Les antisémites font passer la haine des Juifs avant toute autre considération Version imprimable
Analyse
dimanche, 26 février 2017

 

Par Guy Millière

 

Israël est un petit pays sur la surface de la planète : un peu plus de vingt mille kilomètres carrés, peu ou prou la dimension de l’Etat du New Jersey aux Etats-Unis. C’est aussi un petit pays par son nombre d’habitants : moins de neuf millions de personnes vivent en Israël, moins que la population de la ville de New York.

 

C’est néanmoins un pays d’une importance stratégique cruciale en termes de géopolitique mondiale, car c’est la seule démocratie réellement pluraliste au Proche-Orient, l’une des principales puissances militaires de la région, l’une des puissances technologiques et économiques majeures de ce temps, et le seul allié fiable des Etats-Unis et du monde occidental dans cette partie du monde.

 

C’est, en outre, nul ne l’ignore, la patrie du peuple juif, et quiconque sait ce que le judaïsme et les Juifs ont apporté à l’humanité et à quel degré l’antisémitisme a ravagé ladite humanité ne peut ignorer à quel point il est important que les Juifs aient à nouveau une patrie, et un pays à même de leur servir de dernier refuge.

 

Que les antisémites de toute la planète soient hostiles à Israël est logique. Qu’ils fassent passer leur haine des Juifs avant toute autre considération est logique aussi : la haine des Juifs rend ceux qu’elle imprègne aveugles et destructeurs. Que l’administration Obama ait tout fait pendant huit ans pour déstabiliser Israël et pour placer le gouvernement israélien le dos au mur ne paraitra moins logique qu’à ceux qui feindraient d’ignorer que Barack Obama est un homme d’extrême gauche, islamophile, qui a beaucoup fréquenté des antisémites et qui a peu ou prou autant de sympathie pour Israël qu’un dirigeant des Frères Musulmans. Que Donald Trump et son administration adoptent une attitude résolument inverse de celle adoptée pendant les années Obama n’a rien de surprenant, dès lors que et Donald Trump et son administration entendent replacer au centre de l’action et des positions des Etats-Unis les valeurs les plus essentielles de la civilisation occidentale, et raisonner de manière logique et éthique.

 

Qu’en ce contexte, Donald Trump et son administration soient sans cesse insultés et trainés dans la boue est répugnant, mais pas étonnant : l’administration Trump est la plus philosémite et philo-israélienne de toutes les administrations américaines depuis 1948. Quant à Donald Trump, il est sans doute le président le plus philosémite et philo-israélien à avoir jamais emménagé à la Maison Blanche.

 

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Antisémite !

 

Alan Dershowitz a écrit, il y a quelques années, qu’Israël était traité comme le Juif parmi les nations de la planète, et comme les Juifs sont traités par les antisémites depuis des siècles, ce qui était et reste tout à fait exact, hélas. J’aurais pour ma part tendance à dire que l’administration Trump est traitée comme le Juif parmi les administrations américaines, et Donald Trump comme le Juif parmi les présidents américains.

 

Des magazines d’extrême gauche et d’extrême droite aux Etats-Unis ont d’ores et déjà commencé à compter le nombre de Juifs travaillant effectivement dans l’administration Trump.

 

L’audition au Sénat américain de David Friedman, ambassadeur des Etats Unis en Israël nommé par Donald Trump, a conduit des sénateurs Démocrates de gauche à poser au futur ambassadeur des questions très insidieuses qui étaient porteuses du soupçon, si souvent énoncé par les antisémites, de double allégeance. Il lui a ainsi été demandé de manière quasi-explicite s’il était pleinement du côté des Etats-Unis et de quel côté il se situerait en cas de conflit entre Israël et les Etats-Unis. N’en étant pas à une contradiction près, des Démocrates de gauche ont aussi laissé entendre que Trump était entouré d’antisémites et pouvait être lui-même antisémite, ce qui serait ridicule et grotesque si ce n’était aussi ignoble. Comme si tout cela ne suffisait pas, et d’une manière qui ne peut que conduire à se poser des questions quant à leurs orientations, des organisations juives américaines de gauche ont pu se faire le relais de rumeurs d’antisémitisme au sein de l’administration Trump ainsi qu’en la personne du président.

 

Les sénateurs Démocrates qui ont interrogé David Friedman diront, bien sûr, qu’ils ne sont pas du tout antisémites, et ils ajouteront qu’ils se situent du côté d’Israël. Au vu de leurs propos, il n’en est pas moins légitime de s’interroger, et au vu de leurs décisions passées, il est plus légitime encore de poser la question : peut-on avoir soutenu toutes les décisions de l’administration Obama touchant Israël, dont l’accord avec l’Iran des mollahs antisémites et anti-israéliens, et prétendre sérieusement qu’on n’est pas antisémite et qu’on est du côté d’Israël ? Allons donc !

 

Ce que je viens d’écrire à propos des sénateurs Démocrates concerne également les organisations juives américaines de gauche, qui incriminent Trump et son administration et qui ont elles aussi soutenu toutes les décisions de l’administration Obama, strictement toutes.

 

Des magazines d’extrême gauche et d’extrême droite en Europe n’ont pas encore commencé à compter le nombre de Juifs dans l’administration Trump, mais cela ne saurait tarder. L’amitié de Trump envers Israël a été décrite dans la presse européenne d’une manière si méprisante qu’il était difficile de ne pas y voir en filigrane la haine anti-israélienne.

 

La famille juive de Donald Trump s’est trouvée décrite ici ou là comme on décrivait les Juifs dans une certaine presse durant les années 1930. Les accusations de double allégeance portées contre David Friedman par des sénateurs Démocrates ont trouvé un écho ici ou là, et David Friedman a été décrit abondamment comme quelqu’un d’extrême droite (les fanatiques antisémites tueurs de Juifs au Proche-Orient ne sont jamais décrits de manière infamante en Europe et jamais présentés comme d’extrême droite, même lorsqu’ils lisent et diffusent Mein Kampf).

 

Les accusations d’antisémitisme portées contre Donald Trump et son administration, aussi ridicules, grotesques et ignobles soient-elles sont très abondamment reprises partout en Europe ces derniers jours, et les organisations juives américaines de gauche qui s’en font le relai sont hélas souvent citées.

  

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Bruxelles-Metula du 24 février 2017 (012402/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 24 février 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/aHbMtHKA9Ak (Youtube)

 

Au sommaire de cette semaine :

 

1. Les réactions de la classe politique israélienne après l’annonce du verdict condamnant le soldat Lior Azaria à 18 mois de prison pour le meurtre d’un prisonnier arabe.

 

Entre populisme au rabais et séparation des pouvoirs.

 

2. Les experts libanais jugent qu’une nouvelle guerre avec Israël est inéluctable. Juffa analyse les raisons de leur conviction et donne des informations supplémentaires.

 

3. Hapoël Beer Sheva quitte la Coupe Europa avec les honneurs.

 

 
Liban-Israël : les nuages s’amoncellent à nouveau (info # 012302/17) Version imprimable
Analyse
jeudi, 23 février 2017

 

Par Michaël Béhé à Beyrouth

 

On assiste ces derniers jours à un net regain de tension entre le Liban et Israël, qui, selon plusieurs analystes stratégiques à Beyrouth, rend une prochaine confrontation armée "inéluctable". Les mêmes experts prophétisent que le pays aux cèdres subira des destructions à une échelle encore jamais atteinte, et qu’il ne se trouvera cette fois personne pour nous aider à nous relever.

 

En fait, ce qui rend cette prophétie particulièrement inquiétante est que lors des derniers conflits, c’est principalement l’Arabie Saoudite et les Emirats qui avaient financé la reconstruction, et que, dans la conjoncture qui prévaut, Riyad se situe dans l’autre camp.

 

Il faut préciser que c’est le Hezbollah qui a allumé le feu, suivi en cela par le Président de la République, Michel Aoun, qui a jugé légitimes les armes de la milice chiite, et promis à Israël des représailles sanglantes en cas d’agression de ce dernier.

 

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Hassan Nasrallah et Michel Aoun

Il y a grand danger à embrasser n’importe qui

 

Les menaces proférées par Hassan Nasrallah, indiquant que les missiles du Hezb atteindront cette fois le réacteur nucléaire de Dimona, le réservoir d’ammoniac d’Haïfa, les plateformes maritimes de prospection d’hydrocarbures et les tankers de pétrole concernent, à n’en point douter, les intérêts vitaux de notre puissant voisin méridional. Ces menaces interviennent en écho à celles proférées simultanément par les ayatollahs à Téhéran, décrivant l’Etat hébreu comme un cancer éphémère qui sera prochainement anéanti.

 

En vérité, et c’est ce qui rend l’occurrence d’une guerre vraisemblable, il ne s’agit pas uniquement d’un différend local qui opposerait la milice à Israël, mais d’un contentieux régional comprenant des intérêts importants autant qu’explosifs.

 

D’un côté nous avons le Hezbollah, qui impose sa loi par la violence aux citoyens libanais, ses alliés politiques, y compris le Président chrétien Michel Aoun et son parti le CPL, l’Iran et la Syrie ; de l’autre, l’on trouve Israël, les autres partis chrétiens et sunnites libanais, les Etats arabes sunnites et l’Amérique du nouveau Président Donald Trump.

 

Sur le plan intérieur, les déclarations de Nasrallah ont torpillé les efforts d’Aoun visant à recréer des liens solides avec l’Arabie Saoudite. Le président s’est rendu il y a peu à Riyad dans ce but et l’émissaire du Roi Salmane al Saoud, Thamer el Sabhan, est venu à Beyrouth. Dans le parti chrétien des Forces Libanaises, on considère les déclarations du secrétaire général du Hezb comme une "déclaration de guerre en bonne et due forme" faite à Riyad. Même son de cloche du Premier ministre sunnite Saad Hariri, qui a souligné, la semaine dernière, "l’importance du triptyque entre l’Etat (libanais), les Arabes et la résolution (du Conseil de Sécurité) 1701, qui immunise le Liban contre les dangers en provenance de l’extérieur (…)".

 

On le constate, les déclarations de Nasrallah ont réussi à briser toute velléité de Michel Aoun de se rapprocher des Arabes, afin de continuer à nous soumettre exclusivement à la coupe des Iraniens. Elles ont ébranlé le fragile ciment gouvernemental, qui va, dès la prochaine secousse, voir les chrétiens et les sunnites, qui représentent environ soixante pour cent de la population, retourner dans l’opposition.

 

Quant à la résolution 1701, c’est celle qui a mis fin à la Guerre de 2006 avec Israël. Elle impliquait le déploiement de l’Armée libanaise le long de la frontière avec l’Etat hébreu en lieu et place du Hezbollah, et le désarmement de toutes les milices avec l’aide des forces des Nations Unies. Or actuellement, il est bien difficile de différencier les miliciens de l’Armée sur cette même frontière, et le contingent onusien, la FINUL, se contente de patrouiller sur les grands axes routiers, sans chercher à s’emparer des armes du Hezbollah.

 

La légitimation de cette situation par le président Aoun doit ainsi être perçue comme une violation de cette résolution, ce qui ne manque pas d’alerter, outre Israël, les Arabes et la communauté internationale. Une commission formée d’ambassadeurs des membres permanents du Conseil de Sécurité est d’ailleurs attendue prochainement à Beyrouth pour recevoir des "éclaircissements" de la part de Michel Aoun.

 

Sur le plan international, l’Iran et ses supplétifs au Liban vivent très mal la réorientation de la position des Etats-Unis post-Obama face à Téhéran. Washington a déjà réinstauré des sanctions à l’encontre de la théocratie chiite après des tirs expérimentaux de missiles balistiques. Donald Trump, lors de sa conférence de presse commune avec Binyamin Netanyahu, a affirmé que son pays ne permettrait jamais aux Perses d’obtenir l’arme atomique ; il a, de plus, sorti un carton jaune en direction du régime du "Guide suprême" Ali Khamenei. Ce denier, en dépit des bravades rhétoriques qu’il adresse à Washington, est bien obligé de prendre les avertissements de Trump très au sérieux au vu du rapport de force entre l’Iran et les USA. De sorte que lors des grandes manœuvres des Pasdaran, la semaine dernière, qui ont duré trois jours, ils se sont précautionneusement gardés de tirer des missiles balistiques, se contentant de lancer des fusées tactiques à courte portée, qui ne font peur à personne.

 

Pour Téhéran, l’objectif consiste à compléter sa "ceinture chiite" allant de l’Iran au Liban en passant par l’Irak et la Syrie. En Irak, ils contrôlent déjà le gouvernement central et l’Armée. Ainsi, les troupes qui sont en train de prendre Mossoul sont exclusivement chiites, encadrées par de nombreux soldats iraniens. Elles investissent une ville sunnite, dont les habitants ne montrent aucun signe de liesse en voyant ces combattants inamicaux, les inondant par haut-parleurs d’incantations chiites qui leur sont ostensiblement hostiles. Les habitants de Mossoul, qui ont subi le joug barbare de DAESH, s’apprêtent à subir une nouvelle occupation qu’ils redoutent avec raison. Les portraits des martyrs chiites tués par les sunnites il y a des siècles et les drapeaux iraniens qui surplombent les Hummers des conquérants, ne laissent pas de place à l’illusion d’une vie meilleure.

 

Pour les Occidentaux, l’ennemi c’est DAESH, mais pour le monde arabe, Arabie Saoudite et Egypte en tête, DAESH est un pis-aller mais un pis-aller sunnite, les Occidentaux, des gens qui n’ont jamais rien compris au Moyen-Orient, et l’ennemi, c’est l’Iran.

 

 

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La ceinture chiite

 

La poussée des Perses explique l’importance stratégique des Kurdes et des Israéliens. Les Kurdes se sont arrêtés à la lisière-est de Mossoul et ils ne participent pas à sa conquête. Ce ne sont pas des Arabes et ils sont pour la plupart d’origine sunnite. Ils sont bien armés et ont un rôle relativement rassurant dans la stratégie américaine (à part pour les Turcs) : ils représentent le seul rempart face à l’expansionnisme iranien, que Barack Obama, en dépit des avertissements urgents de ses généraux, avait laissé se développer.

 

Pas étonnant, dans ces conditions, que Washington a confié aux mêmes Kurdes la tâche de déloger DAESH de sa capitale syrienne Raqqa. Au moins, Raqqa ne tombera pas entre les mains de Téhéran, qui est déjà présent à Damas, à Alep et Homs, ainsi que dans le Golan. Avec ses soldats, certes, mais également, par proxy, avec ses supplétifs chiites libanais du Hezbollah. Khamenei profite ainsi pleinement de la puissance de feu des Russes, sachant fort bien qu’ils ne resteront pas éternellement en Syrie et que les Alaouites de Bashar al Assad sont bien trop peu nombreux pour régir un si grand territoire. Il leur suffit, pensent les Iraniens, d’être présents, d’avoir de la patience, et de ne pas être importunés – ni eux ni le Hezb – par les Israéliens, les Américains et les Arabes.

 

Ces derniers, trop faibles militairement et trop prudents pour agir seuls face à l’Iran en Syrie, se contentent de soutenir des groupes combattants rebelles, à l’instar du Front Islamique, armé et financé par Riyad et Doha, qui compte tout de même quelques 80 000 combattants.

 

Mais il est certain que plus l’Iran progresse dans son projet de Ceinture chiite, plus les Arabes se rapprochent d’Israël. Une alliance que les media du Hezb au Liban n’ont de cesse de fustiger, mais qui s’organise toujours davantage.  Dans la péninsule du Sinaï, la coopération militaire entre le Caire et Jérusalem est omniprésente. Ce n’est pas que le Maréchal al Sissi s’accommode des incursions de Tsahal dans son territoire, c’est qu’il les réclame, en particulier les drones, l’aviation, le renseignement et les opérations de commandos.

 

De même, c’est un secret de polichinelle d’affirmer que des experts militaires israéliens "conseillent" les pays arabes dans leur campagne du Yémen face aux protégés chiites de Téhéran. A la Ména, Fayçal H, notre camarade en poste à Amman, m’assure que des bases de soldats israéliens existent dans le désert saoudien face aux positions iraniennes dans le sud-ouest irakien. Et les formations mixtes de F-16 jordaniens et israéliens patrouillent régulièrement dans cette région ainsi que sur le Golan syrien.

 

En Israël même, la rédaction centrale de Métula me confirme, sans épiloguer, que d’importantes activités se déroulent le long de notre frontière. Du matériel extrêmement performant est entreposé à proximité du Liban-Sud, les exercices, les repérages et les réunions d’officiers d’état-major se multiplient dans la région.

 

Ces derniers jours, des bâtiments de guerre hébreux ont pénétré dans nos eaux territoriales, et les chasseurs-bombardiers à l’étoile de David sillonnent notre ciel quotidiennement et tout le monde peut les voir et les entendre.

 

Si un conflit se précise, l’on peut s’attendre à les voir frapper les Iraniens et les Hezbollanis en Syrie, où la milice a la faiblesse d’agir à l’instar d’une armée régulière et non plus comme une guérilla insaisissable. Jérusalem n’a aucune raison de laisser rentrer les 5 000 meilleurs combattants de la milice chiite au Liban alors qu’ils sont des proies faciles dans leurs baraquements en Syrie.

 

A en croire la rédaction de la Ména, Tsahal est prêt à déferler sur le Liban si Israël est attaqué ou concrètement menacé de l’être. Nous risquons de voir notre ciel regorger de dizaines de drones d’assaut, d’hélicoptères et d’avions d’attaque au sol. Selon les analystes beyrouthins, en cas de conflit, les Israéliens ne prendront plus de gants comme lors des dernières confrontations. Ils cibleront d’emblée tous les réseaux de communications ; ceux du Hezb, évidemment, mais aussi nos routes et nos ponts. Leur tactique consistera à noyer leurs ennemis sous les bombes afin qu’ils ne puissent plus respirer. Les caches de munitions de la milice exploseront les unes après les autres, emportant les voisins avec elles.

 

Au début du conflit, Jérusalem demandera sans doute à Michel Aoun et aux Forces Armées Libanaises de quel côté ils se positionnent. S’ils font une mauvaise réponse, tardent à la donner ou rompent leurs éventuels engagements, le Liban pourrait bien retourner au temps des hommes des cavernes, avec Hassan Nasrallah, vêtu d’une seule peau de bête, faisant tournoyer son gourdin en vociférant hébété "Dimona !", les "plateformes !", "l’ammoniac !".

 

Et si l’Iran s’en mêle, ce qu’il ne fera probablement pas, car l’Iran n’est pas suicidaire et préférera, comme en 2006, envoyer des Libanais pas très futés mourir à sa place, nous aurons droit aux missiles de croisière et aux engins balistiques, pauvres de nous. A voir la manière dont ils détruisent, sans être autrement inquiétés, les installations stratégiques d’Assad au cœur de Damas, quelqu’un de sensé éviterait de provoquer les Israéliens.


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L’Armée de l’Air israélienne frappe encore à Damas (info # 012202/17) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 22 février 2017

 

© Metula News Agency

 

Selon des sources médiatiques arabes concordantes au Liban et en Syrie, des chasseurs-bombardiers israéliens [probablement des F-16] auraient attaqué, vers 3 heures ce matin, des objectifs proches de la ville d’al Kutayfah, à 15km au nord-est de la capitale syrienne.

 

A en croire les mêmes sources – la Ména n’a pas encore été en mesure de recueillir le témoignage d’observateurs oculaires – les cibles visées étaient des bunkers de la 3ème division blindée syrienne, dont le quartier général se situe effectivement dans les montagnes autour d’al Kutayfah et dans les positions creusées dans leur roche.

 

Ces fortins servent également d’entrepôts protégés de stockage pour les armes et munitions en provenance d’Iran destinées au Hezbollah libanais.

