L’Autorité Palestinienne veut l’épuration ethnique de la Judée Samarie (info # 012808/16) Version imprimable
dimanche, 28 août 2016

 

Par Guy Millière

 

Voici quelques jours, Binyamin Netanyahu a accusé l’Autorité Palestinienne de désirer l’épuration ethnique de la Judée Samarie, dès lors que Mahmoud Abbas et les seconds couteaux qui l’entourent veulent un territoire vidé de toute présence juive. C’est une évidence, Binyamin Netanyahu est dans le vrai, l’Autorité Palestinienne souhaitant l’épuration ethnique de la Judée Samarie. En revanche,  Binyamin Netanyahu a tort de prétendre qu’un accord de paix est possible et que la création d’un Etat “palestinien” est envisageable. Mais je ne doute pas qu’il le sait, et se contente de jouer aux échecs avec les dirigeants d’Europe, des Etats Unis et d’ailleurs.

 

L’Autorité Palestinienne veut davantage encore que l’épuration ethnique, elle réclame également le retour des “réfugiés”, qui n’en sont pas, parce que la quasi-totalité d’entre eux n’a jamais quitté le territoire israélien pour la bonne raison qu’elle est née ailleurs. L’AP entend, en continuant à exiger le retour des “réfugiés”, perpétuer l’infâme mensonge qui consiste à invoquer la Nakba ; le mot signifiant “catastrophe” et destiné à faire croire à ceux qui répercutent sa propagande qu’un génocide a été perpétré à l’encontre du “peuple palestinien”, qui serait l’équivalent du génocide subi par les Juifs dans le système Auschwitz.

 

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Le génocide qui n’a jamais eu lieu

Les Palestiniens réclament une Shoah

 

Ramallah veut ancrer dans les esprits qu’il existe un “peuple palestinien”, en faisant oublier que la notion de “peuple palestinien” a été inventée après la guerre des Six Jours en 1967 par les officines de propagande du KGB, comme l’explique, preuves à l’appui, Ion Mihai Pacepa, ancien officier roumain ayant travaillé pour le KGB à l’époque.

 

L’Autorité Palestinienne compte submerger Israël par une population arabe fanatisée et incitée depuis des années à haïr les Juifs et à œuvrer pour leur annihilation. Elle espère un deuxième génocide antijuif qui rayerait Israël de la carte, détruirait le peuple juif israélien et, à partir de là, le peuple juif lui-même. Car si Israël et le peuple juif israélien disparaissaient, le peuple juif serait touché à mort.

 

L’AP n’entend aucunement reconnaitre l’existence d’Israël en tant que pays du peuple juif, et n’acceptera aucun Etat “palestinien” vivant à côté d’un pays juif appelé Israël, elle n’en fait d’ailleurs pas mystère. Sur les cartes de géographie utilisées par l’Autorité Palestinienne, Israël n’existe pas.

 

La seule paix que l’Autorité palestinienne pourrait accepter serait la paix des cimetières, celle de la table rase, prélude à un monde sans Israël, et celle d’un bain de sang sans précédent depuis la Shoah.

 

L’Autorité Palestinienne est présentée encore parfois comme laïque : elle ne l’est pas et ne l’a jamais été. Elle puise ses racines chez le Mufti Amin al Husseini, l’oncle islamiste et nazi de Yasser Arafat, qui était lui-même issu des Frères Musulmans et avait pour nom de djihad Abou Amar.

 

L’AP est si peu laïque, que l’organisation principale qui la constitue, le Fatah, a un nom de provenance coranique, la sourate 48 qui s’appelle al Fatah, la "victoire éclatante". Et sa branche terroriste-djihadiste, créée après les accords d’Oslo, porte le nom éloquent de “Brigade des martyrs d’al Aqsa”.

