Bruxelles-Métula du 19 novembre 2018 (021911/18) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 19 novembre 2018

 

© Metula News Agency

 

Binyamin Netanyahu a laissé les milices islamiques de Gaza tirer 531 roquettes en 24h sur les agglomérations du sud d’Israël en ordonnant à Tsahal de ne pas les en empêcher.

 

C’est l’unique raison de fond qui pousse les alliés de la coalition gouvernementale  à démissionner ou à menacer de le faire.

 

La critique est également vive au sein même du Likoud.

 

Le Premier ministre va tenter de diriger le pays avec une voix de plus que l’opposition à la Knesset. Dans l’atmosphère intenable qu’il a suscitée, c’est quasiment impossible.

 

L’analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/308225049905174/ (Facebook).  Ou https://youtu.be/vwQywaCy_mY (Youtube).

 

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Les pilotes du Khe’l Avir ont survolé cela des heures durant, en ayant l’ordre

de ne pas s’attaquer à ceux qui lançaient ces roquettes sur le sud d’Israël.

 

 
Gaza: un abcès purulent au sud d'Israël (info # 011911/18) Version imprimable
Analyse
lundi, 19 novembre 2018

 

Par Guy Millière


Les récentes attaques menées par le Hamas en territoire israélien, suivies immédiatement par un accord de cessez-le-feu et par des proclamations de “victoire” par le Hamas, suscitent des débats intenses en Israël.

 

Avigdor Lieberman a démissionné de son poste en disant que la riposte israélienne aurait dû être plus radicale et plus soutenue. Naftali Bennett a semblé partager cette position. Binyamin Netanyahou a été accusé de faiblesse.

 

Quand bien même les considérations électorales ne sont pas absentes des discours tenus, il n'en reste pas moins que les positions d'Avigdor Lieberman, de Naftali Bennett et de ceux qui ont accusé Binyamin Netanyahou de faiblesse ont une part de pertinence.

 

La vie des habitants et des agriculteurs du sud d'Israël est un enfer depuis bien trop longtemps. Des forêts entières ont été ravagées par les incendies provoqués par les cerfs-volants boutefeux envoyés depuis Gaza. Les habitants et les agriculteurs du sud d'Israël peuvent légitimement exiger du gouvernement israélien qu’il assure leur sécurité.

 

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Bibi les a laissé tirer

 

Je fais partie de ceux qui pensent que réduire bien davantage de bâtiments de Gaza à l’état de décombres conduirait les Arabes de Gaza et leurs dirigeants à devoir reconstruire et à se calmer pendant un temps. Les opérations menées à Gaza par Israël en 2014 avaient conduit à quatre années de calme relatif. Les frappes infligées à l'époque avaient été utiles. 

 
Je fais aussi partie de ceux qui souhaiteraient une solution plus drastique. Une organisation terroriste islamique aux buts génocidaires telle que le Hamas devrait être détruite intégralement. Tout comme les autres organisations terroristes islamiques présentes à Gaza.

 

Hélas, les obstacles pour parvenir à cette fin souhaitable sont nombreux. Les organisations susdites n'ont aucun scrupule et n'hésitent jamais à utiliser des boucliers humains, et la complicité de journalistes occidentaux toujours prêts à décompter les cadavres n’arrange rien.

 

Israël est d’ores et déjà condamné par nombre de journalistes et de politiciens occidentaux, et un surcroit de morts arabes, même si parmi les morts il y avait une écrasante majorité de terroristes, entraînerait des condamnations très vastes.

 

Les milices islamiques placent leurs caches d’armes sous des écoles, des hôpitaux et des mosquées, et les détruire impliquerait de toucher les lieux concernés, ce qui vaudrait à Israël d’être accusé de bombarder des institutions civiles.

 
Par ailleurs, même si les organisations terroristes gazaties étaient détruites, resterait une population de Gaza haineuse et fanatisée, quasiment ingérable par les autorités israéliennes.

 

On peut craindre aussi que l’Iran, qui finance les milices et souhaite un embrasement, ferait entrer en action le Hezbollah si embrasement il y avait, et espérerait ainsi trouver des moyens de desserrer l’étau qui l’asphyxie présentement. Téhéran désire provoquer la colère du monde arabe à même de faire dérailler le plan de paix israélo-arabe élaboré en ce moment par l’administration Trump.

  
Gaza est un abcès purulent au sud d'Israël. Crever l'abcès sera complexe et difficile. La décision d'Ariel Sharon de quitter Gaza et de contraindre les habitants israéliens du Gush Katif à partir ne cesse d’apparaitre comme une décision malheureuse.

 

Il se dit à Washington que l'un des paramètres du plan de paix élaboré par l’administration Trump impliquerait de confier Gaza à l’Egypte, qui occupait Gaza jusqu'en 1967, ce qui permettrait à l'Egypte de régler le problème des groupes islamiques à Gaza à l’égyptienne. Les armées arabes sont traitées avec bien moins de suspicion que Tsahal dans le monde occidental, même si elles sont  très brutales.

 

Nul ne sait si le paramètre sera retenu et recevra l'agrément du gouvernement israélien, mais c’est un paramètre digne d’intérêt.

 

Il est absolument évident que l'abcès doit être crevé.

 

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Emmanuel Macron et les années 1930 (info # 011611/18) Version imprimable
Analyse
vendredi, 16 novembre 2018

 

Par Raphaël Delpard

 

Désormais, il ne sera plus utile de perdre notre temps à rectifier les déclarations fracassantes du président français lorsqu’il évoque une page d’Histoire, à l’instar de ses remarques sur Philippe Pétain. Cet adolescent vindicatif et prétentieux, enfermé dans le corps d’un adulte, veut nous faire entendre que les peuples qui entendent se libérer du joug d’une Union Européenne méprisante et destructrice, sont le "Mal", et que lui - du fait de son association avec la même Union Européenne -, appartient au camp du "Bien". Faisons un dernier effort, et rappelons à sa vision orthopédique que les années 1930 ont vu l’effondrement du camp du Bien face à celui du Mal. Que le camp du Bien en France s’est décomposé dès 1932. Il avait pris de l’avance.

 

Par ailleurs, il suffit, pour justifier ce qui vient d’être écrit, de se rappeler l’évènement constitué par l’accession au pouvoir d’Adolf Hitler. En France, pas un intellectuel progressiste ne jugea utile de se poser les questions légitimes sur cet homme. D’où venait-il ? Comment s’y était-il pris pour occuper la fonction de chancelier ? Quelles étaient ses intentions ?  

 

Pas un seul dirigeant de gauche ou affiché comme tel - SFIO ou Néo-socialistes, ou encore le Parti Radical, dirigé conjointement par Pierre Mendès-France et Jean-Pierre Cot - n’a lu Mein Kampf, la profession de foi ou le programme - terme laissé à l’appréciation de chacun - qui serait mis en pratique une fois Hitler arrivé en haut du podium. Un ouvrage rédigé en 1923, tandis qu’Hitler se trouvait en prison après son coup d’Etat manqué du 8 novembre de la même année.

 

La rupture entre la classe politique et le pays profond est dramatique. L’atmosphère est explosive.

 

Emmanuel Macron ne voit-il pas le rapprochement entre la situation actuelle de la France et celle du même pays dans les années 1930 ? Terminons  ce passage par la phrase sublime de Léon Blum, qui dira à propos du nouveau chancelier : "Je mettrai volontiers ma main dans celle de Monsieur Hitler, mais certainement pas dans celle de Mussolini".

 

Le maître-mot des années 1930, en dehors de l’effondrement déjà évoqué, est la cécité face aux évènements.

 

L’abandon des dirigeants du monde devant le problème de survie des Juifs allemands et autrichiens. Le refus général de leur venir en aide lors de la conférence d’Evian, au mois de juillet 1938. Le rassemblement voulu par Roosevelt, après des mois de palabres inutiles, se révélera une des plus monstrueuses machinations. Vingt-neuf nations laisseront les nazis faire ce qu’ils voudront des six cent cinquante mille Juifs installés en Allemagne depuis l’an 132 de notre ère.

 

Avons-nous vu le camp du Bien, si cher à Emmanuel Macron, réagir à l’édiction des lois raciales en 1935 ? Quatre lignes y furent consacrées à la dernière page des journaux de l’époque, y compris dans celles du journal communiste "L’Humanité".

 

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L’Etat français autorise les manifestations antisémites illégales,

même pendant les commémorations du 11 novembre

Edouard Philippe déplore l’augmentation de 69% des actes antisémites en 2018

 

Avons-nous vu le monde progressiste hurler de colère lorsqu’eut lieu la Nuit de Cristal ? Non. Le monde est resté fidèle au truisme habituel : dès qu’il s’agit des Juifs, regarder ailleurs, pour ne pas avoir à prendre position.

 

La Nuit de Cristal eut lieu les 8 et 9 novembre 1938. L’événement s’inscrit au registre de la honte des nations européennes, au premier rang desquelles se trouve évidemment l’Allemagne.

 

Les 8 et 9 novembre 1938, pendant deux jours, les SA se répandirent dans les rues des villes allemandes et autrichiennes, brisant, injuriant, tuant tout ce qui était juif ou qui y ressemblât. La raison de ce débordement de violence ? L’assassinat d’Ernst vom Rath, secrétaire à l’ambassade du Reich à Paris, proche du chancelier, abattu le 7 novembre de plusieurs coups de revolver.

 

Herschel Grynszpan, le meurtrier, est natif d’Hanovre, issu d’une famille modeste vivant des revenus d’un atelier de tailleur. Nous sommes loin de l’image caricaturale des Juifs riches. Trois semaines après l’annexion de l’Autriche, le gouvernement polonais édicte une loi retirant la nationalité polonaise à tout sujet établi à l’étranger depuis plus de cinq ans. Or, les parents du jeune homme tombent sous le coup de cette loi : ils font partie de ces Juifs polonais qui ont quitté leur pays et tenté leur chance en Allemagne dans les années 1920. Ce qui fait que, le 31 mars 1938, les Grynszpan ne sont plus polonais, pas plus qu’ils ne sont allemands. L’Allemagne nazie décide de les expulser. A Hanovre, ils sont quinze mille dans cette situation.

 

Dans la nuit du 28 au 29 octobre, les Juifs polonais sont raccompagnés manu militari jusqu’à la frontière polonaise qui ne s’ouvre pas puisqu’ils ne sont plus polonais.

 

Le 3 novembre 1938, à Paris où il réside et fait des études, Herschel reçoit une lettre de sa sœur. Berta l’informe que sa famille est expulsée vers le camp de rassemblement polonais de Zbaszyn.

 

Imaginer sa famille expulsée d’Allemagne comme des va-nu-pieds, entassée dans un camp, sans l’ombre d’une promesse d’avenir, provoqua le geste du jeune homme.

 

Hitler, qui n’arrive pas vraiment à intéresser les Allemands au bannissement des Juifs, met à profit le meurtre de vom Rath. Les funérailles du conseiller d’ambassade sont l’occasion d’une cérémonie grandiose, à laquelle le chancelier invite les Allemands à se serrer les coudes devant le danger sioniste. Les Juifs sont le mal. Il faudra donc l’extirper, peu importe le moyen employé pour y parvenir.

 

De son côté, à Paris, le jeune Herschel relit la déposition qu’il a faite, elle tient en quelques lignes :

 

"J’ai tiré cinq coups de revolver sur un homme seul, qui se trouvait dans un bureau, pour venger mes parents qui sont malheureux en Allemagne".

 

Incarcéré à la prison de Bourges, Herschel Grynszpan est livré à l’autorité allemande, le 18 juillet 1940, par le gouvernement de Vichy.

 

Grynszpan est ensuite interné au camp de Sachsenhausen où il bénéficie d’un régime de faveur. En effet, Goebbels le garde en réserve, comptant s’en servir au moment opportun, et engager un procès utile à la propagande nazie. Le procès n’aura jamais lieu. Herschel trouve une parade qui ébranle l’Allemagne tout entière. Il affirme avoir eu des relations sexuelles avec vom Rath, lesquelles justifient son geste.

 

"Grynszpan", écrit Goebbels dans son journal, "a trouvé l’argument insolent selon lequel il aurait eu des rapports homosexuels avec le conseiller vom Rath. Il s’agit naturellement d’un mensonge éhonté. Mais c’est bien trouvé et si la chose était rapportée dans un procès public, elle deviendrait sûrement l’argument principal de la propagande adverse".

 

Le procès est donc ajourné sine die.

 

Les crimes des 8 et 9 novembre 1938 se poursuivirent jusqu’au 11, les meutes de SA, crachant la haine du Juif à plein nasaux, fondirent sur les rues des villes et des villages, à la recherche du Juif à abattre. Ces journées mémorables, marquant une fois de plus la honte d’un pays prétendu civilisé, entrent dans l’Histoire sous la désignation de la Nuit de Cristal, en raison des tonnes de verre brisé jonchant les trottoirs, résultat des vitrines saccagées des magasins appartenant à des Juifs.

 

Les témoins qui se sont trouvés au cœur de la tourmente n’oublient pas, des années après l’événement, les hordes de nazis parcourant les rues, et frappant les Juifs rencontrés sur leur chemin.

 

Le bilan est terrible : quatre-vingt-onze personnes sont assassinées, vingt-neuf grands magasins totalement détruits par des incendies volontaires allumés par les SA, cent soixante-et-onze appartements sont dévalisés et leurs occupants battus à mort, cent soixante-dix-sept synagogues incendiées, plusieurs centaines de lieux de culte détruits, sept mille cinq cents magasins pillés.

 

Trente-cinq mille Juifs sont arrêtés et internés dans les camps de concentration de Buchenwald, Dachau et Sachsenhausen, dans l’attente de leur expulsion du pays.

 

Le 12 novembre 1938, le gouvernement du Reich impose aux Juifs le paiement d’une amende expiatoire de plusieurs milliards de marks.


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Non-assistance à Israéliens en danger. Liebermann démissionne. (011411/18) Version imprimable
Analyse
mercredi, 14 novembre 2018

 

Par Stéphane Juffa

 

Sur le seul plan stratégique, accepter dans sa proximité immédiate la présence d’organisations terroristes hostiles et actives, refusant toute perspective de coexistence pacifique avec l’Etat d’Israël et œuvrant ouvertement à son génocide est un non-sens à caractère irresponsable. La présence des milices islamiques opérant à partir d’un territoire souverain, situé à 66km de notre capitale, Jérusalem, et ses 900 000 habitants, du Goush Dan et ses 4.5 millions d’habitants, à 12km d’Ashkalon (130 Khab.), 28km d’Ashdod (220 Khab.), 37km de Beersheva (204 Khab.), 45km de Rekhovot (129 Khab.) et 61km de Tel-Aviv et de ses 430 000 habitants procède d’une situation qu’aucune grande puissance soucieuse de sa sécurité ne saurait en aucun cas autoriser. Et qu’aucune autre grande puissance n’admet en réalité.

 

Cela fait longtemps que cette menace, capable d’atteindre toutes ces villes avec ses roquettes, et qui ne se lasse pas de tenter d’y parvenir, devait être éradiquée. Messieurs Netanyahu, Liebermann (ministre de la Défense) et Bennett ont maintes fois clamé cette nécessité triviale. Mais c’était alors qu’ils se situaient dans l’opposition parlementaire.

 

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La TV du Hamas. Que des pierres, Israël avait prévenu qu’elle allait frapper

 

Les considérations de politique intérieure et internationale ne devraient avoir aucune prise sur cette constatation. Le danger que font peser les milices de Gaza sur les citoyens d’Israël étant simplement insupportable. Et l’attentisme, le suivisme des divers gouvernements Netanyahu et de ses alliés face à ce péril est clairement intolérable. Ce, d’autant plus que l’Etat hébreu possède largement les ressources pour y mettre un terme définitif en quelques jours d’une intervention militaire, sans même avoir, pour y parvenir, à déclencher l’Armageddon.

 

Israël compte un grand nombre d’experts en stratégie de valeur, qui endossent presque tous cette évidence. Il est regrettable que le gouvernement ne les écoute pas et qu’il ne suive pas non plus l’avis de ses propres conseillers. Il est fâcheux qu’il ait choisi la politique de l’ "Appeasement" ayant conduit Chamberlain aux Accords de Munich, avec les conséquences que l’on sait. Encore que le Hamas ne soit pas la Wehrmacht et l’enclave de Gaza ne soit pas l’Allemagne.

 

La concomitance avec les organisations terroristes islamiques de Gaza participe d’une aberration stratégique fort périlleuse. Mais ceux qui choisissent l’Appeasement ont été élus par le peuple, et la démocratie nous impose de subir leur choix déraisonnable. Lors, ce n’est pas sur ce point que nous portons nos accusations – précisément au nom des principes démocratiques et des règles républicaines stipulant les obligations d’un Etat -. C’est une option médiocre que nous critiquons vertement, mais que nous n’avons pas d’autre choix que d’accepter.

 

Hier soir, mardi, immédiatement après l’annonce du cessez-le-feu avec les milices islamiques, les habitants de Sdérot ont bloqué les accès à leur ville à l’aide de pneus enflammés. Ils ont été dispersés par la police anti-émeute, comme s’ils n’avaient pas été suffisamment mortifiés par deux jours de bombardements ennemis ayant causé de nombreux blessés, de multiples destructions dans leur cité, et ayant perturbé le cours de leur existence et occasionné des pertes de revenus pour tous les Sdérotins.

 

Des habitants des autres agglomérations israéliennes du pourtour de Gaza s’étaient joints à la manifestation, et le ressentiment à Netivot, Ashkalon, Beersheva et dans les kibboutzim est le même qu’à Sdérot.

 

Ils adressent des reproches graves à M. Netanyahu et à son gouvernement : ne pas avoir donné l’ordre à Tsahal d’intervenir afin d’endiguer les bombardements dont ils viennent d’avoir été les victimes. Ne pas avoir donné l’ordre à Tsahal de répliquer de manière proportionnelle et adéquate à ces attaques. D’avoir accepté un cessez-le-feu qui laisse intacte la capacité de nuisance de l’ennemi, avec plus de 6 000 roquettes dans son arsenal. D’avoir totalement abandonné la main au chef du Hamas tronc historique, Ykhyé Sinwar, qui a décidé du début des hostilités, de leur intensité, et du moment où le cessez-le-feu serait décrété.

 

De plus, Binyamin Netanyahu a maintenu ouverts les points de passage avec Gaza, par lesquels transitent tous les éléments nécessaires à confectionner les Qassam. En outre, deux jours avant le déclenchement du conflit, le Premier ministre, dans un acte caractéristique d’Appeasement, avait autorisé la remise au Hamas, par les points de passage, de la somme de 15 millions de dollars en espèces, payés par le Qatar [sur une promesse de financement de 90 millions]. Or cet afflux de devises a largement permis à l’organisation terroriste islamique de payer une partie des salaires en retard de ses miliciens et de racheter, de la sorte et immédiatement, leur obéissance. Sans cet argent, il est douteux que la majorité des terroristes aurait accepté de participer à une nouvelle confrontation avec Tsahal.

 

Mais le plus grave reste à venir. En un peu plus de 48h, les miliciens islamiques de Gaza ont tiré 480 roquettes Qassam sur Israël, blessant plus de soixante-dix personnes, dont quatre sont dans un état sérieux, en tuant une, à Ashkalon, et semant la désolation et le stress dans un périmètre de 40km à partir de la frontière de l’enclave palestinienne.

