Raid contre un chargement de missiles dans la banlieue ouest de Téhéran (011007/20) Version imprimable
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jeudi, 09 juillet 2020

 

[Breaking - exclusivité]

© Metula News Agency

 

Métula, nuit de jeudi à vendredi 04h00 à Métula, 03h00 à Paris.

 

Stéphane Juffa, Jules Mazouz et Yoshua Ohana ont contribué à cette dépêche.

 

Tard dans la soirée de jeudi, quatre grosses explosions se sont produites dans la banlieue occidentale de Téhéran, dans le secteur des villes de Garmdareh et Qods.

 

L’information est vérifiée, Jules Mazouz a capté les programmes radiophoniques d’Irib : Islamic Republic of Iran Broadcasting, qui a confirmé des explosions dans cette zone.

 

Simultanément aux explosions on a signalé des coupures de courant dans ces villes et dans l’ouest de la capitale iranienne.

 

A proximité immédiate des zones d’implantation de l’industrie militaire de la théocratie persane, la Ména a découvert sur des cartes satellitaires un aéroport militaire [photos].

 

L’une des particularités de cette plateforme réside dans la longueur extraordinaire de son unique piste orientée sud-est/nord-ouest (30/12). Celle-ci mesure en effet 3 900 mètres sur 45 de large, ce qui permet l’envol de tous les appareils connus, notamment des avions-cargos en charge maximale.

 

La Ména a fait une autre découverte importante, sur une image de Google Earth Pro datant du 20 avril 2020, sur laquelle on voit distinctement un 747 cargo. Lequel appareil se trouve à quelques dizaines de mètres de plusieurs gros entrepôts ainsi que d’une vaste aire de chargement à ciel ouvert.

 

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L’aéroport de la région de Garmdareh

Dans le cercle rouge, le 747 de Qeshm

Service cartographique © Metula News Agency

Source : Google Earth Pro

 

Or, d’après nos connaissances, il n’existe que deux 747 cargos [photos] en état de voler en Iran. Tous deux appartiennent à la société Qeshm Fars Air, au service des Gardiens de la Révolution khomeyniste Iranienne, les Pasdaran.

 

L’un de ces deux appareils, celui immatriculé EP FAA a encore effectué un vol Damas-Téhéran ce jeudi, décollant de l’aéroport international de la capitale syrienne à 9h du matin heure locale.

 

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Gros plan sur le 747 (cercle rouge), deux turbopropulseurs (cercle jaune)

ainsi que les entrepôts et l’aire de chargement (20.4.2020)

Service cartographique © Metula News Agency

Source : Google Earth Pro

 

Sur la base de ces découvertes exclusives, nous sommes en mesure de reconstituer par recoupement l’opération de cette nuit, avec un pourcentage de certitude de plus de 90%.

 

Des chasseurs-bombardiers furtifs israéliens (probablement) F-35 on décollé soit d’Israël soir d’un territoire allié en bordure du golfe arabo-persique.

 

Ils ont d’abord bombardé deux centrales électriques qui alimentaient les radars ennemis protégeant la zone visée par le raid. Les radars à disposition de l’Armée iranienne sont très gourmands en énergie.

 

Les deux centrales électriques touchées fournissaient également le courant destiné aux activités civiles de l’ouest de Téhéran, ce qui explique les coupures d’électricité observées.

 

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L’un des 747 de Qeshm à l’atterrissage à Téhéran

 

Une fois les défenses antiaériennes aveuglées - par précaution – les F-35 ont attaqué et détruit un chargement de missiles prêts à être embarqués sur l’un des 747 de Qeshm à destination de la Syrie.

 

La destruction s’est produite soit dans un entrepôt proche de l’aéroport, soit sur l’aéroport (dont nous ignorons le nom) lui-même, soit sur les deux objectifs à la fois.

 

Cette opération démontre la capacité et la volonté (probables) des Israéliens d’anéantir désormais les missiles destinés aux Pasdaran en Syrie, à l’Armée gouvernementale d’al Assad et au Hezbollah avant leur décollage, à la source en Iran. Et non plus uniquement après leur arrivée à Damas, ou sur l’aéroport T4 à proximité de Palmyre, ou encore sur la base russe de Khmeimim.

 

Il peut s’avérer plus aisé d’oblitérer ces chargements sur l’aéroport secret de Garmdareh et dans son voisinage que de les tracer en Syrie.

 

Cette opération démontre, comme la Ména l’a annoncé précédemment, que Tsahal a décidé de porter la confrontation avec la dictature des ayatollahs sur leur territoire et non plus de la circonscrire à la Syrie et à l’Irak.

 

Ce raid intervient après plusieurs explosions qui ont secoué l’Iran depuis quinze jours, notamment dans le complexe nucléaire de Natanz ainsi que sur d’autres sites liés au programme nucléaire militaire de la junte cléricale ou à celui de ses missiles balistiques.

 

Toutes les informations que nous avons fournies concernant ces opérations ont été depuis reprises et confirmées par d’autres media. D’autre part, des experts américains ont déterminé que les dommages infligés à Natanz ont stoppé le développement de la bombe atomique de Khameneï pendant au moins un an.

 

Ils ont aussi confirmé l’information que nous avons donnée selon laquelle les centrifugeuses iraniennes les plus modernes détruites à Natanz étaient indispensables à l’enrichissement de l’uranium à une concentration nécessaire à son utilisation militaire. Ce qui explique le retard d’un an pris par le programme de la dictature chiite, à la condition qu’elle parvienne à convaincre des fabricants européens de leur livrer le cœur de ces centrifugeuses, au risque pour eux de s’exposer à des sanctions américaines.

 

L’opération de cette nuit, et celles des jours précédents, prouve également que Tsahal se considère suffisamment fort pour ne pas craindre d’intervenir en Iran et pour ne pas avoir à redouter d’éventuelles représailles perses.

 

A notre avis, après avoir en priorité détruit les stocks de missiles balistiques à Dehtorkaman et bloqué le programme nucléaire militaire à Natanz, le Khe’l Avir s’est occupé cette nuit des missiles sol-sol d’une portée de 2 à 300km que la théocratie tente d’implanter sur le sol syrien.

 

 

 
Confrontation avec l’Iran : Israël décide de nouvelles règles du jeu (010607/20) Version imprimable
Analyse
lundi, 06 juillet 2020

 

Par Stéphane Juffa

 

Les événements importants se bousculent sans discontinuer au Moyen-Orient ces derniers jours. Tôt ce lundi matin, à 4 heures locales, Israël a lancé le satellite espion Ofek 16 [horizon] grâce à son lanceur Shavit [comète]. Le lancement était programmé de longue date.

 

Le tir s’est déroulé avec succès sur la base militaire de Palmakhim, dans le centre du pays. Les objectifs principaux de cette mission consistent à prévenir Israël le plus tôt possible au cas où les Iraniens se prépareraient à lancer des missiles ou à procéder à des essais nucléaires.

 

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Le décollage de la fusée Shavit, tôt ce matin

 

Ofek 16, qui pèse environ 300 kilos, dispose d’un équipement électro-optique d’avant-garde, développé par la division El-Op d'Elbit Systems. Tant le lanceur que le satellite sont développées et produits par Israel Aerospace Industries (IAI).

 

On prête à Ofek 16 la capacité de lire la marque d’un paquet de cigarettes dans la poche de la chemise d’un promeneur à Téhéran, bien que cela paraisse invraisemblable au regard des interférences naturelles connues.

 

La vidéo du décollage de la fusée Shavit : https://youtu.be/AAvR_BhQLpI

 

Entre autres spécificités, la fusée est tirée en direction de l’Ouest, de la Méditerranée, sur une "orbite rétrograde" pénalisante relativement à la plupart des tirs de fusées qui se font dans le sens de rotation de la Terre. Cette précaution est prise afin que la fusée n’ait pas à survoler les zones habitées d’Israël et de Jordanie. Nonobstant la remarque précédente, Ofek survole les régions qu’il doit observer six fois en 24 heures, contre une à deux fois seulement pour les satellites espions américains et russes à cause de leurs orbites à plus forte inclinaison.

 

La tension avec l’Iran reste le souci prédominant dans la région. Le New York Times, informé par un agent de renseignement anonyme, a révélé aujourd’hui que l’explosion et l’incendie de Natanz ont été causés par une grosse charge explosive introduite dans le centre nucléaire iranien par des agents israéliens.

 

Cette explication est plus plausible que celle d’une cyber-attaque dans le cas présent. L’explosion a été bien plus importante que ce qui avait été initialement reconnu par les représentants de la théocratie persane.

 

A notre avis, ce sont plusieurs secteurs du centre de recherche de Natanz qui ont été touchés, aussi bien en surface que dans les sous-sols en principe protégés contre les attaques aériennes conventionnelles.

 

Le porte-parole de l'agence atomique iranienne a d’ailleurs explicitement reconnu hier l’ampleur des dégâts, ce qui n’est pas dans les coutumes de la dictature des mollahs. Mais d’abord l’explosion a été si forte qu’elle a été enregistrée par les satellites, ensuite, vu l’étendue des dommages, il n’était vraisemblablement plus possible de maintenir le secret, trop de personnes étant au courant de la vérité.

 

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L’épicentre de l’explosion à Natanz, avant et après

 

"Par chance, il n'y a pas eu de victimes à la suite de l'incident, mais les dommages financiers subis sur le site [de Natanz] sont considérables", a déclaré le porte-parole de l'agence atomique iranienne, Behrouz Kamalvandi, ajoutant que "les dommages pourraient entraîner un retard dans le développement et la production de centrifugeuses avancées à moyen terme".

 

Concernant les centrifugeuses de dernière génération qui étaient en possession de la junte cléricale, il apparaît que des pièces maîtresses dans leur fabrication ont été détruites dans l’explosion. Le problème pour le régime réside en cela qu’il ne produit pas ces composants essentiels et doit se les procurer à l’Ouest. Or ils figurent évidemment en bonne place sur la liste des produits soumis à l’embargo américain, et les entreprises ainsi que les gouvernements qui enfreindraient l’interdiction de vendre ces pièces à l’Iran s’exposeraient à de très lourdes sanctions de la part de Washington. Laquelle va naturellement doubler sa surveillance des activités des quelques entreprises – elles ne sont pas légions – capables de produire ces éléments pour centrifugeuses.

 

Il découle de cette constatation que la tâche visant à se procurer ces pièces va être ardue pour la dictature chiite, déjà à court d’argent. Ce qui explique la remarque à ce propos de Kamalvandi. Et si Khameneï – le Guide suprême - entend enrichir l’uranium à des degrés dépassant 90%, ce qui participe d’une condition pour fabriquer une bombe atomique, ces centrifuges plus efficaces relèvent pratiquement d’une nécessité.

 

Il semble aussi, selon des sources de l’opposition aux ayatollahs, que l’attaque sur Natanz, ou la précédente à Dehtorkaman, à l’est de Téhéran, une semaine auparavant, a anéanti 80% des réserves iraniennes de gaz UF6 – l’hexafluorure d'uranium -, indispensable au processus d’enrichissement de l’uranium. Cela va également contribuer à retarder le programme du clergé chiite visant à se doter de l’arme ultime.

 

Ce qui est certain, au regard des récentes opérations, est que Tsahal a décidé de porter la confrontation sur le sol iranien, et cela constitue un développement stratégique majeur. L’Armée israélienne ne se contente plus de défendre l’abord de sa frontière dans le Golan ou de frapper des objectifs en Syrie et en Irak.

 

Cette décision s’explique par deux éléments prépondérants : 1) La théocratie chiite a décidé de reprendre ses activités visant à développer la bombe atomique et 2) Grâce largement à la domestication du chasseur-bombardier furtif F-35 par le Khe’l Avir – l’Aviation israélienne -, aux adaptations qu’il lui a apportées ainsi qu’aux qualités intrinsèques de l’appareil, de même qu’à la capacité de pénétration du Mossad en Iran, l’Etat hébreu est convaincu qu’il est à même d’intensifier sa pression sur la dictature des ayatollahs dans des conditions de sécurité satisfaisantes.

 

Cette décision stratégique émane de l’état-major de Tsahal et de la perception offensive de son chef, le Brigadier-Général Aviv Kokhavi. Ce dernier, débarrassé momentanément du non-sens représenté par l’intention d’annexer des parties de la Cisjordanie, à laquelle l’administration Trump a opposé son veto, et insensible aux remous politiques qui secouent son pays, a décidé d’appliquer la vision énergique de ses concepts de défense.

 

Il a, au passage, bousculé les parlementaires qui entendaient réduire la part de la Défense dans le budget en cours de discussion en évoquant la crise économique provoquée par le Coronavirus. A l’aune des informations que nous avons recueillies, Kokhavi a placé Messieurs Gantz et Netanyahu devant leurs responsabilités, et il a obtenu que le financement de sa réforme "Momentum" ne serait pas affecté et continuerait quoi qu’il arrive à être cautionné.

 

Selon des sources croisées dignes d’attention, les F-35 effectueraient actuellement des missions très fréquentes dans l’espace aérien perse. D’après les mêmes sources, les radars ennemis, mais surtout les installations russes en Syrie et en Iran, seraient incapables de repérer l’avion furtif. Il semble même que les Israéliens survolent les abords immédiats des radars russes dans ces deux pays afin de relever une quelconque réaction de leurs servants.

 

La capacité d’emport de carburant des F-35, mais singulièrement leur très faible signature radar, leur permettent de voler sans risque à vitesse réduite et d’atteindre ainsi le territoire iranien sans avoir besoin de se ravitailler en vol. De plus, pour d’éventuelles missions d’attaque, lors desquelles la charge de bombes prime sur le poids du carburant, nous n’avons pas le moindre doute sur le fait qu’ils sont autorisés à utiliser à leur guise les aéroports saoudiens et ceux des émirats en bordure du Golfe arabo-persique.

 

A notre avis, le plan de neutralisation de Fordo, de Natanz, des fabriques de missiles balistiques et d’autres objectifs stratégique est posé, et les moyens nécessaires à leur réalisation sont à disposition. Il apparaît également qu’une campagne destinée à bloquer le programme nucléaire de Khameneï soit en cours de réalisation. Et que tant qu’elle est couronnée de succès, comme à Dehtorkaman et Natanz, l’assaut contre Fordo et Natanz, et la confrontation généralisée qui s’en suivrait est retardée, car elle s’avère inutile voire contre-productive.

 

Les Iraniens, pour leur part, ne sont pas intéressés par une confrontation généralisée avec l’Etat hébreu, car ils n’en ont pas les moyens. En revanche, ils poussent leurs alliés à entreprendre des activités hostiles limitées contre Israël. A témoin le tir de trois roquettes, hier soir (dimanche) sur le pourtour de Gaza par le Djihad islamique palestinien, le principal soutien de Téhéran dans la bande côtière.

 

Deux des projectiles ont explosé dans des zones inhabitées, et le troisième, dans le secteur nord-est de l’enclave, près de Sdérot et de Shar Hanegev, a été intercepté par le Dôme de Fer.

 

En représailles, Tsahal a frappé plus fort qu’à l’accoutumée, lançant des hélicoptères de combat et des chasseurs-bombardiers sur le califat islamique. Le communiqué de l’Armée a été intentionnellement laconique mais l’on sait qu’une installation souterraine a été oblitérée, de même que des positions des milices islamiques dans la banlieue même de Gaza-city. D’ordinaire, les forces israéliennes se contentent d’envoyer des drones, dont la capacité de frappe est bien plus réduite.

 

C’était un signal déterminé adressé au Hamas et aux autres milices, les avertissant que s’ils poursuivaient leurs provocations, la riposte israélienne serait brutale. Les terroristes n’ont pas insisté et l’on n’a pas signalé d’autres agressions durant la nuit.

 

Actuellement, pendant que je rédige cet article, des sources militaires israéliennes annoncent une intense activité aérienne dans le ciel de la région. Depuis une heure, les habitants de Nahariya, au nord-ouest du pays, observent un survol intensif de leur ville par le Khe’l Avir.

