Mueller contre Horowitz : les enquêtes dont dépendent les élections américaines (info # 011704/18) Version imprimable
Enquête
mardi, 17 avril 2018

 

Par Amram Castellion

 

La situation politique américaine est, en ce moment, particulièrement confuse.

 

D’une part, la popularité du président a régulièrement augmenté depuis le début de l’année 2018 : alors qu’il était à moins de 40% en janvier, un récent sondage Rasmussen place son taux d’approbation à 50%, tandis que d’autres sondeurs le voient plafonner autour de 42%. Ceux des Américains qui haïssent Trump n’ont rien perdu de leur pugnacité. Mais les bons résultats de la croissance, la déréglementation de l’économie et de relatifs succès en politique internationale (extermination de Daesh, annonce de la Corée du Sud qu’elle est prête à discuter de sa dénucléarisation, fermeté commerciale avec la Chine) ont rehaussé l’image du président dans l’électorat centriste ou indépendant.

 

D’autre part, les sondages rendent les Démocrates très optimistes pour les élections au Congrès de novembre prochain. A la Chambre des Représentants, les Républicains, qui disposent aujourd’hui de 239 sièges sur 435, devraient en perdre entre 20 (ce qui leur conserverait une majorité réduite) et 35, donnant la majorité aux Démocrates. Au Sénat, la situation actuelle est extrêmement serrée (51 Républicains contre 49 sénateurs Démocrates) : les sondages sont incertains, mais si une vague Démocrate est confirmée, elle pourrait aisément faire perdre au parti du président les deux chambres.

 

Il faut cependant souligner que ces prévisions reposent entièrement sur les hypothèses de participation au vote – des hypothèses confirmées par toutes les élections partielles qui ont eu lieu depuis un an. Sur 435 sièges à la Chambre, 30 montrent des sondages « bruts », trop serrés pour être directement utilisables. Les modèles prédisent une victoire Démocrate parce qu’ils intègrent une hypothèse essentielle : celle qui veut que les électeurs de Trump seront moins motivés en novembre pour se rendre aux urnes que ne le seront leurs adversaires. Les jeunes électeurs, dont le taux de participation est traditionnellement faible, pourraient notamment être plus présents cette fois : c’est principalement dans ce but que le thème du contrôle des armes à feu est mis en avant de manière aussi insistante par l’appareil Démocrate. A l’inverse, les partisans de Trump pourraient être découragés par la publicité négative constante que la majorité de la presse fait au président.

 

Parmi les événements des prochains mois qui pourraient influencer la tendance de chacun des deux camps à aller voter figurent les annonces probables de deux enquêtes judiciaires en cours. Contre Trump, l’enquête du procureur spécial Mueller, qui tourne en rond depuis maintenant près d’un an mais vient peut-être de trouver enfin un sujet sérieux à se mettre sous la dent. Contre l’appareil Démocrate, une autre enquête, dont la presse parle moins, mais dont les résultats pourraient être dévastateurs : celle de l’inspecteur général du FBI, Michael Horowitz, sur le comportement du FBI pendant la préparation des élections de 2016. En fonction de ce qui sortira de ces deux enquêtes dans les 6 mois et demi qui nous séparent des élections, la motivation de chacun des deux camps – et donc le résultat final – pourraient être significativement modifiés dans un sens ou dans l’autre.

 

L’enquête Mueller, d’abord. Initialement nommé pour enquêter sur l’existence d’une collusion entre la campagne Trump et la Russie pour influencer le résultat de l’élection présidentielle de 2016, l’ancien patron du FBI, Robert Mueller n’a, après près d’un an, rigoureusement rien trouvé sur ce chapitre. Tout le discours d’une collusion entre Trump et la Russie est, du reste, en train de s’effondrer. Si la Russie avait vraiment les preuves d’une compromission de Trump, on pourrait imaginer qu’après le bombardement des alliés russes en Syrie par l’Armée américaine, le moment serait venu de les produire.

 

N’ayant rien trouvé sur ce terrain, Mueller a ensuite laissé courir le bruit que Trump pourrait s’être rendu coupable d’obstruction à la justice. Malheureusement, les indices d’obstruction qui ont été longuement commentés par la presse au début de cette année ne passaient pas le test le plus élémentaire de cohérence juridique. Trump aurait, selon le témoignage de James Comey (l’ancien directeur du FBI licencié par Trump en mai dernier) exigé de sa part une loyauté personnelle et exprimé l’espoir que les poursuites contre le Général Flynn, son ancien conseiller pour la sécurité nationale, n’aboutiraient à rien. Le limogeage ultérieur de Comey serait, lui aussi, le signe d’une volonté d’empêcher la justice de suivre son cours.

 

Tout cela fait de la bonne presse, mais ne résiste pas une seconde à l’analyse juridique. Le président a le pouvoir constitutionnel de révoquer les plus hauts fonctionnaires et n’a pas à donner de raison à cette décision. Exprimer un espoir n’est pas donner une instruction. De plus, en l’absence d’enregistrements ou d’écrits, ce que raconte James Comey ne peut pas plus avoir force de preuve que les racontars de tout autre salarié remercié.

 

Récemment encore, Mueller semblait presque certainement destiné à devoir se contenter de proies mineures – autant Démocrates que Républicaines – attrapées à l’occasion de son enquête pour des délits anciens qui n’avaient rien à voir ni avec la Russie, ni avec la campagne de 2016. Depuis deux semaines cependant, il a lancé une troisième piste à son enquête. Il est impossible de dire à ce stade si cette piste réussira ou non, mais ses chances de succès semblent plus solides que les deux premières.

 

Le 9 mai dernier, les agents du FBI, sur requête de Robert Mueller dûment validée par un juge, ont saisi l’ensemble des documents de Michael Cohen, l’un des principaux avocats de Trump. Cette tactique peut sembler curieuse quand on sait que le droit américain reconnaît un « privilège » aux échanges entre un justiciable et son avocat : ces échanges ne peuvent le plus souvent pas être utilisés dans le cadre d’un procès, encore moins servir pour l’incrimination.

 

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Michael Cohen, le Républicain qui peut faire tomber Trump…

 

Mais il va de soi que Mueller sait cela parfaitement. S’il a néanmoins choisi de s’en prendre à Cohen, c’est soit pour faire tomber Mueller lui-même sur d’autres affaires et, par-là, priver Trump d’un avocat efficace (Cohen a une longue histoire, sans lien avec la campagne de 2016, de relations d’affaires avec l’Ukraine), soit parce qu’il espère que certaines communications tomberont dans le cadre des exceptions au « privilège avocat-client ». La principale de ces exceptions est qu’on ne peut pas arguer de ce privilège si des documents ont été échangés entre un client et son avocat dans le but spécifique de dissimuler une fraude.

 

Mueller a laissé fuiter que l’objet de ses recherches concernerait « un complot pour se servir de moyens frauduleux pour faire taire des sources d’informations potentiellement compromettantes ». En clair, Trump et Cohen se seraient mis d’accord pour verser des sommes d’argent, et peut-être pour menacer, des femmes qui souhaitaient parler de relations sexuelles anciennes avec Trump.

 

Ce qui rend la tâche de Mueller plus difficile est que de tels accords de confidentialité ne sont, en eux-mêmes, pas illégaux. Là où le droit commencerait à s’y intéresser, ce serait s’ils avaient été obtenus de manière frauduleuse ou accompagnés de menace – et si Mueller pouvait prouver que Trump avait été au courant.

 

Plusieurs histoires confirment la tendance de Cohen à s’exprimer en termes vaguement menaçants – ce qui ne deviendrait un problème que si ces menaces étaient devenues plus précises et si Trump y avait joué un rôle. Sur ce dernier point, les chances de succès de Mueller sont à peu près nulles, mais il pourrait au moins avoir la satisfaction de faire tomber Cohen lui-même.

 

Quant à la possibilité de fraude, Mueller a déjà laissé fuiter qu’il trouvait étrange que presque toutes les femmes concernées aient eu le même avocat, Keith Davidson. En clair, le procureur spécial espère découvrir des preuves que Cohen et Davidson – et, il espère, Trump – étaient de mèche pour faire taire les dames.

 

Mueller est encore loin d’avoir prouvé sa thèse et l’hypothèse la plus probable reste qu’il n’y parviendra jamais. Trump ne serait pas parvenu là où il est s’il n’avait pas un caractère d’une immense prudence. Mais chaque grand dirigeant politique, sans exception, doit s’appuyer au quotidien sur des « porte-pistolet » moins scrupuleux, qui font eux-mêmes preuve de beaucoup moins de prudence. Les chances de trouver un document compromettant dans les archives de Michael Cohen sont donc bien plus élevées que si Mueller s’en était pris aux documents de Trump lui-même.

 

Si cette dernière tentative de Mueller, contrairement aux précédentes, devait réussir – et réussir avant les élections de novembre – les chances de succès des Démocrates deviendraient une quasi-certitude... A moins qu’ils ne soient eux-mêmes rattrapés par une autre enquête, celle que conduit en ce moment l’inspecteur général du FBI, Michael Horowitz.

 

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… et Michael Horowitz, le Démocrate qui peut le sauver

 

Depuis le 12 janvier dernier, Horowitz enquête sur les conditions dans lesquelles le précédent directeur du FBI, James Comey, a exonéré, le 5 juillet 2016, la candidate Hillary Clinton de toute poursuite pour avoir illégalement fait transiter, lorsqu’elle était Secrétaire d’Etat (ministre des Affaires Etrangères des Etats-Unis), des informations confidentielles sur un serveur privé installé dans sa maison de campagne et ouvert à tous les piratages internationaux. Il enquête aussi sur l’origine illégale des décisions d’enquête du FBI contre la campagne Trump et sur des fuites venues des plus hauts responsables de l’agence.

 

Autant la recherche d’un fait précis à imputer au Président Trump est ardue et, pour l’instant du moins, stérile, autant la délinquance au sein du FBI Démocrate dans les dernières années de la présidence Obama était explicite et facile à comprendre. James Comey avait rédigé sa décision d’exonération d’Hillary Clinton avant même qu’elle ne soit interrogée. Cette interrogatoire, contre toutes les procédures, a eu lieu sans que la moindre note ne soit prise. Plus tard, le FBI a lancé contre des conseillers de Trump des écoutes motivées par le « rapport Steele », commandé et payé par la campagne Clinton. Initialement maintenu à son poste par Trump, Comey ne lui a jamais révélé l’origine de ce rapport alors qu’il en était lui-même parfaitement informé. Enfin, Comey a avoué avoir fait fuiter des informations confidentielles – celles contenues dans le rapport Steele, dont il connaissait pourtant l’origine frauduleuse – ce qui est en soi une raison suffisante pour l’envoyer derrière les barreaux pour de longues années.


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Que penser des frappes en Syrie ? (info # 021504/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 15 avril 2018

 

Par Guy Millière

 

La plupart des analyses des frappes effectuées par les Etats-Unis, la France et le Royaume Uni contre des sites syriens publiées en France étant très lacunaires, et souvent gravement fausses ou ineptes, il importe de préciser l’essentiel :

 

1. C’est bien l’Armée syrienne qui a, une nouvelle fois, utilisé des armes chimiques. C’est établi. Les services de renseignement américains, israéliens, français, britanniques savent parfaitement ce que fait l’Armée syrienne. Que la propagande russe puisse faire douter certains montre que celle-ci est efficace et que l’ère des idiots utiles et des compagnons de route n’est pas révolue. Qu’il y ait des idiots utiles et des compagnons de route dans quasiment tous les partis politiques et tous les media français est préoccupant.

 

2. Les motivations de Bachar al Assad n’importent pas, mais le fait qu’il ait utilisé des armes chimiques n’est en rien surprenant. Il a utilisé plusieurs fois des armes chimiques dans le passé. Il disposait, jusqu’aux frappes, d’un stock utilisable. Il sait que les armes chimiques ont une efficacité certaine en termes de dissuasion (les islamistes assiégés se sont rendus immédiatement après l’attaque chimique). Il se sait soutenu par la Russie et l’Iran. Il est d’ores et déjà un criminel contre l’humanité et ne risquait pas beaucoup d’aggraver son cas. Il est, hélas, assuré de rester au pouvoir à Damas, et les frappes n’ont pas été conçues pour le déloger. S’il a fait un calcul avantage-coûts, il n’a sans doute pas estimé que les coûts seraient supérieurs aux avantages. Comme l’a dit Nikki Haley [l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU. Ndlr.] hier, le régime syrien a utilisé des armes chimiques au moins cinquante fois depuis 2011, et une fois de plus n’est, en soi, qu’une fois de plus. Imaginer que Bachar al Assad est autre chose qu’un criminel contre l’humanité est, de la part de ceux qui imaginent, consternant.

 

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Le croiseur lance-missiles USS Monterey lançant

un Tomahawk, très tôt dans la matinée de samedi

 

3. Les frappes ont été limitées, très ciblées, mais très utiles, Elles ne changeront pas le cours de la guerre, mais elles rappellent sans ambiguïté que l’usage d’armes non conventionnelles est prohibé. C’est un message adressé à quiconque entendrait utiliser des armes non conventionnelles dans le futur proche, et le message s’adresse, au-delà du régime Assad, tant à la Russie qu’à l’Iran, à la Turquie ou aux groupes terroristes islamiques. Les frappes montrent aussi que, lorsque l’administration Trump trace une ligne rouge en disant qu’elle ne doit pas être dépassée, l’administration Trump  veille à ce que la ligne rouge ne soit pas dépassée, et agit si nécessaire. Le message, là, est adressé à tous les régimes qui pourraient envisager de dépasser une ligne rouge tracée par l’administration Trump.

 

4. Les frappes n’ont pas seulement détruit les stocks d’armes chimiques dont disposait encore l’Armée syrienne. Elles ont aussi détruit, à Damas, un “Centre d'études et de recherches scientifiques” qui était en réalité un lieu de conception, d’élaboration et de fabrication d’armes chimiques connu depuis longtemps, et qualifié par des journalistes aux Etats-Unis de “laboratoire infernal”. Ce lieu aurait dû être détruit et fermé depuis longtemps. Il n’existe plus, et c’est un bienfait pour toute la région.

 

5. La guerre en Syrie n’est pas du tout achevée. Les frappes ne permettront pas de la terminer plus vite. Elles n’en changeront pas le cours. Elles constituent néanmoins un très net avertissement. Les Etats-Unis veillent sur ce qui se passe. Ils ne peuvent imposer une solution de rechange au régime Assad. Mais ils placent le régime Assad sous étroite surveillance, en sachant et en disant que c’est un régime abominable. Ils ne peuvent chasser l’Iran et la Russie du territoire syrien, et ne le pourraient qu’au prix d’une conflagration susceptible de devenir une guerre mondiale, mais ils placent aussi les activités de l’Iran et de la Russie sous étroite surveillance, et disent que s’ils doivent tracer des lignes rouges à l’avenir, il sera impératif qu’elles ne soient pas dépassées. Au vu des intentions maléfiques de l’Iran à l’encontre d’Israël, l’avertissement était d’une importance extrême.


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Explosion dans une base iranienne de la province d’Alep (info # 011504/18) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 14 avril 2018

 

© Metula News Agency

 

Samedi soir, la plus grande base militaire iranienne en Syrie, située à Jabal Azzan (ara. : la montagne d’Azzan) [carte] a subi plusieurs violentes explosions.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

La base est censée abriter le plus important stock de munitions iranien en Syrie.

 

Il y a de nombreuses victimes dont des officiers iraniens.

 

Des témoins oculaires affirment avoir vu des avions israéliens bombarder la position, d’autres prétendent qu’elle a été prise pour cible par un missile. Quant au Hezbollah, s’il confirme l’information, il déclare que l’explosion est accidentelle et qu’il s’agit d’une "fake news" destinée à relever le moral des Occidentaux suite à "l’échec de leur opération samedi matin".

 

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Une photographie de l’explosion

 

Selon la chaîne qatarie al Jazeera, 4 autres positions de l’Armée gouvernementale syrienne et de ses alliés iraniens auraient été simultanément attaquées dans la région de Deïr ez-Zor, à l’est de la Syrie, par des appareils non identifiés.  

 

Le porte-parole de Tsahal s’est refusé à commenter l’information.

 

 
C’est tout ? (011404/18) Version imprimable
Analyse
samedi, 14 avril 2018

 

Par Jean Tsadik et Stéphane Juffa

 

Vers 4h ce matin (samedi), les USA, la France et la Grande-Bretagne ont attaqué plusieurs objectifs sur le sol syrien, à partir des airs et de navires de guerre. Les raids ont duré 70 minutes et 103 missiles ont été tirés.

 

Les Français et les Britanniques ont visé deux objectifs dans la proximité de la ville de Hadida, à 28km à l’ouest de Homs [carte]. Les cibles étaient une usine de fabrication d’armes chimiques et un site de stockage.

 

Les Américains s’en sont pris à plusieurs cibles exclusivement dans la région de Damas et de sa banlieue.

 

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Les objectifs visés

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Les Anglais ont utilisé 4 chasseurs-bombardiers Tornado GR-4 qui ont décollé de leur base d’Akrotiri sur l’île de Chypre. Ils ont lancé 8 missiles de type Storm Shadow [ang. : ombre de tempête] à proximité immédiate de leur base cypriote. Lesdits missiles qui ont une portée de 560km en ont parcouru environ 300 à une vitesse de 800km/h. Ils possèdent une charge utile de 400kg.

 

Les Français ont impliqué 5 Rafales, 3 Mirages 2000 en couverture, 6 avions ravitailleurs et deux AWACS de surveillance aérienne. Les chasseurs-bombardiers ont décollé de la base de Saint-Dizier, dans l’est de l’Hexagone, ils ont dû parcourir une distance que nous estimons à 2 800km et procéder à plusieurs avitaillements en route. La fréquence élevée des avitaillements a été rendue nécessaire par le fait que chaque Rafale transportait deux missiles de type SCALP (Système de Croisière Autonome à Longue Portée), ce qui a réduit leur capacité d’emport de réservoirs auxiliaires.

 

Le SCALP est le nom français des Storm Shadow, il s’agit du même missile, d’un coût unitaire d’environ 900 000 euros. Les Rafales ont tiré 9 missiles, sans doute entre l’île de Chypre et la côte syrienne, plus près de Chypre afin de ne pas provoquer les Russes qui disposent d’une importante base aérienne à Lattaquié, sur le parcours du raid.

 

Trois autres missiles français ont été lancés depuis une ou plusieurs FREMM, des "frégates multimissions". Nous pensons que les trois projectiles sont tous partis de la frégate Aquitaine qui se trouve sur zone depuis plusieurs semaines.

 

Les 3 engins étaient des MDCN, soit des Missiles De Croisière Navals, autrefois appelés SCALP navals. Les MDCN ont une portée de 1 000km et une charge utile de 250kg. L’Aquitaine a la capacité d’emporter 16 de ces armes qui valent 2.7 millions d’euros pièce.

 

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Le lancement de l’un des MDCN sur l’Aquitaine

 

Les Américains n’ont pas donné de détails sur les 83 missiles qu’ils ont employés, mais il existe une haute probabilité qu’il se soit agi de missiles de croisière Tomahawks de divers modèles. Les Tomahawks disposent d’une portée variant entre 1 300 et 2 500km et une charge utile de 450kg. Leur vitesse à 30m du sol dépasse les 900km/h mais il en existe également une version récente supersonique pouvant atteindre 3 000km/h. C’est peut-être à ceux-ci que faisait allusion le Président Trump lorsqu’il évoquait des missiles "nouveaux et intelligents". Ils coûtent 1.54 millions euros pièce.

 

Les missiles U.S. ont frappé le mal nommé "Centre de Recherche et d’Information de Jamraya", situé à 6km au nord-ouest de Damas, à proximité de la banlieue de Qudssaya. Le centre en question se trouve par ailleurs à moins de 5km du palais présidentiel de Bashar al Assad, et à 68km au nord-est de Métula.

 

Les Israéliens avaient déjà attaqué Jamraya à deux reprises récemment, en décembre 2017 et le 7 février de cette année. Ces raids avaient fait l’objet de comptes rendus précis de la Ména [voir "Israël refrappe un objectif iranien à proximité du palais de Bashar al Assad (info # 010702/18)" sur le site de la Ména www.menapress.org].

 

On se demande d’ailleurs ce qu’il restait à détruire sur ce site après la dernière attaque israélienne.  Les Israéliens utilisent principalement des missiles de fabrication domestique de la classe Popeye. Parmi ceux-ci le Popeye ALCM présente des caractéristiques génériques proches du SCAL/Storm Shadow.

 

Le Khe’l Avir (l’Armée de l’Air israélienne) a cependant le plus souvent recours en Syrie à un modèle plus petit, d’une portée maximale de 78km et d’une charge utile de 340kg. Les pilotes du Khe’l s’approchent bien plus près de leurs cibles que leurs collègues Anglais et Français, puisqu’ils lancent leur missiles à partir du ciel libanais, à 35km de distance du complexe de Jamraya par exemple.

