Le coup du bélier (info # 012510/14) Version imprimable
Réinformation
samedi, 25 octobre 2014

 

Par Stéphane Juffa

 

Avec Yaël Bensimhoun et Ilan Tsadik

 

Voici le premier paragraphe d’une dépêche du "Monde avec AFP" concernant l’attentat de mercredi, intitulée "Israël : un bébé tué dans une attaque à la voiture bélier à Jérusalem" :

 

"Une voiture a foncé sur un groupe de piétons, mercredi 22 octobre, à un arrêt de tramway à la limite de  Jérusalem-Ouest et Jérusalem-Est. Le drame, qualifiée de « terroriste » par les autorités israélienne, a tué un bébé de trois mois et blessé neuf personnes, dont l'un est en état critique et deux ont été sérieusement touchés, selon les secours".

 

Les parents de la jeune défunte, tout comme les rescapés, pourront toujours saisir la justice contre Volkswagen, le fabriquant de la "voiture" assassine, ou contre "le drame", qui a tué le bébé et blessé neuf personnes.

 

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La berline, coupable selon Le Monde avec AFP de l’assassinat collectif  de Jérusalem

 

On découvre dans le second paragraphe que le "chauffeur de la voiture", qui tentait de s’enfuir, a été stoppé par un policier, et que, "grièvement blessé, l’homme est mort dans la soirée".

 

On ne sait toujours pas, à ce stade de la lecture, qu’il s’agit d’un terroriste palestinien, cela viendra dans la suite de l’article. Cette manière d’annoncer les choses constitue un véritable outrage à la profession, doublé d’un manque de respect caractérisé aux dépens des victimes et du public.

 

Mais à la Ména, nous avons l’habitude de cette sémantique frelatée aux lourds relents d’antisémitisme de la part de ces auteurs. A l’AFP, cela fait même l’objet d’une circulaire interne, déjà ancienne, qui impose des "règles rédactionnelles pour le traitement de la copie sur le conflit israélo-palestinien".

 

Ainsi, dans cette directive que nous nous sommes procurée, on apprend pourquoi ce sont toujours les "voitures" et les "drames" qui tuent des Israéliens et des Juifs et jamais des Palestiniens ou des Arabes.

 

Les ordres des commissaires politiques sont on ne peut plus clairs dans ce sens, comme dans l’extrait suivant de la directive :

 

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Dans l’exemple, illustratif du désir des gardiens de la doxa, le tueur, c’est l’ "attentat suicide" lui-même et non le "kamikaze" palestinien.

 

D’ailleurs, pour ceux qui s’étonnent encore de ne trouver le mot terroriste qu’entre guillemets et, le plus souvent, en italiques – deux précautions valant vieux qu’une – dans les journaux français, la directive de l’AFP fournit sur ce point également la clé du mystère : il n’existe et n’existera jamais de terroristes arabes.

 

Ce, quand bien même ils assassineraient deux cents personnes au cœur de Tel-Aviv. Voici la raison par laquelle l’AFP explique ce choix :

 

            afp_2.jpg

 

Ce serait donc par souci de ne pas susciter d’éventuelles critiques contre la "neutralité" et l’ "impartialité" de l’AFP, que ses responsables ont, une fois pour toutes, décidé qu’il n’y aurait pas, dans la presse qui reprend ses câblogrammes (la quasi-totalité des media francophones !) de terroristes palestiniens.

 

On a employé le conditionnel au début du paragraphe qui précède, parce qu’on ne croit absolument pas à cette explication. Ce, pour deux raison : premièrement, pour qu’elle tienne la route, il faudrait encore que l’agence semi-officielle française ait fait la démonstration que les "opérations militaires ou les liquidations menées par l’autre camp israélien" procèdent effectivement du terrorisme. Or l’AFP n’a jamais apporté la preuve de cette hypothèse, même sous forme d’esquisse, ce qui fait d’elle un argument inutilisable pour décider d’une ligne éditoriale aussi radicale que celle figurant dans la directive.

 

La seconde raison tient au fait que, dans notre métier, la crainte d’éventuelles critiques – surtout quand on fait correctement son travail – ne saurait en aucun cas justifier de la distorsion volontaire, a priori, permanente et systématique, de faits d’actualité. On est ici ni plus ni moins en présence d’un aveu de mauvaise foi et de bidonnage prémédité de la vérité aux dépens d’une nation et de ses intérêts.

 

Les commissaires politiques de l’agence française stipulent spécifiquement, dans leur ordonnance, de n’utiliser le mot "terroriste" qu’en le mettant "dans une citation attribuée à un responsable". D’où l’explication des guillemets et des italiques dans les dépêches de l’AFP et les media français. Maintenant vous savez pourquoi !

 

Evidemment, cela donne l’impression, à la lecture, que les seuls à considérer les terroristes palestiniens comme des terroristes sont les officiels israéliens. Comme dans l’extrait qui ouvre cette analyse : "Le drame, qualifiée de « terroriste » par les autorités israélienne".

 

Et pardonnez-leur en passant leurs très nombreuses fautes de français - "qualifiée", "israélienne" et "(…) neuf personnes, dont l'un est (..)" -, car c’est vraiment la moindre d’entre leurs malversations.

 

En renonçant, par prudence, à l’emploi du mot "terroriste", ils s’exemptent de l’obligation qui est faite aux journalistes de qualifier l’actualité qu’ils rapportent. Nous, évidemment, de demander : et vous, si vous n’êtes pas certains des choix sémantiques des "autorités israéliennes", AFP, Le Monde, Libération, Figaro, et autres complices de désinformation délibérée, comment désignez-vous un individu qui lance son véhicule contre des passants innocents (même juifs !) ? Ce, sachant que le fait de s’auto-exonérer d’une qualification appropriée déroge de vos obligations déontologiques et favorise objectivement, dans le cas précis, la propagation de l’antisémitisme.

 

En plus de ce qui précède, nous ne croyons absolument pas à la raison injustifiable avancée par les gardiens de la bienpensance de l’AFP afin d’interdire à leurs rédacteurs – nooon, ce ne sont pas des journalistes ni des reporters – l’emploi du vocable "terroriste" pour décrire un terroriste palestinien.

 

Nous sommes persuadés, au-delà de tout doute sensé, qu’il s’agit d’un parti-pris politique et antisémite découlant de l’adhésion à caractère génocidaire des responsables rédactionnels de l’AFP à la théorie néo-existentialiste tirée de Fanon, selon laquelle le conflit israélo-palestinien n’est pas une guerre entre deux légitimités difficilement conciliables mais une guerre de décolonisation menée par l’oppressé palestinien contre le colonisateur juif israélien.

 

Lors, selon le principe fanonien, l’oppressé n’est JAMAIS un terroriste mais quelqu’un qui combat pour retrouver l’honneur qui lui a été confisqué. Et dans ce cadre donné, même si l’opprimé commet des crimes abominables, il reste un combattant de la liberté et ne saurait, en aucun cas, mériter le qualificatif "terroriste".

 

Nous tenons comme preuve à la base de notre conviction le choix forcené de l’AFP et de ses acolytes d’employer le terme "colonie" au lieu d’implantation pour parler des villages de peuplement israélites en Cisjordanie. Ce, alors que la Ména a démontré scientifiquement que "colonie", en français, est inapproprié et que son usage itératif dénote d’une intention de stigmatiser plutôt que d’informer. A en croire la circulaire interne, on pourrait utiliser le terme colon, car "il n’y en a pas d’autre qui soit satisfaisant tant en anglais qu’en français". Au temps pour les settlers, messieurs les liars !

 

Autre chose. Quand elle cite les "autorités israéliennes" à propos des terroristes, l’AFP devrait tout de même s’abstenir d’inventer des citations qu’elles n’ont pas prononcées. L’agence semi-publique a remis le couvert d’une traduction incomestible ce mercredi, en faussant grossièrement les propos du ministre israélien de la Sécurité Intérieure, Itzkhak Aharonovitch, tenus sur la scène de l’attentat. M. Aharonovitch a déclaré : "Au demeurant nous parlons d’un attentat par écrasement (à l’aide d’un véhicule)", pigua drissa, en hébreu ; nous avons publié sur Youtube l’intégralité de l’intervention du ministre, que nous a confiée le porte-parole du ministère, rebuté par l’usage que l’agence de presse francilienne en avait fait et par sa façon de procéder.

 

L’AFP a en effet rapporté que M. Aharonovitch avait exprimé : "C'est un attentat à la voiture bélier selon les premiers éléments de l'enquête…", contrevérité aussitôt reprise par l’ensemble de ses perroquets suiveurs de la francocacophonie.

 

C’est grave. Non seulement de modifier les paroles de quelqu’un à son insu, mais de se servir de cette prévarication afin de booster la falsification du récit. Car une voiture bélier, ce n’est pas cela du tout ; c’est "une automobile qui est projetée sur la façade d’un établissement afin de la démolir pour y pénétrer et finalement commettre un cambriolage ou un braquage (…)" (Wikipédia).

 

Comme au Moyen-Age, les béliers servent à forcer un passage en détruisant des obstacles qui empêchent une progression. Or le terroriste, Abd al Rahman al Chaludi, ne cherchait à se rendre nulle part, mais simplement à tuer des individus en vertu de leur appartenance nationale et religieuse.

 

Une attaque au bélier n’a donc pas pour finalité de tuer, tandis qu’un attentat par écrasement recèle pour unique objectif d’assassiner le plus d’êtres humains possible.   

 

Lors, dans le sillon incertain de l’AFP, on a vu pulluler les titres et les narratifs relatifs au pseudo-attentat "à la voiture-bélier", une formule autrement adoucie en comparaison d’un attentat par écrasement, qui pouvait faire ombrage à la cause de son auteur et figurait une drôle de méthode, tout de même, pour recouvrer son honneur, de la part d’un oppressé.

 

Mais les "attentats à la voiture-bélier", ça n’existe pas, c’est une invention des journaleux-fonctionnaires de l’Etat français, une voiture utilisée pour tuer devient une arme, c’est comme une Kalachnikov-girafe ou une Katioucha-bambi.

 

Dernier point de ce papier, il concerne la première alerte de l’AFP à propos de l’attentat, lancée à 17h27 heure de Paris, alors qu’il était 18h27 à Jérusalem. Avec pour annonce : "ALERTE – Jérusalem : la police tire sur un conducteur ayant renversé des piétons avec sa voiture".

 

Tirer sur un conducteur, même s’il a renversé des piétons, est constitutif d’un meurtre, car renverser des piétons, fortuitement, même si cela découle d’une faute de conduite, n’est pas un crime.

 

De plus, l’ontologie des journalistes nous oblige à aller toujours vers l’élément le plus identifiant (qualifiant un sujet le plus précisément d’après l’acte qu’il a commis) d’un personnage que nous mentionnons dans un article. Ainsi, il ne viendrait à l’idée de personne d’écrire qu’un "peintre en bâtiments allemand a opté pour la solution finale de la question juive". On aura l’obligation de rapporter que "le dictateur nazi, Adolf Hitler a décidé de…".

 

Dès lors qu’il est devenu un assassin, Abd al Rahman al Chaludi a, du point de vue de l’information, cessé d’être un "conducteur" pour devenir un meurtrier et un terroriste ; tout comme les piétons, qui, dès qu’ils ont été écrasés par cet individu, sont devenus des victimes, des morts et des blessés.

 

C’est une vraie règle. Elle existe afin de ne pas créer artificiellement le trouble dans l’esprit du consommateur de nouvelles. Parce qu’en cette occasion, en se soustrayant à cette loi, l’AFP procède, pour la énième fois dans sa couverture du conflit israélo-arabe, à l’inversion des rôles des victimes et des criminels.

 

Chaludi devient de la sorte la victime des tirs de la police, alors que les vraies victimes sont expurgées de leur rôle et deviennent des figurants.

 

Cette inversion procède de la pire malversation qu’il soit possible de commettre dans le métier que nous exerçons.

 

Sûr que l’escroquerie permanente de l’Agence France Presse dans sa narration du différend israélo-arabe, ainsi que le suivisme consentant pratiqué par la quasi-totalité des confrères de l’Hexagone, constituent le vecteur principal de l’incitation à la haine antisémite en France, qu’elle est responsable de la multiplication des agressions contre les Israélites dans ce pays ainsi que de la décision d’un nombre toujours plus grand parmi eux d’émigrer en Israël.

 

Parce qu’en plus du reste, cette propension à salir sans cesse l’Etat hébreu schlingue l’injustice, rappelle – comment pourrait-il en aller autrement – Dreyfus et Vichy, Radio Paris et Je suis partout, et que cette puanteur française est devenue irrespirable.

 

Nous l’exprimons en forme de conseil à messieurs Valls et Hollande, dont nous ne doutons pas de la sincérité en matière de lutte contre le racisme et l’antisémitisme : rien ne sert de vouloir placer un flic derrière chaque Juif, vous n’aurez jamais assez de flics.

 

Il est encore possible d’infléchir la courbe de l’antisémitisme en France. Il faut, pour cela, punir les chiens enragés de l’antisionisme, occupés à bidouiller l’info pour assouvir leur impatience. Convier tous les confrères à leur devoir de réserve et à leur obligation d’honnêteté. Leur rappeler que la diffusion intentionnelle d’informations que l’on sait fausses participe non pas d’une erreur mais d’une faute, et que celle-ci doit être sanctionnée. Leur faire savoir que les mots et les images tuent bien plus que les fusils. Il faut mettre en pratique les excellentes chartes éthiques dont disposent les confrères français. Même lorsqu’il s’agit d’Israël et des Juifs.

 

      

 
Assassinat collectif palestinien au cœur de Jérusalem (info # 022210/14) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 22 octobre 2014

 

Mercredi, 20h40 à Metula, 19h40 à Paris

 

Aux alentours de 18 heures, un conducteur, probablement originaire du quartier de Silouane dans la partie orientale de Jérusalem, après être passé devant le siège national de la police israélienne, a lancé son véhicule contre les usagers du tramway hiérosolymitain qui patientaient à la station de la "Colline aux munitions", Givat Ha-Takhmochette, sur le carrefour de la Colline française, Giva ha-tzarfatite.

 

Le terroriste est parvenu, au volant de sa grosse berline grise, à faucher 9 personnes, comme on le voit clairement sur cette vidéo saisissante.

 

Un bébé, une petite fille âgée de 3 mois, est décédée des conséquences de ses blessures, et une femme de 50 ans est grièvement atteinte, alors que les 7 autres victimes sont touchées de façon légère à modérée.

 

A l’issue de sa chevauchée meurtrière, le terroriste a heurté un poteau qui a stoppé la progression de son automobile.

 

Après l’immobilisation de celle-ci, le chauffeur a tenté de prendre la fuite en courant ; il a cependant été rattrapé par un officier de l’unité antiterroriste Yassam, qui se trouvait fortuitement sur les lieux, et qui est parvenu à dégainer son arme et à tirer en direction de l’assassin.

 

Ce dernier, connu des forces de sécurité, serait encore en vie, quoique très sérieusement blessé.

 

Ce n’est pas la première fois que des extrémistes palestiniens font usage de véhicules à moteur afin d’écraser des civils israélites dans la capitale de l’Etat hébreu. Il y a 2 mois, un autre terroriste, Nayef Jabis, avait renversé un autobus à l’aide d’une pelle mécanique avant d’être mis hors d’état de nuire par un gardien de prison ; un passant Abraham Walles, âgé de 29 ans et père de 5 enfants, avait perdu la vie lors de cette agression.

 

En juillet 2008, un Palestinien de Jérusalem avait lui aussi lancé un engin de travaux publics contre un autobus, dans la rue principale de Jaffa, tuant deux passagers et en blessant des douzaines d’autres.

 

Récidive quinze jours plus tard, quand 24 civils innocents avaient été blessés lorsqu’un autre nationaliste palestinien avait défoncé leurs voitures, également à l’aide d’un bulldozer.

 

L’Agence France Presse avait, lors de l’assassinat de la rue de Jaffa, décrit l’évènement comme un accident de la circulation, dénonçant les Israéliens qui avaient neutralisé le tueur. La Ména s’était alors employée à préciser les faits et à débouter cette tentative dévoyée et raciste de transgression intentionnelle de la réalité par des professionnels de l’information.

 

Cette fois aussi, l’agence semi-officielle de l’Etat français n’est pas persuadée que les faits que nous venons de décrire participent d’un acte terroriste, puisque, dans toutes ses dépêches, elle enceint le mot terroriste entre des guillemets.

 

Ce soir, en dépit de la "prudence" habituelle de l’agence semi-publique française, le Hamas s’enorgueillit de l’assassinat collectif de ce soir, allant jusqu’à donner le nom et les antécédents du criminel, et le qualifiant de martyr sorti de ses rangs.

 

Il s’agirait d’Abd al Rahman al Shaludi, 20 ans, appartenant à cette organisation classée terroriste par la plupart des institutions internationales, qui aurait fait plusieurs séjours dans les prisons israéliennes. A l’annonce des évènements, des dizaines de jeunes émeutiers se sont répandus à l’entrée du quartier de Silouane et à proximité de la demeure de l’assassin.

 

Au moment où le Hamas se flatte du meurtre d’Israéliens innocents comme s’il s’agissait d’un fait d’armes héroïque, nous, de rappeler que, le mois dernier, l’hôpital télavivien d’Ichilov a soigné la fille de son chef Ismaïl Hanya. La direction de cet établissement a tenu à préciser qu’elle fait partie de plusieurs milliers de patients palestiniens de la bande de Gaza et de l'Autorité Palestinienne, adultes comme enfants, qui sont hospitalisés chaque année pour des traitements divers dans ce seul centre de soins.

 

L’un des partis au conflit fait tout son possible afin de sauver les petites filles de l’autre, alors que l’autre fait son possible pour tuer le plus possible de fillettes du premier. C’est le fossé infranchissable qui sépare l’humanisme de la barbarie et dans lequel les antisémites perdent leurs âmes les uns après les autres.

 

Dernière minute :

 

Les premières conclusions de l’enquête concernant l’incident d’Ezouz, à la frontière israélo-égyptienne, indiquent que nous sommes probablement en présence d’une tentative violente de contrebande de drogue à partir du Sinaï.

 

Les agresseurs ont ouvert le feu simultanément à partir de trois positions, dont une voiture qui empruntait la route longeant la frontière. Les contrebandiers ont fait usage d’armes automatiques, de grenades antichars et même de missiles.

 

Dans l’échange de feu, le Capitaine Or Ben Yehouda, commandant de compagnie, ainsi qu’une soldate ont été blessés.

 

Tsahal a répliqué, éliminant au moins trois des assaillants.  

 

 

 
Des soldats de Tsahal agressés depuis l’Egypte (info # 012210/13) Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 22 octobre 2014

 

Conférence à Marseille

 

Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Metula News Agency

 

et analyste stratégique, développera le thème d’actualité suivant :

 

"Les djihadistes nos nouveaux voisins"

 

Le lundi 10 novembre à 20 heures 15, à Marseille : 

 

Une conférence co-organisée par le Centre Edmond Fleg, le CRIF Marseille Provence, la Radio Juive de Marseille et la na.

 

4 Impasse Dragon, 13006 Marseille 06, France

Tél. 04 91 37 42 01

http://www.centrefleg.com/

Entrée payante : 15 euros. 12 euros pour les étudiants

 

 

Des soldats de Tsahal agressés depuis l’Egypte (info # 012210/14) [Breaking news]

© Metula News Agency

 

Mercredi, 15h50 à Metula, 14h50 à Paris

 

En début de cette après-midi, des individus ont ouvert le feu sur des soldats israéliens à proximité de la frontière égyptienne.

 

Une enquête est en cours mais il se pourrait que les agresseurs aient utilisé des grenades antichars (RPG) ou des missiles.

 

Deux militaires de Tsahal, un homme et une femme appartenant au bataillon d’infanterie Caracal [du nom d’un lynx du désert], ont été blessés lors de l’incident et transportés par hélicoptère vers l’hôpital Soroka de Be’er Sheva.

 

D’autre part, 5 soldats supplémentaires ont été eux aussi blessés tandis qu’ils se dirigeaient prestement vers le lieu de l’accrochage, lorsque la jeep dans laquelle ils se trouvaient s’est retournée.

 

D’importants renforts ont été acheminés vers la zone de l’attentat, située non loin de la petite localité d’Ezouz, au sud de Nitzana, par crainte que des éléments ennemis aient réussi à s’infiltrer sur le territoire de l’Etat hébreu.

 

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La région de l’embuscade

Service cartographique de la © Metula News Agency

 

L’identité des agresseurs n’est pas encore connue, mais la péninsule du Sinaï est infestée par des terroristes qui combattent aussi bien les Forces Armées Egyptiennes que Tsahal.

 

Les plus actifs sont des groupes affiliés à al Qaeda ou au Hamas de Gaza ainsi qu’à d’autres organisations extrémistes palestiniennes.

 

Ansar bayt al Maqdis [les défenseurs du mont du Temple (de Jérusalem), tiré de l’hébreu bet-hamigdash, le Temple], une organisation salafiste connue de la Ména affidée à al Qaeda, a revendiqué le guet-apens au Caire.

