Bruxelles-Metula du 31 mars 2017 (013103/17) Version imprimable
vendredi, 31 mars 2017

 

Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/YkijVXEl5QI  (Youtube), analyse :

 

1. La double décision du gouvernement israélien de construire une nouvelle implantation (la première en 20 ans) pour reloger les Edennistes antisionistes d’Amona, qui ont blessé plus de 50 policiers israéliens, en les traitant de soldats nazis et en appelant de leurs vœux la fin du sionisme.

 

Une décision prise afin de calmer les membres de la coalition et de pouvoir annoncer un gel très partiel des implantations à la demande du Président Donald Trump.

 

Les mesures prises par le cabinet Netanyahu ne satisfont toutefois pas la nouvelle administration U.S ; une réunion de 4 heures, la semaine dernière, avec l’émissaire de Washington, Jason Greenblatt, s’est terminée en queue de poisson.

 

Il semble que Donald Trump soit fermement décidé à aboutir à un règlement avec les Palestiniens et le monde arabe. On se dirige vers une crise avec les Etats-Unis, plus profonde peut-être que ce que l’on a connu avec Barack Obama.

 

2. L’Affaire du cimetière de Pantin : il s’agissait bien d’un accident comme l’a démontré l’enquête scientifique de la Ména. Mais la confiance est rompue entre le gouvernement français, les représentants communautaires, d’une part, et la population israélite, de l’autre.

 

La faute au stress permanent imposé aux Juifs, aux décisions arbitraires, au laxisme face à l’antisémitisme, ainsi qu’à une communication calamiteuse.

 

3. La manifestation de demain prévue par la CAPJPO, avec des slogans manifestement antisémites et un appel au BDS, le boycott d’Israël, autorisé par le préfet en contradiction patente avec la loi française.

 

Les Israélites vont, une fois de plus, regarder au balcon les antisémites défiler au cœur de Paris en toute légalité. Vont-ils à nouveau se voir infliger des "Mort aux Juifs !" et des "Juif, tire-toi, la France n’est pas à toi !" ?

 

Le statut des Israélites français se détériore de jour en jour, et le programme des candidats à la présidence promet une aggravation du phénomène.

 

4. La Turquie a décidé de mettre fin à sa campagne militaire en Syrie, mais va-t-elle retirer ses soldats ou maintenir leurs positions. L’avenir des Kurdes en question, avec le rôle grandissant des Russes dans la région et une synchronisation stratégique entre Messieurs Poutine et Trump.

 

 
L’offensive turque en Syrie est terminée. Et alors ? (info # 013003/17) Version imprimable
jeudi, 30 mars 2017

 

Par Perwer Emmal

 

Le Premier Ministre turc, Binali Yldrim, a annoncé avant-hier sur la chaîne de télévision NTV que l’opération militaire en Syrie menée par son pays et intitulée "Bouclier de l’Euphrate" était terminée. Cette intervention a duré sept mois ; elle avait pour objectif officiel de combattre l’Etat Islamique (DAESH), ainsi que les "terroristes" du Kurdistan syrien. L’intention affichée consistait à créer une "bande de sécurité" destinée à protéger la Turquie des menaces qu’elle encourait du fait de la Guerre Civile à sa frontière.

 

Les choses ont sans doute été discutées à l’occasion de la première visite du Secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, ce jeudi à Ankara. La déclaration du Premier ministre ottoman avait constitué un préambule à ces entretiens, mais les discussions ne se sont pas bien passées. Lors d’une conférence de presse tendue avec le ministre turc des Affaires Etrangères, Mevlut Cavusoglu, interrogé sur les préférences du nouveau président U.S en Syrie et sur les relations entre l’Amérique et les Kurdes, M. Tillerson a répondu : "Permettez-moi d’être franc, il n’existe pas de décisions simples".

