Breaking the Silence et B’Tselem sont des organisations criminelles (info # 013004/17) Version imprimable
dimanche, 30 avril 2017

 

Par Guy Millière

 

On le sait, je pense, Binyamin Netanyahu a, voici quelques jours, refusé de recevoir le ministre des Affaires Etrangères allemand, Sigmar Gabriel, qui était en visite en Israël. M. Netanyahu a indiqué de manière explicite pourquoi il avait pris cette décision. Un communiqué a été publié par ses services, disant : “La politique du Premier ministre est de ne pas recevoir de visiteurs étrangers qui, lors de voyages diplomatiques, rencontrent des groupes qui calomnient les militaires israéliens en les présentant comme des criminels de guerre”.

 

La presse française a, bien évidemment, incriminé le Premier ministre israélien, l’accusant d’avoir suscité délibérément des tensions avec l’Allemagne. Elle a rappelé que l’Allemagne participe au financement de la construction de sous-marins israéliens, aidant ainsi Israël. Les media français ont également souligné que les groupes rencontrés par le ministre des Affaires Etrangères allemand sont des “groupes de défense des droits de l’homme”.

 

Une seule de ces affirmations est exacte : celle concernant les sous-marins israéliens ; mais que l’Allemagne, après avoir exterminé six millions de Juifs il y a sept décennies, fasse preuve d’un minimum de générosité à l’égard de l’Etat du peuple juif peut paraitre constituer la moindre des réparations.

 

La première affirmation est inexacte et inverse les responsabilités : ce n’est pas Binyamin Netanyahu qui a suscité des tensions avec l’Allemagne, c’est le ministre des Affaires Etrangères allemand qui s’est conduit de manière inadmissible pendant qu’il se trouvait en Israël.

 

La troisième affirmation est bien davantage qu’inexacte, elle est absolument calomnieuse. Les groupes rencontrés par le ministre des Affaires Etrangères allemand ne défendent pas les droits de l’homme, mais se livrent à une vile propagande et agissent contre les droits de l’homme. Ils s’emploient à salir un pays démocratique, Israël, en aidant des terroristes et en mettant en danger - voire en entrainant leur mort -, des soldats chargés de combattre le terrorisme. Ce sont des groupes criminels, qui devraient être traités comme tels par le gouvernement israélien et par les gouvernements de tous les pays éclairés.

 

Il n’est pas étonnant, quoique scandaleux, que le ministre des Affaires Etrangères allemand a rencontré les groupes en question : ceux-ci sont en large partie financés par les pays d’Europe et par l’Union Européenne, donc Allemagne comprise, qui joue dès lors, de manière consciente ou non (mais j’ai du mal à croire en l’inconscience en une époque où l’information circule largement et est aisément disponible) un jeu des plus pervers.

 

Et il ne serait encore pas étonnant, mais toujours aussi scandaleux, que le ministre des Affaires Etrangères allemand et son gouvernement affirment de manière hypocrite que les groupes en question sont, comme l’a avancé la presse française, des groupes de défense des droits de l’homme, car c’est la justification que se donnent les pays d’Europe et l’Union Européenne pour les financer.

 

Ce doit être l’occasion de souligner que les groupes en question sont sous la surveillance d’une organisation indispensable de salubrité publique : NGO Monitor (http://www.ngo-monitor.org), qui effectue un travail sérieux et remarquable, avec peu de moyens, pour défendre quant à elle les droits de l’homme et la vérité.

 

Le site de NGO Monitor [l’observateur des ONG] explique en détail, et preuves à l’appui, que l’un des groupes rencontrés par le ministre allemand, Breaking the Silence ("Shovrim Shtika", "On rompt le silence") utilise des témoignages anonymes, dont rien n’indique qu’il ne s’agit pas de faux, aux fins de prouver que l’Armée israélienne commettrait des “crimes de guerre”. Breaking the Silence définit les terroristes arabes tueurs de Juifs sous l’appellation de “combattants de la liberté”, ce qui constitue une preuve suffisante pour démontrer que cette organisation considère que tuer des Juifs participe d’un acte libérateur.

 

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Les "libérateurs" de Shovrim Shtika

 

NGO Monitor explique aussi que l’autre groupe rencontré par l’hôte allemand, B’Tselem, accuse sans cesse Israël, non seulement de “crimes de guerre” elle aussi, mais de pratique de l’ ”apartheid”. Or cette allégation suffit pour sa part à établir qu’elle ne tient aucun compte de la réalité et participe à une opération préméditée de désinformation et de stigmatisation de la société israélienne. Que des Israéliens - B’Tselem est une ONG israélienne - fassent comme s’ils ne voyaient pas que la société israélienne est une société pluriculturelle où Arabes et Juifs vivent ensemble sans discrimination, et comme s’ils ne voyaient pas que l’Autorité Palestinienne pratique quant à elle non pas l’apartheid mais l’épuration ethnique, est accablant quant aux intentions de cette organisation.

