Trêve à Afrin ? (info # 021602/18) Version imprimable
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vendredi, 16 février 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula 18h00, vendredi, 17h00 à Paris

 

Depuis plusieurs heures maintenant, nous ne décelons aucune activité militaire dans l’enclave d’Afrin. C’est la première fois que les armes se calment depuis 23 jours.

 

Pas de bombardements aériens, ni de l’artillerie turcs et pas d’opérations au sol, après une matinée qui fut encore sanglante.

 

Nous savons qu’une réunion s’est tenue aujourd’hui entre des représentants russes, des chefs YPG et des émissaires gouvernementaux syriens à Tel Rifat, à la base du saillant kurde en direction d’al Bab et il est probable que la trêve soit liée à cette rencontre.

 

De nombreuses rumeurs circulent quant à la nature du cessez-le-feu et d’un éventuel accord, mais nous n’en savons pas davantage pour le moment.

 
Le pays où les criminels vont en prison (011602/18) Version imprimable
Analyse
vendredi, 16 février 2018

Par Ilan Tsadik

 

En constatant toutes les horreurs qui ont été dites au sujet de notre Premier ministre Binyamin Netanyahu, il me semble qu’il est grand temps de régler son compte à la cabale de gauchistes de la Police, de la presse et de l’opposition qui persécute le chef de l’exécutif israélien. Plus encore, ces mécréants - leur jeu est transparent et M. Netanyahu les dénonce chaque fois qu’il prend la parole -, sont en train de tenter un véritable coup d’Etat destiné à prendre le pouvoir par des manipulations juridiques de bas étages, n’ayant pas réussi à remplacer le président du conseil au suffrage universel.

 

Le moment est venu de révéler au public les visages des deux protagonistes – ne devrait-on pas les appeler les chefs du complot ? – qui sont à l’origine de la recommandation de la Police, mardi dernier, d’inculper Binyamin Netanyahu dans deux affaires pour corruption, fraude et abus de confiance.

 

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Le gauchiste de gauche (hé hé !) se nomme Roni Alsheikh, l’autre conjuré, Avichaï Mandelblit. Le second est le procureur général de l’Etat d’Israël, il a été nommé à ce poste (le félon !) par M. Netanyahu, il est Juif pratiquant et général à la retraite de Tsahal [deux qualités que l’on trouve fort rarement chez le même individu], où il a occupé, sept ans durant, de 2004 à 2011, le poste d’Avocat général militaire en chef. Cela aurait dû éveiller les soupçons depuis longtemps !

 

Le cas de l’autre traître est pire encore, il s’est acharné pendant des mois avec son complice Alsheikh sur les enquêtes à charge visant M. Netanyahu, que ses proches surnomment affectueusement Inmaculada Concepción, ce qui devrait suffire à établir la preuve de sa parfaite rigueur morale et de son innocence.

 

Roni Alsheikh n’est autre que le chef de la Police israélienne, corrompue jusqu’à l’os, parsemée de gauchistes et d’incapables, c’est Inmaculada Concepción lui-même qui l’affirme. Alors qu’importe s’il a aussi été nommé à son poste par M. Netanyahu, s’il a grandi dans le nid de vipères lubriques gauchistes bien connu qu’est l’implantation de Kiryat Araba et qu’il a étudié dans la yéshiva de l’ultragauche qu’est le Mekaz ha-Rav Kook de Jérusalem.

 

Qu’importe si ce sépharade internationaliste au plus profond de son ADN (son père est yéménite sa mère marocaine !), a fait son service dans la brigade des parachutistes, puis est passé commandant de la brigade du génie, avant que d’être promu commandant en second d’un bataillon. Qu’importe s’il a fait deux guerres et qu’il a quitté Tsahal avec le rang de major !

 

Qu’il ait obtenu une licence à l’Université de Haïfa et une maîtrise à celle de Tel-Aviv, toutes deux summa cum laude, ce qui signifie pour ceux qui ne comprennent pas le latin "à coups de pots de vin" ! Tout comme il a encore reçu une maîtrise de criminologie à l’Université hébraïque de Jérusalem, probablement au bakchich également, et des palmes académiques (pour mieux nager dans la fange) à l’Université de Pennsylvanie aux Etats-Unis.

 

Pas de quoi nous ébahir, toutefois, nous les vigilants ! Non plus que sa position de no.2 du Shin Bet, le contre-espionnage de l’Etat hébreu, rattaché à la Police. De là à se faire nommer à la tête de la Police, ce n’était évidemment pas très compliqué.   

 

Quoique… privé du Shin Bet, Israël pourrait peut-être survivre pendant un mois, ce qui peut gêner la réflexion bien sentie. Et à force de parler de la corruption de la Police à tout va, Inmaculada Concepción oublie sans doute que les Gardes-frontières sont également des policiers, comme les agents de la circulation, ceux qui arrêtent les voleurs et les terroristes, de même que l’unité Lahav [lame] 433, le FBI israélien, spécialisée dans la lutte contre la corruption et le crime organisé. Les gauchistes d’élite qui sont chargés de mettre les criminels comme Netanyahu et ses acolytes derrière les barreaux. C’est au sein de Lahav qu’agit entre autres l’unité des Mistaravim [(héb.) ceux qui vivent parmi les Arabes], les traîtres, gauchistes incapables et lâches qui, habillés en Arabes, plongent au cœur des villes hostiles afin d’en extraire un chef terroristes ayant assassiné des Israéliens ou s’appétant à le faire, recueillant des renseignements, secourant des otages et montant des opérations de contre-terrorisme.   

 

Netanyahu a tant raillé Lahav 433, qui conduit les enquêtes contre lui, que le gauchiste de la yéshiva du Rabbin Cook a dû réitérer sa confiance à ses membres.

 

Est-il besoin de préciser que l’élite des défenseurs d’Israël, qui, chaque jour, risque sa peau pour la défense de son pays, supporte assez difficilement les critiques infondées de celui qui est censé être leur chef suprême. Je connais mal Messieurs Netanyahu, Deri, Bitan et Amsalem, de la coalition gouvernementale, mais je peux vous dire, en revanche, que les tentatives de diversion à leurs dépens passent très mal parmi les as du Shin Bet, de Lahav et du reste de la Police. Rien de tel que des propos comme ceux d’Inmaculada Concepción pour faire poindre le doute et la démotivation chez les premiers gardiens d’Israël.

 

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Binyamin Netanyahu pensif

 

Il paraît que pour sauver sa peau, Bibi, c’est Roni Alsheikh qui l’a suggéré à la télévision, paie des détectives privés afin d’enquêter sur les officiers de police chargés de ses affaires et sur leurs chefs pour chercher des taches dans leurs dossiers professionnels, destinées à les décrédibiliser aux yeux du public où à exercer des pressions sur eux.

 

L’entourage du Premier ministre fait ainsi courir le bruit – tu me tues ô ma rumeur ! – que la Police s’acharnerait sur Inmaculada pour détourner l’attention des media d’une affaire d’harcèlement sexuel dans laquelle seraient impliqués des huiles de la Police.

 

Ca vole très haut. Mais y a-t-il vraiment de quoi s’étonner lorsque l’on sait que le ministre de l’Intérieur, choisi par Inmaculada évidemment, est le repris de justice Arieh Deri, du parti antisioniste Shas, dont le père spirituel Ovadia Abdallah Yossef, très marqué par les métaphores animalières de Jean La Fontaine, comparait les sionistes à des singes et les maîtres d’école laïcs – vous savez, ceux qui enseignent les mathématiques, l’histoire et la géographie – à des ânes.

 

Arieh Deri a passé deux ans derrière les barreaux de la prison Ma'asiyahu, après avoir été reconnu coupable par la justice de corruption, fraude et abus de confiance pendant qu’il exerçait la fonction de ministre de l’Intérieur. Le renommer à l’Intérieur, procède-t-il du simple masochisme, d’un pied de nez aux électeurs ou de l’association de malfaiteurs formée en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes ou délits ?

 

A noter que la somme d’argent - 123 600 euros - détournée par Déri qui l’a envoyé au gnouf était moindre que celle que l’on reproche à Netanyahu d’avoir touchée dans le l’Affaire 1000 de la part du mogul du cinéma hollywoodien Arnon Milchan et du businessman australien James Packer, qui se monte à 226 000 euros.

 

En tout cas, Deri récidive : le ministre de l’Intérieur est actuellement sujet à une nouvelle enquête pénale dans laquelle la Police (encore elle !) le soupçonne d’avoir bidouillé le choix d’un nouveau grand-rabbin pour la ville de Lod contre un pot de vin reçu du milliardaire géorgien Mikhael Mirilashvili, retrouvé accidentellement sur le compte d’une association dirigée par l’épouse d’Arieh Deri.

 

Déri est en bonne compagnie à la pointe de la coalition de gens pour le moins douteux qui dirigent le destin du pays, puisqu’un certain David Bitan, chef de la coalition gouvernementale en question à la Knesset, obligé de démissionner, fait lui aussi l’objet d’une enquête pénale approfondie depuis cet automne. La Police (toujours elle !) soupçonne Bitan d’avoir accepté des pots de vin en échange de l’avancement d’un amendement à la Knesset à la loi sur la planification et la construction qui aurait bénéficié à un promoteur immobilier de Rishon Lezion [250 000 hab.]. Il faut reconnaître qu’il était idéalement placé.

 

C’est du lourd, puisque l’enquête a déjà conduit à l’arrestation d’un certain nombre de suspects, y compris le maire de Rishon Lezion et d’autres responsables municipaux, des hommes d’affaires locaux et des parrains du crime organisé.

 

Cela nous ramène à ce que feignent de ne pas comprendre des afficionados d’Inmaculada Concepción, qui répètent à la cantonade qu’il est stupide de poursuivre en justice un homme de la trempe de Netanyahu pour le seul fait qu’il a reçu quelques cigares en cadeau de la part d’amis fortunés.

 

D’abord, parce que lorsque ces cadeaux atteignent une valeur d’un quart de million d’euros, il y a au moins de quoi froncer un sourcil. Ensuite, parce que lorsque l’on passe régulièrement commande de cadeaux spécifiques – pas uniquement des cigares, des alcools et des bijoux aussi – pour une somme pareille, il devient difficile de continuer d’appeler cela des cadeaux.

 

Mais cela ne suffit pas encore pour impliquer la caractérisation de corruption ; pour qu’il y ait corruption, il faut que le payeur reçoive quelque chose en retour. Or la Police gauchiste est persuadée d’avoir réuni assez de preuves pour démontrer que le président du Conseil israélien a notamment, en contrepartie, poussé une législation avantageant Milchan réduisant les impôts des Israéliens ayant séjourné longtemps à l’étranger. Netanyahu aurait également aidé Arnon Milchan à obtenir la prolongation de son visa aux Etats-Unis et à promouvoir ses intérêts sur le marché de la télévision en Israël.

 

Là, si cela est démontré devant un tribunal, on serait effectivement et indubitablement en présence d’actes de corruption, et encore, de la part de la personnalité la plus haut placée au sein de l’exécutif, et surtout, à la tête de la coalition de députés la plus à même de faire adopter les lois qu’elle a choisies au parlement.

 

Dans la seconde affaire, le dossier 2000, la Police a enregistré des conversations entre le patron du grand quotidien Yediot Aharonoth [les dernières nouvelles], Arnon Mozes, et Bibi, lors desquelles on entend M. Nétanyahou proposer à son interlocuteur de soutenir un projet de loi à la Knesset afin de réduire la circulation d’Israel Hayom [Israël aujourd’hui], un quotidien gratuit, possédant la plus importante distribution parmi les journaux israéliens, grand concurrent de Yediot.

 

En échange, Arnon Mozes devait mettre en place une couverture journalistique plus favorable à Binyamin Netanyhu dans son journal : Bip-bip corruption !

 

A propos de moralité, ces enregistrements montrent comment Inmaculada s’apprêtait à sacrifier Sheldon Adelson sur l’autel de ses intérêts, un milliardaire américain, propriétaire d’Israel Hayom  qui est, par l’intermédiaire de son journal, le principal soutien médiatique (donc pas un gauchiste !) du Premier ministre. Adelson aurait investi 60 millions de dollars dans cette feuille de chou dont l’objectif essentiel consiste à faire l’apologie de M. Netanyahu.

 

D’un point de vue juridique, cela devient même extrêmement grave, bien davantage que dans les cas de Déri et de Bitan, sans oublier l’ancien Premier ministre Ehud Olmert, qui a tout de même passé seize mois en prison entre 2016 et 2017 pour des faits de corruption alors qu'il était seulement maire de Jérusalem.

 

Baste, sans même attendre le moment de l’inculpation, les faits me semblent assez graves afin de m’obliger à publier ici les commentaires suivants :

 

"Un Premier ministre enterré dans les enquêtes jusqu’au cou ne dispose pas d’un mandat moral ou public pour décider des questions déterminantes pour l’Etat d’Israël.

 

Il existe un risque – un vrai risque, pas un risque infondé – qu’un Premier ministre dans cette situation pourrait prendre des décisions basées sur l’intérêt personnel de sa survie politique et non sur la base de l’intérêt national. La chose juste à faire pour ce gouvernement est d’aller à la maison et de rendre son mandat aux électeurs".

 

Exagéré-je ? Comment un journaliste peut-il condamner un Premier ministre non encore inculpé, en se substituant au procureur général et aux juges ?

 

Hum… J’admets que vous auriez raison de critiquer ce commentaire, que, par ailleurs, je n’aurais jamais formulé, trop respectueux que je suis de l’Etat de droit. En fait, j’ai effectivement publié ce commentaire, mais je n’ai pas prétendu qu’il était de moi. Il est de… Binyamin Netanyahu, mot pour mot, adressé à Ehud Olmert bien avant que ce dernier ne soit inculpé, le 26 novembre 2008. Ce fut le 6 septembre qui précéda que la Police israélienne publia sa recommandation au parquet d’inculper Olmert.

 

Netanyahu n’avait cependant pas attendu ces échéances légales pour faire cette déclaration [vidéo] en direct sur la Deuxième chaîne de Télévision israélienne, assénant ad nauseam, dans la même situation qu’Olmert, qu’il est victime d’un coup d’Etat juridico-médiatique.   


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La France se soumet à l’islam radical (info # 011102/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 11 février 2018

 

Par Guy Millière

 

La France n’est peut-être pas le pays le plus antisémite d’Europe occidentale. Tous les pays d’Europe occidentale sont imprégnés d’antisémitisme à des degrés divers.

 

La France n’a pas non plus le parti politique le plus antisémite d’Europe occidentale. Ce titre peu enviable pourrait sembler devoir aller à la formation léniniste conduite par Jean-Luc Mélenchon, qui compte dans ses rangs quelques personnages infréquentables tels Clémentine Autain ou Danièle Obono, mais aussi une cohorte de communistes admirateurs de terroristes “palestiniens” tueurs de Juifs. Je pense néanmoins que le titre doit revenir au parti travailliste britannique conduit par Jeremy Corbyn, et Jeremy Corbyn est un personnage bien plus dangereux que Jean-Luc Mélenchon, car il peut, lui, arriver au pouvoir au Royaume-Uni.

 

La France n’est pas même le pays d’Europe occidentale où l’antisémitisme islamique s’énonce de la manière la plus explicite. Ce titre revient encore au Royaume-Uni, où de multiples prêcheurs de haine peuvent, depuis des années, dire tout haut, explicitement, et devant des micros et des caméras, ce que leurs homologues agissant sur le territoire français énoncent à mots couverts ou de manière plus confidentielle.

 

On peut même ajouter que la France est le pays où les apparents comportements immondes d’un Tariq Ramadan ont été mis au jour et valent à cet individu une mise en examen qui l’a fait tomber du piédestal sur lequel d’aucuns l’avaient hâtivement juché.

 

La France est néanmoins le pays d’Europe occidentale où le plus grand nombre de Juifs ont été tués simplement parce qu’ils étaient juifs au cours de la dernière décennie. Au nom d’Ilan Halimi se sont ajoutés ceux des victimes de l’atroce tuerie perpétrée à l’école Otzar Hatorah à Toulouse, ceux des victimes de cet autre assassinat barbare perpétré au supermarché Hypercacher de Saint Mandé ; puis celui de Sarah Halimi plus récemment. La liste pourrait inclure les victimes de la tuerie au Musée juif de Bruxelles, puisque l’assassin était un musulman de nationalité française.

 

La France est aussi le pays d’Europe occidentale où le plus grand nombre d’agressions antisémites moins graves, mais graves néanmoins, ont été perpétrées au cours de la même période.

 

C’est aussi le seul pays d’Europe occidentale où des manifestations anti-israéliennes ont conduit à une attaque de synagogue, rue de la Roquette à Paris, puis a une autre tentative d’attaque de synagogue, à Sarcelles.

 

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Le pacifisme d'une religion ne se mesure pas au nombre de ses fidèles pacifiques mais à celui des assassins qui tuent en son nom

 

C’est le pays où chaque année se tient le plus grand rassemblement islamiste d’Europe, celui organisé par la branche française des Frères Musulmans au Bourget, sous le nom anodin de “Rencontre annuelle des musulmans de France”. Et même si des prêcheurs aux accents dignes de Goebbels et des admirateurs explicites d’Adolf Hitler ne peuvent s’y exprimer directement car ils sont interdits de séjour, ces prêcheurs s’y expriment par le biais de canaux vidéo.

 

C’est un pays qui a été choisi par les Frères Musulmans pour y prendre graduellement le pouvoir et où la prise du pouvoir avance, comme l’a montré un reportage réalisé ces derniers mois pour la télévision israélienne par Zvi Yehezkeli, dans lequel il apparaît que le gouvernement français fait bien davantage que fermer les yeux sur les activités délétères des Frères Musulmans, puisqu’il les finance en sponsorisant des écoles et lycées qui prolifèrent sur tout le territoire et dans lesquels on enseigne les règles du djihad et la haine des Juifs.


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Moins qu’une guerre et plus qu’une confrontation (info # 031002/18) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 10 février 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula 20h30, samedi, 19h30 à Paris

 

La messe est pratiquement dite après ce samedi de guerre qui a vu s’opposer l’Armée israélienne, d’une part, les forces gouvernementales syriennes, les soldats de la théocratie chiite iranienne et les miliciens libanais du Hezbollah, de l’autre.

 

Tout a commencé vers 4h20 ce matin, heure locale, lorsqu’un avion sans pilote iranien a pénétré dans l’espace aérien hébreu et s’est fait abattre par le missile d’un hélicoptère Apache [a-pa-tchi] au-dessus d’une périphérie inhabitée de la ville de Bet Shéan. A 35km de la Syrie et au sud du lac de Tibériade. En franchissant la frontière, le drone en question a décrassé toutes les sirènes d’alarme du nord du pays et réveillé la plupart de ses habitants.

 

La Syrie, l’Iran et le Hezbollah ont nié la factualité de l’envoi du drone en Israël, assurant que les appareils de ce type n’étaient utilisés que pour combattre l’Etat Islamique dans d’autres parties de la Syrie. La vidéo de l’interception de l’aéronef, fabriqué et piloté à distance par l’Iran, a été diffusée par Tsahal dans l’après-midi et son authenticité, en dépit des dénégations de l’ennemi, ne fait l’objet d’aucun doute sensé.

 

En riposte à la violation de son territoire, le commandement israélien a très rapidement envoyé huit chasseurs-bombardiers F-16 I Soufa [tempête] neutraliser le poste de contrôle à distance iranien de l’avion sans pilote. Celui-ci était situé sur l’aéroport militaire T4, à 60km à l’ouest de Palmyre en Syrie.

 

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T4

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Sur le chemin du retour, l’un des appareils israéliens a essuyé le tir groupé deux douzaines de missiles syriens. Suivant la procédure, dans des circonstances qui seront définies par l’enquête, le pilote et le navigateur se sont éjectés de l’appareil dans la vallé de Nétofa, à proximité de Nazareth. L’un des deux hommes a été grièvement blessé lors de l’éjection ; il a été opéré à l’hôpital Rambam d’Haïfa et son diagnostic vital n’est plus engagé.

