Le Hamas tire une cinquantaine de roquettes sur la région de Tel-Aviv (041105/21) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 11 mai 2021

 

© Metula News Agency

 

Métula, mardi 22h30, 21h30 en Avignon

 

A 19:53 le Hamas a tiré 50 roquettes sur la région de Goush Dan, du sud au nord de Tel-Aviv, jusqu’à Nataniya, à une vingtaine de kilomètres au nord de la grande métropole.

 

Il était possible d’observer des dizaines d’interceptions en direct à la télévision.

 

Regarder une vidéo montrant de nombreuses interceptions :

https://twitter.com/i/status/1392186160999538693

 

La plupart des projectiles ont été interceptés par la Fronde de David, la grande sœur du Dôme de Fer affectée à l’interception des roquettes de portée plus importante - 70-80km au lieu de 40km au maximum précédemment lors les dernières 24 heures.

 

La Fronde de David a en outre la particularité de lancer deux missiles-intercepteurs pour abattre chaque projectile offensif.

 

Une roquette est tombée sur la cité de banlieue de Kholon, au sud de Tel-Aviv et a explosé sur un bus qui a pris feu. Trois personnes ont été moyennement blessées, dont une petite fille de cinq ans. Une autre personne se trouve dans un état plus grave et trois autres sont atteintes superficiellement.

 

Une autre roquette a frappé de plein fouet un immeuble d’habitation dans une ville du sud de Tel-Aviv, Rishon Letzion, causant le décès d’une femme. Une autre personne se trouve dans un état désespéré, les sauveteurs tentant en ce moment de la maintenir en vie.

 

De plus, quatre personnes ont été légèrement blessées par une troisième roquette dans la banlieue de Givatayim, à l’est de Tel-Aviv.

 

D’autre part, l’aéroport Ben Gourion a été fermé par mesure de précaution et les vols sont redirigés vers Chypre.

 

Regarder une vidéo d’interceptions multiples juste au-dessus de l’aéroport :

https://twitter.com/yosefyisrael25/status/1392186496011182081?s=07&fbclid=IwAR29svv-oR-0qmDlGoXGRPC6u6hcyK6BmKSKFTBTdIGSSx_bLkdnBw5p1RM

 

rad.jpg

L’image radar d’avions en phase d’atterrissage à Tel-Aviv en train de faire demi-tour

 

Nous sommes en mesure d’annoncer qu’il n’y a pas d’autres blessés dans le Goush Dan suite à ces salves de roquettes.

 

Les passants, les clients des bars et des restaurants qui profitaient de la douceur du soir par milliers ont rapidement délaissé les terrasses, d’abord pour trouver refuge dans les maisons avoisinantes, puis pour rentrer chez eux.

 

Pendant ce temps les attaques de Tsahal sur Gaza se poursuivent de plus belle, et l’on peut prédire que la poursuite de l’existence des organisations islamiques, du Hamas et du Djihad Islamique notamment, est sérieusement hypothéquée.

 

Tsahal a d’ores et déjà conseillé au Hamas d’évacuer 4 buildings de Gaza qui vont être prochainement anéantis.

 

Les responsables politiques et sécuritaires sont réunis en ce moment à la Kirya, le Q.G de l’Armée israélienne, dans le sous-sol de Tel-Aviv, pour décider des suites à donner à cette agression. Une intervention télévisée conjointe de Messieurs Gantz et Netanyahu est prévue dans quelques minutes.

 

 
Deux informations urgentes Version imprimable
Dernières heures
mardi, 11 mai 2021

 

Dernière minute :

 

18:36 à Métula, 17:36 à Paris

 

A cet instant il nous est permis d’annoncer qu’à 12:15 lorsque le Hamas a tiré 138 roquettes en onze minutes et provoqué la mort de deux femmes, le système du Dôme de Fer qui protège Ashkelon était en panne. Cela explique que lors de cette frappe massive d’autres roquettes ont atteint le sol.

 

Depuis, le système a été réparé et il est à nouveau totalement opérationnel, comme a pu le constater de visu notre camarade de la Ména qui a assisté il y a quelques instants à l’interception d’une salve entière de 12 projectiles qui se dirigeaient vers la ville.

 

D’autre part, depuis 18:15 locales ce ne sont pas moins de 80 appareils du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, qui s’attaquent à toutes les positions servant au lancement des roquettes dans le nord de la bande de Gaza.

 

Les terroristes islamiques de Gaza viennent de lancer un avertissement selon lequel si ces frappes massives se poursuivent, elles allaient lancer des roquettes sur Tel-Aviv.

 

 
Gaza : un mardi de combats (011105/21) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 11 mai 2021

 

© Metula News Agency

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa, Jules Mazouz, Ilan Tsadik, et des observateurs de la Ména à Ashkelon, Sdérot, Jérusalem et Gan Yavné sont mobilisés pour suivre et analyser l’évolution de la situation.

 

Métula, mardi, 19h33, 18h33 à Montpellier

 

Le Général Aviv Kokhavi, le chef d’état-major de l’Armée israélienne, a un plan. Un plan destiné à faire en sorte qu’à la fin de la confrontation actuelle avec les organisations terroristes islamiques de Gaza, le Hamas et ses complices n’aient plus l’envie ni les moyens de renouveler leurs agressions pendant assez longtemps.

 

C’est la limite objective supérieure de ce qui est à portée de main sans réoccuper la bande de Gaza ou causer la mort de milliers de Gazaouis. Militairement, rien ni personne ne pourrait certes empêcher Tsahal de réaliser ces buts, mais, pour des tas de très bonnes raisons, ils ne sont pas à l’ordre du jour.

 

Donc pour accomplir ce qui est actuellement considéré comme raisonnable, deux conditions sont nécessaires :  premièrement, que l’échelon politique laisse les coudées franches à Kokhavi et qu’il ne l’interrompe pas avant la conclusion de son plan. Deuxièmement, que le front intérieur soit capable de subir les roquettes de l’ennemi jusqu’à ce qu’il y parvienne.

 

interash.jpg

Magnifique image du Dôme de Fer en action au-dessus d’Ashkelon

 

Dans un premier temps, Binyamin Netanyahu a freiné Kokhavi, le limitant à effectuer uniquement des frappes ciblées de précision dans la bande côtière.

 

Le général a obtempéré à contre-cœur, s’employant particulièrement à éliminer des chefs de guerre des organisations terroristes en évitant parfaitement les victimes et les dégâts collatéraux.

 

Il y est arrivé, mais principalement contre les cadres du Djihad Islamique, et dans une bien moindre mesure contre ceux du Hamas.

 

A ce titre, trois chefs du Djihad qui s’étaient cachés dans un appartement du luxueux quartier de Rimal ont été éliminés chirurgicalement. Seul l’appartement de l’immeuble dans lequel ils avaient pris place a été détruit. Le reste est intact. L’une des trois victimes, Samakh al Mamlouk, était le chef des tireurs de roquettes du Djihad.

 

Les deux autres chefs du Djihad islamique éliminés sont Mohamed Aboul Ata et Kamel Qreaiqe.

 

Les terroristes palestiniens, de leur côté, se sont déchaînés. Ils ont tiré près de 480 roquettes sur les civils israéliens depuis hier (lundi) à 18 heures.

 

Particulièrement, entre 12:15 et 12:30, le Hamas, et non le Djihad Islamique, a tiré 138 roquettes en onze minutes (selon le décompte de la Ména), en 5 minutes selon le Hamas.

 

L’intention consistait à déborder la capacité d’interception instantanée du Dôme de Fer. Cela n’a pas réussi, le Kipat Barzel a détruit en vol 94% des roquettes ennemies.

 

Ce qui n’a pas empêché quelques projectiles de frapper des bâtiments de plein fouet. L’une de ces salves a touché un pavillon et une autre un appartement dans un immeuble d’habitation à Ashkelon, l’agglomération la plus ciblée par les terroristes avec Ashdod.

 

Malheureusement, deux femmes ont été tuées à l’occasion de cette attaque. Elles n’ont pas eu le temps de rejoindre les abris.

 

Au total, on compte en outre 95 blessés en Israël, dont 80 victimes de traumatismes psychologiques, et une quinzaine par des éclats de roquettes ou d’intercepteurs.

 

Dans l’enclave côtière palestinienne, selon le décompte effectué par Michaël Béhé, on dénombre 44 morts et 170 blessés.

 

Dont 35 terroristes et 9 civils parmi les tués. Tous les civils palestiniens décédés, dont 6 enfants, ont été frappés par des roquettes islamiques qui se sont écrasées juste après leur décollage. Cela a été le cas de 150 des 480 roquettes islamiques qui ont explosé dans la bande de Gaza.

 

Le bilan proposé par le Hamas fait état de 26 morts et 98 blessés.

 

En Israël, l’irritation et la colère montent à l’encontre principalement de Binyamin Netanyahu. La population lui reproche d’empêcher Tsahal de faire son maximum pour empêcher les terroristes de lancer des roquettes sur nos localités. D’ailleurs les tirs se poursuivent en ce moment.

 

De nombreux généraux de réserve partagent cette critique. L’un d’entre eux s’est ainsi confié à la rédaction de la Ména il y a une heure : "Il est inadmissible, après avoir assassiné deux citoyens israéliens, que les terroristes de Gaza puissent encore soulever la tête du sol et lancer des roquettes. C’est un véritable scandale !".

 

Un colonel d’artillerie de réserve : "Si des roquettes frappaient le Goush Dan [la région de Tel-Aviv] un déluge de feu s’abattrait instantanément sur Gaza. Mais de Sdérot et d’Ashkelon Netanyahu s’en fout ! Et cela a toujours été le cas".

 

C’est sans doute la raison pour laquelle le Hamas se garde bien de cibler Tel-Aviv.

 

Le commentaire de Jean Tsadik, l’un des analystes stratégiques de la Ména : "Il est aberrant et pour tout dire inacceptable qu’une petite organisation terroriste islamique puisse tuer des citoyens protégés par l’une des plus grandes puissances militaires du globe sans être prestement éliminée. Cela offre un modèle d’inspiration pour tous les ennemis d’Israël, en particulier le Hezbollah et l’Iran".

 

Le Conseil de défense s’est réuni cette après-midi, après la méga salve de 138 roquettes en 11 minutes. Nous sommes certains que les discussions ont été houleuses à la fois entre les ministres et les militaires et parmi les ministres entre eux.

 

A l’issue de la réunion, Netanyahu annonçait que les frappes sur Gaza allaient s’intensifier et que le Hamas allait être surpris par ce qu’il allait voir.

 

Rony Daniel, le consultant militaire de la Chaîne no.12 de télévision a réagi en disant que cela ne l’impressionnait pas. Qu’il serait impressionné si c’était le Hamas qui disait cela à la fin des hostilités.

 

Hier, en effet, B. Netanyahu déclarait déjà que le "Hamas avait franchi toutes les lignes rouges", promettant une riposte exemplaire de Tsahal. Ce qui n’a pas empêché les terroristes de Gaza de tirer 450 roquettes et d’assassiner deux israéliennes depuis ce "cinglant avertissement".

 

Depuis que l’Armée jouit de davantage de liberté, elle s’est mise à bombarder l’adversaire sans lui laisser le temps de souffler ; à s’attaquer systématiquement à ses centres de commandement, à ses tunnels, à ses fabriques d’armes, à ses entrepôts d’armes et de munitions, à ses rampes de lancement de roquettes ainsi qu’à ses voies de communications.

 

Ci-dessous, les images explicites de l’explosions d’un dépôt de munitions dissimulé dans une maison d’habitation à Gaza :

https://fb.watch/5qpdMkOxxb/

 

Qui plus est, Tsahal masse des divisions de chars, d’obusiers autotractés et d’infanterie sur le pourtour de Gaza. La division Golani est en route depuis le Nord. Elle se déploiera en ordre d’attaque dès son arrivée.

 

Dès leur mise en place, les canons se sont mis à bombarder les zones de déploiement des lanceurs de roquettes.

 

Benny Gantz, le 1er ministre par alternance et ministre de la Défense a ordonné la mobilisation de 5 000 réservistes afin de remplacer les unités d’active qui prennent position autour de Gaza.

 

Le porte-parole de Tsahal en langue arabe a invité les habitants de la bande côtière à s’éloigner des infrastructures du Hamas car elles allaient faire l’objet de frappes de plus en plus soutenues. Précisant aux Gazaouis que s’ils ne l’écoutaient pas ils mettaient leur existence en péril.

 

Si on permet à Aviv Kokhavi de mettre son plan à exécution, Tsahal – l’Armée de Défense d’Israël -  remplira sa fonction première qui consiste à protéger la population de l’Etat hébreu. Ce qu’elle ne parvient pas à faire jusqu’à maintenant, les tirs de roquettes à l’heure où nous terminons la rédaction de cette breaking se faisant toujours entendre.

 

A cette condition, les organisations terroristes seraient nettement affaiblies à la fin de l’affrontement actuel.

 

Dans le cas contraire, elles auraient gagné la capacité d’initiative qui leur permettrait de ranimer le feu lorsqu’elles le décideraient. Et elles ne s’en priveraient pas.

 

 
160 roquettes tirées depuis Gaza, la réplique de Tsahal s’intensifie (011005/21) Version imprimable
Breaking News !
lundi, 10 mai 2021

 

© Metula News Agency

 

Stéphane Juffa, Jules Mazouz, Ilan Tsadik, ainsi que trois observateurs à Sdérot, Ashkalon et Jérusalem ont participé à cette dépêche et continuent à suivre les événements de cette nuit.

 

Métula, lundi 23h56, 22h56 à Genève

 

Nous sommes dans l’attente de la réplique principale de l’Armée israélienne suite à l’agression spontanée [non précédée d’activités offensives de Tsahal contre la bande côtière] des organisations terroristes islamiques de Gaza contre des agglomérations civiles israéliennes.

 

Cette agression est terroriste par définition, car 150 roquettes ont été tirées depuis Gaza jusqu’à présent et aucune n’a visé une position militaire. L’objectif de ces individus djihadistes armés consiste à occasionner le plus de morts et de blessés possibles parmi la population civile.

 

L’Administration Biden a rapidement dénoncé cette attaque terroriste.

 

efficacite_kipa.jpg

Une image démontrant l’efficacité du Dôme de Fer

Toutes les roquettes de cette salve ont été interceptées et détruites

 

Au moment de rédiger cette dépêche, si l’on ne compte qu’un seul blessé résultant d’un tir ennemi, c’est assurément grâce à l’efficacité encore améliorée du Kipat Barzel, le désormais célèbre Dôme de Fer.

 

Sur la vidéo exceptionnelle suivante, l’on observe une batterie du Dôme de Fer en train d’abattre en vol toutes les roquettes sans exception d’une salve de 12 projectiles :

 

https://twitter.com/i/status/1391820053147000833

 

L’interception d’obus, de roquettes ou de missiles en vol est pour le moment un exploit réservé au bouclier antiaérien développé par les scientifiques hébreux.

 

Quant au blessé israélien, son véhicule tout terrain a été touché par un missile antichar de conception russe hautement performant, le Kornet. Il doit de s’en être sorti au fait qu’il ne se trouvait pas à l’intérieur de son véhicule lorsque le missile antichar l’a percuté. Il était à quelques secondes de s’y installer, à proximité d’un site touristique israélien.

 

A noter que les ingénieurs israéliens ont également développé un système de haute technologie protégeant les blindés et les 4X4 contre les missiles antitanks. Ce système se nomme le "manteau coupe-vent". A cette date, il s’est montré performant chaque fois qu’il a été utilisé.

