Deux missiles air-sol tirés
probablement à partir du territoire israélien ou du Liban ont détruit un
objectif ennemi situé dans le périmètre de l’aéroport international de Damas. [Voir
une vidéo du raid de cette nuit].
La cible semblait contenir des
missiles destinés au Hezbollah libanais, récemment arrivés d’Iran par avions
cargos.
Ce raid, que les media officiels
syriens attribuent à l’Aviation israélienne, intervient pendant que l’Armée
gouvernementale de Bashar al Assad effectue des bombardements sur la région de
Deraa, dans le Golan syrien, à proximité de la frontière jordanienne (5km) et à
une trentaine de kilomètres de la frontière israélienne.
Une image du raid de cette nuit
L’offensive terrestre principale du
régime n’a pas débuté, en raison des menaces officielles reçues des Etats-Unis
et des messages allant dans le même sens, de la part de Jérusalem, communiqués
à Assad par l’intermédiaire des Russes.
A noter que le contingent russe est
présent en nombre dans les concentrations terrestres qui s’apprêtent à donner l’assaut
à Deraa, et que l’Aviation du Tsarévitch participe au pilonnage intensif de la
zone.
Avant-hier, un missile Patriot a été
tiré en direction d’un drone qui s’approchait du territoire israélien à partir
de la Syrie. Le tir a été réalisé à partir d’une base du Khe’l Avir dans les
montagnes entourant la ville de Tzfat (Safed).
Selon notre analyse, il s’agissait d’un
drone d’observation russe, envoyé afin de voir si les Israéliens sont en train
de masser des chars Merkava face aux concentrations de tanks T-72 de l’Armée
gouvernementale en Syrie.
Le Patriot a manqué sa cible, mais le
drone a été contraint de faire demi-tour. Nous pensons qu’il s’est agi d’un tir
de semonce et que les Israéliens n’avaient pas l’intention d’abattre le drone.
Dans un autre cas, ils auraient tiré un second missile et/ou envoyé des
chasseurs afin d’abattre l’avion sans pilote.
Nous rappelons également que Vladimir
Poutine a demandé à M. Netanyahu de n’entreprendre aucune opération offensive
en Syrie pendant les Championnats du Monde football. Il se pourrait que le
retard du lancement de l’offensive syrienne dans le Golan soit aussi
conditionné par la même préoccupation.
Nous ne savons pas si l’intervention
de cette nuit à Damas a fait des victimes, mais l’ampleur des explosions était
largement plus réduite que celles enregistrées ces derniers mois lors des
attaques ayant frappé des positions iraniennes en Syrie.
Aux abords de l’aéroport international
de Damas, les témoins ont cependant clairement identifié la double explosion,
qui indique qu’après la détonation des missiles, les armes et les munitions du
dépôt ont sauté à leur tour.
Plan de paix américain : "The Deal of the
Century" (L’accord du siècle). Révélations exclusives.Cela progresse rapidement. Une analyse de Stéphane
Juffa au micro de Jim Mosko, dans le cadre de Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca.
La Commission des Droits de
l’Homme des Nations Unies s’est transformée, au fil du temps et de l’évolution
de l’ONU, en un club de dictatures et de tyrannies, devenue une imposture infâme,
qui connut son apothéose avec le sommet de Durban, qui fut, en 2001, une
bacchanale antisémite dont la teneur aurait beaucoup plu à Joseph Goebbels.
Ayant cessé d’être présentable
et ayant été quittée par les Etats-Unis, ce qui lui avait ôté, outre des moyens
financiers, une large part de ses apparences de légitimité, la Commission avait
été dissoute.
Une organisation de
remplacement fut constituée en 2006 : le Conseil des Droits de l’Homme des
Nations Unies. Considérant que le nom avait changé en devanture, mais que,
fondamentalement, tout était quasiment semblable, les Etats-Unis ne l’ont pas intégré.
Il aura fallu l’installation du premier occupant islamo-gauchiste à la Maison
Blanche pour que les USA deviennent membres du Conseil. Et pendant les années
Obama, ils y ont joué le rôle de potiche, acceptant même de se faire insulter régulièrement,
et restant silencieusement complices face aux torrents d’insanités qui s’y déversaient.
Lorsque Donald Trump est
devenu président, il était clair que des changements allaient s’opérer. Et Nikki
Haley, ambassadrice des Etats-Unis aux Nations Unies, dès sa prise de
fonctions, avait donné un an au Conseil pour se réformer et retrouver sa raison
d’être.
Un an plus tard, les
changements réclamés n’étant pas intervenus, comme c’était prévisible, Washington
a décidé de quitter la Commission. Nikki Haley a expliqué pourquoi, de manière
très précise, soulignant qu’à l’instar de la Commission défunte, le Conseil des
Droits de l’Homme est une imposture infâme que les Etats-Unis ne peuvent
cautionner plus longtemps par leur présence.
Nikki Haley a évidemment raison
: le Conseil est aussi vicieusement antisémite que la Commission qu’il a remplacée.
Des insanités s’y déversent constamment contre les Etats-Unis, qui n’ont aucun intérêt
à rester dans une instance où on les insulte, et de financer, de surcroit, son
fonctionnement.
L’Amérique n’a pas de
raison non plus de rester dans une instance où quasiment le seul pays stigmatisé
et décrit comme violant les droits de l’homme sur Terre est Israël, l’un des
pays précisément les plus respectueux des droits de l’homme sur la Planète.
Elle n’a aucune raison de
rester dans une instance où plusieurs pays chargés d’incarner la défense des
droits de l’homme font partie de ceux qui les violent aujourd’hui le plus systématiquement,
et prétendent néanmoins juger les Etats-Unis et Israël en matière desdits
droits. Je pense particulièrement à la Chine, Cuba, la Mongolie, le Qatar, le Pakistan,
l’Afghanistan, l’Irak et l’Afrique du Sud, et la liste est loin d’être
exhaustive.
La presse européenne a, comme
c’était prévisible, immédiatement qualifié les explications données par Nikki
Haley de prétextes fallacieux. De manière presque unanime, elle a ajouté cette
décision à sa liste des décisions soi-disant “unilatérales” prises par Donald
Trump depuis dix-huit mois.
Affirmer que des discours
antisémites sont des discours antisémites est donc un prétexte fallacieux pour
nombre de journalistes européens. Cette tolérance pour l’antisémitisme est
aussi étrange que nauséabonde.
Rappeler qu’Israël est un Etat
nettement plus respectueux des droits de l’homme que l’écrasante majorité des
pays du monde, et que présenter Israël comme le seul et unique pays violant actuellement
ces droits est une infamie, constituerait donc un autre prétexte fallacieux
pour les mêmes journalistes européens. Il est sordide d’observer que la tolérance
pour l’antisémitisme s’accompagne toujours d’une acceptation de la
diabolisation du seul et unique pays juif.
Opposer un “multilatéralisme”
qui implique de considérer que la Chine, Cuba, la Mongolie, le Qatar, le
Pakistan, l’Afghanistan, l’Irak, l’Afrique du Sud possèderaient l’expertise requise
en matière de droits de l’homme afin d’édicter le droit international, à un “unilatéralisme”
consistant à se placer du côté du refus de l’antisémitisme, procède d’un
dérangement mental à l’échelon d’un Etat.
Se positionner aux côtés de
la démocratie israélienne face à ceux qui pratiquent cet antisémitisme, et qui œuvrent
à sa disparition, la traitant comme l’incarnation du mal, procède au contraire,
de la part de Donald Trump, d’un acte politique limpide.
Se placer, ès qualité de
plus grande démocratie du monde, du côté des droits de l’homme face à ceux qui
les piétinent n’a rien à voir avec un quelconque “unilatéralisme”, mais avec la
défense active de valeurs éthiques fondamentales.
Reste-t-il si peu de
journalistes européens sachant encore qu’il existe des valeurs éthiques et qui
comprennent encore que les dirigeants politiques qui osent les défendre font
honneur à la politique ?
Le Conseil des Droits de
l’Homme des Nations Unies survivra au départ des Etats-Unis. La presse européenne
s’y référera, comme si c’était une institution honorable. Reste que ledit
Conseil a désormais du plomb dans l’aile.
Je ne serais pas surpris si
tôt ou tard il était dissous à son tour.
La dissolution de la
Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies avait signifié la fin d’une
imposture. La dissolution du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies marquerait
à son tour la fin d’une imposture.
Il restera alors à espérer
qu’à force de voir les impostures remplacées par des impostures, des dirigeants
du reste du monde occidental se souviendront qu’il existe des valeurs éthiques
qui valent la peine d’être défendues.
Ce qui est en jeu n’est certes
pas uniquement la question des considérations morales, de l’activité d’Israël
et du positionnement des Etats-Unis. En 2018, la très vaste majorité des
quelques 7.5 milliards de femmes et d’hommes qui évoluent sur Terre sont privés
par leurs dirigeants de leurs droits fondamentaux. Pire, pendant que les
ambassadeurs des Etats tortionnaires focalisent artificiellement le débat des
droits de l’homme sur un pays démocratique de 8.5 millions d’habitants, la
condition du reste de la population terrienne ne cesse de se dégrader. Or c’est
le devoir premier de l’ONU que de soucier de protéger ceux qui n’ont pas la
possibilité de se défendre et dont l’existence est soumise au bon vouloir des
despotes de tous poils.
En confisquant le débat du Conseil
des Droits de l’Homme des Nations Unies en le monopolisant sur les crimes qu’Israël
ne commet pas, ce sont distinctement ces tyrans qui réussissent à maintenir
leurs administrés dans une situation de privation de leurs droits fondamentaux.
La mascarade de la diabolisation d’Israël dans cette institution [et dans le
reste des organisations onusiennes] est l’instrument d’une politique organisée.
Israël n’en est pas sa seule victime. La principale victime, c’est l’humanité
toute entière, dont on omet ainsi de considérer les problèmes.
Ainsi, ceux - dirigeants
politiques, journalistes et intellectuels - qui critiquent la décision de Trump
ne s’en prennent pas uniquement à Jérusalem et Washington. Ils ne commettent
pas seulement le forfait d’endosser les accusations infondées contre Israël,
ils perpètrent également le crime de contribuer à refuser qu’on ouvre enfin la
bataille essentielle nécessaire à l’attribution de leurs droits fondamentaux à
ceux qui en sont privés, qui doit être menée par ceux qui en jouissent et qui,
manifestement, s’en foutent !
Il se passe des choses graves en
Syrie, que peu de media relayent, faute d’intérêt, au vu des risques encourus
par les reporters sur le terrain, par calcul politique de leurs gouvernements,
ou, le plus souvent, parce qu’ils ne comprennent rien à ce qui se déroule.
Avant d’entrer dans les détails des
derniers évènements, nous avons observé que l’Iran et le Hezbollah sont très
probablement en train de quitter le sol syrien, abandonnant les bases qu’ils
occupaient et une partie de leur matériel.
Nous sommes par ailleurs convaincus
que ce retrait se déroule suivant un accord secret passé avec les Israéliens,
très vraisemblablement à Amman. Preuve en est qu’aucune position iranienne n’a
été prise pour cible par le Khe’l Avir (l’Aviation israélienne) durant les
trois dernières semaines, et qu’auparavant, il réalisait au moins deux raids
par semaine, et leur nombre ainsi que leur intensité allaient croissant.
Il nous apparaît que Téhéran entend
limiter le désastre causé par l’oblitération de ses bases principales en Syrie
et la perte de milliers de soldats et d’officiers. L’Armée perse a correctement
déchiffré qu’elle ne dispose pas des moyens de s’opposer à Tsahal et qu’il est
préférable de rapatrier son contingent plutôt que de le voir anéanti.
Nous notons également avec intérêt que
la Russie a décidé de cesser de soutenir les Pasdaran iraniens, notamment par
les airs, ce qui a sans doute accéléré la prise de décision de Téhéran. Les
forces aériennes et terrestres de Poutine se sont aussi totalement retirées de
l’est de la Syrie, à savoir de la région de Deïr ez Zor et de la frontière
irakienne.
Dans cette zone on ne trouve plus de
militaires russes et leurs avions ont cessé leurs missions de bombardements.
Les Iraniens et leurs supplétifs du Hezbollah ont fait venir des milices,
principalement chiites irakiennes, qu’ils ont formées et armées, afin de
défendre leurs acquis stratégiques, prioritairement la fameuse "autoroute
iranienne". Ces combattants sont désormais encadrés par des officiers de l’Armée
du régime et agissent directement sous leurs ordres.
On assiste dans tout l’est syrien à
une tentative occidentale et israélienne de "purger" toutes les
positions Assad-forces chiites à proximité de la frontière iraquienne, afin
d’accélérer la "désiranisation" de la Syrie.
Ainsi, dans la nuit de dimanche à
lundi, plusieurs opérations aériennes ont eu lieu le long de l’Euphrate et de
la frontière syro-irakienne, entre la ville d’Abou Kamal et le point de passage
d’al Tanf à 230km au Sud-Ouest [voir carte].
Le gouvernement de Damas a ainsi
annoncé qu’une importante attaque aérienne s’était produite sur la localité
d’al Hiri, causant des douzaines de morts parmi les forces gouvernementales et
les combattants chiites. [Voir
la vidéo montrant le cratère géant causé par le bombardement].
D’autres attaques ont été enregistrées
sur plusieurs points d’appuis le long de la frontière. L’un de ces raids a
oblitéré un contingent de chars et d’artillerie gouvernemental [photos] à
quelques kilomètres de la frontière en territoire syrien, sur l’artère routière
que nous avons intitulée sur la carte "Autoroute iranienne option 3".
Il s’agit en fait d’une tentative convenue entre Téhéran et Damas afin de
construire un nouvel axe de communication et d’approvisionnement terrestre, ce
qui a nécessité l’aménagement d’une piste de 20km en territoire irakien, qui
rejoint une route syrienne conduisant directement à Palmyre, puis dans le reste
du secteur peuplé de Syrie. Nous avons appelé ce nouveau tronçon de 20km :
"Nouvelle route de liaison".
Ces officiers syriens sont sans doute morts ou blessés
Ils disposaient de canons et de chars
Les stratèges de Damas et de Téhéran,
constatant que la circulation le long de l’Euphrate sur "l’Autoroute
iranienne, option préférentielle" n’était plus assurée, et que les
Américains tenaient solidement la zone du poste frontière d’al Tanf (Autoroute
iranienne option 2), il leur fallait impérativement établir un nouvel axe
d’approvisionnement terrestre pour acheminer des armes, des munitions et des
renforts au régime de Damas.
La dictature alaouite syrienne a
d’abord accusé les Etats-Unis d’être à l’origine de ces bombardements aériens,
mais Washington a fait savoir, en fuitant des informations sur CNN et à l’AFP,
qu’il n’était pour rien dans ces raids et que ce sont les Israéliens qui les
ont réalisés. Nous rappelons à ce propos que le Pentagone ne ment pas
concernant les opérations militaires qu’il réalise et celles auxquelles il ne
prend pas part, suivant en cela une doctrine de communication qui veut que la
première puissance mondiale n’éprouve pas le besoin de désinformer au sujet de
ses activités militaires.
L’imputation du Pentagone impliquant
le Khe’l Avir est ainsi absolument plausible, même si le porte-parole de
Tsahal, comme à son habitude, s’est refusé à confirmer ou à infirmer les
affirmations de CNN.
A notre avis, c’est au moins la
seconde fois que l’Aviation des Hébreux frappe "l’Autoroute iranienne,
option préférentielle", appelée ainsi car elle est de loin la voie la plus
carrossable des trois alternatives. La fois précédente, le 24 mai dernier, c’est
également une position gouvernementale proche d’Abou Kamal qui fut visée et
détruite. A en croire notre correspondant Perwer Emmal, la première attaque
aurait fait 66 morts, et celles d’hier, au moins 150, principalement des
membres des Kataëb Hezbollah, les supplétifs chiites iraniens du Hezbollah
libanais.
Au moins 25 militaires du régime,
parmi lesquels un major-général, deux colonels et deux majors ont perdu la vie
lors de ces interventions aériennes, de même qu’un nombre indéfini de miliciens
libanais.
Au plus clair de l’opération
"Tempête de Jazeera" menée conjointement par les forces de la
Coalition américaine et les Peshmerga kurdes des Forces Démocratiques Syriennes, nous nous étions posé la question de
savoir pourquoi les USA ne prenaient pas le contrôle de l’autoroute
préférentielle iranienne, alors que c’était largement dans leurs cordes. L’une
des réponses à cette interrogation est, qu’officiellement, l’U.S. Army n’est
censée faire la guerre qu’à DAESH et ne pas franchir l’Euphrate. L’ordre de
marche n’ayant pas été modifié à ce jour, malgré le départ des Russes, c’est
sans doute la raison pour laquelle Washington laisse les Israéliens "faire
le ménage", ce pour quoi ils ne se font pas prier, puisqu’ils y trouvent
matière à compléter le K.O qu’ils ont infligé à l’élite de l’Armée iranienne.
De plus, pour Washington, c’est sans doute aussi l’opportunité de laisser les
pilotes israéliens rendre le F-35 furtif opérationnel et de lui fonder une réputation
de winner, spécialement après les nombreuses critiques qui ont émaillé son
développement.
Parlant de DAESH, la lutte n’est pas
totalement terminée, non plus que la participation des Occidentaux. Tout près
du théâtre des opérations que je viens de mentionner, les Kurdes sont en train
de réduire la dernière poche importante de résistance de l’Etat islamique au
sud-est de la ville de Hasaké et à l’est de la rivière Khabour [carte], entre
celle-ci et la frontière irakienne.
Pour les aider dans leur tâche, les Peshmerga
ont reçu l’appui de diverses forces occidentales, parmi lesquelles, outre les
boys américains, l’on compte entre autres des Français, des Italiens, des
Britanniques et des Allemands.
Officiellement, il s’agit de commandos
se montant à quelques dizaines d’hommes et eux aussi, entièrement consacrés à
la lutte contre DAESH. C’est pourquoi le correspondant sur place de la Ména,
l’incontournable Perwer Emmal, a été presque étonné lorsqu’il a identifié des
artilleurs français en route pour Akashat [carte], en Irak, sur une zone oùon ne rencontre
aucun milicien de DAESH, mais des supplétifs chiites irakiens de l’Iran en
nombre, ainsi que des militaires gouvernementaux irakiens et syriens.
Une grosse pièce d’artillerie de l’Armée française croisée sur
une route irakienne
Preuve de cette présence, la photo
d’un CAESAR de l’Armée française, un Camion Equipé d’un Système d’Artillerie, sur une route, à
proximité immédiate de l’endroit où la "nouvelle route de liaison" a
été construite, et tout aussi près de l’escouade alaouito-chiite qui s’est fait
décimer par les F-35 sans doute israéliens.
Le CAESAR est une pièce d'artillerie
polyvalente de 155 mm, d’une portée de 5 à 38 km. Il est aérotransportable en Hercules
C-130 et son équipage comprend 5 hommes. Sa vitesse en configuration tout-terrain
peut atteindre 50 km/h et son autonomie est de 600 km. Et ce n’est évidemment
pas une arme de commando, mais un canon (très) lourd au service d’une armée
régulière. Les CAESAR faisaient mouvement en compagnie de canons autoportés de
l’Armée américaine, dont nous possédons aussi les photographies.
Des artilleurs franco-américains en
face d’artilleurs syro-irakiens, c’est une recherche d’équilibre que l’on peut
comprendre. Une participation de Paris à l’effort consistant à terminer la
démolition des déclinaisons de l’Autoroute iranienne, c’est quelque chose qui
ne doit pas manquer de faire plaisir à M. Netanyahu et à Gadi Eizenkot (le
commandant en chef de Tsahal). Et qui explique peut-être pourquoi la
"Flottille du Hamas" s’est vue interdire d’accoster à Paris. Il
existe sans doute des raisons suffisantes pour ne pas répliquer violemment aux
actes anti-israéliens à répétition du gouvernement français. Y a-t-il un double
discours entre Jérusalem et Paris ? Cela ne nous étonnerait pas plus que
cela. D’autant plus que si la communication à l’échelon diplomatique est
franchement détestable, la compréhension entre les deux armées et entre les
services de renseignement n’est pas que correcte, elle est franchement
fraternelle.
Au nord-ouest de la Syrie, la
situation est des plus tendues entre les forces du Satrape Erdogan, d’une part,
et les contingents occidentaux et les Peshmerga kurdes, de l’autre. Le despote
multiplie les menaces et les provocations militaires sur le terrain contre la
ville de Manbij dans le Rojava, à l’ouest de l’Euphrate. Ce weekend il a en
outre menacé l’Occident de rien de moins qu’une guerre entre musulmans et
chrétiens. Il a prévenu que si l’Europe mettait à exécution son intention
d’exiler des imams appelant au Djihad et de fermer les mosquées intégristes, il
y aura des représailles. Mais il s’agit sans doute d’une information que vous
n’avez pas le droit de lire.
Et ce n’est pas le pire. Le pire,
c’est que, débarrassée des menaces existentielles de la rébellion grâce aux
frappes aériennes de Vladimir Poutine, le régime des al Assad a regroupé
presque tout ce qu’il lui reste de combattants et de matériel dans le Golan en
préparation d’une offensive majeure visant le Front du Sud à Deraa et à
Kuneitra.
On a observé des centaines de chars de
combat T-72 de fabrication russe [photo] à quelques kilomètres de la frontière
israélienne et les officiers n’ont de cesse de nous scruter à la jumelle. Face
à eux, le Front du Sud ne dispose pas d’un seul tank, et il a beau mobiliser
toutes ses réserves, il ne peut pas s’opposer validement à cette armada.
Importante concentration de chars du régime sur le Golan prêts à
l’offensive
J’ai également compté des dizaines de
canons lourds, et il en arrive sans cesse davantage.
Israël est sur le qui-vive et n’a pas
fait part de ses intentions. Il pourrait, grâce à son aviation, ses missiles
Tamouz et ses Merkava, transformer cette quincaillerie en un amas de ferraille
en l’espace de quelques minutes. Mais on risque tout de même, si Tsahal
intervient, une brève guerre conventionnelle ; ce, d’autant plus que cette
armée est encadrée par des officiers russes, et que ce n’est pas dans l’intérêt
de Jérusalem de croiser le fer avec Poutine sur un champ de bataille.
Vu sous un autre angle, à quoi rime
d’aller pourfendre le danger iranien à 500km de notre territoire si l’on n’est
pas capable d’empêcher un tyran sanguinaire de se réinstaller sur notre
frontière ?
Depuis trois
mois, le Président Trump a multiplié les annonces d'augmentation des droits de
douane contre des produits importés.
En mars dernier,
il a annoncé son intention d'imposer des droits de douane de 25% sur les
importations d'acier et 10% sur l'aluminium. La Corée du Sud, l'Australie, le
Brésil et l'Argentine ont, par la suite, été partiellement exemptés de cette
mesure, qui a été mise en œuvre depuis le début du mois contre les exportations
d'Europe, du Canada et du Mexique.
En parallèle,
Trump a annoncé d'autres décisions pour renchérir le prix des machines à laver
et des panneaux solaires importés – une mesure générique en apparence, mais en
fait principalement dirigée contre la Chine. D'autres augmentations de droits
de douane visent uniquement les produits chinois : télévisions, armes,
satellites, équipements médicaux… soit une liste de plus 1 300 biens.
Certains des pays
visés ont déjà pris des mesures de rétorsion. La Chine a augmenté ses droits de
douane sur 106 produits, dont les automobiles, les avions et le soja
(principale exportation agricole américaine vers la Chine). L'Europe, qui
affirme haut et fort son soutien pour les règles multilatérales du commerce, a
porté plainte auprès de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). En outre,
les Etats européens ont demandé à la Commission européenne, lors de sa
prochaine réunion, le 20 juin prochain, d'approuver des mesures de rétorsion
sur 2,8 milliards d'euros d'importations américaines.
Face à ces
mesures et contre-mesures, de nombreux commentateurs ont diagnostiqué le
lancement d'une "guerre des tarifs", comme il en avait eu lieu dans
les années 1930 : un processus où chaque pays ou bloc commercial augmente les
droits de douane sur les exportations des autres et où chacun finit par se trouver
appauvri à la fin.
Et pourtant,
plusieurs faits rendent cette interprétation franchement insatisfaisante.
D'abord, aucune
analyse économique d'ensemble et aucun mouvement de marché ne traduit la
crainte d'un ralentissement généralisé de la croissance. Les prévisions de
croissance pour les Etats-Unis tournent autour de 3,5%, avec un taux de chômage
historiquement bas (3,7%). Même en Europe, la prévision de croissance pour 2018
est d'environ 2,4%, identique à celle de 2017. Aucune analyse économétrique n'a
indiqué que ces prévisions devraient être revues à la baisse du fait du nouveau
protectionnisme américain.
Ensuite, les
déclarations mêmes du président Trump montrent qu'il est parfaitement conscient
du risque de guerre commerciale. Lors du G7 de Charlevoix, les 8 et 9 juin derniers,
où les pays Européens et les Etats-Unis ne sont pas parvenus à trouver un
accord, Trump a appelé à un commerce entièrement libre – sans aucun droit de
douane ni autre obstacle – entre les pays du club. On était très loin du Trump
qui, pendant la campagne présidentielle, menaçait d'imposer des droits de 35%
sur toutes les importations chinoises.
Cette prise de
position en faveur du libre-échange absolu ne signifie pas que le président
pense que ce résultat soit possible. Mais elle est bien le signe que Trump est
aussi conscient d'un autre des dangers d'une augmentation incontrôlée des
droits de douane.
La raison pour
laquelle les mesures des derniers mois ne menacent pas la croissance mondiale
est simple à comprendre : les échanges concernés ne représentent qu'une faible
proportion des échanges commerciaux des pays en cause.
Les importations
visées par Trump, et qui risquent de décroître dans les prochains mois du fait
des nouveaux de droits de douane, représentent 6,4 milliards de dollars en
provenance d'Europe et 3,5 milliards en provenance de Chine. Les mesures de
rétorsion européenne portent sur 3,3 milliards de dollars d'importations
américaines.
Par comparaison,
les importations totales de l'Amérique l'an dernier ont atteint 2 900 milliards
de dollars de biens et services, dont 640 milliards en provenance de Chine, et
370 milliards en provenance d'Europe. Le déficit commercial américain atteint
566 milliards, dont 375 milliards avec la Chine et 110 milliards avec l'Europe.
Les mesures que
l'on aime à présenter comme le début d'une guerre commerciale ne concernent
donc qu'une petite fraction des échanges totaux. Elles sont trop limitées pour
contrecarrer le niveau actuel, historiquement faible, des droits de douane :
1,6% en moyenne aux Etats-Unis et en Europe, 1,3% au Japon et 3,5% en Chine. Il
y a à peine 20 ans, le niveau moyen des droits de douane dépassait 5% aux
Etats-Unis comme en Europe. Les nouvelles mesures protectionnistes sont trop
limitées pour renverser les bienfaits de cette baisse de long terme.
Quel est donc le
moteur des annonces de Trump ? Si elles ne sont pas le résultat de convictions
protectionnistes, ces annonces répondent à la fois à des calculs politiques
internes et à la vision profondément novatrice qu'a le président des relations
internationales.
Les calculs
politiques internes sont les plus simples à comprendre. Trump dépend, pour sa
réélection, d'un des rares électorats qui peut encore aisément passer des
Démocrates aux Républicains ou inversement dans une Amérique de plus en plus
divisée.Cet électorat est celui de la
classe ouvrière et de la petite bourgeoisie, principalement blanches, du Middle
West et de l'Ouest de la Nouvelle-Angleterre : une population peu éduquée, qui
a perdu des millions d'emplois au cours des dernières décennies, et qui,
n'ayant pas pu prendre le virage des nouvelles technologies, est rongée par le
chômage, le déclassement, la nostalgie de l'Amérique industrielle et le
désespoir.
Le
protectionnisme industriel peut bien réduire à la marge, en moyenne, la
richesse totale par américain ; mais il permet de lutter contre la
désindustrialisation de ces régions clés pour les élections législatives de
novembre prochain et pour la présidentielle de 2020. Les mesures ciblées sur
l'acier, l'aluminium et certains produits transformés peuvent donc jouer un
rôle décisif dans la réélection de Trump et son action au cours des six
prochaines années.
En plus de ces
considérations de politique intérieure, les actions de Trump témoignent aussi
de sa vision de la politique internationale, qui rompt brutalement avec les
illusions qui ont dominé dans le monde occidental depuis soixante-dix ans.
Trump change le monde, les Européens
paniquent
En construisant
des institutions internationales – l'ONU et ses multiples organisations filles,
l'Organisation Mondiale du Commerce – les puissances occidentales ont, au moins
en apparence, cherché à remplacer le pur rapport de forces par un système de
règles multilatérales s'appliquant également à toutes les parties.
Plus
profondément, cependant, ce multilatéralisme était moins une renonciation aux
rapports de force qu'une renonciation implicite à défendre les intérêts des
pays d'Occident, et ceci dans le but de préserver la paix et l'entente
internationale.
C'est vrai en
matière de politique internationale : la majorité automatique donnée à l'ONU
aux pays les moins développés est directement contraire aux intérêts
occidentaux, et pourtant les puissances occidentales acceptent et même
encouragent ce système qui les défavorise.
Sans doute
estiment-elles qu'il vaut la peine de sacrifier certains de leurs intérêts pour
ne pas avoir à vivre en conflit géopolitique permanent avec les autres pays.
Mais il y a une immense faiblesse dans ce raisonnement. Puisque l'Occident
accepte de sacrifier ses intérêts pour avoir la paix, les autres puissances ont
une forte incitation à prendre le contrôle des enceintes théoriquement
multilatérales, et à les transformer en outils à leur service. C'est ainsi que
l'on a vu plusieurs organisations satellites de l'ONU se transformer en
chambres d'enregistrement des revendications les plus absurdes de kleptocrates,
de théocrates et autres communistes à la papa.
Le même phénomène
existe en matière commerciale. On ne compte plus les accords inégaux entre
l'Occident et le reste du monde, qui ouvrent les marchés occidentaux tout en
maintenant les barrières qui ferment les autres marchés. Même avec la Chine,
désormais devenue une grande puissance et qui ne peut plus justifier ces
déséquilibres par le besoin de sortir de la pauvreté, l'Occident accepte pour
l'essentiel les importations chinoises, tout en se contentant de protestations
sans effet contre les constantes violations chinoises des règles du commerce
international : vol de propriété intellectuelle, contrefaçon massive, barrières
réglementaires omniprésentes.
L'arrivée au
pouvoir de Trump aux Etats-Unis marque une rupture brutale dans cette vision du
monde. Pour le président, l'important est que l'Amérique défende ses intérêts,
et non que primauté soit donnée à un système de règles
"multilatérales" en théorie, mais en pratique constamment détournées
par d'autres pays. Pour lui, s'il est possible d'obtenir un meilleur accord que
la situation existante, il faut le poursuivre – et non accepter les règles
existantes pour la seule raison qu'elles existent.
Et maintenant Singapour ? Comment vont se réaliser
désormais les engagements pris par Donald Trump et Kim Jong Un, et quelles vont
être leurs conséquences ! Une analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim
Mosko, dans le cadre de Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca.
Nul ne sait encore ce que
contient le plan de paix que l’administration Trump entend présenter dans les
semaines à venir. La seule certitude qu’il semble possible d’avoir à son sujet
est qu’il sera refusé par le Hamas et par l’Autorité Palestinienne.
Ceux qui ignoreraient
encore la raison de ce refus ignorent sans doute tout du Hamas, et donc que
celui-ci est une création de la confrérie des Frères Musulmans égyptiens. La
fratrie exige le retour à l’islam le plus strict sur l’ensemble des terres qui
ont autrefois été conquises par les guerriers de l’islam et qui sont donc définies,
dans l’islam, comme faisant définitivement partie du dar al-islam, le territoire de l’islam.
Aucune forme de paix n’est
possible avec le Hamas, qui n’offre à ceux qui lui font face que deux alternatives
: être vaincus par le Hamas, ou vaincre le Hamas. Une organisation comme
celle-ci n’étant pas encline à accepter la défaite, vaincre le Hamas signifie détruire
le Hamas. On peut constater que, parce que lors des affrontements précédents d’Israël
avec le Hamas, celui-ci a été vaincu mais pas détruit, le Hamas a pansé ses
plaies, puis a repris ses abjectes activités.
Ceux qui ignoreraient
encore que l’Autorité Palestinienne ne vaut pas mieux que le Hamas ont sans
doute besoin de quelques rappels historiques. L’AP est le nouveau nom de l’OLP ;
c’est un conglomérat d’organisations terroristes fondé en 1964 sous l’égide des
services secrets égyptiens de Gamal Abdel Nasser et du KGB soviétique, qui entendaient
remplacer la lutte arabe islamique pour la destruction d’Israël afin que le
territoire d’Israël retourne au dar a-islam,
par un nouveau narratif. Lequel impliquait l’invention d’un “petit peuple” pour
la circonstance menant une lutte d’émancipation nationale pour se “libérer” de “l’oppression
impérialiste” israélienne.
L’OLP a pratiqué le
terrorisme à outrance, tué des Juifs par centaines, tenté de renverser le Roi
Hussein en Jordanie et plongé le Liban dans une guerre civile meurtrière. Elle en
a été chassée vers la Tunisie, a fomenté deux insurrections qu’elle a baptisées
“Intifada”, et s’en est trouvée récompensée en se voyant dotée d’un quasi Etat
terroriste en Judée-Samarie.
Federica Mogherini
embrassant sur la bouche celui qui se déclare persuadé que les Juifs
sont responsables de la
tentative allemande de les exterminer. Mogherini est simplement
attirée par les hommes
mûrs.
Tant que l’Union Soviétique
existait, la façade “lutte de libération nationale” a tenu, et l’OLP s’est présentée
comme “laïque”. Le quasi Etat terroriste, l’Autorité Palestinienne, a été présenté
comme laïc lui aussi à l’opinion internationale, mais peu à peu, le masque
s’est craquelé. Le discours islamique a repris le dessus, et seuls ceux qui
sont sourds et aveugles peuvent ne pas s’en apercevoir.
Ceux qui sont un peu plus
lucides savent que la principale composante de l’OLP a été et reste le Fatah, fondé
par l’Egyptien membre des Frères Musulmans Yasser Arafat, neveu du sinistrement
célèbre mufti islamiste Amin al-Husseini, ami d’Adolf Hitler, chantre de
l’extermination des Juifs d’Europe, fondateur de la légion Waffen SS musulmane
Handschar.
Le Fatah a été établi par
Yasser Arafat en 1959, et le nom renvoie directement à la sourate 48 du Coran,
al-Fath (victoire éclatante), dans laquelle on trouve ces mots : “A Allah
appartiennent les armées des cieux et de la terre” (verset 4). Puis : “Qu’Il
châtie les hypocrites, hommes et femmes, et les associateurs et les
associatrices, qui pensent du mal d’Allah. Qu’un mauvais sort tombe sur eux.
Allah est courroucé contre eux, les a maudits, et leur a préparé l’Enfer”
(verset 6), “Allah vous a promis un abondant butin que vous prendrez” (verset
20). Sans doute est-ce parce qu’ils ont lu la sourate 48 que les membres de
l’Internationale Socialiste ont accueilli le Fatah à bras ouverts et en ont
fait un membre à part entière de leur organisation.
Le Fatah et l’OLP, donc
l’Autorité Palestinienne, ne valent ainsi pas mieux que le Hamas, et sont juste
un peu plus hypocrites.
A la veille de la rencontre de
Singapour, je disais sur une radio bruxelloise qu’elle pouvait se solder
par trois résultats possibles, par ordre ascendant de succès : une poignée
de main doublée d’une promesse de maintenir le contact, un début de dialogue
concret, ou un accord de principe prévoyant la dénucléarisation de la Corée du
Nord.
La dénucléarisation de Pyongyang
constituant le seul sujet d’intérêt de l’initiative américaine, l’unique objectif
– mais combien important - de Donald Trump. L’avenir de la péninsule coréenne
en dépend, mais aussi la quiétude du Japon, de Singapour, du Sud-Est asiatique,
et, à peine à plus long terme, l’ensemble de la Planète.
Coexister avec la dictature la plus
hermétique de la Terre possédant la capacité de construire des bombes atomiques
et développant des missiles pour les transporter, constitue à tous les points
de vue le danger le plus urgent à résoudre pour la sécurité de l’humanité.
Donald Trump présentant le certificat de décès de la népotie des
Kim
Outre le danger représenté par la
bombe coréenne en elle-même, il est également nécessaire de considérer ses
sous-produits, à l’instar de la diffusion de ces technologies en direction
d’autres tyrannies. Dans cette observation, il faut souligner que ce sous-péril
n’a pas attendu la mise au point de missiles intercontinentaux par le régime de
Kim Jong Un, que tous les missiles iraniens sont des avatars de ceux qu’il a
déjà développés, et que le réacteur nucléaire détruit par les Israéliens à Deïr
Ez-Zor en Syrie, était lui aussi issu de la même origine et conçu et construit
par les ingénieurs de Kim. L’exportation de savoir-faire nucléaire constituait
l’une des sources essentielles de revenus à l’exportation de la République
Populaire Démocratique de Corée.
Au vu de ce qui précède, la signature de
l’ "accord de principe" à Singapour doit objectivement être perçue
comme un évènement porteur de perspectives stratégiques majeures, de nature à
modifier fondamentalement l’état des menaces pesant sur l’humanité, en les
réduisant dans des proportions historiques.
Dans cette perspective, il aurait été
maladroit, pour ne pas dire contre-productif, de se montrer plus précis dans le
document préliminaire. C’est pour cette raison que je n’avais pas évoqué
l’hypothèse de l’adoption d’un traité détaillé la veille de la rencontre. La
formulation : "(…)la RPDC s'engage à travailler à une complète dénucléarisation
de la péninsule coréenne" est parfaite à cet égard et permet de passer
rapidement à la phase suivante.
Car pour parvenir à la
dénucléarisation de la Corée du Nord, il faut d’abord déterminer avec précision
ce qu’elle possède en matière nucléaire, où se situent ses installations et ses
stocks divers, puis, comment, quand et par qui tout cela sera détruit, et
enfin, qui sera responsable de la vérification de l’élimination des armes, des
laboratoires, des sites de test, des entrepôts et des usines de ces équipements
et matériels.
Faute de détenir les réponses précises
à ces interrogations, on aurait dû exprimer génériquement dans un traité que
Pyongyang s’engageait à détruire l’ensemble de ces objets. Et on laissait de la
sorte à Kim Jong Un le soin de déterminer le mode opératoire afin d’y parvenir,
ou l’on se dirigeait vers une guerre interminable d’interprétations qui aurait
pu durer des années et menacer l’existence même de l’accord.
Maintenant, au contraire, il va
falloir qu’un processus précis soit négocié, et l’on va ainsi savoir très
rapidement si le dictateur est fiable dans la réalisation des engagements qu’il
a pris. S’il est fiable, il va fournir les informations indispensables rapidement,
de manière précise et sans faire d’histoires.
Or contrairement à ce qui s’est passé
lors de la négociation de l’exécrable accord avec l’Iran, Donald Trump n’a pris
pour l’instant aucun engagement envers son interlocuteur, et il maintient en
activité la totalité des sanctions économiques. Et ce, non pas jusqu’à une éventuelle
date quelle qu’elle soit, non plus que jusqu’à une échéance quelconque dans le
processus dont j’ai évoqué les grandes lignes précédemment, mais jusqu’à ce que
le gouvernement U.S. considère que les conditions suffisantes ont été remplies
pour que la RPDC cesse définitivement de constituer une menace pour le monde.
Les sanctions ne sont pas
"réversibles", comme dans le cas de l’Iran, elles sont intactes et
maintenues jusqu’à nouvel avis.
Autre avantage, Kim n’a qu’un seul
interlocuteur, ce qui permet à l’Administration Trump de n’avoir de comptes à
rendre à personne, particulièrement pas à la Russie et à la Chine, qui ont des
intérêts divergents, mais uniquement au législateur américain.
Donald Trump a certes accepté de
surseoir aux exercices militaires que l’Armée américaine était censée entreprendre
prochainement, conjointement avec celle de Corée du Sud. Trump fait ainsi
montre de sérieux en relation avec le préambule de l’accord, qui provisionne
que : "Le Président Trump s'est engagé à fournir des garanties de
sécurité à la RPDC et le président Kim Jong Un a réaffirmé son engagement ferme
et indéfectible à une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne".
Dans les faits, cette concession n’a
aucune importance ; les USA continuent à maintenir un contingent de 35 000
hommes dans la péninsule, et surtout, une présence aéro-maritime massive à
proximité de ses côtes, qui représente, de manière inchangée, la force principale
de dissuasion face au million deux-cent-cinquante-mille soldats de Kim, et à
ses dix millions de réservistes.
Ce n’est pas la suppression d’un
exercice qui va changer quelque chose à cet équilibre, ce, d’autant plus que
l’on peut estimer que les mesures de surveillance des activités militaires et
nucléaires du Nord ne seront jamais plus intenses que durant la prochaine phase
de négociations.
C’est l’une des raisons pour
lesquelles les deux parties ont décidé que la réalisation du mémorandum
d’accord débutera "très rapidement". C’est dans l’intérêt des deux
camps, particulièrement de celui du dictateur, qui n’a pas envie que l’Amérique
change d’avis.
Ce, d’autant plus que pour participer
au sommet de Singapour, il a été contraint d’effectuer un certain nombre
d’actes préliminaires témoignant de sa bonne volonté et de son sérieux. Là
aussi, contrairement à l’Iran, qui ne subissait aucune pression militaire en
parallèle des négociations avec les 5+1, l’une des raisons principales de
parvenir à une accord, plus importante encore que l’éventualité de la levée des
sanctions économiques, a été, pour la junte nord-coréenne, la pression et les
menaces militaires constantes appliquées par Washington.
Et lorsque Kim a tenté de se
soustraire à l’une de ces préconditions – probablement pour tester les
Américains – posées par l’excellent Mike Pompeo lors de ses deux déplacements à
Pyongyang, Donald Trump a décommandé sans hésiter la réunion prévue à
Singapour. Celle-ci n’a été reprogrammée que lorsque l’engagement de la RPDC a
été adéquatement tenu, en contact avec le Président du Sud, Moon Jae-in, et non
avec des diplomates U.S.
Cela a évidemment constitué un
avertissement cinglant de la part de l’Administration étasunienne pour la suite
des évènements. Trump n’est pas Obama, qui se pliait à toutes les conditions
des ayatollahs, y compris l’interdiction faite aux inspecteurs de l’AIEA
d’analyser le site de Parchin et d’obtenir l’accès à la documentation de toutes
les activités perses antérieures à l’accord, mêmes si ces engagements figurent
noir sur blanc dans icelui.
Sous l’ère Trump, on sent bien qu’à la
moindre incartade de Pyongyang, on reviendra à la situation ante, y compris la
menace d’intervenir militairement afin de mettre un terme de façon brutale à la
népotie des Kim. Cette menace est encore plus efficace après la réalisation par
le régime du Nord des préconditions américaines, notamment la destruction du
plus grand complexe nucléaire du pays et celle du site d’expérimentation des
moteurs de fusées. En fait, des experts en armement comme Jean Tsadik
considèrent que la RPDC a déjà perdu environ un tiers de son potentiel
nucléaire avant même la mise en chantier de l’accord de Singapour.
Dans la dynamique qui prévaut, on se
demande comment Kim Jong Un pourrait se dédire de l’engagement qu’il a pris et
redevenir l’Etat terroriste par excellence. Ce qui nous inquiète, à Métula,
c’est le moment où il se rendra compte qu’avec le désenclavement de son pays,
les jours de la dictature absolue créée par son grand-père Kim Il Sung seront
comptés. D’ailleurs, sans vouloir éventer un secret, ils le sont déjà :
les Américains lui ont fait une proposition, comme on dit dans la Mafia, qu’il
ne pouvait pas refuser.
C’était soit céder la place à l’issue
d’un processus harmonieux, soit s’exposer à une confrontation militaire avec
l’Oncle Sam. Or pour toute personne qui tient à sa peau, la première option est
préférable. Reste que la Corée n’a pas besoin d’un dictateur. La meilleure
option serait pour tout le monde que, dans quelques années – mais cela peut
aller en fait très vite -, il accepte de s’exiler avec sa famille proche, par
exemple en Chine, avec quelques-uns des milliards que sa famille a dérobés au
peuple coréen. Mais c’est de la musique d’avenir.
Pour le moment, on s’attend à
l’ouverture des négociations la semaine prochaine ou peut-être la suivante.
Dans un second temps, il s’agira de démanteler les infrastructures nucléaires,
et cela coûte beaucoup d’argent que la RPDC n’a pas. Donald Trump a déjà
prévenu que ce n’est pas le contribuable américain qui paiera la note, mais
ceux du Japon et de Corée du Sud, les premiers bénéficiaires du processus en
cours, qui ont les moyens de le faire. Et cela nous semble normal, les
Etats-Unis n’ont pas à être indéfiniment la vache à lait du monde. Comme ils
n’ont pas à payer 85 pour cent du budget de l’OTAN, et leurs voitures n’ont pas
à être soumises à une taxe à l’importation en Europe de 10 pour cent, alors
qu’elle est de 2.5 pour cent pour les Mercedes et les BMW importées aux USA. Il
n’y a pas de raison, mais c’est le sujet d’un article en préparation par un
spécialiste en économie, alors n’empiétons pas sur son domaine.
La partie en vue de la
dénucléarisation de la péninsule coréenne n’est pas encore gagnée, mais elle a
bien démarré. Elle ne manquera pas d’avoir des effets sur les autres principaux
foyers conflictuels de la Planète, je pense évidemment à l’Iran en particulier.
Si Donald Trump gagne son pari en
Extrême-Orient, il se présentera en Hercule sur le parvis des autres régimes
despotiques et il sera difficile à esquiver. D’ailleurs, on perçoit déjà des
changements d’attitude conséquents à Téhéran, avant même l’institution des
nouvelles sanctions.
C’est l’effet d’un président U.S. qui
a conscience de la gigantesque puissance de l’Amérique, et qui sait en jouer
habilement, passant de la diplomatie à l’économie, sans omettre la dissuasion
militaire. Ce n’était pas le cas avec le précédent, qui n’avait pas fait
évoluer la résolution des conflits mondiaux d’un seul pouce. On doit même
constater que la situation dans ce domaine avait partout empiré.
Reste qu’en Iran, plus de deux cents
sociétés étrangères ont déjà plié boutique, dont une vingtaine de grosses
boîtes. Au titre desquelles on peut citer Boeing, Airbus, Peugeot, le
transporteur maritime Maerk, qui acheminait une grosse partie du brut perse,
les grandes sociétés allemandes, etc.
La contre-dissuasion de l’U.E n’a pas
fonctionné, elle a d’ailleurs procédé d’une démarche ridicule : Airbus
va-t-il se voir exclure du marché américain pour rester en Iran ?
Il n’y a pas que le domaine économique
qui est concerné, nos amis atomiciens ont observé qu’aucune centrifugeuse perse
ne s’était remise à tourner en dépit de la dénonciation par Donald Trump de
l’accord existant. Comme si les ayatollahs craignaient d’exciter le grand
Satan. On aboutit à une situation cocasse : réinstauration de sanctions,
plus dures qu’auparavant, mais maintien des engagements de la théocratie
chiite. A quoi servait l’accord ?
Autre sujet d’intérêt et non des
moindres : l’Iran évoque cette semaine la possibilité d’un retrait de ses
troupes de Syrie ; Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah,
du rapatriement de ses miliciens. Encore plus étrange : depuis le début
des négociations entre Téhéran et Jérusalem à Amman, cela fait plus de deux
semaines, on n’a fait état d’aucun raid du Khe’l Avir sur une base iranienne en
Syrie. Avant cela, ils se succédaient au rythme d’au moins deux par semaine.
Fayçal H., le chef de notre bureau
d’Amman, affirme, péremptoire, que les négociations ne se sont pas arrêtées, et
il est d’ordinaire bien informé. Pour le moment, à l’en croire, Téhéran se
serait engagé à ne pas réparer ni réapprovisionner ses installations détruites,
à ne pas envoyer plus d’hommes en Syrie, à s’abstenir de toute activité hostile
à l’Etat hébreu, et à ne pas participer à l’offensive de l’Armée
gouvernementale dans le Golan. Les engagements des ayatollahs incluent le
Hezbollah. D’ailleurs, l’offensive en question n’a pas lieu.
L’analyse de Stéphane Juffa au micro
de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/1518496021593893/ (Facebook).Ouhttps://youtu.be/MhtuRVWSql0(Youtube).
Le débriefing complet de la rencontre
du troisième type de ce soir à Singapore entre Donald Trump et Kim Jung Un.
Le contexte stratégique. Les enjeux
régionaux, coréens et mondiaux. La perspective iranienne. Les intérêts
israéliens.
La lâcheté et l’hypocrisie de Merkel, Macron et May (info # 011006/18)
Si le voyage que Binyamin
Netanyahou a effectué ces derniers jours à Berlin, Paris et Londres, avait eu
pour but d’attirer l’attention de ses interlocuteurs sur le danger incarné par
le régime des mollahs pour le monde et pour Israël, ce voyage aurait été inutile.
Angela Merkel, Emmanuel Macron, et Theresa May savent en effet parfaitement ce
qu’est le régime des mollahs, ce qu’il fait et ce qu’il projette.
Si ce voyage avait eu pour
but de transmettre à ses interlocuteurs davantage d’informations sur les
sinistres desseins de l’Iran, ce voyage aurait été encore superflu. Les trois
dirigeants européens ont à leur disposition des services de renseignement
performants et efficaces, qui leur communiquent toutes les informations
requises. Peut-être n’avaient-ils pas accès à tous les éléments inclus dans les
documents saisis par le Mossad à Téhéran et exposés lors d’une récente conférence
de presse par Binyamin Netanyahou, mais je ne doute pas que les services
israéliens se sont déjà fait un plaisir de les inviter à les consulter.
Lors de ce voyage,
Binyamin Netanyahu a réclamé et obtenu une chose :
le soutien des trois M
pour que l’Iran et le Hezbollah quittent totalement la Syrie
Si, enfin, ce voyage avait
eu pour but d’expliquer la situation à Gaza, il aurait également été superfétatoire.
L’Allemande, le Français et l’Anglaise disposent d’ores et déjà de toutes les
explications, n’ignorent rien du Hamas et du Djihad Islamique palestinien, de
l’oppression et du lavage de cerveau subis par les populations sous leur
contrôle, de l’utilisation d’hommes, de femmes et d’enfants comme boucliers
humains servant à abriter des tueurs antisémites espérant kidnapper et assassiner
des Juifs israéliens.
Je pense, car cela me
semble l’explication la plus logique, que Binyamin Netanyahou a effectué ce
voyage pour que ses interlocuteurs fassent montre de l’étendue de leur lâcheté
et de leur hypocrisie, et pour prendre date.
