Israël neutralise une batterie de missiles à l’est de Damas (info # 021610/17) Version imprimable
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lundi, 16 octobre 2017

 

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Métula, lundi 19h50, 18h50 à Paris

 

Ce lundi, l’Armée gouvernementale syrienne a tiré un missile de type SA-5 Gammon (nomenclature de l’OTAN), S-200 (nomenclature du producteur russe) en direction d’avions israéliens qui effectuaient une mission de reconnaissance au-dessus du Liban.

 

Aucun avion n’a été touché. En riposte à ce tir, Tsahal a attaqué la batterie d’où le SA-5 avait été tiré, à 50km à l’est de la capitale Damas.

 

Les appareils n’ont intentionnellement détruit que le radar de la batterie visée, ce qui la neutralise momentanément jusqu’au remplacement du radar et du système de tir. Jérusalem a informé la Russie du raid avant qu’il ne se termine.

 

Le Khe’l Avir (l’Armée de l’air israélienne) a voulu démontrer par son action :

 

- Que le SA-5 ne constitue pas une menace pour son aviation, grâce aux moyens technologiques dont elle dispose

 

- Qu’il possède une capacité de renseignement lui permettant de localiser un objectif n’importe où sur le territoire syrien et de le détruire très rapidement

 

- Qu’il dispose d’une précision de tir inégalée

 

- Qu’en plus des transports d’armes à destination du Hezbollah au Liban, toute tentative d’entraver l’évolution de ses appareils quel que soit l’endroit où ils se trouvent engendrera une riposte immédiate d’Israël, qui frappera les objectifs de son choix en déterminant le degré de leur destruction.

 

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Le SA-5 ou S-200

 

Le SA-5 est un missile russe de conception ancienne mais constamment modernisé, destiné à intercepter une cible volante à une altitude comprise entre 300 mètres et 40 000 mètres. Sa portée opérationnelle est de 300km. Il mesure 10.8 mètres et pèse 7 100kg, dont 217kg pour l’ogive. Il se déplace à une vitesse maximale de Mach 8, soit 9 800Km/h. L’Iran est également doté de missiles de ce type.

 

Le 12 septembre 2016, deux SA-5 avaient été tirés vers des appareils du Khe’l Avir en mission d’attaque sur la Syrie.

 

Le 17 mars de cette année, plusieurs SA-5 ont été tirés en direction d’appareils israéliens effectuant un bombardement dans la région de Palmyre.

 

En dépit d’allégations du gouvernement de Damas, aucun avion hébreu n’a jamais été touché par des missiles de ce type. Lors du raid sur Palmyre, l’un des SA-5, après avoir manqué sa cible est devenu balistique et se dirigeait à très haute altitude vers le territoire israélien. Il a été intercepté par un missile Khetz/Arrow/Flèche, utilisé pour la première fois en mode opérationnel. Des débris de l’intrus étaient tombés en Jordanie sans faire ni victimes ni dégâts.

 

L’incident de ce lundi survient à la veille de la visite prévue en Israël du ministre russe de la Défense, Sergey Shoygu, qui s’entretiendra notamment de la situation en Syrie et du problème iranien avec son homologue Avigdor Lieberman et avec le Premier ministre Binyamin Netanyahu.

 

 

En Irak, les forces gouvernementales ont lancé une vaste opération militaire sur la ville de Kirkouk dans le territoire autonome du Kurdistan. L’Armée irakienne est soutenue par la milice chiite de Hash’d al Shaabi [ara. unités de mobilisation populaire] et des Gardiens de la Révolution Iranienne [far. Pasdaran]. L’offensive est commandée par le Major Général iranien Qassem Soleiman, chef de l’unité d’élite al Quds [Jérusalem] des Pasdaran.

 

L’offensive lancée cette nuit a rapidement progressé, notamment à la faveur de matériel livré par les Etats-Unis à l’Armée gouvernementale, destiné uniquement à combattre l’Etat Islamique. Des portions de Kirkuk ont été conquises par les assaillants, de même qu’une base militaire et des champs pétrolifères. Des renforts de Peshmerga [combattants kurdes] sont actuellement dirigés vers la zone des combats.

 

 
Mélenchon contre Valls : la gauche hantée par son passé (info # 011608/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 16 octobre 2017

 

Par Amram Castellion

 

La classe politique française a été agitée, la semaine dernière, par un nouvel épisode du conflit entre Jean-Luc Mélenchon, le patron du parti France Insoumise (le principal parti parlementaire d’extrême gauche, qui a obtenu 11% des voix aux législatives de juin dernier et 17 députés) et Manuel Valls.

 

Valls, après avoir été Premier ministre socialiste de la France pendant deux ans et demi, est aujourd’hui député apparenté macroniste de l’Essonne. Le gouvernement ayant nommé Valls à la tête d’une commission parlementaire sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, Mélenchon avait refusé la participation de députés de son groupe à cette mission par une lettre du 6 octobre dernier. Dans cette lettre au président de l’Assemblée Nationale, le dirigeant d’extrême gauche mentionne notamment le « caractère clivant » de Manuel Valls, qui serait proche des « thèses ethnicistes de l’extrême-droite ».

 

Les exemples que cite Mélenchon pour illustrer ces accusations sont révélateurs de sa tendance à ne donner aucune limite à sa mauvaise foi. Elu de l’Essonne, Valls avait demandé, pour la préparation d’une photo, à être entouré de plus de « blancos » : c’est maladroit, mais c’est un choix politique qui ne diffère en rien de celui des élus qui cherchent à se faire photographier en compagnie de minorités. Cet épisode de communication ratée devient, sous la plume de Mélenchon, la preuve de « préjugés sur la couleur de peau de ses administrés ».

 

Plus tard, Valls, ministre de l’Intérieur, avait estimé que le mode de vie choisi par les gens du voyage en France rend la plupart d’entre eux « inassimilables ». Là, c’est presque une tautologie : quand on choisit de vivre entre soi dans des caravanes, c’est bien qu’on n’est pas prêt à s’assimiler à la civilisation sédentaire qui vous entoure. Mais Mélenchon tord le sens des mots pour en faire la preuve d’un préjugé raciste.

 

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Mélenchon dément avoir traité Valls de nazi

 

Puis, Mélenchon met enfin les cartes sur table, en accusant Valls de « proximité avec les dirigeants de l’extrême droite israélienne ». Cet argument est différent des précédents.

 

Mélenchon ne cite aucun fait précis. Il ne définit pas ce qu’il appelle « l’extrême droite israélienne » : veut-il parler de la poignée d’extrémistes violents de la « Jeunesse des collines », qui font l’objet d’une surveillance approfondie du Shin Bet ? Des messianistes de Hébron, qui ont choisi une vie de danger dans l’espoir que leur installation au milieu de la ville des Patriarches hâte la fin des temps ? Ou bien évoque-t-il des partis plus sérieux, représentés à la Knesset – et si oui, lesquels ? Israël Beiténu d’Avigdor Lieberman, qui propose une séparation nette avec les Arabes mais défend aussi fermement la laïcité de l’Etat contre les partis religieux ? Le Foyer juif de Naftali Bennett, qui veut étendre le territoire administré par l’autorité civile et est le seul parti aujourd’hui à proposer d’augmenter le nombre d’Arabes ayant la pleine nationalité israélienne ? Le Shas, qui veut soumettre à une discipline religieuse stricte des populations séfarades dont ce n’est pas la tradition ? Le Judaïsme de la Torah, parti ultrareligieux ashkénaze qui ne reconnaît pas la légitimité de l’Etat et n’y voit qu’une source de subventions pour les yeshivot [écoles religieuses. Ndlr.] ?

 

Il est presque certain que Mélenchon n’a pas la moindre connaissance de ces distinctions et ne sait pas lui-même ce qu’il veut dire quand il parle d’« extrême-droite israélienne ». Or, accuser un ennemi politique de proximité avec un camp politique dont on ne connaît même pas la composition, c’est nécessairement reconnaître que l’on dit n’importe quoi.

 

Il n’existe, dans le monde réel, aucune proximité entre Manuel Valls, non juif et homme de centre-gauche, et l’ensemble des groupes ou partis listés plus haut. La collabosphère mélenchonienne a bien publié la photo d’une rencontre entre Valls et Ayelet Shaked, ministre de la Justice et élue du Foyer Juif, prise le mois dernier. Mais cette photo s’inscrivait dans le cadre d’une visite de travail au cours de laquelle l’ancien Premier ministre avait rencontré plusieurs membres du gouvernement et de l’opposition. Elle ne traduit aucune proximité politique. Si Valls devait se positionner sur la carte politique israélienne (un exercice certes assez vain pour un étranger), il serait plutôt proche du parti travailliste.

 

L’objectif de Mélenchon n’est pas de lier Manuel Valls à l’extrême droite : il est d’associer son image à celle d’Israël, et de lui nuire politiquement aux yeux d’un électorat antijuif que la France Insoumise courtise assidûment. En cela, Mélenchon s’inscrit dans une longue tradition de la gauche française.

 

C’est l’inventeur même du mot « socialisme », le catholique français Pierre Leroux, qui faisait de l’antisémitisme un complément nécessaire du socialisme, disant : « Quand nous parlons des Juifs, nous voulons dire l’esprit juif : l’esprit du profit, du lucre, du gain, de la spéculation ; en un mot, l’esprit du banquier » (Pierre Leroux, Malthus et les Economistes, 1849).

 

Le thème du Juif capitaliste, qui fait obstacle aux progrès du socialisme, se retrouve ensuite dans plusieurs écrits de la gauche française des dix-neuvième et vingtième siècle. C’est un homme de gauche, Alphonse Toussenel, qui écrit la première bible antisémite du dix-neuvième siècle, Les Juifs, rois de l’époque (1845). Proudhon appelait les Juifs « le mauvais principe » et les accusait d’être responsables de « la décadence de l’Europe » (P. Proudhon, Manuel du spéculateur à la Bourse, 1857). Auguste Blanqui, qui a l’honneur de rues et de boulevards dans tant de villes françaises, faisait lui aussi de la lutte contre les Juifs une part indispensable de la révolution socialiste à venir (cf Michel Dreyfus, L’Antisémitisme à Gauche, Editions La Découverte, 2009). En Allemagne, l’omniprésence de thèmes antisémites dans la gauche socialiste irritait certains socialistes au point qu’August Bebel, fondateur du parti social-démocrate allemand, avait appelé l’antisémitisme « le socialisme des imbéciles ».

 

Au vingtième siècle – celui de la formation politique et intellectuelle de Jean-Luc Mélenchon – l’inspiration antisémite se poursuit au sein de la gauche française. Plusieurs personnalités de gauche – le socialiste Doriot, le communiste Déat, le radical-socialiste René Bousquet – ont rejoint avec enthousiasme la collaboration et applaudi au Statut des Juifs de Vichy. La gauche prosoviétique, pour sa part, n’a rien trouvé à redire aux purges antisémites en Tchécoslovaquie (1952), en URSS (de 1942 à 1953) ou en Pologne (1967).

 

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Une vidéo antisémite d’opposition à Valls, retweetée mercredi dernier par Jean-Luc Mélenchon lui-même et effacée par la suite

 

De manière plus directement liée au cas de Jean-Luc Mélenchon, son propre maître à penser, Pierre Lambert, avait appartenu pendant la guerre au « Parti Communiste Internationaliste » et au « Parti Ouvrier Internationaliste », des groupes trotskistes dissidents qui prônaient la fraternisation avec les soldats allemands. Il a, plus tard, fondé son propre parti, dont Mélenchon fut membre… et à qui Lambert donna d’abord le nom d’ « Organisation Communiste Internationale » avant de revenir à celui de « Parti Communiste Internationaliste », qu’avait porté le groupe collaborationniste de sa jeunesse.

 

En quoi cette histoire éclaire-t-elle l’animosité qui oppose aujourd’hui Mélenchon et Valls ? Parce qu’elle décrit les origines d’une division irréconciliable qui partage aujourd’hui la gauche française en deux camps : une gauche antitotalitaire et une gauche anti-occidentale.

 

D’un côté, une gauche qui inscrit ses valeurs (solidarité organisée par l’Etat, redistribution) dans le cadre de la lutte contre les ennemis de la liberté. Cette gauche est aujourd’hui, hélas, minoritaire. Manuel Valls en est le représentant le plus affirmé en France.

 

Parce qu’elle hait la tyrannie, la gauche antitotalitaire est l’ennemie de l’islamisme politique, qu’il s’exprime par le terrorisme ou par des tentatives d’intimider les sociétés occidentales pour qu’elles donnent une place toujours plus importante à la charia. Sur la question du Moyen-Orient, elle est naturellement encline à soutenir Israël, seul Etat dont la société est fondée sur la libre discussion et des élections libres.

 

De l’autre côté, une gauche elle aussi attachée à la solidarité étatique et à la redistribution, mais dont l’ennemi est l’héritage culturel occidental : les valeurs judéo-chrétiennes, le capitalisme et les Lumières. La France Insoumise est devenue le principal réceptacle politique de cette gauche-là, et Mélenchon est son premier représentant en France.

 

Parce qu’elle hait l’héritage judéo-chrétien, la gauche anti-occidentale est prête à s’allier à tous les mouvements qui veulent réduire son influence, y compris les groupes racistes anti-blancs comme le « Parti des Indigènes de la République » ou PIR (une députée mélenchonienne, Danielle Obono, est proche depuis longtemps de ce groupe raciste) et les islamistes de tout poil. Depuis quelques semaines, plusieurs députés mélenchoniens se sont ainsi fait une curieuse obligation de contester, de manière apparemment coordonnée, l’idée même qu’il pourrait exister un processus de radicalisation d’une partie des musulmans de France. Une autre députée, Clémentine Autain, s’était fait remarquer lorsqu’un collectif dont elle était le porte-parole avait appelé ses militants à se rendre à un meeting où officiaient Tariq Ramadan, Alain Gresh et Marwan Muhammad.

 

Parce qu’elle hait le capitalisme, cette gauche est fascinée par toutes les expériences de confiscation autoritaire de la richesse. Mélenchon a ainsi le triste honneur de rester le plus grand soutien, dans la classe politique française, du régime vénézuélien de Chavez et Maduro, qui a transformé ce qui était naguère le pays le plus avancé d’Amérique Latine en un vaste camp de famine.

 

Enfin, parce qu’elle hait les Lumières – c’est-à-dire la tradition occidentale de recherche désintéressée de la vérité par l’observation, le libre débat et la logique – la gauche mélenchonienne se distingue par une rhétorique faite presque exclusivement d’insultes et d’imprécations, sans aucune tentative de résoudre les conflits par l’observation ou le raisonnement.

 

Il va de soi que la gauche anti-occidentale hait aussi Israël, un pays dont l’existence a littéralement accompli les prophéties bibliques et où règnent la libre entreprise et le libre débat. Elle n’hésite pas à mettre en scène cette haine, sachant qu’elle peut aller chercher une réserve de voix parmi tous ceux qui, en France, haïssent les Juifs. Cette tactique fonctionne : les dirigeants antisémites Dieudonné Mbala Mbala et Alain Soral, sans s’être systématiquement rapprochés de la France Insoumise, ont apporté leur soutien à certains de ses élus et candidats (Farida Amrani, qui fut battue par Valls aux législatives, et plus récemment Danièle Obono). La démonisation systématique de Manuel Valls est d’ailleurs commune aux mélenchonistes et aux partisans de Dieudonné, au point que Mélenchon lui-même a retweeté, mercredi dernier, le tweet anti-Valls d’un antisémite affirmé.

 

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Les conséquences de la haine anti-israélienne (info # 011510/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 15 octobre 2017

 

Par Guy Millière

 

L’une des proclamations les plus répugnantes parmi toutes celles que l’on peut entendre concernant les Arabes “palestiniens” en Europe, ou quand on parcourt des journaux et magazines européens, est celle affirmant que les Arabes “palestiniens” sont opprimés ou humiliés par Israël.

 

Lorsque je suis en Israël, je vois que les restaurants et magasins juifs subissent l’oppression “palestinienne”, contraints qu’ils sont de se protéger des risques terroristes par des portiques de sécurité et des gardes armés. Je vois que les restaurants et magasins arabes n’ont pas besoin de ces dispositions, car le terrorisme “palestinien” ne les menace pas. Je sais que malgré les précautions prises, des terroristes “palestiniens” tuent, hélas, des Juifs et d’autres Israéliens non musulmans. Je constate que les seuls Arabes qui subissent des violences de la part des forces de l’ordre israéliennes sont ceux qui ont commis ou tenté de commettre des violences les premiers.

 

Quand je me rends en Judée-Samarie, je vois que les villes et les villages juifs doivent également se prémunir pour les mêmes raisons, et qu’ils sont entourés de grillages. J’observe que les villes et les villages arabes n’ont pas, là encore, besoin de se protéger. Malgré les précautions prises à ce niveau aussi, des terroristes “palestiniens” tuent des Juifs et d’autres Israéliens non musulmans, et le font avec une haine barbare et répugnante. J’observe, en Judée-Samarie également, que les seuls Arabes qui subissent des violences de la part d’Israéliens sont, à de très rares exceptions près, ceux qui ont commis ou tenté de commettre des violences les premiers.

 

Quand je vois la barrière de sécurité, je sais qu’elle est là parce qu’avant qu’elle ait été édifiée, des attentats terroristes atroces étaient régulièrement commis en Israël par des gens venus des territoires occupés par l’entité terroriste appelée Autorité Palestinienne. Et je sais que si l’entité terroriste en question n’incitait pas à la haine et au meurtre de Juifs, la barrière de sécurité n’existerait pas, et les contrôles exercés lors des traversées de celle-ci n’existeraient pas non plus.

 

Je sais que ces contrôles ne sont pas discriminatoires à l’encontre des Arabes “palestiniens”, et que si les Arabes “palestiniens” ne voulaient plus de ces contrôles, il faudrait qu’ils se révoltent non pas contre Israël mais contre l’entité terroriste appelée Autorité “Palestinienne”. Elle est seule responsable de l’existence de la barrière de sécurité et des contrôles exercés lors de son franchissement. Ce, parce que l’Autorité “Palestinienne” se trouve à l’origine des incitations à la haine et au meurtre de Juifs et des attentats terroristes qui surviennent, parce qu’elle rémunère les terroristes assassins et leurs familles, et parce qu’elle traite les terroristes assassins comme s’ils étaient des héros.

 

Lorsque je suis en Europe, je sais que les touristes israéliens sont discrets et que c’est ce qui leur est recommandé en raison des agressions antijuives de plus en plus fréquentes, et de la haine d’Israël sans cesse instillée par les grands media, les organisations islamiques et les organisations gauchistes. Je constate que des Arabes “palestiniens” coupables de terrorisme sont également traités en héros sur le sol européen et n’ont strictement rien à craindre. Dernier exemple en date, Leila Khaled, une terroriste uniquement sortie de l’anonymat pour avoir détourné deux avions et leurs passagers, a été invitée à parler voici peu devant le Parlement européen, où elle a tenu des propos antisémites et a reçu une ovation debout.

 

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L’écriteau du jardin dédié à Yitzhak Rabin à Paris,

souillé par les mots "Boycott Israël"

 

Je constate que le chef terroriste Mahmoud Abbas est reçu avec les honneurs qu’il ne mérite aucunement dans quasiment toutes les capitales européennes, où des politiciens disent qu’il devrait avoir droit à un Etat, en récompense, sans doute, du nombre de Juifs qu’il a fait tuer au Proche-Orient et ailleurs.

 

Je constate que les pays d’Europe financent le terrorisme palestinien et financent donc l’assassinat de Juifs et d’autres Israéliens.

 

Et dès lors, je ne peux m’empêcher de penser que si un peuple est opprimé et humilié aujourd’hui, c’est le peuple israélien.

 

Je ne peux m’empêcher de penser, comme je l’ai déjà écrit à de nombreuses reprises, qu’Israël est traité comme le Juif parmi les Etats et se trouve traité aujourd’hui en Europe comme l’Europe traitait les Juifs en des temps qui ne sont pas réellement révolus.

 

Je ne peux m’empêcher de penser que ceux qui disent que les Arabes “palestiniens” sont humiliés et opprimés par Israël n’ignorent strictement rien de ce que je viens d’écrire, mais qu’ils sont mus par une haine des Juifs qui prend désormais la forme de la haine d’Israël.

 

Je pourrais ajouter que la haine d’Israël alimente la haine des Juifs en Europe, et que tous les Juifs agressés ou assassinés en Europe le sont par des gens imprégnés de la haine d’Israël.

 

Je pourrais ajouter encore qu’en contribuant à la haine d’Israël, les gouvernements européens, à mes yeux, contribuent non seulement aux agressions et assassinats de Juifs et d’autres Israéliens sur la terre d’Israël, mais aussi aux agressions et assassinats de Juifs en Europe.

 

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Hamas-Fatah : une énième négociation vouée à l’échec (011210/17) Version imprimable
Analyse
jeudi, 12 octobre 2017

 

Par Sami El Soudi

 

Après d’intenses et animées discussions hier et avant-hier au siège cairote du Renseignement égyptien, et sous les auspices de ses principaux responsables, Ismaïl Hanya, le chef politique du Hamas, a annoncé que le Fatah et son organisation sont parvenus à un "accord de réconciliation".

 

Dans les faits, les deux parties ne se sont entendues sur aucun des points à l’origine de leur différend. A savoir les sujets qui permettraient une entente authentique, et qui intéressent, outre les Palestiniens, les Egyptiens et les Israéliens, aussi les Etats-Unis.

 

Les points d’achoppement sont laissés à des prochaines rencontres prévues pour se dérouler au même endroit, avec les mêmes participants. Il s’agit de l’avenir de la branche militaire du Hamas et de son arsenal, ainsi que des aspects politiques du rapprochement.

 

Sur ce dernier point, c’est l’adhésion du Hamas aux accords préexistants de l’Autorité Palestinienne avec Israël, dont sa reconnaissance dans les "frontières" de 1967, et l’abandon de la lutte armée qui sont en cause. Les sujets-clés du désaccord historique, sur lesquels aucun progrès n’a été réalisé au Caire.

