ashkénazes, ce qui irrite nombre de ses partisans. Avec l’usure du pouvoir de M. Netanyahu, les multiples enquêtes judiciaires dont il fait l’objet, et son manque de projet politique à moyen et long terme, l’éventualité probable de l’accession de M. Peretz à la tête de la formation de centre-gauche est un phénomène à suivre avec attention.

 

Ceci dit, vu la composition actuelle de l’électorat israélien, il apparaît de plus en plus évident que Jérusalem ne décidera pas spontanément d’avancer vers la solution à deux Etats. Seul Donald Trump à Washington détient la capacité d’obliger le microcosme politique israélien à s’engager sur cette voie. Reste que Trump, qui suscite pour cette raison un engouement disproportionné à Ramallah, est avant tout un ami sincère de l’Etat hébreu et des valeurs qu’il incarne ; il n’encouragera pas un dirigeant israélien à faire des concessions aux Palestiniens à moins d’être absolument convaincu que le chef de l’Autorité Palestinienne est sincère dans sa volonté de parvenir à une solution pacifique et définitive du différend, sur des bases réalistes.

 

Or pour le moment, M. Trump, en dépit de tous ses efforts dans ce sens, ne parvient pas à obtenir de Mahmoud Abbas l’engagement crédible de cesser d’inciter au terrorisme. Les tergiversations d’Abbas ont d’ailleurs provoqué des étincelles lors de la récente rencontre entre les deux hommes à Bethléem. Et le chef de l’AP vient de répéter qu’il n’avait pas l’intention de cesser d’accorder des aides sociales aux familles des terroristes – de tous les terroristes – tués alors qu’ils agressaient des Israéliens.

 

Dans ces conditions, Abbas n’obtiendra pas l’implication de Trump dans le processus de paix. Non plus qu’en attribuant le nom de nos rues à des assassins d’enfants et en leur édifiant des statues. Pour que la paix à deux Etats survienne, il faudrait qu’une philosophie de la paix supplante chez nous celle du Djihad, car s’il s’agit d’utiliser la paix comme une arme pour obtenir des concessions de l’ennemi et poursuivre la guerre dans de meilleures conditions, les Israéliens et leurs amis américains ne marcheront pas dans la combine.

 

Les émissaires de Donald Trump qui ne cessent de rencontrer les responsables palestiniens ont rapporté que Mahmoud Abbas, fatigué, n’était pas loin de remettre définitivement son tablier.

 

Il existe un tas de signes mineurs, y compris l’alliance du monde sunnite avec Israël face à l’Iran, dont je n’ai pas parlé dans cet article, qui permettent d’entrevoir une petite lueur d’espoir au fond du tunnel. Elle est certes encore vacillante, mais il y a de cela quelque mois, elle n’existait pas.

 

Quant au monde sunnite, même s’il souhaiterait que le processus entre Israéliens et Palestiniens progresse, il ne sacrifiera pas le projet d’alliance avec les USA et Israël à cause du problème palestinien. A nos dirigeants actuels et à venir de ne pas manquer une nouvelle fois le train en marche. Car comme on le dit de plus en plus ouvertement à Riyad et au Caire, à force de dire non à tout on prend le risque de se retrouver définitivement cloué sur le quai de la gare.

 

 
5 juillet 1962, le massacre d’Oran (info # 011207/17) Version imprimable
Analyse
mercredi, 12 juillet 2017

 

Par Raphaël Delpard

 

Tout le long du 5 juillet 2017, mes pensées allèrent à cet autre 5 juillet 1962, au cours duquel 3 000 Français et de nombreux Algériens furent assassinés ; un jour qui fut qualifié par l'historien Gérard Israël de pogrom.

 

La libération du peuple algérien s'est faite dans le sang et le déshonneur ; déshonneur pour le gouvernement français, lequel, sur ordre de Charles de Gaulle, abandonna la population oranaise, tant européenne qu’algérienne, la livrant sans défense à la furie vengeresse des vainqueurs ; ceux-ci profitèrent de l'occasion qui leur était offerte pour organiser un massacre de masse.

 

Pour comprendre ce qui s’est passé, il nous faut remonter l'histoire de manière à reconstituer la succession des étapes qui ponctuèrent les derniers mois de la présence française en Algérie.

 

Il y eut tout d'abord la conférence d'Evian, qui s'est tenue au mois de mars 1962 entre les nationalistes algériens et les représentants de l'Etat français.

 

De Gaulle, pressé d'en finir avec le dossier algérien qu'il considérait comme un boulet l'empêchant de s'élancer dans le monde et d'y prodiguer sa parole, accéda à toutes les demandes formulées par les représentants du "gouvernement provisoire de la République algérienne".

 

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Des Européens arrêtés par des Algériens armés

Ils n’ont plus que quelques minutes à vivre

 

Rappelons, pour être conforme avec l'histoire, que les Algériens ne signèrent pas les accords. Mais tous les articles qui leur étaient favorables furent appliqués à la lettre par le gouvernement de la métropole. N'oublions pas de mentionner non plus le blanc-seing accordé par de Gaulle, d'une façon officieuse au chef de la délégation algérienne, qui consista à autoriser le Colonel Houari Boumediene, stationné à Oujda au Maroc avec ses unités, à entrer en Algérie le jour de l'indépendance. Or, parmi les égorgeurs des Français et des Algériens à Oran, le 5 juillet 1962, se trouvaient nombre de soldats appartenant au régiment de Boumediene.

 

On pouvait imaginer que les Algériens ayant réussi à faire plier un grand Etat s'en tiendrait à cette victoire, or il n'en fut rien. Il fallait que les Français partissent au plus vite, et pour hâter leur départ, le nouveau pouvoir décida qu’il était nécessaire de créer une période de chaos. Les attentats se multiplièrent, les enlèvements de civils faisaient rage ; on tuait, on assassinait à tous les coins de rue, on violait les femmes dans les cours des immeubles, on exterminait les hommes en les plongeant dans des bains d'acide.

 

Cette ambiance funeste semblait ne pas suffire à de Gaulle, car il dépêcha des policiers de Paris - les Pieds noirs les appelèrent "Barbouzes" - avec l'unique mission de jeter en prison le premier Pied-noir venu qui aurait eu l'outrecuidance de chanter la Marseillaise au passage d'un camion militaire, ou pire encore, d'entonner le chant des Africains, l'hymne des Européens d'Algérie.

 

A compter du cessez-le-feu - il intervint le 19 mars 1962 -, l’Algérie était censée vivre dans la paix. Les uns n'avaient-ils gagné ? Et les autres, piteusement perdu ? Eh bien non ! Ce fut une période de sang et de meurtres, comme il ne s'en était pas produite durant les huit années que dura le conflit.

 

Oran avait eu la chance d'échapper aux turpitudes entraînées par la guerre, ne subissant que très rarement le terrorisme aveugle des révolutionnaires. Les troubles commencèrent lorsque les habitants comprirent que de Gaulle allait livrer l'Algérie avec les meubles au FLN. La mobilisation en faveur de l'OAS1, purement épidermique, fut davantage importante pour l'idée d'une Algérie éternellement française que pour les pratiques musclées et sanguinaires ressemblant trop à celles des nationalistes algériens.

 

Les activistes français d’Oran apparaissaient, depuis l'Elysée à Paris, comme un empêchement à la bonne réalisation des accords d'Evian. Il fallait les faire taire, les punir d'oser affronter l'autorité du chef de l'Etat français et, suprême insulte, d'être des militants de la formation factieuse. Et pour y parvenir, on jugea nécessaire d'employer les moyens les plus vigoureux.

 

Le général Katz fut chargé de la besogne. Dès sa nomination, de jour comme de nuit, les arrestations allèrent bon train. Les détenus étaient conduits sous escorte militaire et parqués dans l’un des stades de la ville. Ils restaient ainsi deux ou trois jours sans manger ni boire. Ensuite ils étaient dirigés vers la prison, rapidement engorgée. La population européenne oranaise eut donc, à compter du 19 mars 1962, à lutter contre l'Armée française et le FLN, unis contre les activistes de l'OAS. C'est-à-dire, la population civile.

 

Le 5 juillet 1962, jour de l'Indépendance de l'Algérie approchait. Les 26 et 27 juin, des camions militaires français sur lesquels on avait arrimé des haut-parleurs sillonnèrent les rues, invitant la population française à ne pas rester cloîtrée chez elle. Un comité avait vu le jour et avait établi un programme de festivités.

 

Les haut-parleurs, se souvient Gérard Israël, diffusaient le lancinant et rassurant message : "Oranaises, Oranais, ne vous affolez pas. L'Armée est et restera en Algérie pendant trois ans pour assurer votre sécurité".

 

Mensonge ! Depuis les accords d'Evian, l'Armée française fut mise sur la touche sur l’ensemble du territoire. Elle ne pouvait intervenir qu'à condition d'avoir obtenu au préalable l'autorisation de l'exécutif algérien. L'autorité française n'était qu'une réalité de papier. A Oran, il n'y avait plus ni préfet ni commissaire de police. Les Oranais ne pouvaient pas appeler le commandement militaire en cas de besoin, car le central téléphonique ayant été endommagé, les communications ne passaient pas.

 

La population, toute la population, est ainsi livrée aux nationalistes algériens. Ajoutons l'ignominie du Président de la République française. Jamais dans l'histoire de France, pourtant richement émaillée de drames divers, il n'y eut un pouvoir qui osa abandonner ses nationaux. De Gaulle l'a fait. Le 5 juillet 1962, les gardes mobiles, les gendarmes, et l'Armée sont consignés dans les casernements avec interdiction absolue de sortir quoiqu'il puisse arriver.

 

5 juillet 1962. Vers 10 heures, on signale que des bandes incontrôlées envahissent le quartier juif à la hauteur des rues de la Révolution et d'Austerlitz ; elles se livrent à un pillage en règle des magasins. Le quartier est vide ou pratiquement. Les Juifs ont quitté Oran depuis des semaines, car dans les familles, les manifestations antijuives des années vingt et trente sont encore vivaces, et qui plus est, les Juifs savent que, de toute éternité, s'il y a une émeute, ce sont toujours eux que l'on visera en premier.

 

11 h 43 précisément, devant le théâtre municipal. Dans la foule massée se mêlent des Européens et des Algériens. L'annonce faite six jours auparavant justifie la présence des Français. On y trouve aussi des responsables du FLN. Des détails trahissent leur impatience. Soudain, quatre coups de feu sont tirés. Immédiatement des jeunes Algériens quittent la foule et se ruent dans des directions opposées en criant : "C'est l'OAS, c'est l'OAS qui nous a tirés de dessus !".

 

La foule est d'abord incrédule, puis, sans trop connaître la raison, tout le monde se met à courir en hurlant : "OAS ! OAS !". De ce rassemblement pacifique émergent des hommes en armes qui tirent dans toutes les directions. Des femmes et des hommes tombent, morts ou blessés.

 

Place Kargueutah, la fusillade éclate à peu près au même moment. Tous les Européens sont tués sur place. Dans une brasserie, quatre Français jouent aux cartes en buvant une anisette. Des Arabes entrent, les font sortir, mains sur la tête, et ils les abattent de sang-froid.

 

La folie s'empare des rues. Les femmes algériennes vont en bande et agressent les hommes européens qu'elles rencontrent. Poussant de sinistres youyous, elles leur crèvent les yeux ou leur lacèrent le visage avec leurs ongles, jusqu'à ce qu'ils ne ressemblent plus qu'à des plaies vivantes.

 

A la base militaire de Valmy, des jeunes Français du contingent entendent derrière les murs de la caserne les cris des Européens qui tombent sous les balles ou sous les coups de hache. Exaspérés de ne pouvoir rien faire, ils finissent par prendre à partie les officiers. Ils leur reprochent de laisser la population se faire massacrer sans intervenir : "Si vous n'avez pas le courage d'affronter les meutes d'assassins, donnez-nous des armes et nous le ferons à votre place !". Les officiers sont troublés, on leur a rapporté que quatre Français ont été pendus à des crochets de boucher dans le quartier de la Marine. Mais si nombre d'entre eux pensent qu'il est de leur devoir d'intervenir, l'absence d'ordres l'emporte sur leur détermination.

 

oran_aprs.jpg

Ensuite ce fut le massacre

Un autre épisode de son histoire que la France s’efforce par tous les moyens d’oublier.

Mais lorsque que le président Emmanuel Macron affirme, en février dernier, que

"La colonisation (…) est un crime contre l’humanité", les victimes de ce crime

ne sont pas les Français d’Oran mais bien ceux qui les ont égorgés

 

Un seul officier désobéira. Il s'agit du Lieutenant Rabah Kheliff, un musulman pro-français. Il explique les consignes du Commandement militaire.

 

"Que disaient-elles ? L'Algérie étant devenue indépendante depuis le 2, en conséquence, le 5 juillet, nous devions rester dans les cantonnements. Je trouvais bizarre cet ordre et surtout peu conforme aux accords d'Evain. Ceux-ci prévoyaient clairement le maintien de quatre-vingt mille hommes en Algérie pour assurer la sécurité des personnes et des biens, or, le jour d'une manifestation aussi importante, nous ne devions pas sortir des casernes ! Je dois ajouter que ce qui alimentait mon trouble venait des informations que nous recevions depuis le 19 mars, faisant état d'enlèvements, d'assassinats d'Européens, et de musulmans pro-français. Bref, je ne comprenais pas cet ordre. Ma conscience me commandait la désobéissance. J'ai donc décidé de quitter la caserne à la tête de mon bataillon, soit trois cents hommes. Aucun d'entre eux n'a fait la moindre difficulté pour me suivre, et j'ai vu sur les visages de certains qu'ils étaient soulagés par la décision que j'avais prise.

 

J'avais capté une information indiquant que quatre cents Européens se trouvaient entre les mains d'une unité de l'ALN - Armée de Libération Nationale - arrivée depuis du Maroc où elle attendait de pouvoir agir sur le territoire algérien. Je suis arrivé sur place, et en effet, j'ai pu constater que les Européens attendaient qu'on les embarque dans des camions. Ils étaient voués à la mort. Avec mon unité, j'ai encerclé les soldats algériens, puis je me suis adressé à un homme en civil, faisant office de préfet du pouvoir algérien. "Monsieur", lui ai-je dit, "je vous demande de donner l'ordre aux militaires de l'ALN de quitter les lieux au plus vite. Mon intention est de libérer les Français et les Algériens qui sont arbitrairement retenus. Je vous donne cinq minutes, pas une de plus. Au-delà du délai, j'agirai en conséquence".