Sous cet angle, le voyage a
été productif, Merkel, Macron et May ont admis que les activitésde l’Iran étaient “préoccupantes” et
pouvaient nuire à la sécurité d’Israël. Ils ont admis aussi que des groupes
présents à Gaza “pouvaient” se livrer à des activités terroristes.
Ils n’en sont pas moins
restés rivés sur leurs positions. Ils sont même allés jusqu’à dire, contre
toute évidence, que l’accord avec l’Iran sur le nucléaire fonctionnait
positivement.
Angela Merkel a cru
nécessaire d’ajouter que l’accord avait apporté de la “transparence” sur les
activités de l’Iran, et a persisté pour faire comme si elle ne savait pas que
l’un des problèmes majeurs de l’accord existant est précisément qu’il permet à
l’Iran d’occulter une part essentielle de ses activités.
Sur la question
palestinienne, la chancelière allemande a répété, comme un vieux disque rayé,
l’attachement de l’Allemagne à la “solution à deux Etats” et la nécessité d’un
“accord entre les deux parties” concernant le statut de Jérusalem. Elle sait toutefois
fort bien que, comme l’avait rappelé un peu plus tôt Binyamin Netanyahou, la
partie “palestinienne” ne veut pas d’un Etat à côté d’Israël, mais d’un Etat à
la place d’Israël, et exige tout Jérusalem (que la partie “palestinienne”
appelle al Quds) ; Madame Merkel sait aussi qu’il lui faut pratiquer le
mensonge politiquement correct pour être une bonne politicienne
européenne.
Emmanuel Macron, avec
l’arrogance cuistre qui le caractérise, est allé plus loin qu’Angela Merkel, et
a affirmé que l’accord avec l’Iran était la “meilleure façon de contrôler les
activités du régime des mollahs”, et il a accusé à mots à peine couverts
Netanyahou et Trump de “provoquer une escalade”. Il a ensuite - implicitement
cette fois - accusé Netanyahou d’être à la tête d’un Etat criminel, en revenant
sur sa condamnation "de tout type
de violence contre les civils depuis quelques semaines à Gaza”. Ce qui est une
façon de dire que l’Armée israélienne est une bande d’assassins tirant sur des
civils désarmés. Que valent ses promesses de combattre l’antisémitisme après l’énonciation
d’une contrevérité aussi tragique ?
Les propos de Theresa May
n’ont pas valu mieux que ceux de Merkel et Macron et ne méritent pas même
d’être cités.
Est-ce que j’ai honte ? Oui, j’ai
honte, et ce sentiment me hante de jour comme de nuit depuis des semaines
maintenant. Pour ceux qui s’interrogent sur mes activités, je travaille
quotidiennement, je rencontre aussi bien des responsables politiques
palestiniens que des gens de la rue. Je passe au moins une journée par semaine
sur le pourtour de la bande de Gaza, côté israélien, si bien que les militaires
de Tsahal commencent à me connaître et me laissent aller pratiquement où je
veux.
Pourquoi est-ce que je n’adresse pas
plus d’articles à ma rédaction ? Parce qu’il n’y a pratiquement rien à
dire, et que je n’ai aucune intention de vous infliger les déclarations
incendiaires et contradictoires des responsables de l’Autorité Palestinienne,
ou des barons de l’OLP, car celles-ci n’ont strictement aucune importance et
personne ne les écoute.
En Cisjordanie, on vit la fin de règne
de Mahmoud Abbas dans une atmosphère d’anarchie consommée, dans laquelle chacun
veille à servir ses propres intérêts et à se placer politiquement pour la
suite.
Après lui le déluge ?
Abbas est très malade, à 82 ans, le
président de l’AP, qui a déjà vaincu une fois le cancer il y a quelques années,
a été hospitalisé à trois reprises durant le dernier mois de mai. Il a subi une
importante intervention chirurgicale dans la tête et on a craint pour sa vie.
Il se déplace avec grande difficulté, le souffle court, et il est pris de
violentes et subites crises d’autorité, durant lesquelles il raconte quasiment
n’importe quoi.
A témoin, sa déclaration
fracassante selon laquelle les Juifs étaient responsables de la tentative
d’éradication que leur ont fait subir les nazis. En raison de son état de
santé, les réactions internationales, quoiqu’unanimes dans leur condamnation,
ont été remarquablement modérées et surtout, elles n’ont pas été suivies de
sanctions.
Abbas, lorsqu’il n’est pas en crise,
consulte ses hommes de confiance, au nombre desquels Saëb Erekat, qui n’est pas
beaucoup mieux logé que lui au chapitre de la santé. Erekat a été récemment
traité dans des hôpitaux israéliens et dans un établissement de Virginie du
Nord, où il a bénéficié d’une greffe de poumon dans ce qui ressemblait à une
intervention de la dernière chance.
Pendant que les prétendants de toutes
sortes se font les griffes, le plus dangereux d’entre eux est sans doute
Mohammed Dahlan, un comploteur patenté, ancien chef des forces spéciales de
l’AP, qui, en juillet 2007, est surtout connu pour avoir abandonné ses hommes à
la mort lors du putsch du Hamas à Gaza. A la tête des soldats du Fatah, il
avait fui en Egypte, prétextant des douleurs lancinantes au dos. En dépit du
fait que le Fatah disposait de trois fois plus de combattants que le Hamas, et
d’un armement autrement plus complet, les islamistes prirent le pouvoir après
quelques jours d’affrontements et précipitèrent les officiers du Fatah du haut
des plus grands immeubles de Gaza.
Depuis, il magouille avec tout le
monde, que ce soit le Hamas, les Etats du Golfe, les autres pays arabes et les
Israéliens. Il entretient des relations à caractère économique avec plusieurs
dirigeants hébreux, dont il reçoit des cadeaux. Mohammed Dahlan est la
personnification de la corruption qui ruine, de manière endémique, la société
palestinienne. S’il parvenait à s’emparer du pouvoir, de nombreuses personnes
auraient à craindre pour leur vie, car les lâches sont les plus dangereux
lorsqu’ils disposent de la force.
Le territoire géré par l’Autorité
Palestinienne n’est pratiquement pas gouverné. Aucun projet politique ou
économique d’envergure n’y est visible. La population est occupée à trouver des
moyens de subsistance, et elle est rongée par l’amertume et la déception. De
plus en plus de gens, y compris des cheikhs et des imams, expriment
publiquement qu’ils regrettent le temps de l’occupation israélienne, et que ce
serait un bienfait si les "Juifs revenaient".
Mais cela ne s’inscrit pas dans les
projets du gouvernement de M. Netanyahu, qui n’a aucune intention de se
réapproprier les villes de Cisjordanie, principalement parce qu’en cas
d’annexion, il faudrait donner à la population arabe des droits équivalents à
ceux des Israéliens, ce qui mettrait en péril la majorité juive dans la
démographie israélienne. Quant à l’option d’un régime d’apartheid, il s’agit
d’un délire de la propagande antisémite, et nos voisins n’ont aucunement
l’intention d’instaurer un pays comprenant des citoyens jouissant de droits
politiques et juridiques différents.
La seule chose qui fonctionne dans les
territoires gérés par l’AP est la police. La police secrète, qui s’emploie à
juguler l’influence du Hamas et des autres mouvements islamistes, et la police
en uniforme, qui s’occupe du maintien de l’ordre, de la
coordination et de l’échange d’informations avec le Shin-Bet israélien, soit le
contre-espionnage de l’Etat hébreu.
Sans le concours du Shin-Bet, le
désordre s’installerait dans les villes palestiniennes en moins d’une semaine, ce
qui n’est ni dans l’intérêt de Jérusalem, ni dans celui de Ramallah.
Peu de Cisjordaniens s’identifient aux
émeutiers de la "Marche du retour" du Hamas à Gaza. Pour preuve, lors
des massacres sacrificiels organisés par la Résistance Islamique Palestinienne
[Hamas], prenant la Nakba et le transfert de l’ambassade américaine pour
prétextes, il n’y eut que quatre mille personnes pour manifester ou se heurter
à la police israélienne. Encore, la plupart étaient des
"Arabes-israéliens" ; ce fut la commémoration la plus calme de
la Nakba depuis au moins vingt ans, bien loin des 80 ou 100 000 personnes qui
descendaient dans la rue, certaines années, à cette occasion.
Que ce soit à la Moukata [le siège du
gouvernement de l’AP] de Ramallah ou au sein de la population, on sait
pertinemment que le Hamas, au bord de l’effondrement, à court d’argent et de
soutiens dans le monde arabe, lance des attaques de miliciens contre l’Armée
israélienne, en les dissimulant parmi des milliers de civils. Des civils, que
la junte démente qui contrôle la bande côtière rémunère afin qu’ils se
sacrifient en buttant sur les défenses israéliennes.
Si cela fait les choux gras des
nombreux journalistes antijuifs européens qui couvrent ces évènements, et si
cela a pu momentanément abuser la compréhension de leurs dirigeants politiques,
les résultats de ces orgies sacrificielles sont nuls. Le Hamas a perdu environ
80 combattants et 30 civils sans égratigner le moindre militaire adverse, ni
"libérer" un centimètre carré de Palestine. Or cette nouvelle
tentative, à caractère exclusivement militaire, va, à l’instar des roquettes et
des tunnels "stratégiques", s’épuiser ; dans une semaine, dans
un mois ou dans six. [Vidéo :
une "manifestation pacifique" selon l’AFP].
Israël restera à sa place, les morts
seront morts strictement pour rien, et l’argent, dilapidé en vain, au lieu de
servir à atténuer la misère des Gazaouis, aura été englouti sans le moindre
bénéfice. Vous parlez d’une victoire !
A court d’idées, les jeunes de la
Bande sont désormais poussés à incendier les cultures de leurs voisins et les
forêts qu’ils ont gagnées sur le désert. C’est un déshonneur qui maculera à
jamais l’image de la cause palestinienne. Mais pas uniquement : en brûlant
des récoltes et en assassinant la faune sauvage, les voyous de Gaza établissent
un contre-jugement de Salomon qui marquera les esprits. Lors du jugement
biblique, la mère accepta d’abandonner son enfant plutôt que de le voir couper
en deux. Quant aux Gazaouis, qui prétendent que la terre située de l’autre côté
de la barrière leur appartient, ils y mettent le feu. Quel peuple qui aime
sincèrement sa terre la ramènerait à l’état de désert ?
Les "manifestants pacifiques" palestiniens des
journalistes fascisants ressuscitent la Luftwaffe
Mais qu’attendre d’une organisation
d’illuminés religieux qui sont dénués de toute éthique ? J’ai vu des émeutiers,
dans la liesse générale, brûler vif un âne affublé d’un drapeau israélien. J’ai
vu des cadavres d’accidentés de la route, des gens morts dans les hôpitaux,
dont des nourrissons, amenés vers la frontière afin de faire croire que
c’étaient les Israéliens qui les avaient tués. J’ai vu des infirmières, dont la
tâche consiste à protéger la vie, lancer des bombes incendiaires que leur
tendaient des miliciens sur des champs cultivés. J’ai vu, aujourd’hui
[vendredi], des émeutiers s’approcher de la frontière vêtus des pyjamas rayés
des suppliciés des camps de concentration hitlériens. [Une
vidéo montrant l’infirmière martyr Razan al Najjar en train d’incendier un
champ cultivé].
Et je le dis bien fort : ces gens
n’appartiennent pas à ma cause ! L’antijuivisme n’appartient ni à ma cause
ni à mes rêves. Ils me font honte en tant que Palestinien, qu’Arabe et qu’être
humain, et je ne vivrai jamais avec eux. Ni dans leur foi de dégénérés, ni dans
leur haine. Ce n’est pas sur ces bases que l’on construit un pays. Et je l’affirme
aussi, ils n’ont aucune intention de construire un pays, mais uniquement celle
d’islamiser le monde et de massacrer les autres êtres humains qui ne partagent
pas exactement leur démence.
Une question subsiste, qui pousse les
journalistes dhimmis à excuser toutes les exactions des islamistes : si
les Juifs ont volé la Palestine, tous les moyens sont bons pour la récupérer.
Si les Juifs ont volé les maisons des Gazaouis, ces derniers ont le droit d’utiliser
tous les recours pour les récupérer.
Mais c’est naturellement un autre
mythe, instrumentalisé par le Hamas et les autres djihadistes afin de justifier
leurs crimes auprès des incultes et des antijuifs : en 1948, il y avait
certes une majorité d’Arabes – musulmans et chrétiens confondus – sur le
territoire qui s’étend de la rivière à la mer. Mais il y avait aussi des Juifs,
qui y vivaient depuis des siècles, et qui ne sont pas arrivés des entrailles de
la Terre pour nous voler la Palestine.
La Palestine leur appartient tout
autant qu’à nous, et eux avaient accepté le Plan de Partage de novembre 1947,
proposé par l’ONU, sur la base des zones de présence majoritaire de Juifs et
d’Arabes. C’est nous qui l’avons refusé, et qui avons tenté d’exterminer les Israélites
en envahissant le territoire qui leur était dévolu. Au début de la Guerre de 1948,
il y a exactement 70 ans de cela en ce mois de juin, les armées régulières
d’Egypte, de Jordanie, d’Irak, de Syrie, du Liban, d’Arabie Saoudite, du Yémen,
du Pakistan et du Soudan, soutenues par des officiers nazis exfiltrés d’Europe,
envahirent l’Etat d’Israël proclamé depuis à peine quinze jours, et défendu par
30 000 soldats, peu armés et soutenus par personne.
Nous avons été défaits, de même que
lors des guerres successives, mais par des gens qui vivent chez eux et qui ont
défendu leur terre et leur vie. Ce ne
sont pas les Juifs qui ont attaqué les Arabes de Palestine, mais les pays suscités
qui ont attaqué les Juifs. C’est cela la Nakba. Le désastre provient de ce que
les armées arabes ont perdu la guerre.
Mais la plus grande faille de notre
propagande reste la période s’étendant de 1948 à 1967, durant laquelle la Ligue
Arabe existait – elle a été créée en mars 1945 – ainsi que pratiquement tous
les principaux pays arabes actuels. Et en 29 ans, alors que toute la
Cisjordanie, que toute la vieille ville de Jérusalem, que Gaza, que le Golan
étaient exclusivement en mains arabes, et qu’aucune menace provenant des Israéliens
ne revendiquait ces territoires, il ne fut jamais question de créer un Etat de
Palestine.
Et s’il n’en fut jamais question,
c’est que le concept d’un Etat palestinien n’avait pas encore été inventé, que
personne n’avait encore décrété que nous formions un peuple. C’est là la
stricte vérité. Je suis Palestinien, je veux vivre comme un citoyen libre dans
un Etat libre et démocratique, je revendique mes droits, mais je ne suis pas un
menteur. Et je ne crois pas qu’une cause juste doive recourir au mensonge pour
faire prévaloir ses droits. Et je pense qu’un peuple qui recourt sans cesse au
mensonge préjudicie son émancipation et ses droits légitimes à celle-ci.
Les Arabes auraient évidemment dû
accepter le Plan de Partage de 1947, ils auraient dû accepter le retrait par
les Israéliens des territoires occupés en 1967 en échange de la paix, en juillet
2000, à Camp David, Yasser Arafat aurait dû accepter la proposition de paix qui
lui était proposée par Bill Clinton et Ehud Barak au lieu de déclencher la Seconde
Intifada, et à la fin 2008, Mahmoud Abbas aurait dû accepter les conditions de
paix qu’il venait de négocier depuis un an avec Tzipi Livni.
Je connais assez bien Mahmoud
Abbas ; c’est un personnage confus, sans réelle stature d’homme d’Etat. Il
n’a jamais eu les épaules assez larges pour faire la paix, pas plus que pour
diriger un Etat. Il convient cependant de lui reconnaître trois réalisations
importantes : avoir succédé à Yasser Arafat, démontrant ainsi que la cause
palestinienne pouvait exister sans son fondateur historique et également
évoluer dans sa forme. Avoir définitivement renoncé à la lutte armée avec
Israël et dissous les Tanzim [bras armé du Fatah créé par Yasser Arafat], et
avoir résisté, certes avec l’aide des Israéliens – mais il fallait avoir
l’intelligence d’accepter leur aide – à la tentative incessante des islamistes
de prendre le pouvoir en Cisjordanie et à la tête de l’Autorité Palestinienne.
Abbas a aussi eu raison de ne pas
discuter avec Binyamin Netanyahu, qui, à la tête de la coalition dont il
dépend, n’a jamais eu l’intention ni la capacité de faire la paix avec nous.
S’il en avait été autrement, il aurait accepté de prendre pour base d’une
entente le travail réalisé par les équipes de négociateurs palestiniens et
israéliens en 2008. Même au prix de changements substantiels.
Aujourd’hui, si l’on veut bien
regarder la situation en face, il n’y a qu’une puissance capable d’imposer un
accord de fin de belligérance à notre différend, et c’est l’Amérique de Donald
Trump. Qui plus est, il a l’intention de faire une proposition dans ce sens,
juste après le Ramadan qui se termine jeudi prochain. Une proposition à
laquelle Binyamin Netanyahu ne peut guère s’opposer.
Le Hamas est une
organisation terroriste islamique antisémite qui veut détruire Israël et exterminer
ses habitants juifs, ce qui en fait une organisation raciste à but génocidaire.
C’est aussi une organisation totalitaire, qui endoctrine et fanatise la
population sous sa coupe aux fins de faire de chacun de ses administrés un assassin
en puissance ou un animal sacrificiel à envoyer à l’abattoir.
Ce que je viens d’écrire
devrait relever de l’évidence et ne pas avoir à se trouver rappelé.
Ce que je viens d’écrire
devrait dès lors impliquer que tous les dirigeants de pays démocratiques, qui se
disent porteurs de valeurs éthiques, adoptent une attitude commune, réprouvent
fermement et absolument tout ce qu’incarne le Hamas, souhaitent sa disparition
et voient en sa destruction éventuelle un geste libérateur ainsi qu’un progrès
pour la Planète.
Ce que je viens d’écrire
devrait impliquer une attitude similaire de la part de tous les journalistes des
mêmes pays démocratiques se prétendant porteurs des mêmes valeurs.
Ce n’est pourtant pas ce
qui se passe.
Depuis que Donald Trump est
président des Etats-Unis, l’administration américaine pratique la réprobation
ferme et absolue qu’on est en droit d’attendre d’une administration américaine
digne de ce nom. L’Amérique souhaite visiblement la disparition et la
destruction du Hamas et ne fera strictement rien qui puisse les empêcher.
Israël étant le pays agressé par le Hamas, l’administration Trump n’a de cesse
de faire comprendre au gouvernement israélien qu’il dispose de tous les feux
verts et de toutes les approbations de sa part pour se défendre.
Lors des récentes
utilisations d’Arabes envoyés par le Hamas se faire tuer et servir de boucliers
humains à des miliciens criminels espérant tuer des Juifs en franchissant la
frontière séparant Gaza d’Israël, les condamnations du Hamas par
l’administration Trump ont été claires et précises.
Dans l’ensemble, les
journalistes américains ont eux aussi condamné le Hamas et décrit de manière
assez scrupuleuse le comportement de cette organisation terroriste ainsi que
son mode opératoire. Certains l’ont fait de manière plus distinctive, d’autres
d’une manière plus diffuse, mais ce n’est que chez une minorité de journalistes
d’extrême gauche qu’une mansuétude à l’endroit du Hamas a pu être observée.
Les choses en Europe, et
tout particulièrement en France, sont très différentes.
Federica Mogherini, qui a
en charge la diplomatie de l’Union Européenne, Angela Merkel, Theresa May,
Emmanuel Macron ont, pour l’essentiel, fait comme s’ils ne savaient pas ce
qu’est le Hamas et ce qu’il dissimulait sous l’appellation ridicule de "Marche
du retour". Ils ont adopté la narration que le Hamas leur demandait
d’adopter, et ils ont condamné Israël.
Emmanuel Macron s’est
particulièrement distingué à cette occasion en accusant l’Armée israélienne de
tirer sur des “civils désarmés”. Des politiciens à la retraite tels Jack Lang,
qui dirige maintenant l’Institut du monde arabe, et Dominique de Villepin,
devenu avocat du Qatar, ont tenu des propos plus abjects encore.
La cheffe de la
diplomatie européenne
Ils se sont tous conduits
en complices du Hamas, donc en complices d’une organisation terroriste
islamique antisémite à but génocidaire. Ils ont tous trahi les principes
démocratiques les plus élémentaires et les valeurs éthiques qu’ils ne cessent
pourtant d’invoquer. En acceptant son narratif frelaté et en participant à son
marketing macabre, ils ont, tous, une écrasante responsabilité dans les
activités du Hamas et contribuent à ce qu’elles perdurent. Ils ont, tous, sur
les mains, le sang des victimes passées présentes et futures du Hamas, que ces
victimes soient juives ou arabes.
La plupart des journalistes
européens se conduisent comme les politiciens européens ; ils feignent ainsi
d’ignorer ce qu’est le Hamas, reproduisant dans leurs articles et leurs
reportages la narration que le Hamas leur demande de reproduire, et traînent
Israël dans la fange. En plus de trahir les principes démocratiques les plus
élémentaires et les valeurs éthiques qu’ils ne cessent d’invoquer, ils foulent
au pied la déontologie de leur profession.
Ils sont plus obscènes
encore que les politiciens européens en ce qu’ils sont les metteurs en scène
des crimes commis par le Hamas.
Le Parlement européen a
voté une condamnation du Hamas il y a quelques semaines, mais il n’a
strictement aucun pouvoir. C’est dès lors très insuffisant. Vraiment très
insuffisant.
J’ai publié il y a quelques
années un petit livre appelé "Comment
le peuple palestinien fut inventé", composé pour partie de mes propres
textes, et pour partie de ceux de David Horowitz.
Le livre expliquait que
l’invention du “peuple palestinien” avait été le fait du KGB et des services de
renseignement égyptiens au milieu des années 1960, et que leur but était de
permettre au monde arabe musulman de changer l’image de la guerre qu’il menait
contre Israël.
Jusque-là, le conflit avait
été présenté comme une guerre islamique destinée à détruire l’Etat juif, à
exterminer ses habitants et à les jeter à la mer.
Une guerre islamique ayant
ce genre de but vis-à-vis des Juifs ne pouvait évidemment pas être très
populaire dans le monde occidental.
Les inventeurs du “peuple
palestinien” ont pensé que présenter les choses comme une “lutte de libération
nationale” serait une excellente opération de propagande. Il fallait pour cela
inventer un peuple opprimé. Ce fut fait. Il fallut inventer une organisation de
lutte de libération nationale du peuple inventé. Ce fut fait également.
Il restait à compléter l’opération
en décrivant Israël comme un pays “colonialiste”, “impérialiste”, dominateur,
humiliant le peuple opprimé tout juste inventé. L’opération fut complétée. Elle
consistait à transformer Israël, un petit pays victime du racisme génocidaire
arabe, en puissance militaire expansionniste, appliquée à tourmenter le "peuple
palestinien" en vue de s’emparer de ses terres.
Il restait aussi aux pays
arabes musulmans à se présenter comme des soutiens du "peuple opprimé
luttant pour sa libération". Ce fut accompli avec une remarquable rapidité.
L’ensemble dut aussi être
propagé par les organisations léninistes dans le reste du monde, puis par les
compagnons de route des léninistes : l’ensemble des idiots utiles constituant
l’essentiel des mouvements de gauche. Les organisations islamiques se mirent de
la partie et reçurent le soutien des organisations léninistes et des idiots
utiles.
Yasser Arafat avec
Léonid Brejnev
En 1964, ils ont volé
le nom "Palestinien" aux Juifs
Par un effet de contagion
et d’intimidation, par celui des “chocs pétroliers” et d’intérêts financiers très
myopes, des gouvernements de pays occidentaux en vinrent à dire que le “peuple
palestinien” devait être libéré et avait toute légitimité à posséder un Etat.
L’organisation de lutte de
libération nationale put pratiquer le terrorisme tout en se présentant comme
une organisation de “résistance”, et ses actions terroristes furent peu à peu considérées
avec mansuétude.
Ses dirigeants se présentèrent
comme des adeptes de principes “démocratiques et laïques”, alors qu’ils étaient
en réalité de sordides totalitaires islamiques, et ils furent graduellement
traités comme des démocrates laïques.
En 1970, ils tentèrent de
renverser le roi de Jordanie, furent écrasés, se replièrent au Liban, y débloquèrent
les engrenages qui conduisirent à la guerre civile, furent sauvés (par la
France), partirent en exil à Tunis, générèrent des insurrections, menèrent des
campagnes d’attentats, furent récompensés par des pourparlers de paix qui n’étaient
que la continuation de la guerre par d’autres moyens, et reçurent une autre récompense,
sous la forme de la création d’un quasi-Etat voyou appelé Autorité Palestinienne.
Ils en firent une base arrière pour d’autres campagnes d’attentats qui ne cessèrent
que parce qu’Israël construisit une barrière de protection, et se virent
concurrencés par une organisation plus monstrueuse encore que l’Autorité
Palestinienne, émanation des Frères Musulmans, le Hamas (harakat al-muqâwama
al-'islâmiya, “mouvement de résistance islamique”), aux buts génocidaires
explicites.
Peu à peu, la propagande
fit que le narratif “palestinien” imprégna les rédactions des journaux et
magazines occidentaux, où l’on parla de “territoires palestiniens occupés”, de
“colonies” juives. Israël gagna la guerre contre le terrorisme, mais perdit la
guerre médiatique, et fut diabolisé.
Nous en sommes là. La
diabolisation d’Israël est intense et omniprésente.
Des gens de gauche dans le
monde entier s’imaginent généreux parce qu’ils soutiennent des terroristes
islamiques antisémites et des tueurs de Juifs qui peuvent impunément arborer
des croix gammées pour montrer leur admiration pour Hitler et le Troisième
Reich.
Ils s’imaginent imprégnés
d’une noblesse d’âme et être du côté d’un peuple opprimé alors qu’ils sont du côté
de gens qui voudraient accomplir une seconde extermination de Juifs, sept décennies
après la Shoah. Des gens qui, plutôt qu’apprendre la paix et la tolérance aux
Arabes qu’ils prétendent représenter, injectent dans les cerveaux une haine
raciste cousue d’idées répugnantes qui fabriquent de futurs assassins et autres
auteurs d’attaques suicides.
Plus tôt ce jeudi soir, l’aéroport d’al
Dabaa a été la cible d’une violente attaque aérienne [carte]. Cet aéroport abritait
un contingent important de plusieurs centaines de Gardiens de la Révolution khomeyniste
et de miliciens chiites du Hezbollah libanais.
Le chef de la Ména libanaise, Michaël
Béhé, est parvenu à s’entretenir téléphoniquement avec deux témoins oculaires.
Ceux-ci rapportent des explosions "monstrueuses".
Les organes de propagande officiels du
régime syrien ont reconnu qu’ "un de nos aéroports militaires a subi une
attaque au missile et notre défense aérienne s’y est opposée et l’a empêchée d’atteindre
ses objectifs".
A regarder la photo que nous
reproduisons d’un site d’information arabe, non sans l’avoir préalablement authentifiée,
nous nous demandons ce qui se serait passé si ce raid avait "atteint ses
objectifs".
De nombreux media et agences, notamment
israéliens, ont mal identifié l’objectif qui a été pris pour cible et ont
diffusé des photos d’opérations militaires antérieures.
L’aéroport d’al Dabaa se situe au
sud-ouest de Homs, juste sous (au sud du) le lac Qattinah. Il dispose d’une
piste de 3km orientée Est-Ouest (100º-280º, 10-28 en aéronautique).
Les premières estimations locales font
état de 34 morts et de dizaines de blessés. Michaël Béhé est convaincu que ces
chiffres sont très nettement sous évalués.
L’intensité des explosions indique que
des munitions qui étaient stockées dans le périmètre de l’aéroport ont sauté.
La garnison irano-hezbollah sur place avait reçu de grandes quantités d’armes
ces derniers jours en remplacement de celles détruites récemment probablement
par le Khe’l Avir (l’Aviation israélienne).
A Métula, on ignore pour le moment si
l’attaque a été conduite par des missiles ou par des chasseurs-bombardiers –
possiblement des avions furtifs F-35 – larguant des bombes "intelligentes".
Plus tôt ce jeudi, nous avons appris
qu’une autre base iranienne proche d’Abou Kamal, sur l’Euphrate, à l’extrémité
orientale de la Syrie, à proximité de la frontière irakienne, avait également été
bombardée par les airs.
Le régime de Damas met en cause un
raid de la Coalition américaine, mais Washington a démenti toute implication
dans cette opération et les militaires américains ne mentent jamais sur ces
sujets.
Nous ignorons qui est responsable du
bombardement d’Abou Kamal, mais nous savons qu’il a provoqué la mort de
dizaines de Pasdaran iraniens et de leurs supplétifs chiites. L’objectif visé
se situe sur l’itinéraire de l’ "Autoroute iranienne".
D’autre part, l’alerte à
la pollution de l’eau potable à Métula se poursuit. La nature et l’origine de l’empoisonnement
de l’eau n’ont pas encore été révélées par les autorités et les habitants sont
contraints de consommer de l’eau minérale.
Conférences de Stéphane Juffa à Genève et Bruxelles la semaine prochaine
L’analyse de Stéphane Juffa au micro
de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/1499240996852729/(Facebook).Ouhttps://youtu.be/r6TSTsXcneQ(Youtube)
Stéphane Juffa analyse la teneur de l’ultimatum
adressé dimanche par le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo au régime théocratique
iranien.
Juffa considère que l’Europe n’a pas
les moyens de contourner les sanctions économiques U.S. les "plus dures
jamais envisagées". L’administration américaine a d’ailleurs menacé d’écraser
(to crush) les pays qui s’opposeraient à sa décision.
Il apparaît clair à l’analyste que la
junte chiite au pouvoir à Téhéran dispose désormais de deux options : se
plier aux exigences de Washington, ou se trouver affaiblie au point qu’elle
risque d’être renversée.
Federica
Mogherini, quant à elle, a déclaré qu’ "il n’existait pas d’alternative à
l’accord existant" et a demandé "en quoi l’initiative américaine "a
rendu ou rendra la région plus sûre (…) ?".
A Métula,
nous nous nous interrogeons pour savoir si la cheffe de la diplomatie
européenne ne saisit sérieusement pas
qu’un Moyen-Orient sans Iran en Syrie, au Liban, au Yémen, sans missiles tirés
sur Riad, sans programme de développement de missiles balistiques, sans menaces
d’extermination quotidiennes contre Israël, et sans risques de voir l’Iran
reprendre son programme nucléaire dans 7 ans, alors que tout son outillage est
intact, serait plus sûr qu’aujourd’hui ?
L’alerte générale est décrétée à
Métula. Les autorités municipales et sanitaires ont interdit aux habitants de
notre village frontalier de consommer l’eau du robinet. Le taux d’éléments
nocifs dans l’eau est à ce point élevé que la population s’est également vue
interdire de se laver les dents à l’eau courante.
Des spécialistes gouvernementaux
sont à pied d’œuvre pour analyser les facteurs dangereux présents dans l’eau et
en déterminer leur origine. A notre sens, il peut soit s’agir de pesticides
utilisés par les agriculteurs locaux, soit, et c’est autrement plus
préoccupant, d’un acte malveillant d’une organisation hostile. Rappelons que
Métula touche pratiquement la ville libanaise de Kfar Kileh (25 000 hab.) aux
mains du Hezbollah.
Autorité Palestinienne : le naufrage (info # 012005/18)
L’ambassade des Etats-Unis
en Israël a donc été inaugurée le 14 mai, jour du soixante dixième anniversaire
de la refondation de l’Etat juif au Proche-Orient. Ce fut une belle et
émouvante cérémonie. Donald Trump est devenu, a juste titre, un héros pour le
peuple israélien. Binyamin Netanyahou est lui-même célébré comme un grand homme
d’Etat, à juste titre aussi.
En parallèle, la menace
iranienne qui pesait sur Israël est en train de s’amoindrir à vue d’œil. Les roquettes
tirées vers Israël depuis des positions iraniennes en Syrie ont toutes ou bien
manqué leur cible, ou bien été détruites en vol. La riposte israélienne a été
foudroyante et a infligé de très graves dommages aux positions iraniennes. La
Russie n’a pas bougé, et les entretiens entre Binyamin Netanyahou et Vladimir
Poutine, le 9 mai dernier, y sont pour quelque chose.
Vladimir Poutine entend
préserver les bases russes en Syrie ainsi que le régime Assad, mais ne veut en
aucun cas soutenir le régime iranien s’il se montre agressif à l’encontre
d’Israël. Le Tsarévitch sait que l’Armée iranienne, si elle devait être
confrontée à Tsahal, serait rapidement écrasée. Le régime iranien ne tient plus
qu’à un fil, et, avant la riposte israélienne, la saisie par le Mossad de
documents accablants pour la théocratie, en plein territoire iranien, avait
montré que les mollahs et les Gardiens de la Révolution tenaient le pays d’une
manière chancelante.
En parallèle aussi,
l’Autorité Palestinienne a montré qu’elle n’était plus qu’un ectoplasme.
C’est le Hamas, et derrière
lui le Djihad islamique, qui ont envoyé des gens brûler des pneus près de la
frontière de Gaza, et des manifestants servant de boucliers humains à des islamistes
djihadistes se faire tuer moyennant rémunération pour les familles des morts et
des blessés.
Abbas : pour qui
sonne le glas ?
C’est le Hamas qui incarne désormais,
de fait, les positions “palestiniennes”. Et le moins que l’on puisse dire est
que le Hamas n’est pas un “partenaire pour la paix” et ne pratique même pas le
double langage que Mahmoud Abbas et les dirigeants de l’Autorité Palestinienne
ont pu utiliser parfois pour présenter un visage “modéré” aux idiots utiles
occidentaux. Pour tenter d’exister encore face au Hamas, Mahmoud Abbas a tenu
ces temps derniers un langage un peu plus ignoble, islamique et antisémite que
d’habitude, mais ce sera peine perdue pour lui. Il ne mène plus le jeu.
Dans quelques jours
vraisemblablement, tout au plus quelques semaines, l’administration Trump va présenter
un plan de paix, et quel que soit son contenu, il sera refusé par l’Autorité
Palestinienne, qui n’existe plus qu’à peine, et par le Hamas.
L’administration Trump
pourra passer à l’étape suivante, qui sera sans doute un plan de paix sans Autorité
Palestinienne et sans Hamas, mais avec les contributions de l’Egypte, de
l’Arabie Saoudite, de la Jordanie, et des monarchies du Golfe (sauf le Qatar).
Ce ne sera pas la paix
immédiatement. Le lavage de cerveaux des populations arabes de Gaza et de Judée-Samarie
ne s’effacera pas de sitôt. L’Autorité Palestinienne et le Hamas ne
disparaitront pas en quelques mois. Les populations du monde arabe ne seront
pas débarrassées de la haine contre les Juifs et Israël qui les imprègnent
depuis bien trop longtemps. Mais ce sera un pas immense dans la bonne
direction.
On nous rapporte en ce moment de très importantes explosions dans la base
aérienne d’al Raqeetah, juste à l’ouest de la ville de Hama (Khama) au centre
de la partie habitée de la Syrie [carte].
Les colonnes de fumée émanent de l’ensemble
de la base, construite autour d’une piste d’aéroport orientée Est-Ouest d’une
longueur de 2.8km. Voir la vidéo de la base en feu :
On ignore si c’est le Khe’l Avir (l’Aviation
israélienne) qui est responsable de ces déflagrations.
De nombreux Pasdaran [Gardiens de la
Révolution khomeyniste] étaient casernés à al Raqeetah. Ils y avaient récemment
et entre autres activités déployé des batteries de missiles antiaériens à
longue portée Bavar-373.
Le Bavar [Crois !] est une
imitation du S-300 russe développée par les Iraniens. 373 est le chiffre, en guématrie
musulmane, qui désigne le nom du prophète Mahomet.
Une source gouvernementale syrienne
attribue les explosions à la chaleur caniculaire qui règne dans la région. Nous
n’y croyons pas une seule minute.
Des photographies de la base en feu récoltées par Michaël
Béhé et Yoshoua Ohanna :
Pourquoi Gaza me rend optimiste (info # 011805/18)
Il y a environ 10 ans, j'avais demandé à un célèbre analyste stratégique ce que
pourrait faire une armée civilisée face à une gigantesque foule de civils non
armés, marchant vers son territoire pour l'envahir sans craindre la mort.
Comme le Hamas était
déjà au pouvoir à Gaza, sa réponse m'avait glacé le sang : « On ne peut rien
faire ». Aucune barrière ne peut résister à une nation. Aucune armée composée
de jeunes Occidentaux élevés dans des principes moraux n'acceptera de tirer
assez longtemps dans la foule, en faisant tomber pendant des heures des
milliers de civils désarmés, pour empêcher l’invasion.
Or, lundi
dernier, le 14 mai, le Hamas a cherché à envahir Israël depuis Gaza en
employant précisément cette tactique. Il a caché des centaines de terroristes
armés parmi des dizaines de milliers de civils marchant contre la frontière. Son
objectif était de faire une brèche dans la barrièrre de sécurité, de pénétrer
le territoire israélien, de tuer des centaines de Juifs et d'obliger Israël à
tuer des milliers de Gazaouis pour reprendre le contrôle de la situation. Le
Hamas aurait alors utilisé cette situation pour provoquer un mouvement mondial
d'indignation contre l'Etat hébreu et faire lever la rue arabe de Mascate à
Aubervilliers.
Heureusement pour
le monde, Israël a fait la preuve que même cette tactique-là, naguère jugée
imbattable par les meilleurs experts, Tsahal sait désormais comment la faire
échouer.
Et ce qui est
encore plus impressionnant – presque incroyable, quand on y pense – c'est que
les Hébreux ont très probablement arrêté le raz-de-marée humain sans toucher un
cheveu à un seul civil.
Tous les 60 morts
de la journée étaient des hommes, en âge de porter des armes. Le Hamas lui-même
a reconnu que 50 d'entre eux étaient ses propres terroristes. Si l'on ajoute
les victimes du groupe terroriste allié Jihad islamique, et le pékin
occasionnel non affilié que l'on a chargé d'aller à la frontière pour lancer un
cocktail Molotov, il reste très peu de chances pour que l’une des victimes ait
été un civil.
Certes, pour
introduire un peu de variété, le Hamas a inventé l'histoire d'un bébé étouffé
par les gaz lacrymogènes. Pas de chance, le médecin traitant de la petite a
révélé le lendemain qu'elle était morte le matin même d'une maladie
préexistante ; le cadavre a ensuite été apporté sur les lieux pour filmer des
scènes de deuil devant les caméras.
Résumons :
une foule de 40 000 civils, partiellement cachés aux défenseurs par la fumée de
pneus incendiés, jetés contre une frontière dans une tactique jugée impossible
à vaincre par les analystes, avec quelques centaines de terroristes cachés en
son sein – et toute cette opération échoue sans entraîner la mort d'un seul
innocent. Si nos commentateurs étaient si peu que ce soit lucides, ils auraient
présenté la bataille de Gaza comme l'un des exploits les plus impressionnants
de l'histoire militaire.
Une excellente nouvelle. Sérieusement.
Nous n'avons pas
le dixième des renseignements qui permettront un jour de comprendre tout ce qui
s'est passé. Mais dès à présent, on peut affirmer que ce succès exceptionnel
n'a été possible que par la combinaison de quatre facteurs:
1. Des renseignements extraordinairement précis. Trouver entre 50 et 60
terroristes dans une foule de 40 000 personnes et les repérer sans erreur, cela
ne peut pas se faire seulement à l'œil nu. Israël connaissait nécessairement le
détail des noms et leur localisation en temps réel. Pour obtenir ces
renseignements, il faut à la fois une importante flotte de drones et de
nombreux agents infiltrés sur le terrain. Quant à savoir si ces informateurs sont
uniquement des Gazaouis ou s'ils incluent des troupes infiltrées provenant
d'alliés tels que l'Egypte et l'Arabie Saoudite, ce sera pour plus tard.
2. Des technologies d’armement très, très avancées. Il ne suffit pas d'identifier
sa cible ; il faut aussi l'abattre et laisser indemnes les boucliers humains,
enfants et femmes, dont les terroristes s'entourent chaque fois qu'ils le
peuvent. Ce n'est pas quelque chose que l'on puisse faire à travers la
frontière, dans la fumée, armé du fusil de papa.
3. Un ennemi démoralisé.
Nous savons que les tunnels militaires que le Hamas creuse en direction
d'Israël ont une forte tendance à s'effondrer pendant la construction. Mais
nous ne savons pas comment Israël les détruit – et surtout, le Hamas ne le sait
pas non plus. Tout ce que savent les terroristes, c'est qu'Israël a le pouvoir
de déjouer leurs plans les plus secrets avec des moyens invisibles et
incompréhensibles. Il ne serait pas étonnant, qu'en plus de ces
"effondrements de terrain", d'autres phénomènes étranges se soient aussi
produits – comme, par exemple, des morts inexpliquées parmi les commandants. Tendu
à l'extrême, le Hamas n'est probablement pas entré dans la journée de combat de
lundi porté par une vague d'optimisme.
4. Pas de loyauté
parmi la population. Si 40 000 personnes avaient réellement marché sans crainte
jusqu'à la barrière, sans peur de la mort, elle aurait fini par céder. Au lieu
de cela, nous avons des vidéos de petits groupes qui se pressent vers la
barrière pour obtenir leur part de l'argent iranien versé aux candidats au
suicide, déposent rapidement une charge ou donnent un coup de sécateur dans la
grille, puis s'enfuient, heureux d'être encore en vie.
Ces quatre
éléments combinés conduisent à la même conclusion : le Hamas est devenu trop
faible pour avoir la moindre influence sur l'histoire à venir du Moyen-Orient.
Sa faiblesse était déjà visible pour les spécialistes ; elle est désormais
apparue aux yeux du monde.
Cela, dans le
cadre de la résolution des conflits du Moyen-Orient, a une conséquence essentielle.
Les Palestiniens, qui refusaient tout progrès et ont toujours empêché le
moindre accord, ont désormais perdu cette capacité de blocage. Le Hamas peut encore
terroriser les habitants de Gaza ; mais personne d'autre, sur cette
planète, n'écoutera plus jamais son opinion.
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Bruxelles, le 5 juin à Strasbourg (non définitif). Réservez votre
soirée. Les informations détaillées seront annoncées la semaine prochaine.
2. A l’intention d’une université, d’une
organisation, d’un media ou d’une communauté, il reste la possibilité d’organiser
une conférence supplémentaire ou un débat contradictoire, en Europe, le
dimanche 3 juin. Prendre contact avec Madame Sylvie Tobelem info@metulanews.info.
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reste possible d’acquérir des actions de la Ména.
Gaza : la France unanime participe au sacrifice de Moloch (011705/18)
Une fois n’est pas
coutume, commençons par la fin pour déterminer qui est responsable des morts de
Gaza :
Dans un petit territoire virtuel,
autonome et souverain, situé au bord de la mer, des habitants sont allés se
promener sur une jetée surplombant une falaise. Mais cette jetée, par mauvais
temps, est glissante et 20 personnes, jour après jour de la semaine dernière,
sont tombées à la mer et ont péri.
Le roi de ce territoire,
celui qui en détient la gouvernance, au lieu d’interdire l’accès à la jetée, a
promis entre cent et trois cents dollars à qui l’emprunterait, et de 3 000 à 5
000 dollars aux familles de ceux qui perdraient la vie.
Je ne parle que de la
responsabilité gouvernementale de celui qui détient le pouvoir exécutif de ce
royaume. Sous toutes les formes de régimes, la première obligation du détenteur
de l’autorité consiste à protéger la vie de ses administrés, et s’il ne dispose
pas des forces de police suffisantes pour empêcher la population de se promener
sur la jetée mortelle, cela n’efface pas son obligation de lui en interdire
l’accès et de la menacer de sanctions afin de la dissuader de mettre son
existence en danger.
Or, dans le califat de
Gaza, le souverain Hamas a fait précisément le contraire : il a encouragé les
gens, en promettant des récompenses pécuniaires, à se rendre massivement sur la
jetée. Ce qui fait de lui l’unique responsable de la mort des 80 Gazaouis qui
ont succombé les jours suivants.
Le Dr. Salakh al Bardawil, membre du bureau
politique du Hamas :
50 des 61 morts de lundi étaient des moudjahidines
du Hamas
L’attitude du souverain
Hamas est bien évidemment constitutive d’un crime contre l’humanité,
caractérisé par un sacrifice humain ; l’analyse sereine de la situation,
très simple au demeurant, ne laisse pas de place au doute. Et la nature du
risque encouru n’a pas d’importance au crible de cet examen : l’unique
responsable de ces décès, ce n’est ni la jetée, ni le mauvais temps, ni la
falaise, ni les poissons.
C’est le Hamas. Et ceux
qui accusent la jetée, le mauvais temps, la falaise et les poissons, en
exonérant le Hamas de sa responsabilité, ou en lui trouvant des circonstances
atténuantes, se constituent complices objectifs de son crime. C’est le cas des
media et du gouvernement français dans leur globalité.
Quant
à la preuve de l’attribution des rémunérations au suicide, on en trouve
notamment la trace dans un article Guillaume Gendron dans Libération ;
il a simplement recopié l’un des nombreux communiqués du Hamas allant dans ce
sens.
Voilà
ce qu'écrivaitGendron, qu’on ne peut pas soupçonner d’être un partisan d’Israël, de
son gouvernement ou de son armée :
"(…)
le Hamas a annoncé que chaque blessé par balle recevra un chèque
(entre 200 et 500 dollars, soit entre
160 et 400 euros, selon la gravité de sa blessure) et
les familles endeuillées 3 000 dollars (2 400 euros) d’indemnités".
Considérons
maintenant la corrélation entre l’ouverture de l’ambassade américaine à
Jérusalem et les manifestations à Gaza, à la frontière avec l’Etat hébreu,
telle que mise en exergue par toute la presse tricolore, de L’Humanité à
Paris-Match, en passant par Le Point (qui s’est distingué pour
l’occasion), le Figaro, Le Monde, et toutes les chaînes de
télévision.
En nous demandant s’il
avait fallu, par le passé, un transfert d’ambassade pour que le Hamas tire
spontanément 18 000 roquettes sur les villages limitrophes
israéliens et jusqu'à Tel-Aviv. Des Katiouchas pour la plupart arrêtées par
Israël grâce au Dôme de fer.
Avait-il fallu un
transfert d’ambassade pour que le Hamas creuse plus de 40 tunnels stratégiques
(des ouvrages uniquement destinés à kidnapper des Israéliens et à les tuer) –
avec l’argent de l’aide humanitaire -, qui ont été repérés et détruits grâce à de nouvelles technologies développées par
les ingénieurs de l’Etat hébreu ?
Or le
Hamas – le mouvement de la résistance islamique palestinien – s’il ne s'attaque
pas à Israël n'a pas de raison d'être : si ses membres étaient des champions en
agriculture, cela se saurait depuis longtemps.
Ce n’est
donc pas le déménagement de l’ambassade américaine dans la capitale historique
et spirituelle du seul peuple d’Israël qui a provoqué les émeutes de Gaza. Ce
déménagement n’a pas "provoqué" des manifestations spontanées, mais a
été instrumentalisé par le Hamas afin de fomenter des émeutes. Et de couvrir
des actes de guerre programmés – enlèvement de soldats et de civils israéliens,
assassinats – en dissimulant ses miliciens armés parmi la foule poussée vers la
jetée ou vers la frontière.
Et si
l'ambassade avait été inaugurée le 15 juin, ils auraient provoqué des émeutes
le 15 juin. Et si l’Amérique n’avait pas déménagé son ambassade à Jérusalem,
ils auraient trouvé un autre prétexte.
Peu de
gens en France le savent, parce que cela a été savamment dissimulé par les
media tricolores, mais samedi dernier, en pleine "Marche du retour",
le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, a bombardé l’un de ces tunnels de la
mort à quelques dizaines de mètres du point de passage d’Erez. L’endroit par
lequel des dizaines de milliers de malades de Gaza, dont les proches des
dirigeants du Hamas, viennent recevoir des soins dans les hôpitaux hébreux.
Difficile d’imaginer un acte plus cynique et plus criminel.
Toujours
dans la même période, mais plus au Sud, le mouvement de la résistance islamique
palestinien a fait exploser le conduit qui fournit le gaz à la bande côtière,
de même que le tapis roulant qui achemine l’essentiel des denrées et des marchandises
dans l’enclave palestinienne. Suite à cet attentat, Israël n’avait pas d’autre
choix que de fermer momentanément le poste de transit.
Si l’on
dissimule les raisons de ces décisions, le public ne voit plus qu’une attaque
aérienne contre un point du territoire palestinien et la fermeture de Kerem
Shalom, sans avoir la possibilité de connaître les raisons hyper-légitimes qui
les ont induites.
Cette
semaine, Tsahal a acheminé des médicaments et du matériel médical en provenance
de ses propres stocks, ainsi que d’organisations humanitaires internationales
et arabes, afin de soutenir l’effort des médecins de Gaza. Le Hamas ne les a
pas laissé entrer.
Cette organisation
terroriste est évidemment la seule à blâmer pour les cent morts à proximité de
la frontière. Ouvrir le feu ne signifie pas toujours que l’on assassine ;
Tsahal applique le principe de la défense territoriale, il défend son
territoire et les citoyens dont il est responsable de la sécurité. S’il ne
l’avait pas fait, les miliciens du Hamas et la populace conditionnée depuis
l’enfance auraient investi les agglomérations israéliennes et ils n’y auraient
pas distribué des roses et du chocolat ! Les commentateurs antisémites
feignent de l’ignorer.
Contrairement aux mensonges
qu’ils répandent, toutes les chancelleries n’ont pas crié au massacre avec le
gouvernement et les journaleux antisémites de l’Hexagone : outre les USA
et plusieurs autres Etats, l’Australie et l’Allemagne ont décrété qu’Israël
avait parfaitement le droit de défendre son territoire et sa population.
Un autre élément vient
démontrer au-delà du doute sensé que c’est l’organisation terroriste qui impose
sa dictature sur Gaza qui a dirigé, contrôlé et orienté les
"manifestations pacifiques spontanées" de ces derniers jours :
mardi, en effet, le
Hamas a décidé qu'il y avait suffisamment de morts pour sa propagande, et il
n'a envoyé personne mourir le long de la frontière. Il a annoncé 2 morts mardi -
contre 60 lundi ! - mais ce n'est pas même vrai ; personne n'a été tué avant-hier
selon les informations en notre possession.
Mardi, c'était
pourtant le jour de la Nakba, chaque année, le jour principal de la
"révolte" des Palestiniens ! Chaque année, des affrontements, parfois
violents, ont lieu en Cisjordanie et même dans les régions arabes à l’intérieur
d’Israël.