 

Pour être totalement clair, cela concerne la réintégration de la bande de Gaza dans l’Autorité Palestinienne et son contrôle exclusif de ce territoire.

 

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Les délégués du Hamas et du Fatah se tiennent par les deux mains au Caire :

pour montrer qu’ils n’ont pas de couteaux

 

Plusieurs éléments ont conduit au renouvellement des contacts entre le Fatah et le Hamas, mais il ne s’agit pas de considérants à proprement parler convergents.

 

Pour l’organisation d’Ismaïl Hanya, la recherche d’un consensus est motivée par la situation économique catastrophique de son califat de Gaza, depuis l’abandon par le Qatar de son soutien financier. A cela, il importe d’ajouter l’isolement grandissant du Hamas au sein du monde arabe, et son lâchage absolu par l’Egypte et l’Arabie Saoudite, devenues des alliées stratégiques de plus en plus actives de l’Etat hébreu.

 

Sans se soucier des négociations entre les frères ennemis palestiniens, Le Caire poursuit par ailleurs ses travaux d’hermétisation de sa frontière avec Gaza, en pleine coopération avec Jérusalem et ses forces armées. Selon des sources palestiniennes concordantes, une délégation israélienne se trouvait en coulisses dans les bâtiments du Renseignement égyptien et a activement participé avec ses homologues locaux à l’orientation des discussions de ces deux derniers jours.

 

Reste que le Hamas se montre incapable de procéder à la reconstruction des dégâts engendrés par son aventure militaire contre Tsahal en 2014 [Opération Tzouk Eitan, rocher inébranlable. Ndlr.] , et qu’il n’est pas non plus à même de reconstituer sa capacité armée à cause de son encerclement et de son manque de moyens.

 

Pour l’Egypte et Israël, l’objectif commun consiste à obtenir la désintégration du Hamas et de son potentiel de nuisance par des voies politiques. Le Caire et Jérusalem sont en outre préoccupées par l’influence grandissante de l’Iran à Gaza, qui tente de remplir le vide laissé par le Qatar en envoyant des fonds au Hamas et en essayant de l’encadrer militairement.

 

Quant à l’Autorité Palestinienne, qui mise sur l’intention de Donald Trump de parvenir à la solution du problème israélo-palestinien, elle comprend fondamentalement deux choses : 1. Que Washington ne poussera pas les Israéliens vers un accord séparé avec Ramallah tant que Gaza sera gouvernée par une organisation armée agissant pour l’élimination de l’Etat hébreu. 2. Qu’il n’existe aucun autre intervenant sur la scène internationale à l’exception des USA capable de faire évoluer les choses en direction de la création d’un Etat palestinien indépendant.

 

Mahmoud Abbas et ses conseillers ont correctement analysé que, pour les pays arabes, la nécessité de contrer l’expansion iranienne avec l’aide d’Israël avait relégué la cause palestinienne au second plan.

 

En ce moment, une conférence de presse conjointe Fatah-Hamas est censée se tenir au Caire. Elle n’a cependant aucune importance.

 

Les points sur lesquels les deux entités se sont entendues concernent l’intégration de représentants du Hamas dans certains ministères de l’Autorité Palestinienne, la refonte de l’appareil policier dans la bande côtière, ainsi que la gestion conjointe des points de passage – côté Gaza – par le Hamas et le Fatah. Cette dernière disposition, à la condition expresse qu’elle se manifeste dans la réalité, pourrait faciliter le transit de certaines marchandises et services avec l’Egypte et Israël.

 

La portée de ces "éléments d’accord", dénués d’importance stratégique réelle, ne vaut qu’en cela qu’elle ouvre la voie à la poursuite des négociations concernant les sujets de fond.

 

Mais même si le Hamas n’a plus d’avenir ni dans le domaine militaire ni dans son rôle politique, son leadership, qui voit la situation en face, se trouve de plus en plus molesté dans sa gouvernance par son aile armée, islamiste, fanatique, idéologique, voire suicidaire, qui ne conçoit son rôle que dans la lutte sans espoir contre l’existence d’Israël.

 

La question est de savoir si la direction de l’organisation voudra et pourra se laisser dissoudre dans l’Autorité Palestinienne, et dans quels termes. Il est évident qu’elle fera tout, à la fois pour préserver certaines de ses prérogatives à Gaza et augmenter son influence dans le gouvernement palestinien.

 

La marge de manœuvre d’Hanya et d’Abbas sur ces sujets est cependant terriblement restreinte, ce qui me permet de prédire, une fois de plus, que ces tentatives de réconciliation sont vouées à l’échec. Ce qui est également l’opinion des conseillers de la Moukata [le siège de l’AP à Ramallah. Ndlr.] avec lesquels je me suis entretenu hier et ce jeudi matin.

 

La plus grande menace qui pèse sur eux étant la relégitimisation du Hamas politique en Cisjordanie, dans une situation où la population est lasse des promesses non tenues des politiciens vieillissants du Fatah, du blocage des négociations avec Israël, du renforcement constant des implantations juives, de la dégradation de son niveau de vie, de la corruption omniprésente, et enfin, du désintéressent progressif des Arabes pour sa cause.

 

La très grande crainte du Fatah porte sur la tenue éventuelle d’élections générales libres – les dernières ont eu lieu en janvier 2006 et avaient vu la victoire du Hamas par 74 sièges contre 45 au Fatah – qui pourraient porter l’organisation islamique au pouvoir et déclencher l’invasion de la Cisjordanie par Israël et sans doute son annexion.

 

On comprend, dans ces circonstances, que seule la dissolution du Hamas est envisageable, en premier lieu pour le Fatah, et que ce sera la seule alternative acceptable lors de la poursuite des négociations du Caire. Il n’est pas question, à la Moukata, de permettre une réimplantation de l’organisation islamique en Cisjordanie, autre que symbolique et strictement encadrée. Ne serait-ce déjà qu’au regard des innombrables efforts consentis ces dernières années, de concert avec le Shin Bet et l’Armée israélienne, pour détruire les cellules politiques et terroristes du Hamas en Judée-Samarie.

 

Seuls la reconnaissance du droit d’Israël à l’existence sur ses "frontières" d’avant la Guerre des Six Jours, l’abandon de la lutte armée et la dissolution du califat à Gaza pourraient permettre une réintégration surveillée du Hamas dans le jeu politique palestinien. Ce, pour la raison que le Hamas qui adopterait ces principes ne serait plus le Hamas et perdrait en dangerosité.    

 

La grande interrogation qui demeure participe de connaître le degré de désespérance des dirigeants du Hamas. Sont-ils suffisamment découragés pour accepter de devenir un parti politique islamique sous tutelle, comme il en existe dans tous les Etats arabes avoisinants ? Rien n’est moins sûr et, de toute façon, on ne va pas tarder à le savoir.

 

Si cela n’est pas le cas, Israël et ses alliés arabes auront les mains libres pour approfondir leur coopération face à Téhéran, ayant procuré aux Palestiniens l’opportunité de les rejoindre en adoptant la résolution responsable de se défaire de leurs dernières chimères.

 

En Israël, d’ailleurs, on ne se fait que peu de soucis face à cette énième tentative de réconciliation Fatah-Hamas, et on permet volontiers aux responsables et aux fonctionnaires du Fatah de se rendre à Gaza et en Egypte.

 

D’une part, parce qu’on ne croit pas plus que moi à ses chances de succès. Ensuite, parce que la droite au pouvoir est divisée entre la nécessité de voir le Hamas disparaître, et avec lui la menace qu’il fait peser sur la quiétude des habitants du Néguev, et son apport politique, lorsque, se maintenant à Gaza, il est la garantie pour Israël de non-création de l’Etat de Palestine.

 

Pour le moment, Binyamin Netanyahu donne des gages de bonne conduite à son ami Donald Trump en n’interférant pas dans les tractations en cours. Il sait, entre autres, que son allié le plus fiable dans la région, le Maréchal Abdel Fattah al-Sissi, se méfie encore plus que lui du Mouvement de Résistance Islamique Palestinien (Hamas), celui qui avait soutenu son pire ennemi, Mohamed Morsi, et qui a été créé par l’organisation à laquelle il adhérait, les Frères Musulmans, en 1987.


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Syrie : Russes et Américains au coude-à-coude (011010/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 09 octobre 2017

 

Par Perwer Emmal dans le Rojava

 

Lors de ma dernière intervention, il y a de cela une dizaine de jours, je vous avais entretenus de la course poursuite que se livrent les coalitions armées américaine et russe pour le contrôle des routes stratégiques [en vert sur la carte] faisant la liaison entre la frontière iraquienne et l’ouest de la Syrie. Le moins que l’on puisse en dire aujourd’hui est que cette confrontation à distance se poursuit, qu’elle a encore augmenté en intensité et qu’elle produit un nombre de victimes accru, tant civiles que militaires.

 

Il y a dix jours, il semblait que la coalition américano-kurde avait pris un léger avantage en s’emparant de la zone d’al Suwar, coupant ainsi la vallée de la rivière Khabour jusque-là entièrement entre les mains des miliciens de l’Etat Islamique (DAESH).

 

Depuis, les Forces Démocratiques Syriennes à prédominance kurde, aidées par des commandos occidentaux et soutenus massivement par l’Aviation américaine ont certes progressé, mais pas suffisamment rapidement pour que cela soit déterminant.

 

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Carte 1

Service cartographique © Metula News Agency

En rouge les positions de la "coalition russe"

En violet les positions de la "coalition russe" conquises depuis le 29 septembre

En jaune les positions de la "coalition américaine"

En jaune entouré d’orange les positions de la "coalition américaine" conquises depuis le 29 septembre

En noir les positions de l’Etat Islamique

Les éclairs indiquent les principaux points d’affrontements actuels ainsi que l’identité des combattants par couleur

 

Au sud d’al Fadghami [Zone 2] les FDS ont conquis plusieurs villages mais les combattants islamiques, au prix d’incroyables sacrifices, parviennent à ralentir leur avance.

 

Autour d’al Suwar [Zone 1], tant au Nord qu’en direction du Sud, les pro-occidentaux se sont emparés des ponts sur le Khabour ainsi que d’une dizaine de localités. Les FDS poussent actuellement vers l’Euphrate en descendant la vallée et en suivant principalement la route située à l’ouest du Khabour, entre le cours d’eau et le désert.

 

Leur objectif est désormais la prise d’al Busayrah et de ses environs, que la coalition bombarde activement depuis les airs et par des violents barrages d’artillerie. Au sol, des commandos U.S. et européens, bien plus nombreux qu’auparavant, martèlent les défenses des islamistes en multipliant les coups de main. Ces derniers, acculés de toutes parts par des coalitions conduites par les deux plus grandes puissances militaires de la planète, contre-attaquent par des tentatives suicidaires de véhicules qu’ils lancent contre les positions des FDS. En outre, toutes les agglomérations dont DAESH est contraint de se retirer sont piégées et minées, ce qui rend les opérations d’assainissement longues, fastidieuses et dangereuses.

 

Souvent, alors que nous pensons que le plus dur est fait, les djihadistes resurgissent d’on ne sait où et il faut alors combattre pour sauver nos vies. La progression est à ce point périlleuse et les affrontements si acharnés que l’on m’a – pour la première fois – interdit de suivre les troupes d’assaut au-delà d’al Haydan, à 30km environ des premières lignes.

 

Dans la Zone 4, au nord-ouest de Deïr ez Zor, l’avance est un peu plus aisée, ce qui fait que dans quelques jours il ne fait aucun doute que toute la berge septentrionale de l’Euphrate entre Raqqa et Deïr ez Zor sera contrôlée par la coalition américaine.

 

Quant à Raqqa, où j’étais avant-hier, la ville est pratiquement libérée mais le commandement de l’opération Tempête de Jazeera attend d’avoir inspecté tous les recoins de la cité avant de déclarer officiellement sa prise. Sa conquête aura coûté au moins 5 000 morts, dont près de la moitié de civils, d’après l’estimation grossière que j’ai pu établir en questionnant divers responsables. Plus des deux tiers des 2 000 défenseurs islamistes de la place sont morts, les autres sont soit prisonniers, soit blessés, toute voie de retraite leur ayant été coupée.

 

La situation humanitaire dans un triangle formé par Deïr ez Zor, Mayadin et al Busayrah est plus préoccupante encore, car 150 000 non-combattants ont fui les affrontements qui les prennent en tenaille, en tentant de se réfugier dans les deux déserts, au sud et au nord de l’Euphrate, où il n’existe aucune infrastructure pour les accueillir.

 

Loin des caméras et des projecteurs de la presse internationale, les deux coalitions font un usage immodéré des bombardements aériens et terrestres. Surtout les Russes, qui frappent littéralement dans le tas, sans se soucier le moins du monde du sort des victimes collatérales. A Mayadin, cela fait trois jours que les attaques aériennes russes n’ont pas cessé une seule minute.

 

Dans leur volonté de couper l’accès de la coalition occidentale vers les routes stratégiques, les hommes de Vladimir Poutine ne tiennent aucun compte des civils. A mon avis, autour de Deïr ez Zor, il n’en tombe pas moins de 300 quotidiennement.

 

Pour être le plus équitable possible dans mon compte rendu, je me dois de préciser que Raqqa n’est plus qu’un champ de ruines, qui m’a fait penser aux images des films historiques de Berlin juste après la chute du IIIème Reich.   

 

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Raqqa

 

Sur le plan tactique, les Russes et leurs alliés alaouites et chiites ont tenté un coup de poker en s’attaquant directement à Mayadin, et en progressant sur la plus méridionale des deux routes stratégiques.

 

Hier, après des bombardements d’une violence inouïe, ils avaient réussi à mettre le pied dans les quartiers ouest de Mayadin, la capitale de l’ "Etat d’al Khaïr" sous l’Etat islamique. Ils s’étaient assurés du contrôle de la citadelle de Rahba, du marché aux chèvres et de la zone des silos à grain. 

 

Mais au prix de contre-attaques féroces, les miliciens de DAESH les avaient délogés de toutes les portions de la ville à la nuit tombante. La coalition russe, fortement secouée, maintenait son emprise sur la banlieue sud, des villages avoisinants et sur l’aéroport.

 

Ce lundi, la coalition Moscou-Damas-Téhéran a renouvelé ses tentatives pour prendre la cité et on ignore encore si elle y est parvenue ou non. Ce qui est sûr est que, dans l’affirmative, elle pourrait aisément traverser l’Euphrate du Sud au Nord, et prendre position sur la route qui longe le fleuve, ce qui condamnerait pratiquement les plans du commandement américain consistant à s’emparer d’une portion significative des routes stratégiques dans la région de Mayadin.

 

Pour y parvenir, il lui faudrait alors intervenir encore plus au Sud-Est, en empruntant cette fois des pistes et non plus des routes carrossables. Et s’il n’y parvient pas, la construction de l’autoroute chiite ou iranienne dépendra de la décision exclusive de Vladimir Poutine et pas de Donald Trump.

 

Pour ne rien arranger, on a noté certains problèmes de cohésion au sein de l’alliance américano-kurde ces derniers jours. A commencer par l’arrestation par la police militaire des FDS de l’un des chefs principaux de la composante arabe de cette coalition. Il est accusé d’avoir procédé, avec ses hommes, à des pillages dans les zones libérées ainsi qu’à des exécutions sommaires de miliciens de DAESH. En plus des tensions que cela ne manque pas de créer, et des questions de loyauté soulevées, ces comportements sont clairement inacceptables pour le commandement kurde, et plus encore pour les Américains, qui ne peuvent pas ternir leur image par des actes de ce genre.

 

Autre pomme de discorde, l’attitude politique de l’Administration Trump, qui, soucieuse de préserver des relations correctes avec la Turquie, a publiquement dénoncé le référendum sur l’indépendance qui s’est déroulé dans la partie iraquienne du Kurdistan mais qui jouit également d’un soutien massif dans le Rojava syrien.

 

Aujourd’hui, les deux enclaves kurdes sont pratiquement coupées du reste du monde, de par l’encerclement coordonné décidé par l’Etat central iraquien dominé par les chiites, l’Iran et la Turquie. Les exportations de pétrole, indispensables à l’économie kurde, sont menacées, les vols internationaux à destination d’Erbil et de Sulaymaniya ont cessé, et les menaces d’intervention militaires, agrémentées de manœuvres d’intimidation à nos frontières se multiplient.

 

La région kurde la plus menacée est sans conteste celle du canton d’Afrin et ses 200 000 habitants, géographiquement coupée du reste du Rojava, qui est désignée comme prochaine cible militaire par tous les organes du régime de Recep Erdogan. Des escarmouches inquiétantes ont lieu chaque jour à proximité de la frontière turque et pourraient être le signe avant-coureur de développements plus dramatiques.

 

Au sein des FDS, et plus particulièrement de sa composante majoritaire des YPG, les Unités de Protection du Peuple (kurde), certains se demandent si notre sacrifice au sein de la coalition est évalué à sa juste valeur. Selon mon décompte, qui ne peut être qu’approximatif en raison de l’absence de chiffres officiels, ce ne sont pas moins de 4 à 500 Peshmergas qui ont perdu la vie depuis le déclenchement de Tempête de Jazeera.

 

La question qui prédomine est celle de savoir si l’on pourrait réellement compter sur M. Trump en cas d’agression militaire turque, alors que nos combattants se battent à Raqqa, Deïr ez Zor et face à Busayrah. Les officiers U.S. nous assurent qu’ils ne laisseraient pas faire et que cela fait partie du pacte non écrit de responsabilité réciproque, mais des Kurdes se demandent si ce sont ces généraux qui prendraient les décisions en cas de coup dur. Une situation, chaque Kurde le sait, qui pourrait facilement dégénérer en massacre ou même en génocide.

 

Ces appréhensions sont renforcées depuis une semaine par les nouvelles de la concentration de forces turques à 350km à l’ouest de Deïr ez Zor, dans la périphérie de la ville de Reyhanli (Turquie), en vue d’une attaque contre la vaste région d’Idlib [voir deuxième carte]. Celle-ci est tenue par l’organisation Tahrir al-Cham, une mouvance islamiste opposée à celle qui sert d’auxiliaire à l’Armée turque, bien qu’elle ne formait encore qu’une seule et même entité au sein d’al Qaëda il n’y a pas si longtemps.

 

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Carte 2

Service cartographique © Metula News Agency

En jaune le Rojava (Kurdes)

En rouge les positions gouvernementales

En vert l’Armée de Libération Syrienne (rebelles)

En gris Tahrir al-Cham

 

La prise d’Idlib fait partie du plan de "pacification" décidé conjointement par la Russie, l’Iran et la Turquie sans rencontrer la moindre opposition de la part de Washington et de ses alliés européens. L’invasion de cette portion de la Syrie a déjà été annoncée par le Président turc Erdogan avant même qu’elle ne débute.

 

Elle n’affecte pas directement les Kurdes du canton d’Afrin, certes, mais en cas de succès, ils seraient pratiquement encerclés par les Ottomans et leurs supplétifs. De plus, cette opération possède une facette stratégique pour Ankara, car elle vise à renforcer en l’uniformisant cette partie du nord-ouest de la Syrie, convoitée de tous temps par les Kurdes. Ceux-ci y aspirent afin de s’assurer d’un accès à la Méditerranée, distante uniquement de la frontière d’Afrin d’une trentaine de kilomètres en son point le plus proche.

 

De nombreuses capitales observent avec attention et appréhension le déroulement des opérations dans l’est syrien. C’est le cas entre autres des Etats arabes et d’Israël, pour qui l’issue des combats revêt une importance capitale. Celle qui consiste à savoir s’ils auront à faire face, des années durant, à l’Armée iranienne dans le voisinage immédiat de leurs centres névralgiques.

 

Sur le plan politique, on suivra attentivement l’intervention du président Trump au Congrès, qui pourrait se solder par la dénonciation de l’Accord sur le nucléaire iranien de 2015, passé entre les 5+1 et Téhéran. On prête au président américain l’intention de lister les Gardiens de la Révolution Islamique – les Pasdaran – comme organisation terroriste avec tout ce que cela implique.

 

Nous sommes directement concernés puisque ce sont les Pasdaran qui se trouvent de l’autre côté de l’Euphrate, à quelques kilomètres des Peshmerga. Ce sont eux également qui ont établi des positions sur le Golan syrien face à Israël.

 

Les menaces de rétorsion font florès en Perse. Ainsi, le Général Mohammad Ali Jafari, le chef des Gardiens de la Révolution khomeyniste, a déclaré que si les Etats-Unis désignaient les Gardiens comme un groupe terroriste, il considérera l’Armée américaine de la même manière que le groupe terroriste Etat Islamique.


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David Friedman, un ambassadeur américain qui dit la vérité (info # 010810/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 08 octobre 2017

 

Par Guy Millière

 

Le choix de David Friedman comme ambassadeur des Etats-Unis en Israël fait partie des décisions les plus judicieuses prises par Donald Trump depuis son élection. Et quand bien même l’ambassade des Etats-Unis en Israël n’a pas encore été transférée à Jérusalem, la nomination de Friedman a été un signal fort, que les dirigeants israéliens ont perçu comme tel, et que les dirigeants “palestiniens“ ont perçu (à juste titre de leur point de vue) comme un signal d’alarme.

 

Comme j’ai eu l’occasion de l’écrire dans ces colonnes, les probabilités qu’un Etat palestinien voie le jour sont aujourd’hui inférieures ou égales à zéro. Le choix de David Friedman par Donald Trump indique la position de l’Administration Trump sur le sujet : pour David Friedman, la Judée-Samarie fait partie intégrante d’Israël, et ses positions sont claires et sans ambiguïté.

 

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David Friedman et Donald Trump

 

Comme je l’ai déjà noté aussi, les “négociations” en cours sont destinées à échouer et à permettre aux pays arabes du statu quo de patienter, de pouvoir affirmer que l’Administration Trump aura vraiment tout essayé, et de ne pas apparaitre aux yeux du monde arabe comme ayant abandonné la “cause palestinienne” en rase campagne.