 

Des informations d’origine arabe non vérifiées font état d’une frappe de l’Aviation des Hébreux dans la zone de Deraa, à proximité de la frontière jordanienne dans le Golan syrien. Nous essayons d’en savoir plus.

 

D’autres informations, vérifiées celles-ci, annoncent un bombardement à la roquette effectué par des milices chiites supplétives de l’Iran sur la zone verte de Bagdad, où se trouve l’ambassade américaine.

 

Tous les reporters et analystes de la Ména dans la région sont mobilisés.

 

En arrière-plan de cette activité sécuritaire pour le moins soutenue, Israël subit de plein fouet la seconde vague de Coronavirus, dénombrant plus de mille nouveaux cas d’infections par 24 heures depuis quelques jours.

 

La situation à proximité de Métula est particulièrement préoccupante, car la ville de Kiryat Shmona, à 11km de la rédaction, compte de nombreux nouveaux cas de personnes contaminées. Cette agglomération avait été épargnée jusqu’à maintenant par la pandémie, mais plus du tiers des vingt-cinq mille habitants de la cité voisine ont été placés en confinement suite à deux célébrations familiales réunissant cinq cent personnes dans une salle de bal.

 

 

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La confrontation armée se déplace au cœur de l’Iran (010307/20) Version imprimable
Analyse
vendredi, 03 juillet 2020

 

Par Ilan Tsadik

           

Selon plusieurs sources étrangères crédibles, Israël aurait placé son Armée en état d’alerte dans la crainte de tirs de roquettes à partir de Gaza, voire d’une riposte iranienne aux deux opérations attribuées à l’Etat hébreu cette semaine en Iran, à l’est de Téhéran et dans l’un des complexes nucléaires de Natanz, dans la province d’Ispahan.

 

Le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahu a déclaré hier (jeudi) que "l'Armée de son pays était prête à faire face à tous les scénarios avec une force offensive considérable et a assuré que quiconque tenterait d'attaquer Israël serait mortellement frappé".

 

On apprend à la Ména que les canaux de communication/synchronisation entre Tsahal et les forces armées américaines fonctionnent à plein régime.

 

Sur le terrain on n’a rien relevé de particulier, à part peut-être que certains maires d’agglomérations limitrophes de la bande de Gaza ont ordonné que les abris publics soient ouverts ce weekend, par précaution en vue d’éventuelles attaques à la roquette des terroristes islamiques du Hamas et des autres milices de l’enclave palestinienne.

 

Nous ne sommes au courant de la fermeture d’aucune partie de l’espace aérien israélien.

 

En revanche, les informations et les fuites dirigées continuent de confluer relativement au raid de vendredi dernier sur la base souterraine située à l’est de Dehtorkaman ainsi qu’à l’explosion suivie d’un incendie survenue hier dans le complexe de Natanz.

 

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Le F-35 sur-vitaminé du Khe’l Avir

la principale raison des migraines du Guide suprême Khameneï

 

Les media arabes, principalement saoudiens et émiratis, sont très actifs dans la production d’informations sur ces sujets, et pour recueillir des explications fournies sous couvert d’anonymat par des experts américains et israéliens.

 

Le quotidien koweitien Al Jarida [ara. : le journal] est particulièrement actif dans cette collecte d’informations. Il est généralement admis dans la profession que le gouvernement israélien fournit des informations préférentielles à Al Jarida afin de s’en servir comme d’une passerelle en direction de l’ensemble du monde arabe. Cela participe à rendre les informations de ce media intéressantes.

 

C’est ainsi que dans sa livraison d’aujourd’hui Al Jarida confirme l’hypothèse de référence de mon père, Jean Tsadik, dans son article de dimanche dernier, selon laquelle ce sont bel et bien des chasseur-bombardiers F-35 furtifs israéliens qui ont attaqué la base de Dehtorkaman. Ce, sans que leur séjour dans l’espace aérien iranien n’ait été repéré.

 

Concernant Natanz, toujours d’après Al Jarida, on serait en présence d’une attaque cybernétique israélienne.

 

Elle aurait visé plusieurs objectifs liés à l’enrichissement de l’uranium. Selon diverses sources, l’opération sur Natanz a endommagé les ordinateurs dont la fonction consiste à réguler la pression des cuves de gaz UF6 – l’hexafluorure d'uranium -, indispensable au processus d’enrichissement de l’uranium.

 

D’après ces sources, Téhéran aurait perdu 80% de ses réserves d’UF6 lors de l’opération d’hier, ce qui lui inflige un retard de deux mois au moins dans son programme de développement de bombes atomiques.

 

Lors de la même opération, Israël aurait également réussi à saboter des prototypes du dernier modèle de centrifugeuses développées en Iran.

 

 

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L’explosion de Téhéran : toutes les explications (012806/20) Version imprimable
Analyse
dimanche, 28 juin 2020

 

Par Jean Tsadik

 

Avec Stéphane Juffa et Jules Mazouz

 

Pendant la nuit de jeudi à vendredi derniers, la Ména a été l’une des premières agences à annoncer, photos, cartes et vidéos à l’appui, qu’une série d’explosions s’étaient produites à l’est de Téhéran.

 

Dans la dépêche que nous avons émise une heure seulement après les déflagrations, en plein silence médiatique de la théocratie persane, Juffa, assisté de Mazouz et d’Ohana, a indiqué, en exclusivité mondiale, l’emplacement exact de l’explosion principale.

 

Il s’agit d’un authentique exploit journalistique. Sur la carte, ils mentionnaient uniquement l’agglomération de Dehtorkaman et indiquaient : "Ce que nous prenons la responsabilité d’annoncer en ce moment est que l’explosion principale se situe avec certitude à 12km à l’est de la capitale iranienne, et à 5km à l’est d’une localité que nous avons identifiée comme étant Dehtorkaman".

 

Sur la base des images prises par un satellite européen qui ont été produites une journée plus tard, on peut se rendre compte que l’emplacement désigné par Juffa est très précisément celui où l’explosion a eu lieu [carte].

 

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Le site iranien dans lequel l’explosion s’est produite

Avant et après l’explosion

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Au milieu des annonces faites par les autres media, qui préludaient du coup d’envoi de la grande guerre avec l’Iran des ayatollahs, d’un bombardement généralisé américain de son territoire avec des missiles de croisière Tomahawk, d’une cyber-attaque, d’un incendie dans une centrale électrique, la Ména calmait le jeu, écrivant qu’elle "ne se mêlera pas de ces suppositions aléatoires avant de savoir avec certitude ce qu’il se passe".

 

Or samedi, les photos satellitaires montraient, à l’endroit indiqué la veille par la Ména, une sorte de rectangle carbonisé de 400 mètres sur 600. Le CNRI – le Conseil National de la Résistance Iranienne – habituellement bien informé relativement aux incidents sécuritaires, relatait dans l’un de ses communiqués datés d’hier que "dans les villages environnants, la plupart des fenêtres ont été brisées et les vieux murs fissurés, il y a eu des morts et des blessés, et le Croissant-Rouge est intervenu. Des ambulances et les pompiers se rendent de Téhéran à Pakdasht et il est interdit aux habitants de Hamamak et de Nik de quitter leur village en raison de l’explosion. Des hélicoptères ont survolé la région à plusieurs reprises depuis ce matin. Une grande explosion s’est produite dans le secteur des munitions, en particulier de la production d’ogives de missiles balistiques".

 

Tôt dans la matinée de vendredi, les autorités de la junte théocratique, pour brouiller les pistes, déclaraient – photos bidouillées à l’appui - que l’explosion s’était produite sur un gazoduc civil, à proximité du site de Parchin, qui se situe en fait à 25km au sud-est de l’impact réel. L’intention de la Propagandastaffel de Khameneï – le "Guide Suprême" – était d’attirer l’attention mondiale sur un site connu pour ses activités passées d’essais de composants d’une bombe atomique, fermé depuis et recouvert de sable.

 

Il ne fallait pas que les regards se focalisent sur la vaste zone fermée, exclusivement consacrée au développement des missiles balistiques qui s’étend à l’est de Dehtorkaman. La presse internationale a pris l’habitude de nommer cette région du nom de l’agglomération de Khojir, une minuscule localité située à 7km à l’est de l’explosion.

 

En réalité, la zone de développement des missiles qui mesure 7km dans l’axe nord-sud, sur 4.5 en largeur, compte une multitude d’unités militaires dédiées à la recherche et à la production de tous les composants nécessaires à la fabrication des missiles balistiques ainsi qu’à leurs essais [carte].

 

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La zone interdite dédiée à la production des missiles balistiques

Chaque cercle contient une unité de recherche/production

L’unité dans laquelle l’incendie s’est déclaré se situe dans le cercle rouge

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Ils sont gérés par deux entités industrielles dépendant directement du ministère de la Logistique de la Défense et des Forces Armées et l’Organisation de l’Industrie Aérospatiale. Il s’agit de Shahid Hemmat Industrial Group (SHIG) et de Shahid Bakeri Industrial Group (SBIG) de même que de leurs multiples filiales. SHIG s’occupe des carburants liquides et SBIG, des propulsants solides. A notre avis, les deux entités se partageaient le site qui a probablement été attaqué la semaine dernière.

 

Les deux sociétés sont nommées d’après un shahid, une personne décédée de mort violente dans la guerre interminable visant à assurer le triomphe universel de l’islam [aussi bien chez les sunnites que chez les chiites. Ndlr.].

 

A première vue, l’incendie s’est déclaré dans un bâtiment industriel insignifiant de la base [carte]. Mais tous les produits que pouvait contenir un édifice de cette taille (50m sur 30) n’auraient pas pu produire un incendie qui a illuminé tout le ciel de Téhéran.

 

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Le bâtiment insignifiant et le puits d’accès au souterrain

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

D’après les photos et les vidéos prises à partir de la 3ème rangée d’immeubles du district (quartier) 14 de Téhéran, à 15km de l’impact, on peut assez précisément déterminer que les flammes dépassaient 60 à 70 mètres de hauteur et que le feu a duré plusieurs heures. Or ce n’est pas un entrepôt de cette taille, d’un seul étage, qui peut fournir l’énergie nécessaire pour entretenir un tel brasier.

 

On s’est donc intéressé de plus près ce dimanche matin aux images satellites et on a rapidement saisi de quoi il était question : le bâtiment "anodin" se trouve en réalité à l’extrémité sud-est d’un très vaste réseau souterrain, dont nous avons également repéré l’accès principal [cartes] à 730 mètres de là.

 

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L’accès principal du complexe souterrain

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Et ce n’est pas tout, à 140 mètres au sud-ouest de la construction "sans intérêt", nous avons formellement identifié un puits artificiel circulaire d’un diamètre de 30 mètres ! Tout est fait pour lui attribuer l’apparence d’un orifice naturel, mais un œil aguerri ne peut pas ne pas repérer les signes d’une construction d’origine humaine.

 

Pour en avoir le cœur net, j’ai demandé à un assistant de vérifier s’il trouvait une autre fosse de ce genre dans un rayon de cinq kilomètres de celui que nous avions découvert, et sa réponse fut : "il n’y a rien qui ressemble à cela dans toute la contrée".

 

C’était une sur-vérification sans doute inutile, car qui construirait un site de fabrication et de test de fusées sur un sol miné par d’énormes galeries souterraines naturelles ? Le régime iranien est criminel mais il n’est pas idiot.

 

A quoi sert ce très grand puits ? Plusieurs hypothèses sont envisageables, elles vont d’un silo de tir à une sortie de secours ou à un conduit accédant au système d’aération. Tout ce qui a trait aux missiles étant extrêmement toxique et nécessitant une parfaite ventilation, je penche pour l’hypothèse d’une entrée d’air, pouvant sans doute également servir de porte d’évacuation d’urgence, ce qui n’est pas incompatible.

 

Pourquoi pas un silo ? Parce qu’il est très rare de trouver un silo de tir terrestre unique – personnellement je n’en connais pas -, parce que si le silo unique est détruit par un bombardement, on ne peut plus tirer aucun des missiles stockés sous la terre. Mais l’hypothèse n’est pas à exclure totalement, les ingénieurs islamiques ayant peut-être des raisons que la raison ignore.

 

On observe également que le sol au-dessus du complexe souterrain – une ville en fait – a été "préparé". Il est bien trop (complètement) plat par rapport au reste du paysage environnant qui est vallonné et fissuré de toutes parts. Il est probable que cette installation a été, partiellement au moins, construite à ciel ouvert, et que lorsqu’elle a été recouverte, on a tenté de faire ressembler son revêtement extérieur à un ensemble de champs agricoles. Mais des champs agricoles sans fermes alentours ? De toutes façons, avec la netteté des photos satellitaires actuelles, on s’aperçoit immédiatement qu’il ne s’agit pas de terrains agricoles, et on est même intrigué par l’apparence de ces sols.

 

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Une apparence de champs agricoles complètement plats (cercle orange)

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Reste à savoir à quoi est dédié ce très vaste réseau souterrain, et on ne peut exclure la moindre hypothèse, car nous n’avons toujours pas développé à la Ména la capacité de voir à travers la terre. Mais en considérant les éléments que nous connaissons comme la taille du complexe et de sa voie d’accès principale, ainsi que les moyens considérables qui ont été mis en œuvre pour le construire, nous avons évidemment des préférences.

 

A mon avis, cet ensemble renferme des camions capables de lancer très rapidement des missiles [photo de référence], ainsi que tout ce qui est nécessaire à les équiper, à l’instar des ogives, donc des explosifs à tout le moins et, bien sûr, des réserves de carburant – solide d’après moi -, pour les propulser. Contrairement à ce que j’ai lu sur d’autres media, on est en présence d’un site majeur, et en mesurant l’ampleur de l’explosion, il y a fort à parier que tout ce qui se trouvait dans l’installation souterraine a été détruit par les explosifs qu’elle renfermait.

 

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Des camions porteurs et lanceurs de missiles balistiques iraniens

 

S’il s’agit d’une attaque et non d’un accident, l’agresseur n’aurait pas pris le risque d’une riposte iranienne s’il n’avait pas l’intention de porter un coup décisif à la capacité balistique de son ennemi.

 

Ceci dit, on ne peut totalement écarter l’hypothèse d’un accident, et cela pour deux raisons : d’une part, il n’existe que peu de complexes militaires qui contiennent autant de matériaux dangereux et explosifs au mètre carré qu’une base souterraine accueillant des missiles balistiques prêts à l’emploi, montés sur de gigantesques camions conçus pour l’air libre. De l’autre, le régime théocratique chiite se trouve en situation de banqueroute virtuelle et, dans ces conditions, il est raisonnable d’imaginer qu’il est contraint de faire des économies périlleuses sur les mesures de protection de ses sites. Des manquements qui peuvent s’avérer fatals.

 

Cette hypothèse posée, que je n’exclus en aucune manière, je penche plutôt pour celle d’une action hostile, qui ne serait pas la première à viser une concentration de missiles en Iran.

 

Après avoir énoncé cette éventualité, il faut encore essayer de faire le tri entre les modes opératoires ayant été utilisés. J’en vois trois possibles : 1) Une cyber attaque, mais je conçois mal comment générer une explosion de cette nature grâce à l’informatique. Il est vrai que je ne suis pas un expert en la matière (il n’en existe que très peu et ceux qui existent sont discrets) et que certains Etats disposent de technologies hors du commun dans ce domaine. 2) Un sabotage. Ce qui me refroidit dans ce postulat tient dans la nécessité pour les saboteurs de s’introduire au cœur de l’un des secteurs les plus sécurisés de la "République" Islamique, de pénétrer à l’intérieur du souterrain jusqu’à l’endroit précis qui pouvait déclencher l’explosion, d’en ressortir et de quitter le périmètre ultra-sécurisé sans laisser de traces. Dans ce cas aussi, rien n’est impossible pour des services étant parvenus à subtiliser l’ensemble des archives nucléaires de l’Iran, en plein cœur de Téhéran, et de les ramener à Jérusalem. Mais c’est un scénario qui serait recallé pour le prochain James Bond, parce que les spectateurs ne pourraient pas y croire. 3) Le plus simple aurait été d’envoyer deux F-35 qui auraient décollé d’Arabie Saoudite ou d’un émirat du Golfe, pays dont les dirigeants auraient été plus que satisfaits de se débarrasser de ces armes qui les menacent directement au prix d’une coopération avec Israël (par exemple). Je n’ai aucun doute quant au fait que des F-35 peuvent traverser l’ensemble de l’espace aérien iranien sans être repérés et frapper un objectif de ce genre avec une précision chirurgicale. En comparaison des autres alternatives, celle-ci ne comporte que des avantages.