 

Six missiles auraient été tirés par les appareils du Khe’l Avir ; nous pensons qu’ils visaient les armes en question, soit dans leurs bunkers, soit pendant qu’elles étaient transférées sur des camions (plus faciles à détruire), soit, encore, alors qu’elles se trouvaient déjà sur les routes reliant la Syrie au Liban tout proche.

 

Plusieurs témoins libanais dignes d’intérêt de la plaine de la Bekaa au Liban ont déclaré aux media arabes avoir entendu les avions israéliens tournoyer à basse altitude, une demi-heure durant, sur la ville de Baalbek avant le raid.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

Il se peut qu’ils attendaient le moment le plus opportun pour intervenir en Syrie toute proche. Dans la plupart des cas, les chasseurs-bombardiers auraient également pu lancer leurs missiles à partir du territoire libanais. Lesdits missiles, ayant une précision démontrée de l’ordre d’un demi-mètre de la cible lorsqu’ils sont tirés jusqu’à 80km de distance. Dans le cas de cette nuit, les objectifs se trouvaient à moins de 20km de la frontière libanaise.

 

L’intérêt de larguer ces missiles depuis le territoire libanais découle du fait que ce dernier est nettement moins dense en moyens antiaériens que la Syrie.

 

Des bruits de fortes explosions ont été entendus, de même que la venue de nombreux véhicules de secours a été observée en direction d’al Kutayfah.

 

La dernière opération aéronautique israélienne de ce genre sur Damas date du 13 janvier dernier, lorsque le Khe’l Avir a anéanti l’aéroport de Mazzé et ses installations secrètes, à l’ouest de la capitale syrienne et à proximité immédiate du palais de Bashar al Assad. La Ména avait été le premier media à produire les détails et les images de ce raid.

 

La ligne stratégique suivie par Israël consiste à empêcher l’approvisionnement du Hezbollah libanais en missiles antiaériens et en missiles sol-sol de moyenne portée.

 

L’attaque de cette nuit intervient immédiatement après que des menaces de guerre eurent été proférées contre Israël par les chefs de la théocratie chiite iranienne, par son supplétif, le Cheikh Hassan Nasrallah, secrétaire général de la milice du Hezbollah libanaise, et par le président du Liban, le Général Michel Aoun.

 

La tension entre le Liban et Israël est nettement remontée ces derniers jours, et une confrontation militaire n’est pas à exclure ce printemps ou cet été, entre les protagonistes.

 

 
Netanyahu-Trump: La solution à un Etat, Israël, prend place sur l’horizon (info # 011902/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 19 février 2017

 

Par Guy Millière

 

Pour la plupart des journalistes et des dirigeants politiques européens, résolument favorables au terrorisme génocidaire “palestinien”, le moment a été, à l’évidence, douloureux, et a décuplé la rage anti-Trump qui les imprègne, mais c’est un fait : la rencontre entre Donald Trump et Binyamin Netanyahu à Washington a montré que quelque chose avait effectivement changé dans les relations entre Israël et les Etats-Unis.

 

Donald Trump n’a pas évoqué, sinon de manière très furtive, la tristement célèbre “solution à deux Etats” (qui n’a jamais été une solution) et a, pour l’essentiel, dit qu’il incomberait aux Israéliens de décider souverainement, avec une aide américaine bienveillante, mais sans la moindre pression de la Maison Blanche. Binyamin Netanyahu n’a pas non plus, bien sûr, évoqué la tristement célèbre solution susdite.

 

Ce qui se murmure à Washington est que d’autres solutions sont envisagées, même si elles ne sont pas énoncées explicitement devant des journalistes. Aucune d’elles ne laisse beaucoup de place pour l’Autorité Palestinienne, qui, au vu de l’évolution du monde arabe aujourd’hui, ne pourra bientôt plus compter que sur le soutien de l’Europe.

 

La solution la plus souvent évoquée ces jours derniers à Washington est l’annexion par Israël de ce qui a été défini lors des accords d’Oslo comme la zone C de Judée-Samarie, et, pour les zones A et B, une autonomie strictement conditionnée, avec maintien ou réattribution aux Arabes vivant dans ces zones de la nationalité jordanienne. Il resterait à convaincre pleinement la Jordanie du bienfondé de cette solution, et des négociations sont en cours à cette fin, qui ont commencé lors de la visite du Roi Abdallah II à la Maison Blanche.

 

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Ils trament des trucs

 

La solution énoncée par Caroline Glick (octroi de la nationalité israélienne aux Arabes de Judée-Samarie) est jugée trop dangereuse, et je comprends pourquoi : il faudrait une longue période de désintoxication mentale pour que les Arabes de Judée-Samarie cessent d’être habités par la haine meurtrière que l’Autorité Palestinienne a injecté dans leur cerveau.

 

La solution énoncée par Martin Sherman, qui consisterait à inciter les Arabes de Judée-Samarie à partir habiter ailleurs moyennant compensation financière semble trop difficile à mettre en œuvre, et trop à même de susciter un redoublement d’hostilité anti-israélienne ; encore que, si les Arabes de Judée-Samarie disposent de l’autorisation de partir habiter ailleurs et reçoivent une compensation financière, il semble assuré que certains saisiront l’opportunité, à condition que des pays soient prêts à les accueillir.

 

L’une des craintes majeures de la Jordanie est que les un million sept cent mille Arabes des zones A et B, s’ils ont tous des papiers jordaniens en bonne et due forme, puissent déstabiliser Jordanie à un moment où le pays fait déjà face à de grandes difficultés découlant de la situation en Syrie. Les négociations en cours doivent régler le problème.

 

La solution la plus souvent évoquée ces jours derniers ne se mettra, le cas échéant, de toutes façons pas en place dans le court terme. Elle devrait aller de pair avec une alliance militaire d’endiguement de l’Iran des mollahs, que l’Administration Trump s’efforce de mettre en place, et qui comprendrait, outre Israël et la Jordanie, l’Egypte et l’Arabie Saoudite.

 

Ce qui bloque la pleine mise en place de l’alliance est, pour l’heure, le projet d’installation de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, et c’est entre autres pour cela que l’ambassade des Etats-Unis n’a pas encore été transférée dans la capitale d’Israël.

 

Les dirigeants des pays arabes de l’alliance ne s’intéressent, à l’évidence, dans les faits, et même si leurs discours disent souvent le contraire, plus beaucoup à l’Autorité Palestinienne.

 

Une phrase souvent répétée par les politiciens américains dit que lorsque la chaleur monte, ceux qui sentent la chaleur qui monte voient plus aisément la lumière.

 

Les dirigeants des pays arabes de l’alliance sentent, à l’évidence, la chaleur qui monte à Téhéran. Ils voient qu’Israël est une puissance militaire majeure dans la région. Ils se voient faire par les Etats-Unis une offre qu’il leur sera difficile de refuser.

 

Ils n’ont, c’est certain, pas beaucoup d’amitié pour Israël, mais si le choix qui s’offre à eux se résume à l’alliance avec Israël ou l’écrasement par l’Iran, ils ne choisissent pas l’écrasement par l’Iran. Et s’ils doivent pousser l’Autorité Palestinienne de côté pour ériger cette alliance, c’est ce qu’ils choisiront, vraisemblablement de manière discrète.

 

Les dirigeants de l’Autorité Palestinienne, découvrant qu’ils sont sur un siège éjectable, sont, à l’évidence, très amers, et la rencontre entre Mahmoud Abbas et Mike Pompeo, le nouveau directeur de la CIA, à Ramallah, ces jours derniers, a dû se dérouler dans une atmosphère glaciale. Mike Pompeo n’avait aucune bonne nouvelle à annoncer à Mahmoud Abbas, et vu qui est Mahmoud Abbas, c’est très bien ainsi.

 

Rien n’est fixé, bien sûr. Dans une région telle que le Proche-Orient, tout peut tomber ou retomber très vite. Les dirigeants européens feront tout ce qu’ils peuvent pour sauver l’Autorité Palestinienne, les négociations en cours sont complexes (c’est pour cela que Donald Trump a dit qu’Israël devait “montrer de la modération concernant les implantations pendant quelques temps”), mais néanmoins, ce qui s’esquisse est très loin de ce qui se profilait il y a quelques mois encore, quand Barack Obama était au pouvoir.

 

Le journal français de centre droit Le Figaro titrait mercredi dernier, “Trump et Netanyahu enterrent la ‘solution à deux États’”, et l’auteur de l’article était à l’évidence de l’humeur qui sied quand on assiste à un enterrement. Le quotidien français de gauche et d’extrême gauche Libération titrait quant à lui, “Israël : Trump envisage une ‘solution à un ou deux Etats’”, ce qui était une façon de sauver les apparences et d’envisager une survie de la “solution à deux Etats”.

 

Les apparences ne seront pas très longtemps sauves. Depuis, Libération a publié un article décrivant la “position puérile et dangereuse de Donald Trump”, caricaturant ce dernier comme un crétin irresponsable : pour un journal comme Libération, un ami d’Israël, hostile au terrorisme, ne peut être qu’un crétin irresponsable, et l’esprit de responsabilité consiste à soutenir le terrorisme.

 

Ce ne sont là que deux ou trois échantillons.

 

La rage anti-Trump des soutiens européens du terrorisme génocidaire “palestinien” ne va pas retomber de sitôt.


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Stage à la Ména Version imprimable
Communiqué
dimanche, 19 février 2017

 

La Metula News Agency offre une place de stage de journalisme, en son centre rédactionnel de Métula, pour une durée de six mois, avec possibilité de six mois supplémentaires si entente mutuelle.

 

Nous offrons : une expérience unique avec des journalistes de premier plan. L’occasion d’améliorer ses qualités rédactionnelles sous le suivi d’un maître de stage. Le gîte et le couvert. La possibilité d’apprendre l’hébreu. L’argent de poche. La possibilité d’effectuer ce stage dans le cadre d’études académiques israéliennes, européennes ou américaines. Le stage comprend une formation de journaliste radiophonique appliquée ainsi qu’une familiarisation aux métiers de la télévision. Le stage inclut des reportages sur le terrain.

 

Nous réclamons : une authentique passion pour la profession. Une maîtrise élevée de la langue française écrite et parlée. La participation à tous les travaux existant dans une rédaction, y compris l’entretien. De bonnes connaissances soit en anglais soit en hébreu soit en arabe moyen-oriental. Un ordinateur personnel. Une expérience rédactionnelle préalable. Une bonne connaissance du travail de la na. Une indépendance d’esprit.

 

La ou le stagiaire devra être muni d’une assurance santé et accident valable en Israël pour toute la durée du stage. Les transports sont à la charge de la, du stagiaire. L’offre s’adresse strictement à des femmes ou des hommes entre 20 et 35 ans, sans préférence de convictions, de religion ni d’origine. Début du stage : le 2 avril 2017.

 

Faire offre de candidature à redaction@metulanews.info en joignant un CV muni d’une photographie récente, de (quelques) documents publiés et d’une lettre de motivation manuscrite d’une page (scannée).

 

Cette offre fera office de document juridique régissant la relation entre la Metula News Agency et la ou le stagiaire.


 
Offre d’emploi sponsorisée Version imprimable
Communiqué
dimanche, 19 février 2017

 

Excellent restaurant européen dans le Doigt de la Galilée, fréquenté par les collaborateurs de la Ména, cherche cuisinier ou apprenti cuisinier, belge, français, italien ou suisse, pour travail à plein temps.

 

Proposition idéale pour un candidat venant de s’installer en Israël ou envisageant de le faire prochainement. Envoyez vos coordonnées à info@metulanews.info, nous les communiquerons aux directeurs de l’établissement demandeur.

 

 

 
La visite de Binyamin Netanyahu à Washington (011702/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 17 février 2017

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/tl_RdiQvNcw (Youtube)

 

Et aussi :

 

Les batailles d’al Bab et de Raqqa (capitale de DAESH) en Syrie : commentaire et analyse.

 

La défaite d’Hapoël Beersheva en Coupe Europa face aux Turcs de Beciktas : fin de parcours européen cette année.

 

 

 
Syrie : ce que Poutine veut (info # 011602/17) Version imprimable
Analyse
jeudi, 16 février 2017

 

Par Perwer Emmal correspondant permanent dans le Rojava

 

Les quelques 4 000 djihadistes de DAESH résistent encore, ce jeudi, dans leur bastion d’al Bab, au nord-est d’Alep, sur la route conduisant de cette cité à Manbij. Au Sud, ils font face à l’Armée régulière syrienne, soutenue par des miliciens du Hezbollah libanais (environ 10 000 hommes au total sur ce front), et par l’Aviation et l’Artillerie russes. Au Nord, à l’Est et à l’Ouest, ils se battent contre l’Armée turque, comptant 1 500 hommes, soixante chars, des Léopards allemands pour la plupart, ainsi que des avions ; les Turcs sont flanqués de 3 000 supplétifs djihadistes, qu’Ankara présente comme des membres de l’Armée Syrienne Libre, mais qui appartiennent en fait à al Qaëda ainsi qu’à d’autres organisations islamistes opposées à DAESH. A 5km, à l’ouest d’al Bab, et à 9 à l’Est, on trouve également les têtes-de-pont des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), à forte majorité kurde, soutenue par des combattants sunnites locaux.

 

Les FDS sont pratiquement à l’arrêt depuis le début du mois de décembre. Elles ne combattent pas les soldats d’Assad et leurs alliés, et les affrontements entre les Kurdes et les Turcs ne sont plus que sporadiques.

 

L’offensive turque contre al Bab a débuté le 6 novembre dernier et s’est traduite par un véritable désastre pour les forces d’Erdogan, pourtant terriblement supérieures en matériel en comparaison de celui des miliciens islamistes de DAESH.

 

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Carte de la situation à al Bab, ce jeudi 16 février 2017

Service cartographique © Metula News Agency

 

Jusqu’au 9 décembre, tous leurs assauts, qui s’inscrivent dans l’opération Bouclier de l’Euphrate, en vue de prendre le nœud stratégique d’al Bab avaient lamentablement échoué. Les militaires de la plus grande armée de l’OTAN perdant même du terrain au profit de leurs adversaires.

 

Plusieurs sources de l’opposition turque et de l’Armée imputent aux purges qui ont suivi le coup d’état manqué du 15 juillet, et notamment l’emprisonnement de plusieurs généraux et de commandos spéciaux dans leur entièreté, l’incapacité de déloger le Califat Islamique de son bastion.

 

Selon notre décompte, environ 800 Turcs et supplétifs ont trouvé la mort lors de Bouclier de l’Euphrate, dont près de 300 soldats de l’Armée régulière. Ces chiffres, que nous avons établis en discutant avec les divers belligérants, sont plus de deux fois plus élevés que ceux reconnus par Ankara.

 

Fin décembre, les Turcs avaient abandonné de nombreux matériels aux mains des miliciens de DAESH lors d’assauts repoussés, y compris deux chars Léopards en parfait état de marche.

 

A partir du 4 décembre, après un accord passé entre Messieurs Poutine et Erdogan, et suite à la victoire des gouvernementaux d’al Assad à Alep face à la Résistance syrienne, Moscou est intervenu massivement pour venir en aide aux Ottomans empêtrés. Mais le Tsarévitch a posé des conditions draconiennes au Sultan en échange de son appui : ne pas dépasser la route Manbij-Alep, cesser toute activé à l’encontre des Kurdes en Syrie, et maintenir, en s’abstenant aussi de les attaquer, au moins 500 mètres entre les positions turques et celles des Alaouites d’al Assad et leurs alliés.

 

Aux Kurdes, Poutine a promis qu’ils ne seraient plus attaqués par les Turcs en Syrie, mais il a exigé d’eux qu’ils abandonnent leur progression en vue de réunifier le Rojava, ce qui impliquait la prise d’al Bab. Les Kurdes et leurs Unités de Protection du Peuple, qui assurent le commandement des FDS, n’ont pas eu d’autre choix que celui d’obtempérer. Depuis, ils ont allégé leur dispositif autour d’al Bab, que j’estime actuellement à environ 3 500 hommes, prélevant des milliers de combattants de ce front pour les affecter à la bataille de Raqqa, où les FDS ont enregistré une progression spectaculaire.

 

A partir du 4 février, l’Aviation et l’Artillerie russes ont littéralement écrasé al Bab et ses environs sous les bombes pour permettre à Erdogan de conquérir enfin cette ville. Le 10 février, les forces gouvernementales syriennes Tigre, celles de la Défense Nationale, renforcées par 500 miliciens du Hezbollah et encadrés par des commandos russes ont attaqué la ville de Tadef, à l’ouest d’al Bab, privant les assiégés de leur dernière voie de communication avec le reste du Califat Islamique. En dépit de cette opération, la cité de Tadef intra-muros restait, ce jeudi, entre les mains de DAESH.

 

Depuis, et jusqu’à aujourd’hui, l’Armée turque est difficilement parvenue à s’emparer d’environ un tiers d’al Bab, et sa lente progression continue, ralentie par la détermination farouche des islamistes encerclés.

 

En principe, l’Armée alaouite n’est pas censée franchir la ligne constituée par la route Alep-Manbij, mais l’accord entre Poutine et Erdogan relevant de tout sauf d’une entente cordiale, les choses pourraient encore changer. D’une part, parce que, dans la région de Tadef, les Ottomans ont franchi la route en question de quelques kilomètres en direction du Sud, engendrant des échanges de feu immédiats avec les forces d’Assad, ses alliés et les Russes.

 

Le 9 février, des bombardiers russes ont même pilonné une position turque, blessant 13 soldats et en tuant 3. Le Kremlin a bien entendu présenté ses excuses pour cette bavure, qu’il attribue à "la mauvaise coordination sur le terrain entre Moscou et Ankara", mais personne n’est dupe et tous ont compris le message d’avertissement, à commencer par Erdogan.

 

D’autre part, Bashar al Assad voit d’un très mauvais œil l’accord entre les Russes et les Turcs, lequel pérennise la présence du contingent d’occupation turc sur une centaine de kilomètres de sa frontière, pour une profondeur atteignant par endroits 30km. Ledit accord consacre par la même les deux régions autonomes du Rojava, séparées par 14km l’une de l’autre.

 

Il est clair que les objectifs de Vladimir Poutine et de l’oculiste de Damas diffèrent. Alors que le second rêve de récupérer l’ensemble du territoire syrien, le Tsarévitch, comprenant qu’à peine deux millions d’Alaouites ne seront plus capables d’administrer un territoire de 185 00 kilomètres carrés, dont ils ne contrôlent plus qu’un tiers peuplé de 16 millions d’ennemis, vise une solution différente.

 

Poutine entend faire attribuer aux Alaouites par la communauté internationale leur réduit naturel constitué par la province de Lattaquié, probablement augmenté de la ville d’Alep. Mais il compte négocier cette solution prisée par les Occidentaux contre la reconnaissance de la souveraineté russe sur la Crimée, la région ukrainienne de Donetsk, de même que sur les divers territoires qu’il s’était préalablement procurés. Et contre sa réhabilitation à l’international et la levée des sanctions qui pénalisent son pays. On peut imaginer que les rumeurs de négociations secrètes entre le Tsarévitch et Donald Trump gravitent déjà autour de cette solution, pendant qu’à Astana, on amuse la galerie avec des pourparlers entre le gouvernement Assad et les rebelles.

 

Le seul intérêt de ces négociations au Kazakhstan tient à des petits échanges de territoires et de prisonniers, de même qu’à l’instauration et à l’entretien d’une esquisse de cessez-le-feu, qui restaurent la réputation de Poutine, salement entachée par les crimes de guerre que ses aviateurs ont commis en Syrie. Mais si les victimes de ces bombardements elles-mêmes l’acceptent en sa qualité de médiateur, pourquoi voudriez-vous que les Occidentaux, toujours à la recherche d’un apaisement, se montrent plus royalistes que le tzar ?  

