L’extraordinaire impact de l’entrée en fonction de Donald Trump.La crise entre la Belgique et Israël Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 20 janvier 2017

 

© Metula News Agency info # (012001/17)

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/EWidZiE8sY4  (Youtube)

 

Comment va se passer la transmission des pouvoirs entre Obama et Trump, alors que le président sortant a fait son maximum pour pourrir la marge de manœuvre de son successeur.

 

Vers un transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.

 

Malgré les menaces de Mahmoud Abbas et de l’Union Européenne, aucun cataclysme n’est à attendre en cas de transfert de l’ambassade U.S dans la capitale israélienne, car pour les grands Etats arabes sunnites, un repositionnement de la nouvelle administration contre l’Iran est nettement plus important que l’Autorité Palestinienne.

 

Or sans le soutien actif de l’Arabie Saoudite, de l’Egypte et des Emirats du Golfe, la cause palestinienne va se trouver reléguée au second plan.

 

Le projet de solution de Trump, en accord avec Netanyahu, et sous la direction de son beau-fils Jared Kushner, assisté par Avi Berkowitz, le stratège de Trump TV, consistera à minimiser la portée d’un éventuel Etat Palestinien, en faisant une sorte de super-autonomie, suivant un plan conditionnel d’émancipation à long terme et par paliers – au moins 10 ans – pendant lesquels Jérusalem conservera un droit de regard et d’intervention en Cisjordanie.

 

 

Et les effets dévastateurs de la loi de compétence universelle en vigueur en Belgique :

 

La justice belge n’a pas les qualités d’objectivité requises – son passé en constituant la preuve – pour appliquer la compétence universelle.

 

Après la menace d’arrêter Madame Tzipi Livni, ancienne ministre israélienne des Affaires Etrangères dès son arrivée en Belgique, provocant l’annulation de son voyage, suite à une accusation de "crimes de guerre et crimes contre l’humanité" déposée par un collectif gazaoui, les relations entre les deux pays sont au plus mal.

 

Aucun dirigeant israélien ne se rendra plus à Bruxelles, y compris les chefs de l’antiterrorisme, dont l’expérience et le savoir-faire sont indispensables à la Belgique dans sa situation actuelle.

 

Les projets de coopération en matière de renseignement, de défense et de recherche scientifique sont directement menacés.

 

Le Soir a diffusé un article de Baudoin Loos en forme d’incitation à la haine, à l’antisémitisme et à la violence contre la nation d’Israël. Le rédacteur en chef du journal ainsi que les autorités de surveillance et le gouvernement du royaume sont complices de la propagation publique d’un narratif de haine, entièrement basé sur la position du Hamas, en pleine distorsion des éléments factuels et dans l’ostracisme intentionnel de la position israélienne.

 

Les Israéliens mainstream, responsables politiques et intellectuels, se voient barrer l’accès des media belges, qui ne présentent plus que la position du Hamas et de l’AP. La communauté israélite, agressée et en émoi, structure ses options d’immigration massive des jeunes Belges juifs vers Israël.

 

La situation de cette minorité, respectueuse des lois et bonne citoyenne, stigmatisée sans réaction des autorités compétentes est désormais critique.


 
Le suicide français (info # 011601/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 16 janvier 2017

 

Par Claude Berger*

 

Le  coup bas porté contre Israël par François Hollande en vue de contraindre l’Etat hébreu à des « négociations » est aussi un coup bas porté contre la France. On ne peut en effet prétendre simultanément lutter contre le terrorisme islamiste qui frappe le monde occidental et particulièrement l’Hexagone, ménager l’islam en voie de radicalisation, et lui trouver des circonstances atténuantes, allant jusqu’à taire son nom à la Conférence de Paris sur le Moyen-Orient, sur l’air du « pas d’amalgame ». Ou encore, soutenir les doléances palestiniennes, qui comprennent l’avenir du Hamas au pouvoir à Gaza, obsédé par l’éradication d’Israël.

 

Le refus par le monde arabe du fait juif ne date pas d’aujourd’hui. Statut de dhimmis, statut d’infériorité, puis refus de tout Etat juif lors du plan de partage de 1947, sans jamais envisager, ensuite, la création d’un Etat palestinien sur la partie qui sera occupée par les Jordaniens entre la Guerre d’Indépendance et celle des Six Jours. Soit sans créer d’Etat palestinien durant 19 ans de contrôle arabe absolu du territoire aujourd’hui revendiqué, et sans que l’Etat arabe qui gouvernait ces territoires n’ait transféré sa capitale à Jérusalem.

 

Le conflit israélo-palestinien fut la première manifestation de l’islamisme, avec, à sa tête, le Mufti Amin Al-Husseini, proche d’Hitler, deux ans en poste à Berlin. Proche également du gouvernement de Vichy, Hadj Amin, comme on l’appelait, était un chef palestinien issu des Frères Musulmans, exfiltré par la France après la Guerre pour qu’il échappe aux prisons anglaises et probablement à la potence.

 

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Les terroristes islamistes : la délégation arabe qui manquait à la Conférence de Paris

 

Le refus culturel du fait juif dans le monde arabo-musulman n’est que la manifestation d’un refus cultuel. Mais c’est, ces jours, du refus du monde occidental, un monde formaté par une matrice culturelle chrétienne, qu’il est question.

 

Il y a de quoi s’étonner : comment Hollande et Ayrault, empruntant la voie tracée par Obama et  Kerry, sont-ils aveugles à ce point pour prétendre imposer comme frontière  la ligne de 1967, qui n’était qu’une ligne d’armistice avec les Jordaniens, ainsi que la partition de Jérusalem ? Aveugles et peu lettrés, pour s’inscrire dans l’offensive menée contre la légitimité d’Israël, Etat du peuple juif. Aveugles et peu lettrés pour bafouer l’histoire du peuple juif et nier ses liens avec la terre d’Israël

 

Chateaubriand, en 1806, avait déjà perçu cette tendance anti-juive et anti-israélienne avant l’heure, tapie dans l’inconscient culturel français, également formaté, des siècles durant, par une matrice culturelle chrétienne dirigée contre les Juifs, « ennemis du genre humain et hostiles à Dieu » selon Paul, et qui ont « le diable pour père » selon Jean. Or l’auteur de l’ « Itinéraire de Paris à Jérusalem » déclarait : « Quand on voit les Juifs dispersés sur la Terre… on est surpris sans doute mais pour être frappé d’un étonnement surnaturel, il faut les retrouver à Jérusalem ; il faut voir ces légitimes maîtres de la Judée esclaves et étrangers dans leur propre pays ». Oui, Messieurs Hollande et Ayrault, « légitimes maîtres de la Judée » dixit Chateaubriand il y a 210 ans.

 

Votre incapacité à décrypter l’islamisme aux portes du minuscule Israël vous rend inaptes à identifier l’islamisme qui désormais nous agresse. La gauche au pouvoir, plus encore que la droite actuelle, a sécularisé les grands traits des Epitres de Paul ; non seulement la vindicte contre les Juifs, que l’on retrouve chez les pères fondateurs de la gauche, Marx, Proudhon, Bakounine, Fourier, pour lesquels le Juif est à l’origine de la chute et porteur d’un complot permanent, mais aussi la théorie du « renversement », par laquelle les derniers seront les premiers avec au bout de leur révolte, le Jugement dernier résumé dans le soir final. Cet inconscient culturel s’est également exprimé à droite. Souvenons-nous du discours de de Gaulle du 27 novembre 67 sur « le peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur », et de Raymond Barre, dont l’un des propos impliquait que les Juifs n’étaient ni innocents ni français ?

 

L’antisionisme de gauche, qui se targue de dénoncer un « colonialisme israélien », n’est donc que la forme d’un antisémitisme qui ne se cache plus et qui enchaîne à la fois « un peuple de trop et un pays de trop ». L’adaptation de la théorie de Frantz Fanon [qui lui ne l’a jamais appliquée à Israël. Ndlr.] n’était donc qu’une sécularisation de l’une des matrices culturelles chrétiennes du renversement. Grâce à elle, les Juifs pouvaient aussi prendre la stature du bourreau aux dépens des Palestiniens, qui eux étaient transformés en « victimes  des Juifs ». Cela ne pouvait, évidemment, que soulager l’archi-culpabilité de l’Occident dans sa participation à l’extermination des Juifs d’Europe.

 

Israël se voit désormais accusé de tous les défauts par la plupart des media français, désigné pays d’apartheid par les gauches illettrées, alors que près de 20% de la population israélienne est d’origine arabe. Israël, conscient des dangers de l’islamisme radical, ne fait que se défendre.

 

La France, inconsciente, ne se défend que mollement, préférant des actions militaires lointaines à la libération de ses cités métropolitaines occupées. Des cités, cette une très sérieuse enquête d’opinion qui l’affirme, dans lesquelles plus d’un quart de la jeunesse musulmane s’identifie à l’islamisme radical. Le suicide français se joue là, sur une scène du théâtre des banlieues : le Juif y est dominateur et la pauvre victime y est palestinienne et musulmane.

 

On peut, on doit souhaiter une atmosphère paisible entre Israéliens et Palestiniens, mais il faut d’abord en finir avec le refus du fait juif, qui implique que tout projet palestinien est « Judenrein » et que tout dialogue direct est exclu. Et ce sont Hollande et Obama qui viennent de l’exclure, en déclarant ce que "seront les conclusion du marchandage" avant qu’il n’ait commencé : retour d’Israël sur la ligne d’armistice indéfendable de mai 1967, et partage de Jérusalem. Que reste-t-il à négocier ? Pour quelle raison Mahmoud Abbas devrait-il s’asseoir avec Binyamin Netanyahu et faire des concessions ?

 

Enfin, du côté de l’aveuglement français, il est temps de faire l’état des lieux du monde arabo-musulman : déchiré dans ses perpétuelles guerres sunnites-chiites, embourbé dans ses dictatures, ensanglanté dans ses guerres civiles, ce qui constitue le tableau auquel est confronté Israël en première ligne.

 

Temps de comprendre comment sévit cette vieille matrice antijuive et désormais anti-israélienne dans l’inconscient culturel. J’ai mémoire que le statut des Juifs de 1940 était passé comme une lettre à la poste et, qu’après la guerre, il fallait faire silence sur « les événements ». C’était à peine s’il ne fallait pas exhiber un certificat médical pour justifier une absence scolaire de deux années d’enfant caché. Ce travail de décryptage du vieux fond inconscient antijuif et anti-israélien, du côté chrétien-laïque,  est plus que jamais d’actualité.


 

 

Notes :

 

* auteur de « Pourquoi l’antisémitisme ? », aux Editions de Paris. Egalement « Itinéraire d’un Juif du siècle » et «  Finir avec le salariat » dans la même maison.

 

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Il n’y aura pas d’Etat palestinien (info # 011501/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 15 janvier 2017

 

Par Guy Millière

 

Au moment où cet article paraitra, la conférence anti-israélienne de Paris sera en cours. Nul ne peut savoir si c’est le pire ou l’absolument pire qui en sortira, ni si le texte qui sera publié et ratifié á la fin sera seulement répugnant ou absolument répugnant. Nul ne peut savoir non plus si une nouvelle motion suivra et si elle sera présentée au Conseil de Sécurité de l’ONU le 17 ou le 18 janvier.

 

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Kerry et Ayrault se sont retrouvés à la Kermesse des Insignifiants

organisée ce dimanche au Quai d’Orsay

 

Rien de tout cela n’importe vraiment, car ce qui compte est qu’un nouveau président des Etats-Unis va entrer en fonction le 20 janvier, et que ce président est un ami d’Israël qui ne montre aucune intention de reculer, et qui a déjà eu l’occasion de dire ce qu’il pensait des conférences telles que celle de Paris, ainsi que de l’Organisation des Nations Unies.

 

La présidence Trump pourrait, si les choses se passent comme elles semblent destinées à se passer, être l’une des plus importantes de l’histoire des Etats-Unis, et rejoindre dans ce sens celle de Ronald Reagan.

 

Donald Trump est le premier président des Etats-Unis à placer en tête de ses préoccupations internationales la lutte contre l’islam radical et à se donner comme objectif la défaite de celui-ci. Au temps de Ronald Reagan, l’islam radical était encore embryonnaire, et son éradication ne pouvait représenter un objectif pour Reagan ; George Herbert Walker Bush rêvait de nouvel ordre mondial et ne voyait pas le danger, Bill Clinton voyait moins encore le danger, George Walker Bush ne nommait pas le danger, et parlait seulement de “guerre contre le terrorisme”, Obama s’est fait complice du danger, Trump, lui, nomme le danger par son nom et promet d’agir.

 

Donald Trump est aussi le premier président des Etats-Unis à ne pas faire preuve de la moindre mansuétude vis-à-vis de la cause palestinienne, et le premier président, depuis les accords d’Oslo, contrairement à George Herbert Walker Bush, puis à Bill Clinton, à ne pas utiliser le paradigme frelaté de la “solution a deux Etats”, et à pencher, plutôt, vers la solution à un Etat, appelé Israël.

 

Un homme qui nomme David Friedman ambassadeur des Etats-Unis en Israël, lui-même partisan de la solution à un Etat, et qui entend être ambassadeur à Jérusalem, comme il se doit (dans quel autre pays un ambassadeur occupe-il ses fonctions dans une ville autre que la capitale du pays?) est un homme de clarté et de détermination.

 

Le même Donald Trump, qui compte dans son entourage proche des personnalités tel Mike Huckabee, ancien gouverneur de l’Arkansas, Ben Carson, grand neurochirurgien devenu ministre du Logement, et Newt Gingrich, ancien président de la Chambre des Représentants, tous partisans de la solution à un Etat, est un homme lucide.

 

J’écris depuis des années qu’il n’y aura pas d’Etat palestinien. Je l’ai dit à ceux qui ont pensé qu’un accord allait être passé. Je l’ai répété chaque fois que le mirage d’un tel accord s’est dissipé. Je le répète, avec d’autant plus de confiance que je sais ce que sont les convictions de Donald Trump sur le sujet.

 

Il n’y aura pas d’Etat palestinien parce que la création d’un Etat n’a jamais été le but de l’OLP, et n’est toujours pas celui de l’Autorité Palestinienne : avoir fait comme si le but de l’OLP, puis de l’Autorité Palestinienne, avait été la création d’un Etat, alors que c’était inexact, a participé d’une conduite imbécile. Et je ne doute pas qu’Arafat, Mahmoud Abbas, et le reste des dirigeants “palestiniens” ont été ravis de pouvoir prendre autant de leurs interlocuteurs pour des imbéciles. Ils vont être moins comblés dans les mois à venir.

 

La création de l’Etat de Palestine est également impossible, car les dirigeants “palestiniens” continueront toujours à présenter des demandes impossibles à satisfaire à moins de mettre fin à l’existence de l’Etat d’Israël, ce à quoi aucun gouvernement israélien ne peut bien sûr consentir ; et aussi, parce que le “peuple palestinien” a été inventé puis modelé pour être une arme de destruction massive de l’Etat hébreu.

 

La période pendant laquelle il était possible de présenter à un président américain des demandes impossibles à satisfaire, puis de regarder ledit président faire pression sur Israël va s’achever. Des gens auxquels le Président Donald Trump prête l’oreille savent et disent que le “peuple palestinien” a été inventé et dans quel but il l’a été.

 

La solution à un Etat qui aura sans doute les faveurs du nouveau président n’a pas encore été détaillée, et plusieurs options sont sur la table. Trump en parlera avec ses partenaires israéliens : il n’a cessé de penser que ce sont eux qui devront trancher en dernière instance, et que les Etats-Unis seront simplement la puissance bienveillante qui contribuera à faciliter le choix des dirigeants israéliens et lui permettre de se réaliser.

 

Il existe de très fortes chances pour que soit rappelé à Mahmoud Abbas qu’il est sur un siège éjectable, que son entourage n’est pas du tout fréquentable et se trouve lui aussi menacé d’éjection imminente, et que l’avenir de l’Autorité Palestinienne telle qu’il est discuté aujourd’hui à Paris est fortement compromis.

 

Si les choses se passent comme elles semblent destinées à se passer, bien d’autres changements profonds vont sans doute intervenir, en Amérique et dans le monde.

 

On observe, à cinq jours de l’intronisation de Donald Trump, une fébrilité et une précipitation chez les ennemis de la liberté sur toute la planète. Cette profonde anxiété peut les mener à s’adonner à des mensonges, à des manipulations diverses, à des proclamations grandiloquentes et parfois inquiétantes, et même à susciter l’indignation.


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Tout sur l’attaque israélienne à Damas (021301/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 13 janvier 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Yanik Farkas, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/kpzGEXSN3LY  (Youtube)

 

 

Et aussi :

 

Les enjeux de la conférence de Paris, dimanche, les risques pour Israël, pourquoi les Français l’ont-ils organisée alors que les pays arabes n’étaient pas demandeurs ?

 

Cette conférence aura-t-elle un impact quelconque, alors qu’elle éloigne objectivement les perspectives de paix, comme Juffa l’explique ?

 

Une chose est limpide, ceux qui exigent le retrait d’Israël sur la ligne d’armistice de juin 1967 ne sont pas intéressés par la survie d’Israël.

 

 

Les casseroles de Binyamin Netanyahu ; le Premier ministre peut-il gérer la situation difficile du pays tout en passant des heures à préparer ses interrogatoires et à répondre aux policiers ?

 

Au-delà de l’aspect juridique des affaires, le chef de l’exécutif ne doit-il pas donner un exemple parfait de probité ? Devait-il accepter des cadeaux d’une valeur de centaines de milliers de dollars ?

 

Si les enquêtes se  durcissent encore, M. Netanyahu ne devrait-il pas envisager un abandon temporaire de ses fonctions ? Jusqu’à ce que les choses s’éclaircissent, tout en conservant sa présomption d’innocence et l’option de revenir aux affaires d’ici quelques mois.


 
Grosse attaque israélienne à Damas cette nuit (info # 011301/17) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 13 janvier 2017

 

© Metula News Agency

 

07h20 à Métula, 06h20 à Paris

 

Juste après minuit, heure israélienne, plusieurs missiles se sont abattus sur le site de l’aéroport d’al Mazzeh, dans l’ouest de Damas, à 3km environ du palais de Bashar al Assad.

 

Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, rapporte que le fait de l’attaque ne fait aucun doute ; il s’est entretenu au téléphone avec des habitants de Damas qui lui décrivaient "une gigantesque colonne de flammes et de fumée visible de tous les quartiers de la capitale syrienne". Les mêmes témoins ont affirmés que "des dizaines d’ambulances faisaient route vers l’aéroport". (Voir une vidéo de l’attaque).

 

L’agence iranienne Alalam (le monde) a également confirmé la nouvelle, faisant état de très nombreux morts et blessés, de même que la Télévision étatique syrienne, et l’agence de presse du régime, Sana.

 

L’Armée syrienne a indiqué qu’ "un aéroport majeur avait été frappé par des salves israéliennes, tirées depuis le secteur du lac de Tibériade dans le nord d’Israël". Elle a menacé de "représailles suite à cette attaque flagrante". Elle a aussi mentionné qu’ "elle continuait le combat contre le terrorisme et afin d’amputer les bras des agresseurs".

 

Sana a affirmé que "les missiles avaient été tirés du mont Abou Nada", sur la partie israélienne du Golan, appelée en hébreu mont Avital, près des kibboutzim de Mérom Golan et d’Ein Zivan.

 

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Photo prise cette nuit par des civils damascènes

 

En réalité et vu le rapport de force entre Tsahal et l’Armée syrienne, cette dernière n’a pas intérêt à entrer dans un bras de fer avec les Israéliens, duquel elle sortirait amoindrie.

 

La Ména avait déjà annoncé, le 7 décembre dernier, qu’al Mazzeh avait été la cible d’une attaque israélienne au missile. L’hypothèse qui nous semblait alors la plus plausible était celle d’engins de haute précision largués à partir d’avions volant à une quarantaine de kilomètres de l’objectif. Jean Tsadik favorise la même hypothèse pour l’attaque de cette nuit.

 

Le complexe d’al Mazzeh comprend, outre des activités de l’aviation civile (c’est depuis cet aéroport – piste Sud-Ouest/Nord-Est longue de 2.7km - que Bashar al Assad décolle pour ses voyages à l’étranger), d’importantes structures militaires. Celles-ci incluent une base principale de la "Garde Républicaine", le Q.G du renseignement de l’Armée de l’air syrienne, sa branche la plus efficace, une vaste prison équipée d’un centre de torture, ainsi que des entrepôts souterrains censés abriter les armes les plus modernes du régime, de même que celles, en provenance d’Iran, destinées au Hezbollah libanais. Michaël Béhé précise qu’al Mazzeh se situe à proximité immédiate de l’axe Damas-Beyrouth, et que cette zone a déjà fait l’objet de nombreux raids aériens israéliens visant des cargaisons destinées à la milice chiite libanaise supplétive de la théocratie perse.

 

D’après les données en notre possession, l’opération de cette nuit a été l’une des plus violentes et efficientes sur la capitale syrienne durant ces dernières années. Les dégâts sont considérables, des ailes entières du complexe ont été oblitérées, et des centaines de personnels syriens, mais probablement aussi iraniens et hezbollanis ont été tués ou blessés.

 

Dans le nord d’Israël, dans le Golan et dans la région de Métula, on n’observe aucun préparatif militaire exceptionnel, mais la zone est protégée par les moyens les plus avancés de défense contre les avions et les missiles. Selon Jean Tsadik, une riposte d’envergure du régime alaouite est peu probable. Il pourrait cependant donner son feu vert à l’extension des activités hostiles de la part du Hezbollah et des Pasdaran iraniens à partir du Golan syrien. Mais même cette option sera difficilement réalisable, en raison des rudesses de l’hiver, et surtout, parce que les forces gouvernementales syriennes ne contrôlent plus que 3km de frontière commune avec l’Etat hébreu, à proximité de la ville druze de Hader, qui fait face à Majd al Shams (l’étoile du soleil) dans le Golan israélien.

 

L’Armée israélienne, comme à son habitude dans ce genre de cas, s’est refusée à tout commentaire.

 

 
La guerre de la France contre Israël (info # 011001/17) Version imprimable
Analyse
mardi, 10 janvier 2017

 

Par Stéphane Juffa

 

Depuis quelques années, il existe un état de guerre permanent entre la République française et l’Etat d’Israël. Plus précisément, et quel qu’ait été le parti au pouvoir à Paris, c’est la France qui mène une Guerre Froide contre l’Etat hébreu, sans que ce dernier ne riposte ou ne conduise à son tour d’actions belliqueuse contre l’agresseur.

