L’Autorité Palestinienne veut l’épuration ethnique de la Judée Samarie (info # 012808/16) Version imprimable
dimanche, 28 août 2016

 

Par Guy Millière

 

Voici quelques jours, Binyamin Netanyahu a accusé l’Autorité Palestinienne de désirer l’épuration ethnique de la Judée Samarie, dès lors que Mahmoud Abbas et les seconds couteaux qui l’entourent veulent un territoire vidé de toute présence juive. C’est une évidence, Binyamin Netanyahu est dans le vrai, l’Autorité Palestinienne souhaitant l’épuration ethnique de la Judée Samarie. En revanche,  Binyamin Netanyahu a tort de prétendre qu’un accord de paix est possible et que la création d’un Etat “palestinien” est envisageable. Mais je ne doute pas qu’il le sait, et se contente de jouer aux échecs avec les dirigeants d’Europe, des Etats Unis et d’ailleurs.

 

L’Autorité Palestinienne veut davantage encore que l’épuration ethnique, elle réclame également le retour des “réfugiés”, qui n’en sont pas, parce que la quasi-totalité d’entre eux n’a jamais quitté le territoire israélien pour la bonne raison qu’elle est née ailleurs. L’AP entend, en continuant à exiger le retour des “réfugiés”, perpétuer l’infâme mensonge qui consiste à invoquer la Nakba ; le mot signifiant “catastrophe” et destiné à faire croire à ceux qui répercutent sa propagande qu’un génocide a été perpétré à l’encontre du “peuple palestinien”, qui serait l’équivalent du génocide subi par les Juifs dans le système Auschwitz.

 

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Le génocide qui n’a jamais eu lieu

Les Palestiniens réclament une Shoah

 

Ramallah veut ancrer dans les esprits qu’il existe un “peuple palestinien”, en faisant oublier que la notion de “peuple palestinien” a été inventée après la guerre des Six Jours en 1967 par les officines de propagande du KGB, comme l’explique, preuves à l’appui, Ion Mihai Pacepa, ancien officier roumain ayant travaillé pour le KGB à l’époque.

 

L’Autorité Palestinienne compte submerger Israël par une population arabe fanatisée et incitée depuis des années à haïr les Juifs et à œuvrer pour leur annihilation. Elle espère un deuxième génocide antijuif qui rayerait Israël de la carte, détruirait le peuple juif israélien et, à partir de là, le peuple juif lui-même. Car si Israël et le peuple juif israélien disparaissaient, le peuple juif serait touché à mort.

 

L’AP n’entend aucunement reconnaitre l’existence d’Israël en tant que pays du peuple juif, et n’acceptera aucun Etat “palestinien” vivant à côté d’un pays juif appelé Israël, elle n’en fait d’ailleurs pas mystère. Sur les cartes de géographie utilisées par l’Autorité Palestinienne, Israël n’existe pas.

 

La seule paix que l’Autorité palestinienne pourrait accepter serait la paix des cimetières, celle de la table rase, prélude à un monde sans Israël, et celle d’un bain de sang sans précédent depuis la Shoah.

 

L’Autorité Palestinienne est présentée encore parfois comme laïque : elle ne l’est pas et ne l’a jamais été. Elle puise ses racines chez le Mufti Amin al Husseini, l’oncle islamiste et nazi de Yasser Arafat, qui était lui-même issu des Frères Musulmans et avait pour nom de djihad Abou Amar.

 

L’AP est si peu laïque, que l’organisation principale qui la constitue, le Fatah, a un nom de provenance coranique, la sourate 48 qui s’appelle al Fatah, la "victoire éclatante". Et sa branche terroriste-djihadiste, créée après les accords d’Oslo, porte le nom éloquent de “Brigade des martyrs d’al Aqsa”.

