Tsahal attaque des dizaines de cibles en Syrie (012011/19) Version imprimable
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mercredi, 20 novembre 2019

 

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© Metula News Agency

 

Métula, mercredi, 8h10, 7h10 à Paris

 

A partir d’1h20 cette nuit et durant une heure et demie, le Khe’l Avir, l’Armée de l’Air israélienne, a visé et détruit des douzaines d’objectifs en Syrie, la moitié d’entre eux environ appartenant à la Force Quds [ara. : Jérusalem] de l’Armée iranienne, l’autre moitié étant constituée de positions de l’Armée gouvernementale syrienne.

 

Tous les objectifs visés ont été atteints et détruits avec une extrême précision. Certains d’entre eux, notamment sur l’aéroport international de Damas, n’ont été que partiellement démolis afin de réduire les dégâts collatéraux et de ne pas attenter aux intérêts russes.

 

[Regarder deux vidéos saisissantes des raids israéliens de cette nuit filmées par des habitants : https://videos.files.wordpress.com/H1dPcsjX/kx64-x9rml31lqy2_hd.mp4] et https://youtu.be/pjZfx_I2Oos

 

Cette opération, l’une des plus importantes depuis le début de la Guerre Civile Syrienne, constitue la riposte israélienne au tir de quatre roquettes par l’Armée iranienne hier en direction de l’Etat hébreu. Toutes les roquettes avaient été abattues, mais Jérusalem tenait à indiquer aux Perses, aux Syriens et à tous les partis présents dans la région que le territoire israélien était sacré et que nous ne laisserons pas s’instaurer une routine de tentatives d’agressions contre icelui, même si ces dernières échouent.

 

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Zones où l’Armée iranienne a été frappée cette nuit

Service cartographique © Metula News Agency

Source-base : Tsahal

 

La riposte massive de cette nuit participe de la réponse d’Israël à la tentative des ayatollahs d’imposer une nouvelle relation de force, selon laquelle toute opération de Tsahal serait suivie d’une réplique contre l’Etat hébreu.

 

Des responsables militaires et politiques iraniens avaient évoqué cette nouvelle disposition tactique à la suite du tir des roquettes mardi.

 

De son côté, notre expert militaire Jean Tsadik avertit qu’en cas de représailles de l’Armée iranienne, Tsahal n’hésitera pas à frapper sévèrement le territoire iranien. Notre camarade précise par ailleurs que, suite à l’inaction des Etats-Unis et de l’Europe face à la reprise du programme nucléaire iranien, Israël étudie l’éventualité d’une opération d’envergure destinée à anéantir l’infrastructure nucléaire de la théocratie chiite. En cas de risque avéré d’une progression de l’ennemi dans le processus de fabrication d’une bombe atomique, Jérusalem interviendra pour l’empêcher de parvenir à son terme.

 

Il n’existe actuellement aucun moyen antiaérien capable d’empêcher ou même de gêner Israël et la technologie dont elle dispose de frapper les objectifs de son choix, quel que soit l’endroit où ils sont situés.

 

Cette nuit, les appareils à l’étoile de David, opérant entre autres depuis le Golan et le territoire libanais, ont épargné les sites de lancement des missiles antiaériens S-300 pour la raison qu’ils sont servis par des troupes russes. Les pilotes hébreux ont toutefois signifié à Moscou par des signes électroniques sans équivoques, qu’en cas de recours à ces armes elles seraient détruites sans état d’âme.

 

Dans le même registre, le porte-parole de Tsahal a fait savoir que l’Armée de Bashar al Assad a tiré un missile sol-air en direction de nos appareils malgré des avertissements envoyés aux Syriens de ne pas recourir à des tirs contre nos avions.

 

En conséquences de cet unique tir, le Khe’l Avir a détruit un grand nombre de batteries de la Défense antiaérienne de l’Armée gouvernementale. Selon Jean Tsadik, les annonces de Damas selon lesquelles sa DCA aurait intercepté des objets volants israéliens sont "délirantes" ; et les media qui prennent ces délires pour argent comptant et les répercutent "se décrédibilisent" et surtout, ils démontrent "que les termes de l’affrontement et la connaissance de moyens à disposition des belligérants les dépassent totalement. Ces media ignorent les conditions dans lesquels ces affrontements se déroulent", précise notre camarade.

 

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Un objectif ennemi en flammes

Les ombres des habitations au premier plan donnent l’échelle du brasier

 

Parmi les dizaines d’objectifs oblitérés, le porte-parole de Tsahal mentionne, outre les batteries de missiles sol-air, des postes de commandement, des bases militaires et des dépôts d’armes et de munitions appartenant à l’Armée iranienne et à celle de Bashar al Assad.

 

Ce matin, des sources officielles et officieuses syriennes font état de "quatre à cinq brasiers gigantesques encore en train de brûler".

 

Selon le chef de la Ména libanaise, Michaël Béhé, qui a été en contact téléphonique avec des médecins travaillant dans les hôpitaux syriens, les morts et les blessés, uniquement militaires ou liés à l’activité militaires et se trouvant sur des sites militaires, "se comptent par dizaines, probablement par centaines".

 

A Métula nous pensons que les ayatollahs s’abstiendront de toute velléité de riposte aux opérations de cette nuit, car de telles réactions seraient suicidaires. Tsahal a toutefois demandé au public de se plier aux injonctions de la Défense passive "qui seront mises à jour en vertu des développements de la situation".

 

L’Armée a également déclaré qu’elle "se préparait à une variété de scénarios et qu’elle poursuivrait ses opérations aussi longtemps que cela sera nécessaire pour sauvegarder la sécurité des civils israéliens".

 

Le porte-parole de Tsahal a averti une nouvelle fois le régime syrien "de ce qu’il est tenu responsable des actions se déroulant sur son territoire", et l’a mis en garde contre l’éventualité "de mener des hostilités contre Israël ou de les autoriser. De tels actes", a précisé le porte-parole, "seraient suivis de sévères répliques".

 

Tsahal a répété qu’il entendait continuer d’agir avec détermination et fermeté contre "l’enracinement iranien en Syrie".

 

Des analyses et des détails sur les objectifs détruits cette nuit suivront dans les heures et/ou les jours à venir. Les journalistes de la Ména restent mobilisés afin de vous informer correctement.

 

 

 
Le parti Démocrate, l'Ukraine et le contrôle financier letton (info # 031907/19) Version imprimable
Analyse
mardi, 19 novembre 2019

 

Par Amram Castellion

                                                                             

J'avais peut-être surestimé les capacités du parti Démocrate quand je prévoyais dans ces colonnes, il y a deux semaines, que la Chambre des Représentants, dominée par ce parti, voterait d'ici quelques mois la déchéance (impeachment) du Président Trump avant que sa destitution ne soit rejetée par le Sénat. A la lumière des premières auditions publiques de la Chambre des Représentants consacrée à la déchéance du président, même la première étape paraît désormais douteuse.

 

Trois diplomates – William B. Taylor et George P. Kent, responsables de l'Ukraine au Département d'Etat, Maria Yovanovich, ancienne ambassadrice des Etats-Unis en Ukraine, et le Colonel Alexander Vidman, responsable des affaires européennes au Conseil National de Sécurité – se sont succédés pour affirmer qu'ils avaient entendu dire que le retard dans l'aide américaine à l'Ukraine (finalement versée sans contrepartie) était lié à la volonté du président de voir le parquet ukrainien poursuivre Robert (dit "Hunter") Biden, fils de l'ancien vice-président, pour les émoluments reçus de la compagnie pétrolière ukrainienne Burisma, propriété de l'oligarque ukrainien Mykola Zlochevsky. Mme Yovanovich a ajouté qu'avant qu'elle ne prenne son poste en Ukraine, l'administration Obama lui avait exposé la situation de Biden Junior et l'avait formée à répondre aux questions qui pourraient lui être posées à son sujet.

 

D'autres témoins, bien sûr, vont encore être appelés. Mais dans ces premières dépositions, deux choses sont frappantes. D'abord, il n'y a aucun témoignage direct d'un chantage qui aurait été exercé par le président (et dont les autorités ukrainiennes ont toujours nié l'existence). Il y a seulement et toujours des ouï-dire, dont la source initiale est mystérieuse. Ensuite – alors que la Constitution exige, pour démettre un président, des faits de "trahison, corruption ou autres crimes et délits" – personne n'a encore été capable de citer un article du droit pénal américain que Trump aurait enfreint. Les Démocrates sont littéralement en train de lancer une procédure pénale sans se donner la peine de mentionner quel délit aurait été commis, ce qui est une infraction fondamentale aux principes les plus élémentaires du droit pénal.

 

Dans ces conditions – et à moins que les témoignages à venir n'apportent quelque chose de nouveau – poursuivre le processus de destitution jusqu'à son terme risque de coûter plus cher aux Démocrates que voir leur effort échouer devant le Sénat, à majorité Républicaine. S'ils votent la déchéance, le Sénat devra organiser un procès : une qualification pénale sera indispensable, les avocats auront accès à toutes les pièces, les sénateurs pourront appeler leurs propres témoins. Le risque que courent les Démocrates n'est pas uniquement que le président ne soit pas renversé : il est que leur iniquité et leur absence absolue de professionnalisme juridique deviennent le véritable objet de la phase sénatoriale de la procédure. Je ne serais donc pas surpris que les Démocrates trouvent un prétexte – par exemple, la protection de leurs témoins anonymes – pour ne pas renvoyer l'affaire devant le Sénat et donc pour ne pas voter la déchéance de Trump.

 

Le bruit médiatique des auditions a cependant aidé les Démocrates sur un point : il a détourné l'attention de documents fuités cette semaine du département du contrôle financier de Lettonie (un service de renseignement sur les mouvements financiers), qui jettent une lumière intéressante sur les activités passées du parti Démocrate en Ukraine. Ces documents peuvent être consultés sur Internet à l'adresse suivante : https://www.documentcloud.org/documents/6003585-Rosemont-Seneca-Bohai-Bank-Records-Listing.html

 

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Robert "Hunter" Biden et Christopher Heinz : de vraies consciences sociales

 

Les documents retracent les mouvements financiers du compte de la société Rosemont Seneca Bohai LLC, une société financière établie en Floride et gérée par Devon Archer, lui aussi membre du conseil d'administration de Burisma en Ukraine. Rosemont Seneca Bohai est une filiale de Rosemont Seneca Fund, un fonds de gestion géré par Archer et au capital duquel figurent à la fois Robert Biden et Christopher Heinz, héritier de la fortune Heinz [ketchup] et beau-fils de l'ancien Secrétaire d'Etat John Kerry (Kerry a épousé en secondes noces Theresa Heinz, mère de Christopher). "Rosemont Farm" est le nom du domaine de la famille Heinz en Pennsylvanie.

 

En 2014 et 2015, d'après les documents fuités, Rosemont Seneca Bohai n'a fait que recevoir des paiements réguliers de la société Burisma Holdings Limited – une filiale du groupe ukrainien Burisma établie à Chypre, et en Lettonie sous le nom de AS PrivatBank – et les reverser à un nombre limité de bénéficiaires, dont Robert Biden, Devon Archer, le docteur Krista Ammirati Archer et d'autres sociétés du groupe Rosemont Capital, possédé en partie par la famille Heinz-Kerry. Au total, 14,6 millions de dollars ont transité par Rosemont Seneca Bohai, en provenance du groupe Burisma, pour finir dans les poches de quelques princes du parti Démocrate.

 

Ces sommes s'ajoutaient à celles (50.000 dollars par mois) que Burisma payait à Biden et Archer comme membres du comité d'administration de la société pétrolière. Les paiements ont eu lieu à une époque où Burisma, soupçonnée de corruption à l'époque du dernier Président pro-russe Yanukovich comme du Président post-révolution Poroshenko, faisait l'objet d'une enquête du Procureur général d'Ukraine Viktor Shokin. Cette enquête, cependant, n'avançait pas beaucoup, comme beaucoup des enquêtes du Procureur général Shokin. Celui-ci fut relevé de ses fonctions à la demande des Etats-Unis – demande portée par le vice-président lui-même – en mars 2016.

