Le financement de l’Autorité Palestinienne par la France, l’Europe et les USA doit cesser Version imprimable
dimanche, 30 juillet 2017

 

(info # 013007/17)

Par Guy Millière

 

Comme nombre de ses prédécesseurs qui vivent confortablement dans les prisons israéliennes, et comme ceux d’entre eux qui ont été relâchés, le répugnant tueur islamique qui a assassiné trois personnes à Halamish, en Samarie, le vendredi 21 juillet et qui n’a pas été tué par les forces de sécurité, sera grassement rémunéré pour le reste de ses jours par l’Autorité Palestinienne. Sa famille recevra de l’argent elle aussi. Si, comme c’est envisagé ces derniers jours, il devait être condamné à mort et exécuté (je ne pense pas que cela se produira), sa famille continuerait de recevoir de l’argent. Les familles des tueurs  islamiques de Juifs en Israël sont systématiquement récompensées par l’Autorité Palestinienne, et le sont plus encore quand le tueur est abattu par la Police ou l’Armée israéliennes.

 

L’argent utilisé à ces fins vient de France, d’Europe, et des Etats-Unis. Cela signifie que ces pays, par l’intermédiaire de l’Autorité Palestinienne, financent des tueurs de Juifs, et créent ainsi une incitation supplémentaire à les assassiner. Ce financement sert aussi à faire vivre les media et les écoles “palestiniens”, qui forment les futurs tueurs en leur lessivant le cerveau et en injectant en eux la haine antisémite islamique.

 

Le financement français, européen et américain permet aussi aux chefs de bande “palestiniens”, à la tête desquels se trouve Mahmoud Abbas, qui supervisent l’ensemble du fonctionnement crapuleux qui fait de l’AP une entité terroriste islamique, de vivre confortablement.

 

Un comportement pleinement éthique impliquerait que la France, l’Europe, les Etats-Unis placent l’Autorité Palestinienne sur la liste des organisations terroristes islamiques avec lesquelles aucun lien n’est possible, qu’il est interdit de financer, et qui sont considérées comme des organisations à détruire au plus tôt. Ce ne sera pas fait, je sais, et il n’est pas même certain que, dans le contexte actuel et au vu des complexités sous-jacentes à celui-ci, le gouvernement israélien le souhaite.

 

Un comportement éthique minimal supposerait qu’au moins la France, l’Europe, les Etats-Unis, exigent de l’Autorité Palestinienne qu’elle mette fin au lavage de cerveaux et à l’injection de haine antisémite islamique et, surtout, qu’elle interrompe totalement et définitivement le versement de récompenses et de rémunérations allant aux tueurs de Juifs et à leurs familles. Faute de quoi il sera légitime d’accuser la France, l’Europe et les Etats-Unis de favoriser l’assassinat de Juifs et de les assassiner par tueurs islamiques interposés.

 

Pour l’heure, aux Etats-Unis, une loi a été rédigée à cette fin. Donald Trump entend qu’elle soit adoptée. L’”Etat profond” qui mène une guerre sournoise contre l’administration Trump fait tout pour la bloquer et garde, selon toute apparence, des pouvoirs au sein du Département d’Etat. Les Démocrates, qui s’opposent à tout ce que peut vouloir Trump, n’arrangent rien. On peut néanmoins penser que cette loi, le Taylor Force Act (du nom d’un jeune Américain tué en mars 2016 par un tueur de Juifs formé par l’Autorité Palestinienne), sera votée dans les semaines à venir.

 

apschools.jpg

Les "activités scolaires" palestiniennes que finance l’argent français et européen

 

En France, en Europe, nulle loi équivalente au Taylor Force Act n’a été proposée. Tant que ce sera le cas, il sera impossible de ne pas considérer que la France et l’Europe soutiennent effectivement l’assassinat de Juifs par tueurs islamiques interposés.

 

Impossible de ne pas considérer qu’ils désirent la mort des Juifs israéliens, donc la mort de Juifs.

 

De ne pas considérer que la France, et l’Europe restent fondamentalement antisémites, quelles que soient les proclamations du contraire.