 

Au total, les milices ont lancé 24 tonnes de roquettes, qui contenaient 9.6 tonnes d’explosifs. A l’intention des lecteurs qui ne sont pas familiers avec la capacité destructrice de ce genre d’explosifs, nous mentionnons qu’une tonne (1 000kg) de ceux-ci suffisent à pulvériser un pâté de maisons ou d’immeubles et tous leurs occupants.

 

Nous devons encore préciser, notamment à l’intention de nos confrères français, que les Qassam sont des armes terroristes par excellence. Ils sont démunis de système de guidage et sont uniquement lancés en direction des agglomérations afin de faire le plus grand nombre de victimes civiles possible. Les Qassam, en raison de leur imprécision, sont inopérants contre des soldats.

 

Les terroristes étant des individus armés s’attaquant systématiquement à des civils, selon la définition de la Ména désormais largement adoptée par les spécialistes et les organisations internationales.

 

Lundi, dans la nuit de lundi à mardi, et mardi, avec mon compère Jean Tsadik, les habitants du pourtour de Gaza et l’ensemble de ceux d’Israël, nous avons attendu la riposte de Tsahal que nous promettaient Netanyahu et ses ministres à grands coups d’envolées lyriques. Elle n’est jamais venue !

 

Bien pire que cela : l’Armée de Défense d’Israël, l’IDF, Tsahal, n’a jamais reçu l’ordre d’intervenir contre les lanceurs de roquettes. Vous lisez bien, hormis dans deux cas très isolés et sans effets tactiques, le gouvernement de l’Etat d’Israël n’a pas donné l’ordre à son armée de faire cesser ou d’atténuer les bombardements qui frappaient la population de l’Etat d’Israël.

 

En fait, il a laissé agir les lanceurs de Katiouchas, en interdisant au contraire à nos pilotes de les neutraliser. C’est ce qui explique les 480 Qassam tirés en une seule journée qui constituent un record absolu. L’ancien datait de 2014, lorsque 250 de ces projectiles avaient été tirés en 24h.

 

Vous avez de la peine à me croire et comme je vous comprends ! Prenez alors connaissance des témoignages de deux pilotes de chasseurs-bombardiers qui ont participé aux opérations sur Gaza :

 

Un officier de l’Armée de l’air a officiellement déclaré hier (mardi) que "les frappes aériennes dans la nuit de mardi furent complètement différentes de tout ce que nous avions connu par le passé". (…) "Nous avons appris à attaquer ces objectifs au cœur de quartiers résidentiels et à les oblitérer sans tuer personne lors de l’attaque".

 

Un autre pilote, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat et le coup de la surprise a dit : "C’était incroyable, on nous a enjoints comme priorité absolue de ne faire aucune victime !".

 

L’ordre incluait les miliciens en train de cibler les civils israéliens qu’ils ont à charge de défendre.

 

Le Khe’l Avir a obéi. Les lanceurs de Qassam, cette nuit-là, ont lancé 300 projectiles de mort sur le pourtour de Gaza, avec les avions à l’étoile de David qui les survolaient sans les inquiéter.

 

Netanyahu entendait sans doute préserver ainsi les "chances" de parvenir à une nouvelle trêve avec les organisations terroristes qui se sont juré de détruire Israël. Mais il l’a fait en sacrifiant ses propres citoyens dont il avait la charge ! Il s’en est servi comme de chair à canons ; nous sommes en présence d’un cas très rare de non-assistance à personnes en danger, avec, en guise de circonstances aggravantes, que le suspect est un Premier ministre.

 

L’affaire est sans doute d’ordre pénal, et un célèbre avocat de nos amis affirme, sur la base de nos révélations, que les habitants de Sdérot, d’Ashkalon et du pourtour de Gaza sont qualifiés à assigner Binyamin Netanyahu en justice. Pour avoir manqué à son devoir constitutionnel de leur venir en aide alors qu’il en avait l’obligation et les moyens.

 

Le Khe’l Avir a bien attaqué et détruit des cibles à Gaza, mais qui n’avaient pratiquement rien à voir avec les bombardements en cours sur Israël. Il a détruit l’immeuble de la télévision du Hamas, al Aksa, un hôtel qui servait de centre de renseignement aux milices islamiques, 7 bâtiments d’habitation occupés partiellement par les chefs miliciens, des postes d’observation, des manufactures d’armes, des camps d’entraînement. 150 cibles au total, mais pas les lanceurs de Qassam ! En tout : 24 tonnes de roquettes sur Israël en 24h, 7 miliciens islamiques tués, dont 3 lanceurs de Qassam. Une autre preuve de ce que j’avance est-elle absolument nécessaire ?

 

De plus, avant chaque frappe – contre des miliciens armés, pas uniquement des civils ! – des drones du Khe’l Avir lançaient un missile inoffensif sur l’objectif choisi, pour indiquer à ses occupants qu’il fallait l’abandonner et se mettre à l’abri.

 

On prenait toutes les précautions pour ne pas blesser ceux qui s’acharnaient à assassiner les enfants de Sdérot et les vieilles dames d’Ashkalon.

 

Netanyahu a transformé nos aviateurs, probablement les meilleurs au monde, en joueurs de football amateurs et en joyeux campeurs. C’est un corrupteur et un destructeur de tous les corps sains et du pays dont il a malheureusement la garde. Un individu narcissique, orateur hors normes, mais un apprenti sorcier manipulateur pour tout le reste.

 

Netanyahu n’est pas le seul responsable de cette tragédie morale, de cette terrible atteinte à la cohésion de la nation ainsi qu’en la confiance des citoyens dans leurs dirigeants. En principe, les ministres qui ont entériné ses décisions sont collégialement fautifs et pourraient également être juridiquement poursuivis. De même que les chefs de l’Armée et de l’Armée de l’air, qui avaient l’obligation de leur rappeler les devoirs inaltérables de Tsahal et, le cas échéant, de refuser d’exécuter des ordres illégaux et exiger la neutralisation de ceux qui tiraient sur nos compatriotes.

 

On apprend d’ailleurs à l’instant [12h47] la démission du ministre de la Défense, Avigdor Liebermann et l’abandon de la coalition gouvernementale par tous les députés de son parti, Ysrael Beitenu. M. Liebermann a justifié sa décision par l’accord pour la remise du cash qatari au Hamas et l’acceptation du cessez-le-feu d’hier, qu’il qualifie de capitulation.

 

Binyamin Netanyahu a immédiatement annoncé qu’il cumulerait dorénavant le portefeuille de la Défense avec ceux qu’il détient déjà. En théorie, il pourrait conserver une petite majorité à la Knesset. En pratique, Naftali Bennett, le ministre de l’Education, a annoncé simultanément que s’il ne se voyait pas remettre le ministère de la Défense, son parti quitterait également la coalition, ce qui aboutirait à des élections anticipées. Nul doute que les événements que nous relatons dans cette analyse risquent de porter un coup fatal à la popularité du premier ministre et que sa réélection est compromise. Particulièrement lorsque tous les détails de cette affaire sortiront dans la presse généraliste.

 

Le mobile de Netanyahu en agissant de la sorte ? Netanyahu reste persuadé qu’il importe de sauver le Hamas à Gaza afin que l’enclave palestinienne ne tombe pas dans l’escarcelle de Mahmoud Abbas et de l’Autorité Palestinienne. Il est convaincu que tant que le Hamas contrôlera Gaza, Donald Trump ne pourra pas exiger de lui qu’il accepte la création d’un Etat palestinien, ce qui représente son plus grand cauchemar.

 

Même au prix de sacrifier aux artilleurs du Hamas des citoyens israéliens.

 

 
380 roquettes sur Israël, 4 morts chez les lanceurs ? (011311/18) Version imprimable
Analyse
mardi, 13 novembre 2018

 

Par Jean Tsadik

 

380 roquettes tirées par les milices islamiques sur Israël en moins de 24 heures. Pour mémoire, durant la pire journée de l’opération "Tzuk Eitan" [rocher inébranlable] en 2014, 250 projectiles avaient été lancés depuis Gaza sur l’Etat hébreu.

 

Un homme d’une quarantaine d’années a été tué autour de minuit lorsque la maison qu’il habitait à Ashkalon a été frappée de plein fouet par un Qassam ; il s’agit de Mahmoud Abou Assva, un Palestinien de Khalkhoul, en Cisjordanie, qui séjournait illégalement, pour des motifs qui restent à définir, dans la ville côtière où vivent 130 000 personnes.

 

La victime a été découverte par des voisins, enfouie dans les décombres, une heure après que les services de secours eurent déjà quitté les lieux.

 

Dans le bâtiment en question, les mêmes services ont mis 40 minutes après l’explosion du projectile pour dégager une femme de soixante ans, inconsciente, atteinte par le souffle de la détonation et souffrant de nombreuses blessures occasionnées principalement par des éclats de verre.

 

Deux autres femmes ont été découvertes, bien après le retrait des secouristes, par un civil venu prendre des photos de la maison détruite. Elles sont dans un état critique. Le traitement de ce sinistre restera sans doute parmi les échecs les plus cuisants des organes de sauvetage depuis la création d’Israël.

 

En tout, c’est une soixantaine de personnes qui ont été blessées dans la journée et la nuit de lundi dans notre pays. Parmi celles-ci, trois se trouvent dans un état grave, une est moyennement atteinte et 23 sont légèrement touchées, par des éclats de verre, le souffle d’explosions, l’inhalation de fumée, et pendant qu’elles courraient pour se mettre à l’abri.

 

Une trentaine de patients supplémentaires sont en état de choc.

 

Parmi les blessés en sérieuse situation médicale, on compte le jeune soldat de 19 ans qui se trouvait dans le bus attaqué par les milices au missile antichar Kornet au tout début de la confrontation actuelle.

 

Arrivé à l’hôpital Soroka de Beersheva dans un état désespéré, criblé de shrapnels dans tous le corps, il a été opéré simultanément par plusieurs équipes de chirurgiens onze heures durant. Ce matin, le directeur de l’établissement hospitalier a déclaré que "son pronostic vital n’était plus immédiatement engagé".

 

Côté gazaoui, le Khe’l Avir, les hélicoptères d’assaut et les chars ont détruit environ 150 objectifs, incluant trois tunnels stratégiques, des installations militaires, des postes d’observation, des manufactures d’armes et des sites de lancement.

 

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Les objectifs principaux de Tsahal dans la bande de Gaza

Source : Tsahal (héb.)

 

Presque chaque fois, Tsahal a averti les occupants de ces infrastructures de l’imminence d’une frappe, ce qui explique le nombre très restreint de morts, 4. Tous des miliciens, deux du Hamas, deux du Djihad islamique, aucun civil ne figure dans le bilan des frappes de l’Armée israélienne.

 

En plus de ces cibles, l’Aviation des Hébreux a anéanti l’immeuble de la télévision du Hamas, Al Aqsa, qui encourageait les sympathisants islamiques de Gaza et de Cisjordanie à perpétrer des assassinats d’Israéliens. Al Aqsa continue cependant d’émettre des programmes limités à partir de studios souterrains.

 

Le Khe’l Avir a également oblitéré l’ "hôtel" al Amal [l’espoir], qui ne servait plus d’hôtel depuis longtemps mais abritait un nœud important du renseignement du Hamas.

 

De plus, les avions à l’étoile de David ont réduit en poussière sept immeubles d’habitation qui étaient occupés par les chefs des milices islamiques. Toujours après avoir employé la technique "toc-toc" [on frappe à la porte] afin d’aviser les occupants de frappes imminentes et de leur permettre de se mettre à l’abri.

 

Ce mardi matin, la Marine de guerre israélienne s’est mêlée au combat contre les milices islamiques. Le cabinet politique-sécuritaire est réuni depuis 9h autour du Premier ministre, y participe l’état-major de Tsahal ainsi que les représentants des services de renseignement.

 

Le gouvernement a informé les médiateurs égyptiens, ceux de l’ONU et les pays amis qui avaient proposé leurs bons offices pour parvenir à un cessez-le-feu qu’une trêve n’était pas, pour le moment, à l’ordre du jour.

 

L’on s’attend à une décision mi-figue mi-raisin du cabinet politique-sécuritaire, qui va sans doute décider d’une opération terrestre limitée, qui ne chassera pas les milices islamiques de Gaza et ne prodiguera pas, de cette manière, la paix et le calme auxquels aspirent légitimement les habitants du pourtour de Gaza.

 

Les habitants d’Israël, en général, ceux du Sud, en particulier, sont très remontés contre leurs dirigeants. Ils vivent avec le sentiment diffus que, depuis huit mois, ils servent de chair à canon à la politique sans queue ni tête de ce gouvernement. Ils demandent une action réelle afin de se débarrasser des miliciens et non plus un trompe-l’œil.

 

Nous, dont c’est le métier, avons les mots pour expliquer ce qu’ils ressentent. Un chiffre suffit à exprimer ce qui ne va pas : les miliciens ont tiré 380 roquettes sur les Israéliens, avec les conséquences que l’on sait, et ils n’ont eu que quatre morts. Et deux seulement en train de tirer des fusées Qassam. Autant dire que s’ils sont parvenus à tirer un aussi grand nombre de projectiles sur les habitants du Néguev, c’est qu’on les a laissé faire !

 

Par bonheur, nous possédons le Dôme de fer et ses missiles Tamir, sans eux et leurs 130-150 interceptions, le bilan aurait viré au carnage. Mais, on l’a vu, la protection qu’ils assurent n’est pas absolue, leur barrage n’est pas hermétique, surtout face aux salves de dizaines de Katiouchas tirées simultanément. Il y en a parfois une qui échappe aux Tamir et qui explose sur une maison. C’est arrivé à Ashkelon, que les milices islamiques ont décidé de transformer en ville martyr, mais aussi à Sdérot et à Nétivot, et dans nombre d’autres endroits.

 

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Des missiles du Dôme de fer en train d’intercepter des roquettes sur Ashkelon

 

Or la tâche numéro un de l’Armée – comme son nom l’indique : Tsahal, Armée de Défense d’Israël – est de défendre sa population et son territoire. Elle est censée, avant de s’occuper de l’immeuble de la télévision du Hamas, de faire la chasse absolue et ininterrompue aux lanceurs de Qassam. De les empêcher de lever la tête, au risque de la perdre.

 

Tsahal a les moyens de le faire, notamment en suivant les formations de lanceurs avec ses drones, et de les débusquer dans les vergers et sous les bâtiments ; il l’a fait avec une grande réussite lors de Tzuk Eitan en 2014, mais il ne le fait pas maintenant. Pourquoi ?

 

Hier, j’ai compté plusieurs heures – par exemple entre 20h et minuit ! - durant lesquelles les habitants ployaient sous des dizaines de projectiles, sans que le Khe’l Avir n’intervienne à Gaza directement contre les responsables de ces tirs. C’est plus qu’un scandale, c’est une aberration, presque un cas de trahison, en tout cas contre la fonction primordiale de l’Armée.

 

Et je n’accuse certainement pas les pilotes ni les commandants des unités aériennes et terrestres, ils réalisent tous à la lettre et avec professionnalisme et dévouement les missions qui leur sont confiées. Je mets en cause Binyamin Netanyahu, qui ne sait pas ce qu’il fait.

 

Il laisse des groupuscules – 30 000 miliciens tout au plus – sans chars, sans canons et sans avions, terroriser et tuer les citoyens d’un pays pouvant aligner un million de soldats dans l’une des plus puissantes armées du monde, paraît-il.

 

Je ne suis pas un partisan des visions politiques et "humanitaires" de Vladimir Poutine, mais je peux vous assurer que si une seule roquette avait frappé une ville russe de 130 000 âmes, il ne resterait plus une pierre sur une pierre à Gaza. Poutine ne serait assurément pas allé se coucher pendant qu’un quart de ses administrés croupissaient dans les abris – pour ceux qui en possèdent – sous les bombes de terroristes islamiques. C’est absurde ! C’est de l’abandon de poste, de l’indifférence !

 

De plus, laisser cette situation se prolonger pendant une journée sans noyer les miliciens sous les bombes n’a aucun sens. Le temps de réaction militaire à des bombardements de cette envergure sur les villes israélienne doit être d’une heure tout au plus. Et nous en avons évidemment les moyens.

 

Nul ne doit pouvoir bombarder nos villes impunément si nous avons les moyens de l’en empêcher. Tous les moyens nécessaires afin d’empêcher un ennemi de bombarder nos villes doivent être mis en œuvre immédiatement, totalement, sans hésitations et sans considérations politiques !

 

Je ne suis pas le seul de cet avis, loin s’en faut. A la Ména, Stéphane Juffa partage mon point de vue. Et Ehud Barak, celui qui est considéré comme le meilleur soldat de Tsahal de tous les temps et comme un stratège de premier plan mondial, a ainsi déclaré hier lors d’une interview avec notre confrère Oded Ben Ami : "Le gouvernement, depuis huit mois, abandonne les citoyens du Sud. C’est au Hamas qu’il faut chercher de la conviction, et celui qui décide, c’est Ykhyé Sinwar [le chef du Hamas]. Les ministres du cabinet se disputent comme des enfants. C’est un gouvernement qui ne sait pas diriger une opération à Gaza. Je regrette que nous devions tous en payer le prix".

 

L’ancien chef d’état-major, ministre de la Défense et Premier ministre a aussi déclaré qu’en se rendant à Paris, M. Netanyahu savait qu’une opération délicate allait se dérouler à Gaza durant son absence. "L’estomac se torsade en pensant que la nuit où doit avoir lieu une opération comme celle-ci, celle qui dirige le pays est – sur décision personnelle du premier ministre -, Miri Regev !". Madame Regev est la ministre du Sport et de la Culture et ne possède pas les connaissances militaires voulues pour gérer une crise de l’ampleur de celle générée par l’échec de la mission du commando à Khan Yunis, dimanche dernier.

 

En plus du Hamas, qui doit être aussi surpris que nous de la marge de manœuvre que lui laisse Binyamin Netanyahu pour l’instant – les tirs de roquettes sur nos villes se poursuivent avec autant d’entrain et une capacité de nuisance quasi-intacte – d’autres épient les aptitudes d’analyses stratégiques d’Israël et sa capacité à réagir correctement à une attaque. Je pense évidemment aux Iraniens, au Hezbollah et aux Syriens, sans parler des Russes. Et les incohérences que nous leur laissons voir peuvent avoir des conséquences préjudiciables lors de nos prochaines confrontations militaires.

 

Une dernière chose : Binyamin Netanyahu a tenu une conférence de presse à Paris. Il est intervenu publiquement plusieurs fois la semaine dernière. Mais depuis son retour au pays, dans la nuit de dimanche à lundi, il ne s’est pas adressé ne serait-ce qu’une seule fois à ses compatriotes soumis aux Katiouchas des milices islamistes.


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100 roquettes sur Israël, des blessés (041211/18) Version imprimable
Breaking News !
lundi, 12 novembre 2018

© Metula News Agency

 

Métula, lundi, 18h50, 17h50 à Paris

 

Durant les deux dernières heures, les milices islamiques de Gaza ont lancé plus de 100 roquettes sur le territoire israélien, et les tirs se poursuivent sans interruption [regarder une vidéo des tirs de roquettes et d’interceptions du Dôme de fer. Source Tsahal].

 

Les milices ont en outre tiré un missile antichar sur un autobus qui a pris feu. Un jeune homme d’une vingtaine d’années a été grièvement blessé lors de de cette agression.

