Conférence exceptionnelle à Bruxelles Version imprimable
mardi, 31 octobre 2017

 

Conférence inaugurale du nouvel immeuble de Radio Judaïca

 

à Bruxelles et de sa salle de conférences

 

  

Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Metula News Agency et

 

analyste stratégique, après avoir fait le point sur les dangers iranien,

 

d’une guerre avec le Liban et de la situation à Gaza

 

 

répondra à toutes vos questions d’ordre stratégique,

 

sécuritaire et de politique internationale

                                             

 Le mardi 7 novembre à 20 heures, à Bruxelles : 

 

Une conférence co-organisée par Radio Judaïca et la na
Réservations obligatoires :

Tél. + 02 648 18 59 ou par mail à
secretariat@radiojudaica.be
ou sur

www.weezevent.com/bxlmetula2017


Entrée payante : 15 euros. Tarif jeunes (-30 ans) : 8 euros

L’adresse précise à Ixelles vous sera communiquée au moment de la réservation

 

 

 
Tsahal fait sauter un tunnel stratégique à Gaza : au moins 11 terroristes tués (info # 023010/17) Version imprimable
lundi, 30 octobre 2017

 

© Metula News Agency

 

Métula, lundi 22h45 à Métula, 21h45 à Paris

 

Cette après-midi (lundi), Tsahal a fait exploser un tunnel qui reliait la banlieue de la ville gazaouie de Khan Younes aux abords du kibboutz de Kissoufim, face à la région centrale de la bande de Gaza.

 

Selon notre correspondant palestinien Sami El Soudi, onze terroristes qui se trouvaient à l’intérieur de l’ouvrage ont été tués lors de l’attaque, alors qu’une quinzaine d’autres au moins ont été blessés.

 

Les terroristes appartenaient pour partie au Djihad Islamique, et pour une autre au Hamas, qui contrôle l’enclave côtière, et qui est de ce fait tenu responsable des activités hostiles qui en émanent.

 

Un certain nombre d’entre eux ont été atteints par une seconde explosion alors qu’ils portaient secours aux victimes de la première. Il est probable que la seconde détonation est due à des munitions qui étaient entreposées dans la galerie.

 

Avant même le commencement de l’opération de l’Armée israélienne, celle-ci avait déployé des batteries du Dôme de fer dans le sud d’Israël afin de parer à une éventuelle réaction des organisations terroristes.

 

La diplomatie égyptienne est intervenue auprès des protagonistes pour tenter d’empêcher une escalade de la confrontation.

 

Le porte-parole de Tsahal, Ronen Manelis, a déclaré aux journalistes que l’ "existence du tunnel constituait une violation flagrante de la souveraineté israélienne, qui réclamait une intervention militaire".

 

Le tunnel était construit dans une zone dans laquelle le mur de sécurité, qui s’enfonce profondément dans le sol (40m), n’a pas encore été édifié. La barrière de béton qui sera terminée en 2019 dépasse de 6m le niveau du sol. L’Armée de Défense d’Israël ne considérait pas le tunnel "particulièrement dangereux", mais après une évaluation détaillée, il fut décidé de le détruire par mesure de précaution.

 

 
Retournements en série dans « l’affaire de la collusion russe » (info # 013010/17) Version imprimable
lundi, 30 octobre 2017

 

Par Amram Castellion

 

Depuis la campagne de 2016, la relation entre Trump et la Russie a paru être le principal point faible du président américain.

 

Pendant la campagne elle-même, alors qu’il semblait changer d’avis sur plusieurs sujets – la nature des relations futures avec la Chine, son positionnement dans le conflit israélo-palestinien – le refus du candidat de critiquer le Président Poutine et sa volonté déclarée d’améliorer les relations avec la Russie étaient l’une des rares constantes de ses discours.

 

Pendant la campagne, le Comité National Démocrate avait fait l’objet de tentatives de « hacking » venant de Russie. La victoire à l’arraché de Trump (avec une minorité du vote populaire, par une série de marges étroites dans plusieurs Etats) a pu être attribuée par certains commentateurs à la publication, le 22 juillet 2016, de 22 000 e-mails de la campagne Clinton par Wikileaks.