 

Une guerre froide est une forme de conflit, mais pour en comprendre les tenants et les aboutissants, il faut d’abord définir ce qu’est-ce qu’une guerre ? Une guerre est un conflit pouvant prendre plusieurs formes distinctes – militaire, secrète, diplomatique, médiatique – dont l’objectif final consiste à affaiblir, à éradiquer ou à occuper le pays ou l’entité que l’on a décidé de combattre.

 

En ce qui concerne l’agression décidée par la France, l’objectif consiste à affaiblir Israël afin que sa taille soit réduite, qu’elle abandonne une partie de sa capitale et qu’elle se retire sur des frontières indéfendables. Paris exige ainsi, dans toutes les instances internationales à l’instar de l’ONU et de l’UNESCO, par exemple, que l’Etat hébreu accepte que sa frontière avec un hypothétique Etat palestinien hostile se situe strictement sur la ligne de démarcation entre lui et la Jordanie, telle qu’elle prédominait jusqu’au 4 juin 1967, date du début de la Guerre des Six Jours.

 

Il semble que la finalité d’un tel objectif soit de rendre Israël plus vulnérable aux Etats qui l’entourent et, partant, de la rendre dépendante du bon vouloir et de l’aide des grandes puissances pour sa survie.

 

Dans le cas précis de cet affrontement, les actes de guerre entrepris par la France recèlent aussi une utilité intermédiaire – certains analystes affirmant même que c’est là son but ultime -, consistant à s’attirer les faveurs des riches pays arabes qui lui fournissent les crédits nécessaires à soutenir son économie claudicante. Phénomène qu’il faut bien sûr augmenter du financement de plusieurs acteurs politiques de l’Hexagone par un roi arabe ou un émir du Golfe ; et l’on sait par expérience que ces faveurs se monnayent en cash, notamment et toujours par l’adoption d’un comportement public querelleur à l’encontre d’Israël. L’autre intention étant de satisfaire, voire de calmer les quelques sept millions de musulmans vivant sur son sol, dont une partie participe aux agressions terroristes contre ses citoyens chrétiens et israélites, pendant qu’une autre affiche ouvertement ses sympathies pour ces actes.

 

Les armes de cette guerre sont principalement de deux sortes : diplomatiques – au sein des instances internationales et par le biais d’initiatives gouvernementales spontanées -, et médiatiques, en s’appuyant sur une agence de presse étatique et monopolistique, ainsi que sur un réseau de media publics exagérément développé, que ce soit des chaînes de télévision ou des stations de radio.

 

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Fadi al Kanabir, le Palestinien abattu sans sommation par les forces de sécurité

israéliennes, au volant du camion-bélier ayant heurté des soldats dans

le secteur de Jérusalem faisant partie des territoires palestiniens

occupés depuis 1967 par les bébés-colons, selon la police israélienne

 

Fait extrêmement original de cette guerre, l’Armée et le Renseignement français ne sont aucunement impliqués dans ce conflit. On soulignera, au contraire, que les organes sécuritaires de l’Hexagone entretiennent des relations de coopération quasi-amicales avec leurs homologues israéliens, ce qui inclut de nombreux échanges d’informations, de multiples entraînements communs, des accords tactiques, des visites mutuelles d’avions et de navires, et même un degré de synchronisation supérieur relativement aux crises régionales et un niveau élevé de confiance entre les états-majors.

 

L’exclusion des militaires de l’équation guerrière visant Israël, fait de la guerre entreprise par Paris une opération essentiellement politique. Nous avons même observé à diverses reprises une opposition évidente des officiers supérieurs tricolores à la Guerre diplomatique et médiatique conduite par leur pays à l’encontre de Jérusalem.

 

Comme toute guerre, celle-ci est également fondée sur une théorie qui fait aussi office de guide stratégique et tactique. Ainsi, les responsables du Quai d’Orsay qui dirigent la manœuvre et transmettent leurs instructions à la fois à l’AFP et aux représentants diplomatiques de l’Etat s’emploient-ils à transcrire exclusivement le différend israélo-palestinien dans les limites d’une guerre de décolonisation, au sens fanonien, existentialiste, ou néo-existentialiste d’après la définition de la Ména.

 

Tout le vocabulaire employé à l’ONU et par l’AFP, reproduit tel quel dans la presse tricolore, est ainsi celui d’une guerre de décolonisation, dans laquelle les Israélites seraient évidemment les colonisateurs, et les Palestiniens, les colonisés en recherche d’émancipation et de libération.

 

Les expressions sélectionnées par les "généraux" du Quai s’inscrivent strictement dans cette dialectique. Cela commence, naturellement, par l’usage excessif des mots colonies et colons afin de définir les implantations et leurs habitants tant laïcs qu’edennistes en Judée-Samarie, alors que, nous l’avons maintes fois démontré avec force de preuves, ces villes et villages édifiés au-delà de la ligne verte ne correspondent en rien – c’est flagrant – à la définition scientifique des colonies. D’ailleurs, la diplomatie française se démarque à ce propos de l’appellation américaine et anglaise la plus usitée, qui est celle de "settlements" (implantations), alors que le terme "colony" existe dans la langue de Shakespeare, et qu’il a la même signification qu’en français.

 

La "colonie" de l’AFP ne représente que l’option guerrière choisie par le gouvernement français pour constituer la colonne vertébrale de sa théorie et donc de son offensive. Lorsque l’on a saisi cela, on comprend sans difficulté les votes de Paris à l’UNESCO, qui, sous des aspects anodins et en suscitant moult excuses jamais suivies d’aucune correction, consacrent l’effacement de la présence du Temple israélite à Jérusalem. Or, pour qu’un territoire pût mériter la mention "colonie" en science politique, l’une des conditions sine qua non est que la population de la colonie en question n’ait strictement aucune attache historique avec le territoire sur lequel il vit. Lors, si l’on efface l’existence du Temple de Salomon, la nation d’Israël perd son ancrage historique principal sur sa terre et peut ainsi être cataloguée à la rubrique colonisateur.

 

Cela permet de saisir le bannissement par principe et en contradiction avec sa définition scientifique du mot "terroriste" pour définir "les assassins palestiniens et arabes de civils israélites" dans le vocabulaire du gouvernement français, du Quai, de l’AFP et, conséquemment, dans celui de la presse française. Non pas comme le préconise la circulaire de l’Agence France Presse, par souci de neutralité, une précaution qu’elle a abandonnée depuis des lustres.

 

Mais en adéquation avec la théorie de Frantz Fanon formulée dans son dernier ouvrage : "Les damnés de la terre" ; livre dans lequel il exprime non pas uniquement le droit du colonisé d’user de la force et du meurtre pour se libérer du joug du colonisateur, mais de son obligation de le faire le plus sauvagement possible afin de retrouver son identité dérobée par le conquérant. Dès lors, les civils israéliens, y compris les enfants, ne sont plus de simples êtres humains non armés mais des "colonisateurs". Et l’élimination d’un colonisateur, selon la grille de lecture néo-existentialiste adoptée par les Français, n’équivaut pas à l’assassinat d’un civil mais à un acte légitime nécessaire dans la marche vers l’émancipation et le recouvrement de son honneur par le colonisé.

 

Perfide ? Pas plus que le remplacement artificiel de la dénomination d’ "agresseur" – Qui commet une agression ; qui attaque sans avoir été provoqué (Larousse) – pertinente pour décrire le conducteur du camion qui a assassiné les quatre soldats descendant d’un bus à Jérusalem cette semaine, par "assaillant" - Personne qui donne l'assaut à l'ennemi ou à ses positions -, à savoir un combattant, un soldat accomplissant un acte de guerre légitime (Larousse).

 

Ce n’est assurément pas que nous passions notre temps à compulser hystériquement les pages des dictionnaires pour prendre en faux d’éventuelles "imprécisions" innocentes de la presse française, naan, cela ne servirait à rien. C’est pour démontrer à quel point les stratèges de la Guerre Médiatique que livre Paris à Jérusalem n’hésitent pas à dénaturer TOUS les termes de leur propre langue dans leur narratif du différend israélo-palestinien, pour rester en adéquation avec le néo-existentialisme, qui seul peut légitimer les violences des Palestiniens contre les Israéliens.

 

Et ceux qui ont argué que l’emploi du terme "camion bélier" à la place de "camion tueur", participait du pinaillage sémantique n’ont pas le cerveau suffisamment développé pour reconnaître que cet usage aussi constitue l’une des armes de cette guerre. Un bélier, en effet, est une "machine de guerre servant à renverser les murs ou les portes d'une ville" (Larousse), de nos jours la vitrine d’une bijouterie par des gangsters, une sorte de pelle-mécanique, un bulldozer, un D9, un outil qui servait, à l’époque des châteaux-fort à démolir un obstacle, mais jamais à tuer quelqu’un.

 

Parlant de camion ou de voiture bélier, on atténue effectivement l’intention de l’agresseur qui a fait usage d’un outil. Parlant d’un camion-tueur, on fait l’économie de l’analyse des motivations d’un assassin et d’incertaines circonstances atténuantes ou occasionnelles.

 

Certains détracteurs de la Ména ou des "soldats" du dispositif français ont argué que nous donnons trop d’importance aux mots, quitte à en faire une fixation. A la guerre comme à la guerre !

 

Mais si l’on exclut le recours aux avions et aux chars d’assaut, les seules armes de cette guerre sont les mots : ceux utilisés du haut de la tribune des Nations Unies par un ambassadeur, ceux des communiqués des ministères, ceux des journalistes, pour expliquer une vidéo de JT ou un documentaire, un billet radiophonique, ceux qui paraissent au bas des photos, dans un chapeau d’article de presse, et enfin, ceux qui figureront dans les recommandations qui suivront la prochaine conférence de Paris.

 

Plus encore, c’est par les mots, et uniquement par les mots, que la France tente d’isoler Israël de la communauté des nations, toujours dans le but de l’affaiblir, d’interdire l’importation de certains de ses produits, de briser des accords commerciaux et culturels au niveau européen, et de rendre la vie quotidienne des Israélites sur son territoire pratiquement invivable.

 

Ce sont les mots qui, de plus, conditionnent l’opinion publique d’un pays, incitent à l’amour, à la haine, au racisme ou à l’antisémitisme. Surtout lorsque l’on martèle les mêmes, des années durant, avec la plus mauvaise foi imaginable, doublée, dans bien des cas, de l’intention de blesser.

 

Ceux qui s’imaginent encore que les termes de la diplomatie et de la presse française sur le conflit proche-oriental, pour aberrants qu’ils soient, comme l’a concédé sur FB un ancien directeur de l’officine de l’AFP à Jérusalem, découlent du hasard ou de la maladresse sont des naïfs ou des ennemis d’Israël. Ceux qui refusent l’évidence, à savoir qu’ils s’inscrivent dans un mode opératoire très strict et répétitif, allant toujours dans le même sens, toujours biaisés de manière à atténuer les crimes du même protagoniste, et ne faisant aucun cas ni de la langue française ni des acquis scientifiques, ont choisi leur camp.

 

Car le conflit israélo-palestinien n’est pas et n’a jamais été une guerre de décolonisation mais un conflit entre deux légitimités d’essences diverses. Si la France voulait réellement nous aider à trouver la voie qui mène à la paix, elle abandonnerait déjà celle de la corruption des idées, car à tenter de convaincre la planète que dans un différend, un camp a raison quoi qu’il fasse, et l’autre a tort quoi qu’il entreprenne, c’est évidemment la guerre que l’on encourage.

 

J’ai énoncé par ailleurs les raisons techniques et matérielles qui poussent Paris à faire la Guerre à Jérusalem, mais il existe assurément d’autres motivations d’ordre culturel et historique. Et sans une grosse dose d’antisémitisme, je n’imagine pas que les élites d’un peuple pourraient corrompre leur propre langue simplement pour en stigmatiser un autre et le rendre vulnérable.

 

Qui plus est, lorsque le peuple en question s’est toujours comporté de manière amicale envers la France. Les mots tuent, ces mots ont tué et tueront encore plus que les armes les plus terribles, et pas uniquement en Israël, loin s’en faut.

 

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Paris, capitale mondiale de la haine d’Israël (info # 010801/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 08 janvier 2017

 

Par Guy Millière

 

Barack Obama, en demandant à sa comparse, spécialiste en génocides (voir son livre  A Problem from Hell: America and the Age of Genocide) [un problème d’enfer : l’Amérique et l’âge du génocide], partisane depuis longtemps de la nécessité d’imposer une “solution” à Israël1, de s’abstenir lors du vote d’une motion résolument anti-israélienne aux Nations Unies, a montré sa haine d’Israël. Sans revenir sur tous les aspects scandaleux du texte concerné, le simple fait de déclarer le Kotel [le mur occidental du Temple], lieu le plus sacré du judaïsme, ultime vestige du Deuxième Temple de Jérusalem, territoire palestinien occupé, relève de l’abjection négationniste. Ce vote et ce texte ne constituaient néanmoins qu’un premier acte dans ce que je pourrais appeler le "crime anti-israélien de Barack Obama".

 

Le deuxième acte fut le discours de John Kerry au Département d’Etat, cinq jours plus tard, discours par lequel John Kerry en a rajouté, expliquant que l’abstention à l’ONU, le 23 décembre, relevait d’une volonté murement réfléchie et d’une stratégie de délégitimation de l’Etat hébreu, destinée à imposer à Israël une “solution à deux Etats” sans la moindre négociation, des frontières indéfendables, et l’abandon de l’essentiel de la ville de Jérusalem.  

 

Le  troisième acte se prépare. Il va se dérouler dans les prochains jours à Paris, qui va devenir la capitale mondiale de la haine anti-israélienne.

 

La date sera le 15 janvier prochain. Cinq jours avant la fin de la présidence Obama et la prise de fonction du président élu des Etats-Unis, Donald Trump. L’événement s’appellera Conférence Internationale sur le Proche-Orient. Il a été comparé par Avigdor Lieberman à un nouveau procès Dreyfus où, cette fois, ce ne serait pas un Juif qui serait sur le banc des accusés, mais l’Etat juif et le peuple juif tout entier, et Avigdor Lieberman a raison.

 

Israël, le 15 janvier, va être attaqué, diffamé, sali, mis en accusation, condamné. Par les représentants de 70 pays, parmi lesquels ceux de 55 membres de l’Organisation de la Coopération Islamique ! Un texte en résultera qui ne sera pas seulement une condamnation d’Israël, mais aussi, sans doute, une mise en demeure adressée au gouvernement israélien, exigeant que celui-ci se conforme à ce qui lui sera demandé. On prête l’intention à certains de ceux qui seront présents, à commencer par John Kerry et François Hollande, l’intention de préparer une motion à présenter aux Nations Unies, qui constituerait la reconnaissance d’un Etat Palestinien dans les frontières définies par la motion du 23 décembre. La motion serait présentée très vite, et votée avant le 20 janvier.

 

Les choses n’iront peut être pas jusque-là, mais les envisager est en soi effarant et absolument répugnant. Et même si les choses ne vont pas jusqu’à cette extrémité, le simple fait d’organiser la réunion du 15 janvier, d’y participer, de l’achever par une mise en demeure adressée au gouvernement israélien est déjà infiniment trop.

 

François Hollande, Jean-Marc Ayrault et tous ceux qui travaillent avec eux, montrent qu’ils n’ont aucun honneur et aucune dignité. Ils exposent leur vrai visage face à Israël, et ce visage est effectivement celui de la France qui a condamné le capitaine Dreyfus. Il est celui de la France de Pétain et Laval, celui de la France du Général de Gaulle, lorsqu’il prononçait son discours accusant un “peuple sûr de lui et dominateur”, celui de la France de François Mitterrand et de René Bousquet, de Jacques Chirac embrassant Saddam Hussein, et de Nicolas Sarkozy, proposant que l’Autorité Palestinienne ait un siège à l’Unesco ; de Manuel Valls, Premier Ministre, acceptant que la représentante de la France vote, une fois l’Autorité Palestinienne admise à l’Unesco, un texte niant toute présence juive dans le passé de Jérusalem. C’est le visage de la France depuis trop longtemps, et un visage qui s’enlaidit, et que François Hollande et Jean-Marc Ayrault contribuent à enlaidir. Tout dirigeant politique qui ne condamnera pas ces agissements en sera complice.

 

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Heuuuh…

 

En ayant voulu et préparé ce troisième acte, le crime anti-israélien de Barack Obama prend les contours très clairs d’une tentative d’assassinat. Toute l’administration Obama est d’ores et déjà complice. 

 

Le CRIF et d’autres organisations juives vont organiser une manifestation à Paris le 15 janvier. Je suis trop loin de Paris pour m’y rendre, mais j’y serai par le cœur et par l’esprit. Tout comme je suis, par le cœur et par l’esprit, au côté du gouvernement israélien.

 

Donald Trump a demandé à Binyamin Netanyahu de tenir bon jusqu’au 20  janvier, et le 20 janvier n’arrivera jamais assez tôt.

 

Barack Obama est un monstre hideux. Je l’ai écrit dès 2008. J’aurais aimé me tromper. Je savais, hélas, que je ne me trompais pas. Il pensait qu’Hillary Clinton serait élue et que ce qu’il tente de faire de manière accélérée se ferait en deux ou trois ans. Il fait ce qu’aucun président américain n’a fait en période de transition : tenter de créer des situations irréversibles de façon à placer son successeur devant le fait accompli, trahir un allié crucial et fidèle des Etats Unis en le poignardant pendant les derniers jours de son mandat.

 

François Hollande est décidément un être minable. Il se fait complice de la monstruosité de Barack Obama à quelques semaines à peine de la fin de sa lamentable et médiocre présidence, et il se donne comme testament politique international un geste qui, s’il avait des sentiments humains, devrait lui faire honte.

 

 

Note :

 

1 "YouTube clip likely to dog Samantha Power's appointment as U.S. ambassador to UN", Haaretz.com, 5 Juin 2013

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Une justice en or (010601/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 06 janvier 2017

 

© Metula News Agency

 

Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/in4MQZaJQSo  (Youtube), analyse :

 

 

Les réactions à la suite du verdict de culpabilité contre Elor Azaria

 

Le concept de l’Etat de droit, de la séparation des pouvoirs, les conséquences de l’infantilisation par les ministres des soldats de Tsahal. La position très claire du chef d’état-major Gadi Eisenkot. Le risque de schisme dans la société israélienne, dans l’Armée.

 

 

Ce que l’on sait de l’avancement des enquêtes policières visant M. Netanyahu et leurs éventuelles répercussions politiques.

 

 
Donald Trump : une autre grille d’analyse (info # 010401/17) Version imprimable
Analyse
mercredi, 04 janvier 2017

 

Par Amram Castellion

 

S’il faut en croire la plus grande partie de la presse européenne – et, aux Etats-Unis, la totalité de la presse Démocrate – le président élu des Etats-Unis, Donald Trump, n’est pas loin d’être l’incarnation du mal. Il ne serait qu’un homme d’affaires véreux, massivement ignorant, sexiste et raciste, brutal et impulsif, incapable de finesse ou de nuance, indifférent au sort des plus faibles et uniquement intéressé à asseoir la domination des riches, des hommes et des Blancs.

 

Cette description – celle d’un individu fondamentalement repoussant – est entièrement cohérente avec les analyses qui ont longtemps annoncé que Trump n’avait aucune chance de remporter les primaires Républicaines, puis qu’il ne ferait jamais le poids lors de l’élection générale face au professionnalisme et à l’expérience d’Hillary Clinton.

 

Elle est, en revanche, plus difficile à concilier avec l’image d’un candidat qui a su gagner le vote des militants Républicains aux primaires, malgré l’hostilité de l’appareil de son propre parti ; identifier l’électorat qui permettrait de remporter l’élection (les classes moyennes et populaires en déclin économique du Middle West) ; convaincre cet électorat limité en nombre, mais stratégiquement positionné, d’augmenter massivement son taux de participation au vote ; briser le « mur bleu » des Etats unanimement annoncés comme acquis d’avance à Clinton ; écraser sa concurrente en remportant 30 Etats sur 50, 84% des 3141 comtés américains et 306 des 538 grands électeurs ; entraîner dans sa victoire des gains Républicains au Sénat, à la Chambre des Représentants, et dans les élections des gouverneurs d’Etats ; et tout cela, en dépensant pour sa campagne près de deux fois moins que la candidate Démocrate.

 

Ces résultats suggèrent un sens stratégique, une finesse d’analyse et une efficacité dans l’exécution dont une simple brute arriérée ne serait pas capable. Et pourtant, personne ne peut accuser les opposants de Donald Trump de manquer de matière pour le décrire comme un primitif. Pendant la campagne de 2016, Trump a, entre autres, moqué un journaliste handicapé en imitant sa gestuelle ; fait allusion aux règles d’une autre journaliste ; indiqué qu’il tuerait volontiers les familles des terroristes ; et dit avec finesse de sa concurrente qu’elle ne « satisfaisait pas » son mari.

 

Pour comprendre Donald Trump, il faut donc trouver une grille d’interprétation qui rende compte à la fois de ces grossièretés de carabin et de son remarquable succès tactique pendant la campagne.

 

L’analyse de sa longue carrière dans les affaires apporte quelques éléments de réponse ; j’y reviendrai plus bas. Mais mieux vaut partir d’un fait plus récent et plus indiscutable : l’évolution étrange du teint de Donald Trump au cours de l’année 2016.

 

Pendant toute la campagne, le candidat Trump arborait un bronzage orange surréaliste, qui a fait les choux gras de la presse Démocrate.

 

Puis, en quelques jours, après avoir été élu, ce teint orange – que Donald Trump n’avait jamais eu auparavant – a disparu et le président élu a retrouvé ses couleurs naturelles.

 

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Donald Trump en campagne (juillet 2016) et après son élection, le mois dernier

 

Une chose est sûre : aucun conseiller en communication sur notre planète n’aurait conseillé à un candidat de se doter d’une couleur de peau artificielle et ridicule au moment de se lancer dans une campagne électorale sans pitié, contre des concurrents remarquablement préparés et entourés, pour le travail le plus important de la planète. Celui qui a eu l’idée de cette teinte presque clownesque ne pouvait être que Trump lui-même. Quel pouvait donc en être l’intérêt ?

 

La réponse est probablement dans le déchaînement même de plaisanteries sur la couleur orange qui a accompagné sa campagne. Ces plaisanteries renforçaient les Démocrates – qui n’auraient, de toute manière, pas voté pour lui – dans leur mépris et leur sentiment de supériorité face à ce balourd de mauvais goût. En revanche, elles n’apportaient aucune réponse aux électeurs intéressés par le fond du message de Trump : sa solidarité affichée avec les victimes de la mondialisation, ses promesses de relever les barrières douanières pour protéger les emplois industriels en Amérique, de réduire l’immigration pour mettre fin à la concurrence des immigrés sur les emplois ouvriers et de lancer un grand programme d’infrastructures pour créer des emplois qui ne pourraient pas être délocalisés.

