L’interview hebdomadaire de Stéphane Juffa par Jim Mosko sur Radio Judaica du 28 avril Version imprimable
vendredi, 29 avril 2016

 

© Metula News Agency

(info # 012904/16)

 

https://youtu.be/eBKl9LZlNVw

 

Au sommaire :

 

L’initiative française en vue d’une conférence sur le différend israélo-palestinien à Paris en mai. La réaction du gouvernement israélien. Le risque d’une solution imposée à Israël et de sanctions en cas de refus de Jérusalem. La menace d’un soutien d’Obama au Conseil de Sécurité à la fin de l’été.

 

L’analyse d’une nouvelle guerre avec le Hezbollah. L’évaluation du risque. Le scénario d’un éventuel conflit, qui serait plus dur et plus meurtrier que les précédents.

 

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Les Kurdes syriens vont traverser l’Euphrate (info # 012704/16) Version imprimable
mercredi, 27 avril 2016

 

Par Perwer Emmal (correspondant aux Kurdistans syrien et turc)

 

On parle beaucoup, dans les media kurdes syriens et irakiens, d’une attaque imminente des YPG - les "Unités de Protection du Peuple" kurde de Syrie – contre la ville de Jarabulus. Cette cité se situe à l’ouest du fleuve Euphrate, alors que sa rive orientale est tenue par les YPG, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Kobane.

 

Jarabulus, Kaniya Dil en kurde, qui signifie "source (kaniya) du cœur (dil)", est peuplée de 12 000 habitants. Elle se trouve également sur la frontière ottomane et même une partie de la ville se situe en territoire turc.

 

Actuellement, Jarabulus est aux mains des troupes de DAESH, le Califat Islamique, et constitue même, avec sa région limitrophe, son dernier point de passage, d’approvisionnement d’armes, de munitions, de mercenaires, de commerce, de contrebande de pétrole, et d’infiltration avec la Turquie.

 

En principe, Ankara a délimité Jarabulus, à l’Est, et Azzaz, à l’Ouest, comme les deux points à ne pas dépasser par les YPG dans leur progression visant à unifier la région autonome kurde de Syrie appelée Rojava.

 

Plus largement, Erdogan a interdit aux Kurdes de franchir l’Euphrate, ce qu’ils ont pourtant fait, à la fin de l’année dernière, pour s’emparer du barrage de Tichrine, à 52 kilomètres au sud de Jarabulus.

 

Ma description des positions des différentes factions combattantes dans la région est bien illustrée par la carte ci-dessous, la plus précise et la plus régulièrement mise à jour pour suivre le conflit syrien, hormis quelques imprécisions.

 

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Avec le service cartographique de la © Metula News Agency

                                                                                                      

Les points noirs représentent les lieux tenus par DAESH, les rouges, par les forces du régime, les verts, par l’Armée Syrienne Libre (ASL), faisant souvent cause commune avec al Nosra dans le Nord, l’avatar d’al Qaëda en Syrie, et les jaunes figurent les localités contrôlées par les Kurdes, œuvrant au sein des Forces Démocratiques Syriennes (FDS).

 

Les FDS constituent une coalition militaire regroupant, outre les YPG, qui en sont la composante largement dominante, des Arabes de l’ASL (qui se sont opposés, dans certaines batailles, à d’autres contingents de l’ASL), les combattants du Conseil Militaire Syriaque (chrétien), ainsi que des guerriers sunnites appartenant à des tribus opposées à DAESH.

 

Les FDS peuvent compter sur 43 000 hommes en armes, dont 35 000 Kurdes, 2 000 chrétiens et 6 000 musulmans. Ils ne regroupent pas moins de neuf organisations principales, dont l’une des plus importantes est le Jaysh al-Thuwar, l’Armée des Révolutionnaires, elle-même composée de 17 groupuscules combattants, principalement mobilisés contre DAESH dont ils craignent l’application extrémiste des préceptes de l’islam.

 

Jaysh al-Thuwar contribue à raison de 3 000 hommes au contingent des FDS. Malgré l’hétérogénéité de cette coalition, fondée en octobre 2015, les Forces Démocratiques Syriennes composent probablement la formation la plus stable et efficace de toutes celles participant à la Guerre Civile Syrienne.

 

Les FDS bénéficient de l’encadrement, d’armes, et surtout, du soutien aérien de l’Armée américaine. Une armée qui s’est construit deux bases permanentes dans le territoire tenu par les FDS, l’une, récente, à proximité de Kobané, l’autre, dans la province de Hasakah, qui comporte un aéroport, depuis lequel les Etats-Unis assurent les transports logistiques par hélicoptère et décollent afin de bombarder les positions de DAESH plus au Sud.

