Terrorisme islamique : l’Europe a choisi la capitulation (info # 011208/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 12 août 2018

 

Par Guy Millière

 

Nir Barkat, le maire de Jérusalem, a mis en ligne voici peu (avant les récents tirs de roquettes depuis Gaza) un message vidéo appelant les dirigeants européens, nommément Angela Merkel, Emmanuel Macron et Theresa May, à se joindre au combat mené par Israël contre le terrorisme islamique, et à le faire avant qu’il ne soit trop tard. Tout en parlant du terrorisme islamique en général, Barkat pointe du doigt les actes terroristes et les agressions commises par le Hamas contre Israël. Il rappelle qu’en se retirant de Gaza, Israël espérait que les Gazaouis utiliseraient l’opportunité qui leur était donnée pour construire un meilleur futur pour leurs enfants, et ne s’attendait pas à ce que le Hamas prenne le pouvoir à Gaza et en fasse un califat terroriste. Les propos de Nir Barkat ont toute ma sympathie.

 

Je dois  souligner, cela dit, concernant le dernier point, que les Israéliens qui ne s’attendaient pas à ce que le Hamas puisse prendre le pouvoir à Gaza avaient fait preuve d’une immense naïveté : les Arabes de Gaza étaient, au moment du retrait israélien, d’ores et déjà endoctrinés depuis des années, et pris en main par des organisations terroristes. Imaginer que les terroristes moins excités constituant les cadres de l’Autorité Palestinienne auraient pu l’emporter sur les terroristes plus excités constituant les cadres du Hamas relevait de l’extrême illusion. Imaginer que si l’Autorité Palestinienne avait gardé le contrôle de Gaza, elle aurait envisagé de construire un meilleur avenir pour les enfants des Arabes de Gaza impliquait un aveuglement absolu. On n’a jamais vu où que ce soit dans l’histoire une organisation telle que l’Autorité Palestinienne devenir paisible. Les organisations de ce genre doivent être mises hors d’état de nuire sans quoi elles nuisent. Ce qui sépare les organisations telle que l’Autorité Palestinienne d’organisations telle que le Hamas est de surcroit peu ou prou aussi mince que ce qui sépare la peste bubonique de la peste septicémique.

 

Je dois ajouter que vouloir sensibiliser Merkel, Macron et May aux actes terroristes et aux agressions commises par le Hamas contre Israël est une entreprise vaine (on vient de le voir encore ces derniers jours). Merkel, Macron et May sont totalement indifférents aux actes terroristes et aux agressions commises par le Hamas, car ces actes terroristes touchent un pays pour lequel ils n’ont aucune sympathie. Pour eux, le Hamas ne tue que des Juifs israéliens et ne détruit que des biens et des cultures israéliens, donc cela ne les concerne pas. Et comme ils mènent, depuis des années, une politique d’apaisement vis-à-vis des violences islamiques, il semble évident qu’ils pensent sans le dire explicitement que l’existence d’Israël constitue un problème. Lors, que sa disparition ferait avancer la paix au Moyen-Orient et permettrait à l’Europe de mieux s’entendre avec le monde musulman. Les condamnations qu’ils prononcent contre les attaques anti-israéliennes sont presque toujours discrètes et feutrées, celles qu’ils profèrent lorsqu’Israël riposte sont porteuses d’une volonté évidente de préserver les terroristes et de ne pas les froisser.

 

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"Gardons-nous bien de jamais indisposer les islamistes et de

soutenir l’acte de capitulation d’Obama consenti aux Iraniens !"

 

Merkel, Macron et May appartiennent à des sociétés qui charrient deux mille ans d’antisémitisme, et où l’antisémitisme devenu latent depuis Auschwitz est toujours prêt à sourdre. Ils dirigent des pays qui ont choisi la soumission à l’islamisation. Ils s’efforcent systématiquement de déconnecter le “terrorisme palestinien”, qui tue seulement des Juifs israéliens, du terrorisme islamique qui s’exerce partout ailleurs. Ce, car ils considèrent que le terrorisme “palestinien” a une forme de légitimité parce que la “cause palestinienne” à leurs yeux est légitime, et pensent (ce qui relève du crétinisme) que si les “Palestiniens” l’emportaient, le terrorisme islamique, partout ailleurs, se ferait moins intense et finirait par s’éteindre.  

 

Imaginer dès lors que Merkel, Macron et May pourraient s’associer au combat mené par Israël est se tromper sur leur compte. Imaginer même qu’ils veulent combattre le terrorisme islamique est se tromper aussi ; ils veulent plutôt amadouer le terrorisme islamique et lui donner des gages de bonne volonté, en dépit des assassinats collectifs du Bataclan et du Pont de Londres.

 

Ils le soutiennent même, puisqu’ils financent l’Autorité Palestinienne et des organisations telle que le Hezbollah (ils voudraient soutenir le terrorisme islamique davantage encore en continuant à faire des affaires avec le régime des mollahs, mais ils ont dû, contraints, contrits et forcés, se plier aux décisions de l’administration Trump).

 

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"Sheket médoumé", calme trompeur (011008/18) Version imprimable
Analyse
vendredi, 10 août 2018

 

Par Jean Tsadik

 

Avec Ilan Tsadik à Sdérot

 

Il semble que la flambée de violence dans le sud-ouest d’Israël et dans la bande de Gaza soit désormais terminée. Jeudi soir, vers 21h15, l’Alerte rouge a à nouveau retenti dans les territoires des Conseils régionaux d’Eshkol, de la Plage d’Ashkalon et de Shaar Ha-Neguev, dans le pourtour de Gaza. Quelques minutes plus tard, deux Qassam ont explosé dans un terrain vague.

 

En milieu d’après-midi d’hier, une roquette était tombée à proximité de la capitale du désert, Beersheva, à 40km de l’enclave côtière, sans provoquer le moindre dégât. Il a cependant été brièvement question de reporter le match de Coupe d’Europe de football entre Hapoël Beersheva et Apoël Nicosie, mais l’UEFA, en concertation avec les autorités compétentes israéliennes, a maintenu la rencontre, qui s’est conclue sur un décevant 2 à 2 avant le match retour à Chypre, la semaine prochaine. Les joueurs d’Apoël ont toutefois dû se réfugier dans les abris pendant l’alerte et certains ont paru choqués par cette expérience.

 

Depuis 23 heures, heure de l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu obtenu par l’Egypte, un calme précaire règne. Vers midi, ce vendredi, la Défense Civile a déclaré le "retour à la normale" pour les habitants du pourtour de Gaza. Cette tempête de deux jours, si l’on en reste là, aura vu 200 roquettes tirées sur Israël par les miliciens islamistes de Gaza, et Tsahal répondre par 150 raids.

 

Lors des dernières opérations de l’Armée israélienne, les militaires hébreux ont commencé à détruire des bâtiments à plusieurs étages qui abritaient des installations des milices [voir la photographie].

 

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De quoi convaincre des miliciens islamistes de demander un cessez-le-feu

 

Cela a sans doute persuadé les djihadistes qu’il était préférable de mettre un terme à l’escalade avant que Tsahal se départisse de sa retenue. A Jérusalem, il était aussi de plus en plus question d’une opération terrestre si les factions continuaient à lancer leurs projectiles.

 

Ceci dit, le problème reste entier et il a même tendance à se compliquer. D’abord, la Ména est en mesure de confirmer les révélations de Sami el Soudi d’il y a une semaine, et de révéler que le Hamas tronc central n’est pour rien dans cette flambée de violence. Les tirs sur les agglomérations israéliennes ont été initiés par les factions dissidentes, qui ont tenté de faire trébucher le processus de fin des hostilités actuellement négocié avec le Caire et Jérusalem.

 

D’ailleurs, en plein milieu des combats, un officiel du Hamas tronc central a annoncé que les discussions au Caire en vue d’un accord de cessation de belligérance se poursuivaient et progressaient.

 

La quinzaine de groupes n’obéissant pas au tronc central dispose actuellement de largement plus de miliciens que le Hamas traditionnel. Même si l’été dernier tous ces "combattants" étaient encore des membres obéissants de l’organisation. Certains dissidents revendiquent également être les représentants légitimes du Hamas, prétendant que les dirigeants du canal traditionnel ont perdu la voie et la foi, et qu’ils ne représentent plus personne.

 

Le nombre élevé de roquettes tirées s’explique pas le fait que les entrepôts dissimulés dans toute la Bande en regorgent. Sami el Soudi, repris depuis jeudi dernier par la plupart des media occidentaux, l’avait aussi écrit.

 

Il est également possible d’expliquer la raison pour laquelle toutes les roquettes ont été lancées sur le voisinage immédiat de Gaza (celle qui a parcouru le plus long trajet est celle de Beersheva) et non sur Tel-Aviv ; c’est simplement que les terroristes ont compris que le Dôme de fer est moins efficace lorsqu’un projectile reste en vol pendant 5 secondes que pendant 20 minutes. Or 5 à 7 secondes, c’est le temps que met un Qassam pour parcourir le kilomètre et demi qui sépare la Bande de Sdérot, par exemple. En un si court laps de temps, le Dôme doit remarquer et situer le départ du tir, calculer son trajet ainsi qu’un point d’interception, et en voyer un missile afin de l’abattre, mais suffisamment loin des habitations pour ne pas faire plus de dégâts que la roquette. Bref, c’est physiquement quasi impossible, même si 20% de ces tirs ont été interceptés ces trois derniers jours. On compte en effet un peu moins de 40 Qassam détruits en vol, le plus grand nombre des autres explosant dans des zones inhabitées. En comparaison, aucun Qassam gazaoui n’a jamais touché Tel-Aviv ni Jérusalem, et le nombre de ceux qui ont explosé à Beersheva est minime.

 

Tout ceci posé, l’observation de la situation rend pratiquement inutile de conclure un accord avec le Hamas tronc central, surtout si l’on est amené à faire des concessions, car il est clair, après ces trois jours d’affrontements auxquels le Hamas avait décidé de ne pas participer, qu’il n’est pas capable de respecter les engagements qu’ils s’apprête à prendre.

 

Cela n’arrange pas les affaires de Binyamin Netanyahu, qui voit la cote de popularité de son gouvernement dévisser en chute libre depuis mercredi. Il faut dire qu’il nage en pleine ineptie stratégique. Son obsession à garder le Hamas vivant l’a conduit à faire face à trois hypothèses dont aucune n’est satisfaisante : 1. Se contenter de frappes aériennes light, tout en laissant des factions islamiques lancer deux cents projectiles sur la huitième puissance du Globe. 2. Réoccuper la bande de Gaza, au risque de voir des dizaines de soldats et des milliers de Gazaouis se faire tuer. Et ensuite avoir la responsabilité d’1.6 millions d’habitants qui haïssent Israël sans pouvoir s’en débarrasser. 3. Signer un accord de non-belligérance avec une milice islamiste finie, dont il sait qu’elle ne pourra satisfaire aucun des engagements sécuritaires qu’elle aura pris.

 

Dans les trois cas, la population israélienne ne va pas apprécier du tout, et c’est autrement plus significatif que les sondages qui montent et qui descendent. A témoin cette lettre à M. Netanyahu, signée ce vendredi matin par tous les présidents des conseils régionaux du pourtour de Gaza. Elle parle de "bousha", de honte, et de "sheket médoumé", de calme trompeur. Elle rappelle que ce gouvernement a abandonné l’initiative aux milices islamistes de Gaza, qui décident, à la place du gouvernement israélien, de la guerre ou de la trêve.

 

Tous ces responsables locaux et les habitants des agglomérations du pourtour de Gaza sont écœurés ; tous affirment qu’ils sont près à endurer les désagréments d’une guerre, comme c’est déjà le cas à intervalles réguliers depuis mars dernier, pour donner à Tsahal le temps de mettre le Hamas définitivement hors de combat.

 

"Le cessez-le-feu conclu cette nuit grâce à la médiation égyptienne n’en est pas un", me dit-on dans le Sud et parmi les officiers supérieurs d’active et de réserve de Tsahal. "La preuve", me demande-t-on ? – ce vendredi, les factions islamistes et le tronc central du Hamas ont à nouveau appelé la population de Gaza à se presser le long de la barrière de sécurité et à envoyer des cerfs-volants et des ballons incendiaires cette après-midi. L’appel est même plus appuyé que les semaines précédentes.

 

Nous avons perdu un soldat, nous en avons un autre grièvement blessé et l’ennemi détient toujours des civils israéliens prisonniers et des dépouilles de militaires, à quoi nous sert cette trêve ? A qui profite-t-elle exclusivement sinon aux factions islamistes de Gaza ? 200 roquettes plus tard, onze blessés plus tard, dont une femme entre la vie et la mort, qu’est-ce qui a changé ?

 

Demain, ou même peut-être ce soir, le Hamas tronc principal, ou une des factions rivales, quand ils auront le moindre intérêt politique pour le faire, se remettront à lancer des centaines de roquettes sur Israël, ils en possèdent des milliers. Et la population, pacifique et laborieuse du Néguev, courra à nouveau dans les abris et interrompra, pour la énième fois, le cours normal de sa vie. Les enfants, plutôt que jouer au football sur le gazon, s’enterreront à nouveau dans la hantise d’une explosion plus forte que les autres, dans l’attente incertaine de pouvoir redevenir des enfants pendant quelques jours. Au gré des miliciens.

 

Leurs parents compteront les hectares de champs cultivés que les "voisins" auront incendiés ainsi que les récoltes perdues, à la fois dans les flammes et parce qu’ils ont été forcés d’interrompre leur entretien.

 

Le ministère de l’Agriculture les a informés hier que s’ils poursuivent leur travail en dépit de l’ordre de rester dans les abris, ils le font à leurs risques et périls. L’un d’entre eux m’a dit que le même ministère leur a communiqué qu’ils ne pourront pas disposer des réserves d’eau existantes pour compenser les jours chômés [par plus de 40 degrés à l’ombre. Ndlr.], au prétexte que "les autres régions ont également besoin d’eau". Cet interlocuteur a ensuite précisé que beaucoup d’habitations situées à 7km de la frontière ne disposent pas d’abri.

 

"Andralamoussia", le bordel, c’est le mot qui revient le plus souvent dans la bouche des sinistrés. "La situation ressemble à s’y méprendre à celle qui prévalait dans le Nord avant la Seconde Guerre du Liban : on les laisse tirer sur nos soldats et nos civils, kidnapper des citoyens, sans prendre les mesures qui s’imposent".


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Dernières minutes (010908/18) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 08 août 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula, jeudi, 01h20, 0h20 à Paris

 

Gaza : les tirs de roquettes se poursuivent

A minuit, il en était tombé 70.

Les ripostes israéliennes se poursuivent sans discontinuer.

 

A 0h38, un véhicule utilisé pour le lancement des roquettes, qui venait de larguer un projectile sur Israël, a été pris pour cible par le Khe’l Avir, causant la mort d’un milicien et en blessant trois autres.

 

De source palestinienne on annonce que le milicien abattu est Ali el Randor (surnommé Abou Ali) et qu’il est le fils du commandant en chef des Brigades Ezzedine al Qassam, le bras armé du Hamas, Abou Anas el Randor.

 

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Ali el Randor

 

 

 

Berlin : une Israélienne remporte la médaille d’or aux Championnats d’Europe d’Athlétisme

Chemtai Lonah Salpeter a marqué l’histoire sportive de son empreinte ce mercredi.

Elle est à la fois devenue la première athlète féminine israélienne à remporter une médaille d’or aux Championnats d’Europe d’Athlétisme, et la première athlète, genres confondus, à remporter une médaille lors d’une course de fond.

 

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Chemtai Lonah Salpeter, son mari et entraîneur Dan, et leur fils Roï

 

Chemtai Lonah Salpeter a largement dominé l’épreuve du 10 000 mètres, reléguant sa dauphine, la Néerlandaise Susan Krumins à plus de 9 secondes. [Regarder un résumé de la course].

 

La championne d’Europe est née au Kenya. A l’âge de 20 ans, elle se rend en Israël en tant qu’assistante maternelle pour s’occuper des enfants de l’ambassadeur du Kenya. En 2014, elle a épousé son entraîneur, Dan Salpeter et a ainsi acquis la nationalité israélienne.

 

 
Nouvel embrasement au Sud. Des blessés. (010808/18) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 08 août 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula, mercredi, 23h55, 22h55 à Paris

 

A 22h17, au moins 36 projectiles ont été tirés ce soir par les organisations djihadistes de Gaza sur tout le pourtour de la bande côtière. Le Dôme de fer en a intercepté cinq pour le moment.

 

Dans la ville de Sdérot, six roquettes ont été tirées, blessant modérément un homme de 34 ans et légèrement une femme ainsi qu’un jeune homme de 20 ans.

 

Les blessés ont été évacués sur l’hôpital Barzilaï à Ashkalon.

 

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Une roquette vient de s’abattre sur Sdérot

 

Ces tirs sont intervenus quelques minutes après une riposte de Tsahal, faisant elle-même suite au mitraillage d’un véhicule civil dont les passagers effectuaient des travaux à proximité de la barrière de sécurité.

 

Depuis les tirs sur Sdérot, le Khe’l Avir (l’Aviation israélienne) et les forces au sol répondent massivement à l’agression en provenance de Gaza.

 

Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Liebermann, tient une réunion d’urgence avec l’état-major de Tsahal dans son QG de Tel-Aviv.

 

Hier, mardi, des tireurs palestiniens avaient ouvert le feu en direction de militaires israéliens à partir d’une plateforme d’observation située à deux kilomètre à l’intérieur de l’enclave. Un char Merkava a immédiatement répliqué, tuant deux miliciens, en blessant quatre autres et oblitérant la plateforme.

 

Le Hamas, tronc central, avait parlé d’un "malentendu".

 

Il est fort probable que ce soient des factions qui ne répondent plus aux ordres du tronc central – comme décrit par Sami el Soudi dans son dernier article "Le Hamas à l’agonie", publié jeudi dernier – qui soient à l’origine de l’embrasement actuel. Il est plausible que lesdites factions entendent torpiller les tentatives du Hamas de parvenir à un accord avec Israël et l’Egypte.

 

Car le Hamas "officiel" fait tout ce qu’il peut pour calmer les ardeurs des miliciens. Il est profondément impliqué dans un processus diplomatique avec l’Egypte et Israël, destiné à sauver sa peau. Un officiel du Hamas a ainsi déclaré à l’agence de presse turque Anadolu qu’un accord serait probablement signé à la fin août.

 

Entre-temps, on apprend que Tsahal a touché 12 objectifs jusqu’à maintenant, incluant un tunnel dont une section servait de fabrique d’armement, une galerie abritant des véhicules militaires maritimes, ainsi que des ouvrages fortifiés appartenant aux milices. [vidéo de Tsahal montrant l’une des attaques de ce soir]

 

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Gaza en proie aux représailles israéliennes

 

En parallèle, les roquettes continuent de pleuvoir sur le pourtour de Gaza. Nous sommes équipés d’un système nous informant en temps réel des sirènes d’alerte qui retentissent partout sur le territoire israélien et elles résonnent sans arrêt dans les municipalités bordant Gaza jusqu’à Ashkalon au Nord. La plupart des projectiles qui ne sont pas interceptés par le Dôme de fer tombent dans des zones inhabitées.

 

Ayelet Keder, la porte-parole du centre hospitalier Barzilaï, a communiqué que 9 personnes avaient subi des blessures corporelles, dont deux enfants de 13 ans et un de 16. Elle a annoncé qu’un homme âgé de 54 ans se trouvait en salle d’opération. Tous les blessés seraient légèrement ou modérément atteints.

 

Des sources non confirmées annoncent que l’Armée israélienne se préparerait à lancer une opération terrestre restreinte au cas où les tirs des miliciens se poursuivraient.

 

Le rédacteur en chef a placé les journalistes et reporters de la Ména en Israël en pré-alerte en attendant la tournure que prendra l’affrontement. Deux reporters sont à pied d’œuvre dans la zone de Sdérot et la rédaction de Métula réagira immédiatement si les choses devaient dégénérer en un nouveau conflit.

 

 
La répugnante déchéance de la presse française (info # 010508/18) Version imprimable
Réinformation
dimanche, 05 août 2018

 

Par Guy Millière

 

En lisant les articles qui concernent Israël dans la presse française, je ne peux, la plupart du temps, m’empêcher de ressentir un irrépressible dégoût. Cela commence avec le vocabulaire qui, à lui seul, pourrait m’inciter à cesser de lire ces textes. “Cisjordanie occupée”, “Jérusalem Est occupée” (encore), “Gaza sous blocus israélien” [depuis dix ans. Ndlr.], “colons”, “colonies”, et j’en passe. C’est un vocabulaire de propagande, de falsification et d’incitation à la haine. Ce n’est pas une façon de décrire la réalité, mais une façon de l’occulter. Avec des buts précis et malfaisants.

 

Au-delà du vocabulaire, il y a les descriptions selon lesquelles les “Palestiniens” sont toujours “opprimés”, “désespérés”, et innocents, au point que lorsque certains d’entre eux assassinent des Juifs, ce sont eux qui sont dépeints dans les media français comme les victimes.

 

Au-delà des descriptions, il y a les occultations. Désormais, très souvent, lorsqu’un Juif israélien est assassiné par un “Palestinien”, la presse française ne signale même plus l’assassinat, comme si la vie d’un Juif israélien avait si peu de prix que signaler un assassinat était aussi inutile qu’évoquer l’écrasement d’un moustique sur un pare-brise. C’est uniquement lorsqu’un assassinat de Juif israélien est particulièrement atroce ou fait partie d’un assassinat collectif qu’un article peut en traiter, et quand bien même il s’agit chaque fois d’un acte horrible et répugnant, la description inhérente à l’article s’efforce en général d’édulcorer ce qui est décrit.

