Les acquis du voyage de Donald Trump au Proche Orient (info # 012805/17) Version imprimable
dimanche, 28 mai 2017

 

Par Guy Millière

 

Il est encore trop tôt pour évaluer l’impact du voyage de Donald Trump au Proche-Orient. Du temps sera nécessaire pour cela. Des processus ont été engagés, dont nul ne peut aujourd’hui prévoir pleinement où ils conduiront.

 

Une ligne directrice n’en a pas moins été tracée, et l’étape saoudienne a été en cela essentielle.

   

Donald Trump a reçu à Riyad un accueil festif et somptueux. Il a, dans son discours saoudien, souligné que le danger principal dans la région est le régime iranien, et il a renoué l’alliance avec les régimes sunnites qu’Obama avait profondément détériorée. Il a posé les bases fondamentales d’un endiguement du régime iranien, principal soutien mondial du terrorisme islamique au présent, et premier ennemi d’Israël.

 

Il a aussi tenu un discours sur l’islam radical et le terrorisme islamique qui constitue une forme de mise en demeure, exigeant du monde musulman des changements d’attitude profonds. Il a tenu ce discours devant les dirigeants de cinquante pays musulmans et, quand bien même ceux-ci ne semblaient pas très heureux de s’entendre dire ce que Trump leur a dit, ils n’ont pas pu faire autrement que recevoir le message.

 

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Lorsque l’on a conscience de son identité, on ne se voile pas la face

 

Ils n’ont pu que remarquer aussi que Trump est un homme qui n’hésite pas à affirmer la puissance des Etats-Unis d’Amérique et qui se place en position de force, ce qui est une attitude très bien perçue dans un monde arabe où l’on respecte la force et méprise la faiblesse. Il a terminé son discours non pas en invoquant une vague paix universelle, mais en rappelant la place et le rôle de son pays sur cette terre.

 

Points importants dans une région où les symboles comptent beaucoup : non seulement Melania Trump est arrivée tête nue et a été traitée en égale par le roi Salman qui lui a serré la main, mais le même accueil a été réservé à la fille de Donald Trump, Ivanka, et à son mari, Jared Kushner, juifs tous deux.

 

Un contrat de fourniture d’armes à l’Arabie Saoudite d’un montant sans précédent a été signé, et ce contrat, qui va permettre de créer des milliers d’emplois aux Etats-Unis, a été assorti d’une clause essentielle : les armes ne pourront en aucun cas et en aucune circonstances être utilisées contre Israël. Nul ne peut douter que si cette clause était violée, Donald Trump en tirerait toutes les conséquences, ce que toute la famille royale saoudienne sait, tout comme les autorités israéliennes.

 

Ce que deviendra le Centre Global pour Combattre l’Idéologie Extrémiste créé à Riyad est très incertain. Cela risque de n’être qu’une enveloppe vide dans un pays régi par le wahhabisme, mais la création de ce centre montre que le roi Salman sent, disons, "certaines pressions américaines qui le conduisent à aller dans une certaine direction".

 

Le séjour de Donald Trump en Israël s’inscrit dans la continuité de cette ligne directrice. Pour la première fois, un vol officiel direct Riyad-Tel Aviv a été réalisé, et l’alliance tactique entre l’Arabie Saoudite, Israël et les pays sunnites dans le cadre de l’endiguement du régime iranien prend forme aussi par ce type d’évènements concrets.

 

En Israël, Donald Trump a été le premier président en exercice à se rendre au Mur des Lamentations, et, au même moment, pour mettre fin aux rumeurs parasitaires émanant de personnes issues de l’administration Obama qui n’ont pas encore été remplacées, un communiqué de la Maison Blanche a souligné que Jérusalem, ville juive depuis des millénaires, faisait partie intégrante d’Israël aux yeux des Etats-Unis.