 

Comme je l’ai encore noté, l’objectif à court terme, en attendant l’échec des négociations, consiste à renforcer l’alliance tactique entre les pays arabes du statu quo et Israël. Et l’objectif à moyen terme, après l’échec des négociations, sera, selon les circonstances, soit de maintenir le statu quo, soit d’avancer vers une paix qui pourra ressembler à la “solution à trois Etats“ (Jordanie-Egypte-Israël). Cette hypothèse a été évoquée par Danny Danon, le représentant permanent d'Israël auprès des Nations Unies, il y a quelques années dans un livre appelé The Will to Prevail [la volonté de l’emporter], ou à la “solution israélienne“ proposée par Caroline Glick dans The Israeli Solution, un livre paru peu de temps après celui de Danny Danon. On évoque également la “solution jordanienne“ et le retour au soulignement de ce que la Jordanie est un Etat arabe créé sur quatre-vingt pour cent du territoire du Mandat Palestinien confié aux Britanniques après les accords de San Remo en 1920, qui inclut ainsi l’Etat arabe “palestinien”. Je traite en détail de la solution jordanienne dans le numéro d’Israël Magazine en vente en ce moment.

 

Le Taylor Force Act [la Loi Taylor Force], loi destinée à couper tout financement américain versé à l’Autorité Palestinienne tant que cette dernière stipendiera les terroristes, ou leurs familles en cas de décès du terroriste, devrait bientôt être voté par le Congrès américain. Cela contribuera à amoindrir nettement la capacité de nuisance de Mahmoud Abbas et de ses seconds couteaux.

 

L’Autorité Palestinienne pourra encore compter sur l’Iran, dont la situation risque fort de devenir difficile dans les mois à venir, puisque l’Administration Trump entend ne pas laisser s’installer une hégémonie iranienne au Proche-Orient (pour l’heure, l’Administration Trump s’occupe principalement du dossier nord-coréen, tout en sachant fort bien que la Corée du Nord est la base arrière du nucléaire militaire iranien). Le rapprochement entre l’Autorité Palestinienne et le Hamas doit être perçu dans ce contexte comme un gage donné à l’Iran alors que le financement américain risque fort de disparaitre.

 

En attendant la suite des choses, David Friedman distille son message. Il a donné voici peu une interview au site Walla [walla.co.il] en Israël. Les points clés de l’interview sont :

 

-“ce qu’on appelle les implantations fait partie intégrante d’Israël”. Les mots sont importants : non seulement David Friedman dit que les implantations font partie d’Israël, mais, de plus, il conteste la légitimité du mot implantations ; il s’agit effectivement de villes et villages juifs en Judée-Samarie. Hébron, mais aussi Beit El et Shiloh sont des lieux juifs depuis des millénaires.

 

-”quand la Résolution 242 du conseil de Sécurité a été adoptée en 1967, elle stipulait qu’Israël avait le droit de disposer de frontières sûres et ne se retirerait pas de l’intégralité de la Judée-Samarie”. David Friedman remet en cause l’idée des “frontières de 1967”, qui n’ont jamais été des frontières, et rappelle que cette résolution sans cesse citée par toutes les parties souligne les impératifs de sécurité d’Israël.

 

-”Israël n’occupe que deux pour cent” de la Judée-Samarie” (quand bien même le mot “occupe” est très discutable, et n’aurait pas dû être employé par David Friedman, et quand bien même il est difficile de voir à quoi renvoie les deux pour cent en question. Le chiffre de deux pour cent est une façon de dire qu’Israël ne devrait céder au grand maximum que deux pour cent de la Judée-Samarie : en vue d’ajustements de frontière avec la Jordanie, pour faire de Ramallah une sorte de principauté de Monaco du terrorisme, totalement endiguée, mais permettant à Mahmoud Abbas et à ses seconds couteaux d’avoir un palais et leur petit drapeau ? La réponse n’a pas été donnée par David Friedman).

 

-”la solution à deux Etats a perdu sa signification”.

 

On ne saurait mieux dire.

 

Depuis l’interview, David Friedman a tenu à souligner que l’ambassade des Etats-Unis en Israël serait à Jérusalem avant la fin du premier mandat de Donald Trump.

 

David Friedman est un ambassadeur de droiture et de vérité. Il est fondamentalement l’homme adéquat pour la situation actuelle en Israël et au Proche-Orient.

 

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Bruxelles-Métula du 2 octobre 2017 Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 02 octobre 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/gwlF7DbsD8g  (Youtube).

 

Au sommaire :

 

L’analyse de Stéphane Juffa sur les évènements ayant marqué le référendum en Catalogne et sur les suites probables de ce scrutin.

 

 

 
La question palestinienne est devenue secondaire (info # 010110/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 01 octobre 2017

Par Guy Millière

 

La réunion annuelle de l’Assemblée générale des Nations Unies est l’occasion pour des dirigeants du monde entier de prononcer des discours généralement de peu d’importance. Ces exposés constituent surtout une occasion de parader pour ceux qui les prononcent.

 

Les discours adressés les années précédentes par Binyamin Netanyahou étaient quant à eux significatifs. Ce, parce qu’ils lui ont permis d’affirmer face au monde ce que nul autre dirigeant n’affirmait, et de poser sur la table des faits cruciaux.

 

Plusieurs discours de Binyamin Netanyahou ont eu ainsi une importance historique. Ils n’ont certes pas empêché la République islamique d’Iran de poursuivre ses projets maléfiques, mais ils les ont mis au jour, rendant plus difficile de les dissimuler. Ils n’ont pas changé non plus le comportement haineux et pervers des dirigeants palestiniens, mais ils ont permis que ce comportement soit perçu tel qu’il est.

 

Les dirigeants européens ont continué ensuite à jouer les aveugles volontaires, mais c’est devenu plus apparent, de même que leur attitude hypocrite.

 

Binyamin Netanyahou faisait alors face à un président des Etats-Unis très hostile à Israël, Barack Obama, et devait déjouer les sinistres plans de ce dernier, ce qui renforçait l’importance des discours prononcés et nécessitait de la part de Binyamin Netanyahou une subtilité de virtuose.  

 

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Donald Trump face à l’Assemblée générale de l’ONU

 

Le discours prononcé il y a quelques jours par le Premier ministre israélien a été à la hauteur de ses interventions précédentes. Netanyahu, à son habitude, a été intellectuellement brillant. Il a dit ce qui devait l’être sur Israël et sur l‘Iran, et avec la fermeté requise - “ceux qui nous menacent d’annihilation se placent dans une situation de péril mortel”. Son discours était, cela dit, d’une importance moins décisive que les années précédentes.

 

Et s’il en fut ainsi, c’était parce qu’un nouveau président est entré à la Maison Blanche, aussi différent de celui qui vient de s’en aller que le jour est différent de la nuit. Et ce nouveau président a tenu un discours qui correspondait en tous points à ce que Binyamin Netanyahou aurait pu dire lui-même. Ce nouveau président, Donald Trump, a envoyé au monde un message qu’il avait déjà dévoilé en recevant M. Netanyahou à la Maison Blanche, puis en se rendant en Israël : l’Etat d’Israël n’est plus seul et a à nouveau un véritable ami à la Maison Blanche ; le Premier ministre d’Israël n’est plus seul à dire que la République islamique d’Iran est dangereuse.

 

Et parce que ce nouveau président, Donald Trump, se trouve à la tête de la première puissance économique et militaire mondiale, il peut faire ce que Binyamin Netanyahu peut plus difficilement réaliser : tracer les lignes rouges que la République Islamique d’Iran ne doit strictement pas dépasser sous peine d’en subir de très lourdes conséquences. C’est ce que Trump a fait.

 

Le nouveau président ne s’est, de surcroit, pas contenté de tracer des lignes rouges. Il a posé des principes, et ces principes - les Etats Unis défendront leurs amis et puniront leurs ennemis et tous ceux qui menacent la paix du monde - étaient ceux que Binyamin Netanyahou, comme tous les amis de la liberté sur Terre, souhaitaient entendre affirmés à nouveau.

 

Binyamin Netanyahou ne pouvait qu’être satisfait. Tous les amis de la liberté sur Terre aussi.

 

Un président des Etats-Unis digne de ce nom est installé à la Maison Blanche. C’est un ami d’Israël. Un homme déterminé face à la République islamique d’Iran. C’est aussi un homme déterminé face à la Corée du Nord, alliée de la République islamique d’Iran. Et c’est très bien ainsi, cela constitue un changement d’époque et de ton.

 

Les autres discours, en ce contexte, ont été très secondaires.

 

Les journalistes français ont tenu à commenter abondamment celui d’Emmanuel Macron. Mais personne hors de France n’y a trouvé le moindre intérêt. Ce fut l’allocution du chef d’Etat d’une petite puissance qui mène une politique d’apaisement vis-à-vis des dictatures les plus dangereuses de la planète. Ce fut un discours porteur d’une main tendue en direction de l’Iran, et donc pas du tout le discours d’un ami d’Israël ni de la liberté. Ceux qui auraient attendu une posture différente de la France ont été déçus. Ceux qui savent tout de la politique étrangère de la France depuis des décennies savent que, fort heureusement, la France est désormais une petite puissance.

 

Le chef suprême de la République islamique d’Iran, Ali Khamenei, ne se déplaçant pas, c’est l’incarnation présentable du régime qui est venue à New York, Hassan Rohani, et celui-ci a bien sûr tenu un discours  hargneux et mensonger. Il a affirmé que celui de Trump était “absurde, empli d’ignorance et haineux”. On aurait cru entendre un journaliste français de gauche. C’était un discours inutile et sans conséquences. Voir Rohani se mettre en colère était, cela dit, agréable. Si un personnage tel que Rohani avait été content, cela aurait été inquiétant.

 

Un autre moment agréable a été la prise de parole de Mahmoud Abbas. On aurait cru entendre un disque rayé tant les invectives anti-israéliennes les plus vicieuses se répétaient. Mais ce qui pouvait susciter la satisfaction était de voir que Mahmoud Abbas semblait plus amer et impuissant que d’habitude. Il était évident qu’il savait qu’il avait perdu la partie.

 

Dans son discours, Binyamin Netanyahou n’a pas même parlé de la question palestinienne. Donald Trump non plus.

 

Donald Trump et Binyamin Netanyahou ont mis la question palestinienne entre parenthèses, ce qui est sa place.

 

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L’opération Tempête de Jazeera déroule (012909/17) Version imprimable
Analyse
vendredi, 29 septembre 2017

 

Par Perwer Emmal à al Suwar

 

De retour aux affaires après mon escapade au Kurdistan oriental (le Kurdistan iraquien est une appellation désormais caduque), j’assiste aux développements de l’offensive Tempête de Jazeera et ils sont nombreux et significatifs depuis trois jours.

 

Je rappelle à nos lecteurs que l’objectif de cette opération consiste, selon la Ména [il n’y a pas de confirmation officielle du Pentagone], à s’emparer de la ville de Mayadin, dans un premier temps, pour, en finalité, prendre le contrôle d’une portion des routes [vertes sur la carte] nécessaires au projet de corridor iranien, au sud de l’Euphrate.

 

Cela se fera si possible dans la région de Mayadin, si la coalition américano-kurde y parvient avant les Russes, ou plus au Sud-Est, en direction de la frontière irakienne, s’ils y arrivent avant nous.

 

La première bonne nouvelle, c’est que la coalition russe-iranienne-gouvernementale-Hezbollah-milices chiites irakiennes marque un peu le pas suite aux très durs combats de Khasham et à la traversée de l’Euphrate. En dépit des bombardements aériens massifs, cela est dû au fait que les combattants non-russes sont moins aguerris et moins motivés que ceux des Forces Démocratiques Syriennes, qu’ils se trouvent très loin de leurs bases arrières, qu’ils ne sont pas assez nombreux et pas très bien armés. Ces considérants obligent les Russes à s’impliquer toujours davantage au sol, ce qui entraîne de nombreuses pertes dans leurs rangs.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

Légende : en rouge les positions de la coalition russe

En jaune les positions de la coalition américaine

En orange entouré de jaune, les positions conquises par les FDS ces trois derniers jours

En noir les positions de DAESH-Etat Islamique

Les "éclairs" indiquent l’emplacement des combats en cours selon les couleurs des belligérants

 

Quoi qu’il en soit et jusqu’à ce que les stratèges de Poutine trouvent les réponses adéquates, la coalition russe avance moins vite que l’occidentale et évite soigneusement de la provoquer frontalement.

 

Tempête de Jazeera se déroule actuellement dans quatre Zones distinctes mentionnées sur la carte. Les conquêtes de ces trois derniers jours y sont représentées par des points orange entourés de jaune.

 

La Zone la plus active est sans conteste la 1, autour d’al Suwar où je me trouve. Après des combats réellement acharnés face aux miliciens de DAESH, les FDS, arrivées sur place de Deïr ez Zor par l’ "autoroute" no.7, sont parvenues à couper la vallée de la rivière Khabour en s’emparant, outre du pont, des deux routes s’étirant sur les deux rives du cours d’eau. La 7, à l’Ouest et celle qui descend en parallèle sur la rive opposée.

 

En ce moment précis, les affrontements ont lieu à Badawi, un peu plus au Nord, ainsi qu’en direction de Mayadin, encore distante de 56km de nos têtes de pont.

 

Le sectionnement de la vallée avait pour objectif principal d’encercler les combattants de DAESH entre al Suwar et al Fadghani, les privant de tout approvisionnement et renforts. Cela autorise également une avance prudente vers l’objectif final, mais surtout, ça a permis aux FDS opérant à partir d’al Fadghani (Zone 2) de déferler sur al Suwar pour y opérer la jonction avec les Peshmerga qui y sont venu depuis Deïr ez Zor. L’idée derrière cette manœuvre consiste à s’assurer la maîtrise d’un couloir sûr, direct et court à partir du Nord afin d’amener les hommes et le matériel qui seront nécessaires à la poussée en force vers Mayadin.

 

A grands renforts de bombardements aériens, les FDS progressent rapidement à partir d’al Fadghani, s’emparant des positions ennemies les unes après les autres, ne rencontrant qu’une opposition modérée dans cette section du front. Sauf anicroches, les forces qui se trouvent aux portes de Markada, toujours aux mains de DAESH, devraient faire leur jonction avec celles d’al Suwar dans deux ou trois jours.

 

En Zone 4, à Deïr ez Zor et dans ses environs immédiats, les FDS consolident leurs positions au centre de la ville face aux Russes, et elles avancent aussi en direction de Mayadin, afin que l’offensive finale se déroule sur deux axes pour diviser les ressources de l’Etat Islamique déjà passablement éprouvé. Les activités des Peshmerga et de leurs précieux alliés dans ce périmètre vont se focaliser sur la prise de localités contrôlées par DAESH vers Mayadin, dans le but également de bloquer la coalition russe là où elle se trouve, puisqu’elle ne s’attaque pas aux FDS.

 

Dans la Zone 3, à l’Ouest, la coalition occidentale s’occupe à déloger les miliciens islamiques de leurs points d’appuis sur la route passant au nord de l’Euphrate. L’objectif de cette manœuvre est de constituer une ligne de fortifications continue face à l’autre coalition déjà solidement établie de l’autre côté du fleuve.

 

Durant la semaine une opération de commandos héliportés exceptionnelle a eu lieu à al Kubar pour y déloger les miliciens qui s’y accrochaient encore. L’installation visée et conquise abritait le réacteur nucléaire que les Nord-Coréens construisaient pour le compte du régime de Bashar al Assad et qui avait été anéantie par un raid de l’Aviation israélienne le 6 septembre 2007. Une opération que les Hébreux avaient désignée sous le nom de code "Orchard" (verger) [Mivtza Bustan en hébreu. Ndlr.].

 

Il semble que le coup de main de cette semaine avait pour but d’observer les restes du complexe nucléaire, notamment pour tenter de recueillir des informations sur les techniques utilisées par les Coréens. Peu d’informations ont filtré sur la composition du commando qui a mené l’attaque, mais des témoins des FDS qui renforçaient les unités spéciales étrangères arrivées par le ciel affirment qu’ils parlaient arabe avec un étrange accent. A partir de là, la rumeur court sur le front, qu’il se serait agi de soldats d’élite venant du pays où est installé notre centre rédactionnel. Un officier de la coalition a plaisanté sur le thème : "Ils sont venu finir leur travail". Mais rien n’est établi avec certitude.

 

A Raqqa, les Peshmerga terminent leur œuvre de nettoyage, et ils sont parfois sujets à des attaques-suicides de la part des derniers défenseurs de la place. Dans les autres zones de combat, on attend avec impatience que ces camarades, qui figurent parmi les plus expérimentés des forces kurdes, viennent participer à la phase finale de Tempête de Jazeera où ils ne seront pas de trop.

 

Je dois aussi mentionner la remarquable résistance qu’opposent les miliciens du détestable Etat Islamique. Opposés aux aviations des deux plus grandes puissances de la planète, des meilleurs commandos de l'Occident (terriblement efficaces dans leur apport), écrasés par les bombes des avions contre lesquels ils sont sans défense, dotés d’un armement démodé et insuffisant, privés de tout, ils continuent à combattre sans se rendre et à infliger de grosses pertes à leurs adversaires, tout en sachant qu’ils n’ont aucun avenir.

 

Chaque fois que je suis témoin d’une contre-attaque suicidaire de leur part, et cela se produit très souvent, je réalise la force du conditionnement idéologique et cela fait objectivement peur.

 

J’ai aussi noté un développement politique intéressant cette semaine, lorsque le ministre des Affaires Etrangères de Bashar al Assad, Walid Mouallem, a déclaré sur la chaîne russe Russia Today qu’il était prêt à discuter avec les Kurdes.

 

Mouallem s’est un peu avancé en affirmant que "les Kurdes syriens veulent une forme d’autonomie dans le cadre de la République arabe syrienne. Cette question est négociable et peut faire l’objet d’un dialogue. Dès qu’on aura vaincu DAESH", a-t-il poursuivi, "nous pouvons nous asseoir avec nos frères syriens et nous mettre d’accord sur une formule pour l’avenir".

 

La vérité est que le régime n’a pas vraiment le choix, n’ayant pas la capacité technique ni de contrôler ni de gouverner le Rojava. Mouallem se trompe toutefois quant à nos aspirations : si nous donnons notre sang à Mayadin, très loin de nos foyers, ce n’est pas pour obtenir une autonomie dirigée par des gazeurs criminels de guerre, mais pour parvenir à notre indépendance et à nous rattacher à l’Etat kurde qui est en train de voir le jour en Irak.

 

Cela dit, même si la coalition dont il fait partie n’a pas les moyens de vaincre la nôtre, cette déclaration diffuse un peu les tensions sur le terrain : les Kurdes ne sont plus des terroristes à exterminer à tout prix mais des gens avec lesquels les Alaouites peuvent dialoguer.


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Tempête de Jazeera : le sort du monde en dépend (012709/17) Version imprimable
Analyse
mercredi, 27 septembre 2017

Par Perwer Emmal à Erbil

 

Je me trouve en cette semaine spéciale pour la nation kurde à Erbil, la capitale du Kurdistan appelé irakien jusqu’à ce jour. Si j’ai traversé la frontière du Rojava lundi et délaissé la zone des combats, c’était pour assister au référendum sur l’indépendance qui s’est déroulé hier et qui a vu une écrasante victoire du oui. La consultation a eu lieu dans le calme, la fierté et la joie, mais sous les menaces pas même voilée des voisins irakiens, iraniens et particulièrement turcs. Erdogan menaçant de lancer ses troupes contre l’Etat pas encore né, en corrélation avec l’Armée irakienne, au prétexte que notre indépendance ferait courir des risques sécuritaires au sien.

 

Pour notre déplaisir, aucun pays du globe ne soutient notre émancipation nationale à l’exception remarquable de l’Etat d’Israël. Ce qui fait que l’amitié entre les peuples juif et kurde n’a jamais été aussi palpable qu’en ces jours où nous décidons de notre avenir de la manière la plus démocratique qui soit. J’ai compté des dizaines de drapeaux israéliens entre les mains de mes compatriotes.

 

C’est non seulement l’aboutissement d’une amitié indéfectible qui dure depuis des siècles, mais aussi, en ce qui nous concerne particulièrement, la reconnaissance de l’attitude de la Ména, qui a toujours donné la parole aux Kurdes, sans la retirer au Turcs, faisant de l’agence de presse de Métula le media public le mieux informé sur nos problèmes de toute la planète.

 

D’ailleurs, je peux vous confier que de nombreux responsables politiques et militaires se font traduire tous nos articles – pas uniquement ceux qui traitent des Kurdes -, et qu’ils les dévorent avidement. Dans les sphères gouvernementales d’Erbil, c’est un grand honneur d’être le correspondant de la Ména, car nous jouissons d’une solide renommée de compétence, d’honnêteté et de fiabilité.

 

Mais je tenterai de vous relater les péripéties du référendum à un autre moment, car il se passe des évènements capitaux en Syrie, de Deïr ez-Zor à la frontière iraquienne. Des faits de guerre et de stratégie qui vont influer sur tout le Moyen-Orient et peut-être même au-delà. Leur narration et leur analyse sont rendues urgentes parce que personne d’autre ne s’en charge correctement, et que peu de civils n’en comprennent la portée.  

 

Nous en étions restés à cela que, depuis le 16 septembre dernier, la "Coalition globale", à savoir, principalement, les Américains depuis les airs, et les Peshmerga kurdes au sol ont lancé l’opération "Tempête de Jazeera". Ils sont soutenus par des commandos envoyés par des pays occidentaux, par des tribaux arabes de la région en guerre, et par des volontaires étrangers qui combattent dans les Forces Démocratiques Syriennes sous commandement kurde.

 

Cela fait plus de deux ans que nous relatons la participation, outre des Américains, de commandos britanniques, allemands et français dans les combats aux côtés des FDS, et que nous proposons des photos que nous prenons d’eux. La semaine dernière, un adjudant du treizième régiment de dragons parachutistes français a perdu la vie dans les combats ; il a été pris sous un feu désespéré provenant d’une position encerclée de DAESH.