 

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La France a choisi son camp

 

Quand Israël mène une opération humanitaire pour sauver de Syriens de la mort ou contribue à des exfiltrations depuis les régions du sud de Damas, comme ce fut le cas récemment pour des Casques Blancs, l’opération est passée sous silence dans la presse tricolore, ou présentée comme une opération dans laquelle ce serait la France qui aurait joué le rôle essentiel.

 

Au-delà des occultations, il y a la présentation des ennemis d’Israël. L’Autorité Palestinienne est décrite constamment comme régie par un gouvernement semblable à des dizaines d’autres gouvernements sur Terre, et pas comme la tyrannie raciste et corrompue qu’elle est. Et les incitations à la haine antijuive dont regorgent les media que gère l’Autorité susdite, et les manuels scolaires qu’elle utilise dans les écoles qu’elle administre sont constamment occultés, tout comme les propos de plus en plus infects tenus ces derniers mois par son chef, Mahmoud Abbas.

 

Le Hamas est décrit quant à lui, comme un “mouvement de libération”, jamais comme un mouvement terroriste raciste djihadiste aux objectifs génocidaires, et la situation de délabrement qui règne dans la bande de Gaza est toujours attribuée à Israël, jamais au comportement monstrueux d’une organisation méprisable (aujourd’hui en pleine décomposition). L’Iran des mollahs, qui ne cesse de menacer Israël d’un nouvel holocauste, et dont les buts génocidaires sont encore plus explicites que ceux du Hamas, est présenté comme un régime avec lequel le monde occidental pourrait s’entendre et comme ayant un président “modéré”, “élu démocratiquement”, en la personne de Hassan Rohani. La présentation du Liban sous le joug du Hezbollah ou de la Turquie d’Erdogan est aussi mensongère, biaisée, tronquée et, partant, scandaleuse.

 

Au-delà de la présentation des ennemis d’Israël, il y a le choix soigneux des “héros” qu’on décrit aux lecteurs français. Le magazine Paris Match a, il y a quelques semaines, offert sa couverture à un homme directement responsable de l’assassinat de centaines de Juifs israéliens, Ismaïl Haniyeh, ex-numéro 1 du Hamas. Et l’article qui accompagnait le reportage photographique traçait de cet archi-terroriste un portrait élogieux. J’en suis venu un instant à penser que si l’auteur des photos et le rédacteur de l’article avaient pu rencontrer Abou Bakr al Baghdadi au temps où il semblait puissant, et faisait torturer, massacrer, crucifier, décapiter les gens à tours de bras, ils n’auraient pas hésité à lui baiser les pieds. Puis je me suis ravisé : Abou Bakr al Baghdadi assassinait des gens qui n’étaient pas juifs, ce qui l’a sans doute disqualifié. Alors qu’Ismael Haniyeh étant un tueur de Juifs, cela ne pouvait apparemment que le rendre plus sympathique aux yeux de “journalistes” qui ne sont absolument pas antisémites, non...

 

Ces derniers jours, une “héroïne” a été célébrée par l’ensemble de la presse française : Ahed Tamimi. Celle-ci n’a pas de sang sur les mains, tout au moins pas encore, mais elle est une propagandiste venimeuse, abjecte et antisémite, ce qui la qualifie afin d’être une “héroïne” de la presse française.


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Le Hamas à l’agonie (020208/18) Version imprimable
Analyse
jeudi, 02 août 2018

 

Par Sami el Soudi

 

Aujourd’hui (mercredi) se déroule au Caire une rencontre réunissant des responsables du Hamas et des membres des services du Renseignement égyptien. C’est le quatrième rendez-vous de ce type en dix jours. Il se dit avec insistance qu’un émissaire du gouvernement israélien suit ces discussions, au moins de manière indirecte, c’est-à-dire dans une autre chambre de l’hôtel où elles se déroulent. La discussion doit être assez importante, car elle a engendré aujourd’hui l’annulation par M. Netanyahu de tous ses déplacements prévus la semaine prochaine.

 

Officiellement, il s’agit de mettre sur pied une trêve de longue durée entre l’organisation terroriste islamique de Gaza et l’Etat hébreu, ce, sur la base d’une proposition égyptienne.

 

Ce n’est vrai qu’en partie. En réalité, les services du Maréchal al Sissi organisent le transfert du contrôle de la bande côtière à l’Autorité Palestinienne. L’idée se trouve sur la table depuis au moins quatre ans, et elle a souvent été présentée comme la "réconciliation" entre le Hamas et l’Autorité Palestinienne. Mais durant toute cette période, la milice islamique a toujours refusé de transmettre effectivement les clés de l’enclave à Mahmoud Abbas. Maintenant, elle n’a plus le choix.

 

Le Hamas ne peut plus faire autrement car il se trouve dans un état de déliquescence avancé et il ne contrôle déjà plus la Bande ni ce qui s’y passe.

 

La faute principalement au manque d’argent ; le Qatar, son plus grand bailleur de fonds historique, s’est engagé auprès de l’Arabie Saoudite, des autres pays du Golfe et des Etats-Unis à cesser ses transferts. L’Iran se trouve en plein marasme économique, le rial ne vaut plus rien et il n’a plus un sou. La frontière avec l’Egypte est devenue étanche, et l’Amérique de Donald Trump a cessé tous ses versements aux organisations humanitaires, dont les richesses parvenaient, par des voies détournées, souvent dans les caisses du Hamas.  

 

En conséquence de ce qui précède, le Hamas n’a plus payé ses miliciens depuis plusieurs mois. Ceci a entraîné une implosion de l’organisation terroriste en une quinzaine de plus petites entités, semi-islamistes, semi-mafieuses, qui font chacune régner sa loi dans une zone de la bande côtière.

 

Elles n’obéissent plus aux ordres du Hamas tronc central, mais négocient au coup par coup les demandes qui en émanent, de même que celles qui proviennent des organisations concurrentes. On échange du pétrole, des armes, des munitions ainsi que des produits cessibles, contre l’acceptation de s’abstenir de tirer des roquettes sur Israël ou de ne plus envoyer des miliciens armés ou des civils se frotter à la frontière de sécurité ou lancer des cerfs-volants incendiaires.

 

Ces groupuscules armés arrondissent leurs revenus en rackettant les commerçants les plus fortunés de la zone qu’ils "gouvernent". Reste que l’argent se fait rare pour tout le monde et que le standing des miliciens a beaucoup baissé, ce qui les pousse de plus en plus à ressembler à des bandes armées, un peu ou beaucoup comme dans Mad Max, et de moins en moins à des supplétifs d’une armée en devenir.

 

De plus, ces bandes font monter les enchères en désobéissant intentionnellement au tronc central. Pour y parvenir, elles enfreignent les engagements pris par les dirigeants du Hamas, soit en envoyant quelques roquettes sur Israël, soit des cerfs-volants et des ballons incendiaires. Des actes que lesdits dirigeants s’étaient engagés à faire cesser face aux Israéliens et au Egyptiens.

 

Mais ce matin encore, plusieurs cerfs-volants ont été lancés sur le Néguev, allumant des incendies heureusement rapidement maîtrisés.

 

Ce n’est évidemment pas que le Hamas se soit pris d’amour pour les Juifs, mais parce qu’il n’a plus du tout les moyens de répondre à Tsahal lors d’éventuels échanges de feu. Cela s’est remarqué à plusieurs reprises ces dernières semaines : d’abord lorsque l’organisation terroriste n’a pas répliqué du tout aux deux raids aériens les plus massifs depuis le conflit de 2014. Ensuite, parce que les fois précédentes, ces situations dégénéraient en confrontations armées, d’une durée variant entre trois jours et un mois et demi. Or désormais, ce qui reste de la direction du Hamas, lorsque le risque d’un affrontement se précise, se rue sur les téléphones pour appeler les Egyptiens et leur demander d’organiser un cessez-le-feu.

 

Mais comme on l’a dit, l’organisation des ex-Ismaïl Hanya et Khaled Mashal n’a plus les moyens de faire respecter ces armistices. Il lui reste entre 1 500 et 2 000 miliciens très indisciplinés sur 30 000 il y a un an encore. Personne ne creuse plus les tunnels stratégiques, n’entretient plus le réseau de communication souterrain, et le nombre des commandos de lanceurs de roquettes est ridiculement insuffisant.

 

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Yahya Sinwar, le "liquidateur" du Hamas

Une ex-tête brûlée qui apprécie les séjours au Caire et a des visions d’avenir

 

Il importe de préciser que ces fonctions étaient grassement rémunérées, car elles étaient les plus exposées. Il existait déjà une forte réticence notamment parmi les perceurs de tunnels, après que des dizaines d’entre eux trouvèrent la mort dans des conditions épouvantables : par noyade, lorsque Tsahal inondait les galeries, par explosion ou lors de bombardements aériens. Maintenant que cette activité ne rapporte plus rien, on ne trouve plus de volontaires.

 

Il n’y a plus de tunnels en état d’être utilisés, et s’il reste des milliers de roquettes dans des caches, il n’y a personne pour les entretenir et pour les tirer. Pour ne rien arranger, le manque d’argent facilite le travail de recrutement d’agents au profit d’Israël, dont le Renseignement sait désormais quasiment en direct tout ce qui se trame dans l’enclave. Et ce, avec une précision diabolique.

 

Pour Jérusalem et le Caire, la faillite du Hamas est plutôt une bonne nouvelle ; pour les Israéliens, en cela que des tirs massifs de roquettes en direction de leurs grandes villes ne sont pratiquement plus à craindre. Pour les Egyptiens, parce que la succursale palestinienne des Frères Musulmans qu’est le Hamas n’a plus les moyens de soutenir les islamistes du pays du delta du Nil.

 

Mais il n’existe aucune raison de triompher pour ces deux capitales. D’une part, pour les Hébreux, parce que des tirs plus limités mais inattendus se font plus nombreux et qu’il n’y a plus personne avec qui s’entendre sur un cessez-le-feu. Et pour al Sissi et Netanyahu, parce que l’instauration d’une anarchie à Gaza n’est pas dans leurs intérêts. D’autant plus qu’à terme, l’un des clans va finir par prendre le pouvoir et que cela pourrait bien être une formation salafiste de nature à leur faire regretter le Hamas.

 

Autre préoccupation à Jérusalem, l’obsession stratégique de Binyamin Netanyahu voulant que l’Autorité Palestinienne ne prenne le pouvoir à Gaza sous aucun prétexte, car cela paverait la voie vers un Etat palestinien. Le Premier ministre hébreu désire le maintien d’un Hamas affaibli à Gaza, ce qui est le meilleur moyen à ses yeux d’éviter la formation d’un Etat palestinien bicéphale, la tête en Cisjordanie et la queue à Gaza. Ce, particulièrement au moment où le Plan Trump prévoit précisément de détacher la bande côtière de la destinée de la Cisjordanie, pour en faire une ville-Etat démilitarisée à l’instar de Singapour.

 

Il semble que sur ce point également, al Sissi et Netanyahu se situent sur des positions concordantes : il ne s’agit pas réellement, aujourd’hui au Caire, de remettre Gaza à Mahmoud Abbas. Premièrement, parce qu’il ne dispose pas des moyens militaires pour la gouverner, et ensuite, parce que l’Egypte entend jouer un rôle clé dans le "Projet Singapour". Ce dernier doit en effet se développer sur une partie du Sinaï égyptien et faire appel pour un tiers à de la main d’œuvre égyptienne ; et au pied des pyramides, on compte bien que cela soit pour les postes de direction, pour donner des débouchés aux ingénieurs locaux sur les deniers saoudiens et ceux du Golfe arabo-persique, et pour le plus grand profit des entreprises du delta du Nil.

 

Pour y parvenir, al Sissi est prêt à participer au maintien de l’ordre du Gaza post-Hamas. Il aimerait également pouvoir compter sur les sympathies de dirigeants post-Hanya/Mashal, le sigle Hamas ne faisant plus peur à personne et n’étant pas immuable non plus. Assurément pas en échange d’un peu de cash et de promesses de postes intéressants dans le développement de Gaza-Singapour.

 

L’un des hommes dont il est le plus question est Yahya Sinwar, le nouveau chef du Hamas à Gaza, qui a remplacé Ismaïl Hanya en février dernier. Condamné à 30 ans de prison, Sinwar en a passé 22 dans les geôles israéliennes pour différents meurtres. En 2011, il a fait partie de l’échange pour la libération de Gilad Shavit, et c’est lui que les Israéliens avaient choisi pour négocier avec eux les listes des prisonniers libérables.


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Obscène AFP (010208/18) Version imprimable
Réinformation
jeudi, 02 août 2018

 

© Metula News Agency

 

AFP aujourd'hui : "Le 17 juillet Israël avait durci le blocus autour de la bande de Gaza imposé depuis plus d'une décennie en imposant l'arrêt des fournitures de carburant à l'enclave palestinienne (...)".

 

L'AFP corrompt ainsi à nouveau la langue française en soutien de sa campagne anti-israélienne/antisémite systématique : car en français (Larousse), on ne peut pas "durcir" un blocus, puisque imposer un blocus, en français, c'est "investir une ville, un port, une position, un pays pour lui couper toute communication avec l'extérieur".

 

On peut dès lors et éventuellement "étendre un blocus" [pour cela, il faudrait qu’Israël occupe la frontière entre l’Egypte et Gaza. Ndlr.], mais pas le durcir. AFP confond - intentionnellement bien sûr - avec "imposer un embargo", qui signifie : "Suspendre des exportations d'un ou de plusieurs produits vers un Etat, à titre de sanction ou de moyen de pression".

 

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Or chaque jour, c'est Israël qui nourrit à elle seule 1.6 millions de Gazaouis (et pas 2 milllions, AFP !), à part aujourd'hui, alors qu’Israël a fermé le point de passage de Kerem Shalom, suite à la rupture par le Hamas de son engagement à cesser d'incendier la faune et la flore du Néguev à l'aide de cerfs-volants et de ballons incendiaires. Après que 3 000 hectares de terres cultivées, prises sur le désert, ont déjà été la proie des terroristes-pyromanes.

 

Mais surtout, Israël ne peut matériellement par chercher à couper toutes les voies de communication avec Gaza, puisque Gaza possède une frontière commune de 14km avec l’Egypte, qui échappe donc au contrôle de l’Armée israélienne.

 

Même Piotr Smolar, le "sympathique" correspondant du Monde à Jérusalem, a fini par comprendre que prétendre à l'existence d'un blocus israélien de Gaza participait d'une insanité philologique à caractère éminemment raciste, au service de la propagande d'une organisation terroriste islamiste génocidaire et antisémite.

 

Smolar a saisi que la perpétuation de cette corruption extrême de la langue française au profit du Hamas et au détriment d'Israël exposait celui qui la répand à l'identification du fait qu'il propage à dessein une fake news à caractère sulfureux, dans le seul but d’instiller la haine d’Israël auprès de l’opinion publique française et francophone.

 

Smolar oui, l'AFP naan !

 

 
Le Hamas est fini (013007/18) Version imprimable
Exclusivité
mardi, 31 juillet 2018

 

© Metula News Agency & Radio Judaïca Bruxelles

 

Interview lancement d’une analyse de Sami el Soudi à paraître prochainement sur la Ména ! Stéphane Juffa s’exprime au micro d’Alexandre Theron, dans le cadre d’un spécial Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca.

 

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/1591053317671496/ (Radio Judaica)

https://youtu.be/9Wk6oScRkTM (Youtube)
 
Israël est assurément l’Etat nation du peuple juif (info # 012907/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 29 juillet 2018

 

Par Guy Millière

 

Comme d’habitude, la presse françaises et celle de la plupart des pays d’Europe ont été unanimes.

 

Israël a été défini ces derniers jours comme renforçant les “discriminations” et les “divisions”, et se conduisant très mal. Les mots “Etat raciste” n’ont pas été écrits, mais on a senti, en lisant certains articles, que leurs auteurs avaient une forte envie de les utiliser. La presse de gauche israélienne a fait la même chose, mais il est bien connu que la presse de gauche israélienne a presque honte d’être israélienne et pratique aisément la haine de soi.

 

Quel “crime” est censé avoir commis Israël ? Avoir voté à la Knesset une loi définissant Israël comme “l’Etat nation du peuple juif” !  

 

Ceux qui voient là un “crime” ont sans aucun doute la mémoire très courte et ne se souviennent donc pas que, lorsqu’Israël a été créé, il l’a été pour être précisément cela : l’Etat nation du peuple juif.

 

Ils ne se souviennent pas que dès qu’Israël a été fondé, parce qu’Israël était précisément l’Etat nation du peuple juif, les armées de tous les pays arabes voisins d’Israël ont tenté de mener une guerre d’extermination contre les Juifs vivant en Israël : parce qu’ils étaient juifs, et parce qu’ils étaient à nouveau souverains sur la terre de leurs ancêtres et de leurs racines.

 

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Pas d’accord !

 

Ceux qui voient un “crime” dans le vote d’une loi définissant Israël comme “l’Etat nation du peuple juif” ont approuvé, au fil du temps, quasiment tous les mouvements de libération nationale sur Terre. Il n’en est qu’un qu’ils n’ont cessé de mépriser voire de détester, et ce jusqu’à ce jour : le mouvement de libération nationale du peuple juif. Allez savoir pourquoi ! Cela n’a, bien sûr, strictement aucun rapport avec l’antisémitisme, non....  Qu’allez-vous imaginer ?

 

Ceux qui voient un “crime” dans le vote d’une loi définissant Israël comme “l’Etat nation du peuple juif” ont une nette, très nette, préférence pour un autre peuple : le “peuple palestinien”. Ne leur dites pas que le peuple juif existe depuis des millénaires, possède une culture, une identité et une histoire, ainsi que le seul patrimoine moral qui ait imprégné absolument tous les pays de la Planète. Alors que le “peuple palestinien” a été inventé il y a un demi-siècle, qu’il n’a pas de culture propre, sinon une haine génocidaire à l’encontre des Juifs, qui lui a été soigneusement inculquée ; pas d’histoire autre que celle constituée par la trop longue liste des attentats commis par ceux de ses membres qui sont passés à l’acte, et n’a été inventé que pour être une arme de destruction du peuple juif et de son Etat nation.

 

Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Et ne leur dites surtout pas que les Arabes dont on a fait le “peuple palestinien” auraient une vie meilleure s’ils étaient délivrés de l’idée qu’ils sont le peuple palestinien, et si leurs enfants, plutôt qu’apprendre à devenir tueurs de Juifs apprenaient à devenir professeurs, médecins ou ingénieurs, car ils ne vous écouteraient pas !

 

Ces gens-là, lorsqu’ils parlent d’Israël parlent d’un pays dont ils ne connaissent l’histoire que par le biais de sa version falsifiée, islamique, teintée de propagande vicieuse issue de l’époque où l’Union Soviétique a incité le monde arabe à transformer son combat pour la destruction de l’Etat juif en un soutien à une “lutte de libération nationale”, inventée pour la circonstance dans les officines du KGB. Ces gens-là ne discernent même pas qu’il ne reste quasiment rien du discours élaboré au nom de la lutte de libération nationale, sinon des structures vermoulues, totalement corrompues, assoiffées de sang, qui sont devenues des obstacles à la paix régionale à laquelle aspirent désormais les pays arabes sunnites coalisés autour de l’Arabie Saoudite et de l’Egypte.

 

Ces gens-là, lorsqu’ils parlent d’Israël parlent d’un pays qui n’existe que dans leurs fantasmes les plus pathologiques.

 

S’ils vont en Israël, c’est pour prendre rapidement la route de Ramallah ou celle de Gaza et se faire une injection de propagande antijuive et anti-israélienne, et pas une seule seconde pour regarder la réalité d’Israël.

 

S’ils le faisaient, ils verraient qu’Israël est d’ores et déjà l’Etat nation du peuple juif depuis sept décennies (mais en fait depuis trois mille ans), et que la nouvelle loi ne fait que constater et stipuler noir sur blanc ce qui est.

 

Ils verraient qu’Israël est le seul pays du Proche-Orient où la liberté de culte existe pour tous les monothéismes, judaïsme, christianisme et islam.

 

Ils verraient que les vingt pour cent d’Arabes israéliens au sein de la population (pour la plupart musulmans, mais pas tous), jouissent d’une pleine égalité de droit avec les Juifs israéliens, disposent de la liberté de parler, de penser et de choisir dont ils ne disposent dans aucun pays arabe, et peuvent même voter pour qui ils veulent, et envoyer à la Knesset des histrions islamo-gauchistes.

 

Ils verraient que des Arabes israéliens peuvent accéder en Israël aux plus hautes fonctions sans subir la moindre discrimination, et ne s’attirent des ennuis que s’ils glissent vers le soutien au terrorisme (peut-on glisser vers le soutien au terrorisme en France et en Europe sans s’attirer d’ennuis ?).

 

Ils verraient que les divisions au sein de la société israélienne sont celles qui peuvent séparer la droite de la gauche, comme dans toutes les sociétés démocratiques, et que lorsqu’il s’agit de soutien au terrorisme, il n’est plus question de divisions, mais d’atteintes à la sûreté de l’Etat et à la sécurité des citoyens. Peut-on porter atteinte à la sûreté de l’Etat et à la sécurité des citoyens en France et en Europe sans avoir de problèmes avec la police et la justice?


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Comment on fait de la diplomatie en France (012607/18) Version imprimable
Analyse
jeudi, 26 juillet 2018

 

Par Amram Castellion

           

Dans la nuit de samedi à dimanche dernier, Israël a finalisé une opération humanitaire en plein territoire syrien, dans les provinces de Deraa et Quneitra – actuellement sous le contrôle partiel de groupes rebelles sunnites, mais en voie de reconquête par les troupes gouvernementales d'Assad avec le soutien du corps expéditionnaire russe. L'objectif de l'opération était d'évacuer un groupe de 422 Syriens, composé de "Casques Blancs" et de leurs familles, qui se trouvaient encerclés par l'avancée des gouvernementaux et étaient considérés en danger vital immédiat.

