L’Aviation israélienne bombarde les positions du Hezbollah d’où les roquettes ont été tirées Version imprimable
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mercredi, 04 août 2021

 

(010508/21)

 

Métula, jeudi 02h05, 01h05 en Avignon

 

Aux environs d’une heure du matin de forts vrombissements de moteurs d’avions ont déchiré la nuit de Métula.

 

Quelques secondes plus tard, trois énormes déflagrations ont été entendues à la rédaction.

 

Des chasseurs-bombardiers du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, venaient de frapper des positions de lancement de roquettes ainsi que des infrastructures du Hezbollah au Liban-Sud, dans un rayon de 5 à 15km de la frontière internationale.

 

L’alarme n’a pas été déclenchée à Métula ni ailleurs en Israël.

 

La situation est relativement calme au moment où nous diffusons cette breaking. Le silence n’est brisé que par le bruit des drones qui patrouillent dans le ciel non loin de notre village, et par les chars Merkava qui s’activent sans discontinuer dans la base de Tsahal qui surplombe la rédaction à 50m de nos bureaux.

 

La rédaction de la Ména maintiendra une vigie tout au long de la nuit.

 

Ci-dessous le texte traduit en français diffusé il y a quelques minutes par le porte-parole de l’Armée israélienne :

 

"Plus tôt dans la journée, des roquettes ont été tirées du Liban sur le territoire israélien. En réponse, des avions de combat de Tsahal ont frappé des sites de lancement et des infrastructures utilisés par la terreur au Liban à partir desquelles les roquettes ont été lancées.

 

Une cible supplémentaire dans la zone à partir de laquelle des roquettes avaient été lancées dans un passé récent a également été ciblée.

 

Cet incident, comme beaucoup d'autres, renforce la nécessité d'appliquer activement la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU.

 

L'armée israélienne considère que l’Etat libanais est responsable de toutes les actions ayant pour origine son territoire et met en garde contre de nouvelles tentatives de nuire aux civils israéliens et à la souveraineté d'Israël".

 

 

 
L’Artillerie de Tsahal cible en ce moment des positions du Hezbollah (020408/21) Version imprimable
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mercredi, 04 août 2021


Métula, mercredi 15h00, 14h00 à Montbrun-les-Bains

 

A partir de 13h50 locales, l’Artillerie israélienne œuvrant à partir des contreforts du Golan pilonne les positions de la milice terroriste chiite libanaise du Hezbollah, supplétive de la "République" Islamique d’Iran.

 

Laquelle a, peu auparavant, tiré sept roquettes visant des localités israéliennes du Doigt de la Galilée.

 

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Photo de nos archives de l’Artillerie israélienne

© Metula News Agency

 

Nous qualifierons le bombardement en cours "d’intensité moyenne" et de "sporadique".

 

Selon al Manar [ara.: le phare], l’un des plus importants media du Hezbollah, 28 obus d’artillerie ont frappé le Liban depuis le début de l’agression de la milice terroriste. Ce qui nous paraît à peu près correct.

 

Quant à Tsahal, il vient d’émettre un nouveau communiqué dans ces termes :

 

"Pour la troisième fois en deux heures, Tsahal a frappé le long de la frontière libanaise

 

Il y a peu de temps, les forces d'artillerie de Tsahal ont frappé le territoire libanais en réponse aux roquettes tirées sur le territoire israélien plus tôt dans la journée".

 

Peu d’obus, mais les tirs sont précis et ils s’abattent sur les postes de l’ennemi d’où les roquettes avaient été tirées.

 

Le Hezbollah ne réagit pas pour le moment.

 

 

 
Le Hezbollah tire 7 roquettes sur le Doigt de la Galilée. Tsahal riposte (010408/21) Version imprimable
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mercredi, 04 août 2021

 

Le Hezbollah tire 7 roquettes sur le Doigt de la Galilée. Tsahal riposte (010408/21) [Breaking]


Métula, mercredi 13h30, 12h30 à Saint-Rémy-de-Provence

 

Sept roquettes ont été tirées spontanément sur le Doigt de la Galilée – sans qu’il y ait eu préalablement d’actions offensives de la part de Tsahal -  à partir du Liban. Cette observation a été réalisée à partir de notre rédaction de Métula par des journalistes.

 

L’un de ces projectiles est tombé au Liban, d’autres ont semble-t-il été interceptés par le Dôme de Fer. Trois ont explosé sur des secteurs inhabités.

 

Le Magen David Adom [l’étoile de David rouge, l’équivalent israélien de la Croix rouge] ne signale pas de blessés, mais d’importants incendies ont éclaté à l’impact des Katiouchas.

 

Nous connaissons précisément les points de chutes des projectiles mais nous choisissons de ne pas les mentionner afin de ne pas communiquer d’indications à l’ennemi.

 

L’Armée israélienne a riposté par l’intermédiaire de son artillerie. Nous avons aussi entendu des tirs de chars sporadiques. Les Merkava, dans la base située à 50 mètres en amont de la rédaction, sont en mouvement constant dans leur périmètre d’activité.

 

Les alarmes ont sonné à Kiryat Shmona, la ville la plus touchée par cette agression, à 6km à vol d’oiseau de Métula, et à Tel-Khaï et Kfar Giladi, à 4km de la rédaction. On sent distinctement l’odeur de la poudre à canon autour de la rédaction.

 

Vidéos de chutes de roquettes prises à Kiryat Shmona :

https://twitter.com/i/status/1422861605629538308


https://youtu.be/d6w8iANhJHo

 

C’est nous qui avons mis en ligne la seconde vidéo, elle montre un incendie ayant éclaté quelque part le long de la route reliant Kirayat Shmona à Métula.

 

Les projectiles sont passés au-dessus de la tête des habitants de notre village de Métula (3 500 hab.) situé sur la frontière avec le Liban, accolé à la ville de Kfar Kileh (25 000 hab.), chiite, contrôlée par le Hezbollah.

 

En dépit d’une observation attentive à la jumelle et de deux patrouilles de nos reporters, nous n’avons discerné aucune activité particulière au Liban à proximité immédiate de notre frontière. Ce qui signifie que les roquettes ont été tirées d’un peu plus loin, de 5 à 15km de la barrière de sécurité.

 

Selon des media du Hezbollah, l’artillerie de Tsahal a bombardé des positions de la milice chiite  proches du village d’al Khiam, à 5km de la frontière, au nord-est de Métula.

 

Vers 12h45 heure locale, tous les tirs ont cessé.

 

Nous pensons que cette agression est directement liée à des activité militaires se déroulant en ce moment même en Iran. La Théocratie de Téhéran a sans doute exigé de sa milice supplétive du Hezbollah libanais de procéder à des tirs de "dissuasion sur l’Etat hébreu".

 

Des évaluation d’état-major ont lieu actuellement en Israël, ainsi que des consultations avec l’échelon politique. Il est absolument certain qu’une réplique coordonnée de Tsahal dirigée contre le Hezbollah suivra. Ce que l’on ignore, c’est la dimension qu’elle prendra et l’endroit où elle se produira.

 

Tout le personnel de la Ména au Moyen-Orient a été mis en état d’alerte continu, car la situation est susceptible de dégénérer.

 

Voici, pour conclure cette breaking, la traduction du message qu’ont reçu par SMS tous les habitants de Métula :

 

"Chers résidents,

 

Aucune instruction particulière n'a été donnée. Vous pouvez ainsi poursuivre vos activités routinières.

Suite aux événements dans le Nord, nous vous recommandons cependant de rester à proximité des zones protégées et de ne pas effectuer de déplacements inutiles.

En cas d'alarme, vous devez rejoindre les abris.

S'il y a des instructions spéciales, nous vous les transmettrons de la manière habituelle.

Les responsables de la sécurité du Conseil local sont en contact permanent avec les responsables de Tsahal et sont informés de ce qu’il se passe.

 

Bien à vous,

 

Le Conseil local de Métula".

 

eHezbollah.

 
On craint un quintuple déroutement de navires dans le golfe d’Oman (010308/21) Version imprimable
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mardi, 03 août 2021

 

Métula, mardi soir, 20h30, soit 19h30 à Paris

 

Quatre pétroliers, les Reine Ematha, Golden Brilliant, Jag Pooja et l’Abyss, ainsi qu’un asphaltier, le Kamdhenu, qui naviguaient dans le golfe d’Oman semblent avoir échappé au contrôle de leurs équipage.

 

C’est le système robotisé AIS, un dispositif d’identification automatique, qui a lancé un signal, simultanément depuis tous ces navires, informant que "les bâtiments n’étaient plus commandés", ce qui signifie que les équipages ne les contrôlent plus.

 

Ce qui indique également que des individus autres que les membres d’équipage les ont arraisonnés.

 

Ce qui a amené l’UKMTO, l’organisme de la Marine britannique préposé à la surveillance des mers à évoquer un éventuel "détournement".

 

Un Airbus de l’Armée de l’Air du Sultanat d’Oman survole la zone des incidents, qui se situe à environ 110km à l’est de la ville portuaire de Fujaïrah aux Emirats Arabes Unis, soit en plein milieu du golfe d’Oman.

 

On imagine également que la Vème Flotte U.S. basée à Bahreïn patrouille dans le secteur, mais la Marine américaine, ainsi que le ministère britannique de la Défense se refusent pour le moment à faire des commentaires.

 

L’hypothèse privilégiée est naturellement celle de commandos iraniens, ou à la solde de l’Iran, qui auraient arraisonné ces navires marchands, dans le but de les prendre en otages, de même que leurs équipages.

 

Nous suivons depuis Métula le développement de la situation, et notre rédacteur en chef Stéphane Juffa commentera les dernières évolutions de cette affaire lors du journal principal de Kan en français, au micro de Yaël Bornstein à 21h en Israël, soit 20h en France et en Europe occidentale.

 

Pour suivre le journal en direct :

https://www.facebook.com/kanenfrancais

 

 
Les Iraniens se sont mis dans le rouge (010108/21) Version imprimable
Analyse
dimanche, 01 août 2021

 

Par Ilan Tsadik


Métula, dimanche soir

 

L’attaque du pétrolier MT Mercer Street dans la nuit de jeudi à vendredi par des drones-suicides dans la mer d’Oman continue à faire des vagues.

 

Le bâtiment battant pavillon libérien se rendait à vide de Dar es Salaam en Tanzanie à Fujaïrah aux Emirats Arabes Unis afin d’embarquer du brut, lorsqu’il a été pris pour cible par plusieurs drones iraniens non loin de l’ile de Masirah, à l’est du Sultanat d’Oman.

 

Le problème pour la Théocratie chiite réside en cela que deux membres du personnel du navire ont été tués lors de l’agression, le capitaine, de nationalité roumaine, et un agent de sécurité britannique.

 

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Le porte-avions USS Ronald Reagan (photo d’archive), le groupe aéronaval embarqué 5,

et le destroyer lance-missiles USS Mitscher escortent le Mercer Street endommagé

 

S’agissant d’un tanker japonais, immatriculé au Libéria, dont les citernes étaient vides, servi par un équipage international hétéroclite, exploité par une société britannique, dont l’unique lien avec Israël consiste en la nationalité des actionnaires de ladite compagnie, Téhéran a le plus grand mal à justifier le meurtre de deux marins par la guerre maritime épisodique qu’il livre à la flotte israélienne.

 

En fait, selon plusieurs sources concordantes, la plupart israéliennes, qui se sont exprimées tôt ce dimanche, les Pasdaran – les Gardiens de la Révolution Khomeyniste - ont trop bien réussi leur coup.

 

Leur intention se limitait à occasionner des dégâts superficiels à l’embarcation, comme ce fut le cas lors des quatre agressions précédentes qu’ils ont menées contre des bateaux liés d’une manière ou d’une autre à l’Etat hébreu.

 

Mais par manque de confiance dans l’efficacité de leurs drones, ils ont exagéré sur leur nombre et sur leur emport en explosifs. Si bien que plusieurs d’entre eux ont explosé au contact de la passerelle – le poste de pilotage d’un navire – ainsi que des appartements de l’équipage. Deux autres engins frappant encore le sommet de deux citernes de brut (selon les photos), n’engendrant pour leur part que des dommages relativement restreints.

 

C’était une bévue du genre qui peut engendrer une réplique diplomatique énergique de la part de la communauté internationale et surtout, des représailles militaires sérieuses en provenance d’Israël.

 

La Ména l’avait prédit dans sa première breaking dès que nous eûmes recueilli les informations fondamentales de l’attaque maritime ; le Premier ministre Naftali Bennett l’a confirmé en clair ce matin en conseil des ministres : "Nous enverrons un message de réponse aux Iraniens à notre façon".

 

A Métula, nous nous attendons à une riposte spectaculaire, sans proportion avec l’assaut contre le Mercer Street.

 

La Théocratie persane est visiblement déconcertée par la détermination de Jérusalem et de diverses autres capitales du Globe de ne pas ignorer l’incident.

 

Dans un premier temps, la junte cléricale a fait publier par l’une des chaînes d'information qu’elle contrôle, Al-Alam [ara.: le monde], que l'attaque constituait des représailles à la perte de deux combattants de la "Résistance" - à savoir des miliciens du Hezbollah ou des soldats iraniens - qui, selon Al-Alam ont été tués lors de l’attaque israélienne près de la ville syrienne de Qousseir, dans la nuit du jeudi 22 juillet au vendredi 23.

 

Nous sommes bien obligés d’admettre avec une honte certaine que la dépêche du media iranien a occasionné un immense éclat de rire ce matin des trois journalistes qui l’ont lue ensemble au petit déjeuner convivial à Métula.

 

Parce qu’à en croire l’organe de presse du gouvernement iranien, les deux héros sont morts lors du raid du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, qui a avorté, car tous les missiles, selon un communiqué tout ce qu’il y a de plus officiel du ministère russe de la Défense, avaient été interceptés par la DCA [Défense Contre Avions] de Bashar al Assad.

 

Nous ne résistons pas au plaisir de reproduire tel quel le communiqué russe, signé par le Contre-amiral Vadim Koulit :

 

"Les quatre missiles tirés par des avions israéliens et visant une ville - Qousseir  - dans le gouvernorat syrien de Homs ont été abattus par des systèmes de défense aérienne Bouk.

 

(…) Quatre "autres engins tirés par des avions de guerre israéliens dans le gouvernorat de Homs ont été abattus par l’Armée syrienne grâce à des systèmes antiaériens de fabrication russe".

 

La Ména était à nouveau le seul media suffisamment informé pour démentir le communiqué russe dans notre article "Les Russes et nous" du 24 juillet.

 

Nous y annoncions que le raid avait visé une position du Hezbollah à 5km au nord de Qousseir et précisions :

 

"Toutes les cibles ont été atteintes, c’était des systèmes de guidage GPS iraniens destinés à modifier au Liban des roquettes pour en faire des missiles intelligents. Et des missiles sol-air SAM russes ou leurs copies iraniennes pour gêner les avions israéliens dans le ciel du pays aux cèdres. Aucun missile, évidemment, n’a été abattu. Aucun avion n’a été dérangé dans son vol. Ils ont d’ailleurs lancé les missiles à partir du territoire libanais, à 9km de la piste abandonnée".