 

Prétendre combattre l’antisémitisme tout en finançant l’assassinat de Juifs par tueurs islamiques interposés montre une contradiction entre les paroles et les comportements qui relève de l’imposture, et cette imposture doit être dénoncée. Impérativement. Et de manière urgente.


Lire la suite...
 
Bruxelles-Métula du 28 juillet 2017 (012807/17) Version imprimable
vendredi, 28 juillet 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaica https://youtu.be/6DCRJkAehAI (Youtube).

 

Au sommaire :

 

1.      La IVème Intifada a commencé : l’analyse complète et sans concessions de Juffa

2.      Les clubs de foot israéliens dans les ligues européennes

 

 
Champions : Beersheva a remporté une précieuse victoire face au champion de Bulgarie (info # 012707) Version imprimable
mercredi, 26 juillet 2017

 

Par Ilan Tsadik

 

Hapoël Beersheva 2 – Ludogorets 0

 

Soirée de gala au stade Turner de Beersheva, ce mercredi, pour la réception du champion de Bulgarie, Ludogorets, pour le compte du troisième tour qualificatif de la Ligue des Champions, la compétition phare du vieux continent en football.

 

Le caissier avait fait le plein, c’est une constante, en accueillant 16 000 spectateurs sympathiques et bruyants, et surtout totalement pacifiques et sportifs.

 

Ce qui ne les empêche pas d’aimer leur équipe, l’Hapoël (l’ouvrier) Beersheva, et comme on les comprend. Leurs joueurs, surnommés les Chameaux – Beersheva est la capitale du désert du Néguev -, est en train de donner une nouvelle impulsion au football israélien qui en a bien besoin.

 

L’an dernier, en Coupe Europa, ils s’étaient faits les auteurs d’un superbe parcours, allant notamment chercher une victoire à Milan face à l’AC. Cette année, leur appétit a encore grandi, avec l’ambition d’atteindre la phase des groupes de la compétition reine. Mais avant d’y parvenir, il faut préalablement éliminer un sérieux client, à savoir Ludogorets précisément.

 

Une belle équipe qui a la particularité d’aligner neuf Brésiliens dans ses rangs, en plus de deux Roumains, d’un Argentin, d’un Ukrainien et d’un Hollandais. En fait, ce soir, sur la pelouse de Turner, il n’y avait qu’un seul Bulgare, le milieu de terrain et capitaine Dyakov.

 

Neuf Brésiliens, c’est dire si les visiteurs ont présenté un jeu technique et offensif, n’hésitant pas à monter à l’assaut des buts de Gay Khaïmov à six ou sept joueurs. Appliquant un pressing très haut sur les défenseurs, en vue d’empêcher les Chameaux de développer leur jeu habituel au sol à partir d’une passe de leur gardien.

 

nwakaeme.jpg

Nwakaeme et Beersheva :

Vous n’avez pas fini d’en entendre parler

 

Cela les a gêné durant un petit quart d’heure, puis les Hébreux se sont peu à peu libérés pour atteindre leur pleine puissance. Devant, les occasions pour Hapoël se multipliaient ; ils développaient des actions de qualité dans un match d’un excellent niveau européen.

 

Il faut dire que le coach d’Hapoël, Barak Bakhar, un ancien défenseur et entraîneur de Kiryat Shmona, avait bien préparé sa tactique. Il avait compris qu’en jouant très haut, les Bulgaro-brésiliens allaient forcément découvrir leurs arrières, là où ils sont nettement moins à l’aise.

 

Surtout lorsque l’on dispose de joueurs intelligents et ultra-rapides à l’instar du Nigérien Anthony Nwakaeme et du capitaine Maor Mélikson. C’est d’ailleurs une combinaison lumineuse entre ces deux hommes qui allait offrir le premier but à Hapoël. Un une-deux royal parti de Nwakaeme, absolument inarrêtable balle au pied, que ce soit face à un, deux ou trois adversaires. Passe sur l’aile droite pour Mélikson, retour instantané et millimétré à l’envoyeur, qui s’était entre-temps avancé et qui plaçait un envoi imparable pour le portier argentin Jorge Broun. De la belle ouvrage, vraiment !

