De la putréfaction (info # 011310/16) Version imprimable
jeudi, 13 octobre 2016

 

Par Stéphane Juffa

 

Le 24 octobre prochain, le Parlement européen va sans doute adopter en séance plénière un document relatif à la normalisation des relations avec la "République" Islamique d’Iran. Ce texte, préparé par la Commission des Affaires Etrangères du Parlement, et pré-voté par 37 voix contre 15, est censé définir la "stratégie de l’Union à propos de l’Iran suite à l’Accord sur le nucléaire". Il vise à amplifier le montant des échanges avec Téhéran – actuellement de l’ordre de 8 milliards de dollars – afin de faire de l’Europe le partenaire économique privilégié de la junte théocratique chiite.

 

Le ton et la raison d’être du projet de résolution ont été donnés jeudi dernier dans un communiqué de la commission affirmant son opportunité "sur la base du fait que l’Accord sur le nucléaire a constitué un grand succès pour la diplomatie européenne" (sic). L’UE se sent désormais responsable de la mise en place de l’Accord et de la conservation de l’esprit des négociations entre les partis, de telle manière qu’il serve à la fois les citoyens de l’Iran et ceux de l’Union Européenne.

 

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Les partenaires de l’Union Européenne et un citoyen innocent d’Iran

 

Cette initiative intervient à la suite du transfert en cash d’1.7 milliard de dollars par l’Administration Obama aux Iraniens ces derniers mois, dont 400 millions en guise de rançon pour la libération d’otages américains encore détenus par les ayatollahs, sans qu’aucune charge objective ne puisse évidemment être retenue à leur encontre.

 

L’énoncé de la proposition inclut certes une clause prévoyant la réinstallation des sanctions au cas où la théocratie perse contreviendrait aux clauses de l’Accord sur le nucléaire. Mais il prescrit dans un même élan de favoriser l’admission de la "République" Islamique au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC ou WTO [eng.]), ce qui rendrait, dans la pratique, ledit rétablissement pratiquement irréalisable. Des parlementaires U.S des deux bords – Démocrates et Républicains – ont d’ailleurs récemment interpelé le Président Obama afin qu’il empêche l’admission de l’Iran à l’OMC.

 

Plusieurs membres de la Commission des Affaires Etrangères et du Parlement s’insurgent contre le contenu de la résolution en gestation. Le plus véhément d’entre eux est sans doute le Néerlandais Bas Belder, le président du groupe d’amitié avec Israël et vice-président de la délégation des relations entre le Parlement et Israël. Pour Belder, qui s’en est ouvert à plusieurs confrères, ce texte participe d’ "une grande honte d’ordre politique, éthique et intellectuel".

 

Belder précise que les tenants de la résolution se sont opposés à sa demande de la voir augmentée d’une exigence contraignant l’Iran à cesser avec effet immédiat son soutien aux organisations terroristes à l’exemple du Hezbollah et du Hamas, de même que de mettre un terme à ses appels explicites et répétés à l’éradication d’Israël. La majorité des membres de la Commission a même rejeté la demande de Belder de critiquer la mise sur pied annuelle par le régime chiite d’un concours international de caricatures sur le thème de la négation de la Shoah. Pour le parlementaire hollandais, la proposition qui sera soumise au vote est juste "détestable".

 

Il peut être informatif de préciser que le chef de la commission chargée de la rédaction du projet de résolution est un certain Richard Howitt, membre du Forum Politique National du parti travailliste britannique. On soupçonne Howitt d’appartenir au premier cercle des amis de Jeremy Corbyn, le leader du parti, qui multiplie les déclarations anti-israéliennes, à la limite extrême de l’antisémitisme primaire.  

 

Si vous n’avez pas encore tout à fait compris le degré d’immaturité d’Howitt en matière de politique internationale, ce qui suit va sans doute vous réveiller : dans le cadre du "développement des relations futures entre le Parlement européen et son homologue iranien", le document rédigé par Howitt préconise "un dialogue commun au sujet de la guerre contre le terrorisme".