 

Le leadership du Hamas entendait surfer aujourd’hui sur la vague de protestations arabe qui secoue Jérusalem depuis quelques jours au faîte du Ramadan. Désireux de fédérer les Palestiniens autour de leur organisation, les chefs du Hamas avaient menacé Israël de déclencher une pluie de roquettes au cas où sa police ne se retirerait pas de l’esplanade des mosquées et du quartier hiérosolymitain de Cheikh Jarah avant 18 heures.

 

Depuis, les terroristes islamiques tirent sans discontinuer sur leurs voisins. Ils ont même tiré une roquette sur la conurbation de Jérusalem, ville sainte pour les trois religions monothéistes. Le projectile a explosé à proximité immédiate d’une villa, causant des bris de verre et des dégâts mineurs dans tout le quartier, mais pas de blessés.

 

C’est la première fois que les organisations terroristes islamiques de Gaza visent Jérusalem depuis l’opération Rocher Inébranlable en juillet 2014.

 

Cette nuit, la riposte israélienne dirigée par le Général Aviv Kokhavi, le chef d’état-major de Tsahal, va croissant en intensité. Elle a débuté par l’élimination ciblée à l’aide de missiles de précision de trois chefs militaires du Hamas, à savoir Mohamed Abdullah Fadhi, dont le véhicule a été anéanti depuis les airs dans le nord de la bande côtière, d’un commandant de terrain des brigades al-Qassam, Saber Suleiman, ainsi que d’un troisième individu dont nous ne connaissons pas le nom.

 

Elle s’est poursuivie par la destruction d’un tunnel offensif de la même organisation. Selon nos renseignements, plusieurs terroristes qui se trouvaient à l’intérieur de cette galerie ont trouvé la mort lors de la frappe.

 

Le domicile d’un autre chef du Hamas a été également oblitéré alors que le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, avait auparavant invité les voisins à s’éloigner du bâtiment.

 

Sans compter les morts dans le tunnel, le responsable de la santé du Hamas a fait état de 20 morts et de 65 blessés.

 

Les tirs de roquettes se poursuivent par des salves de 10 à 20 projectiles plusieurs fois par heure. Les répliques de Tsahal, particulièrement de son Aviation, gagnent en intensité.

 

Les experts stratégiques israéliens s’entendent pour estimer que ce round de violence durera plusieurs jours, et que l’Etat hébreu n’interrompra pas sa contre-offensive avant d’avoir obtenu un succès significatif sur le terrain. Un succès de nature à dissuader le Hamas et ses associés de se livrer à de nouvelles provocations à l’avenir.

 

Lorsqu’Aviv Kokhavi jugera que l’objectif de la dissuasion aura été atteint, il permettra aux médiateurs traditionnels égyptiens, qataris et peut-être turcs de négocier un retour au calme entre les parties.

 

Mais nous n’y sommes pas. Pour le moment, d’énormes explosions secouent la ville de Gaza.

 

 
Gigantesque explosion à la porte du réacteur nucléaire iranien (010805/21) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 08 mai 2021

 

© Metula News Agency

 

Métula, samedi

 

Hier soir, vendredi, vers 20h00 à Métula, 19h00 à Saint Rémy de Provence et 21h30 à Bouchehr en Iran, un gigantesque incendie s’est déclaré à proximité immédiate du réacteur nucléaire au plutonium de Bouchehr.

 

Ce réacteur est le seul du genre en activité en Iran.

 

bushfirecars.jpg

Source : automobilistes de Bouchehr

 

Nous ignorons si le sinistre est d’origine humaine et s’il a fait des victimes.


 

  bouchehr_carte.jpg

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Des vidéos du sinistre :

 

https://twitter.com/i/status/1390968502681546752

 

https://twitter.com/i/status/1390969547537195009

 

Bouchehr se situe à 760km au sud de Téhéran, à 240km au sud-est de la frontière iraquienne, et à 1 490km au sud-est d’Ein Guédi, le point le plus proche du territoire israélien.

 

Des dizaines d’explosions et d’incendies se sont déclarés en Iran depuis le milieu de 2020. Plusieurs à proximité immédiate ou frappant des sites faisant partie de l’infrastructure nucléaire de la Théocratie chiite. D’autres, sur l’emplacement d’usines stratégiques fournissant du carburant, de l’énergie, des machines, des composants, du ravitaillement et des services à ladite infrastructure.

 

Depuis l’ouverture des négociations à Vienne entre les 5+1 [les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité et l’Allemagne] et Téhéran il y a quelques semaines, en vue de réinstaurer le traité entre les parties sur le nucléaire iranien de 2015, la fréquence et l’intensité de ces sinistres a radicalement augmenté.  

 

 
Petite frappe ciblée israélienne dans le nord du Golan syrien (010605/21) Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 06 mai 2021

 

© Metula News Agency

 

Métula, jeudi matin

 

Peu après minuit dans la nuit de mercredi à jeudi, un hélicoptère du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, a visé et détruit une position de l’organisation "Dossier du Golan" dans le village de Jubata al Khashab, à 1.3km de la frontière israélienne dans la partie syrienne du nord du Golan [carte].

 

On ignore si cette frappe au missile a fait des blessés, mais l’on sait que la position oblitérée était occupée peu avant l’attaque.

 

Les organes de presse gouvernementaux syriens ont relaté l’incident en grossissant artificiellement sa portée. De nombreux media exogènes très mal informés ont comparé cette frappe ciblée et restreinte à l’opération de la nuit précédente sur l’ouest de la Syrie, au moins cent fois plus conséquente et complexe.

 

Jubata al Khashab [3 000 hab., à l’identique de Métula] se situe à 5km plein sud du village druze syrien de Hader [5 000 hab.] qui abrite le siège de Dossier du Golan, à 6km au sud-est de la ville druze israélienne de Majdal Shams [11 000 hab.], et à 24km à vol d’oiseau à l’est de la rédaction de Métula.

 

jubatheli.jpg

Service cartographique © Metula News Agency

 

Jubata al Khashab est un village essentiellement sunnite dans la Syrie soumise au contrôle de la minorité alaouite opposée aux sunnites, numériquement majoritaires, durant la Guerre Civile qui est entrée dans sa dixième année.

 

Jubata est situé dans la zone de désengagement de 1974, dans laquelle l’Armée gouvernementale des al Assad n’a pas le droit de se déployer.

 

L’organisation Dossier du Golan, qui utilise de multiple appellations, regroupe quelques dizaines de combattants stipendiés (moins d’une centaine) ; elle comprend des Druzes du village de Hader (5 000 hab.) [carte], de même que des miliciens chiites du Hezbollah venus du Liban tout proche.

 

L’unité est encadrée par des officiers iraniens et syriens. La dictature alaouite de Bashar al Assad prétend ignorer l’existence de Dossier du Golan, et être dans l’incapacité de traiter le problème vu que cette organisation est implantée dans la zone démilitarisée.

 

Les activités de Dossier du Golan s’étendent normalement des contreforts du mont Hermon à la ville de Khan Arnabeh/Nouvelle Kouneitra, à 6km au sud de Jubata. Dossier du Golan est parvenu à établir une position fixe au cœur de Khan Arnabeh/Nouvelle Kouneitra [circa 10 000 hab.][carte] en se servant des habitants en guise de boucliers humains. Cela n’a pas empêché Tsahal de frapper plusieurs fois cette position avec précision, en évitant les dommages collatéraux.

 

La partie Nouvelle Kouneitra se trouve dans la zone de désengagement, alors que la portion Khan Arnabeh s’étend sur le territoire sous contrôle de l’Armée gouvernementale syrienne.

 

jubata2.jpg

Vue d’archive de Jubata al Khashab, prise par un photographe de la Ména

© Metula News Agency

 

Jusqu’à présent Dossier du Golan n’a pas réussi à mener d’opérations à l’intérieur du territoire israélien mais est parvenue, en de rares occasions, à dresser des embuscades contre des patrouilles de Tsahal, tuant ou blessant des soldats et des ouvriers occupés à l’entretien du grillage établi sur la frontière (ligne Alpha sur la carte).

 

L’Armée israélienne s’emploie à empêcher l’établissement de Dossier du Golan à proximité de la frontière, en conformité avec les choix de son gouvernement, procédant par des frappes déterminées et précises.

 

Tsahal est ainsi parvenu à éliminer un à un tous les chefs de ce groupe, et notamment deux des dirigeants principaux de la branche armée du Hezbollah, le terroriste assassin de petites filles Samir Kuntar, et feu le chef suprême de son appareil militaire, Jihad Moughniyé.

 

 
Frappes israéliennes massives et nombreuses la nuit dernière en Syrie (010505/21) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 05 mai 2021

 

© Metula News Agency

 

Métula, mercredi mi-journée

 

Stéphane Juffa et Jules Mazouz ont participé à cette dépêche

 

A 02h18 ce mercredi matin, des appareils du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, ont attaqué plusieurs objectifs dans la partie nord-ouest de la Syrie. Dans deux secteurs principalement : la côte de la province de Lattaquié, entre Tartous au Sud et la ville de Lattaquié, et à une quarantaine de kilomètres de la côte méditerranéenne, dans la zone de Masyaf [carte].

 

Sur la carte ci-dessous, seuls les points rouges pleins matérialisent des lieux où des attaques vérifiées (par la Ména) se sont produites la nuit dernière.

 

jabl_lattaqui_map.jpg

Service cartographique © Metula News Agency

Source : Google Earth Pro

 

Masyaf et ses alentours sont connus pour accueillir une dizaine de sites majeurs de l’industrie militaire syro-iranienne. Tous ont plusieurs fois subi les raids du Khe’l Avir, qui ont fait l’objet d’articles spécifiques de la Ména.

 

Dix cibles en tout auraient été visées et oblitérées durant les opérations des premières heures de ce matin.

 

Les objectifs sélectionnés indiquent que Tsahal s’est focalisé sur des installations industrielles liées à la fabrication et au stockage de pièces relatives à la confection de ce que l’on appelle communément des "missiles de précision" sol-sol de conception iranienne.

 

En réalité, l’emploi de ce terme n’indique nullement que ces missiles sont précis, ce qui reste totalement à démontrer, mais simplement, qu’ils sont équipés de systèmes de guidage. Par opposition aux roquettes qui en sont exemptes.

 

Certains des sites visés cette nuit abritaient le projet de la Théocratie chiite consistant à tenter de transformer des roquettes – dont le Hezbollah libanais dispose de plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires – en "missiles de précision".

 

jab.jpg

Photo d’une attaque de cette nuit

 

A Haffa (ou al Haffa) [carte] les missiles israéliens ont oblitéré des stocks d’armes et de munitions et ont endommagé un quartier général principal au sud de la localité.

 

A Ugarit [également appelée Ras-Sharma [ara. : le cap/la pointe du fenouil]], à 5km au nord de Lattaquié, huit civils ont été blessés par des retombées de missiles sol-air syriens, dont une femme et trois enfants.

 

Tous les missiles israéliens ont atteint leurs cibles avec une précision moyenne de moins d’un mètre du point d’impact prévu.

 

Contrairement aux annonces faites par certains media concurrents, reprenant la propagande de la dictature des al Assad, aucun missile israélien n’a été atteint par la DCA ennemie. Les équipements antiaériens de l’Armée gouvernementale ne permettant pas d’abattre des avions hébreux ou les missiles qu’ils lancent.

 

En revanche, en marge de l’attaque principale, le Khe’l Avir a totalement anéanti trois batteries de missiles sol-air ainsi que leurs servants à proximité de la cité de Dumeir [carte], à 12km à l’est de Damas. Dumeir accueille la principale concentration de missiles antiaériens censés défendre la capitale. Lors de la destruction de ces positions, 16 servants syriens ont perdu la vie dont deux officiers, selon les informations recueillies par Michaël Béhé. La dictature alaouite des al Assad ne reconnaît aucune perte humaine.

 

Au total, les raids de ce matin on cependant fait 47 victimes dans les rangs des Gardiens de la Révolution khomeyniste et de leurs miliciens supplétifs libanais et d’autres nationalités. On compte également 85 blessés, dont 19 dans un état grave à désespéré. Ce bilan, précise Michaël Béhé, n’est pas définitif et ne comprend pas les pertes humaines dans la région de Masyaf. Toutes les communications téléphoniques et Internet ayant été intentionnellement coupées avec Masyaf.

 

Les deux vidéos suivantes montrent une frappe et les résultats d’icelle sur un large dépôt d’armes et de munitions dans la ville-même de Lattaquié. Cette ville dispose du second port de Syrie après Tartous [carte] et est desservie par l’aéroport de Khmeimim occupé par le contingent russe et soumis à sa gestion, à 15km au sud-est de Lattaquié.

 

Le sud et l’est de cette ville comptent des zones industrielles et de stockage de marchandises.

 

Sur ces vidéos, on distingue clairement les effets de la seconde explosion, celle des marchandises explosives stockées dans l’entrepôt. Selon les media officiels syriens, qui racontent n’importe quoi, le Khe’l Avir aurait ciblé une usine civile de plastique. A la Ména, on se demande bien pour quelle raison l’Etat hébreu attaquerait un site de production de plastique, et surtout, pourquoi le plastique exploserait tel un dépôt de munitions.

 

Les vidéos de l’attaque à Lattaquié :

https://twitter.com/i/status/1389826099102748673

 

https://twitter.com/i/status/1389733957676126209   

 

L’emplacement des cibles de cette nuit indique sans l’ombre d’un doute sensé, qu’Israël avait informé les Russes de ses intentions. Si cela n’avait pas été le cas, à cause de la proximité de la base de Khmeimim, Israël et la Russie seraient actuellement en guerre.

 

Les Russes entretiennent avec un sens artistique consommé la double coopération : d’une part, elle  autorise les atterrissages et le déchargement des appareils – dans 90% des cas, ce sont les vieux 747 cargos de Qeshm Air – à Khmeimim. 

 

jab2.jpg

Source : SANA (Agence Arabe Syrienne d’Informations)

 

Ces vols sont bourrés d’armes, de munitions et de pièces destinées au déploiement iranien en Syrie et au Hezbollah libanais, en Syrie et au Liban.

 

D’autre part, nous pensons que les Russes informent précisément les Israéliens de la nature des chargements et des entrepôts vers lesquels ils sont dirigés.

 

De plus, les Russes ont prévenu les Iraniens qu’ils n’interviendraient jamais lors des confrontations entre eux et les Hébreux. C’est pour cela qu’ils laissent faire et observent les feux d’artifice. Même sous leur nez : les cibles visées à Jablé se trouvent à moins de deux kilomètres de leur quartier général au Moyen-Orient. C’est dire la confiance que l’état-major russe accorde à la précision des tirs des pilotes israéliens et à leurs intentions. Il s’agit d’un phénomène absolument inhabituel pour l’Armée russe.

 

En creusant d’avantage, on s’aperçoit que Moscou ne dispose pas d’alternative autre que celle de pratiquer ce double jeu. Ce, parce que les nombreuses batteries de SA-400 disposées autour de Khmeimim n’ont aucune chance d’abattre un chasseur-bombardier du Khe’l Avir. Si un doute planait à ce sujet, Israël ne risquerait pas la vie de ses pilotes en les envoyant bombarder Lattaquié ; les Kamikazes c’était au Japon durant la Seconde Guerre Mondiale, pas au sein de Tsahal.. 

 

Or tant que la DCA de Poutine ne tire pas sur les appareils du Khe’l Avir, le doute positif quant à l’efficacité du système S-400 subsiste, et les carnets de commandes – pour une valeur de plusieurs milliards d’euros – restent bien garnis. C’est le meilleur produit à la vente de l’industrie militaire russe.