 

Incapables de freiner les vagues rouges et blanches des joueurs locaux, les hôtes se mirent à tacler intentionnellement les jambes de l’élégant Mélikson, qui se retrouvait plus souvent le nez à hauteur de pâquerettes que sur ses pattes. C’était visiblement volontaire, quoique s’en défende le coach Georgi Dermendzhiev       dans l’après-match.

 

On peut regretter l’indulgence de l’arbitre grec, M. Charalambos Kalogeropoulos, partisan, certes, d’un jeu viril, mais à l’excès. Si bien que les visiteurs ont fini par blesser sérieusement le chef chamelier à la cheville. Ce dernier, malgré la souffrance et sur une seule jambe réussit l’exploit de tenir sa place jusqu’à la 71ème minute, lorsque le coach Bakhar mit fin à son supplice en lui substituant le jeune Michaël Ohana.

 

Grand bien lui en prit, car à peine huit minutes plus tard, Ohana reprenait une passe de l’inévitable Nwakaeme et trompait Jorge Broun d’un maître tir dans la lucarne pour la seconde fois de la soirée.

 

Hapoël se ménagea d’autres grosses occasions, notamment par Einbinder à deux reprises, sans parvenir à aggraver la marque. Quant aux visiteurs, ils eurent également leurs chances et passèrent plusieurs fois à deux doigts de la réduction du score, qui leur aurait permis d’inscrire un but à l’extérieur extrêmement précieux en vue de la revanche, la semaine prochaine. Celle-ci se déroulera dans le petit stade de Razgrad, chef-lieu d’une région forestière du nord-est de la Bulgarie.

 

A nouveau, comme lors des tours qualificatifs précédents, les Chameaux ont nettement baissé le pied en seconde période, terminant la rencontre sur les rotules à force de courage et de volonté. Les lacunes au niveau de la condition physique sont le prix à payer du manque de compétition, avant la reprise du championnat régulier. Ludogorets est légèrement à meilleure enseigne à ce propos, puisque son championnat a recommencé la semaine dernière ; les Bulgares ont semblé un peu plus frais sur la fin.

 

En Ligue des Champions, un avantage de deux buts à zéro à la veille du match retour est appréciable. Si Beersheva parvenait à marquer à Razgrad, il faudrait que Ludogorets fasse trembler les filets de Khaïmov à quatre reprises pour se qualifier, ce qui tiendrait de l’exploit.

 

Mais gare à ces Bulgaro-brésiliens tout de même. Des petits gabarits – ça aide à les contrôler sur les balles arrêtées, certes -, mais des footballeurs complets et endurants. Il n’y a qu’à consulter le palmarès de leur formation pour s’en persuader : ils se sont qualifiés par deux fois, ces trois dernières saisons, pour la phase des groupes de la Champions League, tenant par exemple le PSG en échec chez eux.

 

Forts de leur avantage obtenu ce soir, les hommes de l’entraîneur Barak Bakhar seront "raisonnablement favoris"  la semaine prochaine. Avec l’espoir que Maor Mélikson se sera remis de son combat de boxe thaï, et en attendant aussi la première apparition de la nouvelle et prometteuse recrue d’Hapoël, l’avant-centre tchèque Tomáš Pekhart et de son mètre quatre-vingt-quinze. Suite à la blessure de Ben Saar (épaule démise) la semaine dernière face au champion de Hongrie, voilà un renfort qui fera du bien à la pointe de l’attaque.

 

Et si les chameaux franchissent l’obstacle bulgare – mais comment les chameaux passent-ils les haies ? -, il leur faudra alors disputer et remporter une double confrontation contre un adversaire en play-off. Le vainqueur sera admis en phase des groupes de la Ligue des Champions, ce qui constituerait déjà une jolie performance pour Hapoël Beersheva, le champion d’Israël en titre, qui, au vu de ce qu’il a montré, en est parfaitement capable. D’autant plus que s’il passe l’écueil bulgare, il pourra compter sur un autre de ses transferts, l’Espagnol Isaac Cuenca, un ex du FC Barcelone, mais qui est blessé depuis qu’il est arrivé en Israël.

 

Lire la suite...
 