 

Les Casques Blancs – officiellement "Défense Civile Syrienne" – sont une organisation de premier secours en zone de guerre et de protection civile, formée en 2013 à l'initiative de l'officier britannique James Le Mesurier. L'essentiel de leur financement est assuré par les puissances européennes depuis qu'ils ont perdu, au printemps dernier, le soutien des Etats-Unis. La raison n'en a pas été rendue publique, mais elle pourrait être due à une certaine porosité entre le recrutement actuel des Casques Blancs et celui, naguère, de forces combattantes sunnites en Syrie.

 

Leur doctrine d'intervention les oblige à intervenir indistinctement pour toutes les victimes, mais ils interviennent presque uniquement dans les zones tenues par la rébellion sunnite, avec laquelle ils ont inévitablement des liens privilégiés. De ce fait, ils font l'objet d'une guerre de propagande intense entre, d'une part la Russie et le régime d'Assad – qui les ont accusés de "terrorisme" et de divers crimes de guerre, sans qu'aucune preuve ait été apportée en-dehors du fait que certains Casques Blancs étaient auparavant combattants – et, d'autre part, les bailleurs de fonds occidentaux et les pays arabes, qui mettent en valeur leur activité de secours aux victimes de guerre et ont utilisé cette activité pour dénoncer les opérations militaires russo-alaouites.

 

L’opération d’exfiltration menée dans la nuit de samedi à dimanche a permis de faire passer une partie des Casques Blancs et de leurs familles de Syrie dans le Golan israélien, puis, de là en Jordanie. 422 personnes seulement ont pu être sauvées sur environ 800, la situation des combats ayant empêché d'évacuer les autres. Le Premier ministre Netanyahu a précisé que l'opération avait été préparée avec les Etats-Unis, le Canada "et d'autres" [la Russie. Ndlr.]. Il est vraisemblable que les pays bailleurs de fonds – France, Allemagne, Royaume-Uni – ont été mis dans le secret, même s'ils n'ont pas contribué à l'opération elle-même.

 

Cette opération humanitaire de sauvetage des sauveteurs a été, naturellement, dénoncée par le régime d'Assad. Tout aussi naturellement, elle a été célébrée par la Jordanie, qui a accueilli les Casques Blancs avant qu'ils ne soient transférés vers des pays donateurs, et par les puissances occidentales. Le Foreign Secretary (ministre britannique des Affaires Etrangères), Jeremy Hunt, a ainsi salué sur Twitter la contribution d'Israël et de la Jordanie au sauvetage, tout en indiquant que l'opération a été menée "à notre demande" (Royaume-Uni ou, plus probablement, puissances donatrices dans leur ensemble). Des messages de remerciements similaires sont venus des gouvernements américain, canadien et allemand.

 

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Le message du Foreign Secretary remerciant Israël

 

Au milieu de cette activité diplomatique, un seul des pays donateurs a envoyé un communiqué différent des autres. Il s'agit de la France. Voici, dans sa version intégrale, le communiqué du Quai d'Orsay sur le sauvetage des Casques Blancs, publié dimanche (22 juillet) dernier :

 

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"Grâce à une forte mobilisation internationale, un groupe de Casques blancs et leurs familles a pu quitter aujourd’hui la Syrie où leur sécurité était gravement menacée. La France s’est activement associée aux démarches conduites avec plusieurs partenaires pour permettre le succès de cette opération.

 

Ce groupe de Casques blancs et leurs proches se trouvent actuellement en Jordanie, où ils sont pris en charge par le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies. Les démarches nécessaires à leur réinstallation dans des pays tiers sont en cours. La France est prête à contribuer à l’accompagnement et à la protection de ces personnes et de leurs familles.

 

La France a apporté un soutien constant à l’organisation des Casques blancs, engagés volontaires au service de la population syrienne dans les pires circonstances. La France rend hommage au courage et au dévouement dont ils ont toujours fait preuve et que beaucoup d’entre eux ont payé de leur vie."

 

La première remarque que suscite ce communiqué est qu'il y semble tout de même être beaucoup question de la France pour une opération où elle n'a joué strictement aucun rôle opérationnel. "La France s'est activement associée aux démarches conduites avec plusieurs partenaires" signifie, en clair : "comme pays donateur, nous avons été mis au courant à l'avance et avons donné notre accord". La mention suivante de la France signifie qu'elle accepte d'accueillir quelques familles sur son territoire. Les deux dernières sont des occasions de répéter "la France, la France", en sautant comme un cabri au moment de rendre hommage au travail humanitaire des Casques Blancs.

 

Si la France est citée quatre fois dans le communiqué – et la Jordanie, premier pays d'accueil, une fois – le Quai d'Orsay semble avoir fait le fâcheux oubli du pays qui a planifié, organisé et réalisé l'opération et y a risqué la vie de ses propres soldats, sans y avoir le moindre intérêt national. On est "distrait", au Quai.

 

Que révèle cette incapacité des rédacteurs du Quai d'Orsay à remercier ou même à prononcer le nom d'Israël ?

 

Ce ne peut pas être une question de principe : la France reconnaît l'Etat d'Israël depuis sa naissance et les deux pays entretiennent des relations diplomatiques normales. Il n'y aurait donc aucun obstacle à le citer et à le remercier dans un communiqué officiel.

 

Ce ne peut pas non plus être une volonté de dissimuler la vérité. Le monde entier, au moment où ce communiqué a été rédigé, savait déjà qu'Israël avait mené l'opération de sauvetage des Casques Blancs. Les communiqués de ce type n'apprennent rien à personne. Ils ne sont que l'occasion d'enregistrer une position sur les affaires en cours, l'expression d'un code de bonnes manières internationales.

 

Il ne reste donc qu'une seule explication au comportement français. Les diplomates chargés de rédiger le communiqué, et leur hiérarchie qui l'a approuvé, ont délibérément voulu offenser Israël en excluant de la liste des remerciements le seul Etat qui a effectivement agi pour sauver les Casques Blancs, et qui a risqué pour cela la vie de ses soldats.

 

Cette offense délibérée n'est même pas un calcul politique, un clin d'œil aux alliés musulmans de la France. Croit-on que le Royaume-Uni ou l'Allemagne n'aient pas des relations approfondies avec les pays musulmans ? Croit-on vraiment qu'ils aient détérioré ces relations en remerciant Israël pour avoir sauvé des musulmans en coordination avec la Jordanie ?

 

Non : la raison de l'incapacité de ces diplomates français à prononcer le nom de l'Etat-nation du peuple juif n'est ni politique, ni diplomatique. Elle est sociologique et idéologique. Beaucoup de diplomates français – pas tous, il faut le reconnaître ; mais, il faut le reconnaître aussi, presque tous ceux qui consacrent leur carrière aux affaires du Moyen-Orient – ne peuvent tout simplement pas surmonter l'idée que les Juifs ne devraient appartenir ni à la bonne société française, dont ils se réclament, ni au concert des nations ayant droit à leur Etat.

 

Ce préjugé antisémite, profondément ancré dans la culture majoritaire du Quai d'Orsay, a ses origines au moins autant dans l'antisémitisme traditionnel de la bourgeoisie catholique que dans les plans politiques plus ou moins foireux d'une "politique arabe". Le problème n'est pas principalement que le Quai soit pro-arabe : il ne l'est pas tant que cela. On y entend aussi, et souvent, beaucoup de remarques très méprisantes sur les Arabes. Le problème est qu'une partie importante du Quai est restée une bulle temporelle sociologique, à l'écart des évolutions de la société française, que beaucoup de diplomates connaissent mal. Beaucoup de nos diplomates, au fond, se croient encore dans un salon de la bonne société en 1815. Ils en ont d'ailleurs souvent l'esprit, l'humour et la finesse. Mais enfin, dans ces salons, les Juifs n'étaient pas les bienvenus.

 

Par conséquent, lorsque les Juifs réussissent une opération militaire remarquable, en plein territoire ennemi, dans un but purement altruiste et au profit d'alliés de la France, on ne va pas s'humilier à les remercier. Ils ont bien travaillé, sans doute. Mais ils restent des Juifs. On ne va pas donner l'impression de se courber devant des inférieurs.

 

Il ne s'agit pas de condamner la France dans sa totalité, ni l'administration française en général. D'autres services – en particulier la police et l'armée – se sont parfaitement adaptés à l'évolution du monde, coopèrent volontiers avec Israël et n'hésitent pas à en faire l'éloge.

 

Il ne s'agit même pas de condamner les diplomates français dans leur totalité. Dans d'autres services du Quai – diplomatie économique, affaires stratégiques et non-prolifération – la perception d'Israël est plutôt positive ou, du moins, largement libre de préjugés.

 

Mais, jusqu'à aujourd'hui, la direction de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient (que les autres diplomates appellent entre eux "la rue arabe") continue à entretenir une culture politique et sociologique d'un autre âge, où Israël est vu comme un malencontreux accident de l'histoire, la récompense excessive d'un peuple inférieur et une source de troubles sans fin dans un monde que la "sagesse française" pourrait, sans cela, contribuer à ordonner de manière harmonieuse.

 

Cette vision est en décalage absolu avec la réalité : celle d'un Israël en excellente position stratégique, dont plus rien ne menace la survie dans l'avenir prévisible et qui a sur la France elle-même une avance technologique énorme dans les industries de défense et un réseau bien plus fourni de soutiens stratégiques parmi les pays arabes.

 

Aussi longtemps que cette vision n'aura pas été éradiquée, la France n'aura strictement rien à apporter au Moyen-Orient du point de vue diplomatique. On ne peut pas être un acteur dans une région qu'on ne comprend pas et dont on méprise l'un des principaux acteurs. Mais l'éradiquer [la vision !] exigerait, de la part d'un grand ministre et avec l'appui explicite de l'Elysée, un effort important de ressources humaines – on ne peut pas faire une politique raisonnable avec des antisémites formant d'autres antisémites – et de redéfinition stratégique. Cette réforme devra donc attendre la fin du principat d'Emmanuel Macron et de son bagagiste au ministère des Affaires Etrangères, Jean-Yves Le Drian.

 

 
Incidents sérieux au-dessus du Golan (012407/18) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 24 juillet 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula, mardi, 19h37, 18h37 à Paris

 

Aux alentours de midi trente ce mardi matin, la Défense antiaérienne israélienne a abattu un Soukhoï-22 qui avait pénétré de 2km dans l’espace aérien hébreu dans la région du Golan méridional. Tsahal a eu recours à deux missiles Patriot de conception américaine, tirés simultanément par mesure de précaution, afin d’intercepter l’appareil de l’Armée de l’air de Bashar al Assad, qui est un avion d’attaque au sol de fabrication russe. [Voir le film du tir des 2 Patriot].

 

C’est la seconde fois depuis 1985 que Tsahal abat un appareil syrien, la fois précédente, ce fut en 2014 ; à cette occasion, un Soukhoï-24, qui allait franchir la frontière de l’Etat hébreu et se trouvait dans la zone démilitarisée interdite de survol, avait été intercepté et son pilote, qui avait pu sauter en parachute et s’était très légèrement blessé avait été ramené dans son pays.

 

Ce mardi, on ignore pour le moment ce qu’il est advenu du pilote. Comme la photo ci-après le montre, l’avion s’est écrasé en flammes et il a généré un incendie à son point d’impact. Il avait décollé de l’aéroport T4 à proximité de Palmyre, récemment bombardé par le Khe’l Avir.

 

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Le Soukhoï en flammes

 

Le Soukhoï-22 concerné ne participait pas à une mission d’attaque contre Israël, mais au conflit qui oppose les forces gouvernementales, soutenues par des éléments russes, iraniens et libanais à la rébellion sur le Golan syrien. Ces derniers jours, on constate une intensification des combats, y compris dans les airs.

 

Le bombardier, qui était suivi depuis un bon moment par les radars de l’Armée de Défense d’Israël, a franchi la ligne de séparation des forces Bravo, est entré dans l’espace démilitarisé qui est interdit de survol, puis a transgressé la ligne Alpha qui délimite la frontière israélienne.

 

D’après ce que l’on sait, le Khe’l Avir a tenté à plusieurs reprises d’interpeler le pilote sur sa fréquence, puis, ne recevant aucune réponse et alors qu’il s’approchait de positions stratégiques de Tsahal, la décision de l’abattre a été prise.

 

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L’incendie au point de chute de l’avion en Syrie

 

L’incident s’est produit à proximité de la petite zone, le long de la frontière, qui est contrôlée par la faction des Martyrs du Yarmouk, affiliée à DAESH ou à ce qu’il en reste.

 

Hier lundi, entre 10h et 10h30, la DCA des Hébreux avait lancé deux missiles anti-missiles de type Fronde de David, aussi connus sous l’appellation Baguette Magique, en direction de deux missiles de croisière OTR-21 Tochka, qui se dirigeaient également vers le territoire israélien, mais qui participaient à la même confrontation entre gouvernementaux et rebelles dans le Golan.

 

Le premier OTR-21 avait brusquement changé de direction en s’éloignant du territoire israélien, ce qui décida les militaires chargés du lancement à détruire le missile intercepteur en vol. L’un de nos reporters avait alors distingué de la fumée autour de la traînée de l’engin, qu’il avait confondue avec une interception.

 

Moins d’une demi-heure plus tard, le deuxième OTR-21 a été identifié se dirigeant lui aussi vers le territoire israélien. Par mesure de sécurité, la compagnie en charge des Frondes de David a envoyé un nouvel intercepteur à la rencontre du missile balistique.

 

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Un OTR-21 syrien et son camion de transport

 

A La Ména nous ignorons s’il atteint sa cible, mais nous sommes convaincus que Tsahal est précisément au courant de ce qui s’est ensuite passé.

 

Quoi qu’il en soit, les deux OTR-21 sont tombés en territoire syrien. Ce sont des missiles balistiques tactiques (ils peuvent transporter des bombes atomiques) de faible à moyenne portée, largués à partir de bases mobiles 9P129 autotractées.

 

Ils se dirigent grâce à un système de navigation inertiel, et ils sont largement utilisés par le régime contre les rebelles. Il en existe de trois modèles, pouvant atteindre de 70 à 185km. Ceux lancés hier sont des SCARAB A, d’une portée maximale de 70km. S’ils avaient poursuivi leur route initiale, ils auraient explosé au sud du lac de Tibériade, dans la région du carrefour de Tzémakh et des kibboutzim de Dgania, de Shaar ha-Golan ou de Beit Zéra.

 

Les OTR-21 sont des engins rustiques, très imprécis puisqu’ils percutent le sol à plus ou moins 150m de leur objectif désigné. Ils restent dangereux car ils volent à une vitesse de 6 000km/h et sont capables de transporter une charge utile de 480kgs, de quoi pulvériser un pâté d’immeubles.

 

Par comparaison, les divers missiles au service de Tsahal ont une précision à l’impact de 30cm.

 

La Fronde de David constitue l’élément intermédiaire du bouclier aérien des Hébreux, entre le Dôme de fer, conçu afin d’intercepter les roquettes, les obus de mortier et les obus d’artillerie, et le Arrow/Khetz [heb. : flèche], désigné pour l’interception des missiles balistiques à haute altitude et en dehors de l’atmosphère terrestre.

 

Le missile intercepteur de la Fronde de David, le Stunner, possède deux étages et coûte la bagatelle d’un million de dollars pièce. Il est développé par Rafael Systèmes de Défense Avancés et est produit en collaboration avec le géant américain de l’armement et de l’aviation Raytheon.

 

C’est la première fois que la Fronde de David est officiellement utilisée au combat. Elle a été remise à Tsahal en 2017, mais la Ména avait remarqué en 2014 qu’elle avait été mise à contribution pour détruire avec succès des roquettes à longue portée du Hamas au-dessus de Tel-Aviv. Il devait s’agir de prototypes, et la Ména avait officieusement été informée qu’elle ne s’était pas trompée.

 

Hier et aujourd’hui, le système d’alerte "Couleur Rouge" a retenti dans les agglomérations du Golan et de la vallée du Jourdain, le long des itinéraires que le Soukhoï et les missiles étaient censés suivre.

 

En raison de l’intensification des combats aux abords d’Israël, Tsahal, notamment ses batteries de moyens antiariens, a été mis en état d’alerte élevé. Les autorités militaires et civiles de l’Etat hébreu ont répété qu’elles continueraient à interdire tout franchissement par les gouvernementaux de la ligne Bravo.

 

 
Un site de production de missiles attaqué en plein jour en Syrie (012307/18) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 22 juillet 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula 2h20, 1h20 à Paris

 

Aux alentours de 19h30 dimanche, plusieurs media arabes de la région ont annoncé le bombardement aérien d’une base de l’Armée syrienne à Maysaf. L’attaque a eu lieu en plein jour, ce qui est relativement rare s’il s’agit d’une opération israélienne.

 

Un peu plus tard, l’agence gouvernementale syrienne SANA a confirmé l’information, déclarant : "Une source militaire a déclaré à Sana que l’aviation israélienne avait attaqué l’une de nos positions militaires à Missiaf [également Maysaf. Ndlr.], ce qui avait (sic) causé des dégâts matériels".

 

La rédaction de la Ména, jugeant que l’évènement ne recélait pas un caractère d’urgence extrême, décida de vérifier l’information, de l’affiner, de l’illustrer et de la détailler.

 

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L’objectif, plusieurs heures après le raid

 

A l’occasion de cet effort, les journalistes et analystes de l’agence, en Israël et au Liban, sont parvenus à dégager une image plus précise de ce qui s’est passé : un centre de l’Armée gouvernementale syrienne, comprenant un pôle de recherche et de développement d’armement ainsi qu’une usine de production et de stockage de missiles sol-sol et de produits chimiques censés en équiper certains a été visé et fortement endommagé par 7 missiles air-sol, tirés vraisemblablement à partir du Liban.

 

Ce centre est nommé par le régime d’al Assad "Mamil al Difa", ce qui signifie en arabe "les usines de la défense". Nos spécialistes sont parvenus à le localiser précisément et à l’identifier sur la carte satellitaire Google Earth Pro : il ne se trouve pas exactement à Maysaf, mais à 10km au nord de cette ville, sur le territoire du village de Deir Mama [voir la carte]. Il se situe également à 45km au sud-est de la base aérienne russe de Lattaquié, 34km à l’ouest de Hama, 175km au nord de Damas et à 215km de Métula, où se trouve, outre notre rédaction, la frontière israélienne la plus proche de l’objectif.

 

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Dans le cercle rouge et noir, la localisation correcte de l’objectif attaqué à Deir Mama

Service cartographique © Metula News Agency

Localisation exclusive

Base : carte satellitaire Google Earth Pro

 

La cible de ce dimanche a déjà fait l’objet d’une attaque attribuée à Israël en septembre 2017.

 

La technologie utilisée pour la fabrication des missiles et des produits chimiques est iranienne et nord-coréenne. Cela explique la présence sur les lieux, en plus des militaires du régime, de miliciens du Hezbollah et de Gardiens de la Révolution Iranienne, les Pasdaran.

 

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Le centre de recherche et l’usine visés cette après-midi

Le rond rouge entouré de jaune indique l’emplacement d’où la photo qui suit a été prise

Service cartographique © Metula News Agency

Localisation exclusive

Base : carte satellitaire Google Earth Pro

 

Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, n’a pas été en mesure de communiquer au téléphone avec des témoins oculaires du raid, la couverture des réseaux mobiles ayant été coupée immédiatement après l’attaque. En revanche, de nombreux media syriens non-gouvernementaux font état de dizaines de morts parmi le personnel de la base. Quant aux dégâts matériels, ils sont très importants, au point que même SANA reconnaît que le raid a causé des dommages.

 

Pour al Mayadeen [ara. : les places], l’un des organes de propagande-information du Hezbollah au Liban, de même que pour l’AFP, l’objectif fait partie du Centre de Recherches et d'Etudes Scientifiques de Syrie (SSRC).

 

Pour les services de renseignement des grandes puissances, il participe, parmi ses nombreuses activités, à l’élaboration du gaz sarin.

 

Le porte-parole de Tsahal, comme à son habitude, s’est refusé à confirmer ou à infirmer la factualité de l’information.

 

Il est probable que les missiles aient été effectivement tirés à partir de l’espace aérien libanais, l’Agence Nationale d’Information (ANI) du Liban ayant rapporté le survol à basse altitude des régions du Chouf, du Liban-Sud, et de Kesrouane par des appareils israéliens, à une heure correspondant à l’attaque sur Deir Mama.

 

Les tirs de missiles à partir du Liban constituent une hypothèse raisonnable, la proximité d’un objectif tel celui détruit cette après-midi ne nécessitant pas de pénétrer dans le ciel syrien, dans lequel des systèmes antiaériens sont déployés.  

 

Il est d’autre part possible que l’un des missiles ait connu des problèmes de mise à feu, des débris non identifiés étant tombés sur le sol libanais. Ils ont été recueillis pour être examinés par l’Armée de ce pays.

 

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Vue panoramique des "Mamil al Difa" de Deir Mama

(source inconnue)

 

Selon l’AFP, qui tire ses informations en cas d’attaques d’objectifs en Syrie auprès de Monsieur Rami Abdel Rahmane, l’animateur de l’Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH), basé au Royaume Uni, "Le site visé dimanche est un atelier supervisé par les Iraniens (…)". Sur la base des photos que nous vous proposons, les lecteurs pourront se faire une idée de ce que l’agence officielle de l’Etat français nomme un… atelier, de même que du niveau de professionnalisme de cette agence.

 

D’autre part, et sans le moindre lien avec l’attaque du site de Deir Mama, ce soir à Chemnitz, en Allemagne, l’équipe israélienne de basket des moins de 20 ans est devenue championne d’Europe en dominant son homologue croate en finale sur la marque de 80 à 66. C’est la première fois de son histoire qu’Israël est championne d’Europe des U20.