 

S’il est manifestement plus périlleux de s’approcher ainsi de l’objectif et des Russes, cela a toutefois l’avantage certain de limiter considérablement le temps de vol du missile : 5 minutes contre 20 minutes pour les Storm Shadow largués par les Tornados. L’avantage étant que les opérateurs de missiles antimissiles disposent d’un temps largement réduit pour se préparer à d’éventuelles interceptions.

 

La Russie a annoncé à ce propos que la défense antiaérienne syrienne aurait abattu 71 des 103 missiles qui ont été lancés cette nuit. Moscou précise qu’il n’a pas fait appel à ses propres systèmes, laissant entendre que ce sont les Syriens qui se seraient débrouillés seuls pour défendre leurs sites. Non seulement cette annonce contredit les déclarations récentes des officiels russes, qui prétendaient jusqu’à hier qu’ils intercepteraient les missiles tirés sur la Syrie, mais on estime à Métula que seules les armes du système S-400 sont capables d’abattre des missiles de ces modèles et que les servants syriens ne sont pas encore aptes à en faire le meilleur usage. Il est possible que ce soit un soldat de Bashar al Assad qui ait appuyé sur le bouton déclencheur, mais il paraît certain qu’il était assisté d’un "coach" russe.

 

Nous avons par ailleurs de forts doutes quant au nombre de missiles annoncés comme détruits en vol par les officiels du gouvernement de Vladimir Poutine, mais observons qu’il est vraisemblablement possible d’abattre des missiles des genres utilisés par les Britanniques, les Français et les Israéliens. Il est encore plus vraisemblable que Moscou exagère ses réussites dans un but commercial, étant en train de vendre des S-400 aux Saoudiens, aux Turcs et aux Iraniens.

 

Toujours est-il que des témoins de la région de Homs affirment que les objectifs auraient été manqués par les tirs français et anglais. Quant au porte-parole de l’état-major des Armées françaises, il affirme que : "Rien ne laisse penser qu’ils puissent [les missiles] avoir été interceptés". Ce qui peut paraître contradictoire avec le communiqué de l’Elysée qui, plus prudent, déclare que "l’analyse du niveau de destruction des cibles est en cours".

 

Ce doute n’empêche nullement le ministre français des Affaires Etrangères, Jean-Yves Le Drian, de claironner que "le but de cette opération, c’était de détruire les outils chimiques clandestins du régime de Bachar Al-Assad et, à cet égard, l’objectif a été atteint. Une bonne partie de son arsenal chimique a été détruite", dont "beaucoup […] par les frappes de cette nuit".

 

Il faudra cependant quelques jours pour s’en persuader.

 

Le Pentagone a pour sa part fait savoir qu’aucun de ses missiles n’avait été intercepté, ce qui est déjà incompatible avec le décompte des militaires du Tsarévitch.

 

Les autres cibles qui auraient été touchées par les Tomahawks seraient, à partir de recoupements d’annonces officielles syriennes et de témoignages oculaires : les arsenaux de la Garde Républicaine et de la 4ème division d’Assad sur la plateforme aérienne de Mazzé, au nord-ouest de Damas intramuros, déjà maintes fois pilonnée, elle aussi, par le Khe’l Avir, à l’instar du grand complexe militaire d’al Kiswah, au sud-ouest de la capitale [toutes ces attaques ayant fait l’objet d’articles et d’analyses de la Ména], et d’un centre d’assemblage d’armes chimiques à Barzeh, au nord de Damas. Ces emplacements figurant tous sur la carte que nous proposons.

 

Au cas où des Tomahawks supersoniques de déclinaisons récentes ont été utilisés, il est certain que leur interception par des systèmes S-400 serait largement plus aléatoire que celle d’engins volant à 800km/h. La vitesse d’évolution des missiles d’attaque augmentant considérablement la difficulté de les abattre.

 

Ce que nous remarquons également est que les alliés de cette nuit n’ont pas attendu l’arrivée sur site des porte-avions américains pour lancer leur opération. Ils ont pris en cela le risque véritable de devoir faire face à une contre-attaque de l’Aviation russe basée en Syrie. Dans cette hypothèse, le gouvernement israélien aurait eu la très lourde tâche d’avoir à décider d’envoyer ses propres appareils défendre les bâtiments navals français et américains ainsi que les bases britanniques de Chypre, et d’affronter de la sorte directement l’Armée russe.

 

Cette situation persiste au moment où nous publions cet article et jusqu’à l’arrivée du porte-avions Harry Truman en Méditerranée : en théorie, les Soukhoï et les Mig du Tsarévitch pourraient toujours s’en prendre aux Occidentaux dans la région, même si, à terme, cela équivaudrait à un suicide militaire.

 

Les états-majors des trois pays intervenant ont correctement évalué que les diplomates et les généraux russes bluffaient lorsqu’ils menaçaient d’une 3ème Guerre Mondiale en cas d’attaque occidentale en Syrie. A la Ména non plus, nous n’y croyions pas et l’avions fait savoir dans nos analyses.

 

A écouter Madame Florence Parly, la ministre française de la Défense, Paris aurait prévenu Moscou de l’imminence des frappes, ce que dément étrangement le porte-parole de l’Elysée, qui affirme que les Russes ont été mis au courant alors que l’opération avait déjà débuté. De toute façon, si les hommes du Maître de toutes les Russies n’avaient pas distingué les 16 avions français, tout sauf furtifs, qui faisaient route à vitesse réduite dans leur direction, ils ont intérêt à changer de radars, de satellites et de généraux.

 

Nous ne nous en cachons pas, nous pensons que l’implication des appareils tricolores à partir de la France est une très mauvaise idée. Un exécrable usage de l’aviation. Nous aimerions bien voir l’état des pilotes à leur retour de la guerre, ce soir, après 15 heures non-stop de fatigue, de stress et d’exposition au danger parfaitement superflus. Des moyens énormes pour un résultat dérisoire. Les Anglais on fait diamétralement le contraire : ils ont envoyé quatre avions, réservoirs à moitié remplis, faire un tour d’une demi-heure dans le ciel pour y remplir exactement la même mission secondaire, mais à moindres frais, sans exposer des dizaines de militaires, dans les avions et les frégates, à diverses ripostes possibles de l’ennemi. Le fait qu’il n’ait pas répliqué est une excellente chose, mais bâtir une opération sur ce postulat n’est pas une erreur, c’est une faute.

 

Nous nous devons aussi d’ajouter que le choix des cibles faisait en sorte qu’aucun membre du corps expéditionnaire russe ne se trouvait à proximité des emplacements bombardés. D’autre part, la capacité militaire de leur allié Bashar al Assad n’est pas remise en cause, son armée ayant été elle aussi largement épargnée par ces frappes. On ne signale en effet et pour l’heure que des blessés, ce qui est "remarquable" pour une attaque de cette ampleur et au vu des moyens investis. De plus, on a laissé tout le temps nécessaire aux soldats du dictateur-oculiste afin qu’ils délaissent les sites concernés d’une façon ou d’une autre par l’utilisation des gaz de combat. Ils ont même eu le loisir d’en retirer tout leur matériel.


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Veillée de guerre au Proche-Orient. Ce qu’il faut savoir (011104/18) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 11 avril 2018

 

Par Jean Tsadik et Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

Malgré de fortes pluies durant ces derniers jours et un temps automnal, la température des esprits est élevée autour de Métula, et l’ambiance est celle qui précède habituellement les guerres.

 

Témoin ce Tweet du Président Donald Trump qui, en réponse à une déclaration russe selon laquelle le corps expéditionnaire de Moscou abattrait tout missile qui serait tiré sur la Syrie, était rédigé ainsi : "La Russie jure de descendre chacun et tous les missiles tirés sur la Syrie. Prépare-toi Russie, parce qu’ils vont arriver, beaux et neufs et "intelligents". Vous ne devriez pas vous associer avec un animal qui tue son peuple au gaz et qui y prend du plaisir !".

 

La porte-parole de Lavrov [le ministre russe des Affaires Etrangères], Maria Zakharova, a bien tenté de rétorquer : "Les missiles intelligents devraient voler en direction des terroristes, et non vers un gouvernement légal qui s’est battu contre le terrorisme international sur son territoire pendant plusieurs années". Mais cette réponse timide et diplomatique ne fait pas le poids face à la menace du chef de la plus grande puissance mondiale.

 

Ceci dit, à notre avis, le feu d’artifice n’est pas pour tout de suite. La raison en étant, qu’actuellement, les USA ne disposent d’aucun porte-avions sur zone, tel que la carte de leur déploiement reproduite ci-après, empruntée à l’Institut Naval Américain, l’indique.

 

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La localisation des 7 porte-avions US opérationnels (sur 11)

au 9 avril dernier

Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte USNI

 

Le USS Harry S. Truman (CVN-75) et ses 90 chasseurs bombardiers quitte ce mercredi le chantier naval de Norfolk en Virginie [carte], où il a subi un entretien programmé, à destination de l’est de la Méditerranée, mais, même à plein régime, soit un peu plus de 55km/h, il mettra 7 à 8 jours pour couvrir les 9 500km qui l’en séparent.

 

Trump pourrait également ordonner au Théodore Roosevelt, qui se trouve quelque part dans le Golfe de Thaïlande et qui transporte la même quantité d’appareils, de faire également mouvement vers la Syrie, mais ce serait mentir de vous dire que nous possédons des informations à ce sujet.

 

Les deux bâtiments sont des forteresses flottantes de la classe Nimitz, et leur présence à l’est de l’île de Chypre ôterait toute raison de tergiverser à Vladimir Poutine concernant une éventuelle opposition armée. Et c’est un peu cela que l’on vise, lorsque l’on prépare, sans raison de brûler les étapes, une confrontation sous le nez des Russes : leur enlever matière à réfléchir.

 

Il existe bien un autre porte-avions plus proche, l’USS Iwo Jima, qui se trouverait au large du Yémen, mais qui n’a à son bord que sept Harrier (il vient d’en perdre un le 3 avril dernier à Djibouti) et n’est pas adapté au genre d’affrontement prévisible.

 

Les alliés français et britanniques, qui ont déclaré leur intention d’intervenir aux côtés de l’Amérique, disposent bien de la capacité d’utiliser des aéroports dans la région, mais cela resterait une solution un peu "légère" face à l’hypothèse d’une réaction russe.

 

Les Français, privés du Charles De Gaulle en cale sèche, peuvent lancer des Rafales à partir de deux bases françaises, l’une en Jordanie, l’autre dans les Emirats Arabes Unis, et tirer des missiles de croisière Scalp, d’une portée de 250km, mais ce n’est toujours pas une "solution satisfaisante" en attendant l’Oncle Sam.

 

Des experts français envisagent aussi de faire décoller des Rafales de Saint-Dizier, dans l’est de l’Hexagone, et de les avitailler deux ou trois fois en vol avant qu’ils ne frappent des objectifs en Syrie. C’est ce qui avait été réalisé pour leur entrée en scène au Mali ; mais ceux qui proposent une solution de ce genre ne savent pas ce que cela implique, au niveau des pilotes, d’intervenir dans un conflit après 5 heures dans un cockpit exigu et trois avitaillements, et de devoir réaliser le même exploit au retour. C’est évidemment techniquement faisable, et les pilotes sont entraînés pour des missions de ce genre, mais les islamistes du nord du Mali ne possédaient pas de Soukhoï et de Mig, même s’il ne devait s’agir que de ceux de Bashar al Assad et non ceux du Tsarévitch.

 

Et, s’ils le décidaient, les Russes pourraient s’attaquer à des cibles françaises, à l’instar de la frégate multimissions (FREMM) Aquitaine, que l’on a aperçue à Chypre il n’y a pas longtemps, et qui serait privée de protection aérienne… française, à tout le moins.

 

Les Anglais sont mieux lotis, puisqu’ils disposent de deux importantes bases aéronavales à Akrotiri et à Dhekelia, sur l’île de Chypre, idéalement placées relativement à la Syrie. Les pilotes de Sa Majesté ont déjà conduit plus de 1 600 sorties contre l’Etat islamique en décollant d’Akrotiri. Mais la douzaine de Tornados et de Typhoons qui y sont rattachés, même s’ils peuvent recevoir des renforts, auraient du mal à protéger leurs sites en cas de contre-attaque des Russes.

 

Une autre option consisterait à commencer l’attaque des bases syriennes en lançant des missiles de croisières à partir des frégates alliées déjà présentes dans le bassin oriental de la Méditerranée, mais cette hypothèse se heurte aux mêmes considérations que celles que nous venons d’évoquer.

 

A ce propos, il nous incombe de citer la déclaration inquiétante de l’un des principaux généraux russes, qui vient de nous parvenir (soirée de mercredi) : "Si l’Armée d’Assad est attaquée, nous ouvrirons le feu et coulerons des navires de guerre américains. Nous n’hésiterons pas à riposter contre les USA. Nous défendrons notre allié Assad comme nous l’avons promis". Le général de Poutine ponctuant pas ces propos apocalyptiques : "Une attaque de leur part en Syrie engendrera notre entrée en guerre contre eux et conduira à une guerre mondiale globale !".

 

Michaël Béhé, le chef de la Ména au Liban, nous apprend également à l’instant que la flotte russe est en train de quitter son port d’attache de Tartous en Syrie. Soit elle se déploie en ordre de bataille afin de faire face aux flottilles occidentales, soit elle se disperse pour ne pas servir de cible facile aux forces ennemies (en cas de confrontation militaire).

 

Quoi qu’il en soit, et particulièrement à la suite de ces derniers développements, la sagesse voudrait que l’on attende la fin de la semaine prochaine pour ouvrir le feu, et qu’on utilise le temps à disposition afin de s’entendre précisément entre alliés – pas comme lors de l’intervention en Libye – sur les objectifs stratégiques et politiques que l’on entend atteindre. En gardant à l’esprit que rien n’était préparé dans ce sens, et que l’on réagit à l’emploi imprévu de gaz de combat par le régime alaouite principalement sur des civils dans la ville de Douma.

 

Ledit régime, qui est en train de parquer son matériel le plus sophistiqué, ainsi que d’envoyer ses troupes d’élites dans les bases russes, sachant que les Occidentaux éviteront de les viser.

 

Israël est également sur le qui-vive, vu que, d’une part, elle ne saurait laisser les Russes et les Américains jouer à la guerre à sa porte sans être prête à toute éventualité (c’est un vieux dicton mais qui pèse toujours son pesant d’or chez les analystes stratégiques : on sait toujours comment une guerre commence mais jamais comment elle s’achève). La Censure militaire nous interdisant de publier le moindre détail quant aux mesures conservatoires prises par Tsahal, nous n’en parlerons évidemment pas.

 

D’autre part, Jérusalem doit se méfier de deux situations : premièrement, de représailles de la part de l’Iran ou du Hezbollah au raid aérien de lundi matin sur l’aéroport T4 en Syrie, qui a causé de nombreux morts dans les rangs des Gardiens de la Révolution, et qui a fait crier vengeance les ayatollahs de la théocratie chiite.

 

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L’un des objectifs dévastés par les missiles israéliens

Source agence de presse iranienne Fars

 

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Les spécialistes de la Ména ont identifié que le hangar photographié par Fars

est celui indiqué par la flèche bleu ciel et selon l’angle de la flèche

 

Téhéran pourrait décider du bombardement d’un village israélien ou d’une brève incursion dans l’un d’entre eux par ses supplétifs libanais du Hezbollah, pourquoi pas à Métula ? Ou de faire pareil à partir du Golan.

 

Ils ne se hasarderont pas à tirer des missiles sur l’Etat hébreu, car la riposte pourrait les dévaster. En fait, une réplique de leur part à moindre risque consisterait à s’en prendre à une base de Tsahal, mais dans cette éventualité aussi, le ciel risquerait de leur tomber sur la tête.

 

Notre correspondant au Liban, Michaël Béhé, d’ordinaire bien informé, nous indique que le gouvernement libanais aurait reçu un message selon lequel "si le territoire israélien était touché ou des civils ou des soldats blessées, Tsahal oblitérerait simultanément toutes les positions des armées libanaise et syrienne, ainsi que celle du Hezbollah et des Iraniens, au Liban-Sud et dans le Golan".

 

Nous n’obtiendrons évidemment pas confirmation de l’authenticité de ce "signal", mais il est à la fois très plausible et parfaitement dans les cordes de Tsahal.

 

Ce message semble encore plus vraisemblable après avoir prêté l’oreille à l’annonce faite ce mercredi par des officiels de premier rang de l’establishment de la Défense israélien. Lesquels ont déclaré qu’ "Assad et son régime, et Assad en personne, disparaîtront de la carte du monde si les Iraniens tentent de frapper Israël ou ses intérêts à partir du territoire syrien.

 

Notre recommandation à l’Iran", poursuit la même source, "est de ne pas tenter d’agir, car Israël est déterminée à poursuivre sur ce sujet jusqu’au bout".

 

La mise en garde semi-officielle a été étendue au Hezbollah en ces termes : "Nous n’avons aucun intérêt à élargir le front mais, si celait arrivait, Nasrallah [le secrétaire général de l’organisation terroriste chiite] doit comprendre que son destin ne serait pas différent de celui d’Assad, et qu’il paiera un prix extrêmement élevé".

 

Le ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, avait déjà répété hier (mardi) qu’Israël prendra toutes les mesures nécessaires afin d’empêcher l’Iran d’établir une base militaire permanente en Syrie. Lieberman précisant, sans doute à l’attention des Russes : "Le prix n’importe pas, nous ne permettrons pas à l’Iran d’avoir une présence permanente en Syrie. Nous n’avons pas d’autre choix", a conclu le ministre.

 

La seconde chose à laquelle l’Etat hébreu doit prendre garde consiste en cela qu’au moment présent, et pour quelques jours selon les calculs que nous venons de vous livrer, Israël est, sans doute pour la première fois de son histoire, le garant militaire du maintien du statu quo pour l’alliance occidentale, au moins jusqu’à ce qu’elle se mette en place.

 

Forte de ses quelques 340 appareils de combat hautement opérationnels, dont 85 F-15, 9 F-35I furtifs, et le reste de F-16, c’est à elle qu’il incombe de s’assurer que les Russes et leur alliés ne commettent pas un mauvais coup avant les frappes attendues de la part des alliés.

 

Lorsque l’on sait – ce n’est pas un secret, cela s’étale dans tous les journaux russes, syriens et iraniens – que Moscou considère la frappe sur T4 comme le coup d’envoi parfaitement intégré de l’offensive occidentale, on réalise aussitôt que la tâche attribuée au Khe’l Avir n’est pas une sinécure.

 

On l’a déjà dit et on ne craint pas de le répéter, en considération des forces en présence, si un soldat russe tire sur un objectif hébreu, Jérusalem détient la capacité d’éradiquer le corps expéditionnaire de Poutine en l’espace d’une heure. Mais à l’état-major à la Kirya [le QG de Tsahal], à Tel-Aviv, on compte surtout sur la jugeote de Vladimir Poutine, qui ne prendrait pas un tel risque susceptible de plonger la Terre dans une Troisième Guerre Mondiale. Reste que la tension existe et qu’elle est palpable. Et si les navires russes s’égaillent dans la nature, la tâche de nos aviateurs ne serait pas aussi facile et largement plus périlleuse pour nos arrières.

 

De toute façon, si un duel avec l’Iran ne se déclenche pas avant cela, Israël servira de réserve de combat et de soldats à l’alliance occidentale, elle interviendra également pour secourir d’éventuels pilotes abattus et pour mettre ses aéroports à disposition des avions ou des pilotes en difficulté.

 

Nous sommes actuellement sur l’urgence de l’information, avec des dépêches, plus bellicistes les unes que les autres, qui nous parviennent plusieurs fois par heure. Ceci dit, il faudra tout de même, dès que l’opportunité d’une accalmie nous sera donnée, analyser d’autres éléments.

 

Par exemple, l’observation de ce que l’usage du gaz toxique à Douma était totalement inutile à l’Armée d’Assad, qui avait de toute façon partie gagnée face aux rebelles. On ne saurait parler que d’une décision absurde de la part des Alaouites, qui met désormais la survie de leur régime sur la sellette ainsi que la paix du monde.

 

Cette décision ne va pas sans rappeler celle d’abattre Rafic Hariri, le 14 février 2005, alors qu’il n’était plus chef de l’Etat libanais et ne possédait plus aucun pouvoir qui gênât les al Assad. Jusqu’alors, les Occidentaux, France en tête, tentaient de s’approcher de Damas, le Quai d’Orsay y entretenait même un centre de formation pour ses futurs diplomates, et les génies du Monde Diplomatique voyaient en Bashar le grand réformateur qui mènerait la Syrie vers la démocratie et la région vers la paix. L’assassinat d’Hariri a assurément marqué le début de la fin pour la prééminence alaouite à la tête de l’Etat syrien. Et de manière totalement évitable.