 

C’est du très lourd comme aurait dit Fabrice Luchini ; dans la résolution qu’elle va, sauf intervention des psychiatres, adopter le 24 octobre, l’Europe va demander au plus grand promoteur de terrorisme de la Planète de lui indiquer la manière adéquate de s’opposer aux attaques des terroristes islamistes sur son continent.

 

Et les organisations terroristes que soutient l’Iran ne sont pas uniquement chiites, à l’instar de la rébellion yéménite et du Hezbollah, mais également sunnites, tel le Hamas et al Qaeda.

 

Sûr que ce délire dépasse complètement le seul problème de l’anti-israélisme déclaré ou dissimulé de nombre de députés européens toutes appartenances politiques confondues. Mais au sujet des assassinats publics au faîte des grues pratiqués à la chaîne par les nouveaux partenaires de l’Europe, la directive dépasse l’entendement. Pour "lutter contre la peine de mort", que le Parlement européen ne condamne pas, parlant simplement de "différence d’approche", l’U.E financera un programme visant au traitement et à la réinsertion des citoyens iraniens accros aux drogues, ce, dans le but de réduire le nombre des mises à mort.

 

Heureusement que l’Europe n’a pas encore commencé à financer ce programme, sinon Richard Howitt et ses acolytes (à ce stade, on pourrait quasiment parler de complices) auraient pu revendiquer le fait que le rythme des pendaisons en Iran est passé de trois assassinats journaliers en 2015, à un seul en 2016. Nous avons ainsi évité par les poils un communiqué du genre : "Après la réduction de deux tiers des exécutions capitales en Iran grâce au programme européen de recyclage des toxicomanes, qui a constitué un immense succès pour la diplomatie européenne…".

 

Reste 1 000 personnes – la plupart de parfaits innocents - assassinées cette année par les "partenaires" iraniens du plus grand parlement démocratique et théoriquement "humaniste" du monde. Les opposants au régime sont abandonnés à leur triste sort par les descendants de Voltaire, de Diderot, de Rousseau, de Kant, de Hume, d’Adam Smith et de Baruch Spinoza, à la même enseigne morbide que des membres des minorités ethniques ou religieuses, des femmes violées, des poètes et les homosexuels.

 

Bruxelles abandonne tous ces authentiques martyrs à la mort, n’adressant pas la moindre réclamation pour les suppliciés, ni aucune exigence pour que cesse le calvaire des condamnés dans la formulation des directives stratégiques pour la gestion des relations Europe-Iran.

 

Je pourrais écrire mon dégoût mais je n’ai pas trouvé de qualificatif assez fort pour le faire.

 

Les délégations d’hommes d’affaires européens se succèdent depuis plus d’un an à l’ombre des potences de Téhéran, devançant le feu vert des diplomates siégeant à Bruxelles. Ils espèrent recueillir des parts de la manne constituée par la libération des fonds perses qui étaient bloqués jusqu’à la signature de l’Accord sur le nucléaire.

 

Certains Etats membres vont encore plus loin dans cette quête, à l’image de l’Italie, dont des navires de guerre ont participé à des manœuvres conjointes avec la Marine iranienne dans le détroit d’Hormuz. Ce, au moment précis où la DCA de Khamenei tirait des missiles en direction d’un avion américain qui survolait les eaux internationales.

 

Rome, en joignant ses forces à celles d’un régime qui menace ouvertement d’anéantir Israël, a toutefois bien lu l’orientation choisie par Téhéran dès la levée des sanctions ; ceux qui espéraient que les milliards récupérés par la théocratie chiite seraient d’abord versés à l’amélioration des conditions de vie déplorables de ses habitants n’ayant décidément rien compris. Puisque c’est au contraire le budget militaire de cette dictature, qu’on ne peut objectivement comparer qu’à celle de la Corée du Nord par son niveau de sauvagerie, qui a déjà été multiplié par quatre !

 

L’argent sert à semer la guerre en Irak, au Yémen et en Syrie, à détruire la société civile libanaise, et à développer et à tester des missiles – en contradiction flagrante avec l’Accord sur le nucléaire, entraînant une dénonciation à l’ONU – capables de transporter des ogives atomiques sur Jérusalem, Riad, le Caire, mais aussi sur les deux tiers de l’Europe, et bientôt également sur les Etats-Unis.

