Affaire Dura : mise au point indispensable (012102/18) Version imprimable
mercredi, 21 février 2018

 

Par Stéphane Juffa

 

J’ai regardé l’enregistrement de l’émission d’Elie Chouraqui "Elie sans interdit", sur I24News, consacrée cette semaine à La propagande dans le conflit israélo-palestinien. Je ne regarde pas cette chaîne et c’est un ami qui m’a informé de ce que lors du débat qui constituait cette émission, il avait été fait mention de la Ména.

 

A 32' 51" de l’enregistrement environ, l’un des invités, le journaliste Denis Jeambar, ex-rédacteur en chef de l’hebdomadaire l’Express, revenait sur la Controverse de Nétzarim, que la plupart des gens connaissent sous le nom d’Affaire Mohamed Dura.

 

Un certain nombre de propos qu’il a tenus appellent à une réaction de ma part, car ils constituent une déformation de la réalité telle qu’elle m’est connue. Ceci dit, et bien que les divergences justifient cet article, je tiens à préciser que je ne considère pas Denis Jeambar comme un adversaire et certes pas tel un ennemi, et que je suis à mille lieues de l’assimiler aux auteurs de ce qui participe probablement de la plus grande imposture télévisuelle de tous les temps.

 

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Denis Jeambar

 

Lors de son intervention, Jeambar revient sur les circonstances du visionnage des célèbres rushes de Fr2 qui s’est déroulé dans les locaux de France Télévisions, le vendredi 22 octobre 2004, en présence de Luc Rosenzweig, ex-rédacteur en chef du Monde, à l’époque éditorialiste à la Ména, de Denis Jeambar, de Daniel Leconte, journaliste, producteur et réalisateur, d’Arlette Chabot, ex-directrice de l’information de France 2, de Didier Epelbaum, journaliste, en ces temps, conseiller à la présidence de la chaîne, ainsi que de divers personnels de la chaîne publique française.

 

Au moment du visionnage des rushes à France Télévisions, les journalistes-investigateurs de la Ména et le physicien Nahum Shahaf avaient déjà bouclé et publié l’essentiel de leurs enquêtes qui avaient duré près de quatre ans.

 

Sur I24News, près de dix ans plus tard, l’ex-patron de l’Express commence par énoncer un principe généralement exact, à savoir "Le journaliste qui enquête, comme j’ai pu le faire dans l’Affaire al-Dura (sic) en prenant des coups terribles".

 

Sauf que Jeambar n’a pas enquêté sur la Controverse de Nétzarim ; son investigation s’est limitée aux deux heures passées dans le studio de Fr2 à disséquer le reportage commenté par Charles Enderlin. Il est évident qu’il a pris des coups, ce n’était toutefois pas pour avoir réalisé l’enquête mais pour s’y être intéressé, et cela n’a strictement rien de comparable avec le nombre et l’intensité des coups reçus par ceux qui l’ont réellement diligentée. Que ce soit intentionnellement ou sans se soucier de ce qu’il faisait, avec son compère Leconte, il a même été de ceux qui nous en ont donné (des baffes), à nous et à la révélation de la vérité.

 

C’est Luc Rosenzweig, qui ne collaborait pas à l’Express, qui lui a rendu visite à son retour d’un voyage en Israël afin de l’entretenir des doutes qui le traversaient quant à l’authenticité du reportage de Fr2, et absolument pas, comme Jeambar l’a dit sur I24, au sujet de "ses interrogations sur la provenance des balles" [les conclusions de l’enquête de la Ména affirment que personne n’a tiré sur Mohamed Dura].

 

Mon ami Luc, grand journaliste, qui possède l’une des plus fines plumes recensées de la langue française, venait de passer quelques jours de repos à Métula à l’été 2004. Durant son séjour parmi nous, il s’était vivement intéressé à l’Affaire Dura et avait demandé à consulter la plupart des indices que nous avions recueillis lors de l’enquête. Ce qu’il avait découvert l’avait profondément interloqué, comme cela devrait être le cas de tout journaliste éthique en révolte permanente contre l’iniquité.

 

Luc repartit bien décidé à percer l’omerta qui empêchait le public français d’avoir accès au dossier. Il me demanda ce qui, à mon avis, pourrait établir de manière définitive que le reportage d’Abou Rahma et d’Enderlin procédait de la supercherie et comment le faire savoir aux Français.