 

Ces messages montraient notamment comment le Comité National, qui aurait dû rester neutre entre les candidats à la primaire Démocrate, avait systématiquement travaillé à saper la campagne du sénateur Bernie Sanders afin de soutenir la candidate Clinton. Ils décrivaient aussi les méthodes peu ragoûtantes de la candidate, qui monnayait la moindre décision contre des exigences de contribution soit à sa campagne, soit à la Fondation Clinton (une institution qui, sous couvert d’actions charitables, fonctionnait en grande partie comme une machine à emplois et contrats pour les proches de la famille Clinton). Plusieurs experts estiment que cette fuite venait, elle aussi, de Russie – même si aucune preuve absolue n’en a été apportée et que Wikileaks a toujours affirmé que sa source était interne au Parti Démocrate.

 

Ces indices d’une intervention russe dans la campagne ont donné lieu, après l’élection du président, à de nombreuses accusations plus graves de « collusion » – ce qui exigerait non seulement une intervention russe, mais des contacts pris entre la campagne Trump et la Russie pour influencer le résultat du scrutin.

 

Peu après la prise de fonctions du nouveau président, un dossier qui avait déjà circulé pendant la campagne, mais qui n’avait pas été repris par la presse faute de preuves, a fini par être publié par la presse américaine. Ce dossier a été composé par un ancien espion britannique, Christopher Steele, embauché à cette fin par la société de renseignements Fusion GPS. Il affirme, après avoir interrogé des sources travaillant dans le renseignement russe, que le Président Poutine aurait des informations compromettantes sur le Président Trump : celui-ci aurait refusé plusieurs opérations immobilières juteuses proposées par la Russie, mais aurait accepté un flot régulier d’informations russes sur les Démocrates. Il se serait en outre compromis en se livrant à Moscou à des pratiques sexuelles peu orthodoxes, dont les Russes auraient conservé la vidéo. Le dossier peut être trouvé sur Internet à l’adresse suivante : https://www.documentcloud.org/documents/3259984-Trump-Intelligence-Allegations.html

 

Le 17 mai dernier, face à ces accusations répétées, l’Attorney General (ministre de la Justice) adjoint des Etats-Unis, Rod Rosenstein, a nommé Robert Mueller, ancien directeur du FBI de 2001 à 2013, comme « procureur spécial » chargé d’enquêter sur « tous liens entre le gouvernement russe et des personnes associées à la campagne de Donald Trump, ainsi que sur tous les faits qui pourront apparaître à l’issue de l’investigation ».

 

Contrairement à de nombreuses rumeurs qui annonçaient que Trump allait démettre Rosenstein et Mueller, tous deux sont restés en poste et ont poursuivi leur travail sans être inquiétés. Mueller a constitué une équipe de juristes extrêmement agressifs. On y note notamment la présence d’Andrew Weissmann, un procureur qui a le douteux honneur d’avoir vu annuler par la Cour Suprême plusieurs décisions qui avaient entraîné des désastres importants : la faillite de la société Arthur Andersen et l’emprisonnement de quatre directeurs de la banque Merrill Lynch sur une base juridique sans aucun précédent.

 

L’équipe Mueller a donc utilisé des méthodes musclées pour parvenir à trouver, soit des preuves de collusion, soit d’autres délits à la charge des membres importants de la campagne Trump. Elle a notamment fait pénétrer par la police à 3 heures du matin la maison de Paul Manafort, qui fut pendant trois mois (de mai à août 2016) le directeur de campagne de Trump avant d’être renvoyé par le candidat pour lui avoir caché des liens d’affaires avec des partenaires russes et pro-russes, tel que l’ancien président ukrainien Yanukovich.

 

Depuis plus de 5 mois, cependant, l’équipe Mueller n’avait trouvé aucun délit justifiant une mise en accusation. Les choses pourraient avoir changé hier dimanche 29 octobre, lorsque des fuites concordantes sont parvenues à plusieurs journaux, annonçant de premières arrestations aujourd’hui.

 

Paul Manafort vient d’ailleurs d’être arrêté ce lundi par le FBI pendant que nous rédigions cet article, de même que son associé Rick Gates, après avoir été inculpé de douze chefs d’accusation. Ceux-ci comprennent notamment une imputation de "complot contre les Etats-Unis", et aussi de blanchiment d’argent, de fausses déclarations et de non-déclarations de comptes détenus à l’étranger.

 

En revanche, l’acte d’inculpation long de 31 pages ne fait aucune référence à la campagne présidentielle de Donald Trump, ni à d’éventuelles collusions entre l’équipe de Trump et les autorités russes visant à fausser les résultats de l’élection présidentielle.