 

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Le bus en flammes, les secours et les badauds

 

Suite à cette attaque, les miliciens ont copieusement arrosé de roquettes et de mortiers les équipes de secours qui tentaient de s’approcher du car. Un hélicoptère de sauvetage qui essayait d’atterrir pour venir en aide aux blessés n’a pas été en mesure de se poser.

 

Deux bâtiments ont été touchés de plein fouet, l’un à Netivot, l’autre, le supermarché Dahan, à Sdérot. Dans le supermarché, c’est la réserve des ballons de gaz qui s’est enflammée ; les pompiers n’ayant pas la capacité d’éteindre un feu de ce type se contentent de refroidir les zones avoisinantes et d’éloigner les nombreux badauds.

 

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L’incendie du supermarché Dahan à Sdérot

 

Ces derniers contreviennent aux ordres de l’Armée qui a demandé à tous les habitants situés à moins de 40km de la frontière de ne pas quitter les abris.

 

Cinq personnes ont en outre été légèrement blessées par des éclats de roquettes.

 

Le Khe’l Avir intervient actuellement massivement sur les positions des milices à Gaza. Un appareil a notamment neutralisé une formation de lanceurs de roquettes surprise en plein activité. Deux miliciens ont été tués lors de cette opération.

 

Des chars sont également en action en plusieurs points de la bande de Gaza.

 

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Les effets des éclats de roquettes sur une camionnette

 

Des projectiles ont été tirés en direction de Beersheva et d’Ashkelon mais ils ont été interceptés par le Dôme de fer, qui gagne en efficacité plus la distance parcourue par les fusées des islamistes s’accroît.

 

Le rythme des tirs de roquettes varie entre 2 et 5 minutes.

 

Une roquette vient [18h36] de frapper une maison d’habitation d’Ashkelon sans faire de blessés. Les tirs en provenance de Gaza semblent aller s’amplifiant durant le dernier quart d’heure.

 

La question qui se pose actuellement à l’exécutif israélien est de décider s’il tend vers un nouvel apaisement ou s’il doit administrer une punition virulente aux factions islamiques de l’enclave côtière.

 

Il ne fait aucun doute que la population du pourtour de l’enclave palestinienne, dont l’existence est devenue chaotique ces derniers mois, est très largement en faveur d’une intervention massive et décisive de Tsahal. D’importants renforts sont d’ailleurs acheminés sur zone pour permettre au gouvernement de disposer dans son choix de toutes les options possibles.

 

A noter qu’aujourd’hui le Hamas a reçu des valises de billets de banque envoyées par le Qatar, censés être utilisés uniquement afin de payer les salaires des fonctionnaires, ce qui s’avèrera impossible à contrôler.

 

 
Bruxelles-Métula du 12 novembre 2018 Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 12 novembre 2018

 

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Le débriefing complet des événements de la nuit dernière à Khan Yunis, dans la bande de Gaza.

 

Un commando israélien emprunte un tunnel stratégique du Hamas à l’envers, se déguise en Gazaouis, notamment en femmes afin de s’approcher de son objectif.

 

Abat 7 miliciens islamistes sur le point d’accomplir un très mauvais coup, dont Nour Baraké, le no.2 des Brigades Ezzedine al Qassam, l’aile armée du Hamas tronc traditionnel.

 

Se fait identifier par d’autres miliciens et prendre en chasse. Un combat intense à l’arme automatique s’ensuit. Un lieutenant-colonel israélien est tué, un autre officier modérément blessé.

 

L’Aviation et les chars couvrent massivement le retrait du commando.

 

Les islamistes tirent 17 roquettes sur Israël durant la nuit. Elles sont soit interceptées par le Dôme de fer, soit elles explosent sur des terrains inhabités.

 

Binyamin Netanyahu rentre précipitamment de Paris. Il s’y est entretenu avec Vladimir Poutine. Les deux hommes ont parlé de la poursuite de la coordination militaire en Syrie.

 

Moscou est fâché car les interventions de Tsahal ont continué après l’incident de l’Iliouchine en septembre.

 

Une analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, dans le cadre de Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca.

 

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/1159913670830120/ (Radio Judaica)

https://youtu.be/jz6PetbaqY4 (Youtube).

 

 
Graves affrontements à Gaza (suite 2)(021211/18) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 11 novembre 2018

 

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Métula, lundi, 01h53, 0h53 à Paris

 

Les familles étant désormais informées, nous sommes en mesure d’annoncer qu’un officier commando de Tsahal a été tué, dimanche soir, lors de l’opération menée par une unité spéciale de l’Armée israélienne à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza.

 

Un second officier de la même unité a été modérément blessé et il est soigné à l’hôpital Soroka de Beersheva.

 
Graves affrontements à Gaza (suite 1)(011211/18) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 11 novembre 2018

 

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Métula, lundi, 01h30, 0h30 à Paris

 

Le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahu a décidé d’interrompre sa participation au "Forum de la paix" à Paris et de rentrer cette nuit en Israël en raison de la situation dans le Sud.

 

Jusqu’à 1h de ce lundi, une quinzaine de roquettes ont été tirées depuis Gaza en direction d’Israël, la plupart explosant sur le territoire du Conseil régional d’Eshkol. Nos correspondants sur place observent que, pour le moment, les miliciens islamiques s’abstiennent de tirer des salves de plusieurs dizaines de projectiles comme ce fut le cas lors des récents incidents.

 

Les tirs se succèdent toutes les 10 à 20 minutes, le dernier étant intervenu à 1h16

 

Les roquettes qui n’ont pas été interceptées par le Dôme de fer ont explosé dans des terrains inhabités.

 

Le Hamas tronc traditionnel confirme la perte de Nour Baraké, le no.2 d’Ezzedine al Qassam, sa branche armée. Il ne produit aucun motif pouvant expliquer l’opération israélienne de dimanche soir. L’organisation terroriste a également diffusé des images des cadavres ensanglantés de Baraké et d’un autre milicien.

 

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Feu Nour Baraké, le no.2 d’Ezzedine al Qassam

 

Nous mettons d’autre part en garde contre des informations incomplètes contenues dans la dépêche de l’AFP concernant ces incidents. Ce câblogramme ainsi rédigé est de nature à induire les lecteurs en erreur.

 

 
Graves affrontements à Gaza (021111/18) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 11 novembre 2018

 

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Métula, dimanche, 23h35, 22h35 à Paris

 

Ce dimanche soir, une force spéciale israélienne s’est introduite dans l’enclave palestinienne de Gaza. Certains des soldats étaient déguisés en femmes, d’autres, en résidents locaux.

 

Le commando a intercepté et neutralisé Nour Baraké, le no.2 de l’aile armée du Hamas tronc traditionnel, Ezzedine al Qassam, de même qu’au moins 5 autres membres (dont un second chef de premier rang) de cette organisation. Le Hamas annonce également que 7 à 8 autres miliciens ont été blessés lors de l'accrochage. L’opération a eu lieu dans la ville de Khan Yunis (145 000 hab.), dans le quart sud-ouest de la bande côtière [carte].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

La force d’intervention de Tsahal a toutefois été remarquée par des miliciens islamistes armés qui l’ont prise pour cible. Aucun soldat n’a été kidnappé par les islamistes.

 

Des appareils du Khe’l Avir [l’Armée de l’air israélienne] sont alors intervenus afin de couvrir le retrait du commando entre Khan Yunis et la frontière israélienne.

 

Des militaires qui composaient cette unité d’intervention ont été touchés et emmenés en hélicoptère à l’hôpital Soroka de Beersheva. Nous nous interdisons de faire état de l’état des soldats avant que leurs familles aient été informées.

 

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Un hélicoptère débarquant des blessés du raid de ce soir à l’hôpital Soroka

 

Vers 22h30, les factions islamiques de Gaza ont lancé plusieurs salves de roquettes sur le pourtour de Gaza, principalement sur le territoire du Conseil régional d’Eshkol [carte]. Le Khe’l Avir riposte à ces tirs. Jusqu’à 23h07, le Dôme de fer a intercepté tous les projectiles tirés en direction du territoire israélien [Tsahal].

 

Le ministre de la Défense Avigdor Liebermann se trouve en consultation avec l’état-major de l’Armée en vue d’appréhender la situation et de décider du comportement à adopter. M. Netanyahu, en visite à Paris, est constamment tenu informé du développement de la situation.

 

Les journalistes-reporters de la Ména dans le pourtour de Gaza sont à pied d’œuvre. Nous ignorons les raisons ayant amené l’état-major de Tsahal à lancer ce raid terrestre inhabituel.

 

 
Le plan de paix de l’Administration Trump et l’affaire Khashoggi (info # 011111/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 11 novembre 2018

 

Par Guy Millière

 

J’entends revenir ici une fois encore sur le plan de l’administration Trump pour la paix au Proche-Orient. J’ai récemment expliqué que la "solution à deux Etats" à laquelle songe Donald Trump n’implique pas la création d’un Etat palestinien confié à l’Autorité Palestinienne, et que, de toute façon, Donald Trump n’entend pas imposer quoi que ce soit à Israël.

 

Des rumeurs continuant à courir, des phrases énoncées dans des interviews se trouvant citées, il importe de développer notre analyse. Un point essentiel doit être énoncé dans ce souci : quel que soit le plan qui sera proposé, il sera refusé par l’Autorité Palestinienne, et le pensionnaire de la Maison Blanche et son administration le savent assurément. Ce ne sera donc pas un plan destiné à être mis en œuvre, et il ne le sera pas. Ce sera un simulacre, sa présentation sera une présentation de pure forme.

 

Pour montrer sa bonne volonté le gouvernement israélien pourra affirmer qu’il l’accepte "en principe", cela ne lui coûtera strictement rien. L’Autorité Palestinienne, quant à elle, n’aura pas même l’opportunité d’afficher sa bonne volonté : elle a tellement excité la population qui est sous sa coupe, elle a tant martelé qu’elle ne transigerait pas et ne voulait rien entendre qui n’inclût Jérusalem et le retour de cinq millions de réfugiés, qu’elle est prisonnière de son discours. Elle restera une nuisance, ou elle disparaîtra. Il n’y a pas de troisième possibilité. Imaginer que l’AP puisse accepter un fragment de la Judée-Samarie, une capitale ailleurs qu’à Jérusalem et un abandon de ce qu’elle appelle le "droit au retour" est faire preuve de bien trop d’imagination. Imaginer qu’elle pourrait reconnaitre Israël en tant qu’Etat juif ou Etat du peuple juif ayant aussi sa capitale à Jérusalem est infiniment trop optimiste également.

 

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L’ "inconfiance"  

 

Comme je l’ai déjà écrit, le plan présenté ne sera qu’une étape. Et ce qui importe est ce qui suivra cette étape. Les acteurs essentiels à ce moment seront Israël, l’Arabie Saoudite, l’Egypte et la Jordanie.

 

Ce qui prendra forme à l’issue de la publication du plan dépendra aussi de la situation d’autres pays : l’un de ces autres pays est l’Iran. L’asphyxie de l’Iran par les sanctions U.S. devrait priver d’oxygène les mouvements “palestiniens”, dont Téhéran est désormais l’une des principales sources de financement.

 

Deux autres de ces pays sont la Turquie et le Qatar, qui financent aussi les mouvements “palestiniens”. Ils subissent actuellement d’intenses pressions de l’administration Trump et de l’Arabie Saoudite, et ont intérêt à freiner leur enthousiasme. Turquie et Qatar sont, outre les mouvements “palestiniens”, des soutiens principaux des Frères Musulmans.

 

Dans le cadre de cette réflexion, il nous faut considérer ce qui a été ces derniers temps, et reste l’affaire Jamal Khashoggi. Celui-ci n’était pas, comme d’aucuns s’efforcent de le présenter, un simple journaliste, mais un membre important des Frères Musulmans s’activant à la déstabilisation de l’Arabie Saoudite en général, et du prince Mohamed ben Salman, en particulier.

 

Je doute que l’on sache un jour pleinement ce qui s’est passé dans le consulat saoudien d’Istanbul. Ce qui est certain est que Jamal Khashoggi a été éliminé physiquement. Il est douteux qu’il l’ait été sur ordre de Mohamed ben Salman, car il était loisible à MBS d’éliminer un agent de déstabilisation des Frères Musulmans de façon moins compromettante. Il est possible qu’il se soit agi d’une tentative d’enlever Jamal Khashoggi et de le ramener en Arabie Saoudite aux fins de le faire parler et de le neutraliser. Il est également possible qu’il se soit agi, à priori, d’une opération destinée à nuire à Mohamed ben Salman. Toutes les hypothèses sont envisageables et la vérité restera dans l’ombre et les ténèbres, même si des réponses apparemment probantes sont d’ores et déjà proposées.

 

Ce qui est certain, outre l’élimination physique de Jamal Khashoggi, est que le Qatar, la Turquie, l’Iran et tous ceux qui ne veulent ni l’asphyxie de l’Iran ni celle des mouvements “palestiniens” ont intérêt à donner un retentissement maximum à cette sordide affaire.


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Elections américaines : pas de vagues (010811/18) Version imprimable
Analyse
jeudi, 08 novembre 2018

 

Par Amram Castellion

 

Au cours des mois qui ont précédé les élections de mi-mandat de mardi dernier, deux récits contradictoires se sont fait face sur les réseaux sociaux.

 

Les Démocrates annonçaient une "vague bleue" – une défaite généralisée des Républicains, en réaction aux excès de langage et à la vulgarité (indiscutables) du Président Trump et aux menaces (beaucoup moins identifiables) qu'il ferait peser sur les libertés publiques.

 

Les Républicains, pour ne pas être en reste, parlaient d'une "vague rouge" qui viendrait récompenser la situation économique exceptionnellement favorable des Etats-Unis sous Trump – avec des taux de croissance et d'emploi qui n'avaient pas été vus depuis plus de quarante ans – et sanctionner la faiblesse des Démocrates face à l'immigration illégale ainsi que la dérive de beaucoup d'entre eux vers l'agitation gratuite et l'idéologie racialiste.

 

Le résultat final n'a répondu aux attentes ni des uns, ni des autres. Les deux camps se sont fortement mobilisés, avec un taux de participation de près de 48%, le plus élevé depuis 1970 pour des élections de mi-mandat. Mais cette mobilisation symétrique a conduit chaque camp à annuler la vague promise par l'autre. Au total, cette élection est un match nul politique sur le court terme. A moyen terme, elle laisse l'avantage au Président Trump.

 

Les Démocrates ont repris la Chambre des Représentants, chambre basse du Congrès, le Parlement américain. C'est une règle quasi-universelle de la politique américaine que le président en exercice voit son parti perdre la chambre à mi-mandat : au cours des 50 dernières années, seul Jimmy Carter en 1978 et George W. Bush en 2002 (après le 11 septembre) y ont fait exception. D'après les comptes disponibles le 8 novembre et qui peuvent encore changer à la marge, les Démocrates auront 228 ou 229 élus à la Chambre contre 206 ou 207 pour les Républicains, gagnant 31 ou 32 sièges par rapport aux deux années précédentes. Par comparaison, le parti du Président Obama avait perdu 63 sièges en 2010, deux ans après son élection. De plus, si le nombre total de gouverneurs Républicains diminue, le parti du Président regagne cette fonction dans les deux Etats les plus cruciaux pour les présidentielles de 2020 : l'Ohio et la Floride.

 

Et dans le même temps, les Républicains ont augmenté leur majorité au Sénat, qui est vraisemblablement passée de 51 à 54 sénateurs sur 100. Ce mouvement est très exceptionnel : à part George W Bush gagnant un siège en 2002 (de 49 à 50, ce qui lui avait donné une majorité grâce à la voix déterminante du vice-président), il faut remonter à John Kennedy en 1962 pour trouver un président qui ait augmenté la majorité de son parti au Sénat à mi-mandat.

 

Les Républicains ont par ailleurs vu réduire le nombre d'Etats où ils exercent la fonction de gouverneurs, de 33 à probablement 27 sur 50 Etats.

 

Dans les deux ans qui viennent, le Congrès sera divisé entre une Chambre Démocrate et un Sénat Républicain. Cela rendra le travail législatif pénible et probablement peu productif, les deux chambres devant le plus souvent tomber d'accord pour faire passer une loi. Mais quand on observe le détail des fonctions des deux chambres, on voit comment ce résultat divisé donne un avantage tactique au Président Trump pour la préparation des élections présidentielles de 2020.

 

La Chambre des Représentants, parmi les fonctions qui lui sont plus précisément assignées, a un pouvoir supérieur à celui du Sénat en matière budgétaire. Elle a aussi le pouvoir de lancer la procédure d'impeachment qui permet de destituer les dépositaires de l'autorité publique.

 

Il est à peu près certain que la Chambre Démocrate utilisera ses pouvoirs budgétaires pour empêcher la réalisation de ceux des programmes de Trump qui exigent des dépenses importantes, en particulier la construction d'un mur anti-immigration à la frontière mexicaine. Il est également très probable qu'elle trouvera un prétexte – n'importe quel prétexte – pour voter l'impeachment de Trump et de certaines des personnes qu'il a nommées. Le dernier juge nommé à la Cour Suprême, Brett Kavanaugh, pourrait être le premier en ligne de mire.

 

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Nancy Pelosi (D) (à droite), probable prochaine présidente de la Chambre, et Maxine Waters (D), probable prochaine présidente de la Commission des Finances. La jeunesse est avec nous.

 

Mais ces procédures, sur le plan politique, ont toutes les chances de profiter au Président Trump.

 

L'impeachment est initié par la Chambre à la majorité simple, mais la personne visée ne peut être ensuite être relevée de ses fonctions que par une majorité des deux tiers au Sénat. Lorsque la Chambre Démocrate lancera l'impeachment du Président Trump et d'autres officiels, elle sera donc, en toute connaissance de cause, en train de lancer un processus sans aucune chance de succès. Son seul espoir sera que les prétextes qu'elle trouvera pour son action ("collusion russe" ? assauts sexuels rapportés dans les années 1970 ?) soient pris au sérieux par l'opinion publique.

 

Or, les deux dernières années ont montré, de manière répétée, que le goût atavique des Démocrates pour lyncher leurs adversaires sur la base d'accusations mensongères inventées de toutes pièces fait de moins en moins illusion auprès des Américains. La confirmation du juge Kavanaugh et la perte de crédibilité de l'enquête du juge Robert Mueller, qui n'a toujours pas trouvé trace de collusion russe après 18 mois, en sont les principaux exemples.

 

A l'inverse, le spectacle d'une majorité parlementaire qui néglige le travail législatif et préfère se consacrer à la chasse aux sorcières risque de se retourner rapidement contre les Démocrates et de les affaiblir avant les élections de 2020.

 

Le Sénat, pour sa part, a dans ses attributions spécifiques la confirmation des hauts fonctionnaires et des juges nommés par le Président.

 

Le renforcement de la majorité Républicaine au Sénat facilitera les efforts de Donald Trump pour changer le visage de l'administration et de la justice américaine pour plusieurs décennies. Les fonctionnaires seront remplaçables par le prochain président ; mais les juges sont nommés pour de très longues périodes, souvent à vie. Nous pouvons nous attendre à ce que l'héritage le plus durable du Président Trump soit une justice américaine revenue à droite jusqu'à la moitié du siècle.

 

Enfin, la paralysie législative probable du fait de la division politique entre les deux chambres donnera un vaste champ d'action au Président pour prendre lui-même, par décret (executive order), les mesures que le Congrès sera trop paralysé pour prendre. En termes de production de normes au niveau fédéral, la configuration politique issue des élections de mardi donne donc, là encore, l'avantage aux Républicains.


