Sénatoriales françaises : Macron rate son pari (info # 012508/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 25 septembre 2017

 

Par Amram Castellion

 

Hier 24 septembre, la moitié des départements français élisaient leurs sénateurs, soit 171 des 348 sénateurs élus pour 6 ans (l’autre moitié sera élue ou réélue dans trois ans). Contrairement aux députés élus au suffrage universel direct, les sénateurs sont élus par un collège électoral formé de tous les élus du département (députés et sénateurs, conseillers régionaux, conseillers départementaux, conseillers municipaux).

 

Il y a encore quelques jours, le parti du président expliquait que le Sénat ne pouvait pas échapper à la profonde refondation politique lancée par Emmanuel Macron pour transformer la France. Hier, les grands électeurs – tous des élus du peuple, qui passent leur vie à écouter l’opinion des Français et à calculer comment se faire eux-mêmes réélire – ont massivement conclu que le discours présidentiel ne pouvait pas être pris au sérieux.

 

Alors que Macron, après son élection à l’Elysée, avait convaincu 29 sénateurs (presque tous précédemment socialistes) de rejoindre son parti et former un groupe macroniste au Sénat, le parti présidentiel aura presque certainement un nombre réduit d’élus dans la nouvelle assemblée (entre 23 et 27). Ils n’y seront que la quatrième force politique, après la droite (en forte progression, de 142 élus dans la précédente assemblée à environ 170 aujourd’hui) ; les socialistes (entre 67 et 71 sénateurs) et les centristes (environ 50 sièges).

 

Les principaux enseignements qui peuvent être tirés de cette monumentale défaite du président sont les suivants.

 

La classe politique ne croit pas que la remontée récente de la popularité de Macron (45% dans le dernier sondage Ifop) soit le signe avant-coureur d’une réorganisation généralisée de la carte politique en sa faveur. En effet, cette amélioration de la popularité présidentielle s’est surtout faite parmi les électeurs de droite. Ceux-ci, s’ils peuvent apprécier le contenu de la réforme du droit du travail et d’autres projets du président, ne vont pas pour autant abandonner leur famille historique au jour du vote. Ils continuent à faire confiance à la droite pour conduire, le jour où elle reviendra au pouvoir, une politique de droite. Ils ne sont pas convaincus que Macron pourrait se substituer à leurs partis traditionnels.

 

Le président a donc probablement définitivement échoué dans la moitié, au moins, de sa stratégie politique initiale. Celle-ci consistait à rassembler autour de lui l’ensemble des modérés de droite et de gauche et à ne laisser dans l’opposition que les extrémistes des deux bords.

 

Ce programme a parfaitement réussi à gauche, où le parti socialiste s’est désintégré entre une aile gestionnaire, dont la plus grande partie a rejoint Macron, et une aile révolutionnaire, qui est venu grossir les rangs de l’extrême-gauche mélenchonienne.

 

A droite, en revanche, malgré les gestes très importants du président vers la droite modérée – nomination d’un Premier ministre et de plusieurs ministres issus de ses rangs, premières réformes centrées sur des priorités de droite (droit du travail, programmes scolaires) – seule une minorité a rejoint le président. La grande majorité des structures traditionnelles tient bon. Il faut dire que la droite modérée a aujourd’hui une opportunité historique qui devrait la retenir de franchir le pas : l’affaiblissement brutal et inattendu du Front National a créé sur sa droite une immense réserve de voix qui, déçues et désabusées d’avoir été trompées par la famille Le Pen pendant trente ans, pourraient être prêtes à revenir vers la droite classique si celle-ci lui fait les avances nécessaires.

 

La réforme des institutions que souhaitait Macron est désormais, presque certainement, morte et enterrée. Le président voulait réduire d’un tiers le nombre des parlementaires et introduire une dose de proportionnelle à l’Assemblée nationale. Il lui faudrait pour cela une majorité de trois cinquièmes des parlementaires, soit 555 députés et sénateurs. Mais aujourd’hui, le nombre total des parlementaires de son parti et du parti centriste allié Modem n’est que de 375 environ. On ne voit pas dans quelle configuration un président affaibli par les résultats d’hier pourrait obtenir les 180 ralliements nécessaires à cette réforme.

 

Les premiers indices ne semblent pas montrer que le camp macronien ait pris la mesure de la signification de sa défaite. Le nouveau président du groupe macronien au Sénat, François Patriat (un homme de 75 ans qui fut élu socialiste pendant 40 ans et appelle maintenant à la « disparition du monde ancien ») a couru hier soir les plateaux télévisés pour ironiser sur des grands électeurs qui auraient « voté pour leur boutique » et ne comprendraient pas l’importance historique de l’avènement du macronisme. Ce genre d’attitude, si elle reflète celle du camp macronien dans son ensemble, est la meilleure manière pour faire en sorte que les Français finissent par décider de faire de cet avènement une parenthèse sans conséquence.

 

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"Sénateur Patriat, je suis content de vous !"

 

Pour autant, l’essentiel du programme de réformes du président de la République n’est pas immédiatement menacé. Après la réforme du Code du travail, déjà actée, le gouvernement doit préparer une réforme fiscale (transfert des recettes des cotisations sociales vers la CSG), une réforme de l’assurance-chômage, une réforme des retraites et une réforme du statut de la SNCF. Or la défaite d’hier aux sénatoriales ne réduit en rien la capacité du gouvernement à mener ces réformes. D’une part, il conserve la majorité à l’Assemblée nationale, qui a le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat. D’autre part, une partie importante de ce programme a l’assentiment – au moins sur les principes – de la droite qui domine désormais l’opposition.

 

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Malgré les menaces, 5778 est une année pleine de promesses pour Israël et les Juifs (info # 012409/1 Version imprimable
Analyse
dimanche, 24 septembre 2017

 

Par Guy Millière

 

La célébration de Rosh Hashana, le nouvel an juif, vient d’avoir lieu. Cela nous donne l’occasion de porter un regard d’ensemble sur le futur des Juifs du monde et sur Israël.

 

A certains égards, il y a lieu à mes yeux d’être inquiet : l’antisémitisme est de retour de façon très nette en divers points de la planète, et en particulier en Europe. Ce retour de l’antisémitisme risque d’être persistant pour des raisons dont j’ai déjà traité : ceux qui combattent l’antisémitisme, individus ou organisations, se tournent presque uniquement contre l’antisémitisme d’extrême droite et laissent de côté l’antisémitisme musulman, qui demeure un tabou, et dont il reste très difficile de parler. Or, l’antisémitisme musulman est l’antisémitisme qui agresse et tue des Juifs aujourd’hui. Impossible d’imaginer un recul de l’antisémitisme tant que le combat contre l’antisémitisme sera hémiplégique et laissera de côté ce qui devrait être aujourd’hui sa cible principale.

 

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5778 : technologie et motivation

 

Une autre source d’inquiétude pourrait être l’évolution des Juifs américains. L’immense majorité de ceux-ci reste à gauche, voire très à gauche, et continue de soutenir un parti, le parti Démocrate, qui, parce qu’il est lui-même de plus en plus à gauche, adopte des orientations de plus en plus nettement “propalestiniennes”.

 

L’une des conséquences de ce phénomène est qu’un nombre croissant de jeunes Juifs américains se détachent du judaïsme (47 pour cent des Juifs américains de dix-huit à trente ans disent ne plus se considérer comme juifs). Une conséquence supplémentaire est l’affaiblissement du soutien des Juifs américains à Israël. En dehors de la Zionist Organization of America [organisation sioniste d’Amérique], que dirige Morton Klein, le principal soutien apporté à Israël aux Etats-Unis vient d’une organisation évangélique, Christians United for Israel (CUFI) [chrétiens unis pour Israël], que les Juifs de gauche américains trainent souvent, très injustement, dans la boue.

 

Ces inquiétudes sont compensées par le fait que les Juifs du monde entier ont désormais un pays, et ce pays, Israël, n’a jamais été aussi prospère et puissant. Il y a certes des pauvres en Israël, et divers problèmes économiques, mais Israël ne peut, hélas, pas fonctionner comme une société vivant en paix, et la situation de guerre incessante entraîne son lot de conséquences.

 

Israël n’en est pas moins un pays dynamique, créatif, innovant, créateur d’emplois et d’entreprises, pleinement tourné vers l’avenir et confiant en son propre futur. Israël est un pays dont le taux de natalité au sein des populations juives est très positif, et reflète une population qui rajeunit, alors que les pays occidentaux vieillissent, et pour ce qui concerne l’Europe, paraissent engagés dans les engrenages d’un suicide collectif.

 

Israël a, face à lui, un ennemi puissant, le régime des mollahs en Iran, qui ne cesse de proférer des menaces génocidaires et qui finance le Hezbollah et le Hamas, soutient le régime d’Assad, et dispose d’unités militaires sur le sol syrien. Mais Israël, depuis le mois de janvier dernier, possède à la Maison Blanche non plus un ennemi perfide – Barack Obama, mais Donald Trump, un ami sincère dont l’amitié est indéfectible. Et Trump a fixé des lignes rouges aux mollahs iraniens, qui savent qu’il serait très périlleux pour eux de les franchir.

 

Israël se repose sur une armée qui est la plus avancée technologiquement du Proche-Orient et l’une des plus avancées technologiquement au monde, et cette armée peut compter sur le soutien de l’Armée américaine. Les mollahs iraniens le savent aussi. L’Etat hébreu peut en outre compter sur la neutralité bienveillante de Vladimir Poutine, qui, tout en plaçant ses pions sur l’échiquier mondial et tout en étant allié de l’Iran, ne se conduit pas en ennemi d’Israël, et sait sans aucun doute dire aux mollahs iraniens qu’il est hors de question qu’ils aillent trop loin.

 

Israël a, enfin, un Premier ministre qui compte parmi les grands hommes d’Etat et les grands stratèges du monde contemporain, Binyamin Netanyahu. Celui-ci travaille en synergie avec Donald Trump sur tous les dossiers essentiels, à commencer par le dossier iranien.

 

Netanyahu a su mettre en œuvre un rapprochement entre Israël, plusieurs pays d’Europe centrale, d’Afrique, d’Amérique latine et les pays sunnites du statu quo (émirats du Golfe, Arabie Saoudite), tout en renforçant la coopération avec l’Egypte. Et cela compense l’hostilité sournoise de l’Europe occidentale et de pays tels que la France et l’Allemagne aux dépens d’Israël.

 

Il a su mettre la “question palestinienne” à l’arrière-plan, sachant fort bien qu’elle n’est pas du tout la question centrale pour Israël et le Proche-Orient aujourd’hui.

 

Globalement, malgré les sources d’inquiétude, malgré l’existence de menaces, parce que Donald Trump est à la Maison Blanche, parce qu’Israël est ce qu’il est, parce que Binyamin Netanyahu est Premier ministre d’Israël, la situation des Juifs du monde n’a jamais été aussi bonne depuis des siècles. La situation d’Israël n’a jamais été aussi bonne depuis la (re)fondation de l’Etat du peuple juif.

 

Je n’ai pas parlé du harcèlement que subissent Binyamin Netanyahu et les membres de sa famille. Ce harcèlement est vil et indigne.


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L’Aviation israélienne a attaqué l’aéroport international de Damas tôt ce matin (info # 022209/17) Version imprimable
Breaking News !
vendredi, 22 septembre 2017

 

Par Michaël Béhé à Beyrouth © Metula News Agency

 

Beyrouth, vendredi 12h45 11h45 à Paris

 

Plusieurs sources arabes font état ce vendredi d’un triple raid de l’aviation israélienne sur une portion de l’aéroport international de Damas.

 

L’attaque s’est produite peu avant l’aube. Elle visait la partie de l’aéroport confiée par le régime de Bashar al Assad à l’Armée iranienne et à ses supplétifs de la milice chiite libanaise Hezbollah.

 

J’ai pu m’entretenir avec deux témoins oculaires syriens qui m’ont confirmé la nouvelle et qui m’ont rapporté que de très imposantes flammes s’échappaient des cibles frappées par les pilotes hébreux, comme en témoignent les images prises par des voisins de l’aéroport.

 

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Photo des suites des attaques de l’Aviation israélienne ce matin

 

Deux hypothèses sont à retenir :

 

1. La première, la plus plausible, voudrait que les militaires israéliens aient décidé d’anéantir les installations et les stocks de matériel ayant servi, mardi dernier, à envoyer un drone à destination d’Israël. Tsahal aurait utilisé la surprise en lançant ce raid en pleine fête du Nouvel an juif – Rosh Hashana -, ce qu’il ne fait que lors d’occasions exceptionnelles.

 

2. La seconde indiquerait que ce sont les Iraniens et les Syriens qui entendaient profiter de la grande fête israélite pour organiser un convoi d’armes à destination du Hezbollah au Liban, escomptant que le Khe’l Avir n’interviendrait pas à Rosh Hashana, ce qui est plus aléatoire.   

 

L’autre question qui se pose est de savoir si les appareils à l’étoile de David se sont approchés de leur objectif ou s’ils ont lancé leurs missiles à partir des territoires israélien ou libanais.

 

La seconde éventualité a l’avantage de moins exposer la vie des pilotes à la DCA syrienne et de ne pas irriter les Russes qui ont déployé une vingtaine de Mig sur le tarmac de l’aéroport international.

 

De plus, cette option, grâce à la précision chirurgicale des nouveaux missiles israéliens, présente des gages de succès équivalents à une attaque rapprochée.

 

On peut, de plus, se demander comment les Iraniens auraient pu faire décoller un drone sur un aéroport sur lequel les Russes sont présents sans obtenir leur aval. Cela laisse penser à un double jeu habituel de la part du Président Vladimir Poutine, qui veut à la fois se faire passer pour un arbitre et un belligérant aux côtés de ses alliés.

 

La rédaction à Métula ne signale aucune disposition particulière de l’Armée relative au risque d’une réplique syrienne. A noter que des centaines de milliers de touristes israéliens arpentent en ce jour férié le Doigt de la Galilée et que, tant que faire se peut, Jérusalem n’entend pas créer la panique parmi eux.

 

A l’heure qu’il est, le porte-parole de Tsahal a déjà annoncé qu’il ne commenterait pas ces informations. On ne signale pas non plus de réaction du régime syrien et du Hezbollah.

 

 
Qui, en Europe, se souvient du 5 septembre 1972 ? (info # 012209/17) Version imprimable
Analyse
vendredi, 22 septembre 2017

 

Par Guy Millière

 

J’ai cherché dans la presse française une mention des tristes anniversaires qui ont marqué ces derniers jours. Le 11 septembre 2001 a été très brièvement évoqué. C’est logique. Seize années se sont écoulées depuis, et le terrorisme islamique n’a pas cessé d’assassiner. Si, aux Etats-Unis, un président qui ose dire les mots “terrorisme islamique” est au pouvoir, il a eu un prédécesseur indigne, qui n’a cessé d’exonérer l’islam lors de chaque attaque menée par des islamistes. En Europe, chacune de leurs agressions est suivie par des propos rappelant que les islamistes sont des marginaux qui n’ont rien à voir avec une grande religion de paix, d’amour et de fraternité. Souvent, suivant une attitude servile d’apaisement, les mots “islamistes” ou “islamique” sont intentionnellement bannis des comptes rendus.

 

Aucun journal français ne s’est arrêté sur la date du 5 septembre 1972. Logique aussi. Ce jour-là, il y a quarante-cinq ans, des athlètes et des membres de l’équipe olympique israélienne ont été enlevés, séquestrés, torturés, et dans certains cas mutilés à Munich.

 

La presse française en avait parlé à l’époque, puis était passée à autre chose. Les Jeux Olympiques ont rapidement repris, et en relater les péripéties sportives était bien plus important.

 

Les incitations à la haine d’Israël avaient commencé à s’installer dans les media français et européens. La “politique arabe” de la France, initiée par le Général de Gaulle, était en plein essor. Les inclinations “propalestiniennes” de la France commençaient à prendre forme.

 

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Le temps où le terrorisme arabe commençait à se pencher sur l’Europe

 

En Allemagne, vingt-sept années seulement s’étaient écoulées depuis la chute du Troisième Reich et depuis la chute d’Auschwitz, et l’événement était embrassant : des Juifs enlevés, séquestrés, torturés, dans certains cas mutilés en Allemagne, cela faisait pour le moins désordre. La presse allemande avait néanmoins traité l’événement comme la presse française l’avait fait. Le gouvernement allemand n’avait émis aucune objection à la reprise des Jeux Olympique. Et on le sait désormais, l’Allemagne mettait en œuvre sa propre politique arabe et des inclinations “propalestiniennes” à l’époque.

 

Des contacts existaient entre le gouvernement allemand et l’OLP ; ils se sont poursuivis par la suite comme si rien ne s’était passé. Trois des terroristes “palestiniens” arrêtés au moment de l’attaque ont été relâchés quelques semaines après les faits, démontrant que les vies juives en 1972-1973 ne valaient toujours pas très cher aux yeux des autorités allemandes.

 

Les journaux allemands ont parlé du 5 septembre 1972. Un peu. Ils l’ont fait parce qu’un "lieu de mémoire" a été ouvert pour le souvenir de l’attaque du 5 septembre 1972. Il a fallu quarante-cinq ans pour que la mémoire vienne à l’Allemagne. Et encore, cette mémoire a des trous : rien dans le lieu de mémoire ne rappelle le degré d’atrocité de ce qu’ont subi les Israéliens assassinés. Rien n’y indique où que ce soit que le financier des attaques était la crapule antisémite et négationniste que les Européens qualifient de président de l’Autorité Palestinienne et rêvent de voir président de l’Etat de “Palestine”.

 

Les veuves et les enfants des Israéliens tués étaient présents à la cérémonie. Ilana Romano, épouse de Yossef Romano, l’un des athlètes assassines, a expliqué que si quarante-cinq années s’étaient écoulées entre l’attaque et la construction du lieu de mémoire, c’est parce qu’une immense force d’inertie nettement teintée d’antisémitisme s’y était opposée.

 

Le Président d’Israël, Reuven Rivlin, venu pour inaugurer le lieu de mémoire a rappelé ce qui devait l’être : que plusieurs des victimes de l’attaque du 5 septembre 1972 étaient des enfants de survivants de la Shoah, et que quarante-cinq ans après, le terrorisme fait toujours des victimes innocentes. Il a ajouté que le lieu de mémoire devrait envoyer un message au monde entier et lui dire de ne pas céder devant la terreur, “que ce soit à Barcelone, Londres, Paris, Berlin, Jérusalem ou en tout autre endroit”.

 

C’étaient là des propos diplomatiques. Reuven Rivlin ne peut ignorer qu’un délai de quarante-cinq ans signifie que l’Allemagne, comme le reste de l’Europe, a déjà cédé.

 

Il ne peut ignorer que les trous de mémoire dans le lieu de mémoire et le statut conservé par Mahmoud Abbas signifient que l’Allemagne, comme le reste de l’Europe, a effectivement déjà cédé.


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Drone iranien, éventuelle risposte israélienne et la sioniste BFM TV (012009/17) Version imprimable
Analyse
mercredi, 20 septembre 2017

 

Par Stéphane Juffa

 

Hier (mardi) un drone de fabrication iranienne, parti de l’aéroport international de Damas, qui se dirigeait vers le territoire hébreu, a été abattu par la DCA israélienne sans avoir pu traverser la frontière.

 

L’avion sans pilote a été intercepté par un missile Patriot de conception américaine, tiré à partir d’une base du Khe’l Avir (Armée de l’air) dans la région de Tzfat (Safed), à 35km à vol d’oiseau de sa cible. Le Patriot a traversé la vallée de la Khoula (vallée du Jourdain) avant de désintégrer son objectif.

