Golan : accident de déminage (info # 022105/13) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 21 mai 2013

 

© Metula News Agency

 

21h15 à Métula, 20h15 à Paris,

 

Il y a une heure environ, un soldat de Tsahal a trouvé la mort sur le plateau du Golan lors d’une opération de déminage de routine.

 

A Métula, nous nous demandons pourquoi l’armée mène de telles opérations de nuit, ce qui nous semble augmenter inutilement le risque d’accident.

 

L’opération durant laquelle le soldat a trouvé la mort n’a aucun lien avec les récentes tensions entre Israël et la Syrie.

 

 

 
Alona Kimhi, rire et pleurer (info # 012105/13) Version imprimable
Analyse d'une oeuvre
mardi, 21 mai 2013

 

Par Sandra Ores

 

Avec son premier roman "Suzanne la pleureuse", l’écrivain israélienne Alona Kimhi nous plonge dans les abysses de l’univers psychologique d’une jeune femme de trente-trois ans. Suzanne habite avec sa mère, à Ramat-Gan, dans la proche banlieue de Tel-Aviv. Lisant les premières pages du livre, à voir la floraison de détails fournis par l’auteure sur les chemins de la pensée du personnage principal, l’on pourrait croire qu’Alona Kimhi s’est inspirée d’elle-même.

 

Mais "non", me précise l’écrivain, ce n’est pas elle, ni toute autre femme de sa connaissance : "je n’ai jamais rencontré de femme dérangée à la manière de Suzanne", exprime-t-elle ; soulevant toutefois : "je connais pourtant des femmes avec toutes sortes de dérangements !". Pour Kimhi, un être totalement sain d’esprit, ça n’existe pas ; ou tout du moins, pas dans son entourage. "En vieillissant, on s’aperçoit que la folie humaine réside dans chacun de nous", constate-t-elle.

 

Kimhi a inspiré son roman d’une histoire vraie, qu’un ami à elle lui avait confiée. Il voyageait à New York, et passait un séjour dans de la lointaine famille, à Brooklyn. Chez une mère et sa fille. L’étranger prend ses marques et sort souvent s’amuser. Un soir, la plus âgée des deux femmes lui demande pourquoi il ne sortirait pas avec sa cousine ce soir ? Il l’emmène ainsi voir un show de music-hall sur Broadway.

 

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Au milieu du spectacle, la fille commence à pleurer. Si fort qu’ils doivent quitter la salle. Une fois dans la rue, la fille continue sa crise de larmes, elle ne cesse pas. Dans le taxi. Jusqu’à ce qu’elle rentre chez elle.

 

Voici la scène qu’avait Alona Kimhi à l’esprit lorsqu’elle entreprit l’écriture de "Suzanne la pleureuse", qu’elle prévoyait, au début, sous la forme d’une nouvelle. Une inspiration prenant sa source dans "ce moment condensé de pure douleur humaine, sans raison apparente", exprimée d’une manière qui fascina le narrateur de cette histoire autant que l’écrivain.

 

Alona Kimhi commence à écrire son récit, puis, comme cela se passe souvent dans le processus créatif, l’œuvre acquiert sa propre existence ; les personnages prennent vie et vont leur chemin.

 

En quelques livres, Alona Kimhi s’est imposée parmi les auteurs les plus prometteurs de la littérature israélienne. Née en Ukraine, à Lvov, Kimhi arrive avec sa mère et sa grand-mère en Israël en 1972. Elle sera d’abord actrice avant que la littérature ne la rattrape.

 

Avec d’autres femmes de sa génération, comme Orly Castel-Bloom ou Itamar Levy, Alona Kimhi narre la vie de femmes à travers le prisme d’un regard de femme. Jusqu’alors, ce sont surtout des représentants de la gent masculine, des noms connus tels Amos Oz ou Meir Shalev, qui incarnaient la littérature israélienne, dépeignant à leur manière les charmes et soucis de personnages indigènes. L’impulsion de cette nouvelle génération de femmes apporte un angle nouveau à la représentation de la société israélienne dans l’imaginaire collectif.

 

Entre les lignes de "Suzanne la pleureuse", Alona Kimhi exprime notamment l’impact de la nature des relations humaines sur la vie des protagonistes. Suzanne est prise dans ce rapport par trop fusionnel qui s’est solidement installé entre elle et sa mère. Au cours du livre, l’irruption du cousin apportera une autre dimension à la vie de la jeune femme.

 

A travers l’évolution intérieure de son héroïne, Kimhi soulève la question de la définition de soi dans une relation entre deux êtres. Elle évoque les dangers d’une dépendance poussée à l’extrême, lorsque l’un des acteurs, devenant peu à peu spectateur, y perd son identité. Selon Kimhi, c’est uniquement conscient des contours de sa propre personnalité que l’on peut parvenir à vivre une relation saine, à atteindre l’équilibre entre l’excès de distance ou de proximité.

 

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Alona Kimhi, entre les lignes

 

Suzanne est pathétique. Ses manies, ses réflexes, ses journées. Grâce à une grande dose de finesse et un sens de l’observation aiguisé, Kimhi parvient à nous faire rire de manière surprenante. Ceux qui se trouveront à côté de vous lorsque vous liriez ce livre vous demanderont ce qu’il a de si drôle. Plongé dans la tête de Suzanne, vous ne saurez l’expliquer, et leur proposerez simplement de leur donner le bouquin une fois que vous en serez arrivé au bout.

 

Les livres d’Alona Kimhi sont traduits en plusieurs langues, quatorze en ce qui concerne "Suzanne la pleureuse", son premier roman, écrit en 1999, et édité chez Gallimard dans la collection Folio pour la version française (428 pages, 8,10 euros). En 2001, l’auteure a reçu en France le prix WIZO1, et, pour sa contribution en général à la littérature israélienne, le Prix du premier Ministre.

 

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Etats-Unis : l'abus de pouvoir considéré comme l’un des beaux-arts (info # 012005/13) Version imprimable
Analyse
lundi, 20 mai 2013

 

Par Sébastien Castellion

 

Le Président Obama avait mal choisi sa date lorsque, parlant aux étudiants de l'université de l'Ohio le 5 mai dernier, il les a mis en garde contre ceux qui "vous mettent en garde constamment contre le gouvernement comme s'il était une entité séparée et sinistre. Vous entendrez des voix qui prétendent que la tyrannie rôde au coin de la rue", a ajouté le président ; "n'écoutez pas ces voix !".

 

Peut-être faut-il, en effet, être gravement paranoïaque pour croire que le gouvernement d'une grande démocratie serait prêt, par exemple, à laisser mourir ses agents, à mentir sur les circonstances de leur mort et à envoyer un innocent en prison, tout cela pour des motifs purement électoraux. Ou que, pour les mêmes motifs, ce gouvernement puisse mettre sur écoute tous les journalistes d'une grande agence de presse. Ou encore, qu'il puisse donner instruction à ses services fiscaux de harceler systématiquement des opposants politiques.

 

Mais peut-être aussi suffit-il, pour croire tout cela, de lire les journaux et de regarder les nouvelles à la télévision. En effet, dans les jours qui ont suivi le discours présidentiel, des preuves indiscutables - que même la presse Démocrate ne conteste pas - ont été présentées au public, montrant que l'administration Démocrate, dans les six mois qui ont précédé l'élection présidentielle de 2012, s'est précisément rendue coupable de chacun de ces crimes.

 

Le récit qui suit exclut délibérément toute supposition et toute induction : tous les faits qui y sont relatés ont été confirmés, soit par les parties directement concernées (Associated Press), soit par des dépositions faites ces dernières semaines devant le Congrès (pour Benghazi et pour l'affaire des services fiscaux), soit par des documents rendus publics par la Maison Blanche elle-même (cent pages d'e-mails publiés cette semaine pour l'affaire de Benghazi), soit, enfin, par des réponses apportées par le porte-parole d'Obama, James Carney, aux questions des journalistes.

 

 

Première affaire : Benghazi

 

On se souvient que, dans la nuit du 11 au 12 septembre dernier, le consulat américain à Benghazi, dans lequel se trouvait l'ambassadeur Chris Stevens, ainsi que le bâtiment annexe de la CIA, situé à quatre kilomètres de là, ont subi une attaque ayant duré de sept à huit heures, à l'issue de laquelle l'ambassadeur et trois autres américains furent tués. Les faits suivants étaient, jusqu'à ces dernières semaines, moins bien connus.

 

L'attaque avait commencé à 21 heures 40, soit 15 heures 40 à Washington. A 16 heures 30, le Pentagone est informé et décide de l'envoi d'un drone qui, à partir de 17 heures 11, envoie en direct les images de l'attaque à Washington. Le président est informé de l'attaque lors d'une réunion commencée à 17 heures.

 

Deux des victimes américaines, Ty Woods et Glen Doherty, sont d'anciens militaires américains travaillant pour la CIA. Après avoir été informés de l'attaque du consulat, ils demandent à leur hiérarchie de la CIA l'autorisation de se porter au secours du consulat. Cette autorisation leur est refusée.

 

Désobéissant aux ordres, ils se portent au secours de l'ambassadeur et meurent au combat. Woods a le temps de fixer un laser de visée sur l'ennemi et de demander le soutien d'un avion d'attaque "Spectre" qui aurait pu utiliser cette visée laser pour détruire l'ennemi. Aucun avion n'est cependant envoyé sur place, à l'exception du drone d'observation déjà mentionné.

 

Benghazi se situe à moins de deux heures de vol de la base américaine de Sigonella, en Italie, d'où de nombreux appareils auraient pu venir au secours des Américains attaqués. L'autorisation de pénétrer dans l'espace aérien libyen relève de la responsabilité du président (qui peut la déléguer au commandant des forces armées). Toutefois, si le président ne fait rien, les chasseurs-bombardiers stationnés en Italie ne sont pas autorisés à pénétrer en Libye.

 

En plus des forces stationnées hors de Libye, des commandos américains étaient présents à Tripoli. Ils s'apprêtent à partir au secours du consulat et sont en route vers l'avion quand ils reçoivent, du commandement des forces américaines en Afrique, l'ordre de rester sur place.

 

Le numéro deux de l'ambassade, Gregory Hicks, parle au téléphone avec la secrétaire d'Etat Hillary Clinton à 20 heures de Washington. Il lui dit ce qu'il sait de la situation : qu'il s'agit d'une attaque militaire préméditée du groupe terroriste Ansar al-Charia (les Partisans de la loi islamique), lié à Al-Qaeda. Il apprend une heure plus tard que l'ambassadeur est mort et informe Washington. A aucun moment Hicks ne parle d'une vidéo Youtube, dont il continue jusqu'à ce jour à dire qu'elle n'était pas connue en Libye.

 

A 22 heures, Hillary Clinton et Barack Obama ont une discussion téléphonique dont le contenu n'est pas connu.

 

Un peu avant 23 heures, le Département d'Etat, dirigé par Mme Clinton, publie un communiqué de presse mentionnant pour la première fois "un contenu provocateur posté sur Internet" et déplorant "toute tentative intentionnelle afin de dénigrer les croyances religieuses d'autrui". Aucune des communications en provenance de Libye ne faisait mention d’une vidéo diffusée sur le Net.

 

Mais dès le lendemain matin, le Président Obama, la Secrétaire d'Etat Clinton et toute l'administration Démocrate commencent une campagne de dénonciation de la vidéo "L'innocence des musulmans", présentée comme étant la cause de l'attaque de Benghazi. Cette attaque est présentée comme la suite d'une manifestation spontanée en réponse à cette vidéo.

 

L'auteur de la vidéo, Nakoula Basseley Nakoula, un Egyptien résidant en Amérique, est arrêté quelques jours plus tard pour avoir violé les termes de sa liberté conditionnelle dans une autre affaire. Les forces déployées pour l'arrêter, en pleine nuit, sont accompagnées de photographes de presse.

 

Le 12 septembre, un télégramme de la CIA confirme que l'attaque n'a été précédée d'aucune manifestation et qu’elle est le fait d'Ansar al-Charia. Pendant les quarante-huit heures qui suivent, le Département d'Etat et la Maison Blanche relisent le télégramme de la CIA et en font retirer les quatre paragraphes qui mentionnaient une attaque terroriste et Ansar al-Charia.

 

A moins de deux mois des élections qui devaient assurer sa réélection, le président aimait à se présenter comme le vainqueur d’Al-Qaeda. L'information selon laquelle Al-Qaeda pouvait encore attaquer un poste diplomatique américain et tuer un ambassadeur n'aurait certes pas été favorable à ses intérêts électoraux.

 

 

Deuxième affaire : l'espionnage de l'Associated Press

 

La plus grande agence de presse américaine, l'Associated Press (ou AP), dispose en mai 2012 d'une information cruciale : des terroristes yéménites viennent de tenter un nouvel attentat au moyen d'une bombe que l'un de leurs combattants devait emporter dans un avion pour l'Amérique, cachée dans ses sous-vêtements. Mais, à la demande de la CIA, l'AP se retient de publier l'information pour ne pas menacer l'opération en cours, d'infiltration du groupe terroriste par l'agence de renseignements.

 

Au bout de cinq jours (le 7 mai 2012), la CIA informe l'AP que la menace a disparu et qu'elle peut publier. En revanche, la Maison Blanche, qui voulait faire une déclaration fracassante sur le sujet le lendemain, demande à l'AP de ne rien publier. La Maison Blanche, qui veut renforcer l'image d'un Obama tombeur d'Al-Qaeda, souhaite en effet annoncer elle-même une opération réussie d'infiltration du groupe terroriste.

 

L'AP refuse la demande de la Maison Blanche et publie l'histoire le 7 mai. Du coup, l'annonce de la Maison Blanche faite le lendemain semble déjà être une information ancienne et perd beaucoup de sa valeur politique.

 

Dans les mois qui suivent, le ministère américain de la Justice - dirigé par un ancien camarade du président dans la politique de Chicago, Eric Holder - procède à un enregistrement et à une collecte systématiques de toutes les conversations téléphoniques des journalistes de l'AP.

 

Un an plus tard, lorsque les journalistes lui demandent la raison de cet acte d’espionnage pour le moins intimidant, le porte-parole de la Maison Blanche répond que, pour des raisons de sécurité, il était important d'identifier la source qui avait informé l'AP sur l'opération yéménite.

 

James Carney fournit cette réponse alors même que l'AP avait reçu le blanc-seing de la CIA pour publier, dont on peut penser qu'elle maîtrise les "questions de sécurité" un peu mieux que le ministère de la Justice ou la Maison Blanche. La plupart des journalistes américains considèrent aujourd'hui que la véritable intention de l'administration était d'identifier la source de l'AP pour s'en venger en détruisant sa carrière - et d'intimider, par la même occasion, les journalistes qui ne suivent pas à la lettre les instructions de la Maison Blanche.

 

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"N'écoutez pas les sceptiques... Faites-moi confiance !"

 

 

Troisième affaire : l'intimidation d'opposants politiques par les services fiscaux

 

Pendant l'année 2012, les différents groupes locaux se réclamant du "Tea Party" - ce mouvement populaire sans direction centrale né au sein de la base du parti Républicain et qui réclamait une réduction des impôts, du déficit, des dépenses publiques et du poids de la réglementation - commencent à se plaindre à leurs élus d'être systématiquement visés par des enquêtes fiscales.

 

A la demande de représentants Républicains au Congrès, l'inspecteur général J. Russell George lance un audit pour savoir s'il y a eu ou non discrimination. Son rapport, obtenu par la presse la semaine dernière, démontre les faits suivants :

 

Pendant plus de deux ans, de 2010 à 2012, le service fiscal américain (Internal Revenue Service ou IRS) a systématiquement utilisé les demandes de création d'associations présentées par les membres du Tea Party (les associations politiques ayant un statut fiscal favorable, leur création est soumise à l'accord de l'IRS) pour intimider les opposants politiques du président et en faire une cible privilégiée de contrôles fiscaux.

 

Cette utilisation politique des services de l'Etat prend la forme de questionnaires interminables, envahissants, truffés de questions sans la moindre portée fiscale et - venant d'une administration qui a le pouvoir de ruiner à peu près tout Américain si elle le souhaite vraiment - terriblement intimidants.

 

Citez les noms des stagiaires que vous employez ? Quel est le contenu des livres dont vous recommandez la lecture ? (Une association répondit en envoyant à l'IRS une copie de la Constitution américaine...). Quel est le contenu des prières prononcées lors de vos réunions ? Que disent les panneaux que l'on peut trouver dans vos locaux ? Transmettez-nous tous vos commentaires de Facebook ! Des membres de la famille de vos dirigeants préparent-ils une candidature pour un poste électif ? Donnez leur nom et leur adresse !

 

L'audit de l'inspecteur général n'a trouvé aucun exemple - zéro - de groupe de gauche ayant reçu un questionnaire comparable. Un membre du Tea Party, Drew Ruyn, demande, en juillet 2011, l'autorisation de créer une association au nom marqué à droite, Media Trackers ("les pisteurs de la presse").

 

Après quinze mois de cauchemar bureaucratique sans résultat, il dépose, en octobre 2012, une demande de création d'association avec un nom, cette fois, aimablement Démocrate, Greenhouse Solutions ("Solutions pour l'effet de serre")... et reçoit son autorisation en trois semaines, sans questions ni douleur.

 

L'impossibilité pour les membres du Tea Party d'obtenir à temps le statut d'association - et le temps et l'argent perdus à tenter de répondre aux questions de l'IRS - ont bien évidemment affaibli les opposants politiques du président et réduit leur capacité de faire campagne contre lui avant les élections de 2012.

 

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Il y a quelque chose de tragique dans la position d'Alan Dershowitz (info # 011905/13) Version imprimable
Analyse
dimanche, 19 mai 2013

 

Par Guy Millière

 

J'ai récemment publié dans ces colonnes un article traitant des positions des Juifs américains concernant Israël. Et j'ai noté que la meilleure façon de comprendre ces positions implique de reprendre l'argumentation de Norman Podhoretz dans son livre « Why Jews Are Liberal? » (Pourquoi les Juifs sont-ils progressistes ?).

 

Rien n’aurait besoin d’être ajouté sur la question si un incident, survenu lors de la conférence annuelle organisée par le Jerusalem Post à New York, ne s’était pas récemment produit. L'un des invités de cette conférence était Alan Dershowitz1.

 

Il ne fait aucun doute qu'Alan Dershowitz fait figure, au sein de la communauté juive américaine, d’ardent défenseur d'Israël. Si on lui reprochait de s’être éloigné du judaïsme pour une autre religion, constituée de la nébuleuse des idées de la gauche américaine, et si on lui attribuait, à ce titre, l'argumentation de Norman Podhoretz, l’avocat s'offusquerait sincèrement.

 

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Alan Dershowitz, attention aux tentations simplistes

 

Et cela le fâcherait davantage si l’on ajoutait que, bien qu'ardent défenseur d'Israël, Dershowitz ne comprend rien à la société israélienne et à la situation au Proche-Orient. Et que, tout en se révélant précieux lorsqu'il s'en prend, magistralement, à des antisémites et autres antisionistes, il peut aussi se révéler calamiteux lorsqu'il se met à parler du processus de paix.

 

Ce n'en sont pas moins des vérités.

 

Alan Dershowitz est bien imprégné des idées propres à la gauche américaine. Bien que défenseur farouche de l’Etat à l’étoile de David, il ne comprend rien à sa société et à la situation au Proche-Orient. Et il se révèle désastreux lorsqu'il se met à parler du processus de paix.

 

C’est cela qui a constitué l’incident de New York.

 

Alan Dershowitz aurait pu se contenter de défendre Israël et aurait été parfait. Il a malheureusement décidé d'aller au-delà de cette démarche.

 

Le prof de droit a déclaré avoir rencontré récemment Mahmoud Abbas et lui avoir soumis une proposition « lumineuse », que ce dernier aurait acceptée. Peu ou prou, ladite proposition consistait, d’après lui, à geler toute construction israélienne au-delà de la ligne de démarcation de 1967 en échange de la promesse de l'Autorité Palestinienne de cesser toute action diplomatique contre son voisin. Il resterait ensuite, a-t-il conclu, à convenir de frontières et à définir les conditions d'une coexistence entre Israël et l'Etat palestinien qui naîtrait de l'AP.

 

Alan Dershowitz s'attendait à une ovation. Et il en aurait reçu effectivement une si le public auquel il s'adressait avait été composé de Juifs américains ou, plus largement, de membres du parti Démocrate. Personne n’a applaudi. En revanche, des marques de scepticisme et quelques rires ont été remarqués. [Voir le clash entre Alan Dershowitz et Caroline Glick (en anglais)].

 

L’orateur a ensuite réagi de manière négative et colérique aux propos tenus par d'autres intervenants, dont Caroline Glick (journaliste israélo-américaine). Il a alors été hué par une partie de l’auditoire.

 

Dans un entretien accordé au magazine Jewish Week (la Semaine Juive), Dershowitz a fait part de son incompréhension et de sa déception et a ajouté, avec mépris, que les personnes qui l'avaient écouté ne comptaient pas.

 

Or ces personnes qui ne comptent pas, selon lui, sont des Juifs israéliens, ou des membres de cette partie, minoritaire, de Juifs américains qui lisent le Jerusalem Post ou des revues telle que le Commentary magazine (le magazine Commentaire), que dirigea longtemps Norman Podhoretz.

 

Ce sont des gens comme eux, censés ne pas compter, qui soutiennent le gouvernement israélien depuis des années. S'ils ne sont pas tous israéliens, ils ont du moins de la famille en Israël, et savent infiniment mieux qu'un intellectuel juif américain, de passage quelques instants à Ramallah, ce qu'est la situation réelle au Proche-Orient.

 

Ils savent à quoi s’en tenir vis-à-vis de l'Autorité Palestinienne et de ses dirigeants. A savoir que Mahmoud Abbas est prêt à accepter le discours d'idiots utiles, s’épanchant comme Alan Dershowitz, et il est disposé à promettre, en anglais, ce que ces idiots utiles lui demandent de promettre, tout en disant le contraire en arabe quelques instants plus tard.

 

A la différence d'Alan Dershowitz, ces personnes comprennent ce que le dirigeant palestinien dit en arabe. Ils savent, par exemple, qu’il continue de faire l'éloge des « martyrs » assassins de Juifs et de non-juifs, à l’instar du mufti nazi et antisémite Amin Al Husseini. Ils savent que Mahmoud Abbas continue de demander la libération par Israël des « prisonniers politiques palestiniens », autrement dit, que les assassins de Juifs emprisonnés en Israël sont perçus par lui comme des « prisonniers politiques ».

 

A la différence d'Alan Dershowitz, ils savent que ce qui sépare Israël de l'Autorité Palestinienne - la démocratie du totalitarisme - et que l'avancée vers la paix ne peut se faire au moyen de rencontres entre des hommes tel Dershowitz (ou John Kerry) et Mahmoud Abbas, mais par la transformation radicale du discours entier tenu dans l'AP, dans les media palestiniens ainsi que dans les salles de classe palestiniennes. Par la transformation, en somme, de l'Autorité Palestinienne en quelque chose d’autre que ce qu'elle est actuellement. Ce qui n'est pas prêt de survenir.

 

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Assad : dernier avertissement (info # 011705/13) Version imprimable
Communiqué
vendredi, 17 mai 2013

 

Par Jean Tsadik

 

A Jérusalem, on a pris très au sérieux la nouvelle du quotidien panarabe Al-Hayat (la vie), selon laquelle, sous la pression des Iraniens, Béchar al Assad aurait autorisé l’ouverture d’un troisième front contre Israël sur le plateau du Golan. A tel point que Jérusalem a immédiatement réagi par une réponse dont le ton énergique sort de l’ordinaire.

 

On a choisi un haut-fonctionnaire connu, mandaté par le gouvernement hébreu pour prendre langue avec Mark Landler du New York Times afin de faire connaître la position israélienne. Le moins que l’on puisse en dire est qu’elle est cinglante.

 

Elle prend deux menaces en compte : la première est constituée par l’intention affichée de pourvoir le Hezbollah de Hassan Nasrallah d’armes sophistiquées, d’un genre que Damas se refusait de livrer jusqu’à maintenant à la milice chiite libanaise.

 

A en croire le chef de cette organisation, en réponse aux récent raids du He’l Avir contre des objectifs à Damas, la Syrie lui livrera des "armes ayant la propriété de changer les règles du jeu". Réponse de l’envoyé de Jérusalem : Israël envisage de nouvelles frappes en vue d’empêcher le transfert d’armements avancés dans les mains du Hezb.

