A-Dura : un nouveau mensonge de poids (info # 012303/11)
mercredi, 23 mars 2011
Par Stéphane Juffa
Le 8 février dernier, le Dr. Yehouda David, le journaliste de FR3
Clément Weill-Raynal, et le directeur d’Actualité Juive, Serge Benattar,ont
comparu devant le tribunal correctionnel de Paris pour diffamation et
complicité de diffamation. Ce procès fait suite à une plainte déposée par Jamal
A-Dura.
Le grief repose sur une interview du Dr. David, réalisée par
Weill-Raynal dans Actualité Juive, dans laquelle le chirurgien réitère
les informations initialement publiées par la Ména, selon lesquelles les blessures et les cicatrices de Jamal, le
"père" de Mohammed dans la mise en scène, ne résultent pas de la
fusillade de 2000 au carrefour de Nétzarim, mais d’une intervention
chirurgicale, que Yehouda David avait lui-même réalisée en 1994.
Cette opération avait
pour objectif de restituer à Jamal A-Dura l’usage de sa main droite, après
qu’il fut perdu, suite à une rixe inter-palestinienne, survenue deux ans plus
tôt à Gaza. Lors de cette agression à la hache, Jamal avait enduré de multiples
sectionnements, dont ceux des tendons de la main droite.
L’intervention
pratiquée par les docteurs Yehouda David et Nimrod Rahmimov, le 24 mars 1994,
consista en une autogreffe. Les médecins prélevèrent ainsi des tendons sur le
pied gauche d’A-Dura pour les replacer sur les os de la main droite
L’affaire a été mise
en délibéré, et le jugement sera rendu le 29 mars, soit dans une semaine. A
noter que le parquet a demandé, au regard des faits exposés, la relaxe des prévenus.
Nous avons déjà
démontré dans ces colonnes, avec force preuves multiples, qu’Arlette Chabot,
ex-directrice de l’information de FR2, avait, en novembre 2004, commandité
l’architecte principal de l’imposture, le caméraman Talal Abou Rahma, afin
qu’il aille filmer les cicatrices apparaissant sur le corps de Jamal.
Le but poursuivi par Mlle
Chabot dans cet exercice consistait à montrer les images à Denis Jeambar, à
l’époque rédacteur en chef de l’Express, afin que ce dernier renonce à
faire paraître un dossier complet sur la Controverse de Nétzarim. Un dossier
prêt à mettre sous presse, qui avait été préparé par Luc Rosenzweig, à l’époque
collaborateur de la Ména.
Jeambar, voyant les
images que lui proposait Chabot, montrant effectivement des cicatrices
nombreuses, fut convaincu de ce que Jamal A-Dura avait subi des blessures en
septembre 2000 ; il renonça ainsi à publier l’article de Rosenzweig, et préféra
intenter un procès d’intention à la Ména, parsemé de contrevérités.
On ne peut cependant
pas en vouloir totalement à Denis Jeambar, puisqu’il ignorait l’épisode des
coups de hache de 1992 et l’opération réalisée par David et Rahmimov en 1994.
Il ne pouvait d’ailleurs en aller autrement, puisque ça n’est que plus tard que
nous sommes parvenus à remonter aux deux chirurgiens et à mettre la main sur le
dossier de l’opération qu’ils avaient pratiquée à l’hôpital Tel Hashomer à
Tel-Aviv.
Jeambar n’est, d’autre
part, pas médecin légiste, et n’avait donc pas la capacité de faire la
différence entre des cicatrices infligées par des balles et d’autres,
occasionnées par des coupures.
L’artifice ayant si
bien fonctionné sur le patron de l’Express, Mlle Chabot
s’empressa de présenter les mêmes images, agrandies au format poster et
distribuées en livrets, lors d’une séance d’information qu’elle organisa peu
après dans les locaux de France Télévisions. Une conférence de presse
dont les journalistes de la Ména furent tenus écartés par des vigiles en armes,
à en croire une dépêche de l’AFP de l’époque.
Or nous avons très
récemment obtenu le film des cicatrices tourné par Abou Rahma pour France 2
en novembre 2004. Un confrère a, de plus, attiré notre attention sur un
gigantesque nouveau parjure des falsificateurs figurant sur ce document
filmique. Un petit reportage "privé" - parce que jamais présenté aux
téléspectateurs de la chaîne publique, et jamais destiné à être diffusé – par
lequel les patrons de la chaîne voulaient défendre – aux frais des
contribuables - le réalisateur, les acteurs, le commentateur et les diffuseurs
de l’imposture de Nétzarim.
Dans le film en question, on distingue l’ "acteur" de la saynète
de 2000, Jamal, interviewé par le réalisateur de celle-ci, Talal. A-Dura, en
sous-vêtement, expose les cicatrices de ses blessures, dont il confirme
l’origine des fusils des soldats israéliens. A la fin de son
"témoignage", il exhibe, afin d’illustrer ses dires, sa main, "déformée
par les tirs des militaires".