 

L’organisation de Mahmoud Abbas a si bien renoncé au terrorisme djihadiste, qu’elle ne cesse d’appeler au meurtre et aux attentats antijuifs. Elle traite les terroristes djihadistes morts en tuant des Juifs comme des martyrs de l’islam et donne leurs noms à des rues et à des places publiques dans les territoires de Judée Samarie qu’elle régit. Elle perpétue le terrorisme djihadiste jusqu’à ce jour, et tous les Juifs israéliens tués depuis septembre 2015 l’ont été parce que Mahmoud Abbas, continuateur de l’œuvre de Yasser Arafat, antisémite musulman et négationniste, a lancé des appels à assassiner les Juifs.

 

La seule paix concevable pour Israël passerait par l’élimination de l’Autorité Palestinienne. Cette élimination n’est pas envisageable aujourd’hui, car les dirigeants d’Europe, des Etats Unis et d’ailleurs soutiennent l’Autorité Palestinienne, la financent, exigent d’Israël des concessions qui conduiraient, sitôt qu’elles seraient acceptées, à d’autres demandes de concessions. Ces dirigeants semblent de plus en plus souvent appeler de leurs vœux ce à quoi rêvait Yasser Arafat et ce que veulent Mahmoud Abbas et l’Autorité palestinienne, à savoir un monde sans Israël.

 

L’élimination de l’Autorité Palestinienne pourrait toutefois advenir plus vite que prévu :

 

Des élections municipales vont prochainement avoir lieu dans les villes et villages situées dans les territoires de Judée Samarie administrés par l’Autorité Palestinienne. Après avoir envisagé de boycotter ces élections, le Hamas et le Djihad islamique “palestinien” ont décidé d’y participer ; et s’ils ne peuvent le faire sous leur identité réelle, ils utiliseront des candidats sans étiquettes qui seront leurs candidats de façon souterraine. Tout indique que les candidats du Hamas et du Djihad Islamique “palestinien” remporteront ces élections. La différence entre le Hamastan de Gaza et l’Autorité Palestinienne sera alors effacée.

 

Certains, en Israël, s’inquiètent de cet effacement s’il survient ; je considère quant à moi qu’il sera plutôt, le cas échéant, un moment de clarification.

 

J’ai écrit autrefois que la différence entre l’Autorité palestinienne et le Hamas (et  le Djihad Islamique) reflétait la dissemblance entre le djihad lent et hypocrite et le djihad rapide et tranché. Les deux tuent. Le djihad rapide et tranché a pour lui le mérite de la clarté.

 

Les dirigeants d’Europe, des Etats Unis et d’ailleurs pourront difficilement, en cas de victoire du Hamas et du Djihad Islamique, demander à Israël de négocier avec ces adeptes du djihad rapide et tranché.

 

Si cela advient, ils pourront difficilement continuer à demander la création d’un Etat “palestinien” qui serait, sans que le moindre subterfuge puisse être alors utilisé pour cacher la réalité, un Etat voyou totalement voué au terrorisme djihadiste et à rien d’autre.

 

Binyamin Netanyahu n’aura, le cas échéant, plus à faire semblant de penser qu’un accord de paix est possible et que la création d’un Etat “palestinien” est envisageable.

 

Il pourra, dans ces circonstances, non seulement affirmer avec raison que l’Autorité Palestinienne veut l’épuration ethnique de la Judée Samarie, mais aussi ajouter que la paix passe par l’élimination de l’Autorité Palestinienne, ce qui l’est également.


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Les Kurdes ne reculent pas, ils avancent (info # 012608/15) Version imprimable
vendredi, 26 août 2016

 

Par Perwer Emmal à Amarinah

 

13h 38 à Métula, midi 38 à Paris

 

Suite à l’accord entre Ankara et Daesh ayant conduit l’Armée turque, entourée d’éléments d’al Qaëda reconvertis à la hâte en combattants de l’Armée Syrienne Libre (ASL) à prendre la ville de Jarabulus pratiquement sans coup férir, le Vice-Président U.S Joe Biden avait ordonné depuis la capitale turque aux forces kurdes d’évacuer la rive occidentale de l’Euphrate et de retraverser le fleuve en direction du canton de Kobané dans le Rojava.

