Deux fugitifs supplémentaires arrêtés ce matin en Galilée. Frappes à Gaza (011109/21) Version imprimable
samedi, 11 septembre 2021

 

Sami el Soudi, Stéphane Juffa, Ilan et Jean Tsadik ont participé à cette dépêche


Samedi, 15:00  à Métula, 14:00 à Séguret dans le Vaucluse

 

Très tôt ce samedi matin, les forces de sécurité israéliennes ont capturé deux autres des six fugitifs de la prison de haute sécurité de Gilboa. Cette double arrestation intervient quelques heures seulement après celle de leurs camarades d’évasion Mahmoud Aradeh et Yakub Kadari, hier à Nazareth.

 

Les deux terroristes arrêtés ce matin sont l'ancien chef de la Brigade des Martyrs d'Al-Aqsa, Zakaria Zubeidi, ainsi que Mohammed Aradeh, le cousin de Mahmoud Aradeh appréhendé à Nazareth. Les deux cousins sont membres du Djihad Islamique Palestinien.

 

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Zubeidi (au premier plan) et Aradeh, juste après leur arrestation

 

La Brigade des Martyrs d'Al-Aqsa est quant à elle affiliée à l’OLP ; elle avait été créée par Yasser Arafat. Les deux formations font partie des listes officielles des organisations terroristes du Canada, des Etats-Unis, de l'Union Européenne, de la Ligue Arabe, de l'Australie, du Royaume-Uni, du Japon et d'Israël.

 

L’inscription sur ces listes constitue un élément qui échappe souvent à l’attention de bon nombre de nos confrères, particulièrement les Français, et qui revêt pourtant une importance prépondérante dans la compréhension de ce genre d’événements.

 

Zakaria Zubeidi est le seul parmi les six évadés qui n’appartienne pas au Djihad Islamique. Il s’était mis en évidence par le fait qu’il avait participé à la création de plusieurs troupes théâtrales mixtes mêlant des Israéliens et des Palestiniens à Djénine. Il a eu également une relation sentimentale très médiatisée avec une jeune Israélienne juive membre du Likoud.

 

Ce qui ne l’a nullement empêché (ou encouragé ?) à organiser et à participer à l’attaque visant, en 2002, la branche du Likoud de la ville de Beit She'an, au cours de laquelle six personnes, toutes civiles naturellement, avaient été tuées.

 

Il a été arrêté en 2019, accusé d'avoir commis de surcroît deux fusillades dans l’agglomération de Beit El en 2018 et 2019, ainsi qu'un certain nombre d'attentats terroristes durant la deuxième Intifada. Son procès était en cours au moment de son évasion. C’était le plus célèbre des terroristes ayant participé à la fugue.

 

Zubeidi et Mohammed Aradeh ont été débusqués et arrêtés à proximité du village arabe israélien de Galilée d’Umm al Ghanam [ara.: la mère des moutons][carte].

 

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La carte de mise en situation et de localisation d’Umm al Ghanam

Service cartographique © Metula News Agency

 

Les forces de sécurité ont fouillé cette localité et ses environs dès minuit. Ce qui nous incite à penser que des aveux concédés par les interpellés de Nazareth lors de leur interrogatoire ont sans doute mis les poursuivants sur la voie.

 

Il semble aussi que des villageois d’Umm al Ghanam ont averti la police après que les fuyards leur ont réclamé de la nourriture.

 

Après l’aube, quittant brièvement le pourtour de Gaza où ils suivent également les développements de l’actualité, nos camarades Sami el Soudi et Ilan Tsadik ont passé deux heures à Umm al Ghanam. Lors de leurs échanges avec la population, il ont pu se rendre compte de l’hostilité exprimée par les habitants à l’encontre des fugitifs.

 

Un groupe de quinquagénaires a fait remarquer à nos amis que l’endroit de l’arrestation se situe au centre d’un périmètre formé par les agglomérations arabes-israéliennes d’Umm al Ghanam, de Shibli et de Dabburyia [Shibli et Umm al Ghanam ont ensemble une population de 6 000 hab.]. La plus éloignée se trouvant à moins d’un kilomètre et demi du lieu de l’arrestation. Et il n’y a aucune conurbation juive alentours, la plus proche étant Kfar Tavor, plus à l’Est.

 

Or les deux hommes n’ont reçu l’aide d’aucun habitant ; nous ajoutons que lorsqu’ils ont été appréhendés, ils étaient effectivement exténués, affamés et couverts de poussière et de sable.

 

Les interlocuteurs de Tsadik et el Soudi à Umm al Ghanam ont mis en avant que dans leur communauté, de même qu’à Nazareth, les habitants se sont comportés en honorables citoyens israéliens et ont aidés les forces de sécurité dans leur traque.

 

L’un d’entre eux a demandé que ce fait soit souligné dans notre couverture de l’évènement, et qu’il y soit mentionné, quelques semaines après les troubles ayant opposé des Juifs et des musulmans dans tout le pays, que l’écrasante majorité des citoyens musulmans d’Israël sont totalement fidèles à leur pays.

 

Ce que nous acceptons de faire, vu que, au regard des faits en notre connaissance, cette remarque est validée par la réalité.

 

Il apparaît par ailleurs que l’évasion avait été correctement planifiée dans sa phase initiale, à savoir le creusement du tunnel, l’itinéraire de la sortie du pénitencier, le soutien de complices qui les attendaient à proximité et leur ont fourni des habits civils de même que des rasoirs.

 

Mais à partir de ce moment, et après que les six hommes se soient scindés en trois groupes de deux, les choses ont été laissées au hasard. Sans doute les fuyards comptaient-ils sur l’aide de la population arabe-israélienne qui ne leur a pas été prodiguée.