 

Mais pour le député britannique Richard Howitt, le père du brouillon qui sera soumis ce mois au Parlement européen – certains pensaient que la Grande Bretagne avait quitté l’Union Européenne ! -, la ratification de ce document permet d’espérer qu’ "il apportera la paix et le succès aux habitants de l’Iran et des Etats qui l’avoisinent". Cela ressemble à s’y méprendre à la vision de Barack Obama qui prédisait que, si l’Accord sur le nucléaire était signé, Téhéran abandonnerait la voie de la terreur pour rejoindre la communauté des nations.

 

Or si le président américain, malgré son enthousiasme, hésite désormais à ouvrir les vannes aux échanges illimités avec les ayatollahs, l’Europe, elle, en pleine connaissance de la direction choisie par Khamenei [le Guide suprême de la dictature iranienne. Ndlr.] après la signature de l’Accord de Lausanne, c’est-à-dire un durcissement tous azimuts de sa politique tant domestique qu’internationale, ainsi qu’une implication accrue dans le sabotage sanglant de la coexistence régionale, prend des mesures pour devenir le principal partenaire commercial de la satrapie perse.

 

Dire que le même Parlement européen condamne régulièrement la "violence disproportionnée" employée par Israël pour défendre ses citoyens face à la barbarie islamiste…

 

Maigre consolation : l’adoption de cette résolution n’implique aucune obligation pour les parlements des Etats membres de l’entériner à leur tour. Or, l’on a de bonnes raisons de supputer que ceux des pays les moins déraisonnables de l’Union, à commencer par l’Allemagne et la Tchéquie, refuseront de rouler dans cette merde.

 

Quid de la France, qui vient, ce jeudi, de s’abstenir à l’UNESCO lors d’un vote attribuant l’esplanade du Temple de Salomon aux seuls musulmans ? Paris ignore probablement le lien unissant Jérusalem aux Juifs, vieux au moins de plusieurs millénaires avant la naissance de l’islam. Tous ceux qui gardent les yeux ouverts réalisent ce soir qu’en délégitimant la présence des Israélites à Jérusalem, la France et ceux qui n’ont pas voté contre, légitiment au contraire les efforts de ceux qui préparent un nouveau génocide à leurs dépens.

 

Sur 58 pays qualifiés pour prendre part au scrutin de l’UNESCO, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Hollande, la Lituanie et l’Estonie n’ont pas participé à l’infamie. Trois parce qu’ils conservent des valeurs humaines, trois parce qu’ils en ont recouvrées après avoir déjà participé à un génocide de Juifs.

 

 
L’économie française est-elle fichue ? (info # 011010/16) Version imprimable
lundi, 10 octobre 2016

 

Par Sébastien Castellion

 

Au cours de la dernière semaine, deux grandes économies européennes ont vu leurs prévisions de croissance pour 2016 modifiées. En Allemagne, première économie de la zone, les prévisions ont été revues à la hausse, de 1,7% à 1,8%. En France, désormais troisième économie d’Europe (le Royaume-Uni lui a ravi la deuxième place en 2014), elles ont été revues à la baisse, de 1,5% à 1,3%.

 

Il y a désormais cinq ans (de 2012 à 2016) que l’économie française croît, chaque année, moins vite que la moyenne européenne. Ce qui pouvait, en début de quinquennat, apparaître comme une difficulté passagère, semble de plus en plus clairement refléter un problème structurel, propre à la France, ou du moins plus grave chez elle que chez ses voisins.

 

L’écart de croissance de la France par rapport à la zone est à peu près comparable, en chiffres (0,2% à 0,4% de la richesse produite chaque année), au déficit de sa balance commerciale, qui n’a plus jamais été excédentaire depuis les toutes premières années de notre siècle. Chaque année, quelques dizaines de milliards d’euros consommés ou investis en France (entre 75 milliards en 2011 et 45 milliards en 2015 après la forte baisse des prix du pétrole) ne peuvent être financés ni par la richesse créée à l’intérieur du pays, ni par les exportations. Leur financement prend donc la forme d’une vente progressive des capitaux français – entreprises, monuments, clubs sportifs etc. – à des investisseurs étrangers.