 

Mais le raid israélien ayant oblitéré des entrepôts qui, par mesure de précaution, n’étaient pas gardés par des miliciens ou des Pasdaran n’avait pas fait de victimes. Et ne donna donc lieu à aucun bilan humain de notre part.

 

Nous concevons que pour le lecteur lambda cette foire aux maquignons peut donner lieu à quelque confusion, que nous nous empressons de dissiper immédiatement :

 

  1. La nouvelle exclusive de la Ména était parfaitement exacte comme d’habitude : le Khe’l Avir a rempli sa mission en détruisant la cargaison d’armes envoyées par l’Iran au Hezbollah et en attente d’être transportées de Syrie au Liban.

 

  1. Le communiqué du ministère russe de la Défense est parfaitement controuvé, comme l’avait également annoncé la Ména en exclusivité.

 

  1. Les Iraniens qui, avec leurs supplétifs libanais constituaient la cible du raid, ont évidemment remarqué qu’il avait eu lieu. Ils n’auraient pas choisi un raid déjoué pour déclarer qu’ils ont lancé des représailles pour le venger. Cela aurait été complètement dérisoire.

 

  1. La Propagandastaffel de Khameneï a commis dans cette affaire deux erreurs d’endoctrineurs débutants : d’abord, à la place d’inventer des morts là où il n’y en eut pas, ils auraient pu prétendre venger le raid israélien qui, deux jours avant celui de Qousseir, avait fait au moins sept morts (comptabilisés par la Ména, et, plus tard, par l’AFP) dans la zone industrielle d’al Safir, à proximité d’Alep. Deux d’entre les morts au moins étaient des Pasdaran iraniens.

 

Seconde erreur, les propagandistes de la Théocratie perse aurait dû être plus attentifs à la diffusion des communiqués russes, notamment par l’indigne Spoutnik, afin de ne pas contredire le gouvernement de M. Poutine, leur demi-allié. Mais quand on est propagandiste de profession pour un régime dictatorial, on n’est pas forcément très éveillé.

 

Aux dernières nouvelles reçues de notre bureau de Beyrouth, les Iraniens, aidés des gouvernementaux syriens ont activement recherché vendredi et samedi deux corps non identifiés qu’ils auraient pu faire passer pour des miliciens libanais et/ou des Pasdaran en âge de combattre.

 

Du moins jusqu’à ce que la junte théocratique de Téhéran ne change de version. Cela s’est produit quelques minutes à peine avant l’ouverture du conseil des ministres israélien ce dimanche.

 

C’est le ministère iranien des Affaires Etrangères cette fois-ci, et non plus une soi-disant agence de presse, qui affirme désormais que "Téhéran n'est pas impliqué dans l'attaque du navire Mercer Street dans le golfe d'Oman". Dont l’Iran, quelques heures après l'incident, avait pourtant revendiqué la responsabilité.

 

"Le régime sioniste a tenté de créer un climat de terreur, ces allégations d'implication de l'Iran sont condamnées par Téhéran", a déclaré le ministère iranien.

 

Réagissant à ce changement de version, Naftali Bennett a insisté, pendant la réunion du cabinet, sur le fait qu’Israël n’était pas dupe du fait que l'Iran était coupable au-delà de tout doute sensé.

 

Depuis vendredi matin, le ministère israélien des Affaires Etrangères et son ministre Yaïr Lapid multiplient les interventions auprès des grandes puissances afin de faire condamner l’Iran au Conseil de Sécurité et que des dispositions pratiques soient également adoptées.

 

M. Lapid s'est entretenu samedi avec le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken au sujet de la réponse appropriée à l'attaque des drones iraniens. Les deux hommes ont discuté d'une réponse commune à cette agression, ainsi que de la formulation d'une action internationale plus élargie.

 

Le porte-parole du département d’Etat, Ned Price, a déclaré que "Messieurs Blinken et Lapid ont accepté de travailler avec le Royaume-Uni, la Roumanie [les pays dont les ressortissants ont été tués par les Iraniens] et d'autres partenaires internationaux pour enquêter sur les faits, fournir un soutien aux initiatives diplomatiques et envisager les prochaines étapes appropriées".

 

Aviv Kohavi, le chef d’état-major de Tsahal, vient de terminer une conversation avec son homologue britannique, le Général Sir Nick Carter pour envisager d’éventuelles mesures sécuritaires communes.

 

Ce qu’à la Ména on note avec inquiétude est que le Président Biden est nettement en retrait relativement au Secrétariat d’Etat [ministère des Affaires Etrangères] et au Pentagone [état-major U.S.] qui sont excédés par le comportement agressif de la Théocratie.

 

Dans l’entourage du Président, on a plutôt tendance à calmer les ardeurs, en avançant qu’il importe avant toute autre chose d’attendre les conclusions de l’enquête en cours pour accuser Téhéran.

 

Il semble que Joe Biden ait pris une attitude nettement négative à l’égard de Jérusalem. Ici, on est enclin à croire la version de certains observateurs selon laquelle M. Biden ne serait pas favorable aux interventions du Khe’l Avir en Syrie contre les Iraniens et leurs supplétifs. Ce qui affaiblirait considérablement notre capacité à nous défendre et encouragerait le contingent de M. Poutine à nous mettre les bâtons dans les ailes dans ce pays.

 

D’autre part, et à en juger par la mollesse de la réaction de la Maison Blanche à l’attaque contre le Mercer Street, on peut penser que le Président U.S., en dépit des humiliations que les diplomates iraniens lui font subir à Vienne et à leur obstruction indiscutable à la conclusion d’un accord, est toujours disposé à faire d’énormes concessions à la Théocratie chiite pour y parvenir. M. Biden agit comme si, pendant ce temps, la dictature cléricale ne profitait pas à grandes enjambées des temps morts que ses diplomates génèrent en Autriche pour évoluer en direction de la bombe atomique.

 

Côté israélien on œuvre afin d’exploiter l’incident du pétrolier pour faire prendre conscience à la communauté internationale que "l'Iran n'est pas seulement un problème israélien, mais un exportateur de terrorisme, de destruction et d'instabilité qui affecte le monde entier. Nous ne pouvons en aucun cas rester silencieux face au terrorisme iranien, qui porte également atteinte à la liberté de navigation et de commerce", a résumé M. Lapid.

 

En fait, les initiatives conjuguées des instances civiles et militaires du pays des Hébreux concourent à noircir (légitimement) la Théocratie perse afin de se voir exonérer de critiques en cas de frappe massive de Tsahal contre ce régime. Des frappes qui peuvent être de nature stratégique, c’est-à-dire portant atteinte à la capacité de défense de l’ennemi.

 

Ceci dit, on observe un changement important avec un ministère des Affaires Etrangères qui s’est remis à agir, indépendamment de celui du Premier ministre. Et un ministre des Affaires Etrangères qui a le temps d’intervenir diplomatiquement pour les intérêts de notre pays, et qui ne fait pas systématiquement l’impasse sur les organismes internationaux et les synergies avec d’autres Etats en dehors des Etats-Unis d’Amérique. Comme si Israël se redécouvrait un ministère des Affaires Etrangères de même que d’autres ministères. Comme si l’on redécouvrait ce qu’est un gouvernement et que l’on apprécie qu’il se soit remis à fonctionner et à travailler.

 

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Les Iraniens tuent le capitaine d’un pétrolier israélien (013007/21) Version imprimable
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vendredi, 30 juillet 2021

 

© Metula News Agency


Métula, vendredi

 

Dans la nuit d’hier – jeudi à vendredi -, le pétrolier MT Mercer Street [MT = ang.: Motor Tanker, pétrolier motorisé] a été attaqué par un drone-suicide alors qu’il se trouvait au nord-est de l’ile de Masirah appartenant au sultanat d’Oman dans la mer éponyme [carte].

 

Deux hommes d’équipage, un Britannique et un Roumain sont morts lors de l’attaque. Le Roumain était le capitaine du navire, le Britannique, une personne chargée de la sécurité de l’embarcation et de son équipage.

 

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L’endroit où l’agression s’est produite

Service cartographique © Metula News Agency

 

Le bâtiment appartenant à une société japonaise est exploité par la Zodiac Maritime, une compagnie basée à Londres appartenant à l’homme d’affaire israélien Eyal Ofer.

 

Selon tous les indices en notre possession, c’est en raison de son lien avec Israël  que le Mercer Street a été attaqué. Le lieu de l’attaque se situe à 500km à vol d’oiseau du point le plus proche du territoire iranien dans la province du Baloutchistan.

 

Le tanker était vide lorsqu’il a été pris pour cible.

 

Un drone-suicide est un avion sans pilote embarqué, chargé d’explosifs, qui s’écrase volontairement sur sa cible ; contrairement aux drones d’attaque conventionnels qui larguent des missiles sur leurs objectifs.

 

Les Iraniens disposent de drones-suicides qu’ils ont déjà utilisés lors d’opérations précédentes. Dans le cas de la frappe terroriste – des hommes armés s’attaquant systématiquement à des civils – de la nuit dernière, et sans vouloir hypothéquer sur les résultats de l’enquête en cours, les spécialistes de la Ména pensent que le missile a été intentionnellement dirigé vers la passerelle où se trouvait le capitaine.

 

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Une photo du MT Mercer Street après l’attaque, suggérée par des sources iraniennes

Le navire sur cette photo ressemble effectivement au Mercer Street

On distingue deux frappes : l’une sur une citerne du bateau à l’avant, l’autre, à peine

encore fumante, au niveau de la timonerie et des logements de l’équipage

 

La responsabilité des Iraniens dans cette attaque ainsi que son mode opératoire ont été confirmés à la presse par des officiels américain et israélien sous le couvert de l’anonymat.

 

Cet frappe est la plus meurtrière parmi les civils depuis les affrontements maritimes sporadiques entre les deux pays qui ont débuté en 2019.

 

L’Etat hébreu s’en prend à des unités militaires et civiles de la Théocratie persane. Des pétroliers se livrant à des exportations de brut prohibées par les sanctions internationales décidées contre ce régime.

 

Les attaques conduites par des éléments marins des gardiens de la Révolution khomeyniste, les Pasdaran, ne visent que des bâtiments civils liés d’une façon ou d’une autre à l’Etat d’Israël et le plus souvent à la société de la famille Ofer.

 

L’officiel israélien a souligné qu’ "il s'agit d'une attaque terroriste iranienne qui a tué deux hommes innocents, nuisant ainsi à la navigation internationale".

 

Ce n’est guère la première fois que la Théocratie perse attaque des bâtiments civils où qu’elle les arraisonne de même que leurs marins sous de futiles arguties. Ca a notamment été le cas au dépens de navires coréen, britannique et arabes. Le plus souvent Téhéran négocie la restitution des bateaux et de leurs équipages contre des avantages politiques et des rançons en espèces.

 

La junte cléricale chiite a systématiquement recours à des méthodes de chantage, augmentant les mauvais traitements physiques et psychologiques et les menaces de condamnations à de lourdes peines de prison contre les membres d’équipage pour des infractions imaginaires.

 

Les Iraniens font ainsi pression sur les gouvernements des propriétaires des vaisseaux qui ont chaque fois cédé aux exigences des ravisseurs jusqu’à présent.

  

Le MT Mercer Street fait actuellement route grâce à ses propres machines et piloté par son propre équipage. Il est escorté et protégé par des éléments de la Vème flotte américaine vers une destination qui n’a pas été rendue publique.

 

La Vème flotte U.S. est basée dans le Royaume de Bahreïn, mouillé par le golfe arabo-persique, où elle dispose d’un imposant dispositif logistique.

 

L’agression visant le tanker de la Zodiac Maritime avait initialement été révélé par l’UKMTO, le United Kingdom Maritime Trade Operations. L’UKMTO – en français Opérations Commerciales Maritimes du Royaume Uni – est un organisme de la Royal Navy britannique, qui constitue l’une des institution majeure de la surveillance permanente du trafic maritime marchand à l’échelle mondiale.

 

Le but des Iraniens n’est pas de couler les navires marchands liés à Israël. D’une part, il s’agit pour eux de faire grimper le prix des assurances du risque de guerre pour les transporteurs israéliens, de tenter de dissuader les clients de leurs confier leurs cargaisons, ainsi que d’effrayer les marins afin qu’ils hésitent à servir sur un navire lié à Israël.

 

D’autre part, comme l’a indiqué à la presse le spécialiste de l’Iran auprès du Centre interdisciplinaire d'Herzliya (université), Meir Javedanfar, un Israélien juif né en Iran, qu’il a quitté en 1987, soit huit ans après la révolution khomeyniste : les Iraniens se sentent très désavantagés lorsqu'il s'agit de répondre aux attaques à l'intérieur de l'Iran qui ont été attribuées à Israël.

 

Une attaque contre un navire maritime, selon Javedanfar, "est un domaine dans lequel les Iraniens pensent qu'ils peuvent au moins essayer de riposter".

 

Au tour des Israéliens de jouer. Pour constituer une réussite, notre frappe doit avoir un intérêt stratégique évident – priver l’ennemi de l’une de ses ressources participant à sa puissance militaire -, être suffisamment visible pour susciter l’attention et avoir un effet dissuasif sur l’ennemi, le tout, sans avoir l’air d’un croc-en-jambe fait aux efforts des 5+1, et principalement de Washington, afin de parvenir à Vienne à un accord avec Téhéran concernant ses activités nucléaires et les modalités de leur contrôle.

 

A Métula, on pense à l’envoi par le fond d’un gros navire de guerre des Pasdaran, ou à la destruction d’une concentration de lanceurs de missiles et de drones qui menacent le trafic marchand en mer d’Oman, dans le détroit d’Ormuz ou dans le Golfe arabo-persique, voire à l’attaque de nouveaux pétroliers, ou encore, celle de cibles majeures en Syrie.

 

Mais la marge de manœuvre est étroite. Il faut en faire suffisamment mais pas trop. Il faut choisir intelligemment sa cible et faire attention aux Russes.

 

Les Russes qui se comportent bizarrement depuis quelques semaines. On ne parle pas des leurs déclarations hilarantes selon lesquelles les Syriens aurait abattu des missiles israéliens et empêché des raids aériens grâce à des armements obsolètes qu’ils leurs ont fournis et qu’ils les aident à utiliser.

 

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On parle de la raison pour laquelle ils font état de ces mensonges et les accompagnent d’une grande publicité.

 

D’autre part, depuis quelques mois déjà, des navires de guerre russes escortent les pétroliers perses en Méditerranée jusqu’aux ports syriens de Tartous et de Lattaquié.

 

Endommager un bâtiment du Tsarévitch ou blesser l’un de ses servants de missiles, même positionné dans une batterie syrienne, aurait des airs de catastrophe pour Tsahal.

 

Il y a sûrement des discussions en cours entre les deux armées, des téléphones rouges existent et on les utilise fréquemment.

 

N’empêche que notre prochaine excursion visant des cibles de la "République" Islamique d’Iran en Syrie sera à gros risques. On pourrait voir à tout moment des Mig ou des Soukhoï s’approcher de nos appareils.

 

Cette mauvaise passe dans les relations entre Moscou et Jérusalem ne va évidemment pas échapper aux ayatollahs qui vont tenter de la mettre à profit pour rapprocher des armes de nos frontières et du Liban. Pour eux, un affrontement entre Israéliens et Russes serait stratégiquement jouissif.  