 

L’Aviation américaine avait soutenu la parodie d’offensive ottomane, intitulée "Bouclier de l’Euphrate", en bombardant Jarabulus déjà abandonnée par ses défenseurs.

 

56 civils ont tout de même perdu la vie lors de bombardements de l’artillerie turque et de l’aviation coalisée, de même qu’un membre de l’ASL et d’une quinzaine de miliciens du Califat Islamique, (sur un millier qui s’y trouvaient avant l’ "attaque" et qui ont eu la vie sauve !).

 

Hier, lors d’un contact téléphonique avec son homologue turc, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a confirmé le retour des combattants kurdes des Unités de Protection du Peuple kurde (YPG) à l’est de l’Euphrate.

 

Il était mal informé !

 

Passant outre les injonctions de leurs anciens alliés étasuniens, les YPG ont, au contraire, intensifié leur offensive, n’hésitant pas à affronter les forces turques qui ont traversé la frontière syrienne. C’est ainsi que les Peshmerga, qui contrôlaient déjà depuis mercredi quatre villages situés à 7.5 km au sud Jarabulus, ont pris dans la nuit la position d’Haymar, plus à l’Ouest (voir la carte annexe), à moins de deux kilomètres de la frontière turque.

 

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La situation dans la région de Jarabulus-Manbij, ce matin à 11h, heure israélienne

Service cartographique © Metula News Agency

 

Forts de cette avancée, ils encerclent pratiquement le corps expéditionnaire turc dans un triangle de cinq kilomètres de côtés.

 

A 47 km au sud-ouest de Jarabulus, les YPG ont, dans le même temps, enlevé à DAESH la localité de Jubb al Hamir, poursuivant l’encerclement d’Arima, tenue par le Califat, et se trouvent pratiquement sur la route Arima-al Bab, qu’ils peuvent couper à tout moment.

 

L’objectif déclaré par les Kurdes et leurs alliés arabes et turkmènes au sein des Forces Démocratiques Syriennes consiste à prendre al Bab, dont ils ne sont plus distants que de 18 km et de faire leur jonction avec leurs frères kurdes du canton d’Afrin.

 

Le ministre turc des Affaires Etrangères, Mevlut Cavusoglu, avait pourtant averti mercredi que "si les Kurdes ne retournent pas à l’est de l’Euphrate, la Turquie prendra les décisions nécessaires à leur encontre".

 

Prenant la parole hier (jeudi), le Sultan Erdogan a jeté les gants, exprimant que son ennemi en Syrie n’était pas DEASH mais les Kurdes, qu’il avait l’intention d’écraser.

 

La volte-face de l’Administration U.S a été très mal perçue par l’Allemagne, et Madame Angela Merkel a donné l’ordre à son aviation de quitter la base d’Incirlik en Turquie pour se réinstaller dans un lieu inconnu, qui pourrait bien se situer dans le Rojava kurde.

 

La Ména a d’autre part appris de l’entourage de la chancelière, que la République Fédérale avait entrepris d’augmenter ses livraisons d’armes aux Kurdes et leur avait transmis des messages les assurant du maintien de son soutien.

 

Les autres Etats européens de la coalition, au premier rang desquels la Grande Bretagne et la France, n’ont pas réagi officiellement et n’ont pas commenté le retournement d’alliances effectué mardi par Washington.

 

Ils sont directement concernés par ces récents évènements, car la dispute entre Washington et les forces kurdes prive la coalition des forces au sol nécessaires pour anéantir l’Etat Islamique ; or cet objectif constitue la raison unique de leur présence en Syrie.

 

Depuis Amarinah, face à Jarabulus, d’où j’envoie cette mise à jour ce vendredi matin, j’observe le pari risqué pris par les YPG en n’obtempérant pas aux instructions de Washington, en choisissant de s’opposer par la force à l’Armée turque, et surtout, en poursuivant leur offensive en vue de réunifier le Rojava.