 

Quoi qu’il en soit, on aurait tort de croire que le président russe organise l’avenir de la Syrie et l’avènement de la paix avec ses "amis" turcs et iraniens. Son but actuel consiste uniquement à imposer le gel des ambitions des uns et des autres, ainsi que de leurs positions militaires, pour aborder le grand troc qu’il projette en position de force. A nous de reconnaître qu’il fait preuve d’une remarquable efficacité, même si ses méthodes sont pour le moins brutales.

 

Et pendant ce temps, c’est-à-dire depuis le 6 novembre de l’an dernier précisément, 33 000 FDS, dont 25 000 Kurdes, ont progressé de 65km par endroits en direction de la capitale syrienne de DAESH à Raqqa (voir la carte). Ils se trouvent désormais à 5km de sa banlieue et à 11 du cœur de la cité aux mains du Califat. Ce faisant, ils ont ajouté 3 300 kilomètres carrés au Rojava et libéré pas moins de 240 villages kurdes et arabes.

 

 

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Carte de la situation à Raqqa, ce jeudi 16 février 2017

Service cartographique © Metula News Agency

 

Lors de cette offensive qu’ils ont baptisée à l’israélienne "Colère de l’Euphrate", ils ont pris le contrôle de la totalité de la rive septentrionale du lac Assad, jusqu’aux portes de la ville de Taqba, sur le barrage stratégique du même nom. A l’est de Raqqa, avec l’aide de quelques 500 commandos américains et de l’US Air Force, de petites unités spéciales françaises, allemandes et britanniques, ils progressent aussi afin de couper la route reliant Raqqa à l’autre grande ville aux mains de DAESH, Deir Ez Zor.

 

Le moment de l’assaut décisif contre Raqqa approche. Washington a livré, le 31 janvier, des dizaines de SUV et autres blindés aux Forces Démocratiques Syriennes, tout en feignant de les remettre à ses composants arabes uniquement et non aux Druzes qui en constituent l’épine dorsale, pour ne pas exciter Recep Erdogan.

 

Mais avant la cognée, il va falloir se mettre d’accord sur le "butin". Pas tant au sujet de l’avenir de Raqqa, qui n’a qu’une importance toute relative pour les Kurdes, mais à propos de celui du Rojava, du pays des Kurdes syriens. Donald Trump va devoir décider si, en contrepartie des efforts consentis par ses alliés kurdes – 200 morts tout de même depuis le début de l’opération Colère de l’Euphrate -, il est prêt à cautionner leur autonomie.


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La Révolution et nous (info # 011402/17) Version imprimable
Analyse d'une oeuvre
mardi, 14 février 2017

 

Par Llewellyn Brown

 

L’écriture et la réflexion de Jean-Claude Milner sont saisissantes de vie et de clarté. Milner est un penseur et un écrivain engagé : non dans le sens ordinaire de ce terme – qui serait plutôt synonyme d’« embrigadé » dans un parti politique (surtout de gauche) – mais quelqu’un qui donne corps, dans sa réflexion, aux préoccupations auxquelles il a consacré son existence. Par là même, sa pensée nous éclaire sur les enjeux de la nôtre. Dans ce livre consacré à la question de la « révolution », il met à plat ce qu’il a vécu autrefois en tant que militant maoïste, et ce qui a bouleversé notre époque moderne dans son ensemble.

 

Dans le terme révolution, il voit un idéal qui a imprégné le débat politique depuis la Révolution française en 1789 jusqu’au 11 septembre 2001, où eut lieu un événement d’importance mondiale, qui ne devait rien à l’idée de révolution. Le terrain politique qu’il examine est nécessairement miné mais, affirme-t-il, le changement d’époque permet de prendre du recul et d’analyser cette notion – ainsi que les événements qui s’en réclament – avec acuité, avant que nous n’oubliions ce qui a soulevé tant de passions. Or dans ce domaine, les idées sont tout sauf claires et distinctes : qu’il s’agisse d’en faire l’éloge ou de verser dans la dénonciation, on ne fait pas la différence entre la Révolution française et la prise de pouvoir en Russie (1917) ou en Chine (1949) ; entre la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, d’un côté, et la Terreur, de l’autre, il en va de même. Mais l’analyse que conduit Milner dans ce livre - 1Relire la Révolution - permet de faire les indispensables distinctions d’ordre structural et d’en tirer leçon, grâce à une connaissance approfondie de l’Histoire, et une logique des plus rigoureuses.

 

Une seule réelle révolution

 

Certains, comme Hanna Arendt, ont dénoncé la Révolution française, pour lui opposer la Révolution anglaise de 1641, ou celle des États-Unis de 1776, supposées à l’origine s’articuler sur des constitutions aptes à assurer la paix et la stabilité du pays. Or le cas des États-Unis est trompeur, puisque la Constitution de 1787 – qui n’est pas celle, centralisatrice, en vigueur aujourd’hui – incluait l’esclavage, entraînant une guerre civile meurtrière ; elle n’a pas non plus empêché les Etatsuniens d’exterminer les Indiens jusqu’en 1890. En fait, un semblant d’égalité a été préservé au prix de guerres de conquêtes territoriales d’une férocité qui allait bien au-delà de celle des guerres napoléoniennes.

 

Par contraste, Milner affirme que la Révolution française « fonde la culture européenne », et il nous démontre pourquoi, en opérant une distinction entre la « révolution » et « la croyance révolutionnaire ». En effet, celle-ci fait l’amalgame d’un nombre de notions que tous reconnaîtront : par exemple l’idée que la révolution est faite pour et, de préférence, par les pauvres ; qu’elle est apte à apporter un changement illimité ; qu’elle doit fonder un nouvel Etat, mais qu’à cette fin, un moment d’illégalité est inévitable. Or tout regard rigoureux sur la réalité historique dément ces articles de foi. Par exemple, il est remarquable que la Révolution française eut lieu non dans un moment de pauvreté, mais à une époque de prospérité et de puissance, sur le plan national.

 

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L’exécution de Robespierre et Saint-Just ou l’apprentissage de la révolution

 

Milner fait alors une distinction capitale entre les « révolutions idéales » – celles qui offrent des modèles réalisés de la révolution – et l’« Idéal de la Révolution », ce dernier constituant le « point de fuite » du tableau politique à l’époque moderne. Or cet Idéal de la Révolution a justement pris corps dans la Révolution française, en sorte que celle-ci n’a cessé d’être intégrée à la pensée politique européenne. En réalité, la Révolution française n’était pas seulement la première – les autres se réclamant immanquablement d’un modèle antérieur –, elle est la seule révolution : les autres ne sont que des coups d’Etat, visant l’obtention et la conservation du pouvoir. La chose est frappante : dans la Révolution française – et contrairement aux révolutions idéales –, il n’y eut ni conjurés ni organisation clandestine : les actions furent publiques, et il n’y eut pas de parti. De même que la Révolution française ne fut pas un coup d’Etat, elle rompt avec la révolte qui, elle, concerne purement les besoins, par contraste avec la politique, qui traite le domaine plus vaste des droits.

 

Polybe et la révolution

 

Une référence théorique s’impose aux hommes politiques, qu’ils la connaissent réellement ou non : il s’agit de l’historien Polybe (ca. 208-126 avant notre ère) qui, dans le livre VI de Histoire, divise les régimes en monarchie (gouvernement par un seul), aristocratie (gouvernement par plusieurs : les « meilleurs ») et démocratie (gouvernement par le peuple entier). A chacun de ces régimes correspond une forme dégradée, respectivement tyrannie, oligarchie et ochlocratie (la foule).

 

Ces régimes se succèdent dans un éternel recommencement avec, de l’un à l’autre, une période transitionnelle de violences. Pour éviter ces dernières – et pour assurer la stabilité des institutions –, il paraît préférable de combiner des éléments issus des trois formes fondamentales : c’est le principe bien connu des branches du pouvoir (exécutive, judiciaire, législative).

 

Cette conception classique était à l’œuvre chez les acteurs de la Révolution française, y compris dans la période problématique marquée par la Convention montagnarde, qui commence le 2 juin 1793 et se termine le 9 thermidor (27 juillet 1794) par l’arrestation de Robespierre. En effet, le « polybisme » suppose une logique de l’intervalle, selon laquelle les périodes troubles de transition n’ont aucune valeur propre, mais servent seulement à l’instauration rapide d’un nouveau régime stable. C’est dans cette perspective que Robespierre souhaitait une résolution rapide de la Révolution et de la Terreur qui, en tant que moment d’exception, devait aboutir à sa propre dissolution.

 

Saint-Just, en revanche, adopta la position contraire, et absolument inédite sur le plan historique, voyant toute mise en suspens de la révolution comme un danger pouvant mener au désastre. Il s’agissait alors de vivre en révolutionnaire – ce mot était un néologisme –, pour prolonger cette action dans la durée. La révolution devint alors une forme autonome, au lieu d’être un simple moment de transition.

 

La Terreur

 

Ainsi, la révolution désignait une situation totalement inédite : Milner souligne que la Révolution française était la seule pour qui la « croyance révolutionnaire » n’existait pas encore. Il s’agit là d’un fait structurant. Le surgissement de cette nouveauté absolue fut causé par la fuite du roi à Varenne : dans toute l’Histoire, on n’avait jamais vu l’abandon de l’Etat par celui qui devait en garantir la constitution. Cet acte, aux yeux des révolutionnaires, était assimilable à la haute trahison. Cette nouveauté en entraîna une autre : la monarchie fut irrémédiablement associée au crime. Dès lors se fondait la conception selon laquelle la révolution devait être un événement instaurant le pouvoir de tous : la démocratie.

 

Deux moments sont à distinguer : la Première Terreur – située entre le 10 août et septembre 1792 –, et la Grande Terreur, correspondant à la Convention montagnarde. La première appartient au peuple qui – et contrairement aux espoirs des philosophes –, au lieu de manifester le pouvoir civilisateur du progrès et de l’instruction, a révélé toute sa sauvagerie. Il fallait absolument, donc, écarter le peuple de tout acte de violence et, moyennant l’instauration de la guillotine, remettre cet office aux représentants du peuple. Réduisant les masses au statut de spectateurs, il s’agissait de mettre une fin aux massacres. A ce titre, il faut se rappeler que Robespierre était un ferme adversaire de la peine de mort. Cependant, la menace pesant sur le pays était réelle : non seulement y avait-il la guerre extérieure, mais le pays était infesté d’agents provocateurs, tel Danton, financés par Londres. Par conséquent, privilégiant le long terme sur l’immédiat, Robespierre chercha à faire durer la Terreur, le temps d’éliminer ceux qui voulaient qu’elle cessât instantanément (au profit de ceux qui, comme Lénine par la suite, menaçaient de détruire l’économie), et ceux qui voulaient qu’elle durât indéfiniment (comme Saint-Just). Le pari fut risqué, et l’erreur de Robespierre fut, à ce moment, de faire de la politique comme on fait la guerre, avec la conséquence que sous la Terreur – c’était là sa spécificité –, on n’était pas coupable après l’acte, mais on pouvait être jugé avant de l’avoir commis. On sait que Robespierre paya le prix de cette erreur funeste.

 

La manière dont les marxistes-léninistes agissaient était totalement à l’opposé : pour eux, la terreur n’était pas un moment d’exception – par définition provisoire – destiné à rendre l’avenir possible, mais une action préparant l’avenir, notamment dans l’instauration de l’Etat-terreur.

 

La Déclaration des droits

 

L’invention capitale de la Révolution française fut la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : elle représente un moment de coupure historique. Le rapport entre la Déclaration et la constitution est d’ordre logique : les deux demeurent distinctes. Cependant, si la seconde dépend de la première, aucune constitution précise ne peut, en retour, se déduire des droits, qui sont formulés de manière minimaliste.

 

La distinction des droits entre ceux appartenant à l’homme et ceux du citoyen est cruciale. Les droits de l’homme/femme (dénomination choisie par Milner) viennent à chacun du simple fait de naître et de parler, indépendamment de ses qualités ou attributs. En effet, Milner souligne que le corps est la seule chose que nous ayons en commun. Il s’agit donc d’une égalité qui ne doit rien à l’histoire ou à la société, définissant la condition du corps parlant. Celle-ci détermine – de l’extérieur – l’humanité du citoyen. Si elle est minimaliste, cette définition n’a rien d’abstrait cependant, comme le prétendent certains, s’en déduisent la liberté, l’égalité et la propriété, qui sont des droits de corps.

 

Milner précise que, comme les droits de l’homme/femme, ceux du citoyen n’ont rien de traditionnel ni d’anglais : loin de dépendre d’un régime particulier, ils définissent la forme de participation sociale la plus universelle. Contrairement aux droits de l’homme/femme cependant, ceux-ci sont maximalistes, pouvant s’étendre indéfiniment. Cependant, la citoyenneté fait aussi partie des droits de l’homme/femme, parce que ceux-ci doivent s’incarner dans une société réelle. A l’inverse, être citoyen sans être homme conduirait à une citoyenneté aveugle : l’adaptation déshumanisante à une machine.

 

Aujourd’hui

 

La conclusion du livre est extrêmement dense, décrivant l’importance de la révolution pour nous, aujourd’hui. D’abord, ceux qui adhèrent à la « croyance révolutionnaire » – les révolutionnaires historiquement attitrés – se montrent comme de simples « professionnels de la révolution » : ils tiennent à ce que rien ne les surprenne ou n’échappe à leur maîtrise. Ils s’inscrivent ainsi dans la perspective classique du « polybisme », qui exclut toute nouveauté : dans cette optique, tout est déjà arrivé, tout a déjà été dit. Tout se fond dans la continuité, sans coupure, de l’éternel recommencement. C’est ce que Milner (à la suite de Lacan) appelle la réalité ; l’idéologie qui s’en déduit se nomme le réalisme.

 

Or le révolutionnaire – tel qu’il apparut à la Révolution française, et contrairement à la pratique des marxistes-léninistes – n’est pas un maître. Au contraire, il se trouve aux prises avec le non-savoir : il voit ce que personne d’autre n’a vu et se trouve, par conséquent, dans l’obligation de décider sans savoir pourquoi. Dans les mots de Milner, « être révolutionnaire, c’est ne pas savoir de quelle métamorphose du monde l’acte que j’accomplis en pleine connaissance de cause aura été tout à la fois la cause et le révélateur ». Le réel – tel que Lacan le conceptualise, et Milner après lui – demeure radicalement réfractaire au savoir. Il prend l’exemple de la peste d’Athènes (430 avant notre ère), décrite par Thucydide et par Lucrèce, mais considérée comme un simple « détail » par Platon : « La peste ne m’aura rien appris, aurait pu dire un survivant athénien. Rien, sauf la peste elle-même et qu’on peut en parler ». Ainsi en va-t-il aussi de la Shoah, dont le trou béant n’apprend rien : on peut cependant en parler avec une parole inédite, comme nous le montrent Claude Lanzmann, dans Shoah, ou Primo Levi.

 

Si la Révolution française touche au réel, c’est dans la mesure où elle révèle que la politique concerne, en dernière analyse, la survie des êtres parlants. Il n’existe donc aucune continuité entre la Déclaration des droits et la Terreur, qui, elle, marquait le moment où la réalité – sous la forme de la survie de la patrie – absorbait ce réel, au détriment des êtres parlants.

 

L’approche de la politique, telle que l’élabore Milner, permet de réintégrer la compassion, dont la particularité consiste en la possibilité de découvrir le réel d’un corps, et d’un corps parlant. Alors, les libertés ne sont plus de pures abstractions, mais concernent le corps, jusque dans sa dimension la plus élémentaire : « Les droits de l’homme/femme résument ce qui fait qu’on ne traite pas un homme ou une femme comme un animal ; ils commencent donc au plus près de l’animalité. ».


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Israël : l’Amérique est de retour (info # 011202/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 13 février 2017

 

Par Guy Millière

 

La presse européenne a accueilli avec une forme de soulagement et d’espoir le fait que l’ambassade des Etats-Unis en Israël ne serait pas transférée immédiatement à Jérusalem. Elle y a vu un renoncement de l’Administration Trump.

 

La presse européenne découvrira dans les semaines et les mois à venir qu’il n’y a aucun renoncement. David Friedman sera l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, et c’est à Jérusalem qu’il le sera. Il considérera, comme Donald Trump, que Jérusalem est la capitale d’Israël. L’ambassade des Etats-Unis sera transférée à Jérusalem en concertation avec le gouvernement d’Israël, qui est et sera consulté sur le sujet. Trump n’est pas en quoi que ce soit un homme qui renonce.

 

De la même façon, la presse européenne a cru voir dans un récent communiqué de la Maison Blanche une volonté de l’Administration Trump de réprouver les constructions israéliennes en Judée-Samarie.

 

La presse européenne devrait relire d’urgence le communiqué. Celui-ci conseille à Israël de ne pas construire dans l’immédiat de nouveaux villages juifs en Judée-Samarie, mais y entérine sans le moindre problème l’expansion des villes et villages juifs existants. Cela n’est pas une réprobation mais un conseil sur un point et un feu vert essentiel sur un autre. Sean Spicer, porte-parole de la Maison Blanche, a d’ailleurs été très explicite à ce propos. Je cite : “Nous ne considérons pas que l’existence d’implantations constitue un obstacle à la paix”.

 

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C’est enfin fini

 

Si les journalistes européens consultaient leurs amis au sein de l’Autorité Palestinienne, ils discerneraient aisément qu’à Ramallah le communiqué a été lu et compris. Et ils percevraient aussi que chez Mahmoud Abbas et dans son entourage, c’est l’angoisse qui prédomine.

 

Pas un seul membre de l’Administration Trump n’a pris contact avec l’Autorité Palestinienne depuis le 20 janvier, et quand des membres de l’AP ont tenté de contacter la Maison Blanche, personne ne leur a répondu. Un certain Majed Faraj s’être rendu à Washington très récemment, mais il n’a rencontré que quelques subalternes.

 

L’explication de l’angoisse de l’Autorité Palestinienne est très simple en réalité. Elle tient dans le discours que Donald Trump a prononcé devant l’assemblée annuelle de l’AIPAC le 21 mars dernier.

 

Trump y déclarait notamment : “Dans la société palestinienne, les héros sont ceux qui assassinent les Juifs. Nous ne pouvons laisser cela continuer. Nous ne pouvons pas laisser cela arriver plus longtemps”.

 

Il ajoutait dans la foulée : “Dans les manuels scolaires et dans les mosquées palestiniennes, il existe une culture de la haine qui est implantée là depuis trop d’années. Et si l’on veut parvenir à la paix, cela doit cesser... Il faut mettre fin à l'enseignement de la haine. II faut y mettre fin dès maintenant”.

 

Ce sont des paroles claires. Donald Trump entend traiter l’Autorité Palestinienne comme ce qu’elle est : une entité infréquentable parce qu’incitant au meurtre et à la haine.

 

Il ajoutait encore : “Il n'y a pas d'équivalence morale. Israël ne donne pas aux places publiques le nom de terroristes. Israël ne paie pas ses enfants pour poignarder des Palestiniens pris au hasard”.

 

Donald Trump ne placera pas sur le même plan une société démocratique respectueuse du droit et une entité terroriste, et il ne considérera pas qu’il y a une équivalence morale entre l’une et l’autre, non.

 

Trump promettait : “Lorsque je serai Président, j’enverrai un signal clair montrant qu'il n'y a pas de mésentente entre nous, l'Amérique, et notre allié le plus fiable : l'Etat d'Israël”.

 

Il est président et les signaux qu’il envoie sont clairs.

 

La plateforme du Parti Républicain adoptée quelques mois plus tard s’inscrivait dans la continuation ; elle ne mentionnait pas l’Autorité Palestinienne et ne comportait aucune allusion au “processus de paix” et à la “solution à deux Etats”.