 

Les outrances de langage du candidat Républicain ont eu exactement le même effet. Elles ont conduit les Démocrates, perdus dans la contemplation de leur propre sophistication, à cibler leurs attaques sur la personne du candidat. Ce faisant, ils ont purement et simplement oublié de critiquer son programme. Or, il était évident dès le début des primaires que ce programme suscitait l’enthousiasme de l’électorat des oubliés de la mondialisation – ouvriers et classes moyennes appauvries du cœur du pays, à qui les Démocrates n’avaient rien à offrir.

 

Pendant toute la campagne, Trump a délibérément (l’épisode du bronzage montre qu’il ne s’agissait pas seulement d’un coup de chance) incité ses adversaires à l’attaquer sur des détails futiles, pour détourner leur attention des débats de fond qui l’auraient affaibli dans son électorat cible. Il s’est trouvé sans opposition aucune sur son programme. Cela lui a permis de susciter un enthousiasme massif parmi les électeurs visés et d’augmenter leur taux de participation jusqu’à le conduire à la victoire.

 

A lui seul, Trump s’est ainsi montré plus habile tactiquement que l’ensemble de l’appareil Démocrate. Il a réussi à tendre à des milliers de tacticiens professionnels de talent un piège qu’aucun d’entre eux n’a vu et qui s’est refermé sur eux, à leur surprise unanime, le 8 novembre.

 

Trois traits importants de caractère émergent de cet épisode :

 

Tout d’abord, Donald Trump n’est pas un homme de théories politiques ou économiques approfondies. Son protectionnisme risque de coûter cher à la croissance mondiale. Son plan d’infrastructures sera nécessairement décevant (comme le fut du reste le « stimulus » d’Obama en 2009) lorsqu’il faudra tenir compte des difficultés de financement, de planification et de réglementation des investissements.

 

Ensuite, Trump connaît suffisamment ses propres défauts de caractère pour savoir les utiliser à son avantage. Il présente la plupart des symptômes de ce que les spécialistes appellent le « désordre histrionique de la personnalité » : un besoin maladif d’être constamment au centre de l’attention, quitte à se livrer à toutes sortes de clowneries pour y parvenir, et une peur excessive d’être rejeté ou critiqué. Mais il sait canaliser ces traits de personnalité au service de ses ambitions, de ses négociations et de ses combats.

 

Enfin et surtout, Trump compense le caractère assez sommaire de ses idées de fond par ce qu’il faut bien appeler un génie tactique. Il veut gagner à tout prix, et sait entrer pour cela dans la peau de ses adversaires, anticiper leurs réactions et les détourner systématiquement à son avantage.

 

Ces trois traits de caractère s’étaient manifestés pendant sa longue carrière dans les affaires. Héritier d’une vingtaine de millions de dollars, Trump les a transformés en une fortune qu’il estime lui-même à 10 milliards de dollars (ses critiques les plus sévères parlent de 4 à 5 milliards seulement). Il a réussi cette performance dans deux secteurs extrêmement risqués : l’immobilier, puis les jeux de hasard.

 

Or, les principaux risques dans ces deux secteurs sont tous liés à une mauvaise anticipation des comportements d’autrui. Les clients vont-ils louer de l’espace dans l’immeuble ? La mafia trouvera-t-elle le moyen de détourner les profits ? Les autorités publiques vont-elles changer les réglementations au détriment de l’investisseur ? Les banquiers le laisseront-ils tomber si les profits ne se matérialisent pas ?

 

Pour faire sa fortune, Trump a dû, pendant 40 ans, multiplier les contacts, juger les caractères, identifier les dangers que chaque partie prenante faisait peser sur lui, et trouver des parades. Certaines de ces parades pouvaient être contractuelles : par exemple, conduire les banques à s’engager si lourdement qu’elles devraient le secourir si un investissement allait mal. D’autres étaient plus relationnelles : trouver des alliés pour obtenir des informations confidentielles sur les comportements des uns ou des autres. Il a largement mis à contribution son propre goût pathologique pour la publicité : il est plus difficile pour la mafia, par exemple, de voler ou de menacer un homme dont tous les pas se font sous les projecteurs de la presse.

 

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Barack Obama n’a cessé de se conduire en ennemi d’Israël (info # 010301/17) Version imprimable
Analyse
mardi, 03 janvier 2017

 

Par Guy Millière

 

La motion adoptée à l’ONU le 23 décembre continue de susciter remous et débats. C’est logique. En la commentant, Alan Dershowitz a dit qu’elle constituait de la part de Barack Obama un coup de poignard dans le dos d’Israël. Les grandes organisations juives américaines ont clamé leur consternation et leur indignation. Binyamin Netanyahu a montré sa colère et promis des mesures de riposte.

 

Cette motion n’est, pour autant, pas une surprise, et ceux qui se diraient surpris souffrent d’un grave déficit d’information, et n’ont lu ni mes livres ni mes articles sur le personnage. Barack Obama n’a cessé de se conduire en ennemi d’Israël depuis qu’il a mis le pied à la Maison Blanche, et ses quelques paroles amicales envers Israël ne pouvaient tromper que les incorrigibles naïfs. Elles étaient destinées à maintenir l’électorat juif dans le camp Démocrate.

 

Ses rares gestes favorables à Israël avaient le même but, et n’ont jamais permis d’effacer les multiples trahisons d’Israël qu’il a commises depuis huit ans, et les humiliations et camouflets qu’ils a infligés aussi bien à Shimon Peres qu’à Binyamin Netanyahu. Barack Obama est un homme d’extrême gauche, né musulman et resté très proche de l’islam. Sa vision du monde est “anti-impérialiste”, donc anti-américaine et “antisioniste”. Le fait qu’il a organisé des cérémonies juives à la Maison Blanche n’y change rien : faire célébrer Hanoukka par des rabbins admirateurs d’organisations antisémites telles Black Lives Matter [les vies noires comptent], ce qu’il a fait plusieurs fois, constitue au contraire un signe clair.

 

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Obama n’aurait pas pu donner le coup de pied de l’âne à Israël plus tôt, car il y aurait perdu. Des électeurs. Des soutiens et, entre autres, des soutiens financiers. Il n’a désormais plus rien à perdre puisqu’il ne peut plus se représenter au suffrage des électeurs, et va quitter ses fonctions le 20 janvier ; il peut ainsi lâcher ses attaques les plus viles, et c’est ce qu’il est en train de faire.

 

Le texte, infâme, de la motion va servir toutes les organisations anti-israéliennes de la planète, qui pourront prétendre de plus belle qu’Israël viole le “droit international” et “colonise” des “territoires palestiniens” : le texte l’affirme. Il leur permettra même de dire que les Israéliens qui se défendent contre des agressions terroristes sont eux aussi des “terroristes” : le texte définit le terrorisme de telle façon qu’on peut en tirer cette conclusion.

 

Il permettra à de pseudo-historiens et à des journalistes sans scrupules, tels ceux qui ont réalisé en France une émission sur Jérusalem pour « Enquête exclusive » de continuer à substituer une version falsificatrice de l’histoire aux faits historiques révélés. Le texte de la résolution va aussi servir toutes les mesures de boycott que pourront prendre des gouvernements, des universités et des organisations culturelles. Il pourrait même permettre à des gouvernements de déclarer que des Juifs israéliens vivant en Judée-Samarie, voire à Jérusalem, sont des criminels et les traiter comme tels s’ils sortent du territoire d’Israël. Il pourra permettre à l’Autorité Palestinienne de s’en prendre à Israël en s’adressant à la Cour Pénale Internationale, et y obtenir la condamnation d’Israël. Il va grandement contribuer à la diabolisation d’Israël et à l’antisémitisme.

 

Qu’un texte semblable ait été adopté par la France et le Royaume-Uni montre où en est l’Europe, et ceux qui pensaient que Theresa May (quoi qu’elle dise par ailleurs) est plus fréquentable que Jeremy Corbin devront réviser leurs fiches. Tout comme ceux qui imagineraient encore que les socialistes français sont plus fréquentables que les gaullistes, l’extrême-gauche, ou l’extrême-droite. Les hommes et les femmes politiques fréquentables en France sont une espèce en voie de disparition rapide.

 

Qu’un texte semblable ait été accepté par Obama est digne d’Obama. Qu’il ait été accepté par John Kerry, qui a tenu un discours d’explication arrogant, répugnant et vide, cinq jours plus tard, et par Samantha Power, ambassadrice d’Obama aux Nations Unies, qui a justifié la décision américaine par un discours suintant l’hypocrisie, est digne de John Kerry et de Samantha Power.

 

Que des politiciens israéliens de gauche en aient profité pour s’en prendre à Binyamin Netanyahu à un moment où Israël devrait présenter un front uni face à l’adversité est digne de politiciens de gauche. Et que quelques rares politiciens israéliens de droite aient réagi peu ou prou comme des politiciens de gauche devrait les inciter à rejoindre la gauche aux fins d’être cohérents avec eux-mêmes.

 

Israël ne peut, dans l’immédiat, pas faire beaucoup plus que ce que fait Binyamin Netanyahu, et doit s’attendre à l’éventualité d’autres viles attaques avant le 20 janvier, qui sera une date de délivrance.

 

Un jour à surveiller de près sera le 15 janvier, jour où le gouvernement français organisera une conférence internationale anti-israélienne à laquelle participeront des gens très infréquentables : Mahmoud Abbas, président à vie de l’entité “palestinienne”, John Kerry, François Hollande.

 

Israël peut remercier les électeurs américains d’avoir porté Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. Nul ne peut savoir encore ce que décidera Donald Trump, mais chacun peut savoir que c’est un ami d’Israël, et chacun peut être assuré qu’il fera tout pour abolir l’abject héritage de son prédécesseur. Un héritage dont la motion adoptée à l’ONU le 23 décembre fait intégralement partie.

 

Les Etats-Unis sont la première puissance du monde, et les décisions que prendra Donald Trump compteront. Elles concerneront sans aucun doute l’ “entité palestinienne”, les pays qui ont voté la motion, et même l’ONU. Il est envisagé par le Congrès de cesser tout financement américain à l’Autorité Palestinienne et à l’UNWRA [l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient]. Il serait très étonnant que le Congrès américain, en accord avec Donald Trump, ne décide pas rapidement de cesser de financer les Nations Unies.

 

Il est certain que Donald Trump ne se considérera pas du tout tenu par la motion ou par quelque décision que ce soit qui pourraient être prises le 15 janvier.

 

Il est tout aussi certain que l’ambassade des Etats-Unis va être très vite transférée à Jérusalem, que David Friedman, qui est favorable à l’annexion par Israël de la Judée-Samarie, sera l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, et que les villes et villages israéliens de Judée-Samarie ont un bel avenir.

 

Des projets concernant la Judée-Samarie circulent présentement au sein de l’équipe de transition de Donald Trump. J’en traiterai le moment venu.

 

Ces projets ne vont pas dans le sens de la motion du 23 décembre, mais alors pas du tout.

 

Ils ont vraiment tout pour déplaire à Barack Obama et à John Kerry.


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Les vœux de la Ména pour 2017 (info # 010101/17) Version imprimable
Analyse
samedi, 31 décembre 2016

                                                                                                                      

© Metula News Agency

 

Stéphane Juffa à Métula, rédacteur en chef et analyste stratégique

 

En lisant les vœux de cette année, on ne peut qu’apprécier la diversité des sujets traités par nos journalistes, l’éventail de leurs points de vue, leur authenticité, et leur familiarité avec la réalité dont ils parlent. Et surtout, la passion commune qui les anime, celle d’informer le plus honnêtement possible, comme si le fait de savoir et de répandre la connaissance pouvait atténuer les malheurs du monde.

 

Une année de plus avec un cadre de journalistes inchangé, entre ceux qui s’expriment chaque semaine et ceux qui ne le font que deux ou trois fois l’an ; mais qu’à cela ne tienne, ils ont chacun leur rythme, ils sont bourrés de talent et leur curiosité est intacte.

 

Un an supplémentaire, sans la moindre querelle entre personnes, n’en déplaise à ceux qui pensent que la multiplicité des opinions pourrait surpasser notre amitié. C’est le contraire qui est vrai, nous sommes le reflet de la société et des courants contradictoires qui la parcourent, ce qui fait que le politiquement correct et la pensée unique ne sont pas crédibles, et qu’à la Ména, ils ne sont pas même envisageables.

 

Le monde bouge, à part une ou deux exceptions, nos journalistes sont pessimistes pour 2017. Le 20 janvier, un tsunami est attendu sur la planète avec l’intronisation de Donald Trump. Celui dont les media et les instituts de sondage disaient qu’il n’avait aucune chance de remporter les présidentielles américaines. Quelle sera sa politique étrangère ? Annulera-t-il réellement l’accord avec l’Iran ? S’entendra-t-il avec Poutine ? Quels seront ses rapports avec le gouvernement Netanyahu, avec les Palestiniens, et quel accueil les dirigeants sunnites lui réserveront-ils ?

 

Barack Obama et François Hollande, après leurs chants du cygne, s’effaceront rapidement dans les oubliettes de l’histoire. Le monde va incessamment tourner une nouvelle page de son livre, pleine d’inquiétudes et de promesses à la fois. Et nous serons là, pour vous narrer et vous commenter sans enfumage les péripéties de ce changement radical ainsi que son impact sur le terrain moyen-oriental.

 

Alors, las des craintes que rien ne saurait apaiser, je vous promets que la vie en 2017 va rester passionnante, comme elle n’a jamais cessé de l’être. Soyez en bonne santé, vivez, aimez, piaffez, vibrez et restez ouverts et attentifs !

 

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Michaël Béhé à Beyrouth (analyste politique, chef du bureau libanais de la Ména)

 

Nous avons enfin un président, Michel Aoun. Mais il est l’allié du Hezbollah, et il est imprévisible et imbu de lui-même et de ses pouvoirs. Et nous avons un Premier ministre sunnite, Saad Hariri, dont le père a été assassiné par le Hezbollah. Rien, ou presque, n’a donc changé dans les données de base de la quadrature du cercle libanais.

 

On se parle, mais c’est pour écouter les menaces et les diktats de la milice chiite qui nous tient par les oreilles et qui reçoit elle-même ses ordres de Téhéran – dont celui, récurrent, de piétiner le Liban et ses velléités d’indépendance.

 

Si les chrétiens et les sunnites, qui représentent à eux deux soixante-cinq pour cent de la population, acceptent le statu quo et le grignotage de leur pays, c’est à cause des armes et de l’organisation supérieure des chiites.

 

Ils ont phagocyté l’Armée et lui ont pris les meilleures armes fournies par l’aide étrangère, principalement les USA, l’Arabie Saoudite et la France. Barack Obama ment lorsqu’il prétend le contraire : il y a même des chars Abrams qu’il a fournis au gouvernement chiite irakien et qui se retrouvent au service des Hezbollanis.

 

Mais c’est l’intervention de Vladimir Poutine qui a brisé l’équilibre et tué l’espoir. Avant l’arrivée de ses avions à Lattaquié [Syrie], Assad était à genoux et Nasrallah vivait dans la crainte de se voir submerger à Beyrouth. Désormais, ils ont pris Alep et ils marchent sur Idlib.

 

La majorité des Libanais prie afin que la guerre se poursuive chez nos voisins et que les sept à huit mille miliciens du Hezb restent nécessaires là-bas. Car lorsqu’ils rentreront, il ne sera plus question de politique, les chiites préparant une refonte complète du système représentatif libanais. Ensuite, il y a la grande peur qu’ils ne s’attaquent à Israël, ce qui provoquerait, nous en sommes conscients, la destruction du pays aux cèdres. Vu d’ici, ce ne sera pas pour 2017, mais ce n’est qu’un répit. Je nous souhaite des jours meilleurs, mais je n’y crois pas beaucoup.

 

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Sylvie Tobelem en Israël (1ère assistante de rédaction)

 

Nous avons eu deux soucis en 2016. Vers la fin de l’année, nous avons connu quatre pannes du système de gestion des activités de l’agence et de diffusion de nos articles. Ces problèmes sont dus au vieillissement de nos algorithmes et à l’évolution des langages de programmation informatique ; les nôtres sont en place depuis 2007, ce qui est déjà ancien dans ce domaine très pointu. Nous préparons un système radicalement neuf, qui devrait être inauguré à l’été ou à l’automne de la nouvelle année.

 

Ce qui m’amène à mon second souci : le non-paiement des abonnements de plusieurs milliers de lecteurs réguliers. Souvent les mêmes qui se plaignent des nouvelles biaisées et médiocres proposées par les autres media. J’avoue avoir du mal à saisir cette contradiction, sachant que, pour les lecteurs privés, l’abonnement coûte 5 euros par mois (prix inchangé depuis 2002).

 

Nous aurons cependant besoin d’une plus grande adéquation au contrat de confiance qui nous lie pour monnayer le nouveau système et réaliser nos projets. Parmi eux, notre chaîne TV d’information continue – qui avance, mais plus lentement que prévu.

 

J’adresse à nos lecteurs, à nos rédacteurs et aux abonnés absolument charmants avec lesquels je communique par mail mes plus chaleureux vœux de santé et de succès pour 2017. 

 

 

Perwer Emmal (correspondant aux Kurdistans syrien et turc)

 

Cela va faire bientôt trois semaines que les Turcs et les Kurdes, ainsi que leurs alliés respectifs, ont cessé de se battre dans le Rojava. Plus un tir, plus une offensive, plus un bombardement d’artillerie ni aérien.

 

Les Kurdes observent, à 5km de distance, les Turcs tenter péniblement de déloger les miliciens du Califat Islamique d’al Bab et de Qabasin, où les combats font des milliers de morts.

 

C’est la "Pax Poutina". Il ne lui aura fallu qu’une attaque aérienne visant le contingent turc, quelques dizaines de tués et de blessés dans leurs rangs, pour faire entendre raison à Erdogan. Et encore, les avions qui ont mené le raid étaient des appareils d’entraînement, des L-39 Albatros, de fabrication tchèque, qui n’ont rien à voir avec la capacité destructrice des Mig ou des Soukhoï. Ils arboraient les insignes de l’Armée de l’Air syrienne, mais tout le monde au Moyen-Orient sait pertinemment que les avions d’Assad sont pilotés par des Russes.

 

Depuis, Vladimir Poutine a dicté sa loi aux Turcs et aux Kurdes : cessation des combats entre eux, gel complet de la progression des Peshmerga de l’Est et de l’Ouest en vue de réaliser la continuité du Rojava (les deux forces kurdes ne sont plus distantes que de 14.8 kilomètres l’une de l’autre), et interdiction faite aux Turcs de poursuivre leur incursion en Syrie au-delà de la route Manbij-Alep.

 

Les combattants des YPG, les Yekîneyên Parastina Gel, ou Unités de Protection du Peuple sont évidemment frustrés mais aussi soulagés, car les bombardements de l’Aviation turque faisaient des ravages dans les rangs kurdes. Cette trêve imposée leur permet de se reposer et surtout de se réarmer.

 

Mais, après que les Occidentaux les ont lâchement laissé tomber lorsqu’ils avaient le plus urgent besoin d’eux, les YPG ont cessé complètement leur progression vers Raqqa.  Il y a un mois, ils constituaient encore la force terrestre de la coalition occidentale. Depuis trois semaines, ils n’ont pas avancé d’un mètre et personne n’évoque plus la prise de la capitale de DAESH en Syrie.

 

Quant à Recep Erdogan, il ne voulait pas affronter seul l’Armée russe. Depuis, il feint d’être leur meilleur allié. A la lumière de cette explication, on comprend mieux le mobile de l’assassinat de l’ambassadeur russe, Andreï Karlov, dans une galerie d’art à Ankara, par un sympathisant du Califat : les Peshmerga "neutralisés", les soldats du Sultan peuvent désormais se concentrer sur un seul ennemi. Toutes les violences ont toujours une cause.

 

Le statu quo n’est pas définitif, mais personne ne sait combien de temps il va durer. Les Kurdes n’ont jamais été si près de réaliser leur rêve et personne ne leur tire dessus. A écouter les chefs de YPG, la réunification du Rojava n’est toutefois qu’une question de temps. Mais de combien de temps ?

 

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Olivier Katz à Jérusalem (rédacteur-relecteur)

 

L’année 2016 ne sera pas à marquer d’une pierre blanche pour Israël.

 

Même si, in situ, les actes de terrorisme régressent et leur non-traitement par les media en atténue encore l’impact ; même si l’expansion de l’islamisme conquérant et l’exacerbation corollaire de la violence qui en résulte obligent les Etats européens à faire appel aux méthodes et au matériel israéliens ; l’Etoile de David est bien seule dans le ciel planétaire.

 

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Mais si cet équilibre, auquel, finalement on peut s’habituer, est rompu par l’homme le plus puissant de la planète, Barak Obama, le Brutus du XXIème siècle, la position devient difficile à tenir.  Outre son refus d’intervenir à temps en Syrie contre le régime d’Assad malgré la ligne rouge qu’il avait lui-même fixée, il avait soutenu envers et contre tous les Frères Musulmans en Egypte, mais surtout, avait donné à l’Iran un blanc-seing sur ses activités nucléaires, transformant le pays des Ayatollahs en puissance régionale. Le dernier vote de l’ONU sur les « colonies » israéliennes restera comme le coup de poignard dans le dos d’Obama à son « ami » de 10 ans. L’ère Trump qui s’ouvre aura du mal à être plus défavorable à Israël.

 

Je vous souhaite à tous une bonne année 2017, pleine de réflexions et d’analyses, loin des clichés mainstream.

 

 

Roger Bismuth à Tunis

 

Une fois de plus, je me félicite de la précision et de la clarté des analyses proposées par mes camarades rédacteurs. J’apprécie la qualité de ce qu’ils proposent, ainsi que leur large déploiement géographique et la parfaite maîtrise des sujets qu’ils couvrent.

 

La Ména est aujourd’hui la source de référence en matière de politique internationale, de stratégie et de ses fameuses "breaking news", qui nous informent le plus souvent bien avant tous les autres media, et beaucoup plus distinctement, des évènements qui secouent notre planète.

 

Je forme mes vœux pour qu’ils persistent dans leur démarche en 2017, sans se soucier de la pensée unique de leurs concurrents convenus. Notre agence est désormais la seule à ne pas fabriquer ni diriger l’information, mais, au contraire, à la rapporter et à l’analyser. Sans haine et dans la diversité. Tout cela n’est pas peu dire.