 

Il s’agit probablement d’un drone d’observation télécommandé par le Hezbollah libanais. Les enquêteurs de Tsahal analysent toujours l’incident et tentent notamment de savoir si l’aéronef était armé. L’investigation est rendue difficile par le fait que les débris se sont écrasés du côté syrien du Golan, à proximité immédiate de la ville de Kouneitra.

 

Selon notre estimation, les résultats de l’enquête de l’Armée israélienne ne seront pas rendus publics.

 

Ce n’est pas le premier incident aérien qui survient dans cette région ces dernières années. En mars dernier, un missile syrien évoluant en haute altitude avait été intercepté par un Khetz lors de sa première utilisation opérationnelle.

 

En juillet 2016, un drone russe était parvenu à pénétrer l’espace aérien hébreu sur une profondeur de 4km au-dessus du Doigt de la Galilée. Deux tirs de Patriots ainsi que celui d’un missile largué par un chasseur n’avaient pas réussi à abattre l’intrus qui avait, semble-t-il, réussi à regagner la Syrie indemne.

 

En septembre 2014, un Soukhoï-24 de l’Armée gouvernementale syrienne avait été détruit par un Patriot, dans la même zone qu’hier, alors qu’il avait parcouru 800 mètres dans le ciel israélien. Les deux pilotes s’étaient éjectés et leurs parachutes s’étaient posés en territoire syrien.

 

Le porte-parole de Tsahal, le Brigadier Général Ronen Manelis, a confié aux journalistes que l’Armée ne permettra pas aux groupes terroristes de pénétrer le territoire israélien ni même de s’en s’approcher.

 

Quant au ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, il a "mis l’accent sur le niveau élevé de préparation de l’Armée de Défense d’Israël, qui sait comment gérer n’importe quelle surprise, chaque problème et chaque menace". Le ministre a en outre déclaré que "quiconque tente de s’en prendre à notre souveraineté doit savoir qu’il paiera pour cela un prix élevé. Très élevé".

 

Il semble que cette menace n’était pas lancée en l’air, puisqu’au moment où elle était formulée, l’Agence Nationale de l’Information (ANI) officielle libanaise annonçait que le Khe’l Avir avait mené deux raids sur la colline de Tal al-Rachacha, à l’est du village libanais de Chéba, sur les contreforts du mont Hermon.

 

A ce moment, moins d’une heure après l’interception du drone, la région de Tal al-Rachacha, de même que l’extrémité du Doigt de la Galilée faisaient l’objet d’intenses survols par les chasseurs-bombardiers frappés de l’étoile de David.

 

Le lieu-dit al-Rachacha se situe à moins de 10km de la rédaction et nous possédons une excellente vision sur ce qui s’y déroule. Cette zone montagneuse autour de Chéba est littéralement infestée de miliciens de l’organisation terroriste chiite libanaise du Hezbollah.

 

Il existe de fortes probabilités pour que les positions visées par les F-16 aient participé à la tentative d’incursion du drone, par exemple en relevant ses positions et/ou en s’occupant de le télécommander, ce qui, passée la chaîne du Golan, était peut-être impossible à réaliser depuis Damas.

 

Nous formulons ces hypothèses sur la base du fait que Tsahal n’attaque jamais des objectifs "par hasard", et que, lors de représailles, ils ont toujours un lien avec l’activité de l’ennemi dont elles sont l’objet.

 

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Un missile Patriot tiré depuis la base de Tzfat

Photo : Municipalité de Tzfat

 

 

Couverture journalistique scabreuse de BFM TV

 

Sur le site Web de BFM TV, la nouvelle de l’incursion de l’avion sans pilote iranien était précédée de deux paragraphes justifiant implicitement cette tentative par l’affirmation selon laquelle l’Etat hébreu "occupe" le plateau du Golan syrien.

 

Le premier de ces avertissements, incrusté sur une photo, se lit dans ces termes : "Vue d'une partie du secteur du plateau du Golan occupé par les Israéliens", et le second : "Israël occupe depuis 1967 quelque 1.200 km2 du plateau du Golan annexés. Une décision jamais reconnue par la communauté internationale. Environ 510 km2 restent sous contrôle syrien".

 

Le lecteur se convaincra de ce que ni la photo, ni les deux textes proposés par BFM ne possèdent le moindre rapport direct avec le titre de la dépêche stipulant : "Israël intercepte un drone du Hezbollah venu de Syrie".

 

Quant au troisième paragraphe, le premier à relater l’incident objet du câblogramme, il avance ce qui suit : "L'armée israélienne a intercepté mardi un drone du Hezbollah libanais de fabrication iranienne qui effectuait une mission de reconnaissance au-dessus de la partie du Golan annexé par Israël, a indiqué l'armée dans un communiqué".

 

D’abord, BFM ment : l’Armée israélienne n’a bien évidemment jamais mentionné dans un communiqué "la partie du Golan annexé par Israël". On est en présence d’une faute ontologique extrêmement grave, impliquant le détournement intentionnel des propos d’une personne (physique ou morale) à son détriment.

 

La même faute se répète dans le paragraphe suivant, qui attribue au porte-parole (de Tsahal), la déclaration selon laquelle le drone a été abattu dans "la zone démilitarisée qui divise le plateau du Golan entre LA PARTIE OCCUPEE PAR ISRAEL et celle restée sous contrôle de la Syrie".

 

Au fond maintenant : sémantiquement, l’on comprend en lisant cet article que l’Armée israélienne se trouverait sur un territoire syrien qu’elle aurait annexé et qu’elle occuperait. C’est difficile de ne pas s’en apercevoir, car cela est répété à six reprises dans un article de quatre petits paragraphes.

 

Mais quid de l’Iran, qui a fourni le drone et l’a fait décoller de l’aéroport international de Damas, et du Hezbollah, milice libanaise reconnue comme terroriste par l’UE et l’ONU ? Ces entités, qui ont envoyé des dizaines de milliers d’hommes armés sur le territoire syrien afin de s’immiscer dans la guerre civile qui ravage ce pays, n’occuperaient ainsi, pour BFM, aucune portion de la Syrie. Cela confine à la magie. L’Iran et le Liban seraient-ils syriens ? Ou ils agiraient sur la base d’un mandat des Nations Unies dont personne n’a entendu parler ? Sans doute pour combattre le terrorisme…

 

C’est à n’en point douter de la ségrégation, car elle dissocie le statut d’entités étrangères agissant toutes à partir du sol d’un Etat qui n’est pas le leur, alors que la présence de l’Iran et du Hezbollah n’est pas qualifiée d’occupation, et celle d’Israël si, et de manière itérative, forcenée et journalistiquement incohérente.

 

Qui produit ce genre de distinction se rend coupable d’un acte à connotation raciste et, dans le contexte, à fortes exhalaisons antisémites. C’est révoltant pour l’éthique de la profession. Plus encore, du point de vue israélien, lorsque l’on sait que BFM TV est contrôlée par le "franco-israélien" Patrick Drahi, qui, outre le fait de demeurer partiellement en Israël, possède également I24News, dans le même groupe, Altice, détenteur de 90.44% des parts de SFR, qui contrôle BFM TV.

 

Pouvoir critiquer les articles anti-israéliens de BFM TV, voir antisémites, sur I24News, qui appartiennent toutes deux à un Israélien, voici qui ne manque pas d’originalité. Lorsque l’on ajoute que le PDG de BFM TV est Alain Weill, on se dit que nous sommes capables, entre autres prouesses technologiques, d’assurer également le service de propagande de l’Iran, de la Syrie, du Hezbollah et pourquoi pas du Hamas.

 

Quant à ceux qui vous diront que Drahi et Weill ne se mêlent pas de la ligne éditoriale des media qu’ils possèdent ou dirigent, répondez-leur qu’ils ne connaissent pas ces deux personnages.

 

A noter que le papier de BFM est écrit "avec AFP", ce qui n’étonnera sans doute personne, comme le fait que cette sous-littérature poisseuse et sulfureuse, bourrée de détournements ontologiques dignes de Radio-Paris, est reprise par la quasi-totalité des media français.

 

Dans cette mare aux cochons, nous avons tout de même relevé le compte-rendu de l’agence Reuters, qui reste dans le factuel, parlant du drone qui s’apprétait à franchir "l'espace aérien israélien à hauteur du plateau du Golan", précisant que cela s’est passé dans "la zone démilitarisée du Golan, qui sépare Israël et la Syrie depuis la guerre de 1973".

 

Est-ce parce que Reuters n’est pas dirigée par ces patrons juifs que les antisémites accusent souvent d’être sionistes et de dominer les media français ? Allez savoir…

 

 
Shalom de Deïr ez Zor (011409/17) Version imprimable
Analyse
mercredi, 13 septembre 2017

 

Par Perwer Emmal à Deïr ez Zor

 

A vrai dire, on ne l’attendait plus. Pendant les longues discussions avec Stéphane Juffa et Jean Tsadik sur Skype, ils me pressaient de questions, ne parvenant pas à concevoir que les Etats-Unis s’apprêtaient à laisser la vallée de l’Euphrate aux Iraniens et aux Russes sans faire montre de la moindre réaction, ne serait-ce que diplomatique ou médiatique. "C’est un non-sens stratégique incommensurable", répétait Tsadik comme un vieux gramophone enrayé, "c’est la plus grosse aberration des deux derniers siècles".

 

Puis depuis samedi, nos conversations avaient cessé. Simplement parce que le commandement des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) m’a fait une proposition du genre qui ne se refuse pas : suivre l’une des deux colonnes principales de l’opération "Tempête de Jazeera1", à la condition d’accepter d’être coupé du monde extérieur jusqu’à ce qu’elle soit annoncée officiellement.

 

C’est samedi que la progression a débuté. En 48 heures, les FDS, soutenues par les Américains – officiellement, la "Coalition globale" -, ont conquis toutes les zones apparaissant en jaune foncé sur la carte, en fonçant sur la ville de Deïr ez Zor.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

Nous nous sommes emparés en ce temps record de 250 kilomètres carrés, comme l’a annoncé le Colonel Ryan Dillon, le porte-parole de la Coalition globale. J’ajoute que notre colonne a parcouru environ 120 kilomètres, dont 85 de terrain que nous avons libéré.

 

Nous avons suivi le tracé rouge sur la carte, ne rencontrant qu’une résistance sporadique de la part des miliciens de l’Etat Islamique (DAESH en arabe), totalement surpris par la soudaineté et la dimension de l’attaque.

 

Dimanche en fin de journée, nous avions déjà atteint Deïr ez Zor par sa banlieue industrielle, au nord-est de cette ville. Là, l’intensité de l’opposition armée a changé, l’ennemi s’étant retranché dans des fortifications, des tranchées, des bunkers et derrière des champs de mines préparés à l’avance.

 

Les combats ont été féroces mais les FDS et leurs alliés, emportés par leur élan, poursuivent leur progression à l’intérieur de la cité. Ils ont déjà pris les silos de blé et de coton, de même que les usines textiles, et les affrontements se poursuivent actuellement plus au Sud, dans les quartiers d’al Mahattah et d’ar Rawdah. Dans le secteur de Jiyah, les Kurdes et leurs compagnons d’armes sont à deux cent mètres de l’Euphrate.

 

Mais c’est là que cela se corse carrément, car, de l’autre côté du grand fleuve, aux portes de la partie sud de la ville, les forces gouvernementales syriennes, flanquées des contingents iranien et libanais (Hezbollah) se renforcent.

 

Après avoir libéré l’aéroport, pris le contrôle de l’autoroute qui mène à Damas et rompu le siège de la garnison de Deïr ez Zor qui durait depuis trois ans, l’ "autre coalition", en butte à une résistance importante, marque un temps d’arrêt en attente de renforts.

 

Le plus étrange, c’est le ballet des chasseurs-bombardiers russes et américains : ils se croisent à des distances ridicules, menant chacun des attaques au sol contre les miliciens de DAESH situés de leur côté du fleuve.

 

Les pilotes de M. Poutine se montrent particulièrement féroces, n’hésitant pas à bombarder dans le tas, tuant pêle-mêle des combattants et des civils. Pour cette seule journée de mercredi, on chuchote qu’ils auraient massacré 300 civils, causant un vif émoi parmi les 100 000 personnes coincées dans l’agglomération mais dans l’indifférence générale du reste du monde.

 

Les Occidentaux font également pas mal de victimes collatérales mais qui se comptent en dizaines et non par centaines.

 

A l’occasion d’une conférence de presse, le porte-parole des FDS, Tala Salo, a été interrogé par un confrère au sujet du risque de confrontation entre les forces kurdes et l’Armée syrienne, ainsi qu’entre leurs parrains respectifs. Se voulant rassurant, il a répondu que "les deux forces n’étaient pas à proche distance l’une de l’autre mais déployées dans des parties opposées de la province (de Deïr ez Zor)". Soit cet officiel prend les journalistes pour des demeurés, soit il n’a pas encore mis les pieds à Deïr ez Zor. Car les armées sont en réalité si proches que l’on peut voir la couleur des yeux de ceux d’en-face.

 

Quant à Ahmad Khawlah, le chef du Conseil militaire de Deïr ez Zor, il a renchéri aux propos de Tala Salo, n’hésitant pas à affirmer que si elles sont attaquées (par les Syriens), les FDS bénéficieraient du droit de légitime défense et répliqueraient par la force.

 

Khawlah s’emballe un peu ; il semble oublier qu’il n’est que figurant dans ce drame aux dimensions hollywoodiennes. Pour le narratif officiel que l’on nous sert du matin au soir, c’est effectivement le Conseil militaire de Deïr ez Zor, une troupe de tirailleurs arabes des tribus voisines, mais qui guerroie sous la bannière des Forces Démocratiques Syriennes, qui commande toute l’opération "Tempête de Jazeera". On essaie toujours de faire croire que des Arabes en nombre font le coup de feu aux côtés des Kurdes alors qu’ils ne sont que quelques poignées, dans l’objectif d’apaiser les Turcs qui ne sont pas dupes.

 

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Les Forces Démocratiques Syriennes se préparent avant

le déclenchement de "Tempête de Jazeera"

 

En réalité, ceux qui commandent et décident de strictement tout, ce sont les Américains, et particulièrement le Lieutenant Général Paul E. Funk. En réalité toujours, il est absolument évident que les mouvements des deux coalitions sont minutieusement coordonnés et minutés. Sinon, cela ferait longtemps que l’on aurait assisté à un massacre général, avec, en prime, des combats aériens entre les appareils des deux plus grandes puissances militaires du globe.

 

D’ailleurs, on remarque de plus en plus de militaires russes au sol, spécialement à proximité des premières lignes de la coalition occidentale, sans doute afin de parer à tout malentendu. Ces deux derniers jours, l’ "autre coalition" ne s’est pas beaucoup battue sur le terrain ; il existe une sorte de grande avenue à la lisière sud de Deïr ez Zor, parallèle à l’Euphrate, que les "Syriens" ne franchissent pas. A l’exception peut-être d’une escarmouche avec les islamistes ce mercredi matin, sans doute provoquée par l’une de leurs contre-attaques.

 

Faute de vraie communication, on essaie de comprendre ce qu’ont décidé Messieurs Poutine et Trump pour l’avenir de cette zone : de l’Ouest jusqu’à Deïr ez Zor, cela semble assez évident : la Coalition globale occupera le nord-est de l’Euphrate, et l’autre coalition, le sud-ouest. Sauf entre le lac Assad et Raqqa, où les FDS contrôlent une petite portion de la berge sud depuis une période durant laquelle les gouvernementaux ne se trouvaient pas encore dans la région et où il fallait barrer la route aux miliciens qui tentaient de s’enfuir.

 

La suite ? Elle est encore floue pour nous : le grand chef, le Lieutenant Général Paul E. Funk, a parlé de la "vallée de la rivière Khabour2, qui constituait un axe stratégique conduisant au réduit de l’Etat Islamique au milieu de la vallée de l’Euphrate [qui va de Deïr ez Zor à la frontière irakienne. Ndlr.]".

 

Funk en a parlé mais il n’a pas dit que cela constituait l’objectif final de la Coalition globale dans l’est syrien lorsque DAESH en aura été définitivement chassé.

 

La nuance est de taille, d’autant plus que la vallée de Khabour n’est pas encore aux mains des FDS : pour parvenir à 35km à l’est de Deïr ez Zor, entre cette localité et celle de Mayadin, toujours tenue par l’EI, il reste aussi aux Yankees et à leurs alliés 80km de vallée à conquérir dans le sens nord-sud. "Tempête de Jazeera" ayant emprunté une voie parallèle, à l’ouest du cours d’eau.

 

D’autres officiers américains nous ont confirmé en aparté que leur finalité était effectivement de s’emparer de la totalité de la vallée de Khabour mais qu’on ne leur avait pas précisé où leur offensive s’arrêterait.

 

Gageons que seuls les états-majors russes et U.S. sont au courant et qu’il s’agit d’un secret bien gardé. Nous sommes également persuadés que les Kurdes ne s’aventureront pas au-delà de Mayadin, ce qui les amènerait trop loin du Rojava historique, dans une contrée où les minorités kurdes se font rares. Sans compter qu’il faudrait inventer une nouvelle histoire à raconter à Erdogan.

 

Sûr que la prise de toute la vallée de Khabour contrarierait les plans des Iraniens pour leur Corridor chiite. Ils pourraient toujours le constituer plus au Sud, mais pour ce faire, ils seraient contraints d’envisager une traversée du désert, au sens propre comme au figuré. En plus du fait qu’il n’existe pas même de route digne de ce nom pour rejoindre la Syrie occidentale, toutes les activités dans cette zone inhabitée sont aisément repérables et constituent des cibles idéales pour une aviation quelle qu’elle soit.

 

Cela sent à plein nez un remake moyen-oriental d’un Yalta à quatre mains, celles de Vladimir Poutine et de Donald Trump, emballés ni l’un ni l’autre par une expansion iranienne en direction de la Méditerranée.

 

En fait, les voies carrossables convoitées par les ayatollahs sur l’axe est-ouest passent obligatoirement par la ville de Deïr ez Zor, et de là, vers Palmyre, les grandes villes, Damas, le Liban et Israël. Dans ces conditions, il suffit de contrôler quelques dizaines de kilomètres sur l’Euphrate, à partir de Deïr ez Zor en direction de l’Est pour faire barrage au projet de Téhéran. Or il semble qu’en quelques heures d’une opération rondement menée, les Américains soient en très bonne voie pour y parvenir.

 

On doit respirer plus librement depuis dimanche en Israël et dans la plupart des capitales arabes. Après une longue attente dans le doute, l’Armée U.S. est en train de démontrer qu’elle n’est pas commandée par une bande de joyeux campeurs ignorant tout des contingences stratégiques à l’est de New York.


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Bruxelles-Métula du 11 septembre 2017 (011109/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 11 septembre 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro d’Elsa Assoun, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca  https://youtu.be/8AqP865YlCk (Youtube).

 

Problème : l’Etat Islamique n’existe plus et les attentats se multiplient

(les attentats terroristes ne sont pas politiquement corrects)

 

* L’Etat Islamique vit ses derniers moments, il n’est plus à même d’influer sur le cours des évènements locaux et encore moins sur ce qui se déroule en Europe.

 

* Pour des raisons stratégiquement inexplicables, Washington a cessé sa progression et celle de ses alliés kurdes des Forces Démocratiques Syriennes à une centaine de kilomètres au sud-est de Raqqa, sur l’Euphrate.