 

Washington préfère distiller son soutien aux FDS plutôt que directement aux YPG (ce qui revient au même) afin de ne pas froisser la susceptibilité de son allié turc, qui considère les YPG comme une organisation terroriste, exactement au même titre que le PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan turc, qui guerroie avec l’Armée d’Erdogan.

 

D’ailleurs, comme le montre cette vidéo du 5 courant, les soldats turcs n’hésitent jamais à bombarder les zones kurdes de Syrie ; ici la ville de Kameshli, essentiellement civile et distante de 160 km des premières positions de DAESH.

 

La semaine dernière, j’ai été autorisé à me rendre, à mes risques et périls, à proximité de diverses lignes de front face au Califat Islamique, notamment à faible distance de la cité de Markada, toujours tenue par les islamistes. J’y ai vu à l’œuvre des commandos américains ou de l’alliance arabo-occidentale contre DAESH, sans pouvoir en avoir le cœur net, car ils ne parlent à personne.

 

On les distingue aisément des combattants des FDS par l’homogénéité de leur équipement, par la sophistication de leur armement et par leur mobilité. Ils interviennent en petit nombre, entre quinze et vingt soldats.

 

Contrairement aux Kurdes et à leurs alliés, dont le mode opératoire consiste à se dissimuler derrière un remblai creusé à la pelleteuse, de faire feu sur les objectifs ennemis tout en orientant les bombardements de l’aviation U.S grâce à des tablettes sur lesquelles ils signalent les positions des islamistes et les leurs, les commandos agissent différemment. Ils ont chaque fois une mission spécifique au-delà du remblai, la réalisent en quelques heures dans la plus grande discrétion, et sont évacués sitôt leur retour.

 

Officiellement, leur rôle se limite à conseiller (on les appelle d’ailleurs conseillers, "advisers") les combattant des FDS, en retrait de la ligne de front, mais, comme je viens de le narrer, ils participent directement aux combats et en constituent même souvent le fer de lance.

 

Ce n’est que lorsque l’objectif a été dûment "ramolli" par les attaques de bombardiers légers – il me semble avoir reconnu des chasseurs de chars A-10 Thunderbolt, mais mes connaissances aéronautiques sont restreintes – et par les opérations coup de poing des commandos U.S, que les FDS encerclent le fortin, l’usine ou la ville à investir, puis qu’ils nettoient l’objectif quartier par quartier, et ensuite, maison par maison.

 

Les A-10 effectuent une étrange manœuvre lors de leur pilonnage, un looping, suivi d’un redressement au-dessus de la cible pour lâcher leurs bombes.

 

Les principaux dangers auxquels les FDS ont à faire face sont les snippers, qui font plusieurs victimes dans leurs rangs à chaque affrontement, les véhicules piégés et artisanalement blindés, remplis d’explosifs, lancés à toute allure sur leurs positions avec des miliciens-suicidaires au volant, et les bâtiments minés. 

 

Pour la Turquie, les ennemis principaux, demeurent les Kurdes. Ils craignent de les voir occuper les 520 km de leur région frontalière, dont seuls les 89 km d’Azziz à Jarabulus échappent encore aux YPG et à leurs alliés.

 

Au cas où les Kurdes parviendraient à leurs fins, Ankara perdrait d’abord sa capacité de regard et d’intervention sur le conflit syrien. Ensuite, la région autonome kurde syrienne du Rojava servirait de base logistique arrière (voire plus) au PKK, qui œuvrerait probablement avec les YPG pour unifier les Kurdistans turc et syrien. 

 

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Prise d’armes chez les Forces Démocratiques Syriennes

40 % des combattants des YPG sont des femmes

 

Mais les affaires du Sultan Erdogan se compliquent dans la région ; comme on le constate à la lecture de la carte, la zone occupée le long de la frontière turque, face à Elbely et Kilis, par al-Nosra et une partie de l’ASL (points verts), n’est plus connectée au reste de la Syrie. Ce groupe rebelle est donc totalement dépendant de la volonté du Sultan, de l’armement qu’il lui fournit, et des miliciens en renfort qui ont transité par la Turquie vers cette sorte d’enclave, et l’on parle de 2 000 volontaires.

 

En dépit de cette aide massive, le seul succès militaire qu’ils ont enregistré est la prise du bourg d’al Ra’i (ce qui n’a pas été mis à jour sur la carte), lourdement aidés par l’artillerie d’Erdogan. Ils ont échoué dans toutes leurs autres entreprises.