 

Nous ne comprenons pas non plus pourquoi ils ne se sont pas dirigés vers la frontière de l’Autorité Palestinienne, distante de 4.5km au sud de la prison dans laquelle ils étaient incarcérés, préférant se diriger vers le Nord, en plein cœur du territoire israélien.

 

Durant la latence entre leur évasion qui n’a pas été immédiatement remarquée et le début de la poursuite, ils auraient eu objectivement le temps nécessaire pour franchir cette frontière (appelée ligne verte) relativement perméable et trouver toute l’assistance dont ils avaient besoin.

 

Le Shin-Bet – les force de sécurité générale – est convaincu qu’un seul des échappés a pris cette direction et qu’il se trouve actuellement dans le territoire administré par l’Autorité Palestinienne. Ce qui n’empêchera pas les forces israéliennes de l’y débusquer, car elles disposent d’un droit de poursuite précisément prévu pour les cas semblables.

 

Au sein des forces de sécurité, on est persuadé que le sixième fugitif se trouve lui aussi en Galilée dans la région élargie de Nazareth. Concernant les deux hommes toujours en liberté, nous ne doutons pas qu’ils seront également appréhendés dans les heures ou les jours prochains. Les poursuivants étant sur leurs traces et disposant d’un très large réseau d’informateurs.

 

Au moment de leur arrestation, Zubeidi et Mohammed Aradeh se planquaient sur un terrain vague enceint entre une oliveraie et un dépôt de camions. Ils n’étaient pas armés. Alors qu’Aradeh s’est immédiatement rendu, Zakaria Zubeidi a vaguement fait mine de résister avant d’être immobilisé.

 

Connaissant le loustic, qui a passé ces vingt dernières années à se forger une image indue (il est plutôt poltron) à la Tché Guevara, son opposition n’a été que symbolique et n’a pas duré plus de cinq secondes. Sa finalité étant qu’il ne soit pas rapporté dans la presse qu’il a levé les bras "sans combattre".

 

Tandis que les deux terroristes subissent depuis un interrogatoire en règle dans les locaux du Shin-Bet, la traque des deux derniers fuyards se poursuit en pleine intensité. Des volontaires sont même venus prêter main forte aux unités de l’Armée et de la Police sur le terrain.

 

 

Agression terroriste spontanée à la roquette depuis Gaza en direction d’une communauté civile israélienne, interception d’un projectile grâce au Dôme de Fer, et lourde riposte du Khe’l Avir visant des positions du Hamas dans la bande côtière

 

Agression spontanée : car elle n’a été précédée d’aucune action offensive de la part de l’Armée israélienne.

 

Terroriste : parce qu’elle répond aux critères définissant une action terroriste, à savoir des hommes armés s’attaquant systémiquement à des civils. Et aussi, pour la raison qu’elle a été conduite par des individus agissant pour le compte d’organisations classées terroristes par les plus influentes instances démocratiques de la planète.

 

Quelques minutes après la première arrestation de Mahmoud Aradeh et de Kadari à Nazareth, soit à 22h55 locales, des terroristes ont tiré une roquette à partir de Gaza en direction du Conseil Régional d’Eshkol, à l’extrême sud du pourtour de Gaza.

 

Le projectile a été détruit en vol par le Dôme de Fer.

 

En réponse à cette agression spontanée, "des avions de combat et des hélicoptères d'attaque de Tsahal ont frappé une position à partir de laquelle l'organisation terroriste du Hamas tirait à la mitrailleuse. En outre, un site de stockage [d’armes et de munitions. Ndlr.] du Hamas situé à proximité d'écoles et de mosquées, ainsi que l’un de ses complexes militaires abritant une usine de production de béton utilisé pour la construction de tunnels terroristes, situé lui aussi à côté d'infrastructures civiles, ont également été détruits".

 

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La carte de mise en situation et de localisation du site de stockage à Deir al Balakh

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Tsahal

 

Cette riposte constitue une réponse énergique faite au tir de la roquette en direction du Conseil Régional d’Eshkol.

 

Le gouvernement et l’état-major de Tsahal entendent ainsi détruire des installations militaires significatives dans le dispositif du Hamas, mais, principalement, envoyer un signal explicite à la milice djihadiste qui contrôle le califat islamique qu’elle a instauré à Gaza, selon lequel les Israéliens ne craignent pas une nouvelle confrontation majeure avec le Hamas.

 

Par le passé, sous les gouvernements Netanyahu, il n’y avait jamais eu de réactions aussi catégoriques suite au tir d’une seule roquette.

 

Il semble que le Hamas ait saisi le message et ne poursuit pas l’épreuve de force en lançant des dizaines de roquettes sur Israël. A la place, l’organisation terroriste à envoyé ce samedi des émeutiers au contact des soldats le long de la barrière de sécurité.

 

On observe à Métula que depuis l’intronisation du nouveau gouvernement à Jérusalem, Israël s’est clairement réappropriée l’initiative dans sa confrontation avec les milices terroristes palestiniennes de Gaza.

 

Dans le même temps, en Cisjordanie, quelques centaines de jeunes Palestiniens ont provoqué les forces israéliennes à plusieurs endroits. Les soldats ont essuyé quelques tirs d’armes à feu au poste de contrôle de Jalamah près de Jénine, pas très loin du pénitencier de Gilboa. Les émeutiers palestiniens ont également lancé des explosifs improvisés et des pierres sur les forces de sécurité, sans provoquer ni dégâts ni blessures chez nos policiers et soldats.