Elections israéliennes : 1ères estimations illisibles (021709/19) Version imprimable
mardi, 17 septembre 2019

 

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© Metula News Agency

 

Métula 23h30, 22h30 à Paris

 

A 22 heures ce mardi, les élections générales israéliennes sont terminées et les premières estimations ont été publiées par les chaînes de télévision.

 

Reste qu’à cause du taux élevé de participation, plus de 71 pour cent, et des queues d’électeurs qui attendent encore leur tour afin de déposer leur bulletin dans l’urne, particulièrement à Tel-Aviv, il seront autorisés à le faire même après la clôture officielle du scrutin.

 

Pour le reste, voire l’essentiel, les résultats sont trop serrés et les instituts de sondages israéliens trop peu fiables pour que nous en tirions des conclusions opérationnelles. Nous attendrons pour ce faire que les estimations s’affinent et que les premiers résultats officiels tombent, ce qui devrait arriver aux premières lueurs de l’aube de mercredi.

 

Les leaders des deux principales formations politiques, Binyamin Netanyahu et Benny Gantz, n’ont d’ailleurs pas encore programmé d’intervention pour cette nuit. Il se peut également qu’il faille attendre le courant de la journée de demain et plus longtemps peut-être pour obtenir une lecture claire des rapports de force sortis des urnes.

 

Ces divers avertissements posés, on peut présenter sous les plus strictes réserves les estimations des chaînes, établies avec les instituts de sondages. A en croire les trois principales chaînes d’information, à savoir la chaîne publique Kan 11, et les chaînes privées 12 et 13, et si l’on fait la moyenne des résultats qu’elles proposent, il apparaît que Kakhol-Lavan (Bleu-Blanc) de Benny Gantz et Yaïr Lapid  arrive en tête et qu’il recueillerait 33 sièges (sur 120) à la prochaine Knesset.

 

Le Likoud de Binyamin Netanyahu suivrait avec 32 sièges, la Liste conjointe arabe arriverait en troisième position avec 12 mandats, Yisraël Beïteinou d’Avigdor Lieberman 9, le parti séfarade religieux Shas, 9, son pendant ashkénaze, l’Union de la Torah 8, Yémina (héb. : à droite) 7, l’Union Démocratique (gauche + Ehud Barak) 5, et le parti travailliste 5 aussi.

 

On ne peut tirer que des enseignements très partiels de ces estimations, à savoir que Binyamin Netanyahu fait moins bien qu’en avril, puisqu’il passe, avec son bloc droite + droite extrême + orthodoxes de 60 sièges à 56.

 

Même en considérant une marge d’erreur importante, il semble acquis que ce bloc n’obtiendra pas les 61 mandats nécessaires à la formation d’une coalition gouvernementale majoritaire.

 

Quant aux partis du centre, de gauche et Yisraël Beïteinou (Israël notre maison) de Lieberman, ils atteindraient les 52 sièges, ce qui est également insuffisant pour espérer gouverner seuls.

 

Pour former une coalition il n’existe que trois formules envisageables :

 

1. L’alliance de l’un des deux blocs avec la liste arabe.

 

2. L’alliance des deux blocs entre eux à l’exclusion des formations orthodoxes et de la droite extrême qui leur deviennent inutiles.

 

3. L’alliance du bloc droite + religieux avec Yisraël Beïteinou de Lieberman.

 

Pour diverses raisons, toutes ces trois hypothèses semblent de prime abord impraticables, mais l’une d’elle devra tout de même impérativement être exploitée pour doter Israël d’un gouvernement.

 

A la Ména nous attendrons d’avoir des résultats fiables, si ce n’est absolument définitifs, avant de nous livrer à l’analyse détaillée des trois options qui précèdent.

 

Il convient également de noter que le parti kahaniste d’extrême droite Otzma Yehudit (la puissance juive) n’obtient pas le quorum selon les trois estimations et cela semble définitif.

 

En revanche, le parti travailliste, dont on ne savait pas s’il l’obtiendrait y parvient, avec un siège de mieux que le minimum requis.

 

Au cas où les résultats demeureraient ce qu’ils sont actuellement, ou si ces tendances se creusaient davantage, il est prévisible que le président de l’Etat, Monsieur Reuven Rivlin, attribuerait à Benny Gantz – le chef du parti ayant obtenu le plus de suffrages - la possibilité de tenter de former une coalition.

 

Dans la même hypothèse de consolidation des estimations actuelles, M. Netanyahu aurait perdu toutes ses chances de faire voter au parlement une loi empêchant la justice de le poursuivre dans les trois affaires dans lesquelles il est pré-inculpé. Ce qui signifie que le 2 octobre il devra se rendre comme prévu chez le procureur de l’Etat pour être auditionné, avec une forte probabilité d’être définitivement inculpé à la suite de ces audiences, ce qui mettrait un terme, provisoirement à tout le moins, à sa carrière politique.

 

Dans l’attente de l’affinement des estimations-résultats, nous rappellerons que M. Netanyahu avait provoqué des élections anticipées en avril sans raison politique ou sécuritaire, mais pour être réélu au poste de Premier ministre et échapper ainsi aux poursuites pénales dont il fait l’objet.