Viennoiseries (010512/21) Version imprimable
Analyse
dimanche, 05 décembre 2021

 

Par Stéphane Juffa

 

Comme les lecteurs de la Ména se l’imaginent probablement, nous avons le nez collé aux avatars qui émaillent les discussions à Vienne entre les émissaires de Téhéran et ceux des 5+1 [les membres permanents du Conseil de Sécurité plus l’Allemagne]. Et ce n’est rien encore en comparaison de l’attention portée par le gouvernement israélien, ses organes de renseignement, Tsahal et ses analystes stratégiques.

 

Il en va des décisions des 5+1 à l’issue des rencontres avec les négociateurs de la Théocratie chiite de la paix et de la sécurité en Israël et dans le reste du monde.

 

Vendredi dernier (avant-hier), les diplomates iraniens ont présenté des propositions écrites concernant les deux sujets clés de ces négociations : la levée des sanctions occidentales et les mesures restrictives ainsi que les garanties y relatives que Téhéran était disposée à prendre dans le cadre d’un éventuel nouvel accord sur son projet nucléaire.

 

La réponse des 5+1 est résumée par le commentaire du Secrétaire d’Etat [ministre des Affaires Etrangères en charge des négociations] américain Antony Blinken, qui a déclaré que "Téhéran ne semblait pas vouloir sérieusement parvenir à un accord".

 

Les participants ont observé que les délégués du Guide Suprême Khameneï étaient même revenus sur leurs positions des discussions préparatoires en cours depuis juin dernier, que les 5+1 jugeaient grossièrement insuffisantes.

 

Par exemple, la junte cléricale chiite exige désormais que les puissances mondiales s’engagent non seulement à lever les sanctions économiques, mais qu’elles fournissent également des garanties qu’aucune nouvelle sanction ne lui sera imposée à l’avenir. Ce, dans le but de rassurer les investisseurs potentiels, mais aussi et surtout, cet engagement devrait être inconditionnel, c’est-à-dire indépendant des actes de Téhéran et des ruptures d’un éventuel nouvel accord.

 

Le diplomate britannique qui informe la Ména depuis 2013 nous a dit que les exigences des ayatollahs inscrites dans leur proposition de travail étaient "extrêmes et maximalistes". Il nous a confié qu’à suivre la direction tracée par ces documents, "il ne fait aucun doute que toutes les sanctions qui frappent l’Iran seraient annulées avant même la signature d’un nouveau traité, que la "République" Islamique Iranienne pourrait continuer à développer la bombe en toute impunité, et que l’Agence Internationale de l’Energie Atomique [AIEA] continuerait de se voir privée d’accès direct aux sites qui l’intéressent".

 

Notre ami nous assure d’autre part que ces propositions ridicules dans l’optique d’un règlement du problème posé par le nucléaire iranien ne sont pas ridicules du point de vue de la "stratégie de négociation" des Perses.

 

"Au cas où les Américains accepteraient d’entrer en matière sur la base des propositions présentées vendredi, les négociations dureraient entre un et deux ans", soutient le diplomate de Sa Majesté qui ajoute "que c’est largement plus de temps qu’il n’en faut aux Iraniens pour se constituer un stock initial de bombes atomiques".

 

Selon le représentant de la Grande-Bretagne, les Iraniens ne sont pas naïfs au point de croire que Washington va accepter les conditions qu’ils ont proposées en fin de semaine dernière. Ce que visent les envoyés de Khameneï, "c’est ostensiblement la conclusion d’un accord intermédiaire, tel que la Ména l’avait déjà annoncé en long, en large et en travers le 23 novembre dernier. D’ailleurs, une grande partie des négociateurs présents à Vienne ont lu cet article", précise notre source.

 

Nous avions annoncé que les Américains seraient disposés à parapher un accord intermédiaire [qui couvrirait le temps des négociations] qui obligerait les Perses à remettre leur quantité d’uranium hautement enrichi à une tierce partie, probablement la Russie, à s’abstenir d’en enrichir davantage, et à rétablir l’accès des commissaires de Vienne à leurs installations.

 

Nous maintenons notre analyse, tout en précisant que les délégués de Téhéran n’accepteront jamais ces conditions, et que pour parvenir à un agrément transitoire, même édulcoré, des mois de discussions seraient nécessaires.

 

Un responsable israélien, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, a confirmé que les Américains ne niaient pas leur volonté de parvenir à un tel accord intermédiaire, "mais ils ont été surpris par la présentation par la partie iranienne des deux documents de vendredi, qui comprennent des exigences non-négociables relativement à la levée des sanctions et aux conditions de Téhéran pour reconduire l’accord de 2015".

 

Un officiel U.S. qui s’est ouvert à la presse hier (samedi) a vivement critiqué la position de l’Iran, affirmant que les Etats-Unis ne poursuivraient pas "sans limites de temps" leurs efforts pour renouveler l’accord. Le responsable a déclaré que les USA étaient préparés à la possibilité qu’un accord ne puisse être conclu avec Téhéran, ajoutant que si Washington parvenait à la conclusion que l’Iran avait "tué l’accord", des sanctions supplémentaires pouvaient être attendues".

 

Pour les analystes de la Ména dont je fais partie, l’intervention que nous rapportons ci-dessus du porte-parole de la délégation U.S. valide déjà la justesse de la tactique de négociation adoptée par la Théocratie. En dépit du ton critique qu’il a choisi, le représentant de Washington a confirmé qu’il restait du temps aux Iraniens pour jouer la montre – même s’il n’est pas sans limites -, alors que l’ultimatum des 5+1 se terminait en principe la semaine dernière.

 

Le porte-parole en question a révélé dans ses propos que l’objectif de l’Administration Biden consistait à "renouveler l’accord" de 2015 – alors qu’il a lamentablement échoué à prémunir le monde contre la nucléarisation de l’Iran, qu’il n’est absolument plus adapté à l’état d’avancement du programme nucléaire de Téhéran suite aux infractions de celle-ci, et qu’Israël ainsi que les Etats de la région exigent une neutralisation définitive et vérifiable dudit programme -.

 

Dernier point : l’intervenant américain a menacé les Théocrates d’ "imposer des sanctions supplémentaires" si l’Iran réalisait la malversation suprême en "tuant l’accord", alors qu’il l’a équarri depuis longtemps. Pour les Iraniens, ce n’est rien de moins qu’un encouragement à poursuivre dans la voie qu’ils ont définie, puisque Washington laisse entendre que sa riposte maximale consisterait en un éventuel durcissement des sanctions. Ce, alors que les ayatollahs craignaient que l’Amérique se joigne à l’idée d’une intervention militaire prônée par Jérusalem.

 

Ces derniers éclaircissements nous permettent de prévoir que non seulement ces discussions ne donneront rien, mais qu’aussi, il n’y aura pas de réaction automatique de la Maison Blanche dès lors qu’il deviendra évident qu’elles ont échoué. Et également que dans l’esprit de Joe Biden, empêcher par tous les moyens la Théocratie de posséder la bombe ne signifie pas réellement "tous les moyens", mais uniquement le recours à de nouvelles sanctions. Ce qui n’empêchera pas Khameneï d’acquérir l’arme suprême, synonyme pour lui de maintien de son régime de dictature religieuse.

 

Le secrétaire d’Etat Antony Blinken a beau avoir déclaré que les USA consulteraient désormais leurs alliés, y compris Israël, sur la meilleure façon d’aller de l’avant. Ainsi que : "Et nous verrons si l’Iran a l’intention de s’engager sérieusement [sur la voie d’un nouvel accord], mais la fenêtre est très, très serrée".

 

D’abord des annonces de ce genre n’impressionnent personne. Ensuite, il est évident pour tout le monde et depuis longtemps que Téhéran ne s’engagera pas à mettre un terme à son programme de bombe atomique. Et pour finir, même en s’exprimant de façon très diplomatique, Blinken est encore plus radical que le Président Biden et son cap obamien. On discerne entre les mots du secrétaire d’Etat qu’il juge le temps venu d’en découdre sérieusement avec les ayatollahs, mais cela n’est pas l’option privilégiée par le "boss", et c’est le boss qui décidera et non Blinken.

 

Pour le moment, les représentants des 5+1 ont conseillé à leurs homologues perses d’aller chercher de nouvelles consignes à Téhéran pendant le weekend. Les discussions devraient rouvrir lundi (demain) dans la capitale autrichienne, mais rien n’est moins sûr.

 

Dans l’entretemps, les dirigeants étasuniens vont consulter les alliés de l’Amérique, y compris Israël, comme M. Blinken l’a annoncé.

 

Le chef du Mossad, le Renseignement israélien, David Barnea, est en partance pour Washington à cet effet. Il aura des entretiens "très importants" avec ses interlocuteurs sur les rives du Potomac. Il tentera de les convaincre avec tous les arguments sensés de ne pas signer d’accord intermédiaire avec l’Iran.

 

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Macron et Lapid, le 30 novembre dernier à Paris

 

Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une action diplomatique bien organisée conduite principalement par notre ministre des Affaires Etrangères Yaïr Lapid. Il y a à nouveau des ministres à Jérusalem, et l’époque récente lors de laquelle un seul homme-orchestre interprétait (mal) toutes les partitions de l’orchestre de l’Etat est bel et bien révolue. 

 

Lapid s’est entretenu il y a quelques jours avec le Président français Emmanuel Macron et avec le Premier ministre britannique Boris Johnson.

 

Il leur a rappelé les lignes de force de la position d’Israël dans ce dossier. Elles ont en tout cas le mérite de la clarté et de la simplicité : les sanctions visant l’Iran ne doivent en aucun cas être supprimées et surtout, seule une menace militaire crédible arrêtera le programme nucléaire de Téhéran.

 

Le ministre israélien a soutenu face à ses interlocuteurs que l’Iran ne faisait que gagner du temps dans les pourparlers afin de continuer à progresser dans son programme nucléaire. Accessoirement, il tente en échange de promesses controuvées d’obtenir en sus la levée des sanctions qui le frappent.

 

Johnson et Macron ont apprécié l’argumentaire de Yaïr Lapid. Au point d’adopter une position bien plus concrète que celle de l’Administration américaine. Principalement sur la nécessité de développer un plan B efficace [militaire] si les pourparlers de Vienne échouent, et pas uniquement d’imposer un nouveau train de sanctions largement inefficaces.

 

En tournée dans les pays du Golfe, Emmanuel Macron a accordé vendredi une conférence de presse. Il y a mentionné à la surprise générale qu’ "il est également important de réengager une dynamique un peu plus large et d’impliquer également les puissances régionales". Il a ajouté : "Il est difficile de parvenir à un accord si les Etats du Golfe, Israël et tous ceux dont la sécurité est directement affectée ne sont pas impliqués".

 

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Londres décrète que le Hamas est une organisation terroriste (info # 012711/21) Version imprimable
Analyse
samedi, 27 novembre 2021

 

Par Ilan Tsadik

                                                                             

Le gouvernement britannique a pris hier [vendredi] la décision de classer le Hamas - acronyme de harakat al-muqâwama al-'islâmiya [ara.: mouvement de la résistance islamique], qui signifie également "ferveur" en arabe – sur sa liste des organisations terroristes proscrites.

 

Désormais, c’est l’entièreté du Hamas qui est bannie, alors que, jusqu’à maintenant et depuis deux décennies, seule la branche armée de cette organisation était considérée comme terroriste.

 

A partir d’hier, tout membre du Hamas, selon la loi du Royaume-Uni, ainsi que chacun de ses soutiens et sympathisants est passible de quatorze ans d’emprisonnement. Cette règle concerne toute personne qui agiterait un drapeau de la milice islamique, tout individu qui justifierait publiquement les tirs de roquettes et les jets de bombes incendiaires sur les populations israéliennes, ainsi que tout employé d’une entité de presse qui qualifierait de ministre un responsable du Hamas, ou qui évoquerait des activités d’un prétendu ministère palestinien de la Santé parlant des préposés à la médecine de cette organisation terroriste. Une organisation terroriste ne saurait en effet être considérée comme une entité étatique.

 

Le document adopté hier par le gouvernement de M. Boris Johnson dénonce spécifiquement "la perpétration par le Hamas d'attaques aveugles contre des cibles israéliennes, notant en particulier les plus de 4 000 roquettes lancées pendant le conflit de mai 2021 et les ballons incendiaires tirés depuis Gaza pendant l'été" dernier.

 

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Terroristes..

 

Cet aspect de la décision anglaise est significatif, singulièrement parce qu’il caractérise sans nuance les lanceurs de ces engins tels des terroristes recevant des instructions d’une organisation terroriste, et non comme des "manifestants" légitimes, comme le font certaines agences officielles de gouvernements européens.

 

La décision prise à Londres renforce encore la définition du terrorisme proposée par la Ména en 2002, statuant qu’est "terroriste tout individu armé s’attaquant systémiquement à des civils", et toute organisation à laquelle cet individu est affilié et/ou pour laquelle il commet ces actes.

 

Cette définition s’appliquant sans considération pour la justesse éventuelle d’une cause, et sans relation relativement à la nationalité ou l’affirmation religieuse desdits individus et organisations.

 

La Secrétaire d’Etat [ministre de] à l’Intérieur, Madame Priti Patel, qui était la cheville ouvrière de cette décision importante, a déclaré : "Le Hamas est une organisation qui appelle à la création d'un Etat palestinien islamique en vertu de la charia et a appelé à plusieurs reprises à la destruction d'Israël. Il a longtemps été impliqué dans d'importantes violences terroristes", et aussi, "Cette action [la décision du gouvernement] soutiendra les efforts visant à protéger le public britannique et la communauté internationale dans la lutte mondiale contre le terrorisme".

 

Madame Patel a raison de considérer cette prise de position dans son cadre éminemment politique. C’est notamment un acte fort et courageux face à l’islam radical, dont les très nombreux partisans en Grande-Bretagne s’efforcent de s’approprier l’espace public, particulièrement en multipliant les manifestations de rues.

 

Dans la même veine, et le phénomène est également répandu en France, des sympathisants islamistes, avec beaucoup de jeunes parmi eux, ont tendance à s’identifier avec le Hamas et à le présenter tel un symbole unificateur de leur quête religieuse-identitaire.

 

Désormais, de l’autre côté de la Manche, cette démarche sera passible de prison. La décision d’hier affirmant, entre autres, la détermination de l’équipe de Boris Johnson d’imposer des limites à l’expression islamiste dans son pays. Lorsque l’on connaît la violence parfois affichée par ce courant et ses sympathisants dormants, on peut saluer la décision du gouvernement de Sa Majesté.

 

On peut aussi remarquer qu’elle a résisté aux considérations électoralistes.

 

Cette décision a également des répercussions à l’international. D’abord, parce qu’un Etat ou une entité tels l’Iran, le Qatar et la Turquie par exemple, qui ne font pas mystère de l’appui qu’ils fournissent au Hamas, se voient automatiquement marginaliser par le décret de Londres. Depuis hier, ces pays sont devenus les soutiens d’une formation terroriste et reconnue comme telle par un gouvernement souverain et modéré d’Europe occidentale.

 

Or toute entité soutenant une organisation terroriste appartient peu ou prou à la famille élargie du terrorisme.

 

A l’occasion des activités diplomatiques internationales, il n’existe aucun doute sur le fait que la décision britannique ternira l’image des mentors et des financiers du Hamas.