 

Le "préfet" a parlementé avec l'officier algérien, et ce dernier a levé le camp avec ses hommes. J'ai dû affronter la foule composée exclusivement d'Algériens qui était présente, qui était furieuse de la libération des Européens. Les gens bavaient de haine et voulaient leur mort. La foule m'a encerclé à mon tour, et les coups ont commencé à pleuvoir. J'ai dû la vie sauve à mes soldats, ils m'ont extrait des griffes de mes agresseurs. C'était l'ambiance d'une Saint-Barthélemy. Ce n'est pas tout, dans le courant de l'après-midi, j'apprends par un de mes indicateurs que des soldats algériens, armés jusqu'aux dents, m'attendent à la sortie de la caserne. Je suis sorti en civil, planqué sur le plancher d'un camion avec une protection militaire. J'ai quitté Oran le jour même par avion. Destination Lyon. J'ai appris plus tard que le FLN avait décidé de m'éliminer". Rabah Kheliff est décédé le 3 novembre 2003 à Lyon. Il fut, sa vie durant, un patriote français, respectueux des lois de la république du pays dans lequel il avait placé sa confiance.

 

L'après-midi, les meurtres se poursuivent sans répit. Les émeutiers pénètrent dans les immeubles, brisent les portes des appartements et assassinent les occupants. J'ai interrogé un homme qui a réussi fort heureusement à se glisser derrière un meuble lorsque la porte de l'appartement a été brisée par les assaillants. Il a vu sa famille massacrée à coups de hache.

 

A 17 heures, le général Katz est sorti de la caserne où il attendait à bord d'un véhicule militaire ; il parcourut les rues et les places jonchées de morts, tous des Européens. Il constata ainsi que le plan avait fonctionné.

 

Il quittera Oran le 13 août 1962. Ce jour-là, le ministre des Armées, Pierre Mesmer, lui remettra la Croix de Valeur Militaire avec palme "pour avoir su rétablir et préserver avec force et dignité l'autorité légale et l'ordre public".

 

Vous avez pu constater que depuis cinquante-cinq ans, dans un pays pourtant si friand de cérémonies de repentance, jamais un gouvernement, jamais une formation politique, n'a proposé, et ni même tenté d'organiser un hommage à la mémoire de ces Français tombés sous les balles du vainqueur algérien, que le pouvoir gaulliste avait livré aux bourreaux.

 

 

Note :

1OAS : https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_arm%C3%A9e_secr%C3%A8te


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Les membres du courant juif réformé américain ont-ils changé de religion ? (info # 011107/17) Version imprimable
Analyse
mardi, 11 juillet 2017

 

Par Guy Millière

 

Je ne suis pas juif. Je suis donc très mal placé pour prendre position dans le débat houleux qui vient d’avoir lieu dans les communautés juives concernant les récentes décisions de Binyamin Netanyahu en matière de prière au Kotel [mur des Lamentations] et en matière de conversion. Binyamin Netanyahu semble avoir renoncé à une décision qui avait été prise et s’être rangé à la position des Juifs les plus orthodoxes. Il a aussitôt été accusé d’opportunisme politique et d’avoir voulu sauver sa majorité. Des dirigeants du courant juif reformé américain (en France, l’expression employée est “judaïsme libéral”) américain se sont montrés particulièrement virulents et ont menacé, paraît-il, Israël de représailles financières.

 

Que Binyamin Netanyahu soit revenu sur une décision prise peut paraitre déplaisant à ceux qui lui étaient favorables, et c’est compréhensible. Qu’il se soit rangé aux positions des Juifs les plus orthodoxes peut déplaire à d’autres Juifs, et c’est compréhensible aussi. Si les conséquences étaient cataclysmiques, on pourrait comprendre que le déplaisir provoqué fasse scandale et suscite des réactions très vives. De nombreux avis plus autorisés que le mien, dont ceux de Caroline Glick, pour qui j’ai une très vive estime, et du rabbin Shmuley Boteach, que je tiens depuis longtemps pour un homme de grande qualité, m’indiquent que les conséquences ne sont pas du tout désastreuses. Un lieu de prière mixte existe déjà au Kotel, et il continuera à exister. Les conversions resteront difficiles et des Juifs considérés comme Juifs par le courant juif réformé ne seront vraisemblablement pas considérés comme juifs en Israël (sauf s’ils se convertissent en suivant les règles de la Halakha), sans que cela ne remette en cause leur droit au retour.

 

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Autre chose…

 

Les réactions très vives de ces derniers jours ne peuvent que me paraitre dès lors motivées par une hostilité à Binyamin Netanyahu, et très disproportionnées. Elles peuvent aussi et surtout être motivées par des considérations ayant très peu à voir avec la religion juive et beaucoup plus avec le courant juif réformé américain, dans ce qu’il exprime, et avec les positions de nombre de ses membres.

 

D’après ce que j’en sais, il s’agit d’un courant au sein duquel le judaïsme est, aux Etats-Unis, en dilution rapide, et au sein duquel les mariages avec des non Juifs sont désormais majoritaires. Ceci conduit non seulement à l’existence d’un nombre croissant de gens qui se prétendent juifs mais ne le sont plus que du bout des lèvres, ce qui pose problème pour la survie du judaïsme et de la communauté juive aux Etats-Unis.

 

Nombre des Juifs qui le composent sont nettement touchés par un glissement analysé voici un peu moins d’une décennie par le grand penseur juif conservateur américain Norman Podhoretz. Ce denier, dans un livre de référence, Why Jews Are Liberal? (Pourquoi les Juifs sont-ils de gauche ?) parle, à leur propos, d’un changement de religion et d’un passage du judaïsme à une méta-religion constituée par les idées de la gauche américaine.

 

Ce courant et les Juifs concernés sont depuis longtemps des adeptes du parti Démocrate. Et ils le restent, quand bien même le parti Démocrate est aujourd’hui le parti de Barack Obama et de Bernie Sanders, et quand bien même c’est un parti désormais très accueillant envers les “antisionistes” qui frôlent parfois l’antisémitisme. Nombre des Juifs concernés, tout en aidant financièrement Israël, financent des organisations qui lui sont très peu favorables, telles B’Tselem et J Street.

 

Plusieurs rabbins du courant réformé ont entamé une période de jeûne lorsque Donald Trump est devenu officiellement président, le 20 janvier dernier, et ont parlé de “cataclysme”. Que Donald Trump soit le président le plus favorable à Israël de l’histoire des Etats-Unis, en plus d’un ami personnel de Binyamin Netanyahu, n’a eu aucune influence quant à leur attitude.

 

Le courant juif réformé est très majoritaire chez les Juifs américains, mais dès lors qu’un grand nombre de ses membres ne sont plus réellement juifs, on peut se demander si ce courant constitue un bienfait ou un péril pour le judaïsme. Je laisse, bien sûr, la question en suspens.

 

Les Juifs plus orthodoxes aux Etats-Unis restent juifs et me paraissent davantage porteurs d’un espoir de futur pour le judaïsme américain. Et que nul ne me dise qu’ils sont fermés. Je compte parmi eux quelques-uns de mes meilleurs amis.

 

Si les membres du courant juif réformé américain font dépendre leur aide financière à Israël de questions de lieux de prière mixtes au Kotel et d’un assouplissement des règles de conversion, cela signifie surtout que leur attachement à Israël est bien fragile et assez factice. Il serait bon qu’Israël ne dépende pas de gens dont l’attachement à Israël est conditionnel.

 

Si ces mêmes membres sont incapables de discerner ce que Binyamin Netanyahu accomplit depuis des années pour l’Etat hébreu en termes de diversification des alliances, de création de nouveaux partenariats (la visite de Narendra Modi ces derniers jours est un élément parmi d’autres sur ce plan), de renforcement de la sécurité du pays et de dynamisme économique, c’est qu’ils sont encore plus consternants que j’ai tendance à le penser.

 

Même si je ne suis pas juif, je conçois un infini respect pour le judaïsme et je sais ce que je lui dois et ce que lui doit l’humanité entière. Et j’ai un infini respect pour ceux qui gardent la Loi juive et lui ont permis de traverser les millénaires intacte malgré les épreuves. Il m’arrive de douter que ceux qui ont tempêté contre Binyamin Netanyahu ces derniers temps éprouvent autant de respect que moi.

 

Je considère la méta-religion constituée par les idées américaines de gauche comme un danger pour les Etats-Unis, pour Israël et pour le monde. Et je suis consterné en voyant que des gens qui se disent juifs sont adeptes de cette méta-religion, qui me parait très éloignée des valeurs du judaïsme.

 

Je regarde les positions actuelles du parti Démocrate avec une consternation inquiète, et je suis sidéré en constatant que des gens qui se disent juifs continuent dans ces conditions à soutenir ce parti.


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Pourquoi le monde musulman ne veut pas voir Wonder Woman (info # 020207/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 02 juillet 2017

 

Par Guy Millière

 

Le film Wonder Woman, qui remporte un succès planétaire, est boycotté dans le monde musulman. Le discours le plus souvent utilisé pour expliquer ce boycott est que l’actrice principale est une juive israélienne qui a un passé militaire dans Tsahal. Ce discours correspond à une réalité : le monde musulman est très antisémite et un film dans lequel l’actrice principale est juive ne peut qu’y susciter le rejet. Le monde musulman est aussi très anti-israélien, et dans nombre de pays musulmans, jusqu’à ce jour, Israël est un pays qui ne figure pas sur les cartes de géographie et dont on parle en utilisant des circonlocutions du type “l’entité sioniste”, tout en prônant sa destruction totale aux fins que le dar al islam inclue à nouveau le territoire d’Israël en en chassant tous les Juifs, après en avoir tué un grand nombre (dans la logique islamique, avoir créé un pays non musulman en terres incluses dans le dar al-islam est un crime, et le fait que des Juifs, ces êtres inférieurs, aient prétendu faire renaitre un pays juif en est un autre). La terre d’islam a autrefois englobé le territoire d’Israël par la conquête.

 

Le rejet du film par la quasi-totalité du monde arabe démontre qu’il est incapable de supporter, qu’en supplément d’être juive et israélienne, l’actrice principale ait été militaire et se soit comportée de façon remarquable durant son service militaire, ce qui ne peut que susciter une rage musulmane.

 

gal_2.jpg

Gal Gadot, Wonder Woman, trop femme, trop forte, trop courageuse, trop israélienne,

trop juive, trop belle, trop dévêtue, pour un monde arabe raciste et chauvin

 

Il y a néanmoins une autre dimension qui ne peut que provoquer l’exécration du film dans le monde musulman : le personnage incarné par l’actrice juive israélienne est un personnage qui gagne au combat contre des armées bien supérieures en nombre. Dans le subconscient du monde musulman, cela renvoie à l’évidence aux défaites militaires subies par les armées musulmanes face à Israël. Et d’ailleurs, des commentateurs de plusieurs pays musulmans ont rendu cette dimension subconsciente très consciente et ont défini le film comme procédant d’une véritable insulte au monde musulman tout entier.

 

Le fait que le personnage soit une femme est décrit par ces commentateurs comme un supplément à l’insulte. Qu’une femme juive israélienne qui a combattu dans Tsahal joue dans un film montrant une victoire sur des armées bien supérieures en nombre est déjà inadmissible, mais que ce personnage soit une femme tutoie l’inadmissible.

 

Dans l’islam, une femme est inférieure aux hommes et leur est subordonnée. Elle n’est jamais un être majeur et est définie par le Coran comme un champ de labour, un être immature valant la moitié d’un homme, et qu’un mari à la droit de frapper. Elle doit, en supplément, être pudique, discrète, porter le voile. Elle peut servir de bombe humaine à la rigueur (quelques attentats suicides islamiques ont été perpétrés par des femmes), mais elle n’est pas censée se battre les armes à la main, ce qui est la prérogative des hommes. Et il serait difficile de savoir ce qu’une femme mourant en martyr pourrait faire des soixante-douze vierges promises aux hommes tombés au djihad et censés rejoindre le paradis d’Allah.

 

Le boycott du film Wonder Woman dans le monde musulman est absolument logique. Il montre de manière ostensible la plupart des blocages qui font que ce monde ne peut entrer dans la modernité, se trouve heurté de plein fouet par celle-ci, et perçoit la modernité avec un effroi dont les conséquences sont souvent, trop souvent, mortifères. Il montre aussi pourquoi le monde musulman aujourd’hui est profondément stérile et dangereux.

 

Un monde imprégné d’un racisme pathologique à l’encontre de toute une catégorie d’êtres humains est un monde malade. Un monde où l’on nie le droit d’un peuple à disposer de lui-même sous prétexte d’irréversibilité des conquêtes islamiques est un monde vecteur de bellicisme et d’instabilités, ce qu’on ne peut que constater tous les jours. Un monde où les femmes sont traitées en êtres inférieurs est un monde où l’égalité de droit (sans laquelle le droit naturel des êtres humains n’existe pas) est impensable, et donc un monde arbitraire.

 

Quelques intellectuels musulmans se sont penchés et se penchent encore sur la dangereuse stérilité du monde musulman. Il serait urgent qu’ils soient entendus. Je crains qu’ils ne le soient pas.

 

L’islam, en surface, apparait divisé en courants, mais fondamentalement, matriciellement, il est un dogme que rien, depuis quatorze siècles, n’est parvenu à faire bouger.


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Annonce technique : Version imprimable
Communiqué
dimanche, 02 juillet 2017

 

Annonce technique : entre le mercredi 5 et le mercredi 12 juillet, les ingénieurs de la na procéderont à l’installation programmée d’une partie importante des nouveaux modules informatiques destinés au remplacement du système de distribution existant par un système beaucoup plus moderne.

 

Durant cette période, les articles ne pourront être consultés que sur la page Facebook de l’agence, à l’adresse https://www.facebook.com/menapress/?ref=aymt_homepage_panel. La consultation des articles sera exceptionnellement gratuite et le public aura accès à l’intégralité des textes publiés.

 

Les journalistes, reporters et analystes resteront à leurs postes pour vous informer. Et toutes les fonctionnalités du site de l’agence www.menapress.org fonctionneront normalement. Les seules activités qui seront momentanément interrompues seront l’envoi des articles aux abonnés et leur publication sur le site de l’agence.