Israël n’a jamais été dans une position diplomatique aussi solide (info # 012307/17) Version imprimable
dimanche, 23 juillet 2017

 

Par Guy Millière

 

Je me garderai bien de dire que le discours prononcé par Emmanuel Macron lors du soixante quinzième anniversaire de la Rafle du Vélodrome d’hiver à Paris marquera une inflexion de la politique française vis-à-vis d’Israël. Emmanuel Macron a prononcé quelques paroles fortes, et c’est bien. Ce qui est consternant est qu’aucun président français ne les ait dites avant lui.

 

Macron a invité Binyamin Netanyahu à prendre part aux commémorations ; il l’a accueilli chaleureusement, s’est montré intéressé par la coopération économique entre Israël et la France en matière de hautes technologies, et c’est très bien là encore. Mais on sait que l’amitié que les présidents français manifestent à l’égard d’Israël s’est avérée vite réversible dans le passé. Et cela ne peut effacer cinquante années de politique arabe de la France et l’absence d’avis de la France sur les résolutions votées par l’UNESCO à Cracovie, où la vieille ville de Jérusalem, le Mont du Temple et le Kotel ont été définis à nouveau comme des sites “palestiniens” menacés, tout comme la vieille ville d’Hébron et le Caveau des Patriarches.

 

jetm.jpg

Je t’aime. Moi non plus… mon œil.

 

La France de Macron ne “connaît” toujours pas l’histoire du peuple juif et semble penser qu’il y avait des “Palestiniens” au Proche-Orient il y a deux et trois mille ans. L’invitation de Binyamin Netanyahu ne peut effacer non plus la récente réception du chef terroriste Mahmoud Abbas à l’Elysée et l’accolade aimante que Macron a réservée au chef terroriste susdit. Je ne crois pas que Binyamin Netanyahu se fasse beaucoup d’illusions sur la France. Il se comporte diplomatiquement. Je vais revenir sur le sujet dans un article de fond.

 

Les bonnes nouvelles pour Israël sont à chercher ailleurs qu’en France, où l’opinion de la population concernant Israël reste très majoritairement négative (le contraire serait étonnant vu ce qui se dit sur Israël dans les media français).

 

Les liens que Binyamin Netanyahu a noués avec plusieurs pays d’Afrique ces dernières années sont très importants. Les relations établies avec l’Inde et avec le Premier ministre Narendra Modi sont cruciales et essentielles : l’Inde sera un acteur majeur du développement économique de l’Asie, des synergies fructueuses vont prendre forme, et l’Inde est un pays où on comprend parfaitement les dangers de la violence islamique, et où personne n’attribuerait celles-ci au “changement climatique”. Dois-je le noter ? Narendra Modi n’a pas donné la moindre accolade à Mahmoud Abbas. Il n’a pas même jugé utile de se rendre à Ramallah, et a refusé d’aller s’incliner sur la tombe de Yasser Arafat.

 

Binyamin Netanyahu poursuit sa stratégie en Europe centrale où se situent des pays qui ont un passé antisémite, mais où, comme en Inde, on comprend les dangers de la violence islamique et on est donc conscient des agressions constamment subies par Israël. Les pays du groupe de Visegrad (Slovaquie, République tchèque, Hongrie, Pologne) seront des alliés utiles d’Israël dans un contexte où l’Union Européenne est de plus en plus marquée par des penchants anti-israéliens.

 

Pendant que d’aucuns insistent encore sur la querelle vaine que des mouvements juifs de gauche américains ont cherché à Binyamin Netanyahu concernant l’accès au Kotel et les conversions au judaïsme, Binyamin Netanyahu pouvait sourire. Car il savait que bien au-delà des Juifs de gauche américains, il pouvait compter sur un appui solide et massif au sein de la société américaine. Celui des mouvements conservateurs et celui des chrétiens évangéliques, qui ont un poids considérable aux Etats-Unis.

 

La principale association chrétienne évangélique de soutien à Israël aux Etats-Unis s’appelle Christians United For Israel (CUFI). Elle vient de tenir son congrès annuel à Washington. Binyamin Netanyahu a envoyé un message chaleureux aux participants de ce rassemblement. Mike Pence, vice-président de Donald Trump, est très proche de CUFI. Donald Trump lui-même soutient CUFI.

