Les vœux de l’an de la Ména pour 2016 (info # 010101/16) Version imprimable
jeudi, 31 décembre 2015

 

© Metula News Agency

 

La na est une agence d’analyse, de ré-information et de reportage de proximité

Copyright © 2016 Metula News Agency

 

Stéphane Juffa (analyste stratégique, rédacteur en chef) :

 

A la fin de sa quinzième année d’existence, la Ména se porte bien ; bien mieux que la région dans laquelle sa rédaction est installée. Ma réflexion la plus importante est que, depuis le Printemps égyptien et l’hiver syrien, la survie de l’Etat d’Israël n’est militairement menacée par personne.

 

Certes, l’Iran des ayatollahs constitue un ennemi irréductible autant qu’hystérique, mais il ne dispose toujours pas des ressources nécessaires à mettre en cause la pérennité d’Israël.

 

La situation qui prédomine actuellement est nettement plus sécurisante que l’époque, pas si lointaine que cela, où des millions de soldats n’étaient mobilisés, chez nos voisins, que dans le but de se préparer à nous faire la guerre. Ils disposaient ensemble de milliers d’avions et d’encore plus de chars d’assaut.

 

Cette période est révolue. Le pays doit désormais se mesurer aux attaques terroristes en provenance de Gaza, du Liban et de nos voisins palestiniens. Leurs coups sont désagréables, mais pas mortels au niveau national.

 

Afin de faire face aux dangers futurs, l’Etat hébreu est en train de développer le plus efficace de tous les boucliers antimissiles, le Dôme de fer, la Fronde de David, le Khetz et le Barak-8 de défense maritime, qui a passé avec succès, ces derniers jours, un test d’interception avancé, en collaboration avec la Marine de guerre indienne et sur l’un de ses bâtiments. Notre avance technologique dans ce domaine, enregistrée grâce aux capacités de nos savants, démontre à elle seule la dynamique de notre petit pays et laisse entrevoir un avenir radieux.

 

Ces réalisations nous ont rapprochés des grands Etats arabes sunnites, qui partagent avec nous les mêmes intérêts stratégiques face à l’Iran, et qui ne peuvent plus compter, pour leur défense, sur les Etats-Unis, non plus que sur l’Europe.

 

En 2016, il importera que nous améliorions le niveau de nos politiciens qui n’est pas à celui de notre technologie et de Tsahal, et qui se perd souvent dans des calculs d’apothicaires indignes des sacrifices consentis par les Israéliens et de leurs traditions.

 

Il  faudra, dans ce registre, trouver enfin un modèle transparent pour exploiter de façon intelligente et pour le bien-être commun les ressources en gaz et en pétrole dont chaque habitant de ce pays rêvait depuis son enfance.

 

Il sera également impératif d’éradiquer le phénomène du terrorisme édenniste, devant lequel je mets en garde depuis plusieurs années, m’exposant à me faire traiter de gauchiste, d’antireligieux et je ne sais de quelles autres fadaises encore.

 

Si Israël ne réagit pas lorsque des Israéliens juifs brûlent vifs des enfants et des nourrissons, de quelque confession ou nationalité que ce soit, et si elle reste indifférente ou pire, amorphe, quand des rabbins et des édennistes se félicitent publiquement de ces assassinats, tout notre savoir, toute notre culture, toutes nos ressources, tous les sacrifices de nos pères n’auront servi à rien. Nous nous serions vaincus tous seuls, et aurions offert à nos ennemis la dégénérescence que, malgré tous leurs efforts, ils n’ont jamais réussi à nous imposer.

 

Je crois en la santé de ma nation et en sa capacité de distinguer le bien du mal en évitant de ressembler aux pires d’entre nos voisins. Et pour ne pas nous approcher du précipice, nous ferons en sorte que nos institutions fonctionnent et que personne ne puisse les remettre en doute ou les empêcher de fonctionner. Personne !

 

Je vous souhaite la santé et le plaisir pour 2016, et je remercie tous les rédacteurs qui font vivre la Ména et tous les lecteurs qui nous prêtent leur confiance.

 

 

Michaël Béhé à Beyrouth (analyste politique, chef du bureau libanais de la Ména) :

 

Triste Liban à la dérive, où l’Iran, par Hezbollah interposé, nous empêche de désigner un nouveau président de la République depuis que ce poste a été laissé vacant, le 25 mai 2014. Les chiites réclament une rançon en échange de leur accord pour nommer un président et, partant, restaurer nos institutions qui sont toutes à l’arrêt.

 

Pour que revive "un Liban", Téhéran exige ce qu’on appelle à Beyrouth ces jours un package deal. Celui-ci comprendrait notamment la création d’un poste de vice-président qui leur serait acquis, de portefeuilles ministériels clés qui leur seraient réservés, ainsi que l’adoption d’un certain nombre de principes d’Etat, dont celui de la "Résistance" perpétuelle à Israël.

 

Ce dernier diktat obligerait dans les faits le Liban à faire la guerre à l’Etat hébreu aussitôt que les ayatollahs le décideraient. Ils nous demandent ainsi de leur abandonner la prérogative de décider par nous-mêmes de notre politique étrangère et d’exposer l’ensemble de notre pays – et non plus uniquement le Hezbollah – à un risque de destruction totale en cas de conflit qu’ils auraient provoqué.

 

De toute façon, les deux candidats principaux pressentis, le Général Aoun (soutenu par le Hezbollah) et Sleiman Frangié, l’héritier du clan Frangié, sont deux chrétiens acquis à la cause du Courant du 8 mars, soumis aux désirs et aux ordres de Téhéran et de Damas. Même en ayant posé cela, il semble que la "République" Islamique préfère que le Liban cesse d’être un Etat indépendant possédant des instances gouvernementales actives, pour nous réduire à l’état d’une espèce de colonie, et décider à notre place de ce que nous devons faire.

 

Cela permet entre autres au Hezbollah de disposer d’une marge de manœuvre absolue, puisqu’il dispose de la force et en use avec violence, et surtout, puisque aucun gouvernement légal ne peut contester ses décisions.

 

L’impact de l’Iran est de plus en plus prédominant au Liban, notamment au sein de l’Armée, que le Hezb phagocyte morceau après morceau. Téhéran instrumentalise ainsi nos soldats dans l’est de la Bekaa pour contenir les tentatives d’infiltration des combattants sunnites, au prix de pertes importantes en hommes, de prises d’otages, d’actes de violence gratuits et d’abandons de territoires à la frontière syrienne. En fait, le poids de cette influence perse fluctue au gré des péripéties de la Guerre Civile syrienne. Or, avec l’intervention russe, les forces de l’axe Iran-Assad-Hezbollah ont repris l’initiative et souhaitent imposer leur loi de façon barbare dans le pays.

 

J’aimerais pouvoir vous parler de paix et de développement mais cela m’est impossible, dans un pays, privé d’exécutif, qui se montre incapable de gérer ses ordures ménagères et de fournir régulièrement de l’électricité à ses habitants. L’avenir est maussade, la majorité de mes compatriotes se sent trahie, délaissée et incomprise par ses amis traditionnels. Merci à la Ména de leur procurer une voix indépendante et crédible et bonne année nouvelle à tous. 

 

 

Sylvie Tobelem en Israël (1ère assistante de rédaction) :

 

Nous avons eu très chaud en 2015 suite à une attaque hypersophistiquée (ne provenant pas d’un hacker isolé), qui a neutralisé l’ensemble de la Ména une semaine durant et détruit définitivement plusieurs ordinateurs.

 

Ensuite, il a fallu tout reconstruire, ça a pris des centaines d’heures, nous avons réhabilité les copies de sécurité en donnant, évidemment, la priorité à ladite sécurité. Cela nous a mis en grand retard pour le service aux abonnés et je les prie de nous en excuser.

 

A la Ména, même la gestion administrative est une chose passionnante et j’ai pu développer des relations chaleureuses avec un certain nombre de lecteurs. Il est beaucoup question lors de nos discussions en interne du lancement de la chaîne TV de la Ména, et je suis persuadée que cela changerait la perception des évènements du Moyen-Orient pour beaucoup de gens. Je sais que le feu vert dépend de la création d’une solide base financière, et je ne peux qu’inviter les partenaires intéressés à nous rejoindre. La Ména est une agence de presse et non un club fermé, il faut que cela se sache. Ceux qui n’ont pas les moyens de participer à un tel projet peuvent cependant apporter leur contribution en s’acquittant régulièrement du modique prix de leur abonnement, la réussite de l’agence étant toujours basée sur ce contrat de confiance.

 

C’est évidemment de tout cœur que je vous souhaite à tous, lecteurs, rédacteurs et collègues, une merveilleuse année 2016, la santé, le bonheur et beaucoup d’amour, sans lequel la vie n’a pas de sens.

 

 

Perwer Emmal (correspondant aux Kurdistans syrien et turc) :

 

Pas question de nouvel an dans le sud-est de la Turquie, où l’Armée turque mène une vaste opération de guerre, soutenue par de l’artillerie, des avions et des chars, contre les combattant du Parti des Travailleurs Kurdes, le PKK, ainsi que contre les civils kurdes de la région.

 

Les dix mille soldats officiellement impliqués depuis trois semaines dans cette opération commettent un authentique massacre. Les régions visées sont les villes de Cizre, de Silopi, de Nuaybin, la grande cité kurde [capitale officieuse] de Diyarbakir, ainsi que le district de Sur. Elles sont soumises à un couvre-feu absolu, qui comprend les moyens de communication et la neutralisation des camarades journalistes ; 37 d’entre eux ont été arrêtés et l’on se fait du souci quant à leur sort, particulièrement à propos de leurs conditions de détention. Ailleurs en Turquie, les autres confrères et leurs rédacteurs en chef pèsent chaque mot de leurs éditoriaux afin d’éviter les accusations de haute trahison qui fusent comme au cœur d’une bourrasque de neige.

 

Ce qu’il m’est possible d’annoncer de manière incontestable est que des quartiers entiers des villes que j’ai mentionnées ont été réduits à l’état de ruines par l’artillerie d’Erdogan. Le cœur historique de Diyarbakir, ses commerces, ses immeubles d’habitations et ses vestiges historiques ont été rendus à l’état de gravats. On dénombre des centaines de morts parmi les civils et au moins trois cents au sein du PKK et de son mouvement de jeunesse, le YDG-H. Ces derniers tentent de contenir les Turcs par des opérations de guérilla mais leur tentative est rendue improbable par le fait qu’ils ne détiennent que des armes légères.