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Un antisémitisme peut en cacher un autre (info # 010611/18) Version imprimable
Analyse
mardi, 06 novembre 2018

 

Par Claude Berger

 

La décence après la tragédie de Pittsburgh - un acte antisémite odieux - eût été de ne pas en attribuer la responsabilité à Donald Trump, un président à la fois proche du peuple juif et d’Israël. Un président qui ose affronter le consensus anti-israélien porté par le courant Démocrate et les gauches en général, qui prétendent dénoncer les « populismes » et les « nationalistes » en prônant un large accueil des migrants.

 

Cette utilisation à des fins électoralistes, lorsqu’elle est le fait de Démocrates se prévalant de leur origine juive pour s’attribuer une légitimité au nom d’une idéologie, est proprement scandaleuse.

 

Ne soyons pas dupes, ce qui est désigné sous le vocable « populiste » a pour vocation de laisser entendre « qu’il y a du fascisme là-dessous », alors qu’en fait, dans leur majorité, les populations réagissent à la perte identitaire qui suit les flux migratoires, tout en souhaitant le contrôle des frontières, et réagissent aussi à la concurrence déloyale des migrants sur le marché du travail.

 

A ce sujet, ce qu’on appelle crise migratoire n’est que l’aspect le plus visible d’une crise de nos sociétés fondées sur le salariat, c’est-à-dire sur la transformation du travail en marchandises concurrentielles, conjointe à la négation des cultures qui va de pair.

 

Crise migratoire, non ! Crise certaine du système salarial où chacun travaille pour soi dans le cadre d’une citoyenneté désolidarisée, crise du salariat, oui !

 

La mondialisation du marché du travail, qui oppose à la revendication permanente la recherche des mains d’œuvre les moins chères, crée des appels d’air dans les pays moins développés, privés de chemins de vie attrayants, où le prix de la main d’œuvre concurrentielle est au plus bas. La perte culturelle joue aussi de ce côté-là. C’est une menace pour le monde entier, un véritable problème de civilisation et de disparition des valeurs au profit d’une marchandisation des mœurs.

 

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Le fleuve de migrants sud-américains actuellement au Mexique

La migration fait, par exemple, du Mexique un pays "moins mexicain"

et des USA un pays moins étasunien. Et cela ne va pas de soi.

 

La pensée de gauche, la pensée Démocrate aux Etats-Unis, n’ayant jamais fait cette critique de la marchandisation du travail et de la perte culturelle qui lui est associée, tout en soutenant les flux migratoires, est l’acteur de ce capitalisme qu’elle croit combattre ou réguler.

 

Il est bon de connaître l’opinion d’un auteur mal lu par les socio-démocrates, il s’agit de Karl Marx : « tous ces socialistes » ont un point commun : ils laissent subsister le travail salarié donc par là-même la production capitaliste…Tout cela n’est qu’une tentative, maquillée en socialisme, pour sauver la domination capitaliste et la fonder en réalité à nouveau sur une base plus large que maintenant. (Lettres sur le Capital… Lettre à Bernstein, 1881).


Si cette analyse critique du marché du travail a été ignorée par les socio-démocrates de toutes obédiences, celles-ci ont également passé sous silence l’antisémitisme des pères fondateurs de la pensée de gauche, Marx, Proudhon, Bakounine, Fourier et les effets sur leurs propres théories. J’ai montré ailleurs1, dans la foulée de l’historien Léon Poliakov, que cet antisémitisme sécularisait une matrice culturelle fidèle au catholicisme inquisitorial et aux Epitres de Paul ; un antisémitisme qui plaçait le Juif à l’origine de la chute et du complot permanent et qu’il fallait faire disparaître, une sécularisation qui remplaçait le messie divin par le messie prolétarien. L’antisémitisme de droite se nourrissait aux mêmes sources. Fort heureusement, des courants évangéliques chrétiens s’en sont détachés et prônent le rapprochement avec Israël et la spiritualité du judaïsme.

 

En ne s’opposant pas aux flux migratoires, au nom d’un « humanisme » et d’une idéologie victimaires, les gauches plaident en fait pour l’exaspération de la crise du salariat et de la crise culturelle qui en est un des aspects. Et là, ce que les Démocrates oublient, c’est le fait qu’un migrant économique est d’abord un migrant culturel. Or à l’échelle de la planète, ce qui menace nos sociétés en crise, ce ne sont pas les idéologies d’extrême droite, à la condition qu’on ne confonde pas attachement à l’identité culturelle et à la nation avec fascisme ou nazisme.

 

Jusqu’ici, des actes individuels, commis en Norvège et à Pittsburgh par des militants nazifiés ne constituent pas une menace planétaire. Par contre l’islamisme, le terrorisme de masse de cette obédience menacent non seulement les Juifs mais l’univers entier. Du 11 septembre 2001 au Bataclan, du terrorisme palestinien et du refus du fait juif dans le monde arabo-musulman, de l’assassinat de Mireille Knoll à celui de Sarah Halimi, de l’assassinat de Coptes aux pendus de Téhéran, c’est l’islamisme qui est en cause.

 

La radicalisation de l’islam s’explique. La mondialisation du marché du travail – l’abstraction faite de la culture des populations avec la perte du lien social qu’elle produit - est incompatible avec une théologie qui assigne un rôle inférieur à la femme soumise. Le recours à la violence a pour but de maintenir un ordre moyenâgeux où le lien social est totalitaire à l’identique de l’inquisition catholique passée.


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Qui est antisémite aux Etats-Unis aujourd’hui ? (info # 010411/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 04 novembre 2018

 

Par Guy Millière

 

Un attentat antisémite effroyable a été commis à Pittsburgh le samedi 27 octobre dernier. Son auteur est, bien sûr, un antisémite virulent. C’est aussi un ennemi résolu de Donald Trump, et il l’a écrit dans des messages placés sur des réseaux sociaux. Le fait que ce soit un antisémite virulent a été largement souligné. Le fait que ce soit un ennemi résolu de Donald Trump l’a été beaucoup moins.

 

Il a même été dit assez largement que Donald Trump était responsable de l’attentat antisémite de Pittsburgh et avait des liens avec des antisémites, ce qui est odieux.

 

Aucun président n’a autant affiché son amitié envers les Juifs que Donald Trump, qui est aussi le premier président à avoir une famille juive. Et aucun président n’a fait preuve concrètement d’autant d’amitié envers Israël que Donald Trump : il est le plus grand ami d’Israël à être entré à la Maison Blanche depuis la refondation d’Israël, et il l’a montré par nombre de gestes concrets que je n’ai pas à énumérer à nouveau.

 

Les déclarations contre l’antisémitisme qu’il a faites le jour de l’attentat de Pittsburgh sont les plus fortes déclarations contre l’antisémitisme énoncées par un président américain depuis le temps des Pères Fondateurs.

 

Des intellectuels juifs de gauche américains, tels Peter Beinart, n’en ont pas moins joint leur voix à ceux qui ont prétendu que Donald Trump était responsable de l’attentat antisémite de Pittsburgh, et avait des liens avec des antisémites.

 

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La vérité oblige de constater qu’il n’y a pas moins antisémite que Donald Trump

 

Certains de ces intellectuels, par des raisonnements particulièrement tordus, sont même allés jusqu’à affirmer que Donald Trump avait transféré l’ambassade des Etats Unis à Jérusalem pour provoquer la haine islamique et faire monter l’antisémitisme. Il faut oser écrire cela. Malheureusement cela a été écrit.

 

Un gauchiste juif de San Francisco n’a pas hésité à me dire voici peu que si Trump avait une famille juive, c’était pour mieux cacher son antisémitisme. C’était un gauchiste de San Francisco, je sais. Mais tout de même !

 

La réalité est que les Juifs américains en leur très grande majorité détestent Donald Trump et soutiennent avec ferveur le parti Démocrate. Cela pouvait être compréhensible quand le parti Démocrate était celui de John Kennedy. Cela restait, à l’extrême rigueur, compréhensible quand le parti Démocrate était celui de Bill Clinton.

 

Cela a été infiniment moins compréhensible quand le parti Démocrate a été celui de Barack Obama, dont les liens avec l’islam radical sont avérés et dont l’hostilité à l’encontre d’Israël n’est pas un secret, et n’a cessé de se concrétiser pendant huit années.

 

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Obama au côté de Farrakhan. Celui qui considère que les Juifs sont des termites

 

Cela a été absolument incompréhensible en 2016 : soixante-quinze pour cent des Juifs américains ont voté pour Hillary Clinton alors qu’il était clair qu’elle était la continuatrice de l’œuvre de Barack Obama.

 

C’est plus que jamais incompréhensible aujourd’hui, alors que la dérive du parti Démocrate vers l’islamo-gauchisme est flagrante, et que le parti compte parmi ses dirigeants des gens très liés aux Frères Musulmans, voire à The Nation of Islam [la nation de l’islam], que dirige l’antisémite admirateur d’Hitler Louis Farrakhan, qui a récemment comparé les Juifs à des termites.

 

Cela a désormais quelque chose qui relève de l’aveuglement suicidaire.

 

Norman Podhoretz, un grand penseur juif américain qui, lui, ne pratique pas l’aveuglement suicidaire, a répondu à l’étonnement de nombreux Juifs ailleurs sur la Planète devant le comportement politique des Juifs américains que cela s’expliquait à ses yeux par le fait que la grande majorité des Juifs américains ont changé de religion sans s’en apercevoir. Ils sont devenus adeptes d’un dogme qui n’a rien à voir avec le judaïsme : celui constitué par les idées de la gauche américaine.

 

Pour les antisémites, ce changement ne modifie rien, et les Juifs américains restent des Juifs.


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Deux nouvelles agressions turques contre les Kurdes du Rojava (013110/18) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 31 octobre 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula, mercredi, 18h00, 17h00 à Paris

 

L’artillerie turque a à nouveau bombardé le territoire du Rojava kurde ce mercredi dans la région du village de Kor Ali à l’est de l’Euphrate, situé à une vingtaine de kilomètres de Kobané [carte].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

L’agence de presse gouvernementale turque Anadolu annonce que quatre Peshmerga ont été tués et six blessés lors de cette nouvelle agression. Anadolu décrit les combattants des YPG, les Forces de Protection du Peuple [kurde] comme des "terroristes du PKK", le Parti turc des Travailleurs Kurdes.

 

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La photo d’obusiers blindés turcs accompagnant la dépêche d’Anadolu

 

Des officiers des YPG interrogés par notre correspondant permanent dans le Rojava Perwer Emmal ont catégoriquement nié le bilan décrété par le media de Recep Erdogan. Ils ont proposé à la presse [cette vidéo] de leur réplique montrant la destruction d’un camion de l’Armée turque grâce à un engin filoguidé.

 

Les officiers ont justifié leur riposte en s’appuyant sur les "règles des engagements militaires". Dans un communiqué publié sur le Net, les YPG, les Unités de Défense du Rojava et les Forces Démocratiques Syriennes dans lesquelles elles sont intégrées soulignent "qu’elles ont le droit de riposter à n’importe quelle attaque contre leur terre et, si nécessaire, qu’elles n’hésiteront pas à appliquer ce droit".

 

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Une photo proposée par les YPG du camion turc détruit durant leur contre-attaque

 

Selon Perwer Emmal, qui s’est rendu sur les lieux, l’attaque ottomane a provoqué des dégâts matériels et quelques civils ont été légèrement blessés.

 

Hier, mardi, au point de passage entre la Turquie et la ville Girê Spî (kurde) [Tel Abyad, ara.] dans le Rojava [carte], l’Armée turque a spontanément ouvert le feu sur des Peshmerga, en tuant un et en blessant un second.

 

Ces incidents sont les deux et troisième depuis le bombardement de Zormixar (kurde) [Zur Maghar, ara.] dimanche par l’Armée du Président-dictateur d’Ankara.

 

Lequel Erdogan choisit d’ignorer le fait que des troupes américaines et celles de pays européens, alliés des YPG, sont déployées dans l’ensemble du Rojava et que Washington s’est dit déterminé à se défendre si cette région autonome kurde de Syrie était attaquée.

 

D’autres observateurs mettent en garde contre le danger grandissant d’un affrontement direct entre ces troupes et l’Armée turque, toutes membres de l’OTAN, au cas où ces agressions se poursuivraient. Le Sultan ottoman a répété hier (mardi) qu’il s’apprêtait à "écraser" les combattants kurdes.

 

La France, qui compte des forces spéciales dans la région, a réagi par son ministère des Affaires Etrangères, exprimant "sa préoccupation face aux opérations de bombardement turques". Samedi, le Président Macron était cependant à Istanbul, où il a été photographié avec le tyran psychopathe qui ne faisait déjà pas mystère de son intention d’envahir le Rojava.

 

 
Erdogan annonce que la guerre avec les Kurdes de Syrie est imminente (013010/18) Version imprimable
Analyse
mardi, 30 octobre 2018

 

Par Perwer Emmal dans le Rojava

 

Dimanche dernier, avant-hier, l’Armée turque a bombardé à l’artillerie lourde une colline située à l’est de l’Euphrate, dans le village de Zur Maghar (Zormixar en kurde), dans le territoire du Rojava kurde, à 2km de la ville de Jarabulus tenue par l’Armée d’occupation ottomane en Syrie [carte]. Un combattant des YPG, les Forces de Protection du Peuple [kurde], blessé lors de ces tirs de barrage, a succombé à l’hôpital.

 

Il s’agit d’une agression spontanée de la part des militaires d’Erdogan et de ses mercenaires islamistes de l’ex-al Qaëda, aucune activité offensive des YPG n’ayant été observée, ni à proximité de Jarabulus, ni ailleurs, sur les quelques 500km de frontière entre le Rojava et la Turquie ainsi que de la ligne de front à l’ouest de l’Euphrate.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte Wikipedia

 

Cette attaque survient exactement un jour après le sommet qui réunissait Madame Merkel, Messieurs Erdogan, Macron et Poutine à Istanbul, consacré à… la pacification de la Syrie. La veille du sommet, le Président-dictateur-sultan Erdogan avait encore adressé un "dernier avertissement" aux YPG avant une offensive majeure contre leur territoire.

 

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Des Européens de plus en plus difficile à comprendre

 

Cet environnement belliciste rend la participation d’Angela Merkel et d’Emmanuel Macron à la rencontre d’Istanbul difficilement compréhensible. Non seulement leur hôte multiplie les arrestations arbitraires de ses administrés – notamment de journalistes et de tout ce qui ressemble à un opposant politique -, pratiquant la torture sur ces personnes qu’il emprisonne par milliers [50 000 personnes étaient incarcérées en Turquie en juin dernier dans le cadre de l’état d’urgence. Source Fr.Euronews] ; non seulement Erdogan a copieusement insulté l’Allemagne et la France à l’occasion de dizaines de discours, allant jusqu’à les menacer de guerre ouverte et de conflit de religions [ce que les media tricolores ont soigneusement censuré], comme pour Chypre, la Grèce et Israël, ce qui aurait, selon notre perception des relations internationale, dû suffire pour éviter de venir lui cirer les bottes en Turquie et poser avec lui main dans la main. Mais il y existe une réalité encore plus inopportune allant à l’encontre de ces touchantes photos de famille aux côtés d’un assassin.

 

Celle-ci consiste en la présence de forces militaires actives allemandes et françaises dans la région que le Sultan promet d’envahir incessamment. A ce sujet, les menaces du dirigeant psychopathe ne laissent pas la place au moindre doute. Devant les parlementaires de son parti, il a déclaré depuis : "Nous allons détruire la structure terroriste à l’est de l’Euphrate. Nous avons terminé nos préparatifs, nos plans et nos programmes à ce sujet.

 

Nous avons commencé il y a quelques jours notre intervention contre cette organisation terroriste, bientôt, il y aura des opérations plus efficaces et de plus grande ampleur".

 

Ceci se déroule au moment où, pour être prêt si le Sultan décidait de mettre une nouvelle fois ses menaces à exécution, les Américains et les Européens renforcent considérablement leur dispositif militaire. Washington a envoyé des troupes, du matériel et livré des armes lourdes aux YPG, incluant des chars, des canons, des mitrailleuses et des missiles.

 

La vision stratégique de la situation des Américains consiste en cela que leurs alliés kurdes, meilleurs soldats et plus motivés, sont capables, s’ils sont correctement équipés et encadrés, de tenir tête aux Turcs et à leurs mercenaires islamistes lors de combats au sol. Et s’ils font appel à leur aviation, l’Air Force s’occupera de la tenir à distance.

 

L’engament U.S. n’est pas uniquement tactique, il est aussi politique. On se souvient qu’Erdogan avait envoyé des ultimatums à Washington lui demandant de débarrasser ses troupes et déclarant qu’il n’hésiterait pas à entrevoir une confrontation avec les boys s’ils ne se retiraient pas du Rojava. Or la position de Donald Trump est inchangée : l’Armée américaine ne se retirera pas et elle se battra si elle est attaquée. Cette position est officielle.

 

Le 10 octobre dernier, s’exprimant devant l’Institut Juif pour la Sécurité Nationale de l’Amérique, le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo a souligné que les Kurdes avaient été des "partenaires exceptionnels", et que, "désormais, nous conduisons les choses afin de nous assurer qu’ils aient un siège à la table [de négociations]". Le secrétaire d’Etat avait également expliqué qu’ "il existait une nouvelle situation en Syrie qui réclame une nouvelle réponse américaine".

 

A tel titre que l’on a vu les militaires américains doubler récemment le nombre de leurs bases autour de Manbij (carte) et s’y déployer. Ils pratiquent aussi des patrouilles conjointes avec des Peshmerga des YPG le long des lignes turques, tant à l’ouest qu’à l’est de l’Euphrate.

 

Les Français, à leur échelle beaucoup plus modeste, ne sont pas en reste. Je les ai rencontrés pas plus tard qu’hier au centre de Manbij et sur les routes menant de cette cité aux avant-postes ennemis en direction de Jarabulus. Ils patrouillent quotidiennement sur la rive méridionale de la rivière Sajour, en première ligne du dispositif kurdo-occidental, drapeaux tricolores flottant au-dessus de leurs véhicules et ils se mêlent aux reconnaissances américaines. Il se dit aussi qu’ils construisent un camp fortifié dans cette zone, mais je ne l’ai pas vu.

 

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Un véhicule blindé léger français, derrière un Hummer U.S. à Manbij

 

Le ministre français des Affaires Etrangères, Jean-Yves Le Drian, a fait part dimanche de sa "préoccupation" au sujet de ces frappes, appelant "toutes les parties impliquées à la plus grande retenue".

 

Cela aussi c’est étrange à plusieurs titres : le Président Macron était à Istanbul vendredi, alors que le sultan psychopathe ne faisait aucun mystère de son intention d’envahir le Rojava ; Macron n’aurait-il pas pu faire part lui-même des "préoccupations de la France" ? Et puis, comment les Kurdes pourraient-ils faire preuve de plus de retenue, ils n’ont pas même répondu à l’agression de dimanche ?

 

A moins que M. Le Drian ne s’adresse aux soldats français déployés à 17km de Jarabulus, mais dans ce cas, il peut sans doute leur parler directement, sans avoir à passer par un communiqué.

 

On croit également déceler un changement tactique chez le sultan assoiffé de sang. Il est perceptible dans le choix de l’objectif de dimanche : pas à l’ouest de l’Euphrate, dans la province de Manbij, mais à l’est du grand fleuve. Et dans ses discours les plus récents, il parle aussi de "détruire la structure terroriste à l’est de l’Euphrate".