 

Pour nous, l’alternative n’existe pas. Il est vital – et rien de moins – d’empêcher la Théocratie chiite de s’établir massivement en Syrie, même si cela déplaît à Vladimir Poutine.

 

Et Poutine le sait et il ne souhaite pas la confrontation avec nous. Il n’empêche que l’atmosphère est lourde au Moyen-Orient. A Métula on craint plus une bavure qu’une bravade. Qu’une catastrophe soit déclenchée par la maladresse d’un officier ivre sur le qui-vive. Avec la concentration d’armes que connaît la région, tout pourrait exploser d’un seul coup. A cause des Iraniens qui n’ont pas même d’allumettes pour mettre le feu aux poudres. Ce serait un comble.

 

 
Les Russes et nous (012407/21) Version imprimable
Analyse
samedi, 24 juillet 2021

 

Par Jean Tsadik

 

Le quotidien saoudien imprimé à Londres et dans quatorze autres villes sur quatre continents, Asharq al-Awsat [ara.: le Moyen-Orient], sort ce samedi un article sensationnel intitulé : "La Russie menace de fermer l'espace aérien syrien à Israël".

 

Ce journal proche de la famille royale saoudienne est sans doute le plus sérieux des media panarabes - Il tire à 200 000 exemplaires et est souvent considéré comme la voix main stream du monde arabe.

 

Asharq al-Awsat tire son affirmation de deux sources : premièrement, des confidences que lui a faites hier (vendredi) un officiel russe. Et deuxièmement, de deux communiqués étonnants du ministère de la Défense de Vladimir Poutine commentant les résultats des deux raids menés par le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, cette semaine en Syrie.

 

Le fuitage de l’officiel russe se présente sinon comme l’analyse des deux communiqués, du moins comme leur explication.

 

Connaissant le sérieux du quotidien saoudien, nous ne mettons pas en doute l’existence du mouchard en question. Mais comme dans ces cas de révélations faites par un gouvernement à un media, l’on peut se poser des questions quant à savoir si l’indic était réellement mandaté par son gouvernement ou s’il a fait du zèle.

 

Aux Etats-Unis, cette pratique est très commune, elle sert de canal d’information parallèle à l’administration gouvernementale. Mais les journalistes, souvent ceux du New York Times, et l’envoyé officieux se connaissent depuis longtemps, ce qui prémunit contre les extrapolations d’un illuminé désireux de se mettre en évidence ou de se faire rémunérer pour ses "informations", ou encore, contre un message véhiculé par un groupe d’intérêt se faisant passer pour un gouvernement.

 

Si nous émettons cet avertissement, c’est que les révélations de cette personne contiennent des erreurs factuelles et des contradictions détectables, ce qui ne serait pas le cas si elles provenaient effectivement du gouvernement russe.

 

Il faut toutefois admettre que les annonces produites par le ministère russe de la Défense ne procèdent pas non plus de la plus grande rigueur, comme on pourra s’en convaincre au fil de cette analyse. Et les deux démarches peuvent effectivement paraître complémentaires dans une certaine mesure.

 

C’est ce qui nous a amenés à publier ces mises au point factuelles. Mais c’est aussi parce que ces rumeurs, entretenues par les deux communiqués du ministère moscovite de la Défense, font beaucoup jaser notamment sur les réseaux sociaux. Et comme le porte-parole de Tsahal ne commente presque jamais les raids attribués au Khe’l Avir à l’extérieur de nos frontières, il faut bien que quelqu’un s’en charge.

 

Selon le fuiteur russe, Moscou aurait décidé de modifier son attitude relativement aux "attaques [israéliennes] continues contre la souveraineté syrienne".

 

Ce changement d’orientation ferait suite à la rencontre le mois dernier entre Vladimir Poutine et Joe Biden à Genève.

 

Sous Donald Trump, selon la source d’Asharq, Israël coordonnait toutes ses opérations avec Washington, ce, tandis que les communications au plus haut niveau entre Moscou et Washington étaient coupées.

 

Or dans la capitale lémanique, le nouveau président américain aurait indiqué à son homologue russe qu’il ne voyait pas d’un bon œil la poursuite des bombardements israéliens en Syrie. Ce qui aurait amené M. Poutine à réviser lui-aussi sa position sur le sujet.

 

C’est tout de même un peu étrange. D’abord parce que Poutine a plusieurs fois mentionné le droit d’Israël à se défendre contre les agressions et les menaces, et que le changement de "sensibilité" du nouvel occupant de la Maison Blanche ne devrait pas le concerner outre mesure. Sauf si Poutine avait menti à propos de son attachement à la sécurité d’Israël, et qu’il se sentait revigoré par sa compréhension de ce que Washington ne viendrait pas automatiquement à l’aide de Jérusalem au cas où les appareils frappés de l’étoile de David se retrouveraient confrontés à ceux arborant celle rouge à cinq branches.

 

On sait d’autre part que Joe Biden n’a pas vraiment fait le poids face à son interlocuteur dans la villa du parc de la Grange genevois. Toujours à cause de ce sujet tabou constitué par son état de santé. Pour nous, ce n’est pas un tabou mais un paramètre d’analyse dont il faut impérativement tenir compte. Car pour tenir tête au Tsarévitch, si l’on dispose des arguments et de la répartie pour y parvenir, il faut en plus être à cent pour cent de ses capacités intellectuelles.

 

Je mentionne cette réserve car j’ignore quel serait l’intérêt de l’Amérique et de Biden de laisser les forces de la Théocratie iranienne s’installer impunément aux portes de l’Etat hébreu. Ainsi que d’autoriser Téhéran à livrer des missiles au Hezbollah libanais, ce qui lui permettrait d’asseoir plus encore qu’aujourd’hui son ascendant sur le gouvernement légitime de M. Aoun. Or l’administration U.S. actuelle soutient le Liban légitime.

 

Cela n’a pas vraiment de sens. Du point de vue stratégique, il ne fait en effet aucun doute que les interventions du Khe’l Avir en Syrie servent les intérêts des Etats-Unis.

 

Mais on ne peut non plus s’empêcher de voir dans la politique étrangère de M. Biden la poursuite de celle de Barack Obama. Incongrue. Illogique. Contraire aux intérêts des Américains. Incompréhensible, à l’instar du lâchage du monde arabe au profit de l’Iran. Ou de la pusillanimité de l’administration Biden – à la limite de l’imprudence – lors des négociations en cours avec la Théocratie chiite à Vienne. Au point de faire ressurgir la décision d’Obama qui avait secoué les deux chambres du Parlement, de parvenir à un accord sur le nucléaire avec Khameneï, quels qu’en soient les termes et, conséquemment, les risques. A n’importe quel prix.

 

Pour ces raisons, nous ne pouvons pas exclure ni confirmer que Biden ait réellement dit à Poutine qu’il désirait que les interventions du Khe’l Avir en Syrie cessent. Il nous faudra vivre avec ce doute jusqu’à ce que l’administration U.S. reprenne cette position à son compte ou, au contraire, qu’elle la démente.  

 

En attendant, ce sont les Russes qui ont surpris cette semaine avec des affirmations étonnantes. Au sujet du raid sur la zone industrielle d’al Safirah, au sud-est d’Alep, dans la nuit de lundi à mardi derniers ; une opération que nous avons relatée en détail dans ces colonnes.

 

Selon le ministère russe de la Guerre,

 

"quatre avions israéliens ont tiré huit missiles sur le gouvernorat d'Alep, ciblant un centre de recherche scientifique de la ville de Sfireh [al Safir]. Sept missiles ont été neutralisés par les systèmes Bouk-M2 et Pantsir-S, selon le Contre-amiral Vadim Koulit.

 

Le militaire a précisé que les avions avaient pénétré dans l'espace aérien syrien via la zone d'Al-Tanf à la frontière jordanienne, contrôlée par l'armée américaine".

 

Première précision : l’auteur des fuites cité par le quotidien saoudien déclare

 

"l'Aviation israélienne ne s’aventure plus dans l'espace aérien syrien et n'a pas mené d'attaques depuis les pays voisins, et ces attaques ne sont plus très efficaces car le réseau antiaérien syrien ayant été récemment renforcé, et Moscou ayant complété ce renforcement en fournissant à Damas des équipements de défense antiaérienne modernes (…)".

 

Nous avions mentionné des contradictions en début d’article, celle-ci en est une grosse : difficile de croire que l’ "informateur" travaille pour le gouvernement russe alors que selon le communiqué du ministère russe de la Défense ci-dessus, en entrant par Tanf, les appareils hébreux ont traversé tout le territoire syrien, d’abord du sud-est au nord-ouest, et ensuite, pour rentrer chez eux, du nord au sud, survolant en tout plus de 700km au-dessus des platebandes de Bashar al Assad. On ne peut guère plus y parcourir d’un trait une plus longue distance. [carte]

 

tanfsafir.jpg

L’itinéraire des avions qui ont réalisé le raid sur al Safir lundi dernier

L'Aviation israélienne ne s’aventure plus dans l'espace aérien syrien ?

 

Si les Russes entendaient soigner la crédibilité de leur fuiteur, ils s’y seraient pris autrement. Ce, d’autant plus que pour pénétrer dans l’espace aérien syrien par Tanf, les pilotes israéliens ont dû également traverser préalablement toute la Jordanie, un pays voisin par excellence.

 

Et qu’à propos d’équipements de défense aérienne moderne, on peut faire beaucoup mieux que le Pantsir-S, dont le premier prototype est sorti d’usine en 1994, et que le Bouk-M2, entré en service en 1998 !

 

Seconde précision : nous connaissons les objectifs oblitérés sur une colline au sud d’al Safir, nous en avons proposé des photos et une vidéo. Contrairement à ce que prétendent les Russes, ce n’est pas le centre de recherche scientifique – drôle d’appellation pour quelques entrepôts d’assemblage d’armes de destruction massive obsolètes – qui a été atteint, mais plusieurs magasins et positions prêtées pas al Assad aux Pasdaran, les Gardiens de la Révolution khomeyniste, à 3.5km de là.

 

Toutes les positions visées ont été détruites et la publication des images satellitaires que nous attendons avec impatience va apprendre aux manipulateurs de Moscou qu’il est pour le moins téméraire de débiter des contre-vérités sur des faits qui vont sans aucun doute raisonnable être démontrés quelques jours plus tard.

 

Aucun missile israélien n’a été abattu par les Syriens, et c’est la troisième précision que nous tenions à apporter. Si des Pantsir [rus.: carapace] ou des Bouk [rus.: hêtre] étaient en mesure de localiser des F-35, soyez persuadés que cela se saurait.

 

En réalité, les Israéliens ont commencé à détruire à leur guise les Pantsir syriens à partir de 2018, et cela figure depuis dans tous les manuels d’histoire militaire. Quant aux Bouk-M2, c’est une arme à ce point dépassée que Moscou en a autorisé la fabrication sous licence dans plusieurs pays, et en a vendu à une quinzaine d’utilisateurs. Y compris la Géorgie et l’Ukraine, qui auraient pu l’utiliser contre les avions et les missiles russes lors des guerres qui les ont opposées aux forces de Poutine, pour autant qu’elles aient été efficaces.

 

Moscou en a également fourni à Chypre, l’un des principaux alliés d’Israël, qui se serait empressée de lui en confier un exemplaire pour apprendre à neutraliser ses effets si cela s’était avéré nécessaire.

 

A al Safir, Israël a utilisé ses avions et ses missiles de dernière génération, du high-high-tech, face à des armes d’une autre génération. Des moyens antiaériens qui ne possèdent pas même les caractéristiques théoriques nécessaires pour intercepter les auteurs de ce raid.

 

La question qu’il est légitime de se poser à ce propos est : si les Russes ont effectivement l’intention d’interdire l’espace aérien aux chasseurs-bombardiers israéliens, pour quelle raison alors n’utilisent-ils pas le meilleur matériel dont ils disposent en Syrie ?

 

Ils ont des systèmes d’interdiction aérienne S-300 (ils en ont même fourni à l’Armée gouvernementale syrienne) et des S-400, qu’ils présentent et proposent à la vente comme l’équipement antiaérien le plus perfectionné et le plus efficace disponible actuellement. Le S-400 participe d’une génération et demi après le Bouk.

 

La réponse se trouve dans la question. L’Armée russe se sent humiliée par Tsahal qui entre, qui sort et fait le ménage sans se soucier ni de sa présence, ni des armes qu’elle a déployées afin de verrouiller le territoire Syrie et son espace aérien.

 

De plus, et nous l’avons mentionné à plusieurs reprises dans nos articles précédents, les raids du Khe’l Avir, qui se produisent en moyenne chaque semaine, possèdent un effet détestable sur les clients potentiels des S-400. Car ceux-ci se posent naturellement les mêmes questions que les lecteurs de la Ména : s’ils sont aussi efficaces que Moscou le prétend, comment se fait-il qu’en dix ans, ses protégés qu’il équipe ne soient parvenus à abattre qu’un seul appareil hébreu ? Encore, suite à une grossière erreur de l’équipage qui s’en est tiré.

 

La campagne publicitaire initiée par le ministère russe de la Guerre durant la semaine écoulée propose une deuxième explication, pas très flatteuse pour les alliés syriens. A partir de maintenant, Moscou n’a pas uniquement doté al Assad d’un armement ultra-moderne – les Pantsir et les Bouk !?! – mais aussi "en dépêchant des experts qui supervisent directement le travail des servants des batterie", c’est l’article d’Asharq al-Awsat qui nous l’apprend.

 

Du point de vue de la seule logique la tentative de marketing est assez brillante :

 

si, jusqu’à maintenant, les Israéliens ont réussi [depuis dix ans !] à bombarder sans opposition tous les objectifs qui les gênaient, c’est parce que les soldats du régime syrien ne savent pas utiliser le matériel que nous leur avons fourni.

 

Lorsqu’ils sont opérées par nos "experts", même les systèmes russes datant du siècle précédent sont capables de barrer le chemin des F-35 et des missiles israéliens de dernière génération.

 

Inutile même d’avoir recours aux S-300 et aux S-400. Dont vous pouvez, chers clients potentiels, imaginer la supériorité face au matériel américain..

 

On regrette presque qu’il y ait les relevés de la Ména et des images satellitaires pour réduire cette tentative à un numéro de clowns du Grand cirque de Moscou.

 

Les Russes ont persévéré suite à un raid attribué à Israël jeudi soir. Ils se sont même "améliorés" en deux jours, puisqu’ils ont émis le communiqué suivant :

 

"Les quatre missiles tirés par des avions israéliens et visant une ville dans le gouvernorat syrien de Homs ont été abattus par des systèmes de défense aérienne Bouk.

 

Après une attaque aux missiles menée par des chasseurs-bombardiers israéliens le 19 juillet dans le gouvernorat d’Alep, le 22 juillet quatre autres engins tirés par des avions de guerre israéliens dans le gouvernorat de Homs ont été abattus par l’Armée syrienne grâce à des systèmes antiaériens de fabrication russe".