 

* La Coalition formée par les Etats-Unis et les Européens abandonne sans opposition la province et la ville stratégiques de Deïr ez Zor aux Iraniens, aux Alaouites, au Hezbollah, aux milices chiites irakiennes commandées par l’Iran, et à l’Aviation et aux commandos russes. Ce, alors qu’elle avait entre 4 et 6 mois d’avance sur eux et avait le loisir de s’emparer de cette zone hautement stratégique à moindre frais.

 

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Vous êtes aujourd’hui à portée de ce missile BM25 acheté par l’Iran à la Corée du Nord

Et ça ne va pas s’arranger.

 

* Ladite Coalition a décidé de ne pas s’opposer à la construction du fameux corridor-autoroute iranien, passant par la province de Deïr ez Zor, commettant ainsi une erreur fondamentale d’appréciation stratégique à même de mettre l’entièreté de l’Europe en péril.

 

* Israël, au contraire, a décidé de contester l’édification de cet axe terrestre allant d’Afghanistan au Liban, en passant par l’Iran, l’Irak et la Syrie, comme l’a déclaré la semaine dernière son ministre de la Défense, Avigdor Lieberman. L’Etat hébreu est soutenu dans sa démarche par l’ensemble des Etats arabes.

 

* On a pu voir une expression militaire du refus israélien du Corridor iranien dans le raid de jeudi contre, notamment, la fabrique de missiles iraniens installée à Masayaf en Syrie.

 

* Israël va principalement s’attaquer à l’extrémité occidentale du Corridor, aux abords des grandes villes syriennes, de la province de Lattaquié et du Liban.

 

* A propos du problème du terrorisme islamique en Europe, vos gouvernants et vos media ne vous ont pas dit la vérité. Suite à Zaventem, à Nice et au Bataclan, ils ont déclaré la guerre conventionnelle en Syrie et en Irak contre l’Etat Islamique, promettant aux Européens que lorsque l’EI sera défait, il n’y aura plus d’attentats en Europe.

 

Mais l’Etat islamique a perdu la guerre et les attentats se poursuivent de plus belle.

 

* La vérité est que "votre" guerre vous oppose à des groupes islamiques existant parmi la communauté musulmane installée en Europe et non au Moyen-Orient. L’Etat Islamique n’a jamais commandé les cellules islamiques européennes ; celles-ci sont largement autonomes, elles s’inspirent de la lecture qu’elles font du Coran, de leur interprétation du Djihad, des ordres de tuer qui fleurissent sur le Net, ainsi que de la haine et du rejet de votre culture et de vos lois. Leurs méthodes d’attentats artisanales ne nécessitent pas de moyens importants, ni de connaissances techniques avancées.

 

* Vos gouvernants et votre presse désignent l’Etat Islamique afin de ne pas évoquer le problème posé par la présence musulmane massive en Europe. L’Etat Islamique, comme autrefois al-Qaeda, constitue un symbole abstrait facile à détester et à accuser de tous les maux, en lieu et place de la frange extrémiste et violente des musulmans vivant en Europe.

 

Cela permet de préserver le faux axiome politiquement correct : TOUS LES MUSULMANS EUROPEENS (ici et partout) SONT GENTILS ET AMICAUX, L’ETAT ISLAMIQUE (très loin), QUI DETOURNE LE SENS DE L’ISLAM, EST LE RESPONSABLES DES ATTENTATS QUI TUENT LES EUROPEENS.

 

* En plus d’exposer les Européens aux missiles iraniens et aux attentats des courants islamistes européens, l’ingérence occidentale mal évaluée et mal conçue a créé un grave déséquilibre au Moyen-Orient.

 

Jusqu’à l’intervention de la Coalition internationale contre l’EI, les extrémistes sunnites et chiites se neutralisaient mutuellement, préservant les Etats industrialisés et leurs amis dans la région. En annihilant l’Etat Islamique, l’Occident livre les territoires qu’il contrôlait aux extrémistes chiites dirigés par l’Iran.

 

Qui plus est, ils ne lui contestent pas lesdits territoires et le laissent s’installer en terrain conquis selon son bon vouloir, tout en s’approchant des frontières israélienne, saoudienne, jordanienne, en le laissant étendre sa mainmise sur le Liban et poser ses missiles à la lisière de la zone d’influence européenne.

 

Cette faute stratégique grave, pour ne pas dire inconcevable, aura pour conséquence d’allumer des conflits largement plus compliquées à résoudre que la Guerre Civile Syrienne, face à un ennemi au moins cent fois plus dangereux que ne l’était l’Etat Islamique.

 

L’EI représentait un danger pour une partie des populations de deux ou trois Etats moyen-orientaux ; l’Iran, avec ses missiles, son programme nucléaire mal gelé et uniquement de manière temporaire, participe d’une menace qui, à l’instar de son premier allié, la Corée du Nord, concerne la totalité de la planète.


 
Macron soutient le terrorisme islamique et se vend à l’Iran (info # 011009/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 10 septembre 2017

 

Par Guy Millière

 

C’est une chose entendue, Emmanuel Macron est un imposteur, et je m’étonne encore que des gens m’écrivent me demandant de lui laisser du temps avant de juger son action.

 

Sur le plan intérieur français, il est d’ores et déjà clair que Macron ne fera rien, sinon des opérations cosmétiques, et que chômage et pauvreté resteront ce qu’ils sont aujourd’hui. Ni la minuscule réforme du code du travail, ni les quelques changements en matière d’impôts ne sont à même d’imprimer le sursaut qui serait nécessaire pour qu’un redressement s’amorce. Sur le plan extérieur, l’imposture est plus flagrante encore. Et son summum est constituée par la prétention, récemment affirmée par Macron, de vouloir lutter contre le terrorisme islamique.

 

La réalité est que la France finance le terrorisme islamique. Elle le fait de quatre manières au moins.

 

D’abord, elle continue à consentir des avantages fiscaux et réglementaires au Qatar, qui est un pays qui finance le terrorisme islamique et, entre autres, les Frères Musulmans et le Hamas, la branche “palestinienne” des Frères Musulmans. (Les fans de football parisiens se réjouissent des investissements qatari en France, je sais, mais le football ne peut couvrir toutes les infamies du monde).

 

Ensuite, la France continue à proclamer vouloir aider le Liban : Emmanuel Macron l’a redit récemment et va bientôt recevoir à Paris des dignitaires de ce pays. Aider le Liban, dans le contexte actuel, et dès lors que le Liban est entièrement sous la coupe d’une organisation terroriste islamique appelée Hezbollah, c’est aider le Hezbollah. Michel Aoun, président du Liban, et Saad Hariri, Premier ministre, ne sont pas membres du Hezbollah, mais sont des potiches. Emmanuel Macron ne peut l’ignorer.

 

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En pâmoison devant Mohammad Zarif, le ministre des Affaires Etrangères

du pays qui déclare vouloir rayer Israël de la surface du monde

 

La France continue par ailleurs de soutenir financièrement l’Autorité Palestinienne, laquelle finance le terrorisme et incite sans cesse au meurtre d’Israéliens juifs, dont elle rémunère les assassins lorsqu’ils sont en prison en Israël ainsi que leurs familles. Soutenir financièrement l’Autorité Palestinienne, c’est évidemment soutenir le terrorisme islamique. Et des déclarations de Macron, telles celles effectuées il y a quelques semaines, affirmant que Mahmoud Abbas est un apôtre de la non-violence, sont d’une obscénité répugnante.

 

Enfin, et c’est le plus grave, au sein de cet ensemble déjà peu ragoutant, la France signe des contrats avec le régime des mollahs iraniens. Et Macron, en entérinant ces contrats, fait comme s’il ignorait ce qu’il n’ignore pas du tout : à savoir que l’Iran des mollahs ne cesse d’ourdir un projet génocidaire à l’encontre du peuple d’Israël, en se targuant de ce dessein. Le président français feint également de ne pas savoir que l’Iran des mollahs est aujourd’hui le principal financier du terrorisme chiite, travaillant de concert avec le dictateur nord-coréen Kim Jong-Un pour se doter de l’arme atomique et se sanctuariser.

 

Si Macron était plus humble, s’il faisait profil bas, il paraitrait un peu plus présentable. Qu’il prétende faire une chose tout en faisant exactement le contraire est consternant et insulte l’intelligence de ceux qui daignent encore l’écouter.

 

Il n’est en cela pas différent de ceux qui l’ont précédé : François Hollande et Nicolas Sarkozy se comportaient de la même façon. Jacques Chirac pire encore.

 

Mais lorsqu’il affirme incarner une ligne différente d’iceux, son attitude doit être dénoncée. Comme ses prédécesseurs, Macron espère préserver la France des attentats islamiques dans le futur en pratiquant l’apaisement. On a vu ces dernières années que l’apaisement était une impasse tragique. On le verra hélas encore sans doute à l’avenir.

 

Comme ses prédécesseurs, Macron prend des poses qui ne sont que des simulacres et qui ne trompent personne, sinon les journalistes courtisans qui répercutent ses propos.

 

Comme ses prédécesseurs, c’est un opportuniste cynique qui sait que la France a besoin d’argent et doit se vendre pour survivre, contre quelques poignées de pois chiches, quelles que soient les conséquences en matière de terrorisme islamique international.

 

Comme ses prédécesseurs, il sait que l’électorat musulman monte en puissance en France, et qu’il vaut mieux pour lui le préserver s’il veut être réélu à l’avenir.

 

Comme ses prédécesseurs, c’est un dhimmi courbé devant la marée islamique qui continue à monter.

 

Comme ses prédécesseurs, il aura un piètre et lamentable destin de dhimmi.

 

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Bruxelles-Métula du 8 septembre 2017 (010809/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 08 septembre 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca  https://youtu.be/MTZ_5F9C6tY (Youtube).

 

Au sommaire :

 

1. Les mises en garde proférées par le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, à l’encontre des Syriens, des Iraniens et du Hezbollah : "Nous sommes déterminés à empêcher nos ennemis de porter atteinte, ou même de créer une occasion pour porter atteinte à la sécurité des citoyens d'Israël".

 

Au niveau stratégique, Lieberman indique qu’Israël fera "tout pour empêcher l'existence d'un corridor chiite de Téhéran à Damas".

 

C’est en fait la tâche de l’Armée américaine, des Occidentaux et des pays arabes, mais puisqu’ils semblent se désister, l’Etat hébreu, en considération de ses intérêts sécuritaires supérieurs, n’a pas d’autre choix que d’empêcher l’expansion iranienne en direction de l’ensemble de la Syrie et du Liban par ses propres moyens.

 

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Une photo de l’attaque d’hier matin en Syrie

 

2. Jean Tsadik, dans son analyse d’hier (jeudi), avait envisagé deux hypothèses de comportement que Jérusalem avait pu adopter à l’égard des Russes et de leurs bases militaires situées à seulement un peu plus de 40km de l’objectif détruit par les appareils hébreux :

 

a.     Ne pas les informer ou les informer trop tard de l’opération en cours. Ce, afin de les empêcher d’intervenir et d’interférer pour compliquer le raid, et pour leur signifier que l’intérêt supérieur d’Israël passait avant la coordination avec eux.

 

b.     Qu’une entente avait été conclue lors des discussions de Sotchi entre Messieurs Netanyahu et Poutine pour laisser le Khe’l Avir débarrasser Moscou de l’encombrante usine de production de gaz de combat de Masayaf. Ceci, en considération de ce que la communauté internationale avait enjoint à Bashar al Assad de détruire toutes ses réserves de gaz de combat et qu’il affirmait avoir procédé à cette destruction.

 

Juffa ajoute ce matin une troisième hypothèse à celles proposées par Jean Tsadik : l’intervention visant Masayaf pourrait faire partie de la liste dressée en commun par les responsables russes et israéliens des actions militaires jugées légitimes pour la défense de l’Etat hébreu. Les trois hypothèses restent envisageables.

 

Juffa observe que Moscou n’a pas réagi à l’annihilation du complexe militaire syrien par Tsahal. Washington d’ailleurs non plus.

 

3. Le raid israélien est survenu quelques heures seulement après l’accusation formelle de crime de guerre contre le régime alaouite, formulée par les experts de l’ONU suite à une enquête minutieuse. Les conclusions de l’ONU indiquent que le gaz sarin, produit à Masayaf, a servi à l’attaque par les forces gouvernementales de ville syrienne de Khan Cheikhoun, en avril dernier, qui avait causé la mort d’entre100 et 200 civils et en avait blessé plus de 500.

 

Dans ces conditions, au vu du timing choisi par Israël pour détruire Masayaf, personne ne peut critiquer la décision du gouvernement hébreu.

 

4. Le Khe’l Avir a-t-il utilisé pour le raid ses nouveaux avions furtifs F-35 – rebaptisés en hébreu "Adir" (superbe) ? Israël en a reçu 5 sur une cinquantaine de commandés. En principe, il aurait fallu beaucoup plus de temps – l’Etat hébreu vient de les recevoir – pour les rendre opérationnels, mais il est assurément capable de ce genre d’intégration accélérée.

 

5. Quelles sont les réactions éventuelles que l’on doit attendre de la part de la Syrie et de ses alliés ?

 

 
Raid israélien stratégique en Syrie (010709/17) Version imprimable
Analyse
jeudi, 07 septembre 2017

 

Par Jean Tsadik

 

La nuit dernière (mercredi à jeudi), le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, a mené un raid contre un important complexe militaire en Syrie. La cible visée, Masayaf (également orthographiée Messiaf), est située à 213 kilomètres à vol d’oiseau de Métula, le point israélien le plus proche de l’objectif. Selon des sources concordantes, la position a été totalement détruite. Selon Amos Yadlin, l’ancien patron du renseignement militaire israélien, elle abritait un centre de développement scientifique à usage militaire, le SSRC, et l’on y manufacturait des missiles de précision ainsi que d’autres types d’armements.

 

La Ména ajoute que ce complexe utilisait les compétences iraniennes en la matière, et accueillait en permanence un grand nombre de techniciens perses et de membres du Hezbollah libanais.

 

Toujours selon Yadlin, on y fabriquait entre autres des armes chimiques et des barils d’explosifs, responsables de la mort de milliers de Syriens. L’ancien général, qui fut également notre attaché militaire à Washington, souligne que "cette attaque constitue enfin une prise de position morale israélienne à propos du massacre qui se déroule en Syrie".

 

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Masayaf : total destroy

 

Les usines de Masayaf approvisionnaient aussi les forces gouvernementales et la milice du Hezb, supplétive du régime des ayatollahs, en armement sophistiqué potentiellement dangereux pour l’Etat hébreu. Il est clair qu’Amos Yadlin ne s’est pas exprimé de sa propre initiative, alors que le porte-parole de Tsahal, comme à son habitude, se refuse à commenter l’information.

 

Il existe une probabilité élevée pour qu’un chargement important destiné au Liban se trouvait en phase terminale de production.

 

Contrairement à Israël, le commandement général de l’Armée syrienne a émis un communiqué dans lequel il confirme qu’ "à 02h42 du matin, l'aviation ennemie a tiré plusieurs missiles depuis l'espace aérien libanais, visant l'une de nos positions près de Masayaf, causant la mort de deux soldats syriens et des dégâts matériels. Cet acte agressif", poursuit la communication de l’Armée de Bashar al Assad, "pourrait avoir de dangereuses répercussions pour la sécurité et la stabilité de la région".

 

A notre avis, l’oblitération de ce complexe n’aura, au contraire, que des conséquences salutaires. D’autre part, connaissant les activités qui s’y déroulaient et au vu des photos disponibles des résultats de l’opération de cette nuit, le bilan admis par Damas ne concorde pas avec la réalité. D’ailleurs, d’autres sources arabes font état ce jeudi matin d’un nombre beaucoup plus conséquent de victimes, mortes et blessées.

 

La base militaire qui jouxtait les installations de recherche et de production et où les armes étaient entreposées à lui aussi été détruit.

 

Fait intéressant, c’est hier que les enquêteurs de l’ONU ont pour la première fois accusé le gouvernement syrien d’avoir commis un crime de guerre, lorsque, le 4 avril dernier, il a fait bombarder la ville syrienne de Khan Cheikhoun au gaz sarin. Un gaz de combat plus que probablement produit à Masayaf, qui, en cette seule occasion, avait provoqué la mort d’entre 100 et 200 civils et en avait blessé plus de 500.

 

Le raid de cette nuit ne fut pas une opération habituelle, même si, ces cinq dernières années, de l’aveu du commandant sortant de l’Armée de l’air, le Major Général Amir Eshel, le Khe’l Avir a réalisé au moins une centaine de sorties contre le Hezbollah et ses alliés.

 

La raison de cette complexité avait encore été rappelée par notre rédacteur en chef Stéphane Juffa dans un article du 25 août dernier, lorsqu’il indiquait que, dans la zone de Lattaquié, "des satellites espions ont photographié les travaux d’édification d’une fabrique de missiles. Le problème de cet emplacement, pour l’Etat hébreu, se situe dans le fait qu’il se trouve à quelques kilomètres des aéroports réquisitionnés par les Russes de même que de leur centre naval de Tartous. Une intervention du Khe’l Avir dans leur pré carré aurait de fortes chances de se terminer par un affrontement aérien avec les pilotes de Poutine. Inversement, l’inaction d’Israël se solderait par la présence de missiles capables d’atteindre n’importe quelle portion de son territoire".

 

Or, précisément, Masayaf se situe à 44km de Tartous, la plus grande base de la Marine russe à l’extérieur de son territoire, et à 48km de Kmeimim, l’aéroport que les Russes ont réquisitionné au sud de Lattaquié pour mener leurs opérations en Syrie. Autant dire que pour un F-16, ces positions russes se trouvaient à moins de trois minutes de vol de leur objectif de cette nuit. Autant dire, par là-même, qu’ils avaient ces bases de l’Armée de Poutine à portée de missiles.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

Pour ces raisons, les pilotes à l’étoile de David ont sans doute largué leurs missiles ultra-précis à partir du territoire libanais, à 42km de Masayaf, et quasiment à équidistance de Tartous…

 

A partir de là, il nous faut considérer deux hypothèses : la première est que Jérusalem, sans prévenir Moscou ou en l’informant au dernier moment, a pris le risque d’une confrontation avec les Mig et les Soukhoï, dans le souci d’avertir Vladimir Poutine qu’Israël ne braderait pas ses intérêts sécuritaires supérieurs par égard pour la présence russe. Si ce postulat est le bon, il s’agit d’un message significatif et couillu adressé au Tsarévitch.

 

La seconde hypothèse voudrait que Messieurs Netanyahu et Poutine aient discuté de ce raid lors de leur dernière rencontre à Sotchi. Et que cela arrangeait bien les Russes que les Israéliens les débarrassent des ressources de leurs protégés syriens en gaz de combat, dont l’emploi ternit chaque fois leur image de marque. Particulièrement après que le régime de Damas a affirmé à maintes reprises avoir éliminé cette arme de destruction massive comme ordonné par la communauté internationale.

 

Nous ne connaissons pas la réponse à cette interrogation, mais nous penchons cependant pour la première éventualité. Pour la raison que Moscou vient de barrer, au Conseil de Sécurité, une résolution condamnant le Hezbollah, et qu’il aurait été très salutaire pour la suite de faire savoir à M. Poutine qu’Israël n’est que modérément impressionné par ses tergiversations et que notre confiance en sa parole connaît de sérieuses limites. A cela, l’on peut ajouter qu’en cas de confrontation localisée, le contingent russe ne fait pas le poids face à la technologie des Hébreux ; et même si cela participerait de la pure folie, pour Jérusalem, de s’engager dans un conflit armé avec la seconde puissance mondiale, l’image d’une déconvenue cuisante face à Israël, sans raison réelle de s’y exposer, aurait des répercussions dramatiques pour le prestige du Tsarévitch.