 

Aucune considération industrielle n'a pu conduire Burisma, empire industriel et financier ukrainien, à transférer des sommes aussi massives à des Américains sans aucune compétence dans l'industrie pétrolière, mais très étroitement liés à l'administration Obama.


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Explosions à proximité de l’aéroport international de Damas (021911/19) Version imprimable
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mardi, 19 novembre 2019

 

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Métula, mardi, 5h45, 4h45 à Paris

 

La télévision d’Etat syrienne rapporte des explosions à proximité de l’aéroport international de Damas.

 

Le porte-parole de Tsahal annonce pour sa part que l’alerte dans le nord-Golan, il y a 45 minutes, était due à l’interception par le Dôme de Fer de 4 missiles tirés à partir du sol syrien.

 

Plus que probablement une tentative de riposte suite à ce qu’il s’est passé à Damas.

 

Aucun des missiles syriens n’a touché le sol israélien.

 

On s’attend maintenant à une probable riposte de Tsahal.

 

 

 

 
Alerte au bombardement sur le nord-Golan (011911/19) Version imprimable
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mardi, 19 novembre 2019

 

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Métula, mardi, 5h13, 4h13 à Paris

 

Il y a dix minutes, l’alerte rouge a retenti dans plusieurs villages et kibboutzim du nord-Golan, les plus proches situés à une dizaine de kilomètres de la rédaction.

 

Notre reporter-photographe Yoshua Ohana a clairement entendu le bruit de fortes explosions dans son sommeil, à son domicile de Kiryat Shmona..

 

Nous tentons de savoir ce qu’il s’est passé. Probablement des tirs en provenance de Syrie.

 

 

 
Bruxelles-Métula du 18 novembre 2019 (011811/19) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 18 novembre 2019

 

Révolte populaire en Iran, cent villes se soulèvent.

 

Le point et l’analyse complète et originale de Stéphane Juffa au micro de Joanna Marchi pour Radio Juidaïca.

 

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Sur Youtube :

https://youtu.be/_tJKY-m52Vg 

 

Sur Radio Judaica :

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/2883729538520082/?t=9

 

 
Tsahal attaque en ce moment des positions du Hamas à Gaza (021611/19) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 16 novembre 2019

 

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Métula, samedi, 5h13 à Sdérot, 4h13 à Paris

 

Le porte-parole de l’Armée israélienne nous informe qu’en ce moment Tsahal attaque des positions du Hamas dans la bande de Gaza.

 

Nous ignorons la raison pour laquelle les militaires israéliens s’en prennent désormais au Hamas alors que cette milice terroriste ne participait pas à ce cycle d’affrontements jusqu’à maintenant.

 

Nous retenons deux hypothèses : 1) Que le Hamas a participé aux récents bombardements de minuit sur Israël, 2) Qu’il était en train de préparer une attaque imminente contre l’Etat hébreu.

 

 

 
Le Djihad tire sur Beersheva (011611/19) Version imprimable
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vendredi, 15 novembre 2019

 

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© Metula News Agency

 

Métula, samedi, 2h31 à Sdérot, 1h31 à Paris

 

A 1h58 ce samedi matin, le Djihad Islamique Palestinien a violé une nouvelle fois le cessez-le-feu en tirant deux salves de plusieurs roquettes sur la capitale du Néguev, la ville de Beersheva [205 000 hab.].

 

A 2h05, une seconde salve a suivi.

 

D’autres projectiles ont visé Séguev Shalom et Pzora.

 

Voir une vidéo de l’interception des roquettes par le Dôme de Fer :

https://firebasestorage.googleapis.com/v0/b/walla-hamal.appspot.com/o/-KWbvwf60318xlkrrhtF%2Fvideos%2Ffull%2F1573862748765?alt=media&token=76a59571-bb12-4ce6-a3c8-7a85286fbcfe

 

Voir une seconde vidéo des interceptions :

https://hamal.wcdn.co.il/v0/b/walla-hamal.appspot.com/o/3byGBOTaDFcS5PuWaIwxyEONIuP2%2Fvideos%2Ffull%2F1573863356947?alt=media&token=49228462-960f-4905-b417-d09e715662a3

 

A notre connaissance aucune des roquettes n’a atteint des zones habitées. Trois personnes se sont légèrement blessées en se rendant aux abris.

 

C’est la première fois depuis jeudi que l’organisation terroriste islamique rompt la trêve sans qu’il n’y ait eu la moindre activité offensive de la part de Tsahal.

 

Jeudi soir, les terroristes avaient tiré six salves de roquettes après avoir accepté un cessez-le-feu, ce, également sans la moindre provocation de la part de l’Armée israélienne. Tsahal avait riposté en lançant plusieurs raids sur les agresseurs.

 

D’après Jules Mazouz et Ilan Tsadik à Sdérot, Tsahal serait en train de riposter à ces dernières attaques sur Beersheva en effectuant des raids sur des positions du Djihad.

 

La photo suivante diffusée par l’organisation terroriste islamique laisse à penser que l’intention de violer le cessez-le-feu était mûrement préméditée. On y voit deux terroristes annonçant en arabe : "La réponse vers 9h" [21h].

 

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L’annonce du Djihad Palestinien

 

Pour des raisons que nous ignorons, ils ont dû retarder leur plan de quelques heures.

 

Tous les rédacteurs de la Ména de la région ont à nouveau été placés en état d’alerte en vue d’une éventuelle reprise des hostilités.

 

 
La rage au corps (011511/19) Version imprimable
Analyse
jeudi, 14 novembre 2019

 

Dernières minutes :

 

A 0h54, heure locale vendredi, le Khe’l Avir a bombardé des positions du Djihad Islamique à Khan Younès, au sud de la bande de Gaza, en riposte à de multiples violations du cessez-le-feu par les terroristes islamiques. Un premier bilan non officiel fait état de 7 morts dans les rangs ennemis.

 

Peu avant cela, vers minuit trente, selon des sources arabes recueillies par Jules Mazouz, Tsahal aurait attaqué la position de Mwadjir et le site d’Abou Atia dans le sud de la bande de Gaza. Le porte-parole de Tsahal ne fait aucune mention de ces attaques (Regarder la vidéo de ces attaques).

 

La rage au corps (011511/19) [Analyse]

Par Ilan Tsadik © Metula News Agency

 

A 3h du matin dans la nuit d’hier, la Ména annonçait : "Le simple fait du déplacement effectué par Ziad Nakhala sur les bords du Nil, chez ses adversaires les plus déterminés dans tout le monde arabe, indique que son organisation est mûre pour une trêve et que celle-ci va intervenir à brève échéance".

 

Trois heures plus tard, le cessez-le-feu était déclaré. Il a été violé par le Djihad Islamique Palestinien qui a tiré six salves de roquettes sur Israël depuis l’entrée en vigueur de la trêve.

 

Pourquoi ? Pour rien, parce que c’est ce qu’il arrive lorsque l’on passe un contrat avec des voyous et des tueurs. Heureusement que personne n’a été blessé, le Dôme de Fer interceptant la moitié des projectiles, ceux qui se dirigeaient vers des zones habitées.

 

La sixième salve, comprenant 2 roquettes, a été tirée à 22h05. Les deux projectiles ont été détruits en vol par le Kipat Barzel, le Dôme de Fer.

 

Les ministres du cabinet transitoire de M. Netanyahu ont reçu l’instruction d’arborer des mines réjouies et de clamer partout qu’Israël avait remporté cette confrontation face à la milice islamique de Gaza.

 

C’est évidemment faux : d’abord parce que ce gouvernement a négocié avec les terroristes, ensuite, parce qu’il leur a fait des concessions. Il s’est engagé à s’abstenir de neutraliser les miliciens du Djihad à Gaza – on leur accorde ainsi l’immunité -, et à ne plus tirer à balles réelles contre les émeutiers du vendredi après-midi.

 

Ces deux erreurs font passer les miliciens du Djihad pour des héros dans une bonne partie de la rue arabe : ils ont résisté à Tsahal et ils ont obtenu un allègement des conditions imposées par l’Etat hébreu à Gaza. La sensation d’héroïsme est à ce point exacerbée que des manifestations ont lieu ce soir à Gaza pour rejeter le cessez-le-feu et continuer de "bombarder Tel-Aviv".

 

C’est la récompense qui leur est octroyée par Binyamin Netanyahu pour avoir lancé environ 530 roquettes sur Israël pendant deux jours. Ce, alors que personne à Sdérot où je demeure ni dans le reste du pourtour de Gaza ne se réjouit du décret de cette nouvelle trêve. Tous les gens du Néguev vous diront qu’ils sont prêts à passer deux mois dans les abris sans voir la lumière du jour pour permettre à Tsahal d’anéantir le Hamas et le Djihad et pouvoir ainsi recouvrer une vie décente.

 

Mais Netanyahu ne les écoute pas, il a la hantise de devoir remettre à des Palestiniens fréquentables la gouvernance de Gaza une fois le Califat et les califes mis hors d’état de nuire.

 

Pour le plus grand bien des habitants du Néguev et surtout de ceux de Gaza qui ne rêvent que d’être libérés de leurs tortionnaires. Il n’y a qu’à Paris que des femmes manifestent pour avoir le "droit" de porter la burka et qu’elles considèrent qu’il s’agit d’une liberté. Toutes les femmes vivant sous les théocraties musulmanes n’aspirent qu’à brûler la leur.

 

Mais pour Netanyahu, chasser les organisations terroristes islamiques de la bande côtière équivaudrait à mettre lui-même le pied à l’étrier à un Etat palestinien. Lors, il préfère nous priver du droit de vivre dans le calme et nous oblige à nous faire littéralement arroser de bombes tous les quelques mois. Je le trouve généreux avec notre existence.

 

Vous me croirez si vous le voulez, mais la plupart des gens ici comptent davantage sur la bêtise du Djihad pour nous obliger à lancer une opération terrestre et nous en débarrasser que sur une décision de Netanyahu de donner l’ordre à l’Armée de le faire.

 

Cette nuit sera critique pour la survie du cessez-le-feu. Suite à l’accalmie, les restrictions avaient enfin été levées – au moins cela ! – et nous recommencions à avoir une vie plus ou moins normale. Jusqu’à la prochaine fois s’entend que des organisations terroristes islamiques s’imagineront que le moment est propice à obtenir quelques concessions de notre gouvernement et elles ouvriront le feu à nouveau. Et elles obtiendront aussi les concessions.

 

La seule victoire qui soit envisageable face à des djihadistes et des salafistes c’est leur anéantissement. Nous avons largement les moyens d’y parvenir mais nous sommes prisonniers de l’obsession de Netanyahu. Il craint plus les Palestiniens qui nous ressemblent et qui voudraient vivre pacifiquement à nos côtés que les terroristes.

 

En pure théorie, c’est un calcul qui pourrait se comprendre. Dans la réalité il s’avère totalement délirant et irresponsable. Il met la sécurité du pays en danger permanent.

 

Pour passer à autre chose, la nuit dernière, j’ai appris par une dépêche l’AFP [reprise par la plupart des media français. Ndlr.] que la frappe de Tsahal annoncée par la Ména à 1h35 sur Deir el Balah avait laminé la famille Abou Malhous, incluant trois enfants et deux femmes.

 

Je n’ai pas trouvé la photo des deux infortunées femmes et des enfants de cette paisible famille. En revanche, j’ai trouvé celle du papa, Rasmi Abou Malhous, que l’on voit ci-dessous en bleu de travail.

 

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Rasmi Abou Malhous entouré par ses camarades d’usine

 

Il est exact que, dans leur genre, même Adolph Hitler et Eva Braun constituaient une sorte de famille, et que si c’était le cas, on peut également parler d’un père de famille dans le cas de Rasmi Abou Malhous. Sinon, si on tient à faire de l’information plutôt que d’accuser les Juifs, comme dans le cas de la mise en scène de l’assassinat de Mohammad Dura, de prendre du plaisir à massacrer des femmes et des enfants, on énoncera que Rasmi Abou Malhous était l’un des chefs du Djihad Islamique à Gaza.