 

Binyamin Netanyahu a pris une décision légitime en ne recevant pas Sigmar Gabriel. Il devrait maintenant demander, voire exiger, que les pays d’Europe et l’Union Européenne cessent de financer des groupes tels que Breaking the Silence et B’Tselem, et cessent de les définir comme des groupes de défense des droits de l’homme.

 

Cela impliquerait que ces groupes soient considérés en Israël pour ce qu’ils sont, et que soient tirées par le gouvernement israélien les conclusions qui s’imposent à leur endroit.

 

Un pays démocratique est un pays où la liberté de parole doit être considérée comme sacrée. Un pays démocratique est aussi un pays où il existe une limite à la liberté de parole, et la complicité de crime, voire l’incitation au crime, donc la participation au crime, se situent clairement au-delà de cette limite.

 

Un groupe qui accuserait sur des bases spécieuses des soldats de l’armée d’un pays d’Europe  ou d’Amérique du Nord de commettre des crimes contre l’humanité aurait rapidement des problèmes avec la justice. Un groupe qui laisserait entendre que tuer des Juifs est libérateur serait, en Europe ou en Amérique du Nord, considéré comme un groupe antisémite, et traité comme tel.


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Bruxelles-Métula du 28 avril 2017 Version imprimable
samedi, 29 avril 2017

 

Ecoutez l’émission Bruxelles-Métula d’hier grâce au lien https://youtu.be/qmSCwKO_kLM.

 

Jim Mosco y interroge Stéphane Juffa au sujet du drone abattu jeudi soir sur le Golan, du terroriste libanais arrêté à la gare routière de Kiryat Shmona, et de l’avancement significatif, visible notamment dans l’attitude de l’Autorité Palestinienne face au Hamas, de l’initiative de Donald Trump visant à instaurer la paix entre Israéliens et Palestiniens.

 

 
Leçons du premier tour de la présidentielle française (info # 012404/17) Version imprimable
lundi, 24 avril 2017

 

Par Amram Castellion

 

Pour ceux qui craignaient un résultat serré et une longue attente, la soirée d’hier a du moins offert le soulagement d’une conclusion claire. Emmanuel Macron emporte largement le premier tour, avec 23,86% des suffrages exprimés, soit deux points et demi devant Marine Le Pen qui plafonne à 21,43%. En troisième arrive François Fillon, qui obtient juste un peu moins de 20% des voix. Il est immédiatement suivi de Jean-Luc Mélenchon à 19,6%. Puis viennent les petits candidats, parmi lesquels deux émergent : celui du parti socialiste, Benoît Hamon, à 6,3%, et le candidat dissident de la droite eurosceptique, Nicolas Dupont-Aignan, à 4,7%.

 

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Un commentaire est-il réellement nécessaire ?

 

Dupont-Aignan a joué pour la droite, en 2017, le rôle que Christiane Taubira avait joué pour la gauche en 2002. Il a pris à François Fillon des voix qui, en son absence, se seraient portées sur lui et l’auraient placé au second tour.

 

Quant à Hamon, son échec – la plus mauvaise performance du parti socialiste depuis Gaston Defferre en 1969 – marque la mort d’un compromis historique : celui qui permettait à une gauche raisonnable et gestionnaire de partager le même parti qu’une gauche plus radicale, plus enthousiaste et moins réaliste. Les gestionnaires sont, pour l’essentiel, partis chez Macron – qui a par ailleurs recruté une partie du centre et au moins une école de la droite, la famille chiraquienne. Les radicaux sont partis chez Mélenchon ; et ceux qui voulaient continuer à faire le lien entre les deux groupes sont devenus inaudibles pour la plus grande partie de l’électorat.

 

La victoire de Macron au deuxième tour est à peu près certaine. Elle montre deux choses : d’abord le pouvoir de séduction du candidat et prochain président ; mais aussi et surtout la remarquable habileté tactique de François Hollande, le président sortant. Devenu si impopulaire qu’il a dû renoncer à se présenter, Hollande a manœuvré avec talent pour placer son successeur sur orbite. La corruption de la justice, poussée par l’exécutif à consacrer des moyens disproportionnés à des accusations mal ficelées contre le candidat de droite, l’a plombé dans l’opinion. La séduction des journalistes et des patrons de presse par Macron a fait le reste.