 

En revanche, si un affrontement Khe’l Avir-DCA russe se produisait, aucun client solvable ne serait plus intéressé par l’acquisition de cette ferraille.

 

 
Monstrueux incendie dans la Z.I. de l’usine d’uranium de Fordo (010205/21) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 02 mai 2021

 

Metula, dimanche, 13h40, 12h40 à Paris

 

Stéphane Juffa et Jules Mazouz ont participé à cette dépêche

 

Ce dimanche matin à 10:49, heure iranienne, soit 09:19 à Métula et 08:19 à Paris, des explosions en chaîne se sont produites dans la zone industrielle de Shoukihieh en Iran, suivies par d’énormes incendies qui continuent de ravager de nombreux usines et entrepôts.

 

Selon l’agence gouvernementale perse Fars, on compte de nombreux morts et blessés. De plus, la lutte contre les incendies est rendue difficile par la présence de multiples usines de produits chimiques et de raffineries de pétrole dans le parc industriel.

 

La Z.I de Shoukihieh se situe à 73.5km au sud-ouest de Téhéran, à 12km au nord de la ville religieuse chiite de Qom [hab. : 1.2 millions], ainsi qu’à 17km au sud-ouest de l’usine d’enrichissement d’uranium souterraine de Fordo [carte].

 

fordo_map_resized.jpg

Service cartographique © Metula News Agency

Source : Google Earth Pro

 

La Ména a souvent eu à décrire de très gros sinistres ces dernières années, notamment après les frappes du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, sur des dépôts de munitions en Syrie, d’où l’abondance des superlatifs à ce propos dans nos dépêches.

 

Les incendies de ce dimanche appartiennent toutefois à la catégorie des dommages les plus importants que nous ayons eu à décrire dernièrement, et qui ne comprend que le feu du port de Beyrouth, le 10 septembre 2020.

 

Regarder deux vidéos de l’incendie :

https://twitter.com/guy_telaviv/status/1388756758991196161?s=07&fbclid=IwAR0pFtqTRPinYXPrntTnRrMuemci8t8HXWLfQV58Phrd0Hz-MGxnU8-ShCg

 

https://twitter.com/SharonaMazalian/status/1388750505610985478?s=07&fbclid=IwAR3BRPlyeCFLb3m9ev-0Xusa0-WjBY9ZrZBHov_3VPBJPOrpf1vNeK0sfEw

 

En fait, la Z.I. de Shoukihieh (dont le nom n’apparait pas sur les cartes, y compris sur Google Earth Pro) sert de fournisseur principal et d’entrepôt de stockage des matériels nécessaires au fonctionnement de l’usine d’enrichissement d’uranium souterraine de Fordo.

 

Sous la terre, dans cette usine d’enrichissement d’uranium, la place est comptée et réservée aux machines intervenant directement dans le processus manufacturier.

 

Mais c’est naturellement en surface que sont installées les fabriques qui produisent les matériaux pour les infrastructures, les machines et le carburant nécessaires au fonctionnement de l’usine de Fordo.

 

shoukihieh_map_resized.jpg

Service cartographique © Metula News Agency

Source : Google Earth Pro

 

Le gouvernement iranien s’était empressé d’annoncer, après l’attaque sur le site de Natanz, le 11 avril dernier, imputée à Israël par la totalité des sources d’information internationales, qu’il allait mettre en batterie des nouvelles centrifuges à Fordo afin d’enrichir le précieux minerai à 20%.

 

Au vu des informations en notre possession, nous déduisons sans l’ombre d’un doute sensé que l’origine des explosions de ce matin est humaine, s’agissant d’une opération de sabotage.

 

Nul doute non plus que les dégâts déjà annoncés sont de nature à faire stopper le processus d’enrichissement de l’uranium à Natanz, ou, à tout le moins, de le réduire à une cadence de production purement symbolique.

 

Ces explosions en cascade interviennent au lendemain des déclarations publiques faisant état d’avancées conséquentes dans les pourparlers de Vienne et de prévisions optimistes quant à la probabilité selon laquelle l’accord adapté de celui de 2015 serait relancé sous quinze jours.

 

L’accord de 2015 entre l’Iran et les pays membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU + l’Allemagne [5+1] s’intitule officiellement JCPoA. Traduit en français, cela donne Plan d’Action Global Commun.

 

A Métula, on est incapable de ne pas envisager l’hypothèse selon laquelle Israël serait à nouveau intervenue, afin, d’une part, de détruire des fournitures spécifiques indispensables au fonctionnement de Fordo.

 

Et de l’autre, en envisageant que l’accord pourrait être reconduit très prochainement, Jérusalem suppute sans doute que la production d’un certain nombre de composants chimiques et autres, ainsi que des machines destinées au nucléaire, sera interdite durant la période de validité du traité.

 

Or si la Théocratie n’en dispose plus (où en quantité nettement réduite) après les incendies de ce dimanche, le risque d’un redémarrage rapide de Fordo à la fin de la validité du traité, ou suite à une dispute entre les signataires, comme cela est déjà arrivé, s’en voit très sérieusement compromis.

 

Une action de la part d’Israël à l’instar de celle de ce matin serait par ailleurs très mal perçue par les 5+1 après la reconduction du JCPoA. Elle aurait pu induire un net durcissement des relations diplomatiques et commerciales entre l’Etat hébreu et les six puissance concernées, qui sont des partenaires privilégiés de Jérusalem.

 

 
L’affaire Kerry est loin d’être terminée (013004/21) Version imprimable
Analyse
vendredi, 30 avril 2021

 

Par Jean Tsadik

 

Kerry est une traduction libre de Cohen. Fred Cohen, le grand-père paternel de John Kerry, son frère, sa femme Ida Löwe se sont convertis au catholicisme en 1901. Une sœur et un frère de son grand père, Jenni et Otto, ont péri dans les camps nazis.

 

Il advient fréquemment que la descendance des Israélites convertis se comporte mal à l’égard de la nation qu’elle a quittée ; cela part du réflexe consistant à montrer à tout le monde qu’ils ont coupé totalement les ponts avec leur origine, et du besoin ressenti de se montrer plus anti que nécessaire afin de dissiper les doutes avant qu’ils ne se fassent jour.

 

Il y a également des convertis, des rejetons de convertis, des Israélites de père et des quarts de Juifs qui se montrent favorables ou très favorables au bien-être d’Israël voire de leur ex-congrégation. Selon les études en Europe et aux USA, jusqu’aux quarts juifs, 70% sont légèrement favorables à très favorables, et 30%, hostiles à carrément hostiles. Ceux appartenant à cette dernière catégorie sont virulents.

 

C’est probablement le cas de John Kohn-Kerry, l’ex-Secrétaire d’Etat (ministre des Affaires Etrangères) dans l’administration Obama. Il fut la cheville ouvrière de l’accord dit des 5+1 de 2015 avec la Théocratie persane, qui met en péril la pérennité de l’Etat hébreu, des Etats arabes de la région du Moyen-Orient, l’Europe, et qui prépare des missiles intercontinentaux capables d’atteindre les Etats-Unis.

 

Un exécrable traité en vérité, rédigé en cachette de Jérusalem, pendant la négociation duquel Washington avait cédé à toutes les demandes présentées par l’habile ministre des Affaires Etrangères de la Théocratie, Mohammed Zarif.

 

Zarif, aujourd’hui, est l’homme par lequel le scandale arrive. Car, c’est quelque chose que ceux qui l’ont fréquenté connaissent, on peut être un négociateur hors pair, tout en étant quelqu’un qui peine à garder sa bouche fermée. Un vantard et un Tartarin ce Zarif, qu’on ne peut plus arrêter dès lors qu’il a commencé à énumérer ses exploits. Et comme la plupart des personnages atteints par cette hyper-faconde, Zarif en ajoute, embellit, jette des éléments qui suscitent la curiosité, qui attirent l’attention sur sa personne.

 

En mars dernier, il a accordé une très longue interview au journaliste iranien Saeed Laylaz, un proche du "Président" Rohani que, vous le savez, nous considérons à la Ména comme une simple incarnation du Guide Suprême Ali Khameneï. Mais cet aparté n’intervient pas dans cette histoire. L’interview était censée servir de référence à un documentaire. Qui serait évidemment passé à la censure s’il avait été diffusé sous une forme ou une autre.

 

Mais il ne le sera pas, car, on ne sait encore comment, il a abouti entre les mains du media dissident iranien Iran International, œuvrant depuis Londres. De là, l’enregistrement a atteint la presse américaine et notamment le New York Times qui l’a dévoré.

 

Ce, principalement à cause d’une remarque ambiguë de Zarif, selon laquelle le Secrétaire d'Etat Kerry lui a dit qu' "Israël avait attaqué les actifs iraniens en Syrie "au moins 200 fois"".

 

Il s’agit d’une référence unique à ce sujet de toutes les trois heures que dure la bande. Cette remarque suscite des tas de questions auprès des spécialistes.

 

D’abord, s’agissant de langage parlé, s’il faut comprendre que Kerry aurait dit à Zarif en une occasion, qu’Israël avait attaqué deux cents fois des positions iraniennes, ou s’il lui a confié à deux cents reprises qu’Israël avait attaqué lesdites cibles ? Auquel second cas, on pourrait parler de transfert d’informations secrètes à un régime ennemi.

 

Est-ce que Kerry a transmis ces informations avant que les attaques ne se déroulent, dans ce cas, il a trahi le principal allié des Etats-Unis avec le Royaume-Uni et mis en danger la vie de nos pilotes ? Ou les a-t-il transmises à posteriori, une fois que les frappes avaient été réalisées ?

 

Un autre point d’interrogation retient notre curiosité : John Kerry a été Secrétaire d’Etat de février 2013 à janvier 2017. Mais en 2017, le Khe’l Avir n’avait pas encore frappé deux cents fois les Pasdaran en Syrie, Les deux sources qui ont fait état de ces deux cents raids israéliens contre les intérêts iraniens au pays de Bashar al Assad, que sont Reuters et le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kokhavi, l’ont fait au cours de l’année 2018.

 

Ce qui indique, à la condition de base que Zarif ait dit la vérité, que Kerry l’aurait informé de ces attaques après avoir rendu son portefeuille ministériel. Il aurait ainsi fourni des informations à caractère stratégique à l’ennemi après être revenu à la vie civile.

 

Ce qu’il n’avait strictement pas le droit de faire, qui peut s’apparenter à de la haute trahison, et que Donald Trump avait évoqué à plusieurs reprises alors qu’il était président. Maintenant, Trump réclame l’ouverture d’une enquête contre Kerry, de concert avec plusieurs membres Républicains du Congrès.

 

Il y a fort à parier que Trump recevait les informations concernant les contacts entre Kerry et Zarif du Mossad, et qu’elles lui étaient transmises par son ami Netanyahu. La concomitance des accusations de Donald Trump alors en remps réel avec l’évocation de Zarif sur l’enregistrement renforce de façon déterminante la probabilité d’être en présence d’une authentique affaire. A moins que Trump soit, en plus de ses dons naturels, un mentaliste. 

 

Il y a une interrogation supplémentaire que les plus attentifs de nos lecteurs se sont sans doute posée : si l’ancien secrétaire d’Etat n’informait pas son contact iranien avant que les raids ne se déroulent, en quoi les révélations de Zarif sur l’enregistrement constitueraient-elles un scoop ?

 

Si nous avons attaqué les positions iraniennes en Syrie, il y a de grandes chances en effet que le ministre des Affaires Etrangères iranien soit au courant. Non ? Et plus précisément encore que ne pouvait l’être John Kerry.

 

En principe, cela devrait nous éclairer pour fournir des réponses aux nombreuses questions que nous nous sommes posées.

 

Mais en principe uniquement, parce que, dans la même interview, Mohammed Zarif adresse des critiques acerbes à l’encontre des Gardiens de la Révolution khomeyniste (les Pasdaran), les accusant notamment de ne pas communiquer leurs informations relatives aux théâtres de leurs opérations à la junte de Téhéran, à la placer devant le fait accompli, et encore de la manipuler.

 

Sur l’enregistrement, on entend même le ministre iranien critiquer l’action de feu le Général Qassem Soleimani, le chef de la Force Qods [ara. : Jérusalem] des Pasdaran, abattu par les Américains en janvier 2020 à proximité de l’aéroport international de Bagdad. Zarif lui reprochait de n’en faire qu’à sa tête en Syrie, de concert avec les Russes et d’exagérer l’ampleur du déploiement perse chez les al Assad, qui ne pouvait amener que de gros désagréments.

 

Et cela m’a surpris. En ce sens que tout l’enregistrement est étonnant, pas uniquement le passage concernant Kerry. Zarif y dévoile les disputes et les tensions qui font florès au sein de la Théocratie. Le ministre à beau se sentir intouchable, s’en prendre ainsi aux Gardiens de la Révolution de même qu’au martyr national Soleimani, qui n’en réfèrent qu’au Guide Suprême, c’est franchement… inhabituel.

 

D’ailleurs Rohani et Zarif sont depuis deux jours les cibles des Pasdaran et des media qu’ils contrôlent. On leur reproche leur ouverture face aux intérêts internationaux, en n’hésitant à peine à les accuser d’être des traîtres. On demande déjà leur destitution.

 

Tout en rédigeant ce papier, j’apprends ce vendredi matin que des hommes armés appartenant à la cellule de renseignement des Gardiens de la Révolution ont fait une descente dans les bureaux du président Rohani et du ministre des Affaires Etrangères Zarif.

 

Il a également été rapporté qu'après une brève querelle avec les gardes de sécurité dans le bureau du président et dans celui du ministre, les intrus ont pris des documents et sont repartis.

 

On rappellera que le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rabii, a annoncé qu'une enquête avait été ouverte sur la fuite de l’enregistrement de l'entretien avec Mohammed Zarif, qui est en train de bouleverser l’Iran.

 

De son côté, John Kerry nie tout en bloc. Il a twitté : "Je peux vous dire que cette histoire et ces allégations sont sans équivoque fausses. Cela ne s'est jamais produit, que ce soit lorsque j'étais secrétaire d'Etat ou depuis".

 

A Métula, je reconnais que nous avons du mal à avaler la pilule. Ne serait-ce que parce que nous avions suivi toutes les magouilles qui avaient conduit à la signature de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien. Particulièrement les efforts de Kerry afin de placer Israël devant le fait accompli.

 

Et les longues promenades de Kerry et Zarif devant le Mandarin Oriental à Genève, le long du Rhône, au vu de tous mais bien à l’écart des micros et filmés par derrière. On aurait dit que les deux hommes synchronisaient une stratégie de négociation, non pas qu’ils étaient à la tête des deux camps qui s’affrontaient.

 

kerry1.jpg

Cela ressemble plus à de la coordination tactique entre des amis qu’à

une âpre négociation avec une Théocratie criminelle et terroriste

 

Les Américains n’entendent-ils pas les cris des poétesses et des femmes violées pendant qu’on les pend à l’étouffade sous les grues de Téhéran, pendant des agonies qui durent souvent plus d’une demi-heure. Et ceux des homos, qui subissent le même sort, simplement à cause de leur orientation sexuelle. Et ceux de tous les Libanais qui pleurent l’occupation iranienne, la privation de leur souveraineté, et la misère matérielle dans laquelle l’isolement du reste du monde par la Théocratie et ses séides du Hezbollah les enferme.

 

Que quelqu’un dise à Biden que c’est excellent de reconnaître le Génocide Arménien, mais lorsque, simultanément, on reconnaît ce massacre et on permet à la dictature la plus inique et sanguinaire du Globe de perdurer et de développer la bombe atomique, on gomme un assassinat pour en plébisciter un autre. Personne n’est dupe.