 

L’organisation de Mahmoud Abbas a si bien renoncé au terrorisme djihadiste, qu’elle ne cesse d’appeler au meurtre et aux attentats antijuifs. Elle traite les terroristes djihadistes morts en tuant des Juifs comme des martyrs de l’islam et donne leurs noms à des rues et à des places publiques dans les territoires de Judée Samarie qu’elle régit. Elle perpétue le terrorisme djihadiste jusqu’à ce jour, et tous les Juifs israéliens tués depuis septembre 2015 l’ont été parce que Mahmoud Abbas, continuateur de l’œuvre de Yasser Arafat, antisémite musulman et négationniste, a lancé des appels à assassiner les Juifs.

 

La seule paix concevable pour Israël passerait par l’élimination de l’Autorité Palestinienne. Cette élimination n’est pas envisageable aujourd’hui, car les dirigeants d’Europe, des Etats Unis et d’ailleurs soutiennent l’Autorité Palestinienne, la financent, exigent d’Israël des concessions qui conduiraient, sitôt qu’elles seraient acceptées, à d’autres demandes de concessions. Ces dirigeants semblent de plus en plus souvent appeler de leurs vœux ce à quoi rêvait Yasser Arafat et ce que veulent Mahmoud Abbas et l’Autorité palestinienne, à savoir un monde sans Israël.

 

L’élimination de l’Autorité Palestinienne pourrait toutefois advenir plus vite que prévu :

 

Des élections municipales vont prochainement avoir lieu dans les villes et villages situées dans les territoires de Judée Samarie administrés par l’Autorité Palestinienne. Après avoir envisagé de boycotter ces élections, le Hamas et le Djihad islamique “palestinien” ont décidé d’y participer ; et s’ils ne peuvent le faire sous leur identité réelle, ils utiliseront des candidats sans étiquettes qui seront leurs candidats de façon souterraine. Tout indique que les candidats du Hamas et du Djihad Islamique “palestinien” remporteront ces élections. La différence entre le Hamastan de Gaza et l’Autorité Palestinienne sera alors effacée.

 

Certains, en Israël, s’inquiètent de cet effacement s’il survient ; je considère quant à moi qu’il sera plutôt, le cas échéant, un moment de clarification.

 

J’ai écrit autrefois que la différence entre l’Autorité palestinienne et le Hamas (et  le Djihad Islamique) reflétait la dissemblance entre le djihad lent et hypocrite et le djihad rapide et tranché. Les deux tuent. Le djihad rapide et tranché a pour lui le mérite de la clarté.

 

Les dirigeants d’Europe, des Etats Unis et d’ailleurs pourront difficilement, en cas de victoire du Hamas et du Djihad Islamique, demander à Israël de négocier avec ces adeptes du djihad rapide et tranché.

 

Si cela advient, ils pourront difficilement continuer à demander la création d’un Etat “palestinien” qui serait, sans que le moindre subterfuge puisse être alors utilisé pour cacher la réalité, un Etat voyou totalement voué au terrorisme djihadiste et à rien d’autre.

 

Binyamin Netanyahu n’aura, le cas échéant, plus à faire semblant de penser qu’un accord de paix est possible et que la création d’un Etat “palestinien” est envisageable.

 

Il pourra, dans ces circonstances, non seulement affirmer avec raison que l’Autorité Palestinienne veut l’épuration ethnique de la Judée Samarie, mais aussi ajouter que la paix passe par l’élimination de l’Autorité Palestinienne, ce qui l’est également.


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Les Kurdes ne reculent pas, ils avancent (info # 012608/15) Version imprimable
vendredi, 26 août 2016

 

Par Perwer Emmal à Amarinah

 

13h 38 à Métula, midi 38 à Paris

 

Suite à l’accord entre Ankara et Daesh ayant conduit l’Armée turque, entourée d’éléments d’al Qaëda reconvertis à la hâte en combattants de l’Armée Syrienne Libre (ASL) à prendre la ville de Jarabulus pratiquement sans coup férir, le Vice-Président U.S Joe Biden avait ordonné depuis la capitale turque aux forces kurdes d’évacuer la rive occidentale de l’Euphrate et de retraverser le fleuve en direction du canton de Kobané dans le Rojava.

