Nouveau raid israélien en Syrie (011607/18) Version imprimable
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dimanche, 15 juillet 2018

 

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02h50 à Métula lundi, 01h50 à Paris

 

L’agence gouvernementale syrienne SANA a annoncé que l’ "ennemi sioniste" avait attaqué cette nuit la base aérienne de Nayreb, située à l’est de la ville d’Alep, dans le nord de la Syrie. Cet objectif se trouve à 305km au nord-est de Damas, et à 360km de Métula (frontière israélienne), dans la même direction.

 

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Situation générale

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

L’aéroport de Nayreb, déjà pris pour cible cette année, vraisemblablement par l’Aviation israélienne, est utilisé conjointement par le corps expéditionnaire iranien et par l’Armée gouvernementale syrienne.

 

Il semble que Nayreb soit l’un des aéroports qui accueillent les transports aériens d’armes en provenance d’Iran.

 

Selon des témoignages recueillis par Michaël Béhé à Beyrouth, le raid de cette nuit aurait visé des entrepôts contenant des armes et des munitions de cette origine.

 

Les témoins font état d’ "au moins dix missiles" qu’ils auraient vus frapper leurs objectifs, ce qui ferait de cette opération une intervention majeure, impliquant au moins cinq avions de bombardement.

 

Les témoignages parvenus à Michaël Béhé font tous référence à d’énormes explosions et des doubles explosions, ce qui indique qu’il y a d’abord eu la détonation engendrée par les charges des missiles, rapidement suivie par la déflagration des munitions stockées dans les entrepôts.

 

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Vue satellitaire détaillée de la base de Nayreb

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

On ignore si l’opération de cette nuit a provoqué des pertes humaines parmi les personnels de la base. Selon SANA, ce raid n’aurait pas fait de victimes, mais SANA n’est pas fiable.

 

Ce raid suit d’exactement une semaine celui mené contre la base T4, à proximité de Palmyre. La factualité des deux raids ne fait aucun doute, le gouvernement syrien n’ayant aucun intérêt à faire état de ces attaques dans lesquelles il ne tient pas le beau rôle.

 

D’autre part, dans chacun des deux cas, une multitude d’annonces de media locaux et régionaux et de témoignages provenant d’origines diverses ont pu être recueillis.

 

Si leur auteur est effectivement Israël, cela indique que Jérusalem compte faire le plus large usage de la décision russe de ne pas interférer avec d’éventuelles sorties du Khe’l avir visant des cibles iraniennes en Syrie.

 

 
La seule solution face au Hamas est de le mettre hors d’état de nuire (info # 021507/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 15 juillet 2018

 

Par Guy Millière

 

Le Hamas est une organisation avec laquelle aucune forme d’accord de paix n’est possible. Sur ce plan, le Hamas ne se distingue pas de l’Autorité Palestinienne.  

 

Le Hamas incite la population de Gaza au meurtre et à la haine des Juifs de manière incessante, et pousse les enfants et les adolescents qu’elle a sous sa coupe à devenir des assassins. Sur ce plan non plus, le Hamas ne se distingue pas de l’Autorité Palestinienne, qui procède exactement de la même façon.

 

Là où le Hamas se distingue est le secteur des actions. Et on voit à l’œuvre en ce moment la différence qui sépare une organisation adepte du djihad rapide (le Hamas), et une organisation adepte du djihad lent, l’Autorité Palestinienne.

 

Le Hamas, on ne le sait que trop bien, a lancé la campagne des marches en direction de la frontière d’Israël au printemps dernier, et utilisé des femmes, des vieillards et des enfants comme boucliers humains aux fins d’obtenir des cadavres à montrer aux journalistes occidentaux.

 

Il n’a abandonné ses campagnes de marches que pour recourir aux cerfs-volants incendiaires, qui ont ravagé et ravagent des terres agricoles, des forêts et des maisons en Israël, et il a ajouté et ajoute aux cerfs-volants incendiaires des ballons envoyés en direction de villages israéliens dans l’espoir que des enfants s’en saisissent et soient blessés ou tués. Il procède à nouveau à des tirs de roquettes (deux cents environ depuis vendredi), et plusieurs membres d’une famille ont été blessés à Sdérot. Un officier israélien a également été blessé sur la frontière de Gaza par un jet de grenade offensive.

 

Nombre d’Israéliens, et je les comprends pleinement, se demandent pourquoi le gouvernement n’a quasiment rien fait jusqu’á présent. Une campagne militaire intensive s’imposerait, disent-ils. Elle n’a pas lieu.

 

La question qui se pose est effectivement : pourquoi ?

 

L’une des réponses apportées tient, cela se dit ici ou là en Israël, à ce que le gouvernement et l’état-major de l’Armée entendent que les forces de défense d’Israël restent mobilisées face au front Nord, aux activités de l’Iran et du Hezbollah en Syrie et aux actions que pourrait décider le régime d’Assad. C’est une explication possible. Une opération militaire détruisant les capacités de nuire du Hamas pourrait être en outre, continue l’explication, l’étincelle que l’Iran, le Hezbollah et le régime Assad attendent pour mettre le feu aux poudres.

 

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Frappe israélienne sur Gaza hier. Pas de difficultés militaires,

le problème est politique et tient aux choix de M. Netanyahu

 

J’ai du mal à me convaincre de la pertinence de cette explication. La mobilisation face au front Nord est importante et légitime. Je ne suis, par contre, pas certain que l’Iran, le Hezbollah et le régime Assad aient besoin d’une étincelle, et je ne suis pas du tout certain qu’ils entendent mettre le feu aux poudres. L’Iran est actuellement en grande difficulté, et le Hezbollah et le régime d’Assad dépendent de l’Iran. La Russie entend plutôt stabiliser le régime Assad que déstabiliser la région.

 

Une autre réponse, cela se dit aussi ici ou là en Israël, consiste à dire que, même si une opération militaire contre le Hamas ne mettait pas le feu aux poudres au Nord, elle pourrait entrainer un soulèvement palestinien plus large. Je ne parviens, là, pas du tout, à me convaincre de cette explication. Un soulèvement plus large devrait toucher les territoires occupés par l’Autorité Palestinienne, et celle-ci, au-delà de ses discours infects habituels, sait qu’elle est en position précaire dans le contexte des tractations régionales en cours. Elle ne fera rien pour rendre sa position plus délicate encore.

 

Il reste une troisième réponse, qu’on entend moins, mais qu’on devrait entendre. Les tractations régionales en cours visent précisément à établir une paix régionale dont le plan de paix préparé par l’administration Trump serait un composant majeur. Tout ce qui viendrait perturber ces tractations pourrait venir faire échouer le plan de paix, qui implique l’Arabie Saoudite, l’Egypte, et qui devrait impliquer la Jordanie (présentement réticente), placer l’Autorité Palestinienne devant le fait accompli, et marginaliser le Hamas. Dans le cadre de cette explication, le gouvernement israélien aurait les yeux rivés vers l’objectif et considérerait que celui-ci implique de ne pas répondre, sinon de manière limitée, aux provocations d’une organisation islamique qui veut jouer la perturbatrice pour sauver ses propres positions. Cette réponse me semble plus pertinente. Les tractations dont je parle ont lieu. Le plan de paix s’élabore. Atteindre une paix régionale peut sembler impossible, mais si l’impossible devenait possible, ce serait un accomplissement majeur.

 

L’Iran ne veut sans doute pas mettre le feu aux poudres, mais qu’il veuille perturber les tractations est, par contre, une certitude. L’une des conditions de la paix régionale est l’endiguement et l’asphyxie de l’Iran, qui n’entend pas se laisser endiguer et asphyxier sans réagir. Le Hamas fait ce qu’il fait parce qu’il est ce qu’il est, et parce qu’il est tout entier tourné vers la destruction et la haine, mais il fait aussi ce que l’Iran qui le finance lui demande de faire.


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Le Hamas rompt un cessez-le-feu à peine conclu (011507/18) Version imprimable
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dimanche, 15 juillet 2018

 

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08h30 à Métula dimanche, 07h30 à Paris

 

A minuit environ, dans la nuit de samedi à dimanche, le Hamas annonçait la conclusion d’un cessez-le-feu avec Israël. A 1h du matin, il lançait deux roquettes sur Israël, dont l’une a été interceptée par le Dôme de fer et l’autre n’a pas atteint une zone habitée.

 

C’est Fawzi Barhoum, un officiel de la milice terroriste islamique, qui avait annoncé qu’une médiation de l'Egypte avait permis de parvenir à un cessez-le-feu.

 

Côté israélien, on était plus prudent et on faisait savoir que l’on était d’accord sur le principe, et que si les miliciens respectaient le cessez-le-feu, on ferait de même.

 

Suite à la rupture quasi immédiate de l’accord par le Hamas, le Khe’l Avir a riposté, détruisant la plateforme de lancement depuis laquelle les roquettes venaient d’être tirées. [Voir la vidéo].

 

Ce dimanche matin, l’équation est claire : si Gaza cesse ses tirs, Tsahal cessera ses interventions, si de nouveaux tirs se produisent, l’Armée israélienne haussera le ton.

 

On note que le gouvernement israélien fait tout ce qu’il peut pour éviter un conflit majeur, mais qu’il est sujet à de très fortes pressions pour qu’il prenne les mesures nécessaires afin de garantir la protection des agglomérations israéliennes situées sur le pourtour de Gaza.

 

Naftali Bennett, le ministre de l'Education et de la Diaspora et membre du cabinet de Sécurité au sein de la coalition actuelle, fait également pression sur Binyamin Netanyahu en faveur d’une intervention militaire massive contre les milices islamiques.

 

A l’AFP, reprise par une majorité de media français, on annonçait la rupture unilatérale du cessez-le-feu par le Hamas et la riposte israélienne de la façon suivante : "Raid aérien israélien contre des cibles du Hamas". Il s’agit évidemment d’une fake news, doublée d’un épanchement de sentiments antisémites aigu.

 

 
Gaza : la situation (011407/18) Version imprimable
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samedi, 14 juillet 2018

 

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23h10 à Métula samedi, 22h10 à Paris

 

Depuis hier (vendredi), les miliciens islamistes de la Bande de Gaza ont tiré 190 roquettes et mortiers en direction d’Israël, dont une centaine depuis 15h ce samedi. Le Dôme de fer en a intercepté 39. Tous les projectiles palestiniens ont explosé entre 500 mètres et 10km de la barrière de sécurité. Tsahal a fait savoir que si des roquettes dépassaient cette distance, il élèverait le seuil de ses ripostes.

 

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Tir de roquettes depuis le centre de Gaza

Source : Armée de Défense d’Israël

 

Durant la même période, les sirènes d’alerte ont retenti 160 fois dans le pourtour de Gaza et jusqu’à Ashkelon. Deux projectiles sont tombés sur la ville de Sdérot, l’un aux abords d’une synagogue, l’autre dans le jardin d’une maison individuelle, au moment précis où Ilan Tsadik communiquait sur place son rapport à la rédaction de Métula. [Regarder la vidéo saisissante de l’une des explosions à Sdérot].

 

Il n’a pas été atteint, mais les quatre occupants de la maison individuelle ont été légèrement blessés. Ils ont été conduits au Centre Médical Barzilaï à Ashkelon pour y être soignés.

 

De son côté, le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, a mené quarante raids dans l’enclave palestinienne, visant deux tunnels d’attaque ainsi qu’un immeuble élevé du camp de réfugiés de Shati, qui servait de centre d’entraînement au Hamas. Le Quartier Général de la brigade Bet Lahia du Hamas a également été oblitéré, ainsi que divers entrepôts d’armes et de munitions, des ateliers de fabrication d’armes et des centres logistiques.

 

Deux Palestiniens ont été tués lors des frappes aériennes et quinze autres blessés.

 

D’autre part, deux émeutiers palestiniens ont été abattus par l’Armée alors qu’ils tentaient de franchir la barrière de sécurité. L’un des deux est décédé ce samedi à l’hôpital des suites de blessures subies la veille, l’autre, sur le coup, pendant qu’il escaladait le mur.

 

Le porte-parole de l’Armée a indiqué que la démolition des deux tunnels était intervenue en riposte aux blessures infligées à l’un de ses officiers par un émeutier ou un milicien, qui a lancé une grenade offensive au-delà de la clôture de sécurité dans le nord de la bande côtière.

 

Tsahal avait averti le Hamas la semaine dernière par l’intermédiaire de l’Egypte qu’il aurait recours à une réplique militaire sévère si les largages de cerfs-volants et de ballons incendiaires se poursuivaient.

 

Le Caire ainsi que d’autres capitales jouent actuellement les médiateurs entre Israël et le Hamas afin de tenter d’enrayer l’escalade.

 

Un porte-parole du Hamas a toutefois déclaré ce samedi que "l’escalade et l’intensification de l’agression israélienne ne parviendront pas à imposer un nouvel ordre du jour et à faire cesser la "Marche du Retour". Les "forces de la "Résistance" ne laisseront pas Israël poursuivre ses attaques contre le peuple palestinien", a poursuivi le représentant de la milice islamiste, "et nous serons prêts à y faire face".

 

Le Premier ministre Binyamin Netanyahu a déclaré pour sa part : "Nous allons augmenter notre riposte autant que nécessaire. Si le Hamas ne saisit pas le message aujourd’hui, il le saisira demain".

 

Le Lieutenant-colonel Jonathan Conricus, porte-parole de Tsahal, a déclaré ce samedi lors d’une téléconférence de presse : "Les raids de samedi constituent la plus importante opération diurne du Khe’l Avir dans la bande de Gaza depuis la guerre de 2014. Le Hamas a dépassé les bornes avec sa soi-disant "Marche du retour", qui consiste dans les faits en des actes de violence, des attaques contre la clôture de sécurité, des tirs de roquettes contre le territoire israélien et des lancements de ballons et cerfs-volants incendiaires".

 

A moins de graves développements nocturnes, le cabinet israélien discutera de la détérioration de la situation dans le Sud lors de sa réunion de demain [dimanche].

 

Quant à l’AFP, reprise telle quelle par la plupart des supports médiatiques francophones, elle a résumé les évènements autour de Gaza par le titre de sa dépêche suivant : "Raids israéliens sur Gaza, deux adolescents tués", et n’a nulle part mentionné le tir des 190 roquettes et mortiers sur le territoire israélien.  

 

On lit également dans le corps du câblogramme de l’agence de presse officielle du gouvernement français : "Depuis le 30 mars, la frontière entre la bande de Gaza et Israël est le théâtre de manifestations contre le strict blocus israélien et pour le "droit au retour" des Palestiniens chassés de leurs terres (…)".

 

Il ne s’agit pas d’une information mais d’une fake news, d’une ineptie et d’un acte de propagande en faveur d’une organisation terroriste islamique, classifiée comme telle par l’Union Européenne. En effet, Israël n’a pas la capacité matérielle d’imposer un blocus à la bande de Gaza, qu’il soit strict ou non. Israël ne contrôlant pas tous les territoires entourant la bande côtière, qui dispose d’une frontière de 14 kilomètres avec l’Egypte.

 

On n’est guère plus honnête du côté de Piotr Smolar et de son employeur Le Monde, où l’on affirme, noir sur blanc, que "côté gazaoui, plus d’une cinquantaine de tirs de roquettes et de mortiers ont été initiés". A 140 roquettes près, c’est parfaitement exact ! Délit d’initiés ?

 

 
Second drone syrien abattu : les explications (011307/18) Version imprimable
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vendredi, 13 juillet 2018

 

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20h15 à Métula vendredi, 19h15 à Paris

 

Avant-hier, Tsahal a abattu un drone d’observation en provenance de Syrie. L’action s’est déroulée pendant que Binyamin Netanyahu se trouvait dans l’avion en route pour Moscou afin d’y rencontrer Vladimir Poutine.

 

Les radars israéliens observaient l’évolution de l’avion sans pilote longtemps avant son interception ; en fait, il volait encore dans l’espace aérien syrien lorsque les radars l’ont repéré.

 

Afin de ne pas risquer d’empoissonner l’atmosphère des discussions importantes qui allaient se dérouler au Kremlin, l’Armée israélienne a décidé d’attendre d’être absolument certaine qu’il ne s’agissait pas d’un appareil russe avant de l’abattre.

 

Pour ce faire, elle a utilisé le téléphone rouge qui relie Tsahal au commandement du contingent du Tsarévitch à Lattaquié pour demander aux Russes de confirmer que le drone n’était pas à eux avant de lancer le Patriot.

 

La réponse fut négative et l’intrus fut intercepté. C’est toujours une victoire d’abattre un aéronef ennemi qui viole son espace aérien, d’autant plus que les engins de ce genre ont une petite surface, qu’ils sont entièrement en matériaux composites, ce qui laisse une minuscule signature sur l’écran radar et rend leur interception complexe.

 

Mais ce qu’on ne vous a pas dit est que cette décision de retarder l’envoi du missile d’interception a été chèrement payée. En fait, les spécialistes de la Ména n’hésitent pas à parler dans ce cas d’une victoire de Bashar al Assad et d’un échec pour les Israéliens.

 

La raison en est, qu’au moment où le drone a été détruit, il avait déjà rempli sa mission. La mission d’un drone d’observation consistant à photographier le dispositif militaire de l’ennemi et à envoyer en temps réel les images à son propriétaire.

 

En laissant l’engin survoler nos lignes dans le Golan pendant de longues minutes, il a eu amplement le temps de remplir sa tâche.

 

Pour comprendre l’importance de ce commentaire, il est nécessaire de savoir que dans le sud du plateau du Golan syrien, à l’ouest de Deraa, l’Armée d’Assad a progressé face aux rebelles jusqu’à environ 18km de la frontière israélienne établie sur la ligne de désengagement Alpha [cartes].

 

Or actuellement, l’objectif du dictateur de Damas est de savoir jusqu’où il pourra s’approcher impunément de ladite ligne.

 

En principe, et selon l’accord de désengagement signé entre les parties à Genève en 1974 – juste après la Guerre de Kippour – les forces syriennes ont l’interdiction de franchir la ligne Bravo et de mener quelque action militaire que ce soit dans la zone démilitarisée, ou au-dessus d’icelle.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Les lignes de désengagement Alpha et Bravo

 

Depuis quelques jours, y compris lors des pourparlers de Moscou, les responsables de l’Etat hébreu concentrent leurs interventions et leur menaces sur cette interdiction, en se référant à l’accord de 1974. Mercredi, le porte-parole de Tsahal a émis un communiqué à ce propos libellé de la manière suivante : "(…) Tsahal continuera à agir face aux tentatives de contrevenir aux accords de séparation des forces de 1974, il ne permettra pas que la souveraineté israélienne soit violée et agira contre toute tentative visant à porter atteinte à ses citoyens".

 

Pour indiquer leur mécontentement, les Israéliens ont frappé trois objectifs dans la ville de Khan Arnabeh [carte], située dans un méandre de la ligne Bravo, mais à quelques mètres de celle-ci. Les cibles visées, comme le montre la vidéo ci-après diffusée par le porte-parole de l’Armée de Défense d’Israël, ont été détruites. Elles faisaient partie du dispositif principal d’une unité de commandos dont nous avons souvent parlé dans ces colonnes, composée uniquement de miliciens du Hezbollah, de Gardiens de la Révolution iranienne, ainsi que d’un certain nombre de Druzes de la ville de Hader, favorables au régime de Damas. [Regarder la vidéo].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Il s’agit, de la part de Jérusalem, d’un avertissement approprié, au moment où le gouvernement hébreu discute avec les Russes d’un accord aux termes duquel Israël est censée accepter le redéploiement de l’Armé d’Assad et la reconnaissance de son régime, en échange du retrait des militaires iraniens et de leurs supplétifs du Hezbollah libanais du territoire syrien. L’entente en train d’être finalisée entre Jérusalem et Moscou prévoit également que l’accord de désengagement de 1974 sera respecté.