 

D’autres conseillers ou anciens conseillers du président pourraient être concernés eux aussi. Il n’est, en revanche, pas évident du tout que ces arrestations concerneraient effectivement des faits de collusion. Le poste de Robert Mueller lui permet en effet de poursuivre tous délits découverts à l’occasion de son enquête, même s’ils ne constituent pas des faits de collusion.

 

L’accélération soudaine de l’enquête de Mueller, après de longs mois de surplace, a des causes immédiates qui pourraient être plus importantes que les trouvailles de son équipe. Au cours de la dernière semaine, deux révélations essentielles ont percé :

 

En premier lieu, il a été démontré par une enquête de CNBC du 24 octobre dernier1, que le rapport Steele avait été payé… par la campagne Clinton et le Comité National Démocrate. En clair : la campagne Clinton a versé de l’argent à des agents du renseignement russe (via Steele) pour qu’ils affirment que la Russie fournissait à Trump des informations sur Clinton (ce dont il n’existe aucune trace) et qu’il existe une vidéo compromettante de Trump (qui aurait été prise bien avant que personne n’imagine que Trump serait un jour président et qu’à titre accessoire, personne n’a vue).

 

Puis, la même campagne a contacté tous les journalistes de Washington pour leur dire que le rapport contenait des informations inquiétantes… alors même que ce rapport n’existe que parce que la campagne Clinton l’a commandé et payé.

 

Ces nouveaux éléments montrent indiscutablement une collusion entre une campagne et la Russie pour influencer le résultat de l’élection 2016. Mais, contrairement à ce qui était attendu, cette collusion est entièrement le fait des Démocrates et de la campagne Clinton.

 

Cette révélation a été aggravée, au cours de la même semaine, par la décision des deux Chambres du Congrès de lancer des investigations dans un scandale déjà connu mais qui, à l’époque Obama, n’avait pas eu de suites judiciaires.

 

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Chèque ou virement ?

 

Entre 2009 et 2013, alors qu’Hillary Clinton était ministre des Affaires Etrangères des Etats-Unis (ou « Secrétaire d’Etat »), la société russe Rosatom, propriété de l’Etat russe, a acquis progressivement la société canadienne Uranium One, qui détient 20% des réserves américaines d’uranium. Cette acquisition posait des difficultés évidentes de souveraineté nationale, vu les usages stratégiques possibles de l’uranium. Elle a cependant été approuvée par le comité américain chargé de contrôler les investissements étrangers dans les secteurs stratégiques.

 

La difficulté vient de ce que pendant que la prise de contrôle d’Uranium One progressait, plusieurs hommes d’affaires liés à Rosatom versaient à la Fondation Clinton plusieurs dizaines de millions de dollars2. L’un d’entre eux, l’investisseur minier canadien Frank Giustra, finit même par devenir administrateur de la fondation après lui avoir versé plus de 30 millions de dollars. La famille Clinton n’était pas oubliée à titre personnel, puisque l’ancien Président Bill Clinton était, au même moment, payé 500.000 dollars pour donner une conférence à Moscou. Plus grave encore, la Secrétaire d’Etat, qui était présente dans ce comité, n’a jamais déclaré ces faits alors qu’elle en avait légalement l’obligation.

 

L’apparence de corruption – et non plus seulement de collusion – est donc très forte dans les circonstances qui entourent cette affaire. Si elle n’a pas donné lieu à des actions judiciaires jusqu’à présent, la décision des deux Chambres de lancer une enquête change fondamentalement les choses. Dans la nouvelle situation ainsi créée, l’hypothèse d’une arrestation de Mme Clinton elle-même devient parfaitement envisageable.

 

Et pour tout arranger, une des autres autorités impliquées dans la supervision des investissements étrangers est… le FBI. Or, le FBI, à l’époque de l’acquisition d’Uranium One, était dirigé par Robert Mueller. Il y a donc tout lieu de penser que l’homme chargé d’enquêter sur une collusion entre Trump et la Russie était parfaitement au courant d’une situation de collusion et de corruption entre la Russie et Hillary Clinton et a, à l’époque, accepté de passer cette situation sous silence.

