Cessez-le-feu : discussions au Caire (011411/19) Version imprimable
mercredi, 13 novembre 2019

 

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© Metula News Agency

 

Métula, jeudi, 3h10 à Sdérot, 2h10 à Paris

 

Le Secrétaire général du Djihad Islamique Palestinien, Ziad Nakhala, qui dirige d’ordinaire l’organisation terroriste depuis Damas est arrivé ce mercredi au Caire. Il y discute des conditions d’un éventuel cessez-le-feu avec les responsables égyptiens du Renseignement.

 

Le Djihad Islamique est politiquement et militairement isolé après le refus du Hamas de le rejoindre dans sa confrontation avec Tsahal et l’absence de soutien de la part du moindre Etat arabe. Le seul pays qui lui est favorable est la "République" Islamique d’Iran, qui lui fournit des armes et de l’argent.

 

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L’élégante chorégraphie nocturne d’un missile Tamir (Dôme de Fer) dans

le ciel d’Israël, avec la destruction d’une roquette au bout de sa trajectoire

 

Ziad Nakhala a exprimé au Caire à quelques journalistes arabes les conditions posées par son organisation à Israël pour parvenir à la cessation des hostilités "dans quelques jours ou même dans quelques heures".

 

Le Djihad Islamique exige ainsi qu’Israël s’engage à cesser les oblitérations ciblées de ses miliciens, ainsi qu’à s’abstenir de tirer sur les émeutiers du vendredi après-midi à Gaza. Il réclame également que l’Etat hébreu respecte à la lettre les dispositions des accords passés précédemment au Caire avec le Hamas et qu’il allège les limitations concernant l’importation des marchandises dans l’enclave palestinienne.

 

Nakhala a précisé qu’il attendait une réponse israélienne cette nuit même, et qu’en cas de refus, son organisation "poursuivrait le combat indéfiniment".

 

Pour Israël, où tous les responsables politiques expriment la nécessité de "rétablir l’effet de dissuasion face au Hamas et au Djihad", le fait d’accepter la moindre revendication énoncée par Nakhala aurait précisément le résultat contraire.

 

Toute autre solution que "le calme en échange du calme" constituerait en effet une prime aux bombardements terroristes des villes israéliennes dont Tel-Aviv. L’acceptation même partielle ou symbolique de conditions énoncées par la milice islamique agirait comme un encouragement à recommencer ces attaques, puisqu’elles sont couronnées par des concessions de la part de Jérusalem.

 

Par le passé, particulièrement durant les quinze dernières années, ces confrontations de quelques jours ont souvent abouti à des concessions de l’exécutif hébreu dominé par Binyamin  Netanyahu, soucieux de faire revenir le calme souvent pour des raisons démagogiques ou électorales.  

 

Du strict point de vue stratégique, nous regrettons la tenue de négociations même indirectes avec les organisations terroristes islamiques. Tout accord aux termes duquel Israël s’engage à ne pas leur faire la guerre à outrance entraîne naturellement la possibilité pour elles de se réarmer et de se préparer au prochain et inévitable affrontement. Nous réitérons dans le langage le plus simple et le plus clair disponible que l’obligation première de tout gouvernement siégeant à Jérusalem consiste à éliminer complètement les menaces terroristes à ses frontières. Qu’aucun gouvernement israélien ne devrait tolérer que des organisations comme le Hamas, le Djihad Islamique ou encore le Hezbollah, qui détiennent des dizaines de milliers de roquettes pouvant atteindre les centres névralgiques du pays, continuent d’exister et que l’on convienne de trêves avec elles.

 

Nous mettons en garde contre le fait qu’une attitude d’ "appeasement" à leur égard peut conduire à court ou moyen terme à un conflit qui verrait l’Etat hébreu contraint d’affronter simultanément les milices islamiques de Gaza, le Hezbollah au Liban, le régime syrien et la théocratie perse sur le front nord-est.

 

Nous précisons que l’anéantissement définitif des milices palestiniennes et libanaise prévaut sur toute considération politique ; que notre analyse n’est pas belliciste, idéologique, nationale ni religieuse, mais strictement stratégique. Que cette analyse s’articule autour de la constatation selon laquelle il n’est pas raisonnable de laisser se développer et accumuler des armes des organisations qui se sont fixé comme objectif stratégique ultime la destruction d’Israël et de sa population.