 

Quant à la seconde hypothèse soulevée par Al-Hayat depuis sa rédaction principale de Londres, l’éventualité d’opérations militaires de la part d’Assad contre Israël, directement ou par supplétifs interposés, la réplique du cabinet Netanyahou se veut plus vive encore : dans ce cas, le dictateur alaouite "mettrait son régime en péril car Israël riposterait".

 

Le haut-fonctionnaire a toutefois précisé que, "jusqu’à présent, Israël s’était abstenu d’intervenir dans la Guerre Civile syrienne et qu’il conservera cette politique aussi longtemps qu’Assad n’attaquera pas Israël directement ou indirectement".

 

Le message de Jérusalem est d’autant plus percutant que son armée possède, sans le moindre doute sensé, la capacité, non seulement de frapper le régime alaouite de manière très douloureuse, mais aussi, celle d’offrir la victoire à l’insurrection.

 

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Assad : l’hyperactivité pourrait lui être fatale

 

Encore est-il utile de mentionner que, pour ce faire, il suffirait aux appareils portant l’étoile de David d’anéantir une quinzaine de sites et de positions névralgiques pour créer une nouvelle situation dans laquelle les forces gouvernementales ne seraient plus à même de protéger Damas. Sans compter, en outre, que si Netanyahu décidait de se débarrasser physiquement d’al Assad, il y parviendrait sans grande difficulté. Pour atteindre ces objectifs, il faudrait une heure, deux, tout au plus, aux pilotes hébreux surentraînés.

 

Ce rapport de forces est connu de tous les partis concernés. Ce qui fait dire à des officiels du monde arabe que le tyran damascène ne risquera pas la gageure suicidaire de titiller son ennemi traditionnel sur le Golan. Les mêmes responsables arabes affirment ne pas nourrir le moindre doute quant au fait que Jérusalem n’hésitera pas à punir la Syrie et le Liban en cas d’attaques terroristes à la frontière israélo-syrienne. Et l’exécutif israélien fait également savoir, tant à ses ennemis qu’à la communauté internationale, qu’il tiendra al Assad responsable pour toute agression en provenance de son territoire.

 

Pour le despote alaouite, cependant, les choses ne sont pas simples. Dépendant largement du soutien logistique aussi bien que de la participation des Gardiens de la Révolution khomeyniste dans sa guerre, il connaît l’intérêt majeur des ayatollahs de disposer du recours à des ripostes indirectes dans le cas d’une opération de Tsahal contre leurs infrastructures nucléaires.

 

Ce souci compte encore plus pour les guides de la "République" Islamiste que l’issue du conflit syrien. D’ailleurs, en lisant la presse arabe et iranienne, on comprend entre les lignes que l’ampleur du soutien que Khamenei propose à Assad est directement proportionnelle avec l’aide stratégique qu’il décide de lui fournir.

 

Or dans le quotidien syrien Al Watan (la patrie), on évoque l’éventualité de permettre à des groupes palestiniens armés de lancer des attaques contre l’ennemi sioniste à partir des hauteurs du Golan. Au Liban et en Perse, on lit qu’Assad envisagerait de permettre à tout Arabe et à tout musulman d’agir contre les Juifs à partir de son territoire.

 

De l’avis de Khaled Abd al Majid, le secrétaire général du Front de Lutte Populaire Palestinien (FLPP) basé à Damas et proche du régime, la Syrie possède "le droit et le devoir de riposter en utilisant tous les moyens dont elle dispose".

 

Certes, mais ces moyens, que ce soit sur le second front – le Liban – ou sur le troisième, le Golan, restent minces voire anecdotiques.

 

Au pays du cèdre, le Hezb n’a pas encore réussi à toucher les missiles Fatah-100 ni les fusées antiaériennes SA-17 qui lui permettraient de poser des problèmes un peu plus conséquents à Tsahal. Et même si c’était le cas, Nasrallah et les Palestiniens alliés à Assad ne pèseraient toujours pas lourd dans le rapport de force avec l’Etat hébreu.

 

Ce dernier dispose en effet des moyens de neutraliser les SA-17 par des contremesures électroniques, et met la dernière main à la Fronde de David, capable d’intercepter en vol la plupart des missiles balistiques à courte et à moyenne portée. C’est la Ména qui, lors de la dernière confrontation entre Israël et le Hamas avait révélé que le dispositif qui avait détruit en l’air des missiles se dirigeant vers Tel-Aviv était en fait constitué des éléments de la Fronde de David et non du Dôme d’Acier. Peu après cet affrontement, la confirmation de notre évaluation était venue de la bouche même du 1er ministre Netanyahu.

 

Il nous appartient d’être clairs sur ce point : il n’est nullement dans notre intention de prétendre qu’aucun projectile tiré depuis le Liban ou la Syrie n’atteindrait le territoire de l’Etat hébreu, car certains y parviendraient probablement. Ils occasionneraient tout aussi vraisemblablement des pertes humaines et des dégâts matériels. L’Armée régulière syrienne possède à elle seule, dans son arsenal, nombre d’engins à même d’occasionner des dommages en Israël.

 

Mais ces armes existent chez nos ennemis depuis pas mal de temps et, fort sagement, ils n’en ont que très rarement fait usage. Ce que nous affirmons est, qu’en l’état des forces en présence, aucune de ces forces armées, y compris celle des Iraniens, aucune milice, et, à plus forte raison, aucune organisation terroriste ne pose un problème existentiel, pas même aigu à la sécurité d’Israël.

 

Une attaque déclenchée à coups de roquettes et de quelques missiles par les Fous d’Allah depuis le Liban aurait pour conséquence certaine l’anéantissement de cette milice. Sans compter que, contrairement à 2006, Jérusalem dispose d’alliés objectifs au pays des cèdres, qui profiteraient probablement d’un nouvel affrontement entre le Hezb et l’Etat hébreu afin de tenter de se débarrasser définitivement de Nasrallah et de ses combattants. Car l’une des différences entre 2006 et nos jours découle de l’affaiblissement de la milice chiite, consécutivement à sa participation à la Guerre Civile voisine, et aux difficultés qu’elle rencontre à obtenir des armes et des munitions en provenance des entrepôts alaouites, à cause, précisément, des impondérables du conflit en cours.

 

Quant à mener des activités militaires à partir du Golan, c’est encore plus aléatoire. Il faut commencer par noter que la plus grande partie du versant syrien de ce plateau se trouve actuellement aux mains des rebelles. Et ajouter que les plus infimes mouvements de troupes et de matériels sont instantanément repérés par les satellites, les drones et les appareillages électroniques mis au point par les ingénieurs hébreux. Dans ces conditions, aucune force armée digne de ce nom n’aura l’opportunité ou le temps, ne serait-ce que de s’approcher de la frontière.

 

Les actions les plus désagréables pour les Israéliens qui pourraient être conçues à partir de la Syrie ou du Liban consisteraient en des tentatives de kidnapper des soldats ou des civils, ou de tirer quelques obus de mortier et des roquettes à la sauvette. Lors, Nasrallah et Assad sont dûment avertis que ces actes de provocation dénués d’avantages tactiques quels qu’ils soient, en cette conjoncture de pré-guerre avec l’Iran, se solderaient par des représailles assurément "disproportionnées".

 

Dans cette analyse, il convient également d’observer que Tsahal a déjà, ces dernières années, conduit des opérations sur le territoire de Béchar al Assad. Elle y a éliminé des terroristes internationaux ainsi que des généraux alaouites responsables de programmes de développement d’armes de destruction massive. En 2007, la Ména avait été la première à annoncer la destruction, lors de l’Opération "Verger", d’un réacteur nucléaire que le régime baathiste construisait dans la région de Deir ez-Zor avec l’aide de conseillers nord-coréens et iraniens. Or, à aucune de ces occurrences Assad n’avait entrepris la moindre riposte, bien qu’à ces époques, ses moyens de répliquer fussent supérieurs à ceux dont il dispose aujourd’hui.

 

Ses choix de ne pas se mesurer à Israël étaient alors dictés par les mêmes considérants qui prévalent actuellement. Ce qui nous amène, de même que les stratèges de Tsahal, à considérer que les menaces émanant ces jours de Damas ne sont que des tartarinades destinées uniquement à sauver la face.

 

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Conférences à Bruxelles et Genève Version imprimable
Communiqué
vendredi, 17 mai 2013

 

Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Metula News Agency et

 

analyste stratégique, développera le thème d’actualité suivant :

 

"Guerre d’Iran J-15"

 

Sous-thèmes abordés :

 

Fin juin début juillet ?

 

Israël et la Guerre Civile syrienne : en prélude

 

Comment la bataille se déroulera

 

La question du second front

 

 Le jeudi 6 juin à 20 heures, à Bruxelles - Waterloo : 

 

Une conférence co-organisée par le Keren Kayemeth Leisrael et la na

A la Synagogue de Waterloo

Avenue Bellevue 140 – 1410 Waterloo

Réservations Tél. + 32 2 513 92 32 - kkl@skynet.be http://www.kkl.be

Entrée payante : 15 euros, 12 euros pour les étudiants

 

 Le lundi 10 juin à 20 heures, à Genève : 

 

Une conférence organisée par la Communauté Israélite de Genève

21 av. Dumas - 1206 Genève

Tél. 022 317 89 00

http://www.comisra.ch/

Entrée libre (sponsorisée)

 

 

 
Le Hezbollah fait toujours peur à l’Europe (info # 021505/13) Version imprimable
Analyse
mercredi, 15 mai 2013

 

Par Michael Béhé à Beyrouth

 

Ces dernières semaines, la rébellion syrienne se trouve condamnée à la défensive face à une contre-attaque généralisée des forces fidèles à Béchar al Assad. Les livraisons d’armes russes ainsi que l’afflux de renforts de Gardiens de la Révolution perse et de miliciens chiites du Hezbollah libanais sont en train de faire pencher la balance en faveur du régime de Damas.

 

Ajoutez à cela que les images d’actes barbares auxquels se livrent des combattants de l’insurrection et la part grandissante qu’y prennent les bataillons islamistes amènent les Occidentaux à réviser à la baisse le soutien qu’ils apportent à l’opposition.

 

Il est difficile, pour ne pas dire impossible, aux anglo-saxons d’envoyer des armes à un camp dont les guerriers peuvent être vus sur le Net en train d’arracher le cœur d’un militaire gouvernemental et de le dévorer.

 

Pas facile à expliquer non plus la décision d’aider des partis qui passent leur temps à hurler leur haine de tout ce qui n’est pas musulman et leur projet d’en débarrasser la Syrie lorsqu’ils auront pris le pouvoir.

 

A prendre également en compte les dissensions à la fois tactiques et idéologiques dans les rangs des adversaires du pouvoir alaouite. Les factions armées ne sont pas coordonnées et plusieurs d’entre elles se détestent presque autant qu’elles abhorrent les soldats d’Assad et leurs alliés étrangers.

 

De là à prédire un écroulement de la rébellion et une reprise en main de la Syrie par al Assad, il existe un pas impossible à franchir. Les succès remportés par les alaouites ne sont pas à ce point significatifs et le déséquilibre démographique entre les deux camps – 3,5 millions d’alaouites et de chiites face à 16,5 millions de sunnites – n’est pas gérable par le régime de Damas. Globalement, les forces insurrectionnelles sont deux à trois fois plus nombreuses que les gouvernementales.

 

Au bout de l’équation, l’on aboutit forcément à un conflit interminable, une férocité dépassant l’entendement, et un nombre de victimes important. Les ONG se fendant de bilans parlent à ce propos de 80 000 morts alors que ce chiffre a dépassé les 100 000 depuis plusieurs semaines, et nos lecteurs savent que le bureau de la Ména de Beyrouth se trompe rarement lorsqu’il s’agit d’établir des estimations macabres. Notez aussi que dans une guerre civile du type de celle à laquelle nous assistons, le rapport habituel des décès et des blessés est de un mort pour six blessés, dont un invalide complet et deux autres ayant perdu au moins l’usage d’un membre.

 

Ces chiffres considérés parmi une population de l’ordre de 23 millions d’habitants donnent une idée de l’ampleur de la catastrophe. Et cela n’est pas fini. Jean Tsadik, que je tiens pour le premier spécialiste en matière de conflits du Moyen-Orient, m’a confié hier son évaluation remise à jour : "Ce conflit va encore se prolonger entre deux et quatre ans, sa durée dépendant du volume des renforts et de l’armement dont va bénéficier chacun des deux camps ; il s’agit d’un gigantesque carnage", a précisé notre camarade.

 

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Le drapeau iranien qui flotte sur Kfar Kileh au Liban

 

Jean Tsadik m’a également affirmé que l’unique avantage des derniers succès des hommes de Béchar consistait en ce que l’opposition se montrera plus favorable à entamer des négociations avec le régime. Et certains pays, dont la Russie, se dépensent sans compter pour que des discussions s’ouvrent et qu’elles débouchent sur un partage des privilèges ou, à tout le moins, un départ graduel et ordonné de l’actuel dictateur et de sa clique.

 

Pendant ce temps, l’armée régulière s’est emparée d’un nœud routier stratégique proche de la frontière jordanienne, qui coupe pratiquement les lignes de communication et d’approvisionnement des rebelles vers Damas à partir du royaume hachémite.

 

Sur le front central, la situation militaire est plus préoccupante encore pour l’insurrection. Elle vient d’abandonner trois villages-clés dans la région de Qousseir, à la frontière syro-libanaise, sous la pression des forces gouvernementales et du Hezbollah : al-Haydariya, Ich al-Warwar Dumaïna et al-Gharbiya. Et l’aéroport militaire tout proche d’al-Dabaa, dont les rebelles s’étaient emparés il y a tout juste un mois est lui aussi sur le point de tomber.

 

Suite à ces revers, Qousseir, ses 20 000 habitants et ses 10 000 réfugiés se trouve déjà encerclée au Sud, à l’Est et à l’Ouest, et l’on peut raisonnablement craindre pour la vie de ces civils si la cité, qui résiste aux forces alaouites depuis un an, devait être submergée. Un massacre est à craindre ces prochains jours.

 

Sur le plan tactique, la perte des villages avoisinant Qousseir a d’ores et déjà coupé l’artère menant de la grande agglomération syrienne de Homs au littoral libanais. La situation des défenseurs de Homs, faisant face à des forces supérieurement armées est délicate. Si l’approvisionnement en vivres est généralement assuré, celui en munitions se déroule au compte-gouttes. Nous n’entrevoyons toutefois pas d’assaut décisif contre cette cité dans un proche avenir, car les pertes occasionnées par une éventuelle reconquête de Homs s’avèreraient trop coûteuses pour al Assad dans la conjoncture actuelle. En revanche, les victoires dans la zone de Qousseir, en plus d’infliger un grave coup au moral des contempteurs du dictateur alaouite, empêcheront, durant l’été, toute offensive de la révolte sur le front central.

 

On doit aussi observer que le dictateur, entouré de ses conseillers iraniens, a relativement bien réagi aux raids israéliens proches de son palais damascène. S’il avait cédé à l’envie de riposter pour l’honneur contre les Hébreux, Assad aurait risqué l’escalade contre une puissance bien plus forte que son armée. S’il avait sur-réagi, il n’aurait pas été en mesure de remporter les succès que nous venons de relater.

 

Hier le 1er ministre israélien est allé rencontrer le Président Poutine dans la ville de Sotchi, sur les bords de la mer Noire. Netanyahu aura pu, à cette occasion, vérifier l’avancement des travaux destinés à accueillir les jeux olympiques d’hiver de 2014 dans ce fief du Caucase russe.

 

Mais surtout, il avait effectué ce déplacement afin de persuader le dirigeant russe de ne pas livrer le système anti-aérien très sophistiqué S-300 – l’équivalent des Patriots américains – à Béchar al Assad. Poutine, qui ne perd jamais le sens de l’à propos, a suggéré à son hôte un échange de bons procédés : il ne livrera pas de S-300 si Israël s’abstient de bombarder la Syrie. Le chef de l’exécutif de Jérusalem a renchérit en acceptant d’observer cette retenue si Assad ne faisait pas usage d’armes de destruction massive et ne transférait pas d’armes à destination du Hezbollah.

 

Le président russe a promis de faire pression dans ce sens sur le dictateur alaouite, mais on doute que ce dernier puisse imposer sa volonté à ses commanditaires perses dont dépend sa survie. Or l’urgence prioritaire, pour Téhéran, consiste à doter la milice chiite libanaise des moyens d’ouvrir un second front face à Israël en cas d’attaque des Hébreux contre son infrastructure nucléaire. Bref, la rencontre de Sotchi n’aura pas permis d’effectuer d’avancée spectaculaire, chacun conservant ses cartes maîtresses dans sa manche.

 

Sur le plan politique, c’est à Beyrouth que l’on note une évolution significative : le Courant du 14 Mars – indépendantiste, nationaliste – est parvenu à resserrer ses rangs à l’issue d’intenses consultations entre ses composantes, et à réunir une force de 70 députés à l’assemblée nationale (sur 128) pour soutenir un projet de réforme du système électoral. Leur projet est un savant mélange de scrutin proportionnel et majoritaire, destiné principalement à favoriser les communautés chrétienne, sunnite et druze, au détriment des chiites. Les Saoudiens se sont fortement impliqués afin d’aplanir les derniers différends entre les leaders du 14 mars afin de faire barrage aux Iraniens et à leurs supplétifs libanais.

 

Lesdits supplétifs qui comptent 56-57 députés au parlement, et qui, à moins de faire usage de la force, ne pourront guère empêcher l’approbation de l’amendement constitutionnel.

 

L’entente obtenue au sein du 14 mars recèle une portée qui dépasse la réforme du système électoral. Elle consacre le retour au bercail du cheikh druze Walid Joumblatt et de son parti communautariste PSP (Parti Socialiste Progressiste, 10 sièges). Ce fut sa migration, sous la menace directe d’être assassiné, chez ceux du 8 mars, les prosyriens, pro-iraniens, qui avait permis au Hezbollah et à Khamenei de contrôler les derniers cabinets.

 

Désormais, si Joumblatt ne change pas à nouveau d’avis, l’association nationale réunissant [la majorité des] sunnites, chrétiens et Druzes, pourrait former l’ossature du futur gouvernement et rejeter les alliés de Téhéran et de Damas profondément dans l’opposition.

 

Pour l’instant, le président de l’Etat, Michel Souleiman, a chargé un sunnite, Tammam Salam, de former un exécutif transitoire, avec pour mission quasi-exclusive de préparer les prochaines élections générales et de permettre qu’elles se déroulent dans le calme.

   

La sérénité de l’atmosphère régionale est encore dérangée par une déclaration de l’ambassadeur à Beyrouth de l'Union Européenne, Mme Angelina Eichhorst, qui a menacé de retirer ses troupes de la FINUL - la force de maintien de la paix des Nations Unies au Sud-Liban.  Mme Eichhorst déclarant : "l'UE pourrait retirer ses forces présentes le long de la frontière avec Israël" à cause de l'"implication du Hezbollah en Syrie qui a déjà affecté un certain nombre d'endroits au Liban".

 

L’ambassadeur d’ajouter : "Dans la foulée de l'enlèvement [de 4 Casques bleus par des rebelles de la Brigade des Martyrs du Yarmouk] récemment opéré sur la frontière israélo-syrienne, nous ne sommes pas prêts à prendre le risque de continuer".

 

La prise de position de l’UE a de quoi surprendre à bien des égards. D’abord parce que l’insurrection sunnite en Syrie n’a strictement rien à voir avec la situation à notre frontière avec Israël ; ensuite, parce qu’il s’agit de deux contingents des Nations Unies totalement distincts, avec des ordres de mission complètement différents : la FNUOD, Force des Nations Unies chargée d'Observer le Désengagement, dans le Golan, et la FINUL, Force Intérimaire des Nations Unies au Liban, déployée à notre frontière méridionale.

 

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Hermon : tirs syriens (info # 011505/13) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 15 mai 2013

 

breaking.jpg© Metula News Agency

 

Mercredi, 9h20 à Métula, 8h20 à Paris

 

De nos correspondants permanents à Majd el Chams et au kibboutz Shamir.

 

Vers 5h 50 ce matin, deux obus de mortier ont été tirés à partir de la Syrie sur deux bases de Tsahal situées sur les sommets du Mont Hermon, à une altitude d’environ 2 500 mètres.

 

Le porte-parole de l’Armée a annoncé qu’il n’y avait eu ni dégâts ni victimes lors de cette attaque mais s’est refusé à confirmer l’endroit où elle s’était produite.

 

Juste après l’agression, le site touristique – une station de ski en hiver, de randonnées en été – du Mont Hermon a toutefois été fermé au public. Il y a quelques minutes, il a été rouvert mais uniquement dans sa portion inférieure.

 

La pluie et le froid qui frappent le nord d’Israël, très inhabituels à la mi-mai, limitent d’autre part le nombre des visiteurs, même en ce jour férié de la fête des Semaines (Chavouot). Il neige même à proximité des points de chute des obus.

 

Les spécialistes de notre agence observent qu’aucun combat dans le cadre de la Guerre Civile syrienne ne se déroule à proximité des fortins d’altitude de l’Armée israélienne. Ils remarquent également qu’aucun incident majeur à caractère sécuritaire ne s’était produit dans ce périmètre depuis des décennies.

 

Ils en concluent que l’attaque provient probablement des rangs de l’Armée régulière syrienne et qu’elle constitue, tout aussi probablement, une tentative de riposte aux récents raids aériens israéliens sur Damas. En raison de l’effet de surprise, si ces tirs avaient été un peu mieux ajustés, ils auraient pu faire de nombreuses victimes parmi les militaires israéliens.

 

A l’heure qu’il est Tsahal procède à l’analyse de ce qui s’est passé et parviendra sans aucun doute aux mêmes conclusions que les nôtres. Il appartiendra ensuite au pouvoir politique de décider si cette agression justifie une réponse militaire, et, dans l’affirmative, de quelle ampleur elle doit être et sur quelles cibles il convient de la diriger.

 

 

 
Rappel des faits (info # 011205/13) Version imprimable
Analyse
dimanche, 12 mai 2013

 

Par Guy Millière

 

Des données à méditer concernant les populations musulmanes du monde en général, et les Arabes palestiniens en particulier.

 

Le Pew Research Center, un institut de recherche américain spécialisé dans la collecte d'informations sur les grands courants d'opinion mondiaux par le biais de sondages, vient de publier une vaste étude sur l'évolution du monde musulman : « The World's Muslims: Religion, Politics, Society » (Musulmans dans le monde : religion, politiques, société).

 

Le sondage a été effectué dans trente-neuf pays d'Asie, d'Afrique et d'Europe, auprès d’un échantillonnage de près de quarante-mille personnes. Il peut être considéré comme porteur d'un haut degré de fiabilité, comme toutes les enquêtes menées par le Pew Research Center. Ses résultats doivent donc être pris au sérieux.

 

Ceux-ci soulignent – et cela ne devrait surprendre personne – une nette poussée des idées radicales. Notamment l’adhésion d'une part importante des musulmans de la planète au rejet des non musulmans. Ou encore le ralliement d’une part encore plus conséquente d’entre eux à la volonté de voir appliquer la charia (la loi islamique) de la façon la plus stricte dans toutes les sociétés où l'islam est implanté.

 

A des questions précises, telle la mise en pratique de la peine de mort pour apostasie, les réponses sont nettes et dépourvues de la moindre ambiguïté. 72% des musulmans indonésiens, 74% en Egypte et 84% au Pakistan, pour ne citer que quelques exemples, se prononcent en faveur de l'exécution de ceux qui oseraient quitter la religion musulmane.

 

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Surtout, que personne ne dise qu’il ne savait pas

 

Pour ce qui concerne la lapidation des femmes adultères, les résultants sont également flagrants : respectivement 42%, 80% et 86% des musulmans des pays cités plus haut y sont favorables.

 

Les proportions constatées pour ce qui concerne l'approbation de lois très strictes concernant la punition du blasphème et toute « offense faite à l'islam » sont, cela va de soi, tout aussi éloquentes.

 

Tous ceux qui penseraient encore qu'une ère de démocratie et de liberté est à même de s'ouvrir bientôt dans le monde musulman devraient méditer ces données d'urgence.

 

Les conclusions de l’étude traduisent une évolution d’autant plus évidente si on les compare aux résultats des sondages effectués par le Pew Research Center posant les mêmes questions, à un échantillonnage semblable, voici dix ou quinze ans.