 

Donald Trump s’est rendu à Yad Vashem où il a prononcé un discours empli de noblesse. Il a passé une soirée avec Binyamin Netanyahu, dans une atmosphère authentiquement fraternelle, s’est rendu brièvement à Bethlehem voir le criminel Mahmoud Abbas (impératifs diplomatiques obligent), puis a prononcé un discours au Musée National d’Israël avant de partir à Rome visiter le pape et à Bruxelles rencontrer les Européens.

 

Trump a choisi sa rencontre avec Abbas à Bethlehem pour condamner le terrorisme et les tueurs d’enfants qui venaient de frapper à Manchester au Royaume Uni. Il n’a pas utilisé les mots "terrorisme islamique" qu’il a employés à Riyad, mais il a dénoncé le terrorisme tueur d’enfants en présence d’un homme qui incite au terrorisme tueur d’enfants. Et il a qualifié les gens qui recourent au terrorisme tueur d’enfants de "perdants maléfiques". Abbas n’a pas pu ne pas entendre.

 

En compagnie de Binyamin Netanyahu et au Musée National d’Israël, il a souligné tout ce qui attache les Juifs à la terre d’Israël, ainsi que son soutien indéfectible à Israël. Il a tenu des propos sans la moindre ambiguïté sur Jérusalem, ville juive, et sur le danger iranien. Il a dit souhaiter la paix, mais il n’a jamais évoqué la "solution à deux Etats", ou la nécessité de créer un Etat palestinien. Il n’a jamais parlé des "droits" d’un "peuple palestinien". Il n’a pas parlé une seule fois de la présence de Juifs israéliens en Judée-Samarie et ne l’a donc pas critiquée une seule seconde.

 

Si des journalistes occidentaux atteints de surdité et de cécité sélectives n’ont pas constaté ce que je viens d’énoncer, il ne fait strictement aucun doute que les journalistes du monde musulman l’ont remarqué, et des gens tels que Mahmoud Abbas aussi.

 

Binyamin Netanyahu et le gouvernement israélien savent qu’ils ont un ami sûr à la Maison Blanche, qu’une alliance d’endiguement du régime iranien prend forme, que les régimes arabes sunnites sont sur une voie de rapprochement avec Israël pour faire face au danger iranien, et qu’Israël est libre de gérer le "dossier palestinien" comme les Israéliens l’entendent, sous l’œil très bienveillant de Donald Trump.

 

La page des sinistres années Obama n’est pas entièrement tournée, mais elle commence à l’être.

 

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Notre ami Moussy Dwek n'est plus Version imprimable
dimanche, 28 mai 2017

 

La na a la profonde tristesse d’annoncer la mort de M. Moussy Dwek, un ami très cher de la première heure de notre agence de presse. C’était un homme fin, droit, avec un cœur immense.

 

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Moussy était, entre autres talents, un excellent photographe

 

 
Les importantes conclusions ŕ tirer du voyage de Donald Trump (012605/17) Version imprimable
vendredi, 26 mai 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/JaUwZlYBLRw (Youtube).

 

Au sommaire :

 

LA VISITE DE DONALD TRUMP EN ISRAEL  s’est entièrement jouée lundi soir lors du dîner en tête-à-tête avec Binyamin Netanyahu. Les deux thèmes ouvertement évoquées par le président américain (au Musée d’Israël) ont été la mobilisation de Washington face à l’Iran, aux côtés de Riyad et Jérusalem, avec la promesse que Téhéran n’obtiendrait jamais la bombe atomique, et la nécessité de mettre à profit le rapprochement israélo-sunnite pour faire la paix avec les Palestiniens.

 

Pendant ce temps, et dans la plus parfaite discrétion, le Premier ministre israélien a donné son accord de principe pour intégrer l’initiative soutenue par le Roi Slimane, le Maréchal al Sissi et le Président Trump, à savoir : la création d’un Etat palestinien démilitarisé, avec un droit d’intervention israélien qui durera jusqu’à la disparition totale du terrorisme, avec Tsahal qui gardera le contrôle du Jourdain, et des ajustements de frontière permettant d’inclure en Israël les trois blocs d’implantations principaux. Plus question de rendre le Golan aux Syriens, ni d’accueillir les descendants des réfugiés palestiniens de 48.