 

La rédaction présente ses excuses aux utilisateurs pour ces inconvénients qui sont uniquement destinés à améliorer nos prestations, notre sécurité informatique et votre confort de lecture.
 
Tirs perdus dans le Golan, riposte dévastatrice de Tsahal (info # 010207/17) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 01 juillet 2017

 

© Metula News Agency

 

3h 20 à Métula, 2h 20 à Paris

 

Ce samedi, six projectiles en provenance de Syrie ont encore explosé en territoire israélien à proximité de la frontière internationale. L’un d’eux a atterri à l’extrémité d’un terrain appartenant au kibboutz Mérom Golan, situé au pied du cratère volcanique du mont Bental et face à la ville syrienne abandonnée de Kuneitra. Il a causé des dégâts superficiels.

 

Quatre des projectiles mentionnés sont tombés en Israël durant la soirée. Toutes ces explosions sont dues à des tirs perdus occasionnés par les combats extrêmement violents qui opposent rebelles et forces gouvernementales dans le Golan syrien, à proximité immédiate de l’Etat hébreu. Durant l’après-midi, le bruit des échanges de l’artillerie lourde des deux camps était parfaitement audible à la rédaction de la Ména, à plus de 25km du théâtre des opérations.

 

Le porte-parole de Tsahal, le général Ronen Manelis, a adressé une sérieuse mise en garde au régime de Damas, suite aux premiers tirs de roquettes de la journée de samedi. Le général a déclaré qu’ "Israël considère que le régime syrien est responsable de chaque violation de ses frontières et réagira de manière appropriée", ajoutant que son pays maintenait sa politique de non implication dans la Guerre Civile en Syrie, mais que l’Etat hébreu ne tolèrerait aucune violation de sa souveraineté.

 

Plus tard dans la soirée, Tsahal a réagi militairement en oblitérant une batterie d’artillerie gouvernementale. De source syrienne, au cœur des affrontements et en exclusivité, la Ména a appris qu’au moins un milicien chiite libanais du Hezbollah avait été tué dans la réplique de Tsahal et plusieurs autres blessés.

 

Les miliciens hezbollanis participent à la Guerre Civile Syrienne au nombre de 7 000, aux côtés des forces alaouites du dictateur Bashar al Assad et de 7 000 soldats de l’Armée iranienne.

 

Hier déjà, également à la suite d’ "obus perdus" ayant explosé en Israël, Tsahal était intervenu contre des positions de l’Armée gouvernementale.

 

 
Bruxelles-Métula du 30 juin 2017 [Analyse radiophonique] - Ména - Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 30 juin 2017

 

Bruxelles-Métula du 30 juin 2017 (013006/17) [Analyse radiophonique]


© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca  https://youtu.be/LmW4MbXhOfU (Youtube).

 

Au sommaire :

 

 

1. La situation sécuritaire à Métula

 

2. Comment la crise entre les mouvements composant le judaïsme est perçue en Israël.

 

3. Mossoul est tombée, Raqqa est en train de tomber, l’Iran avance ses pions afin de bâtir son autoroute Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth. La prochaine étape est une course de vitesse entre les Kurdes et les Américains, au nord de l’Euphrate, et les Alaouites, les Iraniens, les chiites libanais, soutenus par Moscou, par le sud du fleuve, pour prendre Deïr ez-Zor. Le prochain acte se rapprochera encore plus des fondamentaux du conflit : l’antagonisme à mort chiites-sunnites. Autour de Deïr ez-Zor, la bataille pour le contrôle de la cité et de la frontière syro-irakienne à proximité sera sanglante ces prochaines semaines et ces prochains mois.

 

4. La semaine prochaine, ce sera la première visite d’un Premier ministre indien en Israël. Les deux seules démocraties et les seuls Etats non-arabes entre Marrakech et le Bangladesh ont des tas de choses à se dire.

 

5. Retournement miraculeux de Beitar Jérusalem en Ligue Europa face aux Hongrois de Vasas : de 3 à 1 pour les Hongrois à cinq minutes de la fin de la partie, à 4-3 pour Jérusalem au final.


 

 
Bruxelles-Métula du 30 juin 2017 (013006/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 30 juin 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca  https://youtu.be/LmW4MbXhOfU (Youtube).

 

Au sommaire :

 

1.      La situation sécuritaire à Métula

2.      Comment la crise entre les mouvements composant le judaïsme est perçue en Israël.

3.      Mossoul est tombée, Raqqa est en train de tomber, l’Iran avance ses pions afin de bâtir son autoroute Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth. La prochaine étape est une course de vitesse entre les Kurdes et les Américains, au nord de l’Euphrate, et les Alaouites, les Iraniens, les chiites libanais, soutenus par Moscou, par le sud du fleuve, pour prendre Deïr ez-Zor. Le prochain acte se rapprochera encore plus des fondamentaux du conflit : l’antagonisme à mort chiites-sunnites. Autour de Deïr ez-Zor, la bataille pour le contrôle de la cité et de la frontière syro-irakienne à proximité sera sanglante ces prochaines semaines et ces prochains mois.

4.      La semaine prochaine, ce sera la première visite d’un Premier ministre indien en Israël. Les deux seules démocraties et les seuls Etats non-arabes entre Marrakech et le Bangladesh ont des tas de choses à se dire.

5.      Retournement miraculeux de Beitar Jérusalem en Ligue Europa face aux Hongrois de Vasas : de 3 à 1 pour les Hongrois à cinq minutes de la fin de la partie, à 4-3 pour Jérusalem au final.


 
Une position de l’Armée syrienne détruite après un tir de mortier (info # 012906/17) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 28 juin 2017

 

© Metula News Agency

 

0h 20 à Métula, 23h 20 à Paris

 

Ce mercredi soir, peu avant que le Premier ministre Binyamin Netanyahu ne prenne la parole à Katzerin, pour fêter les quarante ans de cette ville, considérée fréquemment comme la "capitale" du Golan, un obus de mortier en provenance de Syrie a explosé sur le territoire israélien sans faire ni victimes ni dégâts.

 

Le projectile a éclaté à proximité immédiate de la frontière – quelques mètres -, et selon des officiers de Tsahal, ce tir constituait, lui aussi, à l’instar des précédents ces jours derniers, un tir perdu, sans lien avec la visite du Premier ministre dans la région.

 

D’ailleurs, la ville de Katzerin se situe à 23km du point de chute de l’obus, ce qui, en termes régionaux et compte tenu de la portée réduite de ces armes, peut être considéré comme une distance respectable.

 

Moins d’une heure plus tard, Tsahal a anéanti la position de l’Armée gouvernementale syrienne d’où le projectile avait été tiré. On ignore pour le moment si la réplique israélienne a fait des victimes. Cette base se trouvait dans le lieu-dit al Samadaniyah, au sud-est d’al Baath, à 2km du front et à 4km de la frontière israélienne (voir carte).

 

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La région de l’incident

Carte précise au 28 juin 2017

Service cartographique © Metula News Agency

 

Les artilleurs d’Assad visaient des positions rebelles dans le village d’al Hmidaiah, adossé (500m) à la frontière israélienne, mais ils ont tiré trop long et touché le territoire hébreu (carte).

 

Lors de son allocution à Katzerin, M. Netanyahu a notamment déclaré : "Nous ne nous mêlons pas de ce qui se déroule en Syrie mais nous sommes déterminés à répondre avec agressivité et puissance à toute atteinte à notre souveraineté".

 

 
Les risques de pogrom au 21ème siècle viennent de la gauche extrême (info # 022606/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 25 juin 2017

 

Par Guy Millière © Metula News Agency

 

J’expliquais ici la semaine dernière la dangereuse dérive anti-israélienne des principaux pays d’Europe, et les raisons pour lesquelles je pensais que la politique étrangère israélienne devait diversifier ses alliances. J’ajoutais que la diversification des alliances était en cours, et qu’elle était salutaire. Je majorais aussi mon propos en avançant que la dérive anti-israélienne des principaux pays d’Europe allait très vraisemblablement se poursuivre. J’entends aujourd’hui l’augmenter d’un complément logique, et insister sur un point qui figurait dans mon analyse, mais que j’entends expliciter : les principaux pays d’Europe, en devenant anti-israéliens, laissent aussi remonter en eux l’antisémitisme, et il faudra sans doute que les Juifs d’Europe en tirent les conclusions qui s’imposent, et le fassent assez rapidement, s’ils veulent éviter le sort qui est celui des dhimmi dans les pays musulmans.

 

En France, la vie des Juifs devient de plus en plus difficile. Ceux qui vivent dans des quartiers encore relativement épargnés, tel le dix-septième arrondissement de Paris, et ceux qui gagnent très bien leur vie peuvent ne pas s’en apercevoir. Les autres sont frappés de plein fouet. Porter des signes montrant son appartenance au judaïsme (une kippa, une étoile de David) est devenu peu ou prou une incitation au harcèlement et à l’agression. Etre juif en rasant les murs reste toléré, mais nul ne peut savoir pour combien de temps. L’atmosphère qui a entouré la difficile réélection de Manuel Valls à Evry lors des élections législatives a été effroyablement éloquente et symbolique. Son adversaire, musulmane, propalestinienne, d’extrême gauche, a reçu le soutien de tout ce que la circonscription comptait d’antisémites et d’ ”antisionistes”, et la proximité de Manuel Valls avec la communauté juive a été évoquée comme s’il s’agissait d’une tare. Une campagne électorale où des propos de ce genre se tiennent sent très mauvais, et tous les échos dont je dispose me portent à penser que d’autres circonscriptions ont connu des dérives du même type sans que quiconque en haut ne s’en alarme.

 

En Allemagne, les effets de l’islamisation du pays se multiplient, de même que les lieux où il ne fait pas bon être juif. Plusieurs pays de Scandinavie, la Suède particulièrement, se vident de toute présence juive dans un contexte de violence et de menaces. Aux Pays Bas, des quartiers juifs depuis des siècles, à La Haye, Amsterdam ou Rotterdam, se vident eux aussi, et les Juifs qui y vivent encore se voient incités par la police elle-même à faire preuve d’une extrême discrétion sous peine d’être considérés comme des “provocateurs”. La situation est identique en Belgique, et Bruxelles est en train de devenir une ville islamisée bien au-delà des limites du sinistrement célèbre quartier de Molenbeek.

 

Le pays où le basculement est le plus rapide, le plus net et le plus inquiétant est, cela dit, le Royaume Uni. Constater que le parti qui a été celui de Tony Blair est devenu celui de Jeremy Corbyn ne peut (cela doit être dit et répété) que susciter l’effroi. Tony Blair pouvait tenir des discours pertinents sur le danger islamiste. Tout en restant dans les limites du “politiquement correct” à l’européenne, il n’était pas un ennemi d’Israël. Jeremy Corbyn, lui, franchit allègrement les lignes rouges les plus sanglantes : il est ami de groupes terroristes islamistes et ne s’en cache pas. Il n’est pas proche de l’Autorité Palestinienne, vraisemblablement trop modérée à ses yeux, mais carrément sympathisant du Hamas et du Hezbollah. Et il est dès lors inutile de se demander ce qu’il pense d’Israël.

 

Corbyn était et reste favorable à la fin de la participation de l’Armée britannique à des actions militaires contre l’Etat Islamique et a trouvé la “cause” des attentats djihadistes qui ont touché le Royaume Uni : la présence de militaires britanniques sur des terres musulmanes. Dans ses réunions publiques, des slogans appelant à l’assassinat de Juifs se font entendre, et des gens y ont été hués et invectivés en tant que Juifs, comme si le mot “juif” était une insulte infamante.

 

Malgré tout cela, Jeremy Corbyn a été à deux doigts de devenir Premier ministre et de remplacer Theresa May, et il lui a manqué très peu de sièges pour cela. Il n’a pas gagné cette fois, mais il peut tout à fait, porté par son élan, remporter la prochaine échéance électorale. Si c’était le cas, les Juifs britanniques devront s’en aller dans une atmosphère de hâte et de panique. Sa victoire serait le signe que c’est non seulement la fin d’une époque pour le Royaume Uni, mais aussi la fin d’une époque pour l’Europe entière, car elle sonnera comme un coup de tonnerre bien au-delà du Royaume Uni. Je ne serais pas surpris si, le cas échéant, elle donnait des ailes à Jean-Luc Mélenchon en France et, un peu plus tard, à des gens du même acabit en Allemagne (Die Linke a participé à des manifestations très douteuses) et ailleurs.

 

Dès lors que Jeremy Corbyn est un homme très à gauche, nul ne verra en lui une résurrection du fascisme. Il en ira de même pour Jean-Luc Mélenchon en France.

 

Un vieux proverbe chinois dit que lorsqu’on lui montre la lune, l’idiot regarde le doigt. On pourrait le paraphraser en disant que lorsqu’on lui fait part du péril fasciste censé être incarné par l’extrême droite, l’électeur hypnotisé ne voit pas que les risques de pogrom, cette fois, au vingt et unième siècle en Europe, viennent de la gauche extrême.


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Nouvelles frappes de Tsahal contre l’Armée d’al Assad (info # 012606/17) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 25 juin 2017

 

© Metula News Agency


Ce dimanche, l’une de nos équipes de reporters filmait les combats inter-syriens dans le Golan, ainsi que les incidents frontaliers opposant l’Armée gouvernementale à Tsahal à partir de la position de Booster, la plus avancée du dispositif militaire israélien face à la Syrie.

 

Dans l’après-midi, plusieurs projectiles venant de Syrie ont explosé à proximité de Booster, dans la vallée des Larmes (heb.: Emek ha-bakha), alors que d’intenses échanges d’artillerie, de roquettes et à la mitrailleuse lourde se déroulaient sans discontinuer, de l’autre côté du grillage marquant la frontière entre les rebelles et l’Armée régulière assistée de ses alliés iraniens et libanais.

 

L’essentiel des tirs se concentrait entre al Khmidaya, contrôlée par la rébellion, et les deux villes collées l’une à l’autre d’al Baath et de Khan Arnabeh, entre les mains des gouvernementaux. Les positions des uns et des autres ne sont distantes que de 800 mètres, alors que la ligne de front entre les belligérants est séparée de Booster par 1.7 kilomètres. Le grillage de la frontière se trouvant à 150 mètres de la position israélienne sur le toit de laquelle nos reporters s’étaient installés.