 

L’Aviation américaine avait soutenu la parodie d’offensive ottomane, intitulée "Bouclier de l’Euphrate", en bombardant Jarabulus déjà abandonnée par ses défenseurs.

 

56 civils ont tout de même perdu la vie lors de bombardements de l’artillerie turque et de l’aviation coalisée, de même qu’un membre de l’ASL et d’une quinzaine de miliciens du Califat Islamique, (sur un millier qui s’y trouvaient avant l’ "attaque" et qui ont eu la vie sauve !).

 

Hier, lors d’un contact téléphonique avec son homologue turc, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a confirmé le retour des combattants kurdes des Unités de Protection du Peuple kurde (YPG) à l’est de l’Euphrate.

 

Il était mal informé !

 

Passant outre les injonctions de leurs anciens alliés étasuniens, les YPG ont, au contraire, intensifié leur offensive, n’hésitant pas à affronter les forces turques qui ont traversé la frontière syrienne. C’est ainsi que les Peshmerga, qui contrôlaient déjà depuis mercredi quatre villages situés à 7.5 km au sud Jarabulus, ont pris dans la nuit la position d’Haymar, plus à l’Ouest (voir la carte annexe), à moins de deux kilomètres de la frontière turque.

 

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La situation dans la région de Jarabulus-Manbij, ce matin à 11h, heure israélienne

Service cartographique © Metula News Agency

 

Forts de cette avancée, ils encerclent pratiquement le corps expéditionnaire turc dans un triangle de cinq kilomètres de côtés.

 

A 47 km au sud-ouest de Jarabulus, les YPG ont, dans le même temps, enlevé à DAESH la localité de Jubb al Hamir, poursuivant l’encerclement d’Arima, tenue par le Califat, et se trouvent pratiquement sur la route Arima-al Bab, qu’ils peuvent couper à tout moment.

 

L’objectif déclaré par les Kurdes et leurs alliés arabes et turkmènes au sein des Forces Démocratiques Syriennes consiste à prendre al Bab, dont ils ne sont plus distants que de 18 km et de faire leur jonction avec leurs frères kurdes du canton d’Afrin.

 

Le ministre turc des Affaires Etrangères, Mevlut Cavusoglu, avait pourtant averti mercredi que "si les Kurdes ne retournent pas à l’est de l’Euphrate, la Turquie prendra les décisions nécessaires à leur encontre".

 

Prenant la parole hier (jeudi), le Sultan Erdogan a jeté les gants, exprimant que son ennemi en Syrie n’était pas DEASH mais les Kurdes, qu’il avait l’intention d’écraser.

 

La volte-face de l’Administration U.S a été très mal perçue par l’Allemagne, et Madame Angela Merkel a donné l’ordre à son aviation de quitter la base d’Incirlik en Turquie pour se réinstaller dans un lieu inconnu, qui pourrait bien se situer dans le Rojava kurde.

 

La Ména a d’autre part appris de l’entourage de la chancelière, que la République Fédérale avait entrepris d’augmenter ses livraisons d’armes aux Kurdes et leur avait transmis des messages les assurant du maintien de son soutien.

 

Les autres Etats européens de la coalition, au premier rang desquels la Grande Bretagne et la France, n’ont pas réagi officiellement et n’ont pas commenté le retournement d’alliances effectué mardi par Washington.

 

Ils sont directement concernés par ces récents évènements, car la dispute entre Washington et les forces kurdes prive la coalition des forces au sol nécessaires pour anéantir l’Etat Islamique ; or cet objectif constitue la raison unique de leur présence en Syrie.

 

Depuis Amarinah, face à Jarabulus, d’où j’envoie cette mise à jour ce vendredi matin, j’observe le pari risqué pris par les YPG en n’obtempérant pas aux instructions de Washington, en choisissant de s’opposer par la force à l’Armée turque, et surtout, en poursuivant leur offensive en vue de réunifier le Rojava.

 

Il semble que le commandement kurde mise sur les désaccords entre les partenaires de la coalition internationale anti-Daesh, ceux, de plus en plus visibles sur le terrain, entre le commandement militaire U.S et l’Administration Obama, sur la pression internationale, ainsi qu’une possible réaction de Vladimir Poutine face à la poursuite de l’incursion turque en Syrie.