 

Malgré sa belle victoire d’aujourd’hui, Macron devra faire face à deux fragilités structurelles.

 

Tout d’abord, il n’a pas de parti et celui qu’il est en train de mettre en place n’aura pas la majorité aux élections législatives des 11 et 18 juin prochains. L’époque où un nouveau président français recevait la confiance a priori du pays, qui lui donnait une majorité sans même regarder l’identité des candidats qui le soutenaient, est révolue. La gauche, désormais divisée en deux familles irréconciliables, n’a aucune chance d’avoir une majorité. La droite, affaiblie par sa défaite d’hier, aurait besoin d’un nouveau souffle qui n’est pas impossible, mais reste improbable.

 

Le plus probable est donc que, dans moins de deux mois, la France aura un Parlement sans majorité claire, où la droite et un ou plusieurs autres groupes (macronistes, socialistes, voire Front National) devront trouver pour gouverner de fragiles accords de coalition. Un gouvernement faible, en conflit permanent avec un président faible.

 

Et surtout, au moment même où les institutions s’installent dans le dysfonctionnement permanent, la France confirme plus que jamais qu’elle est une société profondément divisée, où près de la moitié de la population est en état de rage permanente contre l’autre moitié.

 

Les commentateurs ont fait semblant de se scandaliser, hier soir, de ce que Jean-Luc Mélenchon refusait de soutenir Emmanuel Macron au deuxième tour contre Marine Le Pen. Il n’y a rien, pourtant, de plus logique. Si les électeurs de Mélenchon et ceux de Le Pen s’opposent en principe sur la question identitaire – les premiers multiculturalistes et plutôt islamophiles, les seconds centrés sur l’identité française – ils se rejoignent sur presque tous les autres points.

 

Mélechonistes comme lepénistes voient le monde comme un complot des élites (la finance, « le système ») contre les petites gens. Les deux groupes veulent un effort massif de redistribution en faveur des plus modestes. Tous deux veulent mettre fin à la participation de la France dans l’Union Européenne et, plus généralement, réduire l’ouverture de la société française aux flux commerciaux, capitalistiques et humains. Et surtout, les uns comme les autres sont prêts à utiliser pour cela toutes les ressources d’un Etat autoritaire, qui ne se soucierait pas trop des droits individuels et imposerait sa volonté par la force.

 

Dans cette approche commune de la politique – autoritaire, redistributrice et paranoïaque – mélenchonistes et lepénistes ont assez de points communs pour faire passer leurs divergences au second plan. Au cours de la campagne qui vient de s’achever, une partie significative de l’électorat a déjà fait des allers-retours de l’un à l’autre.

 

Dans les mois et les années qui viennent, le président Macron provoquera, inévitablement, d’importantes déceptions – d’abord parce que c’est le cas de tous les pouvoirs en place, mais aussi de par l’impossibilité dans laquelle il risque de se trouver, faute de majorité, de réformer les nombreux blocages de la France. Il ne serait pas surprenant que, dans une telle situation, la « deuxième France » – celle de Le Pen, Mélenchon et des petits candidats extrémistes – trouve un moyen de s’allier en une opposition unique.

 

Hier, cette France de la rage a représenté 43% des électeurs. Après quelques années d’un régime qui ne montre aucune inclination à les écouter ou à prendre en compte leurs intérêts, ce pourcentage devrait augmenter. Il n’y a aucune raison d’être certain a priori que cette hausse s’arrêtera en-dessous du seuil de 50% qui lui donnera le pouvoir.

 

 
Estimations à 17h (Fr), source officielle (info # 032304/17) Version imprimable
dimanche, 23 avril 2017

 

© Metula News Agency

 

19h35 à Métula, 18h35 à Paris

 

Macron 24%, Fillon et Marine Le Pen dans un mouchoir de poche autour de 21%. Mélenchon largué.

 

 
Enfumage médiatique autour de la mort de 3 soldats syriens (info # 022304/17) Version imprimable
dimanche, 23 avril 2017

 

© Metula News Agency

 

13h15 à Métula, 12h15 à Paris

 

Un porte-parole des "Forces de Défense de la Patrie" (en anglais NDF National Defence Forces), une milice du régime syrien regroupant environ 55 000 "volontaires", a affirmé à l’AFP qu’une attaque israélienne aurait causé ce dimanche matin la mort de trois soldats syriens dans sa base de Naba al-Fawwar, dans la province de Kouneitra, dans le centre du plateau du Golan.