 

Les journalistes européens vont devoir s’adapter. Comme le dit une vieille expression américaine, il y a un nouveau shérif en ville. Le nouveau shérif sait faire la différence entre les criminels et les victimes de crimes, et entre une société de droit et une entité terroriste.

 

Il n’entend pas parler avec l’entité terroriste. Il n’entend pas considérer les Juifs comme des intrus en Judée-Samarie. Il sait que la capitale d’Israël est Jérusalem.

 

Il recevra Binyamin Netanyahu cette semaine avec les honneurs qui lui sont dus.

 

Il a fait envoyer par son Conseiller National de Sécurité, Michael Flynn, ces jours derniers, un message très ferme à la République Islamique d’Iran en forme d’une ligne rouge que le régime des mollahs aura tout intérêt à ne pas franchir.

 

Il n’y aura rien d’étonnant si, dans les quatre années à venir, l’Autorité Palestinienne se voit proposer, au mieux, un statut d’autonomie très surveillée qu’il lui sera très difficile de refuser, sauf si elle veut pleinement appartenir au passé et si Mahmoud Abbas choisit de finir sa vie ailleurs qu’en Judée-Samarie.

 

Il n’y aura rien d’étonnant non plus si le régime des mollahs, dans la même période, se trouvera confronté à de très profondes difficultés, voire à bien davantage.

 

C’est, au-delà d’Israël, une recomposition de toute la région qui prend forme, et Israël retrouve sa place, légitime, d’allié essentiel des Etats-Unis au Proche-Orient.

 

Comme le disait Ronald Reagan en 1984, America is back, l’Amérique est de retour. La page sur laquelle se sont écrites les années Obama sera bientôt tournée, et la nouvelle page sera très différente.

 

Ceux qui n’ont pas pris Donald Trump au sérieux il y a dix-huit mois se sont lourdement trompés. Ceux qui ne le prennent pas au sérieux aujourd’hui se trompent bien davantage encore.

 

Les entraves que gauchistes et Démocrates américains ne cessent de mettre sur le chemin de Donald Trump montrent qu’ils sont inquiets. Dès lors que gauchistes et Démocrates américains sont résolument “propalestiniens”, leur inquiétude est logique, tout autant que l’angoisse de l’Autorité Palestinienne.

 

 
Aulnay : la France attaquée aux obus de mortier (info # 010602/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 13 février 2017

 

Par Patricia La Mosca

 

Rama Yade, ancienne secrétaire d’Etat de Nicolas Sarkozy et candidate à la présidence française, s’est fendue de la déclaration suivante au sujet des évènements qui secouent actuellement Aulnay-sous-Bois, dans la banlieue parisienne : "C'est toute la jeunesse des quartiers populaires que la police a humiliée par cet acte infâme. Qu'est-ce que c'est que la République pour ces jeunes qui subissent l'humiliation de la part de ceux qui devraient les protéger ? Comment après leur parler des valeurs de la République ?".

 

Ce commentaire fait écho à celui de Bruno Beschizza, ancien officier de police et maire LR d’Aulnay, qui s’émeut : "La police est là pour protéger et non humilier nos concitoyens".

 

Face à eux, une presse qui non-informe, un peu à la manière de ce qu’elle fait au sujet du conflit israélo-palestinien. Elle a autant de manque d’égards et de non-curiosité à propos des forces de l’ordre françaises que des soldats de Tsahal. Elle les juge avant la justice et dissimule les faits susceptibles d’expliquer leur comportement.

 

Cette presse de l’Intifada, de même que les personnalités politiques qui ne cherchent plus qu’à plaire aux électeurs de confession musulmane à tout prix, en viennent à ignorer la fonction même de la police : elle ne consiste pas à protéger les vendeurs de drogue mais principalement à maintenir l’ordre, ce qui est une véritable gageure dans certaines portions du territoire comme dans la Cité des 3 000 à Aulnay. Et c’est en maintenant l’ordre, qu’elle protège l’ensemble de nos concitoyens, et uniquement de cette manière.

 

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Certes, mais de quelle justice parlent-elles ?

 

J’ignore bien sûr si, comme les en accuse la rumeur publique, des policiers ont violé un habitant de cette cité âgé de 22 ans, et s’ils l’ont fait, ils doivent être condamnés par la justice sans le moindre état d’âme. Mais de toute façon, il n’existe pas de cause à effet entre l’éventuelle responsabilité des gardiens de la paix et l’innocence, voire l’héroïsme du jeune homme en question.

 

Nous connaissons d’autres éléments factuels qui sont soigneusement ostracisés ou déformés par nos confrères journalistes français, et que l’opinion publique doit partager pour être en mesure de se faire une idée équilibrée de cette affaire.

 

A commencer par les circonstances de l’interpellation qui s’est déroulée jeudi passé ; vers 17 heures, ce jour-là, les policiers ne se sont pas livrés à un contrôle d’identité de routine, loin s’en faut. Ils intervenaient dans un quartier régi par les marchands de drogue, dans lequel tout représentant de l’Etat qui tente de se mesurer à eux risque sa vie. Car ce qui n’a pas été dit est que la Cité des 3 000, de son vrai nom, la "Rose des vents", avec ses HLM aux formes géométriques conçus dans les années 70, abrite plus de 20 000 personnes et constitue, sans l’ombre d’un doute sensé, l’un de ces fameux territoires perdus de la République.

 

Les policiers tentaient un coup de filet contre des gros bonnets du trafic de stupéfiants à l’occasion d’une opération surprise. Preuve en est qu’ils étaient venus munis de gaz lacrymogènes, dont ils ont d’ailleurs eu à se servir pour se dégager.

 

Lors de leur action, ils se sont rapidement rendu compte que les "guetteurs", désormais disséminés aux alentours de tous les points de vente de came, ont averti les dealers de l’arrivée de la maréchaussée en émettant des signaux bien connus des forces de l’ordre. Dès ce moment, tous les acteurs du commerce de la drogue opérèrent un retrait rapide vers des positions préparées à l’avance depuis lesquelles ils ont menacé et filmé les fonctionnaires.

 

Tous, sauf un, dont la fonction était, très probablement, de ralentir les policiers afin de permettre aux vendeurs de récupérer leur marchandise et de prendre la poudre d’escampette. Ceci éclaire l’acharnement des quatre hommes – sans l’excuser aucunement - aujourd’hui inculpés, contre l’individu qui a fait capoter leur plan.

 

Le jeune homme s’est ainsi débattu de toutes ses forces, même au sol, jusqu’à en perdre son pantalon, contre les représentants de l’Etat qui le traitaient il est vrai sans le moindre ménagement. Sur les images filmées par des témoins de la scène, on distingue que l’homme est ensuite menotté et poussé dans un véhicule de police pour être emmené au commissariat. A son arrivée, constatant qu’il saigne au niveau des fesses, il est transporté par les pompiers à l’hôpital Robert Ballanger, où un médecin diagnostiquera une "déchirure de l’anus sur 10cm".

 

Dimanche soir, l’un des quatre policiers est mis en examen pour viol, et trois de ses confrères, pour violences volontaires. Dimanche matin, pourtant, le parquet de Bobigny, après une enquête préliminaire, avait requalifié les faits de "viol en réunion" en "violences volontaires". Sur les vidéos, on voit en effet un policier asséner au jeune homme un coup de matraque télescopique horizontal au niveau des fesses. Les mêmes vidéos montrent que son pantalon a glissé durant la bagarre, écartant de la sorte une éventuelle intention sexuelle de la part des policiers.

 

Dès jeudi soir, le parquet avait confié l’enquête à l'Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN). L’accusation de viol émane de Théo, le jeune homme de 22 ans, qui prétend qu’on lui a intentionnellement enfoncé une matraque dans l’anus lors de son interpellation sur la voie publique.

Pour sa part, le secrétaire général adjoint du syndicat Alliance de la Police Nationale, Frédéric Lagache, rappelle à juste titre qu’ "autant dans les conclusions de l'IGPN que dans celles du parquet, il n'y aurait pas eu une intention de viol contre cette personne. A aucun moment, nos collègues n'ont eu une intention de commettre ce crime, parce qu'un viol c'est un crime".

 

Pour en avoir le cœur net, j’ai questionné indépendamment deux chirurgiens spécialisés dans les traumatismes pour leur demander, sans mentionner l’affaire d’Aulnay, si un coup de matraque sur une personne nue pouvait occasionner une déchirure de 10cm au niveau de l’anus sans qu’il y ait eu pénétration. Les deux m’ont répondu sans hésitation par l’affirmative, et les deux ont précisé qu’un examen approfondi de la blessure révélerait à coup sûr si elle a été occasionnée par une pénétration ou par un coup porté horizontalement, les caractéristiques des deux types de blessures étant différentes. Depuis, l’anus de Théo a été recousu et les enquêteurs connaissent sans doute la réponse à ce questionnement.

 

Frédéric Lagache espère, de plus, "que le juge n'a pas pris cette décision [les mises en examen, dimanche soir] au regard de tout ce déferlement médiatique qui a fait qu'il a subi une pression pour mettre en examen ce collègue pour viol".

 

En fait, il ne s’agit pas uniquement d’un déferlement médiatique et des accusations de plusieurs personnalités politiques visant les fonctionnaires. Ce que le délégué syndical et les media français passent sous silence ou amenuisent considérablement, ce sont les émeutes qui secouent Aulnay-sous-Bois depuis samedi dernier.

 

Ces émeutes sont d’une violence inouïe qui inclut l’utilisation d’armes de guerre. La compagnie de CRS appelée en renfort a ainsi essuyé des tirs tendus de mortier, un type d’arme plus fréquemment utilisé par le Hamas à Gaza qu’en banlieue parisienne. Suite à ces tirs, cinq personnes ont été appréhendées.

 

Des bandes ont également saboté l’approvisionnement électrique de la cité, qui a été plongée dans l’obscurité une bonne partie de la nuit de samedi à dimanche. D’autre part, de nombreuses voitures ont été incendiées – et non pas une seule comme rapporté par les media franciliens -, plusieurs abribus ont été pulvérisés et un bus partiellement ravagé par le feu.

 

Présente la plupart du temps sur place, j’ai pu constater, d’une part, que certaines rues ressemblent à un champ de bataille, et d’autre part, que les émeutiers agissent de façon parfaitement organisée et synchronisée, les attaques contre les forces de l’ordre étant brèves, mais d’une violence extraordinaire et parfaitement ciblées.

 

Il ne fait aucun doute dans mon esprit que ces désordres sont largement plus significatifs et préoccupants que le possible débordement d’officiers de police sur un individu lors d’une opération anti-drogue.

 

Reste que l’establishment français fait bloc et prend le plus grand soin à ne pas fustiger les fauteurs de troubles. Je suis en particulier incrédule face aux propos de Rama Yade, totalement déconnectée de la réalité de la banlieue de ce début de 2017. Ses propos que j’ai déjà cités, "C'est toute la jeunesse des quartiers populaires que la police a humiliée par cet acte infâme. Qu'est-ce que c'est que la République pour ces jeunes qui subissent l'humiliation de la part de ceux qui devraient les protéger ?", représentent à la fois une dangerosité inconsciente, une justification des actes d’agression contre les fonctionnaires de l’Etat, un encouragement à la violence, et un jugement – acte infâme – qui est tout sauf avéré et qui devrait rester l’apanage de la justice après une enquête méticuleuse.

 

En quoi "toute la jeunesse des quartiers populaires" a-t-elle été "humiliée" parce que des policiers ont courageusement tenté de faire leur métier en combattant les trafiquants de drogue ?

 

Nous sommes en pleine philologie des racailles, dont le but est de pérenniser leur emprise sur ces quartiers et de continuer à tenir leur population en otage. Si c’était sa voiture qui avait été incendiée, Madame Yade saisirait immédiatement ce dont je parle.

 

C’est bien entendu gravissime. Cela entraîne naturellement la démotivation dans les rangs des policiers avec lesquels je me suis entretenue ces derniers jours ; ils ne saisissent pas pourquoi ils sont ainsi jetés aux gémonies par une presse quasi-unanime. Un officier désabusé m’a ainsi confié : "Ils ne pigent pas la signification de l’utilisation des mortiers contre nous, et ils se forcent à ignorer que ces banlieues dissimulent des arsenaux très fournis en armes de guerre". Un autre ajoutant : "Ils ne s’en émeuvent que lorsqu’elles leur pètent à la gueule, lorsque des individus issus de ces pépinières de terroristes traversent le Périphe. C’est la France qu’ils combattent.".

 

C’est à ce moment que je m’aperçois que je suis adossée à un muret qui porte l’inscription "Viv (sic) Mohamed Merah !" en rouge, au milieu d’un tas d’autres graffitis en arabe.

 

Ces évènements et ce que j’apprends dans ma fréquentation des banlieues me fait penser que nous sommes en train de passer de la démocratie à la gestion des intérêts publics par la rue. Je partage l’inquiétude du délégué du syndicat de police quant à la décision des juges, car il n’y a, dans le dossier et en l’état, aucun élément permettant une mise en examen pour viol. La thèse selon laquelle ces quatre policiers sont utilisés comme boucs émissaires pour tenter d’apaiser les voyous me semble plus plausible en vertu de ce que je sais.

 

C’est le contraire qui va arriver. Ces gangsters sont pleins d’enthousiasme, d’idées et d’énergie ; ils rayonnent face à un système politique malade, et ils fêtent la décision du juge, la posture de la presse et les déclarations des hommes politiques comme autant de victoires. Nous sommes dans la ligne de Benoît Hamon qui les plaint, et je n’ose imaginer ce qu’il adviendra s’il passe.

 

Les gouvernants privés d’épine dorsale qui se laissent dicter leur conduite par des gens qui piétinent la loi, voilà qui me fait penser aux articles de Juffa et d’[Ilan] Tsadik à propos des évènements d’Amona, très loin d’ici. Et ce ne sont probablement pas les seules ressemblances entre la France et Israël.

 

 
Alain Finkielkraut, un intellectuel à la française (info # 012901/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 29 janvier 2017

 

Par Guy Millière

 

Je déteste critiquer quiconque prétend soutenir Israël et défendre la civilisation occidentale ; il est toutefois des cas où cela me semble, hélas, nécessaire. J’ai pu apprécier autrefois des livres écrits par Alain Finkielkraut et défendre ses positions lorsqu’il a été attaqué par des antisémites et des « antisionistes ». J’ai participé à des réunions publiques lors desquelles il a été applaudi pour son courage.

 

J’ai beaucoup moins apprécié sa participation à ce sous-produit lamentable du groupe d’influence américain J Street appelé J Call. Un organisme qui prétend défendre Israël tout en adoptant des positions anti-israéliennes ; mais je n’avais fait aucun commentaire sur l’homme, je me suis contenté de critiquer J Call et d’affirmer que c’est une imposture.

 

Ces derniers temps, Alain Finkielkraut est allé beaucoup plus loin dans sa démarche et a pris des positions qui me semblent difficilement défendables. Avec des soutiens comme lui, Israël n’a pas besoin d’ennemis, et avec des défenseurs de son acabit, la civilisation occidentale fait face à un grand péril.

 

S’être fait des illusions sur Barack Obama au début de sa présidence était excusable, garder ces illusions alors que, quittant la Maison Blanche, Obama jette le masque ne l’est plus à mes yeux.

 

Défendre la résolution 2334 des Nations Unies, qui mérite de figurer parmi les résolutions les plus abjectes votées au Conseil de Sécurité, et qui place la vieille ville de Jérusalem, le Mont du Temple et le Mur occidental dans les « territoires palestiniens occupés » équivaut à se faire complice d’une falsification de l’histoire dont la finalité est de délégitimer Israël, le judaïsme et le peuple juif. Et ce type de complicité doit être dénoncé, c’est ce que je fais ici.

 

Tomber en pamoison devant un discours de John Kerry soutenant la résolution susdite et dénonçant toute présence juive en Judée-Samarie équivaut à soutenir l’idée d’une épuration ethnique antijuive, puisque la dénonciation prononcée par John Kerry est le pendant direct de la demande de l’Autorité Palestinienne, qui veut une Judée-Samarie sans Juifs. Ce type de soutien doit être dénoncé. Je le fais ici.

 

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Alain Finkielkraut : la Ména avait toujours pris son parti

 

Alors que Donald Trump s’installe à la Maison Blanche et sera sans aucun doute le plus grand ami d’Israël à avoir jamais occupé le Bureau ovale, Alain Finkielkraut s’inquiète pour la pérennité de la solution à deux Etats. Il semble n’avoir toujours pas compris que Mahmoud Abbas et ceux qui l’entourent n’ont jamais voulu d’un Etat palestinien vivant en paix à côté de l’Etat d’Israël, mais ont toujours œuvré à la destruction du seul Etat juif sur Terre.

 

Que des diplomates et des politiciens antisémites fassent comme s’ils ne comprenaient pas cette dynamique est explicable, car ce sont des diplomates et des politiciens antisémites. Que des gens d’une intelligence moyenne ou très peu informés ne comprennent pas est également explicable, car ce sont des gens d’une intelligence moyenne et très peu informés ; ils sont particulièrement excusables s’ils vivent en France et sont abreuvés quotidiennement pas des discours biaisés gommant les dimensions intrinsèquement criminelles de la « cause palestinienne ». Mais qu’un homme intelligent, cultivé, et disposant de tous les moyens de s’informer ne comprenne pas me semble impossible.

 

Ce qu’Alain Finkielkraut a dit récemment, particulièrement à propos de Donald Trump, vient confirmer mon hypothèse : Alain Finkielkraut ne lit que ce qui ne vient pas perturber ses préjugés.

 

Car penser que Donald Trump ne connait rien à rien est d’une arrogance méprisante et, partant, méprisable, et implique de ne jamais avoir écouté un entretien avec lui, sinon après que l’entretien a été réduit à l’état de confetti par un journaliste débile et malveillant.

 

Réduire un entrepreneur qui a créé des milliers d’emplois sur les cinq continents au fait que ses baignoires ont des robinets en or équivaut à raisonner comme un pigiste écrivant pour Gala, Voici ou Ici Paris.

 

Opposer la révolution américaine au rêve américain tel qu’actuellement incarné par Donald Trump implique de n’avoir rien compris à la révolution américaine et au rêve américain, et de n’avoir rien compris, surtout, à l’immense élan qui a porté Donald Trump à la Maison Blanche.

 

Cet élan ne venait pas de gens qui rêvaient d’avoir des robinets en or ou de gagner la finale de "The Apprentice1", l’apprenti. Il venait de gens qui voulaient et veulent toujours que l’esprit de la révolution américaine, qu’Obama a foulé aux pieds, puisse rester vivant, et que les Etats-Unis restent ce qu’Abraham Lincoln avait défini comme « le dernier meilleur espoir sur Terre ».

 

Il venait de gens qui veulent une économie dynamique et le respect des valeurs fondamentales qui ont fait des Etats-Unis ce qu’ils sont. Alain Finkielkraut ne connait probablement pas les Etats-Unis, ou il n’en connait que ce qu’en connaissent ceux qui se rendent à Manhattan, à Washington DC ou à San Francisco, mais qui ne rencontreront jamais les gens du peuple, qu’au fond d’eux, ils trouvent stupides et infréquentables.

 

En cela, Alain Finkielkraut est un intellectuel à la française du début du vingt-et-unième siècle, donc un intellectuel vivant à une époque où la France est en pleine déchéance et touchée au plus profond par la « défaite de la pensée ».


 

 

Note :

 

1 "The Apprentice" est une émission de télé-réalité apparue aux États-Unis sur la chaîne NBC. Au centre de l'émission, une célébrité du monde des affaires - Donald Trump dans la première version de l’émission -, fait passer un entretien d'embauche, constitué d'épreuves concrètes, à plusieurs postulants. Elle les élimine un par un pour enfin proposer au gagnant un poste très bien rémunéré au sein de son entreprise. D’autres versions de cette émission existent également en France et au Royaume-Uni.