 

Le Président Trump, pour sa part, ne semble pas personnellement menacé. L’équipe de Robert Mueller n’a pas même demandé à l’interroger. Il sera évidemment politiquement affaibli si ses anciens collaborateurs sont inquiétés pour diverses irrégularités. Mais, sauf surprise de grande ampleur, le cœur de ce qui devait constituer l’enquête de Mueller – l’idée d’une collusion entre Trump et la Russie pour influencer le résultat de l’élection – est aussi peu prouvée, après cinq mois d’enquête, qu’elle l’était il y a un an, lorsque les journalistes refusaient de se faire l’écho du dossier Steele faute pour ce dossier de contenir la moindre preuve.

 

Reste cependant une question : si Trump n’est coupable d’aucune collusion avec la Russie, pourquoi ses éloges embarrassants de Poutine pendant la campagne ? Pourquoi toutes ces fuites venant parfois de la Maison Blanche elle-même et évoquant un Trump fragilisé par l’affaire russe et irritable, méfiant et instable quand on l’évoque ?

 

Ces questions sont d’autant plus troublantes quand on se souvient, qu’en pratique, le Président Trump n’a rien fait depuis son élection qui semble particulièrement montrer une faiblesse envers la Russie. Il a signé sans barguigner, le 3 août dernier, un train de sanctions économiques contre la Russie voté par le Congrès. En Syrie, comme Perwer Emmal le montre régulièrement dans ses colonnes, les Etats-Unis n’ont fait preuve d’aucune faiblesse dans leur concurrence avec l’alliance russo-iranienne pour le contrôle des voies stratégiques de communication.

 

La réponse à cette question touche au cœur de la méthode politique de Trump. Avant d’y répondre, cependant, il faut se rappeler un aspect intéressant des révélations de cette semaine sur l’ouverture d’une enquête du Congrès sur l’affaire Uranium One : malgré l’importance du travail juridique préalable nécessaire à l’ouverture d’une enquête, ces révélations n’ont été strictement précédées d’aucune fuite. Lorsque des intérêts essentiels sont en jeu – en l’espèce, la préparation d’une enquête qui peut conduire à la chute définitive de la maison Clinton – la Maison Blanche de Trump sait faire preuve d’une discipline parfaite à l’égard de la presse.

 

A l’inverse, depuis l’élection du président, la presse a fait état à plusieurs reprises de fuites qui n’ont pas été confirmées par les faits. Ce fut le cas, par exemple, sur l’imminence d’un renvoi de Mueller ou de Rosenstein.

 

La conclusion logique, lorsque les fuites ne sont pas confirmées et que les affaires sérieuses restent cachées au public, est que les prétendues fuites elles-mêmes sont probablement des manipulations délibérées. Trump – c’est l’un des principaux secrets de son succès en politique – aime à simuler des faiblesses pour entraîner ses adversaires à l’attaquer sur un terrain où il sait qu’ils ne peuvent pas être vainqueurs. Cela lui assure des succès faciles et détourne l’opposition de consacrer de l’énergie à examiner ses vraies faiblesses.

 

Il est donc vraisemblable que tous les comportements et toutes les fuites qui ont fait croire aux Démocrates qu’ils pourraient faire tomber le président en explorant ses liens avec la Russie ont été délibérément mis en scène par Trump, qui savait qu’il n’avait rien à se reprocher et qu’Hillary Clinton, au contraire, avait fait preuve au moins d’une extrême imprudence sur le sujet.

 

C’est Trump qui a suggéré le premier de nommer un « procureur spécial ». C’est lui qui a maintenu dans leurs fonctions Rosenstein et Mueller qu’il avait le pouvoir de renvoyer. Tout se passe comme s’il avait voulu faire croire aux Démocrates à l’imminence de sa propre chute sur la question russe, tout en faisant travailler Rosenstein dans la plus grande discrétion pour préparer celle de son ancienne rivale. Et s’il faut, pour cela, accepter que Mueller envoie en prison certains collaborateurs du président pour des faits secondaires – eh bien, ce sont les risques du métier.

 

 

 

Notes :

1https://www.cnbc.com/2017/10/24/trump-russia-dossier-research-got-funds-from-clinton-campaign-and-the-dnc.html?%24DEVICE%24=amp

 

2https://www.nytimes.com/2015/04/24/us/cash-flowed-to-clinton-foundation-as-russians-pressed-for-control-of-uranium-company.html


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La Russie, l’Iran, la Syrie, Israël : ce que veut Trump (info # 012910/17) Version imprimable
dimanche, 29 octobre 2017

 

Par Guy Millière

 

Les conséquences délétères des années Obama au Proche-Orient sont nombreuses. La pire de ces conséquences étant le renforcement de la République Islamique d’Iran. Barack Obama voulait ce renforcement. Il l’a obtenu.

