Communiqué de la rédaction : MetulaTV Version imprimable
dimanche, 08 décembre 2013


Demain, lundi 9 décembre, la na diffusera en direct et en haute définition l’émission TV de l’analyse stratégique hebdomadaire de Stéphane Juffa en duplex avec Radio Judaïca Bruxelles, à partir de 8h 40 (heure européenne).

 

Pour regarder cette émission sur notre canal expérimental MetulaTV, pressez [ICI] à l’heure de l’analyse. Ce canal diffuse en boucle des reportages et des débats d’archives intéressants réalisés par les journalistes TV de la na. L’émission de lundi sera rediffusée en différé mardi et mercredi.

 

 
L’Administration US : des improvisations catastrophiques (info # 010612/13) Version imprimable
vendredi, 06 décembre 2013

 

Par Jean Tsadik

 

Avec Sami El Soudi

 

Le Secrétaire d’Etat américain John Kerry est à nouveau en visite chez nous. Après son entrevue d’hier (jeudi) avec Binyamin Netanyahu, il a déclaré que "quelques progrès avaient été réalisés dans les négociations israélo-palestiniennes". Sami El Soudi a demandé à ses amis à la tête de l’AP de quoi il s’agissait et ils lui ont répondu qu’ils "n’étaient pas au courant".

 

L’ambiance est pesante autour de ce voyage, les Israéliens ne comprenant pas pourquoi un secrétaire d’Etat se préoccupe des Palestiniens alors que l’Iran ne se trouverait qu’à quelques semaines de devenir une puissance nucléaire.

 

Ce dilemme fut d’ailleurs au centre des entretiens entre Kerry et le 1er ministre hébreu. L’Américain tentant d’attirer l’attention de ce dernier sur les pourparlers avec Abbas, tandis qu’il s’efforçait de sensibiliser son hôte sur le problème perse.

 

Au final, ils ont, bon an mal an, abordé les deux sujets, dans ce qui a dû ressembler, dans une large mesure, à un dialogue de sourds.

 

L’Administration Obama s’efforce d’investir la scène internationale avec ce qu’elle présente comme une offensive diplomatique de grande envergure dans tout le Moyen-Orient, destinée à promouvoir la paix. Ses représentants arborent l’ "Accord de Genève" "passé" avec les émissaires de la "République" Islamique comme un acquis primordial dans ce sens.

 

Les Européens se taisent, de plus en plus gênés après les révélations de la Ména démontrant qu’il n’y a eu aucune entente dans la ville suisse. Ils sont visiblement dérangés par les propos du Président Rohani, de ses ministre et vice-ministre des Affaires Etrangères, qui multiplient les communiqués annonçant que ce compromis n’est pas contraignant d’un point de vue légal, comme nous l’avons démontré dans ces colonnes.

 

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Ne serait-il pas tout simplement un peu con ?

 

Ils affirment que, même dans le cadre d’un hypothétique traité définitif, leur pays ne démantèlera aucune centrifugeuse et décidera lui-même du degré de pureté de l’uranium qu’ils produiront. Ils ne tiennent donc aucun compte de la feuille d’information brandie par le président américain et censée contenir les termes d’un accord prétendument signé avec eux.

 

Les Iraniens ont également affirmé qu’une rencontre était prévue cette semaine avec les 5+1 afin de rendre opérationnel le compromis envisagé à Genève, mais qu’ils attendent toujours un coup de fil de leur part pour fixer un rendez-vous. Et la semaine se termine sans que cette réunion, que les Iraniens qualifiaient de capitale ne se soit tenue.

 

Dans le même temps, ils continuent leur progression, quoique plus lente et discrète, vers la réalisation de leur bombe. Un ancien chef du renseignement militaire de Tsahal, Amos Yadlin, qui n’est pas un jusqu’au-boutiste à ma connaissance, a déclaré, il y a quelques jours, qu’ils l’avaient pratiquement acquise.

 

Nous nous trouvons dans une situation étrange, dans laquelle les puissances occidentales ignorent les annonces faites à Téhéran, où elles se comportent comme si une entente signée avait été conclue avec la théocratie chiite, et où elles s’apprêtent à alléger les sanctions qu’elles imposent à l’Iran.