 

 

Guy Millière à Las Vegas (analyste politique, expert en économie)

 

Mes vœux pour l’année 2017 sont très simples, dès lors qu’une mutation majeure aura lieu aux Etats-Unis dans quelques jours : que Barack Obama, le pire ennemi des Etats-Unis, d’Israël et du monde libre en général, disparaisse au plus vite des écrans de télévision et des sphères de pouvoir : les huit années écoulées ont été longues et accablantes. 

 

Et que Donald Trump réussisse dans l’entreprise de redressement qu’il va mettre en œuvre et dans sa volonté de faire reculer et de vaincre l’islam radical.

 

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Pour ce qui concerne Israël, mes vœux seront simples aussi : que Binyamin Netanyahu et le gouvernement israélien restent fermes et déterminés, maintenant qu’une administration amie va être en place à Washington, qu’ils continuent à accueillir avec mépris tout ce qui vient des Nations Unies, ce club de dictatures islamiques ou pro-islamiques et de pays se conduisant en dhimmis, qu’ils ignorent les bourdonnements épuisés et nauséabonds émanant d’une Europe décadente, épuisée et qui redevient antisémite, et qu’ils accueillent avec joie le fait que la prochaine ambassade des Etats-Unis sera enfin à Jérusalem, capitale éternelle et indivisible d’Israël.

 

 

Jean Tsadik à Métula (analyste stratégique, expert militaire)

 

La situation militaire d’Israël est plutôt satisfaisante à l’orée de la nouvelle année : au niveau macro, l’Iran n’est pas encore en état de s’opposer à nous dans une guerre sophistiquée, et tous les autres Etats de la région sont devenus nos alliés contre les ayatollahs, à l’exception de la Syrie. Mais Assad a perdu 70 % de sa puissance de feu et son pays est exsangue et détruit.

 

La menace est à peine plus conséquente au plan micro : le Hamas n’est pas en mesure de déclencher une nouvelle guerre dans le Sud, même si un jour ou l’autre on n’y échappera pas et s’il faudra en finir avec cette menace permanente. Le Hezbollah, tant que la présence de ses unités d’élite en Syrie est requise, ne peut rien faire non plus. Au-delà, si, grâce à l’aide des Russes, al Assad gagne finalement la Guerre Civile, la milice chiite et son mentor iranien sont conscients que s’ils nous agressent à partir du Liban, un conflit très dur s’ensuivra, qui se terminera par l’éradication complète des supplétifs de Khamenei.

 

Ceci dit, il est préférable, tant que faire se peut, d’éviter les guerres et leur cortège de victimes et de destructions. D’autant plus que l’accession de Donald Trump à la présidence, même si tout le monde ignore l’impact exact qu’elle aura, pourrait résoudre un certain nombre de problèmes en évitant des carnages. On attend avec impatience de voir s’il annulera les accords avec l’Iran et rétablira les sanctions, ce qui donnerait un coup de frein à l’appétit expansionniste des ayatollahs.

 

Le risque principal, même s’il est modéré, consiste en une victoire de l’Axe du mal en Syrie, suivi d’un déploiement d’une mouture Iran-Hezbollah sur le Golan. Mais, privés du soutien de Poutine – qui ne leur sera pas accordé contre Israël -  ils ne feraient pas le poids face à Tsahal.

        

En 2017, à moins d’une grosse surprise – toujours possible dans une région instable où les armes ne cessent de tonner -, Israël passera, d’un point de vue militaire, une année relativement tranquille.

 

Le pays devra continuer à faire face à l’Intifada des couteaux, mais celle-ci finira par s’essouffler ; son déclin a déjà commencé. En ce début d’année, je préfère penser à la mobilisation spontanée de mes compatriotes en faveur des malades et des blessés syriens. Une telle démonstration d’humanité me met un peu de baume au cœur.

 

 

Claude Berger à Paris (essayiste, romancier, poète et musicien)

 

Au seuil d’une année, nous reprenons le cri de la résistance juive : « nous sommes là ! » au sein d’un monde aléatoire. L’antisionisme y est le prolongement de l’antisémitisme, resté sans analyse. La haine du « peuple de trop » a engendré la haine du « pays de trop ». Cette haine finale sévit en France, où elle tente d’installer un boycott des produits d’Israël et, de façon insidieuse, d’une présence juive qui remonte à l’Antiquité.

 

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Mais, signe d’espérance, des Français de plus en plus nombreux, conscients de la menace islamiste, comprennent enfin ce fait simple : à sa naissance, le soi-disant « conflit israélo-palestinien » fut la première manifestation de l’islamisme. Le refus du fait juif dans le monde arabo-musulman, refus culturel, n’était que la manifestation inconsciente d’un refus cultuel qui a fini par s’affirmer comme tel. Cette mise en lumière des matrices culturelles qui façonnent les peuples éclaire la prodigieuse vitalité d’Israël pour inventer une société nouvelle.

 

Moses Hess, que Herzl considérait comme le plus grand penseur juif après Spinoza, l’avait prédit : nous vivons un antagonisme entre la pensée de Rome sécularisée et celle, culturelle, de Jérusalem, et nous y ajouterons un antagonisme avec la pensée de La Mecque sous ces deux formes.

 

 

Fayçal H. à Amman (informateur-relais)

 

Ce dont nous parlons dans ces colonnes depuis de nombreuses années est désormais connu de tous : il existe une coalition entre les grands Etats sunnites et les Israéliens. Et encore, si nous avions la possibilité de révéler les informations que nous connaissons quant à l’étendue de cette alliance, les chaussettes de certains en tomberaient.

 

La volte-face de l’Egypte, qui a retiré son projet de résolution au Conseil de Sécurité à la demande de Jérusalem, illustre mieux que tout autre argument les changements qui sont intervenus.

 

Il faut comprendre l’urgence de la situation : pour les sunnites, tous les sunnites, la perte d’Alep constitue une défaite cinglante. Un grand nombre des défenseurs de la ville étaient, par exemple, financés et entraînés par les Saoudiens.

 

Ryad, Amman, le Caire et les Etats du Golfe considèrent que l’Irak et la Syrie sont gouvernés par l’Iran, à quelques nuances près. Ils considèrent donc qu’ils ont désormais une frontière commune avec la théocratie perse, et ils se préparent activement à la guerre.

 

Si la dynamique engendrée par l’accord entre les 5+1 et l’Iran sur le nucléaire se poursuit, il est certain que cette guerre aura lieu, car Téhéran va récupérer ses milliards bloqués, se remettre à exporter du pétrole et sortir de son isolement. Dans cette constellation, le seul partenaire sur lequel les sunnites peuvent compter – parce qu’il partage les mêmes préoccupations et dispose de la technologie et du savoir-faire militaires –, c’est Israël. Nous avons besoin de ses conseillers, de ses pilotes, de ses drones et de son renseignement.

 

Dans les Etats sunnites, Barack Obama est cordialement détesté pour la politique de rapprochement qu’il a menée avec l’Iran, doublée d’une stratégie d’éloignement et d’hostilité à l’encontre des Arabes, voir l’embargo de certaines armes visant l’Arabie Saoudite et la coalition sunnite au Yémen – et, avant cela, pour le soutien qu’il avait procuré aux Frères Musulmans en Egypte, sans lequel ils n’auraient jamais pu s’emparer du pouvoir.

 

Les sunnites espèrent beaucoup du changement de gouvernance à Washington. Mais ils savent que la présidence de Trump sera limitée dans le temps et craignent le retour, par la suite, des pygmalions d’Obama. Ils ont aussi perdu toute confiance dans leurs ex-"amis" européens et sont en train de durcir les conditions auxquelles ils leur fournissent du crédit pour soutenir leurs économies. Certains pays comme la France, qui sont pratiquement dépendants de ces prêts, vont passer une année 2017 difficile.

 

Dans le même temps et pour la première fois, la monarchie sunnite minoritaire à Bahreïn a célébré Hanoukka en dansant avec des Juifs religieux à Manama. Et Dieu seul sait à quel point les al Khalifa [les monarques de Bahreïn. Ndlr.] détestaient les Israélites, il y a moins de dix ans de cela.

 

 

Ferit Ergil (Correspondant de la Ména à Istanbul)

 

« Paix dans le pays, paix dans le monde ». Telle était la devise de Kemal Atatürk qui fonda la République turque laïque, ouverte sur l'Occident, en 1923. Et tels sont mes vœux les plus chers pour l'année à venir. En cette fin d'année 2016, la Turquie se trouve enfoncée dans la guerre et la violence.

 

L'Armée était naguère garante des institutions républicaines et de la laïcité. Elle est aujourd’hui affaiblie par le putsch raté de Juillet 2016, qui tourna à la mascarade et servit les desseins du Président néo-sultan.  Elle s’est embourbée dans une guerre meurtrière aux frontières et en Syrie, où la politique extérieure turque, après maintes volte-face, se trouve dorénavant dans les mains de Poutine après l'assassinat de l'ambassadeur russe.

 

Purges et arrestations massives, dignes de la Russie de Staline – ou de l'Allemagne des années 30 qui servent de modèle, selon ses propres mots, au nouveau système présidentiel que veut mettre en place Erdogan.

 

Telle est la triste réalité d'aujourd'hui. La chasse aux sorcières, avec ses « têtes de turcs » – Kurdes, députés d'opposition, journalistes démocrates, « gülenistes » anciens alliés du pouvoir, tous taxés de terrorisme, ne souffre aucune exception, à part les inconditionnels du néo-sultan. La Turquie tourne le dos à l'Occident et à ses valeurs. Le tableau est sombre. Mais, comme le dit un proverbe en ladino, « la noce eskuro es para maneser aldia » , les jours lumineux succèdent aux ténèbres.

 

 

Philippe Bercovici à Bruxelles (dessinateur de BD, auteur des illustrations de ces vœux)

 

Je souhaite à tous les lecteurs de la Ména une année pleine de bonnes choses. Il est admis, semble-t-il, que 2016 a été une année néfaste sur le plan des nouvelles internationales comme sur le plan des morts célèbres.

 

Les records étant faits pour être battus, je souhaite que 2017 ne soit pas pire à ces égards. C'est un lieu commun que de dire qu'une période d'incertitude s'ouvre... Obama s'en va, et c'était un peu la brute de la cour de récré, mais on y était habitué, non ?

 

De nouveaux dirigeants se profilent dans le monde, du moins là où il y a des élections. Qui remplacera les anciens ? Le populisme est-il en train de prendre le pouvoir ? Faudra-t-il à nouveau être un expert en histoire, en géopolitique et en droit international pour soutenir une discussion sur Israël ? Sur ce dernier point, j'ai peur que oui.  Heureusement qu'il y a, grâce à notre agence de presse préférée à laquelle j'ai à nouveau l'honneur de collaborer, des arguments à notre disposition.

 

Bonne année 2017.

 

 

Raphaël Delpard en France (cinéaste, historien, écrivain)

 

Obama est indigne de recevoir mes vœux.

 

Année après année, dans la dernière ligne droite qui va de Noël au 31 décembre, il est d’usage de proposer des vœux à ceux que l’on aime et même à ceux que l’on ne connaît pas.

 

A la Ména, notre délicieux patron tient à ce que les scripteurs qui, durant l’année, versent leur savoir aux lecteurs attentifs ou font part de leur analyse de la situation internationale, offrent le bouquet de leurs vœux.

 

Je m’étais apprêté à me soumettre à ce rituel avec plaisir et, je l’espère, malice, lorsque brusquement ma main fut bloquée par une information. Le vote à l’ONU contre Israël, initié par des États, dont je me suis demandé ce qu’ils pouvaient reprocher aux Israéliens. Il ne m’a pas fallu attendre longtemps pour comprendre qu’ils étaient manipulés par le Président américain sortant Obama et par le Juif honteux Kerry [De lointaine origine mosaïque. Ndlr.]. Obama voulait, avant de quitter le bureau ovale, donner un dernier coup de pied à ce petit Etat qui lui a tenu tête sur l’accord Iranien et sur d’autres sujets.

 

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Devant l’absurdité de cette résolution, et surtout, devant le danger qu’elle représente pour l’avenir, en d’autres temps, l’Administration américaine aurait mis son véto. Cette fois, de manière à partir en beauté, Obama a voulu planter le poignard entre les omoplates des Juifs et des Arabes israéliens et ouvrir grande la porte aux prochains assassinats. Il quittera donc la Maison Blanche en ayant lancé la troisième Intifada. Comment, dès lors, avoir envie de proposer des vœux de paix et de concorde quand le président de la plus grande puissance mondiale se comporte comme un voyou et un criminel ?

 

Alors, je ne souhaite pas à Monsieur Obama une bonne année. Je demande aux puissances célestes qu’elles l’accablent des maux les plus terrifiants, dont des coliques à répétition. Qu’il passe sa vie assis sur le siège des toilettes ! Comme l’être piteux qu’il est !

 

En revanche, je réserve mes vœux d’amitié au peuple d’Israël, qui, dans son étonnante diversité, poursuivra son destin entamé depuis 1948 sur le chemin de la paix et de la concorde. Un autre vœu encore, même si je n’y crois pas : que la bêtise meure définitivement en 2017 !

 

 

Patricia La Mosca à Paris (journaliste généraliste, enquêtrice, chroniqueuse juridique)

 

Pour la plupart des habitants de Paris intra-muros, le 93 ce n’est pas Paris et les territoires perdus de la République ne sont pas en France. Ils ont tort, tort de faire l’autruche.

 

Je continue de m’y rendre chaque semaine et pour trois raisons : parce qu’eux n’y vont jamais, parce que c’est là que se trouve notre plus sérieux problème, et parce que cette cohabitation à distance me passionne.

 

Mais ce que j’y vois n’a rien à voir avec l’image d’Epinal que nos leaders politiques tentent de nous imposer. L’ "islam de France", les habitants de ces quartiers ne savent pas ce que c’est ; je me vois répéter sans cesse que la Terre entière appartient à l’islam, ce qui fait que la France, ils n’en ont rien à faire. Pire, elle n’existe pas pour eux.

 

Les avis divergents existent, certes, mais ils sont anecdotiques, principalement parce qu’ils n’ont pas voix au chapitre, sous peine de se voir sérieusement malmener ou que l’on brûle leur voiture.

 

La police est abattue, elle a pour consigne de se taire et de rester discrète.  Dans certains secteurs que je fréquente, un flic en uniforme risque tout simplement sa peau. On y vit dans un environnement créé par les imams, officiels ou improvisés, et les trafiquants de drogue, qui font très bon ménage. La drogue n’y est pas un crime, la faute c’est de se faire attraper – ce qui arrive de moins en moins souvent, grâce à un système de guetteurs très au point. Les officiers de police qui rompent l’omerta se font immédiatement remettre au pas, ou même congédier sans autre forme de procès.

 

Merah, Coulibaly et les frères Kouachi sont des héros, des exemples à suivre. Les valeurs sont toutes inversées.  Les femmes vivent au Moyen-Age.  Chaque semaine, je dois déployer des prodiges de psychologie pour ne pas me faire agresser ou violer.

 

Ceux qui s’imaginent que les habitants vivent dans la contrition ou la repentance face aux actes de terrorisme islamiste ignorent absolument ce qui se passe ici. La colère et le sentiment de puissance enflent de mois en mois : c’est cela, la réalité.

 

Et je n’ai pas une once de racisme dans les veines, étant moi-même une ritale de troisième génération, mais qui garde les yeux ouverts. Que personne ne tente de me ficher politiquement, je ne suis pas bleu-Marine !

 

Le danger ne vient pas d’un quelconque risque de révolution ou de prise de pouvoir, mais du fait que des millions de Français constituent un réservoir désormais inépuisable pour les actions terroristes et les coups de main contre les forces de l’ordre. Avec un appétit terrifiant pour la barbarie.

 

Pas besoin d’être un prophète, lorsque l’on côtoie cette réalité, pour prévoir que les activités terroristes vont encore se multiplier et se radicaliser en 2017.  Le gouvernement et les media lamentables qui nous restent vous cachent la vérité sur la férocité de ce qui s’est passé au Bataclan, mais ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. On considère que vous n’êtes pas capables de connaître toute la vérité et que ce serait nuisible à l’ordre public.

 

Dans le 93, on compte 30 % de personnes issues de l’immigration. Dans plusieurs communes, la proportion dépasse les 40 %, comme à Aubervilliers, la Courneuve et Clichy-sous-Bois. Votre problème ne vient pas de ce qu’ils sont majoritairement musulmans mais de ce qu’ils appartiennent à un autre monde, nourri par l’appel expansionniste de l’islam, et que ce monde vous hait.

 

Organiser dans quinze jours une conférence pour la paix au Moyen-Orient, vu d’ici, est une aberration. Mais la pusillanimité de nos politiciens et leur inconscience sont telles, que la seule chose qui les intéresse est leur bulletin de vote en avril. Il vaudrait mieux organiser d’urgence des états généraux sur la situation des banlieues. Mais nous n’en sommes déjà plus capables. 

 

 

Jean-Claude Zerbib (ingénieur atomiste, spécialiste des questions nucléaires)

 

L’inquiétant paysage nucléaire de 2016

 

L’année 2016 a été marquée, dans le domaine militaire, par deux explosions nucléaires souterraines effectuées par la Corée du Nord (RPDC)1 et dans le domaine civil, par la confirmation d’anomalies graves relatives à des éléments métalliques massifs de réacteurs nucléaires français (cuve et générateurs de vapeur).

 

La Corée du Nord

 

La volonté de bâtir le nucléaire militaire de la Corée du Nord par la "dynastie des Kim", remonte à un demi-siècle, avec un parcours qui présente des analogies avec celui de l’Iran. Un programme officiel qui connait plusieurs épisodes clandestins. Après avoir autorisé l’AIEA à visiter le site où son premier réacteur a été installé (1962), la Corée du Nord en construit un second, puis un 3ème, clandestinement, qui sera découvert en 1985. Des étapes nécessaires permettant la production de plutonium avant de développer une arme, sont franchies grâce à Abdul Qadeer Khan, le père de la bombe pakistanaise (1998), qui a fourni à la Corée du Nord comme à l’Iran ainsi qu’à Kadhafi, les plans d’une arme nucléaire. Comme l’Iran, la RPDC va mener parallèlement à son nucléaire militaire un programme de missiles balistiques. La RPDC va surprendre le monde entier en lançant, en 1998, une fusée porteuse d’un satellite, quelques années avant de procéder à son premier tir nucléaire souterrain.

 

C’est le 9 octobre 2006, que la Corée du Nord procède à son premier essai nucléaire. Une bombe de très faible puissance : moins de 1 000 tonnes de TNT, soit environ 14 fois plus faible que celle lancée sur Hiroshima le 6 août 1945. C’est la détection par les Etats Unis d’un séisme de magnitude 4,3, qui a permis d’évaluer la puissance de cette bombe atomique à fission. En 2009 et 2013, deux autres tirs souterrains ont été réalisés. Les relevés sismologiques ont confirmé la nature de ces tirs de faible puissance (2 à 9 kilotonnes).

 

Le 6 janvier 2016, la télévision nord-coréenne annonçait que « Le premier essai de bombe à hydrogène de la République a été mené avec succès », en précisant que l’engin était miniaturisé. Informations d’importance si elles étaient vraies. Une bombe H ou bombe thermonucléaire repose sur la technologie de la "fusion". Il s’agit d’une réaction physique où les noyaux atomiques de deux isotopes de l’hydrogène fusionnent pour constituer un nouveau noyau éphémère plus lourd, et dégager une énergie considérable. Mais pour réaliser la fusion, il faut atteindre des températures extrêmes qui se mesurent en millions de degrés, que l’on obtient avec une réaction initiale de fission. Une bombe qui a pour allumette une bombe à fission n’est pas à la portée de tout le monde. Ce serait donc un grand pas technologique réalisé par la Corée du Nord.

 

Mais un grand nombre d’experts pensent que c’est un bluff. Les sismologues ont bien détecté un séisme de magnitude 5,1 près du principal site d’essais nucléaires, proche des tirs précédents, ce qui correspond à une puissance bien trop faible (6 à 8 kilotonnes) pour être celle d’une bombe thermonucléaire.

 

Le 9 septembre 2016, la RPDC réalisait un 5ème tir, le plus puissant réalisé jusqu’alors (8 à 10 kt). Il s’agissait surtout pour la RPDC de fêter à sa manière les 68 ans de sa fondation. La secousse de magnitude 5,3 a été détectée par une agence japonaise et un institut géologique américain. Avec deux tirs nucléaires réalisés en 2016, il semble que cette activité nucléaire militaire se soit accélérée avec l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un, le dernier de la dynastie.

 

La situation du nucléaire en France

 

Suite à la détection d’une anomalie sur la cuve d’un réacteur de puissance en construction en Normandie (l’EPR de Flamanville), l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le gendarme du nucléaire en France, a demandé en avril 2015 à AREVA, l’industriel responsable de la construction du réacteur, de réaliser une revue de la qualité de la fabrication dans son usine de Creusot Forge. Ce n’était que le point de départ de la découverte de nombreuses anomalies concernant plusieurs des 58 réacteurs du parc nucléaire français.

 

En mai 2016, les contrôles mettent en évidence des irrégularités dans le contrôle de fabrication d’environ 400 pièces, forgées2 depuis 1965 par l’usine du Creusot, dont une cinquantaine serait en service sur le parc électronucléaire français.

 

Le 16 juin 2016, le gendarme du nucléaire revoit ses premières estimations à la hausse. Ce n’est plus une cinquantaine, mais 80 pièces de générateurs de vapeur (GV), de cuves ou de tuyauteries du circuit primaire principal, dont la non-correspondance aux normes est suspectée3 et qui doivent faire l’objet d’un contrôle. Cette suspicion concerne plus d’un tiers des réacteurs du parc nucléaire français (21 sur 58). Des pièces suspectes ont également été identifiées sur l’EPR de Flamanville en cours de construction, notamment la cuve déjà installée.

 

Le 23 septembre 2016, l’ASN publie la liste des 88 irrégularités découvertes (20 concernent l’EPR de Flamanville) et poursuit l’analyse de l’impact sur la sûreté des réacteurs concernés. Si, pour 23 cas, les écarts à la norme identifiés ne remettent pas en cause la sûreté des équipements concernés, le réacteur Fessenheim 2 est mis à l’arrêt du fait d’une anomalie concernant un GV.

 

Le président de l'Autorité de sûreté nucléaire a déclaré que les anomalies détectées dans les dossiers de fabrication de pièces nucléaires forgées s'apparentent à des falsifications. Les vérifications ne sont pas terminées, aussi le dossier n’est pas clos.

 

Une tache noire pour le nucléaire en France.