 

Pour ne rien arranger aux intérêts d’Erdogan, DAESH, avec lequel il entretient des relations complexes d’amour-haine (comme la Turquie, de tous temps, avec tous ses autres voisins), s’est mis à bombarder régulièrement la ville turque de Kilis et sa banlieue, occasionnant la mort de dix Turcs et de sept réfugiés syriens. 90 000 habitants de la cité frontalière ont décidé de quitter les lieux. Les choses, entre les deux partenaires, tous deux sunnites et islamistes, ont dégénéré au point où l’opposition armée des Turcs au Califat, qui n’était jusqu’à présent qu’un prétexte pour intervenir contre les Kurdes en Syrie, est devenu une nécessité tactique pour Ankara.

 

Les Américains se sont ainsi engagés à fournir d’ici mai des missiles sol-sol HIMARS à l’Armée ottomane, dont la portée des canons est aujourd’hui trop courte pour atteindre le bastion du Califat, Manbij. Ces dernières 48 heures, les Turcs ont fait venir des renforts dans la zone de Kilis et prétendent avoir éliminé quelques miliciens de DAESH ; l’Air Force est également intervenue et en aurait neutralisé environ trente de plus.

 

Mais ces efforts de la part de Washington ont un prix. Les Américains, qui ont la ferme intention d’en finir avec DAESH en le chassant de tous les territoires qu’il occupe, ne comptent, en Syrie, du point de vue militaire, que sur les Peshmerga kurdes. Ils ont négocié ferme avec Ankara, ces derniers jours, pour qu’elle autorise les Kurdes à s’emparer de Jarabulus.

 

Erdogan a posé trois conditions : 1. Que ce soit les USA qui dirigent l’opération. 2. Que celle-ci ne dépasse pas Jarabulus, et 3. Que les Kurdes, à l’Ouest, ne dépassent pas Azzaz et ne la conquièrent pas. Il semble aussi que la fourniture des missiles HIMARS fasse partie du deal.

 

Quant aux conditions turques… Les Etats-Unis ne sont pas en mesure de "diriger" l’opération, puisque, pour leur opinion publique, ils ne participent pas à la guerre au sol en Syrie. Ce sont eux, certes, qui coordonnent les opérations avec les YPG, qui ne sauraient se passer de leur appui aérien, mais ce sont les Kurdes et leurs alliés qui attaqueront la ville. Ces derniers accepteront éventuellement et à titre provisoire de ne pas lancer une offensive en tenaille à partir de leurs positions autour d’Azzaz, mais la prise de Jarabulus les rapprochera de leur objectif final, qu’ils n’ont aucune intention d’abandonner.

 

On peut également se demander pourquoi l’Armée turque n’intervient pas elle-même afin de sécuriser la région. C’est simple : parce que les USA, de plus en plus irrités par la violence exercée par Erdogan, ne seraient pas d’accord, ainsi que les Russes, qui continuent à bombarder la région depuis les airs, qui soutiennent aussi les Kurdes, et qui pourraient s’en prendre aux Ottomans s’ils traversaient la frontière.

 

On va donc vraisemblablement assister sous peu (quelques semaines ?) à l’attaque et à la prise de Jarabulus par les Forces Démocratiques Syriennes. Cela ne résoudra pas le problème posé par la présence de DAESH à Manbij, et il semble que les FDS devront poursuivre leur avancée en direction de Tichrine qu’ils occupent déjà. Ils feront ainsi un pas important vers l’unification du Rojava, sans que les Turcs n’y puissent quoi que ce soit.

 

Mais les Kurdes, qui servent de troupes au sol aux Américains en Syrie et en Irak, attendent également le signal pour lancer l’assaut face à Moussul, en Irak, à Deir ez-Zor, à Azzaz et, évidemment, à Raqqa, la capitale du Califat Islamique en Syrie. A Mossul, Deir ez-Zor et Raqqa, ils n’accepteront pas de se battre seuls et d’essuyer les pertes considérables prévisibles durant ces combats.    

 

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Pour en finir avec l’ UNESCO (info # 012404/16) Version imprimable
dimanche, 24 avril 2016

 

Par Guy Millière

 

Quand j’étais enfant, je considérais, naïvement, l’UNESCO comme une organisation respectable, vouée à l’éducation et à la préservation des cultures du monde. Devenu adulte, j’ai découvert que c’était un fragment des Nations Unies, et qu’elle ne valait pas mieux que les Nations Unies elles-mêmes.