 

Et refroidira ceux qui étaient tentés d’apporter leur soutien au Califat de Gaza, y compris les ONG et les organisateurs des diverses flottilles "pour la paix" qui lui accordaient leur sympathie.

 

La décision – qui n’avait l’air de rien de prime abord – renforce pareillement les Etats arabes dans leur mouvement consistant à singulariser le Hamas en prenant leurs distances avec lui.

 

Cette dynamique va plus loin encore, car elle affaiblit en passant l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas. Cela, parce que si les modes opératoires entre le Fatah et le Hamas divergeaient depuis la disparition de Yasser Arafat, la plupart des finalités des deux organisations restaient similaires. Désormais, beaucoup de ces objectifs sont identifiés "terroristes".

 

Cela va entre autres choses encourager l’Autorité à abandonner une partie de son discours et à le policer. Au risque, si elle ne le fait pas, de perdre des amitiés importantes, beaucoup de gouvernements étant traditionnellement – ex-plus grand empire colonial du globe exige - influencés par les décisions des Anglais.

 

On note à Métula un effet plus prosaïque encore de l’initiative du cabinet de Boris Johnson : personne ne saurait forcer l’Etat hébreu à conclure un accord de paix avec une organisation terroriste et, partant, avec le territoire qu’elle gouverne.

 

Cela a des ramifications inattendues : l’Etat de Palestine, déjà resserré géographiquement, ne s’entend pas sans Gaza. Or le Hamas n’abandonnera pas son os dans la bande côtière de son propre gré, et personne ne veut se risquer à réoccuper l’enclave infernale gazaouie, surtout si c’est pour sauver de la noyade la "cause palestinienne". Cela repousse ainsi aux calendre grecques la création de plus en plus hypothétique d’un Etat de Palestine. Ce qui fait l’affaire non seulement des Israéliens mais de tous les Etats arabes de la région.

 

Il est vrai que le Hamas figurait déjà sur les listes des organisations terroristes de plusieurs autres Etats et unions d’Etats, à l’instar des USA, de l’Union Européenne, de la Jordanie et de l’Egypte.

 

Mais les Etats-Unis sont les alliés historiques d’Israël. Les pays arabes suivent leur propre agenda et ont leurs raisons propres de s’opposer au Hamas. Les autres Etats que je n’ai pas mentionnés ne jouent pratiquement aucun rôle au Moyen-Orient. Et l’Union Européenne, malheureusement pour ses membres, n’est pas un Etat. Ce qui fait que son classement du Hamas porte largement moins à conséquence que celui de Londres, laissant chaque pays de l’Union appliquer à sa façon les décisions de Bruxelles. Cela fait par exemple longtemps que Paris et ses media ne considèrent pas le Hamas tel une organisation terroriste ; la France possède même une représentation à Gaza avec un diplomate permanent. Une rareté.

 

La dernière conséquence de la décision britannique qui me vienne à l’esprit est qu’elle sonne le glas d’une éventuelle alliance entre la Fatah et le Hamas, rien de moins !

 

Car une Autorité Palestinienne dirigée par un gouvernement commun entre les deux organisations en ferait une organisation terroriste de facto.

 

C’est un risque que Mahmoud Abbas ne peut pas se permettre de prendre ; lui, son mouvement et sa cause sont déjà marginalisés pars les accords d’Abraham et la lame de fond qu’ils génèrent au niveau des relations entre les Arabes et Israël. On ne compte plus les contrats et les accords que l’on signe. Cette semaine, ce sont Rabat et Jérusalem qui ont paraphé un traité militaire, qui fait objectivement d’eux non plus des amis mais carrément des alliés stratégiques.

 

Dans ces conditions, un gouvernement Hamas-Fatah ferait office de dernier clou dans le cercueil de la cause palestinienne. Les autres étant déjà bien enfoncés.

 

Autre bonne nouvelle dans le même registre, l’Australie a effacé mercredi dernier la distinction qu’elle faisait jusqu’à maintenant entre la branche politique et la branche armée du Hezbollah libanais.

 

La ministre australienne de l’Intérieur, Karen Andrews, a déclaré à cette occasion que "le puissant mouvement chiite continue de menacer d’attentats terroristes et de soutenir les organisations terroristes et constitue une menace réelle et crédible pour l’Australie.

 

L’appartenance à l’organisation ou son financement seront désormais interdits en Australie, qui connaît également un important problème avec sa population immigrée originaire des pays arabes. Dont une part non négligeable verse dans l’islamisme et s’oppose fréquemment, parfois très violemment, aux forces de l’ordre.

 

La décision de Canberra s’explique principalement par la volonté du gouvernement d’imposer des limites à sa population islamisante, le Hezbollah jouant le même rôle symbolique que le Hamas au sein de ces communautés.

 

La France est à la traîne dans ce dossier aussi. Elle, qui compose avec une frontière illusoire entre les deux ailes de la milice chiite – armée et politique – qui n’en font qu’une en réalité ; les chefs de la branche "civile", à l’instar de son secrétaire général Hassan Nasrallah, étant également ceux de sa branche armée.

 

M. Emmanuel Macron n’hésite pas à rencontrer publiquement les chefs du Hezb lors de ses passages à Beyrouth, tant bien même cette milice est la supplétive de l’Armée iranienne, qu’elle dirige le Liban dans les faits en ayant un recours constant à la violence, au chantage à la guerre civile et à la menace.

 

Quant à l’AFP, l’agence de presse officielle de l’Etat français, elle critique implicitement la décision australienne. Dans l’une de ses dépêches, l’AFP accuse indirectement Canberra, par sa décision sans fondement [sans raison], d’attiser la crise économique :

 

"Aucune raison n’a été donnée pour expliquer cette décision, prise au moment où le Liban est plongé dans une profonde crise économique et politique. Les Libanais, dont près de 80 % vivent sous le seuil de pauvreté, se battent pour survivre avec des revenus limités, des coupures d’électricité sans fin, des pénuries diverses, dont de carburant, et une très forte inflation".

 

Ce, contrairement à l’avis de 75 % des Libanais cependant, qui voient dans le Hezbollah l’unique responsable de la crise économique noire dans laquelle ils sont plongés.

 

L’agence officielle d’information tricolore consacre même l’entièreté d’une autre dépêche "Le Hezbollah dénonce la décision de l'Australie de le classer "terroriste"" à présenter les doléances de la milice terroriste face à la décision australienne.

 

Mais à part le Hamas, le Hezbollah, l’AFP et l’Iran, tout le monde se réjouit des décisions mûrement pensées de Londres et de Canberra, qui réimposent la différenciation qui existe naturellement entre les personnes fréquentables et les terroristes.

 

Ci-après, je prends l’initiative, afin que chacun puisse librement se forger une opinion, de publier les réactions (non triées) des lecteurs du quotidien libanais francophone L’Orient-le-Jour à l’annonce de la décision du gouvernement australien :

 

"Cette organisation terroriste dénonce toutes les condamnations concernant ses actes de terreurs dans le monde en taxant les pays qui la condamnent de soumis au diktat américain. Ne pas oublier que la soumission au diktat d’un autre pays que le sien leur est exclusivement réservée et ils ont label exclusif désormais, qu’ils ne souhaitent céder à personne d’autre. Traîtres et fiers de l’être, ils le revendiquent à tout bout de champs et interdisent quiconque d’usurper leur identité de soumis au diktat qui est devenu leur symbole dont ils sont fiers".

[Sissi Zayyat]

 

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Raid israélien meurtrier dans la région d’Homs en Syrie (012411/21) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 24 novembre 2021

 

© Metula News Agency


09h20 ce mercredi à Métula, 08h20 à Brantes dans le Vaucluse

 

A 01h30 ce mercredi matin, des chasseurs-bombardiers du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne ont fait pleuvoir "une pluie de missiles" sur des objectifs situés dans la région d’Homs, selon l’agence officielle de la dictature alaouite SANA ainsi que la télévision de la népotie des al Assad.

 

Il nous manque encore les détails de ces raids.

 

Ce que nous pouvons en dire à l’heure actuelle est que les appareils israéliens avaient survolé l’est de Beyrouth peu avant les frappes.

 

L’opération semble d’envergure, plusieurs positions et entrepôts de l’Armée gouvernementale, du corps expéditionnaire iranien et des milices internationales chiites ayant été oblitérés.

 

Les organes du régime annoncent deux personnes tuées et sept autres blessées (des militaires), et reconnaissent des dégâts matériels.

 

Michaël Béhé n’a pas pu s’entretenir avec des témoins oculaires ou des personnels médicaux, les autorités locales ayant prestement déconnecté le réseau téléphonique après l’attaque.

 

Selon des sources proches de l’opposition syrienne, d’ordinaire bien informées, qui ont appelé la rédaction à Métula, les raids de la nuit dernière ont fait onze morts, des soldats du régime, des Gardiens de la Révolution khomeyniste, des supplétifs chiites et dix-sept blessés.

 

D’autre part, trois civils auraient succombé après avoir été touchés par des débris de missiles antiaériens tirés par les gouvernementaux syriens. Ce n’est pas la première fois que des civils meurent dans ces conditions.

 

En l’état restreint de nos connaissances, nous ne confirmons pas ces bilans. Ni non plus ceux proposés par SANA.

 

Ce dont nous sommes sûrs est qu’il y a eu plus de six morts et de nombreux blessés dans les rangs ennemis, que plusieurs objectifs majeurs ont été complètement détruits, que tous les missiles israéliens ont atteint leurs buts et que les avions ont regagné leur base intacts.

 

 
Lundi prochain à Vienne : la discussion de la dernière chance (012311/21) Version imprimable
Analyse
mardi, 23 novembre 2021

 

Par Stéphane Juffa

 

Lundi prochain, 29 novembre, doit se tenir à Vienne une importante discussion entre les représentants des 5+1 – les pays membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne – et ceux de la Théocratie iranienne.

 

Ce sera la première réunion depuis très longtemps entre ces protagonistes signataires du Plan d’Action Global Commun (PAGC), le 14 juillet 2015, autrement dit l’accord sur le nucléaire iranien.

 

Jusqu’à maintenant Téhéran avait usé et abusé de tous les prétextes afin de retarder cette échéance, mettant à profit le temps ainsi obtenu pour avancer dans son programme de fabrication de la bombe atomique.

 

Depuis 2015, Khameneï, le "guide suprême" de la "République" islamique d’Iran, n’a respecté aucun de ses engagements prévus dans l’accord. Ni au niveau du matériel qu’il avait le droit d’utiliser – particulièrement les centrifugeuses -, ni de la quantité d’uranium enrichi qu’il avait le droit de détenir, non plus que de son degré de purification.

 

Ainsi, selon l’AIEA, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique dépendant de l’ONU, les ayatollahs ont amassé 17,7 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 % de pureté fissile, soit une augmentation de près de 8 kilogrammes depuis août.

 

Faire passer l’uranium de 60 % de pureté fissile au degré nécessaire à la fabrication d’une bombe est un jeu d’enfant. Le PAGC fixait à 3,67 % le seuil maximum d’enrichissement autorisé à l’Iran. Un autre monde !

 

Tout aussi préoccupante est la décision de Téhéran d’interdire l’accès aménagé par l’accord de 2015 aux inspecteurs de l’AIEA à ses sites nucléaires, de même qu’aux caméras de surveillance qu’ils avaient installées aux endroits sensibles en vertu des provisions du PAGC.

 

L’éloignement des commissaires de Vienne a des conséquences dramatiques, comme en témoigne l’aveu d’impuissance concédé ce mois par le chef de l’AIEA, Rafael Grossi, à l’Associated Press. C’est comme "voler dans un ciel très nuageux" a dit le diplomate argentin.

 

Ce qui signifie que la Théocratie peut aussi bien posséder 30 kilos d’uranium à 60 % et avoir significativement progressé dans le domaine de la "weaponization" de son projet. C’est-à-dire la transformation de ses connaissances en une arme. En une bombe.

 

L’AIEA n’en sait rien, elle est cantonnée par son aveuglement indépendant de sa volonté à faire des supputations.

 

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Le 8 mai 2018, Donald Trump, excédé par les innombrables ruptures de l’accord par Khameneï, et d’être pris, lui et l’Amérique pour des guignols, avait rendu publique sa décision de dénoncer le PAGC ainsi que de rétablir les sanctions au plus haut niveau contre la Théocratie chiite.

 

Une fois élu, Joe Biden s’était empressé d’annoncer son intention de réintégrer l’accord, mais malgré sa pusillanimité, Khameneï l’avait ridiculisé, interdisant même à ses émissaires d’entretenir des contacts directs avec leurs homologues U.S.

 

En gros, cela fait depuis 2016 qu’on ne s’est pas parlé.

 

Et les Perses ont mis à profit chaque heure de cette absence de dialogue pour avancer vers leur bombe. Selon tous les indicateurs, ils sont tout près d’atteindre leur objectif, certains observateurs affirmant même qu’il serait déjà trop tard et que les Iraniens auraient franchi le point de non-retour.

 

Ce à quoi l’ancien chef du Mossad - l’agence nationale de renseignement d’Israël - Yossi Cohen a répondu dimanche dans une interview à Haaretz : "Il n’est jamais trop tard !".

 

En Israël, on est prêt à lancer une opération militaire à tout moment contre la Théocratie, son infrastructure nucléaire et ses stocks de missiles balistiques.

 

On a investi des milliards de dollars dans cette préparation, davantage que jamais auparavant pour s’entraîner à une opération militaire. On reproche parfois à la Ména de mentionner trop fréquemment l’option militaire d’Israël face à l’industrie iranienne de la bombe ; je peux quant à moi vous assurer que nous sommes très modérés dans nos évaluations en comparaison de ce qu’affirment sans discontinuer le premier ministre Bennett, le ministre de la Défense Gantz, celui des Affaires Etrangères Lapid, sans oublier le chef d’état-major de Tsahal Aviv Kokhavi. Même le Président Herzog, en visite à Londres, a tenté de persuader ses interlocuteurs britanniques de rester fermes sur leurs exigences lundi prochain dans la capitale autrichienne.

 

Ici, on peut réellement parler d’une veillée d’armes. C’est à peine si l’on a accepté la requête de Washington de ne rien faire jusqu’à la réunion de lundi et des quelques jours qui suivront.

 

Mais prenant la parole à l’occasion d’une conférence organisée par l’Université Reichman d’Herzlia, pas plus tard que ce mardi matin, Naftali Bennett a déclaré : "Même s’il y a un retour à un accord, Israël n’y est bien sûr pas partie prenante et n’est pas lié par celui-ci".

 

Le Premier ministre se faisait l’écho d’une affirmation du ministre de la Défense Benny Gantz dimanche soir. L’ancien commandant en chef de Tsahal avait posé les conditions de Jérusalem à la reconduction d’un accord avec Téhéran. La seule façon pour qu’il détourne Israël de son intention d’oblitérer militairement les installations nucléaires de l’Iran serait qu’un nouvel accord impose le "démantèlement des capacités nucléaires actuelles de l’Iran et mette en œuvre une inspection indépendante et efficace sur les sites de production d’uranium et d’armements", a déclaré Gantz à l’occasion d’une rencontre sur la sécurité d’Israël.

 

Le fossé entre Jérusalem et Washington est non seulement large sur la question iranienne, il est de plus ontologique. En cela qu’il concerne des perceptions fondamentales divergentes entre les deux pays, des différences ayant trait à la "nature de la réalité".

 

A Jérusalem, on veut priver la Théocratie chiite de se rapprocher plus avant de la bombe atomique.