 

Plus précisément encore, il était responsable de l’une des principales unités de lanceurs de roquettes et il venait d’en tirer plus de 150 en deux jours sur ses voisins civils israéliens dans l’unique but de tenter d’en assassiner le plus grand nombre possible.

 

C’est pour cela qu’il a été visé, et non sa famille comme annoncé par l’AFP. Pour l’empêcher de parvenir à ses fins. S’il s’était soucié du bien-être de ses proches, il aurait fait maître d’école ou pompier et ils seraient encore vivants. Il est l’unique coupable de leur disparition.

 

Toujours ces fautes déontologiques… lorsque l’on constate à quel point les habitants des banlieues françaises s’identifient à la cause palestinienne, on se dit que la presse française et l’AFP en tête sont des pyromanes de haine et des vecteurs d’antisémitisme qui mettent consciemment en danger la vie de nos coreligionnaires dans l’Hexagone.

 

Si l’exemple de la "famille" Malhous ne suffisait pas à illustrer ce propos navrant, on relève ce genre de phrases dans les dépêches de l’agence de presse étatique tricolore : "(…), l'armée israélienne a multiplié les frappes contre des "sites" du Jihad islamique, tuant huit Palestiniens et portant à dix morts et une quarantaine de blessés le bilan total des victimes dans la bande de Gaza (…)".

 

Victimes ? Voyez la tête qu’avaient ces "victimes", en vous rappelant que dans la profession de journaliste, la déontologie nous impose de qualifier les sujets d’une dépêche en vertu des particularités qui font d’eux les sujets de ladite dépêche ! Selon ces règles, "huit Palestiniens morts et quarante blessés", cela signifie qu’il s’agit de civils, puisqu’ils sont uniquement mentionnés relativement à leur "nationalité".

 

Or on constate en regardant ces photos que les "victimes" ne sont pas des civils mais des miliciens en uniformes. A part les cas de victimes collatérales, mais elles ne représentent qu’une minorité des morts et des blessés, l’écrasante majorité de ces Palestiniens tués ou blessés, mentionnés par la dépêche de l’AFP, étaient des lanceurs de roquettes ou des chefs militaires.

 

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Le Djihad publie les photos de ses MILICIENS morts en essayant d’assassiner des civils israéliens

 

A ce propos, je n’ai pas trouvé de mention dans cette presse décidément de plus en plus maurassienne du fait que le Djihad Islamique Palestinien figurait sur la liste officielle des organisations terroristes de l’Union Européenne. Cette information est au contraire dissimulée au public français, et c’est regrettable, ne serait-ce que du strict point de vue informationnel. Car les mots ne sont pas des ornements de remplissage ; les Français pourraient ainsi comprendre pourquoi sur 530 projectiles tirés par le Djihad Palestinien depuis mardi, les terroristes – des individus armés qui s’attaquent systématiquement à des civils – n’ont pas tiré une seule roquette ou une balle de fusil sur un militaire israélien. Cependant que l’Armée israélienne n’a pas visé ne serait-ce qu’une seule fois une cible civile.

 

Et c’est bien là toute la différence.

 

 
Cessez-le-feu : discussions au Caire (011411/19) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 13 novembre 2019

 

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Métula, jeudi, 3h10 à Sdérot, 2h10 à Paris

 

Le Secrétaire général du Djihad Islamique Palestinien, Ziad Nakhala, qui dirige d’ordinaire l’organisation terroriste depuis Damas est arrivé ce mercredi au Caire. Il y discute des conditions d’un éventuel cessez-le-feu avec les responsables égyptiens du Renseignement.

 

Le Djihad Islamique est politiquement et militairement isolé après le refus du Hamas de le rejoindre dans sa confrontation avec Tsahal et l’absence de soutien de la part du moindre Etat arabe. Le seul pays qui lui est favorable est la "République" Islamique d’Iran, qui lui fournit des armes et de l’argent.

 

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L’élégante chorégraphie nocturne d’un missile Tamir (Dôme de Fer) dans

le ciel d’Israël, avec la destruction d’une roquette au bout de sa trajectoire

 

Ziad Nakhala a exprimé au Caire à quelques journalistes arabes les conditions posées par son organisation à Israël pour parvenir à la cessation des hostilités "dans quelques jours ou même dans quelques heures".

 

Le Djihad Islamique exige ainsi qu’Israël s’engage à cesser les oblitérations ciblées de ses miliciens, ainsi qu’à s’abstenir de tirer sur les émeutiers du vendredi après-midi à Gaza. Il réclame également que l’Etat hébreu respecte à la lettre les dispositions des accords passés précédemment au Caire avec le Hamas et qu’il allège les limitations concernant l’importation des marchandises dans l’enclave palestinienne.

 

Nakhala a précisé qu’il attendait une réponse israélienne cette nuit même, et qu’en cas de refus, son organisation "poursuivrait le combat indéfiniment".

 

Pour Israël, où tous les responsables politiques expriment la nécessité de "rétablir l’effet de dissuasion face au Hamas et au Djihad", le fait d’accepter la moindre revendication énoncée par Nakhala aurait précisément le résultat contraire.

 

Toute autre solution que "le calme en échange du calme" constituerait en effet une prime aux bombardements terroristes des villes israéliennes dont Tel-Aviv. L’acceptation même partielle ou symbolique de conditions énoncées par la milice islamique agirait comme un encouragement à recommencer ces attaques, puisqu’elles sont couronnées par des concessions de la part de Jérusalem.

 

Par le passé, particulièrement durant les quinze dernières années, ces confrontations de quelques jours ont souvent abouti à des concessions de l’exécutif hébreu dominé par Binyamin  Netanyahu, soucieux de faire revenir le calme souvent pour des raisons démagogiques ou électorales.  

 

Du strict point de vue stratégique, nous regrettons la tenue de négociations même indirectes avec les organisations terroristes islamiques. Tout accord aux termes duquel Israël s’engage à ne pas leur faire la guerre à outrance entraîne naturellement la possibilité pour elles de se réarmer et de se préparer au prochain et inévitable affrontement. Nous réitérons dans le langage le plus simple et le plus clair disponible que l’obligation première de tout gouvernement siégeant à Jérusalem consiste à éliminer complètement les menaces terroristes à ses frontières. Qu’aucun gouvernement israélien ne devrait tolérer que des organisations comme le Hamas, le Djihad Islamique ou encore le Hezbollah, qui détiennent des dizaines de milliers de roquettes pouvant atteindre les centres névralgiques du pays, continuent d’exister et que l’on convienne de trêves avec elles.

 

Nous mettons en garde contre le fait qu’une attitude d’ "appeasement" à leur égard peut conduire à court ou moyen terme à un conflit qui verrait l’Etat hébreu contraint d’affronter simultanément les milices islamiques de Gaza, le Hezbollah au Liban, le régime syrien et la théocratie perse sur le front nord-est.

 

Nous précisons que l’anéantissement définitif des milices palestiniennes et libanaise prévaut sur toute considération politique ; que notre analyse n’est pas belliciste, idéologique, nationale ni religieuse, mais strictement stratégique. Que cette analyse s’articule autour de la constatation selon laquelle il n’est pas raisonnable de laisser se développer et accumuler des armes des organisations qui se sont fixé comme objectif stratégique ultime la destruction d’Israël et de sa population.

 

Nous craignons que Binyamin Netanyahu ne contrevienne une nouvelle fois à ces principes et conclue à nouveau un accord avec l’une de ces milices. Un accord accompagné une fois encore de concessions, et qui ne garantit nullement ni la sécurité des habitants du sud d’Israël, ni ceux du Goush Dan. Un accord qui, bien au contraire, augmente les dangers qui les menacent et promet, comme cela a été vérifié dans un passé récent, la multiplication des agressions visant la population israélienne. Une entente avec l’ennemi dont le contenu et jusqu’à l’existence seront dissimulés à la population d’Israël par ses dirigeants, sans qu’ils ne jugent nécessaire de se justifier pour ces dissimulations.    

 

Au-delà de ces considérations, nous venons d’observer que le gouvernement israélien dirigé par Binyamin Netanyahu permet à quelques milliers de miliciens mus par des dogmes moyenâgeux et dotés d’armes antédiluviennes de bombarder la moitié d’Israël sans risquer l’anéantissement ainsi que de paralyser régulièrement les activités fondamentales du pays.

 

Quoi qu’il en soit, la conclusion d’un cessez-le-feu est dans l’air, l’Egypte exerçant pression et menaces sur les chefs du Djihad Islamique afin d’y parvenir. Le simple fait du déplacement effectué par Ziad Nakhala sur les bords du Nil, chez ses adversaires les plus déterminés dans tout le monde arabe, indique que son organisation est mûre pour une trêve et que celle-ci va intervenir à brève échéance.

 

Signe avant-coureur de l’accalmie en vue, la multiplication des attaques à la roquette de la milice islamique afin de donner l’illusion à ses partisans qu’elle a remporté une victoire militaire face à l’entité sioniste. Ainsi, depuis 13h mercredi et notre dernière mise à jour, l’organisation terroriste islamique a visé pas moins de 47 objectifs en Israël, du pourtour de la bande côtière à la ville de Rékhovot [140 000 hab.] à 20km de Tel-Aviv.

 

Depuis mardi matin à 5h, ce ne sont pas moins de 505 roquettes, d’après le décompte de notre camarade Jules Mazouz, qui ont été tirées sur des cibles civiles israéliennes. Grâce à l’efficacité exceptionnelle du Dôme de Fer et à sa déclinaison pour l’interception des roquettes à longue portée, la Fronde David, on ne déplore aucun mort mais uniquement 68 blessés. La totalité est superficiellement atteinte, et plus d’une soixantaine de ces blessures sont d’ordre psychologique ou ont été occasionnées par des chutes sur le chemin des abris.

 

Tsahal quant à lui est intervenu contre des cellules de lanceurs de roquettes en pleine action, contre des chefs terroristes, contre une base navale, des centres de commandement, des usines d’armement ainsi que des entrepôts de munitions.

 

Ces diverses attaques ont causé la mort de quelques 34 Palestiniens dont 90% de miliciens, et ont blessé une centaine de personnes dans les mêmes proportions. La dernière opération israélienne a visé à 1h35 une position militaire dans la ville de Deir al-Balah au centre de la bande de Gaza. Elle a fait six morts et douze blessés selon un porte-parole du Hamas.

 

Quant à la plus récente salve de roquettes, la 48ème depuis 13 heures, elle a visé des agglomérations du pourtour de l’enclave palestinienne à 2h36.

 

Nous précisons à toute fin utile que notre emploi de la mention "terroriste" ne procède pas d’un parti pris politique ni d’un souci de stigmatisation mais qu’il est la stricte application de la définition "d’individus armés s’en prenant systématiquement à des civils". Ca a été le cas de la totalité des 505 roquettes tirées par la milice islamique sur Israël, alors que la totalité des attaques de l’Armée israélienne a visé des objectifs militaires ou des personnages occupant des fonctions militaires à la tête de la milice.

 

La Ména reste naturellement mobilisée avec tous ses journalistes, analystes et reporters opérant dans la région.

 

 

 
Gaza : l’analyse complète de la situation ce mercredi à 13 heures (011311/19) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
mercredi, 13 novembre 2019

 

L’analyse vocale complète de la confrontation avec les organisations terroristes islamiques de Gaza jusqu’à 13h, ce mercredi.

 

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Israël déploie ses canons sur la frontière de Gaza

 

L’analyse en deux interviews de Bruxelles-Métula.

 

Stéphane Juffa au micro de Joanna Marchi sur Radio Judaïca.

 

Sur Youtube :

https://youtu.be/6S3vhnzdaUg

 

 
Bruxelles-Métula du 12 novembre 2019 (021211/19) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
mardi, 12 novembre 2019

 

L’analyse vocale de la confrontation avec les organisations terroristes islamiques de Gaza.

 

Jusqu’à 15h locales, 180 roquettes de Gaza ont été lancées sur Israël, y compris sur Tel-Aviv.

 

Pour la première fois, le Dizengoff Center et la bourse aux diamants ont été fermés par mesure de précaution.