 

Au moment où l’assemblée générale des Nations Unies a adopté une motion définissant le sionisme comme un racisme, j’ai compris pleinement ce que je discernais depuis longtemps, et qu’Abba Eban avait, en son temps, parfaitement exprimé : si un pays arabe présentait une motion disant que la terre est plate et que c’est Israël qui l’a aplatie, la motion serait adoptée à l’unanimité, moins une dizaine de voix. Quelques années avant la motion en question, un assassin, chef d’une organisation terroriste, neveu et disciple du mufti nazi Amin al-Husseini, avait été invité à s’adresser à l’assemblée sous les acclamations de ceux qui étaient présents.

 

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Jésus chassant les marchands du Temple.

Correction de l’UNESCO : en fait, ce n’était pas un temple mais une mosquée,

et Jésus n’était pas juif mais musulman

 

Depuis, les Nations Unies voté en assemblée générale une quantité indénombrable de motions ineptes, abjectes, monstrueuses. Celles d’entre elles qui sont passées devant le Conseil de Sécurité ont fait l’objet du veto de l’un des cinq membres permanents dudit conseil, les Etats-Unis. On a pu voir qu’un seul pays disposant d’une place de membre permanent au Conseil de Sécurité incarnait encore des valeurs éthiques dignes de ce nom. J’en ai tiré la confirmation que ni la France ni le Royaume-Uni (autres membres permanents) n’incarnaient plus désormais quoi que ce soit.

 

Depuis, des dictateurs et des crapules, des massacreurs et des adeptes du génocide ont parlé devant l’assemblée générale, et cela m’a semblé logique en pareil contexte. Dictateurs et crapules, massacreurs et adeptes du génocide sont chez eux dans ce type de lieu. Le successeur du chef de l’organisation terroriste qui s’était adressé à l’assemblée est revenu y parler, en chef d’organisation terroriste : pourquoi s’en serait-il privé ?

 

Depuis, une création des Nations Unies, appelée Commission des droits de l’homme, a montré qu’elle était en réalité une commission contre les droits de l’homme et pour la promotion du racisme et de l’antisémitisme. Ce, à un degré tel qu’elle a changé de nom aux fins de se refaire une fausse virginité : elle s’est appelée, à partir de 2006, « Conseil des droits de l’homme ». Et elle est devenue le Conseil contre les droits de l’homme et pour la promotion du racisme et de l’antisémitisme, et tout cela m’a semblé logique, une fois encore. Le « Conseil des droits de l’homme » a même accueilli un certain Mahmoud Ahmadinejad, au temps où il était le plus émétique, et celui-ci y a tenu un discours immonde. Pourquoi se serait-il gêné lui aussi ?

 

Je n’ai pas été du tout surpris quand un « Etat palestinien » y a été introduit et s’y est vu offrir un siège : je me suis juste demandé pourquoi la décision n’avait pas été prise plus tôt, et pourquoi le Cambodge du temps de Pol Pot, la Guinée Equatoriale, du temps de Francisco Macias Nguema n’y avaient pas bénéficié d’une place d’honneur.

 

Je n’ai pas été surpris que la France vote en faveur de l’octroi d’un siège à l’ « Etat Palestinien » (je sais depuis longtemps que la France reste le pays de Pétain).

 

J’ai été surpris, en revanche, lorsqu’un homme pour qui j’avais la plus vive estime et qui a disparu bien trop tôt, Robert Wistrich, s’était vu confier par l’UNESCO la responsabilité d’une exposition sur le passé archéologique du Proche-Orient, mais pas du tout étonné que son travail ait été censuré.

 

Je ne suis pas du tout surpris, mais vraiment pas du tout, que l’UNESCO s’emploie, depuis, à tenter d’effacer le passé juif au Proche-Orient et renomme des sites de l’histoire juive en les qualifiant de mosquées, de sites musulmans ou de sites « palestiniens ».

 

Je ne suis absolument pas surpris par la « décision » du 11 avril courant, prise par l’UNESCO, concernant la « Palestine occupée », et par les accusations grotesques, les falsifications de l’histoire, les allégations mensongères que cette « décision » contient.

 

Je ne comprends pas que quiconque s’offusque ou s’indigne. L’UNESCO est un fragment des Nations Unies.

 

L’UNESCO « décide » que le Mont du Temple et le Mur occidental ont de tout temps été des sites musulmans ? C’est normal. Même si le Temple de Salomon en question a été bâti il y a de cela 3 000 ans et que l’islam n’est apparu qu’il y a 1 350 ans ?

 

Si l’UNESCO avait existé pendant la Seconde Guerre Mondiale, elle aurait défini le camp d’Auschwitz Birkenau comme un lieu de villégiature, et les Waffen SS comme des animateurs socio-culturels.

 

Que la France ait voté la décision du 11 avril me semble normal aussi. Le pays de Pétain reste le pays de Pétain.