 

Aujourd’hui, l’Armée turque et ses auxiliaires islamistes, en fait des miliciens d’al-Qaïda recyclés, occupent une bande de terre longue de 90km, d’une largeur oscillant entre 5 et 32km en Syrie. M. Binali Yldrim n’a pas précisé si son pays entendait se retirer du territoire qu’elle occupe ou y maintenir sa présence.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

En réalité, avec Bouclier de l’Euphrate, Erdogan poursuivait deux finalités assez éloignées du discours officiel. La première consistait à maintenir un lien géographique avec DAESH, que la Turquie fournissait en matériel de guerre, en combattants islamistes venus du monde entier, et avec lequel la famille du demi-dictateur turc réalisait de juteuses transactions financières. En particulier, les proches d’Erdogan achetaient à DAESH du pétrole brut à un prix défiant toute concurrence, en exploitant le fait que l’EI ne disposait pas d’autres débouchés pour vendre le pétrole qu’il produisait sur le territoire qu’il occupait.

 

Les journalistes et même les policiers turcs, qui n’étaient pas tous dans la confidence de ce commerce, et qui fournirent maladroitement les preuves de son existence, ont subi de plein fouet le courroux du régime. Celui-ci, faute de pouvoir étouffer l’affaire dont les photos s’étalaient partout, se contenta d’interdire de façon musclée que quiconque en Turquie y fasse allusion.

 

Ce n’est pas la coalition occidentale anti-DAESH qui a ainsi coupé le cordon ombilical entre la Turquie et l’Etat Islamique, en raison des relations qui la lient à Ankara, l’un des membres les plus puissants de l’OTAN, mais les Russes.

 

Après la prise d’Alep, réalisée grâce aux bombardements massifs des avions de Vladimir Poutine, ainsi qu’à l’intervention au sol de ses forces spéciales, les Russes, encadrant l’Armée d’al Assad et ses supplétifs chiites libanais, investirent rapidement la région située au sud d’al Bab (carte, cercle 1), coupant définitivement la continuité géographique entre les forces turques et les combattants de l’EI. Ce sont même les forces de Moscou qui chassèrent à elles seules DAESH de la ville de Tadif, située à moins d’un kilomètre au sud-est d’al Bab, après plusieurs assauts infructueux de leurs alliés gouvernementaux. Ce faisant, Poutine contrecarra le premier objectif d’Erdogan.

 

La deuxième finalité poursuivie par Ankara était d’empêcher à tout prix la jonction entre les Kurdes du Rojava oriental, et leurs frères vivant dans la poche d’Afrin, qu’à la Ména nous appelons le Rojava occidental par souci de clarification (Rojava signifie déjà "ouest" en kurde).

 

Au début de Bouclier de l’Euphrate, avec l’évacuation, coordonnée entre les Turcs et l’EI, de la ville frontalière de Jarabulus, présentée par Ankara comme un triomphe militaire mais éventée par la Ména, de violents affrontements se produisirent entre l’Armée ottomane et ses supplétifs, d’une part, et les Forces Démocratiques Syriennes, sous commandement kurde, qui venaient de s’emparer de la ville de Manbij, de l’autre.

 

Ankara, malgré l’envoi de dizaines de chars et l’utilisation massive de son aviation ne parvint cependant qu’à grignoter des parties négligeables du terrain tenu par les FDS. Au contraire, les Peshmerga, depuis sept mois, ont progressé de plusieurs dizaines de kilomètres, tant en provenance de l’Est que de l’Ouest. Désormais, avec l’imposition de la pax poutina, les deux clans kurdes ne sont plus distants que d’une vingtaine de kilomètres (carte. Cela donne aussi l’échelle de la carte dans son ensemble).

 

Ces succès sont dus en partie à la capacité militaire des combattants kurdes, certes, mais également aux pressions du gouvernement Obama sur Erdogan afin qu’il tempère son enthousiasme et réduise son recours à l’aviation. Barack Obama et John Kerry, bien que favorables aux Turcs, ne pouvaient pas lâcher complètement l’allié militaire kurde ; la première raison à cela est que ce sont les Etats-Unis qui avaient demandé aux YPG, les forces kurdes, de franchir l’Euphrate d’est en ouest pour chasser l’EI de Manbij. Washington les a soutenus notamment par des dizaines de sorties de l’U.S Air force, et par l’appui au sol que leur ont procuré les commandos américains et ceux de divers pays européens face aux islamistes. Au début de Bouclier de l’Euphrate, ces commandos occidentaux se trouvaient encore sur le terrain, à quelques kilomètres seulement des attaques turques, elles aussi soutenues par l’aviation coalisée. C’était une situation cornélienne et surtout terriblement dangereuse. Une situation qui suscita l’opposition déterminée du commandement général de l’Armée américaine, et qui aboutit à l’observation imposée d’une ligne de démarcation sur la rivière Sajour. 