 

Dans le bilan de cette année, il est intéressant d'attirer l'attention sur une part spécifique de l'échantillon : les Arabes résidant dans les territoires contrôlés par l'Autorité Palestinienne. Ces résultats-là, de fait, laissent pour le moins songeurs.

 

Ils se révèlent être parmi les plus rigoristes : s'ils ne sont que 62% en faveur de l'application de la peine de mort pour apostasie, 81% des Arabes palestiniens préconisent la lapidation des femmes adultères.

 

Ils sont 89% à souhaiter l'application stricte de la charia et un gouvernement islamique.

 

Pour 40% d’entre eux, le terrorisme et l'assassinat de civils sont légitimes s’il s’agit de « défendre l'islam », un chiffre largement supérieur à celui rencontré même au Pakistan (31%).

 

Les sondages sur les mêmes thématiques effectués par le Pew Research Center il y a dix ou quinze ans n'incluaient pas les Arabes palestiniens. L'ajout de ceux-ci change peu les résultats globaux.

 

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Dégoûtant et répugnant (info # 010905/13) Version imprimable
Analyse
jeudi, 09 mai 2013

 

Par Sandra Ores

 

Le 25 avril dernier, le site Internet d’information Atlantico dévoile une vidéo montrant un affichage singulier dans les locaux du Syndicat de la magistrature. Il s’agit d’un "mur des cons", principalement composé de portraits d’hommes politiques, d’intellectuels ou encore de journalistes français. Au palmarès, entre autres : Jean-François Copé, Jacques Attali, Béatrice Schoenberg. A la photo de certains sont également accolées des mentions du type "l’homme de Vichy", pour l’ex-ministre UMP Brice Hortefeux, ou "le fossoyeur du 92", pour le magistrat Philippe Courroye.

 

Cette vidéo a été prise à l’aide d’un IPhone, le 5 avril, par le chroniqueur juridique de France 3, Clément Weil-Raynal. Le journaliste, à qui la présidente du Syndicat de la magistrature (SM) avait expressément demandé de ne pas filmer ce pan de mur.

 

Le journaliste affirme ne pas avoir directement transmis la vidéo à Atlantico mais à un magistrat. Atlantico est un site qui se targue d’apporter "un nouveau vent sur l’info", et dont la ligne éditoriale est politiquement marquée à droite.

 

Pour Le Monde, c’est Gilles-William Goldnadel, le président de l’Association France-Israël, également chroniqueur régulier d’Atlantico, qui aurait diffusé la vidéo prise par le journaliste de France 3.

 

Lequel Weil-Raynal affirme qu’il a proposé à France 3 d’en faire un sujet ; il rapporte que sa rédaction lui a toutefois répondu qu’il ne s’agissait pas d’un sujet nécessitant une couverture à l’antenne.

 

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Clément Weil-Raynal, l’homme par qui le scandale arrive

 

Ce refus d’antenne ainsi que le prétexte avancé par la rédaction afin d’envoyer le reportage à la corbeille ont de quoi inquiéter ; on s’en convainc en relevant les centaines de réactions outrées parmi l’intelligentsia française : à l’instar de l’éditorialiste Philippe Tesson, qui, sur France 24, définit le procédé du mur des cons du SM comme "dégoûtant" et "répugnant".  L’ex-ministre UMP Nadine Morano, pour sa part, demande la dissolution du Syndicat de la magistrature.

 

Dans la presse, le débat tourne également autour de l’ontologie du dévoilement de ces images par le journaliste, autant que sur l’existence du fameux "mur des cons".

 

L’essentiel de la polémique, particulièrement dans les media de gauche, aborde la question du comportement professionnel de Weil-Raynal. Le fait de savoir s’il aurait dû diffuser ces images discréditant la justice française, et s’il a commis une faute vis-à-vis de sa hiérarchie en ne les lui proposant pas en exclusivité avant de les remettre à un tiers.

 

Dans cette affaire, les syndicats de journalistes français, le SNJ (Syndicat National des Journalistes)-CGT et le SNJ de France Télévisions, ne se rangent pas du côté de leur confrère mais de celui du Syndicat de la magistrature. La SNJ-CGT accusant même Weil-Raynal de "vol d’images" au lieu de soutenir sa démarche journalistique consistant à avoir révélé une information touchant indubitablement à l’intérêt du public de savoir.

 

Les syndicats de journalistes ne s’insurgent pas non plus contre le fait que des professionnels de leur branche étaient épinglés sur ledit "mur des cons", à l’instar de David Pujadas ou d’Etienne Mougeotte.

 

Quelles explications peut-on fournir quant à ce comportement surprenant et illogique de la part des journalistes syndiqués ? A la Ména, nous en voyons deux.

 

Premièrement, l’existence d’une connivence idéologique, de gauche, voire d’extrême gauche, entre les syndicats de journalistes de France Télévisions et le Syndicat de la magistrature.

 

Au sein de France 3, "l’ambiance est particulièrement politisée", nous rapporte une journaliste de France Télévisions sous le couvert de l’anonymat. "Très socialiste, tendance Besancenot, voire Mélenchon", explique-t-elle, poursuivant : "si on ne pense pas dans le moule, il faut sans cesse se battre pour exprimer ses idées".

 

Quant au Syndicat de la magistrature, il affiche lui aussi traditionnellement des idées de gauche, depuis sa création en juin 1968. Ce syndicat fédère le tiers des magistrats français.

 

Les journalistes de la télévision publique et les juges syndiqués se trouvent ainsi liés idéologiquement. Dangereux amalgame, périlleux mélange des genres s’exprimant dans une dynamique de clique, au détriment de la société et des adversaires politiques.

 

Témoin la chasse aux sorcières lancée contre Clément Weil-Raynal, qui ne se limite pas uniquement à la lutte pour la préservation des acquis d’une classe de gauche intouchable ; l’attaque en règle visant le chroniqueur juridique serait aussi teintée d’un antisémitisme sournois cultivé par cette "classe", à en croire notre informatrice qui côtoie ce microcosme quotidiennement et depuis de longues années.

 

"L’antisémitisme antijuif n’est guère absent des couloirs de France Télévisions. A titre d’exemple, dans le traitement du conflit israélo-palestinien, la ligne éditoriale est toute tracée, et nombre de journalistes refusent catégoriquement de qualifier Jérusalem de capitale d’Israël", rapporte la même source journalistique.

 

Elle ajoute, décrivant l’ambiance dans les cours de justice : "les dossiers pour plaintes contre les actes antijuifs se retrouvent régulièrement en-dessous de la pile à traiter ; les demandeurs doivent chaque fois insister lourdement pour que leur plainte soit jugée recevable".

 

Journalistes antisionistes, magistrats, même combat ? L’attitude des syndicats de France Télévisions relativement à la découverte du "mur des cons" oblige à y réfléchir.

 

L’autre raison, c’est qu’à France 3, Clément Weil-Raynal se trouve dans le collimateur depuis un certain temps déjà. Parce qu’il n’appartient pas au schéma de la bienpensance ; parce qu’il s’était opposé au corps journalistique français, lorsqu’il avait mis en doute la parole de Charles Enderlin en adhérant à la thèse de la Ména dans l’affaire Dura, la Controverse de Netzarim.

 

Selon l’enquête de la Ména, le reportage commenté par le correspondant de France 2, Charles Enderlin, constituait une mise en scène, et l’enfant présenté comme mort n’a pas été tué le 30 septembre 2000 au carrefour de Nétzarim. Dans cette affaire, l’ensemble de la presse française soutient Enderlin, sans avoir jamais remis en cause ses déclarations contradictoires, en dépit des nombreuses preuves irréfutables de l’imposture présentées par la Metula News Agency.

 

L’obligation d’adhérer publiquement à l’accusation fallacieuse de meurtre rituel portée par Enderlin-Fr2 contre l’Etat d’Israël est devenue une condition sine qua none pour qui entend faire carrière dans un media tricolore main stream ; un examen de passage. Or Weil-Raynal en récuse les fondements de façon active.

 

Le système de la bienpensance des journalistes a parfois trouvé son écho jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir. Au cours du procès ayant opposé France 2 et Charles Enderlin à Philippe Karsenty, accusé d’avoir cité les conclusions de la Ména sur son site Internet Media-Ratings sans les avoir suffisamment vérifiées, le président Jacques Chirac et Bertrand Delanoë avaient fait parvenir des lettres de soutien à Charles Enderlin, louant sa probité. Des lettres que le juge avait accepté de laisser lire à l’audience. Le même juge et ses assesseurs, qui avaient ensuite condamné Karsenty, allant à l’encontre du réquisitoire du parquet qui réclamait sa relaxe.

 

Il est vrai qu’en France on n’a jamais bien compris la nécessité démocratique de la séparation des pouvoirs. Certains des magistrats ayant prononcé ce jugement font-ils partie du Syndicat de la magistrature ? Voilà une question qu’il faudra désormais se poser chaque fois qu’une décision sera rendue. En une question, l’on vient de résumer le malaise réel occasionné par la découverte du "mur des cons", interrogation que la rédaction de FR 3 ne considère pas suffisamment importante pour justifier de quelques secondes d’antenne.

 

Il se dit également, dans les prétoires du Palais de justice de Paris, que le procureur était juive. Voici de quoi accentuer mon dérangement personnel.  

 

Clément Weil-Raynal est intimement mêlé aux procès Dura, car il avait interviewé, dans le journal communautaire Actualité Juive, le chirurgien Yehuda David. Le médecin israélien, retrouvé par la Ména au terme d’une enquête de trois ans, avait opéré en 1994 Jamal Dura, le père supposé de l’enfant donné pour mort par Enderlin-France 2. Jamal Dura affirmait que les cicatrices qu’il porte datent de l’incident survenu au carrefour de Netzarim le 30 septembre 2000, ce que contredit catégoriquement le chirurgien, de même que tous les spécialistes ayant analysé les cicatrices.

 

France 3, qui menace Weil-Raynal de mesures disciplinaires, de même que les syndicats, tentent désormais de régler leurs comptes avec leur confrère indiscipliné.

 

Ce dernier a toutefois commis quelques erreurs dans sa gestion de la vidéo du "mur des cons", des inattentions qui donnent maintenant du blé à moudre à ses détracteurs.

 

Ainsi, ce n’est pas avec son téléphone personnel qu’il a filmé le "mur", mais avec l’appareil fourni et payé par France 3. De retour à sa chaîne après le reportage, il ne parle pas à sa rédaction de la vidéo qu’il vient de tourner.

 

Prévoyait-il que son employeur allait protéger le Syndicat de la magistrature et lui refuserait le sujet, comme cela s’est avéré par la suite ? Weil-Raynal craignait-il que France 3 lui intime l’ordre de ne faire aucun usage des images qu’il avait prises avec son matériel ?

 

Le dilemme existe quelque part et il est pertinent : d’une part, la preuve de l’existence inadmissible du mur et la nécessité de diffuser les images, de l’autre, l’exclusivité vis-à-vis de son employeur, à laquelle un journaliste est tenu.

 

Entre les deux obligations, et en considération de la menace pour la démocratie constituée par la vitrine de portraits affichés au siège du SM, et des légendes qui les accompagnent, j’aurais sans doute agi de la manière qu’a choisie Clément. Je crois que tout journaliste digne de ce nom en aurait fait autant.

 

Dans notre démarche, l’on ne s’adresse pas, au fond, aux membres d’un syndicat ni même à son rédacteur en chef, mais notre objectif professionnel suprême consiste à servir le public en l’informant. Particulièrement lorsqu’il s’agit de faits exceptionnellement graves qui sont menacés d’occultation. Dans un cas comme celui-ci, la réponse se trouve dans la nuance et la déontologie.

 

Dans sa démarche, Weil-Raynal  avait lourdement insisté afin de réaliser personnellement le sujet pour France 3. Cela attira l’attention de ses confrères, qui, en regardant de plus près la vidéo diffusée sur Atlantico reconnurent dans un reflet les visages du caméraman et du preneur de son qui l’accompagnaient ; les deux s’empressèrent de témoigner de ce que Clément Weil-Raynal est l’auteur de la vidéo passée anonymement sur le site d’information.

 

Sur ce coup Clément s’est enfoncé, en niant à sa rédaction être l’auteur des images, pour, quelques jours plus tard, affirmer le contraire, mais cette fois à l’occasion d’un article paru sur Atlantico.

 

Le SNJ-CGT, soutenu par le SNJ, l’accuse aujourd’hui de vol d’images. Pourtant, des émissions de caméra cachée, s’apparentant à la démarche de Weil-Raynal, sont diffusées sur France Télévisons, telle "Les Infiltrés", présentée par Marie Drucker sur France 2. Les syndicats des journalistes lui reprochent ainsi une pratique qu’ils acceptent par ailleurs.

 

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L’Etat à l’étoile jaune (info # 010605/13) Version imprimable
Analyse
lundi, 06 mai 2013

 

Par Guy Millière

 

Je publie cette semaine un nouveau livre1. Je l'ai écrit parce que j’estime qu’il en relevait de mon devoir et, surtout, poussé par un impératif éthique.

 

Cela fait des années que je discerne, au sein de l'Europe, une remontée de la haine antijuive. En réalité, ce renouveau de haine découle d’un autre fléau : la détestation d’Israël, derrière laquelle se cache une façon hypocrite et particulièrement vicieuse de contribuer à cette vague antijuive. Nous atteignons aujourd'hui des degrés de détestation qui auraient semblé inimaginables voici peu encore.

 

J'attribue cette aggravation actuelle en partie à la crise économique et financière dans laquelle le continent se trouve plongé. Dès lors que cette dernière va vraisemblablement s'accentuer, je ne suis pas du tout enclin à l'optimisme. Je pense que l'histoire de l'Europe montre, au contraire, que c’est dans de telles situations que le Vieux continent se laisse aller à ses plus anciens démons.

 

En cause aussi la montée de l'islam en Europe et les facteurs qui y contribuent, notamment le discours conformiste du « politiquement correct », qui se fait l'idiot utile collectif de l'islam.

 

En outre, l'effondrement politique, économique et culturel du monde musulman, qui est en train de s'opérer, participe également à ce renouveau de haine antijuive et anti-israélienne. Dès lors que l'islam ne connaît pas de frontières, cet effondrement touche les communautés musulmanes partout dans le monde.

 

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Un geste, la même haine raciste, au-dessus de tous les clivages

 

Dans les grands media de toute l'Europe, dans des livres à succès, dans des discours politiques tenus en Grèce aussi bien qu'en Italie, en Hongrie ou encore en France et même désormais en Allemagne – où, décidément, les leçons de l'histoire n'ont pas été apprises -, des propos affleurent, désignant les Juifs tel qu’ils pouvaient l'être dans les années 1930.

 

Et quand il ne s’agit pas des Israélites, c'est l'Etat juif qui fait l'affaire.

 

La dissimulation de deux millénaires de haine à l’encontre des Juifs en Europe se mêle à une ignorance croissante de ce que la civilisation occidentale doit au judaïsme et à ses adeptes.

 

Un ouvrage comme la magnifique Histoire des Juifs de Paul Johnson (J.C. Lattès, 1989, 681p.) ne pourrait être réédité aujourd'hui sans susciter des remous, alors qu'un auteur comme Shlomo Sand vole de succès en succès en crachant un venin nauséabond.

 

La falsification de l'histoire du Proche-Orient a désormais pleinement recouvert l'histoire de la région et s'y est substituée. A tel point que rappeler aujourd’hui des données élémentaires fait désormais passer celui qui s'y risque pour un partisan de l'outrance.

 

Ce ne sont plus les nostalgiques d'Adolf Hitler ou les partisans d'idées fascistes que l'on qualifie de doctrinaires d'extrême droite, mais des défenseurs d'Israël et des dirigeants politiques hébreux.

 

J'ai appelé ce nouveau livre L'Etat à l'étoile jaune, car si nul n'envisage de contraindre les Juifs d'Europe ou d'une autre contrée à afficher ce symbole sur leurs vêtements, tout se passe comme si certains, de plus en plus en plus nombreux, cherchaient à coudre une étoile jaune sur le drapeau israélien. Et à faire rayonner collectivement ce symbole sur tous les Israélites de la planète.

 

L'étoile jaune avait été, au temps du Troisième Reich, le signe annonciateur de l'extermination qui allait suivre.

 

Des idées exterminationnistes anti-israéliennes se propagent à la faveur de l'étoile jaune affublée à Israël. Les Juifs du reste du monde sont incités à se dissocier de l’Etat hébreu et à montrer qu'ils peuvent se couler dans l'air du temps, jusqu’à prendre parti contre Israël, eux aussi. Les non-juifs qui osent défendre Israël ou luttent contre l'antisémitisme et l'antisionisme sont graduellement traités comme des suspects.

 

Il me paraît absolument inadmissible de laisser ce qu’il se passe aujourd'hui survenir sans piper mot.

 

J'ose espérer qu'il reste, chez certaines personnes non-juives, des capacités d'indignation morale, et que le terme d'indignation n'a pas été totalement vidé de son sens par feu un vieillard précisément indigne.

 

J'entends m'adresser aux non-juifs pour leur rappeler ce qui doit l’être. Je retrace, dans un premier chapitre, les apports des Israélites et du judaïsme au monde, tout en exposant la façon dont ces contributions n'ont cessé d'être niées et occultées.

 

Je trace ensuite, dans un second chapitre, les faits essentiels concernant l'histoire d'Israël, tout en explicitant comment la falsification est venue recouvrir les faits. J'évoque, enfin, l’avenir fécond d'Israël.

 

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Les raisons des raids en Syrie (info # 010505/13) Version imprimable
Exclusivité
dimanche, 05 mai 2013

 

Par Stéphane Juffa

 

A la fin de mon article de jeudi après-midi dernier, "Evolutions", je rapportais que j’entendais à la fois des vols de chasseurs-bombardiers et de fortes explosions. Après vérification, il ne s’agissait pas de combats d’artillerie entre sunnites et alaouites, mais bien de frappes aériennes.

 

Depuis la rédaction de Métula, on en compta six ou sept. Elles étaient particulièrement violentes.

 

Ce matin, des sources proches des renseignements occidentaux, des agences de presse, des porte-paroles de la rébellion syrienne, ainsi que des fuites en provenance d’officiels israéliens et américains font état d’un raid aérien d’envergure sur Damas, aux petites heures de ce dimanche.

 

Ces informations évoquent deux attaques – ou séries d’attaques -, dont l’une se serait déroulée vendredi matin, et l’autre, comme nous venons de le mentionner, aujourd’hui.

 

A la Ména nous possédons suffisamment de rapports précis pour nous permettre d’affirmer que si ces deux assauts ont bien eu lieu, il y en eut d’autres, très récemment, qui sont passés inaperçus aux yeux de la plupart des commentateurs, à l’exception de quelques officiers de l’ASL [Armée Syrienne Libre] sur le terrain.

 

On n’en est peut-être pas au stade d’actions militaires ininterrompues de la part de Tsahal mais, assurément, de frappes ciblées à répétition. Les objectifs militaires que poursuivent les pilotes hébreux sont des entrepôts et des cargaisons de missiles sol-sol iraniens de type Fatah-110 (le victorieux), de quatrième génération, à destination du Hezbollah au Liban ; des missiles sol-air de fabrication russe, également destinés à la même milice, des radars antiaériens, russes aussi, déployés en Syrie ; des centres de stockage d’armes de destruction massive, et aussi des brigades syriennes spécialisées dans la mise en œuvre des moyens sol-air, et, finalement, des brigades de Pasdaran, les Gardiens de la Révolution iraniens.

 

Ce qu’il est indispensable de noter, d’un strict point de vue stratégique, est que ces raids n’ont pas grand-chose à voir avec la Guerre Civile syrienne. Ces opérations sont exclusivement liées à la situation prévalant entre l’Iran et Israël.

 

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Le Fatah-110, un missile sol-sol de moyenne portée redoutable

Ici sur un camion de transport développé en Perse

 

Tout le monde, dans la région, est conscient qu’une attaque contre les infrastructures nucléaires perses est prévue par l’état-major de Tsahal entre la fin juin et le début juillet. La plupart des analystes sont d’avis que si ce conflit devait se déclencher, la "République" Islamique ne riposterait pas directement contre l’Etat hébreu, par crainte de voir la confrontation gagner en intensité sans avoir les moyens de se mesurer efficacement aux ressources militaires de Jérusalem.

 

Dans cette situation, Téhéran mise principalement sur l’ouverture d’un second front à partir du Liban, entre la milice chiite du Hezbollah et Israël.

 

Mais les hommes de Hassan Nasrallah ne disposent actuellement, en grande majorité, que de roquettes de courte et de moyenne portée, pas à même d’opposer un défi crédible à la puissance de feu israélienne.

 

Certes, le Hezb possède des dizaines de milliers de ces engins rustiques, mais, comme on l’a remarqué en 2006, même en en tirant un très grand nombre – on pense que 8000 roquettes avaient été lancées du Liban durant ledit conflit -, l’étendue des dégâts et le nombre des victimes côté hébreu demeura négligeable en termes tactiques.

 

Pour commencer à poser un problème militaire à Tsahal, et justifier ainsi l’ouverture d’un second front, Nasrallah doit impérativement disposer de deux choses : des missiles sol-air dotés d’une technologie avancée, capables à tout le moins de déranger un peu la suprématie absolue de l’aviation adverse, ainsi que de missiles sol-sol précis et porteurs d’une charge explosive conséquente.

 

Ces considérations expliquent les efforts soutenus consentis par l’Iran dans le but d’acheminer des armes de ces types dans le pays aux cèdres. En pleine guerre civile syrienne, Téhéran utilise l’aéroport de Damas, même soumis aux bombardements des forces insurgées, non pas pour renforcer l’armée de Béchar al Assad, mais pour préparer sa propre guerre éventuelle contre les Israéliens.

 

En termes stratégiques plus globaux, cela donne une explication satisfaisante aux propos tenus mardi dernier par Gaby Ashkenazi [l’ancien chef d’état-major de Tsahal] à New York : il est dans l’intérêt de Jérusalem de favoriser la victoire des forces sunnites sur celles du régime actuel.

 

Plus les al Assad perdront du terrain, plus la capacité des Iraniens à utiliser la Syrie en qualité de plateforme logistique pour armer le Hezbollah sera réduite.

 

L’objectif des Israéliens, en favorisant le transfert du pouvoir à l’opposition syrienne, consiste, en première finalité, à priver les ayatollahs de l’opportunité d’ouvrir un second front à partir du Liban.

 

S’ils en sont empêchés, par des raids aériens et/ou par une perte de l’aéroport international de Damas, par exemple, le problème tactique de l’Iran face à une éventuelle attaque israélienne de son industrie nucléaire sera pratiquement insurmontable.

 

Une évolution de la situation dans ce sens pourrait, si les dirigeants de la théocratie chiite agissent dans la logique, les pousser à la transaction lors de leurs discussions officielles avec les 5+1, et secrètes, en Suisse, avec les émissaires de Washington.

 

A propos du Fatah-110, nos lecteurs doivent savoir que, contrairement aux roquettes actuellement à la disposition du Hezb, privées de moyens de guidage, il s’agit, dans ce cas, d’une arme efficace et redoutable.

 

Le Fatah-110-D1, soit la quatrième génération du Fatah 100, datant des premières années du XXIème siècle, possède l’avantage d’emporter, à plus de 3 500 km/h, une charge explosive de l’ordre de 250 kilos, sur une distance maximale de 300 km.

 

De quoi atteindre pratiquement n’importe quelle cible stratégique en Israël à partir du Liban et de l’endommager sérieusement. A noter que les Perses affirment que le Fatah-110 peut emporter jusqu’à 650 kilos de charge utile, mais les experts occidentaux ne les croient pas. Reste qu’un quart de tonne d’explosif représente un potentiel destructeur considérable, apte à raser un bloc d’immeubles dans son entièreté, une base militaire ou une usine.

 

Cela explique les risques pris par l’armée de l’air à l’étoile bleue dans le but d’empêcher que ces missiles ne parviennent dans les mains des miliciens chiites libanais.

 

Tôt ce matin, c’est une quantité conséquente de ces missiles et de leurs ogives qui ont été touchés de plein fouet par les salves des F-16 du He’l Avir. La déflagration impliquant des milliers de kilos de charges hautement explosives a transformé le ciel de Damas en décor d’apocalypse.