 

En résumé, les deux camps n’ont rien à gagner dans une confrontation militaire même limitée, assurément pas pour un jeu qui n’en vaut pas la chandelle, car Moscou n’a pas pour vocation de protéger les Syriens, le Hezb et les Iraniens à n’importe quel prix.

 

Deux autres considérations sont à prendre en compte au sujet du raid sur Masayaf : la semaine prochaine se dérouleront à la frontière nord d’Israël les plus grandes manœuvres militaires depuis la création de l’Etat. Près de 50 000 hommes y participeront, soit huit à neuf divisions, sans compter la Marine, l’Aviation et le Renseignement. Or l’on sait que, dans l’establishment de la Défense, certains envisagent d’un bon œil une opération préventive contre l’Iran et le Hezbollah, au Liban et sur le Golan. Parmi les officiers de Tsahal, tous sont en effet convaincus qu’une confrontation avec la milice chiite libanaise est inévitable et ne constitue qu’une question de temps.

 

Ceux qui y sont favorables savent que le Hezb est empêtré avec l’élite de ses combattants en Syrie, et que leur administrer une bonne correction dans ces conditions ne revêt aucune difficulté particulière. Cela peut, de surplus, faire l’économie d’un conflit ultérieur plus délicat, qui fait peser une lourde menace sur les habitants des agglomérations frontalières à l’instar de Métula.

 

Il est vraisemblable qu’une décision de déclencher les hostilités dans le courant de cet exercice n’a pas été prise. Mais il n’en est pas moins certain que Tsahal se tient prêt à exploiter à son avantage toute provocation éventuelle de la part de ses ennemis, comme, par exemple, une tentative de lancer des représailles après l’annihilation de Masayaf. Cela explique assurément pourquoi le communiqué de l’état-major syrien, ce jeudi matin, ne contenait pas la moindre menace.

 

A Métula, ayant écouté distraitement quelques échanges radio de nos ennemis, nous pouvons vous dire qu’ils se trouvent dans un état de grande excitation, proche de l’hystérie. Il est vrai qu’avec les forces qui sont concentrées en Haute-Galilée, sur mer et dans les airs, il ne faudrait pas grand-chose pour les envoyer tous autant qu’ils sont, ou ce qu’il en resterait, auprès des 72 houris au paradis des terroristes.

 

Dernier point de référence stratégique, la position de plus en plus ferme de l’Arabie Saoudite et des pays sunnites contre le Hezbollah. Cette semaine, les Saoudiens ont exigé des Libanais de choisir clairement entre leur camp ou celui des Iraniens. Il ne fait aucun doute qu’en cas de conflit, les Arabes feraient cause commune avec les Hébreux, les signes de coopération entre eux allant croissant de plus en plus rapidement.

 

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Bruxelles-Métula du 4 septembre 2017 (010409/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
lundi, 04 septembre 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca  https://youtu.be/nte0OZ8xTB4 (Youtube).

 

Au sommaire : I24News reçoit Charles Enderlin

 

Hier soir, le cinéaste Elie Chouraqui a reçu Charles Enderlin sur I24News à l’occasion du début de la programmation de son émission : "Elie sans interdit".

 

C'aurait été tellement plus clair si I24News avait également invité la Ména pour que nous démontrions, en 10 minutes chrono, cette mise en scène grossière et de très mauvaise qualité. Enderlin, à son habitude, n’a dit rien de factuel, parce qu'il n'a rien de factuel à dire. Mais c'est vrai, Métula est sans doute trop éloignée de Tel-Aviv, Elie connaît mieux l'affaire que ceux qui ont conduit une enquête de quatre ans, disséquant chaque seconde de l'imposture, ce qui s'est passé avant, pendant et après.

 

Une investigation titanesque, réalisée sans aucune aide extérieure, sur nos seuls deniers, afin d’éviter que la vérité ne reste bâillonnée. Face aux faussaires, à France Télévisions, au Président Chirac, à la justice française, à l’ensemble de la presse francilienne sans la moindre exception, aux syndicats de journalistes, aux mensonges et aux insultes, à une grande partie des institutions israélites de l’Hexagone, et à quelques opportunistes qui ont tenté d’exploiter sur le tard pour leur compte le travail que nous avions fourni seuls. Seuls, mais sur la base des découvertes initiales du physicien Nahum Shahaf, qui fut le premier à discerner l’imposture inimaginable à laquelle s’était livrée la télévision de l’Etat français, soutenue par tout l’appareil de l’Etat français.

 

Serait-il inutile de confronter, une fois pour toutes, les affirmations des uns et des autres, preuves à l'appui ? Cela n'a-t-il pas d'intérêt ?

 

Pourtant, la diffusion de ce faux flagrant a donné le signal de départ de la vague médiatique croissante de haine systématique contre Israël et les Juifs sur les media français. Et des dizaines de personnes sont mortes dans la violence des conséquences de cette mise en scène.

 

Certes, Enderlin se serait probablement dégonflé, car il s'est toujours dégonflé. Mais il fallait tout de même l'inviter à débattre, et s'il refusait, laisser la Ména présenter les preuves irréfutables qu'elle a accumulées depuis 17 ans.

 

Les téléspectateurs n'attendent que cela et ils ont le droit de connaître la vérité. I24News était le support idéal pour cette démonstration, dont elle aurait dû prendre l'initiative depuis longtemps. Nous lui avons souvent proposé de le faire, c’est à cela que sert une vraie télévision. Mais elle se comporte comme une chaîne française de qualité médiocre délocalisée en Israël. Par son attitude face à la Controverse, elle protège objectivement la thèse de Fr2 et, partant, les imposteurs. L'unique chose dont la vérité a besoin pour être reconnue par tous est la lumière, et ils la laissent dans l'ombre.

 

Elie Chouraqui a laissé dire à Enderlin que la publication de notre enquête participait de l’effet de la "communication israélienne" ? Sauf que la Ména a été le seul media israélien, 5 ans durant, à soutenir le fait que l'on était en présence d'une mise en scène. Le ministère de la Justice israélien avait refusé de participer à l'enquête. Les chaînes israéliennes et les stations de radio refusaient de nous recevoir, hormis quelques rares exceptions. Le CRIF a appelé à nous boycotter pendant sept ans... avertissant ceux qui organisaient des conférences de la Ména en France qu’ils s’exposaient à des poursuites judiciaires.

 

I24News ignore intentionnellement notre existence (depuis sa création) afin que ses téléspectateurs ne puissent pas distinguer le véritable journalisme de la tarte à la crème. En un mot : lamentable.

 

 
Eliminer les terroristes islamiques assassins est un acte de justice (info # 010309/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 03 septembre 2017

 

Par Guy Millière

 

Je vis dans un pays où la peine de mort existe. Il est des gens qui fustigent ce pays, les Etats-Unis, pour cette raison. Je l’ai déjà dit, et je le répète, la peine de mort me parait légitime pour tout assassinat prémédité. A fortiori, pour les auteurs d’assassinats prémédités qui ont récidivé et commis plusieurs assassinats.

 

Elle est à mes yeux porteuse de respect pour la vie, alors que son abolition est vectrice de l’inverse. Priver un être humain, qui plus est plusieurs d’entre eux, de leur vie, et le faire délibérément (pas de façon accidentelle), a pour conséquence de leur enlever consciemment ce qu’ils avaient de plus précieux.

 

Priver l’assassin de ce qu’il a plus précieux correspond à lui infliger un châtiment à la hauteur du crime qu’il a commis. Le condamner à une peine de prison, et parfois le relâcher au bout de quelques années, constitue une dévaluation de la vie de ceux qu’il a assassinés, et participe à tempérer la gravité du crime commis.

 

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La peine de mort pour les terroristes islamiques ?

 

Ce que je viens d’écrire vaut à mes yeux partout sur Terre. Cela vaut pour les assassinats terroristes, et cela vaut plus particulièrement pour les assassinats terroristes commis sur des personnes en raison de leur appartenance ethnique, nationale ou religieuse.

 

Je regrette pour ma part infiniment qu’Israël n’applique pas la peine de mort aux terroristes islamiques qui assassinent des Israéliens juifs.

 

Garder des terroristes islamiques assassins en prison les expose à un châtiment disproportionnellement léger, d’autant plus qu’il advient trop souvent qu’ils servent de monnaie d’échange, qu’ils soient relâchés à ce titre, puis fêtés comme des héros par des chefs de bandes islamiques tels Mahmoud Abbas, Ismaël Haniyeh, ou Hassan Nasrallah. On peut ajouter que, le plus souvent, les terroristes islamiques assassins souhaitent mourir : la peine capitale matérialise ainsi une excellente occasion d’exaucer leur vœu.

 

Faute d’appliquer la peine de mort, Israël devrait, à tout le moins, en faire beaucoup moins pour préserver la vie des terroristes islamiques assassins. Le courageux soldat qui a tiré sur l’assassin qui avait tué trois personnes à Halamish n’a fait que le blesser ; l’assassin a ensuite été soigné dans un hôpital israélien. Les victimes de l’assassin n’ont pas connu cette chance.

 

L’assassin a été photographié, souriant, sur son lit d’hôpital. Ses victimes ne souriront jamais plus, et l’enquête a montré qu’elles avaient subi les effets d’une sauvagerie incroyable.

 

Le soldat qui est intervenu à Halamish s’est, semble-t-il, inquiété du précédent constitué par le procès intenté à Elor Azaria, et de la peine de prison qui l’a ponctué. Ce précédent, et je le dis avec en moi tout l’amour que je porte à Israël et au peuple juif, me paraît lourd de conséquences.

 

L’Armée d’Israël est présentée comme la plus morale au monde, et elle l’est effectivement. Je suis de ceux qui pensent qu’Elor Azaria aurait dû bénéficier des circonstances atténuantes, et ne jamais être déféré en justice.

 

De ceux qui pensent qu’une armée morale ne doit pas aller jusqu’au désarmement moral de ses soldats, et que, si certaines limites sont franchies, la vie des soldats est davantage exposée.

 

De ceux qui pensent que la place d’un terroriste islamique assassin est six pieds sous terre, ou sous les dents des requins en haute mer.

 

Je suis non seulement favorable à la mort pour les terroristes islamiques assassins, mais favorable aussi à la non-restitution de leurs cadavres à leurs familles. Nous sommes quelques-uns à partager cet avis : dans les mesures proposées par Daniel Pipes pour permettre la victoire d’Israël, il y a précisément la non-restitution des dépouilles des terroristes islamistes assassins à leurs familles.

 

Comme Daniel Pipes, je suis partisan d’une victoire totale d’Israël. Outre le fait que je suis favorable à la mort des terroristes islamiques assassins et à la non-restitution de leurs cadavres à leurs familles, je pense qu’Israël ne doit jamais oublier qu’une guerre féroce lui est livrée et qu’Israël doit impérativement la gagner pour que vienne la paix.

 

Israël n’a rien à attendre de ses ennemis en faisant preuve de mansuétude ou de faiblesse à leur égard ; la mansuétude ou la faiblesse ne gagnera d’ailleurs pas à Israël le moindre supplément de sympathie dans un monde occidental, de plus en plus pusillanime et toujours davantage envahi par un antisémitisme d’autant plus virulent qu’il ne dit pas son nom.

 

Eliminer les terroristes islamiques assassins est une action de justice pleinement légitime.

 

Chaque personne assassinée avec préméditation par un assassin est une personne assassinée de trop. Chaque Israélien juif assassiné par un terroriste islamique assassin est un Israélien juif assassiné de trop, et mérite que justice lui soit faite. Une justice pleine et entière.

 

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Le mandat des casques bleus reconduit et revitaminé entre Israël et le Liban (info # 020209/17) Version imprimable
Analyse
samedi, 02 septembre 2017

 

Par Michaël Béhé à Beyrouth

 

Mercredi dernier, le mandat des Casques bleus de la FINUL, la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban, a finalement été reconduit pour une année supplémentaire. Le Conseil de Sécurité de l’ONU a en effet adopté à l’unanimité de ses quinze membres la résolution 2373, qui prolonge ledit mandat, non sans y apporter plusieurs modifications importantes, comme les avaient demandées les Etats-Unis et Israël.

 

Rappelons que la présence de la FINUL au Liban, dans la région frontalière avec l’Etat hébreu, est régie par la résolution 1701, adoptée par le Conseil le six août 2006. La 1701, proposée par la France et des pays arabes, avait pour but de mettre un terme à la contre-offensive de Tsahal au Liban en échange de plusieurs dispositions, dont les principales étaient : le désarmement de tous les groupes armés dans l’ensemble du pays aux cèdres, cette clause s’adressant particulièrement au Hezbollah, la milice chiite supplétive de l’Iran, ainsi que l’éviction de toute force armée autre que l’Armée libanaise et la FINUL au sud du fleuve Litani qui coule parallèlement à la frontière israélienne.

 

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No comment

 

Dans les faits, si l’Etat hébreu avait cessé ses opérations militaires, de notre côté, la décision onusienne n’a jamais été suivie d’effets. Au contraire, depuis 2006, le Hezbollah, grâce aux armes qu’il reçoit de Téhéran, s’est imposé comme un Etat dans l’Etat, disposant de sa propre armée et supplantant les institutions nationales chaque fois qu’il le décide.

 

Près de la frontière avec notre voisin du Sud, la présence des Forces armées libanaises est très discrète et se résume à quelques postes d’observation et à de très rares patrouilles. La milice chiite, quant à elle, a constitué des dizaines de bastions militaires dans les villages, et amassé de grandes quantités d’armement et de munitions en vue d’une prochaine confrontation avec Israël, le tout, bien entendu, en contravention flagrante avec les clauses de la Résolution 1701.

 

De plus, comme à l’est de la Bekaa face à la Syrie et dans d’autres bastions qu’il contrôle, le Hezbollah utilise des uniformes de l’Armée qu’il a dérobés par milliers afin de vêtir ses miliciens et de les faire passer pour des soldats légitimes de la République libanaise.

 

Face à nos camarades de la rédaction à Métula, les membres de l’organisation terroriste chiite ont également plantés leurs drapeaux, de même que ceux de la République Islamique d’Iran et disséminé des effigies de leur chef, Hassan Nasrallah, de leurs "martyrs" et de l’instigateur de la Révolution islamique en Iran, feu l’ayatollah Rouholla Khomeiny.

 

De temps à autres, le Hezb organise des visites guidées sur la frontière à l’intention des journalistes présents au Liban, démontrant par là même que la force armée qui contrôle cette région n’est pas l’Armée de notre pays.

 

Quant à la FINUL, qui compte aujourd’hui un peu plus de 10 500 Casques bleus – des soldats dont la tâche, en principe, est le maintien de la paix, non pas uniquement l’observation passive des infractions à la résolution de l’ONU -, sa présence dans la zone limitrophe est à peine tolérée par le Hezb..

 

Ainsi, la milice n’autorise pas les casques bleus des 39 pays participant au contingent de maintien de la paix à pénétrer dans les villages qu’elle occupe ni à inspecter ses positions. Par le passé, les Casques bleus avaient tenté de mener à bien la mission qui leur est confiée, mais ils avaient été accueillis à coups de pierres, puis d’armes automatiques, par les Hezbollani et leurs affidés.

 

Depuis, la FINUL se contente de patrouiller sur les routes principales, à l’écart des villages, des fortifications et des entrepôts d’armes de la milice pro-iranienne. Elle utilise aussi un hélicoptère deux fois par jour qui suit précisément le tracé de la frontière de la Méditerranée aux contreforts du Golan.

 

Il est évident que ces "aménagements" avec les provisions de la Résolution 1701, qui résultent de décisions prises au niveau national par les pays participant à la force internationale sont parfaitement irréguliers, puisque le mandat de la FINUL ne saurait être dicté que par la résolution en question, qui seule est valide pour définir ses fonctions et obligations. Dans son rôle législatif, l’organe de référence, c’est-à-dire le Conseil de Sécurité des Nations Unies, supplante en effet les gouvernements qui fournissent des hommes, et qui sont censés le faire dans le respect de la seule autorité du Conseil en la matière.

 

Il n’appartient pas aux Etats qui envoient des troupes d’adresser directement à leurs soldats des ordres contraires ou divergents à ceux déterminés par le Conseil de Sécurité dans ses résolutions. L’un des champions de l’exercice de ce mode opératoire délétère est la France, qui avait pourtant rédigé les dispositions de la 1701 mais qui n’a jamais tenté de les faire respecter sur le terrain. Au contraire, à la veille du dernier vote de reconduction du mandat, dans un vif différend qui l’opposait à Washington et Jérusalem, Paris se déclarait satisfait du rôle joué actuellement par la FINUL, et ne désirait aucune modification à son mandat. Entre 2006 et 2017, la France a d’autre part réduit sa participation à la FINUL de 2 000 à 800 hommes.    

 

Pour Anne Guéguen, l'ambassadrice adjointe de la France auprès des Nations Unies, la FINUL, avec son rendement existant, "joue un rôle décisif dans un contexte régional très difficile pour stabiliser le sud du Liban". Pour Madame Guéguen, "la Force onusienne a fait preuve d'un effet stabilisant dans un environnement volatil, complexe et perturbé. Sa mission, conformément à la résolution 1701 (sic), a contribué avec succès au maintien d'une situation calme dans son domaine d'activité le long de la ligne bleue depuis août 2006".

 

Si la résolution 1701 ne provisionnait que le maintien d’un calme relatif le long de la frontière entre le Liban et Israël, et encore selon les termes imposés par une organisation classée terroriste par l’ONU est dont la présence à cet endroit est bannie, Paris aurait sans doute raison. Mais ce n’est pas le cas ! La Finul doit principalement désarmer le Hezbollah et l’empêcher d’exister au sud du Litani, et c’est le Quai d’Orsay qui avait rédigé ces termes et qui ne s’en souvient plus. Elle doit donc non seulement s’assurer que la frontière soit calme, mais aussi qu’elle le restera. Ce, en appliquant, stricto sensu, les résolutions votées au Conseil de Sécurité.

 

La portée du comportement français s’étend au-delà de la discussion du cadre juridique du mandat de la FINUL et des désaccords entre diplomates. Elle comprend des effets hautement nocifs et complémentaires : d’une part, en tolérant la présence armée du Hezbollah au sud du Litani, et en se pliant sans broncher à son autorité, l’ONU prend acte de cette présence et la légitime de facto.

 

Ensuite, lorsque l’on sait que, sur une autre frontière de notre pays, dans la région des Jurds, au Nord-Est, le Hezbollah vient de se livrer à une vaste opération militaire – sans s’en référer le moins du monde à l’autorité souveraine du Liban – contre des organisations armées sunnites, cela devrait tout de même appeler à une certaine analyse.

 

Lorsque l’on sait aussi que le même Hezbollah vient d’ordonner à l’Armée nationale d’interrompre sa propre offensive, dans la même région et face aux mêmes ennemis, pour la raison qu’il s’est mis d’accord avec eux pour l’établissement d’un cessez-le-feu, même à Paris, on ne devrait pas se satisfaire du calme apparent qui prévaut au Sud.

