Bruxelles-Métula du 25 août 2017 (012508/17) Version imprimable
jeudi, 24 août 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca  https://youtu.be/oiWB9OqfY7k (Youtube).

 

Au sommaire :

 

1.      Rencontre importante entre le Premier ministre Binyamin Netanyahu et le Président russe Vladimir Poutine, mercredi dernier, dans la station de villégiature de Sotchi sur les bords de la mer Noire. Au menu de ces entretiens qui sont devenus presque réguliers depuis plusieurs mois, le danger représenté par l’installation de l’Armée iranienne, de ses supplétifs du Hezbollah ainsi que des milices chiites à la solde de Téhéran en Syrie.

Au fur et à mesure de l’effondrement de l’Etat Islamique dans l’est de ce pays, aidés en cela par la stratégie d’extrême retenue difficilement compréhensible de l’Amérique de Trump, les Perses se déploient dans nombre de territoires perdus par DAESH. Cette progression est rendue possible grâce au soutien aérien massif des bombardiers russes, qui permettent la progression de l’Armée régulière de Bashar al Assad vers Deïr Ez Zor et la frontière iraquienne.

 

Or la minorité constituée par la tribu d’Assad, les Alaouites, ne compte qu’un million et demi de membres sur les dix-huit millions de Syriens. L’Armée gouvernementale n’étant quasiment plus formée que de militaires de ce clan, elle ne dispose pas des effectifs nécessaires pour contrôler les régions conquises et doit ainsi faire appel pour cette tâche aux alliés iraniens.

 

Ces derniers progressent dans la réalisation de leur plan stratégique de création d’une continuité territoriale chiite allant de l’Afghanistan au Liban. Outre le territoire iranien, les ayatollahs dirigent déjà le gouvernement iraquien et le pays aux cèdres, grâce au régime de terreur qu’y impose la milice chiite du Hezbollah et sa puissance guerrière.

 

Gênés par les raids du Khe’l Avir qui détruisent pratiquement tous les chargements d’armes iraniennes destinés au Hezb et transitant par la Syrie, Téhéran a entrepris de construire des usines de production d’armes sophistiquées en Syrie et au Liban.

 

A Banias, dans le réduit alaouite syrien de Lattaquié, des satellites espions ont photographié les travaux d’édification d’une fabrique de missiles. Le problème de cet emplacement, pour l’Etat hébreu, se situe dans le fait qu’il se trouve à quelques kilomètres des aéroports réquisitionnés par les Russes de même que de leur centre naval de Tartous. Une intervention du Khe’l Avir dans leur pré carré aurait de fortes chances de se terminer par un affrontement aérien avec les pilotes de Poutine. Inversement, l’inaction d’Israël se solderait par la présence de missiles capables d’atteindre n’importe quelle portion de son territoire.

 

baniasfac.jpg

L’usine de missiles iraniens dans la province syrienne de Lattaquié

 

Au Liban également, des sources étrangères font état de la construction par les Khomeynistes d’une usine souterraine de missiles Fateh-110 à proximité de Hermel, dans la partie orientale de la vallée de la Bekaa, déjà soustraite de facto à la souveraineté du gouvernement officiel libanais. Le Fateh-110 possède une portée de 300km et une charge utile d’une demi-tonne, de quoi préoccuper les stratèges de Tsahal.

 

Lors des entretiens russo-israéliens, très sérieux, tenus en petit comité – trois à quatre participants dans chaque délégation -, qui se prolongent souvent au-delà de trois heures, Netanyahu, accompagné du chef du Mossad, Yossi Cohen, et d’un membre du Conseil National de Sécurité, tente de persuader ses interlocuteurs que la présence permanente des Iraniens sur le sol syrien et leur projet d’ "autoroute" chiite ne peut que nuire à leurs intérêts.

 

Ils trouvent face à eux un Poutine amical et attentif, au courant des moindres détails de la situation régionale. Chacun défend ses propres priorités telles qu’il les conçoit, mais on se parle. De plus, on améliore à chaque meeting les dispositions établies afin d’éviter d’éventuels affrontements entre les deux armées.

