Bombardements aériens, attaque au sol (info # 022001/18) Version imprimable
samedi, 20 janvier 2018

 

Par Perwer Emmal

 

Métula et Afrin 18h15, samedi, 17h15 à Paris

 

Sur le coup de 16h 33, heure d’Afrin et de Métula, des appareils turcs ont lourdement bombardé le canton d’Afrin en plusieurs points. Les villes d’Afrin, de Shirwa et de Shra ont été les cibles de ces attaques qui se poursuivent en ce moment même, alors que la nuit est tombée sur la région.

 

Quelques minutes plus tard, l’Armée turque a entamé une offensive terrestre à partir de sa frontière, par le Nord, et depuis la ville de Maréa, à l’Est, en territoire syrien. Selon des sources locales, ces premières tentatives ont été repoussées par les Unités de Protection du Peuple (YPG).

 

Les assaillants auraient eu plusieurs victimes dans leurs rangs, principalement des auxiliaires islamistes.

 

On ignore pour l’instant le nombre de victimes militaires et civiles à Afrin suite aux bombardements aériens et aux opérations terrestres de l’Armée ottomane.

 

Laquelle, par la voix de son état-major, a confirmé avoir lancé l’opération "Rameau d’olivier", précisant par un communiqué : "Nos forces armées ont commencé une opération aérienne à Afrin qui vise le PYD/PKK et l’Etat Islamique".

 

Nous tenons pour notre part à préciser qu’il n’existe pas un seul combattant de l’Etat islamique et/ou du PKK dans la province d’Afrin.

 

Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a confirmé l’information, déjà annoncée par Recep Tayyip Erdogan ce matin à la télévision.

 

La Russie a finalement retiré ses soldats qui se trouvaient en poste à Afrin. Dans un communiqué de son ministère des Affaires Etrangères, Moscou s’est dit "préoccupé" et a déclaré "suivre attentivement le développement de la situation".

 

Les Forces Démocratiques Syriennes à prédominance kurde ont été placées en état d’alerte maximum dans l’ensemble du Rojava. On a signalé des escarmouches à proximité de Kobané, lors desquelles des soldats turcs ou des supplétifs islamistes de leur armée ont trouvé la mort.

 

S’exprimant également par communiqué, les YPG, qui forment l’ossature des FDS, dénoncent un "acte d’agression contre nous, notre peuple et la Syrie. Si nous sommes attaqués", poursuit le communiqué, "nous n’aurons guère d’autre choix que celui de nous défendre ainsi que notre peuple.

 

Exactement comme lorsque les gangs de DAESH ont attaqué Kobané et ont été défaits", conclut le communiqué, "le même sort frappera l’Etat turc s’il tente de s’attaquer à Afrin".

 

D’autre part, des sources proches du régime syrien ont annoncé que Damas avait permis aux YPG d’utiliser son territoire dans la prince d’Alep afin d’envoyer des milliers de combattants en renfort à Afrin durant les dernières 48 heures.

 

Si cette coopération extraordinaire venait à s’amplifier face à un ennemi commun, on pourrait assister à une tentative militaire kurde de relier les deux parties du Rojava dans la région d’al Bab. Il en est question dans les discussions des officiers stationnés dans le saillant de Manbij.