 

Aucune annonce n’a été faite sur cette avancée pour ne pas générer de crise gouvernementale en Israël avant que les termes de l’entente soient synchronisés entre tous les partenaires et acceptés par l’Autorité Palestinienne.

 

LES MEGA-CONTRATS D’ARMEMENT AVEC RIYAD (380 milliards de dollars) CONSTITUENT-ILS UNE MENACE POUR ISRAEL ?

 

BNEÏ YEHUDA TEL-AVIV REMPORTE LA COUPE D’ISRAEL en prenant le dessus aux coups de pied au but sur le grand favori Maccabi Tel-Aviv. L’autre grand club du Goush Dan, Hapoël Tel-Aviv, qui avait battu le PSG 4 à 2 à Paris il y a dix ans, est relégué en seconde division.

 

 
Trump : J’ai fait un ręve ! (info # 012404/17) Version imprimable
mercredi, 24 mai 2017

 

Par Ilan Tsadik

 

Avec Sami El Soudi

 

Donald Trump, sa charmante épouse – quelle classe, quelle indépendance et quel maintien ! - ainsi que les quelques mille personnes qui les accompagnaient, journalistes, agents de sécurité, techniciens, diplomates, pilotes, médecins et conseillers ont maintenant quitté Israël pour Rome depuis près de vingt-quatre heures. Ils ont embarqué dans trois Jumbo-jets présidentiels, suivis de la doublure du Air Force One, le 747 du président, qui suit tous ses déplacements aériens, au cas où le premier appareil tomberait en panne. C’est comme un petit pays, ou un immense cirque itinérant, qui se déplace d’étape en étape du périple du pensionnaire de la Maison Blanche.

 

Encore sont-ils partout devancés de plusieurs jours par des gros porteurs Galaxy, qui déversent sur place les préposés à la sécurité présidentielle, des contrôleurs aériens, qui sont présents dans toutes les tours des aéroports visités, et des tonnes de matériel, y compris le Marine One, l’hélico dans lequel le président effectue tous ses vols, aux USA comme à l’étranger. De même que cinq autres gros "choppers", dans lesquels prennent place ses suiveurs les plus importants. Les autres parcourant les trajets en voiture.

 

Cela donne au spectateur ainsi qu’aux hôtes officiels et aux dignitaires des pays visités une impression de puissance, d’abondance et d’organisation qui ne manque jamais de frapper les esprits.

 

La visite en Israël a été un franc succès, tout le monde est content : la droite israélienne et les Edennistes, parce qu’à aucun moment Trump n’a évoqué d’Etat palestinien, et n’a pas semblé appliquer une pression insupportable sur Binyamin Netanyahu. Et tous les autres, parce qu’il a été très clair quant à ses objectifs dans notre région, et parce qu’avant même son arrivée, il avait exigé et obtenu diverses mesures d’ouverture en direction des Palestiniens, ce qui avait, deux jours avant son arrivée, occasionné de vives tensions entre les faucons et les vraies mouettes (il n’y a pas de colombes dans ce cabinet) du gouvernement israélien.

 

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Ca a l’air d’aller…

 

Durant l’interminable cérémonie d’accueil à l’aéroport Ben Gourion près de Tel-Aviv, où le couple présidentiel eut à serrer des dizaines de mains, Naftali Bennett, le ministre de l’Education et de la Diaspora, chef du très à droite et très edenniste parti du Foyer juif, a profité de se trouver nez-à-nez avec le président U.S pour lui parler politique. Craignant, à juste de titre, de ne pas avoir l’occasion de le faire plus tard dans le cours de la visite, Bennett a brièvement entretenu celui qui venait de descendre d’avion de la nécessité de transférer son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, et de celle de ne pas participer à la création d’un Etat palestinien et de ne pas diviser notre capitale.