 

Mais l’Iran est également un gros client de la Russie dans beaucoup de domaines dont le militaire. Téhéran octroie aussi aux Russes la possibilité d’utiliser des aéroports pour leurs bombardiers ainsi que d’autres avantages stratégiques. Pour ces raisons, les discussions n’aboutissent jamais à des conclusions communes quant au fond.

 

Poutine n’est pas un partenaire fiable, et ces entretiens ont surtout le mérite d’échanger des informations. Il agit plutôt tel un serpent cynique ; à la différence d’autres leaders, il ne s’en cache pas et fait même tout ce qui est nécessaire pour que cela se sache. Comme pour illustrer cette métaphore, l’ambassadeur de Russie aux Etats-Unis s’est fendu d’une déclaration alors que la discussion "cordiale" de Sochi n’était pas encore terminée. L’ambassadeur a ainsi affirmé que Moscou considérait que l’Iran jouait un rôle positif en Syrie.

 

 

2.      Le Major-Général Amir Eshel, commandant sortant de l’Armée de l’air israélienne, a déclaré que le Khe’l Avir était intervenu près d’une centaine de fois, ces cinq dernières années, au Liban, en Syrie et dans d’autres pays afin d’empêcher nos ennemis de s’équiper d’armements sophistiqués.

Il s’est agi d’une nouvelle tactique, a souligné Eshel, notant que, durant les années précédentes, les avions frappés de l’étoile de David n’intervenaient que rarement aussi loin de leurs frontières.

 

L’officier s’est réjoui du fait que ces opérations efficaces, d’ampleurs très diverses, ont été conduites en réalisant leurs objectifs sans pour autant que cela ne dégénère en conflits ouverts.

 

L’ancien chef de l’Aviation des Hébreux a également souligné l’influence qu’il avait pu avoir pour empêcher le pouvoir exécutif de se lancer dans la destruction des sites nucléaires iraniens.

 

Tout en atteignant un niveau de préparation jamais égalé auparavant pour réaliser d’éventuelles missions contre ces structures, les responsables du Khe’l Avir sont parvenus, comme face au Hezbollah et à la Syrie, à éviter l’embrasement généralisé.

 

Ils ont atteint cet objectif sans jamais provoquer de crise avec Binyamin Netanyahu et les trois ministres de la Défense qui se sont succédés durant cette période et qui ont tous apprécié la pertinence d’Amir Eshel.

 

 
Annonce technique : Version imprimable
jeudi, 24 août 2017

 

Annonce technique : entre le samedi 26 et le jeudi 31 août inclus, les ingénieurs de la na procéderont à l’installation programmée d’une nouvelle partie importante des nouveaux modules informatiques destinés au remplacement du système de distribution existant par un système beaucoup plus moderne.

 

Durant cette période, les articles ne pourront être consultés que sur la page Facebook de l’agence, à l’adresse https://www.facebook.com/menapress/?ref=aymt_homepage_panel. La consultation des articles sera exceptionnellement gratuite et le public aura accès à l’intégralité des textes publiés.

 

Les journalistes, reporters et analystes resteront à leurs postes pour vous informer. Et toutes les fonctionnalités du site de l’agence www.menapress.org fonctionneront normalement. Les seules activités qui seront momentanément interrompues seront l’envoi des articles aux abonnés et leur publication sur le site de l’agence.

 

La rédaction présente ses excuses aux utilisateurs pour ces inconvénients qui sont uniquement destinés à améliorer nos prestations, notre sécurité informatique et votre confort de lecture.

 

 
Les Chameaux éliminés de la Ligue des Champions (info # 012208/17) Version imprimable
mardi, 22 août 2017

 

Par Ilan Tsadik

 

Des joueurs rouges affalés sur la pelouse, des violets qui pleurent de joie, un public qui exulte, c’est la cruelle loi du sport. Hapoël Beersheva s’est incliné sur la marque d’un but à zéro, mais cela suffit à Maribor pour se qualifier pour la phase des poules de la compétition reine grâce au but qu’il a marqué au match aller dans la capitale du Néguev. Car en cas de parité au terme des deux rencontres, les buts inscrits à l’extérieur comptent double.