 

Aux alentours de 10h, Tsahal a lancé une opération aérienne d’envergure sur la Syrie, en vue, principalement, d’anéantir ses défenses antiaériennes et de détruire des objectifs des armées syrienne et iranienne.

 

Lors du début de cette intervention, l’ennemi a à nouveau tiré des salves de missiles sur les appareils frappés de l’étoile de David. Aucun n’a atteint sa cible, mais les sirènes du radar d’alerte "Couleur rouge" ont à nouveau émis leur hurlement dans tout le nord d’Israël.

 

Des projectiles non explosés sont par ailleurs tombés en divers points de Galilée, dont deux sur le territoire municipal de Métula. L’un a été neutralisé ce matin par des artificiers, le second est en cours de désamorçage.

 

Le communiqué officiel de Tsahal fait état de 12 objectifs atteints et oblitérés. Parmi ceux-ci, trois centres de missiles antiaériens de modèles SAM 5 et SAM 17, y compris leurs radars de tir et leurs dépôts de munitions. Quatre bases militaires au service exclusif des Gardiens de la Révolution khomeyniste et de leurs supplétifs du Hezbollah ont également été annihilées. Boum !

 

L’aéroport T4 a été mis hors service et sa tour de contrôle a été détruite. Une base militaire sur l’autoroute Beyrouth-Damas, à al Dimass, à 4km à l’est de la frontière libanaise et une quinzaine au nord-ouest de Damas a été lourdement bombardée. De même que l’aéroport de Mezzé, sa base militaire et sa prison, qui ne sont séparés que par 4km du palais du dictateur Bashar al Assad, et qui ont déjà été visés à deux reprises par Tsahal [voir les articles précédents]. Un entrepôt de Scuds entre Sakhnya et al Kiswah, à 9km au sud-ouest de Damas, à proximité duquel les Iraniens avaient commencé à reconstruire une base militaire déjà détruite par le Khe’l Avir le 2 décembre dernier [voir l’article] a explosé, atteint par des missiles israéliens. Une aile de l’aéroport international de Damas a subi le même sort, à l’instar du cœur du périmètre central de la brigade 104 de la Garde républicaine à Qassioun, au nord-ouest de la capitale syrienne.

 

D’autre part, des témoins assurent que le Khe’l Avir s’en est également pris à des objectifs dans la Bekaa libanaise et à Derra, dans le Golan syrien, à la frontière jordanienne, et qu’il aurait durement frappé les 150ème et 175ème divisions d’al Assad. Un missile antiaérien syrien est d’ailleurs tombé dans le royaume hachémite.

 

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Le SAM syrien tombé aujourd’hui en Jordanie

 

D’après l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme [SOHR], les avions israéliens ont aussi attaqué des bases militaires dans le désert central syrien qui abritent des Iraniens, des soldats gouvernementaux et des miliciens du Hezbollah libanais.  

 

Le flou est normal dans la situation qui prévaut, car il est voulu. Le porte-parole de Tsahal a susurré qu’ "ils ne connaissent pas complètement les résultats de notre attaque, et ils pourraient être surpris lorsqu’ils découvriront ce que nous avons visé".

 

En attendant, les Alaouites fêtent la perte du F-16 par Israël en se distribuant parmi des friandises dans la rue. C’est pour eux un exploit phénoménal, qu’aucun pays arabe n’avait réussi depuis les années 80. Sauf qu’aucun Israélien n’est mort, et que lorsque l’on fait la guerre, il faut s’attendre à perdre un avion par précipitation tous les 40 ans. Ils font la fête au soir d’une journée durant laquelle ils ont perdu au moins 300 soldats [alaouites, iraniens et libanais réunis], ainsi que la quasi-entièreté de leur système de défense antiaérienne.

 

A partir de 14h aujourd’hui, les postes de télévision des Syriens ont cessé de fonctionner. Leurs missiles aussi.

 

Aux premières heures de jeudi dernier, la même coalition avait déjà perdu 111 soldats sous les bombes américaines. A la Ména, les analystes stratégiques sont convaincus qu’il ne s’agit pas d’un concours de circonstances. Mais cela, ce n’est pas une breaking, c’est une analyse.

 

Pas plus que la provocation idiote de ce matin, qui a consisté à envoyer un drone pour servir de détonateur, n’est due au hasard. Nos voisins ne vont pas bien. Mais on s’en félicite, ce sont aussi nos ennemis. Le porte-parole de Tsahal a aussi déclaré que "ce qui était arrivé jusqu’à maintenant était moins qu’une guerre et plus qu’une confrontation". Reste aux barbares d’en-face de décider comment cela va continuer. Nous, nous sommes prêts à chacune des deux éventualités.

 

 
Nouveaux raids israéliens en cours sur Damas (info # 021002/18) Version imprimable
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samedi, 10 février 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula 09h50, samedi, 08h50 à Paris

 

Selon des sources arabes, le Khe’l Avir est en train de bombarder des objectifs à Damas et dans ses environs. L’agence gouvernementale syrienne confirme l’existence de ces attaques.

 

L’alerte "Couleur rouge" a retenti à Métula et dans tout le nord d’Israël jusqu’à Khatzor ha-glilit, à 33km de Métula.

 

Des dizaines de milliers de skieurs se trouvent actuellement sur les pentes du mont Hermon, à quelques mètres de la frontière syrienne. L’ordre d’évacuation n’a pas été donné pour le moment.

 

Tsahal a émis des "Tzav 8", des ordres de mobilisation de réservistes.

 

Contrairement aux premières informations que nous avions reçues et diffusées initialement, l’un des deux pilotes du F-16 abattu ce matin est grièvement blessé. Après avoir subi des interventions chirurgicales à l’hôpital Rambam de Haïfa, son état est désormais stabilisé et il a été transféré dans une unité de soins intensifs.

 

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Les débris en feu du F-16 qui s’est écrasé ce matin en Israël

 

La crainte actuellement consiste en un éventuel embrasement de tout le front Nord face au Hezbollah sur instruction de l’Iran. La milice terroriste du Hezbollah est entièrement aux ordres de Téhéran, et les installations militaires perses en Syrie sont la proie des attaques de l’Aviation israélienne.

 

La direction de la Ména a décidé de placer l’agence en mode d’alerte élevé et pris les dispositions exceptionnelles qui s’imposent pour continuer à informer ses lecteurs.

 

 
Combats entre Israël et la Syrie. Un F-16 s’écrase, les pilotes sont saufs (info # 011002/18) Version imprimable
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samedi, 10 février 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula 07h25, samedi, 06h25 à Paris

 

Vers 4h20 locales ce matin, les sirènes du système d’alerte "Couleur rouge" ont retenti dans pratiquement tous les secteurs du Golan, ainsi que dans la vallée du Jourdain jusqu’à Bet Shéan et autour du mont Gilboa. Des bruits d’explosions ont été entendus depuis Métula jusqu’à Bet Shéan.

 

Le porte-parole de Tsahal a annoncé qu’un drone iranien en provenance de Syrie avait pénétré l’espace aérien hébreu et qu’il avait été intercepté par un hélicoptère Apache [a-pa-tchi]. Les explosions provenaient sans doute des missiles lancés en direction du drone.

 

Dans les moments qui ont suivi, le Khe’l Avir (l’Aviation israélienne) a lancé plusieurs opérations de représailles contre diverses cibles iraniennes en Syrie. Vers 5h40, les sirènes ont à nouveau sonné dans le Golan, mais c’était, cette fois, en raison de tirs de la DCA syrienne.

 

Selon le porte-parole de Tsahal, les opérations aériennes en Syrie sont toujours en cours et les objectifs ont été atteints et détruits.

 

Un appareil israélien de type F-16 I (Soufa) s’est d’autre part écrasé dans la vallée de Nétofa, à proximité de Nazareth. Les deux pilotes sont parvenus à s’éjecter et ne sont pas blessés. On ignore les raisons de la perte de ce chasseur-bombardier ; il peut s’agir d’un ennui technique ou de dommages subis en cours d’opération et qui n’auraient pas permis à l’avion de regagner sa base.

 
Fin de semaine violente et menaçante au Proche-Orient (010902/18) Version imprimable
Analyse
vendredi, 09 février 2018

 

Par Jean Tsadik

 

Avec Perwer Emmal

 

Grand est syrien :

 

Très tôt dans la matinée d’hier (jeudi), la Coalition occidentale a frappé la Coalition russe dans la région de Deïr Ez Zor, causant la mort de plus de 111 personnes et occasionnant des blessures à 237 autres.

 

L’incident a commencé lorsqu’un contingent d’assaut de la Coalition russe, comprenant 500 soldats, des chars et des canons, a commencé à bombarder le quartier général régional de la Coalition occidentale, situé à 8km de l’Euphrate, indiqué sur la carte par la mention "Cible de l’attaque gouvernementale" et orné d’une étoile rouge à 5 branches".

 

L’unité en question a également entamé un mouvement en direction de cet objectif, en passant entre les agglomérations de Khasham et d’al Tabyiah sous contrôle gouvernemental [carte]. Dans le Q.G pris sous le feu se trouvaient des officiers kurdes des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) ainsi que des officiers U.S. et des représentants d’autres corps expéditionnaires occidentaux, dont des Européens.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

 

Selon des sources russes, aucun militaire du corps expéditionnaire de Moscou n’a participé à cette opération, et les responsables du Kremlin et ceux de Washington seraient demeurés en contact "avant, pendant et après l’incident". Ces affirmations sont confirmées par Washington.

 

Les FDS ont été les premières à riposter avec les moyens terrestres dont elles disposent, suivies de l’U.S. Air force, qui est énergiquement intervenue avec des AC-130 (des Hercules d’attaque au sol), des chasseurs-bombardiers F-15 et F-22, des hélicoptères d’assaut Apache [A-pa-tchi] et de l’artillerie de marine.

 

Les assaillants ont rebroussé chemin à l’issue d’une confrontation qui a duré 3 heures. Un Peshmerga a été blessé lors de l’incident. Des soldats de l’Armée gouvernementale syrienne, des Pasdaran iraniens, des volontaires afghans, des miliciens chiites irakiens et libanais du Hezbollah ont participé à l’opération manquée. Dans les hôpitaux de Deïr Ez Zor, on compte 20 soldats d’Assad tués, 50 tués et 100 blessés iraniens.

 

Le communiqué officiel du Commandement Central U.S. fait état d’une attaque "non-provoquée visant un Q.G bien établi des Forces Démocratiques Syriennes". Selon la même source, "l’attaque s’est déroulée à 8km à l’est de la zone de déconfliction constituée par la rivière Euphrate et sujette à un accord [avec Moscou]".

 

C’est la première fois, à notre connaissance, qu’une source américaine (ou russe) officielle fait référence à l’accord conclu entre Moscou et Washington délimitant l’Euphrate comme frontière entre leurs forces et leurs alliés respectifs. Cette information avait été donnée par la Ména il y a de nombreux mois de cela.

 

La carte peut paraître trompeuse à ce sujet, car on y voit des points d’appui de la Coalition russe entre Deïr Ez Zor et al Tabyah au nord de l’Euphrate. Mais c’est uniquement dans cette zone que les Russes avaient franchi le fleuve, exposant dangereusement la région à une confrontation directe USA-Russie. Ce risque avait accéléré le processus de mise en place de l’accord concernant la frontière de l’Euphrate, qui a tenu depuis lors et jusqu’à jeudi.

 

Les FDS gèrent elles aussi un territoire au sud de l’Euphrate, dans la région de Raqqa, mais cette conquête est intervenue de longs mois avant l’arrivée sur zone de la Coalition russe, tandis que l’accord n’avait pas encore été passé.

 

L’agence gouvernementale syrienne d’information, SANA, argue dans un communiqué que la force d’intervention qui a déclenché l’attaque jeudi "combattait les terroristes de DAESH", et que la riposte de la coalition dirigée par les USA avait pour but de "défendre le terrorisme".

 

Reprenant la même justification, le ministère russe de la Défense a affirmé que "cette agression de la part des forces de la coalition démontrait une fois de plus que l’objectif réel de la présence illégale des forces U.S. en Syrie n’était pas de combattre DAESH (ISIS) [l’Etat Islamique] mais de s’emparer des biens économiques qui appartiennent à la République Arabe Syrienne".

 

Le problème principal de cette argumentation "à la soviétique" est qu’il n’existe aucune présence de combattants de DASH dans la région du Q.G attaqué jeudi, ni dans les 85km qui l’avoisinent. Le second est qu’il nécessite d’ignorer l’existence de l’accord concernant l’Euphrate, et le troisième repose sur le fait que la présence américaine en Syrie n’a, pour le moins, rien de plus illégal que celle de la Russie.

 

Quant à la référence faite au patrimoine économique syrien, elle concerne la région située au nord de l’Euphrate qui, dans cette zone, regorge de champs pétrolifères, autrefois exploités par DAESH et aujourd’hui par les Kurdes.

 

Damas et ses alliés aimeraient bien se les approprier, c’est l’une des raisons de cette tentative de raid. Il y en avait d’autres, en particulier le désir des Russes de tester à moindres frais – la vie des combattants arabes n’a aucune valeur aux yeux de Poutine – la solidité de l’alliance entre les Américains et les Kurdes, notamment après les débuts compliqués de la campagne d’Erdogan contre Afrin. Et avant une éventuelle confrontation FDS-Turquie dans le reste du Rojava. Le moins que l’on puisse en dire est que la réactivité et la détermination de Washington lors de sa réplique a apporté au Tsarévitch la réponse qu’il cherchait : l’Euphrate représente vraiment une frontière à laquelle Donald Trump est attaché et qu’il ne sera guère facile de franchir par les ennemis des Kurdes et de la Coalition.

 

Nord-Ouest syrien :

 

Dans le canton d’Afrin, les forces turques et leurs têtes de Turcs islamistes arabes ont enregistré plusieurs succès frontaliers cette nuit et jusqu’au milieu de ce vendredi.

 

A la faveur de la reprise des bombardements aériens à partir du milieu de la nuit, les plus violents depuis le début de l’agression le 20 janvier dernier, et qui n’ont épargné aucune région ni ville de l’enclave kurde, les Turcs et leurs complices ont enregistré certains gains dans les districts de Jandairis et de Maabatli. Dans le premier secteur, les YPG ont perdu le contrôle des villages et positions d’Hamam, de Nasyriyah, de Dukan et d’Iskan Garbi. Dans le second, les Unités pour la Protection du Peuple ont été contraintes d’abandonner Cheikh Hadid, Tahtani, Fawqani et Soldujuk. Des combats acharnés se déroulent également sur les autres fronts.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

 

Les bombardements aériens de la nuit ont visé - outre la capitale Afrin et les villes de Jandairis, de Shara(n) et de Rajo -, l’aéroport de Minag (utilisé par les hélicoptères américains) et la colline de Tel Rifat, au sud d’Aziz, dans le saillant qui conduit à al Bab.


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Une ville israélienne touchée pas des tirs syriens (info # 010802/18) Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 08 février 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula 21h40, jeudi, 20h40 à Paris

 

Ce jeudi après-midi, la ville israélienne de Majdal Shams, située à 1 300 mètres d’altitude dans le Golan, sur la frontière syrienne, a essuyé des tirs en provenance de la zone de Hader en Syrie, sous contrôle de l’Armée gouvernementale de Bashar al Assad [carte satellite].

 

On ne déplore pas de blessés mais des dommages superficiels à la propriété. Majdal Shams [l’étoile du soleil] est la principale et la plus ancienne des quatre agglomérations druzes (Massadé, Ayn Kenya, Boukata) de la partie israélienne du Golan, avec ses 11 000 habitans. Elle se trouve à 17km à vol d’oiseau en plein est de la rédaction de la Ména à Métula.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base Google Earth Pro

 

L’incident a débuté par des tirs tendus à la mitrailleuse lourde en provenance de la zone de la ville de Hader en Syrie. Sur la photo suivante, on distingue des impacts de balles sur le mur du jardin d’une maison.

 

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Photo Yoshuha Ohana © Metula News Agency

 

Il est peu probable que l’on soit en présence de tirs perdus, vu qu’il n’y a, en principe, pas de rebelles sunnites entre Hader et Majdal Shams (4km de ville à ville). Les rebelles du Front du Sud – un agglomérat d’une soixantaine d’organisations anti-gouvernementales sunnites – se situant plus au Sud sur l’image satellite, au-delà de la ligne verte, à partir de la localité de Jubata al Khashab.

 

On assiste probablement (c’est l’avis des analystes de la Ména) à une tentative de répliquer aux raids d’hier du Khe’l Avir (l’Aviation israélienne) sur des objectifs iraniens et hezbollah à proximité de Damas.

 

La ville de Hader et ses environs, bien que peuplée dans sa grande majorité de Druzes syriens, dont beaucoup ont de la famille à Majdal Shams, est le siège d’une organisation terroriste comprenant essentiellement des éléments détachés des Gardiens de la Révolution perses, de miliciens du Hezbollah libanais et de Druzes favorables au gouvernement Assad.

 

A la mi-juin 2015, cependant, lors d’une offensive des rebelles sunnites contre l’Armée gouvernementale, Jérusalem avait obtenu du Front du Sud qu’il épargne Hader en raison de sa population druze, et ce, à la demande pressante des Druzes israéliens, qui constituent un composant organique de la société israélienne et de Tsahal. L’opposition sunnite armée avait alors quasiment encerclé Hader mais ne l’avait pas prise.

 

On attribue généralement à l’archi-terroriste libanais Samir Kuntar, druze d’origine, la création de l’entité opérant à partir de Hader. Kuntar a été éliminé dans le quartier de Jaramana, à Damas, le 19 décembre 2015 au cours d’un raid ciblé du Khe’l Avir.

 

Suite au mitraillage de Majdal Shams, un drone hébreu a essuyé deux salves, toujours en provenance de Hader, qui, faute de l’atteindre sont retombées sur Majdal Shams, comme en témoigne la photo suivante prise sur le balcon intérieur d’une maison.

 

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Photo Yoshuha Ohana © Metula News Agency

 

Tsahal a toujours répliqué très rapidement, ces cinq dernières années, à tous les tirs en provenance de Syrie, prenant chaque fois pour cibles des positions de l’Armée régulière des al Assad. Ces ripostes ont eu lieu que les tirs soient intentionnels ou qu’il s’agisse de tirs perdus émanant de la Guerre Civile qui se déroule jusqu’à quelques dizaines de mètres de la frontière israélienne. Le gouvernement et l’Armée israéliens tenant Assad responsable de ce qui se déroule sur son territoire.

 

Cette fois-ci, les choses paraissent bien plus graves, car c’est une agglomération habitée qui a été la cible de cette agression, contrairement aux incidents de ces dernières années, durant lesquels les projectiles syriens tombaient à proximité immédiate de la frontière ou sur des terrains en friche. L’on s’attend à la Ména à des représailles importantes qui pourraient être en train de se dérouler pendant que nous diffusons cet article.

 

 
Israël refrappe un objectif iranien à proximité du palais de Bashar al Assad (info # 010702/18) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 07 février 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula 12h15, mercredi, 11h15 à Paris

 

Plus tôt ce mercredi matin, le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, a à nouveau frappé le mal nommé "Centre de Recherche et d’Information de Jamraya", situé à 6km au nord-ouest de Damas, à proximité de la banlieue de Qudssaya. Le centre en question se trouve par ailleurs à moins de 5km du palais présidentiel de Bashar al Assad [en noir sur la carte], et à 68km au nord-est de Métula.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base Google Earth Pro

 

Le Centre de Jamraya [ou Jomraya et aussi Joumraya] avait déjà fait l’objet par le passé de deux raids du Khe’l Avir, le dernier, il y a de cela deux mois. Selon des agences de Renseignement occidentales, il abrite des unités de développement, de fabrication et de stockage de missiles, de roquettes et d’armes non-conventionnelles, à l’instar de gaz de combat.