 

Donald Trump l’a écouté poliment mais sans lui prêter une grande attention. Au contraire de Bougie Herzog, le leader travailliste de l’opposition, avec lequel le président a échangé plusieurs minutes durant. J’étais trop loin pour entendre ce qu’ils se sont dits, mais un voisin d’Herzog dans la file des serreurs de mains a eu l’obligeance de me rapporter leurs propos. L’homme le plus puissant de la planète à la crinière blonde a dit à l’Israélien qu’il allait se passer de grandes choses et que Netanyahu allait avoir besoin de son soutien ; le travailliste a assuré M. Trump qu’il pouvait compter sur lui et que l’opposition soutiendrait le gouvernement s’il décidait d’avancer en direction de la paix.

 

Ce fut presque l’essentiel des propos politiques pendant toute cette visite. Le Président, qui venait d’effectuer le premier vol officiel direct d’Arabie Saoudite en Israël, gardera jalousement tout le reste de ses discussions pour le seul Binyamin Netanyahu et entre quatre yeux. Tout ce qu’il y avait d’important s’est déroulé lundi soir dans un lieu tenu secret – le dîner prévu a été annulé -, les deux couples se retrouvant loin des milliers d’yeux indiscrets des caméras.

 

Ce mercredi matin, aucun des ministres israéliens n’avait été mis au parfum du contenu de ces entretiens. Certains, comme le ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, et celui des Infrastructures Nationales, de l’Eau et de l’Energie, responsable de la Commission Israélienne de l’Energie Atomique et membre du cabinet sécuritaire restreint, Youval Steinitz, s’inquiétaient ouvertement des répercussions de la méga-vente d’armement à l’Arabie Saoudite. Celle-ci va simplement doubler son potentiel militaire, et personne ne sait ce qu’il adviendra de ce régime fragile dans cinq ou dix ans. Ces ministres se demandent comment sera appliqué l’engagement américain à maintenir la supériorité conventionnelle et technologique de l’Etat hébreu sur tous ses voisins réunis, et seul, pour le moment, Binyamin Netanyahu connaît la réponse à leur préoccupation.

 

Sinon, les déclarations des deux leaders n’ont été presque que symboliques et pré-écrites durant les deux jours qu’a duré la visite. Trump est allé s’entretenir avec le Président de l’Etat, Ruvi Rivlin, comme le veut le protocole, quoiqu’en Israël, le président n’a aucun pouvoir décisionnel, à l’instar de la reine d’Angleterre. Il est ensuite allé se recueillir devant le Mur des Lamentations, où sa fille, Ivanka, convertie au judaïsme orthodoxe, a éclaté en sanglots sous le coup de l’émotion. Il s’est rendu à l’église du Saint Sépulcre, ainsi qu’au musée du génocide nazi de Yad Vashém (la main et le nom).

 

Entre-temps, il avait fait le déplacement de Bethléem pour y rencontrer le président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas. La ville était pavoisée pour l’occasion d’immenses affiches qui souhaitaient la bienvenue "de la ville de la paix à un homme de paix". L’entretient a été aussi discret que du côté israélien. Sami El Soudi, qui suivait la visite pour la Ména, a rapporté que tout s’était passé comme prévu, sauf que Trump, à la fin du rendez-vous, n’a pu s’empêcher de lâcher quelque chose du genre : "Ce n’est pas dans cette atmosphère de violence, de terrorisme et d’antagonisme qu’il est possible de faire la paix".