 

A Washington on veut gagner du temps afin de repousser la confrontation qui semble pourtant inévitable.

 

C’est dans ce but que le chef de l’AIEA Rafael Grossi est arrivé la nuit dernière à Téhéran. Pour avertir diplomatiquement les responsables de la Théocratie que, la semaine prochaine, il vaudrait mieux cesser la politique de la perte de temps. Car autrement, Israël n’écoutera plus Joe Biden, quitte à se brouiller avec les Etats-Unis. Grossi leur dira que pour Israël une dispute avec son allié numéro un est préférable en l’état à un Iran atomique.

 

Il est peu probable que lundi prochain les Iraniens acceptent le démantèlement de leurs capacités nucléaires, mais ce que visera la diplomatie U.S. ce sera qu’ils remettent leur quantité d’uranium hautement enrichi à une tierce partie, probablement la Russie, qu’ils s’abstiennent d’en enrichir davantage, et qu’ils rétablissent l’accès des commissaires de Vienne à leurs installations.

 

Ce, pendant la durée que prendront de nouvelles négociations.

 

Washington pense qu’à ces conditions elle aura suffisamment d’arguments pour convaincre les Israéliens de surseoir à leur opération militaire. Ce, ajouté à la livraison de quelques systèmes d’armements que l’Etat hébreu réclame depuis longtemps, et à l’acceptation de financer de nouvelles recherches devrait satisfaire la coalition aux affaires dans la ville trois fois sainte.

 

A la Ména nous disons que cela dépendra primordialement de la qualité et de la solidité des engagements que l’Administration Biden obtiendra des Perses. Ainsi que, naturellement, de la volonté de Khameneï d’éviter l’affrontement avec Israël. Et du temps que cela prendrait pour mettre en place cet "accord intermédiaire". Au mieux, Tsahal attendra jusqu’à la fin de l’année, ensuite il agira.

 

Que se passera-t-il "après", si un tel accord intermédiaire est conclu ? Les Américains n’en savent rien, et pour la dictature religieuse au pouvoir en Iran, l’obtention de la bombe représente la seule planche de salut.

 

Pour résumer la situation de la junte cléricale de Khameneï, nous entérinerons les propos de Naftali Bennett ce matin : "ils sont incapables de fournir de l’eau à leurs citoyens. De l’eau !". Le reste va de soi, ces ayatollahs se maintiennent en ayant recours "à la force et à la peur", et ce régime "a atteint son point [de précarité] le plus extrême depuis 1979", l’année où il a pris le pouvoir en renversant la dynastie des Pahlavi, Bennett dixit..

 

Dans les faits, Khameneï aurait grandement intérêt à accepter le principe d’un nouvel accord intermédiaire, quitte à exiger la levée de certaines sanctions pour préserver l’honneur de la Révolution khomeyniste. Car le pays qu’il administre n’a pas les moyens de déjouer une attaque israélienne, ni même de la gêner aux entournures.

 

De plus, les Israéliens jouissent d’un soutien infiniment plus étendu que le sien parmi les Iraniens. Lors, cela procède d’un déséquilibre dangereux pour lui : un désastre militaire face à Tsahal pourrait déclencher l’ultime révolte des Iraniens contre sa tyrannie. Il se pourrait même que des sections entières de l’Armée régulière iranienne rejoignent les insurgés.

 

Reste à savoir à quel point Khameneï et son entourage sont synchrones avec la réalité et la logique. Où se situe la limite du poker-menteur permanent auquel ils se livrent ? S’ils sauront s’arrêter avant de faire le pari de trop ?

 

Reste aussi que le vrai problème ce n’est pas les Iraniens, ce sont les Américains. Avant de parler de Joe Biden, on est bien obligé de constater que dès qu’une décision touche à l’activité des forces armées américaines en dehors des Etats-Unis, les choses se mettent à échapper à l’analyse rationnelle pour les dirigeants politiques yankees.

 

Pas uniquement pour les Démocrates. On se souvient que c’est Donald Trump qui a abandonné ses alliés kurdes du Rojava aux griffes d’Erdogan ; et que c’est à Vladimir Poutine et non à Trump qu’ils doivent d’avoir échappé à un authentique massacre. Poutine ayant délimité la "zone de sécurité" en Syrie laissée en pâture au nouveau sultan islamiste d’Ankara. A ce jour, aucun pied de soldat turc ne s’est posé au-delà de la zone concédée, Erdogan étant conscient que l’on ne se moque pas impunément du Tsarévitch.

 

Il n’en demeure pas moins que cette invasion partielle par les Ottomans de la Syrie n’avait pas lieu d’être, car les Kurdes n’ont jamais de toute leur existence menacé la Turquie. Il aurait fallu simplement que Trump dise non au sultan pour qu’il renonce à sa campagne d’extension. Il n’allait tout de même pas se frotter à la plus grande puissance mondiale.

 

Mais les relations entre Washington et le tyran raciste, anti-chrétiens et antisémite d’Ankara étaient amicales et elles le sont restées. Au point que la Maison Blanche affiche une stricte neutralité face aux provocations répétées de l’Armée turque contre la Grèce et Chypre. Ces deux pays devant principalement compter sur la France et Israël pour se protéger d’un ennemi impérialiste bien plus grand et plus riche qu’eux.

 

Ce que Donald Trump a fait est grave, c’est une véritable trahison. Mais ce n’est rien encore comparé à la politique extérieure obamienne. De l’abandon de l’ambassadeur étasunien J. Christopher Stevens à Benghazi [Lybie] à ses assaillants islamistes, qui l’ont violé, émasculé et assassiné, de même que trois autres fonctionnaires américains. Ce, alors que des commandos de l’Oncle Sam se tenaient prêts à leur venir en aide, qu’ils en ont été empêchés par Obama, qui a ensuite consenti d’importants efforts afin de brouiller les pistes menant aux évidences.

 

Que dire de la débâcle afghane de Joe Biden ? Autrement qu’il s’est agi d’une fuite désordonnée qu’aucune considération stratégique ou même tactique n’imposait. Une fois de plus, les amis de l’Amérique sont livrés sans la moindre raison à des ennemis sanguinaires, sans parler des armes et des munitions que les boys ont abandonnées en déguerpissant ventre à terre.

 

Que dire aussi des égards dont les Démocrates entourent les bouchers iraniens ? En dépit du fait que ces derniers n’hésitent pas à tuer régulièrement des soldats U.S. en Irak, à provoquer la flotte arborant le stars & stripes dans le Golfe arabo-persique, à attaquer, voire kidnapper des bateaux commerciaux sous son nez, et même des bâtiments de l’U.S. Navy et leur personnel, ainsi qu‘à attaquer les exploitations pétrolières de l’allié saoudien.

 

Le tout sans que Washington ne bronche, comme si elle craignait la force militaire des ayatollahs..

 

La politique étrangère américaine en général, Démocrate en particulier, est difficile à cerner. Ce, d’autant plus que dans l’affaire iranienne le département d’Etat de J. Blinken ainsi que le Pentagone ne suivent pas le Président, ou alors en traînant les pieds.

 

Même lorsque la Maison Blanche riposte médiatiquement, elle le fait de façon maladroite. A l’instar de ce fuitage dans le New York Times – le porte-parole officieux des administrations Démocrates - dimanche dernier, quand des sources anonymes du gouvernement "ont averti Israël que les attaques contre les installations nucléaires iraniennes sont contre-productives et pourraient encourager Téhéran à accélérer son programme nucléaire".

 

Les drôles !

 

A croire que Téhéran n’est pas au taquet dans son programme nucléaire, et qu’il a les moyens, financiers et techniques, de l’accélérer à sa guise lorsqu’il subit des dégradations majeures..

 

A croire que la Théocratie n’est pas certaine de vouloir fabriquer des bombes atomiques et que sa volonté serait conditionnée par les réactions de ses adversaires ?

 

Ces deux dernières conjectures de l’Administration Biden oscillent entre le dérisoire et le pathétique. Elles prennent les Iraniens pour des épouvantails à moineaux et les analystes stratégiques de la planète pour des andouilles.

 

Le NYT : "L’Iran a rapidement repris ses opérations dans les installations endommagées par les explosions causées par les services de renseignement israéliens, les modernisant même avec des machines plus récentes permettant un enrichissement plus rapide de l’uranium, a indiqué le journal".

 

Pour le coup, les officiels israéliens ne s’en sont pas laissé compter et ils ont déposé les gants du langage diplomatique pour répliquer [également sous le couvert de l’anonymat, ils savent aussi le faire], "rejetant les avertissements, et affirmant qu’ils n’avaient pas l’intention d’arrêter les attaques de sabotage contre les installations iraniennes".

 

Nul doute que la corde est parvenue au point maximal de tension avant la rupture entre les deux meilleurs alliés du monde ; et ce n’est pas les fuitages contrôlés de cette qualité dans le NYT qui vont détendre l’atmosphère.

 

Yossi Cohen, l’ancien chef du Mossad, a affirmé qu’Israël était en mesure d’éliminer seule la menace nucléaire iranienne, comme elle l’a déjà fait en Irak et en Syrie.

 

La Ména rappelle humblement aux "fuiteurs" américains que le plan israélien préconise des frappes d’entretien après l’opération principale, afin d’empêcher durablement l’ennemi de remettre le programme nucléaire sur ses rails.

 

Nous assurons M. Biden que l’Amérique n’a rien à craindre de la capacité actuelle de nuisance de l’Armée iranienne, mais qu’en revanche, les Etats-Unis eux-mêmes seraient durablement en danger si la Théocratie obtenait la bombe atomique.

 

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Médicaments contre le Covid : le point sur la recherche israélienne (011911/21) Version imprimable
Analyse
vendredi, 19 novembre 2021

 

Par le Dr. Olivier Katz

 

Je vous avais entretenus au mois d’août dernier des espoirs que la médecine plaçait dans une molécule qui répond au doux nom de CD 24. Cet EXO-CD24, dont le mode d’entrée dans l’organisme se fait sous la forme d’exosomes, sortes de vésicules prélevées sur la membrane cellulaire contenant le produit actif et permettant de le déposer directement à l’endroit désiré. Par inhalation pour le poumon, par exemple, il a la faculté de traiter l’orage cytokinique à l’origine des aggravations respiratoires brutales des patients atteints de la Covid 19.

 

On est presque certain que l’essentiel de la mortalité due au SARS Cov 2  [Covid 19] résulte d’une réponse immunitaire disproportionnée de l’organisme qui survient entre le 6ème et le 10ème jour d’évolution de la maladie. Laquelle est à l’origine d’un « orage cytokinique » provoquant des atteintes respiratoires majeures et souvent létales, par destruction des cellules pulmonaires.

 

Le CD 24, étudié depuis des années par le Professeur Arbel à l’hôpital Ichilov de Tel-Aviv, avait passé avec succès les phases I et II de l’expérimentation clinique, en Israël puis en Grèce. La phase III a débuté en août, avec 155 patients, les deux tiers recevant de l’EXO-CD 24, et un tiers un placebo (préparation dépourvue de tout principe actif, utilisée à la place d'un médicament pour son effet psychologique).

 

Cette expérimentation se déroule tant en Israël, qu’aux Etats-Unis et au Brésil. Aucune information n’a encore filtré quant à l’évolution de cette expérience, mais les résultats sont attendus avec impatience pour le début de l’année prochaine.

 

Il y a actuellement une douzaine d’études engagées pour mettre en évidence l’action du CD24 et des exosomes dans le traitement du Covid 19. Visiblement, la piste semble intéressante, même si les preuves scientifiques sont lentes à obtenir. Il est cependant cité par le New York Times, sous la plume de Carl Zimmer [célèbre écrivain et vulgarisateur scientifique américain], dans un article récent recensant les produits prometteurs dans le traitement du Covid 19.

 

Tout le monde n’a pas les moyens de mener une phase III de type Pfizer, dont le coût est estimé à un milliard de dollars (environ huit-cent-quatre-vingt-cinq millions d’euros). Une expérimentation accélérée de ce type consiste notamment à recruter suffisamment de patients sur deux mois, pour obtenir à partir de 94 cas d’infection et sur la foi d’une étude intermédiaire, l’homologation d’un vaccin ARNm par la MHRA (Medicine and Healthcare Products Regulatory Agency) [ang.: Agence de Réglementation des Médicaments et des Produits de santé] en Angleterre, puis par la FDA (Food and Drug Administration) [ang.: Administration des Aliments et des Médicaments] aux Etats-Unis.

 

Toutes les sociétés pharmaceutiques ne sont toutefois pas Pfizer. Pour les autres, les laboratoires qui ne disposent pas des moyens de s’offrir une homologation accélérée, le processus est sensiblement plus long.

 

Actuellement, le seul traitement du Covid 19 approuvé sans restriction par la FDA reste le Remdésivir de Gilead, pour lequel un forcing avait été effectué en octobre 2020 avec l’aide de l’ex-Président Donald Trump. Certains produits étant rendus disponibles en raison de la situation pandémique d’urgence qui prévaut, se voyant octroyer une autorisation temporaire d'utilisation.

 

Nous avons un vaccin contre la Covid 19 (voire 5 ou 6 d’ailleurs), quel peut bien être l’intérêt d’un médicament pour combattre le Covid 19 ?

 

Et c’est là que pour comprendre, on va consulter les statistiques :

 

il y a en Israël 6,3 millions de personnes vaccinées, soit 66 % de la population (38 % ont déjà reçu 3 doses). En France 46,5 millions de personnes sont vaccinées, soit 69 % de la population (parmi les 31 % non-vaccinés, il y a les antivax… mais aussi les enfants). Mais seules 3,5 millions de personnes ont bénéficié de la 3ème dose !

 

Dans le monde 3,25 milliards de gens sont vaccinés, soit 41,6 % de la population de la planète, ce qui laisse un nombre de malades potentiels conséquent, de l’ordre de 4,5 Milliards. Et l’on sait maintenant que les personnes non-vaccinées ont 40 fois plus de risques de développer une forme grave de la maladie (d’après le Dr. Cyril Cohen, l’un des grands spécialistes du Covid 19 au niveau mondial).

 

Pour couronner le tout, on a découvert (et le Dr. Cohen l’a rappelé à plusieurs reprises) que l’efficacité du vaccin est altérée au bout de 5 mois (70% d’efficacité) et qu’au cours du 6ème mois, le taux de protection tend vers 0. A partir du 7ème mois, les personnes, souvent sans en avoir été avisées, ne sont plus du tout immunisées contre le virus.

 

Ainsi, le rappel [3ème dose] est absolument nécessaire pour toutes les couches de la population à partir de 6 mois après l’administration de la seconde injection du vaccin. Israël, dont la population était vaccinée 3 mois avant la France, a déjà entamé son nouveau cycle, mais la France renoue avec son approche segmentée, en limitant aux personnes de plus de 65 ans, atteintes de pathologies sévères, ou encore faisant partie du personnel médical, l’accès à cette troisième dose pourtant indispensable.

 

On n’oublie pas non plus que les vaccins actuels sont au mieux efficaces à 95 voire 90 %, et que le premier variant qui contournerait la voie choisie par la vaccination occasionnerait un reset complet et douloureux de nos statistiques.