Voici d’ailleurs la traduction
de l’arabe d’une partie des affirmations d’A-Dura :
A-Dura : Tout cela, ce sont des [traces de] balles,
et voici d'où elles sont sorties. (…)
Abou Rahma : Essaie
d'ouvrir ta main.
A-Dura : Je
n'y arrive pas.
Abou Rahma : Tourne-la
un peu.
A-Dura :Je n'arrive pas à
contrôler ma main droite, ni à l'utiliser.
Abou Rahma :Tu n'utilises jamais cette
main ?
A-Dura :J'utilise
avec difficulté ma main droite et mon pied droit, actuellement.
Oui mais voilà… de
l’autre main (par bonheur, Jamal est gaucher), A-Dura agite un rapport médical
jordanien, censé étayer son témoignage. Nous avons largement commenté le rapport
instructif de l’Hôpital Militaire d’Amman dans un autre article [voir A
propos de rapports médicaux[1ère partie][2ème partie][3ème partie]] ; il alimente ici une contradiction énorme : dans son
commentaire face à la caméra, Jamal déclare en effet qu’il a été blessé par
balles à la main droite, tandis que le rapport jordanien, qu’il lui présente
simultanément, stipule précisément le contraire. Tout cela sur la même pellicule…
Evidemment, il ne
pouvait guère deviner qu’il serait possible d’agrandir le papier qu’il secoue
et d’en déchiffrer le texte : les menteurs et les faussaires ne sont
jamais assez prudents, ce sont des étourderies de ce genre qui finissent par
les perdre.
Un arrêt sur image du "rapport
médical" sur le film de FR2
Car au point six de
cette expertise, on lit en arabe la chose suivante :
Séquelles anciennes
[dans le sens : préalables aux blessures observées dans ce rapport. Ndlr.]
de la main droite avec coupure ancienne du nerf cubital droit
Cette remarque fait référence à la blessure de 1992, opérée à
Tel-Aviv deux ans plus tard. Le rapport d’intervention de l’hôpital Tel
Hashomer, ci-dessous, ne laisse par ailleurs aucun doute quant à l’origine de
la cicatrice :
Le compte-rendu d’hospitalisation de "Jamal Mohammed Aldura"
du centre médical Shiba-Tel Hashomer
Il s’agit de la lettre de sortie du patient, datant du 28
mars 94 (l’admission eut lieu le 23 mars), pour des soins apportés à une
"blessure traumatique de la main droite". L’opération mentionnée est
"le transfert de tendons libres du pied gauche à la main droite (…)"
d’A-Dura.
Il est écrit que le patient a trente ans, qu’il est gaucher, que,
"deux ans auparavant, il a été blessé par une hache à la main droite".
Qu’ "il a été d’abord traité dans un autre établissement" [où on n’a
pas réussi à rendre à Jamal l’usage de sa main. Il s’agissait de l’hôpital
Shifa, à Gaza, cela figure dans l’un des autres documents du rapport israélien.
Ndlr.]. A-Dura "a été admis afin de tenter une réhabilitation de la main."
Suivent le résumé de l’examen à l’admission, le résumé des
radios, la description de la procédure opératoire du 24 mars, ainsi que les
traitements à suivre après avoir quitté l’hôpital. Ceux-ci incluent une visite,
trois semaines plus tard, à la Clinique de la main de Tel Hashomer. Le
compte-rendu est signé par le Dr Nimrod Rahmimov.
Sûr que des pitres pourraient mettre en doute l’authenticité de
ce rapport israélien – on l’a vu, dans cette Controverse, la mauvaise foi du
clan des faussaires ne connaît aucune limite -. Mais en remettant en cause
l’authenticité de ce compte-rendu, on porterait indirectement atteinte au
professeur Raphaël Walden, qui occupe une position en vue dans ce même hôpital
de Tel Hashomer. Le Prof. Walden, qui est le praticien ayant accepté de
réaliser pour Charles Enderlin une espèce de certification a posteriori hautement
risquée du rapport médical jordanien, huit ans après sa rédaction et sans
ausculter le patient.
De deux choses l’une, soit le centre médical télavivien est un
établissement sérieux [il l’est, cela ne fait aucun doute ! Ndlr.], qui
émet des rapports authentiques et qui emploie des professeurs de qualité, soit
il s’agit d’un bouge médical, où l’on peut obtenir des certificats de
complaisance pour peu que l’on désire crucifier un journaliste "honorable"
et une chaîne de télévision nationale dans un Etat démocratique.