 

Depuis dimanche dernier, ce sont au moins une centaine de "gouvernementaux" et une quinzaine de soldats russes qui sont morts au combat face à DAESH, principalement dans la zone du cercle bleu figurant sur la seconde carte et agrandi sur la troisième. Parmi les morts russes, le Général Valery Asapov, ce qui démontre à la fois l’âpreté des engagements ainsi que l’importance stratégique de ce qui se déroule aux abords de Deïr ez Zor.

 

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Le Général Valery Asapov aux côtés de Vladimir Poutine

 

Simplement résumé, les deux coalitions, disons l’américaine et la russe, poursuivent les mêmes objectifs : s’approprier les exploitations de gaz naturel encore sous contrôle de DAESH (l’Etat Islamique), et surtout, obtenir la mainmise sur les routes stratégiques menant à la frontière irakienne, également encore temporairement tenues par DAESH. [En vert sur les cartes].

 

Légende : en rouge les positions de la coalition russe

En jaune les positions de la coalition américaine

En noir les positions de DAESH-Etat Islamique

 

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Carte 1

Service cartographique © Metula News Agency

 

 

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Carte 2

Service cartographique © Metula News Agency

 

 

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Carte 3

Service cartographique © Metula News Agency

 

Ces routes sont celles qui sont absolument nécessaires pour Téhéran à l’établissement du fameux couloir terrestre chiite menant d’Iran au Liban. D’ailleurs, les soldats de l’Armée iranienne, ses supplétifs de la milice chiite libanaise du Hezbollah, ainsi que des milices chiites irakiennes participent massivement aux combats.

 

Pour le moment, à part de petites escarmouches et des menaces verbales de la part des Russes, qui accusent par ailleurs les Américains d’avoir indirectement provoqué la mort du Général Asapov, les deux coalitions, distantes par endroits de quelques centaines de mètres l’une de l’autre, sur terre et dans les airs, ne s’affrontent pas.

 

Ce qui transforme cette étrange bataille en une course poursuite entre les deux coalitions afin de s’approprier le plus possible de positions stratégiques aux mains de DAESH en les attaquants lors de combats acharnés.

 

Sur la première et la deuxième carte, on s’aperçoit que les routes nécessaires à la constitution de l’Autoroute chiite se trouvent au sud de l’Euphrate, dans une zone exclusivement dominée par la coalition russe et par DAESH.

 

Ces routes ("vertes") se prolongent (hors des cartes) entre Mayadin et la frontière irakienne sur une distance d’environ 80km, entièrement dans le territoire encore aux mains de DAESH. Pour la coalition américano-kurde, il suffirait de s’emparer de quelques kilomètres de ces routes, n’importe où entre Deïr ez Zor et la frontière irakienne, d’y placer des check-post afin de vérifier le trafic, pour mettre un terme définitif au projet de corridor-autoroute chiite-iranien. Et c’est à cela que la coalition occidentale s’emploie, même si elle n’a jamais officiellement défini cet objectif.

 

Il faudra certes traverser l’Euphrate quelque part en aval, mais elle ne se gênera pas de le faire, surtout après que la coalition russe l’ait traversé dans le sens sud-nord, entre les localités de al Jaffrah, Marrat, Khasham et al Amr [seconde carte].

 

Elle l’a fait dans une double intention : 1. S’emparer des installations d’exploitation de gaz naturel de Conoco, et surtout, 2. S’établir sur une section de la route menant au nord de l’Euphrate de Deïr ez Zor à Mayadin [en gris sur la 2ème carte et en brun sur la 3ème]; ce, pour empêcher les Américano-kurdes de déferler sur Mayadin et de traverser l’Euphrate plus au Sud-Est pour s’emparer des routes stratégiques "vertes", dans une zone où les Russes ne sont pas arrivés.

 

La coalition russe s’est fait devancer dans la course aux champs gaziers par les Forces Démocratiques Syriennes et Moscou enrage. Les FDS se sont en effet emparées ces derniers jours des exploitations de gaz naturel de Conoco et avoisinantes, les gisements les plus importants de Syrie, qui produisaient 13 millions de mètres cubes de gaz par jour avant la guerre, et revêtent ainsi un intérêt économique évident.

 

L’Armée russe (iraniens, gouvernementaux syriens, Hezbollah, milices chiites) a connu un peu plus de réussite dans sa traversée de l’Euphrate en prenant Khasham, obstruant de la sorte – ou, à tout le moins, la rendant moins confortable – la progression de la coalition américano-kurde vers le Sud-Est.

 

En dépit des bombardements massifs des positions de DAESH par les aviations russe et américaine – 50 sorties de bombardement quotidiennes pour l’U.S. Air Force, davantage pour les Russes – la résistance des miliciens de l’Etat Islamique est farouche.

 

Ainsi, Khasham et al Amr ont changé plusieurs fois de mains durant les derniers jours, les Russes se faisant bousculer par des contre-offensives désespérées et rageuses des miliciens de DAESH occasionnant la perte de nombreux hommes.

 

Du côté de la coalition américano-kurde et de leur offensive Tempête de Jazeera, la situation est plus favorable, même si elle est encore éloignée des routes "vertes". La phase décisive de l’opération sera déclenchée une fois que Raqqa [carte 1] aura été totalement libérée et que les forces qui y combattent pourront être versées à l’assaut décisif. Aux dernières nouvelles, 90 pour cent de Raqqa sont contrôlés par les FDS, et les travaux de nettoyages vont encore durer deux semaines tout au plus.

 

En attendant, les FDS, soutenues par l’Aviation U.S. et les commandos occidentaux, consolident leur présence dans Deïr ez Zor, non pour la conquérir mais pour former un buttoir solide face à l’autre coalition.

 

Sur la route "grise" ou "brune", les Kurdes et leurs alliés s’emploient à contourner les zones occupées par les Russes en empruntant des pistes. Face à Khasham, les fermes qu’ils ont conquises d’al Asbah et d’al Tabiah  [carte 3] ne se situent qu’à quelques centaines de mètres des soldats de Poutine.

 

Depuis trois jours, on note aussi l’évolution la plus significative de Tempête de Jazeera : la prise de la cité d’al Suwar dans la vallée de Khabour [1ère carte] par les Américano-kurdes, à mi-chemin entre al Fadghami qu’ils détiennent, et Mayadin, qu’ils convoitent.

 

Les combats face à DAESH ont été ici aussi acharnés, à grands renforts de bombardements aériens massifs, les deux camps comprenant parfaitement les intentions de la coalition américaine : couper en deux la partie de la vallée de Khabour en mains islamistes [ce mercredi matin, c’est chose faite. Ndlr.], en privant la partie Nord d’approvisionnement, et en déferlant, le moment voulu, sur Mayadin, clé de l’accès aux routes "vertes". Si la résistance de DAESH n’est pas trop forte, et si les moyens employés sont adéquats, on pourrait arriver à Mayadin quelques semaines avant les Russes et transformer ainsi Tempête de Jazeera en succès complet.

 

De surcroît, le contrôle total de la vallée de Khabour procurerait aux Kurdes du Rojava et aux Occidentaux une barrière infranchissable par les Iraniens dans le nord de la Syrie.

 

Avant cela, en plus de la résistance de l’Etat Islamique, plus les positions de la coalition américaine se renforcent, plus le risque théorique grandit d’un affrontement avec les Russes. Bien qu’il prendrait un risque terrible à affronter les Yankees, et qu’il s’en gardera au final, mais non sans avoir multiplié provocations et coups fourrés, Vladimir Poutine ne va pas se priver de mesurer la détermination de Donald Trump. Et vous pouvez compter sur lui pour exploiter la moindre faille, la plus petite hésitation.

 

Une précision encore : rien ne dit que s’ils parviennent à faire échec aux Américains en les empêchant de s’emparer d’une section significative (il ne faut pas que l’ennemi puisse la contourner) des routes "vertes", les Russes les livreraient automatiquement aux Iraniens.

 

Mais ils disposeraient d’un atout dans leur jeu face aux Occidentaux et pourraient, par exemple, autoriser les convois militaires iraniens au coup par coup, suivant leurs intérêts et pour faire pression sur les négociations déterminantes qui finiront par s’ouvrir, voire sur les Israéliens. C’est exactement la stratégie suivie par les Russes en Syrie.

 

Il ne faut pas non plus oublier que le régime alaouite syrien ne dispose pas du personnel nécessaire en nombre suffisant pour reprendre le contrôle de l’entièreté du pays, et que les Iraniens et leurs supplétifs oui. Un paramètre à prendre en considération lorsque l’on sait que le Tsarévitch n’a aucunement l’intention de maintenir une présence militaire ad aeternam dans la région.

 

Ceci dit, à moins d’une défaillance politique ou d’une énorme surprise militaire, rien ne semble pouvoir empêcher la coalition occidentale de réaliser ses objectifs.

 

Cela procurerait à Donald Trump une image de stratège vainqueur, aux Kurdes, la profondeur territoriale nécessaire pour songer à rattacher le Rojava à l’Etat kurde en gestation en Irak ; au Liban, de ne pas devoir faire une croix définitive sur sa souveraineté, aux Etats arabes, à juguler la progression de leur grand ennemi perse, et à Israël, de ne pas voir se déployer les soldats iraniens en force sur ses frontières syrienne et libanaise.

 

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Sénatoriales françaises : Macron rate son pari (info # 012508/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 25 septembre 2017

 

Par Amram Castellion

 

Hier 24 septembre, la moitié des départements français élisaient leurs sénateurs, soit 171 des 348 sénateurs élus pour 6 ans (l’autre moitié sera élue ou réélue dans trois ans). Contrairement aux députés élus au suffrage universel direct, les sénateurs sont élus par un collège électoral formé de tous les élus du département (députés et sénateurs, conseillers régionaux, conseillers départementaux, conseillers municipaux).

 

Il y a encore quelques jours, le parti du président expliquait que le Sénat ne pouvait pas échapper à la profonde refondation politique lancée par Emmanuel Macron pour transformer la France. Hier, les grands électeurs – tous des élus du peuple, qui passent leur vie à écouter l’opinion des Français et à calculer comment se faire eux-mêmes réélire – ont massivement conclu que le discours présidentiel ne pouvait pas être pris au sérieux.

 

Alors que Macron, après son élection à l’Elysée, avait convaincu 29 sénateurs (presque tous précédemment socialistes) de rejoindre son parti et former un groupe macroniste au Sénat, le parti présidentiel aura presque certainement un nombre réduit d’élus dans la nouvelle assemblée (entre 23 et 27). Ils n’y seront que la quatrième force politique, après la droite (en forte progression, de 142 élus dans la précédente assemblée à environ 170 aujourd’hui) ; les socialistes (entre 67 et 71 sénateurs) et les centristes (environ 50 sièges).

 

Les principaux enseignements qui peuvent être tirés de cette monumentale défaite du président sont les suivants.

 

La classe politique ne croit pas que la remontée récente de la popularité de Macron (45% dans le dernier sondage Ifop) soit le signe avant-coureur d’une réorganisation généralisée de la carte politique en sa faveur. En effet, cette amélioration de la popularité présidentielle s’est surtout faite parmi les électeurs de droite. Ceux-ci, s’ils peuvent apprécier le contenu de la réforme du droit du travail et d’autres projets du président, ne vont pas pour autant abandonner leur famille historique au jour du vote. Ils continuent à faire confiance à la droite pour conduire, le jour où elle reviendra au pouvoir, une politique de droite. Ils ne sont pas convaincus que Macron pourrait se substituer à leurs partis traditionnels.

 

Le président a donc probablement définitivement échoué dans la moitié, au moins, de sa stratégie politique initiale. Celle-ci consistait à rassembler autour de lui l’ensemble des modérés de droite et de gauche et à ne laisser dans l’opposition que les extrémistes des deux bords.

 

Ce programme a parfaitement réussi à gauche, où le parti socialiste s’est désintégré entre une aile gestionnaire, dont la plus grande partie a rejoint Macron, et une aile révolutionnaire, qui est venu grossir les rangs de l’extrême-gauche mélenchonienne.

 

A droite, en revanche, malgré les gestes très importants du président vers la droite modérée – nomination d’un Premier ministre et de plusieurs ministres issus de ses rangs, premières réformes centrées sur des priorités de droite (droit du travail, programmes scolaires) – seule une minorité a rejoint le président. La grande majorité des structures traditionnelles tient bon. Il faut dire que la droite modérée a aujourd’hui une opportunité historique qui devrait la retenir de franchir le pas : l’affaiblissement brutal et inattendu du Front National a créé sur sa droite une immense réserve de voix qui, déçues et désabusées d’avoir été trompées par la famille Le Pen pendant trente ans, pourraient être prêtes à revenir vers la droite classique si celle-ci lui fait les avances nécessaires.

 

La réforme des institutions que souhaitait Macron est désormais, presque certainement, morte et enterrée. Le président voulait réduire d’un tiers le nombre des parlementaires et introduire une dose de proportionnelle à l’Assemblée nationale. Il lui faudrait pour cela une majorité de trois cinquièmes des parlementaires, soit 555 députés et sénateurs. Mais aujourd’hui, le nombre total des parlementaires de son parti et du parti centriste allié Modem n’est que de 375 environ. On ne voit pas dans quelle configuration un président affaibli par les résultats d’hier pourrait obtenir les 180 ralliements nécessaires à cette réforme.

 

Les premiers indices ne semblent pas montrer que le camp macronien ait pris la mesure de la signification de sa défaite. Le nouveau président du groupe macronien au Sénat, François Patriat (un homme de 75 ans qui fut élu socialiste pendant 40 ans et appelle maintenant à la « disparition du monde ancien ») a couru hier soir les plateaux télévisés pour ironiser sur des grands électeurs qui auraient « voté pour leur boutique » et ne comprendraient pas l’importance historique de l’avènement du macronisme. Ce genre d’attitude, si elle reflète celle du camp macronien dans son ensemble, est la meilleure manière pour faire en sorte que les Français finissent par décider de faire de cet avènement une parenthèse sans conséquence.

 

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"Sénateur Patriat, je suis content de vous !"

 

Pour autant, l’essentiel du programme de réformes du président de la République n’est pas immédiatement menacé. Après la réforme du Code du travail, déjà actée, le gouvernement doit préparer une réforme fiscale (transfert des recettes des cotisations sociales vers la CSG), une réforme de l’assurance-chômage, une réforme des retraites et une réforme du statut de la SNCF. Or la défaite d’hier aux sénatoriales ne réduit en rien la capacité du gouvernement à mener ces réformes. D’une part, il conserve la majorité à l’Assemblée nationale, qui a le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat. D’autre part, une partie importante de ce programme a l’assentiment – au moins sur les principes – de la droite qui domine désormais l’opposition.

 

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Malgré les menaces, 5778 est une année pleine de promesses pour Israël et les Juifs (info # 012409/1 Version imprimable
Analyse
dimanche, 24 septembre 2017

 

Par Guy Millière

 

La célébration de Rosh Hashana, le nouvel an juif, vient d’avoir lieu. Cela nous donne l’occasion de porter un regard d’ensemble sur le futur des Juifs du monde et sur Israël.

 

A certains égards, il y a lieu à mes yeux d’être inquiet : l’antisémitisme est de retour de façon très nette en divers points de la planète, et en particulier en Europe. Ce retour de l’antisémitisme risque d’être persistant pour des raisons dont j’ai déjà traité : ceux qui combattent l’antisémitisme, individus ou organisations, se tournent presque uniquement contre l’antisémitisme d’extrême droite et laissent de côté l’antisémitisme musulman, qui demeure un tabou, et dont il reste très difficile de parler. Or, l’antisémitisme musulman est l’antisémitisme qui agresse et tue des Juifs aujourd’hui. Impossible d’imaginer un recul de l’antisémitisme tant que le combat contre l’antisémitisme sera hémiplégique et laissera de côté ce qui devrait être aujourd’hui sa cible principale.

 

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5778 : technologie et motivation

 

Une autre source d’inquiétude pourrait être l’évolution des Juifs américains. L’immense majorité de ceux-ci reste à gauche, voire très à gauche, et continue de soutenir un parti, le parti Démocrate, qui, parce qu’il est lui-même de plus en plus à gauche, adopte des orientations de plus en plus nettement “propalestiniennes”.

 

L’une des conséquences de ce phénomène est qu’un nombre croissant de jeunes Juifs américains se détachent du judaïsme (47 pour cent des Juifs américains de dix-huit à trente ans disent ne plus se considérer comme juifs). Une conséquence supplémentaire est l’affaiblissement du soutien des Juifs américains à Israël. En dehors de la Zionist Organization of America [organisation sioniste d’Amérique], que dirige Morton Klein, le principal soutien apporté à Israël aux Etats-Unis vient d’une organisation évangélique, Christians United for Israel (CUFI) [chrétiens unis pour Israël], que les Juifs de gauche américains trainent souvent, très injustement, dans la boue.

 

Ces inquiétudes sont compensées par le fait que les Juifs du monde entier ont désormais un pays, et ce pays, Israël, n’a jamais été aussi prospère et puissant. Il y a certes des pauvres en Israël, et divers problèmes économiques, mais Israël ne peut, hélas, pas fonctionner comme une société vivant en paix, et la situation de guerre incessante entraîne son lot de conséquences.

 

Israël n’en est pas moins un pays dynamique, créatif, innovant, créateur d’emplois et d’entreprises, pleinement tourné vers l’avenir et confiant en son propre futur. Israël est un pays dont le taux de natalité au sein des populations juives est très positif, et reflète une population qui rajeunit, alors que les pays occidentaux vieillissent, et pour ce qui concerne l’Europe, paraissent engagés dans les engrenages d’un suicide collectif.

 

Israël a, face à lui, un ennemi puissant, le régime des mollahs en Iran, qui ne cesse de proférer des menaces génocidaires et qui finance le Hezbollah et le Hamas, soutient le régime d’Assad, et dispose d’unités militaires sur le sol syrien. Mais Israël, depuis le mois de janvier dernier, possède à la Maison Blanche non plus un ennemi perfide – Barack Obama, mais Donald Trump, un ami sincère dont l’amitié est indéfectible. Et Trump a fixé des lignes rouges aux mollahs iraniens, qui savent qu’il serait très périlleux pour eux de les franchir.

 

Israël se repose sur une armée qui est la plus avancée technologiquement du Proche-Orient et l’une des plus avancées technologiquement au monde, et cette armée peut compter sur le soutien de l’Armée américaine. Les mollahs iraniens le savent aussi. L’Etat hébreu peut en outre compter sur la neutralité bienveillante de Vladimir Poutine, qui, tout en plaçant ses pions sur l’échiquier mondial et tout en étant allié de l’Iran, ne se conduit pas en ennemi d’Israël, et sait sans aucun doute dire aux mollahs iraniens qu’il est hors de question qu’ils aillent trop loin.

 

Israël a, enfin, un Premier ministre qui compte parmi les grands hommes d’Etat et les grands stratèges du monde contemporain, Binyamin Netanyahu. Celui-ci travaille en synergie avec Donald Trump sur tous les dossiers essentiels, à commencer par le dossier iranien.

 

Netanyahu a su mettre en œuvre un rapprochement entre Israël, plusieurs pays d’Europe centrale, d’Afrique, d’Amérique latine et les pays sunnites du statu quo (émirats du Golfe, Arabie Saoudite), tout en renforçant la coopération avec l’Egypte. Et cela compense l’hostilité sournoise de l’Europe occidentale et de pays tels que la France et l’Allemagne aux dépens d’Israël.

 

Il a su mettre la “question palestinienne” à l’arrière-plan, sachant fort bien qu’elle n’est pas du tout la question centrale pour Israël et le Proche-Orient aujourd’hui.

 

Globalement, malgré les sources d’inquiétude, malgré l’existence de menaces, parce que Donald Trump est à la Maison Blanche, parce qu’Israël est ce qu’il est, parce que Binyamin Netanyahu est Premier ministre d’Israël, la situation des Juifs du monde n’a jamais été aussi bonne depuis des siècles. La situation d’Israël n’a jamais été aussi bonne depuis la (re)fondation de l’Etat du peuple juif.

 

Je n’ai pas parlé du harcèlement que subissent Binyamin Netanyahu et les membres de sa famille. Ce harcèlement est vil et indigne.


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L’Aviation israélienne a attaqué l’aéroport international de Damas tôt ce matin (info # 022209/17) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 22 septembre 2017

 

Par Michaël Béhé à Beyrouth © Metula News Agency

 

Beyrouth, vendredi 12h45 11h45 à Paris

 

Plusieurs sources arabes font état ce vendredi d’un triple raid de l’aviation israélienne sur une portion de l’aéroport international de Damas.

 

L’attaque s’est produite peu avant l’aube. Elle visait la partie de l’aéroport confiée par le régime de Bashar al Assad à l’Armée iranienne et à ses supplétifs de la milice chiite libanaise Hezbollah.

 

J’ai pu m’entretenir avec deux témoins oculaires syriens qui m’ont confirmé la nouvelle et qui m’ont rapporté que de très imposantes flammes s’échappaient des cibles frappées par les pilotes hébreux, comme en témoignent les images prises par des voisins de l’aéroport.

 

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Photo des suites des attaques de l’Aviation israélienne ce matin

 

Deux hypothèses sont à retenir :

 

1. La première, la plus plausible, voudrait que les militaires israéliens aient décidé d’anéantir les installations et les stocks de matériel ayant servi, mardi dernier, à envoyer un drone à destination d’Israël. Tsahal aurait utilisé la surprise en lançant ce raid en pleine fête du Nouvel an juif – Rosh Hashana -, ce qu’il ne fait que lors d’occasions exceptionnelles.

 

2. La seconde indiquerait que ce sont les Iraniens et les Syriens qui entendaient profiter de la grande fête israélite pour organiser un convoi d’armes à destination du Hezbollah au Liban, escomptant que le Khe’l Avir n’interviendrait pas à Rosh Hashana, ce qui est plus aléatoire.   

 

L’autre question qui se pose est de savoir si les appareils à l’étoile de David se sont approchés de leur objectif ou s’ils ont lancé leurs missiles à partir des territoires israélien ou libanais.