 

L’autre raison est stratégique : l’essentiel de la coalition occidentale au sol, face à DAESH et sa capitale Raqqa, est formé par les Forces Démocratiques Syriennes et son ossature kurde, précisément les mêmes forces qui sont déployées à Manbij et à l’ouest de cette cité. Sans les Kurdes, les Occidentaux n’ont aucune chance de prendre Raqqa et Deir-ez-Zor, et devraient abandonner l’idée de les libérer, ou pire, laisser la possibilité au régime d’al Assad et à son protecteur russe de s’en emparer. En plus d’une perte d’influence inacceptable dans la région, le passage des deux villes sous le contrôle du régime amènerait dans son sillage les soldats de l’Armée régulière iranienne, son alliée, et menacerait toute la Syrie de devenir un protectorat de Téhéran, qui s’étendrait de la frontière afghane à la rive libanaise de la Méditerranée, le Liban se trouvant déjà sous l’emprise des supplétifs iraniens du Hezbollah.   

 

Pour le commandement kurde, il était évidemment impensable de mener l’offensive à Raqqa pour les Américains, pendant que les Américains permettaient aux Turcs de les massacrer à Manbij. D’un point de vue encore plus pragmatique, il n’était pas possible pour les Kurdes de dégarnir le front de Manbij pour envoyer des hommes à Raqqa s’il fallait résister à la pression turque.

 

Il y eut un moment de flottement, face au désaccord entre le Président Obama et son état-major, largement dû à l’incompétence, à l’ignorance et au désintérêt de l’ex-président pour la chose militaire et la guerre contre l’EI. Pendant un mois environ, les Peshmerga engagés sur le front de Raqqa cessèrent toute progression, attendant que l’offensive turque qui les visait à l’Ouest soit jugulée par des méthodes diplomatiques.

 

L’affrontement FSD-Turquie se calma relativement sur la Sajour mais il persista à l’ouest, au nord-ouest de Manbij et aux abords d’al Bab, où il fit de nombreux morts dans les deux camps. Si, au sol, les Kurdes et leurs alliés prenaient généralement le dessus sur les Ottomans, particulièrement grâce aux missiles antichars fournis discrètement par les Occidentaux, les frappes aériennes, notamment contre les centres de commandement des FDS, faisaient des ravages. Les alliés occidentaux des Kurdes refusaient de faire donner leur aviation pour les défendre, tandis qu’Erdogan multipliait les raids meurtriers.

 

C’est Vladimir Poutine qui prit les mesures à sa manière pour que cessent les raids aériens du sultan. D’abord il fit survoler à plusieurs reprises la "bande de sécurité" d’Erdogan, passant plusieurs fois à quelques dizaines de mètres de la collision aérienne. Puis, constatant que le message n’était pas passé et que les attaques de l’Aviation ottomane se poursuivaient, il envoya un groupe d’Aero L-39 Albatros bombarder "par erreur" un poste de commandement turc, tuant et blessant plusieurs officiers d’Erdogan.

 

Le Kremlin présenta ses excuses comme il se doit en pareil cas, et Ankara les accepta sans rechigner. Pour être convaincant, le Tsarévitch employa des appareils d’entraînement fabriqués en Tchéquie, hâtivement peints aux couleurs de l’Armée d’al Assad. Chez Assad, les L-39 ne servent quasiment plus qu’à l’entraînement, alors qu’en Russie, il en existe encore 600 en état de voler (la Russie en avait acheté originellement 2100), et on peut les doter de 1 200kg de bombes chacun. De quoi visiblement faire peur à un dirigeant turc, car depuis cette erreur, je n’ai plus vu ni entendu parler d’attaques au sol de positions kurdes par l’Aviation turque.