 

"On aurait dit", confient des témoins oculaires, "l’explosion d’une bombe atomique. Les flammes s’élevaient à une centaine de mètres au-dessus du quartier de Jamraya, dans le nord de la capitale syrienne, et les détonations assourdissantes se succédaient". Sur les images filmées depuis les avant-postes rebelles, on entendait les combattants sunnites admirer la scène, en lançant des Allah hou akbar !, Dieu est grand. [Voir la vidéo de la principale explosion tournée par les rebelles].

 

L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, l’officine médiatique principale des rebelles située en Grande-Bretagne, de même que des sources combattantes et d’autres s’exprimant depuis Beyrouth, ont annoncé que les frappes des chasseurs-bombardiers ont également visé d’autres dépôts de munitions, des systèmes antiaériens syriens ainsi que deux bataillons de Pasdaran perses.

 

En effectuant des recoupements à partir de nos bureaux de Beyrouth et de Metula, nous sommes d’avis que ces informations sont plausibles.

 

Sorti du domaine strictement militaire, il est loisible d’observer que ces frappes aériennes revêtent plusieurs conséquences largement positives pour Jérusalem. En décidant de se départir de leur neutralité stérile, le gouvernement et l’establishment de la Défense israéliens sont en train de briser l’une de leurs plus mauvaises habitudes : jusqu’à présent, ils remportaient des succès militaires indiscutables mais ne parvenaient pas à les transformer en résultats positifs sur le plan politique.

 

A l’occasion de leurs dernières actions, ils se sont mis à inverser la tendance ; d’abord en renforçant leur capacité de dissuasion démontrée. Car autant les partisans d’Assad, que les combattants de la rébellion, les miliciens chiites libanais, les responsables de la "République" Islamique d’Iran, que les dirigeants et les observateurs avisés du monde arabo-musulmans, vont garder longtemps en mémoire les images vidéo des explosions gigantesques de ce matin.

 

Avec un impact sans doute particulier sur les officiers de l’armée iranienne et sur les mollahs, qui saisissent sans peine que ce que les appareils israéliens viennent de réaliser à Damas, ils pourront le répéter tout aussi efficacement dans deux mois sur leur territoire.

 

Ils savent, entre autres, que les moyens de défense antiaériens dont ils disposent sont identiques à ceux qui sont déployés en Syrie. Lors, la supériorité des Hébreux dans le domaine de la guerre électronique est telle, que la DCA [Défense Contre les Avions] alaouite ignorait jusqu’à la présence des avions dans son ciel et n’a pas eu la possibilité ne serait-ce que de tenter de les intercepter.

 

De ce point de vue, l’on peut conclure que le He’l Avir est techniquement prêt pour une intervention en Perse, et que ses pilotes, du fait de leur avancement technologique, ne courent qu’un risque très mesuré en participant à ces opérations.

 

L’on peut aussi déduire, comme vient de le faire le major-général à la retraite Amos Yadlin, ex-chef du renseignement militaire, que "ce que l’on voit en Syrie démontre un niveau très élevé de renseignement et de performance militaire". Il est vrai que des pilotes entraînés à atteindre un chef terroriste à Gaza au milieu d’une foule, avec une précision de l’ordre de quelques centimètres, n’expérimentent naturellement pas de problèmes lorsqu’il s’agit de détruire un grand entrepôt.

 

Tout cela est prédominant du point de vue du moral et de la dissuasion, mais il y a plus encore. La télévision syrienne a bien fait état du raid de cette nuit, de même que les porte-paroles du régime, mais ils l’ont fait en s’épargnant les menaces de représailles qu’ils profèrent ordinairement.

 

Même les commentaires officiels iraniens sont prudents, soulignant que l’armée de la théocratie chiite, si elle compte entraîner celle des al Assad, ne projette pas de se battre à ses côtés contre "l’entité sioniste".

 

Pour Assad, les termes de l’équation sont simples : toute tentative, ne serait-ce que symbolique, de riposter militairement contre Israël, se solderait par un appui accru des Hébreux à son opposition. Jérusalem se trouve dans une situation confortable, dans laquelle elle peut décider, sans pour cela employer des moyens démesurés, qui des alaouites ou des sunnites remportera la guerre civile. Pour Bechar al Assad, défier Tsahal aurait pour conséquence certaine de se voir renverser de son trône déjà chancelant.

 

Même incapacité de riposter pour le Hezbollah : en ce dimanche, à Métula et à Kiryat Shmona, aussi bien qu’à Nahariyya, Haïfa et Afula, l’état d’alerte n’a pas été décrété et les gens vaquent normalement à leurs occupations professionnelles.

 

Ce matin, par mesure de précaution, deux batteries de Dôme de fer ont été déployées, l’une dans la périphérie de Haïfa, l’autre, dans celle de Safed. Au sein de l’état-major hébreu, l’on est persuadé que les Iraniens et leurs substituts chiites libanais ne prendront pas le risque insensé de tirer quelques-unes de leurs roquettes en direction de la Galilée.

 

La raison à la clé de leur réflexion consiste en cela que la milice libanaise se trouve terriblement exposée à d’éventuels raids supplémentaires de l’aviation bleue et blanche. Le Hezb est traditionnellement une milice agissant selon les règles de la guérilla ; c’est-à-dire qu’elle se fond parmi la population et que c’est ainsi qu’elle se préserve des attaques d’un ennemi qui lui est supérieur dans tous les paramètres de la confrontation.

 

Mais ces jours, le Hezbollah a été amené à modifier sa tactique, intégrant ses combattants à l’armée régulière syrienne et aux brigades de Gardiens de la Révolution. Ses forces n’agissent plus selon les lois de la guérilla mais à l’instar d’une armée régulière, avec des bases exposées et des voies de communication connues, ce qui en fait des proies de prédilection pour les pilotes expérimentés du He’l Avir.

 

Dans les conditions qui prévalent, le prix à payer par le Hezb pour le tir de quelques Katiouchas se paierait, pour les supplétifs libanais d’Ahmadinejad, par des centaines voire des milliers de morts en quelques sorties de l’aviation israélienne.

 

Quant à l’Iran, il ne dispose pas des moyens nécessaires afin de se livrer à une attaque préventive de l’Etat hébreu. Toute offensive de sa part se solderait par une défaite cuisante, additionnée du transfert à Jérusalem de la légitimité internationale de s’en prendre à ses infrastructures nucléaires. Ceci explique la retenue des ayatollahs.

 

Côté occidental, finalement, dans le camp des démocraties qui aimeraient bien en faire plus pour aider la rébellion, mais qui craignent de se mouiller comme en Irak et en Afghanistan, on n’a aucune intention de critiquer les opérations israéliennes. Au contraire, le Président Barack Obama a déclaré, en apprenant l’attaque sur Damas, qu’Israël avait "le droit de se protéger contre le transfert d’armes avancées à destination du Hezbollah".

 

Dans le même cadre, nous, de relever que ces tentatives iraniennes de transférer des missiles au Liban violent de manière flagrante la résolution 1701 du Conseil de Sécurité de l’ONU ayant mis un terme à la Deuxième Guerre du Liban en 2006. Icelle interdit formellement à tout pays de livrer des armes à toute organisation armée autre que celle dépendant des autorités légitimes de Beyrouth.


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De quoi parle-t-on quand on parle d'austérité et de relance ? (info # 010405/13) Version imprimable
Analyse économique
samedi, 04 mai 2013

 

Par Sébastien Castellion

 

En Europe comme aux Etats-Unis, il semble parfois, à entendre les commentateurs, que la principale question de politique économique est de savoir s'il faut continuer une politique "de rigueur" ou "d'austérité" - c'est-à-dire limiter la dépense publique et la dette publique -, ou s'il faut, au contraire, engager une politique de "relance", dans laquelle les Etats accepteraient de s'endetter davantage et de créer plus de monnaie afin de dépenser plus et soutenir la croissance.

 

En Europe, les gouvernements de la France et de l'Allemagne se sont récemment opposés (par le truchement de hauts personnages qui ne faisaient pas partie des deux gouvernements, pour éviter un incident diplomatique trop explicite) sur l'opportunité pour l'Allemagne - première puissance économique européenne, produisant plus du tiers de la richesse totale de la zone euro - de relancer la croissance de la zone, en augmentant sa dette publique et les dépenses de son gouvernement.

 

La France, qui croule sous la dette, manque cruellement de recettes fiscales et n'a donc pas les moyens de sa propre politique de relance, aimerait que l'Allemagne dépense davantage pour soutenir la croissance française.

 

Mais l'Allemagne a passé les dix dernières années à améliorer la gestion de son économie : elle a restreint les déficits, augmenté le temps de travail et réduit son coût, investi dans la formation des travailleurs et multiplié les contrats à l'export. Elle ne voit pas l'intérêt de mettre cet assainissement en péril pour faire plaisir à des voisins incapables des mêmes efforts.

 

En plus de ce débat entre les deux premières économies d'Europe, la Banque Centrale Européenne (BCE) essaie, de son côté, de soutenir la croissance, en augmentant massivement la quantité de monnaie disponible dans la zone euro.

 

La BCE vient de baisser une nouvelle fois, le 2 mai, son taux directeur - de 0,7% à 0,5% - pour faciliter l'attribution de prêts par les banques. Elle a perdu depuis longtemps toute discipline dans le choix des instruments qu'elle demande en contrepartie de ses propres prêts, et accepte de prêter contre des titres aussi douteux, par exemple, que les "obligations d'Etat" (garanties par la seule bonne volonté des gouvernements) des pays en banqueroute du sud du continent.

 

Aux Etats-Unis, le débat est presque identique.

 

Après avoir massivement augmenté la dépense publique et les déficits pendant son premier mandat, l'administration Obama commence - bien prudemment - à s'engager sur la voie d'une réduction du déficit. Cela pourrait sembler une mesure de bon sens, au moment alors que les déficits du premier mandat dépassaient 1 000 milliards de dollars par an, soit plus de 9% de la richesse totale des Etats-Unis.

 

Et pourtant, cette prudence très relative provoque la colère de commentateurs prestigieux - comme le prix Nobel Paul Krugman, qui demande, semaine après semaine, dans sa chronique du New York Times, que l'administration Obama (qui porte déjà le poids de la dépense publique et de la dette les plus élevées, en termes absolus, de l'histoire de l'humanité) passe enfin à la vitesse supérieure et vise, par exemple, un déficit de 20% de la richesse américaine.

 

La banque centrale américaine, ou Federal Reserve, s'est elle aussi engagée dans une politique de création indéfinie de monnaie, qu'elle appelle "facilitation quantitative".

 

Ce débat occidental sur l'austérité et la relance a une bonne raison d’être : la faiblesse généralisée de la demande dans les économies d'Europe et des Etats-Unis.

 

Malgré la fin de la crise financière, qui avait mis un terme à la croissance occidentale en 2008, les économies occidentales ne parviennent pas à retrouver le chemin de la croissance. Les entreprises n'investissent guère, parce que le coût du travail et le poids des impôts et des charges empêchent la plupart des investissements de devenir rentables.

 

Les ménages - endettés, trop taxés ou craignant l'avenir - ne dépensent pas non plus. Comme l'a montré récemment l'économiste Albert Edwards de SocGen dans le graphique suivant, la conséquence de cette faible demande est que, malgré l'énorme augmentation de la masse monétaire, l'inflation en Europe et aux Etats-Unis est, paradoxalement, en train de diminuer au lieu d'augmenter.

 

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La demande s'effondre en Europe et aux Etats-Unis (source: SocGen)

 

Et pourtant, ceux qui pensent qu'il est possible de mettre fin à cette crise par la dépense publique et la création de monnaie vont à l'encontre à la fois de leurs propres origines intellectuelles (le "keynésianisme") et de l'expérience qui montre, sans aucun doute possible, que ces politiques ne permettent pas d'augmenter la croissance.

 

Les partisans d'une politique de relance se définissent eux-mêmes comme "keynésiens". Mais John Maynard Keynes - qu'ils présentent comme leur maître à penser parce qu'il recommandait une baisse des taux d'intérêt et une hausse des déficits publics pour sortir de la crise économique des années 1930 - a toujours rappelé que cette politique ne pouvait réussir que si, en période de croissance, les Etats engrangeaient des excédents budgétaires qui permettraient de financer la relance lors des prochaines récessions.

 

Faute d'avoir constitué de telles réserves, les politiques dites "de relance" dont discutent aujourd'hui les nouveaux keynésiens ne peuvent augmenter l'activité économique dans un secteur qu'en la réduisant simultanément dans un autre. Pour financer les nouveaux travaux sans avoir engrangé d'excédents, il faut :

 

soit augmenter les impôts, donc priver les contribuables de ressources qu'ils auraient placées dans l'économie ;

 

soit augmenter la dette, donc réduire la croissance future le jour où il faudra rembourser ;

           

soit, enfin, créer plus de monnaie pour autant de richesse disponible, ce qui a exactement le même effet qu'augmenter les impôts. La monnaie nouvellement créée vient financer les dépenses des Etats pendant que la capacité d'agir des personnes privées est réduite - non pas par les impôts cette fois, mais par l'inflation.

 

Si les politiques "de relance" pouvaient réussir, l'Europe et les Etats-Unis seraient, en ce moment-même, portés par un mouvement enivrant de croissance économique. Les commentateurs peuvent se plaindre de l'"austérité", mais celle-ci a été totalement absente des politiques économiques américaine et européenne des dernières années.

 

Aux Etats-Unis, la dépense publique a augmenté d'un tiers entre 2007 et 2012 (de 2 700 à 3 600 milliards de dollars) et la dette fédérale a presque doublé, passant de 9 000 à 16 000 milliards de dollars. Malgré cela, la croissance moyenne s'est effondrée, à la fois par rapport aux années 1990, pendant lesquelles l'Etat américain se désendettait, et relativement à la présidence Bush, qui a certes connu une augmentation de la dette, mais mieux maîtrisée (une augmentation de moitié en sept ans contre un quasi-doublement en cinq). Si la "relance" fonctionnait mieux que "l'austérité", comment se fait-il alors que la période de plus faible croissance soit aussi celle de la plus forte dépense publique et des plus grands déficits ?

 

La situation est exactement la même en Europe. Plus les commentateurs se plaignent de prétendues politiques d'austérité, plus l'examen des chiffres montre, qu'au contraire, les économies européennes ont passé les dernières années à augmenter la dette publique et la dépense publique - avec, pour unique résultat, une disparition presque complète de la croissance. Le blogueur Tyler Durden a récemment résumé l'évolution de la dette publique en Europe dans le tableau suivant :

 

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Evolution du poids de la dette publique dans les économies européennes, 2007-2012 (source: Eurostat / Tyler Durden)

 

Ce lien entre politiques "de relance" et faible croissance économique - sauf pour les pays très faiblement endettés qui peuvent se permettre des mesures keynésiennes sans réduire les capacités de financement du secteur privé - n'a rien de nouveau. Même la plus célèbre des politiques keynésiennes (celle que le Président Roosevelt avait mise en œuvre aux Etats-Unis dans les années 1930) avait totalement échoué à mettre fin à la Grande Dépression ; elle l'a même presque certainement prolongée. Il y a maintenant vingt ans que l'économie japonaise va de plan de relance en plan de relance sans voir revenir la croissance.

 

Pourquoi, dans ces conditions, tant d'hommes politiques et de commentateurs continuent-ils à réclamer une politique économique qui a prouvé son inefficacité ?

 

La raison en est que ceux qui critiquent l'austérité et exigent la relance cherchent à préserver, non pas la croissance économique, mais un modèle de société qui serait menacé par une politique de réduction de la dépense publique et de la dette publique.

 

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Evolutions (info # 010205/13) Version imprimable
Analyse
jeudi, 02 mai 2013

 

Par Stéphane Juffa

 

Israël est en train de prendre des initiatives en corollaire de la situation en Syrie, en Iran et au Liban. Il n’est d’ailleurs plus approprié du tout de ne pas considérer ces dossiers comme faisant partie de la même problématique et de la même situation conflictuelle.

 

Les habitants du nord d’Israël comprendront parfaitement ce dont je parle ; ceux qui ont le sommeil léger n’auront pas pu fermer l’œil de la nuit de mercredi à jeudi, sans cesse dérangés par le vrombissement des chasseurs-bombardiers sur leur tête. Des appareils en route vers le Liban et la Syrie.

 

Des sources dans ces pays ont fait état de nombreux simulacres d’attaques par les avions du He’l Avir [Armée de l’air israélienne]. D’autres, parmi les rebelles qui combattent al Assad, ont même prétendu que des cibles au sol – des dépôts d’armes non-conventionnelles – avaient été attaquées voici quelques jours.

 

Au sol, où Tsahal a déclenché un exercice-surprise : deux mille réservistes et leurs blindés ont sillonné les routes et les chemins de Haute-Galilée deux jours durant. En face, les ennemis des Hébreux ont eu très peur, et Hassan Nasrallah lui-même, intervenant mardi sur la chaîne TV du Hezbollah, Al Manar (le phare), s’est dit soulagé en apprenant sur la radio de l’Armée israélienne qu’il ne s’agissait que d’un entraînement. Le chef de la milice pro-iranienne sait à quel media se fier.

 

Sa harangue était retransmise sur des écrans dans la rue chiite de Beyrouth ; il ne se montre jamais en public et ne dort jamais deux nuits consécutives au même endroit depuis 2006, ce qui ne l’empêche pas de clamer souvent qu’Israël ne lui fait pas peur. C’est tout un paradoxe ou une très grande prudence.         

 

Si Nasrallah, mardi, n’avait pas la mine des bons jours, c’est qu’il a du souci à se faire. Son organisation est impliquée jusqu’aux oreilles dans la Guerre Civile syrienne, au cours de laquelle le Hezb a dernièrement perdu des centaines de combattants. Cette semaine, ce sont deux responsables militaires de premier rang qui sont tombés sous les balles des rebelles ; des chefs difficiles à remplacer au sein d’une "grande petite milice".

 

Le Sayyed chiite [c’est son titre honorifique] a voulu faire croire que les bilans élevés des pertes du Hezb étaient faux et découlaient de la propagande israélienne. Pourtant, Michaël Béhé, notre correspondant permanent au pays du cèdre, qui s’est rendu sur le théâtre des combats à la frontière syro-libanaise, a vu de nombreux cercueils se faire rapatrier pour les inhumations.

 

A en croire notre camarade, les combats qui se déroulent dans la région de Qousseir ne sont plus sporadiques. C’est une guerre ouverte qui s’y déroule, à coups d’échanges d’artillerie et d’affrontements de fantassins. Il est impossible ailleurs que sur une carte de géographie de différencier les villages syriens et libanais dans lesquels on se livre bataille.

 

"C’est la lutte pour le contrôle de Qom qui se déroule ici", explique Béhé, "entre les alaouites d’Assad et les chiites du Hezbollah, d’une part, et les sunnites, de l’autre ; le camp qui dominera l’axe d’approvisionnement en provenance du Liban finira par enlever l’ensemble de la ville et de ses environs".

 

Jamais à une contradiction près, Nasrallah, lors du même discours télévisé, a déclaré : "Nous sommes fiers des martyrs qui sont tombés ces dernières semaines et ils nous honorent. Je salue leur famille". S’ils n’étaient qu’une poignée à avoir perdu la vie, il n’en aurait rien dit.

 

Il a également affirmé que ses hommes étaient capables d’intervenir et de bloquer n’importe quelle attaque israélienne. Mais là, il rêve éveillé ; son mouvement est empêtré dans le marais syrien, sur les ordres de Téhéran, et des milliers de ses miliciens vont périr pour défendre le régime d’al Assad à l’agonie.

 

Quant aux Hébreux, leurs démonstrations de force ont pour but de tester et d’user la sérénité des Hezbollani au Liban et des Gardiens de la révolution khomeyniste qui les encadrent. Car une date a été déterminée par Binyamin Netanyahu comme étant celle à laquelle les ayatollahs auront franchi le point de non-retour dans leur quête de l’arme atomique ; et cette date, c’est juillet prochain.

 

Tous les collègues analystes avec lesquels j’ai conversé partagent l’opinion de ceux de la Ména : si aucune ouverture n’est trouvée lors des négociations secrètes de la dernière chance, qui se déroulent actuellement à Genève entre Américains et Iraniens [source infaillible], et même s’ils sont les seuls à en prendre la responsabilité, les Israéliens attaqueront les infrastructures nucléaires persanes fin juin.

 

A Washington, sur les bords du Potomac, on entend à ce propos des opinions diverses : dans l’entourage du Président Obama, on murmure que les évaluations à propos du stade d’avancement des Perses diffèrent entre la Maison Blanche et Jérusalem. Au parlement, cependant, on fait passer une loi promettant à l’Etat hébreu une assistance logistique massive au cas où il déciderait de s’en prendre à la "République" Islamique.

 

Il est clair qu’en dépit de ses promesses et des garanties qu’il a données, Obama n’a pas l’intention de se laisser entraîner facilement dans de nouveaux conflits, que ce soit en Syrie ou en Iran. Il avait – sans que personne ne l’en prie – assuré que l’emploi d’armes chimiques dans la Guerre Civile marquerait le franchissement d’une ligne rouge qui requerrait une réaction militaire US.

 

Aujourd’hui, pour ne pas passer pour un parjure, le président prétend ne pas posséder la preuve formelle que les soldats alaouites ont fait usages d’armes de cette sorte. De notre rocher de Métula, nous ignorons quel est le plus grand mal pour l’Amérique, avoir des services de renseignement qui ne savent pas que l’océan est rempli d’eau ou un président Pinocchio.

 

Il importe certes de savoir distinguer entre les grenades et les obus de faible calibre, contenant du gaz sarin, qui ont été employés par l’armée régulière à deux ou trois reprises, et des missiles ou des avions, qui pourraient en transporter par centaines de kilos. A notre humble avis, la cote d’alerte chimique-bactériologique n’a pas été atteinte en Syrie, même si les développements constatés sont alarmants.

 

Mais dans l’exécutif à Jérusalem et à la tête de l’establishment de la défense à Tel-Aviv, on perçoit comme un mauvais signe les tergiversations sémantiques et les arguties malhabiles du pensionnaire de la White House. Aussi, on se prépare à agir sans lui, parce qu’ici, il est exclu de vivre à portée d’un Iran nucléaire.

 

Et si on montre ses biceps aux chiites et aux Pasdaran déployés au Liban, c’est parce que l’unique riposte de Téhéran que l’on envisage sérieusement consisterait dans le déclenchement d’une pluie de roquettes tirées sur nos agglomérations en provenance du pays aux cèdres.

 

Tout le monde, dans la région, connaît parfaitement les tenants et les aboutissants de l’équation Israël-Iran ; à l’instar de Nasrallah, mardi, qui "conseille" à Israël "de ne rien entreprendre au Liban, parce que la Résistance est prête, qu’elle a le doigt sur la gâchette et la capacité de défendre le Liban, sa terre et son peuple".

 

A partir d’où, Sayyed, de Qousseir en Syrie ? De Damas ? La Résistance ? Contre qui ? Pour servir les intérêts de qui ?

 

La situation du Hezbollah est encore plus délicate que ce qu’il paraît dans une analyse à court terme ; à l’horizon, que ce soit des mains des Hébreux ou de ses frères libanais, c’est la milice chiite qui va être rayée de la carte.

 

Soit par Tsahal, si elle tire le moindre projectile en direction de la Galilée, soit dès le lendemain de la chute de Damas. Les menaces en ce sens se multiplient au Liban, tant dans les villes qu’au sein des forces armées. Nasrallah et ses séides ne survivront pas à Assad.

 

De plus, Israël prend de plus en plus parti en faveur de l’insurrection syrienne. Pour ne pas gâcher notre plaisir, elle le fait même avec intelligence, et son soutien n’est pas rejeté par l’ASL [Armée Syrienne Libre] ni par les Etats sunnites, loin s’en faut. Chez les adversaires des Assad et de l’Iran dans le monde arabe, on souhaite uniquement que l’apport des Hébreux demeure discret, pour ne pas enflammer la rue à qui on a appris à les détester.

 

Mais on n’a noté aucune déclaration hostile à Israël dans les rangs de l’opposition syrienne main stream ces derniers mois ; et le roi de Jordanie n’a ni protesté ni démenti lorsqu’il a été annoncé qu’il avait octroyé deux couloirs aériens à l’Armée de l’air à l’étoile de David afin d’espionner, voire de frapper Béchar. 