 

Ronald Reagan avait décidé du retrait des Etats-Unis de l’UNESCO en 1984 et avait dès lors renoncé à toute contribution financière à cette organisation.

 

George Walker Bush a décidé d’un retour des Etats-Unis en son sein en 2003, et ce fut une grave erreur de sa part. En 2011, lorsque la « Palestine » a été admise, les Etats-Unis, tout en restant membres de l’institution, ont retiré leur contribution financière à nouveau, sur décision du Congrès.

 

Il serait conforme aux valeurs éthiques des Etats-Unis que ceux-ci s’en retirent totalement et définitivement, et si, en novembre prochain, les Etats-Unis retrouvent un Président attaché aux valeurs éthiques de l’Amérique, je souhaite vivement qu’il prenne une décision à cette fin.

 

Si un président attaché aux valeurs éthiques des Etats-Unis prend une décision à cette fin, j’attendrai de lui qu’il demande aux alliés européens de son pays, tels que la France, s’ils n’ont pas honte d’être membres de l’UNESCO. Ils diront qu’ils n’ont pas honte, je sais, mais Israël pourra alors affirmer que le roi est nu et se retirer de l’UNESCO, suivant en cela les Etats Unis.

 

L’UNESCO pourra alors trépigner, invectiver, « déplorer » collectivement qu’Israël n’ait pas été rayé de la carte du monde. Elle pourra transformer ses bâtiments de la place de Fontenoy en grande mosquée, cela ne concernera que ce qui restera de l’UNESCO : en l’occurrence pas grand-chose.

 

Pour faire bonne mesure, un président attaché aux valeurs éthiques des Etats-Unis devrait, dans la foulée, quitter également les Nations Unies, demander aux pays qui prétendent avoir les mêmes valeurs qu’eux de faire de même. Mais ils ne le feront pas, je sais, je ne me fais aucune illusion.

 

Mais ce serait, le cas échéant, l’occasion de dire que les Nations Unies, dans leur ensemble, participent d’une imposture.

 

Il est insupportable de lire encore ici ou là que les Nations Unies disent le « droit international ».

 

Il est insupportable d’entendre dire que le Conseil contre les droits de l’homme et pour la promotion du racisme et de l’antisémitisme est le « Conseil des droits de l’homme ».

 

Il est répugnant, encore, d’entendre que l’UNESCO est en charge de l’éducation et de la préservation des cultures du monde, alors qu’elle est en charge de la désinformation et de l’éradication des cultures du monde qui ne sont pas la culture islamique, et elle est, aujourd’hui, au service d’un projet de monde Judenrein.

 

Dans un article récent, Caroline Glick notait que l’UNESCO avait essentiellement les mêmes valeurs que l’Etat Islamique. Elle avait raison.

 

 

 
L’interview hebdomadaire de Stéphane Juffa par Jim Mosko sur Radio Judaica du 22 avril 2016 Version imprimable
vendredi, 22 avril 2016

 

© Metula News Agency (info # 022204/16)

 

https://www.youtube.com/watch?v=AQsaBWxDFZs&feature=youtu.be

 

Au sommaire :

 

La rencontre Poutine-Netanyahu

 

La France vote à l'UNESCO que le Temple de Salomon est un lieu saint musulman et se propose d'organiser une conférence en mai à Paris afin d'obliger Israël à se retirer sur la ligne d'armistice de 1967 et à partager sa capitale

 

Un article du Figaro : "Après l'attaque de Jérusalem un Palestinien succombe"... C'est lui le terroriste qui a fait exploser la bombe !

 

Chypre et Israël : les enjeux d'une alliance

 

 

 
Nuit debout et "banlieue" : pas le même combat (info # 012204/16) Version imprimable
vendredi, 22 avril 2016

 

Par Patricia La Mosca

 

Lorsque l’on arrive place de la République et que l’on regarde les gens qui participent aux Nuits debout, on s’aperçoit immédiatement que ce sont des Souchiens, comme les qualifie Houria Bouteldja, la porte-parole du parti des Indigènes de la République. Ceux qu’elle avait désignés, lors de l’émission "Ce soir (ou jamais)" comme des "Blancs à qui il faut inculquer l'histoire de l'esclavage, de la colonisation…". Bref, ce sont les "Français blancs". Si l’on croise quelques représentants de la population immigrée des banlieues sur la place, c’est en nombre dérisoire.

 

Je sais bien que cette observation suffit, par les temps qui courent, à vous classer dans des catégories de personnes stigmatisées, soupçonnées d’appartenir à la droite réactionnaire et antisociale, aux proches du pouvoir, ou, pire encore, à l’imperceptible courant islamophobe.

