Afrin : 72 avions, 110 cibles, 10 morts (info # 012101/18) Version imprimable
samedi, 20 janvier 2018

 

Par Perwer Emmal

 

Métula et Afrin 1h00, dimanche, minuit à Paris

 

Au terme de cette première journée de l’offensive généralisée de la Turquie contre les Kurdes de Syrie, cyniquement nommée "Rameau d’olivier" par le régime de Recep Erdogan, les Ottomans ont eu recours à 72 chasseurs-bombardiers F-16, qui ont visé 110 objectifs dans le canton d’Afrin et tué dix personnes.

 

Sept victimes sont des civils et trois des combattants ; un homme faisant partie des YPG, les Unités de Protection du Peuple, et deux femmes de leur pendant féminin, les YPJ, ou Unités de Protection de la Femme.

 

En outre, vingt-cinq civils ont été blessés dont plusieurs se trouvent dans un état critique.

 

La plupart des raids ont ciblé Afrin, la capitale du canton du même nom et ses environs, de même qu’un camp de réfugiés.

 

D’autre part, les YPG ont fait échouer deux tentatives des forces turques et de leurs supplétifs islamistes de pénétrer dans la province au niveau du sol. L’une de ces attaques s’est déroulée à partir du territoire turc, au nord de l’enclave, l’autre, à l’Ouest, depuis la région syrienne de Maréa occupée par l’Armée d’Ankara.

 

Le Premier ministre d’Erdogan, Binali Yildirim, a prévenu samedi soir que l’offensive terrestre principale était planifiée pour dimanche.

 

Le Commandement Général des YPG, en charge de la défense d’Afrin et du reste du Rojava, a accusé Moscou d’avoir donné son feu vert à l’opération turque. Nous savons, a communiqué le Commandement des YPG, que l’Armée turque n’aurait pas attaqué Afrin sans avoir préalablement reçu l’approbation de la Russie dont des forces étaient déployée à Afrin.

 

Les soldats russes ont été évacués juste avant le début de l’agression. Le vice de Poutine allant jusqu’à exprimer sa préoccupation au sujet d’une éventuelle escalade et à envisager de saisir le Conseil de Sécurité de l’ONU.

 

A 22h30, samedi soir, les YPG ont juré de résister à l’agression militaire turque contre le canton d’Afrin. "Nous n’avons pas d’autre option que celle de résister", ont déclaré les YPG et les YPJ dans un communiqué, promettant de vaincre les agresseurs.

 

Tard dans la soirée de samedi, les ambassadeurs de Grande-Bretagne, de France et de Chine en poste à Ankara ont été informés par le ministère turc des Affaires Etrangères de l’opération militaire en cours à Afrin. D’après nos sources, aucun gouvernement européen n’a émis de protestation officielle quant à cette agression délibérée visant de parfaits innocents.

 

La Russie, les USA et l’ONU ont demandé aux protagonistes d’éviter l’escalade militaire.