 

Sur le plan de la rhétorique, Israël a aussi – enfin !! – commencé à agir. A faire un usage stratégique, sans utiliser la force, de ses avantages militaire, géographique et économique. C’est l’ancien commandant en chef de Tsahal, le Lieutenant-général Gabi Ashkenazi qui a été chargé de la mission ; il a accordé une interview à New York – sa première hors des frontières nationales – à Christiane Amanpour sur CNN.  

 

Il a d’abord, afin de ne pas approfondir le fossé avec Barack Obama sur ses terres, répété qu’au sujet de l’Iran, "l’option militaire constituait le dernier recours", et c’est exactement ce que professe le président étasunien à la cantonade. Reste à définir quand adviendra le moment où l’on considérera que l’on a "le couteau sous la gorge". Sur ce point, la décision reste à Jérusalem.

 

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Gabi Ashkenazi sur CNN

"Nous aurions dû aider la Syrie il y a un an"

 

Et surtout, à propos de la Syrie, Ashkenazi a rompu le principe de neutralité intravertie et stérile ; un pays comme Israël, dans sa situation, se doit d’avoir une opinion sur ce qui se déroule à sa porte. Le général, de lancer, à propos de la guerre civile voisine, que "l’Occident se doit d’entreprendre quelque chose", et que "ne rien faire participe assurément d’un message erroné".

 

Puis de préciser, pour couper définitivement les jambes au doute, qu’ "il est possible d’aider l’opposition syrienne d’une manière plus concrète ; comme en lui fournissant des armes afin de l’aider à renverser le Président syrien Béchar al Assad, ou en imposant une zone interdite de survol sur au moins une partie de la Syrie".

 

Mme Amanpour lui a alors posé la question qui vous brûle probablement les lèvres à ce point de la lecture de l’article : "La chute d’Assad est-elle dans l’intérêt d’Israël ?".

 

Dans sa réponse, le général n’a pas fait usage de la langue de bois, la position de l’Etat hébreu étant dictée non pas par l’empathie à l’endroit d’un belligérant ou de l’autre, mais par un calcul d’intérêt abouti.

 

La première chose – et Ashkenazi ne l’a pas dite – relève de ce que la victoire de l’insurrection est inéluctable et qu’il est préférable d’entretenir les meilleures relations possibles avec les vainqueurs et leurs alliés plutôt qu’avec les vaincus.

 

Ce qu’il a dit, en revanche, est que le succès de l’opposition constituera un revers majeur pour l’Iran et le Hezbollah. Que "la Syrie fait office de plaque tournante logistique pour le Hezbollah, et que la plupart de l’armement qu’il possède provient des dépôts syriens, tandis que le financement arrive d’Iran".

 

Plus simplement encore : "l’Iran perdrait son seul Etat allié dans la région, son portail sur le monde arabe".

 

Posé moins diplomatiquement, cela signifie qu’en cas de chute de la dynastie des al Assad, on se débarrasserait définitivement de "leur" Syrie et du Hezbollah, et l’on priverait Khamenei de frontières communes avec Israël. D’un point de vue stratégique, tout cela vaut son pesant d’or.

 

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Tous les journaux ne sont pas à vendre (info # 012904/13) Version imprimable
Analyse d'une oeuvre
lundi, 29 avril 2013

 

Par Sandra Ores

 

Bernard tenait un journal. La survie de ces pages écrites, hâtivement reliées dans un cahier, s’inscrit dans l’enchaînement d’une série de coïncidences, de secondes décisives, marquées par de la présence d’esprit ; de chance, aussi, qui ont mené ce jeune homme, originaire de Galicie, à traverser, en parvenant à ne pas mourir, les années de chasse aux Juifs que furent celles de la Seconde Guerre mondiale en Europe de l’Est.

 

Przemysl, Galicie, sud-est de la Pologne, mai 44.

 

De juillet jusqu’à février 43, Bernard et deux de ses amis se cachaient dans un bunker souterrain, habitat de fortune, quoique commodément aménagé, relié à l’électricité par un poteau avoisinant.

 

Mais dans la Pologne officiellement Judenrein (nettoyée des Juifs), des miliciens ukrainiens, au service du régime nazi, sillonnaient le pays à la recherche de fugitifs. Dans l’enceinte du village de Przemysl, le regard des deux miliciens fut attiré par un périmètre assez bien délimité au sol, où la neige avait fondu. Un phénomène dû à la chaleur d’une activité humaine souterraine.

 

Découverts, les trois Juifs entamèrent des négociations éperdues et parvinrent, en dernier ressort, à soudoyer les Ukrainiens avec leurs maigres possessions, un peu d’argent et un poste de radio.

 

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Bernard

 

Repérés, ils durent ensuite changer sans cesse de cachette, avant de se faire prendre, trois mois plus tard, par la Gestapo ; ou plutôt, dénoncés à la Gestapo par des paysans locaux, qui touchaient un kilo de sucre par Juif livré.

 

Les Allemands fusillèrent les hommes sur place. Sauf Bernard, dont ils découvrirent le journal qui retint leur attention. Les écrits alignés sur les quelques pages du cahier relataient, en polonais, les pensées, les réflexions, autant que le quotidien du jeune homme de 22 ans. Les SS décidèrent de le faire traduire en Allemand, emportant son auteur avec eux.

 

***

 

Dans le ghetto de Przemysl, Bernard était une première fois parvenu à sauver sa peau des engrenages de la machine d’extermination nazie. Grâce à sa mère, tout d’abord, qui l’avait poussé de force hors du groupe de personnes que les SS avaient sélectionnées afin d’être dirigées vers Belzec, où elles furent immédiatement exterminées dès leur arrivée. A la liquidation du ghetto, ensuite, lorsque Bernard parvint à s’enfuir avec un ami – qu’il conservera d’ailleurs toute sa vie – par une galerie d’égout.

 

***

 

Suite à sa capture, en mai 44, les agents de la Gestapo traînèrent Bernard, trois semaines durant, à travers la Pologne, faisant escale dans les nombreuses casernes de miliciens ukrainiens ; les porte-flingues nazis étaient à la recherche des deux traîtres qui avaient failli à leur tâche à Przemysl en laissant la vie sauve aux trois Juifs ; ils avaient pour ordre de les éliminer.

 

Au détour de l’une de ces casernes, Bernard reconnaîtra d’ailleurs les miliciens et réciproquement. Après l’échange d’un regard furtif, et pour cause, personne ne pipera mot.

 

Pendant ce temps, la situation militaire des Allemands s’altérait dans l’est de la Pologne, de laquelle l’Armée Rouge s’approchait à marche forcée.

 

Au milieu de ces voyages, sous la pression des Russes, des nombreuses mutations dans ses rangs, la Gestapo a oublié que son prisonnier, Bernard, avait été arrêté au motif de son identité juive. Les Allemands le jetèrent ainsi dans une prison de Cracovie, Monteloupi, afin qu’il soit jugé.

 

C’est un tribunal militaire qui s’en chargea et le condamna à mort sans surprise. Une peine qui se vit commuée, le lendemain - c’était le 6 juin 44, le jour du débarquement en Normandie -, en travaux forcés à perpétuité.

 

***

 

Bernard fut envoyé dans le camp de concentration de Mauthausen ; plus précisément dans un Straf Kommando (section punitive), une sorte de camp de la mort à l’intérieur du camp de la mort, pendant deux semaines.

 

Chaque matin, cent rangées de cinq hommes partaient pour la carrière du camp. Les gardes les obligeaient à gravir cent quatre-vingt-deux marches, hautes et irrégulières, menant de la carrière à la crête d’une montagne, portant une lourde pierre.

 

A la fin de la journée, cent rangées de seulement quatre hommes revenaient au camp. Les SS tuaient et jetaient sur les parois rocheuses des prisonniers au hasard. Celui qui allait trop vite, trop lentement, qui avait l’air plus fatigué que les autres. Ayant observé le manège des nazis, Bernard s’attachait à rester le plus neutre possible, afin de ne pas attirer l’attention.

 

***

 

Puis il connut Amstetten, Melk, et Ebensee, les annexes de Mauthausen. Un quotidien fait de proximité entre les hommes, d’une existence qui dépend parfois d’une simple cuillère, d’un rien.

 

Et survint le 5 mai 1945, lorsque l’Armée américaine libéra le camp, par une journée de printemps, ensoleillant les Alpes autrichiennes.

 

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Vaut-il mieux avoir affaire aux ennemis déclarés d’Israël qu’à certains dirigeants de la communauté Version imprimable
Analyse
dimanche, 28 avril 2013

 

Par Guy Millière

 

Une question qui m'est souvent posée par mes interlocuteurs lors des conférences que je donne concernant Israël et les Etats-Unis est celle-ci : comment les Juifs américains peuvent-ils aussi massivement continuer de voter à gauche, et, tout particulièrement, comment ont-ils pu voter à plus de soixante-dix pour cent, et deux fois de suite, pour un homme tel que Barack Obama ?

 

Je réponds chaque fois à cette question en disant que les Juifs américains pratiquants et fidèles au judaïsme votent Républicain et discernent que voter Démocrate serait absurde et dangereux, mais que nombre de Juifs américains ne sont pas pratiquants et plus vraiment fidèles au judaïsme.

 

J'ajoute en général que les Juifs américains qui ne sont pas pratiquants et plus vraiment fidèles au judaïsme ont changé de religion sans toujours s'en apercevoir, et sont passés du judaïsme à la nouvelle religion constituée par la nébuleuse des idées de la gauche américaine.

 

Et je conseille la lecture du livre de Norman Podhoretz, Why Jews Are Liberal (Pourquoi les Juifs sont-ils libéraux). On me répond quelquefois que les Juifs de gauche américains disent  néanmoins défendre Israël. Je réponds alors que leur façon de défendre Israël est tellement imprégnée d'illusions délétères, qu'il vaut mieux parfois avoir affaire à des ennemis déclarés d'Israël plutôt qu'à eux.

 

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Croire ou ne pas croire

 

J'ai repensé à cette réponse en lisant récemment, le 8 avril dernier très exactement, une lettre adressée par cent dirigeants juifs américains à Binyamin Netanyahou. Cette lettre se veut ou se prétend amicale. Elle est pourtant loin de l'être.

 

Les dirigeants juifs américains concernés commencent par prendre pour argent comptant les propos tenus par Barack Obama lors de sa récente visite en Israël, et, très significativement, ne retiennent que les propos chaleureux tenus par Obama, et pas du tout les propos négatifs et accusateurs.

 

Peut-on dire qu'ils n'entendent que ce qu'ils veulent entendre et deviennent sourds lorsque se trouve énoncé ce qu'ils ne veulent pas entendre ? Je pense que oui.

 

Ils continuent en demandant à Israël de faire des sacrifices « douloureux » au nom de la « paix ». Ils ne demandent, bien sûr, pas le moindre « sacrifice » à la partie palestinienne, et ils ne se demandent pas non plus si, quand bien même Israël consentirait aux sacrifices réclamés, des pas vers la « paix » seraient franchis.

 

Doit-on en déduire qu'ils demandent à Israël de se sacrifier quand bien même Israël n'obtiendrait rien en échange, voire moins que rien ? Je pense que oui, là encore. Et parlent-ils de « paix » en s'aveuglant totalement sur les propos, les intentions et les actes des ennemis d'Israël ? Je pense que oui, toujours.

 

Leur amitié à l’égard d’Israël consiste donc à pratiquer la surdité sélective et l'aveuglement sélectif, à demander à Israël des gestes dont ils conviennent eux-mêmes qu'ils seraient « douloureux », mais dont ils ne veulent pas voir qu'ils seraient des gestes inutiles et suicidaires. Et, finalement, dès lors que le gouvernement israélien ne vit pas sur les hauteurs éthérées de Beverly Hills ou dans un loft de la Cinquième avenue, cette amitié consiste à placer Israël dans son tort, en accusant en filigrane les dirigeants israéliens de ne jamais en faire assez. Cette attitude sert-elle la délégitimation d'Israël ? Oui, à l'évidence.

 

Les dirigeants palestiniens savent que ce type d'attitude sert la délégitimation d'Israël : ils le savent parce qu'ils ont forgé ce type d'attitude et utilisent ce qu'ils ont forgé.

 

La façon de défendre Israël de Juifs tels que les signataires de la lettre est tellement imprégnée d'illusions délétères, qu'il vaut mieux parfois avoir affaire à des ennemis déclarés d'Israël plutôt qu'à eux, oui.

 

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Hockey : Israël s’impose en Turquie (info # 012704/13) Version imprimable
Sport
samedi, 27 avril 2013

 

Par Ilan Tsadik

 

A Métula, c’est jour de fête. Dans la capitale israélienne du hockey sur glace, où se situe l’unique patinoire du pays, on célèbre le titre mondial que l’équipe nationale a brillamment remporté cette semaine en Turquie.

 

Ailleurs chez les Hébreux, on ignore tout de l’authentique exploit de nos hockeyeurs - réalisé devant un public parfois hostile -, puisque qu’aucun media autre que la Ména n’en a fait état. Sortis du foot et du basket, disciplines dans lesquelles nous ne brillons pas particulièrement par les temps qui courent, les confrères soi-disant spécialisés dans le sport n’y entendent que dalle.

 

C’est à Izmit, à cent kilomètres environ à l’est d’Istanbul, que se sont disputés les Championnats du monde de division II. Ce, au rythme effréné d’une rencontre par jour depuis dimanche dernier. Lorsque l’on connaît les efforts que ce sport réclame, on sait toute la résistance dont il fallait faire preuve pour venir à bout des cinq matches au programme.

 

Sur le papier, ou plutôt au classement mondial du hockey, tous les adversaires de la Nivkhéret (la sélection) étaient mieux classés qu’elle. Mais il en fallait davantage pour décourager nos hockeyeurs, parmi lesquels pas moins de douze joueurs du Mac Metulla, le champion d’Israël en titre.  

 

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Situation scabreuse devant le Grand-turc

 

A ceux-ci s’ajoutaient des garçons des autres clubs du pays, ainsi que trois des six "mercenaires", les Israéliens expatriés afin de pratiquer leur sport de prédilection à un niveau plus élevé. L’un d’entre eux, Oren Eizenman, qui évolue dans la ligue professionnelle nipponne, fut sans conteste le meilleur joueur du tournoi, avec huit buts marqués. Birbraer, qui patine aux USA, et Erlich, au Canada, firent également des étincelles.

 

Trois autres "émigrés", dont Eliezer Sherbatov, qui porte à l’année les couleurs de Neuilly-sur-Seine, ne sont pas parvenus à se libérer afin de rejoindre l’équipe nationale. Il faudrait pouvoir compter sur eux l’an prochain, car Israël est promu dans la catégorie supérieure des championnats mondiaux, grâce à sa première place, et elle aura affaire à de redoutables partis.

 

Il y a déjà matière à se réjouir du bilan de cette escapade au pays d’Erdogan, puisque la Nivkhéret a gagné quatre de ses cinq rencontres. Cette après-midi, elle s’est toutefois inclinée face au Mexique, sur le score étriqué de 4 à 3, à l’issue d’une partie de fort belle facture.

 

Ce dernier match ne comptait que pour l’honneur, puisque nos sportifs étaient déjà assurés de la première place avant qu’elle ne débute. Visiblement fatigués – ce sont de purs amateurs – les patineurs hébreux ont perdu leurs nerfs lors de la troisième période, qu’ils ont pratiquement entièrement disputée en infériorité numérique à force de multiplier les punitions. Jugez plutôt : 36 minutes de pénalités contre uniquement 16 aux Sud-Américains. Les bleu et blanc se sont ainsi compliqué la vie.

 

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La Nivkheret marque face à la Nouvelle-Zélande

 

Auparavant, lors de leur première confrontation, dimanche dernier, ils avaient dominé la sélection chinoise – tous des professionnels -, sur la marque de six réussites à trois.

 

Le lendemain, ils rencontraient les hôtes turcs, au cours d’une partie tendue, qui reflétait les relations tumultueuses entre les deux nations ; il fut beaucoup question d’amour propre de part et d’autre de la glace. Et à ce jeu, après deux premiers tiers disputés, nos garçons passèrent la main pour faire la décision, sur la marque finale de 5 à 3. En toute fin de rencontre, l’adversaire manqua de fair-play et déclencha quelques bagarres mais rien de bien méchant.

 

Mardi, les Hébreux firent encore entendre leur loi, cette fois-ci aux Néozélandais, lors d’un match longtemps indécis : 3-2.

 

Et vendredi, ils prirent leur revanche sur les Bulgares, qui les avaient battus l’an dernier, leur infligeant un sévère 13 à 2.

 

La glace de la patinoire KKB d’Izmit réussit bien à nos hockeyeurs, puisqu’en février dernier, la sélection des moins de 18 ans y avait également décroché la palme mondiale, se défaisant aussi des Turcs en cette occasion.

 

Pour les deux pays, Izmit, ce n’est pas uniquement le hockey… Nombreux sont ceux qui se souviennent du terrible tremblement de terre qui avait secoué cette région en 1999, faisant quelques dix-sept mille victimes.

 

Jérusalem avait alors dépêché des centaines de secouristes et avait déployé un hôpital de campagne, qui demeura actif des semaines après le séisme. La délégation israélienne a pu se rendre compte que des dizaines de bâtiments préfabriqués que nous avions construits il y a quatorze ans pour donner un toit aux sans-abris servent encore.

 

Priorité au hockey, toutefois. Un sport qui convient à merveille à l’esprit sabra, avec sa vitesse d’exécution, son engagement physique et ses tactiques élaborées. Nous y faisons d’ailleurs de gros progrès malgré le petit nombre de pratiquants au niveau national (moins de 800, y compris les juniors et les dames).

 

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Phase animée face aux Chinois

 

Ce sport convient bien aux Juifs en général, on en a connu de très bons ; à une époque pas si lointaine, on n’en comptait pas moins de sept dans l’équipe nationale française. Et à Izmit, il y avait des Israélites pratiquement dans chaque équipe, à part chez les Chinois, bien entendu.

 

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A propos de mes vacances en Iran (info # 012604/13) Version imprimable
Reportage
vendredi, 26 avril 2013

 

Par Averell Dalton

 

Averell (pseudo) est un jeune journaliste déjà confirmé, aussi à l’aise dans l’expression écrite qu’audiovisuelle. Il collabore déjà depuis plusieurs années et régulièrement avec ses camarades de la Ména. Il s’exprime également sur les ondes de la radio et a fait ses classes et ses preuves à la télévision à Tf1 et sur France 2.

 

Le journalisme est bien plus qu’un métier. On ne quitte pas sa rédaction le soir, comme on raccroche son bleu de travail au porte-manteau, sans y penser jusqu’au lendemain. Un journaliste a sans cesse besoin d’être informé, de s’informer. Pour toujours mieux comprendre le monde qui l’entoure, et la manière dont il évolue.

 

Et les vacances n’échappent pas à cette logique. Difficile d’organiser un séjour « tout compris » dans un centre de vacances d’un pays ensoleillé, où on vous regarde de travers si vous vous éloignez de plus de 20 mètres de la piscine. Un journaliste est curieux, au bureau comme en vacances.

 

C’est comme cela que je me suis retrouvé en Iran. C’est à peine si j’ai choisi la destination, tant elle s’est imposée à moi. Dans mon métier, j’évoque fréquemment la Perse. Et rarement en des termes élogieux, actualité internationale oblige. Alors il y a un mois, me rendant compte que je disposais de jours de congé non utilisés, je n’ai pas mis longtemps à décider d’aller voir l’envers du décor de cette "république" islamique tant décriée.

 

Bien sûr, en une quinzaine de jours, impossible de porter un avis définitif sur un pays comme l’Iran. A cause de sa taille, pour commencer, trois fois celle de la France, qui empêche de le parcourir d’un bout à l’autre en si peu de temps. Mais cela demeure suffisant pour rencontrer des gens, s’imprégner de l’ambiance, et se faire une idée plus précise de ce qui se passe là-bas.

 

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L’expression artistique officielle :

les graffitis sur les murs de l’ancienne ambassade des Etats-Unis

 

En Occident, on entend souvent parler de pays exsangue du fait des sanctions économiques internationales, qui ont pour résultat une inflation galopante. Pour l’inflation, d’accord : en à peine 10 jours, le cours du rial au marché noir (le seul utilisé au quotidien) a perdu plus de 8% face à l’euro, et rien ne laissait présager que la tendance allait s’inverser.

 

Seule conséquence visible de cette inflation pour un touriste : l’accès aux monuments historiques est désormais 10, parfois 30 fois plus cher pour les étrangers (soit 3 euros pour les plus onéreux).

 

Ce contre quoi les locaux se sont plusieurs fois insurgés en ma présence, avant de me présenter leurs excuses (expression spontanée de leur hospitalité légendaire, à maintes reprises vérifiée). Les hôtels n’ont par contre pas modifié leurs prix, qu’ils calculent toujours en rials, ce qui rend parfois l’addition finale franchement embarrassante tant elle est basse.

 

Pour ce qui est du pays exsangue, en revanche, beaucoup moins d’accord. A se promener dans les villes et les campagnes iraniennes, on ressent même l’inverse. A Téhéran comme dans d’autres villes, de grands travaux sont en cours. Des lignes de métro sont en construction pour désengorger les centres urbains (qui en ont bien besoin) ; le réseau routier ne souffre aucune critique, le système de transport public intra et inter urbain est performant, la propreté des rues est irréprochable, et les bâtiments historiques qui ne sont pas impeccables sont en cours de rénovation.

 

Cela participe-t-il d’une politique de propagande interne ? Possible, probable même. Il n’empêche, tous ces éléments mis bout à bout donnent le sentiment d’un pays « qui tourne ».

 

Tout au long d’un périple qui m’a mené de Téhéran à Shiraz [sud-ouest de la Perse, la cité a donné son nom au cépage Syrah en œnologie], les Iraniens me sont apparus comme un peuple très fier.

 

Aucune arrogance dans les comportements toutefois, juste la conscience diffuse d’un héritage glorieux et d’une culture riche, fruit de 3 000 ans d’histoire. C’est probablement cela qui les poussait quasi systématiquement à me poser cette même première question : « Que pensez-vous de l’Iran ? ». Tout sauf une simple demande : la réputation d’Etat voyou dont est affublé le pays agit tel un affront pour la plupart des autochtones.

 

Cette question essentielle, ils sont des dizaines, jeunes et beaucoup moins jeunes, à me l’avoir posée après m’avoir abordé spontanément dans la rue, devant une mosquée ou dans un café. Seul point commun entre toutes ces personnes, un niveau correct d’anglais, mon farsi se limitant peu ou prou à « bonjour » et « merci ».

 

J’avais décidé avant mon départ d’adopter une posture prudente concernant les questions politiques. Je comptais amener les personnes que je rencontrerais à aborder en premier ce sujet sensible, car il est impossible de savoir au premier coup d’œil à qui l’on a affaire. Mais, sur place, je me suis vite rendu compte que c’était pour cette unique raison qu’on m’abordait, et surtout, pour m’expliquer à quel point la population rejette le régime des mollahs.

 

Toutefois, si l’on me parlait sans retenue, au moment de nommer Ahmadinejad ou Khamenei, mes interlocuteurs baissaient subitement la voix, et balayaient du regard l’endroit où nous nous trouvions. Car on ne sait jamais, ici les murs ont parfois des oreilles. Et malgré le risque que peut représenter (selon certains de mes interlocuteurs) le simple fait de me parler, les critiques fusaient et les mollahs en prenaient pour leur grade.

 

Les jeunes en particulier affichent leur frustration. De ne pas trouver d’emploi, même précaire, malgré leurs diplômes universitaires. De ne pas pouvoir voyager, du fait de l’inflation qui rend l’euro et le dollar virtuellement inaccessibles, mais aussi du fait des restrictions mises en place par le gouvernement.

 

Mais avant tout, frustration de ne pas pouvoir s’exprimer. « Si on n’a pas la liberté, on n’a rien », me disait Massoud, un jeune homme rencontré à Ispahan, se considérant lui-même chanceux, car il avait réussi à décrocher un job.

 

C’est à Ispahan justement que j’ai eu l’occasion de me rendre compte que ce régime ne s’apparentait pas franchement à une démocratie. Ville majestueuse et ancienne capitale de l’empire sous la dynastie des Safavides, elle est traversée par l’imposante rivière Zayandeh.

 

Sauf que depuis une décennie, pour des raisons apparemment politiques, l’eau est déviée en amont. Le lit est donc asséché onze mois par an, et l’eau ne revient que durant un mois, pour remplir le bassin situé en aval qu’utilisent les agriculteurs pour irriguer leurs terres.