 

Ce vendredi, un second drone syrien a été intercepté par un Patriot, mais il l’a été, sans états d’âme, alors qu’il venait juste de franchir la ligne Bravo. Il n’a donc pas été en mesure de compléter la reconnaissance réalisée par le premier appareil mercredi dernier.

 

D’autre part, on a également entendu il y a quelques instants des chasseurs-bombardiers du Khe’l Avir traverser le ciel du Doigt de la Galilée, et il ne fait peu de doutes qu’Israël va punir à nouveau cette tentative d’incursion en oblitérant des positions qui la dérangent à proximité de sa frontière.

 

Ces deux sacrifices concédés par le dictateur damascène démontrent son intérêt à obtenir des renseignements relativement à la quantité de chars et de pièces d’artillerie de Tsahal déployés derrière la ligne Alpha. Ces indications précieuses sont censées lui permettre de régler la marge de manœuvre de son armé en direction de l’Ouest.

 

Si les forces de Tsahal sont importantes et en ordre de combat, il restera à distance respectable de la zone démilitarisée. Si elles ne le sont pas, Assad pourrait se hasarder dans son voisinage immédiat, et peut-être prendre le risque de la franchir en quelques points qui revêtent pour lui un intérêt stratégique majeur.

 

Dans cette éventualité, il serait tenté de s’attaquer à des positions du Front du Sud situées dans la zone de désengagement, en recourant à l’artillerie ou à des missiles. Cela dépend grandement, à son avis, du positionnement de l’Armée israélienne et de sa disponibilité à livrer combat.

 

En connaissant précisément les positions occupées par Tsahal sur le front, leur composition, il obtiendrait la capacité de régler son artillerie sur elles lors d’un éventuel échange de tirs, et pourquoi pas, à l’occasion d’une opération surprise limitée, ayant pour objectif d’anéantir les positions rebelles aux portes d’Israël.

 

Il est évident que ces éventualités participent, pour le despote alaouite, d’un pari très risqué, qui pourrait faire l’objet d’une riposte dévastatrice de Tsahal. Mais, dans la mentalité alaouite, les succès militaires qu’il vient d’enregistrer face au Front du Sud à Deraa, de même que la disponibilité sur place d’un important matériel de guerre et de nombreux soldats, y compris des Iraniens et des Libanais déguisés en militaires syriens de la IVème Armée, pourraient l’enhardir au point de lui faire perdre le sens des rapports de forces.

 

D’un autre point de vue, le fait de connaître les détails du dispositif israélien face à lui ne peut qu’augmenter le nombre des paramètres de décision à sa disposition avant de progresser vers l’Ouest. Et les informations de ce genre constituent toujours un atout appréciable au moment de prendre des décisions tactiques.

 

Or mercredi, lors d’un calcul discutable quant à son éventuel impact sur les discussions avec Poutine, Tsahal a sciemment laissé le premier drone pénétrer de 10 à 15km dans notre espace aérien et multiplier ses prises de vues.

 

Nous ne sommes pas allés faire des constatations hier et aujourd’hui dans le Golan, et si nous l’avions fait, nous n’en parlerions évidemment pas ; mais nous sommes convaincus, à Métula, que, suite au survol du premier appareil sans pilote mercredi, Tsahal a été obligé de modifier ses positions face à l’Armée syrienne. De tels mouvement impliquent passablement de désagréments, du travail supplémentaire pour les soldats, et font dépenser de l’argent. Assurément plus d’argent que ce que coûtent deux drones primitifs en fibre de verre.

 

 
Un drone en provenance de Syrie abattu par un missile sur le lac de Tibériade (011107/18) Version imprimable
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mercredi, 11 juillet 2018

 

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18h05 à Métula mercredi, 17h05 à Paris

 

Juste avant 16h, heure locale, les sirènes d’alerte ont retenti dans les localités figurant en rouge sur la carte.

 

Un drone en provenance de Syrie avait franchi la frontière et parcouru une dizaine de kilomètres en territoire israélien avant d’être abattu par un missile Patriot de fabrication américaine [voir la vidéo de l’interception].

 

Des débris du drone ont été retrouvés dans le kibboutz Haon [carte].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

La Police a prié les plaisanciers voguant sur le lac de Tibériade de rejoindre le rivage à cause d' "opérations de sécurité" se déroulant sur le plan d’eau. Les bateaux et les hélicoptères des forces de sécurité patrouillent sur le lac à la recherche d’autres débris et d’éventuels objets dangereux.

 

Là où les sirènes avaient retenti, les habitants ont pu reprendre le cours de leurs activités normales quelques minutes après l’interception du drone.

 

On ne signale pour le moment ni dégâts ni victimes.

 

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La traînée du Patriot par-dessus des maisons du nord d’Israël

 

Nous rappelons à nos lecteurs qu’il y a deux semaines de cela, nous avions rapporté qu’un drone avait déjà été visé au-dessus du territoire syrien. Il n’avait pas été atteint mais avait rebroussé chemin.

 

A la Ména, nous avions soupçonné qu’il s’agissait d’un drone russe, manqué intentionnellement par le Patriot, qui tentait d’observer les concentrations de forces israéliennes face aux troupes russes et à celles de l’Armée gouvernementale syrienne, qui combattent le Front du Sud dans la région limitrophe de Deraa.

 

Hier mardi, le ministre de la Défense Avigdor Lieberman, en visite sur le Golan, avait déclaré qu’Israël ne tolérerait pas la présence ne serait-ce que d’un seul soldat syrien dans la zone tampon de la frontière israélo-syrienne, et qu’elle tiendra le régime d’Assad responsable pour la découverte de toute infrastructure terroriste dans la partie syrienne des hauteurs du Golan.

 

La zone tampon à laquelle M. Lieberman a fait allusion est celle figurant sur la carte entre la ligne alpha (bleu roi) et la ligne bravo (orange). Elle est large de 500m à 10km et est censée être démilitarisée selon les provisions de l’Accord de Désengagement signé par Israël et la Syrie à Genève en 1974.

 

Nous rappelons également que selon des sources étrangères concordantes, le Khe’l Avir [l’Aviation israélienne] aurait frappé dimanche l’aéroport syrien T4, à 60km de Palmyre, sur lequel est déployé une partie du corps expéditionnaire de la République Islamique d’Iran. D’après des témoins oculaires, les raids de dimanche auraient fait de nombreux morts et blessés dans les rangs des Gardiens de la Révolution khomeyniste, de la milice libanaise chiite du Hezbollah et de l’Armée gouvernementale syrienne.

 

Le Premier ministre Binyamin Netanyahu se trouve à Moscou où il rencontre aujourd’hui M. Vladimir Poutine. Les discussions sont centrées sur la situation militaire dans le Golan et l’exigence israélienne de voir le contingent iranien quitter la Syrie sans délai.

 

 
Nouveau raid israélien contre les Iraniens à T4 dans le désert syrien (010907/18) Version imprimable
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dimanche, 08 juillet 2018

 

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1h15 à Métula lundi, 0h15 à Paris

 

L’agence de presse officielle syrienne SANA a annoncé dimanche soir que l’aéroport T4, situé en plein désert à 60km à l’ouest de Palmyre, a été la cible d’un raid aérien israélien [carte].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Les media et les sources gouvernementales syriens ont proposé plusieurs versions contradictoires de cette opération, affirmant, entre autres, que la défense antiaérienne avait touché un appareil du Khe’l Avir, abattu des missiles et avait forcé les avions israéliens à rebrousser chemin.

 

Il n’empêche que, selon des témoins oculaires, environ huit missiles ont explosé sur l’aéroport et dans ses environs immédiats.

 

Un responsable municipal de la bourgade-oasis de Tiyas, à 5km au nord-est de la base militaire, a confié à Michaël Béhé que "les dégâts aux infrastructures sont très importants", et "que des dizaines de personnels, principalement iraniens, mais également du Hezbollah, ainsi que des soldats du régime avaient été tués ou blessés durant l’attaque". "Le ballet des ambulances et des hélicoptères est incessant", a affirmé la même source, décrivant l’opération d’aujourd’hui "plus massive que celle du 9 avril dernier".

 

A cette date, un raid précédent, également attribué aux Israéliens, avait déjà visé T4. Il avait provoqué la mort de 14 combattants selon Téhéran, dont 7 Iraniens ; des dizaines de militaires de la République Islamique d’Iran avaient alors été tués selon les rapports de la Ména à l’époque, dont des officiers supérieurs.

 

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Le détail des installations de T4

Dans le cercle rouge : la section iranienne, détruite lors des raids précédents. A la Ména, nous pensons que les Iraniens s’étaient déplacés sur la base et qu’ils avaient étendu leurs activités

 

Le 10 février, les chasseurs-bombardiers à l’étoile de David avaient oblitéré les bâtiments qui abritaient des drones iraniens après que l’un de ceux-ci, bourré d’explosifs, eut été abattu au-dessus de la ville de Bet Shéan. Ce jour-là, Israël avait perdu un F-16 et avait procédé à l’attaque d’un grand nombre d’objectifs en Syrie.

 

C’est à nouveau les positions iraniennes de T4 qui ont été visées ce dimanche. Jérusalem a sans doute été prévenue de l’imminence d’une agression à partir de cet aéroport, qui prévoyait probablement l’utilisation de missiles terre-terre ou à nouveau de drones.

 

On parle souvent de tentatives de vengeance de la part de la théocratie iranienne, suite aux nombreuses pertes lors des attaques attribuées à Israël ces derniers mois, ainsi qu’à la subtilisation des archives nucléaires par le Mossad en plein cœur de Téhéran.

 

De l’avis des experts stratégiques de notre agence, ces tentatives de répliques à répétition répondent à une nécessité impérieuse d’une autre nature pour le régime des ayatollahs. En effet, une grande partie de la population iranienne considère que la dictature khomeyniste a non seulement été ridiculisée par Israël, dont elle annonce l’anéantissement imminent deux fois par semaine mais, de plus, qu’elle est incapable de répondre militairement à l’Etat hébreu de quelque manière que ce soit.

 

Alors que la contestation anti-régime ne cesse d’enfler en Perse, que le rial a perdu la moitié de sa valeur, que les pénuries se généralisent, que l’alimentation des villes en eau potable et en électricité n’est plus correctement assurée, l’exemplarité d’Israël dans son opposition à la théocratie chiite gagne de l’ampleur parmi la population.

 

Pour la plupart des opposants aux ayatollahs, les Hébreux font ce qu’ils veulent partout en Iran, et notre renseignement est au courant de tout ce que trame le régime. Ce sentiment est tel qu’une partie de la population est persuadée que nous allons l’aider à renverser le régime totalitaire qui l’oppresse et lui apporter la liberté.

 

Il importe pour le régime, dans ces conditions, de montrer aux Iraniens quasiment à n’importe quel prix qu’il est également capable de frapper Israël, ne serait-ce qu’afin de récupérer un peu de son prestige étiolé.

 

Reste que, pour le moment, et en dépit des consignes de discrétion extrêmes décrétées par le régime, Israël est chaque fois informée à temps et avec précision de ses intentions militaires, et qu’elle a la capacité de les faire échouer.

 

Il est également évident que les tentatives successives sont chaque fois plus difficiles à mettre en place, que ce soit à cause du coût du remplacement du matériel, de la mort des meilleurs spécialistes dans la gestion des armes et systèmes concernés, de la difficulté croissante d’acheminer des armes de remplacement en Syrie, de la démoralisation des militaires, qui craignent naturellement de subir le même sort que leurs prédécesseurs, et de la grogne de la rue, qui ne comprend pas la nécessité de ces sacrifices et de ces dépenses en Syrie, alors qu’elle se débat avec les pénuries, avant même l’instauration des nouvelles sanctions américaines.

 

A cela, il faut bien sûr ajouter un phénomène de suspicion généralisée qui doit régner au sein des décideurs politiques, mais aussi des cadres de l’Armée et des forces d’élite, où tout le monde se demande qui sont ceux qui renseignent les Israéliens.

 

 
Banalité de la haine anti-israélienne (info # 010807/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 08 juillet 2018

 

Par Guy Millière

 

Voici quelques jours, un général de l’armée islamique iranienne a accusé Israël de “voler les nuages” aux fins de provoquer en Iran sécheresse et pénurie d’eau. Ce genre d’ineptie grotesque montrant l’arriération mentale et la dimension paranoïaque de celui qui la profère ne devrait être relevé dans les journaux européens que sur un mode ironique. Malheureusement, la dictature du politiquement correct est passée par là, et ironiser sur un dignitaire d’un pays non occidental, musulman de surcroit, est devenu impensable. Les journaux européens se sont donc fait un devoir de prendre l’ineptie au sérieux, de la colporter, et de noter seulement que les services météorologiques l’avaient démentie.

 

Une rumeur anti-israélienne, inepte et grotesque, s’est ainsi retrouvée un peu partout, et si la plupart des gens ne l’ont pas prise au sérieux, il existe en Europe suffisamment d’arriérés mentaux paranoïaques pour se dire qu’il y a du vrai dans ce que le général de l’armée islamique iranienne a déclaré.

 

Si je le pense, c’est parce que des rumeurs anti-israéliennes tout aussi ineptes et grotesques n’ont cessé d’être proférées depuis des années, se mêlant à des allégations monstrueuses et abjectes, qui ont contribué à la diabolisation d’Israël, désormais très ancrée dans les esprits de millions d’Européens.

 

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Deux agents du Mossad en train de préparer le vol des nuages iraniens

(René Magritte)

 

Qui n’a entendu dire qu’Israël “volait l’eau“ des Palestiniens ou empoissonnait leurs puits, les condamnant ainsi à la pénurie ? Ou qu’Israël a pris les terres de milliers de légitimes propriétaires arabes ? Qui n’a entendu clamer qu’Israël a rasé des villages arabes par centaines, chassé perfidement tous ceux qui y vivaient et qui errent depuis dans des camps de réfugiés ? Que l’Etat hébreu a sommairement éliminé des enfants arabes, voire pratiqué un génocide ?

 

La notion de Nakba, décrite comme un crime contre le “peuple palestinien” et comme l’équivalent d’une Shoah perpétrée cette fois par les Juifs, en vient peu à peu à se trouver acceptée dans les débats publics. Tout comme l’idée que les Juifs étaient bien traités dans le monde musulman jusqu’au moment où ils ont trahi les musulmans en se plaçant du côté des colonisateurs occidentaux, puis en créant Israël.

 

Une banalisation de la haine se trouve désormais installée, faisant d’Israël le pays qu’il faut haïr ou mépriser et accuser de tous les maux (ou, pour le moins, regarder avec mépris) en Europe occidentale aujourd’hui. Cette banalité de la haine vient occulter la réalité de l’histoire du Proche-Orient, qui se trouve remplacée dorénavant jusque dans les manuels scolaires par la plus vile propagande. Occultée aussi la réalité de régimes abjects et criminels tels que, précisément, le régime iranien, que sert le général susdit.

 

Elle alimente un antisémitisme qui n’a pas besoin de grand-chose pour renaître sous de nouveaux oripeaux, sur un continent où l’antisémitisme existe depuis deux mille ans. Le fait que les nouvelles guenilles de l’antisémitisme soient celles de l’islam, religion de peuples définis a priori par la pseudo-bienpensance comme “opprimés”, et de gens de gauche et d’extrême gauche, qu’elle définit comme refusant de servir une oppression (alors que l’essentiel des régimes totalitaires du passé sont venus de la gauche et de l’extrême gauche), implique que l’antisémitisme renaissant n’est que très peu dénoncé, ou alors dans des termes flous et très édulcorés.

 

Israël est au cœur de la cible. Les Juifs aussi sont très près de celui-ci. Mais la cible, que nul ne s’y trompe, est bien plus large, elle est la civilisation occidentale elle-même (et j’y reviendrai).


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Syrie : les Russes utilisent les méthodes de la Waffen SS (010507/18) Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 05 juillet 2018

 

© Metula News Agency

 

Hier soir, les chefs du Front du Sud ont rejeté l’ultimatum de la Russie les appelant à se rendre sans conditions.

 

Immédiatement après la communication de ce refus, les bombardiers de Vladimir Poutine ont déclenché un pilonnage aérien type Guernica mais à la puissance 10. Ce genre d’attaque consiste à décharger des dizaines de tonnes de bombes sur les agglomérations d’un secteur, sans se soucier d’atteindre des cibles prédéterminées et sans faire le moindre effort afin d’épargner les civils.

 

Il ne s’agit pas d’un génocide, puisque l’objectif ne consiste pas à éliminer un peuple ou une nation, mais d’un massacre prémédité, ou assassinat collectif, générant un véritable carnage humain.

 

Cela n’a strictement rien à voir avec les incidents qui ont émaillé les récentes tentatives de franchissement de la frontière israélienne par la milice terroriste islamique du Hamas, protégée par des centaines de civils payés pour entourer les miliciens. L’unique point commun entre les deux situations procède de ce qu’à la fois la population gazaouie et celle du Golan syrien sont composées d’Arabes sunnites.

 

Pour qu’il y ait similitude, il faudrait que l’Aviation israélienne et son artillerie s’emploient à écraser la bande de Gaza sous ses bombes en faisant le plus de victimes possible. En l’état, comparer ce que font les Russes et les Alaouites dans le sud-ouest de la Syrie aux choix tactiques de Tsahal participe d’une insulte à l’héritage humain et à la somme de ses connaissances.

 

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Beaucoup d’hommes sont restés pour se battre

 

Dans le cas du Golan syrien, on compte des milliers de morts et de blessés depuis hier soir, et on n’a pas observé un instant de répit durant cette journée de jeudi. Les Russes agissent comme les SS à Rotterdam ou à Varsovie durant la Seconde Guerre Mondiale, essayant d’obtenir la reddition de leur ennemi en détruisant les villes et en exterminant la population.

 

Et puisqu’il faut bien qu’un media au moins fasse effectivement et comme à Afrin le travail d’information, notre reporter Yoshua Ohana, qui a passé la nuit et la matinée dans le Golan, a recueilli les nouvelles suivantes. Nous les publions afin de donner un échantillon représentatif des évènements en cours :

 

Uniquement durant la nuit de mercredi à jeudi, à partir du moment où le Front du Sud a refusé de se rendre, et seulement à l’hôpital régional du Doigt de la Galilée Rivka Ziv à Tzfat (Safed), l’Armée de Défense d’Israël a amené quatre blessés civils syriens, dont une fillette.

 

Un homme d’une trentaine d’années souffre de blessures aux membres, à la poitrine et de nature interne après avoir essuyé des tirs. Son état est jugé "modéré", il est conscient et il a subi plusieurs opérations chirurgicales depuis son arrivée.

 

Un homme de 23 ans a été admis avec des blessures aux membres et à l’abdomen résultant de l’explosion d’un obus de mortier. Il est traité dans un état "modéré à grave" dans le département de chirurgie.

 

La fillette, âgée de 3 ans, souffre d’épuisement, de douleurs multiples et d’anémie sévère. Elle passe des examens approfondis. Elle sera accueillie au département infantile et est accompagnée de sa mère.