 

Qu’il s’agisse du nucléaire militaire ou civil, l’année 2017 n’est pas porteuse d’espoir.

 

 

Notes :

 

1Appellation qui recouvre la RPDC, République Populaire et Démocratique de Corée.

 

2Dans ces pièces métalliques épaisses de 20 cm, forgées, circule de l’eau sous pression (150 kg/cm²) à 320°C. Ces conditions sévères de fonctionnement conduisent à établir des critères de fabrication visant à garantir la sûreté de la tenue de ces équipements

 

3Les anomalies portent sur la présence d’une concentration en carbone élevée de pièces épaisses, forgées et soudées. Cette teneur réduit la tenue aux chocs mécaniques et thermiques

 

 

Ilan Tsadik en Israël (journaliste, reporter, journaliste sportif)

 

En 2016, la Guerre Médiatique que livre la presse française à Israël est encore montée en puissance. Les mentions de "colons" et de "colonies", de "territoires palestiniens occupés depuis 1967", les citations dévoyées de Tsahal, de la Police et du gouvernement, et les falsifications historiques sont devenues la norme. On les retrouve dans TOUS les media de l’Hexagone, et ceux qui n’emploient pas ces expressions frelatées sont aussitôt soupçonnés d’être des agents du Mossad, des sympathisants de la Ména, ou pire (si c’est possible), des Juifs communautaristes, que même le candidat des Républicains à la course à l’Elysée s’est mis à fustiger.

 

Le pont est fait, tant pis pour ceux qui prétendaient que le pouvoir n’était pas antisémite et qu’il fallait le distinguer de l’intelligentsia parisienne dépravée. Le voilà qui s’entête à faire fustiger Israël en public, et à organiser au printemps une conférence internationale pour nous obliger à nous suicider.  Elle n’aura pas lieu, grâce à Trump.

 

Brrr… fait pas bon être un Juif en France, l’hiver se présente aussi rigoureux qu’en 1942. Avez-vous vu et entendu les candidats à la présidence ? Faites votre choix, m’sieurs dames, entre les damnés du pognon arabe et les damnés de la Terre, version XIXème siècle. Entre nous et ces lignes, le seul candidat (s’il gagne les primaires de la gauche) que je crois dénué d’antisémitisme est Manuel Valls.  Il a eu l’occasion de le prouver pendant les moments où c’était le plus difficile, mais ne répétez pas ce que je viens de vous dire !

 

Par ailleurs, et c’est nettement plus important que la Guerre Sémantique, on a retrouvé un grand club de football avec Hapoël Beer Sheva. Le 23 février, les "Chameaux", c’est leur surnom, se rendront dans le chaudron de Besiktas, le champion de Turquie, dans le cadre de l’Europa Ligue. Le déplacement est aussi périlleux que pour rencontrer le F.C Hamas à Gaza, mais s’ils s’en sortent vivants, ils auront des chances de se qualifier au match retour dans le Néguev. Sûr que le printemps sera chaud !

 

 

Sami El Soudi en Palestine (chef du bureau palestinien de la Ména)

 

Je n’ai pas entendu une seule phrase évoquant la construction de la paix dans tous les discours de Messieurs Netanyahu et Abbas en 2016, et pourtant j’ai suivi ces deux hommes de près. L’un s’est focalisé sur la construction et l’agrandissement des implantations en Cisjordanie, dans une démarche politicienne destinée aux électeurs israéliens, l’autre à mener sa guerre diplomatique et juridique contre Israël.

 

Pourtant, dans les deux discours, ces deux personnalités se trompent et leurs options sont vouées à l’échec. Je ne discute pas ici le bien-fondé de leurs orientations : je dis simplement qu’ils sont déconnectés de la réalité.

 

Et je ne disserte pas non plus sur les aspects stratégiques de leurs démarches, je dis simplement qu’ils ne proposent rien. Ils ne présentent en effet aucun projet viable à leur peuple, parce qu’aucun des deux, dans son délire, ne tient compte de l’existence de l’autre.

 

Aucun des deux ne répond à la question : que comptent-ils faire des 4.5 millions de Palestiniens et des 7 millions d’Israélites vivant sur les terres controversées ? Comptent-ils les voir s’évaporer dans l’éther ? Les forcer à l’exil – mais où ? Les exterminer ?

 

Heureusement pour nous, ni Netanyahu ni Abbas n’envisagent les solutions que je viens de mentionner, qui ne sont pas même sérieusement prônées par les activistes les plus extrémistes des deux camps.

 

Alors, faute de solution, à 14km de distance, l’un à Ramallah, l’autre à Jérusalem, ils attendent un chamboulement qui viendrait de l’évolution de la "situation globale". Abbas fête sa victoire à la Pyrrhus à l’ONU, tout en tremblant dans l’expectative de l’intronisation de Donald Trump, tandis que Netanyahu avale des couleuvres en rêvant à un changement radical d’orientation de l’Amérique en sa faveur.

 

Et alors ? Quel que soit celui qui l’emporte et qui sera capable d’augmenter la pression sur l’autre camp, cela ne lui apportera pas de solution. Les gens continueront à s’exciter, à mourir pour rien, et à élaborer des plans de haine dont le dernier chapitre leur échappe.

 

C’est là notre unique espoir : nous sommes condamnés à trouver un moyen de coexister qui soit stable et durable. Les prophètes de mauvais augure qui sont incapables de s’entendre sur une solution applicable finiront par disparaître. J’ignore combien de temps cela prendra, si nous serons encore là pour assister au dénouement et combien de Palestiniens et d’Israéliens mourront avant qu’il n’advienne. Mais je sais que nous sommes tous là, sur ce confetti, pour toujours. 

 

 

Amram Castellion* à Metula (analyste politique, expert en économie) :

 

L’année 2017 a tout pour inciter à l’optimisme. Du point de vue économique, la croissance mondiale est prévue à 3,1% en 2016 et 3,4% en 2017, soit nettement plus que la croissance moyenne des 40 dernières années.

 

La scandaleuse résolution 2334 du Conseil de Sécurité du 24 décembre dernier est le dernier sursaut d’un monde en train de disparaître. Dans le monde qui commence, la coopération militaire entre Israël et les puissances arabes sunnites est si étroite, et exige des échanges d’information si détaillés, qu’elle rend une attaque future de ces puissances rigoureusement impossible. La menace des fusées palestiniennes a été anéantie par le Dôme de Fer ; celle des puissances chiites le sera par la prochaine génération de boucliers anti-missiles, encore bien plus performante.

 

Les services de police et de renseignement occidentaux et arabes améliorent chaque jour leur connaissance des réseaux terroristes. Les djihadistes restent en guerre contre le monde ; ils continueront à échapper à l’occasion à la surveillance du monde civilisé et à tuer des civils ; mais le nombre des complots déjoués est massivement supérieur à celui des attentats. Quand on perd 90% de ses capacités avant de pouvoir frapper, c’est qu’on a perdu d’avance.

 

En Occident, l’ambition islamique de conquête se heurte à l’hostilité de plus en plus déterminée des populations majoritaires, qui ont décidé de ne pas se laisser faire quoi que puissent leur dire leurs élites politiques et journalistiques. 2016 a assez montré que ces élites n’ont plus le respect du peuple. Quand un gouvernement européen plaide pour les Palestiniens, ou quand la presse répète pour la énième fois les mêmes mensonges, tout cela vient de sources sans la moindre crédibilité et n’a donc rigoureusement aucune importance. En-dehors des cercles de haïsseurs professionnels, la curiosité et l’intérêt pour Israël remplacent progressivement l’hostilité réflexe d’il y a 15 ou 10 ans.

 

Ceux qui nous haïssent échouent et ceux qui nous aiment réussissent. L’Iran, cette année encore, ne parviendra pas à accomplir son rêve de se doter de l’arme nucléaire : la qualité des renseignements occidentaux permet d’identifier à l’avance tout risque de dérapage. Il n’est même plus besoin de faire exploser des installations sensibles, comme la Ména le rapportait régulièrement il y a deux ou trois ans, pour que les Iraniens soient conscients que tout ce qu’ils font est parfaitement connu. La Turquie d’Erdogan se dévore elle-même, éliminant ses propres élites pour satisfaire la paranoïa et la stupidité de son chef. Les institutions européennes, ankylosées par des idéologies dépassées et des bureaucraties inefficaces, se préparent à de nouvelles crises dans l’indifférence générale. Les Démocrates américains, rendus fous par leur défaite du 8 novembre, se réfugient dans la rage impuissante et les théories du complot. Dans quelques semaines, arrivera au pouvoir à Washington un nouveau président, qui a promis de ne plus dicter à Israël sa conduite. Dans quelques mois, son ambassade s’installera à Jérusalem.

 

Je souhaite à tous nos lecteurs une année 2017 aussi bonne pour eux-mêmes qu’elle le sera pour le monde.

 

*Notre correspondant Sébastien Castellion a récemment été admis officiellement au sein du peuple juif et, en accord avec la tradition, a adopté à cette occasion un nouveau prénom.

 

 

Bernardo Stenhof

 

Une fois de plus j’ai un sourire crispé en pensant à l’année passée et à celle qui se trouve devant nous.

 

Ce que je ressens pour notre avenir, c’est une incompréhension. Comment se fait-il que le poison instillé par nos ennemis arabes ait trouvé une si forte résonance dans le monde soi-disant civilisé ?

 

Je me demande vraiment comment des pays chrétiens ont accepté une totale falsification de l’histoire sans réagir ? Il n’est plus nécessaire de faire le signe de la croix, mais il faudrait se prosterner. A quoi ont servi les martyrs dévorés par des fauves dans les arènes,  morts sur la croix, ou par d’autres formes de tortures et d’exécutions ?

 

Jésus n’a jamais renié sa judéité. Mais ceux qui aujourd’hui s’en réclament l’ont converti par leur lâcheté.

 

La Syrie déplore environ 500 000 morts, et le monde regarde et applaudit lorsqu’Assad, le tueur de son propre peuple, est remis sur son siège de président par ses alliés russes et iraniens.

 

La fille ainée de l’Eglise s’empresse de courir après des contrats de reconstruction pour tenter de devenir les nouveaux marchands du temple – ou plutôt ceux de la mosquée.

 

Il faudrait aussi rebaptiser le « Saint Sépulcre » en je ne sais quoi. Et les croisés qui ont payé leur foi de leurs vies, c’est pour rien, bien sûr.

 

La Shoah ne signifie plus rien : quelle Shoah ? Soudain, après que les années se sont écoulées, il n’y a plus de honte à ce que la bête relève la tête.

 

Nos parents ont souffert dans leur chair en bénissant le nom de Dieu : leurs cendres doivent tournoyer, à défaut de leur corps, dans les ténèbres où ils se trouvent.

 

Malgré ma colère, soudain une pensée d’espoir me traverse, je pense à la fête de Pourim, commémorant le moment où Aman, qui a voulu détruire le peuple juif, se retrouve au bout d’une corde, comme l’a rappelé Hermann Goering condamné à être pendu à Nuremberg [mais qui parvint à se suicider peu avant l’accomplissement de la sentence. Ndlr.].

 

Je ne crois plus beaucoup aux hommes, mais je sais qu’il y a une plus haute justice.

 

Nous verrons bien comment les choses vont évoluer.  J’espère que le nouveau président des États-Unis renverra son prédécesseur là où se trouve sa place naturelle. Dans les oubliettes de l’histoire.

 

 

Llewellyn Brown en France (traducteur officiel de la Ména, rédacteur, écrivain)

 

Par moments, on est saisi par la vitesse à laquelle notre monde change. Une telle remarque est peut-être banale, et pourtant on constate que des situations et des conceptions, autrefois considérées immuables, n’ont plus cours. Sans doute l’Internet a-t-il sa part dans cette accélération. Il n’y a pas longtemps, le discours dit « politiquement correct » arriva en France et finit rapidement par ôter toute rigueur à nos échanges. On opposait des jugements d’ordre moral à toute réflexion divergente portant sur l’état de notre pays. On refusait de voir que les dénonciations de la violence aux États-Unis seraient rapidement applicables à la France, où de nombreux quartiers sont aujourd’hui ce que fut autrefois le Bronx. Pire : notre pays est devenu terre du djihad (autre terme naguère inconnu).

 

Dans cette évolution, peu voyaient que la promotion de la « diversité » n’était rien d’autre qu’une injonction capitaliste visant l’homogénéisation et l’interchangeabilité de l’humain, à l’image des produits de consommation. En effet, obnubilés par leur croyance en la malléabilité de l’homme, nos « progressistes » demeurent aveugles au monde qui les entoure et incapables de mesurer les enjeux réels de la vie. Ils ne comprennent pas que la politique n’a pas affaire à une abstraction nommée le « Bien », mais qu’elle consiste à viser ce qui peut rendre notre société vivable. Les conséquences en sont catastrophiques : le Nouvel An de 2016 fut marqué par les viols commis par les « migrants » à Cologne ; le 14 juillet par le massacre de Nice ; enfin, Noël vient de nous apporter une tuerie à Berlin.

 

Aujourd’hui, notre oligarchie politico-journalistique se débat encore pour conserver son hégémonie, alors qu’elle est de plus en plus isolée de la majeure partie de la population.  Au lieu d’obéir, celle-ci ose exprimer des opinions contraires au régime qu’on lui impose : elle réclame des débats et des choix réellement politiques, non des décrets gestionnaires. Ainsi, mus par un souci civilisationnel, les Anglais ont soudain rejeté la dictature bureaucratique de l’Union européenne, se montrant prêts à affronter les conséquences imprévisibles du Brexit. Puis, tranchant avec l’antisémitisme historique de la Grande Bretagne, le Premier ministre Theresa May fit l’éloge d’Israël. Cette évolution ne se limite pas à l’Europe. Après la présidence de Hussein B. Obama – qui a provoqué le chaos au Proche Orient, augmenté à un degré inouï la dette américaine, passé un « accord » en trompe-l’œil avec l’Iran –, le peuple américain n’a pas élu Hilary Clinton, s’affranchissant ainsi de la pression unanime des media. A celle-ci, le peuple a préféré un candidat étranger au sérail et qui, de surcroît, envisage l’inimaginable : installer l’ambassade américaine dans la capitale d’Israël. En France, le changement devrait être moins brutal : après un président imperméable à la honte et sourd au peuple – mais non aux lobbies –, un candidat initialement inattendu semble prêt à remporter les élections, au grand dam de l’apparatchik Juppé.

 

Nous assistons à une mutation de notre société, mais la guerre est loin d’être gagnée. La répression judiciaire de la liberté d’expression se poursuit en Europe – notamment aux Pays-Bas, où Geert Wilders en fait les frais –, sans compter la tendance à éliminer de l’espace public la moindre expression religieuse qui ne soit pas musulmane. Le refus de la différence et de la divergence rend l’atmosphère étouffante. A nous, donc, de maintenir des dialogues sans concession, qui nous permettent un regard plus aigu sur les enjeux de notre existence, dans sa qualité humaine. À tous, je souhaite une année 2017 enrichissante en savoir et en échanges.

 

 

Yoshua Ohana (fixeur militaire, photographe, région-nord-est)

 

En 2016, on a connu plusieurs alertes mineures aux confins d’Israël et du Liban.

 

A plusieurs reprises, nous avons eu à couvrir des tirs à partir de la Syrie, et même des tentatives d’incursions, terrestres et aériennes.

 

Le mois dernier, le pays était en feu. Mais les choses passent si vite dans notre région que pour ceux qui ne sont pas à la rue, cette catastrophe est déjà oubliée.

 

En 2017, nous resterons sur la brèche, avec les camarades reporters de guerre, pour continuer de vous informer le plus précisément possible par le texte et par l’image. En espérant que la folie qui a pris les hommes nous épargne encore un peu – et pourquoi pas, jusqu’au moment où ils seront devenus sages.

 

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Cindy Gzaiel (journaliste stagiaire)

 

C’est par un enchainement rocambolesque de concours de circonstances, alias l’engrenage impénétrable des péripéties de la vie, que je me suis retrouvée dans les bureaux de la Metula News Agency. J’ai fait connaissance de son rédacteur en chef, Stéphane Juffa, qui m’a ouvert les portes de son illustre laboratoire, là où toutes les informations du monde, et plus particulièrement celles du Moyen-Orient, sont décortiquées, disséquées et examinées de très près avant d’être diffusées.

 

Provenant du milieu artistique cinématographique, j’ai pris ici goût, non pas seulement au journalisme, mais au fait de participer, tant que possible, à la "décontamination" des informations fallacieuses que l’on essuie tous les jours. Armée d’une exactitude et précision inconditionnelles, la petite agence de presse désavoue au quotidien les mensonges de géants de l’actualité comme l’AFP ou Le Monde, au nom de la vérité qui doit éclater aux yeux de tous. Pas mal, non, d’agir aux côtés des philosophes des Lumières du XXIème siècle ?

 

Surtout quand il s’agit de révéler au grand jour les atrocités que subissent en ce moment-même les victimes de l’islam radical au Proche-Orient et celles (s'il en reste...) du gigantesque cimetière d'Alep. L'ONU avait prédit cette catastrophe, à défaut d'agir pour empêcher que ses prophéties ne se réalisent, ou d’abattre l'inhumanité grandissante qui nécrose en ce moment-même les jours qui nous restent à vivre. Car tout le monde n'a pas cette chance d'avoir un lendemain...

 

Aujourdhui, à l’orée de cette nouvelle année 2017, j’ai conclu ma demande de résidence temporaire en Israël. Je le dirai clairement, en tant que jeune juive française de 21 ans, née à Paris, je ne veux pas aujourd’hui retourner dans ma ville natale et dans le pays de mon enfance. Je souhaite en revanche à mon pays un président qui ne fléchira pas face à la pression des religieux radicaux qui menacent la vie de ses citoyens.

 

C’est en montant dans le premier bus qui partait vers le Nord, sans savoir où j'allais, sans savoir où je passerais la nuit, sans connaitre quiconque sur place, en faisant fi de l’inconnu et du confort, que j’ai eu la chance de travailler quelques mois aux côtés des journalistes de la Ména et que j’ai pu accéder en peu de temps à un concentré de savoir et d’évolution, aussi bien professionnel que personnel, que je n’avais pu acquérir en 21 ans.

 

Fuyez le confort, car il est souvent l’inhibiteur du développement personnel ! L’inconnu fait peur, mais il ne tue pas.

 

Ce que je souhaite adresser aux lecteurs de la Ména pour cette année 2017 se résume donc en une phrase : braver l’inconnu, car on ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait où l’on va.

 

 
Communiqué de la rédaction Version imprimable
Communiqué
vendredi, 30 décembre 2016

 

A cause d'un problème d'enregistreur chez notre partenaire Radio Judaica, nous ne sommes pas en mesure de diffuser l'émission hebdomadaire de Stéphane Juffa "Bruxelles-Métula" ce vendredi.

Nous vous prions de nous excuser pour cet inconvénient.

 

 

 
Par rage et par haine (info # 012912/16) Version imprimable
Analyse
jeudi, 29 décembre 2016

 

Par Stéphane Juffa

 

Suite à l’adoption de la résolution 2334 du Conseil de Sécurité, à l’unanimité moins l’abstention des Etats-Unis, nous n’allons pas pousser des petits cris de vierge effarouchée, ni parler de honte, ni encore multiplier les qualificatifs exprimant le dégoût. D’autres l’ont fait à notre place, et ça ne fait pas avancer le schmilblick.

 

Il est préférable d’analyser cette décision et d’envisager la réunion que le Quai d’Orsay prépare à Paris pour le 15 janvier, avec la perspective d’un nouveau vote à l’ONU, qui interviendrait avant le 20 janvier, date du départ de Barack Obama, et qui pourrait pénaliser l’Etat d’Israël bien davantage que la résolution de la semaine dernière.

 

Il faut bien avouer, et je m’exprime bien entendu en mon nom personnel, que l’exercice de M. Netanyahu, consistant, d’une part, à claironner sur tous les toits qu’il soutient la solution à deux Etats, et, de l’autre, à s’employer, de toutes ses forces, à créer ou à élargir des implantations dans le territoire contesté, a de quoi exaspérer même les plus fervents défenseurs d’Israël.

 

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Si le chef de l’exécutif israélien entendait vraiment favoriser la création d’un Etat palestinien, il s’abstiendrait d’encourager l’installation d’Edennistes sur les terres sur lesquelles un tel Etat devrait voir le jour.

 

On peut certes voir un trait de génie dans ce double langage, mais l’on peut aussi considérer que Binyamin Netanyahu se moque du monde, ne pensant qu’à renforcer sa coalition gouvernementale, et que le monde a fini par lui rendre la monnaie de sa pièce. Ce n’est pas une surprise, depuis des mois, voire des années, le feu était à l’orange.

 

Je voudrais préciser que je ne trouve, quant à moi, aucune intelligence à ce double langage, pas plus que de l’élégance et encore moins un projet politique. Un projet politique c’est autre chose, c’est la faculté qu’ont les authentiques hommes d’Etat de prévoir l’avenir et d’élaborer un projet qui fasse évoluer les choses en direction de l’objectif que l’on s’est fixé. A mes yeux, Netanyahu est un dirigeant de shtetl mais pas le capitaine d’un Etat moderne et démocratique, à l’instar d’Israël.

 

Quoi qu’il en soit, il existe une différence fondamentale autant qu’évidente entre la politique menée par M. Netanyahu, ou par un autre Premier Ministre, d’ailleurs, et les intérêts vitaux de l’Etat d’Israël.

 

Posé différemment, plusieurs points de la résolution 2334 n’ont rien à voir avec la question des implantations. Ceux qui l’ont votée ont instrumentalisé le prétexte des implantations afin d’hypothéquer rien de moins que la pérennité de l’Etat hébreu.

 

J’en veux pour exemple, l’oukase qui tente d’imposer à Israël l’établissement d’un Etat palestinien sur les frontières de 1967. Or, dans la conjoncture actuelle du Moyen-Orient, et dans son évolution prévisible, ces frontières ne sont tout simplement pas défendables, et font peser sur les Israélites de ce pays le spectre inadmissible d’un nouveau génocide.

 

Celui qui vote une résolution exigeant que la frontière d’un Etat palestinien hostile passe à 14km de la mer, dans la région de Netanya, ne souhaite tout simplement pas de bien aux Juifs.

 

C’est dans cette acception que le vote des membres du Conseil de Sécurité est irrecevable, et qu’il ne va pas sans rappeler la conférence d’Evian de 1938, de sinistre mémoire, lors de laquelle tous les Etats de la planète avaient abandonné les Juifs allemands et autrichiens dans les griffes d’Hitler, alors qu’ils pouvaient encore agir différemment et éviter le génocide.