 

Il semble que le commandement kurde mise sur les désaccords entre les partenaires de la coalition internationale anti-Daesh, ceux, de plus en plus visibles sur le terrain, entre le commandement militaire U.S et l’Administration Obama, sur la pression internationale, ainsi qu’une possible réaction de Vladimir Poutine face à la poursuite de l’incursion turque en Syrie.

 

Peut-être les chefs Peshmerga ont-ils reçu des assurances dans ce sens, mais il ne s’agit que d’une hypothèse de ma part, et je m’empresse de souligner que je ne dispose d’aucune information tangible à ce sujet. Quoi qu’il en soit, les développements militaires des prochaines heures fourniront des informations précieuses à ce sujet.

 

 
L’interview hebdomadaire radiophonique de Stéphane Juffa Version imprimable
vendredi, 26 août 2016

 

Juffa, au micro de Jim Mosko sur Radio Judaica :

 

https://youtu.be/l3SZBHH-S58 (Youtube)

 

Au sommaire :

 

1. La situation dans le Rojava.

 

2. L’analyse des résultats des clubs israéliens dans les coupes européennes de football

 

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Incident à Saint-Etienne : la police française empêche les supporters israéliens du Beitar Jérusalem d’entrer dans le stade Geoffroy Guichard avec des drapeaux israéliens, au prétexte que c’est un symbole politique qui n’a rien à faire dans une arène sportive.

 

En revanche, elle autorise l’accès aux drapeaux français et palestiniens, par dizaines dans le cas de ces derniers, sur lesquels le réalisateur-TV s’attarde plusieurs fois durant la rencontre.

 

Il s’agit d’un acte de ségrégation inadmissible à l’encontre du drapeau à l’étoile de David, personne n’ayant jamais banni le drapeau national d’un club disputant un match européen. Assorti d’un acte antisportif et hostile, quant à la présence des drapeaux palestiniens. Les Israéliens attendent de l’UEFA qu’elle sévisse en faisant respecter sa réglementation.

 

 

 
La Guerre Civile Syrienne ne fait que commencer (info # 012408/16) Version imprimable
mercredi, 24 août 2016

 

Par Perwer Emmal dans le Rojava

 

Tôt ce matin, l’Armée turque a lancé une offensive en Syrie sur la ville de Jarabulus, tenue par DAESH et pratiquement encerclée par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), principalement constituées de combattants kurdes.

 

C’est Recep Tayyip Erdogan qui a annoncé l’opération intitulée "Bouclier de l'Euphrate" lors d’un discours à Ankara : "Depuis quatre heures ce matin, nos forces ont lancé une opération contre les groupes terroristes de DAESH et des YPG [Unités de Protection du Peuple kurde]", a ainsi déclaré le président turc.

 

L’attaque, précédée de bombardements de l’artillerie ottomane à partir de la région de Karkamis, dans son territoire, est menée par des "volontaires" présentés comme des membres de l’Armée Syrienne Libre (ASL). Ils sont soutenus par une dizaine de chars d’assaut.

 

A Ankara, on annonce également que l’opération bénéficie du soutien de la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis. Or cette affirmation est pour le moins surprenante, puisque, après la prise du verrou de Manbij, à 30 km au sud de Jarabulus, grandement facilitée à la fois par des bombardements U.S et des soutiens au sol de commandos américains et européens, la coalition internationale a continué à participer à l’offensive kurde. Laquelle ne s’est pas arrêtée ne serait-ce qu’une journée après la prise de contrôle de Manbij.

 

Or cette offensive se déroule sur deux axes : à l’Ouest, en direction d’al Bab, front sur lequel les Kurdes et leurs alliés s’apprêtent à prendre la ville d’Arima, qu’ils ont déjà dépassée en s’emparant des villages de Jubb al Hamir et de Cheikh Nasir, et au Nord, précisément vers Jarabulus, dont à partir de leur tête de pont d’al Hajaj, ils ne sont plus distants que d’une dizaine de kilomètres.