 

Il s’agit de bandes autonomes fortes de cinq à dix hommes, qui tendent des embuscades aux militaires égyptiens et israéliens.

 

Ils reçoivent, le plus souvent moyennant paiement, le soutien de bédouins traditionnellement opposés au pouvoir cairote.

 

Le Caire et Jérusalem coopèrent étroitement dans la lutte contre ces terroristes, particulièrement en échangeant leurs informations.

 

La région frontalière de l’Egypte, de Gaza jusqu’à Eilat (215 kilomètres), est quasi constamment survolée par des drones israéliens.

 

Ce n’est pas la première fois que des incidents de ce genre ont lieu dans cette zone : en septembre 2012, un soldat qui supervisait des travaux à la frontière avait été tué par des tirs d’armes automatiques.

 

Trois mois auparavant, un automobiliste israélien avait également trouvé la mort lorsque des terroristes infiltrés avaient fait exploser un engin au passage de son véhicule.

 
Du rififi chez les Turcs [2ème de 2 parties] (info # 012110/14) Version imprimable
Analyse
mardi, 21 octobre 2014

 

Dernières heures, par Perwer Muhammad Ali face à Kobané :

 

Hier, vers minuit, les miliciens djihadistes ont attaqué les Unités de Protection Populaire kurdes (YPG) à Kobané sur plusieurs fronts à la fois : dans l’axe Sud-Est, à partir de l’Est et de l’Ouest, en utilisant des armes lourdes.

 

Les combats ont duré le reste de la nuit et ont été particulièrement violents ; les affrontements les plus rudes se sont déroulés autour de la municipalité de la ville.

 

Les YPG sont parvenus à repousser toutes les attaques des islamistes qui ont à nouveau perdu un nombre élevé de combattants. Les corps de 24 miliciens du Califat ainsi que leurs armes personnelles se trouvent entre les mains des défenseurs de Kobané.

 

Ce mardi matin, la situation est calme hormis les bombardements alliés qui ont repris.

 

Les renforts annoncés de Peshmergas irakiens ne sont toujours pas parvenus dans le secteur des combats.

 

D’autre part, une journaliste libano-américaine, Serena Chéhim, travaillant pour la chaîne TV iranienne Press TV exprimant les vues de la junte théocratique au pouvoir à Téhéran, a trouvé la mort dans un accident de circulation dans des circonstances suspectes.

 

La consœur couvrait les évènements de Kobané à partir de la frontière turque. Elle avait réussi à se procurer des images de miliciens de l’Etat Islamique rejoignant le théâtre des opérations en Syrie en se dissimulant dans des camions de diverses ONG ainsi que du Programme Alimentaire Mondial de l’ONU (PAM).

 

Ces transferts s’effectuent avec l’approbation des autorités turques qui auraient assassiné Serena Chéhim afin de l’empêcher de diffuser les documents en question.

 

La journaliste se disait préoccupée et avait fait savoir à d’autres confrères sur place qu’elle craignait pour sa vie.

 

Notre correspondant Perwer Muhammad Ali, un Kurde de Syrie, nous informe également qu’il se sent épié par les services du renseignement turc et qu’il craint pour sa sécurité.

 

 

Du rififi chez les Turcs [2ème de 2 parties] (info # 012110/14) [Analyse]

Par Ferit Ergil © Metula News Agency

 

Les jours suivants virent une grande flambée de violence en Turquie. Les manifestants, en majorité kurdes, affrontèrent violemment les forces de l'ordre qui répliquèrent avec brutalité.

 

Des combats opposèrent dans la ville de Diyarbakir, bastion kurde dans le Sud-Est, les militants kurdes à ceux de l’Hüda-par [en entier Hür Dava Partisi, littéralement, "le Parti de la Cause Libre"], un mouvement de djihadistes kurdes sunnites membres du Hezbollah turc.

 

Les métropoles de l'Ouest comme de l'Est s'enflammèrent, le couvre-feu fut décrété dans plusieurs villes, des statues d'Atatürk furent déboulonnées et brûlées, des bâtiments publics et des écoles saccagés, des supermarchés pillés.

 

Tandis que le MHP-nationaliste sommait ses militants de ne pas sortir dans la rue et de garder le calme, tout en qualifiant les faits de « conséquence inévitable de la politique d'ouverture kurde » d'Erdogan, les organisations kurdes et le parti HDP, par la voix de ses députés, regrettèrent publiquement la tournure prise par les évènements, invoquant des « provocations de milieux occultes ».

 

Pendant plusieurs jours, la Turquie se focalisa sur « les Kurdes qui saccagent le pays », et le Califat et ses crimes furent quasiment oubliés. Seuls quelques media critiques osèrent rapporter les propos d'un député de l’AKP, selon lesquels « l'Etat Islamique tue mais ne torture pas ! », tandis que les policiers attaquaient les manifestants dans une ville de Sud-Est aux cris de « Vive l'Etat Islamique » (ISID en turc) !

 

Erdogan et son ami de toujours, Ahmet Davutoglu, promu premier ministre, doivent également faire face aux critiques de la presse étrangère. Celle-ci voit dans la non-intervention turque à Kobané, malgré la résolution votée au Parlement à l’initiative de l’AKP, un refus de combattre aux côtés de l’YPG (les forces d'autodéfense kurdes en Syrie) et du PKK, et dans les manifestations violentes en Turquie un cri de désespoir. Pour justifier de leur passivité, Erdogan et Davutoglu affirment que « l'EI et le PKK sont des mouvements terroristes qui se ressemblent », et ils nient, en dépit des nombreuses évidences démontrant le contraire, soutenir l'Etat Islamique.

 

Les sociaux-démocrates du CHP, par la voix de leur leader Kiliçdaroglu, très contesté dans son propre parti, proposeront l’adoption d’une nouvelle résolution parlementaire demandant l'intervention de l'Armée turque, limitée à Kobané. Ils ne seront pas entendus. Vraisemblablement, cette proposition était destinée à rassurer les alévis [les adeptes d’une religion non mahométane regroupant entre 10 et 15% de la population turque, nombreux à soutenir le CHP], très inquiets de l'avènement d'un régime sunnite extrémiste et répressif en Turquie, ainsi que les Kurdes « loyalistes » [fidèles à l’Etat turc].

 

C'est dans ce contexte que l'aviation turque est intervenue, le 14 octobre dernier, contre « des forces du PKK infiltrées à partir de l'Irak ». Ces miliciens auraient auparavant attaqué un poste frontière turc.

 

Il est aussi intéressant, voire étonnant, de noter que, peu après ce bombardement, John Kerry déclarait que « les Kurdes, de toutes façons, n'attendaient, ni ne souhaitaient une intervention militaire turque » à Kobané.

 

 

Erdogan le funambule 

 

Le manque de « lisibilité » apparent de la politique turque, soulignée avec force par de nombreux observateurs dont Jacques Hubert-Rodier, dans la livraison des Echos du 17 octobre courant, ne peut s'expliquer uniquement par les réticences, voire l'hostilité de l'Armée turque face à une intervention à Kobané aux côtés des milices kurdes qui furent ses ennemis pendant 30 ans, même si ce paramètre est à prendre en considération parmi d'autres.

 

Le nœud du problème réside dans la logique d'Erdogan et de ses ambitions inassouvies qui lui dictent ses règles de conduite. Sa stratégie à long terme est due au Professeur Davutoglu, son ancien ministre des Affaires Etrangères devenu premier ministre. Davutoglu, antisémite fervent, est l’architecte du principe « zéro problèmes avec les voisins », ayant abouti aux « problèmes avec tous les voisins ». Il consiste à tout mettre en œuvre pour faire de la Turquie le pays pivot du Moyen Orient, avec Erdogan à la tête d’une coalition sunnite, se présentant comme un « musulman modéré », acceptable par le monde occidental. Un quasi-sultan, dans les faits, ressuscitant sous forme républicaine l'ancien empire ottoman qui dirigeait le monde sunnite.

 

Les déboires des Frères Musulmans en Egypte et en Tunisie orientèrent naturellement Erdogan vers la Syrie, gouvernée par l'alaouite Assad, qui fut son « ami » le temps de régler leur compte aux laïcs turcs.

 

Il profita de la tension qu’il avait artificiellement créée face à Damas pour décapiter l'Armée acquise au modèle républicain d'Atatürk, et préparer « l'ouverture kurde », en désamorçant les velléités guerrières de la rébellion kurde, jadis soutenue par le clan Assad, père et fils, avec des promesses d'autonomie.

 

L'arrivée de près d'un million de réfugiés syriens en Turquie permit à Erdogan de trouver, dans le flot de sunnites fuyant leur pays, un vivier de combattants pour sa propre cause, en se posant en champion de la cause sunnite, comme l'atteste d'ailleurs son soutien au Hamas.

 

Il brigua le titre de défenseur des « droits de l'homme », responsable de l'accueil de ces demandeurs d'asile, qu'il utilisera, en fin tacticien, comme supplétifs de la police contre les manifestants de Gezi Park à Istanbul, au printemps 2014, en faisant donc d'une pierre deux coups !

 

L'ouverture kurde lui permettra d'avoir les mains libres pour combattre, successivement, les laïcs, ses ex-alliés de la communauté Gülen, aussi bien que les libéraux, qui soutinrent jadis sa politique.

 

Dans la situation actuelle, en homme expérimenté habitué à jouer ses adversaires contre ses ex-amis, la logique d’Erdogan lui commande d’agiter, face au mécontentement et à la frustration des Kurdes, l’épouvantail nationaliste, et de susciter un élan de solidarité autour du gouvernement face au « péril séparatiste kurde ».

 

Ce faisant, il continue de caresser la population islamiste dans le sens du poil, après l’avoir galvanisée, des années durant, par des discours bellicistes contre « les autres ».

 

Un autre paramètre, et non des moindres, à prendre en considération, quoiqu’omis par la presse occidentale, réside dans la tenue des élections législatives en 2015, qui devraient permettre à Erdogan de conserver la majorité absolue, et de régner en maître sur les trois pouvoirs, législatif, exécutif et juridique, ce dernier ayant d’ores et déjà été purgé de ses adversaires avec l’aide des partisans de Gülen.

 

En prenant soin de ne pas s’aliéner sa base islamiste, Erdogan devra donc conserver, autant que possible, des suffrages à l'est du pays, où son parti est majoritaire, et s'attirer les voix nationalistes qui lui font défaut. Cela reste un exercice de funambule, dans un pays et une région où les équilibres sont traditionnellement fragiles, les amitiés et inimitiés mouvantes et changeantes.

 

Les récents projets de loi consécutifs aux émeutes d'octobre, renforçant les pouvoirs de la police, avec la possibilité de perquisitionner au domicile de suspects et de procéder à des arrestations sans l’autorisation d’un juge, interdisant les media « pro-terroristes » avec confiscation de leur matériel sur simple décision de police, accroissant le contrôle des réseaux sociaux, vont dans le sens de l’absolutisme.

 

Cela n’empêchera cependant pas le Président Erdogan de fêter, le 29 octobre prochain, le 91ème anniversaire de la République dans le nouveau palais présidentiel qu’il s’est fait construire sur l'ancienne ferme expérimentale bâtie par Atatürk, au début de la République turque, dans les faubourgs d'Ankara.

 

L'immense bâtisse, construite en dépit de l’avis défavorable de la justice, est baptisée Ak Saray, c'est à dire le « Palais Blanc », il est conçu pour rivaliser en faste et grandeur avec la Maison Blanche.

 

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Erdogan ou comment manipuler la démocratie pour détruire la République


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Du rififi chez les Turcs [1ère de 2 parties] (info # 012010/14) Version imprimable
Analyse
lundi, 20 octobre 2014

 

Par Ferit Ergil

 

Dernières heures :

 

Les Etats-Unis ont procédé, ce matin à l’aube, au parachutage d’armes et de munitions à l’intention des forces kurdes toujours assiégées à Kobané.

 

L’opération a été menée par des appareils de transport de type Hercules C-130, qui ont également envoyé aux Unités de Protection Populaire (YPG) du matériel sanitaire de premier secours.

 

A en croire le porte-parole de l’Armée américaine, le matériel, largué à quelques centaines de mètres de la frontière turque, provient des autorités kurdes d’Irak, une information qu’il convient de mettre au conditionnel.

 

D’autre part, le gouvernement turc a fait savoir ce lundi qu’il autorisait des Peshmergas irakiens à venir renforcer les défenseurs de Kobané en transitant sur son territoire.

 

Si cette dernière mesure se vérifiait, on serait en présence de deux éléments de nature à permettre aux Kurdes de reprendre entièrement le contrôle de leur ville ; ce, d’autant plus que les bombardiers de la coalition ont poursuivi ces dernières heures le pilonnage des positions de l’Etat Islamique, lançant notamment 11 raids dans le courant de la nuit dernière.

 

On sait que les miliciens djihadistes ont subi de très lourdes pertes la semaine dernière, ce qui les a contraints à céder du terrain à leurs adversaires. On sait aussi qu’en dépit de ces pertes, DAESH continue de renforcer ses combattants à Kobané à l’aide de troupes fraiches, d’armes et de munitions.

 

Or les islamistes étaient déjà supérieurs en nombre et en dotation aux forces d’autodéfense kurdes ; en particulier, ils disposent d’armes lourdes, tandis que l’YPG manquait de moyens antichars.

 

 

 

 

Le titre est bien entendu emprunté au célèbre film de Jules Dassin, « Du rififi chez les hommes » datant des années 50 et ayant pour thème la guerre de gangs rivaux qui s'épuisent au terme d'une longue lutte pour s'approprier le magot.

 

La Turquie d'Erdogan est revenue au-devant de la scène et de l'actualité avec l'intensification de la lutte pour la conquête de Kobané (Ayn-el-Arab), bourgade peuplée de Kurdes de Syrie aux confins de la Turquie, où se déroulent depuis un mois des combats acharnés entre les forces kurdes d'autodéfense et l'Etat Islamique alias DAESH.

 

 

Quelques rappels de faits récents

 

Le gouvernement islamiste d'Erdogan a subi deux secousses successives en 2013, qu'il surmonta  avec difficulté : le mouvement de protestation de Gezi Park, au cœur d'Istanbul, qu'il réprima violemment et, plus tard, le scandale de corruption et de détournement de fonds à grande échelle qui toucha ses proches en automne. Les malversations furent révélées au grand jour par son ex-allié établi en Pennsylvanie, le prédicateur Fethullah Gülen, dont les partisans au sein de l'appareil d'Etat (police et justice) furent évincés.

 

Le mouvement Gülen fut décrété « Etat parallèle » ; une demande d'extradition (qui n'a pas eu de suite jusqu'à présent) a été communiquée à l'administration américaine, et de nombreux suspects furent arrêtés et jugés pour complots contre l'Etat. Parmi ceux-ci, de hauts gradés de l'Armée, dont le chef d'état-major en personne, ainsi que des journalistes et intellectuels laïcs, poursuivis par un appareil de justice à la botte du pouvoir.

 

Erdogan fit voter au parlement, par sa majorité de l'AKP [parti pour la Justice et le Développement], une loi promulguant l'élection au suffrage universel du Président de la République, ce qui lui ouvrait les portes d'un régime présidentiel et lui assurait les pleins pouvoirs, une fois débarrassé de ses rivaux de tous bords.

 

Alors que l'islamisation du pays battait son plein, avec des cours obligatoires de religion sunnite dans les écoles, la levée de l'interdit sur le voile islamique, y compris dans les écoles primaires et dans la fonction publique, Erdogan renforçait son soutien aux djihadistes combattant le régime dictatorial de Bachar el Asad, jadis son ami personnel.

 

Parmi les faits qui firent la une des journaux disposant d'une relative liberté d'expression, fin 2013, citons entre autres, le cas des cargaisons d'armes destinées à l'EI arraisonnées par des gendarmes turcs à la frontière syrienne, et autorisées à reprendre la route après l’intervention des services secrets (MIT) dirigés par un proche d'Erdogan, tandis que les gendarmes étaient arrêtés et poursuivis pour entrave à l'action de l'Etat.

 

Plus récemment, en juin 2014, tandis que la pression de l'EI s'accentuait à la frontière, en même temps que la débandade de l'Armée régulière irakienne et la prise de Mossoul, 49 personnes du consulat turc de cette ville, dont le consul général, furent capturées par l'organisation terroriste.

 

Le gouvernement d’Ankara décréta la censure sur toute information concernant les otages, alors que des stands de soutien à l’EI se multipliaient, en pleine rue, dans les quartiers d’Istanbul dirigés par les municipalités de l'AKP.

 

Certaines boutiques affichaient carrément dans leurs vitrines des T-shirts à l'effigie du Califat.

 

Ce n'était un mystère pour personne que la Turquie était devenue la plaque tournante de convois de mercenaires et de djihadistes occidentaux vers les zones tenues par les islamistes en Syrie.

 

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Collecte de fonds pour l'EI - Istanbul Juin 2014

 

Les élections présidentielles d'août dernier se déroulèrent sans surprise, et Erdogan fut élu dès le premier tour, avec la majorité des voix, face à un candidat commun de l'opposition composée du CHP (officiellement social-démocrate), du MHP, nationaliste, et d’un autre candidat du parti HDP, représentant essentiellement les Kurdes. Le candidat commun faisait pâle figure face à Erdogan ; c’était un turco-égyptien, connu comme islamiste lui-même, et bénéficiant de fort peu de sympathie de part de la base laïque du CHP.

 

Quant au candidat du HDP, Selahattin Demirtas, il menait une campagne axée sur la démocratisation du pays, les droits de la minorité kurde, et rassemblait également les voix de l'extrême gauche et de certains  libéraux turcs, mécontents de l'évolution de l'AKP.  Demirtas obtint le score de 10% lors de l’élection présidentielle.

 

Au bout de plusieurs mois de tractations secrètes menées entre le gouvernement Erdogan, par l'intermédiaire du chef des services de renseignements et le leader du PKK (mouvement armé kurde ayant combattu l'armée turque durant 30 ans) Abdullah Öcalan, un accord fut signé en mars 2013 entre les parties.

 

Il prévoyait l'octroi d'une autonomie accrue aux zones de l'Anatolie orientale, peuplées essentiellement de Kurdes. Öcalan conduisit les négociations (dont l’existence est farouchement niée par Erdogan)  depuis sa cellule de prison sur l'île d'Imrali dans la mer Marmara, en Turquie. Il ordonna à ses sympathisants armés d'accepter un cessez-le-feu avec l'Armée turque et de se retirer vers leur bastion du mont Qandil, en Irak, aux confins de la Turquie. L’existence de cet accord explique entre autres la passivité des mouvements kurdes durant les protestations de Gezi Park à Istanbul au printemps et à l’été 2013.

 

 

Kobané et Erdogan

 

Fin septembre 2014, alors que les djihadistes du Califat exécutaient sauvagement les otages occidentaux, les membres du consulat turc de Mossoul furent miraculeusement libérés. Ils regagnèrent le pays, en costume-cravate, souriants et en bonne santé, ce qui suscita des interrogations dans la presse turque.

 

Certains media opposés au gouvernement parlèrent ouvertement de « farce ». D’autres, acquis à la cause d'Erdogan, firent état d'une intervention des services de renseignement, tandis que la presse occidentale révélait qu'il y avait eu échange d'une centaine de prisonniers du Califat contre les diplomates d’Ankara.

 

On se trouvait pourtant au cœur de la période où la coalition occidentale était en train de se constituer pour intervenir contre l'EI qui assiégeait Kobané, et les dirigeants turcs exprimaient leur réticence à rejoindre l’alliance, prétextant la situation des otages turcs de Mossoul.


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Obama, Prix Nobel de la Paix : cinq ans après (info # 011910/14) Version imprimable
Analyse
dimanche, 19 octobre 2014

 

Par Guy Millière

 

Barack Obama a obtenu le prix Nobel de la paix il y a cinq ans, au mois d'octobre 2009. A l'époque, il avait encore accompli fort peu de choses. Il avait abandonné à leur sort les manifestants iraniens qui protestaient contre la réélection truquée de Mahmoud Ahmadinejad et qui appelaient les Etats Unis à l'aide au nom de la liberté et de la démocratie.

 

Il avait tenu un discours à Ankara que Recep Tayyip Erdogan pouvait considérer comme le feu vert à ses projets islamistes. Il avait prononcé un discours remarqué au Caire, qui lui avait permis d'exposer son projet de rapprochement avec l'islam radical, tout en traitant Israël d'Etat d'apartheid. Il avait exposé ses sympathies pour les Frères Musulmans.

 

Il avait envoyé Hillary Clinton rencontrer son homologue russe pour lui offrir un gros bouton de plastique jaune et rouge censé marquer un « redémarrage » ; sauf qu'au lieu du mot redémarrage, perezagruzka, le bouton portait un mot signifiant surcharge, peregruzka.

 

Il avait annoncé l'abandon de l'installation de missiles antimissiles en Pologne et en République tchèque pour bien montrer à Poutine qu'il se montrerait très flexible ; et il avait déclaré aux autorités chinoises que la défense des droits de l'homme ne constituerait pas sa priorité. C'était apparemment des débuts encourageants pour le Comité Nobel.