 

 

booster.jpg

 

Service cartographique © Metula News Agency

 

Conformément à sa politique destinée à préserver l’intégrité territoriale du pays qu’il défend, Tsahal a rapidement riposté aux tirs syriens par des tirs de chars Merkava ainsi que par l’intervention de plusieurs chasseurs-bombardiers.

 

Lors de cette réplique, l’Armée israélienne a neutralisé deux canons de gros calibre de l’artillerie gouvernementale de même qu’un camion qui transportait des munitions. L’équipe de la Ména a pu constater de visu que les trois objectifs visés ont été anéantis.

 

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Ce Merkava Mark IV effectue une marche arrière, juste après

avoir oblitéré une batterie d’artillerie de l’Armée de Bashar al Assad

© Metula News Agency

 

Tout le secteur allant du saillant de Kuneitra au nord de la vallée des Larmes avait été évacué des agriculteurs qui y travaillaient et des confrères qui filmaient eux aussi les évènements, mais à six kilomètres en retrait de notre position de reportage.

 

Suite aux frappes israéliennes de dimanche, l’Armée du régime syrien a émis un communiqué dans lequel elle "condamne l’agression israélienne en soutien de groupes terroristes", et "avertit Israël contre la répétition de ce genre de comportements".

 

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Ce pick-up montant au front, équipé d’une mitrailleuse lourde,

emporte un grand nombre de combattants rebelles

© Metula News Agency

 

Après une accalmie très relative d’environ trois heures, de 17 à 20h locales, les bombardements entre rebelles et gouvernementaux ont repris avec une grande intensité. Vers 22h, quatre grosses détonations ont secoué les maisons de Métula, située pourtant à plus de 25km à vol d’oiseau du théâtre des combats.

 

 
Pinocchio est syrien (info # 012506/17) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 24 juin 2017

 

© Metula News Agency

 

Métula, dimanche 2h00, minuit 1h00 à Paris

 

A en croire un porte-parole de l’Armée gouvernementale syrienne, le raid de l'Aviation israélienne de ce samedi contre des objectifs militaires en Syrie, que nous avons relaté dans notre dépêche précédente, aurait provoqué la mort de civils.

 

Le porte-parole de Tsahal a quant à lui affirmé que l’Armée israélienne avait conduit cette opération aérienne en riposte au tir d’une dizaine d'obus depuis le territoire syrien vers la partie israélienne du plateau du Golan, constituant ainsi une "violation inacceptable de la souveraineté" de l’Etat hébreu.

 

D’après la source syrienne, qui ne fait aucune mention des obus tombés en Israël, Tsahal aurait visé des cibles en Syrie afin de soutenir l’offensive d’un groupe islamiste apparenté à al Qaëda visant les mêmes objectifs que lui. Selon Damas, les missiles israéliens auraient touché un bâtiment d'habitation provoquant des victimes civiles, sans parvenir à détruire d’objectifs militaires.  

 

Notre commentaire est le suivant : premièrement, nos reporters ont observé sur place, entre 17 et 18 heures locales, les impacts des obus syriens. Deuxièmement, Tsahal a diffusé le film de ses frappes de samedi après-midi. Si des civils sont morts au cours de ce raid, c’est le signe que des Syriens habitent dans des chars d’assaut en marche.

 

Le film des frappes de ce samedi : https://youtu.be/a8I2nxcsmio

 

C’est surtout une évidence de plus que les officiels syriens ne disent jamais la vérité sur rien. D’après l’évaluation d’expert de notre camarade Jean Tsadik, "il est douteux que quelqu’un ait pu sortir vivant des chars touchés de plein fouet par les missiles du drone". Jean Tsadik considère par là même que tous les occupants de la position d’artillerie atteinte par un autre missile sont soit morts soit blessés.

 

Le bilan humain de cette riposte, en conformité avec l’analyse de notre camarade, se situe entre dix et quinze morts, et les militaires qui n’ont pas succombé à ces attaques sont probablement sérieusement blessés.

 

 
Tirs perdus syriens massifs en Israël et riposte proportionnelle de Tsahal (info # 012406/17) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 24 juin 2017

 

© Metula News Agency

 

Métula, samedi 20h00, 19h00 à Paris

 

Cette après-midi, aux alentours de 15h locales, une dizaines de projectiles tirés depuis la Syrie ont atterri en territoire israélien, sur les hauteurs du Golan. Il s’est agi de tirs égarés provenant des combats acharnés qui se déroulent sur le Golan syrien entre les rebelles du Front du Sud et les forces gouvernementales, soutenues par l’Armée iranienne et la milice libanaise chiite du Hezbollah. Les explosions en Israël n’ont fait ni victimes ni dégâts.

 

L’essentiel des combats se situe dans la région de la ville d’al Baath, entre les mains du régime, et al Khmidaya, sous contrôle rebelle (voir la carte). Mais toute la région du Golan syrien figurant sur la carte est actuellement encore le théâtre d’échanges d’artillerie, de roquettes et de missiles d’une violence que nous n’avions pas connue depuis de nombreux mois.

 

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Carte à jour de la situation militaire dans la région de Kuneitra

Service cartographique © Metula News Agency

 

Les murs des maisons de Kiryat Shmona tremblent à cause des sons provenant de la frontière, à 25km à l’Est, à vol d’oiseau. Les explosions sont également très audibles à la rédaction de la Ména à Métula, 3km plus loin.

 

Vers 16h, un drone du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, a riposté à cette violation de souveraineté en détruisant deux chars d’assaut gouvernementaux qui participaient aux combats, ainsi qu’une batterie d’artillerie et un nid de mitrailleuses lourdes du régime.

 

Les forces rebelles occupent des positions établies à quelques dizaines de mètres de l’Etat hébreu, dans le but de dissuader leurs adversaires de les bombarder à cause du risque de toucher le territoire israélien et de générer ainsi des représailles.

 

Les forces du régime syrien s’abstiennent d’utiliser leur aviation dans cette partie de territoire voisin d’Israël, car leurs avions et leurs drones y sont abattus systématiquement.

 

Au vu du risque de nouveaux tirs perdus, les routes d’accès israéliennes à la région de Kuneitra et de la Vallée des larmes1 ont été interdites à la circulation des civils. Les agriculteurs qui cultivaient des champs dans la zone ont été priés de rentrer chez eux, de même que les milliers de touristes, qui, par ce beau samedi de juin, pratiquaient la cueillette des cerises et d’autres fruits dans des plantations prévues à cet effet. Les sirènes d’alerte en cas de bombardement n’ont pas retenti à l’occasion des tirs ennemis.

 

Le porte-parole de Tsahal a rappelé dans un communiqué que la riposte a été la conséquence de la violation inacceptable de la souveraineté israélienne, et qu’une plainte avait été déposée auprès de l’UNDOF (ou FNUOD en français), les Forces des Nations Unies chargées d'Observer le Dégagement de 1974.

 

Ce contingent onusien n’intervient plus en Syrie, dans la zone qu’il était censé superviser, après que certains de ses Casques bleus ont été kidnappés et leurs armes saisies par des factions syriennes. Ces personnels doivent d’avoir eu la vie sauve à des interventions de secours de l’Armée israélienne.

 

Jérusalem considère que le régime syrien est globalement responsable des violations de sa souveraineté "ayant le territoire syrien pour origine" et de la mise en danger de ses citoyens.

 

 

 

Note :

 

1La Vallée des larmes, ou "Emek ha-bakha",  en hébreu, doit son nom aux centaines de morts des armées israélienne et syrienne tombés lors des combats de chars dans cette vallée lors de la Guerre de Kippour en 1973.  

 

 
Syrie : le risque d’affrontement direct USA-Russie a soudainement augmenté (info # 012104/17) Version imprimable
Analyse
mercredi, 21 juin 2017

 

Par Stéphane Juffa

 

avec Jean Tsadik et Perwer Emmal

 

L’U.S Air Force abat un Soukhoï syrien. Premiers combats entre les Kurdes et l’Armée gouvernementale.

 

Pendant que les Forces Démocratiques Syriennes, à forte prééminence kurde, combattent désormais à l’intérieur de Raqqa, où elles ont entamé une manœuvre en tenaille pour couper les quartiers nord de la capitale de l’Etat Islamique (DAESH) du reste de la cité de 200 000 habitants, nous avons assisté, ces trois derniers jours, à une extension majeure du conflit en Syrie.

 

D’abord, profitant de l’affaiblissement notoire de DAESH, qui se trouve acculé par les FDS et leurs alliés américains sur l’ensemble du front, l’Armée gouvernementale d’al Assad, soutenue par la milice chiite libanaise du Hezbollah, et de plus en plus massivement par des soldats réguliers iraniens, a, pour la première fois, attaqué les FDS.

 

Les combats se sont déroulés dimanche dans la localité de Ja’din (carte), à 40km au sud-ouest de Raqqa. A 17h43 GMT, ce jour-là, un Soukhoï-22 gouvernemental a largué des bombes sur les positions des FDS dans ce secteur, blessant plusieurs combattants.

 

L’appareil a immédiatement été abattu par un F/A-18 de l’U.S Air Force, en vertu des règles d’engagement au sein de la coalition et du principe de légitime défense, d’après un communiqué du commandement de la coalition.

 

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Le Lieutenant-colonel Ali Fahd qui pilotait le Soukhoï abattu par les Américains.

Les FDS qui l’ont récupéré vivant négocient son transfert avec les gouvernementaux

 

"Les projets et les actes hostiles des forces pro-régime à l’encontre de la coalition et de ses partenaires en Syrie qui mènent des opérations anti-EI légitimes, ne seront pas tolérés", a précisé le communiqué.

 

On y lit encore que la coalition internationale "ne cherche pas à attaquer le régime syrien, les forces russes ou les forces pro-régime qui collaborent avec eux, mais elle n'hésitera pas à défendre la coalition ou ses partenaires face à toute menace éventuelle".

 

L’incident a été suivi par des combats au sol opposant l’axe Assad-Iran-Hezbollah aux FDS. Ces dernières ont menacé explicitement le régime de Damas, au cas où les affrontements s’amplifieraient dans la périphérie de Raqqa, de s’emparer des quartiers et de l’aéroport de Qamishli, à 370km au nord-est, où des forces gouvernementales, complètement encerclées par les Peshmerga kurdes, sont encore tolérées. Le même sort serait réservé au minuscule détachement gouvernemental à Assaké.

 

Ja’din se trouve à proximité immédiate du carrefour stratégique de Resafa, pour l’instant toujours partiellement aux mains de DAESH, qui conduit à Raqqa au Nord, et à Deïr ez Zor au sud-est. Deïr ez-Zor, où la 104ème brigade d’élite aéroportée de la garde Républicaine gouvernementale, commandée par le Brigadier-Général Issam Zahreddine, se trouve complètement encerclée par DAESH depuis deux ans.  

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

Depuis, selon nos informations, les affrontements entre les Forces Démocratiques Syriennes et l’alliance pro-Assad ont cessé, mais les deux armées se regardent en chiens de faïence à quelques kilomètres l’une de l’autre.

 

Les Russes menacent directement les Américains

 

En revanche, suite à l’interception du Soukhoï syrien, les relations entre les Russes et les Américains se sont dégradées, au point de courir le risque d’une confrontation armée entre eux. Tout d’abord, avant-hier, lundi, Moscou a déclaré la suspension du canal de communication militaire avec Washington. Car, pour les Russes, les Américains auraient dû l’utiliser afin de prévenir qu’ils s’apprêtaient à abattre le bombardier de leur allié.

 

Bien plus inquiétant encore, le ministère russe de la Guerre a annoncé que "ses moyens de défense antiaérienne et ses avions suivraient et prendraient pour cibles les appareils et les drones de la coalition évoluant à l’ouest [au sud, dans la région de Raqqa] de l’Euphrate". Presqu’au même moment, le gouvernement de Vladimir Poutine avait annoncé, plus globalement encore, qu’ "il pointerait ses missiles vers tout avion de la coalition internationale survolant la Syrie".

 

Rien ne dit que le Tzarévitch mettra sa menace à exécution, mais il y a lieu de la prendre au sérieux. C’est par exemple ce qu’ont déjà fait les Australiens, qui ont décidé, par mesure de précaution, d’interrompre leurs missions d’attaque en Syrie, après que le Kremlin a déclaré considérer à partir de maintenant les appareils de la coalition comme des "cibles".

 

Le contingent australien compte trois cents hommes, six chasseurs-bombardiers F/A-18, un appareil de surveillance et d’alerte avancée E-7A, et un avion de transport et de ravitaillement aérien KC-30A.

 

Quant aux Américains, dans un souci d’apaisement, ils ont annoncé vouloir rétablir le canal de communication, mais ils ont également déclaré qu’ils réagiraient sans état d’âme à toute attaque visant leurs avions.

 

En sus de plusieurs douzaines de chasseurs et de bombardiers dont disposent les Russes en Syrie, et qui ont déjà tué des dizaines de milliers de personnes, ils ont également déployé des systèmes de défense antiaériens S-300 et S-400, qui passent pour très performants. Reste que notre analyse est sans appel : les Russes, malgré leur équipement, ne sont pas de taille à se mesurer aux Américains en Syrie ; ce, même si une confrontation armée ne serait assurément pas une partie de plaisir pour les fils de l’Oncle Sam et qu’ils y perdraient des plumes.

 

La vraie préoccupation est celle d’éviter un affrontement militaire ente les deux plus grandes puissances militaires du globe. Ce, alors que Vladimir Poutine bluffe manifestement, dans le plus pur style de ses prédécesseurs soviétiques, voulant donner l’impression qu’il n’hésiterait pas un instant avant d’actionner la détente de son pistolet. A Métula, nous pensons au contraire qu’il y réfléchira à plusieurs fois avant de se lancer dans une telle aventure dans laquelle il n’a rien à gagner.

 

L’Iran tire sept de ses missiles les plus précis sur Deïr ez-Zor, seulement deux y parviennent

 

L’autre nouvelle, c’est le lancement par l’Iran de sept missiles balistiques sol-sol de portée intermédiaire Zulfiqar [le nom du sabre recourbé d’Ali, qu’il aurait reçu des mains du Prophète Mahomet. Ali fut le 4ème calife de l’islam et le 1er imam du chiisme] sur les positions de l’Etat Islamique dans la ville de Deïr ez-Zor.