 

 
Le retour de l’antisémitisme en Allemagne (info # 012207/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 22 juillet 2018

 

Par Guy Millière

 

L’antisémitisme est de retour dans plusieurs pays d’Europe. C’est le cas au Royaume-Uni, où la possibilité qu’un Premier ministre antisémite (Jeremy Corbyn), à la tête d’un parti lui-même rongé par l’antisémitisme, arrive au pouvoir n’est pas à écarter. C’est le cas en France, et la France était, jusque voici peu, avec la Belgique, le seul pays où des Juifs avaient été assassinés ces dernières années parce qu’ils étaient juifs.

 

C’est le cas en Allemagne, et que ce soit le cas en Allemagne est plus accablant encore, étant donné le très lourd passé de l’Allemagne en matière d’antisémitisme.

 

Quand bien même les grands media européens disent s’inquiéter de la montée en puissance en Allemagne d’un parti nationaliste, l’AfD (Alternative für Deutschland), et affirment y voir, comme dans le cas de Viktor Orban en Hongrie et de Sebastian Kurz en Autriche, l’antichambre d’un renouveau du fascisme, ce n’est, en Allemagne comme ailleurs en Europe, pas du côté de la droite ou de nostalgiques du Troisième Reich que vient l’antisémitisme renaissant, mais de gauchistes qui se disent “antisionistes”, et de la montée en puissance de l’islam. Et si des incidents et des agressions avaient eu lieu en Allemagne auparavant, depuis l’arrivée des “migrants” qu’Angela Merkel a voulu accueillir à bras ouverts, incidents et agressions se multiplient.

 

Il y a quelques jours, à Bonn, un professeur de philosophie à la Johns Hopkins University de Baltimore, Yitzhak Melamed, s’est fait agresser violemment par un Arabe musulman qui lui a enlevé sa kippa, a proféré des imprécations véhémentes et l’a poussé à terre sans que la police allemande ne lui porte secours (elle l’a, au contraire, initialement accusé d’avoir agressé son agresseur).

 

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A Berlin

 

Presque au même moment, un rabbin qui se rendait à la synagogue dans la ville d’Offenbach, Menachem Mendel Gurevitch, a subi une agression presque identique (sa kippa lui a été arrachée et il a été jeté à terre). Les agresseurs étant cette fois un groupe de jeunes gens décrits comme des “réfugiés syriens”.

 

Menachem Mendel Gurevitch a déclaré à la presse que lorsqu’il est dans la rue, il préfère depuis des mois que son épouse et ses enfants ne marchent pas à côté de lui, de façon à ce qu’ils ne risquent pas d’être agressés eux aussi (lui est facilement identifiable en tant que juif, eux non). L’agression n’est pas la première qu’il subit, même si c’est la plus violente.

 

Au même moment encore, un jeune homme dont l’identité n’a pas été révélée a été roué de coups par un groupe de jeunes gens également décrits comme des réfugiés syriens, dans un parc de Berlin ; il ne portait pas de kippa, à la différence de Yitzhak Melamed et de Menachem Mendel Gurevitch, mais il portait une étoile de David en pendentif.

 

Au mois de juin, la jeune Susanna Feldman, quatorze ans, a été retrouvée violée et assassinée dans un faubourg de Wiesbaden. Elle portait elle aussi une étoile de David à son cou. L’enquête a montré que deux réfugiés irakiens étaient responsables du viol et de l’assassinat. Le pendentif qu’elle portait avait été arraché par les violeurs assassins.

 

Au mois de juin encore, un adolescent juif écoutait une chanson en hébreu sur son téléphone en attendant un train dans une gare de Berlin. Un groupe de jeunes gens décrits comme des “réfugiés” l’a giflé et lui a arraché son téléphone en lui criant que Berlin n’est pas une ville où l’on peut écouter de la “musique juive”.

 

Pour faire une expérience, au mois d’avril, un jeune arabe israélien a mis une kippa sur sa tête et s’est fait filmer de train de marcher dans une rue de Berlin. Il n’a pas fallu longtemps pour qu’il se fasse frapper par un adolescent qui lui a crié : “Juif !”. La vidéo a été largement diffusée. L’adolescent antisémite a été décrit comme un “réfugié syrien”. Une manifestation a eu lieu à Berlin sur le thème : “Berlin porte une kippa”. On voit que cela n’a rien changé.

 

Angela Merkel et le gouvernement allemand entendent prendre des mesures pour expliquer dans les media et dans les établissements scolaires que l’antisémitisme est une chose “hideuse”.

 

On peut douter que ces mesures serviront à quoi que ce soit. Les agresseurs de Juifs en Allemagne viennent de pays où l’antisémitisme est aussi “normal” et omniprésent que l’air qu’on respire, et sont imprégnés d’une religion dont la caractéristique principale n’est pas le philosémitisme.

 

Comme ailleurs en Europe occidentale, les dirigeants allemands se refusent identifier publiquement le type d’antisémitisme qui monte en Allemagne, ce qui rend les mesures qu’ils entendent prendre encore plus vaines. Vouloir combattre un mal sans le désigner n’a aucun sens.

 

Comme ailleurs en Europe occidentale, les dirigeants allemands se refusent à voir que les gauchistes qui se disent “antisionistes” et qui jouent un grand rôle dans l’impossibilité de dénoncer le type d’antisémitisme qui s’étend en Allemagne contribuent eux aussi à permettre l’expansion du fléau.

 

L’agresseur d’Yitzhak Melamed lui a crié : “Pas de Juifs en Allemagne !”.


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Le Hamas saoulé de bombes renonce momentanément à la guerre (012107/18) Version imprimable
Analyse
samedi, 21 juillet 2018

 

Par Ilan Tsadik à Sdérot

 

Hier après-midi, sous le couvert des émeutes organisées régulièrement par le Hamas chaque vendredi, des miliciens palestiniens armés, protégés par des boucliers humains civils, ont visé un soldat israélien. Grièvement blessé, le militaire a succombé à ses blessures. Il s’agit du premier Israélien mort à Gaza depuis la confrontation généralisée de 2014.

 

Très rapidement, l’Armée israélienne a riposté vigoureusement à cet assassinat. Le Khe’l Avir a visé des cibles appartenant aux brigades Ezzedine al-Qassam, l’aile armée de l’organisation terroriste islamique du Hamas, dans toute la bande côtière.

 

Nos reporters positionnés sur le pourtour de Gaza ont dénombré 40 attaques aériennes ainsi que 68 frappes terrestres, qui ont duré de la fin de l’après-midi jusqu’à 1h du matin environ.

 

L’Armée de l’air a ainsi oblitéré 15 cibles dans le nord de la Bande, comprenant des dépôts de munitions, des ateliers souterrains de fabrication d’armes et de munitions, un hangar pour drones, des sites d’entraînement, des postes de commandement et d’observation, ainsi que diverses structures et constructions à caractère militaire.

 

Dans le sud de l’enclave palestinienne, le Khe’l Avir a détruit 25 objectifs, comprenant des postes de commandement et de contrôle, des bureaux et des positions de défense antiaérienne et terrestre.

 

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Le Q.G du Hamas à Khan Younès, dans le sud de la Bande, oblitéré cette nuit

Source : Tsahal

 

Les blindés de Tsahal au sol ont quant à eux rapporté avoir anéanti 68 objectifs, la plupart par des tirs de chars Merkava, incluant 60 bâtiments et autres infrastructures guerrières de la milice, de même que des postes de commandement et de surveillance.

 

A en croire les représentants de l’organisation terroriste islamique du Hamas, reconnue comme telle par tous les Etats civilisés et les grandes institutions internationales, y compris l’Union Européenne, mais pas par l’AFP et la presse française, qui la qualifient de "mouvement islamiste", quatre Palestiniens ont été tués dans la réplique israélienne à l’assassinat de son soldat, dont, selon leurs dires invérifiables et souvent imaginaires, trois miliciens d’Ezzedine al-Qassam.

 

Notre spécialiste en armement, Jean Tsadik, a observé que les Forces de Défense d’Israël n’ont rien fait pour alourdir le bilan humain de l’ennemi, et lui a, au contraire, permis d’abandonner ses positions dans l’attente des représailles israéliennes, dès que les miliciens eurent vent de la mort du soldat et que lesdites représailles devenaient dès lors évidentes.

 

Notre camarade note qu’il s’agit d’une décision tactique dissuasive de Tsahal, afin, tout en faisant étalage de sa connaissance précise du dispositif ennemi et de sa capacité à l’annihiler, d’indiquer à la milice islamique qu’il n’a pas recouru à son niveau de frappe le plus élevé, et que, si le Hamas s’entête à provoquer une guerre, Tsahal s’en prendra alors aux miliciens ainsi qu’à leurs chefs.

 

Jean Tsadik remarque que s’il en avait eu l’intention, le Khe’l Avir aurait pu éliminer entre 200 et 300 miliciens en une seule série de raids.

 

A 20h 58, la milice a lancé trois roquettes en direction du territoire israélien ; deux ont été interceptées par le Dôme de fer, la troisième a été épargnée, le radar du Dôme jugeant avec raison qu’elle allait s’abattre dans une zone inhabitée à proximité de kibboutz Nakhal Oz.

 

Vers minuit, la balle était dans le camp du Hamas. Soit l’organisation terroriste lançait tout ce qu’elle possédait de roquettes, y compris en direction de Tel-Aviv, d’Ashdod et de Jérusalem, et la situation versait dans la guerre, soit elle s’abstenait de toute nouvelle provocation et demandait un retour au calme.

 

La direction de la milice opta pour la seconde option, en faisant appel à la médiation de l’Egypte et de l’ambassadeur de l’ONU dans la région, le Bulgare Nikolay Mladenov. Jérusalem indiqua, comme à son habitude, que si le camp adverse s’abstenait de toute activité offensive, lancement de cerfs-volants incendiaires inclus, Tsahal cesserait ses interventions.  

 

Ce qui poussa le Hamas à diffuser le communiqué suivant, signé Fawzi Barhoum, aux premières heures de ce samedi : "Grâce aux efforts de l’Egypte et de l’ONU, nous sommes parvenus à un accord pour revenir à l’état de calme qui précédait entre l’occupation et les factions palestiniennes".

 

Ce samedi matin, le porte-parole de Tsahal a informé les Israéliens vivant à proximité de l’enclave palestinienne qu’ils pouvaient revenir à une vie normale. A midi, on avait noté qu’une seule infraction palestinienne au cessez-le-feu : une tentative, dans le nord de l’enclave, par des miliciens de franchir la barrière de sécurité. Un Merkava a ouvert le feu sur une position du Hamas et les miliciens ont rebroussé chemin.

 

Le soutien de l’AFP et de la presse française au Hamas s’accentue

 

Dans sa dépêche consacrée aux récents évènements, l’AFP, reprise par la quasi-totalité des supports d’information français, omet intentionnellement de mentionner que les raids israéliens ont constitué la riposte à l’assassinat du soldat de Tsahal.

 

Les fonctionnaires de l’agence étatique de presse du gouvernement français traitent ce qui s’est passé comme s’il y avait eu, d’un côté, 4 Palestiniens tués, et de l’autre, "par ailleurs", un soldat israélien tué. Dans le câblogramme de l’AFP il est impossible d’identifier une relation de cause à effet entre le deux évènements, qui plus est alors que la dépêche commence par l’énumération des conditions du décès des miliciens islamistes.

 

D’autre part, l’agence de presse tricolore justifie de façon implicite le recours du Hamas à la violence contre l’Etat d’Israël, aussi bien lors des incidents de vendredi que globalement et dans les confrontations à venir.

 

L’AFP lie en effet  ce recours à la violence à la situation qu’Israël imposerait à l’enclave palestinienne et au crime originel qui aurait conduit à son existence : "Depuis le 30 mars, des Palestiniens manifestent régulièrement dans le secteur frontalier pour dénoncer le blocus israélien imposé à Gaza et exiger le retour des réfugiés palestiniens chassés ou ayant fui leurs terres en 1948, lors de la création de l’Etat d’Israël".

 

Ce narratif fallacieux jusqu’à la lie, au lourd potentiel génocidaire, que reprend l’agence gouvernementale française à chaque incident impliquant le Hamas, constitue intégralement et sans réserve le point de vue de la milice terroriste islamique. Dans ces circonstances, il est légitime de considérer qu’il reflète également celui des autorités françaises.

 

La dépêche, dont le sujet principal, suivant une approche strictement journalistique, est censé être le meurtre d’un soldat israélien engendrant une riposte de Tsahal et se concluant par un cessez-le-feu, se termine pourtant par ce paragraphe :

 

"Israël et le Hamas se sont affrontés lors de trois guerres depuis 2008 qui ont ravagé cette enclave qui vit aujourd’hui une sévère crise humanitaire. Depuis plus de dix ans, la bande de Gaza, coincée entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, est soumise à un strict blocus terrestre, maritime et aérien imposé par Israël [comment Israël peut-elle imposer un blocus égyptien ? Ndlr.]. Le renforcement de ce blocus intensifie la pression sur le Hamas dans un territoire où environ 80 % des deux millions d’habitants sont tributaires d’une aide, selon la Banque mondiale".

 

On constate que l’agence et la presse françaises exemptent intégralement la milice génocidaire de toute responsabilité relative aux agressions spontanées de sa part qui ont conduit aux trois guerres en question, comme cela a failli être le cas cette nuit ; l’AFP invoque un blocus terrestre qui ne saurait exister matériellement, Israël n’étant pas le seul voisin de Gaza. Et accuse Jérusalem d’être responsable du chômage dans la Bande, alors que l’une des premières décisions du Hamas après son coup d’Etat sanglant de 2007 contre l’Autorité Palestinienne pour le contrôle de Gaza, fut d’interdire aux Gazaouis d’aller travailler en Israël et dans la zone industrielle mixte du point de passage d’Erez, désormais abandonnée. Les revenus résultant des activités des Gazaouis en Israël fournissaient environ 50 pour cent des besoins de la population.

 

La situation stratégique reste intenable

 

Même s’il semble qu’une quatrième guerre de Gaza ait été évitée, elle l’a été parce que le Hamas n’a pas voulu s’exposer cette fois à la puissance de feu de Tsahal, et non parce que le problème fondamental est résolu.

 

Celui-ci s’énonce clairement : il réside dans la présence d’un groupe islamique génocidaire, qui considère, à l’instar de l’AFP, que les Israéliens ont volé la terre des Palestiniens, et qu’il convient de la récupérer en éradiquant l’ "occupant". De plus, le Hamas précise dans toutes ses communications qu’il n’acceptera jamais et quoi qu’il arrive une cohabitation pacifique avec l’Etat hébreu.

 

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Salut Luc ! (012007/18) Version imprimable
Hommage
vendredi, 20 juillet 2018

 

Par Stéphane Juffa

 

A l’heure qu’il est se déroulent à Lyon les obsèques de mon ami Luc Rosenzweig. Il a été frappé par un problème fulgurant de santé alors qu’il attendait un train à la gare de Lyon-Perrache. Malgré les efforts des personnes présentes, dont un médecin, pour le maintenir en vie, son cerveau n’a pas été irrigué pendant de trop longues minutes et il s’est trouvé en état de mort cérébrale, puis de mort tout court.

 

Je ressens un vide immense, et je sais que les journalistes de la Ména qui l’ont connu, ainsi que ses amis, partagent la même tristesse. Luc était quelqu’un qu’il était difficile de ne pas aimer. Cela dit, même s’il était loin d’être un être lisse, et que sous son air inexorablement serein, de terribles tempêtes se faisaient la guerre.

 

A l’heure des hommages, d’aucuns règlent aussi leurs comptes, mais surtout, ils essaient de se porter sur l’avant-scène pour montrer à quel point ils étaient proche du disparu. Sous prétexte de parler du défunt, ils parlent surtout d’eux-mêmes.

 

C’est aussi le cas au milieu de cette peine authentique, mais les éloges funèbres ne sont pas légions. J’en ai vu… trois sur le Net. Deux de media mineurs et un du Monde, dont il fut le rédacteur en chef. Encore que pour lire celui du Monde en entier, rédigé par José-Alain Fralon, il faut payer deux euros. Etrange pratique pour un hommage, décidément, ce journal nous étonne chaque jour davantage.

 

C’est tout, et c’est insuffisant. Je l’écris simplement : Luc Rosenzweig fut l’un des plus grands journalistes de notre époque, tant par sa culture que par la qualité exceptionnelle de son style, la maîtrise et la richesse de notre langue, par la précision horlogère de ses analyses, par son ontologie, par son courage et ses témoignages précieux, par sa curiosité. Nous ne sommes pas les seuls à nous retrouver orphelins, c’est le cas aussi de toute la branche française de faux-culs, auxquels notre ami fait un tout dernier pied de nez.  

 

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Des yeux d’un bleu sans nuages, qui pétillent d’intelligence et de curiosité

 

Où est l’hommage de la profession ? Où est celui de Libération, dont Luc fut l’un des premiers journalistes ? Celui des radios, sur les ondes desquelles il est intervenu des centaines de fois, celui des quotidiens et des périodiques qui ont publié ses articles, des éditeurs de ses nombreux ouvrages ? De ceux qu’il considérait comme ses "frères", avec beaucoup d’attention et de sérieux, comme tout ce qu’il faisait ?

 

Rarement le départ d’une si grande personnalité n’a été si chichement salué. La faute assurément à son parti-pris résolument pro-israélien et sa dénonciation des dérives antisémites de la presse française. Ces gens-là sont rancuniers, ils font même la guerre aux morts.

 

Parce que Rosenzweig posait les questions qui dérangent, comme dans son ouvrage "Lettre à mes amis propalestiniens", en 2005, dans lequel il mit nombre de ses anciens amis face à leurs inconséquences béantes.

 

Car pour ne rien arranger, ce fils d’ancien chef de la Résistance en Haute-Savoie, Rolf Rosenzweig alias "le Lieutenant Donat", qui s’illustra notamment dans la bataille pour la libération de Villeurbanne, commença sa carrière en tant que militant communiste. Lors, nombre d’anciens camarades avaient mal digéré son changement de cap vers le camp des "sionistes".

 

Luc était parfaitement germanophone, car son père, originaire de Pologne, était né à Berlin. Il éduqua la moitié de ses enfants en français et l’autre en allemand, ce qui fut le lot de Luc. Ce qui lui permit aussi, après de brillantes études de lettres classiques à Lyon, de trouver un premier emploi comme professeur de la langue de Nietzsche avant de se lancer dans le journalisme.

 

Rolf Rosenzweig, comme des milliers de personnes marquées par la Shoah, niait qu’il était juif. C’était surprenant, car son père à lui n’en faisait pas mystère. Etrange destin d’une famille dont le grand-père fut l’un des seuls déportés à ne pouvoir réclamer des dédommagements à la Deutsche Reichsbahn (la société des chemins de fer allemands). Il était le rabbin d’une petite ville polonaise dénuée de la moindre particularité : Auschwitz. Il fut emmené au camp éponyme à pied.  

 

Mais il n’aimait pas évoquer sa "période de gauche", et le faisait savoir de manière cassante. Cela faisait partie des sujets inabordables, et qui couvraient certaines plages de sa vie, à l’instar de ses rapports difficiles avec des ex-amis et des membres de sa proche famille. Je me rappelle d’un jour où nous avions reçu à Métula le maire et la moitié du conseil municipal de son village de Mont-Saxonnex, et où j’avais mentionné par inadvertance la période de sa vie durant laquelle il avait vécu (trois ans je crois) en République Démocratique Allemande. Luc me lança un regard qui signifiait : encore un mot à ce propos et je t’étrangle !

 

Il n’a jamais dit à personne quand il a décidé de passer du communisme au retour à son identité juive. Je pense que c’est au tout début des années 2000, un peu avant de quitter Le Monde en 2002, et cela a été un tournant radical, sans regarder en arrière.

 

Nous avions correspondu auparavant, mais c’est à ce moment que nous nous sommes rencontrés. Il lisait les articles de la Ména et était venu m’écouter lors d’une conférence que j’avais prononcée à Genève. Nous finîmes la nuit dans un bar où il me prodigua quelques conseils précieux pour l’agence, et nous devînmes amis.

 

Quelques mois plus tard, Luc eut à subir une importance intervention chirurgicale, pour une affection qui mettait son pronostic vital en danger. Je lui proposai de venir se reposer à Métula, dans le calme de notre village de montagne, qui ne va pas sans rappeler le Mont-Saxonnex par certains aspects, ne serait-ce que la similitude de leur altitude.

 

Mais Luc Rosenzweig n’était pas quelqu’un que se reposait longtemps. Nous en étions à la phase finale de l’enquête sur la Controverse de Nétzarim, sur laquelle trois journalistes planchaient jours et nuits. Il me dit que l’affaire l’intéressait et me demanda s’il pouvait consulter nos travaux et parler aux investigateurs ainsi qu’aux protagonistes de l’Affaire Mohammed Dura. Je lui ouvris volontiers l’accès à notre documentation (qu’il dévora) et lui fournis les coordonnées de nos interlocuteurs. Il alla les rencontrer les uns après les autres, ne manquant pas d’aller également voir Charles Enderlin à Jérusalem. Longtemps, il n’émit aucune opinion, jusqu’à ce que sa conviction soit faite.

 

C’est aussi à partir de ce moment que Rosenzweig commença à écrire pour la Ména, dont il devint très rapidement sociétaire.

 

Au début, il ne comprenait pas le mutisme des media français quant à la Controverse et suggéra que nous nous y prenions mal au niveau de la communication. Avec mon accord, il rencontra Denis Jeambar, à l’époque directeur de l’Express. Assez facilement, les deux hommes s’entendirent pour que l’hebdomadaire parisien finance un nouveau voyage de Luc en Israël, en vue de la constitution d’un dossier qui serait éventuellement publié par l’Express.