 

En d’autres termes, si la France parvenait à combler son écart de croissance, elle pourrait jouir du même niveau de vie et des mêmes investissements sans avoir à se vendre, chaque année un peu davantage, par appartements. Ou, dit de manière un peu différente : si la France parvenait à exporter autant qu’elle importe, sa croissance moyenne rejoindrait enfin la moyenne européenne.

 

Pour comprendre les principaux obstacles qui ralentissent la croissance et la compétitivité française, on peut partir de trois pourcentages significatifs.

 

Le premier de ces pourcentages est 64%. C’est le nombre des habitants en âge de travailler qui sont effectivement au travail. Les autres sont étudiants, chômeurs, pré-retraités, femmes (ou hommes) au foyer ou, pour une autre raison, les personnes qui ne sont ni au travail ni en recherche d’emploi.

 

Le pourcentage français de participation au travail est proche de la moyenne européenne. Il est en revanche très inférieur à celui de l’Allemagne, où le même paramètre atteint 73%. Si la France avait la même participation au travail, 3 millions de Français supplémentaires seraient actifs – avec toutes les conséquences que cela comporte en matière de revenus et de capacité des individus à maîtriser leur propre vie. Nous ne vivrions pas dans le même pays.

 

Quelles sont les causes de ces 3 millions de travailleurs manquants ? D’abord, une formation souvent insuffisamment adaptée aux besoins des employeurs.

 

La formation générale dispensée par les écoles françaises met la France tout juste dans la moyenne des pays industrialisés. L’OCDE publie tous les trois ans un classement international des systèmes scolaires, en fonction des compétences moyennes acquises par un élève de 15 ans. Dans la dernière édition, parue il y a une semaine, la France est classée au 25ème rang sur 65 pays étudiés, et au 14ème rang sur 30 parmi les pays européens (l’Asie monopolise les 7 premières places du classement, suivie par des pays d’Europe du Nord comme les Pays-Bas, l’Estonie et la Finlande).

 

Mais surtout, la formation professionnelle a plusieurs fois été dénoncée en France pour son coût très élevé (32 milliards de dollars par an, soit 1,5% de la richesse annuelle produite) et pour sa gestion archaïque et émiettée entre une multiplicité de collectivités locales, d’associations et d’entreprises. Faute d’une organisation systématique permettant d’adapter les formations aux besoins de compétences exprimés par les entreprises, le chômage des moins de 25 ans en France est trois fois et demi supérieur à celui de l’Allemagne (24% contre 7%).

 

La formation n’est cependant pas la seule raison du relatif sous-emploi français. Pour les moins qualifiés, le niveau du salaire minimum réduit les possibilités d’emploi. Et pour tous, le droit du travail français n’incite pas les employeurs à recruter au-delà du strict nécessaire.

 

Ce droit du travail est fondé sur une séparation nette entre, d’une part, de nombreux contrats flexibles – contrats à durée déterminée (CDD), intérim, et une multitude de contrats aidés et stages, et, d’autre part, des contrats à durée (CDI) particulièrement protégés.

 

Grâce aux contrats flexibles, les employeurs n’ont pas trop de difficultés à remplir un besoin ponctuel, à condition que la compétence soit disponible. En revanche, il est difficile de mettre fin à un CDI : ni le fait que le licenciement améliorerait les comptes de l’entreprise, ni même le fait que l’emploi n’est plus indispensable ne suffisent à rendre ce licenciement légal, soumis au contrôle de juges imparfaitement informés et imprévisibles. Il faut, soit que l’entreprise soit menacée, soit que l’employé se rende coupable d’une faute « réelle et sérieuse » pour avoir le droit de s’en séparer.

 

En conséquence de cette division en deux catégories d’emplois, les employeurs hésitent à intégrer les employés engagés à titre précaire dans des conditions stables, même s’ils ont donné satisfaction. Le temps que ces employés passent entre deux affectations fait baisser le taux d’emploi du pays, détériore leurs conditions de vie et aggrave l’angoisse générale. Quant aux employés en CDI, la difficulté de les licencier conduit, d’abord, à en limiter le nombre. Ensuite, elle incite les employeurs comme les employés à créer de mauvaises relations de travail au sein de l’entreprise – les employeurs pour pouvoir évoquer la faute au moment du licenciement, les salariés, pour négocier un licenciement fictif qui les protègera mieux qu’une démission.