 

On signale aussi la présence sur le théâtre de la confrontation d’un nouveau venu, le Esedullah, littéralement le groupe des lions d’Allah, barbus et dissimulés derrière des cagoules noires, qui n’hésitent pas à torturer les enfants et les femmes, promettant le viol à ces dernières.

 

Les membres du Esedullah ne s’expriment ni en turc ni en kurde, ce qui a persuadé la population que ce sont des commandos de DAESH qu’Erdogan a importés de Syrie afin d’instaurer la terreur parmi les Kurdes.

 

A Ankara, le député du principal parti d’opposition, le CHP, Sezgin Tanrikulu, a soumis une question écrite au Premier ministre, lui demandant : "Qui a créé les Esedullah et dans quel but ?". La réponse à cette interrogation urgente est venue du ministère de l’Intérieur, qui n’a pas lancé d’enquête à propos des Lions d’Allah mais des graffitis qu’ils ont laissés sur les murs durant les attaques contre les quartiers des villes visées.

 

Face à la guerre civile déclenchée par le régime, le dirigeant du parti officiel kurde siégeant au parlement (le troisième par le nombre de ses députés), Selehattin Demirtas, a évoqué, le week-end dernier, la nécessité d’établir une autonomie pour les Kurdes turcs.

 

Il a eu le mérite de déclencher une réaction hystérique de la part d’Erdogan, qui a déclaré que son Parti de la Démocratie des Peuples (HDP) constituait la branche politique du PKK et d’être "ses marionnettes". La justice turque a immédiatement ouvert une enquête contre M. Demirtas, accusé par Erdogan d’avoir "commis une trahison, une provocation très claire". Tayyip Erdogan a également averti que la "volonté populaire" et les forces armées ne permettront pas l’établissement d’un Etat dans le Sud-Est.

 

Il est nécessaire de mentionner que l’offensive militaire actuelle survient après un cessez-le-feu de deux ans entre l’Etat et le PKK, scrupuleusement respecté par l’organisation kurde. Erdogan est simplement pris de panique par la poussée des combattants kurdes syriens, qui se trouvent actuellement à vingt kilomètres de la capitale syrienne de DAESH, Raqqa, en dépit des efforts constants d’Ankara en faveur du Califat Islamique.

 

Sur ce point aussi, pour comprendre ce que nombre de media européens et américains cachent à leurs lecteurs, il est utile de saisir que le Président Erdogan se considère comme un islamiste et dénonce l’existence d’un prétendu islam modéré. C’est ainsi qu’il a déclaré à un magazine : "Le terme "islam modéré" est laid et offensant ; il n’existe pas d’islam modéré".

 

boum.jpg

 

Le même Erdogan, accusé par les Russes de se livrer au trafic de pétrole avec DASESH au profit de sa famille, rencontre également des problèmes en Irak. Il a en effet établi une base militaire importante à une vingtaine de kilomètres de la ville de Mosul tenue par l’Etat Islamique, au prétexte d’entraîner à la guerre les Peshmergas kurde irakiens.

 

En réalité, avec des dizaines de chars sur place, il s’est positionné afin d’avoir l’option de soutenir le Califat Islamique, sunnite comme lui, qui tient la ville et y commet des exactions difficilement descriptibles, au cas où les forces irakiennes chiites, soutenues par des militaires iraniens (chiites) lanceraient un assaut imminent contre la ville. Cette semaine, le gouvernement de Bagdad a menacé la Turquie d’utiliser la force si Ankara ne se plie pas à son exigence de ramener ses soldats dans leur pays.

 

En dépit des massacres dans la région kurde de la Turquie, qui peuvent à tout moment dégénérer en un nouveau génocide, la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, de même que John Kerry et la plupart des chefs d’Etat européens soutiennent leur allié turc dans ses exactions par leur silence complice et en ne faisant rien pour saisir le Conseil de Sécurité. Ils sont probablement en vacances de neige !

 

Il est vrai que les Kurdes n’ont pas l’avantage d’être arabes, ce qui les prive du soutien dont jouissent par exemple les Palestiniens.

 

La politique des Occidentaux dans la région est d’ailleurs à ce point ubuesque qu’elle est indéchiffrable ; témoin, malgré les concessions inouïes octroyées aux Iraniens, le tir de roquettes, samedi dernier, par les Gardiens de la Révolution, explosant à 1 500 mètres du porte-avions Harry Truman. Le destroyer U.S Buckley ainsi qu’une frégate française ont également été inquiétés par ces tirs provocateurs, mais je doute que vos media fassent allusion à cet incident.

 

C’est pour ces raisons, pour connaître de ce qui se passe réellement dans notre région, principalement au moment où la liberté de la presse a cessé d’exister en Turquie et que les media occidentaux vont confondant propagande et information, que le travail de la Ména et son déploiement sur le terrain sont si importants.

 

Il m’est impossible de me réjouir du nouvel an alors que mon peuple est en train de se faire massacrer avec l’approbation tacite des pays dits libres – qui persévèrent à vouloir intégrer Erdogan dans l’Union Européenne ! - ; mais je désire exprimer mon vœu que la nation kurde puisse bientôt établir son Etat sur sa terre, de la côte méditerranéenne à l’Irak, sans oublier un seul instant nos frères lourdement persécutés en Iran. Nous formerons ensuite, avec Israël, le second pays démocratique non confessionnel de la région, et tenterons d’entretenir des relations paisibles avec tous nos voisins, y compris la Turquie. Que 2016 nous rapproche de cet objectif et qu’il sourie à toutes les personnes dont le respect des valeurs humaines constitue la croyance principale.

 

 

Olivier Katz à Montana-Crans (rédacteur-relecteur) :

 

L’année 2015 marquera les esprits par son caractère hors normes : le monde a basculé dans un paradigme encore inconnu, mettant en péril les démocraties et leurs valeurs fondamentales, par des actes d’une cruauté inégalée hors période martiale. L’exportation vers l’Europe du Djihad et de son cortège d’exactions a sans l’ombre d’un doute atteint son objectif : toucher le monde libre au cœur de son système de pensée.

 

Parallèlement, Israël n’est pas resté dans l’œil du cyclone, et voit s’éloigner un peu plus, à chaque tentative d’attentat, un règlement pacifique du problème palestinien.

 

Le plus difficile maintenant sera de faire comprendre au monde civilisé que ces deux offensives ne relèvent que d’une seule cause qu’il appartiendra à l’Occident de traiter, sous peine d’y succomber. D’autant plus qu’en 2016, le monde va voir revenir sur la scène internationale, grâce à Barack Obama, l’Iran des Ayatollahs, inconditionnel soutien de l’antisionisme et du terrorisme qui l’accompagne.

 

Je vous souhaite à tous une excellente année 2016, pleine de réflexions et d’épanouissement personnel. Compte-tenu de ce qui s’est passé en 2015, on ne pourra qu’être « déçu en bien » comme disent les Suisses !

 

 

Roger Bismuth à Tunis :

 

Très chers tous de la Ména. A chaque mail, à chaque breaking news, je suis fier de vous, je suis avec vous, je suis de vous.

 

Je ne vous connais, en vrai, pas tous mais vous n'imaginez pas combien, seulement en lisant, je détecte l'auteur et, lors de mes contacts quotidiens avec Stéphane, ses descriptions de chacun de vous, font de moi "JE SUIS MENA".

 

Continuez ce que vous faites de vérité, de précision et de dévouement dans ce métier si noble quand il est bien fait.

 

A vous tous bonne fin d'année, mes chers frères, et, pour le futur, toujours plus de bonheur dans votre vie.

 

 

Guy Millière à Paris (analyste politique, expert en économie) :

 

Au vu de la situation présente en Israël, mon vœu le plus cher pour l’année qui vient est que la sécurité soit rétablie en Israël. Même si les meurtres au couteau tuent moins que les attentats-suicides, ils tuent aussi, et il serait très largement temps que des mesures plus drastiques soient prises pour que les meurtres cessent.

 

Sachant que la sécurité du monde avance quand le poids de l’islam radical recule et quand les Etats Unis montrent qu’ils sont le « cheval fort », je souhaite, bien sûr, un recul très net de l’islam radical, qui passe par l’écrasement de groupes tels que l’Etat Islamique, et un remplacement de Barack Obama par un président américain à nouveau digne de ce nom.

 

Ce qui, dans le contexte actuel où le parti Démocrate est en pleine dérive gauchiste, signifie que je souhaite très vivement l’élection d’un Républicain en novembre 2016. Je crains qu’il faille attendre cette élection d’un Républicain pour que le recul de l’islam radical commence effectivement.

 

 

Jean Tsadik à Métula (analyste stratégique, expert militaire) :

 

Il semble clair que le programme nucléaire militaire de la "République" Islamique d’Iran est gelé pour une décennie environ. Ceci dit, dans dix ou quinze ans, s’ils sont toujours au pouvoir, auquel ils sont solidement amarrés, les ayatollahs pourront reprendre le développement de leur bombe atomique au grand jour. L’une des conséquences de l’Accord déplorable conclu entre Téhéran et les 5+1 réside en ce que le projet nucléaire de la théocratie chiite est passé du stade de l’illégalité absolue à celui de la légitimité, tout en conservant, à l’exception du réacteur à eau lourde d’Arak, son infrastructure intacte.

 

On doit cette situation à la gestion médiocre des négociations par le tandem Kerry-Obama, rendue possible par la passivité consentante des Européens. Or si l’actualité de ce traité est un fait désormais accompli, la débonnaireté de l’administration U.S à l’égard de la junte cléricale chiite se prolonge, au-delà même des concessions stipulées dans le texte de l’entente.

 

C’est ainsi que, sous la pression de Khamenei, Barack Obama a consenti à tirer un trait sur les activités nucléaires militaires passées des Iraniens, alors même que leur documentation était essentielle afin de savoir jusqu’où leur recherche était arrivée ; c’était d’ailleurs provisionné dans l’accord de Lausanne, mais la Maison Blanche a cédé sans combattre et en dépit des promesses dithyrambiques émises par son pensionnaire lorsqu’il s’était agi de convaincre le Congrès.

 

De toute façon, du côté des grandes puissances, il n’est plus question de renoncer à la mise en œuvre de l’accord, tant le business avec la dictature chiite bat son plein et implique les entreprises de tous les pays signataires pour des contrats s’élevant à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

 

khomei.jpg

 

Cette gigantesque compromission renforce les appétits hégémoniques des ayatollahs, notamment au Yémen, en Irak, en Syrie et au Liban, où ils ont envoyé des troupes au sol qui combattent aux côtés des milices chiites locales et bloquent tout développement diplomatique.