 

Barack Obama voulait aussi un retrait américain de la région, la création de l’Etat Islamique, le basculement de la Turquie, le retour de la Russie, la mise en danger d’Israël par le renforcement du Hezbollah, du Hamas et des positions “palestiniennes”. Il a obtenu tout cela aussi.

 

Cela rend la situation très complexe et très difficile à gérer pour les Etats-Unis et pour Israël.

 

Commençons par les Etats-Unis :

 

Trump doit gérer trop de conséquences à la fois et ne peut rétablir d’un seul coup ce qui prévalait auparavant. Il ne peut non plus prendre à chaque instant les décisions optimales, et doit parfois choisir entre deux mauvaises décisions celle qui semble la moins mauvaise.

 

La République Islamique d’Iran doit être endiguée, mais Trump ne peut l’endiguer pleinement car il sait qu’il n’aura pas le soutien des dirigeants d’Europe occidentale, attirés par les milliards débloqués par Obama en juillet 2015 et volontairement aveugles face au danger nucléaire et aux propos porteurs d’intentions génocidaires tenus par les mollahs. Il doit procéder graduellement : ce qu’il a commencé à faire en sortant partiellement de l’accord de juillet 2015 et en préparant les étapes ultérieures du recadrage.

 

Trump doit s’assurer le soutien d’autres pays qu’Israël, eux aussi mis en danger par le renforcement de la République Islamique d’Iran : l’Arabie Saoudite, les Emirats, l’Egypte et la Jordanie. Il doit mettre en place un endiguement concret de la République Islamique en établissant et en faisant avancer une alliance militaire tactique entre ces pays et Israël. Il doit obtenir que ces pays n’aient plus de liens avec le terrorisme islamique. Il doit couper les voies de financement entre le Hamas et l’Iran, ce qui implique d’exiger du Qatar qu’il cesse de véhiculer ce financement.  

 

Le retrait américain de la région doit être remplacé par un retour des Etats-Unis. Celui-ci implique la préservation de la base d’Incirlik en Turquie, et donc des relations dépourvues, dans l’immédiat, de toute confrontation frontale avec Erdogan.

 

L’Etat Islamique doit être détruit, et il l’est très largement par le recours à des forces spéciales américaines et la fourniture de matériel aux forces kurdes : forces spéciales et matériel passent par Incirlik.

 

Le basculement de la Turquie doit être pour l’heure assumé par les Etats-Unis, qui savent que s’ils se confrontent à Erdogan, ils pourraient perdre Incirlik, et risqueraient de voir Erdogan se rapprocher davantage encore de la Russie.

 

Les USA peuvent, en ce contexte, soutenir l’autonomie des régions kurdes d’Irak et de Syrie, mais pas une indépendance kurde qui mettrait le feu aux poudres en Turquie, où la population est kurde à plus de vingt pour cent, et où une faction kurde léniniste, le PKK, est fortement représentée. L’indépendance du Kurdistan, trop prématurément proclamée par Jalal Talabani, a provoqué la division des factions kurdes (le PUK1 ayant déclaré que la proclamation d’indépendance par Talabani a été une erreur majeure et a conduit au retrait sans combattre du PUK de Kirkuk, tombée aux mains de l’armée irakienne et de l’Armée et de factions iraniennes).

 

Le retour de la Russie doit être, pour l’heure, lui aussi assumé. Les opérations de destruction de l’Etat Islamique doivent être menées en concertation avec la Russie et sans heurt direct avec elle.

 

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Les relations avec Poutine : un héritage délicat à gérer

 

Le maintien au pouvoir d’Assad doit être également admis pour le moment. Et la présence russe en Syrie ainsi que l’alliance Russie-Iran doivent être concédées là encore. Les Etats-Unis peuvent demander à la Russie de contribuer à endiguer l’Iran en offrant à celle-ci des compensations (la levée, sous conditions, des sanctions qui la frappent, par exemple), ils ne peuvent toutefois demander à la Russie de fournir davantage qu’une contribution à l’endiguement de l’Iran. Ils peuvent demander à la Russie de limiter les capacités d’action du Hezbollah, mais pas plus que cela. L’Amérique ne peut s’engager dans une guerre régionale susceptible de devenir une guerre mondiale.