 

Une femme enceinte de 30 ans, dans la 37ème semaine de sa grossesse et portant des jumeaux, est soumise à des examens au département d’obstétrique.

 

Jusqu’à l’aube, ce sont 9 patients syriens qui ont été accueillis et traités à l’hôpital Rivka Ziv. Des centaines d’autres arrivent dans tous les centres médicaux israéliens depuis le lever du soleil. Yoshua Ohana, qui voit passer nombre d’ambulances et d’hélicoptères médicalisés sous ses yeux, estime leur nombre entre 450 et 600 depuis hier à 23 heures, et le flot des blessés syriens ne fait qu’augmenter.

 

Depuis le début de la Guerre Civile Syrienne, les hôpitaux hébreux ont soigné près de 5 000 Syriens, une quantité d’entre eux admis dans un état désespéré.

 

 
Syrie : malheur aux faibles ! (010407/18) Version imprimable
Analyse
mercredi, 04 juillet 2018

 

Par Jean Tsadik

 

Alors que l’offensive commune des forces russes et gouvernementales syriennes se poursuit dans la région de Deraa [carte], où la rébellion contre la dictature des al Assad avait commencé, il apparaît de plus en plus clairement qu’un deal a été passé entre Moscou et Jérusalem au sujet de l’avenir de la Syrie.

 

Sur le terrain, d’abord, la Russie est partie prenante des attaques aériennes et terrestres contre ce bastion rebelle aux mains du Front du Sud, à la croisée des frontières jordanienne et israélienne. Jamais jusqu’à présent, à l’exception des combats qui se sont déroulés aux abords de l’Euphrate, à l’est de Deïr ez-Zor, la participation active du contingent de Poutine n’avait été aussi importante de toute la Guerre Civile Syrienne.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : carte de Wikipedia

En vert, les positions tenues par le Front du Sud

En rouge, celles des forces gouvernementales

 

A cela, deux raisons : premièrement, soutenir le régime du protégé du Kremlin, Bashar al Assad, tout en s’assurant que les Iraniens et le Hezbollah ne prennent pas part à l’offensive ; et, deuxièmement, protéger l’Armée du régime d’une éventuelle intervention israélienne, alors que les affrontements s’approchent de la frontière de l’Etat hébreu, et que le risque de perte de contrôle est extrêmement présent. Il est notoire que Jérusalem ne prendra pas le risque d’une confrontation directe avec l’Armée russe, ou, à tout le moins, fera tout ce qui est en son pouvoir pour l’éviter.

 

Les hommes du Tzarévitch s’assurent quant à eux que les troupes du tyran-oculiste ne franchissent pas les limites de la "zone de désengagement" sur le Golan, ni n’effectuent de bombardements dans celle-ci, à proximité immédiate des positions de Tsahal.

 

La "zone de désengagement" en question est représentée sur la carte par les "lignes de séparation" Alpha et Bravo, définies par "L’Accord de séparation des forces" entre Israël et la Syrie, signé à Genève le 31 mai 1974 entre les représentants des deux pays, soit sept mois après le cessez-le-feu qui ponctua la Guerre de Kippour.

 

Il définit de facto la ligne Alpha comme la frontière israélienne avec la Syrie, avec interdiction faite à Tsahal de la franchir, et la ligne Bravo, que l’Armée de la dictature alaouite de Damas n’a pas non plus le droit de traverser. La portion de territoire située entre les deux lignes étant censée constituer une zone démilitarisée, dans laquelle l’UNDOF, la Force d’Observation du Désengagement des Nations Unies, spécialement créée à cet effet, devait faire la police. Ce qu’elle fit jusqu’en mars 2013, avant que des soldats de l’ONU ne soient kidnappés et détenus par des rebelles islamistes armés, préalablement à leur libération suite à une double intervention israélienne et jordanienne.

 

Depuis, l’UNDOF n’est plus présente dans la zone démilitarisée et se contente de scruter les évènements à partir du territoire israélien.

 

La largeur de la "zone de désengagement" varie de 500m, dans le sud du Golan, à proximité du point de rencontre des trois frontières, à 10km, dans la région de la ville abandonnée de Quneitra [carte]. Des milliers de réfugiés syriens, fuyant les combats, s’y sont installés depuis le début de la Guerre Civile il y a sept ans, de même que des groupes armés, profitant de l’interdiction faite aux forces d’Assad de franchir la ligne Bravo.

 

L’exode s’est fortement accentué ces dernières semaines depuis le lancement de l’offensive russo-alaouite, le 19 juin dernier, qui a chassé environ 270 000 [source : ONU] civils de leurs demeures. La plupart a trouvé un refuge précaire le long de la frontière jordanienne, dans des segments encore tenus par le Front du Sud, alors que plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont agglutinées le long de la barrière frontalière construite sur la ligne Alpha.

 

Les nouveaux arrivants se logent dans des villages de tentes fournies principalement par l’Armée et des ONG israéliennes, qui leur remettent également des vivres, des vêtements, du fioul et des médicaments. Ces derniers jours, on a aussi remarqué des fournitures provenant de pays arabes et confiés aux Israéliens pour être remis aux réfugiés.

 

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Le village de tentes de Rafeed, en passe de devenir une ville

 

Malgré la mobilisation en leur faveur, ces derniers, et chaque heure il arrive de nouveaux déracinés, manquent encore de nourriture et de matériel de subsistance. Certains dorment à la belle étoile, alors que les autres se pressent à cinq familles par tente. Nous avons également compté un grand nombre d’enfants seuls, ayant suivi instinctivement le flot des déplacés, le regard encore effrayé par les bombardements qu’ils ont subis. Les blessés et les malades sont immédiatement emmenés par l’Armée israélienne dans les hôpitaux du centre du pays où plusieurs centaines d’entre eux reçoivent des soins.

 

Les récits que nous font les personnes déplacées mentionnent des bombardements aériens et d’artillerie sans discernement sur les quartiers et les villages de la région de Deraa, certains étant oblitérés jusqu’aux fondations, sans qu’aucun gouvernement n’élève la moindre protestation.

 

Pendant que le Mondial de football se déroule en Russie, ce pays massacre par centaines des civils syriens qui ne lui ont strictement rien fait et qui ne l’ont jamais menacé, dans la plus parfaite impunité et surtout, dans un silence médiatique complice. Depuis leur arrivée en Syrie, les militaires russes sont responsables de la mort de dizaines de milliers d’êtres humains non-combattants, principalement des suites de bombardements aériens. Il ne fait aucun doute que les actes du corps expéditionnaire de Vladimir Poutine sont constitutifs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, mais la Russie, membre permanent du Conseil de Sécurité et détentrice du droit de veto, ne sera jamais poursuivie pour ces massacres. Des massacres qui continuent allégrement pendant que nous rédigeons cet article.

 

Une accalmie relative est cependant intervenue depuis deux jours, durant laquelle des émissaires russes négocient avec le Front du Sud à Deraa. Les ambassadeurs de Poutine ont donné à leurs interlocuteurs jusqu’à ce mercredi soir afin d’accepter leurs conditions ; des conditions qui se résument en fait à une reddition, doublée de la remise par les rebelles de leurs armes à leur ennemi mortel, et le retour de la "police" d’Assad dans tout le Golan syrien. Les 27 chefs rebelles se concertent actuellement avant de donner leur réponse, après des discussions avec les envoyés de Poutine qui ont duré très tard la nuit dernière. Aucune des demandes des rebelles n’a été acceptée par les Russes.  

 

Le Conseil de Sécurité se réunira demain matin (jeudi) à New York, à la demande de la Suède et du Koweït, au sujet de la situation dans le sud-ouest syrien. Il aura fallu seize jours à l’ONU pour se pencher sur la situation générée par l’offensive russo-alaouite sur Deraa. Est-il nécessaire de préciser que les spécialistes n’attendent strictement rien de cette réunion, les Etats-Unis, les Européens et les pays arabes n’étant pas prêts à risquer un conflit ouvert avec la Russie pour sauver les habitants du Golan syrien ?

 

A noter que lesdits habitants du Jolan [Golan en arabe] n’appartiennent pas à DAESH ni à al Qaëda, à l’exception d’une étroite bande de terre parsemée de points noirs sur la carte, le long de la frontière israélienne. Le Front du Sud est une coalition militaire d’une soixantaine d’organisations différentes, allant de démocrates laïcs à des wahhabites, formée afin de faire face à l’Armée gouvernementale et à ses alliés russes, iraniens et chiites libanais du Hezbollah.

 

On trouve des réfugiés dans tous les villages de la "zone de désengagement", et particulièrement aux deux emplacements indiqués sur la carte par des losanges rouge et jaune, à quelques dizaines de mètres au nord du village de Rafeed, ainsi qu’en un lieu sans nom, plus au Nord encore, à six kilomètres de Quneitra.

 

Tsahal est très présent à quelques mètres seulement des tentes des réfugiés, où il a concentré des Merkava et des canons d’artillerie autotractés, de même que des véhicules lanceurs de missiles. En termes strictement militaires et non stratégiques, cette armada pourrait anéantir celle d’en face en moins d’une heure.  

 

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Pour faire face à toute éventualité

 

Mais ce n’est pas la direction que semblent suivre les évènements. Vladimir Poutine recevra Binyamin Netanyahu le 11 juillet à Moscou, avant même la finale du Mondial, et cinq jours avant son meeting avec Donald Trump à Helsinki, où la Syrie constituera également le sujet le plus prégnant.

 

A propos de son prochain voyage à Moscou, M Netanyahu a déclaré durant le conseil des ministres de dimanche dernier : "Nous continuerons à défendre nos frontières, nous accorderons de l’aide humanitaire aussi bien que nous le pouvons, nous ne permettrons pas d’entrées sur notre territoire et réclamons une stricte adhésion à l’Accord de séparation des forces de 1974 avec l’Armée syrienne".

 

Le Premier ministre a également précisé qu’il se trouvait en contact permanent avec la Maison Blanche et le Kremlin à ce sujet, de même que le ministre de la Défense Avigdor Lieberman et le Chef d’état-major de Tsahal, Gadi Eisenkot, avec leurs homologues aux Etats-Unis et en Russie.

 

Ces annonces confirment notre analyse, selon laquelle Messieurs Netanyahu et Poutine se sont mis d’accord afin de permettre à al Assad et à son Armée de reprendre le contrôle du sud de la Syrie, sans enfreindre l’accord de 1974. En échange de quoi, le Tsarévitch s’engage à tenir l’Iran et le Hezbollah éloignés d’au moins 70 ou 80km de la frontière israélienne, avec, en point de mire, l’exclusion complète de l’Iran du territoire syrien. D’autre part, Vladimir Poutine continuera à ne rien faire pour empêcher d’éventuelles frappes du Khe’l Avir contre l’Armée de Khameneï. Plus important encore, du point de vue stratégique : Moscou se désengage de l’est syrien, cessant d’y soutenir les forces du régime et ses alliés de Téhéran. En d’autres termes, cela signifie la fin du projet des ayatollahs d’Autoroute chiite conduisant de Téhéran à Damas et Beyrouth par voie terrestre, ce qui constitue une priorité absolue de l’Etat hébreu.

 

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Les Etats-Unis, le pays presque élu ? (info # 010107/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 01 juillet 2018

 

Par Guy Millière


Parmi les livres que je vais publier dans les prochaines semaines, l’un me tient particulièrement à cœur. Je l’ai appelé "Le pays presque élu", en référence à un discours prononcé par Abraham Lincoln au cours de la Guerre Civile Américaine, appelée en Europe guerre de Sécession.

 

Je l’ai consacré à la présence du judaïsme dans la société américaine depuis le jour où les "Pilgrim Fathers", les pères pèlerins, ont débarqué en Amérique à proximité de ce qui est aujourd’hui la ville de Boston. Aucun des Pilgrim Fathers n’était juif, mais tout ce qui figure dans ce que les chrétiens appellent l’Ancien Testament était présent dans leurs lectures et leurs prières.

 

Lorsqu’est venu le temps de la Révolution Américaine et à l’implication des Pères fondateurs, ceux-ci sont restés attachés à l’Ancien Testament et n’ont cessé de répéter ce que le pays en train de naître devait aux Juifs et au judaïsme. Les écrits de la plupart d’entre eux révèlent une pensée philosémite belle, profonde et sincère.

 

Un homme exceptionnel ne s’y est pas trompé, c’est lui qui a rassemblé l’essentiel des fonds qui ont permis à la Révolution Américaine de s’accomplir ; il était juif et s’appelait Haym Salomom. Il savait quels espoirs pouvaient se trouver incarnés dans ce qui allait devenir les Etats-Unis d’Amérique.

 

Au cours du dix-neuvième siècle, les Etats-Unis se sont déchirés, puis rassemblés à nouveau. Ils sont devenus un pays continent et, peu à peu, l’une des premières puissances du monde, puis la première puissance mondiale. L’Ancien Testament n’a cessé d’y jouer un rôle crucial. Les Juifs se sont fait de plus en plus nombreux. Soit parce que, comme d’autres, ils cherchaient de plus grandes opportunités économiques, soit, très souvent, parce qu’ils trouvaient aux Etats-Unis une société infiniment moins touchée par l’antisémitisme que les sociétés d’où ils venaient, ce qui leur permettait d’accomplir davantage, et librement. Et une présence juive féconde se trouve dans toutes les villes qui ont grandi ou sont sorties de terre au fil du temps.

 

Au cours des premières décennies du vingtième siècle, quand bien même il y eut aux Etats-Unis des antisémites, parfois célèbres (le nom d’Henry Ford vient à l’esprit aussitôt qu’on les évoque), les Etats-Unis sont restés le pays du monde occidental le moins touché par l’antisémitisme. Un pays qui a relativement échappé à la vague fasciste ayant déferlé sur l’Europe, qui conduisit au nazisme, à la guerre et à la Shoah.

 

Néanmoins, bien que des Juifs américains y soient devenus puissants et influents et aient occupé des fonctions importantes au sein du gouvernement, dans les media, dans le cinéma (tous les grands studios d’Hollywood ont été créés par des Juifs), fort peu d’entre eux ont agi pour porter secours à leurs coreligionnaires d’Europe, ce que j’ai découvert en menant mes recherches. Fort peu de Juifs ont ensuite soutenu la naissance du pays juif qu’est Israël.

 

La seule organisation juive américaine qui ait affirmé d’emblée un soutien clair aux Juifs d’Europe et à Israël a été la Zionist Organization of America [l’organisation sioniste d’Amérique] que préside aujourd’hui Morton Klein, un homme pour qui j’ai une vive estime.

 

Le soutien des autres organisations juives à Franklin Roosevelt a été très puissant, et une alliance des grandes organisations juives avec le parti Démocrate s’est nouée alors, qui ne s’est plus défaite.

 

Les grandes organisations juives se sont tournées vers l’idée que les Juifs devaient être du côté du “progrès” et se préoccuper, surtout, de la situation des Juifs et des minorités en Amérique, et elles n’ont pratiquement pas pressé Franklin Roosevelt à sortir de son inertie et à accueillir davantage de réfugiés juifs, tels les infortunés passagers du paquebot Saint Louis.

 

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Les Juifs américains ont toujours été à la pointe de la lutte pour l’égalité des droits

Ici, en faveur de l’abolition de l’esclavage

 

C’est essentiellement Hillel Kook, membre de l’Irgoun [en entier : (héb.) "Irgoun tzvaï léoumi", organisation militaire nationale], proche de Zeev Jabotinsky qui, en se rendant aux Etats-Unis, a mis sur pied, sous le nom de Peter Bergson, des réseaux et des actions de soutien aux Juifs d’Europe, puis à la naissance d’Israël.

 

Ce n’est qu’à partir de la Guerre des Six jours que le soutien des organisations juives américaines à Israël est devenu public et puissant.

 

L’idée que les Juifs devaient être du côté du “progrès” a continué à prédominer et a fait que nombre de Juifs américains ont été à la pointe des combats pour les droits civiques, mais aussi dans nombre d’autres combats de la gauche américaine.

 

Cette idée fait que les Juifs américains, dans leur écrasante majorité, continuent à être Démocrates et ont même voté très majoritairement pour Barack Obama en 2008, puis en 2012. Fort peu d’entre eux ont voté pour Donald Trump, bien qu’il soit sans aucun doute le président le plus favorable à Israël à avoir jamais occupé la Maison Blanche, et le premier président des Etats-Unis à avoir une famille juive.

 

Cela explique les tensions et les réticences manifestées par des dirigeants de la communauté juive américaine concernant diverses décisions du gouvernement israélien ces dernières années.

 

Ces tensions et ces réticences viennent de loin : des années Roosevelt, au moins. Elles n’ont rien d’étonnant au vu de ce que je viens d’écrire.


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"A mort Palestine !" (012806/18) Version imprimable
Analyse
jeudi, 28 juin 2018

 

Par Ilan Tsadik

 

Les évènements de ces derniers jours viennent nous rappeler qu’il existe une différence fondamentale entre la nation iranienne et le régime dictatorial qui la dirige. A nous de ne surtout pas faire l’amalgame entre les deux, cela affligerait indûment, d’une part, des millions d’innocents qui subissent la dictature, et de l’autre, cela priverait les Israéliens d’une amitié populaire et authentique au Moyen-Orient, alors que de telles amitiés ne sont vraiment pas légions.

 

Au-delà de la posture intellectuelle et médiatique que cette distinction impose, elle pourrait devenir autrement plus délicate encore si, d’aventure, en riposte à une agression des ayatollahs, l’Etat hébreu se trouvait dans une situation dans laquelle il serait amené à frapper lourdement la Perse.

 

Or cette hypothèse n’est nullement virtuelle, au moment où Tsahal renforce ses défenses autour de notre réacteur nucléaire dans le Néguev. Cette mesure intervenant après avoir recueilli des informations selon lesquelles Khameneï et sa clique, pour redorer leur blason sérieusement écorné après le désastre militaire qu’Israël leur a infligé en Syrie, envisageraient une attaque au missile contre le site de Dimona.

 

Si cela arrivait, quel que soit le résultat d’une telle agression, je veux dire, si nous parvenons à intercepter les missiles à temps afin d’éviter une catastrophe ou non, il y aurait lieu de recourir à une riposte "proportionnée", visant des cibles névralgiques en Iran à l’occasion d’une contre-frappe à l’ampleur encore jamais égalée.

 

On pourrait alors s’en prendre au centre d’enrichissement de Fodow, aux leaders de la tyrannie, à ses symboles, mais il faudrait à tout prix éviter – ou à tout le moins réduire au minimum – les pertes civiles collatérales. Dans l’équation qui prévaut et que je relève dans cet article, des attaques massives contre les villes iraniennes sont absolument à exclure, ce qui, j’en conviens, suivant la nature, la profondeur et la dangerosité d’une éventuelle offensive contre Israël, ne serait pas chose aisée.

 

Reste que le peuple iranien n’est en aucun cas notre ennemi, et il le démontre chaque fois qu’il en a l’occasion. A témoin, l’audience de l’émission quotidienne d’une heure et demi de Kol Israël (la Voix d’Israël, la radio du service public) en langue farsi, proposée par le journaliste, analyste et écrivain Ménashé Amir. Celle-ci touche un public en Iran estimé entre 5 et 7 millions d’auditeurs, plus en cas d’actualité extraordinaire, ce qui en fait l’émission la plus suivie en Perse, et également de tous les media audiovisuels israéliens.