 

Outre des Syriens, du personnel et des Gardiens de la Révolution iraniens, de même que des miliciens libanais du Hezbollah participent aux activités et à la protection de cette plateforme.

 

Les images satellites récentes ont montré qu’à la suite de la destruction quasi-totale des infrastructures de Jamraya lors du raid du 4 décembre dernier,  l’ennemi, probablement des Perses, avait commencé à édifier de nouvelles constructions.

 

Le haut commandement des Forces armées syriennes a officiellement admis qu’un raid israélien s’était déroulé ce mercredi matin "contre des positions militaires syriennes à proximité de Damas".

 

Le communiqué en question affirme que "les défenses [anti] aériennes de l’Armée ont intercepté les missiles et détruit la plupart d’entre eux".

 

Une déclaration très douteuse, et ce, pour deux raisons : la première étant que Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, a déjà eu le temps de questionner deux témoins oculaires de l’attaque – l’un d’eux vivant dans le quartier d’al Fardous (le paradis) dans le bourg de Jamraya, à moins de 200m de l’installation militaire -, qui lui ont rapporté qu’après l’explosion des missiles israéliens, il ne reste pratiquement rien de la base de Jamraya.

 

La seconde raison étant que l’Armée syrienne ne dispose d’aucun moyen militaire possédant la capacité d’intercepter en vol des missiles des types utilisés par les Israéliens.

 

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Le complexe de Jamraya avant les deux dernières attaques

Source Google Earth Pro

 

Il existe bien deux systèmes antimissiles performants S-400 installés sur le sol syrien, avec lesquels il serait loisible de tenter d’abattre des missiles air-sol. L’un est déployé autour de l’aéroport militaire d’Humaymim, à côté de Lattaquié, l’autre, depuis le milieu de l’été dernier, à 13km au nord-ouest de Masyaf, dans le gouvernorat de Hama.

 

Mais les deux systèmes sont russes et opérés par des soldats russes, sans interférence syrienne. Lors, après la réunion de Messieurs Poutine et Netanyahu à Moscou il y a à peine plus d’une semaine, pour parler précisément du danger d’enracinement iranien en Syrie, il est plus qu’improbable que l’Armée russe ait tiré sur des objectifs israéliens.

 

Un réseau sophistiqué de communications a été établi entre Tsahal et le contingent de Poutine en Syrie afin, précisément, d’éviter des incidents entre les deux aviations. Si les hommes du Kremlin tiraient sur des appareils frappés de l’étoile de David ou sur leurs projectiles, la coordination en question risquerait évidemment d’être interrompue, ce qui n’est pas du tout dans l’intérêt actuel du Tsarévitch.

 

D’autre part, des experts en armement, à l’instar de Jean Tsadik, doutent que, dans leur configuration en Syrie les S-400 soient capables d’intercepter des missiles largués par des chasseurs-bombardiers israéliens sur la région de Damas. Premièrement, ce n’est pas pour ce genre de mission qu’ils ont été programmés, et deuxièmement, la plupart des experts ont acquis la conviction absolue que les Israéliens ont développé et mis en œuvre les contremesures nécessaires à neutraliser le système S-400.

 

Le communiqué de l’Armée syrienne affirme aussi que les missiles ont été tirés à partir d’appareils survolant le territoire libanais. Cette assertion est pour sa part plausible ; des missiles de ce genre, dont la précision consiste en un point d’impact à moins de 30cm de l’objectif visé à 100km de distance, auraient aussi bien pu être largués depuis des avions survolant le Golan ou même à partir de batteries au sol sur le plateau septentrional, mais le ciel libanais offre des avantages de risque-proximité-topographie-surprise intéressants pour un raid de ce type.

 

Ceci mis à part, la rédaction de Métula signale depuis quelques jours une très intense activité du Khe’l Avir au-dessus de ses bâtiments (y compris au moment de mettre cet article en ligne). Au point que les analystes de l’agence seraient surpris qu’il n’y ait pas eu d’autres frappes que personne, ceux qui les ont assénées comme ceux qui les ont subies, n’a intérêt à révéler.

 

A noter enfin que M. Binyamin Netanyahu a procédé hier (mardi) à une visite des positions de Tsahal sur la frontière avec la Syrie dans le Golan. Il a déclaré à cette occasion : "Israël recherche la paix mais elle est prête à tous les scénarios, et je ne suggère à personne de nous mettre à l’épreuve".

 

 

 
Afrin : guerre sans aucun motif logique (010602/18) Version imprimable
Analyse
mardi, 06 février 2018

 

Par Perwer Emmal

 

Les journées d’hier et de ce mardi ont été principalement marquées dans le canton d’Afrin par des combats se déroulant dans les provinces de Shera et Boulboul [carte]. L’événement le plus saillant de ces affrontements ayant été la bataille, lundi, pour le contrôle du village de Dikmetaš [carte], remportée par les Unités de Protection du Peuple (YPG). Durant cette confrontation, l’Armée turque et ses supplétifs islamistes arabes ont perdu entre 34 et 41 hommes.

 

Cette péripétie de la Guerre d’Afrin est militairement significative car elle a eu lieu sur la frontière entre la Turquie et le Rojava, à 8km environ de la ville turque de Kilis, qui compte plus de 100 000 habitants. Des missiles sont par ailleurs tombés sur cette cité durant les combats, faisant un mort et plusieurs blessés parmi les civils.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

 

C’est aussi entre Kilis et Azaz, en territoire syrien occupé par la Turquie depuis 2016, que l’agresseur a déployé le plus grand nombre de moyens terrestre, et notamment des centaines de chars et de canons. Or si les Ottomans et leurs porte-flingues ne sont pas capables de s’approprier le contrôle d’une région limitrophe comme celle de Dikmetaš, on imagine les difficultés qu’ils auront pour prendre celui de l’ensemble de l’enclave kurde.

 

Jusqu’à 15h ce mardi et depuis six heures du matin lundi, le décompte des pertes, que j’établis sur la base du recoupement des témoignages de mes interlocuteurs dans les divers secteurs d’Afrin, atteint les 108 tués pour les forces d’invasion, et plus de 120 blessés, et 19 Peshmerga morts et près d’une quarantaine de blessés, combattants et civils confondus.

 

A Alakin, toujours dans le district de Shera, l’agresseur a perdu 10 soldats lundi et 8 ce mardi. Dans la même région, il en a également perdu 5 sur les pentes du mont Qestal.

 

A la lisière entre le district de Boulboul et celui de Shera, les YPG ont détruit un blindé et ses 5 occupants [vidéo]. On ignore le nombre de morts et de blessés lors de cet incident. A Shexorzé (Cheikh Khoraz), district de Boulboul, les Peshmerga ont nettoyé le village et ses environs de la présence des Turcs et de leurs mercenaires arabes. La bataille à Shexorzé aura duré 3 jours, et coûté aux tueurs d’Erdogan un nombre indéterminé de d’exécutants, que j’estime à une dizaine environ.

 

A Sh’dia, dans le district de Rajo, une unité turque est tombée lundi soir dans une embuscade et tous ses 9 membres ont perdu la vie. Toujours dans la périphérie de Rajo, les YPG ont réoccupé ce mardi matin le village de Haj Bilal (Habilal, Hacbilal) et ses environs, tuant plusieurs combattants ennemis et mettant la main sur une importante quantité d’armes et de munitions. [Voir la vidéo montrant la destruction d’un char turc à Haj Bilal].

 

A 16h locales aujourd’hui, 15h, heure de Paris, les YPG ont détruit un char turc dans le village de Hamam, district de Jandairis. Ses occupants sont présumés morts.

 

Par ailleurs, on m’annonce de source sûre l’arrivée en renfort de combattants YPG à Afrin en provenance du Rojava de l’Est, notamment des villes de Qamishli, Kobané et Hasaké, ainsi que de membres (officiel) du Conseil Militaire Syriaque (chrétiens orientaux, Araméens). Ces troupes fraiches ont impérativement transité par un secteur tenu par l’armée de Bashar al Assad.

 

Ce mardi en fin d’après-midi, les agresseurs sont toujours contenus dans quatre zones frontalières, la plupart situées au nord-ouest de l’enclave, la plus importante, au Nord, dans le district de Boulboul.

 

En deux semaines et demie de guerre d’agression, la localité la plus peuplée qu’ils occupent est le bourg de Boulboul et ses 3 500 habitants. Dans le secteur Aziz-Kilis, les Turcs n’ont pratiquement pas progressé, dans le saillant vers al-Bab, dans tout le sud du canton, pas du tout. Dans le district de Jandairis, où ils avaient péniblement pris pied, ils ont été totalement chassés.

 

L’Armée turque a annoncé ce mardi avoir tué 970 terroristes des YPG depuis le début de son agression, le 20 janvier dernier. C’est juste 820 de plus qu’en vérité, les Peshmerga ayant perdu entre 150 et 160 combattants et comptant environ 200 blessés. Les morts civils du canton d’Afrin se montent à 148, selon la responsable de la santé, et les blessés, à 365.

 

Le nombre de tués dans les rangs de l’Armée ottomane et de ses supplétifs arabes s’élève à plus de 550, et celui des blessés à 1 350. Dans les deux cas, à raison d’un Turc pour quatre Arabes.

 

S’exprimant devant un parterre de militants de son parti ce mardi, le dictateur Recep Tayyip Erdogan a à nouveau menacé les Américains de confrontation, les enjoignant à quitter la ville de Manbij dans le Rojava oriental. Le Sultan criminel a exprimé son désir de remettre Manbij à "ses vrais propriétaires". Il a ensuite accusé Washington d’avoir "des vues à l’encontre de la Turquie, de l’Iran et sans doute de la Russie". Il y a une semaine, son ministre des Affaires Etrangères Mevlut Cavusoglu avait enjoint aux Américains de quitter Manbij "immédiatement".


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Bruxelles-Métula du 5 février 2018 (010502/18) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 05 février 2018

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/Rc88-0tNbcU (Youtube)

 

A la demande de l’Egypte, Israël a mené plus de 100 raids aériens contre des objectifs islamistes dans le désert du Sinaï, et ces opérations se poursuivent certainement actuellement. Les objectifs communs aux deux pays : anéantir les groupes terroristes et leurs chefs, prévenir les attentats imminents et priver le Hamas à Gaza d’armes et de munitions.

 

Les enseignements et les répercussions militaires, stratégiques et politiques de cette coopération.

 
En finir avec la solution des deux Etats (info # 010402/18) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
dimanche, 04 février 2018

 

Par Guy Millière

 

Le récent discours du Vice-président américain Mike Pence à la Knesset fut magnifique, émouvant, et venait d’un véritable ami d’Israël et du peuple juif. Il venait aussi de quelqu’un qui comprend l’absolue légitimité de l’existence d’Israël et la toute aussi absolue illégitimité de la “cause palestinienne”. Il reflétait les positions de l’administration Trump et de Donald Trump lui-même, qui est le plus grand ami qu’Israël ait eu à la Maison Blanche depuis que l’Etat d’Israël existe.

 

Ces positions sont massivement celles des électeurs Républicains aujourd’hui aux Etats-Unis, comme le montrent de récents sondages. La proportion d’électeurs Républicains qui soutient Israël n’a cessé de s’accroitre au cours des deux dernières décennies. La proportion d’électeurs Républicains qui discerne que la “cause palestinienne” est très suspecte, et qui ne soutient pas la solution à deux Etats, n’a quant à elle cessé de s’accroitre au cours de la même période.

 

Un plan de paix sera sans doute proposé au cours des semaines à venir par l’administration Trump, et tout indique qu’il sera refusé par l’Autorité Palestinienne.

 

Le gouvernement israélien, et à sa tête Binyamin Netanyahou, devra alors prendre position. Et ladite position devra être claire, nette et précise.

 

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Les deux leaders probablement les plus synchros du moment

 

L’exécutif hébreu devra tirer les conclusions qui s’imposent et, autant que faire se peut, déclarer explicitement que l’Autorité Palestinienne n’est pas un interlocuteur légitime mais une organisation terroriste antisémite, et que la solution à deux Etats appartient au révolu.

 

Il devra prendre les mesures qui découlent de ces conclusions : ce qui impliquerait d’étendre l’application de la loi israélienne aux terres de Judée-Samarie non occupées par l’Autorité Palestinienne, en déclarant qu’il s’agit d’une décision irréversible. D’autres mesures sont parfaitement envisageables, à l’instar de celles énumérées par Daniel Pipes dans son article de janvier 2017, “Le chemin vers la paix passe par la victoire d'Israël et la défaite des Palestiniens”.

 

Cela ne réglera pas tous les problèmes. Cela ne réglera pas, entre autres, le statut définitif des terres de Judée-Samarie occupées par l’Autorité Palestinienne, ni celui des populations arabes qui sont sous la coupe de cette dernière. Cela ne mettra pas fin au terrorisme et à l’antisémitisme “palestiniens”, et provoquera des remous internationaux, quelques tensions avec le monde arabe sunnite, et une levée de boucliers de l’Europe occidentale, qui est devenue le principal soutien de la “cause palestinienne”. Cela pourrait même conduire à des émeutes suscitées par l’Autorité Palestinienne.


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Afrin adieu : 15 jours, les exactions s’accumulent (010302/18) Version imprimable
Analyse
samedi, 03 février 2018

 

Par Stéphane Juffa

 

Avec Perwer Emmal dans le Rojava

 

Deux semaines se sont écoulées depuis le lancement par le régime turc de l’opération "Rameau d’olivier", rebaptisée depuis par mon ami Jean Tsadik "Guerre des effendis". J’ai dû envoyer notre reporter sur le terrain Perwer Emmal en congé forcé d’une semaine, car la comptabilité pluriquotidienne des morts et l’observation continue des opérations, alliées au sentiment d’impuissance face à l’agression ottomane contre un triangle de la taille d’un confetti et sa population allaient avoir raison de ses nerfs. Même cette mise au vert ne fut pas facile, car Emmal vient d’une petite ville kurde de Turquie, adjacente au Rojava, qu’il ne peut plus rallier sans s’exposer à des risques majeurs. Il a donc loué une garçonnière à Kobané, sans ordinateur et le téléphone portable sur silencieux, et il s’est reposé un peu. Il est de retour depuis hier (vendredi) dans le saillant de Manbij, mais nous avons réajusté ses interventions de façon à ce qu’il puisse prendre le temps de respirer, tout en disposant des conditions minimales d’hygiène, de sécurité et de confort, ce qui n’était pas le cas au début de la guerre d’anéantissement lancée par Erdogan contre Afrin.

 

Sur le théâtre des opérations, la situation permet ces réaménagements, car les forces d’Ankara, amplifiées par des dizaines de milliers de mercenaires arabes islamistes, n’ont pas réalisé de grands progrès durant les sept jours écoulés.

 

Comme on l’observe sur la carte, en dépit de l’énorme déséquilibre en matériel et en nombre de combattants, au bout de 15 jours, la seconde armée la plus puissante de l’OTAN, sur le papier du moins, n’est parvenue à occuper qu’une quinzaine de villages, tous exclusivement situés sur la frontière internationale ou dans la proximité immédiate d’icelle et sans intérêt stratégique capital.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

 

Plus encore, les Unité de Protection du Peuple (YPG) n’abandonnent jamais définitivement les positions enlevées par les forces d’agression et tentent de se les réapproprier au bout de quelques heures ou de quelques jours.

 

Les YPG multiplient pour y parvenir les attaques surprises ainsi que les opérations commandos à l’arrière des lignes de leurs adversaires, presque toujours avec succès.

 

Comme on le distingue sur la carte, l’assaillant ne dispose plus d’aucune position dans le district de Jandairis, et il n’est pas parvenu à s’assurer le moindre gain territorial dans le saillant oriental de l’enclave kurde, en direction d’al Bab et du saillant Manbij (invisible sur cette carte, mais à 10km à l’est d’al Bab) où se trouve Perwer Emmal.

 

Dans le district de Rajo, les protagonistes se disputent depuis deux jours la colline de Keviré Kerr, culminant à 750 mètres d’altitude. Durant les 15 derniers jours, l’envahisseur turc était temporairement parvenu à mettre la main sur 8 villages ou hameaux de ce district. Il ne lui en reste plus un seul.

 

C’est dans le Nord, dans le district de Boulboul, que l’armée du dictateur Erdogan a réussi à prendre le contrôle du plus grand nombre de villages.

 

A partir d’Azaz, en territoire syrien occupé par les Turcs depuis 2016, les forces d’anéantissement occupent pour le moment trois positions du canton d’Afrin, dont la colline de Barsaya, qui a déjà plusieurs fois changé de propriétaire.

 

Ce samedi, il est notoire qu’aucune percée n’a été réalisée sur aucun front par l’armée d’invasion et que les villes du centre de l’enclave d’Afrin, ainsi que sa capitale éponyme, ne sont pas immédiatement menacées d’occupation.

 

Cela tient au mode opératoire des Turcs, toujours semblable et dénué d’imagination : ils commencent par noyer un objectif sous les bombes des chasseurs-bombardiers F-16, de l’artillerie et des chars, puis ils envoient les supplétifs arabes, encadrés par des officiers turcs, pour tenter de s’emparer de la position.

 

Mais dans cette phase de combat, les effendis, agissant à bonne distance par précaution de sécurité, doivent impérativement cesser leurs tirs de soutien, ce qui place les mercenaires d’al Qaëda et les YPG les uns face aux autres, dotés d’un armement quasi-équivalent, alors que les Peshmerga sont mieux entraînés, mieux organisés, plus courageux et plus motivés que la piétaille du sultan.

 

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Avesta Khabour : elle s’est collée sous un char turc, le 28 janvier dans le district

de Jandairis, et s’est fait exploser avec le tank et ses occupants

 

Et tout le temps que les assistants de l’armée d’agression se trouvent sur la position, les tirs d’obus ne peuvent reprendre. Les effendis s’emploient alors à canarder les voies d’accès mais avec une réussite limitée.

 

A ce rythme et suivant cette tactique, les combats peuvent encore durer plusieurs mois, alors que des éléments YPG venant du reste du Rojava, de même que des volontaires de la brigade étrangère des Lions du Rojava parviennent à s’infiltrer dans Afrin pour renforcer les rangs de ceux qui la défendent.

 

Sans aviation et sans matériel lourd, mais dotés d’armes adaptées au terrain, à l’instar des missiles antichars filoguidés BGM-71 TOW, fournis en quantités par les Etats-Unis et d’une efficacité remarquable – voir vidéo –, les YPG font des ravages parmi les assaillants.

 

Lesquels assaillants se vengent en prenant pour cibles des objectifs civils éloignés du front, massacrant sans discernement la population, détruisant les barrages hydrauliques, les sites archéologiques et les structures hospitalières.

 

Les Turcs et leurs supplétifs passent aussi leur frustration sur les malheureux blessés kurdes qui leurs tombent entre les mains. Ce fut le cas, jeudi, dans le village de Kurné, district de Boulboul, de la combattante Barin Kobani, prise vivante par les forces d’Erdogan. Elle a été mutilée de son vivant, les seins et les parties génitales découpées au couteau par ses tortionnaires, et filmée par ceux-ci, apparemment fiers de leur œuvre. Nous avons reçu ces images mais ne souhaitons pas les diffuser, par respect pour la combattante suppliciée et par rejet du sensationnalisme.

 

Les victimes ont augmenté dans les rangs des belligérants cette semaine. On compte ainsi 119 morts chez les Peshmerga, dont 16 femmes, ainsi que 409 morts et 1 114 blessés chez leurs ennemis, à raison de quatre cinquièmes de mercenaires arabes et d’un cinquième de Turcs.