Cette année, on a
connu, à part de minuscules attroupements, le Jour de la Nakba le plus
tranquille depuis des années. Y compris en bordure de Gaza.
Que s’est-il
passé ? Les manifestants pacifiques spontanés ont tous décidé qu’ils
allaient rester chez eux le Jour de la Nakba, alors que le Hamas avait
prévu et annoncé que devait s’y dérouler le rassemblement le plus massif des
deux semaines de protestations ?
Ils ont oublié où se
trouve la frontière ? Ils ont décidé d’eux-mêmes, à l’unanimité, de ne pas
y prendre part ? Il y avait du football à la télévision ?
Est-il seulement
permis de prétendre être naïf à ce point pour ne pas avoir remarqué la
différence ?
En fait, ce sont cinq frappes de l’Armée israélienne sur des objectifs
soigneusement sélectionnés situés à l’intérieur de Gaza, en riposte à des tirs
de miliciens et à l’interception de poseurs de bombes contre la barrière de
sécurité, qui ont dissuadé Ismaïl Hanya et ses complices de poursuivre le
sacrifice de Moloch.
Il y avait quatre raisons pour empêcher enfin de sacrifier des vies
humaines : 1. Ils avaient aligné suffisamment de cercueils de leurs administrés
pour les besoins de leur propagande macabre. 2. Ils ont compris que les futurs
raids du Khe’l Avir allaient les prendre pour cibles eux, et non plus seulement
ceux qui tentaient de franchir la frontière. 3. Tsahal allait révéler que parmi
les 61 tués de lundi, il n’y avait pratiquement pas de femmes ni d’enfants, et
qu’au moins 50 morts étaient des miliciens membres d’Ezzedine al Qassam. Et
surtout 4. Le mouvement de la résistance islamique avait déjà perdu 50 (au
moins) de ses combattants d’élite, sans obtenir le moindre succès, et
l’enthousiasme des miliciens pour aller se faire trucider pour rien était en
très nette diminution.
C’était le dernier moment pour le Hamas pour communiquer sur le fait que
la "Marche du retour" n’était en réalité qu’une opération militaire
camouflée en manifestation pacifique. Pour le dire à sa façon, avant que les
Israéliens ne le fassent à sa place de manière plus crue, avec noms, âges,
fonctions au sein d’Ezzedine al Qassam (la branche armée du Hamas), et même de
nombreuses photos de ces miliciens en uniforme.
Quelques-uns des
"manifestants pacifiques et spontanés" morts lundi à Gaza (source Hamas)
C’est le Dr. Salakh al Bardawil, membre du bureau politique du Hamas, l'un
des leaders les plus importants de l’organisation terroriste dans la bande de
Gaza, que l’on a envoyé déclarer sur Baladna TV [ara. : notre pays], que
"50 parmi les 61 morts de dimanche étaient des miliciens du Hamas".
Cela constitue
évidemment l’aveu que la "Marche du retour" n’était pas l’expression
d’une manifestation populaire spontanée en réponse à l’aménagement de
l’ambassade U.S. à Jérusalem. Ce, d’autant plus qu’al Bardawil a précisé lors
de son interview que les miliciens tués étaient desshahid
[martyrs], il a également employé les mots moudjahidines [combattants,
résistants] et Saïf-Al-Islam [épée de l’islam]. Ils étaient donc, sans l’ombre
d’un doute raisonnable, au vu du vocabulaire utilisé, en mission
opérationnelle, et non à titre privé, afin de prêter main forte à d’éventuels
manifestants civils.
Mais c’était aussi un coup dur pour les journalistes et responsables
politiques d’autres pays, en particulier en France, où la presse, unanime, ne
parle que de cela, en mettant en exergue le lien entre l’inauguration de
l’ambassade et la "manifestation pacifique", en multipliant les
mentions de bain de sang, de massacre, de comportement disproportionné des
soldats de Tsahal, et les condamnations du Quai d’Orsay et de l’Elysée.
Obligée, pour ne pas être débordée elle aussi par d’autres sources
d’informations, d’annoncer la confession de Salakh al Bardawil, l’AFP
s’est également fendue d’un communiqué. Il est intentionnellement brouillon, citant la
déclaration du chef du Hamas mais sans en déduire les enseignements qu’elle
impose. Et particulièrement, en maintenant, contre toute évidence, ses
accusations précédentes contre Tsahal et Israël, et accusant de surplus l’Etat
hébreu d’utilisation inappropriée de la déclaration du Hamas :
(AFP extrait) "Mais l'armée et le gouvernement israéliens,
confrontés à une vague de réprobation après la mort de près de soixante Palestiniens
sous des tirs israéliens lundi et deux autres mardi, se sont saisis de ces
propos pour contester le caractère pacifique des manifestations et maintenir
que celles-ci étaient orchestrées par le Hamas."
???
Si au moins 50 des soixante morts de lundi étaient des miliciens du
Hamas, comment peut-on prétendre à une "MANIFESTATION
PACIFIQUE" ?
Et comment, dans ces conditions, une personne sensée peut-elle soutenir
que l’opération n’était pas organisée par le Hamas ?
On dépasse à l’occasion de cet incident les frontières du seul
antisémitisme, on touche à la prestidigitation antisémite !
C’est juste ignoble : Israël s’est SAISIE du fait que 85 pour cent
des morts durant cette opération appartenaient à la Waffen SS pour l’attribuer
à l’Armée allemande !!!
Au vu de ce
qui précède, la responsabilité unique du Hamas n’est pas contestable.
L’organisation terroriste a encouragé ses administrés au suicide afin d’obtenir
le nombre le plus élevé possible de morts et d’en accuser, avec l’aide de
journalistes et de gouvernants sympathisants islamistes, antisémites ou très,
mais alors vraiment, très très bêtes, l’Etat d’Israël et son armée.
Outre la situation à
Gaza, nous sommes ici fortement préoccupés par l’unanimisme virulent qui s’est
exprimé contre Israël dans la presse, sur toutes les chaînes de télévision et
au sommet de l’Etat français. Au besoin, par déguisement des faits ou par
omission. Il y a des postures que l’on peut comprendre lorsqu’elles émanent
d’un tyran islamiste comme Erdogan, mais pas de pays d’Europe occidentale,
membres de l’Union Européenne.
Comment les sanctions américaines feront tomber les mollahs (info # 011405/18)
Depuis l’annonce,
le 8 mai dernier, du retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire avec l’Iran
du 14 juillet 2015 (dit JCPOA pour « Joint Comprehensive Plan of Action »),
de nombreuses fausses interprétations circulent sur les effets de la décision
américaine. Des erreurs sont véhiculées des deux côtés : les partisans du
retrait américain le présentent comme un moyen d’empêcher l’acquisition par
l’Iran de la bombe atomique, les adversaires de la décision du président Trump
affirment que le JCPOA n’est pas mort et peut être réformé.
La vérité, quand
on observe la situation de près, est très différente. Le retrait américain du
JCPOA n’a pas pour objectif d’empêcher l’acquisition par les mollahs de l’arme
atomique, mais de créer une pression économique insupportable qui conduira à la
chute de la République Islamique et à un changement de régime. Dans le même
temps, toutes les tentatives européennes pour sauver ou modifier le JCPOA
relèvent de la pure gesticulation diplomatique et n’ont strictement aucune
chance d’aboutir.
Si l’objectif
était seulement d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme atomique, le retrait
américain de l’accord n’aurait pas été nécessaire.
Non pas que le
JCPOA lui-même suffise à empêcher la nucléarisation du régime. Il l’a rendue
plus difficile à court terme, en obligeant l’Iran à réduire ses stocks
d’uranium enrichi, à diviser par quatre le nombre des centrifugeuses en activité,
à neutraliser la centrale productrice de plutonium d’Arak et à accepter des
visites renforcées d’inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique
(AIEA). Mais il a aussi laissé aux Iraniens la possibilité de reprendre leur
activité nucléaire sans limitation après 2025 – c’est-à-dire demain. Dans
l’intervalle, il a laissé certains sites en-dehors de tout contrôle réel :
sur les sites de nature militaire, comme Parchin, les inspecteurs de l’AIEA ne
sont pas les bienvenus et ce sont les Iraniens eux-mêmes qui procèdent aux
prélèvements. Ce qui offre autant de garanties que s’il n’y avait pas de
prélèvements du tout.
Et si cela ne
suffisait pas, les Iraniens n’ont pas respecté une dimension essentielle de
l’accord de 2015 : celle qui les obligeait à déclarer toute activité
militaire passée et à y mettre fin définitivement. Comme Benyamin Netanyahou
l’a révélé au monde le 30 avril dernier, l’Iran a dissimulé et soigneusement
préservé les archives de son programme militaire, ce qui lui aurait permis de
reprendre ce programme à tout moment si le Mossad et ses alliés n’y avaient pas
mis bon ordre.
Mais si le JCPOA
lui-même n’offrait pas une garantie suffisante contre la nucléarisation
militaire de la Perse, l’activité déployée depuis au moins 20 ans par les
services secrets des pays concernés (le Mossad, mais aussi les services des
pays arabes du Conseil de Coopération du Golfe) – pour pénétrer le programme
iranien a depuis longtemps atteint un niveau suffisant pour empêcher la reprise
effective du programme militaire.
La totalité des
plans militaires destinés à reprendre plus tard la fabrication d’une bombe a
quitté le pays et n’y reviendra jamais. Encore plus important, le succès
prodigieux du Mossad pour identifier et subtiliser la gigantesque archive
nucléaire militaire des Perses ne peut s’expliquer que par l’existence d’un
réseau dense de soutiens au plus haut niveau de l’establishment iranien.
Un signe de
l’étendue probable des soutiens dont bénéficient les services israéliens et
arabes pour empêcher la nucléarisation de l’Iran est le suivant : entre
2010 et 2012, quatre spécialistes nucléaires iraniens – Masoud Alimohammadi,
Majid Shahriari, Darioush Rezaeinejad et Mostafa Ahmadi Roshan – ont été
assassinés dans des circonstances, disons, non éclaircies. Mais depuis six ans,
plus aucune opération de ce type n’a été nécessaire. Comme la capture des
archives nucléaires l’a montré, ce ne peut pas être faute de capacité d’action
d’Israël et de ses alliés sur place. La seule explication possible de cette trêve
est donc qu’un nombre suffisants de spécialistes iraniens se sont montrés assez
coopératifs pour faire disparaître la menace.
Le risque d’une
acquisition de l’arme nucléaire par l’Iran était donc déjà écarté pour de
nombreuses années bien avant que le président Trump n’annonce son retrait du
JCPOA. L’objectif de ce retrait doit donc être cherché ailleurs – dans la
volonté du Président Trump et de son équipe internationale d’aider l’opposition
iranienne à faire tomber le régime médiéval de la République Islamique d’Iran.
Cet objectif
n’est pas dissimulé. Le nouveau conseiller du président pour la sécurité
nationale, John Bolton, le répète à qui veut l’entendre depuis de nombreuses
années. Le président lui-même, dans les derniers jours de l’année 2017 et les
premiers de 2018 – alors qu’une vague de manifestations menaçait le régime – a
tweeté son soutien aux manifestants et son espoir de voir tomber le régime.
Les vœux de bonne année du Président Trump
aux mollahs : au moins, c’est clair
Une opération
militaire pour faire tomber le régime iranien est exclue. D’abord, elle
risquerait d’échouer. Ensuite, Trump n’est pas prêt à payer le prix – en vies
humaines, en argent et en popularité – que George W. Bush a dû payer pour son
invasion de l’Irak. Les Etats-Unis doivent donc trouver une autre voie pour
soutenir la volonté de l’opposition iranienne de voir tomber le régime. C’est
ici qu’intervient le retrait du JCPOA.
L’accord de 2015
avait levé les sanctions économiques imposées par les Etats-Unis sur plusieurs
secteurs clés de l’économie iranienne. L’énergie, la chimie, les transports,
les banques sont particulièrement concernés.
Avec le retrait
américain de l’accord, ces sanctions seront remises en place. Cela signifie
concrètement que toute entreprise qui voudrait continuer à commercer avec
l’Iran dans ces domaines devrait renoncer à tout lien commercial, même le plus
ténu, avec les Etats-Unis d’Amérique – sauf à se voir traîner devant les
tribunaux américains et à y être condamné à des amendes démesurées. Pour
mémoire, avant que les sanctions ne soient levées par l’accord, la banque
française BNP Paribas avait eu le malheur de chercher à la contourner et
avait été condamnée, le 1er mai 2015, à la modique somme de 8,9
milliards d’amendes par un tribunal de New York.
Avec le
rétablissement imminent des sanctions, toutes les entreprises des secteurs clés
devront donc choisir entre le marché iranien – 27ème économie du
monde en 2017 selon la Banque mondiale, avec une richesse produite de 432
milliards de dollars – et celui des Etats-Unis, première économie du monde avec
19 391 milliards. Celles qui préfèreront rester en Iran seront, naturellement,
assez peu nombreuses.
Le président iranien, Rohani. Il va bientôt
faire beaucoup, beaucoup plus chaud…
Deux périodes de
grâce ont été décidées par le Trésor américain, de 90 ou 180 jours selon les
secteurs. A l’issue de cette période, le retrait américain aura rapidement
trois effets :
L’effondrement
des exportations iraniennes de gaz et de pétrole. Après la mise en place des
sanctions américaines, les exportations iraniennes de pétrole s’étaient
effondrées, passant de 9,3 milliards de dollars en 2012 à 2,6 milliards en
2016. Elles ont ensuite rapidement augmenté : l’Iran attend 4,5 milliards
de recettes cette année. Ce début de renaissance va maintenant être tué dans
l’œuf.
L’annulation des
grands contrats. Depuis la levée des sanctions américaines, l’Iran a signé des
contrats pour l’acquisition d’Airbus et de Boeing, le développement de nouveaux
champs pétroliers (un contrat de 5 milliards de dollars a notamment été signé
avec Total), l’achat et la production d’automobiles (contrat avec Volkswagen en
particulier) et le développement du tourisme. Derrière les grandes entreprises,
tout un réseau de sous-traitants va perdre l’accès au marché iranien. Le pays
le plus touché sera l’Allemagne, où près de 10 000 entreprises ont des liens
avec l’Iran.
Une asphyxie
financière presque complète du pays. Toutes les banques devront choisir, non
seulement entre le marché iranien et le marché américain, mais entre le marché
iranien et la réalisation de transaction en dollars (sauf si elles peuvent
prouver que les dollars utilisés avec d’autres pays n’ont jamais alimenté de
compte utilisé pour l’Iran). Les liens bancaires entre l’Iran et le reste du monde
vont donc être réduits au strict minimum.
Contrairement à
ce qu’essaient de faire croire les diplomates européens dans un exercice
uniquement destiné à essayer de leur sauver la face, les puissances européennes
ne peuvent strictement rien faire pour empêcher ces conséquences. Le président
Macron et son ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, parlent de
négocier un accord élargi qui prendrait en compte le développement des missiles
iraniens, les efforts de déstabilisation régionale menés par le régime et
l’avenir du programme nucléaire après 2025. Nous ne savons pas encore quelle
sera la réponse iranienne à cette proposition. Mais, quelle qu’elle soit, la
négociation d’un tel accord durerait plusieurs années, pendant lesquelles les
sanctions américaines prendront pleinement effet.
Certains
diplomates européens menacent aussi de prendre des « directives
bloquantes » interdisant aux entreprises d’obéir aux sanctions
américaines. Là, nous entrons pleinement dans le domaine de la farce. Aucune directive
ne pourra empêcher la justice américaine d’imposer des amendes aux entreprises
prises à vouloir commercer à la fois aux Etats-Unis et en Iran. Aucune
directive ne pourra empêcher une entreprise de choisir duquel des deux marchés
elle veut se retirer. Ceux qui continuent à faire cette proposition ne peuvent
pas être considérés comme des analystes sérieux.
Les conséquences
du rétablissement des sanctions sont faciles à prévoir. L’économie iranienne va
entrer en profonde récession. La pauvreté s’aggravera. Les infrastructures ne
pourront pas être entretenues et s’éroderont graduellement. Il y aura du
désespoir économique, de la faim, des suicides.
Les trois conséquences du transfert de
l’ambassade américaine à Jérusalem, par Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko,
dans le cadre de Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca
Comme c’était prévisible, Donald Trump est sorti de
l’accord désastreux passé par Obama avec le régime iranien en juillet 2015.
Comme c’était prévisible aussi, des sanctions
américaines très dures contre le régime iranien sont d’ores et déjà remises en
place.
Comme c’était prévisible encore, le régime iranien
vocifère, dit qu’il va relancer son programme nucléaire qui n’a, en réalité,
jamais été interrompu, comme l’ont montré les documents saisis par le Mossad
dont a parlé récemment Binyamin Netanyahou dans un exposé magistral. Or le
régime iranien propose aux Européens de se conduire en idiots utiles et de
continuer à travailler avec lui pour ne pas perdre les milliards qu’ils ont
investis en Iran.
Comme c’était prévisible toujours, les dirigeants
européens se montrent très désireux d’être traités en idiots utiles, veulent
tout faire pour éviter de perdre des milliards, accusent Donald Trump de
prendre des décisions ineptes, nient servilement le danger incarné par le
régime iranien, et tententd’imaginer des
façons de contourner les sanctions américaines, sans se soucier un seul instant
des morts que le régime iranien a semé et continue à semer au Yémen, au Liban,
en Syrie, à Gaza, et surtout, au sein de la population iranienne elle-même.
Comme c’était prévisible, ajouterai-je, les
dirigeants européens ne se contentent pas d’insulter Donald Trump. Ils
insultent également Binyamin Netanyahou et le Mossad en les traitant de
menteurs.
Lundi 14 mai, aucun représentant des pays européens
ne sera présent à la cérémonie d’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à
Jérusalem, car les dirigeants européens nient à Israël le droit de choisir sa capitale
et sont résolument “propalestiniens”, donc favorables au terrorisme
anti-israélien.
La suite est tout aussi prévisible.
Contrairement à ce qu’affirment ici ou là des
analystes en papier mâché, le régime iranien n’ira pas au-delà des
vociférations et de quelques tirs depuis la Syrie en direction d’Israël, car
les dirigeantsiraniens savent que s’ils
déclenchaient une guerre contre Israël, leur régime serait détruit et tomberait
très vite. La situation intérieure en Iran reste très troublée, le
mécontentement de la population est intense, et quand bien même l’appareil
répressif du régime est féroce, il n’est pas certain qu’il pourrait tenir face
à une vague de mécontentement bien plus intense qui pourrait découler d’une
attaque menée contre Israël suivie de frappes israéliennes sur l’Iran. Israël
peut ainsi frapper des bases iraniennes en Syrie et les détruire sans avoir à
craindre une riposte massive et une déclaration de guerre du régime iranien.
Les dirigeants européens, en dépit de leur pusillanimité
et de leur mercantilisme, se heurteront assez vite à un choix : soit subir eux-mêmes
des sanctions américaines et risquer de perdre davantage de milliards encore, soit
se plier aux décisions de Donald Trump, et ils s’y plieront, en maugréant.
Entre des contrats avec le régime iranien et le commerce avec les Etats-Unis,
le choix qu’ils feront n’ira évidemment pas en direction du régime iranien.
Le régime iranien, même s’il ne déclenche pas la
guerre contre Israël, se retrouvera de toute façon en difficulté, et sera
confronté dans quelque temps (six mois, un an peut-être) à une situation
d’asphyxie similaire à celle dans laquelle se trouve la Corée du Nord. Il devra
dès lors faire des concessions et poser un genou à terre, voire les deux ;
l’alternative aux concessions sera une vague de mécontentement provoquée par
l’asphyxie, et le régime iranien ne pourra sans doute pas échapper à une
révolte intérieure bien plus intense que celles qu’il a connues et à une
déstabilisation extrêmement profonde.
D’autres pays que les Etats-Unis installeront leur
ambassade à Jérusalem et reconnaitront Jérusalem en tant que capitale d’Israël.
Un mouvement en ce sens est d’ailleurs enclenché. Nombre de pays discerneront
qu’avoir des relations positives avec Israël est plus digne, et bien plus productif
sur tous les plans, qu’avoir des relations positives avec une entité terroriste
anti-israélienne.
Les dirigeants européens découvriront que leur
position est destinée à s’effriter, et que traiter Israël par le mépris les
place dans une impasse. Et quand bien même ils entendraient rester “propalestiniens”,
donc favorables au terrorisme anti-israélien, ils s’apercevraient qu’ils risquent
d’être les derniers “propalestiniens” sur Terre, et que les principaux pays du
monde arabe sunnite sont eux-mêmes profondément lassés de soutenir la “cause
palestinienne”, et voient désormais en celle-ci un fardeau dont ils
préféreraient trouver un moyen de se débarrasser pour se rapprocher d’Israël.
Ce qui se dessine est une transformation géopolitique
très profonde qui dépasse le Proche Orient.
Une des prochaines étapes de cette transformation
sera la rencontre le 12 juin prochain entre Donald Trump et Kim Jong Un à
Singapour. Rencontre au terme de laquelle Kim Jong Un aura tout intérêt à
comprendre qu’il se trouve face à une offre qu’il ne peut refuser sans en subir
des conséquences très lourdes, voire mortelles pour lui.
Le débriefing complet de la Guerre israélo-iranienne
de jeudi matin, par Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, dans le cadre d'une
émission spéciale sur Radio Judaïca
Aux alentours de minuit, la force d’élite al
Quds (Jérusalem) des Gardiens de la Révolution Iranienne, sous le commandement
du Major Général Qassem Soleimani, a tiré un barrage de 20 roquettes à partir
de Syrie, visant des bases de la première ligne de défense de Tsahal dans le
Golan.
Quatre des projectiles ont été interceptés pas
le Dôme de fer, tous les autre sont tombés en territoire syrien, selon un
porte-parole de l’Armée israélienne. De notre côté, nous ne comptons aucun
blessé ni aucun dommage matériel.
La réponse de Tsahal a été pour le moins
fulgurante. L’Aviation, le Khe’l Avir hébreu, a attaqué et le plus souvent
oblitéré des dizaines d’objectifs en Syrie [carte]. Le plus grand nombre
appartenait à l’Armée iranienne, mais des positions des forces du régime et du
Hezbollah ont également été anéanties.
La carte des objectifs visés ce matin proposée par l’Armée
israélienne
Le front libanais est demeuré parfaitement
calme.
Les chasseurs-bombardiers à l’étoile de David
et les différents missiles à disposition de Tsahal, de même que ses blindés et son
artillerie lourde, ont détruit tout d’abord les points d’appui de l’Armée d’Assad
dans le Golan, d’où est partie l’attaque avortée des Gardiens de la Révolution
et de leurs supplétifs du Hezbollah libanais.
Les chars, les missiles Tamouz et l’artillerie
lourde de Tsahal ont massivement pilonné et détruit ces positions, notamment
aux abords du village druze de Khader, à 3km de la frontière israélienne, et de
Khan Arnabeh, à 4km de celle-ci.
Toute la nuit du Doigt de la Galilée a résonné au
son des activités des militaires israéliens.
C’est un peu après 4h du matin que la seconde
vague, la plus importante, a été déclenchée. Elle s’est concentrée sur les
entrepôts d’armes et de munitions de l’ennemi, ses casernes, ses sites
logistiques, et les centres de renseignement du contingent de Téhéran en Syrie,
brutalement punis.
Plusieurs systèmes antiaériens qui gênaient l’activité
des chasseurs-bombardiers ont été réduits au silence. Aucun avion israélien n’a
été touché par les tirs de la DCA adverse.
A trois reprises au moins, plus tôt dans la
nuit, des missiles tirés à partir de Tzfat (Safed), avaient intercepté et
anéanti des missiles sol-air syriens qui poursuivaient des appareils du Khe’l
Avir. Les explosions au moment de l’impact ont été énormes, au point d’être
entendues jusqu’à Naharya, à 40km à l’Ouest, au bord de la Méditerranée.
Image exceptionnelle de l’interception d’un missile
antiaérien syrien
par un missile israélien tiré depuis Tzfat (Safed)
Plusieurs sites ennemis, à l’intérieur et en
périphérie de Damas, y compris à proximité immédiate du palais présidentiel de
Bashar al Assad, ont aussi été frappés. On ne dispose d’aucune évaluation
précise, mais l’on peut affirmer que des centaines de Pasdaran, de miliciens
chiites et de soldats du régime ont été tuées ou blessés ce jeudi matin, dans
ce qui constitue la plus importante opération militaire depuis la Guerre de
Kippour en 1973.
Un général de Tsahal, qui a appelé la Ména ce
matin de sa propre initiative, nous a confié : "Après qu’ils s’en
sont pris à notre territoire, nous y sommes allés de bon cœur. Nous sommes
intervenus avec tous les moyens conventionnels à notre disposition, et la
Syrie, ce jeudi matin, ressemble à un champ de ruines".
Selon Avigdor Lieberman, le ministre israélien
de la Défense, l’infrastructure iranienne en Syrie a pratiquement cessé d’exister.
Le ministre a également déclaré que si un crachin s’abat sur Israël, en face
ils connaîtront le déluge.
Pendant ce temps, l’agence de presse gouvernementale
française AFP ainsi que les autres media de ce pays continuent de
reproduire principalement les communiqués münchhausiens des organes de
propagande du régime alaouite, faisant état des exploits imaginaires de leur DCA
contre nos avions et missiles. Pour Damas, Téhéran et leurs amis, ce qui s’est
passé la nuit dernière participe d’une "grande victoire".
Vladimir Poutine a été informé de l’offensive
de ce matin à l’avance par Binyamin Netanyahu, qui est l’hôte d’honneur de la
Russie à l’occasion de la commémoration de la victoire de l’Armée rouge contre
le régime hitlérien.
Côté civil en Israël, de nombreux habitants du
Doigt de la Galilée et particulièrement du Golan ont passé la nuit dans les
abris par précaution. A 10h ce matin, la vie est absolument normale, et toute
menace en provenance de Syrie semble écartée pour un certain temps.
Le haut commandement iranien a commis l’erreur grossière
de tenter une attaque sur l’Etat hébreu sans disposer des moyens militaires, ni
de l’atteindre, ni de se protéger de sa riposte inéluctable. Le régime des
ayatollahs a appris cette nuit que l’on ne bluffe pas sans péril à s’attaquer militairement
à des adversaires sans posséder les moyens pour le faire.
Source :
le photographe-cameraman de la Ména Yoshoua Ohanna.
On entend
clairement les détonations à Métula et à Kiryat Shmona, mais pas aussi fort que
sur la vidéo.
On ne signale jusqu’à maintenant l’explosion d’aucun projectile ennemi sur des positions de l’Armée et
dans les agglomérations civiles. Possibilité de chute de projectiles en zones
inhabitées, les sapeurs de Tsahal et de la Police cherchent d’éventuels
impacts.
Il n’y a aucun
blessé israélien pour le moment.
La situation
dans le Doigt de la Galilée est calme pour l’instant. Les habitants n’ont pas
été appelés à gagner les abris et la plupart dort.
Des avions
israéliens sont à l’œuvre dans le ciel syrien.
Nos reporters sont sur place. D’autres breakings suivront
selon le développement de la situation.
Depuis l’oblitération par l’Aviation
israélienne, tard mardi, de la base iranienne de Kiswah, à 15km de Damas, et
des missiles qui étaient sur le point d’être mis à feu contre Israël, la menace
immédiate a été écartée. Le régime iranien, qui tentait un coup de bluff
militaire après l’annonce de Donald Trump quant à la dénonciation de l’accord
sur le nucléaire, est au plus mal.
Le point en 1minute 30 par Stéphane Juffa, au
micro de Jim Mosco pour Radio Judaïca. Le débrief complet et en direct à 8h30,
heure de Bruxelles.
La Ména vous présente deux vidéos exceptionnelles des frappes
israéliennes en Syrie, vues de Syrie. Elles ont été obtenues par notre
photographe-caméraman Yoshoua Ohanna, qui se trouve actuellement sur le Golan.
Celle en noir est blanc (vidéo 2) a été tournée par une caméra de
surveillance de la base de Kiswah.
Le général iranien Aytem Abdoulrassoul a été tué lors des raids
israéliens de mardi. On dénombre, selon les témoignages qui nous parviennent,
des dizaines de soldats ennemis tués ou blessés (ou sans doute davantage),
majoritairement des Gardiens de la Révolution iraniens.
Dans la base iranienne, entièrement détruite, de Kiswah, se trouvaient
des missiles pointés sur Israël, dont la mise à feu était imminente. L’intervention
qui a mené à sa destruction a été conduite pas des chasseurs-bombardiers du Khe’l
Avir [l’Aviation israélienne], qui ont pénétré le territoire syrien en
profondeur.
D’autres opérations sont actuellement en cours en Syrie. Aucun
projectile ennemi n’a atteint l’Etat hébreu jusqu’à maintenant.
L’APF a repris une annonce de propagande du régime syrien à son
compte, sans même apposer ses habituels guillemets. La "nouvelle" a
aussitôt été reproduite par la quasi-totalité des titres français, notamment Le
Figaro et Le Monde : "L'armée syrienne intercepte et
détruit deux missiles israéliens" [les guillemets sont de la Ména. Ndlr.].
Ou quand l’antisémitisme rend complètement con…
Les vidéos proviennent de l’endroit où les missiles israéliens ont été "interceptés
et détruits"…
Lors de l’attaque américano-franco-britannique, les mêmes services
syriens avaient annoncé avoir abattu 60 missiles. Ontologiquement, par
expérience, l’AFP et les media tricolores sont sensés savoir que cette
source raconte strictement n’importe quoi. Ils devraient être
hyper-précautionneux dans leur traitement de ses annonces. Or on se rend bien
compte dans ce flag que ce n’est pas le cas. Sur le plan journalistique, ceux
qui ont publié et relayé ces "infos", de même que ceux qui dirigent
ces media se couvrent de ridicule et peuvent être légitimement soupçonnés de
motivation raciste et antisémite.
Demain, Stéphane Juffa
interviendra en direct sur Radio J (Paris) à 6h30 heure française, et
sur Radio Judaïca (Bruxelles), à 9h 30, heure belge, et sans doute avant
cela dans le journal du matin.
Frappes israéliennes confirmées en Syrie (info # 030805/18)
En plein milieu de l’intervention de Donald
Trump lors de laquelle il a annoncé que les Etats-Unis dénonçaient l’accord sur
le nucléaire iranien, les habitants du Golan ont reçu l’ordre de gagner les
abris.
La plupart des habitants du Doigt de la Galilée
en ont fait de même par précaution, et la tension dans la région, parmi les
civils, est palpable. A Kiryat Shmona, la ville la plus touchée d’Israël lors
des derniers conflits avec le Liban, de nombreuses personnes sont atteintes en
ce moment de crises de panique. Le porte-parole de la cité tente de calmer les
esprits.
La mise en alerte provient du fait que des
activités annonciatrices d’une opération militaire ont été observées du côté
syrien de la frontière ainsi qu’au Liban. Toutes les lumières de Kfar Kileh (25
000 hab.) dans ce pays, à 400 mètres de la rédaction de la Ména, sont éteintes.
Tsahal est en état d’alerte maximal. Des
chasseurs-bombardiers du Khe’l Avir ont patrouillé toute la journée de manière
ininterrompue dans le ciel du nord de l’Etat hébreu, particulièrement au-dessus
de Métula, où le ronronnement de leurs réacteurs est incessant.
D’autres décisions opérationnelles ont été
prises dont nous avons décidé de ne pas faire état.
Un silence glacial est tombé sur les rues du
petit village de Métula où nous sommes établis. J’ai placé le personnel de l’agence
en poste dans la région en état d’alerte, un degré sous le seuil de "conflit
en cours".
D’autres breaking news suivront si la situation
devait évoluer.
L’analyse de Stéphane Juffa au micro
de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/1485774418199387/(Facebook).Ouhttps://youtu.be/i4LdgAK6ubQ(Youtube).
Pourquoi l’Iran n’a pas attaqué Israël
la nuit dernière ? Pourquoi Israël n’a pas effectué une attaque préventive ?
La situation actuelle au nord d’Israël. Que vont se dire Vladimir Poutine et
Binyamin Netanyahu mercredi à Moscou ?
Plusieurs informations originales et
exclusives
La France est en guerre avec Israël (info # 010605/18)
Peut-on le dire ? La France est en guerre contre
Israël. La guerre qu’elle livre n’est pas une guerre militaire directe. L’Armée
française ne va pas intervenir contre l’Armée israélienne, et des soldats français
ne vont pas tuer des Israéliens non plus. C’est une guerre indirecte,
sournoise, menée sur le terrain de la délégitimation et du travail de sape, du
mensonge et de la diffamation. C’est une guerre ancrée dans le vieil
antisémitisme français, qui s’est mêlé peu à peu au nouvel antisémitisme
islamo-gauchiste. C’est une guerre qui n’existait pas quand la France avait
besoin d’Israël dans les années 1950, et qui est montée en puissance lorsque le
Général de Gaulle a commencé la mise en œuvre de la politique arabe de la
France et a, quelques mois après avoir décidé d’un embargo sur les armes françaises
censées être livrées à Israël, en un moment où Israël en aurait eu un urgent
besoin, fustigé le “peuple dominateur et sûr de lui-même”.
C’est une guerre qui, depuis, n’a pas cessé de s’amplifier
jusqu’à ce jour. Les attitudes et les décisions anti-israéliennes des présidents
et gouvernements français n’ont, en cinq décennies, pas cessé. Tous les ministres
des Affaires Etrangères français ne sont pas allés aussi loin que l’infâme
Michel Jobert, qui, en 1973, pendant les pires heures du début de la Guerre du
Kippour, avait demandé : "Est-ce que tenter de remettre les pieds
chez soi constitue forcément une agression imprévue ?". Ceci dit, tous ont
prononcé des phrases plus ou moins nauséabondes. Tous les présidents n’ont pas
laissé voir leur mépris à l’encontre des Juifs à la façon du fondateur de la
Cinquième République. Mais tous ont incriminé insidieusement Israël, et ce sont
souvent ceux qui ont hypocritement feint l’amitié qui se sont révélés les plus hostiles.
David Ben Gourion et Charles de Gaulle
Pas plus grand, plus haut
Nicolas Sarkozy en appuyant les propositions les plus
anti-israéliennes de Barack Obama a, ainsi, montré les limites de son affection
pour Israël. Certains ont fait pire, bien sûr : Jacques Chirac avait, avant
d’être président, poussé son amitié pour le Tyran Saddam Hussein jusqu’à lui
donner les moyens d’accéder au nucléaire militaire, en lui faisant livrer le
réacteur Osirak, fort heureusement détruit par l’Armée israélienne en juin
1981. Il a, sous sa présidence, on le sait, continué à pratiquer les liaisons
empoisonnées avec Saddam Hussein.
La France a aussi joué un rôle clé dans la
légitimation internationale scandaleusement accordée au mouvement terroriste
“palestinien” et à son chef, Yasser Arafat. Elle a, on l’oublie ou on l’ignore,
très fortement contribué à l’accession de Yasser Arafat aux Nations Unies en
1974, deux ans après l’ignoble assassinat d’athlètes israéliens sur le sol
européen à Munich. Elle a ensuite beaucoup agi en coulisses pour que l’OLP soit
considérée comme une organisation politique respectable. Elle a, encore, par le
biais du Quai d’Orsay, développé une stratégie du communiqué perfide qualifiant
toute riposte israélienne de “disproportionnée”, tout attentat anti-israélien
d’élément relevant du “cycle de la violence”, et tout terroriste palestinien de
l’appellation “Palestinien” tout court. Elle n’a cessé, quel que soit le président
ou le gouvernement, de recevoir Yasser Arafat avec chaleur, puis Mahmoud Abbas.
La France a usé de son influence en Europe pour que
la politique anti-israélienne et propalestinienne française devienne
graduellement celle de l’Union Européenne. Elle a été l’un des premiers pays à
affirmer son refus de reconnaitre Jérusalem comme capitale d’Israël lorsque
Donald Trump a officialisé cette reconnaissance, et elle a, depuis, affirmé
avec obstination que son ambassade resterait à Tel-Aviv, et que “Jérusalem Est”
devait être la capitale du futur Etat palestinien. Il n’y aura, bien sûr, aucun
représentant français à Jérusalem le 14 mai prochain lors de l’inauguration de
l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. Quelques pays d’Europe centrale
envisagent de transférer leur ambassade à Jérusalem, dans le sillage des Etats
Unis, mais la France, épaulée en cela par l’Allemagne, exerce des pressions
considérables pour qu’ils n’en fassent rien.
Les dirigeants iraniens ne cachent pas leurs
intentions génocidaires concernant Israël et le peuple juif, mais la France
soutient et soutiendra jusqu’au bout l’accord de juillet 2015, quand bien même
il n’a cessé d’être évident que c’était un accord frelaté qui n’empêchait nullement
l’Iran d’accéder à l’arme atomique. Quant à Emmanuel Macron, son objectif
majeur lors de son bref et récent séjour à Washington consistait à convaincre
Donald Trump de rester dans l’accord. Il a fort heureusement échoué, et les
Etats-Unis sortiront de l’accord ou demanderont qu’il soit profondément
modifié, ce que l’Iran refusera. Les preuves accablantes recueillies par le
Mossad montrant de manière indiscutable que l’Iran n’a jamais cessé ses
activités nucléaires militaires ont laissé la France de marbre, comme c’était
prévisible.
Des officiels américains viennent de déclarer à
la chaîne NBC News que ce sont des F-15 israéliens qui ont mené dimanche
les attaques contre une base militaire syrienne à proximité de Hama [et sur l’aéroport
d’Alep Ndlr.], après que l’Iran eut transféré une cargaison de missiles
antiaériens à cet endroit.
Les officiels ont affirmé qu’Israël semble se
préparer à une guerre ouverte avec l’Iran et qu’elle cherche le soutien des
Etats-Unis.
Citant des sources confidentielles, les
fonctionnaires américains rapportent que, durant les deux dernières semaines, l’Iran
a augmenté ses envois de vols cargos sur la Syrie, avec des chargements de
petites armes et de missiles antiaériens.
Deux des officiels ont ajouté que ces
livraisons sont destinées à des forces terrestres iraniennes qui s’apprêtent à
attaquer Israël.
Un représentant de haut rang de l’Administration
U.S., également cité par NBC News, a dit que, sur la liste des conflits
potentiels autour du monde, la confrontation entre Israël et l’Iran occupe la
première place.
Ce mardi matin, le ministre de la Défense
israélien, Avigdor Lieberman, a modifié ses déclarations précédentes,
déclarant, après l’intervention télévisée de Binyamin Netanyahu, que l’Etat
hébreu avait quatre problèmes, un de plus que dimanche : l’Iran, l’Iran, l’Iran
et l’hypocrisie.
"C’est le même Iran", a précisé M. Lieberman,
"que celui qui s’attaque à la liberté d’expression et aux minorités. Le
même Iran qui a tenté de développer des armes atomiques, et qui a signé l’accord
sur le nucléaire pour en retirer des avantages économiques".
Rappelons que l’Iran se place en 150ème
position de l’Indice mondial de démocratie, sur 167 pays considérés.
Attaques en Syrie, conférence de Netanyahu : le débrief (010105/18)
Le débriefing complet des attaques de
dimanche soir et des révélations de Binyamin Netanyahu, par Stéphane Juffa au
micro de Jim Mosko, dans le cadre d'une émission spéciale sur Radio Judaïca https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/1480140352096127/ (Facebook).
Au moins deux bases gouvernementales syriennes
ont été les cibles, aux alentours de 22h30 locales dimanche (21:30 à Paris), d’attaques
de missiles. Les deux objectifs, qui servaient également d’entrepôts de
munitions, ont littéralement explosé, générant des gerbes de feu visibles à des
dizaines de kilomètres, ainsi que des tremblements ayant été mesurés par les sismographes
autour de trois degrés sur l’échelle de Richter, utilisée habituellement afin
de mesurer les tremblements de Terre.
Les media syriens ont reconnu que des bases du
régime ont été victimes d’attaques.
L’objectif principal, selon les informations
que nous recueillons, est le centre militaire situé sur la colline de Salhab
[carte], qui abrite la 47ème brigade de l’Armée gouvernementale, de
même que de nombreux Gardiens de la Révolution Iranienne et des miliciens du Hezbollah
chiite libanais. [Voir une vidéo
de l’attaque sur Salhab].
Les témoins oculaires ont relaté aux reporters de la
Ména
des scènes "carrément apocalyptiques"
La seconde cible que nous
avons identifiée avec certitude est celle de Nayreb [carte], au sud-est d’Alep,
installée à l’extrémité d’un aéroport militaire.
Les rapports que nous recevons
font état de morts et de blessés par dizaines.
Aux petites heures du
matin de ce lundi, il apparaît que le régime syrien du dictateur alaouite
Bashar al Assad n’est pas encore parvenu à identifier les responsables de ces
attaques. Les accusations fusent, accusant principalement Israël, mais
également les rebelles, actifs dans les zones concernées.
D’autres sources évoquent
d’éventuelles frappes américaines, après l’attaque ce dimanche de la coalition
régime-Iran-milices chiites, soutenue par la Russie, contre quatre villages de
la région de Deïr ez-Zor situés au nord de l’Euphrate et tenus par la coalition
occidentale et les Peshmerga kurdes.
Les agresseurs ont été
repoussés de l’autre côté de l’Euphrate après quelques heures, à l’issue d’une
vigoureuse contre-attaque des Forces Démocratiques Syriennes à prééminence
kurde, probablement soutenues par l’Aviation américaine.
Les assaillants ont
abandonné de nombreux morts sur le terrain au cours de leur retraite.
Le porte-parole de l’Armée
israélienne n’a pas commenté les évènements de cette nuit en Syrie. La situation
à la frontière nord de l’Etat hébreu est normale ; aucune instruction particulière
n’a été communiquée aux habitants.
L’antisémitisme musulman ne se combat pas avec une pétition (info # 012904/18)
Une pétition contre l’antisémitisme musulman a été récemment
publiée en France. Elle dénonce les harcèlements et les agressions subis par
les Juifs français, le départ forcé de nombre d’entre eux vers Israël ou
d’autres contrées où la vie reste endurable, le déménagement hâtif vers
d’autres quartiers de ceux parmi eux qui ne veulent ou ne peuvent pas quitter
le pays. Elle désigne les coupables en évoquant l’islam radical et le gauchisme.
Elles proposent des remèdes : abroger les passages du Coran qui incitent à la
violence antijuive, créer un islam de France, faire du combat contre l’antisémitisme
musulman une “grande cause nationale”.
Les auteurs de la pétition ont sans aucun doute de la
bonne volonté, de la sincérité et du courage, mais s’ils ne se trompent pas
dans leur diagnostic, ils se trompent en proposant les remèdes qu’ils avancent.
Abroger des passages du Coran est impossible au vu de
ce qu’est le Coran, en considération de son statut et au regard de ce qu’est
l’islam. Le Coran est censé être la parole de Dieu dictée à Mohamed par Jibril
[l’Archange Gabriel], et constitue un tout dont nul Musulman ne peut retrancher
quoi que ce soit sous peine d’irtidad
(apostasie). Il y a des versets abrogés et des versets abrogeant dans le Coran,
mais nul Musulman ne peut ajouter de l’abrogation à l’abrogation stipulée dans
le Coran. Aucun verset qui n’ait été abrogé dans le Coran lui-même ne sera
abrogé par qui que ce soit. Laisser penser le contraire est semer l’illusion.
Un islam de France ne verra pas le jour, ou si
quelque chose de ce genre voit le jour, ce quelque chose ne sera qu’un
simulacre. L’islam comprend des courants, des écoles juridiques, des
subdivisions en conflit les unes avec les autres, mais il est mondial et ne
s’arrête à aucune frontière. Imaginer qu’il peut y avoir un "islam de
France" très différent de l’islam dans le monde musulman est imaginer quelque
chose qui ne peut exister et n’existera jamais, Laisser penser le contraire est
semer l’illusion, là encore.
Nous haïssons les Juifs plus que nous aimons nos
enfants
Vouloir faire du combat contre l’antisémitisme
musulman une “grande cause nationale” serait une entreprise vaine, car prétendre
remédier aux effets d’un mal sans en traiter la cause est toujours une
entreprise vouée à l’échec, et est en général aussi utile que poser un emplâtre
sur une jambe de bois.
Les auteurs de la pétition se trompent en proposant
les remèdes qu’ils énoncent parce qu’ils n’identifient pas la cause du mal.
Identifier la cause du mal impliquerait de commencer
par dire la vérité sans détour ni circonlocutions : oui, il y a effectivement
un antisémitisme musulman, mais non, il ne se limite pas à quelques passages du
Coran, mais il imprègne l’essentiel du texte, et se retrouve dans nombre de hadiths définis comme
recevables.
L’islam considère que les Juifs (et les chrétiens)
sont des mécréants et des menteurs qui ont falsifié leurs textes sacrés. Ils ne
sont, dans le monde musulman, tolérés qu’en position de dhimmi, êtres de seconde zone à traiter comme tels, et à humilier.
Dans le monde musulman, les Juifs (et les chrétiens) qui n’ont pas encore été
chassés sont en position de dhimmi,
souvent persécutés. Dans le monde non musulman, les musulmans ne peuvent échapper
à la conception musulmane des Juifs (et des chrétiens) en proposant les remèdes
miracles. Identifier la cause du mal impliquerait, de fait, de commencer par
regarder l’islam en face. Ce serait difficile, je sais, tout particulièrement dans
un pays comme la France où le nombre de musulmans est considérable, et où la
colère musulmane éclate aisément. Cela ne permettrait pas de remédier au mal,
mais cela tout de même serait un début.
Identifier la cause du mal impliquerait aussi de
regarder en face une autre source d’antisémitisme musulman : la haine d’Israël
dans le monde musulman et l’infiltration de cette haine dans le discours de la
gauche et dans les media d’information. Pour l’islam, toute terre qu’il conquiert
devient irréversiblement part du dar al
islam, territoire de l’islam. Et des dhimmi
n’ont aucune légitimité pour gouverner. La terre d’Israël a été conquise par
l’islam, et il est islamiquement inadmissible qu’un Etat non musulman y existe.
Il est a fortiori inadmissible qu’un Etat situé sur les terres du dar al-islam soit gouverné par des
Juifs. Israël est ainsi islamiquement inadmissible, et ne peut qu’être exécré
par les musulmans.
L’invention du “peuple palestinien” par la propagande
soviétique il y a cinquante ans a permis de dépeindre Israël comme un Etat
“impérialiste”, et de rallier une part notable de la gauche à la cause
islamique. Les grands media occidentaux, qui ont été contaminés par les relents
de cette propagande, sont au service de la haine d’Israël et confortent les musulmans
dans l’idée que la haine d’Israël est légitime.
Identifier la cause du mal impliquerait de commencer
par regarder en face la haine d’Israël dans le monde musulman, et
l’infiltration de cette haine dans le discours de la gauche et dans les media.
Ce serait très difficile, j’en suis conscient, tout particulièrement dans un
pays comme la France, où, outre le nombre de musulmans et leur colère qui
éclate aisément, le discours de gauche et l’information sont très imprégnés de
haine d’Israël. Cela ne permettrait pas de remédier au mal, là encore, mais ce
serait un début. Là encore.
Israël célèbre ses soixante-dix ans, et bien que je
vive très loin de l’Etat hébreu désormais, dans l’Ouest américain, c’est un
anniversaire que je célèbre comme si j’étais très près d’Israël où j’ai hâte de
revenir.
J’ai toujours eu en moi l’amour de la réussite et de
l’accomplissement, et Israël est à mes yeux l’une des plus superbes réussites
et l’un des plus extraordinaires accomplissements qu’ait connu l’humanité au
cours de la seconde moitié du vingtième siècle et de ce début de vingt et unième
siècle.
Peut-on imaginer ce qu’il a fallu d’opiniâtreté, de
courage et de détermination à ceux qui, avant que l’Etat d’Israël puisse
renaitre, ont décidé de revenir vers la terre d’Israël au cours des décennies
qui ont précédé ?
Tel-Aviv : il y a 109 ans, à cet endroit, il n’y
avait strictement que du sable
Peut-on songer sans émotion à ce qu’ont enduré les
survivants de la Shoah pour rejoindre la terre de leurs ancêtres, de leur
culture, de leur histoire, lorsqu’à peine délivrés de l’horreur nazie, ils ont
été confrontés à l’ignominie des Britannique. Ceux-ci ont tout fait pour les empêcher
de toucher terre à Haïfa et ont conduit ceux qui sortaient tout juste de camps
de la mort vers des camps de concentration construits sur l’ile de Chypre ?
Peut-on ne pas ressentir un immense respect pour ceux
qui, lorsque l’Etat d’Israël a été proclamé, ont dû résister à l’agression
haineuse de toutes les forces arabes de la région, déterminées à les exterminer
?
Certains parlent de miracle lorsqu’ils évoquent la
survie d’Israël en 1948-49. Je dois dire que je ne crois pas aux miracles. Je
crois infiniment plus au courage et à l’héroïsme, et ces deux mots qualifient
ceux qui se sont battus pour Israël à l’époque et tous ceux qui se sont battus
pour Israël depuis. Bien trop sont morts, et la veille de la célébration du soixante
dixième anniversaire d’Israël, un hommage poignant a été rendu à ceux qui sont
tombés : 20 511 soldats. Auxquels s’ajoutent 3 134 victimes du terrorisme.
Israël n’a cessé d’être en guerre depuis 1948, même
s’il y a eu des moments d’accalmie : la guerre menée contre Israël (car Israël
n’a jamais été impliqué que dans des guerres au cours desquelles il a dû se
défendre) a été la guerre menée par des armées conventionnelles, par trois
fois. Elle a été la guerre instiguée par le terrorisme le plus ignoble et le
plus lâche, et le terrorisme n’a très fortement décru en intensité que parce
qu’Israël l’a très largement vaincu. Elle a été et reste la guerre par la
propagande et la désinformation, et cette guerre-là se poursuit de manière
incessante, non seulement dans le monde musulman, mais aussi dans le monde
occidental, où tous les adeptes du ressentiment, tous les racistes, tous les
antisémites, tous les adeptes d’une forme ou d’une autre de totalitarisme, tous
les ennemis de la liberté ne cessent de déverser leur bile et leurs vomissures
contre Israël.
Malgré la guerre, les Israéliens ont bâti un pays
magnifique. La créativité israélienne fait de l’économie du pays l’une des plus
importantes sur Terre dans la plupart des secteurs clés des hautes technologies,
et une économie désormais indispensable pour le développement de la planète
entière. L’intelligence israélienne fait qu’existent en Israël des lieux de
recherche de pointe qui ont peu d’équivalents ailleurs, tel le Technion. La
confiance en l’avenir du peuple israélien en fait l’un des rares pays développés
où la natalité est positive, et même très positive (3,09 enfants par femme). La
croissance en Israël est supérieure à 4 pour cent (elle est en France de 1,2
pour cent). Le produit intérieur brut par tête d’Israël dépasse les 37 000
dollars. Israël avance à grands pas vers l’indépendance énergétique et
l’atteindra, selon toutes les prévisions disponibles, en 2020.