 

Ménashé Amir transmet aux Iraniens des informations précises concernant ce qui se déroule chez eux, ainsi que dans le reste du monde. Des news qui évitent naturellement le crible de la censure imposée par la théocratie chiite.

 

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Ménashé Amir, l’oxygène des Iraniens

 

Les renseignements qu’il produit en ces jours de rébellion urbaine à Téhéran agissent comme une bouffée d’oxygène pour la population, privée de toute référence objective. Ils se situent à l’opposé diamétral de la posture choisie par l’AFP et les media mainstream de l’Hexagone. Ces derniers circonscrivent leur information en ne lui réservant pas la place "proportionnelle" qu’elle justifie, et en ne traitant que des éléments à caractère économique qui font partie de la contestation. En consultant l’écrasante majorité de la presse française, tout ce que l’on peut apprendre est que les commerçants du bazar central font grève en raison de la situation économique insupportable qui prédomine, notamment la dévaluation de 50% du Rial.

 

L’aspect politique de la contestation, sa dimension, la violence de la répression et les slogans pro-israéliens scandés par la foule n’ont pas droit de cité chez les collègues franciliens. Pas plus que le fait que ce mouvement, réellement spontané dans ce cas, vise la destitution du régime et réclame l’avènement de la démocratie.

 

Le consommateur d’information tricolore n’est pas non plus autorisé à connaître de ce qu’annonce la Ména et Ménashé Amir depuis plusieurs mois, à savoir que la dictature théocratique est au bout du rouleau et qu’elle ne résistera pas à la nouvelle salve de sanctions décidée par les Américains.

 

Connaître de ce qu’avant même l’initialisation desdites sanctions, la quasi-totalité des entreprises occidentales a quitté la République Islamique, y compris les firmes françaises, à l’exception notoire de Renault. L’ex-Régie Renault, puis "société à capitaux d’Etat", dans laquelle l’Etat français demeure le plus gros actionnaire unique avec ses 15.1% du capital et une bonne part du noyau dur de l’actionnariat. Mais la raison pragmatique du maintien de la marque française au pays des bourreaux chiite se situe dans le fait que la société ne vend pratiquement pas de véhicules aux Etats-Unis, qui n’émergent pas parmi ses dix plus importants pays-clients. Elle ne craint pas ainsi les représailles économiques que Washington pourra décréter.

 

Il est objectivement difficile de saisir la raison pour laquelle les media parisiens et ceux du service public suivent le narratif officiel du régime, le protégeant ainsi face aux revendications de la population. Un régime ultra-autoritaire à fondement confessionnel radical face à une population très occidentalisée, aux aspirations démocratiques et laïques.

 

Lorsque l’on observe la place prise par les émeutes organisées par le Hamas à Gaza dans la presse de l’Hexagone, présente durant des semaines dans chaque JT, sur toutes les manchettes et dans toutes les émissions de débats, avec ses 2 à 30 000 participants suivant les jours, à la couverture des manifestations pacifiques de ces derniers jours à Téhéran et ses 500 000 participants, on se pose de vraies questions quant à l’état de l’information en France. [Vidéo : pas des miliciens islamiques qui veulent éradiquer Israël, des manifestants laïcs qui réclament la démocratie].

 

On constate aussi qu’aucun support mainstream n’a (à notre connaissance) fait état des cris d’ "Iran hors de Syrie !" et d’ "à mort Palestine !", scandés pourtant par l’ensemble de la foule. Cela fait pourtant partie de l’information, et aucun support médiatique digne de ce nom n’est censé agir en filtre de l’information. Les sites d’information et journaux de la communauté israélite française ont quant à eux correctement rapporté ces faits, ce qui élargit encore le fossé existant entre les Juifs et les media, l’intelligentsia et la sphère politique et gouvernementale français. [Vidéo : "A mort Palestine !"]

 

Pour en revenir à Ménashé Amir et à son émission, mentionnons qu’une partie de son intervention journalière est une ligne ouverte, que les Iraniens appellent grâce à un numéro de téléphone en Allemagne, sur laquelle les intervenants peuvent s’exprimer en totale liberté et aborder tous les sujets qui les intéressent, y compris ceux hostiles à Israël.

 

L’une des deux considérations m’ayant amené à la rédaction de ce papier est bien sûr la vague de protestations qui enflamme la rue téhéranaise. L’autre est l’observation des matches disputés par l’équipe nationale iranienne de football en Russie.

 

Avec, en préambule, la constatation que la sélection nationale iranienne a présenté d’excellentes prestations sur la pelouse, s’illustrant par son intelligence tactique, son exceptionnelle volonté de réussir, de même que sa technique collective et individuelle. Elle est passée très près d’une qualification sensationnelle, partageant notamment l’enjeu avec le Portugal, l’un des favoris du Mondial. Sans plusieurs interventions absconses de Molière, je veux dire de l’AVAR, le système d’assistance à distance à l’arbitrage, les valeureux Iraniens auraient pu accéder aux phases finales. En tout état de cause une constatation footballistique objective s’impose : ces joueurs surpassent de la tête, des jambes et des épaules notre Nivkhéret nationale.

 

Une autre constatation a marqué mon esprit : dans les tribunes, on a vu le vrai visage de l’Iran ; celui qui s’exprime lorsqu’il n’est pas soumis à la répression implacable des mollahs. Je n’ai pas vu une seule femme entchadorée parmi les dizaines de milliers de supporters iraniennes. Mais au contraire, de belles femmes à la mode européenne, souriantes aux attributs bigarrés ; dire qu’à la maison, les femmes ont l’interdiction absolue d’assister à une rencontre sportive masculine ! Dire qu’une chemise échancrée ou une tête découverte y sont sanctionnées par une amende, des brimades et même des molestations de la part des Basij, les S.A Sturmabteilung du régime ! Nul doute que Khameneï ne doit pas aimer le foot, et que les Iraniens ont apprécié de se voir si libres sur le petit écran. [Vidéo : les Iraniens en train de détruire les motos des Basij à Téhéran].

 

Hors du terrain, chaque rencontre entre les tifosi iraniens et les fans de foot israéliens, nombreux à suivre le Mondial en Russie, s’est soldée par une fraternisation et des photos de groupe avec les deux drapeaux nationaux.

 

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Les Iraniens et les Israéliens fraternisent partout où ils se rencontrent

 

Cette belle amitié a plusieurs origines. La première est que les Perses gardent un excellent souvenir de la période de l’idylle sous le Shah, lorsque les deux pays formaient la plus solide des alliances stratégiques de tout le Moyen-Orient. Les coopérants israéliens étaient massivement présents en Iran et ils ont largement participé au développement industriel, médical et agricole de ce pays, au point que certaines de leurs réalisations subsistent et qu’ils ont laissé une empreinte mémorable dans l’inconscient collectif.

 

L’autre raison de cette amitié participe du fait qu’Israël est l’adversaire le plus déterminé et aussi le plus efficace du régime, que la population déteste et qui l’opprime.

 

C’est le principe d’exemplarité : Israël est l’exemple démontrant qu’il est possible de faire échec à la junte théocratique et de la faire reculer. Le miroir qui reflète l’image d’un régime pas si puissant que cela, qu’à force de détermination, il est loisible de défaire.

 

En Europe et en Israël, les faits d’actualité se succèdent à une vitesse à peine croyable. Un attentat ayant causé la mort d’une centaine de personnes ne fait les gros titres que pendant deux jours, avant qu’un autre évènement le précipite dans les oubliettes de l’info. En Iran, les évènements réjouissants ne sont pas nombreux et ils occupent les esprits beaucoup plus longtemps. A l’instar des raids à répétition du Khe’l Avir [l’Aviation Israélienne] qui ont mis à genoux les Gardiens de la Révolution – une autre entité haïe par la population -  l’obligeant à entamer leur retraite de Syrie. Hormis cette haine, le maintien de l’important contingent de Pasdaran en Syrie coûte extrêmement cher, et la population exsangue s’oppose désormais à l’aventurisme militaire du régime, clamant, lors des manifestations en cours, que le gouvernement doit améliorer avant tout la situation des Iraniens.

 

Mais un ami iranien me l’a rappelé hier soir, l’opération israélienne qui a le plus impacté l’imaginaire des Iraniens, c’est la façon dont le Mossad a déménagé la littérature nucléaire du régime, dans son site le plus protégé, en plein cœur de Téhéran. Cette opération, m’assure cet ami, a ridiculisé les ayatollahs, incapables de fournir la moindre explication sensée, et ostensiblement touchés par cet impair.


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Un dépôt d’armes à Damas détruit cette nuit par un raid aérien (022606/18) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 26 juin 2018

 

© Metula News Agency

 

Deux missiles air-sol tirés probablement à partir du territoire israélien ou du Liban ont détruit un objectif ennemi situé dans le périmètre de l’aéroport international de Damas. [Voir une vidéo du raid de cette nuit].

 

La cible semblait contenir des missiles destinés au Hezbollah libanais, récemment arrivés d’Iran par avions cargos.

 

Ce raid, que les media officiels syriens attribuent à l’Aviation israélienne, intervient pendant que l’Armée gouvernementale de Bashar al Assad effectue des bombardements sur la région de Deraa, dans le Golan syrien, à proximité de la frontière jordanienne (5km) et à une trentaine de kilomètres de la frontière israélienne.

 

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Une image du raid de cette nuit

 

L’offensive terrestre principale du régime n’a pas débuté, en raison des menaces officielles reçues des Etats-Unis et des messages allant dans le même sens, de la part de Jérusalem, communiqués à Assad par l’intermédiaire des Russes.

 

A noter que le contingent russe est présent en nombre dans les concentrations terrestres qui s’apprêtent à donner l’assaut à Deraa, et que l’Aviation du Tsarévitch participe au pilonnage intensif de la zone.

 

Avant-hier, un missile Patriot a été tiré en direction d’un drone qui s’approchait du territoire israélien à partir de la Syrie. Le tir a été réalisé à partir d’une base du Khe’l Avir dans les montagnes entourant la ville de Tzfat (Safed).

 

Selon notre analyse, il s’agissait d’un drone d’observation russe, envoyé afin de voir si les Israéliens sont en train de masser des chars Merkava face aux concentrations de tanks T-72 de l’Armée gouvernementale en Syrie.

 

Le Patriot a manqué sa cible, mais le drone a été contraint de faire demi-tour. Nous pensons qu’il s’est agi d’un tir de semonce et que les Israéliens n’avaient pas l’intention d’abattre le drone. Dans un autre cas, ils auraient tiré un second missile et/ou envoyé des chasseurs afin d’abattre l’avion sans pilote.

 

Nous rappelons également que Vladimir Poutine a demandé à M. Netanyahu de n’entreprendre aucune opération offensive en Syrie pendant les Championnats du Monde football. Il se pourrait que le retard du lancement de l’offensive syrienne dans le Golan soit aussi conditionné par la même préoccupation.

 

Nous ne savons pas si l’intervention de cette nuit à Damas a fait des victimes, mais l’ampleur des explosions était largement plus réduite que celles enregistrées ces derniers mois lors des attaques ayant frappé des positions iraniennes en Syrie.

 

Aux abords de l’aéroport international de Damas, les témoins ont cependant clairement identifié la double explosion, qui indique qu’après la détonation des missiles, les armes et les munitions du dépôt ont sauté à leur tour.

 

 
Bruxelles-Métula du 26 juin 2018 (012606/18) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
mardi, 26 juin 2018

 

© Metula News Agency

 

Plan de paix américain : "The Deal of the Century" (L’accord du siècle). Révélations exclusives. Cela progresse rapidement. Une analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, dans le cadre de Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca.

 

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/1539789969464498/ (Radio Judaica)

 https://youtu.be/yuFy1uxsCCA (Youtube).

 

 
Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU : la fin d’une imposture (info # 012406/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 24 juin 2018

 

Par Guy Millière

 

La Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies s’est transformée, au fil du temps et de l’évolution de l’ONU, en un club de dictatures et de tyrannies, devenue une imposture infâme, qui connut son apothéose avec le sommet de Durban, qui fut, en 2001, une bacchanale antisémite dont la teneur aurait beaucoup plu à Joseph Goebbels.

 

Ayant cessé d’être présentable et ayant été quittée par les Etats-Unis, ce qui lui avait ôté, outre des moyens financiers, une large part de ses apparences de légitimité, la Commission avait été dissoute.

 

Une organisation de remplacement fut constituée en 2006 : le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies. Considérant que le nom avait changé en devanture, mais que, fondamentalement, tout était quasiment semblable, les Etats-Unis ne l’ont pas intégré. Il aura fallu l’installation du premier occupant islamo-gauchiste à la Maison Blanche pour que les USA deviennent membres du Conseil. Et pendant les années Obama, ils y ont joué le rôle de potiche, acceptant même de se faire insulter régulièrement, et restant silencieusement complices face aux torrents d’insanités qui s’y déversaient.

 

Lorsque Donald Trump est devenu président, il était clair que des changements allaient s’opérer. Et Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis aux Nations Unies, dès sa prise de fonctions, avait donné un an au Conseil pour se réformer et retrouver sa raison d’être.

 

Un an plus tard, les changements réclamés n’étant pas intervenus, comme c’était prévisible, Washington a décidé de quitter la Commission. Nikki Haley a expliqué pourquoi, de manière très précise, soulignant qu’à l’instar de la Commission défunte, le Conseil des Droits de l’Homme est une imposture infâme que les Etats-Unis ne peuvent cautionner plus longtemps par leur présence.

 

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Nikki Haley a évidemment raison : le Conseil est aussi vicieusement antisémite que la Commission qu’il a remplacée. Des insanités s’y déversent constamment contre les Etats-Unis, qui n’ont aucun intérêt à rester dans une instance où on les insulte, et de financer, de surcroit, son fonctionnement.

 

L’Amérique n’a pas de raison non plus de rester dans une instance où quasiment le seul pays stigmatisé et décrit comme violant les droits de l’homme sur Terre est Israël, l’un des pays précisément les plus respectueux des droits de l’homme sur la Planète.

 

Elle n’a aucune raison de rester dans une instance où plusieurs pays chargés d’incarner la défense des droits de l’homme font partie de ceux qui les violent aujourd’hui le plus systématiquement, et prétendent néanmoins juger les Etats-Unis et Israël en matière desdits droits. Je pense particulièrement à la Chine, Cuba, la Mongolie, le Qatar, le Pakistan, l’Afghanistan, l’Irak et l’Afrique du Sud, et la liste est loin d’être exhaustive.

 

La presse européenne a, comme c’était prévisible, immédiatement qualifié les explications données par Nikki Haley de prétextes fallacieux. De manière presque unanime, elle a ajouté cette décision à sa liste des décisions soi-disant “unilatérales” prises par Donald Trump depuis dix-huit mois.

 

Affirmer que des discours antisémites sont des discours antisémites est donc un prétexte fallacieux pour nombre de journalistes européens. Cette tolérance pour l’antisémitisme est aussi étrange que nauséabonde.

 

Rappeler qu’Israël est un Etat nettement plus respectueux des droits de l’homme que l’écrasante majorité des pays du monde, et que présenter Israël comme le seul et unique pays violant actuellement ces droits est une infamie, constituerait donc un autre prétexte fallacieux pour les mêmes journalistes européens. Il est sordide d’observer que la tolérance pour l’antisémitisme s’accompagne toujours d’une acceptation de la diabolisation du seul et unique pays juif.

 

Opposer un “multilatéralisme” qui implique de considérer que la Chine, Cuba, la Mongolie, le Qatar, le Pakistan, l’Afghanistan, l’Irak, l’Afrique du Sud possèderaient l’expertise requise en matière de droits de l’homme afin d’édicter le droit international, à un “unilatéralisme” consistant à se placer du côté du refus de l’antisémitisme, procède d’un dérangement mental à l’échelon d’un Etat.

 

Se positionner aux côtés de la démocratie israélienne face à ceux qui pratiquent cet antisémitisme, et qui œuvrent à sa disparition, la traitant comme l’incarnation du mal, procède au contraire, de la part de Donald Trump, d’un acte politique limpide.

 

Se placer, ès qualité de plus grande démocratie du monde, du côté des droits de l’homme face à ceux qui les piétinent n’a rien à voir avec un quelconque “unilatéralisme”, mais avec la défense active de valeurs éthiques fondamentales.

 

Reste-t-il si peu de journalistes européens sachant encore qu’il existe des valeurs éthiques et qui comprennent encore que les dirigeants politiques qui osent les défendre font honneur à la politique ?

 

Le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies survivra au départ des Etats-Unis. La presse européenne s’y référera, comme si c’était une institution honorable. Reste que ledit Conseil a désormais du plomb dans l’aile.

 

Je ne serais pas surpris si tôt ou tard il était dissous à son tour.

 

La dissolution de la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies avait signifié la fin d’une imposture. La dissolution du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies marquerait à son tour la fin d’une imposture.

 

Il restera alors à espérer qu’à force de voir les impostures remplacées par des impostures, des dirigeants du reste du monde occidental se souviendront qu’il existe des valeurs éthiques qui valent la peine d’être défendues.

 

Ce qui est en jeu n’est certes pas uniquement la question des considérations morales, de l’activité d’Israël et du positionnement des Etats-Unis. En 2018, la très vaste majorité des quelques 7.5 milliards de femmes et d’hommes qui évoluent sur Terre sont privés par leurs dirigeants de leurs droits fondamentaux. Pire, pendant que les ambassadeurs des Etats tortionnaires focalisent artificiellement le débat des droits de l’homme sur un pays démocratique de 8.5 millions d’habitants, la condition du reste de la population terrienne ne cesse de se dégrader. Or c’est le devoir premier de l’ONU que de soucier de protéger ceux qui n’ont pas la possibilité de se défendre et dont l’existence est soumise au bon vouloir des despotes de tous poils.

 

En confisquant le débat du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies en le monopolisant sur les crimes qu’Israël ne commet pas, ce sont distinctement ces tyrans qui réussissent à maintenir leurs administrés dans une situation de privation de leurs droits fondamentaux. La mascarade de la diabolisation d’Israël dans cette institution [et dans le reste des organisations onusiennes] est l’instrument d’une politique organisée. Israël n’en est pas sa seule victime. La principale victime, c’est l’humanité toute entière, dont on omet ainsi de considérer les problèmes.

 

Ainsi, ceux - dirigeants politiques, journalistes et intellectuels - qui critiquent la décision de Trump ne s’en prennent pas uniquement à Jérusalem et Washington. Ils ne commettent pas seulement le forfait d’endosser les accusations infondées contre Israël, ils perpètrent également le crime de contribuer à refuser qu’on ouvre enfin la bataille essentielle nécessaire à l’attribution de leurs droits fondamentaux à ceux qui en sont privés, qui doit être menée par ceux qui en jouissent et qui, manifestement, s’en foutent !


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Intenses confrontations en Syrie : israël impliqué au premier chef (011906/18) Version imprimable
Analyse
mardi, 19 juin 2018

 

Par Jean Tsadik

 

Il se passe des choses graves en Syrie, que peu de media relayent, faute d’intérêt, au vu des risques encourus par les reporters sur le terrain, par calcul politique de leurs gouvernements, ou, le plus souvent, parce qu’ils ne comprennent rien à ce qui se déroule.

 

Avant d’entrer dans les détails des derniers évènements, nous avons observé que l’Iran et le Hezbollah sont très probablement en train de quitter le sol syrien, abandonnant les bases qu’ils occupaient et une partie de leur matériel.