 

Et Binyamin Netanyahu le sait : les Etats-Unis n’ont jamais eu un président aussi proche d’Israël que Donald Trump.

 

Binyamin Netanyahu sait aussi que l’alliance avec les pays sunnites amorcée à Riyad sous l’égide de Donald Trump prend peu à peu consistance. Peu de gens dans le monde francophone savent les liens étroits entre les services de renseignement israéliens et égyptiens, et un nombre de gens plus faible encore sait qu’il existe un ambassadeur d’Arabie Saoudite pour Israël, le prince Al-Waleed Bin Talal. Celui-ci a déclaré en prenant ses fonctions il y a quelques mois : “Je suis fier d’être le premier ambassadeur saoudien dans ce beau pays. Israël est un îlot de stabilité dans l’une des zones les plus troublées du monde”.

 

Contrairement à ce que d’aucuns affirment, qui prennent leurs fantasmes pour la réalité parlant de l’isolement d’Israël en soulignant les motions votées à l’UNESCO ou à l’ONU, devenus des cloaques antisémites nauséabonds dont tout pays civilisé devrait se retirer, et contrairement à ceux qui se délectent des émeutes et des meurtres abjects et lâches commis par des terroristes « palestiniens », l’Etat d’Israël n’a jamais été dans une position diplomatique aussi solide. Binyamin Netanyahu y est pour beaucoup.


pour lire la suite...
 
Poutine : le coup du cessez-le-feu (info # 012107/17) Version imprimable
vendredi, 21 juillet 2017

 

Par Stéphane Juffa

 

En marge du sommet du G20 à Hambourg, le 7 juillet dernier, les présidents russe et américain se sont entendus de manière surprenante pour imposer un cessez-le-feu dans le sud-ouest de la Syrie, aux confins des frontières séparant ce pays de la Jordanie et d’Israël.

 

Trois choses étonnent les observateurs à propos de cet évènement : premièrement, la facilité apparente avec laquelle Vladimir Poutine et Donald Trump se sont mis d’accord. Deuxièmement, les concessions significatives accordées aux Russes par le président américain, mais également aux Iraniens et au Hezbollah. Troisièmement, enfin, le fait que la décision U.S n’ait pas été coordonnée avec Israël, qui est à la fois concernée par les termes de ce cessez-le-feu et qui est censée être l’allié de prédilection de l’Administration Trump dans la région.

 

Le Premier ministre israélien, Binyamin Netanyahu, n’a pas pris de gants ni perdu de temps pour commenter l’accord entre Poutine et Trump. Lors de sa visite à Paris pour les commémorations de la rafle du Vel d’Hiv, Netanyahu a confié à Macron qu’Israël était totalement opposée à ce plan de cessez-le-feu.

 

La raison de cette opposition réside en ce – le plan dans ses détails n’a pas été rendu public - qu’il ne fait nulle part mention des belligérants de la Guerre Civile Syrienne que sont l’Iran et le Hezbollah, qui sont les alliés de Moscou et du régime de Bashar al Assad.

 

Or à Jérusalem l’on craint que Poutine ne facilite l’établissement de bases aériennes et navales de Téhéran à proximité d’Israël, ainsi que terrestres, pour les deux protagonistes, dans la partie syrienne du Golan. Des intentions, qu’on ne tente pas même de dissimuler au pays des ayatollahs.

 

Jusqu’à maintenant, Israël faisait le ménage elle-même afin de contrer les objectifs de ses ennemis, frappant leurs concentrations sur le plateau dès qu’elles se mettaient à prendre forme.

 

Mais la nouveauté, c’est le cessez le feu, qui vient modifier les règles du jeu. Si, jusqu’à présent, Jérusalem et Moscou s’étaient entendus pour qu’Israël n’intervienne pas au nord de Damas, Moscou, pas au sud de la capitale syrienne, et pour que Tsahal exerce partout son droit d’empêcher les livraisons d’armes iraniennes au Hezbollah libanais, le statu quo va peut-être changer.