 

Ce qui n’a pas empêché le président U.S, quelques heures plus tard, à l’occasion du discours principal de son séjour, au Musée d’Israël à Jérusalem, d’affirmer qu’aussi bien Binyamin Netanyahu que Mahmoud Abbas étaient prêts à faire la paix et désireux d’y parvenir. Ce que n’a pas démenti le Premier ministre israélien, tout en relevant que si l’attentat de Manchester avait été perpétré contre des Israéliens par des terroristes palestiniens, les familles des terroristes toucheraient une rente à vie de la part de l’Autorité Palestinienne, ce qui est parfaitement exact, cela, c’est moi qui l’ajoute. C’est probablement ce genre de constatation qui avait engendré la remarque de Trump à Bethléem.

 

Le discours du musée fut surtout teinté du sceau de l’émotion et de l’amitié retrouvée, après deux mandats de relations tendues avec Barack Obama. La foule a ovationné Donald Trump debout, après qu’il ait affirmé : "C’en est fini des appels des dirigeants iraniens à anéantir Israël ; maintenant, Donald J. Trump est là !". Entendant ces paroles, Netanyahu a levé le poing en signe d’adhésion et, sous un tonnerre d’applaudissements, le président yankee a répondu : "Moi aussi je vous aime !". Pour ne rien laisser dans le flou à ce propos, il a encore précisé que jamais il ne laisserait l’Iran parvenir à la bombe atomique. Après sa visite à Riyad, où il a également rencontré l’essentiel des dirigeants arabes, on le croit sur ce sujet, qui constitue une victoire à retardement pour Netanyahu, qui avait livré bataille aux Etats-Unis contre l’accord sur le nucléaire iranien, adoptant une position frontale face à Barack Obama qui fut son plus fervent promoteur.

 

Désormais, cet accord a du plomb dans l’aile, de même que le projet des ayatollahs d’établir une ceinture chiite reliant Beyrouth, Damas, Bagdad et Téhéran. La détermination américaine est d’autant plus crédible que, la semaine dernière, l’Aviation U.S a détruit un convoi progouvernemental syrien, principalement constitué de soldats iraniens, qui tentaient de s’emparer du poste frontière d’al Tanf, avec l’Irak, près des trois frontières – Irak – Jordanie – Syrie -. De nombreux militaires iraniens et pro-régime ont trouvé la mort lors de ce raid. Le premier visant al Assad et ses alliés depuis l’attaque au missile contre la base aérienne de Sharyat, d’où était partie l’attaque au gaz contre des hôpitaux tenus par la rébellion.

 

Le traitement du problème posé par les Khomeynistes paraît non seulement en bonne voie d’assainissement, mais il constitue également le ciment de l’alliance officieuse entre l’Etat hébreu et ses voisins sunnites. Une alliance que Donald Trump s’efforce désormais d’institutionnaliser. Au Musée d’Israël, il a fait l’éloge de la perspicacité du Roi Salmane d’Arabie et de sa volonté de parvenir à ce but. Pour les sunnites et pour Israël, c’est leur préoccupation stratégique numéro un qui est enfin prise en compte par la première puissance militaire du globe.

 

Le reste de l’intervention du président étasunien fut consacré à la nécessité d’utiliser l’occasion du rapprochement avec les sunnites afin de régler une fois pour toutes le problème palestinien.

 

Et c’est tout ! En plus, certes, de mots forts employés pour mettre en valeur le caractère unique et indestructible des relations liant Israël aux Etats-Unis, et de l’affirmation par le président du caractère juif d’Israël et de Jérusalem. Ce qui, intervenant après les votes et les abstentions à l’UNESCO allant dans le sens inverse, a fait le plus grand bien aux oreilles israéliennes.

 

Ca c’est pour les oreilles, quant aux mauvaises langues, on les entendait murmurer que le but de ce voyage au Moyen Orient était uniquement de signer les énormes contrats d’armement – 130 milliards de dollars et ce n’est qu’un début – à Riyad, et que le reste n’est que roupie de sansonnet. Les mêmes mauvaises langues évoquent des vacances touristiques en Israël, soulignant que ce séjour de 48 heures n’a été ponctué d’aucun projet tangible.