 

Une autre question que nous serons amenés à développer concerne le déclencheur de la décision de Washington, de Londres et de Paris de prendre les armes contre le régime de Bashar al Assad : la Guerre Civile en Syrie a déjà causé la mort de 700 000 personnes, dont au moins 500 000 du fait de la responsabilité directe de Bashar al Assad. Lequel a fait torturer à mort – pour rien, une nouvelle fois, sans avoir d’aveux ou d’informations à soutirer aux suppliciés – au moins 70 000 personnes, dont une bonne moitié d’enfants et de vieillards. Et cela n’a pas justifié de recourir à la force pour l’évincer du pouvoir.

 

Mais la mort d’une centaine de personnes à Douma, parce qu’elles ont été tuées par des gaz de combat, justifierait une entrée en guerre et de prendre le risque d’aboutir à une guerre mondiale ? Les morts de Douma sont-ils "plus morts" que les 700 000 autres ? Ont-ils plus souffert que les 700 000 autres, parce qu’ils ont été soumis à un bombardement toxique ?

 

Est-ce que l’on se met à faire la guerre pour de pseudo causes humanitaires, ou parce que le public a vu les images – certes insoutenables – sur ses écrans de télévision ou les réseaux sociaux ? C’est délirant et surtout terriblement périlleux ! Et le monde libre choisit les causes humanitaires et le sort des peuples justifiant une intervention armée ? L’écrasement tout récent des Kurdes d’Afrin par Erdogan n’en était donc pas une valable ?

 

Et maintenant va-t-il s’agir de punir al Assad en détruisant deux ou trois de ses bases militaires et en le laissant tout de suite après poursuivre son carnage ? Ou Madame May, Messieurs Trump et Macron ont-ils des objectifs stratégiques et politiques à confier à leurs militaires avant d’engager le combat ? Parce que s’ils n’ont pas d’objectifs de ce genre, la bataille est simplement perdue avant d’avoir commencé !

 

 
Qui a réalisé le raid de ce matin en Syrie ? (info # 010904/18) Version imprimable
Breaking News !
lundi, 09 avril 2018

 

Par Jean Tsadik © Metula News Agency

 

Tôt ce matin (lundi) la base aérienne syrienne T4, construite autour de l’aéroport d’Althias, à 50km à l’ouest de Palmyre et 85km à l’est d’Homs [1ère carte] a été l’objet d’une nouvelle attaque aux missiles air-sol.

 

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La situation géographique de T4

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

SANA, l’agence d’information officielle du gouvernement de Bashar al Assad, ainsi que la Télévision d’Etat ont, dans un premier temps, annoncé que "l’agression, constituée de plusieurs frappes, avait probablement été conduite par les Etats-Unis".

 

Après que le Pentagone eut formellement nié les affirmations de la Télévision syrienne, la référence à l’Amérique a été retirée de toutes les communications en provenance de Damas.

 

Le communiqué du Pentagone est les suivant : "Le Département de la Défense ne mène actuellement pas de frappes aériennes en Syrie. Nous continuons toutefois à observer de près la situation et nous soutenons les efforts diplomatiques visant à faire rendre des comptes à ceux qui utilisent des armes chimique en Syrie et ailleurs".

 

L’Armée américaine, première puissance militaire de la planète, ne produit pas d’ordinaire de fausses déclarations. De plus, sur la base d’informations d’origine étrangère, l’objectif visé à T4 était principalement iranien ; or Téhéran n’est pas directement mêlé à l’attaque chimique qui a frappé samedi la ville de Douma, dans la banlieue Est de la capitale syrienne. Les Perses ne sont responsables de ce massacre que dans la mesure où ils soutiennent le régime alaouite. Si Washington se décidait à punir les auteurs de l’attaque au chlore sur Douma, il le ferait plus que probablement en s’en prenant directement à ceux qui l’ont perpétrée, c’est-à-dire les forces du régime.

 

C’est ainsi que l’Amérique avait réagi, dans la nuit du 6 au 7 avril de l’an dernier, en lançant une cinquantaine de missiles de croisière Tomahawk sur la base aérienne de Shayrat, dans le sud du gouvernorat de Homs. Ce raid s’était déroulé deux jours après le massacre au gaz sarin de Khan Cheikhoun, dans la province d’Idlib, commis par l’Armée syrienne, qui avait causé la mort de 74 personnes et en avait blessé environ 600.

 

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La base aérienne T4

Dans les cercles blancs, les zones d’opérations russes où sont parqués et entretenus les appareils

Dans le cercle rouge, l’ "Aile iranienne"

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

La France a également nié avoir mené l’opération de ce matin, selon un communiqué de l’agence gouvernementale AFP.

 

D’après le correspondant de la Ména à Beyrouth, Michaël Béhé, qui est parvenu à joindre des responsables médicaux à Khirbat Tiyas, la ville la plus proche de la base aérienne, juste avant que les communications avec la région ne soient coupées, ils dénombraient "environ 30 morts et plus du double de blessés, presque tous des [Gardiens de la Révolution] Iraniens".

 

La Télévision syrienne a également déclaré que la défense aérienne avait "abattu huit missiles", ce que nous jugeons hautement improbable. Nous confirmons cependant que des missiles antimissiles ont été tirés depuis T4.

 

Il s’agit probablement de missiles appartenant à un système de protection antiaérien russe de type S-400, récemment déployé dans la région par la force expéditionnaire de Vladimir Poutine et desservie par des opérateurs russes.

 

Ce déploiement est censé protéger un important positionnement de chasseurs-bombardiers de Moscou sur l’aéroport d’Althias (T4), à partir duquel ils bombardent quasi-quotidiennement les régions tenues par les rebelles. D’après nos informations, les missiles antimissiles russes ne sont pas parvenus à empêcher que le raid de ce matin soit amplement couronné de succès.

 

Il ne visait cependant pas les zones d’opération russes sur la plateforme, entourées de cercles blancs sur la [2ème carte].

 

A en croire la chaîne de télévision du Hezbollah au Liban al Manar [Ara. : le phare, la balise], l’opération de ce matin est "une agression israélienne".

 

Le porte-parole de Tsahal a refusé de commenter cette imputation. Il n’en demeure pas moins que cette hypothèse est la plus plausible. Jérusalem aurait ainsi profité du chaos généré par l’attaque au gaz de combat à Damas afin de détruire l’un des objectifs iraniens qu’elle avait sélectionné.

 

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En exclusivité : le détail de l’"Aile iranienne" (avant le raid)

Cercles verts : les ateliers + hangars

C’est de celui de droite (point rouge) qu’était sorti le drone abattu en février à Bet Shéan

Cercles orange : probablement les bâtiments d’un centre de commandement iranien en Syrie

Cercle blanc : parking automobile de l’"Aile iranienne"

Cercle jaune : un avion au parking

Probablement un appareil désaffecté pour faire croire qu’il s’agissait d’une base de soutien d’avions opérationnels russes ou syriens. Les Iraniens ne disposent pas d’avions en Syrie

Flèches bleues : taxiways d’accès à la piste

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Le Khe’l Avir, l’Aviation militaire israélienne, avait déjà agi contre l’ "Aile iranienne" de T4 en février dernier, lors du samedi sanglant au cours duquel un F-16 israélien avait été abattu par la DCA gouvernementale syrienne.

 

Lors de la riposte très étendue du Khe’l, qui avait touché une vingtaine d’objectifs sur le territoire syrien, l’ "Aile iranienne" avait été presque totalement détruite, y compris l’atelier-hangar [cercle vert et point rouge sur la 3ème carte détaillée] d’où était parti le drone qui avait survolé Israël et été abattu à proximité de la ville de Bet Shéan.

 

A notre avis, Les Israéliens ont permis aux Iraniens de reconstruire leur complexe à T4, d’y acheminer du nouveau personnel et du matériel de remplacement, et a oblitéré à nouveau ces installations ce matin.

 

Téhéran comptait sans doute sur les nouvelles défenses russes pour protéger son "investissement", particulièrement après la rencontre Poutine, Erdogan, Rohani, mercredi dernier à Ankara, lors de laquelle les trois alliés ont décidé de resserrer encore leur coopération militaire en Syrie.

 

A noter que depuis l’attaque au gaz de samedi, toutes les forces de Moscou en Syrie avaient été placées en alerte défensive, suite aux accusations portées par le Président Donald Trump, stipulant que "le Président Poutine, la Russie et l’Iran étaient responsables de soutenir "l’animal Assad"". Donald Trump a aussi promis de "faire payer le prix fort" aux auteurs du crime de Douma.

 

Les Russes n’ont donc pas été pris par surprise. Et au vu de la situation diplomatique ambiante, nous sommes convaincus que la Maison Blanche avait été mise au courant du raid de ce lundi et qu’elle a donné à Jérusalem ses assurances de coopération militaire en cas de riposte de Poutine contre l’Etat hébreu.

 

A noter à ce propos qu’une telle réplique est peu probable, même sans les assurances américaines, pour une multitude de raisons, à commencer par le fait qu’aucun militaire russe n’a vraisemblablement été blessé lors du raid de cette nuit.

 

D’autre part, nous sommes en mesure d’affirmer que, d’un simple point de vue technique, la Russie, les Etats-Unis, mais aussi les autres puissances européennes, y compris la France, savent assurément d’où sont partis les missiles qui ont touché T4 à l’aube.

 

Sur le plan diplomatique, neuf pays dont la France ont réclamé une réunion urgente du Conseil de Sécurité à propos des événements de Douma. La séance se tiendra à 19 heures, heure de Washington, et la Russie, et peut-être la Chine, va sans doute opposer son veto à toute résolution condamnant son protégé de Damas. Mais au vu de la gravité des faits, un tel veto pourrait cette fois occasionner une action militaire des Occidentaux agissant sans l’aval des Nations Unies.

 

Ce, d’autant plus que les présidents américain et français qui se sont consultés ont promis "une réponse forte et commune".

 

A propos de l’attaque de samedi à Douma, l’ONG Syrian American Medical Society (SAMS), dont les docteurs et infirmiers volontaires ont traité les blessés à Douma, ceux-ci présentaient des "symptômes d’exposition à un agent chimique. De la mousse s’échappait de leur bouche et ils dégageaient une odeur semblable à celle du chlore."

 

 

Dernière minute :

 

L’agence d’information russe Interfax a relayé le ministère russe de la Défense, prétendant que deux appareils de type F-15 avaient attaqué une base aérienne syrienne près d’Homs à partir du territoire libanais, ajoutant que "les systèmes de défense aérienne syriens [c’est-à-dire russes] avaient abattu cinq des huit missiles tirés, tandis que les trois autres sont tombés sur la partie occidentale de la base". La Ména met en doute cette information qui est d’autre part techniquement impossible et contradictoire avec l’annonce de SANA.

 

Interfax cite également des experts [anonymes] russes en Syrie affirmant qu’ "il s’agit de la réaction israélienne aux accords conclus à Ankara la semaine dernière entre la Russie, l’Iran et la Turquie". Lesdits "experts" ajouteraient qu’Israël a agi comme le bras long des USA qui n’ont pas voulu attaquer directement la Syrie afin de ne pas provoquer la Russie.

 

La source en question confirme l’information contenue dans notre breaking, selon laquelle l’attaque était coordonnée entre Israël et les Etats-Unis.  

 

 

 

Note générale :

 

Toutes les informations contenues dans cet article proviennent de sources non-israéliennes et d’informations publiques, analysées par les spécialistes de la Ména. Aucune information secrète n’est dévoilée ici.

 

 
L’Europe soutient le terrorisme islamique et les tueurs de Juifs (info # 010804/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 08 avril 2018

 

Par Guy Millière

 

L’organisation terroriste djihadiste Hamas (Ḥarakat al-Muqāwamah al-ʾIslāmiyyah, ce qui signifie “mouvement de résistance islamique”) a un objectif essentiel : détruire Israël, et assassiner le plus grand nombre de Juifs possible.

 

Elle a fait de la bande de Gaza une entité terroriste. Elle y fanatise la population et y transforme les êtres humains placés sous son joug en monstres abjects assoiffés de sang et de meurtres. Elle les incite au djihad et leur affirme que s’ils meurent en tuant, ils iront au paradis d’Allah. Elle les utilise comme boucliers humains et comme animaux sacrificiels.

 

Le Hamas est imprégné de la même abjection que celle qui imprègne les autres organisations terroristes djihadistes sur Terre, et ses membres sont des déchets du même acabit que les monstres qui ont tué à l’école Otzar Hatorah à Toulouse, au Musée juif de Bruxelles, au siège de Charlie Hebdo, à l’Hypercacher de Saint-Mandé, sur la Promenades des Anglais à Nice, et, si l’on regarde un peu plus loin, à Barcelone, Londres, Manchester, Orlando, San Bernardino.

 

Ses dirigeants, Ismaël Haniyeh et Khaled Mashal, sont à ranger dans la même catégorie qu’Oussama Ben Laden, Ayman al Zawahiri, ou Abou Bakr al Baghdadi. Leur élimination physique serait un bienfait pour l’humanité entière.

 

L’élimination du Hamas lui-même serait un bienfait, et devrait être un objectif pour tous les pays affirmant respecter les droits de l’être humain et préférer le bien au mal, la démocratie à la dictature et le respect de la vie au génocide.

 

Lorsqu’Israël, en 2014, après des tirs de roquettes contre sa population civile a mené une opération militaire contre le Hamas, tous les pays civilisés, et tout particulièrement tous les pays occidentaux, auraient dû apporter leur entier soutien à Israël aux fins que l’opération militaire aille jusqu’au bout et élimine le Hamas. Et lorsque le Hamas a utilisé des civils arabes sous sa coupe comme boucliers humains, tous les pays civilisés, et tout particulièrement tous les pays occidentaux, auraient dû dénoncer cette ignominie.

 

Ce n’est pas ce qui s’est passé. Les pays occidentaux, en 2014, ont fait pression sur Israël pour que l’opération militaire s’arrête et pour que le Hamas soit sauvé. Ils ont donc tout fait pour sauver une organisation terroriste djihadiste qui a pour but de détruire Israël et d’assassiner le plus grand nombre de Juifs possible, et qui transforme les êtres humains placés sous son joug en monstres abjects.

 

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Tu t’en prends à la frontière d’Israël, tu meurs.

Les sacrifiés au culte de la mort du Hamas, qui rémunère 3 000 $ le cadavre

 

Les pays occidentaux, en 2014, n’ont pas dénoncé l’ignominie du Hamas. Ils l’ont au contraire entérinée et lui ont permis de perdurer.

 

En ce mois d’avril 2018, les dirigeants du Hamas changent de tactique, tout en gardant les mêmes objectifs.

 

Plutôt que lancer des roquettes sur Israël aux fins de provoquer une nouvelle opération militaire israélienne, ils ont décidé de mettre en place un simulacre d’invasion d’Israël.

 

Ils utilisent cette fois les boucliers humains pour les faire avancer vers la frontière d’Israël, et cachent parmi lesdits boucliers humains, ou derrière eux, des djihadistes tueurs de Juifs, chargés de tirer sur les soldats israéliens. Ils n’espèrent pas réellement que les boucliers humains ou les djihadistes franchissent la frontière. Ils espèrent en revanche disposer de cadavres à exhiber et se constituer ainsi des moyens de pression par victimisation. (Accessoirement, ils font aussi brûler des pneus).

 

Ils ont obtenu des premiers résultats : dix-neuf cadavres de palestiniens au moment où j’écris (le chiffre va sans doute monter).

 

Ils espèrent, comme en 2014, que des pressions seront exercées sur Israël.

 

Des pressions sont effectivement exercées.

 

Elles ne déboucheront sur rien, car le Hamas s’est trompé d’époque.

 

Les pays européens sont prêts à se conduire comme en 2014, mais découvrent que, sans les Etats-Unis, ils sont tout juste un assemblage de petites puissances assez inopérantes. Une résolution anti-israélienne a fait l’objet d’un véto américain, puis une autre. Si une troisième est présentée, elle subira un autre véto américain.

 

En 2014, il y avait un islamo-gauchiste à la Maison Blanche. Aujourd’hui, il y a un président des Etats-Unis porteur des valeurs les plus essentielles de la civilisation occidentale.


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Pas d’accord (010604/18) Version imprimable
Analyse
vendredi, 06 avril 2018

 

Par Stéphane Juffa

 

Comme tout le monde, j’ai pris connaissance des milliers de réactions à la manifestation à la mémoire de Madame Mireille Knoll, la semaine dernière. Le nombre de ces commentaires est déjà une bonne chose en soi, il reflète explicitement le dérangement ressenti face à l’assassinat barbare d’une vieille dame juive au cœur de Paris. L’expression d’un dérangement qui était resté confiné à une petite portion de la communauté israélite lors du meurtre, dans des conditions comparables, de Madame Sarah Halimi, il y a exactement un an, et de celui d’Ilan Halimi il y a douze ans, du massacre des victimes de Mohammed Merah à Toulouse, et de l’Hyper Cacher en 2015, du fait d’Amedy Coulibaly.

 

Le débat s’est surtout concentré autour de la présence de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon lors de la commémoration, de l’hostilité à leur participation exprimée par le CRIF et du mauvais accueil qui leur a été réservé lorsqu’ils ont rejoint le cortège.

 

La plupart des commentateurs, journalistes et hommes politiques ont regretté la réception qui leur a été faite, arguant qu’il s’agissait d’un hommage public de la nation française à caractère universel et, qu’en conséquence, il ne devait pas y avoir d’exclus.

 

Dans le même élan, beaucoup ont exprimé que ces incidents avaient terni le souvenir de Madame Knoll et qu’ils avaient gâché l’hommage qui lui était rendu.

 

Je réponds : pas d’accord. Je questionne d’abord le caractère universel de cette marche blanche. 30 000 personnes y ont participé selon le CRIF, lors, même en acceptant ce chiffre, dans un pays de soixante-dix millions d’habitants, on ne peut raisonnablement parler d’un hommage universel. En rappelant peut-être que suite à l’assassinat des camarades de Charly, ils étaient un million à battre le pavé parisien.

 

Encore, parmi ces 30 000 personnes, Patricia La Mosca, qui a suivi le rassemblement de bout en bout, m’a dit qu’elles étaient juives à quatre-vingt pour cent au moins. C’est certes préférable aux 3 à 5 000 Juifs qui s’étaient réunis lors des tragédies précédentes, mais cela n’en fait pas un "hommage universel". Ce n’est pas même une réunion massive de la communauté israélite qui compte en France six à sept-cent-mille personnes.

 

Ne faisons donc pas de ce rassemblement ce qu’il n’était pas. Il a surtout valu par deux caractéristiques : la présence, massive cette fois, des représentants de la nation, et une sorte de détermination nouvelle de la part des manifestants juifs.

 

Et pardonnez-moi ces comptes d’apothicaire, mais les chiffres ont leur langage, qui a ceci de particulier qu’il ne sait pas mentir.

 

Mon premier questionnement est toutefois où étaient ces députés, ces ministres et ces représentants de l’opposition les dernières fois que des Israélites français ont été assassinés pour l’unique raison de leurs origines et non pour des actes qu’ils auraient commis ou des propos qu’ils auraient tenus. Mireille Knoll ne faisait pas de politique, et Myriam Monsonégo, Gabriel et Arieh, d’Otzar Hatorah non plus, ils avaient de trois à six ans.

 

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J’ai apprécié cette expression identique de surprise et d’appréhension sur les visages

de Marine Le Pen et de Mélenchon

 

Cette interrogation est importante, car les Juifs de France, outre le fait qu’on les assassinait, ont surtout souffert de la solitude. De l’impression confirmée par la réalité que personne ne se préoccupait d’eux et ne montrait quelque empathie "nationale" pour leur sort. Ils avaient l’authentique sentiment d’être ostracisés, et pour tout dire, qu’à cause de leur proximité avec Israël, ils méritaient quelque part le sort qui les accablait.

 

A ce titre, la faible participation populaire à la marche blanche, et surtout, le tsunami de contrevérités à caractère antisémite déversées quelques jours plus tard par l’ensemble de la presse tricolore relativement aux évènements de Gaza, orchestrées par l’agence de presse étatique AFP et répétées par le ministère des Affaires Etrangères, leur a rapidement fait comprendre que la sympathie qu’on leur avait témoignée il y a huit jours n’était qu’une trêve dans la haine qui les frappe et non un changement substantiel d’approche.

 

J’en suis même à me demander si la critique disproportionnée de l’attitude de Tsahal n’a pas été influencée par la manif à la mémoire de Madame Knoll. Une manière détournée pour les journalistes, les hommes politiques et le gouvernement de dire aux Juifs : ne vous méprenez pas, rien n’a changé dans votre statut de parias.

 

A cela, il importe évidemment d’exclure les vrais amis de la nation d’Israël que sont les Manuel Valls, Philippe Val, Gilbert Collard, Malek Boutih, Claude Goasguen, Alexandre del Valle et Yann Moïx (j’en oublie sûrement, mais pas beaucoup), qui n’ont pas attendu que l’anti-antisémitisme soit éphémèrement à la mode pour nous afficher leur sympathie.