 

Les craintes des Hébreux sont liées au déploiement de "policiers" russes aux abords de sa frontière du Golan. Nos fixeurs syriens nous ont déjà avertis qu’un premier contingent de ces observateurs particuliers était arrivé dans la province de Deraa, la ville martyre, à 30km d’Israël et 6 de la Jordanie.

 

Ils viennent s’assurer, en principe, que le régime d’Assad va cesser de lancer impunément des missiles et des barils explosifs sur les populations de cette zone. La dernière fois qu’une trêve avait été conclue par les Russes, il y a quelques semaines, elle n’avait pas été respectée par l’Armée alaouite. Cette fois-ci, en dépêchant des observateurs au sol, Poutine escompte avec raison que le dictateur-oculiste ne prendra pas le risque de tuer les hommes de son protecteur, de peur qu’il l’abandonne.

 

Ce déploiement va sans doute sauver les vies des quelques dizaines de combattants et de civils sunnites, mais ce ne sera pas son seul effet. D’abord, parce qu’il n’est nulle part question de l’envoi de personnels américains dans le Golan (ou ailleurs en Syrie, hormis dans la région de Raqqa-Deïr Ez-Zor, au nord-est de ce pays) afin de co-présider à la mise en œuvre du cessez-le-feu. Ce qui peut laisser perplexe lorsque l’on connaît le peu de cas fait par Poutine pour les questions humanitaires, particulièrement après avoir massacré des dizaines de milliers de civils syriens sunnites avec ses chasseurs-bombardiers, sans le moindre état d’âme.

 

Poutine, ne perdons pas le temps de nos lecteurs, n’a en tête que ses intérêts stratégiques et politiques, et l’instauration d’un cessez-le-feu ne doit être considérée que comme un moyen non-violent d’avancer vers ses objectifs.

 

Lors, en s’installant à Deraa, près de la frontière jordanienne, il se positionne du même coup sur l’Autoroute numéro 5, qui conduit de la frontière jordanienne à Damas, que les Arabes sunnites et les Israéliens comptaient exploiter pour préparer une offensive majeure de leurs alliés rebelles, les Fursan al Joulan [les chevaliers du Golan], équipés, outre par Israël, par les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite, ainsi que les combattants druzes de la province de Suwayda et la majorité des unités de l’Armée Syrienne Libre.

 

Les préparatifs sont en effet en cours, le long de la frontière jordanienne, pour former une petite armée bien dotée et bien commandée, dont le but est de s’emparer des zones qui leur échappent dans le Golan afin de les libérer de la dictature alaouite, ainsi que d’éloigner les soldats chiites iraniens et leurs coreligionnaires libanais du Hezbollah, à la fois d’Israël, de Jordanie et des Etats arabes [voir nos analyses précédentes]. 

 

Avec des policiers russes à 10km de la zone d’entraînement, et disposés entre les rebelles et l’Armée régulière, cela devient mission périlleuse sinon impossible.

 

Durant ces dernières semaines, Jérusalem, ayant eu connaissance du plan de cessez-le-feu en gestation, a eu d’intenses échanges avec des officiels américains, notamment Brett McGurk, l’envoyé spécial de l’Amérique pour la bataille contre l’Etat Islamique, et Michael Ratney, l’envoyé spécial pour la Syrie. Durant les jours qui ont précédé l’annonce de l’accord, Binyamin Netanyahu a haussé le niveau de l’effort diplomatique en téléphonant plusieurs fois à Vladimir Poutine et au Secrétaire d’Etat Rex Tillerson.

 

Au centre de toutes ces initiatives, l’instante prière de ne pas admettre de présence iranienne, hezbollanie, ainsi que des milices chiites affiliées dans le voisinage de l’Etat hébreu et des pays arabes. De ne pas permettre à l’Iran de renforcer sa présence en Syrie, et de ne pas laisser se déployer un contingent russe au sol, dans une zone d’importance stratégique majeure.

 

Poutine et Tillerson ont assuré le Premier ministre israélien que l’accord tiendrait compte de ses préoccupations relatives à l’Iran et au Hezbollah. Mais dans les faits – le gouvernement israélien a reçu une copie du plan de cessez-le-feu – ces préoccupations ont été totalement ignorées, et le plan génère une nouvelle réalité néfaste au sud de la Syrie.