 

Une petite fille a été sérieusement blessée par des éclats de roquette à Holon, dans la banlieue sud de Tel-Aviv.

 

On s’attend à une aggravation supplémentaire de la situation à partir du début de la soirée.

 

Tsahal bombarde des positions terroristes dans l’enclave palestinienne.

 

Tous les reporters de la Ména sont déployés sur le terrain. D’autres breaking news suivront.

 

L’analyse complète et originale de Stéphane Juffa au micro de Joanna Marchi sur Radio Judaïca.

 

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Sur Youtube :

https://youtu.be/fkpuF6_EAhw

Sur Radio Judaica :

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/1420377768127353/?t=18

 

 

 
Neutralisations ciblées de 2 chefs du Djihad à Gaza et à Damas (011211/19) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 12 novembre 2019
 
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© Metula News Agency

 

Métula, mardi 08h30

 

Vers 4h locales ce matin, lors d’une action conjointe du Shin Bet et de Tsahal, une opération aérienne ciblée et chirurgicale a cueilli dans son lit Baha Abou al-Ata, le chef du Djihad Islamique Palestinien pour le nord de la bande de Gaza.

 

Comme on peut s’en persuader sur cette photo, le raid a détruit une chambre et demi dans l’appartement du chef terroriste. Son épouse a également perdu la vie lors de cette attaque et trois autres individus ont été blessés.

 

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Les restes de l’appartement du chef terroriste après l’attaque de ce matin à Gaza

 

Depuis, les organisations islamiques de l’enclave palestinienne tirent des roquettes sur le sud-ouest israélien. Une trentaine de villes et villages ont été visés, y compris les villes d’Ashkelon (130 000 hab.), d’Ashdod (225 000 hab.), Beer Sheva (205 000 hab.), ainsi que les agglomérations du pourtour immédiat de Gaza comme Sdérot, Nétiv ha-Assara, Bet Elazari, Kadron, Zikim, etc. [Voir le film d’une interception de roquettes à Ashdod ce matin].

 

A 7h, les terroristes ont commencé à cibler le Goush Dan, la grande région de Tel-Aviv et ses 4.5 millions d’habitants. Les cités de banlieue de Holon (200 000 hab.), Rishon Le-Zion (256 000 hab.) ont essuyé des tirs, tous interceptés par le Dôme de Fer. Les sirènes ont aussi retenti au centre de Tel-Aviv.

 

Dans tous ces endroits, y compris l’ensemble de Goush Dan, les écoles demeureront fermées aujourd’hui et nous estimons à plus d’un million le nombre d’élèves qui resteront ce mardi dans les espaces protégés.

 

Les employés des entreprises privées et publiques qui ne revêtent pas une importance stratégique sont également invités à rester chez eux dans tous les lieux que nous citons.

 

La plupart des projectiles sont interceptés par le Dôme de Fer, dont le taux de réussite a encore augmenté pour dépasser actuellement les 90% d’interceptions.

 

Deux roquettes ont toutefois touché des habitations, l’une à Sdérot et l’autre à Guédéra. Ces explosions n’ont pas fait de victimes mais des dégâts matériels.

 

Pour le moment Tsahal se contente de riposter par des tirs de chars sur des positions islamiques de Gaza. Israël tente d’envoyer un signal aux organisations terroristes selon lequel "il n’est pas intéressé par l’extension de l’affrontement mais que si les tirs se poursuivent, il interviendra massivement". Actuellement le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, n’intervient pas dans le ciel de Gaza.

 

Une réunion exceptionnelle du Conseil des ministres est prévue à 9h. On y décidera de l’attitude à adopter en vue des rapports qu’effectueront les responsables de l’Armée et ceux du Renseignement.

 

Baha Abou al-Ata était le principal responsable des récentes agressions spontanées contre les agglomérations civiles israéliennes du nord mais également au sud de l’enclave palestinienne de Gaza.

 

Chef des Brigades al Quds [ara. : Jérusalem], on lui attribue l’ouverture du feu lors de la commémoration annuelle du souvenir des soldats tombés lors des guerres d’Israël. Lors du festival de musique de Sdérot, ainsi que l’agression qui avait visé la même ville le premier novembre dernier.

 

Tsahal avait déjà tenté de l’éliminer sans succès en 2012 lors de l’opération Amoud Anan [héb. : pilier de nuages] ainsi qu’en 2014 lors de celle de Tzouk Eitan [héb. : falaise imprenable].

 

Elimination ciblée à Damas

 

Presque au même moment que se déroulait la neutralisation d’Abou al-Ata, une autre opération avait lieu au centre de Damas conduisant à l’élimination d’Akram Adjouri, le no.2 du Djihad Islamique.

 

Deux terroristes ont été éradiqués lors de cette frappe et sept autres ont été blessés. Le raid s’est produit dans le quartier d’el Mezzé, au nord-est de la capitale syrienne, non loin du palais de Bashar al Assad.

 

La situation à Damas et dans les agglomérations du nord d’Israël est parfaitement calme pour le moment. Les media officiels syriens, chiites libanais et arabes attribuent l’oblitération d’Akram Adjouri à Israël. Il est objectivement difficile de ne pas associer les deux opérations ciblées visant des dirigeants supérieurs de la même organisation au même moment.

 

Dernières minutes :

 

Le correspondant de la Ména à Sdérot, Ilan Tsadik, rapporte à 8h15 une série d'attaques israéliennes aériennes et terrestres actuellement en cours dans le nord de la Bande de Gaza. Ces raids interviennent après trois heures de retenue.

 
 
Un sous-marin russe interpelé à 15km de la côte israélienne (011111/19) Version imprimable
Breaking News !
lundi, 11 novembre 2019

 

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© Metula News Agency

 

Lundi, 23h30 à Métula, 22h30 à Paris

 

On apprend ce lundi qu’il y a trois mois de cela une vedette de la Marine israélienne (le Khe’l ha-Yam) a repéré un sous-marin russe à moins de 15km [8 miles nautiques] en face de la région de Tel-Aviv.

 

Ce, alors que les eaux territoriales de l’Etat hébreu s’étendent jusqu’à 22km [12NM] de la côte.

 

Des officiers israéliens ont contacté leurs homologues russes en utilisant un réseau de communication mis en place entre les deux armées afin d’éviter des situations dangereuses. Ce réseau est surtout utilisé par le Khe’l avir, l’Armée de l’air israélienne, pour communiquer sur les activités des avions dans le ciel syrien très emprunté.

 

Suite à ces discussions, le submersible russe a finalement quitté nos eaux territoriales pour rejoindre le cœur de la Méditerranée.

 

La Marine israélienne s’est refusée à faire tout commentaire sur l’incident.

 

Selon les media du Hezbollah au Liban, le sous-marin interpelé serait le Rostov-sur-le-Don, un bâtiment du Projet 636.3, ou "aka Vashavyanka-class" en russe, comme il en existe cinq autres en service, un en essais avant livraison et cinq supplémentaires en construction.

 

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Le Rostov-sur-le-Don peu avant sa mise à l’eau

 

Il s’agit d’un submersible à propulsion diesel/électrique, à l’instar du Dolphin israélien, réputé pour avoir une signature sonore particulièrement discrète et considéré comme furtif par ses concepteurs.

 

Il mesure 70 mètres de long, peut plonger à 250 mètres en plongée opérationnelle et peut emporter 52 marins à 20 nœuds en immersion [37km/h]. Il est armé de torpilles, de mines et surtout du missile de croisière 3M54. Le Rostov-sur-le-Don aurait lancé un missile de ce type sur une position de l’Etat Islamique durant la Guerre Civile Syrienne. Il est principalement conçu cependant pour la lutte contre des navires de surface et d’autres sous-marins.

 

Son prix est évalué à 220 millions d’euros l’unité contre 650 millions aux Dolphins de l’Etat hébreu, dont six exemplaires sont en service.

 

Nous ne connaissons pas de réels avantages entre le positionnement d’un submersible à 15km des côtes ou à 22km, en dehors de la provocation ou d’une tentative effectuée afin de vérifier si le Khe’l ha-Yam était capable de le localiser. Ce qui a été le cas ; mais les stratèges hébreux ont dû réfléchir intensément avant de contacter leurs homologues russes, leur indiquant par là même qu’ils avaient les moyens de localiser les submersibles de la classe 636.3, la plus moderne actuellement pour ce genre d’engins au service de la Russie.

 

Il aura fallu que la nuisance possible que l’intrus représentait soit supérieure au fait de laisser croire au marins de Poutine que nous étions incapables de repérer sa présence. A la Ména nous ignorons à la fois combien de temps le submersible russe a séjourné dans nos eaux et depuis combien de temps il avait été repéré.

 

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Un Dolphin israélien

 

A la Ména, on se demande si le rôle du sous-marin russe ne consistait pas précisément à repérer les sorties des Dolphins des ports israéliens. Car les Dolphins ne sont pratiquement pas repérables s’ils ne sont pas suivis dès le moment où ils prennent la mer. Notre spécialiste en armement Jean Tsadik peut concevoir que chaque mile pourrait compter pour surveiller ce genre de mouvements.

 

Avec la montée des tensions avec l’Iran et la reprise de l’enrichissement de l’uranium dans l’usine souterraine de Fodo, certains experts ont émis l’idée que les Dolphins pourraient participer activement à une éventuelle attaque de Tsahal visant les infrastructures nucléaires iraniennes.

 

Dans cette hypothèse, le Kremlin souhaiterait évidemment connaître le plus tôt possible les intentions israéliennes.

 

Nous notons tout de même que l’annonce officielle de la reprise des activités d’enrichissement à Fodo date d’il y a uniquement sept jours et que l’incident s’est produit il y a trois mois. Ceci posé, si les Perses ont repris l’enrichissement mardi dernier, ils ont dû préparer le redémarrage de leurs installations plusieurs semaines avant cela.

 

 

Notons enfin que ce genre d’incidents n’est pas totalement exceptionnel et pas unidirectionnel. Ainsi, peu de temps avant qu’il ne soit mis en cale sèche en juillet 2018, le seul porte-avions russe, l’Amiral Kouznetsov, avait été approché à quelques centaines de mètres par une vedette du Khe’l ha-Yam. A cette occasion également, une confrontation avait pu être évitée.  

 

 
Israël prépare la guerre qui assurera sa pérennité (010611/19) Version imprimable
Analyse
mercredi, 06 novembre 2019

 

Par Jean Tsadik

 

Avec Stéphane Juffa

 

Le chef du Khe’l Avir, l’Armée de l’air israélienne, le Général Amikam Norkin, a annoncé la semaine dernière que les batteries de Khetz [heb. : flèche], les Yahalom [heb. : diamant], le nom donné par les Israéliens au missile anti-missiles américain Patriot, les Frondes de David ainsi que les Dômes de fer avaient été placés en état d’alerte. Norkin a ajouté que le défi de la défense se fait plus complexe ; qu’à la menace des missiles et des roquettes s’ajoute désormais celle des drones d’attaque et des missiles de croisière.

 

C’est évidemment de l’Iran qu’il est question. Dans ces colonnes nous avons maintes fois écrit que les missiles des ayatollahs étaient imprécis et qu’ils ne constituaient pas une menace sérieuse pour notre sécurité. Nous avions également averti que la situation n’était pas définitive et qu’à force de développer des armes, l’industrie perse parviendrait tôt ou tard à produire des engins de précision.

 

Nous basions nos estimations optimistes sur l’observation des tentatives de tirs des missiles de Téhéran qui s’étaient toutes soldées par des revers cinglants, explosant à de grandes distances de leurs objectifs lorsqu’ils parvenaient à s’élever dans les airs.

 

La très nette augmentation de la tension est aussi due à l’observation : les détails de l’attaque iranienne sur les installations de l’est de l’Arabie Saoudite nous ont persuadé que l’ennemi chiite avait beaucoup progressé dernièrement. Contre les raffineries, il est parvenu à lancer simultanément 25 drones d’attaque et missiles de croisière qui ont causé des dommages très importants à leurs objectifs.