 

Les cinq années qui ont suivi ont montré à celui-ci que ses espoirs n'avaient pas été vains : cinq années superbes pour la paix mondiale !

 

Au cours de ce que quelques égarés avaient appelé à l'époque le « printemps arabe », Ben Ali, en Tunisie, a laissé la place à Ennahda, et quand bien même Ennahda n'exerce plus tous les pouvoirs, la Tunisie depuis ne s'est pas relevée de son traumatisme.

 

En Egypte, Hosni Moubarak a été renversé, et Mohamed Morsi et les Frères Musulmans sont arrivés au pouvoir peu après ; le maréchal Sissi essaie aujourd'hui, avec difficulté, d'éviter le naufrage du pays.

 

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L’Egypte reconnaissante

 

En Libye, le régime du colonel Kadhafi a été remplacé par des groupes djihadistes qui n'en finissent pas de ravager le pays. Grâce aux armes venues des arsenaux libyens pillés, une guerre a eu lieu au Mali, une autre en Centrafrique, et les djihadistes, qui ont désormais leurs bases arrières en Libye, écument toute la zone sahélienne. Boko Haram au Nigeria, appuyé par ces mêmes djihadistes, a pu tuer sauvagement des milliers de chrétiens.

 

La victoire âprement obtenue au temps du Président Bush au terme de l'opération, dite « Surge » [la "poussée", l’augmentation du nombre de soldats U.S décidée par George W. Bush en 2007 afin de sécuriser Bagdad ainsi que la province de l’Anbar] menée par le général Petraeus en Irak. Surge a été transformée en débâcle lorsque les troupes américaines ont totalement quitté le pays, bien que les chefs de l’état-major américain avaient prévenu que s'il ne restait pas un minimum de dix mille hommes de troupe américains dans le pays un désastre s’ensuivrait.

 

L'abandon par les Etats Unis des forces modérées en Syrie a conduit à une longue guerre civile qui a fait deux cent mille morts pour l'heure, et permis à Bachar al Assad de se maintenir au pouvoir avec l'appui du Hezbollah, de l'Iran et de la Russie. Cette « désertion » de la part de Washington a offert les trois quarts de la Syrie à Jabat Al Nosra et à l'Etat Islamique qui a, par ailleurs, progressé jusqu'aux portes de Bagdad et perpétré de multiples massacres.

 

L'abandon de l'Afghanistan aux talibans est en cours. Un rapprochement entre l'Administration Obama et l'Iran des mollahs, destiné à permettre l'accès de ceux-ci au nucléaire militaire est également en cours.

 

Israël a subi de nombreuses agressions verbales et des tentatives de déstabilisation de la part de Barack Obama en personne, ou par John Kerry interposé, et a subi une agression concrète menée par le Hamas au cours de l'été dernier grâce aux milliers de roquettes qui ont pu entrer à Gaza quand Morsi était au pouvoir au Caire.

 

L'Ukraine est toujours en situation de guerre larvée avec la Russie, qui a annexé la Crimée et menace les Etats baltes. La Chine, elle, a annexé de fait l'espace aérien de la mer de Chine et envisage d'une manière de plus en plus tangible d'annexer les îles Spratly et les îles Senkaku, ce qui crée des tensions sans précédent depuis des décennies avec le Japon.

 

En Amérique latine, le Venezuela d'après Chavez est toujours dans le chaos, même si cela ne fait plus les gros titres de l'actualité.

 

Il reste un peu plus de deux années à Barack Obama pour parfaire son bilan. Quelques centaines de milliers de morts supplémentaires et il pourrait, qui sait, ce serait sans précédent, se voir attribuer un deuxième Prix Nobel de la Paix.


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Conférence de Stéphane Juffa à Genève et Bruxelles Version imprimable
Communiqué
dimanche, 19 octobre 2014


Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Metula News

 

Agency et analyste stratégique, développera le

 

thème d’actualité suivant :

 

"Nos nouveaux voisins djihadistes"

 

Le mardi 4 novembre à 20 heures 15, à Genève : 

 

Une conférence organisée par la Communauté Israélite de Genève

21 av. Dumas - 1206 Genève

Tél. 022 317 89 00

http://www.comisra.ch/

Entrée libre

 

et le

 

 Le jeudi 6 novembre à 20 heures 15, à Bruxelles : 

 

Une conférence co-organisée par le Cercle Ben Gourion, Radio Judaïca et la na
Au Foyer SEF
150, Avenue Winston Churchill - 1180 Bruxelles
Réservations, le matin au Tél. + 32 2 648 18 59

Ou par mail à l’adresse secretariat@cerclebengourion.be
http://www.cerclebengourion.be
Entrée payante : 15 euros. 12 euros pour les étudiants

 

 

 
Kobané presque libérée (info # 011610/14) Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 16 octobre 2014

 

© Metula News Agency

 

Kobané et Métula 21h15, Paris 20h15

 

(avec Perwer Muhammad Ali sur place)

 

Suite à des dizaines de raids aériens, dont quatorze menés durant les dernières vingt-quatre heures, ainsi que la livraison aux forces kurdes de nouveaux matériels et de munitions, les miliciens de l’Etat Islamique ont, ce jeudi soir, été pratiquement chassés de la ville de Kobané.

 

Ces derniers ne tiendraient plus qu’un peu moins de 20% de la cité dont ils contrôlaient 60% il y a 3 jours encore.

 

Ces résultats ont été acquis notamment par la synchronisation des efforts entre la coalition (principalement les Etats-Unis) et les forces kurdes combattant sous la bannière des Unités de la Protection Populaire (YPG).

 

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La situation telle qu’elle se présentait mardi dernier

 

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Et celle qui prévaut ce jeudi soir

Par l’unité cartographique de la Metula News Agency

 

Les défenseurs de la ville sont finalement parvenus à transmettre régulièrement aux alliés les coordonnées précises des positions du Califat, dans et autour de Kobané.

 

Cela a permis aux bombardiers US de pilonner des objectifs à l’intérieur de la partie de l’agglomération qui était tenue par DAECH.

 

Ainsi, les frappes conduites depuis hier, mercredi, ont détruit une vingtaine de bâtiments qui se trouvaient entre les mains de la milice, deux postes de commandement principaux, quatre positions renforcées, trois de francs-tireurs ainsi que deux points d’observation, deux batteries d’artillerie et une terrasse depuis laquelle des mitrailleuses lourdes arrosaient la partie kurde.

 

Les commandants de l’YPG sur le terrain ont informé divers correspondants de presse stationnés à la frontière turque toute proche qu’ils avaient reçu des armes, des munitions, des vivres et des renforts.

 

On ignore cependant comment ceux-ci sont parvenus jusqu’à Kobané ; il se pourrait qu’ils aient été héliportés à l’ouest de la ville, près de la colline de Shaïr, qui avait peu auparavant été arrachée aux djihadistes de haute lutte. La reconquête de cette butte a dégagé une zone non bâtie de 3.3 kilomètres de terres agricoles, largement suffisante pour organiser un héliportage.

 

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La situation générale de Kobané et l’emplacement des collines stratégiques

 

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Les seules voies d’accès terrestres possibles : par la Syrie ou la Turquie

En gris, les zones contrôlées par DAECH

 

Autre hypothèse : sous la pression, Ankara aurait finalement autorisé le transfert de ces renforts et équipements par son territoire.

 

Cela semble toutefois douteux, puisque le gouvernement turc empêche tout approvisionnement aux assiégés via son territoire, n’autorisant qu’aux "Syriens" le franchissement de ses lignes.

 

D’autre part, Ankara, même durant ces derniers jours, a permis à des miliciens islamistes de grossir les rangs de l’EI ainsi que de le ravitailler en armes, en munitions et en rations alimentaires. L’aviation turque a même bombardé son propre territoire utilisant des F-16 et des F-4. Ces raids visaient des agglomérations kurdes de Turquie.

 

Après exactement un mois de combats acharnés, les Kurdes prétendent avoir éconduit les miliciens islamistes hors des limites de Kobané et affirment avoir la victoire au bout de leurs fusils.

 

A les en croire il ne reste que deux poches de résistance aux mains de leurs ennemis, ce après que des centaines de membres du Califat Islamique eurent été mis hors de combat par les bombardements de l’US Air Force.

 

Des pilonnages qui ont également visé les renforts de l’EI qui tentaient de rejoindre le théâtre des opérations principalement par les routes du sud et de l’est de Kobané.

 

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Les combats faisaient rage au centre de la ville il y a seulement deux jours

 

DAECH se montre actuellement incapable de compenser les trois nouveaux facteurs de la bataille, à savoir : l’intensification de l’intervention aérienne, sa précision, ainsi que les nouvelles dotations, notamment en armes antichars, parvenues aux YPG.

 

Les survivants des forces djihadistes, soumis à cette triple pression, sont contraints de se retirer des zones qu’ils occupaient.

 

Les combats ont aussi chassé 300 000 Kurdes de leurs résidences dans la région – à Kobané et dans les villages alentours -, certains trouvant refuge chez leurs frères en Turquie, d’autres, par milliers,  préférant rejoindre la région autonome des Kurdes d’Irak.

 

Nombre des personnes réfugiées en Turquie espèrent maintenant, au vu du déroulement des combats, pouvoir regagner leurs maisons dans les prochains jours.

 

Ce soir, nos correspondants nous informent que l’intensité des combats a beaucoup baissé dans la cité de Kobané, où l’on n’entend plus que des tirs sporadiques d’armes automatiques.

 

La ville martyr, dont personne ne connaissait le nom il y a un mois et demi, est devenue un symbole fort de la guerre que se livrent l’Occident et ses alliés kurdes contre l’Etat Islamique ; les djihadistes ayant consacré des moyens extraordinaires en hommes et en matériel afin de tenter de prendre le contrôle de Kobané.

 

A la Ména, on a également relevé un élan considérable de sympathie pour les défenseurs kurdes parmi le public européen, israélien et étasunien, qui s’intéresse désormais aux exploits réalisés par les combattants sous-armés qui s’opposent avec bravoure à la déferlante islamiste. La rédaction de Métula est constamment interpelée par des lecteurs désireux de recevoir des informations fiables et détaillées sur le déroulement de la confrontation.

 

Sur place, on craint toujours un regroupement et une contre-attaque des miliciens d’al Baghdadi, bien qu’ils ne semblent pas capables de retourner la situation en considération des nouveaux paramètres de la bataille révélés depuis le début de cette semaine.

 

Dans l’hypothèse plausible de la libération complète de la ville, on observera avec le plus grand intérêt l’évolution de la situation. Les Kurdes seront-ils capables d’établir la jonction avec les autres Peshmergas syriens, dont les positions les plus proches se situent à 200 kilomètres à l’Est ? Ou le Califat Islamique aura-t-il les moyens de maintenir sa pression dans la région et se contentera de contourner les bastions qu’il n’est pas en mesure de conquérir ?

 

Cela dépendra largement d’une décision politique des alliés, qui, s’ils continuent de prêter leur concours aux Kurdes participeront à la formation d’une région kurde ininterrompue entre la Syrie et l’Irak. Une région qui a d’ores et déjà fait part de son intention de constituer un Etat indépendant le plus rapidement possible.

 

L’on sait, qu’en principe, les Occidentaux sont opposés à la création d’un Etat kurde, sécessionniste à la fois de Damas et de Bagdad.

 

Reste que, faute de se constituer en Etat indépendant, les Kurdes n’auront pas la capacité de se défendre efficacement face à la poussée islamiste ainsi que contre les menaces turque et iranienne ; or la coalition ne désire pas non plus une défaite des Peshmergas.

 

Il est clair que les Américains et les Européens préféreraient participer au renforcement de l’Armée régulière irakienne et de l’opposition non djihadiste en Syrie, qui combat principalement le régime de Béchar al Assad. Les derniers mois d’affrontements ont cependant démontré que ces deux entités étaient incapables de tenir tête à l’avancée de l’Etat Islamique. Des combats ont d’ailleurs opposé, pas plus tard qu’hier, les miliciens djihadistes à l’Armée irakienne à moins de 40 kilomètres de la capitale Bagdad.

 

Les seules forces ayant démontré leur aptitude à résister à la pression de l’EI sont celles des Kurdes. Plusieurs pays, notamment la France, l’Allemagne et très probablement Israël, ont pris le parti de poursuivre leurs transferts de matériel et de savoir-faire aux Peshmergas de Massoud Barzani dans le Kurdistan irakien.

 

A l’aéroport d’Erbil, capitale de ce territoire, on observe un ballet incessant d’avions de transport déversant leur précieuse cargaison afin de renforcer les Kurdes.

 

 

 
L’importance de Kobané (info # 011310/14) Version imprimable
Analyse
lundi, 13 octobre 2014

 

Par Hevi Pekoz

 

Le public se pose de nombreuses questions relatives à la situation prévalant à Kobané, et peine à comprendre l’incapacité des Occidentaux à aider les Kurdes encerclés dans cette cité.

 

Parlons d’abord de la situation. Nous sommes en contact permanent avec Perwer Muhammad Ali dans la région de Kobané, un camarade reporter travaillant pour l’agence kurde Hawar News Agency.

 

Perwer m’informe de ce que le front s’est stabilisé depuis vendredi et que l’YPG (Unité de Protection Populaire), c’est-à-dire les combattants kurdes syriens, contrôle entre 70 et 75% de la cité. Ils ont réussi à repousser les miliciens du Califat Islamique hors des limites de la ville, excepté dans le secteur oriental où les combats de rue font rage.

 

Durant cette seule journée de lundi, les islamistes ont fait sauter pas moins de neuf voitures piégées afin de tenter d’ébranler les Peshmergas.

 

L’Etat Islamique a perdu des dizaines de combattants ces derniers jours, tant à l’intérieur de Kobané que dans sa proximité où ils sont les cibles de l’attaque de l’US Air Force et de ses alliés.

 

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Les Kurdes syriens vendent chèrement leur peau

 

Durant plusieurs jours, les frappes aériennes étaient inefficaces et n’avaient pas d’impact sur le terrain. Mais d’après notre correspondant, les choses ont favorablement évolué dans la seconde moitié de la semaine dernière, permettant aux défenseurs de stabiliser la situation et même de reprendre une partie du terrain perdu.

 

Reste que les alliés n’utilisent dans la bataille que des chasseurs-bombardiers et aucun hélicoptère d’attaque. Si c’était le cas, ils n’auraient aucun problème pour neutraliser les chars, les autres blindés et les pièces d’artillerie de l’Etat Islamique.

 

Toutefois, les bases des alliés en Irak sont trop éloignées de ce théâtre d’opérations pour permettre l’emploi d’hélicoptères d’assaut à l’autonomie limitée.

 

Ceci répond à une partie du questionnement : contrairement à ce qui a été dit ça et là, il est parfaitement possible de déterminer l’issue d’une bataille grâce à une intervention aérienne ; encore faut-il disposer des appareils adéquats, en nombre suffisant, de bases assez proches des objectifs à atteindre, ainsi que d’informations précises quant à la localisation des cibles et aux mouvements de l’ennemi.

 

C’est surtout dans ce dernier domaine que les alliés se sont améliorés.

 

On pourrait certes se passer de tous ces problèmes en utilisant les bases de l’OTAN situées en Turquie. La Turquie, et notamment la ville de Mürsitpinar, distante uniquement de quelques dizaines de mètres des faubourgs septentrionaux de Kobané.

 

Mais la Turquie interprète une partition complexe relativement à la guerre civile syrienne. Nous, de rappeler au lecteur que Recep Tayip Erdogan et son parti l’AKP sont des islamistes, et que leurs principaux ennemis stratégiques, depuis des décennies, sont les Kurdes de la région et non les organisations djihadistes.

 

Il est de notoriété publique qu’Erdogan favorise l’Etat Islamique, al Nosra et d’autres milices sunnites en Syrie, les soutenant financièrement, leur transférant du matériel militaire, de même que des milliers de volontaires turcs. Ces derniers interviennent dans les combats tant en Irak qu’en Syrie, et les chars qu’ils utilisent sont parfois surmontés du drapeau rouge au croissant et à l’étoile blancs d’Ankara.

 

En revanche, l’Armée turque, largement déployée à la frontière de Mürsitpinar, empêche tout approvisionnement aux assiégés, en armes, en munitions et en renforts.

 

Quelques dizaines de combattants du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan [turc]) sont parvenus à s’infiltrer en Syrie, déjouant l’attention des soldats turcs. Ils font le coup de feu aux côtés de leurs frères de Kobané, qui constituent cependant l’écrasante majorité des combattants défendant la ville.

 

Ankara dépense plus d’énergie à contenir la colère des Kurdes de Turquie qu’à s’occuper du destin de ceux de Kobané. L’amertume grandit partout où l’on trouve des Kurdes, d’Istanbul à Diyarbakir, la capitale officieuse des Kurdes de Turquie.

 

A Diyarbakir, les habitants, pourtant soumis au couvre-feu et à l’interdiction de manifester, ont brûlé le drapeau rouge et blanc et, outrage suprême, ont déboulonné la statue de Kemal Atatürk, le fondateur de la nation. On relève des morts par dizaines lors des manifestations contre le régime d’Erdogan.

 

Un régime qui est d’autre part soumis à la pression de l’OTAN, dont la Turquie est un membre important et le seul pays musulman, ainsi qu’à la pression européenne, dont la sympathie naturelle va traditionnellement aux Kurdes.

 

Sur le plan tactique, Ankara ne veut surtout pas être le seul composant de la coalition à envoyer des forces terrestres à Kobané ; on peut le comprendre, en prenant conscience qu’en cas d’intervention turque dans la guerre civile voisine, cela déclencherait un affrontement durable et sanglant entre chiites des deux côtés de la frontière.

 

Placé face à ses obligations - des voix européennes s’élèvent déjà pour exclure la Turquie de l’OTAN et pour affirmer qu’Ankara ne se comporte pas dans cette affaire comme doit le faire un membre de l’Alliance Atlantique – Erdogan invite les Etats-Unis et les Européens à participer à une éventuelle intervention terrestre pour sauver Kobané, proposition qu’ils ne s’empressent pas d’accepter.

 

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No comment

 

Par ailleurs, hier dimanche, la Turquie viendrait de proposer à la coalition d’utiliser ses aéroports pour mener des actions contre l’EI ; jusqu’à maintenant elle s’y refusait. Mais nous venons d’apprendre, de la part d’un membre autorisé de l’establishment turc, que cette rumeur était infondée et qu’aucun accord n’a été conclu entre Ankara et Washington à ce propos.

 

Le public se demande aussi parfois si les Kurdes d’Irak sont en mesure de venir en aide à leurs frères syriens. Cela pose un problème logistique, les voies d’accès à Kobané depuis l’Irak, par la Syrie, étant toutes fermement entre les mains de l’EI ; pour information, le point d’appui kurde le plus proche de Kobané est Qamishlo [200 000 hab.] et est situé à 250 kilomètres de la cité assiégée. En dépit de la distance et des difficultés, 35 jeunes de Qamishlo sont parvenus, la semaine dernière, à franchir le territoire contrôlé par le Califat et à rejoindre les défenseurs de Kobané.

 

Sur le plan politique, l’attitude d’Ankara a causé une sérieuse détérioration dans ses relations avec le Gouvernement Régional Kurde d’Irak de Massoud Barzani ; dans le même temps, les relations tendues depuis longtemps entre les Kurdes syriens, politiquement représentés par le PYD (Parti de l’Union Démocratique) et le Parti Démocratique du Kurdistan, dirigé par Barzani, se sont resserrées de façon singulière face à la détresse du PYD.

 

Cela conduit à un changement d’orientation radical des espérances des Kurdes syriens ; longtemps les aspirations de ceux-ci se limitaient en effet à rester dans le giron de l’Etat syrien en tentant d’y acquérir une relative autonomie. L’évolution de la situation sur le terrain, et particulièrement l’offensive de cet été de l’Etat Islamique, ont rendu cet objectif dépassé.

 

L’unique espoir qui demeure maintenant pour les Kurdes de Syrie consiste à participer à l’Etat kurde dont la formation est déjà très avancée en Irak.

 

Cette nouvelle alliance de cœur et de raison dans la famille kurde fera peser sans nul doute une menace sur Ankara, avec une population frontalière qui voudra elle aussi rejoindre le nouvel Etat en gestation.

 

La violence de la répression exercée par les autorités d’Ankara participe assurément aussi à ce renforcement du nationalisme intra-kurde. Le PKK, qui se situait dans une logique de pacification avec Ankara, est en train, sous la pression de sa rue, de s’en éloigner à nouveau. Le parti politique kurde de Turquie, le BDP (Parti pour la Paix et la Démocratie), qui a présenté ses excuses à Erdogan pour le sort réservé à "Atatürk" à Diyarbakir, se voit également de plus en plus isolé du fait des violences policières, de la maltraitance touchant des centaines de milliers de réfugiés en provenance de Syrie et de l’indifférence d’Ankara face à la détresse des Kurdes de ce pays.

