L’intelligence stratégique de Binyamin Netanyahu (info # 013107/16) Version imprimable
dimanche, 31 juillet 2016

 

Par Guy Millière © Metula News Agency

 

Je l’écris à nouveau, je pense que Binyamin Netanyahou est l’un des très rares hommes d’Etat de ce temps. Avoir réussi à endiguer l’essentiel des mauvais coups que l’administration Obama a tenté de porter à Israël depuis huit ans a été la démonstration d’une intelligence stratégique remarquable.

 

Binyamin Netanyahou n’a, certes, pas réussi à endiguer tous les mauvais coups : il n’a pu empêcher Obama et Kerry de passer un accord désastreux avec la République Islamique d’Iran. Mais il a pu mettre fin à l’insupportable harcèlement exercé par le Hamas depuis Gaza lors des opérations militaires de 2014, sans parvenir toutefois à écraser totalement le Hamas.

 

Obama, quant à lui, s’est employé à freiner les livraisons de matériel militaire à Israël et a accentué les pressions exercées sur lui en décidant, un temps, le boycott de l’aéroport Ben Gourion par les appareils américains.

 

 

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Barack et Bibi, deux génies stratégiques,

un seul ou aucun des deux ?

 

Netanyahou a dû céder un peu, mais, dans l’ensemble, la situation d’Israël est bien meilleure que ce qu’elle aurait été si l’Etat hébreu avait été privé de l’intelligence stratégique de Netanyahou. On le comprendra, j’en suis certain, quand le moment sera venu de passer des pages d’actualité des journaux à celles des livres d’histoire.

 

L’intelligence stratégique de Netanyahou a été à l’œuvre aussi dans une recomposition des alliances d’Israël. Le Premier Ministre a non seulement compris qu’Obama était un ennemi sournois de son pays, il a également saisi que l’alliance d’Israël avec les Etats Unis était menacée par la "gauchisation" du Parti Démocrate, et que l’Europe, qui s’islamise à une vitesse croissante, était, elle, un ennemi déclaré d’Israël.

 

Le chef de l’exécutif hébreu s’est dès lors réorienté vers la Russie de Vladimir Poutine, discernant qu’il était un nationaliste russe philosémite. Il a mené une diplomatie d’ouverture non déclarée vis-à-vis des puissances sunnites du statu quo, confrontées au  péril djihadiste sunnite et à la montée en puissance de l’Iran.

 

Il a passé des accords avec la Turquie d’Erdogan, sans illusions sur le personnage, mais en sachant qu’au-delà de ses penchants totalitaires, il était soumis à la pression russe, à celle de l’Iran qui est lui-même sous la pression de la Russie, ainsi qu’à des pression et difficultés domestiques. Ce, tant en raison du poids croissant de la minorité kurde dans son pays, qu’en proie à des difficultés économiques et financières. La croissance turque reposant désormais essentiellement sur des emprunts effectués auprès de puissances islamiques du statu quo, telle l’Arabie Saoudite et les Emirats du Golfe.

 

Netanyahou a surtout passé des accords avec plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, auxquels il a rendu visite récemment. Ces traités reposent sur l’appréciation par Netanyahou de ce que l’Afrique subsaharienne est une région pauvre, sous-développée, et qui a un besoin évident de technologies qu’Israël est à même de fournir. Dans le domaine de l’irrigation, par exemple, Israël va disposer de marchés d’exportation supplémentaires, qui rendront le pays moins vulnérable à des actions de boycott éventuellement décidées à l’échelon européen.

 

Ces accords reposent principalement sur le fait que les pays d’Afrique subsaharienne sont confrontés à une menace djihadiste forte, et ont un besoin urgent de l’expertise et de la coopération israéliennes dans le secteur de la lutte anti-terroriste. Israël va, sans nul doute, faire bénéficier les pays concernés de son savoir-faire.