 

Dans cette liste de justes, j’ai retenu le propos de Philippe Val, invité sur un plateau de télévision et visiblement ému par les circonstances de la mort de la respectable vieille dame. Il a dit que pour qu’il y ait réaction contre le phénomène antisémite, il fallait qu’il soit cristallisé par des leaders politiques. Cela permettrait à la population de s’identifier à leur discours, car la masse ne peut pas se responsabiliser toute seule. Or pour le moment, dans la liste que je viens d’énoncer, seul Manuel Valls peut porter cette promesse, mais les avatars de la vie politique l’ont passagèrement placé trop loin des feux de la rampe afin qu’il joue valablement ce rôle de focaliseur. Reste que la roue peut encore tourner, et Valls est l’un des seuls espoirs que nous sommes à même de concevoir pour la représentation des intérêts fondamentaux de cette communauté.

 

Venons-en à l’essentiel : le rejet de la participation de Marine Le Pen et de Mélenchon a-t-il terni l’hommage à Madame Knoll, ou aurait-il pu avoir, au contraire, des retombées salutaires ?

 

Pour répondre à cette question, il faut commencer par se demander si Francis Kalifat d’abord, et une partie des manifestants, plus tard, ont eu raison de faire savoir aux deux leaders politiques que leur présence à la marche n’était pas la "bienvenue".

 

Patricia La Mosca a observé que la dignité de la communauté juive, de même que ses valeurs traditionnelles, avaient été strictement respectées tout au long du cortège. Contrairement à ce qui se passe de nos jours au cours de chaque rassemblement dans la capitale française, aucun blessé n’a été signalé, aucun saccage, aucun pillage de magasin, aucune atteinte à la propriété, qu’elle soit publique ou privée, pas de slogans racistes, genre "musulman tire-toi, la France n’est pas à toi !", donc pas d’amalgame entre le musulman qui a lacéré Mme Knoll de coups de couteau et la communauté mahométane de l’Hexagone. Et la chaussée a été laissée aussi propre que les participants l’avaient trouvée en arrivant sur les lieux.

 

Toutes ces choses que l’on aurait pu craindre au regard de la douleur et de la colère légitimes des Juifs ne se sont pas produites. Les Juifs n’ont pas perdu leur âme, ils sont restés la communauté la plus respectueuse de l’ordre républicain du pays. C’était suffisant. L’honneur de Mireille Knoll était donc sauf et personne ne saurait dire le contraire.

 

Ceci posé, une participation sans remous représentait une opportunité inespérée pour Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Il s’agissait pour eux d’exploiter le "tremplin juif" afin de s’intégrer dans le consensus républicain dans lequel ni la France Insoumise, ni le Front National ne sont actuellement admis, au moins pas complètement.

 

Or s’il était loisible pour les deux leaders de participer à cette marche essentiellement juive aux côtés de l’ensemble de la représentation politique française, ils auraient fait, à peu de frais, un pas important vers la normalisation de leurs formations respectives.

 

Les Juifs avaient-ils pour vocation de servir de machine à laver pour rendre leur virginité, et partant, leur fréquentabilité, à ces deux mouvements ? Le fait pour eux de participer à la commémoration de la mémoire de la vieille dame juive assassinée représentait-il un gage suffisant de bonne conduite, était-il le reflet d’une métamorphose suffisamment profonde et assumée pour que les Israélites français fassent à Marine Le Pen et à Mélenchon la courte-échelle vers la sortie de la marge et la républicanisation ?

 

Ma réponse est évidemment sans appel : non. C’est même cela qui aurait porté atteinte au souvenir de la victime de l’avenue Philippe-Auguste et également aux autres victimes juives citées dans cet article, enterrées hors de la présence des chefs de file des Insoumis et des Frontistes.

 

S’il s’était agi d’une authentique manifestation à caractère universel ou même national, la question aurait pu se poser (avec un demi-million de personnes, ce n’était effectivement plus l’affaire des seuls Israélites). Mais ce rassemblement petit-moyen restait malheureusement principalement juif, lors ce n’était assurément pas la tâche des Juifs de normaliser leurs rapports avec ces deux mouvements pour leur servir de marchepied, comme s’ils entretenaient avec eux, sur la durée, des relations respectables.

 

Parce que, dans le cas de Mélenchon, non seulement son parti est clairement anti-israélien et favorable à ceux des ennemis de l’Etat hébreu qui souhaitent encore officiellement l’éradiquer, mais aussi, le personnage lui-même s’est fréquemment livré à des agressions à caractère ouvertement antisémite visant les Israélites français et leur organisation faîtière.

 

En août 2014, commentant les manifestations à Paris et à Sarcelles durant lesquelles on hurlait "mort aux Juifs !", Mélenchon affirmait que les participants avaient su "se tenir dignes et qu’ils incarnaient mieux que personne les valeurs fondatrices de la République française".

 

Or s’il est une faculté que les Juifs, à travers les persécutions qu’ils ont subies ont développée, c’est la mémoire. Ce qui précède était donc inacceptable : il convient de choisir si l’on veut s’identifier aux victimes de l’antisémitisme ou encenser ceux qui appellent à tuer des Juifs. Les deux postures étant naturellement incompatibles.

 

A l’occasion du même rassemblement, qui se tenait le 24 août 2014 à Grenoble, le tribun populiste avait aussi lancé : "Nous ne croyons pas à un peuple supérieur aux autres !". Il ne manquait plus qu’il tende le bras pour faire resurgir du passé la rhétorique que les Juifs espèrent bien ne plus jamais se voir infliger.

 

Quelques jours plus tard, Mélenchon était cité dans l’Obs, s’en prenant cette fois nommément à la communauté juive : "La République, c’est le contraire des communautés agressives qui font la leçon au reste du pays".

 

Agressives ? Sans doute aurait-il pu citer le nombre de compatriotes et de musulmans, français ou non, que les Juifs français ont assassinés, à moins que, par cette pirouette sémantique, il ne se soit agi d’accabler les victimes et d’exonérer leurs bourreaux. Ce qui était le cas.

 

Mélenchon a ramené la France, dans un style proche de celui de M’bala M’bala, à l’antisémitisme racoleur des années brunes et grises, et cela, les Israélites ne le lui pardonneront pas. Mais il est allé même plus loin dans cette cagade, faisant souvent siffler le nom de personnalités israélites durant ses meetings, particulièrement celui de Bernard-Henri Lévy. Ou s’attaquant ad hominem à Pierre Moscovici, affirmant que l’ancien ministre des Finances socialiste et juif "ne pense plus en français".

 

Vous vouliez qu’un tel énergumène commémore la mémoire de Madame Knoll ? Sérieusement ?

 

Le cas de Marine Le Pen est différent. Non pas relativement à sa tentative de faire du FN un parti de droite "comme les autres", sans doute dans l’objectif de remplacer Les Républicains, fortement ramollis et divisés après l’avènement du macronisme. Tentative à laquelle les Juifs ne devaient assurément pas participer.

 

Madame Le Pen n’est ni fasciste ni fascisante, ce n’est pas là où le bât blesse. Mais elle se trouve à la tête d'un parti qui a matérialisé, des années durant, l’antisémitisme virulent de son père. Ce n’est pas que nous lui intentions un procès en hérédité, elle a même fait des efforts louables afin d’épurer le FN de ses éléments fascisants et antisémites, mais elle demeure l’héritière politique du Front National. Du parti des chambres à gaz détail de l’histoire, de Durafour crématoire, et aussi des voyages familiaux auprès de Saddam Hussein, qui se félicitait de l’antijuivisme du tribun borgne, et lui remettait des valises de billets de banque pour soutenir son parti.

 

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La Ména soumise à des attaques informatiques Version imprimable
Communiqué
mardi, 03 avril 2018

 

Bonjour,

 

Comme certains l’ont sans doute remarqué, la Ména subit à nouveau des attaques informatiques provenant d’organisations puissantes et professionnelles qui tentent de nous faire taire.

 

Durant les 30 jours écoulés, 4 de nos articles ont dépassé le demi-million de lecteurs et cela ne plaît apparemment pas à tout le monde.

 

Grâce aux travaux que nous avons effectués ces deux dernières années, nous parvenons à préserver intact le cœur de notre système de diffusion-gestion, mais les milliers d’attaques quotidiennes (parfois plus !) arrivent parfois à déconnecter nos serveurs.

 

L’ingénieur en chef de la Ména, Shmulik Eliahu, et ses assistants réussissent chaque fois, au prix d’un travail incessant, à rétablir notre capacité à communiquer. Ils œuvrent aussi à élaborer de nouvelles protections afin de bétonner plus encore notre système au prix de gros efforts et d’investissements très importants.

 

Il est évident que si des informaticiens à plein temps au service d’Etats étrangers et d’organisations hostiles dépensent autant de moyens pour faire taire la Ména, c’est que la justesse, la qualité et la portée de nos informations dérangent ceux qui les emploient.

 

Tout en présentant à nos abonnés mes excuses pour ces inconvénients, évidemment étrangers à notre volonté, ainsi qu’aux personnes ayant besoin des services de soutiens technique et commercial qui sont ralentis par ces problèmes, j’invite tous ceux qui comprennent les enjeux de cet autre front de la guerre de l’information à régulariser leurs abonnements sans attendre ou à en contracter si ce n’est pas déjà fait.

 

Ceux d’entre eux qui en ont les moyens, à prendre des abonnements A.M (Amis de la Ména) ou à acheter des actions de notre société.

 

Dans le cas où des événements majeurs et urgents interviendraient durant des périodes où nous sommes incapables d’utiliser le système de diffusion de l’agence, nous publierions, exceptionnellement, nos Breaking News et autres articles et communications sur la page de la Metula News Agency sur Facebook. Ce, jusqu’à l’éradication des inconvénients actuels.

 

Personne ne nous empêchera de vous informer !

 

En vous remerciant pour votre compréhension et votre confiance,

 

Le rédacteur en chef

 

 

Notes techniques :

 

Ceux qui ne sont pas abonnés à la Ména peuvent contracter un abonnement en se rendant sur la page http://www.menapress.org/sub/subscribe.html [S’abonner/Se mettre à jour] de notre site officiel.

 

Les abonnés désirant mettre leur abonnement à jour doivent quant à eux, et IMPERATIVEMENT, s’enregistrer [Log in/Log out] sur la page principale du site www.menapress.org avant de pouvoir renouveler leur abonnement ou en changer.

 

Les conditions et informations sur l’achat d’actions figurent à la page http://www.menapress.org/finances-commerce-publicit.html (onglet Finances/pub) de notre site www.menapress.org .

 

Les services de soutiens technique et commercial, bien que ralentis, fonctionnent sans interruption, et peuvent être joints à l’adresse : info@metulanews.info.  

 

 
Incitation française à la violence antijuive : alerte vermeil (info # 010204/18) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
mardi, 03 avril 2018

 

Par Ilan Tsadik

 

De vraies infos de la "manifestation pacifique" de vendredi et du droit de manifester pacifiquement en public :

 

Le leader du Hamas à Gaza, Ykhié Sinwar, qui participait à la Marche du Retour vendredi, a fait plusieurs déclarations à l’intention des Israéliens en cette occasion. Dont :

 

"Les chômeurs sans travail (bin oui, s’ils sont chômeurs, Ykhié !) de Gaza se sont trouvé un boulot sur vos frontières – incendier votre matériel et vous tirer dessus à bout touchant !".

 

"S’ils ont faim, les habitants de Gaza mangeront le foie de ceux qui les assiègent".

 

Et : "Nous sommes réunis ici afin de rappeler qu’il n’existe pas de paix avec l’ennemi et qu’aucune initiative ou plan ne nous obligera à faire la paix avec lui !". (C’est la définition même du pacifisme).

 

Cela a sans doute le mérite de replacer le communiqué du ministère shadock des Affaires Etrangères dans son contexte réel : "La France rappelle les autorités israéliennes à leur devoir de protection des civils et leur demande d'agir avec la plus grande retenue".

 

Le commentaire de Stéphane Juffa : Certes, afin de protéger les chances de paix !

 

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Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires Etrangères, (photographié avec le Président Rivlin) revient à peine d’une visite en Israël : un ami !

 

Paris rappelant également le "droit des Palestiniens à manifester pacifiquement", et disant souhaiter "que les deux parties fassent cesser la crise humanitaire que traverse la bande de Gaza".

 

Juffa : Il n’y a pas plus pacifique que le message du Hamas ci-dessus. On fait cesser la crise humanitaire avant ou après qu’ils nous aient bouffé le foie ?

 

Le Quai d'Orsay suggère notamment que le blocus instauré par les autorités israéliennes soit levé, de même que la "levée des mesures restrictives".

 

Juffa : Certes, mais comment lever le blocus d’un territoire qui possède une frontière terrestre de 14km avec le monde arabe ? Hors de la présence ou de l’influence d’un seul Israélien, est-il nécessaire de le préciser ? Oui, tout bien réfléchi, par les temps qui courent, ça l’est indéniablement.

 

La levée des mesures restrictives, c’est pour permettre à Ykhié Sinwar de progresser en direction de son "plan de paix", en achetant des explosifs pour détruire nos maisons et nos tracteurs ? Des fusils pour nous massacrer à bout portant ? Ou de la confiture d’oignons pour accompagner le foie des Juifs ?

 

Mes conclusions :

 

Il n’y a décidément pas que les journalistes français qui baignent dans l’antisémitisme, qui incitent à l’assassinat des vieilles dames juives et qui menacent l’ordre public. Il y a aussi le gouvernement français.

 

A part cela, ne cherchez pas les propos du leader du Hamas Ykhié Sinwar prononcées lors de la "manifestation pacifique" dans les dépêches de l’AFP ou de votre quotidien préféré, car elles n’y sont pas.

 

Le choix délibéré de priver l’opinion de la partie de l’information qui lui permettrait de se faire une impression exacte d’une situation procède de l’un des moyens principaux de ceux qui entendent exciter ladite opinion contre l’un ou l’autre des participants à un conflit. Cela procède des théories goebbelsiennes de propagande. Directement, documentation à l’appui.

 

Dans le cas précis, ces omissions intentionnelles à répétition sont autant de preuves aggravantes dans la démonstration de l’intentionnalité raciste et antisémite essentielle des organes et des individus coupables – et justiciables pour ces faits – d’incitation à la violence et au meurtre de Juifs.

 

 
Israël veille sur la sécurité du monde (info # 010104/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 01 avril 2018

 

Par Guy Millière

 

Israël a récemment confirmé ce qui se savait en réalité depuis longtemps : c’est une opération militaire israélienne qui, le 6 septembre 2007, a détruit un réacteur nucléaire fabriqué par la Corée du Nord en territoire syrien, à proximité de Deir ez-zor. Les raisons de cette confirmation sont claires : Israël entend prendre une posture ferme de dissuasion dans un contexte de tensions régionales croissantes et faire savoir à l’Iran que Tsahal peut frapper, fut-ce loin de son territoire, si la sécurité d’Israël est en jeu.

 

L’objectif de l’opération ainsi confirmée était à l’époque de préserver Israël du danger extrême qu’aurait constitué un régime syrien sanctuarisé car disposant de l’arme atomique. Mais en poursuivant cet objectif et en accomplissant ce qui s’est ainsi trouvé accompli, Israël a fait bien davantage. Cela n’a été souligné nulle part, sinon dans un article du journaliste italien Giulio Meotti, paru sur le site Arutz Sheva : Israël a contribué à la sécurité du monde.

 

De fait, si le régime syrien s’était sanctuarisé et doté de l’arme atomique, n’aurait-il pas été plus audacieux ? N’aurait-il pas déclenché une guerre susceptible de dégénérer ? Et que se serait-il passé, même si le régime syrien n’avait pas été plus audacieux, lorsque la Guerre Civile s’est déclarée dans ce pays ? Que se serait-il passé, surtout, lorsque l’Etat Islamique a pris forme et s’est emparé d’une part importante de la Syrie, dont la région de Deir ez-zor ? Une arme atomique syrienne n’aurait empêché ni la Guerre Civile ni l’émergence de l’Etat Islamique, mais aurait, en revanche, pu tomber entre les mains de l’Etat Islamique. Si celui-ci n’avait pas en pareil cas envisagé de se sanctuariser lui-même, des matériaux pouvant servir à fabriquer des “bombes sales” auraient pu passer aux mains de terroristes djihadistes venus se former avant de perpétrer des attentats ailleurs sur la planète.

 

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Jamais une telle multitude n’a été autant redevable à un si petit nombre (Winston Churchill)

 

Ce qui valait pour l’opération du 6 septembre 2007 vaut pour une autre opération : la destruction du réacteur nucléaire Osirak en territoire irakien, le 7 juin 1981. Le fournisseur cette fois n’était pas la Corée du Nord mais la France, ce qui ne change rien à l’équation fondamentale. Le but du régime irakien était le même que celui du régime syrien : la sanctuarisation grâce à l’arme atomique.

 

Un régime irakien sanctuarisé aurait à coup sûr été plus audacieux et plus belliciste. Qu’en aurait-il été, en ces conditions, de la guerre Irak-Iran ? Aurait-elle pris une tournure plus apocalyptique encore ? Si Saddam Hussein avait envahi le Koweït et manifesté le désir d’aller plus loin encore, aurait-il été possible de l’arrêter ? Au vu de la haine que Saddam Hussein nourrissait à l’encontre d’Israël, aurait–il hésité à passer à l’attaque, quitte à déclencher une guerre régionale plus vaste ?

 

La République Islamique d’Iran cherche elle-même depuis des années à se sanctuariser grâce à l’arme atomique et a largement contribué depuis 2015 au programme nucléaire de la Corée du Nord (encore elle : il serait temps que le pouvoir de nuisance du régime nord-coréen soit mis hors d’état de nuire). Reste que, malgré les efforts, les dépenses, et la coopération de la Russie, elle n’est pas parvenue à élaborer une arme atomique sur son propre sol. On peut aisément songer qu’Israël y est pour beaucoup. Les éliminations ciblées de scientifiques atomiques iraniens et l’effet de virus tels que Stuxnet, qui ont ravagé les programmes informatiques indispensables au projet nucléaire du régime des mollahs, n’ont pas été sans conséquences. Israël n’ayant rien dit sur ces sujets, je n’en dirai pas davantage.

 

La République Islamique d’Iran s’efforce de parvenir à une hégémonie régionale, équipe le Hezbollah de missiles, contrôle le régime irakien à Bagdad et celui de Bachar al-Assad à Damas, finance et arme les activités destructrices des milices Houthi au Yémen, et celles du Hamas à Gaza. Elle a reçu des centaines de milliards de dollars de l’administration Obama et elle est le principal soutien du terrorisme islamique sur Terre aujourd’hui. Elle est imprégnée d’une volonté de destruction d’Israël et du régime saoudien.

 

Il n’est pas difficile d’imaginer ce qu’une République Islamique d’Iran sanctuarisée grâce à l’arme atomique pourrait faire.


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Kurdes : Poker menteur à l’Elysée (013003/18) Version imprimable
Analyse
vendredi, 30 mars 2018

 

Par Jean Tsadik

 

La France va-t-elle envoyer de nouvelles forces spéciales dans le saillant de Manbij suite à la discussion d’hier à Paris entre le Président Macron, assisté de l’Amiral Rogel et les représentants du Rojava.

 

Si c’est le cas, pourquoi en faire état, puisque, comme la Ména l’a révélé depuis longtemps, des commandos français se trouvent déjà à pied d’œuvre dans cette région du Nord syrien ?

 

Et s’il s’agit d’une force plus conséquente, comme l’a annoncé Asya Abdullah, la co-présidente du Mouvement pour une Société Démocratique, le TEV-DEM, qui gouverne le Rojava, à sa sortie de l’Elysée, cela entraîne des interrogations fondamentales pour les analystes stratégiques.

 

Asiya Abdellah a déclaré que la France allait envoyer des militaires à Manbij [carte], ville face à laquelle le Dictateur Erdogan masse des troupes ainsi que d’importants moyens guerriers, après avoir agressé et occupé la majeure partie du canton d’Afrin sans que les alliés des Kurdes ne fassent quoi que ce soit pour l’en empêcher.

 

Le Figaro et Le Parisien ont repris les déclarations des membres de la délégation kurde au pied de la lettre. Notamment lorsqu’Asiya Abdellah a affirmé hier soir, lors d’une conférence de presse, que "la coopération militaire avec la France allait être être renforcée", et que le représentant du Kurdistan syrien (Rojava) en France, Khaled Issa, précisait que "la France va renforcer son dispositif militaire".

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipédia

 

Un autre membre de la délégation confiait à la Ména en aparté que le Président Macron avait promis que l’envoi de ces renforts se produirait "très rapidement", et que ce contingent allait rejoindre les soldats de l’Oncle Sam, déjà installés à Manbij, une information presqu’aussitôt reprise par la quasi-totalité des media kurdes.

 

A propos de cette force expéditionnaire U.S., les officiels américains, répondant aux menaces turques relatives à une opération militaire imminente de grande envergure dans cette zone, avaient précisé "n’avoir strictement aucune intention de quitter Manbij".