Malgré la guerre, Israël est un pays démocratiquement
exemplaire, où la liberté de parole est plus grande et plus respectée que dans
la plupart des pays d’Europe, et équivalente à celle que garantit le Premier
amendement aux Etats-Unis.
Tout n’est pas parfait, car la perfection n’existe pas.
Il y a de la pauvreté en Israël : si l’effort de guerre n’était pas aussi
coûteux (vingt pour cent du budget du pays), il y en aurait sans aucun doute beaucoup
moins.
Israël reste entouré d’ennemis, même si la volonté
hégémonique de l’Iran conduit d’anciens pays hostiles à se rapprocher d’Israël ;
et si Israël pouvait vivre en paix, Israël connaîtrait une prospérité bien plus
grande encore.
L’Etat d’Israël et ses habitants
ont fêté cette semaine comme il se devait le 70ème anniversaire de
leur indépendance. Alors que les télégrammes de vœux et de félicitations ont
fusé vers Jérusalem, capitale de l’Etat hébreu, Paris a décidé de rester
muette. Ce n’est certes pas un silence d’une grande élégance, mais ce n’était
rien encore face au déchaînement hostile des media tricolores, ressortant les
images d’Epinal cent fois ressassées, trempées dans un antisémitisme de moins
en moins discret, agrémenté de mensonges à charge. Ils forment désormais la
tradition de cette presse qui, dans le cas d’Israël, exprime sa détestation
pratiquement à l’unisson et en toute occasion. Pour ne rien arranger, le
Président Macron a ajouté sa touche d’indignité personnelle à cette putrescence
de printemps, dans laquelle son ministère des Affaires Etrangères se roule avec
délectation.
Au-delà du phénomène d’exécration
générale à notre encontre, ces manifestations de haine, parce qu’elles
s’inspirent d’une propagande systémique tendant à présenter Israël, et donc les
Juifs, comme des éléments néfastes de la Planète, parce qu’elles émanent des
faiseurs d’opinion de la société française et de ses responsables politiques,
et parce qu’elles sont à répétition, constituent un appel insensé à la haine et
à la violence.
Au vu de ce que nous avons
observé cette semaine, une constatation s’impose : l’Etat français et son
intelligentsia n’éprouvent strictement aucune sympathie pour ceux d’Israël, et
ceux qui parlent d’amitié sont soit naïfs, soit malhonnêtes, soit désinformés.
Afin de ne pas m’égarer dans une
multitude d’exemples, je vais me concentrer sur l’article
d’opinion – on ne peut décemment pas nommer cela une dépêche – produit
mercredi dernier par l’agence d’information publique de l’Hexagone, l’AFP.
Ce texte est significatif, car il a évidemment été repris tel quel par une
foultitude de titres de presse (ici l’Express) ; mais ceux qui ne
se sont pas contentés du copié-collé habituel y sont allés de leurs propres injuries,
à l’instar de Libération, qui consacrait toute sa première page à une
photo montrant deux soldats de Tsahal, écrasés de fatigue, ce qui leur donnait
un air dépressif, devant un magasin de fleurs décoré de petits drapeaux
nationaux. Y figurait le titre on ne peut plus explicite du dossier développé en
pages intérieures : "ISRAEL AMER ANNIVERSAIRE". Et l’article, signé
Laurent Joffrin, le directeur de la rédaction, s’étale sur deux pages, avec un autre titre
prometteur : "Israël La démocratie étiolée". Ce papier est un
ramassis de toutes les critiques génériques que j’ai données en avant-propos.
Il est illisible tant la malveillance dégouline de tous ses paragraphes, pire
encore que le câblogramme de l’Agence France Presse, sans doute parce
que plus long.
Jaloux ?
Ceux qui sont abonnés à Libé
– je sais qu’il en existe encore quelques-uns -, peuvent consulter ce texte,
les autres ont le loisir de se l’acheter (chacun fait ce qu’il veut avec son
argent). Ce quotidien, qui ne survivrait pas sans les subsides de l’Etat à
coups de millions, est co-contrôlé par le franco-israélien Patrick Drahi, avec
la participation au capital de Patrick Benbasat, Michaël Benamou et de la
famille Gerbi.
Quant au télégramme de l’AFP,
il ne commence pas bien : "Israël a fêté mercredi son 70e
anniversaire en brandissant sa puissance militaire et son improbable réussite
économique face aux menaces régionales renouvelées et aux incertitudes
intérieures".
D’abord, parce qu’affirmer
qu’Israël a brandi sa puissance militaire à l’occasion de la commémoration de
son anniversaire n’est pas uniquement une contrevérité, c’est également une
transgression d’icelle. Car durant toute les cérémonies officielles de
mercredi, en matière de brandissement de puissance militaire, on n’a pas vu un
soldat armé, j’écris bien : pas un seul soldat portant un fusil ou même un
révolver, pas un char d’assaut, pas un canon, pas un missile, etc.
Imaginez le défilé du 14 juillet
uniquement avec des jeunes filles chantant et dansant sur des musiques de paix
et d’amour, et des militaires effectuant des figures géométriques avec des
drapeaux sur une esplanade.
Nous sommes d’entrée en présence
d’une tentative de fausser le sens qu’Israël a donné à ces cérémonies :
pour l’AFP, ce fut une démonstration de sa force armée, en vérité, ce fut
précisément le contraire.
Ensuite, dans brandir son
"improbable" réussite économique, il y a un mot qui n’est pas à sa
place ! "Improbable", signifie "qui a peu de chance de se
produire", ou, par extension, "à laquelle on peut difficilement
croire".
Or on ne peut pas, lorsque l’on
est l’agence officielle représentant le point de vue d’un Etat, jeter ainsi des
mots sans se soucier de leur sens : cela signifie, au choix, qu’Israël
avait peu de chances de parvenir à de tels résultats (pour la nation high-tech,
cela nécessite assurément quelque explication), ou qu’Israël et les organismes
financiers internationaux ne disent pas la vérité lorsqu’ils publient les
résultats économiques d’Israël (cela réclame démonstration), ou encore, mais
cela, je n’ose pas même y penser, que les Juifs seraient incapables d’obtenir
d’aussi bons résultats, mais là, franchement… je ne vois pas. Fin de la liste
des choix possibles : soit le mec qui a rédigé ce pamphlet n’est pas de
langue maternelle française, soit, cherchant par tous les moyens à noircir
Israël, il en a un peu trop fait.
Ce qui est improbable, c’est
qu’Israël, pays en guerre depuis sa renaissance, fondé sur du sable il y a 70
ans, sur le rythme de son exercice du premier trimestre 2018 va atteindre les 4.2
pour cent de croissance annuelle, soit plus de deux fois celui auquel la France
ne peut que rêver. Que le PIB par habitant prévu est de 43 758 dollars (c’est
moi qui ai effectué le calcul), contre 42 850 dollars à la France. Ce qui
signifie en clair que le niveau de vie et du pouvoir d'achat des Israéliens
sont supérieurs à ceux des Français. Encore plus simplement : que l’Israélien
de 2018 est plus riche que le Français.
Sans compter que le solde
commercial d’Israël, ce qui mesure la différence entre les ventes de
marchandises (exportations) et les achats (importations) d’un pays, sera
bénéficiaire en 2018, de l’ordre de 13 milliards de dollars, tandis que celui
de la France sera à nouveau déficitaire, avec un déficit prévu de 14 milliards
de dollars au mieux.
Vous parlez d’un amer
anniversaire et… inquiet !
Autre sujet purulent qu’il
convient de dévoiler et de purger pour notre anniversaire (happy birthday
to you !) : l’Iran. Selon la dépêche de l’AFP, "(…) Israël
comme le royaume saoudien voit en l'Iran une grave menace. Israël agite
régulièrement le spectre d'une attaque de l'Iran (…)".
Un spectre, c’est quelque chose
d’effrayant qui, par définition, n’existe pas. Ce qui fait qu’Israël, à en
croire les préposés de l’agence d’information du gouvernement tricolore :
brandirait (à nouveau) la fausse idée que l’Iran se préparerait à l’agresser,
comme instrument abusif de sa politique internationale.
Alors, n’écoutons pas ces
pyromanes de Juifs et fions-nous à l’agence iranienne d’information Mehr
(fars. : affection – je ne rigole pas !), qui reproduisait les propos
tenus mardi par le Commandant des Forces terrestres iraniennes, le
Brigadier-Général Kiumars Heidari : "La date pour la destruction
d’Israël (et de 8.5 millions d’Israéliens !) a été programmée". Ou
ceux d’Hossein Salami, hier (vendredi), le no.2 du Corps des Gardiens de la
Révolution Islamique d’Iran : "Après l’attaque iranienne, les
Israéliens ne pourront pas courir vers d’autre endroit que la mer !".
Bien l’AFP ! Non
contente de cacher à l’opinion française que l’Iran menace l’Etat hébreu de
génocide, elle accuse Israël de fabriquer cette information à des fins de
propagande. Notons aussi que l’agence française, à l’instar de la presse de ce
pays, sont très discrètes concernant les exactions commises quotidiennement en
Perse, notamment les exécutions capitales publiques, d’innocents, de femmes,
d’opposants, d’homosexuels et de membres des minorités ethniques et religieuses,
par pendaison (étranglement jusqu’à ce que mort s’ensuive), peloton
d’exécution, lapidation et précipitation depuis un toit ou une falaise. On ne peut
évidemment pas désirer à la fois leur vendre des Airbus et raconter ce qui s’y
passe. L’Iran est officiellement le second exécuteur après la Chine, mais
certains militants iraniens nous affirment qu’en chiffres réels, il est le
premier.
Imaginez un instant que les
propos d’Heidari et de Salami soient dirigés contre la France, et que la Ména
(par exemple) affirme, le 14 juillet, que Paris "agite régulièrement le
spectre d'une attaque de l'Iran" ! Ou même, qu’Israël maintienne des
relations diplomatiques et commerciales avec un régime qui a fixé la date
d’éradication de la France ! Las, de quelle sorte d’amitié
parlez-vous ?
Plus avant, dans la
"dépêche" de l’AFP : "Mais en février, Israël a
admis pour la première fois avoir frappé des cibles iraniennes après l'intrusion
d'un drone iranien dans son espace aérien".
Encore un minuscule oubli :
le drone en question était bourré à ras bord d’explosifs et se préparait à
faire un carnage en Israël. Les faits ont été démontrés preuves à l’appui.
La différence ? Faute de publier
l’information complète, le lecteur peut s’imaginer qu’il s’agissait d’un drone
de reconnaissance, donc inoffensif. Ce qui fait que la riposte de Tsahal
pourrait paraître disproportionnée. Alors que face à une tentative avérée de
carnage, l’agression est clairement iranienne, et la réplique israélienne
participe donc de la plus évidente légitime défense. C’est ainsi Téhéran et non
Jérusalem qui est responsable du premier acte de guerre direct entre les deux
pays. La désinformation par omission intentionnelle peut faire croire n’importe
quoi !
Encore, dans le même
câblogramme : "Cependant, Israël accuse parmi les plus fortes
inégalités des pays développés. L'avenir du Premier ministre, englué dans les
affaires de corruption présumée, est incertain".
Hum… S’il y a de grandes inégalités,
c’est parce que les 15 pour cent des personnes actives dans le secteur de la
high-tech gagnent extrêmement bien leur vie. D’où la croissance, la balance
commerciale excédentaire, l’attrait d’Israël pour les capitaux étrangers. Les
activités économiques classiques, l’industrie et le commerce traditionnels, ne
peuvent absolument pas concurrencer les profits réalisés par la "nation
start-up", ce qui pose effectivement un problème au niveau des inégalités
sociales. Mais la question plus intéressante consisterait à se demander quelle
est la situation économique des classes modestes en Israël. Ou, pour pousser le
bouchon un peu plus loin : où est-il moins pénible d’être pauvre, en
Israël ou en France ?
Le Président Macron était à
Saint-Dié, dans les Vosges, mercredi, pour serrer des mains. Il a été accueilli
aux cris de : "Président des riches !". Un homme dans la
foule : "Ici, il y a plein de vieux qui sont pauvres, et vous leur
prenez encore de l’argent !", faisant allusion à la hausse de la CSG
pour les retraités. Un autre, de 61 ans, a fait un doigt d’honneur au passage
de Macron. Il risque six mois de prison et 7 500 euros d’amende. De quoi
l’aider à boucler ses fins de mois.
Dans le classement du bonheur
par pays publié chaque année par l’ONU, en 2017, Israël arrivait au 11ème
rang mondial. Loin devant la France 31ème, et même devant les
Etats-Unis, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Voilà, je pense, articulé sur des
critères scientifiques, qui répond à l’interrogation sur la situation
économique des moins favorisés. D’ailleurs, un petit tour dans les rues de
Paris et de Tel-Aviv suffisent pour répondre à cette question mieux même que le
recours aux statistiques. Il faudrait avoir de la buée dans les yeux pour ne
pas le reconnaître.
Quant au 70ème anniversaire,
ce n’était pas celui de M. Netanyahu mais celui de tout un pays heureux. Si le
Premier ministre est reconnu coupable des accusations portées contre lui par le
parquet, il sera puni corrélativement. S’il est innocent, il ira son chemin. Il
en va ainsi dans un Etat de droit, d’autres Premiers ministres et même un
président en ont fait l’expérience en étant envoyés en prison. C’est exemplaire
dans n’importe quel pays du monde, mais ce n’est pas ce qui nous fera déroger au
principe d’innocence. Et ce n’est assurément pas ce qui a empêché les
Israéliens de faire la fête mercredi et jeudi.
AFP : L'anniversaire
d'Israël coïncide avec "la marche du retour", mouvement organisé
depuis le 30 mars dans la bande de Gaza, territoire palestinien soumis au
blocus israélien.
Naan. Autre mensonge destiné à
la démonisation orchestrée d’Israël : l’Etat hébreu ne soumet pas Gaza à
un blocus, c’est à la fois une contrevérité et une ineptie. Parce qu’on ne peut
soumettre un territoire que l’on n’encercle pas à un blocus, c’est matériellement
impossible. Et Gaza possède une frontière de 14km avec l’Egypte, principal pays
de la Ligue Arabe et qui en assume presque toujours la présidence. Même Piotr
Smolar, qui n’a jamais été soupçonné d’amour exagéré pour la nation d’Israël, a
modifié sa formule après notre mise au point. Le blocus de Gaza est imposé par
Israël et par l’Egypte. Mais un blocus ne se mesurant pas au mètre de frontière
– il suffit d’une route ouverte pour qu’il n’existe pas ! – demandez donc
à M. al Sissi de le lever. Et, en passant, pourquoi il se sent contraint de
limiter les échanges avec Gaza (c’est bien plus adapté que le concept de blocus
dans la situation qui prévaut avec la bande côtière).
En ce qui nous concerne, nous ne
pouvons pas avoir des relations normales avec un régime, celui du Hamas, qui
refuse jusqu’au principe de vivre un jour en paix avec nous et qui œuvre, avec
ses moyens, à notre éradication. Ce qui n’empêche pas que nous traitions les
malades de Gaza par dizaines de milliers dans nos hôpitaux et que nous
fournissons quotidiennement tout l’approvisionnement dont Gaza a besoin par le
point de transit de Kerem Shalom, du moins lorsque les Palestiniens ne le
bombardent pas. Il n’existe aucune pénurie à Gaza, sûrement pas de pneus.
Quant à l'anniversaire d'Israël,
il ne coïncide avec "la marche du retour" que parce que cela a été précisément
décidé par le Hamas. Pas par le hasard du calendrier… cornards ! C’est la
première fois je crois qu’un gouvernement finance ses administrés pour aller se
faire intentionnellement tuer en s’attaquant à la frontière entre la bande et Israël,
à raison de 3 000 dollars par volontaire au suicide. Il est évident pour tout
le monde que si le Hamas le décidait, personne ne perdrait plus la vie dans ces
émeutes. Les Gazaouis peuvent même manifester à 100 mètres de la barrière. Avec
des banderoles et des revendications, pas des cocktails Molotov, des pneus
enflammés, des frondes, des Kalachnikov et des bombes.
Nous appliquons le principe de
la défense territoriale et ne sommes en aucun cas les agresseurs dans cette
affaire. Nous avons aussi pour habitude de ne pas risquer que les membres de
nos forces de sécurité se fassent brûler vifs par des émeutiers, ni même
molester. Autre lieu, autres mœurs. Ils ont essayé de nous adresser des
milliers de roquettes, cela n’a pas réussi. De creuser des tunnels afin de
porter la mort dans nos villages, ça n’a pas marché. Maintenant, ils jouent la
victimisation à outrance, en instrumentalisant la mort de leurs administrés et
de leurs miliciens contre nos grillages, ça ne va pas le faire non plus.
Et l’AFP et les media
français les y encouragent en entretenant artificiellement, contre toute
évidence, la confusion entre manifestations pacifiques et émeutes sanglantes.
En tenant le compte des morts et en publiant les détails sur leurs identités,
mais sans jamais préciser la fonction connue des miliciens d’Ezzedine al Qassam
[l’expression armée du Hamas](cela aussi, c’est de la propagande à charge
contre Israël) qui en constituent pourtant les deux tiers. C’est surtout votre
problème.
A suivre… La seconde partie, qui
sera diffusée cette semaine, sera réservée dans sa totalité aux abonnés en
règle de la Ména
Mueller contre Horowitz : les enquêtes dont dépendent les élections américaines (info # 011704/18)
La situation
politique américaine est, en ce moment, particulièrement confuse.
D’une part, la
popularité du président a régulièrement augmenté depuis le début de l’année
2018 : alors qu’il était à moins de 40% en janvier, un récent sondage Rasmussen place son taux d’approbation à
50%, tandis que d’autres sondeurs le voient plafonner autour de 42%. Ceux des
Américains qui haïssent Trump n’ont rien perdu de leur pugnacité. Mais les bons
résultats de la croissance, la déréglementation de l’économie et de relatifs
succès en politique internationale (extermination de Daesh, annonce de la Corée
du Sud qu’elle est prête à discuter de sa dénucléarisation, fermeté commerciale
avec la Chine) ont rehaussé l’image du président dans l’électorat centriste ou
indépendant.
D’autre part, les
sondages rendent les Démocrates très optimistes pour les élections au Congrès
de novembre prochain. A la Chambre des Représentants, les Républicains, qui
disposent aujourd’hui de 239 sièges sur 435, devraient en perdre entre 20 (ce
qui leur conserverait une majorité réduite) et 35, donnant la majorité aux
Démocrates. Au Sénat, la situation actuelle est extrêmement serrée (51
Républicains contre 49 sénateurs Démocrates) : les sondages sont
incertains, mais si une vague Démocrate est confirmée, elle pourrait aisément
faire perdre au parti du président les deux chambres.
Il faut cependant
souligner que ces prévisions reposent entièrement sur les hypothèses de
participation au vote – des hypothèses confirmées par toutes les élections
partielles qui ont eu lieu depuis un an. Sur 435 sièges à la Chambre, 30
montrent des sondages « bruts », trop serrés pour être directement
utilisables. Les modèles prédisent une victoire Démocrate parce qu’ils
intègrent une hypothèse essentielle : celle qui veut que les électeurs de
Trump seront moins motivés en novembre pour se rendre aux urnes que ne le
seront leurs adversaires. Les jeunes électeurs, dont le taux de participation
est traditionnellement faible, pourraient notamment être plus présents cette
fois : c’est principalement dans ce but que le thème du contrôle des armes
à feu est mis en avant de manière aussi insistante par l’appareil Démocrate. A
l’inverse, les partisans de Trump pourraient être découragés par la publicité
négative constante que la majorité de la presse fait au président.
Parmi les
événements des prochains mois qui pourraient influencer la tendance de chacun
des deux camps à aller voter figurent les annonces probables de deux enquêtes
judiciaires en cours. Contre Trump, l’enquête du procureur spécial Mueller, qui
tourne en rond depuis maintenant près d’un an mais vient peut-être de trouver
enfin un sujet sérieux à se mettre sous la dent. Contre l’appareil Démocrate,
une autre enquête, dont la presse parle moins, mais dont les résultats
pourraient être dévastateurs : celle de l’inspecteur général du FBI,
Michael Horowitz, sur le comportement du FBI pendant la préparation des
élections de 2016. En fonction de ce qui sortira de ces deux enquêtes dans les
6 mois et demi qui nous séparent des élections, la motivation de chacun des
deux camps – et donc le résultat final – pourraient être significativement
modifiés dans un sens ou dans l’autre.
L’enquête
Mueller, d’abord. Initialement nommé pour enquêter sur l’existence d’une
collusion entre la campagne Trump et la Russie pour influencer le résultat de
l’élection présidentielle de 2016, l’ancien patron du FBI, Robert Mueller n’a,
après près d’un an, rigoureusement rien trouvé sur ce chapitre. Tout le
discours d’une collusion entre Trump et la Russie est, du reste, en train de
s’effondrer. Si la Russie avait vraiment les preuves d’une compromission de
Trump, on pourrait imaginer qu’après le bombardement des alliés russes en Syrie
par l’Armée américaine, le moment serait venu de les produire.
N’ayant rien
trouvé sur ce terrain, Mueller a ensuite laissé courir le bruit que Trump
pourrait s’être rendu coupable d’obstruction à la justice. Malheureusement, les
indices d’obstruction qui ont été longuement commentés par la presse au début
de cette année ne passaient pas le test le plus élémentaire de cohérence
juridique. Trump aurait, selon le témoignage de James Comey (l’ancien directeur
du FBI licencié par Trump en mai dernier) exigé de sa part une loyauté
personnelle et exprimé l’espoir que les poursuites contre le Général Flynn, son
ancien conseiller pour la sécurité nationale, n’aboutiraient à rien. Le
limogeage ultérieur de Comey serait, lui aussi, le signe d’une volonté
d’empêcher la justice de suivre son cours.
Tout cela fait de
la bonne presse, mais ne résiste pas une seconde à l’analyse juridique. Le
président a le pouvoir constitutionnel de révoquer les plus hauts
fonctionnaires et n’a pas à donner de raison à cette décision. Exprimer un
espoir n’est pas donner une instruction. De plus, en l’absence d’enregistrements
ou d’écrits, ce que raconte James Comey ne peut pas plus avoir force de preuve
que les racontars de tout autre salarié remercié.
Récemment encore,
Mueller semblait presque certainement destiné à devoir se contenter de proies
mineures – autant Démocrates que Républicaines – attrapées à l’occasion de son
enquête pour des délits anciens qui n’avaient rien à voir ni avec la Russie, ni
avec la campagne de 2016. Depuis deux semaines cependant, il a lancé une
troisième piste à son enquête. Il est impossible de dire à ce stade si cette
piste réussira ou non, mais ses chances de succès semblent plus solides que les
deux premières.
Le 9 mai dernier,
les agents du FBI, sur requête de Robert Mueller dûment validée par un juge,
ont saisi l’ensemble des documents de Michael Cohen, l’un des principaux
avocats de Trump. Cette tactique peut sembler curieuse quand on sait que le
droit américain reconnaît un « privilège » aux échanges entre un
justiciable et son avocat : ces échanges ne peuvent le plus souvent pas être
utilisés dans le cadre d’un procès, encore moins servir pour l’incrimination.
Michael Cohen,
le Républicain qui peut faire tomber Trump…
Mais il va de soi
que Mueller sait cela parfaitement. S’il a néanmoins choisi de s’en prendre à
Cohen, c’est soit pour faire tomber Mueller lui-même sur d’autres affaires et, par-là,
priver Trump d’un avocat efficace (Cohen a une longue histoire, sans lien avec
la campagne de 2016, de relations d’affaires avec l’Ukraine), soit parce qu’il
espère que certaines communications tomberont dans le cadre des exceptions au
« privilège avocat-client ». La principale de ces exceptions est
qu’on ne peut pas arguer de ce privilège si des documents ont été échangés
entre un client et son avocat dans le but spécifique de dissimuler une fraude.
Mueller a laissé
fuiter que l’objet de ses recherches concernerait « un complot pour se
servir de moyens frauduleux pour faire taire des sources d’informations
potentiellement compromettantes ». En clair, Trump et Cohen se seraient
mis d’accord pour verser des sommes d’argent, et peut-être pour menacer, des
femmes qui souhaitaient parler de relations sexuelles anciennes avec Trump.
Ce qui rend la
tâche de Mueller plus difficile est que de tels accords de confidentialité ne
sont, en eux-mêmes, pas illégaux. Là où le droit commencerait à s’y intéresser,
ce serait s’ils avaient été obtenus de manière frauduleuse ou accompagnés de
menace – et si Mueller pouvait prouver que Trump avait été au courant.
Plusieurs
histoires confirment la tendance de Cohen à s’exprimer en termes vaguement menaçants
– ce qui ne deviendrait un problème que si ces menaces étaient devenues plus
précises et si Trump y avait joué un rôle. Sur ce dernier point, les chances de
succès de Mueller sont à peu près nulles, mais il pourrait au moins avoir la
satisfaction de faire tomber Cohen lui-même.
Quant à la
possibilité de fraude, Mueller a déjà laissé fuiter qu’il trouvait étrange que
presque toutes les femmes concernées aient eu le même avocat, Keith Davidson. En
clair, le procureur spécial espère découvrir des preuves que Cohen et Davidson
– et, il espère, Trump – étaient de mèche pour faire taire les dames.
Mueller est
encore loin d’avoir prouvé sa thèse et l’hypothèse la plus probable reste qu’il
n’y parviendra jamais. Trump ne serait pas parvenu là où il est s’il n’avait
pas un caractère d’une immense prudence. Mais chaque grand dirigeant politique,
sans exception, doit s’appuyer au quotidien sur des « porte-pistolet »
moins scrupuleux, qui font eux-mêmes preuve de beaucoup moins de prudence. Les
chances de trouver un document compromettant dans les archives de Michael Cohen
sont donc bien plus élevées que si Mueller s’en était pris aux documents de
Trump lui-même.
Si cette dernière
tentative de Mueller, contrairement aux précédentes, devait réussir – et réussir
avant les élections de novembre – les chances de succès des Démocrates
deviendraient une quasi-certitude... A moins qu’ils ne soient eux-mêmes
rattrapés par une autre enquête, celle que conduit en ce moment l’inspecteur
général du FBI, Michael Horowitz.
… et Michael
Horowitz, le Démocrate qui peut le sauver
Depuis le 12
janvier dernier, Horowitz enquête sur les conditions dans lesquelles le
précédent directeur du FBI, James Comey, a exonéré, le 5 juillet 2016, la
candidate Hillary Clinton de toute poursuite pour avoir illégalement fait
transiter, lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat (ministre des Affaires Etrangères
des Etats-Unis), des informations confidentielles sur un serveur privé installé
dans sa maison de campagne et ouvert à tous les piratages internationaux. Il
enquête aussi sur l’origine illégale des décisions d’enquête du FBI contre la
campagne Trump et sur des fuites venues des plus hauts responsables de
l’agence.
Autant la
recherche d’un fait précis à imputer au Président Trump est ardue et, pour
l’instant du moins, stérile, autant la délinquance au sein du FBI Démocrate
dans les dernières années de la présidence Obama était explicite et facile à
comprendre. James Comey avait rédigé sa décision d’exonération d’Hillary
Clinton avant même qu’elle ne soit interrogée. Cette interrogatoire, contre
toutes les procédures, a eu lieu sans que la moindre note ne soit prise. Plus
tard, le FBI a lancé contre des conseillers de Trump des écoutes motivées par le
« rapport Steele », commandé et payé par la campagne Clinton. Initialement
maintenu à son poste par Trump, Comey ne lui a jamais révélé l’origine de ce
rapport alors qu’il en était lui-même parfaitement informé. Enfin, Comey a
avoué avoir fait fuiter des informations confidentielles – celles contenues
dans le rapport Steele, dont il connaissait pourtant l’origine frauduleuse – ce
qui est en soi une raison suffisante pour l’envoyer derrière les barreaux pour
de longues années.
La plupart des analyses des frappes effectuées par
les Etats-Unis, la France et le Royaume Uni contre des sites syriens publiées
en France étant très lacunaires, et souvent gravement fausses ou ineptes, il importe
de préciser l’essentiel :
1. C’est bien l’Armée syrienne qui a, une nouvelle
fois, utilisé des armes chimiques. C’est établi. Les services de renseignement
américains, israéliens, français, britanniques savent parfaitement ce que fait
l’Armée syrienne. Que la propagande russe puisse faire douter certains montre
que celle-ci est efficace et que l’ère des idiots utiles et des compagnons de
route n’est pas révolue. Qu’il y ait des idiots utiles et des compagnons de
route dans quasiment tous les partis politiques et tous les media français est
préoccupant.
2. Les motivations de Bachar al Assad n’importent
pas, mais le fait qu’il ait utilisé des armes chimiques n’est en rien
surprenant. Il a utilisé plusieurs fois des armes chimiques dans le passé. Il
disposait, jusqu’aux frappes, d’un stock utilisable. Il sait que les armes
chimiques ont une efficacité certaine en termes de dissuasion (les islamistes
assiégés se sont rendus immédiatement après l’attaque chimique). Il se sait
soutenu par la Russie et l’Iran. Il est d’ores et déjà un criminel contre
l’humanité et ne risquait pas beaucoup d’aggraver son cas. Il est, hélas,
assuré de rester au pouvoir à Damas, et les frappes n’ont pas été conçues pour
le déloger. S’il a fait un calcul avantage-coûts, il n’a sans doute pas estimé
que les coûts seraient supérieurs aux avantages. Comme l’a dit Nikki Haley [l’ambassadrice
des Etats-Unis à l’ONU. Ndlr.] hier, le régime syrien a utilisé des armes
chimiques au moins cinquante fois depuis 2011, et une fois de plus n’est, en
soi, qu’une fois de plus. Imaginer que Bachar al Assad est autre chose qu’un
criminel contre l’humanité est, de la part de ceux qui imaginent, consternant.
Le croiseur lance-missiles USS Monterey lançant
un Tomahawk, très tôt dans la matinée de samedi
3. Les frappes ont été limitées, très ciblées, mais
très utiles, Elles ne changeront pas le cours de la guerre, mais elles
rappellent sans ambiguïté que l’usage d’armes non conventionnelles est prohibé.
C’est un message adressé à quiconque entendrait utiliser des armes non
conventionnelles dans le futur proche, et le message s’adresse, au-delà du
régime Assad, tant à la Russie qu’à l’Iran, à la Turquie ou aux groupes
terroristes islamiques. Les frappes montrent aussi que, lorsque
l’administration Trump trace une ligne rouge en disant qu’elle ne doit pas être
dépassée, l’administration Trump veille
à ce que la ligne rouge ne soit pas dépassée, et agit si nécessaire. Le
message, là, est adressé à tous les régimes qui pourraient envisager de
dépasser une ligne rouge tracée par l’administration Trump.
4. Les frappes n’ont pas seulement détruit les stocks
d’armes chimiques dont disposait encore l’Armée syrienne. Elles ont aussi
détruit, à Damas, un “Centre d'études et de recherches scientifiques” qui était
en réalité un lieu de conception, d’élaboration et de fabrication d’armes
chimiques connu depuis longtemps, et qualifié par des journalistes aux
Etats-Unis de “laboratoire infernal”. Ce lieu aurait dû être détruit et fermé
depuis longtemps. Il n’existe plus, et c’est un bienfait pour toute la région.
5. La guerre en Syrie n’est pas du tout achevée. Les
frappes ne permettront pas de la terminer plus vite. Elles n’en changeront pas
le cours. Elles constituent néanmoins un très net avertissement. Les Etats-Unis
veillent sur ce qui se passe. Ils ne peuvent imposer une solution de rechange
au régime Assad. Mais ils placent le régime Assad sous étroite surveillance, en
sachant et en disant que c’est un régime abominable. Ils ne peuvent chasser
l’Iran et la Russie du territoire syrien, et ne le pourraient qu’au prix d’une
conflagration susceptible de devenir une guerre mondiale, mais ils placent
aussi les activités de l’Iran et de la Russie sous étroite surveillance, et
disent que s’ils doivent tracer des lignes rouges à l’avenir, il sera impératif
qu’elles ne soient pas dépassées. Au vu des intentions maléfiques de l’Iran à
l’encontre d’Israël, l’avertissement était d’une importance extrême.
Samedi soir, la plus grande base militaire iranienne
en Syrie, située à Jabal Azzan (ara. : la montagne d’Azzan) [carte] a subi
plusieurs violentes explosions.
La base est censée abriter le plus important
stock de munitions iranien en Syrie.
Il y a de nombreuses victimes dont des
officiers iraniens.
Des témoins oculaires affirment avoir vu des
avions israéliens bombarder la position, d’autres prétendent qu’elle a été
prise pour cible par un missile. Quant au Hezbollah, s’il confirme l’information,
il déclare que l’explosion est accidentelle et qu’il s’agit d’une "fake
news" destinée à relever le moral des Occidentaux suite à "l’échec de
leur opération samedi matin".
Une photographie de l’explosion
Selon la chaîne qatarie al Jazeera, 4
autres positions de l’Armée gouvernementale syrienne et de ses alliés iraniens
auraient été simultanément attaquées dans la région de Deïr ez-Zor, à l’est de
la Syrie, par des appareils non identifiés.
Le porte-parole de Tsahal s’est refusé à
commenter l’information.
Vers 4h ce matin (samedi), les USA, la
France et la Grande-Bretagne ont attaqué plusieurs objectifs sur le sol syrien,
à partir des airs et de navires de guerre. Les raids ont duré 70 minutes et 103
missiles ont été tirés.
Les Français et les Britanniques ont
visé deux objectifs dans la proximité de la ville de Hadida, à 28km à l’ouest
de Homs [carte]. Les cibles étaient une usine de fabrication d’armes chimiques
et un site de stockage.
Les Américains s’en sont pris à
plusieurs cibles exclusivement dans la région de Damas et de sa banlieue.
Les Anglais ont utilisé 4
chasseurs-bombardiers Tornado GR-4 qui ont décollé de leur base d’Akrotiri sur
l’île de Chypre. Ils ont lancé 8 missiles de type Storm Shadow [ang. :
ombre de tempête] à proximité immédiate de leur base cypriote. Lesdits missiles
qui ont une portée de 560km en ont parcouru environ 300 à une vitesse de
800km/h. Ils possèdent une charge utile de 400kg.
Les Français ont impliqué 5 Rafales, 3
Mirages 2000 en couverture, 6 avions ravitailleurs et deux AWACS de
surveillance aérienne. Les chasseurs-bombardiers ont décollé de la base de
Saint-Dizier, dans l’est de l’Hexagone, ils ont dû parcourir une distance que
nous estimons à 2 800km et procéder à plusieurs avitaillements en route. La
fréquence élevée des avitaillements a été rendue nécessaire par le fait que
chaque Rafale transportait deux missiles de type SCALP (Système de Croisière
Autonome à Longue Portée), ce qui a réduit leur capacité d’emport de réservoirs
auxiliaires.
Le SCALP est le nom français des Storm
Shadow, il s’agit du même missile, d’un coût unitaire d’environ 900 000 euros.
Les Rafales ont tiré 9 missiles, sans doute entre l’île de Chypre et la côte
syrienne, plus près de Chypre afin de ne pas provoquer les Russes qui disposent
d’une importante base aérienne à Lattaquié, sur le parcours du raid.
Trois autres missiles français ont été
lancés depuis une ou plusieurs FREMM, des "frégates multimissions".
Nous pensons que les trois projectiles sont tous partis de la frégate Aquitaine
qui se trouve sur zone depuis plusieurs semaines.
Les 3 engins étaient des MDCN, soit
des Missiles De Croisière Navals, autrefois appelés SCALP navals. Les MDCN ont
une portée de 1 000km et une charge utile de 250kg. L’Aquitaine a la capacité
d’emporter 16 de ces armes qui valent 2.7 millions d’euros pièce.
Le lancement de l’un des MDCN sur l’Aquitaine
Les Américains n’ont pas donné de
détails sur les 83 missiles qu’ils ont employés, mais il existe une haute
probabilité qu’il se soit agi de missiles de croisière Tomahawks de divers
modèles. Les Tomahawks disposent d’une portée variant entre 1 300 et 2 500km et
une charge utile de 450kg. Leur vitesse à 30m du sol dépasse les 900km/h mais
il en existe également une version récente supersonique pouvant atteindre 3
000km/h. C’est peut-être à ceux-ci que faisait allusion le Président Trump
lorsqu’il évoquait des missiles "nouveaux et intelligents". Ils
coûtent 1.54 millions euros pièce.
Les missiles U.S. ont frappé le mal
nommé "Centre de Recherche et d’Information de Jamraya", situé à 6km
au nord-ouest de Damas, à proximité de la banlieue de Qudssaya. Le centre en
question se trouve par ailleurs à moins de 5km du palais présidentiel de Bashar
al Assad, et à 68km au nord-est de Métula.
Les Israéliens avaient déjà attaqué Jamraya
à deux reprises récemment, en décembre 2017 et le 7 février de cette année. Ces
raids avaient fait l’objet de comptes rendus précis de la Ména [voir "Israël
refrappe un objectif iranien à proximité du palais de Bashar al Assad (info #
010702/18)" sur le site de la Ména www.menapress.org].
On se demande d’ailleurs ce qu’il
restait à détruire sur ce site après la dernière attaque israélienne.Les Israéliens utilisent principalement des
missiles de fabrication domestique de la classe Popeye. Parmi ceux-ci le Popeye
ALCM présente des caractéristiques génériques proches du SCAL/Storm Shadow.
Le Khe’l Avir (l’Armée de l’Air
israélienne) a cependant le plus souvent recours en Syrie à un modèle plus
petit, d’une portée maximale de 78km et d’une charge utile de 340kg. Les
pilotes du Khe’l s’approchent bien plus près de leurs cibles que leurs
collègues Anglais et Français, puisqu’ils lancent leur missiles à partir du
ciel libanais, à 35km de distance du complexe de Jamraya par exemple.
S’il est manifestement plus périlleux
de s’approcher ainsi de l’objectif et des Russes, cela a toutefois l’avantage
certain de limiter considérablement le temps de vol du missile : 5 minutes
contre 20 minutes pour les Storm Shadow largués par les Tornados. L’avantage
étant que les opérateurs de missiles antimissiles disposent d’un temps
largement réduit pour se préparer à d’éventuelles interceptions.
La Russie a annoncé à ce propos que la
défense antiaérienne syrienne aurait abattu 71 des 103 missiles qui ont été
lancés cette nuit. Moscou précise qu’il n’a pas fait appel à ses propres
systèmes, laissant entendre que ce sont les Syriens qui se seraient débrouillés
seuls pour défendre leurs sites. Non seulement cette annonce contredit les
déclarations récentes des officiels russes, qui prétendaient jusqu’à hier
qu’ils intercepteraient les missiles tirés sur la Syrie, mais on estime à
Métula que seules les armes du système S-400 sont capables d’abattre des
missiles de ces modèles et que les servants syriens ne sont pas encore aptes à en
faire le meilleur usage. Il est possible que ce soit un soldat de Bashar al
Assad qui ait appuyé sur le bouton déclencheur, mais il paraît certain qu’il
était assisté d’un "coach" russe.
Nous avons par ailleurs de forts
doutes quant au nombre de missiles annoncés comme détruits en vol par les
officiels du gouvernement de Vladimir Poutine, mais observons qu’il est
vraisemblablement possible d’abattre des missiles des genres utilisés par les
Britanniques, les Français et les Israéliens. Il est encore plus vraisemblable
que Moscou exagère ses réussites dans un but commercial, étant en train de
vendre des S-400 aux Saoudiens, aux Turcs et aux Iraniens.
Toujours est-il que des témoins de la
région de Homs affirment que les objectifs auraient été manqués par les tirs
français et anglais. Quant au porte-parole de l’état-major des Armées françaises,
il affirme que : "Rien ne laisse penser qu’ils puissent [les missiles]
avoir été interceptés". Ce qui peut paraître contradictoire avec le
communiqué de l’Elysée qui, plus prudent, déclare que "l’analyse du niveau
de destruction des cibles est en cours".
Ce doute n’empêche nullement le
ministre français des Affaires Etrangères, Jean-Yves Le Drian, de claironner
que "le but de cette opération, c’était de détruire les outils chimiques
clandestins du régime de Bachar Al-Assad et, à cet égard, l’objectif a été
atteint. Une bonne partie de son arsenal chimique a été détruite", dont
"beaucoup […] par les frappes de cette nuit".
Il faudra cependant quelques jours
pour s’en persuader.
Le Pentagone a pour sa part fait
savoir qu’aucun de ses missiles n’avait été intercepté, ce qui est déjà
incompatible avec le décompte des militaires du Tsarévitch.
Les autres cibles qui auraient été
touchées par les Tomahawks seraient, à partir de recoupements d’annonces
officielles syriennes et de témoignages oculaires : les arsenaux de la Garde
Républicaine et de la 4ème division d’Assad sur la plateforme
aérienne de Mazzé, au nord-ouest de Damas intramuros, déjà maintes fois
pilonnée, elle aussi, par le Khe’l Avir, à l’instar du grand complexe militaire
d’al Kiswah, au sud-ouest de la capitale [toutes ces attaques ayant fait
l’objet d’articles et d’analyses de la Ména], et d’un centre d’assemblage
d’armes chimiques à Barzeh, au nord de Damas. Ces emplacements figurant tous
sur la carte que nous proposons.
Au cas où des Tomahawks supersoniques
de déclinaisons récentes ont été utilisés, il est certain que leur interception
par des systèmes S-400 serait largement plus aléatoire que celle d’engins
volant à 800km/h. La vitesse d’évolution des missiles d’attaque augmentant
considérablement la difficulté de les abattre.
Ce que nous remarquons également est
que les alliés de cette nuit n’ont pas attendu l’arrivée sur site des
porte-avions américains pour lancer leur opération. Ils ont pris en cela le
risque véritable de devoir faire face à une contre-attaque de l’Aviation russe
basée en Syrie. Dans cette hypothèse, le gouvernement israélien aurait eu la
très lourde tâche d’avoir à décider d’envoyer ses propres appareils défendre
les bâtiments navals français et américains ainsi que les bases britanniques de
Chypre, et d’affronter de la sorte directement l’Armée russe.
Cette situation persiste au moment où
nous publions cet article et jusqu’à l’arrivée du porte-avions Harry
Truman en Méditerranée : en théorie, les Soukhoï et les Mig du Tsarévitch
pourraient toujours s’en prendre aux Occidentaux dans la région, même si, à
terme, cela équivaudrait à un suicide militaire.
Les états-majors des trois pays
intervenant ont correctement évalué que les diplomates et les généraux russes
bluffaient lorsqu’ils menaçaient d’une 3ème Guerre Mondiale en cas
d’attaque occidentale en Syrie. A la Ména non plus, nous n’y croyions pas et
l’avions fait savoir dans nos analyses.
A écouter Madame Florence Parly, la
ministre française de la Défense, Paris aurait prévenu Moscou de l’imminence
des frappes, ce que dément étrangement le porte-parole de l’Elysée, qui affirme
que les Russes ont été mis au courant alors que l’opération avait déjà débuté.
De toute façon, si les hommes du Maître de toutes les Russies n’avaient pas
distingué les 16 avions français, tout sauf furtifs, qui faisaient route à
vitesse réduite dans leur direction, ils ont intérêt à changer de radars, de
satellites et de généraux.
Nous ne nous en cachons pas, nous pensons que l’implication
des appareils tricolores à partir de la France est une très mauvaise
idée. Un exécrable usage de l’aviation. Nous aimerions bien voir l’état des
pilotes à leur retour de la guerre, ce soir, après 15 heures non-stop de
fatigue, de stress et d’exposition au danger parfaitement superflus. Des moyens
énormes pour un résultat dérisoire. Les Anglais on fait diamétralement le
contraire : ils ont envoyé quatre avions, réservoirs à moitié remplis,
faire un tour d’une demi-heure dans le ciel pour y remplir exactement la même
mission secondaire, mais à moindres frais, sans exposer des dizaines de militaires,
dans les avions et les frégates, à diverses ripostes possibles de l’ennemi. Le
fait qu’il n’ait pas répliqué est une excellente chose, mais bâtir une
opération sur ce postulat n’est pas une erreur, c’est une faute.
Nous nous devons aussi d’ajouter que
le choix des cibles faisait en sorte qu’aucun membre du corps expéditionnaire
russe ne se trouvait à proximité des emplacements bombardés. D’autre part, la
capacité militaire de leur allié Bashar al Assad n’est pas remise en cause, son
armée ayant été elle aussi largement épargnée par ces frappes. On ne signale en
effet et pour l’heure que des blessés, ce qui est "remarquable" pour
une attaque de cette ampleur et au vu des moyens investis. De plus, on a laissé
tout le temps nécessaire aux soldats du dictateur-oculiste afin qu’ils
délaissent les sites concernés d’une façon ou d’une autre par l’utilisation des
gaz de combat. Ils ont même eu le loisir d’en retirer tout leur matériel.
Malgré de fortes pluies durant ces
derniers jours et un temps automnal, la température des esprits est élevée
autour de Métula, et l’ambiance est celle qui précède habituellement les
guerres.
Témoin ce Tweet du Président Donald
Trump qui, en réponse à une déclaration russe selon laquelle le corps
expéditionnaire de Moscou abattrait tout missile qui serait tiré sur la Syrie,
était rédigé ainsi : "La Russie jure de descendre chacun et tous les
missiles tirés sur la Syrie. Prépare-toi Russie, parce qu’ils vont arriver,
beaux et neufs et "intelligents". Vous ne devriez pas vous associer
avec un animal qui tue son peuple au gaz et qui y prend du plaisir !".
La porte-parole de Lavrov [le ministre
russe des Affaires Etrangères], Maria Zakharova, a bien tenté de rétorquer : "Les
missiles intelligents devraient voler en direction des terroristes, et non vers
un gouvernement légal qui s’est battu contre le terrorisme international sur
son territoire pendant plusieurs années". Mais cette réponse timide et
diplomatique ne fait pas le poids face à la menace du chef de la plus grande
puissance mondiale.
Ceci dit, à notre avis, le feu d’artifice
n’est pas pour tout de suite. La raison en étant, qu’actuellement, les USA ne
disposent d’aucun porte-avions sur zone, tel que la carte de leur déploiement
reproduite ci-après, empruntée à l’Institut Naval Américain, l’indique.
La localisation des 7 porte-avions US opérationnels (sur 11)
Le USS Harry S. Truman (CVN-75) et ses
90 chasseurs bombardiers quitte ce mercredi le chantier naval de Norfolk en
Virginie [carte], où il a subi un entretien programmé, à destination de l’est
de la Méditerranée, mais, même à plein régime, soit un peu plus de 55km/h, il
mettra 7 à 8 jours pour couvrir les 9 500km qui l’en séparent.
Trump pourrait également ordonner au
Théodore Roosevelt, qui se trouve quelque part dans le Golfe de Thaïlande et
qui transporte la même quantité d’appareils, de faire également mouvement vers
la Syrie, mais ce serait mentir de vous dire que nous possédons des
informations à ce sujet.
Les deux bâtiments sont des
forteresses flottantes de la classe Nimitz, et leur présence à l’est de l’île
de Chypre ôterait toute raison de tergiverser à Vladimir Poutine concernant une
éventuelle opposition armée. Et c’est un peu cela que l’on vise, lorsque l’on
prépare, sans raison de brûler les étapes, une confrontation sous le nez des
Russes : leur enlever matière à réfléchir.
Il existe bien un autre porte-avions
plus proche, l’USS Iwo Jima, qui se trouverait au large du Yémen, mais qui n’a
à son bord que sept Harrier (il vient d’en perdre un le 3 avril dernier à
Djibouti) et n’est pas adapté au genre d’affrontement prévisible.
Les alliés français et britanniques,
qui ont déclaré leur intention d’intervenir aux côtés de l’Amérique, disposent
bien de la capacité d’utiliser des aéroports dans la région, mais cela
resterait une solution un peu "légère" face à l’hypothèse d’une
réaction russe.
Les Français, privés du Charles De
Gaulle en cale sèche, peuvent lancer des Rafales à partir de deux bases
françaises, l’une en Jordanie, l’autre dans les Emirats Arabes Unis, et tirer
des missiles de croisière Scalp, d’une portée de 250km, mais ce n’est toujours
pas une "solution satisfaisante" en attendant l’Oncle Sam.
Des experts français envisagent aussi de
faire décoller des Rafales de Saint-Dizier, dans l’est de l’Hexagone, et de les
avitailler deux ou trois fois en vol avant qu’ils ne frappent des objectifs en
Syrie. C’est ce qui avait été réalisé pour leur entrée en scène au Mali ;
mais ceux qui proposent une solution de ce genre ne savent pas ce que cela
implique, au niveau des pilotes, d’intervenir dans un conflit après 5 heures
dans un cockpit exigu et trois avitaillements, et de devoir réaliser le même
exploit au retour. C’est évidemment techniquement faisable, et les pilotes sont
entraînés pour des missions de ce genre, mais les islamistes du nord du Mali ne
possédaient pas de Soukhoï et de Mig, même s’il ne devait s’agir que de ceux de
Bashar al Assad et non ceux du Tsarévitch.
Et, s’ils le décidaient, les Russes
pourraient s’attaquer à des cibles françaises, à l’instar de la frégate
multimissions (FREMM) Aquitaine, que l’on a aperçue à Chypre il n’y a pas
longtemps, et qui serait privée de protection aérienne… française, à tout le
moins.
Les Anglais sont mieux lotis, puisqu’ils
disposent de deux importantes bases aéronavales à Akrotiri et à Dhekelia, sur l’île
de Chypre, idéalement placées relativement à la Syrie. Les pilotes de Sa
Majesté ont déjà conduit plus de 1 600 sorties contre l’Etat islamique en
décollant d’Akrotiri. Mais la douzaine de Tornados et de Typhoons qui y sont
rattachés, même s’ils peuvent recevoir des renforts, auraient du mal à protéger
leurs sites en cas de contre-attaque des Russes.
Une autre option consisterait à
commencer l’attaque des bases syriennes en lançant des missiles de croisières à
partir des frégates alliées déjà présentes dans le bassin oriental de la
Méditerranée, mais cette hypothèse se heurte aux mêmes considérations que
celles que nous venons d’évoquer.
A ce propos, il nous incombe de citer
la déclaration inquiétante de l’un des principaux généraux russes, qui vient de
nous parvenir (soirée de mercredi) : "Si l’Armée d’Assad est
attaquée, nous ouvrirons le feu et coulerons des navires de guerre américains.