 

Avec l’acharnement anti-sunnite des Américains, des Européens et des Russes, en Irak et en Syrie, les grands Etats arabes ainsi qu’Israël et la Turquie s’inquiètent du remplacement du Califat Islamique par l’Iran et ses supplétifs.

 

Cette inversion incontrôlée des tendances et des avancées militaires constituera à mon sens la menace la plus tangible durant 2016 dans la région. Avec, en ligne de mire, la possibilité d’un affrontement violent mais limité, au Liban et sur le plateau du Golan, entre Tsahal et la milice chiite libanaise du Hezbollah, inféodée à Téhéran.

 

 

Claude Berger à Paris (essayiste, romancier, poète et musicien)

 

Mes vœux aux lecteurs de la Ména afin que nos énergies convergent vers une meilleure analyse de la marche du monde et le succès du chemin de vie du peuple juif parmi les nations.

 

 

Fayçal H. à Amman (informateur-relais) :

 

Depuis plusieurs années, je tiens régulièrement informée la rédaction, et les lecteurs de la Ména en fin d’année, de l’évolution des relations entre Israël et les grands pays arabes en général, l’Arabie Saoudite en particulier.

 

A l’orée de 2016, on peut affirmer que l’Etat hébreu est un allié officieux de l’alliance militaire des pays musulmans dont Riyad a décidé de prendre la tête ; un allié primordial, même.

 

Israël fournit du matériel et des conseillers à Riyad dans la guerre qui l’oppose aux chiites au Yémen ainsi que face aux ambitions hégémonistes des ayatollahs. Des experts israéliens se trouvent également dans plusieurs pays du Golfe arabo-persique, participant à leur défense tout en recueillant des informations utiles à leur pays.

 

Les relations "professionnelles" sont franches et bien organisées, faute d’être cordiales. Pour régulariser et officialiser ses relations avec Jérusalem, le royaume des Ibn Fayçal attend une entente entre les Israéliens et les Palestiniens, ne pouvant guère donner l’impression, dans le monde arabe, d’abandonner ces derniers sur l’autel de ses propres intérêts.

 

Ceci dit, l’Arabie Saoudite n’entretient de relations cordiales avec aucun autre Etat, étant jalouse de ses particularités et peu encline à voir des milliers de touristes aux mœurs occidentales envahir ses villes. L’autoroute Eilat-Riyad n’est pas pour demain, mais le roi Salman maintient la même distance infranchissable avec l’Egypte, par exemple, mais également la Jordanie et tous les pays arabo-musulmans, y compris les émirats du Golfe avec les souverains desquels de nombreuses et persistantes tensions existent.

 

La base des relations actuelles s’est tissée autour d’intérêts communs face à la poussée iranienne, le choix de la prévalence perse par les Occidentaux et l’absence de confiance avec les Etats-Unis et son président actuel.

 

C’est dans ces conditions que la monarchie a un besoin constant de conseillers militaires et d’équipements de haute-technologie, à l’instar des drones et des boucliers antimissiles.

 

Entre la Jordanie et Israël, à l’échelon gouvernemental, les relations sont au beau fixe, comprenant une coopération étendue dans les domaines militaire et du renseignement. Cet automne, les meilleurs pilotes du royaume hachémite sont allés s’entraîner en Israël, pour le plus grand bien des deux pays.

 

Au sommet des gouvernements arabes, et plus spécifiquement des services spéciaux et des armées, on se fait régulièrement traduire les articles de la Ména qui sont très appréciés. Chaque année, l’influence de notre petite agence gagne ainsi en importance, pour jouer un rôle unique dans la compréhension des points de vue des uns et des autres, notamment dans les conflits syrien et irakien où notre sérieux et notre fiabilité sont pratiquement irremplaçables.

 

En dépit des ombres qui planent sur la région, l’ambiance est prudemment optimiste, surtout après la reprise en main de l’Egypte par le Maréchal al Sissi qui est l’ami et l’allié de tous, et qui a aidé à faire comprendre aux Arabes qu’Israël n’était pas leur ennemi et qu’il était possible de tirer un grand profit en l’intégrant dans le système de défense faisant face aux chiites et à l’innocence mercantile des Occidentaux.

 

A tous les lecteurs et les rédacteurs de la Ména, j’offre mes meilleurs vœux pour la nouvelle année.

 

 

Ferit Ergil (Correspondant de la Ména à Istanbul) :

 

Tout au long de l'année écoulée, 2015, j'ai essayé de vous informer, dans la mesure de mes moyens, au sujet de la Turquie, de son implication à l'instigation de son gouvernement dans les conflits qui secouent le Moyen-Orient, la Syrie en particulier, ainsi que des querelles meurtrières dans le pays.

 

Atatürk, fondateur de la République de Turquie, avait pour devise "paix dans le pays, paix dans le monde". Ces temps sont révolus et nous sommes en guerre à l'intérieur comme à l'extérieur. La philosophie des Lumières, si chère au fondateur de notre République, a été bafouée et a cédé progressivement la place à un obscurantisme religieux, à un islamisme rigoureux se développant sur fond d'intérêts de clans et d'ambitions personnelles. La liberté d'expression a été foulée aux pieds, avec l'arrestation arbitraire de journalistes, d'intellectuels qui résistent courageusement à la mise en place d'un régime totalitaire.

 

Tout espoir n'est pas perdu pour autant. Dans le pays et dans la diaspora, des voix courageuses se font entendre, pour la démocratie, et pour une entente durable entre les différentes composantes de la société, ainsi que pour la paix dans la région.

 

Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2016, santé, bonheur et paix !

 

 

Philippe Bercovici à Bruxelles (dessinateur de BD, auteur des illustrations de ces vœux) :

 

Je crois que la plupart des gens s’accordent à dire que 2015 a été une année plutôt « mauvaise », et ce, malgré le grand soin apporté à l’élaboration de nos vœux, il y a un an… Si on veut être réaliste cinq minutes durant, il y a peu de chances pour que la tendance s’inverse durablement en 2016, mais les souhaits de bonne année ne sont pas faits pour être lucides et objectifs, mais plutôt pour porter l’espoir.

 

De plus, l’optimisme et la foi en l’avenir sont des valeurs séduisantes, et qui font partie de notre culture. Aussi, je me permets de souhaiter à tous les lecteurs de la Ména, ainsi qu’à leurs familles, la meilleure année 2016 possible !

 

 

Raphaël Delpard en France (cinéaste, historien, écrivain) :

 

Enoncer des vœux de paix pour 2016 relèverait de la naïveté. Nous savons que des guerres se préparent ; elles n’exploseront pas forcément pendant le courant de l’année qui vient, mais il nous sera loisible d’en distinguer les prémices. Mes vœux sont que les hommes politiques, particulièrement en France, cessent de mentir, de se montrer hypocrites, qu’ils s’aperçoivent qu’il existe un peuple, qui est souverain et auquel ils doivent tout. Et qu’ils sont à sa disposition, et non pas, comme ils le croient, uniquement accrochés à leurs prébendes. Ce ne sont que des vœux ! Attendons la suite.

 

 

Patricia La Mosca à Paris (journaliste généraliste, enquêtrice, chroniqueuse juridique) :

 

Nous vivons, en Europe, une époque dramatique. En France, un ordre basé sur les semblants et la culture du mensonge, au sommet de l’Etat et dans la presse, est en train de s’effondrer sous nos yeux. La faute au désastre économique sans fin dans lequel nous sommes plongés, tout en sachant que si les socialistes étaient remplacés par les Républicains, ou même par les Frontistes, cela ne changerait pas grand-chose.

 

C’est la société, son mode opératoire et ses attentes qui ne sont plus en phase avec la réalité.

 

Pour la Ména, je passe mon temps auprès des habitants des banlieues, des immigrants et des forces de l’ordre, si bien que je m’y suis fait mes habitudes. Quiconque ne voit pas la réalité que je fréquente ne peut pas imaginer l’univers entier qui se cache derrière l’appellation "jeunes" qui figure dans vos journaux et sur vos écrans TV.

 

Il s’agit d’un univers qui vous hait de toutes ses forces et qui ne partage pratiquement aucune de nos valeurs, tout en désirant les détruire. Je parle spécifiquement des habitants "modérés", qui sont ceux qui ne veulent tuer personne, de la masse, qui s’est réjouie à l’annonce de la nuit sanglante de Paris et de ses morts, et qui vénère ses auteurs comme des héros, ainsi que la minorité – pas si négligeable que cela – qui aimerait les imiter.

 

Ceux qui s’imaginent que nous allons tous nous retrouver derrière un idéal républicain sont, au mieux, des rêveurs, car je n’ai pas trouvé de pont, ni même de passerelle entre les deux mondes. Pourtant, j’en ai cherché, parce que je ne hais personne et n’appartiens à aucun courant politique.

 

Tous les responsables des services de renseignement, de la police et de la gendarmerie, sont parfaitement au courant de ce que je viens de résumer, et leur malaise est incommensurable. Mais on leur demande de se taire et de continuer à jouer la comédie ; ceux qui craquent, et nous en avons vus, sont instantanément virés, soumis aux quolibets et jetés aux gémonies. Ils sont traités de racistes, d’islamophobes lorsque ce n’est pas de fascistes, alors que ceux que je connais ne sont rien de tout cela mais ressentent le besoin d’avertir la population de ce qui l’attend et considèrent la politique du gouvernement comme inconsciente, voire suicidaire.

 

En 2016, les attentats et l’insécurité quotidienne vont augmenter. Non à cause de DAESH qui a bon dos, qui ne pourrait rien contre nous s’il ne jouissait d’un vaste enclos de culture acquis à son idéologie, mais à cause de ces Français qui sont prêts à se faire exploser au milieu d’autres Français, pour des raisons que toute personne sensée est incapable de comprendre.

 

Sans y croire un seul instant, je vous souhaite une bonne nouvelle année. Préoccupez-vous de la sécurité de vos proches et n’écoutez que votre bon sens et les informations vraies et désintéressées de la Ména.

 

 

Jean-Claude Zerbib (ingénieur atomiste, spécialiste des questions nucléaires) :

 

Les premiers pays qui on construit une arme nucléaire et l’ont fait exploser avaient recouru à des physiciens de haut niveau qui maîtrisaient la physique du neutron. Concevoir le cœur d’un réacteur nucléaire ou une bombe fait appel aux mêmes savoirs, aussi les Etats qui ont conçu un réacteur ont également la capacité de construire une bombe "A" à fission, voire même une bombe "H" à fusion.