 

Le nombre des morts civils, depuis le 20 janvier, approche 90, dont 25 enfants et 16 femmes, et celui des blessés, 200. La plupart des victimes non-combattantes sont des réfugiés arrivés à Afrin en provenance des autres régions de Syrie dévastées par la Guerre Civile. Il est révélateur de relever à ce propos que le dictateur Recep Tayyip Erdogan a cyniquement prétendu la semaine dernière qu’il menait cette campagne afin de procurer un abri aux réfugiés syriens et qu’il comptait, "une fois le dernier terroriste éliminé", en reloger 3.5 millions à Afrin, qui séjournent actuellement en Turquie.

 

Parlant de terroristes, les observateurs ont été surpris par les propos du Président français Emmanuel Macron et de son ministre des Affaires Etrangères. Dans une interview accordée au Figaro, Macron a implicitement qualifié les YPG de terroristes, comme dans le narratif turc qui justifie la guerre d’anéantissement menée par Erdogan contre Afrin : "S'il s'avérait que cette opération devait prendre un autre tour qu'une action pour lutter contre un potentiel terroriste menaçant la frontière turque et que c'était une opération d'invasion, à ce moment, cette opération nous pose un problème réel". Les mêmes termes avaient été employés la veille par Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires Etrangères et ex-ministre de la Défense.

 

Ce qui a poussé un officier tricolore de haut rang à m’appeler ce samedi matin pour me faire le commentaire suivant : "Où va-t-on si Le Drian a équipé et formé des terroristes et nous a envoyés nous battre à leurs côtés durant trois ans ?

 

C’est évidemment une posture ridicule et éminemment blessante pour nos alliés, qui se battent actuellement le dos au mur et à un contre cinq afin d’éviter un génocide", a poursuivi mon interlocuteur.

 

Il n’empêche qu’Ankara a tout de même réagi de manière fulgurante et fort peu diplomatique à ces remarques françaises. Le vizir des Affaires Etrangères, Melvut Cavusolgu, a répondu à Macron dès le lendemain, lui indiquant que "la France n’avait pas de leçons à nous donner à ce sujet. Nous ne sommes pas la France qui a occupé l’Afrique".

 

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Le plus grand scandale politique de l'histoire américaine ? (012901/18) Version imprimable
Analyse
lundi, 29 janvier 2018

 

Par Amram Castellion

 

Si l'on demande aux Français ce que fut le plus grand scandale politique de l'histoire américaine, la réponse la plus fréquente sera, de loin, l'affaire du Watergate – ce bâtiment qui abritait le siège du Parti Démocrate et que le Président Nixon fit espionner en 1972, avant de faire détruire une partie des enregistrements lorsque l'affaire fut connue. L'affaire du Watergate conduisit en 1974 à la démission de Nixon, qui ne dut d'échapper à un procès que parce que son successeur, Gerald Ford, lui fit profiter de la grâce présidentielle.

 

D'ici quelques semaines ou quelques mois – et presque certainement avant les élections législatives de novembre prochain – la réponse à cette question va changer. Un scandale plus important que le Watergate est en train d'émerger. Là encore, un président – Barack Obama – est impliqué.

 

Le scandale – que l'on peut appeler, à titre provisoire, l'Obamagate – peut se résumer ainsi. Au cours de l'année 2016, le Président Obama a systématiquement contourné l’Etat de droit pour assurer l'élection d'Hillary Clinton et la défaite de Donald Trump. Il a, d’une part, fait pression sur le FBI pour qu’une enquête visant Hillary Clinton ne conduise pas à sa mise en accusation ; et d’autre part, il a fait mettre sous écoute la campagne Trump sur la base de documents forgés. La preuve formelle de son implication manque, ce qui pourrait lui éviter des conséquences judiciaires ; mais tous les éléments logiques démontrent qu’il est au centre de l’affaire.

 

La première partie de l’affaire implique des pressions pour empêcher que l’enquête du FBI sur le serveur privé d'Hillary Clinton, installé dans sa maison de Chappaqua dans l'Etat de New York, et par lequel elle avait illégalement envoyé des messages "secret défense", aboutisse à une mise en accusation de la candidate.

 

En témoignent les échanges de messages, désormais déclassifiés, entre l'enquêteur du FBI chargé de l'affaire, Peter Strzok, et sa compagne, elle aussi juriste au FBI, Lisa Page. Les deux tourtereaux, qui ne parvenaient pas bien à éviter de mentionner leur vie professionnelle dans les dizaines de messages qu'ils s'envoyaient quotidiennement, ont révélé bien des choses sur l'atmosphère de l’enquête.

 

Le 25 janvier 2016, Lisa Page écrit ainsi à son amant qu'il ne fallait pas que le FBI soit trop dur avec Clinton : "Elle pourrait être notre prochain président. Il ne faut pas arriver dans un esprit de confrontation". Strzok répond qu'il est d'accord et qu'il en a parlé à "Bill" (personnage non identifié mais qui pourrait être Bill Priestap, le patron du contre-espionnage au FBI).

 

A de nombreuses reprises, les deux fonctionnaires expriment leur mépris de Trump et leur volonté de voir élire celle-là même sur laquelle Strzok est chargé d'enquêter. Le 3 mai 2016 : "Oh mon Dieu [Trump] est un idiot" (Strzok). Le 27 juillet : "Il faut qu'elle gagne maintenant" (Page). Et ce ne sont là que deux exemples parmi des centaines.

 

Jusque-là, rien d'autre qu'un manque de professionnalisme de la part des enquêteurs. Mais le 3 mai, jour où Trump devient le candidat Républicain suite au retrait de Ted Cruz, Strzok écrit : "Maintenant, la pression pour clore rapidement MYE [le nom de code de l'enquête Clinton] va commencer vraiment". Et, de fait, dans les semaines qui suivent, Strzok allait personnellement réécrire les premières conclusions de l'enquête pour en retirer des termes qui auraient pu avoir une connotation pénale, remplaçant "négligence" par "extrême inattention".

 

Mais de qui venait la "pression" mentionnée par Strzok ? Inévitablement du patron du FBI, James Comey, qui rapportait lui-même au président Obama. Il est peu probable, vu l'extrême sensibilité politique de l'affaire, que Comey ait agi sans s'être, au moins, enquis des conclusions que le patron voulait voir appliquées à l'enquête.

 

Il y a encore plus troublant. Le 1er juillet 2016, l'Attorney General (ministre de la Justice), Loretta Lynch, qui avait le pouvoir de décider d'une mise en examen d'Hillary Clinton (le FBI ne pouvait que faire une proposition), est rattrapée par un scandale : Lynch a pris un avion privé avec l'ancien président Bill Clinton au beau milieu de l’enquête sur son épouse. Personne ne croit un instant que ces deux grands Démocrates n'aient parlé, comme ils le prétendent, que "des petits-enfants". Pour contrecarrer cette mauvaise presse, Lynch annonce qu'elle n'utilisera pas son pouvoir discrétionnaire et suivra les recommandations du FBI pour savoir s'il faut ou non mettre la candidate en accusation. Strzok écrit immédiatement à sa dulcinée, sur un ton moqueur : "C'est un vrai modèle de courage puisqu'elle sait qu'aucune inculpation ne sera proposée".

 

Comment Lynch pouvait-elle savoir une chose pareille ? L'enquête n'était pas terminée. Hillary Clinton n'avait pas même encore été entendue : elle le fut en juillet par Peter Strzok, seul et sans enregistrement, contrairement à une pratique constante. Certains des faits déjà connus étaient évidemment pénalement répréhensibles : la détention privée d'informations classifiées, qui était déjà établie sans l'ombre d'un doute, est passible de nombreuses années de prison. Strzok, d'un niveau hiérarchique très inférieur à Lynch, ne la connaissait pas et ne pouvait pas lui avoir parlé. En revanche, Lynch faisait partie du premier cercle des proches du président Obama.

 

La seule explication possible de la remarque de Strzok est que toute l'enquête du FBI se faisait en connaissance de cause, dans le cadre d'une pression politique qui conduisait sa conclusion à être connue d'avance de tous les participants. Et cela n'était possible, dans le cadre institutionnel américain, que si cette pression politique venait du président lui-même.

 

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Pour une fois qu’Obama a fait mieux que l’un de ces prédécesseurs…

 

La raison en est facile à deviner (mais pas à prouver). Le FBI a reconnu, le 22 septembre 2016, donc avant l'élection, que le président Obama avait communiqué par mail, sous un pseudonyme, avec Hillary Clinton sur son serveur privé. Au moment même où Strzok se moque de l'annonce par Lynch qu'elle s'en remettra à la conviction du FBI quant à une mise en accusation de la candidate, le chef de Strzok, James Comey, directeur du FBI, était en train de réviser un rapport qui mentionnait ces échanges entre la candidate et le président : ce rapport, non publié à l'époque, est disponible sur le Net ; le rapport définitif, publié le 5 juillet, ne fait aucune mention de ces échanges.

 

L'implication du président dans ce qu'il faut bien considérer être une activité criminelle de la candidate n'était pas forcément consciente. Il pouvait ne pas savoir que Clinton utilisait ce serveur pour transmettre des informations classifiées. Nous ne connaissons pas la teneur des échanges entre la candidate et le président. Mais si Hillary Clinton avait été mise en examen sur l'affaire du serveur, les échanges seraient devenus publics. Or Obama, ne pouvant accepter cette perspective, avait une inclination suffisante – indépendamment même de sa volonté, de voir Clinton parvenir à la présidence – pour faire étouffer l'affaire.

 

L'autre volet de l’Obamagate est résumé dans une note de 4 pages rédigée par le président de la Commission du Renseignement de la Chambre des Représentants, le député Devin Nunes. Les assistants de Nunes ont eu accès, pour rédiger cette note, à des milliers de pages de documents originaux du FBI, dont le degré de confidentialité est tel qu'il rend même la note de synthèse inaccessible au public. Mais tous les membres de la Commission du Renseignement, Démocrates comme Républicains, l'ont désormais lue – et certains, par leurs commentaires publics, ont déjà donné de bonnes indications de ce qu'elle contient. Il est inévitable qu'elle finisse par fuiter. Et si elle ne fuite pas, le Président Trump, qui a le droit de déclassifier n’importe quel document à sa discrétion, en déclassifiera probablement l'essentiel dans les mois qui précèderont l'élection.


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Les Européens ne tirent aucune leçon de la Shoah (info # 022801/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 28 janvier 2018

 

Par Guy Millière

 

Hier, samedi 27 janvier, a été la journée internationale du souvenir de l’Holocauste. Même si le mot Holocauste prévaut dans le contexte américain, je lui préfère Shoah. Le 27 janvier a été choisi car il est le jour anniversaire de la libération du camp d’extermination d'Auschwitz-Birkenau par les Soviétiques en 1945.

 

Le mot Holocauste renvoie à l’idée d’un sacrifice.

 

Mais il n’y a rien eu dans la Shoah qui soit de l’ordre d’un sacrifice.

 

Il y a eu la volonté d’éliminer systématiquement un peuple entier de la surface de la Terre.

 

Le mot Shoah signifie catastrophe.

 

Il est insuffisant, car il ne désigne pas de coupables, mais il est plus adapté.

 

La Shoah est, je le redis, car il ne faut cesser de le dire, un crime qui n’a pas d’équivalent dans l’histoire.

 

Il y a eu d’autres génocides, mais jamais la volonté d’éliminer un peuple entier de la surface de la Terre, quelle qu’ait été l’ampleur des autres génocides. Jamais un autre génocide n’a été commis avec des moyens industriels et une organisation impliquant tous les rouages d’un gouvernement et d’un Etat développé. Jamais, de surcroît, un autre génocide n’a été commis sur le sol du continent qui affirme être le berceau de la démocratie et des droits de l’homme.

 

La Shoah a été une catastrophe absolue pour le peuple juif, puisqu’elle a fait six millions de morts sur les quelques 17 millions de Juifs qui peuplaient la planète à l’époque. La population juive globale actuelle – environ 14 millions d’individus - n’a toujours pas atteint la dimension qui était la sienne en 1939.

 

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Les pilotes israéliens survolant Auschwitz :

cela n’arrivera plus jamais

 

La Shoah a également été une catastrophe absolue pour l’humanité entière, car les apports du peuple juif et du judaïsme au monde sont depuis longtemps inestimables.

 

Or lesdits apports ont été traités de manière abjecte, car, au travers des six millions de morts, c’est tout ce que les Juifs et le judaïsme ont amené à l’humanité depuis plus de trois mille ans qui s’est trouvé nié, insulté, et confronté à une tentative d’annihilation.

 

La journée du 27 janvier a été proclamée journée internationale du souvenir par les Nations Unies, ce qui est un acte d’une hypocrisie sans nom, puisque les Nations Unies sont une institution qui, depuis des années, relève de l’imposture car elle ne cesse de favoriser l’antisémitisme. Cette haine odieuse qu’est l’antisémitisme fut la racine de la Shoah.

 

Aux Etats-Unis où je vis désormais, parce que j’ai choisi de m’éloigner de l’Europe, le souvenir de la Shoah est très présent jusqu’à ce jour. La journée du souvenir est l’objet de commémorations et de reportages à la télévision.

 

En Israël, l’Etat du peuple juif, le souvenir de la Shoah est très présent aussi, et pas uniquement le jour fixé par les Nations Unies. Il existe à Jérusalem, on le sait, le mémorial de Yad Vashem [une main et un nom] qui perpétue activement ce souvenir. Israël commémore également la journée de la Shoah, Yom HaShoah, le 27 du mois hébraïque de Nissan de chaque année. Pendant deux minutes ce jour-là, les sirènes retentissent et toutes les activités humaines cessent en hommage aux morts du Génocide nazi.

 

En Europe, le souvenir de la Shoah s’estompe, alors que c’est en Europe, le continent où la Shoah a été perpétrée, que le souvenir devrait tout particulièrement se trouver préservé, aux fins que les mots “plus jamais ça” gardent une signification.

 

L’Europe a, de fait, mis plus de trente ans pour parler de la Shoah, puisqu’il a fallu attendre la diffusion de documentaires sur les chaines de télévision européennes pour que des Européens sortent de leur étrange et significative amnésie collective, et se souviennent de ce qu’il s’était passé quelque chose d’abominable chez eux. Il y eut ensuite le film Shoah de Claude Lanzmann, qui précéda l’instauration dans plusieurs pays d’un “devoir de mémoire”.

 

Expression effroyable s’il en est, qui signifie que se souvenir de Drancy, de Theresienstadt et d’Auschwitz, en Europe, n’a pas été un choix libre ou une décision éthique des pays européens, mais un devoir imposé.


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Exploit : Israël -20 championne du monde de hockey sur glace de 3ème division (info # 012801/18) Version imprimable
Sport
dimanche, 28 janvier 2018

 

La Nivkhéret (sélection nationale israélienne) de hockey sur glace des moins de 20 ans vient de remporter ce dimanche le Championnat du Monde de troisième division, disputé à Sofia, en Bulgarie. Non seulement les jeunes israéliens ont remporté la compétition, encore, ils n’ont pas égaré le moindre point lors de leurs cinq rencontres.

 

Il y a quelques minutes, ils ont battu la Nouvelle-Zélande sur le score de 5 buts à 0. Durant la semaine écoulée, les bleu et blanc avaient déjà dominé la Chine Populaire par 3 à 2, la Bulgarie, pays organisateur, devant 600 spectateurs, 4 à 3, l’Australie, 7-4, et l’Islande, 6-2.

 

Sur la vidéo, les joueurs entonnent l’Hatikva (l’hymne israélien, "l’espoir") après leur victoire sur l’Islande.

 

Pour les championnats mondiaux de l’an prochain, la Nivkhéret est promue dans la catégorie de jeu supérieure, où elle rencontrera les Pays-Bas, la Croatie, la Serbie, la Belgique et le Mexique.  

 

La formation qui s’est alignée en Bulgarie est handicapée par le fait que plusieurs de ses titulaires font actuellement leur service militaire, et qu’ils ont été remplacés par des jeunes parfois uniquement âgés de 17 ou 18 ans.  

 

L’équipe adulte d’Israël occupe le 33ème rang mondial, elle disputera les championnats du monde de deuxième division à Grenade, en Espagne, du 14 au 20 avril.

 

Métula, le village de 1 500 habitants dans lequel la Ména est installée, est le centre israélien des sports de glace – hockey, patinage artistique, patinage de vitesse -, disposant de l’unique patinoire de l’Etat hébreu aux normes internationales (et de 500 places assises). La Ména est également le seul media israélien expert en hockey sur glace et en ski alpin. La Sélection nationale des moins de 20 ans compte 3 joueurs du club de Métula dans ses rangs ainsi que 11 autres qui fréquentent des centres de formation en Europe et en Amérique du Nord.

 

 
Afrin, jour 7 : crimes de guerre et crimes contre l’humanité (info # 012701/18) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 26 janvier 2018

 

Par Perwer Emmal

 

Métula et Afrin 2h00, samedi, 1h00 à Paris

 

A l’issue d’une semaine de la guerre d’agression lancée par la Turquie contre l’enclave d’Afrin, qui ressemble à un triangle isocèle d’environ 60km de côtés, on peut précautionneusement commencer à parler d’un désastre pour l’Armée ottomane.

 

Ce septième jour de conflit, rebaptisé avec beaucoup d’à-propos "Guerre des effendis" par Jean Tsadik, dont les traductions de l’analyse d’hier sont passées de mains en mains dans le saillant de Manbij, a rappelé par son déroulement les péripéties des jours précédents.

 

L’Armée turque, assistée de ses mercenaires arabes et des miliciens d’al Qaëda qui lui prêtent désormais main forte, après avoir copieusement arrosé d’obus et de missiles – aériens et terrestres – les objectifs qu’elle entendait attaquer, s’est lancée à l’assaut d’une douzaine de villages et de collines frontaliers.

 

Malgré un très épais brouillard qui aurait dû faciliter la tâche des assaillants en dissimulant leur progression, en fin de journée, les guerriers du Sultan Erdogan se sont à nouveau retirés défaits et meurtris.

 

Au bout de sept jours, la seconde plus grande armée de l’OTAN, en dépit des déclarations d’intentions liminaires de ses chefs, n’a nulle part avancé de plus de 300 mètres dans le territoire du canton d’Afrin.

 

Les résultats de cette campagne sont à ce point catastrophiques que l’ennemi est obligé de mentir et de s’inventer des exploits militaires qu’il n’a pas obtenus. C’est ainsi que, ce vendredi, il prétend avoir conquis la colline de Qastal, sur le front d’Aziz, alors que cette vidéo des YPG, tournée juste avant la tombée de la nuit, permet de se convaincre qu’elle est toujours et solidement contrôlée par les Peshmerga.

 

Durant la journée écoulée, l’effort militaire des forces du Grand Turc a surtout porté sur les villages des axes de Rajo et de Jandairis situés sur la frontière internationale avec la Turquie.

 

Après avoir partout été contraint de se retirer en désordre des abords des villages d’Hamam, d’Amara, de Komrshé et de deux autres positions, l’agresseur a compté ses morts quotidiens jusqu’au nombre 28. Il a aussi été forcé d’en abandonner 5 sur le champ de bataille, 3 Turcs et 2 Arabes, dont les dépouilles ont été recueillies par les YPG.

 

Durant les affrontements, 5 de ses véhicules ont été oblitérés, dont 3 chars.

 

Les YPG ont perdu 7 combattants selon notre décompte, ce qui établit le bilan macabre depuis le début des hostilités comme suit : selon la somme des observations journalières de la Ména, 54 civils d’Afrin sont morts, de même que 4 en Turquie. Les YPG ont enterré 79 combattants dont 8 femmes des YPJ, alors que les Turcs et leurs complices islamistes arabes ont eu 358 tués et pas loin de 800 blessés.

 

Selon le commandement des Forces Démocratiques Syriennes dans lesquelles sont intégrées les YPG, sur la base d’un communiqué de ce jour, la campagne décidée par Recep Erdogan a coûté la vie à 59 civils d’Afrin, à 43 membres des YPG dont 8 femmes (sans compter les pertes de ce vendredi), et à 308 Turcs et mercenaires arabes, sans inclure les décès du jour non plus.