 

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Le deuxième pourcentage qui explique les faiblesses de l’économie française est 57%. C’est la part de la richesse nationale qui est dépensée par les administrations (Etat, collectivités locales, sécurité sociale) et non par les ménages ou les entreprises. Par comparaison, le chiffre correspondant est de 51% en Italie, 44% en Allemagne et au Royaume-Uni, 41% en Israël, 34% en Suisse.

 

Il est impossible d’expliquer la totalité de cet écart par la meilleure qualité des services publics : quiconque est allé à l’école en Suisse ou à l’hôpital en Israël n’aura pas remarqué une situation particulièrement dégradée par rapport à celle de la France. Personne n’a remarqué non plus que la qualité des services se soit améliorée depuis l’an 2000, alors que la France comptait 15% de fonctionnaires de moins qu’aujourd’hui.

 

On ne peut pas non plus expliquer l’écart des dépenses publiques par une redistribution plus efficace qu’ailleurs. Il y a bien une spécificité française dans le montant des dépenses sociales : avec 4% de la richesse produite dans le monde, les dépenses sociales françaises représentent 15% de toutes les dépenses sociales de la planète. Mais ces dépenses gigantesques se font presque exclusivement au sein de la classe moyenne. Elles n’ont rien fait pour résorber la misère, qui est de plus en plus visible dans les rues de toutes les villes françaises.

 

Puisqu’elles ne peuvent être expliquées ni par de meilleurs services publics, ni par la lutte contre la misère, les dépenses publiques exceptionnellement élevées de la France ne peuvent s’expliquer que par le gaspillage. Aucun autre grand pays n’a une double administration de ses dépenses de sécurité sociale – Sécu et mutuelles. Aucun n’a autant d’élus et de structures de gouvernement comparées à sa population [si, la Belgique. Ndlr.]. Aucun n’a une telle variété d’aides à la personne ou au logement, coûteuses à gérer et faciles à frauder. Aucun n’a vu sa fonction publique territoriale augmenter de plus d’un tiers en trente ans sans augmentation manifeste de la qualité des services.

 

A lui seul, ce gaspillage des dépenses publiques explique une partie importante du retard de croissance du pays. Toutes les ressources dépensées pour le secteur public sans être indispensables à la qualité des services doivent être financées : elles le sont en prélevant plus d’impôts sur le secteur productif, ce qui diminue d’autant sa capacité à investir, à embaucher et à innover. Ces impôts ont conduit, de surcroît, un grand nombre d’entrepreneurs et de grandes fortunes à quitter la France pour mettre leurs ressources à l’abri. Une fois expatriées, toutes ces ressources cessent naturellement de contribuer à la croissance française.

 

Enfin, le troisième pourcentage qui caractérise la France aujourd’hui est 100%. C’est, à peu de choses près, le poids de la dette publique dans la richesse créée chaque année. Ces derniers temps, ce pourcentage n’a pas eu trop de conséquences, parce que les taux d’intérêt de la dette sont particulièrement faibles. Mais le jour où les taux, inéluctablement, vont remonter, la France devra consacrer au seul remboursement de sa dette, qui ne crée aucune richesse, des ressources de plus en plus considérables. Cela rendra d’autant plus inéluctable la réduction des autres dépenses publiques – tout simplement parce que les ressources nécessaires pour financer les deux à la fois ne pourront plus être trouvées. Les réformes indispensables pour remettre l’économie française sur le chemin de la croissance, faute d’avoir été réalisées pendant les années relativement fastes, devront donc se faire dans la douleur. La société française, déjà fragile, se prépare des années particulièrement difficiles.

 

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Binyamin Netanyahu et Mahmoud Abbas : un vainqueur et un vaincu (info # 010910/16) Version imprimable
dimanche, 09 octobre 2016

 

Par Guy Millière

 

Quelques jours avant le décès et les funérailles de Shimon Peres, l’assemblée générale des Nations Unies s’était réunie comme chaque année à pareille époque. De nombreux discours y ont été prononcés. Certains n’avaient ni importance ni signification, d’autres n’ont, en revanche, pas assez retenu l’attention.