 

A ce premier groupe, se sont ajoutés des pays comme le Pakistan, qui ont fabriqué une bombe après avoir subtilisé les plans d’une centrifugeuse à la société URENCO (Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne) et acheté les plans d’une bombe chinoise. L’Iran est entré dans ce deuxième groupe en achetant, en deuxième main, les éléments principaux du "Lego" nucléaire au Pakistan, à la Corée du Nord (le missile nucléaire) et à la Chine (l’hexafluorure d’uranium).

 

La collaboration avec les Nord-Coréens persiste toujours : des Iraniens étaient présents lors du tir nucléaire nord-coréen en février 2013, mais aussi lors des deux précédents essais ; le missile iranien à longue portée Shahab-3 est un clone du No Dong 1 nord-coréen.

 

L’Iran dispose donc aujourd’hui de toutes les pièces du Lego nucléaire pour construire une arme : l’uranium enrichi et la technique de réalisation des hémisphères en uranium-métal, les explosifs multiples très spéciaux à mise à feux simultanée, qui réuniront les hémisphères lors de la commande du tir, l’allumette neutronique et le missile porteur, qui déclenche le tir à environ 600 mètres d’altitude (580 m pour la bombe d’Hiroshima). La réalisation de ces éléments, hormis l’uranium enrichi en isotope 235, qui a aussi des usages civils, sont tous très spécifiquement liés au seul usage nucléaire militaire.

 

L’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), qui, dès 1958, s’est préoccupée de mettre en œuvre la non-prolifération des armes nucléaires et a produit, en mars 1970, le Traité de non-prolifération (TNP), a bien identifié tous les non-respects du TNP par l’Iran, qui avait pourtant signé (1968) puis ratifié le TNP en 1970 ainsi que le protocole additionnel au TNP.

 

Dès 2002, un dissident iranien dévoila l’existence d’une usine d’enrichissement de l’uranium à Natanz. Les photos satellites et même les déclarations d’Ahmadinejad en avril 2006 sur l’enrichissement apportèrent de nouvelles données sur le développement du nucléaire iranien.

 

En février 2008, c’est le Finlandais Olli Heinonen, ancien directeur adjoint de l’AIEA, responsable des équipes d'inspecteurs qui enquêtent sur le programme nucléaire de l'Iran, qui révéla, lors d’une présentation à huis-clos, plusieurs réalisations iraniennes, comme un dispositif d’essai d’explosifs et la fabrication d’une ogive nucléaire.

 

Un discours technique qui tranchait avec les rapports "politiques" de l’ancien directeur de l’AIEA, M. Elbaradey. En 2009, ce fut la découverte d’un deuxième site d’enrichissement à Fordow (près de la ville sainte de Qom). En août 2014, Yukiya Amano, le nouveau directeur de l’AIEA, déclarait à Vienne que l’Iran n’a toujours pas mis en œuvre toutes les mesures de transparence nucléaire qu’il avait accepté de mettre en œuvre avant fin août 2014, et que "son agence ne pouvait pas conclure que tous les équipements nucléaires en Iran sont utilisées dans des activités pacifiques".

 

Les 5 grands et l’Allemagne savent bien tout cela. L'Iran a notifié, le 18 octobre 2015, à l’AIEA qu'il appliquera le Protocole additionnel au Traité de non-prolifération nucléaire mais chacun sait que le jeu du chat et de la souris va se poursuivre entre l’Iran et les inspecteurs de l’AIEA. Un jeu dangereux mais devenu inéluctable. Plusieurs experts pensent que l’Iran est moins dangereux en trichant au sein de l’AIEA qu’en étant libre hors d’elle. D’autres estiment qu’en desserrant le garrot économique qui étranglait l’Iran, ses dirigeants veilleront à ce qu’il ne se referme pas.

 

Mais peut-on bâtir uniquement des hypothèses rationnelles pour évaluer les changements politiques en Iran ?

 

 

Ilan Tsadik en Israël (journaliste, reporter, journaliste sportif) :

 

On recense environ deux cents territoires disputés sur la planète, dont le Tibet, occupé par la Chine, sans l’ombre d’un doute sensé, la moitié nord de Chypre, occupée militairement par la Turquie qui y a décrété un nouvel Etat, et la Crimée, récemment envahie et annexée par les troupes russes.

 

Quand les media français mentionnent ces territoires, ils ne font jamais état du "Tibet occupé", de "Chypre occupée" ou de "la Crimée occupée". C’est cependant ce qu’ils font chaque fois qu’ils citent la "Cisjordanie occupée", dans leurs vidéos et leurs articles ; il s’agit d’un tri à caractère raciste, puisqu’aucun autre critère ne peut être invoqué pour justifier ce double standard.

 

D’autre part, si les collègues tricolores étaient à ce point tenaillés par le souci de précision, ils devraient au moins indiquer "…l’organisation terroriste du Hamas et du Hezbollah" à chaque occasion où ils y font allusion.

 

Cela découle de la décision de l’Union Européenne, confirmée pas plus tard que le 27 mars dernier à propos du Hamas. On verrait ainsi des situations clarifiées, dans lesquelles on citerait "…l’organisation terroriste du Hamas a tiré cinq roquettes sur la ville israélienne de Beersheva", et non "cinq roquettes ont été tirées à partir de la bande de Gaza", selon la formule qu’ils ont consacrée, ou "selon des sources médicales palestiniennes à Gaza…".

 

Il est déontologiquement nécessaire d’évoquer, dans une nouvelle, qu’il s’agit "des sources médicales sous le contrôle de l’organisation terroriste du Hamas", à moins que l’agence de presse semi-étatique de la République française, qui orchestre la guerre sémantique contre Israël, ne considère que Paris ne se situe pas en Europe lorsqu’une information implique l’Etat hébreu.

 

Encore que la même déontologie dicte de ne pas mettre de parenthèses dans le cas qui précède à terroriste, puisque ce qualificatif ne constitue pas le terme choisi arbitrairement par Israël, l’une des parties en conflit, mais par l’Union Européenne.

 

De plus, si la France, ses media et son gouvernement ont parfaitement le droit de considérer que Jérusalem n’est pas la capitale d’Israël, ils n’ont, en revanche, pas celui de parler de "Tel-Aviv, la capitale d’Israël", car Tel-Aviv n’est la capitale de rien du tout, et qu’il ne leur appartient pas de décider pour d’autres nations où se situe leur capitale.

 

A cela vient s’ajouter la confusion incorrecte en français, entretenue artificiellement par les mêmes media, entre les activistes – qui sont des militants politiques (non armés par définition), les terroristes – les membres d’une organisation terroriste – et des miliciens, soit des individus armés combattant pour le compte d’une milice.

 

Samir Kuntar était donc un "terroriste du Hezbollah", et non un activiste, un Libanais, un Druze, un cadre ou une "figure" du Hezbollah, comme ce fut annoncé à l’occasion de son élimination, par tous les media de l’Hexagone.

 

Pire encore, au titre de la propagande anti-israélienne permanente de la presse française, cette propension, comme ce fut encore le cas sur les ondes d’une radio du Service public ces derniers jours, à mélanger indistinctement les assassins palestiniens et leurs victimes juives dans ses communiqués. "Quatre blessés à Jérusalem, deux Israéliens et deux Palestiniens", ce n’est pas de l’information, c’est de la propagande de type goebbelsien. Tout comme le fait d’appeler terroriste quelqu’un qui poignarde un passant à Londres, et "Palestinien", celui qui perpètre le même crime à Tel-Aviv, dans des conditions identiques.

 

terror.jpg

 

Ces compromissions avec la langue française, ces doubles standards, ces omissions préméditées du "qualifiant prépondérant" lorsqu’il s’agit de terroristes arabes, ces prises de libertés avec la politique décidée par Bruxelles ne sont pas uniquement des réminiscences de l’antisémitisme le plus obscur qu’ait connu l’Europe, ce sont aussi des incitations indirectes à la haine antisémite, de la part d’institutions étatiques françaises ainsi que des media indépendants de ce pays.

 

Tant que ces malversations persisteront, il ne pourra exister de relations "normales" entre les Israélites et la France, les Juifs continueront à quitter ce pays par milliers, et, bien plus grave encore, des individus, chauffés depuis leur enfance par cette incitation aussi raciste que mensongère, multiplieront les assassinats contre des écoles et des supérettes juives.

 

Si c’est ce que désirent les autorités et les journalistes français, qu’ils continuent à tolérer l’intolérable. Ces malversations, que je décortique régulièrement pour la Ména inspirent le dégoût. Bonne année 2016 à tous. 

 

 

Sami El Soudi en Palestine (chef du bureau palestinien de la Ména) :

 

L’Autorité Palestinienne fait actuellement face à deux problèmes distincts : l’Intifada des couteaux et le blocage absolu, décidé par Binyamin Netanyahu, de toute perspective de résolution de notre différend avec Israël.

 

Je sépare les deux problèmes parce qu’ils n’ont qu’une vague relation entre eux, car ceux qui perpètrent les tentatives d’assassinats contre des Israéliens sont dénués de la conscience politique qui permettrait de faire la synthèse entre les deux situations. Ils ont la rage au cœur, qui leur a été instillée par des années de propagande, et haïssent simplement les Juifs ; ils sont mus par deux sentiments : le religieux, dont les imams décrivent les Israélites comme les ennemis suprêmes des musulmans. Des ennemis avec lesquels aucun compromis n’est possible et qu’il est donc nécessaire d’éliminer jusqu’au dernier. Leur second ressenti, mélangé au premier, est que nous sommes occupés et que l’unique façon de sortir de notre grande misère objective (mais pas principalement due à la présence israélienne) consiste à assassiner l’occupant.

 

La difficulté tient à cela que les pulsions ainsi créées sont profondes et majoritairement répandues, ce qui fait qu’il existe encore des centaines de mes compatriotes qui attendent l’occasion adéquate pour mourir en enlevant si possible la vie à un ou plusieurs Juifs.

 

La haine est grande et elle atteint la plus grande partie des Palestiniens, même ceux qui ne cherchent pas à devenir des martyrs. Cela n’augure aucun optimisme, et même si cette Intifada se terminait, ce ne serait qu’une question de temps jusqu’à ce qu’une autre reprenne, dans quelques mois ou dans quelques années. L’histoire de notre peuple est rythmée par ces "grandes révoltes" à répétition contre les Juifs, dont les premières avaient éclaté déjà bien avant la déclaration de leur indépendance.

