Explosion suspecte dans un centre de recherche à Téhéran (012709/21) Version imprimable
dimanche, 26 septembre 2021

 

Lundi, 02:30 à Métula, 01:30 à Montana-Crans

 

Dimanche en fin d’après-midi, une importante explosion suivie d’un incendie s’est produite dans un centre de recherche appartenant aux Pasdaran, le Corps des Gardiens de la Révolution khomeyniste, à l’ouest de Téhéran.

 

L’agence de presse Reuters ainsi que des sources arabes et iraniennes ont également rapporté l’incident.

 

On ignore pour l’instant l’emplacement exact du sinistre, mais les organes d’information de la Théocratie admettent qu’au moins trois personnes ont été blessées ou tuées sur le site de la déflagration.

 

En revanche, lesdits organes de presse ne fournissent aucune indication relativement aux causes de ce sinistre, aux activités qui se déroulaient dans cet établissement ou sur l’étendue des dégâts.

 

Il est établi que toutes les activités des Pasdaran sont liées à la défense des frontières du pays et du maintien de l'ordre en Iran. Les Gardiens de la Révolution sont chargés de protéger le système de la "République" Islamique et d’exporter la "révolution" khomeyniste dans d’autres contrées.

 

Les Pasdaran, au nombre d’environ 150 000 hommes, comptent une vingtaine de grandes formations militaires, dont des unités aériennes, des parachutistes, des commandos et une force navale.

 

Ils dépendent directement du Guide suprême Khameneï et non de la hiérarchie de l’Armée iranienne.

 

La quasi-totalité des forces iraniennes déployées en Syrie, en Irak et au Liban appartiennent au Corps des Gardiens de la Révolution.

 

Lequel joue un rôle primordial dans le projet de développement de la bombe atomique de la Théocratie chiite, en sécurisant les sites de recherche, d’enrichissement, de production et de stockage.

 

De plus, les Pasdaran disposent de leurs propres centres de recherche secrets attenants à ce projet, qui s’occupent des phases sensibles du développement ainsi que de la transformation des acquis technologiques en arme (weaponization ou militarisation (moins bon)).

 

Plusieurs de ces centres sont installés dans les banlieues industrielles à l’ouest de la capitale, dans lesquelles on trouve des milliers d’ateliers et de fabriques de toutes sortes et de toutes tailles, qui fournissent un excellent camouflage pour les activités des Pasdaran ainsi que des pièces de sous-traitance, des matériaux et des outils dans tous les domaines.

 

De plus, ce secteur dispose d’aéroports, dont certains accueillent fréquemment les deux 747 cargos de Qeshm Air qui transportent armes et munitions en Syrie et au Liban.

 

La zone, de 120km sur 20, est hautement sécurisée par la Police et les Pasdaran eux-mêmes. Elle s’étend de la banlieue de Qods [ara.: Jérusalem], à l’orée immédiate de Téhéran, sur un axe nord-ouest, jusqu’à la ville et la province de Qazvin.

 

Elle fait l’objet de dizaines d’explosions non expliquées, le plus souvent attribuées à Israël aidée par des groupes de l’opposition au régime. D’autres installations dans tous le pays sont très fréquemment l’objet d’incendies et d’explosions inexpliqués par le régime. Ces incidents, par leur fréquence ainsi que leur étendue sont proportionnellement les plus abondants du genre sur la planète et ne peuvent pas être attribués à des causes naturelles. D’autre part, la plupart des sites dévastés produisent ou stockent des éléments nécessaires ou utiles à la production de l’arme atomique ainsi qu’à la conception et la fabrication de missiles de croisière.

 

Une cinquantaine d’articles et de dépêches de la Ména ont été consacrés à cette zone géographique, aux activités ainsi qu’aux actes de sabotage qui s’y déroulent.

 

Les autorités israéliennes se sont toujours refusées à confirmer ou à infirmer leur implication dans ces évènements.

 

AIEA : l’Iran ne respecte pas l’accord de raccroc permettant d’entretenir le matériel de surveillance de ses activités nucléaires


L'organisme de surveillance nucléaire affilié à l’ONU a déclaré ce dimanche à Vienne que l'Iran n'avait pas honoré les termes d'un accord ultra-minimal conclu dans l’urgence il y a deux semaines pour permettre aux inspecteurs de l'organisme de surveillance de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique d'entretenir ses équipements installés dans le pays.

 

Rafaël Grossi, le directeur général de l'AIEA, a indiqué que "la décision de l'Iran de ne pas autoriser l'agence à accéder à l'atelier de fabrication de composants de centrifugeuses de TESA à Karaj est contraire aux termes convenus de la déclaration conjointe publiée le 12 septembre".

 

"Entre le 20 et le 22 septembre, l'Iran a autorisé [selon les termes de l’accord du 12 septembre] les inspecteurs de l'AIEA à entretenir les équipements de contrôle et de surveillance identifiés par l'agence et à remplacer les supports de stockage de données dans tous les emplacements nécessaires en Iran, à l'exception de l'atelier de fabrication de composants de centrifugeuses du complexe TESA Karaj", a précisé le communiqué de l'AIEA.

 

En vertu de l'accord, l'AIEA devait remplacer ses supports de stockage des données également dans l’unité de Karaj. Mais la Théocratie chiite a argué que lors d’une attaque au drone attribuée à Israël en juin dernier, l’une des quatre caméras aurait été détruite ainsi que son système de sauvegarde des données. Téhéran a utilisé ce prétexte pour refuser l’accès de ce site aux inspecteurs et leur permettre de faire leur travail.

 

A noter que l’accord ne prévoyait pas de permettre aux délégués de l’AIEA d’analyser ou d’emporter les données enregistrées par ces équipements de surveillance, mais uniquement de remplacer par des disques vierges les disques de stockage qui avoisinaient leur capacité maximale. Téhéran assurant vaguement l’AIEA qu’en cas d’accord définitif entre lui et les 5+1 sur le nucléaire, il remettrait le contenu de ces disques à l’agence viennoise [ce qui ne serait alors plus d’aucune utilité pratique. Ndlr.].

 

Laquelle a demandé à la Théocratie de lui fournir des détails quant à son refus de la laisser remplacer les disques pleins ainsi que l’équipement endommagé dans l’usine de Karaj.

 

A noter que cette usine se situe en plein milieu de la zone frappée ce dimanche par l’explosion mystérieuse à l’ouest de Téhéran. Le 26 juin dernier, la Ména avait publié un article intitulé "Iran : plus près de la guerre que d’un accord", dans lequel on lisait notamment :

 

"Cette semaine derechef [mercredi dernier, le 23 juin], c’est une usine qui produisait des pièces maîtresses pour les centrifugeuses dans la ville de Karaj, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Téhéran qui a été la cible d’une attaque de drones".

 

Le 4 juillet suivant, nous publiions dans ces colonnes l’analyse "Raid en Iran : Israël dans le rôle de protecteur de la raison", entièrement consacrée à l’opération de sabotage de l’installation de Karaj, cartes et photos à l’appui. Dont voici l’une des illustrations ci-dessous :

 

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