 

La nouvelle a été reproduite par l’agence semi-étatique française, de même que par de nombreux media arabes, dont la chaîne internationale qatarie Aljazeera. La presse israélienne a également diffusé cette information en créditant ses sources.

 

Outre les trois morts, selon lesdites sources, on compterait également deux blessés.

 

L’opération de ce matin surviendrait après la riposte de Tsahal, vendredi soir, aux tirs de trois obus tombés sur le territoire israélien sans faire de dégâts ou de victimes. Le porte-parole de l’Armée israélienne avait confirmé les frappes de vendredi. Des frappes qui s’inscrivent dans la doctrine israélienne qui veut que l’Armée gouvernementale syrienne est responsable aux yeux de Jérusalem pour ce qui se déroule en Syrie. Et que Tsahal réplique chaque fois qu’un projectile explose en Israël, qu’il ait été tiré intentionnellement, ou par erreur lors d’échanges de feu entre l’Armée d’Assad et les forces rebelles, également actives dans la région.

 

Mais aujourd’hui, le porte-parole de Tsahal s’est refusé, lorsque nous l’avons interpelé, à confirmer l’annonce des NDF. Plus surprenant encore, nos correspondants permanents sur la frontière – des habitants des villages druzes avoisinants -, qui ont la base de Naba al-Fawwar dans leur champ visuel, n’ont remarqué aucune activité de Tsahal dans la zone. Qui plus est, un haut responsable sécuritaire nous a appelés sous le couvert de l’anonymat pour nous informer que, contrairement aux dépêches, l’Armée israélienne n’est pas intervenue sur ce front ce matin.

 

Tout aussi étonnant, la breaking news initiale concernant l’ "incident" qui avait été publiée par l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) a disparu de son site d’information.

 

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Une photo des NDF qui ne prouve strictement rien

 

Ce que nous savons, en revanche, est que d’importants combats, dont nos reporters sur place ont été des témoins oculaires, opposant Armée régulière et rebelles du Front du Sud, font actuellement rage depuis plusieurs jours dans la partie syrienne du Golan. L’Aviation gouvernementale a ainsi effectué au moins 17 bombardements de la ville de Deera et de ses alentours. Deera est située à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Kouneitra, à 30km du point le plus proche sur la frontière israélienne, et à 5km de la Jordanie.

 

Nous savons également avec certitude que, lors des combats de ces dernières heures, un soldat syrien est mort après avoir probablement sauté sur une mine au sud de la localité druze syrienne de Hader, à 20km au nord de Kouneitra.

 

Nous ignorons les raisons qui ont poussé le responsable des NDF à transmettre l’information à la crédibilité très limitée à l’agence française. Une hypothèse est que les trois morts et les deux blessés ont été atteints lors de la riposte de Tsahal de vendredi et que le régime a tergiversé avant d’en publier le bilan humain. En reportant son annonce à aujourd’hui, il peut la présenter comme une attaque spontanée des Forces israéliennes (qui ne serait pas intervenue en réponse aux tirs de vendredi), ce qui aurait l’avantage, pour Damas, d’instiller l’idée qu’Israël rechercherait la confrontation sur le Golan.

 

Notre seconde hypothèse consiste en ce que les soldats syriens morts auraient été tués par des combattants rebelles, ce qui est nettement moins honorifique et héroïque que de succomber à une frappe israélienne. Cette seconde hypothèse possède de plus l’avantage d’ "illustrer" le "soutien" de Tsahal à la rébellion sunnite, qui constitue une constance dans la désinformation de Damas, tendant à expliquer les difficultés que son armée rencontre face à ses ennemis.

 

Reste que si cette annonce n’est pas véridique, ce qui semble être le cas, Damas subira l’effet boomerang de sa tentative d’enfumage en perdant encore un peu plus de sa crédibilité et en exposant à la lumière des projecteurs les objectifs constants de sa désinformation.

 

Notons cependant que la population alaouite de Syrie, ainsi qu’une partie des Druzes de Syrie et du Golan israélien, prennent ce genre de dépêches pour argent comptant, ce qui renforce chez eux le sentiment selon lequel la guerre se déroule principalement contre Israël.

 

Autres éléments qui renforcent le doute quant à la dépêche de l’AFP, l’espace aérien civil dans le nord d’Israël est resté ouvert sans interruption ce matin, alors qu’il est régulièrement fermé dès qu’un accrochage se produit dans le Golan. De plus, vendredi, des sirènes ont retenti avant et après les tirs en provenance de Syrie dans plusieurs localités frontalières israéliennes et ce dimanche, il n’en a rien été.

 

 
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