Nous n’hésiterons pas à riposter contre les USA. Nous défendrons notre allié
Assad comme nous l’avons promis". Le général de Poutine ponctuant pas ces
propos apocalyptiques : "Une attaque de leur part en Syrie engendrera
notre entrée en guerre contre eux et conduira à une guerre mondiale globale !".
Michaël Béhé, le chef de la Ména au
Liban, nous apprend également à l’instant que la flotte russe est en train de
quitter son port d’attache de Tartous en Syrie. Soit elle se déploie en ordre
de bataille afin de faire face aux flottilles occidentales, soit elle se
disperse pour ne pas servir de cible facile aux forces ennemies (en cas de
confrontation militaire).
Quoi qu’il en soit, et particulièrement
à la suite de ces derniers développements, la sagesse voudrait que l’on attende
la fin de la semaine prochaine pour ouvrir le feu, et qu’on utilise le temps à
disposition afin de s’entendre précisément entre alliés – pas comme lors de l’intervention
en Libye – sur les objectifs stratégiques et politiques que l’on entend
atteindre. En gardant à l’esprit que rien n’était préparé dans ce sens, et que
l’on réagit à l’emploi imprévu de gaz de combat par le régime alaouite
principalement sur des civils dans la ville de Douma.
Ledit régime, qui est en train de
parquer son matériel le plus sophistiqué, ainsi que d’envoyer ses troupes d’élites
dans les bases russes, sachant que les Occidentaux éviteront de les viser.
Israël est également sur le qui-vive,
vu que, d’une part, elle ne saurait laisser les Russes et les Américains jouer
à la guerre à sa porte sans être prête à toute éventualité (c’est un vieux
dicton mais qui pèse toujours son pesant d’or chez les analystes stratégiques :
on sait toujours comment une guerre commence mais jamais comment elle s’achève).
La Censure militaire nous interdisant de publier le moindre détail quant aux
mesures conservatoires prises par Tsahal, nous n’en parlerons évidemment pas.
D’autre part, Jérusalem doit se méfier
de deux situations : premièrement, de représailles de la part de l’Iran ou
du Hezbollah au raid aérien de lundi matin sur l’aéroport T4 en Syrie, qui a causé
de nombreux morts dans les rangs des Gardiens de la Révolution, et qui a fait
crier vengeance les ayatollahs de la théocratie chiite.
L’un des objectifs dévastés par les missiles israéliens
Source agence de presse iranienne Fars
Les spécialistes de la Ména ont identifié que le hangar
photographié par Fars
est celui indiqué par la flèche bleu ciel et selon l’angle de la
flèche
Téhéran pourrait décider du
bombardement d’un village israélien ou d’une brève incursion dans l’un d’entre
eux par ses supplétifs libanais du Hezbollah, pourquoi pas à Métula ? Ou
de faire pareil à partir du Golan.
Ils ne se hasarderont pas à tirer des
missiles sur l’Etat hébreu, car la riposte pourrait les dévaster. En fait, une
réplique de leur part à moindre risque consisterait à s’en prendre à une base
de Tsahal, mais dans cette éventualité aussi, le ciel risquerait de leur tomber
sur la tête.
Notre correspondant au Liban, Michaël
Béhé, d’ordinaire bien informé, nous indique que le gouvernement libanais
aurait reçu un message selon lequel "si le territoire israélien était
touché ou des civils ou des soldats blessées, Tsahal oblitérerait simultanément
toutes les positions des armées libanaise et syrienne, ainsi que celle du
Hezbollah et des Iraniens, au Liban-Sud et dans le Golan".
Nous n’obtiendrons évidemment pas
confirmation de l’authenticité de ce "signal", mais il est à la fois
très plausible et parfaitement dans les cordes de Tsahal.
Ce message semble encore plus vraisemblable
après avoir prêté l’oreille à l’annonce faite ce mercredi par des officiels de
premier rang de l’establishment de la Défense israélien. Lesquels ont déclaré
qu’ "Assad et son régime, et Assad en personne, disparaîtront de la carte
du monde si les Iraniens tentent de frapper Israël ou ses intérêts à partir du
territoire syrien.
Notre recommandation à l’Iran",
poursuit la même source, "est de ne pas tenter d’agir, car Israël est
déterminée à poursuivre sur ce sujet jusqu’au bout".
La mise en garde semi-officielle a été
étendue au Hezbollah en ces termes : "Nous n’avons aucun intérêt à
élargir le front mais, si celait arrivait, Nasrallah [le secrétaire général de
l’organisation terroriste chiite] doit comprendre que son destin ne serait pas
différent de celui d’Assad, et qu’il paiera un prix extrêmement élevé".
Le ministre de la Défense, Avigdor
Lieberman, avait déjà répété hier (mardi) qu’Israël prendra toutes les mesures
nécessaires afin d’empêcher l’Iran d’établir une base militaire permanente en
Syrie. Lieberman précisant, sans doute à l’attention des Russes : "Le
prix n’importe pas, nous ne permettrons pas à l’Iran d’avoir une présence
permanente en Syrie. Nous n’avons pas d’autre choix", a conclu le
ministre.
La seconde chose à laquelle l’Etat
hébreu doit prendre garde consiste en cela qu’au moment présent, et pour
quelques jours selon les calculs que nous venons de vous livrer, Israël est,
sans doute pour la première fois de son histoire, le garant militaire du
maintien du statu quo pour l’alliance occidentale, au moins jusqu’à ce qu’elle
se mette en place.
Forte de ses quelques 340 appareils de
combat hautement opérationnels, dont 85 F-15, 9 F-35I furtifs, et le reste de
F-16, c’est à elle qu’il incombe de s’assurer que les Russes et leur alliés ne commettent
pas un mauvais coup avant les frappes attendues de la part des alliés.
Lorsque l’on sait – ce n’est pas un
secret, cela s’étale dans tous les journaux russes, syriens et iraniens – que Moscou
considère la frappe sur T4 comme le coup d’envoi parfaitement intégré de l’offensive
occidentale, on réalise aussitôt que la tâche attribuée au Khe’l Avir n’est pas
une sinécure.
On l’a déjà dit et on ne craint pas de
le répéter, en considération des forces en présence, si un soldat russe tire
sur un objectif hébreu, Jérusalem détient la capacité d’éradiquer le corps expéditionnaire
de Poutine en l’espace d’une heure. Mais à l’état-major à la Kirya [le QG de
Tsahal], à Tel-Aviv, on compte surtout sur la jugeote de Vladimir Poutine, qui
ne prendrait pas un tel risque susceptible de plonger la Terre dans une
Troisième Guerre Mondiale. Reste que la tension existe et qu’elle est palpable.
Et si les navires russes s’égaillent dans la nature, la tâche de nos aviateurs
ne serait pas aussi facile et largement plus périlleuse pour nos arrières.
De toute façon, si un duel avec l’Iran
ne se déclenche pas avant cela, Israël servira de réserve de combat et de
soldats à l’alliance occidentale, elle interviendra également pour secourir d’éventuels
pilotes abattus et pour mettre ses aéroports à disposition des avions ou des
pilotes en difficulté.
Nous sommes actuellement sur l’urgence
de l’information, avec des dépêches, plus bellicistes les unes que les autres,
qui nous parviennent plusieurs fois par heure. Ceci dit, il faudra tout de
même, dès que l’opportunité d’une accalmie nous sera donnée, analyser d’autres
éléments.
Par exemple, l’observation de ce que l’usage
du gaz toxique à Douma était totalement inutile à l’Armée d’Assad, qui avait de
toute façon partie gagnée face aux rebelles. On ne saurait parler que d’une
décision absurde de la part des Alaouites, qui met désormais la survie de leur
régime sur la sellette ainsi que la paix du monde.
Cette décision ne va pas sans rappeler
celle d’abattre Rafic Hariri, le 14 février 2005, alors qu’il n’était plus chef
de l’Etat libanais et ne possédait plus aucun pouvoir qui gênât les al Assad.
Jusqu’alors, les Occidentaux, France en tête, tentaient de s’approcher de
Damas, le Quai d’Orsay y entretenait même un centre de formation pour ses futurs
diplomates, et les génies du Monde Diplomatique voyaient en Bashar le
grand réformateur qui mènerait la Syrie vers la démocratie et la région vers la
paix. L’assassinat d’Hariri a assurément marqué le début de la fin pour la
prééminence alaouite à la tête de l’Etat syrien. Et de manière totalement
évitable.
Une autre question que nous serons
amenés à développer concerne le déclencheur de la décision de Washington, de
Londres et de Paris de prendre les armes contre le régime de Bashar al Assad :
la Guerre Civile en Syrie a déjà causé la mort de 700 000 personnes, dont au
moins 500 000 du fait de la responsabilité directe de Bashar al Assad. Lequel a
fait torturer à mort – pour rien, une nouvelle fois, sans avoir d’aveux ou d’informations
à soutirer aux suppliciés – au moins 70 000 personnes, dont une bonne moitié d’enfants
et de vieillards. Et cela n’a pas justifié de recourir à la force pour l’évincer
du pouvoir.
Mais la mort d’une centaine de
personnes à Douma, parce qu’elles ont été tuées par des gaz de combat,
justifierait une entrée en guerre et de prendre le risque d’aboutir à une
guerre mondiale ? Les morts de Douma sont-ils "plus morts" que
les 700 000 autres ? Ont-ils plus souffert que les 700 000 autres, parce
qu’ils ont été soumis à un bombardement toxique ?
Est-ce que l’on se met à faire la
guerre pour de pseudo causes humanitaires, ou parce que le public a vu les
images – certes insoutenables – sur ses écrans de télévision ou les réseaux
sociaux ? C’est délirant et surtout terriblement périlleux ! Et le
monde libre choisit les causes humanitaires et le sort des peuples justifiant
une intervention armée ? L’écrasement tout récent des Kurdes d’Afrin par
Erdogan n’en était donc pas une valable ?
Et maintenant va-t-il s’agir
de punir al Assad en détruisant deux ou trois de ses bases militaires et en le
laissant tout de suite après poursuivre son carnage ? Ou Madame May,
Messieurs Trump et Macron ont-ils des objectifs stratégiques et politiques à
confier à leurs militaires avant d’engager le combat ? Parce que s’ils
n’ont pas d’objectifs de ce genre, la bataille est simplement perdue avant d’avoir
commencé !
Qui a réalisé le raid de ce matin en Syrie ? (info # 010904/18)
Tôt ce matin (lundi) la base aérienne syrienne
T4, construite autour de l’aéroport d’Althias, à 50km à l’ouest de Palmyre et
85km à l’est d’Homs [1ère carte] a été l’objet d’une nouvelle
attaque aux missiles air-sol.
SANA, l’agence d’information officielle du
gouvernement de Bashar al Assad, ainsi que la Télévision d’Etat ont, dans un
premier temps, annoncé que "l’agression, constituée de plusieurs frappes,
avait probablement été conduite par les Etats-Unis".
Après que le Pentagone eut formellement nié les
affirmations de la Télévision syrienne, la référence à l’Amérique a été retirée
de toutes les communications en provenance de Damas.
Le communiqué du Pentagone est les suivant :
"Le Département de la Défense ne mène actuellement
pas de frappes aériennes en Syrie. Nous continuons toutefois à observer de près
la situation et nous soutenons les efforts diplomatiques visant à faire rendre
des comptes à ceux qui utilisent des armes chimique en Syrie et ailleurs".
L’Armée américaine, première puissance
militaire de la planète, ne produit pas d’ordinaire de fausses déclarations. De
plus, sur la base d’informations d’origine étrangère, l’objectif visé à T4
était principalement iranien ; or Téhéran n’est pas directement mêlé à l’attaque
chimique qui a frappé samedi la ville de Douma, dans la banlieue Est de la
capitale syrienne. Les Perses ne sont responsables de ce massacre que dans la
mesure où ils soutiennent le régime alaouite. Si Washington se décidait à punir
les auteurs de l’attaque au chlore sur Douma, il le ferait plus que
probablement en s’en prenant directement à ceux qui l’ont perpétrée, c’est-à-dire
les forces du régime.
C’est ainsi que l’Amérique avait réagi, dans la
nuit du 6 au 7 avril de l’an dernier, en lançant une cinquantaine de missiles
de croisière Tomahawk sur la base aérienne de Shayrat, dans le sud du
gouvernorat de Homs. Ce raid s’était déroulé deux jours après le massacre au
gaz sarin de Khan Cheikhoun, dans la province d’Idlib, commis par l’Armée
syrienne, qui avait causé la mort de 74 personnes et en avait blessé environ
600.
La base aérienne T4
Dans les cercles blancs, les zones d’opérations russes
où sont parqués et entretenus les appareils
La France a également nié avoir mené l’opération
de ce matin, selon un communiqué de l’agence gouvernementale AFP.
D’après le correspondant de la Ména à Beyrouth,
Michaël Béhé, qui est parvenu à joindre des responsables médicaux à Khirbat
Tiyas, la ville la plus proche de la base aérienne, juste avant que les communications
avec la région ne soient coupées, ils dénombraient "environ 30 morts et
plus du double de blessés, presque tous des [Gardiens de la Révolution]
Iraniens".
La Télévision syrienne a également déclaré que
la défense aérienne avait "abattu huit missiles", ce que nous jugeons
hautement improbable. Nous confirmons cependant que des missiles antimissiles
ont été tirés depuis T4.
Il s’agit probablement de missiles appartenant
à un système de protection antiaérien russe de type S-400, récemment déployé
dans la région par la force expéditionnaire de Vladimir Poutine et desservie
par des opérateurs russes.
Ce déploiement est censé protéger un important
positionnement de chasseurs-bombardiers de Moscou sur l’aéroport d’Althias (T4),
à partir duquel ils bombardent quasi-quotidiennement les régions tenues par les
rebelles. D’après nos informations, les missiles antimissiles russes ne sont
pas parvenus à empêcher que le raid de ce matin soit amplement couronné de
succès.
Il ne visait cependant pas les zones d’opération
russes sur la plateforme, entourées de cercles blancs sur la [2ème carte].
A en croire la chaîne de télévision du
Hezbollah au Liban al Manar [Ara. : le phare, la balise], l’opération
de ce matin est "une agression israélienne".
Le porte-parole de Tsahal a refusé de commenter
cette imputation. Il n’en demeure pas moins que cette hypothèse est la plus plausible.
Jérusalem aurait ainsi profité du chaos généré par l’attaque au gaz de combat à
Damas afin de détruire l’un des objectifs iraniens qu’elle avait sélectionné.
En exclusivité : le détail de l’"Aile
iranienne" (avant le raid)
Cercles verts : les ateliers +
hangars
C’est de celui de droite (point
rouge) qu’était sorti le drone abattu en février à Bet Shéan
Cercles orange : probablement
les bâtiments d’un centre de commandement iranien en Syrie
Cercle blanc : parking
automobile de l’"Aile iranienne"
Cercle jaune : un avion au
parking
Probablement un appareil désaffecté
pour faire croire qu’il s’agissait d’une base de soutien d’avions opérationnels
russes ou syriens. Les Iraniens ne disposent pas d’avions en Syrie
Le Khe’l Avir, l’Aviation militaire israélienne,
avait déjà agi contre l’ "Aile iranienne" de T4 en février dernier,
lors du samedi sanglant au cours duquel un F-16 israélien avait été abattu par
la DCA gouvernementale syrienne.
Lors de la riposte très étendue du Khe’l, qui
avait touché une vingtaine d’objectifs sur le territoire syrien, l’ "Aile iranienne"
avait été presque totalement détruite, y compris l’atelier-hangar [cercle vert
et point rouge sur la 3ème carte détaillée] d’où était parti le
drone qui avait survolé Israël et été abattu à proximité de la ville de Bet Shéan.
A notre avis, Les Israéliens ont permis aux
Iraniens de reconstruire leur complexe à T4, d’y acheminer du nouveau personnel
et du matériel de remplacement, et a oblitéré à nouveau ces installations ce
matin.
Téhéran comptait sans doute sur les nouvelles
défenses russes pour protéger son "investissement", particulièrement
après la rencontre Poutine, Erdogan, Rohani, mercredi dernier à Ankara, lors de
laquelle les trois alliés ont décidé de resserrer encore leur coopération
militaire en Syrie.
A noter que depuis l’attaque au gaz de samedi,
toutes les forces de Moscou en Syrie avaient été placées en alerte défensive,
suite aux accusations portées par le Président Donald Trump, stipulant que "le
Président Poutine, la Russie et l’Iran étaient responsables de soutenir "l’animal
Assad"". Donald Trump a aussi promis de "faire payer le prix
fort" aux auteurs du crime de Douma.
Les Russes n’ont donc pas été pris par
surprise. Et au vu de la situation diplomatique ambiante, nous sommes
convaincus que la Maison Blanche avait été mise au courant du raid de ce lundi
et qu’elle a donné à Jérusalem ses assurances de coopération militaire en cas
de riposte de Poutine contre l’Etat hébreu.
A noter à ce propos qu’une telle réplique est
peu probable, même sans les assurances américaines, pour une multitude de
raisons, à commencer par le fait qu’aucun militaire russe n’a vraisemblablement
été blessé lors du raid de cette nuit.
D’autre part, nous sommes en mesure d’affirmer
que, d’un simple point de vue technique, la Russie, les Etats-Unis, mais aussi
les autres puissances européennes, y compris la France, savent assurément d’où
sont partis les missiles qui ont touché T4 à l’aube.
Sur le plan diplomatique, neuf pays dont la France
ont réclamé une réunion urgente du Conseil de Sécurité à propos des événements
de Douma. La séance se tiendra à 19 heures, heure de Washington, et la Russie,
et peut-être la Chine, va sans doute opposer son veto à toute résolution
condamnant son protégé de Damas. Mais au vu de la gravité des faits, un tel
veto pourrait cette fois occasionner une action militaire des Occidentaux
agissant sans l’aval des Nations Unies.
Ce, d’autant plus que les présidents américain
et français qui se sont consultés ont promis "une réponse forte et commune".
A propos de l’attaque de samedi à Douma, l’ONG
Syrian American Medical Society (SAMS), dont les docteurs et infirmiers volontaires
ont traité les blessés à Douma, ceux-ci présentaient des "symptômes d’exposition
à un agent chimique. De la mousse s’échappait de leur bouche et ils dégageaient
une odeur semblable à celle du chlore."
Dernière
minute :
L’agence d’information russe Interfax a relayé le
ministère russe de la Défense, prétendant que deux appareils de type F-15 avaient
attaqué une base aérienne syrienne près d’Homs à partir du territoire libanais,
ajoutant que "les systèmes de défense aérienne syriens [c’est-à-dire
russes] avaient abattu cinq des huit missiles tirés, tandis que les trois
autres sont tombés sur la partie occidentale de la base". La Ména met en
doute cette information qui est d’autre part techniquement impossible et
contradictoire avec l’annonce de SANA.
Interfax cite également des experts [anonymes] russes en Syrie
affirmant qu’ "il s’agit de la réaction israélienne aux accords conclus à
Ankara la semaine dernière entre la Russie, l’Iran et la Turquie". Lesdits
"experts" ajouteraient qu’Israël a agi comme le bras long des USA qui
n’ont pas voulu attaquer directement la Syrie afin de ne pas provoquer la
Russie.
La source en question confirme l’information contenue dans
notre breaking, selon laquelle l’attaque était coordonnée entre Israël et les
Etats-Unis.
Note générale :
Toutes les informations contenues dans cet
article proviennent de sources non-israéliennes et d’informations publiques,
analysées par les spécialistes de la Ména. Aucune information secrète n’est
dévoilée ici.
L’Europe soutient le terrorisme islamique et les tueurs de Juifs (info # 010804/18)
L’organisation terroriste djihadiste Hamas (Ḥarakat al-Muqāwamah al-ʾIslāmiyyah, ce qui
signifie “mouvement de résistance islamique”) a un objectif essentiel :
détruire Israël, et assassiner le plus grand nombre de Juifs possible.
Elle a fait de la bande de
Gaza une entité terroriste. Elle y fanatise la population et y transforme les
êtres humains placés sous son joug en monstres abjects assoiffés de sang et de
meurtres. Elle les incite au djihad et leur affirme que s’ils meurent en tuant,
ils iront au paradis d’Allah. Elle les utilise comme boucliers humains et comme
animaux sacrificiels.
Le Hamas est imprégné de
la même abjection que celle qui imprègne les autres organisations terroristes
djihadistes sur Terre, et ses membres sont des déchets du même acabit que les
monstres qui ont tué à l’école Otzar Hatorah à Toulouse, au Musée juif de Bruxelles,
au siège de Charlie Hebdo, à
l’Hypercacher de Saint-Mandé, sur la Promenades des Anglais à Nice, et, si l’on
regarde un peu plus loin, à Barcelone, Londres, Manchester, Orlando, San
Bernardino.
Ses dirigeants, Ismaël
Haniyeh et Khaled Mashal, sont à ranger dans la même catégorie qu’Oussama Ben
Laden, Ayman al Zawahiri, ou Abou Bakr al Baghdadi. Leur élimination physique
serait un bienfait pour l’humanité entière.
L’élimination du Hamas
lui-même serait un bienfait, et devrait être un objectif pour tous les pays
affirmant respecter les droits de l’être humain et préférer le bien au mal, la
démocratie à la dictature et le respect de la vie au génocide.
Lorsqu’Israël, en 2014,
après des tirs de roquettes contre sa population civile a mené une opération
militaire contre le Hamas, tous les pays civilisés, et tout particulièrement
tous les pays occidentaux, auraient dû apporter leur entier soutien à Israël
aux fins que l’opération militaire aille jusqu’au bout et élimine le Hamas. Et
lorsque le Hamas a utilisé des civils arabes sous sa coupe comme boucliers
humains, tous les pays civilisés, et tout particulièrement tous les pays
occidentaux, auraient dû dénoncer cette ignominie.
Ce n’est pas ce qui s’est
passé. Les pays occidentaux, en 2014, ont fait pression sur Israël pour que
l’opération militaire s’arrête et pour que le Hamas soit sauvé. Ils ont donc
tout fait pour sauver une organisation terroriste djihadiste qui a pour but de
détruire Israël et d’assassiner le plus grand nombre de Juifs possible, et qui
transforme les êtres humains placés sous son joug en monstres abjects.
Tu t’en prends à la
frontière d’Israël, tu meurs.
Les sacrifiés au culte
de la mort du Hamas, qui rémunère 3 000 $ le cadavre
Les pays occidentaux, en
2014, n’ont pas dénoncé l’ignominie du Hamas. Ils l’ont au contraire entérinée
et lui ont permis de perdurer.
En ce mois d’avril 2018,
les dirigeants du Hamas changent de tactique, tout en gardant les mêmes objectifs.
Plutôt que lancer des roquettes
sur Israël aux fins de provoquer une nouvelle opération militaire israélienne,
ils ont décidé de mettre en place un simulacre d’invasion d’Israël.
Ils utilisent cette fois
les boucliers humains pour les faire avancer vers la frontière d’Israël, et
cachent parmi lesdits boucliers humains, ou derrière eux, des djihadistes
tueurs de Juifs, chargés de tirer sur les soldats israéliens. Ils n’espèrent
pas réellement que les boucliers humains ou les djihadistes franchissent la
frontière. Ils espèrent en revanche disposer de cadavres à exhiber et se
constituer ainsi des moyens de pression par victimisation. (Accessoirement, ils
font aussi brûler des pneus).
Ils ont obtenu des
premiers résultats : dix-neuf cadavres de palestiniens au moment où
j’écris (le chiffre va sans doute monter).
Ils espèrent, comme en
2014, que des pressions seront exercées sur Israël.
Des pressions sont
effectivement exercées.
Elles ne déboucheront sur
rien, car le Hamas s’est trompé d’époque.
Les pays européens sont
prêts à se conduire comme en 2014, mais découvrent que, sans les Etats-Unis,
ils sont tout juste un assemblage de petites puissances assez inopérantes. Une
résolution anti-israélienne a fait l’objet d’un véto américain, puis une autre.
Si une troisième est présentée, elle subira un autre véto américain.
En 2014, il y avait un
islamo-gauchiste à la Maison Blanche. Aujourd’hui, il y a un président des
Etats-Unis porteur des valeurs les plus essentielles de la civilisation
occidentale.
Comme tout le monde, j’ai pris
connaissance des milliers de réactions à la manifestation à la mémoire de Madame
Mireille Knoll, la semaine dernière. Le nombre de ces commentaires est déjà une
bonne chose en soi, il reflète explicitement le dérangement ressenti face à
l’assassinat barbare d’une vieille dame juive au cœur de Paris. L’expression
d’un dérangement qui était resté confiné à une petite portion de la communauté
israélite lors du meurtre, dans des conditions comparables, de Madame Sarah
Halimi, il y a exactement un an, et de celui d’Ilan Halimi il y a douze ans, du
massacre des victimes de Mohammed Merah à Toulouse, et de l’Hyper Cacher en
2015, du fait d’Amedy Coulibaly.
Le débat s’est surtout concentré
autour de la présence de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon lors de la
commémoration, de l’hostilité à leur participation exprimée par le CRIF et du
mauvais accueil qui leur a été réservé lorsqu’ils ont rejoint le cortège.
La plupart des commentateurs,
journalistes et hommes politiques ont regretté la réception qui leur a été
faite, arguant qu’il s’agissait d’un hommage public de la nation française à
caractère universel et, qu’en conséquence, il ne devait pas y avoir d’exclus.
Dans le même élan, beaucoup ont
exprimé que ces incidents avaient terni le souvenir de Madame Knoll et qu’ils
avaient gâché l’hommage qui lui était rendu.
Je réponds : pas d’accord. Je
questionne d’abord le caractère universel de cette marche blanche. 30 000
personnes y ont participé selon le CRIF, lors, même en acceptant ce chiffre,
dans un pays de soixante-dix millions d’habitants, on ne peut raisonnablement parler
d’un hommage universel. En rappelant peut-être que suite à l’assassinat des
camarades de Charly, ils étaient un million à battre le pavé parisien.
Encore, parmi ces 30 000 personnes,
Patricia La Mosca, qui a suivi le rassemblement de bout en bout, m’a dit
qu’elles étaient juives à quatre-vingt pour cent au moins. C’est certes
préférable aux 3 à 5 000 Juifs qui s’étaient réunis lors des tragédies
précédentes, mais cela n’en fait pas un "hommage universel". Ce n’est
pas même une réunion massive de la communauté israélite qui compte en France
six à sept-cent-mille personnes.
Ne faisons donc pas de ce
rassemblement ce qu’il n’était pas. Il a surtout valu par deux
caractéristiques : la présence, massive cette fois, des représentants de
la nation, et une sorte de détermination nouvelle de la part des manifestants
juifs.
Et pardonnez-moi ces comptes
d’apothicaire, mais les chiffres ont leur langage, qui a ceci de particulier
qu’il ne sait pas mentir.
Mon premier questionnement est toutefois
où étaient ces députés, ces ministres et ces représentants de l’opposition les
dernières fois que des Israélites français ont été assassinés pour l’unique
raison de leurs origines et non pour des actes qu’ils auraient commis ou des
propos qu’ils auraient tenus. Mireille Knoll ne faisait pas de politique, et Myriam
Monsonégo, Gabriel et Arieh, d’Otzar Hatorah non plus, ils avaient de trois à
six ans.
J’ai apprécié cette expression identique de surprise et d’appréhension
sur les visages
de Marine Le Pen et de Mélenchon
Cette interrogation est importante,
car les Juifs de France, outre le fait qu’on les assassinait, ont surtout
souffert de la solitude. De l’impression confirmée par la réalité que personne
ne se préoccupait d’eux et ne montrait quelque empathie "nationale"
pour leur sort. Ils avaient l’authentique sentiment d’être ostracisés, et pour
tout dire, qu’à cause de leur proximité avec Israël, ils méritaient quelque
part le sort qui les accablait.
A ce titre, la faible participation
populaire à la marche blanche, et surtout, le tsunami de contrevérités à
caractère antisémite déversées quelques jours plus tard par l’ensemble de la
presse tricolore relativement aux évènements de Gaza, orchestrées par l’agence
de presse étatique AFP et répétées par le ministère des Affaires
Etrangères, leur a rapidement fait comprendre que la sympathie qu’on leur avait
témoignée il y a huit jours n’était qu’une trêve dans la haine qui les frappe
et non un changement substantiel d’approche.
J’en suis même à me demander si la
critique disproportionnée de l’attitude de Tsahal n’a pas été influencée par la
manif à la mémoire de Madame Knoll. Une manière détournée pour les
journalistes, les hommes politiques et le gouvernement de dire aux Juifs :
ne vous méprenez pas, rien n’a changé dans votre statut de parias.
A cela, il importe évidemment
d’exclure les vrais amis de la nation d’Israël que sont les Manuel Valls,
Philippe Val, Gilbert Collard, Malek Boutih, Claude Goasguen, Alexandre del
Valle et Yann Moïx (j’en oublie sûrement, mais pas beaucoup), qui n’ont pas
attendu que l’anti-antisémitisme soit éphémèrement à la mode pour nous afficher
leur sympathie.
Dans cette liste de justes, j’ai
retenu le propos de Philippe Val, invité sur un plateau de télévision et
visiblement ému par les circonstances de la mort de la respectable vieille dame.
Il a dit que pour qu’il y ait réaction contre le phénomène antisémite, il
fallait qu’il soit cristallisé par des leaders politiques. Cela permettrait à
la population de s’identifier à leur discours, car la masse ne peut pas se
responsabiliser toute seule. Or pour le moment, dans la liste que je viens
d’énoncer, seul Manuel Valls peut porter cette promesse, mais les avatars de la
vie politique l’ont passagèrement placé trop loin des feux de la rampe afin
qu’il joue valablement ce rôle de focaliseur. Reste que la roue peut encore
tourner, et Valls est l’un des seuls espoirs que nous sommes à même de
concevoir pour la représentation des intérêts fondamentaux de cette communauté.
Venons-en à l’essentiel : le
rejet de la participation de Marine Le Pen et de Mélenchon a-t-il terni
l’hommage à Madame Knoll, ou aurait-il pu avoir, au contraire, des retombées
salutaires ?
Pour répondre à cette question, il
faut commencer par se demander si Francis Kalifat d’abord, et une partie des
manifestants, plus tard, ont eu raison de faire savoir aux deux leaders politiques
que leur présence à la marche n’était pas la "bienvenue".
Patricia La Mosca a observé que la
dignité de la communauté juive, de même que ses valeurs traditionnelles,
avaient été strictement respectées tout au long du cortège. Contrairement à ce
qui se passe de nos jours au cours de chaque rassemblement dans la capitale
française, aucun blessé n’a été signalé, aucun saccage, aucun pillage de
magasin, aucune atteinte à la propriété, qu’elle soit publique ou privée, pas
de slogans racistes, genre "musulman tire-toi, la France n’est pas à
toi !", donc pas d’amalgame entre le musulman qui a lacéré Mme Knoll
de coups de couteau et la communauté mahométane de l’Hexagone. Et la chaussée a
été laissée aussi propre que les participants l’avaient trouvée en arrivant sur
les lieux.
Toutes ces choses que l’on aurait pu
craindre au regard de la douleur et de la colère légitimes des Juifs ne se sont
pas produites. Les Juifs n’ont pas perdu leur âme, ils sont restés la
communauté la plus respectueuse de l’ordre républicain du pays. C’était
suffisant. L’honneur de Mireille Knoll était donc sauf et personne ne saurait
dire le contraire.
Ceci posé, une participation sans
remous représentait une opportunité inespérée pour Marine Le Pen et Jean-Luc
Mélenchon. Il s’agissait pour eux d’exploiter le "tremplin juif" afin
de s’intégrer dans le consensus républicain dans lequel ni la France Insoumise,
ni le Front National ne sont actuellement admis, au moins pas complètement.
Or s’il était loisible pour les deux
leaders de participer à cette marche essentiellement juive aux côtés de
l’ensemble de la représentation politique française, ils auraient fait, à peu
de frais, un pas important vers la normalisation de leurs formations
respectives.
Les Juifs avaient-ils pour vocation de
servir de machine à laver pour rendre leur virginité, et partant, leur
fréquentabilité, à ces deux mouvements ? Le fait pour eux de participer à
la commémoration de la mémoire de la vieille dame juive assassinée
représentait-il un gage suffisant de bonne conduite, était-il le reflet d’une
métamorphose suffisamment profonde et assumée pour que les Israélites français fassent
à Marine Le Pen et à Mélenchon la courte-échelle vers la sortie de la marge et
la républicanisation ?
Ma réponse est évidemment sans
appel : non. C’est même cela qui aurait porté atteinte au souvenir de la
victime de l’avenue Philippe-Auguste et également aux autres victimes juives
citées dans cet article, enterrées hors de la présence des chefs de file des
Insoumis et des Frontistes.
S’il s’était agi d’une authentique
manifestation à caractère universel ou même national, la question aurait pu se
poser (avec un demi-million de personnes, ce n’était effectivement plus l’affaire
des seuls Israélites). Mais ce rassemblement petit-moyen restait
malheureusement principalement juif, lors ce n’était assurément pas la tâche
des Juifs de normaliser leurs rapports avec ces deux mouvements pour leur
servir de marchepied, comme s’ils entretenaient avec eux, sur la durée, des
relations respectables.
Parce que, dans le cas de Mélenchon,
non seulement son parti est clairement anti-israélien et favorable à ceux des
ennemis de l’Etat hébreu qui souhaitent encore officiellement l’éradiquer, mais
aussi, le personnage lui-même s’est fréquemment livré à des agressions à
caractère ouvertement antisémite visant les Israélites français et leur
organisation faîtière.
En août 2014, commentant les
manifestations à Paris et à Sarcelles durant lesquelles on hurlait "mort
aux Juifs !", Mélenchon affirmait que les participants avaient su "se
tenir dignes et qu’ils incarnaient mieux que personne les valeurs fondatrices
de la République française".
Or s’il est une faculté que les Juifs,
à travers les persécutions qu’ils ont subies ont développée, c’est la mémoire.
Ce qui précède était donc inacceptable : il convient de choisir si l’on
veut s’identifier aux victimes de l’antisémitisme ou encenser ceux qui
appellent à tuer des Juifs. Les deux postures étant naturellement incompatibles.
A l’occasion du même rassemblement,
qui se tenait le 24 août 2014 à Grenoble, le tribun populiste avait aussi
lancé : "Nous ne croyons pas à un peuple supérieur aux autres !".
Il ne manquait plus qu’il tende le bras pour faire resurgir du passé la
rhétorique que les Juifs espèrent bien ne plus jamais se voir infliger.
Quelques jours plus tard, Mélenchon
était cité dans l’Obs, s’en prenant cette fois nommément à la communauté
juive : "La République, c’est le contraire des communautés agressives qui
font la leçon au reste du pays".
Agressives ? Sans doute aurait-il
pu citer le nombre de compatriotes et de musulmans, français ou non, que les
Juifs français ont assassinés, à moins que, par cette pirouette sémantique, il
ne se soit agi d’accabler les victimes et d’exonérer leurs bourreaux. Ce qui
était le cas.
Mélenchon a ramené la France, dans un
style proche de celui de M’bala M’bala, à l’antisémitisme racoleur des années
brunes et grises, et cela, les Israélites ne le lui pardonneront pas. Mais il
est allé même plus loin dans cette cagade, faisant souvent siffler le nom de
personnalités israélites durant ses meetings, particulièrement celui de
Bernard-Henri Lévy. Ou s’attaquant ad hominem à Pierre Moscovici, affirmant que
l’ancien ministre des Finances socialiste et juif "ne pense plus en
français".
Vous vouliez qu’un tel énergumène
commémore la mémoire de Madame Knoll ? Sérieusement ?
Le cas de Marine Le Pen est différent.
Non pas relativement à sa tentative de faire du FN un parti de droite "comme
les autres", sans doute dans l’objectif de remplacer Les Républicains,
fortement ramollis et divisés après l’avènement du macronisme. Tentative à
laquelle les Juifs ne devaient assurément pas participer.
Madame Le Pen n’est ni fasciste ni
fascisante, ce n’est pas là où le bât blesse. Mais elle se trouve à la tête
d'un parti qui a matérialisé, des années durant, l’antisémitisme virulent de
son père. Ce n’est pas que nous lui intentions un procès en hérédité, elle a
même fait des efforts louables afin d’épurer le FN de ses éléments fascisants
et antisémites, mais elle demeure l’héritière politique du Front National. Du
parti des chambres à gaz détail de l’histoire, de Durafour crématoire, et aussi
des voyages familiaux auprès de Saddam Hussein, qui se félicitait de
l’antijuivisme du tribun borgne, et lui remettait des valises de billets de
banque pour soutenir son parti.
Comme certains l’ont sans
doute remarqué, la Ména subit à nouveau des attaques informatiques provenant
d’organisations puissantes et professionnelles qui tentent de nous faire taire.
Durant les 30 jours
écoulés, 4 de nos articles ont dépassé le demi-million de lecteurs et cela ne
plaît apparemment pas à tout le monde.
Grâce aux travaux que nous
avons effectués ces deux dernières années, nous parvenons à préserver intact le
cœur de notre système de diffusion-gestion, mais les milliers d’attaques quotidiennes (parfois plus !)
arrivent parfois à déconnecter nos serveurs.
L’ingénieur en chef de la
Ména, Shmulik Eliahu, et ses assistants réussissent chaque fois, au prix d’un
travail incessant, à rétablir notre capacité à communiquer. Ils œuvrent aussi à
élaborer de nouvelles protections afin de bétonner plus encore notre système au
prix de gros efforts et d’investissements très importants.
Il est évident que si des
informaticiens à plein temps au service d’Etats étrangers et d’organisations
hostiles dépensent autant de moyens pour faire taire la Ména, c’est que la
justesse, la qualité et la portée de nos informations dérangent ceux qui les
emploient.
Tout en présentant à nos
abonnés mes excuses pour ces inconvénients, évidemment étrangers à notre
volonté, ainsi qu’aux personnes ayant besoin des services de soutiens technique
et commercial qui sont ralentis par ces problèmes, j’invite tous ceux qui
comprennent les enjeux de cet autre front de la guerre de l’information à
régulariser leurs abonnements sans attendre ou à en contracter si ce n’est pas
déjà fait.
Ceux d’entre eux qui en
ont les moyens, à prendre des abonnements A.M (Amis de la Ména) ou à acheter
des actions de notre société.
Dans le cas où des
événements majeurs et urgents interviendraient durant des périodes où nous
sommes incapables d’utiliser le système de diffusion de l’agence, nous
publierions, exceptionnellement, nos Breaking News et autres articles et
communications sur la page de la Metula News Agency sur Facebook. Ce, jusqu’à l’éradication
des inconvénients actuels.
Personne ne nous empêchera
de vous informer !
En vous remerciant pour
votre compréhension et votre confiance,
Le rédacteur en chef
Notes techniques :
Ceux qui ne sont pas
abonnés à la Ména peuvent contracter un abonnement en se rendant sur la page http://www.menapress.org/sub/subscribe.html
[S’abonner/Se mettre à jour] de notre site officiel.
Les abonnés désirant
mettre leur abonnement à jour doivent quant à eux, et IMPERATIVEMENT, s’enregistrer
[Log in/Log out] sur la page principale du site www.menapress.org avant de pouvoir renouveler
leur abonnement ou en changer.
Les services de soutiens
technique et commercial, bien que ralentis, fonctionnent sans interruption, et
peuvent être joints à l’adresse : info@metulanews.info.
Incitation française à la violence antijuive : alerte vermeil (info # 010204/18)
De vraies infos de la "manifestation pacifique" de vendredi
et du droit de manifester pacifiquement en public :
Le leader du Hamas à Gaza, Ykhié Sinwar, qui participait à la Marche
du Retour vendredi, a fait plusieurs déclarations à l’intention des Israéliens
en cette occasion. Dont :
"Les chômeurs sans travail (bin oui, s’ils sont chômeurs, Ykhié !)
de Gaza se sont trouvé un boulot sur vos frontières – incendier votre matériel
et vous tirer dessus à bout touchant !".
"S’ils ont faim, les habitants de Gaza mangeront le foie de ceux
qui les assiègent".
Et : "Nous sommes réunis ici afin de rappeler qu’il n’existe
pas de paix avec l’ennemi et qu’aucune initiative ou plan ne nous obligera à
faire la paix avec lui !". (C’est la définition même du pacifisme).
Cela a sans doute le
mérite de replacer le communiqué du ministère shadock des Affaires Etrangères
dans son contexte réel : "La France rappelle les autorités
israéliennes à leur devoir de protection des civils et leur demande d'agir avec
la plus grande retenue".
Le commentaire de
Stéphane Juffa : Certes, afin de protéger les chances de paix !
Jean-Yves
Le Drian, le ministre français des Affaires Etrangères, (photographié avec le Président
Rivlin) revient à peine d’une visite en Israël : un ami !
Paris rappelant
également le "droit des Palestiniens à manifester pacifiquement", et
disant souhaiter "que les deux parties fassent cesser la crise humanitaire
que traverse la bande de Gaza".
Juffa : Il n’y a
pas plus pacifique que le message du Hamas ci-dessus. On fait cesser la crise
humanitaire avant ou après qu’ils nous aient bouffé le foie ?
Le Quai d'Orsay suggère
notamment que le blocus instauré par les autorités israéliennes soit levé, de
même que la "levée des mesures restrictives".
Juffa : Certes,
mais comment lever le blocus d’un territoire qui possède une frontière
terrestre de 14km avec le monde arabe ? Hors de la présence ou de
l’influence d’un seul Israélien, est-il nécessaire de le préciser ? Oui,
tout bien réfléchi, par les temps qui courent, ça l’est indéniablement.
La levée des mesures
restrictives, c’est pour permettre à Ykhié
Sinwar de progresser en direction de son "plan de paix", en achetant
des explosifs pour détruire nos maisons et nos tracteurs ? Des fusils pour
nous massacrer à bout portant ? Ou de la confiture d’oignons pour
accompagner le foie des Juifs ?
Mes
conclusions :
Il
n’y a décidément pas que les journalistes français qui baignent dans
l’antisémitisme, qui incitent à l’assassinat des vieilles dames juives et qui
menacent l’ordre public. Il y a aussi le gouvernement français.
A
part cela, ne cherchez pas les propos du leader du Hamas Ykhié Sinwar
prononcées lors de la "manifestation pacifique" dans les dépêches de
l’AFP ou de votre quotidien préféré, car elles n’y sont pas.
Le
choix délibéré de priver l’opinion de la partie de l’information qui lui
permettrait de se faire une impression exacte d’une situation procède de l’un
des moyens principaux de ceux qui entendent exciter ladite opinion contre l’un
ou l’autre des participants à un conflit. Cela procède des théories
goebbelsiennes de propagande. Directement, documentation à l’appui.
Dans
le cas précis, ces omissions intentionnelles à répétition sont autant de
preuves aggravantes dans la démonstration de l’intentionnalité raciste et
antisémite essentielle des organes et des individus coupables – et justiciables
pour ces faits – d’incitation à la violence et au meurtre de Juifs.
Israël veille sur la sécurité du monde (info # 010104/18)
Israël a récemment confirmé ce qui se savait en
réalité depuis longtemps : c’est une opération militaire israélienne qui, le 6
septembre 2007, a détruit un réacteur nucléaire fabriqué par la Corée du Nord
en territoire syrien, à proximité de Deir ez-zor. Les raisons de cette
confirmation sont claires : Israël entend prendre une posture ferme de
dissuasion dans un contexte de tensions régionales croissantes et faire savoir
à l’Iran que Tsahal peut frapper, fut-ce loin de son territoire, si la sécurité
d’Israël est en jeu.
L’objectif de l’opération ainsi confirmée était à
l’époque de préserver Israël du danger extrême qu’aurait constitué un régime
syrien sanctuarisé car disposant de l’arme atomique. Mais en poursuivant cet
objectif et en accomplissant ce qui s’est ainsi trouvé accompli, Israël a fait
bien davantage. Cela n’a été souligné nulle part, sinon dans un article du
journaliste italien Giulio Meotti, paru sur le site Arutz Sheva : Israël
a contribué à la sécurité du monde.
De fait, si le régime syrien s’était sanctuarisé et
doté de l’arme atomique, n’aurait-il pas été plus audacieux ? N’aurait-il pas
déclenché une guerre susceptible de dégénérer ? Et que se serait-il passé, même
si le régime syrien n’avait pas été plus audacieux, lorsque la Guerre Civile
s’est déclarée dans ce pays ? Que se serait-il passé, surtout, lorsque l’Etat
Islamique a pris forme et s’est emparé d’une part importante de la Syrie, dont
la région de Deir ez-zor ? Une arme atomique syrienne n’aurait empêché ni la Guerre
Civile ni l’émergence de l’Etat Islamique, mais aurait, en revanche, pu tomber
entre les mains de l’Etat Islamique. Si celui-ci n’avait pas en pareil cas
envisagé de se sanctuariser lui-même, des matériaux pouvant servir à fabriquer
des “bombes sales” auraient pu passer aux mains de terroristes djihadistes
venus se former avant de perpétrer des attentats ailleurs sur la planète.
Jamais une telle multitude n’a
été autant redevable à un si petit nombre (Winston Churchill)
Ce qui valait pour l’opération du 6 septembre 2007
vaut pour une autre opération : la destruction du réacteur nucléaire
Osirak en territoire irakien, le 7 juin 1981. Le fournisseur cette fois n’était
pas la Corée du Nord mais la France, ce qui ne change rien à l’équation
fondamentale. Le but du régime irakien était le même que celui du régime syrien
: la sanctuarisation grâce à l’arme atomique.
Un régime irakien sanctuarisé aurait à coup sûr été
plus audacieux et plus belliciste. Qu’en aurait-il été, en ces conditions, de
la guerre Irak-Iran ? Aurait-elle pris une tournure plus apocalyptique encore ?
Si Saddam Hussein avait envahi le Koweït et manifesté le désir d’aller plus
loin encore, aurait-il été possible de l’arrêter ? Au vu de la haine que Saddam
Hussein nourrissait à l’encontre d’Israël, aurait–il hésité à passer à
l’attaque, quitte à déclencher une guerre régionale plus vaste ?
La République Islamique d’Iran cherche elle-même depuis
des années à se sanctuariser grâce à l’arme atomique et a largement contribué
depuis 2015 au programme nucléaire de la Corée du Nord (encore elle : il serait
temps que le pouvoir de nuisance du régime nord-coréen soit mis hors d’état de
nuire). Reste que, malgré les efforts, les dépenses, et la coopération de la
Russie, elle n’est pas parvenue à élaborer une arme atomique sur son propre
sol. On peut aisément songer qu’Israël y est pour beaucoup. Les éliminations
ciblées de scientifiques atomiques iraniens et l’effet de virus tels que
Stuxnet, qui ont ravagé les programmes informatiques indispensables au projet
nucléaire du régime des mollahs, n’ont pas été sans conséquences. Israël
n’ayant rien dit sur ces sujets, je n’en dirai pas davantage.
La République Islamique d’Iran s’efforce de parvenir
à une hégémonie régionale, équipe le Hezbollah de missiles, contrôle le régime
irakien à Bagdad et celui de Bachar al-Assad à Damas, finance et arme les
activités destructrices des milices Houthi au Yémen, et celles du Hamas à Gaza.
Elle a reçu des centaines de milliards de dollars de l’administration Obama et
elle est le principal soutien du terrorisme islamique sur Terre aujourd’hui.
Elle est imprégnée d’une volonté de destruction d’Israël et du régime saoudien.
Il n’est pas difficile d’imaginer ce qu’une
République Islamique d’Iran sanctuarisée grâce à l’arme atomique pourrait
faire.
La France va-t-elle envoyer de
nouvelles forces spéciales dans le saillant de Manbij suite à la discussion d’hier
à Paris entre le Président Macron, assisté de l’Amiral Rogel et les
représentants du Rojava.
Si c’est le cas, pourquoi en faire
état, puisque, comme la Ména l’a révélé depuis longtemps, des commandos
français se trouvent déjà à pied d’œuvre dans cette région du Nord syrien ?
Et s’il s’agit d’une force plus
conséquente, comme l’a annoncé Asya Abdullah, la co-présidente du Mouvement
pour une Société Démocratique, le TEV-DEM, qui gouverne le Rojava, à sa sortie
de l’Elysée, cela entraîne des interrogations fondamentales pour les analystes stratégiques.
Asiya Abdellah a déclaré que la France
allait envoyer des militaires à Manbij [carte], ville face à laquelle le
Dictateur Erdogan masse des troupes ainsi que d’importants moyens guerriers, après
avoir agressé et occupé la majeure partie du canton d’Afrin sans que les alliés
des Kurdes ne fassent quoi que ce soit pour l’en empêcher.
Le Figaro et Le Parisien ont
repris les déclarations des membres de la délégation kurde au pied de la lettre.
Notamment lorsqu’Asiya Abdellah a affirmé hier soir, lors d’une conférence de
presse, que "la coopération militaire avec la France allait être être
renforcée", et que le représentant du Kurdistan syrien (Rojava) en France,
Khaled Issa, précisait que "la France va renforcer son dispositif
militaire".
Un autre membre de la délégation
confiait à la Ména en aparté que le Président Macron avait promis que l’envoi
de ces renforts se produirait "très rapidement", et que ce contingent
allait rejoindre les soldats de l’Oncle Sam, déjà installés à Manbij, une
information presqu’aussitôt reprise par la quasi-totalité des media kurdes.
A propos de cette force
expéditionnaire U.S., les officiels américains, répondant aux menaces turques
relatives à une opération militaire imminente de grande envergure dans cette zone,
avaient précisé "n’avoir strictement aucune intention de quitter Manbij".
Il existe toutefois une divergence drastique
entre les propos de la délégation du Rojava et ceux de l’Elysée, à croire qu’ils
n’ont pas participé à la même réunion ou que l’interprète était saoul.
En effet, à en croire Khaled Issa, "La
France va renforcer sa présence militaire à Manbij afin de sécuriser l’ensemble
des régions protégées par les Forces Démocratiques Syriennes [FDS, à forte
prééminence kurde]".
La réplique de l’Elysée dit exactement
le contraire : "Il n’est pas question d’un déploiement de troupes. La
coopération militaire de la France avec les FDS vise à poursuivre la lutte
contre l’Etat Islamique, elle n’est pas dirigée contre la Turquie".
Hum… ça se complique lorsque l’on sait
qu’il n’y a pas le moindre milicien de l’Etat Islamique à Manbij ni à moins de
300km de celle-ci. Et que si Paris étoffe son dispositif à Manbij, ce ne peut donc
être que pour contrecarrer les plans du Sultan d’Ankara qui se prépare à l’attaquer.
Pourtant, selon Adrien Jaulmes du Figaro,
L'ambassadeur de France à Ankara a été chargé de transmettre la décision [française
d’envoyer des troupes pour protéger Manbij] au président turc, Recep Tayyip
Erdogan, ce qui ajoute encore à la confusion ambiante.