 

Entre 2012 et 2015, date de la signature de l’accord, informée par son propre réseau, la Ména avait publié plusieurs articles dévoilant les multiples rencontres entre Américains et Iraniens qui précédèrent puis émaillèrent les interminables négociations, et qui ne manquèrent pas de nous contrarier.

 

En marge de l’affaire, que l’on appelle déjà le Zarifgate, d’autres témoignages crédibles font état de nombreuses rencontres qui nous avaient échappé, entre Américains et Théocrates perses en général, et entre Kerry et Zarif en particulier, notamment deux ou trois fois à Paris.

 

Mais pourquoi parler de ces entretiens contre-nature au passé, alors qu’ils se produisent à nouveau de nos jours ?

 

Barbara Slavin, du Groupe de Réflexion du Conseil de l'Atlantique, a twitté que William Burns, le nouveau chef de la CIA depuis un peu plus d’un mois, a déjà rencontré le no.1 du Conseil National de Sécurité iranien. Madame Slavin, qui semble bien informée, suppose que les sujets évoqués dépassaient le seul cadre de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015.

 

Lundi dernier 26 avril, Michael Rubin, du Hawkish American Enterprise Institute, confirmait l’information de Barbara Slavin, déclarant sur le site Web 19 FortyFive que "Burns avait, ces derniers jours, voyagé tranquillement à Bagdad", selon plusieurs sources irakiennes avec lesquelles Rubin affirme avoir parlé. Le directeur de la CIA y aurait rencontré des responsables iraniens non identifiés dans l’article au domicile de Fouad Hussein, le ministre irakien des Affaires Etrangères.

 

Pour Rubin cela démontre que les véritables pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran se déroulent à Bagdad et non à Vienne.

 

A Vienne, où la délégation américaine dirigée par l'envoyé spécial Rob Malley négocie soi-disant avec les Théocrates, et sans être en contact direct avec eux. C’est une exigence des Iraniens. Et une mascarade.

 

La même que celle qui prévalait avant la signature de l’accord de 2015.

 

Mais pourquoi les rencontres ont-elles lieu à Bagdad ? Parce que les interlocuteurs se figurent que les Israéliens auront plus de peine à les suivre dans cette capitale hostile et à savoir ce qu’il s’y dit.

 

Ce qui est difficilement concevable est que ces discussions ont lieu dans la ville depuis laquelle les Iraniens lancent des roquettes sur les militaires américains et en tuent parfois. Le chef du Renseignement U.S. définit ainsi une stratégie d’enfumage de la nation américaine et de ses alliés à quelques coudées de l’endroit à partir duquel les Pasdaran iraniens et leurs affidés chiites tirent sur l’ambassade américaine.

 

On est en plein dans les canevas obamesques de la haine de soi, de l’Amérique, de ses valeurs et de son honneur.

 

William Burns est en train d’œuvrer à la préservation d’un régime qui s’affaire à développer des bombes atomiques et des missiles balistiques intercontinentaux uniquement dans le but de menacer les Etats-Unis. Cela a-t-il un sens ?

 

Techniquement vous comprendrez mieux les relations entre ces acteurs lorsque je vous aurai indiqué que, dans l’administration Obama, William Burns était l’adjoint de… John Kerry au secrétariat d’Etat.

 

Au-delà des problèmes liés aux imbrications internes de cette fuite au Etats-Unis et en Iran, il y a les inquiétudes et les ramifications internationales de cette affaire.

 

Par exemple, la question se pose à Israël de savoir si nous pouvons continuer à transmettre nos informations ultra-secrètes à Washington, et surtout, si nous pouvons continuer à l’informer de nos opérations militaires prévues tant que John Kerry et ses acolytes font partie de ce gouvernement et tant qu’ils bénéficient d’une "autorisation d’accès sécuritaire" [security clearance], qui leur donne accès à tout ce que nous leur envoyons.

 

La question est pointue. Le fait d’informer nos alliés U.S. constitue pour nous, en plus d’un échange de bons procédés fructeux, une sécurité. Par exemple, au cas où une opération sur l’Iran tournerait mal, les équipes héliportées de sauvetage de la Navy basées à Bahreïn pourraient éventuellement venir récupérer l’un de nos pilotes qui aurait sauté en parachute.

 

Si le risque existe que Kerry informe les Iraniens concernant l’objectif que nous allons frapper, cela tourne à l’opération-suicide pour nos pilotes.

 

Nous croyons savoir, à Métula, que lors de l’attaque du navire-espion Saviz en mer Rouge nous avions informé les Américains, alors que nous ne l’avons pas fait préalablement à l’opération sur Natanz.

 

La différence ? Les Iraniens ne disposaient d’aucun moyen capable de nous empêcher d’atteindre le Saviz. Quant à Natanz, il leur aurait sans doute suffi de bloquer toutes les issues du site pour faire capoter l’opération qui avait nécessité des mois de préparation.

 

kerry2.jpg

Pendant qu’à Téhéran on pend les poètes aux flèches des grues

 

Les Saoudiens, les Egyptiens et d’autres pays alliés des Etats-Unis vont assurément y réfléchir à deux fois avant de transmettre des renseignements sensibles à Washington. C’est sans doute l’élément qui va obliger l’administration Biden soit à licencier John Kerry de son poste d’Envoyé présidentiel spécial pour le Climat, soit à permettre qu’il soit traduit en justice. Car le doute dans les échanges de renseignements entre alliés n’est pas gérable pour l’espionnage et le contre-espionnage U.S.

 

Quid d’une enquête visant William Burns ?

 

Il existe un autre problème : comment faire confiance à cette équipe pour conduire les négociations en vue de la restauration de l’accord de 2015 ?

 

C’est le doute qu’évoque Mike Pompeo, l’ancien secrétaire d’Etat sous Trump : "Avant de conclure un accord avec l'Iran qui réduit la sécurité des Américains, il serait bon de savoir quel accord, le cas échéant, a pu être concocté entre ces deux dirigeants".

 

Le Représentant Républicain du Nebraska, Don Bacon s’est dit préoccupé par le fait que le président veuille "atteler à nouveau son chariot au régime iranien, ce qui se ferait au détriment des alliés américains dans la région et qui est néfaste pour le peuple iranien".

 

Tout ceci posé, nous sommes de plus en plus convaincus à Métula que c’est le marionnettiste Barack Obama qui tire les ficelles et distille ses instructions.

 

Lire la suite...
 
Sortie cette semaine d’un livre attendu (012604/21) Version imprimable
Analyse d'une oeuvre
lundi, 26 avril 2021

 

Par Llewellyn Brown

 

Les Juifs et notre éternité

 

L’existence du peuple juif est une énigme pour tous, y compris les Juifs eux-mêmes. L’une des caractéristiques étonnantes de ce peuple est sa pérennité, devant l’effondrement des différents empires qui se sont succédés au cours de l’histoire. Un livre passionnant écrit par Armand Laferrère et Moshe Sebbag1 apporte un précieux éclairage à cette question, dans une enquête qui s’appuie sur l’histoire, la Bible et le Talmud.

 

La première partie de cette exploration porte sur l’identité du peuple juif et son organisation interne. La définition même du peuple demeure éminemment problématique : les Juifs ne constituent pas un groupe ethnique, parce que la matrilinéarité et la conversion permettent d’intégrer des personnes issues d’autres peuples. Quant à la religion, elle n’impose aucune profession de foi susceptible d’opérer comme critère d’appartenance.

 

livre.jpg

Sort ce mercredi

au prix de 23,90 euros

 

Si le peuple revêt une qualité “familiale”, il ne possède pas de hiérarchie interne, ni de représentation auprès du monde extérieur, comme d’autres ethnies à structure tribale. L’événement fondateur de cette “famille” est hétérogène aux liens de sang, se situant dans les Dix commandements sur le mont Sinaï, moment unique durant lequel le peuple entendit la voix de Dieu.

 

La transmission représente une valeur essentielle. Grâce à l’obligation d’enseigner aux enfants, l’illettrisme est pratiquement inconnu. Cette instruction a nourri une saine attitude de scepticisme, notamment à l’égard des idéologies prétendant apporter des réponses universelles aux problèmes de l’humanité.

 

Souvent des conflits internes aux groupes humains peuvent se révéler désastreux. Cependant, chez les Juifs, des exemples bibliques – Ishmaël, Judah – montrent comment il est possible de surmonter le sentiment d’injustice à l’origine de telles querelles.

 

La femme jouit d’un statut très équilibré, celui-ci n’étant ni égalitaire, ni oppressif. A la place de l’égalitarisme pur – qui, à l’époque moderne, assimile la femme au monde de la production commerciale –, le judaïsme confère à l’épouse la mission d’assurer la protection du foyer familial, le respect des rituels et des traditions. Ce fait n’a toutefois pas empêché certaines, à l’époque biblique – telle Esther – de jouer des rôles cruciaux. D’autres ont brillé par leurs capacités de persuasion, assurant ainsi la survie d’Israël à des moments critiques.

 

Le judaïsme favorise le caractère individuel. Contrairement au christianisme, la conformité des croyances n’est pas exigée, seulement le respect de certaines pratiques. En effet, la diversité dans les interprétations bibliques est cultivée ; le Talmud, par exemple, étant construit autour d’une série de débats entre interprètes opposés. Le degré de liberté accordé aux individus peut s’observer dans le traitement réservé aux esclaves dans l’Antiquité, et dans les conditions présidant aux divorces. Le respect de chacun est entretenu dans l’interdiction de la médisance et de l’humiliation publiques.

 

La deuxième partie du livre aborde l’organisation politique et sociale du peuple juif, examinant le rapport du peuple à la terre d’Israël. La singularité du peuple juif s’observe dans le fait que, depuis Abraham et depuis les Hébreux à la sortie d’Égypte, Israël est vu comme une destination, plutôt que comme un lieu d’origine. Le retour est considéré comme l’aboutissement naturel de l’histoire pour les Juifs, quelle que soit leur sensibilité politique.

 

Une nouvelle spécificité réside dans le caractère indissociable des dimensions religieuse et politique. On note qu’à l’exception de Kippour, les jeûnes sont liés aux événements historiques marquant l’histoire politique et religieuse.

 

Le retour en Terre d’Israël vise plus particulièrement à construire un ordre politique et social exemplaire, afin d’offrir un modèle aux autres nations. Ainsi, l’on a cherché, depuis toujours, à équilibrer les pouvoirs pour éviter leur concentration, par exemple, aux temps bibliques, entre les Lévites, les Cohanim, les rois, les juges et les prophètes. Quant au droit, la jurisprudence du Talmud atténue sérieusement la sévérité biblique. Au fond, le respect des lois doit reposer sur la conscience individuelle.

 

Le travail représente une valeur importante, en sorte que le développement de la terre d’Israël est aussi sacré que la construction du Temple. Il rencontre toutefois des limites dans le refus du travail forcé, et dans le Shabbat, qui rappelle que notre existence humaine se déroule toute entière dans le Shabbat divin, après que Dieu a achevé d’instituer les lois de l’univers.

 

Enfin, on note une attitude équilibrée à l’égard de l’argent, qui n’est pas considéré comme impur, de même que la pauvreté n’est pas vue comme une preuve de rectitude morale. Ce qui est important, sur ce plan, est la justice (tsedaqah) : l’aide donnée aux pauvres et la volonté de dialectiser les conflits pour éviter les heurts destructeurs.

 

La troisième partie du livre étudie le sacré et l’éthique. La Bible fait l’objet d’interprétations multiples, qui sont favorisées dans les débats talmudiques, et où l’on apprend à ne se soumettre à aucun argument d’autorité, à considérer chaque fois un argument et son contraire.

 

L’histoire a apporté des changements à la religion des Hébreux : le Temple a été remplacé par les synagogues, les sacrifices par les prières. Une nouvelle spécificité est l’existence d’un troisième registre, au-delà de la simple opposition profane/sacré, représenté dans le Temple par le saint des saints, qui trouve un écho dans les livres d’où Dieu est absent : Esther et le Cantique des cantiques. On apprend ainsi que Dieu peut se dissimuler sous une réalité profane, comme quand les Juifs durent dissimuler leur identité à cause des persécutions.

 

Des correspondances entre sacré et profane assurent l’unité du monde. Si le peuple est une famille élargie, Israël apporte une bénédiction aux nations : l’attitude de celles-ci à l’égard des Juifs est reflétée dans leur propre destin, dans la mesure où la tolérance religieuse témoigne du respect pour la liberté en général.

 

Pour les Juifs, l’étude est un objectif en soi, au lieu d’être asservie à une fin préétablie. Elle entraîne à la pensée logique, et a permis aux Juifs de disposer d’un domaine de liberté à l’égard des sociétés dominantes.

 

Pour les Juifs, Dieu est le Créateur, non une divinité nationale ou ethnique et, contrairement à d’autres religions, le judaïsme n’a pas vocation de s’étendre à l’ensemble de l’humanité. L’aspiration fondamentale est d’améliorer sa propre qualité humaine.

 

Enfin, la pérennité du peuple juif est considérée comme une forme d’éternité : la survie, après la défaite et l’exil, est perçue comme une résurrection d’entre les morts. Disons que dans le titre de cet ouvrage, il ne s’agirait pas tant d’un peuple présenté comme “éternel” mais, bien plutôt, d’un peuple dont la pérennité s’appuie sur une conscience aiguë de la finitude humaine.

 

* * *

 

Si nous voulions dégager le principe structurant révélé par cette étude, nous pourrions dire que le livre d’Armand Laferrière et de Moshe Sebbag montre que la culture juive est fondée explicitement sur les lois de la parole. C’est ainsi que Jacques Lacan2 observe que les mots de Dieu à Moïse, « Je suis ce que je suis », ne font « qu’énoncer les lois du Je parle »3, comportant un abîme insondable situé au cœur de chacun, puisque « ce Je est toujours imprononçable en toute vérité »4. L’espace vide situé dans le Saint des Saints et le repos du Shabbat font signe de cette part inassimilable au sein des énoncés. Lacan développe cette réflexion en lien avec chacun des Dix commandements.

 

C’est des lois de la parole que découlent tous les nombreux effets notés dans ce livre : l’association de qualités contradictoires autour du terme Juif, qui désigne à la fois une religion et un peuple ou un Etat profane ; qui réunit l’unicité (du peuple) et la multiplicité (d’idées divergentes, ou la fragmentation frappant toute velléité de centraliser le pouvoir).

 

Précisons en outre ce qui structure cette parole, dans son caractère fondateur du peuple juif, et sa capacité à assurer la pérennité de ce dernier. Jean-Claude Milner évoque la notion de « quadriplicité », qui réunit l’un (masculin) et l’altérité inassimilable (féminin), d’une part, et la nécessité de perpétuellement relayer cette rencontre auprès des générations suivantes, grâce à la dyade parents/enfants5. Milner voit cette structure incarnée dans la notion du « nom juif ».

 

Cette structure permet la singularité habituant toute parole. Alors que saint Paul formula le vœu de ce que Milner nomme un « universel facile » – soudant tous ensemble, par l’abolition des différences (« il n’y a plus ni Juif ni Grec », Galates III, 28) –, la parole juive préserve la différence irréductible, réfractaire à toute assimilation.

 

Ce principe permet au peuple juif de devenir la « lumière des nations ». Si la parole est universelle, seule la culture juive est fondée sur la préservation et la perpétuation de cette différence : le Juif interroge sans cesse l’énigme de sa propre existence qui est tributaire de son statut d’être parlant.