 

Ce sont ces considérants qui expliquent que la vaccination, même très efficace comme c’est le cas pour le Covid 19, ne remplacera jamais l’administration d’un médicament radical contre cette pandémie ; et que l’humanité n’en sera définitivement débarrassée que lorsque la science aura isolé et vérifié la molécule idoine. C’est ce qui explique que l’on croise les doigts et que l’on observe avec un intérêt soutenu la recherche dans ce domaine, israélienne notamment.

 

Dans l’Etat hébreu, les avancées les plus prometteuses pour le moment sont les suivantes :

 

SaNOtize est un laboratoire israélien qui a mis au point une molécule utilisable par voie nasale, l’oxyde nitrique NONS, qui diminue la charge virale avec une efficacité proche des anticorps monoclonaux (le produit de référence dans le traitement du SARS Cov 2, dont l’efficacité est limitée et le coût prohibitif), pour un prix 1 000 fois inférieur. L’action de l’oxyde nitrique au niveau des voies aériennes empêche tout simplement le virus de se répliquer et d’atteindre les poumons. L’autorisation d’une prochaine mise sur le marché en urgence est envisagée au Royaume-Uni. Il est déjà disponible en Israël.

 

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Le Dr. Gilly Regev, PDG et cofondatrice de SaNOtize

 

Enlivex Therapeutics est le laboratoire qui a mis au point l’Allocetra, un médicament dont l’efficacité dans les formes graves a été testée à l’hôpital Hadassah à Jérusalem par le professeur Mevorach. Une étude de phase IIb est actuellement en cours en Espagne. Son mode d’action est assez proche de celui du CD 24 : il diminue l’orage cytokinique.

 

On peut également mentionner l’importante contribution des hôpitaux israéliens aux différentes études multicentriques (mises en place simultanément sur plusieurs sites) réalisées par des grands laboratoires américains. Notamment Merck et son Molnupiravir, Redhill Biopharma (entreprise israélo-américaine) et son Opaganib.

 

Enfin, il faut signaler le travail intéressant de Brilife IS, une société israélienne qui développe un type de vaccination par ARN messager - comme Pfizer et Moderna - mais qui ne fait fabriquer à la cellule-hôte que la fameuse protéine Spike [ang.: dague, pointe], la signature virale du Covid 19.

 

Après 18 mois d’évolution de la pandémie, et un an après la découverte du premier vaccin, on constate que les laboratoires pharmaceutiques anglo-saxons ont réussi des prouesses en matière de vitesse de développement et d’efficacité, et qu’Israël, une fois de plus, est resté dans la course.

 

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"Israël" détruit un entrepôt d’armes dans le sud de Damas (011711/21) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 17 novembre 2021

 

© Metula News Agency


07h45, mercredi à Métula, et 06h45 au Crestet dans le Vaucluse

 

A 00h45 tôt ce mercredi matin, Tsahal a "probablement" mené une attaque au missile visant et détruisant un entrepôt contenant des armes "de précision" en provenance d’Iran.

 

L’objectif est situé au sud de la capitale syrienne.

 

Les deux missiles tirés à partir de la région du Golan ont atteint leurs cibles. Nous ignorons s’il s’est agi de missiles sol-sol ou air-sol.

 

Les dépôts oblitérés n’étaient pas gardés par crainte d’un raid israélien.

 

La chaîne de télévision gouvernementale ainsi que l’agence d’information du régime SANA ont rapporté la nouvelle.

 

L’attaque de cette nuit était la sixième officiellement attribuée à Israël en Syrie [par les media syriens] depuis un mois. Certains de ces raids visaient plusieurs cibles simultanément, parfois distantes de centaines de kilomètres les unes des autres.

 

Nous pensons que d’autres opérations israéliennes non-dévoilées se sont produites dans ce pays durant ladite période. Notamment dans la région de Boukamal à la frontière entre la Syrie et l’Irak.

 

L’Armée israélienne ne commente pas d’ordinaire les opérations de ce genre, se refusant à les confirmer ou à les infirmer.

 

 

 
Israël dévoile le nec plus ultra : il abat les avions ennemis grâce à un faisceau électromagnétique Version imprimable
Analyse
samedi, 13 novembre 2021

 

(011311/21) 

 

Par Jean Tsadik


Depuis la tenue en Israël de l’exercice aérien international Blue Flag [ang.: drapeau bleu] durant la dernière semaine du mois d’octobre, nous trépignions d’impatience de vous présenter une nouvelle découverte israélienne déterminante dans le domaine militaire.

 

Ce, parce qu’elle a été dévoilée à nos invités-participants durant le dernier Blue Flag. Un évènement qui se tient tous les deux ans, et qui, cette année, collectionnait les superlatifs : il était à la fois le plus ambitieux depuis la première édition en 2013, vu le nombre et la qualité des participants ainsi que son programme d’entrainement. C’était aussi la première fois que les vols avaient lieu au-dessus du territoire israélien. La première fois que le Royaume-Uni et les Emirats Arabes Unis y participaient, et surtout, l’occasion pour Israël de dévoiler son système Scorpius [ang.: scorpion]. Qui est à nos yeux sans doute l’invention dans le domaine de l’armement la plus significative depuis l’arc et la flèche.

 

Nous étions au courant de l’introduction du nouveau système, tout comme les 1 500 participants, dont des Américains, des Allemands, des Italiens, des Grecs, des Indiens, sans oublier des Français, qui avaient envoyé 70 avions à Blue Flag, principalement des F-35, des F-16, des Mirages et des Rafales.

 

Sans que personne n’en parle ouvertement, il s’est agi d’une grande mise au point de synchronisation opérationnelle en vue d’un éventuel affrontement avec la Théocratie iranienne.

 

Lors, la présentation en situation réelle et fonctionnelle du Scorpius ne pouvait pas mieux tomber. Puisqu’elle va modifier la perception de la guerre moderne dans la vie de chaque militaire, et également, parce qu’elle a servi en octobre de vitrine à la technologie israélienne, qui épate la planète avec des applications fondamentales confinées jusqu’alors à la seule science-fiction.

 

Regarder la vidéo : https://youtu.be/FW0lpKgXP20

 

Les lecteurs de la Ména se rappellent probablement des vieux films de guerre contre les extraterrestres, quand les Martiens ou autres envahisseurs protégeaient leurs vaisseaux et leurs positions avec un dôme invisible, infranchissable par l’ensemble des projectiles à disposition des armées humaines.

 

Eh bien le Scorpius, système de guerre électronique [EW], c’est exactement cela.

 

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Croquis d’un navire de guerre générant le dôme du Scorpius autour de lui

Source : Israel Aerospace Industries

 

Grâce à la capacité multifaisceaux d'AESA [ang.: radar à antenne active], le Scorpius peut scanner simultanément toute la région environnante à la recherche de cibles et déployer des faisceaux étroitement focalisés pour interférer avec de multiples menaces à travers le spectre électromagnétique.

 

Le système est capable de cibler une vaste gamme de menaces, notamment les drones, les navires, les missiles, les systèmes de communication, tous les avions évidemment, etc.

 

Scorpius perturbe efficacement le fonctionnement de leurs systèmes électromagnétiques, y compris les capteurs radar et électroniques, la navigation et les communications de données.

 

Or un avion, par exemple, dont la communication des données de pilotage ne fonctionne plus, s’écrase irrémédiablement.

 

La version simplifiée de l’explication maintenant : le Scorpius est un système composé de plusieurs éléments, qui fait trois choses. Il scrute (avec une sensibilité et une précision extrêmes) le ciel, les océans et les routes autour de la bulle qu’il a la fonction de défendre. Il discerne les véhicules amis des ennemis. Et il aveugle et rend à la fois inoffensifs et non-pilotables tous les véhicules ennemis situés à sa portée, tout en épargnant ses propres éléments.

 

En fait, ce sont les trois principes de tout affrontement armé : Protection. Discernement. Attaque.

 

IAI, Israel Aerospace Industries, qui fabrique le Scorpius, a annoncé officiellement son existence jeudi  (c’est ce que la Ména attendait pour proposer son analyse) se montre discrète relativement à la surface des zones que le système est capable de protéger ainsi qu’aux rayons (faisceaux) qu’il emploie pour paralyser l’adversaire. C’est compréhensible.

 

L’on sait que le Scorpius utilise le système "multifaisceaux" développé par la filiale d’IAI ELTA. Ce système est capable de scruter l'espace aérien désigné et, selon les informations qu'il recueille, de lancer un faisceau d'attaque adapté sur la cible.

 

Les responsables du développement du Scorpius n’hésitent pas à affirmer que leur système est efficace contre les missiles ennemis avancés des réseaux antiaériens tels que les S-300 et S-400 russes déployés en Syrie.

 

Cette révélation permet de saisir pourquoi à la Ména nous affirmons péremptoirement et depuis un certain temps que les S-300 et S-400 sont inefficaces contre les avions et les missiles du Khe’l Avir – l’Aviation israélienne. A fortiori les S-200 confiés par le Tsarévitch à ses protégés gouvernementaux syriens.

 

Sur la base de l’adage "Rome ne s'est pas construite en un jour", on peut en déduire que le Scorpius a été "probablement" testé des mois durant avec succès sur le théâtre d’opérations syrien, avant que d’annoncer au monde le mois dernier qu’il était pleinement opérationnel.

 

On comprend de même que cette avancée technologique ne fasse pas particulièrement plaisir au ministère russe de la Défense – qui multiplie ces derniers mois les tartarinades au sujet de l’efficacité mirobolante de ses missiles - ni aux chefs de l’industrie de l’armement russe.

 

L’annonce d’IAI explique aussi la raison pour laquelle nous évoquions répétitivement dans ces colonnes le rôle prépondérant que tiendraient les armes électromagnétiques à l’occasion d’une éventuelle confrontation avec l’Iran.

 

On ne peut évidemment révéler tout ce que l’on sait, mais on peut en tenir compte dans nos analyses, ce que nous faisons. Et la coupe n’est pas encore pleine, loin s’en faut, les ingénieurs hébreux étant occupés à nous préparer de nombreuses autres surprises.

 

IAI précise dans son communiqué que le système existe en cinq déclinaisons : G [ang.: ground], fonctionnant à partir du sol. N, pour naval, installé sur les navires. SP, la version aéronautique, consistant en une cosse contenant un module d'autoprotection [voir photo] pour les avions de combat ; et le Scorpius SJ, un brouilleur à distance qui perturbe les opérations électromagnétiques aériennes et terrestres de l'ennemi dans un vaste secteur.

 

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La cosse du Scorpius sous la carlingue d’un avion de combat israélien

Source : Israel Aerospace Industries

 

Sans oublier le Scorpius type T [Training ang.: entraînement] capable d’émuler simultanément une large variété de systèmes de défense aérienne modernes à partir d'une seule plateforme. Ses capacités d'émulation avancées prennent en charge la formation des pilotes sur les avions de cinquième génération [F-35]. C’est le type T qui a été présenté aux délégations-hôtes lors du dernier Blue Flag.

 

Au niveau de la concurrence, il est de notoriété publique que les Américains et les Russes travaillent sur des systèmes comparables. Au sujet du système U.S., on sait qu’il est en retard sur le Scorpius et que le Pentagone pourrait être intéressé à acquérir le bouclier israélien afin de gagner en rapidité et de faire de substantielles économies.

 

Quant à l’offre russe, ce que nous en savons est que les ingénieurs de Vladimir Poutine peinent dans la phase de discernement entre les cibles amies et ennemies. Ce qui fait que lors de la phase d’interception, leur équipement abattrait leurs propres avions aussi bien que ceux de l’ennemi en l’état de leur avancement.

 

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Kokhavi : Israël accélère ses préparatifs en vue d’une frappe contre l’Iran (011011/21) Version imprimable
Analyse
mercredi, 10 novembre 2021

 

Par Jean Tsadik

 

Le chef d’état-major de l’Armée israélienne, le Lieutenant-Général Aviv Kokhavi, a participé hier à la réunion de la commission des Affaires Etrangères et de la Défense de la Knesset, qui était en partie fermée aux médias. Kokhavi a présenté un rapport de sécurité en compagnie du chef de la recherche du renseignement militaire, le Brigadier-Général Amit Saar, du chef des opérations, le Brigadier-Général Yaron Finkelman, et du chef de la planification et de l'administration des ressources humaines, le Brigadier-Général Amir Vadamni.

 

Le président de la commission, le député Ram Ben-Barak [Yesh Atid, centre laïc], a déclaré lors de la réunion : "L’Armée et l'establishment de la Sécurité travaillent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, ouvertement et secrètement, dans une bataille continue contre l'Iran et ses mandataires".

 

Ben-Barak a déclaré que le travail de la commission est de répondre "aux principaux défis conformément aux directives des responsables politiques".

 

Quant à Aviv Kokhavi, il a annoncé ce que la Ména avait déjà rendu public le 13 octobre dernier, à savoir que l'Armée israélienne accélérait ses plans opérationnels et sa préparation visant à faire face à la menace nucléaire iranienne.

 

En fait, à Métula, nous ne nous souvenons pas de préparatifs d’une telle ampleur et avec de tels moyens au sein de Tsahal. Cela se passe en parallèle avec le déroulement des activités civiles et économiques qui traversent une sorte de "babyboom" après deux ans de guerre contre le Covid engendrant une multitude de restrictions.

 

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Aviv Kokhavi, mardi à la Knesset

 

On assiste à une double activité des deux pôles de la société qui fonctionnent à fond, comme si l’autre n’existait pas. Cette situation quelque peu loufoque est rendue possible par la discrétion extrême des préparatifs de Tsahal en vue d’une opération militaire d’envergure en Iran.

 

"Les Forces de Défense d’Israël [héb.: Tzva Hagana le-Israël] sont en train de changer et d'adapter leurs unités aux besoins actuels et futurs du champ de bataille", a encore déclaré le chef d'état-major. "Le changement repose sur la modernisation et l’intégration de nouveaux moyens, qui se déroulent bien", a précisé Kokhavi.

 

L’Armée suit en cela les principes édictés par la révolution stratégique d’Aviv Kokhavi, qu’il a baptisée Tnufa, qui est traduit dans les autres langues par "Momentum", signifiant élan, moment, énergie, dynamique.

 

Cette doctrine implique de frapper l’ennemi de façon décisive dès le début d’un conflit, sans lui laisser la possibilité de se relever. Ce, grâce à l’intégration d’armes concluantes de grande précision et en grand nombre dans les divers corps de Tsahal, synchronisée avec l’emploi d’armes de très haute technologie et imparables pour l’adversaire.

 

"Au cours de l'année écoulée, nous avons continué à opérer contre nos ennemis dans le cadre d'opérations et d'actions secrètes dans tout le Moyen-Orient", a déclaré le chef d’état-major. Ajoutant : "L’Armée israélienne continuera à éliminer les menaces et à répondre fermement à toute violation de notre souveraineté, que ce soit de la bande de Gaza ou du Nord, qu'il s'agisse d'une force iranienne ou palestinienne".

 

Il a confirmé que le budget de l’Etat adopté la semaine dernière "nous permet de relever divers défis, en améliorant considérablement tous les plans opérationnels, les acquisitions et la formation des forces régulières et des réserves".

 

Le ministre de la Défense s'exprimait pour sa part lors de la cérémonie d’inauguration d’une nouvelle installation de Rafael – l’Agence étatique de Développement de Moyens Militaires à Shlomi en Galilée, dans le nord d’Israël.

 

Benny Gantz a déclaré à cette occasion qu'un projet qui coûtera des milliards de shekels dans les années à venir a été lancé la semaine dernière pour protéger le Nord [il ne nous est pas possible actuellement de fournir plus d’informations relativement à ce projet. Ndlr.].