 

Tsahal (et nous dans son sillage) a particulièrement noté l’introduction réussie du Quds-1 [ara. : Jérusalem], un petit missile de croisière précis et destructeur qui avait été présenté publiquement pour la première fois lors d’une exposition le 7 juillet dernier [regarder la vidéo]. Sur la vidéo, c’est le missile bleu ciel et blanc sur lequel il est inscrit Quds.

 

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Le commandant en chef de Tsahal Aviv Kokhavi :

une réflexion permanente, libre et brillante

 

La question que nos responsables sécuritaires ont été amenés à se poser dans une relative urgence a été la suivante : pourquoi les mollahs ne tenteraient-ils pas une opération contre un objectif en Israël du même type que celle réussie en Arabie Saoudite en septembre ? Avec les mêmes armes et sur la base de plusieurs tirs simultanés de matériels différents.

 

Et ce ne sont pas les raisons qui manquent aux ayatollahs pour en faire usage contre nous, particulièrement nos attaques aériennes incessantes qui les visent ainsi que leurs alliés irakiens et libanais le long de l’autoroute chiite, le plus souvent (mais pas uniquement) en Syrie, à la frontière irako-syrienne et dans la profondeur du territoire irakien.

 

A vrai dire, comme la plupart des armées occidentales, Tsahal a été surpris par le succès de l’attaque sur les raffineries. Une surprise assez désagréable car on n’attendait pas les Perses sur le terrain des missiles de croisière, puisque nous avions privilégié le développement des Khetz dont la fonction consiste à intercepter des missiles balistiques.

 

L’autre surprise a été politique : l’inaction de l’Amérique du Président Donald Trump et, mais cela était prévisible, des Européens. Après avoir attaqué et arraisonné des pétroliers dans le Golfe arabo-persique, face à la débilité des Occidentaux, Téhéran a poursuivi son escalade en menaçant plus gravement encore l’approvisionnement du monde en or noir sans déclencher la moindre riposte de Washington et de ses alliés.

 

Pour Jérusalem le signal est simple : nous ne pouvons – et c’est plus clair qu’à l’accoutumée -  décidément ne compter que sur nous-mêmes. Mais également : les ayatollahs sont encouragés par la passivité des Occidentaux et leur prochaine cible pourrait bien être l’Etat hébreu.

 

Non seulement il existe de grandes chances que Trump ne réagisse pas à nouveau, mais cela pourrait même ajouter des atouts à la dictature théocratique lorsqu’il s’agira de s’asseoir et de renégocier l’accord sur le nucléaire avec les Américains. S’ils parviennent à démontrer qu’ils sont capables d’atteindre avec précision des cibles en Israël, cela leur procurera à n’en pas douter une monnaie d’échange appréciable.

 

Encore faut-il pour eux parvenir à causer des dégâts en Israël, qui soient suffisamment importants pour faire la démonstration de leurs nouvelles capacités – on évoque à la fois des dommages matériels et des pertes humaines – et trop circonscrits pour conduire à un conflit généralisé avec Jérusalem, dans le cadre duquel la théocratie chiite sait qu’elle ne ferait pas le poids.

 

Même en considération d’éventuelles frappes de missiles de croisière et de drones-suicides, Tsahal possède les moyens de déjouer les plans des Iraniens ainsi que de leur infliger des représailles dévastatrices.

 

Car c’est précisément contre des menaces de ce genre que nous avons développé la Fronde de David. La préoccupation vient du fait que nous n’avons jamais eu l’occasion de la tester en situation d’attaque réelle et que le baptême du feu risque d’être soudain. Un autre élément à prendre en considération tient à cela que chaque interception revient à un million de dollars environ. C’est désagréable mais pas ingérable, vu que les ayatollahs ne disposent assurément pas de milliers ni même de centaines de missiles de croisière. Pour le moment.

 

En Israël et aux Etats-Unis on parle beaucoup du scénario catastrophe décrit il y a trois jours par l’ancien ambassadeur hébreu aux USA sur The Atlantic, Michaël Oren. Tout n’y est pas rigoureusement précis, en particulier les capacités de riposte de Tsahal qui sont largement sous-estimées. Reste que l’hypothèse proche de celle évoquée par Oren se trouve bien au centre des préoccupations de l’Armée et de celles des politiciens qui ont encore la tête à se pencher sur la sécurité du pays plutôt que sur leurs problèmes personnels.

 

L’hypothèse, c’est celle d’un raid qui tourne mal et qui dégénère en conflit global. Une guerre durant laquelle l’Etat hébreu serait simultanément opposé aux missiles balistiques, de croisière et aux drones perses, à l’Armée de Bashar al Assad, au Hezbollah et ses 140 000 roquettes, ainsi qu’au Hamas et à ses 20 000 roquettes (ce sont mes chiffres, pas ceux de Michaël Oren. Ndla.).

 

Le chef du Hamas, Yahya Sinwar, a menacé lundi dernier Benny Gantz de "frapper Tel-Aviv en faisant résonner les sirènes le matin, le soir et la nuit pendant six mois complets". Sinwar a également affirmé qu’il lui "fera maudire le jour où sa mère lui a donné naissance".

 

Il faisait écho aux propos du candidat au poste de Premier ministre et ex-commandant en chef de Tsahal après les tirs spontanés des terroristes islamiques de Gaza sur leurs voisins civils israéliens du Néguev le weekend passé.

 

Gantz avait promis qu’un "gouvernement sous sa direction ne tolérera pas une menace pour les habitants du Sud et n’acceptera aucune atteinte à sa souveraineté. Nous allons rétablir la dissuasion à tout prix, même si nous devons personnellement frapper ceux qui mènent l’escalade".

 

C’est en fait de cela qu’il s’agit. Car pour tirer des projectiles pendant six mois sur Tel-Aviv, il faut impérativement rester vivant durant ces six mois. La question n’a rien à voir avec ces polémiques de bon aloi, une quelconque idéologie, ni avec des considérations politiques qui ont trop duré, elle est uniquement stratégique. Pour éviter un "scénario à la Oren", Israël doit faire ce que nous préconisons depuis de très longues années à la Ména : reprendre le contrôle de Gaza et éradiquer le Hamas.

 

En suivant un principe simple : une grande puissance régionale a le devoir d’éliminer les organisations terroristes qui menacent ses frontières. Précisément afin de ne pas se retrouver à avoir à mener un affrontement généralisé sur quatre fronts à la fois.

 

La Turquie s’est prévalue de ce droit pour agresser les Kurdes dans le Rojava. C’était un faux prétexte pour grignoter une partie de la Syrie, parce que les Peshmerga ne sont pas des terroristes et qu’ils n’ont jamais menacé de génocider les Turcs. Ce que font Sinwar et ses collègues chaque matin en se levant à propos d’Israël. Joignant chaque weekend l’acte à la parole, en provoquant artificiellement des violences contre Israël.

 

Erdogan est un dictateur criminel, mais le modèle stratégique qu’il a instrumentalisé est correct. Un grand pays doit sécuriser ses frontières, il a dû le lire dans un vieux bouquin d’école de guerre.

 

Dans le cas d’Israël, le plus tôt sera évidemment le mieux. Dans le cas du Hamas à Gaza mais également dans celui du Hezbollah au Liban. Mais pour cela, il faut suivre une stratégie conséquente, et prendre conscience de sa puissance ainsi que de son droit au calme. Il faudrait, entre autres, parler à l’intention du gouvernement légitime de Beyrouth, ne serait-ce que pour augmenter davantage la pression de la rue contre la présence armée du Hezbollah. Manier le bâton et la branche d’olivier en vantant les mérites de la paix, en rappelant chaque semaine que les Libanais et les Israéliens n’ont pas de raison de maintenir entre eux de situation conflictuelle et qu’une frontière ouverte assurerait le plein emploi aux habitants du pays aux cèdres et leur bien-être économique.

 

Il faut aussi mettre Michel Aoun en demeure de désarmer le Hezb, jusqu’à ce que cette exigence retentisse sur les murs de toutes les instances nationales et internationales. Et qu’aucun ministre beyrouthin ne puisse plus faire un pas en dehors de chez lui sans qu’il ne se trouve assailli par cette question attenante aux armes de destruction massive aux mains des Iraniens au Liban, qui lui font courir un réel danger d’anéantissement en cas de conflit avec Israël.

 

Cela s’appelle la diplomatie. Nos dirigeants n’y comprennent déjà pas grand-chose à la base et de plus, ils sont bien trop occupés pour se souvenir d’en faire usage. Elle ne suffit pas à elle seule à désarmer Nasrallah mais elle a la faculté de le placer sur la défensive, de même que ses maîtres à Téhéran. Car dans la nouvelle situation qui s’est constituée, après la volte-face de Trump en Arabie et en Syrie, il y a aussi le risque pour la théocratie perse de perdre le contrôle à Beyrouth et à Bagdad au profit des sunnites en cas de guerre meurtrière qui les impliquerait et de la défaite inévitable, provoquant des milliers de morts et de blessés inutiles, qui y mettrait un terme.

 

Car l’issue du scénario Oren ne fait aucun doute, avec ou sans intervention américaine. Israël, et l’ancien ambassadeur le rappelle, est capable d’aligner plus de soldats bien équipés sur le champ de bataille que la France et la Grande-Bretagne réunies.

 

Le questionnement qui taraude Aviv Kokhavi, le chef d’état-major de Tsahal, n’est pas si Israël va gagner la prochaine guerre ou pas. Elle concerne le prix qu’il va falloir payer : quelques dizaines de victimes ou des milliers ? Un conflit de deux mois ou de deux semaines ? Une économie minée par les destructions ou un pays qui aura su prendre à temps les mesures adéquates pour faire parler sa force de frappe en éliminant l’effet de surprise et les balbutiements ?

 

Kokhavi a un plan, il l’a nommé "Momentum". En français, il faudrait traduire cela par le "moment", mais le "moment cinétique". A la définition mathématique, on préférera une explication du genre : la quantité de mouvement d’un corps en mouvement, mesurée par le produit de sa masse par sa vélocité. Plus simplement : l'impulsion gagnée par un objet en mouvement.

 

Il faut donc mettre Tsahal en mouvement, l’adapter à la nouvelle situation, Kokhavi ne craint pas d’appeler cela une révolution et de la chiffrer : Momentum coûtera au contribuable un milliard de dollars supplémentaire par année pendant environ dix ans.

 

Encore faudrait-il qu’il y ait un gouvernement qui fonctionne et un parlement qui vote un budget pour entériner ce plan. Mais le chef d’état-major n’a pas le temps d’attendre les politiciens, il a parlé des priorités de la sécurité d’Israël à Gantz et à Netanyahu, et il a dit qu’il fonçait et que l’officialisation viendrait ensuite. Gantz et Netanyahu l’ont assuré de leur appui.

 

Comme toutes les choses intelligentes, l’objectif de ce plan peut s’énoncer simplement : réduire la durée de la guerre en remportant la victoire le plus rapidement possible et le plus décisivement aussi. La réduction du temps du conflit limite en effet les pertes humaines, les dégâts matériels, l’impact négatif sur l’économie et le tourisme, de même que le coût financier de la guerre.

 

Dans les faits, il s’agit d’étendre considérablement la capacité des missiles à la fois offensifs et défensifs d’Israël, son aptitude à recueillir des renseignements sur les cibles ennemies intégrées, et la préparation de ses soldats à la guerre urbaine (il faudra aller détruire les roquettes du Hamas, du Hezb et des autres avant qu’elles ne soient tirées).

 

Mais par-dessus tout, Aviv Kokhavi est en train de dessiner une armée qui se dote des moyens d’écraser violemment, rapidement et définitivement ses adversaires. En les rouant de coups décisifs si vous préférez. En étant bien moins parcimonieux et plus impitoyable que Tsahal ne l’est aujourd’hui ; en s’occupant de gagner les guerres et non plus seulement de remporter des victoires militaires.

 

La voie est juste, l’analyse stratégique est correcte, les ingrédients de la révolution sont connus, ils sont à portée de main.

 

Toute la région a les yeux fixés sur Israël. Après la démission de Trump et l’inconsistance des Européens, l’Etat hébreu est devenu l’unique recours...