 

Dans ce livre, écrit avec clarté et rigueur – et d’un rythme léger et fluide –, Armand Laferrère et Moshe Sebbag analysent et illustrent comment cette logique se réalise concrètement dans l’existence du peuple juif à travers les millénaires.

 

 

 

Notes :

 

1 Armand Laferrère et Moshe Sebbag, L’Éternité des Juifs, Paris, Odile Jacob, 2021.

2 Jacques Lacan, Le Séminaire, Livre XI, Les Quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Paris, Seuil, « Le Champ freudien », 1973, p. 58.

3 Jacques Lacan, Le Séminaire, Livre XVI, D’un Autre à l’autre, Paris, Seuil, « Champ freudien », 2006, p. 80.

4 Idem, p. 82.

5 Jean-Claude Milner, Les Penchants criminels de l’Europe démocratique, Lagrasse, Verdier, 2003, p. 119. 

 

 
Un pétrolier iranien attaqué au large de la Syrie. Israël est accusée (022404/21) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 24 avril 2021

 

© Metula News Agency

 

Metula 22h00

 

Un important incendie s’est déclaré ce samedi sur un pétrolier appartenant probablement à l’Iran ou affrété par icelui, à quelques centaines de mètres de la ville de Banias en Syrie [carte], dans la province de Lattaquié.

 

banias.jpg

Service cartographique © Metula News Agency

 

Banias se situe à 211km au nord de la rédaction de Métula, le point israélien le plus proche.

 

L’agence gouvernementale syrienne SANA a confirmé cet incendie mais prétend que les pompiers sont parvenus à le maîtriser.

 

SANA privilégie l’hypothèse d’une attaque de drone venant des eaux territoriales libanaises.

 

Le media libanais al Mayadeen [ara. : les places], proche du Hezbollah et de la Syrie, a rapporté, sans citer ses sources, que le drone qui a attaqué le pétrolier était israélien.

 

tanker_fire.jpg

Une photo du pétrolier en feu

 

La chaîne de télévision iranienne al Alam [ara. : le monde], une chaîne gouvernementale en arabe, a admis pour sa part que le pétrolier était effectivement iranien et qu’il avait été atteint par deux projectiles.

 

Ce qui est possible au vu de la guerre navale que se livrent Jérusalem et Téhéran et de l’agression récente d’un cargo israélien au missile par les Perses dans le golfe d’Oman, face à Mascate.

 

SANA n’avait pas divulgué le nom du pétrolier impliqué dans l’incident afin de dissimuler son appartenance iranienne.

 

La Théocratie perse, toujours sujette aux sanctions américaines qui lui interdisent d’exporter son brut, utilise régulièrement son allié syrien afin de "blanchir" son pétrole. Une fois transféré sur un autre navire dans un port syrien, le pétrole est réexporté vers plusieurs destinations, notamment en direction du régime chaviste du Vénézuela.  

 

La Ména a appris que depuis quelques temps des vaisseaux de guerre russes escortaient les bâtiments affrétés par l’Iran en Méditerranée pour les protéger des attaques israéliennes.

 

Sans doute une provocation de Poutine à l’encontre de Joe Biden en cette période de tension entre les deux pays.

 

Ce qui semble sûr est que le pétrolier en feu au large de Banias était mal protégé. Et que ceux qui l’ont attaqué ne craignent pas les Russes.

 

Dernière heure :


Une roquette a été tirée à 21 heure locales à partir de Gaza en direction du territoire israélien.

 

Ilan Tsadik rapporte qu’elle a été interceptée en vol par le Dôme de Fer.

 

On s’attend comme toujours en pareil cas à une riposte de Tsahal.

 

 
Israël : Gaza, Jérusalem s’embrasent et il y a un responsable identifiable à cela (info # 012404/21) Version imprimable
Analyse
samedi, 24 avril 2021

 

Par Stéphane Juffa

 

Avec Jules Mazouz et Ilan Tsadik

 

Nuit de violence dans le Néguev aux abords du Califat islamique de Gaza. 36 roquettes ont été tirées sur les agglomérations israéliennes du pourtour de l’enclave côtière. 7 ont été interceptées par le Dôme de Fer, la plupart des autres explosant dans des zones inhabitées.

 

A ce propos, le correspondant permanent de la Ména dans la ville limitrophe de Sdérot [à 800m de la barrière de sécurité avec la bande de Gaza], Ilan Tsadik, rapporte que quelques projectiles ennemis ont atterri dans des zones habitées et que le Dôme de Fer n’a pas fonctionné à ces occasions.

 

Le Dôme de Fer est programmé afin de ne pas intercepter les roquettes se dirigeant vers des portions de territoire désertes afin d’économiser ses missiles qui coûtent 35 000 euros pièce, et d’éviter que les interceptions de salves ennemies non menaçantes aboutissent à la chute d’éclats de métal incandescent sur la population.

 

L’enseignement que tire Ilan Tsadik de cette nuit : "Voici à quoi a conduit la politique stratégique de douze années de bibisme. Au fait qu’une petite organisation djihadiste a conservé l’option de bombarder Sdérot ou Tel-Aviv quand elle le désire et en toute impunité. Cette constatation s’adresse à ceux qui s’imaginent que Netanyahu est un stratège de premier plan mais qui sont incapables de distinguer leur chaussure gauche de la droite".

 

lehava2.jpg

Certaines roquettes ont trompé la garde du Dôme de Fer

 

La population avait été conviée à gagner les abris ainsi qu’à éviter les attroupements. Il n’y a eu ni victimes ni dégâts conséquents. Ce matin, la Défense Civile a annoncé le retour à la normale.

 

Les "Brigades des martyrs d’Al-Aqsa" du Fatah, ainsi que le Front Populaire de Libération de la Palestine des Brigades Abu Ali Mustapha ont revendiqué ces tirs. Le Hamas a également participé à cette agression sans la revendiquer explicitement.

 

Ilan Tsadik note à ce propos que le Fatah et le FPLP n’auraient pas osé effectuer ces tirs sans y être invités par le Hamas. Il relève aussi le communiqué public du chef du Hamas, Mahmoud Zahar, qui a notamment déclaré :

 

"Après une longue série de protestations et de manifestations, nous sommes arrivés à la conclusion que sans armes, nous ne pouvons pas libérer notre terre, protéger nos lieux saints, ramener notre peuple sur sa terre ou maintenir notre dignité".

 

Tsahal a riposté à ces attaques en frappant plusieurs cibles du Hamas dans le Califat aux premières heures de ce samedi matin, y compris des lance-roquettes et des infrastructures souterraines. L’Armée israélienne tient cette organisation terroriste islamique – classée comme telle par la plupart des institutions internationales, par la Ligue arabe et par l’Union Européenne -  qui gouverne Gaza responsable pour toutes les agressions commises à partir du territoire qu’elle contrôle.

 

On ne fait pas état de blessés à Gaza suite à la riposte de l’Armée israélienne.

 

Nous venons d’apprendre qu’en réponse à l’agression délibérée de cette nuit, la Marine de Tsahal a reçu l'ordre d'appliquer un blocus maritime complet de la bande de Gaza jusqu’à nouvel avis, interdisant la pêche.

 

Le Hamas a en outre décrété que la "la mosquée al Aqsa (3ème lieu saint de l’islam) était en danger". Ce qui est parfaitement inexact, l’Etat hébreu n’ayant jamais eu l’intention de porter atteinte à ce symbole, mais qui constitue le cri de ralliement adressé aux musulmans de Palestine afin de les inviter à participer à des émeutes.

 

Cette fois-ci, la situation est particulière : nous nous trouvons en plein mois sacré du Ramadan, Israël interdit aux 300 000 Palestiniens de Jérusalem – qu’elle considère être sa capitale une et indivisible - de participer aux élections générales prévues le 22 mai prochain (et à l’élection du président de l’Autorité Palestinienne fixée pour le 31 juillet suivant).

 

Les observateurs considèrent que ces scrutins n’auront pas lieu, car Mahmoud Abbas, l’actuel président de l’AP, va instrumentaliser le refus israélien pour annuler ces consultations électorales, n’étant absolument pas sûr de les remporter face au Hamas.

 

Il ne s’agit pas uniquement d’une supposition, le porte-parole de Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudayna ayant déclaré sur les ondes de la radio officielle, la Voix de la Palestine, que l’Autorité Palestinienne "ne tiendra pas les élections si Israël n’autorise pas les scrutins à Jérusalem-Est".

 

Il existe une autre raison bien plus grave permettant au Hamas, mais aussi au Hezbollah, à l’Iran et à tous les anti-Israéliens et antisémites de la planète d’exploiter une certaine légitimité dans leur réaction à ce qu’il est en train de se dérouler à Jérusalem et autour d’elle.

 

Tout cela émane de la décision absolument irresponsable de Binyamin Netanyahu d’autoriser la marche organisée par l’organisation suprémaciste juive, raciale, raciste, religieuse et violente Lehava [héb. : flamme] jeudi soir dernier à Jérusalem. Cette manifestation avait été sciemment programmée afin de se dérouler à la lisière de quartiers arabes, rendant l’affrontement violent inévitable.

 

Lehava, dirigée par l’activiste et terroriste orthodoxe Ben-Zion (Bentzi) Gopstein – disciple du rabbin assassiné Kahana - œuvre en faveur de la prévention de l'assimilation juive, notamment l’interdiction des mariages mixtes.

 

En 2014, lors de la cérémonie de mariage dans la ville de Rishon Letzion de Mahmoud Mansour, un Arabe israélien, avec sa fiancée juive Malka Morel, les activistes de Lehava ont scandé Mort aux gauchistes ! et Mort aux Arabes !

 

C’est une organisation d'extrême droite comptant 10 000 sympathisants, qui s'oppose également à la présence chrétienne en Israël. Lehava prône ouvertement la destruction des églises par le feu et l’expulsion des chrétiens. Gopstein a entre autres publié un article dans lequel il appelait à "jeter les vampires (chrétiens) hors du pays (Israël) avant qu’ils se remettent à boire notre sang".

 

La semaine dernière, des militants de ce groupe suprémaciste s’en sont pris physiquement à des ouvriers chinois venus travailler sur des projets de construction en Israël.

 

Le président de l’Etat d'Israël Reuven Rivlin a décrit les membres de cette mouvance "tels des rongeurs rongeant sous la fondation démocratique et juive commune d'Israël".

 

La plupart des leaders de ce groupe racial, que sont             Michael Ben-Ari, Bentzi Gopstein, Baruch Marzel, et Itamar Ben-Gvir sont affiliés au parti Otzma Yehudit [heb. : force juive, ou pouvoir juif], Khemla, Noam, et intégrés dans la formation des Sionistes ""religieux"".

 

Le parti Otzma Yehudit partage ses bureaux avec Lehava à Jérusalem. Il est dirigé par Itamar Ben-Gvir et constitue l’une composantes du parti des Sionistes ""religieux"" dirigé par Bezalel Smotrich. Avec le mouvement Noam d’Avi Maoz, dont l’objectif affiché est de transformer Israël en un Etat halakhique dans lequel les règles de la loi orthodoxe remplaceront celles de l’Etat de droit. Smotrich, qui serait ministre [il a déjà été ministre des Transports en 2019-2020 !] si Netanyahu parvenait à former un gouvernement, soutient publiquement les positions d’Avi Maoz concernant la nécessité d’imposer en Israël un Etat halakhique.

 

Le problème de Netanyahu consiste en cela que sans la totalité des six députés que ce groupe représente, totalement intégré au bloc bibiste, il n’a strictement aucune chance de constituer une coalition, et partant, une coalition.

 

Les Sionistes ""religieux"" exigent entre autres l’abrogation du décret gouvernemental ayant force de loi pénalisant juridiquement la violence domestique. En cas d’annulation de ce décret, les hommes qui battent leurs épouses ne pourraient plus être sanctionnés par la justice.

 

Dans ces conditions, quand Lahava a organisé son "pogrome" anti-arabe d’avant-hier, Netanyahu et la police ne s’y sont pas opposés. La police a décrété qu’elle protégeait ce faisant le "droit de manifester et la liberté d’expression", des principes étranges lorsqu’ils sont appliqués à des rongeurs s’attaquant aux fondements démocratiques d’Israël selon les dires de son propre président.

 

Ce,

 à la place d’interdire le rassemblement et d’empêcher les extrémistes de s’y rendre. La police et le Shabak – le contre-espionnage ou Service de sécurité intérieure israélien – particulièrement son unité informatique, avaient largement l’expérience et les moyens d’empêcher cette émeute organisée si la volonté politique s’était manifestée. Les quelques trois cents participants à cette manifestation scandaient, avant même de se mettre en marche : "Mort aux Arabes ! Arabes tirez-vous !".

 

De nombreuses échauffourées se sont évidemment produites entre Palestiniens et orthodoxes, entre des Palestiniens et la Police, et entre les suprémacistes et la Police, qui n’ont pas tardé à prendre un tournant dramatique. Jules Mazouz a dressé ci-dessous la liste des plus importantes confrontations de jeudi à maintenant.

 

Les heurts se sont initialement produits dans plusieurs quartiers de Jérusalem.

 

Autour de la vieille ville : Porte de Damas. Porte des Lions. Porte d'Hérode.

 

lahava1.jpg

Un suprémaciste intercepté par la Police alors qu’ils se rendait à la Porte de Damas

 

A la Mosquée Al Aqsa et dans le quartier de Cheikh Jarrah, on a signalé quelques blessés. De Cheikh Jarrah à Méa Shéarim, où des incidents violents ont eu lieu entre Palestiniens et Juifs orthodoxes.

 

Un groupe de Palestiniens a attaqué un membre isolé de la communauté juive ultra-orthodoxe dans la région d'al Musrara, à proximité de la porte de Damas ; la police est intervenue pour sauver le malheureux du lynchage.

 

Les incidents ont pris une ampleur considérable avec des embrasements du côté du checkpoint de Qalandia, le point de passage entre la partie occidentale de la ville et la Cisjordanie.

 

Vidéo : au checkpoint de Qalandia, heurts entre manifestants palestiniens et la Police :

https://youtu.be/m4UlQIJYaqc

 

Depuis jeudi soir des villages et des quartiers de Jérusalem s'enflamment les uns après les autres, donnant parfois lieu à des images apocalyptiques.

 

Près de l'hôtel Américain Colony. Un groupe de suprémacistes a aussi vandalisé plusieurs véhicules arabes garés dans la rue Naplouse. Ils se sont déchaînés devant le YWCA et l’hôtel Legacy. Ils ont également attaqué la maison d’une famille arabe, qui se trouvait à l’intérieur, à coups de pierres et de bouteilles.

 

Hier, vendredi, les violences reprenaient dans le village d’el Bireh, autour de Bet el en Samarie, au checkpoint au de Ramallah. Ainsi qu'à Kfar Qaddoum, Azzun, Qalqiliya, Beit Dajan, un village à l’est de Naplouse  et Ni'lin à l'ouest  Ramallah.

 

Vidéo : à proximité immédiate de la Porte de Damas. Une vidéo présentée par le Figaro :

https://players.brightcove.net/610043537001/4k4QmRz5g_default/index.html?videoId=6249987725001&playsinline=true&fbclid=IwAR24I5OCjaOiATnaSrz9Yj_WSfOA1Zx8THnVGLRYicDIqc6xZLciN4Ha8Kk

 

C'est toute la périphérie de Jérusalem-Est qui s'est embrasée

 

La zone d’al Musrara, la rue de Jaffa et la place de Sion en plein cœur de la cité.

 

Nous en sommes actuellement à environ 185 blessés, dont 30 policiers et membres de l’unité des Gardes-Frontières (Police).