 

Des observateurs ont également évoqué l’inaction de l’Etat hébreu face à la situation désespérée de ses amis traditionnels dans le nord syrien. A ce propos, il est nécessaire d’observer que la coalition anti-EI n’a pas sollicité la participation officielle de Jérusalem à son alliance. Ce, à cause du désir manifesté par les alliés arabes, ne voulant pas voir des Hébreux frapper des musulmans sunnites afin de préserver leur image dans le monde arabe.


 

Dernière minute de Perwer Muhammad Ali :

 

18h 33 à Kobané et Métula, 17h 33 à Paris

 

Pour la première fois depuis le début des frappes alliées en Syrie, des hélicoptères d’attaque Apache [a-pa-tchi] sont intervenus cette après-midi contre des positions de l’Etat Islamique à Kobané.

 

On ignore pour le moment d’où ils ont décollé.

 

Comme indiqué dans l’analyse qui précède, la généralisation de l’emploi de ces appareils déciderait sans conteste de l’issue de la bataille.

 

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La Suède glisse vers l’islam (info # 011210/14) Version imprimable
Analyse
dimanche, 12 octobre 2014

 

Par Guy Millière

 

Connaissez-vous Mehmet Kaplan ? Sans doute pas. C'est un Suédois d'origine turque, proche, très proche même, des Frères Musulmans. Ce fut l'un de ceux qui s'embarquèrent à bord du Mavi Marmara pour venir en aide au Hamas à Gaza et pour affronter l'armée israélienne. 

 

Mehmet Kaplan est aussi un membre éminent des « Verts » en Suède, un parti qui, comme en France, exerce une manière plutôt antisémite de s'occuper de l'environnement.

 

Il est désormais membre de la coalition gouvernementale en Suède au titre de ministre de la Ville et de l'Aménagement urbain. Kaplan est le premier musulman sympathisant des Frères Musulmans et du Hamas à devenir ministre dans un pays européen.

 

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L’ancien maire de Malmö (2010) : Nous n’acceptons ni le sionisme ni l’antisémitisme.

Il ne reste plus de Juifs à Malmö

 

En ayant choisi un tel ministre, il n'est pas étonnant que le nouveau chef de l’exécutif suédois, Stefan Lofven, ait décidé de reconnaître un « Etat de Palestine » et de nouer des relations diplomatiques avec celui-ci.

 

Il n'est pas étonnant non plus que Stefan Lofven considère comme un détail insignifiant le fait que l'Autorité Palestinienne, à laquelle il entend conférer le titre d' « Etat de Palestine », soit dirigé par une coalition incluant le Hamas.

 

Il n'est pas étonnant enfin qu'il ait accompagné sa décision d'un discours hypocrite semblant venu d'une réalité parallèle, dans lequel il parle d'un « conflit entre Israël et la Palestine » devant être réglé par une « solution à deux Etats », qui requiert une « reconnaissance mutuelle », et un « désir de coexister paisiblement ».

 

Sans doute n'a-t-il pas remarqué que la « Palestine » n'existe pas, même s'il va lui offrir une ambassade, que l'Autorité Palestinienne n'a jamais été aussi éloignée de l'idée des « deux Etats » et n'entend ni reconnaître Israël, ni coexister paisiblement avec lui, et que le Hamas veut rayer Israël de la carte par le djihad.

 

Stefan Lofven a, depuis qu'il a prononcé ce discours, fait un pas en arrière et décidé de mettre sa décision en suspens, mais il est aisé de voir de quel côté il penche.

 

Mehmet Kaplan et Stefan Lofven sont les incarnations du glissement que connaît la Suède depuis des années. Elle fut, longtemps, un pays essentiellement chrétien. En une trentaine d'années à peine, l'islam est devenu la deuxième religion du pays. Malmö, troisième ville de Suède par son nombre d'habitants, a longtemps abrité une communauté juive importante et florissante, mais quasiment tous les Juifs de la ville sont partis, en raison d'un antisémitisme croissant et de plus en plus violent. C'est aujourd'hui une ville à quarante pour cent musulmane.

 

Au nom d'un « politiquement correct » hérité de décennies de bienpensance socialiste, les gouvernements successifs n'ont cessé de prôner le multiculturalisme, n'ont rien fait pour intégrer les nouveaux arrivants à la culture suédoise et tout fait, au contraire, pour qu'ils conservent leur culture d'origine.

 

Quand des émeutes ont eu lieu, quand les actes de violence, les agressions, les viols se sont multipliés (la Suède est maintenant le deuxième pays du monde pour le nombre de viols par habitants), le gouvernement suédois s'est contenté d'un communiqué disant que le pays devait désormais « vivre avec la violence ».

 

Ce communiqué était le fait du gouvernement précédent, pas du cabinet actuel, résolument à gauche.

 

Un candidat de gauche aux récentes élections a dû retirer sa candidature après avoir traité les Juifs de « singes » et de « porcs » dans une phrase où il défendait la « Palestine ». En retirant sa candidature, il a dit que les mots « singes » et « porcs » avaient dépassé sa pensée, mais qu'il maintenait ce qu'il avait dit sur la Palestine. Cet ex-candidat s'appelait (et s'appelle toujours) Omar Omeirat.

 

Ni Mehmet Kaplan, ni Stefan Lofven ne disent de mots qui dépassent leur pensée. Leurs idées sur la Palestine sont, au-delà de tout doute sensé, les mêmes que celles d'Omar Omeirat.

 

Le changement de la Suède est-il irréversible ? Les données démographiques permettent de le craindre. Dans un pays démocratique, les politiciens ont besoin d'électeurs pour être élus, et il n'est pas difficile de constater, en regardant les chiffres de la démographie, de quel côté se situent les électeurs du futur.

 

D'autres pays d'Europe suivent-ils le chemin de la Suède ? On peut le craindre.

 

Doit-on s'attendre à ce que d'autres pays européens reconnaissent plus ou moins vite un « Etat de Palestine » ? Je crains que la réponse soit : oui.

 

La France peut-elle faire partie de ces pays ? Je crains que la réponse soit, oui, là encore.

 

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Grosse explosion dans le site de Perchin en Iran (info # 011010/14) Version imprimable
Analyse
vendredi, 10 octobre 2014

 

Par Jean Tsadik

 

Tous les quelques mois, nous vous informons d’explosions, d’incendies, d’accidents informatiques ou de la disparition de scientifiques en Iran, dont le dénominateur commun est qu’ils étaient directement liés au programme nucléaire de la "République" Islamique.

 

Dimanche soir dernier, à 19h 30 GMT (23h 00 locales en Iran), c’est la moitié du site de Perchin, l’un des plus sensibles dudit programme, qui a volé en éclats, ravagé par une explosion dont on ignore l’origine précise. 

 

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Site d’expérimentation de Perchin, le 7 octobre et, respectivement, le 12 août 2014

 

Certes, c’est quand on joue avec des allumettes qu’on a le plus de chances de se brûler ; en d’autres termes, la mise au point d’une bombe atomique et de l’immense infrastructure que cela implique crée des situations propices aux catastrophes de ce genre, et c’est sur le compte de ces impérities que l’on peut mettre un certain nombre de sinistres.

 

Reste que plusieurs avatars du projet nucléaire perse sont par trop ciblés pour être le fait du hasard ou de la maladresse. Ce fut notamment le cas, il y a trois ans exactement, lorsque nous rapportions qu’une gigantesque explosion, survenue à 47 kilomètres à l’ouest de Téhéran, avait dévasté l’entièreté du stock de fusées à carburant solide de Khamenei, tué la quasi-totalité des Gardiens de la Révolution qui en avaient la charge, ainsi que leur chef charismatique, le Général Hassan Moghaddam.

 

Ces trois cibles constituaient les menaces alors les plus urgentes pesant à l’époque sur Israël et l’Occident, et il ne fait aucun doute que leur anéantissement fut le fruit d’une opération militaire et non du fatum.

 

La même conclusion s’impose quant à l’introduction des virus informatiques Stuxnet, Duqu et Flame dans les systèmes de gestion des installations atomiques des ayatollahs, plus particulièrement dans le contrôle des centrifugeuses de Natanz et Fodow.

 

On relève de la sorte des dizaines d’incidents plus ou moins graves ayant frappé ce programme, auxquels il faut sans doute ajouter ceux qui n’ont jamais été rendus publics par Téhéran. Ce, pour la raison qu’il était impossible d’observer les dégâts à partir des satellites, ou parce que le sabotage s’attaquait à un élément particulier à l’intérieur d’une machine, d’un stock de matériel ou d’un chargement voyageant par camion, train ou bateau.

 

Lorsque cela peut être dissimulé ou minimisé, le régime tait – pour des raisons de propagande domestique et parce qu’il ne reconnaît pas mener un programme nucléaire militaire – l’occurrence des incidents ou publie des bilans humains manifestement revus à la baisse.

 

Ce qui est certain est qu’Israël, œuvrant en coordination avec les services US et britanniques à tout le moins, et aidé par des groupes immergés de l’opposition iranienne, est physiquement actif dans ce dossier, avec pour objectif commun, de retarder le plus possible la réalisation de la bombe, en générant des dégâts dont les réparations sont longues et prohibitives pour le régime théocratique, et en éliminant par des attentats les personnages clés du projet.

 

Outre le fait de différer l’entreprise des ayatollahs et d’en augmenter sensiblement les coûts, les "services" occidentaux participent, par les destructions qu’ils infligent, à "encourager" la junte chiite à rechercher des compromis avec les 5+1 lors des négociations qui se déroulent à Genève et à Vienne, et dont une nouvelle session est prévue la semaine prochaine.    

 

A Perchin, en tous cas, et comme on le constate sur la prise de vue avant-après réalisée par un satellite français du groupe Airbus, les dégâts sont considérables. Ils sont le résultat d’une explosion qui a réduit la zone principale à l’état de gravas, et a sérieusement endommagé d’autres bâtiments distants de plusieurs centaines de mètres, probablement par des jets d’objets et de produits chimiques lors de la déflagration.

 

Impossible, dans ces conditions, d’accorder le moindre crédit au communiqué officiel, diffusé par l’agence IRNA [Islamic Republic News Agency], qui fait état d’ "une déflagration dans une usine d’explosifs ayant causé la mort de deux ouvriers".

 

D’abord, parce qu’on ne fabrique pas d’explosifs à Perchin mais on y met au point et on expérimente des initiateurs neutroniques internes pour déclencher la réaction des bombes atomiques. Ensuite, parce que les zones ravagées mesurent plus de 700 mètres de long et qu’elles accueillaient des dizaines de laboratoires, ateliers, bunkers, buildings administratifs, dépôts, etc., qui n’existent plus, et dans lesquels s’activaient probablement des centaines de personnes.

 

L’intensité des détonations a fait voler en éclat les fenêtres des habitants à 15km à la ronde et le bruit a été clairement entendu dans les faubourgs de la capitale, où la population, brièvement prise de panique, a cru à une offensive israélienne.

 

Cet incident accroît les tensions entre la junte théocratique et les 5+1. Il survient alors qu’une délégation d’inspecteurs de l’AIEA s’est vue refuser l’entrée de la RII au prétexte que l’un des commissaires US était titulaire d’"une nationalité particulière". C’est du moins le prétexte qu’a proposé Reza Najafi, le délégué iranien auprès de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique.

 

Quant à la demande d’inspecter Perchin, elle est régulièrement émise par les diplomates occidentaux, ce, depuis 2005, l’ultime date à laquelle Téhéran avait autorisé une visite. Le 8 mars 2012, les 6 avaient à nouveau réclamé en vain à la junte chiite de permettre la venue des chiens de garde de l’AIEA.

 

La "République" Islamique prétend ne pas avoir de programme nucléaire militaire, tandis que l’agence de l’ONU basée à Vienne affirme avoir mille pages de rapports qui établissent scientifiquement le contraire.

 

Ce que les Perses redoutent surtout à propos d’une inspection à Perchin est la prise d’échantillons par les inspecteurs. Des spécimens de terre qui démontreraient la présence d’éléments n’intervenant que dans un processus de recherche destiné à produire une arme atomique.

 

Gageons que les débris de l’explosion de dimanche, avec ses scories, ne font pas l’affaire des Iraniens, qui se sont dépêchés de les nettoyer ; à tel titre qu’on ne les voyait plus lors de nos observations de mardi.

 

A Perchin, ces dernières années, les Perses ont déjà détruit de nombreuses installations, ont nivelé des terrains, purifié les sols, enterré ou déplacé vers des destinations inconnues des dizaines de tonnes de gravats. Il semble toutefois que ces efforts soient insuffisants pour enlever les traces des expériences qu’ils ont conduites sur ce site.

 

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Deux soldats israéliens blessés à la frontière libanaise (info # 010710/14) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 07 octobre 2014

 

© Metula News Agency

 

Métula 17h24, Paris 16h24

 

Entre 14 heures et 14 heures 30 locales, des miliciens du Hezbollah libanais ont fait sauter à distance trois charges explosives au passage de soldats de Tsahal, à proximité de la base israélienne d’Astra, au point de rencontre des trois frontières Israël-Liban-Syrie. Une demi-heure s’est écoulée entre la première et la dernière déflagration.

 

Deux soldats ont été blessés par cette agression, l’un légèrement et le second, de manière plus sérieuse.

 

Les militaires ont été soignés sur le terrain, avant d’être emportés par un hélicoptère vers un hôpital de l’arrière.

 

Immédiatement après cette attaque, une batterie d’artillerie israélienne située dans le Golan a bombardé deux positions du Hezbollah dans la région de Kfar Chouba, à coups d’obus de 155 millimètres.

 

Le pilonnage a duré une dizaine de minutes, après quoi un calme précaire est revenu dans la région.

 

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L’un des obusiers autotractés de Tsahal ayant pris part à la réplique

de cette après-midi

photo © Metula News Agency

 

De l’avis des spécialistes de la Ména, ce sont les individus qui, dimanche dernier, avaient pénétré sur le territoire israélien [voir notre dépêche "Incident sur la frontière israélo-libanaise"] qui semblent avoir eu le temps de dissimuler les charges explosives avant d’être mis en fuite.

 

Dimanche, ils avaient été pris en chasse par des commandos de l’unité Egoz (noix), faisant partie de la brigade Golani.

 

Car ce mardi, la surveillance de Tsahal sur l’ensemble du front libano-syrien était redoublée et une nouvelle incursion dans ces conditions, à partir du Liban, aurait été vouée à l’échec.

 

Si notre hypothèse s’avère exacte, cela signifierait que les soldats en charge n’avaient pas réussi à identifier le fait que des explosifs avaient été disséminés dans leur périmètre, ce qui donnerait assurément lieu à une enquête militaire approfondie côté israélien.

 

Les évènements de cette après-midi ont au moins le mérite d’oblitérer les contenus des media al Manar (le phare, Hezbollah), LBC (FL, milices chrétiennes), et AFP, (agence semi-officielle de presse du gouvernement français), qui avaient relaté à tort, dimanche, un affrontement entre Tsahal et l’Armée libanaise.

 

"Le gouvernement libanais et le Hezbollah sont directement responsables de cette grossière atteinte à la souveraineté israélienne", a déclaré le Lieutenant-Colonel Peter Lerner, porte-parole de l’Armée.

 

 

 
Incident sur la frontière israélo-libanaise (info # 020510/14) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 05 octobre 2014

 

© Metula News Agency

 

Métula 19h25, 18h25 à Paris

 

Incident à 15h 10 locales entre Israël et le Liban, près de la triple frontière Israël-Liban-Syrie, sur les contreforts escarpés du mont Hermon, près du fortin israélien d’Astra, dans la région que Beyrouth nomme les "Fermes de Shaba", à 15km de la rédaction à vol d’oiseau.

 

Des individus en provenance du pays des cèdres se sont introduits en territoire israélien ; ils ont été repérés par une patrouille de routine de Tsahal qui a ouvert le feu dans la direction des intrus. Ces derniers ont regagné leur point de départ dans la précipitation.

 

Un Libanais a été touché à une main par les tirs.

 

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Le mont Hermon avec, dans le cercle rouge, la zone de l’incident

 

Jusque-là les témoignages sont plus ou moins concordants, mais le porte-parole de l’Armée israélienne se refuse à dire si les assaillants et l’individu blessé appartenaient aux Forces Armées Libanaises, comme le soutient al Manar (le phare), l’un des organes d’information du Hezbollah, ou s’il s’agit de miliciens de cette milice chiite libanaise.

 

Le porte-parole de Tsahal nous a confié connaître la réponse à cette interrogation mais n’être pas disposé à la divulguer.

 

Selon al Manar, ce serait Tsahal qui aurait pénétré en territoire libanais et qui aurait été repoussé par les soldats de Beyrouth, ce qui semble très difficile à croire.

 

Pour la LBC [Lebanese Broadcasting Corporation, société libanaise de télédiffusion], un media très regardé dans le monde arabe, créé par la milice des Forces Libanaises chrétiennes], les Israéliens auraient attaqué une position du Hezbollah qui aurait riposté. D’après la LBC, le blessé serait également un soldat libanais, ce qui échappe à la logique de son propre narratif.

 

L’AFP, citant une source anonyme des Services de Sécurité libanais, reprend à son compte la version du "soldat blessé par des tirs provenant du territoire israélien".  

 

Selon les provisions de la résolution 1701 [angl.] du Conseil de Sécurité, ayant mis un terme à la Seconde Guerre du Liban, les miliciens armés ne sont pas censés se trouver à cet endroit situé dans la zone de sécurité contrôlée par les Casques bleus.

 

Reste qu’il est désormais impossible de différencier les Forces Armées Libanaises de la milice du Hezbollah, particulièrement aux abords des frontières syrienne et israélienne, l’Armée libanaise ayant été largement phagocytée par l’organisation chiite supplétive du régime de la "République" Islamique Iranienne. Le Hezb a notamment mis la main sur de grandes quantités d’uniformes réglementaires de l’Armée nationale à l’Aéroport International de Beyrouth.

 

Dans d’autres circonstances, ce sont de vrais militaires libanais qui sont déployés le long de notre frontière, mais ils sont chiites à plus de 80 pour cent (contre 20% en moyenne dans cette armée) et ils répondent aux ordres d’Hassan Nasrallah et non à ceux de leur quartier général.

 

Quoi qu’il en soit, les hommes ayant brièvement pénétré cette après-midi sur notre territoire font très vraisemblablement partie de la milice, l’Armée libanaise commandement central faisant de son mieux pour éviter les frictions avec Tsahal et participant à cet effet à des rencontres sécuritaires régulières avec des officiers israéliens sous l’égide de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban, à Naqoura près de la Méditerranée.

 

Les assaillants avaient probablement l’intention, comme ce fut déjà le cas par le passé, d’agresser une patrouille, de poser des explosifs qui devaient être actionnés à distance au passage de l’une d’elles, ou encore de kidnapper des militaires.

 

Pour l’instant, la tension est élevée dans notre région et l’aéroport de Kiryat Shmona a été momentanément fermé au trafic civil.

 

Nous, de remarquer que le Hezbollah est actuellement engagé dans de violents affrontements, à 100km plus au Nord, du côté libanais de la frontière libano-syrienne. La milice y subit ce dimanche une offensive sanglante de la part de l’Etat Islamique, ayant déjà causé de nombreuses victimes dans les deux camps.

 

Les combats ont débuté à proximité du village de Brital, avant de s’étendre aux jurd [étendues rocailleuses et montagneuses dans lesquelles paissent habituellement les troupeaux] de Baalbek et de Younine.

 

La milice a fait appel à des renforts pour tenter de contenir les combattants djihadistes et les habitants des villages chiites voisins de la confrontation ont pris les armes.

 

Dans cette zone aussi, les Forces Armées Libanaises, qui font feu aux côtés des Hezbollani, sont essentiellement issues de la communauté chiite. Les autres composantes libanaises, sunnite, chrétienne et druze, majoritaires dans le pays et au sein de l’Armée, observent impuissantes ces graves dérèglements qui les menacent directement.  

 

 

 
L’antisémitisme sans nom se répand en France (info # 010510/14) Version imprimable
Analyse
dimanche, 05 octobre 2014

 

Par Guy Millière

 

On feint de s'étonner en France de la remontée de l'antisémitisme. Mais cet étonnement à lui seul, aussitôt qu’il s’exprime, contribue déjà à accélérer le phénomène.

 

Il ne s’expose pas directement en désignant les Juifs, non, ses auteurs le propagent indirectement, hypocritement. Ils le font en alimentant la diabolisation de l'Etat hébreu et la haine à son encontre, et en faisant comme s'ils ne discernaient pas que la diabolisation de l'Etat juif et la haine à ses dépens alimentent la haine des Juifs, alors qu'ils en sont absolument conscients.

 

Le processus, et les relations de cause à effet qui jouent en celui-ci, ont été très visibles tout au long de l'été : les reportages de propagande au service du Hamas se sont succédés sans interruption pendant cinquante jours ; les commentateurs invités sur les plateaux se sont exprimés, pour la plupart, tels des nervis du Hamas.