 

Il est vrai que la province de Manbij est archi-défendue, non seulement par les Américains, les Peshmerga et les Français, mais aussi par des forces spéciales allemandes et britanniques. Sans compter les volontaires issus d’autres nations, y compris plusieurs Israéliens, des combattants d’Extrême-Orient et des Sud-américains. Erdogan peut certes porter le premier coup n’importe où sur les 400km de frontière entre Jarabulus et l’Irak, mais cela comporte pour lui un risque important : il y a beaucoup de militaires occidentaux et de moyens terrestres et aériens dans cette autre partie du Rojava, de même que des YPG-FDS. Je les ai vus se battre ensemble en mouvement face à DAESH, aux gouvernementaux syriens et même aux Russes sur des étendues interminables, et je doute qu’elles constituent un terrain de manœuvre plus favorable pour les séides du Sultan maboule. Demandez aux Russes, qui après une seule confrontation sérieuse se sont définitivement retirés de la zone de Deïr Ez-Zor en laissant des centaines d’officiers et de soldats morts sur le terrain. Et je doute pour ma part que les sectateurs d’Erdogan puissent faire mieux en la matière que ceux de Poutine. Mais c’est une opinion basée sur des observations vécues, pas une certitude scientifique.


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Trois conférences de Guy Millière en Israël (info # 012810/18) Version imprimable
Informations générales
dimanche, 28 octobre 2018

 

Par Guy Millière

 

Je serai en Israël très prochainement pour trois conférences : le programme exact est indiqué au talon de cet article.

 

Je ne me suis pas rendu en Israël depuis trois ans, et j’avais hâte de revenir.

 

Je le fais avec une immense joie et me réjouis à l’avance de retrouver des dizaines d’amis que je connais personnellement ou qu’il me reste à rencontrer.

 

Mon seul regret sera de rester en Israël trop peu de temps : je vis désormais à Las Vegas, aux Etats-Unis. J’y ai des activités professionnelles prenantes (je suis chercheur dans deux think tanks : le Gatestone Institute à New York et l’American Freedom Alliance [Alliance américaine pour la paix] à Los Angeles). J’y ai une famille et des responsabilités et je ne peux m’absenter que quelques jours.

 

Mais parcourir des milliers de kilomètres est pour moi peu de choses dès lors que je sais que je serai dans un pays que j’aime.

 

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Guy Millière

 

Mes conférences cette fois sont organisées par Israel is Forever, une association que je soutiens, fondée par Jacques Kupfer et sa fille Nili. Je connais Jacques depuis de nombreuses années, et nous avons prononcé des conférences ensemble en France. Je ne connais pas Nili, et je serai heureux de faire sa connaissance.

 

Une jeune femme remarquable que j’ai déjà eu l’occasion de rencontrer  a joué un rôle important dans l’organisation de ces évènements : Nili Pitchon.

 

Avraham Azoulay, du Ptit Hebdo assure la promotion.

 

J’espérais que l’une des conférences aurait lieu à Jérusalem mais ce ne sera pas le cas. Mais je viendrai à Jérusalem (comment se rendre en Israël sans aller à Jérusalem ?). Je serais heureux si une rencontre informelle pouvait être mise sur pied afin de partager un moment avec des amis de Jérusalem.

 

Mes trois conférences se tiendront dans trois villes différentes, et auront des thèmes différents, mais il y aura des recoupements entre elles. Et je serai à la disposition de ceux qui viendront aux fins de répondre à leurs questions.

 

La première conférence : “Europe, islamisation, populisme, antisémitisme” sera consacrée à la situation  en Europe, à l’islamisation qui y avance à grands pas (avec de lourdes et destructrices conséquences). Je traiterai également de la montée de ce que la presse européenne qualifie de “populisme”, et que Daniel Pipes définit, lui, comme un “élan civilisationniste” : des peuples européens ne veulent pas mourir et perdre leur identité culturelle et leur civilisation. Les “civilisationnistes” européens sont souvent des amis d’Israël en qui ils voient un pays attaché à son identité culturelle et confronté, comme leurs propres pays, aux assauts de l’islamisation. Je parlerai, bien sûr, d’antisémitisme et de l’aveuglement délétère qui règne en Europe sur le seul antisémitisme qui agresse et tue des juifs en Europe : l’antisémitisme musulman, que soutient la nébuleuse islamo-gauchiste.

 

La deuxième conférence sera davantage centrée sur le Proche-Orient : “Trump, Bolton : un plan de paix sans les Palestiniens ?”. J’y parlerai du plan de paix que prépare l’administration Trump, et des idées du Conseiller national à la Sécurité de Donald Trump, John Bolton (un homme que je connais bien, puisqu’il était, il y a quelques mois encore, président du Gatestone Institute). John Bolton est partisan d’une “solution à trois Etats” : Israël, la Jordanie et l’Egypte, sans entité palestinienne. Le plan de paix présenté ne sera qu’une étape vers un plan de paix plus vaste, et l’administration Trump s’attend à ce que ce qui sera présenté dans un premier temps soit refusé par les “Palestiniens”. Une analyse géopolitique plus vaste sera nécessaire. Je m’emploierai à la mener.

 

La troisième conférence, “La doctrine Trump : Israël, l’Iran et la recomposition du Moyen Orient”, me permettra d’insister sur cette analyse géopolitique plus vaste, en parlant de l’Iran, mais aussi de l’Arabie Saoudite, de la Turquie, de la Russie, et du jeu de l’Union Européenne. J’insérerai cette analyse dans une approche géopolitique globale de la doctrine Trump pour le monde.

 

J’aurai avec moi mes plus récents livres, et je me ferai un plaisir de les dédicacer à ceux qui le souhaiteront.

 

L’entrée sera libre, de façon à ce que les questions financières ne soient pas un obstacle pour quiconque. Si, outre l’achat de livres, un soutien à Israel is Forever se trouve apporté, ce sera très bien. Car je le pense assurément : Israel is Forever. 

 

Le peuple juif et la civilisation juive existent depuis des millénaires et existeront encore pendant des millénaires. Israël vit et durera.

 

 

 

P.S. L’horrible tuerie antisémite de Pittsburgh a eu lieu au moment où j’achevais ce texte. J’y reviendrai la semaine prochaine, et j’en parlerai dans mes conférences. Les Etats-Unis ne sont pas épargnés par l’antisémitisme, hélas. Mes pensées vont aux familles des victimes.

 

 

Le programme de mes conférences en Israël :

 

NETANYA, dimanche 11 novembre, 19h30

“Europe, islamisation, populisme, antisémitisme”

Centre communautaire francophone, 5, Yehoshua Shtampfer

 

ASHDOD, lundi 12 novembre, 19h

“Trump, Bolton : un plan de paix sans les Palestiniens?’

Shavei Tsion, 2 rue Sinai, Ezor Alef  

 

TEL-AVIV, mardi 13 novembre, 20h

“La doctrine Trump : Israël, l’Iran et la recomposition du Moyen Orient”

Metsoudat Zeev, 38 rue King George

 

 
Gaza, riposte israélienne, implication iranienne (022710/18) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 27 octobre 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula, samedi, 13h40, 12h40 à Paris

 

34 roquettes ont été lancées cette nuit à partir de Gaza sur les agglomérations israéliennes du Néguev occidental. C’est le Djihad Islamique qui est exclusivement responsable de ces tirs.

 

14 de ces projectiles ont été interceptés en vol par le Dôme de fer. On ne compte pas de blessés atteints directement par l’explosion de ces roquettes.

 

En réponse à ces agressions, le Khe’l Avir a bombardé et oblitéré 87 cibles à l’intérieur de la bande de Gaza, dont le nouveau centre de commandement du Hamas [voir la vidéo].

 

Parmi les autres sites détruits, on compte deux des plus grandes fabriques d’armement et de munitions dans la Bande, ainsi que cinq bases militaires.

 

Tsahal a épargné jusqu’à maintenant les installations du Djihad Islamique, attribuant la responsabilité sécuritaire dans l’enclave au Hamas tronc traditionnel, et exigeant de sa part qu’il impose sa volonté sur les tireurs.

 

Ce déchaînement de feu islamique intervient moins de deux jours après qu’un accord a été passé entre les médiateurs égyptiens et les chefs de la milice Hamas. Il semble que le Djihad était soit insatisfait des contreparties obtenues par les négociateurs palestiniens, soit qu’il ne soit absolument pas intéressé par une trêve, ou encore, qu’il entend provoquer une confrontation à grande échelle.

 

Pour les militaires israéliens, confirmant en cela notre estimation de la nuit dernière, "la capacité du Hamas à empêcher les jets d’explosifs et de pneus est presque inexistante". Hier, 16 000 Gazaouis ont participé aux émeutes-actes de guerre contre les soldats de Tsahal, leur jetant des bombes incendiaires, des grenades et des pierres. Quatre assaillants ont été tués lors des ripostes des militaires.

 

Le porte-parole de l’Armée de Défense d’Israël, le Brigadier Général Ronen Manelis, a révélé que les ordres ayant conduit dans la nuit à l’agression perpétrée par le Djihad Islamique "provenaient de l’Iran et des Gardes Révolutionnaires de la Force Quds (Jérusalem) basés en Syrie". Manelis ajoutant : "La totalité de l’incident était télécommandée par la Force Quds qui orientait les attaques".

 

Le porte-parole a réagi en déclarant : "Ces dernières heures, Tsahal a envoyé un message très clair, selon lequel personne n’était immunisé, ni à Gaza, ni à l’extérieur de Gaza". Ce message laisse à penser que les mentors de cette attaque du Djihad pourraient avoir fait les frais d’opérations menées par Tsahal en territoire syrien, ou que l’on peut s’attendre à des représailles de cette sorte

 

Pendant que se déroulent ces très graves incidents, le Premier ministre Binyamin Netanyahu se trouve à Mascate, la capitale d’Oman, où il rencontre le Sultan Qabus Ibn Saïd. Oman est le pays qui contrôle la rive sud du détroit stratégique d’Ormuz, à 50km de la "République" Islamique d’Iran. D’autre part, le général en chef de l’Armée d’Azerbaïdjan, le pays qui jouxte l’Iran par le Nord-Ouest, est arrivé en Israël pour une importante visite.

 

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Oman et le détroit d’Ormuz

Service cartographique © Meltula News Agency

 

En regard de la grande efficacité des sanctions américaines contre la théocratie des ayatollahs et ses supplétifs du Hezbollah au Liban, Israël semble se préparer de plus belle à toute éventualité.

 

Dernières minutes : il y a un peu plus d’une heure, les avions du Khe’l Avir ont anéanti 8 positions du Djihad Islamique à Gaza [regarder le film de ces attaques]. Le Djihad a également fait savoir qu’un cessez-le-feu avait été conclu grâce à une nouvelle médiation égyptienne. On n’en a aucune confirmation, ni du Caire, ni de Jérusalem.

 

 
Gaza, pluie de roquettes sur Israël (012710/18) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 26 octobre 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula, samedi, 3h10, 02h10 à Paris

 

A minuit dix, ce samedi matin, seize roquettes ont été tirées à partir de la bande de Gaza sur les agglomérations israéliennes qui bordent l’enclave à proximité de Sdérot. Dix ont été interceptées par le Dôme de fer, les autres sont tombées dans des zones inhabitées.

 

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Tir d’un missile du système Kipat Barzel (Dôme de fer)

 

A 0h31, les sirènes ont retenti, annonçant une seconde salve de projectiles, à 0h34, une troisième, à 2h00, une quatrième, à 2h06, une cinquième, et à 3h03, une sixième. Au total, ce sont des douzaines de roquettes qui ont été lancées sur Israël cette nuit par les milices islamiques.

 

Les sirènes d’alerte avaient déjà sonné à 22h03, 22h21, 22h38 et 23h22 vendredi.

 

[Une vidéo montrant les interceptions des dix premières roquettes par le Dôme de fer]

 

Durant la journée de vendredi, 4 émeutiers avaient été tués sur le pourtour de Gaza tandis qu’ils s’attaquaient à la barrière de sécurité, un autre Palestinien a perdu la vie en Cisjordanie durant des heurts avec des forces de sécurité israéliennes.

 

Le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, est intervenue après la première bordée de roquette de samedi contre plusieurs cibles de la région de Rafah, au sud de la Bande.

 

Notre correspondant permanent à Sdérot, Ilan Tsadik, signale d’autres raids d’appareils frappés de l’étoile de David pendant que nous écrivons cette Breaking.

 

Le Hamas, tronc traditionnel, a fait savoir par des voies officieuses qu’il n’est pour rien dans ces agressions et qu’elles se sont produites "à l’encontre de sa volonté". Ceci confirme que le Hamas tronc traditionnel ne contrôle pas la situation dans l’enclave palestinienne et qu’il est inutile de négocier avec lui.

 

Ces attaques surviennent après que l’Etat hébreu a rouvert les points de passage vers la bande de Gaza et que plusieurs camions-citernes contenant du pétrole pour la station électrique gazaouie, payé par le Qatar, ont été autorisés à franchir la frontière.

 

Des civils israéliens ont été choqués par les projectiles palestiniens, et deux personnes à Sdérot ont été blessées dans leur précipitation à gagner les abris.

 

 
Bruxelles-Métula du 22 octobre 2018 (012210/18) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 22 octobre 2018

 

L’Iran envoie massivement des armes sophistiquées au Hezbollah à Beyrouth.

 

Téhéran profite des tensions entre Moscou et Jérusalem, qui empêchent l’Aviation israélienne d’intervenir à sa guise en Syrie.

 

Toutes les informations factuelles sur ce trafic, sur l’état des relations avec la Russie ainsi que l’analyse de Stéphane Juffa.

 

L’analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/1086586031494578/?t=6 (Facebook).  Ou https://youtu.be/oZKcsDDM9VU (Youtube).

 

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L’anti-israélisme européen commence à refluer (info # 012110/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 21 octobre 2018

 

Par Guy Millière

 

Des enquêtes menées en Europe par le ministère israélien des Affaires Etrangères ont montré un reflux de l’hostilité à l’encontre d’Israël au sein des populations. Le reflux est certes léger : les sentiments anti-israéliens sont tombés en un an de un pour cent, et sont passés de trente pour cent à vingt-neuf pour cent. Les sentiments pro-israéliens se sont quant à eux accrus de manière plus nette passant, dans le même laps de temps, de trente-huit à quarante-trois pour cent.

 

Ces chiffres peuvent sembler accablants malgré tout : que près de trente pour cent des Européens soient hostiles à une démocratie pluraliste exemplaire et que seulement un peu plus de quarante pour cent aient de la sympathie pour la même démocratie pluraliste exemplaire est en soi consternant.

 

Les enquêtes, de surcroit, ne prenaient pas en compte la “question palestinienne”. Si cela avait été le cas, les chiffres auraient sans doute été plus négatifs encore.

 

On peut néanmoins voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Malgré la désinformation, le parti pris anti-israélien constant des grands media dans toute l’Europe, malgré les positions assez nettement (et parfois très nettement) anti-israéliennes des principaux dirigeants politiques de l’UE, malgré une population musulmane en nombre croissant dans toute l’Europe occidentale et l’action d’organisations propalestiniennes souvent subventionnées par les gouvernements, la population ne glisse pas vers un anti-israélisme de plus en plus accentué.

 

Ceux qui ont analysé les enquêtes voient là le résultat du travail d’explication des dirigeants israéliens et l’importance croissante prise par les réseaux sociaux et les media alternatifs dans l’information des populations. Celles-ci sont dès lors un peu plus immunisées contre ce que diffusent les grands media et contre ce que disent les dirigeants politiques. Je pense que ces constats sont pertinents : les dirigeants israéliens, et au premier chef Binyamin Netanyahou, font un travail d’explication remarquable, et les réseaux sociaux et media alternatifs permettent à ces informations de ne pas se trouver occultées ou censurées dans l’œuf par les grandes plateformes médiatiques.

 

J’entrevois, pour ce qui me concerne, une cause supplémentaire à ces esquisses de rééquilibrage : une part croissante des populations européennes discerne que les grands media et les principaux dirigeants politiques du Vieux continent se placent au service d’un projet d’abolition des identités culturelles européennes et de la démocratie, ainsi que d’une islamisation graduelle de l’Europe, et ressent un malaise face à ces choix, qui la conduit peu à peu vers une révolte.

 

Cette part croissante des populations européennes se tourne vers des dirigeants que la presse mainstream et les principaux dirigeants politiques européens qualifient dédaigneusement de “populistes” parce qu’ils sont à l’écoute de la révolte.

 

Cette part croissante des populations européennes constate que les dirigeants “populistes” ne se trompent pas d’adversaires et sont de plus en plus souvent pro-israéliens, parce qu’ils perçoivent qu’Israël est un Etat nation qui affirme et préserve son identité et ses institutions démocratiques et combat les forces islamiques qui l’agressent. Cette partie de la population européenne perçoit Israël de la même manière que les tribuns populistes, ce qui la rend elle-même pro-israélienne.

 

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Une nouvelle race de magasins ?

 

Ce qui se passe en Europe sur ce plan doit être observé de près. C’est une mutation profonde qui a trouvé son catalyseur dans l’irruption de Donald Trump sur la scène politique américaine et dans l’accession de celui-ci à la présidence. La gauche américaine est imprégnée d’éléments similaires à ceux que portent les grands media d’Europe et ses principaux politiciens et a fait glisser les Etats Unis dans une direction semblable à celle vers laquelle l’Union Européenne est en train de migrer. Elle a suscité la même révolte.


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Gaza : journée de vérité (011910/18) Version imprimable
Analyse
vendredi, 19 octobre 2018

 

Par Ilan Tsadik

 

Le vendredi, à Gaza, c’est le jour des émeutes et des actes de guerre contre le territoire israélien, ses soldats et ses habitants. Ce que la presse dévoyée de certains pays européens nomme, reprenant littéralement la propagande islamique de la Bande côtière, la "Marche du retour".

 

Cela fait désormais trente semaines que les miliciens armés, protégés par des milliers de boucliers humains, tentent en vain de tuer un soldat de Tsahal ou de réaliser un attentat sanglant de notre côté de la barrière de sécurité.

 

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Ils sont attendus

 

La semaine dernière, une unité de l’Armée israélienne s’est trouvée face à face avec un groupe de miliciens armés qui venait de franchir le grillage. Les soldats ont réagi immédiatement, abattant les sept assaillants.

 

Le comité d’organisation de ces émeutes a à nouveau appelé cette semaine les civils de l’enclave palestinienne à venir se faire tuer en attaquant la barrière, comme le confirme le film de propagande annexé [Voir la vidéo].

 

Mercredi, l’imposante délégation égyptienne venue à Gaza afin de négocier l’ "accord Singapour" est rentrée chez elle. Un membre de la médiation cairote a confié, dépité, à Sami el Soudi au téléphone : "Rien à faire avec ces cinglés ; ce sont des scorpions qui se piquent parmi et se piquent eux-mêmes".

 

C’était après que deux grosses roquettes contenant chacune 20kg d’explosifs avaient été tirées de la Bande vers Beersheva et une ville de Goush Dan, la grande banlieue de Tel-Aviv et ses 4.5 millions d’habitants. L’une a détruit une maison au cœur de la capitale du Néguev, l’autre est tombée dans la Méditerranée.