 

Je lui répondis que le visionnage des 27 minutes de rushes que prétendait détenir Charles, qui, selon lui, contenaient "l’agonie de l’enfant", qu’il prétendait avoir "coupée", car "trop insupportable" pour être montrée aux téléspectateurs, pourrait mettre un terme à l’imposture. Ce, car ces images jouaient le rôle du bordereau dans l’Affaire Dreyfus, une pièce invisible et secrète censée constituer la preuve unique dans le dossier vide de la culpabilité de Dreyfus, mais dont le versement aux pièces du procès aurait mis en péril, c’était le prétexte, la sécurité de l’Etat.

 

Il fallait, de plus, que les personnes qui seraient autorisées à voir ces rushes disposent d’une crédibilité indiscutable dans l’opinion française, et qu’ils puissent témoigner dans un media main stream de ce qu’elles auraient vu.

 

L’accès à ces rushes était à ce point important, que j’avais proposé à Fr2 d’être autorisé à les regarder entre ses murs, en m’engageant, s’ils contenaient effectivement la moindre image montrant des tirs sur l’enfant, la mort d’icelui ou son agonie, à faire cesser l’enquête immédiatement et à publier des excuses publiques de la Ména à l’endroit des réalisateurs du reportage et de la chaîne. J’argumentai que si l’agonie était sans doute irregardable par les téléspectateurs, nous étions en revanche à l’agence assez aguerris par les atrocités des conflits que nous avions traversés pour en supporter la vue sans défaillir. Notre proposition fut repoussée sans explication.

 

J’étais à ce point certain que ces images n’existaient pas, que je m’engageai par écrit pour promettre que si je me trompais je n’écrirais plus jamais un article de ma vie. Et j’en ai écrit au moins trois mille, en quarante ans de métier, c’est dire à la fois combien l’accès à cette pellicule comptait dans la démonstration de la vérité, et ma certitude que je ne prenais aucun risque. En 2004, la Ména était la seule entité à mettre en doute l’existence de ces images.

 

Luc Rosenzweig conçut l’idée de présenter un résumé de ce qu’il avait vu à Métula à Denis Jeambar, après qu’il lui aurait été présenté par leur ami commun Daniel Leconte. Il allait proposer au boss de l’hebdomadaire de revenir en Israël pour y rencontrer personnellement les protagonistes de l’affaire et préparer un article exclusif pour l’Express.

 

Les deux hommes passèrent un marché : Jeambar prenait sur lui de financer le voyage de Rosenzweig en Israël ; de plus, il s’arrangerait avec la direction de Fr2 pour être autorisé à voir les rushes en compagnie de Leconte et de Luc. Si les 27 minutes ne contenaient pas les images de l’agonie ou de la mort de l’enfant – c’était énorme, cela signifiait que la chaîne publique d’information avait à la fois diffusé une imposture et qu’elle entretenait un mensonge pour dissimuler son méfait ! – l’hebdomadaire diffuserait l’article de Luc dans sa prochaine livraison, si, au contraire, elles les contenaient, il ne le ferait pas, et les réputations de Rosenzweig et de la Ména seraient méchamment écornées.

 

On retrouve la preuve de l’existence de ce "deal" dans la lettre de Jeambar et Leconte publiée dans le courrier des lecteurs du Figaro le 25 février suivant : "A ce stade de l'enquête, Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2, accepte de nous rencontrer et de collaborer sincèrement et courageusement à la recherche de la vérité. Nous lui présentons les éléments en notre possession. Nous lui confions nos doutes sérieux sur la version fournie par Enderlin et Talal Abou Ra[h]ma. Mais dans le même temps, nous ajoutons que nous sommes prêts à écarter les accusations de Rosenzweig sur la mise en scène de la mort de l'enfant, si le visionnage de l'ensemble des rushes tournés par Talal Abou Ra[h]ma confirme ce que Charles Enderlin a déclaré, à deux reprises au moins, dont à Télérama : « J'ai coupé l'agonie de l'enfant. C'était insupportable... Cela n'aurait rien apporté de plus »".