 

L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, basé au Royaume-Uni, et souvent cité par des media occidentaux, est en train de perdre dans ce conflit la renommée de sérieux relatif qu’il s’était construite lors de la Guerre Civile Syrienne. Faute de relais sur ce théâtre d’opérations, ses bilans ont l’air d’être établis au hasard. L’OSDH affirme ainsi qu’il y a eu 33 morts civils, 53 dans les YPG et 72 Turcs et supplétifs arabes. De plus, les cartes des opérations qu’il présente sur son site Internet n’ont pas de rapport avec la réalité.

 

Cela reste sûrement plus réaliste toutefois que les chiffres du ministre turc de la Santé, Ahmet Demircan, qui, tout en admettant que 130 blessés de Rameau d’olivier sont traités dans les hôpitaux turcs, affirme dans le même élan que les pertes de son pays s’élèvent à 3 tués turcs et 11 arabes. Quant à son vénéré sultan, il déclarait, il y a deux jours, que les terroristes des YPG et de DAESH avaient perdu 268 "terroristes" depuis le déclenchement de l’opération.

 

Ne me demandez pas ce que DAESH a à voir avec cette campagne militaire, car personne n’en a la moindre idée.

 

Il est assurément pitoyable qu’un Etat de l’importance de la Turquie soit contraint de mentir à ce point pour dissimuler la vérité à ses citoyens.

 

C’est d’autant plus pathétique que cette campagne n’a aucune raison d’être. Non seulement les paisibles habitants d’Afrin et les combattants des YPG n’ont jamais attaqué ni même menacé d’attaquer la Turquie, mais même si Erdogan parvenait à occuper le territoire de ce canton, il ne saurait strictement pas qu’en faire.

 

Cette absence de motif pour attaquer Afrin fait de ce dictateur et de sa junte des criminels de guerre, qu’il conviendra de juger, lorsque les circonstances opportunes se présenteront, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Simplement parce que tous les êtres humains qui sont morts à Afrin depuis samedi dernier, et quel qu’en soit le bilan exact, n’avaient pas de raison de mourir, sauf du fait du délire sanguinaire de ce tyran et de ses complices.

 

 
Afrin 6ème jour : se battre avec des fous (012601/18) Version imprimable
Analyse
jeudi, 25 janvier 2018

 

Par Jean Tsadik

 

Le compte-rendu du sixième jour de guerre à Afrin par Perwer Emmal :

 

Ce jeudi, l’essentiel des combats se déroule dans les districts de Boulboul et de Rajo, et les affrontements se poursuivent durant la nuit.

 

L’ennemi turc recourt massivement à son artillerie et à son aviation, mais la totalité des combats reste circonscrite aux villages frontaliers, à l’instar des jours précédents.

 

Des attaques ont également eu lieu sur les fronts d’Aziz et de Jandairis. Face à Aziz, les Turcs et les mercenaires arabes islamistes ont tenté toute la journée de déloger les YPG de Qastal Jando mais sans y parvenir.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

 

Dans le Sud-Ouest, ils ont tenté de prendre le village d’Abou Dana, où les combats se poursuivent en ce moment.

 

L’ennemi a perdu quatre chars, qui ont été totalement détruits : deux l’ont été dans le secteur de Boulboul, un à proximité de Shengal, l’autre, dans le village d’Ebedan.

 

Les deux autres tanks ont été anéantis sur le front de Rajo, l’un dans le village d’Omara, le second sur la ligne de front à Kom Rézé.

 

Notre évaluation des pertes pour la journée s’établit à 30 morts et 50 blessés dans les rangs de l’agresseur et de ses supplétifs, 12 morts et 15 blessés parmi les combattants kurdes, ainsi que 3 morts et 9 blessés civils.

 

Nous observons l’arrivée à Afrin de nouveaux combattants de la brigade étrangère appelée les "Lions du Rojava", principalement des Américains, des Britanniques et des Allemands, mais également deux Français et un Israélien.

 

L’analyse de la situation par Jean Tsadik

 

A la place du dictateur Recep Erdogan, le commandant en chef de l’Armée turque, j’aurais du souci à me faire. En six jours de combats à leur initiative, les forces armées de son pays ne sont nulle part parvenues à briser le premier périmètre de défense des Unités de Protection du Peuple (YPG) à Afrin, fortes de 10 000 combattants tout au plus.

 

Pire encore, la seconde armée de l’OTAN en nombre d’hommes et en matériel semble démunie de stratégie cohérente pour réaliser l’occupation de ce territoire, que le Sultan avait présenté à ses sujets comme une promenade de santé qui, selon ses dires, aurait dû se dérouler de manière très brève.

 

Or cela va faire une semaine que cette armée, forte d’un demi-million de militaires d’active, disposant de 400 chasseurs-bombardiers ultra-modernes, de 750 chars Léopard, dont 400 Léopard 2, de 1 000 M60 modernisés, de 4 000 engins blindés, à laquelle est alloué un budget annuel de 18 milliards de dollars, n’a pas progressé de 500 mètres sur aucun des quatre ou cinq fronts qu’elle a ouverts.

 

Ce, face à une force sans avions, sans chars, sans missiles antiaériens et sans artillerie lourde. Lors, l’on dispose de suffisamment d’éléments, largement grâce aux comptes rendus exceptionnellement précis de notre camarade Perwer Emmal, pour remarquer que, sur le terrain, les Turcs font n’importe quoi.

 

Lorsque l’on dispose d’une force pareille et que ses chefs politiques et militaires répètent quotidiennement que leur objectif est d’occuper Afrin et d’en éliminer tous les défenseurs, on ne s’y prend pas ainsi.

 

C’est la Guerre des Effendis que mène la Turquie, pas des rameaux d’oliviers. La guerre des maîtres et des seigneurs repus et corrompus, qui envoient la piétaille se faire massacrer par des combattants décidés et intelligents, faisant le meilleur usage possible de leurs faibles moyens, de leur connaissance du terrain et de leurs adversaires.

 

Bombarder des civils avec des F-16, ainsi que des villages frontaliers, poursuivre systématiquement avec des barrages d’artillerie, puis envoyer n’importe comment des fantassins mal commandés tenir une position quelques heures avant de se la faire reprendre par les YPG, et recommencer la même manœuvre le lendemain, dans le même village, pour les mêmes résultats, ce n’est pas ce que l’on peut attendre de la seconde composante de l’OTAN.

 

C’est faire la guerre comme on la faisait à l’époque de la Première Guerre Mondiale, quand les officiers, appartenant souvent à la noblesse, donnaient des soirées somptueuses dans des châteaux réquisitionnés, à 100km du front, et envoyaient leurs ordres par des estafettes aux gens du peuple qui pataugeaient dans la boue des tranchées, et que l’on abattait par derrière s’ils refusaient d’en sortir pour charger le Boche baïonnette au canon.  

 

Sauf qu’ici, les gens du peuple se divisent encore en deux classes : les sans-grades turcs, que l’on préserve un peu, et les mercenaires arabes, dont le sacrifice n’a strictement aucune importance. Il en était mort 600 en 2016, durant la phase initiale du "Bouclier de l’Euphrate", face aux mêmes YPG.

 

Dire que maintenant Erdogan veut se battre contre les Etats-Unis, c’est de la pure démence. Difficile à croire ? Hier pourtant (mercredi), lors de la conversation téléphonique entre Donald Trump et le sultan maboule, lorsque le président américain a dit à son interlocuteur que le moment était venu d’arrêter les frais à Afrin, ce dernier lui a répondu, qu’au contraire, le moment était venu pour lui de retirer ses boys de Manbij, parce qu’il allait commencer à s’attaquer à la partie orientale du Rojava.

 

Pour qu’aucun doute ne subsiste quant au diagnostic d’aliénation mentale,  le Vice-Premier ministre Bekir Bozdag a répété aujourd’hui sur la chaîne TV privée Haber que "la Turquie était impatiente d’entreprendre sa campagne face à la milice kurde là-bas".

 

Et puisqu’à la tête de cet Etat on ne laisse rien dans le flou, Bozdag a précisé que "ceux qui soutiennent une organisation terroriste (il veut parler des YPG, alliés des Américains et de l’Europe en Syrie), vont devenir une cible dans cette bataille !". Et, toujours plus précis, "les Etats-Unis doivent repenser la présence de leurs soldats et autres éléments soutenant les terroristes au sol de manière à éviter une confrontation avec la Turquie".

 

Si Donald Trump s’emporte, ça va être un massacre ! Et ce qu’a affirmé hier le Conseil Militaire de Manbij, à savoir que des appareils turcs avaient bombardé des villages dans sa province était parfaitement vrai. Sauf que, comme il n’y a pas eu de victimes et pour préserver la planète d’un conflit entre les deux plus grosses armées de l’OTAN, tout le monde a préféré ne pas en faire un plat.

 

Mais le Sultan a déjà placé Washington dans une situation de crise. D’une part, il est impossible de laisser ces malades mettre la main sur le nord de la Syrie et massacrer des milliers de Kurdes, de l’autre, un affrontement avec Ankara aurait des répercussions majeures.

 

A commencer, et pour illustrer mon propos, par la base aérienne d’Incirlik, à proximité d’Adana en Turquie, où stationnent jusqu’à 5 000 soldats U.S., sans parler des Britanniques, des Espagnols et des Saoudiens. Quant aux Allemands, après avoir examiné la pathologie d’Erdogan, ils ont quitté la base avec armes et bagages. Incirlik serait presque anecdotique si ce n’était la présence d’un escadron de B-52 et de cinquante bombes atomiques qui y sont entreposées. Enfin, on espère que le Pentagone a eu la bonne idée de les transférer aussi, mais on n’en sait rien.

 

Bref, si la fuite en avant d’Iznogoud s’accentue, il va falloir, en plus de s’occuper de lui sérieusement, régler quelques séquelles de divorce délicates.

 

Ce n’est pas le seul chantage auquel est en train de se livrer Erdogan : hier, il a évoqué son désir d’installer à Afrin, au nom de la justice et une fois qu’il aura étripé le dernier des "terroristes", 3.5 millions de réfugiés syriens actuellement hôtes de la Turquie.

 

Avant d’expliquer le but de cette manœuvre, il me faut rappeler que le canton d’Afrin accueille déjà 500 000 réfugiés syriens, sur les 1.1 million de personnes qui y vivent (et pas 500 000 en tout, comme on l’a lu sur des media français). Avant l’agression dont ce territoire vient d’être victime de la part des Ottomans, il constituait une exception de calme et de sécurité dans cette Syrie ravagée par la guerre civile. D’ailleurs, le premier objectif visé par les effendis lors de Rameau d’olivier fut un camp de réfugiés syriens. C’est dire à quel point ils tiennent au cœur du Sultan !

 

La vérité est comme d’habitude un peu moins élégante en Turquie ; on assiste à un nouveau chantage d’Erdogan, adressé aux Européens cette fois-ci, et facile à décoder : si vous ne me laissez pas m’occuper des Kurdes comme je l’entends à Afrin, je vous enverrai ces 3.5 millions de réfugiés. Ce qui ne manquerait pas de générer une crise majeure sur le vieux continent, comme on peut l’imaginer. Cela se passe ainsi lorsque l’on scelle des accords avec des voyous, celui entre l’U.E et Ankara ne parlait pas d’Afrin.


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Afrin : comme un mercredi sanglant (info # 012401/18) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 24 janvier 2018

 

Par Perwer Emmal

 

Métula, Afrin et Manbij 22h40, mercredi, 21h40 à Paris

 

Dernière minute : Depuis 21h43 locales, l’Aviation du sultan fou est en train d’écraser les villages du saillant de Manbij, la région où je me trouve, sous ses bombes. On assiste assurément à un élargissement majeur du conflit, car je n’imagine pas que les Forces Démocratiques Syriennes et les militaires américains présents à Manbij et dans le reste du Rojava oriental pourraient subir ces attaques sans réagir.

 

Quatre faits principaux caractérisent la cinquième journée de la guerre d’agression de l’Armée turque contre le canton d’Afrin, dans le Rojava occidental.

 

Bombardements incessants de l’Aviation turque

 

Tout d’abord, à partir du milieu de l’après-midi, l’Aviation ennemie bombarde sans discontinuer l’ensemble du territoire de l’enclave, ciblant particulièrement la plupart des villages situés sur la frontière du canton, tuant ou blessant de nombreuses personnes et occasionnant des dégâts matériels importants.

 

Cette rage destructrice intervient après cinq journées d’efforts incessants de la part de l’envahisseur afin de percer le front et de progresser en direction du centre de la province.

 

A la tombée de la nuit, on pouvait non seulement annoncer que ces tentatives ont échoué, mais également que ce mercredi a constitué le jour le plus meurtrier depuis le lancement de l’opération cyniquement intitulée "Rameau d’olivier" par Ankara.

 

Mercredi sanglant

 

Le combats depuis ce matin ont en effet vu la mort de plus de 160 soldats turcs et de leurs alliés mercenaires islamistes arabes, portant le total de leurs pertes entre 260 et 300 tués et au moins 700 blessés depuis samedi. Et les affrontements continuent de faire rage.

 

Sur le seul front de Jandairis au Sud-Ouest [carte], au moins 80 à 90 militaires ottomans ont perdu la vie en se cassant les dents sur les défenseurs des Unités de Protection du Peuple (YPG), notamment dans les villages de Bakhtiar, Girê Batman et Hamam.

 

Les corps des combattants ennemis étaient emmenés par dizaines par camions en direction d’Aziz, de l’autre côté du canton, où les Ottomans semblent avoir installé leur quartier général principal.

 

Le commandant de la Brigade Samarkand, Ahmad Fayyad, a perdu la vie lors de ces combats.  La Brigade Samarkand, ou Armée Unie des Turkmènes, rassemble des membres de la communauté turkmène de Syrie ainsi que des Turcs. Ils s’inspirent d’idéologies néo-ottomanes et ultra-nationalistes proches du fascisme.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

 

Sur le front qui fait face à Aziz, précisément là où la concentration de ses blindés est la plus imposante, l’agresseur, après de grosses préparations d’artillerie, s’est attaqué à six villages et positions fortifiées. Les combats les plus violents se sont déroulés à Maraanaz et à Qasleti, non loin de Kafr Jana, où les Russes avaient établi leur base militaire pour "y former les Peshmerga d’Afrin".

 

Au moins jusqu’à 16h locales cette après-midi, les porte-flingues d’Erdogan n’avaient pas avancé d’un mètre.

 

Les fronts des districts de Boulboul et de Rajo [carte] ont à nouveau essuyé les bombardements les plus violents, tant de la part de l’artillerie que de l’aviation. Ce qui n’a pas empêché les YPG et les YPJ d’éliminer une quarantaine d’assaillants et de détruire plusieurs véhicules militaires.

 

On a aussi vu l’éveil du front de Maréa, ville à partir de laquelle les Turcs s’en sont pris aux positions YPG/FDS du saillant qui s’étend en direction d’al Bab. Ils ont particulièrement visé la localité de Cheikh Issa à coups d’obus d’artillerie et d’attaques par des hélicoptères d’assaut.

 

En plus d’avoir résisté aux coups de boutoirs de l’agresseur et de lui avoir infligé des pertes sévères, ce mercredi a été marqué par la destruction ou la récupération d’un vaste matériel au service des forces du dictateur. Ainsi, selon nos décomptes, entre 6 et 9 chars ont été détruits, et autant de véhicules blindés et de camions militaires.

 

On compte non seulement le double de véhicules endommagés, mais d’autres également, en parfait état, qui ont été abandonnés par les Turcs lors de leurs divers replis ou reculades. Au moins quatre tanks, des canons, des pickups dotés de mitrailleuses lourdes, des jeeps et des camions ont ainsi été récupérés.

 

Les commandos YPG frappent l’ennemi sur ses arrières

 

Une autre nouveauté de la journée a consisté en l’envoi de plusieurs commandos jusqu’à 10km derrière les lignes de l’Armée turque et de ses supplétifs arabes. Six actions ont ainsi été menées avec succès, toutes, entre Maréa et al Bab (carte) dans le voisinage du saillant.

 

La première opération a eu lieu aux alentours du village de Kaljebren [numérotée 1 sur la carte], l’un des principaux points d’appui de l’ennemi dans cette guerre. Elle a consisté en l’attaque de deux positions adverses ; nos forces spéciales ont rapporté avoir infligé de gros dommages à leurs objectifs et éliminé nombre de militaires ottomans et de mercenaires islamistes.

 

Un second commando a tendu une embuscade à un véhicule militaire entre les villages d’Abla [3] et Hazwan [4], qui n’est distant d’al Bab que de 7 kilomètres. La cible a été détruite et ses passagers éliminés.

 

Le même commando, probablement, a ensuite mitraillé un groupe de mercenaires à Soussian [5], à 3.5km d’Hazwan

 

Un autre objectif a été attaqué au pied de la colline de Malid, à 4km au sud-est de Maréa [2], et un sixième, tout près de là, à Sad Shahba [2], dans l’assaut duquel 3 soldats turcs ont été oblitérés et quelques autres blessés, et leur véhicule, sur lequel était montée une mitrailleuse Douchka, a été mis hors d’état de nuire.

 

Je laisserai à mon camarade de la Ména Jean Tsadik le soin d’expliquer demain dans une analyse l’importance stratégique de ces opérations et des derniers développements de la situation.

 

Je dois encore parler des pertes kurdes de la journée, qui s’élèvent à au moins 20 tués parmi les combattants et 30 à 40 blessés, portant leur bilan total à 60 morts et 110 blessés. Chez les civils, nous en sommes à 45 morts environ depuis samedi et à une centaine de blessés. Ces chiffres, je le rappelle, sont officieux et participent de notre évaluation au fil des rapports que nous avons reçus.

 

Ils sont néanmoins assurément plus fiables que ceux proposés ce mercredi par le Grand Turc Erdogan et repris par l’agence Reuters, qui font état de la mort de "268 terroristes des YPG et de l’Etat Islamique" depuis le début de son Rameau d’olivier. Il s’agit évidemment d’une astuce aussi grossière que son comportement, consistant à mélanger des morts qui n’ont aucun rapport entre eux, puisqu’aucun mercenaire de l’Etat Islamique ne se trouve dans le canton d’Afrin.

 

Recep Erdogan affirme vouloir établir 3.5 millions de réfugiés syriens à Afrin après la "victoire"

 

A l’occasion d’un discours tenu aujourd’hui dans son palais hollywoodien d’Ankara, le despote sanguinaire a affirmé que sa "préoccupation était l’établissement de la justice, non le territoire" (jusqu’à présent il s’agissait, selon ses dires, de neutraliser la menace terroriste imminente qui menaçait la Turquie). Ce personnage n’est visiblement pas fixé sur sa raison de massacrer des gens.

 

"La Turquie", a-t-il prédit, "va d’abord détruire les terroristes et, une fois que l’opération Rameau d’Olivier sera terminée, permettre à 3.5 millions de réfugiés syriens actuellement en Turquie de rentrer chez eux en sécurité".

 

Expliquant le mélange auquel il a procédé dans son bilan, Erdogan a affirmé que "les organisations terroristes – le PYD, le PKK, les YPG, DAESH, et les gauchistes de DHKP-C – sont toutes pareilles. Ce sont des groupes terroristes qui poursuivent les mêmes objectifs dans le même scénario en interprétant différents rôles".

 

Il a promis que "l’opération Rameau d’Olivier ne se terminera qu’avec la mort du dernier terroriste".

 

C’est ce qu’on appelle un homme de nuances qui fait grand cas des "préoccupations" exposées par ses amis européens, russes et américains. Il attache autant d’importance à la diplomatie que le faisait son modèle Adolf Hitler.

 

Je ne me souviens pas dans l’histoire qu’une puissance militaire de la taille de la Turquie ait mis autant de moyens pour exterminer la population d’un si petit territoire.