 

"Des systèmes antiaériens de fabrication russe".. il ne manque plus qu’un dépliant publicitaire. Cela permet au caniche médiatique de Poutine – le support Spoutnik - d’en ajouter une couche, en grand titre bien sûr : "Un système de DCA russe détruit l’ensemble des missiles israéliens ayant visé une ville syrienne"..

 

Mais où est passée l’Armée syrienne qui est censée avoir abattu ces missiles ? Pas d’Armée syrienne, mais "un système de DCA russe"..

 

Le trait est un brin grossier, d’autant plus que l’objectif n’était pas "une ville syrienne" – quelle drôle d’idée, pourquoi donc Tsahal attaquerait-il une ville syrienne ? Depuis quand Tsahal attaque-t-il des villes syriennes ? – mais un camp livré à la milice terroriste du Hezbollah libanais, sur l’aéroport désaffecté d’al Dabaa, à 5km au nord de Qousseir, et 100km au nord de Damas [carte].

 

Toutes les cibles ont été atteintes, c’était des systèmes de guidage GPS iraniens destinés à modifier au Liban des roquettes pour en faire des missiles intelligents. Et des missiles sol-air SAM russes ou leurs copies iraniennes pour gêner les avions israéliens dans le ciel du pays aux cèdres. Aucun missile, évidemment, n’a été abattu. Aucun avion n’a été dérangé dans son vol. Ils ont d’ailleurs lancé les missiles à partir du territoire libanais, à 9km de la piste abandonnée.

 

Pourquoi les Russes agissent-ils ainsi ? Réponse : pourquoi pas ? La vérité dans cet immense pays est un principe à géométrie très variable. On se fabrique la vérité dont on a besoin. Et si on est découvert, on nie et on crie au complot. Regardez le sort réservé à Alexeï Navalny : on essaie de l’assassiner à la cholinestérase, on nie contre toutes les preuves possibles présentées par les médecins allemands. Navalny revient à Moscou le 2 février dernier et on le condamne à 2 ans et 8 mois de prison. Pour avoir violé son contrôle judiciaire pendant qu’il se faisait soigner en Allemagne, contre les effets de la cholinestérase. Il n’est pas venu pointer au commissariat pendant qu’il agonisait sur son lit d’hôpital. Le filou !

 

On ment avec beaucoup plus d’entrain que le ministre des Affaires Etrangères, Sergueï Lavrov, et la quasi-totalité de l’establishment militaire ne sont toujours pas dégrossis des siècles d’antisémitisme traditionnel qui les ont précédés.

 

Lavrov, parce qu’il en est malade. Qu’il ne comprend pas pourquoi il faudrait se faire ch..r avec ces dix millions de Zids quand ils nous empêchent de faire des affaires avec plein d’autres pays.

 

Les généraux bardés de médailles, qui ne s’asseyent jamais car ils ne pourraient plus se relever sous leur poids, pour les mêmes raisons que Lavrov, et parce qu’ils ont l’impression que le minuscule Israël les nargue. Il faut admettre que, contrairement à ce qu’il se passe chez ces fichus sionistes, l’appareil militaire bat de l’aile.

 

Depuis le char T-14 Armata, qui devait révolutionner l’arme des blindés et dont on n’a produit que vingt exemplaires depuis 2015. Les systèmes du tank ne fonctionnant pas, en particulier la protection active, alors que le Manteau coupe-vent israélien est installé sur tous les nouveaux Merkava et que les Israéliens n’ont pas perdu un char depuis la Seconde Guerre du Liban. Et vous n’imaginez pas l’étendue des efforts que les Russes déploient pour s’approprier les plans ou un exemplaire de notre Manteau coupe-vent. C’est vertigineux. Les Russes ont aussi essayé de produire l’équivalent du F-35 furtif, le Soukhoï Su-57. Ils ont dépensé une véritable fortune mais l’avion est également un désastre. L’un d’entre eux s’est posé sur la base de Khmeimim en Syrie, mais ses prestations étaient à ce point décevantes que Poutine l’a fait rapatrier en Russie quelques jours après son arrivée. En 2019, après un crash lors d’un vol d’essai, le projet a été officieusement abandonné. Il y a aussi l’unique porte-avions russe, le Kouznetsov ; il a fait un tour dans le port militaire russe de Tartous, dans la province de Lattaquié en Syrie. Mais il ne fonctionne pas, les avions tombent à la mer les uns après les autres, si bien qu’il a pris le même chemin que le Su-57 et attend patiemment depuis une très hypothétique mise à jour totale. Qui équivaut pratiquement à construire un nouveau bateau.

 

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Le Soukhoï Su-57 est un joli avion mais il ne vole pas

 

J’en passe et des meilleures. C’est un livre au moins qu’il faudrait écrire simplement pour établir la liste des déboires de l’appareil militaire russe depuis la chute de l’URSS.

 

Ce qui est sûr est que Vladimir Poutine est intéressé à sauvegarder la réputation de ses systèmes d’armes en Syrie. Et sa tâche est difficile : nous l’avons déjà écrit à la Ména, le S-400 ne pose pas plus de problèmes aux appareils israéliens que le Pantsir et le Bouk (émissaire ?). Pour l’industrie russe de l’armement, c’est une authentique catastrophe. Et c’est notre faute. Sans que nous ne l’ayons fait exprès.

 

Le Président russe veut aussi et au moins défendre le régime de son protégé Bashar al Assad. Il espère normaliser la victoire qu’Assad a remportée sur le champ de bataille, grâce largement aux bombardements massifs des avions russes. Mais c’est un emploi à plein temps. Pour le moment il s’agit de contenir les appétits hégémoniques du Sultan Erdogan et de lui mener une guerre ouverte au sud-ouest d’Alep. Reste que Poutine n’a jamais proposé de reconstruire la Syrie, dont les villes sont détruite entre 70 et 80 pour cent.

 

Alors interdire l'espace aérien syrien à Israël ? Il n’en est pas question. C’est probablement un titre choisi par le rédac-chef d’Asharq al-Awsat un peu emporté par son enthousiasme.

 

pour lire la suite...
 
Raid israélien au nord-ouest de la Syrie (012007/21) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 20 juillet 2021


Michaël Béhé, Stéphane Juffa et Jules Mazouz ont participé à cette dépêche


Métula, mercredi mi-journée

 

La nuit dernière – celle de lundi à mardi – à 23h37, des chasseurs-bombardiers israéliens, très possiblement des F-35 furtifs, ont, avec une probabilité très élevée d’authentification de notre part, attaqué plusieurs objectifs dans le nord-ouest de la Syrie.

 

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Une photo de l’attaque prise par des voisins

 

Selon les media syriens officiels et ceux de l’opposition, ainsi que sur un grand nombre de supports arabes on prétend que le raid a visé des entrepôts de missiles iraniens ainsi que des usines d’armement dans la zone industrielle de la ville d’al Safirah [ara.: le saphir].

 

Voir la vidéo du raid. Appuyer sur [View] à la quatrième ligne du Tweet :

https://twitter.com/i/status/1417237163851321345

 

Al Safira se situe à 15km au sud-est de l’aéroport et de la ville d’Alep, à 290km au nord de Damas, ainsi qu’à 347km au nord de Métula, le point le plus proche en territoire israélien [carte].

 

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Situation régionale

Service cartographique © Metula News Agency

 

De sources fiables proches de nos amis kurdes, contactés par Michaël Béhé ce matin, le raid a causé la mort de 5 personnes. 1 militaire du régime syrien, 2 Pasdaran iraniens, et 2 supplétifs de milices chiites d’autres origines. 8 ou 9 autres individus auraient été blessés à des degrés divers.

 

Les sites détruits seraient effectivement liés à l’entreposage et à l’assemblage de missiles iraniens arrivés récemment par l’aéroport d’Alep al Nayreb.

 

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La zone industrielle où s’est déroulée l’attaque

Cette Z.I. avait déjà fait l’objet de frappes précédentes relatées par la Ména

 

Les media du régime annoncent que sa défense antiaérienne serait intervenue et aurait abattu bon nombre de missiles air-sol israéliens. Cette communication est totalement controuvée, tous les missiles ayant atteint leurs cibles et aucun appareil du Khe’l Aviv, l’Aviation israélienne, n’a été touché ni même localisé par l’Armée alaouite syrienne.

 

L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, un nom de couverture impropre pour un petit organe de propagande de l’Emir du Qatar Tamim Al Thani, basé à Coventry et utilisant du matériel fourni par la chaîne qatarie Aljazeera, a fait état de l’attaque attribuée à Israël.

 

L’OSDH a toutefois illustré son propos en publiant une "photo du raid" datant en fait du 9 juin dernier sans rapport avec al Safirah. Cette officine continue toutefois de servir de source principale, voire unique, pour les événements du Proche et du Moyen-Orient auprès de l’AFP et partant, de la quasi-totalité des supports français d’information qui reprennent ses "dépêches" sans les vérifier.

 

C’est le premier raid israélien en Syrie depuis le début du mois de juin. Cette baisse d’intensité des interventions de Tsahal dans ce pays est sous-tendue par les tentatives ininterrompues des Russes afin d’établir un cessez-le-feu entre l’Etat hébreu, la Syrie et l’Iran.

 

Poutine exige de Damas et Téhéran qu’ils stoppent leurs initiatives visant à établir durablement l’Armée iranienne en Syrie et à fournir des missiles au Hezbollah libanais, en échange de la cessation des attaques du Khe’l Avir au pays de Bashar al Assad.

 

Des entretiens ont lieu fréquemment réunissant des émissaires russes, gouvernementaux syriens et israéliens, notamment sur l’aéroport russe de Khmeimim, au sud de Lattaquié, en Syrie.

 

Malheureusement, les ententes ne durent que quelques semaines au mieux, avant que les Iraniens ne renouvèlent leurs activités et que les Hébreux les oblitèrent.

 

Naturellement, les Perses usent de tous les subterfuges imaginables pour dissimuler leurs occupations, mais elles échappent rarement à la vigilance du Renseignement israélien.

 

D’autre part, également la nuit dernière, deux roquettes tirées du Liban-Sud ont atteint le nord-ouest du territoire israélien sans faire de dégâts ni de victimes. L’un des projectiles s’est abîmé dans la nature tandis que l’autre était intercepté par le Dôme de Fer.

 

Tsahal a riposté par trois tirs d’artillerie qui ont fait trembler les murs des maisons de Métula distantes pourtant de 35km du départ du feu.

 

Le Premier ministre Naftali Bennett a réagi à cette agression spontanée, sur place, à l'occasion du déploiement de la fibre optique dans la ville mixte (judéo-arabe) de Maalot-Tarshikha.

 

"Des citoyens libanais ont été pris en otage au profit des intérêts iraniens" a déclaré M. Bennet. "Quiconque essaiera de nous nuire en paiera le prix fort", a-t-il encore prévenu.

 

L'armée libanaise a annoncé que trois rampes de lancement de Grad de 122 mm ont été trouvées au sud de la ville de Tyr, et sur l’une d'elles une fusée prête à être lancée.

 

A la Ména nous sommes convaincus que cette attaque est le fait de groupes de Palestiniens des camps avoisinants et non du Hezbollah qui n’a aucun intérêt à réchauffer la frontière actuellement.

 eHezbollah.

 
La situation stratégique avec le Liban : mise à jour (info # 011907/21) Version imprimable
TV Ména
lundi, 19 juillet 2021

 

Par Stéphane Juffa au micro de Christophe Dard, ce matin sur Radio J

 

"Avec l’argent déboursé par le Hezbollah pour implanter ses 140 000

 

roquettes au Liban, les Libanais auraient pu manger à leur faim

 

pendant deux ans. Les Libanais qui n’ont plus rien pour vivre

 

 entretiennent une armée régulière qui ne les défend pas,

 

et une milice qui fait peser sur eux le spectre d’une destruction totale"

 

(Stéphane Juffa)

 

Regardez l’interview de 12 minutes :

 

Le lien :

https://youtu.be/32qrMTi8IdI

 

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A gauche Christophe Dard, et Stéphane Juffa

 

 
Militaire : Israël et ses alliés prennent des longueurs d’avance (011607/21) Version imprimable
Analyse
vendredi, 16 juillet 2021

 

Par Jean Tsadik

 

Lundi dernier a débuté sur la base aérienne de Palmakhim, entre Tel-Aviv et Ashdod, sur le littoral, l’exercice "Gardien Bleu". Cet évènement dure deux semaines et réunit des détachements spécialisés venus des armées des Etats-Unis, d’Italie, de France, d’Allemagne, du Royaume-Uni, et d’Israël, naturellement.

 

L’objectif principal de Gardien Bleu consiste à améliorer l'apprentissage mutuel entre les nations participantes et à ouvrir la voie à une future coopération internationale dans le domaine révolutionnaire des RPAV.

 

Les RPAV étant les "Remotely Piloted Aerial Vehicle", c’est-à-dire en français les "Véhicules Aériens Pilotés à Distance". Simplement posé, cela signifie que ce sont des avions dont le pilote, qui assure le maniement, la navigation et les missions militaires comme la reconnaissance et le bombardement, ne se trouve pas dans l’appareil.

 

Il le pilote à des kilomètres, des dizaines de kilomètres, voire des centaines de kilomètres de distance.

 

Gardien Bleu est le premier exercice/rencontre international concernant les RPAV.

 

Au vu de la complexité et du coût engendré si l’on avait fait venir les unités participantes avec leurs propres drones, ainsi que les importantes disparités entre eux, tous les participants utilisent le drone israélien "Zik" (Hermes 450) pour l’exercice [photo].

 

De lundi dernier à ce weekend, les équipages étrangers se sont familiarisés avec le pilotage et l’utilisation du Zik. Ceci dit, l’exercice est destiné à approfondir l’utilisation des RPAV et pas spécifiquement du Zik.

 

hermes.jpg

Les chefs des délégations participantes et le Zik

De gauche à droite : l’Israélien, l’Italien, l’Américain, l’Allemand, le Français et l’Anglais

 

Le lieutenant-colonel L, commandant de l’hôte de l’évènement, l’escadron 166 des Oiseaux de Feu, qui exploite le "Kokhav" [héb.: étoile] (Hermes 900) – un modèle opérationnel supérieur au Zik mais opérant sur la base des mêmes principes, a précisé qu’ "Israël est considéré comme un leader mondial dans le domaine de la technologie RPAV".

 

Il a ainsi recours à la politesse diplomatique, l’Etat hébreu étant généralement considéré comme le précurseur et LE leader mondial dans ledit domaine. Ce pour deux raisons qu’a également expliquées l’officier :

 

 "La technologie de pointe développée par l'industrie militaire israélienne, ainsi que les centaines [non, des dizaines de milliers. Ndlr.]  d'heures de vol que nous avons accumulées au cours des deux dernières décennies et la haute compétence de nos opérateurs ont tous entraîné une grande réactivité de la part des pays que nous avons invités à participer à cet exercice".

 

En d’autres termes, Tsahal dispose d’un matériel de pointe en développement permanent, et d’équipages qui pilotent les drones quotidiennement sur tous les fronts en mode opérationnel. Ce qui n’est le cas – au moins sur une échelle comparable – d’aucune autre armée participant à Gardien Bleu.