 

Il n’a jamais été question de convaincre Jeambar d’adhérer à toutes les conclusions de la Ména, ni d’en faire le défenseur français de la cause de l’imposture. Il n’était pas question de mariage catholique, l’accord se limitait aux rushes et c’était déjà pas mal. L’article de Luc était déjà sur la table du rédacteur en chef bien avant de partir pour le visionnage, il serait publié la semaine suivante. Et, évidemment : personne ne parle du visionnage et ne publie quoi que ce soit jusqu’au lundi ; mais si, pour une raison ou une autre, l’Express ne publiait pas le papier de Luc, la Ména serait libre de dévoiler la vérité, son but n’étant pas de couvrir une gigantesque imposture du service public mais de la relater.

 

Il y a naturellement quelque chose de gênant dans l’extrait du courrier du Figaro qui précède : le collier de louanges tressé à Arlette Chabot, sincère et courageuse dans la recherche de la vérité. Or cela faisait quatre ans que Chabot connaissait le contenu des rushes et faisait barrage à leur visionnage de toutes ses forces et de toute son influence. C’est probablement lors d’une conversation entre Jeambar et le PDG de France Télévisions de l’époque, Marc Tessier, que les choses se sont décidées, et le PDG n’a pas demandé à Chabot son avis. On ne rejette pas sans raison logique la requête d’un grand media de l’Hexagone comme on peut remballer une petite agence de presse étrangère. Cette naïveté bienveillante de Jeambar et Leconte à l’égard de l’une des chevilles ouvrières du crime audiovisuel du siècle va avoir encore d’autres répercussions par la suite.

 

Car comme Jeambar-Leconte l’écrivent dans leur lettre au Figaro, il s’agit bien d’un acte d’extrême malveillance, dont ils savent "les ravages causés par cette image, la haine qu'elle a entretenue et développée sur place, chez nous, dans les banlieues dites sensibles, et partout ailleurs dans le monde, où elle a été présentée sur la base du commentaire fourni par Charles Enderlin comme un exemple de la barbarie israélienne".

 

Le rédac-chef de l’Express nous apparaît tel un vrai journaliste, préoccupé par ces questions, et révulsé, jusqu’à un certain point, par les révélations que Rosenzweig lui a rapportées. Mais sa collaboration avec Luc, sur la base indirecte du travail de la Ména et de Shahaf, revêt également un intérêt professionnel et commercial qui l’amène à accepter le deal (une préoccupation n’empêchant pas l’autre, il n’y a aucune contradiction à cela) : il tient un méga-scoop en dévoilant quatre ans de malveillance grossière de la part du plus gros canal d’information de l’Etat français. Entend-il aussi, il est proche de la cause israélienne, dévoiler le parti-pris antisioniste/antisémite d’une grande partie de la presse française ? Nous ne connaissons pas Denis Jeambar ; durant toutes ces années, il a préféré nous vouer aux gémonies plutôt que prendre langue avec nous. Nous ne sommes pas des sondeurs d’âmes. Nous l’ignorons.

 

Mais les bonnes intentions de Jeambar ne vont pas tarder à se heurter de plein fouet à la réalité médiatique française. Et c’est là le vrai problème de toute cette histoire, non une hypothétique trahison de la Ména : Dès qu’il a vent de la décision de son rédac-chef de financer le voyage de Luc en Israël, le patron de la société des journalistes de l’Express, Vincent Hugueux (Jeambar n’a pas prononcé son nom sur I24, c’est nous qui le faisons), s’engouffre dans son bureau en le menaçant : "Je t’interdis de mener cette enquête".

 

Alerte sur la nuance ! Ce n’est même pas : Je t’interdis de dire la vérité sur cette affaire, mais je t’interdis de mener une enquête sur celle-ci, autrement dit, un journaliste interdit à son responsable de rédaction de se pencher sur un sujet, d’en traiter dans leur magazine.

 

Jeambar a beau jeu de prétendre, dix ans plus tard, sur une TV israélienne : "Je suis le patron du journal, je fais ce que je veux". J’ai moi aussi eu maille à partir avec Hugueux, que je considérais jusqu’alors comme un excellent confrère. En 2002-2003, ayant eu vent de son opposition féroce au travail de la Ména, je l’ai appelé au téléphone. Avec beaucoup d’agressivité et de mauvaise humeur, il m’a péniblement laissé deux minutes pour lui indiquer l’état d’avancement de l’enquête, avant de me couper la parole et de m’infliger la tirade suivante que je ne suis pas prêt d’oublier : "Ecoutez, je m’en fous, même si vous m’amenez Mohamed Dura vivant dans mon bureau, je continuerai à soutenir la version de mon ami Enderlin". Ponctuant ses mots par un "C’est clair ?", prononcé très fort avant de me raccrocher le téléphone au nez, m’invitant ainsi à reconsidérer mes convictions relatives à la soif insatiable de vérité des confrères français.