 

Nous sommes par ailleurs convaincus que ce retrait se déroule suivant un accord secret passé avec les Israéliens, très vraisemblablement à Amman. Preuve en est qu’aucune position iranienne n’a été prise pour cible par le Khe’l Avir (l’Aviation israélienne) durant les trois dernières semaines, et qu’auparavant, il réalisait au moins deux raids par semaine, et leur nombre ainsi que leur intensité allaient croissant.

 

Il nous apparaît que Téhéran entend limiter le désastre causé par l’oblitération de ses bases principales en Syrie et la perte de milliers de soldats et d’officiers. L’Armée perse a correctement déchiffré qu’elle ne dispose pas des moyens de s’opposer à Tsahal et qu’il est préférable de rapatrier son contingent plutôt que de le voir anéanti.

 

Nous notons également avec intérêt que la Russie a décidé de cesser de soutenir les Pasdaran iraniens, notamment par les airs, ce qui a sans doute accéléré la prise de décision de Téhéran. Les forces aériennes et terrestres de Poutine se sont aussi totalement retirées de l’est de la Syrie, à savoir de la région de Deïr ez Zor et de la frontière irakienne.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Dans cette zone on ne trouve plus de militaires russes et leurs avions ont cessé leurs missions de bombardements. Les Iraniens et leurs supplétifs du Hezbollah ont fait venir des milices, principalement chiites irakiennes, qu’ils ont formées et armées, afin de défendre leurs acquis stratégiques, prioritairement la fameuse "autoroute iranienne". Ces combattants sont désormais encadrés par des officiers de l’Armée du régime et agissent directement sous leurs ordres.

 

On assiste dans tout l’est syrien à une tentative occidentale et israélienne de "purger" toutes les positions Assad-forces chiites à proximité de la frontière iraquienne, afin d’accélérer la "désiranisation" de la Syrie.

 

Ainsi, dans la nuit de dimanche à lundi, plusieurs opérations aériennes ont eu lieu le long de l’Euphrate et de la frontière syro-irakienne, entre la ville d’Abou Kamal et le point de passage d’al Tanf à 230km au Sud-Ouest [voir carte].

 

Le gouvernement de Damas a ainsi annoncé qu’une importante attaque aérienne s’était produite sur la localité d’al Hiri, causant des douzaines de morts parmi les forces gouvernementales et les combattants chiites. [Voir la vidéo montrant le cratère géant causé par le bombardement].

 

D’autres attaques ont été enregistrées sur plusieurs points d’appuis le long de la frontière. L’un de ces raids a oblitéré un contingent de chars et d’artillerie gouvernemental [photos] à quelques kilomètres de la frontière en territoire syrien, sur l’artère routière que nous avons intitulée sur la carte "Autoroute iranienne option 3". Il s’agit en fait d’une tentative convenue entre Téhéran et Damas afin de construire un nouvel axe de communication et d’approvisionnement terrestre, ce qui a nécessité l’aménagement d’une piste de 20km en territoire irakien, qui rejoint une route syrienne conduisant directement à Palmyre, puis dans le reste du secteur peuplé de Syrie. Nous avons appelé ce nouveau tronçon de 20km : "Nouvelle route de liaison".

 

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Ces officiers syriens sont sans doute morts ou blessés

 

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Ils disposaient de canons et de chars

 

Les stratèges de Damas et de Téhéran, constatant que la circulation le long de l’Euphrate sur "l’Autoroute iranienne, option préférentielle" n’était plus assurée, et que les Américains tenaient solidement la zone du poste frontière d’al Tanf (Autoroute iranienne option 2), il leur fallait impérativement établir un nouvel axe d’approvisionnement terrestre pour acheminer des armes, des munitions et des renforts au régime de Damas.

 

La dictature alaouite syrienne a d’abord accusé les Etats-Unis d’être à l’origine de ces bombardements aériens, mais Washington a fait savoir, en fuitant des informations sur CNN et à l’AFP, qu’il n’était pour rien dans ces raids et que ce sont les Israéliens qui les ont réalisés. Nous rappelons à ce propos que le Pentagone ne ment pas concernant les opérations militaires qu’il réalise et celles auxquelles il ne prend pas part, suivant en cela une doctrine de communication qui veut que la première puissance mondiale n’éprouve pas le besoin de désinformer au sujet de ses activités militaires.

 

L’imputation du Pentagone impliquant le Khe’l Avir est ainsi absolument plausible, même si le porte-parole de Tsahal, comme à son habitude, s’est refusé à confirmer ou à infirmer les affirmations de CNN.

 

A notre avis, c’est au moins la seconde fois que l’Aviation des Hébreux frappe "l’Autoroute iranienne, option préférentielle", appelée ainsi car elle est de loin la voie la plus carrossable des trois alternatives. La fois précédente, le 24 mai dernier, c’est également une position gouvernementale proche d’Abou Kamal qui fut visée et détruite. A en croire notre correspondant Perwer Emmal, la première attaque aurait fait 66 morts, et celles d’hier, au moins 150, principalement des membres des Kataëb Hezbollah, les supplétifs chiites iraniens du Hezbollah libanais.

 

Au moins 25 militaires du régime, parmi lesquels un major-général, deux colonels et deux majors ont perdu la vie lors de ces interventions aériennes, de même qu’un nombre indéfini de miliciens libanais.

 

Au plus clair de l’opération "Tempête de Jazeera" menée conjointement par les forces de la Coalition américaine et les Peshmerga kurdes des Forces Démocratiques Syriennes, nous nous étions posé la question de savoir pourquoi les USA ne prenaient pas le contrôle de l’autoroute préférentielle iranienne, alors que c’était largement dans leurs cordes. L’une des réponses à cette interrogation est, qu’officiellement, l’U.S. Army n’est censée faire la guerre qu’à DAESH et ne pas franchir l’Euphrate. L’ordre de marche n’ayant pas été modifié à ce jour, malgré le départ des Russes, c’est sans doute la raison pour laquelle Washington laisse les Israéliens "faire le ménage", ce pour quoi ils ne se font pas prier, puisqu’ils y trouvent matière à compléter le K.O qu’ils ont infligé à l’élite de l’Armée iranienne. De plus, pour Washington, c’est sans doute aussi l’opportunité de laisser les pilotes israéliens rendre le F-35 furtif opérationnel et de lui fonder une réputation de winner, spécialement après les nombreuses critiques qui ont émaillé son développement.

 

Parlant de DAESH, la lutte n’est pas totalement terminée, non plus que la participation des Occidentaux. Tout près du théâtre des opérations que je viens de mentionner, les Kurdes sont en train de réduire la dernière poche importante de résistance de l’Etat islamique au sud-est de la ville de Hasaké et à l’est de la rivière Khabour [carte], entre celle-ci et la frontière irakienne.

 

Pour les aider dans leur tâche, les Peshmerga ont reçu l’appui de diverses forces occidentales, parmi lesquelles, outre les boys américains, l’on compte entre autres des Français, des Italiens, des Britanniques et des Allemands.

 

Officiellement, il s’agit de commandos se montant à quelques dizaines d’hommes et eux aussi, entièrement consacrés à la lutte contre DAESH. C’est pourquoi le correspondant sur place de la Ména, l’incontournable Perwer Emmal, a été presque étonné lorsqu’il a identifié des artilleurs français en route pour Akashat [carte], en Irak, sur une zone où on ne rencontre aucun milicien de DAESH, mais des supplétifs chiites irakiens de l’Iran en nombre, ainsi que des militaires gouvernementaux irakiens et syriens.

 

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Une grosse pièce d’artillerie de l’Armée française croisée sur une route irakienne

 

Preuve de cette présence, la photo d’un CAESAR de l’Armée française, un Camion Equipé d’un Système d’Artillerie, sur une route, à proximité immédiate de l’endroit où la "nouvelle route de liaison" a été construite, et tout aussi près de l’escouade alaouito-chiite qui s’est fait décimer par les F-35 sans doute israéliens.

 

Le CAESAR est une pièce d'artillerie polyvalente de 155 mm, d’une portée de 5 à 38 km. Il est aérotransportable en Hercules C-130 et son équipage comprend 5 hommes. Sa vitesse en configuration tout-terrain peut atteindre 50 km/h et son autonomie est de 600 km. Et ce n’est évidemment pas une arme de commando, mais un canon (très) lourd au service d’une armée régulière. Les CAESAR faisaient mouvement en compagnie de canons autoportés de l’Armée américaine, dont nous possédons aussi les photographies.

 

Des artilleurs franco-américains en face d’artilleurs syro-irakiens, c’est une recherche d’équilibre que l’on peut comprendre. Une participation de Paris à l’effort consistant à terminer la démolition des déclinaisons de l’Autoroute iranienne, c’est quelque chose qui ne doit pas manquer de faire plaisir à M. Netanyahu et à Gadi Eizenkot (le commandant en chef de Tsahal). Et qui explique peut-être pourquoi la "Flottille du Hamas" s’est vue interdire d’accoster à Paris. Il existe sans doute des raisons suffisantes pour ne pas répliquer violemment aux actes anti-israéliens à répétition du gouvernement français. Y a-t-il un double discours entre Jérusalem et Paris ? Cela ne nous étonnerait pas plus que cela. D’autant plus que si la communication à l’échelon diplomatique est franchement détestable, la compréhension entre les deux armées et entre les services de renseignement n’est pas que correcte, elle est franchement fraternelle.

 

Au nord-ouest de la Syrie, la situation est des plus tendues entre les forces du Satrape Erdogan, d’une part, et les contingents occidentaux et les Peshmerga kurdes, de l’autre. Le despote multiplie les menaces et les provocations militaires sur le terrain contre la ville de Manbij dans le Rojava, à l’ouest de l’Euphrate. Ce weekend il a en outre menacé l’Occident de rien de moins qu’une guerre entre musulmans et chrétiens. Il a prévenu que si l’Europe mettait à exécution son intention d’exiler des imams appelant au Djihad et de fermer les mosquées intégristes, il y aura des représailles. Mais il s’agit sans doute d’une information que vous n’avez pas le droit de lire.

 

Et ce n’est pas le pire. Le pire, c’est que, débarrassée des menaces existentielles de la rébellion grâce aux frappes aériennes de Vladimir Poutine, le régime des al Assad a regroupé presque tout ce qu’il lui reste de combattants et de matériel dans le Golan en préparation d’une offensive majeure visant le Front du Sud à Deraa et à Kuneitra.

 

On a observé des centaines de chars de combat T-72 de fabrication russe [photo] à quelques kilomètres de la frontière israélienne et les officiers n’ont de cesse de nous scruter à la jumelle. Face à eux, le Front du Sud ne dispose pas d’un seul tank, et il a beau mobiliser toutes ses réserves, il ne peut pas s’opposer validement à cette armada.

 

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Importante concentration de chars du régime sur le Golan prêts à l’offensive

 

J’ai également compté des dizaines de canons lourds, et il en arrive sans cesse davantage.

 

Israël est sur le qui-vive et n’a pas fait part de ses intentions. Il pourrait, grâce à son aviation, ses missiles Tamouz et ses Merkava, transformer cette quincaillerie en un amas de ferraille en l’espace de quelques minutes. Mais on risque tout de même, si Tsahal intervient, une brève guerre conventionnelle ; ce, d’autant plus que cette armée est encadrée par des officiers russes, et que ce n’est pas dans l’intérêt de Jérusalem de croiser le fer avec Poutine sur un champ de bataille.

 

Vu sous un autre angle, à quoi rime d’aller pourfendre le danger iranien à 500km de notre territoire si l’on n’est pas capable d’empêcher un tyran sanguinaire de se réinstaller sur notre frontière ?


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Guerre commerciale ou nouveau monde ? (011806/18) Version imprimable
Analyse économique
lundi, 18 juin 2018

 

Par Amram Castellion

 

Depuis trois mois, le Président Trump a multiplié les annonces d'augmentation des droits de douane contre des produits importés.

 

En mars dernier, il a annoncé son intention d'imposer des droits de douane de 25% sur les importations d'acier et 10% sur l'aluminium. La Corée du Sud, l'Australie, le Brésil et l'Argentine ont, par la suite, été partiellement exemptés de cette mesure, qui a été mise en œuvre depuis le début du mois contre les exportations d'Europe, du Canada et du Mexique.

 

En parallèle, Trump a annoncé d'autres décisions pour renchérir le prix des machines à laver et des panneaux solaires importés – une mesure générique en apparence, mais en fait principalement dirigée contre la Chine. D'autres augmentations de droits de douane visent uniquement les produits chinois : télévisions, armes, satellites, équipements médicaux… soit une liste de plus 1 300 biens.

 

Certains des pays visés ont déjà pris des mesures de rétorsion. La Chine a augmenté ses droits de douane sur 106 produits, dont les automobiles, les avions et le soja (principale exportation agricole américaine vers la Chine). L'Europe, qui affirme haut et fort son soutien pour les règles multilatérales du commerce, a porté plainte auprès de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). En outre, les Etats européens ont demandé à la Commission européenne, lors de sa prochaine réunion, le 20 juin prochain, d'approuver des mesures de rétorsion sur 2,8 milliards d'euros d'importations américaines.

 

Face à ces mesures et contre-mesures, de nombreux commentateurs ont diagnostiqué le lancement d'une "guerre des tarifs", comme il en avait eu lieu dans les années 1930 : un processus où chaque pays ou bloc commercial augmente les droits de douane sur les exportations des autres et où chacun finit par se trouver appauvri à la fin.

 

Et pourtant, plusieurs faits rendent cette interprétation franchement insatisfaisante.

 

D'abord, aucune analyse économique d'ensemble et aucun mouvement de marché ne traduit la crainte d'un ralentissement généralisé de la croissance. Les prévisions de croissance pour les Etats-Unis tournent autour de 3,5%, avec un taux de chômage historiquement bas (3,7%). Même en Europe, la prévision de croissance pour 2018 est d'environ 2,4%, identique à celle de 2017. Aucune analyse économétrique n'a indiqué que ces prévisions devraient être revues à la baisse du fait du nouveau protectionnisme américain.

 

Ensuite, les déclarations mêmes du président Trump montrent qu'il est parfaitement conscient du risque de guerre commerciale. Lors du G7 de Charlevoix, les 8 et 9 juin derniers, où les pays Européens et les Etats-Unis ne sont pas parvenus à trouver un accord, Trump a appelé à un commerce entièrement libre – sans aucun droit de douane ni autre obstacle – entre les pays du club. On était très loin du Trump qui, pendant la campagne présidentielle, menaçait d'imposer des droits de 35% sur toutes les importations chinoises.

 

Cette prise de position en faveur du libre-échange absolu ne signifie pas que le président pense que ce résultat soit possible. Mais elle est bien le signe que Trump est aussi conscient d'un autre des dangers d'une augmentation incontrôlée des droits de douane.

 

La raison pour laquelle les mesures des derniers mois ne menacent pas la croissance mondiale est simple à comprendre : les échanges concernés ne représentent qu'une faible proportion des échanges commerciaux des pays en cause.

 

Les importations visées par Trump, et qui risquent de décroître dans les prochains mois du fait des nouveaux de droits de douane, représentent 6,4 milliards de dollars en provenance d'Europe et 3,5 milliards en provenance de Chine. Les mesures de rétorsion européenne portent sur 3,3 milliards de dollars d'importations américaines.

 

Par comparaison, les importations totales de l'Amérique l'an dernier ont atteint 2 900 milliards de dollars de biens et services, dont 640 milliards en provenance de Chine, et 370 milliards en provenance d'Europe. Le déficit commercial américain atteint 566 milliards, dont 375 milliards avec la Chine et 110 milliards avec l'Europe.

 

Les mesures que l'on aime à présenter comme le début d'une guerre commerciale ne concernent donc qu'une petite fraction des échanges totaux. Elles sont trop limitées pour contrecarrer le niveau actuel, historiquement faible, des droits de douane : 1,6% en moyenne aux Etats-Unis et en Europe, 1,3% au Japon et 3,5% en Chine. Il y a à peine 20 ans, le niveau moyen des droits de douane dépassait 5% aux Etats-Unis comme en Europe. Les nouvelles mesures protectionnistes sont trop limitées pour renverser les bienfaits de cette baisse de long terme.

 

Quel est donc le moteur des annonces de Trump ? Si elles ne sont pas le résultat de convictions protectionnistes, ces annonces répondent à la fois à des calculs politiques internes et à la vision profondément novatrice qu'a le président des relations internationales.

 

Les calculs politiques internes sont les plus simples à comprendre. Trump dépend, pour sa réélection, d'un des rares électorats qui peut encore aisément passer des Démocrates aux Républicains ou inversement dans une Amérique de plus en plus divisée.  Cet électorat est celui de la classe ouvrière et de la petite bourgeoisie, principalement blanches, du Middle West et de l'Ouest de la Nouvelle-Angleterre : une population peu éduquée, qui a perdu des millions d'emplois au cours des dernières décennies, et qui, n'ayant pas pu prendre le virage des nouvelles technologies, est rongée par le chômage, le déclassement, la nostalgie de l'Amérique industrielle et le désespoir.

 

Le protectionnisme industriel peut bien réduire à la marge, en moyenne, la richesse totale par américain ; mais il permet de lutter contre la désindustrialisation de ces régions clés pour les élections législatives de novembre prochain et pour la présidentielle de 2020. Les mesures ciblées sur l'acier, l'aluminium et certains produits transformés peuvent donc jouer un rôle décisif dans la réélection de Trump et son action au cours des six prochaines années.

 

En plus de ces considérations de politique intérieure, les actions de Trump témoignent aussi de sa vision de la politique internationale, qui rompt brutalement avec les illusions qui ont dominé dans le monde occidental depuis soixante-dix ans.

 

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Trump change le monde, les Européens paniquent

 

En construisant des institutions internationales – l'ONU et ses multiples organisations filles, l'Organisation Mondiale du Commerce – les puissances occidentales ont, au moins en apparence, cherché à remplacer le pur rapport de forces par un système de règles multilatérales s'appliquant également à toutes les parties.

 

Plus profondément, cependant, ce multilatéralisme était moins une renonciation aux rapports de force qu'une renonciation implicite à défendre les intérêts des pays d'Occident, et ceci dans le but de préserver la paix et l'entente internationale.

 

C'est vrai en matière de politique internationale : la majorité automatique donnée à l'ONU aux pays les moins développés est directement contraire aux intérêts occidentaux, et pourtant les puissances occidentales acceptent et même encouragent ce système qui les défavorise.

 

Sans doute estiment-elles qu'il vaut la peine de sacrifier certains de leurs intérêts pour ne pas avoir à vivre en conflit géopolitique permanent avec les autres pays. Mais il y a une immense faiblesse dans ce raisonnement. Puisque l'Occident accepte de sacrifier ses intérêts pour avoir la paix, les autres puissances ont une forte incitation à prendre le contrôle des enceintes théoriquement multilatérales, et à les transformer en outils à leur service. C'est ainsi que l'on a vu plusieurs organisations satellites de l'ONU se transformer en chambres d'enregistrement des revendications les plus absurdes de kleptocrates, de théocrates et autres communistes à la papa.