 

Outre la colère que provoque cette privation arbitraire, au fil des années, ce retour de l’eau est devenu une célébration en soi. La nouvelle s’était propagée à la vitesse de l’éclair, et des centaines de jeunes s’étaient réunis sur et aux alentours du pont principal de la ville. Chants, danses et feux d’artifice improvisés, tout était en place pour faire de cette soirée une fête digne de ce nom. Il est vrai que, pour les jeunes Iraniens, les occasions de se divertir, et à plus forte raison de se regrouper en public, ne sont pas légions.

 

Seulement, les autorités ne voient pas d’un bon œil les rassemblements populaires. Un jeune homme m’avait d’ailleurs interpelé au cours de la soirée, me lâchant cette phrase laconique avant de continuer son chemin : « Faites attention, ça commence à devenir politique, ça pourrait être dangereux ».

 

Et effectivement, une demi-heure plus tard, des dizaines d’officiers de la police et de l’armée investissaient l’endroit, dispersaient la foule et procédaient à des arrestations. Pour quel motif ? Je l’ignore. Selon les personnes que j’ai interrogées, c’est parce que les jeunes en question écoutaient de la musique interdite, et certains consommaient de l’alcool.

 

Aux yeux d’un occidental pourtant, cette soirée se déroulait d’une manière bon enfant, strictement sans aucun débordement à déplorer. En quelques minutes, le pont et les berges étaient presque entièrement désertés, et ils furent fort peu nombreux à effectivement assister au retour de l’eau tant attendu.

 

L’importante jeunesse iranienne - 55% de la population est âgée de moins de 30 ans selon le recensement de 2012, parmi plus de 75 millions d’habitants - n’est donc pas libre, c’est un fait.

 

Mais elle trouve malgré tout des échappatoires. Les coins sombres des nombreux parcs que l’on retrouve dans toute les villes sont un endroit discret de rendez-vous pour les amoureux, que la témérité pousse à aller jusqu’à se tenir par la main ; un acte contraire à la loi islamique et qui vaut régulièrement à de jeunes hommes d’atterrir en prison pour quelques heures ou plusieurs semaines, la durée du séjour dépendant généralement de leurs moyens financiers.

 

Et puis il y a Facebook. Le gouvernement a beau bloquer des centaines de sites Internet, les Iraniens ont trouvé la parade en installant un logiciel permettant de contourner l’interdit. Rares sont les Internet-cafés dans les villes, car de très nombreux jeunes (et pas uniquement les plus nantis) possèdent un Smartphone, et à la maison un ordinateur doté d’une connexion au Net.

 

Grâce aux réseaux sociaux, ils retrouvent sur la toile un semblant de liberté. Les garçons peuvent discuter avec les filles, qui s’affichent d’ailleurs souvent sans le hijab sur leur photo de profil.

 

Face à ce manque flagrant de liberté et à ce ras-le-bol général, mon reflexe journalistique s’est résumé en une question, posée à chaque personne rencontrée : Est-ce que quelque chose va changer, une contre-révolution est-elle envisageable ?

 

Et toujours, la même réponse fusait : « Islam is everywhere ». Traduisez : les mollahs ont verrouillé le système, il est désormais devenu impossible de renverser la vapeur. C’est la résignation qui prédomine, les jeunes préférant consacrer leur énergie à rechercher un boulot, les plus âgés à conserver leurs acquis et à pourvoir aux besoins de leur famille.

 

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L’enfant n’est pas une marchandise (info # 012504/13) Version imprimable
Analyse
jeudi, 25 avril 2013

 

Par Raphaël Delpard

 

Nous constatons que l’absence d’un chef d’Etat éclairé à la tête de la République française entraîne la société, à propos de la loi du mariage pour tous, vers un chahut dialectique. Une chienlit principalement causée par l’évacuation du débat serein et démocratique. En lieu et place, florilège d’invectives, de menaces, d’insultes, de provocations de toutes sortes et de toutes natures.

 

Il est clair que les opposants au mariage pour tous ne manifestent pas contre le mariage entre personnes du même sexe par principe. Le pacs, instauré en 1999 - sous un gouvernement dirigé par Lionel Jospin - autorisait deux personnes du même sexe à s’unir administrativement. Nous avons pu observer que la société ne s’est pas écroulée pour autant. Remarquons également, au passage, que les homosexuels demandeurs de la loi ont été les moins actifs à l’utiliser. Les hétérosexuels, en revanche, se précipitèrent sur l’aubaine, évitant de cette manière les lourds débours d’un mariage.

 

Nous devons pourtant savoir que le vacarme autour du mariage homosexuel occulte un grave problème. A savoir les deux articles concernant l’adoption par des personnes du même sexe et la création d’un enfant par le moyen de la procréation médicalement assistée.

 

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Si les enfants avaient la parole

 

Je n’ai pas suffisamment étudié la procréation médicalement assistée pour en parler avec pertinence. Je préfère ainsi circonscrire ma réflexion sur un sujet qui me tient terriblement à cœur : l’adoption.

 

Telle que la loi initiée par Mme Taubira, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, nous est présentée, l’enfant adopté ou fabriqué tout exprès sur commande d’un couple homo sera dépouillé des droits fondamentaux qui le protègent depuis la Déclaration de Genève de 1924, et, plus tard, par la Convention de La Haye du 29 mai 1993.

 

Globalement que disent les textes ?

 

Qu’une famille est avant tout formée d’une femme et d’un homme. La Déclaration universelle des Droits de l’homme, édictée en 1948, rappelle que la famille est l’élément fondamental et naturel de la société.

 

Si l’enfant ne peut grandir sous la responsabilité de ses parents et recevoir l’amour auquel il a droit, il peut alors être confié « à une famille de remplacement ».

 

Notons avec impartialité que dans les arguties avancées par les tenants du mariage pour tous, jamais la présence de l’enfant n’est évoquée ; il a disparu du discours. Il est gommé !

 

Ce silence camoufle une vérité monstrueuse. A l’avenir, avec la loi Taubira, l’enfant n’existera plus en tant que personne mais uniquement en qualité d’objet. Ce, même si la comparaison fait grincer les dents. Comment oublier que la déportation des Juifs et des Tziganes durant la Seconde Guerre mondiale reposait sur le même concept ?

 

Suite à l’application de la loi Taubira, l’enfant qui aura été adopté ou crée tout exprès sera devenu un individu sans repères, déstructuré, à la recherche d’une norme : familiale et parentale.

 

La filiation. D’où viens-je ? Qui suis-je ? Ce sera une tragédie pour lui, car nous pouvons imaginer que les couples hétérosexuels n’auront pas disparu. Et que l’enfant fabriqué pour calmer la névrose de ses « parents » sera rapidement confronté à une autre vérité. Un autre mode de vie. Une autre norme, à laquelle son éducation particulière ne lui donnera pas accès.

 

La différence qu’il verra au quotidien sera destructrice en ce qui le concerne. Abimé de l’intérieur, il pourra certes se mêler à n’importe quelle société sur la planète, c’est l’objectif secret des initiateurs de la loi. Il aura été préparé à cette fusion. Mais sera-t-il pour autant un homme épanoui s’il ne sait d’où il vient ?

 

25 juristes1 internationaux viennent d’adresser un texte à ce sujet aux parlementaires français afin de les alerter à propos de la situation de l’enfant dans la loi, et de son absence dans les débats.

 

Les juristes concluent de la manière suivante :

 

« La tentation de la possession d’autrui est une menace récurrente qui guette la société humaine. Dans l’ordre de la procréation, cette tentation prend la forme revendicatrice du droit à adopter, du droit à un enfant, du droit à fabriquer un enfant… L’enfant adopté ne serait plus alors que le simple objet de substitution auquel un adulte prétendrait avoir droit, alors que, selon le droit international, c’est une famille de substitution à laquelle il pouvait prétendre. Si nous commençons à l’admettre, toute l’immonde pelote se déroule vers le néoesclavagisme. Si les droits de l’homme ignorent ces aspirations et leur refusent le droit de cité, c’est parce qu’ils trouvent leur raison commune dans le devoir d’abhorrer toute forme de réification de l’être humain, forme modernisée de l’esclavage ».

 

Il est un autre danger que le brouhaha de la loi nous empêche d’entendre et de saisir sur la portée du dol à venir : la pédophilie.

 

Comment la société s’y prendra-t-elle pour refuser, au nom de l’amour, ce fameux désir amoureux dont on nous rebat les oreilles en ce moment : les gens qui s’aiment pourront se marier. Okay, mais je pose à nouveau la question : comment s’y prendra-t-on pour refuser aux uns, ce que l’on a autorisé à d’autres ?

 

Depuis des mois, nous voyons apparaître des revendications de plus en plus fréquentes de pédophiles réclamant les mêmes droits que les homosexuels. L’étude du CROM2 rapporte qu’« Aux États-Unis et au Canada, les pédomanes (ou pédophiles) commencent à réclamer un statut similaire à celui des homosexuels.

 

Ils allèguent que leur attirance pour les enfants est une orientation sexuelle en soi. Les opposants aux mœurs homosexuels ont longtemps affirmé qu’une fois l’homosexualité acceptée comme simple orientation sexuelle, logiquement, plus rien ne serait interdit.

 

Les gays se sont offensés d’une telle proposition, affirmant que cela n’arriverait jamais. Des psychiatres commencent pourtant à prendre parti pour une nouvelle définition de la pédophilie, comme ce fut le cas pour l’homosexualité il y a déjà plusieurs années.

 

Phénomène marginal pensez-vous ? Pas si sûr. Il suffit de regarder et de se montrer attentif. Les pédophiles ont à leur disposition des forums pour s’exprimer sur Internet, des revues, des associations pour les défendre et pratiquer du lobbying à outrance.

 

La plus en vue se trouve au Québec : « Les amis de toutes les minorités sexuelles ». Ses membres militent pour abaisser la majorité sexuelle à 12 ans. Des juristes, des politiques et des journalistes leur viennent en aide, se dépensant sans compter en conseils pour faire aboutir leurs revendications.

 

D’autres mouvements travaillent auprès de l’opinion publique pour que les actes pédophiles sur les enfants soient considérés comme des gestes d’amour.

 

En Hollande, un parti pédéraste a vu le jour en 2006 : « Le parti de la Charité, de la Liberté et de la Diversité ». En dépit de plaintes, la justice n’est pas parvenue à le dissoudre. Restons au niveau international pour citer le très actif mouvement International pédophile and Child émancipation (Mouvement pédophile international et pour l’émancipation de l’enfant).

 

Plus proche de nous, en France, le problème de la pédérastie est souvent escamoté, particulièrement si elle est pratiquée par des politiciens ou des artistes connus.

 

On se souvient d’un article particulièrement répugnant, sur Libération, en 1979. Le quotidien réserva une pleine page à un entretien avec Jacques Dugué. Il avait violé des enfants ainsi que les siens. Le pédophile affirmait alors « que les lois de protection des enfants vont contre leurs désirs et font souffrir les adultes ». Libé le félicita pour sa franchise et son objectivité.

 

Avez-vous lu dans la presse française la moindre attaque contre le livre de Frédéric Mitterrand intitulé « Mauvais sang », dans lequel il raconte sans ambages ses virées pédophile en Thaïlande ? Il déclara à la télévision au cours d’une émission dont il était l’invité « Qu’un garçon au-dessus de 14 ans, c’est dégueulasse ».

 

 

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En direct de Natanz (info # 012204/13) Version imprimable
Exclusivité
lundi, 22 avril 2013

 

© Metula News Agency

 

C’est un gros scoop que nous présentons aujourd’hui aux lecteurs de la Ména. L’un de nos reporters s’est rendu physiquement – et le plus officiellement du monde – en "République" Islamique d’Iran.

 

Il s’est baladé à sa guise et sans jamais être importuné par les autorités, à Téhéran et dans d’autres régions du pays dominé par les ayatollahs. Il a rencontré une foule de personnes dans le but de rapporter un compte-rendu fidèle de cet univers dans lequel les journalistes occidentaux ne mettent pratiquement plus les pieds.

 

Nombre d’entre eux, en effet, ont été arrêtés et incarcérés dans des conditions difficiles sous l’accusation fallacieuse d’espionnage. Certains avaient même été condamnés à la peine capitale.

 

Notre reporter relatera prochainement dans ces colonnes les péripéties de son périple ainsi que les découvertes qu’il a pu faire dans ce territoire interdit et sévèrement protégé.

 

Alors que l’on évoque de plus en plus le mois de juin prochain – si les Iraniens persistent à ne pas prendre les négociations avec les 5+1 au sérieux – comme date buttoir pour une opération militaire, il existait un intérêt évident à se rendre sur place afin de tâter l’ambiance qui prédomine.

 

Les risques étaient conséquents mais, en se parant des meilleures précautions possibles, il a été possible de les gérer ; ce, sans exposer notre camarade plus qu’il ne fallait.

 

En Iran, dans l’impossibilité de communiquer avec le monde extérieur en toute sécurité, il a adapté tout seul ses sujets de reportages. Ce matin, nous vous présentons le plus osé d’entre eux : une incursion en lisière du complexe de Natanz !

 

Notre camarade est passé en voiture le long du mur d’enceinte en terre cachant le site où la théocratie chiite produit l’essentiel de son uranium enrichi. Il a pris ses clichés à l’arraché, à l’aide d’un simple téléphone portable.

 

Le centre d’enrichissement de Natanz et ses milliers de centrifugeuses se situe dans la province d’Ispahan, à 110km au nord de la ville du même nom, et à 230km en plein sud de Téhéran.

 

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L’entrée principale du site de Natanz

Il s’agit d’une nouvelle construction dont nous ne connaissons pas d’autre image ;

elle comprend, derrière le parking réservé aux véhicules des ingénieurs et techniciens,

un grand bâtiment administratif. Sur l’arche du portique, deux portraits de l’ayatollah

Khomeiny ainsi que des extraits de ses pensées

© Metula News Agency

 

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Le point de contrôle qu’il est nécessaire de franchir pour pénétrer dans le site.

Sur la droite, un panneau avec les directions à prendre afin d’accéder aux diverses

aires d’activité. On distingue également l’un des gardes.

© Metula News Agency

 

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Un autre bâtiment administratif et un talus protégeant les installations des regards

et des attaques terrestres.

Le talus mesure environ 4 mètres de haut et il fait tout le tour du site

© Metula News Agency

 

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Un bâtiment d’activité derrière le monticule.

On voit aussi, dans sa proximité, une grosse cheminée déjà plusieurs fois photographiée

© Metula News Agency

 

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La France est désormais un pays très peu sûr pour les Juifs (info # 012104/13) Version imprimable
Analyse
dimanche, 21 avril 2013

 

Par Guy Millière

 

On le sait, le nombre d'actes antisémites en France, l'an dernier, a connu un très net accroissement, et l'essentiel de cet accroissement a suivi les assassinats perpétrés par Mohamed Merah à Toulouse, dans l'école Otzar Hatorah.

 

Tuer des enfants juifs dans une cour d'école a pétrifié d'horreur de nombreux Français. Cela a, hélas, aussi empli de joie d'autres gens vivant en France, qu'ils aient la nationalité française ou non. Et ces gens emplis de joie ont considéré que ce qu'avait fait Mohamed Merah était un exemple à suivre. Ils ont, en conséquence, suivi son exemple autant qu'ils le pouvaient.

 

On le sait aussi, les dirigeants politiques français condamnent l'antisémitisme, mais ils le font en termes vagues, si vagues qu'on ne sait jamais très exactement ce qu'ils condamnent, sauf lorsqu'ils parlent de ce qui s'est passé sous le maréchal Pétain, donc il y a peu ou prou soixante-dix ans.

 

Et condamner en termes vagues, ou condamner ce qui s'est passé sous le maréchal Pétain ne permet pas vraiment de lutter contre l'antisémitisme tel qu'il existe et se dissémine aujourd'hui. Dire qu'il existe un antisémitisme islamique est plus que jamais politiquement incorrect, et vaut à qui s'y risque l'accusation de « racisme islamophobe ».

 

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Cela devient une image du quotidien des Français

 

Nul ne dira donc que Mohamed Merah avait des motivations islamistes ou, si c'est dit, ce le sera en passant très vite, et en ajoutant que l' « esprit islamiste » n'a rien à voir avec l'islam, cela « va de soi ». Et nul ne dira que ceux que les actes de Mohamed Merah ont empli de joie se trouvent très largement dans ce qu'il est convenu d'appeler les « banlieues de l'islam ». Je ne le dirai donc pas.

 

On le sait enfin, tout en condamnant l'antisémitisme en termes vagues, les dirigeants politiques français font comme s'ils ne voyaient pas la haine du seul Etat juif sur terre qui est en train de monter dans le pays comme un cancer en voie de généralisation.

 

Cette haine atteint pourtant des degrés absolument répugnants. Laisser de côté le fait que la haine de l'Etat juif imprégnait Mohamed Merah et qu'elle est tapie derrière l'essentiel des actes antisémites qui se commettent aujourd'hui en France équivaut à nier l'évidence.

 

Tout comme laisser de côté le fait que la haine de l'Etat juif qui monte dans le pays est très largement imprégnée de la vision d'Israël et des Juifs qui prévaut dans le monde musulman, tout particulièrement depuis qu’y déferle la vague islamiste.

 

Laisser de côté que la haine de l'Etat juif atteint gravement la gauche extrême, qui, emportée par sa détestation des sociétés ouvertes et de la civilisation occidentale, se fait l'idiote utile de la vague islamiste. Cette gauche pratique dès lors de l'antisémitisme tout en faisant semblant de ne pas le savoir, ce qui équivaut à nier l'évidence encore, et d'une manière particulièrement obscène.

 

La gauche extrême gravement atteinte courtise ainsi les assassins de Juifs agissant au nom d'une cause islamique. Et elle en fait même ses idoles.

 

C'est ce qu'on a observé lorsque la municipalité de Bezons, en banlieue parisienne, a décerné voici peu le titre de citoyen d'honneur à Majdi Rahima Rimawi, coupable d'avoir tué le ministre israélien Rehavam Zeevi. C'est ce que l'on a vu lors des réceptions organisées pour glorifier Salah Hamouri, qui n'a pas réussi à tuer sa victime (mais qui avait tout fait pour).

 

C'est ce qu'on a vu cette semaine avec la soirée consacrée, le 17 avril dernier à Saint Denis, à Amir Jabar Sharif Sawalma et Allam Kaabi (appelés fraternellement par leurs prénoms sur les tracts et dans les communiqués des organisateurs), criminels membres du FPLP, l'organisation dont les égorgeurs de la famille Fogel en 2011 faisaient partie.

 

Que des êtres abjects tels ceux dont je cite ici le nom puissent être « honorés » ou glorifiés de quelque façon que ce soit devrait être suffisant pour montrer qu'il y a quelque chose de profondément pourri en France, et que la situation atteint un degré qui devrait appeler un sursaut éthique.

 

Que ces êtres abjects puissent être affublés, comme cela a été le cas à Saint Denis, le 17 avril, du titre de « prisonniers politiques » constitue un crachat symbolique sur la notion même de « prisonnier politique ».

 

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La descendance du créateur du drapeau d’Israël est… arabe (info # 011904/13) Version imprimable
Enquête
vendredi, 19 avril 2013

 

Par Sandra Ores

 

C’est une histoire du peuple juif. Le récit de membres d’une famille, éparpillés à travers le monde, de destins séparés qui se retrouvent. C’est une histoire d’Israël ; de liens familiaux primant sur les tensions religieuses et politiques.

 

C’est une vie de séparation entre Rishon-LeZion et Nazareth ; d’ignorance de l’existence d’un proche, portant toute sa vie la croix d’un lien crûment interrompu. Un enfant déposé sur les marches d’une église, dont une seule lettre du nom, mal transcrite, l’a confiné derrière un vide impassable.

 

Sûrement s’étaient-ils croisés alors qu’ils habitaient, pendant huit ans, le même quartier Alef de Be’er Sheva ; Youssouf Shoufani, arabe et chrétien, travaillant à l’usine de potasse de la mer Morte, et son cousin Naaman Belkind, ingénieur en mécanique à la centrale nucléaire de Dimona, dans le Néguev.

 

La famille Belkind s’inscrit parmi les grands architectes d’Israël. Dans la Russie de 1861, naît Israël Belkind ; il fonde Bilou, un mouvement sioniste dont les principes sont le renouveau politico-économique national et spirituel du peuple hébreu en Syrie et en Terre d’Israël, la renaissance de l’hébreu et la réalisation personnelle.

 

En 1882, un premier groupe de quatorze personnes part pour la Palestine. Israël Belkind est l’un des fondateurs de Rishon-Le Zion, "les premiers à Sion", et le dessinateur (avec Fanny Meirovitch, jeune pionnière comme lui) du drapeau du futur pays.

 

Son neveu, Naaman Belkind (oncle du premier Naaman cité plus haut) est l’un des membres fondateur du Nili. Ce réseau d’espionnage qui fut constitué dans le but de fournir des informations aux Britanniques pour les soutenir dans leur combat contre les Turcs qui occupaient alors la Palestine.

 

En 1915, en dépit de l’opposition farouche du Yishouv (le foyer juif de Palestine avant la création de l’Etat d’Israël), les membres de Nili aident les Anglais, en tablant qu’à l’issue de la guerre, leur soutien les mènera à obtenir de ces derniers leur part de la Palestine. Le réseau est cependant découvert par l’occupant, suite à la capture d’un pigeon voyageur muni d’un message secret à l’intention des Britanniques.

 

Naaman Belkind, son frère Eitan et Yossef Lishansky (d’ailleurs élevé à Métula) sont faits prisonniers par les Turcs qui les expédient à Damas. Naaman et Yossef y sont pendus sur la place publique. Eitan parvient quant à lui à s’enfuir durant son transfert vers la potence et à regagner Rishon-Le Zion. Sa fratrie, originellement composée de trois filles et de quatre garçons, ainsi que ses parents, accueillent son retour sans son frère avec des sentiments mitigés.

 

En 1929, un enfant est déposé sur les marches d’une église de Nazareth. Le curé l’enregistre sous le nom latin de Josephum Belkund – ce qu’il lit par erreur sur le billet qui accompagne le bébé -, et le confie aux soins d’une maîtresse d’école, célibataire et sans enfant.

 

Le prénom Joseph deviendra Youssouf en arabe. L’homme fait sa vie, travaille dur pour nourrir ses sept enfants ; et surtout, ne cesse de porter à l’intérieur de son être la douleur de l’absence d’une famille à laquelle il se sent appartenir, mais qu’il ne sait où trouver.

 

"Un sentiment tragique", note sa petite fille, Hanan.

 

Michel, l’oncle de Hanan, le fils de Youssouf, a les yeux bleus - une caractéristique rare sur les collines de Galilée connues pour avoir accueilli Jésus Christ - qui lui donnent le sentiment d’être quelque peu étranger dans sa cité.

 

Hanan et Michel sont ébranlés en percevant l’immuable solitude de leur grand-père lorsque celui-ci décide, à plus de 60 ans, de passer un avis de recherche dans le cadre d’une émission télévisée.

 

Pas d’appel, aucune réaction, pas de réponse aux interrogations de l’orphelin. Youssouf meurt. Inapaisés, Hanan et Michel entreprennent alors des recherches sérieuses.

 

La jeune fille aux cheveux blonds qu’est Hanan fait preuve de perspicacité en supposant que le curé avait pu faire une erreur en retranscrivant le nom de son grand-père sur l’acte de naissance. Au lieu de Belkund, ne renvoyant aucun résultat sur Internet, au hasard, elle tape, dans le moteur de recherche, "Belkind".

 

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Youssouf, à gauche, et son père Ishaï

 

Et tombe sur l’histoire de la famille des pionniers ; scrute leur arbre généalogique, avant de voir apparaître le portrait craché de son grand-père parmi les visages répertoriés. Il s’agit d’Ishaï Belkind : la ressemblance est frappante, c’est exactement le même visage.

 

Hanan contacte Tamar Eshel, membre de la famille Belkind, ancienne ambassadrice d’Israël auprès des Nations Unies et ancienne députée à la Knesset. Socialement, politiquement, l’écart est immense entre la jeune fille de Nazareth et la figure de proue de l’establishment israélien. "Moi, arabe, m’adresser à une grande famille sioniste !" se souvient Hanan. La jeune chrétienne souhaite cependant rencontrer Tamar ; elle lui explique au téléphone la raison de son appel.