 

L’autre problème tient au fait que le gouvernement israélien n’a strictement aucune intention de parvenir à un accord avec nos dirigeants. Il y a quelques semaines l’AP avait approché l’administration Netanyahu pour lui proposer des négociations secrètes dont le but était de convenir des frontières nécessaires à l’instauration de la solution des deux Etats.

 

Cette initiative a buté sur une fin de non-recevoir des Israéliens. Ce que je peux comprendre en considérant la coalition actuellement aux affaires à Jérusalem : il suffirait en effet que M. Bennett ait vent de la tenue de pourparlers visant à créer un Etat à côté du sien pour qu’il quitte le gouvernement avec son parti, rejetant ainsi M. Netanyahu, qui ne dispose que d’un seul siège de majorité à la Knesset, pour longtemps dans l’opposition.

 

Je le comprends mais je ne l’excuse pas, car cette situation politique est le résultat des choix et des orientations du Premier ministre. Or pendant que j’écris ces vœux, il a ouvert de nouveaux territoires palestiniens à l’implantation juive, les actes de provocation quotidiens des Edennistes contre notre population se multiplient, et, comme tout le monde le sait, ils ont franchi l’échelon des agressions destinées à donner la mort.

 

La politique de Binyamin Netanyahu ne propose strictement aucune solution concernant les deux millions et demi de Palestiniens que nous sommes, qui vivent en Cisjordanie et vont continuer à y vivre. Il s’agit d’une politique de cul-de-sac, menant, sans alternative possible, à plus de violence et plus de morts des deux côtés.

 

Ce manque de perspective est de mon point de vue ahurissant de la part d’un chef d’Etat. Il démontre une grande résignation et de beaucoup de médiocrité intellectuelle. Une médiocrité comparable à celle de la Moukata [le siège du gouvernement palestinien] de Ramallah, qui encense les terroristes en leur attribuant des noms de rues, et entretient la rumeur de la destruction prochaine de la mosquée al Aqsa.

 

Dans ces conditions, j’aimerais pouvoir vous dire que j’aperçois le bout du tunnel mais ce ne serait pas vrai. Avec la guerre qui gronde aux portes d’Israël et de la Palestine, et qui ne laisse personne indifférent, je prédis une année 2016 sanglante et meurtrière. D’où l’importance redoublée de la Ména, qui conserve une capacité d’analyse sereine et indépendante ; je vous adresse ainsi, aux lecteurs ainsi qu’à mes camarades journalistes de toutes les tendances, mes vœux pour un nouvel an le moins mauvais possible.

 

 

Sébastien Castellion à Métula (analyste politique, expert en économie) :

 

Dans la guerre mondiale que l’islam politique mène contre le reste de l’humanité, l’année 2015 qui s’achève a été celle de succès décisifs pour le camp de la civilisation.

 

L’ennemi a attaqué deux fois la France. D’abord parce que mon pays joue un rôle important dans la guerre en empêchant, du Mali au Tchad, l’Afrique sahélienne de basculer ; ensuite, parce qu’il a une forte minorité musulmane (la deuxième d’Occident en pourcentage, après Israël) que l’ennemi espère se rallier massivement, poussant la majorité à accepter sa défaite.

 

Ce fut un échec complet : 5 millions de Français dans la rue ; une protection sans faille par l’Etat des écoles et lieux de cultes juifs, et désormais chrétiens ; une poursuite sans relâche par la France, sur son territoire et à l’étranger, d’un ennemi qu’elle est résolue à détruire.

 

L’Etat islamique a perdu en 2015 Kobane, Tikrit, Ramadi et le contrôle de la plupart des points de passage avec la Turquie. L’aviation russe est en train de détruire systématiquement ses sources de revenus pétroliers. Son alliance avec la Turquie est en train de s’effondrer. Le seul obstacle à son anéantissement est le calcul des puissances coalisées, qui ne voient aucun intérêt à se ruiner pour accélérer l’inévitable.

 

L’accord nucléaire du 14 juillet entre les 6 puissances et l’Iran ne s’est pas traduit – contrairement à ce que j’avais craint et prédit – par une extension de l’influence iranienne. L’encre de l’accord n’avait pas séché que le président Obama approuvait une augmentation et une amélioration des armements livrés aux alliés arabes et à Israël. La coalition sunnite au Yémen a définitivement pris le contrôle d’Aden et Marib avant d’attaquer depuis le Nord, dans les dernières semaines, la rébellion Houthi, filiale de l’Iran. Je prévois que les Houthis, pris en tenaille et mal aidés par l’Iran, perdront Sanaa en 2016.

 

L’échec iranien est encore plus marquant en Syrie. En juin dernier, Qassem Suleimani, le chef suprême de la force Al Quds chargée de porter la guerre iranienne à l’étranger, annonçait qu’il allait remplacer l’armée syrienne par des « Pasdaran syriens » sous son commandement. Depuis, l’Iran a perdu en Syrie pas moins de quarante généraux de la force al Quds et du Hezbollah (y compris Suleimani lui-même, gravement blessé près d’Alep en novembre, hospitalisé à Téhéran et, peut-être, mis définitivement hors d’état de nuire). Tout se passe comme si la Russie, théoriquement alliée à l’Iran, transmettait la localisation des chefs iraniens… disons, à une autre puissance régionale. L’Iran est, en ce moment même, en train de faire plier bagage à ses combattants, laissant face aux forces sunnites des conseillers militaires et ses alliés du Hezbollah qui y ont déjà perdu le tiers de leurs meilleurs guerriers.

 

avion.jpg

 

Pendant ce temps-là, l’économie mondiale ronronne sans encombre, sans souffrir le moins du monde de la guerre mondiale en cours. La croissance mondiale a atteint environ 3% en 2015 et devrait augmenter d’un demi-point en 2016. Un ennemi qui se croit à l’aube de prendre possession du monde n’est pas même capable de faire augmenter le prix du pétrole ou baisser celui de l’immobilier à Paris ou Tel-Aviv.

 

Nous pouvons continuer à nous faire peur devant la haine qui émane des minorités marginales, mal éduquées, privées de moyens et d’influence, qui résident dans les banlieues ou grenouillent dans les salles de rédaction parisiennes. Ou alors, nous pouvons observer les mouvements de fond. Tous sont allés dans le sens d’une amélioration en 2015 et devraient prendre la même direction en 2016. Puissent tous nos lecteurs, en ces temps qui deviennent plus heureux, connaître une année fructueuse et rassurante.

 

 

Bernardo Stenhof à Genève (ambassadeur auprès des institutions internationales) :

 

Déjà 2016, et pourtant rien ne change depuis que j’écris dans vos colonnes. Ici à l’ONU, en dehors des travaux de réfections pharaoniques, rien n’évolue. Sauf peut-être la visite impromptue de ce cher vieux Abbas, reçu avec les honneurs de la garde de l’ONU. Puis quelques jours plus tard, ce coquin de Maduro, chef du gouvernement d’alors du Venezuela, qui, lui, a été admis dans notre enceinte, à contrecœur cette fois. Pour quand la venue de tous les guignols de l’histoire contemporaine ?

 

Franchement, je n’arrive pas à comprendre cette concentration de haines contre les démocraties, notre auguste salle des droits de l’homme s’est-elle transformée en une annexe de l’Etat Islamique ? Comment se fait-il que nos amis Russes deviennent soudain les justiciers du monde libre, suivis par la Chine et les Cubains, dont la dialectique a si peu changé depuis que les USA et Cuba se sont rapprochés (la seule différence est qu’il faut désormais augmenter le son des écouteurs qu’il fallait il n’y a pas si longtemps baisser, tant leurs échanges étaient bruyants).

 

En y réfléchissant, il y a tout de même du nouveau : Genève a eu son alerte terroriste, cela faisait bien longtemps que rien de ce genre n’avait eu lieu ici, précisément depuis la campagne de terreur de l’ASALA, les mouvements arméniens qui avaient fait sauter les consignes de la gare de Cornavin, et la bombe qui avait explosé devant l’agence de Royal Jordanian.

 

 

Llewellyn Brown en France (traducteur officiel de la Ména, rédacteur, écrivain) :

 

On le sait : cette année 2015, à Paris, a été marquée par la sauvagerie islamiste. Le 7 janvier, le massacre à Charlie Hebdo fut suivi, le 9, de la prise d’otages à l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes. En réaction immédiate, une manifestation impressionnante fut organisée. Puis, le 13 novembre, eurent lieu des massacres en simultané : ce terme brutal de massacre me paraît bien plus adéquat que celui, plus abstrait, d’attentat.

 

Une réflexion s’impose : si ces actes barbares furent traumatisants, ils ne furent pas inattendus, pour ceux qui se soucient du devenir de notre société. Sans remonter jusqu’aux attaques de la rue des Rosiers et de la rue Copernic, l’événement qui marqua un réel changement d’époque fut la catastrophe du 11 septembre 2001 : non une « attaque contre les Tours jumelles » mais un assassinat de masse. Les journalistes annoncèrent aussitôt que le monde ne serait plus comme avant, puis reprirent leurs discours habituels : l’inouï se trouvait logé dans une représentation destinée à conforter le peuple. En mars 2012, ce fut l’assassinat d’un militaire à Toulouse, celui de deux soldats à Montauban et, pour finir, la tuerie de l’école Otzar ha-Torah à Toulouse. La gêne alors était palpable en France : on s’apercevait – sans le dire – que les assassinats perpétrés en Israël depuis un siècle se reproduisaient « chez nous ».

 

Maintenant, le phénomène s’est implanté, au point où l’on ne peut plus l’ignorer (sauf à être journaliste à Libération, au Monde ou à l’AFP, mais ils sont payés pour…). D’abord, on a été « Charlie » (mais surtout pas « Hyper Cacher »), puis « Paris ». Mais nous sommes condamnés à connaître d’autres actes barbares : que ferons-nous quand nous n’aurons plus de slogans anodins à disposition ? Force est de constater, en premier lieu, que, quelle que soit la volonté des forces de sécurité de pister de tels criminels, elles sont dans l’incapacité de suivre tous ceux qui risquent de passer à l’acte. Ensuite, ce qui manque est un sursaut chez nos « élites » (la caste politico-médiatique) sur le plan politique et civilisationnel, apte à répondre au désir désormais clairement exprimé par une part grandissante de la population. Le traitement de la question des « migrants » suit la même logique. En effet, en attendant le pire – et pour distraire la populace –, nos dirigeants s’agitent autour des « grandes questions ». Ils prétendent modifier le climat : rien de moins ! (pour ma part, je suggère qu’on installe un variateur sur le soleil…).