 

Les Russes, qui n’ont jamais manqué de sens de l’humour, viennent de déclarer qu’après l’accord historique de Genève, ils ne voyaient plus de raison de maintenir les missiles antimissiles US en Europe de l’Est.

 

A Washington, l’Administration Obama et ses nervis s’escriment à stigmatiser les membres du Congrès des deux bords occupés à faire avancer un projet de loi visant à alourdir les sanctions économiques plutôt qu’à les réduire ; ce, afin de faire trébucher la politique obamienne sur le dossier iranien.

 

Pendant que Messieurs Kerry et Netanyahu discutent, les assistants du président dénoncent les Représentants et les Sénateurs qui obéiraient aux ordres de Jérusalem au lieu de servir les intérêts des Etats-Unis. Saine ambiance !

 

Ambiance encore rendue plus électrique par les bruits du rapprochement entre l’Egypte et l’Arabie Saoudite, d’une part, et Israël de l’autre. Ces derniers jours, les princes descendant d’Ibn Saoud n’hésitent plus à énoncer distinctement et en public qu’ils soutiennent une intervention militaire israélienne contre la Perse.

 

Dans le Golfe, on organise des vidéoconférences géantes dans lesquelles on invite le Président Pérès, surplombé du drapeau israélien, à s’adresser aux émirs et aux ministres à propos de la question iranienne. A la fin de son intervention, il est applaudi debout par l’assistance.

 

De là à réaliser qu’entre ces Etats, la coopération stratégique et militaire est en train d’atteindre un niveau jamais envisagé jusqu’à maintenant, il existe un obstacle psychologique qu’il convient de franchir rapidement. Il y a des militaires hébreux dans ces pays, qui préparent l’option d’une frappe contre l’infrastructure nucléaire persane. Et ces préparatifs constituent la crainte principale de Barack Obama et de son entourage, une attaque surprise pouvant désormais intervenir à n’importe quel moment et réduire à néant la fiction de la Maison Blanche quant à l’existence d’un compromis avec Téhéran.

 

Jérusalem, le Caire, Ryad évoluent dans la réalité, tandis que Washington se complait dans le brouillard Les nouveaux alliés moyen-orientaux sont ainsi parvenus à juguler le Hamas à Gaza, notamment grâce à la coordination entre l’Armée d’Al Sissi et Tsahal. Comme cela avait été annoncé dans ces colonnes, cette association israélo-égyptienne permet aux habitants du sud de l’Etat hébreu d’entrevoir l’avenir avec sérénité, et aux Egyptiens, de reprendre petit à petit le contrôle de la péninsule du Sinaï.

 

Les djihadistes reculent pendant que leurs adversaires avancent. Gaza n’est pas bloquée, mais tout son approvisionnement est désormais strictement contrôlé. Le matériel de guerre et les munitions ne passent plus. De plus, les soutiens financiers à la succursale des Frères Musulmans palestiniens s’épuisant, le Hamas traverse une profonde crise économique qui le force à revoir ses ambitions à la baisse. Cette crise est liée à la destitution de Morsi au Caire.

 

N’étant plus en mesure de bombarder les agglomérations civiles voisines à l’aide de ses roquettes, le Hamas a tenté de multiplier des attaques contre les patrouilles surveillant le pourtour de la bande côtière et d’exploiter des tunnels qu’il venait de creuser sous la frontière pour kidnapper des Israéliens.

 

Malheureusement pour Ismaïl Hanya, ces tentatives se sont uniquement soldées par une augmentation du nombre de ses miliciens tués ou blessés par l’Armée israélienne. Une armée qui a pris le dessus sur l’organisation islamiste dans tous les domaines de la confrontation.

 

Quant à John Kerry, dans tout cela, il est venu discuter avec Ramallah et Jérusalem de ses nouvelles idées destinées à répondre aux attentes sécuritaires israéliennes en vue d’un accord définitif avec l’Autorité Palestinienne..

 

L’Administration Obama s’imagine que Netanyahu ne s’aventurera pas plus avant dans le processus de paix tant qu’il ne sera pas convaincu qu’à l’occasion d’un retrait de Cisjordanie, la sécurité de son pays serait assurée.