 

En ignorant intentionnellement ces atteintes à notre souveraineté nationale, ceux qui se gaussent de la situation actuelle mettent simplement la survie de tous les Libanais en danger. Car ce faisant, ils laissent à la milice à la solde de Téhéran le choix de déclencher un nouveau conflit armé avec Israël, tout en sachant que, si les Hébreux étaient une fois encore agressés sans l’avoir aucunement provoqué, ils renverraient le Liban au temps des dinosaures. Ils ont déclaré qu’ils le feraient, et si des tirs provenant du Liban tuent leurs civils, personne ne doute à Beyrouth qu’ils mettront leur menace à exécution et que, de plus, ils ne feraient qu’exercer leur droit à la légitime défense le plus strict.

 

Ainsi, une milice terroriste, issue d’une communauté minoritaire – représentant environ 33 pour cent de la population nationale -, agissant au service d’un Etat étranger et au détriment du sien, peut exposer, à n’importe quel moment, la majorité de notre population à un terrible conflit dont elle ne veut absolument pas.

 

Il y a une semaine, l’ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, avait fermement condamné cet aveuglement, déclarant  que les Casques bleus de la force de paix des Nations Unies au Liban ne faisaient pas leur travail de manière correcte. Madame Haley a précisé que le FINUL se montrait particulièrement inefficace pour empêcher "l'approvisionnement massif en armes du Hezbollah, la plupart du temps par des trafics alimentés par l'Iran".

 

Répliquant indirectement à l’ambassadrice française, la déléguée U.S. a affirmé que ce que faisait actuellement la FINUL, "ce n'est pas prévenir la guerre, c'est la préparer !". Madame Haley a dit vouloir amender le texte du mandat de la force de l’ONU, afin qu’il "qui dise clairement à la Finul de faire ce qu'elle aurait dû faire depuis des années".

 

L’ambassadrice s’en est aussi vertement prise au commandant de la Finul, le Général irlandais Michael Beary, qu’elle accuse d'être "aveugle" sur les trafics d'armes dans le sud du Liban. "Il semble être la seule personne dans le sud du Liban à ne pas voir ces trafics, et fait preuve d'un manque de compréhension embarrassant sur ce qui se passe autour de lui", a-t-elle conclu.

 

Le représentant israélien à l’ONU, Danny Danon, a soutenu l’analyse faite par son homologue américaine, exigeant de la FINUL qu’elle mette "un terme aux violations par le Hezbollah des résolutions du Conseil de Sécurité afin d'instaurer [durablement ? Ndlr.] le calme dans la région". Pour M. Danon, les Casques bleus "doivent insister pour avoir un accès illimité à toutes les installations suspectes sous leur mandat". Dans le Wall Street Journal, il a prôné "une inspection méticuleuse des villes et des villages du sud du Liban", et "le démantèlement des bastions du Hezbollah", en conformité avec le mandat reçu par la FINUL.

 

Finalement, c’est la version américano-israélienne qui est passée, et encore à l’unanimité, ce qui est remarquable, les grandes puissances que sont la Russie et la Chine votant en faveur de la résolution. Il est vrai que les Etats-Unis ont pesé de toute leur influence pour parvenir à ce résultat. A noter que le gouvernement libanais du président Aoun, menotté par la menace permanente que lui applique le Hezb, s’était calqué sur la position initiale de la France soutenant le statu quo. Israël et le Liban n’étaient pas représentés au Conseil durant le vote.  

 

Quatre nouveaux dispositifs ont été désormais intégrés au mandat des Casques bleus. Il s’agit de :

 

1. L’augmentation significative de la présence de la FINUL, devant se traduire par une augmentation du nombre de ses soldats et des moyens à leur disposition.

 

2. L’injonction faite à la FINUL d’entrer dans les villes et les villages tenus par le Hezbollah.

 

3. La demande qui lui est faite de fournir davantage de rapports sur ses missions.

 

4. L’injonction d’informer immédiatement le Conseil en cas de violation des résolutions onusiennes par le Hezbollah.

 

Reste à voir si ces amendements seront mis en pratique par les Casques bleus sans interférences de la part des Etats qui participent à leur contingent. Force est de constater que la mouture de 2006 de la Résolution 1701 aurait dû suffire mais que les soldats de l’ONU, pour se préserver, ne l’avaient pas mise en œuvre.

 

Au cas où, sous le regard accru et déterminé de l’Amérique, ces nouvelles dispositions se traduiraient par les actes qu’elles préconisent, une confrontation ponctuelle avec la milice terroriste chiite semble inévitable. Mais la paix est à ce prix, de même que la sécurité des civils israéliens et la préservation du Liban.

 

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Bruxelles-Métula du 1er septembre 2017 (010209/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
samedi, 02 septembre 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/Eg9IOONpsLE (Youtube). Attention, la diffusion de Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca change d’horaire pour la nouvelle saison et aura lieu, toujours en direct, tous les lundis à 7h40 sur les ondes de la station bruxelloise. Pour suivre les émissions en direct : http://www.radioline.co/listen-to-radio-judaica-bruxelles .

                    

Au sommaire :

 

1. Le mandat de la FINUL est reconduit pour un an par le Conseil de Sécurité de l’ONU, et la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban est priée, par quatre nouvelles mesures, d’entrer dans les villes et villages contrôlés par le Hezbollah afin de vérifier que les résolutions du Conseil sont respectées. Tous les détails dans l’article très circonstancié de Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, paraissant aujourd’hui sur les supports de la Ména.

 

2. Le Premier ministre israélien, Binyamin Netanyahu, accentue son discours d’auto-victimisation, accusant la presse ainsi que les témoins à sa charge de fomenter un coup d’Etat contre sa personne. Les journalistes présents à la réunion du Likoud hués et insultés par l’assistance en réponse aux incitations de Netanyahu.

 

Plusieurs députés du Likoud jugent indigne et inadéquat le comportement du Premier ministre.

 

M. Netanyahu informe le tribunal qu’il a passé, ces trois dernières années, 300 heures au téléphone avec l’ex-rédacteur en chef et le propriétaire du quotidien gratuit "Israël Hayom" [Israël aujourd’hui], qui fait l’apologie de sa politique.

 

 
Bruxelles-Métula du 25 août 2017 (012508/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
jeudi, 24 août 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca  https://youtu.be/oiWB9OqfY7k (Youtube).

 

Au sommaire :

 

1.      Rencontre importante entre le Premier ministre Binyamin Netanyahu et le Président russe Vladimir Poutine, mercredi dernier, dans la station de villégiature de Sotchi sur les bords de la mer Noire. Au menu de ces entretiens qui sont devenus presque réguliers depuis plusieurs mois, le danger représenté par l’installation de l’Armée iranienne, de ses supplétifs du Hezbollah ainsi que des milices chiites à la solde de Téhéran en Syrie.

Au fur et à mesure de l’effondrement de l’Etat Islamique dans l’est de ce pays, aidés en cela par la stratégie d’extrême retenue difficilement compréhensible de l’Amérique de Trump, les Perses se déploient dans nombre de territoires perdus par DAESH. Cette progression est rendue possible grâce au soutien aérien massif des bombardiers russes, qui permettent la progression de l’Armée régulière de Bashar al Assad vers Deïr Ez Zor et la frontière iraquienne.

 

Or la minorité constituée par la tribu d’Assad, les Alaouites, ne compte qu’un million et demi de membres sur les dix-huit millions de Syriens. L’Armée gouvernementale n’étant quasiment plus formée que de militaires de ce clan, elle ne dispose pas des effectifs nécessaires pour contrôler les régions conquises et doit ainsi faire appel pour cette tâche aux alliés iraniens.

 

Ces derniers progressent dans la réalisation de leur plan stratégique de création d’une continuité territoriale chiite allant de l’Afghanistan au Liban. Outre le territoire iranien, les ayatollahs dirigent déjà le gouvernement iraquien et le pays aux cèdres, grâce au régime de terreur qu’y impose la milice chiite du Hezbollah et sa puissance guerrière.

 

Gênés par les raids du Khe’l Avir qui détruisent pratiquement tous les chargements d’armes iraniennes destinés au Hezb et transitant par la Syrie, Téhéran a entrepris de construire des usines de production d’armes sophistiquées en Syrie et au Liban.

 

A Banias, dans le réduit alaouite syrien de Lattaquié, des satellites espions ont photographié les travaux d’édification d’une fabrique de missiles. Le problème de cet emplacement, pour l’Etat hébreu, se situe dans le fait qu’il se trouve à quelques kilomètres des aéroports réquisitionnés par les Russes de même que de leur centre naval de Tartous. Une intervention du Khe’l Avir dans leur pré carré aurait de fortes chances de se terminer par un affrontement aérien avec les pilotes de Poutine. Inversement, l’inaction d’Israël se solderait par la présence de missiles capables d’atteindre n’importe quelle portion de son territoire.

 

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L’usine de missiles iraniens dans la province syrienne de Lattaquié

 

Au Liban également, des sources étrangères font état de la construction par les Khomeynistes d’une usine souterraine de missiles Fateh-110 à proximité de Hermel, dans la partie orientale de la vallée de la Bekaa, déjà soustraite de facto à la souveraineté du gouvernement officiel libanais. Le Fateh-110 possède une portée de 300km et une charge utile d’une demi-tonne, de quoi préoccuper les stratèges de Tsahal.

 

Lors des entretiens russo-israéliens, très sérieux, tenus en petit comité – trois à quatre participants dans chaque délégation -, qui se prolongent souvent au-delà de trois heures, Netanyahu, accompagné du chef du Mossad, Yossi Cohen, et d’un membre du Conseil National de Sécurité, tente de persuader ses interlocuteurs que la présence permanente des Iraniens sur le sol syrien et leur projet d’ "autoroute" chiite ne peut que nuire à leurs intérêts.

 

Ils trouvent face à eux un Poutine amical et attentif, au courant des moindres détails de la situation régionale. Chacun défend ses propres priorités telles qu’il les conçoit, mais on se parle. De plus, on améliore à chaque meeting les dispositions établies afin d’éviter d’éventuels affrontements entre les deux armées.

 

Mais l’Iran est également un gros client de la Russie dans beaucoup de domaines dont le militaire. Téhéran octroie aussi aux Russes la possibilité d’utiliser des aéroports pour leurs bombardiers ainsi que d’autres avantages stratégiques. Pour ces raisons, les discussions n’aboutissent jamais à des conclusions communes quant au fond.

 

Poutine n’est pas un partenaire fiable, et ces entretiens ont surtout le mérite d’échanger des informations. Il agit plutôt tel un serpent cynique ; à la différence d’autres leaders, il ne s’en cache pas et fait même tout ce qui est nécessaire pour que cela se sache. Comme pour illustrer cette métaphore, l’ambassadeur de Russie aux Etats-Unis s’est fendu d’une déclaration alors que la discussion "cordiale" de Sochi n’était pas encore terminée. L’ambassadeur a ainsi affirmé que Moscou considérait que l’Iran jouait un rôle positif en Syrie.

 

 

2.      Le Major-Général Amir Eshel, commandant sortant de l’Armée de l’air israélienne, a déclaré que le Khe’l Avir était intervenu près d’une centaine de fois, ces cinq dernières années, au Liban, en Syrie et dans d’autres pays afin d’empêcher nos ennemis de s’équiper d’armements sophistiqués.

Il s’est agi d’une nouvelle tactique, a souligné Eshel, notant que, durant les années précédentes, les avions frappés de l’étoile de David n’intervenaient que rarement aussi loin de leurs frontières.

 

L’officier s’est réjoui du fait que ces opérations efficaces, d’ampleurs très diverses, ont été conduites en réalisant leurs objectifs sans pour autant que cela ne dégénère en conflits ouverts.

 

L’ancien chef de l’Aviation des Hébreux a également souligné l’influence qu’il avait pu avoir pour empêcher le pouvoir exécutif de se lancer dans la destruction des sites nucléaires iraniens.

 

Tout en atteignant un niveau de préparation jamais égalé auparavant pour réaliser d’éventuelles missions contre ces structures, les responsables du Khe’l Avir sont parvenus, comme face au Hezbollah et à la Syrie, à éviter l’embrasement généralisé.

 

Ils ont atteint cet objectif sans jamais provoquer de crise avec Binyamin Netanyahu et les trois ministres de la Défense qui se sont succédés durant cette période et qui ont tous apprécié la pertinence d’Amir Eshel.

 

 
Annonce technique : Version imprimable
Communiqué
jeudi, 24 août 2017

 

Annonce technique : entre le samedi 26 et le jeudi 31 août inclus, les ingénieurs de la na procéderont à l’installation programmée d’une nouvelle partie importante des nouveaux modules informatiques destinés au remplacement du système de distribution existant par un système beaucoup plus moderne.

 

Durant cette période, les articles ne pourront être consultés que sur la page Facebook de l’agence, à l’adresse https://www.facebook.com/menapress/?ref=aymt_homepage_panel. La consultation des articles sera exceptionnellement gratuite et le public aura accès à l’intégralité des textes publiés.

 

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Les Chameaux éliminés de la Ligue des Champions (info # 012208/17) Version imprimable
Sport
mardi, 22 août 2017

 

Par Ilan Tsadik

 

Des joueurs rouges affalés sur la pelouse, des violets qui pleurent de joie, un public qui exulte, c’est la cruelle loi du sport. Hapoël Beersheva s’est incliné sur la marque d’un but à zéro, mais cela suffit à Maribor pour se qualifier pour la phase des poules de la compétition reine grâce au but qu’il a marqué au match aller dans la capitale du Néguev. Car en cas de parité au terme des deux rencontres, les buts inscrits à l’extérieur comptent double.

 

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Le gardien Gaï Khaïmov, l’un des seuls Beershéviens à n’avoir rien à se reprocher ce soir

 

Un but du défenseur local Viler à la quinzième minute, alors que les "ouvriers" du désert n’étaient pas encore entrés dans la rencontre, a scellé le sort de ce match de barrage. Beersheva a chèrement payé pour une première mi-temps en demi-teinte, lors de laquelle il n’a pratiquement pas inquiété le portier Jasmin Handanović, qui allait devenir le héros de toute la Slovénie.

 

En effet, à la dernière minute de la rencontre, Handanović déviait un coup de tête de Nwakaeme qui prenait le chemin des filets au prix d’une détente en tous points monumentale. Car il n’aurait fallu qu’un but aux Chameaux pour accéder au paradis du football.

 

En seconde période, c’est Hapoël qui prit le match à son compte mais avec moins de niaque qu’à son habitude. Il se ménageait certes quatre ou cinq opportunités mais Pekhart, entré à la place de Ghadir, inexistant jusqu’alors, manquait cruellement de mordant. Et Melikson, le capitaine, qui n’excelle pas de la tête, loupait la cible à deux ou trois reprises dans des situations favorables.

 

Toute l’équipe jouait un ton au-dessous de son meilleur niveau, et c’était insuffisant pour évincer les Slovènes, certes inférieurs en valeur absolue, mais volontaires, organisés et soutenus par un public qui ne cessa pas une seconde de les encourager.

 

John Ogu semblait fatigué, Radi n’a pas le niveau européen, particulièrement en phase offensive, et la défense s’est montrée souvent confuse. Il est vrai qu’en l’absence de Vitor, blessé, c’était la première fois qu’elle s’alignait avec son transfert de dernière minute, Elkhamed, ponctionné la semaine dernière du FC Ashdod.

 

Même Anthony Nwakaeme était loin de son rendement coutumier, soumis au marquage de deux ou trois adversaires chaque fois qu’il héritait du ballon.

 

Le gardien Gaï Khaïmov tira son épingle du jeu en multipliant les sorties très propres. L’autre point fort des footballeurs du Néguev fut le jeune Michaël Ohana (21 ans), lui aussi entré en seconde période, qui insuffla beaucoup de vie à ses couleurs grâce à sa vivacité et à sa technique.

 

Durant les vingt dernières minutes, les Chameaux firent le siège des bois adverses mais sans parvenir à trouver la faille.

 

La saison dernière, Beersheva avait manqué la phase des groupes également à un but près face au Celtic Glasgow en barrages, Maharan Radi manquant un penalty dans le money time au stade Turner. Hapoël Beersheva devra encore prendre son mal en patience afin de devenir la quatrième équipe israélienne à évoluer en phase de poules de la Ligue des Champions.

 

La différence, ce soir ? Le tir de Viler est entré, la tête de Nwakaeme non. Ce furent les deux vraies occasions des deux côtés. Une petite différence qui coûte la bagatelle de douze millions d’euros à Hapoël, qui constitue le bonus accompagnant l’accession à la phase des groupes.

 

Tout n’est pas perdu pour les Chameaux, puisqu’ils sont qualifiés pour l’Europa League, la seconde compétition du foot européen, à la faveur de leurs victoires durant les rencontres préliminaires de la Champions League.

 

Ils y retrouveront aussi de sérieux clients, à l’instar d’Arsenal, et de Nice, qui n’a rien pu faire même à la maison face à Naples, qui s’est à nouveau imposé par deux buts à zéro comme à l’aller il y a une semaine.

 

L’ambiance ne sera pas à la fête dans l’avion du retour, ni pour les joueurs, ni pour les cinq cents tifosi qui avaient fait le déplacement de Maribor. Avec, au fond de la gorge, non seulement le goût amer de la défaite, mais aussi celui d’avoir galvaudé de pas grand-chose l’occasion de briller au plus haut niveau mondial. Ce n’est pas uniquement la loi du sport, c’est aussi celle de la vie. Et le spectacle continue…

 

 
D'un massacre à l'autre (info # 012108/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 21 août 2017

 

Par Raphaël Delpard

 

Faut-il que les dates nous harcèlent ? L'âge venant, la remontée d'événements se fait plus prégnante ; le 5 juillet dernier, me revenait à la mémoire le massacre des Français et des Algériens favorables à la France, le 5 juillet 1962 à Oran. Ces derniers jours, avec l'attentat de Barcelone, ce fut l’un des actes les plus ignobles, commis le 20 août 1955 à El-Halia en Algérie, qui est revenu assaillir mon esprit.

 

Le 20 août 1955, en effet, est une date marquée au fer rouge. Les historiens la comparent au 10 juin 1944, où, dans la campagne limousine, une compagnie de la 2ème division blindée SS Das Reich avait envahi le village d'Oradour-sur-Glane et exterminé la quasi-totalité de la population.

 

La méthode du FLN, aujourd’hui largement réhabilité auprès de la plupart des partis politiques de l’Hexagone, consistait à massacrer autant de Français que possible. L'Aloïs Brunner algérien se nommait Zighout Youssef, il était le commandant de la Wilaya 2 – la région militaire de l'Armée de Libération Nationale (ALN) qui englobait le Nord-Constantinois.

 

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Les civils français alignés à même le sol sur la place du village

 

Youssef entendait provoquer la rupture entre les Européens et les Arabes. La méthode qu’il allait choisir pour y parvenir était bien rôdée et avait fait ses preuves.

 

Il allait acculer les Français afin qu'ils réagissent avec violence. La violence et les photographies qui la montreront seront utilisées comme propagande, et serviront aussi à convaincre les Algériens hésitants à se lancer dans les combats de l'insurrection. La presse internationale, déjà peut soucieuse de la provenance des photos, les utilisera pour illustrer le comportement des Français - des colons – aux dépens de la population algérienne.

 

El-Halia est un petit village situé à un jet de pierre de Philippeville et à trois kilomètres à vol d'oiseau de la mer. Y cohabitent sans problèmes deux mille musulmans et cent trente Français. Les hommes sont tous employés à la mine de pyrite. Il n’existe aucune différence de salaire d'une communauté à l'autre, les avantages sociaux sont analogues pour tous. Les Algériens et les Français vivent les uns à côté des autres, dans des maisons souvent mitoyennes.