 

La rigueur de la pensée, le courage de maintenir une parole vraie, et le souci des enjeux humains nous sont plus que jamais indispensables. A tous les lecteurs de la Ména, je souhaite une année riche en belles surprises et en échanges fructueux.

 

 

Yoshua Ohana (fixeur militaire, photographe, région-nord-est)

 

Ce 31 décembre, dans le Doigt de la Galilée, c’est la tempête. La météo annonce la neige jusqu’en plaine pour ce soir ; malgré cela, les soldats de Tsahal sont en état d’alerte élevée, déployés sur la frontière et les routes adjacentes, dormant dans le froid et la bourrasque.

 

Ils y assurent la sécurité d’Israël face à la menace de représailles du Hezbollah suite à l’élimination de l’archi-terroriste tueur de petites filles, Samir Kuntar.

 

Dans mes activités de photographe de la Ména, c’est cette réalité qui m’importe particulièrement, et non les décisions qui se prennent dans les bureaux douillets des politiciens. Ce sont ces visages, ceux de ces jeunes hommes et femmes que je veux vous montrer, qui se crispent sous le froid pour que le monde puisse dormir tranquille.

 

Les menaces existent mais nous aussi, et les valeurs les plus fortes et authentiques prédomineront, cela ne fait pas l’ombre d’un doute sensé. Je vous souhaite la santé et le bonheur pour 2016.

 

 

 

 
Pour en finir avec la campagne d’assassinats de Juifs en Israël (info # 012712/15) Version imprimable
dimanche, 27 décembre 2015

 

Par Guy Millière

 

Cela fait maintenant plusieurs mois que ce que certains ont appelé l’ « Intifada des couteaux » s’est déclarée en Israël.

 

L’expression est totalement inadéquate, « intifada » signifiant soulèvement en arabe, alors qu’il ne s’agit pas d’un soulèvement. Les couteaux n’agissent pas seuls et impliquent des assassins pour les utiliser.

 

Je parlerai donc de « campagne d’assassinats de Juifs au couteau ».

 

Cette campagne n’est pas endiguée. Elle a fait de trop nombreux morts [20] et de trop nombreux blessés. Elle crée en Israël un climat de tension, de précaution et de crainte latente qui n’est pas tolérable, et ne devrait pas être toléré.

 

S’il n’est pas possible de placer un policier ou un soldat derrière chaque Arabe musulman, et s’il n’est pas envisageable non plus de séparer intégralement les populations arabes musulmanes des populations chrétiennes et juives (ce qui entraînerait des accusations de discrimination à l’encontre d’Israël), il est néanmoins envisageable de concevoir d’autres actions.

 

L’une de celles-ci impliquerait de prendre en compte les relations de cause à effet.

 

La campagne d’assassinats a eu un commencement et a reposé sur des incitations. Les incitations continuent. Elles sont la cause, les assassinats n’étant que l’effet.

 

kuntar_hitlrien.jpg

Celui-ci, Kuntar, a définitivement cessé de faire le salut hitlérien

 

La campagne d’assassinats, plus profondément, s’appuie sur une haine antijuive essaimée depuis longtemps, comme un venin, et cette haine est entretenue jusqu’à ce jour. Elle est la cause essentielle : les assassinats sont, en profondeur, un effet de cette cause.

 

Derrière la cause essentielle, il y a, très simplement, l’islam radical. 

 

Derrière la cause tout court, et les incitations aux assassinats, il y a les organisations « palestiniennes », qu’elles soient ouvertement islamistes, à l’instar du Djihad Islamique ou du Hamas, ou qu’elles soient islamistes sans le dire explicitement, et l’Autorité Palestinienne ne peut être exonérée de ce soupçon un seul instant. 

 

Les premiers assassinats ont eu lieu parce que Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne, a voulu qu’ils aient lieu, et celui-ci avait proféré à cette fin des accusations délibérément fausses contre Israël concernant le statut de la mosquée al-Aqsa.

 

Les assassinats suivants ont eu lieu parce que Mahmoud Abbas et ceux qui l’entourent ont apporté leur soutien aux assassinats et défini, conformément à leurs habitudes, les assassins comme des héros, ou, selon la tradition islamique, des « martyrs ».

 

Israël a toujours traité le Djihad Islamique et le Hamas comme des organisations terroristes avec lesquelles tous pourparlers sont inutiles, et la position d’Israël sur ce point a recoupé les positions du monde occidental dans son ensemble.

 

Israël a longtemps traité l’OLP comme étant elle-même un conglomérat d’organisations terroristes. Cela a changé avec les accords d’Oslo, puis avec la création de l’Autorité Palestinienne, qui n’est que l’OLP sous un autre nom.

 

Depuis, le monde occidental tout entier feint de croire que l’Autorité Palestinienne est « modérée ». Et Israël se voit condamné diplomatiquement par tous gouvernements confondus à faire semblant d’avoir un « partenaire pour la paix ».

 

Israël ne peut pas si aisément briser le piège qu’ont constitué (et que constituent toujours) les accords d’Oslo et la création de l’Autorité Palestinienne, surtout dans le contexte présent où un président des Etats-Unis très anti-israélien habite la Maison Blanche, et où l’Union Européenne se sent libre de s’adonner à ses ardeurs « pro-palestiniennes ».

 

Mais Israël peut néanmoins prendre un certain nombre de mesures.

 

Celle-ci entre autres : déclarer que l’Autorité Palestinienne, dans son ensemble, et son dirigeant actuel, Mahmoud Abbas, ne constituent en aucune façon des interlocuteurs, car ils procèdent à des incitations au meurtre et sont les authentiques responsables de la campagne d’assassinats de Juifs actuellement en cours. Des gens qui sont instigateurs et complices d’assassinats ne sont pas des gens avec qui on peut négocier.

 

Cette décision pourrait en impliquer une autre : l’interdiction faite de voyager et de quitter les territoires occupés par l’Autorité Palestinienne à tous les dirigeants de celle-ci. Cette interdiction avait frappé Yasser Arafat dans le passé. Elle devrait frapper aujourd’hui Mahmoud Abbas et son entourage, et se trouver maintenue tant qu’ils n’appelleront pas publiquement et officiellement à la fin de la campagne d’assassinats, et ne condamneront pas explicitement les assassinats commis.

 

Pour étayer ces décisions, le gouvernement israélien pourrait s’appuyer, plus largement, sur divers propos récents de Mahmoud Abbas et de son entourage, exprimés en arabe, qui sont sans équivoque et absolument nauséabonds.

 

Le gouvernement israélien pourrait aussi rappeler à quel point Mahmoud Abbas a, depuis longtemps, du sang sur les mains : en particulier celui des membres de la délégation olympique israélienne aux Jeux de Munich en 1972. Mahmoud Abbas (alias Abou Mazen) a été l’un des organisateurs et le financier de l’attaque terroriste qui a fait onze victimes parmi les sportifs hébreux.

 

Mahmoud Abbas et son entourage n’ont cessé d’être des criminels terroristes. Les traiter comme tels constituerait un pas dans la bonne direction.

 

Les traiter vraiment comme les criminels terroristes qu’ils sont impliquerait bien plus que les deux décisions susdites, cela va de soi. La place des criminels terroristes est en prison ou, mieux encore, six pieds sous terre, mais un pas dans la bonne direction est déjà un pas.

 

La campagne d’assassinats de Juifs au couteau ne cessera que si Mahmoud Abbas et son entourage subissent les conséquences directes de leurs incitations au meurtre.


pour lire la suite...
 
Le poison antisémite coule dans les veines des media français (info # 012512/15) Version imprimable
vendredi, 25 décembre 2015

 

Par Ilan Tsadik

 

Dans la nuit de samedi à dimanche derniers, un individu répondant au nom de Samir Kuntar a trouvé la mort, de même qu’au moins huit autres personnes, dans un immeuble de Jaramana, un quartier de Damas. Selon des sources étrangères concordantes, le bâtiment visé, dont il ne reste que des gravats, aurait été atteint par quatre missiles SPICE (angl. épice), tirés à partir de chasseurs-bombardiers israéliens.

 

Kuntar était un terroriste – un homme armé s’attaquant systématiquement à des civils -, mais pas n’importe lequel. Il n’a pas été pris pour cible par hasard, mais notamment parce qu’il avait commis les assassinats les plus odieux depuis le début du conflit israélo-arabe, il y a de cela environ 85 ans.

 

Ce fait difficilement discutable singularise l’opération de samedi dernier, et la transforme en un acte de guerre hors du commun. On est ainsi en présence d’une péripétie de cet affrontement revêtant des significations particulières, tant d’un point de vue émotionnel, qu’historique et même stratégique.

 

Reste que, pour une raison qui leur est propre, la quasi-totalité des media français, de gauche comme de droite, ont pris la décision de dissimuler ces particularités au public de l’Hexagone, l’empêchant ainsi de connaître la vérité quant aux motifs de ce raid.

 

jaramana.jpg

Ici, dans un quartier de Damas, se dressait un immeuble il y a une semaine.

Un tueur d’enfants et des acolytes s’y étaient réunis afin de préparer

un nouvel assassinat collectif de Juifs, lorsque…

 

Nous sommes indéniablement en présence d’un bidouillage de l’information par omission ; une tentative forcenée de banaliser l’incident, en le présentant comme une vengeance à première vue incompréhensible de l’Etat hébreu, 36 ans après les faits reprochés à Kuntar. L’effet recherché consiste à présenter Israël sous les traits d’un pays belliciste, n’hésitant pas à tuer un "simple combattant ennemi", tout en enlevant la vie aux habitants a priori innocents d’un immeuble d’habitation.

 

Un combattant ennemi ? Même pas, pour Le Figaro, qui le définit comme un "militant libanais", à savoir – c’est une affaire de vocabulaire français ! – un activiste politique, ce qui exclut du même coup l’usage – présent ou passé – d’armes par l’individu en question.

 

Samir Kuntar un "activiste politique", voyons voir ?

 

Agé d’à peine seize ans, en 1979, il dirigea un commando du Front de Libération de la Palestine sur la ville côtière de Nahariya à bord d’un canot pneumatique, dans le but d’y prendre des otages.

 

Après avoir exécuté un policier, Elyahou Shakhar, il avait pénétré avec ses complices dans l’appartement de la famille Haran, en extirpant le père, Danny (31 ans), et sa fille Einat.