 

Que penser d’une éventuelle riposte de la part des ayatollahs ? Un évènement tel celui qui s’est déroulé dans la nuit de jeudi à vendredi n’est pas de nature à renforcer la capacité offensive de Téhéran, bien au contraire. Elle aura assurément porté un coup supplémentaire au moral des dictateurs et de leurs généraux. D’ailleurs, même si l’opération n’avait pas eu lieu, je ne suis pas du tout certain que leurs missiles auraient pu atteindre une cible en Israël ou dans un pays protégé par les Khetz. Sans compter qu’au vu du rapport de force avec Israël ou les Etats-Unis, le tir d’un seul de ces engins équivaut à un authentique suicide.

 

Qu’en est-il de la synthèse des éléments que nous connaissons et que je viens de décortiquer avec vous ? Je pense qu’un accident qui surviendrait précisément à l’endroit où l’on aimerait le plus qu’il advienne tiendrait d’une sorte de miracle. Le genre d’occurrence pour laquelle on a mille fois moins de chance qu’elle arrive que gagner vingt millions d’euros à la loterie. Même s’il y a des gens qui gagnent effectivement vingt millions d’euros à la loterie.

 

Grâce au remarquable travail préparatoire de mes camarades de la Ména, ils m’ont fourni beaucoup de données qui m’ont permis d’établir mon analyse. Il reste toutefois certaines questions pour lesquelles je n’ai pas l’esquisse d’une réponse sensée. Par exemple, pourquoi l’Allemagne et la France continuent-elles à soutenir la junte théocratique perse contre la soif de démocratie de la majorité écrasante des gens qu’elle opprime et contraint à la misère ?

 

L’Allemagne et la France qui viennent de s’opposer à une nouvelle volée de sanctions américaines, quand bien même elles savent que Khameneï persiste dans la fabrication de sa bombe atomique, en dépit de sa faillite économique et de la pandémie qui fait autant de ravages parmi les Iraniens qu’entre ses complices dictateurs ?

 

Madame Merkel et Monsieur Macron n’ont-ils réellement pas compris que la bombe atomique que les théocrates conçoivent ainsi que les missiles balistiques détruits vendredi sont destinés aussi bien à Berlin et Paris qu’à Tel-Aviv ?

 

 

 
Raid aérien sur plusieurs positions iraniennes dans l’est syrien (012706/20) Version imprimable
Breaking News !
samedi, 27 juin 2020

 

Métula, samedi 22h50 à Métula, 21h50 à Paris.

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa, Jules Mazouz et Yoshua Ohana ont contribué à cette dépêche.

 

Un raid aérien s’est produit il y a peu sur plusieurs positions des Gardiens de la Révolution khomeyniste Iranienne (Pasdaran) dans la zone de Boukamal [carte].

 

bukamal_map.jpg

Service cartographique © Metula News Agency

 

Les sources arabes annoncent une opération israélienne, des media gouvernementaux syriens confirment l’attaque disant qu’elle a été conduite par des "appareils non identifiés".

 

Les conversations téléphoniques avec les médecins de l’hôpital de Boukamal ont été coupées immédiatement après les frappes.

 

Nous n’avons pas de moyens de dresser un bilan humain dans ces conditions. Nous sommes cependant en mesure d’affirmer qu’un haut gradé de l’Armée iranienne a été éliminé ainsi que d’autres militaires iraniens et de nombreux membres de milices chiites supplétives de la théocratie perse.

 

Il est possible que l’officier iranien ait fait l’objet d’une neutralisation ciblée.

 

Nous confirmons également que plusieurs positions ennemies ont été visées et oblitérées. Il s’agissait d’entrepôts d’armes et de munitions, ainsi que d’un poste de commandement. Tous situés sur l’autoroute chiite, côté syrien, tout près de la frontière irakienne.

 

 

 
Plusieurs grosses explosions secouent actuellement Téhéran (012606/20) Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 25 juin 2020

 

Métula, nuit de jeudi à vendredi 02h00 à Métula, 01h00 à Paris.

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa, Jules Mazouz et Yoshua Ohana ont contribué à cette dépêche.

 

Depuis minuit et quart, plusieurs très grosses explosions secouent Téhéran, comme on peut le constater sur ces photos et vidéos.

 

teheran_explo.jpg

L’une des premières images vérifiées de l’explosion principale

 

Une vidéo de l’explosion principale :

https://twitter.com/i/status/1276273256924737536

 

Personne ne connaît la nature exacte des détonations, et des informations contradictoires circulent parmi les media ainsi que sur le Net.

 

La Ména ne se mêlera pas de ces suppositions aléatoires avant de savoir avec certitude ce qu’il se passe.

 

Ce que nous prenons la responsabilité d’annoncer en ce moment est que l’explosion principale se situe avec certitude à 12km à l’est de la capitale iranienne, et à 5km à l’est d’une localité que nous avons identifiée comme étant Dehtorkaman [carte]

 

teheran-est_fine.jpg

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Nous avons capté les programmes de Radio-Téhéran en langue arabe qui confirme les explosions sans donner de détails. Les spécialistes de la Ména sont mobilisés.


 

 
A propos des raids de la nuit dernière en Syrie (022406/20) Version imprimable
Analyse
mercredi, 24 juin 2020

 

Par Stéphane Juffa

 

Avec Jules Mazouz et Jean Tsadik

 

Les raids du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, de la nuit d’hier (mardi à mercredi) on visé une douzaine d’objectifs dans trois zones distinctes et pour trois raisons indépendantes.

 

Le dernier chronologiquement, à 1h du matin heure locale, a ciblé des positions de l’Armée gouvernementale syrienne, des Gardiens de la Révolution khomeyniste Iranienne (Pasdaran) et du Hezbollah autour de la ville de Hama [500 000 hab.] dans un périmètre de 60km de la cité.

 

Particulièrement à l’est d’icelle, à Salamyeh [110 000 hab.] et dans sa proximité. On trouve deux aéroports dans cette région, de nombreux sites de fabrication de produits agricoles qui cachent des usines de fabrication d’armes de destruction massive, notamment chimiques, ainsi que des bases militaires accueillant des soldats gouvernementaux, des Pasdaran et des Hezbollani libanais.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

Ces diverses positions sont également utilisées pour stocker des armes et des munitions en provenance d’Iran, Salamyeh et Hama étant des villes-étapes sur l’autoroute chiite, dans la continuité de celle de Deïr ez-Zor, à 350km (par la route) au nord-est.

 

L’objectif principal de l’attaque sur la zone de Hama consistait en un gigantesque entrepôt partiellement souterrain dans lequel étaient stockés des missiles et autres munitions arrivés par la voie terrestre de l’autoroute chiite durant ces derniers mois.

 

Sur la vidéo exceptionnelle suivante, filmée par des habitants, on constate les explosions successives des mutions et des missiles déposés dans cet entrepôt, après qu’ils aient été atteint par des missiles air-sol de précision extrême (probablement) israéliens et (probablement) des déclinaisons récentes des Dalila.

 

Au vu des images, notre spécialiste en armement, Jean Tsadik, est certain que tous ces stocks ont été détruits et qu’ils comptaient pour une part majeure de l’arsenal irano-syrien. Selon Jean Tsadik, certaines des flammes que l’on distingue sur la vidéo atteignent facilement une centaine de mètres de hauteur.

 

Regarder la vidéo :

https://video.stepvideograph.net/wp-content/uploads/2020/06/video343eda62-5784-489f-a710-e4ac1f8c1bf7video.mp4?_=1

 

Sur la vidéo, on entend un témoin oculaire s’exprimer en arabe de la région de Hama-Homs et crier : "C’est terrible ce qui arrive, ça frappe de partout, tout est détruit.. Oh mon dieu c'est terrible,  incroyable !" ; il s'adresse un moment à un ami et lui demande s’il va bien. Puis il crie par deux fois "ouishhhhhh", une onomatopée. Quatre mots sont incompréhensibles, couverts par le brouhaha des explosions.

           

L’entrepôt était gardé au cœur d’une position conjointement occupée par les Pasdaran iraniens et les soldats de la 47ème brigade blindée. Il s’agit d’une unité d’élite de Bashar al Assad comptant entre 3 et 4 000 hommes rattachés à la Troisième division blindée. La 47ème brigade blindée est composée à 90% d’Alaouites, des personnes appartenant à la communauté/religion des al Assad.

 

Au regard de cette seule explosion et des ondes de choc (vidéo) qu’elle occasionne à plusieurs kilomètres de distance, on peut aisément comprendre l’estimation de Michaël Béhé lorsqu’il fait état de dizaines de morts et de blessés. Les lignes téléphoniques des hôpitaux de Hama vers lesquels les blessés ont été transportés ont été coupées immédiatement après les attaques, ce qui nous empêche de formuler un bilan humain plus précis.

 

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Ce qu’il reste de la

"Société de déshydratation d’oignons et de légumes", tout près de Salamyeh

comme l’écriteau en arabe l’indique à l’entrée

Ou ce qu’il arrive lorsque l’on ne s’occupe pas de ses oignons…

oig.jpg

 

Nous maintenons cependant que les chiffres des victimes avancés par le gouvernement syrien et les autres media – de 4 à 10 morts pour les trois opérations - n’ont aucun rapport, même lointain, avec la réalité.

 

Les deux autres raids se sont déroulés entre 21h15 et 21h30.

 

L’un d’eux a visés d’autres positions et entrepôts d’armes, plus à l’Est, sur l’autoroute chiite, aux environs des villes-étapes de de Kobajjep et de As Sukhnah [carte], respectivement à 52 et 125km au sud-ouest de Deïr ez-Zor, en direction de Homs et/ou de Hama.

 

Les personnels éliminés lors de ces frappes étaient principalement des Pasdaran, des Hezbollani, ainsi qu’une majorité de miliciens chiites provenant de divers pays, essentiellement de l’Irak voisin. Téhéran instrumentalise ces milices afin de réduire ses propres pertes, déjà considérables depuis le début de la Guerre Civile Syrienne.

 

L’autre attaque s’est focalisée dans le sud du Golan syrien, à une distance moyenne de 70 à 80km à l’est de la frontière israélienne, sur la latitude de la station thermale israélienne de Khamat Gader, au sud-est du lac de Tibériade.

 

Plusieurs cibles ont été visées lors de cette opération, l’objectif principal étant un entrepôt accueillant des missiles sol-sol parmi les meilleurs de ceux que produit la théocratie chiite. Ces missiles étaient arrivés dimanche à l’aéroport international de Damas par avion-cargo en provenance d’Iran. Ils ont ensuite été transportés à Salkhad, à 80km au sud-est du point le plus proche de la frontière israélienne, à proximité immédiate du quartier général des Pasdaran – Force al Quds [ara. : Jérusalem] - et de positions de l’Armée gouvernementale et du Hezbollah.

 

Les missiles iraniens ont été pulvérisés, de même que des dizaines de combattants ennemis mis hors d’état de nuire ; les chiffres (faux, nettement inférieurs à la réalité) des bilans communiqués par Damas ne concernent que ces opérations dans le sud du Golan syrien.

 

La région de Salkhad-Suwayda [carte] avait été équipée pour servir de base alternative d’attaques contre l’Etat hébreu, les stratèges irano-syriens jugeant que la zone comprise entre le Golan israélien et Damas 55km était trop exposée aux interventions de Tsahal.

 

Lors du raid de la nuit dernière, le Khe’l Avir a oblitéré plusieurs batteries de missiles SAM ainsi que des véhicules de lutte antiaérienne de type Pantsir, de conception russe, et surtout, le puissant radar installé sur le relief de Tel al-Sahn, qui était censé diriger le tir de ces diverses armes de DCA. Les installations de Tel al-Sahn sont totalement détruites.

 

Les attaques contre le radar et les batteries antiaériennes avaient trois fonctions : sécuriser les avions et leurs missiles lors du raid de la nuit dernière, empêcher à l’avenir qu’ils protègent les activités hostiles dans cette partie du Golan.

 

De plus, en théorie, ces armes possédaient une portée suffisante pour scruter et gêner les activités du Khe’l Avir dans le Golan et même au-dessus du territoire israélien. Leur élimination visait également à éliminer cette gêne.

 

Des dizaines de servants de la DCA syro-iranienne et du radar de Tel al-Sahn ont évidemment péri lors de l’attaque de la nuit dernière.

 

A Métula, nous retenons que les interventions militaires de Tsahal dans la profondeur du territoire syrien se sont encore intensifiées depuis l’intronisation du Général Aviv Kokhavi à la tête de l’Armée et la nomination de Benny Gantz, ex-chef d’état-major, au ministère de la Défense.

 

Nous remarquons aussi, du point de vue stratégique, que l’alliance syro-irano-Hezbollah est actuellement totalement démunie de moyens à la fois pour s’opposer de quelque manière que ce soit aux activés du Khe’l Avir en Syrie, et pour organiser des opérations ciblant le sol israélien.

 

Le dernier enseignement que nous tirons des actions d’hier...

 

Lire la suite...
 
Raids israéliens en Syrie (012406/20) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 23 juin 2020

 

© Metula News Agency

 

Métula, nuit de mardi à mercredi 01h30 à Métula, 0h030 à Paris.

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa et Jules Mazouz ont contribué à cette dépêche.

 

A 21h17 locales, des raids aériens se sont déroulés dans le sud du Golan syrien sur plusieurs objectifs militaires situés à proximité de l’agglomération d’al Suwayda, à 67km de la frontière israélienne. [carte].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

L’agence de presse du régime de Bashar al Assad, SANA, a confirmé ces attaques sans les attribuer nommément à Israël, précisant que la DCA (Défense Contre Avions) syrienne a tenté d’intercepter les assaillants et leurs missiles.

 

Ces raids peuvent être attribués au Khe’l Avir, l’Armée de l’Air israélienne, avec un haut degré de probabilité. Les positions visées et détruites appartiennent à l’Armée gouvernementale ainsi qu’aux Gardiens de la Révolution khomeyniste Iranienne (Pasdaran).

 

Un important quartier général de la Force Quds (ara. : Jérusalem) des Pasdaran, ainsi que du Hezbollah a été oblitéré à Salkhad, à une vingtaine de kilomètres au sud d’al Suwayda. Et des installations radar ont été détruites sur la colline de Tel al-Sahn, dans la même zone.

 

Selon des sources de la Ména, une cargaison de missiles sol-sol iraniens était arrivée hier à l’aéroport international de Damas par avion, et avait été transportée à Salkhad. Plusieurs batteries de missiles SAM ont également été oblitérées.

 

Il y a de nombreuses victimes, qui se comptent par dizaines de morts et autant de blessés selon Michaël Béhé. La théocratie perse a promis de riposter. SANA admet "quatre martyrs et de nombreux autres soldats blessés en plus des dégâts matériels", ce qui est rare et qui témoigne d’un nombre élevé de victimes. Même le Hezbollah a mentionné des pertes.

 

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Première image de l’attaque dans le sud du Golan syrien

Légende en arabe : "Cham Hamdam" [la grande Syrie]

 

D’autre part et sur un autre front, nous sommes en mesure de confirmer que des bases iraniennes et gouvernementales ont été visées et anéanties pratiquement au même moment dans le désert syrien, entre Palmyre et Deïr ez-Zor. Lors de cette seconde opérations, plusieurs positions iraniennes ont été anéanties, particulièrement celles de Kobajjep et de As Sukhnah [carte].