 

Ces fusées étaient considérées jusqu’à dimanche comme les plus précises de l’arsenal des ayatollahs, et capables de parcourir entre 7 et 800km. Dimanche, à partir de la ville perse de Kermanshah, ils n’avaient à survoler que 450km, pourtant rien ne s’est passé comme prévu par la dictature chiite. Seuls deux missiles ont atteint leur but, n’infligeant que des dommages mineurs aux islamistes, tandis que trois autres explosaient sur le territoire irakien, et que les deux restants manquaient leur cible de plusieurs kilomètres, explosant dans des zones non habitées de Syrie.

 

Ce qui devait constituer un message d’intimidation destiné aux USA, aux sunnites et à Israël, de l’aveu même de la presse téhéranaise, a tourné en eau de boudin. Il en faudra beaucoup plus pour impressionner Jérusalem, dont les missiles frappent leurs cibles au mètre près en Syrie. Les Hébreux sont parés pour administrer une correction aux apprentis sorciers iraniens, s’il leur prenait la très mauvaise idée de se frotter à Israël ; à Téhéran, les décideurs ont probablement tiré les leçons de ce fiasco. Tandis qu’à Jérusalem, on se contente, comme l’a répété Binyamin Netanyahu, "de surveiller l’activité de l’Iran en Syrie".   

 

Deux incidents graves pour un même enjeu

 

La bataille de Raqqa, du point de vue stratégique, est une affaire classée. L’unique inconnue consiste à savoir combien de temps les 3 000 miliciens islamistes de DAESH acculés et encerclés dans la ville résisteront aux 20 000 combattants kurdes, à leurs 4 000 alliés tribaux arabes dans les FDS, et à l’extraordinaire puissance de feu des avions, des canons et des commandos américains.

 

On ne voit pas les Alaouites, les Syriens, les chiites libanais ou les Russes se risquer à déranger la ripaille ; pour Raqqa, ils arrivent trop tard.

 

Le véritable enjeu des incidents de dimanche se nomme Deïr ez-Zor, la ville située à 125km en aval de Raqqa sur l’Euphrate. Pour l’Armée d’Assad, appuyée par ses acolytes perses et libanais, qui, depuis l’offensive victorieuse des FDS face à l’Etat Islamique – mais uniquement à partir de ce moment – progresse sur trois fronts, nord, centre et sud, l’objectif est d’arriver à Deïr ez-Zor avant les Américains et leurs alliés kurdes.

 

D’abord pour libérer les soldats gouvernementaux encerclés, mais c’est secondaire, car la finalité stratégique de cette course poursuite, c’est l’occupation de la frontière avec l’Irak afin de permettre la consolidation du corridor terrestre chiite : Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth.

 

Pour l’Amérique, ses alliés européens, arabes et israéliens, le but stratégique est bien sûr inverse. Nombre d’analystes se demandent cette semaine si les menaces russes et les tirs de missiles iraniens, n’avait pas pour but de tester les Américains et Donald Trump. Pour savoir jusqu’où le nouveau président U.S est prêt à impliquer son armée pour empêcher les Iraniens de parvenir à leur fin.

 

Nous l’ignorons pour le moment, et ne sommes pas absolument certains que M. Trump ait déjà décidé. Nous sentons les conciliabules se multiplier à Washington et sommes fort intéressés à connaître la position finale qu’adopteront les Etats-Unis.

 

L’enjeu du questionnement est considérable. De l’ "autoroute chiite" dépend par exemple l’avenir du Liban, déjà sous le joug impitoyable de Téhéran mais que les ayatollahs doivent entretenir. Et aussi la confiance que Riyad, Le Caire, les Etats du Golfe et toute l’arabité sunnite ont placée en Donald Trump qui est venu la leur demander. Simplement dit : si Trump laisse les Iraniens et le régime prendre Deïr ez-Zor, la brève lune de miel entre le monde arabe et Trump sera déjà terminée.

 

On comprend soudain le rôle de contrepoids que jouait l’Etat Islamique (sunnite) dans l’est syrien pour contrecarrer l’expansion iranienne (chiite), bien plus menaçante pour les Occidentaux au niveau stratégique que la présence des djihadistes salafistes dans la région. Pendant que la coalition leur assène les derniers coups de boutoir à Raqqa, on réalise à Washington qu’il va falloir remplir le vide que va laisser DAESH le long de la frontière irakienne si l’on ne veut pas perdre la Guerre de Syrie et d’Irak et participer à la création d’un empire persan au Proche et au Moyen-Orient. La neutralisation de l’Etat Islamique, qu’on accusait à tort de tirer les ficèles des attentats terroristes en Europe à partir de Raqqa et Mossoul, a été une erreur. Il suffisait de le circonscrire à l’Est et de couper son cordon ombilical avec Recep Erdogan pour que DAESH continue à servir nos intérêts sans avoir à risquer une confrontation avec les Russes et la régionalisation du conflit. Mais Obama, Catherine Ashton, Federica Mogherini, et les pleutres dirigeants de l’Europe avaient peur de froisser le dictateur constitutionnel turc et l’ont laissé agir. Or les arrangements diplomatiques ne justifient jamais de ne pas prendre les décisions qui s’imposent du point de vue stratégique. L’Occident, qui est en train de s’empêtrer en Syrie, en fait une nouvelle fois l’expérience. Comme s’il était incapable de retenir les leçons de l’histoire.     

 

"L’autoroute chiite" permettrait, premièrement, pour Téhéran, de maintenir le contrôle des territoires conquis. Ensuite de fournir des armes lourdes et encombrantes, dans ces pays, à ses supplétifs. Et pour finir, de dépêcher des conseillers et des soldats dans tout le Moyen-Orient, y compris à la frontière d’Israël, afin d’y instiller l’instabilité et d’y combattre les alliés sunnites de Jérusalem.

 

Parmi les unités entretenues par Téhéran, la plus menaçante pour l’Etat hébreu est probablement celle du "Régiment du Golan". Une petite organisation pestilentielle, initialement organisée par l’archi-terroriste assassin d’enfants Samir Kuntar, neutralisé par les Israéliens en plein cœur de Damas en décembre 2015, qui regroupe des commandos des Gardiens de la Révolution khomeyniste, des chefs du Hezbollah libanais et des Druzes égarés, qui ont déjà changé plusieurs fois de camp.

 

Eh bien la Ména livre en exclusivité à ses lecteurs l’information qu’elle a reçue de ses amis du côté syrien du Golan : Majid Hammoud, le chef du "Régiment du Golan" et successeur de Kuntar, aurait été liquidé samedi dernier dans la ville de Khan Arnabeh, à 6km d’Israël, qui abrite le quartier général de cette organisation. La neutralisation de Hammoud succède à celle, le 19 mars dernier, de Yasser Hussein al-Sayyed, qui avait précédé Majid Hammoud à son poste, où on ne vit ostensiblement pas jusqu’à l’âge de la retraite. Il avait été stoppé net dans son automobile par un drone alors qu’il se rendait à Damas. Deux ans plus tôt, le 18 janvier 2015, le jeune chef militaire du Hezbollah, Jihad Morgnieh, cinq autres membres de son organisation criminelle, de même qu’un général iranien de la Force al Quds [Jérusalem], Mohammad Ali Allahdadi, avaient également été éliminés alors qu’ils participaient à des activités du "Régiment du Golan", non loin de la frontière israélienne.

 

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Majid Hammoud, le commandant en chef du "Régiment du Golan"

aurait été neutralisé samedi dernier à Khan Arnabeh

 

A noter que le weekend dernier, le Wall Street Journal a donné des indications concernant la coopération entre Tsahal et certaines unités de la rébellion, côté syrien du Golan, afin de contrer l’expansion iranienne et de préserver notre frontière. Des informations que les lecteurs de la Ména connaissent de manière bien plus détaillée que ce qu’a publié le WSJ depuis plusieurs années.


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France : la démocratie sans le peuple (info # 011906/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 19 juin 2017

 

Par Amram Castellion

 

La victoire électorale moins importante qu’annoncée, hier soir, des députés macronistes marque à la fois la dernière étape de la prise de tous les pouvoirs en France par le nouveau président et la fin de l’euphorie qui avait suivi sa victoire.

 

A l’issue du premier tour, il était mathématiquement inévitable que le parti macroniste dit « La République en Marche », avec son allié centriste le Modem, obtienne une large majorité des sièges de députés. Mais dès dimanche dernier, la principale faiblesse du mouvement macroniste était devenue évidente. Moins d’un inscrit sur deux était allé voter – un record historique absolu d’abstention en France. En pourcentage des inscrits, le mouvement macroniste obtenait 15,5% des voix, contre 10,5% pour la droite et un nombre presque identique – autour de 6,5% à quelques dixièmes de points près – pour les socialistes, l’extrême gauche mélenchoniste (dite « France insoumise ») et le Front national.

 

Avec la forte diminution du nombre des candidats au second tour, ces pourcentages devaient mécaniquement augmenter. Mais, dans le même temps, l’abstention a fait un bond supplémentaire. Elle a fait voler en éclats son record de la semaine dernière pour atteindre 57,4% des inscrits.

 

Résultat : le nombre des voix qui se sont portées hier sur le parti du président et son allié est d’environ 8,9 millions, soit seulement 18,9% des inscrits. La droite remporte 4,7 millions de voix (10,4% des inscrits) ; le Front national, 1,6 million (3,4% des inscrits) ; le parti socialiste et les divers gauche, 1,4 million (2,9% des inscrits) ; et l’extrême gauche (France insoumise et communistes), 1,1 million (2,3% des inscrits).

 

La conséquence de l’abstention gigantesque d’hier est que le vainqueur obtient - de loin - le mandat populaire le plus réticent de toute l’histoire de la Cinquième République. Les macronistes ont reçu moins de voix dans leur victoire – en pourcentage comme en valeur absolue – que n’en avaient reçues les perdants de toutes les élections françaises depuis 1997.

 

En nombre de députés, il en sera bien sûr autrement. Sous réserve des contestations judiciaires possibles, le camp macroniste devrait avoir 350 députés (dont 42 pour les centristes), soit la majorité la plus importante depuis 1997. La droite aura 138 députés ; la gauche, 45 ; l’extrême-gauche, 27 ; le Front national et assimilés, 9 ; les régionalistes et divers, 8.

 

Même cette nette victoire en sièges est très nettement en retrait par rapport à ce qu’annonçaient les sondages et que prévoyait le camp du président. Pendant une semaine, les Français ont été abreuvés de sondages promettant entre 420 et 440 députés aux macronistes. Selon ces sondages, tout Paris devait tomber (finalement, trois circonscriptions restent à la droite, une au parti socialiste et une à l’extrême gauche). La droite n’aurait dû avoir que 70 à 90 sièges. Les Français en ont décidé autrement. Ce matin, Emmanuel Macron a certes tous les pouvoirs en France, mais il est aussi un dirigeant diminué.

 

Les trois grands enseignements des législatives sont les suivants :

 

Le premier, contrairement à ce que la presse française a martelé pendant des mois, est qu’il n’existe pas en France de vaste engouement populaire pour la personne du président. L’enthousiasme hystérique en sa faveur existe, mais il est confiné aux catégories sociales supérieures, aux grandes villes et, dans une moindre mesure, à l’ouest du pays.

 

Le macronisme peut être défini comme la synthèse de deux projets politiques. D’une part, il a ressuscité le parti radical de la Troisième République : un grand parti centriste, modéré et gestionnaire. D’autre part, Macron s’inspire directement du succès de Vladimir Poutine, qui est parvenu à réunir des opinions très différentes derrière l’allégeance au parti unique et le culte du chef.

 

La première ambition a été pleinement remplie : le parti macroniste est désormais fermement installé, pour cinq ans au moins, à la droite de la gauche et à la gauche de la droite. Il est doté de cadres de talent – principalement, mais non exclusivement, issus de la gauche gestionnaire –, et d’une masse obéissante de députés plus médiocres qui lui garantissent une majorité docile.

 

La seconde ambition du président – devenir un Poutine français – a, elle, manifestement échoué. Moins d’un Français sur six au premier tour, et moins d’un sur cinq au second tour, s’est montré prêt à lui donner sa chance en allant voter pour ses candidats. Son principal talent aura, finalement, été de paraître assez rassurant pour que l’immense majorité des Français, qui ne se reconnaît pas en lui, accepte l’idée de sa victoire et se réfugie dans l’abstention.

 

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« Il a encore beaucoup à apprendre, le petit français »

 

L’absence d’un mandat populaire suffisamment fort conduit au deuxième grand enseignement de ces élections : l’époque où l’opposition cherchait à profiter de l’aura politique du président est déjà terminée.

 

Pendant toute la campagne, la droite hésitait entre deux stratégies : s’affirmer comme une force d’opposition ou se montrer ouverte, « macron-compatibles » et prête à travailler avec le président.

 

Il est maintenant clair que Macron n’a pas assez de capital politique pour que se rapprocher de lui soit une stratégie payante. La droite, devenue l’opposition de la prochaine assemblée, devra faire le travail qui est celui de toutes les oppositions : dénoncer les faiblesses des textes qui seront votés, attirer l’attention des électeurs sur les incohérences, les échecs et les reniements du gouvernement, et préparer un programme de gouvernement pour tenter de gagner les élections de 2022.

 

Enfin, le troisième enseignement de ces législatives est que la scène politique française sera bouleversée à nouveau le jour où un mouvement politique convaincra les abstentionnistes d’hier de revenir dans le jeu.

 

Ces abstentionnistes sont, pour une large part, issus des catégories populaires ou de la petite bourgeoisie : environ 70% des ouvriers et employés n’ont pas daigné voter. Ils sont inquiets pour leurs emplois et pour leur pouvoir d’achat. Ils craignent pour leur sécurité physique face à la délinquance et redoutent les conséquences de l’immigration sur leur identité culturelle et celle de leurs enfants. Et ils représentent un immense réservoir de voix, disponibles pour le parti qui réussira à les mobiliser sur tous ces sujets que les macronistes ont délaissés.

 

La responsabilité historique de la droite française au cours des prochaines années sera de convaincre les abstentionnistes d’hier qu’elle comprend leurs souffrances et qu’elle a des mesures concrètes à proposer pour répondre à leurs inquiétudes. Si elle y parvient, un électorat longtemps tenté par l’extrémisme, puis découragé par la démocratie, pourra revenir vers elle dans un cadre républicain.