D’autant plus que M. Macron a aussi proposé
ses services afin d’effectuer une médiation entre les Turcs et les Kurdes, et
qu’Ankara y a répondu quelques minutes plus tard, de manière très peu
diplomatique par ces termes : "Nous rejetons tout effort visant à
promouvoir un dialogue, des contacts ou une médiation entre la Turquie et ces
groupes terroristes". Erdogan, bouillonnant, a commenté ce vendredi les
rumeurs en provenance de la ville des lumières en lançant à Macron : "Qui
êtes-vous pour parler de médiation entre la Turquie et une organisation
terroriste ?", qualifiant de surplus la France "de pays qui n’a pas
encore réglé ses comptes avec son passé sale et sanglant".
Commentaire de l’Elysée : "La
réaction d'Ankara est logique et attendue". Nous : si c’était le cas,
pourquoi avoir proposé cette médiation ? Pour se voir rembarrer devant
tout le monde ? Pour, dans une situation aussi explosive, prendre une
initiative que l’on sait perdue d’avance ?
A Métula et dans beaucoup d’autres endroits
du Globe, on attend avec curiosité la mise au point que devrait faire le
Président Macron, le plus rapidement possible s’il veut éviter de se mettre à
dos à la fois le satyre turc et la communauté kurde.
Face à un sultan en quête d’empire, tenir un discours clair dont
on a les moyens
Quoi qu’il en soit, il nous revient de
préciser que d’un point de vue strictement militaire, l’envoi de forces françaises
à Manbij n’a strictement rien à voir avec un pique-nique de début de printemps.
Ajouter des commandos [forces spéciales] dans le Rojava n’aurait aucun effet
face au genre d’opération classique que prépare le Sultan aux confins du
saillant de Manbij, comme nous le rapporte notre envoyé permanent sur place
Perwer Emmal. On ne s’oppose pas à des centaines de chasseur-bombardiers, autant
de chars et de canons avec quelques dizaines de soldats d’élite, qui n’ont
presque aucune utilité dans ce genre de confrontation.
A moins que l’on s’en serve comme de
fusibles de dissuasion, annonçant qu’ils sont à Manbij et que toute attaque
contre cette ville occasionnerait une entrée en conflit de Paris. Mais c’est
précisément le genre de situation que j’éviterais fasse à un
nationalo-islamiste turlusiphonné type Erdogan, qui considérerait cela comme
une provocation, exactement comme si on agitait un chiffon rouge devant le
museau d’un taureau tueur de la "ganaderia" de Muria.
Non. On ne bluffe pas dans ce genre de
situations, surtout pas en exposant la vie de ses soldats comme des vifs pour
la pêche au gros, et ce n’est pas l’Amiral Rogel qui me contredirait. Pour agir
sérieusement, il faudrait au moins envoyer à Manbij une cinquantaine de
Leclerc, autant de Rafales et un bon nombre de canons.
Et cela ne serait toujours pas
suffisant : il serait de plus absolument nécessaire de coordonner étroitement
les opérations avec les Américains, qui devraient également déployer une
véritable armada dans la région, et, si possible, avec d’autres pays européens.
Attention aussi : ce faisant, on
prendrait le risque d’entrer dans une vraie guerre, qui plus est, face à la
seconde plus puissante armée de l’OTAN (au moins sur le papier). Sans parler de
devoir gérer le million de Turcs vivant dans l’Hexagone, dont certains sont des
partisans hystérique d’Erdogan et de ses plans de conquête musulmane de l’Europe.
Et puisque l’on évoque cet aspect des choses, un conflit avec Ankara pourrait
également mettre le feu aux banlieues, le Sultan se présentant tel un émir de l’islamisme,
et les "jeunes" ne cherchant qu’un bon prétexte pour commencer une
Intifada.
Pour ne rien arranger, l’unique porte-avions
de la Marine française, le Charles de Gaulle, est en train de subir son
deuxième arrêt technique majeur (ATM), et se trouve en cale sèche dans les
bassins de Vauban, au moins jusqu’à la moitié de 2018.
Cela obligerait les Rafales à opérer à
partir de bases fixes, des aéroports U.S. dans le Rojava, la base britannique d’Akrotiri
à Chypre, voire des aéroports du Khe’l Avir, soit des solutions qui ne sont pas
idéales.
Il existe déjà plusieurs films relatant la prise
d’otages perpétrée par des terroristes du FPLP (Front Populaire de Libération
de la Palestine) et de la bande à Baader allemande, et l’intervention militaire
héroïque des forces de défense israéliennes pour sauver les otages. Il n’était
pas nécessaire d’ajouter un film à ceux qui existaient déjà. On aurait pu espérer
un instant qu’un film de plus apporterait des informations supplémentaires sur
le détournement de l’Airbus d’Air France qui se déroula le 27 juin 1976. On pouvait
craindre aussi et surtout, vu l’époque sordide que nous traversons, que le film
soit falsificateur.
Le film n’apporte aucune information supplémentaire.
Bien au contraire, il floute l’histoire. Et c’est effectivement un film
falsificateur de la pire espèce, un long métrage anti-israélien et
pro-terroriste sournois.
Ce qui est inquiétant avec une œuvre de ce type est
qu’en falsifiant les faits de manière perfide, elle est à même de contribuer à
substituer le mensonge et la propagande à la vérité.
Je ne pense pas que l’Autorité Palestinienne et le
Hamas aient contribué au financement du film : ces gens préfèrent dépenser de
l’argent pour acheter des armes et des explosifs, pour financer des attentats
et des meurtres de Juifs, et pour rémunérer les tueurs de Juifs en prison. Mais
s’ils l’avaient fait, le résultat n’aurait pas été pire.
Shimon Peres, ministre de la Défense, Yitzhak
Rabin, Premier ministre,
avec Michel Bacos, le commandant de bord du vol Air
France 139,
qui reçut la Légion d’Honneur pour son comportement
lors de la prise d’otages
Le film ouvre sur un panneau en banc-titre sur lequel
on peut lire que ceux que certains considèrent comme des terroristes sont vus
par d’autres comme des combattants de la liberté. Plus simplement posé, le
cinéaste, le Brésilien José Padilha, admet tout à fait que ceux que l’on voit
ensuite détourner un avion, séparer les Juifs des non juifs parmi les
passagers, prendre les Juifs en otages, et menacer de les tuer sont peut-être
des combattants de la liberté.
A la fin du film, des panneaux en banc-titre réapparaissent
pour rappeler que le Premier ministre israélien montré dans le film (et décrit
comme un pacifiste) a fini assassiné par un homme qui refusait la paix, puis
que le Premier ministre actuel d’Israël est un homme qui refuse la paix.
Ce qui se passe entre les deux incursions de bancs-titres
est censé constituer la narration des événements tels qu’ils se sont déroulés,
mais les écarts avec la réalité sont incessants. Les deux terroristes de la
bande à Baader sont présentés comme des gens ayant des états d’âme et des
interrogations philosophiques existentielles sur la légitimité de leur
“combat”.
Ceux du FPLP sont décrits comme pas du tout
antisémites, n’ayant rien contre les Juifs, mais guidés uniquement par la
volonté de libérer leur "pays occupé" (sic), et par la souffrance
d’avoir vu leurs enfants cruellement assassinés par d’horribles nazis israéliens.
On ne distingue aucune méchanceté dans leurs personnages, mais surtout de la
colère et du désespoir. Le dialoguiste utilise l’opportunité qui lui est offerte
pour leur faire débiter les arguments de propagande que l’on entend d’habitude
dans la bouche de Mahmoud Abbas lorsqu’il parle arabe, et il n’y a, bien sûr,
personne pour porter la contradiction.
Il est brièvement mentionné qu’Idi Amin Dada avait
pour habitude de jeter ses opposants dans une fosse pour qu’ils soient mangés
par des crocodiles, mais il est néanmoins montré pendant tout le film comme un
homme jovial et souriant, qui semble désolé par ce qui se passe.
Le gouvernement israélien est présenté sous l’angle
de la rivalité entre Shimon Peres et Yitzhak Rabin, et Shimon Peres est exhibé
comme un homme roublard et cynique, tandis qu’Yitzhak Rabin est décrit comme un
homme faible, indécis, hésitant, prêt à céder aux terroristes et à faire
d’immenses concessions pour que vienne la paix.
Quand bien même - ce n’est pas un secret -, je
n’appartiens pas à leur famille politique, je considère cette façon de montrer
Shimon Peres, tout particulièrement dans les circonstances décrites par le film,
comme insultante pour sa mémoire, et cette façon de dépeindre Yitzhak Rabin
comme plus insultante encore. Rabin a fait des erreurs, et je n’ai jamais
hésité à le dire, mais il n’a jamais été l’être pusillanime décrit ici.
Israël vient de reconnaître que le 6
septembre 2007, c’est elle qui a détruit le réacteur nucléaire d’Al Kibar, dans
la région de Deïr Ez Zor en Syrie, et d’autoriser la divulgation des détails de
l’opération. Voir la vidéo du raid : https://youtu.be/exz3FY6clrg
C’était la Ména qui avait à l’époque
annoncé la destruction d’Al Kibar le jour même de l’opération en exclusivité,
déclenchant des moqueries et les critiques des autres media dans un premier
temps.
Al Kibar est situé à 450km de Métula
et d’Israël. Il s’agissait d’un réacteur nucléaire conçu par les Coréens du
Nord, sur le point d’être mis en marche afin de doter le régime alaouite de l’arme
atomique.
8 chasseurs bombardiers frappés de l’étoile
de David et chargés chacun de deux bombes ont participé à l’attaque. Chaque appareil
était équipé de projectiles de types différents pour s’assurer que le réacteur
serait détruit ; ils ont tous atteint l’objectif qui a été pulvérisé.
Le réacteur avait été baptisé "Le
Cube", par les Israéliens, il mesurait 20m de haut sur 40 de large. A l’issue
du raid, encore en train de survoler le territoire syrien, le leader de l’escadrille
rompit le silence radio pour lancer le code "ARIZONA", qui signifiait
à l’intention de l’état-major de Tsahal dans son quartier-général, que le
réacteur syrien avait cessé d’exister.
Afrin ne deviendra donc pas un nouveau
Stalingrad. Elle n’était géographiquement pas défendable, surtout pas à 1
contre 5, sans armes pour se protéger des avions, des chars et des canons.
Hier, Afrin est ainsi tombée sans
résistance, cela faisait déjà une semaine que les combattants des Unités de
Défense du Peuple s’étaient évacués vers leurs frères du saillant de Manbij, en
passant par les zones tenues par l’armée de Bashar al Assad. Il n’était pas
utile de les sacrifier pour une bataille perdue d’avance ; on risque d’en
avoir grand besoin dans le Rojava oriental si le Sultan sanguinaire met à
exécution ses menaces d’y poursuivre son agression.
Merci de vous être battues pour nous là où nous n’étions pas
D’entente avec les Turcs, Assad a
maintenu un corridor ouvert vers Alep, que les combattantes et combattants ont
emprunté, dans le sillage de la population en fuite. Il ne reste plus beaucoup
de civils non plus dans la capitale du canton : 350 000 ont quitté leurs
maisons, sur les 450 000 qui y demeuraient. D’autres sont partis il y a
quelques semaines déjà.
Le dictateur Erdogan se débarrasse
ainsi de la plupart des habitants originaux d’Afrin, et Assad autorise ces "Syriens"
à passer "sa" "frontière", mais les empêche de s’installer à
Alep, afin de préserver les proportions démographiques de la ville. Les
malheureux vont faire le difficile apprentissage du statut de réfugiés et des
villages de tentes, et pour plusieurs années, à moins qu’ils soient autorisés à
se réinstaller dans le Rojava oriental.
La Bataille d’Afrin aura fait 1 700
morts dans les rangs de l’Armée ottomane et de ses supplétifs arabes
islamistes, ainsi que 5 500 blessés. Perwer Emmal estime qu’au final, les
pertes de l’ennemi se monteront à près de 2 000 morts. Parmi ceux-ci, 400
Turcs, et le reste d’islamistes.
Les Kurdes, quant à eux, ont perdu de 550
à 850 Peshmerga, dont 250 à 350 ces 10 derniers jours (nous ne pouvons pas être
plus précis, Perwer Emmal a perdu ses relais à cause de la bataille), après que
le front a cédé. On dénombre également 500 morts parmi les civils, de même que
3 000 blessés, combattants et civils kurdes confondus.
On est d’autre part sans aucune
nouvelle des zones désormais occupées par l’envahisseur, qui ne laisse filtrer
aucune information à ce sujet, pas plus que sur les prisonniers. On est dès
lors inquiet pour leur sort, d’autant plus que de vastes scènes de pillage des
mains de la soldatesque turque sont observées et filmées à Afrin-city et
ailleurs dans les territoires perdus.
Pourtant peu ou pas de couverture dans
les autres media, particulièrement francophones. Et dans le peu de couverture
de cet immense drame humain, beaucoup de mal-information provenant de confrères
qui ne savent pas de quoi ils parlent ou qui reprennent sans les comprendre les
infos de la propagande turque ou celles provenant de sources non fiables.
Ainsi l’AFP, qui abreuve ces
jours les media francophones du chiffre de 1 500 combattants kurdes tués, suivant
en cela l’estimation de l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme, qui n’en
sait strictement rien. Les journaux ont à peine le temps de publier ces bilans
aberrants, qu’il en tombe un autre… 3 500 Peshmerga éliminés, de source
officielle à Ankara.
Le compte-rendu des media français est
aussi minimaliste qu’informationnellement médiocre et biaisé : pour eux, l’Armée d’Erdogan n’a
pas "envahi" le canton d’Afrin, elle en a "pris le contrôle".
Les termes "agression", "occupation", "colonisation",
"invasion" sont réservés au conflit israélo-arabe et aux guerres des
Juifs, même si là-bas, ils n’ont pas lieu d’être.
Pourtant, le gouvernement du Sultan
maboule se déchaîne contre l’Europe, prédisant qu’elle "court au
précipice, où ils sont emmenés par ses dirigeants défaillants", comme l’a
relevé le ministre turc des Affaires Etrangères, Mevlüt Cavusoglu, jeudi dernier,
ajoutant que "des guerres de religion vont commencer, car l'Europe
effectue un dangereux pas en arrière".
Attention, même si Cavusoglu est inaccessible
à notre discernement lorsqu’il affirme que l'Europe effectue, dans ce contexte,
"un dangereux pas en arrière",
il y a des millions de travailleurs turcs en Europe occidentale, dont une
grande partie est hypnotisée par les prophéties impérialistes et islamistes du
nouveau pacha ! 4 millions pour la seule Allemagne, 500 000 en Grande-Bretagne
et en Hollande, un million en France, et 250 000 en Belgique.
La junte erdoganienne a aussi fustigé
les appels du Parlement Européen demandant, trop timidement et scandaleusement
trop tard, la cessation des hostilités à Afrin. Réponse textuelle du tyran
jeudi dernier : "Ne vous excitez pas, nous ne sortirons pas [d’Afrin]
sans terminer notre travail. Le Parlement Européen n'a rien à dire à la Turquie !".
Mevlüt Cavusoglu a renchéri le
lendemain : "Nous ne pouvons pas accepter la décision du Parlement Européen,
connu pour sa tolérance vis-à-vis des organisations terroristes. Le Parlement a
une nouvelle fois démontré qu'il est loin d'être objectif et d'avoir une
approche impartiale".
La palme de la violence verbale
revenant au vizir des Affaires Européennes, Ömer Çelik, qui a qualifié le vote européen de "décision puérile,
dépourvue de vision".
Dans son discours de victoire, Erdogan
a répété hier qu’il allait également "libérer Manbij ainsi que le
reste du Nord syrien", au risque d’une confrontation militaire directe avec
l’Amérique qui y a déployé des soldats. Il a aussi déclaré : "Nous
avons administré une leçon à ceux qui ont tenté de nous assiéger dans la
bataille de Çanakkale, et nous faisons la même chose avec ceux qui ciblent
notre stabilité et notre avenir à travers la mise en place d'un Etat terroriste
tout le long de nos frontières".
Deux précisions s’imposent à ce sujet :
d’une, la bataille de Çanakkale fut un avatar de la Première Guerre Mondiale,
en 1915, à l’entrée de la mer de Marmara.
De deux : il n’y avait pas de
Kurdes à la bataille de Çanakkale. Ceux qui "ont eu droit à une leçon",
ce sont les Français et les Britanniques.
A bon entendeur… les fous
inspirés par la religion ont souvent de la suite dans leurs idées.
Netanyahu et Trump : deux très grands hommes d’Etat (info # 011803/18)
Dimanche onze mars, une émission d’une heure sur Fox
news m’a fait mesurer une fois de plus la distance immense qui sépare les
Etats-Unis de la France, et de l’Europe en général.
Un présentateur qui n’a pas d’équivalent sur le
continent européen, Mark Levin, l’animateur d’une émission de radio
quotidienne, l’un des plus importants conservative
talkshow hosts (présentateur d’émission de commentaire conservateur)
américains, l’auteur de plusieurs livres de philosophie politique remarquables,
le fondateur d’une chaine de télévision à laquelle on peut accéder sur le Net
[levintv.com], recevait Binyamin Netanyahou à une heure de grande écoute. Il
lui posait des questions pertinentes, fondées, sans esprit polémique ni
agressivité. Et Binyamin Netanyahou pouvait répondre de manière précise et
détaillée, sans être intempestivement interrompu.
Aucun sujet n’a été laissé de côté. L’histoire
d’Israël et celle du peuple juif sur la terre d’Israël depuis des millénaires,
la “cause palestinienne”, ce qu’est l’Autorité Palestinienne et ce qu’est le
Hamas, la situation globale au Proche-Orient, la guerre en Syrie, la stratégie
de l’Iran, le caractère catastrophique et dangereux de l’accord de juillet 2015
passé avec le régime des mollahs, le financement par celui-ci du terrorisme
islamique et de guerres régionales, avec pour but une hégémonie régionale,
l’alliance qui prend forme entre Israël et l’Arabie Saoudite, le futur plan de
paix régionale préparé par l’administration Trump, l’importance historique de
la décision de Donald Trump de reconnaitre Jérusalem comme capitale d’Israël et
d’y installer l’ambassade des Etats-Unis, les relations difficiles avec l’Union
Européenne.
Mark Levin interviewant
Binyamin Netanyahou
Binyamin Netanyahou a su dire ce qu’il avait à dire
et être explicite tout en gardant un art consommé diplomatique de la litote.
En écoutant cette émission, j’ai réalisé qu’Israël
avait une chance immense d’avoir pour Premier ministre un très grand homme,
l’un des rares hommes d’Etat de ce temps.
J’ai songé que c’était une chance immense pour
Israël, mais aussi pour le monde, que les Etats Unis aient aussi, au même
moment, un très grand homme à leur tête, un autre des rares hommes d’Etat de ce
temps.
J’ai mesuré la petitesse inepte de ceux qui, en
Israël, harcèlent Binyamin Netanyahou et qui me rappellent ceux qui harcèlent
et diffament Donald Trump aux Etats-Unis. Et j’ai pensé que la gauche en
Israël, faute de pouvoir gagner par la qualité de son programme, tentait de le
faire par des méthodes viles, comme la gauche américaine en ce moment.
J’ai songé que Binyamin Netanyahou et Donald Trump
allaient accomplir de grandes choses pour Israël, pour le Proche Orient et pour
le monde, malgré tout.
J’ai songé aussi à quel point ils étaient l’un et
l’autre détestés, et trainés dans la boue par la presse mondiale.
J’ai songé que Mark Levin ne pouvait pas avoir
d’équivalent sur le continent européen : un homme comme Mark Levin serait
insulté, marginalisé en Europe, et tout particulièrement en France.
J’ai songé qu’en Europe, et tout particulièrement en
France, aucune chaine de télévision n’accorderait à un homme tel que Binyamin
Netanyahou une heure d’antenne, et que les entretiens dans lesquels les
journalistes parlent avec déférence à leur interlocuteur sont réservés en
Europe à des gens tels que Mahmoud Abbas ou Hassan Rohani. Ce qui est, en soi,
très éloquent.
En fin de cette
après-midi de vendredi, un tueur palestinien répondant au nom d’Ala Rateb Abed
al Latif Qabkha a assassiné deux soldats israéliens sur la Route 585, entre les
implantations de Mevo Dotan et de Khermesh, dans le nord-ouest de la Samarie. Les
morts sont un officier et un conscrit. Un troisième militaire est grièvement
blessé à la tête et son diagnostic vital est engagé. Il a été transporté par hélicoptère
avec ses camarades au Centre médical Rabin (Bellinson) à Petakh Tikva. Un
quatrième soldat est modérément blessé et ses jours ne sont pas en danger.
Les quatre hommes
venaient de quitter leur véhicule de type Humer afin de se rendre dans une tour
d’observation en béton, lorsque le tueur qui les attendait en embuscade a lancé
sa voiture à pleine vitesse sur eux.
Il a d’abord tué sur le
coup l’officier et la recrue qui marchaient devant le tout-terrain, puis est
revenu heurter les deux autres militaires qui se trouvaient de l’autre côté du
véhicule. Les premiers éléments de l’enquête ont révélé qu’un très court laps
de temps s’est écoulé entre les deux attaques et que les deux soldats
survivants n’ont pas eu le temps matériel de faire usage de leurs armes.
L’assassin palestinien de
26 ans, habitant le bourg de Bartaa, à cheval sur la ligne d’armistice de 1949,
savait que Tsahal envoyait des hommes dans la tour, car c’était devenu une
routine depuis que des jeunes Palestiniens callassaient les automobilistes dans
ce secteur depuis quelques semaines et leur lançaient des cocktails Molotov.
Le porte-parole de l’Armée
a confirmé qu’il s’est agi d’un acte intentionnel destiné à tuer des soldats
israéliens.
Dès la caractérisation
du délit et l’identification du suspect, le Coordinateur des Activités Gouvernementales
dans les "Territoires" (COGAT), le Major Général Yoav Mordechaï, a
ordonné la suspension de toutes les autorisations spéciales dont bénéficiait le
clan Qabkha.
Les restes de la Jeep Hyundai de
l’assassin témoignent de la violence du choc
Ainsi, 67 permis de
travail en Israël, 26 autorisations commerciales et quatre permis de travail
dans les implantations ont été annulés. D’autre part, les enquêteurs de l’Armée
et du Shin Bet (contre-espionnage) procèdent à des interrogatoires approfondis
de la famille d’Ala Qabkha, principalement afin de vérifier si son acte était
prémédité et s’il a bénéficié de soutiens pour l’accomplir.
Tsahal a décidé de ne
pas imposer le blocus de Bartaa, comme c’est parfois le cas en de semblables circonstances,
mais d’établir des barrages routiers aux entrées de la localité et de contrôler
tous les entrants et les sortants.
L’assassin a été arrêté ;
il souffre de blessures de moyenne gravité et a été emmené à l’hôpital Hillel
Yaffé de Hadéra pour y être soigné. Son état n’a pas empêché qu’il soit entendu
par les enquêteurs.
Il avait été libéré de
prison il y a un peu moins d’un où il avait purgé une peine de 17 mois pour
atteinte à la sûreté de l’Etat.
Un membre de sa
famille, interrogé par un confrère, a affirmé contre toutes les évidences qu’Ala
Qabkha était peintre en bâtiment, "qu’il s’était rendu à Jénine [dans les
territoires] pour y acheter de la peinture et qu’il était sur la route pour
rentrer chez lui". Ce proche soutient qu’ "il s’agirait d’un accident
malencontreux et non d’une attaque terroriste, comme "ils" le
prétendent". Il a également déclaré que l’assassin "ne fait partie d’aucun
parti politique et n’est membre d’aucune organisation".
Les soldats de Tsahal arrivant
dans la maison de la famille Qabkha à Bartaa
C’est presque toujours
ce que qu’affirment les proches d’auteurs d’attentats et de terroristes
palestiniens comme seul argument de défense lors d’attaques au véhicule tueur.
Il est vraisemblable que la personne interviewée avait eu le temps de recevoir
les conseils d’un avocat dans ce sens.
Le Hamas et le Djihad
Islamique ont acclamé le meurtre depuis Gaza, le Mouvement de la Résistance Islamique
[Hamas] tenant à préciser que l’attentat survient "cent jours après la
reconnaissance par Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël".
L’organisation terroriste
Hamas, qui semble partager l’opinion du Président Macron selon laquelle la
décision de Donald Trump constitue une erreur qui "n’aidera pas à résoudre
le conflit" entre les Palestiniens et les Israéliens, n’a toutefois pas
revendiqué l’assassinat, à l’instar du Djihad Islamique. Les deux mouvements craignent en effet d’éventuelles
représailles israéliennes contre les commanditaires de cet attentat.
Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a quant à lui affirmé
sur son compte Twitter qu’il "entendait agir afin que le terroriste
subisse la peine capitale, que sa maison soit détruite, et que tous ceux qui l’ont
aidé soient punis". M. Lieberman a également accusé l’Autorité
Palestinienne, qui rémunère les terroristes et leurs familles.
On rappelle que le drame de ce
soir constitue le second attentat à la voiture tueuse en l’espace de quinze
jours. Plus tôt ce mois de mars, un Israélien arabe du nord du pays âgé de
cinquante et un ans avait roulé sur deux soldats, un garde-frontière et un
passant dans la ville côtière de Saint-Jean d’Acre, leur infligeant des
blessures de moyenne importance.
Dans l’unique but d’augmenter davantage encore notre
capacité à vous informer, la Ména va acquérir d’ici fin
mars les équipements suivants :
4 téléphones mobiles dont un satellitaire, ainsi qu’un
appareil photo-vidéo professionnel pour nos reporters de guerre dans le Rojava.
Un nouveau drone de photographie aérienne pour le siège de Métula
(Syrie-Liban), à distance et temps de vol étendus. Des moyens supplémentaires
de protection pour nos équipes de terrain. Un nouveau moteur plus puissant pour notre Land Rover de
reportage. Une nouvelle table de mixage vidéo afin d’améliorer considérablement
nos capacités de TV HD en direct. Un système de communication audio indépendant
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nous adressons à ceux qui comprennent l’importance du travail d’information que
nous fournissons et qui se sentent proches de notre démarche professionnelle afin
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Toutes les informations auprès de Sylvie Tobelem :
info@metulanews.info
Emission dramatique ce lundi matin,
lorsque Stéphane Juffa, donnant les derniers détails de la situation militaire
au micro de Jim Mosko, annonce que la bataille d’Afrin est sur le point d’être perdue
pour les Kurdes et que le risque de génocide, qui menace le million d’habitants
de l’enclave, est immédiatement actuel.
Juffa affirme que quelque chose a
changé dans la partie du monde qui s’auto-proclame humaniste, et dont les
responsables politiques, les journalistes et les media décident de laisser le
dictateur turc réaliser ce massacre sans en parler.
Le rédacteur en chef de la Ména parle
du poids de la conscience, et affirme que l’Europe cache à ses citoyens que la
Turquie s’est métamorphosée, que des dizaines de milliers d’innocents
croupissent dans ses prisons, et que l’héritage de Mustafa Kemal Atatürk a été
balayé par le sultan dément au profit de l’islam radical. Ce, alors que les
responsables européens continuent de dépeindre la Turquie comme un pays
fréquentable afin d’éviter d’avoir à se confronter au tyran.
Ces jeunes femmes ont le
courage qui nous fait défaut
Les rumeurs autour du plan de paix de Trump (info # 011103/18)
L’année 2018 sera celle ou un plan de paix sera
proposé par l’administration Trump. La perspective crée, à l’évidence, beaucoup
de nervosité, et nombre de manœuvres plus ou moins troubles.
Jared Kushner, qui joue un rôle important dans l’élaboration
du plan, subit une opération de déstabilisation menée par la presse de gauche
américaine qui, à l’évidence, aimerait le voir tomber. Ce qui retarderait la présentation
du plan et la compromettrait, et pourrait avoir des conséquences plus vastes dès
lors que Jared Kushner entretient une relation étroite avec Mohamed ben Salman,
l’héritier du trône saoudien.
Le journal Asharq Al-Awsat [(ara) le
Moyen-Orient], qui paraît à Londres, en langue arabe, a publié récemment ce que
sont censées être les grandes lignes du plan, et ces grandes lignes, telles que
décrites, ont aussitôt suscité réserves et inquiétudes en Israël et chez les
amis d’Israël. Certains d’entre eux n’ont pas hésité à affirmer que si le plan
correspondait effectivement aux grandes lignes décrites, ce serait un désastre,
puisqu’il est fait allusion, entre autres, à une division de Jérusalem, au
passage de la vieille ville sous contrôle des Nations Unies, et à un Etat
palestinien démilitarisé dans des frontières proches des lignes d’armistice de
1949.
Saëb Erekat, enfin, le Secrétaire général de l’OLP et
diplomate no.1 de l’Autorité Palestinienne, a mis en circulation un document
distribué aux dirigeants du Fatah, et repris par tous les media “palestiniens”.
Son titre est “Directives du Président Trump pour la nouvelle phase :
imposer une solution”. Le document est censé décrire lui aussi les grandes
lignes du plan, mais ne répète pas exactement ce qu’imprimait Ashark
Al-Awsat quelques jours plus tôt.
"Il se murmure que ton plan
de paix serait presque prêt !"
Ce qui parait exact en tout cela est la tentative de déstabilisation
subie par Jared Kushner : les Démocrates aux Etats-Unis, donc quatre-vingt-dix
pour cent des journalistes et commentateurs, mais aussi, hélas, les dirigeants
de l’AIPAC, qui a tenu son assemblée annuelle la semaine écoulée, fervents
partisans de la “solution à deux Etats”, voudraient voir Donald Trump échouer
dans ses tentatives de faire avancer la paix au Proche-Orient. Si, de plus, ils
pouvaient écarter Jared Kushner, ils auraient fait un pas important dans cette
direction. Ces gens disent vouloir la paix, mais ils veulent surtout sauver
leur conception de la “paix”, même si leur conception de la “paix” a échoué, et
sauver l’Autorité Palestinienne.
Ce qui est infondé dans cette affaire, c’est
l’ensemble de ce qu’a publié Ashark al-Awsat et de ce qu’a mis en
circulation Saëb Erekat. Diffuser de fausses informations, susciter des inquiétudes
chez l’ennemi est une stratégie éprouvée dans certains milieux, qui continue à
être utilisée parce qu’elle produit des résultats. On le voit trop souvent un
peu partout sur Terre.
Ce qui importe dans l’immédiat est que Jared Kushner
et Jason Dov Greenblatt, qui travaille avec lui, aillent jusqu’au bout de leur
projet, et puissent présenter le plan de paix qu’ils élaborent.
Ce plan devra être jugé sur pièces le moment venu.
Comme l’ont écrit des commentateurs américains et
israéliens : ce qu’a publié Ashark al-Awsat ne ressemble pas du tout à
ce que peut envisager Donald Trump et aux conceptions de la situation qui sont
celles de Kushner et de Greenblatt, ce qu’a mis en circulation Saëb Erekat non
plus.
On doit ajouter que, quel que soit le plan de paix
proposé, il est quasiment certain que l’Autorité Palestinienne le refusera, et
le Hamas plus encore, ce qui le rendra inutilisable.
L’objectif essentiel du plan de paix qui sera présenté
sera d’être acceptable par les pays sunnites alliés des Etats-Unis (Egypte,
Arabie Saoudite, émirats du Golfe) et de leur permettre de déclarer, qu’une
fois de plus, les dirigeants “palestiniens” ont raté une occasion d’obtenir
leur émancipation. Cela leur permettrait de passer à une étape ultérieure dans
leur rapprochement avec Israël et dans la marginalisation de la “cause
palestinienne”.
Cette fin de semaine
a vu les lignes de front des Unités de Protection du Peuple (YPG) céder sous la
pression de l’Aviation et de l’Artillerie du dictateur sanguinaire Erdogan. Rajo
(4 000 hab.) est tombée entre les griffes de l’envahisseur ottoman, ainsi que
la moitié de Jandairis (22 000 hab.), dont le centre est occupé par l’ennemi
[carte]. L’envahisseur se trouve désormais à moins de vingt kilomètres de la
capitale du canton, Afrin, par le Sud-Ouest, et à une douzaine par le Nord-Est
et la province de Sharan [carte] ; les principaux combats à Sharan se
situant actuellement autour des villages de Kafr Jannah et Maaraskeh,
littéralement noyés sous les obus des avions et des canons. Ces deux axes [flèches rouges] constituent les zones de poussée de l’offensive
turque sur Afrin-city.
La cause semble
militairement perdue et l’on craint des massacres dans les heures à venir ;
ce, d’autant plus que la communauté internationale, y compris les alliés des
Kurdes, restent coupablement muets, comme s’ils espéraient qu’Erdogan termine
son agression le plus rapidement possible, en tuant le moins de monde possible.
Carte des combats à Afrin. Situation le jeudi
8 mars 2018 à 18h
La résistance des
YPG et des YPJ (les combattantes) reste véritablement héroïque et elle demeure
organisée. Ils n’ont jamais anéanti plus de soldats adverses que durant les
derniers affrontements, mais c’est comme un barrage hydraulique qui aurait cédé :
face à l’armement ennemi et au nombre de ses militaires, l’eau empoisonnée s’infiltre
de toutes parts.
Mes
correspondants ont noté à Afrin un début de fuite des habitants en direction d’Alep,
la seule zone, avec le saillant vers al Bab, qui ne soit pas encore sous l’emprise
des porte-flingues du sultan dément. Les cœurs civils d’Afrin et de Jandairis
sont soumis depuis ce matin à des bombardements terrestres et aériens sans
précédents, qui sont assimilables à des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Depuis le début
de l’agression ottomane contre l’enclave kurde d’Afrin, le 20 janvier dernier,
les YPG sont parvenues à éliminer 1 630 soldats de l’Armée turque ou supplétifs
islamistes arabes lors des combats, selon l’estimation de la Ména, qui est
correcte, compte tenu d’une marge d’erreur de 5 pour cent. 3 600 membres des
forces d’agression ont en outre été blessés et sont soignés dans des hôpitaux
en Turquie. La proportion entre Turcs et Arabes tués ou blessés reste d’un peu
moins d’un Turc pour quatre Arabes, même si le taux de Turcs, particulièrement
de leurs commandos, est en augmentation depuis le lancement de l’offensive
décisive.
Les YPG comptent 319
tués et plus de 650 blessés. 271 civils sont morts sous les bombardements de l’Aviation
et de l’Artillerie turques, et 32 ont été sommairement exécutés sur le bord des
chemins. Un peu moins d’une centaine d’enfants font partie du bilan morbide.
750 civils sont soignés dans les hôpitaux pour leurs blessures.
Erdogan a perdu,
en plus de 2 hélicoptères et leurs occupants, 126 véhicules militaires, dont 71
blindés ; douze ou treize autres ont été endommagés mais ont pu être
réparés et renvoyés au combat.
Les forces d’Erdogan
contrôlent désormais 38 pour cent de l’enclave d’Afrin [voir la carte], mais le
plus grave est qu’elles peuvent s’emparer de la capitale en isolant le nord du
canton, ses Peshmerga et sa population, car rien ne semble pouvoir contenir les
deux offensives en cours.
Ces jeunes femmes font actuellement écran
aux avions et aux canons
avec leurs seules personnes, leur
détermination intacte,
et la certitude de combattre pour notre
liberté à tous
Les
paramilitaires envoyés par al Assad et ceux de l’ayatollah Rohani se sont
montrés totalement inefficaces à contenir l’ennemi. Des dizaines sont morts, et
des centaines d’autres ont refranchi la limite de l’enclave en direction d’Alep.
A aucun moment
Assad n’a fait donner son aviation, sesmissiles antiaériens, son artillerie ou ses chars. On s’en souviendra,
particulièrement de ses affirmations selon lesquelles le Rojava fait partie
intégrante de la Syrie, au moment – qui viendra forcément un jour ou l’autre –
où il s’agira d’établir une continuité politique à la guerre.
Les FDS (Forces
Démocratiques Syriennes) sous commandement et à forte majorité YPG, se sont
massivement retirées des zones de l’est syrien, limitrophes de l’Irak, où elles
combattaient DAESH pour la Coalition occidentale. D’après mes informations, 22
000 des 25 000 Peshmerga qui s’y trouvaient ont été transférés dans le saillant
de Manbij et dans le reste du Rojava occidental, face à la Turquie. La
coalition sous commandement U.S. contient les miliciens de l’Etat Islamique à
grands renforts de bombardements aériens.
Dans le saillant
de Manbij où je me trouve, l’humeur des combattants kurdes est fébrile, mais
leur colère est stérile. Elle se heurte au refus toujours aussi obstiné des
Américains de les laisser ouvrir un nouveau front à l’ouest de Manbij afin de
porter secours à leurs frères assiégés à Afrin.
Il ne suffit d’ailleurs
pas que les Yankees leur donnent leur feu vert, car pour avoir une chance de
repousser l’envahisseur turc, il faudrait aux Kurdes au moins que l’Air Force
interdise le survol de la Syrie aux appareils du sultan criminel. Et cela, l’Administration
Trump n’est pas prête à l’envisager. Les officiers et les commandos U.S. et
européens en poste dans le Rojava ne partagent pas la position de leurs
gouvernements et certains écument de rage. J’ai vu des colonels U.S. et des
commandos européens pleurer ces derniers jours, lorsque j’évoquais avec eux l’éventualité
d’une opération de secours aux défenseurs d’Afrin.
Les FDS, pour
leur part, envisagent bien de se passer de l’accord et de l’appui de leurs
alliés, mais elles sont contraintes de faire le même calcul. Il y a, toujours selon
mon estimation, entre 11 et 15 000 Peshmerga dans le saillant de Manbij prêts
à passer à l’action ; mais sans couverture aérienne, sans chars, sans
artillerie, s’ils se lancent en direction d’Afrin, ils vont se faire décimer
par les F-16 d’Erdogan et ses tanks Léopard. Et dès lors, il n’y aura plus
personne pour défendre le Rojava oriental et sa population.
Le monde libre
est en train de sacrifier Afrin et son million de défenseurs, de civils et de
réfugiés de la Guerre Civile syrienne au profit de la protection du reste du
Rojava. C’est le deal qui ne dit pas son nom. C’est aussi le prix à payer pour
éviter une guerre Occident-Turquie et une sortie d’Ankara de l’OTAN.
A mon avis, on ne
fait cependant que retarder cette échéance, du fait que le sultan s’est lancé
corps et âme dans l’islamisation de son pays et de l’Europe. Ses discours, qui
ne sont plus rapportés en Europe et aux Etats-Unis, ne parlent que de cela, de
même que ceux de ses ministres. La semaine dernière, la soldatesque du dément a
arrêté deux garde-frontières grecs qui auraient involontairement franchi leur
frontière. Ils refusent de les libérer et annoncent vouloir les traduire en justice.
C’est avec ce genre de comportements qu’Erdogan va, petit à petit,
remilitariser ses rapports avec Athènes et Nicosie, jusqu’à ce qu’il se sente
prêt à entamer l’irréparable.
Les stratèges de
l’OTAN, des Armées grecque, cypriote et israélienne le savent pertinemment. Ils
sont conscients de ce que l’agression contre Afrin – sans la moindre
justification stratégique, je tiens à le rappeler – constitue la première étape
d’opérations armées qui suivront contre des Etats non-musulmans, de préférence
juif ou chrétiens.
Voilà le
compte-rendu de l’accablante réalité de ce jeudi soir. 10 000 de mes frères et sœurs
sont en train de mourir bravement, les armes à la main, sans aucune chance de s’en
sortir. Ils n’ont commis aucune faute et n’ont jamais usé de leurs armes pour
autre chose que pour se défendre. Ils sont des sacrifiés de l’histoire, comme l’histoire
en produit de temps à autres. A l’instar des Varsoviens, le 2 octobre 44,
contre l’occupant nazi, alors que l’Armée soviétique les a regardé se faire
massacrer. Comme les combattants du Ghetto de Varsovie, un an et demi auparavant,
face au même ennemi et au même endroit.
Le cœur empli de la honte de ne
pouvoir en faire plus, partagée par les Peshmerga qui m’entourent et l’immense
majorité des soldats des pays libres qui vont et qui viennent, notre courage
tient maintenant à regarder l’agonie de nos camarades sans cligner des yeux.
C’est également l’angoisse
qui nous étreint, non seulement quant au sort peu envieux que les hordes de
barbares ottomans réservent aux combattants et combattantes kurdes qu’ils
nomment terroristes, mais aussi à propos du million de civils, qui vont se trouver
sans protection, soumis au bon vouloir de la lie de l’humanité.
Au
sommaire : Iran-Israël,
quel est leur rapport de force, quels sont les objectifs stratégiques et
tactiques des deux ennemis, à quels risques la population israélienne est-elle
confrontée.
Juffa livre également des détails sur la coalition Israël-Etats
sunnites-Etats helléniques qui s’est mise en place face à l’agressivité de l’Iran
et de la Turquie.
La méprisable provocation des Eglises catholiques à Jérusalem (info # 010403/18)
Les Eglises catholique, grecque orthodoxe et arménienne
apostolique, qui se partagent la custodie du Saint-Sépulcre à Jérusalem, ont,
voici peu, fermé les portes de celui-ci pendant deux jours consécutifs. Leurs
représentants ont expliqué leur acte : protester contre une décision de la
municipalité de Jérusalem visant à leur faire payer des taxes sur leurs propriétés
à caractère non-religieux et à régler des litiges existants en matière de
propriété foncière. La municipalité de Jérusalem a cédé à la protestation et a,
pour l’heure, renoncé à faire appliquer la loi.
La décision de la municipalité de Jérusalem n’avait cependant
rien d’aberrant ou de scandaleux. Tous les édifices dont la finalité n’est pas
religieuse à Jérusalem et sur le territoire d’Israël sont assujettis à l’impôt.
Le niveau de taxes exigé n’est en rien exorbitant ou discriminatoire. Il s’agit
du taux appliqué à tous les édifices dont la finalité n’est pas religieuse à Jérusalem.
La volonté de trouver un moyen de régler les litiges en matière de propriété
foncière ne portait elle-même en rien préjudice au droit de propriété et ne
constituait en rien une loi d’exception.
Pourquoi, dès lors, les Eglises catholique, grecque
orthodoxe et arménienne apostolique ont elles jugé bon de protester ?
Les raisons apparaissent en filigrane dans la façon
dont les protestations ont été organisées.
Les représentants des Eglises concernées ont
fallacieusement parlé de “discrimination”. Ils ont clamé qu’Israël voulait “affaiblir”,
voire “annihiler la présence chrétienne” à Jérusalem. Ils se sont adressés à la
presse internationale, qui s’est empressée de reprendre leurs allégations sans
chercher le moins du monde à en vérifier l’authenticité. Ils ont accepté que le
porte-parole de leurs revendications et de leur discours auprès de l’Union
Européenne soit Ayman Safadi, le ministre des Affaires Etrangères de Jordanie.
Ils ont, bien sûr, trouvé un écho favorable chez Federica Mogherini, la responsable
de la Politique Etrangère de l’Union Européenne, et contemptrice systématique et
borgne d’Israël.
Il est difficile de ne pas discerner dans cette
conduite une volonté appliquée de diffamer et de faire scandale, un désir
d’exercer une pression et un chantage supplémentaires sur Israël, ainsi qu’une
tentative d’apporter des arguments à ceux qui entendent remettre en question et
délégitimer la souveraineté israélienne sur Jérusalem.
Difficile de ne pas constater que cette volonté, ce désir
et cette tentative se sont exprimés au moment même où le Président Donald
Trump, quelques semaines après avoir décidé de transférer l’ambassade des Etats
Unis à Jérusalem, a annoncé la date effective du transfert, à savoir le moment
où Israël célébrera le soixante-dixième anniversaire de sa renaissance, au mois
de mai prochain.
Les Eglises ont scellé le Saint-Sépulcre avant d’accuser
le gouvernement
israélien de porter atteinte à la liberté de culte…
Il est impossible d’ignorer que ce transfert, qui
fait que la première puissance du monde reconnait enfin Jérusalem comme
capitale d’Israël et joint le geste à la parole, suscite la rage des instances
européennes, des dirigeants “palestiniens”, mais aussi celle de nombreux leaders
islamiques.
Il est en outre très difficile d’ignorer que, à l’instar
des instances européennes, les Eglises catholiques ont souvent des positions
plus proches de celles des dirigeants “palestiniens” et islamiques que de
celles d’Israël, et n’ont jamais admis la souveraineté israélienne sur Jérusalem.
Il est quasi-impossible d’ignorer l’antisémitisme chrétien,
très agissant au sein des Eglises catholiques : Michel Sabbah, puis Fouad Twal,
les deux plus récents patriarches latins de Jérusalem, ont entretenu des
relations étroites avec l’Autorité Palestinienne et tenu de façon récurrente
des propos peu amènes à l’encontre des Israéliens.
Il est, cela doit être dit, particulièrement dégradant
que les Eglises catholique, grecque orthodoxe, et arménienne apostolique, au vu
de leur histoire maculée d’antisémitisme, se conduisent aujourd’hui comme elles
le font.
Car Israël est le seul pays du Proche-Orient où les chrétiens
ne sont pas persécutés et peuvent au contraire vivre conformément à leur foi et
fréquenter librement leurs lieux saints sans crainte de se faire agresser.
Le duel se poursuit de plus
belle entre l’Iran et Israël. Les Perses, qui font pratiquement ce qu’ils
veulent en Syrie, hormis les interdits imposés par Vladimir Poutine, notamment
l’implantation de bases khomeynistes dans la province de Lattaquié, qui
mettraient en péril l’aéroport de Khmeimim et les installations navales russes dans
le port de Tartous, tentent de s’implanter à proximité d’Israël. L’Etat hébreu
s’emploie à les en éloigner.
On doit se demander pourquoi
Téhéran investit autant de moyens dans cette entreprise et accepte de perdre régulièrement
des membres de ses forces d’élite sous les coups de boutoir du Khe’l Avir
(l’Aviation israélienne) sans y parvenir.
Certains confrères affirment que
la junte théocratique chiite prépare une éventuelle confrontation entre Tsahal
et le Hezbollah au Liban. Dans cette optique, il faudrait agir à partir d’un
second front afin d’alléger la pression que l’Armée israélienne ferait subir
aux miliciens de Nasrallah. En disposant de bases de moyenne profondeur en
Syrie, dont les missiles sol-sol menaceraient la population de l’Etat hébreu, cela
obligerait le Khe’l Avir à diluer ses attaques sur le pays aux cèdres pour
bombarder les Pasdaran en Syrie.
C’est une hypothèse
indiscutable, même si Tsahal dispose de suffisamment de chasseurs-bombardiers entre
autres atouts pour gérer les deux fronts simultanément et si l’éradication des
positions iraniennes ne devrait pas prendre plus de quelques heures. Celles-ci
sont en effet extrêmement visibles par nature, car les armes qu’elles
accueillent remplissent un volume considérable qu’il est impossible de
dissimuler au regard des satellites et des appareils de reconnaissance avec ou
sans pilotes. La facilité relative de les éradiquer est encore accentuée par le
fait que ni l’Iran ni les forces gouvernementales syriennes ne disposent
actuellement des moyens de gêner l’activité des F-16 frappés de l’étoile de
David.
La confrontation avec le Hezb au
Liban est largement plus complexe, s’agissant d’un affrontement asymétrique
face à un ennemi ayant largement recours aux techniques de guérilla en se
fondant dans la population civile, y compris en dissimulant des stocks d’armes et
de munitions dans des quartiers résidentiels.
Mais pour l’état-major des bleu
et blanc, mieux vaut intervenir avant une guerre ouverte avec le Hezbollah que
durant celle-ci, ce qui explique en partie les interventions fréquentes du Khe’l
Avir auxquelles nous assistons ces derniers mois contre les implantations
perses en Syrie.
Le Président israélien Rivlin, visitant, sans cravate,
le quartier général de la flotte grecque
A ce propos, nous sommes
absolument convaincus que les raids aériens sont largement plus nombreux que ce
qu’on annonce des deux côtés. Ces derniers jours, tous les habitants de Métula
et du nord du Doigt de la Galilée voient les appareils hébreux franchir la
frontière pour ne réintégrer notre espace aérien qu’après de longues minutes,
voire des heures.
Or ces vols ne sont pas des vols
d’entrainement : personne, en Israël, n’exposerait la vie de pilotes en les
envoyant survoler des territoires hostiles sans avoir à y réaliser des
objectifs aussi précis qu’importants. On peut en décrire de trois sortes :
1. La nécessité de marquer notre
présence dans les cieux face à l’armada russe, dont les Soukhoï et les Mig décollent
chaque jour de Khmeimim, à 240km de Métula (un coup d’aile) et de l’aéroport
international de Damas, à 60km de notre frontière sur le Golan.
2. Le besoin d’effectuer des
reconnaissances aériennes ; mais sur ce point, les satellites fournissent
l’essentiel des informations, complétées par les drones, les mouchards
électroniques et les agents au sol. Le recours à la photographie aérienne se
voit donc marginalisé, à l’exception de quelques plans de détails que les
autres solutions à disposition ne peuvent pas encore fournir. Quoi qu’il en
soit, cette activité ne réclame pas de survols aussi massifs et fréquents que
ceux que nous observons.
3. Les missions d’attaque d’objectifs
au sol. Le chef du Khe’l Avir, le Major Général Amir Eshel, en passant le relai
l’été dernier à son successeur Amikam Norkin, a dévoilé
que ses avions avaient effectué plus d’une centaine de ces interventions, alors
que dans la même période de cinq ans, celles annoncées par des sources
étrangères ou, extraordinairement par Israël, n’avaient pas atteint le chiffre
de vingt. En fait, on entend parler de ces raids lorsque l’ennemi les mentionne
par ses canaux officiels, lorsqu’ils se produisent à proximité immédiate des
grandes villes et qu’ils ont des témoins oculaires, ou lorsque ce sont des
sources liées à la rébellion armée qui en font état. Hors de ces occurrences,
personne n’a vent de ces opérations, et ceux qui les constatent – les Russes,
les Américains et les armées des grandes puissances -, n’ont pas de raison d’en
parler. Ce ne sont pas des journalistes.
En vue du raisonnement qui
précède, nous sommes certains que des interventions aériennes opérationnelles
se déroulent sur nos têtes et qu’elles prennent pour cibles les bases des
Pasdaran, les convois d’armes à destination du Hezb et les missiles sol-air d’al
Assad.
Il existe une autre raison qui
pousse les Iraniens à tenter de se déployer à proximité d’Israël ; celle
attenant à leur propre sécurité. Ce, car un immense déséquilibre existe entre
les moyens à disposition des deux camps. D’une part, Tsahal peut frapper n’importe
quelle partie du territoire des ayatollahs au moment qu’il a choisi et avec une
précision de moins de trente centimètres de la cible visée grâce à ses missiles
de moyenne portée. A cela s’ajoute la possibilité de chapitrer la Perse avec l’Aviation,
les drones et des sous-marins de la classe Delphin, qui se trouvent très
probablement en plongée, pendant que je rédige cet article, à quelques
encablures du bastion chiite.