 

Il existe toutefois une divergence drastique entre les propos de la délégation du Rojava et ceux de l’Elysée, à croire qu’ils n’ont pas participé à la même réunion ou que l’interprète était saoul.

 

En effet, à en croire Khaled Issa, "La France va renforcer sa présence militaire à Manbij afin de sécuriser l’ensemble des régions protégées par les Forces Démocratiques Syriennes [FDS, à forte prééminence kurde]".

 

La réplique de l’Elysée dit exactement le contraire : "Il n’est pas question d’un déploiement de troupes. La coopération militaire de la France avec les FDS vise à poursuivre la lutte contre l’Etat Islamique, elle n’est pas dirigée contre la Turquie".

 

Hum… ça se complique lorsque l’on sait qu’il n’y a pas le moindre milicien de l’Etat Islamique à Manbij ni à moins de 300km de celle-ci. Et que si Paris étoffe son dispositif à Manbij, ce ne peut donc être que pour contrecarrer les plans du Sultan d’Ankara qui se prépare à l’attaquer.

 

Pourtant, selon Adrien Jaulmes du Figaro, L'ambassadeur de France à Ankara a été chargé de transmettre la décision [française d’envoyer des troupes pour protéger Manbij] au président turc, Recep Tayyip Erdogan, ce qui ajoute encore à la confusion ambiante.

 

D’autant plus que M. Macron a aussi proposé ses services afin d’effectuer une médiation entre les Turcs et les Kurdes, et qu’Ankara y a répondu quelques minutes plus tard, de manière très peu diplomatique par ces termes : "Nous rejetons tout effort visant à promouvoir un dialogue, des contacts ou une médiation entre la Turquie et ces groupes terroristes". Erdogan, bouillonnant, a commenté ce vendredi les rumeurs en provenance de la ville des lumières en lançant à Macron : "Qui êtes-vous pour parler de médiation entre la Turquie et une organisation terroriste ?", qualifiant de surplus la France "de pays qui n’a pas encore réglé ses comptes avec son passé sale et sanglant".

 

Commentaire de l’Elysée : "La réaction d'Ankara est logique et attendue". Nous : si c’était le cas, pourquoi avoir proposé cette médiation ? Pour se voir rembarrer devant tout le monde ? Pour, dans une situation aussi explosive, prendre une initiative que l’on sait perdue d’avance ?

 

A Métula et dans beaucoup d’autres endroits du Globe, on attend avec curiosité la mise au point que devrait faire le Président Macron, le plus rapidement possible s’il veut éviter de se mettre à dos à la fois le satyre turc et la communauté kurde.

 

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Face à un sultan en quête d’empire, tenir un discours clair dont on a les moyens

 

Quoi qu’il en soit, il nous revient de préciser que d’un point de vue strictement militaire, l’envoi de forces françaises à Manbij n’a strictement rien à voir avec un pique-nique de début de printemps. Ajouter des commandos [forces spéciales] dans le Rojava n’aurait aucun effet face au genre d’opération classique que prépare le Sultan aux confins du saillant de Manbij, comme nous le rapporte notre envoyé permanent sur place Perwer Emmal. On ne s’oppose pas à des centaines de chasseur-bombardiers, autant de chars et de canons avec quelques dizaines de soldats d’élite, qui n’ont presque aucune utilité dans ce genre de confrontation.

 

A moins que l’on s’en serve comme de fusibles de dissuasion, annonçant qu’ils sont à Manbij et que toute attaque contre cette ville occasionnerait une entrée en conflit de Paris. Mais c’est précisément le genre de situation que j’éviterais fasse à un nationalo-islamiste turlusiphonné type Erdogan, qui considérerait cela comme une provocation, exactement comme si on agitait un chiffon rouge devant le museau d’un taureau tueur de la "ganaderia" de Muria.

 

Non. On ne bluffe pas dans ce genre de situations, surtout pas en exposant la vie de ses soldats comme des vifs pour la pêche au gros, et ce n’est pas l’Amiral Rogel qui me contredirait. Pour agir sérieusement, il faudrait au moins envoyer à Manbij une cinquantaine de Leclerc, autant de Rafales et un bon nombre de canons.

 

Et cela ne serait toujours pas suffisant : il serait de plus absolument nécessaire de coordonner étroitement les opérations avec les Américains, qui devraient également déployer une véritable armada dans la région, et, si possible, avec d’autres pays européens.

 

Attention aussi : ce faisant, on prendrait le risque d’entrer dans une vraie guerre, qui plus est, face à la seconde plus puissante armée de l’OTAN (au moins sur le papier). Sans parler de devoir gérer le million de Turcs vivant dans l’Hexagone, dont certains sont des partisans hystérique d’Erdogan et de ses plans de conquête musulmane de l’Europe. Et puisque l’on évoque cet aspect des choses, un conflit avec Ankara pourrait également mettre le feu aux banlieues, le Sultan se présentant tel un émir de l’islamisme, et les "jeunes" ne cherchant qu’un bon prétexte pour commencer une Intifada.

 

Pour ne rien arranger, l’unique porte-avions de la Marine française, le Charles de Gaulle, est en train de subir son deuxième arrêt technique majeur (ATM), et se trouve en cale sèche dans les bassins de Vauban, au moins jusqu’à la moitié de 2018.

 

Cela obligerait les Rafales à opérer à partir de bases fixes, des aéroports U.S. dans le Rojava, la base britannique d’Akrotiri à Chypre, voire des aéroports du Khe’l Avir, soit des solutions qui ne sont pas idéales.


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"Otages à Entebbe" : une imposture anti-israélienne (info # 012803/18) Version imprimable
Analyse
mercredi, 28 mars 2018

 

Par Guy Millière

 

Il existe déjà plusieurs films relatant la prise d’otages perpétrée par des terroristes du FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine) et de la bande à Baader allemande, et l’intervention militaire héroïque des forces de défense israéliennes pour sauver les otages. Il n’était pas nécessaire d’ajouter un film à ceux qui existaient déjà. On aurait pu espérer un instant qu’un film de plus apporterait des informations supplémentaires sur le détournement de l’Airbus d’Air France qui se déroula le 27 juin 1976. On pouvait craindre aussi et surtout, vu l’époque sordide que nous traversons, que le film soit falsificateur.

 

Le film n’apporte aucune information supplémentaire. Bien au contraire, il floute l’histoire. Et c’est effectivement un film falsificateur de la pire espèce, un long métrage anti-israélien et pro-terroriste sournois.

 

Ce qui est inquiétant avec une œuvre de ce type est qu’en falsifiant les faits de manière perfide, elle est à même de contribuer à substituer le mensonge et la propagande à la vérité.

 

Je ne pense pas que l’Autorité Palestinienne et le Hamas aient contribué au financement du film : ces gens préfèrent dépenser de l’argent pour acheter des armes et des explosifs, pour financer des attentats et des meurtres de Juifs, et pour rémunérer les tueurs de Juifs en prison. Mais s’ils l’avaient fait, le résultat n’aurait pas été pire.

 

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Shimon Peres, ministre de la Défense, Yitzhak Rabin, Premier ministre,

avec Michel Bacos, le commandant de bord du vol Air France 139,

qui reçut la Légion d’Honneur pour son comportement lors de la prise d’otages

 

Le film ouvre sur un panneau en banc-titre sur lequel on peut lire que ceux que certains considèrent comme des terroristes sont vus par d’autres comme des combattants de la liberté. Plus simplement posé, le cinéaste, le Brésilien José Padilha, admet tout à fait que ceux que l’on voit ensuite détourner un avion, séparer les Juifs des non juifs parmi les passagers, prendre les Juifs en otages, et menacer de les tuer sont peut-être des combattants de la liberté.

 

A la fin du film, des panneaux en banc-titre réapparaissent pour rappeler que le Premier ministre israélien montré dans le film (et décrit comme un pacifiste) a fini assassiné par un homme qui refusait la paix, puis que le Premier ministre actuel d’Israël est un homme qui refuse la paix.

 

Ce qui se passe entre les deux incursions de bancs-titres est censé constituer la narration des événements tels qu’ils se sont déroulés, mais les écarts avec la réalité sont incessants. Les deux terroristes de la bande à Baader sont présentés comme des gens ayant des états d’âme et des interrogations philosophiques existentielles sur la légitimité de leur “combat”.

 

Ceux du FPLP sont décrits comme pas du tout antisémites, n’ayant rien contre les Juifs, mais guidés uniquement par la volonté de libérer leur "pays occupé" (sic), et par la souffrance d’avoir vu leurs enfants cruellement assassinés par d’horribles nazis israéliens. On ne distingue aucune méchanceté dans leurs personnages, mais surtout de la colère et du désespoir. Le dialoguiste utilise l’opportunité qui lui est offerte pour leur faire débiter les arguments de propagande que l’on entend d’habitude dans la bouche de Mahmoud Abbas lorsqu’il parle arabe, et il n’y a, bien sûr, personne pour porter la contradiction.

 

Il est brièvement mentionné qu’Idi Amin Dada avait pour habitude de jeter ses opposants dans une fosse pour qu’ils soient mangés par des crocodiles, mais il est néanmoins montré pendant tout le film comme un homme jovial et souriant, qui semble désolé par ce qui se passe.

 

Le gouvernement israélien est présenté sous l’angle de la rivalité entre Shimon Peres et Yitzhak Rabin, et Shimon Peres est exhibé comme un homme roublard et cynique, tandis qu’Yitzhak Rabin est décrit comme un homme faible, indécis, hésitant, prêt à céder aux terroristes et à faire d’immenses concessions pour que vienne la paix.

 

Quand bien même - ce n’est pas un secret -, je n’appartiens pas à leur famille politique, je considère cette façon de montrer Shimon Peres, tout particulièrement dans les circonstances décrites par le film, comme insultante pour sa mémoire, et cette façon de dépeindre Yitzhak Rabin comme plus insultante encore. Rabin a fait des erreurs, et je n’ai jamais hésité à le dire, mais il n’a jamais été l’être pusillanime décrit ici.


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Bruxelles-Métula du 21 mars 2018 (011903/18) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
mercredi, 21 mars 2018

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/1440563702720459/ (Facebook).  Ou https://youtu.be/njGfPvhh6I4 (Youtube).

 

Israël vient de reconnaître que le 6 septembre 2007, c’est elle qui a détruit le réacteur nucléaire d’Al Kibar, dans la région de Deïr Ez Zor en Syrie, et d’autoriser la divulgation des détails de l’opération. Voir la vidéo du raid : https://youtu.be/exz3FY6clrg

 

C’était la Ména qui avait à l’époque annoncé la destruction d’Al Kibar le jour même de l’opération en exclusivité, déclenchant des moqueries et les critiques des autres media dans un premier temps.

 

Al Kibar est situé à 450km de Métula et d’Israël. Il s’agissait d’un réacteur nucléaire conçu par les Coréens du Nord, sur le point d’être mis en marche afin de doter le régime alaouite de l’arme atomique.

 

8 chasseurs bombardiers frappés de l’étoile de David et chargés chacun de deux bombes ont participé à l’attaque. Chaque appareil était équipé de projectiles de types différents pour s’assurer que le réacteur serait détruit ; ils ont tous atteint l’objectif qui a été pulvérisé.

 

Le réacteur avait été baptisé "Le Cube", par les Israéliens, il mesurait 20m de haut sur 40 de large. A l’issue du raid, encore en train de survoler le territoire syrien, le leader de l’escadrille rompit le silence radio pour lancer le code "ARIZONA", qui signifiait à l’intention de l’état-major de Tsahal dans son quartier-général, que le réacteur syrien avait cessé d’exister.

 

 
Bruxelles-Métula du 19 mars 2018 (011903/18) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 19 mars 2018

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/1438721542904675/ (Facebook).  Ou https://youtu.be/IZeZ9i3SIPw (Youtube)

 

Afrin ne deviendra donc pas un nouveau Stalingrad. Elle n’était géographiquement pas défendable, surtout pas à 1 contre 5, sans armes pour se protéger des avions, des chars et des canons.

 

Hier, Afrin est ainsi tombée sans résistance, cela faisait déjà une semaine que les combattants des Unités de Défense du Peuple s’étaient évacués vers leurs frères du saillant de Manbij, en passant par les zones tenues par l’armée de Bashar al Assad. Il n’était pas utile de les sacrifier pour une bataille perdue d’avance ; on risque d’en avoir grand besoin dans le Rojava oriental si le Sultan sanguinaire met à exécution ses menaces d’y poursuivre son agression.

 

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Merci de vous être battues pour nous là où nous n’étions pas

 

D’entente avec les Turcs, Assad a maintenu un corridor ouvert vers Alep, que les combattantes et combattants ont emprunté, dans le sillage de la population en fuite. Il ne reste plus beaucoup de civils non plus dans la capitale du canton : 350 000 ont quitté leurs maisons, sur les 450 000 qui y demeuraient. D’autres sont partis il y a quelques semaines déjà.

 

Le dictateur Erdogan se débarrasse ainsi de la plupart des habitants originaux d’Afrin, et Assad autorise ces "Syriens" à passer "sa" "frontière", mais les empêche de s’installer à Alep, afin de préserver les proportions démographiques de la ville. Les malheureux vont faire le difficile apprentissage du statut de réfugiés et des villages de tentes, et pour plusieurs années, à moins qu’ils soient autorisés à se réinstaller dans le Rojava oriental.

 

La Bataille d’Afrin aura fait 1 700 morts dans les rangs de l’Armée ottomane et de ses supplétifs arabes islamistes, ainsi que 5 500 blessés. Perwer Emmal estime qu’au final, les pertes de l’ennemi se monteront à près de 2 000 morts. Parmi ceux-ci, 400 Turcs, et le reste d’islamistes.

 

Les Kurdes, quant à eux, ont perdu de 550 à 850 Peshmerga, dont 250 à 350 ces 10 derniers jours (nous ne pouvons pas être plus précis, Perwer Emmal a perdu ses relais à cause de la bataille), après que le front a cédé. On dénombre également 500 morts parmi les civils, de même que 3 000 blessés, combattants et civils kurdes confondus.

 

On est d’autre part sans aucune nouvelle des zones désormais occupées par l’envahisseur, qui ne laisse filtrer aucune information à ce sujet, pas plus que sur les prisonniers. On est dès lors inquiet pour leur sort, d’autant plus que de vastes scènes de pillage des mains de la soldatesque turque sont observées et filmées à Afrin-city et ailleurs dans les territoires perdus.

 

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Afrin : situation le 18 mars 2018 à 18h

Service cartographique © Metula News Agency

Sur la base de la carte Wikipedia

 

Pourtant peu ou pas de couverture dans les autres media, particulièrement francophones. Et dans le peu de couverture de cet immense drame humain, beaucoup de mal-information provenant de confrères qui ne savent pas de quoi ils parlent ou qui reprennent sans les comprendre les infos de la propagande turque ou celles provenant de sources non fiables.

 

Ainsi l’AFP, qui abreuve ces jours les media francophones du chiffre de 1 500 combattants kurdes tués, suivant en cela l’estimation de l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme, qui n’en sait strictement rien. Les journaux ont à peine le temps de publier ces bilans aberrants, qu’il en tombe un autre… 3 500 Peshmerga éliminés, de source officielle à Ankara.

 

Le compte-rendu des media français est aussi minimaliste qu’informationnellement médiocre et  biaisé : pour eux, l’Armée d’Erdogan n’a pas "envahi" le canton d’Afrin, elle en a "pris le contrôle". Les termes "agression", "occupation", "colonisation", "invasion" sont réservés au conflit israélo-arabe et aux guerres des Juifs, même si là-bas, ils n’ont pas lieu d’être.

 

Pourtant, le gouvernement du Sultan maboule se déchaîne contre l’Europe, prédisant qu’elle "court au précipice, où ils sont emmenés par ses dirigeants défaillants", comme l’a relevé le ministre turc des Affaires Etrangères, Mevlüt Cavusoglu, jeudi dernier, ajoutant que "des guerres de religion vont commencer, car l'Europe effectue un dangereux pas en arrière".

 

Attention, même si Cavusoglu est inaccessible à notre discernement lorsqu’il affirme que l'Europe effectue, dans ce contexte,  "un dangereux pas en arrière", il y a des millions de travailleurs turcs en Europe occidentale, dont une grande partie est hypnotisée par les prophéties impérialistes et islamistes du nouveau pacha ! 4 millions pour la seule Allemagne, 500 000 en Grande-Bretagne et en Hollande, un million en France, et 250 000 en Belgique.

 

La junte erdoganienne a aussi fustigé les appels du Parlement Européen demandant, trop timidement et scandaleusement trop tard, la cessation des hostilités à Afrin. Réponse textuelle du tyran jeudi dernier : "Ne vous excitez pas, nous ne sortirons pas [d’Afrin] sans terminer notre travail. Le Parlement Européen n'a rien à dire à la Turquie !".

 

Mevlüt Cavusoglu a renchéri le lendemain : "Nous ne pouvons pas accepter la décision du Parlement Européen, connu pour sa tolérance vis-à-vis des organisations terroristes. Le Parlement a une nouvelle fois démontré qu'il est loin d'être objectif et d'avoir une approche impartiale".

 

La palme de la violence verbale revenant au vizir des Affaires Européennes, Ömer Çelik, qui a qualifié  le vote européen de "décision puérile, dépourvue de vision".

 

Dans son discours de victoire, Erdogan a répété hier qu’il allait également "libérer Manbij ainsi que le reste du Nord syrien", au risque d’une confrontation militaire directe avec l’Amérique qui y a déployé des soldats. Il a aussi déclaré : "Nous avons administré une leçon à ceux qui ont tenté de nous assiéger dans la bataille de Çanakkale, et nous faisons la même chose avec ceux qui ciblent notre stabilité et notre avenir à travers la mise en place d'un Etat terroriste tout le long de nos frontières".

 

Deux précisions s’imposent à ce sujet : d’une, la bataille de Çanakkale fut un avatar de la Première Guerre Mondiale, en 1915, à l’entrée de la mer de Marmara.

 

De deux : il n’y avait pas de Kurdes à la bataille de Çanakkale. Ceux qui "ont eu droit à une leçon", ce sont les Français et les Britanniques.

 

A bon entendeur… les fous inspirés par la religion ont souvent de la suite dans leurs idées.

 

 
Netanyahu et Trump : deux très grands hommes d’Etat (info # 011803/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 18 mars 2018

 

Par Guy Millière

 

Dimanche onze mars, une émission d’une heure sur Fox news m’a fait mesurer une fois de plus la distance immense qui sépare les Etats-Unis de la France, et de l’Europe en général.

 

Un présentateur qui n’a pas d’équivalent sur le continent européen, Mark Levin, l’animateur d’une émission de radio quotidienne, l’un des plus importants conservative talkshow hosts (présentateur d’émission de commentaire conservateur) américains, l’auteur de plusieurs livres de philosophie politique remarquables, le fondateur d’une chaine de télévision à laquelle on peut accéder sur le Net [levintv.com], recevait Binyamin Netanyahou à une heure de grande écoute. Il lui posait des questions pertinentes, fondées, sans esprit polémique ni agressivité. Et Binyamin Netanyahou pouvait répondre de manière précise et détaillée, sans être intempestivement interrompu.

 

Aucun sujet n’a été laissé de côté. L’histoire d’Israël et celle du peuple juif sur la terre d’Israël depuis des millénaires, la “cause palestinienne”, ce qu’est l’Autorité Palestinienne et ce qu’est le Hamas, la situation globale au Proche-Orient, la guerre en Syrie, la stratégie de l’Iran, le caractère catastrophique et dangereux de l’accord de juillet 2015 passé avec le régime des mollahs, le financement par celui-ci du terrorisme islamique et de guerres régionales, avec pour but une hégémonie régionale, l’alliance qui prend forme entre Israël et l’Arabie Saoudite, le futur plan de paix régionale préparé par l’administration Trump, l’importance historique de la décision de Donald Trump de reconnaitre Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y installer l’ambassade des Etats-Unis, les relations difficiles avec l’Union Européenne.

 

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Mark Levin interviewant Binyamin Netanyahou

 

Binyamin Netanyahou a su dire ce qu’il avait à dire et être explicite tout en gardant un art consommé diplomatique de la litote.

 

En écoutant cette émission, j’ai réalisé qu’Israël avait une chance immense d’avoir pour Premier ministre un très grand homme, l’un des rares hommes d’Etat de ce temps.

 

J’ai songé que c’était une chance immense pour Israël, mais aussi pour le monde, que les Etats Unis aient aussi, au même moment, un très grand homme à leur tête, un autre des rares hommes d’Etat de ce temps.

 

J’ai mesuré la petitesse inepte de ceux qui, en Israël, harcèlent Binyamin Netanyahou et qui me rappellent ceux qui harcèlent et diffament Donald Trump aux Etats-Unis. Et j’ai pensé que la gauche en Israël, faute de pouvoir gagner par la qualité de son programme, tentait de le faire par des méthodes viles, comme la gauche américaine en ce moment.

 

J’ai songé que Binyamin Netanyahou et Donald Trump allaient accomplir de grandes choses pour Israël, pour le Proche Orient et pour le monde, malgré tout.