 

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Une zone d’activités militaires particulièrement dense

Service cartographique © Metula News Agency

 

Or l’aviation coalisée a participé, pas plus tard que le week-end dernier, à la bataille pour la prise d’al Hajaj, ainsi que de quatre autres villages sur la route menant de Manbij à al Ghandoura, plus à l’Ouest.

 

Les Américains et les Européens qui accompagnent la progression des YPG – nous nous étions posé la question, rappelez-vous, de savoir si les Occidentaux maintiendraient leur appui aux FDS après Manbij - se trouvent ainsi, avec leurs hommes, à moins de 10 km des Turcs qui prétendent intervenir afin de chasser les YPG, avec le concours des… Américains et des Européens.

 

Il y a visiblement embrouille, à moins que la coalition occidentale n’entende se combattre elle-même. C’est encore sans compter que ladite coalition opère depuis l’aéroport de Sabat Fawqani, non loin de là dans le Rojava kurde, et depuis l’héliport de Lafarge, dans le même secteur. Plus à l’Est, elle dispose d’un troisième aéroport, à Rimela, à proximité de la frontière iraquienne.

 

Ces bases aériennes en Syrie sont surtout utilisées afin de soutenir les Kurdes et leurs alliés au sein des FDS dans leur guerre avec DAESH, les appareils de la coalition décollant aussi depuis des aéroports de l’Aviation turque, notamment la principale d’entre elles dans la région, à Incirlik.

 

A propos d’Incirlik, on a appris que l’U.S Air Force en avait retiré les vingt bombes atomiques qu’elle y entreposait et les avait transférées sur la base de Deveselu en Roumanie. Officiellement, c’est à cause de l’instabilité qui suit le coup d’Etat manqué ; officieusement, des officiers américains m’ont expliqué que c’était pour éliminer la tentation – même minime – qui aurait pu traverser l’esprit d’Erdogan, si, en cas de désaccord au sujet de la stratégie à suivre en Syrie, il lui avait pris la drôle d’idée de faire main basse sur ces bombes.

 

Quoi qu’il en soit, les Peshmerga (combattants kurdes) vont maintenant camper sur leurs positions face à Jarabulus pour assister à une bataille sanguinaire opposant deux de leurs ennemis, les Turcs et les miliciens de l’Etat Islamique. Si Erdogan n’avait pas déclenché son offensive, c’aurait été leur lot de décramponner les islamistes acculés à l’Euphrate, et cela aurait occasionné des pertes dans leurs rangs.

 

Que les Turcs prennent Jarabulus n’a pas vraiment d’importance stratégique, puisque cette cité est de toute façon lovée sur la frontière ottomane. Dans les positions kurdes, on plaisante volontiers sur le fait que c’est Erdogan qui a maintenu le point de passage de Jarabulus ouvert entre son pays et la Syrie, pour y faire passer des armes et des volontaires à DAESH. Aujourd’hui, il combat ses ex-alliés à coups d’obus d’artillerie et de chars. Il les trahit simplement pour conserver l’opportunité d’empêcher les Kurdes d’établir la continuité territoriale du Rojava, entre les cantons de Kobané et d’Afrin, et il ne s’en est d’ailleurs pas caché lors de son discours d’Ankara. A cette occasion, Erdogan a par ailleurs exigé des Peshmerga qu’ils refranchissent l’Euphrate d’Ouest en Est.

 

Le risque premier consiste, pour les Kurdes, à voir le sultan absolu égarer des obus dans la bataille de Jarabulus afin qu’ils touchent les positions des FDS-YPG toutes proches. Ce faisant, il s’exposerait à tuer des Américains, des Français, des Britanniques ou des Allemands, ce que personne de normalement constitué ne se hasarderait à faire. Mais celui qui règne sans partage sur la Turquie est-il quelqu’un de véritablement sensé ? On ne va pas tarder à le savoir.