 

Youssef a prévu que deux équipes de fellahs (paysans), ivres de propagande antifrançaise, vont opérer au même moment, à midi. Pourquoi cette heure ? Parce qu'il y fait une chaleur d'enfer. Les Européens sont à table, et donc rassemblés dans les maisons.

 

Il est 11 h 30, lorsque quatre bandes encerclent le village. Les agresseurs sont pour la majorité des ouvriers de la mine, armés de pelles, de pioches et de gourdins. Comment Youssef s'y est-il pris pour les convaincre de passer du statut de voisins à celui d'assassins ? L'histoire ne nous le dit pas.

 

Les émeutiers sont discrètement protégés par les soldats du FLN qui sont chargés de surveiller le bon déroulement du massacre ; ils s'enfuiront dès l'arrivée des soldats français.

 

Les hordes algériennes connaissent évidemment chaque famille européenne et chaque maison ; la veille encore, les uns et les autres ont bu ensemble un verre de thé sur le banc, en face des maisons. Ils ont parlé de la mine, des enfants, de football aussi. Une paisible conversation.

 

Les femmes sont occupées à préparer le déjeuner, les enfants jouent dans leur chambre, la chaleur est torride.

 

Les Européens que la meute rencontre sont égorgés sur place. Arrive le camion rentrant de la mine. Il est assailli, le chauffeur a la gorge tranchée. Un deuxième camion se présente, les ouvriers français subissent le même sort que les précédents.

 

Les photographies des scènes d'horreur n'ont jamais été publiées par décence pour les victimes. Que l'on sache cependant que la petite Bernadette Mello, qui n'a que cinq jours, est tronçonnée sur le rebord de la baignoire, sous les yeux de sa mère. Les monstres l'obligent à assister à l'exécution de son bébé. Elle est ensuite violée, puis on lui ouvre le ventre et l'on y replace les morceaux déchiquetés de son enfant.

 

Faustin Mello est surpris. Il se repose dans sa chambre. Il est amputé des bras et des jambes à la hache dans son lit. Dans une autre famille, les tueurs n'épargnent pas une fillette de onze ans ni sa grand-mère, âgée de soixante-seize ans.

 

Les Français se barricadent chez eux, essayant de résister aux assaillants. Les femmes arabes ont rejoint les émeutiers. Elles aussi, comment se sont-elles muées si rapidement de voisines aimables en meurtrières sanguinaires ?

 

Elles poussent de sinistres youyous stridents tout en appellent au djihad (la guerre sainte), tandis que les hommes surexcités sortent les Européens de leurs maisons, les traînent dans la rue, et les tuent à coups de pelles et de pioches. Des familles entières sont ainsi exterminées.

 

Lorsqu’une unité de l'Armée française arrive sur place, les soldats sont pris de nausée découvrant le carnage. Les larmes aux yeux, lèvres closes, grondants de colère, ils alignent les morts qui n'ont plus d’aspect humain sur la place du village.

 

Les parachutistes français se déploient sans attendre dans la région, l'engagement du feu avec les rebelles est rapide et brutal. Apprenant l'horreur d’El-Halia, des civils français se transforment en justiciers et, à leur tour, tuent sans discernement les Algériens qu'ils croisent.

 

Zighout Youssef est heureux. L'objectif qu'il s'était fixé est atteint. Les photographies des musulmans assassinés par les Français vont circuler dans les chancelleries et feront la une de la presse internationale. Pas un seul media n'évoquera le massacre des Français d'El-Halia.

 

Dans vingt ans, ou moins, que restera-t-il de l'attentat de Barcelone, du Bataclan à Paris, de celui de Nice et des autres qui ne vont pas manquer d’être perpétrés prochainement ? La vérité sera-t-elle dite ? Où sera-ce une fois de plus le triomphe de la barbarie et du mensonge ?

 

 
Pourquoi le "peuple palestinien" fut-il inventé (info # 012008/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 20 août 2017

 

Par Guy Millière

 

J’ai publié il y a quelques années un petit livre co-écrit avec David Horowitz, appelé "Comment le peuple palestinien fut inventé". Nous y expliquions la généalogie de l’invention. Nous y insistions sur le but de l’invention, même si cette finalité ne constituait pas le centre du livre. Il me semble plus que jamais nécessaire aujourd’hui d’expliciter et de souligner cet objectif, car il permet de saisir toute la monstruosité de l’invention.

 

Quand le mouvement sioniste a pris forme et consistance, et quand des Juifs sont revenus sur la terre d’Israël à la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième siècle, on le sait, mais ce doit être répété, il y avait là des Arabes, peu nombreux, sujets de l’empire ottoman à l’époque. Ces Arabes ne demandaient rien de particulier. Ils vivaient de manière misérable. Les Juifs revenant sur les terres d’Israël ont fondé des entreprises et cultivé la terre, créé de la richesse là où il n’y en avait pas. Nul n’aurait appelé ces Arabes “Palestiniens”, pas même eux-mêmes. La notion de “peuple palestinien” n’existait pas.

 

Durant la période précédant la création de l’Etat d’Israël, le terme "Palestinien" était exclusivement réservé aux Juifs de Palestine. Leur sélection nationale de football s’appelait Palestine, leur banque principale [aujourd’hui Banque Léumi] se nommait la Société Anglo-Palestinienne, leur journal principal était le "Palestine Post", devenu le "Jerusalem Post", tous les timbres qu’ils ont émis portaient la mention "Palestine", les quinze "Bataillions de Palestine" formés pas l’Armée britannique en 1940 et qui combattirent durant la Campagne de Grèce en 1941, ne comprenaient évidemment que des Juifs, etc.

 

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Ici le drapeau de la Palestine dans l’édition du Larousse de 1939

 

Lorsque la grande révolte arabe [1936-1939], encouragée par les Britanniques, a éclaté, la promesse a été faite au chérif de La Mecque, en Arabie, qu’un grand territoire arabe proche-oriental retrouverait sa souveraineté. La déclaration Balfour avait été signée quelques années auparavant (1917). Il n’a été question nulle part, ni dans les promesses faites au chérif, ni dans la déclaration Balfour, de la création d’un Etat palestinien, et moins encore d’un “peuple palestinien”. Les Arabes vivant sur la terre d’Israël étaient encore et toujours peu nombreux. Ils ne demandaient encore et toujours rien de particulier. Leur niveau de vie s’était amélioré grâce à la présence juive. Nul ne les aurait, encore et toujours, appelés “Palestiniens”. La notion de “peuple palestinien” n’existait toujours pas.

 

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La réunion de la Ligue Arabe au Caire, en 1964, qui décida de la création de

l’Organisation de Libération de la Palestine

[On reconnaît autour de la table, second à partir de la gauche, Gamal Abdel Nasser, le président égyptien, et, quatrième, le Roi Hussein de Jordanie]

 

Lorsque le redécoupage du Proche-Orient a été réalisé par les Français et les Britanniques, ils ont dessiné l’Irak, la Syrie, le Liban, les frontières de l’Egypte, de l’Arabie Saoudite et de la Turquie. Un territoire appelé Mandat palestinien a été établi, dont quatre-vingt pour cent ont été attribués au bout de quelques mois à l’un des héritiers de la dynastie chérifienne chassée de La Mecque : c’était la Transjordanie, qui deviendra plus tard la Jordanie. Les Arabes vivant en Transjordanie, puis en Jordanie, ont été gouvernés par une dynastie venue de La Mecque : ils sont devenus Transjordaniens, puis Jordaniens. Nul ne les aurait, toujours et encore, appelés “Palestiniens”. La notion de “peuple palestinien” n’existait toujours pas, non.

 

Les Arabes vivant sous le Mandat palestinien résiduel (amputé de la Transjordanie) ont été placés sous la coupe des Britanniques, censés gérer le Mandat avec pour finalité la création du foyer national juif. Les Arabes en question ont été soumis (avec la bénédiction des Britanniques) à l’influence d’un agitateur islamiste antisémite, Amin al Husseini, qui les a incités à commettre des pogroms et à haïr les Juifs. Leur nombre s’est accru, parce que la richesse créée par les Juifs a fait venir des immigrants arabes des pays voisins, et parce que les Britanniques leur ont ouvert les portes du mandat tandis qu’ils les fermaient aux Juifs. Nul ne les aurait appelés “Palestiniens” toujours et encore. La notion de “peuple palestinien” était toujours totalement absente.

 

Entre 1948, année de la renaissance d’Israël et 1967, des guerres arabes ont été fomentées, dont le seul but consistait à détruire Israël. Une guerre supplémentaire a été dirigée contre Israël en 1973. Aucune de ces guerres n’a été menée au nom du “peuple palestinien”. La notion de “peuple palestinien” était totalement absente en 1948 et en 1967. En 1973, elle était trop récente pour qu’une guerre puisse être conduite en son nom.

 

En 1964, la Ligue Arabe, réunie au Caire, a d’abord créé un mouvement terroriste regroupant plusieurs groupuscules eux-mêmes terroristes, à l’instigation de l’Union Soviétique : l’Organisation de Libération de la Palestine. Ce n’est que trois ans plus tard que l’OLP a commencé à être présentée comme un “mouvement de libération nationale”. La volonté de détruire Israël et d’exterminer les Juifs paraissait plus présentable aux yeux du monde extérieur sous les atours d’un “mouvement de libération nationale”.

 

La notion de “peuple palestinien” est apparue un peu plus tard, début 1970. L’OLP, au départ, devait “libérer” le territoire d’Israël (donc détruire Israël et exterminer les Juifs), sans toucher à la Judée-Samarie, que la Jordanie avait annexée à son territoire, de 1949 à 1967, et qu’elle souhaitait retrouver. L’OLP a tenté de renverser le roi de Jordanie en septembre 1970, en déclenchant l’opération Septembre noir. Cette guerre civile coûta la vie à environ 20 000 personnes.

 

Depuis le début 1970, les Arabes vivant sur la terre d’Israël et en Judée-Samarie se sont vus répéter qu’ils étaient le “peuple palestinien”. Les Arabes ayant quitté Israël en 1948 et qui sont maintenus artificiellement dans des camps dans des pays tels que le Liban, la Jordanie et la Syrie se sont vu répéter la même chose.

 

C’est la première fois dans l’histoire qu’un peuple a été inventé de cette façon et que les membres de ce peuple ont dû apprendre qu’ils étaient membres de ce peuple.

 

Cette invention a donné à ce “peuple” une identité reposant sur une falsification de l’histoire. Des propagandistes palestiniens disent que le peuple palestinien existe depuis longtemps (ils prétendent parfois que les “Palestiniens” sont les descendants des Philistins de l’antiquité), ce qui est historiquement faux.

 

Cette invention a eu pour fin d’occulter l’histoire des Juifs en terre d’Israël. Et des propagandistes “palestiniens” affirment que les Juifs n’ont aucun passé sur les terres d’Israël, ce qui est non seulement totalement faux, mais relève aussi du négationnisme, puisqu’en niant le passé des Juifs sur la terre d’Israël, c’est l’existence du peuple juif lui-même qui se trouve ainsi niée.

 

Cette invention, surtout, a été conçue pour faire du "peuple palestinien fabriqué" une grande arme de destruction massive destinée à annihiler concrètement un autre peuple, puisque l’objectif assigné au “peuple palestinien” est de “libérer” la terre d’Israël en détruisant Israël et en exterminant les Juifs.

 

L’invention du “peuple palestinien” est destinée à accomplir ce que les armées arabes n’ont pu réaliser de 1948 à 1973. C’est la première fois dans l’histoire qu’un peuple a été inventé aux fins de devenir une grande arme de destruction massive destinée à annihiler concrètement un autre peuple.

 

C’est une invention monstrueuse aux dépens d’Israël et du peuple juif. C’est aussi une invention monstrueuse à l’encontre des Arabes dont on fait le “peuple palestinien”, car transformer des êtres humains en armes de destruction par fanatisation consiste à en faire délibérément des monstres sacrificiels destinés à finir dans un bain de sang.

 

Cette invention est dès lors un double crime contre l’humanité : l’un est commis contre le peuple juif, l’autre contre les Arabes dont on a fait le “peuple palestinien”.

 

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Bruxelles-Métula du 18 août 2017 (011808/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 18 août 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca  https://youtu.be/G9JB-xkZrng (Youtube).

 

Au sommaire :

 

1.      La poursuite des attentats en Europe ainsi que l’affinement du mode opératoire des terroristes islamiques démontre l’échec de la stratégie occidentale en matière de lutte contre le terrorisme. La décision opérationnelle des Européens et des Américains, il y a environ trois ans, fut de détruire DAESH en Syrie et en Irak. Leur évaluation consistait à penser que les décisions en matière de terrorisme sur le sol européen se prenaient à Mossoul et à Raqqa, ce qui participait d’une erreur d’appréciation fondamentale.

 

Aujourd’hui, Mossoul n’est plus aux mains de DAESH et Raqqa est sur le point de tomber également mais les attentats sur le sol européen se perpétuent et se perfectionnent. Cela démontre ce que la Ména affirme depuis toujours : on a affaire à une nébuleuse terroriste et non à une organisation pyramidale ; DAESH est une image générique de cette nébuleuse, mais les décisions de frapper se prennent localement, au niveau des cellules terroristes islamiques déjà présentes sur le sol européen. Les exécutants – et également les chefs et les stratèges - se recrutent localement parmi la population musulmane issue de l’immigration, qui présente un réservoir quasi-inépuisable de volontaires pour mener ces actions. Et qui connaît parfaitement les spécificités et l’importance des sites visés, ce qui ne saurait être le cas des chefs djihadistes en Syrie et en Irak.

 

Les experts occidentaux se sont totalement fourvoyés dans leur identification du risque et, partant, dans le choix des moyens pour protéger les populations européennes. Ils pensaient qu’en détruisant DAESH au Proche-Orient, le risque terroriste disparaîtrait ou, à tout le moins, se réduirait sensiblement, or on constate que ce n’est pas le cas.

 

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Le prix d’une erreur

 

L’ennemi se situe en Europe parmi la population musulmane, c’est un fait politiquement incorrect et délicat, mais cela reste un fait. L’unique solution pour réduire le risque terroriste islamique consiste à contrôler les populations immigrées, à connaître chaque famille, à savoir ce qui se passe dans chaque maison. Les experts occidentaux se sont trompés de guerre.

 

De plus, en Syrie et en Irak, leur action fait plus de mal que de bien, en rompant l’équilibre fragile entre sunnites et chiites. Les politiciens européens et américains ont réagi à l’horreur des images de télévisions, pas à la menace réelle.

 

Chaque territoire libéré par la coalition internationale en Irak et en Syrie est immédiatement convoité et souvent conquis par l’Iran et ses supplétifs. Or l’Iran est largement plus dangereux pour les pays civilisés que DAESH, parce que beaucoup plus puissant et à l’abri des frappes militaires. Et l’Iran et ses portes-flingues chiites utilisent les mêmes méthodes inhumaines que les extrémistes sunnites, à la différence qu’ils ne diffusent pas les images de leur barbarie.

 

L’Irak, à l’exception de la région indépendante kurde et de certains bastions sunnites sans importance stratégique est déjà passé sous influence iranienne.

 

En résumé : en se trompant de guerre et donc de cible, les Occidentaux sèment les graines d’un conflit avec l’Iran qui sera autrement plus compliqué que l’éradication de l’Etat Islamique, en plus de n’avoir absolument pas contribué à l’éradication du terrorisme sunnite dans leurs pays.

 

Au contraire, en s’attaquant uniquement à des cibles sunnites au Moyen-Orient, les Occidentaux ont augmenté la haine des musulmans – tous sunnites – qui vivent en Europe. Si les gouvernements cachent ces faits, lesdits musulmans les ressentent fortement, et cela attise leur détestation des chrétiens auprès desquels ils vivent et dont ils haïssent les valeurs.

 

Du point de vue tactique, il ne reste plus qu’à quadriller la population immigrée afin d’identifier les éléments prêts à passer à l’action avant qu’ils n’agissent. Au Moyen-Orient, il convient de cesser, après la prise de Raqqa, la chasse aux extrémistes sunnites qui ont pratiquement cessé de présenter une menace. Du point de vue stratégique, il convient désormais de s’occuper de stopper la progression chiite, à la fois par la dissuasion et par l’action militaire.

 

Tout ce déchet aurait pu être dix fois atténué si, il y a trois ans, les Occidentaux s’étaient simplement attelés à couper le cordon ombilical qui reliait la Turquie à l’Etat islamique. C’était une affaire de deux semaines d’intervention en Syrie, sans devoir toucher à la Turquie et à son armée, en aidant les Kurdes à réaliser la continuité du Rojava.

 

La politique consistant à ménager le dictateur Erdogan, les estimations erronées de la situation et des risques par les responsables politiques européens, et les étranges priorités de Barack Obama, ont conduit au désastre que nous connaissons actuellement et qui ne va qu’empirer.

 

En Europe, le désir de ne pas offenser les minorités musulmanes immigrées, en corrélation avec l’exacerbation de leurs sentiments et leurs convictions philosophiques, religieuses et politiques, ont mené à une menace terroriste actuellement incontrôlable.

 

Si les réajustements ne sont pas effectués en urgence, les attaques terroristes en Europe vont augmenter et devenir encore plus efficaces, et le Moyen-Orient va connaître un embrasement généralisé sans commune mesure avec le problème causé par l’Etat Islamique.

 

Car en matière d’évaluation stratégique, plus encore que dans les autres domaines, nul n’a le privilège de toujours se tromper.

 

2.      Les victories en football d’Hapoël Beersheva en Ligue des Champions face au champion de Slovénie, et du Maccabi Tel-Aviv, contre les Autrichiens d’Altach, en Ligue Europa.

 

 
Beersheva – Maribor : les Chameaux remportent la première manche (info # 011708/17) Version imprimable
Sport
mercredi, 16 août 2017

 

Par Ilan Tsadik

 

Barrage aller, ce mercredi, pour l’accession à la phase des groupes de la Ligue des Champions : Beersheva 2 – Maribor 1, au stade Turner de Beersheva, devant 16 000 spectateurs, où il ne restait pas un strapontin de libre.

 

Hapoël Beersheva est une meilleure équipe que Maribor la slovène, qu’il a battue ce soir dans la capitale du Néguev. Ceci dit, ce succès amplement mérité, sur la marque de deux buts à un, ne garantit pas une marge de confiance suffisante en vue du match retour mardi prochain.

 

Grand match et grand spectacle, ce soir à Beersheva. Tout avait pourtant mal commencé : après une période de domination initiale des Chameaux, une erreur grossière du défenseur Shir Tsedek permettait au vieux loup de mer brésilien (33 ans) Marcos Tavares de geler l’ambiance en trompant le gardien Gay Khaïmov.

 

But pour les visiteurs, qui vaut son pesant d’or parce qu’obtenu à l’extérieur. Ca s’est passé à la 10ème minute, mais on n’a pas eu le temps de se lamenter, car à peine deux minutes plus tard, Anthony Nwakaeme, l’un des deux chameaux nigérians, reprenait de volée le mauvais renvoi d’un défenseur slovène. D’une distance de 23 mètres, le meilleur joueur sur le terrain inscrivait le plus beau but de toute la phase des play-offs de la compétition européenne.

 

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Nwakaeme, le meilleur argument de Beersheva en vue de la Champions League

 

Une si belle réussite qu’elle a choqué tous les spectateurs et les millions de téléspectateurs pendant un long moment. Un shoot comme celui-ci est de ceux qui font la grandeur du football. Qui font qu’on l’aime et qu’il est le sport-roi.