 

Rafael a entre autres développé les missiles suivants qui font référence dans leurs domaines : Tamouz (Spike) (sol-sol), Popeye, Barak (mer-mer et mer-air avec l’Inde), Sparrow (famille d’engins-cibles), le Dôme de Fer (système de défense contre obus, roquettes et missiles), Matador (lance-roquettes anti-fortification et blindés légers).

 

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Multiples frappes "israéliennes" dans l’ouest de la Syrie lundi soir (010811/21) Version imprimable
Breaking News !
lundi, 08 novembre 2021

 

© Metula News Agency


20h45, lundi à Métula, et 19h45 à Puyméras dans le Vaucluse

 

Il y a un peu plus d’une heure, à 19h15 locales exactement, des chasseurs-bombardiers israéliens (selon l’agence d’information gouvernementale syrienne SANA) ont attaqué et anéanti plusieurs positions militaires dans la périphérie de Homs et à proximité du port de Tartous.

 

Les frappes à Tartous sont délicates, car le port de cette ville située juste au nord du Liban abrite une importante base maritime russe qui n’est distante que de 51km de Khmeimim par le Sud.

 

Or Khmeimim est la base aérienne qui accueille le quartier général des soldats de Vladimir Poutine et de leurs avions en Syrie.

 

Moscou a été informé préalablement à la tenue de l’opération.

 

Tous les missiles ont atteint et détruit leurs objectifs.

 

Une très grosse explosion – probablement un dépôt de munitions – a été observée par des témoins dans la zone de Homs, et l’incendie qui s’en est suivi fait toujours rage au moment où nous publions ces lignes.

 

Il y a des blessés dans les rangs ennemis. Michaël Béhé tente en ce moment d’établir un état des lieux. Les Syriens annoncent que deux de leurs soldats sont touchés, mais selon nos sources, le bilan humain est plus important.

 

Il semble avéré que les appareils du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, ont traversé l’espace aérien libanais pour mener à bien cette mission. La présence de nos avions a été signalée par des sources libanaises.

 

 

 
Iran : Israël a "probablement" testé une arme à l’échelle réelle (010711/21) Version imprimable
Analyse
dimanche, 07 novembre 2021

 

Par Ilan Tsadik


Durant la semaine qui s’étalait du dimanche 24 au samedi 30 octobre dernier, la Théocratie iranienne a été frappée par une cyber-attaque particulièrement significative lorsque des hackers s’en sont pris à la distribution de carburant dans ce pays.

 

L’Iran compte 4 300 stations-service qui proposent des produits largement subventionnés permettant aux usagers de remplir leurs réservoirs à raison de quelques centimes par litre d’essence.

 

Or à partir du milieu de ladite semaine, les pompes avaient totalement cessé de cracher leur précieux contenu.

 

S’ensuivit des queues interminables de véhicules à moteur ainsi qu’un dérèglement complet de l’activité du pays.

 

Ce n’est que le samedi 30 que les responsables parvinrent à rétablir partiellement la distribution dans  1 350 stations-service. Encore était-ce uniquement valable pour le service manuel au prix du marché, qui ne tient pas compte des subsides, rendant le carburant hors de portée pour les bourses de l’écrasante majorité des Iraniens.

 

Le régime ostensiblement gagné par la panique commença par accuser des éléments de l’opposition secrète, puis, après avoir réalisé que l’attaque était trop précisément ciblée et trop rondement menée pour être le fait d’amateurs même éclairés, les ayatollahs mirent en cause le binôme USA-Israël.

 

Plus tard, les porte-parole de la junte religieuse ratissèrent plus large en impliquant "des éléments étrangers", pour finir par pointer du doigt quasi-exclusivement les informaticiens d’assaut de l’Etat hébreu.

 

A la Ména nous ne sommes pas loin de partager leur conviction, Israël ayant les meilleures raisons pour s’être livrés à cette opération.

 

D’une part, en riposte aux propres attaques des hackers de la Théocratie qui avaient plusieurs fois visé des entreprises et des institutions de l’Etat hébreu. De l’autre, afin d’expérimenter l’effet d’une cyber-attaque de ce genre sur les activités économiques et surtout militaires de ce régime ennemi, ainsi que sa capacité et sa rapidité à en juguler les dégâts. En troisième, pour dissuader la junte cléricale de poursuivre ses attaques informatiques contre Israël.

 

Dans cette troisième catégorie, on peut qualifier de "méritoires" les tentatives des hackers de Khameneï (le guide suprême). Ils sont parvenus à pénétrer les ordinateurs de plusieurs sociétés privées, y compris des compagnies spécialisées dans des activités militaires, mais pour des résultats somme toute modestes. Dans le secteur public, leur meilleur résultat fut de s’introduire dans le système informatique gérant la distribution d’eau potable, mais sans générer de dommages, les surveillants se rendant rapidement compte de l’ingérence et isolant presque instantanément les fonctions vérolées. 

 

La principale retombée des cyber-offensives persanes fut de sensibiliser les Israéliens à la nécessité de mettre leurs protections à jour et de ne pas sous-estimer l’adversaire. En cela, ces attaques nous ont plutôt rendu service.

 

Au reste, elles nous ont permis d’appréhender à sa juste valeur le niveau des cyber-terroristes adverses : pas mauvais du tout pour des amateurs. Mais très éloigné de celui atteint par leurs homologues des services de guerre informatique de Tsahal. Probablement les plus efficaces du moment avec leurs confrères américains, britanniques et russes.

 

S’il fallait une preuve supplémentaire de leurs capacités, on peut raisonnablement en voir une dans la neutralisation totale, trois jours durant, de la distribution de carburant en Iran.

 

Ce n’est pas leur coup d’essai – on se rappelle le 9 mai 2020 la neutralisation des activités, pendant une semaine, du port de Bandar Abbas, la principale voie d’accès maritime de la Théocratie – mais il s’agit assurément du franchissement d’un nouveau seuil dans la cyber-guerre. En cela que, pour la première fois, cette attaque a paralysé une activité à l’échelle nationale de l’Iran.

 

A notre connaissance, c’est la première fois tout court que cela a été tenté dans le cadre de la guerre informatique au niveau mondial.

 

Il faut évidemment replacer cet évènement dans le cadre des préparatifs en cours en Israël en vue d’une intervention militaire visant les infrastructures nucléaires de la "République" Islamique, ainsi que son réseau de missiles balistiques.

 

A cette aune, les enseignements sont radicaux et ils sont de nature à inquiéter profondément les cadres de la dictature chiite.

 

Car, sans carburant, comment remplir le réservoir des camions censés conduire les troupes vers leurs postes de combat ? Les servants de missiles ? Les unités spéciales préposées à la défense des sites participant à la confection de l’arme atomique ? Les renforts ? Les officiers supposés se rendre dans leurs véhicules privés sur le lieu de leur prise de commandement ?

 

Comment remplir les conteneurs de diesel des groupes électrogènes qui permettent le fonctionnement des canons, des systèmes de missiles, des radars, etc. ?

 

Réduire au silence les stations-service, c’est la chienlit assurée ? Une méga-chienlit.

 

Probablement au point de rendre inefficace une large proportion des moyens de défense des sites stratégiques à disposition de la Théocratie.

 

Peut-être même que cette démonstration de force et l’analyse qu’elle a naturellement suscité chez l’ennemi aussi aura poussé les responsables du régime à accepter enfin de reprendre les négociations à Vienne à la fin de ce mois. Ainsi qu’à adopter publiquement l’idée d’une reconduction in extenso du traité de 2015 sans modifications, comme annoncé par certains media iraniens. Une idée inacceptable pour les Israéliens à la suite des avancées majeures vers la bombe réalisées depuis par les Perses, en parfaite infraction avec les clauses de l’accord original.

 

On peut légitimement se demander pourquoi les Hébreux s’en sont-ils pris "pour du beurre" au réseau national iranien de distribution de carburant, alors que cette ressource leur aurait été précieuse parallèlement à l’attaque conventionnelle envisagée des sites nucléaires.

 

C’est peut-être qu’ils ont identifié d’autres failles informatiques dans ledit réseau, et qu’ils comptent que l’ennemi focalise son attention sur la résolution de la brèche qu’ils ont exploitée afin d’assécher la distribution du carburant à la pompe.

 

Si les Israéliens l’ont fait, c’est assurément parce qu’ils ont jugé que cette démonstration de capacité présentait dans ce contexte plus d’avantages que d’inconvénients.

 

C’est aussi parce qu’à ce niveau de compétence, il existe des dizaines d’autres possibilités d’interférences informatiques, et, qu’à l’occasion de l’offensive militaire, si elle a lieu, ils en mettront en œuvre de nombreuses simultanément.

 

Et que ces cyber-frappes sont prêtes. Leurs alternatives également. Il ne reste qu’à attendre la décision de l’échelon politique de les actionner.

 

On pourrait, par exemple, mettre hors service tous les feux de signalisation des grandes villes. Connaissant les embarras interminables qui ruinent les nerfs des Téhéranais en temps normal, lorsqu’ils fonctionnent, on peut prédire sans prendre de risque inconsidéré de se tromper qu’en appliquant cette mesure, on empêcherait pratiquement tout déplacement par la route pendant une période donnée. Y compris du trafic militaire. 

 

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Des files interminables d’automobilistes à Téhéran devant les pompes à essence

 

Quid de l’interruption de la fourniture d’électricité ? De l’interruption des communications Internet ? Des communications tout court ? De la neutralisation des systèmes de radars ? Du réseau ferroviaire très développé en Iran ? De la distribution d’eau potable ? Du transport du brut dans les pipelines ?

 

Et ce que vous voyez ici ne constitue que le début de la liste de cyber-objectifs déjà envisagés par d’autres media. Je ne doute pas un instant que les préparatifs de nos unités spéciales concernent des domaines encore bien plus sophistiqués et spécifiques que ceux-là.

 

Aux moyens de cyber-guerre, on peut ajouter encore ceux – ultraconfidentiels – des bombes électromagnétiques ou E-bomb et des missiles anti-radiations ou ARM.

 

Rien d’officiel n’existe relativement aux compétences israéliennes dans ces domaines, mais il en est énormément question parmi les experts internationaux en stratégie militaire.

 

En bref et en résumé, dans ces deux domaines, il y a de quoi annihiler totalement les activités d’identification radar et d’interception d’une armée, et même d’empêcher momentanément toute activité électrique dans une vaste région.

 

En 2012, un document "fuité" par Benyamin Netanyahu affirmait qu'Israël était capable de neutraliser toutes les installations électriques d’Iran grâce à "des munitions en fibre de carbone qui sont plus fines que des cheveux humains, provoquant des courts-circuits électriques dont les réparations nécessitent leur retrait complet".

 

A Métula, nous ne doutons pas un instant que ce recours existe effectivement, et que son efficacité s’est encore accrue durant la décennie écoulée. A la rédaction, nous sommes convaincus d’avoir essuyé les effets secondaires – à cause de notre proximité géographique avec la Syrie et le Liban - d’armes de ce genre lors de l’opération du Khe’l Avir [l’Armée de l’Air israélienne] qui avait abouti à l’oblitération du réacteur nucléaire syrien à proximité de Raqqa.

 

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Le périmètre situé entre Damas et Israël visé ce matin par un raid de Tsahal (010311/21) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 03 novembre 2021

 

© Metula News Agency


Mercredi matin à Métula et à Séguret dans le Vaucluse, un des plus beaux villages de France, au pied du château de Montmirail

 

Très tôt, à minuit cinquante-huit ce mercredi matin, des appareils israéliens ont lancé des missiles à partir du Golan sur divers objectifs de la périphérie de Damas.

 

L’organe du pouvoir, l’agence SANA, a rapporté qu’Israël avait notamment frappé une position dans le village de Zakyah [carte].

 

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La carte de la zone du raid

Service cartographique © Metula News Agency

 

Zakyah est situé à 13km au sud-ouest de Damas en direction du Golan, ainsi qu’à 27km à l’est de la frontière israélienne et 54km de notre rédaction de Métula dans la même orientation.

 

Ce bourg se trouve à équidistance – 4.5km - entre l’autoroute no.7 qui conduit en Israël et la M5, qui mène à Deraa et en Jordanie. Des voies de communication stratégiques.

 

A cet endroit, nous sommes en plein dispositif de l’Armée syrienne face à Israël, dans la zone l’al-Kisweh – à 3km à l’est de Zakyah -, maintes fois prise pour cible par Tsahal.

 

Cette région abrite plusieurs grandes bases militaires et des quartiers généraux divisionnaires des gouvernementaux.

 

A l’intérieur et autour de ces installations la Syrie a permis le déploiement des Gardiens de la Révolution khomeyniste [Pasdaran], de leurs supplétifs chiites venus de plusieurs autres pays, du Hezbollah libanais, sans oublier des milices d’organisations terroristes (et classées comme telles par les principales institutions internationales) palestiniennes.

 

Ici, entre Damas et Israël, on trouve principalement des casernes, des positions d’artillerie, des batteries de missiles divers et des entrepôts de campagne.

 

C’est-à-dire des stocks d’armes et de munitions nécessaires pour s’opposer militairement à l’Etat hébreu.

 

A la Ména nous pensons que les positions ciblées et oblitérées cette nuit sont des déploiements de missiles et des concentrations de combattants.

 

Il se peut que ces frappes soient intervenues afin de déjouer une opération offensive imminente prévue par l’Iran et ses supplétifs.

 

Trois ou quatre de ces positions ont semble-t-il été détruites. Les gouvernementaux syriens admettent des dégâts matériels mais ne mentionnent pas de pertes humaines.

 

Ils ne commettent pas non plus cette fois l’affront à notre intelligence de prétendre avoir "repoussé" nos missiles.

 

Les bilans de la Propagandastaffel d’al Assad ne sont pas fiables. Ainsi, lors du raid de dimanche dernier, lors duquel on sait qu’une quinzaine d’ennemis ont perdu la vie, ceux-ci n’ont pas été déclarés par la communication de la dictature alaouite.

 

Nous ne savons pas pour le moment si des personnels ont été blessés lors des attaques de cette nuit ; mais, vu leur nature, il nous étonnerait fortement que ce ne soit pas le cas.

 

 
Important raid "israélien" diurne dans le nord de Damas (013010/21) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 30 octobre 2021

 

© Metula News Agency


01h30, dans cette nuit de samedi à dimanche à Métula et 0h30 à Roaix dans le Vaucluse

 

A 11h17 ce dimanche matin, des missiles israéliens ont visé et détruit des entrepôts d’armes et de munitions appartenant à l’Iran et à la milice terroriste du Hezbollah libanais dans les villes d’al Dimass, de Qudssaya ainsi que dans le périmètre de l’aéroport de Mezzé à Damas [carte].

 

Dans la région d’al-Dimass, il semble qu’un convoi d’armes à destination du Hezbollah au Liban ait également été anéanti sur l’autoroute no.1 reliant Damas à Beyrouth.

 

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La carte des raids de ce dimanche

Service cartographique © Metula News Agency

 

Dans la zone de Qudassya, des postes de commandement militaires situés dans les quartiers généraux de deux divisions gouvernementales syriennes ont été oblitérés. Il est possible qu’ils avaient été mis à la disposition des Pasdaran, les Gardiens de la Révolution khomeyniste qui constituent l’essentiel du contingent militaire iranien en Syrie.