 

Peut-être les chefs Peshmerga ont-ils reçu des assurances dans ce sens, mais il ne s’agit que d’une hypothèse de ma part, et je m’empresse de souligner que je ne dispose d’aucune information tangible à ce sujet. Quoi qu’il en soit, les développements militaires des prochaines heures fourniront des informations précieuses à ce sujet.

 

 
L’interview hebdomadaire radiophonique de Stéphane Juffa Version imprimable
vendredi, 26 août 2016

 

Juffa, au micro de Jim Mosko sur Radio Judaica :

 

https://youtu.be/l3SZBHH-S58 (Youtube)

 

Au sommaire :

 

1. La situation dans le Rojava.

 

2. L’analyse des résultats des clubs israéliens dans les coupes européennes de football

 

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Incident à Saint-Etienne : la police française empêche les supporters israéliens du Beitar Jérusalem d’entrer dans le stade Geoffroy Guichard avec des drapeaux israéliens, au prétexte que c’est un symbole politique qui n’a rien à faire dans une arène sportive.

 

En revanche, elle autorise l’accès aux drapeaux français et palestiniens, par dizaines dans le cas de ces derniers, sur lesquels le réalisateur-TV s’attarde plusieurs fois durant la rencontre.

 

Il s’agit d’un acte de ségrégation inadmissible à l’encontre du drapeau à l’étoile de David, personne n’ayant jamais banni le drapeau national d’un club disputant un match européen. Assorti d’un acte antisportif et hostile, quant à la présence des drapeaux palestiniens. Les Israéliens attendent de l’UEFA qu’elle sévisse en faisant respecter sa réglementation.

 

 

 
La grande dérive des Juifs américains de gauche (info # 012208/16) Version imprimable
lundi, 22 août 2016

 

Par Guy Millière

 

L’une des questions qui m’est le plus souvent posée lors des conférences que je donne en Europe ou en Israël concerne les Juifs américains. Comment ceux-ci peuvent-ils continuer à voter massivement à gauche, alors que la gauche américaine est de plus en plus indifférente à l’antisémitisme dans le monde, et de plus en plus hostile à Israël.

 

Ma réponse consiste en général à citer le livre de Norman Podhoretz, Why Jews Are Liberal [Pourquoi les Juifs sont-ils libéraux (Démocrates)], publié au lendemain de la victoire de Barack Obama en 2008. Norman Podhoretz y explique que de nombreux Juifs américains ne sont plus juifs que du bout des lèvres et, sans s’en rendre compte, ont changé de religion pour adhérer plutôt qu’au judaïsme à un substitut de religion constitué par les idées de la gauche américaine.

 

J’ai longtemps faite mienne cette explication, et je continue à la penser pertinente. Je l’ai déjà dit ici. J’ai considéré que l’aveuglement de nombre de Juifs américains concernant Barack Obama tenait à une volonté chez les Israélites concernés de ne voir chez celui qui est encore président des Etats Unis pour quelques semaines que le « progressisme », quitte à oublier d‘autres aspects bien plus sordides de son action. J’ai voulu, sans l’accepter, excuser cet aveuglement autant que faire se peut, en me disant que, tout de même, les Juifs américains de gauche n’étaient pas, eux, à la différence de celui pour qui ils avaient voté, indifférents à l’antisémitisme et en position d‘hostilité à Israël.

 

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Comment des Juifs peuvent-ils s’associer à ça ?

 

Alors qu’une nouvelle élection présidentielle va avoir lieu et, dans un contexte où il semble qu’une proportion très importante de Juifs américains s’apprête à voter pour Hillary Clinton, j’ai davantage de difficultés à vouloir continuer à les excuser, et j’ai une nette propension à me poser beaucoup de questions à leur égard.