 

La seconde éventualité a l’avantage de moins exposer la vie des pilotes à la DCA syrienne et de ne pas irriter les Russes qui ont déployé une vingtaine de Mig sur le tarmac de l’aéroport international.

 

De plus, cette option, grâce à la précision chirurgicale des nouveaux missiles israéliens, présente des gages de succès équivalents à une attaque rapprochée.

 

On peut, de plus, se demander comment les Iraniens auraient pu faire décoller un drone sur un aéroport sur lequel les Russes sont présents sans obtenir leur aval. Cela laisse penser à un double jeu habituel de la part du Président Vladimir Poutine, qui veut à la fois se faire passer pour un arbitre et un belligérant aux côtés de ses alliés.

 

La rédaction à Métula ne signale aucune disposition particulière de l’Armée relative au risque d’une réplique syrienne. A noter que des centaines de milliers de touristes israéliens arpentent en ce jour férié le Doigt de la Galilée et que, tant que faire se peut, Jérusalem n’entend pas créer la panique parmi eux.

 

A l’heure qu’il est, le porte-parole de Tsahal a déjà annoncé qu’il ne commenterait pas ces informations. On ne signale pas non plus de réaction du régime syrien et du Hezbollah.

 

 
Qui, en Europe, se souvient du 5 septembre 1972 ? (info # 012209/17) Version imprimable
Analyse
vendredi, 22 septembre 2017

 

Par Guy Millière

 

J’ai cherché dans la presse française une mention des tristes anniversaires qui ont marqué ces derniers jours. Le 11 septembre 2001 a été très brièvement évoqué. C’est logique. Seize années se sont écoulées depuis, et le terrorisme islamique n’a pas cessé d’assassiner. Si, aux Etats-Unis, un président qui ose dire les mots “terrorisme islamique” est au pouvoir, il a eu un prédécesseur indigne, qui n’a cessé d’exonérer l’islam lors de chaque attaque menée par des islamistes. En Europe, chacune de leurs agressions est suivie par des propos rappelant que les islamistes sont des marginaux qui n’ont rien à voir avec une grande religion de paix, d’amour et de fraternité. Souvent, suivant une attitude servile d’apaisement, les mots “islamistes” ou “islamique” sont intentionnellement bannis des comptes rendus.

 

Aucun journal français ne s’est arrêté sur la date du 5 septembre 1972. Logique aussi. Ce jour-là, il y a quarante-cinq ans, des athlètes et des membres de l’équipe olympique israélienne ont été enlevés, séquestrés, torturés, et dans certains cas mutilés à Munich.

 

La presse française en avait parlé à l’époque, puis était passée à autre chose. Les Jeux Olympiques ont rapidement repris, et en relater les péripéties sportives était bien plus important.

 

Les incitations à la haine d’Israël avaient commencé à s’installer dans les media français et européens. La “politique arabe” de la France, initiée par le Général de Gaulle, était en plein essor. Les inclinations “propalestiniennes” de la France commençaient à prendre forme.

 

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Le temps où le terrorisme arabe commençait à se pencher sur l’Europe

 

En Allemagne, vingt-sept années seulement s’étaient écoulées depuis la chute du Troisième Reich et depuis la chute d’Auschwitz, et l’événement était embrassant : des Juifs enlevés, séquestrés, torturés, dans certains cas mutilés en Allemagne, cela faisait pour le moins désordre. La presse allemande avait néanmoins traité l’événement comme la presse française l’avait fait. Le gouvernement allemand n’avait émis aucune objection à la reprise des Jeux Olympique. Et on le sait désormais, l’Allemagne mettait en œuvre sa propre politique arabe et des inclinations “propalestiniennes” à l’époque.

 

Des contacts existaient entre le gouvernement allemand et l’OLP ; ils se sont poursuivis par la suite comme si rien ne s’était passé. Trois des terroristes “palestiniens” arrêtés au moment de l’attaque ont été relâchés quelques semaines après les faits, démontrant que les vies juives en 1972-1973 ne valaient toujours pas très cher aux yeux des autorités allemandes.

 

Les journaux allemands ont parlé du 5 septembre 1972. Un peu. Ils l’ont fait parce qu’un "lieu de mémoire" a été ouvert pour le souvenir de l’attaque du 5 septembre 1972. Il a fallu quarante-cinq ans pour que la mémoire vienne à l’Allemagne. Et encore, cette mémoire a des trous : rien dans le lieu de mémoire ne rappelle le degré d’atrocité de ce qu’ont subi les Israéliens assassinés. Rien n’y indique où que ce soit que le financier des attaques était la crapule antisémite et négationniste que les Européens qualifient de président de l’Autorité Palestinienne et rêvent de voir président de l’Etat de “Palestine”.

 

Les veuves et les enfants des Israéliens tués étaient présents à la cérémonie. Ilana Romano, épouse de Yossef Romano, l’un des athlètes assassines, a expliqué que si quarante-cinq années s’étaient écoulées entre l’attaque et la construction du lieu de mémoire, c’est parce qu’une immense force d’inertie nettement teintée d’antisémitisme s’y était opposée.

 

Le Président d’Israël, Reuven Rivlin, venu pour inaugurer le lieu de mémoire a rappelé ce qui devait l’être : que plusieurs des victimes de l’attaque du 5 septembre 1972 étaient des enfants de survivants de la Shoah, et que quarante-cinq ans après, le terrorisme fait toujours des victimes innocentes. Il a ajouté que le lieu de mémoire devrait envoyer un message au monde entier et lui dire de ne pas céder devant la terreur, “que ce soit à Barcelone, Londres, Paris, Berlin, Jérusalem ou en tout autre endroit”.

 

C’étaient là des propos diplomatiques. Reuven Rivlin ne peut ignorer qu’un délai de quarante-cinq ans signifie que l’Allemagne, comme le reste de l’Europe, a déjà cédé.

 

Il ne peut ignorer que les trous de mémoire dans le lieu de mémoire et le statut conservé par Mahmoud Abbas signifient que l’Allemagne, comme le reste de l’Europe, a effectivement déjà cédé.


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Drone iranien, éventuelle risposte israélienne et la sioniste BFM TV (012009/17) Version imprimable
Analyse
mercredi, 20 septembre 2017

 

Par Stéphane Juffa

 

Hier (mardi) un drone de fabrication iranienne, parti de l’aéroport international de Damas, qui se dirigeait vers le territoire hébreu, a été abattu par la DCA israélienne sans avoir pu traverser la frontière.

 

L’avion sans pilote a été intercepté par un missile Patriot de conception américaine, tiré à partir d’une base du Khe’l Avir (Armée de l’air) dans la région de Tzfat (Safed), à 35km à vol d’oiseau de sa cible. Le Patriot a traversé la vallée de la Khoula (vallée du Jourdain) avant de désintégrer son objectif.

 

Il s’agit probablement d’un drone d’observation télécommandé par le Hezbollah libanais. Les enquêteurs de Tsahal analysent toujours l’incident et tentent notamment de savoir si l’aéronef était armé. L’investigation est rendue difficile par le fait que les débris se sont écrasés du côté syrien du Golan, à proximité immédiate de la ville de Kouneitra.

 

Selon notre estimation, les résultats de l’enquête de l’Armée israélienne ne seront pas rendus publics.

 

Ce n’est pas le premier incident aérien qui survient dans cette région ces dernières années. En mars dernier, un missile syrien évoluant en haute altitude avait été intercepté par un Khetz lors de sa première utilisation opérationnelle.

 

En juillet 2016, un drone russe était parvenu à pénétrer l’espace aérien hébreu sur une profondeur de 4km au-dessus du Doigt de la Galilée. Deux tirs de Patriots ainsi que celui d’un missile largué par un chasseur n’avaient pas réussi à abattre l’intrus qui avait, semble-t-il, réussi à regagner la Syrie indemne.

 

En septembre 2014, un Soukhoï-24 de l’Armée gouvernementale syrienne avait été détruit par un Patriot, dans la même zone qu’hier, alors qu’il avait parcouru 800 mètres dans le ciel israélien. Les deux pilotes s’étaient éjectés et leurs parachutes s’étaient posés en territoire syrien.

 

Le porte-parole de Tsahal, le Brigadier Général Ronen Manelis, a confié aux journalistes que l’Armée ne permettra pas aux groupes terroristes de pénétrer le territoire israélien ni même de s’en s’approcher.

 

Quant au ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, il a "mis l’accent sur le niveau élevé de préparation de l’Armée de Défense d’Israël, qui sait comment gérer n’importe quelle surprise, chaque problème et chaque menace". Le ministre a en outre déclaré que "quiconque tente de s’en prendre à notre souveraineté doit savoir qu’il paiera pour cela un prix élevé. Très élevé".

 

Il semble que cette menace n’était pas lancée en l’air, puisqu’au moment où elle était formulée, l’Agence Nationale de l’Information (ANI) officielle libanaise annonçait que le Khe’l Avir avait mené deux raids sur la colline de Tal al-Rachacha, à l’est du village libanais de Chéba, sur les contreforts du mont Hermon.

 

A ce moment, moins d’une heure après l’interception du drone, la région de Tal al-Rachacha, de même que l’extrémité du Doigt de la Galilée faisaient l’objet d’intenses survols par les chasseurs-bombardiers frappés de l’étoile de David.

 

Le lieu-dit al-Rachacha se situe à moins de 10km de la rédaction et nous possédons une excellente vision sur ce qui s’y déroule. Cette zone montagneuse autour de Chéba est littéralement infestée de miliciens de l’organisation terroriste chiite libanaise du Hezbollah.

 

Il existe de fortes probabilités pour que les positions visées par les F-16 aient participé à la tentative d’incursion du drone, par exemple en relevant ses positions et/ou en s’occupant de le télécommander, ce qui, passée la chaîne du Golan, était peut-être impossible à réaliser depuis Damas.

 

Nous formulons ces hypothèses sur la base du fait que Tsahal n’attaque jamais des objectifs "par hasard", et que, lors de représailles, ils ont toujours un lien avec l’activité de l’ennemi dont elles sont l’objet.

 

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Un missile Patriot tiré depuis la base de Tzfat

Photo : Municipalité de Tzfat

 

 

Couverture journalistique scabreuse de BFM TV

 

Sur le site Web de BFM TV, la nouvelle de l’incursion de l’avion sans pilote iranien était précédée de deux paragraphes justifiant implicitement cette tentative par l’affirmation selon laquelle l’Etat hébreu "occupe" le plateau du Golan syrien.

 

Le premier de ces avertissements, incrusté sur une photo, se lit dans ces termes : "Vue d'une partie du secteur du plateau du Golan occupé par les Israéliens", et le second : "Israël occupe depuis 1967 quelque 1.200 km2 du plateau du Golan annexés. Une décision jamais reconnue par la communauté internationale. Environ 510 km2 restent sous contrôle syrien".

 

Le lecteur se convaincra de ce que ni la photo, ni les deux textes proposés par BFM ne possèdent le moindre rapport direct avec le titre de la dépêche stipulant : "Israël intercepte un drone du Hezbollah venu de Syrie".

 

Quant au troisième paragraphe, le premier à relater l’incident objet du câblogramme, il avance ce qui suit : "L'armée israélienne a intercepté mardi un drone du Hezbollah libanais de fabrication iranienne qui effectuait une mission de reconnaissance au-dessus de la partie du Golan annexé par Israël, a indiqué l'armée dans un communiqué".

 

D’abord, BFM ment : l’Armée israélienne n’a bien évidemment jamais mentionné dans un communiqué "la partie du Golan annexé par Israël". On est en présence d’une faute ontologique extrêmement grave, impliquant le détournement intentionnel des propos d’une personne (physique ou morale) à son détriment.

 

La même faute se répète dans le paragraphe suivant, qui attribue au porte-parole (de Tsahal), la déclaration selon laquelle le drone a été abattu dans "la zone démilitarisée qui divise le plateau du Golan entre LA PARTIE OCCUPEE PAR ISRAEL et celle restée sous contrôle de la Syrie".

 

Au fond maintenant : sémantiquement, l’on comprend en lisant cet article que l’Armée israélienne se trouverait sur un territoire syrien qu’elle aurait annexé et qu’elle occuperait. C’est difficile de ne pas s’en apercevoir, car cela est répété à six reprises dans un article de quatre petits paragraphes.

 

Mais quid de l’Iran, qui a fourni le drone et l’a fait décoller de l’aéroport international de Damas, et du Hezbollah, milice libanaise reconnue comme terroriste par l’UE et l’ONU ? Ces entités, qui ont envoyé des dizaines de milliers d’hommes armés sur le territoire syrien afin de s’immiscer dans la guerre civile qui ravage ce pays, n’occuperaient ainsi, pour BFM, aucune portion de la Syrie. Cela confine à la magie. L’Iran et le Liban seraient-ils syriens ? Ou ils agiraient sur la base d’un mandat des Nations Unies dont personne n’a entendu parler ? Sans doute pour combattre le terrorisme…

 

C’est à n’en point douter de la ségrégation, car elle dissocie le statut d’entités étrangères agissant toutes à partir du sol d’un Etat qui n’est pas le leur, alors que la présence de l’Iran et du Hezbollah n’est pas qualifiée d’occupation, et celle d’Israël si, et de manière itérative, forcenée et journalistiquement incohérente.

 

Qui produit ce genre de distinction se rend coupable d’un acte à connotation raciste et, dans le contexte, à fortes exhalaisons antisémites. C’est révoltant pour l’éthique de la profession. Plus encore, du point de vue israélien, lorsque l’on sait que BFM TV est contrôlée par le "franco-israélien" Patrick Drahi, qui, outre le fait de demeurer partiellement en Israël, possède également I24News, dans le même groupe, Altice, détenteur de 90.44% des parts de SFR, qui contrôle BFM TV.

 

Pouvoir critiquer les articles anti-israéliens de BFM TV, voir antisémites, sur I24News, qui appartiennent toutes deux à un Israélien, voici qui ne manque pas d’originalité. Lorsque l’on ajoute que le PDG de BFM TV est Alain Weill, on se dit que nous sommes capables, entre autres prouesses technologiques, d’assurer également le service de propagande de l’Iran, de la Syrie, du Hezbollah et pourquoi pas du Hamas.

 

Quant à ceux qui vous diront que Drahi et Weill ne se mêlent pas de la ligne éditoriale des media qu’ils possèdent ou dirigent, répondez-leur qu’ils ne connaissent pas ces deux personnages.

 

A noter que le papier de BFM est écrit "avec AFP", ce qui n’étonnera sans doute personne, comme le fait que cette sous-littérature poisseuse et sulfureuse, bourrée de détournements ontologiques dignes de Radio-Paris, est reprise par la quasi-totalité des media français.

 

Dans cette mare aux cochons, nous avons tout de même relevé le compte-rendu de l’agence Reuters, qui reste dans le factuel, parlant du drone qui s’apprétait à franchir "l'espace aérien israélien à hauteur du plateau du Golan", précisant que cela s’est passé dans "la zone démilitarisée du Golan, qui sépare Israël et la Syrie depuis la guerre de 1973".

 

Est-ce parce que Reuters n’est pas dirigée par ces patrons juifs que les antisémites accusent souvent d’être sionistes et de dominer les media français ? Allez savoir…

 

 
Shalom de Deïr ez Zor (011409/17) Version imprimable
Analyse
mercredi, 13 septembre 2017

 

Par Perwer Emmal à Deïr ez Zor

 

A vrai dire, on ne l’attendait plus. Pendant les longues discussions avec Stéphane Juffa et Jean Tsadik sur Skype, ils me pressaient de questions, ne parvenant pas à concevoir que les Etats-Unis s’apprêtaient à laisser la vallée de l’Euphrate aux Iraniens et aux Russes sans faire montre de la moindre réaction, ne serait-ce que diplomatique ou médiatique. "C’est un non-sens stratégique incommensurable", répétait Tsadik comme un vieux gramophone enrayé, "c’est la plus grosse aberration des deux derniers siècles".

 

Puis depuis samedi, nos conversations avaient cessé. Simplement parce que le commandement des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) m’a fait une proposition du genre qui ne se refuse pas : suivre l’une des deux colonnes principales de l’opération "Tempête de Jazeera1", à la condition d’accepter d’être coupé du monde extérieur jusqu’à ce qu’elle soit annoncée officiellement.

 

C’est samedi que la progression a débuté. En 48 heures, les FDS, soutenues par les Américains – officiellement, la "Coalition globale" -, ont conquis toutes les zones apparaissant en jaune foncé sur la carte, en fonçant sur la ville de Deïr ez Zor.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

Nous nous sommes emparés en ce temps record de 250 kilomètres carrés, comme l’a annoncé le Colonel Ryan Dillon, le porte-parole de la Coalition globale. J’ajoute que notre colonne a parcouru environ 120 kilomètres, dont 85 de terrain que nous avons libéré.

 

Nous avons suivi le tracé rouge sur la carte, ne rencontrant qu’une résistance sporadique de la part des miliciens de l’Etat Islamique (DAESH en arabe), totalement surpris par la soudaineté et la dimension de l’attaque.

 

Dimanche en fin de journée, nous avions déjà atteint Deïr ez Zor par sa banlieue industrielle, au nord-est de cette ville. Là, l’intensité de l’opposition armée a changé, l’ennemi s’étant retranché dans des fortifications, des tranchées, des bunkers et derrière des champs de mines préparés à l’avance.

 

Les combats ont été féroces mais les FDS et leurs alliés, emportés par leur élan, poursuivent leur progression à l’intérieur de la cité. Ils ont déjà pris les silos de blé et de coton, de même que les usines textiles, et les affrontements se poursuivent actuellement plus au Sud, dans les quartiers d’al Mahattah et d’ar Rawdah. Dans le secteur de Jiyah, les Kurdes et leurs compagnons d’armes sont à deux cent mètres de l’Euphrate.

 

Mais c’est là que cela se corse carrément, car, de l’autre côté du grand fleuve, aux portes de la partie sud de la ville, les forces gouvernementales syriennes, flanquées des contingents iranien et libanais (Hezbollah) se renforcent.

 

Après avoir libéré l’aéroport, pris le contrôle de l’autoroute qui mène à Damas et rompu le siège de la garnison de Deïr ez Zor qui durait depuis trois ans, l’ "autre coalition", en butte à une résistance importante, marque un temps d’arrêt en attente de renforts.

 

Le plus étrange, c’est le ballet des chasseurs-bombardiers russes et américains : ils se croisent à des distances ridicules, menant chacun des attaques au sol contre les miliciens de DAESH situés de leur côté du fleuve.

 

Les pilotes de M. Poutine se montrent particulièrement féroces, n’hésitant pas à bombarder dans le tas, tuant pêle-mêle des combattants et des civils. Pour cette seule journée de mercredi, on chuchote qu’ils auraient massacré 300 civils, causant un vif émoi parmi les 100 000 personnes coincées dans l’agglomération mais dans l’indifférence générale du reste du monde.

 

Les Occidentaux font également pas mal de victimes collatérales mais qui se comptent en dizaines et non par centaines.

 

A l’occasion d’une conférence de presse, le porte-parole des FDS, Tala Salo, a été interrogé par un confrère au sujet du risque de confrontation entre les forces kurdes et l’Armée syrienne, ainsi qu’entre leurs parrains respectifs. Se voulant rassurant, il a répondu que "les deux forces n’étaient pas à proche distance l’une de l’autre mais déployées dans des parties opposées de la province (de Deïr ez Zor)". Soit cet officiel prend les journalistes pour des demeurés, soit il n’a pas encore mis les pieds à Deïr ez Zor. Car les armées sont en réalité si proches que l’on peut voir la couleur des yeux de ceux d’en-face.

 

Quant à Ahmad Khawlah, le chef du Conseil militaire de Deïr ez Zor, il a renchéri aux propos de Tala Salo, n’hésitant pas à affirmer que si elles sont attaquées (par les Syriens), les FDS bénéficieraient du droit de légitime défense et répliqueraient par la force.

 

Khawlah s’emballe un peu ; il semble oublier qu’il n’est que figurant dans ce drame aux dimensions hollywoodiennes. Pour le narratif officiel que l’on nous sert du matin au soir, c’est effectivement le Conseil militaire de Deïr ez Zor, une troupe de tirailleurs arabes des tribus voisines, mais qui guerroie sous la bannière des Forces Démocratiques Syriennes, qui commande toute l’opération "Tempête de Jazeera". On essaie toujours de faire croire que des Arabes en nombre font le coup de feu aux côtés des Kurdes alors qu’ils ne sont que quelques poignées, dans l’objectif d’apaiser les Turcs qui ne sont pas dupes.

 

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Les Forces Démocratiques Syriennes se préparent avant

le déclenchement de "Tempête de Jazeera"

 

En réalité, ceux qui commandent et décident de strictement tout, ce sont les Américains, et particulièrement le Lieutenant Général Paul E. Funk. En réalité toujours, il est absolument évident que les mouvements des deux coalitions sont minutieusement coordonnés et minutés. Sinon, cela ferait longtemps que l’on aurait assisté à un massacre général, avec, en prime, des combats aériens entre les appareils des deux plus grandes puissances militaires du globe.

 

D’ailleurs, on remarque de plus en plus de militaires russes au sol, spécialement à proximité des premières lignes de la coalition occidentale, sans doute afin de parer à tout malentendu. Ces deux derniers jours, l’ "autre coalition" ne s’est pas beaucoup battue sur le terrain ; il existe une sorte de grande avenue à la lisière sud de Deïr ez Zor, parallèle à l’Euphrate, que les "Syriens" ne franchissent pas. A l’exception peut-être d’une escarmouche avec les islamistes ce mercredi matin, sans doute provoquée par l’une de leurs contre-attaques.

 

Faute de vraie communication, on essaie de comprendre ce qu’ont décidé Messieurs Poutine et Trump pour l’avenir de cette zone : de l’Ouest jusqu’à Deïr ez Zor, cela semble assez évident : la Coalition globale occupera le nord-est de l’Euphrate, et l’autre coalition, le sud-ouest. Sauf entre le lac Assad et Raqqa, où les FDS contrôlent une petite portion de la berge sud depuis une période durant laquelle les gouvernementaux ne se trouvaient pas encore dans la région et où il fallait barrer la route aux miliciens qui tentaient de s’enfuir.