 

Ces accords reposent aussi sur la nécessité pour Israël de disposer d’alliés diplomatiques supplémentaires. En un moment où des manœuvres anti-israéliennes se préparent sous l’égide la France (avec l’appui explicite de l’Union Européenne), et vraisemblablement d’un Obama en fin de parcours et en quête d’héritage, qui pourraient conduire à des motions anti-israéliennes déposées à l’ONU, les voix de quelques pays d’Afrique membres non permanents du Conseil de Sécurité [mais sans droit de veto. Ndlr.] sont à même de gripper des rouages délétères. Netanyahou le sait.

 

Ceux qui regardent agir Netanyahou et souhaiteraient son échec le savent aussi, et, sans le dire, ils trépignent de rage. Ils constatent que l’intelligence stratégique de Netanyahou conduit à une recomposition des alliances d’Israël.


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L’Arabie Saoudite demande l’aide militaire d’Israël (info # 012907/16) Version imprimable
vendredi, 29 juillet 2016

 

© Metula News Agency

 

Juffa, interviewé par Jim Mosko sur Radio Judaica :

 

https://youtu.be/8HKAn6zDC_s (Youtube)

 

Selon plusieurs sources arabes et européennes, le nouveau ministre saoudien des Affaires Etrangères, M. Adel al-Jubeir, aurait affirmé que son pays "a impérieusement besoin de l’assistance militaire israélienne afin de vaincre les rebelles yéménites" soutenus par l’Iran.

 

Le Roi Salam est au courant, de même que le Qatar et les Emirats Arabes Unis. Les pilotes saoudiens de F-15 sont trop "inexpérimentés" pour imposer leur loi dans le conflit, ils ont déjà perdu 28 de ces appareils. Des avions qui devraient être utilisés pour assurer la suprématie aérienne et non les attaques au sol, pour lesquelles les F-16 sont plus efficaces.

 

Les aviateurs hébreux, eux, sont hautement qualifiés et ils ont fait leurs preuves face aux "milices palestiniennes et libanaises" aux yeux des Saoudiens.

 

En fait, cela fait déjà trois ans que la Ména affirme que des Israéliens aident et conseillent la monarchie et ses alliés face aux chiites yéménites, notamment grâce à leurs drones. Mais Riad désire une augmentation significative de l’implication de Jérusalem dans la confrontation avec Téhéran et ses supplétifs.

 

Ces nouvelles font suite à la visite semi-officielle, la semaine passée, d’une délégation saoudienne conduite par le très influent Général Anwar Eshki en Israël, où ses membres ont rencontré tous les acteurs de la vie politique du pays.

 

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Réunion commune des deux délégations à Jérusalem,

le Général Eshki est le cinquième personnage depuis la droite,

le temps des complexes est terminé

 

Un marché se profile qui, sous l’appellation de la Proposition de Paix saoudienne, échangerait un soutien militaire accru des Israéliens contre la réduction des exigences concernant les Palestiniens, dont l’Etat qu’ils réclament deviendrait une autonomie élargie.

 

Ce seraient l’Arabie Saoudite, l’Egypte et d’autres pays sunnites qui négocieraient avec Jérusalem et non Mahmoud Abbas et l’Autorité Palestinienne.

 

John Kerry rencontrera Mahmoud Abbas demain (samedi) à Paris pour, au contraire, renforcer sa position dans les négociations et dynamiser l’Initiative Française, qui prévoit une conférence internationale, où l’AP aurait le même poids qu’Israël.

 

On peut désormais parler d’une confrontation entre l’Initiative Française, appuyée par Washington et des Etats Européens, face à la Proposition Saoudienne révisée à l’aune de l’alliance stratégique Israël-Etats sunnites, qui prend des dimensions considérables.

 

Le choix des Américains et des Européens, qui jouent à fond la carte iranienne, oblige Israël et les Arabes à s’entendre face à leur ennemi commun iranien. Cela explique également la raison pour laquelle les Arabes comptent sur Israël au Yémen et non sur les Américains et les Européens, qui ne leur inspirent pas confiance.

 

Le directeur de l’Institut National de Sécurité israélien, le Général (ret.) Amos Yadlin, longtemps chef du renseignement militaire, un personnage central de l’establishment hébreu de la Défense, a confirmé, mardi dernier devant les caméras de France 24, que son pays et l’Arabie Saoudite coopéraient.