 

khaimov.jpg

Le gardien Gaï Khaïmov, l’un des seuls Beershéviens à n’avoir rien à se reprocher ce soir

 

Un but du défenseur local Viler à la quinzième minute, alors que les "ouvriers" du désert n’étaient pas encore entrés dans la rencontre, a scellé le sort de ce match de barrage. Beersheva a chèrement payé pour une première mi-temps en demi-teinte, lors de laquelle il n’a pratiquement pas inquiété le portier Jasmin Handanović, qui allait devenir le héros de toute la Slovénie.

 

En effet, à la dernière minute de la rencontre, Handanović déviait un coup de tête de Nwakaeme qui prenait le chemin des filets au prix d’une détente en tous points monumentale. Car il n’aurait fallu qu’un but aux Chameaux pour accéder au paradis du football.

 

En seconde période, c’est Hapoël qui prit le match à son compte mais avec moins de niaque qu’à son habitude. Il se ménageait certes quatre ou cinq opportunités mais Pekhart, entré à la place de Ghadir, inexistant jusqu’alors, manquait cruellement de mordant. Et Melikson, le capitaine, qui n’excelle pas de la tête, loupait la cible à deux ou trois reprises dans des situations favorables.

 

Toute l’équipe jouait un ton au-dessous de son meilleur niveau, et c’était insuffisant pour évincer les Slovènes, certes inférieurs en valeur absolue, mais volontaires, organisés et soutenus par un public qui ne cessa pas une seconde de les encourager.

 

John Ogu semblait fatigué, Radi n’a pas le niveau européen, particulièrement en phase offensive, et la défense s’est montrée souvent confuse. Il est vrai qu’en l’absence de Vitor, blessé, c’était la première fois qu’elle s’alignait avec son transfert de dernière minute, Elkhamed, ponctionné la semaine dernière du FC Ashdod.

 

Même Anthony Nwakaeme était loin de son rendement coutumier, soumis au marquage de deux ou trois adversaires chaque fois qu’il héritait du ballon.

 

Le gardien Gaï Khaïmov tira son épingle du jeu en multipliant les sorties très propres. L’autre point fort des footballeurs du Néguev fut le jeune Michaël Ohana (21 ans), lui aussi entré en seconde période, qui insuffla beaucoup de vie à ses couleurs grâce à sa vivacité et à sa technique.

 

Durant les vingt dernières minutes, les Chameaux firent le siège des bois adverses mais sans parvenir à trouver la faille.

 

La saison dernière, Beersheva avait manqué la phase des groupes également à un but près face au Celtic Glasgow en barrages, Maharan Radi manquant un penalty dans le money time au stade Turner. Hapoël Beersheva devra encore prendre son mal en patience afin de devenir la quatrième équipe israélienne à évoluer en phase de poules de la Ligue des Champions.

 

La différence, ce soir ? Le tir de Viler est entré, la tête de Nwakaeme non. Ce furent les deux vraies occasions des deux côtés. Une petite différence qui coûte la bagatelle de douze millions d’euros à Hapoël, qui constitue le bonus accompagnant l’accession à la phase des groupes.

 

Tout n’est pas perdu pour les Chameaux, puisqu’ils sont qualifiés pour l’Europa League, la seconde compétition du foot européen, à la faveur de leurs victoires durant les rencontres préliminaires de la Champions League.

 

Ils y retrouveront aussi de sérieux clients, à l’instar d’Arsenal, et de Nice, qui n’a rien pu faire même à la maison face à Naples, qui s’est à nouveau imposé par deux buts à zéro comme à l’aller il y a une semaine.