 

Notre avis et celui de nombre d’observateurs israéliens diverge. Tout est dans le non-dit, ou plutôt, le non-déclaré publiquement. D’abord, parce qu’après cette visite, les liens entre Israël et ses voisins, énumérés par mon père dans ces colonnes la semaine dernière, ne peuvent qu’aller s’amplifiant après la bénédiction appuyée du pensionnaire de la Maison Blanche.

 

Ensuite, parce que si le contenu des entretiens entre Donald et Bibi n’a pas été divulgué, c’est pour retarder une crise gouvernementale en Israël, la droite de la coalition n’étant pas prête ne serait-ce qu’à entendre parler de négociations avec Abbas. Les choses seront rendues publiques lorsqu’il y aura du concret, du défendable.

 

Jusqu’alors, d’autres mesures vont être prises par le gouvernement hébreu, dans les sens d’un rapprochement prudent avec Abbas. Ce qui ne manquera pas déjà de faire sursauter Bennett et ses amis.

 

Dans le même temps, ce sont les Saoudiens, les Egyptiens et les Jordaniens qui seront chargés par Trump de continuer d’assouplir les positions des Palestiniens afin de les mettre en phase avec le projet américano-saoudien. Celui-ci comprendra la création d’un Etat palestinien démilitarisé, avec un droit d’intervention israélien qui durera jusqu’à la disparition totale du terrorisme, avec Tsahal qui gardera le contrôle du Jourdain, et des ajustements de frontière permettant d’inclure en Israël les trois blocs d’implantations principaux. Plus question de rendre le Golan aux Syriens, ni d’accueillir les descendants des réfugiés palestiniens de 48, à part en petit nombre, pour la réunion des familles, dans un geste de bonne volonté.

 

On se demandait si Netanyahu accepterait ces propositions, et c’est un scoop, globalement, pour peu que les choses aillent strictement dans ce sens et que Washington renforce les capacités militaires israéliennes et ses projets technologiques, le Premier ministre est d’accord. Et que personne ne nous demande nos sources, c’est du super-confidentiel.

 

Les négociations vont se poursuivre dans la plus grande discrétion mais à un rythme soutenu. Pour parvenir à un accord, il faut, et c’est Sami El Soudi le premier qui en avait parlé il y a plusieurs années, réduire les ambitions des barons de l’Autorité Palestinienne, en leur enlevant l’idée qu’ils pourront négocier sur pied d’égalité avec l’Etat d’Israël, ce que certains dirigeants occidentaux leur ont mis en tête sans leur rendre service.

 

L’incursion de Trump à Bethléem s’inscrivait parfaitement dans ce dessein : elle fut courte et limitée dans le temps et la portée. Avec la fanfare de Grospierrot-sur-Paulette qui interprète probablement mieux l’hymne américain que celle d’Abbas.

 

C’est avec Salmane et Sissi que l’on va discuter des détails, pas à Bethléem. Et Abbas ne se mettra pas au milieu du chemin sur lequel passera le convoi, il l’a déjà compris et cela ne le dérange pas. Il lui est en effet plus facile d’attribuer les concessions aux deux ou trois grands frères arabes qu’à ses propres décisions. La populace, la tête gonflée par les promesses du Hamas, du Qatar, des Turcs et de certains Premiers ministres européens aurait accusé Abbas d’être de mèche avec les Israéliens ; une accusation qu’ils peuvent difficilement adresser au roi d’Arabie Saoudite.

 

A la fin, mais uniquement lorsque 99% des sujets auront été solutionnés, comme il est de mise dans une démarche diplomatique bien sentie, on organisera une conférence internationale, à laquelle tout le monde sera invité, pour "discuter" d’une paix globale entre Israël et le monde arabe.

 

La proposition sera soumise au vote des populations concernées, et l’on fera en sorte qu’elles n’aient pas de raison de la rejeter, à grands coups de pub et de mobilisation des décideurs.