 

Une coopération qui brûle les étapes, M. Adel al-Jubeir ayant exprimé, selon des sources concordantes, que "le monde entier doit envisager une coexistence amicale et une camaraderie entre le Royaume Saoudien et Israël, puisqu’après tout, nous somme historiquement des cousins".

 

Il semble que c’est encouragé par la solidité de ce nouvel axe stratégique que M. Netanyahu s’est lancé dans un nouvel agrandissement des implantations en Judée-Samarie. Le consentement tacite de Riad et du Caire face à cette initiative, les leaders du monde arabe, suffit à contrebalancer les critiques de l’Occident.

 

Avec l’apparition au grand jour de cette nouvelle alliance, dont les lecteurs de la Ména ont suivi la construction en exclusivité intégrale grâce à Fayçal H. en Jordanie et Sami el Soudi, on assiste actuellement à une révolution majeure des données au Moyen-Orient.

 

 

 
Nice : la niaiserie officielle (info # 012607/16) Version imprimable
mardi, 26 juillet 2016

 

Par Claude Berger1

 

 « Il s’est radicalisé très récemment et très rapidement »… C’est la nouvelle niaiserie proposée par le ministre de l’Intérieur et répétée à longueur d’ondes à propos du criminel islamiste de Nice. Autrement dit, badauds et futurs électeurs, la conclusion s’impose : vos dirigeants, Cazeneuve, Hollande et Valls sont hors de cause, puisqu’il était impossible de prévoir le passage à l’acte de quelqu’un qui n’était pas fiché et qui, selon un fidèle, « ne fréquentait pas la mosquée et ne suivait pas le ramadan » !

 

En conséquence de ce qui précède, il faut donc vous habituer, Français, à votre sort de cibles permanentes, à domicile, comme pour le couple de Magnanville, ou dans vos festivités, comme lors du massacre du 14 juillet !

 

En vérité, ce propos du ministre est révélateur de l’aveuglement de la pensée des dirigeants politiques face à l’islam et à l’islamisme, et face au terrorisme qui s’en réclame. D’une part, même repérés par les services de renseignements, les terroristes islamistes qui ont sévi à Toulouse, Paris et Bruxelles ont pu circuler sans problème et opérer à leur guise. D’autre part, on ne peut plus faire « comme si » il n’y avait pas de problème avec l’islam, vu sous le prisme de l’extension mondiale du marché du travail.

 

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Dans la dynamique de la concurrence planétaire, c’est soit eux qui

viennent chez nous, soit nous qui créons des emplois chez eux, quitte à délocaliser

 

Un marché qui implique notamment la liberté de circulation des femmes et la perte de la mainmise religieuse sur l’hégémonie sociale au profit de l’Etat républicain.

 

Les bombardements ciblés sur DAESH ne règlent évidemment pas le problème du basculement des cités à forte implantation musulmane dans la marginalisation insurrectionnelle d’une partie des populations nourries par l’islam. Ce problème est mondial et concerne également tous les pays musulmans.

 

Ne pas avoir perçu ce phénomène témoigne de l’aveuglement qui a présidé à l’importation massive de mains d’œuvre sans tenir compte des matrices culturelles qui les ont formatées. Or nos sociétés sont fondées sur la transformation du travail en marchandises sur un marché concurrentiel ; l’oublier, l’ignorer c’est aller droit vers une crise du salariat par le surnombre sur ce marché, et c’est provoquer les crises identitaires, non seulement chez les nations importatrices, mais aussi chez les populations migrantes. A terme cela équivaut à semer les germes d’une guerre civile.

 

Le discours anti-islamophobe ou anti-amalgame veut taire ce conflit et ne fait que servir la cause de l’islamisme. Il est temps de reconquérir les territoires perdus de la République, en démantelant les contre-cultures islamistes qui s’y sont développées.

 

On ne saurait oublier de ce point de vue, qu’avant de devenir compatible avec la République, l’Eglise inquisitoriale dut subir la contrainte révolutionnaire et la lutte anticléricale. Puis, après la Seconde Guerre Mondiale, l’Eglise a été contrainte à faire un travail sur elle-même pour se démarquer d’un antijudaïsme ayant pu favoriser l’antisémitisme exterminateur et participer, après la reddition de l’Allemagne, à l’exfiltration de responsables nazis vers l’Amérique du Sud et les pays arabes.