 

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Bruxelles-Métula du 4 novembre 2019 (010411/19) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 04 novembre 2019

 

Pourquoi Israël a-t-elle décrété depuis la semaine dernière l’état d’alerte de tous ses moyens de défense antiaériens ?

 

Les questions de Joanna Marchi :

 

Qu’est-ce que vous craignez ?

 

Vous n’avez toutefois pas cessé de nous dire à Bruxelles-Métula que les Iraniens ne savaient pas fabriquer des missiles. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

 

Quels sont les objectifs que les Iraniens pourraient viser en Israël avec de tels engins et pourquoi le feraient-ils ?

 

Vous ne disposez de rien pour les arrêter ?

 

Pourquoi l’état-major de Tsahal est-il persuadé qu’une attaque de ce genre par les Perses est imminente ?

 

On croyait que la principale menace en provenance de la théocratie chiite était constituée par les missiles balistiques ? Vous avez d’ailleurs construit les missiles Khetz afin de les intercepter en vol. Maintenant, vous craignez les missiles de croisière et les drones. Je ne suis pas certaine que tous nos auditeurs fassent la différence, pouvez-vous très brièvement nous les expliquer ?

 

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Le nouveau missile de croisière iranien Quds-1

 

Des drones et des missiles qui volent à la vitesse d’un Cessna, c’est cela qui fait trembler Israël ?

 

Si les Iraniens vous attaquent effectivement avec ces missiles et ces drones, quels risques prennent-ils ?

 

L’analyse complète et originale de Stéphane Juffa au micro de Joanna Marchi sur Radio Judaïca.

 

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Sur Youtube :

https://youtu.be/hqisy0EX-yI

Sur Radio Judaica :

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/545714599330572/?t=7

 

 
Les Démocrates choisissent la guerre civile politique (010111/19) Version imprimable
Analyse
vendredi, 01 novembre 2019

 

Par Amram Castellion

                                                                                                                    

Hier 31 octobre, la Chambre des Représentants a approuvé par 232 voix contre 196 le lancement d'une enquête formelle de déchéance ("impeachment") du Président Trump. Aucun Représentant Républicain n'a approuvé la motion, et deux Démocrates ont voté contre.

 

Il ne s'agit pas encore – contrairement à ce qu'ont rapporté un peu rapidement certains collègues français – d'un vote pour la destitution du président, mais de l'approbation d'une procédure d'enquête et de la définition de certaines de ses règles de fonctionnement.

 

Le vote met fin à deux mois pendant lesquels les Démocrates – et les Démocrates seuls – travaillaient sur un possible impeachment futur dans des sessions fermées, dans lesquelles les élus Républicains avaient interdiction de se rendre, à l'occasion, en plaçant des gardes armés à la porte.

 

Mais ils n’ont fait qu'ouvrir une autre étape, qui devrait prendre plusieurs mois d'audiences, d'échanges de notes juridiques, de coups d'éclat et de rodomontades des deux côtés de la Chambre.

 

Puis, si la Chambre décidait de voter la destitution, le pouvoir serait transmis au Sénat, qui seul a le pouvoir de juger le président et de le démettre de ses fonctions. Cela prendrait encore nécessairement du temps. Et là, comme les Démocrates qui ont voté hier le savent parfaitement, tout s'arrêterait. Le Sénat ne votera en aucun cas la destitution du président pour les faits qui lui sont reprochés, parce que personne de sérieux ne peut prétendre qu'ils constituent les faits de "trahison, corruption ou autres graves crimes et délits" qui, selon l'article II, section de la Constitution américaine, permettent la destitution.

 

Il est reproché au président Trump d'avoir encouragé le président ukrainien à faire poursuivre par son parquet Hunter Biden, fils de l'ancien vice-président et possible candidat Démocrate Joe Biden. Lequel Hunter avait reçu une confortable position au conseil d'administration de la société pétrolière ukrainienne Burisma Holdings pendant que son papa était vice-président, sans qu’Hunter Biden n’ait la moindre expérience dans l'industrie, pour 50.000 dollars par mois. Dans le même temps, l'aide américaine à l'Ukraine était retardée de quelques mois, sans que personne n'explique aux Ukrainiens quelle était la raison de ce délai.

 

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Hunter Biden et son père : un lien de famille qui rapporte gros

 

Les raisons pour lesquelles ces faits ne peuvent pas constituer un crime pourraient remplir un livre, mais voici les principales :

Demander une enquête d'un parquet étranger afin de poursuivre une possible violation de la loi locale par un citoyen de votre propre pays n'est pas une trahison ; cela peut même participer d'un effort d'assainissement de la vie publique ;

 

Trump n'a jamais suggéré de piéger un citoyen américain, mais de faire fonctionner normalement la justice ukrainienne sur des faits qui ne sont mis en doute par personne (Hunter Biden lui-même a reconnu face à un journaliste qu'il n'avait pas de compétences en matière pétrolière et devait sa nomination au pouvoir exercé par son père) ;

 

Personne – ni Trump, ni ses fonctionnaires – n'a jamais fait de lien explicite entre la suggestion de faire donner le parquet et le retard dans le versement de l'aide à l'Ukraine. Le président ukrainien a explicitement témoigné qu'il n'avait pas été mis sous pression et ne comprenait pas la raison du retard. L'aide a finalement été versée sans action du parquet ;

 

Si le parquet ukrainien poursuit Hunter Biden, que se passera-t-il ? Le seul résultat sera que les Républicains diront que la famille Biden est corrompue. Ce qu'ils disent déjà ;

 

Faire pression, surtout indirectement et implicitement, sur un pays étranger est une pratique quotidienne en politique étrangère. Si cela se fait, comme ici, dans le respect des procédures de ce pays et de son Etat de droit, rien ne distingue cette demande du tout-venant de la conduite des relations internationales ;

 

L'ancien Vice-président Biden lui-même s'est vanté devant les caméras d'avoir obtenu la destitution par le précédent régime ukrainien d'un procureur qui s'intéressait de trop près aux affaires de sa famille, en menaçant de ne pas verser une aide d'un milliard de dollars si le procureur n'était pas renvoyé dans la journée. Contrairement au cas de Trump, le chantage était ici explicite et assorti d'une interférence directe dans le fonctionnement des institutions ukrainiennes. Je laisse les lecteurs apprécier le degré de cynisme qui peut pousser un mouvement politique à chercher à faire tomber un président pour des faits que l'un de ses principaux candidats a publiquement reconnu avoir lui-même commis ;

 

Enfin et surtout, dans un Sénat dominé par les Républicains à 53 contre 45 Démocrates (avec deux indépendants), il n'y aura jamais 66 votes pour voter une destitution qui entraînerait presque nécessairement une défaite des Républicains en novembre prochain. Cet argument suffit pour clore définitivement le débat.

 

Et si certains analystes n'étaient pas convaincus, je suis prêt à prendre les paris. Si le Sénat démet Trump sur l'affaire ukrainienne, je leur offre ma maison de Métula. Sinon, ils devront me donner leur propre résidence secondaire. Y a-t-il des preneurs ?

 

C'est précisément parce que les Démocrates savent parfaitement que le président ne sera pas destitué de ses fonctions qu'ils font traîner la procédure en longueur. Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre, a résisté pendant deux ans au lancement d'une procédure d'impeachment. Puis des auditions à huis clos ont eu lieu pendant six semaines, sans présence Républicaine et sans le moindre respect des droits de la défense, qui n'avaient donc aucune force légale. Le vote d'hier commence une troisième étape, qui engouffrera d'énormes ressources juridiques et durera nécessairement de nombreux mois.

 

L'élection présidentielle se tiendra dans exactement un an, le 3 novembre 2020. Si un vote du Sénat intervient avant, les Démocrates seront ridiculisés. Mais s'ils votent l'impeachment peu de temps avant l'élection, de manière à ce que le Sénat n'ait pas le temps de se prononcer avant le vote, ils pourront continuer à jouer sur les mots et présenter le président comme un président déchu – alors même qu'il n'aura pas été destitué et ne courra aucun risque de l'être. Il peut y avoir à cela un avantage politique pour les Démocrates.

 

Ce calcul politique, cependant, peut aussi se retourner contre eux. 29 membres Démocrates de la Chambre – y compris les deux qui ont voté contre la déchéance – représentent des districts qui ont donné une majorité à Trump en 2016. Si l'appareil politique Républicain parvient à ...

 

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Bruxelles-Métula du 28 octobre 2019 (012810/19) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 28 octobre 2019

 

La révolte des Libanais :

 

Stéphane Juffa reprend le rapport de Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, et le développe dans l’analyse.

 

L’analyse complète et originale de Stéphane Juffa au micro de Joanna Marchi sur Radio Judaïca.

 

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Sur Youtube :

https://youtu.be/-mPaKeVh5do

Sur Radio Judaica :

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/420759978823678/?t=2

 

 
Ils ont tué le Liban mais pas les Libanais (012610/19) Version imprimable
Analyse
samedi, 26 octobre 2019

 

Par Michaël Béhé à Beyrouth

 

Le Liban n’est plus un pays depuis longtemps, mais ceux qui sont responsables de cet état sont désagréablement surpris de découvrir que les Libanais, eux, n’ont pas cessé d’exister. Ils le font savoir bruyamment dans la rue depuis dix jours, paralysant la plupart des activités habituelles.

 

Ce qui est à la foi étonnant et réjouissant dans cette réaction populaire, inattendue par son ampleur et sa ténacité, est qu’elle franchit les cloisonnements que les dirigeants pensaient étanches. Ainsi, dans la rue, il était impossible, jusqu’à jeudi dernier, de distinguer les manifestants chrétiens des sunnites et même de chiites.

 

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Les Libanais occupent (enfin) le Liban

et ils sont de plus en plus nombreux à le faire

 

Au début du mouvement, Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, avait décidé que les chiites ne devaient pas participer aux manifestations, vu que nombre des revendications sont directement dirigées contre son organisation. Mais en constatant que la révolte prenait de l’ampleur et que le Hezb risquait d’être montré du doigt comme le seul problème et la cible principale des Libanais, il s’empressa d’autoriser la communauté chiite dont il est le maître à penser à battre le pavé. Ce, tout en précisant qu’il était hors de question de changer le gouvernement, le système de gouvernance ainsi que les prérogatives de sa milice.

 

On pouvait dès lors se demander ce que les chiites faisaient dans les manifestations si ce n’était de la figuration. Mais en réalité, ils chantaient et criaient avec leurs compatriotes, car ils souffrent autant qu’eux de l’anarchie institutionnelle qui rend l’existence ici difficilement vivable.

 

De plus en plus visé par les slogans en sa qualité de dictateur de fait du pays, Nasrallah a changé à nouveau et radicalement d’approche à l’occasion d’un discours télévisé hier (vendredi).

 

Pour justifier son revirement, il y a dénoncé une prétendue manipulation externe (par l’étranger) de la contestation, lui ôtant son caractère spontané du début, et a regretté les tentatives de récupération du mouvement.

 

Le Sayyed a évidemment mis en avant le "risque d’une nouvelle guerre civile" au cas où le "chaos" s’instaurerait, qui conduirait à un "effondrement économique" à cause du "vide institutionnel". Nasrallah faisait ainsi écho à la principale revendication des manifestants qui réclament la démission en bloc du gouvernement et du Président Aoun, ainsi que l’ouverture de poursuites judiciaires contre les politiciens ayant détourné des fonds publics.

 

Dès avant l’intervention télévisée du chef de la milice chiite des commandos du Hezb avaient déjà agressé de façon très organisée les manifestant dans la plupart des villes du pays. Vêtus de leurs chemises noires, ceux qui se présentent volontiers comme les "commandos de la mort" ont violemment pris à partie la foule pacifique, fondant sur elle notamment sur la place Riad el-Solh, au cœur de la capitale.

 

La police, armée de boucliers et de matraques, s’est interposée entre les deux camps après que plusieurs personnes aient été modérément blessées lors de ces échauffourées.