 

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Israël : les missiles qui changent tout ! (012701/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 27 janvier 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Yanik Farkas, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/DKNiJxT2Mu8 (Youtube)

 

Seules l’Amérique et la Russie maîtrisent théoriquement les technologies mises à contribution par le Khetz-3, qui semble jouir de perspectives d’exportation très encourageantes, notamment en Europe de l’Est, avec le regain de tension entre l’Occident et la Russie, ainsi que dans les grands Etats arabes sunnites, afin de parer à la menace iranienne. Il se pourrait conséquemment que des batteries de Khetz-3 soient prochainement déployées à cet effet dans le Golfe, en Arabie Saoudite et en Jordanie, avec des servants israéliens, de manière à optimiser la protection de tous les pays de la région opposés à la théocratie chiite.

 

Et aussi :

 

Le plan de peuplement de Netanyahu qui coupe la Cisjordanie en deux et condamne la solution à deux Etats sans en proposer d’autre.

 

Si Binyamin Netanyahu s’imagine qu’il pourra dire à Donald Trump ce qu’il doit faire, il va au-devant d’une cruelle désillusion. Pour le moment, Trump se prend pour Jésus Chris et c’est lui qui a les visions.

 

Le discours de Netanyahu à Yad Vashem pour le Jour International du souvenir du Génocide : Remettre en question l’Accord sur le nucléaire. Réagir aux menaces répétitives d’un nouveau génocide de 8 millions d’Israéliens, ce que ne fait aucun Etat démocratique à part l’Allemagne. Le Premier Ministre rappelle que la Shoah avait également commencé par des menaces verbales.

 

 
Un bouclier désormais quasi-hermétique protège Israël (info # 012601/17) Version imprimable
Analyse
jeudi, 26 janvier 2017

 

Par Jean Tsadik

 

Le mois de janvier a bien débuté pour les experts israéliens de l’institut Rafael Systèmes de Défense Avancés, qui ont procédé, dans le plus grand secret et à l’abri des journalistes, à plusieurs essais du système d’interception de missiles "Fronde de David", également connu sous le nom de "Baguette Magique".

 

Les tests ont eu lieu dans une base secrète du centre d’Israël ; ils ont été coordonnés par l’agence Homa (mur) du ministère israélien de la Défense, en charge du développement des armes et de l’infrastructure technologique, de concert avec l’Agence US des Missiles de Défense.

 

 

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La Fronde de David au décollage lors des récents essais

Ministère israélien de la Défense

 

La Fronde de David constitue l’élément intermédiaire du Bouclier israélien antimissiles ; sa fonction consiste à intercepter les roquettes et missiles balistiques (à l’instar des Scuds) de portée moyenne, ce qui inclut également les projectiles munis d’un système de guidage, les missiles de croisière, les drones et les avions.

 

La Fronde est destinée à intercepter les projectiles de l’ennemi avant qu’ils ne pénètrent sur le territoire israélien.

 

Les deux autres systèmes qui complètent ledit bouclier sont le Dôme de Fer, dans sa partie inférieure, déjà totalement opérationnel, dont l’efficacité a été démontrée au combat face aux roquettes et aux obus de mortier durant les conflits avec le Hamas à Gaza. Le développement du Dôme demeure permanent afin d’optimiser toujours davantage ses performances.

 

Et le Khetz, ou Arrow (flèche), auquel est dévolue la protection de la partie supérieure du ciel face aux missiles de longue portée pouvant transporter des ogives multiples.

 

Les récents essais de la Fronde David comprenaient l’identification et la localisation par le MMR – le radar d’acquisition de missiles multiples - de missiles se dirigeant vers l’Etat hébreu. Le MMR transmet ensuite les données qu’il a récoltées au Centre de Tir, qui calcule les protocoles d’interception.

 

Selon le ministère de la Défense, les missiles antimissiles de la fronde de David ont parfaitement fonctionné, leur lancement a été concluant et ils ont détruit leurs objectifs comme cela avait été prévu [voir la vidéo du ministère de la Défense relative à la dernière série d’essais].

 

Les missiles-cibles, dont les caractéristiques sont très similaires à celles des équipements aux mains de nos ennemis, ont été largués à partir de chasseurs-bombardiers F-15 du Khe’l Avir, l’Armée de l’Air israélienne.  

 

La version qui vient d’être testée ne va pas tarder à devenir opérationnelle et à rejoindre ainsi des batteries de Fronde de David de première génération déjà en service dans l’Armée.

 

L’autre excellente nouvelle est la remise à Tsahal de sa première batterie opérationnelle de missiles Khetz-3, après qu’il a été déclaré opérationnel le 17 janvier dernier.

 

Le Khetz-3, développé en partenariat avec Boeing, qui produira environ cinquante pour cent des composants du missile, est une fusée exoatmosphérique [l’interception se produit hors de l’atmosphère, dans l’espace] à deux étages.

 

Le premier étage est censé amener un véhicule tueur à une vitesse hypersonique vers une altitude de plus de cent kilomètres, avant même que l’on sache précisément vers quel objectif le missile balistique intrus se dirige. Lorsque la cible et le trajet de l’intrus sont identifiés, l’intercepteur du Khetz est redirigé vers un point de rencontre grâce à un réacteur de fusée à poussée vectorielle. Il abat l’intrus uniquement en l’impactant "au corps-à-corps", au contraire du Khetz-2, qui peut également se faire exploser à proximité, dans un rayon de 40 à 50 mètres et ainsi générer sa perte.

 

Le Khetz-3 est légèrement plus petit que son prédécesseur et deux fois plus léger. Il peut être tiré à partir d’un navire et des exercices dans cette optique sont en cours, notamment en collaboration avec des marines étrangères. Chaque batterie mobile dispose de six tubes de lancement, pour un total de 24 intercepteurs. Une batterie est planifiée pour la destruction, en 30 secondes, de plus de cinq missiles balistiques et de leurs têtes multiples.

 

Le taux d’interception est évalué à 99%. Au cas où une première salve de Khetz-3 manquerait sa cible, il restera un temps suffisant pour tirer une ou deux salves supplémentaires de Khetz-3 et 2. En dernier recours, la Fronde de David pourrait également être utilisée contre un missile balistique de longue portée. Au cas où des Khetz-3 sont dirigés, par mesure de sécurité, vers un intrus déjà pris en charge par un autre Khetz, et que celui-ci détruit l’intrus, les missiles suivants peuvent êtres redirigés vers d’autres objectifs.

 

Lorsque l’interception se produit hors de l’atmosphère terrestre, aux altitudes indiquées, les armes de destruction massive du missile balistique, nucléaires, chimiques ou bactériologiques, sont incapables d’atteindre la surface de la Terre selon des expériences réalisées.

 

A en croire le président de l’Agence Spatiale Israélienne, le Khetz-3 peut aussi être utilisé comme arme antisatellite.

 

Seules l’Amérique et la Russie maîtrisent théoriquement les technologies mises à contribution par le Khetz-3, qui semble jouir de perspectives d’exportation très encourageantes, notamment en Europe de l’Est, avec le regain de tension entre l’Occident et la Russie, ainsi que dans les grands Etats arabes sunnites, afin de parer à la menace iranienne. Il se pourrait conséquemment que des batteries de Khetz-3 soient prochainement déployées à cet effet dans le Golfe, en Arabie Saoudite et en Jordanie, avec des servants israéliens, de manière à optimiser la protection de tous les pays de la région opposés à la théocratie chiite.

 

Une remarque faite par le directeur de l’Agence US des Missiles de Défense, le Lieutenant-Général Patrick J. O’Reilly, permet de comprendre aisément l’intérêt porté par nos "alliés" pour le Khetz-3 :

 

"La conception du Arrow-3 lui promet d’être un système extrêmement capable, plus avancé que ce que nous avons jamais tenté de réaliser aux U.S.A avec nos propres programmes (…). Cela a à voir avec le chasseur [le véhicule tueur. Ndlr.] qui possède une plus grande flexibilité ainsi que d’autres aspects, à l’instar du système de propulsion – Ce sera un système extrêmement efficace !".  


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Israël a gagné la guerre (info # 012301/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 23 janvier 2017

 

Par Amram Castellion

 

Le spectacle de l’affaissement de la conférence de Paris sur le Moyen-Orient, convoquée à Paris le 15 janvier dernier, était particulièrement suave.

 

L’ambition initiale, partagée par le Quai d’Orsay et par l’ancien président Obama, était de pousser encore plus loin les effets de la résolution 2334 du 23 décembre 2016 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Cette résolution avait, entre autres infamies, déclaré « territoires occupés » plusieurs quartiers juifs de Jérusalem, prétendu décider des frontières d’un futur Etat palestinien sans passer par la moindre négociation avec Israël, et réussi l’exploit de condamner toute présence juive au-delà de la ligne imaginaire du cessez-le-feu de 1949, sans voir rien à redire à l’incitation constante à la violence de l’Autorité Palestinienne et du Hamas.

 

Dans les jours qui précédaient la conférence de Paris, des diplomates tout émoustillés expliquaient que cette conférence allait conduire à aller encore plus loin, à demander la création d’un Etat palestinien sur tout le territoire placé derrière la ligne imaginaire, et à faire entériner cette demande par le Conseil de Sécurité. Un créneau avait même été réservé pour cela, avec une convocation du Conseil le 17 janvier à New York.

 

Or, en moins de 24 heures, tout cela s’est effondré. Les mêmes gouvernants qui avaient encouragé leurs diplomates à faire passer la résolution 2334 trois semaines plus tôt, les ont pris par le col pour leur faire entendre raison.

 

Le Royaume-Uni avait voté la 2334. Trois semaines plus tard, il a insulté les organisateurs de la conférence en envoyant un chef de bureau pour discuter avec les chefs d’Etat et ministres des Affaires Etrangères, en refusant de signer les conclusions de la conférence, et en annonçant qu’il mettrait son veto à toute tentative de faire endosser ces conclusions par l’Union Européenne.

 

Le Président Hollande – qui avait, lui aussi, fait voter la 2334 – a prononcé une déclaration introductive, qui réduisait à néant l’objet même de la conférence, annonçant que le conflit ne pourrait être réglé que par la négociation directe entre Israël et les Palestiniens.

 

Pour les Etats-Unis, John Kerry, encore secrétaire d’Etat, a déclaré qu’il n’avait fait le voyage de Paris « que pour éviter que la résolution ne soit trop déséquilibrée en faveur d’Israël ». Il semblait soudain très préoccupé, notamment, qu’elle ne condamne que la colonisation et non l’incitation palestinienne – comme l’avait fait, par exemple, le 28 décembre précédent, un long discours d’un certain John Kerry.

 

Devant ce retournement politique généralisé qu’ils n’avaient pas vu venir, les diplomates n’ont pas insisté. Il ne leur restait plus qu’à rédiger un texte aussi incompréhensible que possible, à engloutir quelques petits fours et à rentrer chez eux.

 

On ne connaît pas encore tous les motifs qui ont conduit les sphères politiques occidentales à freiner ainsi l’ardeur de leurs fonctionnaires, mais nos sources diplomatiques mentionnent deux thèmes principaux : d’abord, l’élection de Donald Trump ; ensuite, la situation stratégique plus favorable que jamais à Israël.

 

L’élection de Donald Trump rend vaine, pour quatre ou huit ans, toute tentative de modifier l’ordre diplomatique international en défaveur d’Israël. Le président Trump ne s’est pas contenté d’annoncer qu’il rétablirait le veto américain contre tout projet de résolution déséquilibré. Il a ajouté à cette annonce (qui ne faisait que revenir à la pratique américaine constante des 40 dernières années, seulement abandonnée par Obama dans ses dernières semaines de présidence) deux nouvelles orientations politiques.

 

Tout d’abord, les Etats-Unis de Trump se sont déclarés ouverts à une coupure totale ou partielle des fonds qu’ils versent aux Nations-Unies si celles-ci se montrent trop agressives à l’encontre de l’allié hébreu. Or, l’Amérique finance à elle seule 22% du budget des Nations Unies ; et les fonctionnaires internationaux tiennent à leur confort. Venant d’un homme qui a passé une grande partie de sa carrière à imposer des réductions de coûts à des entreprises rétives, la menace est assez crédible pour calmer l’anti-israélisme des diplomates.

 

Ensuite et surtout, Trump a d’ores et déjà exposé les grandes lignes de la solution qu’il espère donner au conflit : une séparation entre deux entités, mais offrant aux Palestiniens bien moins que les promesses actuelles de l’Occident – qui, parce qu’elles sont trop dangereuses pour Israël, n’ont de toute manière aucune chance de voir le jour.

 

Les lignes d’un partage futur devront correspondre à la réalité démographique, et non à la ligne imaginaire de 1949. Partout où les Juifs détiennent une majorité démographique sur des territoires suffisants et contigus avec l’Israël d’avant 1967, Israël devra en garder le contrôle. C’est le cas pour ce qu’on appelle les « blocs », soit Givat Zeev, les Maalot, Gush Etzion, Ariel, Maale Shomron / Emmanuel ; peut-être aussi pour la plus grande partie de la vallée du Jourdain. Le reste du territoire – après, sans doute, l’évacuation de petites implantations indéfendables et très idéologiques qui le parsèment – pourra être transféré à une entité qui aura ou non, selon le progrès des négociations, le statut d’un Etat.

 

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La carte d’un partage selon la réalité démographique

 

Cette politique, qui devrait être celle que poursuivront les Etats-Unis dans les années à venir, est une nette rupture avec les déclarations diplomatiques des cinquante dernières années ; mais elle a l’intérêt, contrairement à ces déclarations, de permettre un partage de la terre à la fois techniquement réalisable (on ne doit évacuer que quelques milliers de personnes et non plusieurs centaines de milliers) et sans danger existentiel pour Israël. Cela ne suffit pas pour dire qu’elle réussira : pour cela, il faudrait que les Palestiniens acceptent d’obtenir quelque chose plutôt que rien. Mais il est absolument certain que les demandes actuelles de l’Occident ne peuvent pas réussir. Le changement de paradigme que Trump veut introduire a, au moins, l’avantage d’obliger les diplomates à raisonner dans un cadre moins fantasmagorique.

 

Au-delà de Trump, l’épuisement des tentatives diplomatiques d’isoler Israël a une autre raison, plus structurelle : l’ancienne guerre israélo-arabe, qui semblait définir le Moyen-Orient depuis la création de l’Etat hébreu, est aujourd’hui terminée – et Israël a gagné. Il n’y a plus aujourd’hui de menace existentielle sur l’Etat. Au contraire, Israël est devenu, pour la plus grande partie des puissances du monde, un Etat indispensable dont elles ne peuvent pas se permettre de se passer.

 

L’illustration la plus frappante de la victoire d’Israël réside dans la supériorité absolue que le pays a obtenue sur ses ennemis en matière d’armements.

 

Les Hébreux sont désormais en mesure de frapper toutes les cibles qu’ils souhaitent dans la région, en se jouant à la fois des missiles sol-air et des systèmes de brouillage, grâce à la gamme de missiles Spike (Tamuz).

 

Ils sont en train d’apporter la dernière main à la mise en place d’une superposition de systèmes anti-missiles (Flèche 3, Fronde de David et Dôme de Fer) qui rend entièrement vain l’investissement de dizaines de milliards d’euros effectué par l’Iran et ses alliés pour multiplier les missiles menaçant les Juifs.

 

Les drones israéliens améliorent chaque jour leurs capacités et le type de missions qu’ils peuvent accomplir. Les avions du Khe’l Avir sont équipés de diverses innovations qui améliorent systématiquement les modèles américains d’origine. En matière de renseignement militaire, Israël a acquis sur ses ennemis, en quelques décennies, une supériorité technologique équivalente à plusieurs siècles de développement. En matière de ressources humaines, le système israélien de conscription permet aux meilleurs talents de servir l’Armée au meilleur endroit possible.

 

Enfin, l’Armée israélienne peut désormais compter sur une véritable alliance stratégique avec l’Arabie Saoudite, engagée avec Israël dans une coopération de sécurité si étroite que toute guerre entre les deux Etats est devenue techniquement impossible. C’est à se demander si le développement impressionnant des systèmes d’armements hébreux, qui a certainement exigé des budgets gigantesques, ne doit pas une partie de ses succès à de discrets financements issus du pétrole de la péninsule.

 

Quoi qu’il en soit, la supériorité israélienne en matière d’armements et d’équipements militaire est désormais si écrasante qu’elle a des effets non seulement pour les ennemis d’Israël – dont les chances de victoire sont désormais réduites à zéro – mais aussi pour ses alliés et pour les puissances rivales. Il n’y a presque plus une seule puissance qui compte sur la planète et qui n’ait pas besoin, pour sa propre sécurité, d’une compétence israélienne. La Russie, qui a déjà acquis des drones israéliens, espère profiter d’éléments de technologie anti-missile. L’Amérique a besoin d’informations sur la situation au Moyen-Orient, et d’ingénierie israélienne pour développer les modèles qu’elle vend aux Hébreux. L’Europe a un urgent besoin d’aide israélienne pour la lutte contre le terrorisme.


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Goodbye et Hallelujah ! (info # 012201/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 22 janvier 2017

 

Par Guy Millière

 

La conférence de Paris, le 15 janvier dernier, a suscité bien des inquiétudes. Tout en les énumérant, j’avais écrit ici que ces inquiétudes étaient exagérées dès lors que la conférence était organisée par un président en situation d’échec total et en fin de parcours, François Hollande, et qu’elle avait surtout été conçue pour servir les intérêts d’un autre président en échec et en fin de parcours, Barack Obama. Et accessoirement, pour faire plaisir aux amis chefs d’Etat musulmans et islamistes du gouvernement français et pour tenter d’apaiser l’électorat français musulman.

 

La conférence était promise à être nulle et inutile. Elle l’a été encore bien plus que prévu.

 

Elle devait conduire à un texte anti-israélien très virulent, dont une version était déjà parue dans la presse avant même l’ouverture de la conférence. Le texte final publié le 15 janvier en fin de journée avait perdu toute sa virulence.

 

Les discours prononcés en cours de journée furent vides. Soixante-douze participants sont venus pour rien. Ils ont dû en profiter pour faire quelques achats et quelques bons repas aux frais des contribuables français. Ils se sont écouté parler les uns les autres comme on écoute les mouches voler. Puis ils sont rentrés chez eux.

 

François Hollande a prononcé un discours dénué du moindre intérêt, comme à son habitude, et a agité en fin de journée ses petits bras pour dire que la “colonisation” israélienne menaçait la paix tout autant que la violence terroriste, et que toute tentative d’essayer autre chose qu’un “processus de paix” au service de la “solution à deux Etats” serait l’antichambre du désastre. Il était toutefois évident qu’il était conscient de distiller un long verbiage et, ce faisant, il crachait un venin qui retombait aussitôt à ses pieds.

 

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Ben et l’ex-Secrétaire d’Etat Démocrate John Kerry participant à une manifestation

contre la démocratie, au lendemain de l’intronisation de Donald Trump

 

Jean-Marc Ayrault était amer et a lancé des imprécations contre le futur déménagement de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, empruntant des formules dignes des communiqués de l’OLP appelant à l’Intifada. Mais Ayrault était surtout habité par le dépit.

 

La vérité sous-jacente au désenchantement du ministre français des Affaires Etrangères saute aux yeux : une ère entièrement nouvelle s’ouvre. Israël a de nouveau un ami à la Maison Blanche, et cet ami est sans doute le meilleur qu’Israël y ait compté depuis 1948-49.

 

Le “processus de paix”, qui n’a jamais été un processus de paix, et la “solution à deux Etats”, qui n’a jamais constitué une solution, vont incessamment être rangés au rayon des accessoires obsolètes. L’Autorité Palestinienne risque fort de connaître le même sort.