 

Découvrant sur la plage que le bateau gonflable avait été rendu inutilisable par les échanges de tirs, Kuntar abattit Danny Haran d’une balle dans le dos, sous les yeux d’Einat ; pour s’assurer que Danny était bien mort, il lui maintint la tête plusieurs minutes sous l’eau de la Méditerranée. Il emmena ensuite la fillette de quatre ans, plaça son visage sur un rocher et le lui fracassa à l’aide du manche de sa Kalachnikov.

 

Smadar Haran, la mère, avait réussi à se cacher dans un débarras avec sa seconde fille, Yaël (2 ans), ainsi qu’une voisine. Elle avait bâillonné Yaël afin d’étouffer ses cris mais, ce faisant, elle avait asphyxié sa deuxième fille.

 

Qualifier l’auteur de tels actes d’ "activiste politique" participe du délire antisémite paroxysmique. Cacher ces éléments au public français constitue un complot, puisque, sous l’impulsion de l’ineffable AFP, la presque totalité de la presse tricolore, Libération, Le Monde, etc., reprend cette version fortement édulcorée de la vérité historique.

 

C’est évidemment un dol, une malversation journalistique, une faute éthique. Si les faits avaient été correctement retranscrits, les lecteurs et les téléspectateurs auraient pu concevoir l’émoi qui envahit la population israélienne à l’annonce de la mort du scélérat, et la satisfaction contenue exprimée par des responsables politiques.

 

Pour faire correctement leur boulot, les Francouillons de la presse antisémite auraient pu interviewer Madame Haran pour lui demander son commentaire et faire écho de son ressenti. Ç’aurait été de l’information, mais l’information n’existe plus en France depuis longtemps dès qu’il s’agit de traiter d’Israël. Ils vivent au temps du Capitaine Dreyfus, lorsqu’il fut accusé et condamné pour trahison, et de Je suis partout, et cela ne les prive pas de leur sommeil.

 

Leur public, leurs lecteurs, leurs clients, ceux qui les paient pour qu’ils les informent, auraient facilement compris pourquoi l’armée de l’air à l’étoile de David avait pulvérisé la maison de Jaramana pour régler son compte à ce fils de pute. Mais c’est précisément ce que les Francouillons de la presse antisémite ne voulaient pas que leur public comprenne, c’est pour cela qu’ils lui ont menti ; il aurait, en ces temps difficiles où les Kuntar n’épargnent pas Paris, pu ressentir de l’empathie pour les Israéliens, et même, horreur absolue pour ces gratte-merde, s’identifier à la victoire des Juifs et à la justice historique qu’ils ont réhabilitée. 

 

Alors, pour le Fig, lorsqu’il s’agit de Juifs, écraser le crâne d’une petite fille sous la crosse d’un fusil après avoir abattu son papa sous ses yeux, c’est "une opération armée qui avait fait quatre morts dans le nord de l'Etat hébreu", ou encore, une "sanglante attaque transfrontalière".

 

Même requiem sur Le Monde, qui explique l’anéantissement de l’archi-terroriste et l’entêtement d’Israël à cause d’ "une opération meurtrière qui avait fait quatre morts, dont une fillette de 4 ans". Aucune mention du fait que c’est Kuntar qui l’a tuée ni dans quelles circonstances ; le coupable, dans la construction de cette phrase, c’est le sujet : l’ "opération meurtrière" !

 

A Libération, sous la plume d’un certain Nissim Behar, on apprend que ce – brave ? pauvre ? – Kuntar "s’était infiltré dans le nord d’Israël avec un commando du Front de Libération de la Palestine pour y prendre des otages, faisant quatre morts". Si cette description n’a pas le mérite de respecter les règles du journalisme, elle a, en revanche, celui de la concision.

 

Ces quotidiens ont employé un narratif lapidaire qui a limé intentionnellement la gravité des crimes d’un individu défini comme super-terroriste hyper-dangereux sur les listes des services américains, afin de maintenir à tout prix – même celui de l’infamie - l’image de la victimisation du camp arabo-palestinien et celle de l’agressivité inexplicable autant qu’invétérée des Israéliens. Cela s’appelle simplement de la propagande. Et dans le cas qui nous préoccupe (beaucoup), de la propagande antisémite.

 

Autre dol déontologique de nature et de fonction identiques : la "qualification insuffisante". C’est ainsi que le Figaro désigne Kuntar dans son titre comme une "figure du Hezbollah", tout en sachant pertinemment que ce n’est pas pour ce motif qu’il a été neutralisé par le Khe’l Avir, et que le qualifiant le plus pertinent pour le décrire – c’est une obligation de s’y tenir dans notre métier – est "le boucher de Nahariya" et non un titre ou une fonction qu’il aurait acquis au sein d’une organisation terroriste. Il m’incombe de préciser qu’il ne s’agit pas ici d’un choix éditorial ou d’une opinion facultative mais de l’acte le plus marquant, le plus inhabituel et le plus identifiant que l’on puisse objectivement attribuer à cet individu.

 

Même malversation dans Le Monde, qui évoque "une figure du mouvement chiite libanais" et "un symbole du Hezbollah". Cherchez les adeptes du complot, mais cherchez-les, pour une fois, là où ils se trouvent !

 

Behar et Libé vont plus loin encore dans l’abjection et la glissade déontologique en décrivant Kuntar comme un "Druze", un "Libanais", ou encore "une cible privilégiée des services de renseignement israéliens", étant vivement posé, pour ceux qui ne sont pas de langue maternelle française, qu’une "cible" est forcément une "victime".

 

Pour le correspondant de ce journal, sauvé de la fermeture il y a moins de deux ans par l’injection de quatre millions d’euros par un citoyen israélien, Patrick Drahi, qui détient toujours la moitié du capital de ce torchon, le Mossad "rêvait" de se "débarrasser" de Kuntar, qu’il avait l’audace incroyable de "présenter comme un "architerroriste"".

 

"Architerroriste" entre guillemets et en italique – deux précautions valant toujours mieux qu’une pour souligner à quel point ces Israéliens sont décidément infréquentables et excessifs. Je poserais bien la question de savoir qui, au monde et dans l’histoire, plus que Kuntar mérite la mention d’archi-terroriste, mais je cultive le principe de ne pas discuter avec les racistes, les antisémites, les antisionistes (pléonasme), les fielleux, les vendus et les cons.

 

Passons au Bêtisier de Noël : selon Nissim Behar, l’immeuble de Jarama "frappé par quatre roquettes (…) s’est effondré comme un château de cartes". Les antisémites et les vendus ne sont décidément pas très au courant de l’actualité qu’ils relatent : s’il avait été frappé par des roquettes, le bâtiment serait toujours debout, et le "Druze libanais" continuerait à respirer le même air que Behar, la charge explosive des roquettes variant dans la région entre 5 et 75 kilos. En réalité, chacun des quatre missiles SPICE emportait entre 1 000 et 2 000 kilos d’explosifs, ce qui explique la totale dislocation de l’édifice. Il y a boum et bouuuuum, sachons apprécier la différence…

 

On retrouve le même genre de "précision professionnelle" – il est difficile de faire à la fois du journalisme et de la propagande pour le Hezbollah - au milieu d’innombrables fautes d’orthographe, sur le Fig, qui raconte à ses lecteurs que la région de Kouneitra se situe "près du plateau du Golan". En vérité, Kouneitra est la capitale du Golan… Boum.

 

Autre perle du même journal, qui nous dit qu’en 2008, Kuntar avait été libéré "lors d’un échange de prisonniers [d’Israël] avec le mouvement chiite libanais Hezbollah". En fait, l’archi-terroriste et quatre autres de ses pairs furent échangés contre les dépouilles des soldats Ehud Goldwasser et Eldad Regev. Il y avait peu de chances que ces "prisonniers" s’évadent…  

  

Ne nous attardons pas sur les anecdotes alors qu’on a, une nouvelle fois, la preuve, dans ces trois articles, que la presse française est rongée jusqu’à l’os par le cancer de l’antisémitisme. Au point de tronquer systématiquement l’information au profit des pires ennemis d’Israël et de l’humanité. Nous aurions d’ailleurs pu effectuer la même analyse sur la base des articles et commentaires des autres media français mainstream, qui mentent pratiquement tous de la même manière, avec les mêmes a priori nauséeux et les mêmes arguments.

 

Alors nous répétons nous aussi notre avertissement : cette propagande participe d’une incitation extrêmement grave à la haine des Juifs. Sans qu’il soit possible de quantifier ses effets, on peut sans hésitation déterminer qu’elle a largement contribué à développer la passion vengeresse de terroristes-tueurs musulmans ayant agi en France et ailleurs, et qu’elle coûte ainsi des vies humaines.

 

Les Francouillons de la presse sont des êtres irresponsables emplis de haine antisémite. Faute de les rappeler fermement à leurs contraintes ontologiques, le gouvernement français prend des risques redoutables, dont les effets sont en passe de devenir incontrôlables et irréversibles. En plus de leur impact sur le terrorisme, ils collaborent à l’abandon de la France par les Juifs, dont l’émigration en Israël a battu tous les records en 2015.

 

Une dernière chose, destinée à ceux qui se demandent comment Israël peut justifier d’avoir tué huit autres personnes dans le bâtiment dans lequel se trouvait Kuntar à Damas. Tous étaient des miliciens libanais du Hezbollah, des terroristes druzes syriens et des officiers iraniens. Ils s’étaient réunis afin de préparer une opération sanglante contre un village israélien du Golan. Ce n’est pas la Ména qui l’affirme, mais le gouvernement israélien, de même que des organes d’information arabes, y compris ceux dépendant du Hezbollah.

 

Organiser une opération sanglante contre un village israélien du Golan, ce serait légitime, puisque l’AFP et les autres Francouillons nous rebattent nuit et jour les oreilles sur le fait que le fameux Golan serait "occupé" ou "annexé" par un corps étranger, à savoir l’Etat hébreu. N’est-il pas significatif tout de même, dans ces conditions, qu’aucun Francouillon ne se soit demandé ce que des miliciens libanais et des soldats iraniens, soit des étrangers par excellence, ont à faire sur ce territoire dont les gratte-merde antisémite se plaisent à revendiquer la syrienneté absolue ?

 

Joyeux Noël. Mais uniquement aux hommes de bonne volonté.

 

 

 
Trois roquettes tirées sur le nord-ouest d’Israël (info # 032012/15) Version imprimable
dimanche, 20 décembre 2015

 

© Metula News Agency

 

Métula 18h25, Paris 17h25

 

Trois roquettes tirées à partir du Liban ont explosé il y a quelques minutes dans la périphérie de Shlomi, au nord de Haïfa.

