Attentat palestinien : 2 morts, 2 blessés (info # 011603/18) Version imprimable
vendredi, 16 mars 2018

 

© Metula News Agency

 

Métula, minuit, vendredi, 23h à Paris

 

En fin de cette après-midi de vendredi, un tueur palestinien répondant au nom d’Ala Rateb Abed al Latif Qabkha a assassiné deux soldats israéliens sur la Route 585, entre les implantations de Mevo Dotan et de Khermesh, dans le nord-ouest de la Samarie. Les morts sont un officier et un conscrit. Un troisième militaire est grièvement blessé à la tête et son diagnostic vital est engagé. Il a été transporté par hélicoptère avec ses camarades au Centre médical Rabin (Bellinson) à Petakh Tikva. Un quatrième soldat est modérément blessé et ses jours ne sont pas en danger.

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

Les quatre hommes venaient de quitter leur véhicule de type Humer afin de se rendre dans une tour d’observation en béton, lorsque le tueur qui les attendait en embuscade a lancé sa voiture à pleine vitesse sur eux.

 

Il a d’abord tué sur le coup l’officier et la recrue qui marchaient devant le tout-terrain, puis est revenu heurter les deux autres militaires qui se trouvaient de l’autre côté du véhicule. Les premiers éléments de l’enquête ont révélé qu’un très court laps de temps s’est écoulé entre les deux attaques et que les deux soldats survivants n’ont pas eu le temps matériel de faire usage de leurs armes.

 

L’assassin palestinien de 26 ans, habitant le bourg de Bartaa, à cheval sur la ligne d’armistice de 1949, savait que Tsahal envoyait des hommes dans la tour, car c’était devenu une routine depuis que des jeunes Palestiniens callassaient les automobilistes dans ce secteur depuis quelques semaines et leur lançaient des cocktails Molotov.

 

Le porte-parole de l’Armée a confirmé qu’il s’est agi d’un acte intentionnel destiné à tuer des soldats israéliens.

 

Dès la caractérisation du délit et l’identification du suspect, le Coordinateur des Activités Gouvernementales dans les "Territoires" (COGAT), le Major Général Yoav Mordechaï, a ordonné la suspension de toutes les autorisations spéciales dont bénéficiait le clan Qabkha.

 

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Les restes de la Jeep Hyundai de l’assassin témoignent de la violence du choc

 

Ainsi, 67 permis de travail en Israël, 26 autorisations commerciales et quatre permis de travail dans les implantations ont été annulés. D’autre part, les enquêteurs de l’Armée et du Shin Bet (contre-espionnage) procèdent à des interrogatoires approfondis de la famille d’Ala Qabkha, principalement afin de vérifier si son acte était prémédité et s’il a bénéficié de soutiens pour l’accomplir.

 

Tsahal a décidé de ne pas imposer le blocus de Bartaa, comme c’est parfois le cas en de semblables circonstances, mais d’établir des barrages routiers aux entrées de la localité et de contrôler tous les entrants et les sortants.

 

L’assassin a été arrêté ; il souffre de blessures de moyenne gravité et a été emmené à l’hôpital Hillel Yaffé de Hadéra pour y être soigné. Son état n’a pas empêché qu’il soit entendu par les enquêteurs.

 

Il avait été libéré de prison il y a un peu moins d’un où il avait purgé une peine de 17 mois pour atteinte à la sûreté de l’Etat.

 

Un membre de sa famille, interrogé par un confrère, a affirmé contre toutes les évidences qu’Ala Qabkha était peintre en bâtiment, "qu’il s’était rendu à Jénine [dans les territoires] pour y acheter de la peinture et qu’il était sur la route pour rentrer chez lui". Ce proche soutient qu’ "il s’agirait d’un accident malencontreux et non d’une attaque terroriste, comme "ils" le prétendent". Il a également déclaré que l’assassin "ne fait partie d’aucun parti politique et n’est membre d’aucune organisation".

 

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Les soldats de Tsahal arrivant dans la maison de la famille Qabkha à Bartaa

 

C’est presque toujours ce que qu’affirment les proches d’auteurs d’attentats et de terroristes palestiniens comme seul argument de défense lors d’attaques au véhicule tueur. Il est vraisemblable que la personne interviewée avait eu le temps de recevoir les conseils d’un avocat dans ce sens.

 

Le Hamas et le Djihad Islamique ont acclamé le meurtre depuis Gaza, le Mouvement de la Résistance Islamique [Hamas] tenant à préciser que l’attentat survient "cent jours après la reconnaissance par Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël".

 

L’organisation terroriste Hamas, qui semble partager l’opinion du Président Macron selon laquelle la décision de Donald Trump constitue une erreur qui "n’aidera pas à résoudre le conflit" entre les Palestiniens et les Israéliens, n’a toutefois pas revendiqué l’assassinat, à l’instar du Djihad Islamique. Les deux mouvements craignent en effet d’éventuelles représailles israéliennes contre les commanditaires de cet attentat.

 

Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a quant à lui affirmé sur son compte Twitter qu’il "entendait agir afin que le terroriste subisse la peine capitale, que sa maison soit détruite, et que tous ceux qui l’ont aidé soient punis". M. Lieberman a également accusé l’Autorité Palestinienne, qui rémunère les terroristes et leurs familles.

 

On rappelle que le drame de ce soir constitue le second attentat à la voiture tueuse en l’espace de quinze jours. Plus tôt ce mois de mars, un Israélien arabe du nord du pays âgé de cinquante et un ans avait roulé sur deux soldats, un garde-frontière et un passant dans la ville côtière de Saint-Jean d’Acre, leur infligeant des blessures de moyenne importance.