 

Le même phénomène existe en matière commerciale. On ne compte plus les accords inégaux entre l'Occident et le reste du monde, qui ouvrent les marchés occidentaux tout en maintenant les barrières qui ferment les autres marchés. Même avec la Chine, désormais devenue une grande puissance et qui ne peut plus justifier ces déséquilibres par le besoin de sortir de la pauvreté, l'Occident accepte pour l'essentiel les importations chinoises, tout en se contentant de protestations sans effet contre les constantes violations chinoises des règles du commerce international : vol de propriété intellectuelle, contrefaçon massive, barrières réglementaires omniprésentes.

 

L'arrivée au pouvoir de Trump aux Etats-Unis marque une rupture brutale dans cette vision du monde. Pour le président, l'important est que l'Amérique défende ses intérêts, et non que primauté soit donnée à un système de règles "multilatérales" en théorie, mais en pratique constamment détournées par d'autres pays. Pour lui, s'il est possible d'obtenir un meilleur accord que la situation existante, il faut le poursuivre – et non accepter les règles existantes pour la seule raison qu'elles existent.


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Bruxelles-Métula "Et maintenant Singapour ?" (021806/18) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 18 juin 2018

 

Et maintenant Singapour ? Comment vont se réaliser désormais les engagements pris par Donald Trump et Kim Jong Un, et quelles vont être leurs conséquences ! Une analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, dans le cadre de Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca.

 

https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/1527776060665889/ (Radio Judaica)

https://youtu.be/4UjqFa0Hnh8 (Youtube).

 

Analyse exclusive.

 

 
Vers la paix sans le Hamas et sans l’Autorité Palestinienne ? (info # 011706/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 17 juin 2018

 

Par Guy Millière

 

Nul ne sait encore ce que contient le plan de paix que l’administration Trump entend présenter dans les semaines à venir. La seule certitude qu’il semble possible d’avoir à son sujet est qu’il sera refusé par le Hamas et par l’Autorité Palestinienne.

 

Ceux qui ignoreraient encore la raison de ce refus ignorent sans doute tout du Hamas, et donc que celui-ci est une création de la confrérie des Frères Musulmans égyptiens. La fratrie exige le retour à l’islam le plus strict sur l’ensemble des terres qui ont autrefois été conquises par les guerriers de l’islam et qui sont donc définies, dans l’islam, comme faisant définitivement partie du dar al-islam, le territoire de l’islam.

 

Aucune forme de paix n’est possible avec le Hamas, qui n’offre à ceux qui lui font face que deux alternatives : être vaincus par le Hamas, ou vaincre le Hamas. Une organisation comme celle-ci n’étant pas encline à accepter la défaite, vaincre le Hamas signifie détruire le Hamas. On peut constater que, parce que lors des affrontements précédents d’Israël avec le Hamas, celui-ci a été vaincu mais pas détruit, le Hamas a pansé ses plaies, puis a repris ses abjectes activités.

 

Ceux qui ignoreraient encore que l’Autorité Palestinienne ne vaut pas mieux que le Hamas ont sans doute besoin de quelques rappels historiques. L’AP est le nouveau nom de l’OLP ; c’est un conglomérat d’organisations terroristes fondé en 1964 sous l’égide des services secrets égyptiens de Gamal Abdel Nasser et du KGB soviétique, qui entendaient remplacer la lutte arabe islamique pour la destruction d’Israël afin que le territoire d’Israël retourne au dar a-islam, par un nouveau narratif. Lequel impliquait l’invention d’un “petit peuple” pour la circonstance menant une lutte d’émancipation nationale pour se “libérer” de “l’oppression impérialiste” israélienne.

 

L’OLP a pratiqué le terrorisme à outrance, tué des Juifs par centaines, tenté de renverser le Roi Hussein en Jordanie et plongé le Liban dans une guerre civile meurtrière. Elle en a été chassée vers la Tunisie, a fomenté deux insurrections qu’elle a baptisées “Intifada”, et s’en est trouvée récompensée en se voyant dotée d’un quasi Etat terroriste en Judée-Samarie.

 

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Federica Mogherini embrassant sur la bouche celui qui se déclare persuadé que les Juifs

sont responsables de la tentative allemande de les exterminer. Mogherini est simplement

attirée par les hommes mûrs.

 

Tant que l’Union Soviétique existait, la façade “lutte de libération nationale” a tenu, et l’OLP s’est présentée comme “laïque”. Le quasi Etat terroriste, l’Autorité Palestinienne, a été présenté comme laïc lui aussi à l’opinion internationale, mais peu à peu, le masque s’est craquelé. Le discours islamique a repris le dessus, et seuls ceux qui sont sourds et aveugles peuvent ne pas s’en apercevoir.  

 

Ceux qui sont un peu plus lucides savent que la principale composante de l’OLP a été et reste le Fatah, fondé par l’Egyptien membre des Frères Musulmans Yasser Arafat, neveu du sinistrement célèbre mufti islamiste Amin al-Husseini, ami d’Adolf Hitler, chantre de l’extermination des Juifs d’Europe, fondateur de la légion Waffen SS musulmane Handschar.

 

Le Fatah a été établi par Yasser Arafat en 1959, et le nom renvoie directement à la sourate 48 du Coran, al-Fath (victoire éclatante), dans laquelle on trouve ces mots : “A Allah appartiennent les armées des cieux et de la terre” (verset 4). Puis : “Qu’Il châtie les hypocrites, hommes et femmes, et les associateurs et les associatrices, qui pensent du mal d’Allah. Qu’un mauvais sort tombe sur eux. Allah est courroucé contre eux, les a maudits, et leur a préparé l’Enfer” (verset 6), “Allah vous a promis un abondant butin que vous prendrez” (verset 20). Sans doute est-ce parce qu’ils ont lu la sourate 48 que les membres de l’Internationale Socialiste ont accueilli le Fatah à bras ouverts et en ont fait un membre à part entière de leur organisation.

 

Le Fatah et l’OLP, donc l’Autorité Palestinienne, ne valent ainsi pas mieux que le Hamas, et sont juste un peu plus hypocrites.


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Une proposition que Kim Jong Un ne pouvait pas refuser (011406/18) Version imprimable
Analyse
jeudi, 14 juin 2018

 

Par Stéphane Juffa

 

A la veille de la rencontre de Singapour, je disais sur une radio bruxelloise qu’elle pouvait se solder par trois résultats possibles, par ordre ascendant de succès : une poignée de main doublée d’une promesse de maintenir le contact, un début de dialogue concret, ou un accord de principe prévoyant la dénucléarisation de la Corée du Nord.

 

La dénucléarisation de Pyongyang constituant le seul sujet d’intérêt de l’initiative américaine, l’unique objectif – mais combien important - de Donald Trump. L’avenir de la péninsule coréenne en dépend, mais aussi la quiétude du Japon, de Singapour, du Sud-Est asiatique, et, à peine à plus long terme, l’ensemble de la Planète.

 

Coexister avec la dictature la plus hermétique de la Terre possédant la capacité de construire des bombes atomiques et développant des missiles pour les transporter, constitue à tous les points de vue le danger le plus urgent à résoudre pour la sécurité de l’humanité.

 

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Donald Trump présentant le certificat de décès de la népotie des Kim

 

Outre le danger représenté par la bombe coréenne en elle-même, il est également nécessaire de considérer ses sous-produits, à l’instar de la diffusion de ces technologies en direction d’autres tyrannies. Dans cette observation, il faut souligner que ce sous-péril n’a pas attendu la mise au point de missiles intercontinentaux par le régime de Kim Jong Un, que tous les missiles iraniens sont des avatars de ceux qu’il a déjà développés, et que le réacteur nucléaire détruit par les Israéliens à Deïr Ez-Zor en Syrie, était lui aussi issu de la même origine et conçu et construit par les ingénieurs de Kim. L’exportation de savoir-faire nucléaire constituait l’une des sources essentielles de revenus à l’exportation de la République Populaire Démocratique de Corée.

 

Au vu de ce qui précède, la signature de l’ "accord de principe" à Singapour doit objectivement être perçue comme un évènement porteur de perspectives stratégiques majeures, de nature à modifier fondamentalement l’état des menaces pesant sur l’humanité, en les réduisant dans des proportions historiques.

 

Dans cette perspective, il aurait été maladroit, pour ne pas dire contre-productif, de se montrer plus précis dans le document préliminaire. C’est pour cette raison que je n’avais pas évoqué l’hypothèse de l’adoption d’un traité détaillé la veille de la rencontre. La formulation : "(…) la RPDC s'engage à travailler à une complète dénucléarisation de la péninsule coréenne" est parfaite à cet égard et permet de passer rapidement à la phase suivante.

 

Car pour parvenir à la dénucléarisation de la Corée du Nord, il faut d’abord déterminer avec précision ce qu’elle possède en matière nucléaire, où se situent ses installations et ses stocks divers, puis, comment, quand et par qui tout cela sera détruit, et enfin, qui sera responsable de la vérification de l’élimination des armes, des laboratoires, des sites de test, des entrepôts et des usines de ces équipements et matériels.

 

Faute de détenir les réponses précises à ces interrogations, on aurait dû exprimer génériquement dans un traité que Pyongyang s’engageait à détruire l’ensemble de ces objets. Et on laissait de la sorte à Kim Jong Un le soin de déterminer le mode opératoire afin d’y parvenir, ou l’on se dirigeait vers une guerre interminable d’interprétations qui aurait pu durer des années et menacer l’existence même de l’accord.

 

Maintenant, au contraire, il va falloir qu’un processus précis soit négocié, et l’on va ainsi savoir très rapidement si le dictateur est fiable dans la réalisation des engagements qu’il a pris. S’il est fiable, il va fournir les informations indispensables rapidement, de manière précise et sans faire d’histoires.

 

Or contrairement à ce qui s’est passé lors de la négociation de l’exécrable accord avec l’Iran, Donald Trump n’a pris pour l’instant aucun engagement envers son interlocuteur, et il maintient en activité la totalité des sanctions économiques. Et ce, non pas jusqu’à une éventuelle date quelle qu’elle soit, non plus que jusqu’à une échéance quelconque dans le processus dont j’ai évoqué les grandes lignes précédemment, mais jusqu’à ce que le gouvernement U.S. considère que les conditions suffisantes ont été remplies pour que la RPDC cesse définitivement de constituer une menace pour le monde.

 

Les sanctions ne sont pas "réversibles", comme dans le cas de l’Iran, elles sont intactes et maintenues jusqu’à nouvel avis.

 

Autre avantage, Kim n’a qu’un seul interlocuteur, ce qui permet à l’Administration Trump de n’avoir de comptes à rendre à personne, particulièrement pas à la Russie et à la Chine, qui ont des intérêts divergents, mais uniquement au législateur américain.

 

Donald Trump a certes accepté de surseoir aux exercices militaires que l’Armée américaine était censée entreprendre prochainement, conjointement avec celle de Corée du Sud. Trump fait ainsi montre de sérieux en relation avec le préambule de l’accord, qui provisionne que : "Le Président Trump s'est engagé à fournir des garanties de sécurité à la RPDC et le président Kim Jong Un a réaffirmé son engagement ferme et indéfectible à une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne".

 

Dans les faits, cette concession n’a aucune importance ; les USA continuent à maintenir un contingent de 35 000 hommes dans la péninsule, et surtout, une présence aéro-maritime massive à proximité de ses côtes, qui représente, de manière inchangée, la force principale de dissuasion face au million deux-cent-cinquante-mille soldats de Kim, et à ses dix millions de réservistes.

 

Ce n’est pas la suppression d’un exercice qui va changer quelque chose à cet équilibre, ce, d’autant plus que l’on peut estimer que les mesures de surveillance des activités militaires et nucléaires du Nord ne seront jamais plus intenses que durant la prochaine phase de négociations.

 

C’est l’une des raisons pour lesquelles les deux parties ont décidé que la réalisation du mémorandum d’accord débutera "très rapidement". C’est dans l’intérêt des deux camps, particulièrement de celui du dictateur, qui n’a pas envie que l’Amérique change d’avis.

 

Ce, d’autant plus que pour participer au sommet de Singapour, il a été contraint d’effectuer un certain nombre d’actes préliminaires témoignant de sa bonne volonté et de son sérieux. Là aussi, contrairement à l’Iran, qui ne subissait aucune pression militaire en parallèle des négociations avec les 5+1, l’une des raisons principales de parvenir à une accord, plus importante encore que l’éventualité de la levée des sanctions économiques, a été, pour la junte nord-coréenne, la pression et les menaces militaires constantes appliquées par Washington.

 

Et lorsque Kim a tenté de se soustraire à l’une de ces préconditions – probablement pour tester les Américains – posées par l’excellent Mike Pompeo lors de ses deux déplacements à Pyongyang, Donald Trump a décommandé sans hésiter la réunion prévue à Singapour. Celle-ci n’a été reprogrammée que lorsque l’engagement de la RPDC a été adéquatement tenu, en contact avec le Président du Sud, Moon Jae-in, et non avec des diplomates U.S.

 

Cela a évidemment constitué un avertissement cinglant de la part de l’Administration étasunienne pour la suite des évènements. Trump n’est pas Obama, qui se pliait à toutes les conditions des ayatollahs, y compris l’interdiction faite aux inspecteurs de l’AIEA d’analyser le site de Parchin et d’obtenir l’accès à la documentation de toutes les activités perses antérieures à l’accord, mêmes si ces engagements figurent noir sur blanc dans icelui.

 

Sous l’ère Trump, on sent bien qu’à la moindre incartade de Pyongyang, on reviendra à la situation ante, y compris la menace d’intervenir militairement afin de mettre un terme de façon brutale à la népotie des Kim. Cette menace est encore plus efficace après la réalisation par le régime du Nord des préconditions américaines, notamment la destruction du plus grand complexe nucléaire du pays et celle du site d’expérimentation des moteurs de fusées. En fait, des experts en armement comme Jean Tsadik considèrent que la RPDC a déjà perdu environ un tiers de son potentiel nucléaire avant même la mise en chantier de l’accord de Singapour.

 

Dans la dynamique qui prévaut, on se demande comment Kim Jong Un pourrait se dédire de l’engagement qu’il a pris et redevenir l’Etat terroriste par excellence. Ce qui nous inquiète, à Métula, c’est le moment où il se rendra compte qu’avec le désenclavement de son pays, les jours de la dictature absolue créée par son grand-père Kim Il Sung seront comptés. D’ailleurs, sans vouloir éventer un secret, ils le sont déjà : les Américains lui ont fait une proposition, comme on dit dans la Mafia, qu’il ne pouvait pas refuser.

 

C’était soit céder la place à l’issue d’un processus harmonieux, soit s’exposer à une confrontation militaire avec l’Oncle Sam. Or pour toute personne qui tient à sa peau, la première option est préférable. Reste que la Corée n’a pas besoin d’un dictateur. La meilleure option serait pour tout le monde que, dans quelques années – mais cela peut aller en fait très vite -, il accepte de s’exiler avec sa famille proche, par exemple en Chine, avec quelques-uns des milliards que sa famille a dérobés au peuple coréen. Mais c’est de la musique d’avenir.  

 

Pour le moment, on s’attend à l’ouverture des négociations la semaine prochaine ou peut-être la suivante. Dans un second temps, il s’agira de démanteler les infrastructures nucléaires, et cela coûte beaucoup d’argent que la RPDC n’a pas. Donald Trump a déjà prévenu que ce n’est pas le contribuable américain qui paiera la note, mais ceux du Japon et de Corée du Sud, les premiers bénéficiaires du processus en cours, qui ont les moyens de le faire. Et cela nous semble normal, les Etats-Unis n’ont pas à être indéfiniment la vache à lait du monde. Comme ils n’ont pas à payer 85 pour cent du budget de l’OTAN, et leurs voitures n’ont pas à être soumises à une taxe à l’importation en Europe de 10 pour cent, alors qu’elle est de 2.5 pour cent pour les Mercedes et les BMW importées aux USA. Il n’y a pas de raison, mais c’est le sujet d’un article en préparation par un spécialiste en économie, alors n’empiétons pas sur son domaine.

 

La partie en vue de la dénucléarisation de la péninsule coréenne n’est pas encore gagnée, mais elle a bien démarré. Elle ne manquera pas d’avoir des effets sur les autres principaux foyers conflictuels de la Planète, je pense évidemment à l’Iran en particulier.

 

Si Donald Trump gagne son pari en Extrême-Orient, il se présentera en Hercule sur le parvis des autres régimes despotiques et il sera difficile à esquiver. D’ailleurs, on perçoit déjà des changements d’attitude conséquents à Téhéran, avant même l’institution des nouvelles sanctions.

 

C’est l’effet d’un président U.S. qui a conscience de la gigantesque puissance de l’Amérique, et qui sait en jouer habilement, passant de la diplomatie à l’économie, sans omettre la dissuasion militaire. Ce n’était pas le cas avec le précédent, qui n’avait pas fait évoluer la résolution des conflits mondiaux d’un seul pouce. On doit même constater que la situation dans ce domaine avait partout empiré.

 

Reste qu’en Iran, plus de deux cents sociétés étrangères ont déjà plié boutique, dont une vingtaine de grosses boîtes. Au titre desquelles on peut citer Boeing, Airbus, Peugeot, le transporteur maritime Maerk, qui acheminait une grosse partie du brut perse, les grandes sociétés allemandes, etc.

 

La contre-dissuasion de l’U.E n’a pas fonctionné, elle a d’ailleurs procédé d’une démarche ridicule : Airbus va-t-il se voir exclure du marché américain pour rester en Iran ?

 

Il n’y a pas que le domaine économique qui est concerné, nos amis atomiciens ont observé qu’aucune centrifugeuse perse ne s’était remise à tourner en dépit de la dénonciation par Donald Trump de l’accord existant. Comme si les ayatollahs craignaient d’exciter le grand Satan. On aboutit à une situation cocasse : réinstauration de sanctions, plus dures qu’auparavant, mais maintien des engagements de la théocratie chiite. A quoi servait l’accord ?

 

Autre sujet d’intérêt et non des moindres : l’Iran évoque cette semaine la possibilité d’un retrait de ses troupes de Syrie ; Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, du rapatriement de ses miliciens. Encore plus étrange : depuis le début des négociations entre Téhéran et Jérusalem à Amman, cela fait plus de deux semaines, on n’a fait état d’aucun raid du Khe’l Avir sur une base iranienne en Syrie. Avant cela, ils se succédaient au rythme d’au moins deux par semaine.

 

Fayçal H., le chef de notre bureau d’Amman, affirme, péremptoire, que les négociations ne se sont pas arrêtées, et il est d’ordinaire bien informé. Pour le moment, à l’en croire, Téhéran se serait engagé à ne pas réparer ni réapprovisionner ses installations détruites, à ne pas envoyer plus d’hommes en Syrie, à s’abstenir de toute activité hostile à l’Etat hébreu, et à ne pas participer à l’offensive de l’Armée gouvernementale dans le Golan. Les engagements des ayatollahs incluent le Hezbollah. D’ailleurs, l’offensive en question n’a pas lieu.


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Bruxelles-Métula du 11 juin 2018 (011106/18) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 11 juin 2018

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/1518496021593893/ (Facebook).  Ou https://youtu.be/MhtuRVWSql0 (Youtube).

 

Le débriefing complet de la rencontre du troisième type de ce soir à Singapore entre Donald Trump et Kim Jung Un.

 

Le contexte stratégique. Les enjeux régionaux, coréens et mondiaux. La perspective iranienne. Les intérêts israéliens.