 

L’autre risque réside en cela que le président islamiste ottoman s’essaye à établir la zone d’influence dont il rêve depuis longtemps, le long de sa frontière, en territoire syrien, ce qui, s’il y parvenait, empêcherait les Kurdes d’unifier le Rojava.

 

Reste qu’il existe une différence fondamentale entre s’emparer de la ville frontière de Jarabulus, déjà à moitié turquisée, et s’avancer en territoire syrien sur plusieurs dizaines de kilomètres en affrontant les Kurdes qui s’y trouvent, voire les soldats du régime d’Assad. Non seulement les coalisés ne verraient pas cela d’un bon œil, eux qui combattent dans le Rojava pour établir une séparation géographique entre DAESH et la Turquie, mais les Russes prendraient probablement la mouche et n’hésiteraient pas à envoyer leurs Soukhoï au-devant de l’armée du sultan.   

 

C’est pour ne pas provoquer ces deux susceptibilités qu’Erdogan a préféré, ce matin, envoyer au casse-pipe des volontaires étrangers et non son armée. Depuis les années que nous le suivons, nous avons heureusement décelé chez cet individu un écart considérable entre les menaces qu’il profère et celles qu’il met en chantier.

 

En plus de ce qui précède, des chefs Peshmerga ont attiré mon attention sur le fait que les supplétifs du sultan n’avaient "pas encore conquis Jarabulus". Ils m’ont dit que les mêmes éléments à la solde d’Erdogan, non loin de là, à al Raï, également sur la frontière de la Turquie et avec l’appui massif de ses soldats, avaient mis des semaines à enlever la petite ville. Ils ont ajouté que les dix tanks engagés dans la bagarre à Jarabulus ne suffiraient pas à eux seuls à faire la différence et que les djihadistes, surtout lorsqu’ils sont acculés, sont de meilleurs combattants que ces amalgames d’illuminés de bric et de broc. A midi (mercredi), ils n’avaient réussi à chasser DAESH que du lieu-dit Kaklijah et de quatre autres positions le long de la frontière, par où ils étaient, peu avant, entrés en Syrie.

 

 

Les Kurdes chassent les soldats du régime d’Assaké après une semaine de durs combats

 

A Assaké, dans le Rojava oriental, à 250 km à l’est de Jarabulus à vol d’oiseau, des combats ont opposé, une semaine durant, les YPG et l’Armée régulière d’al Assad.

 

Al Assaké est une ville de 250 000 habitants, à majorité kurde et arabe, avec d’importantes minorités chrétiennes, assyrienne et araméenne. Jusqu’au déclenchement des combats, l’Armée gouvernementale occupait environ 25 % de la cité, principalement les quartiers centraux.

 

Il y a huit jours, suite à des escarmouches, les Peshmerga ont donné l’assaut aux positions de l’Armée et les ont rapidement enfoncées, ce qui a déclenché, vendredi dernier, des bombardements de la part de l’aviation du régime.

 

Prenant prétexte de la présence de forces américaines dans la région, l’U.S Air Force est rapidement intervenue pour intimider les pilotes d’Assad qui ont aussitôt cessé leurs attaques. Lundi, Peter Cook, le porte-parole du Pentagone, avait lancé un cinglant avertissement à Damas, lui signifiant que les Etats-Unis défendraient "leurs forces là où elles se trouvent", et conseillant à Assad "de se tenir à l’écart de là où nous opérons !".

 

Dans le même temps, les Kurdes lançaient un ultimatum aux soldats du régime, déjà complètement encerclés et débordés, leur proposant soit de se rendre en leur promettant de les traiter "comme des frères", soit de s’apprêter à mourir.