 

Les Etats-Unis peuvent contribuer à protéger Israël par l’endiguement graduel de l’Iran, la mise en place de l’alliance tactique entre Israël, l’Arabie Saoudite, les Emirats, l’Egypte et la Jordanie ; par la limitation des capacités d’action du Hezbollah, l’asphyxie programmée du Hamas et de l’Autorité Palestinienne, par la fin du financement américain de l’Autorité Palestinienne qui résultera d’une loi bientôt votée au Congrès (le Taylor Force Act). Ils peuvent agir afin d’accélérer la fin du financement iranien du Hamas, qui devrait résulter de l’endiguement graduel de l’Iran. Washington peut accorder son feu vert à Israël pour toute opération militaire contre ses ennemis régionaux, y compris avec l’appui des Etats Unis lorsqu’il pourrait s’avérer nécessaire.

 

Les Américains ne peuvent, pour l’heure, aller au-delà de ces dispositions, comme par exemple chasser la Russie de la région. Ils ne peuvent interrompre totalement les négociations avec l’Autorité Palestinienne, sous peine de mettre en danger l’alliance tactique entre Israël et les grands Etats arabes.

 

Poursuivons avec Israël :

 

Israël dans ce contexte doit maintenir et renforcer ses capacités de dissuasion face à l’Iran, et pratiquer également la dissuasion vis-à-vis du Hezbollah et du Hamas. Il doit cultiver les liens tactiques établis avec lesdits pays arabes et œuvrer en synergie avec la stratégie globale américaine. Jérusalem doit continuer à négocier avec Moscou de façon à ce qu’il admette des opérations militaires israéliennes contre des bases iraniennes en Syrie et contre le Hezbollah. Netanyahu doit faire comprendre à Poutine qu’Israël accepte la présence russe en Syrie, mais n’acceptera pas la moindre agression iranienne ou du Hezbollah, et ripostera, le cas échéant, massivement quelles que soient les conséquences.

 

Israël peut utiliser le rapprochement tactique entre Autorité Palestinienne et Hamas pour maintenir le statu quo et prétendre que toute négociation avec des alliés du Hamas est impossible, en attendant que l’asphyxie programmée du Hamas et de l’Autorité Palestinienne fasse son effet.

 

La situation restera très complexe et très difficile à gérer pendant des mois, sans doute des années. Les conséquences néfastes des années Obama au Proche-Orient ne seront pas effacées si aisément. Elles pourront l’être, mais cela exigera beaucoup d’opiniâtreté.

 

 

 

Note :

Le PUK1 ou UPK en français - Union Patriotique du Kurdistan - est un parti politique d’opposition du Kurdistan irakien. Il contrôle le sud du Kurdistan autonome, dont la plus grande partie de la frontière avec l’Iran, avec lequel il entretient des relations de bon voisinage.

 

 

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Est syrien : la coalition "américaine" marque des points importants (info # 022610/17) Version imprimable
jeudi, 26 octobre 2017

 

Par Perwer Emmal à al Busayrah

 

Métula, jeudi 13h00, midi à Paris

 

Lundi dernier, nous indiquions qu’une bataille déterminante pour l’avenir de la région se déroulait entre la coalition "russe" en Syrie et les miliciens de l’Etat Islamique dans la localité de Diban. Diban est située à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Deïr ez Zor, au nord de l’Euphrate, sur la route [route #3 sur la carte] qui mène à la frontière irakienne.

 

La prise de Diban par les "Russes" aurait largement hypothéqué les possibilités de progression de la coalition "américaine" en direction de ladite frontière, rendant aléatoire la possibilité pour elle de parvenir à couper la route [route #1 sur la carte] que les Iraniens convoitent afin de créer un corridor terrestre entre leur pays et la frontière israélienne.

 
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Service cartographique © Metula News Agency

En rouge les positions de la "coalition russe"

En jaune, les positions de la "coalition américaine"

En jaune sur noir, les champs pétrolifères conquis par la "coalition américaine" cette semaine

En noir uni, les positions de l’Etat islamique

En vert, les trois routes stratégiques. Les numéros utilisés afin de les désigner le sont

à titre explicatif et ne représentent pas leur désignation dans la réalité

[carte source : Wikipédia]

 

Or des évènements imprévisibles sont intervenus dans le cours de cet affrontement. Tout d’abord, les Russes et leurs alliés gouvernementaux, iraniens et du Hezbollah ne sont pas parvenus à déloger les combattants de DAESH de Diban.