 

Le chef de la Ména libanaise, Michaël Béhé, a pu s’entretenir brièvement par téléphone un peu après 14h avec des personnels hospitaliers de deux établissements syriens.

 

Des sources proches de l’opposition syrienne annoncent le décès de cinq miliciens au service de l’Iran.

 

Michaël Béhé affirme qu’au moins trois soldats syriens ont perdu la vie dans ces raids et que quatre autres sont blessés.

 

Les pertes du Hezbollah s’élèveraient à cinq miliciens de l’organisation terroriste chiite.

 

L’organe officiel d’information gouvernemental syrien, SANA, a annoncé l’attaque et a admis que deux de ses militaires avaient été blessés en plus de "dégâts matériels".

 

L’agence du régime népotique des al Assad prétend dans son communiqué avoir "repoussé les missiles" et en avoir abattu un certain nombre.

 

A la Ména nous ignorons en quoi consiste l’action de repousser des missiles.

 

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Probablement une photo de l’interception du convoi d’armes prise par un habitant

 

Nous affirmons avec tous les commentateurs spécialisés dignes de foi, qu’aucun missile hébreu n’a été abattu par l’ennemi, et qu’il s’agit de la tartarinade habituelle des porte-voix du régime alaouite.

 

SANA prétend aussi que les missiles utilisés ce samedi seraient des missiles sol-sol qui auraient été tirés à partir du territoire israélien, ce que nous ne sommes pas en mesure ni de confirmer ni d’infirmer.

 

Dans cette hypothèse, il s’agirait d’un mode opératoire relativement rare de la part de Tsahal. A l’instar des raids opérés en pleine journée.

 

Dans ce cas, les missiles employés seraient la version sol-sol des missiles communément lancés par les chasseurs-bombardiers.

 

Il n’y a pas une grande différence entre lancer ces missiles depuis les airs à quelques centaines de mètre du sol, au-dessus des hauteurs du Golan qui culminent vers 2 800 mètres, ou les tirer depuis le sol.

 

A partir de là, les engins plongent sur la région de Damas (650 mètres d’altitude) et d’al Dimass (1 100m), sur les contreforts de l’Anti-Liban, la chaîne montagneuse séparant naturellement le Liban de la Syrie.

 

Cette intervention s’inscrit dans le cadre des efforts consentis par Jérusalem afin d’empêcher l’Iran d’envoyer des armes au Hezbollah, qui s’en sert pour contrôler par la force brutale et les intimidations l’existence de ses compatriotes libanais.

 

Elle s’inscrit également au moment où l’on assiste à un durcissement de l’attitude des 5+1 à l’égard de Téhéran face aux grossières manœuvres iraniennes destinées à retarder la reprise des discussions à Vienne concernant l’avenir de son projet de bombe atomique.

 

Washington a accompagné ses avertissements aux ayatollahs par l’imposition de nouvelles sanctions.

 

En Israël, les préparatifs militaires en vue d’une intervention contre les infrastructures nucléaires de la Théocratie, que nous avions annoncés le 13 octobre dans l’article "Iran : les Yamim noraïm", et qui ont été confirmés depuis par le chef d’état-major de Tsahal, se poursuivent à un rythme soutenu.

 

 
Métula : un individu franchit la frontière et se fait rapidement interpeler par l’Armée (012910/21) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 29 octobre 2021

 

© Metula News Agency


19h30, ce vendredi à Métula et 18h30 à Maussane-les-Alpilles

 

Un incident s’est déroulé en ce début de soirée dans notre village situé sur la frontière avec le Liban.

 

A partir de 18h30 environ, nous avions entendu des chants et des cris provenant de l’autre côté de la barrière de sécurité établie sur la frontière internationale.

 

Vers 19h, il est apparu qu’un individu avait franchi ladite barrière, et que l’Armée s’était portée à sa recherche.

 

Les volontaires du groupe d’autodéfense de Métula secondaient les soldats.

 

Le responsable de la Sécurité à la municipalité tenait les habitants informés grâce au réseau SMS à sa disposition.

 

Les habitants de trois quartiers étaient ainsi priés – cinq minutes durant - de ne pas quitter leur domicile et d’en garder les issues fermées.

 

L’Armée a tiré huit fusées éclairantes sur la zone des recherches où l’on y voyait soudain comme en plein jour.

 

Dès lors que les issues du village étaient sécurisées, il devenait clair que ce n’était plus qu’une question de minutes jusqu’à ce que l’intru devenu fugitif soit intercepté.

 

Ce qui fut le cas en un peu plus d’un quart d’heure.

 

L’individu a été appréhendé il y a quelques minutes à peine par les soldats. Il n’a opposé aucune résistance et les militaires n’ont pas eu recours à la force. Hormis, très brièvement, lors de son immobilisation.

 

Nous venons d’obtenir et de mettre en ligne la vidéo exceptionnelle de l’arrestation du suspect par un groupe de soldats. On les entend s’adresser à lui en arabe, mais l’on ne perçoit pas de réponse de sa part. Les commentaires sont ceux de nos voisins :

https://youtu.be/0bGewICGeVE

 

La personne est actuellement interrogée par le Shabak, la Sûreté Intérieure (le contre-espionnage) et la situation est redevenue normale. Des forces importantes ratissent toutefois le périmètre afin de s’assurer que l’intrus a bien franchi la barrière seul.

 

A la Ména, on penche pour l’hypothèse d’un travailleur immigré qui a tenté de fuir le territoire libanais.

 

Avec l’aggravation de la crise économique chez nos voisins, la situation des employés étrangers – beaucoup de Soudanais et de Syriens – est devenue intenable. Des milliers d’entre eux sont réduits à un état qui s’apparente à de l’esclavage. Beaucoup ne mangent pas à leur faim, et tous les Libanais ne se comportent pas humainement à leur endroit.

 

Les autres hypothèses moins prisées nous amènent à envisager l’acte d’un déséquilibré ou une provocation de la part du Hezbollah.

 

La milice terroriste chiite libanaise est en effet de plus en plus exécrée dans le pays des cèdres et pourrait s’être frottée à l’Etat hébreu pour faire diversion de ses difficultés domestiques.

 

La "manifestation" en face de chez nous pourrait vouloir l’indiquer, quant à l’inutilité et l’aspect totalement inoffensif de l’acte, ils font au contraire penser à une tentative d’échapper à l’Enfer. D’où notre préférence.

 

Nous vous informerons en cas de rebondissement de ce fait divers.

 

 
Première présence de Libanais en Israël depuis 21 ans (012610/21) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 26 octobre 2021

 

Par Stéphane Juffa

 

Il est 20h20 à Métula et 19h20 à Miramar

 

Depuis une quinzaine de jours, Israël permet à des agriculteurs libanais de venir travailler en Israël à la cueillette des olives. Cela se passe tout près de notre rédaction, dans le Doigt de la Galilée.

 

Cela semblerait sûrement anodin si ce n’était pas la première fois depuis vingt-et-un ans que l’Etat hébreu ouvrait ses portes à des citoyens libanais en décadenassant des portails rouillés sur le grillage de sécurité qui divise les deux pays. C’est fou ce que c’est simple en fait..

 

Je me suis levé de bonne heure ce matin pour aller à la rencontre de nos hôtes. Je les ai vus, enfoncés dans les arbres en train d’arracher avec dextérité les fruits de l’olivier – eh oui, l’olive est un fruit !

 

Sinon ces Libanais ne sont pas bavards et détournent leur visage lorsque l’on tente de les approcher. Et il y avait pas mal de journalistes de toutes les nationalités ce mardi à orpailler sur ce filon.

 

A voir la manière dont les Libanais étaient effrayés par mon appareil photo, je l’ai rapidement remis dans la Land Rover.

 

Je n’ai guère pu en tirer grand-chose, d’abord parce qu’ils sont ici non pas pour l’amour d’Israël ou chargés d’une mission diplomatique, mais pour gagner de l’argent. Des devises fortes qui font qu’à temps de travail égal ils empochent dix fois plus d’argent qu’un professeur d’université à Beyrouth.

 

Ensuite, parce qu’ils sont très encadrés par des patrouilles mixtes de soldats israéliens et de casques bleus de la FINUL, la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban. Et c’est très bon signe, car si les soldats de maintien de la paix sont dans le coup, cela signifie que l’opération est menée avec l’accord – au moins tacite – du gouvernement libanais.

 

A dire vrai, lorsque j’ai entendu parler hier de cette initiative, j’ai craint que l’on fasse du mal à ces villageois à leur retour au Liban. Najib Mikati, le nouveau Premier ministre aux affaires à Beyrouth n’a-t-il pas dit, dans son discours d’intronisation, que le pays aux cèdres était disposé à coopérer avec tous les pays du globe pour sortir de sa terrible crise économique "à l’exception d’Israël" !

 

Intelligent, Mikati. Alors que l’Etat hébreu est le seul à être sérieusement disposé à donner un coup de main au Liban, et surtout, qu’il a la capacité à lui seul de rendre le sourire à ses voisins du Nord. Ils ont besoin de travail et nous avons besoin de main d’œuvre qualifiée. Et les Libanais sont les personnes les plus instruites et professionnellement qualifiées du monde arabe.

 

Un exemple pratique : nous avons désespérément besoin d’au moins vingt-mille garagistes et nous pourrions en engager demain de l’autre côté de la frontière. Chacun d’eux pourrait ramener mensuellement entre 2 500 et 3 500 euros à la maison, soit plus de dix fois le salaire moyen actuel dans leur pays. Pour ceux qui ont la chance de posséder un emploi.

 

Et c’est vraiment juste un exemple. Si la frontière ouvrait dans les deux sens, le weekend prochain on parlerait hébreu à Beyrouth, je leur prédis un million de touristes, et il ne resterait plus une chambre de bonne à louer dans les hôtels de Beyrouth.

 

Vous avez compris, Mikati ? Le Général Michel Aoun l’a bien saisi lui ; quand j’officiais comme conseiller politique à son service, il ne cessait de me le répéter. Il disait : "La paix avec vous est une nécessité stratégique, cela ne se discute même pas. Nous n’avons strictement aucune raison de ne pas être les meilleurs partenaires de la Planète". Il prétendait également que faire la paix avec Israël serait sa première priorité dès lors qu’il entrerait dans le palais de Baabda (la résidence officielle du président libanais), et que Taz (mon boxer) et moi serions ses premiers invités.

 

Mais depuis qu’il a investi Baabda, il semble que ses nouveaux amis syriens et Nasrallah lui ont tourné la tête. Cet ex-héros indiscutable de l’indépendance de son pays est devenu lâche et nuisible. Taz est mort sans voir son palais. Et ses administrés meurent aussi quasiment de faim et subissent la domination militaire de l’Iran par supplétifs chiites interposés. Ils vivent en permanence à deux doigts de la reprise de la Guerre Civile ainsi que de l’ouverture d’un front militaire du Hezbollah contre nous. A la solde de la Théocratie iranienne.

 

Dans les deux cas cela provoquerait la mort de dizaines de milliers de Libanais pris en otages. En fait, ils pourraient même hériter de ces deux calamités simultanément, car elles sont très complémentaires. Ce serait cent fois l’explosion du port de Beyrouth en août 2020, autant dire qu’après ces hâbleries, il ne resterait rien du Liban. Ou pas grand-chose. Quel gâchis.

 

C’est par mesure humanitaire, en raison de la tragédie de la crise économique qui les frappe, qu’à l’initiative de Tsahal on a invité les agriculteurs de trois villages à venir nous aider à récolter nos olives. Tous trois sont situés sur les monts de Naftali et culminent entre six et neuf cents mètres, comme Métula. Cette chaîne a été creusée par le Jourdain au cours de millions d’années. Elle fait face au Golan pour créer la vallée de Khula, ou vallée du Jourdain.

 

Tous trois se trouvent dans une zone contrôlée dans les faits par le Hezbollah, ce qui n’est pas l’aspect le moins cocasse de cette situation. Le premier village en partant du nord est Meis el Jabal. Meis ou Meiss en arabe est le nom d’un arbre mais je ne suis pas parvenu à l’identifier, la botanique n’étant pas mon domaine de prédilection. En tout état de cause, Meis el Jabal signifie "la colline de… cet arbre". Les maisons s’agrippant très joliment à ce promontoire jusqu’à la frontière israélienne. Les premières fermes de Meis el Jabal ne sont qu’à huit mètres d’icelle et du kibboutz [village communautaire] de Manara.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

Le second village à nous fournir des ouvriers agricoles est Blida, à peine à trois kilomètres au Sud, qui lui, fait face à six cents mètres au kibboutz d’Yftakh, connu dans tout Israël pour la qualité du marbre qu’il extrait et découpe. Le nom Blida provient probablement de l’arabe "bladat", petit village.

 

Blida et Meis el Jabel sont musulmans sunnites [les ennemis jurés des chiites], même si on y trouve de nombreuses reliques chrétiennes et juives, dont une antique synagogue. Quant à Aïtarun [de l’arabe "Itruma", soit une "senteur très agréable", et "Itaron", "avantage" en hébreu]. Aïtarun  est une ville d’environ vingt mille habitants, chrétienne à la base – beaucoup de ses habitants servaient dans l’Armée du Liban Sud à prédominance chrétienne, dissoute en 2 000 -, mais qui a vu affluer de nombreux réfugiés d’autres parties du Liban et d’autres communautés.

 

Combien d’agriculteurs de ces trois localités travaillent-ils en Israël ? Tsahal n’en parle pas. Impossible de se faire une idée, tant ils sont éparpillés dans un grand nombre d’exploitations. Ce dont je peux témoigner est que leur présence n’est pas symbolique. Elle répond à une nécessité déterminée par l’urgence économique ; et aussi au fait que la récolte des olives en Galilée ainsi que leur pressage pour en faire de l’huile est une activité très sérieuse.

 

C’est également à n’en point douter un ballon d’essai. On a ouvert les portails et il ne s’est rien passé de spécial. Des êtres humains vivent des deux côtés du grillage.

 

Cela pourrait se généraliser, quatre-vingt pour cent des Libanais ne rêvent que de cela et cent pour cent des Israéliens. Aoun, dans sa période faste, avait du bon sens, cette clôture n’a pas pour vocation de rester fermée.

 

La région où se déroule l’expérience en cours se trouve à 120km de Beyrouth. Il va falloir que les informations remontent vers la capitale. Que les journaux libanais témoignent – ils ont déjà commencé et en font leurs unes – de ce que nous n’avons pas les pieds palmés, que nous ne dissimulons pas de queue dans nos pantalons surplombant notre arrière-train, et que nous préférons largement déguster une belle côte de bœuf que des bébés arabes.

 

Ensuite on verra. Mais lorsqu’on ouvre une vanne bénéfique sur un barrage, il est rare qu’on la referme. A moins d’être fou, pas futé ou suicidaire, ce qui fait trois hypothèses qu’il est impossible d’exclure à l’aune de l’histoire récente de cette région.

 

D’ailleurs, je peux désormais confirmer qu’Israël livre massivement des produits divers de première nécessité au Liban. La plupart de ces dons ont été faits par la population israélienne très empathique pour les malheurs qui frappent nos voisins septentrionaux.

 

Je n’ajoute aucun détail car j’aimerais que cette aide augmente encore et je m’en voudrais beaucoup d’avoir contribué à la faire cesser.