On parle déjà d’une capacité
dissuasive énorme, qu’il faut encore augmenter par la possibilité des Hébreux de
recourir, en cas d’absolue nécessité, à l’arme atomique qui équipe, selon des
sources étrangères, entre 200 et 400 missiles. De quoi détruire la dictature de
Khameneï un certain nombre de fois.
Face à ces dispositifs
colossaux, et surtout imparables, Téhéran ne dispose pas d’armes atomiques, ni
d’aviation capable de menacer Israël, et encore moins de sous-marins indétectables
porteurs de missiles. Pour ne rien arranger aux affaires des Iraniens, leurs
missiles à longue portée, encore au stade expérimental, sont terriblement
imprécis. Probablement afin de les tester, l’Armée iranienne avait tiré, en
juin dernier, six missiles balistiques Zolfaghar [le nom du sabre à deux lames
de l’Imam Ali] contre DAESH, à l’extrémité orientale de la Syrie, à 500km de
distance, et aucun n’avait atteint son but (trois sont tombés en Irak !).
Encore ne se sont-ils pas frottés aux missiles anti-missiles
Khetz-Arrow-Flèche, qui auraient pu les intercepter et laisser ainsi le ciel iranien
sans défense face à la riposte inévitable des Hébreux.
En revanche, les khomeynistes détiennent
des missiles à courte portée – de l’ordre de 100 à 250km –, principalement de
type Fateh-110 [le conquérant] relativement précis ; ce qui signifie que,
plus ils s’approchent de l’Etat hébreu, plus ils comblent une partie du
déséquilibre qui joue si nettement en leur défaveur.
Nous possédons les éléments
suffisants pour poser cette équation de manière plus claire encore : faute
d’installer des bases en Syrie à faible distance des villes israéliennes, la
junte théocratique chiite ne dispose d’aucune arme à même d’inquiéter les
Hébreux.
Il reste certes à la dictature
iranienne ses supplétifs libanais du Hezbollah, ses 100 000 roquettes et ses 1-2
000 missiles, mais Tsahal a fait le nécessaire afin que peu d’armes
qualitatives et pas de missiles antiaériens performants n’atteignent le Liban.
La situation qui prévaut fait
que, dans tous les cas de figure, le déclenchement d’une guerre par les Perses
ou leurs proxys, que ce soit un conflit de proximité – Israël-Hezbollah -, un
conflit à distance Israël-Iran, ou un conflit mixte, Israël-Hezbollah au Liban,
avec des échanges de missiles et autres politesses entre Jérusalem et Téhéran,
consisteraient en des entreprises suicidaires pour les ayatollahs. Elles
débuteraient certes par des morts en Israël, essentiellement civils, entre 100
et 3 000, et se termineraient inéluctablement par l’oblitération des
agresseurs, soit le Hezbollah, soit l’Iran, soit les deux. On peut même affiner
la prévision et affirmer que le niveau d’anéantissement des agresseurs serait
proportionnel à l’ampleur de leur attaque préliminaire. Jérusalem ne va, en
effet, pas anéantir l’Iran et sa population otage de ses dirigeants parce qu’ils
envoient un drone d’observation sur Bet Shéan. Mais s’ils prennent le risque de
lancer sur Israël des missiles non-conventionnels (chimiques, gazeux ou
bactériologique), ils s’exposent au double risque de n’atteindre aucun objectif
et d’être broyés lors de la riposte.
On peut aller encore plus loin
dans notre analyse, et affirmer que les tentatives des Pasdaran de s’implanter
en Syrie face à Israël sont de toutes façons inutiles en considération des
arsenaux à disposition des uns et des autres. C’est aussi la raison pour
laquelle nous considérons qu’une guerre opposant le Hezbollah à Israël, à l’initiative
de la milice chiite, reposerait sur une décision illogique ou sur un ordre de
sabordement venu du mentor iranien. Je ne suis pas même certain que si un tel
ordre était transmis par Khameneï à Nasrallah, ce dernier l’exécuterait, car
personne de sensé ne court à sa propre perte s’il peut faire autrement.
Le seul risque de conflit que je
peux concevoir serait celui d’un embrasement accidentel avec accentuation
systématique du niveau des représailles. Mais ce scénario n’échapperait pas, au
fond, à la logique que j’ai démontrée, il resterait irrationnel et suicidaire.
Dans l’entre-temps, la "République"
Islamique d’Iran poursuit ses tentatives d’enracinement entre 40 et 300km de
nos frontières. A notre avis, les ayatollahs n’essaient ainsi que de créer l’esquisse
d’une contre-menace rééquilibrante face à Israël : d’amener Jérusalem à
hésiter si elle désire se lancer dans une guerre préventive contre le Hezbollah
au Liban ou contre les Iraniens en Iran.
C’est ainsi que la chaîne
américaine FOX vient de dévoiler les images satellites d’une nouvelle
base iranienne en construction sur la montagne de Sharqi [Jebel ash Sharqi][voir
la carte], à moins de dix kilomètres à vol d’oiseau au nord-ouest de Damas et du
palais présidentiel de Bashar al Assad.
La base iranienne en construction sur le Jebel ash
Sharqi
L’emplacement choisi pour cette
base n’est pas étonnant : elle se trouve à courte distance de celle de Jomrayah,
déjà frappée à deux reprises par le Khe’l Avir, et d’autres positions
stratégiques des divisions du régime, du palais présidentiel et de l’aéroport
militaire de Mezzé, lui aussi plusieurs fois pris pour cible par l’Aviation
israélienne, avec son abominable centre de torture géré par les bourreaux du
renseignement de l’Armée de l’air gouvernementale.
L’extrême gauche sur toute la planète exècre Israël
et souhaite à l’évidence sa destruction. Certains membres de l’extrême gauche
disent les choses clairement et affichent leur soutien pour des gens qui, comme
eux, souhaitent la destruction d’Israël, et ils manifestent dès lors en
compagnie de gens vociférant “Mort aux Juifs !”. D’autres sont plus
hypocrites et feignent d’avoir des illusions.
Ceux-là disent qu’ils sont pour la paix, et pour
confier un Etat à l’OLP, ce conglomérat d’organisations terroristes censé être
devenu respectable parce qu’il dispose désormais d’un quasi-Etat voyou appelé
Autorité Palestinienne.
Et ils restent délibérément sourds à toutes les
insanités que peuvent débiter les dirigeants de l’OLP-Autorité Palestinienne et
au fait que ces dirigeants ne cessent de clamer, lorsqu’ils parlent arabe,
qu’ils veulent un Etat allant du Jourdain a la Méditerranée, de préférence Judenrein.
Ils restent délibérément sourds aussi au fait que ces
dirigeants incitent sans cesse à l’assassinat de Juifs et considèrent les
assassins de Juifs comme des héros. Des héros qu’ils célèbrent, rémunèrent
s’ils survivent et qu’ils sont incarcérés en Israël, voire de manière posthume,
en allouant des rentes à leurs familles s’ils sont éliminés pendant qu’ils
assassinent.
Ceux-là manifestent aussi, rédigent des pétitions
clamant que les “Palestiniens” ont droit à un Etat, affirment hypocritement
qu’ils ne sont pas anti-israéliens, mais juste opposés à la “colonisation”
israélienne et aux traitements abominables qu’Israël est censé infliger aux
populations arabes de ce qu’ils appellent les territoires “occupés”.
Ceux-là trouvent un écho parmi les politiciens
européens et américains de gauche, mais aussi chez des politiciens israéliens
de gauche et d’extrême gauche, et le fait qu’ils puissent s’afficher au côté
d’Israéliens est pour eux une source de jouissance : “vous voyez”, revendiquent-ils,
“nous ne sommes pas anti-israéliens, puisque des Israéliens sont d’accord avec
ce que nous déclarons !”.
Ceux-là sont particulièrement heureux lorsque des
“intellectuels” israéliens partagent leur discours, et certains “intellectuels”
israéliens ont fait une carrière confortable et rémunératrice en Europe et en
Amérique du Nord en devenant les trophées de l’extrême gauche anti-israélienne
occidentale. Shlomo Sand a fait, ainsi, un véritable triomphe en publiant
successivement Comment le peuple juif fut inventé (2008), Comment la
terre d'Israël fut inventée (2012), puis, apothéose, Comment j'ai cessé d'être juif (2013). Ilan
Pappe a remporté un certain succès avec des titres tels Les démons de la
Nakbah (2004) et Le nettoyage ethnique de la Palestine (2008).
Zeev Sternhell fait partie
de cette méprisable cohorte, mais il y occupe une place particulière, car il
s’est longtemps présenté comme un historien généraliste, spécialiste du
“fascisme”, et, de surcroit, comme un “sioniste”. Ses travaux sur le fascisme
sont frelatés, mais ils lui ont valu une aura dans certains milieux. Le fait
qu’il se soit déclaré “sioniste” a semblé donner davantage de poids à ses prises de
positions anti-israéliennes et propalestiniennes. Ce poids n’en est pas moins
celui de l’imposture, et un texte qu’il a fait paraitre voici peu dans Haaretz,
le quotidien de la gauche israélienne, que se plaisent à citer tous les adeptes
du terrorisme palestinien sur Terre, et dans Le Monde, principal quotidien
anti-israélien et propalestinien en France ["En Israël pousse un racisme
proche du nazisme à ses débuts", in Le Monde, 18 février. Accès payant. Ndlr.],
où tous les quotidiens sont anti-israéliens et propalestiniens, est particulièrement
infect.
Zeev Sternhell s’y répand comme
un propagandiste cherchant simplement à inciter à la haine. Il prétend y
décrire la réalité, mais dans le style revu et corrigé de Mahmoud Abbas
lorsqu’il présente les “Palestiniens” comme les
descendants des Cananéens et le
Kotel [le mur des lamentations] comme le mur d’al Buraq.
Oser parler de la “cruauté des Juifs envers les non-Juifs sous leur emprise en territoires occupés” est simplement abject lorsqu’on sait la retenue
dont fait preuve l’Armée
israélienne face aux agressions et au risque constant d’attentats suicides ou
d’attaques au couteau. Lorsque l’on n’ignore pas que les non-Juifs en question
sont des Arabes sans cesse incités à l’assassinat de Juifs et qui, trop
souvent, passent à l’action, et lorsqu’on n’ignore pas non plus que l’essentiel
des terres de Judée-Samarie est
peuplé par des Arabes, et que l’intégralité de Gaza est vide de toute présence juive. Zeev Sternhell connaît pertinemment ces faits. Il est
juste empli de mensonge jusqu’à déborder
en jets de bile.
Oser écrire que le gouvernement
israélien de droite entend pratiquer “la mainmise sur tous les organes de l’Etat et de la vie sociale“ est
d’une malhonnêteté digne d’un disciple servile de Yasser
Arafat. Nul ne peut penser que Zeev Sternhell ignore qu’en Israël prévaut la séparation des pouvoirs comme dans toutes les
démocraties occidentales dignes
de ce nom, ainsi qu’une liberté
de parole qui lui permet d’écrire
ce qu’il écrit tout en ne
risquant strictement rien des autorités politiques. Les gens qui crachent dans la soupe tout en la consommant
suscitent légitimement un
profond dégout.
Zeev Sternhell
L’identification du
nationalisme à l’extrême droite, au fascisme et au nazisme est indigne d’un
universitaire, et pas même digne d’un rédacteur de tract fébrile pour maoïste attardé.
Il en va de même pour cette
phrase : “un demi-siècle d’occupation, de colonisation et d’apartheid dans les
territoires conquis en 1967, et désormais occupés par quelque
300 000 colons“. A force de s’injecter la propagande palestinienne à doses intensives
dans les neurones, Sternhell omet de prendre en compte que : 1. Israël n’occupe
pas une part importante de la Judée-Samarie et pas un centimètre carré de la
bande de Gaza, 2. Israël ne colonise aucun territoire, car les territoires de
Judée-Samarie n’ont été légitimement les
territoires d’aucun Etat et peuplés
par aucun peuple définissable comme peuple depuis le démantèlement de l’empire
ottoman, 3. Le seul apartheid qui existe en Judée-Samarie est pratiqué par les amis terroristes “palestiniens” de
Zeev Sternhell, dès lors qu’aucun Juif ne peut vivre dans les territoires occupés par l’Autorité Palestinienne, 4. Aucun territoire n’a été conquis par Israël, qui a simplement répondu à une agression et vaincu ses agresseurs, en se disant prêt à
échanger des terres contre la paix, 4. Le retour de Juifs en Judée-Samarie se
fait sur un territoire qui a subi une épuration ethnique antijuive en 1948-49.
Depuis le 20
janvier dernier, date du début de l’agression ottomane contre l’enclave kurde d’Afrin,
pas moins de 1 132 soldats de l’Armée turque ou supplétifs islamistes arabes
sont morts dans les combats, selon l’estimation de la Ména. Le chiffre des
blessés dépassant 2 000 individus. La proportion entre Turcs et Arabes tués ou
blessés s’établit à un peu moins d’un Turc pour quatre Arabes.
Parmi les défenseurs
d’Afrin, on compte 273 tuées et près de 420 blessés. 173 civils ont perdu la
vie, côté kurde, et 8 en Turquie ou dans des villes syriennes occupées par l’Armée
turque.
Carte des combats à Afrin. Situation le 23
février 2018 à 18h
Pour la première
fois depuis le début de la guerre, les Turcs et leurs complices islamistes ont
procédé ces trois derniers jours à l’exécution sommaire de 11 personnes, dont 4
femmes et un conducteur de tracteur agricole, presque tous dans la proximité de
Jandairis.
L’ennemi a
conduit 788 raids aériens, la plupart sur des quartiers et infrastructures
civils ; il a également procédé à 2 800 bombardements à l’artillerie
lourde.
Le corps
expéditionnaire du dictateur Erdogan a perdu 2 hélicoptères et plusieurs drones
d’observation, de même que 64 véhicules militaires, dont 47 blindés, sans compter
une quinzaine d’autres véhicules sérieusement endommagés.
En dépit de ces
chiffres, les porte-flingues du Sultan Erdogan ont progressé dans les quatre
poches qu’ils occupent [carte et noms des poches]. Ils contrôlent désormais 55
villages, soit 13% des villages de l’enclave d’Afrin [voir la carte mise à jour
ce vendredi 23 février à 18h locales] et 11% du territoire.
Ils ne sont
toujours pas parvenus à enlever de villes ni à percer les défenses des YPG, les
Unités de Protection du Peuple. En revanche, les combats se déroulent désormais
aux portes des villes de Rajo (4 000 hab.) et de Jandairis (22 000 hab.)
[carte].
A Jandairis, les
militaires de l’occupant se trouvent désormais à la lisière de la cité et
aucune agglomération ne la sépare plus forces ennemies. Les affrontements se
déroulent à l’arme automatique et au rythme des échanges d’artillerie. L’agresseur
est soutenu par d’importants bombardements aériens, trois durant ces dernières
24 heures.
Des obus sont
également tombés côté turc sur les villes d’Azaz et Maréa [carte], et sur celle
de Kirkhan (5 obus), dans la province d’Antioche, à 20km à l’est d’Alexandrette
(Iskenderun) et de la Méditerranée, et à 15km au sud-ouest des limites de l’enclave
d’Afrin.
Le volontaire français engagé dans les YPG
Olivier François Jean Le Clainche,
né à Malestroit, en Bretagne, en 1977, est tombé pour la défense
d’Afrin il y a 15 jours
et pour l’honneur de son pays
Un accord est
intervenu entre les YPG et le gouvernement syrien de Bashar al Assad pour l’envoi
de troupes de l’Armée gouvernementale à Afrin afin de contribuer à la
résistance contre l’envahisseur. Assad s’est cependant borné à envoyer des
paramilitaires des organisations Jaych al-Chaabi [arabe. L’Armée du peuple] et Liwa
al-Baqir [arabe. La Brigade d’al Baqir], une force chiite sous commandement
iranien ayant des liens avec le Hezbollah.
Ces deux forces
sont entrées dans le périmètre d’Afrin par la seule route qui ne soit pas aux
mains des Turcs dans la zone de Nubl [carte, flèche rouge]. Elles ont été abondamment
prises à partie par l’aviation et l’artillerie turques avant même leur entrée
dans l’enclave encerclée. Ces attaques ont causé la mort d’une vingtaine de
combattants pro-régime.
La population et
les YPG sont réticents à l’égard de ces "renforts" mais la situation
militaire ne permet pas de faire la fine bouche. L’irritation des défenseurs de
l’enclave est motivée par le fait qu’ils attendaient des soldats de l’Armée
régulière avec des moyens antiaériens et des chars, qui leur font défaut et
dont les paramilitaires d’Assad sont démunis. Ils s’attendaient également à
voir l’aviation d’Assad s’opposer aux raids de celle d’Erdogan, mais cela non
plus ne s’est pas produit.
Les combats font rage aux portes de Jandairis
[carte]
Ces choix en
disent long sur les revendications du dictateur syrien qui prétend qu’Afrin et
le Rojava font encore partie du territoire syrien. Les Russes étaient à l’origine
de cette manœuvre diplomatique : ils ont tenté de persuader Erdogan de
cesser sa guerre d’agression contre Afrin en échange du déploiement de
gouvernementaux syriens sur la frontière syro-turque. Ce, afin de donner
satisfaction au Sultan, qui prétexte l’existence d’une menace en provenance des
Kurdes d’Afrin contre son pays pour justifier sa guerre d’éradication contre
les Kurdes.
Ce sont ces
discussions qui avaient occasionné 24h de cessation relative des hostilités, relatée
par la Ména, de la part d’Ankara, de la moitié de vendredi [16 février] passé à
la mi-journée du samedi suivant. Les négociations ont achoppé sur l’exigence de
la part d’Erdogan du départ de tous les combattants YPG d’Afrin, ce qui n’est
pas envisageable par les Kurdes. Dès lors, les observateurs syriens se sont
mués en combattants paramilitaires syriens.
L’accord entre
les YPG et la junte Assad prévoit qu’il n’y a pas de contrepartie politique au
déploiement de ces renforts.
D’autre part, le
même Bashar al Assad empêche les Kurdes de laisser transiter des Peshmerga du
saillant de Manbij par Alep pour prêter main forte à leurs frères d’Afrin. Dans
ledit saillant où j’ai pris mes quartiers, le ressentiment est très vif,
accompagné de la sensation d’impuissance face à la détérioration de la
situation militaire dans l’enclave.
Les conditions de
l’allié américain demeurent toutefois inchangées : le gage de la
participation de l’Oncle Sam à la défense de Manbij et du reste du Rojava oriental
reste conditionné par la non-participation des Forces Démocratiques
Syriennes/YPG aux combats d’Afrin. Le front de Manbij reste calme par ailleurs,
ce qui rend les Peshmerga du saillant terriblement fébriles.
Le sentiment
général est que le monde occidental est en train de sacrifier Afrin à l’appétit
du Sultan dément afin de préserver ses relations avec la Turquie. On évoque
évidemment en référence l’épisode de l’invasion de la Bohême-Moravie, le 15 mars
1939 par les troupes hitlériennes, suite aux accords de Munich, sans la moindre
réaction militaire des alliés démocratiques de la Tchécoslovaquie.
S’il fallait une
preuve de la démence guerrière du dictateur Erdogan, durant la semaine écoulée,
il a menacé d’envahir la Grèce ! Si ce fou commet un génocide à Afrin, la
responsabilité des pays libres, de l’OTAN et de l’Union Européenne, s’en
trouvera totalement engagée.
On apprend
également, par notre correspondant à Beyrouth, Michaël Béhé, que deux
chasseurs-bombardiers furtifs Soukhoï 57 (ou T-50), l’équivalent russe du F-35
américain, viennent d’arriver à la base aérienne de Khmeimim, à côté de Lattaquié.
C’est la première fois que cet appareil de 5ème génération, dont il
n’existe qu’une douzaine d’exemplaires en état de vol tout au plus, est déployé
en vue d’activités opérationnelles.
Il semble que Vladimir Poutine ait l’intention de les
tester en les faisant participer à la véritable "boucherie aérienne" à
laquelle se livre impunément son aviation sur la province d’Idlib et d’autres
secteurs encore entre les mains de la rébellion syrienne.
Affaire Dura : mise au point indispensable (012102/18)
J’ai
regardé l’enregistrement de l’émission d’Elie Chouraqui "Elie sans
interdit", sur I24News, consacrée cette semaine à La
propagande dans le conflit israélo-palestinien. Je ne regarde pas cette
chaîne et c’est un ami qui m’a informé de ce que lors du débat qui constituait
cette émission, il avait été fait mention de la Ména.
A 32' 51"
de l’enregistrement environ, l’un des invités, le journaliste Denis Jeambar,
ex-rédacteur en chef de l’hebdomadaire l’Express, revenait sur la
Controverse de Nétzarim, que la plupart des gens connaissent sous le nom
d’Affaire Mohamed Dura.
Un certain
nombre de propos qu’il a tenus appellent à une réaction de ma part, car ils
constituent une déformation de la réalité telle qu’elle m’est connue. Ceci dit,
et bien que les divergences justifient cet article, je tiens à préciser que je
ne considère pas Denis Jeambar comme un adversaire et certes pas tel un ennemi,
et que je suis à mille lieues de l’assimiler aux auteurs de ce qui participe
probablement de la plus grande imposture télévisuelle de tous les temps.
Denis Jeambar
Lors de son
intervention, Jeambar revient sur les circonstances du visionnage des célèbres
rushes de Fr2 qui s’est déroulé dans les locaux de France Télévisions,
le vendredi 22 octobre 2004, en présence de Luc Rosenzweig, ex-rédacteur en
chef du Monde, à l’époque éditorialiste à la Ména, de Denis Jeambar, de
Daniel Leconte, journaliste, producteur et réalisateur, d’Arlette Chabot,
ex-directrice de l’information de France 2, de Didier Epelbaum,
journaliste, en ces temps, conseiller à la présidence de la chaîne, ainsi que
de divers personnels de la chaîne publique française.
Au moment
du visionnage des rushes à France Télévisions, les
journalistes-investigateurs de la Ména et le physicien Nahum Shahaf avaient
déjà bouclé et publié l’essentiel de leurs enquêtes qui avaient duré près de
quatre ans.
Sur I24News,
près de dix ans plus tard, l’ex-patron de l’Express commence par énoncer
un principe généralement exact, à savoir "Le journaliste qui enquête,
comme j’ai pu le faire dans l’Affaire al-Dura (sic) en prenant des coups
terribles".
Sauf que
Jeambar n’a pas enquêté sur la Controverse de Nétzarim ; son investigation
s’est limitée aux deux heures passées dans le studio de Fr2 à disséquer
le reportage commenté par Charles Enderlin. Il est évident qu’il a pris des
coups, ce n’était toutefois pas pour avoir réalisé l’enquête mais pour s’y être
intéressé, et cela n’a strictement rien de comparable avec le nombre et
l’intensité des coups reçus par ceux qui l’ont réellement diligentée. Que ce soit
intentionnellement ou sans se soucier de ce qu’il faisait, avec son compère
Leconte, il a même été de ceux qui nous en ont donné (des baffes), à nous et à
la révélation de la vérité.
C’est Luc
Rosenzweig, qui ne collaborait pas à l’Express, qui lui a rendu visite à
son retour d’un voyage en Israël afin de l’entretenir des doutes qui le
traversaient quant à l’authenticité du reportage de Fr2, et absolument
pas, comme Jeambar l’a dit sur I24, au sujet de "ses interrogations
sur la provenance des balles" [les conclusions de l’enquête de la Ména
affirment que personne n’a tiré sur Mohamed Dura].
Mon ami
Luc, grand journaliste, qui possède l’une des plus fines plumes recensées de la
langue française, venait de passer quelques jours de repos à Métula à l’été
2004. Durant son séjour parmi nous, il s’était vivement intéressé à l’Affaire
Dura et avait demandé à consulter la plupart des indices que nous avions
recueillis lors de l’enquête. Ce qu’il avait découvert l’avait profondément
interloqué, comme cela devrait être le cas de tout journaliste éthique en
révolte permanente contre l’iniquité.
Luc
repartit bien décidé à percer l’omerta qui empêchait le public français d’avoir
accès au dossier. Il me demanda ce qui, à mon avis, pourrait établir de manière
définitive que le reportage d’Abou Rahma et d’Enderlin procédait de la
supercherie et comment le faire savoir aux Français.
Je lui
répondis que le visionnage des 27 minutes de rushes que prétendait détenir
Charles, qui, selon lui, contenaient "l’agonie de l’enfant", qu’il
prétendait avoir "coupée", car "trop insupportable" pour
être montrée aux téléspectateurs, pourrait mettre un terme à l’imposture. Ce,
car ces images jouaient le rôle du bordereau dans l’Affaire Dreyfus, une pièce
invisible et secrète censée constituer la preuve unique dans le dossier vide de
la culpabilité de Dreyfus, mais dont le versement aux pièces du procès aurait
mis en péril, c’était le prétexte, la sécurité de l’Etat.
Il fallait,
de plus, que les personnes qui seraient autorisées à voir ces rushes disposent
d’une crédibilité indiscutable dans l’opinion française, et qu’ils puissent
témoigner dans un media main stream de ce qu’elles auraient vu.
L’accès à
ces rushes était à ce point important, que j’avais proposé à Fr2 d’être
autorisé à les regarder entre ses murs, en m’engageant, s’ils contenaient
effectivement la moindre image montrant des tirs sur l’enfant, la mort d’icelui
ou son agonie, à faire cesser l’enquête immédiatement et à publier des excuses
publiques de la Ména à l’endroit des réalisateurs du reportage et de la chaîne.
J’argumentai que si l’agonie était sans doute irregardable par les
téléspectateurs, nous étions en revanche à l’agence assez aguerris par les atrocités
des conflits que nous avions traversés pour en supporter la vue sans défaillir.
Notre proposition fut repoussée sans explication.
J’étais à
ce point certain que ces images n’existaient pas, que je m’engageai par écrit
pour promettre que si je me trompais je n’écrirais plus jamais un article de ma
vie. Et j’en ai écrit au moins trois mille, en quarante ans de métier, c’est
dire à la fois combien l’accès à cette pellicule comptait dans la démonstration
de la vérité, et ma certitude que je ne prenais aucun risque. En 2004, la Ména
était la seule entité à mettre en doute l’existence de ces images.
Luc
Rosenzweig conçut l’idée de présenter un résumé de ce qu’il avait vu à Métula à
Denis Jeambar, après qu’il lui aurait été présenté par leur ami commun Daniel
Leconte. Il allait proposer au boss de l’hebdomadaire de revenir en Israël pour
y rencontrer personnellement les protagonistes de l’affaire et préparer un
article exclusif pour l’Express.
Les deux
hommes passèrent un marché : Jeambar prenait sur lui de financer le voyage de
Rosenzweig en Israël ; de plus, il s’arrangerait avec la direction de Fr2
pour être autorisé à voir les rushes en compagnie de Leconte et de Luc. Si les
27 minutes ne contenaient pas les images de l’agonie ou de la mort de l’enfant
– c’était énorme, cela signifiait que la chaîne publique d’information avait à
la fois diffusé une imposture et qu’elle entretenait un mensonge pour
dissimuler son méfait ! – l’hebdomadaire diffuserait l’article de Luc dans sa
prochaine livraison, si, au contraire, elles les contenaient, il ne le ferait
pas, et les réputations de Rosenzweig et de la Ména seraient méchamment
écornées.
On retrouve
la preuve de l’existence de ce "deal" dans la lettre de Jeambar et Leconte publiée dans
le courrier des lecteurs du Figaro le 25 février suivant : "A ce
stade de l'enquête, Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2,
accepte de nous rencontrer et de collaborer sincèrement et courageusement à la
recherche de la vérité. Nous lui présentons les éléments en notre possession.
Nous lui confions nos doutes sérieux sur la version fournie par Enderlin et
Talal Abou Ra[h]ma. Mais dans le même temps, nous ajoutons que nous sommes
prêts à écarter les accusations de Rosenzweig sur la mise en scène de la mort de
l'enfant, si le visionnage de l'ensemble des rushes tournés par Talal Abou
Ra[h]ma confirme ce que Charles Enderlin a déclaré, à deux reprises au moins,
dont à Télérama : « J'ai coupé l'agonie de l'enfant. C'était
insupportable... Cela n'aurait rien apporté de plus »".
Il n’a
jamais été question de convaincre Jeambar d’adhérer à toutes les conclusions de
la Ména, ni d’en faire le défenseur français de la cause de l’imposture. Il
n’était pas question de mariage catholique, l’accord se limitait aux rushes et
c’était déjà pas mal. L’article de Luc était déjà sur la table du rédacteur en
chef bien avant de partir pour le visionnage, il serait publié la semaine
suivante. Et, évidemment : personne ne parle du visionnage et ne publie quoi
que ce soit jusqu’au lundi ; mais si, pour une raison ou une autre, l’Express
ne publiait pas le papier de Luc, la Ména serait libre de dévoiler la vérité,
son but n’étant pas de couvrir une gigantesque imposture du service public mais
de la relater.
Il y a
naturellement quelque chose de gênant dans l’extrait du courrier du Figaro
qui précède : le collier de louanges tressé à Arlette Chabot, sincère et
courageuse dans la recherche de la vérité. Or cela faisait quatre ans que
Chabot connaissait le contenu des rushes et faisait barrage à leur visionnage
de toutes ses forces et de toute son influence. C’est probablement lors d’une
conversation entre Jeambar et le PDG de France Télévisions de l’époque,
Marc Tessier, que les choses se sont décidées, et le PDG n’a pas demandé à
Chabot son avis. On ne rejette pas sans raison logique la requête d’un grand
media de l’Hexagone comme on peut remballer une petite agence de presse
étrangère. Cette naïveté bienveillante de Jeambar et Leconte à l’égard de l’une
des chevilles ouvrières du crime audiovisuel du siècle va avoir encore d’autres
répercussions par la suite.
Car comme
Jeambar-Leconte l’écrivent dans leur lettre au Figaro, il s’agit bien
d’un acte d’extrême malveillance, dont ils savent "les ravages causés par
cette image, la haine qu'elle a entretenue et développée sur place, chez nous,
dans les banlieues dites sensibles, et partout ailleurs dans le monde, où elle
a été présentée sur la base du commentaire fourni par Charles Enderlin comme un
exemple de la barbarie israélienne".
Le rédac-chef
de l’Express nous apparaît tel un vrai journaliste, préoccupé par ces
questions, et révulsé, jusqu’à un certain point, par les révélations que
Rosenzweig lui a rapportées. Mais sa collaboration avec Luc, sur la base
indirecte du travail de la Ména et de Shahaf, revêt également un intérêt
professionnel et commercial qui l’amène à accepter le deal (une préoccupation
n’empêchant pas l’autre, il n’y a aucune contradiction à cela) : il tient un
méga-scoop en dévoilant quatre ans de malveillance grossière de la part du plus
gros canal d’information de l’Etat français. Entend-il aussi, il est proche de
la cause israélienne, dévoiler le parti-pris antisioniste/antisémite d’une
grande partie de la presse française ? Nous ne connaissons pas Denis Jeambar ;
durant toutes ces années, il a préféré nous vouer aux gémonies plutôt que
prendre langue avec nous. Nous ne sommes pas des sondeurs d’âmes. Nous
l’ignorons.
Mais les
bonnes intentions de Jeambar ne vont pas tarder à se heurter de plein fouet à
la réalité médiatique française. Et c’est là le vrai problème de toute cette
histoire, non une hypothétique trahison de la Ména : Dès qu’il a vent de la
décision de son rédac-chef de financer le voyage de Luc en Israël, le patron de
la société des journalistes de l’Express, Vincent Hugueux (Jeambar n’a
pas prononcé son nom sur I24, c’est nous qui le faisons), s’engouffre
dans son bureau en le menaçant : "Je t’interdis de mener cette
enquête".
Alerte sur
la nuance ! Ce n’est même pas : Je t’interdis de dire la vérité sur cette
affaire, mais je t’interdis de mener une enquête sur celle-ci, autrement dit,
un journaliste interdit à son responsable de rédaction de se pencher sur un
sujet, d’en traiter dans leur magazine.
Jeambar a
beau jeu de prétendre, dix ans plus tard, sur une TV israélienne : "Je
suis le patron du journal, je fais ce que je veux". J’ai moi aussi eu
maille à partir avec Hugueux, que je considérais jusqu’alors comme un excellent
confrère. En 2002-2003, ayant eu vent de son opposition féroce au travail de la
Ména, je l’ai appelé au téléphone. Avec beaucoup d’agressivité et de mauvaise
humeur, il m’a péniblement laissé deux minutes pour lui indiquer l’état d’avancement
de l’enquête, avant de me couper la parole et de m’infliger la tirade suivante
que je ne suis pas prêt d’oublier : "Ecoutez, je m’en fous, même si vous
m’amenez Mohamed Dura vivant dans mon bureau, je continuerai à soutenir la
version de mon ami Enderlin". Ponctuant ses mots par un "C’est clair
?", prononcé très fort avant de me raccrocher le téléphone au nez,
m’invitant ainsi à reconsidérer mes convictions relatives à la soif insatiable
de vérité des confrères français.
M. Jeambar,
nous avons strictement rempli notre part du contrat et vous pas. Vous avez
répété sur I24News avoir constaté "après avoir regardé [les rushes]
pratiquement image par image" qu’ "il n’y a pas d’agonie de l’enfant,
parce qu’on ne voit rien. On voit l’enfant qui bouge plus, mais on le voit même
pas sursauter sous l’impact des balles, on ne voit pas l’impact des balles sur
le père [c’est ce que nous vous avions dit, naan ?]. Alors les gens de Fr2
nous ont dit "oui mais, on ne saura jamais, nous disent-ils. On ne saura
jamais". Alors qu’avait été dit [par qui ? Votre culture de l’anonymat
dessert votre cause] que c’étaient des balles israéliennes, mais donc, il faut
jamais oublier".
Vous dites
aussi : "Malheureusement, Luc Rosenzweig, à ce moment-là, convaincu
d’avoir raison [ce n’était pas le cas ?] reparle à la Ména, tout sort, alors
qu’on s’était engagé à se taire". Encore : "Mais pour éviter les
manœuvres médiatiques habituelles [?], nous demandons à Luc Rosenzweig de
garder le secret jusqu’au bout". Vous écriviez la même chose dans la
lettre du Figaro.
La question
est : où se situe le bout ? Nous avons attendu comme convenu le reste du
vendredi, le samedi, le dimanche, et jusqu’au lundi, pour voir si la
publication de l’article de Luc était agencée, avant de diffuser le détail
précis du visionnage des rushes ["L’affaire A-Dura : Conclusion
dramatique"] avec l’accord de Luc et sans mentionner vos noms. Vous
oubliez que Luc était journaliste à la Ména, non à l’Express, que
l’enquête était celle de la Ména, pas celle de l’Express, que notre
intérêt dans l’accord consistait à obtenir la preuve qu’Enderlin et France 2
avaient menti, de le faire savoir à nos lecteurs et si possible au peuple de
France.
Sans la
Ména, vous n’auriez pas même connu l’existence des rushes…
Vous en
avez certes parlé, mais trois mois après la rencontre à France Télévisions
et la publication par la Ména de "L’affaire
A-Dura : Conclusion dramatique". Ce n’est donc pas vous qui informiez
sur les évènements. Et pas sur les pages du journal que vous dirigiez, parce
que l’on ne vous a pas laissé le faire. Ni sur celles du Monde, car il a
"récusé" votre article, comme vous dites. Le rédacteur en chef de l’Express
a été contraint de publier son papier sous forme de courrier du lecteur sur… Le
Figaro. Hugueux avait évidemment gagné. Vous ne dénonciez pas d’un seul mot
l’omerta violente imposée sur la vérité, l’interdiction de toucher à ce sujet
de la part de vos collaborateurs, le mensonge institutionnalisé de la presse
française, mais vous vous en preniez à la Ména. En nous imputant des tas
d’intentions qui ne nous avaient pas traversé l’esprit.
Vous
participez, dix ans plus tard, avec vos notes pré-écrites sur la Controverse de
Nétzarim (vous devez en avoir gros sur la conscience), à une émission consacrée
à la propagande dans le conflit israélo-palestinien. Mais en vous trompant de
cible, vous l’avez laissé croître ! C’est dix ans trop tard, Jeambar,
aujourd’hui, la détestation d’Israël et des Juifs vivants est normalisée dans
les media français. Ce n’est sans doute pas de votre faute, mais vous ne vous y
êtes pas opposé publiquement. Vous vous êtes exprimé une seule fois sur la
Controverse, en vous plaignant d’ "avoir pris des coups terribles".
Nous, nous ne nous sommes jamais tus depuis dix-sept ans. Et vous prétendez
aujourd’hui que les conséquences de Nétzarim "pèsent sur la conscience de
tous les journalistes et nous imposent un devoir de responsabilité" ? Ce,
alors que 90 pour cent de l’opinion française restent persuadés que les
barbares israéliens ont assassiné intentionnellement un jeune Palestinien, en
l’arrosant de balles pendant 45 minutes sans discontinuer [témoignage notarié
de Talal Abou Rahma], le 30 septembre 2000 au carrefour de Nétzarim.
Vous dites,
enfin, avoir demandé des compléments d’enquête à Arlette Chabot. Comme c’est
étrange. Demander des compléments d’enquête à une personne qui a menti pendant
quatre ans, et que vous veniez de prendre en flagrant délit !
De plus,
cela ne s’est pas passé ainsi, Denis, c’est elle qui vous a proposé, à Leconte
et à vous, hors de la présence de Rosenzweig, belle camaraderie, de vous
fournir des preuves de l’authenticité du reportage de sa chaîne, tout en vous
demandant de ne rien publier avant de les avoir vues. Cela ne faisait pas
partie du marché, mais vous vous êtes pliés à la requête de Chabot. Comme des
crêpes.
Rapidement,
elle a envoyé le metteur en scène de la plus grande imposture de l’histoire de
la télévision, le dieu de la "propagande dans le conflit
israélo-palestinien", le caméraman Talal Abou Rahma, celui-là même qui a
filmé l’ "agonie de l’enfant" (!) photographier les cicatrices des
blessures sur le corps du "père" en caleçons.
Vous
ignoriez que la Ména avait déjà mis la main sur le dossier médical et les
radiographies de l’opération subie par le "père" à l’hôpital Tel
Hashomer, en 1994. Ils décrivent les cicatrices identiques à celles
photographiées par Abou Rahma en 2005, mais six ans avant que les soldats de
Tsahal "ne le prennent pour cible". Nous avons même retrouvé le Dr.
Yehuda David, qui a pratiqué l’intervention, et qui ne s’en souvenait pas. Sans
doute est-ce parce que nous vivons chaque jour avec le devoir de responsabilité
que vous évoquez.
Quant à
vous, vous vous êtes fait berner telles des sœurs novices. Dans la lettre du Figaro
à ce propos, vous écriviez : "France 2, entre-temps, d'ailleurs,
nous a présenté des éléments sérieux qui réfutent la thèse de la mise en scène
de la mort de l'enfant. Nous décidons alors d'interrompre notre enquête, comme
le fait la presse sur bien des sujets tous les jours". Bravo les leurrés !
Mais vous aviez également compris que personne ne vous laisserait vous exprimer
sur ce sujet et que votre carrière en pâtirait. D’ailleurs, en ce qui vous
concerne, Jeambar (je ne connais pas du tout Leconte), je suis persuadé que
vous avez subi les conséquences professionnelles de votre visite dans les
studios de Fr2, de votre lettre dans Le Figaro, et de votre
intention de vous préoccuper de la Controverse de Nétzarim. Même si vous vous
êtes rétracté. Même si vous avez rapidement fait machines-arrière. Les Hugueux
sont légions et leurs réseaux sont bien innervés. Un indice ? Vous craignez
jusqu’à aujourd’hui de les mettre en cause nommément. Vous ne faites la guerre
qu’à leurs ombres.
Vous avez
affirmé dimanche que c’était parce que Luc Rosenzweig avait "reparlé à la
Ména", qu’avec Leconte, vous vous êtes dits : "On arrête tout
!". Il faudrait peut-être expliquer la relation de cause à effet entre
l’article très factuel de la Ména et votre décision, qui ne doit pas paraître
évidente à ceux qui nous lisent. Certains égarés pensent ni plus ni moins qu’à
de la couardise de votre part, voire à des considérations alimentaires. Il
faudrait aussi préciser quelle est l’enquête que vous avez arrêtée et indiquer
où on peut la consulter, car je crains avoir manqué sa publication.
Vous avez
activement participé à la démonisation de ceux qui disaient la vérité, et nous
sommes peut-être disposés à vous le pardonner. Mais ce faisant, en parlant de
manœuvres de notre part, du tintamarre que nous aurions organisé, vous avez
pénalisé et retardé la recherche de la vérité, et je ne vous en félicite pas,
Jeambar, c’est le moins que je puisse en dire.
Notes :
Afin de faciliter la
compréhension des lecteurs, nous avons réédité sur le site de la Ména –
www.menapress.org – notre article daté du 25 octobre 2004 décrivant précisément
le visionnage des rushes et ses circonstances, "L’affaire A-Dura :
Conclusion dramatique", de même que la lettre de Daniel Leconte et Denis
Jeambar diffusée dans Le Figaro du 25 février 2005.
Suite à une recherche
de trois ans, en plus de 150 enquêtes, interviews et analyses consacrées au
reportage de FR2 du 30 septembre 2000 au carrefour de Netzarim, dans la bande
de Gaza, la Ména a publié une longue série d’articles mettant en évidence les
éléments suivants :
Le reportage
d’information réalisé par Talal Abou-Rahma et Charles Enderlin, affirmant
l’assassinat d’un enfant palestinien par des militaires israéliens et
diffusé gratuitement par la chaîne du service public français dans le
monde entier est une grossière mise en scène participant à un effort de
démonisation d’Israël et de son armée. Les soldats accusés par le
commentaire du correspondant permanent de FR2 à Jérusalem n’ont non
seulement pas tiré le moindre projectile en direction de l’adulte Jamal
A-Dura et de l’enfant qui l’accompagnait, encore ignoraient-ils jusqu’à
leur présence sur les lieux.
L’authenticité supposée du reportage et défendue jusqu’à maintenant par la
direction de la chaîne reposait sur le témoignage unique de son reporter
Talal Abou-Rahma et principalement, sur la déclaration écrite déposée et
ratifiée par ce dernier, le 3 octobre 2000, devant l’avocat du Centre
Palestinien pour les Droits de l’Homme (PCHR), Maître Raji Sourani à Gaza.
Dans cette déclaration, publiée en entier, croquis des événements à
l’appui, sur le site du Centre, Abou-Rahma (accéder à
la déclaration) déclare
notamment :
(Traduit de l’anglais)
"Je, soussigné, Talal Hassan Abou Rahma, résident de la bande de Gaza
et détenteur de la Carte d’Identité no. 959852849, livre ma déclaration
sous serment et après avoir reçu les avertissements légaux d’usage et
l’assurance du choix de mes propos par Maître Raji Sourani, au sujet du
meurtre de Mohammed Jamal al-Durrah et des blessures infligées à son père
Jamal al-Durrah, les deux pris sous le feu des Forces Israéliennes
d’Occupation (…)
Ensuite j’ai braqué ma caméra sur l’enfant Mohammed Jamal al-Durrah qui
avait été atteint à sa jambe droite. Son père tentait de calmer, de
protéger et de couvrir son fils à l’aide de ses mains et de son corps.
Parfois, le père Jamal levait ses mains pour demander de l’aide. Des
autres détails de l’incident sont tels qu’ils apparaissent sur le film.
J’ai passé environ 27 minutes à filmer l’incident qui a duré 45 minutes.
(…)
« La Metula News Agency, confirmant en ceci les
conclusions de la commission d’enquête nommée par le commandant du front sud de
l’armée israélienne, sous la conduite du physicien Nahum Shahaf, a de tout
temps affirmé que la déclaration d’Abou-Rahma était constitutive d’un faux
témoignage et que ces 27 minutes de film de l’incident, à savoir le
documents filmé montrant des militaires israéliens tirant en direction de Jamal
A-Dura et aboutissant au décès de l’ »enfant" n’existaient pas.
Jusqu’au vendredi 22
octobre dernier, les nombreux appels officiels effectués par notre agence en
direction de FR2 afin de visionner les 27’ minutes des rushes d’Abou-Rahma,
ainsi que nos propositions répétées de confronter nos matériels respectifs
s’étaient heurtés àune
fin de non-recevoir.
De plus, notre agence,
forte des conclusions de son enquête, n’a cessé d’affirmer que les nombreuses déclarations
de Charles Enderlin, faisant état de l’existence sur ces rushes d’images
montrant l’agonie de l’enfant, que le correspondant permanent de France 2
aurait coupées afin d’épargner les téléspectateurs, procédaient d’une
construction mensongère, servant le propos de donner une allure d’authenticité
à un événement fictif qu’il a contribué à transformer en événement réputé réel.
On retrouve l’un des
échantillons de cette déclaration d’Enderlin sur le no. 2650 page 10 de la
publication Télérama, en sa livraison du 25 octobre 2000 :
« J’ai coupé
l’agonie de l’enfant. C’était trop insupportable. L’histoire a été
racontée, l’information donnée, ça n’aurait rien rajouté. »
Cette contrevérité
venait surseoir à l’absence d’images montrant le moment où l’enfant était
atteint par de prétendus projectiles israéliens, qui manquent - et pour cause -
sur la fiction tournée par Talal Abou-Rahma. Enderlin y fait allusion sur le
même numéro de Télérama :
« Quant au moment
où l’enfant reçoit les balles, il n’a même pas été filmé ».
Structurellement, la
thèse de l’assassinat de l’enfant par les soldats israéliens n’étant pas
supportée par les images, toute la mise en scène étant basée sur une suggestion
des faits proposée par le commentaire, la possession des images de l’agonie par
Enderlin et partant, le département juridique de France 2, devenait l’autre
élément clé, quoique invisible, garant de la véridicité de l’acte monstrueux attribué
aux Israéliens. Encore eût-il fallu que ces images existassent…
Vendredi 22 octobre, l’abcès éclate
Dans des circonstances qu’il est encore trop tôt pour relater mais qui
résultent de présentations des évidences recueillies par la Ména et résumées
sur le film que nous avons consacré à l’affaire, le PDG de France Télévision,
Marc Tessier, a invité Madame Arlette Chabot, directrice de l’information de
France 2, à présenter les 27 minutes de rushes en possession de France 2 à Luc
Rosenzweig, ancien journaliste au « Monde », collaborateur de la Ména
et chroniqueur à RCJ, une des radios juives de Paris.
Rendez-vous avait été
fixé à 15 heures. Rosenzweig s’était fait accompagner pour l’occasion de deux
éminents responsables de médias français, qui, tout en étant très intéressés
par cette affaire ne tiennent pas, pour l’instant, à apparaître dans le débat
public qu’elle suscite. L’un est un ancien grand reporter de France 2, lauréat
du Prix Albert Londres, le second est un éditorialiste unanimement respecté sur
la place de Paris.
Rencontre à l’accueil
avec Arlette Chabot, accolades cordiales. La petite troupe se rend ensuite dans
le bureau de l’hôte près du sommet de l’immeuble de FR2, d’où on a une vue
imprenable sur la Seine, selon l’image consacrée mais toujours aussi belle. Les
attendent Didier Epelbaum, conseiller à la présidence de la chaîne, ex du
département francophone de Kol Israël et ancien médiateur pour FR2 ; il
tient un épais dossier intitulé « Qui a tué Mohammed
Al-Dura ? », ainsi qu’un représentant du département juridique de la
section « analyse des images ».
L’ambiance est
nettement plus tendue. Epelbaum demande : « On discute
d’abord ? »
Ce à quoi, Luc
Rosenzweig répond : « Nous sommes venus voir les 27 minutes de rushes
montrant les soldats israéliens tirant sur l’enfant que cite Talal Abou-Rahma
dans sa déposition assermentée … »
Le représentant du
département juridique interrompt notre confrère : « Ca ne vous
apprendra pas grand-chose ! »
C’est évidemment ce que
nous craignions… d’autant plus que Didier Epelbaum poursuit immédiatement d’un
argument éminemment surprenant : « Tu sais bien que Talal est revenu
sur son témoignage, qu’il s’est rétracté. Il avait agi sous la pression, il a
été pris au dépourvu… »
Pris au dépourvu ?
Trois jours après les faits, dans l’étude confortable d’un avocat ? Abou
Rahma est bien l’auteur d’un faux témoignage, le suspens n’aura pas duré
longtemps. C’est en même temps la fin de l’enquête. Avec la rétractation de
l’unique témoin de France 2 sur l’assassinat de Mohammed A-Dura, il
ne reste rien de cette affaire, à peine un bout de mauvaise fiction qui ne vaut
dès lors plus un kopek.
Mais non, les trois
grands journalistes « ne savent pas » que le reporter palestinien de
la chaîne publique s’est rétracté, personne au monde n’est d’ailleurs au
courant, FR2 ayant dissimulé cette information cruciale. France 2, qui dispose
des fameux rushes depuis quatre ans et qui sait, elle, que les 27 minutes sur
l’incident, preuves uniques du crime presque rituel d’Israël, n’ont jamais
existé.
Et la tévé publique
s’est tue, laissant l’imposture qu’elle a diffusée, devenue le symbole
incontestable de la révolte des Palestiniens contre les barbares juifs,
déferler sur le monde, à vêler des rues Mohammed A-Dura comme s’il en pleuvait,
des timbres postes, des livres d’enseignement de la haine, des guides au
shahydat. A engendrer de la violence, beaucoup de violence, des lynchages par
vengeance, comme un peu plus tard à Ramallah, des émeutes meurtrières, dès le
premier octobre. 12 morts. Et surtout, ce faux a creusé un fossé de haine
insurmontable entre Israéliens et Palestiniens mais aussi entre Juifs et
Arabes, qui condamne pour de longues années tout espoir de réconciliation.
L’air est devenu chaud,
dans le bureau de Chabot, qui ne prend pas parti, mais dont la poker
face légendaire a tendance à se lézarder. Et Epelbaum, l’architecte de
la charte éthique de l’antenne [accéder à la charte], vient juste de fouler aux
pieds des provisions par dizaines dans la section 2.4 traitant de l’Honnêteté
et du Pluralisme. Je viens de la relire, avant d’écrire ce papier et je ne
décolle pas du sous-chapitre « 2.4.1.8. Approfondissement et suivi de
l’information » :
Lorsque des événements
dont il a été rendu compte à l’antenne connaissent des développements qui
changent ou contredisent certains éléments fournis précédemment à
l’antenne, il importe d’y revenir. (…)
Pareille schizophrénie
est-elle même concevable ?