 

On notera aussi, dans cette résolution, la proposition tendant à interdire toute activité israélienne dans la partie orientale de Jérusalem. Or cette prise de position, surtout lorsqu’elle s’exprime dans une résolution du Conseil de Sécurité, est délibérément offensante, parce qu’elle ne tient pas compte de l’histoire et de l’héritage de cette ville.

 

Adopter un texte qui ambitionne de couper un peuple de son unique temple, probablement le plus haut lieu de la spiritualité judéo-chrétienne, participe ni plus ni moins d’un crime intellectuel contre l’humanité.

 

Face à ces atteintes préméditées, le peuple d’Israël ne peut que resserrer les coudes, et faire face d’un seul tenant à autant de mauvaise foi, de volonté de nuire, d’oubli de l’histoire et de la responsabilité écrasante des leaders d’Europe et des Etats-Unis d’Amérique dans la préservation de son Etat.

 

Les choses peuvent également se dégrader davantage du fait de la volonté commune, mais alimentée par des raisons diverses, de Messieurs Obama et Hollande. Pour le second nommé, président d’un pays qui, depuis le Général de Gaulle, s’est porté aux avant-postes de toutes les initiatives diplomatiques anti-israéliennes, il s’agit surtout de flatter les électeurs musulmans de nationalité française à la veille des présidentielles d’avril prochain. Un calcul douteux et à court terme, inspiré par le désir de survie politique du parti socialiste français.

 

Mais ce n’est pas tout. C’est aussi la continuité logique et naturelle de la politique du Quai d’Orsay, qui, depuis sa création, n’a pas cessé de s’opposer aux Israélites et aux Israéliens.

 

La France d’aujourd’hui est pleine de politiciens et d’intellectuels qui exècrent publiquement l’Etat hébreu, à l’instar de Benoit Hamon, de Pascal Boniface, d’Edgar Morin, de Jean-Luc Mélenchon, et d’Olivier Besancenot. Mais, contrairement à ce que d’aucuns s’efforcent de promulguer, cette détestation traverse allégrement les frontières politiques, pour se retrouver, intacte, dans le discours d’un Alain Juppé, ou, et c’est bien pire, d’un François Fillon, parce qu’il est un candidat plausible à la présidence de la République française.

 

Or Fillon n’a-t-il pas récemment évoqué, le "fait" que la France avait dû, par le passé, remettre à sa place la communauté juive qui refusait de respecter ses règles ?

 

A quelle époque M. Fillon faisait-il allusion ? A celle où le plus français des capitaines s’était vu dégradé en place publique, sous les cris de mort aux Juifs, après avoir été reconnu coupable de trahison en faveur de l’ennemi ?

 

Ou était-ce, à son retour de l’Ile du Diable, lorsque le Capitaine Dreyfus vit, lors du procès de Rennes, sa culpabilité réaffirmée par le tribunal ? Pour rappel, le verdict contre Dreyfus a été cassé, le Capitaine sans reproche a été gracié et réhabilité, mais la justice française n’a jamais reconnu son innocence.

 

Ou était-ce lorsque l’Assemblée nationale a transmis, de son plein gré, gauche et droite confondues, les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, ou lorsque celui-ci décréta les lois racistes antijuives, que les Israélites de l’Hexagone contrevinrent aux règles de la République ?

 

L’attitude que le candidat de droite leur reproche était-elle celle qui fut la leur, lorsqu’avec les Républicains espagnols, ils prirent les armes contre l’occupant nazi, alors que des millions de Français de souche s’accommodait fort bien de sa présence ou frayait avec lui ? Si l’on soustrait les Juifs et les "Espagnols" de la Résistance, il n’en reste pas grande chose ! A part en 1944, certes, à la libération, lorsque les mêmes gendarmes qui poussaient les enfants à Drancy dans les wagons à bestiaux à destination d’Auschwitz paradèrent dans le défilé des vainqueurs.

 

Etait-ce encore quand, en 2000, la télévision d’Etat de cette même France diffusait dans le monde sa mise en scène de l’exécution par les Israéliens de Mohamed Dura, que la communauté israélite a trahi les règles de la République ?

 

Est-ce enfin, en entretenant cette usine à haine antisémite qu’est l’AFP, qui est au journalisme ce que la métastase est au cancer, avec ses "bébés-colons", ses "territoires palestiniens occupés depuis 1967", ses bilans frelatés, mêlant pêle-mêle les assassins arabes et les enfants qu’ils ont tués, que la France répare toutes les injustices qu’elle a faites à ses Juifs ? Pour lesquels elle n’a jamais reconnu sa faute ni demandé pardon !

 

Avec un tel passif, la France n’a tout simplement pas le droit de se trouver en première ligne pour fragiliser les perspectives d’existence du peuple d’Israël sur sa terre. Elle devrait, dans ce sens, suivre l’exemple de l’Allemagne, qui, consciente de son passé, s’abstient de toute décision qui pourrait pénaliser la survie des habitants de l’Etat hébreu.

 

Si l’on voulait vraiment se scandaliser, c’est après l’accusation portée par François Fillon qu’il fallait le faire ! Dans le cas de Barack Obama, l’analyse est encore plus simple, et là non plus, elle n’a rien à faire avec la politique menée par Bibi Netanyahu ou la recherche d’une quelconque justice pour les Palestiniens.

 

Pour connaitre de la vérité, il faut un minimum de mémoire ! Comme celle qui nous permet de rappeler que, lors de la première visite à Barack Obama de feu Shimon Perez, alors président de l’Etat d’Israël, Obama l’avait fait entrer à la Maison Blanche, par une porte dérobée et avait refusé de se faire photographier avec lui. Or Shimon Perez n’était pas Binyamin Netanyahu et l’authenticité de sa recherche pacifique ne saurait être remise en doute par un esprit serein.

 

Le reste n’est que remplissage, accommodements avec la réalité, par un président américain n’ayant jamais supporté l’idée de l’existence d’Israël.

 

Accommodements, car Obama a dû composer avec un Parlement radicalement favorable à Jérusalem, qui ne l’aurait pas laissé prendre de décisions aliénant sa sécurité.

 

Barack Obama et son pygmalion John Kerry, au poste de secrétaire d’Etat, ont mené une politique étrangère catastrophique pour les Etats-Unis, et ont négocié et signé avec les Iraniens le pire accord international depuis celui ratifié par Chamberlain et Daladier avec le Chancelier Hitler.

 

Certes, Barack Obama a rongé son frein en voyant les deux chambres du Congrès ovationner debout à une vingtaine de reprises le Premier Ministre israélien, lorsque celui-ci est venu leur parler de l’accord sur le nucléaire perse.

 

Mais je reste d’avis, comme je l’ai expliqué plus haut, que l’antagonisme du président sortant à l’encontre d’Israël était largement antérieur à ces passes d’armes, et même à son premier emménagement à la Maison Blanche.

 

Maintenant, pour toutes ces raisons moins avouables les unes que les autres, alors qu’ils n’ont plus rien à perdre, Obama et Hollande se déchaînent littéralement contre l’Etat hébreu.

 

S’il restait un moindre refuge pour abriter la raison, les chefs d’Etats qui ont participé au vote de la résolution 2334 et qui prendront part, parmi 70 autres pays, à la réunion de Paris du 15 janvier, réaliseraient qu’il existe quelque chose de carrément pathologique dans le fait de faire voter des résolutions et d’établir des plans de résolution de conflits, cinq jours avant de quitter la présidence.

 

Ils reconnaitraient, ces chefs d’Etat, que la première cible des deux hommes sont ceux que leurs concitoyens choisissent pour les remplacer, et dont ce sera le privilège exclusif de déterminer la politique étrangère de leur pays, lorsque Obama et Hollande seront en maison de retraite. Ce que leur orgueil pousse ces deux hommes à faire, c’est essayer de réduire la marge de manoeuvre de ceux qui leur succèderont.

 

Et puis il y a cette rage, cette incurie, cette insouciance incroyable, en mettant sciemment en danger la vie d’un peuple qui n’a jamais, dans son histoire, œuvré contre les intérêts de la France ou de l’Amérique, bien au contraire .

 

On peut même attester que, dans ces deux pays comme dans tous les Etats européens, n’en déplaise à M. Fillon et avant lui au Général de Gaulle, les Israélites ont, de tout temps, constitué les plus fidèles citoyens, n’hésitant jamais à prendre les armes pour défendre leur pays d’adoption, où ses valeurs républicaines et démocratiques, si elles étaient en danger.

 

Quant à la profession de foi d’une heure de John Kerry hier, qu’a-t-on à faire de ses projets et de ses convictions, vingt-deux jours avant qu'il ne rentre définitivement chez lui ? Lui et son patron sont devenus soudain aussi frénétiques qu' "irrelevant" !

 

Le 20 janvier et à la fin avril, les successeurs d’Obama et de Hollande définiront la politique de leurs nouveaux gouvernements et, partant, leur positionnement par rapport au différend israélo-palestinien.

 

En Amérique, Donald Trump balayera sans doute d’un coup de manche les tentatives puériles et egotiques d’Obama de changer le cours de l’histoire à la 90ème minute de son second mandat. En France, ce sera plus délicat, car le niveau de rhétorique et de sémantique hostile à Israël transpire dans tous les partis, dans tous les journaux, sur toutes les chaînes de télévision et parmi une majorité d’intellectuels. Le seul espoir sensé de voir l’Hexagone échapper à cette spirale d’exécration se trouve peut-être dans la candidature de Manuel Valls, qui fut l’un des seuls politiciens tricolores de premier rang à ne pas participer à l’établissement de l’environnement nauséabond qui s’est abattu sur son pays.

 

 
Ce qui m’attache à Israël (info # 012512/16) Version imprimable
Analyse
dimanche, 25 décembre 2016

 

Par Guy Millière

 

L’histoire d’Israël est très récente, puisque l’Etat d’Israël moderne a été fondé en 1948. L’histoire d’Israël est aussi très ancienne, puisque l’histoire juive en terre d’Israël remonte à plus de quatre millénaires.

 

Parce que le peuple juif était un petit peuple, il a subi des conquêtes, des massacres, des tentatives d’annihilation, la dispersion. Il a perdu sa terre et a été dispersé sur toute la planète.

 

Il a subi quasiment toutes les formes de haine imaginables.

 

Les Romains l’ont détesté parce qu’il ne se soumettait pas, et ils ont rasé la Jérusalem juive. Les chrétiens ont disséminé pendant des siècles l’idée abjecte de “peuple déicide”. Les Européens, lorsque les nationalismes se sont développés en Europe, ont refusé la différence juive, et le refus de la différence juive a conduit, au bout de quelques décennies, à un génocide en terre européenne, commis par des Européens. Les musulmans ont, conformément au Coran, traité les Juifs de fourbes, de menteurs et de falsificateurs, et ont réduit les Juifs qu’ils n’ont pas tués au statut de dhimmi, mécréants qu’il fallait humilier et maltraiter.

 

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Guy Millière en train d’expliquer son engagement

 

Quand le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes s’est affirmé peu à peu au dix-neuvième siècle, des Juifs ont affirmé que le peuple juif devait retrouver le droit de disposer de lui-même, et des Juifs ont commencé à revenir vers la terre d’Israël.

 

Le retour s’est opéré paisiblement, puis, parce que le temps était celui de la dissémination du nationalisme arabe et celui de la montée de l’islamisme, des heurts se sont dessinés.

 

Après le démantèlement de l’empire ottoman, un territoire destiné à être le foyer national juif a été confié par la Société des Nations aux Britanniques, qui, après avoir trahi la grande révolte arabe et le chérif de La Mecque, ont géré ce territoire sur un mode relevant de l’apaisement et de la trahison. Ils freinèrent l’arrivée des Juifs et facilitèrent celle des Arabes, offrant le poste de mufti de Jérusalem, la plus haute autorité religieuse sur le territoire, à Amin al-Husseini, un islamiste antisémite qui se retrouvera plus tard aux côtés d’Hitler.

 

Apres avoir refusé l’entrée sur le territoire aux Juifs au moment où ils en auraient eu le plus besoin, celui où les chambres à gaz à Auschwitz fonctionnaient intensément, les Britanniques, encore eux, ont repoussé autant qu’ils le pouvaient les Juifs rescapés des camps de la mort voulant accoster à Haïfa ou ailleurs, le long de la côte de ce qui n’était pas encore l’Israël moderne, puis ont confié le territoire aux Nations Unies, tout juste nées. Celles-ci ont décidé de partager le territoire en deux Etats, l’un juif, l’autre arabe. L’Etat juif est devenu Israël. L’Etat arabe n’a jamais vu le jour, car les Arabes l’ont refusé.

 

Les pays arabes ont lancé une guerre d’extermination, quatre ans à peine après que les chambres à gaz d’Auschwitz aient été détruites. Avoir lancé une guerre d’extermination contre des Juifs si peu de temps après leur extermination d’Europe devrait être suffisant pour couvrir de honte à jamais la cause arabe anti-israélienne. L’Union Soviétique et les services du très antisémite Gamal Abdel Nasser décidèrent de dissimuler l’exterminationnisme arabe anti-juif en “lutte de libération nationale”, et l’Organisation de Libération de la Palestine fut créée à cet effet, en 1964, il y a cinquante-deux ans. La notion de “peuple palestinien” est née, pour sa part, trois années plus tard.

 

Depuis, il y a eu encore une guerre arabe d’extermination contre Israël, en 1973. Israël, à l’époque, avait déjà décidé de mettre en place une politique promettant des échanges de territoires perdus par ses ennemis contre la paix. Un traité fut effectivement signé avec l’Egypte, et Israël abandonna le Sinaï. Un traité de paix fut également signé avec la Jordanie, qui n’a pas demandé la restitution d’un territoire qui n’était pas le sien, parce qu’il avait été acquis lors de la guerre d’extermination ratée de 1948-49, puis perdu lors de la guerre d’extermination plus ratée encore de 1967. Aucun traité de paix n’a été signé avec la Syrie, et Israël a annexé le Golan.

 

Parce que des pressions internationales se sont exercées, et parce que des dirigeants israéliens avaient conservé des illusions, Israël a fait des concessions, suivies d’autres concessions, et a reconnu l’organisation terroriste arabe antijuive appelée Organisation de Libération de la Palestine. Ce faisant, l’Etat hébreu a ainsi mis le doigt dans un engrenage qui a conduit à un nombre important de morts, sans autre résultat que celui de fournir à cette organisation une base arrière depuis laquelle elle n’a cessé de disséminer les plus viles incitations au meurtre de Juifs israéliens, et n’a arrêté de recourir aux attentats terroristes que parce qu’une barrière de sécurité a été érigée.

 

J’ai déjà écrit ici que l’Autorité Palestinienne n’avait aucune légitimité : je persiste et je signe.

 

J’ai déjà écrit ici que le but de l’Autorité Palestinienne n’avait pas varié et restait la destruction d’Israël : je persiste et je signe.

 

J’ai déjà écrit dans ces colonnes que la volonté de l’Autorité Palestinienne de créer un Etat Judenrein, comme disait Adolf Hitler, suffisait à invalider absolument l’Autorité Palestinienne et venait s’ajouter aux outils de propagande de celle-ci. Ils ôtent en effet toute légitimité à l’Autorité Palestinienne, car ils sont dignes de ceux utilisés en Europe au temps de Joseph Goebbels : je persiste et je signe.

 

J’ai déjà écrit pour la Ména que la seule issue au conflit israélo-arabe est celle suggérée depuis longtemps par Daniel Pipes, que l’on retrouve dans le livre Face à l’islam radical, que nous avons signé ensemble : Israël gagne, l’Autorité Palestinienne perd si totalement qu’elle n’est plus à même de se relever.

 

J’ai écrit, il y a deux décennies, qu’il n’y aurait pas d’Etat palestinien, et je n’ai pas varié sur ce point. Ceux qui m’ont dit, après la accords d’Oslo, qu’un Etat palestinien verrait bientôt le jour doivent constater qu’ils avaient tort, et ceux qui me disaient que c’est moi qui avais tort, lorsque j’affirmais non seulement qu’un Etat palestinien ne verrait jamais le jour, mais aussi que les accords d’Oslo conduiraient à une exacerbation du terrorisme, devraient constater, pour le moins, que l’exacerbation du terrorisme a eu lieu, et je le déplore autant qu’il est possible de le déplorer.

 

Je suis, depuis longtemps, favorable à une annexion de la Judée-Samarie par Israël, car c’est un territoire, je l’ai écrit plus haut, qui fut acquis par la Jordanie lors de la guerre d’extermination ratée de 1948-49, et perdu par la Jordanie lors de la guerre d’extermination plus ratée encore de 1967.

 

Cela n’a jamais été un territoire jordanien. Je n’ai pas changé de position. Il n’y a pas de territoires occupés, et il n’y a pas non plus de territoires à restituer à qui que ce soit, car il n’y a personne à qui les restituer. Les accords de San Remo en 1920 définissaient le territoire du Mandat palestinien comme un territoire du foyer national juif, et la Judée-Samarie comme faisant partie de ce territoire. Les accords de San Remo stipulaient que les minorités arabes devaient être respectées : j’ai déjà écrit que respecter les Arabes de Judée-Samarie impliquait de les délivrer de l’Autorité Palestinienne, qui les transforme en êtres haineux, barbares et criminels et les condamne à une existence effroyable, tout en en proférant des menaces contre les Juifs. Je peux le réécrire, et je le réécris.

 

J’ai déjà écrit que les villes et villages juifs de Judée-Samarie (je n’aime pas le mot “implantations”, et je ne l’utilise pas) ne prenaient la terre de personne, et je le réécris. Quiconque n’est pas antisémite et se rend en Judée-Samarie discerne à quel point les terres de Judée-Samarie sont désertes et peu développées.

 

J’ai déjà écrit que le peuple juif avait retrouvé sa terre, et, parce que je sais les souffrances subies par le peuple juif depuis si longtemps, parce que je sais les haines innombrables subies par le peuple juif, parce que je sais ce que l’humanité entière doit au judaïsme, les valeurs éthiques qui sont le fondement de toute la civilisation occidentale, je défends et ne cesserai de défendre la légitimité d’Israël.

 

Parce que je sais, précisément, ce que l’humanité entière doit au judaïsme, l’idée que le droit en Israël puisse être fondé sur la Loi juive me semblerait légitime et conforme à ce qui a permis au peuple juif de survivre depuis si longtemps, en dépit de tout.

 

Parce que je suis attaché à l’idée de droit naturel des êtres humains qui fonde l’Etat de droit au sens lockéen du terme et le grand contrat qui relie les générations entre elles et permet aux valeurs fondatrice de l’Etat de droit de survivre, comme l’a expliqué Edmund Burke, je pense, même que la Loi juive est cruciale et fondatrice.

 

J’ai quitté l’Europe qui, parce qu’elle devenait un continent sans transcendance et ne croyait plus en rien. J’ai rejoint les Etats-Unis, parce qu’ils sont un pays où la transcendance existe encore et qui, après les années Obama, va, je le pense, se redresser.

 

Le seul autre pays sur Terre que j’aurais pu rejoindre est Israël, en raison de tout ce que je note dans ces lignes.


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Du très lourd, ce vendredi (012312/16) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 23 décembre 2016

 

© Metula News Agency

 

Stéphane Juffa, au micro de Yanik Farkas, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/4TF9VqfIaIA  (Youtube), analyse :

 

Le retrait du projet de résolution égyptien au Conseil de Sécurité

 

L’Egypte, qui avait présenté un texte de résolution très dur et handicapant au Conseil de Sécurité contre Israël au sujet des implantations, l’a retiré sine die.

 

Jérusalem a fait pression sur le Maréchal al Sissi et sur l’Arabie Saoudite pour leur expliquer que l’on n’agresse pas diplomatiquement un allié stratégique. M. Netanyahu aurait menacé M. al Sissi de mettre un terme à des projets de coopération stratégique, dans le domaine du renseignement face aux Frères Musulmans et aux groupes islamistes, et de cesser son soutien militaire dans le Sinaï.

 

Le retrait du projet égyptien coupe l’herbe sous les pieds de Barack Obama, qui s’apprêtait à s’abstenir lors du vote et à ne pas opposer le veto de l’Amérique à la résolution. Il aurait ainsi brisé l’accord tacite qui a lié toutes les administrations U.S et Israël, Démocrates ou Républicaines confondues, voulant que l’Amérique protège systématiquement l’Etat hébreu à l’ONU face aux attaques de ses adversaires.

 

Le président élu Donald Trump était directement intervenu auprès du président sortant Barack Obama afin que les USA utilisent leur veto.

 

A un mois du terme de son mandat, M. Obama entendait laisser libre cours à son penchant anti-israélien et saborder la politique de son successeur, ce qui ne se fait pas dans la tradition politique américaine.

 

Si la décision de l’Egypte se transformait en ligne de conduite diplomatique, on viendrait d’assister à une authentique révolution dans les relations entre Israël et ses voisins arabes sunnites, ainsi qu’à un désenclavement régional de l’Etat hébreu.

 

La décision suscite le courroux de l’Autorité Palestinienne et de plusieurs autres pays, dont la France, qui considère le projet de résolution "équilibré" et "correspondant à la position de Paris".

 

 

C’est la société du ministre libanais de la Défense qui construit les nouvelles corvettes high-tech israéliennes

 

Israël a commandé, en 2015, quatre corvettes de type Saar-6 à la société allemande ThyssenKrupp. Le prix de la transaction s’élève à 430 millions d’euros, et la livraison est prévue en 2019-2020.

 

Le gouvernement allemand finance le projet à hauteur d’un tiers du prix, en considération de la responsabilité de l’Allemagne dans le génocide des Israélites entre 1939 et 1945.

 

Quelques mois après la conclusion de la vente, à l’issue de tractations compliquées, la construction des vedettes a été cédée par ThyssenKrupp à Abu Dhabi Mar, un chantier naval de l’émirat du même nom.

 

Dans un second stade, le conglomérat allemand a carrément cédé son chantier naval de Kiel à la société arabe.

 

Or il est apparu, non seulement que c’est une firme arabe, établie dans un pays "ennemi" qui n’entretient pas de relations diplomatiques avec Jérusalem qui construit ses bateaux, mais, de plus, Abu Dhabi Mar appartient principalement au ministre libanais de la Défense, Samir Mokbel, un Grec-orthodoxe qui maintient des liens étroits avec le Hezbollah et la junte théocratique iranienne.

 

Le Liban est lui aussi officiellement en état de guerre avec Israël.

 

Pour le ministère israélien de la Défense, la partie des navires construite par Abu Dhabi Mar ne recèle aucun secret qui pourrait être communiqué aux adversaires d’Israël, car, explique le ministère, l’équipement électronique ainsi que les armes sont installés en Israël.