 

En ce qui me concerne, si je n’ai ni l’habitude de marcher les yeux fermés, ni de m’abstenir, par réserve politiquement correcte, de parler de ce que je vois, c’est sans doute parce que, depuis trois ans, je passe trois jours entiers par semaine dans les banlieues-territoires perdus de la République, dont l’observation constitue le sujet principal de mon activité professionnelle.

 

Je ne rame pour personne, ne déteste personne et, a priori, n’ai de sympathie pour personne, même si le troisième volet de ce triptyque m’est venu précisément à force de fréquenter ces quartiers. Il est vrai que l’on n’y croise pas beaucoup de sentiments positifs et que l’on peut y observer l’étiolement régulier des valeurs républicaines, doublé de la segmentation de la société française, qui me semble depuis longtemps irréversible.

 

Or si j’ai l’habitude de voir souvent des "jeunes des quartiers", lisez des individus issus de l’immigration, s’en prendre à la propriété privée aussi bien que publique, s’attaquer aux flics et détruire leurs véhicules, je note que cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vu de près des "Français blancs" descendre dans la rue à l’occasion d’un vaste mouvement politique et faire valoir leurs revendications.

 

Cela n’a pas beaucoup d’importance affirmeront certains, c’est un détail de cette histoire, ajouteront d’autres. Je ne le crois pas.

 

Le phénomène des Nuits debout, à mon sens, instille une cassure durable entre les deux populations ; la première, celle des banlieues, étant incapable de se sentir concernée par les revendications de ces "intellos précaires", comme les identifie le politologue Gaël Brustier. Ceux que l’on rencontre sur la place de la République sont des "reconstructeurs" de la société ; ils l’aiment, mais la voudraient plus juste, plus horizontale, mieux partagée. C’est cette gauche et l’hyper-gauche qui se cherchent des lieux communs avec les habitants des quartiers, pas eux.

 

Eux, ce qu’ils veulent, c’est surtout détruire une société qu’ils détestent, proférant des valeurs nationales qu’ils détestent, une identité qu’ils détestent, des origines religieuses qu’ils détestent ; mais aussi, et c’est remarquable, ils nourrissent une véritable exécration également pour les gens qui la composent. Et le fait que les Souchiens jettent des pierres dans les façades de quelques succursales bancaires ne les rend pas pour autant plus sympathiques aux yeux des rebeus.

 

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Ca faire rire la banlieue

 

Rien, en effet, dans leur organisation sociale, ne ressemble à ce dont on discute à la République. Tandis que les nuitards s’entourent de mille précautions afin de préserver l’horizontalité dans les prises de décisions, la participation de tous – c’est même un principe pilier du mouvement : on veut participer aux décisions, on ne veut plus être des laissés pour compte -, la société issue de l’immigration est exclusivement verticale. C’est le chef de tribu, le caïd, le grand trafiquant, l’imam qui décide, à partir d’un piédestal social qu’il a atteint presque toujours en écartant son prédécesseur par une forme ou une autre de violence, ou parce qu’il a été serré par les keufs.

 

La marge de décision de tous les autres habitants des "banlieues" est pratiquement inexistante et se limite à répercuter la volonté du chef, en suivant pour cela le code de comportement que chacun connaît par cœur dans la cité.

 

A l’opposé diamétral de ce que l’on constate chez les dormeurs debout, qui rejettent et méprisent l’usage de la force, le terrorisme et les guerres, dans les territoires abandonnés par la République, la force brutale est vénérée, elle est l’apanage du boss et des bandes les mieux armées et les plus brutales et impitoyables.

 

Mohamed Merah, les frères Kouachi, Coulibaly sont des héros intouchables. DAESH est admiré, particulièrement les frères européens, dont on envie le courage, notamment celui de faire sauter leurs ceintures explosives. Le massacre du Bataclan est considéré comme une grande victoire, à l’issue de laquelle les Blanc ou les Français "n’ont eu que ce qu’ils méritaient".

 

Que méritaient-ils ? Pour quelles raisons ? On ne s’embarrasse pas de ces questions de détail, on ne va pas aussi loin dans la réflexion. Dans ce monde parallèle, dans cette vérité parallèle, la protopensée règne en maîtresse au royaume du non-dit, de ce que "tout le monde sait", de ce qui est évident, au point qu’il est parfaitement inutile de l’énoncer.

 

Les Juifs ? L’ennemi satanique, des non-hommes, ceux qui tirent les ficelles, ceux "qui s’opposent à nous", des cibles à abattre. Ceux qui, "lâchement", massacrent quotidiennement des milliers d’enfants palestiniens. Les Palestiniens : les frères fédérateurs, l’exemple absolu, le mythe. Les terroristes palestiniens qui poignardent des vieilles dames dans les rues de Jérusalem : des Superman.