 

Poutine ne s’en est pas tenu au nettoyage du ciel pour impressionner les Ottomans ; dès le mois de décembre dernier, il créa, à proximité du front, face aux Turcs, quelques unités mixtes (pas plus d’une douzaine) Armée régulière syrienne-Forces Démocratiques Syriennes. On distingue sur la carte, dans le cercle #1, des unités de ce genre. Le message du président russe est clair : qui s’attaque à l’Armée syrienne, s’attaque à son protecteur russe, qui interviendra avec tout le "discernement" dont il a fait preuve à Alep et ailleurs, tuant des gens par dizaines de milliers.

 

Comment Poutine fait-il coexister des soldats syriens et des Peshmerga, ce qui tiendrait du miracle tant leurs intérêts divergent et tant ils se détestent ? Et comment a-t-il fait pour convaincre Bashar al Assad de protéger les forces kurdes alors qu’il aspire ouvertement à récupérer le Rojava ?

 

C’est simple : en fait, les "militaires gouvernementaux" sont aussi kurdes que les combattants des FDS. Ils appartiennent à la Résistance Nationale Syrienne, une force uniquement composée de Kurdes, qui se sont battus aux côtés du régime à Alep et se sont illustrés dans la bataille féroce qui s’est déroulée face à l’EI aux alentours de l’Ecole d’Infanterie. Mais la RNS, ou Brigade des Martyrs de Kafr Saghir, a toujours conservé son indépendance. Ils ont fait le coup de feu aux côtés des Alaouites, parce que DAESH combattait leurs frères dans le Rojava et menaçait le quartier kurde d’Alep. Reste que leur ennemi principal a toujours été la Turquie : ces combattants haïssent littéralement les Turcs - j’ai pu m’en rendre compte personnellement en discutant avec eux -, bien davantage, si c’est encore possible, que les YPG les détestent.

 

Profitant des retombées de cette alliance – il est impossible sur le terrain de distinguer les FDS des RNS, les Martyrs de Kafr Saghir obéissant avec plaisir aux injonctions du commandement FDS – Poutine occupe désormais le terrain. Depuis quelques semaines, ne prenant absolument pas en compte les réticences de Bashar al Assad, les soldats russes forment, entraînent et arment des Peshmerga, prenant une place croissante parallèlement aux instructeurs occidentaux. L’entente semble idyllique, les Kurdes étant reconnaissants envers les Russes pour avoir fait taire les armes et renforcé leurs positions.

 

Cela ajoute au dilemme d’Ankara : laisser ses troupes en Syrie ou les en retirer. Erdogan pourrait les y maintenir, mais à quoi bon, puisqu’elles ne peuvent plus avancer et que la Turquie est géographiquement coupée de l’EI ? Bien sûr, tant que ses soldats sont présents, ils empêchent l’unification du Rojava, mais le sultan risque un affrontement avec les Russes, dépense beaucoup d’argent et provoque de l’amertume parmi ses officiers, dans une armée déjà terriblement affaiblie par les purges ayant suivi le coup d’Etat manqué du 15 juillet dernier.

 

Ce qui est sûr est que si les Turcs décidaient de s’en aller, les Peshmerga parcourraient immédiatement les 20km séparant le saillant est du saillant ouest. Et personne ne pourrait les en empêcher.

 

Bien plus au Sud, les Kurdes qui se battent aux côtés d’environ 1 500 Occidentaux sur le terrain, dont 1 000 Américains, ont pris le contrôle du barrage de Tabka (carte, cercle #2), ont traversé l’Euphrate, et se sont emparés de l’aéroport, à 12km du fleuve, dans lequel, à l’été 2014, les miliciens de DAESH avaient exécuté, après les combats, près de 200 soldats du régime.

 

Le barrage, s’il n’a pas subi de dommages structurels durant les affrontements des derniers jours, n’a plus de salle de contrôle, les islamistes l’ayant saccagée avant de se retirer. Cela fait planer un risque d’inondation de la plaine en aval, y compris sur la ville de Raqqa, à 40km. Des techniciens syriens ont bien tenté de venir réparer les dégâts mais ils ont été accueillis par un feu nourri de l’artillerie daeshiste et ont rebroussé chemin.

 

Comme on le voit dans le second cercle de la carte, les FDS progressent maintenant sur la rive sud de l’Euphrate, avec pour dessein d’encercler Raqqa, dont ils ne sont plus éloignés, sur la berge opposée, que de 4km par endroits. Ils progressent également le long du cours d’eau en direction de Deir-ez-Zor.  