 

Barack Obama s’est exprimé le 20 septembre exactement : je ne commenterai pas ce qu’il a dit. C’était un discours de président américain finissant, pas même un testament politique. Barack Obama ne sera bientôt plus président des Etats Unis ; il est, à l’échelle internationale, en situation d’échec, pas même capable d’arrêter les massacres à Alep ou de dire quoi que ce soit de sensé sur le sujet.  Ses discours, quels qu’ils soient, ont désormais peu d’importance. 

 

Autre homme, autre discours, celui proposé le 22 septembre par Binyamin Netanyahu, Premier ministre d’Israël, remarquable celui-ci : ce fut la démonstration que, malgré une situation régionale chaotique et des turbulences à l’échelle mondiale, Israël est aujourd'hui en position de force.

 

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Deux regards très différents sur l’avenir

 

Un troisième exposé a été effectué, toujours le 22 septembre, par Mahmoud Abbas, chef de gang terroriste arabe dans la réalité, président (à vie ?) de l’Autorité Palestinienne selon quelques documents frelatés, et ce discours a été un discours de rage impuissante et de faiblesse.

 

Binyamin Netanyahu, quand bien même l’Organisation des Nations Unies reste une instance résolument hostile à Israël, a parlé en vainqueur, en homme d’Etat qui est parvenu à défendre les intérêts stratégiques de son pays. Mahmoud Abbas a parlé en vaincu.

 

La carte géopolitique du monde a changé, profondément, en quelques années, en raison du “printemps arabe” qui s’est révélé être un hiver islamique, et la situation aurait pu se faire très délétère pour Israël, puisque les artisans de l’hiver islamique étaient imprégnés d’intentions meurtrières et génocidaires à l’encontre d’Israël.

 

La complicité de l’administration Obama avec certains de ces artisans (l’Etat Islamique n’aurait pu voir le jour et grandir si l’administration Obama n’avait pas fermé les yeux), ainsi que le soutien apporté par l’administration Obama à l’Iran des mollahs (soutien concrétisé par l’accord de juillet 2015), auraient pu avoir des conséquences catastrophiques pour Israël. 

 

Binyamin Netanyahu a su s’appuyer sur la crainte suscitée par les protagonistes de l’hiver Islamique pour opérer des rapprochements avec des pays d’Afrique subsaharienne, précisément menacés par l’islam radical, et pour renforcer la coopération de l’Armée israélienne avec les forces militaires et les services de renseignement de pays arabes avec lesquels Israël a signé des traités de paix, la Jordanie et l’Egypte.

 

Il a su aussi s’appuyer sur la crainte résultant de la montée en puissance de l’Iran pour mettre en œuvre un rapprochement avec l’Arabie Saoudite et les émirats du Golfe. Il a su, de surcroit, mettre en place des relations de travail avec la Russie, qui ont permis l’établissement de lignes rouges à ne pas franchir pour l’Iran et le Hezbollah.

 

Il a expliqué tout cela, et démontré qu’Israël n’était pas isolé, bien au contraire.

 

Mahmoud Abbas a quant à lui laisser transpirer, certes bien involontairement, qu’il ne s’appuyait sur rien et sur personne en particulier, qu’il était relativement isolé, et il s’est contenté d’énoncer des griefs et des insultes.

 

Le changement de la carte géopolitique du monde, tout en faisant monter en puissance l’islam radical et en produisant des poussées de haine anti-israélienne, a fait aussi que les pays menacés par l’islam radical ou inquiets de la montée en puissance de l’Iran ont eu (ce qui explique l’isolement de Mahmoud  Abbas) d’autres préoccupations que le “conflit israélo-palestinien”, qui n’a plus occupé le centre de leur attention.

 

Binyamin Netanyahu a su s’appuyer sur cet estompage du “conflit israélo-palestinien” pour le présenter comme un problème subordonné au problème plus vaste posé par l’islam radical.

 

Il a expliqué, là encore, et dévoilé qu’Israël n’était pas le seul pays à voir les choses sous cet angle. Il s’est même permis le geste magnanime d’inviter Mahmoud Abbas à venir parler à la Knesset (ce que Mahmoud Abbas ne fera, bien sûr, pas).