 

Tamar Eshel, qui n’a jamais entendu parler de l’existence d’un enfant abandonné dans sa famille, accepte toutefois de l’écouter et l’invite à la retrouver dans son appartement, sur les hauteurs de Haïfa.

 

La jeune femme se rend au rendez-vous munie de la photographie de son grand-père. Tamar est instantanément troublée. Elle devine qu’il ne peut s’agir que de l’enfant du cousin de sa mère, Ishaï. Elle n’ébruite pas encore l’affaire parmi les siens ; Ishaï avait été marié, mais n’avait pas eu d’enfant de sa femme, stérile.

 

Tamar s’ouvre discrètement à son cousin Naaman, (le fils d’Eitan Belkind) ; ils décident que ce dernier et Michel (le fils de Youssouf) effectueront un test ADN afin d’identifier un éventuel lien de parenté. L’examen, portant sur le chromosome Y, est confié à l’un des plus grands laboratoires de génétique américains.

 

Deux semaines plus tard, Hanan reçoit un coup de téléphone à six heures du matin. Bouillonnement plus que surprise : les deux échantillons proviennent, au-delà de tout doute sensé, à deux membres proches de la même famille !

 

Tamar Eshel, autant qu’Olga Alroy, la sœur de Naaman, sont bouleversées à l’idée que cet enfant ait grandi, abandonné et loin de la famille, sans qu’aucun de ses membres n’en connaisse l’existence.

 

Olga affirme, "Si Ishaï avait su, il l’aurait cherché, il adorait les enfants". Elle sort de ses placards une photographie de son oncle, celle sur laquelle il apparaît au bras d’une jolie jeune fille. "C’était un coureur", confie-t-elle.

 

L’enfant avait-il été conçu avant ou après le mariage d’Ishaï ? Et qui était la mère ? Ishaï se consacrait à l’époque à l’apiculture avant de rejoindre sa famille à Rishon et de s’occuper de l’ouverture de son premier cinéma.

 

La famille Belkind ne compte que peu de descendants, se sentant, pour la plupart d’entre eux, oppressés par le poids de leur identité généalogique. Nili Belkind (prénommée en écho à l’organisation fondée deux générations avant elle), la fille de Naaman, a même quitté Israël après son service militaire pour faire sa vie à New York. "Je ne voulais pas être un drapeau", confie-t-elle.

 

Michel, c’est son petit cousin !

 

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50 morts du Hezbollah en deux jours de combats (info # 011604/13) Version imprimable
Analyse
mardi, 16 avril 2013

 

Par Michaël Béhé à Beyrouth

 

La bataille fait rage le long de la frontière syro-libanaise, dans la région de la ville syrienne de Qousseir, ainsi que dans le village libanais de Qasr et les autres agglomérations chiites alentours.

 

Ces combats opposent l’ASL (Armée Syrienne Libre), sunnite, aux forces alaouites loyales à Béchar al Assad et à leur alliée, la milice chiite libanaise du Hezbollah.

 

Pour saisir l’intensité des affrontements il n’est que de mentionner la mort, autour de Qousseir, d’une cinquantaine de Hezbollani durant les seules journées d’hier et d’avant-hier. De nombreuses dépouilles ont été rapatriées au pays du cèdre pour y être inhumées.

 

Nous sommes en présence des affrontements les plus âpres entre les deux camps depuis au moins un an. L’armée alaouite a fait usage de son aviation et de son artillerie pour tenter de déloger les rebelles des positions qu’ils occupent.

 

Le feu provient également de notre territoire, d’où le Hezb bombarde l’ALS à l’aide d’obus de mortier. La dernière citée répliquant par des tirs de roquettes sur les places fortes de la milice, ayant fait plusieurs morts dans les villages chiites libanais.

 

Les opérations en cours visent à s’approprier le contrôle de la route stratégique reliant Beyrouth à Homs. Une grande ville dans laquelle les rebelles se sont installés et que les hommes d’al Assad tentent de reprendre.

 

Or les armes et les munitions des rebelles empruntent l’artère passant à proximité de Qousseir. Ces dernières semaines, les défenseurs (ASL) de la province de Homs ont reçu de nouvelles dotations, notamment en provenance du Liban, ce qui leur avait permis de renforcer leurs positions et d’enlever – ou de récupérer – le contrôle de villages stratégiques dans la région frontalière.

 

Comme d’habitude dans ce genre de situations l’armée libanaise se montre incapable de protéger la souveraineté nationale. Ce qu’elle pourrait faire en empêchant les tirs sur la Syrie à partir de la région de Qasr et en s’opposant aux ripostes de l’ASL.

 

Or ce n’est pas tant que nos soldats ne disposent pas de moyens de faire leur devoir, c’est qu’en intervenant, l’Armée risque l’implosion, consistant à voir les militaires chiites prendre parti pour le Hezbollah et les sunnites pour l’ASL.

 

La même menace plane au niveau du commandement des unités et de l’état-major.  En se refusant à intervenir, nos forces armées préservent le symbole de l’unité nationale, l’existence d’une armée libanaise et, surtout, reculent l’échéance de l’extension du conflit à notre territoire.

 

La même divergence existe au sommet de l’Etat ; sur ordre du Président Souleiman (chrétien) et du 1er ministre démissionnaire Nagib Mikati (sunnite), le ministère des Affaires Etrangères a été prié de répertorier les "agressions syriennes" en vue de les soumettre à la Ligue Arabe.

 

Adnane Mansour, le ministre des AE démissionnaire, quant à lui, chiite issu du Hezbollah, a déclaré que c’est contre la Ligue Arabe que Beyrouth devait déposer un plainte, "afin qu’elle cesse d’armer les terroristes syriens".

 

On saisit aisément, à la lecture de ces données, à quel point notre pays est proche de la guerre civile. Ce qui nous en sépare encore est que le Hezbollah est trop engagé dans le conflit syrien et que les indépendantistes du Courant du 14 mars, ainsi que les officiers sympathisants, chrétiens, sunnites et druzes, préfèrent attendre le dénouement à Damas, entraînant l’isolement logistique de la milice de Nasrallah, avant d’envisager un coup de force.

 

Ceci posé, si les affrontements frontaliers venaient à s’étendre encore, et avec eux leur cortège de victimes, je ne vois pas comment l’on parviendrait à empêcher qu’ils ne gagnent l’ensemble de notre pays.

 

Dans ce climat extrêmement tendu, un homme, Tammam Salam, désigné par la présidence, tente de former un gouvernement apolitique. Un cabinet d’experts, dont la mission se limiterait à préparer les prochaines élections générales tout en assurant les devoirs minimums de l’Etat.

 

Vu l’atmosphère qui prévaut et l’antagonisme déclaré du Courant du 8 mars – les chiites et tous les prosyriens, pro-iraniens – l’initiative de M. Salam, au nom prémonitoire, semble, à tout le moins, complètement décalée.

 

Au Sud, tandis qu’Israël célèbre sous la pluie son 65ème anniversaire, me camarades de Métula sont parvenus [hier soir, lundi. Ndlr.] à photographier un important incendie à six kilomètres de chez eux.

 

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En surplomb du Litani, dans une zone à forte implantation du Hezbollah

 

On distingue sur ces clichés exclusifs ce qui s’apparente en tous points à l’explosion d’un bunker abritant des munitions du Hezbollah. Ce qui concourt à étayer cette hypothèse est la région de l’incident, le volume important de fumée dégagée, sa couleur, la base très vaste du sinistre (environ 300-400m2), ainsi que la répétitivité des explosions, ces derniers mois, dans les entrepôts de la milice chiite au Liban-sud.

 

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Race et Etats-Unis : la synthèse lumineuse de Thomas Sowell (info # 011504/13) Version imprimable
Analyse
lundi, 15 avril 2013

 

Par Sébastien Castellion

 

Thomas Sowell, "Intellectuals and Race", Basic Books, 2013

 

A bientôt quatre-vingt-trois ans, le professeur Thomas Sowell, dont j'avais analysé le précédent livre dans ces colonnes il y a trois ans, continue à mériter sa place d'intellectuel le plus respecté et le plus impressionnant de la droite américaine.

 

Son dernier livre est court (184 pages), mais présente une analyse nouvelle et très convaincante du problème qui mine le plus profondément la société américaine : celui des relations entre groupes ethniques ou, pour utiliser la terminologie des Américains eux-mêmes, entre "races".

 

La thèse de Sowell est que la bonne compréhension du problème racial aux Etats-Unis a été rendue impossible, pendant tout un "long vingtième siècle" qui commence vers la fin du dix-neuvième siècle et n'est toujours pas terminé, par le fait que les intellectuels qui définissent les termes du débat ont toujours refusé de lui appliquer les méthodes scientifiques fondamentales de l'observation et de l'analyse.

 

Au lieu de cela, les intellectuels spécialisés dans la question raciale ont toujours cherché une explication simple leur permettrait de se présenter eux-mêmes comme des êtres supérieurs, dignes de donner des instructions au reste de la société.

 

Jusqu'aux années 1930 environ, la plupart des intellectuels américains affirmaient que les différences de performance entre les groupes - que ce soit face aux études, au travail, dans les tests d'intelligence etc. - étaient dues à une inégalité génétique fondamentale entre les races. Ceux qui refusaient d'admettre ces conclusions étaient ridiculisés comme des "sentimentaux", des esprits aveuglés par la religion, qui refusaient de se plier à l'évidence de la science.

 

De nombreux intellectuels appelaient à tirer les conclusions logiques de l'inégalité génétique qu'ils croyaient avoir démontrée, en empêchant les "races inférieures" de se multiplier et de diminuer le niveau moyen de la société. Les appels à la stérilisation forcée, voire à l'infanticide, étaient monnaie courante dans le débat intellectuel de la première moitié du siècle dernier sous le nom d'"eugénisme".

 

Les intellectuels qui tenaient ce langage n'étaient pas des marginaux : ils comptaient parmi les esprits les plus éminents de leur époque.

 

Au Royaume-Uni, John Maynard Keynes, H.G. Wells et George Bernard Shaw firent partie des fondateurs de la Société d'Eugénisme de Cambridge.

 

Aux Etats-Unis, les eugénistes comptaient parmi leurs rangs Richard Ely, fondateur de l'association américaine d'économie ; le professeur Henry Seager, de l'université de Columbia, président de la même association ; et Edward Ross, l'un des fondateurs de la profession de sociologue en Amérique.

 

Ces grands esprits n'étaient pas des réactionnaires ; bien au contraire. La plupart des principaux eugénistes se positionnait clairement à gauche et étaient engagés en faveur des causes progressistes.

 

Ainsi, Madison Grant, l'auteur d'un livre appelé "La disparition de la grande race", qu'Hitler appelait "ma bible", consacrait à la protection de l'environnement le temps qu'il ne consacrait pas à appeler à l'infanticide des bébés "sud-Européens".

 

Edward Ross fut président de l'American Civil Liberties Union (l’union américaine des libertés civiles), qui reste jusqu'à aujourd'hui l'un des groupes les plus importants pour la défense des libertés publiques.

 

Richard Ely a laissé de nombreux articles en faveur des syndicats, de la nationalisation des services publics, de la réduction du temps de travail et de l'augmentation des impôts sur l'héritage et sur le revenu.

 

Et pourtant, ces grands esprits de gauche, qui prétendaient s'appuyer sur des résultats scientifiques, faisaient des erreurs de raisonnement sommaires, qu'un minimum de méthode intellectuelle suffit pour démonter entièrement.

 

Il était parfaitement exact que les différents groupes ethniques avaient (et ont encore) des résultats statistiquement différents face aux tests de QI, aux diplômes et à la réussite professionnelle. Mais, comme l'indique Thomas Sowell dans son premier chapitre, ces différences ont une série d'explications qui n'ont rien à voir avec la génétique. Les cultures d'origine étaient en effet fondamentalement différentes.

 

Les peuples de l'Ouest de l'Europe portaient avec eux le bagage d'une longue tradition culturelle ; pour ceux de l'Est, cette tradition était plus récente et plus pauvre.

 

Les Juifs encourageaient la lecture et l'étude ; d'autres groupes les dévalorisaient. Les Italiens bénéficiaient de familles stables et solides qui soutenaient l'individu ; d'autres groupes souffraient de taux élevés de divorce, d'abandon et d'alcoolisme.

 

Certains groupes ethniques se transmettaient les secrets professionnels de métiers qu'ils avaient appris à maîtriser mieux que les autres. D'autres groupes mettaient un frein à leur propre succès en entretenant des préjugés culturels contre le travail des femmes ou contre le travail manuel ; ou, comme les Indiens, en assignant à chacun à sa naissance une place sociale qu'il est censé ne jamais quitter.

 

Non seulement ces écarts culturels suffisent largement pour expliquer les écarts statistiques que les eugénistes cherchaient à attribuer à la génétique, mais une analyse des données des eugénistes elles-mêmes aurait pu suffire à déconsidérer l'explication génétique.

 

Ainsi les résultats des tests de QI au début du siècle placent les Italiens et Grecs nettement plus bas que les Norvégiens ou les Anglais ; mais la composition génétique des populations n'avait pas significativement changé depuis que les premiers construisaient le Colisée et le Parthénon pendant que les seconds vivaient des vies de brutes dans leurs marécages.

 

De plus, alors que les Noirs avaient en moyenne un QI plus bas que les Blancs, les Noirs du Nord des Etats-Unis (libres depuis plus longtemps, minoritaires et bien intégrés dans la société blanche) avaient un QI supérieur en moyenne aux Blancs du Sud.

 

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Le professeur Thomas Sowell : sans doute le meilleur esprit des Etats-Unis

 

Comment se fait-il que des faiblesses aussi évidentes de la théorie eugénique n'aient pas suffi pour faire taire les "esprits supérieurs" qui s'en faisaient les propagateurs ? Pour Thomas Sowell, cela s'explique par le fait que les intellectuels, lorsqu'ils parlent des questions raciales, s'intéressent moins à l'analyse précise des phénomènes qu'à créer un climat dans lequel ils sont eux-mêmes en position de donner des leçons à toute la société.

 

Analyser les causes des écarts dans les tests d'intelligence aurait été un travail fastidieux et complexe, qui ne mettait pas les intellectuels particulièrement en valeur. Au contraire, réduire ces causes à une seule (l'inégalité génétique) et appeler, au nom de l'eugénisme, à l'élimination des races inférieures - c'était flatter le narcissisme des intellectuels en faisant d'eux l'avant-garde du progrès de l'humanité. C'était leur donner le droit d'interpeller les gouvernements et les peuples et de morigéner comme "sentimentaux" ceux qui ne les écoutaient pas.

 

C'était, aussi et surtout, leur donner la plus profonde des satisfactions narcissiques : celle de voir le pouvoir se soumettre aux suggestions des intellectuels et adopter leurs recommandations. Ainsi, le président progressiste Woodrow Wilson (lui aussi professeur d'université) introduisit, après son élection en 1912, la ségrégation raciale dans les administrations fédérales où elles n'existaient pas auparavant. En Europe, comme on sait, les principes eugéniques firent d'autres émules, plus extrêmes.

 

L'holocauste mit fin à la mode intellectuelle de l'eugénisme, qui avait déjà été affaiblie avant-guerre par diverses réfutations scientifiques, comme celle de Franz Boas à l'Université de Columbia.

 

En revanche, elle ne changea rien à l'ambition des intellectuels à se poser en donneurs de leçons sur la question raciale. Ayant dû renoncer à l'explication génétique des différences de résultats entre groupes ethnique, les intellectuels américains se rabattirent sur une autre explication simpliste, aussi manifestement fausse que la précédente et aussi facile à réfuter, mais qui leur donnait là encore un rôle flatteur. Il fut décrété que toutes les différences de résultats entre groupes ethniques étaient le résultat du "racisme" du groupe dominant.

 

Le livre qui marque ce revirement est celui de l'économiste Gunnar Myrdal, Un dilemme américain (1944). Myrdal décrit l'échec relatif des Noirs dans la société américaine comme "le problème des Blancs", qui ne peut s'expliquer par "aucune particularité chez les Noirs eux-mêmes".

 

A cette affirmation de principe, Sowell veut opposer une méthode plus scientifique. Il ne nie pas que le racisme et l'héritage de l'esclavage (jusqu'en 1864), puis de la ségrégation raciale (démantelée environ un siècle plus tard), puissent jouer un rôle dans la condition des Noirs contemporains ; mais il demande que l'existence de ce rôle ne soit pas simplement assumée, mais démontrée par l'observation et la logique après l'avoir confrontée empiriquement à d'autres hypothèses.

 

Or, il y a autant d'obstacles à l'hypothèse d'une explication unique par le racisme qu'il y en a à l'hypothèse d'une explication unique par les gènes.

 

Ainsi, les phénomènes de ségrégation de l'habitat entre Noirs et Blancs ont connu plusieurs phases d'amélioration et d'aggravation. A la fin du dix-neuvième siècle, on avait commencé à observer une déségrégation dans les Etats du Nord ; puis les deux populations se sont à nouveau séparées après la migration vers le Nord de nombreux Noirs du Sud. Si le racisme blanc est l'explication de la ségrégation, ce racisme connaît-il de tels aller-retour, et pourquoi ?

 

La désagrégation des communautés noires dans les quartiers pauvres - augmentation de la délinquance, explosion du chômage, baisse du niveau moyen d'éducation, quasi-disparition du mariage et des familles à deux parents, émeutes conduisant les entreprises à fuir les quartiers noirs - s'est produite, non à l'époque des lois racistes, mais après leur abrogation. Si le racisme était responsable de ces misères, il faudrait en conclure qu'il y a plus de racisme aujourd'hui qu'à l'époque de la ségrégation ; ce que personne ne croit, y compris les intellectuels accusateurs.

 

Les phénomènes que les intellectuels d'aujourd'hui expliquent par le racisme épargnent des segments entiers de la population noire. Il n'y a aucune différence de résultats scolaires ou de comportement, par exemple, entre les enfants des militaires américains noirs postés à l'étranger et leurs camarades blancs. Les enfants noirs élevés par des couples mariés et stables et qui disent avoir été entourés de livres en grandissant ont, eux aussi, les mêmes résultats que les enfants blancs élevés dans les mêmes conditions. Par quel miracle le racisme blanc les épargnerait-il ?

 

Enfin, l'effondrement social de la population noire et pauvre depuis 1960 présente exactement les mêmes symptômes que ceux du prolétariat blanc britannique à la même époque : fin du mariage et des couples stables, baisse du niveau éducatif, augmentation de la délinquance et des drogues. Puisque le racisme ne peut pas expliquer cette dégénérescence, il n'est peut-être pas non plus le meilleur outil pour comprendre celle des Noirs d'Amérique.

 

Il y a, en revanche, un point commun aux Noirs américains et au prolétariat blanc britannique depuis cinquante ans : ces deux populations ont toutes deux été imprégnées d'une culture du ressentiment, créée par des intellectuels qui leur ont expliqué que leurs malheurs étaient entièrement dus au groupe dominant - les Blancs en Amérique, les classes moyennes au Royaume-Uni.

 

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John Kerry : aux antipodes de la logique (info # 011404/13) Version imprimable
Analyse
dimanche, 14 avril 2013

 

Par Guy Millière

 

Je n'attendais rien de John Kerry. Il n'a cessé d'incarner, à mes yeux, l’aveugle naïveté de la gauche américaine tout au long de sa carrière politique. John Kerry, secrétaire d'Etat de l'administration Obama II, montre à quel point j'avais raison de ne rien attendre de lui, sinon beaucoup plus d'inepties que chez Hillary Clinton, qui avait pourtant été très performante de ce côté là.

 

Après avoir déclaré que sa priorité revenait à la lutte contre le réchauffement global, et sans doute désireux de se tenir éloigné autant que possible des vagues de froid successives qui frappent les Etats-Unis (les adeptes de la sophistique façon GIEC, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, me diront que le climat n'est pas la météo, je sais), il s'est découvert une autre priorité : la « paix au Proche-Orient » et la résolution du conflit israélo-arabe.

 

Pour répondre à cette priorité, il n'a pas hésité à organiser deux tournées de visites en quinze jours dans ladite région.

 

Ses propos ont, chaque fois, ressemblé lamentablement à de pâles décalques de ceux que Jimmy Carter, de piètre mémoire, a pu tenir au fil des ans depuis qu'il a quitté la Maison Blanche.

 

Les 8 et 9 avril derniers, les propos en question ont été particulièrement transparents. John Kerry, à Ramallah, puis à Jérusalem, s'est dit imprégné d'un « sentiment d'urgence ». Et il a ajouté être persuadé, bien sûr (qui aurait pu en douter ?), que cette urgence demeurait la « paix au Proche-Orient », qu'il a définie comme la « clé de la paix » dans toute la région, et comme le seul moyen de faire reculer « l'extrémisme » et le terrorisme.

 

Il aurait été passionnant qu’il daigne développer son raisonnement !

 

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John Kerry ici avec Fayyad, le seul dirigeant fiable de l’Autorité Palestinienne

Oui mais Salam Fayyad vient d’être écarté de la direction de l’AP

 

Je pense n'avoir aucune chance d'éloigner John Kerry du recours au plagiat des positions de Jimmy Carter, et aucune chance non plus de l'écarter de la niaiserie aveugle dans laquelle il baigne depuis si longtemps.

 

Je n'ignore pas qu'il parle et voyage sur l'ordre de l'adepte sournois du plan de paix saoudien, alias Barack Obama, mais si je pouvais m’entretenir avec le secrétaire d’Etat US, je lui ferais quelques suggestions.

 

Je lui dirais d'abord que, s'il veut parler d'urgence, il devrait plutôt regarder du coté de Téhéran et s'épargner de déclarer (car il l'a dit aussi) qu'une solution diplomatique est possible dans le dossier du nucléaire iranien. Le programme nucléaire déployé sous l'égide d'Ali Khamenei et de Mahmoud Ahmadinejad mérite qu'on s'y intéresse, tout comme leurs diatribes.

 

Et je préciserais que, si en se penchant sur ce programme nucléaire on ne se trouve pas saisi d'un sentiment d'urgence, et que si en écoutant les discours des ayatollahs, on ne discerne pas que l'objectif de ces derniers n'est pas exactement la « paix au Proche-Orient » et dans la région, ainsi que le recul de l'extrémisme et du terrorisme, on est sans doute pire qu'un idiot aveugle. Pire qu’une décalcomanie de Jimmy Carter. Autrement dit, quelqu’un qui ne comprend rien à la conjoncture prédominante.

 

J’expliquerais ensuite à M. Kerry, que s'il pense que l'Autorité Palestinienne veut la « paix au Proche-Orient », il devrait se demander quelle est la « paix » qu’elle poursuit, et si elle serait à même de faire reculer l'extrémisme et le terrorisme.

 

Il devrait, pour comprendre et trouver la réponse, écouter davantage Mahmoud Abbas lorsqu’il évoque Israël et lorsqu'il parle des « martyrs ». Si, ce faisant, il découvre autre chose qu'une paix qui coïnciderait avec l'anéantissement d'Israël et un encouragement à l'extrémisme et au terrorisme, c'est qu'il est indubitablement un inconscient.  

 

Je suggèrerais au secrétaire d’Etat américain, par la même occasion, puisqu'il est passé par la Turquie et y a déclaré qu'Erdogan pouvait contribuer utilement au « processus de paix », de se pencher sur les mots du premier ministre turc, notamment lorsqu’il clame que « le sionisme est un crime contre l'humanité », ou sur ses autres envolées faisant l'apologie du Hamas.

 

Je le sommerais de jeter un œil aux cartes de géographie utilisées par l'Autorité Palestinienne et de me montrer où il discerne la moindre mention d'un Etat appelé Israël. Il devrait également relire les discours récents de Mahmoud Abbas, dans lesquels celui-ci s'autorise à citer élogieusement Amin al-Husseini, ancien mufti de Jérusalem, ami d'Adolf Hitler et chantre de la solution finale au temps d'Auschwitz.

 

J'évoquerais avec M. Kerry les rues et les places de Ramallah portant le nom de gens aussi charmants que Dalal Moghrabi, l'auteur de l'assassinat de trente-huit Israéliens en 1978.

 

Je pourrais, hélas, allonger la liste qui disqualifie objectivement l’approche de Kerry quasiment à l'infini.

 

Je sais que je ne parlerai jamais à John Kerry. Et même si, d'aventure, cela survenait, il ne m'écouterait pas et n'admettrait pas que je lui dise son fait.  