 

Les pertes ennemies sont également très lourdes sur cet autre front, situé à environ 350km du premier. Les media gouvernementaux syriens annoncent également ces autres attaques.

 

Kobajjep et As Sukhnah se trouvent aussi sur l’autoroute chiite, mais au sud de Deïr ez-Zor. Habituellement, ce sont les positions iraniennes à la frontière avec l’Irak qui sont visées.

 

Nous remarquons avec intérêt qu’aucun des objectifs éliminés cette nuit n’avait été préalablement ciblé par le Khe’l Avir selon nos relevés précédents. Il semble que les gouvernementaux et leurs alliés chiites aient tenté de déplacer leurs centres opérationnels afin d’échapper à la vigilance de l’Armée israélienne. Cette dernière a attendu que les nouvelles installations soient en place avant de les anéantir, augmentant ainsi les bilans humains, mais infligeant surtout des pertes matérielles que Téhéran et Damas, en proie à des difficultés économiques sans précédent, auront de plus en plus de mal à remplacer.

 

Dernières minutes :

 

A 01h00 locales des chasseurs-bombardiers, probablement israéliens, ont ciblé plusieurs objectifs à l’est de la ville de Hama [carte], notamment des positions des Gardiens de la Révolution khomeyniste Iranienne. Il semble qu’une usine d’armes chimiques iranienne ait été détruite à Salamyeh, à 23km au sud-est de Hama.

 

La nouvelle est confirmée par plusieurs media arabes de premier plan, ainsi que des sources gouvernementales syriennes.

 

Les équipes de la Ména sont à pied d’œuvre. Une intense activité aéronautique se poursuit en ce moment au-dessus de la rédaction de Métula.

 

 
Tir de roquette de Gaza, énergique réplique de Tsahal (011606/20) Version imprimable
Breaking News !
lundi, 15 juin 2020

 

© Metula News Agency

 

Métula, nuit de lundi à mardi 01h00 à Métula, minuit à Paris.

 

Stéphane Juffa, Jules Mazouz, Yoshua Ohana et Ilan Tsadik ont contribué à cette dépêche.

 

Les terroristes – des individus armés s’attaquant systématiquement à des civils – de Gaza ont tiré lundi soir une roquette en direction du territoire israélien. Elle a explosé dans endroit inhabité sans causer ni victimes ni dégâts.

 

L’engin s’est égaré dans la région de la forêt de Kissoufim, à la hauteur du centre de la bande de Gaza.

 

Des chars de Tsahal on vivement riposté, visant les positions du Hamas dans la zone du tir, non loin de Deïr el Balah et de Khan Younis. Des sources palestiniennes ont rapporté une importante explosion à l’est de Khan Younis,

 

De plus, un drone a visé et oblitéré une installation souterraine à l’est de Rafah, à l’extrême sud de la bande côtière.

 

Tsahal a confirmé le tir de la roquette ainsi que la frappe à Rafah et des tirs de chars sur des positions du Hamas.

 

Ce agression spontanée – ne faisant écho à aucune activité militaire offensive israélienne – intervient après l’accord donné par le gouvernement hébreu de permettre le versement par le Qatar de 50 millions de dollars à Gaza.

 

Cette acceptation intervient après des négociations entre Doha et Jérusalem. Suite à ces discussions, le Hamas s’est engagé à faire cesser les envois de ballons incendiaires en direction d’Israël. Ces lancers avaient repris ces derniers jours alors qu’ils étaient interrompus depuis février.

 

On pense qu’ils émanaient d’une tentative du Hamas afin de pousser les Israéliens à accepter le transfert des 50 millions. Nous ignorons si l’argent a déjà été remis à Gaza ou s’il devait l’être prochainement. L’accord avec le Qatar stipule que le versement devait intervenir "cette semaine".

 

Nous apprenons d’autre part que le Hamas a procédé à deux tirs d’essai en deux jours de missiles Fajr 5C de conception iranienne sur la Méditerranée.

 

Le Fajr 5C est un missile guidé par un système GPS, non une roquette. Jusqu’à présent, les organisations terroristes de l’enclave palestinienne n’on jamais tiré de missiles en direction des agglomérations israéliennes.

 

Le Fajr 5C mesure 6.5 mètres pour un diamètre de 35 centimètres. Il pèse 915kg et transporte une ogive annoncée pouvant contenir 175kg de charges à fragmentation ainsi que 90kg de matériel explosif, ce qui suffit, en théorie, à détruire un bloc d’habitation.

 

Selon ses concepteurs, le missile peur parcourir 80km, alors que la banlieue sud de Tel-Aviv se situe à 45km de l’extrémité nord de la Bande de Gaza.

 

L’efficacité opérationnelle du Fajr 5C n’a jamais été démontrée, alors que celle de l’intercepteur israélien de la Fronde David a détruit tous les projectiles de moyenne portée lancés jusqu’à présent sur le Goush Dan – la région de Tel-Aviv et ses 5millions d’habitants.

 

Depuis plusieurs mois, le porte-parole de Tsahal a cessé dans ses communiqués de faire la différence entre la Fronde de David et le Dôme de Fer, qualifiant tous ces systèmes d’interception de faible et de moyenne portée "Dôme de Fer". La Ména, pour sa part, maintient la distinction lorsqu’elle est en mesure de la faire.

 

Les Fajr 5C à guidage GPS sont les missiles dont Téhéran tente également de doter le Hezbollah libanais, en essayant de faire installer des GPS sur des roquettes par sa milice chiite libanaise dans des ateliers souterrains identifiés à proximité de l’aéroport international de Beyrouth.

 

Selon nos estimations, tant le Hamas que le Hezbollah disposent actuellement de quelques dizaines de ces missiles opérationnels, mais nous n’avons pas d’information quant à leur précision.

 

L’utilisation d’engins de ce type par les organisations terroristes serait considérée comme un casus belli par l’Etat hébreu, que ces missiles soient interceptés par la Fronde de David ou non.

 

Nous avons organisé un service de vigie qui informerait la rédaction au cas où les tirs de roquettes reprendraient sur Israël durant la nuit.

 

 

 
Un drone américain élimine deux chefs djihadistes en Syrie (011406/20) Version imprimable
Breaking News !
dimanche, 14 juin 2020

 

© Metula News Agency

 

Métula, dimanche 21h50 à Métula, 20h50 à Paris.

 

Un drone américain a ciblé un véhicule à proximité d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, une région occupée par l’Armée turque et ses supplétifs islamiques.

 

Les deux occupants, Kassam el Ardani, le chef suprême des Tanzim Hurras ad-Din [ara. : Les Gardiens de la Religion], ainsi que le conducteur, Bilal al Tzanani, lui aussi un chef de l’organisation, ont été tués sur le coup.

 

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Le véhicule des djihadistes après l’attaque américaine

 

L’une des particularités de cette élimination ciblée tient dans l’utilisation d’un missile Hellfire (le feu de l’Enfer) R9X. Ce qui particularise cette arme tient en cela qu’elle est dénuée d’ogive explosive. Celle-ci est remplacée par une multitude de lames tranchantes qui se déploient lors du vol et agissent tel un hachoir sur leur objectif.

 

L’avantage principal du Hellfire consiste à réduire au minimum le risque de dégâts collatéraux.

 

Nous avons reçu des images des corps déchiquetés des deux djihadistes, dont l’organisation se targuait du surnom de "tueurs de la religion", mais, par respect pour nos codes éditoriaux, nous ne les montrerons pas.

 

L’état du véhicule donne une impression suffisamment probante de l’efficacité de l’attaque.

 

Les deux victimes dirigeaient un groupe armé d’environ deux mille combattants issus de la défunte al Qaëda, qui guerroient dans le nord syrien sous les ordres de l’Armée turque face à celle de Bashar al Assad, soutenue par les Russes et le Hezbollah.

 

Par cet acte, les Etats-Unis ont tenu à réaffirmer leur présence dans la région ainsi que leur détermination à s’opposer à tous les ennemis de leurs intérêts. C’est également un message musclé adressé à Recep Erdogan, lui rappelant que Washington ne craint pas de s’en prendre à ses alliés lorsque cela s’avère nécessaire.

 

 

 
La rue libanaise est en feu (011306/20) Version imprimable
Analyse
samedi, 13 juin 2020

 

Par Michaël Béhé à Beyrouth

           

Le Liban brûle, la population s’enflamme, c’est le descriptif visuel primaire qui s’impose à la fin d’une semaine d’émeutes qui ont embrasé le pays des cèdres.

 

Ces deux derniers jours, Beyrouth et Tripoli (la grande ville du Nord-Liban) ont été les théâtres d’énormes émeutes. La foule affamée a mis le feu à des commerces, des banques et à des bâtiments publics. On a entendu des coups de feu épars et assisté à des déluges de cocktails Molotov et de pierres sur les forces de l’ordre – des dizaines de policiers et de soldats ont été blessés durant la semaine -  les manifestants scandant "Révolution ! Révolution !". Ils réclament de plus en plus perceptiblement la dissolution du gouvernement et du parlement, et la démission du Président Aoun, du Premier ministre Hassan Diab, ainsi que du gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé. Ils accusent ce dernier d’avoir précipité l’endettement de l’Etat et d’avoir favorisé les magouilles des politiciens.

 

Vidéo : hier, à Tripoli, les émeutiers ont mis le feu à l’immeuble de la Banque Centrale :

https://twitter.com/i/status/1271243983835074560  

 

Certes, les autres media attribuent les émeutes à la crise économique cataclysmique qui frappe le pays. Elle est indéniable, la livre s’échange désormais à un dollar pour 5 200 livres. Le 1er janvier dernier, le taux de change était de 2 120 pour un dollar. La livre a donc perdu près de la moitié et demi de sa valeur en cinq mois et demi. Dans un pays où toute l’activité économique est indirectement indexée sur la monnaie américaine, du prix du lait à celui des médicaments, on ne parle pas d’économie mais de la survie des habitants. Dans certaines régions, les plus fragiles ont littéralement à peine de quoi s’acheter du pain.

 

Le seul remède à la faillite absolue dépend de l’aide du FMI, le Fonds Monétaire International ; on y raconte, tant dans la presse nationale qu’internationale, que son intervention est liée à de nombreuses réformes à caractère économique. C’est totalement faux, ou, à tout le moins très biaisé, car les réformes en question dépendent totalement de la situation politique dans laquelle nous sommes plongés.

 

La crise économique vient de l’isolement du Liban. La crise économique est l’effet de l’isolement, pas la cause.

 

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Hier soir à Beyrouth

 

Au fil des années, les Libanais sont devenus les boucliers humains des ambitions militaires de l’Iran et, dans une moindre mesure, de son alliée, la Syrie de Bashar al Assad. Ils se servent de nous et de notre position géographique afin d’entretenir la possibilité d’ouvrir un nouveau front contre l’ennemi qu’ils se sont choisis : Israël.

 

Téhéran ne s’est jamais préoccupé d’autre chose, et certainement pas du bienêtre minimal de nos concitoyens. Tout ce qui lui importe est de contrôler politiquement et militairement notre pays pour que la majorité non chiite de sa population, les musulmans sunnites et les chrétiens, ne soient pas en mesure de s’opposer à ses desseins bellicistes.

 

Pour y parvenir, Khameneï leur "Guide suprême" se sert d’une armée de supplétifs chiites à sa botte, le Hezbollah. Une milice que l’AFP, par exemple, décrit dans ses dépêches comme un "mouvement chiite armé".  Fin de citation, fin de débat, fin d’explication : ce n’est pas ainsi que ceux qui lisent ces comptes-rendus pourront comprendre le drame que nous vivons. Au contraire, en lisant ces articles, j’ai sincèrement l’impression que ces bidouilleurs de nouvelles s’efforcent de rendre notre malheur abscons, inintelligible.

 

L’un des vrais problèmes découle du fait que les caisses du Hezbollah, le vrai gouverneur du Liban, sont à sec, puisque l’Iran et la Syrie n’ont plus d’argent des suites des sanction économiques américaines et de la baisse du prix du brut.

 

Cela fait plusieurs mois que l’organisation terroriste et reconnue comme telle par l’essentiel des instances internationales – mais visiblement pas par l’agence de presse officielle de l’Etat français, à l’instar du Hamas – ne paie plus ses miliciens. Elle les démobilise et les renvoie chez eux, à l’exception de 7-8 000 combattants au Liban et de 4 000 autres qui se battent pour l’Iran en Syrie, sans que cela ne découle, évidemment, d’une décision des autorités officielles libanaises.

 

A son apogée, le Hezb pouvait aligner environ 30 000 miliciens, dont 15 000 correctement formés et 10 000 occasionnels.

 

Le Premier ministre Hassan Diab étant une marionnette du Hezbollah et, par conséquent de l’Iran, incapable de prendre des décisions allant à l’encontre des ordres qu’il reçoit de ses patrons, a les deux mains liées et ne peut pas se confronter à la crise. Quant au Président Michel Aoun, le pauvre, il est cloitré dans le palais de Baabda, occupé à convoquer et à décommander des réunions de crise auxquelles les authentiques décideurs n’envoient de toutes façons que des sous-fifres.

 

La "proximité" dominante entre le gouvernement et l’Iran fait en sorte que le FMI ne se rendra assurément pas au chevet du Liban. Non plus que les riches pays arabes, en premier lieu l’Arabie Saoudite, qui considère l’Iran comme son principal ennemi sur la Planète, sans parler des Américains, qui adoptent loi sur loi afin de sanctionner les responsables du Hezbollah ou ceux qui agissent en son nom. Quant à l’Europe, elle n’est pas dupe non plus, à l’exception de la France, qui s’obstine à différencier entre la branche "militaire" du Hezbollah et sa branche "civile", une distinction qui n’existe pas même formellement au sein de l’organisation terroriste chiite. Mais Paris, le voudrait-il, n’est pas en mesure de nous concéder les prêts dont nous avons besoins pour survivre, faisant lui-même face à l’une des plus graves crises économiques de son histoire. La France dépend aujourd’hui, simplement pour continuer de respirer, des prêts octroyés par la Banque Européenne et par les monarchies arabes sunnites. Au cas où ils viendrait à leurs oreilles que l’argent qu’il prêtent à la France était partiellement reversé à un Etat vassal de l’Iran, les Arabes couperaient le cordon ombilical avec Bercy. Ce n’est d’ailleurs pas une supposition, Bercy a été explicitement mis en garde contre ce genre de "plaisanteries".

 

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La faim donne du courage

 

L’une des exigences indirectes mais fondamentales du FMI pour entrer en matière est l’indépendance du gouvernement libanais ainsi que le retrait des armes des mains du Hezbollah. Et sur ces deux conditions, principalement la seconde, Hassan Nasrallah, le secrétaire général de l’organisation terroriste, ne cédera jamais. Car c’est sa marque de fabrique, sa raison d’être. Le Hezb se définit d’ailleurs comme la "Résistance" ; ce qu’il entendent sous ce sobriquet est la résistance armée face à Israël.

 

Mais comment justifier de cette appellation quand aucun coup de feu n’a été échangé entre l’Etat hébreu et le Hezb durant plus d’une décennie, et quand chaque Libanais sait parfaitement que les voisins du Sud n’entretiennent aucune ambition expansionniste concernant le territoire national ?

 

Pour résister, il faut d’abord être attaqué, cela participe de l’évidence, et si l’on n’est pas attaqué et que l’on insiste pour constituer une seconde armée parallèle à l’intérieur du Liban, qui ne répond qu’aux ordres de Nasrallah et de Khameneï, c’est que ces armes sont destinées aux autres communautés qui constituent le Liban et non aux Israéliens.

 

Et si, par mégarde, dans un accès de fièvre délirante, au seuil de l’implosion ou sur l’ordre de Téhéran, le Hezb s’attaquait à Israël, l’une des plus importantes puissances militaires de la Planète, capable de mobiliser un million et demi de soldats aguerris, ce serait l’apocalypse.