 

C’est en tout cas le scénario qu’ont écrit ensemble le roi d’Arabie Saoudite, le Maréchal Sissi, Binyamin Netanyahu et le Président Trump. En principe, cela tient l’eau, et cela apporterait un changement politique fondamental aux niveaux régional et mondial. Maaais… nous sommes au Moyen Orient, et peu de choses s’y déroulent comme elles ont été initialement prévues.


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Donald Trump vient en Israël en véritable ami (info # 012105/17) Version imprimable
dimanche, 21 mai 2017

 

Par Guy Millière

 

Donald Trump va arriver en Israël. Je traiterai de sa visite en Israël ici dans ces mêmes colonnes la semaine prochaine. Je sais que chaque parole qu’il prononcera sera scrutée. Je sais aussi que chaque geste qu’il fera sera observé et disséqué.

 

Avant même que le voyage ne se déroule, des rumeurs teintées de fausses informations se sont disséminées. Un responsable américain aurait dit que le Mur des lamentations était “extérieur” au territoire israélien, et, bien que le propos ait été aussitôt démenti par l’administration Trump, des commentaires évoquant la “trahison” de Donald Trump sont montés de toutes parts dans l’atmosphère. Deux jours plus tôt, il avait été question d’une “volonté” de l’administration Trump  d’exercer des “pressions” sur le gouvernement israélien pour imposer un accord, et bien que ces “pressions” soient inexistantes, des commentaires les ont évoquées aussi à n’en plus finir. D’autres rumeurs sont susceptibles de prendre forme.

 

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On ne va plus tarder à savoir vers quoi on se dirige

 

Leurs sources peuvent être multiples : bien que Donald Trump soit sans doute le président des Etats-Unis le plus pro-israélien de l’histoire, il est entouré de gens qui ne lui veulent pas nécessairement du bien, et certains d’entre eux sont des vestiges de l’administration Obama dont, en raison de l’obstructionnisme systématique des Démocrates au Congrès, il n’a pu se débarrasser.

 

Donald Trump a aussi à ses trousses une bande de journalistes américains souvent aussi sympathiques qu’une meute de rottweilers enragés, ce qui n’arrange rien. Il a, collés à ses basques, des politiciens Démocrates qui, certains jours, semblent plus féroces et frénétiques encore que les journalistes. Et c’est sans compter sur des journalistes israéliens qui peuvent quelquefois se conduire aussi mal que des journalistes américains.

 

Lorsqu’en recevant Binyamin Netanyahu, il y a plusieurs semaines déjà, Donald Trump avait déclaré qu’il était ouvert à toute solution, qu’elle soit “à un Etat ou à deux Etats”, et a dit qu’il n’exercerait aucune pression sur Israël, ses propos ont conduit à des interprétations très excessives déjà, et pas toutes bienveillantes. Lorsqu’il a évoqué un peu plus tard une reprise de négociations avec l’Autorité palestinienne et a reçu Mahmoud Abbas à la Maison Blanche, d’autres interprétations, très excessives et bien plus malveillantes ont émergé.

 

La question du transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem n’a cessé d’être agitée en arrière fond. Donald Trump a promis ce transfert. Il a ensuite différé sa décision. Les spéculations sur le sujet n’ont pas cessé.

 

Ce qui semble clair et doit être sans cesse gardé à l’esprit est que Donald Trump est sans doute le président des Etats-Unis le plus pro-israélien de l’histoire, et si cela était considéré comme un fait établi, ce serait un bon début. Cela n’exclut pas la vigilance, mais cela peut éviter de dire n’importe quoi. Jared Kushner, Jason Dov Greenblatt et David Friedman, qui constituent l’armature de l’administration Trump pour ce qui concerne les relations avec Israël, ne peuvent que très difficilement être décrits comme des ennemis d’Israël et des sympathisants du terrorisme palestinien !