 

La population ressent la chienlit ambiante, les conséquences d’une dette publique énorme (le taux d’endettement dépasse les 160%), les coupures d’électricité, la médiocrité du système scolaire, l’inaccessibilité aux soins médicaux (cruellement pour les défavorisés), l’état calamiteux de toutes les infrastructures, la situation délabrée du réseau routier et de l’ensemble des transports publics, les fréquentes coupures de courant, les ordures qui jonchent les rues et s’entassent dans nos cours d’eau et, plus généralement, le coût de la vie exorbitant relativement aux revenus de nos concitoyens.

 

Le Premier ministre sunnite Saad Hariri a bien proposé un ensemble de mesures économiques afin de résoudre la crise mais aucun Libanais sensé ne croit qu’elles sont suffisantes ni qu’elles seront effectivement appliquées.

 

Tout le monde comprend, de manière plus ou moins diffuse, que les six millions et demi de Libanais ont tous été instrumentalisés par une puissance étrangère, l’Iran, qui utilise leur territoire et leur positionnement géographique aux seules fins de ses intérêts en général et de ses intérêts militaires en particulier.

 

Or dans cette équation le sort des Libanais au quotidien n’importe absolument pas aux mollahs de Téhéran et à leurs sectateurs chiites du Hezbollah et d’Amal. Tout ce qui les intéresse est que la population se tienne tranquille, qu’elle soit privée d’expression politique, que le théâtre guignol auquel s’apparente l’exercice du pouvoir visible demeure chaotique, que personne n’ose s’exprimer contre le déploiement de son armée parallèle face à Israël, et encore moins en faveur de son désarmement voire de son démantèlement.

 

Tout ce qui précède, bien entendu, partiellement basé sur le pillage des ressources du pays ainsi que la décrédibilisation de ses institutions à l’international.

 

Le mythe du Liban démocratique participe d’une gigantesque hypocrisie. Il suffit pour s’en persuader de se demander si l’Iran est une démocratie. Dans ces conditions, pourquoi voudrait-on que la communauté chiite dont les chefs déclarent allégeance aux ayatollahs et œuvrent à l’alignement de notre pays sur les plans iraniens, en s’opposant ouvertement à toute idée de souveraineté nationale, favorise la démocratie ?

 

Il suffit d’énoncer ce qui précède pour saisir que sous la loi du Hezbollah le Liban ne sera jamais plus une démocratie et que toute mise en cause de cette évidence ne peut être prise au sérieux.

 

On a imposé aux six millions et demi de Libanais, dont 4.2 millions qui n’ont strictement rien à faire de l’Iran et de ses intérêts, une priorité unique quoiqu’inexistante : la "résistance" contre Israël. C’est d’ailleurs le nom que s’est approprié le Hezbollah et ses partenaires pour définir à la fois leur politique et leur fonction.

 

Dès lors il est aisé de constater que, non content de nous exposer en permanence à une guerre que nous ne pouvons gagner face à notre voisin de Sud, et qui pourrait conduire à l’anéantissement de ce qui reste du Liban si l’on décidait, à Téhéran, que le moment est venu de déclencher une guerre contre lui en vue de SES considération stratégiques, la "résistance" engouffre l’essentiel de l’énergie que produit notre pays au prétexte d’une menace qui n’existe pas.

 

Car, et tout le monde le sait également à Beyrouth, si le Hezb n’agresse pas Israël ou s’il ne s’équipe pas de moyens militaires – dont le Liban n’a nul besoin et sur lesquels il n’a aucun contrôle -, Jérusalem ne nous attaquera pas. Car il a malheureusement perdu tout intérêt de se mêler de nos affaires, hormis en ce qui concerne sa propre défense. Et qui pourrait lui donner tort lorsque l’on entend Nasrallah proférer au moins une fois par semaine la menace abracadabrantesque d’attaquer Israël et de le faire disparaître de la surface du Globe ?

 

Cela ne regarde bien sûr que l’Iran et Israël, mais Téhéran et sa cinquième colonne qui détient le réel pouvoir à Beyrouth ont fait des 6.5 millions de Libanais une espèce unique de soldat passifs d’une cause qui leur est indifférente, ou à tout le moins des otages sur lesquels ils font peser un danger à la fois mortel et incessant.

 

Notre intérêt à nous, Libanais, consisterait à négocier un accord de paix avec Israël, le seul Etat pour nous à constituer une modèle moyen-oriental de démocratie authentique, avec lequel nous pourrions commercer, auquel nous pourrions fournir une main d’œuvre qualifiée actuellement sous utilisée et sous-payée, et dont l’apport touristique suffirait sans doute à lui seul à remplir nos caisses vides.

 

Mais aujourd’hui, au Liban, évoquer ouvertement la nécessité – pour notre intérêt évident ! – de conclure la paix avec les Israéliens est quasiment constitutif d’un crime de haute-trahison. Ces considérants poussent un très grand nombre de mes concitoyens, particulièrement dans l’Armée, la police et le Renseignement, à offrir leurs services au Mossad, le plus souvent sans contrepartie pécuniaire. C’est ce qui fait aussi que les Israéliens connaissent notre situation mieux que nous et savent parfaitement ce qu’il se trame pratiquement dans chaque édifice de notre pays et en temps réel.

 

Au lieu de cela, nous sommes les prisonniers d’une constitutions basée sur le communautarisme, dont les élections organisées autour des secteurs d’appartenance religieuse, ne sont intrinsèquement pas capables de produire le moindre changement dans la représentation politique.

 

Se présenter à ces élections sans risquer de se retrouver au chômage et d’être remplacé par du sang neuf produit une stabilité – une stagnation serait plus approprié dans notre cas -, elle-même vectrice de toutes les corruptions, de tous les copinages et de toutes les impunités.

 

Faute de pouvoir décider de quoi que ce soit, le vrai pouvoir leur ayant été confisqué par l’Iran, le microcosme libanais s’enrichit honteusement sur la base d’innombrables combines qui fonctionnent déjà depuis des décennies.

 

On s’était presque habitué à ces malversations, comme on s’habitue à des impondérables qui durent et que personne n’avait sérieusement tenté de combattre. Et ce déferlement populaire s’est produit, et au lendemain du discours de Nasrallah, ce samedi, et des provocations de ses voyous, les Libanais étaient encore bien pus nombreux dans la rue.

 

Leur opiniâtreté, on peut même appeler cela du courage, est facile à comprendre : leurs conditions de vie sont désastreuses, il n’y a aucune éclaircie à l’horizon, personne ne se soucie de leur sort, leur représentation politique a prouvé depuis des lustres qu’elle n’est capable que de se remplir les poches, leurs priorités pourtant criardes ne sont pas celles de leurs gouvernants officiels et parallèles. Les Libanais sont conscients que la résistance contre Israël est un leurre, un mauvais prétexte. Que leurs ennemis, ceux à qui ils doivent leur misère, ne siègent pas à Tel-Aviv mais à Beyrouth. Que le Hezbollah leur est néfaste et qu’il met leur sécurité en danger.

 

Cela tous les Libanais le savent, et ils savent aussi qu’ils ne leur reste plus rien à perdre. D’où la prolifération d’actions relativement violentes, afin de montrer aux intéressés qu’il ne s’agit pas d’une révolte en chocolat.

 

En théorie, ce mouvement n’a aucune issue et rien ne pourra déposséder les préfets de l’Iran non plus que nos baudruches nationales de leurs privilèges. En théorie, si le mouvement s’amplifie, la milice chiite, largement mieux armée et mieux commandée que l’Armée nationale, interviendra sans état d’âme contre les manifestants. Ceci dit, on ne vit pas en théorie, et...

 

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Après le pacte germano-soviétique bis, Munich no.2 ? [Breaking] - Ména - Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 17 octobre 2019

 

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Après le pacte germano-soviétique bis, Munich no.2 ? (011710/19) [Breaking]

Par Perwer Emmal © Metula News Agency

 

Avec Ilan Tsadik

 

Métula, jeudi 23h20 à Kobané et à Métula, 22h20 à Paris

 

A l'issue de sa rencontre avec le tyran sanguinaire Recep Erdogan, le Vice-président U.S. Mike Pence a rendu publiques certaines résolutions dramatiques.

 

La plus importante d'entre elles est qu'il demande aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS) dirigées par les YPG kurdes de se retirer partout de 32 kilomètres de la frontière, fixant ainsi le carde d'un accord avec la Turquie.

 

Pence a également garanti à Erdogan que les Etats-Unis n'imposeraient pas de sanctions supplémentaires à la Turquie, et que lorsque ses forces se retireront à leur tour du territoire syrien, les sanctions actuelles seraient levées.

 

On ignore pour le moment si ce retrait inclut ou non les forces turques qui occupent le canton d'Afrin.

 

Les USA et la Turquie ont en outre décidé d'un cessez-le-feu de 120 heures dans le Rojava. A ce propos, on ne sait pas à quelle heure il est censé entrer en vigueur. En tout cas, pour le moment les combats d'une très grande intensité se poursuivent autour des deux poches d'occupation turques sur notre territoire.

 

Il faut avoir à l'esprit que la frontière entre Jarabulus sur l'Euphrate et le point des trois frontières Turquie-Irak-Rojava (Syrie) à l'Est s'étend sur 450km (sans prendre en compte le saillant de Manbij) et qu'après une semaine d'une agression barbare et meurtrière et des milliers de victimes innocentes, l'occupant ne s'est emparé que de deux poches mesurant en tout 15km de long sur 20 de profondeur pour celle d'al Abyad, et 35km de long sur 25 de profondeur pour celle autour de Ras al Ayn [carte].

 

Dans tous les autres secteurs de la frontière, grâce à la résistance héroïque des Peshmergas, et par la suite, avec l'intervention des Russes, les Kurdes et leurs forces armées contrôlent la totalité du terrain.

 

C'est un cadeau inimaginable que l'administration Trump a proposé cette après-midi au régime du dictateur turc, et nous ne comprenons pas la raison qui l'a motivée pour le faire. En dehors de toutes les autres considérations, Washington entérine de la sorte le prétexte abominable avancé par Erdogan afin de justifier son agression criminelle, à savoir que les YPG - alliées militaires de l'Amérique et de l'Europe durant huit ans ! - sont une organisation terroriste et qu'elle menace la sécurité de la Turquie.

 

A l'instar de beaucoup de mes compatriotes kurdes, je suis soufflé par cette annonce, car elle dépasse tous les espoirs que pouvaient encore entretenir les Turcs en regard de leur situation militaire actuelle.

 

Ils ont en fait tenté de génocider le peuple kurde et de s'approprier le nord de la Syrie afin de l'annexer, sans l'ombre du moindre doute raisonnable.

 

D'ailleurs l'entourage du tyran ottoman semble aussi surpris que nous, car l'un de ses porte-paroles vient de déclarer à la suite de la rencontre avec les Américains, meeting qu'Erdogan avait, dans un premier temps, refusé d'accueillir : "Nous avons tout ce que nous désirions". Le ministre turc de la Défense a précisé : "Les Américains ont accepté toutes nos conditions".

 

En fait, ce n'est pas tout à fait exact, puisque ce que les Turcs voulaient consistait à occuper et à s'emparer de l'ensemble du Rojava et non d'obtenir le retrait de nos forces armées d'une large bande frontalière.

 

Je ne sais pas comment nos responsables politiques et militaires réagiront à ces propositions, ni s'ils avaient été mis au courant des intentions des émissaires de Trump. La déclaration du porte-parole des FDS, Amjad Othman, à Sky News, selon laquelle "il n'est pas au courant de l'accord" procure une réponse partielle à cette interrogation.

 

Quant à Donald Trump il jubile et il accumule les déclarations téméraires du genre : "C'est vraiment un grand jour pour la civilisation, je tiens à remercier tout le monde". Trump a aussi remercié Erdogan et dit "que des millions de vies seront sauvées" (celles des innocents que le tyran n'a pas pu massacrer !).

 

J'ignore aussi si les Russes étaient au courant et s'ils sont associés à cette proposition.

 

Ce que je peux affirmer, en revanche, c'est qu'aucun Kurde, et je parle également au nom des milliers de civils et de combattants qui ont perdu la vie lors de l'agression non-provoquée et non-justifiée que nous subissons depuis huit jours, n'acceptera ces conditions s'il a la liberté d'en décider.