 

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La dérive anti-israélienne de l’Europe (info # 011806/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 18 juin 2017

 

Par Guy Millière

 

La recomposition régionale du Proche-Orient qui s’est mise en route sous l’égide de Donald Trump, et qui vise à l’instauration d’une alliance entre les pays arabes sunnites et Israël aux fins d’endiguer l’Iran est d’autant plus importante que les dérives constatées depuis des années au sein de l’Europe s’accentuent de manière alarmante. Les positions anti-israéliennes de l’Union Européenne sont claires et explicites depuis lors.

 

L’Allemagne garde encore un peu de retenue et ne glisse pas totalement vers l’anti-israélisme primaire en raison de son très lourd passé antisémite, mais des sympathies équivoques s’y dessinent. Il y a plusieurs semaines, le gouvernement allemand a énoncé ses doutes sur la volonté du gouvernement israélien de parvenir à une résolution du conflit “israélo-palestinien” et, lors de sa visite en Israël, le ministre socialiste des Affaires Etrangères d’Angela Merkel, Sigmar Gabriel, a provoqué un incident diplomatique en tenant à rencontrer des dirigeants d’organisations de la gauche radicale telles que B’Tselem.

 

L’hebdomadaire Der Spiegel a publié récemment un article disant que "le traitement particulier d'Israël pour des raisons historiques arrive à ses limites”. Puis : "Notre faute historique ne peut pas amener l'Allemagne à accepter que le gouvernement israélien s'éloigne de plus en plus des valeurs que nous avions tenues jusqu'ici pour communes". Que l’Allemagne prétende donner des leçons à Israël en termes de valeurs est nouveau et inquiétant.

 

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Antisémitisme. Mais où sont donc passés les antiracistes, demande Ivan Rioufol dans Le Figaro

 

La France ne vaut pas mieux et on s’y situe bien au-delà des sympathies équivoques : dans des attitudes résolument “propalestiniennes”, qui vont d’un traitement ouvertement “propalestinien” de l’information dans quasiment tous les media d’information, au vote de motions anti-israéliennes dans diverses instances internationales. On rappelle le texte sur Jérusalem à l’UNESCO (après avoir voté pour un texte répugnant en 2016, la France s’est abstenue depuis sur un texte tout aussi répugnant, mais n’a pas voté contre), motion présentée au Conseil de Sécurité de l’ONU condamnant la “colonisation” israélienne. Il s’agit d’une motion présentée à l’Organisation Mondiale de la Santé présentant Israël comme le seul violateur du bien-être mental, physique et environnemental au Proche-Orient…

 

Et rien ne changera, à l’évidence, sous Emmanuel Macron, qui compte dans son gouvernement des adeptes du mouvement Boycott-Désinvestissement-Sanctions et des praticiens de l’établissement de relations très apaisées avec des organisations islamistes.

 

Le Royaume-Uni est en procédure de sortie de l’Union Européenne, mais fait néanmoins partie de l’ensemble européen, et si le parti conservateur, qui, sous la conduite de Theresa May, vient de connaitre un revers électoral n’a pas des positions plus anti-israéliennes que les gouvernements français successifs, le Parti travailliste a lui glissé très à gauche, vers des positions qui sont non seulement “propalestiniennes”, mais carrément ouvertes au terrorisme, puisque son dirigeant actuel, Jeremy Corbyn (accusé à juste titre d’antisémitisme comme plusieurs personnes de son entourage) a reçu dans un passé récent des représentants du Hezbollah et du Hamas. Ce qui ne lui a strictement rien couté politiquement, puisqu’il a gagné du terrain sur les conservateurs, malgré trois attentats djihadistes récents au le Royaume-Uni.

 

Les dérives que je viens de noter se retrouvent à des degrés divers dans la plupart des pays européens. Elles sont d’autant plus à même d’inquiéter, que des analyses de l’électorat montrent que l’électorat jeune (les moins de vingt-cinq ans) votent plus aisément pour des partis hostiles à Israël ou adoptant des positions “propalestiniennes”, ce qui semble montrer que la propagande anti-israélienne gagne du terrain et s’implante dans les esprits.

 

Ces dérives sont d’autant plus menaçantes que la proportion de musulmans dans les divers pays européens s’accroît, et que la population musulmane est, dans chaque pays concerné, en moyenne plus jeune que la population générale. L’électorat musulman pèse de plus en plus lourd partout en Europe et cette évolution semble destinée à durer. C’est donc, sans surprise, un électorat très anti-israélien.

 

Dans un livre qui vient de paraitre, "The Strange Death of Europe" [l’étrange mort de l’Europe. Ndlr.], l’essayiste britannique Douglas Murray dit que l’Europe est entrée dans une phase de suicide collectif, et explique que ce suicide ne pourra vraisemblablement pas être interrompu. Il considère que l’hostilité à l’encontre d’Israël et des Juifs fait partie intégrante de ce suicide. Je ne puis lui donner tort.

 

J’écrivais, il y a plusieurs années, qu’il était crucial qu’Israël diversifie ses alliances : depuis, Israël l’a fait et se trouve moins dépendante de l’Europe. C’est un point très positif. J’écrivais récemment que la stratégie mise en place par Donald Trump pour recomposer le Proche-Orient était un atout essentiel pour Israël. Je n’ai pas du tout changé d’avis.

 

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Israël, la Grèce et Chypre (info # 011606/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 16 juin 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/fIa8eaEWopE

 

Au sommaire :

 

IMPORTANTE REUNION TRIPARTITE A SALONIQUE, jeudi dernier, en Grèce, entre le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, Nicos Anastasiades, le Président cypriote, et Binyamin Netanyahu.

 

Entre plusieurs sujets de coopération scientifique et économique, les trois hommes ont décidé d’accélérer la construction du gazoduc de 2 000km qui transportera le gaz israélien et cypriote du bassin est-méditerranéen vers Chypre, la Grèce, l’Italie et le marché européen.

 

Les réserves de gaz israélien sont estimées à 22 milliards de mètres cubes, ce qui en ferait la quatrième plus grande réserve exploitable de la planète.

 

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Netanyahu, Nicos Anastasiades et Alexis Tsipras,

l’alliance qui donne le ton dans l’est de la Méditerranée

 

Les trois chefs d’Etat ont également décidé de l’immersion d’un câble électrique sous-marin qui alimentera Chypre et l’île grecque de Crète en électricité israélienne. Ce câble devrait aussi permettre de connecter Israël au réseau européen et rendre ainsi possible les échanges d’énergie avec l’Europe.  

 

LES TROIS LEADERS ONT POSE LA PREMIERE PIERRE D’UN MUSEE DE L’HOLOCAUSTE à Salonique, qui était autrefois une ville à majorité juive, et dont 95 pour cent des membres de cette communauté ont été massacrés par les Allemands à Auschwitz.

 

CHYPRE ET ISRAEL SE SONT LIVREES A UN IMPORTANT EXERCICE MILITAIRE SUR L’ILE D’APHRODITE, cette semaine.

 

500 soldats d’élite du commando Egoz (noix) ainsi que 200 membres des Forces Aériennes ont participé sur place à ces manœuvres conjointes avec la Garde Nationale Chypriote, l’armée de la partie grecque de l’île.

 

Cet exercice poursuivait plusieurs objectifs : 1. Donner l’occasion aux commandos israéliens de s’entraîner dans un environnement qu’ils ne connaissaient pas et qui ressemble au Liban et à la Syrie. 2. Manifester la présence israélienne à Chypre dans le prisme de la protection conjointe des plateformes maritimes d’exploitation de gaz toutes proches. 3. Indiquer à l’Armée turque qui occupe militairement la partie septentrionale de l’île depuis 1974 que l’Armée cypriote dispose désormais d’un puissant allié sur place, et qu’Erdogan ne peut plus menacer impunément les insulaires midi à quatorze heures, ni les empêcher de préparer leur défense comme c’était le cas jusqu’à maintenant.

 

L’exercice s’est déroulé notamment sur les monts Trodos, qui culminent à 2 000 mètres, à quelques kilomètres seulement des positions terrestre turques, pendant que la Marine d’Ankara effectuait elle aussi des exercices au large de la ville cypriote de Paphos.

 

 
La bataille de Jérusalem (info # 011106/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 11 juin 2017

 

Par Guy Millière

 

Plutôt que traiter de l’actualité immédiate, j’entends parler aujourd’hui d’un film que j’ai pu voir aux Etats-Unis où il a été diffusé dans les salles de cinéma le 23 mai dernier, Jour de Jérusalem en Israël. Devant le succès de la diffusion le 23 mai, le film a été reprogrammé pour une seconde journée, le 6 juin. Il sera ensuite diffusé sur la chaine de télévision qui en est la productrice, CBN, Le Christian Broadcasting Network. Ensuite, il sera disponible en ligne.

 

Le  film s’appelle In Our Hands, The Battle for Jerusalem (entre nos mains, la bataille pour Jérusalem). Quiconque voit ce film comprend immédiatement pourquoi Jérusalem devait être réunifiée, pourquoi il serait absolument impensable de la diviser et d’en confier une portion aussi minime soit-elle à des barbares (et décrire ceux à qui certains voudraient confier une part de Jérusalem comme des barbares est un terme trop affectueux : il serait plus précis de les qualifier de terroristes djihadistes aux désirs génocidaires). Quiconque voit ce film discerne tout aussi immédiatement qu’Israël est le pays victime d’agression confronté à des agresseurs répugnants.

 

Que le film ait été réalisé par des chrétiens, et produit par une chaine chrétienne, fait que nul ne peut dire que, s’il est porteur du message qui est le sien, cela vient de ce que c'est un film juif. Ceux qui prétendraient que le projet des chrétiens en question consiste à convertir les Juifs et à les éloigner du judaïsme seraient d’une mauvaise foi absolue : je les défie de trouver une seule seconde en deux heures de film qui ne soit empreinte d’un respect profond pour le judaïsme, pour les Juifs, pour Israël parce que c’est le pays juif, et parce que c’est une démocratie, une terre de liberté et de respect pour l’être humain, quelles que soient ses convictions et ses croyances.

 

Un tel film devrait être diffusé en Europe, mais je sais qu’il ne le sera pas. L’Europe est très largement “propalestienne”, autrement dit pro-terrorisme djihadiste pourvu que le terrorisme djihadistes en question tue des Juifs et s’exerce uniquement contre Israël. Des gauchistes excités (pléonasme) et des bandes islamiques s’attaqueraient aux cinémas qui projetteraient le film. Si une chaine de télévision le programmait, elle serait incitée à le déprogrammer aussitôt, et s’exécuterait sans attendre.

 

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L’une des images du film

 

Le film ne fait, pourtant, que dire la vérité et remettre celle-ci à sa place. Il rappelle ce qui est arrivé à Jérusalem juste après la proclamation de l’indépendance d’Israël en 1948, et décrit, documents filmés et témoignages a l’appui, ce que fut l’invasion de la partie Est de Jérusalem et de la Judée-Samarie par l’Armée jordanienne. Il montre l’épuration ethnique anti-juive de l’Est de Jérusalem et de la Judée-Samarie, la destruction des synagogues dans les lieux ethniquement épurés de toute présence juive, le sort subi par le Kotel, la rudesse de la bataille menée par les défenseurs juifs de Jérusalem et l’infini courage dont ils ont fait preuve, ainsi que la férocité de ceux à qui ils faisaient face.

 

Apres avoir souligné le caractère illégal en termes de droit international de l’occupation jordanienne de la partie est de Jérusalem et de la Judée-Samarie pendant dix-huit années d’armistice (1949-1967), le film passe á ce qui est resté dans l’histoire sous le nom de Guerre des Six Jours. Il dépeint la préparation de l’agression arabe, conçue par Nasser comme une “solution finale” à l’existence d’Israël, l’abandon d’Israël par la France du Général de Gaulle, la préparation d’Israël à l’agression, les hésitations du gouvernement israélien de l’époque sur la conduite à tenir, tant la situation semblait désespérée, la décision enfin prise sous l’impulsion du Général Moshe Dayan de mener des opérations qui se révéleront décisives, le génie de tacticiens israéliens qui prépareront les opération concernées en deux jours alors qu’il en aurait fallu logiquement bien davantage, la destruction des aviations ennemies alors qu’elles étaient au sol, les batailles menées qui vont conduire à la défaite et à la déroute des armées arabes, la rudesse encore de ce qu’on peut appeler la Seconde bataille de Jérusalem, l’infini courage encore de ceux qui l’ont menée, et dont beaucoup sont encore vivants, la prise de la vieille ville, du Kotel et des lieux saints, la décision du gouvernement israélien de laisser le Mont du Temple sous administration musulmane jordanienne (décision que je trouve jusqu’à ce jour discutable, mais qui a semblé dictée par des considérations diplomatiques de l’époque), les trois “non” arabes qui ont suivi presque immédiatement (non à la reconnaissance d’Israël, non aux négociations, non à la paix), la réunification de Jérusalem, le droit rétabli pour les Juifs de se rendre sur leurs lieux saints dans le respect du droit pour les musulmans de se rendre à la mosquée construite sur le Mont du Temple, et des chrétiens de se rendre à la basilique du Saint-Sépulcre. Il aborde, sur la fin, la “question palestinienne”, et montre non seulement que celle-ci a été inventée, tardivement, pour faire passer une guerre d’extermination pour une lutte de résistance d’un peuple qui n’existait pas quelques mois auparavant(en 1967, nul ne parlait de “peuple palestinien” ou de “territoires palestiniens”). Il ne cache par les désirs génocidaires des dirigeants “palestiniens”, jusqu’à ce jour. Et le film montre des vidéos sur lesquelles les dirigeants en question parlent : nul ne peut dire qu’on leur attribue des propos qu’ils n’ont pas tenus.

 

Jérusalem devait être réunifiée pour que la liberté de culte y soit rétablie, pour que Jérusalem soit à nouveau une, pour que l’est de la ville ne soit plus en situation d’épuration ethnique antijuive et que ses rues ne soient plus parcourues par une armée d’occupation. Diviser la ville serait piétiner le sacrifice de ceux qui se sont battus pour elle.