 

La suite ? Elle est encore floue pour nous : le grand chef, le Lieutenant Général Paul E. Funk, a parlé de la "vallée de la rivière Khabour2, qui constituait un axe stratégique conduisant au réduit de l’Etat Islamique au milieu de la vallée de l’Euphrate [qui va de Deïr ez Zor à la frontière irakienne. Ndlr.]".

 

Funk en a parlé mais il n’a pas dit que cela constituait l’objectif final de la Coalition globale dans l’est syrien lorsque DAESH en aura été définitivement chassé.

 

La nuance est de taille, d’autant plus que la vallée de Khabour n’est pas encore aux mains des FDS : pour parvenir à 35km à l’est de Deïr ez Zor, entre cette localité et celle de Mayadin, toujours tenue par l’EI, il reste aussi aux Yankees et à leurs alliés 80km de vallée à conquérir dans le sens nord-sud. "Tempête de Jazeera" ayant emprunté une voie parallèle, à l’ouest du cours d’eau.

 

D’autres officiers américains nous ont confirmé en aparté que leur finalité était effectivement de s’emparer de la totalité de la vallée de Khabour mais qu’on ne leur avait pas précisé où leur offensive s’arrêterait.

 

Gageons que seuls les états-majors russes et U.S. sont au courant et qu’il s’agit d’un secret bien gardé. Nous sommes également persuadés que les Kurdes ne s’aventureront pas au-delà de Mayadin, ce qui les amènerait trop loin du Rojava historique, dans une contrée où les minorités kurdes se font rares. Sans compter qu’il faudrait inventer une nouvelle histoire à raconter à Erdogan.

 

Sûr que la prise de toute la vallée de Khabour contrarierait les plans des Iraniens pour leur Corridor chiite. Ils pourraient toujours le constituer plus au Sud, mais pour ce faire, ils seraient contraints d’envisager une traversée du désert, au sens propre comme au figuré. En plus du fait qu’il n’existe pas même de route digne de ce nom pour rejoindre la Syrie occidentale, toutes les activités dans cette zone inhabitée sont aisément repérables et constituent des cibles idéales pour une aviation quelle qu’elle soit.

 

Cela sent à plein nez un remake moyen-oriental d’un Yalta à quatre mains, celles de Vladimir Poutine et de Donald Trump, emballés ni l’un ni l’autre par une expansion iranienne en direction de la Méditerranée.

 

En fait, les voies carrossables convoitées par les ayatollahs sur l’axe est-ouest passent obligatoirement par la ville de Deïr ez Zor, et de là, vers Palmyre, les grandes villes, Damas, le Liban et Israël. Dans ces conditions, il suffit de contrôler quelques dizaines de kilomètres sur l’Euphrate, à partir de Deïr ez Zor en direction de l’Est pour faire barrage au projet de Téhéran. Or il semble qu’en quelques heures d’une opération rondement menée, les Américains soient en très bonne voie pour y parvenir.

 

On doit respirer plus librement depuis dimanche en Israël et dans la plupart des capitales arabes. Après une longue attente dans le doute, l’Armée U.S. est en train de démontrer qu’elle n’est pas commandée par une bande de joyeux campeurs ignorant tout des contingences stratégiques à l’est de New York.


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Bruxelles-Métula du 11 septembre 2017 (011109/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 11 septembre 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro d’Elsa Assoun, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca  https://youtu.be/8AqP865YlCk (Youtube).

 

Problème : l’Etat Islamique n’existe plus et les attentats se multiplient

(les attentats terroristes ne sont pas politiquement corrects)

 

* L’Etat Islamique vit ses derniers moments, il n’est plus à même d’influer sur le cours des évènements locaux et encore moins sur ce qui se déroule en Europe.

 

* Pour des raisons stratégiquement inexplicables, Washington a cessé sa progression et celle de ses alliés kurdes des Forces Démocratiques Syriennes à une centaine de kilomètres au sud-est de Raqqa, sur l’Euphrate.

 

* La Coalition formée par les Etats-Unis et les Européens abandonne sans opposition la province et la ville stratégiques de Deïr ez Zor aux Iraniens, aux Alaouites, au Hezbollah, aux milices chiites irakiennes commandées par l’Iran, et à l’Aviation et aux commandos russes. Ce, alors qu’elle avait entre 4 et 6 mois d’avance sur eux et avait le loisir de s’emparer de cette zone hautement stratégique à moindre frais.

 

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Vous êtes aujourd’hui à portée de ce missile BM25 acheté par l’Iran à la Corée du Nord

Et ça ne va pas s’arranger.

 

* Ladite Coalition a décidé de ne pas s’opposer à la construction du fameux corridor-autoroute iranien, passant par la province de Deïr ez Zor, commettant ainsi une erreur fondamentale d’appréciation stratégique à même de mettre l’entièreté de l’Europe en péril.

 

* Israël, au contraire, a décidé de contester l’édification de cet axe terrestre allant d’Afghanistan au Liban, en passant par l’Iran, l’Irak et la Syrie, comme l’a déclaré la semaine dernière son ministre de la Défense, Avigdor Lieberman. L’Etat hébreu est soutenu dans sa démarche par l’ensemble des Etats arabes.

 

* On a pu voir une expression militaire du refus israélien du Corridor iranien dans le raid de jeudi contre, notamment, la fabrique de missiles iraniens installée à Masayaf en Syrie.

 

* Israël va principalement s’attaquer à l’extrémité occidentale du Corridor, aux abords des grandes villes syriennes, de la province de Lattaquié et du Liban.

 

* A propos du problème du terrorisme islamique en Europe, vos gouvernants et vos media ne vous ont pas dit la vérité. Suite à Zaventem, à Nice et au Bataclan, ils ont déclaré la guerre conventionnelle en Syrie et en Irak contre l’Etat Islamique, promettant aux Européens que lorsque l’EI sera défait, il n’y aura plus d’attentats en Europe.

 

Mais l’Etat islamique a perdu la guerre et les attentats se poursuivent de plus belle.

 

* La vérité est que "votre" guerre vous oppose à des groupes islamiques existant parmi la communauté musulmane installée en Europe et non au Moyen-Orient. L’Etat Islamique n’a jamais commandé les cellules islamiques européennes ; celles-ci sont largement autonomes, elles s’inspirent de la lecture qu’elles font du Coran, de leur interprétation du Djihad, des ordres de tuer qui fleurissent sur le Net, ainsi que de la haine et du rejet de votre culture et de vos lois. Leurs méthodes d’attentats artisanales ne nécessitent pas de moyens importants, ni de connaissances techniques avancées.

 

* Vos gouvernants et votre presse désignent l’Etat Islamique afin de ne pas évoquer le problème posé par la présence musulmane massive en Europe. L’Etat Islamique, comme autrefois al-Qaeda, constitue un symbole abstrait facile à détester et à accuser de tous les maux, en lieu et place de la frange extrémiste et violente des musulmans vivant en Europe.

 

Cela permet de préserver le faux axiome politiquement correct : TOUS LES MUSULMANS EUROPEENS (ici et partout) SONT GENTILS ET AMICAUX, L’ETAT ISLAMIQUE (très loin), QUI DETOURNE LE SENS DE L’ISLAM, EST LE RESPONSABLES DES ATTENTATS QUI TUENT LES EUROPEENS.

 

* En plus d’exposer les Européens aux missiles iraniens et aux attentats des courants islamistes européens, l’ingérence occidentale mal évaluée et mal conçue a créé un grave déséquilibre au Moyen-Orient.

 

Jusqu’à l’intervention de la Coalition internationale contre l’EI, les extrémistes sunnites et chiites se neutralisaient mutuellement, préservant les Etats industrialisés et leurs amis dans la région. En annihilant l’Etat Islamique, l’Occident livre les territoires qu’il contrôlait aux extrémistes chiites dirigés par l’Iran.

 

Qui plus est, ils ne lui contestent pas lesdits territoires et le laissent s’installer en terrain conquis selon son bon vouloir, tout en s’approchant des frontières israélienne, saoudienne, jordanienne, en le laissant étendre sa mainmise sur le Liban et poser ses missiles à la lisière de la zone d’influence européenne.

 

Cette faute stratégique grave, pour ne pas dire inconcevable, aura pour conséquence d’allumer des conflits largement plus compliquées à résoudre que la Guerre Civile Syrienne, face à un ennemi au moins cent fois plus dangereux que ne l’était l’Etat Islamique.

 

L’EI représentait un danger pour une partie des populations de deux ou trois Etats moyen-orientaux ; l’Iran, avec ses missiles, son programme nucléaire mal gelé et uniquement de manière temporaire, participe d’une menace qui, à l’instar de son premier allié, la Corée du Nord, concerne la totalité de la planète.


 
Macron soutient le terrorisme islamique et se vend à l’Iran (info # 011009/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 10 septembre 2017

 

Par Guy Millière

 

C’est une chose entendue, Emmanuel Macron est un imposteur, et je m’étonne encore que des gens m’écrivent me demandant de lui laisser du temps avant de juger son action.

 

Sur le plan intérieur français, il est d’ores et déjà clair que Macron ne fera rien, sinon des opérations cosmétiques, et que chômage et pauvreté resteront ce qu’ils sont aujourd’hui. Ni la minuscule réforme du code du travail, ni les quelques changements en matière d’impôts ne sont à même d’imprimer le sursaut qui serait nécessaire pour qu’un redressement s’amorce. Sur le plan extérieur, l’imposture est plus flagrante encore. Et son summum est constituée par la prétention, récemment affirmée par Macron, de vouloir lutter contre le terrorisme islamique.

 

La réalité est que la France finance le terrorisme islamique. Elle le fait de quatre manières au moins.

 

D’abord, elle continue à consentir des avantages fiscaux et réglementaires au Qatar, qui est un pays qui finance le terrorisme islamique et, entre autres, les Frères Musulmans et le Hamas, la branche “palestinienne” des Frères Musulmans. (Les fans de football parisiens se réjouissent des investissements qatari en France, je sais, mais le football ne peut couvrir toutes les infamies du monde).

 

Ensuite, la France continue à proclamer vouloir aider le Liban : Emmanuel Macron l’a redit récemment et va bientôt recevoir à Paris des dignitaires de ce pays. Aider le Liban, dans le contexte actuel, et dès lors que le Liban est entièrement sous la coupe d’une organisation terroriste islamique appelée Hezbollah, c’est aider le Hezbollah. Michel Aoun, président du Liban, et Saad Hariri, Premier ministre, ne sont pas membres du Hezbollah, mais sont des potiches. Emmanuel Macron ne peut l’ignorer.

 

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En pâmoison devant Mohammad Zarif, le ministre des Affaires Etrangères

du pays qui déclare vouloir rayer Israël de la surface du monde

 

La France continue par ailleurs de soutenir financièrement l’Autorité Palestinienne, laquelle finance le terrorisme et incite sans cesse au meurtre d’Israéliens juifs, dont elle rémunère les assassins lorsqu’ils sont en prison en Israël ainsi que leurs familles. Soutenir financièrement l’Autorité Palestinienne, c’est évidemment soutenir le terrorisme islamique. Et des déclarations de Macron, telles celles effectuées il y a quelques semaines, affirmant que Mahmoud Abbas est un apôtre de la non-violence, sont d’une obscénité répugnante.

 

Enfin, et c’est le plus grave, au sein de cet ensemble déjà peu ragoutant, la France signe des contrats avec le régime des mollahs iraniens. Et Macron, en entérinant ces contrats, fait comme s’il ignorait ce qu’il n’ignore pas du tout : à savoir que l’Iran des mollahs ne cesse d’ourdir un projet génocidaire à l’encontre du peuple d’Israël, en se targuant de ce dessein. Le président français feint également de ne pas savoir que l’Iran des mollahs est aujourd’hui le principal financier du terrorisme chiite, travaillant de concert avec le dictateur nord-coréen Kim Jong-Un pour se doter de l’arme atomique et se sanctuariser.

 

Si Macron était plus humble, s’il faisait profil bas, il paraitrait un peu plus présentable. Qu’il prétende faire une chose tout en faisant exactement le contraire est consternant et insulte l’intelligence de ceux qui daignent encore l’écouter.

 

Il n’est en cela pas différent de ceux qui l’ont précédé : François Hollande et Nicolas Sarkozy se comportaient de la même façon. Jacques Chirac pire encore.

 

Mais lorsqu’il affirme incarner une ligne différente d’iceux, son attitude doit être dénoncée. Comme ses prédécesseurs, Macron espère préserver la France des attentats islamiques dans le futur en pratiquant l’apaisement. On a vu ces dernières années que l’apaisement était une impasse tragique. On le verra hélas encore sans doute à l’avenir.

 

Comme ses prédécesseurs, Macron prend des poses qui ne sont que des simulacres et qui ne trompent personne, sinon les journalistes courtisans qui répercutent ses propos.

 

Comme ses prédécesseurs, c’est un opportuniste cynique qui sait que la France a besoin d’argent et doit se vendre pour survivre, contre quelques poignées de pois chiches, quelles que soient les conséquences en matière de terrorisme islamique international.

 

Comme ses prédécesseurs, il sait que l’électorat musulman monte en puissance en France, et qu’il vaut mieux pour lui le préserver s’il veut être réélu à l’avenir.

 

Comme ses prédécesseurs, c’est un dhimmi courbé devant la marée islamique qui continue à monter.

 

Comme ses prédécesseurs, il aura un piètre et lamentable destin de dhimmi.

 

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Bruxelles-Métula du 8 septembre 2017 (010809/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 08 septembre 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca  https://youtu.be/MTZ_5F9C6tY (Youtube).

 

Au sommaire :

 

1. Les mises en garde proférées par le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, à l’encontre des Syriens, des Iraniens et du Hezbollah : "Nous sommes déterminés à empêcher nos ennemis de porter atteinte, ou même de créer une occasion pour porter atteinte à la sécurité des citoyens d'Israël".

 

Au niveau stratégique, Lieberman indique qu’Israël fera "tout pour empêcher l'existence d'un corridor chiite de Téhéran à Damas".

 

C’est en fait la tâche de l’Armée américaine, des Occidentaux et des pays arabes, mais puisqu’ils semblent se désister, l’Etat hébreu, en considération de ses intérêts sécuritaires supérieurs, n’a pas d’autre choix que d’empêcher l’expansion iranienne en direction de l’ensemble de la Syrie et du Liban par ses propres moyens.

 

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Une photo de l’attaque d’hier matin en Syrie

 

2. Jean Tsadik, dans son analyse d’hier (jeudi), avait envisagé deux hypothèses de comportement que Jérusalem avait pu adopter à l’égard des Russes et de leurs bases militaires situées à seulement un peu plus de 40km de l’objectif détruit par les appareils hébreux :

 

a.     Ne pas les informer ou les informer trop tard de l’opération en cours. Ce, afin de les empêcher d’intervenir et d’interférer pour compliquer le raid, et pour leur signifier que l’intérêt supérieur d’Israël passait avant la coordination avec eux.

 

b.     Qu’une entente avait été conclue lors des discussions de Sotchi entre Messieurs Netanyahu et Poutine pour laisser le Khe’l Avir débarrasser Moscou de l’encombrante usine de production de gaz de combat de Masayaf. Ceci, en considération de ce que la communauté internationale avait enjoint à Bashar al Assad de détruire toutes ses réserves de gaz de combat et qu’il affirmait avoir procédé à cette destruction.

 

Juffa ajoute ce matin une troisième hypothèse à celles proposées par Jean Tsadik : l’intervention visant Masayaf pourrait faire partie de la liste dressée en commun par les responsables russes et israéliens des actions militaires jugées légitimes pour la défense de l’Etat hébreu. Les trois hypothèses restent envisageables.

 

Juffa observe que Moscou n’a pas réagi à l’annihilation du complexe militaire syrien par Tsahal. Washington d’ailleurs non plus.

 

3. Le raid israélien est survenu quelques heures seulement après l’accusation formelle de crime de guerre contre le régime alaouite, formulée par les experts de l’ONU suite à une enquête minutieuse. Les conclusions de l’ONU indiquent que le gaz sarin, produit à Masayaf, a servi à l’attaque par les forces gouvernementales de ville syrienne de Khan Cheikhoun, en avril dernier, qui avait causé la mort d’entre100 et 200 civils et en avait blessé plus de 500.

 

Dans ces conditions, au vu du timing choisi par Israël pour détruire Masayaf, personne ne peut critiquer la décision du gouvernement hébreu.

 

4. Le Khe’l Avir a-t-il utilisé pour le raid ses nouveaux avions furtifs F-35 – rebaptisés en hébreu "Adir" (superbe) ? Israël en a reçu 5 sur une cinquantaine de commandés. En principe, il aurait fallu beaucoup plus de temps – l’Etat hébreu vient de les recevoir – pour les rendre opérationnels, mais il est assurément capable de ce genre d’intégration accélérée.

 

5. Quelles sont les réactions éventuelles que l’on doit attendre de la part de la Syrie et de ses alliés ?

 

 
Raid israélien stratégique en Syrie (010709/17) Version imprimable
Analyse
jeudi, 07 septembre 2017

 

Par Jean Tsadik

 

La nuit dernière (mercredi à jeudi), le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, a mené un raid contre un important complexe militaire en Syrie. La cible visée, Masayaf (également orthographiée Messiaf), est située à 213 kilomètres à vol d’oiseau de Métula, le point israélien le plus proche de l’objectif. Selon des sources concordantes, la position a été totalement détruite. Selon Amos Yadlin, l’ancien patron du renseignement militaire israélien, elle abritait un centre de développement scientifique à usage militaire, le SSRC, et l’on y manufacturait des missiles de précision ainsi que d’autres types d’armements.

 

La Ména ajoute que ce complexe utilisait les compétences iraniennes en la matière, et accueillait en permanence un grand nombre de techniciens perses et de membres du Hezbollah libanais.

 

Toujours selon Yadlin, on y fabriquait entre autres des armes chimiques et des barils d’explosifs, responsables de la mort de milliers de Syriens. L’ancien général, qui fut également notre attaché militaire à Washington, souligne que "cette attaque constitue enfin une prise de position morale israélienne à propos du massacre qui se déroule en Syrie".

 

masa_pic2.jpg

Masayaf : total destroy

 

Les usines de Masayaf approvisionnaient aussi les forces gouvernementales et la milice du Hezb, supplétive du régime des ayatollahs, en armement sophistiqué potentiellement dangereux pour l’Etat hébreu. Il est clair qu’Amos Yadlin ne s’est pas exprimé de sa propre initiative, alors que le porte-parole de Tsahal, comme à son habitude, se refuse à commenter l’information.

 

Il existe une probabilité élevée pour qu’un chargement important destiné au Liban se trouvait en phase terminale de production.

 

Contrairement à Israël, le commandement général de l’Armée syrienne a émis un communiqué dans lequel il confirme qu’ "à 02h42 du matin, l'aviation ennemie a tiré plusieurs missiles depuis l'espace aérien libanais, visant l'une de nos positions près de Masayaf, causant la mort de deux soldats syriens et des dégâts matériels. Cet acte agressif", poursuit la communication de l’Armée de Bashar al Assad, "pourrait avoir de dangereuses répercussions pour la sécurité et la stabilité de la région".

 

A notre avis, l’oblitération de ce complexe n’aura, au contraire, que des conséquences salutaires. D’autre part, connaissant les activités qui s’y déroulaient et au vu des photos disponibles des résultats de l’opération de cette nuit, le bilan admis par Damas ne concorde pas avec la réalité. D’ailleurs, d’autres sources arabes font état ce jeudi matin d’un nombre beaucoup plus conséquent de victimes, mortes et blessées.

 

La base militaire qui jouxtait les installations de recherche et de production et où les armes étaient entreposées à lui aussi été détruit.

 

Fait intéressant, c’est hier que les enquêteurs de l’ONU ont pour la première fois accusé le gouvernement syrien d’avoir commis un crime de guerre, lorsque, le 4 avril dernier, il a fait bombarder la ville syrienne de Khan Cheikhoun au gaz sarin. Un gaz de combat plus que probablement produit à Masayaf, qui, en cette seule occasion, avait provoqué la mort d’entre 100 et 200 civils et en avait blessé plus de 500.

 

Le raid de cette nuit ne fut pas une opération habituelle, même si, ces cinq dernières années, de l’aveu du commandant sortant de l’Armée de l’air, le Major Général Amir Eshel, le Khe’l Avir a réalisé au moins une centaine de sorties contre le Hezbollah et ses alliés.

 

La raison de cette complexité avait encore été rappelée par notre rédacteur en chef Stéphane Juffa dans un article du 25 août dernier, lorsqu’il indiquait que, dans la zone de Lattaquié, "des satellites espions ont photographié les travaux d’édification d’une fabrique de missiles. Le problème de cet emplacement, pour l’Etat hébreu, se situe dans le fait qu’il se trouve à quelques kilomètres des aéroports réquisitionnés par les Russes de même que de leur centre naval de Tartous. Une intervention du Khe’l Avir dans leur pré carré aurait de fortes chances de se terminer par un affrontement aérien avec les pilotes de Poutine. Inversement, l’inaction d’Israël se solderait par la présence de missiles capables d’atteindre n’importe quelle portion de son territoire".

 

Or, précisément, Masayaf se situe à 44km de Tartous, la plus grande base de la Marine russe à l’extérieur de son territoire, et à 48km de Kmeimim, l’aéroport que les Russes ont réquisitionné au sud de Lattaquié pour mener leurs opérations en Syrie. Autant dire que pour un F-16, ces positions russes se trouvaient à moins de trois minutes de vol de leur objectif de cette nuit. Autant dire, par là-même, qu’ils avaient ces bases de l’Armée de Poutine à portée de missiles.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

Pour ces raisons, les pilotes à l’étoile de David ont sans doute largué leurs missiles ultra-précis à partir du territoire libanais, à 42km de Masayaf, et quasiment à équidistance de Tartous…

 

A partir de là, il nous faut considérer deux hypothèses : la première est que Jérusalem, sans prévenir Moscou ou en l’informant au dernier moment, a pris le risque d’une confrontation avec les Mig et les Soukhoï, dans le souci d’avertir Vladimir Poutine qu’Israël ne braderait pas ses intérêts sécuritaires supérieurs par égard pour la présence russe. Si ce postulat est le bon, il s’agit d’un message significatif et couillu adressé au Tsarévitch.