 

De plus, lorsque l’on aide quelqu’un en détresse, on ne le clame pas sur les toits, par égard pour celui que l’on veut aider. Sinon, c’est le signe que son intention n’est pas authentique et que l’on veut surtout faire l’étalage indécent de sa générosité.

 

C’est aussi ce qui me plaît dans cette opération "zeïtoun", olive en arabe (c’est moi qui vient de l’appeler ainsi, elle n’a pas été officiellement baptisée à ma connaissance) : Israël donne à des Libanais l’occasion qui leur manque de gagner leur vie, mais nous ne leur faisons pas l’aumône. Dans une région où l’amour-propre ainsi que la fierté tuent au moins autant de gens que l’artillerie lourde, il s’agit d’une précaution bienvenue.

 

Avant de refermer cette page bucolique et pleine d’un espoir à peine contenu, je ne peux pas m’empêcher de rectifier la dépêche publiée par l’Agence France Presse sur ce sujet. Elle est une fois de plus – comme chaque fois que ces fonctionnaires scribouilleurs parlent d’Israël – pétrie dans un antisémitisme rupestre. Même au prix de colporter d’énormes contrevérités, de trahir la déontologie des journalistes et d’inciter gratuitement à la haine et au racisme.

 

Regardez cela : https://www.lefigaro.fr/international/israel-ouvre-sa-frontiere-a-des-travailleurs-agricoles-libanais-20211025

 

Je n’irai qu’à l’essentiel.

 

AFP : "Ils [les agriculteurs libanais] ont pu traverser la Ligne bleue, une frontière dessinée par l'ONU après le retrait des troupes israéliennes du Liban en 2000".

 

La Ména : L’ONU n’a rien dessiné du tout. Elle a découvert les bornes frontalières qui existaient déjà sur le terrain et dressé la carte de la frontière sur la base de ces pierres.

 

La frontière israélo-libanaise (accord de Paulet-Newcomb, du 7 mars 1923 et non pas 2000 !), suit l'ancienne frontière internationalement reconnue, et ses bornes, marquant ainsi la limite Sud du territoire du Liban, confié à la France par mandat par la Société des Nations après la Première Guerre mondiale.

 

Lors de l’accord d’armistice israélo-libanais paraphé le 23 mars 1949, les deux pays, contrairement aux accords d’armistice entre l’Etat hébreu et l’Egypte, la Syrie et la Transjordanie (Jordanie) qui avaient insisté sur le caractère uniquement militaire et provisoire de ces tracés, ont adopté le caractère définitif du tracé Paulet-Newcomb.

 

Les différends qui demeurent actuellement ne concernent que des questions ultra-minimes d’adéquation à ce tracé et non le tracé lui-même.

 

AFP : "(…) une escalade, durant laquelle l'armée israélienne et le Hezbollah, mouvement armé parrainé par l'Iran (…)".

 

La Ména : Nan. Le Hezbollah n’est pas un "mouvement armé", c’est une organisation terroriste – composée d’individus armés s’attaquant systémiquement à des civils -, ce qui est totalement différent.

 

Le Hezbollah figure sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada, des Etats-Unis, de l'Australie, de Bahreïn, de l'Arabie saoudite, du Qatar, des Emirats Arabes Unis, d'Oman, du Koweït, du Royaume-Uni, ainsi que de la Ligue Arabe et de… l’Union Européenne.

 

La haine de l’agence de presse officielle de l’Etat français à l’encontre d’Israël est telle que l’AFP s’octroie la liberté en la matière de rejeter la classification adoptée par l’Union Européenne. A moins qu’elle n’ait, plus prosaïquement, afin d’étancher son antisémitisme débridé, décidé pour l’occasion de retirer la France de l’UE.

 

AFP : "L'Etat hébreu et le Liban demeurent techniquement en état de guerre".

 

La Ména : Nan plus, cette assertion est absolument controuvée. Il n’existe certes ni paix ni relations diplomatiques entre le Liban et Israël, mais l’absence des deux n’implique en aucun cas qu’un état de guerre "technique" ou autre prévaudrait.

 

De fait, l’état de guerre entre les deux pays a été aboli le 23 mars 1949 à Naqoura au Liban par la signature d’une convention d’armistice entre les représentants des deux gouvernements. Le Lieutenant-colonel Toufik Salem et le Commandant Georges Harb pour le Liban, et le Lieutenant-colonel Mordechaï Maklef, et Messieurs Yahashua Pellman et Shabtaï Rosenne pour Israël.

 

Or "cette Convention ne se contente pas d’officialiser, de part et d’autre, la cessation des hostilités puisque le Liban et Israël s’engagent, en outre, à ne plus entreprendre, ni projeter, des actes de guerre l’un contre l’autre. Les deux pays s’engagent également à ne pas “traverser, ou franchir, dans quelque but que ce soit, la ligne d’armistice”. Il s’agit donc plutôt d’une Convention marquant une cessation définitive des hostilités".

 

Cette convention n’a jamais été dénoncée par le Liban. Diverses sources autorisées libanaises l’ont rappelé récemment.

 

Voir le texte complet de la Convention :

https://histoiremilitairedumoyenorient.wordpress.com/2016/11/18/la-convention-darmistice-entre-le-liban-et-israel-23-mars-1949/

 

AFP : "En 2006, la dernière grande confrontation entre Israël et le Hezbollah chiite, avait fait plus de 1 200 morts côté libanais, en majorité des civils, et 160 côté israélien, en majorité des militaires"

 

La Ména : la présentation choisie par l’AFP de la Guerre de 2006 ou Seconde Guerre du Liban est purement anecdotique en cela que ses critères basés sur un seul bilan des combats, de surcroît partagés en bilan militaire et bilan civil vont à l’encontre de toutes les règles du journalisme.

 

C’est la seule "définition" de la Guerre de 2006 comprise dans cette dépêche. Or une définition est censée présenter l’essence, l’essentiel des évènements ayant caractérisé [différencié, identifié] ce conflit. Un bilan ne pouvant en aucune circonstance remplacer un exposé même condensé des faits. Ces bilans sont employés dans ce cas de figure afin de dissimuler la vérité historique des circonstances de ce conflit dans le double but de culpabiliser et diaboliser Israël.

 

Ce choix de l’AFP vise uniquement à présenter Israël comme un pays ayant la propension à tuer des civils et le Hezbollah, tel une entité s’en prenant principalement à des soldats.

 

C’est le contraire diamétral de la vérité : le Hezbollah a tiré plus de 7 000 roquettes, l’arme terroriste par excellence, car son utilisation ne permettant pas de viser avec précision une cible militaire, elle est destinée à tuer le plus de civils possible. Le Hezbollah a ainsi visé une trentaine d’écoles et détruit ou endommagé 144 classes.

 

Israël n’a visé aucun objectif civil. Les morts civils libanais sont tous collatéraux.

 

La présentation succincte de ce conflit selon notre déontologie ressemble à cela : "Cette guerre fut déclenchée par une attaque spontanée [non précédée d’activités offensives de l’Armée israélienne] de miliciens du Hezbollah sur une patrouille israélienne, près du village israélien de Zarit au matin du 12 juillet 2006". Cette agression a causé la mort de huit militaires israéliens.

 

Le lecteur comprend ainsi qu’il s’agit d’une agression délibérée, qui rend le Hezbollah responsable de toutes les victimes et dommages qu’elle a engendrés, qu’ils soient israéliens comme libanais.

 

Cette guerre ayant été une guerre asymétrique opposant une armée régulière à une milice [une organisation paramilitaire constituant l’élément de base de certains partis totalitaires ou de certaines dictatures (Larousse)] utilisant les tactiques de la guérilla, l’élément caractéristique est que l’Armée israélienne est parvenue à éliminer 840 miliciens en riposte à l’agression spontanée qu’elle avait subie.

 

C’était son hypothèse de travail afin de différer durablement la menace que faisait peser la milice terroriste sur la population que Tsahal a pour obligation de protéger.

 

L’élimination de ces miliciens-terroristes procédait de l’objectif à atteindre afin de diffuser ladite menace/agression.

 

La mort de personnes non combattantes était ainsi collatérale à cette finalité chiffrable dans l’environnement d’un affrontement asymétrique ; elle est ainsi le fait de l’entière responsabilité de l’agresseur.

 

===

 

A la Ména, nous ignorons la nature du virus qui pousse le gouvernement français à entretenir une pseudo-agence de presse publique qui passe son temps à dénaturer par des méthodes inacceptables les actions de l’Etat d’Israël au détriment de l’harmonie sociale nationale et de la sécurité de la communauté juive en France.

 

Notre parti pris à Métula consiste à dénoncer en la déconstruisant systématiquement cette démarche raciste et antisémite. Ainsi que toute incitation à la haine, quelle que soit ses fondements ou l’identité de ses victimes.

 

Est-il vraiment nécessaire de préciser que nous n’agissons suivant aucun dogme, aucun engagement politique ou doctrine religieuse et aucun nationalisme ?

 

Nous ne cesserons pas nos démonstrations aussi longtemps que cette démarche pendable sévit au sommet d’un Etat qui n’a strictement aucune raison de nous stigmatiser de la sorte.

 

Dreyfus, Drancy, Mohammad Dura cela suffit. Ce sont eux qui finiront par le comprendre.

 

 
La base américaine à Tanf en Syrie attaquée par des supplétifs de l’Iran (012110/21) Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 21 octobre 2021

 

© Metula News Agency


Jeudi après-midi à Métula et à Noves en Provence

 

Hier (mercredi) des éléments armés ont attaqué la base de l’Armée américaine (qui accueille également des membres de la Coalition internationale) dans leur zone de présence, d’occupation et d’influence d’an-Tanf au sud-est de la Syrie [cartes].

 

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Carte des occupations étrangères en Syrie, y compris la bulle de Tanf

Service cartographique © Metula News Agency

 

L’attaque a consisté en quelques roquettes et mortiers, et surtout deux passages de bombardement réalisés par deux drones.

 

L’un a pris pour cible l’installation principale au sud de l’autoroute no.2, occupée par des soldats américains, l’autre a visé le camp situé immédiatement de l’autre côté de l’autoroute réservé aux combattants rebelles au service des Américains, formés et armés par leurs soins.

 

Les attaques n’ont pas fait de victimes dans les rangs U.S.

 

Quelques minutes après l’attaque, quatre chasseur-bombardiers des Etats-Unis ont bombardé les positions d’où l’agression semblait avoir été menée.

 

Les quatre appareils n’ont pas décollé de la base d’an-Tanf, qui ne dispose pas de piste d’atterrissage mais uniquement d’un terrain pouvant recevoir des hélicoptères.

 

Cette base est pratiquement l’unique base de l’Armée américaine en dehors du territoire du Rojava contrôlée par leurs alliés Kurdes des Forces Démocratiques Syriennes, indiquée par le chiffre 3 et en jaune sur la première carte.

 

Dans le Rojava, les Américains et leurs alliés occidentaux, dont des forces spéciales françaises, disposent de bases ainsi que de terrains d’aviation.

 

La zone de Tanf, en forme de demi-sphère [numérotée 1 et en vert sur la première carte] s’étend sur une profondeur d’environ 80km dans le sens nord-ouest de la Syrie, couvrant à sa base à peu près 120km de la frontière syro-irakienne.

 

Le point le plus avancé de la bulle est à 120km au nord-est de Damas et à 190km, dans la même direction, de la ville israélienne druze de Majdal Shams [ara.: l’étoile du soleil] dans le Golan, le point le plus proche sur le territoire israélien.

 

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La situation locale, à l’intérieur de la demi-sphère de Tanf

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

La base de la demi-sphère recouvre la région de la triple frontière Syrie-Jordanie-Irak. Et la limite de l’Arabie Saoudite n’en est distante que de 140km plus au Sud.

 

La base principale de l’Armée américaine dans la demi-sphère – celle qui a été attaquée - est relativement modeste. Elle mesure 500 mètres sur 400 pour le camp américain, et 110m sur 120 pour celui des complémentaires rebelles. Les deux camps sont entourés de la même double fortification de protection. Nous estimons à la Ména, en considération des équipements répartis sur la base et des capacités de couchage, qu’elle accueille environ deux cents soldats de l’Oncle Sam.

 

Cette base revêt une importance stratégique majeure car elle entoure littéralement l’autoroute syrienne no.2, ce qui permet à la coalition internationale de contrôler totalement le trafic sur cet axe routier, et d’empêcher les renforts et les armes iraniennes de passer d’Irak au Liban et à la frontière israélienne par cette voie.

 

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La base U.S. ciblée par l’attaque, qui verrouille l’autoroute no.2

Service cartographique © Metula News Agency

 

La base est entourée par des centaines de kilomètres du désert syrien. La demi-sphère comprend également des points d’appui – certains permanents, d’autres occupés de façon intermittente – au service des militaires de la Coalition et de leurs auxiliaires syriens.

 

Ce qui leur permet d’effectuer des patrouilles, notamment pour surveiller un éventuel redéploiement des combattants de l’Etat Islamique (Daesh).

 

Il n’existe pas d’agglomérations autochtones dans la demi-bulle de Tanf, à peine quelques campements de bédoins concentrés autour des oasis.

 

Nous ne possédons aucune information précise quant à l’identité des agresseurs de mercredi, mais les seuls qui sont capables de lancer une opération de ce genre sont les Pasdaran iraniens entourés d’une majorité de miliciens chair-à-canon chiites irakiens et libanais.

 

Cet incident intervient alors que règne une vive tension régionale autour du nucléaire iranien, avec, en filigrane, l’éventualité d’une vaste opération israélienne, ainsi que la possibilité de plus en plus souvent évoquée que les 5+1 quittent la table des négociations à Vienne. Et qu’ils imposent de très lourdes nouvelles sanctions à la Théocratie persane. Laquelle fait actuellement le forcing afin d’atteindre le plus rapidement possible le point de non-retour dans le programme de fabrication de sa bombe atomique.

 

S’ils abandonnaient la solution négociée avec Téhéran, de même que l’option du retour aux termes (complètement dépassés) de l’accord de 2015, et si les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité plus l’Allemagne décidaient de coordonner leur position sur la question avec Jérusalem, cela pourrait dissuader le gouvernement hébreu de mener une attaque en solo contre l’infrastructure nucléaire iranienne.

 

Demain doit avoir lieu en Russie une réunion capitale à ce propos entre le Président Vladimir Poutine et le Premier ministre israélien Naftali Bennett.

 

M. Poutine, qui a obtenu de ses alliés syriens que le contingent perse constitué des Gardiens de la Révolution khomeyniste [les Pasdaran] délaissent la région de Damas, de son aéroport et de la frontière avec Israël pour se replier vers le désert syrien, T4, Palmyre et la zone frontalière (Syrie-Irak) de Boukamal, à 200km au nord-est de la demi-bulle de Tanf.

 

Nous apprenons par notre correspondant permanent dans le Rojava, notre camarade Perwer Emmal, que le moral des troupes iraniennes et de leurs supplétifs le long de l’Euphrate est au plus bas suite aux incessants bombardements de précision attribués aux Israéliens dans cette zone.

 

On observe des désertions par dizaines de miliciens chiites irakiens préférant regagner leur pays.

 

Quant aux Pasdaran, ils ont sans doute commandité l’opération contre la base américaine afin de hâter le mouvement de désengagement des troupes américaines commencé en Afghanistan et qui se poursuit désormais en Irak et en Syrie.   

 

Les ayatollahs perses adoreraient pouvoir utiliser l’axe Tanf-Damas pour acheminer des combattants et du matériel en vue d’une possible confrontation majeure avec Israël.