 

On comprendra sans doute mieux l’importance de cet exercice après avoir énoncé que, selon tous les experts, les RPAV représentent l’avenir de l’aviation militaire, et qu’ils vont relativement rapidement remplacer la quasi-totalité des chasseurs et des bombardiers pilotés par des équipages embarqués.

 

Maintenant déjà, il est loisible de réaliser la plupart des opérations aériennes militaires grâce aux RPAV. A l’exception peut-être du combat aérien et des bombardements massifs. Mais les technologies et les doctrines de combat évoluent rapidement dans le sens où ces engins sans pilotes embarqués pourront également remplir ces missions. Il le feront plus précisément que des pilotes embarqués, pour un coût moindre et sans risquer la vie des pilotes.

 

D’autre part, la précision des tirs de missiles à partir des RPAV ainsi que la maîtrise accrue des effets de destruction desdits missiles vont rendre la nécessité de procéder à des bombardements massifs largement obsolète.

 

Voici comment le lieutenant-colonel L. définit les objectifs de la partie opérationnelle de l’exercice qui va occuper les participants la semaine prochaine : "D'abord, créer des scénarios aériens efficaces pour permettre un exercice d'entraînement de haute qualité. Ensuite, nous avons mis l'accent sur le lien personnel avec nos homologues : des liens interpersonnels entre les opérateurs pour offrir à nos alliés un sentiment de confort et de sécurité tout en s'adaptant à leurs besoins".

 

Le chef des Oiseaux de Feu désire aussi montrer à ses invités comment Tsahal a intégré les RPAV au niveau opérationnel. Mais également, comment les RPAV participent à des opérations combinées avec des appareils pilotés, des hélicoptères d’attaque et des troupes au sol. Une grande partie des exercices de la semaine prochaine sera consacrée à des travaux pratiques impliquant ces autres armes.

 

Voici comment les choses vont se dérouler dans la pratique, selon le planning exposé par L. :

 

Chaque jour commencera par un briefing réunissant tous les participants, lors duquel nous planifierons la journée de vol. Ensuite, le personnel de chaque "formation" s’isolera pour recourir à des briefings particuliers relatifs à la mission qu’elle aura à accomplir.

 

Par formation nous entendons un équipage de l'un des pays participants, un équipage israélien et un équipage venu d’un autre escadron ou d’unités diverses du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne.

 

A l’issue de chaque journée de vol, le personnel se réunira à nouveau pour un débriefing, lors duquel les participants discuteront des résultats de la mission, des événements inhabituels qui ont pu se produire, et tireront des conclusions destinées à améliorer leur efficacité".

 

Le lieutenant-colonel A définit ses priorités comme suit :

 

"L'élément principal de Gardien Bleu est l'apprentissage interactif entre les pays participants. Les briefings quotidiens, qui sont animés chaque jour par un pays différent, sont la base d'un apprentissage mutuel. Après le débriefing, les équipages se divisent en formations de vol du lendemain, reçoivent leurs ordres de missions et commencent à planifier les opérations et à se préparer stratégiquement.

 

Le processus de planification est également dirigé par un pays différent chaque jour, ce qui donne aux équipages une occasion unique de se familiariser avec les différentes manières dont chaque armée de l'air remplit ses missions et en tire des enseignements".

 

Les officiers en charge de Tsahal ont tenu à souligner l’importance de cette première que constitue Gardien Bleu. Notamment en cela qu’il n’existe pas de vocabulaire commun propre aux RPAV, comme il en existe dans toutes les autres armes, notamment dans l’aviation. Il va falloir en créer un si l’on veut pouvoir œuvrer de concert sur un théâtre d’opérations.

 

Le major A, responsable des systèmes chez les Oiseaux de Feu ajoute : "Cela va au-delà d'un exercice standard - Gardien Bleu place la barre à la hauteur requise pour toute coopération future entre les divisions RPAV des pays".

 

Et c’est phénoménalement important. Cardinal même, en regard de la place que prennent déjà les Véhicules Aériens Pilotés à Distance dans les armées modernes, et celle, plus grande encore, déterminante, qui sera la leur plus prochainement qu’il est possible de l’imaginer.

 

A Métula, on note que ces pays, qui se retrouvent de plus en plus fréquemment pour des manœuvres et des exercices de plus en plus pointus, y compris en Méditerranée et avec des avions pilotés, ont cessé de mêler la diplomatie à leurs préparatifs de combat.

 

Il ne mélangent plus les genres et ont jeté les masques : ils sont les alliés objectifs qui auraient à combattre côte-à-côte si un conflit régional venait à éclater.

 

On pense instantanément à des adversaires potentiels tels que la Théocratie iranienne et la Turquie erdoganienne.

 

Comme lors des derniers exercices aériens entre Chypre et la Crète, c’est à Israël que l’on confie souvent l’organisation des exercices, lorsque ce n’est pas carrément lui qui en prend l’initiative. C’est un changement radical relativement à la réalité précédente lors de laquelle Tsahal était exclu de ces rendez-vous.

 

Mais maintenant, se passer de l’expertise de l’Armée israélienne et de sa gestion des technologies de pointe n’est plus envisageable.

 

C’est important dans le cas de la France, où des officiers d’état-major ont compris que la coopération avec Israël était incontournable, et qui passent outre les éventuelles protestations du Quai d’Orsay.

 

Cela vaut aussi pour les alliés locaux que sont Chypre et la Grèce, qui ne participent pas à Gardien Bleu parce qu’ils n’ont pas le niveau requis dans le domaine fermé des RPAV.

 

Cela inclut les Etats-Unis, qui apprécient le commandement d’Aviv Kokhavi, le chef de l’état-major de Tsahal, à sa juste valeur.

 

Il est resté longtemps à Washington lors de sa dernière visite, et il a envisagé avec ses homologues étasuniens les synergies requises en cas d’intervention contre l’infrastructure nucléaire iranienne. Au cas où les négociations de Vienne n’iraient nulle part – et elles ne vont nulle part à cause de l’obstruction préméditée des Perses -, et que l’on s’approcherait du point de non-retour dans leur projet de bombe atomique.

 

Peut-être est-ce dû à l’impulsion donnée par le Général Kokhavi, mais le niveau de coopération avec les militaires U.S. n’a jamais été aussi élevé et il n’a jamais concerné simultanément un nombre aussi vaste de domaines.

 

Le doute n’est pas permis, le général parle un langage que l’état-major américain comprend. Il pense bien et il fait ce qu’il dit, sans empiètement des politiques et sans finasseries.

 

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Liban : pas un problème de politique intérieure (011307/21) Version imprimable
Analyse
mardi, 13 juillet 2021

 

Par Michaël Béhé

 

A la Ména, vous le savez, on ne se contente pas, comme un grand nombre de confrères, de se focaliser sur l’aspect humanitaire des problèmes de notre temps. Parce que l’on sait que l’humanitaire est la résultante d’un dysfonctionnement et non sa cause. Pour faire de l’information, il est nécessaire d’exposer clairement et sans langue de bois les facteurs qui sont à l’origine d’une crise et, s’il en existe, d’établir la liste des solutions.

 

Ceci dit, et sans essayer d’arracher des larmes à nos lecteurs car cela ne sert à rien, ils doivent tout de même savoir que le quotidien des Libanais est un véritable enfer. Pour illustrer mon propos, sachez que ce mardi matin, avant de me poser devant mon ordinateur doté de huit batteries d’appoint, j’ai fait une demi-heure de queue devant la boulangerie afin d’acheter trois pitas, la quantité maximale concédée par personne.

 

J’entendais aussi remplir vingt litres d’essence dans mon véhicule, car la plupart des stations-services de la région de Beyrouth fonctionnent ce matin, suite à l’arrivée de deux navires d’approvisionnement dans le pays. Mais la queue, que j’ai évalué à une heure m’a dissuadé.

 

Pour comprendre notre douleur, sachez qu’il existe deux taux de change au Liban, encore que la semaine dernière il y en avait trois. 1 507 Livres Libanaises (LL) pour un dollar est le taux officiel, pratiquement en vigueur depuis les années 90. C’est à ce prix que les gens paient le plein de leur voiture et leur électricité jusqu’à maintenant.

 

Tandis que le dollar s’échange sur le marché parallèle ce matin – qui détermine la valeur réelle de notre devise – à 19 600 LL. C’est l’Etat qui subventionne pour le moment la différence, mais comme il est à court d’argent, il limite les achats de produits de première nécessité bien en-dessous des besoins minimaux du pays.

 

Et la situation empire rapidement. Il n’y a pratiquement plus d’électricité fournie par EDL, Electricité du Liban, les coupures, selon les régions, durent en moyenne huit heures par jour, dix dans le Sud.

 

Les gens achètent le courant à des propriétaires de générateurs privés, qui bénéficient eux aussi des mêmes subsides publics pour se procurer du mazout. On peut choisir de s’ "abonner" chez ces fournisseurs à un approvisionnement allant de 5 ampères à 15 ampères dans la plupart des cas. Sachez qu’à dix ampères, il est impossible de faire fonctionner simultanément la climatisation et la machine à laver le linge.

 

De toutes façons, les propriétaires de générateurs privés du Sud (Sidon) et du Nord (Tripoli) ont annoncé hier que leurs cuves étaient vides, et que dans quelques heures ils ne pourraient plus fournir d’électricité.

 

Et je vous parle toujours d’électricité payée 1 507 LL le dollar, un taux qui ne représente strictement rien. Lorsque les caisses de l’Etat seront totalement vides, et ce sera dans quelques jours, les Libanais devront la payer à raison de 19 600 LL pour un dollar. A ce prix, seuls deux pour cent de nos compatriotes disposeront encore de courant.

 

C’est terriblement préoccupant, mais le plus grave est assurément que les hôpitaux ne seront plus fournis. "Ce qui est un scénario de fin du monde", prévient le président du syndicat des propriétaires d'hôpitaux privés, Sleimane Haroun lors d’un entretien qu’il a accordé à la chaîne de télévision al-Hourra [ara.: la libre].

 

"Si l'électricité s'arrête, qu'adviendra-t-il des patients en soins intensifs ?", a demandé Haroun, "de ceux sous respirateurs artificiels ? de ceux qui font des dialyses, des salles d'opération ?".

 

Il ne s’agit pas d’une perspective futuriste, plusieurs patients étant déjà décédés du fait des coupures de courant dans les hôpitaux, notamment des enfants, ou de la pénurie de médicaments.

 

Car les pharmacies sont désespérément vides, et les produits qui leur restent sont vendu à un prix que les Libanais n’ont plus la capacité de payer. Hier, des manifestants on pris d’assaut et pillé une pharmacie du quartier de Tarik Jdidé, en plein centre de Beyrouth.

 

C’est le résultat d’une réduction drastique des subsides de l’Etat sur les médicaments. Les pharmaciens ne sont plus livrés, et les Libanais qui le peuvent doivent se procurer des médicaments à leur valeur réelle, sur la base de 19 600 LL pour un dollar.

 

Pour citer Coluche, auparavant, ceux qui pouvaient se le permettre étaient des privilégiés, aujourd’hui ce sont des phénomènes.

 

Il manque un élément clé pour saisir l’ampleur de la détresse des citoyens libanais : le salaire minimum. Il s’élève à 675 000 LL par mois, soit moins de 40 dollars. Mon voisin de pallier est un professeur d’université ; avec sa femme et ses deux enfants, ils vivent sur son salaire de 80 dollars mensuels et sur le salaire minimum de son épouse, soit environ 120 dollars au total. Jeudi dernier, j’ai vu sa femme, une infirmière diplômée, cheffe de service dans l’un des plus grands hôpitaux beyrouthins, faire les poubelles. Nous avons fait semblant de ne pas nous reconnaître.

 

Je parle ici de bourgeois éduqués, relativement "chanceux", qui habitent l’un des quartiers d’immeubles les plus huppés de la capitale. Cela ne reflète pas la situation moyenne de nos concitoyens, dont cinquante pour cent sont au chômage.

 

Moi, grâce aux amis du rédac-chef qui se rendent régulièrement à Beyrouth et me remettent mon salaire en dollars, je ne suis pas favorisé, je suis carrément "riche". Ce, d’autant plus qu’il est impossible de sortir des devises – même si on en possède sur son compte – des banques libanaises.

 

De plus, mes camarades salariés de la Ména ont tous abandonné depuis quatre mois une partie de leur rétribution en ma faveur et la rédaction double la somme ainsi réunie. Cela nous permet de subvenir aux besoins fondamentaux de soixante Libanais, principalement les membres de ma famille et ceux de ma femme. Que mes camarades, de même que les abonnés de la Ména sachent que ces soixante personnes mangent à leur faim et ceux qui ont besoin de médicaments pour des maladies chroniques les reçoivent. Ils ont créé une petite île d’humanité au cœur de l’enfer, qu’ils en soient sincèrement remerciés.

 

L’argent vient d’Israël, de nos généreux voisins. Leur ministre de la Défense Benny Gantz, le maire de Métula, David Azoulay et dernièrement le Premier ministre Naftali Bennett ont proposé de fournir une aide d’urgence inconditionnelle à mon pays. Ils n’ont pas même reçu de réponse.

 

De source officieuse, nos voisins du Sud seraient disposés initialement à remplir les rayons de nos pharmacies et à nous envoyer tous les surplus de leur industrie alimentaire. Il nous suffirait de dire oui.

 

Comme nous avons dit oui au Qatar qui règle la solde de nos militaires et de nos policiers, sans quoi le Liban aurait déjà sombré dans la guerre civile et serait entièrement contrôlé par la Théocratie iranienne par l’intermédiaire de ses séides chiites libanais de la milice du Hezbollah.

 

Si vous ne l’avez pas encore remarqué, nous sommes maintenant passés aux causes de notre faillite économique. On peut même mettre la phrase précédente au singulier : à la cause de notre faillite économique. Car cela aussi Messieurs Gantz et Bennett l’on précisé : la situation apocalyptique dans laquelle nous nous trouvons est uniquement due à la mainmise de Téhéran sur le Liban.

 

Nos mécènes arabes habituels, Arabie Saoudite en tête, refusent de venir en aide à notre population tant que le pays aux cèdres servira de porte-avions aux ayatollahs qui sont leurs ennemis mortels.

 

Même son de cloche au FMI (Fonds Monétaire International) et à l’ONU : pas d’aide économique massive sans réforme politique ; entendez par là, sans mettre définitivement un terme à la mainmise de la "République" Islamique d’Iran et faute de désarmement du Hezbollah.

 

Dans ce jeu des puissances régionales, la population libanaise est prise en otage. Non, il faut parler plus simplement encore : tout le monde dans la région, à l’exception des Israéliens, se moque éperdument du devenir de nos concitoyens.

 

Pour illustrer ce propos, il suffit de relever qu’en Iran les gens vivent depuis des années dans les conditions que nous expérimentons ces deux dernières années. Ce qui n’empêche pas le Guide Suprême Khameneï de dépenser des dizaines de milliards de dollars pour parvenir à l’arme atomique.

 

Or s’il n’est pas ému par le fait que les pharmacies de Téhéran sont désespérément vides, pour quelle raison se laisserait-il attendrir par la vacuité de celles de Beyrouth ?