 

D’une part, le Comité National Démocrate, en faisant campagne pendant les élections primaires pour Hillary Clinton et contre Bernie Sanders, n’a pas hésité à utiliser des arguments antisémites et a suggéré à des groupes Démocrates locaux, comme l’ont révélé nombre d’emails divulgués, de souligner que Bernie Sanders est juif, ajoutant que cela dissuaderait des électeurs de voter pour lui. A quels électeurs s’adressaient des messages de ce genre ? Est-il nécessaire de répondre ?

 

Ce recours à des arguments antisémites était d’autant plus nauséabond que celle qui dirigeait à l’époque le comité en question était une Juive, s’agissant de Debbie Wasserman Schulz. Je sais qu’il existe des Juifs antisémites : si Debbie Wasserman Schulz n’en fait pas partie, elle n’a, pour le moins, aucun scrupule.

 

D’autre part, des propos anti-israéliens ont été tenus à la Convention Démocrate, et des drapeaux israéliens ont été brûlés et piétinés devant l’entrée du bâtiment où elle se tenait, sans que cela n’ait semblé émouvoir qui que ce soit, à commencer par Hillary Clinton et son colistier, Tim Kaine.

 

On peut ajouter que, quand bien même elle parle d’amitié envers Israël, Hillary Clinton n’a cessé d’avoir, ces dernières années, des fréquentations douteuses, incluant Sydney Blumenthal et son fils Max, qui lui est sans aucun doute un Juif antisémite, résolument « antisioniste », puisqu’il fréquente le Hamas et traite l’Armée israélienne d’armée nazie.

 

On doit ajouter que la Fondation Clinton a reçu des subventions massives de pays du monde musulman adeptes de la Sharia et clairement hostiles à Israël.

 

On doit ajouter, bien sûr, qu’Hillary Clinton n’a cessé d’appuyer toutes les initiatives anti-israéliennes de Barack Obama, y compris les pires, à l’instar de l’accord passé avec les mollahs de Téhéran en 2015.

 

On peut noter que si Debbie Wasserman Schulz a démissionné de son poste au parti Démocrate après que les manœuvres antisémites susdites aient été mises au jour, elle a été aussitôt embauchée par Hillary Clinton qui en a fait sa directrice de campagne.

 

Que tant de Juifs américains s’apprêtent à voter pour Hillary Clinton en ce contexte montre de leur part non seulement une indifférence à l’antisémitisme, mais aussi une acceptation de l’utilisation de l’antisémitisme à des fins électorales. Et non seulement une acceptation de positions hostiles à Israël, mais aussi une acceptation de l’ « antisionisme » le plus extrême.

 

J’ai du mal à penser que les Juifs américains qui vont voter Hillary Clinton sont encore juifs, même du bout des lèvres. Je serais enclin à penser qu’ils adhèrent pleinement aux idées de la gauche américaine. Qu’ils le fassent en un moment où la gauche américaine adopte des positions et des comportements de plus en plus fangeux me laisse pour le moins perplexe.  


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Aux sources du phénomène Hillary Clinton (info # 011508/16) Version imprimable
lundi, 15 août 2016

 

Par Sébastien Castellion

 

Dinesh D’Souza, Hillary’s America (Kindle Edition, livre ou DVD)

 

Dinesh D’Souza est l’un des auteurs les plus importants de la droite intellectuelle américaine. Arrivé de Bombay en Californie pour y faire ses études à la fin des années 1970, il a rapidement entamé une carrière d’auteur spécialisé dans la dénonciation de l’influence culturelle de la gauche sur la société. Ses livres ont notamment analysé les sources des tensions entre blancs et noirs (The end of racism, 1991), l’influence délétère de la gauche dans les universités (Illiberal education, 1995), l’influence internationale de l’Amérique (What’s so great about America, 2002) et l’apologétique de la religion chrétienne.

 

En 2010, il avait fourni l’analyse la plus convaincante à ce jour de l’idéologie du président Obama. Selon D’Souza, Obama n’est ni un marxiste classique ni un musulman secret (deux explications fréquemment rencontrées à droite mais qui n’expliquent pas l’intensité des liens du président avec Wall Street, ni les nombreuses attaques de drone qu’il autorise contre les mouvements islamistes). Il est avant tout un anticolonialiste, c’est-à-dire un idéologue convaincu que l’influence de l’Occident dans le monde a été néfaste et qu’il faut rendre les Etats-Unis moins puissants pour rééquilibrer les choses.