 

M. Jeambar, nous avons strictement rempli notre part du contrat et vous pas. Vous avez répété sur I24News avoir constaté "après avoir regardé [les rushes] pratiquement image par image" qu’ "il n’y a pas d’agonie de l’enfant, parce qu’on ne voit rien. On voit l’enfant qui bouge plus, mais on le voit même pas sursauter sous l’impact des balles, on ne voit pas l’impact des balles sur le père [c’est ce que nous vous avions dit, naan ?]. Alors les gens de Fr2 nous ont dit "oui mais, on ne saura jamais, nous disent-ils. On ne saura jamais". Alors qu’avait été dit [par qui ? Votre culture de l’anonymat dessert votre cause] que c’étaient des balles israéliennes, mais donc, il faut jamais oublier". 

 

Vous dites aussi : "Malheureusement, Luc Rosenzweig, à ce moment-là, convaincu d’avoir raison [ce n’était pas le cas ?] reparle à la Ména, tout sort, alors qu’on s’était engagé à se taire". Encore : "Mais pour éviter les manœuvres médiatiques habituelles [?], nous demandons à Luc Rosenzweig de garder le secret jusqu’au bout". Vous écriviez la même chose dans la lettre du Figaro.

 

La question est : où se situe le bout ? Nous avons attendu comme convenu le reste du vendredi, le samedi, le dimanche, et jusqu’au lundi, pour voir si la publication de l’article de Luc était agencée, avant de diffuser le détail précis du visionnage des rushes ["L’affaire A-Dura : Conclusion dramatique"] avec l’accord de Luc et sans mentionner vos noms. Vous oubliez que Luc était journaliste à la Ména, non à l’Express, que l’enquête était celle de la Ména, pas celle de l’Express, que notre intérêt dans l’accord consistait à obtenir la preuve qu’Enderlin et France 2 avaient menti, de le faire savoir à nos lecteurs et si possible au peuple de France.

 

Sans la Ména, vous n’auriez pas même connu l’existence des rushes…

 

Vous en avez certes parlé, mais trois mois après la rencontre à France Télévisions et la publication par la Ména de "L’affaire A-Dura : Conclusion dramatique". Ce n’est donc pas vous qui informiez sur les évènements. Et pas sur les pages du journal que vous dirigiez, parce que l’on ne vous a pas laissé le faire. Ni sur celles du Monde, car il a "récusé" votre article, comme vous dites. Le rédacteur en chef de l’Express a été contraint de publier son papier sous forme de courrier du lecteur sur… Le Figaro. Hugueux avait évidemment gagné. Vous ne dénonciez pas d’un seul mot l’omerta violente imposée sur la vérité, l’interdiction de toucher à ce sujet de la part de vos collaborateurs, le mensonge institutionnalisé de la presse française, mais vous vous en preniez à la Ména. En nous imputant des tas d’intentions qui ne nous avaient pas traversé l’esprit.

 

Vous participez, dix ans plus tard, avec vos notes pré-écrites sur la Controverse de Nétzarim (vous devez en avoir gros sur la conscience), à une émission consacrée à la propagande dans le conflit israélo-palestinien. Mais en vous trompant de cible, vous l’avez laissé croître ! C’est dix ans trop tard, Jeambar, aujourd’hui, la détestation d’Israël et des Juifs vivants est normalisée dans les media français. Ce n’est sans doute pas de votre faute, mais vous ne vous y êtes pas opposé publiquement. Vous vous êtes exprimé une seule fois sur la Controverse, en vous plaignant d’ "avoir pris des coups terribles". Nous, nous ne nous sommes jamais tus depuis dix-sept ans. Et vous prétendez aujourd’hui que les conséquences de Nétzarim "pèsent sur la conscience de tous les journalistes et nous imposent un devoir de responsabilité" ? Ce, alors que 90 pour cent de l’opinion française restent persuadés que les barbares israéliens ont assassiné intentionnellement un jeune Palestinien, en l’arrosant de balles pendant 45 minutes sans discontinuer [témoignage notarié de Talal Abou Rahma], le 30 septembre 2000 au carrefour de Nétzarim.