 

J’ai songé aussi à quel point ils étaient l’un et l’autre détestés, et trainés dans la boue par la presse mondiale.

 

J’ai songé que Mark Levin ne pouvait pas avoir d’équivalent sur le continent européen : un homme comme Mark Levin serait insulté, marginalisé en Europe, et tout particulièrement en France.

 

J’ai songé qu’en Europe, et tout particulièrement en France, aucune chaine de télévision n’accorderait à un homme tel que Binyamin Netanyahou une heure d’antenne, et que les entretiens dans lesquels les journalistes parlent avec déférence à leur interlocuteur sont réservés en Europe à des gens tels que Mahmoud Abbas ou Hassan Rohani. Ce qui est, en soi, très éloquent.

 

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Attentat palestinien : 2 morts, 2 blessés (info # 011603/18) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 16 mars 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula, minuit, vendredi, 23h à Paris

 

En fin de cette après-midi de vendredi, un tueur palestinien répondant au nom d’Ala Rateb Abed al Latif Qabkha a assassiné deux soldats israéliens sur la Route 585, entre les implantations de Mevo Dotan et de Khermesh, dans le nord-ouest de la Samarie. Les morts sont un officier et un conscrit. Un troisième militaire est grièvement blessé à la tête et son diagnostic vital est engagé. Il a été transporté par hélicoptère avec ses camarades au Centre médical Rabin (Bellinson) à Petakh Tikva. Un quatrième soldat est modérément blessé et ses jours ne sont pas en danger.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

Les quatre hommes venaient de quitter leur véhicule de type Humer afin de se rendre dans une tour d’observation en béton, lorsque le tueur qui les attendait en embuscade a lancé sa voiture à pleine vitesse sur eux.

 

Il a d’abord tué sur le coup l’officier et la recrue qui marchaient devant le tout-terrain, puis est revenu heurter les deux autres militaires qui se trouvaient de l’autre côté du véhicule. Les premiers éléments de l’enquête ont révélé qu’un très court laps de temps s’est écoulé entre les deux attaques et que les deux soldats survivants n’ont pas eu le temps matériel de faire usage de leurs armes.

 

L’assassin palestinien de 26 ans, habitant le bourg de Bartaa, à cheval sur la ligne d’armistice de 1949, savait que Tsahal envoyait des hommes dans la tour, car c’était devenu une routine depuis que des jeunes Palestiniens callassaient les automobilistes dans ce secteur depuis quelques semaines et leur lançaient des cocktails Molotov.

 

Le porte-parole de l’Armée a confirmé qu’il s’est agi d’un acte intentionnel destiné à tuer des soldats israéliens.

 

Dès la caractérisation du délit et l’identification du suspect, le Coordinateur des Activités Gouvernementales dans les "Territoires" (COGAT), le Major Général Yoav Mordechaï, a ordonné la suspension de toutes les autorisations spéciales dont bénéficiait le clan Qabkha.

 

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Les restes de la Jeep Hyundai de l’assassin témoignent de la violence du choc

 

Ainsi, 67 permis de travail en Israël, 26 autorisations commerciales et quatre permis de travail dans les implantations ont été annulés. D’autre part, les enquêteurs de l’Armée et du Shin Bet (contre-espionnage) procèdent à des interrogatoires approfondis de la famille d’Ala Qabkha, principalement afin de vérifier si son acte était prémédité et s’il a bénéficié de soutiens pour l’accomplir.

 

Tsahal a décidé de ne pas imposer le blocus de Bartaa, comme c’est parfois le cas en de semblables circonstances, mais d’établir des barrages routiers aux entrées de la localité et de contrôler tous les entrants et les sortants.

 

L’assassin a été arrêté ; il souffre de blessures de moyenne gravité et a été emmené à l’hôpital Hillel Yaffé de Hadéra pour y être soigné. Son état n’a pas empêché qu’il soit entendu par les enquêteurs.

 

Il avait été libéré de prison il y a un peu moins d’un où il avait purgé une peine de 17 mois pour atteinte à la sûreté de l’Etat.

 

Un membre de sa famille, interrogé par un confrère, a affirmé contre toutes les évidences qu’Ala Qabkha était peintre en bâtiment, "qu’il s’était rendu à Jénine [dans les territoires] pour y acheter de la peinture et qu’il était sur la route pour rentrer chez lui". Ce proche soutient qu’ "il s’agirait d’un accident malencontreux et non d’une attaque terroriste, comme "ils" le prétendent". Il a également déclaré que l’assassin "ne fait partie d’aucun parti politique et n’est membre d’aucune organisation".

 

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Les soldats de Tsahal arrivant dans la maison de la famille Qabkha à Bartaa

 

C’est presque toujours ce que qu’affirment les proches d’auteurs d’attentats et de terroristes palestiniens comme seul argument de défense lors d’attaques au véhicule tueur. Il est vraisemblable que la personne interviewée avait eu le temps de recevoir les conseils d’un avocat dans ce sens.

 

Le Hamas et le Djihad Islamique ont acclamé le meurtre depuis Gaza, le Mouvement de la Résistance Islamique [Hamas] tenant à préciser que l’attentat survient "cent jours après la reconnaissance par Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël".

 

L’organisation terroriste Hamas, qui semble partager l’opinion du Président Macron selon laquelle la décision de Donald Trump constitue une erreur qui "n’aidera pas à résoudre le conflit" entre les Palestiniens et les Israéliens, n’a toutefois pas revendiqué l’assassinat, à l’instar du Djihad Islamique. Les deux mouvements craignent en effet d’éventuelles représailles israéliennes contre les commanditaires de cet attentat.

 

Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a quant à lui affirmé sur son compte Twitter qu’il "entendait agir afin que le terroriste subisse la peine capitale, que sa maison soit détruite, et que tous ceux qui l’ont aidé soient punis". M. Lieberman a également accusé l’Autorité Palestinienne, qui rémunère les terroristes et leurs familles.

 

On rappelle que le drame de ce soir constitue le second attentat à la voiture tueuse en l’espace de quinze jours. Plus tôt ce mois de mars, un Israélien arabe du nord du pays âgé de cinquante et un ans avait roulé sur deux soldats, un garde-frontière et un passant dans la ville côtière de Saint-Jean d’Acre, leur infligeant des blessures de moyenne importance.

 

 
Opération Aviv 2018 Version imprimable
Communiqué
jeudi, 15 mars 2018

 

Opération Aviv 2018

 

Dans l’unique but d’augmenter davantage encore notre capacité à vous informer, la na va acquérir d’ici fin mars les équipements suivants :

 

aviv_4.jpg4 téléphones mobiles dont un satellitaire, ainsi qu’un appareil photo-vidéo professionnel pour nos reporters de guerre dans le Rojava. Un nouveau drone de photographie aérienne pour le siège de Métula (Syrie-Liban), à distance et temps de vol étendus. Des moyens supplémentaires de protection pour nos équipes de terrain. Un nouveau moteur plus puissant pour notre Land Rover de reportage. Une nouvelle table de mixage vidéo afin d’améliorer considérablement nos capacités de TV HD en direct. Un système de communication audio indépendant afin de relier nos équipes en cas de panne d’électricité ou de réseau mobile, ainsi qu’un générateur électrique pour la rédaction.

 

L’ensemble, pour une valeur d’environ 57 000 euros.

 

Nous nous adressons à ceux qui comprennent l’importance du travail d’information que nous fournissons et qui se sentent proches de notre démarche professionnelle afin qu’ils participent financièrement à ces acquisitions.

Aviv2

Nous proposons à ceux qui en ont les moyens de contracter un ou plusieurs abonnements AM [Amis de la na /contribution volontaire] et/ou de devenir nos partenaires en achetant des actions de la Metula News Agency [prix et détails à l’adresse : http://www.menapress.org/finances-commerce-publicit.html].

 

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Toutes les informations auprès de Sylvie Tobelem : info@metulanews.info

 

 
Bruxelles-Métula du 12 mars 2018 (011203/18) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 12 mars 2018

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/1431287666981396/ (Facebook).  Ou https://youtu.be/u1iX21yv6Uc (Youtube)

 

Emission dramatique ce lundi matin, lorsque Stéphane Juffa, donnant les derniers détails de la situation militaire au micro de Jim Mosko, annonce que la bataille d’Afrin est sur le point d’être perdue pour les Kurdes et que le risque de génocide, qui menace le million d’habitants de l’enclave, est immédiatement actuel.

 

Juffa affirme que quelque chose a changé dans la partie du monde qui s’auto-proclame humaniste, et dont les responsables politiques, les journalistes et les media décident de laisser le dictateur turc réaliser ce massacre sans en parler.

 

Le rédacteur en chef de la Ména parle du poids de la conscience, et affirme que l’Europe cache à ses citoyens que la Turquie s’est métamorphosée, que des dizaines de milliers d’innocents croupissent dans ses prisons, et que l’héritage de Mustafa Kemal Atatürk a été balayé par le sultan dément au profit de l’islam radical. Ce, alors que les responsables européens continuent de dépeindre la Turquie comme un pays fréquentable afin d’éviter d’avoir à se confronter au tyran.    

 

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Ces jeunes femmes ont le courage qui nous fait défaut
 
 
Les rumeurs autour du plan de paix de Trump (info # 011103/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 11 mars 2018

 

Par Guy Millière

 

L’année 2018 sera celle ou un plan de paix sera proposé par l’administration Trump. La perspective crée, à l’évidence, beaucoup de nervosité, et nombre de manœuvres plus ou moins troubles.

 

Jared Kushner, qui joue un rôle important dans l’élaboration du plan, subit une opération de déstabilisation menée par la presse de gauche américaine qui, à l’évidence, aimerait le voir tomber. Ce qui retarderait la présentation du plan et la compromettrait, et pourrait avoir des conséquences plus vastes dès lors que Jared Kushner entretient une relation étroite avec Mohamed ben Salman, l’héritier du trône saoudien.

 

Le journal Asharq Al-Awsat [(ara) le Moyen-Orient], qui paraît à Londres, en langue arabe, a publié récemment ce que sont censées être les grandes lignes du plan, et ces grandes lignes, telles que décrites, ont aussitôt suscité réserves et inquiétudes en Israël et chez les amis d’Israël. Certains d’entre eux n’ont pas hésité à affirmer que si le plan correspondait effectivement aux grandes lignes décrites, ce serait un désastre, puisqu’il est fait allusion, entre autres, à une division de Jérusalem, au passage de la vieille ville sous contrôle des Nations Unies, et à un Etat palestinien démilitarisé dans des frontières proches des lignes d’armistice de 1949.

 

Saëb Erekat, enfin, le Secrétaire général de l’OLP et diplomate no.1 de l’Autorité Palestinienne, a mis en circulation un document distribué aux dirigeants du Fatah, et repris par tous les media “palestiniens”. Son titre est “Directives du Président Trump pour la nouvelle phase : imposer une solution”. Le document est censé décrire lui aussi les grandes lignes du plan, mais ne répète pas exactement ce qu’imprimait Ashark Al-Awsat quelques jours plus tôt.

 

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"Il se murmure que ton plan de paix serait presque prêt !"

 

Ce qui parait exact en tout cela est la tentative de déstabilisation subie par Jared Kushner : les Démocrates aux Etats-Unis, donc quatre-vingt-dix pour cent des journalistes et commentateurs, mais aussi, hélas, les dirigeants de l’AIPAC, qui a tenu son assemblée annuelle la semaine écoulée, fervents partisans de la “solution à deux Etats”, voudraient voir Donald Trump échouer dans ses tentatives de faire avancer la paix au Proche-Orient. Si, de plus, ils pouvaient écarter Jared Kushner, ils auraient fait un pas important dans cette direction. Ces gens disent vouloir la paix, mais ils veulent surtout sauver leur conception de la “paix”, même si leur conception de la “paix” a échoué, et sauver l’Autorité Palestinienne.

 

Ce qui est infondé dans cette affaire, c’est l’ensemble de ce qu’a publié Ashark al-Awsat et de ce qu’a mis en circulation Saëb Erekat. Diffuser de fausses informations, susciter des inquiétudes chez l’ennemi est une stratégie éprouvée dans certains milieux, qui continue à être utilisée parce qu’elle produit des résultats. On le voit trop souvent un peu partout sur Terre.

 

Ce qui importe dans l’immédiat est que Jared Kushner et Jason Dov Greenblatt, qui travaille avec lui, aillent jusqu’au bout de leur projet, et puissent présenter le plan de paix qu’ils élaborent.

 

Ce plan devra être jugé sur pièces le moment venu.

 

Comme l’ont écrit des commentateurs américains et israéliens : ce qu’a publié Ashark al-Awsat ne ressemble pas du tout à ce que peut envisager Donald Trump et aux conceptions de la situation qui sont celles de Kushner et de Greenblatt, ce qu’a mis en circulation Saëb Erekat non plus.

 

On doit ajouter que, quel que soit le plan de paix proposé, il est quasiment certain que l’Autorité Palestinienne le refusera, et le Hamas plus encore, ce qui le rendra inutilisable.

 

L’objectif essentiel du plan de paix qui sera présenté sera d’être acceptable par les pays sunnites alliés des Etats-Unis (Egypte, Arabie Saoudite, émirats du Golfe) et de leur permettre de déclarer, qu’une fois de plus, les dirigeants “palestiniens” ont raté une occasion d’obtenir leur émancipation. Cela leur permettrait de passer à une étape ultérieure dans leur rapprochement avec Israël et dans la marginalisation de la “cause palestinienne”.


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Afrin : les lignes kurdes éventrées (010803/18) Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 08 mars 2018

 

Par Perwer Emmal dans le Rojava

 

Cette fin de semaine a vu les lignes de front des Unités de Protection du Peuple (YPG) céder sous la pression de l’Aviation et de l’Artillerie du dictateur sanguinaire Erdogan. Rajo (4 000 hab.) est tombée entre les griffes de l’envahisseur ottoman, ainsi que la moitié de Jandairis (22 000 hab.), dont le centre est occupé par l’ennemi [carte]. L’envahisseur se trouve désormais à moins de vingt kilomètres de la capitale du canton, Afrin, par le Sud-Ouest, et à une douzaine par le Nord-Est et la province de Sharan [carte] ; les principaux combats à Sharan se situant actuellement autour des villages de Kafr Jannah et Maaraskeh, littéralement noyés sous les obus des avions et des canons. Ces deux axes [flèches rouges] constituent les zones de poussée de l’offensive turque sur Afrin-city.

 

La cause semble militairement perdue et l’on craint des massacres dans les heures à venir ; ce, d’autant plus que la communauté internationale, y compris les alliés des Kurdes, restent coupablement muets, comme s’ils espéraient qu’Erdogan termine son agression le plus rapidement possible, en tuant le moins de monde possible.

 

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Carte des combats à Afrin. Situation le jeudi 8 mars 2018 à 18h

Service cartographique © Metula News Agency

Sur la base de la carte Wikipedia

 

La résistance des YPG et des YPJ (les combattantes) reste véritablement héroïque et elle demeure organisée. Ils n’ont jamais anéanti plus de soldats adverses que durant les derniers affrontements, mais c’est comme un barrage hydraulique qui aurait cédé : face à l’armement ennemi et au nombre de ses militaires, l’eau empoisonnée s’infiltre de toutes parts.

 

Mes correspondants ont noté à Afrin un début de fuite des habitants en direction d’Alep, la seule zone, avec le saillant vers al Bab, qui ne soit pas encore sous l’emprise des porte-flingues du sultan dément. Les cœurs civils d’Afrin et de Jandairis sont soumis depuis ce matin à des bombardements terrestres et aériens sans précédents, qui sont assimilables à des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

 

Depuis le début de l’agression ottomane contre l’enclave kurde d’Afrin, le 20 janvier dernier, les YPG sont parvenues à éliminer 1 630 soldats de l’Armée turque ou supplétifs islamistes arabes lors des combats, selon l’estimation de la Ména, qui est correcte, compte tenu d’une marge d’erreur de 5 pour cent. 3 600 membres des forces d’agression ont en outre été blessés et sont soignés dans des hôpitaux en Turquie. La proportion entre Turcs et Arabes tués ou blessés reste d’un peu moins d’un Turc pour quatre Arabes, même si le taux de Turcs, particulièrement de leurs commandos, est en augmentation depuis le lancement de l’offensive décisive.

 

Les YPG comptent 319 tués et plus de 650 blessés. 271 civils sont morts sous les bombardements de l’Aviation et de l’Artillerie turques, et 32 ont été sommairement exécutés sur le bord des chemins. Un peu moins d’une centaine d’enfants font partie du bilan morbide. 750 civils sont soignés dans les hôpitaux pour leurs blessures.

 

Erdogan a perdu, en plus de 2 hélicoptères et leurs occupants, 126 véhicules militaires, dont 71 blindés ; douze ou treize autres ont été endommagés mais ont pu être réparés et renvoyés au combat.

 

Les forces d’Erdogan contrôlent désormais 38 pour cent de l’enclave d’Afrin [voir la carte], mais le plus grave est qu’elles peuvent s’emparer de la capitale en isolant le nord du canton, ses Peshmerga et sa population, car rien ne semble pouvoir contenir les deux offensives en cours.

 

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Ces jeunes femmes font actuellement écran aux avions et aux canons

avec leurs seules personnes, leur détermination intacte,

et la certitude de combattre pour notre liberté à tous

 

Les paramilitaires envoyés par al Assad et ceux de l’ayatollah Rohani se sont montrés totalement inefficaces à contenir l’ennemi. Des dizaines sont morts, et des centaines d’autres ont refranchi la limite de l’enclave en direction d’Alep.

 

A aucun moment Assad n’a fait donner son aviation, ses  missiles antiaériens, son artillerie ou ses chars. On s’en souviendra, particulièrement de ses affirmations selon lesquelles le Rojava fait partie intégrante de la Syrie, au moment – qui viendra forcément un jour ou l’autre – où il s’agira d’établir une continuité politique à la guerre.

 

Les FDS (Forces Démocratiques Syriennes) sous commandement et à forte majorité YPG, se sont massivement retirées des zones de l’est syrien, limitrophes de l’Irak, où elles combattaient DAESH pour la Coalition occidentale. D’après mes informations, 22 000 des 25 000 Peshmerga qui s’y trouvaient ont été transférés dans le saillant de Manbij et dans le reste du Rojava occidental, face à la Turquie. La coalition sous commandement U.S. contient les miliciens de l’Etat Islamique à grands renforts de bombardements aériens.

 

Dans le saillant de Manbij où je me trouve, l’humeur des combattants kurdes est fébrile, mais leur colère est stérile. Elle se heurte au refus toujours aussi obstiné des Américains de les laisser ouvrir un nouveau front à l’ouest de Manbij afin de porter secours à leurs frères assiégés à Afrin.

 

Il ne suffit d’ailleurs pas que les Yankees leur donnent leur feu vert, car pour avoir une chance de repousser l’envahisseur turc, il faudrait aux Kurdes au moins que l’Air Force interdise le survol de la Syrie aux appareils du sultan criminel. Et cela, l’Administration Trump n’est pas prête à l’envisager. Les officiers et les commandos U.S. et européens en poste dans le Rojava ne partagent pas la position de leurs gouvernements et certains écument de rage. J’ai vu des colonels U.S. et des commandos européens pleurer ces derniers jours, lorsque j’évoquais avec eux l’éventualité d’une opération de secours aux défenseurs d’Afrin.

 

Les FDS, pour leur part, envisagent bien de se passer de l’accord et de l’appui de leurs alliés, mais elles sont contraintes de faire le même calcul. Il y a, toujours selon mon estimation, entre 11 et 15 000 Peshmerga dans le saillant de Manbij prêts à passer à l’action ; mais sans couverture aérienne, sans chars, sans artillerie, s’ils se lancent en direction d’Afrin, ils vont se faire décimer par les F-16 d’Erdogan et ses tanks Léopard. Et dès lors, il n’y aura plus personne pour défendre le Rojava oriental et sa population.  

 

Le monde libre est en train de sacrifier Afrin et son million de défenseurs, de civils et de réfugiés de la Guerre Civile syrienne au profit de la protection du reste du Rojava. C’est le deal qui ne dit pas son nom. C’est aussi le prix à payer pour éviter une guerre Occident-Turquie et une sortie d’Ankara de l’OTAN.

 

A mon avis, on ne fait cependant que retarder cette échéance, du fait que le sultan s’est lancé corps et âme dans l’islamisation de son pays et de l’Europe. Ses discours, qui ne sont plus rapportés en Europe et aux Etats-Unis, ne parlent que de cela, de même que ceux de ses ministres. La semaine dernière, la soldatesque du dément a arrêté deux garde-frontières grecs qui auraient involontairement franchi leur frontière. Ils refusent de les libérer et annoncent vouloir les traduire en justice. C’est avec ce genre de comportements qu’Erdogan va, petit à petit, remilitariser ses rapports avec Athènes et Nicosie, jusqu’à ce qu’il se sente prêt à entamer l’irréparable.

