Encore un vaste raid du Khe’l Avir la nuit dernière sur Damas, qui n’a tué aucun Syrien (011502/21) Version imprimable
lundi, 15 février 2021

 

© Metula News Agency

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa et Jules Mazouz ont participé à la rédaction de cet article

 

Métula, lundi après-midi.

 

La nuit dernière (dimanche à lundi) l’Aviation israélienne, le Khe’l Avir, a lancé plusieurs raids autour de Damas à partir de 1 h 23 du matin, heure locale en Syrie et en Israël.

 

Les chasseurs-bombardiers frappés de l’étoile de David ont principalement frappé les quartiers généraux de la 4ème division gouvernementale dans le secteur nord-ouest de la capitale, à proximité de l’autoroute Beyrouth-Damas, et ceux de la 1ère division d’al Assad, à al Kissweh, à 10km au sud-ouest de Damas.

 

D’autre objectifs ont été atteints et annihilés, notamment à l’ouest de la capitale et au sud de celle-ci.

 

Les raids ont duré 35 minutes, ce qui est exceptionnellement long. Les objectifs visés étaient des entrepôts de surface et souterrains prêtés à l’Armée iranienne, dans lesquels étaient entreposés diverses sortes de missiles et d’autres types d’armes et de munitions.

 

Tous les objectifs visés ont été anéantis.

 

Contrairement à ce qu’a annoncé l’agence officielle syrienne de propagande, SANA, à la mi-journée de ce lundi, aucun appareil ou missile israélien – probablement des déclinaisons récentes du Dalila – n’a été touché lors de l’opération et encore moins abattu.

 

Les media et sites qui reprennent les hallucinations de la dictature alaouite syrienne à propos des missiles prétendument abattus, à l’instar de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, une officine de propagande très controversée financée par l’Emir Tamim al Thani du Qatar et basée en Angleterre, des journaux français, d’I24 News, et même d’Associated Press, affirment que c’est parce qu’Israël ne communique généralement pas sur ces opérations qu’ils citent les organes de presse syriens.

 

En fait, cela signifie simplement que ces entités n’emploient pas les spécialistes nécessaires, possédant des connaissances minimales en armement et en technologie, pour commenter ces événements.

 

Car n’importe quel expert confirmera que les vidéos diffusées par SANA ne montrent nullement des interceptions de missiles, comme elle prétend le faire. Quant aux spécialistes de plus haut niveau, ils confirmeront l’information que nous diffusons régulièrement, selon laquelle il n’existe pas sur le sol syrien, y compris au sein des forces russes, d’armes capables d’intercepter des appareils ou des missiles du Khe’l Avir.

 

L’une des évidences de ce que nous venons d’écrire réside en cela que tous les objectifs sont régulièrement oblitérés, alors que le Khe’l Avir ne destine que le nombre nécessaire de missiles à ses missions. Pas de doublons tirés sur le même objectif ; ce qui ne signifie pas que, parfois, pour détruire une même cible importante dans sa totalité, il faut tirer trois à quatre missiles. Mais chacun de ces missiles se voit attribuer une partie différente de l’objectif.

 

Les raids de la nuit dernière ont causé de très importants dégâts matériels et humains. Selon Michaël Béhé, qui s’est entretenu téléphoniquement avec divers témoins et des défecteurs de l’Armée gouvernementale syrienne, 18 personnes ont trouvé la mort, 5 se trouvent dans un état désespéré (un blessé est mort ce matin à Damas), et une trentaine d’autres individus ont été blessés à des degrés divers et sont pris en charge dans les meilleurs hôpitaux de la capitale.

 

Toutes les personnes mortes ou blessées sont des soldats ou des miliciens occupés à défendre les objectifs détruits, à les entretenir ou à transporter des armes et des munitions.

 

Plus intéressant encore : en dépit du fait que ce sont des périmètres de quartiers généraux divisionnaires qui ont été visés, aucun militaire du régime n’a subi la moindre égratignure lors de ces attaques. Les sections qui ont essuyé le feu des Hébreux étaient toutes confiées aux Gardiens de la Révolution khomeyniste iraniens ou à leurs supplétifs chiites de diverses origines.

 

Selon Michaël Béhé, environ deux tiers des morts et des blessés sont des Iraniens servant au sein de la Force Qods [ara. : Jérusalem] et des miliciens du Hezbollah libanais.

 

Le fait (avéré, les media arabes diffusent la même nouvelle) selon lequel à nouveau aucun Syrien n’a été blessé lors de raids israéliens, et que l’Armée gouvernementale se contente de tirer des missiles antimissiles qu’elle sait inopérants, et de diffuser les annonces farfelues de ses exploits, augmente encore les tensions entre l’Armée de Bashar al Assad et ses alliés chiites. Selon Michaël Béhé, on peut à présent affirmer que le torchon brûle entre eux et que leurs relations sont explosives.

 

Des intervenants de l’establishment israélien de la Défense laissent fuiter des renseignements selon lesquels Tsahal a désormais mis en place une stratégie visant clairement à déloger définitivement les Iraniens et leurs supplétifs de Syrie. A la Ména, nous ajoutons simplement – sur la base des informations exclusives que nous distillons depuis quelques semaines - , "en coordination avec l’Armée régulière syrienne et la Russie".

 

Simultanément à ces raids, Tsahal a lancé hier l’opération Rose de Galilée. Il s’agit d’un "exercice surprise" de l’Armée de l’air destiné à améliorer l'état de préparation au combat le long de la frontière nord du pays, a annoncé Tsahal ce lundi.

 

Dans son communiqué, il annonce que pendant l'exercice, qui durera jusqu'à mercredi, on assistera à une augmentation du trafic aérien dans tout le pays et que des explosions pourraient être entendues dans le nord d'Israël.

 

"L'exercice simule des scénarios de combat sur le front nord et testera tous les composants des missions principales [du Khe’l Avir], y compris le maintien de sa supériorité aérienne, la protection du ciel du pays, ainsi que l'attaque au sol et la collecte de renseignements".