 

L’islam repose également sur un dogme clivant : Mahomet est le Prophète, et ne pas y croire rejette les réfractaires du côté des mécréants. S’ensuit l’obligation de convertir l’univers. Mais le schéma parental et sexuel sous-jacent, resté sans analyse, implique une oppression des femmes et une pulsion de mort dirigée contre les Juifs et des chrétiens. Pulsion qui trouve sa jouissance dans la mort des mécréants.

 

Soumettre la volonté de spiritualité et de morale affichée dans l’islam, à l’instar des autres religions mais contredite par la violence, à une mise sur le divan est une nécessité. Introduire la critique de cette violence conquérante dans les lieux d’éducation est un devoir. D’autant que les matrices culturelles ne façonnent pas qu’un islam rituel qui peut se radicaliser par le littéralisme, elles façonnent également un islam culturel, qui lui aussi se radicalise, ce que semble ignorer le ministre.

 

De fait, aucun des tueurs des différents attentats n’était expert en commentaire coranique ! Cet islamisme culturel opère sur le sol français, il est dans l’air que respirent nos jeunes. Il est dans la haine de la culture française. Il se diffuse dès le plus jeune âge peu ou prou dans ce qui se transmet par l’inconscient culturel. Or il n’existe pas de frontière hermétique entre l’islam dit modéré et l’islamisme qui a recours à la violence.

 

Un autre combat est à mener : en finir avec le marché du travail qui crée sans cesse un appel d’air de migrants, qui ne sont pas uniquement des « migrants économiques », mais également des migrants culturels.

 

Il est sans doute utile de se rappeler qu’en 2015, sur une embarcation chargée de 112 migrants qui menaçait de sombrer, une quinzaine de musulmans jetèrent douze chrétiens à la mer.


 

 

Note de la rédaction :

 

1Claude Berger est l’auteur de « Pourquoi l’antisémitisme » et de « En finir avec le salariat », aux Editions de Paris.

 

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Nouvel incident dans le Golan (info # 022507/16) Version imprimable
lundi, 25 juillet 2016

 

© Metula News Agency

 

Lundi, 23h50 à Métula, 22h50 à Paris

 

Cette après-midi (lundi) des obus de mortier ont explosé dans la partie israélienne du Golan central, à proximité immédiate de la frontière, sans faire de victimes ni de dégâts.

 

Il est probable qu’il s’agisse une nouvelle fois de projectiles perdus résultant de l’affrontement durable qui oppose, à quelques centaines de mètres d’Israël, l’Armée gouvernementale syrienne au Front Sud, entre les localités de Baath City (également nommée la Nouvelle Kouneitra) et el Khmadaiah.

 

Quelques instants plus tard, le Khe’l Avir, l’Armée de l’air israélienne, a riposté en détruisant deux postions des forces gouvernementales à Baath City depuis lesquelles les projectiles avaient été tirés.

 

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La région des incidents

Service cartographique © Metula News Agency

 

Dans un message à Reuters, l’Armée syrienne a affirmé qu’une attaque avait été menée par deux avions israéliens "de reconnaissance (sic)", qui auraient touché un immeuble résidentiel de la ville, causant des dommages matériels sans blesser personne.

 

Le porte-parole de l’Armée israélienne a confirmé les incidents, indiquant pour sa part que "le Khe’l Avir avait  pris pour cible avec succès la source des tirs en Syrie", précisant que "le gouvernement syrien était responsable pour tous les tirs provenant de Syrie, et que Tsahal continuerait à agir afin de préserver la souveraineté israélienne et de protéger Israël".

 

La Ména a observé ces derniers jours un regain de tension dans le Golan et dans le Doigt de la Galilée, notamment après des tirs de mitrailleuses depuis le Liban sur Har Hatsfia à Métula et la riposte israélienne contre des positions du Hezbollah dans le Golan, puis la brève incursion d’un drone en provenance de Syrie dans l’espace aérien hébreu.