 

Tout cela parce que Netanyahu a autorisé la descente d’un groupe de fascisants sur la ville. La Police est également victime de cette folie.

 

Ce qu’il y a d’extrêmement préoccupant dans ces derniers événements, c’est qu’ils transportent le différend avec les Palestiniens sur le plan racial. Tant qu’il était politique ou qu’il cristallisait la confrontation entre deux nationalismes, c’était certes presque inextricable, mais il était possible de se comprendre.

 

Mais lorsque l’on transfert la confrontation à une dispute raciale, c’est foutu. Les ultimes ponts vont s’écrouler. Une violence inouïe est inévitable, vu qu’il est impossible de changer de race.

 

C’est comme la dispute sur fond colonial, si cher au Quai d’Orsay, aux intellos et aux journaleux français.

 

L’usage du mot colon est imposé par les antisémites afin d’appliquer la théorie existentialiste de Frantz Fanon (qui, mort depuis longtemps, n’y est pour rien) au conflit israélo-arabe ; ces antisémites rejettent ainsi le narratif des "deux nationalismes légitimes qui s’opposent", et entendent le remplacer de force et grâce à l’itération par celui du "colonisateur-oppresseur faisant face au colonisé-opprimé-occupé".

 

Dans ces conditions, selon les néo-existentialistes antisémites, l’axiome de Fanon selon lequel le colonisé doit user de toute la force, de toute la haine et de tous les moyens à sa disposition afin d’éradiquer son agresseur serait applicable au différend israélo-palestinien. Cela explique entre autres l’empathie systématique en faveur des Palestiniens dans la presse tricolore, et sa capacité à lui pardonner aisément l’assassinat d’Israéliens ; car, quand on est colonisé, on ne saurait être un terroriste, on est un opprimé en quête de son identité, même si on tue et surtout si on tue.

 

On trouve un nouvel échantillonnage de cette déviance dans une énième tentative de l’AFP de justifier les tirs de roquettes islamiste, cette nuit, sur des villages juifs. Dans sa dépêche qui a été reprise par des dizaines de titres francophones, on lit : "Des Palestiniens ont lancé des pierres et des cocktails molotov vers le tombeau de Rachel, lieu saint juif à Bethléem, en Cisjordanie occupée, a ajouté la police (…)".

 

Ce n’est pas vrai. L’AFP ment une fois encore, la Police israélienne n’a jamais publié cela. Ni quoi que ce soit qui y ressemble.

 

Et la Cisjordanie n’a jamais été un Etat ni même un presque-Etat, et ne peut donc pas être occupée. Mais cela est terriblement secondaire.

 

L’essentiel, relativement aux gouvernants et aux autres pyromanes français, est qu’ils ressemblent à Netaynahu et aux suprémacistes juifs dans leur méthode. Cela fait des décennies qu’ils tentent par tous les moyens de nous confiner artificiellement dans une dispute controuvée, qui ne peut être résolue autrement que par un massacre lors duquel le plus fort massacrera le moins fort.

 

Parce que Fanon, qui ne parlait pas d’Israël et des Arabes en écrivant ces choses, a très bien expliqué que, comme dans une guerre raciale, le compromis entre un colon et un colonisé n’existe pas. Il faut un vainqueur qui remporte la mise et un vaincu qui crève.

 

Amir Ohana, le ministre de la Sécurité Publique, l’un des plus violents porte-flingues de Netanyahu, a condamné les récents actes de violence contre les Juifs à Jérusalem perpétrés par des Arabes et a pleinement soutenu les forces de l'ordre pour qu'elles utilisent la force pour faire respecter la loi et l'ordre.

 

Il n’a pas pipé mot des violences perpétrées par les Juifs religieux de Lehava, celles qui ont mis le feu aux poudres, contre les Arabes. A mot les Arabes !

 

En plus d’être inique et cynique, cet oubli de la part d’Ohana est cocasse : l’une des cibles préférentielles de Lehava est les homosexuels. Hors Ohana en est un, librement affiché.

 

Après 87 et 2 000, ont risque sérieusement la Troisième Intifada. Sauf que cette fois, ce serait la faute d’Israël et de son chef de l’exécutif aux abois.

 

Non que les Arabes n’aient pas leur part de torts dans cet embrasement, c’est évident. Des Arabes avaient agressé physiquement des Juifs orthodoxes, violemment et à plusieurs reprises, dans la ville mixte de Jaffa près de Tel-Aviv, et trois adolescents palestiniens ont baffé des étudiants toraniques dans le tramway de Jérusalem.

 

Oui mais… le gouvernement responsable d’une démocratie pratiquant l’Etat de droit ne résout pas un problème en lâchant des Juden über alles sur des suspects. Elle a recours à sa Police et à sa Justice qui fonctionnent parfaitement. Il ne risque pas une guerre civile alors que rien ne l’exigeait.

 

Lire la suite...
 
Ce qui s’est passé cette nuit est extrêmement grave pour Israël (012204/21) Version imprimable
Analyse
jeudi, 22 avril 2021

 

Par Stéphane Juffa

 

Michaël Béhé, Jules Mazouz et Jean et Ilan Tsadik ont participé à cet article

 

Lundi après-midi, Israel Aerospace Industries (IAI) annonçait le succès de ses essais à grande échelle du système d’interception d’avions et de missiles Barak. Hier, dans un article lumineux, Jean Tsadik mettait en garde contre le triomphalisme, rappelant qu’aucun système d’interdiction aérienne n’était parfaitement hermétique. Aujourd’hui, Tsahal, le ministère israélien de la Défense, l’Establishment de la Défense, l’industrie israélienne de la Défense et le monde politique sont en émoi : le Khetz, le fleuron de notre bouclier antiaérien, n’est pas parvenu à intercepter un missile antiaérien syrien datant des années 60, qui a explosé par erreur à 20km du complexe nucléaire israélien de Dimona.

 

C’est effectivement préoccupant.

 

Commençons par les faits avant l’analyse : A 01h38 locales, ce jeudi matin, des chasseurs-bombardiers du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, ont tiré une pluie de missiles air-sol – probablement la dernière évolution du Dalila – sur différents objectifs à proximité immédiate de la capitale syrienne.

 

Certains missiles ont frappé des entrepôts situés entre Damas et le Golan, d’autres, des dépôts de la banlieue ouest toute proche, d’autres encore, au nord de la capitale.

 

La nuit précédente, celle de mardi à mercredi, peu après minuit, plusieurs explosions ont secoué les magasins de la Troisième division gouvernementale syrienne, dans ses retranchements fortifiés au nord et au nord-est de Qalamoun. A 70km au nord-est de Damas.

 

Ces raids vérifiés du Khe’l Avir avaient pour objectif d’oblitérer les armes et les munitions transportées récemment d’Iran et entreposées en ces lieux.

 

Toutes les cibles ont été atteintes, tous les entrepôts et les armes détruits, aucun appareil ou missile israélien n’a été abattu, endommagé ni approché par la Défense Contre Avion (DCA) de l’ennemi. Les media qui prétendent le contraire ne savent pas de quoi ils parlent ou participent à la propagande de guerre du régime de Bashar al Assad.

 

Lors de l’attaque de la nuit dernière, les servants des batteries antiaériennes déployées dans la région de Doumeir, à 10km de l’extrémité nord-est de Damas [carte], ont tiré de nombreuses salves de missiles intercepteurs en direction des missiles et des avions du Khe’l Avir.

 

damas_dimona.jpg

Les étoiles matérialisent les emplacements des impacts

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google earth Pro

 

Les intercepteurs étaient des SA-5 (code de l’OTAN, S-200 d’après la dénomination du fabricant soviétique). Ces engins et leur système sont antédiluviens, ils datent des années 60 et ont été massivement déployés pour la première fois en 1966 le long des frontières de l’URSS d’alors.

 

Actuellement, en Russie, on ne trouve plus de S-200 ailleurs que dans les musées [photo]. Ils pèsent 7 100kg, transportent une ogive de 217kg, et mesurent près de 11 mètres. Les SA-5 se déplacent à une vitesse maximale de Mach 4, soit presque 5 000km/h et sont capables de parcourir jusqu’à 400km.

                                                                           

sa5.jpg

 

Un SA-5/S-200 exposé dans un musée à ciel ouvert en Russie

 

Mais ils sont totalement impuissants lorsqu’il s’agit d’abattre des avions modernes et encore moins des missiles de croisière rapides. A moins d’une erreur de pilotage, comme cela n’est survenu qu’une seule fois à un équipage hébreu depuis le début de la Guerre Civile Syrienne, le 10 février 2018. Ce jour-là, nous perdions un Soufa [héb. : tempête], un F-16 ; l’équipage s’en était sorti après avoir actionné ses sièges éjectables.

 

La taille, le poids et le système de guidage ne permettent pas aux S-200 la maniabilité requise pour courser des cibles de ces genres. Ils appartiennent à la conception des missiles intercepteurs telle qu’elle prévalait dans les années 60. Par exemple, on sait aujourd’hui qu’il est inutile, même pénalisant, de faire appel à 200kg d’explosifs pour abattre un avion ou un missile. Comme indiqué par Jean Tsadik dans son article d’hier, les Barak de dernière génération emportent des ogives de 60kg au maximum (dans certains cas, de 25kg), et leur poids total est égal à celui des seuls explosifs transportés par le SA-5.

 

La grande capacité d’emport du S-200 a toutefois permis d’équiper certaines versions de bombes atomiques tactiques.

 

Une bombe atomique tactique est, selon la définition adéquate de Wikipédia "une bombe A ou bombe H destinée à un usage sur le champ de bataille ou en arrière de celui-ci, visant des cibles tels des quartiers-généraux, des concentrations de troupes, des bases militaires, des moyens logistiques, des navires et avions de combat et pouvant être portée par une vaste gamme de vecteurs. Elle produit une explosion d’une puissance variant entre 300 tonnes et 300 kilotonnes. Les médias anglophones utilisent régulièrement le terme "mini-nuke", qui n'a aucune référence officielle".

 

Le S-200 est capable de délivrer une bombe atomique tactique d’une puissance de 25 kilotonnes, contre 15 à celle d’Hiroshima, pour avoir un outil de comparaison. La puissance destructive de la bombe d’Hiroshima est considérée comme médiocre ; si elle a tuée des dizaines de milliers de personnes, c’est uniquement parce qu’elle a explosé sur le cœur d’une grande ville.  

 

La nuit dernière, les SA-5 tirés contre les avions du Khe’l Avir étaient des simples missiles intercepteurs très surannés transportant des explosifs non-nucléaires. L’un de ces missiles, après avoir manqué sa cible, a poursuivi son chemin et est devenu balistique "par erreur". Ces fusées peuvent alors atteindre une altitude maximale de 40km, soit en plein dans la stratosphère, bien plus haut que l’altitude à laquelle volent les avions. L’avion-espion américain U-2, produit entre les années 1955 et 1989, atteignait 21 300 mètres, pour disposer d’une référence.

 

Il a très probablement parcouru les quelques 320km qui le séparaient de Dimona en ligne droite, passant au-dessus de la ville jordanienne d’Irbid, puis à quelques kilomètres du centre de Jérusalem. Sa trajectoire était totalement incontrôlée, le missile antiaérien a simplement poursuivi sa route en suivant le cap qu’il avait adopté lors de son envol.

 

Il a fini par exploser environ 5 minutes après son décollage tout près du village bédouin d’Abou Qoureinat, à 19km au sud-est de Beersheva, 8.5km au nord-ouest de Dimona, 23km au nord-ouest du réacteur nucléaire israélien et du centre de recherche qui l’entoure, et aussi, à moins de 4km d’une très grande base aérienne du Khe’l Avir, l’une des plus importantes d’Israël.

 

Il convient de mentionner que les sirènes d’alerte ont retenti à Abou Qoureinat et dans la région, ce qui indique que les radars d’interception avaient identifié le SA-5, l’avaient localisé et avaient correctement calculé son point d’impact.

 

Tsahal a lancé un ou plusieurs Khetz en direction de l’intru, mais il, ou ils, ont manqué l’interception, comme l’admet un communiqué de l’Armée israélienne.

 

Le bruit de l’explosion a été entendu jusqu’à Jérusalem et à Modiin, respectivement à 73 et 83km de l’impact.

 

Un grand spécialiste israélien des missiles, Uzi Rubin, a déclaré à ce propos que "la trajectoire d'un missile antiaérien errant lors d'une descente involontaire est très difficile à suivre.

 

Les systèmes de défense aérienne israéliens sont en théorie capables d'effectuer une telle interception avec une préparation appropriée, mais elle se situerait à la limite de l'enveloppe de ses capacités".

 

La Ména confirme les dires d’Uzi Rubin qui ne décrivent cependant pas une situation uniquement théorique. Nous précisons que le 17 mars 2017, quatre chasseurs-bombardiers du Khe’l Avir ont été pris pour cibles par des SA-5 au cours d’une mission de bombardement de cibles autour de Palmyre, dans le désert syrien. Trois intercepteurs après avoir manqué les avions étaient également devenus balistiques. Deux s’étaient écrasés dans de zones inhabitées de l’Etat hébreu, mais un autre, qui se dirigeait vers une zone très peuplée du pays, fut intercepté par un Khetz.

 

Le 1er juillet 2019, un autre S-200 errant tiré depuis la Syrie sur des appareils israéliens a touché la République de Chypre du Nord, soit la partie de l’île d’Aphrodite occupée par l’Armée turque. Le missile avait explosé au sol vers une heure du matin près du village de Vouno, à 20km au nord-est de Nicosie.

 

La nuit dernière, immédiatement après l’explosion du missile syrien vers Dimona, des chasseurs-bombardiers à l’étoile de David ont pris l’air et sont allés attaquer des batteries de S-200 situés à Doumeir. Toutes les installations et les missiles visés, y compris le lanceur qui a tiré le SA-5 sur Dimona, ont été totalement anéantis.

 

Cette attaque comme celle qui s’était déroulée plus tôt dans la nuit ont causé des morts dans l’Armée gouvernementale syrienne. Notre camarade Michaël Béhé annonce entre 12 et 14 morts, dont un officier de l’Armée alaouite des al Assad, ainsi que 18 blessés.

 

La plupart des personnels décédés et blessés étaient des servants de missiles. C’est la première fois depuis le mois de février que des militaires syriens sont visés et atteints lors de raids du Khe’l Avir.

 

En oblitérant ces objectifs, Tsahal a voulu passer les messages aux Syriens selon lesquels le fait de tirer sur des avions hébreux n’est pas anodin ni admissible, même s’ils les manquent. Que leurs missiles sont inefficaces contre nos appareils. Que nous sommes capables de les détruire à notre convenance. Qu’il est de leur responsabilité de détruire leurs missiles en vol avant qu’ils ne deviennent balistique. Que le fait de s’attaquer – intentionnellement ou non – au territoire d’Israël entraîne la mort des agresseurs à très brève échéance.

 

Nul doute que les soldats syriens se rappelleront quelque part dans leur subconscient de l’avertissement d’Israël la prochaine fois qu’ils tireront sur l’un de nos appareils.

 

Mais cela ne résout pas le problème d’Israël. Un missile primitif – une véritable "casserole volante" selon un général d’aviation à la retraite avec lequel j’ai discuté ce matin –, capable de véhiculer une charge nucléaire a transpercé nos défenses comme une motte de beurre.

 

Nous avons échoué à défendre la zone la plus sensible et la mieux protégée de notre pays.

 

On pense avec effroi à ce qu’il serait advenu si les 200kg d’explosifs avaient atteint le réacteur. Ou les centaines d’ogives stockées – selon des sources étrangères – dans le sous-sol du centre de Dimona.