 

L’ambiance ne sera pas à la fête dans l’avion du retour, ni pour les joueurs, ni pour les cinq cents tifosi qui avaient fait le déplacement de Maribor. Avec, au fond de la gorge, non seulement le goût amer de la défaite, mais aussi celui d’avoir galvaudé de pas grand-chose l’occasion de briller au plus haut niveau mondial. Ce n’est pas uniquement la loi du sport, c’est aussi celle de la vie. Et le spectacle continue…

 

 
D'un massacre à l'autre (info # 012108/17) Version imprimable
lundi, 21 août 2017

 

Par Raphaël Delpard

 

Faut-il que les dates nous harcèlent ? L'âge venant, la remontée d'événements se fait plus prégnante ; le 5 juillet dernier, me revenait à la mémoire le massacre des Français et des Algériens favorables à la France, le 5 juillet 1962 à Oran. Ces derniers jours, avec l'attentat de Barcelone, ce fut l’un des actes les plus ignobles, commis le 20 août 1955 à El-Halia en Algérie, qui est revenu assaillir mon esprit.

 

Le 20 août 1955, en effet, est une date marquée au fer rouge. Les historiens la comparent au 10 juin 1944, où, dans la campagne limousine, une compagnie de la 2ème division blindée SS Das Reich avait envahi le village d'Oradour-sur-Glane et exterminé la quasi-totalité de la population.

 

La méthode du FLN, aujourd’hui largement réhabilité auprès de la plupart des partis politiques de l’Hexagone, consistait à massacrer autant de Français que possible. L'Aloïs Brunner algérien se nommait Zighout Youssef, il était le commandant de la Wilaya 2 – la région militaire de l'Armée de Libération Nationale (ALN) qui englobait le Nord-Constantinois.

 

halia.jpg

Les civils français alignés à même le sol sur la place du village

 

Youssef entendait provoquer la rupture entre les Européens et les Arabes. La méthode qu’il allait choisir pour y parvenir était bien rôdée et avait fait ses preuves.

 

Il allait acculer les Français afin qu'ils réagissent avec violence. La violence et les photographies qui la montreront seront utilisées comme propagande, et serviront aussi à convaincre les Algériens hésitants à se lancer dans les combats de l'insurrection. La presse internationale, déjà peut soucieuse de la provenance des photos, les utilisera pour illustrer le comportement des Français - des colons – aux dépens de la population algérienne.

 

El-Halia est un petit village situé à un jet de pierre de Philippeville et à trois kilomètres à vol d'oiseau de la mer. Y cohabitent sans problèmes deux mille musulmans et cent trente Français. Les hommes sont tous employés à la mine de pyrite. Il n’existe aucune différence de salaire d'une communauté à l'autre, les avantages sociaux sont analogues pour tous. Les Algériens et les Français vivent les uns à côté des autres, dans des maisons souvent mitoyennes.

 

Youssef a prévu que deux équipes de fellahs (paysans), ivres de propagande antifrançaise, vont opérer au même moment, à midi. Pourquoi cette heure ? Parce qu'il y fait une chaleur d'enfer. Les Européens sont à table, et donc rassemblés dans les maisons.

 

Il est 11 h 30, lorsque quatre bandes encerclent le village. Les agresseurs sont pour la majorité des ouvriers de la mine, armés de pelles, de pioches et de gourdins. Comment Youssef s'y est-il pris pour les convaincre de passer du statut de voisins à celui d'assassins ? L'histoire ne nous le dit pas.

 

Les émeutiers sont discrètement protégés par les soldats du FLN qui sont chargés de surveiller le bon déroulement du massacre ; ils s'enfuiront dès l'arrivée des soldats français.

 

Les hordes algériennes connaissent évidemment chaque famille européenne et chaque maison ; la veille encore, les uns et les autres ont bu ensemble un verre de thé sur le banc, en face des maisons. Ils ont parlé de la mine, des enfants, de football aussi. Une paisible conversation.

 

Les femmes sont occupées à préparer le déjeuner, les enfants jouent dans leur chambre, la chaleur est torride.

 

Les Européens que la meute rencontre sont égorgés sur place. Arrive le camion rentrant de la mine. Il est assailli, le chauffeur a la gorge tranchée. Un deuxième camion se présente, les ouvriers français subissent le même sort que les précédents.