 

 
Afrin 4ème jour : la guerre qui dérange les hypocrites (info # 012301/18) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 23 janvier 2018

 

Par Perwer Emmal

 

Métula et Afrin 19h00, mardi, 18h00 à Paris

 

En ce mardi, quatrième jour de guerre, les troupes turques et leurs supplétifs islamistes arabes poursuivent leur agression contre le canton d’Afrin, dans l’ouest du Rojava.

 

Les combats sont féroces autour des quatre axes par lesquels l’envahisseur tente de pénétrer vers le centre de l’enclave. L’effort des Turcs se porte principalement dans la province de Boulboul au Nord, dans celle  de Sharran à l’Est [face à Azaz], dans celle de Rajo au Nord-Ouest, et dans celle de Jandairis au Sud-Ouest [carte].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

 

Durant la journée d’hier, les agresseurs étaient parvenus à s’emparer du massif stratégique de Barsaya, qui domine la ville d’Azaz en Syrie, sous occupation turque, ainsi qu’une bonne partie de la province de Kilis en Turquie.

 

En fin d’après-midi (lundi), les Unités de Protection du Peuple (YPG) sont parvenues à chasser les Turcs et leurs acolytes du mont Barsaya et à se le réapproprier dans sa totalité. Ces hauteurs se situent à 2,5km d’Azaz.

 

Ce mardi en début d’après-midi, les YPG ont mis en déroute une colonne de l’Armée turque et de ses supplétifs sur la colline de Qastal Jandu, non loin du mont Barsaya, dans le district de Sharran. L’ennemi a abandonné de nombreux morts sur le champ de bataille.

 

Au même moment pratiquement, des Peshmerga ont détruit un véhicule et tué ses six occupants de l’Armée d’agression autour du village de Qudé, dans la zone de Rajo. Les combats se poursuivent en ce moment à cet endroit.

 

Dans la province de Jandairis, au Sud-Ouest du canton, l’envahisseur est en train de se retirer du périmètre du village frontalier de Shih, qu’il avait tenté d’investir depuis les premières heures de la journée.

 

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Des membres des YPG après l’assaut réussi d’une position ennemie

 

Jusqu’à 16h locales ce mardi, tous les combats se déroulent sur les frontières d’Afrin et l’ennemi n’est parvenu nulle part à briser la résistance des YPG et à converger vers le centre de la province. En revanche, les bombardements d’artillerie touchent tout le canton sans grand discernement.

 

Le nombre des morts et des blessés augmente au fur et à mesure des affrontements. Ankara a reconnu la perte d’un second soldat durant les combats d’aujourd’hui. Hier, le premier mort officiellement reconnu par l’agresseur a été enterré en grande pompe dans sa capitale en présence du dictateur Recep Erdogan.

 

A l’occasion de ces pertes, son ministre des Affaires Etrangères, Mevlut Cavusoglu, a tweeté : "Nous n’abandonnerons pas le sang de nos martyrs sur le sol et continuerons notre combat jusqu’à ce que nous ayons déraciné la terreur".

 

Les pertes admises par les belligérants nous paraissent largement sous-évaluées en comparaison des comptes rendus que nous recevons de nos interlocuteurs à proximité des combats.

 

Selon notre estimation, l’Armée ottomane et ses supplétifs ont perdu plus de 100 combattants et pas moins de 250 de leurs hommes ont été blessés. Trois quarts de ces soldats appartiennent aux unités d’islamistes et un quart à l’Armée régulière.

 

On observe à ce propos que des heurts se sont produits entre mercenaires islamistes, particulièrement ceux qui servent sous les ordres d’un personnage se faisant appeler le Major Général Sultan Mourad. Ces échauffourées ont éclaté à l’occasion du rapatriement sur Azaz des corps de 16 supplétifs tombés lors de la bataille du mont Barsaya.

 

Les mercenaires prétendent que les Turcs se servent d’eux comme de la "chair à canon", et qu’ils les envoient systématiquement aux avant-postes alors que les officiers turcs commentent les combats depuis l’arrière. On note à ce propos qu’Ankara ne communique aucun bilan relatif aux pertes dans les rangs de ses auxiliaires arabes.

 

D’après notre évaluation approximative et officieuse, les YPG et les YPJ qui défendent Afrin ont perdu une quarantaine de combattants et ont eu environ 80 blessés dans leurs rangs. Le bilan civil, toujours selon nos estimations et sous les mêmes précautions, s’élève à 35 personnes environ, dont un camarade reporter du nom de Tolhaldan Welat.

 

Sur le plan diplomatique, la séance du Conseil de Sécurité de l’ONU réuni lundi à la demande de la France n’a rien donné, pas de résolution et pas même un appel au despote sanguinaire turc pour qu’il cesse sa campagne criminelle.

 

Dans le camp kurde, parmi les officiers supérieurs des Forces Démocratiques Syriennes et les chefs politiques, on est évidemment très déçu de l’irresponsabilité dont font montre les Etats dits développés.

 

Les critiques n’épargnent personne, mais visent principalement la Grande-Bretagne après la déclaration du porte-parole de Theresa May, qui a reconnu lundi "l’intérêt légitime de la Turquie dans la sécurité de ses frontières", ajoutant que le Royaume-Uni "est engagé à travailler de près avec la Turquie et d’autres alliés afin de trouver des solutions garantissant la stabilité et empêchant l’escalade de la situation tout en protégeant les intérêts sécuritaires de la Turquie".

 

Hier soir, dans le saillant de Manbij au Rojava, certains demandaient à voix haute qui est-ce qui menace la Turquie ? Ils demandaient également si Madame May n’a pas entendu les menaces du sultan d’oblitérer ses alliés kurdes, d’Afrin à la frontière irakienne ?

 

L’écœurement et l’incompréhension prédominent aussi à propos de la position de la France, et particulièrement de son chef de la diplomatie, Jean-Yves Le Drian. Ce dernier, lors d’une réunion avec la presse à Paris a dit notamment : "J'ai eu l'occasion de dire à mon collègue turc hier matin au téléphone que cette offensive nous préoccupait et que si nous comprenions le souci de sécurisation des frontières qu'a la Turquie en ce moment (…)".

 

Le Drian a ajouté : "Nous pensons indispensable qu'il y ait une accélération du processus politique pour éviter l'apparition de nouveaux conflits en Syrie (…)".

 

L’un des principaux chefs des FDS a commenté cette déclaration en lançant, lors d’une réunion impromptue d’officiers : "Les Français ne sont-ils donc pas au courant que le gouvernement de son "collègue" a lancé une guerre d’extermination contre notre peuple ? Que ce sont les enfants d’Afrin qu’il y a lieu de protéger et non les frontières du dictateur que personne ne menace ? Que nous ne sommes pas des terroristes mais ses alliés ? Qu’il n’existe aucun processus politique à accélérer, puisque qu’il (Erdogan) s’est juré de nous éliminer jusqu’au dernier ?".

 

Quelques dizaines de volontaires français, parmi des centaines d’étrangers, ont rejoint les YPG pour se battre à leurs côtés. Deux ex des forces spéciales qui ont été engagés en Syrie m’ont confié hier soir qu’ils avaient honte de leur gouvernement et que sa conduite tendant à lécher les parties d’un assassin était scandaleuse et inadmissible.

 

Lundi soir, par la même occasion, le commandement des FDS a affirmé qu’il examinait des possibilités pour rejoindre les assiégés d’Afrin et participer à la guerre contre l’envahisseur.

 

 
Les Peshmerga tiennent le coup (info # 012201/18) Version imprimable
Breaking News !
lundi, 22 janvier 2018

 

Par Perwer Emmal

 

Métula et Afrin 14h10, lundi, 13h10 à Paris

 

Tôt ce lundi matin, des commandos des Unités de Protections du Peuple (YPG) ainsi que des YPJ, leur homologues féminines, ont attaqué les forces turques et leurs supplétifs islamistes dans la région d’Aziz (voir carte) à deux reprises.

 

Durant la première opération six soldats turcs ont été tués et de nombreux autres blessés. Au cours de la seconde, quelques minutes plus tard, des dizaines d’ennemis ainsi qu’un grand nombre de véhicules militaires ont été mis hors de combat.

 

La concentration qui a été prise pour cible se situe en territoire syrien contrôlé par l’Armée ottomane à l’extérieur du canton d’Afrin, à l’ouest de celui-ci. A l’issue de ce double engagement, les commandos kurdes ont regagné leur base de départ.

 

Cette opération était rendue nécessaire par l’important rassemblement de forces arrivées ces derniers jours de Turquie, qui s’apprêtaient, sans l’ombre d’un doute sensé, à marcher sur l’enclave encerclée du Rojava occidental.

 

D’autre part, et contrairement à ce qu’affirment la plupart des autres media, de même que le gouvernement d’Erdogan, depuis l’offensive lancée vendredi et baptisée "Rameau d’olivier" par l’agresseur, ce dernier n’est pas parvenu à s’emparer du moindre mètre carré du territoire d’Afrin. Ce, malgré sa supériorité écrasante en matériel et un ratio d’un contre quatre au niveau des combattants.

 

Durant la journée de dimanche, l’envahisseur avait péniblement réussi à se rendre maître de quelques collines dans le secteur de Boulboul, au prix d’une offensive majeure impliquant des dizaines de raids aériens, des barrages d’artillerie et le soutien de nombreux blindés. Mais en fin de journée, des éléments mobiles des YPG l’ont intégralement chassé de ses acquis suite à des affrontements de grande intensité.

 

A ce sujet, le narratif de la plupart des autres media qui tentent de couvrir le conflit sont erronés, et les cartes des opérations qu’ils proposent totalement apocryphes. Celles que j’ai consultées ne mentionnent pas la présence des troupes turques à proximité de la ville d’Idlib et dans une grande portion de sa province. Un contingent ottoman qui a traversé la frontière il y a plusieurs semaines en provenance de la province turque de Yayladagi, tout près de la région syrienne de Lattaquié, et qui contrôle désormais les deux tiers de la province d’Idlib.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

 

On ne peut pas parler de victoire kurde sur l’Armée d’invasion dans la zone d’Afrin et dans le reste du Rojava, car l’affrontement ne fait que commencer et il est fortement déséquilibré à tous les égards.

 

En revanche, on peut évoquer une résistance efficace et bien organisée de la part des YPG, qui constitue déjà une surprise aux yeux des experts militaires.

 

On doit également prendre en considération que le terrain du canton d’Afrin, extrêmement vallonné, aux routes étroites et sinueuses, ne favorise pas l’utilisation de matériel lourd. Lors des combats d’hier aux environs de Boulboul, il est advenu au moins deux fois que le premier char d’une colonne avançant à la queue leu leu sur l’une de ces routes de montagne ait été immobilisé par un tir de missile kurde, rendant le reste de la colonne inutile et même exposé à des tirs ultérieurs.

 

De plus, partout où ils sont intervenus, les mercenaires islamistes arabes au service du dictateur d’Ankara ne se sont pas montrés à la hauteur. Fréquemment sous-équipés, mal entraînés et peu motivés, ces ex-miliciens d’al Qaeda, en dépit de leur nombre (30-35 000), n’ont pas fait le poids face aux Peshmerga d’Afrin.

 

Lesquels Peshmerga, en plus de leur courage et de leur détermination, ont visiblement touché du matériel sophistiqué de la part des Américains et ils savent parfaitement s’en servir.

 

Quant à l’Armée turque, elle apparaît également désorganisée, principalement au niveau de son commandement. Certains observateurs étrangers avisés que je côtoie dans le saillant oriental de Manbij où je me trouve, invoquent les purges massives pratiqués par le Sultan dans l’Armée à la suite du coup d’Etat manqué de juillet 2016. A les croire, les meilleurs officiers croupiraient derrière les barreaux du dictateur et leur absence sur le théâtre des opérations aurait des effets désastreux.

 

On est aussi étonné par le manque d’efficacité relatif de l’Aviation ennemie, qui, en dépit de centaines de sorties et d’autant de frappes (environ 250) et disposant des mêmes appareils que les armées américaine et israélienne, se montre incapable de peser d’une manière déterminante dans la bataille.

 

En ce lundi matin de guerre, observant que le front n’a pas été enfoncé comme le prédisait le Grand Turc, et que les défenseurs d’Afrin se livrent à des actions offensives couronnées de succès, le moral des YPG/Forces Démocratiques Syriennes, dans les deux portions du Rojava qu’elles contrôlent, est au beau fixe.

 

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Des Peshmerga déterminés

 

Il est beaucoup question de saisir l’opportunité de l’offensive d’Ankara pour tenter de réaliser la jonction entre les saillants ouest et est autour d’al Bab, accomplissant ainsi la continuité du territoire kurde et désenclavant les défenseurs d’Afrin.

 

Environ 15 000 combattants et combattantes ont été concentrés dans le saillant de Manbij-Arima et ils sont sur le pied de guerre. Près de 3 à 3 500 d’entre eux, revenant de la guerre contre DAESH dans l’ouest syrien, sont armés et entraînés au niveau des meilleures unités d’infanterie motorisée occidentales. De l’avis de leurs chefs, ils devraient être capables de franchir la vingtaine de kilomètres qui les séparent de leurs frères encerclés à l’Ouest.

 

Deux obstacles se dressent cependant face à ce projet. Le premier est mineur : il repose sur la présence d’éléments kurdes de l’Armée gouvernementale syrienne qui ont été envoyés par les Russes à l’extrémité des deux saillants kurdes pour agir en qualité de force de séparation avec l’Armée turque. J’évoque un inconvénient mineur, car, pour les fréquenter régulièrement, ces éléments me semblent largement plus concernés par le destin de leurs frères que par le bien-être des Présidents Assad et Poutine. Si l’ordre de faire mouvement était donné, je pense qu’ils participeraient à l’offensive aux côtés des YPG/FDS et qu’ils ne feraient en tout cas rien pour s’y opposer.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

Les deux saillants kurdes, avec, dans les cercles rouges, les

positions des soldats d’interposition "gouvernementaux"

 

Le second obstacle est bien plus prégnant : il se dit que l’état-major U.S. en Syrie aurait prévenu le commandement kurde qu’en cas d’offensive non provoquée par une action des Turcs contre le saillant de Manbij, Washington pourrait cesser l’approvisionnement en armes, en munitions et en "conseillers" qu’il fournit aux FDS.

 

Un approvisionnement qui, on le constate à Afrin, joue un rôle essentiel dans la bataille.

 

Il ne reste aux forces kurdes que l’option d’attendre, au moins tout le temps que leurs frères kurdes d’Afrin tiennent le choc, de risquer de se fâcher avec Washington (mais pas avec le contingent américain sur place avec lequel les relations sont cordiales), ou encore de choisir le moment opportun pour tenter quelque chose.

 

Il importe tout de même de savoir que l’unification des deux portions du Rojava représente une priorité émotionnelle très élevée dans l’esprit de chaque Peshmerga, et que manquer une opportunité objective de la réaliser n’entre pas vraiment en considération.

 

Sachez encore que le commandement des FDS ainsi que tous les officiers avec lesquels je me suis entretenu nient catégoriquement avoir tiré les roquettes sur la ville turque de Reyhanli (cartes), dans la province d’Hatay, face à l’extrémité sud-ouest du canton d’Afrin. Selon les responsables turcs, ces roquettes auraient fait "au moins un mort et plus de 30 blessés" dans la cité.

 

Ils nient également que les FDS soient à l’origine des tirs qui ont fait deux victimes dans le village de Kaljibirin, à l’est d’Afrin. Ils rappellent qu’ils "n’ont aucun intérêt dans le bombardement d’agglomérations civiles et qu’ils ne s’attaquent jamais à des objectifs situés au-delà de leurs frontières".  Les officiers en charge des FDS n’hésitent pas à accuser les supplétifs islamistes et même les soldats turcs d’avoir eux-mêmes pratiqué ces tirs afin de créer des justifications à leur offensive contre les Kurdes.

 

Ce matin, les combats ont repris de plus belle dans la région de Boulboul, ponctués par d’intenses échanges d’artillerie ainsi que des combats terrestres à proximité de plusieurs villages. On signale également le survol de la ville d’Afrin par des drones.

 

Au nord de Rajo (carte), les YPG viennent de détruire deux chars ennemis et de tuer plusieurs militaires turcs. Les combats font également rage dans cette région du nord-ouest du canton.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

 

En l’absence de chiffres officiels communiqués par les belligérants, la Ména présente dans le Rojava estime à 22 civils et 13 combattants le nombre de morts à Afrin depuis samedi et jusqu’à ce matin, de même qu’une cinquantaine de blessés.

 

Du côté de l’agresseur, entre 60 et 70 soldats et mercenaires au moins ont perdu la vie, et le nombre de blessés dépasse la centaine.

 

 
Afrin : combats d’une extrême violence au sol (info # 032101/18) Version imprimable
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dimanche, 21 janvier 2018

 

Par Perwer Emmal

 

Métula et Afrin 20h20, dimanche, 19h20 à Paris

 

En cette seconde journée de l’offensive turque baptisée "Rameau d’olivier", l’Armée ottomane assistée par ses supplétifs islamistes a lancé une offensive terrestre majeure à partir de la ville de Gülbaba [carte], appuyée par l’aviation, l’artillerie et des blindés.

 

Dès 11 heures ce matin, heure d’Afrin et de Métula, l’agresseur a établi le contact avec les Unités de Protection du Peuple (YPG) kurdes dans la province de Boulboul [voir carte] tentant de s’emparer de plusieurs villages.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

 

Deux interlocuteurs de cette région avec lesquels j’ai pu m’entretenir (je me trouve à Arima, dans le saillant oriental des YPG, à 90km des combats qui se déroulent actuellement) m’ont affirmé que les affrontements étaient d’une violence extrême, particulièrement autour du village de Shengal [carte].

 

Jusqu’à 15 heures à tout le moins, heure de ma dernière liaison téléphonique, les YPG tenaient le front, en dépit du recours intensif de l’ennemi à son aviation. Les troupes de Recep Erdogan n’avaient pas réussi, contrairement à des annonces faites par leur Premier ministre Binali Yildirim, à enfoncer les défenses des Peshmerga et à pénétrer de manière substantielle dans le canton d’Afrin.

 

On dénombrait cependant jusqu’à 15 heures une dizaine de morts (officieux) dans les rangs des YPG et des YPJ (les unités féminines), ainsi qu’une vingtaine de blessés.

 

Les forces kurdes ont détruit avec certitude au moins deux chars M60 Patton de conception américaine, et en ont endommagé plusieurs autres ainsi que des véhicules militaires entre les villages de Shengal et de Boulboul. L’envahisseur a également subi de nombreuses pertes humaines, ce que nie son gouvernement.

 

L’Aviation turque a d’autre part intensifié ses bombardements sur l’ensemble du canton d’Afrin, ciblant principalement sa capitale ainsi que la zone frontière située au Nord-Ouest, dans la proximité de Raco, provoquant la mort, dimanche, de sept civils et en blessant de nombreux autres.

 

Une intense activité militaire de l’ennemi a aussi été observée dans la région de Maréa, à l’est de l’enclave kurde. Des échanges de feu s’y sont produits, mais là encore, en milieu d’après-midi, on ne notait aucune avance tangible des Turcs.

 

A l’occasion d’un point de presse organisé à Istanbul ce dimanche matin, Binali Yildirim a toutefois déclaré que l’Armée ottomane était parvenue à pénétrer dans le canton d’Afrin et que les YPG délaissaient leurs positions n’offrant que peu de résistance. Le Premier ministre de turc a fait état de l’intention de son pays d’établir une "zone de sécurité" jusqu’à une trentaine de kilomètres de sa frontière.

 

Le gouverneur de la ville de Kilis en Turquie, Mehmet Tekinarslan, a par ailleurs annoncé que sur le coup d’1h40 ce matin, trois roquettes s’étaient abattues sur le centre-ville blessant une personne touchée par des éclats de verre.