 

Vous dites, enfin, avoir demandé des compléments d’enquête à Arlette Chabot. Comme c’est étrange. Demander des compléments d’enquête à une personne qui a menti pendant quatre ans, et que vous veniez de prendre en flagrant délit !

 

De plus, cela ne s’est pas passé ainsi, Denis, c’est elle qui vous a proposé, à Leconte et à vous, hors de la présence de Rosenzweig, belle camaraderie, de vous fournir des preuves de l’authenticité du reportage de sa chaîne, tout en vous demandant de ne rien publier avant de les avoir vues. Cela ne faisait pas partie du marché, mais vous vous êtes pliés à la requête de Chabot. Comme des crêpes.

 

Rapidement, elle a envoyé le metteur en scène de la plus grande imposture de l’histoire de la télévision, le dieu de la "propagande dans le conflit israélo-palestinien", le caméraman Talal Abou Rahma, celui-là même qui a filmé l’ "agonie de l’enfant" (!) photographier les cicatrices des blessures sur le corps du "père" en caleçons.

 

Vous ignoriez que la Ména avait déjà mis la main sur le dossier médical et les radiographies de l’opération subie par le "père" à l’hôpital Tel Hashomer, en 1994. Ils décrivent les cicatrices identiques à celles photographiées par Abou Rahma en 2005, mais six ans avant que les soldats de Tsahal "ne le prennent pour cible". Nous avons même retrouvé le Dr. Yehuda David, qui a pratiqué l’intervention, et qui ne s’en souvenait pas. Sans doute est-ce parce que nous vivons chaque jour avec le devoir de responsabilité que vous évoquez.

 

Quant à vous, vous vous êtes fait berner telles des sœurs novices. Dans la lettre du Figaro à ce propos, vous écriviez : "France 2, entre-temps, d'ailleurs, nous a présenté des éléments sérieux qui réfutent la thèse de la mise en scène de la mort de l'enfant. Nous décidons alors d'interrompre notre enquête, comme le fait la presse sur bien des sujets tous les jours". Bravo les leurrés ! Mais vous aviez également compris que personne ne vous laisserait vous exprimer sur ce sujet et que votre carrière en pâtirait. D’ailleurs, en ce qui vous concerne, Jeambar (je ne connais pas du tout Leconte), je suis persuadé que vous avez subi les conséquences professionnelles de votre visite dans les studios de Fr2, de votre lettre dans Le Figaro, et de votre intention de vous préoccuper de la Controverse de Nétzarim. Même si vous vous êtes rétracté. Même si vous avez rapidement fait machines-arrière. Les Hugueux sont légions et leurs réseaux sont bien innervés. Un indice ? Vous craignez jusqu’à aujourd’hui de les mettre en cause nommément. Vous ne faites la guerre qu’à leurs ombres.

 

Vous avez affirmé dimanche que c’était parce que Luc Rosenzweig avait "reparlé à la Ména", qu’avec Leconte, vous vous êtes dits : "On arrête tout !". Il faudrait peut-être expliquer la relation de cause à effet entre l’article très factuel de la Ména et votre décision, qui ne doit pas paraître évidente à ceux qui nous lisent. Certains égarés pensent ni plus ni moins qu’à de la couardise de votre part, voire à des considérations alimentaires. Il faudrait aussi préciser quelle est l’enquête que vous avez arrêtée et indiquer où on peut la consulter, car je crains avoir manqué sa publication.

 

Vous avez activement participé à la démonisation de ceux qui disaient la vérité, et nous sommes peut-être disposés à vous le pardonner. Mais ce faisant, en parlant de manœuvres de notre part, du tintamarre que nous aurions organisé, vous avez pénalisé et retardé la recherche de la vérité, et je ne vous en félicite pas, Jeambar, c’est le moins que je puisse en dire.

 

 

Notes :

Afin de faciliter la compréhension des lecteurs, nous avons réédité sur le site de la Ména – www.menapress.org – notre article daté du 25 octobre 2004 décrivant précisément le visionnage des rushes et ses circonstances, "L’affaire A-Dura : Conclusion dramatique", de même que la lettre de Daniel Leconte et Denis Jeambar diffusée dans Le Figaro du 25 février 2005.