 

Ceux qui agressent Israël ne sont pas seulement les terroristes djihadistes, mais aussi ceux qui mentent et falsifient l’histoire en Europe occidentale et qu’on retrouve dans les écoles, les lycées, les media, ceux qui utilisent les mensonges et les falsifications dans le cadre de leurs fonctions politiques, ceux qui font que la projection d’In Our Hands, The Battle for Jerusalem serait impossible et impensable partout sur le sol européen.

 

Israël a fait de Jérusalem réunifiée la capitale d’Israël. La décision est légitimée par l’histoire de Jérusalem. Elle est légitime par la libération, il y a cinquante ans, de la moitié de Jérusalem occupée. Le film s’achève sur l’évidence de cette légitimité.

 

 

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Bruxelles-Métula du 9 juin 2017 (010906/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 09 juin 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca  https://youtu.be/PTRKBv1Ykdk (Youtube).

 

Au sommaire :

 

LA DIRECTION DE L’ETAT ISLAMIQUE DANS LE GOLAN (JARSH BIN AL OUALID/DAESH A KUNEITRA) DECAPITEE PAR UN RAID AERIEN [EXCLUSIVITE].

Celui-ci s’est déroulé mardi 6 juin dernier sur la frontière israélienne ; il visait le tribunal militaire de la ville d’Alshjira et a fait 20 morts dans l’organisation, dont Abou Muhammad Markdisi, son commandant en chef, et ses trois principaux émirs.

 

LE TRANSFERT D’INFORMATIONS SENSIBLES PAR LE QATAR A L’IRAN A ÉTÉ L’ELEMENT DECLENCHEUR DE LA RUPTURE SOUDAINE ET SIMULTANEE DES RELATIONS DIPLOMATIQUES ET ECONOMIQUES AVEC DOHA PAR LES PAYS ARABES. [EXCLUSIVITE].

 

LES FORCES DEMOCRATIQUES SYRIENNES A MAJORITE KURDE AVANCENT DANS RAQQA, LA CAPITALE DE L’ETAT ISLAMIQUE EN SYRIE.

Il n’y a plus de positions de DAEASH au nord de l’Euphrate. Un premier quartier de Raqqa, Mashlab, est tombé dans les mains des FDS. Le président de la région du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, annonce que le référendum pour l’indépendance se déroulera le 25 septembre prochain.

 

 
Raqqa : l’assaut final progresse (info # 010806/17) Version imprimable
Analyse
jeudi, 08 juin 2017

 

Par Perwer Emmal, sur le front de Raqqa

 

A l’aube du troisième jour de la partie finale de l’Opération Colère de l’Euphrate, consistant en l’assaut de Raqqa, la capitale de l’Etat Islamique en Syrie [DAESH, IS, ISIS], l’étau se resserre autour des défenseurs de la ville.

 

Mardi, au moment du déclenchement de l’offensive décisive, DAESH contrôlait encore neuf positions dans la proximité de la cité assiégée. Ce jeudi matin, il ne reste aucune poche de résistance des miliciens islamiques au nord de l’Euphrate.

 

C’est mercredi que les Forces Démocratiques Syriennes, à majorité et commandement kurdes, soutenues par les forces de la coalition internationale, et au premier plan de celles-ci, l’Armée américaine, ont enlevé ces derniers bastions.

 

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Carte de l’évolution des combats au matin du jeudi 8 juin 2017

Service cartographique de la na © Metula News Agency

 

Les gains les plus significatifs ont été Harqalah (également nommée Harqa et Tel Harqa), à l’Ouest, une colline stratégique à partir de laquelle DAESH avait coutume de lancer des raids.

 

Au Nord, les FDS se sont emparées de la Base de la Division 17, après un bref engagement.

 

A l’Est, elles ont investi le premier quartier de Raqqa, Mashlab, à la suite d’un violent bombardement à l’artillerie lourde. Après des tirs nourris, les miliciens islamiques se sont retirés vers le centre de la ville abandonnant le quartier.

 

Selon l’officier des Forces Démocratiques Syriennes, Habun Osman, chargé des communications avec la presse, "des douzaines de terroristes de l’Etat Islamiques ont été tués mercredi", sans donner plus de détails. Selon mon estimation, ils sont entre 55 et 80 à avoir perdu la vie lors des combats d’hier.

 

Il reste environ 200 000 personnes dans la ville assiégée. Les FDS ont invité les civils à quitter Raqqa par le Sud en traversant l’Euphrate, alors que le régime de Bashar al Assad les a sommés de rester chez eux.  

 

Pendant que les Forces Démocratiques Syriennes et leurs alliés procèdent à l’assaut final de Raqqa, qui va sans doute durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines, l’U.S Air Force a à nouveau pris pour cibles, après plusieurs sommations, une soixantaine de soldats iraniens qui tentaient de s’approcher d’un poste frontière entre la Syrie et l’Irak, à 270km au sud de Raqqa.

 

Les forces du régime alaouite, de même que leurs alliés iraniens et libanais du Hezbollah, ont tenté en plusieurs endroits, de se rapprocher de Raqqa en profitant de l’affaiblissement du dispositif militaire de l’Etat Islamique. Le Hezbollah a menacé de s’attaquer au contingent américain.

 

Avec l’anéantissement en cours du dispositif militaire de DAESH en Syrie et en Irak, le moment est venu de constater que l’offensive victorieuse soutenue par les corps expéditionnaires européen et américain, qui était censée infléchir les actions terroristes de l’Etat Islamique dans le monde, n’ont pas eu l’effet escompté, comme les analystes stratégiques de la Ména l’avaient prédit il y a plus de deux ans.

 

Non seulement les attentats revendiqués par l’EI ne se trouvent pas en phase de déclin mais, au contraire, ils gagnent en intensité et frappent le cœur des capitales européennes, de même que de nouveaux objectifs, à l’instar de Téhéran hier matin.

 

Pour les décideurs européens, il est maintenant nécessaire de requalifier les cibles et le cadre de la guerre qu’ils affirment vouloir mener face au terrorisme islamique, tant il paraît certain qu’il ne va pas disparaître après la chute de Raqqa et de Mossoul.

 

Autre développement important dans la région : le président de la Région du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a annoncé hier (mercredi) la tenue d’un référendum sur l’indépendance, le 25 septembre prochain. Ce développement suscite une vive opposition dans les Etats limitrophes que sont la Turquie, l’Irak et l’Iran. Si ce vote n’a pour objet que la création d’un Etat kurde en Irak pour l’instant, il est évident qu’il devrait servir de point de départ à de futures extensions, d’abord dans le Rojava syrien, presque totalement contrôlé par les forces kurdes, puis en Turquie et en Iran.


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12 minutes de radio très intenses (010506/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
mercredi, 07 juin 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, sur Radio Judaïca, https://youtu.be/jHcLPe9272I (Youtube)

 

Au sommaire :

 

L’EGYPTE, l’ARABIE SAOUDITE, LES EMIRATS ARABES UNIS, BAHREIN, ROMPENT CE LUNDI TOUTES LEURS RELATIONS AVEC LE QATAR. Trois raisons à cela : Doha continue de financer et de soutenir le terrorisme islamique sunnite, les Frères Musulmans, al Qaëda, Daesh, Ahrar el Sham, Ansar al Sharia (Libye), etc., alors que Donald Trump vient d’exiger des Arabes, à Riyad, qu’ils cessent avec ces pratiques en échange du soutien de Washington et de Jérusalem.

 

Le Qatar conserve des liens flous avec l’Iran, tout en faisant partie de la coalition sunnite-américaine-israélienne face à Téhéran.

 

Après les discussions avec le président américain, ce n’était plus acceptable. Al Jazeera en arabe a diffusé des "fake news" attribuant à l’émir du Qatar, le Cheikh Tamim bin Hamad al Thani des éloges du régime iranien, d’Israël, ainsi que des propos dans lesquels il affirmait que le Hamas était le seul représentant du peuple palestinien. Or rien ne prouve qu’il se soit agi de fausses nouvelles, le Cheikh al Tahni étant coutumier de ce genre de déclarations contradictoires et délirantes pour se mettre en évidence.

 

En fait, le mode opératoire soudain et concerté de rupture de toutes les relations diplomatiques et économiques avec le Qatar par quatre pays simultanément indique qu’ils ont réagi à une information accablante provenant du renseignement. Probablement de la CIA et/ou du Mossad. Probablement dévoilant des trahisons au profit de l’Iran.

 

Cela a valu au Qatar la fermeture des ambassades, l’exclusion de ses diplomates, l’exclusion de ses ressortissants dans les quatre pays, la fermeture des points de passage terrestres, des voies aériennes, la fin de la desserte du méga-aéroport de Doha, l’évincement du Qatar de la coalition arabe qui affronte les Houthis chiites soutenus par Téhéran au Yémen, ainsi que du Conseil de Coopération des Etats du Golfe.

 

 

LES FORCES DEMOCRATIQUES SYRIENNES (FDS) A DOMINANCE KURDE S’APPRETENT A LANCER L’ASSAUT FINAL CONTRE RAQQA, LA CAPITALE DE L’ETAT ISLAMIQUE EN SYRIE. Samedi, les FDS avaient enlevé le verrou stratégique d’al Mansoura, à l’ouest de Raqqa, et le barrage al Batth sur l’Euphrate. Dans la nuit, ils ont pris le "Royaume" de Katunyia, et ne sont plus qu’à 3km de Raqqa, par le Nord et l’Est.

 

Le sud de Raqqa est intentionnellement laissé libre à la circulation, pour permettre aux populations civiles de fuir les combats et aux déserteurs de les quitter. Mais la fuite par le Sud implique la traversée du fleuve Euphrate, qui rend ceux qui l’entreprennent particulièrement vulnérables aux frappes des avions de la coalition occidentale.

 

Les FDS ont reçu du matériel sophistiqué à la veille de l’assaut final, notamment des chars U.S.

 

Dans le Nord-Est du Rojava, le territoire autonome des Kurdes de Syrie, une milice chiite irakienne au service direct de Téhéran, les Unités de Mobilisation Populaire, soutenue par l’Aviation gouvernementale irakienne, a franchi la frontière. Elle a occupé deux villages, Quseba al Soritin et Bawardi, faisant fuir les habitants.

 

Nul doute que cette incursion des UMP, après avoir empiété dans le territoire des Kurdes irakiens dans la région de Sinjar, s’inscrit dans la perspective des ayatollahs de créer un corridor terrestre reliant Téhéran, Bagdad, Damas et Beyrouth.

 

Les Peshmerga se sont réunis dans l’urgence à Qamishli (Rojava) afin de préparer leur réplique face aux Iraniens. Ils trouveront à leurs côtés l’Amérique, les Etats arabes et Israël. Après la prise de Raqqa, prévue dans quelques semaines, l’on assistera à une lutte d’influence, à l’est de la Syrie, entre cette alliance, opposée au régime d’al Assad, l’Iran et le Hezbollah. En jeu, dans un premier temps, la mainmise sur Raqqa, Dir Ez Zor et leurs environs ; ensuite, l’affrontement principal qui semble inévitable entre chiites et sunnites.

 

 

LES LECONS DE L’ATTENTAT DE LONDRES ET DE LA MONTEE DU TERRORISME ISLAMIQUE EN EUROPE OCCIDENTALE. L’islam radical a déclaré la guerre aux infidèles et procède par des attentats n’ayant d’autre but que de tuer le plus grand nombre de non-musulmans possible.

 

L’unique parade face à cette agression d’une violence inouïe consiste à relever le défi et à déclarer la guerre aux assaillants.

 

La contre-offensive passe par des schémas connus, développés par le Shin-Bet (le contre-espionnage) israélien. Elle implique la nécessité de connaître, à tout moment et très précisément, ce qui se déroule dans chaque quartier, chaque immeuble et chaque appartement.

 

Pour y parvenir, il est obligatoire de posséder une très large base de données active. Celle-ci s’obtient par recoupement (croisement) du plus grand nombre d’informations disponibles. En procédant par des opérations commandos, pratiquement chaque nuit ou plusieurs fois par nuit, aboutissant à des arrestations administratives, suivies d’interrogatoires et permettant le recoupement des données d’origines variées.

 

C’est uniquement par ce procédé qu’il est possible d’exercer une pression efficace sur le terrorisme islamique. Le temps du choix de la réplique est révolu, de la création d’une base de données active, augmentée et entretenue pendant plusieurs années, dépend la sécurité des Européens.

 

Les dirigeants des Etats européens peuvent désormais soit faire face à leurs obligations, soit exposer la population dont ils ont la charge au danger. Ce n’est plus une question politique, mais une affaire de responsabilité.

 

 
L’assaut contre Raqqa va débuter dans quelques heures (info # 010606/17) Version imprimable
Analyse
mardi, 06 juin 2017

 

Par Perwer Emmal, à 5km de Raqqa

 

L’assaut final contre Raqqa, la capitale de l’Etat Islamique (alias DAESH, IS, ISIS) est désormais imminent. Je me trouve avec les unités des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) qui progressent par l’Ouest, à moins de 5 kilomètre de la lisière de Raqqa. Ce sont ces unités qui ont pris le contrôle complet du barrage d’al Baath le weekend dernier, ainsi que de la ville d’al Mansurah, la dernière cité d’une certaine importance qui se trouvait encore entre les FDS et la capitale de DAESH en Syrie (voir la carte jointe).

 

Hier (lundi) et aujourd’hui, 5 villages supplémentaires aux mains de l’ennemi sont tombés après des affrontements intensifs. Ces agglomérations se situent principalement au nord de Raqqa.

 

A l’est de la ville, des hommes du génie consolident des ouvrages enjambant deux petits cours d’eau dans la région de Samra, afin que ces ponts puissent soutenir le passage de matériel lourd. Les positions des miliciens islamiques se trouvent à une cinquantaine de mètres plus loin, mais ils sont soumis à de très denses bombardements d’artillerie.

 

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La situation, ce mardi, juste avant l’assaut de Raqqa

Service cartographique de la na © Metula News Agency

 

A une vingtaine de kilomètres du front on assiste à une concentration de moyens et d’hommes comme on n’en avait encore jamais vue dans le Rojava. Hormis au sud de Raqqa, la cité est totalement encerclée, les FDS se trouvant au contact entre 6 et 3 kilomètres du périmètre urbain.

 

Pour la première fois, en vue de cet affrontement décisif, l’Amérique nous a livré du matériel lourd, en particulier des transports de troupes blindés et des chars. Ces derniers ne sont pas de la dernière génération, ni même de l’avant-dernière, mais ils nous seront très utiles tout de même dans les combats à venir.