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Ceux qui œuvrent à la disparition d’Israël n’ont rien à faire en Israël (info # 012603/17) Version imprimable
dimanche, 26 mars 2017

 

Par Guy Millière

 

Je vis désormais aux Etats-Unis. Si j’avais écrit des livres ou des articles vecteurs de haine aux dépens des Etats-Unis, si j’avais fait campagne en faveur de mesures internationales de boycott à l’encontre des Etats-Unis, il est quasiment certain que, quels que soient par ailleurs les documents attestant de mes qualités intellectuelles et de l’importance de mes publications, on m’aurait refusé le statut de résident. Si, ayant participé à des manifestations encourageant la violence contre les Etats-Unis ou prônant leur destruction, j’avais souhaité me rendre aux Etats-Unis, on m’aurait, sans aucun doute aussi, interdit l’entrée sur le territoire du pays. Tout cela m’aurait paru légitime. Un pays peut choisir qui il accueille sur son sol et doit disposer de la liberté de décision en la matière, sinon, il n’est plus un pays souverain.

 

Le parlement israélien a voici peu voté une loi qui interdit l’entrée en Israël de gens tenant verbalement ou par écrit des propos de haine à l’encontre d’Israël et participant au mouvement BDS. Cette loi a fait l’objet de commentaires négatifs dans la presse européenne, où certains ont parlé de décision liberticide. Des articles ont été publiés en Israël qui la critiquent dans des termes similaires.

 

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BDS, un mouvement essentiellement racial

 

Que la presse européenne fasse des commentaires négatifs sur une loi israélienne n’est pas surprenant. Chercher un article positif sur Israël dans la presse de la quasi-totalité des pays européens est plus difficile encore que chercher une aiguille perdue dans un hangar empli de foin.

 

Ce que des journalistes européens trouvent compréhensible lorsqu’ils parlent des Etats-Unis (ou, tout au moins, trouvaient compréhensible lorsqu’ils parlaient des Etats-Unis jusqu’à l’élection de Donald Trump) devient pour eux strictement scandaleux lorsqu’il s’agit d’Israël.

 

Que des commentateurs israéliens émettent des opinions négatives sur une loi israélienne, qui ressemblent aux commentaires hostiles que l’on trouve dans la presse européenne, n’est, hélas, pas surprenant non plus : ces commentateurs appartiennent à la gauche israélienne, qui est, en général, aussi aveugle que la gauche du reste du monde.

 

Que ces commentateurs israéliens ne voient pas qu’il existe une différence radicale entre la critique de la politique d’un pays et la haine exprimée contre ce pays, qu’ils semblent ne pas voir que les campagnes en faveur de mesures internationales de boycott visant Israël ont pour objectif la destruction d’Israël, qu’ils semblent ne pas voir non plus que les manifestations anti-israéliennes sur le sol israélien n’expriment ni critiques ni préoccupations, mais constituent des campagnes de haine, est préoccupant voire scandaleux.

 

Il existe des discours critiques de la politique israélienne, et des intellectuels juifs européens de gauche tiennent volontiers ces discours. En France, des hommes tels qu’Alain Finkielkraut ou Bernard Henri Levy n’ont, par exemple, jamais montré une sympathie débordante à l’égard des gouvernements successifs dirigés par Binyamin Netanyahu, et c’est le moins que je puisse dire. Nul pour autant ne pourrait qualifier leurs discours de discours anti-israélien haineux.

 

La consultation des sites des officines “pro-palestiniennes”, nombreuses en Europe, permet quant à elle de déceler immédiatement que ces organisations sont imprégnées d’autre chose qu’une volonté de critique. Les accusations partiales, partielles et viciées contre Israël y abondent, les falsifications des faits et de l’histoire y sont omniprésentes, l’apologie du terrorisme et de l’assassinat de Juifs n’y est jamais très loin, la diabolisation de l’Armée et du gouvernement israéliens y est récurrente. Quand des officines de ce genre organisent des voyages, elles vont souvent jusqu’au négationnisme, et disent que le voyage a pour destination la “Palestine”, car pour elles, Israël n’existe pas et n’a pas le droit d’exister. Dans quel autre pays accueillerait-on à la frontière des gens qui prétendent que ledit pays n’existe pas et n’a pas le droit d’exister ? Qu’Israël ne veuille pas accueillir des porteurs d’accusations partiales, partielles et viciées, des falsificateurs, des gens faisant l’apologie du terrorisme et de l’assassinat de Juifs et des praticiens de la diabolisation est légitime ; c’est même la moindre des choses dans un contexte où le risque d’attentats terroristes contre Israël et de meurtres contre des Juifs en Israël est omniprésent.