 

Quelques heures après ces tirs, la rédaction de Métula annonçait, en dépit de nos problèmes de sécurité Internet désormais résolus, deux informations significatives : 1. Ces roquettes provenaient des entrepôts du Hamas qui est le seul à en posséder de ce type à Gaza. 2. Ce n’est ni le Hamas tronc traditionnel qui les a lancées ni le Djihad palestinien, mais l’une des quatorze autres organisations islamiques armées.

 

Le tronc traditionnel a même dénoncé ces attaques dans un communiqué, les qualifiant d’ "irresponsables".

 

Mais comme l’a expliqué en exclusivité mondiale mon excellent camarade Sami el Soudi il y a quelques semaines, le Hamas tel que nous l’avons connu ces dernières années n’existe plus. Incapable de payer ses miliciens, il a éclaté en une dizaine de sous-groupes et ne contrôle quasiment plus rien, pas même ses dépôts d’armes. Pour ne rien arranger à ses affaires, ses leaders ne s’entendent sur rien, particulièrement pas sur le projet Singapour.

 

Même formellement, c’est désormais un "comité" dans lequel siègent les autres factions de l’ex-Hamas, les Djihadistes, les Salafistes, le Comité de résistance populaire, les pro-Iraniens, etc. qui prend les décisions dans la Bande. Un comité dans lequel tout le monde s’embrasse au début des réunions et se plante le couteau dans le dos à la sortie.

 

C’est l’une de ces factions ex-Hamas qui a tiré les roquettes. Pour torpiller la mission égyptienne et précipiter Gaza dans une nouvelle guerre avec Israël. Ce courant fait partie de ceux qui voudraient tout sacrifier pour la gloire d’Allah ; selon Sami, ils constituent environ trente pour cent des forces constituées dans l’enclave, mais ils ont la capacité de faire tout sauter et de torpiller les efforts de pacification. Ce, notamment en modulant la hauteur des flammes lors des émeutes du vendredi et en lançant des projectiles sur l’Etat hébreu lorsque la situation tend à se calmer.

 

Hier (jeudi) le nombre des cerfs-volants et des ballons incendiaires était en baisse, mais ce matin on a découvert deux engins de pyromanie sur le territoire du Conseil régional d’Eshkol. Ils n’ont blessé personne et n’ont pas déclenché de feu.

 

Après le tir des deux roquettes, le Khe’l Avir, l’Armée de l’air, a détruit une vingtaine d’objectifs des organisations islamiques, dont un tunnel aboutissant en Israël et son puits vertical d’accès, dans la région de Khan Younès, dans le tiers sud de la bande côtière. C’était un avertissement à moindre frais, puisque les miliciens avaient eu le temps de délaisser ces positions et de se mélanger à la population.

 

En Israël, une partie des ministres, dont celui de la Défense, Avigdor Liebermann, de même que la moitié des généraux de l’Armée, jugent que la situation dans le Sud est devenue intolérable, et qu’il n’est plus possible de laisser une poignée de Djihadistes suicidaires décider de la sécurité quotidienne de tout un pays.

 

A cette détermination s’ajoute celle des paisibles habitants du pourtour de Gaza, qui en ont assez de voir leurs champs brûler à cause des incendies provoqués par les cerfs-volants enflammés. L’ensemble des citoyens israéliens partage leur extrême ras-le-bol, mais l’exécutif et l’état-major ont décidé qu’on ne déclencherait pas une guerre à cause de ces pyromanes, de ce fait, notre colère est régulièrement minorée dans les media. Seules les élections générales anticipées dont on parle pour le début 2019 pourraient refocaliser l’attention des futurs candidats sur les souffrances des habitants du sud d’Israël.

 

Déjà lors du conseil des ministres exceptionnel de mercredi, la menace d’une opération de grande envergure a été adressée aux milices islamiques de Gaza. Et depuis deux jours, des dizaines de chars et de canons autotractés ont fait leur apparition dans le pourtour de la Bande. Je ne me souviens pas d’en avoir vu autant depuis des années.

 

Au cas où des agressions armées du genre de la semaine dernière ou de nouveaux tirs de roquettes se produiraient cette après-midi, je pense que Tsahal a d’ores et déjà décidé de frapper fort en représailles, et que l’on assisterait à un gros embrasement ce weekend.   

 

Des voix officieuses se font entendre depuis hier en provenance des dirigeants des milices, particulièrement du Hamas tronc traditionnel, afin de nous assurer qu’ils allaient "raisonner" les émeutiers et "réduire les violences" relativement aux semaines passées.

 

Cela n’est pas vraiment rassurant, car la moitié de ces dirigeants souffle au contraire sur les braises comme on le voit dans la vidéo, et surtout, qu’aucune faction n’a les moyens de prendre le contrôle sur les autres. Ainsi, c’est un peu à la roulette que se jouera la détérioration ou non de la situation au Sud.


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Bruxelles-Métula du 8 octobre 2018 (010810/18) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 08 octobre 2018

 

© Metula News Agency

 

L’analyse des bruits de guerre entre Israël et le Liban.

 

L’analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/240832613258075/?t=30 (Facebook).  Ou https://youtu.be/0lDFAEAeO94 (Youtube).

 

 

 
L’Europe antisémite et munichoise (info # 010710/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 07 octobre 2018

 

Par Guy Millière

 

J’ai écrit ici la semaine dernière que la France était aujourd’hui le pays le plus antisémite et le plus anti-israélien d’Europe. Certains de ceux qui me lisent, tout en reconnaissant la validité de mes arguments, m’ont dit que je devrais regarder ce qui se passe en Espagne où montent en puissance une gauche et une extrême gauche antisémites et “antisionistes”. Et ils ont raison : il faut observer ce qui se déroule au-delà des Pyrénées. Il faut aussi regarder du côté du Royaume Uni où un “antisioniste” ami du Hamas et de tueurs de Juifs, qui ne se dit pas antisémite mais qui l’est incontestablement, est à la tête du parti travailliste et peut fort bien accéder au pouvoir dans les prochains mois. Si l’on considère également la Scandinavie, on peut découvrir nombre de propos nauséabonds sur les Juifs et sur Israël, dans la presse et, parfois, dans les propos de ministres.

 

La réalité est simple et effroyable : l’Europe entière a été rongée par l’antisémitisme pendant deux millénaires. On y a marqué l’antisémitisme du sceau de l’infamie parce qu’Adolf Hitler, ses alliés et amis collaborateurs ont perdu la guerre, ce qui, comme l’a dit un écrivain antisémite français, a “déshonoré l’antisémitisme”. On y prétend encore, rituellement, combattre l’antisémitisme d’extrême droite, qui n’existe quasiment plus. Et on y laisse monter un antisémitisme qui s’est doté d’habits neufs et se pratique, comme le montrent l’exemple de l’Espagne et celui du Royaume Uni, dans les rangs de la gauche et de l’extrême gauche de l’échiquier politique, où la haine à l’encontre  d’Israël sert de masque à l’antisémitisme le plus infect et le plus virulent.

 

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Dans la région de Valence en Espagne

 

Quand j’ai écrit mes livres consacrés à Israël (L’Etat à l’étoile jaune, Israël raconté à ma fille), j’ai pris des textes “antisionistes” européens récents et je les ai comparés à des textes antisémites d’il y a huit ou neuf décennies, or les accusations portées contre Israël aujourd’hui me sont apparues très semblables à celles dirigées contre les Juifs autrefois. L’antisémitisme, qui est omniprésent sous la surface de l’”antisionisme” contemporain, n’est pas combattu.

 

Il l’est d’autant moins qu’un autre antisémitisme monte en Europe, porté par des gens que la gauche et l’extrême gauche accueillent à bras ouverts : l’antisémitisme musulman. Un antisémitisme qu’il est tabou de montrer du doigt en Europe sous peine de se faire traiter de raciste ou de suppôt de “l’extrême droite”, ce qui lui permet de prospérer sans entraves et, puisque les musulmans antisémites sont imprégnés de haine anti-israélienne (les musulmans non antisémites et non imprégnés de haine anti-israélienne sont très rares comme le montrent les enquêtes internationales sur le sujet), ils rejoignent la cohorte de “l’antisionisme” et votent lors des élections pour ceux qui se montrent accueillants à leur endroit, qui voient leur haine anti-israélienne renforcée.

 

Une synergie délétère est à l’œuvre et prend des allures de cercle vicieux : le nombre de musulmans antisémites et anti-israéliens s’accroit, et la gauche et l’extrême gauche anti-israéliennes y gagnent des électeurs, ce qui les conduit à courtiser davantage de musulmans antisémites et anti-israéliens (d’où leur soutien à l’immigration) et à devenir plus anti-israéliennes encore. Les partis de droite classique perdent du terrain et, face à l’accroissement du nombre de musulmans, se laissent intimider jusqu’à devenir otages et ne veulent pas s’aliéner totalement l’électorat musulman qui grandit. Ceci explique leur pusillanimité croissante lorsqu’il s’agit de parler de l’islam, leur volonté de combattre “l’antisémitisme d’extrême droite” et seulement celui-là, et leur soutien sans cesse décroissant à Israël.

 

Cette synergie explique l’attitude générique des dirigeants européens vis-à-vis des régimes du monde musulman.

 

En Europe aujourd’hui on s’en prend volontiers à l’Egypte et à l’Arabie Saoudite, tout particulièrement depuis que des rapprochements discrets, mais très évidents, s’opèrent entre ces pays et Israël sous l’égide de l’administration Trump. On sait en Europe que les tenants de l’islam le plus radical détestent désormais profondément les dirigeants égyptiens et saoudiens. Et on ne veut pas fâcher les tenants de l’islam le plus radical.

 

On se montre davantage empli de mansuétude vis-à-vis de la Turquie, et on se montre très désireux de sauver le régime antisémite et antisioniste des mollahs à Téhéran. On sait que ces deux régimes soutiennent l’islam le plus radical. On sait à quel point ils sont antisémites et hostiles à Israël.

 

Aussi effroyable que cela puisse paraitre, les dirigeants européens sont les otages consentants du régime Erdogan et de celui des mollahs (le gouvernement français s’en est pris récemment à une cellule islamiste terroriste financée par l’Iran sur le sol français, mais ne change pas pour autant d’attitude face à la théocratie des mollahs).

 

Les dirigeants de l’Europe sont munichois, comme l’étaient Daladier et Chamberlain en 1938. Sauf que cette fois Daladier et Chamberlain s’appellent Macron, Merkel, May, Mogherini, qu’Hitler prie Allah et s’appelle Erdogan et Khamenei.

 

La différence est qu’il existe un Etat juif puissant, ce qui déplaît bien sûr de plus en plus aux dirigeants européens. S’ils sont de gauche et d’extrême gauche, mais pas seulement.

 

J’aimerais penser sur la base de ce que je viens d’écrire que l’Europe n’est pas perdue.

 

Dois-je le dire? Je vois dans la montée des mouvements qu’on appelle “populistes” en Europe une forme de sursaut de peuples qui voient qu’on les dirige vers la mort. Ces mouvements sont diabolisés. Je pense, comme Daniel Pipes, que ces mouvements ne sont pas hostiles à Israël : les dirigeants de ces mouvements voient, au contraire, en Israël un pays qui se bat contre des ennemis qui ressemblent à ceux qui assaillent l’Europe.

 

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Les miliciens de Gaza attaquent les soldats de Tsahal à la grenade (010610/18) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 05 octobre 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula, samedi, 0h35, 23h35 à Paris

 

Ce ne sont pas des manifestations, ce ne sont plus des émeutes mais de véritables actes de guerre. Ce vendredi après-midi, comme le laissait entendre Sami el Soudi dans son analyse de la mi-journée, les milices islamiques de Gaza ont monté des attaques armées contre les troupes israéliennes protégeant la population du Néguev et leur territoire.

 

Les miliciens ont largement utilisé des civils comme boucliers humains, appelés toute la semaine par les organisations djihadistes à se lancer contre la barrière de sécurité. On a compté 20 000 participants à ce méga-sacrifice humain ce vendredi.

 

En plus des habituels cerfs-volants qui ont allumé sept incendies en Israël, et des pneus enflammés, cette journée a été marquée par des attaques organisées à la grenade et aux explosifs dirigées directement contre les soldats dans le but de les tuer.

 

Lors de l’un de ces assauts, une dizaine de miliciens ont concentré des tirs de grenades à profusion contre un point précis du grillage de séparation dans l’objectif de traverser du côté israélien.

 

Tsahal est intervenu à deux reprises dans le nord de la bande côtière suite aux attaques à l’arme de guerre.

 

Un incendie de pneus a été allumé à proximité immédiate du point de passage de Kerem Shalom, par lequel transite tout l’approvisionnement qui permet aux Gazaouis de vivre.

 

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Kerem Shalom, le cordon ombilical des Gazaouis, à nouveau la cible d’une attaque

 

On ne dénombre aucun blessé du côté israélien. Le califat de Gaza fait quant à lui état de trois assaillants tués et de 376 blessés, un nombre ubuesque uniquement destiné à victimiser les assaillants.

 

L’on s’attend pendant la nuit et demain à de nouveaux actes de guerre de la part des milices islamiques et l’Armée israélienne s’est déployée en conséquence, avec notamment des tireurs d’élite prêts à intervenir en cas de franchissement de la frontière.

 

Il est évident que la situation ne peut se perpétuer de la sorte, particulièrement pour les paisibles habitants du pourtour de Gaza qui vivent dans la fumée des feux allumés par les terroristes pyromanes et sous la menace d’un massacre de masse contre leurs communautés.

 

Des consultations sont en cours à tous les niveaux de l’Armée et du gouvernement afin de déterminer le degré de réaction de Tsahal relativement à l’intensité des nouvelles agressions attendues ce weekend. Il est évident que si des militaires ou des civils étaient blessés par des miliciens, on risque un sérieux embrasement du front.

 

Sur fond de ce qui précède, le quotidien israélien Yediot Aharonot a publié un long entretien ce vendredi avec Yahya Sinwar, l’archi-terroriste qui commande le tronc central du Hamas dans la bande de Gaza. Sinwar a passé 23 ans dans les prisons israéliennes après avoir été jugé dans les formes, notamment pour avoir assassiné d’autres Palestiniens qu’il soupçonnait de collaboration avec Israël.

 

Dans son interview au Yediot, cet énergumène s’adresse directement aux Israéliens pour leur "garantir" un cessez-le-feu en échange d’une levée de ce qu’il nomme "le blocus" et qui n’est rien d’autre que le filtrage des approvisionnements de nature à confectionner des armes ou des tunnels stratégiques dirigées contre l’Etat hébreu.

 

En Israël, cette proposition a bien fait rire tout le monde, les enfants à partir de 6 ans sachant pertinemment que si Israël autorisait l’importation de ces matériels à Gaza, ils seraient immédiatement versés à l’arsenal des milices islamiques et serviraient lors de la prochaine confrontation avec Israël.

 

Reste que l’inévitable Piotr Smolar du Monde n’a décidément pas le même sens de l’humour que le nôtre. Dans un nouveau papier, le correspondant du journal créé par Hubert Beuve-Méry, l’un des enseignants principaux à l’Ecole des cadres de Pétain à Uriage, se fait le porte-parole de Yahya Sinwar. A aucun moment il n’émet de doute quant à la sincérité-fiabilité du no.1 de cette organisation listée comme terroriste par l’Union Européenne. Smolar répercute sans la moindre réserve ni avertissement de longs passages choisis de l’article publié par le Yediot a titre informationnel et non propagandiste naturellement. Sous le sous-titre "Une « vraie chance de changement » (sic)" repris du discours de Sinwar, Smolar recopie sans ciller l’explication selon laquelle les cerfs-volants incendiaires ne sont pas des armes ayant pour but de brûler les champs gagnés par les agriculteurs hébreux sur le désert, mais constituent simplement un message. L’article en question pourrait être publié tel quel par tous les journaux djihadistes de l’enclave palestinienne, ce qui en dit long sur l’orientation de son contenu.

 

 
Pourquoi parle-t-on d’une guerre imminente à Gaza ? (010510/18) Version imprimable
Analyse
vendredi, 05 octobre 2018

 

Par Sami el Soudi

 

Depuis mercredi matin, je suis sur le pourtour de Gaza. Je n’imagine pas que c’est en restant devant son ordinateur que l’on peut se faire une idée complète d’une situation. Si j’ai fait ce déplacement, c’est parce que la tension est sensiblement montée depuis la semaine dernière, lorsque les bandes armées de l’enclave côtière ont ajouté une centaine de grenades aux habituels engins incendiaires qu’elles précipitent sur Israël lors des émeutes du weekend. De plus, ces groupuscules islamistes ont envoyé un plus grand nombre de personnes se faire tuer au pied de la barrière de sécurité qu’à l’accoutumée.

 

Ces sacrifices humains s’accompagnent de tentatives nocturnes de franchissement de la frontière en vue de saboter les travaux titanesques de la construction de la barrière anti-tunnels que les Israéliens ont entrepris.

 

Ces actions ne font qu’égratigner les ouvrages en voie d’édification, mais tous ces signes n’échappent pas à l’attention des militaires de Tsahal. Ces derniers ont dépêché de consistants renforts sur le pourtour de la Bande, et j’ai croisé en chemin des dizaines de Merkava et d’obusiers autotractés en route vers le Sud.

 

Ceci dit, les points de passage d’Erez – pour les piétons –, tout au nord de Gaza, et de Kerem Shalom – pour les marchandises -, tout au Sud, tout près de l’Egypte restent ouverts. Et c’est même étrange, puisqu’ils avaient été fermés suite à la persistance des lancers de cerfs-volants et de ballons boutefeux sur la faune et la flore du Néguev.

 

Désormais les agressions sont plus nombreuses et dangereuses, mais la réaction des autorités israéliennes est moins vigoureuse qu’au début de l’été. La raison de cette retenue est double : d’une part, Jérusalem est conscient que ce n’est pas le Hamas tronc central, ou ce qu’il en reste, qui donne les ordres mais la quinzaine de factions indépendantes qui prennent ces initiatives. Frapper chaque fois le Hamas en représailles ne fait que renforcer ses ennemis ainsi que le chaos ambiant, ce qui n’est pas dans l’intérêt des Hébreux. D’autre part, la situation économique et humanitaire dans l’enclave palestinienne est alarmante. La faute, principalement au Hamas, qui après la confrontation de 2014 a utilisé toute l’aide internationale pour reconstituer son armement et ses infrastructures guerrières et non pour venir en aide à la population.

 

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Les émeutes hebdomadaires : le détonateur

 

A Gaza, dans le califat islamique, les habitants sont effectivement considérés comme des pions au service du Djihad et non comme des personnes dont il faut subvenir aux besoins vitaux. On s’en sert pour provoquer les soldats, en tant que boucliers humains, et pour étaler leur misère devant les caméras des journalistes toujours très friands de ces images.

 

Les malades les plus gravement atteints sont envoyés se faire traiter à Beersheva en passant par Erez. Il y a quelque chose d’irréel à voir arriver ces centaines de personnes journellement, qu’attendent des dizaines de taxis médicalisés côté israélien, sans provoquer la curiosité du moindre photographe. Leurs enfants, à quelques kilomètres de là, balancent des grenades sur les soldats et eux vont se faire soigner, le plus naturellement du monde chez leur ennemi, qui les accueille et leur prodigue les meilleurs soins possibles, sans la moindre ségrégation relativement aux patients israéliens.