 

Des manifestants-émeutiers auxquels personne n’est venu porter la contradiction et qu’aucun journaliste n’a questionnés sur leurs actes ont défilé pour crier « mort à Israël », puis, plus explicitement encore, « mort aux Juifs ». Et ils ont, tout en détruisant du mobilier urbain et en brûlant quelques voitures au passage, poussé leur militantisme jusqu'à tenter d'attaquer des synagogues.

 

Le processus est resté très visible ces derniers jours. Les déclarations de Mahmoud Abbas à la tribune des Nations Unies ont été si infectes qu'elles auraient dû le discréditer à jamais ; faire tomber ce qui peut rester de son masque lézardé de « terroriste modéré » et de « partenaire pour la paix ». Elles étaient de nature à révéler à ceux qui n'auraient pas encore ouvert les yeux qu'il n'est qu'un extrémiste totalitaire, aux intentions aussi génocidaires que celles d'Ismaïl Haniyeh ou de Khaled Mashal. Mais cela n'a pas été le cas.

 

Mahmoud Abbas a demandé la fin de « l'occupation » israélienne, et il semblait clair que sa vision de la Palestine n'impliquait plus qu'une place très restreinte et très provisoire pour l'Etat hébreu.

 

Cela n'a inquiété ou scandalisé aucun journaliste ou politicien français. Tout leur a semblé normal. Toute la presse francophone a titré : Abbas demande la fin de l'occupation israélienne, et des articles ont même été consacrés à détailler la « colonisation » israélienne décrite par Abbas.

 

Mahmoud Abbas a accusé Israël de tous les crimes, et même d'avoir commis un « génocide » à Gaza ? Cela dépassait clairement les limites du bon sens, mais non, cela n'a, là encore, inquiété ou scandalisé personne dans l’Hexagone.

 

abbasair.jpg

Un voilà un qui ne manque pas d’air

 

Tout, une fois encore, leur a semblé normal. Toute la presse francophone a repris en chœur les accusations de crime et de génocide portées à l'encontre d'Israël, et des articles ont été consacrés à détailler les crimes et les génocides d'Israël.

 

J'en viens à penser qu’au train où vont les choses, si, dans quelques mois, Mahmoud Abbas déclarait explicitement qu'Israël doit être rayé de la carte et que les Israéliens doivent être exterminés, cela n'inquiéterait et ne scandaliserait que très peu de gens ; et la presse francophone en ferait des gros titres sans la moindre trace d'indignation. Cela s'appelle l'accoutumance au pire et cela a déjà existé à une autre époque, il y a un peu plus de sept décennies.

 

Dans le cadre de cette accoutumance au pire, François Hollande a reçu Mahmoud Abbas à Paris quelques jours avant qu’il rejoigne New York. Le président tricolore l'a assuré du soutien indéfectible de la France. Ce soutien vaut, semble-t-il, pour la demande que le chef de l'Autorité Palestinienne compte bientôt présenter au Conseil de Sécurité de l'ONU : la fin de « l'occupation » israélienne en 2016, avec déploiement de forces internationales pour s'assurer qu’elle soit effective.

 

Ce soutien vaut semble-t-il aussi pour les accusations de crimes et de génocide que le même chef de l'Autorité Palestinienne entend déposer prochainement devant la Cour Pénale Internationale (CPI).

 

Les Etats Unis, le cas échéant, opposeront leur veto à la demande présentée au Conseil de Sécurité de l'ONU : il est des gestes hostiles à Israël que même Obama ne peut se permettre. Il n'est pas du tout certain non plus que les accusations puissent être déposées et déclarées recevables devant la CPI.

 

Mais qu'un dirigeant occidental puisse se faire complice, même oralement, de ce type de projet est effroyablement significatif.


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Le grand délire (info # 010310/14) Version imprimable
Analyse
vendredi, 03 octobre 2014

 

Par Ilan Tsadik et Patricia La Mosca

 

Bien aimé le discours prononcé par Emmanuel Valls dans la Grande synagogue de Paris à l’occasion du Nouvel an israélite. Nous, de re-souligner que ce gouvernement français est le plus authentiquement philosémite de la Vème République, et que le Président François Hollande - entre deux textos à ses maîtresses, ses anciennes maîtresses et son ex-femme -, ainsi que son 1er ministre, sont des amis de cœur d’Israël et des Juifs.

 

Kipa sur la tête, dans sa rhétorique simple et accessible, il n’y avait pas de "eux et nous" dans les vœux prononcés par Valls devant ses "frères" juifs. Il faisait penser à Nicolas Sarkozy d’ "avant" au musée de la Shoah à Jérusalem. Avant qu’il ne tombe éperdument amoureux de l’émir du Qatar et de ses pétrodollars, dont il aura un besoin croissant dans sa Reconquista, et plus encore ensuite s’il est élu et qu’il entend redresser la France à la dérive. Ce qui ne laisse rien présager d’encourageant pour les futures relations franco-israéliennes.

 

On a surtout retenu la déclaration explicite du 1er ministre affirmant qu’il n’existait pas de différence entre l’antisionisme et l’antisémitisme et il fallait que cela soit exprimé dans ces termes au sommet de l’Etat pour remettre la synagogue au milieu du village.

 

Il a annoncé avec détermination de nouvelles mesures énergiques destinées à combattre l’antijuivisme. C’est bien, mais cela reste dans la dynamique visant à placer un flic derrière chaque Juif de l’Hexagone, voire des espions qu’il compte infiltrer parmi les mouvements djihadistes afin de prévenir des assassinats du genre de celui de Toulouse.

 

Nous, alors, de répéter que c’est insuffisant et que cela ne constitue pas le remède nécessaire pour juguler la montée vertigineuse de l’antisémitisme islamique au pays des Lumières.

 

Parce que la classe politique francilienne persiste à deviser sur une réalité qui n’est pas celle de la France et qui fait le beurre – oui je sais… mais c’est volontairement maladroit – de Marine Le Pen et de ses solutions simplistes que les Français saisissent.

 

Preuve en est, la manifestation contre l’islamisme qui a été organisée sans lésiner sur les renforts médiatiques devant la Grande mosquée de Paris. Le but consistait, à l’occasion de la décapitation d’Hervé Gourdel, à mobiliser les musulmans contre la montée en puissance du Califat Islamique, qu’à Paris, on est désormais prié d’appeler DAESH afin que personne ne sache réellement de quoi on parle.

 

Ce rassemblement national a attiré "quelques centaines de personnes" à en croire l’AFP, qui sait être beaucoup plus précise lorsqu’il s’agit de comptabiliser les Palestiniens morts durant Rocher Inébranlable. Même et surtout lorsqu’elle répète, pratiquement dans chaque dépêche consacrée à Israël, ces statistiques issues du Hamas, qui sont évidemment erronées, particulièrement lorsqu’elles expriment que largement plus de la moitié des victimes étaient civiles ; sans le moindre égard pour l’analyse détaillée des données disponibles, qui conduit à conclure que près des deux tiers des morts et des blessés étaient des miliciens islamistes appartenant à des groupes terroristes armés.

 

Valls combat l’antisémitisme tandis que l’agence de presse semi-officielle de l’Etat français, de même qu’un grand nombre des journalistes de ce dernier l’attisent. L’AFP allant jusqu’à répéter ses bilans controuvés dans ses câblogrammes consacrés à la neutralisation des deux terroristes d’Hébron ayant massacré les trois étudiants halakhiques, qui s’étaient, de surcroît, acharnés sur leurs dépouilles jusqu’à leur enlever tout aspect humain.

 

Mais pour l’agence semi-officielle française, le meurtre, dans cette affaire, a été commis par les soldats de Tsahal lorsqu’ils "ont tué deux Palestiniens", sans mentionner, au mépris de toutes nos règles déontologiques, qu’ils avaient refusé de se rendre et que c’étaient des terroristes islamistes : "Israël tue deux Palestiniens accusés du meurtre de trois adolescents juifs".

 

La même AFP annonçait que le Hamas niait tout lien avec ces individus, quand bien même celui-ci avait revendiqué et justifié l’assassinat, qualifiant ses auteurs de martyrs. Toute la presse des pays civilisés, et même une bonne part de celle des Etats arabes et jusqu’en Iran, relevait l’affiliation des tueurs à l’organisation de la résistance islamique de Gaza, ce qui, en toute objectivité ne fait strictement aucun doute.

 

Face à Valls se dresse une meute de confrères s’employant à démontrer, au contraire du 1er ministre, que l’on peut – et même que l’on doit – être anti-israélien, sans être antisémite pour autant.

 

C’est devenu une antienne des chaînes de télévision françaises et des stations de radio, c’est soutenu par des gens disposant d’un très large accès aux media, à l’instar de Pascal Boniface, Alain Gresh, Edwy Plenel, et cela se ressent même dans un récent délire journalistique de Christophe Barbier sur l’Express.

 

C’est également dans le ton de l’émission populaire de Ruquier "On n’est pas couché", qui joue à Monsieur Propre tout en lâchant les cadors Aymeric Caron et Léa Salamé, qu’il stipendie, à coups d’arguments burlesques, contre tous les invités qui omettent de fustiger Israël. Ce fut récemment le cas de Bernard-Henry Lévy, courageux, qui voyait chaque argument proposé par ses contempteurs frénétiquement applaudi par l’ensemble d’un public au comportement étonnant.

 

L’air du temps médiatique français consiste à exonérer et victimiser systématiquement la communauté musulmane tout en stigmatisant le comportement des Israélites.

 

La couverture du rassemblement devant la Grande mosquée, qui, aux dires de l’Express, moins "euphorique" que l’AFP, avait réuni "quelques dizaines" de personnes – et qui regroupait largement plus de, journalistes et de cameramen que de participants d’après Patricia La Mosca -, illustre bien ce phénomène. Quelques dizaines de manifestants pour dire non aux égorgeurs de journalistes, de randonneurs et de coopérants parmi 7 ou 8 millions de musulmans conviés par les plus hautes autorités de leur culte, c’est maigre. Ca n’a pourtant fait réagir presque personne dans la presse, qui s’est contentée de mettre en exergue la démarche des gens présents, leur prêtant des micros bienpensants et les présentant comme les porte-paroles évidents de la majorité des mahométans.

 

Cela n’allait pas sans rappeler la grande manifestation de Mélenchon, il y a quelques mois, complètement bidouillée de manière à faire croire qu’elle réunissait des milliers de partisans alors qu’ils n’étaient qu’une poignée.

 

Il y avait de quoi virer Mélenchon, les journalistes et cameramen complices, le directeur de l’info de  Tf1 et le patron de la chaîne, car modeler l’opinion des téléspectateurs en leur présentant une fausse réalité participe d’une manipulation et la manipulation constitue une infraction à la démocratie.

 

Quelques dizaines de musulmans devant la Grande mosquée contre quelques dizaines de milliers hurlant "mort à Israël" sur les grands boulevards, qu’on a à peine entendus à la TV, cela devrait suffire à expliquer à Christophe Barbier que les Israélites français n’ont pas peur de la situation délétère qui prévaut mais qu’ils en ont marre de lui et de ses potes.

 

Il ne suffit pas d’avoir épousé une juive pour se permettre d’écrire : "L'alya ne peut être qu'une démarche religieuse, motivée par la foi et non par un raisonnement politique, social ou sécuritaire. Une alya laïque a pu se justifier quand il s'agissait de bâtir l'Etat d'Israël, mais son avatar actuel est une imposture".

 

L’Etat d’Israël, une imposture ? Non seulement ce pauvre Barbier ignore tout du canevas de la société israélienne et du fait qu’il n’y a aucun ministre juif orthodoxe dans la coalition actuelle, mais sa "constatation spontanée" est pratiquement un appel au génocide ; car à la question hypothétique "que faire d’une entité étatique constitutive d’une imposture qui tue des enfants arabes innocents ?", il me semble que les réponses qui s’imposent, à tout le moins sur le plan intellectuel, sont : la combattre et l’anéantir.

 

Au temps pour les cinq millions d’Israéliens laïcs de l’ "avatar" en question ; on considérera que nous sommes les victimes collatérales d’un génocide salutaire !

 

Si l’on ajoute à cela qu’Edgar Morin, un noircisseur coutumier des pages du Monde, considère que nous, Israéliens, prenons du plaisir à maltraiter nos voisins arabes, l’on a presque fini de dresser un échantillonnage représentatif du paysage médiatique français. D’ailleurs la Ména avait réussi à le faire condamner en première instance pour ces propos racistes, avant de voir la sanction étrangement gommée en appel.

 

Deux problèmes se dressent ainsi devant le Chevalier Valls dans sa croisade contre l’antisémitisme. Le premier est constitué par une profession entière de journaleux qui s’est octroyée, relativement à Israël et aux Israélites, le droit de s’exprimer sans devoir de réserve ni de respect de la vérité factuelle. Comme au temps de Dreyfus, on peut tout affirmer à leur propos, sans jamais être inquiété ou presque. Cela tient du principe du droit de critiquer la politique d’un gouvernement, cependant, dans les exemples représentatifs de Barbier et Morin, on s’aperçoit que la critique n’a rien à voir avec une quelconque politique, mais qu’elle s’attache à la nature et aux croyances du peuple juif.

 

Pour devenir journaliste en France, il faut simplement pouvoir répondre "correctement" à deux questions : doit-on dire colonies ou implantations en parlant des agglomérations israéliennes en Cisjordanie ? Et qui a raison au sujet de la Controverse de Nétzarim entre Saint Enderlin et Baal-Zebud (pouah !) Ména ?

 

En répondant : "colonies", on classe définitivement le différend israélo-arabe dans la catégorie oppresseur-opprimé. On s’assure ainsi que le candidat n’écrira jamais un papier en faveur d’Israël, dût-ce être l’un de ses nombreux savants qui trouvera le remède contre le cancer.

 

En exigeant la réponse : "Saint Enderlin, évidemment", on s’assure que le nouveau venu acceptera de corrompre sa plume en dévoyant, si nécessaire, la vérité afin de n’avoir de cesse de présenter Israël comme une créature monstrueuse devant être éliminée.

 

J’exagère ? Même pas. Le second écueil dans la lutte contre l’antisémitisme participe de la reconnaissance – je sais, je suis islamophobe, c’était couru d’avance – d’un problème concernant l’islam en France.

 

Mais dans ce pays qui manque plus que tout autre chose de nuances, encore faut-il expliquer que traiter de ce problème ne signifie pas que l’on déteste les musulmans ou que l’on entende les chasser hors de l’Hexagone. Naaan, se pencher sur un problème, en le prenant au corps, c’est uniquement se donner les moyens de le solutionner. Tandis que l’ignorer, c’est semer la violence et ouvrir l’autoroute du pouvoir à Marine Machin.  

 

Patricia La Mosca, qui passe le plus clair de ses journées dans les territoires perdus de la République, témoigne de ce qu’il existe un très grand soutien dans les banlieues pour l’Etat Islamique, de nombreux musulmans considérant à la fois qu’il applique le coran comme il est juste de le faire, et qu’il est la seule organisation à protéger l’honneur des croyants.

 

Ces constatations sont encore compliquées par la prophétie selon laquelle l’islam doit gouverner le monde, et que c’est à la fois son avenir et celui du monde.

 

La Mosca se refuse de se livrer à des statistiques qu’elle n’a pas les moyens de réaliser, mais affirme que le soutien au djihadisme, à l’EI, à l’antisémitisme-base, sans discernement ou exceptions, allant de Michel Drucker à Nicolas Sarkozy, Patrick Bruel et jusqu’à Netanyahu touchent une partie importante de la population immigrée. Elle invite les sceptiques à venir consulter les murs de n’importe quelle banlieue et à consulter les graffitis. A écouter les discussions de cafés, dont les femmes sont de plus en plus exclues, et à regarder les expressions du fondamentalisme – voile intégral et prières de rues – qui vont sans cesse s’amplifiant et se radicalisant.

    

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Fêtes sous haute surveillance (info # 012909/14) Version imprimable
Exclusivité
lundi, 29 septembre 2014

 

© Metula News Agency

 

Métula 18h49, 17h49 à Paris

 

A l’approche de la fête d’Aïd al Adkha (fête du sacrifice), qui débutera le 4 octobre, par laquelle les musulmans commémorent le sacrifice d’Abraham/Ibrahim, les forces israéliennes ont renforcé leurs dispositifs défensifs sur tout le territoire qu’elles ont à défendre.

 

Pour les musulmans, Abraham/Ibrahim, le patriarche commun aux trois religions monothéistes, avait reçu l’ordre d’Allah de lui sacrifier Ismail, fils d’Agar, la servante d’Abraham, et non Isaac, fils de Sarah, comme dans la tradition israélite.

 

A l’occasion de cette fête, l’une des deux plus importantes du calendrier musulman, les fidèles égorgent des moutons en mémoire de l’animal qui a remplacé Ismail au dernier moment sur l’autel dressé par son père.

 

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Une batterie de Dôme de Fer, quelque part sur le territoire israélien

© Metula News Agency

 

Ces dernières années, l’Aïd al Adkha donne parfois lieu à divers débordements violents, généralement inspirés par l’extase religieuse. A cette occasion, certains mahométans se montrent agressifs à l’encontre des minorités évoluant dans les pays qu’ils contrôlent ainsi qu’aux dépens de leurs voisins pratiquant des religions différentes de la leur.

 

Cette année coïncide également avec une situation de violence confessionnelle exacerbée, notamment en Syrie et au Liban, où les communautés s’entre-déchirent au nom d’Allah.

 

La partie orientale du plateau du Golan se trouve depuis quelques semaines dans les mains de la rébellion syrienne non djihadiste, qui a enlevé ce territoire à l’armée du régime.

 

Cette dernière opère toutefois de nombreuses contre-attaques avec tous les moyens à sa disposition, notamment l’aviation et l’artillerie lourde.

 

Les incidents entre Tsahal et les combattants inféodés à Béchar al Assad ainsi que leurs alliés chiites du Hezbollah libanais se sont multipliés récemment, tant sur la frontière israélo-libanaise que sur celle israélo-syrienne et dans la zone montagneuse où les trois pays se rencontrent.

 

Le sud du pays aux cèdres, qui jouxte l’Etat hébreu, est pratiquement entièrement contrôlé par les miliciens du Hezbollah, en dépit d’une présence symbolique et soumise des Forces Armées Libanaise et des patrouilles des soldats des Nations Unies le long de la frontière internationale.

 

Dans le Golan, les Israéliens ont notamment abattu, il y a 6 jours, un bombardier d’attaque au sol de type Sukhoï SU-241, qui avait violé leur espace aérien sur une distance de 800 mètres.

 

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Un Sukhoi-24 de l’Armée d’al Assad

 

D’autre part, deux drones, probablement de fabrication iranienne, ont été dernièrement interceptés par Tsahal à l’aide de missiles Patriot, sans que l’on sache, dans la presse, s’ils transportaient des charges explosives ou s’ils se trouvaient en mission de reconnaissance.

 

De plus l’Armée régulière syrienne tire des projectiles sur le territoire israélien de façon sporadique.

Ces agressions ne se limitent pas aux obus de mortier de faible portée ni aux simples roquettes ; ils comprennent des obus d’artillerie ainsi que d’autres types de munitions.

 

Au Liban, un ingénieur du Hezb, Hassan Ali Haïdar, a été tué le 5 septembre dernier alors qu’il inspectait un dispositif d’écoute secret, près de la localité d’Adloun non loin de Sidon, probablement implanté par les Israéliens. Les responsables de la milice chiite ont juré de venger la mort de cet individu.

 

On comprendra à la lumière de cette énumération que c’est dans un calme uniquement apparent, voulu par les autorités israéliennes, que les Hébreux profitent d’un long mois de fêtes, débutant par Rosh Hashana (le nouvel an, la semaine dernière) et se terminant par Simkhat Torah (la joie de la Torah, le 16 octobre prochain).

 

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Un autre Dôme de Fer, chargé de ses missiles Tamir, ailleurs en Israël

© Metula News Agency

 

L’Armée est en état d’alerte élevé afin de parer à toute éventualité et pour assurer la quiétude des touristes, nombreux, ces jours, à visiter toutes les régions touristiques d’Israël.

 

Toutes les régions du pays, et principalement les plus sensibles d’icelui, accueillent divers dispositifs militaires et un nombre non négligeable de soldats. La Ména, soucieuse de ne pas nuire à l’ambiance de fête et de ne pas fournir à ses ennemis d’informations qui pourraient lui servir a décidé de limiter son narratif à une description générale.

 

Ce qui est certain, c’est qu’en cas d’initiative téméraire des adversaires d’Israël, ses militaires ne seront pas pris au dépourvu.

 

 

 

Note :

 

1La Ména avait annoncé par erreur qu’il s’agissait d’un Mig-21, suivant en cela les premières informations relayées par Tsahal.

 

 

 
L’étrange disparition de l’inflation (info # 012409/14) Version imprimable
Analyse économique
mercredi, 24 septembre 2014

 

Par Sébastien Castellion

 

Depuis la grande crise financière de 2008, j’ai écrit à plusieurs reprises dans ces colonnes que la politique ultra-accommodante des Banques centrales occidentales (Etats-Unis, Europe et Japon) finirait inévitablement par provoquer un regain d’inflation. Le marché, pour l’instant du moins, est en train de me donner tort.