 

Le mouvement BDS (Boycott-Désinvestissement-Sanctions) est à classer dans la même catégorie que les autres organisations “pro-palestiniennes”. Prétendre que ce mouvement ne vise pas la destruction d’Israël implique la volonté d’être aveugle de manière obstinée et forcenée. Vouloir détruire l’économie d’un pays, car c’est le but, c’est vouloir détruire un pays, car aucun pays ne peut vivre avec une économie ruinée. Qu’Israël ne veuille pas accueillir des gens qui s’emploient à détruire Israël est aussi vraiment la moindre des choses.

 

Que des gens désirent venir en Israël pour participer à des manifestations anti-israéliennes qui, systématiquement, sont porteuses de haine et de soutien au terrorisme, et qu’Israël ne veuille pas d’eux est encore une fois la moindre des choses.

 

Ceux qui haïssent Israël, ceux qui veulent détruire Israël, ont le monde entier pour cracher leur venin, vociférer, éructer, brûler des drapeaux israéliens. Ils n’ont pas à se voir accueillis en Israël pour se livrer à leurs méprisables activités. En ne les accueillant pas, Israël se conduit en pays souverain et ne viole le droit de parler et d’agir de personne.

 

Que cela déplaise à ceux qui voudraient qu’Israël soit rayé de la surface de la Terre est logique, mais Israël n’existe pas pour faire plaisir à ceux qui voudraient le rayer de la surface de la Terre.

 

Que des Israéliens ne le comprennent pas n’est pas grave, tant que ces Israéliens sont minoritaires : toute société démocratique inclut des aveugles, qui ont eux aussi le droit de s’exprimer.

 

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Espagne-Israël : seul un miracle… (info # 022403/17) Version imprimable
vendredi, 24 mars 2017

 

Par Ilan Tsadik

 

Ce soir, à 20h 45 heure de Paris, 22h 45 à Métula (on a changé d’heure la nuit dernière), la Roja (la Rouge), l’équipe espagnole de football, l’une des meilleures de la planète, reçoit la sélection israélienne, la Nivkhéret, à Gijon (ça se prononce khikhonne), dans les Asturies. La rencontre compte pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 2018 en Russie.

 

Avant ce match, l’équipe nationale israélienne pointe au 3ème rang du classement intermédiaire, avec 9 points, trois victoires et une défaite, derrière l’Espagne et l’Italie et leurs dix points chacune. Il faut impérativement terminer dans les deux premiers pour espérer obtenir son ticket pour Moscou.

 

Sur le papier, seul un miracle de la taille de l’ouverture des eaux de la mer Rouge pourrait permettre aux bleus de l’emporter ou même d’obtenir la parité. Mais le ballon et rond, même si ce soir, on ne sait pas si c’est un avantage ou un inconvénient.

 

Le coach, Elisha Levy espère une panne de courant, car dans l’obscurité, nous partons à chances égales avec nos adversaires. Il semble vouloir opter pour un déploiement offensif avec deux attaquants, Tal Ben Haïm et Eran Zahavi, mais certains joueurs pensent que c’est la porte ouverte à une hécatombe.

 

Même si le stade el Molinon, le plus ancien d’Espagne, sera archi-comble ce soir, les joueurs et les journalistes ibères ont tendance à sous-estimer la formation visiteuse, ce qui en fait son meilleur argument.

 

La sélection israélienne s’alignera ce soir avec un brassard noir en hommage à notre confrère Meïr Einstein, emporté cette semaine à 65 ans par une longue maladie. Meïr était le Roger Couderc de la télévision israélienne.

 

Une victoire sur la Roja constituerait un exploit comparable à celle obtenue face à la France par trois buts à deux, le 13 septembre 1993 à Paris, qui barra la route de la Coupe du Monde des Etats-Unis aux Tricolores.