 

Le contraste est encore plus violent à Kerem Shalom, où l’on peut s’asseoir des heures durant à observer quotidiennement la noria des camions venant approvisionner la population de Gaza. Toutes les denrées qui lui sont nécessaires lui sont exclusivement livrées par "l’ennemi sioniste". Cela va des vêtements, à la nourriture, le fioul, jusqu’aux voitures de sport destinées aux fils des dirigeants du califat, qui ne ressentent aucune pénurie. Car ce n’est pas l’approvisionnement qui manque au peuple, mais l’argent pour se le payer. Particulièrement après le lâchage financier des pays arabes, des Etats-Unis et de… l’Autorité Palestinienne, las de soutenir une économie qui ne fait strictement rien pour prodiguer du travail à ses 80% de chômeurs.

 

Ce matin, j’ai été témoin d’un incident inhabituel à Kerem Shalom : quatre camions-citernes transportant du fioul pour la centrale électrique qui étaient parvenus dans la zone de transit ont rebroussé chemin par là où ils étaient venus. Renseignement pris, l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas a refusé de payer le prix du chargement.

 

Ramallah fait tout son possible pour accentuer les difficultés économiques de la Bande. Pourtant, après de très âpres négociations menées par l’envoyé des Nations Unies au Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, le Qatar avait accepté d’acheter pour 60 millions de dollars de pétrole afin – ajoutés à l’allocation concédée par l’Autorité Palestinienne -, de faire passer l’électricité à disposition des Gazaouis de 4 heures par jour à huit. A la veille de l’hiver frais et humide dans la région côtière, occasionnant mille souffrances à la population, c’était une bonne nouvelle, mais si l’AP coupe sa participation, cela n’aura servi à rien.

 

L’antagonisme entre ce qui reste du Hamas et Ramallah est plus virulent qu’il ne l’a jamais été. Cela provient du fait qu’Abbas et son AP n’ont pas été conviés aux discussions du Caire entre des délégués d’une fraction du Hamas avec les Egyptiens et, indirectement, les grandes nations arabes, l’Amérique et Israël, concernant la mise en œuvre d’un vaste plan de développement de Gaza, y compris la construction d’un port artificiel, d’une centrale électrique, et d’un aéroport.

 

Bien que ce plan prévoie un rôle pour l’Autorité Palestinienne dans le contrôle des frontières, celui-ci est plus symbolique qu’autre chose. Tout le monde dans la région comprend que l’objectif de ce projet consiste à séparer la bande côtière de la Cisjordanie et d’un éventuel Etat palestinien, pour en faire une espèce de Singapour arabe démilitarisé. Cela rendrait inutile la construction d’une voie de communication ex-territoriale compliquée qui traverserait l’Etat hébreu, mais aussi, cela priverait un hypothétique Etat palestinien d’un million et demi de citoyens, n’en laissant que 2.7 millions à un futur Etat, dont circa 250 000 habitants de Jérusalem-est [2017], annexée par Israël, qui possèdent la nationalité de ce pays et n’ont pas l’intention de s’en départir selon tous les sondages publiés.   

 

Dans cette situation, Mahmoud Abbas fait ce qu’il peut pour affaiblir Gaza tentée par le séparatisme, sur la base logique suivante (même si elle n’est pas exprimée officiellement) : ils veulent quitter la cause palestinienne et la trahir, il n’existe donc aucune raison que nous partagions les maigres ressources de la Palestine avec eux.

 

De son côté, le Hamas tronc traditionnel, qui voit son influence se comprimer de jour en jour, compte faire pression sur les Egyptiens en laissant augmenter les provocations contre les Israéliens et en ne faisant rien pour rendre l’existence des Gazaouis supportable.

 

En vérité, avec l’affaiblissement notoire de l’UNWRA, l’Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, soumise au bon vouloir du Hamas à Gaza, dû à la décision de Donald Trump de lui retirer l’apport financier américain, la quasi-cessation de paiements par Ramallah du salaire de ses fonctionnaires dans la Bande, et l’assèchement des autres sources de contributions, principalement le Qatar, le Hamas tronc traditionnel, le voudrait-il, n’a pas les moyens de contrôler ce qui se fait à Gaza.  

 

L’effet le plus menaçant de ce qui précède est l’augmentation du paupérisme extrême, entraînant l’adhésion de davantage de miliciens volontaires dans les groupuscules armés, et l’idée illogique mais très islamique d’en découdre avec Israël, même s’il doit s’agir d’un conflit suicidaire, possiblement du dernier.

 

J’ai parlé des heures au téléphone avec des connaissances influentes à Gaza, et j’ai interviewé deux officiers supérieurs israéliens, qui m’ont tous dit qu’une guerre entraînant plusieurs milliers de morts, était pratiquement inévitable dans la contingence actuelle.

 

Tous m’ont dit que si l’une des milices parvient à "effectuer un gros coup" côté israélien, ou à générer la mort de plusieurs dizaines de Gazaouis à l’occasion d’un seul weekend d’émeutes, la confrontation deviendrait inévitable, et surtout, toutes les factions de l’enclave se joindraient au combat, y compris le Hamas tronc traditionnel.

 

Ce, même si Tsahal, sans le claironner sur les toits, a abandonné sa doxa consistant à affirmer que le Hamas était responsable de tout ce qui se passait sur le territoire qu’il est censé contrôler, et à le punir même si les agressions proviennent du Djihad Islamique, des Comités de Résistance Populaire, des salafistes, des adeptes d’Al-Qaeda, des pro-iraniens, et surtout, des milices dissidentes, ex-Hamas.

 

Le mode opératoire d’un conflit éventuel est le "fil en aiguille", soit une augmentation exponentielle des attaques et des répliques. Le détonateur est les émeutes du vendredi et du samedi, et la capacité des organisations armées à créer l’évènement "incontrôlable".

 

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La France est le pays le plus anti-israélien d’Europe (info # 013009/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 30 septembre 2018

 

Par Guy Millière

 

Un récent article de Manfred Gerstenfeld publié par Arutz Sheva m’a conduit à réfléchir sur le pays où je suis né, la France. Manfred Gerstenfeld prétend que la France est le pays le plus anti-israélien d’Europe et l’un des pays d’Europe les plus imprégnés d’antisémitisme. Je pense que ces affirmations sont exactes.

 

Concernant l’antisémitisme, la France a été surpassée de manière abominable par l’Allemagne. L’abjection que fut la Shoah trouve sa matrice infernale et absolument horrible dans le Troisième Reich et, quand bien même il y eut des complices de la Shoah partout en Europe continentale, y compris en France, aucun pays n’a été aussi coupable d’antisémitisme que l’Allemagne dans la première moitié du vingtième siècle. Cela n’excuse pas, bien sûr, l’antisémitisme français, et je ne fais pas partie de ceux qui pensent que Robert Brasillach aurait dû avoir la vie sauve : quand on écrit ce qu’il a écrit sur la déportation des Juifs vers Auschwitz, il y a des conséquences qu’il faut assumer. Je m’identifie plutôt à ceux qui pensent que si Lucien Rebatet ou Louis-Ferdinand Céline avaient fini avec douze balles dans la peau, cela aurait été amplement mérité.

 

Pendant les années d’après-guerre et jusqu’aux années de forte immigration musulmane, l’antisémitisme s’est fait plus discret. Puis il est remonté en puissance en France de manière vigoureuse et intense, et, depuis des années, je pense qu’en effet la France est l’un des pays les plus antisémites d’Europe. L’antisémitisme qui imprègne la France, simplement, est différent de celui qui la ravageait jusqu’en 1945. Il est surtout un antisémitisme musulman, auquel s’est accolé un antisémitisme sournois, de gauche et d’extrême gauche, caché derrière ce qui s’appelle hypocritement “l’antisionisme”. Cet antisémitisme perfide a permis à des antisémites nostalgiques du nazisme et du fascisme de rester antisémites en se disant eux-mêmes “antisionistes”. L’antisémitisme d’extrême droite, lui, est devenu très marginal.

 

Concernant l’anti-israélisme, la France me parait, Manfred Gerstenfeld a raison, particulièrement coupable, même si les positions françaises sont désormais largement partagées en Europe.

 

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Banalité française

 

L’anti-israélisme français a émergé avec la “politique arabe de la France” sous le Général de Gaulle, et le discours de celui-ci en 1967, après la Guerre des Six Jours, est un discours absolument nauséabond. Nombre des termes qu’il inclut auraient pu se trouver dans une publication antisémite sous Pétain. La politique suivie ensuite par la France a continué sur la trajectoire dès lors tracée. Si l’ancien collaborateur Maurice Couve de Murville et l’antijuif fielleux Michel Jobert ont été les ministres des Affaires Etrangères français les plus infects, il est difficile de trouver un de leurs successeurs qui soit présentable.

 

Quant aux présidents de la République, ce n’est pas mieux. Georges Pompidou n’a pas contredit Michel Jobert quand celui-ci a dit, lors de la guerre de Kippour, que les Arabes, en cherchant à détruire Israël, voulaient seulement “rentrer chez eux”. Valery Giscard d’Estaing a beaucoup fait en coulisses pour que le terroriste tueur de Juifs Yasser Arafat soit invité à parler au Nations Unies à l’automne 1974, deux ans après le massacre anti-israélien et antijuif commis à Munich par Septembre noir, une branche de l’OLP. Giscard a décrit l’organisation terroriste anti-israélienne et antijuive OLP comme un “interlocuteur qualifié” en 1980. François Mitterrand a profité d’un voyage en Israël en 1982 pour dire la “nécessité d’un Etat palestinien” à offrir à Arafat, puis, sept ans plus tard, il a reçu Arafat à l’Elysée, inaugurant une sinistre tradition d’accueil de chefs terroristes tueurs de Juifs en France.

 

Jacques Chirac est allé plus loin encore et a offert des funérailles nationales au même Arafat, venu mourir dans un hôpital français.

 

Nicolas Sarkozy, considéré comme “le moins pire” par de nombreux Juifs français a soutenu avec ardeur l’entrée de l’Autorité Palestinienne à l’UNESCO et demandé que le statut de la même Autorité Palestinienne aux Nations Unies soit amélioré. Il a même fait une comparaison entre l’Autorité Palestinienne et le Vatican ! Et c’était avant qu’un pape marxiste et propalestinien soit en place. François Hollande a fait voter les résolutions anti-israéliennes par la France, aux Nations Unies comme à l’UNESCO.

 

Emmanuel Macron est un président résolument anti-israélien qui perpétue la tradition. Il a accusé l’Armée israélienne de tirer sur de simples “manifestants” lors des assauts organisés par le Hamas contre Israël depuis Gaza. Sans mentionner le Hamas. Et il a fait voter en faveur d’une résolution aux Nations Unies allant dans le même sens et falsifiant les faits. Il a sans cesse condamné la “colonisation israélienne”. Il a reçu le terroriste antijuif Mahmoud Abbas en l’embrassant et en le qualifiant d’apôtre de la “non-violence”. Il l’a reçu une nouvelle fois, juste après l’assassinat de Ari Fuld, assassinat que l’Autorité Palestinienne a célébré de manière obscène. Il ne cesse de répéter que l’ouverture de l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem est une “erreur grave”. La France a un “institut culturel” à Gaza ou s’est récemment déroulée une exposition de photos de “résistants” (vous imaginez aisément qui sont les “résistants” dont on peut parler dans un territoire tenu par le Hamas).

 

De “simples manifestants”, M. Macron ? Sur cette vidéo de l’Armée israélienne, l’on voit la destruction maîtrisée d’une centaine de grenades et autres explosifs de guerre lancés par les “simples manifestants” de Gaza sur les Israéliens uniquement durant ce dernier weekend. La définition de “ manifestants pacifiques” semble différer selon les pays et les peuples qui en sont les victimes.

 

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Israël, la Russie et le reste du monde. Les faits, l’analyse et les photos (012909/18) Version imprimable
Analyse
samedi, 29 septembre 2018

 

Par Stéphane Juffa

 

Avec Jean Tsadik et Michaël Béhé

 

Cela a pris quelques jours mais nous sommes maintenant capables de répondre à la quasi-totalité des questions émanant des évènements du 17 septembre, de l’attaque par l’Armée de l’air israélienne (Khe’l Avir) d’objectifs à Lattaquié en Syrie et de la suite d’occurrences ayant conduit à la perte d’un avion de reconnaissance russe de type Iliouchine 20.

 

Plus que cela, nous avons réuni et créé des photographies et des cartes illustrant ces situations et, et c’est encore plus important, nous avons percé à jour leurs mobiles politiques et stratégiques.

 

Tout commença, quelques heures avant le raid des Hébreux, par un accord conclu entre Vladimir Poutine et Recep Erdogan, à l’issue duquel le président russe renonça à son opération militaire murement préparée, qui avait pour but de réduire la poche d’Idlib. Les quelques 80 000 combattants qui s’y opposent au régime de Bashar al Assad, de même que trois millions de civils syriens, sont temporairement épargnés. La Pax Poutina ne règnera pas totalement sur l’essentiel des parties significatives de la Syrie, et cela constitue un amer revers pour le Tsarévitch.

 

Nous avions à élucider les raisons de cette volte-face et c’est désormais chose faite. Craignant une opposition bien plus efficace que lors des opérations anti-rebelles précédentes, l’Armée gouvernementale syrienne avait préparé et amené à proximité du front des quantités de gaz chlorin, dont elle entendait faire un usage intensif en vue d’anéantir rapidement la résistance adverse.

 

Déjà Moscou s’évertuait à dénoncer a priori les soi-disant subterfuges qu’invoqueraient les rebelles afin de "persuader la Planète" que les gouvernementaux utiliseraient ce gaz de combat. C’était sans compter avec les renseignements accumulés par les Occidentaux et leur détermination à intervenir à nouveau dans le confit si Assad allait au bout de son intention.

 

Les Occidentaux, particulièrement les Américains et les Français, avaient publiquement articulé cette menace. Considérant le risque que le maître du Kremlin est parfois dur d’oreille, les bâtiments de guerre de la Coalition Occidentale effectuèrent le même jour des tirs d’avertissement en direction des concentrations de gaz chlorin aux abords des villes d’Homs et de Hama, à 70km environ de la côte méditerranéenne. Cela explique le relevé russe de tirs de missiles à partir de la frégate française Auvergne. Il y en eut probablement d’autres, depuis les airs ou des navires de l’OTAN, notamment britanniques, nombreux sur zone.

 

Or en dépit du déploiement d’une armada considérable dans le bassin oriental de la Méditerranée, il était clair que les forces occidentales disponibles dans la région surpassaient celles de Vladimir Poutine. On a compté une trentaine de navires ultramodernes de la Coalition à distance de frappe de la Syrie ; ce, encore sans compter les flottes U.S. et leurs porte-avions, alors que les Russes ne disposent pas de porte-avions opérationnels.

 

Dans ces conditions, le Tsarévitch, qui est téméraire mais pas suicidaire, n’allait pas risquer un engagement armé. Même s’il laissait les Occidentaux tirer sans intervenir, comme lors de leur intervention précédente à la mi-avril dernière, la preuve serait apportée que ses compagnons d’armes, Assad, les Iraniens et le Hezbollah, auraient eu recours à des gaz de combat, en dépit de toutes les assurances que Poutine avait personnellement données.

 

Dans le même temps, les Iraniens, par un hasard du calendrier ou afin d’exploiter l’attention portée à Idlib ainsi que l’état d’alerte élevée du contingent russe dans la province de Lattaquié, s’attelaient à l’organisation d’un convoi de camions. Ceux-ci avaient pour mission de transporter les armes et munitions amassées dans des entrepôts au cœur de la ville de Lattaquié vers le Liban afin de les remettre à leurs supplétifs du Hezbollah.

 

Cette cargaison comportait non seulement les missiles les plus modernes que l’industrie perse soit capable de produire, mais également, le Renseignement israélien en avait acquis la certitude, des machines-outils et des composants électroniques capables d’améliorer la précision aléatoire des missiles déjà entre les mains des Hezbollani au pays des cèdres.

 

Indépendamment de la crise d’Idlib, les deux critères rigides présidant aux décisions d’intervention de l’état-major hébreu étaient réunis : l’existence d’une menace majeure et l’urgence d’agir.

 

A Jérusalem, on savait certes qu’on allait devoir procéder au cœur du dispositif russe en Syrie, protégé par le fameux système antiaérien et antimissiles S-400 opéré par les militaires de Poutine et non par ceux d’Assad. Mais dans la capitale de l’Etat hébreu, on était plus que convaincu de disposer des contremesures électroniques protégeant les appareils du Khe’l contre cette menace.

 

C’est là un autre point capital à saisir : les soldats de Tsahal, y compris ses pilotes, ne sont pas des kamikazes. Chaque mission est conçue afin que tous puissent réaliser leurs objectifs avec succès, et ensuite, même dans le pire des scénarii possible, retourner à leurs bases sans encombre.

 

C’est ainsi que si Israël ne possédait pas les contremesures du S-400, elle n’aurait pas envisagé cette opération. Les Hébreux ont aussi développé la capacité de faire apparaître sur les écrans radars de ses adversaires, par des moyens électroniques, des chasseurs-bombardiers qui n’existent pas dans la réalité. On crée ainsi la confusion chez l’ennemi, incapable de distinguer entre les vrais avions et les faux, incapable de savoir quels sont les objectifs qui sont réellement attaqués et, par conséquent, enclin à gaspiller ses missiles dans toutes les directions.

 

Et c’est compte-tenu de ces assurances, qu’à 21h42 précisément, le lundi 17 septembre, quatre F-16 volant entre Chypre et la côte syrienne ont largué leurs missiles sur plusieurs objectifs du périmètre de la ville de Lattaquié. A 21h38, la femme officier israélienne chargée de liaison avec le contingent russe en Syrie, avait informé son interlocuteur dans sa langue maternelle qu’un "raid visant des objectifs iraniens dans le nord de la Syrie était en cours". Trop tard, évidemment, pour permettre aux soldats du corps expéditionnaire de Poutine de faire quoi que ce soit.

 

A 21h50 tous les missiles des F-16 détruisaient leurs cibles avec une précision chirurgicale et une efficacité maximum. Les photos ci-après en disent long sur les motivations de l’AFP, de ses clients francophones, mais également des media israéliens Haaretz et I24News, qui retraçaient les évènements que nous rapportons ici sous le titre emprunté à l’organe de propagande gouvernemental d’Assad [SANA], annonçant : "Syrie: le système anti-aérien intercepte des missiles tirés vers Lattaquié". C’était à peine moins triomphal que le communiqué de Spoutnik, claironnant : "La DCA syrienne aurait repoussé une attaque de missiles dans les alentours de Lattaquié".

 

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Crédit : ImageSat International

 

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Crédit : ImageSat International

 

S’ils entendent cesser de se couvrir de ridicule, il serait temps que ces joyeux campeurs comprennent une fois pour toutes, qu’en l’état des rapports de forces existants, à moins d’un incident extrêmement imprévisible, la défense antiaérienne syrienne ne possède pas la capacité d’intercepter un missile israélien. S’ils ne font pas confiance à la Ména, s’ils ne savent pas lire, qu’ils regardent au moins les images.