 

Des questionnements urgents nous assaillent : si un SA-5, qui n’est pas conçu pour cela, peut aussi facilement atteindre nos bijoux de famille, les Iraniens n’ont pas besoin de dépenser des milliards pour tenter de développer des missiles balistiques sophistiqués. Il leur suffit d’acheter des SA-5 à des pays de l’ex-bloc soviétique, qui en ont à revendre, pour une bouchée de pain, et d’en envoyer dix à la fois sur Dimona. Ou vingt.

 

Et pour une bouchée de pain, on peut acquérir des matériels largement plus efficaces que ce vieil intercepteur d’avions qui n’intercepte plus jamais rien.

 

La Théocratie perse se gausse aujourd’hui prétendant qu’il ne s’agissait pas d’un missile errant mais d’une attaque préméditée. C’est évidemment faux. Mais cela ne change rien.

 

Il y a lieu de prendre des dispositions immédiates et drastiques, en plus de conduire une enquête approfondie et de licencier les responsables. Car il y en a.

 

J’espère d’ailleurs qu’il s’est agi d’une défaillance humaine, auquel cas elle peut être immédiatement réparée. Car si la source de l’échec est technique, la réparation va prendre du temps, et jusqu’à ce qu’elle aboutisse, Israël sera très perméable aux frappes balistiques de ses adversaires. Plus qu’elle ne l’a jamais été en fait, car lesdits adversaires sont au courant de notre problème.

 

C’est une question de vie ou de mort, rien de moins, pour un pays tout entier et pour sa population, et je n’exagère rien.

 

A quoi sert d’investir des milliards de dollars si, à l’heure de vérité, nous nous montrons incapables d’abattre une casserole volante.

 

A quoi sert d’aller chatouiller les étoiles dans l’exosphère, entre 700 et 10 000 km avec le Khetz IV, et d’y intercepter les missiles hypersoniques, si l’on ne peut protéger la pupille de nos yeux face à des armes de 1960 ?

 

Il me semble entendre jusqu’à Métula les cris qui s’échangent ce jeudi dans les profondeurs de la Kiria – le quartier général de Tsahal – à Tel-Aviv. Le chef d’état-major Aviv Kokhavi n’apprécie certainement pas du tout ce qu’il s’est passé la nuit dernière.

 

Ce, pendant que les ennemis d’Israël, notamment ceux qui s’époumonent à essayer de nous rayer de la carte du monde, étudient les centaines d’enseignements que l’on peut tirer de notre monumental raté.

 

C’est dur. C’est un jour et un constat d’échec. Une piqûre de rappel à la modestie peut-être salvatrice si nous sommes capables de nous remettre en question. Sans chercher d’excuses ni de circonstances atténuantes, car il n’en existe pas. Le bouclier d’interdiction aérienne que nous avons mis au point, en général, le Khetz en particulier, sont spécifiquement conçus pour nous protéger contre une agression dirigée contre nous au moment où nous nous y attendons le moins. C’est même l’une de leurs raisons d’être.

 

Avigdor Lieberman, le leader du parti de droite Yisrael Beiteinou, a émis d’autre part une critique fondamentale à l’encontre de Binyamin Netanyahu, même si l’échec de la nuit dernière ne lui est pas directement imputable :

 

Il a relevé qu’il n’y avait actuellement en Israël "pas de gouvernement fonctionnel, et (que) le pouvoir de dissuasion est épuisé.

 

Netanyahu dort au volant", a-t-il exprimé, "parce qu'il est occupé par ses affaires personnelles". Lieberman a appelé la Knesset à "mettre fin à la paralysie", et les députés à prendre leurs responsabilités.

 

Lire la suite...
 
Le bouclier israélien d’interdiction aérienne est complet. Et il fonctionne bien (022104/21) Version imprimable
Analyse
mercredi, 21 avril 2021

 

Par Jean Tsadik

 

Lundi dernier, IAI, Israel Aerospace Industries [heb. : ha-taassia ha-avirit le-Israël] a dévoilé qu’elle avait réalisé avec succès un essai extensif de son système de missiles d’interdiction aérienne Barak [héb. : éclair].

 

[Vidéo : https://youtu.be/1191b_lBADA source IAI]

 

Durant cet essai, le système a traité et abattu simultanément des menaces et des projectiles divers dans un rayon allant jusqu'à 150 km, y compris l'interception d'un missile balistique assaillant.

 

Le dernier né de la famille Barak, le Barak 8 ER [Extended Range = portée étendue] a été largement mis à contribution durant ce test.

 

La gamme de missiles Barak a été conçue afin de s’opposer aux attaques aériennes, terrestres et maritimes, comprenant des missiles balistiques, des missiles sol-sol, sol-mer, mer-mer, des avions de combat, des drones, des hélicoptères, des missiles de croisière et des bombes planantes.

 

barak.jpg

Un Barak au décollage

Source : IAI

 

Les Barak complètent le bouclier aérien mis au point en Israël, qui inclut le Dôme de Fer, pour les interceptions jusqu’à 35km, la Baguette Magique, efficace jusqu’à 70km, et les Khetz [heb.. flèche], capables d’abattre des missiles balistiques dans l’exo-atmosphère, ainsi que des missiles hypersoniques.

 

Les Barak partagent d’ailleurs le radar digital MMR qui équipe le Dôme de Fer et la Baguette magique.

 

Cela contribue à rendre les composants du bouclier antiaérien israélien partiellement redondants. Ainsi, nous serions terriblement étonnés si les concepteurs des Barak n’avaient pas envisagé qu’ils fonctionnent comme une chance d’interception supplémentaire au cas où un missile balistique ennemi, iranien par exemple, aurait déjoué les tentatives de neutralisation des Khetz.

 

Les Barak ont la particularité de pouvoir être installés sur des navires ; l’ER équipera ainsi les corvettes israéliennes SAAR (fabriquées en Allemagne) ainsi que les destroyers indiens de la classe Visakhapatnam.

 

Les déclinaisons précédentes sont déjà opérationnelles sur quatorze bâtiments de la flotte indienne. Jusqu’à présent et selon les chiffres officiels, 1 000 missiles ont déjà été fabriqués, et les revenus issus des Barak atteignent les 7 milliards de dollars pour Israël [5.83 milliards d’euros].

 

kochi.jpg

Le Kochi, un destroyer de la Marine indienne de la classe Calcutta,

en train de lancer un missile Barak

 

Ils ont été commandés par l’Inde, qui est partenaire dans le développement et la fabrication de ces systèmes, et par l’Azerbaïdjan, le Chili et Singapour. D’autres pays, à l’instar de la Pologne et de l’Allemagne envisagent également d’acquérir des Barak.

 

De même que d’autres encore, dont la dotation n’est pas rendue publique mais que l’on peut situer sans prendre de risques inconsidérés dans la péninsule arabique. A notre avis, les ventes des déclinaisons des Barak jusqu’à la version ER devraient atteindre dans les cinq ans, sans compter les ventes à l’Inde et Israël, un chiffre d’affaire avoisinant 20 milliards de dollars. Nous sommes convaincus à Métula que des contrats ont d’ores et déjà été signés dans cette tranche de commandes.

 

barak2.jpg

Un Barak lors de l’essai dans la partie occidentale du désert du Néguev

Source : IAI

 

L’intégration des Barak, avec l’arrivée de l’ER, constitue une révolution supplémentaire proposée par Israël dans le domaine de la façon de faire la guerre.

 

Elle inclut des lanceurs intelligents, capables de gérer même sans intervention humaine de nombreuses batteries navales et terrestres reliées à un système de commandement et de contrôle central.

 

On peut parler dans ce cas de gestion modulaire multidimensionnelle – c’est-à-dire capable de gérer des attaques de projectiles d’une grande diversité, de portées et à des altitudes très différentes.

 

Ainsi, les mêmes lanceurs sont capables d’envoyer des missiles intercepteurs dissemblables, comme le Dôme de Fer, la Baguette Magique et les différents Barak.

 

Le système est capable de déterminer seul quels sont les missiles intercepteurs et les composants du système qui doivent être activés en fonction de la nature des menaces. Cette gestion du combat flexible et autonome, qui n’existe nulle part ailleurs à ma connaissance, optimise considérablement l’efficacité des missiles intercepteurs en fonction des menaces se faisant jour pendant le combat.

 

Cette révolution permet aussi aux utilisateurs de s’équiper progressivement de missiles intercepteurs existants et en phase de développement, selon l’évolution des menaces auxquelles ils ont à faire face et en tenant compte d’un cadre budgétaire limité et adapté auxdites menaces.

 

Ce, sans avoir à acheter un nouveau système de gestion, des nouveaux lanceurs, ni avoir à entraîner ab initio des personnels sans cesse sur de nouveaux équipements.

 

Sans en parler spécifiquement, avec l’avènement des Barak 8 et ER, Israël est désormais capable de proposer un système intégré d’interdiction aérienne.

 

Au-delà de l’aspect stratégique du déploiement d’un tel bouclier pour l’Etat hébreu, l’industrie de l’armement israélienne entre ainsi en compétition directe avec le S-400 russe et aussi, et c’est pour cela qu’on hésite à l’évoquer, avec les dispositifs américains.

 

Le grand avantage du système israélien restant qu’il est incessamment testé au combat ou, du moins, en situation constante de pré-affrontement.

 

Par rapport au S-400 russe, considéré jusqu’à récemment comme l’un des plus performants au monde, l’avantage des Israéliens est que le leur fonctionne… La Ména ayant participé par ses analyses de situations conflictuelles, notamment en Syrie, à démontrer que le S-400 n’est qu’un système exceptionnel sur… le papier.

 

La compétition en cours entre le système israélien et le S-400 va aller s’accentuant ces prochaines années. La Turquie a reçu quatre batteries du système russe équivalant à 36 lanceurs et plus de 250 missiles.

 

La Chine en a acquis. L’Iran aimerait bien s’en procurer.

 

L’Arabie Saoudite désirait acheter des S-400, mais est revenue sur sa décision après que Moscou n’ait accepté de lui fournir que le modèle plus ancien des S-300. Les Russes craignaient sans doute que leur système de pointe ne devienne accessible à ses concurrents, qui pourraient ainsi établir ses capacités réelles.

 

Riyad n’a plus aucune raison sensée de se fournir en matériel russe pour se prémunir des menaces constituées par la Théocratie iranienne et par les Houthis yéménites.

 

Le cas le plus intéressant est celui de l’Inde. L’un des plus grands marchés d’armement de la planète en raison de sa confrontation permanente avec le Pakistan, puissance nucléaire.

 

Comme je l’ai écrit précédemment, l’Inde est partenaire dans le développement des Barak. La quasi-totalité des tests de la version maritime ont été effectués sur des navires indiens. La société indienne Bharat Dynamics Limited fabrique une partie des composants du système [les missiles, il s’agit d’un excellent choix en considération du montant relativement modeste des salaires en Inde et de la nécessité de fabriquer les missiles en quantités industrielles. Ndlr.].

 

L’Inde avait signé en octobre 2016 un accord avec la Russie prévoyant l’achat de cinq systèmes de S-400 pour un montant de 5.43 milliards de dollars [4.52 milliards d’euros]. Les livraisons étaient censées débuter en 2020.

 

Etrangement (ou pas) New Delhi a passé commande à Israël, en plus de ses besoins navals, pour 40 lanceurs (accueillant 8 missiles chacun) et d’un total intermédiaire de 200 missiles.

 

Ces contrats correspondent très précisément à cinq systèmes. Le montant de la commande, pour autant que nos informations soient correctes, se situe entre 5 et 7 milliards de dollars. Les livraisons ont effectivement commencé en 2020, et le déploiement du bouclier devrait être complet en 2023.

 

On ignore à Métula ce qu’il est advenu du contrat russe, mais on doute fortement que les Indiens aient l’intention de se doter à la fois des systèmes russe et israélien. D’autant plus qu’ils sont associés dans l’israélien.

 

L’annonce des essais réussis par IAI est très réjouissante à la fois pour la défense d’Israël et pour son avenir économique. Boaz Levy, le président d’IAI a précisé qu’ "Israel Aerospace Industries développe et fabrique tous les composants du système Barak - radars, lanceurs, missiles et centre de commande et de contrôle - une capacité dont ne dispose qu’un très petit nombre d'entreprises de par le monde.

 

Cette capacité ajoutée à celle du développeur (R&D) principal de ces armes, RAFAEL, l’Autorité (étatique) pour le Développement de l'Armement, font d’Israël un leader mondial dans plusieurs domaines, notamment celui de l’interception aérienne.

 

Mais il ne faut certainement pas confondre la satisfaction de pouvoir concevoir les moyens de nous protéger avec un quelconque triomphalisme.

 

D’abord parce qu’aucun bouclier de protection antiaérienne n’est parfait. Le Dôme de Fer atteint 90% de réussite, ce qui n’est pas l’herméticité.

 

Ensuite, parce qu’il est impossible de se reposer uniquement sur cette faculté étonnante que nous avons de pouvoir abattre les projectiles que nos ennemis nous adressent. Chaque missile que j’ai évoqué dans cet article coûte entre 35 000 euros et plusieurs millions. Or nos adversaires – l’Iran, le Hezbollah et le Hamas - disposent de dizaines de milliers de roquettes et de missiles de divers types.

 

Ils sont certes primitifs et le rapport de force entre eux et nous est totalement asymétrique.  Mais c’est précisément notre faiblesse et leur force : ils remplacent la qualité qui coûte cher par le nombre, bon marché.

 

Dans le seul Liban, le Hezb disposerait de plus de 120 000 roquettes et de quelques dizaines de missiles.

 

A ce propos, je tiens à exprimer qu’à la Ména nous n’avons pas cru une seconde à la version de la crise cardiaque qui aurait frappé le no.2 des Gardiens de la Révolution khomeyniste Mohammad Hossein-Zadeh Hejazi. Même des voix à l’intérieur de l’Iran réfutent cette version et attribuent sa mort soit à une élimination par ses propres patrons – ils auraient été déçus par ses performances ou craignaient qu’il ne collaborât avec Israël -, soit par les Israéliens que les activités d’Hejazi gênaient manifestement.

 

L’objectif no.1 de cet individu consistait à permettre au Hezbollah au Liban et en Syrie de transformer les roquettes – des fusées dépourvues de système de guidage – en missiles, équipés d’un système de guidage par GPS. 

 

D’après ce que nous en savons, cette tentative n’a pas connu le succès escompté.

 

Le prix des roquettes du Hezbollah et du Hamas ne dépasse pas 3 000 euros pièce. Or pour intercepter chaque roquette et chaque missile tiré par ces ennemis, il est nécessaire d’envoyer un intercepteur dont le prix minimum est de 35 000 euros.

 

Le compte est vite fait. D’ailleurs, à ces coûts, l’on peut imaginer que nous ne disposons pas et ne disposerons pas de dizaines de milliers d’intercepteur.

 

Bien sûr, en cas de conflit nous ne nous contenterons pas de nous défendre et nous frapperons nos ennemis et leurs rampes de lancement avec nombre et précision.

 

Mais cela ne suffira pas. Le but de notre bouclier consiste à protéger notre population et nos infrastructures militaires et civiles durant quelques jours. Le temps de frapper leurs stocks de roquettes et de préparer une offensive terrestre. Car il n’y a que comme cela que nous pourrions museler le Hezb et le Hamas. Pour l’Iran, c’est différent, c’est un pays, pas une milice terroriste vouée à la guérilla, nous pouvons lui infliger des destructions massives qui suffiraient à le réduire au silence.