 

Aux termes de l’accord, Jeambar s’engageait, grâce à ses relations, à obtenir le visionnage des rushes du reportage de Fr2, que la chaîne publique et Enderlin refusaient de montrer à qui que ce soit, au prétexte évidemment fallacieux qu’ils contenaient les images de l’agonie de l’enfant (Mohamed Dura) et que cela les rendait insupportables.

 

Le visionnage fut cependant organisé le vendredi 22 octobre 2004 dans les locaux de France Télévisions à Paris. Comme nous en étions persuadés, ils ne contenaient non seulement pas les images de l’ "agonie de l’enfant", mais aucune autre image relative à son prétendu assassinat. L’entente avec Jeambar stipulait que dans ce cas, l’Express publierait la semaine suivante le dossier que Luc avait préparé. Jeambar, sous la pression des journalistes de sa propre rédaction, dont particulièrement Vincent Hugueux, ne tint pas parole. Au contraire, avec le journaliste Daniel Leconte, ils rencontrèrent à l’insu de Luc Arlette Chabot (directrice de l’info de Fr2), qui leur présenta les cicatrices des blessures de Jamal, le prétendu père de Mohamed, qui dataient selon elle du 30 septembre 2000, le jour du pseudo-assassinat de l’enfant par la "soldatesque israélienne".

 

La Ména démontra qu’il s’agissait d’une nouvelle supercherie et, présentant le dossier médical de Jamal, que les cicatrices dataient d’une altercation survenue en 1994 pour laquelle il avait été opéré la même année à l’hôpital Tel Hashomer en Israël. Mais Jeambar et Leconte avaient déjà publié un texte, dans les pages des lecteurs du Figaro [25.1.2005] puisque les journalistes de l’Express leur interdisaient d’aborder le sujet dans leur hebdomadaire. Dans leurs conclusions, Jeambar-Leconte écrivaient : "France 2, entre-temps, d'ailleurs, nous a présenté des éléments sérieux qui réfutent la thèse de la mise en scène de la mort de l'enfant. Nous décidons alors d'interrompre notre enquête, comme le fait la presse sur bien des sujets tous les jours".

 

Depuis, et jusqu’à nos jours, Denis Jeambar, continue, contre toute décence, de prétendre qu’il a réalisé une enquête sur la Controverse de Nétzarim, à s’en prendre à la Ména, et surtout, qu’il fait partie de ceux qui ont soutenu la thèse de l’imposture. La citation ci-dessus démontre qu’il a été au contraire de ceux qui ont classé l’affaire, soutenu ainsi Fr2 et Enderlin et retardé la démonstration de la vérité. Cela a constitué l’une des pires déloyautés de la carrière de Luc Rosenzweig.

 

Mais la participation de Luc à la Ména n’a pas concerné que la Controverse, loin s’en faut. De sa plume magnifique et légère, il pourfendait avec esprit et sans concessions, pêle-mêle, les dictateurs, les désinformateurs, les corrompus et les antisémites. Faisant écho aux chroniques de l’un de nos autres grands disparus, Laurent Murawiec [1951-2009], ils en faisaient du hachis Parmentier.

 

Pour illustrer mon propos, j’indique les liens vers deux billets de Luc à la Ména, "Inédit du "Petit Nicolas", édition collector" [2004] et "Les nouvelles aventures de la Bécassine du "Monde" au pays du Hamas" [2006].

 

Le premier fait sa fête à un certain Nicolas Delesalle, qui, sur Télérama, avait participé à la tentative de lynchage de la Ména dans la Controverse, en alignant des arguments spécieux et des témoins d’immoralité eux-mêmes assez immoraux. En passant, sans appuyer, Luc y crucifie Elisabeth Schemla, l’abbesse de l’éphémère Proche-orient.info. A la Ména nous avions beaucoup ri de ce que Télérama nous qualifiait de "versant honorable de l'intégrisme juif".

 

Les représailles de Luc furent dévastatrices : "Il faut donc à tout prix que les "douteurs" deviennent douteux : faire qualifier par des anonymes la Ména de "versant honorable de l'intégrisme juif" est une petite crapulerie (…)".

 

Dans le second cas, nous promenant à Jérusalem, nous nous étions assis au restaurant du YMCA, non loin de la table qu’occupait la co-correspondante d’alors du Monde, Stéphanie Le Bars, avec son mari, Gilles Paris ainsi qu’une petite coterie. Nous avions été surpris par le fait que Stéphanie Le Bars était incapable de prononcer le mot "Israël" dans la conversation, et que chaque fois que cela était nécessaire, elle disait "l’entité sioniste".

 

De plus, Le Bars venait de conter dans un article les misères toutes relatives d’un chauffeur de taxi arabe à Jérusalem, accentuées à l’extrême – c’est un mode opératoire de ce journal, que l’on retrouve chez Piotr Smolar aujourd’hui – par la correspondante du Monde. Cela lui valut d’être appelée Bécassine par la plume de Luc, de même qu’une sérieuse remise de la synagogue au milieu du village. La phrase de Luc : "Je n'écris pas Israël, car ce mot seul est de nature à mettre la dame dans un état de rage nuisible à sa santé", m’est restée, et elle me fait encore sourire.

 

Vers 2008-2009, Luc a cessé d’écrire à la Ména. Sans que nous ne nous fâchions le moins du monde et tout en continuant régulièrement à nous consulter, à nous voir, à échanger des informations et à nous rendre des services.

 

A cette époque, une personne très influente, proche du président de la République française et occupant des fonctions officielles, lui aussi Maçon, avait exercé une pression incroyable sur Luc afin que la Ména cesse de publier ses enquêtes sur la participation de la France au génocide des Tutsis en 1994. Il était exclu que nous obtempérions à ce diktat, mais je ne voulais pas non plus que mon ami se retrouve coupé de son environnement de proximité et de ses sources à cause de sa participation à notre agence. On nous avait placés devant une situation objectivement douloureuse et nous choisîmes ensemble la moins mauvaise des solutions.

 

J’ai vu Luc pour la dernière fois à Bruxelles. Nous avons dîné et débouché ensemble un excellent millésime, en traitant de l’évolution du monde, sans radoter, ce n’était pas son genre. En sortant du restaurant et en attendant son taxi, je n’avais aucune raison de douter que c’était la dernière fois que nous nous rencontrions. Nous nous étreignîmes et je le vis s'éloigner en pensent seulement : Quel beau moment nous avons encore passé ensemble !

 

Tous les amis de Luc à la Ména se joignent à moi pour dire à sa femme Françoise et sa sœur Sophie, ainsi qu’aux autres membres de la famille que nous ne connaissons pas, toute notre tristesse, et tout le réconfort dont nous les assurons, même s’il est bien peu de choses comparé à une telle perte.

 

 
La facilité trompeuse de la situation stratégique d’Israël (011907/18) Version imprimable
Analyse
jeudi, 19 juillet 2018

 

Par Stéphane Juffa

 

Une petite mise au point pour commencer cette analyse : Israël n’a aucune crainte militaire concernant une double voire une triple confrontation simultanée avec le Hamas, le Hezbollah, la Syrie ou l’Iran. Même, et c’est une considération purement théorique, car elle semble plus éloignée que jamais, un conflit limité avec le contingent russe dans la région se terminerait par une victoire rapide de Tsahal, tant sa supériorité dans tous les domaines est aujourd'hui écrasante.

 

Concernant le corps expéditionnaire de Poutine, il est évident qu’un affrontement équivaudrait à une victoire à la Pyrrhus, car il placerait l’Etat hébreu dans une situation de conflit ouvert avec la seconde plus grande puissance mondiale, ce qui serait une forme de suicide. Ceci explique la raison pour laquelle la plus grande prudence est de mise, et même la prise de certains risques, afin d’éviter des accrochages accidentels. A ce titre, une grande maîtrise s’impose alors que les deux aviations, en ordre opérationnel, se croisent plusieurs fois par jour et par nuit dans les ciels de Syrie et du Liban.

 

Reste que les deux pays font le nécessaire pour éviter tout incident. Plus encore, ils se sont mis d’accord afin que le régime de Damas puisse réoccuper toutes les positions qu’il occupait face à Israël avant le déclenchement de la Guerre Civile, pour qu’il ne pénètre pas dans la zone de désengagement sur le Golan, et pour que la ligne de séparation Alpha, qui n’est pas reconnue internationalement comme la frontière entre Israël et la Syrie, soit sanctuarisée comme telle.

 

Plus encore, Moscou s’est engagé à éloigner l’Iran d’au moins 80km de la ligne Alpha, et laisse le Khe’l Avir frapper à sa guise les positions de la République Islamique, même dans la profondeur de la Syrie, même sur des aéroports où le contingent russe est également présent.

 

A propos des attaques contre les Gardiens de la Révolution khomeyniste, nous avons obtenu des images satellites exclusives montrant à la fois l’emplacement de l’entrepôt d’armes et de munitions qui a été oblitéré dans la nuit de dimanche à lundi sur l’aéroport de Nayreb, dans la banlieue d’Alep, ainsi que celui qui avait été détruit au même endroit, lors d’un précédent raid, le 30 avril dernier.

 

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Situation générale, avec l’emplacement des dernières frappes

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Nous avons aussi appris de sources syriennes non-gouvernementales que, contrairement au communiqué proposé par l’agence d’information d’al Assad, SANA, qui affirmait que l’attaque de dimanche n’avait fait que des dégâts matériels, 17 personnes ont péri lors de celle-ci, dont 9 Iraniens et 3 Libanais, toutes liées à l’activité militaire.

 

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Situation détaillée des entrepôts détruits lors des frappes

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Dans le Golan syrien, l’Armée gouvernementale, soutenue au sol et dans les airs par la Russie, et renforcée par des soldats iraniens et des miliciens libanais, tous vêtus d’uniformes syriens, a réoccupé 80% du territoire qu’elle contrôlait avant la Guerre Civile. De jour et de nuit on entend jusqu’à Métula, à 55km des principaux combats, le bruit des bombardements.

 

Jusqu’à maintenant, l’Armée d’Assad n’a pas mis un pied dans la Zone de Séparation démilitarisée désignée par l’accord de désengagement de 1974. Elle n’a pas non plus bombardé les réfugiés qui s’y trouvent, dont le nombre a encore augmenté ces derniers jours de quelques milliers, pas plus que les positions de l’Armée Syrienne Libre qui s’y est en partie retranchée.

 

A notre avis, Assad n’essayera pas de franchir la ligne Bravo ni de mener des opérations au-delà d’icelle. Ce, d’une part parce qu’il en a reçu l’ordre très ferme de la part de Poutine, d’autre part, parce qu’il est satisfait de pouvoir reconquérir cette région sans opposition de Tsahal, et, finalement, parce que tout le monde sait pertinemment, car cela a été dit et répété par le gouvernement et l’état-major hébreux, que la violation de la Zone de Séparation démilitarisée entraînerait une réaction massive et déterminante de l’Armée israélienne.

 

Or Jean Tsadik s’est livré à une simulation [war game] pour savoir ce qu’il adviendrait lors d’un affrontement entre les deux concentrations militaires qui se font face dans le Golan à une quinzaine de kilomètres de distance, et dans leur déploiement actuel (sans l’apport de renforts substantiels et sans participation de la Russie). Il en découle que l’engagement ne dépasserait pas 4 ou 5 heures, que toute l’armée ennemie serait anéantie, et que Tsahal s’expose à perdre, au maximum, une quarantaine de combattants. De plus, selon Jean Tsadik, il n’existe pas de scénario alternatif, dans lequel d’autres belligérants pourraient intervenir du côté syro-iranien (sur le Golan) ou dans lequel le tyran de Damas pourrait toucher des armes supplémentaires ayant la capacité de modifier l’issue de l’éventuelle bataille.

 

Sur la frontière israélo-libanaise, la situation est calme et un embrasement imminent n’est pas à l’ordre du jour. En cas de guerre généralisée entre l’Etat hébreu et le Hezbollah, Israël risquerait la vie d’un millier de personnes au maximum (3 000 en considérant le "scénario du pire"), civiles et militaires confondues, et le Hezbollah n’existerait plus à la fin des combats. La durée et la complexité d’une telle guerre dépendraient de plusieurs variables, comme l’attitude de l’Armée nationale libanaise et celle des milices sunnites, druzes et chrétiennes. Jean Tsadik évalue la durée globale d’un tel conflit, en tenant compte des hypothèses les plus vraisemblables, à deux semaines, compte tenu des forces et des complexités actuellement prévisibles et sans complications.

 

Le front le plus préoccupant et le plus chaud pour Tsahal est actuellement Gaza, face au Hamas et au Djihad islamique. Tant en termes stratégiques que tactiques, Israël n’a rien à craindre des capacités de nuisance des milices islamiques de l’enclave palestinienne ; le Hamas et ses alliés ne disposent pas des moyens nécessaires pour effectuer des gains territoriaux, pour détruire une part significative des infrastructures civiles et militaires de l’Etat hébreu, non plus que pour lui infliger des pertes sévères.

 

Jean Tsadik estime qu’en cas d’affrontement total dont l’objectif serait, pour les Israéliens, de chasser le Hamas du pouvoir, de l’écraser militairement et de reprendre le contrôle de la Bande, le conflit durerait environ une semaine à dix jours et, dans le cadre du "scénario du pire", pourrait coûter la vie de 350 soldats et de 150 civils. Les "pertes moyennes envisagées" par Jean Tsadik sont de 170 militaires et de 70 civils.

 

A l’instar du Golan, il n’existe aucun scénario alternatif dans le cadre d’un affrontement entre les Forces de Défenses d’Israël et le Hamas, tel qu’une impossibilité militaire de prendre Gaza, l’intervention d’un autre pays dans le conflit, l’introduction, côté Hamas, de moyens de nature à fausser les estimations, ou un écart majeur entre le nombre des victimes israéliennes et la simulation proposée par notre camarade.

 

Reste que les renseignements précieux fournis par Jean Tsadik ne représentent qu’une portion de la problématique de Gaza. En témoigne le déploiement de batteries du Dôme de fer et de Frondes de David ces derniers jours aux abords de Jérusalem (mercredi) et de Tel-Aviv.

 

Il nous apparaît probable, à Métula, que l’on se dirige vers une confrontation prochaine avec le Hamas. Depuis la semaine dernière, en effet, l’unique point de passage pour les marchandises de Kerem Shalom entre Israël et le territoire palestinien a été fermé. N’y transite plus que du matériel médical.

 

L’Egypte, pour sa part, a porté à 20 camions journaliers la quantité de denrées qu’elle est disposée à fournir à Gaza, ce qui est évidemment insuffisant pour pourvoir aux besoins d’une population que nous estimons à 1.5 millions d’individus.

 

Au centre de ce bras de fer se situe l’affaire des cerfs-volants et des ballons incendiaires. Alors que les avis sont divisés, tant à la tête de l’Armée qu’au sein de la coalition gouvernementale quant à l’opportunité de "déclencher une guerre généralisée pour le problème des cerfs-volants", il est clair que l’exécutif ne peut guère permettre aux miliciens islamiques de brûler impunément nos champs agricoles et nos flore et faune au sud-ouest du pays.  

 

A la Ména, notre approche est totalement divergente. Elle n’est pas politique, puisque le Hamas, qui contrôle l’enclave palestinienne appelle officiellement au génocide des Israéliens et affirme qu’il ne négociera jamais avec nous. Dès lors, ne subsiste dans cette considération politique que le souci humanitaire, et nous n’oublions pas qu’il y a moins de 3% des Gazaouis qui ont participé aux émeutes le long de la barrière sécuritaire, et qu’il y a fort à parier qu’une bonne partie de la population ne demande qu’à être débarrassée du régime de califat, un autre mot pour décrire une théocratie dictatoriale, à l’instar de celle qui oppresse l’Iran.

 

Considérant que l’alternative politique n’existe pas, il ne reste qu’à considérer Gaza sur les plans sécuritaire et stratégique. Or – cerfs-volants ou pas cerfs-volants, cela n’a aucune importance à ce niveau -, nous sommes absolument convaincus que le fait de tolérer le maintien d’une force hyper-hostile, disposant d’un arsenal de milliers de roquettes, à 60km de notre conurbation principale, où vivent 4.5 millions de nos compatriotes, et à 65km de Jérusalem, notre capitale, participe d’une aberration stratégique.

 

Une aberration indigne de la huitième puissance globale, et qui aurait dû être corrigée depuis très longtemps. L’un de nos dictons-maison préférés dit : "Si tu veux que les autres te respectent, commence par te respecter toi-même !", or nous sommes la risée du monde (et particulièrement de Poutine), en considération de notre incapacité à éliminer cette menace. En 2014, l’opération "Khomat Magen" [héb.: muraille de protection], décidée par Binyamin Netanyahu, a duré exactement un mois et dix-huit jours. Côté israélien, 66 soldats et 6 civils y ont perdu la vie, et 550 personnes ont été blessées, parmi lesquelles des dizaines sont restées invalides à vie. De plus, pendant cette période, la vie économique de la moitié d’Israël était paralysée.

 

Comme cela risque d’arriver à nouveau, la raison de l’entrée en guerre de l’Etat hébreu n’était pas d’ordre stratégique, mais découlait du fait qu’une cellule du Hamas en Cisjordanie avait enlevé, puis exécuté, trois jeunes gens à Alon Shvout. Or on punit les responsables d’une telle infamie, mais ce n’est pas une raison valable pour déclarer une guerre ; à moins d’éliminer ses ennemis.

 

Avant de découvrir par hasard l’étendue du réseau de tunnels d’attaques du Hamas et de les détruire [34 tunnels détruits], la direction politique de l’Etat n’avait fixé aucun objectif militaire précis à l’Armée. Cette dernière allait au combat et perdait des soldats sans savoir ce que l’on attendait d’elle.

 

On a assisté à la même faute que celle qui avait mené à la guerre contre le Hezbollah de 2006 et à la précédente confrontation avec le Hamas à l’hiver 2008-2009 [Plomb fondu], alors qu’Ehoud Barak était Premier ministre. A cette occasion, on avait choisi un objectif générique, mais pas d’objectifs tactiques ni stratégiques : "mettre un terme aux tirs de roquettes du Hamas lancés depuis la bande de Gaza". Idem à propos du Liban et de la décision d’Ehoud Olmert : on jetait un pays entier dans une guerre en riposte à l’enlèvement de deux de nos soldats et au meurtre de huit autres lors d’une embuscade frontalière tendue par le Hezbollah. Mais Tsahal n’était pas prêt à cette guerre, et surtout, Olmert ne lui indiqua aucun objectif à atteindre.

 

A Gaza, il suffit de compter le nombre de Qassam tombés sur Israël depuis ces guerres, pour se rendre compte qu’elles n’ont servi à rien et que des dizaines d’Israéliens sont morts en vain. Et l’on s’apprête à commettre exactement la même faute, à croire que les dirigeants israéliens, quel que soit le parti auquel ils appartiennent, n’apprennent jamais rien.

 

Or le problème n’est pas les cerfs-volants incendiaires ; à la limite, il peut servir de motif à une déclaration de guerre, mais c’est celui d’une nécessité stratégique absolue. L’on ne fait la guerre que (1) lorsque l’on fait face à une situation qui défie ses intérêts fondamentaux, que (2) lorsque tous les autres canaux pour parvenir à annuler la menace n’ont pas porté leurs fruits, et (3), que l’on dispose des moyens militaires nécessaires pour effacer durablement la menace dirigée contre vous.

 

Non pas, JAMAIS, en riposte à un guet-apens - on corrige alors ses lacunes et ses dispositions ! -, à l’assassinat d’un ambassadeur – on augmente la protection de son personnel diplomatique ! -, au kidnapping de citoyens par des terroristes  - on trouve les coupables et on les punit, de même que leurs chefs ! -, ou pour empêcher un désagrément tactique, comme une pluie de roquettes – soit on renforce et on multiplie les abris à disposition du public, soit on prend la décision d’éradiquer l’ennemi ! -, une opération limitée permettant à l’ennemi de reconstituer son arsenal par la suite ne servant strictement à rien !

 

Tout chef d’Etat qui engage son pays dans une guerre sans respecter à la lettre les trois conditions que j’ai énumérées – et aucune autre ! – est un aventurier, un despote, un fou, un salaud (Erdogan) ou un idiot. Tout chef d’Etat qui n’engage pas son pays dans une guerre lorsque les trois conditions que j’ai énumérées sont réunies n’est pas un pacifiste, c’est un irresponsable indigne de la fonction qu’il occupe et de la confiance de ses administrés.

 

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Nouveau raid israélien en Syrie (011607/18) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 15 juillet 2018

 

© Metula News Agency

 

02h50 à Métula lundi, 01h50 à Paris

 

L’agence gouvernementale syrienne SANA a annoncé que l’ "ennemi sioniste" avait attaqué cette nuit la base aérienne de Nayreb, située à l’est de la ville d’Alep, dans le nord de la Syrie. Cet objectif se trouve à 305km au nord-est de Damas, et à 360km de Métula (frontière israélienne), dans la même direction.

 

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Situation générale

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

L’aéroport de Nayreb, déjà pris pour cible cette année, vraisemblablement par l’Aviation israélienne, est utilisé conjointement par le corps expéditionnaire iranien et par l’Armée gouvernementale syrienne.

 

Il semble que Nayreb soit l’un des aéroports qui accueillent les transports aériens d’armes en provenance d’Iran.

 

Selon des témoignages recueillis par Michaël Béhé à Beyrouth, le raid de cette nuit aurait visé des entrepôts contenant des armes et des munitions de cette origine.

 

Les témoins font état d’ "au moins dix missiles" qu’ils auraient vus frapper leurs objectifs, ce qui ferait de cette opération une intervention majeure, impliquant au moins cinq avions de bombardement.