 

La France, qui a tant aimé Obama et qui déteste tant Donald Trump et Israël, va se trouver ignorée et laissée de côté, comme la puissance de seconde zone peu fréquentable qu’elle est devenue.

 

L’Union Européenne ne va guère se trouver mieux traitée.

 

Donald Trump se tourne vers le Royaume-Uni [qui n’a pas paraphé le texte final de la Conférence de Paris. Ndlr.], souligne les erreurs consternantes et suicidaires d’Angela Merkel, mais n’évoque à peu près jamais la France, sinon pour déplorer sa déchéance. Il parle de l’Union Européenne pour la décrire comme un Léviathan inutile, condamné à tomber en morceaux. Il offusque ainsi les dirigeants allemands, français et européens, mais il n’en a cure car il ne leur doit rien.

 

Les dirigeants d’Israël savent qu’avec des amis comme les dirigeants allemands ou français, il vaut mieux avoir des ennemis déclarés, et ils discernent qu’avec l’islamisation de l’Europe et l’esprit de soumission qui en découle, le temps où l’Europe n’était pas explicitement antisémite est quasiment révolu.

 

Parce qu’en Allemagne, en France et en Europe en général, on ne comprend rien à Trump, on le dépeint comme l’abruti qu’il n’est pas, l’homme grossier qu’il n’est pas non plus, et pour un président sans vision stratégique, ce qu’il est moins encore.

 

Au centre de la vision stratégique de Trump, il y a la nécessité de réaffirmer rapidement et clairement le statut des Etats Unis en tant que première puissance économique, politique et militaire du monde, que cela plaise ou non aux Européens. Il y a aussi une volonté claire de faire échec à l’islam radical, sans employer de formules de politesse inutiles et sans éviter d’utiliser le mot islam, comme le faisait son prédécesseur. Il y a, enfin, une amitié sincère et profonde pour Israël, et une détestation tout aussi sincère et profonde pour le terrorisme quel qu’il soit, et cela inclut naturellement le terrorisme palestinien. Il y a, cela ne doit pas être oublié, une compréhension des valeurs communes liant les Etats Unis et Israël, et une compréhension du rôle et du poids stratégiques d’Israël au Proche-Orient.

 

Trump a quatre ans pour faire avancer cette vision stratégique. Il sait qu’il sera jugé sur ses résultats, pas sur ce qu’on dit de lui dans la presse et dans les chancelleries européennes. Il sait qu’il est l’élu du peuple américain et de personne d’autre. Il sait que le monde est dangereux et que ceux qu’imprègnent des règles éthiques l’emportent sur ceux qui qui adoptent une attitude de chien crevé dérivant au fil de l’eau. Il est de ceux qu’imprègnent les règles éthique, n’en déplaise à ses détracteurs.


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L’extraordinaire impact de l’entrée en fonction de Donald Trump.La crise entre la Belgique et Israël Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 20 janvier 2017

 

© Metula News Agency info # (012001/17)

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/EWidZiE8sY4  (Youtube)

 

Comment va se passer la transmission des pouvoirs entre Obama et Trump, alors que le président sortant a fait son maximum pour pourrir la marge de manœuvre de son successeur.

 

Vers un transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.

 

Malgré les menaces de Mahmoud Abbas et de l’Union Européenne, aucun cataclysme n’est à attendre en cas de transfert de l’ambassade U.S dans la capitale israélienne, car pour les grands Etats arabes sunnites, un repositionnement de la nouvelle administration contre l’Iran est nettement plus important que l’Autorité Palestinienne.

 

Or sans le soutien actif de l’Arabie Saoudite, de l’Egypte et des Emirats du Golfe, la cause palestinienne va se trouver reléguée au second plan.

 

Le projet de solution de Trump, en accord avec Netanyahu, et sous la direction de son beau-fils Jared Kushner, assisté par Avi Berkowitz, le stratège de Trump TV, consistera à minimiser la portée d’un éventuel Etat Palestinien, en faisant une sorte de super-autonomie, suivant un plan conditionnel d’émancipation à long terme et par paliers – au moins 10 ans – pendant lesquels Jérusalem conservera un droit de regard et d’intervention en Cisjordanie.

 

 

Et les effets dévastateurs de la loi de compétence universelle en vigueur en Belgique :

 

La justice belge n’a pas les qualités d’objectivité requises – son passé en constituant la preuve – pour appliquer la compétence universelle.

 

Après la menace d’arrêter Madame Tzipi Livni, ancienne ministre israélienne des Affaires Etrangères dès son arrivée en Belgique, provocant l’annulation de son voyage, suite à une accusation de "crimes de guerre et crimes contre l’humanité" déposée par un collectif gazaoui, les relations entre les deux pays sont au plus mal.

 

Aucun dirigeant israélien ne se rendra plus à Bruxelles, y compris les chefs de l’antiterrorisme, dont l’expérience et le savoir-faire sont indispensables à la Belgique dans sa situation actuelle.

 

Les projets de coopération en matière de renseignement, de défense et de recherche scientifique sont directement menacés.

 

Le Soir a diffusé un article de Baudoin Loos en forme d’incitation à la haine, à l’antisémitisme et à la violence contre la nation d’Israël. Le rédacteur en chef du journal ainsi que les autorités de surveillance et le gouvernement du royaume sont complices de la propagation publique d’un narratif de haine, entièrement basé sur la position du Hamas, en pleine distorsion des éléments factuels et dans l’ostracisme intentionnel de la position israélienne.

 

Les Israéliens mainstream, responsables politiques et intellectuels, se voient barrer l’accès des media belges, qui ne présentent plus que la position du Hamas et de l’AP. La communauté israélite, agressée et en émoi, structure ses options d’immigration massive des jeunes Belges juifs vers Israël.

 

La situation de cette minorité, respectueuse des lois et bonne citoyenne, stigmatisée sans réaction des autorités compétentes est désormais critique.


 
Le suicide français (info # 011601/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 16 janvier 2017

 

Par Claude Berger*

 

Le  coup bas porté contre Israël par François Hollande en vue de contraindre l’Etat hébreu à des « négociations » est aussi un coup bas porté contre la France. On ne peut en effet prétendre simultanément lutter contre le terrorisme islamiste qui frappe le monde occidental et particulièrement l’Hexagone, ménager l’islam en voie de radicalisation, et lui trouver des circonstances atténuantes, allant jusqu’à taire son nom à la Conférence de Paris sur le Moyen-Orient, sur l’air du « pas d’amalgame ». Ou encore, soutenir les doléances palestiniennes, qui comprennent l’avenir du Hamas au pouvoir à Gaza, obsédé par l’éradication d’Israël.

 

Le refus par le monde arabe du fait juif ne date pas d’aujourd’hui. Statut de dhimmis, statut d’infériorité, puis refus de tout Etat juif lors du plan de partage de 1947, sans jamais envisager, ensuite, la création d’un Etat palestinien sur la partie qui sera occupée par les Jordaniens entre la Guerre d’Indépendance et celle des Six Jours. Soit sans créer d’Etat palestinien durant 19 ans de contrôle arabe absolu du territoire aujourd’hui revendiqué, et sans que l’Etat arabe qui gouvernait ces territoires n’ait transféré sa capitale à Jérusalem.

 

Le conflit israélo-palestinien fut la première manifestation de l’islamisme, avec, à sa tête, le Mufti Amin Al-Husseini, proche d’Hitler, deux ans en poste à Berlin. Proche également du gouvernement de Vichy, Hadj Amin, comme on l’appelait, était un chef palestinien issu des Frères Musulmans, exfiltré par la France après la Guerre pour qu’il échappe aux prisons anglaises et probablement à la potence.

 

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Les terroristes islamistes : la délégation arabe qui manquait à la Conférence de Paris

 

Le refus culturel du fait juif dans le monde arabo-musulman n’est que la manifestation d’un refus cultuel. Mais c’est, ces jours, du refus du monde occidental, un monde formaté par une matrice culturelle chrétienne, qu’il est question.

 

Il y a de quoi s’étonner : comment Hollande et Ayrault, empruntant la voie tracée par Obama et  Kerry, sont-ils aveugles à ce point pour prétendre imposer comme frontière  la ligne de 1967, qui n’était qu’une ligne d’armistice avec les Jordaniens, ainsi que la partition de Jérusalem ? Aveugles et peu lettrés, pour s’inscrire dans l’offensive menée contre la légitimité d’Israël, Etat du peuple juif. Aveugles et peu lettrés pour bafouer l’histoire du peuple juif et nier ses liens avec la terre d’Israël

 

Chateaubriand, en 1806, avait déjà perçu cette tendance anti-juive et anti-israélienne avant l’heure, tapie dans l’inconscient culturel français, également formaté, des siècles durant, par une matrice culturelle chrétienne dirigée contre les Juifs, « ennemis du genre humain et hostiles à Dieu » selon Paul, et qui ont « le diable pour père » selon Jean. Or l’auteur de l’ « Itinéraire de Paris à Jérusalem » déclarait : « Quand on voit les Juifs dispersés sur la Terre… on est surpris sans doute mais pour être frappé d’un étonnement surnaturel, il faut les retrouver à Jérusalem ; il faut voir ces légitimes maîtres de la Judée esclaves et étrangers dans leur propre pays ». Oui, Messieurs Hollande et Ayrault, « légitimes maîtres de la Judée » dixit Chateaubriand il y a 210 ans.

 

Votre incapacité à décrypter l’islamisme aux portes du minuscule Israël vous rend inaptes à identifier l’islamisme qui désormais nous agresse. La gauche au pouvoir, plus encore que la droite actuelle, a sécularisé les grands traits des Epitres de Paul ; non seulement la vindicte contre les Juifs, que l’on retrouve chez les pères fondateurs de la gauche, Marx, Proudhon, Bakounine, Fourier, pour lesquels le Juif est à l’origine de la chute et porteur d’un complot permanent, mais aussi la théorie du « renversement », par laquelle les derniers seront les premiers avec au bout de leur révolte, le Jugement dernier résumé dans le soir final. Cet inconscient culturel s’est également exprimé à droite. Souvenons-nous du discours de de Gaulle du 27 novembre 67 sur « le peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur », et de Raymond Barre, dont l’un des propos impliquait que les Juifs n’étaient ni innocents ni français ?

 

L’antisionisme de gauche, qui se targue de dénoncer un « colonialisme israélien », n’est donc que la forme d’un antisémitisme qui ne se cache plus et qui enchaîne à la fois « un peuple de trop et un pays de trop ». L’adaptation de la théorie de Frantz Fanon [qui lui ne l’a jamais appliquée à Israël. Ndlr.] n’était donc qu’une sécularisation de l’une des matrices culturelles chrétiennes du renversement. Grâce à elle, les Juifs pouvaient aussi prendre la stature du bourreau aux dépens des Palestiniens, qui eux étaient transformés en « victimes  des Juifs ». Cela ne pouvait, évidemment, que soulager l’archi-culpabilité de l’Occident dans sa participation à l’extermination des Juifs d’Europe.

 

Israël se voit désormais accusé de tous les défauts par la plupart des media français, désigné pays d’apartheid par les gauches illettrées, alors que près de 20% de la population israélienne est d’origine arabe. Israël, conscient des dangers de l’islamisme radical, ne fait que se défendre.

 

La France, inconsciente, ne se défend que mollement, préférant des actions militaires lointaines à la libération de ses cités métropolitaines occupées. Des cités, cette une très sérieuse enquête d’opinion qui l’affirme, dans lesquelles plus d’un quart de la jeunesse musulmane s’identifie à l’islamisme radical. Le suicide français se joue là, sur une scène du théâtre des banlieues : le Juif y est dominateur et la pauvre victime y est palestinienne et musulmane.

 

On peut, on doit souhaiter une atmosphère paisible entre Israéliens et Palestiniens, mais il faut d’abord en finir avec le refus du fait juif, qui implique que tout projet palestinien est « Judenrein » et que tout dialogue direct est exclu. Et ce sont Hollande et Obama qui viennent de l’exclure, en déclarant ce que "seront les conclusion du marchandage" avant qu’il n’ait commencé : retour d’Israël sur la ligne d’armistice indéfendable de mai 1967, et partage de Jérusalem. Que reste-t-il à négocier ? Pour quelle raison Mahmoud Abbas devrait-il s’asseoir avec Binyamin Netanyahu et faire des concessions ?

 

Enfin, du côté de l’aveuglement français, il est temps de faire l’état des lieux du monde arabo-musulman : déchiré dans ses perpétuelles guerres sunnites-chiites, embourbé dans ses dictatures, ensanglanté dans ses guerres civiles, ce qui constitue le tableau auquel est confronté Israël en première ligne.

 

Temps de comprendre comment sévit cette vieille matrice antijuive et désormais anti-israélienne dans l’inconscient culturel. J’ai mémoire que le statut des Juifs de 1940 était passé comme une lettre à la poste et, qu’après la guerre, il fallait faire silence sur « les événements ». C’était à peine s’il ne fallait pas exhiber un certificat médical pour justifier une absence scolaire de deux années d’enfant caché. Ce travail de décryptage du vieux fond inconscient antijuif et anti-israélien, du côté chrétien-laïque,  est plus que jamais d’actualité.


 

 

Notes :

 

* auteur de « Pourquoi l’antisémitisme ? », aux Editions de Paris. Egalement « Itinéraire d’un Juif du siècle » et «  Finir avec le salariat » dans la même maison.

 

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Il n’y aura pas d’Etat palestinien (info # 011501/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 15 janvier 2017

 

Par Guy Millière

 

Au moment où cet article paraitra, la conférence anti-israélienne de Paris sera en cours. Nul ne peut savoir si c’est le pire ou l’absolument pire qui en sortira, ni si le texte qui sera publié et ratifié á la fin sera seulement répugnant ou absolument répugnant. Nul ne peut savoir non plus si une nouvelle motion suivra et si elle sera présentée au Conseil de Sécurité de l’ONU le 17 ou le 18 janvier.

 

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Kerry et Ayrault se sont retrouvés à la Kermesse des Insignifiants

organisée ce dimanche au Quai d’Orsay

 

Rien de tout cela n’importe vraiment, car ce qui compte est qu’un nouveau président des Etats-Unis va entrer en fonction le 20 janvier, et que ce président est un ami d’Israël qui ne montre aucune intention de reculer, et qui a déjà eu l’occasion de dire ce qu’il pensait des conférences telles que celle de Paris, ainsi que de l’Organisation des Nations Unies.

 

La présidence Trump pourrait, si les choses se passent comme elles semblent destinées à se passer, être l’une des plus importantes de l’histoire des Etats-Unis, et rejoindre dans ce sens celle de Ronald Reagan.

 

Donald Trump est le premier président des Etats-Unis à placer en tête de ses préoccupations internationales la lutte contre l’islam radical et à se donner comme objectif la défaite de celui-ci. Au temps de Ronald Reagan, l’islam radical était encore embryonnaire, et son éradication ne pouvait représenter un objectif pour Reagan ; George Herbert Walker Bush rêvait de nouvel ordre mondial et ne voyait pas le danger, Bill Clinton voyait moins encore le danger, George Walker Bush ne nommait pas le danger, et parlait seulement de “guerre contre le terrorisme”, Obama s’est fait complice du danger, Trump, lui, nomme le danger par son nom et promet d’agir.

 

Donald Trump est aussi le premier président des Etats-Unis à ne pas faire preuve de la moindre mansuétude vis-à-vis de la cause palestinienne, et le premier président, depuis les accords d’Oslo, contrairement à George Herbert Walker Bush, puis à Bill Clinton, à ne pas utiliser le paradigme frelaté de la “solution a deux Etats”, et à pencher, plutôt, vers la solution à un Etat, appelé Israël.

 

Un homme qui nomme David Friedman ambassadeur des Etats-Unis en Israël, lui-même partisan de la solution à un Etat, et qui entend être ambassadeur à Jérusalem, comme il se doit (dans quel autre pays un ambassadeur occupe-il ses fonctions dans une ville autre que la capitale du pays?) est un homme de clarté et de détermination.

 

Le même Donald Trump, qui compte dans son entourage proche des personnalités tel Mike Huckabee, ancien gouverneur de l’Arkansas, Ben Carson, grand neurochirurgien devenu ministre du Logement, et Newt Gingrich, ancien président de la Chambre des Représentants, tous partisans de la solution à un Etat, est un homme lucide.

 

J’écris depuis des années qu’il n’y aura pas d’Etat palestinien. Je l’ai dit à ceux qui ont pensé qu’un accord allait être passé. Je l’ai répété chaque fois que le mirage d’un tel accord s’est dissipé. Je le répète, avec d’autant plus de confiance que je sais ce que sont les convictions de Donald Trump sur le sujet.

 

Il n’y aura pas d’Etat palestinien parce que la création d’un Etat n’a jamais été le but de l’OLP, et n’est toujours pas celui de l’Autorité Palestinienne : avoir fait comme si le but de l’OLP, puis de l’Autorité Palestinienne, avait été la création d’un Etat, alors que c’était inexact, a participé d’une conduite imbécile. Et je ne doute pas qu’Arafat, Mahmoud Abbas, et le reste des dirigeants “palestiniens” ont été ravis de pouvoir prendre autant de leurs interlocuteurs pour des imbéciles. Ils vont être moins comblés dans les mois à venir.

 

La création de l’Etat de Palestine est également impossible, car les dirigeants “palestiniens” continueront toujours à présenter des demandes impossibles à satisfaire à moins de mettre fin à l’existence de l’Etat d’Israël, ce à quoi aucun gouvernement israélien ne peut bien sûr consentir ; et aussi, parce que le “peuple palestinien” a été inventé puis modelé pour être une arme de destruction massive de l’Etat hébreu.

 

La période pendant laquelle il était possible de présenter à un président américain des demandes impossibles à satisfaire, puis de regarder ledit président faire pression sur Israël va s’achever. Des gens auxquels le Président Donald Trump prête l’oreille savent et disent que le “peuple palestinien” a été inventé et dans quel but il l’a été.

 

La solution à un Etat qui aura sans doute les faveurs du nouveau président n’a pas encore été détaillée, et plusieurs options sont sur la table. Trump en parlera avec ses partenaires israéliens : il n’a cessé de penser que ce sont eux qui devront trancher en dernière instance, et que les Etats-Unis seront simplement la puissance bienveillante qui contribuera à faciliter le choix des dirigeants israéliens et lui permettre de se réaliser.

 

Il existe de très fortes chances pour que soit rappelé à Mahmoud Abbas qu’il est sur un siège éjectable, que son entourage n’est pas du tout fréquentable et se trouve lui aussi menacé d’éjection imminente, et que l’avenir de l’Autorité Palestinienne telle qu’il est discuté aujourd’hui à Paris est fortement compromis.

 

Si les choses se passent comme elles semblent destinées à se passer, bien d’autres changements profonds vont sans doute intervenir, en Amérique et dans le monde.

 

On observe, à cinq jours de l’intronisation de Donald Trump, une fébrilité et une précipitation chez les ennemis de la liberté sur toute la planète. Cette profonde anxiété peut les mener à s’adonner à des mensonges, à des manipulations diverses, à des proclamations grandiloquentes et parfois inquiétantes, et même à susciter l’indignation.


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Tout sur l’attaque israélienne à Damas (021301/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 13 janvier 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Yanik Farkas, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/kpzGEXSN3LY  (Youtube)

 

 

Et aussi :

 

Les enjeux de la conférence de Paris, dimanche, les risques pour Israël, pourquoi les Français l’ont-ils organisée alors que les pays arabes n’étaient pas demandeurs ?

 

Cette conférence aura-t-elle un impact quelconque, alors qu’elle éloigne objectivement les perspectives de paix, comme Juffa l’explique ?

 

Une chose est limpide, ceux qui exigent le retrait d’Israël sur la ligne d’armistice de juin 1967 ne sont pas intéressés par la survie d’Israël.