 

Nos politiciens n’évoquent pas ce paramètre du rapport de force. Nos militaires non plus. Parce qu’il est beaucoup moins sexy que les images des fusées élégantes s’élevant dans le ciel. Parce que cela passerait pour une menace, alors que les chefs ennemis savent parfaitement ce dont nous sommes capables et que cela est suffisant au niveau de la dissuasion. Parce que cela signifie que des Israéliens, civils et militaires, mourront, et que nous aurons à gérer de nouvelles et pénibles occupations de contrées hostiles. Parce que nous n’éprouvons strictement aucun antagonisme contre les populations du Liban et d’Iran, qui sont nos amis et qui subissent le Hezbollah et la junte théocratique à leur corps défendant.

 

Il existe bien une solution. Elle consiste à remplacer les missiles intercepteurs par des faisceaux laser. On pourrait utiliser les mêmes radars et directeurs de tirs qu’aujourd’hui.

 

Cela n’est pas de la science-fiction du tout. Nous avons déjà développé et possédé un système laser au début des années 2 000, le Nautilus. Il est parvenu à détruire 28 roquettes et 6 obus en vol entre 2002 et 2004.

 

Lire la suite...
 
Israël : explosion sur un site sensible-défense (012104/21) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 21 avril 2021

 

Une importante explosion a eu lieu hier (mardi) sur un site d’essais de la société Tomer au centre d’Israël.

 

La déflagration a été vue et entendue à des kilomètres à la ronde.

 

tomer.jpg

L’explosion

 

[Regarder la vidéo de l’explosion : https://twitter.com/i/status/1384473172645355525 ].

 

On ne fait état d’aucun blessé.

 

L’explosion s’est produite "durant un test de routine".

 

Les responsables de la société ont annoncé qu’il s’est agi "d’un essai contrôlé sans circonstances exceptionnelles".

 

La formule est ambiguë et laisse à penser que cette déflagration était prévue et attendue lors de ce test. Ce qui peut paraître surprenant au vu des images et des vidéos de l’événement. Ce d’autant plus qu’il a eu lieu à proximité de zones résidentielles.

 

Le lieu de l’explosion est un site "sensible défense". Tomer travaille pour l’Armée israélienne et participe à l’élaboration du missile anti-missiles balistiques Khetz IV [heb. : flèche] ainsi qu’à la fabrication de moteurs de fusées spatiales.

 

Les media iraniens et dans les pays hostiles à Israël font leurs gros titres sur ce qui nous semble être un incident.

 

Nous nous rallions aux informations officielles, en notant qu’une enquête est en cours pour définir avec précision ce qu’il s’est passé.

 

Au vu des indications en notre possession, nous écartons spécifiquement l’hypothèse d’une riposte iranienne à l’attaque contre le site de Natanz en Iran.

 

 

 
Snapshot des relations d’Israël avec le Liban et l’Iran (info # 011904/21) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 19 avril 2021

 

© Metula News Agency

rj.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Le rédac-chef de la Ména, l’analyste stratégique Stéphane Juffa était l’invité ce lundi matin du journal d’Ilana Ferhadian sur Radio J.

 

Ecoutez l’interview de 12 minutes :

 

https://www.radioj.fr/podcast/stephane-juffa-redacteur-en-chef-de-la-metula-news-agency-est-linvite-dilana-ferhadian/

 

Juffa a répondu à des questions de la journaliste concernant l’état des relations et les rapports de force stratégique et militaire d’Israël avec l’Etat libanais, le Hezbollah et la Théocratie chiite iranienne.

 

jouna.jpg

 

 
Le respect n’est pas négociable (011704/21) Version imprimable
Analyse
samedi, 17 avril 2021

 

Par Jules Mazouz

 

Le 1er avril dernier, après un mois de promesses non tenues et deux articles de rappel de notre part, Météo Consult et la Chaîne Météo (TV) avaient enfin modifié leur erreur qui géolocalisait l’agglomération de Métula au Liban. Je pouvais finalement rédiger un article qui s’est intitulé : "Métula est de retour en Israël..".

 

J’étais satisfait d’avoir participé à remettre la synagogue au milieu du village. Un peu comme on se sent lorsque l’on a fini de faire le ménage et que l’on apprécie du regard une maison propre et bien rangée. Ce n’était certes ni l’Affaire Dreyfus ni la Controverse de Nétzarim, mais pour le respect dû aux choses et aux gens, et pour dissiper les arrière-pensées qui ne manquaient pas de commencer à se manifester, j’avais refermé la boîte de Pandore.

 

J’y étais parvenu juste avant que quelqu’un ne l’ouvre en dépit de l’interdiction de Zeus, et que ne s’en échappent les fléaux qui ruinent l’humanité, la Vieillesse, la Maladie, la Guerre, la Famine, la Misère, la Folie, le Vice, la Tromperie, la Passion et l'Orgueil.

 

Mais j’allais devoir déchanter. Dans ce monde et la période délicate que nous traversons, il n’y a pas de place pour la satisfaction. Le temps est au qui-vive et à l’attention. Jamais il ne dort le gardien d’…

 

Je n’en voulais pas spécialement à Météo Consult et à mon interlocutrice, Madame Karine Braz, ni même aux deux entités météorologiques qui appartiennent au Figaro, lui-même propriété du Groupe Industriel Marcel Dassault (GIM Dassault), dirigé par Charles Edelstenne.

 

De plus, comme ils avaient enfin pris la décision de ramener notre rédaction en Israël et qu’ils se montraient tout à coup réactifs, tout allait pour le mieux, du moins en étais-je convaincu.

 

C’est alors que, peu après mon papier du 1er avril, plusieurs lecteurs s’adressèrent à la rédaction de la Ména afin de l’informer – c’était le monde à l’envers – que Métula figurait bien désormais en Israël lorsque l’on tapait Métula sur leurs moteurs de recherche ; mais que dans leur base de données, notre village préféré figurait encore dans le district de Marjayoun au Liban.

 

Pour ne rien arranger, d’autres localités israéliennes, à l’instar de Manara et Margaliot dans le Doigt de la Galilée, apparaissaient dans le même répertoire. Pour couronner le tout, lorsque l’on cherchait le temps qu’il y faisait, on se retrouvait "au Liban", ou alors, ces conurbations étaient apatrides, n’étant rattachées à aucun pays. C’était pire encore à mes yeux, car je n’ai trouvé aucune autre ville au monde sur Météo Consult et la Chaîne Météo (TV) qui n’avait pas d’attribution nationale. Uniquement des localités israéliennes, cela ne pouvait plus être simplement le fait du hasard.

 

J’informais Madame Braz de la découverte de nos lecteurs et pus apprécier la fermeté de sa détermination, car dès le lendemain, les escobarderies étaient corrigées. Cela ne valait pas de vous déranger avec un nouvel article sur ces péripéties, puisque, comme dit le diction : Tout est bien qui finit bien.

 

Je pouvais donc annoncer à ma rédaction que tout était maintenant okay, et qu’il ne restait qu’à recevoir les excuses des intéressés, que nous leur avons réclamées et leur réclamons encore, pour clore définitivement le dossier.

 

Prudent, le rédac chef procéda, avant de tirer des feux d’artifice, à une seconde vérif et il demanda également à nos deux camarades du service cartographique, des spécialistes, de l’accompagner dans cette recherche.

 

Bien leur en prit. Rebelotte ! D’autres localités israéliennes, notamment au sud du lac de Tibériade, étaient attribuées à la Jordanie, comme Gesher [photo], ou étaient privées de rattachement national, à l’instar d’Ashdot Yakov [photo].

 

meteocon_gesher.jpg

 

meteocon_ashdot_yakoov.jpg

 

C’était irritant, mais pas suffisamment pour me faire perdre mon sang froid. Retour à Madame Braz, toujours aussi affable, et nouvelles corrections sous 24h. Seul point d’achoppement : elle me proposa de procéder à un examen de toutes les villes israéliennes, ce que je refusai naturellement de faire. Expliquant que ce n’était pas mon boulot, que je travaillais à la Ména, non chez Météo Consult. Mais surtout, je ne me rappelle pas si je l’ai dit ou si je l’ai pensé très fort, il était exclu pour moi de créer une exception israélienne. C’était aux géographes du Groupe Industriel Marcel Dassault, qui s’étaient trompés sur toute la ligne et uniquement en ce qui concerne l’Etat hébreu, de corriger leurs fautes. En réattribuant les villes israéliennes à leur pays, comme ils l’avaient fait pour le reste du monde.

 

Autant que nous puissions nous en rendre compte – l’expérience rend prudent – l’incident est clos. Grâce à l’attention de nos lecteurs et à notre opiniâtreté, les relations avec le GIM Dassault sont sauves. Enfin, elles le seront lorsqu’il aura présenté ses excuses aux habitants de Métula et aux Israéliens. Ce que nous espérons qu’il fasse rapidement, car nous comptons des amis sincères – pas uniquement, il y a aussi des adversaires – au Figaro. Et certains de nos camarades de la Ména appartiennent aussi au monde de l’aviation, donc nous ne recherchons que le respect mutuel et la cordialité.

 

Est-ce tout ?

 

Non.

 

Avant d’écrire ce compte-rendu, je me suis demandé s’il était opportun, au moment où les Juifs français sont terriblement préoccupés par la décision de la Cour de cassation consistant à confirmer l’irresponsabilité pénale de Kobili Traoré, qui, en avril 2017, à Paris, avait agressé et défenestré une femme française de confession juive de 65 ans, Sarah Halimi.

 

Je ne vais pas revenir sur les considérants de cette affaire, d’autres intervenants, et notamment des spécialistes du droit, l’ont fait correctement. Et nous, vous nous connaissez depuis vingt-et-un an, à la Ména, lorsque qu’une information est correctement présentée par d’autres, nous laissons Tornado à l’écurie. Nous ne pensons pas que la répétition ajoute à la prise de conscience.

 

La plus haute juridiction de la justice française a confirmé qu’un meurtrier ayant tué sous l’emprise de la drogue une femme sans autre mobile que sa judéité et avec une férocité barbare ne doit pas rendre compte de son acte devant un tribunal.

 

Alors que si vous êtes à l’origine d’un accident sur la route après avoir fumé du Hashish, votre responsabilité s’en trouve aggravée. Alors qu’un dégénéré marseillais a été justement condamné à de la prison ferme pour avoir défenestré son chien.

 

J’ai lu ce matin l’article rédigé au sujet de cette décision de justice par le grand-rabbin de France Haïm Korsia sur le Figaro. J’avoue qu’il m’a laissé sur ma faim.

 

D’abord, parce que je l’ai cherché sur l’édition électronique du quotidien et qu’elle n’y figure pas sur cinq colonnes à la une. Pour être plus précis encore, même en déroulant le site au-delà de la moitié de son contenu, je n’ai pas vu l’article du grand-rabbin. Si la rédaction de Métula ne me l’avait pas signalé ce matin, je n’aurais eu aucune chance de le lire.

 

Pourtant il est très récent, il a été publié hier. Le moins que l’on doive en déduire est que la nouvelle n’accapare pas l’intérêt supérieur de la rédaction du Fig, voire celui des Français.

 

Ensuite, parce que la consultation de l’article est réservée aux abonnés et que pour un commentaire de cette nature, cela me surprend beaucoup.

 

Et puis, parce que c’est à nouveau un Juif qui s’émeut d’un double crime – celui de Traoré et celui de la justice – commis sur un Juif en France. Haïm Korsia a probablement réclamé une tribune et on la lui a donnée. Point. Que cela ne remue pas les océans et ne provoque pas de Tsunami !

 

Il aurait fallu des éditoriaux des faiseurs d’opinion à en inonder les media. Des gens fréquentables qui marchent les yeux ouverts, comme Michel Houellebecq, Michel Onfray, Eric Zemmour, Caroline Fourest, j’en passe, il y en a quelques autres…

 

Mais ils étaient occupés ailleurs, même si ce sont des amis sensibles et émotifs.

 

Et pour finir, le texte du grand-rabbin, qui dit tout ce qui doit être dit, ponctuant sur un "France, mon pays, notre pays, pays de paradoxes parfois mais toujours de raison et d’espoir, réveille-toi.".

 

La France n’entendra pas car il manque un point d’exclamation. Erreur de grammaire, erreur de ton. Ce ne sont pas les Juifs qui excluent la France, c’est la France qui exclut ses Juifs de sa solidarité nationale.

 

Restent les Juifs avec les Juifs.

 

Il manque à la lettre du grand-rabbin la révolte et la transcendance. Ce qu’il a écrit, tous les Juifs ayant un certificat d’étude le savent, et les non-juifs s’en foutent. Le Covid incontrôlable, le gouvernement incompétent, c’est autrement préoccupant.

 

Pourtant ils manquent quelque chose de fondamental. Ce qu’il s’est passé cette semaine ne ressemble à rien d’autre. Les citoyens français juifs, irréprochables depuis vingt siècles, présents chaque fois que les autres Français démissionnaient, sont profondément troublés par deux choses :

 

Si l’on peut massacrer une vieille dame juive et la défenestrer sans être puni, la République ne répond plus de notre sécurité.

 

Si nos compatriotes ne se mobilisent pas par millions et spontanément face à deux actes d’une telle gravité – et pas moins que par millions ! – c’est que nous ne sommes pas ici chez nous. Qu’on nous haït ici pour ce que nous sommes et pas à cause de ce que nous faisons.

 

C’est que les temps sombres de Drancy mais qui restent gravés dans tous les cerveaux juifs, pendant lesquels la vie d’un chien valait plus que celle d’un Juif sont revenus. De la dégradation de Dreyfus à l’imposture du faux assassinat de Mohammed Dura, en passant par les lois d’exception de Vichy et l’assassinat de Georges Mandel dans la forêt de Fontainebleau, la France ne respecte donc ses Juifs que durant des laps de temps limités.

 

Les Juifs se demandent si c’est dans son ADN. Les Juifs se demandent si les gouvernants et les intellectuels ne souhaitent pas, consciemment ou non, qu’ils s’en aillent ?

 

Le meurtre non jugé de Madame Sarah Halimi, l’apathie des Français, l’absence de réaction des responsables politiques, des avocats et des juges juifs. L’absence de vrais leaders dans la communauté. La profusion d’associations qui ne servent à rien et qui ne font rien que quémander des honneurs. Le doute. L’horizon complètement bouché.

 

Les gens me parlent. J’ignore si cela intéresse quelqu’un, mais suite à cette cascade malheureuse d’événements, cent mille Juifs vont quitter la France dans les douze prochains mois. Quatre-vingt-dix-mille pour se rendre en Israël. L’exode, c’est fini, quel que soit le prix à payer.

 

Et deux-cent mille envisagent sérieusement cette option, à laquelle ils n’auraient jamais songé auparavant. Dans vingt ans il ne restera rien en France de la communauté la plus républicaine et fidèle du pays.

 

Après la Controverse de Nétzarim, la démonstration du non-attentat contre le carré juif du cimetière de Pantin, la rectification des cartes de Météo Consult et de la Chaîne Météo, et des tas d’autres interventions, la Ména a imposé le respect des Juifs un autre jour où les Juifs français n’y étaient pas.

 

Moi j’ai compris pourquoi il fallait investir tant d’énergie pour obtenir que Métula soit reconnu tel un village israélien. Les autres villes aussi. Jusqu’au bout. Sans lassitude. Sans compromis. Parce que le respect ne se négocie pas. Dès que l’on transige, il disparaît, et l’on peut dès lors jeter des Juifs par les fenêtres ou les pousser dans des trains à bestiaux.

 

Nous attendons des excuses.

 

 
Natanz : Israël s’occupe de ses affaires (011204/21) Version imprimable
Analyse
lundi, 12 avril 2021