 

Toujours à propos de missiles israéliens et de photographies, et pour prolonger quelque peu cette parenthèse : lors de leurs raids, les chasseurs-bombardier du Khe’l Avir ne lancent pas des grappes de missiles. Ils n’en ont pas la capacité. Chaque engin ainsi largué a une adresse extrêmement précise – moins de 30cm du point d’impact prévu -, lors, si des missiles étaient abattus en route, les cibles ne pourraient pas être anéanties. Sur les deux images suivantes, on distingue la destruction du Boeing 747 de la compagnie Iranian Fars Air Qeshm, lors du raid précédent, le samedi 15 courant, sur l’Aéroport International de Damas. Un avion civil qui a également acheminé des armes à l’Aéroport International de Beyrouth. On observe que les avions situés à quelques mètres de distance, de même que les entrepôts, sont intacts. Les armes et les munitions contenues dans le 747 ont ainsi pu être détruites avant leur déchargement. Si nous l’avions intercepté en vol, nous aurions commis un acte de piraterie aérienne sans, de plus, avoir été en mesure de démontrer qu’il transportait un chargement militaire.

 

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Crédit : ImageSat International

 

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Sur cette autre carte, présentée cette semaine par M. Netanyahu à l’Assemblée

Générale de l’ONU, on voit les emplacements de trois entrepôts souterrains du Hezbollah

 à Beyrouth. Ils sont tous situés à moins de 800 mètres d’un terminal de fret de

l’Aéroport Rafiq Hariri, dans la banlieue chiite surpeuplée du sud de la capitale libanaise.

En cas de déclenchement d’un conflit armé, il est évident qu’Israël aurait à détruire ces

entrepôts, au risque d’occasionner de nombreuses pertes civiles. Il s’agit d’un cas d’école

d’utilisation de civils comme de boucliers humains pour la protection d’une activité guerrière

Crédit : Binyamin Netanyahu

 

Retour à Lattaquié. A 21h50, l’Iliouchine 20 de reconnaissance se trouve à plus de 200km des F-16 qui sont déjà sur le chemin du retour. A partir de 21h52, la DCA syrienne, hystérique, tire 27 missiles dans toutes les directions. A 22h10, l’un de ces missiles abat le vénérable quadrimoteur à hélices. Contrairement aux affirmations mensongères de ministère russe de la Défense, à ce moment, les pilotes hébreux sont en phase d’atterrissage sur les aéroports israéliens, à 300km plus au Sud.

 

A propos du ministère russe de la Défense et de la conférence de presse qu’il a accordée, cartes et schémas à l’appui, tout ce qui concerne les trajectoires des F-16 est délirant. On se demande à Métula si les radaristes russes, à l’instar de leurs camarades syriens, ne les ont pas vus sur leurs écrans, ou s’il s’agit d’une tentative maladroite de leurs chefs de faire diversion et tenter d’imputer, d’une manière ou d’une autre, la perte de l’IL 20 aux Israéliens.

 

La conférence de presse en question nous aura au moins été utile afin de vérifier l’information que nous avons diffusée en temps réel à l’occasion de notre breaking news, à savoir que les F-16 ont visé et détruit plus d’une seule cible à Lattaquié. Sur la carte russe [voir la photo ci-dessous], l’on distingue en effet trois objectifs atteints dans cette ville, avec la mention en russe "Frappes de 4 F-16 israéliens", avec la date et l'heure en haut, en cyrillique. De plus, l’officier qui décrit l’opération mentionne ces cibles comme des "entrepôts industriels", ce qui démontre, avec force de preuve, la collusion de Moscou avec les Iraniens.

 

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Crédit : ministère russe de la Défense

 

Nous devons toutefois à notre tour préciser un certain nombre de choses. D’abord demander pourquoi l’Iliouchine n’avait pas activé son transpondeur spécial qui permet d’informer le sol s’il est un ami ou un ennemi. Les Syriens ne l’auraient pas visé s’il avait été correctement identifié.

 

Ensuite, nous tenons à préciser que les Russes ne sont pas neutres dans cette affaire, pas plus qu’ils ne sont les amis d’Israël ; ce sont eux qui ont équipé la DCA syrienne avec les systèmes S-200, eux qui les ont entraînés et qui ont déployé les batteries de missiles en choisissant minutieusement leurs emplacements.

 

De plus, les armes, les munitions et les machines détruits par les F-16 avaient atterri peu de temps auparavant sur l’aéroport de Khmeimim, le seul de la région, entièrement sous contrôle russe, en provenance d’Iran. Sans l’autorisation d’atterrir octroyée par les hommes de Poutine, l’assistance à l’atterrissage, l’aide nécessaire à transférer le chargement dans les entrepôts du "Centre de l’Agence des Usines Techniques" de Lattaquié, à 16km au Nord-Ouest, sans le feu vert pour le livrer au Hezbollah au Liban – l’autoroute, la N1, passe à 700 mètres de l’entrée de Khmeimim -, Téhéran n’aurait pas été en mesure d’attenter à la sécurité d’Israël avec cette cargaison, le raid israélien n’aurait pas eu lieu d’être, et l’Iliouchine et ses 15 membres d’équipage n’auraient pas été perdus.      

 

Grâce aux centaines d’interventions de Tsahal en Syrie, l’Iran n’aura pas l’opportunité de disposer d’un port et d’un aéroport militaires dans ce pays. Téhéran n’aura pas non plus l’occasion de déployer 100 000 Garde Républicains et leurs supplétifs à proximité des frontières de l’Etat hébreu, ce qui était son plan. Les ayatollahs ont de surcroît dû évacuer leur base sur l’aéroport T4 Athias-Khirbat, à proximité de Palmyre, maintes fois frappée par le Khe’l Avir.

    

Suite au raid sur Lattaquié, Vladimir Poutine a commencé à livrer des systèmes antiaériens S-300 à l’Armée d’al Assad. Il compte en déployer huit et "couvrir" de la sorte tout le territoire syrien. Cela prendra des mois jusqu’à ce qu’ils deviennent opérationnels et que les soldats syriens sachent s’en servir. Et cela ne gênera pas les activités de l’Armée de l’air israélienne, puisqu’elle est d’ores et déjà en mesure d’aveugler les S-400, plus avancés, opérés par des Russes. A un détail près : ces systèmes sont évolutifs, ce qui obligera les ingénieurs hébreux, sur la base des informations fournies par le Renseignement, de poursuivre inlassablement la mise à jour des contremesures électroniques.

 

Il en va de la sécurité et de la survie des citoyens de l’Etat d’Israël. D’autant plus que l’Iran poursuit également sans relâche le développement de son armement et, comme le Premier ministre israélien l’a démontré cette semaine à la tribune des Nations Unies, qu’il n’a pas abandonné son projet d’acquérir la bombe atomique.

 

A ce propos, la Ména diffuse ci-après et en exclusivité les cartes de l’emplacement du site nucléaire secret – dissimulé aux 5+1 lors de la signature de l’accord de juillet 2015 - en plein cœur de Téhéran. Nos cartes sont largement plus précises que celles présentées par M. Netanyahu du haut de l’estrade onusienne.

 

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Marguerite Duras : une politique de la destruction ? (info # 012609/18) Version imprimable
Analyse d'une oeuvre
mercredi, 26 septembre 2018

 

Par Llewellyn Brown

 

Marguerite Duras apparaît autant comme une personnalité médiatique que comme un auteur d’œuvres marquantes telles que Le Ravissement de Lol V. Stein et L’Amant, ce dernier ayant connu immédiatement un immense succès commercial. Certaines de ses phrases et prises de position pouvaient faire scandale, comme le titre de son article au sujet de Christine Villemin, inculpée dans l’affaire du « petit Grégory » : « Sublime, forcément sublime, Christine V. » (17 juillet 1985) ; phrase perçue comme justifiant un acte d’infanticide. Une autre phrase, énoncée dans le film Le Camion, paraît expéditive, exagérée : « Que le monde aille à sa perte, c’est la seule politique ». En effet, on croirait entendre là une volonté de destruction généralisée, exprimant un mépris des valeurs qui assurent la culture et la dignité humaine. Si l’on y ajoute des phrases concernant le rejet des livres, du savoir, des écoles, on serait conforté dans ce jugement, et l’on croirait reconnaître des slogans inspirés par les mouvances post-Mai 1968, proclamant la fin d’un monde traditionnel périmé, comme : « La destruction de la société de classes » (Détruire dit-elle).

 

La question est, on s’en doute, plus complexe et nuancée, s’agissant d’un écrivain qui fait œuvre de création : c’est ce que nous avons essayé d’éclaircir dans un récent livre « Marguerite Duras : écrire et détruire, un paradoxe de la création » [1]. Dans cette conjonction entre destruction et création, il s’agit fondamentalement d’une nécessité dans laquelle se trouve l’écrivain – mais cela concerne chacun d’entre nous – de trouver sa propre place dans le langage, tout comme dans les structures imposées par sa famille et par la société. En d’autres termes, il s’agit de trouver sa propre langue, inédite : celle qui n’a pas été prévue par les discours ambiants, préétablis.

 

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Fleurs de méninges

 

Parler, écrire, c’est opérer une destruction, tout autant que créer, et nombre d’œuvres de Duras traitent de cette lutte avec les discours qui écrasent et étouffent toute singularité. Il suffit d’entendre la vulgarité des personnalités politiques et des journalistes actuels pour comprendre une observation comme celle-ci : « tous ces ministres, tous ces hommes terribles, terribles à voir, terribles à entendre, ils sont morts et ils ne le savent pas ». Ils sont « morts » parce qu’ils ignorent tout de ce qui anime leurs actions. Ils ânonnent les mêmes sentences, ils gèrent la collectivité mais sont incapables d’écouter les hommes ; ce qui suppose, au départ, d’être capable d’écouter soi-même, ses propres désirs.

 

La société de consommation – encore plus envahissante aujourd’hui avec l’omniprésence intrusive des outils électroniques de communication – fait l’objet des critiques de Duras, tout comme l’idéologie communiste, ce qui l’amène à déclarer : « Un militant, c’est quelqu’un qui ne doute pas », (Le Camion, 1977). En effet, elle fut évincée du PCF en 1950 à la suite d’un « procès stalinien ». N’étant plus dupe des oppositions factices, elle nota la complicité réunissant le patronat et le prolétariat pour maintenir le statu quo : « Leur même politique : retarder à l’infini toute révolution libre ». Chaque militant cherche à « mutiler l’autre de sa donnée fondamentale : sa propre contradiction ». Duras traite le totalitarisme non seulement dans Le Camion, mais aussi dans des œuvres moins connues comme Un homme est venu me voir et Abahn Sabana David.

 

Contrairement à de nombreux créateurs et intellectuels, Marguerite Duras soutenait la révolte du Printemps de Prague, appelant les Russes qui entraient avec leurs chars : « Ces nouveaux tueurs. Ce résultat obtenu par la collusion entre le capitalisme et le socialisme ».

 

C’est bien à partir de cet impératif de disposer de sa propre parole que Duras répond à des événements catastrophiques de notre époque. Devant la destruction d’Hiroshima par la bombe atomique, elle dénonça les discours édifiants, pacifistes, qui prétendent rendre compte de la souffrance humaine au moyen de termes généralisants.

 

Dans le film Hiroshima mon amour (1958), tourné par Alain Resnais, loin de prétendre parler à la place des victimes, elle réalise une construction dans laquelle le personnage principale – Riva – retrouve, dans la ville dévastée, un écho à sa propre histoire, marquée par un événement traumatisant durant l’Occupation. Au lieu d’expliquer, de gloser, elle affirme « l’impossibilité de parler » de la catastrophe : le film, en revanche, dit cette impossibilité.

 

Les camps de concentration sont abordés dans La Douleur – avec la recherche désespérée par Duras de son mari, Robert Antelme, parmi les déportés revenus en France – et la Shoah est d’une importance capitale. Le récit Abahn Sabana David (1970), par exemple, montre la destruction du pouvoir totalitaire d’un dénommé « Gringo » : manipulateur de langage, constructeur d’édifices en ciment. Ce chef charge Sabana et David de garder « le juif », en attendant qu’il vienne l’exécuter. Le texte – composé essentiellement de dialogues – montre comment un pouvoir et un discours monolithiques sont progressivement fissurés par la prise de conscience progressive de l’homme de main, David.

 

La question du judaïsme occupe une place centrale ici : le Juif « Abahn » est celui qui exhorte David à « parler, détruire » : c’est-à-dire, à détruire les mots d’ordre par une parole libre, non ordonnée par les impératifs émanant du pouvoir. Le lien de Duras à la judéité relève d’une articulation comparable à celle de Riva face à la destruction d’Hiroshima : la catastrophe collective est abordée à partir d’une souffrance singulière, subjective.

 

Saisie par la certitude que son mari, Robert Antelme, est mort sur le chemin de retour des camps, Duras écrit, dans La Douleur : « Des milliers, des dizaines de milliers, et lui. Lui qui est à la fois contenu dans les milliers d’autres, et détaché pour moi seul des milliers d’autres, complètement distinct, seul ». Le collectif et le singulier sont, tous deux, incommensurables : tout en étant indissolublement liés, chaque terme préserve sa spécificité.

 

C’est par ce biais que Duras fit l’expérience de son lien intime avec la Shoah. Son compagnon, Dionys Mascolo, explique que Robert Antelme « nous avait par son retour déportés avec lui, et de là, nous nous sommes judaïsés à jamais ». Il ne s’agit aucunement, ici, d’une identification abusive, d’un militantisme de pacotille, mais d’une réelle expérience qui avait, pour conséquence, que Duras s’en sentait marquée pendant des années : « L’histoire des Juifs, c’est mon histoire. Puisque je l’ai vécue dans cette horreur, je sais que c’est ma propre histoire. Alors j’ai osé écrire sur les Juifs ». Cette expérience la poussa à détourner le terme communisme de son sens usuel. Dans Abahn Sabana David, on déclare que le communisme est « impossible » et, face aux constructions érigés par Gringo : « Il faudra quand même essayer de ne pas le construire ». Le communisme devient tout le contraire d’un projet de masse : il exprime la possibilité d’être réceptif aux autres, du fait de s’être défait de toute emprise par les discours du pouvoir et des liens collectifs.

 

C’est dans ce contexte que Duras put énoncer, dans Le Camion : « Que le monde aille à sa perte, c’est la seule politique ». En effet, c’est en voulant « construire » le monde que l’individu se trouve appelé à faire le sacrifice de sa propre vérité, de sa parole indomptable, pour assurer la cohésion de la collectivité : parti, clan, patrie. L’inertie l’emporte alors sur le désir. Ce choix d’une formulation négative est exprimé clairement par Duras : « Je préfère un vide, un vrai vide, à cette espère de ramassis, de poubelles géantes de toute l’idéologie du xxème siècle ».

 

Ceux qui sont revenus de leurs illusions, ainsi que les victimes des utopies de masse, saisiront aisément la qualité salutaire de cette position. « Que le monde aille à sa perte » doit donc s’entendre sur le plan strictement subjectif : « la perte du monde […] enfin vécue par tous, et personnellement ». Il s’agit de « la seule démocratie possible », qui exige la plus grande honnêteté vis-à-vis de sa vérité subjective, et qui conditionne des liens non coercitifs avec les autres ; l’acceptation que l’on ne réussira jamais à produire l’unité et l’harmonie mythiques de l’humain.

 

Les énoncés politiques de Duras ne sont donc pas justiciables d’une extension universelle en tant que projet de société. C’est la raison pour laquelle ils sont intimement pris dans le tissu de la création littéraire, cinématographique, où Duras élabore sa réponse à sa propre expérience de la destruction. Les idéologies qui sèment le carnage au prétexte de vouloir le bien de l’humanité sont légions. Parmi les dernières : le socialisme (national et international) et l’islam. Leur histoire révèle qu’en prétendant répandre le bien, on dissimule – à soi-même et aux autres – sa propre motivation inavouable. Duras nous montre qu’en s’affrontant à la destruction inhérente à son existence on emprunte le seul moyen de ménager un lien d’extériorité apte à faire tomber ces illusions.

 

 

Note :

 

[1] Llewellyn Brown, Marguerite Duras : écrire et détruire, un paradoxe de la création. Paris, Lettres modernes-Minard, « Archives des Lettres modernes ; 297 », 2018.

 

 
Comment mourra la "cause palestinienne" ? (info # 012309/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 23 septembre 2018

 

Par Guy Millière

 

Donald Trump n’a pas encore présenté son plan de paix pour le Proche-Orient. Il lui reste à vaincre quelques réticences et à obtenir les résultats de quelques actions menées en ce moment.

 

Il lui reste aussi à voir ce qui va se passer en Iran lorsque les sanctions américaines entreront pleinement en vigueur, début novembre. Il doit encore convaincre le roi de Jordanie, et, si nécessaire, lui faire comprendre que sans argent américain, il pourrait se retrouver singulièrement à manquer d’air et dans la même situation que celle dans laquelle les mollahs de Téhéran sont confinés.

 

Sans qu’on n’en connaisse tous les détails, on sait que le plan aura des ressemblances avec la “solution à trois Etats” proposée il y a longtemps par John Bolton, et qu’aucun des trois Etats concernés n’est un Etat palestinien, qui n’existe et n’existera que dans les fantasmes des anti-israéliens les plus fervents.

 

L’un des Etats sera Israël, avec pour capitale Jérusalem une et indivisible. Un autre Etat sera l’Egypte d’Abdel Fattah al Sissi, à qui les Etats-Unis aimeraient confier la bande de Gaza (si l’Egypte s’occupe du Hamas, elle s’en occupera “à l’égyptienne”, et l’on peut gager que la presse occidentale sera moins choquée que si c’est Israël qui s’en chargeait). Le troisième Etat sera la Jordanie, et ce n’est pas du tout un hasard si des membres de l’administration Trump rappellent ces temps derniers que les Arabes vivant en Judée-Samarie étaient jordaniens jusqu’en 1988. Ce n’est pas non plus un hasard si, dans la presse jordanienne, on trouve ces temps des articles affirmant que la Jordanie a plus de légitimité à revendiquer une part de la Judée-Samarie que les dirigeants “palestiniens” ; la légitimité de la Jordanie sur tout ou partie de la Judée-Samarie n’existe pas, mais celle des dirigeants palestiniens existe infiniment moins encore.

 

L’administration Trump fait pression pour que l’Autorité Palestinienne revienne à la table des négociations, et s’attend à un refus persistant qui lui permettra de dire au monde arabe sunnite qu’il n’y a rien à faire avec “ces gens-là”. Ce qui est rigoureusement exact. Et il est prévu que le monde arabe sunnite reconnaîtra qu’il n’y a effectivement rien à faire avec ces gens-là. Si, très improbable hypothèse, l’Autorité Palestinienne revenait à la table des négociations, l’administration Trump lui offrirait de se soumettre totalement ou de se démettre. Autrement dit, de renoncer totalement au terrorisme et aux incitations à la haine, d’accepter de régir des zones autonomes à la stricte condition qu’il y ait renoncement total au terrorisme.

 

Pour l’heure, les dirigeants “palestiniens” semblent ne pas comprendre ce qui leur arrive et vivre dans un monde parallèle qui, bientôt, n’existera plus que dans leur tête. Ils prétendent toujours que Jérusalem sera leur capitale, qu’ils veulent le retour de cinq millions de “réfugiés”, et qu’ils n’abandonneront pas la “lutte armée”. Ils clament qu’ils ont toujours des appuis ; ils feignent de ne pas voir que le régime iranien va très mal, et que la Turquie ne se porte pas très bien. Ils invoquent l’Union Européenne, qui continuera à les appuyer jusqu’au bout ; ils simulent d’ignorer que l’Union Européenne se fissure et qu’y émergent des dirigeants - Viktor Orban, Matteo Salvini, Sebastian Kurz, pour ne pas les citer -, moins enclins à suivre la ligne islamique et hypocritement antisémite défendue par Mogherini, Macron et Merkel.

 

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La farce est bientôt terminée

 

 
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