 

Les témoignages parvenus à Michaël Béhé font tous référence à d’énormes explosions et des doubles explosions, ce qui indique qu’il y a d’abord eu la détonation engendrée par les charges des missiles, rapidement suivie par la déflagration des munitions stockées dans les entrepôts.

 

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Vue satellitaire détaillée de la base de Nayreb

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

On ignore si l’opération de cette nuit a provoqué des pertes humaines parmi les personnels de la base. Selon SANA, ce raid n’aurait pas fait de victimes, mais SANA n’est pas fiable.

 

Ce raid suit d’exactement une semaine celui mené contre la base T4, à proximité de Palmyre. La factualité des deux raids ne fait aucun doute, le gouvernement syrien n’ayant aucun intérêt à faire état de ces attaques dans lesquelles il ne tient pas le beau rôle.

 

D’autre part, dans chacun des deux cas, une multitude d’annonces de media locaux et régionaux et de témoignages provenant d’origines diverses ont pu être recueillis.

 

Si leur auteur est effectivement Israël, cela indique que Jérusalem compte faire le plus large usage de la décision russe de ne pas interférer avec d’éventuelles sorties du Khe’l avir visant des cibles iraniennes en Syrie.

 

 
La seule solution face au Hamas est de le mettre hors d’état de nuire (info # 021507/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 15 juillet 2018

 

Par Guy Millière

 

Le Hamas est une organisation avec laquelle aucune forme d’accord de paix n’est possible. Sur ce plan, le Hamas ne se distingue pas de l’Autorité Palestinienne.  

 

Le Hamas incite la population de Gaza au meurtre et à la haine des Juifs de manière incessante, et pousse les enfants et les adolescents qu’elle a sous sa coupe à devenir des assassins. Sur ce plan non plus, le Hamas ne se distingue pas de l’Autorité Palestinienne, qui procède exactement de la même façon.

 

Là où le Hamas se distingue est le secteur des actions. Et on voit à l’œuvre en ce moment la différence qui sépare une organisation adepte du djihad rapide (le Hamas), et une organisation adepte du djihad lent, l’Autorité Palestinienne.

 

Le Hamas, on ne le sait que trop bien, a lancé la campagne des marches en direction de la frontière d’Israël au printemps dernier, et utilisé des femmes, des vieillards et des enfants comme boucliers humains aux fins d’obtenir des cadavres à montrer aux journalistes occidentaux.

 

Il n’a abandonné ses campagnes de marches que pour recourir aux cerfs-volants incendiaires, qui ont ravagé et ravagent des terres agricoles, des forêts et des maisons en Israël, et il a ajouté et ajoute aux cerfs-volants incendiaires des ballons envoyés en direction de villages israéliens dans l’espoir que des enfants s’en saisissent et soient blessés ou tués. Il procède à nouveau à des tirs de roquettes (deux cents environ depuis vendredi), et plusieurs membres d’une famille ont été blessés à Sdérot. Un officier israélien a également été blessé sur la frontière de Gaza par un jet de grenade offensive.

 

Nombre d’Israéliens, et je les comprends pleinement, se demandent pourquoi le gouvernement n’a quasiment rien fait jusqu’á présent. Une campagne militaire intensive s’imposerait, disent-ils. Elle n’a pas lieu.

 

La question qui se pose est effectivement : pourquoi ?

 

L’une des réponses apportées tient, cela se dit ici ou là en Israël, à ce que le gouvernement et l’état-major de l’Armée entendent que les forces de défense d’Israël restent mobilisées face au front Nord, aux activités de l’Iran et du Hezbollah en Syrie et aux actions que pourrait décider le régime d’Assad. C’est une explication possible. Une opération militaire détruisant les capacités de nuire du Hamas pourrait être en outre, continue l’explication, l’étincelle que l’Iran, le Hezbollah et le régime Assad attendent pour mettre le feu aux poudres.

 

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Frappe israélienne sur Gaza hier. Pas de difficultés militaires,

le problème est politique et tient aux choix de M. Netanyahu

 

J’ai du mal à me convaincre de la pertinence de cette explication. La mobilisation face au front Nord est importante et légitime. Je ne suis, par contre, pas certain que l’Iran, le Hezbollah et le régime Assad aient besoin d’une étincelle, et je ne suis pas du tout certain qu’ils entendent mettre le feu aux poudres. L’Iran est actuellement en grande difficulté, et le Hezbollah et le régime d’Assad dépendent de l’Iran. La Russie entend plutôt stabiliser le régime Assad que déstabiliser la région.

 

Une autre réponse, cela se dit aussi ici ou là en Israël, consiste à dire que, même si une opération militaire contre le Hamas ne mettait pas le feu aux poudres au Nord, elle pourrait entrainer un soulèvement palestinien plus large. Je ne parviens, là, pas du tout, à me convaincre de cette explication. Un soulèvement plus large devrait toucher les territoires occupés par l’Autorité Palestinienne, et celle-ci, au-delà de ses discours infects habituels, sait qu’elle est en position précaire dans le contexte des tractations régionales en cours. Elle ne fera rien pour rendre sa position plus délicate encore.

 

Il reste une troisième réponse, qu’on entend moins, mais qu’on devrait entendre. Les tractations régionales en cours visent précisément à établir une paix régionale dont le plan de paix préparé par l’administration Trump serait un composant majeur. Tout ce qui viendrait perturber ces tractations pourrait venir faire échouer le plan de paix, qui implique l’Arabie Saoudite, l’Egypte, et qui devrait impliquer la Jordanie (présentement réticente), placer l’Autorité Palestinienne devant le fait accompli, et marginaliser le Hamas. Dans le cadre de cette explication, le gouvernement israélien aurait les yeux rivés vers l’objectif et considérerait que celui-ci implique de ne pas répondre, sinon de manière limitée, aux provocations d’une organisation islamique qui veut jouer la perturbatrice pour sauver ses propres positions. Cette réponse me semble plus pertinente. Les tractations dont je parle ont lieu. Le plan de paix s’élabore. Atteindre une paix régionale peut sembler impossible, mais si l’impossible devenait possible, ce serait un accomplissement majeur.

 

L’Iran ne veut sans doute pas mettre le feu aux poudres, mais qu’il veuille perturber les tractations est, par contre, une certitude. L’une des conditions de la paix régionale est l’endiguement et l’asphyxie de l’Iran, qui n’entend pas se laisser endiguer et asphyxier sans réagir. Le Hamas fait ce qu’il fait parce qu’il est ce qu’il est, et parce qu’il est tout entier tourné vers la destruction et la haine, mais il fait aussi ce que l’Iran qui le finance lui demande de faire.


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Le Hamas rompt un cessez-le-feu à peine conclu (011507/18) Version imprimable
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dimanche, 15 juillet 2018

 

© Metula News Agency

 

08h30 à Métula dimanche, 07h30 à Paris

 

A minuit environ, dans la nuit de samedi à dimanche, le Hamas annonçait la conclusion d’un cessez-le-feu avec Israël. A 1h du matin, il lançait deux roquettes sur Israël, dont l’une a été interceptée par le Dôme de fer et l’autre n’a pas atteint une zone habitée.

 

C’est Fawzi Barhoum, un officiel de la milice terroriste islamique, qui avait annoncé qu’une médiation de l'Egypte avait permis de parvenir à un cessez-le-feu.

 

Côté israélien, on était plus prudent et on faisait savoir que l’on était d’accord sur le principe, et que si les miliciens respectaient le cessez-le-feu, on ferait de même.

 

Suite à la rupture quasi immédiate de l’accord par le Hamas, le Khe’l Avir a riposté, détruisant la plateforme de lancement depuis laquelle les roquettes venaient d’être tirées. [Voir la vidéo].

 

Ce dimanche matin, l’équation est claire : si Gaza cesse ses tirs, Tsahal cessera ses interventions, si de nouveaux tirs se produisent, l’Armée israélienne haussera le ton.

 

On note que le gouvernement israélien fait tout ce qu’il peut pour éviter un conflit majeur, mais qu’il est sujet à de très fortes pressions pour qu’il prenne les mesures nécessaires afin de garantir la protection des agglomérations israéliennes situées sur le pourtour de Gaza.

 

Naftali Bennett, le ministre de l'Education et de la Diaspora et membre du cabinet de Sécurité au sein de la coalition actuelle, fait également pression sur Binyamin Netanyahu en faveur d’une intervention militaire massive contre les milices islamiques.

 

A l’AFP, reprise par une majorité de media français, on annonçait la rupture unilatérale du cessez-le-feu par le Hamas et la riposte israélienne de la façon suivante : "Raid aérien israélien contre des cibles du Hamas". Il s’agit évidemment d’une fake news, doublée d’un épanchement de sentiments antisémites aigu.

 

 
Gaza : la situation (011407/18) Version imprimable
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samedi, 14 juillet 2018

 

© Metula News Agency

 

23h10 à Métula samedi, 22h10 à Paris

 

Depuis hier (vendredi), les miliciens islamistes de la Bande de Gaza ont tiré 190 roquettes et mortiers en direction d’Israël, dont une centaine depuis 15h ce samedi. Le Dôme de fer en a intercepté 39. Tous les projectiles palestiniens ont explosé entre 500 mètres et 10km de la barrière de sécurité. Tsahal a fait savoir que si des roquettes dépassaient cette distance, il élèverait le seuil de ses ripostes.

 

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Tir de roquettes depuis le centre de Gaza

Source : Armée de Défense d’Israël

 

Durant la même période, les sirènes d’alerte ont retenti 160 fois dans le pourtour de Gaza et jusqu’à Ashkelon. Deux projectiles sont tombés sur la ville de Sdérot, l’un aux abords d’une synagogue, l’autre dans le jardin d’une maison individuelle, au moment précis où Ilan Tsadik communiquait sur place son rapport à la rédaction de Métula. [Regarder la vidéo saisissante de l’une des explosions à Sdérot].

 

Il n’a pas été atteint, mais les quatre occupants de la maison individuelle ont été légèrement blessés. Ils ont été conduits au Centre Médical Barzilaï à Ashkelon pour y être soignés.

 

De son côté, le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, a mené quarante raids dans l’enclave palestinienne, visant deux tunnels d’attaque ainsi qu’un immeuble élevé du camp de réfugiés de Shati, qui servait de centre d’entraînement au Hamas. Le Quartier Général de la brigade Bet Lahia du Hamas a également été oblitéré, ainsi que divers entrepôts d’armes et de munitions, des ateliers de fabrication d’armes et des centres logistiques.

 

Deux Palestiniens ont été tués lors des frappes aériennes et quinze autres blessés.

 

D’autre part, deux émeutiers palestiniens ont été abattus par l’Armée alors qu’ils tentaient de franchir la barrière de sécurité. L’un des deux est décédé ce samedi à l’hôpital des suites de blessures subies la veille, l’autre, sur le coup, pendant qu’il escaladait le mur.

 

Le porte-parole de l’Armée a indiqué que la démolition des deux tunnels était intervenue en riposte aux blessures infligées à l’un de ses officiers par un émeutier ou un milicien, qui a lancé une grenade offensive au-delà de la clôture de sécurité dans le nord de la bande côtière.

 

Tsahal avait averti le Hamas la semaine dernière par l’intermédiaire de l’Egypte qu’il aurait recours à une réplique militaire sévère si les largages de cerfs-volants et de ballons incendiaires se poursuivaient.

 

Le Caire ainsi que d’autres capitales jouent actuellement les médiateurs entre Israël et le Hamas afin de tenter d’enrayer l’escalade.

 

Un porte-parole du Hamas a toutefois déclaré ce samedi que "l’escalade et l’intensification de l’agression israélienne ne parviendront pas à imposer un nouvel ordre du jour et à faire cesser la "Marche du Retour". Les "forces de la "Résistance" ne laisseront pas Israël poursuivre ses attaques contre le peuple palestinien", a poursuivi le représentant de la milice islamiste, "et nous serons prêts à y faire face".

 

Le Premier ministre Binyamin Netanyahu a déclaré pour sa part : "Nous allons augmenter notre riposte autant que nécessaire. Si le Hamas ne saisit pas le message aujourd’hui, il le saisira demain".

 

Le Lieutenant-colonel Jonathan Conricus, porte-parole de Tsahal, a déclaré ce samedi lors d’une téléconférence de presse : "Les raids de samedi constituent la plus importante opération diurne du Khe’l Avir dans la bande de Gaza depuis la guerre de 2014. Le Hamas a dépassé les bornes avec sa soi-disant "Marche du retour", qui consiste dans les faits en des actes de violence, des attaques contre la clôture de sécurité, des tirs de roquettes contre le territoire israélien et des lancements de ballons et cerfs-volants incendiaires".

 

A moins de graves développements nocturnes, le cabinet israélien discutera de la détérioration de la situation dans le Sud lors de sa réunion de demain [dimanche].

 

Quant à l’AFP, reprise telle quelle par la plupart des supports médiatiques francophones, elle a résumé les évènements autour de Gaza par le titre de sa dépêche suivant : "Raids israéliens sur Gaza, deux adolescents tués", et n’a nulle part mentionné le tir des 190 roquettes et mortiers sur le territoire israélien.  

 

On lit également dans le corps du câblogramme de l’agence de presse officielle du gouvernement français : "Depuis le 30 mars, la frontière entre la bande de Gaza et Israël est le théâtre de manifestations contre le strict blocus israélien et pour le "droit au retour" des Palestiniens chassés de leurs terres (…)".

 

Il ne s’agit pas d’une information mais d’une fake news, d’une ineptie et d’un acte de propagande en faveur d’une organisation terroriste islamique, classifiée comme telle par l’Union Européenne. En effet, Israël n’a pas la capacité matérielle d’imposer un blocus à la bande de Gaza, qu’il soit strict ou non. Israël ne contrôlant pas tous les territoires entourant la bande côtière, qui dispose d’une frontière de 14 kilomètres avec l’Egypte.

 

On n’est guère plus honnête du côté de Piotr Smolar et de son employeur Le Monde, où l’on affirme, noir sur blanc, que "côté gazaoui, plus d’une cinquantaine de tirs de roquettes et de mortiers ont été initiés". A 140 roquettes près, c’est parfaitement exact ! Délit d’initiés ?

 

 
Second drone syrien abattu : les explications (011307/18) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 13 juillet 2018

 

© Metula News Agency

 

20h15 à Métula vendredi, 19h15 à Paris

 

Avant-hier, Tsahal a abattu un drone d’observation en provenance de Syrie. L’action s’est déroulée pendant que Binyamin Netanyahu se trouvait dans l’avion en route pour Moscou afin d’y rencontrer Vladimir Poutine.

 

Les radars israéliens observaient l’évolution de l’avion sans pilote longtemps avant son interception ; en fait, il volait encore dans l’espace aérien syrien lorsque les radars l’ont repéré.

 

Afin de ne pas risquer d’empoissonner l’atmosphère des discussions importantes qui allaient se dérouler au Kremlin, l’Armée israélienne a décidé d’attendre d’être absolument certaine qu’il ne s’agissait pas d’un appareil russe avant de l’abattre.

 

Pour ce faire, elle a utilisé le téléphone rouge qui relie Tsahal au commandement du contingent du Tsarévitch à Lattaquié pour demander aux Russes de confirmer que le drone n’était pas à eux avant de lancer le Patriot.

 

La réponse fut négative et l’intrus fut intercepté. C’est toujours une victoire d’abattre un aéronef ennemi qui viole son espace aérien, d’autant plus que les engins de ce genre ont une petite surface, qu’ils sont entièrement en matériaux composites, ce qui laisse une minuscule signature sur l’écran radar et rend leur interception complexe.

 

Mais ce qu’on ne vous a pas dit est que cette décision de retarder l’envoi du missile d’interception a été chèrement payée. En fait, les spécialistes de la Ména n’hésitent pas à parler dans ce cas d’une victoire de Bashar al Assad et d’un échec pour les Israéliens.

 

La raison en est, qu’au moment où le drone a été détruit, il avait déjà rempli sa mission. La mission d’un drone d’observation consistant à photographier le dispositif militaire de l’ennemi et à envoyer en temps réel les images à son propriétaire.

 

En laissant l’engin survoler nos lignes dans le Golan pendant de longues minutes, il a eu amplement le temps de remplir sa tâche.

 

Pour comprendre l’importance de ce commentaire, il est nécessaire de savoir que dans le sud du plateau du Golan syrien, à l’ouest de Deraa, l’Armée d’Assad a progressé face aux rebelles jusqu’à environ 18km de la frontière israélienne établie sur la ligne de désengagement Alpha [cartes].

 

Or actuellement, l’objectif du dictateur de Damas est de savoir jusqu’où il pourra s’approcher impunément de ladite ligne.

 

En principe, et selon l’accord de désengagement signé entre les parties à Genève en 1974 – juste après la Guerre de Kippour – les forces syriennes ont l’interdiction de franchir la ligne Bravo et de mener quelque action militaire que ce soit dans la zone démilitarisée, ou au-dessus d’icelle.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Les lignes de désengagement Alpha et Bravo

 

Depuis quelques jours, y compris lors des pourparlers de Moscou, les responsables de l’Etat hébreu concentrent leurs interventions et leur menaces sur cette interdiction, en se référant à l’accord de 1974. Mercredi, le porte-parole de Tsahal a émis un communiqué à ce propos libellé de la manière suivante : "(…) Tsahal continuera à agir face aux tentatives de contrevenir aux accords de séparation des forces de 1974, il ne permettra pas que la souveraineté israélienne soit violée et agira contre toute tentative visant à porter atteinte à ses citoyens".

 

Pour indiquer leur mécontentement, les Israéliens ont frappé trois objectifs dans la ville de Khan Arnabeh [carte], située dans un méandre de la ligne Bravo, mais à quelques mètres de celle-ci. Les cibles visées, comme le montre la vidéo ci-après diffusée par le porte-parole de l’Armée de Défense d’Israël, ont été détruites. Elles faisaient partie du dispositif principal d’une unité de commandos dont nous avons souvent parlé dans ces colonnes, composée uniquement de miliciens du Hezbollah, de Gardiens de la Révolution iranienne, ainsi que d’un certain nombre de Druzes de la ville de Hader, favorables au régime de Damas. [Regarder la vidéo].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Il s’agit, de la part de Jérusalem, d’un avertissement approprié, au moment où le gouvernement hébreu discute avec les Russes d’un accord aux termes duquel Israël est censée accepter le redéploiement de l’Armé d’Assad et la reconnaissance de son régime, en échange du retrait des militaires iraniens et de leurs supplétifs du Hezbollah libanais du territoire syrien. L’entente en train d’être finalisée entre Jérusalem et Moscou prévoit également que l’accord de désengagement de 1974 sera respecté.

 

Ce vendredi, un second drone syrien a été intercepté par un Patriot, mais il l’a été, sans états d’âme, alors qu’il venait juste de franchir la ligne Bravo. Il n’a donc pas été en mesure de compléter la reconnaissance réalisée par le premier appareil mercredi dernier.

 

D’autre part, on a également entendu il y a quelques instants des chasseurs-bombardiers du Khe’l Avir traverser le ciel du Doigt de la Galilée, et il ne fait peu de doutes qu’Israël va punir à nouveau cette tentative d’incursion en oblitérant des positions qui la dérangent à proximité de sa frontière.

 

Ces deux sacrifices concédés par le dictateur damascène démontrent son intérêt à obtenir des renseignements relativement à la quantité de chars et de pièces d’artillerie de Tsahal déployés derrière la ligne Alpha. Ces indications précieuses sont censées lui permettre de régler la marge de manœuvre de son armé en direction de l’Ouest.

 

Si les forces de Tsahal sont importantes et en ordre de combat, il restera à distance respectable de la zone démilitarisée. Si elles ne le sont pas, Assad pourrait se hasarder dans son voisinage immédiat, et peut-être prendre le risque de la franchir en quelques points qui revêtent pour lui un intérêt stratégique majeur.

 

Dans cette éventualité, il serait tenté de s’attaquer à des positions du Front du Sud situées dans la zone de désengagement, en recourant à l’artillerie ou à des missiles. Cela dépend grandement, à son avis, du positionnement de l’Armée israélienne et de sa disponibilité à livrer combat.

 

En connaissant précisément les positions occupées par Tsahal sur le front, leur composition, il obtiendrait la capacité de régler son artillerie sur elles lors d’un éventuel échange de tirs, et pourquoi pas, à l’occasion d’une opération surprise limitée, ayant pour objectif d’anéantir les positions rebelles aux portes d’Israël.

 

Il est évident que ces éventualités participent, pour le despote alaouite, d’un pari très risqué, qui pourrait faire l’objet d’une riposte dévastatrice de Tsahal. Mais, dans la mentalité alaouite, les succès militaires qu’il vient d’enregistrer face au Front du Sud à Deraa, de même que la disponibilité sur place d’un important matériel de guerre et de nombreux soldats, y compris des Iraniens et des Libanais déguisés en militaires syriens de la IVème Armée, pourraient l’enhardir au point de lui faire perdre le sens des rapports de forces.

 

D’un autre point de vue, le fait de connaître les détails du dispositif israélien face à lui ne peut qu’augmenter le nombre des paramètres de décision à sa disposition avant de progresser vers l’Ouest. Et les informations de ce genre constituent toujours un atout appréciable au moment de prendre des décisions tactiques.

 

Or mercredi, lors d’un calcul discutable quant à son éventuel impact sur les discussions avec Poutine, Tsahal a sciemment laissé le premier drone pénétrer de 10 à 15km dans notre espace aérien et multiplier ses prises de vues.

 

Nous ne sommes pas allés faire des constatations hier et aujourd’hui dans le Golan, et si nous l’avions fait, nous n’en parlerions évidemment pas ; mais nous sommes convaincus, à Métula, que, suite au survol du premier appareil sans pilote mercredi, Tsahal a été obligé de modifier ses positions face à l’Armée syrienne. De tels mouvement impliquent passablement de désagréments, du travail supplémentaire pour les soldats, et font dépenser de l’argent. Assurément plus d’argent que ce que coûtent deux drones primitifs en fibre de verre.