 

Cela aussi tout le monde au Liban le sait. A la fin de l’affrontement l’organisation supplétive de la théocratie persane cesserait d’exister, et cela aurait causé, dans la foulée, la destruction d’au moins la moitié des infrastructures libanaises.

 

Cela constitue les crainte des civils israéliens, particulièrement ceux demeurant à proximité de leur frontière septentrionale, et cela représentait également la peur principale des Libanais.

 

Je veux faire deux remarques à ce propos : premièrement, les Israéliens exagèrent énormément la capacité de nuisance de l’organisation terroriste chiite. J’ai lu dans leurs media en anglais qu’ils redoutaient une confrontation avec le Hezb cet été, et cela démontre que les journalistes qui ont rédigé ces avertissements ne connaissent pas l’état réel de la bande de Nasrallah. Il n’y aura aucune guerre cet été, cet automne non plus.

 

Seconde remarque : les Libanais ne redoutent pas un conflit entre les "Fous de Dieu" et les sionistes, ils l’espèrent. C’est aux yeux de l’immense majorité d’entre eux l’unique espoir tangible dans un horizon totalement bouché.

 

Leurs langues se délient, même si les media que je citais précédemment se gardent soigneusement d’en faire état. Hier (vendredi), au cœur de Beyrouth, j’ai assisté silencieux à un débat improvisé sur le thème du désarmement du Hezbollah. Tous les intervenants étaient très clairs quant à cette nécessité, mais la discussion a évolué vers celle de faire la paix avec Israël.

 

Une femme connue dans les rassemblement de ces derniers mois, elle-même d’origine chiite, s’exprimant très bien, a expliqué à la foule que la frontière cadenassée au Sud ne servait à rien, particulièrement lorsque toutes les autres portes nous sont aussi condamnées. Elle a raconté que les Israéliens, contrairement aux Iraniens et aux Syriens, étaient des gens très paisibles et très éduqués, avec lesquels nous n’avions strictement aucune raison de maintenir l’état de guerre et l’ignorance réciproque. Nous sommes libanais, a-t-elle dit sous les approbations des 150-200 personnes qui l’écoutaient avec attention, pas iraniens ! Nous n’avons aucun intérêt à faire la guerre à Israël, mais nous avons tout intérêt à faire la paix avec lui ! Ses propos ont été accueillis par des applaudissements nourris.

 

Il est impossible de lui donner tort. Israël c’est un pays "européen" florissant, offrant à notre main d’œuvre qualifiée des opportunités illimitées. Il suffirait de décréter la paix et d’ouvrir la frontière pour nous extraire en quelques mois du marasme économique dans lequel nous trempons sans espoir de solution.

 

Cela irait très vite, notamment grâce aux échanges touristiques, les hôtels de Beyrouth se rempliraient en quelques heures et les devisent fortes se mettraient instantanément à couler à flots.

 

Sans compter que si on en arrivait là, il est certain que le FMI, au regard de ces nouvelles opportunités, nous concèderait tous les prêts dont nous avons besoin, de même que les Etats-Unis, qui seraient ravis du renvoi des Iraniens et de leurs nervis des rives orientales de la Méditerranée.  

 

Mais nous n’en sommes pas là. Michel Aoun a lui aussi les mains totalement liées par sa dépendance aux Iraniens et à leurs hommes de main libanais. S’il faisait un geste en direction de la normalisation avec les Hébreux, le Hezbollah déclencherait instantanément la guerre civile. Et l’Armée, largement phagocytée par les miliciens de Nasrallah, se déchirerait, et les soldats n’obéiraient plus qu’à leurs chefs communautaires. Il s’agit d’une manœuvre qu’un vieillard cacochyme n’a plus l’énergie d’entreprendre.

 

Dans ces conditions, on ne voit pas ce qui pourrait nous sauver. Le gouvernement a décidé de vendre des dollars de sa réserve à partir de lundi, cela a eu pour conséquence une légère remontée de la livre : on en trouvait ce matin au black aux alentours de 4 600 pour un dollar. Mais c’est surtout de la spéculation, ceux qui achètent du billet vert à ce prix espèrent le revendre la semaine prochaine au-dessus de 5 000-5 500 livres. Car cette mesure n’est accompagnée d’aucune autre qui soit de nature à modifier l’équation sans solution à laquelle nous faisons face.

 

Officieusement, on estime que six Libanais sur dix n’ont plus de travail. La plupart des autres ne peuvent pas subvenir à leurs besoins avec le montant de leurs revenus. 40% de mes concitoyens au moins vivent dans la précarité, et 20 autres pourcent, dans la misère noire.

 

Et la paupérisation ne fait qu’augmenter jour après jour. Le bon côté des choses, si l’on peut dire, c’est que lorsque l’on n’a plus rien à perdre, on se sent plus courageux, on radicalise ses exigences et on se regroupe. Par exemple, on n’a pas vu beaucoup de jeunes des quartiers-sud de la capitale [Ndlr. Les zones à forte majorité chiite] s’attaquer aux manifestants. D’habitude, ils les agressent avec une violence inouïe suivant ainsi les ordres du Hezbollah et de ses barbouzes. Hier et avant-hier, on en a vu fraterniser avec les sunnites et les chrétiens, comme au début des manifestations il y a plusieurs mois.

 

La raison en est que le Hezb, très actif dans les œuvres sociales chiites afin de fidéliser sa "clientèle", ne parvient plus à faire face à la demande. La pénurie et la faim touchent également les chiites, de même que les doutes concernant l’avenir.

 

Une autre raison est à trouver dans la gestion de la crise par les chefs de la milice pro-iranienne : dans les nombreux media du Hezb, ces derniers temps, on ne voit plus les slogans appelant à réprimer la colère de la rue, et les accusations concernant une chimérique intervention de l’étranger pour exciter la population, principalement de la part des Américains et des Israéliens, sont moins présentes. Elles sont remplacées par des attaques contre les sanctions économiques et autres décidées par Washington.   

 

 

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Bibi et les juges de la Cour Suprême (011006/20) Version imprimable
Analyse
mercredi, 10 juin 2020

 

Par Ilan Tsadik

 

La Cour Suprême d’Israël a décidé hier (mardi) de déclarer nulle et non avenue la loi qui aurait légalisé le statut des implantations partiellement bâties sur des terrains privés appartenant à des Palestiniens.

 

Le tribunal a jugé que cette loi est inconstitutionnelle. Elle avait été adoptée par la Knesset en février 2017, sous l’intitulé "Loi pour la régularisation des implantations en Judée et Samarie", et avait rapidement été gelée suite à un accord conclu entre l’Etat et divers requérants en attendant que la Cour Suprême tranche la question.

 

En plus de régulariser les implantations existantes, la loi aurait également légalisé des avant-postes et des structures provisoires construites sans autorisation en Cisjordanie.

 

Dans sa décision, la Présidente de la Cour, Esther Hayut, a décrété que "cette loi cherche à légaliser rétroactivement les actes illégaux perpétrés par une population spécifique de la région tout en portant atteinte aux droits d'une autre, et que cela ne correspondait pas aux standards de la loi israélienne".

 

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Les juges Esther Hayut et Noam Sohlberg

D’innommables gauchistes qui tentent de faire respecter la loi avec

une obstination insupportable. Pour certains.

 

Madame Hayut a précisé que "le désir de trouver une solution simple et globale au problème de la construction dans les localités israéliennes de la région, après des années durant lesquelles diverses autorités ont contribué à la création de cette réalité, est compréhensible, et qu’empêcher l'expulsion et la démolition de maisons bona fide avec l'approbation des autorités compétentes est un objectif approprié et important. Mais que cet objectif ne justifie pas la violation du droit à la propriété et du droit à l'égalité et à la dignité des Palestiniens, et qu’il crée une discrimination entre les résidents israéliens et palestiniens par la régularisation des constructions illégales dans la région".

 

La Présidente de la Cour Suprême a conclu en relevant que "Dans la pratique, et contrairement à la politique déclarée du gouvernement, la construction d’implantations israéliennes dans la région avait été réalisée au fil des ans y compris sur des propriétés non gouvernementales. Cette construction, il faut le dire, a été réalisée en partie avec l'aide et le soutien des institutions de l'Etat et d'autres autorités".

 

La décision a été prise par huit juges sur neuf, M. Noam Sohlberg s’y opposant. Le juge Sohlberg a fait part de "sa préoccupation", exprimant que "la décision ne serait pas bénéfique aux pionniers non plus qu’aux propriétaires fonciers. Personne n'en bénéficiera. Les terrains et les bâtiments que le législateur a cherché à réglementer, du moins la plupart d’entre eux, resteraient ainsi dans leur état actuel de désolation".

 

Noam Sohlberg a toutefois relevé que "l'encouragement et le soutien des autorités gouvernementales à la construction illégale dans la région, pendant des années, n'est pas à la gloire de l’Etat d'Israël. En tout cas", a-t-il poursuivi, "aussi répréhensible que nous puissions trouver cette conduite, cela ne changera pas le fait que cette implication, au fil des années, a créé une réalité, avec des conséquences très vastes, et que cette réalité ne peut pas être ignorée".

 

Dès l’annonce de la décision de la Cour Suprême, le gouvernement d’union s’est déchiré dans ses commentaires. Les partisans du Premier ministre Binyamin Netanyahu ont condamné l’ingérence du tribunal dans l'abrogation d'une loi importante pour les implantations et leur avenir. Ils ont promis de faire adopter la même loi rédigée de façon constitutionnelle afin qu’elle ne puisse pas être à nouveau annulée par la Cour Suprême.

 

Le parti de M. Netanyahu, le Likoud, de même que ses plus fervents soutiens dans le bloc bibiste, ont réitéré la nécessité de procéder à des changements constitutionnels destinés à museler la Haute Cour de justice, de l’empêcher de se prononcer sur la constitutionnalité des nouvelles lois et de s’opposer ainsi à la politique droitiste et "pro-juive" du gouvernement.

 

Ainsi la ministre des implantations, Tzipi Khotobeli du Likoud, s’est déchaînée contre la décision de la Cour suprême, qu’elle a carrément accusée de "conduire systématiquement une terreur judiciaire contre les implantations juives de Judée-Samarie. En fait", a déclaré Madame Khotobeli, "c'est [la Cour Suprême] le dernier bastion de l'élite de gauche qui ne parvient pas à remporter les scrutins électoraux. Sa vision du monde contredit l'existence juive".

 

La Cour Suprême est un tribunal qui, selon Tzipi Khotobeli, poursuit un ordre du jour politique.

 

Le ministre de la Santé Yuli Edelstein, lui aussi membre du Likoud et ex-président de la Knesset qui avait contrevenu à une injonction de la Cour Suprême plongeant Israël dans une dangereuse crise constitutionnelle, a fustigé la Haute Cour en affirmant qu’ "elle s’est perdue. Qu’elle se mêlait à la fois du législatif, de l’exécutif et du judiciaire", concluant "qu’il faut mettre fin à cela".

 

Il a également plaidé pour museler la Cour Suprême, claironnant que "si la Haute Cour ne reconnaît pas ses limites, c’est la Knesset qui doit tracer ses frontières".

 

Les confrères ministres et députés bibistes, dans leur quasi-unanimité, soutiennent ces points de vue et n’hésitent pas à s’en prendre au tribunal avec une extrême violence verbale, frisant souvent l’injure pure et simple et ciblant nommément des juges et en particulier la Présidente de la Cour Suprême, Madame Esther Hayut. De la même manière que les bibistes insultent régulièrement et copieusement M. Avikhaï Mandelblit, le procureur général de l’Etat et conseiller juridique du gouvernement.

 

Côté Kakhol-Lavan, Benny Gantz et tous les ministres de sa faction – qui détiennent un nombre strictement égal de portefeuilles à celui confié à leurs collègues du Likoud - , on fait entendre un son de cloche diamétralement opposé.

 

Le vice-Premier ministre et futur Premier ministre selon l’accord de coalition, Benny Gantz, a publié une réponse disant qu' "il respecte la décision de la Cour et s'assurera qu'elle est respectée". Il a également déterminé que "la loi [Loi pour la régularisation des implantations en Judée et Samarie] dans sa forme actuelle va à l'encontre de la constitutionnalité d'Israël et que les problèmes juridiques qui en découlent étaient déjà connus au moment de son approbation à la Knesset [en 2017]".

 

Le problème des bibistes consiste en cela qu’aux termes de l’accord de coalition, Benny Gantz dispose du droit de veto sur la mise au vote de tout nouveau projet de loi. La décision d’hier de la Cour Suprême a agrandi les lézardes qui opposent déjà le bloc de Netanyahu aux partisans de Gantz au sein du gouvernement. Au point qu’elles ressemblent de plus en plus à des gouffres.

 

La cohésion de ce cabinet d’union va prochainement être mise à très rude épreuve, avec l’intention de Binyamin Netanyahu d’annexer une partie de la Cisjordanie à partir de juillet prochain. Gantz a déjà fait savoir qu’il ne soutiendra une telle aventure que si elle s’inscrit dans le cadre du plan de paix de Donald Trump. Un plan qui prévoit également la création d’un Etat palestinien, ce qui est simplement inconcevable pour la totalité des députés bibistes. Ils entendent prendre ce qui leur convient du plan, notamment le droit d’annexer certaines zones d’implantation, et ignorer les dispositions qui les dérangent.

 

En plus de ce qui précède, nous avons appris à la Ména que le bureau de Netanyahu préparait une nouvelle vague d’agressions verbales en règle contre la justice et ses représentants avec les prochaines échéances des procès du Premier ministre.

 

Que va-t-il se passer lorsque les accusations délirantes selon lesquelles les juges, les procureurs, les policiers et les journalistes mènent un coup d’Etat contre Bibi afin de l’expulser du pouvoir, que l'élite de gauche [Khotobeli dixit] ne parvient pas à remporter lors des scrutins électoraux ? Ces gens oublient que la "plèbe de droite", selon le tableau de lecture pour décérébrés de Netanyahu, ne parvient pas plus que "l'élite de gauche" – quelle distorsion émétiquement dichotomique de la réalité ! – à obtenir une majorité de bloc au parlement, ce qui l’oblige à partager la direction du pays avec Benny Gantz et ses amis.

 

Entre un courant hyper-constitutionnaliste tel celui de la formation de Gantz, et un bloc bibiste composé de droitistes et d’orthodoxes antisionistes autoproclamés, qui s’asseyent volontiers sur la démocratie autant que sur l’Etat de droit, même en écarquillant les yeux, on peine à recenser un plus petit dénominateur commun.

 

Pour sauver Netanyahu de la prison, il faudra impérativement instiguer un tremblement de terre qui ferait vaciller l’Etat d’Israël sur ses piliers. Ce que les Khotobeli et les Edelstein [et ce ne sont de loin pas les plus extrémistes] n’hésiteront pas à faire.

 

 

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Les émeutes américaines et la presse occidentale Version imprimable
Réinformation
lundi, 08 juin 2020

 

Par Amram Castellion

           

A la Ména, nous avons, c'est le moins que l'on puisse dire, une certaine habitude des biais, des erreurs et des mensonges de nos collègues mieux établis. Et pourtant, malgré cette expérience, la couverture des émeutes qui agitent depuis une semaine plusieurs grandes villes américaines est parvenue à nous surprendre.

 

Dans la presse française, on trouve presque partout la notion de manifestations "pour les droits des Noirs". Or, il n'y a aucun problème de droits raciaux aux Etats-Unis depuis deux générations. Les dernières discriminations légales ont été abolies par deux lois de 1964 et 1965 : la Loi sur les droits civils et la Loi sur le droit de vote. La loi est, depuis plus de 50 ans, la même pour tous dans tous les domaines et l'accès à tous les postes est possible sans discrimination – y compris, pour ceux qui se souviendraient du passé récent, à la présidence des Etats-Unis.