 

Sur le plan extra-sportif, la ville de Gijon se trouve en état de siège ce vendredi. Depuis leur arrivée, les joueurs hébreux, entourés de 13 gardes du corps israéliens, sont confinés dans un hôtel dont ils ne sortent que pour les entraînements. La Roja, quant à elle, est logée dans un autre palace à proximité et bénéficie également d’un gros dispositif policier. Une différence tout de même dans le traitement des deux formations : les Ibères disposent d’un terrain d’entraînement et d’un parcours de golf dans le périmètre de l’hôtel, tandis que les Hébreux sont confinés à l’intérieur. On reparlera de l’hospitalité et des mauvaises manières de nos hôtes.

 

Car il y a bien plus grave. La municipalité de Gijon est la seule de la péninsule disposant d’une équipe en première ou seconde division à avoir officiellement voté le boycott d’Israël. Dès lors, le choix d’Ángel María Villar, le président de la RFEF, la Fédération Royale Espagnole de Football, n’est pas compréhensible. Interrogée à ce sujet, la fédération s’est refusée à tout commentaire.

 

On annonce une vaste manifestation des anti-israéliens, intitulée "carton rouge", juste avant la rencontre. On ose espérer qu’elle ne dégénérera pas, ce qui impliquerait directement la RFEF qui joue, ce vendredi, avec la haine et l’antisémitisme et les invite à s’immiscer dans le sport. Il vaudrait mieux aussi que les 30 000 spectateurs d’el Molinon ne se prennent pas à siffler l’Hatikva, notre hymne national, et qu’on ne les laisse pas entrer dans le stade avec des drapeaux d’entités hostiles, ou des slogans désobligeants, car le football espagnol qui nous passionne tant serait probablement sanctionné par les instances internationales.   

 

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Ici, c’est Gijon

 

Le gouvernement israélien, arguant que le sport est fait pour rapprocher les peuples et non pour attiser le racisme et la haine, a demandé à son homologue à Madrid d’interdire toute manifestation en marge de cette réunion sportive. On ne va pas tarder à savoir s’il a été entendu. Quoi qu’il en soit et en espérant vivement que le sport l’emporte, nous ne pouvons nous empêcher de stigmatiser l’initiative consistant à organiser un match de cette importance dans la ville la plus hostile à Israël d’Espagne. Il y a là au moins un manque de discernement et, au pire, l’intention de surfer sur un ressentiment imbécile pour mettre ses hôtes sous pression. Si la partie avait lieu à Barcelone, à Valence ou à Madrid, les seules manifestations auxquelles on assisterait seraient des manifestations d’amitié entre les deux peuples frères, qui partagent un gros morceau d’histoire commune.

 

Israël compte d’ailleurs des milliers d’amis à Gijon, qui font connaître leur déplaisir sur les réseaux sociaux. A l'instar de Sergio Marqués Prendes, un intellectuel et un éditorialiste qui a exprimé le fond de sa pensée dans La Nueva Espana, (la nouvelle Espagne), sous le titre "Gijón, sept mois de honte". Sur ce site, l’article est reproduit sous une grande photo du cœur de la cité de Gijon barrée du slogan nazi "JUDENFREI".

 

En janvier 2016, le conseil municipal de Gijon avait déclaré la ville "Espace libre d’apartheid israélien". Ce faisant, il entend déconseiller vivement l’achat de produits non seulement israéliens, mais aussi proposés par des entreprises présumées "complices" de "l'apartheid israélien" ou censées obtenir un avantage économique quelconque, fruit du commerce avec celui-ci.

 

La ville de Gijon appelle au contraire à la collaboration avec l’organisation de boycott d’Israël BDS, qui exige explicitement, outre la proscription desdits produits et entreprises, la mise en quarantaine des artistes, des intellectuels, des étudiants, et des formations sportives israéliens. Le même mouvement déclare vouloir "lutter" contre la suprématie juive et le colonialisme sioniste, ce qui en fait, selon Sergio Marqués Prendes, un mouvement ostensiblement antisémite, de même que ceux qui le soutiennent ou le favorisent.