 

Plus encore, au vu des lourdes pertes qu’ils subissaient, ils ont abandonné le siège de ce bourg de 9 000 habitants et ont retraversé l’Euphrate en direction du Sud, là où ils disposent de l’essentiel de leurs forces.

 

Ensuite, et en l’espace de quelques heures, les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) sous commandement kurde, les unités au sol de la coalition "américaine", se sont à leur tour attaquées aux défenseurs de l’Etat Islamique et sont parvenues à les chasser de Diban et à en prendre solidement possession.

 

Suite à ce succès, il n’y a plus de soldats de la coalition "russe" au nord de l’Euphrate dans cette partie du front et, par conséquent, sur la route #3. Les FDS soutenus par les commandos occidentaux et l’Aviation américaine peuvent désormais poursuivre leur progression vers l’Est sur cet axe de communication.

 

De fait, la seconde route au sud de l’Euphrate [route #2 sur la carte] a perdu son intérêt stratégique car, vers l’Est, elle s’arrête à Mayadin pour ne faire plus qu’une avec la route #1. Il suffirait donc à la coalition occidentale de continuer d’avancer sur "sa" berge du fleuve et d’obliquer ensuite vers le Sud, plus en aval, là où les "Russes" ne sont pas encore arrivés, afin de couper la #1 et mettre ainsi définitivement un terme au rêve de corridor terrestre des ayatollahs iraniens.

 

La partie semble jouable, car, en plus de la prise de Diban, les FDS ont conquis en 24 heures la plus grande partie des champs pétrolifères et gaziers [en jaune et noir sur la carte] en direction de l’Irak. Ils ont repris de l’avance sur les "Russes", les devançant actuellement d’une quinzaine de kilomètres dans la course vers l’Est. En leur point le plus avancé, le champ pétrolifère de Galban (carte), les troupes de la coalition "américaine" ne sont plus qu’à 35km de la frontière irakienne.

 

A la Ména, sur le terrain et à la rédaction de Métula, sauf surprises supplémentaires, nous nous attendons à ce que les Occidentaux se rapprochent de l’Euphrate lors des prochains jours, qu’ils le traversent et coupent la route #1. En termes stratégiques, cela constitue l’objectif naturel de l’opération Tempête de Jazeera, qu’ils ont lancée le 9 septembre dernier.

 

S’ils y parviennent, ils couronneraient non seulement leur offensive avec succès, mais ils rendraient également inutiles les énormes efforts concédés par Vladimir Poutine et ses alliés pour les en empêcher. La position prédominante des Américains dans la région, et leur réputation aux yeux des Israéliens et des pays arabes s’en trouveraient sérieusement renforcées.

 

On apprend également, ce jeudi matin, que l’attaque "russe" engagée contre la ville d’al Asharah sur la route #1 a elle aussi fait chou blanc, les assaillants ayant été contraints de battre en retraite vers al Quriyah. Cet échec procure une avance supplémentaire pour la réalisation de l’objectif principal de Tempête de Jazeera.

 

Les "Russes" paraissent bloqués à al Quriyah par des problèmes d’ordre essentiellement logistique (éloignement de leurs bases arrières). Si cette hypothèse se confirme, la logique tactique voudrait que Poutine économise ses forces et ses moyens en abandonnant le projet de se saisir de territoires supplémentaires contrôlés par l’Etat Islamique entre al Quriyah et Abou Kamal, le poste frontière entre la Syrie et l’Irak, laissant la victoire à la coalition "américaine".

 

En cette fin octobre, la lutte contre l’Etat Islamique dans l’est syrien et en Irak n’est plus qu’un prétexte pour les deux grandes puissances afin de s’assurer du contrôle des enjeux stratégiques en vue des négociations qui s’ouvriront sur l’avenir politique de la Syrie. DAESH, en effet, perd rapidement du terrain dans les deux pays, n’est pas en mesure d’annihiler la progression de ses ennemis, et ne représente plus aucune menace stratégique pour la région.

 

Cette tendance est confortée ce jeudi matin par l’information que nous venons de recevoir d’Irak, qui fait état du début d’une offensive irano-gouvernementale irakienne contre les dernières possessions de l’Etat Islamique en Irak. Celles-ci se situent dans la continuité de la vallée de l’Euphrate sur territoire irakien.


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