 

La réalité est-elle conforme à ces lois ? Pas tout à fait – mais presque. Les personnes qui se sentiraient discriminées dans quelque domaine que ce soit peuvent aller en justice, et gagnent souvent. Cela incite concrètement les employeurs, les commerces et les administrations à faire attention à assurer une égalité réelle. Il y a encore parfois des cas de discrimination, mais la justice les sanctionne sans faiblesse.

 

Alors que reste-t-il du racisme qui a profondément marqué l'histoire américaine et traumatisé des millions de personnes jusqu'aujourd'hui ? D'abord, des comportements et des discours privés, qui relèvent d'un domaine que la loi ne peut heureusement pas sanctionner et qui ne peuvent porter atteinte qu'à la susceptibilité, non aux droits. Ensuite et surtout, le souvenir traumatisant des époques passées – celle de l'esclavage, puis celle de la ségrégation – qui, transmis de génération en génération, imprime sur la vision du monde de nombreux Américains contemporains un filtre déformant qui fait resurgir le passé, alors même que les faits prouvent clairement qu'il a disparu.

 

C'est ainsi que le meurtre d'un petit délinquant noir, George Floyd, le 25 mai dernier, par un policier blanc, Derek Chauvin, dans la ville de Minneapolis, a été associé dans des millions d'esprits au souvenir de la justice raciste et des lynchages que le parti Démocrate avait créés dans les Etats du Sud pendant le siècle qui sépara la fin de la guerre civile en 1865 et le Mouvement des droits civils des années 1950 et 1960. Peu importe que Chauvin, qui avait déjà fait l'objet de signalements pour violence, ne l'ait jamais été pour racisme. Peu importe qu'il ait été entouré au moment du meurtre de trois collègues (que la justice désignera peut-être comme complices) dont aucun n'était blanc et l'un était noir. Peu importe même qu'il ait été rapidement arrêté et s'apprête presque certainement à passer en prison tout ou la plus grande partie du temps qui lui reste à vivre. L'effet psychologique a été plus important que la réalité.

 

La réalité, pourtant, a ceci de particulier qu'elle ne disparaît pas simplement parce qu'on regarde ailleurs. Les statistiques américaines montrent que les noirs, qui représentent 13% de la population, représentent aussi 40% des arrestations. Mais comme ils représentent aussi 39% des gens finalement reconnus coupables et incarcérés, cette surreprésentation dans les arrestations est principalement liée à une surreprésentation des noirs dans la délinquance. Après tout, 96% des suspects arrêtés sont des hommes ; et ce n'est pas par sexisme. Faire du racisme des policiers une explication est d'autant plus problématique que toutes les forces de police du pays sont entièrement intégrées et incluent une proportion importante d'officiers noirs.

 

Il se peut qu'il y ait en revanche un biais racial dans la longueur des peines prononcées au moment du jugement. C'est en tout cas ce qu'annonçait une étude de 2012 de l'université du Michigan [1].

 

En revanche, les faits, aisément vérifiables, montrent qu'une des affirmations le plus souvent entendues depuis le début des émeutes est une contre-vérité absolue. Le risque de se faire tuer par la police pendant une arrestation n'est pas plus élevé pour les noirs : il est plus faible.

 

Le Washington Post tient à jour depuis plusieurs années toutes les statistiques des violences policières [2]. Il suffit de croiser les données statistiques présentées pour calculer qu'en 2019, 249 noirs ont été tués par la police, dont 5 n'étaient ni armés ni en train de fuir, sur 4 millions de noirs arrêtés cette année-là. 406 blancs ont été tués dans les mêmes conditions et durant la même période, dont 19 n'étaient ni armés ni en train de fuir, sur 3,4 millions d'arrestations. Le risque d'être tué par la police pendant une arrestation est donc significativement plus élevé pour les blancs que pour les noirs. Il suffit de considérer les émeutes actuelles pour le comprendre. Les policiers, tout simplement, savent qu'il existe un risque d'explosion sociale et politique si un noir meurt pendant une arrestation ; ils font donc plus attention.

 

L'autre erreur commise par la presse a été de décrire les émeutes actuelles, qui se déroulent presque exclusivement dans de grandes villes tenues par les Démocrates, comme des émeutes raciales, spontanées et pacifiques. L'émotion a sans doute fait descendre des noirs dans la rue suite au meurtre de George Floyd. Mais tout indique que les émeutes sont, au contraire, éminemment politiques, organisées et violentes.

 

Les premières violences n'ont pas été le fait de citoyens noirs, mais d'une organisation violente d'extrême-gauche presque exclusivement blanche, Antifa. Il y a incomparablement moins d'hommes de couleur dans une réunion d'Antifa que dans un meeting de Trump. Les images diffusées par la police montrent que les militants d'Antifa sont allés dans des villes où ils n'habitent pas avec une provision de briques, de cocktails Molotov et ont désigné les cibles des attaques : bâtiments publics, commerces, églises et, à l'occasion, habitations. A l'heure où j'écris ces lignes (7 juin au soir), les émeutes ont fait au moins 18 morts parmi la police et les passants.

 

En soutien d'Antifa, une autre organisation d'extrême-gauche, noire celle-là, violente aussi à l'occasion mais moins bien entraînée, Black Lives Matter (BLM), a eu un rôle important pour encadrer les émeutiers. On trouve des images de ses responsables sur les lieux des nombreux pillages de magasins. De plus, BLM a défini les slogans des émeutes : exiger des policiers puis de blancs au hasard qu'ils s'agenouillent devant les manifestants, puis demander l'abolition des forces de police.

 

La raison pour laquelle les émeutes se sont exclusivement répandues dans des villes tenues par les Démocrates est, elle aussi, éminemment politique : dans ces villes, les maires, responsables de la police, les laissent faire. Les manifestants savent qu'ils y seront bien accueillis et que la police s'humiliera devant eux au lieu de les réprimer comme leur mission l'exige.

 

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Michael Shaw, le chef de la police de Webster, Massachusetts, se prosterne devant les manifestants

 

La complicité entre le parti Démocrate et les émeutiers est indiscutable. Plusieurs agitateurs d'Antifa ont vu leur caution payée par des officiels Démocrates, et ce jusque dans la campagne présidentielle de Joe Biden. La presse Démocrate présente une image uniformément positive des manifestants, malgré les incendies, les pillages, les attaques et les meurtres.

 

Il y a deux raisons qui poussent tant d'élus Démocrates à se soumettre à la violence de l'extrême-gauche, au risque de voir leurs propres villes partir en flammes.

 

La première raison est conjoncturelle et tient à la proximité des élections présidentielles. Pour battre Trump avec un candidat exceptionnellement faible (Joe Biden, qui n'a jamais été une lumière, souffre en outre manifestement d'un début d'Alzheimer), le parti Démocrate a besoin que les Américains soient malheureux.

 

Lors de l'épidémie du Covid-19, les Démocrates ont instauré des confinements plus sévères et plus longs que les Républicains, théoriquement au nom de la santé, en fait pour provoquer les faillites, la misère et le mécontentement qui leur fournissent des électeurs. Mais le confinement touche à sa fin et n'a pas provoqué le désastre économique escompté : les Etats-Unis ont créé 2,5 millions d'emplois au cours du mois de mai. Puisque la pandémie ne suffisait pas à plonger les Américains dans le malheur, une guerre raciale allait donc faire l'affaire.

 

La deuxième raison, plus profonde, tient à un changement de génération au sein du parti Démocrate. Les plus anciens sont comparables à la gauche européenne classique, partisans de la redistribution et des droits civiques. Les plus jeunes, influencés par une gauche universitaire largement coupée du reste du monde, sont des nihilistes : aussi obsédés que les Nazis par les questions raciales, déterminés à détruire la famille, la nation et l'entreprise. Leur montée en puissance au sein du parti Démocrate signe la fin de la gauche de Kennedy et Bill Clinton et l'arrivée d'idéologues illuminés qui ne pensent qu'à brûler un monde trop différent de leurs fantasmes.

 

Là où le calcul Démocrate rencontre ses limites, c'est que pour que la guerre raciale qu'ils souhaitent ait lieu, il faut d'abord que les émeutiers rencontrent quelques succès. Or, face aux moyens de renseignement et aux armements des forces fédérales – et même des polices locales – cela ne peut se produire qu'avec la complicité du pouvoir, donc dans les villes Démocrates. On voit donc les villes qui soutiennent les émeutiers brûlées et pillées, pendant qu'une vie parfaitement normale se poursuit au sein des villes Républicaines.

 

L'avenir de ces émeutes est déjà écrit. Le président Trump a déjà désigné Antifa comme une organisation terroriste. Cela autorise toutes les forces fédérales à collecter des informations sur ces agitateurs et à arrêter ceux qui jouent un rôle clé dans les violences. Les forces fédérales infiltrent les manifestations, arrêtent quelques acteurs clés – et graduellement, le niveau de violence diminue.

 

D'ores et déjà, la marche sur Washington du samedi 6 juin a fait un flop et s'est terminée sans violence – ce qui ne peut s'expliquer que par le fait que ceux qui voulaient en faire en ont été empêchés.

 

D'ici quelques jours, le niveau de violence s'effondrera et Trump commencera à recevoir le bénéfice politique du retour à l'ordre. La guerre civile annoncée n'aura donc pas lieu.


 

Notes :

 

1 Racial Disparity in Federal Criminal Charging and Its Sentencing Consequences. U of Michigan Law & Econ, Empirical Legal Studies Center.

2 https://www.washingtonpost.com/graphics/2019/national/police-shootings-2019/

 

 

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Un officier syrien et un responsable du Hezbollah éliminés dans le Golan syrien (020506/20) Version imprimable
Exclusivité
vendredi, 05 juin 2020

 

[Breaking - exclusif]

© Metula News Agency

 

Métula, vendredi 15h00 à Métula, 14h00 à Paris.

 

A Om Elmiathin, à 6km à l’est de Deraa dans le sud du Golan syrien il y a quelques instants [carte].

 

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Om Elmiathin, Deera et le Golan

Service cartographique © Metula News Agency

 

Un officier supérieur de l’Armée gouvernementale syrienne ainsi qu’un haut responsable de la branche exécutive armée du Hezbollah ont été abattus à bout portant par un tireur qui a immédiatement pris la fuite.

 

Ils se trouvaient dans le même véhicule et circulaient sur l’axe principal à proximité du bourg d’ Om Elmiathin [carte].

 

Om Elmiathin se situe également à 6km au nord de la frontière jordanienne, à 37km au sud-est de celle d’Israël et à 89km au sud-est de la rédaction de Métula.

 

Par ailleurs une importante activité aérienne se déroule en se moment dans notre région. Mais nous n’avons pas l’intention de la commenter afin de ne pas risquer de mettre en péril la vie des pilotes et d’autres militaires.


 

 
Raid attribué à Israël dans l’ouest de la Syrie (010506/20) Version imprimable
Breaking News !
jeudi, 04 juin 2020

 

© Metula News Agency

 

Métula, vendredi 02h45 à Métula, 01h45 à Paris.

 

Tard dans la soirée de jeudi des appareils israéliens – selon les media officiels syriens – ont attaqué quatre objectifs dans le secteur de la ville de Masyaf, à 154km au nord de Damas, et 207 de la rédaction à Métula dans le même point cardinal [carte].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Les appareils sont semble-t-il venus du Liban et ont lancé leurs missiles – probablement des évolutions des missiles Dalila - à la limite du territoire syrien.

 

Les objectifs identifiés étaient situés dans un complexe de fabrication et d’entreposage d’armements au nord de Masyaf, déjà frappé par le passé par le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne.

 

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Sur cette photo, on distingue les 4 foyers principaux

des objectifs du raid attribué à Israël

 

Les explosions sur la photo ressemblent à la détonation de munitions.

 

Aucun appareil ni missile appartenant aux assaillants n’a été touché par la DCA (Défense Contre Avions) syrienne

 

On dénombre des dizaines de morts et de blessés, principalement des soldats syriens et iraniens. Il y aurait une trentaine de morts selon un médecin de l’hôpital de Masyaf joint par Michaël Béhé au téléphone avant que la communication ne soit interrompue.

 

Un importante batterie de missiles antiaériens S-300 et S-400 est située à proximité (+-10km) de la position attaquée. Elle se trouve sous le contrôle de soldats russes qui n’ont pas ouvert le feu. Le Q.G du corps expéditionnaire russe en Syrie est établi sur l’aéroport de Khmeimim, à 50km uniquement au nord-ouest de la cible du raid de cette nuit.

 

Nos spécialistes continuent leurs investigations afin de tenter de recueillir plus d’informations quant à la nature précise des objectifs détruits ainsi que sur les bilans humains et matériels détaillés.

 

 

 
Russes, Américains et Israéliens négocient le retrait des Iraniens de Syrie (010306/20) Version imprimable
Analyse
mercredi, 03 juin 2020

 

Par Ilan Tsadik

 

La majeure partie de cette analyse est réservée aux abonnés en règle de la Ména

 

Les confrères ne l’ont pas remarqué mais cela faire plus de deux semaines que nous n’avons pas eu à signaler de raids massifs attribués à Israël en Syrie. Et si nous n’en avons pas parlé, c’est qu’il n’y en a pas eu.

 

Certes, il y a eu des petits coups de poing ponctuels mais qui n’ont rien à voir avec l’offensive généralisée qui visait entre six et dix fois par mois les points d’appui ainsi que les installations militaro-industrielles des Pasdaran [le corps des Gardiens de la "Révolution" khomeyniste] dans le pays d’Assad. Avec des frappes au cœur de Damas, à Homs, à Alep et sur la frontière syro-irakienne, sans compter la zone frontalière dans le Golan.

 

Hier, selon un rapport précis de Jules Mazouz, nos grandes oreilles, un appareil non identifié a oblitéré cinq supplétifs étrangers de l’Iran dans la zone de Boukamal [carte]. L’information est confirmée par notre bureau de Beyrouth.

 

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L’autoroute iranienne en rouge, avec les zones de fortifications des

Pasdaran dans la région de Boukamal

Service cartographique © Metula News Agency

 

 

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Encore un face-à-face Tsahal-Armée libanaise (010206/20) Version imprimable
Breaking News !
mardi, 02 juin 2020

 

Par Stéphane Juffa

 

Métula, mardi.

 

J’étais en train de relire un article d’analyse qui paraîtra très prochainement, lorsqu’en milieu d’après-midi je fus interpelé par Jules Mazouz, les grandes oreilles de la Ména, qui m’indiqua qu’un incident était en cours dans la région du kibboutz Misgav Am. Selon Mazouz, les armées israélienne et libanaise se faisaient face à quelques mètres de distance.

 

J’abandonnai mon travail pour donner la priorité à l’actualité ; je ne pris pas même la peine d’emporter notre matériel de prise de vues, qu’il m’aurait pris une bonne vingtaine de minutes de préparer, et me rendis sur place équipé de la seule caméra de mon téléphone portable.

 

Pour gagner un peu de temps supplémentaire, j’empruntai au volant de la Land Rover de l’agence la route militaire qui rallie à flanc de montagne Métula à une base de Tsahal située juste à côté du village (moshav) de Margaliot.

 

J’arrivai à Misgav Am, distante de 3.8km à vol d’oiseau, en quelques minutes et n’eus aucun mal à identifier l’endroit du face-à-face, à une cinquantaine de mètres tout au plus de la barrière de sécurité au sud-ouest du kibboutz [point rouge et jaune sur la carte].

 

La carte suivante qui figure l’ongle de la Galilée aide à saisir le problème : la ligne bleue représente la frontière internationale entre Israël et le Liban ; la ligne jaune pâle, la barrière de séparation et la route de patrouille de Tsahal qui est adossée contre elle.

 

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L’ongle de la Galilée, la région la plus septentrionale d’Israël

Service cartographique © Metula News Agency

 

Nous en avons déjà parlé, la raison pour laquelle les deux lignes ne suivent pas le même tracé relève du fait qu’il est matériellement impossible de construire un mur et une route qui épouseraient parfaitement la frontière pour des raisons de topographie, d’utilisation et de coût.