 

En anticipation de l’élection présidentielle de novembre prochain, D’Souza a étudié l’histoire du parti Démocrate en général et, plus particulièrement, d’Hillary Clinton, qui, selon tous les sondages disponibles à ce jour, a toutes les chances de devenir le prochain président américain.

 

D’Souza commence par une question fondamentale : pourquoi Mme Clinton parvient-elle à obtenir une telle fidélité des électeurs Démocrates ? Elle n’a pas le charme ou l’habileté politique de son mari. Elle n’incarne pas, comme le faisait Obama, le symbole d’une Amérique surmontant ses anciennes divisions pour élire un membre d’une minorité naguère persécutée. Enfin, Mme Clinton, malgré une très longue carrière politique, ne peut citer aucun succès marquant dans les fonctions qu’elle occupait dans la Maison Blanche de Bill Clinton, lors de son passage au Sénat ou comme Secrétaire d’Etat du président Obama. Cette presque septuagénaire n’a, tout simplement, rien accompli de remarquable à ce jour.

 

La réponse de D’Souza est qu’Hillary Clinton incarne, pour les militants du parti Démocrate, ce que ni son mari ni le président Obama n’ont jamais pu promettre : la pureté idéologique, la promesse d’une poursuite déterminée et implacable des objectifs qui unissent les membres du parti.

 

Pour comprendre quels sont ces objectifs, D’Souza consacre un peu plus de la moitié de son ouvrage à faire l’historique du parti Démocrate avant d’écrire celle d’Hillary Clinton. Il voit principalement, dans l’histoire du parti Démocrate contemporain, l’influence de trois pères fondateurs.

 

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Dinesh D’Souza et Hillary Clinton: la passion de comprendre contre la passion du pouvoir

 

Le premier est Andrew Jackson, général adulé de la guerre de 1812 contre la Grande-Bretagne, fondateur en 1824 du parti Démocrate et premier président Démocrate des Etats-Unis, de 1829 à 1837. Comme le rappelle D’Souza de manière détaillée, Jackson se forgea une solide clientèle politique en expropriant par la menace ou la guerre des dizaines de tribus indiennes, dont les terres étaient ensuite revendues à bas prix à ses soutiens politiques. Au passage, Jackson lui-même, né dans la pauvreté avant la Révolution de 1776, devint à titre personnel l’un des hommes les plus riches des Etats-Unis. Dans les deux siècles qui suivirent, le parti Démocrate n’a jamais cessé d’acheter le soutien de ses fidèles par la distribution de faveurs, ni de permettre à ses dirigeants de s’enrichir massivement à titre personnel.

 

La deuxième influence dominante du parti Démocrate est celle du président Franklin D. Roosevelt, qui dirigea les Etats-Unis de 1933 à sa mort, en 1944. L’influence de Roosevelt sur le parti Démocrate fut particulièrement marquante dans deux domaines.

 

Tout d’abord, il fut le premier à changer la stratégie du parti à l’égard de la minorité noire. Jusqu’à Roosevelt, le parti Démocrate était intrinsèquement, profondément hostile à la reconnaissance des droits des Noirs. Il a ardemment soutenu l’esclavage, contre l’opposition des Républicains, jusqu’à la défaite du Sud dans la guerre civile.

 

Puis, le parti Démocrate a été à l’origine de toutes les manœuvres destinées à empêcher les Noirs de profiter de leur liberté retrouvée : lois ségrégationnistes, création du Ku Klux Klan (longtemps décrit comme « le bras armé du parti Démocrate »), les lynchages, l’entrave au droit de vote… Avant Roosevelt, le racisme était au cœur même de l’identité Démocrate.