 

Pour Prendes, les droits de l’homme sont déjà entièrement garantis par l'Etat d'Israël. La ville de Gijón, s’allie avec des mouvements qui utilisent spécifiquement la population arabe, en particulier les réfugiés, comme un moyen politique de destruction du seul véritable Etat démocratique dans la région du Moyen-Orient.

 

Il ajoute que les citoyens israéliens d'origine arabe sont la seule population arabe vivant sous l'égide des droits de l'homme au Moyen-Orient, et qu’ils bénéficient de ce parapluie précisément grâce à l'existence de l'Etat d'Israël.

 

Le véritable "apartheid" au Moyen-Orient est celui ressenti par tous ceux qui vivent dans des camps de réfugiés dans les pays arabes "amis de la Palestine". Des personnes qui, avec la complaisance de l'ONU, se voient systématiquement refuser des droits civils tels que le droit à la propriété, celui de voter, le droit au travail, etc.

 

Israël, termine notre confrère, mène une bataille. Une bataille pour les droits de l'homme et de la démocratie sur l’une des scènes les plus complexes et dangereuses qui existent pour la défense de la liberté. Sergio Marqués Prendes invite ses lecteurs à "ne pas se tromper de camp". Il recueille le soutien de nombreux internautes, la vindicte de certains autres, ainsi que notre considération pour sa clairvoyance, son courage et son amitié.

 

C’est donc dans cette ville de Gijon et son atmosphère nauséabonde que la Nivkhéret s’apprête à livrer bataille, par choix de la fédération espagnole de football. Si ce n’était par égard pour les joueurs et les aficionados, qui n’y sont strictement pour rien, nous n’appellerions certes pas le ciel à frapper la péninsule avec les dix plaies d’Egypte (il ne faut rien exagérer), mais à lui infliger une défaite douloureuse, qui pourrait l’empêcher – ce serait une gigantesque surprise – de participer aux prochains Championnats du Monde.

 

Il existe un antécédent à la situation de ce vendredi ; cela se déroula le 7 mars 2009 dans la ville suédoise largement antisémite de Malmö, à l’occasion d’une rencontre de Coupe Davis. La ville avait été ravagée par des milliers d’émeutiers islamistes et néo-nazis. Le Professeur d’histoire suédois Kristian Gerner décrivit ces évènements comme "la pire crise pour les Juifs en Suède depuis la Seconde Guerre Mondiale".

 

L’épilogue de cette histoire fut que la rencontre dut être disputée sans public et, contre toute attente, les tennismen israéliens, qui n’étaient pas favoris, l’emportèrent. Puisse la rencontre de ce soir, rendue artificiellement tendue par une décision stupide, se dérouler sans heurts et sans blessés. Et, laissons-nous aller, une fois n’est pas coutume, à souhaiter que ce ne soit pas le meilleur qui gagne.

 

 
Bruxelles-Metula du 27 mars 2017 (012703/17) Version imprimable
vendredi, 24 mars 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/8ojXp3tA2RI (Youtube)

 

Au sommaire de cette semaine :

 

1. La commémoration du génocide des Tutsis en 1994 : le devoir de mémoire, c’est avant tout nommer les victimes et les assassins. La responsabilité terrifiante de la France dévoilée par la Ména, le rôle de la Belgique et le sort du Père Theunis, qui a incité au génocide.

 

2. Jason Greenblatt, l’envoyé de Donald Trump, exige de Binyamin Netanyahu un blocage total des implantations en dehors des trois blocs envisagés. Netanyahu en délicatesse avec sa coalition. Comment refuser lorsque les trois personnes chargées du dossier par le président américain sont des Juifs sionistes et pratiquants. Un piège tendu par Trump ? Le compromis qui pavera la voie à un accord ?

 

3. Terrorisme : débat avec un député écologiste belge. Tous les musulmans ne sont pas terroristes, mais tous les terroristes sont musulmans. Impossible de ne pas considérer cette équation si l’on ne veut pas remplir les cimetières européens. Le terrorisme islamique est l’ennemi auto-désigné ; ne pas le dire ou le combattre, c’est préparer le prochain attentat. On sait quand il aura lieu : très bientôt.

 

4. Le match de ce soir à Gijon d’Israël face à l’Espagne : seul un miracle… Dans une ambiance de ville en état de siège.
 
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