 

Trois Banques centrales – Réserve fédérale ou « Fed » américaine, Banque Centrale Européenne ou BCE et Banque du Japon ou BOJ – sont responsables de la création de monnaie dans des économies dont le poids combiné est supérieur à la moitié de l’économie mondiale. Toutes les trois ont eu, depuis plusieurs années, une politique débridée de création de liquidités, dans des proportions sans commune mesure avec celles des décennies précédentes.

 

Aux Etats-Unis, Janet Yellen, gouverneur de la Fed depuis le début de l’année et vice-gouverneur durant les quatre années précédentes, aura vu augmenter la masse monétaire américaine (comptes en banque, argent physique et comptes des banques auprès de la Fed) de 4 000 milliards de dollars en cinq ans, soit une augmentation de plus de 50 pour cent.

 

En Europe, relativement plus sage, l’augmentation a été de 10% ou 1 000 milliards d’euros, mais en trois ans seulement. Enfin, au Japon, après l’élection du Premier ministre Abe fin 2012, un nouveau gouverneur de la Banque centrale, Haruhiko Kuroda, s’est empressé d’annoncer en mars 2013 que son objectif était de doubler la masse monétaire ; il n’y est pas encore parvenu, mais il y travaille.

 

Les Banques centrales font tout ce qu’elles peuvent pour rendre plus facile l’attribution de prêts aux entreprises et aux ménages. Depuis quelques semaines, la BOJ a même mis en place des taux d’intérêt négatifs : elle paye les banques (entre 0,015% pour trois mois et 0,02% pour six mois) pour le privilège de lui emprunter de l’argent, en échange d’obligations et autres titres de créance – y compris les titres de la dette de l’Etat.

 

A plusieurs reprises, des taux d’intérêt négatifs ont été observés aussi en Europe – notamment pour les titres de la dette des gouvernements les mieux gérés, qui sont si demandés que les banques sont prêtes à payer pour les obtenir. Des titres de la dette publique allemande et danoise ont ainsi récemment été “vendus” aux enchères pour un prix négatif. Sur le marché interbancaire européen, la BCE conserve un taux de refinancement de base très légèrement positif (0,05 pour cent) mais a dû admettre que le taux interbancaire à très court terme, Eonia, pourrait descendre jusqu’à moins 0,2 pour cent pour certaines opérations.

 

Enfin, aux Etats-Unis, il est vrai que Madame Yellen parle régulièrement d’une « normalisation » à venir – c’est-à-dire la fin des taux zéro et le retour à une politique de financement plus classique. Mais elle tarde tant à agir qu’on peut se demander si son principal objectif n’est pas d’essayer de convaincre le marché qu’il est en meilleure santé qu’il ne l’est réellement, pour qu’il fasse enfin preuve d’un peu plus d’activité.

 

En théorie, les taux d’intérêt négatifs sont une absurdité : si une banque peut être payée pour confier à la Banque centrale les titres de la dette qu’elle possède, il ne devrait bientôt plus rester de titres sur le marché. Le fait que les Banques centrales en sont réduites à des mesures aussi désespérées montre qu’elles ne trouvent plus d’outils plus classiques pour remédier au manque d’appétit de l’économie pour les prêts et crédits qui financent la croissance. Même ces mesures désespérées sont probablement en train d’échouer ; les économies occidentales ne semblent pas réagir au gavage des banques par les Banques centrales.

 

Selon la théorie économique classique, inonder l’économie de monnaie devrait conduire, d’une part à une multiplication des crédits et de l’activité ; d’autre part, à une augmentation de l’inflation. Rien de tout cela, cependant, ne se produit en ce moment ; bien au contraire.

 

En Europe, le taux moyen d’inflation des pays de la zone euro (indicateur HICP) s’est progressivement effondré en trois ans, passant de 3% fin 2011 à 0,4% en août 2014. Au Japon, malgré la politique monétaire la plus agressive du monde industrialisé, Kuroda San a récemment reconnu que son objectif d’une inflation de 2% ne serait pas atteint ; le doublement en cours de la masse monétaire devrait à peine parvenir à pousser l’inflation japonaise à 1,2 ou 1,3 pour cent. Enfin, aux Etats-Unis, l’inflation a été nulle au mois d’août, pour la première fois depuis quatre ans.

 

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« Vous prendrez bien quelques milliers de milliards de plus ? » (Janet Yellen)

 

Comment l’inflation peut-elle donc rester aussi faible dans des économies occidentales gavées de liquidités à n’en plus savoir que faire ?

 

Une explication particulièrement pessimiste, celle du professeur Robert Gordon de l’université Northwestern à Chicago, est que les économies occidentales n’auraient tout simplement plus les ressources nécessaires pour améliorer leur croissance. Non seulement l’arrivée à la retraite des générations du baby-boom va réduire la force de travail disponible, mais il n’y a plus suffisamment de progrès technologique prévisible pour améliorer la productivité et alimenter la croissance.

 

Le professeur Gordon propose donc de revoir à la baisse toutes les prévisions officielles de croissance et de se préparer à un monde de stagnation durable. Dans un tel monde, l’inflation finira bien par se produire : le public, à qui on a répété qu’il peut espérer une amélioration régulière de ses conditions de vie, va demander de plus en plus à une économie qui ne pourra pas suivre la demande. Mais ce sera un phénomène progressif. Il est vain d’espérer une augmentation rapide de l’inflation due à une reprise de l’activité. L’argent que les Banques centrales déversent pour encourager les investissements s’accumule en pure perte dans l’économie, parce que les progrès techniques qui exigeraient ces investissements ne sont tout simplement pas disponibles.

 

L’analyse du professeur Gordon est cependant très isolée parmi les économistes. Elle paraît d’ailleurs contre-intuitive à une époque où les progrès techniques semblent omniprésents dans les technologies de l’information, les matériaux, la santé et de nombreux autres secteurs.

 

Il reste que la combinaison paradoxale d’une faible croissance, d’une création monétaire massive et d’une inflation presque nulle dans les économies occidentales est un fait. Si elle n’est pas due à une rupture historique de la capacité de croissance, y a-t-il des causes plus conjoncturelles qui peuvent l’expliquer ?

 

Une piste intéressante pour résoudre ce paradoxe a été explorée par l’économiste Daniel Alpert dans The Age of Oversupply (« L’âge de la surabondance »), Penguin, 2013.

 

Ce livre est desservi par sa seconde partie, qui répète sans aucune originalité les appels traditionnels des économistes de gauche à augmenter l’intervention de l’Etat dans l’économie. La première partie de l’ouvrage, en revanche, développe une idée originale et rarement mise en avant. Pour Alpert, la principale caractéristique de l’économie contemporaine est que, industrie par industrie, il y a aujourd’hui plus de producteurs qu’il n’en est besoin : trop d’entreprises offrant les mêmes produits et services, trop de salariés offrant leur force de travail. Avec la mondialisation rapide des dernières décennies (baisse des droits de douane, forte réduction des coûts de transport, arrivée de nouveaux pays, surtout asiatiques, sur le marché), toute personne qui souhaite employer un salarié ou acheter un produit particulier peut désormais choisir entre bien plus de solutions qu’elle n’en aura jamais besoin.

 

Or, toute l’analyse économique classique – celle qui concluait qu’une augmentation de la masse monétaire supérieure à la production provoquerait nécessairement de l’inflation – reposait sur l’hypothèse inverse : celle de la rareté des biens et services et de la force de travail.

 

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Israël abat un Mig syrien (info # 022309/14) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 23 septembre 2014

 

© Metula News Agency

 

Métula 10h35, Paris 9h35,

 

Aux alentours de 9 heures ce matin, heure locale, Tsahal a abattu un chasseur bombardier MiG-21 syrien de fabrication russe dans le Golan.

 

Cette interception a été effectuée à l’aide d’un missile sol-air Patriot produit par les Etats Unis.

 

Le MiG-21 survolait la région de Kuneitra en territoire syrien et ne menaçait pas directement les positions israéliennes.

 

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Un MiG-21 de l’Armée de l’air syrienne, semblable à celui

abattu ce matin au-dessus du Golan

 

Il était probablement impliqué dans une mission de bombardement des positions de l’Armée Syrienne Libre (ASL) dans le secteur.

 

Tsahal a toutefois informé le régime de Damas de longue date, que de manière permanente, tous les appareils volant en direction de l’Etat hébreu seraient irrémédiablement abattus.

 

Nous avons déjà mentionné dans ces colonnes qu’un MiG se trouvant au-dessus de Kuneitra se situe à quelques minutes de vol de Kiryat Shmona, Métula, Rosh Pina et Tibériade.

 

S’il parvenait à s’approcher de ces agglomérations, il pourrait leur causer des dégâts en tous points considérables.

 

On nous informe par ailleurs que les débris du chasseur de Béchar al Assad sont tombés en territoire syrien.

 

Nous, d’ajouter que les relations entre Israël et les groupes rebelles de l’ASL spécifiques qui occupent désormais le plus clair du Golan syrien sont bonnes.

 

La collaboration avec l’opposition armée non islamiste à Assad a en outre permis, cette semaine, la visite de l’un des chefs principaux de l’opposition syrienne, Kamal al Labwani, pour dix jours en Israël.

 

Ce médecin, défenseur des droits de l’homme plusieurs fois incarcéré dans son pays, a multiplié les rencontres avec les ministres hébreux, les chefs de Tsahal, les responsables du renseignement, des journalistes et des intellectuels, à l’occasion d’une visite publique sans précédent.

 

Il nous semble que la décision d’abattre le MiG soit autant due à la doctrine préventive que nous avons mentionnée qu’à la volonté politique de Jérusalem d’aider les forces de la rébellion dans le Golan, au moins tant qu’elle ne tombe pas sous l’influence des courants djihadistes que sont l’Etat Islamique et al Nosra.

 

Ce qui, d’après les constatations que nous avons-nous même effectuées sur place n’est pas le cas.

 

Notons pour finir que la totalité des Etats occidentaux appellent à soutenir, à armer et à financer l’opposition non djihadiste à Assad, et que nul mieux que le Dr. Labwani ne représente cette tendance.

 

Par ailleurs, la tension est montée d’un cran aux frontières de Syrie et du Liban à la veille des deux grandes fêtes du calendrier israélite, Rosh Hashana et Yom Kippour.

 

Des renforts ainsi que des armes autotractées ont traversé notre région, ces derniers jours, afin de se rapprocher desdites frontières.

 

 

 
Les assassins des 3 étudiants hilkhatiques ont été éliminés (info # 012309/14) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 23 septembre 2014

 

© Metula News Agency

 

Métula 9h05, Paris 8h05

 

Marwan Kawassma et Amer Abou Aïcha, les assassins présumés des trois étudiants torahniques Eyal Ifrakh, Gilad Shaar et Naftali Frenkel, qu’ils avaient kidnappés le 12 juin dernier près de Goush Etzion ont été tués tôt ce matin à Hébron.

 

Les forces israéliennes avaient auparavant encerclé la maison dans laquelle ils se trouvaient et leur avaient proposé de se rendre.

 

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Les assassins du Hamas Marwan Kawassma et Amer Abou Aïcha

 

Trois autres membres de la famille Kawassma qui se trouvaient également sur les lieux ont quant à eux accepté la proposition de capitulation et ils sont sains et saufs.

 

Les deux terroristes ont alors ouvert le feu sur le commando de Tsahal, qui a violemment répliqué, tirant notamment une roquette pour forcer la porte et accompagnant son avance à l’aide d’un bulldozer.

 

Kawassma et Abou Aïcha avaient réussi à changer de planque cinq jours après avoir commis leurs crimes en dépit du déploiement de forces militaires importantes dans la région d’Hébron et de Khalkhoul.

 

Les deux individus s’étaient alors dissimulés dans une fosse septique abandonnée recouverte de terre dans laquelle ils respiraient par des tuyaux.

 

Ils avaient ensuite réussi à joindre la maison dans laquelle ils ont été cueillis cette nuit.

 

 

 
La guerre d’Irak et du Levant aura bien lieu (info # 011809/14) Version imprimable
Analyse
jeudi, 18 septembre 2014

 

Par Hevi Pekoz

 

L’aviation américaine a effectué hier, mercredi, trois raids dans le sud de Bagdad contre des positions du Califat Islamique.

 

Ces frappes étaient destinées à soutenir les tentatives de la Golden Brigade, le meilleur commando de l’Armée irakienne, afin de reprendre aux islamistes le contrôle de la ville de Fadhiliya, située à une cinquantaine de kilomètres de la capitale.

 

Un chef de la tribu des Janabi, qui habite le secteur, a précisé que les combats, qui se sont poursuivis jusqu’au milieu de la nuit, n’avaient toutefois pas permis à l’Armée irakienne de pénétrer dans Fadhiliya.

                                                                                               

D’autre part, des kamikazes de l’Etat Islamique [EI] ont fait sauter un pont à Ramadi dans la province d’Anbar, privant ainsi les habitants de ce secteur de leur dernière possibilité de traverser l’Euphrate et tuant huit personnes lors de l’explosion de l’ouvrage.

 

Par ailleurs, des frappes aériennes auraient également eu lieu sur des positions de l’EI à l’extrême est de la Syrie, dans la province de Deir ez-Zor, partiellement contrôlée par DAESH [EI].

 

Les miliciens islamistes auraient par la suite évacué de nombreuses positions dans les villes d’Eshara, de Mayadine (sur la frontière irakienne) et de Deir ez-Zor, dans laquelle ils entreposent le plus clair de leurs armes et munitions dans la région.

 

Craignant des attaques aériennes massives dans les prochaines heures ou jours, l’EI a évacué ses ouvriers travaillant dans les champs pétroliers qu’il exploite, de même que les familles des mercenaires islamiques étrangers installés à proximité.

 

Des informations moins encourageantes nous parviennent de la ville de Jalawla, à l’extrême sud de la région autonome du Kurdistan, sur la rivière Diyala.

 

Jalawla, que les Kurdes appellent Qarah Ghân, est principalement habitée par la population tribale des Krui. La ville, contrôlée conjointement jusqu’en juin dernier par les Forces irakiennes et kurdes avait été abandonnée par les soldats de Bagdad en déroute.

 

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Service cartographique de la Ména © Metula News Agency

 

Depuis, des affrontements extrêmement intenses, opposant les Peshmergas aux miliciens de l’EI, avaient ébranlé la région et s’étaient terminés par un retrait des Forces kurdes de la ville après des combats de rue sanglants.

 

Suite à la réorganisation des Peshmergas, au début de leur dotation en armes modernes et le soutien ponctuel de l’US Air Force, les Peshmergas tentent actuellement de reprendre Jalawla. Mais ils doivent faire face dans la bataille non seulement aux miliciens djihadistes mais également à environ un millier de membres de la tribu Krui.

 

Ces derniers appartenaient au bataillon de Jalawla dans les rangs de l’Armée de Saddam Hussein.

 

Le gouvernement de Bagdad leur a récemment accordé une amnistie générale, tant pour les crimes qu’ils ont pu commettre du temps de Saddam que pour avoir  participé à l’effort de guerre de DAESH [EI].

 

De plus, le Lieutenant général de l’Armée nationale irakienne Abdul Amir al Zaidi a offert des armes et de l’argent aux Krui, à condition qu’ils s’opposent aux Peshmergas dans leur tentative de reprendre la ville.

 

Le commandant des Forces kurdes dans la région, Mahmoud Sangawi, a confirmé que ses hommes avaient affronté des Krui lors des derniers combats contre l’Etat Islamique.

 

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Peshmergas bien équipés, dotés d’armes automatiques et de blindés légers

 

Cet épisode malheureux de la Guerre Civile Irakienne illustre les propos de notre rédacteur en chef Stéphane Juffa dans son dernier article Le monde contre le Califat Islamique, lorsqu’il affirmait que les contours entre l’Armée nationale irakienne et l’EI n’étaient pas clairement dessinés.

 

Comme dans le cas de la tribu Krui, certains éléments de ladite Armée passent d’un camp à l’autre en échange d’avantages pécuniaires, d’armes et de munitions.

 

Dans le cas précis de Jalawla, l’Etat central iranien désire circonscrire la poussée des Peshmergas afin de contenir le futur Etat Kurde dans son réduit du Nord-Est ; la ville de Jalawla ne se trouvant qu’à 110 km au nord-est de Bagdad.

 

Jean Tsadik, féru d’histoire, me fait remarquer qu’une gigantesque bataille avait déjà eu lieu à Jalawla. C’était en avril 637, elle opposait déjà le Califat Islamique [pas EI, le Califat de Rashidun], à l’empire non-arabe des Sassanides, et s’était soldée par la victoire des musulmans. Tsadik attire notre intention sur le fait qu’elle avait mis aux prises 20 000 soldats impériaux contre 12 000 "miliciens" islamistes, soulignant que, comme dans les conflits modernes, la supériorité numérique n’était pas une garantie de succès.

 

Trop occupés à guerroyer contre les islamistes à Ramadi, à l’ouest de la capitale, et dans la région de Fadhiliya, au Sud, l’Armée irakienne préfère faire front commun avec l’EI, par forces tribales interposées, plutôt que de permettre aux combattants du président Massoud Barzani d’étendre encore leur territoire.

 

Dans le même registre, le gouvernement central irakien, symboliquement présidé par un autre Kurde, Fouad Massoum, mais en fait acquis aux chiites du Sud et aux Iraniens, fait pression sur la coalition occidentale afin qu’elle limite ses livraisons aux Kurdes à des équipements militaires de moyenne importance, censés ne pas modifier le rapport de forces entre son Armée et les Peshmergas.

 

Ce qui est regrettable est que les Peshmergas ont démontré leur capacité à faire reculer le Califat Islamique, tandis que l’Armée gouvernementale s’est montrée, jusqu’à présent, incapable de le faire.

 

Mais les chiites et les ayatollahs iraniens pensent à l’avenir, au moment où les miliciens de DAESH [EI] auront été repoussés loin vers le Nord, lorsqu’ils auront à faire face à Barzani et aux revendications kurdes d’indépendance.

 

Or les Kurdes, qui ne sont pas arabes, sont traditionnellement des alliés des Occidentaux et des Israéliens.

 

En outre, la "République" Islamique d’Iran compte de vastes territoires kurdes sur lesquelles vit une population de 8 millions de personnes qu’elle opprime.

 

Khamenei craint à juste titre que les Kurdes iraniens ne revendiquent leur agrégation au futur Etat kurde d’Irak lorsque celui-ci aurait été officiellement déclaré et reconnu. Les Kurdes d’Irak sont moins nombreux que leurs frères en Iran, ne représentant que 7 millions d’individus environ.


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Le monde contre le Califat Islamique (info # 011609/14) Version imprimable
Analyse
mardi, 16 septembre 2014

 

Par Stéphane Juffa

 

 

Bien, la conférence de Paris sur la nécessité d’éradiquer le Califat Islamique s’est terminée ; elle aura duré trois heures et permis à François Hollande, dont l’action politique jouit de l’appui extatique de 13 pour cent des Français, de prononcer un discours pathétique. Des propos lénifiants sur le ton d’une émission pour enfants, destinés à démontrer combien l’Hexagone était un polygone moral à l’écoute du monde.

 

Parce qu’il importe de stopper l’Etat Islamique, que Laurent Fabius et Jean-Luc Mélenchon réclament qu’il soit désormais appelé le Califat Suédois, parce que c’est faire insulte à l’islam que de montrer des musulmans étêter des coopérants humanitaires chrétiens, le coran dans la main qui ne tient pas le couteau de cuisine. Parce que Fabius s’apprête à donner des leçons de mahométisme à Abou Bark el Baghdadi et que tout le monde en rigole, sauf lui et les décapités.

 

Parce que, dixit le pensionnaire de l’Elysée - qui envoie trente SMS par jour à son ancienne compagne Valérie Trierweiler, le double à la nouvelle, quelques-uns à Ségolène et un ou deux à ses enfants, pendant que le paquebot France heurte l’un après l’autre tous les icebergs de l’Atlantique - il faut absolument soutenir le gouvernement irakien présidé par le Kurde Fouad Massoum. Or ce gouvernement est au mieux une vue de l’esprit et qu’il n’y a personne, pas d’entité étatique digne de ce nom, à soutenir à Bagdad. 

 

C’est une dure constatation que la "communauté internationale" se refuse encore de faire : il n’y a plus d’Irak, d’ailleurs, il n’y en a jamais eu. Mosaïque d’entités hétéroclites que seul un tyran comme Saddam Hussein pouvait, à force de terreur et d’exactions, empêcher de suivre leurs destins divergents. C’est pourtant simple : chiites au Sud, sunnites au Nord et Kurdes dans une petite bande montagneuse lovée entre les frontières vénéneuses de la Syrie, de la Turquie et de la "République" de Khamenei. Et, broyés dans ce retour à l’époque biblique, des minorités vouées au supplice, tels les chrétiens ou les Yézidis.