 

La révolution introduite par Roosevelt et complétée par ses successeurs – en particulier Lyndon Johnson, président de 1963 à 1969 – ne consistait cependant pas en une répudiation du racisme. Afin de conserver sa majorité, Roosevelt a maintenu en place les lois ségrégationnistes et a toujours su tordre le bras des quelques Démocrates antiracistes du Nord pour qu’ils ne fassent pas de difficultés sur le sujet. En revanche, il est allé activement à la recherche du vote noir, qui était auparavant massivement acquis au parti Républicain, en mettant en place des programmes sociaux qui répondaient à l’urgence de l’époque de la Grande Dépression.

 

Comme le signale D’Souza, lorsque des individus ou des groupes se sont éloignés d’une idéologie malfaisante – ceux qui ont quitté le communisme, par exemple, ou qui, de nos jours, s’éloignent du djihadisme – ils ont retracé leur trouble et l’histoire de leur conversion dans des livres ou des articles qui documentent la manière dont ils ont vaincu le mal. Or, il n’existe rigoureusement aucun témoignage de Démocrates expliquant comment ils ont compris que le racisme était condamnable – pas un livre, pas un article, pas une interview.

 

Cette absence de témoignage s’explique, selon l’auteur, par le fait que la conversion des Démocrates à l’antiracisme n’a jamais représenté une crise de conscience mais, sur le modèle de Roosevelt, un simple calcul électoral. En offrant des revenus sociaux à la population noire, sans exigence de travail, et en encourageant financièrement les comportements qui pérennisent la dépendance (comme la multiplication des naissances hors mariage), les Démocrates se sont assuré un vivier de voix pérenne correspondant exclusivement à leurs intérêts électoraux.

 

Cela ne veut pas dire que les Démocrates d’aujourd’hui soient intrinsèquement racistes – ni, du reste, réellement antiracistes. Ce n’est pas leur problème : leur problème est, exclusivement, le calcul électoral. Et s’il faut, pour s’assurer une majorité, maintenir en permanence une population dans la dépendance et la pathologie sociale, cela représente pour eux un prix parfaitement acceptable.

 

L’autre influence durable du président Roosevelt sur le parti Démocrate contemporain vient de sa fascination pour un modèle social dans lequel l’Etat, sans nationaliser directement les entreprises productives, leur impose des règles strictes de comportement au nom de sa définition de l’intérêt général.

 

D’Souza démontre, par de nombreux exemples, que ce modèle dirigiste s’accompagnait, chez Roosevelt comme dans toute la gauche américaine, d’une fascination pour les fascismes européens qui le mettaient en œuvre de manière plus complète (Roosevelt lui-même préférait Mussolini, cependant que le jeune John Kennedy était revenu plein de louanges d’un voyage dans l’Allemagne nazie).

 

Dans le cas de Roosevelt, le dirigisme a conduit à une intervention permanente pour limiter la chute des prix et des salaires qui a transformé ce qui aurait été l’une des inévitables corrections passagères du marché en une crise grave et prolongée. Une crise qui a multiplié les soutiens aux totalitarismes du vingtième siècle, convaincus que le capitalisme avait rencontré ses limites. Plus tard, le Président Obama s’est inspiré de ce modèle dirigiste pour imposer des objectifs politiques à l’une des principales industries américaines, l’assurance santé. Hillary Clinton propose une prise de contrôle comparable des prêts aux étudiants et du financement des universités.

 

Enfin, le troisième père fondateur du parti Démocrate est quelqu’un qu’Hillary Clinton a personnellement connu et admiré : Saul Alinsky, mort en 1972. Etudiant en criminologie dans le tournant des années 1930, Alinsky avait étudié de l’intérieur la mafia de Chicago. Après avoir appris les méthodes des groupes criminels, il les a transposées pour menacer et faire chanter les employeurs et les gouvernements locaux afin d’obtenir l’augmentation des recrutements ou des salaires, l’amélioration des conditions de travail… ou le financement de Saul Alinsky lui-même. Il a expliqué ses principes de cynisme absolu dans l’action politique dans un ouvrage, Règles pour les radicaux, à qui Hillary Clinton a consacré son mémoire de thèse.