 

Ce qui doit être ajouté est que Donald Trump souhaiterait sans aucun doute, avec beaucoup de bienveillance et de bonne volonté, que la paix avance et que le conflit israélo-arabe, au cœur duquel se trouve la “question palestinienne”, soit résolu : cela ne signifie pas que la paix avancera effectivement et que le conflit sera concrètement résolu, mais c’est infiniment mieux qu’avoir affaire à des gens malveillants et de mauvaise volonté tels que ceux qui gouvernaient les Etats-Unis il y a quelques mois encore.

 

Ce qui doit être précisé est que, et il l’a montré plusieurs fois, Donald Trump ne se fait aucune illusion sur Mahmoud Abbas et sur l’Autorité Palestinienne : il a laissé Mahmoud Abbas mentir à la Maison Blanche (Mahmoud Abbas ment partout où il passe), il n’en a pas moins demandé explicitement que les incitations à la haine et au meurtre présentes dans les media et dans les manuels scolaires “palestiniens” disparaissent, ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait fait avant lui.

 

Quiconque connait un tant soit peu la façon de procéder de Donald Trump, et cesse un instant de le prendre pour le crétin qu’il n’est pas du tout, discerne qu’il a placé l’Autorité Palestinienne dans une position où il pourra aisément la mettre en tort et tirer depuis là, le cas échéant, toute les conséquences requises. Donald Trump n’est ni Barack Obama ni John Kerry, et il est très vraisemblable que les conséquences requises, si elles doivent être tirées, seront une coupure des fonds à destination de l’Autorité Palestinienne, et une avancée vers une “solution israélienne” qui sera à même de convenir au gouvernement israélien et à Binyamin Netanyahu. Et qui sera vraisemblablement inspirée d’idées telles que celles développées ces derniers mois par Daniel Pipes, qui n’est pas vraiment un ami du terrorisme, je peux en attester.

 

Ce qui doit être encore ajouté est qu’une administration américaine doit garder le contexte plus large, et Donald Trump regarde le contexte plus large : c’est pour cela qu’il s’est rendu en Arabie Saoudite avant de se rendre en Israël.

 

Le contexte plus large est celui de la situation au Liban, en Syrie et en Irak, de la volonté d’hégémonie régionale de l’Iran, renforcée par les milliards de dollars de cadeaux faits aux mollahs par l’administration Obama. Il est aussi celui du jeu joué par la Russie dans la région, du glissement de la Turquie vers une dictature islamique, et de la question kurde.

 

Donald Trump entend tenter de mettre en place un endiguement de l’Iran en s’appuyant sur l’Egypte, l’Arabie Saoudite, la Jordanie (où le roi et le gouvernement jouent ces temps derniers un jeu douteux de conciliation avec le terrorisme anti-israélien). Il entend mettre en place une alliance tactique entre les pays arabes que je viens de citer et Israël. Il entend trouver le moyen de dissocier la Russie de l’Iran des mollahs, de pousser la Russie à endiguer le Hezbollah, de  calmer les ardeurs d’Erdogan, d’aider les Kurdes autant que faire se peut, et cela peut impliquer de recevoir Mahmoud Abbas, sans penser pour autant que Mahmoud Abbas est autre chose que ce qu’il est.

 

Donald Trump n’est Président que depuis quatre mois, et son action ne peut pas se juger sur un moment aussi bref, mais ce qu’on en voit va globalement dans une très bonne direction.

 

Donald Trump n’a fait aucune concession aux ennemis d’Israël: strictement aucune. Il n’a pas un seul instant renoncé au transfert de l’ambassade des Etats -Unis à Jérusalem et, quelle que soit la raison, n’a fait que différer celui-ci, pour quelques mois ou davantage, mais pas du tout indéfiniment, sauf si Israël le demande. Tout semble indiquer d’ailleurs que si Netanyahu était et reste favorable au transfert, l’état-major de l’Armée israélienne aurait un avis différent.  


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