 

Tsahal a déployé des moyens dans la région pour faire face à toute éventualité ; des moyens dont la nature est couverte par la censure militaire.

 

 
Netanyahu face aux généraux (info # 012307/16) Version imprimable
dimanche, 24 juillet 2016

 

Par Guy Millière

 

Israël, qui peut l’ignorer, est confronté, depuis sa renaissance il y aura bientôt sept décennies de cela, à la guerre. Celle-ci a pris la forme de guerres conventionnelles : en 1948-49, en 1967 et en 1973. Peu à peu, la confrontation s’est transformée pour prendre la forme de la guerre terroriste menée par l’OLP dès les années 1970, qui n’a pas cessé depuis, même si, grâce à la barrière de sécurité, à l’endiguement de Gaza, à des moyens de surveillance sophistiqués, et à une vigilance de chaque instant des forces de sécurité, le nombre d’actes terroristes a diminué. Et, faute de pouvoir recourir aux explosifs et aux attentats suicides, les assassins recourent désormais essentiellement au couteau, au fusil d’assaut ou à la voiture tueuse.

 

La confrontation a pris aussi la forme de la guerre diplomatique et de la guerre de propagande, on ne peut que le constater tous les jours. Et l’OLP a remporté, hélas, diverses victoires dans ces domaines. Les accords d’Oslo ont constitué l’une de ces victoires, la création de l’Autorité Palestinienne, qui a donné une apparence présentable à une organisation criminelle, en a été une autre, ainsi que la reconnaissance de l’Autorité Palestinienne en tant qu’Etat palestinien, partout où cette reconnaissance s’opère.

 

Les résultats des élections israéliennes, année après année, montrent que le peuple israélien en sa majorité n’est pas dupe, n’a pas d’illusions, sait ce qu’est l’Autorité Palestinienne, discerne que confier un Etat à ces gens-là serait irresponsable et suicidaire. Les Israéliens n’ignorent pas que ces gens-là, de toute façon, ne veulent pas d’un Etat mais visent uniquement la destruction d’Israël ; ils instrumentalisent les territoires qu’ils occupent comme bases-arrière en vue de ladite destruction, utilisent les populations arabes qu’ils contrôlent par l’endoctrinement, et amassent des armes pour l’anéantissement d’Israël et du peuple juif.

 

Ces résultats montrent que la gauche, parce qu’elle reste dupe et prisonnière d’illusions, est condamnée à être minoritaire, et ce n’est pas la récente révélation de pourparlers secrets entre Itzkhak Herzog et Mahmoud Abbas, au moment des dernières élections israéliennes, négociations au cours desquelles Herzog s’est révélé prêt à tout céder à l’OLP sans rien obtenir en échange, qui vont changer cette situation, ni la perception que la majorité des Israéliens peut avoir de la gauche.

 

Ces résultats se heurtent également à une double réalité : la majorité des journalistes israéliens, à  la différence de la majorité des Israéliens, est de gauche, et livre une guerre médiatique aux dirigeants choisis par l’électorat israélien. La majorité des chefs militaires de l’armée d’Israël, et une majorité des chefs des services de renseignement israéliens sont eux aussi de gauche, et font tout ce qui est en leur pouvoir pour entraver les décisions prises par les dirigeants légitimement élus.

 

La guerre médiatique livrée par les journalistes de gauche a conduit aux multiples campagnes de presse contre Binyamin Netanyahou et, de manière récurrente, contre son épouse. Elle a conduit aussi aux campagnes de presse contre Avigdor Lieberman. Elle sert, de facto, la guerre diplomatique et la guerre de la propagande menée contre Israël. Elle fournit des arguments à l’OLP devenue Autorité Palestinienne, qui sait pouvoir compter sur nombre d’idiots utiles s’exprimant dans Haaretz, entre autres. Elle fournit des arguments  aux gouvernements anti-israéliens du monde entier, qui peuvent dire qu’ils ne sont pas complètement anti-israéliens, puisque les arguments qu’ils utilisent sont des arguments exprimés dans les media israéliens.