 

Les photographies des scènes d'horreur n'ont jamais été publiées par décence pour les victimes. Que l'on sache cependant que la petite Bernadette Mello, qui n'a que cinq jours, est tronçonnée sur le rebord de la baignoire, sous les yeux de sa mère. Les monstres l'obligent à assister à l'exécution de son bébé. Elle est ensuite violée, puis on lui ouvre le ventre et l'on y replace les morceaux déchiquetés de son enfant.

 

Faustin Mello est surpris. Il se repose dans sa chambre. Il est amputé des bras et des jambes à la hache dans son lit. Dans une autre famille, les tueurs n'épargnent pas une fillette de onze ans ni sa grand-mère, âgée de soixante-seize ans.

 

Les Français se barricadent chez eux, essayant de résister aux assaillants. Les femmes arabes ont rejoint les émeutiers. Elles aussi, comment se sont-elles muées si rapidement de voisines aimables en meurtrières sanguinaires ?

 

Elles poussent de sinistres youyous stridents tout en appellent au djihad (la guerre sainte), tandis que les hommes surexcités sortent les Européens de leurs maisons, les traînent dans la rue, et les tuent à coups de pelles et de pioches. Des familles entières sont ainsi exterminées.

 

Lorsqu’une unité de l'Armée française arrive sur place, les soldats sont pris de nausée découvrant le carnage. Les larmes aux yeux, lèvres closes, grondants de colère, ils alignent les morts qui n'ont plus d’aspect humain sur la place du village.

 

Les parachutistes français se déploient sans attendre dans la région, l'engagement du feu avec les rebelles est rapide et brutal. Apprenant l'horreur d’El-Halia, des civils français se transforment en justiciers et, à leur tour, tuent sans discernement les Algériens qu'ils croisent.

 

Zighout Youssef est heureux. L'objectif qu'il s'était fixé est atteint. Les photographies des musulmans assassinés par les Français vont circuler dans les chancelleries et feront la une de la presse internationale. Pas un seul media n'évoquera le massacre des Français d'El-Halia.

 

Dans vingt ans, ou moins, que restera-t-il de l'attentat de Barcelone, du Bataclan à Paris, de celui de Nice et des autres qui ne vont pas manquer d’être perpétrés prochainement ? La vérité sera-t-elle dite ? Où sera-ce une fois de plus le triomphe de la barbarie et du mensonge ?

 

 
Bruxelles-Métula du 18 août 2017 (011808/17) Version imprimable
vendredi, 18 août 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca  https://youtu.be/G9JB-xkZrng (Youtube).

 

Au sommaire :

 

1.      La poursuite des attentats en Europe ainsi que l’affinement du mode opératoire des terroristes islamiques démontre l’échec de la stratégie occidentale en matière de lutte contre le terrorisme. La décision opérationnelle des Européens et des Américains, il y a environ trois ans, fut de détruire DAESH en Syrie et en Irak. Leur évaluation consistait à penser que les décisions en matière de terrorisme sur le sol européen se prenaient à Mossoul et à Raqqa, ce qui participait d’une erreur d’appréciation fondamentale.

 

Aujourd’hui, Mossoul n’est plus aux mains de DAESH et Raqqa est sur le point de tomber également mais les attentats sur le sol européen se perpétuent et se perfectionnent. Cela démontre ce que la Ména affirme depuis toujours : on a affaire à une nébuleuse terroriste et non à une organisation pyramidale ; DAESH est une image générique de cette nébuleuse, mais les décisions de frapper se prennent localement, au niveau des cellules terroristes islamiques déjà présentes sur le sol européen. Les exécutants – et également les chefs et les stratèges - se recrutent localement parmi la population musulmane issue de l’immigration, qui présente un réservoir quasi-inépuisable de volontaires pour mener ces actions. Et qui connaît parfaitement les spécificités et l’importance des sites visés, ce qui ne saurait être le cas des chefs djihadistes en Syrie et en Irak.

 

Les experts occidentaux se sont totalement fourvoyés dans leur identification du risque et, partant, dans le choix des moyens pour protéger les populations européennes. Ils pensaient qu’en détruisant DAESH au Proche-Orient, le risque terroriste disparaîtrait ou, à tout le moins, se réduirait sensiblement, or on constate que ce n’est pas le cas.