 

On ne dénombre ni victimes ni dégâts.

 

Pour le moment, Tsahal n’a pas répliqué. Ces tirs se produisent après l’élimination de l’archi-terroriste du Hezbollah Samir Kuntar au centre de Damas, à 22h 10 samedi.

 

A Métula, nous ne pensons pas qu’il s’agisse de la réplique du Hezbollah, qui a l’habitude de prendre son temps avant de riposter et préfère des opérations plus ciblées, que les terroristes de la milice chiite appellent "qualitatives".

 

La tension est importante et Tsahal se trouve en état d’alerte. Les sirènes des radars "couleur rouge" ont retenti dans le nord-ouest d’Israël. Jusqu’à maintenant, on n’a observé aucun incident dans le Doigt de la Galilée, la région de Métula et Kiryat Shmona.

 

 

 
L’accord de Paris et ses failles (info # 011412/15) Version imprimable
lundi, 14 décembre 2015

 

Par Sébastien Castellion

 

L’émotion qui remplissait la salle présidée par Laurent Fabius, samedi soir, n’était pas feinte. L’adoption de l’accord de Paris sur le climat a été un véritable succès diplomatique : faire en sorte que 195 pays acceptent le même texte exige beaucoup de patience, de finesse et de talents de négociation. Les diplomates – ceux de la présidence française en premier lieu– ont bien travaillé.

 

Il est peu probable, en revanche, que cet accord permettra (comme on l’a beaucoup entendu) de « sauver la planète ». Il souffre de plusieurs failles fondamentales, que les négociateurs ont dû accepter pour obtenir l’unanimité. Tous les diplomates le savent : il est souvent indispensable de rendre un texte ambigu ou contradictoire pour obtenir l’accord de plusieurs parties ; mais cela rend aussi plus difficile la mise en pratique de ses mesures d’application.

 

La première difficulté est que les mesures adoptées ne permettront pas d’atteindre l’objectif de l’accord, si l’on en croit le modèle scientifique qui sert de référence aux négociateurs eux-mêmes.

 

Les pays du monde se sont donnés pour objectif de « contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C ».

 

Nous sommes déjà à un peu moins de 1 °C au-dessus des températures moyennes de 1850 à 1870, donc l’augmentation future des températures devrait être limitée à un demi-degré. D’après un expert consulté pour cet article – et qui s’appuie lui-même sur l’analyse d’Alden Meyer de l’Union of Concerned Scientists – (l’union des scientifiques impliqués) le modèle utilisé par les négociateurs (celui du Groupe Intergouvernemental pour l’Etude du Climat des Nations-Unies, ou GIEC) permet de calculer que, pour limiter le réchauffement total à 0,5 °C supplémentaires, il faudra que le montant total des émissions de CO2 de la planète atteigne son maximum en 2020, et qu’à partir de 2050, les émissions nettes de la planète soient devenues nulles (c’est-à-dire que les émissions de CO2 soient entièrement compensées par des « pièges à carbone » qui retiennent le CO2 et l’empêchent de se répandre dans l’atmosphère).

 

L’accord de Paris ne permettra pas d’atteindre ce résultat. Il ne prévoit aucune mesure technologique ou fiscale qui pourrait entraîner une baisse des émissions dès 2020.

 

L’idée d’une tarification obligatoire du carbone – qui aurait donné à chacun une incitation directe à consommer moins d’énergies fossiles – a été abandonnée pour obtenir l’accord des producteurs de pétrole. Aucun prix n’a été fixé, aucun mécanisme mis en place ; il ne reste dans le texte qu’un hommage abstrait au principe de tarification.

 

Pour ne froisser personne et obtenir l’unanimité, les diplomates négociateurs ont désigné les objectifs à atteindre sans jamais désigner de pays chargé de leur application – ce qui permet à chaque pays ou groupe de pays d’attendre des autres qu’ils fassent l’effort à leur place.

 

Il est ainsi indiqué que les pays industrialisés doivent aider les pays en développement à réduire leurs émissions (article 54), mais aucun document ne prévoit comment l’objectif d’une aide de 100 milliards de dollars sera réparti entre les contributeurs. La probabilité pour que ces fonds puissent être distribués et investis et produire leurs effets sur les émissions de CO2 d’ici 2020 est nulle.

 

armanhun.jpg

Ne sentez-vous pas qu’il commence déjà à faire plus frais ?

 

L’accord prévoit, en revanche, que les pays signataires fixeront de nouveaux objectifs nationaux de réduction tous les 5 ans à partir de 2020 (article 23) et que le GIEC fera un rapport sur les conséquences d’un réchauffement supérieur à 1,5 °C en 2018 (article 21). Tous ces rapports conduiront presque certainement à un durcissement progressif des objectifs. En revanche, les contraintes techniques sont trop fortes pour que les engagements déjà publiés par les pays et transmis aux Nations Unies, puissent être fondamentalement modifiés d’ici 2020.

 

En application de ces engagements, l’Inde va connaître une forte augmentation de ses émissions de CO2, qui passeront de 3 milliards de tonne en 2015 à 5,2 milliards en 2030. La Chine prévoit que ses émissions augmenteront de 11 milliards de tonnes de CO2 en 2015 à un total situé entre 13,7 et 14,2 milliards de tonnes en 2030.

 

Ces deux pays font déjà des efforts ; ils ont (la Chine surtout) réduit l’intensité en carbone de leur économie. Mais ils prévoient que leur économie va beaucoup augmenter en volume, ce qui exigera de brûler, au total, davantage de carbone.

 

Sur la même période 2015-2030, dans l’hypothèse moyenne, les Etats-Unis devraient avoir réduit leurs émissions de 6,5 à 6,1 milliards de tonnes et l’Union Européenne de 4,6 à 4,0 milliards. Là encore, si de nouvelles améliorations sont apportées, elles ne peuvent pas techniquement être telles qu’elles annulent l’augmentation des émissions indiennes et chinoises.

 

A l’échelle mondiale, selon les projections actuelles, les émissions de CO2 devraient donc augmenter encore de 20% dans les quinze prochaines années, après quoi elles pourraient commencer à baisser. La baisse totale des émissions est déjà constatée aux Etats-Unis et en Europe. Elle finira par se produire à l’échelle mondiale. Des efforts supplémentaires sont sans doute possibles, mais il n’existe pas d’hypothèse réaliste dans laquelle le pic mondial puisse être atteint dès 2020.

 

L’autre condition pour que le réchauffement soit limité à 1,5 °C est encore plus problématique. Il faudrait, selon les modèles du GIEC, qu’à partir de 2050, la planète soit en situation d’« émissions zéro » ; autrement dit, tout le nouveau CO2 produit devrait être capturé.

 

La plus grande partie du CO2 émis sur la planète est capturée par deux pièges naturels : les forêts et les océans. Mais depuis les années 1950, ces pièges naturels ne suffisent plus et la concentration de CO2 dans l’atmosphère augmente progressivement.

 

Il existe bien des pièges à carbone artificiels : systèmes de captation du carbone intégrés aux centrales à charbon, déchetteries équipées. Mais comment développer suffisamment les systèmes artificiels pour qu’ils parviennent à compenser les limites d’un système naturel qui inclut – excusez du peu – toutes les forêts et tous les océans de notre planète ? Il n’existe, à ce jour, aucune réponse technologique à cette question. Personne ne peut affirmer qu’il sera possible d’en trouver une d’ici 2050. Voilà qui rend assez peu plausible, selon les termes même du modèle GIEC, l’objectif fixé par l’accord de Paris.

 

Tout cela signifie-t-il que, faute d’une application rigoureuse de l’accord de Paris, nous sommes condamnés à voir la planète se réchauffer au-delà du supportable et que nous verrons se multiplier les cataclysmes naturels, l’exode des populations, l’inondation de pays entiers ?

 

La vérité est que cela n’est pas, aujourd’hui, le principal risque. Les modèles du GIEC ont une longue et embarrassante histoire de surestimation des effets du CO2 sur les températures.

 

armandheu.jpg

Les prédictions du GIEC en 1990 : même le « scénario bas » est plus haut que les observations

 

Les premiers rapports du GIEC, écrits pendant la phase de réchauffement relativement rapide des années 1975-1998, n’ont jamais prédit la stabilisation des températures que le monde a connue depuis 1998 jusqu’au temps présent (la « pause » dans le réchauffement, selon le jargon du GIEC).

 

Dans son rapport de 2001, le GIEC annonçait que les tempêtes de neige allaient devenir des événements exceptionnels dans les prochaines années. Rien de tel ne s’est produit.

 

En 2005, l’ONU prédisait que la montée du niveau des mers entraînerait la fuite de 50 millions d’habitants des régions côtières vers 2010.

 

En 2007, le GIEC annonçait la décrue de la calotte glacière Antarctique ; celle-ci a atteint à l’été 2015 sa plus grande étendue jamais mesurée. Le même rapport estimait que le réchauffement climatique allait multiplier les ouragans – dont le nombre a régulièrement décru depuis.

 

En 2012, un document du GIEC indiquait que le monde avait atteint sa température la plus élevée depuis 1300 ans ; les documents plus récents reconnaissent qu’entre les années 950 et 1250 de l’ère courante, la température était comparable à celle d’aujourd’hui.

 

Rien de tout cela ne signifie que la concentration de CO2 dans l’atmosphère, qui continue à augmenter, ne provoquerait pas un certain réchauffement. Après tout, l’effet carbone est parfaitement confirmé en laboratoire (on ajoute délibérément du CO2 dans l’air des serres pour y augmenter la chaleur). Mais ces erreurs répétées sont le signe d’un biais systématique dans le modèle du GIEC : il donne à l’effet carbone plus d’importance qu’il n’en a en réalité et sous-estime d’autres facteurs d’évolution du climat, tels que les cycles solaires.

 

Une fois pris en compte le biais intrinsèque du modèle, la perspective d’une augmentation des concentrations de CO2 jusqu’à 2030 et non 2020, et d’un probable échec dans la poursuite de l’objectif « émissions zéro » en 2050, n’est pas si effrayante. Oui, il y aura probablement un effet de réchauffement ; mais cet effet sera presque certainement bien plus faible, une fois de plus, que ne le voudraient les rapports du GIEC. Notre planète y survivra.


pour lire la suite...
 
<< Début < Précédente 1 2 Suivante > Fin >>

Résultats 1 - 9 sur 10