 

Qu'on me permette au moins, dans ces conditions, d'écrire que les voyages et les propos de John Kerry ne trompent personne, sinon lui-même, peut-être.

 

Comme toute la gauche américaine, il se refuse à se confronter à la vague islamiste et ce qu’il reste du « nationalisme arabe », et se refuse donc à regarder l'antisémitisme musulman en face, préférant mettre Israël dans son tort.

 

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Syrie : les objectifs des composantes de la rébellion sont inconciliables (info # 011204/13) Version imprimable
Analyse
vendredi, 12 avril 2013

 

Par Michaël Béhé à Beyrouth

 

De grosses failles – bien plus que des divergences – se sont révélées cette semaine dans les rangs de l’opposition syrienne. Elles couvaient depuis longtemps, désormais elles sont étalées au grand jour. Si, pour le moment et face à al Assad, l’ennemi commun, on ne s’attend pas à une implosion immédiate de l’insurrection, il est clair que le compte-à-rebours d’une prolongation de la guerre civile est enclenché.

 

Car les objectifs des uns et des autres ne sont pas conciliables. De plus, les combattants sur le terrain et leurs leaders ne sont pas maîtres de leurs décisions. Tous servent des grands projets antinomiques divisant tout le monde arabo-musulman et découlant d’interprétations centenaires des textes sacrés de l’islam.

 

Inutile de demeurer plus longtemps dans le langage abstrait et de parler anonymement des protagonistes, tant les choses sont simples et tranchées.

 

D’un côté, l’opposition syrienne main stream, avec son chef issu du plus grand consensus possible entre les nombreuses composantes de la fronde anti-alaouite, Ahmad Moaz al-Khatib. Et ce plus grand dénominateur commun n’est encore qu’une façade, destinée à donner le change à l’étranger et à dispenser, sur le plan domestique, une fragile impression d’unité.

 

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Un groupe d’insurgés. Les bons ou les brutes ?

 

Il serait toutefois étonnant, qu’à l’aboutissement de la révolution, al-Khatib devienne président de Syrie. Même si ce chef est islamiste – il prêchait le vendredi dans les mosquées -, il se veut ennemi d’al-Qaëda et de ses protégés, qui font le coup de feu contre l’Armée loyaliste, les mercenaires d’Allah du front djihadiste al-Nosra.

 

Ces derniers, provenant de multiples pays étrangers, y compris la France, la Belgique et la Suisse, viennent de prêter ouvertement allégeance au successeur de Bin Laden, Ayman el-Zawahiri. Ils combattent pour un objectif unique : l’islamisation de la planète.

 

De cette finalité, ils ne font guère mystère ; elle apparaît d’ailleurs sur quantité de sites islamistes sur le Net sous la forme d’une harangue de Zawahiri à ses miliciens : "Déployez vos efforts afin que le fruit de votre Djihad soit – inch Allah ! – l’instauration d’un Etat islamique-djihadiste basé sur la charia (…) une étape sur le chemin du rétablissement du califat islamique".

 

Répondant lui aussi sur les réseaux sociaux, al-Khatib affirme que cette pensée "ne nous convient pas", et le chef de l’opposition invite du même coup les révolutionnaires "à adopter une position claire à ce sujet". Il a également rejeté la tutelle d’al-Qaëda sur "n’importe quel groupe révolutionnaire syrien", tout en reconnaissant le rôle prépondérant que jouent les brigades internationales du djihadisme al-Nosra dans la bataille, qui bénéficient, selon al-Khatib, de financements occultes provenant de l’étranger.

 

Les origines de ces fonds sont cependant connues, elles se situent au sein de gouvernements limitrophes ou régionaux, à l’instar de l’Arabie Saoudite, mais aussi de pays se définissant comme professant un islam modéré, tels la Turquie, le Qatar et d’autres Emirats du Golfe. Tous des régimes se prétendant aussi alliés de l’Occident.

 

Le financement d’al-Nosra par ces entités est conditionné, d’une part, par leur haine du chiisme et de l’Iran, de l’autre, par leur conviction que seuls des guerriers impitoyables ivres des incantations du Prophète sont capables de détrôner al Assad et les déviants de la religion sacrée qui l’entourent et qu’ils abhorrent littéralement.

 

Au niveau de l’efficacité, on ne peut pas leur donner tort, car les 20 000 brigadistes d’al-Nosra sont à la clé de tous les succès significatifs remportés sur les troupes de Damas. Du Kurdistan syrien, à l’extrême nord-est, aux provinces du Golan-sud, aux confins d’Israël et de la Jordanie, en passant par la frontière turque et les grandes villes d’Alep et Homs, à proximité de notre frontière.

 

Mais ces victoires sont acquises au prix d’une sauvagerie difficilement imaginable, en pratiquant sur l’ennemi des exactions dépassant les siennes ; en ayant recours aux massacres de sang-froid, aux dépens des non-sunnites qui ont le malheur de leur tomber sous la main, des Kurdes, des Druzes, des chrétiens, pour ne citer qu’eux, sans oublier, évidemment, les civils alaouites et chiites.

 

C’est en constatant ce modus operandi des affiliés d’al-Qaëda, ainsi que la place grandissante qu’ils occupent dans les rangs de l’insurrection, que l’Occident a décidé de ne pas envoyer d’armes lourdes à l’opposition syrienne.

 

Et la gêne, en Occident, dépasse le seul aspect militaire pour concerner les bailleurs de fonds. En France, par exemple, on commence à se poser des questions embarrassantes au sujet des acquisitions par le Qatar de fleurons nationaux de l’économie et du sport, tels le PSG, 1,03 pourcent de LVMH, ou des centaines d’autres entreprises dont on ne parle pas dans la presse et, plus récemment, le magasin Le Printemps.

 

Certes, les finances de l’Hexagone sont au plus mal et éloignent les investisseurs traditionnels, mais ne serait-on pas en train de céder des parts du patrimoine à des potentats djihadistes ? A l’avenir, le prix politique que les Français pourraient avoir à payer à des rois arabes détestant leurs principes civilisationnels ne sera-t-il pas exorbitant ?

 

Car au-delà des considérants pratiques que j’ai déjà mentionnés, le doute persiste quant aux intentions profondes des Erdogan, des Emirs et des rois du pétrole. Sont-ils effectivement des "islamistes modérés", ou sont-ils des fondamentalistes qui utilisent des subterfuges afin d’étendre l’emprise de leur vision du monde à grands coups de pétrodollars ?

 

Ce dont les Libanais peuvent témoigner, eux qui les fréquentent depuis très longtemps, est que ces nantis sont arrogants, conscients de leur pouvoir, dénués de commisération, ambitieux, et aussi, qu’ils se prennent tous pour des envoyés privilégiés d’Allah, individuellement chargés par lui d’effectuer de grandes œuvres.

 

Il est déjà difficile pour Paris, sur le plan de la logique simple, d’expliquer aux Français pourquoi ils guerroient au Mali contre les islamistes et, simultanément, cèdent à leurs sponsors des parts conséquentes de leur patrimoine.

 

Les principaux laissés pour compte, au milieu de ces étranges équations qui les dépassent, sont les autres composantes de la révolte syrienne, notamment ceux qui sont authentiquement démocratiques, à l’image des Comités Locaux de Coordination.

 

Ces LCC, pour Local Coordination Committees, forment également l’une des composantes principales de l’insurrection syrienne. Leurs sponsors ne sont pas les mêmes que ceux d’al-Nosra ; les fonds étrangers qui les soutiennent proviennent des Etats-Unis et de Grande-Bretagne. De plus, d’après Hussein H, notre informateur privilégié à Amman, des formateurs de ces pays entraîneraient les combattants des LCC en Jordanie et leur fourniraient du matériel. Le but évident des anglo-saxons : ne pas laisser les djihadistes faire main basse sur les ruines de l’empire des al Assad.

 

La réponse que les Comités adressent à el-Zawahiri et aussi à al-Khatib, qu’ils jugent insuffisamment précis est la suivante : "Nous condamnons cette flagrante immixtion d’al-Qaëda dans les affaires internes syriennes, et affirmons que les Syriens seront seuls à décider de l’avenir de leur pays".

 

Cette réaction définit l’objectif des LCC dans un communiqué, que je choisis de transcrire en entier tant son contenu diffère de celui d’al-Qaëda : "La révolution a été lancée pour instaurer la liberté, la justice, de même qu’un Etat pluraliste et civil. Notre rêve, après le renversement du régime fasciste est d’établir un régime articulé sur les libertés publiques, les droits de l’homme et l’égalité politique entre les citoyens. Nous voulons", annoncent les LCC, "une république dont tous les membres jouiront des mêmes droits et des mêmes devoirs sur le principe de la citoyenneté. Personne ne pourra s’en prendre à un citoyen en raison de sa religion, de sa confession ou de son ethnie", ponctue le communiqué de cette organisation.

 

Mais comment aider les LCC à déposer Assad sans prendre le risque qu’ils soient ensuite écartés des affaires par al-Nosra ? C’est l’équation pour l’instant sans réponse sur laquelle planchent les analystes stratégiques des pays industrialisés. Tout en gardant en mémoire que, chaque jour que la guerre civile se prolonge, le cortège des morts et des blessés grossit, de même que le nombre des atrocités.

 

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Quand seul Kerry veut y croire (info # 011004/13) Version imprimable
Analyse
mercredi, 10 avril 2013

Par Sami el Soudi

 

Le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, déploie ces jours une intense activité diplomatique pour tenter de ramener Palestiniens et Israéliens à la table de négociation. Mais le ministre américain, en dépit de toute sa bonne volonté, n’est pas parvenu à rendre l’optimisme à ses interlocuteurs

 

Après en avoir discuté avec le 1er ministre Binyamin Netanyahu, Kerry a proposé à Ramallah une série de mesures économiques et politiques afin de convaincre les dirigeants de l’Autorité de participer à nouveau au processus en vue du solutionnement pacifique du différend.

 

Avec le soutien du Président Obama, les Etats-Unis ont déjà obtenu de Mahmoud Abbas et de Salam Fayyad - souffrant et récemment hospitalisé quelques jours durant – que l’AP abandonne son exigence d’un gel complet des implantations, y compris à Jérusalem-est, pour entrer en matière.

 

Ramallah accepterait un gel partiel, qui durerait le temps de la négociation. Les responsables palestiniens ont modifié cette approche à la demande de Washington, qui leur avait signifié que si cette condition était maintenue, les pourparlers n’avaient aucune chance de reprendre.

 

Les Etats-Unis avaient fait remarquer à Mahmoud Abbas que s’il ne faisait pas montre de souplesse sur ce point, l’AP passerait aux yeux du monde industrialisé pour le responsable principal du statu quo.

 

Argument encore plus convaincant : faute de l’abandon de cette position, l’Administration US avait informé les Palestiniens qu’elle ne s’impliquerait pas dans la réactivation de ses efforts diplomatiques pour mettre un terme à l’absence de dialogue qui prévaut depuis quatre ans maintenant. Précisément depuis la minute à laquelle M. Netanyahu est redevenu 1er ministre de l’Etat hébreu.

 

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John Kerry va bientôt s’apercevoir, comme beaucoup d’autres avant lui,

qu’il est plus facile de mettre au point le mouvement perpétuel que

de faire la paix entre Abbas et Netanyahu

 

En revanche, Barack Obama était venu à la Moukata et à Bethlehem leur promettre, qu’en cas d’abandon de cette précondition, lui et son gouvernement s’investiraient à nouveau dans la poursuite d’une solution.

 

Abbas avait demandé si cela inclurait des pressions économiques et politiques sur Jérusalem, ce à quoi le pensionnaire de la Maison Blanche avait répondu par la négative. Il avait argué qu’il avait déjà tenté cette méthode et qu’elle avait eu plus d’effets négatifs que positifs, participant à raidir la position du cabinet en place en Israël, et à augmenter sa popularité auprès du public.

 

De plus, les analyses expertes de mes camarades de l’agence ont démontré que l’unique superpuissance restante se trouvait désormais dans une phase de désengagement des conflits du monde, et, qu’à ce titre et vu la situation prévalant au Proche et au Moyen-Orient, il était dans son intérêt de conserver les meilleurs rapports possibles avec l’Etat hébreu.

 

Ces commentaires très réalistes du numéro 1 mondial avaient provoqué une sévère déception parmi son auditoire palestinien ; les observateurs avaient noté, à ce sujet, les visages fermés de nos dirigeants durant les cérémonies officielles, qui prirent un caractère purement protocolaire.

 

Pour ne rien arranger à la lourdeur de l’ambiance, la fanfare de la police palestinienne à Bethlehem avait massacré l’hymne US, et certains diplomates redoutaient qu’elle ne l’eût fait exprès ou même sur ordre.

 

D’expérience, je suis toutefois en mesure de rassurer leurs doutes : cet orchestre est médiocre et corrompu et il égratigne tous les morceaux qu’il interprète.

 

Après avoir écouté les propos de M. Obama, il importait à la direction de l’AP de se hâter de définir une nouvelle ligne stratégique ainsi que des tactiques adaptées. Ce qu’elle s’empressa de faire.

 

A Ramallah, on commença par envoyer des barons du Fath’ expliquer à la presse étrangère qu’une libéralisation de la circulation des personnes et des marchandises en Cisjordanie c’était bien, et qu’on ne cracherait pas sur la libération par Israël de quelques prisonniers. On a d’ailleurs tendu à John Kerry une liste de cent vingt et une personnes détenues par les Hébreux depuis avant le processus d’Oslo.

 

Que tout cela était positif, particulièrement au vu de l’état calamiteux de nos finances, mais en soulignant que le problème à régler était de nature politique et non économique.

 

Sur le plan tactique, le Président Abbas a demandé qu’avant la reprise des contacts directs, Netanyahu lui transmette une carte mentionnant les frontières – même approximatives – du futur Etat palestinien.

 

Parfaitement au courant du fait que cette nouvelle condition serait rejetée à Jérusalem, l’AP a décidé de ne pas abandonner l’idée que seules des pressions énergiques en provenance des rives du Potomac pouvaient obliger les Israéliens à négocier sérieusement.

 

On a également réalisé que si la requête était uniquement adressée à Washington par l’AP, elle manquerait cruellement de poids, alors que si elle se transformait en requête renouvelée de l’ensemble du monde arabe, elle avait des chances de porter ses fruits.

 

La stratégie consiste ainsi à obliger les Américains à adopter l’Initiative saoudienne comme fondement des négociations à venir. Un plan proposé au printemps 2009 par le futur roi Abdullah ibn Abd al-Aziz al-Sa'ud, qui provisionne, en résumé, une reconnaissance de l’Etat d’Israël par l’ensemble des pays de la Ligue Arabe, en échange d’un retrait des Hébreux sur la ligne frontière avec la Jordanie, d’avant la Guerre des Six Jours.

 

Abbas se trouve actuellement au Qatar, où il expose l’état des discussions au comité ad hoc de la Ligue. Fin avril, une délégation ministérielle de cette organisation se rendra à Washington afin de tenter de convaincre l’Administration d’adopter l’initiative – et de l’imposer à Netanyahu – en tant que base de travail pour d’éventuelles nouvelles négociations directes.

 

Autant dire qu’après les mises au point de Barack Obama à Ramallah, les chances d’aboutir de cette démarche sont ténues, voire inexistantes. Car à Jérusalem, M. Netanyahu, connaissant de la réorientation de la politique US globale, ne sera pas tenté par l’Initiative arabe.

 

Il a déjà fait savoir, qu’à son sens, les pourparlers devaient d’abord se pencher sur les questions attenantes à la "reconnaissance" et à la "sécurité".

 

Par "reconnaissance" – et il s’agit d’une nouvelle condition qui n’existait pas jusqu’à la fin 2009, date de la cessation des négociations directes – le 1er ministre entend la "reconnaissance du caractère juif de l’Etat d’Israël".

 

A Ramallah, on pense que l’adversaire use d’un stratagème destiné à faire reculer aux calendes grecques l’échéance d’un accord. On prétend aussi qu’il n’appartient ni à l’AP, pas plus qu’au monde arabe, de déterminer les critères d’Israël, et enfin, on est persuadé qu’une acceptation de ce principe, de la part des Palestiniens, contribuerait à fragiliser le statut des Israéliens arabes, qui constituent près de vingt pourcent des quelques huit millions d’Israéliens [16% de musulmans, 2% de chrétiens et 1,5% de Druzes].

 

A Jérusalem même, tout le monde n’est pas convaincu de la vacuité des considérations palestiniennes. Des proches de la ministre de la Justice, Mme Tsipi Livni, sont ainsi d’avis que l’Etat hébreu pourrait renoncer à cette demande en échange d’un retour à la table de négociation.

 

Ce qui n’est guère du goût de Naftali Bennet et de sa Maison juive, bien décidés à s’opposer par tous les moyens à la création de notre Etat, y compris en plombant les pourparlers.

 

Certes Binyamin Netanyahu a déclaré à des confrères, en présence de John Kerry, qu’il est "déterminé pas uniquement à réactiver le processus de paix avec les Palestiniens, mais aussi à consentir à de sérieux efforts afin d’en terminer avec ce conflit une fois pour toutes", mais on reste confiné dans la sphère rhétorique.

 

Parce que le leader israélien ne produit aucun plan pouvant conduire au solutionnement du différend, à l’instar des partis membres de sa coalition.

 

Quant à Yaïr Lapid et surtout Tsipi Livni, ils savent pertinemment où se trouve la clé pour débloquer la situation. Elle est dans l’armoire où Livni l’a laissée en janvier 2010, juste avant de transmettre le témoin au Likoud et à Netanyahu.

 

Seule la décision de reprendre les négociations qui avaient été abandonnées à cette période là où on les avait laissées en plan présenterait une opportunité réelle de parvenir à un compromis signifiant la fin de la controverse israélo-palestinienne, et, partant, israélo-arabe.

 

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Condoléances : Version imprimable
Communiqué
mercredi, 10 avril 2013

 

Nous partageons la profonde tristesse des familles de notre camarade sociétaire de la Ména Guy Millière, qui vient de perdre sa mère, et de notre confrère Nicolas Burgy, de la télévision suisse romande, qui a perdu son père, lui aussi journaliste politique sur la même chaîne et ardent défenseur des droits d’Israël et du peuple juif.

 

Vos amis de toute l’équipe de la Ména participent à votre douleur et vous souhaitent de ne plus jamais connaître le deuil et le malheur.

 

 

 
Egypte : chrétiens en danger (info # 010904/13) Version imprimable
Analyse
mardi, 09 avril 2013

 

Par Sandra Ores

 

Les coptes sont de plus en plus inquiets quant à leur avenir en Egypte. Dimanche dernier, des heurts confessionnels entre chrétiens et musulmans ont éclaté au Caire, faisant deux morts et quatre-vingt-six blessés.

 

Plusieurs milliers de coptes s’étaient rassemblés dans l’après-midi de dimanche à la cathédrale Saint-Marc, dans le quartier d’Abbassyé, pour célébrer les obsèques de quatre membres de leur communauté. Ceux-ci avaient péri vendredi lors d’affrontements interconfessionnels précédents dans le gouvernorat de Qalyubiya, au nord du Caire.

 

Selon des coptes présents dimanche à la cathédrale Saint-Marc, après la procession du cortège funéraire dans l’église, des dizaines de jeunes chrétiens avaient projeté de marcher en direction du ministère de la Défense. Leur objectif, demander que l’armée œuvre à la défense de leur communauté. Dans le même temps, des participants au cortège scandaient des slogans contre le pouvoir de Morsi.

 

Avant que le groupe constitué ne se mette en route, les manifestants ont été attaqués à coups de cocktails Molotov. Les auteurs de cette agression ont été formellement identifiés comme étant des sympathisants des Frères Musulmans.

 

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Des musulmans à l’assaut de Saint-Marc et de ses occupants, dimanche

On distingue des policiers dans la foule

 

Devant l’assaut qu’ils subissaient, de nombreux chrétiens se sont réfugiés à l’intérieur de la cathédrale. S’ensuivirent des échanges de projectiles par-delà les murs de la bâtisse, dont les portes furent enfoncées.

 

Au milieu de cette scène, la police, qui lançait elle aussi, aux côtés des émeutiers musulmans, des gaz lacrymogènes sur l’édifice et les chrétiens.

 

Les violences se sont poursuivies tard dans la nuit ; lundi, la situation s’est finalement calmée.

 

Suite à cet incident, le Président Morsi s’est adressé au patriarche des coptes orthodoxes d’Egypte, Tawadros II, lui exprimant ses condoléances et affirmant qu’une enquête avait été ouverte.

 

Le ministère de l’Intérieur avait quant à lui commencé par affirmer que les heurts avaient été provoqués par les participants aux funérailles ; qu’ils avaient endommagé des voitures à la sortie de l’église, ce qui aurait fait réagir les habitants du quartier. Ce qui est évidemment totalement infondé.

 

Les réactions à chaud du ministère de l’Intérieur ainsi que des forces de police met en exergue la situation de détresse dans laquelle se trouvent les coptes ; un état de faiblesse dénué de soutien face à la majorité musulmane et ses éléments de plus en plus radicaux.

 

L’écrivain égyptien musulman Alaa el Aswany, dont les livres ont été diffusés en français par les éditions Actes Sud (entre autres L’immeuble Yacoubian, 2006, J’aurais voulu être égyptien, 2009, Chroniques égyptiennes, 2011), détaille longuement les difficultés auxquelles sont exposés les coptes dans un article, publié le 7 janvier, dernier dans le quotidien égyptien indépendant Al-Masry Al-Youm (l’Egyptien aujourd’hui).

 

Outre les discriminations socioprofessionnelles que les coptes sont forcés d’affronter dans leur pays, à en croire el Aswany, les chrétiens d’Egypte ne bénéficient pas d’une pleine liberté de culte. Des inégalités qui se traduisent également par des actes violents.

 

El Aswany rapporte qu’être chrétien, en Egypte, signifie "vivre dans le danger d’être chassé à tout moment de son quartier". Que des petites querelles locales ou un différend commercial peuvent rapidement se transformer en guerre de religion.

 

Il établit que la simple construction d’une église représente, pour les extrémistes musulmans, une offense "dans leur honneur et leur foi", qui les pousse à l’attaquer ou à la brûler.

 

Quant à celui qui se convertit au christianisme, il risque sa vie ; les islamistes s’attelant à l’éliminer "par devoir religieux".

 

El Aswany poursuit son exposé en insistant sur le fait que les pouvoirs publics ont conçu un système qui ne protège pas la minorité chrétienne contre ces agressions. Comme on le constate souvent, et notamment durant le pogrome de la cathédrale Saint-Marc, les forces de l’ordre du gouvernement islamisant n’hésitent pas, au contraire, à participer au lynchage des chrétiens.

 

D’une part, la police, plutôt que d’intervenir lorsque nécessaire, préfère conseiller aux coptes de s’éloigner momentanément et d’attendre que les tensions se calment. De l’autre, la justice adhère à cette tendance : face aux plaintes, les assaillants s’en sortent avec des peines légères ou sont acquittés. En revanche, pour un chrétien, critiquer la religion de la majorité peut entraîner plusieurs années de prison.

 

Alaa el Aswany rappelle toutefois que pour un extrémiste, il existe une dizaine d’autres Egyptiens tolérants, souffrant autant que les chrétiens de la présence des éléments radicaux offensifs.

 

Suite à l’incident de ce dimanche, les représentants coptes ont réagi en soulignant ces discriminations ainsi que les dangers qu’elles impliquent pour leur communauté.

 

L’évêque des jeunes coptes orthodoxes, Anba Moussa, a remarqué que les forces de sécurité n’étaient pas intervenues de manière appropriée et avaient failli à empêcher les assaillants d’attaquer l’église. Il a en outre déclaré que ces mêmes forces s’étaient rangées du côté des "agitateurs des Frères Musulmans" en lançant des gaz dans les locaux de la cathédrale.

 

Des hauts représentants de l’église égyptienne ont quant à eux appelé à la destitution de Morsi. Ils ont publiquement souhaité la fin du règne des Frères Musulmans. Les responsables chrétiens accusent la fratrie de prendre le contrôle des institutions d’Etat - ce qui mène, selon eux, à la désintégration du tissu social et au défaut de sécurité dans le pays. Les mêmes prêtres, de noter que ce sont les coptes qui paient en premier lieu les conséquences de cette islamisation de l’Etat.

 

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Zubin Mehta : nous ne nous sommes jamais quittés (info # 010804/13) Version imprimable
Culture
lundi, 08 avril 2013