 

Suite à quoi des pourparlers s’étaient ouverts sous l’égide de la Russie, qui ont abouti à un accord et à un cessez-le-feu entré en vigueur mardi matin à 2 heures. Aux termes du compromis en question, les Kurdes conservent le contrôle des zones qu’ils ont conquises, tandis que les Syriens et leurs affidés sont contraints de quitter la ville avec interdiction d’y revenir.

 

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La région d’Assaké et Kameshli

Service cartographique © Metula News Agency

 

L’armée du régime continuera de gérer, à titre symbolique, un minuscule périmètre – moins de 5 % de la ville – situé au centre de celle-ci. Toujours en conformité avec les conditions du traité, les deux camps sont en train d’échanger leurs prisonniers, leurs blessés et les corps des hommes morts au combat.

 

Après cette défaite humiliante, le régime ne contrôle plus, dans le Rojava, qu’un périmètre militarisé situé dans la ville de Kameshli, à 73 km au nord-est d’Assaké. La zone gouvernementale, qui correspond à un petit tiers de la ville et de sa banlieue, inclut le poste frontière avec la Turquie, l’aéroport, ainsi que le quartier arabe et une partie des quartiers chrétiens.

 

Kameshli, qui compte 230 00 habitants avec sa périphérie est aujourd’hui la capitale de facto du Rojava. La majorité d’entre eux est kurde, avec une forte minorité arabe, ainsi que des (chrétiens) Assyriens [le nom donné aux Syriaques orthodoxes. Ndlr.] et des Arméniens. [La cité était également, jusque dans les années trente, un haut lieu de la présence et de la culture juive, qui s’étendait à Nusaybin (de l’hébreu Nitzavim, "ceux qui s’y trouvent, qui y sont", du côté turc de la frontière. La quasi-totalité des Juifs ont quitté les lieux en 1947, après la proclamation de l’indépendance de l’Etat d’Israël et les persécutions qui s’en suivirent de la part du régime baathiste de Damas). Ndlr.].

 

Les responsables des YPG avec qui j’avais parlé lors de mon dernier passage à Kameshli et Assaké au début des combats entre les Kurdes et l’Armée, m’ont prédit qu’à court ou moyen terme, il s’agira de chasser les soldats d’Assad du Rojava, en tentant de ne pas se brouiller avec les Russes.  

 

 

De plus en plus de miliciens du Hezbollah refusent de retourner combattre en Syrie

 

Les media libanais et arabes font état cette semaine du refus de dizaines de miliciens chiites libanais de retourner combattre en Syrie aux côtés des soldats du régime, des Iraniens et des Russes.

 

Les réfractaires expliquent qu’ils se font tuer pour rien, car l’Armée gouvernementale se montre incapable de tenir les positions que les Hezbollani libèrent au prix d’énormes pertes.


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La grande dérive des Juifs américains de gauche (info # 012208/16) Version imprimable
lundi, 22 août 2016

 

Par Guy Millière

 

L’une des questions qui m’est le plus souvent posée lors des conférences que je donne en Europe ou en Israël concerne les Juifs américains. Comment ceux-ci peuvent-ils continuer à voter massivement à gauche, alors que la gauche américaine est de plus en plus indifférente à l’antisémitisme dans le monde, et de plus en plus hostile à Israël.

 

Ma réponse consiste en général à citer le livre de Norman Podhoretz, Why Jews Are Liberal [Pourquoi les Juifs sont-ils libéraux (Démocrates)], publié au lendemain de la victoire de Barack Obama en 2008. Norman Podhoretz y explique que de nombreux Juifs américains ne sont plus juifs que du bout des lèvres et, sans s’en rendre compte, ont changé de religion pour adhérer plutôt qu’au judaïsme à un substitut de religion constitué par les idées de la gauche américaine.