 

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Problème

 

Et le Sud ne s’arrête pas à Bassora, tout comme le Nord ne freine pas aux confins de la népotie des al Assad. Le découpage à la règle du Moyen-Orient par les puissances coloniales a vécu, et avec lui la tentative arrogante, naïve, écervelée, optimiste ou criminelle d’obliger des peuples à vivre ensemble, qui s’exterminaient depuis des siècles.

 

Back to the schisme historique au sein de l’islam, à l’empire des Perses, aux Mongols-ottomans, aux Pharaons du Nil, aux Bédouins du désert, aux Kurdes, aux chrétiens et aux Israélites.

 

Fin de la construction d’entités plus larges et début du re-morcellement : durant la bataille d’Alep, on a dénombré jusqu’à soixante entités nationales, linguistiques ou confessionnelles se battant contre Béchar al Assad et les unes contre les autres.

 

Retour aux recettes de grand-mère pour guerroyer : gagner du terrain, faire des prisonniers, des esclaves, violer et vendre leurs femmes, décapiter, pendre, noyer, tuer en masse, pour s’en débarrasser et faire trembler les prochains adversaires.

 

Encore faut-il, pour les Occidentaux, ne pas confondre stratégie et tactique, que les chefs d’Etat des grandes démocraties semblent avoir de plus en plus de mal à discerner : lancer des bombes avec des avions sur des barbares, c’est bien, mais ce n’est pas une solution, c’est un moyen.

 

Et si l’on entend retrouver une situation d’équilibre relatif – c’est ainsi qu’il va falloir rebaptiser la paix dorénavant -, il faut impérieusement se soucier de ce qui va s’instaurer par la suite, une fois que l’on aura affaibli les miliciens ivres d’Allah d’El Baghdadi. En principe on devrait s’en soucier avant de tirer le premier missile.

 

Parce que l’EI n’est pas fondamentalement pire que les autres acteurs régionaux, ils ont juste commis l’erreur de se vanter de l’assassinat de leurs otages en les diffusant sur le Net, tandis que la junte théocratique iranienne pend les opposants, les militants des droits de l’homme, les Kurdes, au faîte des grues, et ordonne la lapidation des femmes jugées infidèles par des tribunaux expéditifs, justifiant leur sentence, non pas par la charte des Vikings, M. Fabius, mais par le saint coran. Mais en "République" Islamique de Norvège, on prend soin d’interdire de filmer les mises à mort, sous peine d’en faire partie, ce qui limite le courroux indigné de la "communauté internationale".

 

L’endémie de médiévalisme contagie également les Palestiniens, n’en déplaise aux adorateurs européens du Hamas. Tout le monde n’ayant pas la mémoire assez courte pour avoir déjà oublié les corps mutilés de malheureux, traînés par les pieds derrière des motos dans les rue de Gaza-city, ni, bien sûr, plus récemment, les soi-disant espions du Mossad, parfaitement innocents mais sympathisants du Fatah de Mahmoud Abbas, mitraillés devant la foule avec un sac sur la tête. 

 

Et aussi, parce qu’en politique internationale, il est dangereux d’avoir des dégoûts sélectifs, de rappeler que chez les hôtes préférentiels du pauvre Français Hollande, en Arabie Saoudite, une justice sûre d’elle fait trancher la tête des homosexuels et des apostats de l’islam en place publique, et condamne au fouet les femmes qui conduisent des automobiles, oublient de se couvrir la tête ou serrent la main d’un inconnu. Sauf que le ministre français des Affaires Etrangères n’a pas pensé à dissocier le régime de Riyad du livre de Mohamed, l’économie tricolore étant déjà assez mal en point comme cela.

 

Donc, on réalise urgemment qu’on est au Moyen-Age. On arrête d’essayer d’expliquer aux opinions publiques ses décisions stratégiques par des appels à la sensiblerie, et on réfléchit consciencieusement, entouré par des spécialistes qui connaissent effectivement la situation, sur les démarches à considérer.

 

On cesse aussi de désigner les bons et les méchants au gré de ses humeurs et de ses intérêts à court terme, en prenant ses électeurs pour des cons, sur la simple hypothèse que la plupart sont effectivement des ignares, mais qui ont actuellement assez de soucis existentiels pour chercher à savoir où se trouvent Kirkuk, Raqqah ou Aarsal, les régions où la nouvelle guerre de religion fait actuellement rage.   

 

Cela évitera par exemple à la France d’envoyer pour trois milliards d’euros d’armement à l’Armée libanaise, sachant que ces équipements tomberont directement dans l’escarcelle du Hezbollah qui a totalement phagocyté le pays aux cèdres grâce à l’incroyable passivité de l’Europe en général, de Paris, en particulier. Le Hezbollah qui signifie littéralement – et ce n’est pas du finnois, M. Fabius – le parti d’Allah, et dont les miliciens se targuent de leur appellation de "Fous d’Allah", tout un programme par les temps qui courent.

 

On demandera à l’occasion à la diplomatie française où, sur le globe, on peut trouver des musulmans qu’elle nous autorise à appeler musulmans. Nous cherché, pas trouvé. En Libye, peut-être ? Ailleurs en Afrique ? Dans les banlieues ? Il faudra nous dire.

 

C’est un analyste qui habite à 20 kilomètres des positions tenues par le Front al-Nosra, qui vous pose la question. Jabhat an-Nuṣrah li-Ahl ash-Shām, ou front (djihadiste) pour la victoire des peuples du Levant, étant la branche concurrente de l’Etat Islamique, tous issus d’al Qaeda, qui partage le même mode opératoire que l’EI, et dont les membres se transfèrent sans états d’âme de l’un à l’autre.

 

Or la conférence d’hier n’a pas déclaré la guerre à al Nosra, pas plus qu’elle n’a défini ce qu’elle projetait pour l’avenir de l’Irak et de la Syrie. La démonstration des dangers représentés par cette lacune est facile à poser ; elle participe, comme une grande tranche de la stratégie politique, du principe des vases communicants, autrement plus dévastatrice qu’un missile de Rafale : si l’Amérique et ses alliés affaiblissent considérablement le Califat Islamique, c’est immédiatement al Nosra qui prendra sa place, recueillant du même coup ses combattants et les armes qu’il aura abandonnées. Rien n’aura été fait. Rien n’aura changé. Hormis la rancœur grandissante des sunnites de tout le Moyen-Orient, qui considéreront l’immixtion des chrétiens dans leurs affaires comme une agression, et l’élimination des miliciens arabes comme autant d’assassinats.

 

Car il est un autre élément qu’on ne vous dit pas : c’est que le monde entier, les Arabes particulièrement, ne pensent pas comme vous et nous. Ainsi, depuis la montée en puissance de DAESH, la plupart des sunnites, considérant qu’il défend ce qu’ils assimilent à leur honneur et qu’il constitue le seul rempart crédible contre l’expansion du chiisme et de son alliance al Assad en Syrie, Hezbollah au Liban et théocratie iranienne en Perse, lui accordent l’entièreté de leur sympathie.

 

Jusqu’ici, en Israël, où les partisans d’al Baghdadi terrorisent de plus en plus souvent les Druzes et les chrétiens en effectuant des descentes dans leurs villages et leurs quartiers, leur promettant le même sort que celui réservé aux ennemis de l’EI et commençant même à molester les femmes se trouvant sur leur passage. Les autorités israéliennes sont très peu disertes sur le sujet, craignant d’éveiller d’autres vocations islamistes, mais je peux vous assurer, pour les côtoyer quotidiennement, que la peur au sein de ces minorités se fait de plus en plus concrète.

 

De plus, tous les sunnites que j’ai rencontrés expriment désormais leur haine irréductible des Américains, des Européens, des chrétiens et des Israélites. En termes stratégiques, il faudrait comprendre que – contrairement à l’idée saugrenue que l’on tente d’imposer – l’islamisme et le djihadisme sont profondément ancrés dans les cœurs et les mentalités du Moyen-Orient et ils augmentent avec chaque succès de l’EI et avec chaque frappe aérienne qu’il subit. D’ailleurs, cette empathie gagne aussi rapidement la banlieue, mais cela également, on le dissimule soigneusement à l’opinion. Celle-ci remarque un discours antithétique entre ce qu’elle constate dans la rue et ce qu’on lui raconte à la télévision. Et cela l’irrite. En France, cette double constatation non-miscible est en train de paver la voie royale à Marine Le Pen, qui devrait la conduire directement à l’Elysée.

 

Cela pose un autre problème stratégique majeur : il ne suffit absolument pas de ramollir l’appareil militaire d’ISIS pour extirper l’espérance djihadiste du Moyen-Orient. Car, non, cette mouvance n’est plus un corps étranger de la région mais l’un de ses piliers ; un pilier qui a un milliard de fois plus de consistance que le "gouvernement de Bagdad" qu’on nous invite à soutenir, et qui lui survivra durant des décennies pour ne pas parler de siècles.

 

En termes stratégiques, on doit également redouter l’alliance de facto qui s’est instaurée avec l’Iran. Au point que l’on n’entend pratiquement plus parler des négociations sur la bombe atomique de Téhéran, et que celui-ci n’a toujours pas détruit la moindre de ses milliers de centrifugeuses, pas plus qu’elle n’en a déplacé des sites de Fodow et de Natanz.

 

Des émissaires d’Obama – c’est le Guide suprême Khamenei qui l’affirme et je le crois – ont tenté diverses approches afin de sceller une alliance tactique en vue de combattre le Califat. Khamenei prétend qu’il a refusé ces appels du pied parce qu’ils proviennent d’une "entité entachée". Plus prosaïquement, les ayatollahs voient d’un mauvais œil un retour de la présence militaire occidentale à leurs portes.

 

Encore plus prosaïquement, les experts de la théocratie islamique chiite, qui ne sont pas des chèvres, savent pertinemment, qu’avec ou sans accord formel, l’Occident a besoin de son concours s’il entend sérieusement endiguer l’EI en Irak et en Syrie. Cela favorise Téhéran qui, à chaque frappe contre les sunnites, voit sa puissance augmenter. Or si les alliés éradiquent le Califat, comme ils affirment vouloir le faire, au lieu de se contenter de l’affaiblir pour le contenir, ce qui participe de l’unique option stratégique valable, ils offriront à Khamenei l’hégémonie sur le Tigre et l’Euphrate, hégémonie qu’il s’est déjà attribuée sur le sud chiite de l’Irak.

 

Or gare à ce terrible faux pas, car la "République" Islamique est autrement plus menaçante pour la région, Israël, l’Europe et le monde que l’Etat Islamique. Le premier dispose de missiles balistiques, le second, de mitrailleuses montées sur des pickups. Le premier possèdera bientôt la bombe atomique si la Baronne Ashton ne décuple pas d’efficacité lors des négociations, ce qui est douteux ; Téhéran entretient des millions de soldats et d’auxiliaires, contre trente mille miliciens à DAESH. Et c’est aussi cela qui est incompréhensible, disproportionné, et qui engendre moult questions chez les spécialistes.

 

Le monde vient de déclarer la guerre à 30 000 fanatiques, obligés de contrôler 40% du territoire irakien et 30, de celui de la Syrie ? Si le million d’hommes de la nouvelle Armée irakienne, formée, dotée et financée à coups de milliards par Washington, ses chasseurs et ses centaines de chars, ne suffisent pas à s’opposer à ces cow-boys de l’islam qui tirent dans tous les sens, c’est que la limite entre ladite armée et les cow-boys n’est pas aussi tranchée qu’on voudrait se le figurer.

 

La puissance US, les six Rafales de Paris, les forces britanniques, l’Allemagne pour stopper 30 000 dégénérés ? Qui menaceraient la sécurité de la planète ? Cela me semble grotesque.

 

Il suffirait de donner une douzaine de vieux F-16 à Barzani, de former ses pilotes durant six mois, d’ajouter 50 Merkava et des missiles Tamouz pour que l’on cesse de parler de djihadisme dans le nord de l’Irak. Il est vrai que l’on consacrerait l’indépendance du Kurdistan, mais n’est-ce pas déjà fait ?

 

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Golan : visite de bon voisinage (info # 010909/14) Version imprimable
Reportage photo
mardi, 09 septembre 2014

 

Par l’équipe de reportages Nord-Est © Metula News Agency

 

Nous avons effectué hier, lundi, un reportage extrêmement fructueux le long de la frontière entre Israël et la Syrie, sur le plateau du Golan.

 

Les objectifs de notre petite expédition consistaient à observer visuellement l’état du conflit entre la rébellion et l’Armée de Béchar al Assad, ainsi qu’à tenter de savoir qui faisait la loi au sein de l’opposition armée dans cette région, entre les islamistes extrémistes et les composantes plus modérées de l’Armée Syrienne Libre (ASL).

 

D’autre part nous voulions savoir si la ligne Alpha, autrement dit la frontière entre l’Etat hébreu et son voisin de l’Est était calme et stable, ou si les escarmouches s’y multipliaient, et les menaces se concrétisaient.

 

Comme dans notre cas le journalisme ne se limite pas à répercuter les bilans des victimes obtenus au guichet d’une organisation terroriste, nous avons arpenté des sentiers pierreux et à peine praticables le long du grillage de séparation, nous trouvant, pendant plus de 3 heures, à moins de 10 mètres de la Syrie en guerre.

 

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Une position de l’ONU adossée à Kuneitra

 

La première constatation que nous tirons de notre randonnée est, qu’hier du moins, la situation était particulièrement sereine. Le front du Golan, pratiquement sur toute sa longueur, des contreforts du mont Hermon, au Nord, jusqu’à Khamat Gader, au Sud, sur la frontière jordanienne, est aux mains des opposants à Assad.

 

L’Armée du régime tient toujours ses positions sur l’un des deux mamelons constituant le mont Hermon, et de là, le long du Liban, qu’elle a déjà entrainé dans sa guerre civile.

 

On se balade en plein traumatisme d’après la bataille ; de toute l’après-midi, nous n’avons pas croisé le moindre porte-flingue d’al Assad, ni aucun combattant de l’ASL, pas plus que les habitants, encore terrés dans leurs maisons. A peine quelque véhicule utilitaire s’aventurant prudemment sur des routes dangereuses.

 

Côté israélien, des patrouilles, qui ne se formalisent pas outre mesure de notre présence, nous prenant sans doute pour des forces spéciales (qui d’autre s’aventurerait ici ?). Tsahal s’est installé à quelques centaines de mètres de la frontière, dans des bases où il a pu déployer tout son arsenal hypersophistiqué. Les soldats nous regardent sans doute à la jumelle mais nous fichent la paix.

 

La zone reste tout de même très dangereuse. Pendant notre visite, sur le coup de 19 heures, on entend deux ou trois rafales au loin ; une balle perdue a touché légèrement un militaire israélien à la jambe. Celui-ci est emmené en hélicoptère vers l’hôpital de Safed, à 5 minutes de vol.

 

Notre découverte la plus intéressante, nous l’avons faite à Kuneitra. Kuneitra, ville fantôme dans laquelle personne ne vit depuis 1967 lorsqu’elle fut prise et détruite par les guerriers hébreux.

 

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L’hôtel de ville abandonné de Kuneitra

 

Israël s’en est retiré depuis 40 ans, et, ces derniers mois, elle était devenue l’enjeu de la guerre du Golan entre Assad et ses contempteurs.

 

Au centre de la bataille un petit poste frontière, l’allure insipide, à 30 mètres de son homologue israélien. C’est cette position, symbolique et stratégique à la fois, qui était au cœur des combats ; des centaines de Syriens viennent de mourir pour elle.

 

Difficile de croire que l’on puisse donner sa vie pour quelque chose d’aussi misérable. Le poste frontière est là, devant nous, vide de toute présence humaine à notre grand étonnement.

 

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C’est pour ça que 300 personnes au moins sont mortes

 

Il y a quelques jours, dans l’euphorie de la victoire, les drapeaux de toutes les factions en guerre contre la dictature alaouite avaient surgi de nulle part.

 

Maintenant, quelqu’un a fait de l’ordre et il ne reste qu’une seule bannière. Nous reconnaissons celle de Jabkhat Thowar Suriya, le Front Révolutionnaire Syrien (FRS).

 

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C’est une agréable nouvelle, car le FRS représente une aile idéologiquement modérée au sein de l’Armée Syrienne Libre.

 

C’est un front qui s’est solidifié face au renforcement du Califat Islamique, sous les ordres d’un certain Jamal Maarouf, le chef de la Brigade des Martyrs de Syrie, basé à proximité d’Idlib, dans le nord-ouest du pays.

 

C’est l’un des rares groupes à s’être prononcé en faveur de la seconde conférence de paix de Genève, en présence de représentants du régime.

 

Le FRS, qui compte une dizaine de milliers de combattants, prône le renversement des alaouites et l’établissement d’une démocratie pluraliste, une perle rare dans la région ; une organisation plus nationaliste arabe qu’islamiste, on pourrait presque parler d’un mouvement "laïque".

 

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On ne s’est pas fait le moindre cadeau

 

Ce sont des gens avec lesquels il est possible de discuter, du genre que les Européens, les Américains et les Israéliens aideraient volontiers.

 

D’ailleurs ce que l’on constate sur le terrain témoigne de ce qu’un dialogue existe. Notamment l’hôpital de campagne opéré par les Hébreux, à califourchon sur la ligne Alpha, pas loin de la bourgade druze-israélienne de Boukata.

 

C’est un secret de polichinelle de dévoiler que le Front Révolutionnaire Syrien reçoit de la part des Occidentaux des aides de toutes sortes. Mais mieux vaut, pour le moment, ne pas entrer dans les détails.

 

Ce qui frappe sur place c’est ce drapeau orphelin, pas dominateur puisqu’attaché à mi-mât et sans personne pour le garder.

 

En face, en Israël, c’est pareil, le poste frontière est fermé et désaffecté. Il y a quelques jours, la Police Militaire, armée jusqu’aux dents, nous a empêché de nous approcher à 100 mètres d’ici, mais ce lundi, cela ressemble au désert des Tartares. Personne - ni dans les nombreuses bâtisses, ni dans l’aile technique, ni dans les miradors.

 

Il est évident que des deux côtés de la frontière on s’est entendu afin d’éloigner les combattants les uns des autres et d’éviter ainsi les frottements incendiaires.

 

Dans ces conditions nous pouvons aller ou nous voulons ; il n’y a pas même un Casque bleu de l’ONU, dont les baraquements sont tout proches, pour nous barrer le chemin. A peine deux soldats philippins ventripotents, absorbés par leur jogging quotidien, qui nous font un geste amical, tout heureux de croiser d’autres êtres vivants.

 

Nous posons le pied dans le No Man’s Land, gravissons les marches d’un mirador des Nations Unies déserté et posons notre lourd téléobjectif sur la rambarde de métal pour prendre des photos,

 

Nous regardent-ils en face ? Probablement. On sent quelques paires d’yeux fixées sur nous mais en toute discrétion : que ce silence a l’air bien ordonné !

 

Nous continuons notre inspection, et croisons  des voisins moins tranquilles. C’est un pick-up d’al Nosra - le drapeau d’al Qaeda à l’avant en témoigne -, qui revient d’une tournée de pillage. Il est chargé comme un mulet de motocyclettes volées et tire par un câble un tout terrain, lui aussi ramené en butin d’une razzia sur le village d’el Hmidaiah, à 7 km d’ici. Ses habitants avaient eu la mauvaise idée de prendre parti pour al Assad ; ils sont désormais contents de conserver leur tête sur leurs épaules à défaut de leurs moyens de locomotion.

 

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Les islamistes d’al Qaeda ramenant leur butin (dans le cercle rouge, le drapeau d'al Nosra)

 

Les miliciens sont extrêmement dangereux, ce sont eux qui détiennent toujours les 45 Casques bleus fidjiens, probablement à une cinquantaine de kilomètres de notre frontière. Nous sommes les témoins privilégiés de la coexistence entre le Front Révolutionnaire Syrien et les barbares d’al Nosra.

 

Le drapeau au check post montre qui est actuellement le chef, le plus fort. Mais les miliciens islamistes semblent ici chez eux, jouissant d’une grande liberté de mouvements de la part de leurs alliés du moment.

 

Cette alliance est d’ailleurs assez surprenante lorsque l’on sait qu’il y a tout juste un peu plus d’un mois, le FRS et al Nosra se sont violemment affrontés dans Jisr al Choughour, pas loin du port syrien de Lattaquié et à 6 km de la frontière turque.

 

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Golan : Tsahal a sauvé la vie de soldats de l’ONU (info # 010809/14) Version imprimable
Analysis
lundi, 08 septembre 2014

 

Par Jean Tsadik

 

Jeudi 28 août dernier, une journée après s’être emparés du point de passage entre la Syrie et Israël sur le Golan, les miliciens d’al Nosra, un groupe affilié à al Qaeda, ont fait prisonnier 45 soldats de l’ONU des Iles Fidji.

 

Ces derniers, qui font partie de l’UNDOF, la Force des Nations Unies d’Observation du Désengagement [de l’accord désengagement entre Damas et Jérusalem de 1974] avaient reçu l’ordre du commandant de l’UNDOF de déposer leurs armes et de se rendre sans combattre aux combattants djihadistes.