 

Mahmoud Abbas ne pouvait, cela va de soi, pas voir les choses sous cette exposition, sauf à avouer explicitement la situation très précaire dans laquelle il se trouve.

 

Sa rage a été une forme d’aveu.

 

Binyamin Netanyahu n’a pas souligné dans son discours que ses victoires étaient autant d’échecs pour Barack Obama, qui a œuvré depuis huit ans à isoler Israël, et à placer l’Etat hébreu en position d’assiégé par des forces islamiques triomphantes. Il n’avait pas à le souligner, tant les faits sont flagrants. Obama s’en va. Binyamin Netanyahu reste.

 

Mahmoud Abbas n’a rien dit sur le sujet. Il ne peut que constater qu’Obama s’en va sur un échec, et que Binyamin Netanyahu reste.

 

Lors des funérailles de Shimon Peres, Obama a prononcé un discours amer et accusateur aux dépens d’Israël, évoquant  le “rêve inachevé” de Shimon Peres.

 

Binyamin Netanyahu, après avoir rendu hommage au Shimon Peres défenseur d’Israël, a évoqué le Shimon Peres des vingt-cinq dernières années, et l’a présenté comme un utopiste appartenant à une page d’histoire qui se ferme. Il a opposé à la vision utopique de Peres sa propre vision : la sécurité doit être assurée d’abord, la paix peut venir ensuite, comme un résultat de la sécurité. 

 

Netanyahu a fait beaucoup pour la sécurité d’Israël ces dernières années. 

 

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L’analyse radiophonique hebdomadaire de Stéphane Juffa (010710/16) Version imprimable
vendredi, 07 octobre 2016

 

© Metula News Agency

 

Juffa, au micro de Jim Mosko sur Radio Judaica :

 

Au sommaire :

 

Les dessous du démantèlement du réseau du Hezbollah en Haute Galilée

L’arraisonnement du Zaytouna-Olivia par la Marine israélienne

L’hospitalisation de Mahmoud Abbas

La laborieuse victoire 2-1 de l’équipe israélienne de football en Macédoine

 

 

https://youtu.be/xPYOBEYQOAc [Youtube]


 
Un F-16 s’écrase à l’atterrissage tuant son pilote (info # 010610/16) Version imprimable
jeudi, 06 octobre 2016

 

© Metula News Agency

 

Métula, jeudi 4h40, 3h40 à Paris

 

Le Major Ohad Cohen Nov a trouvé la mort ce mercredi aux commandes de son chasseur-bombardier F-16I au retour d’une mission sur la Bande de Gaza.

 

Pour une raison qui reste à déterminer, l’équipage a soudain décidé d’abandonner son appareil alors qu’il se trouvait déjà en phase d’approche finale à l’aéroport militaire de Ramon. La base aérienne de Ramon se situe à proximité de la ville de Mitzpé Ramon [Kanaf 25 dans la nomenclature de Tsahal] dans le Néguev.

 

Le commandant de bord n’a pas réussi à actionner son siège éjectable, alors que son navigateur y est parvenu, sortant indemne de l’accident.

 

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Le Major Ohad Cohen Nov a perdu la vie pour la défense de son pays

Photo : Armée israélienne

 

Le F-16 s’est ensuite écrasé en flammes à proximité de la piste. Le majeur Ohad Cohen Nov était âgé de 34 ans ; il avait récemment été nommé au poste de commandant en second de son escadrille. Il laisse une femme enceinte, une fille, ainsi que ses parents et deux sœurs.

 

Le Khe’l Avir, l’Armée de l’air israélienne, venait de procéder à l’attaque de trois sites du Hamas dans la partie septentrionale de la Bande de Gaza, en réplique à une roquette tirée depuis l’enclave palestinienne sur la ville de Sdérot.

 

On exclut a priori que l’avion que pilotait Ohad Cohen Nov ait été touché par un quelconque projectile et en favorise l’hypothèse d’une défaillance technique ou humaine. Il appartiendra aux enquêteurs de confirmer cette appréciation.

 

 
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