 

La Ména conteste cette affirmation, du fait que, s’agissant de vaisseaux aux contours furtifs, la connaissance de ces formes constitue une information importante pour nos ennemis, de même que l’architecture des corvettes, qui permet d’en savoir beaucoup sur l’armement qu’elles vont accueillir.

 

Plus simplement : c’est une ineptie de faire construire nos bateaux par des ennemis, qui peuvent, de plus, générer intentionnellement des malfaçons dans les bâtiments qui nous sont destinés.

 

Nous sommes en présence d’une grave défaillance des services israéliens, qui auraient dû prévoir l’éventualité de la vente des chantiers navals à Samir Mokbel.

 

Il aurait dû aussi figurer une clause dans les contrats interdisant à ThyssenKrupp de sous-traiter la fabrication de ces corvettes à des sociétés arabes, ou prévoir que le choix d’éventuels sous-traitants devait préalablement recevoir l’aval des autorités israéliennes. C’aurait été la moindre des choses pour ce genre de commande.

 

A la Ména, on envisage également la possibilité selon laquelle le gouvernement israélien, la Marine, ou encore le ministère de la Défense étai(en)t au courant de la participation d’Abu-Dhabi dans ce contrat. Ce qui nous incite à le penser est une requête formulée par trois responsables du ministère israélien de la Défense, suggérant de changer le nom de d’Abu Dhabi Mar, en Chantiers Navals allemands de Kiel afin de dissimuler la nationalité de la société.

 

Nous pensons quant à nous qu’ils auraient dû la révéler et non tenter de la cacher, comme l’a fait prestement, dès qu’il a connu les faits, le député travailliste Erel Margalit, qui a alerté le Procureur général Avichaï Mandelblit.

 

Cette affaire majeure ne va certes pas atténuer les soupçons de corruption qui pèsent déjà sur l’achat de sous-marins par Israël à cette même firme, ThyssenKrupp. Les conditions de l’achat de ces submersibles font déjà l’objet d’une enquête d’Avichaï Mandelblit : Binyamin Netanyahu et l’un de ses avocats, David Shimron, qui représente également l’agent israélien de la société allemande, auraient poussé à l’achat de 3 sous-marins supplémentaires (600 millions d'euros pièce). Or l’ancien chef d’état-major, des ministres et d’anciens officiers supérieurs affirment qu’ils avaient prévenu le 1er ministre de leur opposition à cette acquisition, qu’ils jugeaient non-nécessaire.

 

 

 
Incident majeur sur un vol d’ElAl à Toronto (info # 012112/16) Version imprimable
Analyse
mercredi, 21 décembre 2016

 

Par Stéphane Juffa

 

Aux alentours de 19h10, heure de Toronto, hier soir (mardi), soit à 2h10 (mercredi) en Israël et 1h10 à Paris, un Boeing 767 d’ElAl, immatriculé 4X-EAM, effectuant le vol LY30, a évité un accident majeur.

 

L’appareil venait de décoller de l’Aéroport International Pearson à Toronto, pour un vol direct à destination de Tel-Aviv. Peu après le décollage, suivant un itinéraire normal sur le lac Ontario, face à la côte, en direction de l’Est, le Boeing, toujours conformément à la procédure de départ, mit le cap au Nord.

 

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L’itinéraire suivi par le vol LY30

 

C’est alors que les pilotes et les passagers se rendirent compte qu’ils avaient un problème avec le moteur droit de leur appareil, qui est un bimoteur. Des passagers ont appelé le grand media canadien Global News, lui indiquant qu’ils avaient senti une sorte d’explosion ou de départ de feu sur la partie droite de l’avion, et que les lumières de la cabine s’étaient éteintes, avant de se mettre à clignoter.

 

Le co-pilote se rendit parmi les passagers pour constater de visu l’étendue des dégâts : le moteur droit était effectivement en feu. Il s’agit à la fois d’un incident rare et d’une grande gravité.

 

L’équipage contacta immédiatement la tour de contrôle de l’aéroport duquel il venait de décoller, en annonçant par 3 fois "MAYDAY MAYDAY MAYDAY !".

 

Il s’agit de l’appel d’urgence prioritaire, indiquant qu’il existe un risque d’écrasement, et supérieur au signal "PAN-PAN !", qui annonce une panne ou un problème rencontrés par l’avion.

 

L’emploi de l’appel de détresse MAYDAY – littéralement mon jour, mon jour est arrivé – est exceptionnellement appliqué, en général dans les cas suivants :

 

-          Incendie à bord

-          Panne de moteur

-          Problème avec les commandes mettant en danger le contrôle du vol

Après avoir écouté la bande d’enregistrement de la discussion entre l’équipage et les contrôleurs, nous pouvons dire que l’incident a été traité avec sang-froid, célérité, professionnalisme et efficacité, tant au sol que dans les airs.

 

Les pilotes, qui avaient dès lors priorité sur toutes les autres activités aériennes dans le secteur, ont demandé de pouvoir rejoindre directement la piste 23 qui correspondait le mieux à leur situation.

 

Le contrôleur a communiqué aux pilotes des caps qui les ont amenés à l’orée de la piste désirée.

 

Dans l’entretemps, les pilotes, après avoir identifié l’étendue des dommages ainsi que leur impact présumé sur le contrôle de l’avion, se sont délesté d’une partie de leur carburant. Cette manœuvre est nécessaire car le Boeing 767-300ER ne peut atterrir à son poids maximum de décollage (187 000 kg), auquel il risquerait d’endommager notamment son train d’atterrissage.

 

Le poids maximal à l’atterrissage de cet avion est de 148 000 kg.

 

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L’avion impliqué dans l’incident

 

A la demande du contrôleur, les pilotes ont confirmé qu’ils ne transportaient pas de matériel dangereux dans leur cargaison, et ont requis la présence de véhicules et d’équipes de sauvetage à proximité du point supposé de leur atterrissage.

 

Les passagers ont décrit l’atmosphère à l’intérieur du Boeing comme tendue mais sans manifestation d’hystérie. L’équipage a simplement dit aux passagers "qu’il y’avait un problème avec le moteur droit et que nous retournions à Toronto".

 

Les pilotes ont immédiatement éteint l’approvisionnement en carburant du moteur en feu (source ElAl pour la Ména) ; ils ont réussi à poser leur appareil sans encombre, et aucun des passagers ou membre de l’équipage n’a été blessé. Il y avait 210 personnes à bord, dont 10 membres d’équipage (source ElAl).

 

Un camion de pompiers s’est positionné sur la droite du Boeing afin de s’assurer que le feu était éteint, puis l’appareil a été tracté jusqu’à l’une des sorties régulières de l’aéroport.

 

Ce genre d’incident majeur déclenche automatiquement une enquête technique, qui a déjà commencé, et implique des représentants de la compagnie aérienne, du constructeur de l’avion, du constructeur des moteurs, ainsi que les inspecteurs de l’autorité aérienne canadienne TCCA, sans doute épaulés par ceux de la FAA (Federal Aviation Administration) américaine.

 

En général, les causes connues d’un incendie de moteur proviennent soit d’une erreur d’entretien, ce qui serait en principe la faute d’ElAl, soit d’une erreur de fabrication du moteur, qui serait en principe celle du fabricant des moteurs, soit de l’aspiration d’un FOD (Foreign Object Damage, dégâts causés par l’ingestion d’un objet étranger à l’avion).

 

Par FOD, on qualifie le plus souvent des pierres ou des morceaux de piste, des débris ou des pièces qui se trouvaient sur la piste au moment du décollage, ou des oiseaux, en nombre, qui auraient étouffé ou abîmé la turbine.

 

C’étaient des oiseaux qui avaient détruit les moteurs de l’Airbus A320 du vol 1549, le 15 janvier 2009, au départ de l’aéroport de New York-LaGuardia, obligeant le commandant de bord, Chesley Sullenberger, à poser son avion avec une grande maestria sur le fleuve Hudson, au cœur de New York.

 

L’avion d’ElAl avait 18 ans d’âge, ce qui n’est pas excessif pour ce type d’appareil. Le premier Boeing 767, dans sa première déclinaison, était entré en service le 8 septembre 1982.

 

Le fait de poser un avion de ce type avec un seul moteur, lorsque toutes les commandes fonctionnent, ne suscite pas de difficulté particulière, tous les pilotes s’entraînant régulièrement à ce genre de situation. Cela dit, il arrive très fréquemment qu’un dégât - surtout une explosion – génère des dommages collatéraux à la voilure de l’appareil ou à ses gouvernes.


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Amona, village juif en terre d’Israël (info # 011812/16) Version imprimable
Analyse
dimanche, 18 décembre 2016

 

Par Guy Millière

 

Je ne me suis rendu dans le village d’Amona qu’une seule fois. C’était au cours de l’un de mes séjours en Israël. J’ai vu un village juif en terre juive de Judée-Samarie. J’ai vu, comme à chacun de mes passages en Judée-Samarie, que ce village devait se protéger d’agresseurs éventuels, qui, hélas, ne manquent pas. J’ai vu, surtout, que ce village, comme les villes et villages juifs en Judée-Samarie, ne prenait la terre de personne, et que ce village apportait de la vie en un lieu où il n’y avait rien auparavant, depuis longtemps. Et ce doit être dit : la Judée-Samarie est un territoire peu peuplé. C’est un territoire peu développé. C’est un territoire qui, s’il passait sous souveraineté israélienne, offrirait d’immenses opportunités de peuplement et de développement.

 

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La racaille edenniste d’Amona, en 2006, levant la main sur les forces de l’ordre

israéliennes, et donc sur Israël

 

Le territoire n’est pas sous souveraineté israélienne, parce qu’après la défaite de la Jordanie lors de la guerre gagnée par Israël contre ses agresseurs arabes, en 1967, le gouvernement d’Israël, à l’époque, avait choisi une politique proposant des territoires contre une paix, qui n’est jamais venue.

 

Il n’est pas sous souveraineté israélienne parce qu’il y a eu les néfastes accords d’Oslo, la création de l’Autorité Palestinienne, la mise en œuvre de ce qui s’est appelé le “processus de paix” (qu’il vaudrait mieux appeler “processus de guerre”). Et la signature d’un traité de paix entre Israël et la Jordanie, par le biais duquel la Jordanie a renoncé à toute prétention sur la Judée-Samarie, en laissant le territoire comme un lieu dont le statut futur serait à négocier entre Israéliens et “Palestiniens”.

 

La Jordanie n’a jamais été présente en Judée-Samarie de manière légitime : elle a annexé la Judée-Samarie lors de la guerre de 1948-49, par la force. Elle a perdu ce territoire en se livrant à une guerre contre Israël. Elle avait procédé, après l’annexion du territoire, à une épuration ethnique antijuive. Elle avait distribué des titres de propriété sur les terres de Judée-Samarie, mais ces terres ayant été acquises par la force, ces titres n’ont aucune valeur.

 

L’Autorité Palestinienne n’a, en soi, pas de légitimité, car elle n’a cessé de violer les accords d’Oslo et de piétiner le “processus de paix”, en se livrant à des actes de guerre et de terrorisme, ou en incitant des criminels à se livrer à des actes de guerre ou de terrorisme. Elle voudrait néanmoins un Etat et que celui-ci repose à nouveau sur une épuration ethnique antijuive, destinée à rendre le territoire Judenrein, comme disait un Allemand monstrueux, que les dirigeants de l’Autorité Palestinienne tiennent en grande estime. Les négociations sont dans une impasse, et un “Etat palestinien” ne verra jamais le jour, chacun le sait, sauf les sourds et les aveugles.

 

Il est compréhensible que le gouvernement israélien ne veuille pas adopter une attitude excessive vis-à-vis de la Jordanie, au vu du contexte régional actuel. Il n’est pas compréhensible que des titres de propriété jordaniens en Judée-Samarie, sans valeur aucune, soient considérés comme ayant la moindre valeur en Israël.

 

Il est compréhensible que le gouvernement israélien persiste à gérer un statu quo délicat avec l’entité appelée Autorité Palestinienne. Il n’est pas compréhensible que le gouvernement israélien envisage de démolir un village juif en Judée-Samarie, et fasse ainsi un geste qui ne pourrait qu’être interprété comme une concession et un fragment de victoire par l’Autorité Palestinienne. Ce geste serait d’autant plus incompréhensible qu’aucune concession n’est à attendre de l’Autorité Palestinienne.

 

Il est compréhensible que le gouvernement israélien entende respecter les décisions de justice. Il n’est pas nécessaire pour autant que le gouvernement israélien applique celles-ci des lors qu’elles reposent sur des titre de propriété sans valeur [Guy, le pouvoir exécutif est subordonné, dans une démocratie, au pouvoir judiciaire. Le gouvernement a donc l’obligation absolue, contrairement à ce que tu prétends, de se plier aux décisions de la justice. Tu n’es pas un juge, tu n’as pas accès à tous les éléments du dossier, et dans ces conditions, te substituer aux juges ou insinuer que ceux-ci n’ont établi leur conviction que sur les titres de propriété jordaniens ne procède pas d’une démarche sérieuse. Ndlr.].

 

Il est infiniment regrettable que les institutions israéliennes, comme nombre d’institutions humaines, soient très imparfaites.

 

Israël est une démocratie exemplaire dans une région du monde où les dictatures et les monarchies absolues sont la règle.

 

La démocratie israélienne ne perdrait strictement rien de son exemplarité en réformant la plus imparfaite de toutes les institutions israéliennes, la Cour Suprême de Justice, qui ne cesse depuis des années de rendre des décisions qui relèvent non pas de la justice et du droit, mais du gauchisme anti-israélien le plus effréné, et qui est, dès lors, une institution très délétère pour Israël [Ce que tu viens d’écrire dans ce paragraphe constitue une insulte à l’Etat d’Israël et à ses institutions. Ndlr.].

 

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La Cour Suprême de l’Etat d’Israël

Le cœur de l’Etat de droit, sans lequel rien n’existe,

l’institution la plus indépendante et la plus respectable d’Israël

 

La ministre de la Justice d’Israël, Ayelet Shaked, se bat présentement pour que la Cour Suprême de Justice israélienne soit plus conforme au droit et aux intérêts de la démocratie israélienne. On ne peut que souhaiter qu’elle y parvienne.

 

En attendant, le gouvernement israélien se comporterait de manière juste en laissant vivre Amona, village juif en terre d’Israël, qui ne prend la terre de personne.


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La chute d’Alep du point de vue stratégique (011212/16) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 16 décembre 2016

 

© Metula News Agency

 

Syrie

 

Après Alep, les 3+1, Alaouites, Iraniens, Hezbollah libanais + Russie, devraient s’en prendre à Idlib, à 50km au sud-ouest d’Alep. Une ville tenue par la Rébellion et al Qaëda.

 

Les tractations à l’ONU en vue de l’imposition d’un cessez-le-feu n’aboutiront à rien. Vladimir Poutine ne mettra un terme au carnage que lorsqu’il considérera qu’il a atteint ses objectifs.

 

Avec la prise d’Alep, les Occidentaux devraient alléger leur pression militaire sur DAESH afin de préserver l’équilibre entre chiites (les alliés de Poutine) et sunnites.

 

La Guerre Civile, que ce soit en Syrie ou en Irak, n’est que l’affrontement entre ces deux blocs, à l’exception du particularisme kurde dans le nord de la Syrie et de l’Irak.

 

A Alep, les 3+1 ont fait preuve d’autant de sauvagerie que DAESH. La préservation des civils passe avant tout par une lecture adéquate de la carte stratégique : celle-ci démontre que si le rapport de force chiites-sunnites n’est pas préservé, l’Iran dominera la Syrie et l’Irak et portera la confrontation, après avoir englouti ces deux pays ainsi que le Liban, aux frontières d’Israël, de la Jordanie, de l’Arabie Saoudite et des pays du Golfe.

 

Il y aurait alors plus de destructions et de morts qu’actuellement, liés à une internationalisation et une expansion du conflit.

 

 

Un ambassadeur américain de l’ultra-droite à Jérusalem pressenti par Donald Trump

 

David Friedman est un avocat israélite d’extrême droite, opposé à la solution des deux Etats, favorable à l’annexion des territoires disputés, considérant les membres de J-Street comme des kapos de camps d’extermination nazis et Obama comme un antisémite notoire.

 

Il fait passer Binyamin Netanyahu pour un défaitiste de gauche. Même au sein du mouvement du Grand Israël et du parti de Naftali Bennett, il représenterait l’aile dure.

 

La plaisanterie de ce matin en Israël : heureusement que Friedman jouira de l’immunité diplomatique, car il sinon, il pourrait se retrouver en prison en Israël pour incitation à la violence.

 

La nomination de David Friedman est en tout cas la preuve que Trump entend réellement transférer l’ambassade des Etats Unis de Tel-Aviv à Jérusalem. Si ce n’était pas le cas, Friedman n’aurait jamais accepté le poste.

 

https://youtu.be/KTJDkKwN2Ns  (Youtube)

 

 

 
La chute d’Alep menace le Liban, Israël et le Moyen-Orient (info # 011412/16) Version imprimable
Scoop
mercredi, 14 décembre 2016

 

Par Michaël Béhé à Beyrouth

 

Au Liban, après trois jours de tempête, les sommets sont déjà abondamment couverts de neige. Sur le plan intérieur, le Général Michel Aoun, l’allié de la Syrie et du Hezbollah, a été coopté à la présidence de la république par le Parlement, et l’on assiste depuis des semaines à des marchandages de maquignons entre les chiites, les sunnites et les chrétiens pour la distribution de portefeuilles ministériels.

 

J’ai plusieurs fois commencé à rédiger des articles à ce propos mais j’ai abandonné en route, tant ces tractations sont médiocres, compliquées au point que même les Libanais n’y comprennent rien, et surtout, intéressantes, parce que leur enjeu n’a pratiquement aucune importance.

 

Au pays des cèdres il n’y a qu’un seul patron et c’est le Hezbollah ; non seulement il contrôle militairement de larges portions du territoire, notamment au sud de Beyrouth, y compris l’aéroport international, dans la Bekaa et tout le sud du pays face à Israël, mais il a largement phagocyté l’Armée régulière, lui volant ses meilleures armes financées principalement par l’Arabie Saoudite et la France, et l’employant comme auxiliaire dans la guerre qu’il mène aux organisations sunnites à la frontière avec la Syrie.

 

Le Hezbollah a aussi imposé des conditions draconiennes à Michel Aoun pour lui permettre de s’installer au palais présidentiel de Baabda, parmi lesquelles on mentionnera la poursuite de la doxa dite de la "Résistance", qui consiste à axer tout le narratif de l’Etat sur la "résistance à Israël", même si nos voisins du Sud ne se montrent absolument pas menaçants et qu’ils n’ont ostensiblement aucune vue sur notre territoire.

 

Le nouveau président, contraint de se plier à ce délire, s’est également engagé à ne pas toucher aux "armes de la Résistance", soit celles du Hezbollah, même si l’unique conflit dans lequel les miliciens les portent n’est pas la guerre contre l’ "ennemi sioniste", mais celle visant les rebelles sunnites en Syrie.

 

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Le miliciens chiites libanais rentrent de Syrie

 

Dans les faits, les autres communautés libanaises – les sunnites, qui constituent la plus importante d’entre elles du point de vue numérique, et les courants chrétiens autres que le parti de M. Aoun – ont préféré autoriser l’élection de ce dernier à la présidence que perpétuer la vacance du pouvoir. Dans leur calcul, ils ont favorisé cette solution à celle qui durait depuis deux ans et demi à cause du blocage imposé par le Hezbollah. Cette décision s’imposait car, dans la situation qui prévalait, en l’absence de président et alors que les ministres sortants s’accrochaient à leur poste en réglant bien davantage que les affaires courantes, la milice chiite et ses patrons iraniens profitaient du chaos pour faire absolument ce qu’ils voulaient.

 

Avec un pensionnaire à Baabda et des ministres dans les ministères, on aura des responsables symboliques à la tête de l’exécutif, des gens qui représentent l’Etat et vers lesquels l’on pourra au moins se tourner pour la gouvernance des affaires quotidiennes.

 

De plus, Aoun est pétri d’un ego surdimensionné et il se prend réellement pour le président de tous les Libanais, persuadé qu’il est qu’il pourra abuser Hassan Nasrallah et Ali Khamenei lorsqu’il le désirera. Cette certitude vaut certes un bon d’entrée en hôpital psychiatrique, mais il est clair que les crises d’autorité d’Aoun donneront du fil à retordre à ses commanditaires chiites.

 

Le Général entend jouer un double jeu : d’une part, en s’alignant docilement sur ses mentors pour ce qui ne sert à rien, comme lorsqu’il a menacé, dans son premier discours présidentiel, Jérusalem de reprendre les territoires libanais qu’elle occupait encore, par la force si besoin était, bien qu’Israël se soit retiré en 2000 de l’ensemble des zones du Liban qu’il occupait. Et bien qu’une aventure militaire du Liban contre Israël pourrait être considérée comme une tentative de suicide.

 

Et d’autre part, en lançant, parlant bien sûr des miliciens du Hezb, que des Libanais n’avaient rien à faire dans la Guerre Civile Syrienne et qu’il était préférable qu’ils rentrent à la maison.

 

Nous, connaissant bien les uns et les autres, n’avons pas le moindre doute que les Iraniens et les Syriens n’hésiteront pas à ordonner à Nasrallah d’éliminer Aoun s’il compte réellement se comporter comme autre chose que la raison pour laquelle il a été choisi : une simple marionnette, dont la nomination n’est destinée qu’à faire croire aux Libanais naïfs et à l’international que le pays est dirigé par un pouvoir indépendant. Ce, pendant que l’Axe chiite complète discrètement son coup d’Etat rampant au Liban.

 

Cette semaine, avec la prise d’Alep, dans laquelle les 7 000 miliciens libanais impliqués en Syrie ont joué un rôle central, de nouvelles inquiétudes se font jour.

 

D’abord, parce que Beyrouth est l’endroit le mieux et le plus rapidement informé sur les aléas de la Guerre Civile Syrienne, et que dans ces conditions, les non chiites sont simplement effarés par la barbarie dont ont fait montre leurs concitoyens après la chute des quartiers rebelles.

 

Dès lors, lorsque nous avons appris que les Hezbollani se sont montré les plus barbares d’entre les barbares, organisant d’authentiques pelotons d’exécution à Alep pour assassiner des femmes et des enfants, qu’ils en ont brûlé vifs par pure sadisme ou par vengeance, qu’ils ont massacré les occupants des appartements dans lesquels ils pénétraient, et qu’ils laissent crever, enterrés vivants, des centaines de personnes gisant sous les décombres d’immeubles écroulés sous les frappes des avions russes, nous avons tout simplement peur.