 

J’ai longtemps faite mienne cette explication, et je continue à la penser pertinente. Je l’ai déjà dit ici. J’ai considéré que l’aveuglement de nombre de Juifs américains concernant Barack Obama tenait à une volonté chez les Israélites concernés de ne voir chez celui qui est encore président des Etats Unis pour quelques semaines que le « progressisme », quitte à oublier d‘autres aspects bien plus sordides de son action. J’ai voulu, sans l’accepter, excuser cet aveuglement autant que faire se peut, en me disant que, tout de même, les Juifs américains de gauche n’étaient pas, eux, à la différence de celui pour qui ils avaient voté, indifférents à l’antisémitisme et en position d‘hostilité à Israël.

 

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Comment des Juifs peuvent-ils s’associer à ça ?

 

Alors qu’une nouvelle élection présidentielle va avoir lieu et, dans un contexte où il semble qu’une proportion très importante de Juifs américains s’apprête à voter pour Hillary Clinton, j’ai davantage de difficultés à vouloir continuer à les excuser, et j’ai une nette propension à me poser beaucoup de questions à leur égard.

 

D’une part, le Comité National Démocrate, en faisant campagne pendant les élections primaires pour Hillary Clinton et contre Bernie Sanders, n’a pas hésité à utiliser des arguments antisémites et a suggéré à des groupes Démocrates locaux, comme l’ont révélé nombre d’emails divulgués, de souligner que Bernie Sanders est juif, ajoutant que cela dissuaderait des électeurs de voter pour lui. A quels électeurs s’adressaient des messages de ce genre ? Est-il nécessaire de répondre ?

 

Ce recours à des arguments antisémites était d’autant plus nauséabond que celle qui dirigeait à l’époque le comité en question était une Juive, s’agissant de Debbie Wasserman Schulz. Je sais qu’il existe des Juifs antisémites : si Debbie Wasserman Schulz n’en fait pas partie, elle n’a, pour le moins, aucun scrupule.

 

D’autre part, des propos anti-israéliens ont été tenus à la Convention Démocrate, et des drapeaux israéliens ont été brûlés et piétinés devant l’entrée du bâtiment où elle se tenait, sans que cela n’ait semblé émouvoir qui que ce soit, à commencer par Hillary Clinton et son colistier, Tim Kaine.

 

On peut ajouter que, quand bien même elle parle d’amitié envers Israël, Hillary Clinton n’a cessé d’avoir, ces dernières années, des fréquentations douteuses, incluant Sydney Blumenthal et son fils Max, qui lui est sans aucun doute un Juif antisémite, résolument « antisioniste », puisqu’il fréquente le Hamas et traite l’Armée israélienne d’armée nazie.

 

On doit ajouter que la Fondation Clinton a reçu des subventions massives de pays du monde musulman adeptes de la Sharia et clairement hostiles à Israël.

 

On doit ajouter, bien sûr, qu’Hillary Clinton n’a cessé d’appuyer toutes les initiatives anti-israéliennes de Barack Obama, y compris les pires, à l’instar de l’accord passé avec les mollahs de Téhéran en 2015.

 

On peut noter que si Debbie Wasserman Schulz a démissionné de son poste au parti Démocrate après que les manœuvres antisémites susdites aient été mises au jour, elle a été aussitôt embauchée par Hillary Clinton qui en a fait sa directrice de campagne.

 

Que tant de Juifs américains s’apprêtent à voter pour Hillary Clinton en ce contexte montre de leur part non seulement une indifférence à l’antisémitisme, mais aussi une acceptation de l’utilisation de l’antisémitisme à des fins électorales. Et non seulement une acceptation de positions hostiles à Israël, mais aussi une acceptation de l’ « antisionisme » le plus extrême.

 

J’ai du mal à penser que les Juifs américains qui vont voter Hillary Clinton sont encore juifs, même du bout des lèvres. Je serais enclin à penser qu’ils adhèrent pleinement aux idées de la gauche américaine. Qu’ils le fassent en un moment où la gauche américaine adopte des positions et des comportements de plus en plus fangeux me laisse pour le moins perplexe.  


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