 

Depuis le début de la pandémie de la Covid, l’Iran déclare, qu’il pleuve ou qu’il vente, entre 100 et 200 morts par jour. 86 000 de puis le début de l’épidémie, alors que les sources de l’opposition parlent de plus de deux millions et demi de morts et de charniers à ciel ouvert contenant des milliers de corps.

 

Ce n’est pas de gens pareils que les Libanais peuvent attendre la moindre compassion. On peut même affirmer que le Hezbollah, qui bénéficie toujours de fonds en provenance d’Iran et des revenus de l’argent qu’il vole au Liban de toutes les façons possibles, allant jusqu’à la vente massive d’objets archéologiques appartenant au patrimoine national, profite de la situation.

 

Cela l’aide à phagocyter l’Armée, la Police et le Renseignement, et à corrompre la Justice et la société civile. Des proches du Hezbollah doivent prochainement passer en jugement à cause de la responsabilité écrasante de la milice chiite dans l’explosion du port de Beyrouth. Le Hezb a déjà fait savoir qu’il ne laissera pas condamner ses agents, et tous les Libanais ont la faiblesse de le croire.  

 

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Manifestation du Hezbollah il y a 5 jours à Beyrouth,

très loin des certitudes de Le Drian et de Macron..

 

Sur le plan politique, il bloque depuis un an la formation d’un gouvernement en exigeant des portefeuilles clés, voire qu’on les lui remette systématiquement dans les années à venir.

 

Or il est avéré que le Liban ne recevra aucune aide internationale ou arabe conséquente tant que le Hezbollah exercera le pouvoir, que ce soit de façon visible ou dans un gouvernement parallèle.

 

En plus des problèmes politiques liés à cette aide, le Hezbollah a amassé des stocks de plus de 100 000 roquettes et missiles, dont le plus grand nombre est dissimulé dans le sous-sol de notre capitale en vue de l’ouverture d’un second front avec Israël en cas de conflit entre Jérusalem et Téhéran.

 

L’état de paupérisme de la population n’a en rien infléchi cette campagne d’armement, bien au contraire. Les quartiers les plus menacés au monde sont ceux du sud chiite de Beyrouth, dans lesquels le Hezb et les Iraniens se servent des habitants comme de boucliers humains pour dissimuler des batteries de roquettes dans les immeubles d’habitation.

 

Depuis la publication des emplacements de ces batteries, notamment dans ces colonnes, les institutions et les habitants savent à quoi s’en tenir. Ils savent également que l’Armée libanaise n’est pas maîtresse de la situation sécuritaire du pays, et que le gouvernement ne décide pas de faire la guerre ou de signer la paix. En fait, comme l’a dit Benny Gantz, il ne décide de rien.

 

A Beyrouth, où l’on est très attentif à ces choses, on a beaucoup apprécié que M. Gantz fasse ces déclarations et tende la main au Liban, entouré du chef d’état-major Aviv Kokhavi et de la moitié des chefs de l’Armée israélienne à Métula (il y a un peu moins de deux semaines), à 150 mètres exactement de la ville libanaise de Kfar Kileh, sous contrôle du Hezbollah.

 

C’était une façon de montrer à Nasrallah et à Khameneï à quel point les Israéliens ne les craignent pas. A Kfar Kileh, le drapeau national libanais ne flotte plus, même symboliquement, on n’y voit plus que ceux du Hezb, de l’Iran ainsi que le drapeau palestinien.

 

Dans les conditions qui prévalent, la formation d’un gouvernement sans le Hezbollah ne se fera pas à Beyrouth, et le pauvre Président Aoun, non plus que la classe politique certes corrompue n’y peuvent strictement rien.

 

Le ministre français des Affaires Etrangères, Jean-Yves Le Drian, vient d’annoncer qu’il a obtenu un consensus au sein de l’Union Européenne pour décréter des sanctions contre les dirigeants libanais s’ils ne forment pas un gouvernement jusqu’à la fin du mois. A quoi cela servirait-il ?

 

A rien. Pour parvenir à former un gouvernement au Liban, il faut faire pression sur l’Iran, pas sur le Président Aoun qui n’a aucun contrôle sur la situation. Le Drian et l’Europe sont naturellement au courant, mais il n’ont pas le courage de prendre les décisions qui s’imposent.

 

A Paris on est allé plus loin lorsqu’une mission d’information de l’Assemblée nationale française a, le 6 juillet courant, appelé au déploiement en urgence d’une task force internationale sous l’égide des Nations Unies et de la Banque mondiale "afin d’amplifier les actions humanitaires".

 

Ces recommandations ont suscité un vif intérêt au Liban. D’autant plus que trois jours plus tard, les ambassadrices des Etats-Unis et de la France à Beyrouth, Dorothy Shea et Anne Grillo, ont effectué une visite en Arabie saoudite. Afin de voir si dans le cas d’un déploiement de ce genre, Ryad organiserait une aide financière massive pour notre pays à l’agonie.

 

Le Hezbollah a évidemment réagi immédiatement à ces manœuvres afin de les condamner par tous les moyens possibles. Car, on le comprend aisément, cette task force internationale ne serait pas dépêchée chez nous pour quelque action humanitaire que ce soit ni pour maintenir la paix, selon les formules d’usage. Mais pour chasser le Hezbollah de l’exercice effectif du pouvoir, et permettre au gouvernement légitime du Liban de retrouver ses prérogatives.

 

A y regarder en face, c’est l’unique solution pour éviter la banqueroute et la guerre civile, mais c’est aussi un remake de l’envoi d’une "Force Multinationale d'interposition" à Beyrouth, le 21 août 1982, par les Etats-Unis, la France et l'Italie.

 

Une aventure militaire qui s’était soldée quatorze mois plus tard par l’assassinat par le mouvement précurseur du Hezbollah de 241 soldats américains ainsi que de 58 parachutistes français.

 

Il n’existe pas de raison sensée de penser que le Hezbollah réagirait différemment en 2021 qu’il l’avait fait en 1983. On est en présence d’une tentative expansionniste de l’Iran pour s’accaparer le Liban, et cette tentative à déjà réussi à 50%, occasionnant la situation économique et sécuritaire que nous traversons. Il n’y a aucune raison de penser que l’Iran se laisserait déposséder de sa conquête sans combattre. Ou plutôt, en envoyant la milice chiite libanaise combattre à sa place.

 

Les Etats-Unis et la France comptent sur les résultats des prochaines élections législatives qui se dérouleront au printemps prochain. Ils espèrent que les rapports de force politiques évolueront au détriment du Hezbollah, dont l’affaiblissement reste leur principal objectif. En cas de victoire de l’opposition, une nouvelle coalition disposerait de la légitimité requise pour demander l’envoi de la "task force internationale".

 

Ce calcul comporte deux problématiques : la première est que l’on n’est pas sûr du tout que le Hezbollah perdra des sièges lors des prochaines législatives. Par ces temps d’hypercrise, les nombreuses ONG qu’il entretient distribuent de la nourriture et autre produits de première nécessité à certaines tranches-cibles de la population. C’est évidemment de la clientélisation, et partant, une forme de corruption électorale, mais qui pourrait la dénoncer dans les conditions qui prévalent ?

 

Le second problème est encore largement plus préoccupant et démontre la naïveté des Occidentaux : le plus simplement du monde, faute d’être placé en soins intensifs dans les semaines à venir, le Liban n’existera plus en tant que pays au printemps 2022 !

 

Malheureusement, comme si toutes ces inconnues menaçantes ne suffisaient pas à notre malheur, il y a pire que tout cela : la capacité de notre pays à fabriquer des richesses ne suffit plus à assurer son équilibre financier.

 

Avec un PIB [Produit Intérieur Brut] nominal - l'indicateur économique qui permet de quantifier la valeur totale de la "production de richesse" annuelle effectuée par les agents économiques résidant à l'intérieur d'un territoire – de l’ordre de 55 milliards de dollars pour 5.3 millions d’habitants, les Libanais ne produisent pas suffisamment de richesses pour stabiliser leur économie.

 

Les experts prétendent que nous avons impérieusement besoin de cent milliards de dollars (sans compter la reconstruction du port de Beyrouth) pour nous en sortir. Ce, alors que les sommes envisagées lors des discussions entre nos partenaires n’atteignent pas 35 milliards.

 

Mais même dans l’hypothèse dans laquelle on nous remettrait à flot, cela nous permettrait de survivre à court terme, mais rien de plus. Le déficit se creuserait à nouveau durant notre convalescence.

 

Ce qui signifie qu’il nous faudrait au minimum passer à un PIB nominal de l’ordre de 100 milliards de dollars pour assurer notre pérennité.

 

C’est possible, mais cela nécessite des réformes dans tous les domaines. Politique. Electoral. Sécuritaire, etc.

 

Cela passe indubitablement par la paix et le commerce avec Israël, le désarmement des chiites et la cessation des relations avec l’Iran. Ce sont les conditions pour que le monde arabe nous réintègre et que nous jouions à nouveau notre rôle de pivot dans les affaires commerciales et financières du Moyen-Orient. Notre économie est basée quasi-exclusivement sur le secteur tertiaire et faute de confiance, le secteur tertiaire n’a pas droit de cité.

 

Il faudrait aussi que ces changements interviennent rapidement, sinon Israël ne nous laissera rien de ce rôle.

 

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Raid en Iran : Israël dans le rôle de protecteur de la raison (010407/21) Version imprimable
Analyse
dimanche, 04 juillet 2021

 

Par Stéphane Juffa

 

Avec Jules Mazouz

 

Dans la nuit du 22 au 23 juin dernier, un complexe industriel appartenant à l’organisation TESA, l’agence publique iranienne des centrifugeuses, situé à Taba, à 30km exactement au nord-ouest de l’extrémité occidentale de la capitale Téhéran a été la proie d’une attaque.

 

L’Organisation Iranienne de l’Energie Atomique AEOI avait publié un communiqué le jeudi suivant [photo] – le 24 juin – dans lequel elle expliquait notamment que "la tentative hostile a été évitée sans perte de vies et sans dommages pour les installations (…)".

 

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Deux paragraphes plus tard, l’AEOI croyait bon de préciser que "l’attaque a été éventée juste avant qu’elle ne pût infliger des dommages au bâtiment" [lequel, le complexe en compte sept ? Ndlr.].

 

Les Iraniens se gaussent juste après du fait que "La vigilance des organisations de défense et de  sécurité du pays ont conduit à l’échec de tentatives de ce genre (sic) destinées à interrompre les activités nucléaires pacifiques de l’Iran".

 

Okay.

 

Sauf que jeudi dernier, la Ména a recueilli les photos satellites du site de Taba publiées par la société The Intel Lab qui nous ont permis de le localiser très précisément sur Google Earth Pro. [photo].

 

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Le site de Taba dans son environnement local

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Or ces photos démontrent au-delà de tout doute censé que les organes officiels de la Théocratie persane ont à nouveau menti. Et menti effrontément, ce qui peut paraître quelque peu naïf puisqu’ils devaient se douter que des agences privées de photographie satellitaire allaient rapidement publier des images des dégâts, et que celles-ci témoigneraient des destructions subies par le site, ce qui porterait un nouveau coup concret à leur crédibilité.

 

Ce parjure intervient après qu’en avril dernier les mêmes organes chargés de la mise au point de l’arme atomique perse avaient commencé par nier les dégâts irréparables infligés à une installation du site de Natanz, avant d’être contraints de les requalifier.

 

De fait, il s’était agi d’un raid décisif, probablement mené par les Israéliens, qui a anéanti la quasi-totalité du stock de centrifugeuses de dernière génération en possession de la "République" islamique.

 

Dans son communiqué du 24 juin, l’AEOI désigne à nouveau cette opération contre Natanz par les mentions de "terrorisme nucléaire" et de "crime de guerre".

 

A Taba, les Iraniens fabriquent des moulages d’aluminium pour les centrifugeuses ainsi que des aimants dans le bâtiment baptisé Tighchech, des pompes moléculaires dans l’unité nommée Holder, et des soufflets (un dispositif destiné à produire un flux d’air) et d’autres choses dans Ghalaviz.

 

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Le détail du site de Taba ainsi que la partie du bâtiment détruite lors du raid

Service cartographique © Metula News Agency

 

C’est précisément l’aile occidentale du bâtiment Ghalaviz qui a été détruite comme en attestent les photos de The Intel Lab. Cette aile de 40 mètres sur 15 [la moitié de Ghalaviz] a perdu son toit lors d’une explosion et le matériel qu’elle contenait a été carbonisé par un violent incendie.

 

C’est l’unique section du complexe de Taba qui a été visée et anéantie à l’occasion de cette attaque.

 

Dans divers documents, la Théocratie affirme que le raid a été conduit par un drone-quadricoptère qui aurait décollé à partir d’un emplacement voisin de l’objectif.

 

Il s’agit d’une explication plausible. A Métula nous disposons de drones du même genre destinés à la photographie aérienne. Ceux qui auraient pu être utilisés à Taba étaient un peu plus gros, ils peuvent soulever des charges allant de 30 à 50kgs d’explosifs, et ont déjà été employés par Tsahal. Notamment dans la cour d’un immeuble d’habitation de Beyrouth dans laquelle le Hezbollah comptait manufacturer des composants de missiles.

 

En cette occurrence, il s’agissait de frapper avec une très grande précision afin de détruire l’objectif tout en épargnant les civils alentours. Il y a fort à parier que le recours à ce genre de drone répondait au même souci d’exactitude : au regard de la quantité limitée d’explosifs transportable par un quadricoptère de ce modèle, il était nécessaire de frapper à un endroit très précis pour obtenir le résultat escompté.

 

Car l’hélicoptère télécommandé a pu franchir une distance d’environ 10km tout au plus. Il a donc décollé dans cette grande banlieue de Téhéran et a été opéré par des éléments infiltrés en Iran. Soit des individus appartenant à l’opposition à la Théocratie chiite, soit des commandos introduits à partir d’Israël.

 

Possiblement un mix des deux groupes, car il semble peu probable que le Mossad fasse confiance à l’expertise d’exécutants qui ne sont pas issus de ses rangs afin de réaliser une mission nécessitant une grande maîtrise technologique.

 

Non que des opposants iraniens n’aient pas les capacités requises pour ce travail. Mais il aurait fallu qu’ils sortent d’Iran pour subir l’entraînement requis, ou faire venir des drones sophistiqués dans une zone isolée du pays. Quelque chose d’improbable au vu du risque que ces drones tombent entre les mains de soldats du régime ou qu’un instructeur voire un élève ne se fasse prendre.

 

Il a aussi été nécessaire d’amener un ou plusieurs drones (pour en avoir un de réserve en cas de pépin technique ou si la cible avait été partiellement ou complètement manquée lors d’une première tentative) sur les lieux au nez et à la barbe des sbires des ayatollahs, de même que les explosifs. Dans une zone très surveillée, car elle héberge des nombreuses fabriques produisant des systèmes et des armes sophistiquées du régime, c’était une mission périlleuse.

 

A Métula, on pense qu’elle a été réalisée par deux hommes en connexion constante avec d’autres services israéliens pour assurer la précision du vol et de la frappe. Sans doute un Iranien et un Israélien qui risquaient leur vie.