 

 
Un drone en provenance de Syrie abattu par un missile sur le lac de Tibériade (011107/18) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 11 juillet 2018

 

© Metula News Agency

 

18h05 à Métula mercredi, 17h05 à Paris

 

Juste avant 16h, heure locale, les sirènes d’alerte ont retenti dans les localités figurant en rouge sur la carte.

 

Un drone en provenance de Syrie avait franchi la frontière et parcouru une dizaine de kilomètres en territoire israélien avant d’être abattu par un missile Patriot de fabrication américaine [voir la vidéo de l’interception].

 

Des débris du drone ont été retrouvés dans le kibboutz Haon [carte].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

La Police a prié les plaisanciers voguant sur le lac de Tibériade de rejoindre le rivage à cause d' "opérations de sécurité" se déroulant sur le plan d’eau. Les bateaux et les hélicoptères des forces de sécurité patrouillent sur le lac à la recherche d’autres débris et d’éventuels objets dangereux.

 

Là où les sirènes avaient retenti, les habitants ont pu reprendre le cours de leurs activités normales quelques minutes après l’interception du drone.

 

On ne signale pour le moment ni dégâts ni victimes.

 

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La traînée du Patriot par-dessus des maisons du nord d’Israël

 

Nous rappelons à nos lecteurs qu’il y a deux semaines de cela, nous avions rapporté qu’un drone avait déjà été visé au-dessus du territoire syrien. Il n’avait pas été atteint mais avait rebroussé chemin.

 

A la Ména, nous avions soupçonné qu’il s’agissait d’un drone russe, manqué intentionnellement par le Patriot, qui tentait d’observer les concentrations de forces israéliennes face aux troupes russes et à celles de l’Armée gouvernementale syrienne, qui combattent le Front du Sud dans la région limitrophe de Deraa.

 

Hier mardi, le ministre de la Défense Avigdor Lieberman, en visite sur le Golan, avait déclaré qu’Israël ne tolérerait pas la présence ne serait-ce que d’un seul soldat syrien dans la zone tampon de la frontière israélo-syrienne, et qu’elle tiendra le régime d’Assad responsable pour la découverte de toute infrastructure terroriste dans la partie syrienne des hauteurs du Golan.

 

La zone tampon à laquelle M. Lieberman a fait allusion est celle figurant sur la carte entre la ligne alpha (bleu roi) et la ligne bravo (orange). Elle est large de 500m à 10km et est censée être démilitarisée selon les provisions de l’Accord de Désengagement signé par Israël et la Syrie à Genève en 1974.

 

Nous rappelons également que selon des sources étrangères concordantes, le Khe’l Avir [l’Aviation israélienne] aurait frappé dimanche l’aéroport syrien T4, à 60km de Palmyre, sur lequel est déployé une partie du corps expéditionnaire de la République Islamique d’Iran. D’après des témoins oculaires, les raids de dimanche auraient fait de nombreux morts et blessés dans les rangs des Gardiens de la Révolution khomeyniste, de la milice libanaise chiite du Hezbollah et de l’Armée gouvernementale syrienne.

 

Le Premier ministre Binyamin Netanyahu se trouve à Moscou où il rencontre aujourd’hui M. Vladimir Poutine. Les discussions sont centrées sur la situation militaire dans le Golan et l’exigence israélienne de voir le contingent iranien quitter la Syrie sans délai.

 

 
Nouveau raid israélien contre les Iraniens à T4 dans le désert syrien (010907/18) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 08 juillet 2018

 

© Metula News Agency

 

1h15 à Métula lundi, 0h15 à Paris

 

L’agence de presse officielle syrienne SANA a annoncé dimanche soir que l’aéroport T4, situé en plein désert à 60km à l’ouest de Palmyre, a été la cible d’un raid aérien israélien [carte].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Les media et les sources gouvernementales syriens ont proposé plusieurs versions contradictoires de cette opération, affirmant, entre autres, que la défense antiaérienne avait touché un appareil du Khe’l Avir, abattu des missiles et avait forcé les avions israéliens à rebrousser chemin.

 

Il n’empêche que, selon des témoins oculaires, environ huit missiles ont explosé sur l’aéroport et dans ses environs immédiats.

 

Un responsable municipal de la bourgade-oasis de Tiyas, à 5km au nord-est de la base militaire, a confié à Michaël Béhé que "les dégâts aux infrastructures sont très importants", et "que des dizaines de personnels, principalement iraniens, mais également du Hezbollah, ainsi que des soldats du régime avaient été tués ou blessés durant l’attaque". "Le ballet des ambulances et des hélicoptères est incessant", a affirmé la même source, décrivant l’opération d’aujourd’hui "plus massive que celle du 9 avril dernier".

 

A cette date, un raid précédent, également attribué aux Israéliens, avait déjà visé T4. Il avait provoqué la mort de 14 combattants selon Téhéran, dont 7 Iraniens ; des dizaines de militaires de la République Islamique d’Iran avaient alors été tués selon les rapports de la Ména à l’époque, dont des officiers supérieurs.

 

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Le détail des installations de T4

Dans le cercle rouge : la section iranienne, détruite lors des raids précédents. A la Ména, nous pensons que les Iraniens s’étaient déplacés sur la base et qu’ils avaient étendu leurs activités

 

Le 10 février, les chasseurs-bombardiers à l’étoile de David avaient oblitéré les bâtiments qui abritaient des drones iraniens après que l’un de ceux-ci, bourré d’explosifs, eut été abattu au-dessus de la ville de Bet Shéan. Ce jour-là, Israël avait perdu un F-16 et avait procédé à l’attaque d’un grand nombre d’objectifs en Syrie.

 

C’est à nouveau les positions iraniennes de T4 qui ont été visées ce dimanche. Jérusalem a sans doute été prévenue de l’imminence d’une agression à partir de cet aéroport, qui prévoyait probablement l’utilisation de missiles terre-terre ou à nouveau de drones.

 

On parle souvent de tentatives de vengeance de la part de la théocratie iranienne, suite aux nombreuses pertes lors des attaques attribuées à Israël ces derniers mois, ainsi qu’à la subtilisation des archives nucléaires par le Mossad en plein cœur de Téhéran.

 

De l’avis des experts stratégiques de notre agence, ces tentatives de répliques à répétition répondent à une nécessité impérieuse d’une autre nature pour le régime des ayatollahs. En effet, une grande partie de la population iranienne considère que la dictature khomeyniste a non seulement été ridiculisée par Israël, dont elle annonce l’anéantissement imminent deux fois par semaine mais, de plus, qu’elle est incapable de répondre militairement à l’Etat hébreu de quelque manière que ce soit.

 

Alors que la contestation anti-régime ne cesse d’enfler en Perse, que le rial a perdu la moitié de sa valeur, que les pénuries se généralisent, que l’alimentation des villes en eau potable et en électricité n’est plus correctement assurée, l’exemplarité d’Israël dans son opposition à la théocratie chiite gagne de l’ampleur parmi la population.

 

Pour la plupart des opposants aux ayatollahs, les Hébreux font ce qu’ils veulent partout en Iran, et notre renseignement est au courant de tout ce que trame le régime. Ce sentiment est tel qu’une partie de la population est persuadée que nous allons l’aider à renverser le régime totalitaire qui l’oppresse et lui apporter la liberté.

 

Il importe pour le régime, dans ces conditions, de montrer aux Iraniens quasiment à n’importe quel prix qu’il est également capable de frapper Israël, ne serait-ce qu’afin de récupérer un peu de son prestige étiolé.

 

Reste que, pour le moment, et en dépit des consignes de discrétion extrêmes décrétées par le régime, Israël est chaque fois informée à temps et avec précision de ses intentions militaires, et qu’elle a la capacité de les faire échouer.

 

Il est également évident que les tentatives successives sont chaque fois plus difficiles à mettre en place, que ce soit à cause du coût du remplacement du matériel, de la mort des meilleurs spécialistes dans la gestion des armes et systèmes concernés, de la difficulté croissante d’acheminer des armes de remplacement en Syrie, de la démoralisation des militaires, qui craignent naturellement de subir le même sort que leurs prédécesseurs, et de la grogne de la rue, qui ne comprend pas la nécessité de ces sacrifices et de ces dépenses en Syrie, alors qu’elle se débat avec les pénuries, avant même l’instauration des nouvelles sanctions américaines.

 

A cela, il faut bien sûr ajouter un phénomène de suspicion généralisée qui doit régner au sein des décideurs politiques, mais aussi des cadres de l’Armée et des forces d’élite, où tout le monde se demande qui sont ceux qui renseignent les Israéliens.

 

 
Banalité de la haine anti-israélienne (info # 010807/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 08 juillet 2018

 

Par Guy Millière

 

Voici quelques jours, un général de l’armée islamique iranienne a accusé Israël de “voler les nuages” aux fins de provoquer en Iran sécheresse et pénurie d’eau. Ce genre d’ineptie grotesque montrant l’arriération mentale et la dimension paranoïaque de celui qui la profère ne devrait être relevé dans les journaux européens que sur un mode ironique. Malheureusement, la dictature du politiquement correct est passée par là, et ironiser sur un dignitaire d’un pays non occidental, musulman de surcroit, est devenu impensable. Les journaux européens se sont donc fait un devoir de prendre l’ineptie au sérieux, de la colporter, et de noter seulement que les services météorologiques l’avaient démentie.

 

Une rumeur anti-israélienne, inepte et grotesque, s’est ainsi retrouvée un peu partout, et si la plupart des gens ne l’ont pas prise au sérieux, il existe en Europe suffisamment d’arriérés mentaux paranoïaques pour se dire qu’il y a du vrai dans ce que le général de l’armée islamique iranienne a déclaré.

 

Si je le pense, c’est parce que des rumeurs anti-israéliennes tout aussi ineptes et grotesques n’ont cessé d’être proférées depuis des années, se mêlant à des allégations monstrueuses et abjectes, qui ont contribué à la diabolisation d’Israël, désormais très ancrée dans les esprits de millions d’Européens.

 

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Deux agents du Mossad en train de préparer le vol des nuages iraniens

(René Magritte)

 

Qui n’a entendu dire qu’Israël “volait l’eau“ des Palestiniens ou empoissonnait leurs puits, les condamnant ainsi à la pénurie ? Ou qu’Israël a pris les terres de milliers de légitimes propriétaires arabes ? Qui n’a entendu clamer qu’Israël a rasé des villages arabes par centaines, chassé perfidement tous ceux qui y vivaient et qui errent depuis dans des camps de réfugiés ? Que l’Etat hébreu a sommairement éliminé des enfants arabes, voire pratiqué un génocide ?

 

La notion de Nakba, décrite comme un crime contre le “peuple palestinien” et comme l’équivalent d’une Shoah perpétrée cette fois par les Juifs, en vient peu à peu à se trouver acceptée dans les débats publics. Tout comme l’idée que les Juifs étaient bien traités dans le monde musulman jusqu’au moment où ils ont trahi les musulmans en se plaçant du côté des colonisateurs occidentaux, puis en créant Israël.

 

Une banalisation de la haine se trouve désormais installée, faisant d’Israël le pays qu’il faut haïr ou mépriser et accuser de tous les maux (ou, pour le moins, regarder avec mépris) en Europe occidentale aujourd’hui. Cette banalité de la haine vient occulter la réalité de l’histoire du Proche-Orient, qui se trouve remplacée dorénavant jusque dans les manuels scolaires par la plus vile propagande. Occultée aussi la réalité de régimes abjects et criminels tels que, précisément, le régime iranien, que sert le général susdit.

 

Elle alimente un antisémitisme qui n’a pas besoin de grand-chose pour renaître sous de nouveaux oripeaux, sur un continent où l’antisémitisme existe depuis deux mille ans. Le fait que les nouvelles guenilles de l’antisémitisme soient celles de l’islam, religion de peuples définis a priori par la pseudo-bienpensance comme “opprimés”, et de gens de gauche et d’extrême gauche, qu’elle définit comme refusant de servir une oppression (alors que l’essentiel des régimes totalitaires du passé sont venus de la gauche et de l’extrême gauche), implique que l’antisémitisme renaissant n’est que très peu dénoncé, ou alors dans des termes flous et très édulcorés.

 

Israël est au cœur de la cible. Les Juifs aussi sont très près de celui-ci. Mais la cible, que nul ne s’y trompe, est bien plus large, elle est la civilisation occidentale elle-même (et j’y reviendrai).


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Syrie : les Russes utilisent les méthodes de la Waffen SS (010507/18) Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 05 juillet 2018

 

© Metula News Agency

 

Hier soir, les chefs du Front du Sud ont rejeté l’ultimatum de la Russie les appelant à se rendre sans conditions.

 

Immédiatement après la communication de ce refus, les bombardiers de Vladimir Poutine ont déclenché un pilonnage aérien type Guernica mais à la puissance 10. Ce genre d’attaque consiste à décharger des dizaines de tonnes de bombes sur les agglomérations d’un secteur, sans se soucier d’atteindre des cibles prédéterminées et sans faire le moindre effort afin d’épargner les civils.

 

Il ne s’agit pas d’un génocide, puisque l’objectif ne consiste pas à éliminer un peuple ou une nation, mais d’un massacre prémédité, ou assassinat collectif, générant un véritable carnage humain.

 

Cela n’a strictement rien à voir avec les incidents qui ont émaillé les récentes tentatives de franchissement de la frontière israélienne par la milice terroriste islamique du Hamas, protégée par des centaines de civils payés pour entourer les miliciens. L’unique point commun entre les deux situations procède de ce qu’à la fois la population gazaouie et celle du Golan syrien sont composées d’Arabes sunnites.

 

Pour qu’il y ait similitude, il faudrait que l’Aviation israélienne et son artillerie s’emploient à écraser la bande de Gaza sous ses bombes en faisant le plus de victimes possible. En l’état, comparer ce que font les Russes et les Alaouites dans le sud-ouest de la Syrie aux choix tactiques de Tsahal participe d’une insulte à l’héritage humain et à la somme de ses connaissances.

 

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Beaucoup d’hommes sont restés pour se battre

 

Dans le cas du Golan syrien, on compte des milliers de morts et de blessés depuis hier soir, et on n’a pas observé un instant de répit durant cette journée de jeudi. Les Russes agissent comme les SS à Rotterdam ou à Varsovie durant la Seconde Guerre Mondiale, essayant d’obtenir la reddition de leur ennemi en détruisant les villes et en exterminant la population.

 

Et puisqu’il faut bien qu’un media au moins fasse effectivement et comme à Afrin le travail d’information, notre reporter Yoshua Ohana, qui a passé la nuit et la matinée dans le Golan, a recueilli les nouvelles suivantes. Nous les publions afin de donner un échantillon représentatif des évènements en cours :

 

Uniquement durant la nuit de mercredi à jeudi, à partir du moment où le Front du Sud a refusé de se rendre, et seulement à l’hôpital régional du Doigt de la Galilée Rivka Ziv à Tzfat (Safed), l’Armée de Défense d’Israël a amené quatre blessés civils syriens, dont une fillette.

 

Un homme d’une trentaine d’années souffre de blessures aux membres, à la poitrine et de nature interne après avoir essuyé des tirs. Son état est jugé "modéré", il est conscient et il a subi plusieurs opérations chirurgicales depuis son arrivée.

 

Un homme de 23 ans a été admis avec des blessures aux membres et à l’abdomen résultant de l’explosion d’un obus de mortier. Il est traité dans un état "modéré à grave" dans le département de chirurgie.

 

La fillette, âgée de 3 ans, souffre d’épuisement, de douleurs multiples et d’anémie sévère. Elle passe des examens approfondis. Elle sera accueillie au département infantile et est accompagnée de sa mère.

 

Une femme enceinte de 30 ans, dans la 37ème semaine de sa grossesse et portant des jumeaux, est soumise à des examens au département d’obstétrique.

 

Jusqu’à l’aube, ce sont 9 patients syriens qui ont été accueillis et traités à l’hôpital Rivka Ziv. Des centaines d’autres arrivent dans tous les centres médicaux israéliens depuis le lever du soleil. Yoshua Ohana, qui voit passer nombre d’ambulances et d’hélicoptères médicalisés sous ses yeux, estime leur nombre entre 450 et 600 depuis hier à 23 heures, et le flot des blessés syriens ne fait qu’augmenter.

 

Depuis le début de la Guerre Civile Syrienne, les hôpitaux hébreux ont soigné près de 5 000 Syriens, une quantité d’entre eux admis dans un état désespéré.

 

 
Syrie : malheur aux faibles ! (010407/18) Version imprimable
Analyse
mercredi, 04 juillet 2018

 

Par Jean Tsadik

 

Alors que l’offensive commune des forces russes et gouvernementales syriennes se poursuit dans la région de Deraa [carte], où la rébellion contre la dictature des al Assad avait commencé, il apparaît de plus en plus clairement qu’un deal a été passé entre Moscou et Jérusalem au sujet de l’avenir de la Syrie.

 

Sur le terrain, d’abord, la Russie est partie prenante des attaques aériennes et terrestres contre ce bastion rebelle aux mains du Front du Sud, à la croisée des frontières jordanienne et israélienne. Jamais jusqu’à présent, à l’exception des combats qui se sont déroulés aux abords de l’Euphrate, à l’est de Deïr ez-Zor, la participation active du contingent de Poutine n’avait été aussi importante de toute la Guerre Civile Syrienne.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

En vert, les positions tenues par le Front du Sud

En rouge, celles des forces gouvernementales

 

A cela, deux raisons : premièrement, soutenir le régime du protégé du Kremlin, Bashar al Assad, tout en s’assurant que les Iraniens et le Hezbollah ne prennent pas part à l’offensive ; et, deuxièmement, protéger l’Armée du régime d’une éventuelle intervention israélienne, alors que les affrontements s’approchent de la frontière de l’Etat hébreu, et que le risque de perte de contrôle est extrêmement présent. Il est notoire que Jérusalem ne prendra pas le risque d’une confrontation directe avec l’Armée russe, ou, à tout le moins, fera tout ce qui est en son pouvoir pour l’éviter.

 

Les hommes du Tzarévitch s’assurent quant à eux que les troupes du tyran-oculiste ne franchissent pas les limites de la "zone de désengagement" sur le Golan, ni n’effectuent de bombardements dans celle-ci, à proximité immédiate des positions de Tsahal.

 

La "zone de désengagement" en question est représentée sur la carte par les "lignes de séparation" Alpha et Bravo, définies par "L’Accord de séparation des forces" entre Israël et la Syrie, signé à Genève le 31 mai 1974 entre les représentants des deux pays, soit sept mois après le cessez-le-feu qui ponctua la Guerre de Kippour.

 

Il définit de facto la ligne Alpha comme la frontière israélienne avec la Syrie, avec interdiction faite à Tsahal de la franchir, et la ligne Bravo, que l’Armée de la dictature alaouite de Damas n’a pas non plus le droit de traverser. La portion de territoire située entre les deux lignes étant censée constituer une zone démilitarisée, dans laquelle l’UNDOF, la Force d’Observation du Désengagement des Nations Unies, spécialement créée à cet effet, devait faire la police. Ce qu’elle fit jusqu’en mars 2013, avant que des soldats de l’ONU ne soient kidnappés et détenus par des rebelles islamistes armés, préalablement à leur libération suite à une double intervention israélienne et jordanienne.

 

Depuis, l’UNDOF n’est plus présente dans la zone démilitarisée et se contente de scruter les évènements à partir du territoire israélien.

 

La largeur de la "zone de désengagement" varie de 500m, dans le sud du Golan, à proximité du point de rencontre des trois frontières, à 10km, dans la région de la ville abandonnée de Quneitra [carte]. Des milliers de réfugiés syriens, fuyant les combats, s’y sont installés depuis le début de la Guerre Civile il y a sept ans, de même que des groupes armés, profitant de l’interdiction faite aux forces d’Assad de franchir la ligne Bravo.

 

L’exode s’est fortement accentué ces dernières semaines depuis le lancement de l’offensive russo-alaouite, le 19 juin dernier, qui a chassé environ 270 000 [source : ONU] civils de leurs demeures. La plupart a trouvé un refuge précaire le long de la frontière jordanienne, dans des segments encore tenus par le Front du Sud, alors que plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont agglutinées le long de la barrière frontalière construite sur la ligne Alpha.

 

Les nouveaux arrivants se logent dans des villages de tentes fournies principalement par l’Armée et des ONG israéliennes, qui leur remettent également des vivres, des vêtements, du fioul et des médicaments. Ces derniers jours, on a aussi remarqué des fournitures provenant de pays arabes et confiés aux Israéliens pour être remis aux réfugiés.

 

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Le village de tentes de Rafeed, en passe de devenir une ville

 

Malgré la mobilisation en leur faveur, ces derniers, et chaque heure il arrive de nouveaux déracinés, manquent encore de nourriture et de matériel de subsistance. Certains dorment à la belle étoile, alors que les autres se pressent à cinq familles par tente. Nous avons également compté un grand nombre d’enfants seuls, ayant suivi instinctivement le flot des déplacés, le regard encore effrayé par les bombardements qu’ils ont subis. Les blessés et les malades sont immédiatement emmenés par l’Armée israélienne dans les hôpitaux du centre du pays où plusieurs centaines d’entre eux reçoivent des soins.

 

Les récits que nous font les personnes déplacées mentionnent des bombardements aériens et d’artillerie sans discernement sur les quartiers et les villages de la région de Deraa, certains étant oblitérés jusqu’aux fondations, sans qu’aucun gouvernement n’élève la moindre protestation.