 

Kerry a confié au Général à la retraite John Allen – l’ancien chef des forces américaines en Afghanistan – le soin de préparer un projet exhaustif de mesures, de moyens et d’assurances politiques destinés à persuader Netanyahu que la sérénité d’Israël pourrait être assurée même si un Etat Palestinien indépendant était créé.

 

Côté israélien, on insiste, en plus d’une multitude de demandes annexes, sur la nécessité d’une présence militaire permanente sur le Jourdain, de même qu’aux points de passage avec la Jordanie, ainsi que le maintien du contrôle absolu de l’espace aérien et l’implantation de stations d’alerte avancées en divers lieux de la Rive occidentale. 

 

Le Général Allen s’est employé à traiter chacune des exigences formulées par Jérusalem. Il a proposé, pour les satisfaire, des idées variées, combinant des aménagements tangibles sur le terrain avec des garanties américaines sécuritaires incluses dans des traités, ainsi qu’une aide militaire US accrue, destinée à faire face à d’éventuels nouveaux besoins.

 

Les hauts responsables de l’establishment israélien de la défense ont poliment écouté leurs interlocuteurs, mais dans sa réponse face à la presse, le 1er ministre a rappelé son point de vue, exprimant vouloir "un arrangement reconnaissant Israël en tant que pays capable de se défendre par lui-même et par ses propres forces", ce qui va clairement à l’encontre de certaines dispositions de la proposition Allen.

 

John Kerry espérait qu’une fois le cabinet hébreu satisfait à propos des conditions de sécurité, et après avoir arraché l’approbation de Mahmoud Abbas sur les idées d’Allen, il pourra obtenir de Netanyahu qu’il accepte de commencer à se prononcer clairement sur le tracé des frontières éventuelles d’un futur Etat palestinien, ce qu’il a refusé de faire à ce jour.

 

Une nouvelle désillusion attendait cependant le secrétaire d’Etat hier à Ramallah, Mahmoud Abbas lui a fait savoir qu’il accepterait des soldats de l’OTAN, de l’ONU ou des Américains sur le Jourdain, mais pas des Israéliens. Point mort ; cette approche demeurera inacceptable pour Jérusalem ! A Métula, on s’étonne du manque de préparation de la mission de Kerry : il était inutile de se déplacer ici en personne pour savoir que les idées d’Allen seraient rejetées par les deux protagonistes. Le fonctionnement du secrétariat d’Etat, vu de notre rocher, de même que l’activité internationale de l’Administration Obama, paraissent passablement improvisés.

 

Il m’est aussi d’avis qu’au vu de la manière qu’a le résident de la White House d’ "empêcher l’Iran, par tous les moyens possibles, d’obtenir la bombe atomique", aucune garantie politique émanant de  Barack Obama ne contentera les Israéliens.

 

Pendant que les responsables de l’Etat hébreu se demandent, plusieurs fois par jours, s’ils vont ou non attaquer l’Iran, et qu’ils sont contraints de le faire à cause de l’inconsistance de l’Administration US dans son traitement du problème, le moment n’est pas bien choisi pour essayer de remettre la question palestinienne au premier plan de l’agenda international.

 

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Comment des intellectuels juifs américains peuvent-ils encore soutenir Obama ? (info # 010112/13) Version imprimable
dimanche, 01 décembre 2013

 

Par Guy Millière

 

Dans une période où il devient de plus en plus évident qu'Obama trahit tous les alliés des Etats-Unis au Proche-Orient, et, en tout premier lieu Israël, qu'après avoir joué la carte des Frères Musulmans dans les pays sunnites, avec les brillants résultats que l'on sait, le même Obama joue la carte d'un rapprochement avec l'Iran, destiné à permettre à la république des mollahs de continuer à avancer vers l'arme nucléaire et à empêcher toute frappe de l'armée israélienne, il est intéressant de voir quelles sont les réactions des représentants de la communauté juive américaine, qui devraient être aux avant-postes et ne le sont pas.

 

Pour l'heure, de facto, et cela me consterne de le dire, ces réactions sont surtout des non-réactions. Et cela justifie que j'aille maintenant un peu plus loin que dans les analyses que j'ai déjà publiées sur le sujet.

 

Un éminent journaliste juif s'est autorisé à évoquer les raisons du silence des représentants de la communauté juive américaine ; il l'a fait en tant que journaliste juif, ami d'Israël, mais aussi en tant que journaliste Démocrate, proche de Barack Obama, ce qui ne lui semble pas du tout incompatible. Ce journaliste s'appelle Thomas Friedman. Il est le principal éditorialiste du New York Times, et ce qu'il écrit laisse sans voix.