 

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Netanyahu, en 2014, avec deux chefs d’état-major Yaalon et Gantz

Moshé Yaalon (Likoud), ministre de la Défense de 2012 à 2016, appelé par Netanyahu,

puis vertement écarté, à la faveur d’une alliance politique, au profit de Lieberman

 

L’action de la majorité des chefs militaires de l’Armée d’Israël, et d’une majorité des chefs des services de renseignement israéliens est bien plus délétère. Quand elle se retrouve dans des films de propagande anti-israéliens, tels The Gatekeepers (Les gardiens), basé sur les témoignages de six anciens dirigeants du Shin Beth (service de la sécurité intérieure [le contre-espionnage]), elle est un très mauvais coup porté à Israël. 

 

Quand elle conduit à des textes collectifs dénonçant ou critiquant l’action du gouvernement israélien, tel celui publié il y a quelques semaines par un groupe de deux cent quatorze généraux, signant collectivement Commanders for Israeli Security (Commandants pour la Sécurité Israélienne), elle est bien davantage qu’un très mauvais coup porté à Israël.

 

Il semble, c’est ce que décrit un article très documenté paru voici peu sur le site politico.com aux Etats Unis (Netanyahu vs. The Generals [Netanyahu face aux généraux]), que l’action susdite est allée jusqu’à empêcher que certaines décisions soient prises et que certaines actions soient réalisées par le gouvernement israélien dans un passé récent.

 

Il paraît évident qu’une hostilité aux allures de confrontation existe entre Binyamin Netanyahou et nombre de généraux israéliens. Cette confrontation est préoccupante, tout particulièrement dans le contexte turbulent d’aujourd’hui. Elle constitue un danger majeur pour la sécurité et l’avenir d’Israël. Le rôle de l’Armée d’Israël, qui est une armée du peuple, ne consiste pas à s’opposer au gouvernement démocratiquement élu et aux décisions souveraines du peuple d’Israël. Il n’est pas de contribuer en quoi que ce soit et sous quelque forme que ce soit à la guerre engagée contre Israël.

 

Il paraît  clair, hélas, que le danger susdit s’est déjà, pour partie, concrétisé. Comme Caroline Glick l’a noté il y a quelques semaines, des actions militaires israéliennes ont été conduites ces dernières années par des chefs qui n’avaient pas de stratégie de victoire1. Des chefs militaires, qui n’ont pas de stratégie de victoire conduisent à des morts inutiles. Toute mort inutile d’un soldat israélien relève de l’absolument inadmissible.

 

 

 

Note du rédacteur en chef :

 

1En 2014, lors de l’opération Falaise Inébranlable (faussement traduite en français par "bordure protectrice"), Binyamin Netanyahu avait décidé seul d’engager Tsahal dans une campagne contre le Hamas à Gaza. Non seulement il n’avait pas de "stratégie de victoire", mais il n’avait pas désigné non plus à l’Armée Israélienne d’ "objectif stratégique" à atteindre.

 

Il ne s’agit pas uniquement de l’avis des spécialistes stratégiques de la Ména, confrères de Guy Millière, mais également de celui, exprimé sur un ton particulièrement dur à l’encontre de Netanyahu, d’Avigdor Lieberman, à l’époque ministre des Affaires Etrangères, et désormais nommé par Netanyahu au poste de ministre de la Défense. Lieberman affirmait que l’Armée israélienne devait pénétrer dans Gaza et en chasser le Hamas, et que sinon, Falaise Inébranlable était inutile.

 

"Falaise Inébranlable" a causé la mort de 67 Israéliens, dont cinq civils, et 2271 Israéliens ont été blessés, dont 837 civils. De nombreux officiers de Tsahal, n’ayant strictement aucun penchant particulier pour la gauche, considèrent que ces morts et blessés furent "totalement inutiles" et "absolument inadmissibles", puisque leur sacrifice fut la résultante de l’incompétence du Premier Ministre.

 

C’est non seulement le droit de ces officiers et experts en stratégie, responsables militaires de la sécurité d’Israël et de leurs concitoyens, d’exprimer leur point de vue professionnel en conformité avec les lois et les usages d’un Etat démocratique, mais c’est également leur devoir.

 

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