 

La seconde hypothèse voudrait que Messieurs Netanyahu et Poutine aient discuté de ce raid lors de leur dernière rencontre à Sotchi. Et que cela arrangeait bien les Russes que les Israéliens les débarrassent des ressources de leurs protégés syriens en gaz de combat, dont l’emploi ternit chaque fois leur image de marque. Particulièrement après que le régime de Damas a affirmé à maintes reprises avoir éliminé cette arme de destruction massive comme ordonné par la communauté internationale.

 

Nous ne connaissons pas la réponse à cette interrogation, mais nous penchons cependant pour la première éventualité. Pour la raison que Moscou vient de barrer, au Conseil de Sécurité, une résolution condamnant le Hezbollah, et qu’il aurait été très salutaire pour la suite de faire savoir à M. Poutine qu’Israël n’est que modérément impressionné par ses tergiversations et que notre confiance en sa parole connaît de sérieuses limites. A cela, l’on peut ajouter qu’en cas de confrontation localisée, le contingent russe ne fait pas le poids face à la technologie des Hébreux ; et même si cela participerait de la pure folie, pour Jérusalem, de s’engager dans un conflit armé avec la seconde puissance mondiale, l’image d’une déconvenue cuisante face à Israël, sans raison réelle de s’y exposer, aurait des répercussions dramatiques pour le prestige du Tsarévitch.

 

En résumé, les deux camps n’ont rien à gagner dans une confrontation militaire même limitée, assurément pas pour un jeu qui n’en vaut pas la chandelle, car Moscou n’a pas pour vocation de protéger les Syriens, le Hezb et les Iraniens à n’importe quel prix.

 

Deux autres considérations sont à prendre en compte au sujet du raid sur Masayaf : la semaine prochaine se dérouleront à la frontière nord d’Israël les plus grandes manœuvres militaires depuis la création de l’Etat. Près de 50 000 hommes y participeront, soit huit à neuf divisions, sans compter la Marine, l’Aviation et le Renseignement. Or l’on sait que, dans l’establishment de la Défense, certains envisagent d’un bon œil une opération préventive contre l’Iran et le Hezbollah, au Liban et sur le Golan. Parmi les officiers de Tsahal, tous sont en effet convaincus qu’une confrontation avec la milice chiite libanaise est inévitable et ne constitue qu’une question de temps.

 

Ceux qui y sont favorables savent que le Hezb est empêtré avec l’élite de ses combattants en Syrie, et que leur administrer une bonne correction dans ces conditions ne revêt aucune difficulté particulière. Cela peut, de surplus, faire l’économie d’un conflit ultérieur plus délicat, qui fait peser une lourde menace sur les habitants des agglomérations frontalières à l’instar de Métula.

 

Il est vraisemblable qu’une décision de déclencher les hostilités dans le courant de cet exercice n’a pas été prise. Mais il n’en est pas moins certain que Tsahal se tient prêt à exploiter à son avantage toute provocation éventuelle de la part de ses ennemis, comme, par exemple, une tentative de lancer des représailles après l’annihilation de Masayaf. Cela explique assurément pourquoi le communiqué de l’état-major syrien, ce jeudi matin, ne contenait pas la moindre menace.

 

A Métula, ayant écouté distraitement quelques échanges radio de nos ennemis, nous pouvons vous dire qu’ils se trouvent dans un état de grande excitation, proche de l’hystérie. Il est vrai qu’avec les forces qui sont concentrées en Haute-Galilée, sur mer et dans les airs, il ne faudrait pas grand-chose pour les envoyer tous autant qu’ils sont, ou ce qu’il en resterait, auprès des 72 houris au paradis des terroristes.

 

Dernier point de référence stratégique, la position de plus en plus ferme de l’Arabie Saoudite et des pays sunnites contre le Hezbollah. Cette semaine, les Saoudiens ont exigé des Libanais de choisir clairement entre leur camp ou celui des Iraniens. Il ne fait aucun doute qu’en cas de conflit, les Arabes feraient cause commune avec les Hébreux, les signes de coopération entre eux allant croissant de plus en plus rapidement.

 

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Bruxelles-Métula du 4 septembre 2017 (010409/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 04 septembre 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca  https://youtu.be/nte0OZ8xTB4 (Youtube).

 

Au sommaire : I24News reçoit Charles Enderlin

 

Hier soir, le cinéaste Elie Chouraqui a reçu Charles Enderlin sur I24News à l’occasion du début de la programmation de son émission : "Elie sans interdit".

 

C'aurait été tellement plus clair si I24News avait également invité la Ména pour que nous démontrions, en 10 minutes chrono, cette mise en scène grossière et de très mauvaise qualité. Enderlin, à son habitude, n’a dit rien de factuel, parce qu'il n'a rien de factuel à dire. Mais c'est vrai, Métula est sans doute trop éloignée de Tel-Aviv, Elie connaît mieux l'affaire que ceux qui ont conduit une enquête de quatre ans, disséquant chaque seconde de l'imposture, ce qui s'est passé avant, pendant et après.

 

Une investigation titanesque, réalisée sans aucune aide extérieure, sur nos seuls deniers, afin d’éviter que la vérité ne reste bâillonnée. Face aux faussaires, à France Télévisions, au Président Chirac, à la justice française, à l’ensemble de la presse francilienne sans la moindre exception, aux syndicats de journalistes, aux mensonges et aux insultes, à une grande partie des institutions israélites de l’Hexagone, et à quelques opportunistes qui ont tenté d’exploiter sur le tard pour leur compte le travail que nous avions fourni seuls. Seuls, mais sur la base des découvertes initiales du physicien Nahum Shahaf, qui fut le premier à discerner l’imposture inimaginable à laquelle s’était livrée la télévision de l’Etat français, soutenue par tout l’appareil de l’Etat français.

 

Serait-il inutile de confronter, une fois pour toutes, les affirmations des uns et des autres, preuves à l'appui ? Cela n'a-t-il pas d'intérêt ?

 

Pourtant, la diffusion de ce faux flagrant a donné le signal de départ de la vague médiatique croissante de haine systématique contre Israël et les Juifs sur les media français. Et des dizaines de personnes sont mortes dans la violence des conséquences de cette mise en scène.

 

Certes, Enderlin se serait probablement dégonflé, car il s'est toujours dégonflé. Mais il fallait tout de même l'inviter à débattre, et s'il refusait, laisser la Ména présenter les preuves irréfutables qu'elle a accumulées depuis 17 ans.

 

Les téléspectateurs n'attendent que cela et ils ont le droit de connaître la vérité. I24News était le support idéal pour cette démonstration, dont elle aurait dû prendre l'initiative depuis longtemps. Nous lui avons souvent proposé de le faire, c’est à cela que sert une vraie télévision. Mais elle se comporte comme une chaîne française de qualité médiocre délocalisée en Israël. Par son attitude face à la Controverse, elle protège objectivement la thèse de Fr2 et, partant, les imposteurs. L'unique chose dont la vérité a besoin pour être reconnue par tous est la lumière, et ils la laissent dans l'ombre.

 

Elie Chouraqui a laissé dire à Enderlin que la publication de notre enquête participait de l’effet de la "communication israélienne" ? Sauf que la Ména a été le seul media israélien, 5 ans durant, à soutenir le fait que l'on était en présence d'une mise en scène. Le ministère de la Justice israélien avait refusé de participer à l'enquête. Les chaînes israéliennes et les stations de radio refusaient de nous recevoir, hormis quelques rares exceptions. Le CRIF a appelé à nous boycotter pendant sept ans... avertissant ceux qui organisaient des conférences de la Ména en France qu’ils s’exposaient à des poursuites judiciaires.

 

I24News ignore intentionnellement notre existence (depuis sa création) afin que ses téléspectateurs ne puissent pas distinguer le véritable journalisme de la tarte à la crème. En un mot : lamentable.

 

 
Eliminer les terroristes islamiques assassins est un acte de justice (info # 010309/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 03 septembre 2017

 

Par Guy Millière

 

Je vis dans un pays où la peine de mort existe. Il est des gens qui fustigent ce pays, les Etats-Unis, pour cette raison. Je l’ai déjà dit, et je le répète, la peine de mort me parait légitime pour tout assassinat prémédité. A fortiori, pour les auteurs d’assassinats prémédités qui ont récidivé et commis plusieurs assassinats.

 

Elle est à mes yeux porteuse de respect pour la vie, alors que son abolition est vectrice de l’inverse. Priver un être humain, qui plus est plusieurs d’entre eux, de leur vie, et le faire délibérément (pas de façon accidentelle), a pour conséquence de leur enlever consciemment ce qu’ils avaient de plus précieux.

 

Priver l’assassin de ce qu’il a plus précieux correspond à lui infliger un châtiment à la hauteur du crime qu’il a commis. Le condamner à une peine de prison, et parfois le relâcher au bout de quelques années, constitue une dévaluation de la vie de ceux qu’il a assassinés, et participe à tempérer la gravité du crime commis.

 

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La peine de mort pour les terroristes islamiques ?

 

Ce que je viens d’écrire vaut à mes yeux partout sur Terre. Cela vaut pour les assassinats terroristes, et cela vaut plus particulièrement pour les assassinats terroristes commis sur des personnes en raison de leur appartenance ethnique, nationale ou religieuse.

 

Je regrette pour ma part infiniment qu’Israël n’applique pas la peine de mort aux terroristes islamiques qui assassinent des Israéliens juifs.

 

Garder des terroristes islamiques assassins en prison les expose à un châtiment disproportionnellement léger, d’autant plus qu’il advient trop souvent qu’ils servent de monnaie d’échange, qu’ils soient relâchés à ce titre, puis fêtés comme des héros par des chefs de bandes islamiques tels Mahmoud Abbas, Ismaël Haniyeh, ou Hassan Nasrallah. On peut ajouter que, le plus souvent, les terroristes islamiques assassins souhaitent mourir : la peine capitale matérialise ainsi une excellente occasion d’exaucer leur vœu.

 

Faute d’appliquer la peine de mort, Israël devrait, à tout le moins, en faire beaucoup moins pour préserver la vie des terroristes islamiques assassins. Le courageux soldat qui a tiré sur l’assassin qui avait tué trois personnes à Halamish n’a fait que le blesser ; l’assassin a ensuite été soigné dans un hôpital israélien. Les victimes de l’assassin n’ont pas connu cette chance.

 

L’assassin a été photographié, souriant, sur son lit d’hôpital. Ses victimes ne souriront jamais plus, et l’enquête a montré qu’elles avaient subi les effets d’une sauvagerie incroyable.

 

Le soldat qui est intervenu à Halamish s’est, semble-t-il, inquiété du précédent constitué par le procès intenté à Elor Azaria, et de la peine de prison qui l’a ponctué. Ce précédent, et je le dis avec en moi tout l’amour que je porte à Israël et au peuple juif, me paraît lourd de conséquences.

 

L’Armée d’Israël est présentée comme la plus morale au monde, et elle l’est effectivement. Je suis de ceux qui pensent qu’Elor Azaria aurait dû bénéficier des circonstances atténuantes, et ne jamais être déféré en justice.

 

De ceux qui pensent qu’une armée morale ne doit pas aller jusqu’au désarmement moral de ses soldats, et que, si certaines limites sont franchies, la vie des soldats est davantage exposée.

 

De ceux qui pensent que la place d’un terroriste islamique assassin est six pieds sous terre, ou sous les dents des requins en haute mer.

 

Je suis non seulement favorable à la mort pour les terroristes islamiques assassins, mais favorable aussi à la non-restitution de leurs cadavres à leurs familles. Nous sommes quelques-uns à partager cet avis : dans les mesures proposées par Daniel Pipes pour permettre la victoire d’Israël, il y a précisément la non-restitution des dépouilles des terroristes islamistes assassins à leurs familles.

 

Comme Daniel Pipes, je suis partisan d’une victoire totale d’Israël. Outre le fait que je suis favorable à la mort des terroristes islamiques assassins et à la non-restitution de leurs cadavres à leurs familles, je pense qu’Israël ne doit jamais oublier qu’une guerre féroce lui est livrée et qu’Israël doit impérativement la gagner pour que vienne la paix.

 

Israël n’a rien à attendre de ses ennemis en faisant preuve de mansuétude ou de faiblesse à leur égard ; la mansuétude ou la faiblesse ne gagnera d’ailleurs pas à Israël le moindre supplément de sympathie dans un monde occidental, de plus en plus pusillanime et toujours davantage envahi par un antisémitisme d’autant plus virulent qu’il ne dit pas son nom.

 

Eliminer les terroristes islamiques assassins est une action de justice pleinement légitime.

 

Chaque personne assassinée avec préméditation par un assassin est une personne assassinée de trop. Chaque Israélien juif assassiné par un terroriste islamique assassin est un Israélien juif assassiné de trop, et mérite que justice lui soit faite. Une justice pleine et entière.

 

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Le mandat des casques bleus reconduit et revitaminé entre Israël et le Liban (info # 020209/17) Version imprimable
Analyse
samedi, 02 septembre 2017

 

Par Michaël Béhé à Beyrouth

 

Mercredi dernier, le mandat des Casques bleus de la FINUL, la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban, a finalement été reconduit pour une année supplémentaire. Le Conseil de Sécurité de l’ONU a en effet adopté à l’unanimité de ses quinze membres la résolution 2373, qui prolonge ledit mandat, non sans y apporter plusieurs modifications importantes, comme les avaient demandées les Etats-Unis et Israël.

 

Rappelons que la présence de la FINUL au Liban, dans la région frontalière avec l’Etat hébreu, est régie par la résolution 1701, adoptée par le Conseil le six août 2006. La 1701, proposée par la France et des pays arabes, avait pour but de mettre un terme à la contre-offensive de Tsahal au Liban en échange de plusieurs dispositions, dont les principales étaient : le désarmement de tous les groupes armés dans l’ensemble du pays aux cèdres, cette clause s’adressant particulièrement au Hezbollah, la milice chiite supplétive de l’Iran, ainsi que l’éviction de toute force armée autre que l’Armée libanaise et la FINUL au sud du fleuve Litani qui coule parallèlement à la frontière israélienne.

 

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No comment

 

Dans les faits, si l’Etat hébreu avait cessé ses opérations militaires, de notre côté, la décision onusienne n’a jamais été suivie d’effets. Au contraire, depuis 2006, le Hezbollah, grâce aux armes qu’il reçoit de Téhéran, s’est imposé comme un Etat dans l’Etat, disposant de sa propre armée et supplantant les institutions nationales chaque fois qu’il le décide.

 

Près de la frontière avec notre voisin du Sud, la présence des Forces armées libanaises est très discrète et se résume à quelques postes d’observation et à de très rares patrouilles. La milice chiite, quant à elle, a constitué des dizaines de bastions militaires dans les villages, et amassé de grandes quantités d’armement et de munitions en vue d’une prochaine confrontation avec Israël, le tout, bien entendu, en contravention flagrante avec les clauses de la Résolution 1701.

 

De plus, comme à l’est de la Bekaa face à la Syrie et dans d’autres bastions qu’il contrôle, le Hezbollah utilise des uniformes de l’Armée qu’il a dérobés par milliers afin de vêtir ses miliciens et de les faire passer pour des soldats légitimes de la République libanaise.

 

Face à nos camarades de la rédaction à Métula, les membres de l’organisation terroriste chiite ont également plantés leurs drapeaux, de même que ceux de la République Islamique d’Iran et disséminé des effigies de leur chef, Hassan Nasrallah, de leurs "martyrs" et de l’instigateur de la Révolution islamique en Iran, feu l’ayatollah Rouholla Khomeiny.

 

De temps à autres, le Hezb organise des visites guidées sur la frontière à l’intention des journalistes présents au Liban, démontrant par là même que la force armée qui contrôle cette région n’est pas l’Armée de notre pays.

 

Quant à la FINUL, qui compte aujourd’hui un peu plus de 10 500 Casques bleus – des soldats dont la tâche, en principe, est le maintien de la paix, non pas uniquement l’observation passive des infractions à la résolution de l’ONU -, sa présence dans la zone limitrophe est à peine tolérée par le Hezb..

 

Ainsi, la milice n’autorise pas les casques bleus des 39 pays participant au contingent de maintien de la paix à pénétrer dans les villages qu’elle occupe ni à inspecter ses positions. Par le passé, les Casques bleus avaient tenté de mener à bien la mission qui leur est confiée, mais ils avaient été accueillis à coups de pierres, puis d’armes automatiques, par les Hezbollani et leurs affidés.

 

Depuis, la FINUL se contente de patrouiller sur les routes principales, à l’écart des villages, des fortifications et des entrepôts d’armes de la milice pro-iranienne. Elle utilise aussi un hélicoptère deux fois par jour qui suit précisément le tracé de la frontière de la Méditerranée aux contreforts du Golan.

 

Il est évident que ces "aménagements" avec les provisions de la Résolution 1701, qui résultent de décisions prises au niveau national par les pays participant à la force internationale sont parfaitement irréguliers, puisque le mandat de la FINUL ne saurait être dicté que par la résolution en question, qui seule est valide pour définir ses fonctions et obligations. Dans son rôle législatif, l’organe de référence, c’est-à-dire le Conseil de Sécurité des Nations Unies, supplante en effet les gouvernements qui fournissent des hommes, et qui sont censés le faire dans le respect de la seule autorité du Conseil en la matière.

 

Il n’appartient pas aux Etats qui envoient des troupes d’adresser directement à leurs soldats des ordres contraires ou divergents à ceux déterminés par le Conseil de Sécurité dans ses résolutions. L’un des champions de l’exercice de ce mode opératoire délétère est la France, qui avait pourtant rédigé les dispositions de la 1701 mais qui n’a jamais tenté de les faire respecter sur le terrain. Au contraire, à la veille du dernier vote de reconduction du mandat, dans un vif différend qui l’opposait à Washington et Jérusalem, Paris se déclarait satisfait du rôle joué actuellement par la FINUL, et ne désirait aucune modification à son mandat. Entre 2006 et 2017, la France a d’autre part réduit sa participation à la FINUL de 2 000 à 800 hommes.    

 

Pour Anne Guéguen, l'ambassadrice adjointe de la France auprès des Nations Unies, la FINUL, avec son rendement existant, "joue un rôle décisif dans un contexte régional très difficile pour stabiliser le sud du Liban". Pour Madame Guéguen, "la Force onusienne a fait preuve d'un effet stabilisant dans un environnement volatil, complexe et perturbé. Sa mission, conformément à la résolution 1701 (sic), a contribué avec succès au maintien d'une situation calme dans son domaine d'activité le long de la ligne bleue depuis août 2006".

 

Si la résolution 1701 ne provisionnait que le maintien d’un calme relatif le long de la frontière entre le Liban et Israël, et encore selon les termes imposés par une organisation classée terroriste par l’ONU est dont la présence à cet endroit est bannie, Paris aurait sans doute raison. Mais ce n’est pas le cas ! La Finul doit principalement désarmer le Hezbollah et l’empêcher d’exister au sud du Litani, et c’est le Quai d’Orsay qui avait rédigé ces termes et qui ne s’en souvient plus. Elle doit donc non seulement s’assurer que la frontière soit calme, mais aussi qu’elle le restera. Ce, en appliquant, stricto sensu, les résolutions votées au Conseil de Sécurité.

 

La portée du comportement français s’étend au-delà de la discussion du cadre juridique du mandat de la FINUL et des désaccords entre diplomates. Elle comprend des effets hautement nocifs et complémentaires : d’une part, en tolérant la présence armée du Hezbollah au sud du Litani, et en se pliant sans broncher à son autorité, l’ONU prend acte de cette présence et la légitime de facto.

 

Ensuite, lorsque l’on sait que, sur une autre frontière de notre pays, dans la région des Jurds, au Nord-Est, le Hezbollah vient de se livrer à une vaste opération militaire – sans s’en référer le moins du monde à l’autorité souveraine du Liban – contre des organisations armées sunnites, cela devrait tout de même appeler à une certaine analyse.

 

Lorsque l’on sait aussi que le même Hezbollah vient d’ordonner à l’Armée nationale d’interrompre sa propre offensive, dans la même région et face aux mêmes ennemis, pour la raison qu’il s’est mis d’accord avec eux pour l’établissement d’un cessez-le-feu, même à Paris, on ne devrait pas se satisfaire du calme apparent qui prévaut au Sud.

 

En ignorant intentionnellement ces atteintes à notre souveraineté nationale, ceux qui se gaussent de la situation actuelle mettent simplement la survie de tous les Libanais en danger. Car ce faisant, ils laissent à la milice à la solde de Téhéran le choix de déclencher un nouveau conflit armé avec Israël, tout en sachant que, si les Hébreux étaient une fois encore agressés sans l’avoir aucunement provoqué, ils renverraient le Liban au temps des dinosaures. Ils ont déclaré qu’ils le feraient, et si des tirs provenant du Liban tuent leurs civils, personne ne doute à Beyrouth qu’ils mettront leur menace à exécution et que, de plus, ils ne feraient qu’exercer leur droit à la légitime défense le plus strict.

 

Ainsi, une milice terroriste, issue d’une communauté minoritaire – représentant environ 33 pour cent de la population nationale -, agissant au service d’un Etat étranger et au détriment du sien, peut exposer, à n’importe quel moment, la majorité de notre population à un terrible conflit dont elle ne veut absolument pas.

 

Il y a une semaine, l’ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, avait fermement condamné cet aveuglement, déclarant  que les Casques bleus de la force de paix des Nations Unies au Liban ne faisaient pas leur travail de manière correcte. Madame Haley a précisé que le FINUL se montrait particulièrement inefficace pour empêcher "l'approvisionnement massif en armes du Hezbollah, la plupart du temps par des trafics alimentés par l'Iran".