 

Donald Trump n’étant étrangement pas joignable pour discuter de ce problème, les Israéliens s’en sont ouverts aux Russes. Ils ont reçu une réponse non satisfaisante de la part de Sergey Lavrov, leur ministre des Affaires Etrangères – qui n’est pas connu pour être un ami de l’Etat hébreu -, qui a assuré Jérusalem que son pays ne laisserait pas les Iraniens et le Hezbollah s’approcher à moins de 20 miles [32km] de la frontière israélienne.

 

D’abord, cette distance n’est pas suffisante : d’un point de vue strictement tactique, il en faudrait au moins le double. Ensuite, ce n’était pas la requête formulée par Israël : cette dernière exigeait que toute présence iranienne soit bannie de l’ensemble du territoire syrien pour que Téhéran ne devienne pas le grand bénéficiaire de la Guerre Civile et de la solution censée y mettre un terme.

 

Qui plus est, à Métula, nous avons de bonnes raisons de douter à la fois de la capacité et surtout de la volonté de Poutine d’écarter ses alliés chiites de notre frontière. Ses "policiers" ont certes été vus dans la région stratégique de Deraa, mais pas dans celle de Kouneitra, à un jet de pierre d’Israël, qui figure pourtant dans la sphère de désescalade décidée par Poutine et Trump.

 

Pour en avoir le cœur net – rien ne vaut une constatation visuelle – nous nous sommes rendus à deux reprises, cette semaine, sur le toit de la position Booster, la plus avancée des bases israéliennes dans le Golan. Nous avons vivement appelé "Yvan ! Yvan !", mais aucun Russe ne nous a répondu, ce, bien que le cessez-le-feu soit officiellement entré en vigueur dimanche dernier. Or nous savons qu’il y a des soldats iraniens et des miliciens Hezbollani à al Baath, à 2km exactement de Booster. Nous le savons car nous avons, ces dernières semaines, été témoins de l’anéantissement par Tsahal de chars, de nids de mitrailleuses, de batteries d’artillerie et d’entrepôts de munitions des chiites à al Baath.

 

boo1.jpg

Vu de Booster : au premier plan, avec le château d’eau, el Hmidaiah, localité rebelle,

juste derrière, al Baath, aux mains d’Assad et de ses supplétifs chiites

Photo Yoshua Ohanna © Metula News Agency

 

Cette semaine, les combats se sont poursuivis sans relâche entre les rebelles, d’une part, et les forces gouvernementales et leurs alliés, de l’autre. C’est à peine si les tirs d’artillerie avaient un brin diminué.

 

Désormais sous "cessez-le-feu", les Russes, avec le soutien du "président le plus pro-israélien dans l’histoire des Etats-Unis d’Amérique", entendent nous empêcher de nous défendre. Et le monde sait pertinemment que cette frontière est celle de la civilisation face à la barbarie – s’il y avait de la place à Booster, je vous emmènerais tous et vous le constateriez sans peine -, qu’en empêchant l’Iran d’avancer, nous protégeons les Etats arabes, ce qui reste du Liban, et l’Europe. Mais de cela, personne ne parle, parce qu’ils ne comprennent pas ou feignent de ne pas comprendre, ce qui est largement plus confortable.

 

Le plan de Poutine consiste à partager la Syrie en trois zones d’influence : la leur, l’iranienne, et la turque. Ce faisant, ils auront réussi l’impossible pari de maintenir leur allié Bashar al Assad au pouvoir, celui qui est responsable de la mort de 700 000 de ses compatriotes, de 4 millions de blessés et de plus de 7 millions d’exilés, en plus d’avoir réduit un pays à l’état de ruines.

 

D’autre part, ce plan va marginaliser la rébellion, continuer de l’écraser, et la museler, lorsqu’il s’agira de négocier la partition de la Syrie, ce qui est évidemment inévitable.

 

Normalement, après la prise de Raqqa, qui devrait survenir dans quelques semaines, on devrait assister à la plus grosse empoignade de la Guerre Civile, entre les Occidentaux et leurs alliés Kurdes, d’une part, et les Russes, et leurs alliés alaouites, iraniens et chiites libanais, de l’autre. Les deux camps sont censés se déchirer pour les restes de l’Etat Islamique, précisément à Deïr Ez Zor, à 120km au sud-est de Raqqa, et dans sa province, qui jouxte l’Irak.