 

barcelona_3.jpg

Le prix d’une erreur

 

L’ennemi se situe en Europe parmi la population musulmane, c’est un fait politiquement incorrect et délicat, mais cela reste un fait. L’unique solution pour réduire le risque terroriste islamique consiste à contrôler les populations immigrées, à connaître chaque famille, à savoir ce qui se passe dans chaque maison. Les experts occidentaux se sont trompés de guerre.

 

De plus, en Syrie et en Irak, leur action fait plus de mal que de bien, en rompant l’équilibre fragile entre sunnites et chiites. Les politiciens européens et américains ont réagi à l’horreur des images de télévisions, pas à la menace réelle.

 

Chaque territoire libéré par la coalition internationale en Irak et en Syrie est immédiatement convoité et souvent conquis par l’Iran et ses supplétifs. Or l’Iran est largement plus dangereux pour les pays civilisés que DAESH, parce que beaucoup plus puissant et à l’abri des frappes militaires. Et l’Iran et ses portes-flingues chiites utilisent les mêmes méthodes inhumaines que les extrémistes sunnites, à la différence qu’ils ne diffusent pas les images de leur barbarie.

 

L’Irak, à l’exception de la région indépendante kurde et de certains bastions sunnites sans importance stratégique est déjà passé sous influence iranienne.

 

En résumé : en se trompant de guerre et donc de cible, les Occidentaux sèment les graines d’un conflit avec l’Iran qui sera autrement plus compliqué que l’éradication de l’Etat Islamique, en plus de n’avoir absolument pas contribué à l’éradication du terrorisme sunnite dans leurs pays.

 

Au contraire, en s’attaquant uniquement à des cibles sunnites au Moyen-Orient, les Occidentaux ont augmenté la haine des musulmans – tous sunnites – qui vivent en Europe. Si les gouvernements cachent ces faits, lesdits musulmans les ressentent fortement, et cela attise leur détestation des chrétiens auprès desquels ils vivent et dont ils haïssent les valeurs.

 

Du point de vue tactique, il ne reste plus qu’à quadriller la population immigrée afin d’identifier les éléments prêts à passer à l’action avant qu’ils n’agissent. Au Moyen-Orient, il convient de cesser, après la prise de Raqqa, la chasse aux extrémistes sunnites qui ont pratiquement cessé de présenter une menace. Du point de vue stratégique, il convient désormais de s’occuper de stopper la progression chiite, à la fois par la dissuasion et par l’action militaire.

 

Tout ce déchet aurait pu être dix fois atténué si, il y a trois ans, les Occidentaux s’étaient simplement attelés à couper le cordon ombilical qui reliait la Turquie à l’Etat islamique. C’était une affaire de deux semaines d’intervention en Syrie, sans devoir toucher à la Turquie et à son armée, en aidant les Kurdes à réaliser la continuité du Rojava.

 

La politique consistant à ménager le dictateur Erdogan, les estimations erronées de la situation et des risques par les responsables politiques européens, et les étranges priorités de Barack Obama, ont conduit au désastre que nous connaissons actuellement et qui ne va qu’empirer.

 

En Europe, le désir de ne pas offenser les minorités musulmanes immigrées, en corrélation avec l’exacerbation de leurs sentiments et leurs convictions philosophiques, religieuses et politiques, ont mené à une menace terroriste actuellement incontrôlable.

 

Si les réajustements ne sont pas effectués en urgence, les attaques terroristes en Europe vont augmenter et devenir encore plus efficaces, et le Moyen-Orient va connaître un embrasement généralisé sans commune mesure avec le problème causé par l’Etat Islamique.

 

Car en matière d’évaluation stratégique, plus encore que dans les autres domaines, nul n’a le privilège de toujours se tromper.

 

2.      Les victories en football d’Hapoël Beersheva en Ligue des Champions face au champion de Slovénie, et du Maccabi Tel-Aviv, contre les Autrichiens d’Altach, en Ligue Europa.

 

 
<< Début < Précédente 1 2 Suivante > Fin >>

Résultats 1 - 9 sur 12