 

Depuis, des négociations secrètes sont en cours entre l’ONU et al Nosra en vue de leur libération. Les islamistes exigent divers soutiens logistiques ainsi qu’une rançon. Depuis une semaine, al Qaeda menace de juger les Casques bleus devant un tribunal islamique appliquant la Charia.

 

Ces derniers, dont le titre de combattants n’est pas reconnu par al Nosra, risquent la peine capitale et peut-être la décapitation en leur qualité de mécréants.

 

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Casques bleus passant devant des soldats israéliens dans le Golan

 

Simultanément à la capture des observateurs fidjiens, les miliciens avaient également encerclé deux positions de l’ONU dans la zone de désengagement, tenues par 75 militaires philippins. Dans ce cas aussi, le commandement de l’UNDOF sur le Golan ordonna à ses hommes d’obtempérer aux exigences des djihadistes en leur remettant leurs armes et en se rendant.

 

Mais le Général Gregorio Pio Catapang, depuis Manille, était intervenu afin de contredire ces ordres, enjoignant à ses hommes encerclés de se battre pour éviter le sort des Fidjiens.

 

"Je leur ai dit", déclare le Général Catapang, "de ne pas exécuter l’ordre qu’ils avaient reçu, parce qu’il était en violation de nos règles stipulant que nous ne remettons nos armes à feu à personne, et qu’il n’existait aucune garantie pour que vous soyez libérés après les avoir remises".

 

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Samedi 30 août, avec l’aide des soldats irlandais de l’UNDOF et d’autres Casques bleus compatriotes, les 35 Philippins de la première base engagèrent le combat avec les rebelles islamistes et parvinrent à rejoindre le territoire israélien à bord de leurs véhicules blindés.

 

Les choses étaient beaucoup plus compliquées en ce qui concernait la seconde base sous contrôle philippin, car cette dernière se vit rapidement encerclée par plus d’une centaine d’insurgés islamistes.

 

Ceux-ci tentèrent de défoncer le portail du camp avec leurs pick-ups tout en arrosant les assiégés de tirs de mortiers. Une nouvelle fois, les Irlandais intervinrent et escortèrent leurs 40 camarades vers le territoire israélien, synonyme de salut.

 

Cet incident a ouvert une grave dispute entre Manille et les Nations Unies, le haut commandement des forces philippines exigeant l’ouverture d’une enquête contre le commandant de l’UNDOF afin de savoir pourquoi il avait ordonné à ses hommes de se rendre et de mettre ainsi leurs vies en danger.

 

Manille a d’ailleurs avisé New-York par écrit qu’il ne remplacerait pas son contingent de 331 soldats de maintien de la paix lorsque leur mission se terminera en octobre.

 

A la Ména nous avions des reporters sur place lors de ces incidents et nous avions assisté à l’évacuation de la seconde position philippine, observant des "détails" de l’opération que nous ne pouvions pas rapporter.

 

Nous sommes désormais en grande partie libres de le faire après que le journal irlandais The Sunday Independant (l’indépendant du dimanche) a révélé, citant des sources irlandaises officielles, que "les soldats irlandais auraient été tués ou pris en otages par les extrémistes islamistes si l’Armée israélienne n’était pas intervenue militairement dans la bataille pour sauver les soldats de l’ONU encerclés".

 

Cette remarque vaut également pour les militaires philippins, même si le journal de Dublin ne les mentionne pas nommément.

 

Faute de l’aide de Tsahal, rapportent les mêmes sources, "il est presque certain qu’il y aurait eu des blessés ou des morts [ce qui ne fut pas le cas lors des deux évacuations]". Les Israéliens disposent de bases qui dominent les positions dans lesquelles les observateurs de l’ONU étaient encerclés, précise The Independant, et l’assistance des Hébreux fut "déterminante dans le succès de l’opération", selon les sources autorisées qu’il cite.

 

Sources qui ajoutent que les Israéliens ont guidé les troupes irlandaises envoyées en secours des Philippins, leur permettant d’éviter les plus grosses concentrations des miliciens d’al Qaeda les plus puissamment armés. 

 

Il existe également des témoignages non-confirmés, écrit le journal irlandais, indiquant que les Israéliens ont ouvert le feu sur les islamistes afin qu’ils cessent de s’en prendre aux soldats philippins et irlandais.

 

C’est ici une courtoisie des officiels Irish, qui entendent laisser au gouvernement de Jérusalem le choix de parler de cet incident ou de taire son existence. Quant à nous, qui ne sommes pas diplomates mais reporters, nous pouvons attester que Tsahal est massivement intervenu pour sauver la mise sérieusement hypothéquée des Casques bleus. Nous prenons même le risque de rapporter que, de la manière dont elle était conduite, l’opération de secours avait très peu de chances de réussir et beaucoup de finir en désastre.

 

Nous, d’espérer que ce fait d’arme fraternel participera à modérer l’antisémitisme suffoquant régnant sur l’île au trèfle et à la harpe celtique. Rien n’est moins sûr, car son ministre des Affaires Etrangères, Charlie Flanagan, a déjà oublié de remercier publiquement Tsahal pour son coup de main salvateur.

 

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Israël : la digue de la convenance à sauté en France (1ère partie)(info # 010509/14) Version imprimable
Réinformation
vendredi, 05 septembre 2014

 

Par Ilan Tsadik

 

Durant Rocher inébranlable, la rédaction nous a demandé de nous concentrer plus particulièrement sur le narratif de la guerre et sur l’analyse de la situation, laissant au second plan les agressions médiatiques systémiques dont Israël a été victime.

 

Au premier rang desquelles, mais cela ne doit plus surprendre personne, celles de la presse tricolore qui nous a traités comme si nous étions les ennemis de l’humanité. Ce qui a d’ailleurs le mérite d’irriter les peuples et les nations qui subissent réellement des tentatives de génocides, ou, à tout le moins, des traitements barbares du genre de ceux que l’on nous reproche dans les media de l’Hexagone.

 

Des Soudanais s’élèvent ainsi contre le silence et l’absence des journalistes face aux deux millions de morts au Darfour, des Kurdes, des chrétiens irakiens et syriens, des Yézidis, qui ne comprennent pas bien la raison pour laquelle les Occidentaux sont traumatisés par 2 000 victimes à Gaza, alors qu’en une heure, les djihadistes ont exécuté mille civils avant de les jeter dans une fosse commune, tandis que leurs femmes étaient vendues à Mosul comme esclaves sexuelles pour 500 dollars "pièce".

 

La réponse qu’apporte Alain Gresh à cette disproportionnalité, dans un article du 21 juillet dernier du Monde Diplo, ne saurait laisser indifférent : "(…) il est vrai que la cause palestinienne est emblématique, non pas par le nombre de victimes, mais par le fait que c’est le dernier conflit colonial".

 

Ca a le mérite d’être une réponse du type qui suffit à justifier la destruction d’Israël selon les critères fanoniens des néo-existentialistes ; leur seul problème – mais sa centralité suffit à en faire des monstres assoiffés de sang juif – réside en ce que le conflit israélo-arabe n’a jamais été une guerre coloniale, ne répondant à aucune des références d’une guerre coloniale, comme nous avons pris la patience de le démontrer au-delà de tout doute sensé dans ces colonnes.

 

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Tout ce que les Français n’ont pas vu à Gaza

 

Maintenant, vous comprenez pourquoi des gens comme Marius Schattner ou Charles Enderlin, ou des organismes  comme l’AFP mènent un véritable combat, y compris en exerçant des pressions sur les confrères et les media récalcitrants, afin qu’ils prennent soin de mentionner les mots "colons" et "colonies" dans chacun de leurs reportages.

 

Parce que s’il s’agit d’un conflit colonial, le Hamas, représentant des Palestiniens opprimés, est en droit de lancer des fusées sur Tel-Aviv, tandis que s’il s’agit d’un affrontement entre légitimités, c’est Jérusalem qui possède celle de se défendre lorsque ses villes sont attaquées par des terroristes, dont le but se limite à tuer le maximum de Juifs possible.

 

Le reste du papier de Gresh, en fait une critique d’un article de BHL, n’est qu’un amoncellement de contre-vérités du genre : "BHL semble ignorer les campagnes de haine qui déferlent sur Israël depuis des années et qui amène une majorité des habitants à souhaiter l’expulsion des citoyens arabes de l’Etat".

 

Je vis en Israël et je n’ai jamais observé la moindre de ces campagnes de haine contre la minorité arabe ; quant à la seconde affirmation, elle est si gratuite, si infondée, qu’y répondre participerait à lui donner un semblant de contenu. Gresh a ainsi à nouveau fait étalage de son ignorance crasse du fait israélien.

 

Gresh est un fielleux dogmatique qui, comme l’ensemble des néo-existentialistes, a toujours refusé d’ouvrir le débat public pour y confronter ses affirmations aux nôtres. C’est évidemment plus confortable et d’autant moins nécessaire quand les "colonialistes" se sont assuré les services de l’AFP, véritable parole d’évangile des plumitifs français.

 

Bien moins lisible est la démarche d’I24News, lorsqu’elle invite l’alibi-colon de l’Agence France Presse, Michaël Blum, à prêcher sur ses plateaux. Il est vrai que pour certains, travailler pour une agence de presse qui considère que Gaza est une colonie fait de vous un "modéré fréquentable".

 

Mais ce n’est pas l’essentiel. Ce qui est fondamental est que la quasi-totalité des confrères franciliens a désormais fait sienne la théorie de la "guerre coloniale", qui implique qu’ils défendent, par tous les artifices disponibles – et ils ne sont pas à court d’imagination en la matière -, l’opprimé palestinien contre le colonisateur juif.

 

L’un de ces subterfuges, lancé par l’AFP et repris en cœur par un millier de perroquets idiots, a consisté à réduire le récit de Rocher Inébranlable au bilan des victimes de la guerre. Comme si celui qui subit les plus lourdes pertes avait la raison pour lui ou une partie d’icelle. Comme si c’était plus important que d’identifier pour ses lecteurs ou ses téléspectateurs le camp qui a commencé, qui s’attaque spécifiquement à des civils, qui tire depuis les écoles, les mosquées et les hôpitaux, et qui a rompu les sept cessez-le-feu qu’il s’était engagé à respecter, alors que les Israéliens n’en ont brisé aucun.

 

A cela Gresh répond avec les références suivantes : "Et que, encore une fois, nous n’avons pas affaire à deux armées qui se battent à armes égales. Il faut toujours rappeler cette formule du dirigeant du Front de libération nationale algérien Larbi Ben M’hidi, arrêté le 23 février 1957 par l’armée française et interrogé par des journalistes à propos du FLN posant des bombes dans des cafés dissimulées dans des couffins : « Donnez-nous vos avions, nous vous donnerons nos couffins. »".

 

C’est irrémédiable. Tant que le Hamas-FLN (Guerre d’Algérie, guerre de colonisation) n’aura pas d’avions, il lui sera permis d’assassiner des Israéliens. Et comme il n’aura jamais d’avions…

 

Le gros des titres et des journalistes français ayant embrassé cette optique, se doit, à chaque occasion, de fustiger les Hébreux. Même si, pour y parvenir, ils doivent travestir la vérité. Parfois, cela ressemble à de la propagande nazie, comme dans ce papier du 18 août de Luc Mathieu dans Libération, dont le seul titre entend décrire les Israéliens comme des criminels absolus : "A Gaza, « les civils étaient la cible »".

 

A la toute fin du papier, on comprend, lorsqu’on est un professionnel de l’info, que le titre reprend une affirmation tronquée de Maître Raji Sourani – dont certains lecteurs se rappellent du nom pour le rôle qu’il avait joué dans la Controverse de Nétzarim1 -, qui confie à Luc Mathieu : "Les civils se sont retrouvés dans le collimateur. Ils étaient la cible. Sinon pourquoi détruire la centrale électrique, les puits, les écoles, les hôpitaux, les ambulances ?".

 

Je vous livre en passant la réponse que les lecteurs de Libé ne liront jamais : parce que les témoignages présentés par la Ména durant Rocher Inébranlable, y compris de nombreuses pièces filmiques, ont démontré que c’étaient des roquettes djihadistes qui ont détruit en partie les lignes d’approvisionnement électrique ainsi que les cuves de carburant de l’unique centrale électrique de Gaza. Que des techniciens israéliens, en pleine guerre, et pour épargner aux civils gazaouis des souffrances inutiles, ont tenté de réparer certains de ces câbles à haute tension, mais ils en ont été empêchés par des tirs tendus de miliciens islamistes. Toute l’électricité et le carburant de la centrale électrique de l’enclave palestinienne, et Mathieu n’est pas censé l’ignorer ni le cacher à ses lecteurs, proviennent de l’Etat hébreu. Ce dernier n’ayant jamais interrompu sa fourniture, même quand certains de leurs bénéficiaires tiraient 200 roquettes par jour sur les civils du Néguev, y compris sur les livreurs de fuel et les employés de la Compagnie d’électricité.

 

De plus, les films de Tsahal que nous avons diffusés, et dont Sourani et Mathieu ne peuvent non plus ignorer l’existence, montrent que les miliciens de Gaza tiraient leurs roquettes depuis les écoles et les hôpitaux ; ce qui, face au droit international, en faisait naturellement des objectifs assurément légitimes. Et si Libération conteste l’authenticité de ces témoignages, il doit le faire savoir et présenter et étayer son point de vue, et non pas faire comme si ces images n’existaient pas.

 

De plus, d’autres vidéos mises à disposition par l’Armée israélienne apportent la preuve irréfutable que les ambulances étaient utilisées à Gaza par des miliciens armés afin d’aller d’une position de tir à l’autre.

 

Reste que 80% de l’article de Luc Mathieu est évidemment consacré à la publication orientée de divers bilans humains de Rocher Inébranlable. Des bilans communs à l’ONU et aux ONG palestiniennes ; ce que l’on peut comprendre, puisqu’elles se fournissaient à la même source, à savoir le centre de communication du Hamas.

 

Sur cette base, l’ONU affirme que la plupart des 1948 victimes qu’elle répertorie, soit 72%, étaient civiles. Mathieu ne trouve pas de meilleures oreilles que celles du directeur d’une ONG palestinienne Al Dameer (la conscience), pour lui demander comment est-ce possible que, selon les Israéliens, la proportion de miliciens parmi les morts est plus grande que celle des civils.

 

Ce qui fait "soupirer" le directeur d’Al Dameer, le pauvre Khalil Abou Shammala, qui ignorait que des hommes armés avaient tiré 4 000 bombes volantes sur les villes israéliennes à partir de Gaza, et qui s’exclame : "On ne sait même pas ce qu’ils veulent dire par terroristes".

 

Dans ces conditions, et par souci didactique – pour ne pas qu’ils meurent complètement crétins – j’informe Shammala et Mathieu, qu’un terroriste, c’est quelqu’un d’armé qui, indépendamment de ses motivations, s’attaque systématiquement à des personnes civiles. Comme quelqu’un qui tire un Fajr-5, transportant 50kg d’explosifs, sur Tel-Aviv ou Jérusalem, connards !

 

Mais la cerise sur le gâteau de l’article de Libération (de tout complexe antisémite ?), c’est tout de même le paragraphe que le journal consacre à expliquer pourquoi, si la plupart des morts étaient des civils, la tranche d’âge 20-29 ans est largement surreprésentée sur des listes des morgues de la bande côtière. Cette tranche d’âge étant celle à laquelle appartient le plus grand nombre de miliciens djihadistes.

 

La réponse qu’a obtenue Luc Mathieu a eu le mérite de me faire éclater de rire tant elle est grotesque : " Cela n’a rien d’étonnant", assure Issam Younis, directeur général du centre Al-Mezan (la balance), "les jeunes hommes se déplacent plus que les vieux, les femmes ou les enfants. Ce sont eux qui vont chercher l’eau et le pain et amènent les blessés à l’hôpital. Ils sont les plus exposés".

 

NO COMMENT. Ou comment à Libé on se fout royalement de l’intelligence de ses lecteurs. A la Ména, où ça n’est pas le cas, on publie la dernière évaluation en date établie par Sami El Soudi ; celui-ci estime à environ 2 350 le nombre de Gazaouis morts ou de définitivement portés disparus lors de Rocher Inébranlable, dont un peu moins des deux tiers étaient des terroristes au service des milices islamistes palestiniennes de Gaza. Un peu plus de 350 victimes ne sont répertoriées sur aucune liste car elles ont été enterrées par le Hamas dans des cimetières improvisés afin de réduire le nombre connu de ses pertes.

 

D’autre part, El Soudi affirme que 8 200 miliciens ont été blessés lors du conflit, dont 3 000 sont encore dans un état sérieux. Près de 2 500 civils ont également été blessés. Il précise que ces chiffres sont en parfaite adéquation avec les noms et les âges fournis par les hôpitaux contrôlés par le Mouvement de la Résistance Islamique et ajoute que ces listes sont incomplètes.   

 

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Israël a une frontière commune avec al Qaeda (info # 013008/14) Version imprimable
Analyse
samedi, 30 août 2014

 

Par Stéphane Juffa

 

Nous passons pas mal de temps, ces derniers jours, à la frontière israélo-syrienne dans le Golan. Avec notre Land bien équipée, enfoncés sous des casques et des gilets pare-balles, et connaissant parfaitement les lieux et les chemins de traverse, il nous est possible de nous rapprocher à 400 mètres des combats qui opposent les soldats d’Assad à la rébellion armée.

 

Etrange impression en vérité, que celle de pouvoir passer, en moins d’une demi-heure, d’un monde absolument paisible à l’un des fronts les plus féroces de ceux en activité sur la planète. Plus étrange encore, lorsque nous traversons les villes druzes-israéliennes de Massadé, à 1.5km des affrontements ou de Boukata, qui jouxte les combats, de voir les gens au travail et les enfants qui jouent dans la rue, sur un fond d’explosions parfois énormes et de gerbes de feu qui peuvent illuminer la nuit.

 

Nous avons, ces jours, deux points de vue de prédilection : celui que nous avons surnommé Alamo, et qui constitue la position israélienne la plus avancée en direction de l’Est, à un jet de pierre du village syrien d’El Hmidaiah, dépassant vers Damas de près d’un kilomètre la ville-fantôme de Kuneitra déjà aux mains des islamistes d’al Nosra ; et l’autre, 6km plus au Nord, dans un poste désaffecté par Tsahal, bien au-devant des plus intrépides de nos confrères, tout près de l’hôpital de campagne israélien dont nous avions dévoilé l’existence, quand tout le monde, y compris les autorités israéliennes, affirmait qu’il n’existait pas.

 

Même contraste en y accédant ; on passe au pied d’une petite montagne, et sur la route, entouré de limousines citadines, un vaste restaurant druze toujours très animé, plein de joyeux dîneurs qui semblent se sentir autant en sécurité que dans un bistro de Chamonix ou de Montana-Crans.

 

Pourtant, on s’étripe un demi-kilomètre plus loin et les convives le savent très bien, même si un fragile pan de montagne leur dissimule le carnage et qu’ils ne sont pas plus que nous à l’abri d’un obus perdu.

 

On avance un peu et là, on voit absolument tout. Cela tient pour moitié du cinéma en plein air et pour l’autre, d’un jeu électronique. A nous de nous pincer le plus souvent possible afin de nous rappeler qu’il ne s’agit pas d’un spectacle et qu’il nous faut redoubler de prudence si nous ne voulons pas en faire partie.

 

Tout y est. Toutes les quelques heures, des alentours de Jubata al Khashab jusqu’à Kuneitra, les villes et la campagne se couvrent des champignons provoqués par les obus d’artillerie. S’ensuivent les balles traçantes, rouges, qui ressemblent aux lumières d’un feu d’artifice, et qui viennent heurter, par grappes de trois, de sept ou de quinze, un objectif dont nous ignorons ce qu’il renferme.

 

Dernier épisode sanglant, ce samedi matin, lorsque des miliciens de Jabkhat al Nosra (le front al Nosra), la branche d’al Qaeda impliquée dans la Guerre Civile Syrienne, a encerclé plusieurs positions des soldats philippins de l’ONU dans la zone de désengagement de 1974, qu’ils ont pour tâche de surveiller.

 

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La ligne orange de gauche [Alpha] est la frontière entre Israël et la Syrie

La ligne orange de droite est la ligne Beta

Entre les deux lignes s’étend un territoire syrien (en principe) démilitarisé,

soumis au contrôle des troupes de l’ONU basées dans le Golan

 

Service cartographique de la Ména © Metula News Agency

 

Sommés de se rendre par les djihadistes – certaines bases, comme Rwihana, se trouvent à moins de 2km d’Israël – les Philippins, pour ne pas être pris en otages comme 44 de leurs camarades fidjiens, se dégagent en combattant, tentant de rejoindre Israël avec l’aide de leurs camarades irlandais et de Tsahal. Une quarantaine environ, sous nos yeux, en courant et pris de panique, ont traversé le point de passage de Kuneitra et sont parvenus en Terre Promise.

 

Aux dernières nouvelles, une trentaine d’autres seraient parvenus à les imiter. L