 

En cas de victoire des Kurdes, la progression de l’Iran vers l’Ouest sera stoppée. Dans le cas contraire, la guerre se déplacera aux confins d’Israël, de la Jordanie et de l’Arabie Saoudite. Il s’agit d’une bataille qui fera des dizaines de milliers de victimes, mais qui est inévitable d’un strict point de vue stratégique. Et on a vu des cessez-le-feu faire encore plus de victimes que des guerres.

 

Reste que, suite à l’étrange accord Poutine-Trump, on ne sait plus très bien ce qui va se passer. Le 7 juillet dernier, à Hambourg, les dés étaient pipés. Le nouveau président a accepté un deal dans lequel il n’a fait que des concessions, et c’est incompréhensible. Au lieu de parler du retrait de Poutine de Syrie, de Crimée, d’Ukraine et de Géorgie, le tzarévitch a obtenu tout ce qu’il voulait. C’est à croire qu’il fait chanter le milliardaire devenu président ; beaucoup de mes collègues l’affirment, moi, je me contente de le mentionner comme une hypothèse, parce que mon analyse m’y oblige, parce que les conditions du cessez-le-feu sont illogiques, parce que l’Iran est l’ennemi juré des USA et que Trump n’a cessé de le proclamer.

 

Si les Forces Démocratiques Syriennes s’arrêtent à Raqqa et laissent les gouvernementaux et l’Aviation russe dévorer Deïr Ez Zor sans intervenir, ce sera la preuve que Trump n’est pas libre de ses décisions. Car laisser tomber le grand Ouest syrien dans l’escarcelle des ayatollahs, qui contrôlent déjà la gouvernance irakienne, représenterait une erreur stratégique qu’aucun chef du monde civilisé ne concéderait s’il était libre. On se demande déjà pourquoi, suite à la rencontre avec Poutine, Donald Trump a décidé de cesser de soutenir tous les groupes rebelles qui combattent Assad, à l’exception des Kurdes. Ce faisant, Trump fait aussi le jeu des Russes et les aide à sauver la peau du tyran-oculiste.

 

Reste Israël, qui ne peut pas, en vue de ses intérêts sécuritaires fondamentaux, permettre aux Iraniens de s’installer à demeure en Syrie, même si cela ne plaira pas à M. Lavrov. C’est le Major Général de réserve Yaakov Amidror qui le lui a fait publiquement savoir cette semaine ainsi qu’aux Américains. Amidror, qui est un ancien conseiller à la Sécurité Nationale, actuellement sans fonction officielle, mais très proche de l’establishment de la Défense et du Premier ministre, a déclaré qu’Israël doit empêcher l’Iran de construire des bases en Syrie à n’importe quel prix.

 

Amidror, qui s’exprimait face aux correspondants de la presse étrangère a précisé : "Les conséquences de voir l’Iran construire des bases en Syrie sont que cela créerait des rampes de lancement pour le Hezbollah et les Iraniens. Et Israël doit l’empêcher quel qu’en soit le prix à payer.

 

Si cela n’était pas pris en compte par ceux qui passent ces arrangements – les Américains, les Russes et d’autres", a complété le général, "cela forcerait Tsahal à intervenir et à détruire chaque tentative de construire une infrastructure en Syrie".

 

Puis, menaçant : "Nous ne laisserons pas les Iraniens et le Hezbollah être les forces qui sortiront victorieuses de cette longue et ravageuse guerre en Syrie, et qui se focaliseraient ensuite contre Israël".

 

Un journaliste a demandé à Yaakov Amidror si Israël bénéficierait de la liberté de mouvement nécessaire pour agir en Syrie de cette manière. "Je ne vois pas qui l’arrêterait. Je veux dire", a répondu le général, "que si c’est dans l’intérêt d’Israël, nous devrons nous efforcer d’agir pour être sûrs que nos intérêts soient protégés".


Lire la suite...
 
<< Début < Précédente 1 2 Suivante > Fin >>

Résultats 1 - 9 sur 12