 

Ensuite ? Maribor ne s’est pas ménagé une seule occasion sérieuse durant toute la rencontre, à l’exception de quelques tirs pris de l’extérieur des 16 mètres, qui n’avaient pas de quoi surprendre Khaïmov.

 

Mais il ne faut pas s’y tromper : cette équipe, qui compte dans ses rangs le demi israélien anonyme Marwan Kakhba, ne manque pas d’atouts dans son jeu. Elle ne fait certes pas dans le foot-Champagne mais elle est tactiquement très disciplinée, positivement agressive, et ne perd pas la tête lorsqu’elle est acculée.     

 

En face, Hapoël a livré une solide prestation. Il a généralement présenté un jeu diversifié, plaisant et rapide, et s’est ménagé quatre ou cinq occasions assez nettes d’aggraver le score et de se mettre à l’abri en vue du déplacement de la semaine prochaine.

 

Les joueurs du désert se sont vus récompenser de leur domination lors des arrêts de jeu en fin de première période, lorsque Blaž Vrhovec s’aidait des mains pour arrêter le capitaine Maor Melikson dans sa surface de réparation. Lequel Melikson venait d’hériter d’un une-deux avec Nwakaeme.

 

On sait que les Chameaux n’excellent pas dans la transformation des penaltys, mais Shir Tsedek avait à cœur de réparer sa bévue du début de partie et il expédiait un boulet de canon imparable dans les filets de l’excellent portier Jasmin Handanović.

 

En deuxième mi-temps, la pression des footballeurs locaux se poursuivait, mais la déesse Réussite ne leur permettait pas d’augmenter leur avantage. Une fois de plus, nous avons observé le manque de condition physique des Chameaux – je sais, c’est un contre-sens -, dont le niveau de jeu baissait toutefois d’un cran.

 

Pour voir leur endurance s’améliorer, il faudra décidément attendre que le championnat reprenne. Ce sera chose faite samedi, lorsqu’ils recevront pour le premier match de la saison le néo-promu Nataniya. Ce sera toutefois un peu tard avant de disputer le match retour à Maribor, la rencontre la plus importance dans l’histoire du club du Néguev, puisqu’il pourrait lui ouvrir pour la première fois les portes de la Champions League.

 

Heureusement pour les "ouvriers" [Hapoël] de Beersheva, leurs adversaires n’étaient pas plus frais qu’eux en fin de partie, qu’ils ont également terminée sur les rotules.

 

Autre point faible des Hébreux : leur incapacité à tirer des coups de coin dangereux. 6 corners à 1 pour les visiteurs, mais tant Maharan Radi que Melikson qui les ont bottés ne maîtrisent pas cet exercice et c’est regrettable.  

 

Radi, qui s’est de plus blessé à la 84ème minute, et qui a dû abandonner son poste. Il vient rejoindre à l’infirmerie le Portugais Miguel Vitor, le boss de la défense, qui s’est déchiré les ligaments du genou la semaine dernière et qui sera indisponible durant plusieurs mois, à l’instar de l’attaquant Ben Sahar, ex-Auxerre, qui s’est démis l’épaule.

 

Le coach Barak Bakhar a introduit en cours de match ses deux gros transferts, l’attaquant tchèque Tomáš Pekhart, et le milieu offensif espagnol qui a porté les couleurs de Barcelone, Isaac Cuenca. Le premier s’est montré trop timide et a manqué de tranchant. Le second, qui n’a eu que dix minutes pour s’exprimer, s’est révélé quelque peu rouillé après une longue absence des terrains pour cause de blessures.

 

Les deux ne peuvent que reprendre confiance et progresser. Particulièrement Cuenca, qui laisse entrevoir un très élégant toucher de ballon. A Maribor ils seront rejoints par Michaël Ohana, qui était suspendu pour avoir écopé de deux cartons jaunes, et par Hatem Abed Elkhamed, qui vient d’être acheté à prix d’or et au pied levé au F.C Ashdod afin de remplacer la perte de Miguel Vitor.   

 

Voilà. Les Chameaux se trouvent désormais à 90 minutes du paradis. En cas de partage de l’enjeu ou de victoire sur quelque score que ce soit, on verra Messi, Ronaldo et Neymar à Turner. Pour cela, ils vont donner tout ce qu’ils ont dans les tripes en Slovénie. Mais attention : les joueurs de Maribor ne sont pas des "joyeux campeurs" et ils s’apprêtent à vendre chèrement leur peau. Et 2 à1 est un avantage fragile. Cela promet une sacrée bagarre mardi prochain.

 

 
Macron perd pied (info # 011408/17) Version imprimable
Analyse
lundi, 14 août 2017

 

Par Amram Castellion

 

On n’avait pas vu cela depuis plus de vingt ans. Après avoir maintenu un taux de popularité supérieur à 60% pendant le premier mois qui a suivi son entrée en fonctions, avec un maximum de 64% d’opinions favorables au moment des élections législatives de juin, le Président Macron, dans les deux mois d’été qui ont suivi, a vu réduire de près de moitié la proportion de ses concitoyens qui jugent favorablement son action. Selon le dernier sondage YouGov du 10 août dernier, le pourcentage d’opinions favorables se limite désormais à 36%, soit une baisse de 28 points en deux mois. Si ce rythme se poursuivait, le président atteindrait une popularité négative le 27 octobre prochain.

 

Cette rapide chute de popularité est d’autant plus remarquable qu’elle ne peut pas être mise sur le compte de l’action présidentielle, qui a à peine commencé à produire ses effets. La seule loi réformatrice votée à ce jour a porté sur la moralisation de la vie publique : limitation des possibilités offertes aux élus de la nation d’avoir une activité de consultant en parallèle, sanction d’inéligibilité des élus condamnés pour fraude fiscale, et interdiction d’employer des membres de leur famille. Cette loi – probablement une bonne chose au total – ne porte pas sur des sujets qui intéressent les Français au point de pouvoir faire s’effondrer une cote de popularité.

 

Il ne semble pas non plus vraisemblable que la baisse de la popularité du président soit liée aux réformes qui n’ont pas encore été mises en œuvre, mais que l’on annonce pour la rentrée. Ces réformes devraient inclure une modification du droit au travail : sous réserve des consultations en cours, on nous annonce un plafonnement des indemnités prud’homales, une plus grande compétence donnée aux négociations de branches, des ajustements des conditions de licenciement ainsi que des contrats de travail particuliers.

 

Ensuite, le gouvernement devrait procéder à une réforme fiscale qui réduira les cotisations sociales et augmentera la CSG [la contribution sociale généralisée], faisant passer une part accrue du fardeau fiscal des actifs vers les inactifs. Une réforme, moins bien définie pour l’instant, de l’assurance chômage devrait suivre : le candidat Macron avait annoncé l’attribution d’allocations chômage aux démissionnaires, mais il est à peu près certain que, si une réforme se fait, elle ne pourra pas se limiter à cette mesure coûteuse dans la situation budgétaire catastrophique que connaît actuellement la France.

 

Rien de tout cela – qu’on peut discuter, mais qui ne présente aucun scandale et ne manque pas de bon sens – ne peut expliquer une liquéfaction aussi spectaculaire de la popularité présidentielle. On ne peut même pas accuser la situation économique d’être responsable de la chute : celle-ci, au contraire, s’améliore plutôt. L’économie française devrait voir cette année sa meilleure croissance depuis 5 ans (même si cela ne fera encore qu’1,6%) ; l’investissement des entreprises devrait augmenter d’environ 3% pour la deuxième année consécutive ; le chômage, encore bien plus élevé que la moyenne européenne, évolue lentement vers la baisse et pourrait descendre à 9,4% en fin d’année (source : INSEE).

 

Pour comprendre la chute de popularité du président, le mieux est de revenir sur un thème que Macron lui-même a souvent répété pendant sa campagne : l’important n’est pas le programme (ou, selon les termes même de l’élu : « on se fout du programme ») mais la rencontre historique entre un homme et une nation. C’est cette rencontre historique qui est en train d’échouer. La principale raison est que la grande majorité de la nation est désormais convaincue que l’homme n’est pas à la hauteur.

 

Le premier indice de l’échec du projet macronien de se transformer en figure historique figure dans la liste même des réformes lancées ou envisagées, que j’ai présentées plus haut. Leur présentation n’a-t-elle pas suscité chez nos lecteurs quelques secondes d’ennui ? Si oui, il n’y a rien de surprenant. Les réformes Macron constituent un projet respectable, mais bien modeste à l’échelle des difficultés de la France.

 

Cela ne signifie pas que ces réformes soient mauvaises ; mais il est manifeste que le programme de travail de Macron est celui d’un honnête réformateur, qui modifiera à la marge les institutions et le droit existant en espérant les faire fonctionner mieux.

 

Il n’y a rien de mal à cela. Mais l’image désormais donnée par le nouveau président devient, du même coup, entièrement contradictoire avec celle qu’il essayait de projeter avant et juste après son élection. Il aimait alors à se faire comparer par ses proches à Napoléon ou De Gaulle, et faisait dire qu’il représentait une rupture historique, non seulement à l’échelle de la France, mais à celle du monde. Parfois, dans des moments d’entraînement attendrissants, les macroniens et Macron lui-même osaient la comparaison avec les divinités de différents panthéons, Jésus ou Jupiter.

 

Sans revenir sur ces dernières comparaisons (nous avons tous nos moments de faiblesse et d’irrationalité), les deux premières auraient exigé que Macron, une fois élu, s’engage sur un projet de modification complète des institutions et de la gouvernance de la France, comme l’ont fait en leur temps l’empereur et le général. Lorsque le président a annoncé qu’il réformerait le droit du travail, on pouvait encore espérer des réformes fondamentales, comme une liberté presque complète de recrutement et de licenciement ou la création d’un contrat de travail unique.

 

Mais il est désormais clair que les réformes en profondeur ne sont, dans aucun domaine, ce qui attend la France sous Macron. La contradiction flagrante entre le grandiose des promesses et la modestie des projets a fait bien plus que toute mesure, prise ou annoncée, pour réduire la figure du président. Elle répand aussi le sentiment, que certains d’entre nous avaient déjà exprimé, que la fumée des références historiques macroniennes venait moins d’une appréciation objective de sa propre valeur que d’un délire narcissique incontrôlé.

 

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Je suis un personnage historique, brillant et moderne ! C’est un ordre !

 

Sur fond de cette contradiction fondamentale entre une communication grandiose et un projet de gouvernement fait de réformes honnêtes et modestes, Macron a révélé en de multiples autres manières les limites de sa personnalité.

 

Lui qui voulait se présenter comme un visionnaire, résolu à mettre en œuvre un programme courageux, a multiplié les hésitations et les reculs face à la moindre résistance devant les annonces de réforme. Après 100 jours de pouvoir, le président a déjà reculé sur le toilettage de l’aide publique au logement, la création d’un statut de la Première dame, l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives, l’interdiction de toute activité de consultant pour les élus, l’augmentation du budget des armées et la diminution du budget des armées. Il a, il est vrai, tenu bon sur deux importantes mesures fiscales (la réforme de la taxe d’habitation et de l’impôt sur la fortune), mais après un aller-retour très visible, qui n’a pas laissé l’impression d’une grande résolution. Derrière l’image du dirigeant déterminé, les Français ont vu réapparaître le jeune homme décrit par ses anciens camarades interrogés par la Ména : assoiffé d’approbation, voulant continuellement plaire à tous et en tout temps, rendu par là même incapable d’avoir une approche cohérente face à quelque question que ce soit.

 

Lui, qui se faisait volontiers décrire par sa clique comme un génie de la communication, n’a pas pu supporter l’hostilité croissante de la presse et a choisi de se retrancher dans un Elysée mieux fortifié que les bunkers du Hezbollah qui font face à Métula. Impasse sur l’interview traditionnelle en direct du 14 juillet, jugée trop dangereuse pour la précieuse image présidentielle ; contrôle sourcilleux de l’identité de chaque journaliste admis devant l’auguste présence ; présence de plus en plus discrète sur les réseaux sociaux : la paranoïa a remplacé l’empathie, les querelles de bas étage entre journalistes et équipe de communication (ainsi qu’au sein même de cette équipe) ont remplacé la promesse de construire une relation constructive.

 

Lui dont la jeunesse et la modernité semblaient annoncer un mode de gouvernance fait d’échanges ouverts à tous, s’est crispé dans la verticalité la plus désuète et dans des trépignements d’autoritarisme dont il est difficile de dire s’ils semblaient plus séniles ou plus infantiles. Lorsque l’ancien chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, a vu fuiter les déclarations confidentielles qu’il avait faites devant une commission parlementaire sur la situation budgétaire des forces, la réaction du président – le spectacle d’un gringalet de 39 ans disant publiquement à un ancien combattant universellement respecté du Kosovo, d’Afghanistan, du Mali et d’Irak « Je suis votre chef et je n’ai besoin ni de vos pressions ni de vos commentaires » – était si évidemment déplacé qu’elle suffit, à elle seule, à expliquer une partie importante de sa baisse de popularité.

 

Lui dont la venue annonçait une rupture face à des méthodes politiques vieillies, qui avaient failli à la tâche de résoudre les problèmes essentiels des Français, continue à refuser systématiquement de voir ce qu’est devenue la principale angoisse du pays : son inquiétude identitaire face à une population installée dans son sein mais hostile à son histoire, à ses valeurs et, sur le long terme, à sa survie. Il continue, délibérément, sourd à tous ceux qui essaient de lui faire rapport sur ce défi historique, à prôner davantage d’ouverture culturelle, davantage d’entrées, davantage d’accommodements. Sa position personnelle semble, sur ce sujet essentiel, délibérément hostile à une opinion publique pour laquelle il n’a probablement pas un grand respect.


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Les idiots utiles au service de la cause palestinienne (info # 011308/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 13 août 2017

 

Par Guy Millière

 

Il est des jours où, après avoir lu un article, je me dis qu’il vaut mieux avoir lu ce que j’ai lu qu’être aveugle. Aujourd’hui est l’un de ces jours.

 

Un article publié dans le journal israélien Yedioth Aharonoth portait un titre qui aurait pu m’amuser s’il n’était, en fait, très triste, et porteur d’une indication concernant l’immense niaiserie de son auteur. Un certain Ronni Shaked qui, puisqu’il fait précéder son nom de la mention Dr., doit être docteur en quelque chose.

 

Le titre de l’article était “Israel is going to miss Mahmoud Abbas” (Mahmoud Abbas va manquer à Israël).

 

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Ronni Shaked est l’analyste principal du quotidien Yedioth Aharonoth pour

les affaires palestiniennes. Ce quotidien est généralement considéré comme hostile

au Premier ministre Binyamin Netanyahu. Shaked est également coordinateur

 de recherche à l’institut Harry S. Truman pour l’avancement de la paix

 

Que Mahmoud Abbas, lorsqu’il aura rejoint son maitre en mensonge et en terrorisme, le criminel appelé Yasser Arafat, puisse manquer aux terroristes, aux antisémites, aux ennemis des droits de l’être humain sur la planète entière me parait très concevable.

 

Qu’il puisse, le moment venu, manquer à quelques politiciens cyniques vendus au monde arabe musulman, comme il s’en rencontre tant en Europe, me parait très envisageable aussi : par son recours au mensonge, Mahmoud Abbas leur permettait de fréquenter un négationniste assoiffé de sang juif tout en leur offrant l’opportunité de paraitre fréquentables.

 

Que Mahmoud Abbas puisse manquer à quelques personnes de gauche en Israël, qui pensent encore qu’il aurait pu être un partenaire pour la paix me parait possible : je sais vers quel abrutissement délétère les idées de gauche peuvent parfois conduire.

 

Mais que Mahmoud Abbas puisse manquer à Israël !

 

Pour écrire cela, il faut non seulement être de gauche et déconnecté. Il faut, en supplément, être d’une arrogance infinie.

 

L’argument principal de Ronni Shaked est que les successeurs potentiels de Mahmoud Abbas seront plus radicaux et plus violents que lui, autrement dit, sur une longueur d’onde qui sera celle du Hamas ou du Djihad Islamique “palestiniens”.

 

Un argument qui dissimule à peine une critique de la droite israélienne, qui n’en aurait pas fait assez pour que la paix advienne avec Mahmoud Abbas et aurait, dès lors, créé une situation dangereuse qui fait que sous les successeurs de Mahmoud Abbas, la situation d’Israël sera bien plus difficile.

 

Puisque des arguments de ce genre trainent en divers lieux où se rencontre la gauche israélienne, je ne suis pas étonné que la population israélienne ait la sagesse de laisser la gauche israélienne dans l’opposition, en compagnie des partis arabes. Confier la gestion d’un pays qui n’est pas confronté à des risques existentiels élevés à des gens qui semblent vivre dans une réalité parallèle a toujours de sombres conséquences. Faire la même chose dans un pays confronté à de tels risques serait strictement insensé.

 

J’analyse souvent les raisonnements de gauche, et je les critique, ce qui n’est pas très difficile, puisqu’ils sont toujours irrationnels, mais je n’arrive, passé un certain point de réflexion, pas à les comprendre.

 

Lorsqu’ils prennent les apparences d’intentions généreuses, je me dis qu’ils relèvent d’une générosité dévoyée. Lorsqu’ils relèvent d’une cécité forcenée qui peut conduire à la mort, ils ont une dimension qui m’échappe complètement. Je constate la cécité forcenée. Je ne la comprends pas, non.

 

Et s’il m’arrive de me dire qu’elle est fondée sur une volonté suicidaire, je me dis alors que quelqu’un qui veut se suicider tout seul est dans son droit : sa vie lui appartient. Je me dis aussi que si ce quelqu’un veut entrainer dans son suicide une société entière, il franchit une ligne rouge qui ne doit pas être franchie.

 

Que des gens de la gauche israélienne n’aient pas encore compris, après tant d’années, que Mahmoud Abbas, comme Yasser Arafat avant lui, n’a cessé d’être aussi radical et aussi violent que les pires ennemis djihadistes d’Israël, mais a utilisé une tactique tortueuse de double et de triple discours qui lui a permis de gagner du terrain diplomatiquement sur la planète entière, tout en continuant à soutenir et financer les assassinats de Juifs et l’appétit génocidaire d’une population fanatisée, est bien davantage que consternant.

 

Que ces mêmes personnes n’aient pas encore compris que si des gens plus violents et plus radicaux que Mahmoud Abbas lui succèdent, cela ne changera strictement rien au soutien et au financement des assassinats de Juifs et de l’appétit génocidaire d’une population fanatisée, mais rendra simplement la fréquentation des successeurs de Mahmoud Abbas par des dirigeants occidentaux plus difficile, et permettra plus aisément d’exiger de ceux-ci qu’ils cessent de financer l’Autorité Palestinienne, est affligeant.

 

Et que des gens de la gauche israélienne puissent encore penser que la droite israélienne n’en a pas fait assez pour que la paix vienne, implique de se demander s’ils ont passé les vingt-cinq dernières années dans un état de coma dépassé.

 

La gauche israélienne a permis la création de l’Autorité Palestinienne, une entité terroriste aux buts génocidaires sur le flanc d’Israël. Et il en a résulté une vague d’attentats terroristes atroces qui n’ont pas du tout ressemblé à la paix, et qui n’a pu être freinée qu’avec la construction de la barrière de sécurité.

