Du très lourd, ce vendredi (012312/16) Version imprimable
vendredi, 23 décembre 2016

 

© Metula News Agency

 

Stéphane Juffa, au micro de Yanik Farkas, pour Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca https://youtu.be/4TF9VqfIaIA  (Youtube), analyse :

 

Le retrait du projet de résolution égyptien au Conseil de Sécurité

 

L’Egypte, qui avait présenté un texte de résolution très dur et handicapant au Conseil de Sécurité contre Israël au sujet des implantations, l’a retiré sine die.

 

Jérusalem a fait pression sur le Maréchal al Sissi et sur l’Arabie Saoudite pour leur expliquer que l’on n’agresse pas diplomatiquement un allié stratégique. M. Netanyahu aurait menacé M. al Sissi de mettre un terme à des projets de coopération stratégique, dans le domaine du renseignement face aux Frères Musulmans et aux groupes islamistes, et de cesser son soutien militaire dans le Sinaï.

 

Le retrait du projet égyptien coupe l’herbe sous les pieds de Barack Obama, qui s’apprêtait à s’abstenir lors du vote et à ne pas opposer le veto de l’Amérique à la résolution. Il aurait ainsi brisé l’accord tacite qui a lié toutes les administrations U.S et Israël, Démocrates ou Républicaines confondues, voulant que l’Amérique protège systématiquement l’Etat hébreu à l’ONU face aux attaques de ses adversaires.

 

Le président élu Donald Trump était directement intervenu auprès du président sortant Barack Obama afin que les USA utilisent leur veto.

 

A un mois du terme de son mandat, M. Obama entendait laisser libre cours à son penchant anti-israélien et saborder la politique de son successeur, ce qui ne se fait pas dans la tradition politique américaine.

 

Si la décision de l’Egypte se transformait en ligne de conduite diplomatique, on viendrait d’assister à une authentique révolution dans les relations entre Israël et ses voisins arabes sunnites, ainsi qu’à un désenclavement régional de l’Etat hébreu.

 

La décision suscite le courroux de l’Autorité Palestinienne et de plusieurs autres pays, dont la France, qui considère le projet de résolution "équilibré" et "correspondant à la position de Paris".

 

 

C’est la société du ministre libanais de la Défense qui construit les nouvelles corvettes high-tech israéliennes

 

Israël a commandé, en 2015, quatre corvettes de type Saar-6 à la société allemande ThyssenKrupp. Le prix de la transaction s’élève à 430 millions d’euros, et la livraison est prévue en 2019-2020.

 

Le gouvernement allemand finance le projet à hauteur d’un tiers du prix, en considération de la responsabilité de l’Allemagne dans le génocide des Israélites entre 1939 et 1945.

 

Quelques mois après la conclusion de la vente, à l’issue de tractations compliquées, la construction des vedettes a été cédée par ThyssenKrupp à Abu Dhabi Mar, un chantier naval de l’émirat du même nom.

 

Dans un second stade, le conglomérat allemand a carrément cédé son chantier naval de Kiel à la société arabe.

 

Or il est apparu, non seulement que c’est une firme arabe, établie dans un pays "ennemi" qui n’entretient pas de relations diplomatiques avec Jérusalem qui construit ses bateaux, mais, de plus, Abu Dhabi Mar appartient principalement au ministre libanais de la Défense, Samir Mokbel, un Grec-orthodoxe qui maintient des liens étroits avec le Hezbollah et la junte théocratique iranienne.

 

Le Liban est lui aussi officiellement en état de guerre avec Israël.

 

Pour le ministère israélien de la Défense, la partie des navires construite par Abu Dhabi Mar ne recèle aucun secret qui pourrait être communiqué aux adversaires d’Israël, car, explique le ministère, l’équipement électronique ainsi que les armes sont installés en Israël.

 

La Ména conteste cette affirmation, du fait que, s’agissant de vaisseaux aux contours furtifs, la connaissance de ces formes constitue une information importante pour nos ennemis, de même que l’architecture des corvettes, qui permet d’en savoir beaucoup sur l’armement qu’elles vont accueillir.

 

Plus simplement : c’est une ineptie de faire construire nos bateaux par des ennemis, qui peuvent, de plus, générer intentionnellement des malfaçons dans les bâtiments qui nous sont destinés.

 

Nous sommes en présence d’une grave défaillance des services israéliens, qui auraient dû prévoir l’éventualité de la vente des chantiers navals à Samir Mokbel.

 

Il aurait dû aussi figurer une clause dans les contrats interdisant à ThyssenKrupp de sous-traiter la fabrication de ces corvettes à des sociétés arabes, ou prévoir que le choix d’éventuels sous-traitants devait préalablement recevoir l’aval des autorités israéliennes. C’aurait été la moindre des choses pour ce genre de commande.

 

A la Ména, on envisage également la possibilité selon laquelle le gouvernement israélien, la Marine, ou encore le ministère de la Défense étai(en)t au courant de la participation d’Abu-Dhabi dans ce contrat. Ce qui nous incite à le penser est une requête formulée par trois responsables du ministère israélien de la Défense, suggérant de changer le nom de d’Abu Dhabi Mar, en Chantiers Navals allemands de Kiel afin de dissimuler la nationalité de la société.

 

Nous pensons quant à nous qu’ils auraient dû la révéler et non tenter de la cacher, comme l’a fait prestement, dès qu’il a connu les faits, le député travailliste Erel Margalit, qui a alerté le Procureur général Avichaï Mandelblit.

 

Cette affaire majeure ne va certes pas atténuer les soupçons de corruption qui pèsent déjà sur l’achat de sous-marins par Israël à cette même firme, ThyssenKrupp. Les conditions de l’achat de ces submersibles font déjà l’objet d’une enquête d’Avichaï Mandelblit : Binyamin Netanyahu et l’un de ses avocats, David Shimron, qui représente également l’agent israélien de la société allemande, auraient poussé à l’achat de 3 sous-marins supplémentaires (600 millions d'euros pièce). Or l’ancien chef d’état-major, des ministres et d’anciens officiers supérieurs affirment qu’ils avaient prévenu le 1er ministre de leur opposition à cette acquisition, qu’ils jugeaient non-nécessaire.