 

Malgré l’admiration manifeste de Mme Clinton pour Alinsky, lorsque celui-ci lui proposa, à la fin de ses études, un emploi dans son organisation semi-criminelle, elle refusa en expliquant « que l’on peut obtenir de meilleurs résultats à l’intérieur du système qu’en le pressurant de l’extérieur1 ». Cette phrase résume toute sa carrière.

 

La deuxième partie du livre tente d’expliquer la vision du monde spécifique d’Hillary Clinton, héritière de cette triple tradition politique. Les écrits assez nombreux de la candidate offrent des indices concordants qui montrent une personnalité à la fois hautement idéologique et faisant preuve d’un cynisme absolu dans la recherche du pouvoir.

 

Pour ce qui est de l’idéologie, Mme Clinton pousse les instincts dirigistes bien au-delà de l’économie : elle a écrit plusieurs articles et un livre (It takes a village, 1996) pour défendre la thèse selon laquelle l’éducation des enfants et l’instruction des jeunes doit, autant que possible, être confiée aux institutions étatiques plutôt qu’aux familles. La prise de contrôle des universités par un système de financement public est, de nouveau, au cœur de son programme présidentiel pour novembre prochain.

 

Quant au cynisme politique, la candidate en a fait preuve à un degré bien supérieur au degré habituel des hommes politiques. Elle n’a longtemps dû sa carrière qu’à son mariage avec un homme politique plus talentueux et plus charmeur qu’elle, mais fragilisé par un appétit sexuel sans contrôle.

 

Hillary est devenue indispensable à la survie politique de son mari en se consacrant systématiquement, pendant des décennies, à attaquer personnellement les femmes qu’il avait séduites. D’Souza documente, exemple après exemple, les chantages au silence, diffamations et menaces physiques organisées contre ces femmes par la candidate2.

 

Depuis l’époque où son mari était gouverneur de l’Arkansas jusqu’à son propre passage au Secrétariat d’Etat, toute la carrière d’Hillary Clinton est marquée par une série de scandales financiers et personnels : enrichissement par délit d’initiés, vente de faveurs politiques, y compris d’amnisties présidentielles… Le plus grand de ces scandales est, de loin, la confusion des genres entre la Fondation Clinton – une organisation à but prétendument humanitaire, financée à la hauteur de plusieurs centaines de millions de dollars par diverses donations – et l’action de Mme Clinton comme Secrétaire d’Etat. Les donateurs de la Fondation (dont 90% des recettes ne sont pas allées à l’action humanitaire, mais à la rémunération d’alliés politiques embauchés pour la circonstance) ont bénéficié d’un trafic d’influence systématique dont le couple Clinton, à titre personnel, a largement profité.

 

Ainsi, Frank Giustra, un entrepreneur canadien qui souhaitait développer une mine d’uranium au Kazakhstan, obtint le soutien du Département d’Etat après avoir versé 31 millions de dollars à la Fondation. Toujours dans le domaine de l’uranium, la société d’Etat russe Rosatom reçut l’accord du Département d’Etat pour acheter une société qui possédait 20 % des réserves américaines après avoir généreusement financé la Fondation Clinton. Le soutien des Etats-Unis au renversement du régime Kadhafi en Libye coïncidait mystérieusement avec des plans d’investissement en Libye présentés à la Secrétaire d’Etat par un de ses plus proches conseillers, Sydney Blumenthal. Les exemples, précis et documentés, se multiplient sur plusieurs dizaines de pages.


 

 

Notes :

 

1 La correspondance entre Alinsky et Clinton peut être achetée au lien suivant : https://www.scribd.com/doc/240077031/The-Hillary-Letters.

 

2 D’Souza a une expérience personnelle de l’utilisation de moyens d’Etat pour intimider les opposants. Après son article sur Obama, il fut la première et, à ce jour, la seule personne jamais incriminée et menacée de détention pour avoir, en violation d’un article jamais appliqué de la loi électorale, donné 20 000 dollars de sa poche à la campagne électorale d’un ami

 

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