 

 

 
La lâcheté et l’hypocrisie de Merkel, Macron et May (info # 011006/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 10 juin 2018

 

Par Guy Millière

 

Si le voyage que Binyamin Netanyahou a effectué ces derniers jours à Berlin, Paris et Londres, avait eu pour but d’attirer l’attention de ses interlocuteurs sur le danger incarné par le régime des mollahs pour le monde et pour Israël, ce voyage aurait été inutile. Angela Merkel, Emmanuel Macron, et Theresa May savent en effet parfaitement ce qu’est le régime des mollahs, ce qu’il fait et ce qu’il projette. 

 

Si ce voyage avait eu pour but de transmettre à ses interlocuteurs davantage d’informations sur les sinistres desseins de l’Iran, ce voyage aurait été encore superflu. Les trois dirigeants européens ont à leur disposition des services de renseignement performants et efficaces, qui leur communiquent toutes les informations requises. Peut-être n’avaient-ils pas accès à tous les éléments inclus dans les documents saisis par le Mossad à Téhéran et exposés lors d’une récente conférence de presse par Binyamin Netanyahou, mais je ne doute pas que les services israéliens se sont déjà fait un plaisir de les inviter à les consulter.

 

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Lors de ce voyage, Binyamin Netanyahu a réclamé et obtenu une chose :

le soutien des trois M pour que l’Iran et le Hezbollah quittent totalement la Syrie

 

Si, enfin, ce voyage avait eu pour but d’expliquer la situation à Gaza, il aurait également été superfétatoire. L’Allemande, le Français et l’Anglaise disposent d’ores et déjà de toutes les explications, n’ignorent rien du Hamas et du Djihad Islamique palestinien, de l’oppression et du lavage de cerveau subis par les populations sous leur contrôle, de l’utilisation d’hommes, de femmes et d’enfants comme boucliers humains servant à abriter des tueurs antisémites espérant kidnapper et assassiner des Juifs israéliens.

 

Je pense, car cela me semble l’explication la plus logique, que Binyamin Netanyahou a effectué ce voyage pour que ses interlocuteurs fassent montre de l’étendue de leur lâcheté et de leur hypocrisie, et pour prendre date.

 

Sous cet angle, le voyage a été productif, Merkel, Macron et May ont admis que les activités  de l’Iran étaient “préoccupantes” et pouvaient nuire à la sécurité d’Israël. Ils ont admis aussi que des groupes présents à Gaza “pouvaient” se livrer à des activités terroristes.

 

Ils n’en sont pas moins restés rivés sur leurs positions. Ils sont même allés jusqu’à dire, contre toute évidence, que l’accord avec l’Iran sur le nucléaire fonctionnait positivement.

 

Angela Merkel a cru nécessaire d’ajouter que l’accord avait apporté de la “transparence” sur les activités de l’Iran, et a persisté pour faire comme si elle ne savait pas que l’un des problèmes majeurs de l’accord existant est précisément qu’il permet à l’Iran d’occulter une part essentielle de ses activités.

 

Sur la question palestinienne, la chancelière allemande a répété, comme un vieux disque rayé, l’attachement de l’Allemagne à la “solution à deux Etats” et la nécessité d’un “accord entre les deux parties” concernant le statut de Jérusalem. Elle sait toutefois fort bien que, comme l’avait rappelé un peu plus tôt Binyamin Netanyahou, la partie “palestinienne” ne veut pas d’un Etat à côté d’Israël, mais d’un Etat à la place d’Israël, et exige tout Jérusalem (que la partie “palestinienne” appelle al Quds) ; Madame Merkel sait aussi qu’il lui faut pratiquer le mensonge politiquement correct pour être une bonne politicienne européenne. 

 

Emmanuel Macron, avec l’arrogance cuistre qui le caractérise, est allé plus loin qu’Angela Merkel, et a affirmé que l’accord avec l’Iran était la “meilleure façon de contrôler les activités du régime des mollahs”, et il a accusé à mots à peine couverts Netanyahou et Trump de “provoquer une escalade”. Il a ensuite - implicitement cette fois - accusé Netanyahou d’être à la tête d’un Etat criminel, en revenant sur sa condamnation "de tout type de violence contre les civils depuis quelques semaines à Gaza”. Ce qui est une façon de dire que l’Armée israélienne est une bande d’assassins tirant sur des civils désarmés. Que valent ses promesses de combattre l’antisémitisme après l’énonciation d’une contrevérité aussi tragique ?

 

Les propos de Theresa May n’ont pas valu mieux que ceux de Merkel et Macron et ne méritent pas même d’être cités.


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Autorité Palestinienne : l’état des lieux (010904/18) Version imprimable
Analyse
samedi, 09 juin 2018

 

Est-ce que j’ai honte ? Oui, j’ai honte, et ce sentiment me hante de jour comme de nuit depuis des semaines maintenant. Pour ceux qui s’interrogent sur mes activités, je travaille quotidiennement, je rencontre aussi bien des responsables politiques palestiniens que des gens de la rue. Je passe au moins une journée par semaine sur le pourtour de la bande de Gaza, côté israélien, si bien que les militaires de Tsahal commencent à me connaître et me laissent aller pratiquement où je veux.

 

Pourquoi est-ce que je n’adresse pas plus d’articles à ma rédaction ? Parce qu’il n’y a pratiquement rien à dire, et que je n’ai aucune intention de vous infliger les déclarations incendiaires et contradictoires des responsables de l’Autorité Palestinienne, ou des barons de l’OLP, car celles-ci n’ont strictement aucune importance et personne ne les écoute.

 

En Cisjordanie, on vit la fin de règne de Mahmoud Abbas dans une atmosphère d’anarchie consommée, dans laquelle chacun veille à servir ses propres intérêts et à se placer politiquement pour la suite.

 

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Après lui le déluge ?

 

Abbas est très malade, à 82 ans, le président de l’AP, qui a déjà vaincu une fois le cancer il y a quelques années, a été hospitalisé à trois reprises durant le dernier mois de mai. Il a subi une importante intervention chirurgicale dans la tête et on a craint pour sa vie. Il se déplace avec grande difficulté, le souffle court, et il est pris de violentes et subites crises d’autorité, durant lesquelles il raconte quasiment n’importe quoi.

 

A témoin, sa déclaration fracassante selon laquelle les Juifs étaient responsables de la tentative d’éradication que leur ont fait subir les nazis. En raison de son état de santé, les réactions internationales, quoiqu’unanimes dans leur condamnation, ont été remarquablement modérées et surtout, elles n’ont pas été suivies de sanctions.

 

Abbas, lorsqu’il n’est pas en crise, consulte ses hommes de confiance, au nombre desquels Saëb Erekat, qui n’est pas beaucoup mieux logé que lui au chapitre de la santé. Erekat a été récemment traité dans des hôpitaux israéliens et dans un établissement de Virginie du Nord, où il a bénéficié d’une greffe de poumon dans ce qui ressemblait à une intervention de la dernière chance.

 

Pendant que les prétendants de toutes sortes se font les griffes, le plus dangereux d’entre eux est sans doute Mohammed Dahlan, un comploteur patenté, ancien chef des forces spéciales de l’AP, qui, en juillet 2007, est surtout connu pour avoir abandonné ses hommes à la mort lors du putsch du Hamas à Gaza. A la tête des soldats du Fatah, il avait fui en Egypte, prétextant des douleurs lancinantes au dos. En dépit du fait que le Fatah disposait de trois fois plus de combattants que le Hamas, et d’un armement autrement plus complet, les islamistes prirent le pouvoir après quelques jours d’affrontements et précipitèrent les officiers du Fatah du haut des plus grands immeubles de Gaza.

 

Depuis, il magouille avec tout le monde, que ce soit le Hamas, les Etats du Golfe, les autres pays arabes et les Israéliens. Il entretient des relations à caractère économique avec plusieurs dirigeants hébreux, dont il reçoit des cadeaux. Mohammed Dahlan est la personnification de la corruption qui ruine, de manière endémique, la société palestinienne. S’il parvenait à s’emparer du pouvoir, de nombreuses personnes auraient à craindre pour leur vie, car les lâches sont les plus dangereux lorsqu’ils disposent de la force.

 

Le territoire géré par l’Autorité Palestinienne n’est pratiquement pas gouverné. Aucun projet politique ou économique d’envergure n’y est visible. La population est occupée à trouver des moyens de subsistance, et elle est rongée par l’amertume et la déception. De plus en plus de gens, y compris des cheikhs et des imams, expriment publiquement qu’ils regrettent le temps de l’occupation israélienne, et que ce serait un bienfait si les "Juifs revenaient".

 

Mais cela ne s’inscrit pas dans les projets du gouvernement de M. Netanyahu, qui n’a aucune intention de se réapproprier les villes de Cisjordanie, principalement parce qu’en cas d’annexion, il faudrait donner à la population arabe des droits équivalents à ceux des Israéliens, ce qui mettrait en péril la majorité juive dans la démographie israélienne. Quant à l’option d’un régime d’apartheid, il s’agit d’un délire de la propagande antisémite, et nos voisins n’ont aucunement l’intention d’instaurer un pays comprenant des citoyens jouissant de droits politiques et juridiques différents.

 

La seule chose qui fonctionne dans les territoires gérés par l’AP est la police. La police secrète, qui s’emploie à juguler l’influence du Hamas et des autres mouvements islamistes, et la police en uniforme, qui s’occupe du maintien de l’ordre, de la coordination et de l’échange d’informations avec le Shin-Bet israélien, soit le contre-espionnage de l’Etat hébreu.

 

Sans le concours du Shin-Bet, le désordre s’installerait dans les villes palestiniennes en moins d’une semaine, ce qui n’est ni dans l’intérêt de Jérusalem, ni dans celui de Ramallah.

 

Peu de Cisjordaniens s’identifient aux émeutiers de la "Marche du retour" du Hamas à Gaza. Pour preuve, lors des massacres sacrificiels organisés par la Résistance Islamique Palestinienne [Hamas], prenant la Nakba et le transfert de l’ambassade américaine pour prétextes, il n’y eut que quatre mille personnes pour manifester ou se heurter à la police israélienne. Encore, la plupart étaient des "Arabes-israéliens" ; ce fut la commémoration la plus calme de la Nakba depuis au moins vingt ans, bien loin des 80 ou 100 000 personnes qui descendaient dans la rue, certaines années, à cette occasion.

 

Que ce soit à la Moukata [le siège du gouvernement de l’AP] de Ramallah ou au sein de la population, on sait pertinemment que le Hamas, au bord de l’effondrement, à court d’argent et de soutiens dans le monde arabe, lance des attaques de miliciens contre l’Armée israélienne, en les dissimulant parmi des milliers de civils. Des civils, que la junte démente qui contrôle la bande côtière rémunère afin qu’ils se sacrifient en buttant sur les défenses israéliennes.

 

Si cela fait les choux gras des nombreux journalistes antijuifs européens qui couvrent ces évènements, et si cela a pu momentanément abuser la compréhension de leurs dirigeants politiques, les résultats de ces orgies sacrificielles sont nuls. Le Hamas a perdu environ 80 combattants et 30 civils sans égratigner le moindre militaire adverse, ni "libérer" un centimètre carré de Palestine. Or cette nouvelle tentative, à caractère exclusivement militaire, va, à l’instar des roquettes et des tunnels "stratégiques", s’épuiser ; dans une semaine, dans un mois ou dans six. [Vidéo : une "manifestation pacifique" selon l’AFP].

 

Israël restera à sa place, les morts seront morts strictement pour rien, et l’argent, dilapidé en vain, au lieu de servir à atténuer la misère des Gazaouis, aura été englouti sans le moindre bénéfice. Vous parlez d’une victoire !

 

A court d’idées, les jeunes de la Bande sont désormais poussés à incendier les cultures de leurs voisins et les forêts qu’ils ont gagnées sur le désert. C’est un déshonneur qui maculera à jamais l’image de la cause palestinienne. Mais pas uniquement : en brûlant des récoltes et en assassinant la faune sauvage, les voyous de Gaza établissent un contre-jugement de Salomon qui marquera les esprits. Lors du jugement biblique, la mère accepta d’abandonner son enfant plutôt que de le voir couper en deux. Quant aux Gazaouis, qui prétendent que la terre située de l’autre côté de la barrière leur appartient, ils y mettent le feu. Quel peuple qui aime sincèrement sa terre la ramènerait à l’état de désert ?

 

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Les "manifestants pacifiques" palestiniens des journalistes fascisants ressuscitent la Luftwaffe

 

Mais qu’attendre d’une organisation d’illuminés religieux qui sont dénués de toute éthique ? J’ai vu des émeutiers, dans la liesse générale, brûler vif un âne affublé d’un drapeau israélien. J’ai vu des cadavres d’accidentés de la route, des gens morts dans les hôpitaux, dont des nourrissons, amenés vers la frontière afin de faire croire que c’étaient les Israéliens qui les avaient tués. J’ai vu des infirmières, dont la tâche consiste à protéger la vie, lancer des bombes incendiaires que leur tendaient des miliciens sur des champs cultivés. J’ai vu, aujourd’hui [vendredi], des émeutiers s’approcher de la frontière vêtus des pyjamas rayés des suppliciés des camps de concentration hitlériens. [Une vidéo montrant l’infirmière martyr Razan al Najjar en train d’incendier un champ cultivé].

 

Et je le dis bien fort : ces gens n’appartiennent pas à ma cause ! L’antijuivisme n’appartient ni à ma cause ni à mes rêves. Ils me font honte en tant que Palestinien, qu’Arabe et qu’être humain, et je ne vivrai jamais avec eux. Ni dans leur foi de dégénérés, ni dans leur haine. Ce n’est pas sur ces bases que l’on construit un pays. Et je l’affirme aussi, ils n’ont aucune intention de construire un pays, mais uniquement celle d’islamiser le monde et de massacrer les autres êtres humains qui ne partagent pas exactement leur démence.

 

Une question subsiste, qui pousse les journalistes dhimmis à excuser toutes les exactions des islamistes : si les Juifs ont volé la Palestine, tous les moyens sont bons pour la récupérer. Si les Juifs ont volé les maisons des Gazaouis, ces derniers ont le droit d’utiliser tous les recours pour les récupérer.

 

Mais c’est naturellement un autre mythe, instrumentalisé par le Hamas et les autres djihadistes afin de justifier leurs crimes auprès des incultes et des antijuifs : en 1948, il y avait certes une majorité d’Arabes – musulmans et chrétiens confondus – sur le territoire qui s’étend de la rivière à la mer. Mais il y avait aussi des Juifs, qui y vivaient depuis des siècles, et qui ne sont pas arrivés des entrailles de la Terre pour nous voler la Palestine.

 

La Palestine leur appartient tout autant qu’à nous, et eux avaient accepté le Plan de Partage de novembre 1947, proposé par l’ONU, sur la base des zones de présence majoritaire de Juifs et d’Arabes. C’est nous qui l’avons refusé, et qui avons tenté d’exterminer les Israélites en envahissant le territoire qui leur était dévolu. Au début de la Guerre de 1948, il y a exactement 70 ans de cela en ce mois de juin, les armées régulières d’Egypte, de Jordanie, d’Irak, de Syrie, du Liban, d’Arabie Saoudite, du Yémen, du Pakistan et du Soudan, soutenues par des officiers nazis exfiltrés d’Europe, envahirent l’Etat d’Israël proclamé depuis à peine quinze jours, et défendu par 30 000 soldats, peu armés et soutenus par personne.

 

Nous avons été défaits, de même que lors des guerres successives, mais par des gens qui vivent chez eux et qui ont défendu leur terre et leur vie.  Ce ne sont pas les Juifs qui ont attaqué les Arabes de Palestine, mais les pays suscités qui ont attaqué les Juifs. C’est cela la Nakba. Le désastre provient de ce que les armées arabes ont perdu la guerre.

 

Mais la plus grande faille de notre propagande reste la période s’étendant de 1948 à 1967, durant laquelle la Ligue Arabe existait – elle a été créée en mars 1945 – ainsi que pratiquement tous les principaux pays arabes actuels. Et en 29 ans, alors que toute la Cisjordanie, que toute la vieille ville de Jérusalem, que Gaza, que le Golan étaient exclusivement en mains arabes, et qu’aucune menace provenant des Israéliens ne revendiquait ces territoires, il ne fut jamais question de créer un Etat de Palestine.

 

Et s’il n’en fut jamais question, c’est que le concept d’un Etat palestinien n’avait pas encore été inventé, que personne n’avait encore décrété que nous formions un peuple. C’est là la stricte vérité. Je suis Palestinien, je veux vivre comme un citoyen libre dans un Etat libre et démocratique, je revendique mes droits, mais je ne suis pas un menteur. Et je ne crois pas qu’une cause juste doive recourir au mensonge pour faire prévaloir ses droits. Et je pense qu’un peuple qui recourt sans cesse au mensonge préjudicie son émancipation et ses droits légitimes à celle-ci.

 

Les Arabes auraient évidemment dû accepter le Plan de Partage de 1947, ils auraient dû accepter le retrait par les Israéliens des territoires occupés en 1967 en échange de la paix, en juillet 2000, à Camp David, Yasser Arafat aurait dû accepter la proposition de paix qui lui était proposée par Bill Clinton et Ehud Barak au lieu de déclencher la Seconde Intifada, et à la fin 2008, Mahmoud Abbas aurait dû accepter les conditions de paix qu’il venait de négocier depuis un an avec Tzipi Livni.

 

Je connais assez bien Mahmoud Abbas ; c’est un personnage confus, sans réelle stature d’homme d’Etat. Il n’a jamais eu les épaules assez larges pour faire la paix, pas plus que pour diriger un Etat. Il convient cependant de lui reconnaître trois réalisations importantes : avoir succédé à Yasser Arafat, démontrant ainsi que la cause palestinienne pouvait exister sans son fondateur historique et également évoluer dans sa forme. Avoir définitivement renoncé à la lutte armée avec Israël et dissous les Tanzim [bras armé du Fatah créé par Yasser Arafat], et avoir résisté, certes avec l’aide des Israéliens – mais il fallait avoir l’intelligence d’accepter leur aide – à la tentative incessante des islamistes de prendre le pouvoir en Cisjordanie et à la tête de l’Autorité Palestinienne.

 

Abbas a aussi eu raison de ne pas discuter avec Binyamin Netanyahu, qui, à la tête de la coalition dont il dépend, n’a jamais eu l’intention ni la capacité de faire la paix avec nous. S’il en avait été autrement, il aurait accepté de prendre pour base d’une entente le travail réalisé par les équipes de négociateurs palestiniens et israéliens en 2008. Même au prix de changements substantiels.

 

Aujourd’hui, si l’on veut bien regarder la situation en face, il n’y a qu’une puissance capable d’imposer un accord de fin de belligérance à notre différend, et c’est l’Amérique de Donald Trump. Qui plus est, il a l’intention de faire une proposition dans ce sens, juste après le Ramadan qui se termine jeudi prochain. Une proposition à laquelle Binyamin Netanyahu ne peut guère s’opposer.


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Les complices européens du Hamas (info # 010306/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 03 juin 2018

 

Par Guy Millière

 

Le Hamas est une organisation terroriste islamique antisémite qui veut détruire Israël et exterminer ses habitants juifs, ce qui en fait une organisation raciste à but génocidaire. C’est aussi une organisation totalitaire, qui endoctrine et fanatise la population sous sa coupe aux fins de faire de chacun de ses administrés un assassin en puissance ou un animal sacrificiel à envoyer à l’abattoir.