 

 

Les casseroles de Binyamin Netanyahu ; le Premier ministre peut-il gérer la situation difficile du pays tout en passant des heures à préparer ses interrogatoires et à répondre aux policiers ?

 

Au-delà de l’aspect juridique des affaires, le chef de l’exécutif ne doit-il pas donner un exemple parfait de probité ? Devait-il accepter des cadeaux d’une valeur de centaines de milliers de dollars ?

 

Si les enquêtes se  durcissent encore, M. Netanyahu ne devrait-il pas envisager un abandon temporaire de ses fonctions ? Jusqu’à ce que les choses s’éclaircissent, tout en conservant sa présomption d’innocence et l’option de revenir aux affaires d’ici quelques mois.


 
Grosse attaque israélienne à Damas cette nuit (info # 011301/17) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 13 janvier 2017

 

© Metula News Agency

 

07h20 à Métula, 06h20 à Paris

 

Juste après minuit, heure israélienne, plusieurs missiles se sont abattus sur le site de l’aéroport d’al Mazzeh, dans l’ouest de Damas, à 3km environ du palais de Bashar al Assad.

 

Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, rapporte que le fait de l’attaque ne fait aucun doute ; il s’est entretenu au téléphone avec des habitants de Damas qui lui décrivaient "une gigantesque colonne de flammes et de fumée visible de tous les quartiers de la capitale syrienne". Les mêmes témoins ont affirmés que "des dizaines d’ambulances faisaient route vers l’aéroport". (Voir une vidéo de l’attaque).

 

L’agence iranienne Alalam (le monde) a également confirmé la nouvelle, faisant état de très nombreux morts et blessés, de même que la Télévision étatique syrienne, et l’agence de presse du régime, Sana.

 

L’Armée syrienne a indiqué qu’ "un aéroport majeur avait été frappé par des salves israéliennes, tirées depuis le secteur du lac de Tibériade dans le nord d’Israël". Elle a menacé de "représailles suite à cette attaque flagrante". Elle a aussi mentionné qu’ "elle continuait le combat contre le terrorisme et afin d’amputer les bras des agresseurs".

 

Sana a affirmé que "les missiles avaient été tirés du mont Abou Nada", sur la partie israélienne du Golan, appelée en hébreu mont Avital, près des kibboutzim de Mérom Golan et d’Ein Zivan.

 

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Photo prise cette nuit par des civils damascènes

 

En réalité et vu le rapport de force entre Tsahal et l’Armée syrienne, cette dernière n’a pas intérêt à entrer dans un bras de fer avec les Israéliens, duquel elle sortirait amoindrie.

 

La Ména avait déjà annoncé, le 7 décembre dernier, qu’al Mazzeh avait été la cible d’une attaque israélienne au missile. L’hypothèse qui nous semblait alors la plus plausible était celle d’engins de haute précision largués à partir d’avions volant à une quarantaine de kilomètres de l’objectif. Jean Tsadik favorise la même hypothèse pour l’attaque de cette nuit.

 

Le complexe d’al Mazzeh comprend, outre des activités de l’aviation civile (c’est depuis cet aéroport – piste Sud-Ouest/Nord-Est longue de 2.7km - que Bashar al Assad décolle pour ses voyages à l’étranger), d’importantes structures militaires. Celles-ci incluent une base principale de la "Garde Républicaine", le Q.G du renseignement de l’Armée de l’air syrienne, sa branche la plus efficace, une vaste prison équipée d’un centre de torture, ainsi que des entrepôts souterrains censés abriter les armes les plus modernes du régime, de même que celles, en provenance d’Iran, destinées au Hezbollah libanais. Michaël Béhé précise qu’al Mazzeh se situe à proximité immédiate de l’axe Damas-Beyrouth, et que cette zone a déjà fait l’objet de nombreux raids aériens israéliens visant des cargaisons destinées à la milice chiite libanaise supplétive de la théocratie perse.

 

D’après les données en notre possession, l’opération de cette nuit a été l’une des plus violentes et efficientes sur la capitale syrienne durant ces dernières années. Les dégâts sont considérables, des ailes entières du complexe ont été oblitérées, et des centaines de personnels syriens, mais probablement aussi iraniens et hezbollanis ont été tués ou blessés.

 

Dans le nord d’Israël, dans le Golan et dans la région de Métula, on n’observe aucun préparatif militaire exceptionnel, mais la zone est protégée par les moyens les plus avancés de défense contre les avions et les missiles. Selon Jean Tsadik, une riposte d’envergure du régime alaouite est peu probable. Il pourrait cependant donner son feu vert à l’extension des activités hostiles de la part du Hezbollah et des Pasdaran iraniens à partir du Golan syrien. Mais même cette option sera difficilement réalisable, en raison des rudesses de l’hiver, et surtout, parce que les forces gouvernementales syriennes ne contrôlent plus que 3km de frontière commune avec l’Etat hébreu, à proximité de la ville druze de Hader, qui fait face à Majd al Shams (l’étoile du soleil) dans le Golan israélien.

 

L’Armée israélienne, comme à son habitude dans ce genre de cas, s’est refusée à tout commentaire.

 

 
La guerre de la France contre Israël (info # 011001/17) Version imprimable
Analyse
mardi, 10 janvier 2017

 

Par Stéphane Juffa

 

Depuis quelques années, il existe un état de guerre permanent entre la République française et l’Etat d’Israël. Plus précisément, et quel qu’ait été le parti au pouvoir à Paris, c’est la France qui mène une Guerre Froide contre l’Etat hébreu, sans que ce dernier ne riposte ou ne conduise à son tour d’actions belliqueuse contre l’agresseur.

 

Une guerre froide est une forme de conflit, mais pour en comprendre les tenants et les aboutissants, il faut d’abord définir ce qu’est-ce qu’une guerre ? Une guerre est un conflit pouvant prendre plusieurs formes distinctes – militaire, secrète, diplomatique, médiatique – dont l’objectif final consiste à affaiblir, à éradiquer ou à occuper le pays ou l’entité que l’on a décidé de combattre.

 

En ce qui concerne l’agression décidée par la France, l’objectif consiste à affaiblir Israël afin que sa taille soit réduite, qu’elle abandonne une partie de sa capitale et qu’elle se retire sur des frontières indéfendables. Paris exige ainsi, dans toutes les instances internationales à l’instar de l’ONU et de l’UNESCO, par exemple, que l’Etat hébreu accepte que sa frontière avec un hypothétique Etat palestinien hostile se situe strictement sur la ligne de démarcation entre lui et la Jordanie, telle qu’elle prédominait jusqu’au 4 juin 1967, date du début de la Guerre des Six Jours.

 

Il semble que la finalité d’un tel objectif soit de rendre Israël plus vulnérable aux Etats qui l’entourent et, partant, de la rendre dépendante du bon vouloir et de l’aide des grandes puissances pour sa survie.

 

Dans le cas précis de cet affrontement, les actes de guerre entrepris par la France recèlent aussi une utilité intermédiaire – certains analystes affirmant même que c’est là son but ultime -, consistant à s’attirer les faveurs des riches pays arabes qui lui fournissent les crédits nécessaires à soutenir son économie claudicante. Phénomène qu’il faut bien sûr augmenter du financement de plusieurs acteurs politiques de l’Hexagone par un roi arabe ou un émir du Golfe ; et l’on sait par expérience que ces faveurs se monnayent en cash, notamment et toujours par l’adoption d’un comportement public querelleur à l’encontre d’Israël. L’autre intention étant de satisfaire, voire de calmer les quelques sept millions de musulmans vivant sur son sol, dont une partie participe aux agressions terroristes contre ses citoyens chrétiens et israélites, pendant qu’une autre affiche ouvertement ses sympathies pour ces actes.

 

Les armes de cette guerre sont principalement de deux sortes : diplomatiques – au sein des instances internationales et par le biais d’initiatives gouvernementales spontanées -, et médiatiques, en s’appuyant sur une agence de presse étatique et monopolistique, ainsi que sur un réseau de media publics exagérément développé, que ce soit des chaînes de télévision ou des stations de radio.

 

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Fadi al Kanabir, le Palestinien abattu sans sommation par les forces de sécurité

israéliennes, au volant du camion-bélier ayant heurté des soldats dans

le secteur de Jérusalem faisant partie des territoires palestiniens

occupés depuis 1967 par les bébés-colons, selon la police israélienne

 

Fait extrêmement original de cette guerre, l’Armée et le Renseignement français ne sont aucunement impliqués dans ce conflit. On soulignera, au contraire, que les organes sécuritaires de l’Hexagone entretiennent des relations de coopération quasi-amicales avec leurs homologues israéliens, ce qui inclut de nombreux échanges d’informations, de multiples entraînements communs, des accords tactiques, des visites mutuelles d’avions et de navires, et même un degré de synchronisation supérieur relativement aux crises régionales et un niveau élevé de confiance entre les états-majors.

 

L’exclusion des militaires de l’équation guerrière visant Israël, fait de la guerre entreprise par Paris une opération essentiellement politique. Nous avons même observé à diverses reprises une opposition évidente des officiers supérieurs tricolores à la Guerre diplomatique et médiatique conduite par leur pays à l’encontre de Jérusalem.

 

Comme toute guerre, celle-ci est également fondée sur une théorie qui fait aussi office de guide stratégique et tactique. Ainsi, les responsables du Quai d’Orsay qui dirigent la manœuvre et transmettent leurs instructions à la fois à l’AFP et aux représentants diplomatiques de l’Etat s’emploient-ils à transcrire exclusivement le différend israélo-palestinien dans les limites d’une guerre de décolonisation, au sens fanonien, existentialiste, ou néo-existentialiste d’après la définition de la Ména.

 

Tout le vocabulaire employé à l’ONU et par l’AFP, reproduit tel quel dans la presse tricolore, est ainsi celui d’une guerre de décolonisation, dans laquelle les Israélites seraient évidemment les colonisateurs, et les Palestiniens, les colonisés en recherche d’émancipation et de libération.

 

Les expressions sélectionnées par les "généraux" du Quai s’inscrivent strictement dans cette dialectique. Cela commence, naturellement, par l’usage excessif des mots colonies et colons afin de définir les implantations et leurs habitants tant laïcs qu’edennistes en Judée-Samarie, alors que, nous l’avons maintes fois démontré avec force de preuves, ces villes et villages édifiés au-delà de la ligne verte ne correspondent en rien – c’est flagrant – à la définition scientifique des colonies. D’ailleurs, la diplomatie française se démarque à ce propos de l’appellation américaine et anglaise la plus usitée, qui est celle de "settlements" (implantations), alors que le terme "colony" existe dans la langue de Shakespeare, et qu’il a la même signification qu’en français.

 

La "colonie" de l’AFP ne représente que l’option guerrière choisie par le gouvernement français pour constituer la colonne vertébrale de sa théorie et donc de son offensive. Lorsque l’on a saisi cela, on comprend sans difficulté les votes de Paris à l’UNESCO, qui, sous des aspects anodins et en suscitant moult excuses jamais suivies d’aucune correction, consacrent l’effacement de la présence du Temple israélite à Jérusalem. Or, pour qu’un territoire pût mériter la mention "colonie" en science politique, l’une des conditions sine qua non est que la population de la colonie en question n’ait strictement aucune attache historique avec le territoire sur lequel il vit. Lors, si l’on efface l’existence du Temple de Salomon, la nation d’Israël perd son ancrage historique principal sur sa terre et peut ainsi être cataloguée à la rubrique colonisateur.

 

Cela permet de saisir le bannissement par principe et en contradiction avec sa définition scientifique du mot "terroriste" pour définir "les assassins palestiniens et arabes de civils israélites" dans le vocabulaire du gouvernement français, du Quai, de l’AFP et, conséquemment, dans celui de la presse française. Non pas comme le préconise la circulaire de l’Agence France Presse, par souci de neutralité, une précaution qu’elle a abandonnée depuis des lustres.

 

Mais en adéquation avec la théorie de Frantz Fanon formulée dans son dernier ouvrage : "Les damnés de la terre" ; livre dans lequel il exprime non pas uniquement le droit du colonisé d’user de la force et du meurtre pour se libérer du joug du colonisateur, mais de son obligation de le faire le plus sauvagement possible afin de retrouver son identité dérobée par le conquérant. Dès lors, les civils israéliens, y compris les enfants, ne sont plus de simples êtres humains non armés mais des "colonisateurs". Et l’élimination d’un colonisateur, selon la grille de lecture néo-existentialiste adoptée par les Français, n’équivaut pas à l’assassinat d’un civil mais à un acte légitime nécessaire dans la marche vers l’émancipation et le recouvrement de son honneur par le colonisé.

 

Perfide ? Pas plus que le remplacement artificiel de la dénomination d’ "agresseur" – Qui commet une agression ; qui attaque sans avoir été provoqué (Larousse) – pertinente pour décrire le conducteur du camion qui a assassiné les quatre soldats descendant d’un bus à Jérusalem cette semaine, par "assaillant" - Personne qui donne l'assaut à l'ennemi ou à ses positions -, à savoir un combattant, un soldat accomplissant un acte de guerre légitime (Larousse).

 

Ce n’est assurément pas que nous passions notre temps à compulser hystériquement les pages des dictionnaires pour prendre en faux d’éventuelles "imprécisions" innocentes de la presse française, naan, cela ne servirait à rien. C’est pour démontrer à quel point les stratèges de la Guerre Médiatique que livre Paris à Jérusalem n’hésitent pas à dénaturer TOUS les termes de leur propre langue dans leur narratif du différend israélo-palestinien, pour rester en adéquation avec le néo-existentialisme, qui seul peut légitimer les violences des Palestiniens contre les Israéliens.

 

Et ceux qui ont argué que l’emploi du terme "camion bélier" à la place de "camion tueur", participait du pinaillage sémantique n’ont pas le cerveau suffisamment développé pour reconnaître que cet usage aussi constitue l’une des armes de cette guerre. Un bélier, en effet, est une "machine de guerre servant à renverser les murs ou les portes d'une ville" (Larousse), de nos jours la vitrine d’une bijouterie par des gangsters, une sorte de pelle-mécanique, un bulldozer, un D9, un outil qui servait, à l’époque des châteaux-fort à démolir un obstacle, mais jamais à tuer quelqu’un.

 

Parlant de camion ou de voiture bélier, on atténue effectivement l’intention de l’agresseur qui a fait usage d’un outil. Parlant d’un camion-tueur, on fait l’économie de l’analyse des motivations d’un assassin et d’incertaines circonstances atténuantes ou occasionnelles.

 

Certains détracteurs de la Ména ou des "soldats" du dispositif français ont argué que nous donnons trop d’importance aux mots, quitte à en faire une fixation. A la guerre comme à la guerre !

 

Mais si l’on exclut le recours aux avions et aux chars d’assaut, les seules armes de cette guerre sont les mots : ceux utilisés du haut de la tribune des Nations Unies par un ambassadeur, ceux des communiqués des ministères, ceux des journalistes, pour expliquer une vidéo de JT ou un documentaire, un billet radiophonique, ceux qui paraissent au bas des photos, dans un chapeau d’article de presse, et enfin, ceux qui figureront dans les recommandations qui suivront la prochaine conférence de Paris.

 

Plus encore, c’est par les mots, et uniquement par les mots, que la France tente d’isoler Israël de la communauté des nations, toujours dans le but de l’affaiblir, d’interdire l’importation de certains de ses produits, de briser des accords commerciaux et culturels au niveau européen, et de rendre la vie quotidienne des Israélites sur son territoire pratiquement invivable.

 

Ce sont les mots qui, de plus, conditionnent l’opinion publique d’un pays, incitent à l’amour, à la haine, au racisme ou à l’antisémitisme. Surtout lorsque l’on martèle les mêmes, des années durant, avec la plus mauvaise foi imaginable, doublée, dans bien des cas, de l’intention de blesser.

 

Ceux qui s’imaginent encore que les termes de la diplomatie et de la presse française sur le conflit proche-oriental, pour aberrants qu’ils soient, comme l’a concédé sur FB un ancien directeur de l’officine de l’AFP à Jérusalem, découlent du hasard ou de la maladresse sont des naïfs ou des ennemis d’Israël. Ceux qui refusent l’évidence, à savoir qu’ils s’inscrivent dans un mode opératoire très strict et répétitif, allant toujours dans le même sens, toujours biaisés de manière à atténuer les crimes du même protagoniste, et ne faisant aucun cas ni de la langue française ni des acquis scientifiques, ont choisi leur camp.

 

Car le conflit israélo-palestinien n’est pas et n’a jamais été une guerre de décolonisation mais un conflit entre deux légitimités d’essences diverses. Si la France voulait réellement nous aider à trouver la voie qui mène à la paix, elle abandonnerait déjà celle de la corruption des idées, car à tenter de convaincre la planète que dans un différend, un camp a raison quoi qu’il fasse, et l’autre a tort quoi qu’il entreprenne, c’est évidemment la guerre que l’on encourage.

 

J’ai énoncé par ailleurs les raisons techniques et matérielles qui poussent Paris à faire la Guerre à Jérusalem, mais il existe assurément d’autres motivations d’ordre culturel et historique. Et sans une grosse dose d’antisémitisme, je n’imagine pas que les élites d’un peuple pourraient corrompre leur propre langue simplement pour en stigmatiser un autre et le rendre vulnérable.

 

Qui plus est, lorsque le peuple en question s’est toujours comporté de manière amicale envers la France. Les mots tuent, ces mots ont tué et tueront encore plus que les armes les plus terribles, et pas uniquement en Israël, loin s’en faut.

 

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Paris, capitale mondiale de la haine d’Israël (info # 010801/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 08 janvier 2017

 

Par Guy Millière

 

Barack Obama, en demandant à sa comparse, spécialiste en génocides (voir son livre  A Problem from Hell: America and the Age of Genocide) [un problème d’enfer : l’Amérique et l’âge du génocide], partisane depuis longtemps de la nécessité d’imposer une “solution” à Israël1, de s’abstenir lors du vote d’une motion résolument anti-israélienne aux Nations Unies, a montré sa haine d’Israël. Sans revenir sur tous les aspects scandaleux du texte concerné, le simple fait de déclarer le Kotel [le mur occidental du Temple], lieu le plus sacré du judaïsme, ultime vestige du Deuxième Temple de Jérusalem, territoire palestinien occupé, relève de l’abjection négationniste. Ce vote et ce texte ne constituaient néanmoins qu’un premier acte dans ce que je pourrais appeler le "crime anti-israélien de Barack Obama".

 

Le deuxième acte fut le discours de John Kerry au Département d’Etat, cinq jours plus tard, discours par lequel John Kerry en a rajouté, expliquant que l’abstention à l’ONU, le 23 décembre, relevait d’une volonté murement réfléchie et d’une stratégie de délégitimation de l’Etat hébreu, destinée à imposer à Israël une “solution à deux Etats” sans la moindre négociation, des frontières indéfendables, et l’abandon de l’essentiel de la ville de Jérusalem.  

 

Le  troisième acte se prépare. Il va se dérouler dans les prochains jours à Paris, qui va devenir la capitale mondiale de la haine anti-israélienne.

 

La date sera le 15 janvier prochain. Cinq jours avant la fin de la présidence Obama et la prise de fonction du président élu des Etats-Unis, Donald Trump. L’événement s’appellera Conférence Internationale sur le Proche-Orient. Il a été comparé par Avigdor Lieberman à un nouveau procès Dreyfus où, cette fois, ce ne serait pas un Juif qui serait sur le banc des accusés, mais l’Etat juif et le peuple juif tout entier, et Avigdor Lieberman a raison.