Le triptyque France
2, journalistes de FR2, acteurs de la mise en scène est à nouveau
pris en flagrant délit dans cet épisode de l’Affaire, et encore, de
manière burlesque. Ce nouveau mensonge – on ne les compte plus ! – de la
part des faussaires ne vient pas prouver que Mohammed n’a pas été tué, le 30 septembre
2000 à Nétzarim – les preuves irréfutables apparaissent dans d’autres articles
de la Ména et dans le rapport Shahaf -, et il ne donne pas non plus
d’indication sur l’origine des autres cicatrices de Jamal.
Ce qu’il établit, en
revanche, est que la blessure à la main du "père" date, au-delà de
tout doute sensé, de 1992, et que, tant A-Dura qu’Abou Rahma ne sont dignes
d’aucune crédibilité. Et que ceux qui, en dépit de tous ces indices, persistent
à leur faire confiance et à défendre les journalistes et les dirigeants de FR2
impliqués dans l’escroquerie raciste, sont soit crédules jusqu’aux confins de
la débilité, soit, et c’est nettement plus probable, animés d’une mauvaise foi
à couper au couteau.
S’il n’est décidément
pas loisible de se fier à aucun des propos tenus par Jamal Mohammed A-Dura, il
reste toutefois hautement recommandable, si l’on est intéressé par la vérité, de
laisser parler son corps.
C’est la raison pour
laquelle, la Ména, relayée en cela par le Président du CRIF Richard Prasquier,
ont proposé [1] de faire examiner les cicatrices de Jamal par un médecin
légiste à Paris. Un médecin, ou un collège de médecins, qui auraient à définir
l’origine des cicatrices de Jamal, le b.a.-ba pour un médecin légiste : si
les cicatrices datent de 1992 et ont été infligées par une hache, le contenu du
reportage de FR2 est bidonné, et la Ména et ses amis ont raison. Si, au
contraire, ce sont des cicatrices de balles datant de l’an 2000, nous avons
lamentablement traîné des journalistes et une institution honorables dans la
boue, car les images de l’assassinat de Mohammed A-Dura par l’armée israélienne
seraient probablement véridiques.
Evidemment, si les
cicatrices étaient les séquelles de blessures causées par des fusils
mitrailleurs, Jamal, le Hamas, Enderlin, Abou Rahma, et France 2 se
seraient empressés de ramasser le gant de la vérité que nous leur avons jeté. Mettre
un terme à cette longue dispute de plus de dix ans, qui ronge, dans le monde,
la réputation de la chaîne télévisuelle publique de l’Etat français, sur une
victoire éclatante, de surcroît, sur les contempteurs que nous sommes ainsi que
sur l’image médiatique d’Israël, voilà une occasion qui ne se galvaude
pas !
Et que l’on n’essaie
même pas de nous faire croire que France Télévisions ne possède pas
l’influence nécessaire sur Jamal Mohammed A-Dura pour le persuader de l’aider à
obtenir un triomphe aussi éclatant. Car, au vu de l’historique de cette controverse,
cela procèderait d’une revendication absolument risible.
Aurait-on oublié que
Jamal a accepté de se montrer torse nu à la demande d’Arlette Chabot ?
Quelqu’un entendrait-il nous faire croire qu’il a spontanément porté plainte
auprès du tribunal parisien contre David et Weill-Raynal après avoir été
scandalisé par la lecture de l’article d’Actualité Juive ? On lit
donc Actualité Juive à Gaza ? Jamal a appris le français ?
De qui France 2
se moque-t-elle encore !
Note :
[1] Richard Prasquier
a même obtenu l’accord de l’ancien président de France Télévisions, Patrick
de Carolis autour de la procédure mentionnée. De Carolis s’était engagé, en
2008, à faire venir Jamal A-Dura en France pour l’examen de ses cicatrices ;
mais en invoquant des prétextes qui se sont avérés mensongers, il n’en a rien
fait. Plus tard, de Carolis affirmera par écrit n’avoir jamais passé d’accord
avec le premier représentant des communautés juives de France.
L'article de M. Juffa sur la Tunisie a fait grand bruit
ici, et il a circulé
abondamment dans tous les cercles et sur Facebook.
La Ména nous a
informés, nous, les Tunisiens, de l'essentiel des événements que nous
traversions bien avant que nous ne les comprenions nous-mêmes.
Il fallait
saisir qu'il ne s'agissait pas d'un renversement du régime, mais de
l'éviction
de Ben Ali, récupérée par ses anciens élèves-ministres pour leur
compte.
Depuis, tout le monde ici a compris. Les manifestations se
multiplient mais elles sont de plus en plus petites et les forces de
l'ordre
sont de plus en plus présentes.
Bien sûr les anciens ministres ont promis
de "s'en aller après la transitions" mais on n'a encore jamais vu un
politicien,
jouissant de privilèges extrêmes, quitter les affaires de son plein gré.
Et
puis, s'ils entendaient partir, pourquoi auraient-ils maintenu le parti
de Ben
Ali après l'avoir épuré de son chef ?
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