 

Pendant que le Mondial de football se déroule en Russie, ce pays massacre par centaines des civils syriens qui ne lui ont strictement rien fait et qui ne l’ont jamais menacé, dans la plus parfaite impunité et surtout, dans un silence médiatique complice. Depuis leur arrivée en Syrie, les militaires russes sont responsables de la mort de dizaines de milliers d’êtres humains non-combattants, principalement des suites de bombardements aériens. Il ne fait aucun doute que les actes du corps expéditionnaire de Vladimir Poutine sont constitutifs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, mais la Russie, membre permanent du Conseil de Sécurité et détentrice du droit de veto, ne sera jamais poursuivie pour ces massacres. Des massacres qui continuent allégrement pendant que nous rédigeons cet article.

 

Une accalmie relative est cependant intervenue depuis deux jours, durant laquelle des émissaires russes négocient avec le Front du Sud à Deraa. Les ambassadeurs de Poutine ont donné à leurs interlocuteurs jusqu’à ce mercredi soir afin d’accepter leurs conditions ; des conditions qui se résument en fait à une reddition, doublée de la remise par les rebelles de leurs armes à leur ennemi mortel, et le retour de la "police" d’Assad dans tout le Golan syrien. Les 27 chefs rebelles se concertent actuellement avant de donner leur réponse, après des discussions avec les envoyés de Poutine qui ont duré très tard la nuit dernière. Aucune des demandes des rebelles n’a été acceptée par les Russes.  

 

Le Conseil de Sécurité se réunira demain matin (jeudi) à New York, à la demande de la Suède et du Koweït, au sujet de la situation dans le sud-ouest syrien. Il aura fallu seize jours à l’ONU pour se pencher sur la situation générée par l’offensive russo-alaouite sur Deraa. Est-il nécessaire de préciser que les spécialistes n’attendent strictement rien de cette réunion, les Etats-Unis, les Européens et les pays arabes n’étant pas prêts à risquer un conflit ouvert avec la Russie pour sauver les habitants du Golan syrien ?

 

A noter que lesdits habitants du Jolan [Golan en arabe] n’appartiennent pas à DAESH ni à al Qaëda, à l’exception d’une étroite bande de terre parsemée de points noirs sur la carte, le long de la frontière israélienne. Le Front du Sud est une coalition militaire d’une soixantaine d’organisations différentes, allant de démocrates laïcs à des wahhabites, formée afin de faire face à l’Armée gouvernementale et à ses alliés russes, iraniens et chiites libanais du Hezbollah.

 

On trouve des réfugiés dans tous les villages de la "zone de désengagement", et particulièrement aux deux emplacements indiqués sur la carte par des losanges rouge et jaune, à quelques dizaines de mètres au nord du village de Rafeed, ainsi qu’en un lieu sans nom, plus au Nord encore, à six kilomètres de Quneitra.

 

Tsahal est très présent à quelques mètres seulement des tentes des réfugiés, où il a concentré des Merkava et des canons d’artillerie autotractés, de même que des véhicules lanceurs de missiles. En termes strictement militaires et non stratégiques, cette armada pourrait anéantir celle d’en face en moins d’une heure.  

 

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Pour faire face à toute éventualité

 

Mais ce n’est pas la direction que semblent suivre les évènements. Vladimir Poutine recevra Binyamin Netanyahu le 11 juillet à Moscou, avant même la finale du Mondial, et cinq jours avant son meeting avec Donald Trump à Helsinki, où la Syrie constituera également le sujet le plus prégnant.

 

A propos de son prochain voyage à Moscou, M Netanyahu a déclaré durant le conseil des ministres de dimanche dernier : "Nous continuerons à défendre nos frontières, nous accorderons de l’aide humanitaire aussi bien que nous le pouvons, nous ne permettrons pas d’entrées sur notre territoire et réclamons une stricte adhésion à l’Accord de séparation des forces de 1974 avec l’Armée syrienne".

 

Le Premier ministre a également précisé qu’il se trouvait en contact permanent avec la Maison Blanche et le Kremlin à ce sujet, de même que le ministre de la Défense Avigdor Lieberman et le Chef d’état-major de Tsahal, Gadi Eisenkot, avec leurs homologues aux Etats-Unis et en Russie.

 

Ces annonces confirment notre analyse, selon laquelle Messieurs Netanyahu et Poutine se sont mis d’accord afin de permettre à al Assad et à son Armée de reprendre le contrôle du sud de la Syrie, sans enfreindre l’accord de 1974. En échange de quoi, le Tsarévitch s’engage à tenir l’Iran et le Hezbollah éloignés d’au moins 70 ou 80km de la frontière israélienne, avec, en point de mire, l’exclusion complète de l’Iran du territoire syrien. D’autre part, Vladimir Poutine continuera à ne rien faire pour empêcher d’éventuelles frappes du Khe’l Avir contre l’Armée de Khameneï. Plus important encore, du point de vue stratégique : Moscou se désengage de l’est syrien, cessant d’y soutenir les forces du régime et ses alliés de Téhéran. En d’autres termes, cela signifie la fin du projet des ayatollahs d’Autoroute chiite conduisant de Téhéran à Damas et Beyrouth par voie terrestre, ce qui constitue une priorité absolue de l’Etat hébreu.

 

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Les Etats-Unis, le pays presque élu ? (info # 010107/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 01 juillet 2018

 

Par Guy Millière


Parmi les livres que je vais publier dans les prochaines semaines, l’un me tient particulièrement à cœur. Je l’ai appelé "Le pays presque élu", en référence à un discours prononcé par Abraham Lincoln au cours de la Guerre Civile Américaine, appelée en Europe guerre de Sécession.

 

Je l’ai consacré à la présence du judaïsme dans la société américaine depuis le jour où les "Pilgrim Fathers", les pères pèlerins, ont débarqué en Amérique à proximité de ce qui est aujourd’hui la ville de Boston. Aucun des Pilgrim Fathers n’était juif, mais tout ce qui figure dans ce que les chrétiens appellent l’Ancien Testament était présent dans leurs lectures et leurs prières.

 

Lorsqu’est venu le temps de la Révolution Américaine et à l’implication des Pères fondateurs, ceux-ci sont restés attachés à l’Ancien Testament et n’ont cessé de répéter ce que le pays en train de naître devait aux Juifs et au judaïsme. Les écrits de la plupart d’entre eux révèlent une pensée philosémite belle, profonde et sincère.

 

Un homme exceptionnel ne s’y est pas trompé, c’est lui qui a rassemblé l’essentiel des fonds qui ont permis à la Révolution Américaine de s’accomplir ; il était juif et s’appelait Haym Salomom. Il savait quels espoirs pouvaient se trouver incarnés dans ce qui allait devenir les Etats-Unis d’Amérique.

 

Au cours du dix-neuvième siècle, les Etats-Unis se sont déchirés, puis rassemblés à nouveau. Ils sont devenus un pays continent et, peu à peu, l’une des premières puissances du monde, puis la première puissance mondiale. L’Ancien Testament n’a cessé d’y jouer un rôle crucial. Les Juifs se sont fait de plus en plus nombreux. Soit parce que, comme d’autres, ils cherchaient de plus grandes opportunités économiques, soit, très souvent, parce qu’ils trouvaient aux Etats-Unis une société infiniment moins touchée par l’antisémitisme que les sociétés d’où ils venaient, ce qui leur permettait d’accomplir davantage, et librement. Et une présence juive féconde se trouve dans toutes les villes qui ont grandi ou sont sorties de terre au fil du temps.

 

Au cours des premières décennies du vingtième siècle, quand bien même il y eut aux Etats-Unis des antisémites, parfois célèbres (le nom d’Henry Ford vient à l’esprit aussitôt qu’on les évoque), les Etats-Unis sont restés le pays du monde occidental le moins touché par l’antisémitisme. Un pays qui a relativement échappé à la vague fasciste ayant déferlé sur l’Europe, qui conduisit au nazisme, à la guerre et à la Shoah.

 

Néanmoins, bien que des Juifs américains y soient devenus puissants et influents et aient occupé des fonctions importantes au sein du gouvernement, dans les media, dans le cinéma (tous les grands studios d’Hollywood ont été créés par des Juifs), fort peu d’entre eux ont agi pour porter secours à leurs coreligionnaires d’Europe, ce que j’ai découvert en menant mes recherches. Fort peu de Juifs ont ensuite soutenu la naissance du pays juif qu’est Israël.

 

La seule organisation juive américaine qui ait affirmé d’emblée un soutien clair aux Juifs d’Europe et à Israël a été la Zionist Organization of America [l’organisation sioniste d’Amérique] que préside aujourd’hui Morton Klein, un homme pour qui j’ai une vive estime.

 

Le soutien des autres organisations juives à Franklin Roosevelt a été très puissant, et une alliance des grandes organisations juives avec le parti Démocrate s’est nouée alors, qui ne s’est plus défaite.

 

Les grandes organisations juives se sont tournées vers l’idée que les Juifs devaient être du côté du “progrès” et se préoccuper, surtout, de la situation des Juifs et des minorités en Amérique, et elles n’ont pratiquement pas pressé Franklin Roosevelt à sortir de son inertie et à accueillir davantage de réfugiés juifs, tels les infortunés passagers du paquebot Saint Louis.

 

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Les Juifs américains ont toujours été à la pointe de la lutte pour l’égalité des droits

Ici, en faveur de l’abolition de l’esclavage

 

C’est essentiellement Hillel Kook, membre de l’Irgoun [en entier : (héb.) "Irgoun tzvaï léoumi", organisation militaire nationale], proche de Zeev Jabotinsky qui, en se rendant aux Etats-Unis, a mis sur pied, sous le nom de Peter Bergson, des réseaux et des actions de soutien aux Juifs d’Europe, puis à la naissance d’Israël.

 

Ce n’est qu’à partir de la Guerre des Six jours que le soutien des organisations juives américaines à Israël est devenu public et puissant.

 

L’idée que les Juifs devaient être du côté du “progrès” a continué à prédominer et a fait que nombre de Juifs américains ont été à la pointe des combats pour les droits civiques, mais aussi dans nombre d’autres combats de la gauche américaine.

 

Cette idée fait que les Juifs américains, dans leur écrasante majorité, continuent à être Démocrates et ont même voté très majoritairement pour Barack Obama en 2008, puis en 2012. Fort peu d’entre eux ont voté pour Donald Trump, bien qu’il soit sans aucun doute le président le plus favorable à Israël à avoir jamais occupé la Maison Blanche, et le premier président des Etats-Unis à avoir une famille juive.

 

Cela explique les tensions et les réticences manifestées par des dirigeants de la communauté juive américaine concernant diverses décisions du gouvernement israélien ces dernières années.

 

Ces tensions et ces réticences viennent de loin : des années Roosevelt, au moins. Elles n’ont rien d’étonnant au vu de ce que je viens d’écrire.


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"A mort Palestine !" (012806/18) Version imprimable
Analyse
jeudi, 28 juin 2018

 

Par Ilan Tsadik

 

Les évènements de ces derniers jours viennent nous rappeler qu’il existe une différence fondamentale entre la nation iranienne et le régime dictatorial qui la dirige. A nous de ne surtout pas faire l’amalgame entre les deux, cela affligerait indûment, d’une part, des millions d’innocents qui subissent la dictature, et de l’autre, cela priverait les Israéliens d’une amitié populaire et authentique au Moyen-Orient, alors que de telles amitiés ne sont vraiment pas légions.

 

Au-delà de la posture intellectuelle et médiatique que cette distinction impose, elle pourrait devenir autrement plus délicate encore si, d’aventure, en riposte à une agression des ayatollahs, l’Etat hébreu se trouvait dans une situation dans laquelle il serait amené à frapper lourdement la Perse.

 

Or cette hypothèse n’est nullement virtuelle, au moment où Tsahal renforce ses défenses autour de notre réacteur nucléaire dans le Néguev. Cette mesure intervenant après avoir recueilli des informations selon lesquelles Khameneï et sa clique, pour redorer leur blason sérieusement écorné après le désastre militaire qu’Israël leur a infligé en Syrie, envisageraient une attaque au missile contre le site de Dimona.

 

Si cela arrivait, quel que soit le résultat d’une telle agression, je veux dire, si nous parvenons à intercepter les missiles à temps afin d’éviter une catastrophe ou non, il y aurait lieu de recourir à une riposte "proportionnée", visant des cibles névralgiques en Iran à l’occasion d’une contre-frappe à l’ampleur encore jamais égalée.

 

On pourrait alors s’en prendre au centre d’enrichissement de Fodow, aux leaders de la tyrannie, à ses symboles, mais il faudrait à tout prix éviter – ou à tout le moins réduire au minimum – les pertes civiles collatérales. Dans l’équation qui prévaut et que je relève dans cet article, des attaques massives contre les villes iraniennes sont absolument à exclure, ce qui, j’en conviens, suivant la nature, la profondeur et la dangerosité d’une éventuelle offensive contre Israël, ne serait pas chose aisée.

 

Reste que le peuple iranien n’est en aucun cas notre ennemi, et il le démontre chaque fois qu’il en a l’occasion. A témoin, l’audience de l’émission quotidienne d’une heure et demi de Kol Israël (la Voix d’Israël, la radio du service public) en langue farsi, proposée par le journaliste, analyste et écrivain Ménashé Amir. Celle-ci touche un public en Iran estimé entre 5 et 7 millions d’auditeurs, plus en cas d’actualité extraordinaire, ce qui en fait l’émission la plus suivie en Perse, et également de tous les media audiovisuels israéliens.

 

Ménashé Amir transmet aux Iraniens des informations précises concernant ce qui se déroule chez eux, ainsi que dans le reste du monde. Des news qui évitent naturellement le crible de la censure imposée par la théocratie chiite.

 

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Ménashé Amir, l’oxygène des Iraniens

 

Les renseignements qu’il produit en ces jours de rébellion urbaine à Téhéran agissent comme une bouffée d’oxygène pour la population, privée de toute référence objective. Ils se situent à l’opposé diamétral de la posture choisie par l’AFP et les media mainstream de l’Hexagone. Ces derniers circonscrivent leur information en ne lui réservant pas la place "proportionnelle" qu’elle justifie, et en ne traitant que des éléments à caractère économique qui font partie de la contestation. En consultant l’écrasante majorité de la presse française, tout ce que l’on peut apprendre est que les commerçants du bazar central font grève en raison de la situation économique insupportable qui prédomine, notamment la dévaluation de 50% du Rial.

 

L’aspect politique de la contestation, sa dimension, la violence de la répression et les slogans pro-israéliens scandés par la foule n’ont pas droit de cité chez les collègues franciliens. Pas plus que le fait que ce mouvement, réellement spontané dans ce cas, vise la destitution du régime et réclame l’avènement de la démocratie.

 

Le consommateur d’information tricolore n’est pas non plus autorisé à connaître de ce qu’annonce la Ména et Ménashé Amir depuis plusieurs mois, à savoir que la dictature théocratique est au bout du rouleau et qu’elle ne résistera pas à la nouvelle salve de sanctions décidée par les Américains.

 

Connaître de ce qu’avant même l’initialisation desdites sanctions, la quasi-totalité des entreprises occidentales a quitté la République Islamique, y compris les firmes françaises, à l’exception notoire de Renault. L’ex-Régie Renault, puis "société à capitaux d’Etat", dans laquelle l’Etat français demeure le plus gros actionnaire unique avec ses 15.1% du capital et une bonne part du noyau dur de l’actionnariat. Mais la raison pragmatique du maintien de la marque française au pays des bourreaux chiite se situe dans le fait que la société ne vend pratiquement pas de véhicules aux Etats-Unis, qui n’émergent pas parmi ses dix plus importants pays-clients. Elle ne craint pas ainsi les représailles économiques que Washington pourra décréter.

 

Il est objectivement difficile de saisir la raison pour laquelle les media parisiens et ceux du service public suivent le narratif officiel du régime, le protégeant ainsi face aux revendications de la population. Un régime ultra-autoritaire à fondement confessionnel radical face à une population très occidentalisée, aux aspirations démocratiques et laïques.

 

Lorsque l’on observe la place prise par les émeutes organisées par le Hamas à Gaza dans la presse de l’Hexagone, présente durant des semaines dans chaque JT, sur toutes les manchettes et dans toutes les émissions de débats, avec ses 2 à 30 000 participants suivant les jours, à la couverture des manifestations pacifiques de ces derniers jours à Téhéran et ses 500 000 participants, on se pose de vraies questions quant à l’état de l’information en France. [Vidéo : pas des miliciens islamiques qui veulent éradiquer Israël, des manifestants laïcs qui réclament la démocratie].

 

On constate aussi qu’aucun support mainstream n’a (à notre connaissance) fait état des cris d’ "Iran hors de Syrie !" et d’ "à mort Palestine !", scandés pourtant par l’ensemble de la foule. Cela fait pourtant partie de l’information, et aucun support médiatique digne de ce nom n’est censé agir en filtre de l’information. Les sites d’information et journaux de la communauté israélite française ont quant à eux correctement rapporté ces faits, ce qui élargit encore le fossé existant entre les Juifs et les media, l’intelligentsia et la sphère politique et gouvernementale français. [Vidéo : "A mort Palestine !"]

 

Pour en revenir à Ménashé Amir et à son émission, mentionnons qu’une partie de son intervention journalière est une ligne ouverte, que les Iraniens appellent grâce à un numéro de téléphone en Allemagne, sur laquelle les intervenants peuvent s’exprimer en totale liberté et aborder tous les sujets qui les intéressent, y compris ceux hostiles à Israël.

 

L’une des deux considérations m’ayant amené à la rédaction de ce papier est bien sûr la vague de protestations qui enflamme la rue téhéranaise. L’autre est l’observation des matches disputés par l’équipe nationale iranienne de football en Russie.

 

Avec, en préambule, la constatation que la sélection nationale iranienne a présenté d’excellentes prestations sur la pelouse, s’illustrant par son intelligence tactique, son exceptionnelle volonté de réussir, de même que sa technique collective et individuelle. Elle est passée très près d’une qualification sensationnelle, partageant notamment l’enjeu avec le Portugal, l’un des favoris du Mondial. Sans plusieurs interventions absconses de Molière, je veux dire de l’AVAR, le système d’assistance à distance à l’arbitrage, les valeureux Iraniens auraient pu accéder aux phases finales. En tout état de cause une constatation footballistique objective s’impose : ces joueurs surpassent de la tête, des jambes et des épaules notre Nivkhéret nationale.

 

Une autre constatation a marqué mon esprit : dans les tribunes, on a vu le vrai visage de l’Iran ; celui qui s’exprime lorsqu’il n’est pas soumis à la répression implacable des mollahs. Je n’ai pas vu une seule femme entchadorée parmi les dizaines de milliers de supporters iraniennes. Mais au contraire, de belles femmes à la mode européenne, souriantes aux attributs bigarrés ; dire qu’à la maison, les femmes ont l’interdiction absolue d’assister à une rencontre sportive masculine ! Dire qu’une chemise échancrée ou une tête découverte y sont sanctionnées par une amende, des brimades et même des molestations de la part des Basij, les S.A Sturmabteilung du régime ! Nul doute que Khameneï ne doit pas aimer le foot, et que les Iraniens ont apprécié de se voir si libres sur le petit écran. [Vidéo : les Iraniens en train de détruire les motos des Basij à Téhéran].

 

Hors du terrain, chaque rencontre entre les tifosi iraniens et les fans de foot israéliens, nombreux à suivre le Mondial en Russie, s’est soldée par une fraternisation et des photos de groupe avec les deux drapeaux nationaux.

 

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Les Iraniens et les Israéliens fraternisent partout où ils se rencontrent

 

Cette belle amitié a plusieurs origines. La première est que les Perses gardent un excellent souvenir de la période de l’idylle sous le Shah, lorsque les deux pays formaient la plus solide des alliances stratégiques de tout le Moyen-Orient. Les coopérants israéliens étaient massivement présents en Iran et ils ont largement participé au développement industriel, médical et agricole de ce pays, au point que certaines de leurs réalisations subsistent et qu’ils ont laissé une empreinte mémorable dans l’inconscient collectif.

 

L’autre raison de cette amitié participe du fait qu’Israël est l’adversaire le plus déterminé et aussi le plus efficace du régime, que la population déteste et qui l’opprime.

 

C’est le principe d’exemplarité : Israël est l’exemple démontrant qu’il est possible de faire échec à la junte théocratique et de la faire reculer. Le miroir qui reflète l’image d’un régime pas si puissant que cela, qu’à force de détermination, il est loisible de défaire.

 

En Europe et en Israël, les faits d’actualité se succèdent à une vitesse à peine croyable. Un attentat ayant causé la mort d’une centaine de personnes ne fait les gros titres que pendant deux jours, avant qu’un autre évènement le précipite dans les oubliettes de l’info. En Iran, les évènements réjouissants ne sont pas nombreux et ils occupent les esprits beaucoup plus longtemps. A l’instar des raids à répétition du Khe’l Avir [l’Aviation Israélienne] qui ont mis à genoux les Gardiens de la Révolution – une autre entité haïe par la population -  l’obligeant à entamer leur retraite de Syrie. Hormis cette haine, le maintien de l’important contingent de Pasdaran en Syrie coûte extrêmement cher, et la population exsangue s’oppose désormais à l’aventurisme militaire du régime, clamant, lors des manifestations en cours, que le gouvernement doit améliorer avant tout la situation des Iraniens.

 

Mais un ami iranien me l’a rappelé hier soir, l’opération israélienne qui a le plus impacté l’imaginaire des Iraniens, c’est la façon dont le Mossad a déménagé la littérature nucléaire du régime, dans son site le plus protégé, en plein cœur de Téhéran. Cette opération, m’assure cet ami, a ridiculisé les ayatollahs, incapables de fournir la moindre explication sensée, et ostensiblement touchés par cet impair.


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Un dépôt d’armes à Damas détruit cette nuit par un raid aérien (022606/18) Version imprimable
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mardi, 26 juin 2018