 

Israël, le 15 janvier, va être attaqué, diffamé, sali, mis en accusation, condamné. Par les représentants de 70 pays, parmi lesquels ceux de 55 membres de l’Organisation de la Coopération Islamique ! Un texte en résultera qui ne sera pas seulement une condamnation d’Israël, mais aussi, sans doute, une mise en demeure adressée au gouvernement israélien, exigeant que celui-ci se conforme à ce qui lui sera demandé. On prête l’intention à certains de ceux qui seront présents, à commencer par John Kerry et François Hollande, l’intention de préparer une motion à présenter aux Nations Unies, qui constituerait la reconnaissance d’un Etat Palestinien dans les frontières définies par la motion du 23 décembre. La motion serait présentée très vite, et votée avant le 20 janvier.

 

Les choses n’iront peut être pas jusque-là, mais les envisager est en soi effarant et absolument répugnant. Et même si les choses ne vont pas jusqu’à cette extrémité, le simple fait d’organiser la réunion du 15 janvier, d’y participer, de l’achever par une mise en demeure adressée au gouvernement israélien est déjà infiniment trop.

 

François Hollande, Jean-Marc Ayrault et tous ceux qui travaillent avec eux, montrent qu’ils n’ont aucun honneur et aucune dignité. Ils exposent leur vrai visage face à Israël, et ce visage est effectivement celui de la France qui a condamné le capitaine Dreyfus. Il est celui de la France de Pétain et Laval, celui de la France du Général de Gaulle, lorsqu’il prononçait son discours accusant un “peuple sûr de lui et dominateur”, celui de la France de François Mitterrand et de René Bousquet, de Jacques Chirac embrassant Saddam Hussein, et de Nicolas Sarkozy, proposant que l’Autorité Palestinienne ait un siège à l’Unesco ; de Manuel Valls, Premier Ministre, acceptant que la représentante de la France vote, une fois l’Autorité Palestinienne admise à l’Unesco, un texte niant toute présence juive dans le passé de Jérusalem. C’est le visage de la France depuis trop longtemps, et un visage qui s’enlaidit, et que François Hollande et Jean-Marc Ayrault contribuent à enlaidir. Tout dirigeant politique qui ne condamnera pas ces agissements en sera complice.

 

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Heuuuh…

 

En ayant voulu et préparé ce troisième acte, le crime anti-israélien de Barack Obama prend les contours très clairs d’une tentative d’assassinat. Toute l’administration Obama est d’ores et déjà complice. 

 

Le CRIF et d’autres organisations juives vont organiser une manifestation à Paris le 15 janvier. Je suis trop loin de Paris pour m’y rendre, mais j’y serai par le cœur et par l’esprit. Tout comme je suis, par le cœur et par l’esprit, au côté du gouvernement israélien.

 

Donald Trump a demandé à Binyamin Netanyahu de tenir bon jusqu’au 20  janvier, et le 20 janvier n’arrivera jamais assez tôt.

 

Barack Obama est un monstre hideux. Je l’ai écrit dès 2008. J’aurais aimé me tromper. Je savais, hélas, que je ne me trompais pas. Il pensait qu’Hillary Clinton serait élue et que ce qu’il tente de faire de manière accélérée se ferait en deux ou trois ans. Il fait ce qu’aucun président américain n’a fait en période de transition : tenter de créer des situations irréversibles de façon à placer son successeur devant le fait accompli, trahir un allié crucial et fidèle des Etats Unis en le poignardant pendant les derniers jours de son mandat.

 

François Hollande est décidément un être minable. Il se fait complice de la monstruosité de Barack Obama à quelques semaines à peine de la fin de sa lamentable et médiocre présidence, et il se donne comme testament politique international un geste qui, s’il avait des sentiments humains, devrait lui faire honte.

 

 

Note :

 

1 "YouTube clip likely to dog Samantha Power's appointment as U.S. ambassador to UN", Haaretz.com, 5 Juin 2013

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Une justice en or (010601/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 06 janvier 2017

 

© Metula News Agency

 

Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/in4MQZaJQSo  (Youtube), analyse :

 

 

Les réactions à la suite du verdict de culpabilité contre Elor Azaria

 

Le concept de l’Etat de droit, de la séparation des pouvoirs, les conséquences de l’infantilisation par les ministres des soldats de Tsahal. La position très claire du chef d’état-major Gadi Eisenkot. Le risque de schisme dans la société israélienne, dans l’Armée.

 

 

Ce que l’on sait de l’avancement des enquêtes policières visant M. Netanyahu et leurs éventuelles répercussions politiques.

 

 
Donald Trump : une autre grille d’analyse (info # 010401/17) Version imprimable
Analyse
mercredi, 04 janvier 2017

 

Par Amram Castellion

 

S’il faut en croire la plus grande partie de la presse européenne – et, aux Etats-Unis, la totalité de la presse Démocrate – le président élu des Etats-Unis, Donald Trump, n’est pas loin d’être l’incarnation du mal. Il ne serait qu’un homme d’affaires véreux, massivement ignorant, sexiste et raciste, brutal et impulsif, incapable de finesse ou de nuance, indifférent au sort des plus faibles et uniquement intéressé à asseoir la domination des riches, des hommes et des Blancs.

 

Cette description – celle d’un individu fondamentalement repoussant – est entièrement cohérente avec les analyses qui ont longtemps annoncé que Trump n’avait aucune chance de remporter les primaires Républicaines, puis qu’il ne ferait jamais le poids lors de l’élection générale face au professionnalisme et à l’expérience d’Hillary Clinton.

 

Elle est, en revanche, plus difficile à concilier avec l’image d’un candidat qui a su gagner le vote des militants Républicains aux primaires, malgré l’hostilité de l’appareil de son propre parti ; identifier l’électorat qui permettrait de remporter l’élection (les classes moyennes et populaires en déclin économique du Middle West) ; convaincre cet électorat limité en nombre, mais stratégiquement positionné, d’augmenter massivement son taux de participation au vote ; briser le « mur bleu » des Etats unanimement annoncés comme acquis d’avance à Clinton ; écraser sa concurrente en remportant 30 Etats sur 50, 84% des 3141 comtés américains et 306 des 538 grands électeurs ; entraîner dans sa victoire des gains Républicains au Sénat, à la Chambre des Représentants, et dans les élections des gouverneurs d’Etats ; et tout cela, en dépensant pour sa campagne près de deux fois moins que la candidate Démocrate.

 

Ces résultats suggèrent un sens stratégique, une finesse d’analyse et une efficacité dans l’exécution dont une simple brute arriérée ne serait pas capable. Et pourtant, personne ne peut accuser les opposants de Donald Trump de manquer de matière pour le décrire comme un primitif. Pendant la campagne de 2016, Trump a, entre autres, moqué un journaliste handicapé en imitant sa gestuelle ; fait allusion aux règles d’une autre journaliste ; indiqué qu’il tuerait volontiers les familles des terroristes ; et dit avec finesse de sa concurrente qu’elle ne « satisfaisait pas » son mari.

 

Pour comprendre Donald Trump, il faut donc trouver une grille d’interprétation qui rende compte à la fois de ces grossièretés de carabin et de son remarquable succès tactique pendant la campagne.

 

L’analyse de sa longue carrière dans les affaires apporte quelques éléments de réponse ; j’y reviendrai plus bas. Mais mieux vaut partir d’un fait plus récent et plus indiscutable : l’évolution étrange du teint de Donald Trump au cours de l’année 2016.

 

Pendant toute la campagne, le candidat Trump arborait un bronzage orange surréaliste, qui a fait les choux gras de la presse Démocrate.

 

Puis, en quelques jours, après avoir été élu, ce teint orange – que Donald Trump n’avait jamais eu auparavant – a disparu et le président élu a retrouvé ses couleurs naturelles.

 

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Donald Trump en campagne (juillet 2016) et après son élection, le mois dernier

 

Une chose est sûre : aucun conseiller en communication sur notre planète n’aurait conseillé à un candidat de se doter d’une couleur de peau artificielle et ridicule au moment de se lancer dans une campagne électorale sans pitié, contre des concurrents remarquablement préparés et entourés, pour le travail le plus important de la planète. Celui qui a eu l’idée de cette teinte presque clownesque ne pouvait être que Trump lui-même. Quel pouvait donc en être l’intérêt ?

 

La réponse est probablement dans le déchaînement même de plaisanteries sur la couleur orange qui a accompagné sa campagne. Ces plaisanteries renforçaient les Démocrates – qui n’auraient, de toute manière, pas voté pour lui – dans leur mépris et leur sentiment de supériorité face à ce balourd de mauvais goût. En revanche, elles n’apportaient aucune réponse aux électeurs intéressés par le fond du message de Trump : sa solidarité affichée avec les victimes de la mondialisation, ses promesses de relever les barrières douanières pour protéger les emplois industriels en Amérique, de réduire l’immigration pour mettre fin à la concurrence des immigrés sur les emplois ouvriers et de lancer un grand programme d’infrastructures pour créer des emplois qui ne pourraient pas être délocalisés.

 

Les outrances de langage du candidat Républicain ont eu exactement le même effet. Elles ont conduit les Démocrates, perdus dans la contemplation de leur propre sophistication, à cibler leurs attaques sur la personne du candidat. Ce faisant, ils ont purement et simplement oublié de critiquer son programme. Or, il était évident dès le début des primaires que ce programme suscitait l’enthousiasme de l’électorat des oubliés de la mondialisation – ouvriers et classes moyennes appauvries du cœur du pays, à qui les Démocrates n’avaient rien à offrir.

 

Pendant toute la campagne, Trump a délibérément (l’épisode du bronzage montre qu’il ne s’agissait pas seulement d’un coup de chance) incité ses adversaires à l’attaquer sur des détails futiles, pour détourner leur attention des débats de fond qui l’auraient affaibli dans son électorat cible. Il s’est trouvé sans opposition aucune sur son programme. Cela lui a permis de susciter un enthousiasme massif parmi les électeurs visés et d’augmenter leur taux de participation jusqu’à le conduire à la victoire.

 

A lui seul, Trump s’est ainsi montré plus habile tactiquement que l’ensemble de l’appareil Démocrate. Il a réussi à tendre à des milliers de tacticiens professionnels de talent un piège qu’aucun d’entre eux n’a vu et qui s’est refermé sur eux, à leur surprise unanime, le 8 novembre.

 

Trois traits importants de caractère émergent de cet épisode :

 

Tout d’abord, Donald Trump n’est pas un homme de théories politiques ou économiques approfondies. Son protectionnisme risque de coûter cher à la croissance mondiale. Son plan d’infrastructures sera nécessairement décevant (comme le fut du reste le « stimulus » d’Obama en 2009) lorsqu’il faudra tenir compte des difficultés de financement, de planification et de réglementation des investissements.

 

Ensuite, Trump connaît suffisamment ses propres défauts de caractère pour savoir les utiliser à son avantage. Il présente la plupart des symptômes de ce que les spécialistes appellent le « désordre histrionique de la personnalité » : un besoin maladif d’être constamment au centre de l’attention, quitte à se livrer à toutes sortes de clowneries pour y parvenir, et une peur excessive d’être rejeté ou critiqué. Mais il sait canaliser ces traits de personnalité au service de ses ambitions, de ses négociations et de ses combats.

 

Enfin et surtout, Trump compense le caractère assez sommaire de ses idées de fond par ce qu’il faut bien appeler un génie tactique. Il veut gagner à tout prix, et sait entrer pour cela dans la peau de ses adversaires, anticiper leurs réactions et les détourner systématiquement à son avantage.

 

Ces trois traits de caractère s’étaient manifestés pendant sa longue carrière dans les affaires. Héritier d’une vingtaine de millions de dollars, Trump les a transformés en une fortune qu’il estime lui-même à 10 milliards de dollars (ses critiques les plus sévères parlent de 4 à 5 milliards seulement). Il a réussi cette performance dans deux secteurs extrêmement risqués : l’immobilier, puis les jeux de hasard.

 

Or, les principaux risques dans ces deux secteurs sont tous liés à une mauvaise anticipation des comportements d’autrui. Les clients vont-ils louer de l’espace dans l’immeuble ? La mafia trouvera-t-elle le moyen de détourner les profits ? Les autorités publiques vont-elles changer les réglementations au détriment de l’investisseur ? Les banquiers le laisseront-ils tomber si les profits ne se matérialisent pas ?

 

Pour faire sa fortune, Trump a dû, pendant 40 ans, multiplier les contacts, juger les caractères, identifier les dangers que chaque partie prenante faisait peser sur lui, et trouver des parades. Certaines de ces parades pouvaient être contractuelles : par exemple, conduire les banques à s’engager si lourdement qu’elles devraient le secourir si un investissement allait mal. D’autres étaient plus relationnelles : trouver des alliés pour obtenir des informations confidentielles sur les comportements des uns ou des autres. Il a largement mis à contribution son propre goût pathologique pour la publicité : il est plus difficile pour la mafia, par exemple, de voler ou de menacer un homme dont tous les pas se font sous les projecteurs de la presse.

 

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Barack Obama n’a cessé de se conduire en ennemi d’Israël (info # 010301/17) Version imprimable
Analyse
mardi, 03 janvier 2017

 

Par Guy Millière

 

La motion adoptée à l’ONU le 23 décembre continue de susciter remous et débats. C’est logique. En la commentant, Alan Dershowitz a dit qu’elle constituait de la part de Barack Obama un coup de poignard dans le dos d’Israël. Les grandes organisations juives américaines ont clamé leur consternation et leur indignation. Binyamin Netanyahu a montré sa colère et promis des mesures de riposte.

 

Cette motion n’est, pour autant, pas une surprise, et ceux qui se diraient surpris souffrent d’un grave déficit d’information, et n’ont lu ni mes livres ni mes articles sur le personnage. Barack Obama n’a cessé de se conduire en ennemi d’Israël depuis qu’il a mis le pied à la Maison Blanche, et ses quelques paroles amicales envers Israël ne pouvaient tromper que les incorrigibles naïfs. Elles étaient destinées à maintenir l’électorat juif dans le camp Démocrate.

 

Ses rares gestes favorables à Israël avaient le même but, et n’ont jamais permis d’effacer les multiples trahisons d’Israël qu’il a commises depuis huit ans, et les humiliations et camouflets qu’ils a infligés aussi bien à Shimon Peres qu’à Binyamin Netanyahu. Barack Obama est un homme d’extrême gauche, né musulman et resté très proche de l’islam. Sa vision du monde est “anti-impérialiste”, donc anti-américaine et “antisioniste”. Le fait qu’il a organisé des cérémonies juives à la Maison Blanche n’y change rien : faire célébrer Hanoukka par des rabbins admirateurs d’organisations antisémites telles Black Lives Matter [les vies noires comptent], ce qu’il a fait plusieurs fois, constitue au contraire un signe clair.

 

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Obama n’aurait pas pu donner le coup de pied de l’âne à Israël plus tôt, car il y aurait perdu. Des électeurs. Des soutiens et, entre autres, des soutiens financiers. Il n’a désormais plus rien à perdre puisqu’il ne peut plus se représenter au suffrage des électeurs, et va quitter ses fonctions le 20 janvier ; il peut ainsi lâcher ses attaques les plus viles, et c’est ce qu’il est en train de faire.

 

Le texte, infâme, de la motion va servir toutes les organisations anti-israéliennes de la planète, qui pourront prétendre de plus belle qu’Israël viole le “droit international” et “colonise” des “territoires palestiniens” : le texte l’affirme. Il leur permettra même de dire que les Israéliens qui se défendent contre des agressions terroristes sont eux aussi des “terroristes” : le texte définit le terrorisme de telle façon qu’on peut en tirer cette conclusion.

 

Il permettra à de pseudo-historiens et à des journalistes sans scrupules, tels ceux qui ont réalisé en France une émission sur Jérusalem pour « Enquête exclusive » de continuer à substituer une version falsificatrice de l’histoire aux faits historiques révélés. Le texte de la résolution va aussi servir toutes les mesures de boycott que pourront prendre des gouvernements, des universités et des organisations culturelles. Il pourrait même permettre à des gouvernements de déclarer que des Juifs israéliens vivant en Judée-Samarie, voire à Jérusalem, sont des criminels et les traiter comme tels s’ils sortent du territoire d’Israël. Il pourra permettre à l’Autorité Palestinienne de s’en prendre à Israël en s’adressant à la Cour Pénale Internationale, et y obtenir la condamnation d’Israël. Il va grandement contribuer à la diabolisation d’Israël et à l’antisémitisme.

 

Qu’un texte semblable ait été adopté par la France et le Royaume-Uni montre où en est l’Europe, et ceux qui pensaient que Theresa May (quoi qu’elle dise par ailleurs) est plus fréquentable que Jeremy Corbin devront réviser leurs fiches. Tout comme ceux qui imagineraient encore que les socialistes français sont plus fréquentables que les gaullistes, l’extrême-gauche, ou l’extrême-droite. Les hommes et les femmes politiques fréquentables en France sont une espèce en voie de disparition rapide.

 

Qu’un texte semblable ait été accepté par Obama est digne d’Obama. Qu’il ait été accepté par John Kerry, qui a tenu un discours d’explication arrogant, répugnant et vide, cinq jours plus tard, et par Samantha Power, ambassadrice d’Obama aux Nations Unies, qui a justifié la décision américaine par un discours suintant l’hypocrisie, est digne de John Kerry et de Samantha Power.

 

Que des politiciens israéliens de gauche en aient profité pour s’en prendre à Binyamin Netanyahu à un moment où Israël devrait présenter un front uni face à l’adversité est digne de politiciens de gauche. Et que quelques rares politiciens israéliens de droite aient réagi peu ou prou comme des politiciens de gauche devrait les inciter à rejoindre la gauche aux fins d’être cohérents avec eux-mêmes.

 

Israël ne peut, dans l’immédiat, pas faire beaucoup plus que ce que fait Binyamin Netanyahu, et doit s’attendre à l’éventualité d’autres viles attaques avant le 20 janvier, qui sera une date de délivrance.

 

Un jour à surveiller de près sera le 15 janvier, jour où le gouvernement français organisera une conférence internationale anti-israélienne à laquelle participeront des gens très infréquentables : Mahmoud Abbas, président à vie de l’entité “palestinienne”, John Kerry, François Hollande.

 

Israël peut remercier les électeurs américains d’avoir porté Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. Nul ne peut savoir encore ce que décidera Donald Trump, mais chacun peut savoir que c’est un ami d’Israël, et chacun peut être assuré qu’il fera tout pour abolir l’abject héritage de son prédécesseur. Un héritage dont la motion adoptée à l’ONU le 23 décembre fait intégralement partie.

 

Les Etats-Unis sont la première puissance du monde, et les décisions que prendra Donald Trump compteront. Elles concerneront sans aucun doute l’ “entité palestinienne”, les pays qui ont voté la motion, et même l’ONU. Il est envisagé par le Congrès de cesser tout financement américain à l’Autorité Palestinienne et à l’UNWRA [l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient]. Il serait très étonnant que le Congrès américain, en accord avec Donald Trump, ne décide pas rapidement de cesser de financer les Nations Unies.

 

Il est certain que Donald Trump ne se considérera pas du tout tenu par la motion ou par quelque décision que ce soit qui pourraient être prises le 15 janvier.

 

Il est tout aussi certain que l’ambassade des Etats-Unis va être très vite transférée à Jérusalem, que David Friedman, qui est favorable à l’annexion par Israël de la Judée-Samarie, sera l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, et que les villes et villages israéliens de Judée-Samarie ont un bel avenir.

 

Des projets concernant la Judée-Samarie circulent présentement au sein de l’équipe de transition de Donald Trump. J’en traiterai le moment venu.

 

Ces projets ne vont pas dans le sens de la motion du 23 décembre, mais alors pas du tout.

 

Ils ont vraiment tout pour déplaire à Barack Obama et à John Kerry.


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Les vœux de la Ména pour 2017 (info # 010101/17) Version imprimable
Analyse
samedi, 31 décembre 2016