 

La droite israélienne a tenté de stabiliser la situation et de préserver un statu quo, enfermée dans le piège que constituent les accords d’Oslo, le processus de guerre qui a suivi la création de l’entité terroriste susdite. La droite israélienne n’a pas même osé donner à Israël les moyens de dépasser le statu quo et de gagner, en utilisant des moyens tels que ceux exposés par Daniel Pipes dans un article récent “A New Strategy for Israeli Victory”, (in Commentary, décembre 2016) [Une nouvelle stratégie pour Israël : la victoire]. La gauche israélienne a placé Israël dans une situation plus âpre et plus complexe, qui a couté la vie à de trop nombreux Israéliens. Elle a des morts sur la conscience.

 

Et des hommes tels que Ronni Shaked n’ont toujours rien compris. Ils ne connaissent semble-il pas l’histoire de la “cause palestinienne”, celle de l’OLP devenue Autorité Palestinienne, celle des moyens tactiques utilisés par Mahmoud Abbas, celle de l’invention du “peuple palestinien” par les services soviétiques. Et, puisque l’Union Soviétique a disparu, celle de l’islam, qui est désormais au cœur de la question “palestinienne”, et pour lequel tout territoire conquis par l’islam doit rester irréversiblement musulman.


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Syrie : Russes, Américains et Israéliens se consultent à Amman (info # 011008/17) Version imprimable
Analyse
jeudi, 10 août 2017

 

Par Jean Tsadik

 

Avec Fayçal Hache à Amman

 

De nombreuses discussions secrètes se sont tenues à Amman et dans des capitales européennes en juin et juillet derniers entre des délégations américaine, russe et israélienne à propos de la Syrie. Les entretiens avaient pour but l’instauration de "zones de sécurité" à proximité des frontières syro-israélienne et syro-jordanienne.

 

La délégation U.S était conduite par Messieurs Michael Ratney et Brett McGurk, les envoyés spéciaux du Président Trump pour la Syrie. Celle de Russie, par leur homologue Alexander Lavrentiev.

 

Quant à Israël, il était représenté par des hauts responsables de l’Armée, des services de renseignement, et des ministères des Affaires Etrangères et de la Défense.

 

Un différend majeur a émaillé ces entretiens, opposant les Russes et les Américains, d’une part, aux Israéliens, qui représentaient également le point de vue des Etats arabes sunnites lors des discussions. A quelques reprises, des diplomates jordaniens ont rejoint les pourparlers afin d’entériner ce fait et de soutenir la position israélienne.

 

Le principal point de discorde concerne la volonté de Moscou et Washington de considérer les "zones de sécurité" dans le sud de la Syrie comme des moyens pratiques et tactiques pour stabiliser la situation, combattre l’Etat Islamique, et mettre graduellement fin à la guerre civile qui ravage ce pays depuis maintenant six ans. 

 

De l’avis de Jérusalem et de ses alliés arabes, la question principale est d’ordre stratégique. Pour les Israéliens, tout accord initial ou partiel doit impérativement s’inscrire dans la perspective d’un règlement global et définitif du conflit. Spécifiquement, pour l’alliance Israël-Etats arabes, la question n’est pas "comment tenir les Iraniens et leurs alliés du Hezbollah, du Régiment du Golan et des milices chiites à l’écart des zones de sécurité", mais de s’assurer qu’ils quittent complètement la Syrie. Et encore, à en croire les Israéliens et les Arabes, les Iraniens et leurs supplétifs devraient être exclus de Syrie à ce stade de l’instauration des premières mesures concrètes pour arrêter la Guerre Civile.

 

Pour Israël et les sunnites, si on laisse aux Iraniens la possibilité de se maintenir en Syrie, ils en feront une base de missiles pointés sur l’Etat hébreu, la Jordanie et le monde arabe. Leur installation en Syrie modifierait de surcroît le fragile équilibre entre les communautés autochtones sunnites et chiites, et affecterait la stabilité des pays avoisinants et de toute la région.

 

Les Israéliens et leurs nouveaux alliés ont été surpris et déçus, le 8 juillet dernier, en prenant connaissance des termes de l’accord de cessez-le-feu pour le sud de la Syrie conclu entre la Russie et les Etats-Unis. Ceux-ci ne tenaient aucun compte de la documentation remise aux participants par les émissaires de Jérusalem, non plus que des requêtes réitérées à chaque occasion.

 

Ledit accord ne mentionne pas même l’Iran et le Hezbollah, se contentant d’affirmer, dans la généralité, que les éléments armés d’origine étrangère ne doivent pas être autorisés à pénétrer dans les "zones de désescalade" ou "zones de sécurité".

 

Sous la pression de la Russie, face à des Américains étrangement apathiques, l’accord ne fait non plus aucune référence à la présence et aux activités de l’Iran dans le reste de la Syrie.

 

Depuis le début de l’application de l’accord, les équipes de reporters de la Ména ont aperçu des éléments de la "police" russe dans le secteur de Kouneitra. Ils ont été repérés grâce à leurs Jeeps caractéristiques, et nous les avons vus s’aventurer en zone dangereuse, pratiquement entre les belligérants, alors que les tirs entre forces rebelles et gouvernementales n’ont pas cessé.

 

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Golan : les Russes sont là

 

Il est évident que la présence des militaires russes rend délicates les diverses actions de Tsahal dans la région syrienne limitrophe, notamment contre la ville de Khan Arnabeh (à 4km de la frontière israélienne), qui abrite le quartier général du Régiment du Golan (arab.: Fouj al-Joulan). Or cette organisation, qui rassemble des officiers iraniens, des miliciens chiites libanais et quelques Druzes syriens progouvernementaux, est considérée par le commandement de Tsahal, malgré sa petite taille, comme la principale menace contre les ressortissants israéliens dans le Golan.

 

La semaine dernière, c’est précisément entre Khan Arnabeh et la frontière israélienne que la Ména a repéré des Russes en patrouille.

 

Leur présence, tout le long de la frontière entre la Syrie, d’une part, et Israël et la Jordanie, de l’autre, augmente la visibilité de l’aide humanitaire et tactique que l’Etat hébreu, mais aussi les pays européens et arabes, fournissent aux diverses organisations d’opposition qui combattent le régime de Bashar al Assad.

 

Pour ne rien arranger, la seule présence des quelques centaines de policiers-militaires de Poutine à l’intérieur de la zone de sécurité du Golan syrien et à proximité de la province de Deraa, condamne dans les faits les préparatifs de l’offensive rebelle que nous avions évoquée dans ces colonnes, avec le soutien des mêmes Etats. Ladite offensive avait pour objectif de rejeter les gouvernementaux, mais surtout les Iraniens et le Hezbollah, loin du plateau du Golan, d’Israël et des pays arabes. 

 

Ici, personne n’est dupe : Vladimir Poutine vient de réaliser un coup magistral et à moindre coût pour le maintien de la famille al Assad et de son clan au pouvoir en Syrie. Sans l’appui des avions russes et des milliers de morts qu’ils ont causés, il y a longtemps que les Alaouites auraient été submergés.

 

On assiste donc à l’intervention d’un belligérant majeur – celui qui a modifié les rapports de force de la Guerre Civile – au titre de gendarme de la paix. Et l’on oublie, du même coup, qu’avec les Iraniens, les Russes sont les intervenants en Syrie dont la présence est la moins légitime. L’intervention de l’armée de Poutine a fait passer au second plan son invasion de la Crimée et de l’est de l’Ukraine.

 

Personne, notamment à l’AFP, n’aurait l’idée de mentionner qu’il s’agit de "territoires occupés", chaque fois qu’il en est fait mention, alors que leur statut, contrairement à la Cisjordanie et à Jérusalem, ne fait pas l’ombre d’un doute.

 

Cette normalisation, à caractère éminemment discriminante et partant antisémite lorsqu’elle provient de l’Agence France Presse, de même que les autres bénéfices stratégiques retirés par Poutine à l’occasion de l’imposition des "zones de désescalade", n’auraient pas pu se faire sans le feu vert de Donald Trump.

 

Un Okay, totalement incompréhensible sur le plan politique, contraire aux intérêts U.S. du point de vue stratégique, et contre-productif au niveau tactique, qui laisse un vilain arrière-goût de corruption et de chantage. Car, hormis si le président américain est tenu à la gorge par Poutine au sujet d’un coup de main de Moscou qu’il aurait reçu pour parvenir à la Maison Blanche, à Métula, ce comportement nous paraît inintelligible.

 

L’accord russo-américain, qui laisse les Iraniens et le Hezbollah libres de leurs mouvements en Syrie, a évidemment suscité une opposition en règle dans l’Etat hébreu. Le Premier ministre Binyamin Netanyahu donnant pour la première fois publiquement de la voix contre une décision prise par son "grand ami" Donald Trump. Lequel refuse de répondre au téléphone pour parler de cet accord, abandonnant la tâche à ses subalternes qui ne se montrent guère convaincants.   

 

Reste que pour Israël et le monde arabe, ce "très mauvais" accord touche un sujet hypersensible – probablement le plus important de tous – et n’a ainsi aucune chance de passer par pertes et profits. Avec Fayçal Hache en Jordanie, en contact permanent avec les dirigeants arabes, et qui fut le premier informateur, il y a plus de dix ans maintenant, à faire état de contacts israélo-saoudiens réguliers à Amman, nous sommes d’accord pour affirmer que le degré de confiance dont jouira Trump dans la région dépendra de son opposition à accepter une quelconque influence iranienne en Syrie. 

 

D’ailleurs le Secrétaire d’Etat Rex Tillerson a déclaré la semaine dernière lors d’une conférence de presse que "la condition pour que l’Amérique coopère avec la Russie sur le théâtre syrien était que les forces iraniennes soient chassées de Syrie".

 

Tillerson a précisé : "Qu’il s’agisse de la garde Révolutionnaire Iranienne, de milices stipendiées, de combattants étrangers que l’Iran a engagés en Syrie dans cette bataille, ils doivent partir et rentrer chez eux".

 

Gros bémol : cela n’affecte pas les conditions d’application de l’accord sur le Golan, ni la présence gênante des hommes de Poutine sur notre frontière.

 

Un autre incident relatif à la présence des Iraniens en Syrie s’est déroulé avant-hier (mardi) à Tanf, dans ce pays, à proximité immédiate des frontières jordanienne et irakienne ; un convoi de la milice chiite des Kataib Sayyid al-Shuhada ("les martyrs des bataillons de Sayyid" : une mosquée sacrée située dans la banlieue sud de Damas), soutenue et encadrée par l’Iran, a été attaqué. 36 de ses membres [dont un certain Hossein Qomi, leur commandant suprême et habile stratège. Ndlr.] ont été tués et 75 blessés. Plusieurs soldats réguliers iraniens ont également péri lors de cette attaque.

 

Accusés par les chiites, les Etats-Unis ont nié toute implication dans cette opération, de même que leurs alliés kurdes, également mis en cause. On note toutefois que les Américains ont récemment frappé des convois de miliciens chiites au même endroit et à deux reprises.

 

Pendant ce temps, le Congrès américain multiplie les sanctions contre la Russie, ce qui ne peut guère laisser Vladimir Poutine indifférent. Nous, nous garderons bien sûr un œil sur le Golan syrien, et l’autre sur ce qui va bientôt se passer à Deïr Ez Zor. Ce sera le juge de paix : si Poutine et Trump se font des politesses pour enlever, par proxys interposés, cette ville hautement stratégique au niveau régional, il s’agira d’une entente contre-nature, qui alourdirait les présomptions de chantage du tzarévitch sur le pensionnaire de la Maison Blanche.

 

Et si les confrères oubliaient de vous en parler, vous pouvez compter sur la Ména pour s’en charger. Mais pas uniquement, l’entièreté du monde arabe aura les yeux fixés sur Deïr Ez Zor : abandonner ce segment de la frontière syro-irakienne et le corridor qui la traverse aux Iraniens, alors que les commandos yankees et les vaillants Peshmergas sont les mieux placés pour le prendre, ramènerait, dans les capitales arabes, le nouveau président U.S. au niveau d’estime dont jouissait son prédécesseur.

 

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La monstruosité de l’Autorité Palestinienne (info # 010608/17) Version imprimable
Analyse
dimanche, 06 août 2017

 

Par Guy Millière

 

Il y a quelques semaines, Emmanuel Macron recevait Mahmoud Abbas à l’Elysée, l’embrassait et le remerciait d’œuvrer pour la “non-violence”. D’autres dirigeants politiques occidentaux, sans aller aussi loin dans la soumission obséquieuse qu’Emmanuel Macron, traitent Mahmoud Abbas comme un président et comme un homme politique respectable. Dois-je dire que c’est une honte ?

 

Mahmoud Abbas n’a cessé d’être un chef de bande criminelle. Il m’est arrivé de le comparer à un parrain de la mafia, mais c’était une comparaison injurieuse pour les pires parrains de la mafia. Le comparer à un Staline ou à un Goebbels du Proche-Orient serait un peu plus adéquat : disons que c’est un Staline ou un Goebbels qui n’a pas les moyens de ses ambitions.

 

C’est un antisémite de la pire espèce, et ses aspirations génocidaires sont flagrantes. C’est un homme qui n’a cessé depuis plus de quarante ans de commanditer et de superviser des actes terroristes meurtriers. C’est le dirigeant de l’OLP, avec une différence par rapport à l’OLP d’avant les accords d’Oslo, qui tient à ce que l’OLP dispose désormais d’un quasi-Etat appelé l’Autorité Palestinienne. Et dès lors que l’Autorité Palestinienne est une monstruosité abjecte, il est lui-même  un monstre abject.

 

La monstruosité abjecte de l’Autorité Palestinienne se traduit par des assassinats tel celui commis le 21 juillet dernier à Halamish, en Samarie, et par des dizaines d’autres assassinats commis auparavant. Le résultat est que des milliers de jeunes gens, à l’instar de l’assassin qui a tué à Halamish, ont été transformés en machines à tuer des Juifs.

 

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Omar Al-Abed al-Jalil, l’assassin de la famille Solomon

 

Comme l’écrivait récemment un chroniqueur israélien : dans quelle autre société sur Terre des pères et des mères peuvent-ils se réjouir que leur enfant soit devenu une créature excrémentielle capable de découper au couteau des innocents simplement parce qu’ils sont juifs ? Quel degré de lavage de cerveau faut-il pour en arriver là ?

 

Si l’assassin qui a tué à Halamish parlait, et il le fera sans doute lorsqu’il passera en justice, je suis presque certain qu’il s’exprimerait comme les assassins des membres de la famille Fogel à Itamar, tués sauvagement il y a environ cinq ans. L’assassin dirait que son seul regret est de n’avoir pu tuer davantage de Juifs et de n’avoir pas vu qu’il restait des enfants. L’avoir vu souriant sur un lit d’hôpital israélien m’a donné envie de vomir. Et j’ai, je le dis et je l’assume, regretté que le soldat qui l’a mis hors d’état de nuire ne l’ait pas définitivement éliminé.

 

L’une des plus graves erreurs commises par des dirigeants israéliens reste attachée aux accords d’Oslo. Avoir reconnu l’OLP comme représentant “légitime” du “peuple palestinien” a été une aberration qui a conduit à des morts, des blessés, des mutilés, et des familles ravagées et décimées.

 

Avoir imaginé que l’OLP renoncerait à être ce qu’elle n’a cessé d’être depuis 1964 fut davantage qu’une aberration. Avoir songé qu’il était possible de faire la paix de quelque façon que ce soit avec des crapules qui se sont exclues elles-mêmes de l’humanité depuis longtemps impliquait un aveuglement forcené. Avoir laissé se créer l’Autorité Palestinienne est avoir installé sur le flanc d’Israël une tumeur cancéreuse.

 

L’OLP n’a jamais eu la moindre légitimité. Le peuple palestinien a été inventé, et ce doit être dit et répété. Car c’est un peuple qui a été inventé pour servir les fins de l’OLP et c’est, comme l’a écrit David Horowitz il y a plusieurs années, le seul peuple inventé pour servir d’arme de destruction massive destinée à tenter d’anéantir un autre peuple. L’OLP était un ramassis de buveurs de sang antisémites, et c’est ce qu’elle est toujours sous son nouveau nom. La paix ne pourra venir que lorsque l’OLP aura été écrasée et conduite à une défaite absolue et irrémédiable.

 

Le Hamas est lui-même composé de buveurs de sang antisémites, mais il a un léger avantage sur l’OLP, celui de la sincérité : c’est une organisation islamiste djihadiste imprégnée de haine des Juifs, d’une volonté d’exterminer le peuple israélien et d’effacer Israël de la carte du monde. Mais ses dirigeants, au moins, ne cachent pas ce qu’ils sont et ce qu’est le Hamas. L’OLP utilise des procédés islamistes et djihadistes. Elle est imprégnée de haine des Juifs, d’une volonté d’exterminer le peuple israélien et d’effacer Israël de la carte du monde. Mais elle pratique l’hypocrisie, le double discours et, en dissimulant ses intentions réelles, permet à des dirigeants occidentaux de jouer les idiots utiles et de dissimuler leur propre antisémitisme.

 

Le gouvernement israélien se prête au simulacre qu’est la disposition à ouvrir des négociations. C’est, hélas, normal : il n’est pas sorti du piège d’Oslo, et il est soumis à des pressions intenses. Il tente de gérer un statu quo. Mais la question qui se pose est : existe-t-il vraiment un statu quo ? Est-il indéfiniment tolérable que des assassinats tels celui commis le 21 juillet à Halamish en Samarie et comme bien trop d’assassinats auparavant se produisent ? La réponse me semble être : non. Est-il possible de continuer à ne pas dire la vérité sur ce qu’est l’Autorité Palestinienne et de laisser l’hypocrisie payer et permettre à des dirigeants occidentaux de jouer le jeu cynique qu’ils jouent ? La réponse me semble être non, là encore.

 

Selon des sondages récents, plus de soixante-dix pour cent des Israéliens ne croient plus à la solution à deux Etats et ils ont bien raison.

 

Le gouvernement israélien, après l’assassinat de deux policiers sur le Mont du Temple, avait installé des portiques de sécurité et des caméras de surveillance. Face à un risque d’embrasement, il a les retirés. Il l’a fait pour revenir au statu quo. Il a évité que l’embrasement se produise aujourd’hui.

 

Mais il n’a pas évité l’embrasement qui se produira plus tard et l’effet absolument pervers de toutes les métastases qui résultent et résulteront de la tumeur cancéreuse qu’est l’OLP-Autorité Palestinienne. 


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Bruxelles-Métula du 4 août 2017 (010408/17) Version imprimable
Radio/audio - interview/reportage
vendredi, 04 août 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/BKgiR_NzpJA (Youtube).

 

Au sommaire :

 

1. La police israélienne a annoncé jeudi que le Premier ministre Binyamin Netanyahu est suspecté de corruption, de fraude et d’abus de confiance. Son ancien chef de cabinet et confident, Ari Harow, est en passe de devenir témoin d’Etat et risque de précipiter la chute de son ancien patron.

 

2. L’organisation terroriste chiite du Hezbollah et son mentor, la République Islamique d’Iran, ont supplanté l’Etat légal de la République du Liban. Ils décident de la guerre et de la paix et ont asservi les Forces Armées Libanaises à leur dessein stratégique.

 

3. Bonne tenue des clubs israéliens en Ligue des Champions et en Ligue Europa de football. Hapoël Beersheva et Maccabi Tel-Aviv se sont qualifiés pour les barrages en vue des phases de groupes. L’équipe de quartier de la Shkhounat Hatikva (la banlieue de l’espoir) a battu le Zénith à Saint Pétersbourg en Russie par 1 à 0. Malgré cet exploit, elle manque de peu la qualification.

 

 
Champions League : Beersheva se qualifie dans la douleur (info # 010208/17) Version imprimable
Sport
mercredi, 02 août 2017