 

Les stratèges de l’OTAN, des Armées grecque, cypriote et israélienne le savent pertinemment. Ils sont conscients de ce que l’agression contre Afrin – sans la moindre justification stratégique, je tiens à le rappeler – constitue la première étape d’opérations armées qui suivront contre des Etats non-musulmans, de préférence juif ou chrétiens.

 

Voilà le compte-rendu de l’accablante réalité de ce jeudi soir. 10 000 de mes frères et sœurs sont en train de mourir bravement, les armes à la main, sans aucune chance de s’en sortir. Ils n’ont commis aucune faute et n’ont jamais usé de leurs armes pour autre chose que pour se défendre. Ils sont des sacrifiés de l’histoire, comme l’histoire en produit de temps à autres. A l’instar des Varsoviens, le 2 octobre 44, contre l’occupant nazi, alors que l’Armée soviétique les a regardé se faire massacrer. Comme les combattants du Ghetto de Varsovie, un an et demi auparavant, face au même ennemi et au même endroit.

 

Le cœur empli de la honte de ne pouvoir en faire plus, partagée par les Peshmerga qui m’entourent et l’immense majorité des soldats des pays libres qui vont et qui viennent, notre courage tient maintenant à regarder l’agonie de nos camarades sans cligner des yeux.

 

C’est également l’angoisse qui nous étreint, non seulement quant au sort peu envieux que les hordes de barbares ottomans réservent aux combattants et combattantes kurdes qu’ils nomment terroristes, mais aussi à propos du million de civils, qui vont se trouver sans protection, soumis au bon vouloir de la lie de l’humanité.

 

 
Dernières minutes (Métula, 22h35 locales) : Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 08 mars 2018

 

Intense activité du Khe’l Avir (l’Armée de l’air israélienne) depuis 3 heures au-dessus de Métula, de l’Ongle de la Galilée et des zones avoisinantes.

 

 
Bruxelles-Métula du 5 mars 2018 (010503/18) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 05 mars 2018

 

© Metula News Agency/Radio Judaïca

 

L’analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca :

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/vb.552540291522809/1424254934351336/?type=2&theater

 

Ou sur Youtube : https://youtu.be/XyPpQKXutuo

 

Au sommaire : Iran-Israël, quel est leur rapport de force, quels sont les objectifs stratégiques et tactiques des deux ennemis, à quels risques la population israélienne est-elle confrontée.

 

Juffa livre également des détails sur la coalition Israël-Etats sunnites-Etats helléniques qui s’est mise en place face à l’agressivité de l’Iran et de la Turquie.

 

 
La méprisable provocation des Eglises catholiques à Jérusalem (info # 010403/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 04 mars 2018

 

Par Guy Millière

 

Les Eglises catholique, grecque orthodoxe et arménienne apostolique, qui se partagent la custodie du Saint-Sépulcre à Jérusalem, ont, voici peu, fermé les portes de celui-ci pendant deux jours consécutifs. Leurs représentants ont expliqué leur acte : protester contre une décision de la municipalité de Jérusalem visant à leur faire payer des taxes sur leurs propriétés à caractère non-religieux et à régler des litiges existants en matière de propriété foncière. La municipalité de Jérusalem a cédé à la protestation et a, pour l’heure, renoncé à faire appliquer la loi.

 

La décision de la municipalité de Jérusalem n’avait cependant rien d’aberrant ou de scandaleux. Tous les édifices dont la finalité n’est pas religieuse à Jérusalem et sur le territoire d’Israël sont assujettis à l’impôt. Le niveau de taxes exigé n’est en rien exorbitant ou discriminatoire. Il s’agit du taux appliqué à tous les édifices dont la finalité n’est pas religieuse à Jérusalem. La volonté de trouver un moyen de régler les litiges en matière de propriété foncière ne portait elle-même en rien préjudice au droit de propriété et ne constituait en rien une loi d’exception.

 

Pourquoi, dès lors, les Eglises catholique, grecque orthodoxe et arménienne apostolique ont elles jugé bon de protester ?

 

Les raisons apparaissent en filigrane dans la façon dont les protestations ont été organisées.

 

Les représentants des Eglises concernées ont fallacieusement parlé de “discrimination”. Ils ont clamé qu’Israël voulait “affaiblir”, voire “annihiler la présence chrétienne” à Jérusalem. Ils se sont adressés à la presse internationale, qui s’est empressée de reprendre leurs allégations sans chercher le moins du monde à en vérifier l’authenticité. Ils ont accepté que le porte-parole de leurs revendications et de leur discours auprès de l’Union Européenne soit Ayman Safadi, le ministre des Affaires Etrangères de Jordanie. Ils ont, bien sûr, trouvé un écho favorable chez Federica Mogherini, la responsable de la Politique Etrangère de l’Union Européenne, et contemptrice systématique et borgne d’Israël.

 

Il est difficile de ne pas discerner dans cette conduite une volonté appliquée de diffamer et de faire scandale, un désir d’exercer une pression et un chantage supplémentaires sur Israël, ainsi qu’une tentative d’apporter des arguments à ceux qui entendent remettre en question et délégitimer la souveraineté israélienne sur Jérusalem.

 

Difficile de ne pas constater que cette volonté, ce désir et cette tentative se sont exprimés au moment même où le Président Donald Trump, quelques semaines après avoir décidé de transférer l’ambassade des Etats Unis à Jérusalem, a annoncé la date effective du transfert, à savoir le moment où Israël célébrera le soixante-dixième anniversaire de sa renaissance, au mois de mai prochain.

 

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Les Eglises ont scellé le Saint-Sépulcre avant d’accuser le gouvernement

israélien de porter atteinte à la liberté de culte…

 

Il est impossible d’ignorer que ce transfert, qui fait que la première puissance du monde reconnait enfin Jérusalem comme capitale d’Israël et joint le geste à la parole, suscite la rage des instances européennes, des dirigeants “palestiniens”, mais aussi celle de nombreux leaders islamiques.

 

Il est en outre très difficile d’ignorer que, à l’instar des instances européennes, les Eglises catholiques ont souvent des positions plus proches de celles des dirigeants “palestiniens” et islamiques que de celles d’Israël, et n’ont jamais admis la souveraineté israélienne sur Jérusalem.

 

Il est quasi-impossible d’ignorer l’antisémitisme chrétien, très agissant au sein des Eglises catholiques : Michel Sabbah, puis Fouad Twal, les deux plus récents patriarches latins de Jérusalem, ont entretenu des relations étroites avec l’Autorité Palestinienne et tenu de façon récurrente des propos peu amènes à l’encontre des Israéliens.

 

Il est, cela doit être dit, particulièrement dégradant que les Eglises catholique, grecque orthodoxe, et arménienne apostolique, au vu de leur histoire maculée d’antisémitisme, se conduisent aujourd’hui comme elles le font.

 

Car Israël est le seul pays du Proche-Orient où les chrétiens ne sont pas persécutés et peuvent au contraire vivre conformément à leur foi et fréquenter librement leurs lieux saints sans crainte de se faire agresser.


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Le face-à-face Iran-Israël. Toute la région est concernée (010303/18) Version imprimable
Analyse
samedi, 03 mars 2018

 

Par Jean Tsadik

 

Le duel se poursuit de plus belle entre l’Iran et Israël. Les Perses, qui font pratiquement ce qu’ils veulent en Syrie, hormis les interdits imposés par Vladimir Poutine, notamment l’implantation de bases khomeynistes dans la province de Lattaquié, qui mettraient en péril l’aéroport de Khmeimim et les installations navales russes dans le port de Tartous, tentent de s’implanter à proximité d’Israël. L’Etat hébreu s’emploie à les en éloigner.

 

On doit se demander pourquoi Téhéran investit autant de moyens dans cette entreprise et accepte de perdre régulièrement des membres de ses forces d’élite sous les coups de boutoir du Khe’l Avir (l’Aviation israélienne) sans y parvenir.

 

Certains confrères affirment que la junte théocratique chiite prépare une éventuelle confrontation entre Tsahal et le Hezbollah au Liban. Dans cette optique, il faudrait agir à partir d’un second front afin d’alléger la pression que l’Armée israélienne ferait subir aux miliciens de Nasrallah. En disposant de bases de moyenne profondeur en Syrie, dont les missiles sol-sol menaceraient la population de l’Etat hébreu, cela obligerait le Khe’l Avir à diluer ses attaques sur le pays aux cèdres pour bombarder les Pasdaran en Syrie.

 

C’est une hypothèse indiscutable, même si Tsahal dispose de suffisamment de chasseurs-bombardiers entre autres atouts pour gérer les deux fronts simultanément et si l’éradication des positions iraniennes ne devrait pas prendre plus de quelques heures. Celles-ci sont en effet extrêmement visibles par nature, car les armes qu’elles accueillent remplissent un volume considérable qu’il est impossible de dissimuler au regard des satellites et des appareils de reconnaissance avec ou sans pilotes. La facilité relative de les éradiquer est encore accentuée par le fait que ni l’Iran ni les forces gouvernementales syriennes ne disposent actuellement des moyens de gêner l’activité des F-16 frappés de l’étoile de David.

 

La confrontation avec le Hezb au Liban est largement plus complexe, s’agissant d’un affrontement asymétrique face à un ennemi ayant largement recours aux techniques de guérilla en se fondant dans la population civile, y compris en dissimulant des stocks d’armes et de munitions dans des quartiers résidentiels.

 

Mais pour l’état-major des bleu et blanc, mieux vaut intervenir avant une guerre ouverte avec le Hezbollah que durant celle-ci, ce qui explique en partie les interventions fréquentes du Khe’l Avir auxquelles nous assistons ces derniers mois contre les implantations perses en Syrie.

 

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Le Président israélien Rivlin, visitant, sans cravate,

le quartier général de la flotte grecque

 

A ce propos, nous sommes absolument convaincus que les raids aériens sont largement plus nombreux que ce qu’on annonce des deux côtés. Ces derniers jours, tous les habitants de Métula et du nord du Doigt de la Galilée voient les appareils hébreux franchir la frontière pour ne réintégrer notre espace aérien qu’après de longues minutes, voire des heures.

 

Or ces vols ne sont pas des vols d’entrainement : personne, en Israël, n’exposerait la vie de pilotes en les envoyant survoler des territoires hostiles sans avoir à y réaliser des objectifs aussi précis qu’importants. On peut en décrire de trois sortes :

 

1. La nécessité de marquer notre présence dans les cieux face à l’armada russe, dont les Soukhoï et les Mig décollent chaque jour de Khmeimim, à 240km de Métula (un coup d’aile) et de l’aéroport international de Damas, à 60km de notre frontière sur le Golan.

 

2. Le besoin d’effectuer des reconnaissances aériennes ; mais sur ce point, les satellites fournissent l’essentiel des informations, complétées par les drones, les mouchards électroniques et les agents au sol. Le recours à la photographie aérienne se voit donc marginalisé, à l’exception de quelques plans de détails que les autres solutions à disposition ne peuvent pas encore fournir. Quoi qu’il en soit, cette activité ne réclame pas de survols aussi massifs et fréquents que ceux que nous observons.

 

3. Les missions d’attaque d’objectifs au sol. Le chef du Khe’l Avir, le Major Général Amir Eshel, en passant le relai l’été dernier à son successeur Amikam Norkin, a dévoilé que ses avions avaient effectué plus d’une centaine de ces interventions, alors que dans la même période de cinq ans, celles annoncées par des sources étrangères ou, extraordinairement par Israël, n’avaient pas atteint le chiffre de vingt. En fait, on entend parler de ces raids lorsque l’ennemi les mentionne par ses canaux officiels, lorsqu’ils se produisent à proximité immédiate des grandes villes et qu’ils ont des témoins oculaires, ou lorsque ce sont des sources liées à la rébellion armée qui en font état. Hors de ces occurrences, personne n’a vent de ces opérations, et ceux qui les constatent – les Russes, les Américains et les armées des grandes puissances -, n’ont pas de raison d’en parler. Ce ne sont pas des journalistes.

 

En vue du raisonnement qui précède, nous sommes certains que des interventions aériennes opérationnelles se déroulent sur nos têtes et qu’elles prennent pour cibles les bases des Pasdaran, les convois d’armes à destination du Hezb et les missiles sol-air d’al Assad.

 

Il existe une autre raison qui pousse les Iraniens à tenter de se déployer à proximité d’Israël ; celle attenant à leur propre sécurité. Ce, car un immense déséquilibre existe entre les moyens à disposition des deux camps. D’une part, Tsahal peut frapper n’importe quelle partie du territoire des ayatollahs au moment qu’il a choisi et avec une précision de moins de trente centimètres de la cible visée grâce à ses missiles de moyenne portée. A cela s’ajoute la possibilité de chapitrer la Perse avec l’Aviation, les drones et des sous-marins de la classe Delphin, qui se trouvent très probablement en plongée, pendant que je rédige cet article, à quelques encablures du bastion chiite.

 

On parle déjà d’une capacité dissuasive énorme, qu’il faut encore augmenter par la possibilité des Hébreux de recourir, en cas d’absolue nécessité, à l’arme atomique qui équipe, selon des sources étrangères, entre 200 et 400 missiles. De quoi détruire la dictature de Khameneï un certain nombre de fois.   

 

Face à ces dispositifs colossaux, et surtout imparables, Téhéran ne dispose pas d’armes atomiques, ni d’aviation capable de menacer Israël, et encore moins de sous-marins indétectables porteurs de missiles. Pour ne rien arranger aux affaires des Iraniens, leurs missiles à longue portée, encore au stade expérimental, sont terriblement imprécis. Probablement afin de les tester, l’Armée iranienne avait tiré, en juin dernier, six missiles balistiques Zolfaghar [le nom du sabre à deux lames de l’Imam Ali] contre DAESH, à l’extrémité orientale de la Syrie, à 500km de distance, et aucun n’avait atteint son but (trois sont tombés en Irak !). Encore ne se sont-ils pas frottés aux missiles anti-missiles Khetz-Arrow-Flèche, qui auraient pu les intercepter et laisser ainsi le ciel iranien sans défense face à la riposte inévitable des Hébreux.

 

En revanche, les khomeynistes détiennent des missiles à courte portée – de l’ordre de 100 à 250km –, principalement de type Fateh-110 [le conquérant] relativement précis ; ce qui signifie que, plus ils s’approchent de l’Etat hébreu, plus ils comblent une partie du déséquilibre qui joue si nettement en leur défaveur.

 

Nous possédons les éléments suffisants pour poser cette équation de manière plus claire encore : faute d’installer des bases en Syrie à faible distance des villes israéliennes, la junte théocratique chiite ne dispose d’aucune arme à même d’inquiéter les Hébreux.

 

Il reste certes à la dictature iranienne ses supplétifs libanais du Hezbollah, ses 100 000 roquettes et ses 1-2 000 missiles, mais Tsahal a fait le nécessaire afin que peu d’armes qualitatives et pas de missiles antiaériens performants n’atteignent le Liban.

 

La situation qui prévaut fait que, dans tous les cas de figure, le déclenchement d’une guerre par les Perses ou leurs proxys, que ce soit un conflit de proximité – Israël-Hezbollah -, un conflit à distance Israël-Iran, ou un conflit mixte, Israël-Hezbollah au Liban, avec des échanges de missiles et autres politesses entre Jérusalem et Téhéran, consisteraient en des entreprises suicidaires pour les ayatollahs. Elles débuteraient certes par des morts en Israël, essentiellement civils, entre 100 et 3 000, et se termineraient inéluctablement par l’oblitération des agresseurs, soit le Hezbollah, soit l’Iran, soit les deux. On peut même affiner la prévision et affirmer que le niveau d’anéantissement des agresseurs serait proportionnel à l’ampleur de leur attaque préliminaire. Jérusalem ne va, en effet, pas anéantir l’Iran et sa population otage de ses dirigeants parce qu’ils envoient un drone d’observation sur Bet Shéan. Mais s’ils prennent le risque de lancer sur Israël des missiles non-conventionnels (chimiques, gazeux ou bactériologique), ils s’exposent au double risque de n’atteindre aucun objectif et d’être broyés lors de la riposte.

 

On peut aller encore plus loin dans notre analyse, et affirmer que les tentatives des Pasdaran de s’implanter en Syrie face à Israël sont de toutes façons inutiles en considération des arsenaux à disposition des uns et des autres. C’est aussi la raison pour laquelle nous considérons qu’une guerre opposant le Hezbollah à Israël, à l’initiative de la milice chiite, reposerait sur une décision illogique ou sur un ordre de sabordement venu du mentor iranien. Je ne suis pas même certain que si un tel ordre était transmis par Khameneï à Nasrallah, ce dernier l’exécuterait, car personne de sensé ne court à sa propre perte s’il peut faire autrement.

 

Le seul risque de conflit que je peux concevoir serait celui d’un embrasement accidentel avec accentuation systématique du niveau des représailles. Mais ce scénario n’échapperait pas, au fond, à la logique que j’ai démontrée, il resterait irrationnel et suicidaire.

 

Dans l’entre-temps, la "République" Islamique d’Iran poursuit ses tentatives d’enracinement entre 40 et 300km de nos frontières. A notre avis, les ayatollahs n’essaient ainsi que de créer l’esquisse d’une contre-menace rééquilibrante face à Israël : d’amener Jérusalem à hésiter si elle désire se lancer dans une guerre préventive contre le Hezbollah au Liban ou contre les Iraniens en Iran.

 

C’est ainsi que la chaîne américaine FOX vient de dévoiler les images satellites d’une nouvelle base iranienne en construction sur la montagne de Sharqi [Jebel ash Sharqi][voir la carte], à moins de dix kilomètres à vol d’oiseau au nord-ouest de Damas et du palais présidentiel de Bashar al Assad.

 

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La base iranienne en construction sur le Jebel ash Sharqi

 

L’emplacement choisi pour cette base n’est pas étonnant : elle se trouve à courte distance de celle de Jomrayah, déjà frappée à deux reprises par le Khe’l Avir, et d’autres positions stratégiques des divisions du régime, du palais présidentiel et de l’aéroport militaire de Mezzé, lui aussi plusieurs fois pris pour cible par l’Aviation israélienne, avec son abominable centre de torture géré par les bourreaux du renseignement de l’Armée de l’air gouvernementale.


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Le lamentable cas Zeev Sternhell (info # 012702/18) Version imprimable
Analyse
mardi, 27 février 2018

 

Par Guy Millière

 

L’extrême gauche sur toute la planète exècre Israël et souhaite à l’évidence sa destruction. Certains membres de l’extrême gauche disent les choses clairement et affichent leur soutien pour des gens qui, comme eux, souhaitent la destruction d’Israël, et ils manifestent dès lors en compagnie de gens vociférant “Mort aux Juifs !”. D’autres sont plus hypocrites et feignent d’avoir des illusions.

 

Ceux-là disent qu’ils sont pour la paix, et pour confier un Etat à l’OLP, ce conglomérat d’organisations terroristes censé être devenu respectable parce qu’il dispose désormais d’un quasi-Etat voyou appelé Autorité Palestinienne.

 

Et ils restent délibérément sourds à toutes les insanités que peuvent débiter les dirigeants de l’OLP-Autorité Palestinienne et au fait que ces dirigeants ne cessent de clamer, lorsqu’ils parlent arabe, qu’ils veulent un Etat allant du Jourdain a la Méditerranée, de préférence Judenrein.

 

Ils restent délibérément sourds aussi au fait que ces dirigeants incitent sans cesse à l’assassinat de Juifs et considèrent les assassins de Juifs comme des héros. Des héros qu’ils célèbrent, rémunèrent s’ils survivent et qu’ils sont incarcérés en Israël, voire de manière posthume, en allouant des rentes à leurs familles s’ils sont éliminés pendant qu’ils assassinent.

 

Ceux-là manifestent aussi, rédigent des pétitions clamant que les “Palestiniens” ont droit à un Etat, affirment hypocritement qu’ils ne sont pas anti-israéliens, mais juste opposés à la “colonisation” israélienne et aux traitements abominables qu’Israël est censé infliger aux populations arabes de ce qu’ils appellent les territoires “occupés”.

 

Ceux-là trouvent un écho parmi les politiciens européens et américains de gauche, mais aussi chez des politiciens israéliens de gauche et d’extrême gauche, et le fait qu’ils puissent s’afficher au côté d’Israéliens est pour eux une source de jouissance : “vous voyez”, revendiquent-ils, “nous ne sommes pas anti-israéliens, puisque des Israéliens sont d’accord avec ce que nous déclarons !”.

 

Ceux-là sont particulièrement heureux lorsque des “intellectuels” israéliens partagent leur discours, et certains “intellectuels” israéliens ont fait une carrière confortable et rémunératrice en Europe et en Amérique du Nord en devenant les trophées de l’extrême gauche anti-israélienne occidentale. Shlomo Sand a fait, ainsi, un véritable triomphe en publiant successivement Comment le peuple juif fut inventé (2008), Comment la terre d'Israël fut inventée (2012), puis, apothéose, Comment j'ai cessé d'être juif (2013). Ilan Pappe a remporté un certain succès avec des titres tels Les démons de la Nakbah (2004) et Le nettoyage ethnique de la Palestine (2008).