 

Répliquant indirectement à l’ambassadrice française, la déléguée U.S. a affirmé que ce que faisait actuellement la FINUL, "ce n'est pas prévenir la guerre, c'est la préparer !". Madame Haley a dit vouloir amender le texte du mandat de la force de l’ONU, afin qu’il "qui dise clairement à la Finul de faire ce qu'elle aurait dû faire depuis des années".

 

L’ambassadrice s’en est aussi vertement prise au commandant de la Finul, le Général irlandais Michael Beary, qu’elle accuse d'être "aveugle" sur les trafics d'armes dans le sud du Liban. "Il semble être la seule personne dans le sud du Liban à ne pas voir ces trafics, et fait preuve d'un manque de compréhension embarrassant sur ce qui se passe autour de lui", a-t-elle conclu.

 

Le représentant israélien à l’ONU, Danny Danon, a soutenu l’analyse faite par son homologue américaine, exigeant de la FINUL qu’elle mette "un terme aux violations par le Hezbollah des résolutions du Conseil de Sécurité afin d'instaurer [durablement ? Ndlr.] le calme dans la région". Pour M. Danon, les Casques bleus "doivent insister pour avoir un accès illimité à toutes les installations suspectes sous leur mandat". Dans le Wall Street Journal, il a prôné "une inspection méticuleuse des villes et des villages du sud du Liban", et "le démantèlement des bastions du Hezbollah", en conformité avec le mandat reçu par la FINUL.

 

Finalement, c’est la version américano-israélienne qui est passée, et encore à l’unanimité, ce qui est remarquable, les grandes puissances que sont la Russie et la Chine votant en faveur de la résolution. Il est vrai que les Etats-Unis ont pesé de toute leur influence pour parvenir à ce résultat. A noter que le gouvernement libanais du président Aoun, menotté par la menace permanente que lui applique le Hezb, s’était calqué sur la position initiale de la France soutenant le statu quo. Israël et le Liban n’étaient pas représentés au Conseil durant le vote.  

 

Quatre nouveaux dispositifs ont été désormais intégrés au mandat des Casques bleus. Il s’agit de :

 

1. L’augmentation significative de la présence de la FINUL, devant se traduire par une augmentation du nombre de ses soldats et des moyens à leur disposition.

 

2. L’injonction faite à la FINUL d’entrer dans les villes et les villages tenus par le Hezbollah.

 

3. La demande qui lui est faite de fournir davantage de rapports sur ses missions.

 

4. L’injonction d’informer immédiatement le Conseil en cas de violation des résolutions onusiennes par le Hezbollah.

 

Reste à voir si ces amendements seront mis en pratique par les Casques bleus sans interférences de la part des Etats qui participent à leur contingent. Force est de constater que la mouture de 2006 de la Résolution 1701 aurait dû suffire mais que les soldats de l’ONU, pour se préserver, ne l’avaient pas mise en œuvre.

 

Au cas où, sous le regard accru et déterminé de l’Amérique, ces nouvelles dispositions se traduiraient par les actes qu’elles préconisent, une confrontation ponctuelle avec la milice terroriste chiite semble inévitable. Mais la paix est à ce prix, de même que la sécurité des civils israéliens et la préservation du Liban.

 

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Bruxelles-Métula du 1er septembre 2017 (010209/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
samedi, 02 septembre 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/Eg9IOONpsLE (Youtube). Attention, la diffusion de Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca change d’horaire pour la nouvelle saison et aura lieu, toujours en direct, tous les lundis à 7h40 sur les ondes de la station bruxelloise. Pour suivre les émissions en direct : http://www.radioline.co/listen-to-radio-judaica-bruxelles .

                    

Au sommaire :

 

1. Le mandat de la FINUL est reconduit pour un an par le Conseil de Sécurité de l’ONU, et la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban est priée, par quatre nouvelles mesures, d’entrer dans les villes et villages contrôlés par le Hezbollah afin de vérifier que les résolutions du Conseil sont respectées. Tous les détails dans l’article très circonstancié de Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, paraissant aujourd’hui sur les supports de la Ména.

 

2. Le Premier ministre israélien, Binyamin Netanyahu, accentue son discours d’auto-victimisation, accusant la presse ainsi que les témoins à sa charge de fomenter un coup d’Etat contre sa personne. Les journalistes présents à la réunion du Likoud hués et insultés par l’assistance en réponse aux incitations de Netanyahu.

 

Plusieurs députés du Likoud jugent indigne et inadéquat le comportement du Premier ministre.

 

M. Netanyahu informe le tribunal qu’il a passé, ces trois dernières années, 300 heures au téléphone avec l’ex-rédacteur en chef et le propriétaire du quotidien gratuit "Israël Hayom" [Israël aujourd’hui], qui fait l’apologie de sa politique.

 

 
Bruxelles-Métula du 25 août 2017 (012508/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
jeudi, 24 août 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca  https://youtu.be/oiWB9OqfY7k (Youtube).

 

Au sommaire :

 

1.      Rencontre importante entre le Premier ministre Binyamin Netanyahu et le Président russe Vladimir Poutine, mercredi dernier, dans la station de villégiature de Sotchi sur les bords de la mer Noire. Au menu de ces entretiens qui sont devenus presque réguliers depuis plusieurs mois, le danger représenté par l’installation de l’Armée iranienne, de ses supplétifs du Hezbollah ainsi que des milices chiites à la solde de Téhéran en Syrie.

Au fur et à mesure de l’effondrement de l’Etat Islamique dans l’est de ce pays, aidés en cela par la stratégie d’extrême retenue difficilement compréhensible de l’Amérique de Trump, les Perses se déploient dans nombre de territoires perdus par DAESH. Cette progression est rendue possible grâce au soutien aérien massif des bombardiers russes, qui permettent la progression de l’Armée régulière de Bashar al Assad vers Deïr Ez Zor et la frontière iraquienne.

 

Or la minorité constituée par la tribu d’Assad, les Alaouites, ne compte qu’un million et demi de membres sur les dix-huit millions de Syriens. L’Armée gouvernementale n’étant quasiment plus formée que de militaires de ce clan, elle ne dispose pas des effectifs nécessaires pour contrôler les régions conquises et doit ainsi faire appel pour cette tâche aux alliés iraniens.

 

Ces derniers progressent dans la réalisation de leur plan stratégique de création d’une continuité territoriale chiite allant de l’Afghanistan au Liban. Outre le territoire iranien, les ayatollahs dirigent déjà le gouvernement iraquien et le pays aux cèdres, grâce au régime de terreur qu’y impose la milice chiite du Hezbollah et sa puissance guerrière.

 

Gênés par les raids du Khe’l Avir qui détruisent pratiquement tous les chargements d’armes iraniennes destinés au Hezb et transitant par la Syrie, Téhéran a entrepris de construire des usines de production d’armes sophistiquées en Syrie et au Liban.

 

A Banias, dans le réduit alaouite syrien de Lattaquié, des satellites espions ont photographié les travaux d’édification d’une fabrique de missiles. Le problème de cet emplacement, pour l’Etat hébreu, se situe dans le fait qu’il se trouve à quelques kilomètres des aéroports réquisitionnés par les Russes de même que de leur centre naval de Tartous. Une intervention du Khe’l Avir dans leur pré carré aurait de fortes chances de se terminer par un affrontement aérien avec les pilotes de Poutine. Inversement, l’inaction d’Israël se solderait par la présence de missiles capables d’atteindre n’importe quelle portion de son territoire.

 

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L’usine de missiles iraniens dans la province syrienne de Lattaquié

 

Au Liban également, des sources étrangères font état de la construction par les Khomeynistes d’une usine souterraine de missiles Fateh-110 à proximité de Hermel, dans la partie orientale de la vallée de la Bekaa, déjà soustraite de facto à la souveraineté du gouvernement officiel libanais. Le Fateh-110 possède une portée de 300km et une charge utile d’une demi-tonne, de quoi préoccuper les stratèges de Tsahal.

 

Lors des entretiens russo-israéliens, très sérieux, tenus en petit comité – trois à quatre participants dans chaque délégation -, qui se prolongent souvent au-delà de trois heures, Netanyahu, accompagné du chef du Mossad, Yossi Cohen, et d’un membre du Conseil National de Sécurité, tente de persuader ses interlocuteurs que la présence permanente des Iraniens sur le sol syrien et leur projet d’ "autoroute" chiite ne peut que nuire à leurs intérêts.

 

Ils trouvent face à eux un Poutine amical et attentif, au courant des moindres détails de la situation régionale. Chacun défend ses propres priorités telles qu’il les conçoit, mais on se parle. De plus, on améliore à chaque meeting les dispositions établies afin d’éviter d’éventuels affrontements entre les deux armées.

 

Mais l’Iran est également un gros client de la Russie dans beaucoup de domaines dont le militaire. Téhéran octroie aussi aux Russes la possibilité d’utiliser des aéroports pour leurs bombardiers ainsi que d’autres avantages stratégiques. Pour ces raisons, les discussions n’aboutissent jamais à des conclusions communes quant au fond.

 

Poutine n’est pas un partenaire fiable, et ces entretiens ont surtout le mérite d’échanger des informations. Il agit plutôt tel un serpent cynique ; à la différence d’autres leaders, il ne s’en cache pas et fait même tout ce qui est nécessaire pour que cela se sache. Comme pour illustrer cette métaphore, l’ambassadeur de Russie aux Etats-Unis s’est fendu d’une déclaration alors que la discussion "cordiale" de Sochi n’était pas encore terminée. L’ambassadeur a ainsi affirmé que Moscou considérait que l’Iran jouait un rôle positif en Syrie.

 

 

2.      Le Major-Général Amir Eshel, commandant sortant de l’Armée de l’air israélienne, a déclaré que le Khe’l Avir était intervenu près d’une centaine de fois, ces cinq dernières années, au Liban, en Syrie et dans d’autres pays afin d’empêcher nos ennemis de s’équiper d’armements sophistiqués.

Il s’est agi d’une nouvelle tactique, a souligné Eshel, notant que, durant les années précédentes, les avions frappés de l’étoile de David n’intervenaient que rarement aussi loin de leurs frontières.

 

L’officier s’est réjoui du fait que ces opérations efficaces, d’ampleurs très diverses, ont été conduites en réalisant leurs objectifs sans pour autant que cela ne dégénère en conflits ouverts.

 

L’ancien chef de l’Aviation des Hébreux a également souligné l’influence qu’il avait pu avoir pour empêcher le pouvoir exécutif de se lancer dans la destruction des sites nucléaires iraniens.

 

Tout en atteignant un niveau de préparation jamais égalé auparavant pour réaliser d’éventuelles missions contre ces structures, les responsables du Khe’l Avir sont parvenus, comme face au Hezbollah et à la Syrie, à éviter l’embrasement généralisé.

 

Ils ont atteint cet objectif sans jamais provoquer de crise avec Binyamin Netanyahu et les trois ministres de la Défense qui se sont succédés durant cette période et qui ont tous apprécié la pertinence d’Amir Eshel.

 

 
Annonce technique : Version imprimable
Communiqué
jeudi, 24 août 2017

 

Annonce technique : entre le samedi 26 et le jeudi 31 août inclus, les ingénieurs de la na procéderont à l’installation programmée d’une nouvelle partie importante des nouveaux modules informatiques destinés au remplacement du système de distribution existant par un système beaucoup plus moderne.

 

Durant cette période, les articles ne pourront être consultés que sur la page Facebook de l’agence, à l’adresse https://www.facebook.com/menapress/?ref=aymt_homepage_panel. La consultation des articles sera exceptionnellement gratuite et le public aura accès à l’intégralité des textes publiés.

 

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Les Chameaux éliminés de la Ligue des Champions (info # 012208/17) Version imprimable
Sport
mardi, 22 août 2017

 

Par Ilan Tsadik

 

Des joueurs rouges affalés sur la pelouse, des violets qui pleurent de joie, un public qui exulte, c’est la cruelle loi du sport. Hapoël Beersheva s’est incliné sur la marque d’un but à zéro, mais cela suffit à Maribor pour se qualifier pour la phase des poules de la compétition reine grâce au but qu’il a marqué au match aller dans la capitale du Néguev. Car en cas de parité au terme des deux rencontres, les buts inscrits à l’extérieur comptent double.

 

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Le gardien Gaï Khaïmov, l’un des seuls Beershéviens à n’avoir rien à se reprocher ce soir

 

Un but du défenseur local Viler à la quinzième minute, alors que les "ouvriers" du désert n’étaient pas encore entrés dans la rencontre, a scellé le sort de ce match de barrage. Beersheva a chèrement payé pour une première mi-temps en demi-teinte, lors de laquelle il n’a pratiquement pas inquiété le portier Jasmin Handanović, qui allait devenir le héros de toute la Slovénie.

 

En effet, à la dernière minute de la rencontre, Handanović déviait un coup de tête de Nwakaeme qui prenait le chemin des filets au prix d’une détente en tous points monumentale. Car il n’aurait fallu qu’un but aux Chameaux pour accéder au paradis du football.

 

En seconde période, c’est Hapoël qui prit le match à son compte mais avec moins de niaque qu’à son habitude. Il se ménageait certes quatre ou cinq opportunités mais Pekhart, entré à la place de Ghadir, inexistant jusqu’alors, manquait cruellement de mordant. Et Melikson, le capitaine, qui n’excelle pas de la tête, loupait la cible à deux ou trois reprises dans des situations favorables.

 

Toute l’équipe jouait un ton au-dessous de son meilleur niveau, et c’était insuffisant pour évincer les Slovènes, certes inférieurs en valeur absolue, mais volontaires, organisés et soutenus par un public qui ne cessa pas une seconde de les encourager.

 

John Ogu semblait fatigué, Radi n’a pas le niveau européen, particulièrement en phase offensive, et la défense s’est montrée souvent confuse. Il est vrai qu’en l’absence de Vitor, blessé, c’était la première fois qu’elle s’alignait avec son transfert de dernière minute, Elkhamed, ponctionné la semaine dernière du FC Ashdod.

 

Même Anthony Nwakaeme était loin de son rendement coutumier, soumis au marquage de deux ou trois adversaires chaque fois qu’il héritait du ballon.

 

Le gardien Gaï Khaïmov tira son épingle du jeu en multipliant les sorties très propres. L’autre point fort des footballeurs du Néguev fut le jeune Michaël Ohana (21 ans), lui aussi entré en seconde période, qui insuffla beaucoup de vie à ses couleurs grâce à sa vivacité et à sa technique.

 

Durant les vingt dernières minutes, les Chameaux firent le siège des bois adverses mais sans parvenir à trouver la faille.

 

La saison dernière, Beersheva avait manqué la phase des groupes également à un but près face au Celtic Glasgow en barrages, Maharan Radi manquant un penalty dans le money time au stade Turner. Hapoël Beersheva devra encore prendre son mal en patience afin de devenir la quatrième équipe israélienne à évoluer en phase de poules de la Ligue des Champions.

 

La différence, ce soir ? Le tir de Viler est entré, la tête de Nwakaeme non. Ce furent les deux vraies occasions des deux côtés. Une petite différence qui coûte la bagatelle de douze millions d’euros à Hapoël, qui constitue le bonus accompagnant l’accession à la phase des groupes.

 

Tout n’est pas perdu pour les Chameaux, puisqu’ils sont qualifiés pour l’Europa League, la seconde compétition du foot européen, à la faveur de leurs victoires durant les rencontres préliminaires de la Champions League.

 

Ils y retrouveront aussi de sérieux clients, à l’instar d’Arsenal, et de Nice, qui n’a rien pu faire même à la maison face à Naples, qui s’est à nouveau imposé par deux buts à zéro comme à l’aller il y a une semaine.

 

L’ambiance ne sera pas à la fête dans l’avion du retour, ni pour les joueurs, ni pour les cinq cents tifosi qui avaient fait le déplacement de Maribor. Avec, au fond de la gorge, non seulement le goût amer de la défaite, mais aussi celui d’avoir galvaudé de pas grand-chose l’occasion de briller au plus haut niveau mondial. Ce n’est pas uniquement la loi du sport, c’est aussi celle de la vie. Et le spectacle continue…

 

 
D'un massacre à l'autre (info # 012108/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 21 août 2017

 

Par Raphaël Delpard

 

Faut-il que les dates nous harcèlent ? L'âge venant, la remontée d'événements se fait plus prégnante ; le 5 juillet dernier, me revenait à la mémoire le massacre des Français et des Algériens favorables à la France, le 5 juillet 1962 à Oran. Ces derniers jours, avec l'attentat de Barcelone, ce fut l’un des actes les plus ignobles, commis le 20 août 1955 à El-Halia en Algérie, qui est revenu assaillir mon esprit.

 

Le 20 août 1955, en effet, est une date marquée au fer rouge. Les historiens la comparent au 10 juin 1944, où, dans la campagne limousine, une compagnie de la 2ème division blindée SS Das Reich avait envahi le village d'Oradour-sur-Glane et exterminé la quasi-totalité de la population.

 

La méthode du FLN, aujourd’hui largement réhabilité auprès de la plupart des partis politiques de l’Hexagone, consistait à massacrer autant de Français que possible. L'Aloïs Brunner algérien se nommait Zighout Youssef, il était le commandant de la Wilaya 2 – la région militaire de l'Armée de Libération Nationale (ALN) qui englobait le Nord-Constantinois.

 

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Les civils français alignés à même le sol sur la place du village

 

Youssef entendait provoquer la rupture entre les Européens et les Arabes. La méthode qu’il allait choisir pour y parvenir était bien rôdée et avait fait ses preuves.

 

Il allait acculer les Français afin qu'ils réagissent avec violence. La violence et les photographies qui la montreront seront utilisées comme propagande, et serviront aussi à convaincre les Algériens hésitants à se lancer dans les combats de l'insurrection. La presse internationale, déjà peut soucieuse de la provenance des photos, les utilisera pour illustrer le comportement des Français - des colons – aux dépens de la population algérienne.

 

El-Halia est un petit village situé à un jet de pierre de Philippeville et à trois kilomètres à vol d'oiseau de la mer. Y cohabitent sans problèmes deux mille musulmans et cent trente Français. Les hommes sont tous employés à la mine de pyrite. Il n’existe aucune différence de salaire d'une communauté à l'autre, les avantages sociaux sont analogues pour tous. Les Algériens et les Français vivent les uns à côté des autres, dans des maisons souvent mitoyennes.

 

Youssef a prévu que deux équipes de fellahs (paysans), ivres de propagande antifrançaise, vont opérer au même moment, à midi. Pourquoi cette heure ? Parce qu'il y fait une chaleur d'enfer. Les Européens sont à table, et donc rassemblés dans les maisons.

 

Il est 11 h 30, lorsque quatre bandes encerclent le village. Les agresseurs sont pour la majorité des ouvriers de la mine, armés de pelles, de pioches et de gourdins. Comment Youssef s'y est-il pris pour les convaincre de passer du statut de voisins à celui d'assassins ? L'histoire ne nous le dit pas.

 

Les émeutiers sont discrètement protégés par les soldats du FLN qui sont chargés de surveiller le bon déroulement du massacre ; ils s'enfuiront dès l'arrivée des soldats français.

 

Les hordes algériennes connaissent évidemment chaque famille européenne et chaque maison ; la veille encore, les uns et les autres ont bu ensemble un verre de thé sur le banc, en face des maisons. Ils ont parlé de la mine, des enfants, de football aussi. Une paisible conversation.

 

Les femmes sont occupées à préparer le déjeuner, les enfants jouent dans leur chambre, la chaleur est torride.

 

Les Européens que la meute rencontre sont égorgés sur place. Arrive le camion rentrant de la mine. Il est assailli, le chauffeur a la gorge tranchée. Un deuxième camion se présente, les ouvriers français subissent le même sort que les précédents.

 

Les photographies des scènes d'horreur n'ont jamais été publiées par décence pour les victimes. Que l'on sache cependant que la petite Bernadette Mello, qui n'a que cinq jours, est tronçonnée sur le rebord de la baignoire, sous les yeux de sa mère. Les monstres l'obligent à assister à l'exécution de son bébé. Elle est ensuite violée, puis on lui ouvre le ventre et l'on y replace les morceaux déchiquetés de son enfant.

 

Faustin Mello est surpris. Il se repose dans sa chambre. Il est amputé des bras et des jambes à la hache dans son lit. Dans une autre famille, les tueurs n'épargnent pas une fillette de onze ans ni sa grand-mère, âgée de soixante-seize ans.

 

Les Français se barricadent chez eux, essayant de résister aux assaillants. Les femmes arabes ont rejoint les émeutiers. Elles aussi, comment se sont-elles muées si rapidement de voisines aimables en meurtrières sanguinaires ?

 

Elles poussent de sinistres youyous stridents tout en appellent au djihad (la guerre sainte), tandis que les hommes surexcités sortent les Européens de leurs maisons, les traînent dans la rue, et les tuent à coups de pelles et de pioches. Des familles entières sont ainsi exterminées.

 

Lorsqu’une unité de l'Armée française arrive sur place, les soldats sont pris de nausée découvrant le carnage. Les larmes aux yeux, lèvres closes, grondants de colère, ils alignent les morts qui n'ont plus d’aspect humain sur la place du village.

 

Les parachutistes français se déploient sans attendre dans la région, l'engagement du feu avec les rebelles est rapide et brutal. Apprenant l'horreur d’El-Halia, des civils français se transforment en justiciers et, à leur tour, tuent sans discernement les Algériens qu'ils croisent.

 

Zighout Youssef est heureux. L'objectif qu'il s'était fixé est atteint. Les photographies des musulmans assassinés par les Français vont circuler dans les chancelleries et feront la une de la presse internationale. Pas un seul media n'évoquera le massacre des Français d'El-Halia.

 

Dans vingt ans, ou moins, que restera-t-il de l'attentat de Barcelone, du Bataclan à Paris, de celui de Nice et des autres qui ne vont pas manquer d’être perpétrés prochainement ? La vérité sera-t-elle dite ? Où sera-ce une fois de plus le triomphe de la barbarie et du mensonge ?

 

 
Pourquoi le "peuple palestinien" fut-il inventé (info # 012008/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 20 août 2017