 

Peur, parce que si l’opposition armée aux 3+1 – les Alaouites, les Iraniens, les Hezbollani + les Russes – s’effondre, nous sommes nombreux à penser ici, qu’après la Guerre Civile Syrienne, ils commenceront la Guerre Civile Libanaise, en utilisant les mêmes méthodes. Nous savons aussi que le niveau de haine entre l’organisation terroriste chiite et le reste de la population libanaise est plus élevé encore qu’entre le Hezb et les Syriens non chiites.

 

En principe, une fois qu’Alep sera sécurisée, c’est-à-dire lorsqu’il n’y restera plus âme qui vive et plus une maison debout, l’Axe du mal devrait se tourner vers Idlib, à 50km au Sud-Ouest, un autre bastion mi-rebelle, mi-al Nusra (de son nouveau nom Jabhat Fateh al Sham, le front pour la conquête du Levant), pour lui faire subir le même sort.

 

A Idlib, ils bénéficieront encore de l’aide de Vladimir Poutine, dont le plan, différent de celui de son protégé Bashar al Assad, consiste à sécuriser l’enclave alaouite de Lattaquié et son pourtour, pour que, lorsqu’il jugera le moment venu, le Tzarévitch puisse laisser tomber Assad en échange de la Crimée et de l’est de l’Ukraine. Il n’aura, semble-t-il, aucun mal à s’arranger avec Donald Trump sur ce troc.

 

La lecture stratégique de Poutine est correcte : les Alaouites sont trop peu nombreux en Syrie [un peu plus de deux millions, face à dix-sept millions de sunnites] pour espérer reconquérir l’ensemble du pays. D’ailleurs cette restriction s’est manifestée cette semaine, puisqu’en concentrant ses forces à Alep, Assad n’avait plus suffisamment de soldats pour tenir Palmyre, qui est retombée dans le giron de DAESH.

 

Autre grande différence entre le Tzarévitch et l’Oculiste de Damas, le premier envisage à moyen terme un retrait de la Guerre Civile, tandis que le second semble parti pour mener une bataille sans fin. Autre manifestation de cette dissimilitude, l’oukase imposé par Poutine aux Kurdes et aux Turcs. Aux premiers, il a interdit de poursuivre leur avancée sur al Bab, en échange de sa protection contre les avions et les chars d’Erdogan. Aux seconds, il a interdit de dépasser la route al Bab-Manbij vers le Sud, et de bombarder les Kurdes en Syrie ou de les engager, moyennant son accord pour qu’ils conservent la "zone de sécurité" de 85km de long entre Jarabulus et Azaz, et de 15 à 30km de large, dont les Turcs se sont emparés en Syrie.

 

Les deux saillants kurdes, à l’est et à l’ouest d’al Bab, sont stabilisés à 15km l’un de l’autre. Poutine n’a rien promis aux Turcs et aux Kurdes quant à la possibilité d’une continuité territoriale pour ces derniers dans le Rojava, ce qui constitue une position de force pour le président russe et un moyen de pression comme il les aime.

 

Reste que le front entre Turcs et Kurdes est totalement stabilisé depuis quinze jours et que les adversaires se regardent en chiens de faïence, assez proches les uns des autres pour se voir le blanc des yeux.

 

Ce qui se déroule autour d’al Bab démontre que Poutine n’entrevoit pas de campagne de reconquête pour Assad au nord d’Alep. En revanche, il n’aurait rien à redire si le Hezb se repositionnait au Liban-Sud et dans le Golan, profitant de la victoire d’Alep pour quitter la scène syrienne, le devoir accompli et avec 2 500 combattants tués.

 

Pour ce faire, Nasrallah devrait préalablement recevoir le O.K de Khamenei, le guide suprême de la Révolution khomeyniste en Iran et l’on n’est pas au courant de ses intentions. Car si le Hezbollah s’en allait, il n’y aurait aucune raison pour que Téhéran maintienne ses Pasdaran. Et si les deux quittaient al Assad, celui-ci reperdrait probablement – même avec l’aide des Russes - tout le terrain qu’il a reconquis, y compris Alep, bien plus rapidement que le temps qu’il a mis pour en reprendre le contrôle.

 

Notre double hantise, à nous, Libanais, consiste premièrement en un retour au bercail des meilleures unités du Hezb, les plus aguerries au combat, et qu’elles s’emparent totalement, dans le sang, de ce qui nous reste de souveraineté. Secondement, avec 7 000 miliciens de plus, le Hezbollah pourrait provoquer Israël et induire ainsi la destruction du Liban.

 

Les Israéliens partagent ce souci, sachant (ils ont récemment présenté une carte du Sud-Liban pour l’illustrer) que la milice supplétive des Iraniens a transformé tout le sud de notre pays en une ligne fortifiée, truffée de bunkers et de bases de lancement de roquettes.

 

L’état-major de Tsahal entretenant une préoccupation stratégique supplémentaire : voir le triptyque Alaouites-Iran-Hezbollah libérer des forces qui ont combattu à Alep pour chasser les sunnites du Golan et y installer une ligne de fortifications face à l’Etat hébreu. Reste que pour cette entreprise non plus, Assad ne devrait pas pouvoir compter sur l’appui des Russes, pour les mêmes raisons que dans le Rojava, et que les Israéliens interviendraient probablement en Syrie pour soutenir le Front du Sud [rebelles], avant que l’Axe du mal ne puisse concrétiser son projet.

 

Reste aussi et tout de même que ces trois plans existent à coup sûr dans les tiroirs des ayatollahs perses : établir des positions de guerre au Liban-Sud et dans le Golan, et s’emparer définitivement du pouvoir au Liban.

 

Ces intentions prouvent qu’un équilibre entre les combattants sunnites et chiites est bénéfique à la région toute entière. Notamment, l’écrasement de Raqa, le fief des sunnites de DAESH en Syrie, auquel s’attèle la coalition internationale, relève d’une dramatique erreur dans la lecture stratégique de la situation.

 

La chute de DAESH entraînerait, outre le retour du Hezbollah au Liban et à la frontière d’Israël, le positionnement des Iraniens face à la Jordanie, l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe. Ce ne serait pas le signal de la fin de la Guerre Civile Syrienne, mais celui de son extension et son internalisation.

 

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Good bye, John Kerry (info # 011112/16) Version imprimable
Analyse
lundi, 12 décembre 2016

 

Par Guy Millière

 

Je l’avoue, je compte les jours qui nous séparent du moment où Donald Trump, président élu, deviendra effectivement le président des Etats Unis. Non seulement, à ce moment, Barack Obama quittera la Maison Blanche après huit très longues années marquées par l’incompétence, l’arrogance et les préjugés idéologiques d’un homme imprégné d’islamo-gauchisme, mais c’est toute l’Administration Obama qui s’en ira. Et cela signifiera, en particulier, que John Kerry ne sera plus secrétaire d’Etat. Nul ne sait, pour l’heure, qui le remplacera, mais si Donald Trump continue à composer son administration comme il est en train de le faire, ce sera quelqu’un d’infiniment plus compétent et intelligent que John Kerry.

 

Après Hillary Clinton, qui, en quatre années au Secrétariat d’Etat a accumulé les bourdes grotesques, les comportements maladroits, et laissé commettre plusieurs crimes, dont l’assassinat d’un ambassadeur des Etats-Unis et de trois autres Américains à Benghazi, il était difficile de trouver pire, mais Obama y était cependant parvenu.

 

Il faut admettre que John Kerry avait un passé prometteur. Après avoir servi son pays au Vietnam, il était devenu l’un des principaux activistes d’un mouvement de soutien au régime communiste d’Hanoï, accusant notamment l’Armée américaine des pires crimes de guerre. Kerry ne s’était pas interrogé une seule seconde sur les conséquences de la campagne qu’il menait sur les soldats américains prisonniers au Nord Vietnam. Nombre d’entre eux y ont subi des tortures conduisant parfois à la mort.

 

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Kerry, l’homme qui a tant fait rire Mohammad Zarif, boucle ses valises

 

En tant que porte-parole du groupe Vietnam Veterans Against the War (anciens combattants américains contre la guerre), il a rencontré des émissaires communistes au moment où Henry Kissinger négociait les Accords de paix à Paris. Le secrétaire d’Etat choisi par Barack Obama avait tout fait pour nuire aux positions de Kissinger, en affichant publiquement son soutien pour celles des Nord-vietnamiens.

 

Il s’est ensuite présenté aux élections dans le Massachusetts, sur un programme résolument antimilitariste qui a conduit les électeurs à le rejeter plusieurs fois avant qu’enfin, parce qu’il avait édulcoré ses propos, il ne parvienne à ses fins et devienne sénateur, se situant à l’aile gauche du parti Démocrate.

 

Pendant ses années passées au Sénat, il fut un opposant radical à la politique étrangère “anti-communiste” de Ronald Reagan, ainsi qu’un soutien ferme au mouvement sandiniste au Nicaragua ; il avait déclaré à l’époque que le combat des Sandinistes, financés par l’Union Soviétique, lui rappelait le combat des Vietnamiens du Nord qu’il avait soutenus une décennie auparavant.

 

En 2004, Kerry fut le candidat malheureux du parti Démocrate aux élections présidentielles face à George Walker Bush. Fidèle à lui-même, il accusa l’Armée américaine lors de la guerre en Irak de “terroriser” la population irakienne, sans jamais proférer le même type d’accusations contre les terroristes ou les membres des divers groupes islamistes.

 

C’est lui qui négocia les accords avec l’Iran, ratifiés en juillet 2015, qui permettent à l’Iran de conserver quasiment tous les moyens nécessaires à se doter d’armes nucléaires, de ne plus être sous le coup de sanctions internationales, et de toucher des centaines de milliards de dollars, qui ont servi, depuis, à l’achat d’armes sophistiquées et au financement de divers groupes terroristes islamiques.

 

Kerry est très cohérent lorsqu’il affirme, comme il l’a fait à nouveau récemment, que les accords avec l’Iran sont excellents pour la sécurité d’Israël, pays envers lequel il n’a cessé de faire preuve d’une sympathie extrêmement limitée.

 

C’est fort de ses ressentiments que, ces dernières années, Kerry ne cessa de faire pression sur le gouvernement israélien, que ce soit pour qu’il relâche des criminels palestiniens, ou en incriminant obsessionnellement les implantations, en s’alignant totalement sur les positions du Hamas en juillet 2014, ou encore, en accusant Israël de risquer de se transformer en “Etat d’apartheid”, sans jamais pointer du doigt le fait que l’Autorité Palestinienne œuvre à l’épuration ethnique des Juifs de la Judée-Samarie.

 

Dans son récent discours à la Brookings Institution, John Kerry a multiplié les incriminations aux dépens d’Israël - que Kerry a accusé, contre toute évidence, de bloquer le processus de paix -, et qui était chargé de remarques dépréciatives contre un gouvernement israélien "qui ne veut plus d’une solution à deux Etats", comme si les réserves des dirigeants israéliens concernant l’Autorité Palestinienne étaient infondées.

 

Ses propos ont regorgé par contre de propos ignobles et grotesques, gratifiant le Fatah et Mahmoud Abbas d’une supposée volonté de non-violence. Ce, alors que le Fatah et Mahmoud Abbas n’ont cessé, depuis septembre de l’an dernier, d’inciter sans s’en cacher la population à l’assassinat de Juifs israéliens, ce qui a conduit, hélas, à de trop nombreux meurtres.

 

Ce fut une intervention revenant sur les partis pris habituels de John Kerry, qui n’avaient rien d’étonnant pour qui connaît le quidam. 


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Football, guerre et diplomatie (020912/16) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 09 décembre 2016

 

© Metula News Agency

 

Au sommaire cette semaine de Bruxelles-Métula, la rubrique hebdomadaire de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko sur Radio Judaïca :

 

1. La qualification d’Hapoël Beer Sheva pour les 16èmes de finale de la Coupe Europa de football ; Hapoël a éliminé jeudi soir Southampton en Angleterre et termine deuxième de son groupe devant son adversaire d’hier et l’Inter de Milan.

 

2. L’invitation de François Hollande, en train de boucler ses cartons, de réunir une rencontre Abbas-Netanyahu à Paris est un coup d’esbroufe. S’ils ont quelque chose à se dire, les deux hommes habitent à 14km l’un de l’autre et n’ont guère besoin d’intermédiaire.

 

La confiance entre les dirigeants politiques français et israéliens n’existe plus. Il faudrait la reconstruire avant de vouloir jouer les médiateurs sur les questions de fond. Comme par exemple faire respecter la Résolution 1701 du Conseil de Sécurité, adoptée au forceps sous la pression de Paris, et qui prévoyait entre autres d’éviter une nouvelle guerre en interdisant la présence du Hezbollah et des Iraniens à la frontière d’Israël.

 

Or la France ne fait strictement rien dans ce sens.

 

3. Les détails de l’attaque attribuée à Tsahal sur la base aérienne de Mezzé à Damas, dans la nuit de mardi à mercredi. Les objectifs visés, la proximité du palais présidentiel, un grand centre du renseignement de l’Armée gouvernementale, une monstrueuse prison, les armes de destruction massive et les missiles sol-air qui y étaient entreposés, prêts à être livrés à leur destinataireutilisateur final : la milice chiite libanaise.

 

4. L’écrasement d’Alep sous les bombes de l’Aviation de Poutine. Des dizaines de milliers de morts pour établir la position de chantage du Tzarévitch face à l’Occident : je lâche Assad en créant un mini-Etat pour lui et les Alaouites dans la province élargie de Lattaquié, et vous, vous oubliez l’annexion de la Crimée et de l’est de l’Ukraine.

 

https://youtu.be/GvBzXI8UrxI  (Youtube)

 

 

 
Beer Sheva l’a fait (info # 010912/16) Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 08 décembre 2016

 

© Metula News Agency

 

Métula, vendredi 1h50, 0h50 à Paris

 

Hapoël Beer Sheva, le champion d’Israël en titre, s’est qualifié ce soir, en Angleterre, pour la phase décisive de la Coupe Europa de football.

 

Il l’a fait au stade St Mary, devant 33 000 spectateurs (guichets fermés), en partageant l’enjeu avec Southampton sur la marque d’un but partout.

 

Les règles du jeu étaient connues dès avant la rencontre : pour accéder au niveau des 32 clubs finalistes, Beer Sheva devait soit l’emporter, soit obtenir un match nul mais non vierge, c’est-à-dire une égalité mais avec des buts marqués.

 

Les joueurs du désert du Néguev ont brillamment rempli leur contrat en éliminant leur adversaire qui évolue pourtant en Premier League britannique, le championnat le plus disputé de la planète football.

 

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Maor Bouzaglo s’envole par-dessus Nathan Redmond, le meilleur anglais sur la pelouse

 

Beer Sheva termine ainsi second de son groupe, derrière le Sparta Prague, mais en devançant Southampton, avec qui il a fait deux fois match nul (0-0, au match aller), et en dominant à deux reprises le prestigieux Inter de Milan, y compris en Italie.

 

La joie en Israël est grande, non seulement à cause de l’exploit de ce soir, mais également grâce à la manière qu’a affichée Hapoël durant toute sa saison européenne.

 

L’Etat hébreu a enfin retrouvé une grande équipe de foot, de longues années après Hapoël Tel-Aviv et le Maccabi Haïfa, qui avaient également brillé sur le Vieux continent.

 

Quant au match de ce soir, il fut très tendu et tactique à la fois. Du fait de l’enjeu, les deux formations se neutralisèrent en première période, se ménageant un minimum d’occasions de buts.

 

A l’entame de la seconde mi-temps, les joueurs du Royaume-Uni se montraient plus pressants, privant le plus souvent ceux du Néguev de ballons.

 

Beer Sheva ne paniquait toutefois pas, dirigé de main de maître par son coach Barak Bakhar, qui a fait toute sa carrière de joueur et d’entraîneur dans l’équipe du Doigt de la Galilée, Kyriat Shmona.

 

A la 77ème minute, Bakhar effectuait le "changement qui tue", remplaçant son excellent défenseur hongrois Mihaly Korhut par le jeune milieu de terrain Yuval Shabtaï. Deux minutes à peine plus tard, Shabtaï transmettait le ballon décisif à Maor Bouzaglo, qui, d’un puissant tir croisé, ne laissait aucune chance au gardien anglais Fraser Forster.

 

Il restait 11 minutes dans le temps réglementaire à Southampton pour marquer deux buts ou dire au revoir à l’Europe ; lors, les hommes de l’entraîneur français Claude Puel se ruèrent à l’assaut du portier Doudou Goresh.

 

A la 91ème minute, soit une minute dans le temps additionnel, ils obtinrent même la parité, suite à un tir du capitaine Virgil van Dijk.

 

Encore trois minutes insupportables à attendre, dignes d’un film d’Alfred Hitchcock, avant de voir les onze Israéliens et leur banc lever les bras au ciel, de même que les 1 200 spectateurs qui avaient fait le déplacement, et les millions de téléspectateurs qui avaient suivi la partie malgré l’heure tardive, il était minuit en Israël.

 

A vrai dire, les ténors d’Hapoël, que sont Radi, Ben Sahar, John Ogu, le butteur Maor Bouzaglo, et même la star incontestée de l’équipe, le Nigérian Anthony Nwakeme, n’ont pas disputé leur meilleure rencontre de coupe d’Europe. Mais aidés par le Portugais Miguel Vitor et Ben Bitton, qui ont fourni une prestation très rassurante en défense, bien organisés techniquement et ne perdant jamais leur sang-froid, ils ont pallié leur baisse de régime par une volonté et un engagement de tous les instants.

 

Au tour suivant, ils affronteront des adversaires comme l’A.S Roma, Tottenham, l’Ajax, Schalke 04, ou encore les Français de l’Olympique lyonnais ou de l’A.S St-Etienne.

 

Et ce qui fait extrêmement plaisir ce soir, en plus de la qualification, c’est qu’Hapoël Beer Sheva est absolument capable de dominer n’importe lequel de ces clubs et de poursuivre plus avant sa carrière dans la Coupe Europa. Israël possède à nouveau une équipe de football au meilleur niveau européen et c’est très agréable.

 

 
Vous n'êtes pas des miens ! (info # 010812/16) Version imprimable
Analyse
jeudi, 08 décembre 2016

 

Par Ilan Tsadik

 

On a droit à un nouveau signe de l’ignorance crasse du quotidien Le Monde, au moins en ce qui concerne le Proche-Orient, qui démontre, une fois de plus, que ce journal exprime nettement plus de convictions que de connaissances.

 

Le "journal de référence" des beaufs qui n’aiment pas beaucoup les Juifs, particulièrement ceux qui vivent dans leur pays, vient de diffuser un reportage de sept photographies en noir et blanc, prises par une photographe française du nom de Catherine Cattaruzza, qui vit, précise le canard, "entre Beyrouth et Paris".

 

Fort bien au demeurant, sauf que son reportage est truffé de "petites erreurs" au niveau de la légende et de la localisation des endroits où ont été prises ces images. A part le texte et les photos, tout est absolument parfait.

 

Le reportage est proposé sous le titre : "Dans le sud Liban, l’apparence de la paix quand couve la guerre".

 

Titre abstrus s’il en est – il faut entretenir le drame pour rendre ces photos un tant soit peu intéressantes ! -, mais dans le domaine on s’y connaît dans le media fondé par le très catho Hubert Beuve-Méry, ayant tour à tour participé au Faisceau, le premier parti fasciste français, et, dès 1940, été directeur des études de l'Ecole des cadres d'Uriage. Une institution dont Beuve-Méry définissait lui-même la fonction : "Il faut à la révolution un chef [Pétain], des cadres, des troupes, une foi, ou un mythe. La Révolution nationale a son chef et, grâce à lui, les grandes lignes de sa doctrine. Mais elle cherche ses cadres".

 

Si je vous dis cela, c’est que je reste gêné par l’angle, toujours le même, par lequel les successeurs de Beuve empoignent l’information lorsqu’elle concerne les Israélites. Tenez, l’intro du reportage : "Établie par l’ONU en 2000 après vingt-deux ans d’occupation israélienne, la « ligne bleue » délimite une frontière provisoire entre le sud du Liban et Israël. Cette démarcation contestée, longue de 80 kilomètres, la photographe française Catherine Cattaruzza (…) a choisi de l’évoquer en pointillé".

 

Il n’y a guère que dans Le Monde et dans les media du Hezbollah, par exemple, que vous lirez que la ligne bleue délimite "une frontière provisoire", alors qu’elle épouse parfaitement – au mètre près - la ligne de partition définie par les deux pays à l’occasion de l’Armistice de 1949, et surtout, elle est reconnue par l’ONU comme délimitant pérennement la frontière internationale entre Israël et le Liban.

 

Il existait bien une prétention du gouvernement de Beyrouth, selon laquelle la région dite des Fermes de Chabat était libanaise [et non syrienne] et qu’elle aurait ainsi dû être restituée par Israël lors de son retrait du Liban en 2000. Mais le correspondant permanent de la Ména au pays des cèdres, Michaël Béhé, était parvenu à aider les diplomates à trancher définitivement cette affaire, en produisant dans nos colonnes le billet d’une livre libanaise représentant une carte géographique sur laquelle on identifie, au-delà du doute sensé, que les fermes en question se situent en Syrie.

 

Immédiatement après la publication de notre article, la Banque du Liban avait retiré le billet de la circulation, et le cas est souvent cité en exemple de la façon dont d’authentiques journalistes maîtrisant leur sujet peuvent collaborer à la solution de problèmes.

 

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Si ça, ce n’est pas une preuve…

 

Autre imprécision : on nous dit que la photographe a choisi d’ "évoquer en pointillé" une "frontière longue de 80 kilomètres", or 4 des 7 photos sont prises à proximité immédiate de Métula, sur deux emplacements distants de 4km l’un de l’autre. Ce sont donc des pointillés pas très éloignés les uns des autres…

 

Mais que d’oublis dans un si court reportage et un texte plus restreint encore : à l’instar de la photo1 montrant un mur du quartier général de la Force Intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), "mise en place pour confirmer le retrait des forces israéliennes du pays et garantir la paix et la sécurité dans la région", selon les successeurs de Beuve-Méry.

 

C’est presque ça mais cela reste tout de même terriblement incorrect, car nos "amis" du Monde sont… heuh… distraits… . En fait, le mandat de la FINUL (voir le site officiel de la FINUL) prévoit trois volets pour la fonction des soldats de la paix et non pas deux comme ils le prétendent. Il manque : "Aider le gouvernement libanais à restaurer son autorité effective dans la région".