 

Je cite : « Jamais je n'ai vu des législateurs prendre une position à ce point hostile à leur président. Je suis certain que cela vient moins de leur appréciation des faits que de leur tendance à faire ce que le gouvernement israélien demande et à obtenir des dons pour le financement de leurs campagnes électorales ».

 

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Rahm Emanuel, juif, israélien, obamiste et opportuniste,

devenu maire de Chicago

 

Ces mots datent du 19 novembre dernier. Il y en a eu d'autres auparavant. Ceci, par exemple : « Le lobby pro-israélien... crée une situation dans laquelle certains politiciens américains ne connaissent plus de freins concernant la défense d'Israël ». C'était à l'automne dernier, pendant la campagne présidentielle, et, à lire tout le texte, le « lobby » en question ne semblait pas être l'AIPAC, mais quelque chose de plus vaste et protéiforme.

 

Comme l'a noté Martin Sherman dans un article récent du Jerusalem Post, si ces mots avaient été écrits concernant une autre démocratie sur Terre, ils auraient été immédiatement fustigés. S'ils avaient été écrits par un auteur conservateur non juif, ils auraient immédiatement été qualifiés d'antisémites. Mais dès lors que leur auteur est juif, de gauche, et proche d'Obama...

 

Les positions de Thomas Friedman, et le fait qu'elles ne choquent personne, permettent d'expliquer non seulement le silence des représentants les plus en vue de la communauté juive américaine aujourd'hui (ou le vote réitéré de tant de Juifs américains, s'affirmant Juifs, pour un homme tel qu'Obama), mais aussi la présence de Juifs américains jusqu'à ce jour dans l'entourage d'Obama.

 

David Axelrod, concepteur des deux campagnes présidentielles victorieuses de Barack Obama, expert en communication politique, et maintenant commentateur politique sur MSNBC, parle exactement comme Thomas Friedman. Rahm Emanuel, l’actuel maire de Chicago, secrétaire de la Maison Blanche pendant le premier mandat de Barack Obama, pense lui aussi comme Thomas Friedman. Hannah Rosenthal, conseillère spéciale chargée de la lutte contre l'antisémitisme à la Maison Blanche du 23 novembre 2009 au 5 octobre 2012, a été, à Chicago, de tous les combats de l'extrême gauche, dont les combats contre le sionisme. C'est en compagnie de ce type de gens qu'Obama peut célébrer les fêtes juives à la Maison Blanche. C'est ce type de gens qui lui permettent de dire qu'il y a des Juifs autour de lui qui ne trouvent rien à redire à sa politique.

 

Ces gens montrent que la dérive du parti Démocrate américain vers une gauche de plus en plus marquée s'accompagne de la dérive identique d'un certain nombre de membres de la communauté juive américaine.

 

Ce qui est terrible est que ces gens continuent à se dire juifs, allant jusqu'à souligner qu'ils affirment les positions qui sont les leurs pour le « bien » des Juifs, voire pour le « bien d'Israël», que le gouvernement israélien, à les en croire, entraînerait dans de mauvaises directions.

 

Ce qui est effroyable est que ces gens, vivant à douze ou quinze mille kilomètres d'Israël, s'imaginent mieux savoir ce qui est bon pour l’Etat hébreu que sa population elle-même et prétendent, avec une arrogance cuistre, donner des leçons au gouvernement israélien, librement et démocratiquement choisi par son peuple. Avec des amis de ce genre, Israël n'a pas besoin d'ennemis. Et Israël a, hélas, des amis de ce genre en plus de ses nombreux ennemis.

 

Il y a toujours eu des Juifs d'extrême gauche, hostiles à Israël, et pratiquant la haine de soi, je le sais parfaitement. Des gens tels que Noam Chomsky et Norman Finkelstein aux Etats-Unis. Ce qui est remarquable aujourd’hui, c’est que des personnalités autrefois plus modérées (c'est le cas de Thomas Friedman), embrassent désormais des positions qu'ils auraient eux-mêmes réprouvées, sans être apparemment conscientes de leur évolution.

 

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