 

Ce que je viens d’écrire devrait relever de l’évidence et ne pas avoir à se trouver rappelé.

 

Ce que je viens d’écrire devrait dès lors impliquer que tous les dirigeants de pays démocratiques, qui se disent porteurs de valeurs éthiques, adoptent une attitude commune, réprouvent fermement et absolument tout ce qu’incarne le Hamas, souhaitent sa disparition et voient en sa destruction éventuelle un geste libérateur ainsi qu’un progrès pour la Planète.

 

Ce que je viens d’écrire devrait impliquer une attitude similaire de la part de tous les journalistes des mêmes pays démocratiques se prétendant porteurs des mêmes valeurs.

 

Ce n’est pourtant pas ce qui se passe.

 

Depuis que Donald Trump est président des Etats-Unis, l’administration américaine pratique la réprobation ferme et absolue qu’on est en droit d’attendre d’une administration américaine digne de ce nom. L’Amérique souhaite visiblement la disparition et la destruction du Hamas et ne fera strictement rien qui puisse les empêcher. Israël étant le pays agressé par le Hamas, l’administration Trump n’a de cesse de faire comprendre au gouvernement israélien qu’il dispose de tous les feux verts et de toutes les approbations de sa part pour se défendre.

 

Lors des récentes utilisations d’Arabes envoyés par le Hamas se faire tuer et servir de boucliers humains à des miliciens criminels espérant tuer des Juifs en franchissant la frontière séparant Gaza d’Israël, les condamnations du Hamas par l’administration Trump ont été claires et précises.

 

Dans l’ensemble, les journalistes américains ont eux aussi condamné le Hamas et décrit de manière assez scrupuleuse le comportement de cette organisation terroriste ainsi que son mode opératoire. Certains l’ont fait de manière plus distinctive, d’autres d’une manière plus diffuse, mais ce n’est que chez une minorité de journalistes d’extrême gauche qu’une mansuétude à l’endroit du Hamas a pu être observée.

 

Les choses en Europe, et tout particulièrement en France, sont très différentes.

 

Federica Mogherini, qui a en charge la diplomatie de l’Union Européenne, Angela Merkel, Theresa May, Emmanuel Macron ont, pour l’essentiel, fait comme s’ils ne savaient pas ce qu’est le Hamas et ce qu’il dissimulait sous l’appellation ridicule de "Marche du retour". Ils ont adopté la narration que le Hamas leur demandait d’adopter, et ils ont condamné Israël.

 

Emmanuel Macron s’est particulièrement distingué à cette occasion en accusant l’Armée israélienne de tirer sur des “civils désarmés”. Des politiciens à la retraite tels Jack Lang, qui dirige maintenant l’Institut du monde arabe, et Dominique de Villepin, devenu avocat du Qatar, ont tenu des propos plus abjects encore.

 

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La cheffe de la diplomatie européenne

 

Ils se sont tous conduits en complices du Hamas, donc en complices d’une organisation terroriste islamique antisémite à but génocidaire. Ils ont tous trahi les principes démocratiques les plus élémentaires et les valeurs éthiques qu’ils ne cessent pourtant d’invoquer. En acceptant son narratif frelaté et en participant à son marketing macabre, ils ont, tous, une écrasante responsabilité dans les activités du Hamas et contribuent à ce qu’elles perdurent. Ils ont, tous, sur les mains, le sang des victimes passées présentes et futures du Hamas, que ces victimes soient juives ou arabes.

 

La plupart des journalistes européens se conduisent comme les politiciens européens ; ils feignent ainsi d’ignorer ce qu’est le Hamas, reproduisant dans leurs articles et leurs reportages la narration que le Hamas leur demande de reproduire, et traînent Israël dans la fange. En plus de trahir les principes démocratiques les plus élémentaires et les valeurs éthiques qu’ils ne cessent d’invoquer, ils foulent au pied la déontologie de leur profession.

 

Ils sont plus obscènes encore que les politiciens européens en ce qu’ils sont les metteurs en scène des crimes commis par le Hamas.

 

Le Parlement européen a voté une condamnation du Hamas il y a quelques semaines, mais il n’a strictement aucun pouvoir. C’est dès lors très insuffisant. Vraiment très insuffisant.


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L’imposture palestinienne (info # 012705/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 27 mai 2018

 

Par Guy Millière

 

J’ai publié il y a quelques années un petit livre appelé "Comment le peuple palestinien fut inventé", composé pour partie de mes propres textes, et pour partie de ceux de David Horowitz.

 

Le livre expliquait que l’invention du “peuple palestinien” avait été le fait du KGB et des services de renseignement égyptiens au milieu des années 1960, et que leur but était de permettre au monde arabe musulman de changer l’image de la guerre qu’il menait contre Israël.

 

Jusque-là, le conflit avait été présenté comme une guerre islamique destinée à détruire l’Etat juif, à exterminer ses habitants et à les jeter à la mer.

 

Une guerre islamique ayant ce genre de but vis-à-vis des Juifs ne pouvait évidemment pas être très populaire dans le monde occidental.

 

Les inventeurs du “peuple palestinien” ont pensé que présenter les choses comme une “lutte de libération nationale” serait une excellente opération de propagande. Il fallait pour cela inventer un peuple opprimé. Ce fut fait. Il fallut inventer une organisation de lutte de libération nationale du peuple inventé. Ce fut fait également.

 

Il restait à compléter l’opération en décrivant Israël comme un pays “colonialiste”, “impérialiste”, dominateur, humiliant le peuple opprimé tout juste inventé. L’opération fut complétée. Elle consistait à transformer Israël, un petit pays victime du racisme génocidaire arabe, en puissance militaire expansionniste, appliquée à tourmenter le "peuple palestinien" en vue de s’emparer de ses terres.

 

Il restait aussi aux pays arabes musulmans à se présenter comme des soutiens du "peuple opprimé luttant pour sa libération". Ce fut accompli avec une remarquable rapidité.

 

L’ensemble dut aussi être propagé par les organisations léninistes dans le reste du monde, puis par les compagnons de route des léninistes : l’ensemble des idiots utiles constituant l’essentiel des mouvements de gauche. Les organisations islamiques se mirent de la partie et reçurent le soutien des organisations léninistes et des idiots utiles.

 

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Yasser Arafat avec Léonid Brejnev

En 1964, ils ont volé le nom "Palestinien" aux Juifs

 

Par un effet de contagion et d’intimidation, par celui des “chocs pétroliers” et d’intérêts financiers très myopes, des gouvernements de pays occidentaux en vinrent à dire que le “peuple palestinien” devait être libéré et avait toute légitimité à posséder un Etat.

 

L’organisation de lutte de libération nationale put pratiquer le terrorisme tout en se présentant comme une organisation de “résistance”, et ses actions terroristes furent peu à peu considérées avec mansuétude.

 

Ses dirigeants se présentèrent comme des adeptes de principes “démocratiques et laïques”, alors qu’ils étaient en réalité de sordides totalitaires islamiques, et ils furent graduellement traités comme des démocrates laïques.

 

En 1970, ils tentèrent de renverser le roi de Jordanie, furent écrasés, se replièrent au Liban, y débloquèrent les engrenages qui conduisirent à la guerre civile, furent sauvés (par la France), partirent en exil à Tunis, générèrent des insurrections, menèrent des campagnes d’attentats, furent récompensés par des pourparlers de paix qui n’étaient que la continuation de la guerre par d’autres moyens, et reçurent une autre récompense, sous la forme de la création d’un quasi-Etat voyou appelé Autorité Palestinienne. Ils en firent une base arrière pour d’autres campagnes d’attentats qui ne cessèrent que parce qu’Israël construisit une barrière de protection, et se virent concurrencés par une organisation plus monstrueuse encore que l’Autorité Palestinienne, émanation des Frères Musulmans, le Hamas (harakat al-muqâwama al-'islâmiya, “mouvement de résistance islamique”), aux buts génocidaires explicites.

 

Peu à peu, la propagande fit que le narratif “palestinien” imprégna les rédactions des journaux et magazines occidentaux, où l’on parla de “territoires palestiniens occupés”, de “colonies” juives. Israël gagna la guerre contre le terrorisme, mais perdit la guerre médiatique, et fut diabolisé.

 

Nous en sommes là. La diabolisation d’Israël est intense et omniprésente.

 

Des gens de gauche dans le monde entier s’imaginent généreux parce qu’ils soutiennent des terroristes islamiques antisémites et des tueurs de Juifs qui peuvent impunément arborer des croix gammées pour montrer leur admiration pour Hitler et le Troisième Reich.

 

Ils s’imaginent imprégnés d’une noblesse d’âme et être du côté d’un peuple opprimé alors qu’ils sont du côté de gens qui voudraient accomplir une seconde extermination de Juifs, sept décennies après la Shoah. Des gens qui, plutôt qu’apprendre la paix et la tolérance aux Arabes qu’ils prétendent représenter, injectent dans les cerveaux une haine raciste cousue d’idées répugnantes qui fabriquent de futurs assassins et autres auteurs d’attaques suicides.


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Un aéroport syrien attaqué à 20km au sud-ouest de Homs (012405/18) Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 24 mai 2018

 

© Metula News Agency

 

Jeudi 23h20 à Metula, 22h20 à Paris   

 

Plus tôt ce jeudi soir, l’aéroport d’al Dabaa a été la cible d’une violente attaque aérienne [carte]. Cet aéroport abritait un contingent important de plusieurs centaines de Gardiens de la Révolution khomeyniste et de miliciens chiites du Hezbollah libanais.

 

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Le chef de la Ména libanaise, Michaël Béhé, est parvenu à s’entretenir téléphoniquement avec deux témoins oculaires. Ceux-ci rapportent des explosions "monstrueuses".

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Map Pro

 

Les organes de propagande officiels du régime syrien ont reconnu qu’ "un de nos aéroports militaires a subi une attaque au missile et notre défense aérienne s’y est opposée et l’a empêchée d’atteindre ses objectifs".

 

A regarder la photo que nous reproduisons d’un site d’information arabe, non sans l’avoir préalablement authentifiée, nous nous demandons ce qui se serait passé si ce raid avait "atteint ses objectifs".

 

De nombreux media et agences, notamment israéliens, ont mal identifié l’objectif qui a été pris pour cible et ont diffusé des photos d’opérations militaires antérieures.

 

L’aéroport d’al Dabaa se situe au sud-ouest de Homs, juste sous (au sud du) le lac Qattinah. Il dispose d’une piste de 3km orientée Est-Ouest (100º-280º, 10-28 en aéronautique).

 

Les premières estimations locales font état de 34 morts et de dizaines de blessés. Michaël Béhé est convaincu que ces chiffres sont très nettement sous évalués.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Map Pro

 

L’intensité des explosions indique que des munitions qui étaient stockées dans le périmètre de l’aéroport ont sauté. La garnison irano-hezbollah sur place avait reçu de grandes quantités d’armes ces derniers jours en remplacement de celles détruites récemment probablement par le Khe’l Avir (l’Aviation israélienne).

 

A Métula, on ignore pour le moment si l’attaque a été conduite par des missiles ou par des chasseurs-bombardiers – possiblement des avions furtifs F-35 – larguant des bombes "intelligentes".

 

Plus tôt ce jeudi, nous avons appris qu’une autre base iranienne proche d’Abou Kamal, sur l’Euphrate, à l’extrémité orientale de la Syrie, à proximité de la frontière irakienne, avait également été bombardée par les airs.

 

Le régime de Damas met en cause un raid de la Coalition américaine, mais Washington a démenti toute implication dans cette opération et les militaires américains ne mentent jamais sur ces sujets.

 

Nous ignorons qui est responsable du bombardement d’Abou Kamal, mais nous savons qu’il a provoqué la mort de dizaines de Pasdaran iraniens et de leurs supplétifs chiites. L’objectif visé se situe sur l’itinéraire de l’ "Autoroute iranienne".

 

D’autre part, l’alerte à la pollution de l’eau potable à Métula se poursuit. La nature et l’origine de l’empoisonnement de l’eau n’ont pas encore été révélées par les autorités et les habitants sont contraints de consommer de l’eau minérale.

 

 
Conférences de Stéphane Juffa à Genève et Bruxelles la semaine prochaine Version imprimable
Communiqué
mercredi, 23 mai 2018

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Bruxelles-Métula du 23 mai 2018 (012305/18) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
mercredi, 23 mai 2018

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://www.facebook.com/radiojudaica/videos/1499240996852729/ (Facebook).  Ou https://youtu.be/r6TSTsXcneQ (Youtube)

 

Stéphane Juffa analyse la teneur de l’ultimatum adressé dimanche par le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo au régime théocratique iranien.

 

Juffa considère que l’Europe n’a pas les moyens de contourner les sanctions économiques U.S. les "plus dures jamais envisagées". L’administration américaine a d’ailleurs menacé d’écraser (to crush) les pays qui s’opposeraient à sa décision.

 

Il apparaît clair à l’analyste que la junte chiite au pouvoir à Téhéran dispose désormais de deux options : se plier aux exigences de Washington, ou se trouver affaiblie au point qu’elle risque d’être renversée.

 

Federica Mogherini, quant à elle, a déclaré qu’ "il n’existait pas d’alternative à l’accord existant" et a demandé "en quoi l’initiative américaine "a rendu ou rendra la région plus sûre (…) ?".

 

A Métula, nous nous nous interrogeons pour savoir si la cheffe de la diplomatie européenne ne saisit sérieusement pas qu’un Moyen-Orient sans Iran en Syrie, au Liban, au Yémen, sans missiles tirés sur Riad, sans programme de développement de missiles balistiques, sans menaces d’extermination quotidiennes contre Israël, et sans risques de voir l’Iran reprendre son programme nucléaire dans 7 ans, alors que tout son outillage est intact, serait plus sûr qu’aujourd’hui ?

 

 
Alerte à l'eau potable à Métula Version imprimable
Breaking News !
mercredi, 23 mai 2018

 

Dernière minute :

 

L’alerte générale est décrétée à Métula. Les autorités municipales et sanitaires ont interdit aux habitants de notre village frontalier de consommer l’eau du robinet. Le taux d’éléments nocifs dans l’eau est à ce point élevé que la population s’est également vue interdire de se laver les dents à l’eau courante.

 

Des spécialistes gouvernementaux sont à pied d’œuvre pour analyser les facteurs dangereux présents dans l’eau et en déterminer leur origine. A notre sens, il peut soit s’agir de pesticides utilisés par les agriculteurs locaux, soit, et c’est autrement plus préoccupant, d’un acte malveillant d’une organisation hostile. Rappelons que Métula touche pratiquement la ville libanaise de Kfar Kileh (25 000 hab.) aux mains du Hezbollah.

 

 
Autorité Palestinienne : le naufrage (info # 012005/18) Version imprimable
Analyse
dimanche, 20 mai 2018

 

Par Guy Millière

 

L’ambassade des Etats-Unis en Israël a donc été inaugurée le 14 mai, jour du soixante dixième anniversaire de la refondation de l’Etat juif au Proche-Orient. Ce fut une belle et émouvante cérémonie. Donald Trump est devenu, a juste titre, un héros pour le peuple israélien. Binyamin Netanyahou est lui-même célébré comme un grand homme d’Etat, à juste titre aussi.

 

En parallèle, la menace iranienne qui pesait sur Israël est en train de s’amoindrir à vue d’œil. Les roquettes tirées vers Israël depuis des positions iraniennes en Syrie ont toutes ou bien manqué leur cible, ou bien été détruites en vol. La riposte israélienne a été foudroyante et a infligé de très graves dommages aux positions iraniennes. La Russie n’a pas bougé, et les entretiens entre Binyamin Netanyahou et Vladimir Poutine, le 9 mai dernier, y sont pour quelque chose.

 

Vladimir Poutine entend préserver les bases russes en Syrie ainsi que le régime Assad, mais ne veut en aucun cas soutenir le régime iranien s’il se montre agressif à l’encontre d’Israël. Le Tsarévitch sait que l’Armée iranienne, si elle devait être confrontée à Tsahal, serait rapidement écrasée. Le régime iranien ne tient plus qu’à un fil, et, avant la riposte israélienne, la saisie par le Mossad de documents accablants pour la théocratie, en plein territoire iranien, avait montré que les mollahs et les Gardiens de la Révolution tenaient le pays d’une manière chancelante.

 

En parallèle aussi, l’Autorité Palestinienne a montré qu’elle n’était plus qu’un ectoplasme.

 

C’est le Hamas, et derrière lui le Djihad islamique, qui ont envoyé des gens brûler des pneus près de la frontière de Gaza, et des manifestants servant de boucliers humains à des islamistes djihadistes se faire tuer moyennant rémunération pour les familles des morts et des blessés.

 

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Abbas : pour qui sonne le glas ?

 

C’est le Hamas qui incarne désormais, de fait, les positions “palestiniennes”. Et le moins que l’on puisse dire est que le Hamas n’est pas un “partenaire pour la paix” et ne pratique même pas le double langage que Mahmoud Abbas et les dirigeants de l’Autorité Palestinienne ont pu utiliser parfois pour présenter un visage “modéré” aux idiots utiles occidentaux. Pour tenter d’exister encore face au Hamas, Mahmoud Abbas a tenu ces temps derniers un langage un peu plus ignoble, islamique et antisémite que d’habitude, mais ce sera peine perdue pour lui. Il ne mène plus le jeu.

 

Dans quelques jours vraisemblablement, tout au plus quelques semaines, l’administration Trump va présenter un plan de paix, et quel que soit son contenu, il sera refusé par l’Autorité Palestinienne, qui n’existe plus qu’à peine, et par le Hamas.

 

L’administration Trump pourra passer à l’étape suivante, qui sera sans doute un plan de paix sans Autorité Palestinienne et sans Hamas, mais avec les contributions de l’Egypte, de l’Arabie Saoudite, de la Jordanie, et des monarchies du Golfe (sauf le Qatar).

 

Ce ne sera pas la paix immédiatement. Le lavage de cerveaux des populations arabes de Gaza et de Judée-Samarie ne s’effacera pas de sitôt. L’Autorité Palestinienne et le Hamas ne disparaitront pas en quelques mois. Les populations du monde arabe ne seront pas débarrassées de la haine contre les Juifs et Israël qui les imprègnent depuis bien trop longtemps. Mais ce sera un pas immense dans la bonne direction.


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Encore une base iranienne en Syrie qui part en fumée (info # 021805/18) Version imprimable
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vendredi, 18 mai 2018

 

© Metula News Agency

           
On nous rapporte en ce moment de très importantes explosions dans la base aérienne d’al Raqeetah, juste à l’ouest de la ville de Hama (Khama) au centre de la partie habitée de la Syrie [carte].

 

raqeetah_apt.jpg

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Les colonnes de fumée émanent de l’ensemble de la base, construite autour d’une piste d’aéroport orientée Est-Ouest d’une longueur de 2.8km. Voir la vidéo de la base en feu :

https://www.youtube.com/watch?v=hkZ5R9BEmsE&feature=youtu.be

 

On ignore si c’est le Khe’l Avir (l’Aviation israélienne) qui est responsable de ces déflagrations.

 

De nombreux Pasdaran [Gardiens de la Révolution khomeyniste] étaient casernés à al Raqeetah. Ils y avaient récemment et entre autres activités déployé des batteries de missiles antiaériens à longue portée Bavar-373.

 

Le Bavar [Crois !] est une imitation du S-300 russe développée par les Iraniens. 373 est le chiffre