 

Nous craignons que Binyamin Netanyahu ne contrevienne une nouvelle fois à ces principes et conclue à nouveau un accord avec l’une de ces milices. Un accord accompagné une fois encore de concessions, et qui ne garantit nullement ni la sécurité des habitants du sud d’Israël, ni ceux du Goush Dan. Un accord qui, bien au contraire, augmente les dangers qui les menacent et promet, comme cela a été vérifié dans un passé récent, la multiplication des agressions visant la population israélienne. Une entente avec l’ennemi dont le contenu et jusqu’à l’existence seront dissimulés à la population d’Israël par ses dirigeants, sans qu’ils ne jugent nécessaire de se justifier pour ces dissimulations.    

 

Au-delà de ces considérations, nous venons d’observer que le gouvernement israélien dirigé par Binyamin Netanyahu permet à quelques milliers de miliciens mus par des dogmes moyenâgeux et dotés d’armes antédiluviennes de bombarder la moitié d’Israël sans risquer l’anéantissement ainsi que de paralyser régulièrement les activités fondamentales du pays.

 

Quoi qu’il en soit, la conclusion d’un cessez-le-feu est dans l’air, l’Egypte exerçant pression et menaces sur les chefs du Djihad Islamique afin d’y parvenir. Le simple fait du déplacement effectué par Ziad Nakhala sur les bords du Nil, chez ses adversaires les plus déterminés dans tout le monde arabe, indique que son organisation est mûre pour une trêve et que celle-ci va intervenir à brève échéance.

 

Signe avant-coureur de l’accalmie en vue, la multiplication des attaques à la roquette de la milice islamique afin de donner l’illusion à ses partisans qu’elle a remporté une victoire militaire face à l’entité sioniste. Ainsi, depuis 13h mercredi et notre dernière mise à jour, l’organisation terroriste islamique a visé pas moins de 47 objectifs en Israël, du pourtour de la bande côtière à la ville de Rékhovot [140 000 hab.] à 20km de Tel-Aviv.

 

Depuis mardi matin à 5h, ce ne sont pas moins de 505 roquettes, d’après le décompte de notre camarade Jules Mazouz, qui ont été tirées sur des cibles civiles israéliennes. Grâce à l’efficacité exceptionnelle du Dôme de Fer et à sa déclinaison pour l’interception des roquettes à longue portée, la Fronde David, on ne déplore aucun mort mais uniquement 68 blessés. La totalité est superficiellement atteinte, et plus d’une soixantaine de ces blessures sont d’ordre psychologique ou ont été occasionnées par des chutes sur le chemin des abris.

 

Tsahal quant à lui est intervenu contre des cellules de lanceurs de roquettes en pleine action, contre des chefs terroristes, contre une base navale, des centres de commandement, des usines d’armement ainsi que des entrepôts de munitions.

 

Ces diverses attaques ont causé la mort de quelques 34 Palestiniens dont 90% de miliciens, et ont blessé une centaine de personnes dans les mêmes proportions. La dernière opération israélienne a visé à 1h35 une position militaire dans la ville de Deir al-Balah au centre de la bande de Gaza. Elle a fait six morts et douze blessés selon un porte-parole du Hamas.

 

Quant à la plus récente salve de roquettes, la 48ème depuis 13 heures, elle a visé des agglomérations du pourtour de l’enclave palestinienne à 2h36.

 

Nous précisons à toute fin utile que notre emploi de la mention "terroriste" ne procède pas d’un parti pris politique ni d’un souci de stigmatisation mais qu’il est la stricte application de la définition "d’individus armés s’en prenant systématiquement à des civils". Ca a été le cas de la totalité des 505 roquettes tirées par la milice islamique sur Israël, alors que la totalité des attaques de l’Armée israélienne a visé des objectifs militaires ou des personnages occupant des fonctions militaires à la tête de la milice.

 

La Ména reste naturellement mobilisée avec tous ses journalistes, analystes et reporters opérant dans la région.