 

Et si on a pris de tels risques, c’est que la destruction de l’objectif revêtait une grande importance. Dès que l’opération fut réalisée, le dédale de petites usines, les milliers d’ateliers plus petits encore existant sur la zone, et les dizaines de villages, de bourgs et de villes dans un rayon de 15km ont sans doute grandement facilité l’exfiltration des agents.

 

Que cherchait-on à détruire ? A n’en point douter, il s’agissait d’un élément clé entrant dans la fabrication des centrifugeuses. Il en existe plusieurs sans lesquels il est impossible d’assembler ces machines. Le commando a pu également détruire une section de production dans laquelle on faisait appel à des machines qui n’existent pas en Iran, ou dont la confection dure un temps très long.

 

50kgs d’explosifs, cela ne constitue pas une très grosse charge, mais pas une minuscule non plus. Si l’on utilise du matériel de pointe et adéquat, cela suffit largement pour détruire totalement une construction industrielle de 600 mètres carrés. Et de la consumer complètement.

 

La participation d’Israël à une opération de ce genre est très crédible. Ce serait l’une des multiples interventions visant à retarder la mise au point de la bombe atomique de la junte cléricale chiite. Elles se comptent au moins par dizaines. Elles vont de l’élimination de scientifiques indispensables au programme nucléaire, jusqu’à l’oblitération de stocks de missiles balistiques, d’instituts de développement ou des membres des unités spécialisées formées pour les lancer. A la destruction de sites de développement, de fabrication et de test de composants de la bombe atomique. Ou encore, comme ce 23 juin, au sabotage du processus d’enrichissement de l’uranium.

 

Ce qui est sûr, c’est qu’un jour ou l’autre, il faudra tout de même employer les grands moyens. C’est-à-dire éradiquer les infrastructures nucléaires de la Théocratie. Tsahal est prêt. Il a répété des centaines de fois des simulations d’attaques. Pour quand on ne pourra plus retarder l’échéance du franchissement du point de non-retour.

 

Pendant que les négociations entre les 5+1 et les ayatollahs à Vienne sont au point mort parce que les ayatollahs gagnent du temps. Et qu’ils peuvent refuser aux inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique AIEA l’accès à un site qui suscite leurs soupçons. Comme cela s’est encore produit la semaine dernière.

 

Les grandes puissances sont naïves comme si la menace nucléaire iranienne ne les concernait pas. Témoin ce complexe de Taba, précisément : il existe depuis 2011. Il est entièrement voué à la fabrication de pièces stratégiques pour des centrifugeuses servant à l’enrichissement de l’uranium.

 

Le 14 juillet 2015, l’accord sur le nucléaire iranien est signé à Vienne. Il prévoit, en ce qui concerne les centrifugeuses, que leur nombre doit être réduit de 19 000 à 5 060. Que seule l'utilisation du modèle IR-1 (de première génération) est autorisée. Les centrifugeuses en excès doivent impérativement être stockées sur le site de Natanz sous scellés de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique.

 

Or, cinq ans plus tard, la télévision iranienne a montré les centrifugeuses de sixième et de neuvième génération à l’œuvre. Et leur production n’a pas pu commencer, cela procède d’une impossibilité technique, le 8 mai 2018, jour où le Président Donald Trump a dénoncé le traité avec l’Iran.

 

Dans ces conditions, pour quelle raison le site de Taba a-t-il continué, le 15 juillet 2015, à fabriquer des pièces maîtresses pour centrifugeuses s’il s’agissait de mettre au rebut les trois quarts de celles qui existaient et de ne pas en produire de nouvelles ?

 

Et depuis longtemps, les composants de centrifugeuses produits à Taba n’équipent plus les IR-1, que Téhéran a cessé de construire.

 

L’accord, de son intitulé exact JCPoA, traduit en français par Plan d’action global commun, prévoit aussi que tout l’uranium enrichi au-delà de 3,67% doit être expédié hors d’Iran ou dilué. L'Iran s'engageait à ne pas enrichir l'uranium à plus de 3,67 %, et à ne le faire que sur le site de Natanz. De plus, la quantité d'uranium enrichi que l’Iran est autorisé à posséder est limitée à 300 kg.

 

Les chefs de la junte ont cependant annoncé qu’ils enrichissaient désormais le minerai à plus de 60%, tout près de la concentration nécessaire à produire des bombes. L’AIEA a confirmé cette information. La Théocratie détient de plus environ 3 000kgs d’uranium enrichi, et les inspecteurs de l’AIEA n’ont plus le droit de poser le pied à Natanz.

 

Vouloir re-signer un accord de type JCPoA avec la Théocratie n’a aucun sens, puisqu’elle n’a jamais eu l’intention d’en respecter les clauses et qu’elle n’a cessé d’y contrevenir.

 

Les 5+1 et particulièrement la nouvelle administration Biden se couvrent de ridicule et mettent la Planète en grand danger.

 

Cela fait d’Israël le Superman de la Terre. C’est à elle qu’échoit le rôle de protecteur de la raison et de champion de la partie de l’humanité qui entend continuer à vivre, et à vivre libre après l’enterrement de la "République" Islamique d’Iran. Il s’agit d’une partition ingrate et hautement injuste, mais la nation d’Israël est malheureusement habituée aux injustices.

 

A part ce qui précède, la chaîne TV du Hezbollah, milice supplétive libanaise de l’Iran, al Mayadeen [ara.:  les places] a annoncé que le super porte-conteneurs "israélien" CSAV Tyndall, battant pavillon libérien avait été attaqué dans le nord de l’océan indien à l’aide de moyens non identifiés (très probablement des missiles).

 

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Autorité Palestinienne Mafialand (012806/21) Version imprimable
Analyse
lundi, 28 juin 2021

 

Par Sami el Soudi

 

Ces quatre derniers jours, les territoires soumis au contrôle de l’Autorité Palestinienne [AP], soit 42.1% de la Cisjordanie, sont la proie de très violentes manifestations contre le régime de Mahmoud Abbas.

 

Les points les plus chauds sont Hébron [ara.: al Khalil], la plus grande ville palestinienne en Judée-Samarie avec ses 200 000 habitants, Ramallah, où se situe le siège du gouvernement de l’Autorité, et la mosquée al Aksa à Jérusalem.

 

Les manifestants lancent des pierres sur la Police, laquelle riposte en tirant des pluies de grenades lacrymogènes, en chargeant la foule et en bloquant les rues.

 

Les slogans les plus répandus sont "On exige l’argent de l’aide internationale !", "Des élections maintenant !", par référence aux élections générales qui étaient censées se dérouler en mai et qui ont été renvoyées aux calendes grecques par Abbas et le Fatah lorsqu’ils se sont persuadés qu’ils allaient les perdre.

 

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Le palais que s’est fait construire Mahmoud Abbas

La stagnation n’est visiblement pas également pénible pour tous les Palestiniens

 

On entend aussi et on voit les pancartes "Corrompus !" ou "Pourris !", ou "Assassins !", mais l’exigence de prédilection adressée à Abou Mazen [le surnom de Mahmoud Abbas] est  "Va-t’en !", "Tire-toi !".

 

On se croirait presque à l’une des manifestations à la rue Balfour à Jérusalem, les soirs de l’an dernier, lorsque les gens demandaient à Binyamin Netanyahu de quitter le pouvoir. J’y suis allé une fois avec Ilan Tsadik. La différence consiste en cela que les Israéliens étaient bon enfant tandis que les Palestiniens ne sont pas très nombreux mais ils sont carrément vindicatifs et violents. Ce sont deux réalités différentes.

 

Surtout, cette flambée de violence fait suite à la mort en détention jeudi dernier de Nizar Banat, 43 ans, de la banlieue de Dira, à l’ouest d’Hébron.

 

Banat était un défenseur des droits de l’Homme ainsi qu’un critique connu d’Abbas, de l’AP et également de l’opposant de droite à Abbas, Mohammed Dahlan.

 

Il s’exprimait sur les réseaux sociaux, principalement sur Facebook où il était suivi par quelques 100 000 personnes.

 

Il produisait entre autres des vidéos décrivant la corruption ambiante. A la toute fin du mois d’avril dernier, sa maison familiale avait été prise d’assaut par les Forces de la Sécurité Préventive, les unités spéciales de la Police palestinienne [entraînées par des officiers américains], après qu’il a demandé à l’Union Européenne de réduire les crédits qu’elle accorde à l’AP, suite à l’annulation des élections législatives et présidentielles.

 

Nizar Banat s’était inscrit au scrutin à la tête d’une organisation : La Liste pour la Liberté et la Dignité.

 

L’Union Européenne avait vivement protesté contre l’attaque de sa maison. Elle a également protesté contre le meurtre de l’opposant, à l’instar des Etats-Unis d’Amérique et de l’ONU.

 

Banat avait souvent goûté à l’hospitalité des prisons de l’Autorité et au régime de tortures qui y règne. Les chefs d’accusation régulièrement retenus contre lui étaient : "insultes au sentiment national, agression contre l'Autorité Palestinienne, et incitation à la violence contre cette dernière".

 

Jeudi dernier, à l’aube, les policiers d’Abbas ont à nouveau pénétré dans sa demeure. Selon la famille les forces de l’ordre ont utilisé du gaz, l'ont violemment battu et traîné dans un véhicule.

 

Une heure à peine plus tard Banat était mort, et l’Autorité Palestinienne annonçait officiellement son décès. Pour la famille, il s’est agi d’un assassinat.

 

C’est fort possible au regard du fait que sa mort est intervenue quasi-immédiatement au moment de son incarcération.

 

C’est encore plus plausible à la lecture du rapport du médecin légiste qui a pratiqué l’autopsie. Selon le Dr. Samir Abu Zarzour en effet, "les blessures sur le corps de Banat indiquent qu'il avait été frappé à la tête, à la poitrine, au cou, aux jambes et aux mains".

 

Cela ressemble à des maltraitances avec l’intention de tuer.

 

Le Premier ministre palestinien Mohammad Shtayyeh a annoncé qu’une enquête avait été lancée. Le public palestinien n’en attend strictement rien, car toute l’institution de l’AP est faisandée jusqu’à la moelle.

 

Si le meurtre de M. Banat fait autant de vagues, c’est parce qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé, mais d’une bavure survenue dans le cadre d’une situation globale et qui l’illustre parfaitement.

 

L’AP est une dictature, principalement à la solde de Mahmoud Abbas, de ses fils, de sa famille, de ses proches et des barons du Fatah. Politiquement, après le lâchage de facto par la plupart des capitales arabes, en raison de l’extrémisme de ses positions, de son absence d’initiatives, de l’engloutissement de milliards de dollars d’aide internationale, et du rapprochement de ses alliés naturels avec Israël en raison de la menace iranienne, l’AP est un ectoplasme.

 

Abou Mazen - qui compte 85 printemps et dont l’état de santé est chancelant - et ses fils habitent des palais des mille et une nuits tandis que la population se démène difficilement dans la misère, sans aucune éclaircie à l’horizon.

 

La survie physique du Président de l’Autorité Palestinienne et de cette dernière dépend totalement des Israéliens. Si la Sécurité Intérieure des Hébreux cessait sa protection, ils disparaitraient rapidement.

 

Il y a quelques semaines, à Djénine, trois membres de notre Police ont trouvé la mort lors d’échanges de tirs avec les forces israéliennes. C’était la faute des policiers, ils étaient en train d’aider à l’exfiltration de terroristes avérés. Mais en temps normal, l’AP aurait généré des émeutes un peu partout aux points de friction avec l’Etat hébreu. La légitimité ne l’a jamais étouffée.

 

Mais là rien. Au contraire, la Moukata de Ramallah a pris des dispositions afin d’empêcher les protestations spontanées. Même les Israéliens qui s’attendaient au pire ont été surpris.

 

Et durant la dernière confrontation à Gaza, la même Moukata a étouffé dans l’œuf toutes les manifestations de solidarité avec le Hamas. Il est vrai que, par endroits, des policiers de l’AP étaient au bord de la révolte et menaçaient de passer au Hamas. C’était évidemment un risque trop grand pour Abbas.

 

De façon cocasse, force est de constater qu’il y a eu cent fois plus de protestations parmi la population arabe d’Israël que dans les territoires contrôlés par l’AP.

 

Si la Cisjordanie s’était à son tour enflammée, les Israéliens auraient eu bien plus de mal à faire revenir l’ordre. Inversement, faute de la mobilisation de la Cisjordanie, la révolte des Arabes israéliens était condamnée à ne durer que quelques jours.

 

Aujourd’hui, plus personne n’évoque la création d’un Etat palestinien, parfois, l’on préconise la "solution à deux Etats", mais honnêtement, c’est sans conviction.

 

Particulièrement, parce que la politique de dissémination des implantations juives s’intensifie et elle est planifiée de telle sorte que les agglomérations palestiniennes soient isolées les unes des autres.

 

Dans ces conditions, la perspective de former un Etat indépendant sur un territoire contigu n’est plus qu’une vue de l’esprit. Les Juifs peuvent compter désormais sur une population de zélotes de 400 000 pionniers dans les implantations. Si extrémistes que l’Armée israélienne se voit parfois contrainte de les déloger d’avant-postes pirates par la force. Cette population a quasiment doublé en vingt ans.

 

Dans ces conditions, la direction de l’AP ne peut ni pousser vers un Etat indépendant, ni appeler à une nouvelle Intifada. Cela la cantonne à l’immobilisme et pousse les responsables à gérer le présent sans prendre d’initiative, à part se remplir les poches sur les deniers publics.

 

Au moins, le Hamas poursuit un objectif défini. C’est du moins ce que se dit la majorité des Palestiniens de Cisjordanie. Mais Nizar Banat n’était pas un membre de la Résistance Islamique, ce, bien que son quartier de Dura fût islamique à 80%.

 

Ensuite, il est fort possible que ce soit le Hamas qui orchestre le mouvement de protestation. En tout cas, il appelle ses sympathisants à descendre dans la rue.

 

Mais même ses exhortations sont moyennement suivies. Si l’on se donne la peine d’effectuer le décompte approximatif des manifestants présents lors de chaque rassemblement, on en dénombre de 200 à 800, guère plus. Or je me souviens aux mêmes endroits de cortèges rassemblant 10 000 personnes. Même davantage.

 

La vérité est que la population est résignée. Il y a eu l’étincelle d’un nouvel espoir, particulièrement lorsque les gens ont entendu que des roquettes avaient été tirées sur Tel-Aviv. Pas par envie de tuer, mais grâce au sentiment éphémère d’exister, de devoir être pris en compte, de ne pas être transparent.

 

Puis c’est retombé. Aussi vite que c’était arrivé. Nous ne sommes pas fous, nous voyons bien que depuis la riposte de Tsahal aux cerfs-volants incendiaires, le Hamas n’a pas tiré une seule roquette ni lancé un seul autre cerf-volant.

 

Il se murmure ici avec insistance que les Israéliens ont informé le Hamas directement, sans passer par les Egyptiens, qu’en cas de récidives des tirs, "ils le renverraient à l’époque des arcs et des flèches", et "qu’ils lui feraient regretter Netanyahu".

 

Le tout, accompagné de raids fulgurants comme jamais auparavant en pareilles circonstances.

 

Le Hamas est à genoux, il n’a pas les moyens de reprendre les hostilités. Lors, il négocie en secret avec Jérusalem. La zone de pêche vient d’être élargie, et du fioul qatari est entré aujourd’hui à Gaza.