 

Pour toutes ces raisons, l’Etat hébreu a choisi de bâtir la barrière de séparation, qui se change en mur de six mètres de béton sur certaines portions, mais toujours en retrait de la frontière internationale afin de ne pas indisposer les voisins libanais et de ne pas leur donner de raison de nous chercher chicane à tout bout de champ.

 

En 2 000, lors du retrait du Liban-sud, Tsahal a évacué l’ensemble du territoire voisin au mètre près, ce qui a été reconnu par les géomètres de l’ONU qui ont balisé la frontière.

 

Ceci dit, Israël n’a nullement renoncé à sa souveraineté sur la totalité de son territoire, même si les sections qui se trouvent au-delà de la clôture ne sont pas accessibles aux civils. Encore, sur la carte, les cartographes de l’agence n’ont choisi de présenter que les endroits où la différence entre les deux lignes mesure quelques dizaines de mètres (jusqu’à 70 au maximum), mais en de très nombreux points, notamment autour de Métula, Israël s’étend jusqu’à dix mètres par-delà l’ouvrage de sécurité. Ainsi plusieurs routes utilisées par nos voisins libanais se situent en fait chez nous.

 

Tsahal franchit régulièrement le mur de protection en utilisant des portails spécialement aménagés. Ses objectifs sont de rappeler aux Libanais que ce territoire nous appartient, de s’assurer qu’ils ne franchissent pas la frontière et ne s’installent pas du mauvais côté d’icelle, de nettoyer la broussaille afin de vérifier que le Hezbollah n’y pose pas de bombes, et enfin, d’entretenir des appareils électroniques que nous avons installés, des caméras automatiques et d’autres équipements de surveillance.   

 

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La clôture de sécurité et des traces qui indiquent approximativement la frontière internationale

 

D’habitude, lorsque nous décidons de franchir la muraille, nous informons la FINUL, la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban, de la date de notre traversée du mur pour qu’elle transfère le message à l’Armée libanaise et permette ainsi d’éviter les malentendus. Mais il n’en va pas toujours ainsi, particulièrement après que les Forces Armées Libanaises ont été massivement infiltrées par le Hezbollah pro-iranien, qui a exploité ces messages de bon voisinage pour tendre des guet-apens à nos soldats. Depuis nous indiquons nos visites chez nous de façon plus aléatoire.

 

Il n’y a pas de no man’s land entre Israël et le Liban, et les patrouilles de l’ONU n’occasionnent aucune séparation physique entre les deux pays. Qui plus est, la FINUL n’entre pas dans les agglomérations tenues par le Hezbollah, qui n’hésite pas à tirer sur les soldats de la paix pour les dissuader de mettre le nez dans ce qu’il considère être ses affaires. Il s’agit en fait de milliers de fortifications et de caches d’armes.

 

La conséquence de cette situation consiste en cela qu’une fois qu’ils ont traversé le mur, nos militaires se trouvent fréquemment nez-à-nez avec ceux de Beyrouth, et que cela donne lieu parfois à des échanges assez vifs ainsi qu’à des canons de fusils pointées les uns sur les autres. La plupart des disputes sont causées par le fait que nous ne sommes pas forcément d’accord sur le tracé exact de la frontière, et que lorsque l’on est pas copain, on a tendance à en venir aux mains pour quelques dizaines de centimètres.

 

Ce qui fait que les Casques bleus de l’ONU, chaque fois qu’ils sont au courant de l’une de ces situations, se déploient avec leur drapeau levé exactement sur le trajet de la frontière que pour leur part ils connaissent très bien.

 

Ce fut le cas aujourd’hui lorsque deux Merkava Mk4, des bébés bien nourris de 65 tonnes, décidèrent d’aller faire un tour au-delà de la barrière pour voir s’il y fait aussi bon que de ce côté-ci. Le soldat de l’ONU que l’on voit sur la photo le drapeau levé est resté sans interruption dans cette position pendant deux heures. Et encore, lorsque je suis arrivé, l’incident était déjà bien entamé. [Regarder une vidéo de l’incident : https://twitter.com/i/status/1267797068845809664 et une autre https://twitter.com/i/status/1267804197317206016 .

 

Cette après-midi les choses ne se sont pas trop mal passées, les Libanais n’essayant pas de dépasser la ligne virtuelle tracée par la disposition des Casques bleus sur le terrain. Ce qui pourrait gêner sur ces images est de constater que l’un des soldats libanais tient un RPG, un lanceur de grenades antichars, et que c’est la première fois que cela arrive.

 

 

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On voit bien le 1er soldat libanais tout à droite avec son RPG à l’épaule

 

Ce qui est cocasse en revanche, c’est que personne ne lui a dit que la grenade doit atteindre une certaine vitesse afin de s’activer. Je ne me souviens pas quelle est la distance de vol qu’elle doit parcourir pour s’armer - je poserai la question à mon camarade Jean Tsadik qui est une véritable encyclopédie vivante en matière d’armement – mais c’est assurément plus que les vingt ou trente mètres qui séparaient ce soldat du Merkava. Il aura donc transporté cette arme pesante sur un terrain très accidenté pour rien.

 

D’autre part, le Merkava Mk4 Barak est doté d’un système de protection active et aucun projectile ennemi n’est parvenu à le traverser à ce jour. Pas même les terribles missiles Kornet russes notamment entre les mains du Hamas à Gaza.

 

Après plusieurs heures de face-à-face silencieux – mais comment s’entretenir avec une masse d’acier ? – je dirai moyennement tendu mais jamais agréable, les deux monstres ont refranchi le mur en marche arrière (on ne présente jamais son postérieur à l’ennemi) avant que, quelques minutes plus tard, les soldats libanais, suivis de ceux de l’ONU, ne se dispersent à leur tour.

 

Au moment où les incidents divers mais pour l’instant sans gravité se multiplient sur la frontière nord, que les relations avec le Hezbollah sont acérées, et que nos avions n’ont pas cessé de survoler ses positions toute la matinée, il est parfois de bon aloi de faire acte de présence. A fortiori quand on est chez soi.

 

 

 
L’Etat d’urgence (suite et fin)(012905/20) Version imprimable
Analyse
vendredi, 29 mai 2020

 

Par Stéphane Juffa

           

Les orthodoxes antisionistes votent Bibi pour les raisons que nous venons de démontrer, et qui font pencher la balance en sa faveur en lui procurant une quasi-égalité en nombre de sièges de députés après le décompte des blocs. Les deux partis intégristes non-sionistes fournissent à Netanyahu 16 sièges sur les 73 que compte son bloc. Même après l’apport de Résilience, la formation de Benny Gantz, sans les orthodoxes, Netanyahu se trouverait dans l’opposition.

 

Reste qu’au regard des résultats bruts des trois dernières élections, uniquement motivées par sa volonté d’obtenir l’immunité qui lui aurait permis d’échapper à la justice, Netanyahu ne jouissait pas de la majorité requise pour former un gouvernement. Il a alors ajouté un quatrième temps à sa manipulation : le mythe de la "majorité juive" ou "bloc national". Un bloc national qui repose sur les voix d’un million d’orthodoxes anti-Etat d’Israël !

 

La démocratie exigeait que l’on ne puisse pas faire le compte des sionistes mais uniquement celui des Israéliens. Cela découle du concept même de l’Etat moderne et démocratique. A ce titre, il existait l’option qui consistait à intégrer les Israéliens-arabes, qui ne sont pas non plus sionistes, voire antisionistes, dans le jeu politique national. Les alternatives voulaient soit qu’on en exclût tous les non-sionistes, soit qu’on les accepte tous, ce qui aurait été conforme à l’approche "israélienne" de la nationalité.

 

La malversation fortement entachée de racisme choisie par Bibi a consisté à faire passer les orthodoxes antisionistes pour des sionistes, et à exclure les Arabes antisionistes à priori de toute coalition gouvernementale.

 

Cela a été rendu possible grâce au fait que la quasi-totalité des Israéliens, des socialistes aux traditionalistes conservateurs, n’ont jamais mis les pieds à Bnei Brak ou à Méa Shéarim, et s’ils l’ont fait, c’est uniquement pour traverser ces quartiers en vitesse, sans s’attarder. Pourtant, en valeur absolue, les Israéliens sionistes se situent à équidistance des Arabes et des intégristes. Ceux-là mêmes qui dansent et qui chantent quand la sirène retentit le Jour du Souvenir, et que nous pleurons les soldats morts pour qu’Israël existe. Pour qu’ils existent aussi. Reste que, pour la majorité des Israéliens, les orthodoxes antisionistes ne constituent que quelques centaines de dégénérés de la secte des Natureï Karta ou des "extrémistes" de la "mouvance Jérusalem". C’est du moins la fable urbaine que cultive Netanyahu, et qui lui permet de se maintenir au pouvoir.

 

Vidéo : la "poignée" de dégénérés et d’ "extrémistes" accueillant le rabbin Zalman Teitelbaum, le chef de la Hassidout de Satmar, à Jérusalem, le 19 novembre dernier, afin de fêter la grande haine du sionisme. Zalman Teitelbaum avait refusé de participer à ce rassemblement s’il était sécurisé par le moindre policier israélien. Aucun responsable du Hamas n’a jamais prononcé de mots aussi extrêmes pour annoncer la fin de notre pays. Une seule cour hassidique a refusé de prendre part à cet évènement. A cette occasion, le rabbin américain a distribué des dizaines de millions de dollars aux associations orthodoxes qui s’opposent à l’existence de l’Etat hébreu. Ce sont les électeurs du "bloc sioniste" de M. Netanyahu, ceux qui lui permettent de se maintenir au pouvoir : https://youtu.be/vVYan0JgjYA

 

La différence entre les Première et Seconde Israël est lourde de conséquences pour le ciment social, et il s’agit de quelque chose de très difficile à énoncer et dont on ne parle pas souvent non plus : pour les Israéliens de la Première Israël, notre pays est la continuation de l’histoire du peuple juif et son évolution naturelle. Ceux de la Seconde sont des Juifs de nationalité israélienne.

 

C’est assez cocasse quand on sait que la Torah est centralement le récit des pérégrinations du peuple d’Israël, qu’il y est sans cesse question des Israéliens et de leur nation mais nulle part, jamais, de la Halakha, des Juifs et des rabbins. Mais c’est une note de marge.

 

Dans ce pays recréé par le socialisme et par les révisionnistes (droite) de la lignée de Zeev Jabotinsky, tous appartenant au premier groupe, on a provoqué une vraie révolution au début du XXème siècle, la révolution sioniste, qui visait à créer un nouvel homme juif. Celui qui continuait l’ancien mais qui différait de lui en presque tout.

 

On a créé un Etat, une culture israélienne, un folklore, on a ressuscité une langue qui n’avait plus été parlée depuis au moins deux mille ans, et dans laquelle on envoie désormais des engins sur la lune.

 

On a surtout créé une grande puissance scientifique, qui produit des armes capables d’intercepter des obus en vol et des missiles dans l’espace. On se trouve en première ligne dans le domaine de la biotechnologie et parmi les quinze pays qui déposent le plus de brevets par année en valeur absolue. On développe un grand nombre des microprocesseurs de la Planète, et il ne se trouve pas un ordinateur ou un téléphone portable qui ne contiennent de composants créés par l’homo israelis.

 

Mais nous avons également développé des institutions originales, une police, une armée, un espace médiatique et un système juridique qui sont ceux d’un Etat de droit moderne, et qui sont aujourd’hui contestés par la Seconde Israël. Sous l’impulsion d’un individu que les instances du pays accusent d’avoir contrevenu à leurs règles et qui leur a déclaré la guerre.

 

A ce propos, il y a vingt jours, j’ai suivi quatorze heures de débats à la Cour Suprême, dirigés par onze juges qui avaient à décider si un homme politique inculpé (Bibi) avait le droit de former un gouvernement, et si l'accord de partage du pouvoir entre Binyamin Netanyahu et Benny Gantz,- qui implique la légifération de nouvelles lois - était légal.

 

J’ai suivi les plaidoiries de tous les avocats deux jours durant, et je suis en mesure de témoigner que la tenue de ces audiences marathons était exceptionnellement élevée, efficace, neutre, professionnelle et respectable. Les juges ont répondu oui aux deux questions et à l’unanimité. Non pas en interrogeant leur conviction profonde, car ce n’est pas la fonction des juges de la Cour Suprême, mais en observant que les deux actes politiques qui leur étaient soumis étaient en conformité avec les lois en vigueur. Ils ont pris les seules décisions possibles, et cela aurait largement dû suffire à faire taire ceux qui entendent réduire le rayonnement de ce tribunal, à commencer par Binyamin Netanyahu et ses ministres bibistes, qui veulent priver le pays de l’un des plus précieux garants des droits individuels de ses habitants. Le fleuron des réalisations de la Première Israël.

                                

Si Bibi est condamné au tribunal de district et s’il fait appel, ce seront ces juges qui auront à trancher.

 

Depuis dimanche et les propos de Netanyahu au tribunal, les officiers de la Police judiciaire sont en révolte semi-ouverte. Particulièrement ceux de la branche Lahav 433, l’entité de la Police israélienne qui traite les affaires d’intérêt national, financières et de corruption. Le chiffre 33 de leur intitulé se réfère à l’unité d’élite des Gédéonites, des "Mistaravim", les forces spécifiquement formées à se fondre dans la population arabe afin d’opérer en territoire ennemi. Leur légende a donné naissance à la série TV Fauda, qui fait un malheur sur l’ensemble du Globe, y compris dans des pays arabes.

 

Les policiers, à l’instar des magistrats, sont tenus au devoir de réserve et ne sont normalement pas habilités à répondre aux accusations dont ils sont l’objet. Mais ceux de Lahav fulminent, ce sont eux qui ont mené les interrogatoires de Bibi qui ont conduit à ses inculpations. Selon le Premier ministre, ils auraient recouru au chantage et aux menaces de représailles personnelles pour obtenir des témoignages à charge et que des ex-proches collaborateurs du chef de l’exécutif acceptent de témoigner contre lui.

 

Si ces accusations sont mensongères, elles sont aussi ordurières. Mais plus encore, sans le travail de Lahav 433 Israël est ingouvernable et devient une organisation mafieuse sans foi ni loi.

 

Et les gens de cette organisation se targuent d’être de bons policiers, indépendants et justes, et surtout de servir Israël, souvent au péril de leurs vies. Non seulement trois ou quatre de leurs chefs, qui se sont ouverts à des confrères sans réellement dissimuler leur identité, nient les accusations de Netanyahu avec dégoût, mais ils insistent, de plus, sur le fait qu’ils l’ont interrogé de façon extrêmement courtoise, acceptant de le rencontrer chez lui et non dans leurs bureaux, et adaptant leur emploi du temps à celui du Premier ministre.

 

En s’attaquant à Lahav de la sorte, Netanyahu est en train de détruire l’Etat de droit à la pelle mécanique. Pour les "remercier" du travail qu’ils ont réalisé, il a récemment nommé Amir Ohana, un actionnaire principal dans son entreprise de démolition, au ministère chargé de la Police (ministre de la Sécurité Intérieure). Ohana est encore plus virulent que son maître dans ses attaques contre la Maréchaussée et pour accuser les instances publiques de mener un coup d’Etat pour évincer Bibi du pouvoir.

 

En véritable bourreau itinérant des institutions chargées du respect de la loi et de la justice, Ohana avait été nommé au poste de ministre de la Justice par Netanyahu lors de son interminable intérim. Il avait imposé l’un de ses hommes, Dan Eldad, au procureur général d’Israël Avikhaï Mandelblit au second poste du Parquet, celui de procureur de l’Etat, contre l’avis de ce dernier. Dans le but d’empêcher le fonctionnement du ministère public dans l’ensemble du pays, il a aussi demandé au contrôleur de l’Etat Matanyahu Engelman - un homme également fraîchement pistonné par Netanyahu à cette charge, et dont la première décision fut de fermer l’antenne de son bureau s’occupant de la lutte anti-corruption – de conduire une enquête approfondie contre Mandelblit.