 

En d'autres termes, et pour être parfaitement précis et terre à terre : si les Russes sont mêlés à cette sinistre pantalonnade, nous n'aurons d'autre choix que d'en accepter les termes. Mais si ce n'est pas le cas, nous poursuivrons le combat et repousserons nos ennemis sur leur frontière, et au-delà si nécessaire. Et nous libérerons nos frères otages à Afrin, ce que nous avons déjà entrepris de faire.

 

On possède une indication quant à l'implication ou non des Russes dans le processus de négociation conduit par les Américains : hier, ils avaient déclaré qu'ils excluaient la présence de l'Armée turque à plus de 5 ou 10km de la frontière. Aujourd'hui, ils ont déclaré que les Turcs devaient se retirer de Syrie (sans contrepartie). Mais la politique ayant ses lois que la justice ignore, nous attendrons la réaction officielle du Kremlin pour connaître sa position.

 

Car sur le plan militaire, les Kurdes qui se battent quasiment seuls sur le théâtre des opérations ont pratiquement libéré Tal Abyad et éradiqué la poche turque autour de la cité occupée.

 

Lors des violents affrontements de ce jeudi entre les combattants kurdes et les forces turques dans la ville de Chelebiyé et dans le village d'Abou Sira, au sud-ouest de Tal Abyad, les combattants des FDS (YPG) ont saisi une grande quantité de munitions et de véhicules militaires de l'Armée turque.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

La situation actuelle autour des poches tenues par les Turcs

 

Les avant-postes kurdes ne se trouvent plus qu'à 2km du centre-ville, et après avoir libéré une dizaine de villages dans la journée, ils progressent irrémédiablement vers leur objectif. L'offensive qu'ils ont lancée dans cette zone est la plus sophistiquées au niveau des moyens employés depuis le début de la guerre qui nous a été imposée.

 

A Ras al Ayn la situation est plus compliquée. Suite à 24h d'assauts aveugles, à des bombardements d'artillerie et de l'aviation incessants - les Russes et leurs protégés syriens ne sont pas présents sur ce front - nos combattants dans la ville sont pour ainsi dire encerclés par l'ennemi.

 

On dénombre des centaines de morts dans nos rangs et près du double dans ceux de l'ennemi. Il n'existe aucun bâtiment dans la ville martyre - y compris l'hôpital qui regorge de blessés et qui se trouve sous le feu de l'artillerie ennemie au moment où nous publions cet article - qui n'ait été touché par les bombes ennemies et l'on se bat maison par maison pour son contrôle.

 

Ceci dit, les Peshmergas ne montrent aucun signe de faiblesse et les assauts contre la poche turque sont couronnés de succès. D'une part nos forces ont pris cette après-midi les villages stratégiques de Managir et d'Alouk au nord-est de Ras al Ayn et se trouvent à moins de trois kilomètres des assiégés.

 

D'autre part, comme l'a annoncé le Commandant des FDS Cegewera Zirîk : "L'autoroute internationale M4 reliant les régions d'al-Jazeera, l'Euphrate, Manbij, Raqqa et Deir ez-Zor a été libérée de l'occupation turque et dégagée". Elle est à nouveau rendue à la circulation civile et militaire.

 

Ce qui explique la férocité des combats dans les deux poches trouve son explication dans le fait que le canon s'est quasiment tu sur les autres parties du territoire depuis l'arrivée des Russes. Les nombreuses forces des deux camps qui se faisaient face dans le saillant de Manbij ont été ramenées vers les zones de combats, idem pour celles qui se regardaient dans le blanc des yeux à Kobane et Qamishli.   

 

La raison secondaire est que la Turquie est en train de se faire éconduire de Syrie par les seuls "terroristes" kurdes, ce qui pousse son commandement à engager absolument toutes les armes et les hommes dont il dispose afin d'éviter ce terrible affront.

 

A ce propos il convient de préciser que si la Turquie a effectivement perdu la Guerre du Rojava qu'elle avait initiée, comme nous l'avons annoncé hier, cela ne signifie pas que son immense armée a été détruite. Elle a perdu cette guerre en cela qu'elle n'a pas pu réaliser son objectif déclaré de prendre le contrôle d'une prétendue "bande de sécurité" de 120km sur 30 et d'y déplacer les millions de réfugiés syriens qui vivent sur son sol.

 

En fait, elle a à peine réussi à poser l'un de ses orteils dans le Rojava et est en train de se le faire couper. Mais son potentiel de nuisance reste grand, ce qui explique sa puissance de feu à Tal Abyad et Ras al Ayn. La Turquie n'a pas perdu l'essentiel de son matériel ni la plupart de ses soldats, son armée est juste inefficace et désorganisée, elle est tenue en respect par les Peshmergas et limitée dans son aire d'évolution par les menaces de Poutine et la présence de ses soldats.

 

Puisque l'on parle de Vladimir Poutine et en attendant sa réaction aux propositions d'accords de Munich no.2, réaction qui décidera à n'en pas douter de notre destin immédiat, nous observons que les Russes ont donné l'ordre à leurs supplétifs de l'Armée gouvernementale syrienne de se rendre au contact de l'ennemi sur l'ensemble de la frontière avec tous les moyens dont ils disposent.

 

Le fait que le Kremlin ait ressenti la nécessité d'émettre cet ordre démontre à l'envi que les soldats d'Assad ne sont pas particulièrement pressés d'en découdre avec les Turcs et qu'il préfèrent laisser faire le travail par les combattants kurdes.  

 

 

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Après le pacte germano-soviétique bis, Munich no.2 ? (011710/19) Version imprimable
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jeudi, 17 octobre 2019

 

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Par Perwer Emmal

 

Avec Ilan Tsadik

 

Métula, jeudi 23h20 à Kobané et à Métula, 22h20 à Paris

 

A l’issue de sa rencontre avec le tyran sanguinaire Recep Erdogan, le Vice-président U.S. Mike Pence a rendu publiques certaines résolutions dramatiques.

 

La plus importante d’entre elles est qu’il demande aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS) dirigées par les YPG kurdes de se retirer partout de 32 kilomètres de la frontière, fixant ainsi le carde d’un accord avec la Turquie.

 

Pence a également garanti à Erdogan que les Etats-Unis n’imposeraient pas de sanctions supplémentaires à la Turquie, et que lorsque ses forces se retireront à leur tour du territoire syrien, les sanctions actuelles seraient levées.

 

On ignore pour le moment si ce retrait inclut ou non les forces turques qui occupent le canton d’Afrin.

 

Les USA et la Turquie ont en outre décidé d’un cessez-le-feu de 120 heures dans le Rojava. A ce propos, on ne sait pas à quelle heure il est censé entrer en vigueur. En tout cas, pour le moment les combats d’une très grande intensité se poursuivent autour des deux poches d’occupation turques sur notre territoire.

 

Il faut avoir à l’esprit que la frontière entre Jarabulus sur l’Euphrate et le point des trois frontières Turquie-Irak-Rojava (Syrie) à l’Est s’étend sur 450km (sans prendre en compte le saillant de Manbij) et qu’après une semaine d’une agression barbare et meurtrière et des milliers de victimes innocentes, l’occupant ne s’est emparé que de deux poches mesurant en tout 15km de long sur 20 de profondeur pour celle d’al Abyad, et 35km de long sur 25 de profondeur pour celle autour de Ras al Ayn [carte].

 

Dans tous les autres secteurs de la frontière, grâce à la résistance héroïque des Peshmergas, et par la suite, avec l’intervention des Russes, les Kurdes et leurs forces armées contrôlent la totalité du terrain.

 

C’est un cadeau inimaginable que l’administration Trump a proposé cette après-midi au régime du dictateur turc, et nous ne comprenons pas la raison qui l’a motivée pour le faire. En dehors de toutes les autres considérations, Washington entérine de la sorte le prétexte abominable avancé par Erdogan afin de justifier son agression criminelle, à savoir que les YPG – alliées militaires de l’Amérique et de l’Europe durant huit ans ! – sont une organisation terroriste et qu’elle menace la sécurité de la Turquie.

 

A l’instar de beaucoup de mes compatriotes kurdes, je suis soufflé par cette annonce, car elle dépasse tous les espoirs que pouvaient encore entretenir les Turcs en regard de leur situation militaire actuelle.

 

Ils ont en fait tenté de génocider le peuple kurde et de s’approprier le nord de la Syrie afin de l’annexer, sans l’ombre du moindre doute raisonnable.

 

D’ailleurs l’entourage du tyran ottoman semble aussi surpris que nous, car l’un de ses porte-paroles vient de déclarer à la suite de la rencontre avec les Américains, meeting qu’Erdogan avait, dans un premier temps, refusé d’accueillir : "Nous avons tout ce que nous désirions". Le ministre turc de la Défense a précisé : "Les Américains ont accepté toutes nos conditions".

 

En fait, ce n’est pas tout à fait exact, puisque ce que les Turcs voulaient consistait à occuper et à s’emparer de l’ensemble du Rojava et non d’obtenir le retrait de nos forces armées d’une large bande frontalière.

 

Je ne sais pas comment nos responsables politiques et militaires réagiront à ces propositions, ni s’ils avaient été mis au courant des intentions des émissaires de Trump. La déclaration du porte-parole des FDS, Amjad Othman, à Sky News, selon laquelle "il n'est pas au courant de l'accord" procure une réponse partielle à cette interrogation.

 

Quant à Donald Trump il jubile et il accumule les déclarations téméraires du genre : "C’est vraiment un grand jour pour la civilisation, je tiens à remercier tout le monde". Trump a aussi remercié Erdogan et dit "que des millions de vies seront sauvées" (celles des innocents que le tyran n’a pas pu massacrer !).

 

J’ignore aussi si les Russes étaient au courant et s’ils sont associés à cette proposition.

 

Ce que je peux affirmer, en revanche, c’est qu’aucun Kurde, et je parle également au nom des milliers de civils et de combattants qui ont perdu la vie lors de l’agression non-provoquée et non-justifiée que nous subissons depuis huit jours, n’acceptera ces conditions s’il a la liberté d’en décider.

 

En d’autres termes, et pour être parfaitement précis et terre à terre : si les Russes sont mêlés à cette sinistre pantalonnade, nous n’aurons d’autre choix que d’en accepter les termes. Mais si ce n’est pas le cas, nous poursuivrons le combat et repousserons nos ennemis sur leur frontière, et au-delà si nécessaire. Et nous libérerons nos frères otages à Afrin, ce que nous avons déjà entrepris de faire.

 

On possède une indication quant à l’implication ou non des Russes dans le processus de négociation conduit par les Américains : hier, ils avaient déclaré qu’ils excluaient la présence de l’Armée turque à plus de 5 ou 10km de la frontière. Aujourd’hui, ils ont déclaré que les Turcs devaient se retirer de Syrie (sans contrepartie). Mais la politique ayant ses lois que la justice ignore, nous attendrons la réaction officielle du Kremlin pour connaître sa position.

 

Car sur le plan militaire, les Kurdes qui se battent quasiment seuls sur le théâtre des opérations ont pratiquement libéré Tal Abyad et éradiqué la poche turque autour de la cité occupée.

 

Lors des violents affrontements de ce jeudi entre les combattants kurdes et les forces turques dans la ville de Chelebiyé et dans le village d’Abou Sira, au sud-ouest de Tal Abyad, les combattants des FDS (YPG) ont saisi une grande quantité de munitions et de véhicules militaires de l'Armée turque.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

La situation actuelle autour des poches tenues par les Turcs

 

Les avant-postes kurdes ne se trouvent plus qu’à 2km du centre-ville, et après avoir libéré une dizaine de villages dans la journée, ils progressent irrémédiablement vers leur objectif. L’offensive qu’ils ont lancée dans cette zone est la plus sophistiquées au niveau des moyens employés depuis le début de la guerre qui nous a été imposée.

 

A Ras al Ayn la situation est plus compliquée. Suite à 24h d’assauts aveugles, à des bombardements d’artillerie et de l’aviation incessants – les Russes et leurs protégés syriens ne sont pas présents sur ce front – nos combattants dans la ville sont pour ainsi dire encerclés par l’ennemi.