 

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Iran : plus près de la guerre que d’un accord (012606/21) Version imprimable
Analyse
samedi, 26 juin 2021

 

Par Stéphane Juffa

 

Hier, vendredi, le Secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, et le ministre des Affaires Etrangères français, Jean-Yves Le Drian se sont rencontrés à Paris. A l’issue de leurs entretiens centrés sur le nucléaire iranien, ils ont donné une conférence de presse commune.

 

M. Le Drian est resté confiné dans l’approche traditionnelle de la diplomatie tricolore, articulant l’essentiel de sa démarche sur la bonne volonté des uns et des autres.

 

Le chef de la diplomatie française a en outre déclaré : "Nous attendons des autorités iraniennes qu'elles prennent les dernières décisions, sans doute difficiles, qui permettront de conclure" les négociations engagées à Vienne depuis un mois et demi.

 

Le Drian encourageant : "C'est le moment. On arrive au terme du processus, mais il y a un état d'esprit qui, je l'espère, pourra perdurer pour aboutir à un accord".

 

En fait, on n’est nulle part dans ledit processus, et l’état d’esprit n’existe malheureusement que dans la tête du ministre français.

 

A témoin, la réponse cinglante du responsable du dossier pour la Théocratie perse qui ne s’est pas faite attendre : "Ce sont les parties adverses qui doivent prendre leur décision", a déclaré Saïd Khatibzadeh, le porte-parole du ministère iranien des Affaires Etrangères dans un communiqué.

 

Comprenez que Téhéran a posé ses conditions à la conclusion d’un nouvel accord. Que faute de préserver le monde contre la mise au point par les ayatollahs de leur bombe atomique et des missiles balistiques pour la véhiculer, elles préservent cet objectif face à une éventuelle intervention des Israéliens qui ne parlent pas le bisounours.

 

Qu’attendre d’autre de la part du nouveau président perse, Ebrahim Raisi ? Un "état d’esprit" favorable de la part de celui qu’à Téhéran, au sein même de la junte cléricale au pouvoir on surnomme affectueusement "le boucher" ? Ce, en raison des centaines d’opposants que Raisi a envoyés à l’échafaud alors qu’il dirigeait jusque récemment le système judiciaire de la "République" islamique.

 

Raisi sait-il seulement ce qu’est un "état d’esprit", M Le Drian ?

 

Quoi qu’il en soit, pendant que le Secrétaire d'Etat Blinken évoque la septième reprise des négociations indirectes à Vienne – les Iraniens refusant de discuter face à face avec les Américains -, la sixième s’étant achevée sans aucun progrès dimanche dernier, Khatibzadeh précise : "Le sort de l'accord international sur le nucléaire iranien ne dépend pas d'une décision iranienne mais de la réponse que Paris et Washington apporteront aux exigences de Téhéran".

 

Si Antony Blinken s’entête à vouloir continuer les pourparlers, c’est parce que la nouvelle administration U.S. a décidé de "remettre le problème nucléaire iranien dans une boîte". Le problème principal est que les Américains le proclament à tous vents, le secrétaire d’Etat vient de le répéter hier à Paris. Il a même ajouté que "c’est dans l'intérêt national des Etats-Unis".

 

Il s’agit d’une approche stratégique obtuse à laquelle, je l’avoue, personne ne comprend rien parmi les spécialistes. Du Obama tout craché, il est vrai que Blinken - juif de parents juifs et de beau-père juif en la personne du célèbre avocat et écrivain Samuel Pisar - a effectué son apprentissage à "bonne école", occupant le poste de secrétaire d'Etat adjoint de 2015 à 2017 durant la présidence de Barack Obama.

 

Il pourrait sans doute éclaircir un autre mystère dont nous ne saisissons sans doute pas toutes les finesses, celui de la décision de l’administration Biden de retirer la quasi-totalité des troupes U.S. du Moyen-Orient, d’Arabie Saoudite aux Emirats du Golfe en passant par l’Irak et la Syrie ; sans oublier bien sûr l’Afghanistan, que les Etats-Unis offrent sur un plateau aux Talibans..

 

Le retrait est déjà très entamé.

 

On jurerait la doctrine Obama qui avait sensiblement pénalisé les intérêts américains en dehors des Etats-Unis. Retirer les boys de la région en pleine période de négociations avec Khameneï, alors que l’ensemble du monde arabe tremble devant la menace d’un Iran nucléaire, voilà une très étrange idée..

 

Washington n’aurait-il pas pu attendre que les pourparlers aboutissent ou qu’une solution alternative soit trouvée avant de retirer ses troupes ?

 

Ce qui est certain est que cette décision encourage Téhéran à se montrer intraitable à Vienne, et les pays arabes à se jeter dans les bras d’Israël afin que nous les aidions à assurer leur sécurité. En termes de business, cette décision de la Maison Blanche, assurément pas coordonnée avec nous, va nous apporter des dizaines de milliards de dollars de contrats.

 

Le nouveau ministre des Finances Avigdor (Yvet) Lieberman a annoncé qu’il ne serait pas nécessaire, en Israël, de recourir à des impôts supplémentaires afin de combler la dette du Corona. Y a-t-il une relation de cause à effet, c’est difficile de le dire car les contrat d’ordre stratégique avec les nouveaux alliés arabes sont pour la plupart secrets. Mais un ami qui fait partie de ce que l’on appelle ici l’Establishment de la Défense m’a susurré à l’oreille que l’ensemble des accords avec ces partenaires pourrait faire tripler le volume des industries et des prestataires de services sécuritaires en Israël durant les cinq prochaines années. Et ce secteur est déjà fleurissant actuellement.

 

Merci qui ? Merci Joe Biden, à moins que ce ne soit le fantôme de Barack Obama. Allez savoir..

 

Sûr que la transparence des intentions U.S. concernant l’Iran et les retraits militaires sur le terrain ne peuvent qu’encourager la Théocratie perse à se montrer la plus intransigeante possible. Antony Blinken a laissé entendre que la réussite des discussions de Vienne pourrait être rendue très problématique par la fixation de la position iranienne ; il parle même d’une annulation de la reprise des discussions.

 

Mais il ne mentionne pas de recours à la force si la posture de Khameneï, le Guide Suprême, ne s’assouplit pas. Ni même de l’approfondissement des sanctions.

 

A Téhéran, les ayatollahs se frottent les mains. On sait qu’ils exigent dans leur ultimatum aux 5+1, en signe de bonne volonté, que Washington leur remette plusieurs milliards de dollars de fonds bloqués et qu’il allège un certain nombre de sanctions, comme la levée de l’interdiction d’exporter du brut. Le tout sans engagement de la part de la junte chiite de faire aboutir les discussions.

 

Pour le moment l’administration Biden résiste mais elle donne des indices de mollissement.

 

Il est vrai que la diplomatie iranienne s’y entend pour envoyer des messages, à l’inverse diamétral des chasseurs d’"états d’esprit favorables" que l’on trouve sur les berges de la Seine et du Potomac.

 

Ainsi, l'ambassadeur de l'Iran auprès de l'AIEA, Kazem Gharibabadi, a déclaré que "l'Iran n'était pas tenu de se conformer" à la demande du chef de l'AIEA, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne Tasnim.

 

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Kazem Gharibabadi. Ils avancent masqués..

 

La demande à laquelle l’Iran n’a pas répondu est celle que lui a envoyée Rafael Grossi, le chef de l’AIEA, qui lui demandait "s'il avait l'intention de maintenir l'arrangement actuel", qui permet à l'Agence de continuer à exercer une certaine surveillance du programme nucléaire iranien.

 

M Grossi a informé le Conseil des gouverneurs de l’AIEA de "l'importance vitale qu'il y a à poursuivre le travail nécessaire de vérification et de surveillance des activités [nucléaires] de l'Iran".

 

L’accord de raccroc qui s’est achevé avant-hier a permis à Téhéran d’éviter de donner aux inspecteurs de l’AIEA accès aux vidéos de surveillance sur ses sites nucléaires. Il s’agissait d’une entente temporaire qui prévoyait que les enregistrements seraient stockés et diffusés si un accord entre Téhéran et les 5+1 était finalement conclu.

 

L’AIEA était censée demeurer en mesure de collecter des données à partir d’autres équipements de surveillance sur les sites concernés. Sauf que le dernier rapport de l’agence a corrigé cette idée fausse et a clairement démontré que l’opposition de Téhéran était largement plus opaque que ne l’imaginaient les Occidentaux.

 

Cela explique le signal d’alarme lancé par Rafael Grossi. Ce qui l’inquiète le plus ce sont les activités en cours sur les sites qui servent à mettre au point l’arme atomique et à tester ses systèmes.

 

Sans accès à ces sites ainsi qu’à Natanz et à Fordo, là où les Iraniens enrichissent l’uranium, l’AIEA est sourde et aveugle. Et si les Iraniens choisissent qu’il en soit ainsi, c’est réellement très inquiétant.

 

Après avoir lu l’analyse récente de notre expert atomicien Jean Claude Zerbib "La marche forcée de l’Iran vers l’arme nucléaire", le doute n’est plus permis. La Théocratie a amassé des quantités très importantes de minerai dont l’enrichissement approche désormais la concentration militaire.

 

Elle fait miroiter aux grandes puissances à Vienne l’éventualité d’un nouvel accord, tout en faisant ce qu’il est nécessaire afin de bloquer totalement la négociation. Et les 5+1 ne souhaitent pas élever la voix afin de ne pas fâcher les ayatollahs. C’est réellement pathétique. L’image est surannée et surexploitée mais l’Occident répète encore et encore le coup des accords de Munich avec "M. le Chancelier Hitler". L’Europe et l’Amérique ont l’ "appeasement" qui coule dans leur veines, ils n’apprennent décidément jamais rien.

 

A commencer par le fait que les voyous, les individus comme les Etats, exploitent la faiblesse de leurs adversaires mais plient devant les forts et les convaincus.

 

Et la célèbre phrase de Winston Churchill est plus que jamais d’actualité : "Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre".

 

Lorsque l’on a tout essayé, la guerre est parfois le seul moyen de préserver la paix. La Théocratie iranienne a résolu tous ses problèmes sur la voie de sa bombe atomique à part un : Israël.

 

Et peu importe l’identité du Premier ministre de l’Etat hébreu, il y a une constante qui demeure intangible - non mutantur nihil – (sans changer quoi que ce soit) et c’est la décision que la "République" Islamique d’Iran n’obtiendra pas l’arme absolue.

 

Israël a cessé d’attendre, elle croit certes aux miracles mais uniquement à ceux qui sont relatés dans la Bible. Elle mène une guerre de moyenne intensité et frappe chaque semaine des intérêts persans. Soit par des opérations militaires, soit pas des actions à la James Bond de ses services secrets.

 

Tout dernièrement, l’unique réacteur au plutonium, au sud de la ville de Bouchehr, a dû être arrêté pour des raisons que Téhéran n’a pas dévoilées [le 21 juin courant]. Cette semaine derechef [mercredi dernier, le 23 juin], c’est une usine qui produisait des pièces maîtresses pour les centrifugeuses dans la ville de Karaj, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Téhéran qui a été la cible d’une attaque de drones.

 

Ce site figurait sur la liste des cibles établies par Israël et transmise en 2020 au président Donald Trump et à des responsables de l'administration américaine, selon un haut responsable du Renseignement américain qui a informé le New York Times.

 

On ignore l’étendue des dégâts, même si les media officiels de la Dictature théocratique ont fait état de ces incidents. Mais la junte au pouvoir minimise toujours ses déboires. Juste après l’opération contre son principal site nucléaire à Natanz, le 12 avril dernier, elles s’efforçait de faire croire à des dommages marginaux. Alors que la presque totalité de ses centrifugeuses les plus modernes avaient été détruites.

 

Nous ne doutons pas du fait que Tsahal et le Mossad savent parfaitement ce qu’ils font, et que leur pourcentage de succès lors de leurs opérations en Iran avoisine le cent pour cent.

 

Les frappes de ce genre se multiplient. La Ména les mentionne lorsque c’est possible, mais nous pouvons affirmer que des dizaines de sites appartenant à l’infrastructure nucléaire ainsi qu’à la production des missiles balistiques ont été sérieusement endommagés.

 

De plus, Tsahal et le Khe’l ha-Yam, la Marine israélienne, mènent la vie dure aux navires de guerre iraniens, de même qu’aux pétroliers de Khameneï.

 

Si Washington ne se soucie pas de faire respecter l’interdiction des ventes de brut qu’elle a imposée à la Théocratie, nous le faisons à sa place.

 

Cela aide fortuitement les USA dans leur tentative de parvenir à un accord par les voies diplomatiques. Leurs représentants se servent de la menace israélienne en toute occasion : sur le thème, "nous, nous sommes les gentils, nous avons abandonné l’idée d’avoir recours à la force militaire. Mais les Israéliens, vous les connaissez, ils n’en font qu’à leur tête et nous avons de plus en plus de mal à les contenir. D’où votre intérêt à conclure un traité au plus vite avec nous".

 

Nous sommes d’avis à Métula que les ayatollahs saisissent parfaitement le sens de cette équation sans avoir besoin de l’aide des diplomates U.S. . Mais la Théocratie n’est pas loin du point de non-retour. Le moment où personne ne pourra l’empêcher de fabriquer la bombe atomique.

 

Pour les extrémistes du régime, cela devient de plus en plus tentant. Surtout en observant les incohérences béantes de l’administration Biden, le rafraichissement de ses relations avec Jérusalem, et le manque de détermination qui frappe les 5+1 à propos de l’Iran.

 

Il y a des responsables à Téhéran qui pensent qu’il n’y aura jamais un moment aussi propice qu’actuellement pour parvenir au but. Un but qui amènerait la pérennité à ce régime d’assassins au nom d’Allah. Car personne n’attaquerait un Iran nucléaire.

 

Dans les conditions qui prévalent, Israël se tient prête à n’importe quel moment à déclencher son offensive principale. Il s’agira simplement de passer d’une guerre de moyenne intensité à une opération d’intensité très élevée. Militairement, cela ne pose pas de grands problème à Tsahal. Ensuite il conviendra de procéder par "des frappes d’entretien", chaque fois que les ayatollahs se mettront en tête de réparer les dégâts ou de préparer une riposte contre l’Etat hébreu.

 

De plus, aucune voix critique ne s’élève jamais dans la communauté internationale après les frappes en Iran dont tout le monte sait qu’elles ont été réalisées par Israël. Ladite communauté ne préfère pas la junte théocratique au pouvoir à Téhéran à Israël. De plus, ces raids servent leur intérêt.

 

Reste que dans cette dynamique, si rien ne change, Washington et Jérusalem se trouveront immanquablement en porte-à-faux. Ce n’est qu’une question de temps avant que cela ne saute aux yeux.

 

Pour éviter cela, les plus grandes autorités sécuritaires d’Israël se succèdent aux abords du Capitole afin de convaincre les décideurs U.S. que Téhéran se moque d’eux et qu’il use de diversion à Vienne.

 

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En Israël le laser va bientôt remplacer les missiles (012206/21) Version imprimable
Analyse
mardi, 22 juin 2021