 

Ce matin, l’aviation coalisée a pris pour cible un ferry rempli de fuyards qui tentaient de traverser l’Euphrate au sud de Raqqa. Pratiquement tous les occupants de l’embarcation ont péri dans l’attaque, soit environ 25 personnes. On ignore s’il s’agissait de civils ou de déserteurs, ou encore d’un mélange des deux. Il est également plausible que des miliciens islamiques aient abandonné leurs armes et se soient déguisés en civils. De toutes les manières, ce massacre constitue un signal fort destiné à ceux qui pensaient pouvoir s’exfiltrer impunément par le seul point cardinal dépourvu de combattants des FDS.

 

On m’a explicitement demandé de ne pas m’étendre sur les détails des armes remises aux assiégeants afin de ne pas exciter davantage le gouvernement turc qui voit ces livraisons d’un très mauvais œil. Le commandement U.S a d’ailleurs émis un communiqué précisant que cet armement n’était destiné qu’à servir contre l’Etat Islamique.

 

Cette annonce a même été accompagnée de la menace de cesser immédiatement ces dotations au cas où les Kurdes seraient pris à les transférer sur d’autres fronts, notamment face à l’Armée turque et à ses supplétifs issus d’autres organisations islamistes à l’instar d’al Qaëda.

 

Mais cette rhétorique ne correspond pas avec l’ambiance fraternelle qui règne entre les combattants qui se préparent à donner l’estocade. L’Aviation U.S intervient sans cesse contre des positions islamistes dans la ville et à ses abords, où les miliciens disposent encore d’une petite dizaine de points d’appui au nord de l’Euphrate, de plus en plus isolés.

 

L’artillerie yankee et celle des FDS tirent également sans discontinuer, provocant des panaches de fumée dans le camp adverse. Au sol, les commandos américains ont maintenant dépassé le millier d’hommes et ils sont intimement imbriqués, quoique sous commandement distinct, avec les forces régionales. Il me semble aussi distinguer, en nombre largement plus réduit, des forces spéciales britanniques, françaises et peut-être allemandes, qui s’apprêtent à conquérir des objectifs pré-désignés lorsque l’ordre d’ouvrir le feu sera donné.

 

Un responsable kurde de la communication m’a également prié de mentionner – toujours pour ne pas irriter les Turcs qui ne sont pourtant pas dupes – le plus souvent possible que les Forces Démocratiques Syriennes participent d’un cocktail d’Arabes et de Kurdes, dans lequel les Arabes seraient plus nombreux. Si des confrères se plient à cette injonction, ce n’est pas mon cas, ne serait-ce qu’en raison du respect que nous devons à ceux qui suivent nos informations.

 

On nous a dit de répéter à l’envi que les Arabes sont désormais majoritaires dans les FDS, ce qui n’est pas vrai. Je dirais que les Unités de Protection du Peuple kurde, les YPG, représentent toujours plus de 70% des effectifs et 80% du commandement. Depuis dix jours, on nous demande de parler abondamment des Forces d’Elite Syriennes, du Cheikh Ahmad Jabra, en les mentionnant si possible avant les Forces Démocratiques Syriennes, en laissant supposer qu’il s’agit d’une puissante organisation arabe distincte des FDS.

 

Ce n’est pas vrai non plus, ce sont des bédouins [arabes. Ndlr.] de la tribu des Chamars, présents dans l’est du Rojava et de l’autre côté de la frontière irakienne. Non seulement leur nombre ne dépasse pas deux cents au grands maximum dans la bataille de Raqqa, sur 20-25 000 combattants, mais ils se sont fondus, en septembre dernier, dans les Forces Démocratiques Syriennes, guerroyant sous le même drapeau.

 

Un grand optimisme prévaut dans les rangs des combattants qui encerclent Raqqa. La plupart d’entre eux estime que DAESH est à bout de souffle, que nombre de ses chefs sont morts, et qu’ils ne tiendront pas une semaine face à une telle armada au moral aussi élevé. Inutile de préciser que ce point de vue est très subjectif et que j’aimerais pouvoir partager leur état d’esprit.

 

Ils n’iront cependant pas au combat le cœur léger, car de mauvaises nouvelles sont parvenues de l’arrière. Ainsi, très loin d’ici, à 200km, l’Armée turque et ses supplétifs islamistes ont lancé des dizaines d’attaques dans le nord du Rojava, notamment dans l’enclave d’Afrin. Depuis le début mai, plus d’une centaine de Peshmerga sont ainsi tombés sous les obus ottomans et de nombreux civils sont tués ou blessés.

 

En plusieurs points du Rojava, pendant que les FDS sont occupées à liquider l’Etat Islamique, le régime de Bashar al Assad, le Hezbollah, mais particulièrement les Iraniens et leurs milices chiites irakiennes tentent de tirer profit de l’agonie de DAESH afin de réaliser des gains territoriaux, voire de s’approcher de Raqqa et Deir Ez Zor pour, tels des charognards, s’adjuger une partie du butin.    

 

L’évènement le plus grave s’est déroulé dans le Nord-Est, dans la province de Hassaké, lorsque l’une de ces milices, franchissant la frontière avec des blindés, s’était emparée, le weekend dernier, de deux villages kurdes en Syrie. Ce mardi, je n’ai pas encore réussi à savoir comment cela avait évolué : si les porte-flingues de Téhéran ont été éconduits militairement, s’ils ont quitté notre territoire après des négociations, ou si la situation n’a pas encore muri.

 

Face à Raqqa, le haut commandement des FDS songe déjà aux batailles qui l’attendent après la prise de la cité, que ce soit contre les Turcs ou pour empêcher les ayatollahs de créer un axe terrestre reliant leur capitale à Bagdad, Damas et Beyrouth. En fait, il ne leur reste plus qu’à s’aménager un corridor entre Bagdad et Damas, en mettant à profit l’anéantissement des islamistes sunnites des deux côtés de la frontière grâce à l’intervention de la coalition internationale.

 

Autre nouvelle triste : à 175km en plein est de Raqqa, deux véhicules suicides de DAESH se sont fait exploser devant un poste de commandement de l’aile féminine des YPG, tuant neuf combattantes et en blessant plusieurs autres.


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Conférence de Stéphane Juffa à Bruxelles Version imprimable
Communiqué
lundi, 05 juin 2017

 

Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Metula News Agency et

 

analyste stratégique, développera les thèmes d’actualité suivant :

 

Le précipice syrien

 

(la situation stratégique en Syrie relativement à Israël)

 

et

 

"L’initiative de paix de Donald Trump"

 

 Le dimanche 11 juin à 20 heures, à Bruxelles : 

 

Une conférence co-organisée par Radio Judaïca et la na
Réservations obligatoires : Tél. + 32 2 648 18 59 
magjudaica@hotmail.com
Entrée payante : 15 euros. 12 euros pour les étudiants

 

 
Il n’y aura pas d’Etat palestinien durant les années Trump (info # 010406/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 04 juin 2017

 

Par Guy Millière

 

Ces derniers jours, la presse israélienne et, pour partie, la presse américaine, ont rapporté ce qu’on peut savoir des conversations entre Donald Trump et Mahmoud Abbas à Bethléem. Il semble que Donald Trump se soit mis en colère et ait accusé Mahmoud Abbas de lui avoir menti lorsque ce dernier était venu à la Maison Blanche et avait dit ne pas inciter à la haine et au meurtre de Juifs dans les écoles et dans les media “palestiniens”.

 

Certains en ont déduit que Donald Trump avait changé de discours et d’attitude et était passé d’un discours conciliant, prétendant que Mahmoud Abbas était un homme qui voulait la paix (discours tenu à la Maison Blanche) à un discours très différent, reconnaissant Mahmoud Abbas comme ce qu’il est, à savoir un chef terroriste antisémite et un menteur roué.

 

Ce que n’ont très vraisemblablement pas compris ceux qui se livrent à ce type de déductions est qui est Donald Trump, ce qu’est sa façon de procéder, et ce que sont les négociations complexes dans lesquelles il est présentement engagé. Lire le livre de Donald Trump, "The Art of the Deal" [+- l’art de faire une affaire], permet pourtant de comprendre. J’ai déjà expliqué. Je dois y revenir.

 

Donald Trump veut obtenir la mise en place d’une alliance entre les pays sunnites du statu quo (Arabie Saoudite, Egypte, Jordanie, émirats du Golfe) et Israël aux fins d’endiguer l’Iran, qu’il perçoit, tout comme le gouvernement israélien et Binyamin Netanyahu, comme le danger principal dans la région et comme un maillon essentiel dans l’axe de régimes autoritaires Pékin-Téhéran-Moscou, qu’il entend briser ou, à tout le moins, affaiblir. Il sait que les dirigeants des pays sunnites susdits ne pourront se rapprocher davantage d’Israël si aucun geste en direction de la résolution de la “question palestinienne” n’est accompli par Israël et par les Etats-Unis. Trump entend donc faire un geste. Le premier acte de ce geste a été l’accueil de Mahmoud Abbas à la Maison Blanche : le président américain a laissé Mahmoud Abbas mentir et lui a effectivement dit qu’il ne doutait pas que le chef de l’Autorité Palestinienne désirait la paix. Il a, en fait, laissé Mahmoud Abbas se piéger par ses propres mensonges : Mahmoud Abbas avait affirmé, sur les rives du Potomac, qu’il n’y avait plus d’incitation à la haine et au meurtre de Juifs dans les écoles et dans les media “palestiniens”. Donald Trump l’a pris au mot et a attendu. Il a pu dire aux dirigeants des pays sunnites réunis à Riyad qu’il était “ouvert” à Mahmoud Abbas. Il n’en pensait pas moins.

 

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Abbas, vous m’avez menti à Washington !

 

Le deuxième acte a été la rencontre de Bethléem (et le choix de Bethléem par l’administration Trump n’a pas été un hasard : Donald Trump n’a pas voulu se rendre à Ramallah et avoir à passer devant la tombe du chef terroriste Yasser Arafat). Donald Trump a pu, en cette occasion, accuser Mahmoud Abbas de mensonge, de ne pas être un homme fiable, et de se conduire en ignoble traitre.

 

Il a pu, de surcroit, délivrer un message très clair et très proche de celui qu’il avait dispensé un peu plus tôt en Arabie Saoudite devant les dirigeants de cinquante pays musulmans : aucune paix n’est possible avec des gens qui mentent, n’ont pas de parole et incitent au meurtre.

 

Dès lors que l’attentat islamiste de Manchester venait d’avoir lieu, Donald Trump a pu ajouter que ceux qui assassinent des enfants sans défense sont des “perdants maléfiques”. Le pensionnaire de la Maison Blanche peut dire, dans ces conditions, aux dirigeants des pays sunnites que malgré son “ouverture” en direction de Mahmoud Abbas, celui-ci n’est pas un homme fréquentable, avec lequel un accord quel qu’il soit est envisageable. Il a placé Mahmoud Abbas dans son tort, et en incriminant explicitement les incitations aux meurtres et aux assassinats d’enfants, il a tracé expressément la ligne que les dirigeants “palestiniens” ne pouvaient plus franchir s’ils entendaient montrer qu’ils veulent effectivement la paix.

 

Le troisième acte consistera très vraisemblablement en la constatation explicite par Donald Trump qu’il n’est pas possible de confier un Etat à des gens tels que Mahmoud Abbas ou à ceux qui sont susceptibles de lui succéder. Que passer un accord avec ces gens est impossible, et que, malgré les efforts américains, il est au mieux loisible de laisser provisoirement la situation dans un statu quo assez proche de celui qui existe aujourd’hui, jusqu’au moment où il sera envisageable de couper les vivres à l’Autorité Palestinienne si, comme c’est probable, elle continue à se comporter comme elle se comporte.

 

Le gouvernement israélien effectuera, peut-être, quelques actes symboliques, mais très minimaux (on parle de transferts de territoires insignifiants de la zone C à la zone B définie par les accords d’Oslo, et de quelques autorisations de construction). Donald Trump pourra affirmer aux dirigeants des pays arabes qu’il a fait ce qu’il a pu, qu’Israël a réalisé quelques gestes, mais qu’il est impossible pour les Etats-Unis et Israël de faire davantage.

 

Donald Trump pense que les dirigeants des pays sunnites accepteront ses explications, qu’ils auront ainsi sauvé la face et entreront dans l’alliance avec Israël. Il ne s’attend pas à ce que l’alliance soit davantage qu’une alliance tactique. Il a autour de lui suffisamment de conseillers qui connaissent le monde musulman pour ne pas se faire d’illusions excessives. Il sait que la peur de l’Iran des mollahs, et la baisse de leurs ressources énergétiques vont guider les décisions des dirigeants des Etats sunnites. Il n’en demande pas plus.  Il sait ce que sont les dirigeants “palestiniens”. Il n’a jamais attendu d’eux autre chose que ce qu’ils déclarent et mettent en œuvre. Il sait comment le gouvernement israélien et Binyamin Netanyahu comptent gérer la situation et, je l’ai dit dans un précédent article, il entend régenter la situation à sa guise, en jouant uniquement le rôle de la superpuissance bienveillante qui agit au mieux des intérêts d’Israël.

 

Il n’y aura pas d’Etat “palestinien” pendant les années Donald Trump, et Donald Trump le sait pertinemment. Il n’y en aura pas après les années Donald Trump non plus, et il le sait aussi, comme le savent tous ceux qui savent ce que sont les dirigeants “palestiniens” et ce qu’est la “cause palestinienne”.

 

Ceux qui se livrent à des déductions hâtives n’ont toujours pas compris qui est Donald Trump : un entrepreneur qui passe des accords et signe des contrats à l’échelle de la planète depuis quatre décennies. Ils n’ont toujours pas compris ce qu’est sa façon de procéder, et ne cessent de le sous-estimer. Ils n’ont toujours pas saisi ce que sont les négociations complexes dans lesquelles Donald Trump est actuellement engagé, et je n’en ai abordé ici qu’une partie.

 

Si je devais ajouter la situation en Syrie, la nécessité de détruire l’Etat Islamique, la question kurde, le régime d’Erdogan en Turquie, le jeu régional de la Russie, la complexité des négociations en cours apparaitrait dans toute son ampleur.

 
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Les acquis du voyage de Donald Trump au Proche Orient (info # 012805/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 28 mai 2017