 

C’est une sous-civilisation de barbares, dans laquelle les livres sont des ennemis écrits "pour nous embrouiller les idées". Une bonne dose de chichou pour se ramollir le bocal, et les paroles du rap, en guise d’unique philosophie.

 

Les femmes ? Les Souchiennes sont toutes des putes, sans exception, les non-voilées, des putes qui cherchent à se faire pécho (chopper), celles qui ne sont pas mariées et que l’on soupçonne automatiquement d’avoir des relations, des putes aussi. La meuf est un accessoire de distraction et de reproduction qui s’évalue au kilo.

 

A Paris, on tente de faire passer la description de ce mode de vie pour une caricature, un amalgame, des préjugés, la réalité d’une infime minorité non-représentative, de désœuvrés, de casseurs. C’est le fameux filtre des media français, une infirmité pathologique, qui agit aussi place de la République ; il consiste à priver d’existence ce que l’on ne peut pas gérer.

 

Existe-t-il, dans les "banlieues", des personnes qui s’opposent à ce système ? Oui. Mais on ne les entend pas, leur voix ne dispose d’aucun espace pour être écoutée. Plus une société est violente et moins les objecteurs ont droit à la parole. On tend vers l’uniformité de la pensée, si l’on peut appeler cela une pensée.

 

Naturellement, le monde que je décris n’est pas "de gauche". D’abord parce que le débat gauche-droite ne le concerne pas, l’affrontement se situe entre "eux et nous". Accepter de se prêter au jeu démocratique c’est trahir, admettre la prééminence de l’Etat, son existence, sa durabilité. Ensuite, parce que ce modèle de microsociété, dans ce qu’il a de tribal, de vertical, de traditionnel, de religieux, et par son économie, est bien plus proche, intrinsèquement, de la droite que de la gauche. Il se base sur la distinction raciale, sur l’origine, sur l’immiscibilité. A ces titres, il ressemble même à l’extrême droite et à la mafia. 

 

C’est pour toutes ces raisons que la nécessité du courant des Debout, exprimée par le philosophe Vincent Cespedes et beaucoup d’autres, de s’ouvrir aux populations des cités de banlieue, n’a aucune chance d’aboutir. Au fond, ils n’ont rien en commun.

 

Place de la République, il y a aussi des casseurs, mais ce sont des amateurs comparés à ceux des cités ; et pour le compte, ils sont vraiment marginaux.

 

L’essentiel, c’est refaire la Révolution, la Commune, Mai 68. Multiplier les assemblées constituantes et légiférantes pour refaire le monde, qu’ils nomment assemblées générales et qui se tiennent une fois par jour.

 

Le niveau est navrant, bobo, naïf, chiant. L’impact mobilisateur est à l’extra-gauche et derrière le soutien à l’abrogation de la "Loi Travail" de Myriam el Khomri, qui leur a servi de point de rassemblement ; les quelques décisions prises lors des assemblées générales sont insignifiantes et donc sans avenir. On veut surtout travailler moins et recevoir plus de droits. Ceux qui veulent remettre la France au travail, la rendre compétitive, à l’instar de Manuel Valls, sont des adversaires.

 

On veut ne rien foutre, et d’ailleurs, on ne fout rien. Des jours sans bosser à jouer aux Che Guevara des grands boulevards. Beaucoup de fils et filles de bourgeois, de déçus du "socialisme", d’écolos et d’excentriques, parfois sympathiques.

 

Mais la place de la République est devenue un immense cloaque puant. On y urine partout, on jette ce que l’on ne peut pas manger, on détériore le monument en mémoire des victimes de novembre. On enlève les dalles de granit de ce bel endroit de Paris, récemment restauré à grands frais, pour planter des arbres de rien, qui ne serviront à rien, qui seront évidemment arrachés.

 

Les commerçants du quartier n’en peuvent plus des dégradations, de la drogue, du bruit et des odeurs insupportables. Quel client s’attardera face à leurs devantures dans des conditions pareilles ? Les flics, qui se contentent d’entourer la place, se font prendre à parti matin et soir. Ils ont ordre de ne rien faire, alors, ils regardent les détériorations écœurés. Certains refusent carrément les ordres qu’on leur donne, devant ce condensé de déclin de la République.

 

Il y a de l’antisémitisme également, mais rien à voir avec celui des cités, ici c’est l’ "antisémitisme à la française". Ceux qui n’ont pas entendu crier "sale Juif" à la face de Finkielkraut sont décidément sourds. Simplement, ils ne l’ont pas fait juste à côté de l’académicien, car cela réclamait un certain courage. Finki facho ? De droite ? Ou simplement contre la déstructuration de l’Etat et de toutes ses valeurs, du grand tout à l’égout ?