 

 
Elections américaines de 2020 : le premier audit (011810/21) Version imprimable
Analyse
lundi, 18 octobre 2021

 

Par Amram Castellion

 

Plusieurs lecteurs nous avaient reproché, en novembre dernier, de publier les témoignages qui conduisaient à mettre en doute la régularité des élections présidentielles américaines dans un petit nombre de grandes villes tenues par le parti Démocrate. Conducteurs de camions chargés de transporter des bulletins de vote d'un Etat vers l'autre au milieu de la nuit, observateurs Républicains chassés de force hors de bureaux de vote, personnel chargé du décompte qui témoignaient avoir vu arriver des piles de bulletins "par correspondance" non pliés (alors que les bulletins par correspondance sont envoyés dans des enveloppes plus petites qu'eux). La diffusion dans ces colonnes de ces témoignages de gens modestes, d'affiliations politique variées, qui s'étaient trouvés impliqués dans le processus électoral nous ont été reprochés comme si c'était le fait d'en parler, et non les faits qui étaient ainsi rapportés, qui menaçait la démocratie américaine.

 

Et pourtant, ces témoignages – tous publics et impossibles à coordonner à l'échelle américaine, sauf à se lancer dans des théories du complot délirantes – ne représentaient pas une rupture fondamentale dans l'histoire américaine. Démocrates comme Républicains se plaignent depuis des décennies que le système électoral n'est pas digne d'une démocratie avancée et présente de multiples failles qui favorisent la fraude. Des centaines d'élus à tous les niveaux, issus des deux partis (mais avec une nette domination des Démocrates) ont été condamnés pour fraude électorale. Les cas les plus récents ont été recensés par l'Heritage Foundation et sont disponibles à la page suivante : Voter Fraud Map: Election Fraud Database | The Heritage Foundation.

 

Comme pour toute forme de délinquance, les condamnations ne représentent nécessairement qu'une portion du nombre des délits commis. Les vierges effarouchées qui s'indignaient qu'on évoque la probabilité d'une fraude lors des élections présidentielles de 2020 manquaient donc des connaissances élémentaires nécessaires pour comprendre le système politique américain.

 

Depuis novembre, du reste, des condamnations ont bien été prononcées sur des cas précis. En Géorgie, deux employés du bureau des élections du comté de Fulton ont été condamnés pour avoir détruit environ 300 demandes d'inscription sur les listes électorales reçues dans les deux semaines avant l'élection – rendant ainsi impossible tout contrôle de la régularité de ces demandes. Dans le Michigan, deux femmes ont été condamnées pour avoir rempli les bulletins de vote de retraités et d'incapables mentaux et avoir forgé leur signature. Personne aux Etats-Unis, qu'il soit Démocrate ou Républicain, ne doute que les cas qui passent devant la justice ne représentent qu'une petite proportion de ceux qui se sont produits.

 

L'existence d'une fraude électorale assez répandue aux Etats-Unis ne fait donc pas débat. Le fait que son intensité soit en proportion directe avec le nombre de bulletins de vote envoyés par correspondance est également indiscutable. Certes, certains Etats (tous Démocrates) encouragent aussi la fraude personnelle en refusant d'exiger des électeurs qui se déplacent pour voter qu'ils présentent une preuve de leur identité. Cela permet aux fraudeurs d'incarner des électeurs abstentionnistes et de voter à leur place. Mais l'ampleur de la fraude qui est ainsi permise est très faible par rapport à ce que permet le vote par correspondance. Comme il n'y a pas d'isoloir, personne ne peut vérifier que la personne qui remplit le bulletin est bien l'électeur lui-même. La seule vérification, très imparfaite, est celle de la correspondance entre la signature portée sur l'enveloppe et celle qui figure sur la liste électorale. Encore faut-il que les employés du bureau de vote – qui sont des fonctionnaires du comté et non, comme en France, des volontaires représentant les partis – fassent cette vérification de bonne foi.

 

La fraude résultant du vote par correspondance est encore aggravée par le fait que de nombreux Etats ne mettent pas à jour de manière régulière et précise la liste de leurs électeurs. De nombreux bulletins sont donc envoyés à des électeurs qui ont déménagé ou qui sont incapacités ou morts. Il suffit alors aux fraudeurs de signer l'enveloppe au nom de ces électeurs, et l'affaire est faite.

 

La raison pour laquelle la question de la fraude électorale a pris une telle importance après l'élection de novembre est la configuration particulière de la victoire de Biden. Dans six Etats – Pennsylvanie, Michigan, Wisconsin, Nevada, Arizona et Géorgie – le candidat Démocrate a gagné avec des marges extrêmement minces, de quelques milliers ou dizaines de milliers de voix sur plusieurs millions d'électeurs. Or, dans les mêmes Etats, dix grandes villes, toutes tenues par des Démocrates, ont vu une brutale poussée du vote Biden à partir de 4 heures du matin, après une interruption du décompte qui n'avait pas de précédent historique. Les bulletins par correspondance arrivés après cette heure – et non ceux qui étaient arrivés avant – dans ces dix villes – et nulle part ailleurs – présentaient des résultats en rupture complète avec les courbes qui précédaient l'interruption du décompte.

 

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Philadelphie (Pennsylvanie), nuit du 3 au 4 novembre 2020 : un observateur Républicain, empêché de s'approcher des tables de dépouillement, sort des jumelles pour tenter de continuer à observer

 

Dans une démocratie saine, une telle situation justifie que les résultats soient, au moins, audités après coup. Mais la plupart des Etats concernés s'y sont refusés. Le Michigan a même refusé de publier, le 12 décembre, les résultats d'un audit auquel il avait été procédé dans le comté d'Antrim. Ailleurs, comme en Géorgie, un audit a été décidé, mais les résultats semblent devoir se faire attendre encore longtemps.

 

Cette situation rend d'autant plus instructive la publication, il y a quelques semaines, de l'audit complet des résultats du comté de Maricopa, dans l'Arizona. Ce comté englobe la ville de Phoenix, l'une des dix villes dirigées par des maires Démocrates où l'on a constaté une interruption du décompte, suivie d'une montée en flèche du Biden. Près des deux tiers des votes enregistrés dans l'Arizona (2,1 millions sur 3,4 millions) viennent de ce comté. Joe Biden a gagné l'Etat par une marge de 10.500 voix, dont 45.100 dans le comté de Maricopa.

 

Les résultats détaillés de l'audit sont disponibles au lien suivant :

 

https://bloximages.newyork1.vip.townnews.com/azfamily.com/content/tncms/assets/v3/editorial/e/19/e1967608-1d99-11ec-9f0f-c394f7c3dc5f/614e7177ca92c.pdf.pdf.

 

Ces résultats confirment d'abord que le décompte manuel des bulletins donne la victoire à Biden. Cela devrait mettre fin aux rumeurs selon lesquelles les machines à compter les voix auraient produit des résultats différents de ceux qui résultaient du décompte concret des bulletins. La découverte que certaines machines avaient cette fonction avait causé un émoi compréhensible, mais il n'y a encore aucune preuve qu'elle ait été utilisée le 3 novembre.

 

En revanche, ces résultats détaillés font aussi apparaître l'influence destructrice du vote par correspondance et sa capacité à fausser le résultat d'une élection. Les auditeurs ont ainsi établi que plus de 49 000 bulletins étaient, soit potentiellement, soit certainement entachés d'irrégularités. Par exemple :

 

-          2 382 électeurs n'habitaient plus dans le comté, et 2 081 électeurs n'habitaient même plus dans l'Arizona, au moment où ils ont voté ;

-          9 041 bulletins de vote supplémentaires ont été remplis par rapport au nombre des bulletins envoyés aux électeurs ;

-          3 242 bulletins de vote supplémentaires ont été comptés, par rapport au nombre des électeurs qui ont effectivement voté ;

-          23 344 bulletins de vote ont été remplis par des électeurs qui n'habitaient plus à l'adresse où ils ont été envoyés ;

 

Ce dernier chiffre peut inclure des situations parfaitement normales (par exemple, un jeune adulte qui a déménagé mais habite toujours dans le comté et dont le bulletin arrive chez ses parents) aussi bien que des situations frauduleuses. Les autres exemples cités ci-dessus, en revanche, ne se prêtent à aucune interprétation bienveillante. Le vieux jeu américain de la fraude a bien connu une nouvelle manche le 3 novembre et le nombre de bulletins concernés est supérieur à la marge de la victoire Démocrate.


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Beyrouth : le Hezbollah compte ses morts (011710/21) Version imprimable
Analyse
dimanche, 17 octobre 2021

 

Par Michaël Béhé


Jeudi matin. On se trouve sur la place circulaire du secteur de Tayouné à Beyrouth. A l’Ouest, le secteur chiite et le quartier de Chiyah, autrefois un village chrétien mais aujourd’hui habité par la communauté chiite venue se rapprocher du centre de la capitale.

 

Quartier caractérisé par un urbanisme à l’orientale, constitué de petits immeubles et de petites boutiques, avec, prédominantes, les senteurs de la vie lorsqu’elle n’est pas facile.

 

De l’autre côté, à l’est de la grande place, par le boulevard Sami el-Solh, la Beyrouth chrétienne, cosmopolite et européenne. Beyrouth des grandes universités, des ministères, des hôpitaux, des ambassades, des banques, des magasins et des grands boulevards aérés et verts, des bons restaurants et de l’ambassade de France.

 

Pas loin derrière, les quartiers aisés des maisons individuelles, des collines, là où un petit vent marin permet de respirer les après-midis torrides d’été, quand l’oxygène vient à manquer.

 

Ce jeudi, les deux organisations chiites, Amal [ara.: l’espoir] et la milice terroriste du Hezbollah [ara.: parti de Dieu] ont jeté quelques centaines de leurs partisans, probablement un peu plus d’un millier, dans la rue. Ils se dirigent vers le ministère de la Justice (et le Palais de Justice, situé dans le même complexe) tout proche.

 

Les "manifestants", presque uniquement des hommes, sont renforcés par des miliciens armés jusqu’aux dents et leurs fameux 4x4 Toyota noirs aux vitres teintées qui sèment la terreur dans tout le pays.

 

On veut donner une impression de force et exiger – rien de moins - la démission du juge d’instruction Tarek Bitar, chargé de l’enquête dans l'affaire de l’explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth.

 

Une déflagration qui a ôté la vie à 214 Beyrouthins, en a blessé près de 7 000, et a endommagé la moitié des habitations de la capitale, dont la mienne, restée sans portes ni fenêtres.

 

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Le juge Tarek Bitar

 

Au Liban, dès l’âge de huit ans, tout le monde sait pertinemment que le Hezbollah est à l’origine de cette monstrueuse catastrophe, encore faut-il le démontrer devant les tribunaux.

 

Or Bitar avance rapidement depuis le mois de juillet ; il appartient à la catégorie des magistrats incorruptibles. Quelques jours après sa nomination en février, il avait déclaré à notre excellent confrère L’Orient-le-Jour : "J'irai là où me mèneront la loi et le droit, rien ne m'arrêtera, je ne sais pas où me conduira l'enquête mais je ne la laisserai pas dévier".

 

Il a désormais demandé la levée de l’immunité parlementaire de plusieurs députés au service du Hezb. afin de les interroger. Lançant des poursuites à l'encontre des députés Ghazi Zeaïter, Ali el-Khalil (ancien ministre des Finances), Nouhad Machnouk, ainsi que contre l'ancien Premier ministre Hassan Diab.

 

Le 16 septembre dernier, le juge a lancé un mandat d'arrêt contre Youssef Fenianos, qui a refusé à plusieurs reprises d'être interrogé. Fenianos est l’ancien ministre des Travaux Publics aux ordres du Hezbollah ; il est poursuivi pour les infractions présumées d’"intention d’homicide, négligence et manquements".

 

La terre brûle sous les pieds d’Hassan Nasrallah, le Sayyed, le "seigneur" de la milice terroriste chiite et dictateur de facto du Liban pour le compte de ses mentors de la Théocratie iranienne.

 

En exerçant des pressions intenses style Mafia, il a intercédé, au travers des avocats de Fenianos afin que le juge Bitar soit dessaisi de l’enquête. La cour de cassation a refusé, signe qu’il reste encore quelques édiles debout dans ce pays et que tout n’est pas perdu.

 

Le prétexte ? Le Hezb affirme dans les media qu’il contrôle que le juge est motivé par des considérants "partiaux et politiques", au détriment de la justice et de son organisation. Risible. Les avocats de Fenianos ont allégué la "suspicion légitime", et dénoncé des "comportements déviants". Mais le juge tenace est toujours en place.

 

On est passé aux menaces de mort contre Tarek Bitar et ses proches. Sans résultat. Lors, comme on se considère comme les vrais gouverneurs du pays aux cèdres, dans l’ombre de la marionnette sénile du Président légitime Michel Aoun, on est passé à des menaces signées et endossées.

 

Wafik Safa, le chef de l'appareil sécuritaire du Hezbollah, a alors chargé un journaliste de remettre un pli au juge, rédigé en ces termes : "Nous en avons assez de toi. Nous irons jusqu'au bout avec les moyens légaux, et si cela ne fonctionne pas, nous allons te déboulonner".

 

Dans la droite ligne de ces menaces, jeudi matin de la semaine dernière, les deux organisations chiites franchissaient un nouveau pas en vue d’intimider le gouvernement en place (dont elles font partie) afin qu’il abroge le mandat du juge Bitar.

 

Mais la place de Tayouné est un symbole pour les chrétiens, la limite du territoire qu’ils considèrent comme sacré, à l’intérieur duquel se dresse le ministère de la Justice ainsi que le tribunal. Même durant la terrible Guerre Civile qui a ravagé le pays entre les années 1975 et 1990, leurs adversaires n’étaient pas parvenus à franchir cette frontière invisible au cœur de Beyrouth. On voit d’ailleurs encore des traces des combats sur les immeubles de la place. Plus qu’une frontière, c’est un symbole, or on connaît la force des symboles.

 

Jeudi donc, vers 10h45 du matin, lorsque les participants au "rassemblement pacifique" [selon les termes du communiqué du Hezbollah] sont arrivés dans la région de Tayouné, ils ont été victimes de tirs de snipers postés sur les toits des immeubles se dressant face à eux.

 

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Les participants au rassemblement pacifique du Hezbollah

 

Les tirs très précis ont tué six manifestants ainsi qu’une riveraine, probablement atteinte par une rafale de milicien chiite, et blessé 34 personnes. Trois morts étaient affiliés au Hezbollah et trois à Amal. Cinq personnes sont gravement atteintes et leur diagnostic vital est engagé.

 

Les miliciens chiites ont tenté de riposter mais ils n’étaient pas en mesure de distinguer les tireurs et ne voyaient pas l’origine des balles qui les visaient.

 

Peu après, l’Armée est intervenue protégée par des blindés et a échangé des tirs avec les snipers plusieurs heures durant. On ne compte pas de blessés parmi les soldats, non plus, semble-t-il, que parmi les assaillants.

 

Même trois jours après l’incident, on ignore toujours leur affiliation. Les responsables et les media des organisations chiites accusent principalement les FL ou Forces Libanaises, une milice chrétienne commandée par Samir Geagea.

 

Dans un communiqué conjoint, la direction du Hezbollah et d’Amal ont accusé ouvertement les FL :

 

"L’agression contre la manifestation pacif