 

Ali Erbas, le chef de l’autorité turque en charge des affaires religieuses, a pour sa part déclaré que des "prières de conquête" seraient dites dans les mosquées tout au long de ce dimanche.

 

Nous apprenons également que la France a appelé à "une réunion d’urgence du Conseil de Sécurité au sujet d’Afrin, d’Idlib et de la Ghouta". Le fait d’inclure deux régions qui ne sont pas menacées de génocide dans la liste des sujets à traiter diminue cependant la portée de cette proposition, sans doute afin de ménager les susceptibilités d’Ankara. Dans un tweet, le Ministre français des Affaires Etrangères Jean-Yves Le Drian a précisé qu’il appelait à "un cessez-le-feu partout en Syrie et à l’établissement d’accès humanitaire inconditionnels".

 

La réaction que j’ai recueillie à chaud de la part de responsables kurdes en tournée dans la région de Manbij a été que "l’initiative française ne s’attachait pas au problème réel qui menace la vie de milliers de civils et que l’ordre du jour unique du Conseil de Sécurité devait être l’arrêt immédiat de l’offensive criminelle turque contre les Kurdes". Les responsables politiques et militaires que j’ai interrogés ont toutefois concédé que "si le Conseil de Sécurité se réunit réellement, on y discutera probablement du problème réel qui se pose".

 

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Un char turc participant aux combats de samedi

 

Riyaz Dirar, le co-président du Conseil Démocratique Syrien [kurde] a à nouveau accusé la Russie de collusion avec l’envahisseur ottoman dans le cadre de l’opération visant la population du canton d’Afrin.

 

Les autorités turques se sont également vantées d’avoir frappé lors d’attaques aériennes la base [ancien aéroport militaire du régime syrien] de Menagh [carré rouge et blanc sur la carte], située dans le territoire contrôlé par les YPG/FDS, qui est utilisé par l’Armée américaine pour approvisionner les combattants kurdes en armes et en munitions. Si cette nouvelle se confirme, elle pourrait sérieusement aggraver les tensions entre Ankara et Washington.

 

Dernière minute : 18h52 locales, par téléphone, on se bat au corps-à-corps pour le contrôle du village de Shengal. A 19h 49 ce dimanche, malgré les moyens énormes investis par l’Armée turque depuis le début de son offensive terrestre à 11h, elle n’était parvenue à occuper aucune localité ou position militaire du canton d’Afrin.

 

 
L’abjecte "cause palestinienne" est dans une phase d’agonie (info # 022101/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 21 janvier 2018

 

Par Guy Millière

 

Mahmoud Abbas a dit voici peu devant les membres dirigeants de l’Autorité Palestinienne que l’administration Trump l’avait giflé et insulté.

 

Ce fut le seul moment réjouissant d’un discours sinistre, antisémite, négationniste, monstrueusement délirant, gorgé de falsifications de l’histoire et d’apologie du terrorisme.

 

De fait, Mahmoud Abbas mérite d’être giflé et insulté depuis très longtemps, et s’il se sent giflé et insulté, il est très bien qu’il en soit ainsi.

 

Mahmoud Abbas mérite, certes, bien davantage que des gifles et des insultes, et la justice la plus élémentaire impliquerait qu’il soit rapidement conduit six pieds sous terre et lesté de plomb, mais des gifles et des insultes seraient un bon début.

 

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Mahmoud Abbas n’est pas seulement un antisémite et un docteur en négationnisme (il est l’auteur d’une thèse de doctorat répugnante évoquant des "liens" entre le nazisme et le sionisme et minimisant très fortement le nombre de victimes de la Shoah), c’est aussi un assassin et un complice d’assassins, un chef de bande terroriste, un être corrompu jusqu’à la moelle des os, haineux et regorgeant de mensonge.

 

C’est un homme qui, en prenant la succession de Yasser Arafat, est devenu complice d’un double crime contre l’humanité : la volonté d’exterminer la population juive israélienne, et la transformation de milliers d’Arabes en assassins - effectifs ou potentiels - de Juifs.

 

C’est un homme qui a des centaines de morts et des milliers de blessés et de mutilés sur la conscience, si tant est qu’il lui en reste quelque bribe.

 

C’est un homme qui ne devrait être appelé "président" par personne, car il n’a aucune légitimité à ce titre, et vient d’entrer dans la quatorzième année de son mandat de quatre ans.

 

C’est un homme qui est en train de s’apercevoir que, pour citer Abba Eban, à force de ne pas manquer une occasion de manquer des occasions, il en a manqué une de trop.

 

Il a eu une utilité pour l’Union Soviétique, dont il est l’une des créatures monstrueuses résiduelles, lorsque l’Union Soviétique voulait déstabiliser le Proche-Orient, et rallier le monde musulman et les gauches occidentales à une cause “anti-impérialiste” fabriquée de toutes pièces.

 

Il a eu une utilité encore quand, après la chute de l’empire soviétique, le monde musulman a voulu utiliser la “cause” fabriquée pour intimider le monde occidental et pour légitimer une part du djihadisme contemporain.

 

Il a bénéficié de la complaisance du premier président anti-américain islamophile et résolument anti-israélien de l’histoire des Etats-Unis.

 

Il ne peut que discerner qu’une page est en train de se tourner avec la présidence Trump.

 

Donald Trump lui a dit explicitement qu’il était un menteur, et lui a fait comprendre que la tolérance américaine pour le “terrorisme palestinien”, pour toute forme d’activité djihadiste, pour les incitations à la haine antisémite et les incitations au meurtre de Juifs était terminée.

 

Mahmoud Abbas n’a pas voulu comprendre qu’au-delà de la limite fixée par Donald Trump, son ticket n’était plus valable, et, parce qu’il est un être essentiellement ignoble, il a persisté dans l’ignominie.


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Afrin : 72 avions, 110 cibles, 10 morts (info # 012101/18) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 20 janvier 2018

 

Par Perwer Emmal

 

Métula et Afrin 1h00, dimanche, minuit à Paris

 

Au terme de cette première journée de l’offensive généralisée de la Turquie contre les Kurdes de Syrie, cyniquement nommée "Rameau d’olivier" par le régime de Recep Erdogan, les Ottomans ont eu recours à 72 chasseurs-bombardiers F-16, qui ont visé 110 objectifs dans le canton d’Afrin et tué dix personnes.

 

Sept victimes sont des civils et trois des combattants ; un homme faisant partie des YPG, les Unités de Protection du Peuple, et deux femmes de leur pendant féminin, les YPJ, ou Unités de Protection de la Femme.

 

En outre, vingt-cinq civils ont été blessés dont plusieurs se trouvent dans un état critique.

 

La plupart des raids ont ciblé Afrin, la capitale du canton du même nom et ses environs, de même qu’un camp de réfugiés.

 

D’autre part, les YPG ont fait échouer deux tentatives des forces turques et de leurs supplétifs islamistes de pénétrer dans la province au niveau du sol. L’une de ces attaques s’est déroulée à partir du territoire turc, au nord de l’enclave, l’autre, à l’Ouest, depuis la région syrienne de Maréa occupée par l’Armée d’Ankara.

 

Le Premier ministre d’Erdogan, Binali Yildirim, a prévenu samedi soir que l’offensive terrestre principale était planifiée pour dimanche.

 

Le Commandement Général des YPG, en charge de la défense d’Afrin et du reste du Rojava, a accusé Moscou d’avoir donné son feu vert à l’opération turque. Nous savons, a communiqué le Commandement des YPG, que l’Armée turque n’aurait pas attaqué Afrin sans avoir préalablement reçu l’approbation de la Russie dont des forces étaient déployée à Afrin.

 

Les soldats russes ont été évacués juste avant le début de l’agression. Le vice de Poutine allant jusqu’à exprimer sa préoccupation au sujet d’une éventuelle escalade et à envisager de saisir le Conseil de Sécurité de l’ONU.

 

A 22h30, samedi soir, les YPG ont juré de résister à l’agression militaire turque contre le canton d’Afrin. "Nous n’avons pas d’autre option que celle de résister", ont déclaré les YPG et les YPJ dans un communiqué, promettant de vaincre les agresseurs.

 

Tard dans la soirée de samedi, les ambassadeurs de Grande-Bretagne, de France et de Chine en poste à Ankara ont été informés par le ministère turc des Affaires Etrangères de l’opération militaire en cours à Afrin. D’après nos sources, aucun gouvernement européen n’a émis de protestation officielle quant à cette agression délibérée visant de parfaits innocents.

 

La Russie, les USA et l’ONU ont demandé aux protagonistes d’éviter l’escalade militaire.

 

 
Bombardements aériens, attaque au sol (info # 022001/18) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 20 janvier 2018

 

Par Perwer Emmal

 

Métula et Afrin 18h15, samedi, 17h15 à Paris

 

Sur le coup de 16h 33, heure d’Afrin et de Métula, des appareils turcs ont lourdement bombardé le canton d’Afrin en plusieurs points. Les villes d’Afrin, de Shirwa et de Shra ont été les cibles de ces attaques qui se poursuivent en ce moment même, alors que la nuit est tombée sur la région.

 

Quelques minutes plus tard, l’Armée turque a entamé une offensive terrestre à partir de sa frontière, par le Nord, et depuis la ville de Maréa, à l’Est, en territoire syrien. Selon des sources locales, ces premières tentatives ont été repoussées par les Unités de Protection du Peuple (YPG).

 

Les assaillants auraient eu plusieurs victimes dans leurs rangs, principalement des auxiliaires islamistes.

 

On ignore pour l’instant le nombre de victimes militaires et civiles à Afrin suite aux bombardements aériens et aux opérations terrestres de l’Armée ottomane.

 

Laquelle, par la voix de son état-major, a confirmé avoir lancé l’opération "Rameau d’olivier", précisant par un communiqué : "Nos forces armées ont commencé une opération aérienne à Afrin qui vise le PYD/PKK et l’Etat Islamique".

 

Nous tenons pour notre part à préciser qu’il n’existe pas un seul combattant de l’Etat islamique et/ou du PKK dans la province d’Afrin.

 

Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a confirmé l’information, déjà annoncée par Recep Tayyip Erdogan ce matin à la télévision.

 

La Russie a finalement retiré ses soldats qui se trouvaient en poste à Afrin. Dans un communiqué de son ministère des Affaires Etrangères, Moscou s’est dit "préoccupé" et a déclaré "suivre attentivement le développement de la situation".

 

Les Forces Démocratiques Syriennes à prédominance kurde ont été placées en état d’alerte maximum dans l’ensemble du Rojava. On a signalé des escarmouches à proximité de Kobané, lors desquelles des soldats turcs ou des supplétifs islamistes de leur armée ont trouvé la mort.

 

S’exprimant également par communiqué, les YPG, qui forment l’ossature des FDS, dénoncent un "acte d’agression contre nous, notre peuple et la Syrie. Si nous sommes attaqués", poursuit le communiqué, "nous n’aurons guère d’autre choix que celui de nous défendre ainsi que notre peuple.

 

Exactement comme lorsque les gangs de DAESH ont attaqué Kobané et ont été défaits", conclut le communiqué, "le même sort frappera l’Etat turc s’il tente de s’attaquer à Afrin".

 

D’autre part, des sources proches du régime syrien ont annoncé que Damas avait permis aux YPG d’utiliser son territoire dans la prince d’Alep afin d’envoyer des milliers de combattants en renfort à Afrin durant les dernières 48 heures.

 

Si cette coopération extraordinaire venait à s’amplifier face à un ennemi commun, on pourrait assister à une tentative militaire kurde de relier les deux parties du Rojava dans la région d’al Bab. Il en est question dans les discussions des officiers stationnés dans le saillant de Manbij.

 

 
Erdogan annonce le début de l’agression turque contre Afrin (info # 012001/18) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 20 janvier 2018

 

Par Perwer Emmal

 

Métula et Afrin 16h30, samedi, 15h30 à Paris

 

Lors d’un bref discours télévisé ce samedi, Recep Tayyip Erdogan a annoncé que son armée avait "lancé de facto sur le terrain une offensive terrestre contre l’enclave d’Afrin tenue par une milice kurde dans le nord de la Syrie". Erdogan s’exprimait depuis la province anatolienne de Kütahya.

 

Il a promis qu’ "ensuite, ce sera le tour de Manbij", dans la partie occidentale du Rojava kurde, et qu’ "après, pas à pas, nous nettoierons notre pays de cette terreur répugnante qui tente d’assiéger notre pays, et ce, jusqu’à la frontière irakienne".

 

Cette déclaration de guerre a été accompagnée d’un briefing du chef d’état-major turc, selon lequel l’Armée turque a répliqué à des tirs, hier et aujourd’hui, en provenance d’Afrin, de la part de l’organisation terroriste PYD/PKK.

 

Le PYD est le Parti de l’Union Démocratique, qui a la charge civile du canton d’Afrin. La force armée kurde qui défend ce territoire est les YPG, les Unités de Protection du Peuple.

 

Il n’existe aucun lien organique entre le PYD et le PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan, une organisation strictement turque.

 

Le ministre turc de la Défense, Nurettin Canikli, avait déclaré, vendredi matin sur la chaîne de télévision Haber, "que le niveau de menace contre la Turquie augmente de jour en jour", sans que cette affirmation soit intelligible.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

 

Les YPG n’ont jamais attaqué aucun objectif en Turquie et ne se sont jamais livrées à aucun acte terroriste. Elles constituent l’élément prépondérant des FDS, les Forces Démocratiques Syriennes, les seuls alliés des Américains et des Européens en Syrie. Ce sont les FDS qui ont repoussé au sol l’Etat Islamique au-delà de l’Euphrate.

 

Les YPG, contrairement aux affirmations du chef d’état-major d’Erdogan, ne se sont livrées à aucun tir en direction des forces turques, hormis des tirs de riposte limités faisant suite à des bombardements de l’artillerie ottomane.

 

Hier soir, une avocate d’Afrin a été blessée par des obus tirés à partir du territoire turc dans le nord du canton.

 

Selon l’un de mes interlocuteurs à Afrin que je suis parvenu à joindre à 11 heures ce samedi matin, les bombardements turcs sont les plus intenses depuis qu’ils ont commencé voici une semaine.

 

A l’issue d’une escarmouche provoquée par l’Armée turque, deux mercenaires islamistes ont été tués vendredi lors d’un bref affrontement avec les Peshmerga.

 

Je me trouve à Arima [voir carte], dans le saillant occidental tenu par les YPG-FDS. Je suis dans l’incapacité de me rendre à Afrin, pratiquement encerclée et coupée du monde. Jeudi, les Turcs ont fermé les deux derniers points de passage menant à l’enclave.

 

A Arima et dans tout le secteur, on assiste à l’arrivée de renforts des FDS retirés des effectifs de la région de Deïr Ez Zor où ils combattaient l’Etat Islamique au côté des Américains et des Européens.  A en croire des rumeurs persistantes, les Peshmerga auraient reçu des missiles antiaériens des mains des Américains, ainsi que des engins antichars.

 

On assiste également à un renforcement des effectifs de l’Armée turque et de ses mercenaires islamistes ainsi qu’à des travaux de retranchement face aux positions des FDS dans le secteur du saillant occidental autour de Manbij.

 

Des préparatifs du même ordre sont observés dans la région de Jarabulus déjà occupée par les Turcs, de même que face à Kobané, à l’est de l’Euphrate.

 

Le porte-parole des Nations Unies, M. Stephane Dujarric, est enfin intervenu vendredi, appelant "les parties concernées à éviter de nouvelles escalades ainsi que les actes de nature à approfondir les souffrances du peuple syrien".

 

"Une fois que les violences ont commencé", a ajouté le porte-parole, "il nous est extrêmement difficile d’intervenir".

 

M. Dujarric a affirmé que le Secrétaire général de l’ONU [M. Antonio Guterres] faisait route vers le Conseil de Sécurité et qu’il se dit "préoccupé par chaque situation dans laquelle la vie de civils est menacée".

 

Les responsables politiques et militaires du Rojava se sont montrés perplexes face à ces déclarations onusiennes, soulignant que c’est Ankara qui a unilatéralement déclaré la guerre aux Kurdes de Syrie, et que l’armée d’Erdogan était en train de violer la souveraineté d’un territoire qui ne lui appartient pas. Ils ont également relevé que les FDS n’avaient commis aucune provocation ni émis aucune menace à l’encontre de leur voisin du Nord, et donc que les appels au calme ne les concernent pas. Ils dénoncent une tentative de placer sur un pied d’égalité les agresseurs et les agressés.

 

On ignore quelle sera la position des Etats-Unis en cas de poursuite de l’agression ottomane sur Afrin et au cas où elle s’étendrait au Rojava occidental où sont cantonnés 2 000 militaires U.S, un certain nombre d’entre eux à Manbij.

 

En particulier, l’état-major des FDS se demande si Washington laissera l’aviation ennemie intervenir impunément contre ses positions ainsi que sur les zones civiles.

 

La porte-parole du Département d’Etat américain, Heather Nauert, a fait savoir vendredi que "les Etats-Unis veulent que la Turquie s’abstienne de toute violence dans la ville d’Afrin, au Nord-Ouest [de la Syrie]."

 

D’importantes manifestations de soutien à Afrin se déroulent dans tout le Rojava, la plus importante s’étant tenue à Kobané. Aucun message officiel de soutien de responsables politiques européens n’est parvenu aux Kurdes.

 

En dépit du déséquilibre militaire flagrant sur le terrain, les Peshmerga se déclarent prêts au combat et à faire payer chèrement aux Turcs leur agression. "Notre unique objectif sensé", m’a déclaré ce samedi matin un haut responsable militaire kurde, "consiste à infliger de telles pertes à nos adversaires qu’il seront amenés à reconsidérer l’utilité de leur aventure". Le même officier ajoutant : "Si nous tenons le coup suffisamment longtemps, cela sensibilisera les opinions publiques des pays libres, et cela poussera leurs dirigeants à faire pression sur Erdogan et à nous venir en aide".

 

On apprend également que M. Poutine réclamerait d’Erdogan qu’il retarde son offensive généralisée. Selon Ankara, les forces déployées par la Russie à Afrin auraient été retirées récemment, ce qu’a nié un responsable de Moscou sous le couvert de l’anonymat.

 

L’on sait qu’Ankara a demandé au Kremlin qu’il autorise ses avions à emprunter l’espace aérien syrien, mais on ignore la réponse de Poutine. Ce que l’on sait en revanche est que le vice-ministre syrien à la Défense, Fayçal Meqdad, a affirmé que son pays "s’opposerait par la force à toute agression ou opération militaire contre son territoire de la part de la Turquie en ripostant de manière appropriée". Meqdad a déclaré que "les défenses antiaériennes syriennes se tenaient prêtes à intervenir face à ce genre d’agressions".

 

L’on sait qu’un système de défense antiaérien de type S-400 a été livré par la Russie au régime de Bashar al Assad, et qu’il pourrait avoir la capacité d’intervenir contre des appareils turcs survolant le canton d’Afrin. Le ministre de la Défense ottoman, Nurettin Canikli, a toutefois tourné ces contre-menaces en dérision, précisant que "l’essentiel de la capacité militaire active du régime syrien était assumé par des pays tiers". Il a en outre prophétisé que la campagne militaire contre Afrin ne durerait pas longtemps.

 

 
Un million de Kurdes sont menacés de massacre par un fou (011901/18) Version imprimable
Analyse
vendredi, 19 janvier 2018

 

En raison de la gravité du contenu de cet article, la rédaction de la Ména a décidé de le publier exceptionnellement dans sa totalité sur tous ses supports.

 

Par Perwer Emmal

 

Cela fait longtemps que le dictateur turc Recep Tayyp Erdogan menace la population kurde de Syrie d’annihilation, mais depuis une semaine, pour le million d’habitants du canton d’Afrin, le danger est imminent. Il suffit d’observer les préparatifs militaires de l’Armée ottomane et de ses supplétifs tout autour de l’enclave encerclée pour s’en convaincre. Depuis samedi dernier, ces déplacements de troupes s’accompagnent d’intenses bombardements d’artillerie, ayant fait deux morts jusqu’à maintenant, à partir du territoire turc et des positions occupées par l’Armée d’Erdogan dans la province d’Idlib qu’elle a largement investie (voir les positions de l’Armée turque, matérialisées par des cercles verts sur la carte).