 

Quelques islamisants ont suffi pour proposer aux personnes présentes de s’associer au mouvement BDS de boycott d’Israël. Brandissant un drapeau palestinien, ils ont hurlé : "Palestine vivra ! Palestine vaincra !". Réaction mitigée dans la foule, un quart des présents a applaudi.

 

C’est oublier que l’intention déclarée du créateur de BDS, Omar Barghouti, est l’instauration d’une Palestine "ethnique", "unitaire", d’"une terre musulmane pure, débarrassée des chrétiens et des Juifs".   

 

"Palestine vaincra !", dans le sens BDS, c’est simplement appeler à un nouveau génocide de sept millions de juifs et à l’établissement d’un Etat arabe et musulman du Jourdain à la Méditerranée. Pas d’opposition chez les Nuits Debout ; ce sont les enfants de la télé d’Enderlin, de Marius Schattner, de l’AFP, de Fr2, et de l’ensemble de la presse française.

 

Etre anti-israélien en France n’est pas devenu normal, c’est devenu la norme. Quelques jours après que la France, à l’UNESCO, a voté une résolution qui dissocie le judaïsme du Temple de Salomon, qui devient un lieu saint uniquement musulman, à l’instar du tombeau des Patriarches à Hébron, qui accuse les Israéliens d’être responsables de se faire assassiner par les terroristes palestiniens, et qui déclare que les Juifs enterrent des cercueils vides dans les cimetières musulmans de Jérusalem pour se les approprier, l’autorisation laissée à BDS de manifester sur la voie publique est presque anodine.

 

Les journalistes tricolores qui essaient par la force de leur occupation sans partage des media de transformer le conflit israélo-palestinien en guerre de décolonisation, en répétant à l’infini le mot colonie à la place d’implantation, devraient écouter ce qu’en dit l’écrivain algérien Boualem Sansal dans cette interview, à partir de 8 minutes 15. Et Sansal en connaît un morceau, en tant qu’intellectuel algérien, en matière de colonisation et des authentiques colons… français.

 

Si Sansal et la Ména, qui prétend la même chose que lui depuis seize ans, ont raison, on ose à peine envisager l’étendue monstrueuse de la responsabilité des intellos, des journaleux et des gouvernants français dans l’épouvantable crise d’antisémitisme qui ravage littéralement l’Hexagone. Et leur problème est que Sansal et Juffa ont indéniablement raison.

 

Un autre point nécessaire à la compréhension globale de la situation concerne la perception de la situation dans les zones de non-droit : j’ai pu me rendre compte qu’en dépit des centaines de morts innocents lors des attentats en France et en Belgique, de l’état d’urgence, de la répression qui vise les djihadistes, du démantèlement de plusieurs cellules terroristes, l’atmosphère n’est assurément pas à la contrition ou à la remise en question de la "justesse" de l’affrontement violent contre l’Etat et sa démocratie libérale.

 

Tout au contraire, la "banlieue" en tire un sentiment de fierté, accompagné de l’impression qu’elle est capable de dérégler le fonctionnement d’une société qu’elle exècre. Plus que cela, il existe une dynamique qui s’est encore renforcée à la faveur des actes de terrorisme récents, selon laquelle l’islam (pas uniquement la religion mais aussi l’environnement politique qui l’accompagne) avance inexorablement vers le contrôle du monde. Le manque de lucidité de la société civile, qui induit la mollesse de sa réaction, surtout par peur de l’amalgame, et qui se montre totalement incapable de renverser la tendance, sert naturellement d’encouragement pour cette conviction. En résumé, l'usage de la violence islamiste est ici généralement considéré comme la manière adéquate d’avancer vers l’hégémonie islamique. Le tout, enrobé dans un flou d’exaltation et de spontanéité qui fait l’économie de toute analyse objective ; le futur, c’est du moins la conviction la plus répandue, se trouvant dans les mains d’Allah et de son prophète Mahomet. Et leur marche ne peut être stoppée par des mortels infidèles. La mort des terroristes n’a aucune importance, puisqu’ils deviennent des martyrs et qu’ils trouvent la récompense de leur sacrifice dans l’au-delà.

 

Le fossé qui sépare le mouvement des Nuits debout de l’islamisme des cités tient dans la constatation que le premier est éphémère par nature, alors que le second est enraciné dans un mode de vie, une ghettoïsation géographique ainsi qu’une puissante énergie s’exprimant de façon universelle.

 

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