 

Voici comment Ohana, alors ministre de la Justice, considérait sur Facebook l’état de la justice dont il représentait les intérêts : il était "inquiet concernant le système judiciaire", affirmant que "de nombreuses personnes avant lui avaient trouvé dans le système une sorte de maladie, un esprit de vengeance, un manque de transparence, une forme de pourrissement. Certains, au sein du système, le reconnaissent, mais il y a une grande peur, un effroi à l’idée de le dire publiquement", écrivait récemment le ministre de la Justice : "Si on sait regarder les choses, on peut constater le déclin sans précédent de la confiance publique dans le bureau des procureurs et à l’égard des conseillers juridiques".

 

La démarche était bien trop grossière pour Engelman, malgré ce qu’il doit à Netanyahu, pour accéder à la demande d’enquête d’Ohana, à qui il adressa un avis très sec de non-recevoir.  

 

Les officiers de Lahav 433, loin de se laisser intimider par les propos du Premier ministre, lui ont fait la meilleure réponse qu’ils pouvaient faire : si le ministère public nous demande d’interroger M. Netanyahu concernant les affaires d’enrichissement illégal dans une société écran appartenant à l’un de ses cousins, ainsi que dans celle de la vente des sous-marins stratégiques à l’Egypte, nous n’hésiterons pas à faire notre travail, ont affirmé tous chefs de la Police qui se sont adressés à la presse.

 

L’affaire de l’accord donné par M. Netanyahu à l’Allemagne pour la vente des submersibles de la classe Dolphin, développés avec le concours des ingénieurs et de la Marine israéliens pour l’usage exclusif de cette dernière, est largement plus grave que ce qui lui est reproché au titre des trois inculpations dont il a actuellement à répondre.

 

Dans ces dossiers, a priori – nous insistons une fois encore sur le fait que jusqu’à une éventuelle sentence de culpabilité prononcée par ses juges, Binyamin Netanyahu est légalement innocent. Si rien ne peut nous empêcher de conduire nos enquêtes, nous ne sommes pas des juges et n’avons aucunement l’intention de les remplacer -, l’atteinte portée par l’inculpé aux intérêts de l’Etat dans les affaires actuellement jugées est relativement restreinte et ne comporte pas de conséquences de nature à mettre sa sécurité en péril.

 

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La procureure Liat Ben-Ari, qui représente le ministère public dans les affaires

jugées actuellement par le Tribunal de district de Jérusalem

 

Dans le dossier 4 000 toutefois, où il est reproché à M. Netanyahu d’avoir grossièrement favorisé les intérêts de l’homme d’affaires Shaul Elovitz, à l’époque principal actionnaire de Bezeq, la plus grande société israélienne de communications, en échange d’une couverture favorable dans les très influents media contrôlés par Elovitz, on peut considérer que l’intérêt d’Israël a pâti de cette relation au demeurant délictueuse.

 

Comme en témoignera Shlomo Filber, un apparatchik du Likoud promu directeur général du ministère des Communications en 2015, et désormais témoin d’Etat à charge contre Netanyahu, ce dernier lui avait ordonné de faire passer plusieurs décrets qui avantageaient les sociétés d’Elovitz en leur faisant gagner des centaines de millions de shekels.

 

Là où les intérêts du pays ont souffert de cette supposée magouille, c’est lorsque le gouvernement a retardé l'obligation pour Bezeq de laisser de nouveaux concurrents installer des fibres optiques servant au trafic d’Internet, obligeant les usagers à utiliser des lignes en cuivre de Bezeq déjà existantes conçues pour le téléphone.

 

En conséquence de cette décision, le "high-tech country", le pays high-tech, comme est souvent appelée Israël, a pris cinq ans de retard pour le seul profit d’Elovitz. Ainsi, l’envoi des articles de la Ména se fait par exemple à une vitesse de 3 Mbps, ce qui est non seulement ridicule dans un pays industrialisé, mais ce qui nous pénalise fortement au niveau de leur diffusion par rapport à nos concurrents moins bien informés, lorsque les nouvelles brûlantes que nous avons préparées atteignent le public bien plus lentement que les leurs.

 

Pour nous et les abonnés de la Ména, c’est désagréable, plus encore lorsqu’il s’agit de transférer nos documents filmiques ; pour les entreprises high-tech localisées dans l’une des zones ne bénéficiant pas encore de la fibre optique, ce serait impensable, ce qui fait qu’elles ne travaillent pas dans ces régions dont le développement est prioritaire et où le revenu des habitants est le plus faible.

 

Dans l’affaire des Dolphin, les sous-marins fabriqués en Allemagne, l’atteinte à la sécurité de l’Etat est incomparable. S’agissant de submersibles furtifs de dernière génération, un Dolphin égyptien, dans une Egypte éventuellement retombée entre les mains des Frères Musulmans après un nouveau Printemps arabe, pourrait se poser sur le sable, chargé de missiles dernier cri, à trois kilomètres de Tel-Aviv sans être repéré, et y rester plusieurs mois, recueillant au passage des milliers d’informations à caractère militaire. Le tout, grâce à de la technologie et de l’expérience israélienne.

 

Or Binyamin Netanyahu a donné son accord à la vente de quatre de ces armes (certaines ont déjà été livrées), qui au sein de Tsahal constituent et de loin la plus coûteuse de toutes à l’unité (environ un milliard d’euros avec son électronique et son armement), à l’Egypte. Sans contrepartie connue pour l’Etat d’Israël, pécuniaire ou stratégique. Sans bénéfice possible pour icelui, le risque énoncé précédemment annihilant l’hypothèse théorique d’une transaction avec un pays menacé d’islamisme pour un engin de ce type. Du point de vue stratégique, le Caire ne possède rien qui puisse intéresser Jérusalem en échange d’une telle prise de risque. Et sans raison d’acquisition pour l’Egypte, l’achat, l’utilité et l’entretien de matériels aussi sophistiqués étant stratégiquement inexistants à moins de s’engager dans un conflit offensif. 

 

Qui plus est, pour donner son accord au gouvernement allemand pour cette vente, M. Netanyahu a court-circuité l’ensemble du processus régulier de prise de décisions en vigueur dans l’Etat hébreu. Il n’a pas informé Tsahal, ni les chefs du renseignement, ni son cabinet, ni le cabinet restreint pour les affaires politiques et sécuritaires, ni le ministre de la Défense, non plus qu’aucune des autres instances du pays. Il a pris cette décision absolument seul et selon son propre jugement, comme si Israël était une dictature soumise à la volonté d’une seule personne.

 

Si ce manquement aux règles de prise de décision ne suffisait pas à matérialiser un dol, Netanyahu a ensuite déclaré à la télévision qu’il avait fait part de sa décision au Conseiller juridique du gouvernement, l’inévitable Avikhaï Mandelblit. Lequel a répondu dès le lendemain par écrit, que le Premier ministre et lui n’avaient jamais évoqué les sous-marins Dolphins en aucune occasion.

 

Pour saisir les conséquences de l’action de Netanyahu en l’occurrence, pendant un certain nombre de mois, des centaines de militaires égyptiens et des milliers d’Allemands liés à la construction des submersibles étaient au courant de cette dotation, alors que les responsables israéliens de la sécurité ignoraient son existence.

 

Sans vouloir préjuger de quoi que ce soit, l’analyse du cas, basée sur la constatation inévitable qu’un accord de ce genre n’est pas conclu sans la moindre raison ni contrepartie, et que huit autres personnes, israéliennes, dont plusieurs font partie de l’entourage immédiat du Premier ministre, se sont déjà vues signifier leur inculpation dans cette affaire, l’unique conclusion logique de notre analyse aboutit à la quasi-certitude que M. Netanyahu a bénéficié d’une commission à la clé de ces transactions.  

 

Cette constatation-accusation est le fruit de mois entiers de recherches et d’interviews de notre part, particulièrement en vue de nous assurer qu’il n’existe effectivement pas de contrepartie d’une quelconque nature faisant sens que l’Egypte aurait pu remettre à Israël et qui pouvait potentiellement intéresser l’Etat hébreu.

 

Pour ne rien arranger aux affaires de Binyamin Netanyahu, les investigateurs de la Ména ne sont pas les seuls à avoir abouti à cette conviction. Moshe (Bogie) Yaalon, ancien chef d’état-major de Tsahal et ministre de la Défense sous Netanyahu, ainsi qu’Ehud Barak, lui aussi ex-chef d’état-major de Tsahal, puis Premier ministre partagent notre certitude pratiquement à la nuance près. Et ils ne sont pas les seuls.

 

Dans plusieurs régimes, ce qu’il faut bien caractériser comme un acte de haute-trahison, serait passible de la peine capitale, en Israël, elle peut valoir à son auteur la prison à vie.

 

L’existence de ce dossier est d’ailleurs la raison principale qui fait que M. Netanyahu ne peut pas envisager de solliciter une réduction de peine pour les trois accusations actuellement jugées. Même s’il a beaucoup été question d’un abandon de la vie politique par l’intéressé, en échange d’une peine symbolique, du genre de travaux d’intérêt public qui ne seraient jamais réalisés en pratique. Nous pensons que la présidence de l’Etat, l’opposition et l’instance judicaire auraient accepté une telle issue, mais personne ne peut, dans l’Etat de droit, accorder à quelqu’un une grâce à priori dans une affaire pour laquelle il n’a pas été jugé ni inculpé. Au final, l’intérêt pour Netanyahu d’éviter l’emprisonnement dans ces "petites" affaires actuellement en jugement est quasi-inexistant, alors qu’il est conscient qu’il va devoir, tôt ou tard, rendre des comptes pour son rôle présumé dans une grande et dans une immense affaire, pour laquelle il risque probablement la prison à perpétuité.

 

Ce qui est certain est que par égard pour notre pays et pour l’Etat de droit, afin de lui éviter la déliquescence que lui impose l’actuel chef de l’exécutif, des hommes comme Messieurs Yaalon ou Barak, nous-mêmes et d’autres encore, engageront toute leur énergie afin que l’affaire de la vente des sous-marins à l’Egypte soit examinée par la justice et qu’il en découle soit un verdict d’innocence, soit de culpabilité.

 

Depuis que Binyamin Netanyahu est poursuivi par ses casseroles judiciaires, il a fait adopter par la Knesset plusieurs lois ou nominations qui vont à l’encontre de l’intérêt objectif du pays. La première est la "Loi Israël, Etat-nation du peuple juif". Elle ne comporte strictement aucun effet exécutoire, aucune modification d’aucune loi en vigueur. Elle est donc inutile au niveau de la législation. Mais elle a participé à instiller un sentiment d’abandon et d’amertume chez les Israéliens d’autres confessions ayant lié leur destin au nôtre, je pense notamment aux Druzes et aux Circassiens qui sont soumis au service militaire obligatoire, mais aussi à des centaines de milliers de citoyens musulmans et de chrétiens qui voient en Israël leur pays.

 

Désormais il est question de décréter en juillet l’annexion d’une partie de la Cisjordanie. Nous y consacrerons évidement des analyses détaillées, mais il s’agit d’une idée folle, qui, à l’instar de la "Loi Israël, Etat-nation du peuple juif", n’apportera aucun avantage d’aucune sorte à Israël. Ce qui est certain, en revanche, est que nous allons subir des condamnations et des sanctions de la part de plusieurs de nos principaux partenaires économiques. Et si, d’aventure, les Démocrates l’emportaient en novembre face à Donald Trump, et ils mènent dans les sondages, les relations avec notre principal allié pourraient devenir intenables, bien pires qu’avec Barack Obama, ce qui aurait des conséquences dramatiques sur le plan stratégique, tant militaire que politique. En faisant adopter la loi d’annexion durant l’été, Bibi compte prendre de vitesse les électeurs U.S. qui votent en novembre, s’assurant ainsi d’avoir un président bienveillant à la Maison Blanche au moment de notre décision. Reste que dans un tel processus la décision d’annexer en elle-même n’a pratiquement aucune importance, et c’est d’un soutien à terme dont nous devons être certains, notamment au moment où nous déplacerons effectivement nos frontières. Nous courons également le risque de voir des accords de paix péniblement négociés avec nos voisins arabes voler en éclats et l’état de guerre permanent se réinstaurer à nos portes. Pour rien, puisque, selon tous les observateurs, le contrôle israélien qui s’exerce aujourd’hui sur les portions de territoires "annexables" existe déjà de facto, et qu’il donne satisfaction du point de vue sécuritaire.

 

Sans compter que nous prenons le risque d’une nouvelle Intifada et que la coopération sécuritaire avec l’Autorité a d’ores et déjà cessé. Les travailleurs palestiniens du bâtiment ne sont pas revenus en Israël après Aïd al-Fitr, une branche dans laquelle ils constituent l’écrasante majorité de la main d’œuvre et qui se retrouve pratiquement à l’arrêt.

 

Les responsables de Tsahal sont unanimes : cette décision ne sert à rien, elle est contre-productive et dangereuse, la coopération avec les services de sécurité de l’Autorité Palestinienne fonctionnait parfaitement et elle était précieuse ; désormais, les opérations visant notamment à l’arrestation de terroristes islamiques dans les villes de Cisjordanie sont devenues aléatoires et nous risquons de perdre des combattants lors de chaque intervention.

 

Il est évident qu’il s’agit d’une décision exclusivement populiste de la part de Netanyahu, destinée à renforcer le soutien de l’extrême droite, des Juifs traditionnalistes et, plus largement, de la Seconde Israël  dans l’optique de sa confrontation avec l’appareil judiciaire. Les membres de ces communautés se réjouissent de la perspective d’isolation du pays dans le concert international. Ils prônent une large autarcie et un repli sur nous-mêmes, qui, selon eux, favoriseront la propagation des idées religieuses en réduisant l’influence internationale dans le pays. Ils raisonnent tels les ayatollahs iraniens.

 

C’est naturellement une décision aux ramifications infiniment graves, pouvant conduire à terme à la mise en danger de l’existence même d’Israël. Car une modification des frontières dans ces conditions ne participe pas d’une décision politique mais essentiellement stratégique. A ce titre, il est indispensable de considérer ses répercussions sur cinquante ou cent ans, et non pour les mois ou les quelques années à venir. Pour le surplus, les pays démocratiques ayant décidé de modifier leurs frontières l’ont presque tous fait en recourant à un référendum populaire, dès lors qu’une décision de cette sorte concerne chaque citoyen individuellement.

 

Dans le cas présent, on sait que des millions d’Israéliens s’y opposeraient, ce qui laisse présager d’une plus grande et plus irréparable scission encore qu’actuellement dans la société. Un schisme à caractère idéologique entre les Première et Seconde Israël qui ne manquera pas de s’immiscer au sein même de Tsahal, mettant en danger vital la cohésion d’Israël et partant, sa pérennité.

 

Rien de moins.

 

Un Premier ministre aux abois qui entraîne Israël dans sa chute qu’il sait inévitable. Un Premier ministre qui vit au jour le jour, se satisfaisant de chaque heure gagnée sur les échéances judiciaires et préparant le grand chaos pour le moment où les verdicts tomberont. Un Premier ministre qui ne ressent pas la moindre hésitation pour détruire les institutions de l’Etat les unes après les autres, et pour remplacer leurs responsables par des moutons venimeux qu’il contrôle et qui sont à sa botte. Un Premier ministre, enfin, qui, par les lois domestiques qu’il promulgue et par ses initiatives à l’international, toutes démagogiques et dictées par son instinct égoïste de survie, met soixante-douze ans de réalisations en danger de mort.

 

Voilà pourquoi cet article titre Etat d’urgence. Ou Etat en urgence absolue. Ou un seul homme est en train d’emporter un pays entier – qui allait bien - dans sa chute. Ou Etat au bord du gouffre. Ou après moi le Déluge ; ou, vous avez fait de moi une putain, je ferai de votre monde un bordel. Ceux qui sont capables de comprendre auront compris : Ca va mal. Très mal.

 

 

Fin


 

 
L’Etat d’urgence (Première partie)(012605/20) Version imprimable
Analyse
mardi, 26 mai 2020