 

S’il restait un doute, il a été écarté par les propos tenus par celui qui se croit la réincarnation du Sultan de l’ancien empire et qui se comporte en conséquence afin d’en agrandir le territoire. Des déclarations à caractère objectivement génocidaire, comme celle de samedi dernier, dans laquelle Erdogan affirmait que "l’incursion militaire de la Turquie dans la province syrienne septentrionale d’Idlib allait écraser/pulvériser les forces de la milice kurde qui contrôlent la région voisine d’Afrin". Ou celle, de la même veine, prononcée dans la ville d’Elazig devant un parterre de membre de son parti AK, dans laquelle il a promis que "si les terroristes d’Afrin ne se rendent pas, nous allons les tailler en pièces".

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

 

Les "terroristes" auxquels il fait allusion ne sont autres que les YGP, les Unités de Protection du Peuple, elles-mêmes membres des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), les seuls alliés des Américains et des Européens en Syrie, qui viennent de défaire DAESH pour leur compte.

 

Mais pour le sultan qui vient de le répéter, la "milice kurde YPG tente d’établir un corridor de la terreur sur la frontière sud de la Turquie, reliant Afrin à la grande région kurde à l’Est". Car pour Erdogan, les YPG ne sont qu’une manifestation masquée du PKK, le Parti des Ouvriers du Kurdistan, un mouvement de résistance des Kurdes de Turquie.

 

"Avec l’opération du Bouclier de l’Euphrate [2016]", a expliqué le Grand Turc, "nous avons coupé le corridor de la terreur juste en son milieu1. Nous les avons frappés une nuit soudainement. Avec notre opération à Idlib, nous sommes en train d’écrouler leur aile occidentale".

 

L’opération d’Idlib à laquelle se réfère ce poète, a été lancée par l’Armée turque il y a quelques semaines, après un accord passé officiellement avec la Russie et l’Iran, dans le but avancé de pacifier cette zone et d’en faire un terrain de désescalade militaire. Le contingent turc et ses mercenaires y affrontent les miliciens d’al Qaeda sous leur nouvelle appellation de Tahrir al Sham [de son nom complet Hay’at Tahrir al Sham, l’organisation pour la libération du Levant].

 

En fait, au prétexte de "combattre toutes les organisations terroristes", dont il a établi la liste – al Qaeda, DAESH, les YPG et le PKK – aux fins de "protéger la Turquie contre leurs attaques", Erdogan s’installe durablement en Syrie dans le but s’approprier une partie de ce pays en cours de dépeçage.

 

Sauf qu’al Qaeda n’est pas une menace pour Ankara, c’est de cette organisation islamique que sont issus la quasi-totalité des supplétifs combattant en Syrie dans les rangs des Ottomans ; que DAESH, à savoir l’Etat Islamique, n’est plus en condition de menacer personne, et qu’il était, qui plus est, l’allié privilégié et le partenaire commercial de la famille Erdogan en Syrie ; que les YPG, de toute leur histoire, n’ont jamais attaqué la Turquie, et que le PKK est une organisation turque avec laquelle le pouvoir central se trouve en situation de guerre civile depuis des décennies et que ce n’est certes pas à Idlib qu’Erdogan va trouver le moindre de ses combattants.

 

En s’attaquant à Idlib, le sultan-dictateur poursuit trois objectifs : agrandir son territoire aux dépens du régime des al Assad, compléter l’encerclement d’Afrin avec pour objectif à terme de rayer le Rojava de la carte, et s’installer dans le camp de la coalition russo-iranienne qui contrôle une importante partie de l’ex-Syrie.

 

Le feu vert donné par Poutine à Erdogan pour investir la province d’Idlib et s’en prendre aux Kurdes du Rojava indique que la Russie a lâché les Kurdes et que, de son point de vue, le massacre d’une partie des habitants d’Afrin ne la dérangera pas. Il s’agit d’un retournement d’alliance, car le Tzarévitch entretenait jusqu’à présent des relations très correctes avec les Kurdes de Syrie. Il avait même installé une base militaire dans le canton d’Afrin dans laquelle il prodiguait un entrainement au combat aux YPG. Et il avait déployé des unités dans la région d’al Bab, entre les deux saillants kurdes, afin de rassurer les Turcs quant à une éventuelle tentative par les YPG d’établir la continuité géographique du Rojava, et de défendre les positions des Peshmerga face à une éventuelle offensive des troupes d’Ankara.

 

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Le camp de Robar pour personnes déplacées par la guerre, dans la province

de Sherawa, canton d’Afrin, vient d’être bombardé par l’artillerie d’Erdogan

 

A ce propos, le Sultan promet aussi la guerre aux Kurdes de l’ouest du Rojava, ayant déclaré, la semaine dernière, que "la Turquie n’aurait aucun mal à déloger les forces des YPG de Manbij", précisant : "Nous allons prendre les choses en main jusqu’à ce qu’il ne reste plus un seul terroriste", et ponctuant d’une menace datée : "Ils verront ce que nous allons faire dans une semaine environ !".

 

Reste que Poutine a fermé sa base dans le canton d’Afrin peu avant le début de l’agression d’Erdogan à Idlib, et que l’on peut se demander avec inquiétude comment se comportera sa "force de séparation" autour d’al Bab en cas d’une attaque turque. Il y a quelques mois, le Tsarévitch envoyait son aviation interdire aux appareils turcs le survol des Peshmerga, aujourd’hui, il ferme les yeux sur la possibilité d’un massacre de Peshmerga et de civils kurdes par le Sultan. Mais il n’y a pas à sursauter devant ce genre de revirements, cela a souvent été écrit dans ces colonnes : Poutine n’a pas d’amis ni d’ennemis, il n’a que des opportunités. De plus, il n’a guère apprécié la fidélité des YPG envers la coalition américaine, ce qui l’a privé d’une victoire facile et de gains territoriaux dans la région de Deïr Ez Zor, et il est colérique et rancunier.

 

Il n’apprécie pas non plus la décision de Washington de former et d’équiper une puissante unité de gardes-frontières (30 000 hommes) principalement kurdes, basée sur l’ossature des Forces Démocratiques Syriennes, et qui prendra la responsabilité du contrôle des frontières turque, iraquienne et de la ligne de démarcation sur l’Euphrate face à la coalition russo-alaouito-iranienne.

 

La formation de cette nouvelle unité, qui va pérenniser la présence kurde, de même que l’influence occidentale en Syrie, dérange fortement le régime de Damas, qui considère désormais la présence américaine comme "une force d’occupation de son pays". Elle contrarie Moscou, qui y voit un obstacle à l’extension de sa zone d’influence, et a enragé le Sultan, dont le porte-parole, Ibrahim Kalin, a indiqué que "Washington effectue des pas inquiétants visant à légitimer cette organisation [les YPG] et à la rendre durable dans la région". Le porte-parole a complété sa remarque en indiquant que "la Turquie allait poursuivre son combat contre toute organisation terroriste sans se préoccuper de son nom, de sa composition, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières".

 

Face aux écarts verbaux pour le moins inamicaux des ministres du leader turc, Washington se montre extrêmement réservé, n’ayant fait aucune déclaration relativement au projet d’Ankara d’envahir Afrin et de pulvériser les Peshmerga dans le reste du Rojava. Mais il n’a pas fait marche-arrière quant à l’établissement du corps des gardes-frontières et poursuit leur entraînement.

 

A l’inverse, Bashar al Assad est dans tous ses états. Il est fortement déstabilisé par l’incursion ottomane à Idlib, et surtout, par le blanc-seing qu’elle a reçu de la part de ses plus proches alliés russes et perses. Il s’aperçoit, lui qui a à faire face aux raids de plus en plus nombreux de l’Aviation israélienne en périphérie de sa capitale, que l’on ne met pas Poutine dans sa poche mais que c’est lui qui se trouve dans celle du Tsarévitch, et qu’il dépend toujours, pour son maintien, du bon vouloir de ses deux alliés. Et que ce soutien n’est pas définitivement acquis ni basé sur une hypothétique amitié qu’il leur inspirerait. Il s’aperçoit surtout, et cela ne doit pas lui plaire, qu’Erdogan et la Turquie importent infiniment plus aux yeux de Téhéran et Moscou que lui et la Syrie. Au point de trahir ses intérêts et de laisser molester sa souveraineté.

 

Pour Assad, l’annexion d’Afrin par Erdogan part d’une hypothèse inacceptable. Hier, il est allé jusqu’à menacer de lancer ses avions contre ceux du Sultan [en cas d’invasion d’Afrin], ce qui pourrait s’avérer distrayant au niveau des alliances. On pourrait s’amuser à observer qui tire sur qui, et imaginer la migraine que cela occasionnerait à Poutine, l’impassible joueur de poker.

 

Mais à dire vrai, nous ne sommes pas d’humeur à nous amuser. Un million de mes compatriotes se situent désormais sous la menace directe et exprimée d’un mégalomane expansionniste de la pire espèce. Contrairement aux Européens, nous n’oublions pas qu’il y a actuellement des dizaines de milliers de Turcs en prison, dont beaucoup sont soumis à la torture par le tyran. Et nous savons qu’un individu qui traite ses propres compatriotes de la sorte n’aura aucun état d’âme à traiter ses ennemis non-turcs d’une manière bien plus barbare encore.

 

Et nous constatons, une fois de plus, le mutisme des chefs d’Etat européens et le désintérêt complice de leurs journalistes face à l’hypothèse, si ce n’est d’un génocide – laissons ce terme galvauder par d’autres ! -, du moins de massacres ou d’un grand massacre. Où êtes-vous, Macron, Merkel, Antonio Guterres, Mogherini ? Mogherini… Muets et inactifs face à ces sombres perspectives. Sourds aux déclarations du dément et aveugles face à ses mouvements de troupes et ses bombardements.

 

Le PYD, le parti de l’Union Démocratique qui gère actuellement le canton d’Afrin, a lancé un appel mercredi. Restons sobres en épithètes et reproduisons-le tel quel, sans même mentionner les souvenirs qu’il ne va pas manquer de réveiller, d’autres cris d’alarme lancés à d’autres moments de l’histoire par des communautés aujourd’hui décimées :

 

"Nous en appelons au Conseil de Sécurité des Nations Unies afin qu’il prenne les mesures nécessaires à assurer la sécurité tant à l’ouest qu’à l’est de l’Euphrate dans le nord de la Syrie.

 

Nous en appelons également aux forces internationales, aux organisations de la société civile et aux organisations des droits de l’homme pour qu’elles remplissent leurs obligations envers un million de personnes à Afrin.

 

Nous demandons le soutien de tous les Kurdes en Europe ainsi que de toutes les forces démocratiques afin qu’ils fassent entendre la voix d’Afrin dans le monde, de sorte qu’Afrin ne soit pas seule".

 

Quelques manifestations de Kurdes se sont en effet déroulées à Berlin, Copenhague et Paris, réunissant quelques poignées de personnes, dans l’indifférence des populations locales et celle des media qui, dans leur écrasante majorité, ne consacrent même pas un entrefilet à la tragédie qui s’ourdit.

 

Si la Ména n’existait pas, vous non plus ne seriez pas informés. Jusqu’à la bataille de Kobané, je contribuais à un petit journal en langue kurde du sud-est de la Turquie. C’est la Ména et ses responsables qui m’ont appris le métier de journaliste dont j’ai découvert que je ne connaissais pratiquement rien. Ils m’ont appris la différence fondamentale existant entre l’information et l’activisme, qui se traduit par des règles très strictes. Celles qui consistent à faire connaître des faits et à laisser le soin à ceux qui en prennent connaissance d’effectuer leur propre synthèse. On n’écrit pas "J’accuse" tous les jours, et ceux qui s’y sont essayés se sont couverts de ridicule. N’est pas Zola qui veut pour franchir la frontière des genres.

 

Même s’ils se préparent à se défendre comme des hommes et des femmes libres, même s’ils retarderont à n’en pas douter l’échéance inexorable, les Kurdes de Syrie n’ont pas d’avions ni de chars et ils finiront par céder face à la seconde puissance militaire de l’OTAN. Je saisis certes l’importance stratégique de la Turquie pour l’Europe, l’Amérique et les pays dits civilisés. Mais où mènent les accolades de vos dirigeants avec un individu tel Erdogan ? Peut-on s’allier à lui ? L’épargner en omettant cyniquement de répéter les paroles qu’il profère ? Face à ces intérêts et à cette conviction discutable, quel est le prix de la vie d’un million d’amis ?

 

J’ai fait pour ma part ce qu’il fallait pour rester fiable, complet et crédible. Je n’ai pas remplacé la narration des faits par l’attendrissement humanitaire ni la victimisation. Il n’en demeure pas moins qu’un million d’absolus innocents subissent actuellement une menace mortelle imminente. Le reste est affaire de conscience.

 

 

 

Note :

1C’est objectivement inexact, la liaison entre les forces kurdes de l’Est et celles de l’Ouest n’a jamais été réalisée ; les deux entités sont toujours séparées par une vingtaine de kilomètres – voir la carte. Ndlr.

 

 
Enquête Mueller : le piège se referme (010801/18) Version imprimable
Analyse
lundi, 08 janvier 2018

 

Par Amram Castellion

 

Depuis mai dernier, une équipe de juristes réunie par le procureur spécial américain Robert Mueller cherche à rassembler des éléments de preuve démontrant l'existence d'un complot entre la campagne Trump et le gouvernement russe pour faire gagner à Trump l'élection présidentielle du 8 novembre 2016.

 

Sept mois plus tard, cette équipe n'a rien trouvé. Il y a bien eu des mises en examen dans l'entourage du président, mais pour des faits sans le moindre rapport avec quelque collusion que ce soit : irrégularités fiscales, non-déclaration d'activités de lobbying datant de plusieurs années avant la campagne, fausses déclarations au FBI sur un entretien avec l'ambassadeur russe après l'élection, alors que plus aucune collusion pour gagner l'élection n'était possible (le FBI avait écouté l'entretien lui-même et a confirmé qu'il ne présentait aucune irrégularité).

 

En revanche, de nombreux faits apparus à l'occasion de l'enquête suscitent des interrogations majeures sur l'éthique et le respect de la loi par le parti Démocrate. Au cours des deux dernières semaines, les Démocrates semblent enfin avoir commencé à percevoir le danger et ont radicalement modifié leur présentation des événements. Reste à savoir si ce revirement de dernière minute saura convaincre l'électorat.

 

Les premiers doutes étaient apparus sur le sujet de la constitution de l'équipe Mueller. Sur les quinze juristes recrutés pour l'enquête, tous étaient des habitants de Washington ou New York et six avaient fait des dons à la campagne Clinton. Y a-t-il si peu de juristes aux Etats-Unis pour que Mueller n'ait pas pu trouver des spécialistes sans conflits d'intérêts politiques et vivant dans d'autres milieux que celui de la politique nationale ?

 

Deux des membres de l'équipe – Peter Strzok et Lisa Page – furent écartés en août, après que Mueller eut appris qu'ils avaient échangé plus de 10 000 SMS faisant l'éloge d'Hillary Clinton et dénigrant Trump de manière souvent grossière. Mais cela ne fut connu qu'en octobre. On apprit à cette occasion que Strzok avait été impliqué, un an plus tôt, dans l'enquête du FBI sur le serveur privé qu'Hillary Clinton avait installé chez elle, et par lequel elle avait transmis des documents "secret défense", en violation de la loi américaine. Strzok avait personnellement modifié la première version du rapport, qui parlait de "négligence grave" (une qualification pénale) pour lui substituer les mots "inattention extrême" qui n'ont pas les mêmes conséquences.

 

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"Vous n’aurez qu’à répondre :

Cela dépend de votre définition de ce qu’est l’uranium !"

 

A cette occasion, les Américains se sont vu rappeler à quel point l'enquête du FBI sur Hillary Clinton avait fait foin de toute semblance d'objectivité et méprisé le principe d'égalité devant la justice. Le directeur du FBI, James Comey, avait rédigé le premier brouillon de sa décision de ne pas demander de poursuites contre la candidate le 12 mai 2016, avant que 17 témoins ne soient interrogés – y compris Hillary Clinton elle-même, qui ne le fut que le 2 juillet. Justin Cooper, le technicien qui avait installé le serveur privé dans la maison d'Hillary, effacé ses mails et détruit ses BlackBerry à coups de marteau pour empêcher qu'ils ne tombent dans les mains du FBI, n'a pas été inquiété. Des mails "secret défense" avaient circulé de l'ordinateur d'Hillary à celui de sa conseillère Huma Abedin, et de là à celui du mari d'Huma, Anthony Weiner, actuellement en prison pour pédophilie, sans que, là encore, personne ne soit inquiété.

 

Un autre membre de l'équipe Mueller, Andrew Weissman, avait écrit à Sally Yates, un procureur nommé par Obama qui avait refusé d'appliquer un décret du nouveau président, pour la féliciter. Une autre, Jeannie Rhee, était l'avocate de Ben Rhodes, le conseiller adjoint à la sécurité nationale d'Obama, et avait travaillé pour la Fondation Clinton. Un autre encore, Aaron Zebley, était l'avocat … de Justin Cooper, l'informaticien au marteau.

 

Ayant perdu beaucoup de sa crédibilité quand sa composition fut mieux connue, l'équipe Weiner a aussi souffert des révélations relatives à ce qui, selon tous les témoignages jusqu'à la semaine dernière, était la source des soupçons de collusion : le "dossier Steele", rédigé par un agent à la retraite des services de renseignement britanniques.

 

La presse avait refusé de publier le dossier Steele avant l'élection, faute de crédibilité. Mais cela n'avait pas empêché le parti Démocrate de faire lire le dossier au Président Obama comme un "document ultrasecret", malgré l'absence de contribution des services américains de renseignement – et malgré le fait que les mêmes Démocrates essayaient frénétiquement, dans le même temps, de le faire fuiter.

 

En octobre 2016, le dossier Steele avait conduit l'administration Obama à obtenir l'autorisation d'un juge pour écouter les conversations de Carter Page, un ancien membre de la campagne Trump cité dans le dossier pour avoir, entre autres, offert de lever les sanctions américaines contre la Russie en échange du produit de la vente de 19% d'une société pétrolière et reçu l'assurance que les Russes avaient un dossier compromettant contre Hillary Clinton. Le résultat des écoutes réalisées sur Carter Page n'a montré aucune irrégularité.

 

Après la publication du dossier en janvier dernier, il a servi d'argument principal à l'appui de la conviction que l'on finirait bien par trouver de la collusion entre la campagne Trump et le gouvernement Poutine. Depuis lors, cependant, il a perdu beaucoup de son autorité.

 

Cela ne vient pas seulement du fait que le dossier ne présente aucune preuve à l'appui de ses accusations – pas d'enregistrement, pas de photo, pas de nom de témoins, pas de date et d'heure de réunion. Cela ne vient pas non plus du caractère farfelu de beaucoup d'entre elles (Trump se voyant offrir, à une époque où personne n'envisageait qu'il serait président, un lit où le couple Obama avait dormi pour y faire venir des prostituées ?).

 

Le principal coup à la crédibilité du dossier a été la révélation par la presse américaine (preuves à l'appui, cette fois) que le dossier avait été suscité et financé par la campagne Clinton et le parti Démocrate. Une partie de l'argent Démocrate a été utilisé pour rémunérer des sources russes, payées pour dire ce que les Démocrates avaient envie d'entendre ; ce qui, pour le coup, correspond strictement à la définition d'une "collusion russe".

 

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Champigny n’est pas le problème. L’Alsace brûle aussi (vidéos)(info # 010501/18) Version imprimable
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vendredi, 05 janvier 2018