 

Zeev Sternhell fait partie de cette méprisable cohorte, mais il y occupe une place particulière, car il s’est longtemps présenté comme un historien généraliste, spécialiste du “fascisme”, et, de surcroit, comme un “sioniste”. Ses travaux sur le fascisme sont frelatés, mais ils lui ont valu une aura dans certains milieux. Le fait qu’il se soit déclaré “sioniste” a semblé donner davantage de poids à ses prises de positions anti-israéliennes et propalestiniennes. Ce poids n’en est pas moins celui de l’imposture, et un texte qu’il a fait paraitre voici peu dans Haaretz, le quotidien de la gauche israélienne, que se plaisent à citer tous les adeptes du terrorisme palestinien sur Terre, et dans Le Monde, principal quotidien anti-israélien et propalestinien en France ["En Israël pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts", in Le Monde, 18 février. Accès payant. Ndlr.], où tous les quotidiens sont anti-israéliens et propalestiniens, est particulièrement infect.

 

Zeev Sternhell s’y répand comme un propagandiste cherchant simplement à inciter à la haine. Il prétend y décrire la réalité, mais dans le style revu et corrigé de Mahmoud Abbas lorsqu’il présente les “Palestiniens” comme les descendants des Cananéens et le Kotel [le mur des lamentations] comme le mur d’al Buraq.

 

Oser parler de la “cruauté des Juifs envers les non-Juifs sous leur emprise en territoires occupés” est simplement abject lorsqu’on sait la retenue dont fait preuve l’Armée israélienne face aux agressions et au risque constant d’attentats suicides ou d’attaques au couteau. Lorsque l’on n’ignore pas que les non-Juifs en question sont des Arabes sans cesse incités à l’assassinat de Juifs et qui, trop souvent, passent à l’action, et lorsqu’on n’ignore pas non plus que l’essentiel des terres de Judée-Samarie est peuplé par des Arabes, et que l’intégralité de Gaza est vide de toute présence juive. Zeev Sternhell connaît pertinemment ces faits. Il est juste empli de mensonge jusqu’à déborder en jets de bile.  

 

Oser écrire que le gouvernement israélien de droite entend pratiquer la mainmise sur tous les organes de l’Etat et de la vie sociale“ est d’une malhonnêteté digne d’un disciple servile de Yasser Arafat. Nul ne peut penser que Zeev Sternhell ignore qu’en Israël prévaut la séparation des pouvoirs comme dans toutes les démocraties occidentales dignes de ce nom, ainsi qu’une liberté de parole qui lui permet d’écrire ce qu’il écrit tout en ne risquant strictement rien des autorités politiques. Les gens qui crachent dans la soupe tout en la consommant suscitent légitimement un profond dégout.

 

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Zeev Sternhell

 

L’identification du nationalisme à l’extrême droite, au fascisme et au nazisme est indigne d’un universitaire, et pas même digne d’un rédacteur de tract fébrile pour maoïste attardé.

 

Il en va de même pour cette phrase : un demi-siècle d’occupation, de colonisation et d’apartheid dans les territoires conquis en 1967, et désormais occupés par quelque 300 000 colons“. A force de s’injecter la propagande palestinienne à doses intensives dans les neurones, Sternhell omet de prendre en compte que : 1. Israël n’occupe pas une part importante de la Judée-Samarie et pas un centimètre carré de la bande de Gaza, 2. Israël ne colonise aucun territoire, car les territoires de Judée-Samarie n’ont été légitimement les territoires d’aucun Etat et peuplés par aucun peuple définissable comme peuple depuis le démantèlement de l’empire ottoman, 3. Le seul apartheid qui existe en Judée-Samarie est pratiqué par les amis terroristes “palestiniens” de Zeev Sternhell, dès lors qu’aucun Juif ne peut vivre dans les territoires occupés par l’Autorité Palestinienne, 4. Aucun territoire n’a été conquis par Israël, qui a simplement répondu à une agression et vaincu ses agresseurs, en se disant prêt à échanger des terres contre la paix, 4. Le retour de Juifs en Judée-Samarie se fait sur un territoire qui a subi une épuration ethnique antijuive en 1948-49.


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Afrin : dormez, on tue ! (012402/18) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 23 février 2018

 

Par Perwer Emmal dans le Rojava

 

Depuis le 20 janvier dernier, date du début de l’agression ottomane contre l’enclave kurde d’Afrin, pas moins de 1 132 soldats de l’Armée turque ou supplétifs islamistes arabes sont morts dans les combats, selon l’estimation de la Ména. Le chiffre des blessés dépassant 2 000 individus. La proportion entre Turcs et Arabes tués ou blessés s’établit à un peu moins d’un Turc pour quatre Arabes.

 

Parmi les défenseurs d’Afrin, on compte 273 tuées et près de 420 blessés. 173 civils ont perdu la vie, côté kurde, et 8 en Turquie ou dans des villes syriennes occupées par l’Armée turque.

 

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Carte des combats à Afrin. Situation le 23 février 2018 à 18h

Service cartographique © Metula News Agency

Sur la base de la carte Wikipedia

 

Pour la première fois depuis le début de la guerre, les Turcs et leurs complices islamistes ont procédé ces trois derniers jours à l’exécution sommaire de 11 personnes, dont 4 femmes et un conducteur de tracteur agricole, presque tous dans la proximité de Jandairis.

 

L’ennemi a conduit 788 raids aériens, la plupart sur des quartiers et infrastructures civils ; il a également procédé à 2 800 bombardements à l’artillerie lourde.

 

Le corps expéditionnaire du dictateur Erdogan a perdu 2 hélicoptères et plusieurs drones d’observation, de même que 64 véhicules militaires, dont 47 blindés, sans compter une quinzaine d’autres véhicules sérieusement endommagés.

 

En dépit de ces chiffres, les porte-flingues du Sultan Erdogan ont progressé dans les quatre poches qu’ils occupent [carte et noms des poches]. Ils contrôlent désormais 55 villages, soit 13% des villages de l’enclave d’Afrin [voir la carte mise à jour ce vendredi 23 février à 18h locales] et 11% du territoire.

 

Ils ne sont toujours pas parvenus à enlever de villes ni à percer les défenses des YPG, les Unités de Protection du Peuple. En revanche, les combats se déroulent désormais aux portes des villes de Rajo (4 000 hab.) et de Jandairis (22 000 hab.) [carte].

 

A Jandairis, les militaires de l’occupant se trouvent désormais à la lisière de la cité et aucune agglomération ne la sépare plus forces ennemies. Les affrontements se déroulent à l’arme automatique et au rythme des échanges d’artillerie. L’agresseur est soutenu par d’importants bombardements aériens, trois durant ces dernières 24 heures.

 

Des obus sont également tombés côté turc sur les villes d’Azaz et Maréa [carte], et sur celle de Kirkhan (5 obus), dans la province d’Antioche, à 20km à l’est d’Alexandrette (Iskenderun) et de la Méditerranée, et à 15km au sud-ouest des limites de l’enclave d’Afrin.

 

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Le volontaire français engagé dans les YPG Olivier François Jean Le Clainche,

né à Malestroit, en Bretagne, en 1977, est tombé pour la défense d’Afrin il y a 15 jours

et pour l’honneur de son pays

 

Un accord est intervenu entre les YPG et le gouvernement syrien de Bashar al Assad pour l’envoi de troupes de l’Armée gouvernementale à Afrin afin de contribuer à la résistance contre l’envahisseur. Assad s’est cependant borné à envoyer des paramilitaires des organisations Jaych al-Chaabi [arabe. L’Armée du peuple] et Liwa al-Baqir [arabe. La Brigade d’al Baqir], une force chiite sous commandement iranien ayant des liens avec le Hezbollah.

 

Ces deux forces sont entrées dans le périmètre d’Afrin par la seule route qui ne soit pas aux mains des Turcs dans la zone de Nubl [carte, flèche rouge]. Elles ont été abondamment prises à partie par l’aviation et l’artillerie turques avant même leur entrée dans l’enclave encerclée. Ces attaques ont causé la mort d’une vingtaine de combattants pro-régime.

 

La population et les YPG sont réticents à l’égard de ces "renforts" mais la situation militaire ne permet pas de faire la fine bouche. L’irritation des défenseurs de l’enclave est motivée par le fait qu’ils attendaient des soldats de l’Armée régulière avec des moyens antiaériens et des chars, qui leur font défaut et dont les paramilitaires d’Assad sont démunis. Ils s’attendaient également à voir l’aviation d’Assad s’opposer aux raids de celle d’Erdogan, mais cela non plus ne s’est pas produit.

 

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Les combats font rage aux portes de Jandairis [carte]

 

Ces choix en disent long sur les revendications du dictateur syrien qui prétend qu’Afrin et le Rojava font encore partie du territoire syrien. Les Russes étaient à l’origine de cette manœuvre diplomatique : ils ont tenté de persuader Erdogan de cesser sa guerre d’agression contre Afrin en échange du déploiement de gouvernementaux syriens sur la frontière syro-turque. Ce, afin de donner satisfaction au Sultan, qui prétexte l’existence d’une menace en provenance des Kurdes d’Afrin contre son pays pour justifier sa guerre d’éradication contre les Kurdes.

 

Ce sont ces discussions qui avaient occasionné 24h de cessation relative des hostilités, relatée par la Ména, de la part d’Ankara, de la moitié de vendredi [16 février] passé à la mi-journée du samedi suivant. Les négociations ont achoppé sur l’exigence de la part d’Erdogan du départ de tous les combattants YPG d’Afrin, ce qui n’est pas envisageable par les Kurdes. Dès lors, les observateurs syriens se sont mués en combattants paramilitaires syriens.

 

L’accord entre les YPG et la junte Assad prévoit qu’il n’y a pas de contrepartie politique au déploiement de ces renforts.

 

D’autre part, le même Bashar al Assad empêche les Kurdes de laisser transiter des Peshmerga du saillant de Manbij par Alep pour prêter main forte à leurs frères d’Afrin. Dans ledit saillant où j’ai pris mes quartiers, le ressentiment est très vif, accompagné de la sensation d’impuissance face à la détérioration de la situation militaire dans l’enclave.

 

Les conditions de l’allié américain demeurent toutefois inchangées : le gage de la participation de l’Oncle Sam à la défense de Manbij et du reste du Rojava oriental reste conditionné par la non-participation des Forces Démocratiques Syriennes/YPG aux combats d’Afrin. Le front de Manbij reste calme par ailleurs, ce qui rend les Peshmerga du saillant terriblement fébriles.

 

Le sentiment général est que le monde occidental est en train de sacrifier Afrin à l’appétit du Sultan dément afin de préserver ses relations avec la Turquie. On évoque évidemment en référence l’épisode de l’invasion de la Bohême-Moravie, le 15 mars 1939 par les troupes hitlériennes, suite aux accords de Munich, sans la moindre réaction militaire des alliés démocratiques de la Tchécoslovaquie.

 

S’il fallait une preuve de la démence guerrière du dictateur Erdogan, durant la semaine écoulée, il a menacé d’envahir la Grèce ! Si ce fou commet un génocide à Afrin, la responsabilité des pays libres, de l’OTAN et de l’Union Européenne, s’en trouvera totalement engagée.

 

On apprend également, par notre correspondant à Beyrouth, Michaël Béhé, que deux chasseurs-bombardiers furtifs Soukhoï 57 (ou T-50), l’équivalent russe du F-35 américain, viennent d’arriver à la base aérienne de Khmeimim, à côté de Lattaquié. C’est la première fois que cet appareil de 5ème génération, dont il n’existe qu’une douzaine d’exemplaires en état de vol tout au plus, est déployé en vue d’activités opérationnelles.

 

Il semble que Vladimir Poutine ait l’intention de les tester en les faisant participer à la véritable "boucherie aérienne" à laquelle se livre impunément son aviation sur la province d’Idlib et d’autres secteurs encore entre les mains de la rébellion syrienne.

 

 
Affaire Dura : mise au point indispensable (012102/18) Version imprimable
Analyse
mercredi, 21 février 2018

 

Par Stéphane Juffa

 

J’ai regardé l’enregistrement de l’émission d’Elie Chouraqui "Elie sans interdit", sur I24News, consacrée cette semaine à La propagande dans le conflit israélo-palestinien. Je ne regarde pas cette chaîne et c’est un ami qui m’a informé de ce que lors du débat qui constituait cette émission, il avait été fait mention de la Ména.

 

A 32' 51" de l’enregistrement environ, l’un des invités, le journaliste Denis Jeambar, ex-rédacteur en chef de l’hebdomadaire l’Express, revenait sur la Controverse de Nétzarim, que la plupart des gens connaissent sous le nom d’Affaire Mohamed Dura.

 

Un certain nombre de propos qu’il a tenus appellent à une réaction de ma part, car ils constituent une déformation de la réalité telle qu’elle m’est connue. Ceci dit, et bien que les divergences justifient cet article, je tiens à préciser que je ne considère pas Denis Jeambar comme un adversaire et certes pas tel un ennemi, et que je suis à mille lieues de l’assimiler aux auteurs de ce qui participe probablement de la plus grande imposture télévisuelle de tous les temps.

 

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Denis Jeambar

 

Lors de son intervention, Jeambar revient sur les circonstances du visionnage des célèbres rushes de Fr2 qui s’est déroulé dans les locaux de France Télévisions, le vendredi 22 octobre 2004, en présence de Luc Rosenzweig, ex-rédacteur en chef du Monde, à l’époque éditorialiste à la Ména, de Denis Jeambar, de Daniel Leconte, journaliste, producteur et réalisateur, d’Arlette Chabot, ex-directrice de l’information de France 2, de Didier Epelbaum, journaliste, en ces temps, conseiller à la présidence de la chaîne, ainsi que de divers personnels de la chaîne publique française.

 

Au moment du visionnage des rushes à France Télévisions, les journalistes-investigateurs de la Ména et le physicien Nahum Shahaf avaient déjà bouclé et publié l’essentiel de leurs enquêtes qui avaient duré près de quatre ans.

 

Sur I24News, près de dix ans plus tard, l’ex-patron de l’Express commence par énoncer un principe généralement exact, à savoir "Le journaliste qui enquête, comme j’ai pu le faire dans l’Affaire al-Dura (sic) en prenant des coups terribles".

 

Sauf que Jeambar n’a pas enquêté sur la Controverse de Nétzarim ; son investigation s’est limitée aux deux heures passées dans le studio de Fr2 à disséquer le reportage commenté par Charles Enderlin. Il est évident qu’il a pris des coups, ce n’était toutefois pas pour avoir réalisé l’enquête mais pour s’y être intéressé, et cela n’a strictement rien de comparable avec le nombre et l’intensité des coups reçus par ceux qui l’ont réellement diligentée. Que ce soit intentionnellement ou sans se soucier de ce qu’il faisait, avec son compère Leconte, il a même été de ceux qui nous en ont donné (des baffes), à nous et à la révélation de la vérité.

 

C’est Luc Rosenzweig, qui ne collaborait pas à l’Express, qui lui a rendu visite à son retour d’un voyage en Israël afin de l’entretenir des doutes qui le traversaient quant à l’authenticité du reportage de Fr2, et absolument pas, comme Jeambar l’a dit sur I24, au sujet de "ses interrogations sur la provenance des balles" [les conclusions de l’enquête de la Ména affirment que personne n’a tiré sur Mohamed Dura].

 

Mon ami Luc, grand journaliste, qui possède l’une des plus fines plumes recensées de la langue française, venait de passer quelques jours de repos à Métula à l’été 2004. Durant son séjour parmi nous, il s’était vivement intéressé à l’Affaire Dura et avait demandé à consulter la plupart des indices que nous avions recueillis lors de l’enquête. Ce qu’il avait découvert l’avait profondément interloqué, comme cela devrait être le cas de tout journaliste éthique en révolte permanente contre l’iniquité.

 

Luc repartit bien décidé à percer l’omerta qui empêchait le public français d’avoir accès au dossier. Il me demanda ce qui, à mon avis, pourrait établir de manière définitive que le reportage d’Abou Rahma et d’Enderlin procédait de la supercherie et comment le faire savoir aux Français.

 

Je lui répondis que le visionnage des 27 minutes de rushes que prétendait détenir Charles, qui, selon lui, contenaient "l’agonie de l’enfant", qu’il prétendait avoir "coupée", car "trop insupportable" pour être montrée aux téléspectateurs, pourrait mettre un terme à l’imposture. Ce, car ces images jouaient le rôle du bordereau dans l’Affaire Dreyfus, une pièce invisible et secrète censée constituer la preuve unique dans le dossier vide de la culpabilité de Dreyfus, mais dont le versement aux pièces du procès aurait mis en péril, c’était le prétexte, la sécurité de l’Etat.

 

Il fallait, de plus, que les personnes qui seraient autorisées à voir ces rushes disposent d’une crédibilité indiscutable dans l’opinion française, et qu’ils puissent témoigner dans un media main stream de ce qu’elles auraient vu.

 

L’accès à ces rushes était à ce point important, que j’avais proposé à Fr2 d’être autorisé à les regarder entre ses murs, en m’engageant, s’ils contenaient effectivement la moindre image montrant des tirs sur l’enfant, la mort d’icelui ou son agonie, à faire cesser l’enquête immédiatement et à publier des excuses publiques de la Ména à l’endroit des réalisateurs du reportage et de la chaîne. J’argumentai que si l’agonie était sans doute irregardable par les téléspectateurs, nous étions en revanche à l’agence assez aguerris par les atrocités des conflits que nous avions traversés pour en supporter la vue sans défaillir. Notre proposition fut repoussée sans explication.

 

J’étais à ce point certain que ces images n’existaient pas, que je m’engageai par écrit pour promettre que si je me trompais je n’écrirais plus jamais un article de ma vie. Et j’en ai écrit au moins trois mille, en quarante ans de métier, c’est dire à la fois combien l’accès à cette pellicule comptait dans la démonstration de la vérité, et ma certitude que je ne prenais aucun risque. En 2004, la Ména était la seule entité à mettre en doute l’existence de ces images.

 

Luc Rosenzweig conçut l’idée de présenter un résumé de ce qu’il avait vu à Métula à Denis Jeambar, après qu’il lui aurait été présenté par leur ami commun Daniel Leconte. Il allait proposer au boss de l’hebdomadaire de revenir en Israël pour y rencontrer personnellement les protagonistes de l’affaire et préparer un article exclusif pour l’Express.

 

Les deux hommes passèrent un marché : Jeambar prenait sur lui de financer le voyage de Rosenzweig en Israël ; de plus, il s’arrangerait avec la direction de Fr2 pour être autorisé à voir les rushes en compagnie de Leconte et de Luc. Si les 27 minutes ne contenaient pas les images de l’agonie ou de la mort de l’enfant – c’était énorme, cela signifiait que la chaîne publique d’information avait à la fois diffusé une imposture et qu’elle entretenait un mensonge pour dissimuler son méfait ! – l’hebdomadaire diffuserait l’article de Luc dans sa prochaine livraison, si, au contraire, elles les contenaient, il ne le ferait pas, et les réputations de Rosenzweig et de la Ména seraient méchamment écornées.

 

On retrouve la preuve de l’existence de ce "deal" dans la lettre de Jeambar et Leconte publiée dans le courrier des lecteurs du Figaro le 25 février suivant : "A ce stade de l'enquête, Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2, accepte de nous rencontrer et de collaborer sincèrement et courageusement à la recherche de la vérité. Nous lui présentons les éléments en notre possession. Nous lui confions nos doutes sérieux sur la version fournie par Enderlin et Talal Abou Ra[h]ma. Mais dans le même temps, nous ajoutons que nous sommes prêts à écarter les accusations de Rosenzweig sur la mise en scène de la mort de l'enfant, si le visionnage de l'ensemble des rushes tournés par Talal Abou Ra[h]ma confirme ce que Charles Enderlin a déclaré, à deux reprises au moins, dont à Télérama : « J'ai coupé l'agonie de l'enfant. C'était insupportable... Cela n'aurait rien apporté de plus »".

 

Il n’a jamais été question de convaincre Jeambar d’adhérer à toutes les conclusions de la Ména, ni d’en faire le défenseur français de la cause de l’imposture. Il n’était pas question de mariage catholique, l’accord se limitait aux rushes et c’était déjà pas mal. L’article de Luc était déjà sur la table du rédacteur en chef bien avant de partir pour le visionnage, il serait publié la semaine suivante. Et, évidemment : personne ne parle du visionnage et ne publie quoi que ce soit jusqu’au lundi ; mais si, pour une raison ou une autre, l’Express ne publiait pas le papier de Luc, la Ména serait libre de dévoiler la vérité, son but n’étant pas de couvrir une gigantesque imposture du service public mais de la relater.

 

Il y a naturellement quelque chose de gênant dans l’extrait du courrier du Figaro qui précède : le collier de louanges tressé à Arlette Chabot, sincère et courageuse dans la recherche de la vérité. Or cela faisait quatre ans que Chabot connaissait le contenu des