Les gens de la chaîne
apprennent aux journalistes qu’Abou-Rahma est à Paris pour y suivre un
traitement. Aussitôt, les trois grands témoins proposent de le rencontrer. Par
trois fois. Par trois fois, les autres feignent de ne rien avoir entendu.
Epelbaum prend Rosenzweig en aparté et lui souffle : « Tu sais, il ne
parle pas français et il parle très mal l’anglais, vous ne parviendrez pas à
vous comprendre ! » L’éditorialiste qui a entendu cet étrange
chuchotement propose de payer les services d’un traducteur arabe.
Silence et
blêmissements. Moi je me souviens avoir entendu Talal Hassan Abou Rahma
s’exprimer dans un très bon anglais, en direct sur CNN durant dix minutes, à
l’occasion de l’élimination du docteur Rantissi. On ne peut donc guère tomber
beaucoup plus bas dans les manières d’arracheurs de dents d’Epelbaum.
Ils regardent quand
même les 27 minutes et, bien entendu, elles ne contiennent pas la moindre image
de l’incident qui n’ait été déjà diffusée par FR2 et sur le film de la Ména.
Pas une. Pas la moindre image du plus lilliputien des soldats de Tsahal. Pas
d’autre image de Jamal, de l’enfant mais deux interviews, sans relation directe
avec l’incident et des images de bagarres entre soldats et manifestants. A
quelques reprises, sur les rushes d’Abou-Rahma, des enfants qui feignent d’être
atteints par des Israéliens, ce qui fait s’exclamer Epelbaum : « Tu
vois, ils font toujours ça ces gamins ».
Je rêve !
Les journalistes
remarquent juste un autre mensonge d’Endelin, qui avait affirmé avoir remis des
rushes intacts aux autorités israéliennes. Vendredi, ils ont vu l’enfant qui
bougeait après avoir été tué sur le coup par les Israéliens. Sur le
reportage diffusé par France 2, ces images avaient été remplacées par des
stills, pour donner l’impression que l’acteur incarnant Mohammed A-Dura était
bien mort. Dans le contexte, cette autre mystification, pourtant cruciale en
d’autres circonstances, prend soudain des allures de broutille.
Luc parle des scènes
« insupportables » pour les téléspectateurs. Les scènes
d’agonie ?
Re-silence et
re-blêmissements. Il n’y a, dans ces rushes aucune image que l’on pourrait,
même avec l’esprit le plus grand ouvert, considérer comme une scène d’agonie,
rien qui ne soit en aucune manière plus insupportable que ce que France 2 a
déjà montré.
Pas encore conscient du
fait que son bunker est déjà tombé, Didier Epelbaum demande si les journalistes
disposent de preuves tangibles de ce qu’il s’agit d’une imposture. Il ne saisit
pas qu’avec un témoin unique pris en flag de faux témoignage et un reporter
vedette, en flag de mensonges, l’hypothèse de la mort de Mohammed A-Dura, le 30
septembre 2000 à Netzarim, n’a même plus besoin d’être critiquée. Elle n’existe
plus. Mais Rosenzweig, dans un coup d’éclat à la Colombo, sort de sa veste une
clé de mémoire USB et la branche dans l’ordinateur du bureau. Apparaît l’image
du petit garçon décédé le même jour à l’hôpital Shifa de Gaza et que les
auteurs de l’imposture ont voulu faire passer pour Mohammed. « Il
semble » annonce très posément l’homme de Haute Savoie, « qu’il y ait
un petit problème ; que le visage de ce cadavre ne soit pas exactement le
même que celui que l’on distingue sur votre film ».
C’est presque le K.O.
Arlette Chabot envisage soudain l’hypothèse étrange que les hommes de France 2
« auraient pu être bernés ». Elle suggère de faire effectuer la
comparaison des visages par la police scientifique.
Pourquoi pas ? A
Métula, nous avons déjà procédé à l’opération : Les deux enfants n’ont pas
du tout le même âge et les traces de blessures sur le cadavre ne correspondent
en rien à celles qui ont été annoncées pour Mohammed A-Dura…
Conclusion, certes, mais il manque
l’épilogue
A partir de ce soir, l’affaire A-Dura, en temps que péripétie factuelle de
l’Intifada n’existe plus. Enderlin pourrait certes persister sur sa ligne
défense, à claironner que des officiers de l’armée israélienne sont eux-mêmes
tombés dans son panneau - ce qui est rigoureusement exact - ou que « s’il
s’agissait d’une imposture, l’Etat d’Israël lui aurait certainement intenté un
procès », il agiterait des avatars sans aucune signification causale dans
l’analyse objective de l’affaire. Qui plus est, et avant même de connaître des
révélations de France 2, le gouvernement d’Israël, par les voix du directeur de
l’office gouvernemental de presse (GPO) Daniel Seaman et celle du conseiller et
porte-parole du Premier ministre, Ra’anan Gissin, avait déjà fait savoir
publiquement que le reportage de la chaîne publique française procédait de
l’imposture médiatique et qu’ils avaient adopté toutes les conclusions de la
Commission Shahaf et celles de la Ména. Seaman nous a communiqué, qu’à l’issue
d’une longue réunion au Ministère de la Justice, il a été décidé qu’il ne
seyait pas au gouvernement d’un Etat démocratique de traîner en justice les
correspondants agréés d’un média étranger. Il a aussi été décidé que cette
décision n’altérait ni n’édulcorait en aucune façon la teneur des déclarations
de Seaman et de Gissin. Et qui sait, suite aux révélations cinglantes contenues
dans cet article, il se pourrait même que l’Etat d’Israël revisite ses
principes ?
L’hypothèse de
l’assassinat de Mohammed A-Dura par des soldats israéliens vient donc d’être
déconstruite, jusqu’à obliger son diffuseur, FR2, à admettre ses carences. Mais
la fin dramatique de cette tromperie fait immédiatement place à une foule de
questions ayant trait au danger d’ingérence des médias dans un conflit
étranger. France 2 a floué ses téléspectateurs durant quatre longues années, en
cachant que les rushes qu’elle détenait ne montraient pas des soldats juifs en
train d’assassiner un petit arabe. Elle a ainsi largement participé à ressusciter
l’intolérable rumeur moyenâgeuse associant aux Israélites des caractères
ataviques d’origine satanique. Car il faut être sacrément dérangé, exempt
d’humanité, pour choisir un enfant parmi une foule nombreuse et de le prendre
pour cible durant quarante-cinq minutes jusqu’à parvenir à lui enlever la vie.
La tromperie médiatique
confectionnée par Abou-Rahma et Enderlin a pourtant fonctionné au-delà des
espérances de ses auteurs. Si bien qu’aujourd’hui, et depuis l’assassinat de
Mohammed, l’image construite de la prétendue férocité des Israéliens nous colle
à la peau et qu’elle a pratiquement terminé de persuader la plus grande partie
de l’opinion francophone. La tâche de réparation échoyant à France Télévision
est colossale. Elle commence dès demain par l’exercice d’un travail
d’explication envers les téléspectateurs et les victimes, de reconnaissance
sans compromis des faits et par une remise en cause fondamentale des méthodes
et des hommes ayant donné lieu à la plus grande et surtout la plus grave imposture
de l’histoire de l’audiovisuel. Et puis, la raison ne souffre pas que les
complices de cette incitation colossale à la haine ethnique, après avoir
corrompu l’ensemble de notre déontologie, puissent continuer à prétendre
renseigner la France sur les événements du conflit israélo-arabe, ni d’ailleurs
qu’ils continuent à exercer une activité médiatique quelle qu’elle fut. Tout
comme la raison ne permet pas d’imaginer qu’on pourrait leur laisser les prix
professionnels qu’ils ont gagnés par la confection de leur crime.
Inutile d’écrire qu’à
la Ména, nous suivrons l’évolution des choses d’un œil particulièrement ouvert.
Lettre de Daniel Leconte et Denis Jeambar dans l’édition du 25.2.2005 du Figaro
Partis pour
faire notre travail journalistique de façon honnête, nous voilà aujourd'hui
accusés d'être les complices d'une manœuvre malhonnête, voire conspirationniste,
un comble. C'est dire l'état d'une certaine presse en France.
Résumons. Depuis plusieurs années, la Mena, une agence francophone de presse
israélienne, et la rédaction de France 2 s'affrontent. A l'origine de cette
bataille médiatique, la fusillade du carrefour de Netzarim, dans les
Territoires, le 30 septembre 2000. Elle oppose des soldats israéliens à des
soldats palestiniens. Entre les deux, des lanceurs de pierres. Et parmi eux, un
enfant et son père, pris dans la fusillade. Charles Enderlin, le correspondant
de France 2 en Israël, n'est pas sur place. Il récupère les images tournées par
son cameraman palestinien, Talal Abou Rama. Il les monte. Et le soir, sur
l'antenne de France 2, il les commente de la façon suivante : «Ici Djamal et
son père. Ils sont la cible des tirs venus de la position israélienne. L'enfant
fait des signes mais... une nouvelle rafale... l'enfant est mort et son père
est blessé.»
Faux, rien ne permet de dire que l'enfant a été tué par des soldats israéliens,
affirme très vite la Mena. Et pendant trois ans, l'agence de presse accumule
des indices troublants qui mettent en cause la version donnée par Charles
Enderlin. Plutôt que les tirs israéliens, elle évoque des tirs palestiniens et
demande des explications. En guise de réponse, France 2 se retranche derrière
des arguments juridiques et décide de ne plus bouger.
C'est dans ce contexte que nous sommes approchés, il y a six mois environ, par
Luc Rozensweig, ancien du journal Le Monde. Nous savons les ravages
causés par cette image, la haine qu'elle a entretenue et développée sur place,
chez nous, dans les banlieues dites sensibles, et partout ailleurs dans le
monde, où elle a été présentée sur la base du commentaire fourni par Charles
Enderlin comme un exemple de la barbarie israélienne.
Après discussions, nous acceptons donc d'accompagner Luc Rozensweig dans son
enquête pour tenter de savoir ce qui s'est vraiment passé, ce jour-là, au
carrefour de Netzarim. Mais pour empêcher les manoeuvres médiatiques
habituelles, nous demanderons à Luc Rozensweig de garder le secret jusqu'au
bout. Nous entendons même nous réserver la possibilité de ne rien dire s'il n'y
a rien à dire de plus que ce qu'on connaît déjà.
C'est ce que nous faisons. Luc Rosenzweig enquête et nous présente des faits
totalement contradictoires avec la version officielle donnée par Charles
Enderlin et Talal Abou Ra[h]ma. Rosenzweig va même plus loin. Il reprend les
thèses de la Mena et suggère que les images de l'enfant et de son père sous le
feu des balles pourraient être le résultat d'une mise en scène organisée par
les Palestiniens.
A ce stade de l'enquête, Arlette Chabot, directrice de l'information de France
2, accepte de nous rencontrer et de collaborer sincèrement et courageusement à
la recherche de la vérité. Nous lui présentons les éléments en notre
possession. Nous lui confions nos doutes sérieux sur la version fournie par
Enderlin et Talal Abou Ra[h]ma. Mais dans le même temps, nous ajoutons que nous
sommes prêts à écarter les accusations de Rosenzweig sur la mise en scène de la
mort de l'enfant, si le visionnage de l'ensemble des rushes tournés par Talal
Abou Ra[h]ma confirme ce que Charles Enderlin a déclaré, à deux reprises au
moins, dont à Télérama : «J'ai coupé l'agonie de l'enfant.
C'était insupportable... Cela n'aurait rien apporté de plus.»
Arlette Chabot accepte sans réticence. Sauf que le visionnage des rushes ne
nous apprend rien de plus sur «l'agonie de l'enfant». Ou plutôt, si ! Cette
fameuse «agonie», qu'Enderlin affirme avoir coupée au montage, n'existe
pas.
En revanche, le visionnage permet de relever, avec l'approbation de nos
confrères de France 2 présents autour de la table, que, dans les minutes qui
précèdent la fusillade, les Palestiniens semblent avoir organisé une mise en
scène. Ils «jouent» à la guerre avec les Israéliens et simulent, dans la
plupart des cas, des blessures imaginaires. Le visionnage intégral des rushes
démontre aussi qu'au moment où Charles Enderlin donne le gamin pour mort, tué
par les Israéliens, c'est-à-dire le soir même sur le journal de France 2, rien
ne lui permet d'affirmer qu'il [le garçon] est vraiment mort et encore moins
qu'il a été tué par des soldats israéliens. Tout, bien au contraire, à
commencer par l'emplacement des uns et des autres sur le terrain, incriminerait
plutôt une ou des balles palestiniennes.
Face à cette dernière remarque, nos confrères de France 2 reconnaissent que
rien, effectivement, ne permet de dire que l'enfant a été touché par des tirs
israéliens. Leurs experts ont même démontré, nous assurent-ils, que l'enfant a
été touché par des éclats (?) ou par des balles qui auraient ricoché sur la
chaussée, des balles qui, en tout état de cause, ne visaient ni l'enfant ni son
père. «De toute façon, conclut l'un d'entre eux, on ne pourra jamais savoir
d'où venaient les tirs.»
Autrement dit, en attribuant la mort de l'enfant à des tirs israéliens, le soir
même sur France 2, Charles Enderlin a extrapolé à partir des rushes et de la
version des événements fournie par son cameraman. Pourquoi ? Pourquoi a-t-il
privilégié cette interprétation ? Dans quel but ? Peu importe, le fait est là
et suffit en soi à revisiter toute cette affaire, de fond en comble, pour trier
le vrai du faux.
Alors que, de part et d'autre, nous nous sommes engagés dans ce travail, la
Mena, informée - sans que nous le sachions - par Luc Rosenzweig, rend public le
lendemain, dans une longue dépêche, les détails de la rencontre entre France 2
et nous. Elle profite même des premières conclusions auxquelles nous sommes arrivés
la veille avec France 2 pour pousser l'avantage et exposer la thèse de la mise
en scène de la mort de l'enfant, thèse que, pour notre part, nous n'avons,
faute de preuves sérieuses, jamais reprise à notre compte.
Sollicités par la presse, nous choisissons de nous taire. Nous savons, en
effet, que, dans le tintamarre orchestré par la Mena, nous ne pouvons plus être
entendus. France 2, entre-temps, d'ailleurs, nous a présenté des éléments
sérieux qui réfutent la thèse de la mise en scène de la mort de l'enfant. Nous
décidons alors d'interrompre notre enquête, comme le fait la presse sur bien
des sujets tous les jours.
Aujourd'hui que le tintamarre est un peu retombé, il redevient possible de dire
les choses et - qui sait ? - peut-être, d'être enfin entendus. A ceux qui,
comme la Mena, ont voulu nous instrumentaliser pour étayer la thèse de la mise
en scène de la mort de l'enfant par des Palestiniens, nous disons qu'ils nous
trompent et qu'ils trompent leurs lecteurs. Non seulement nous ne partageons pas
ce point de vue, mais nous affirmons qu'en l'état actuel de notre connaissance
du dossier, rien ne permet de l'affirmer, bien au contraire.
A certains journalistes «médias» qui ont tenté d'amalgamer notre point de vue à
celui de la Mena pour mieux le discréditer, nous voulons dire qu'ils
participent une fois de plus à rendre ce dossier opaque. Il n'en avait pas
besoin. En tout cas, compte tenu de la valeur symbolique de ces images et de
leurs effets ravageurs, c'est un devoir professionnel pour tous, nous
semble-t-il, d'éviter les approximations et de dire exactement ce que l'on
sait. Ni plus ni moins.
Dans l’unique but d’augmenter davantage encore notre capacité à vous
informer, la Ména va acquérir d’ici fin
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4 téléphones mobiles dont un satellitaire, ainsi qu’un appareil
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distance et temps de vol étendus. Des moyens supplémentaires de protection pour
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Toutes
les informations auprès de Sylvie Tobelem : info@metulanews.info
Les "antisionistes" français se déguisent en victimes (info # 011802/18)
Il existe en France de nombreuses organisations
“antisionistes” qui portent une lourde responsabilité dans la diabolisation
d’Israël, dans la désinformation fielleuse sur le Proche-Orient et dans la montée
en France de la haine antijuive qui conduit à des agressions et parfois à la
mort. Ces organisations sont souvent subventionnées par le gouvernement
français. Elles comptent dans leurs rangs un ramassis de musulmans tentés par
l’islamisme, de gauchistes excités et, hélas, des Juifs pratiquant la haine de
soi.
L‘information sur Israël en France est la plupart du
temps tellement biaisée qu’il est difficile de penser que les journalistes qui
écrivent sur le sujet ne sont pas des militants des organisations susdites. Le
vocabulaire utilisé dans leurs articles est résolument falsificateur, la
tournure des articles aussi. Les villes et villages juifs de Judée-Samarie sont
appelés “colonies”, et la présence de Juifs en Judée-Samarie est qualifiée d’illégitime.
La volonté d’épuration ethnique antijuive de l’Autorité
Palestinienne est quant à elle dépeinte comme pleinement justifiée. Les Juifs
de Judée-Samarie sont décrits comme des “colons”, et quand l’un d’eux est tué,
il est cité comme un “colon”, pas comme un être humain, même s’il s’agit d’un
bébé. Les incitations au meurtre de Juifs, omniprésentes dans les media de
l’Autorité Palestinienne et dans les manuels scolaires des écoles contrôlées
par cette dernière, sont systématiquement passées sous silence. Cela permet de
ne pas évoquer la relation de cause à effet entre les meurtres abjects commis
par des gens au cerveau lavé et le lavage de cerveau qui les a conduits à
devenir meurtriers. Les assassins de Juifs sont quasiment toujours présentés
comme des victimes, ou simplement comme des "Palestiniens", et les
Juifs comme les vrais bourreaux. Les discours falsificateurs, dignes du temps
de Goebbels, tenus par des gens tels que Mahmoud Abbas sont eux-mêmes
systématiquement passés sous silence, ce qui permet de présenter des hommes
tels que Mahmoud Abbas comme des personnes fréquentables et non comme des incarnations
de la lie de la Terre.
Une perversité mentale qui ne date pas d’aujourd’hui
Rétablir la simple et stricte vérité en France sur
Israël, sur la “cause palestinienne” et sur l’ensemble de la situation au
Proche-Orient est quasi-impossible. Comme dans tant d’autres domaines, les
débats publics ou médiatisés sur ces sujets sont désormais dépourvus de tout
pluralisme et ont lieu entre gens qui sont résolument anti-israéliens, intervenants
qui sont modérément anti-israéliens, et, parfois, des participants qui se
déclarent en faveur de la création d’un Etat palestinien confié à des
terroristes.
Ce qui est étonnant, en ces conditions, n’est pas que
l’opinion des Français soit anti-israélienne, mais qu’elle ne le soit pas davantage.
Mais tout cela ne suffit pas à certains. Et ils en
veulent plus encore. Habitués à présenter les assassins de Juifs comme des
victimes, ils se présentent eux aussi comme des victimes.
Pascal Boniface est l’un d’entre eux, et il vient de
publier un livre dans lequel il se plaint d’être considéré comme un antisémite.
Le pauvre se contente de soutenir des assassins tueurs de Juifs au
Proche-Orient et, à ses yeux, soutenir des assassins tueurs de Juifs au Proche
Orient et approuver leurs actes ne font pas de lui un antisémite. Il se
considère victime d’ostracisme, mais il est toujours invité à la télévision,
alors que l’on n’y voit pratiquement jamais un journaliste de la Ména. Ceux qui
ne soutiennent pas les assassins tueurs de Juifs, eux, ne sont pas invités à la
télévision.
Pascal Boniface n’est pas le seul à se plaindre.
Toute une cohorte d’individus trouve que les
organisations “antisionistes” en France ne sont pas encore assez omniprésentes,
que l’information sur Israël n’est pas encore assez biaisée, que la vérité sur
Israël, sur la “cause palestinienne” et sur l’ensemble de la situation au
Proche-Orient n’est pas encore assez occultée. Aussi, ils organisent des
colloques (l’un d’eux a eu lieu au Sénat le 12 février), signent des tribunes
et font des déclarations de “principes” (chez ces gens-là, on a du sang juif
sur les mains, mais c’est au nom de “principes”).
Le récent colloque organisé par ces énergumènes avait
pour thème “A-t-on le droit de contester la politique israélienne ?”. Ce serait
risible si ce n’était pas ignoble. Les participants à ce colloque ne font que
cela depuis des années :
critiquer systématiquement la politique israélienne. Et ils font cela comme
tout le monde dans les media français,
et presque tout le monde dans les milieux politiques. Ils font même bien pire
que cela depuis des années.
En début d’après-midi
de ce samedi, une patrouille de la brigade Golani occupée à détacher un drapeau
accroché sur la barrière de sécurité dans le sud de la Bande de Gaza a été
victime de la déflagration d’un engin explosif.
Deux soldats ont été
grièvement blessés lors de l’explosion et deux légèrement.
Tsahal a immédiatement
riposté en tirant des obus de char sur un poste d’observation ennemi tout
proche. Le renseignement hébreu est convaincu que l’attentat prémédité est le
fait du Comité de Résistance Populaire, un intitulé générique qui regroupe des
miliciens de diverses factions islamistes palestiniennes.
Le lieu de l’embuscade
se situe à proximité immédiate du point de passage de Kerem Shalom, sur la
triple frontière avec l’Egypte, où deux tunnels d’attaque ont récemment été
découverts et détruits par Tsahal.
C’est par Kerem Shalom
que transite en provenance d’Israël l’essentiel des denrées destinées à l’enclave
palestinienne.
Alors que le Comité de
Résistance Populaire décrivait l’attentat comme un "acte héroïque",
le porte-parole de Tsahal, le Brigadier Général Ronen Manelis, a qualifié le guet-apens
d’ "incident très sérieux de nature à menacer la stabilité dans la région".
Le général a ajouté que l’Armée israélienne considérait que le Hamas était
responsable de tout ce qui se déroule à Gaza.
Notre correspondant sur
le pourtour de Gaza, Ilan Tsadik, nous a informé il y a quelques instants que le
Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, était en train de bombarder des objectifs
appartenant aux milices islamistes dans la Bande de Gaza, en représailles à l’embuscade
tendue aux soldats de Golani.
Afrin, correspondance
de Perwer Emmal dans le Rojava
Après une trêve de
quelques heures vendredi après-midi et vendredi soir, les combats ont repris
dans l’enclave d’Afrin mais avec une intensité un peu plus faible qu’auparavant.
On ne me signale pour
ce samedi [jusqu’à 18h locales] "que" deux interventions de l’Aviation
turque : l’une sur la capitale du canton, Afrin, et le village de Juwaiq dans
ses environs, l’autre, sur la ville de Jandairis, au Sud-Ouest, accompagnée de
pilonnages d’artillerie et d’opérations au sol.
A noter que la ville
turque de Kilis a également été touchée par trois projectiles tirés à partir du
territoire syrien, sans qu’on n’y déplore de victimes.
Les zones de combats du
Saillant, de Boulboul, d’Azaz, et du nord de Rajo n’ont pas connu d’attaques
majeures aujourd’hui comme ce fut le cas ces derniers jours.
On observe également
une intense activité diplomatique de la Russie, qui tente de persuader Ankara
et les Kurdes de cesser l’affrontement en échange du déploiement d’une force d’observation
de l’Armée de Bashar al Assad à Afrin.
Les discussions
achopperaient sur le nombre d’observateurs et sur leur mission, Erdogan
exigeant le retrait d’Afrin de tous les Peshmerga. Une condition qui n’est pas
envisagée par les Unités pour la Protection du Peuple (YPG).
Les informations
diffusées par d’autres media selon lesquelles des soldats d’Assad seraient
entrés dans l’enclave d’Afrin sont sans fondement.
Il semble que l’accord
donné par le dictateur turc à l’ouverture de pourparlers même indirects soit la
conséquence de l’opiniâtreté de la résistance proposée par les combattants
kurdes. Il est sans doute bon de rappeler à cet égard que celui qui se fait
lui-même appeler "le Sultan" (ce n’est pas une invention de notre
part) avait promis de "libérer Afrin" des "terroristes" en
trois heures et qu’il n’a pas été capable d’enfoncer les lignes des YPG en 24
jours d’affrontements acharnés.
Depuis le 20 janvier,
date du début de l’agression ottomane, malgré une supériorité insolente en
matériel et en nombre de combattants, l’Armée du dictateur n’est pas parvenue à
occuper plus de 9 pour cent du territoire de l’enclave, comprenant une petite
ville et une trentaine de villages, tous frontaliers.
Le nombre de soldats
turcs et de supplétifs islamistes arabes tués au combat a dépassé 900 vendredi,
et l’agresseur a perdu 37 blindés, dont 13 depuis jeudi.
A propos des incidents de samedi dernier
entre Israël et la Syrie
La censure militaire a
donné son autorisation pour dévoiler que lors des tirs nourris de missiles
sol-air en Syrie contre des chasseurs-bombardiers israéliens, plusieurs
projectiles ayant manqué leurs cibles ont traversé l’espace aérien israélien.
Ils n’ont pas été
interceptés, les radars de Tsahal ayant détecté qu’ils s’écraseraient dans la
Méditerranée, à bonne distance des côtes de l’Etat hébreu.
Ces missiles ont
toutefois survolé les régions de Tel-Aviv et d’Haïfa, contraignant les
contrôleurs aériens de l’aéroport international Ben Gourion à interrompre les atterrissages
pendant presque une demi-heure. Non par souci pour l’activité sur leur
plateforme mais pour éviter que les appareils en approche sur la mer ne soient
inquiétés par les missiles à la dérive.
On apprend également d’une
source proche du Khe’l Avir (l’Aviation israélienne), alors que l’enquête sur
la perte du F-16 est toujours en cours, que le fait qu’il ait été abattu est dû
à un dysfonctionnement, et que les missiles à disposition de l’Armée syrienne n’ont
pas la capacité technique d’abattre un avion israélien.
Aucun appareil n’est censé être perdu lors d’opérations
en Syrie ou dans un autre pays de la région, a précisé la même source.
Depuis plusieurs heures
maintenant, nous ne décelons aucune activité militaire dans l’enclave d’Afrin.
C’est la première fois que les armes se calment depuis 23 jours.
Pas de bombardements aériens,
ni de l’artillerie turcs et pas d’opérations au sol, après une matinée qui fut
encore sanglante.
Nous savons qu’une
réunion s’est tenue aujourd’hui entre des représentants russes, des chefs YPG
et des émissaires gouvernementaux syriens à Tel Rifat, à la base du saillant kurde
en direction d’al Bab et il est probable que la trêve soit liée à cette
rencontre.
De nombreuses rumeurs
circulent quant à la nature du cessez-le-feu et d’un éventuel accord, mais nous
n’en savons pas davantage pour le moment.
Le pays où les criminels vont en prison (011602/18)
En constatant toutes les
horreurs qui ont été dites au sujet de notre Premier ministre Binyamin
Netanyahu, il me semble qu’il est grand temps de régler son compte à la cabale
de gauchistes de la Police, de la presse et de l’opposition qui persécute le
chef de l’exécutif israélien. Plus encore, ces mécréants - leur jeu est
transparent et M. Netanyahu les dénonce chaque fois qu’il prend la parole -,
sont en train de tenter un véritable coup d’Etat destiné à prendre le pouvoir
par des manipulations juridiques de bas étages, n’ayant pas réussi à remplacer
le président du conseil au suffrage universel.
Le moment est venu de
révéler au public les visages des deux protagonistes – ne devrait-on pas les
appeler les chefs du complot ? – qui sont à l’origine de la recommandation
de la Police, mardi dernier, d’inculper Binyamin Netanyahu dans deux affaires
pour corruption, fraude et abus de confiance.
Le gauchiste de gauche (hé
hé !) se nomme Roni Alsheikh, l’autre conjuré,Avichaï Mandelblit. Le second est le procureur général de l’Etat
d’Israël, il a été nommé à ce poste (le félon !) par M. Netanyahu, il est
Juif pratiquant et général à la retraite de Tsahal [deux qualités que l’on
trouve fort rarement chez le même individu], où il a occupé, sept ans durant,
de 2004 à 2011, le poste d’Avocat général militaire en chef. Cela aurait dû
éveiller les soupçons depuis longtemps !
Le cas de l’autre traître est pire encore, il s’est acharné pendant des
mois avec son complice Alsheikh sur les enquêtes à charge visant M. Netanyahu,
que ses proches surnomment affectueusement Inmaculada Concepción, ce qui
devrait suffire à établir la preuve de sa parfaite rigueur morale et de son
innocence.
Roni Alsheikh n’est autre que le chef de la Police israélienne,
corrompue jusqu’à l’os, parsemée de gauchistes et d’incapables, c’est Inmaculada
Concepción lui-même qui l’affirme. Alors qu’importe s’il a aussi été nommé à
son poste par M. Netanyahu, s’il a grandi dans le nid de vipères lubriques gauchistes
bien connu qu’est l’implantation de Kiryat Araba et qu’il a étudié dans la
yéshiva de l’ultragauche qu’est le Mekaz ha-Rav Kook de Jérusalem.
Qu’importe si ce sépharade internationaliste au plus profond de son ADN
(son père est yéménite sa mère marocaine !), a fait son service dans la
brigade des parachutistes, puis est passé commandant de la brigade du génie,
avant que d’être promu commandant en second d’un bataillon. Qu’importe s’il a
fait deux guerres et qu’il a quitté Tsahal avec le rang de major !
Qu’il ait obtenu une licence à l’Université de Haïfa et une maîtrise à
celle de Tel-Aviv, toutes deux summa cum laude, ce qui signifie pour ceux
qui ne comprennent pas le latin "à coups de pots de vin" ! Tout comme
il a encore reçu une maîtrise de criminologie à l’Université hébraïque de
Jérusalem, probablement au bakchich également, et des palmes académiques (pour
mieux nager dans la fange) à l’Université de Pennsylvanie aux Etats-Unis.
Pas de quoi nous ébahir, toutefois, nous les vigilants ! Non plus
que sa position de no.2 du Shin Bet, le contre-espionnage de l’Etat hébreu, rattaché
à la Police. De là à se faire nommer à la tête de la Police, ce n’était
évidemment pas très compliqué.
Quoique… privé du Shin Bet, Israël pourrait peut-être survivre pendant
un mois, ce qui peut gêner la réflexion bien sentie. Et à force de parler de la
corruption de la Police à tout va, Inmaculada Concepción oublie sans doute que
les Gardes-frontières sont également des policiers, comme les agents de la
circulation, ceux qui arrêtent les voleurs et les terroristes, de même que l’unité
Lahav [lame] 433, le FBI israélien, spécialisée dans la lutte contre la
corruption et le crime organisé. Les gauchistes d’élite qui sont chargés de
mettre les criminels comme Netanyahu et ses acolytes derrière les barreaux.
C’est au sein de Lahav qu’agit entre autres l’unité des Mistaravim [(héb.)
ceux qui vivent parmi les Arabes], les traîtres, gauchistes incapables et
lâches qui, habillés en Arabes, plongent au cœur des villes hostiles afin d’en
extraire un chef terroristes ayant assassiné des Israéliens ou s’appétant à le
faire, recueillant des renseignements, secourant des otages et montant des
opérations de contre-terrorisme.
Netanyahu a tant raillé Lahav
433, qui conduit les enquêtes contre lui, que le gauchiste de la yéshiva du
Rabbin Cook a dû réitérer sa confiance à ses membres.
Est-il besoin de préciser
que l’élite des défenseurs d’Israël, qui, chaque jour, risque sa peau pour la
défense de son pays, supporte assez difficilement les critiques infondées de
celui qui est censé être leur chef suprême. Je connais mal Messieurs Netanyahu,
Deri, Bitan et Amsalem, de la coalition gouvernementale, mais je peux vous
dire, en revanche, que les tentatives de diversion à leurs dépens passent très
mal parmi les as du Shin Bet, de Lahav et du reste de la Police. Rien de tel
que des propos comme ceux d’Inmaculada Concepción pour faire poindre le
doute et la démotivation chez les premiers gardiens d’Israël.
Binyamin Netanyahu pensif
Il paraît que pour sauver
sa peau, Bibi, c’est Roni Alsheikh qui l’a suggéré à la télévision, paie des
détectives privés afin d’enquêter sur les officiers de police chargés de ses
affaires et sur leurs chefs pour chercher des taches dans leurs dossiers
professionnels, destinées à les décrédibiliser aux yeux du public où à exercer
des pressions sur eux.
L’entourage du Premier ministre fait ainsi courir le bruit – tu me tues
ô ma rumeur ! – que la Police s’acharnerait sur Inmaculada pour détourner
l’attention des media d’une affaire d’harcèlement sexuel dans laquelle seraient
impliqués des huiles de la Police.
Ca vole très haut. Mais y a-t-il vraiment de quoi s’étonner lorsque
l’on sait que le ministre de l’Intérieur, choisi par Inmaculada évidemment, est
le repris de justice Arieh
Deri, du parti antisioniste Shas, dont le père spirituel Ovadia Abdallah
Yossef, très marqué par les métaphores animalières de Jean La Fontaine,
comparait les sionistes à des singes et les maîtres d’école laïcs – vous savez,
ceux qui enseignent les mathématiques, l’histoire et la géographie – à des
ânes.
Arieh Deri a passé deux
ans derrière les barreaux de la prison Ma'asiyahu, après avoir été reconnu
coupable par la justice de corruption, fraude et abus de confiance pendant
qu’il exerçait la fonction de ministre de l’Intérieur. Le renommer à
l’Intérieur, procède-t-il du simple masochisme, d’un pied de nez aux électeurs
ou de l’association de malfaiteurs formée
en vue de la préparation d'un ou plusieurs
crimes ou délits ?
A noter
que la somme d’argent - 123 600 euros - détournée par Déri qui l’a envoyé au gnouf
était moindre que celle que l’on reproche à Netanyahu d’avoir touchée dans le
l’Affaire 1000 de la part du mogul du cinéma hollywoodien Arnon Milchan et du
businessman australien James Packer, qui se monte à 226 000 euros.
En tout
cas, Deri récidive : le ministre de l’Intérieur est actuellement sujet à une
nouvelle enquête pénale dans laquelle la Police (encore elle !) le
soupçonne d’avoir bidouillé le choix d’un nouveau grand-rabbin pour la ville de
Lod contre un pot de vin reçu du milliardaire géorgien Mikhael Mirilashvili, retrouvé accidentellement sur le compte d’une
association dirigée par l’épouse d’Arieh Deri.
Déri est en bonne
compagnie à la pointe de la coalition de gens pour le moins douteux qui
dirigent le destin du pays, puisqu’un certain David Bitan, chef de la coalition
gouvernementale en question à la Knesset, obligé de démissionner, fait lui
aussi l’objet d’une enquête pénale approfondie depuis cet automne. La Police
(toujours elle !) soupçonne Bitan d’avoir accepté des pots de vin en
échange de l’avancement d’un amendement à la Knesset à la loi sur la
planification et la construction qui aurait bénéficié à un promoteur immobilier
de Rishon Lezion [250 000 hab.]. Il faut reconnaître qu’il était idéalement
placé.
C’est du
lourd, puisque l’enquête a déjà conduit à
l’arrestation d’un certain nombre de suspects, y compris le maire de Rishon
Lezion et d’autres responsables municipaux, des hommes d’affaires locaux et des
parrains du crime organisé.
Cela nous ramène à ce que feignent de ne pas comprendre des afficionados
d’Inmaculada
Concepción, qui répètent à la cantonade qu’il est stupide de poursuivre en
justice un homme de la trempe de Netanyahu pour le seul fait qu’il a reçu
quelques cigares en cadeau de la part d’amis fortunés.
D’abord, parce
que lorsque ces cadeaux atteignent une valeur d’un quart de million d’euros, il
y a au moins de quoi froncer un sourcil. Ensuite, parce que lorsque l’on passe
régulièrement commande de cadeaux spécifiques – pas uniquement des cigares, des alcools et des
bijoux aussi – pour une somme pareille, il devient difficile de continuer
d’appeler cela des cadeaux.
Mais cela ne suffit pas encore pour impliquer la caractérisation de
corruption ; pour qu’il y ait corruption, il faut que le payeur reçoive
quelque chose en retour. Or la Police gauchiste est persuadée d’avoir réuni
assez de preuves pour démontrer que le président du Conseil israélien a
notamment, en
contrepartie, poussé une législation avantageant Milchan réduisant les
impôts des Israéliens ayant séjourné longtemps à l’étranger. Netanyahu aurait également
aidé Arnon Milchan à obtenir la prolongation
de son visa aux Etats-Unis et à promouvoir ses intérêts sur le marché de la
télévision en Israël.
Là, si cela
est démontré devant un tribunal, on serait effectivement et indubitablement en
présence d’actes de corruption, et encore, de la part de la personnalité la
plus haut placée au sein de l’exécutif, et surtout, à la tête de la coalition
de députés la plus à même de faire adopter les lois qu’elle a choisies au
parlement.
Dans la seconde
affaire, le dossier 2000, la Police a enregistré des conversations entre le
patron du grand quotidien Yediot Aharonoth [les dernières nouvelles],
Arnon Mozes, et Bibi, lors desquelles on entend M. Nétanyahou proposer à son
interlocuteur de soutenir un projet de loi à la Knesset afin de réduire la
circulation d’Israel Hayom [Israël aujourd’hui], un quotidien gratuit, possédant
la plus importante distribution parmi les journaux israéliens, grand concurrent
de Yediot.
En échange,
Arnon Mozes devait mettre en place une couverture journalistique plus favorable
à Binyamin Netanyhu dans son journal : Bip-bip corruption !
A propos de
moralité, ces enregistrements montrent comment Inmaculada s’apprêtait à
sacrifier Sheldon Adelson sur l’autel de ses intérêts, un milliardaire américain,
propriétaire d’Israel Hayomqui
est, par l’intermédiaire de son journal, le principal soutien médiatique (donc
pas un gauchiste !) du Premier ministre. Adelson aurait investi 60
millions de dollars dans cette feuille de chou dont l’objectif essentiel
consiste à faire l’apologie de M. Netanyahu.
D’un point de
vue juridique, cela devient même extrêmement grave, bien davantage que dans les
cas de Déri et de Bitan, sans oublier l’ancien Premier ministre Ehud Olmert,
qui a tout de même passé seize
mois en prison entre 2016 et 2017 pour des faits de corruption alors qu'il
était seulement maire de Jérusalem.
Baste, sans même
attendre le moment de l’inculpation, les faits me semblent assez graves afin de
m’obliger à publier ici les commentaires suivants :
"Un Premier
ministre enterré dans les enquêtes jusqu’au cou ne dispose pas d’un mandat moral
ou public pour décider des questions déterminantes pour l’Etat d’Israël.
Il existe un risque –
un vrai risque, pas un risque infondé – qu’un Premier ministre dans cette
situation pourrait prendre des décisions basées sur l’intérêt personnel de sa
survie politique et non sur la base de l’intérêt national. La chose juste à
faire pour ce gouvernement est d’aller à la maison et de rendre son mandat aux
électeurs".
Exagéré-je ?
Comment un journaliste peut-il condamner un Premier ministre non encore inculpé,
en se substituant au procureur général et aux juges ?
Hum…
J’admets que vous auriez raison de critiquer ce commentaire, que, par ailleurs,
je n’aurais jamais formulé, trop respectueux que je suis de l’Etat de droit. En
fait, j’ai effectivement publié ce commentaire, mais je n’ai pas prétendu qu’il
était de moi. Il est de… Binyamin Netanyahu, mot pour mot, adressé à Ehud
Olmert bien avant que ce dernier ne soit inculpé, le 26 novembre 2008. Ce fut
le 6 septembre qui précéda que la Police israélienne publia sa recommandation
au parquet d’inculper Olmert.
Netanyahu
n’avait cependant pas attendu ces échéances légales pour faire cette déclaration [vidéo] en
direct sur la Deuxième chaîne de Télévision israélienne, assénant ad nauseam,
dans la même situation qu’Olmert, qu’il est victime d’un coup d’Etat
juridico-médiatique.
La France n’est peut-être pas le pays le plus antisémite
d’Europe occidentale. Tous les pays d’Europe occidentale sont imprégnés
d’antisémitisme à des degrés divers.
La France n’a pas non plus le parti politique le plus
antisémite d’Europe occidentale. Ce titre peu enviable pourrait sembler devoir
aller à la formation léniniste conduite par Jean-Luc Mélenchon, qui compte dans
ses rangs quelques personnages infréquentables tels Clémentine Autain ou
Danièle Obono, mais aussi une cohorte de communistes admirateurs de terroristes
“palestiniens” tueurs de Juifs. Je pense néanmoins que le titre doit revenir au
parti travailliste britannique conduit par Jeremy Corbyn, et Jeremy Corbyn est
un personnage bien plus dangereux que Jean-Luc Mélenchon, car il peut, lui,
arriver au pouvoir au Royaume-Uni.
La France n’est pas même le pays d’Europe occidentale
où l’antisémitisme islamique s’énonce de la manière la plus explicite. Ce titre
revient encore au Royaume-Uni, où de multiples prêcheurs de haine peuvent,
depuis des années, dire tout haut, explicitement, et devant des micros et des
caméras, ce que leurs homologues agissant sur le territoire français énoncent à
mots couverts ou de manière plus confidentielle.
On peut même ajouter que la France est le pays où les
apparents comportements immondes d’un Tariq Ramadan ont été mis au jour et valent
à cet individu une mise en examen qui l’a fait tomber du piédestal sur lequel
d’aucuns l’avaient hâtivement juché.
La France est néanmoins le pays d’Europe occidentale
où le plus grand nombre de Juifs ont été tués simplement parce qu’ils étaient
juifs au cours de la dernière décennie. Au nom d’Ilan Halimi se sont ajoutés
ceux des victimes de l’atroce tuerie perpétrée à l’école Otzar Hatorah à
Toulouse, ceux des victimes de cet autre assassinat barbare perpétré au supermarché
Hypercacher de Saint Mandé ; puis celui de Sarah Halimi plus récemment. La
liste pourrait inclure les victimes de la tuerie au Musée juif de Bruxelles,
puisque l’assassin était un musulman de nationalité française.
La France est aussi le pays d’Europe occidentale où
le plus grand nombre d’agressions antisémites moins graves, mais graves
néanmoins, ont été perpétrées au cours de la même période.
C’est aussi le seul pays d’Europe occidentale où des
manifestations anti-israéliennes ont conduit à une attaque de synagogue, rue de
la Roquette à Paris, puis a une autre tentative d’attaque de synagogue, à
Sarcelles.
Le pacifisme d'une religion ne se mesure pas au nombre de ses
fidèles pacifiques mais à celui des assassins qui tuent en son nom
C’est le pays où chaque année se tient le plus grand
rassemblement islamiste d’Europe, celui organisé par la branche française des
Frères Musulmans au Bourget, sous le nom anodin de “Rencontre annuelle des musulmans
de France”. Et même si des prêcheurs aux accents dignes de Goebbels et des admirateurs
explicites d’Adolf Hitler ne peuvent s’y exprimer directement car ils sont
interdits de séjour, ces prêcheurs s’y expriment par le biais de canaux vidéo.
C’est un pays qui a été choisi par les Frères
Musulmans pour y prendre graduellement le pouvoir et où la prise du pouvoir
avance, comme l’a montré un reportage réalisé ces derniers mois pour la
télévision israélienne par Zvi Yehezkeli, dans lequel il apparaît que le
gouvernement français fait bien davantage que fermer les yeux sur les activités
délétères des Frères Musulmans, puisqu’il les finance en sponsorisant des
écoles et lycées qui prolifèrent sur tout le territoire et dans lesquels on
enseigne les règles du djihad et la haine des Juifs.
La messe est
pratiquement dite après ce samedi de guerre qui a vu s’opposer l’Armée
israélienne, d’une part, les forces gouvernementales syriennes, les soldats de
la théocratie chiite iranienne et les miliciens libanais du Hezbollah, de l’autre.
Tout a commencé vers
4h20 ce matin, heure locale, lorsqu’un avion sans pilote iranien a pénétré dans
l’espace aérien hébreu et s’est fait abattre par le missile d’un hélicoptère Apache
[a-pa-tchi] au-dessus d’une périphérie inhabitée de la ville de Bet Shéan. A
35km de la Syrie et au sud du lac de Tibériade. En franchissant la frontière,
le drone en question a décrassé toutes les sirènes d’alarme du nord du pays et
réveillé la plupart de ses habitants.
La Syrie, l’Iran et le
Hezbollah ont nié la factualité de l’envoi du drone en Israël, assurant que les
appareils de ce type n’étaient utilisés que pour combattre l’Etat Islamique
dans d’autres parties de la Syrie. La vidéo
de l’interception de l’aéronef, fabriqué et piloté à distance par l’Iran, a
été diffusée par Tsahal dans l’après-midi et son authenticité, en dépit des
dénégations de l’ennemi, ne fait l’objet d’aucun doute sensé.
En riposte à la
violation de son territoire, le commandement israélien a très rapidement envoyé
huit chasseurs-bombardiers F-16 I Soufa [tempête] neutraliser le poste de
contrôle à distance iranien de l’avion sans pilote. Celui-ci était situé sur l’aéroport
militaire T4, à 60km à l’ouest de Palmyre en Syrie.
Sur le chemin du
retour, l’un des appareils israéliens a essuyé le tir groupé deux douzaines de
missiles syriens. Suivant la procédure, dans des circonstances qui seront
définies par l’enquête, le pilote et le navigateur se sont éjectés de l’appareil
dans la vallé de Nétofa, à proximité de Nazareth. L’un des deux hommes a été
grièvement blessé lors de l’éjection ; il a été opéré à l’hôpital Rambam d’Haïfa
et son diagnostic vital n’est plus engagé.
Aux alentours de 10h, Tsahal
a lancé une opération aérienne d’envergure sur la Syrie, en vue,
principalement, d’anéantir ses défenses antiaériennes et de détruire des
objectifs des armées syrienne et iranienne.
Lors du début de cette
intervention, l’ennemi a à nouveau tiré des salves de missiles sur les
appareils frappés de l’étoile de David. Aucun n’a atteint sa cible, mais les sirènes
du radar d’alerte "Couleur rouge" ont à nouveau émis leur hurlement
dans tout le nord d’Israël.
Des projectiles non
explosés sont par ailleurs tombés en divers points de Galilée, dont deux sur le
territoire municipal de Métula. L’un a été neutralisé ce matin par des
artificiers, le second est en cours de désamorçage.
Le communiqué officiel
de Tsahal fait état de 12 objectifs atteints et oblitérés. Parmi ceux-ci, trois
centres de missiles antiaériens de modèles SAM 5 et SAM 17, y compris leurs
radars de tir et leurs dépôts de munitions. Quatre bases militaires au service
exclusif des Gardiens de la Révolution khomeyniste et de leurs supplétifs du Hezbollah
ont également été annihilées. Boum !
L’aéroport T4 a été mis
hors service et sa tour de contrôle a été détruite. Une base militaire sur l’autoroute
Beyrouth-Damas, à al Dimass, à 4km à l’est de la frontière libanaise et une
quinzaine au nord-ouest de Damas a été lourdement bombardée. De même que l’aéroport
de Mezzé, sa base militaire et sa prison, qui ne sont séparés que par 4km du
palais du dictateur Bashar al Assad, et qui ont déjà été visés à deux reprises
par Tsahal [voir les articles précédents]. Un entrepôt de Scuds entre Sakhnya
et al Kiswah, à 9km au sud-ouest de Damas, à proximité duquel les Iraniens avaient
commencé à reconstruire une base militaire déjà détruite par le Khe’l Avir le 2
décembre dernier [voir l’article] a explosé, atteint par des missiles
israéliens. Une aile de l’aéroport international de Damas a subi le même sort, à
l’instar du cœur du périmètre central de la brigade 104 de la Garde
républicaine à Qassioun, au nord-ouest de la capitale syrienne.
D’autre part, des
témoins assurent que le Khe’l Avir s’en est également pris à des objectifs dans
la Bekaa libanaise et à Derra, dans le Golan syrien, à la frontière jordanienne,
et qu’il aurait durement frappé les 150ème et 175ème
divisions d’al Assad. Un missile antiaérien syrien est d’ailleurs tombé dans le
royaume hachémite.
Le SAM syrien tombé aujourd’hui en
Jordanie
D’après l’Observatoire
Syrien des Droits de l’Homme [SOHR], les avions israéliens ont aussi attaqué
des bases militaires dans le désert central syrien qui abritent des Iraniens,
des soldats gouvernementaux et des miliciens du Hezbollah libanais.
Le flou est normal dans
la situation qui prévaut, car il est voulu. Le porte-parole de Tsahal a susurré
qu’ "ils ne connaissent pas complètement les résultats de notre attaque,
et ils pourraient être surpris lorsqu’ils découvriront ce que nous avons visé".
En attendant, les
Alaouites fêtent la perte du F-16 par Israël en se distribuant parmi des
friandises dans la rue. C’est pour eux un exploit phénoménal, qu’aucun pays
arabe n’avait réussi depuis les années 80. Sauf qu’aucun Israélien n’est mort,
et que lorsque l’on fait la guerre, il faut s’attendre à perdre un avion par
précipitation tous les 40 ans. Ils font la fête au soir d’une journée durant
laquelle ils ont perdu au moins 300 soldats [alaouites, iraniens et libanais
réunis], ainsi que la quasi-entièreté de leur système de défense antiaérienne.
A partir de 14h aujourd’hui,
les postes de télévision des Syriens ont cessé de fonctionner. Leurs missiles
aussi.
Aux premières heures de
jeudi dernier, la même coalition avait déjà perdu 111 soldats sous les bombes
américaines. A la Ména, les analystes stratégiques sont convaincus qu’il ne s’agit
pas d’un concours de circonstances. Mais cela, ce n’est pas une breaking, c’est
une analyse.
Pas plus que la
provocation idiote de ce matin, qui a consisté à envoyer un drone pour servir
de détonateur, n’est due au hasard. Nos voisins ne vont pas bien. Mais on s’en
félicite, ce sont aussi nos ennemis. Le porte-parole de Tsahal a aussi déclaré
que "ce qui était arrivé jusqu’à maintenant était moins qu’une guerre et
plus qu’une confrontation". Reste aux barbares d’en-face de décider comment
cela va continuer. Nous, nous sommes prêts à chacune des deux éventualités.
"Monsieur Sami El Soudi, par P Vallois", Je
consulte ce site depuis longtemps et je vois qu'il n'est pas trop
vivace. Cela n'a guère d'importance. Les articles suffisent.
Sauf,
à mes yeux, sur un point. C'est qu'il semble qu'aucun lecteur n'ait
pris soin de vous marquer toute la considération, la haute estime, que
dis-je, le bonheur que l'on éprouve à lire vos textes.
Vous êtes, je crois, la personne au monde qui fait le mieux comprendre ce qui se passe au Proche et Moyen-Orient.
Vos papiers depuis 2003 sont incomparables. Ils méritent d'être réunis et publiés. A tout le moins.
Merci infiniment."
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