Communiqué de la rédaction : MetulaTV Version imprimable
dimanche, 15 décembre 2013

 

Demain, lundi 16 décembre, la na diffusera en direct et en haute définition l’émission TV de l’analyse stratégique hebdomadaire de Stéphane Juffa en duplex avec Radio Judaïca Bruxelles, à partir de 8h 40 (heure européenne).

 

Pour regarder cette émission sur notre canal expérimental MetulaTV, pressez [ICI] à l’heure de l’analyse. Ce canal diffuse en boucle des reportages et des débats d’archives intéressants réalisés par les journalistes TV de la na. L’émission de lundi sera rediffusée en différé mardi et mercredi.

 

 

 
Processus de paix : les Américains prennent les commandes (info # 011212/13) Version imprimable
jeudi, 12 décembre 2013

 

Par Sami El Soudi

 

Le Secrétaire d’Etat américain John Kerry est de retour chez nous ce jeudi ; l’y attendent la tempête et une Jérusalem recouverte d’un manteau blanc et grelottante. Cette visite suit une réunion préparatoire tenue lundi dernier à Washington entre Kerry, Tsipi Livni, le ministre israélien de la Justice chargé des négociations avec nous, et le chef de la délégation palestinienne, Saëb Erekat.

 

Le voyage du secrétaire d’Etat a également été précédé de deux interventions importantes effectuées durant la réunion du "Forum Saban", dimanche à Washington. Le Président Obama et M. Kerry y ont dévoilé leurs intentions pour la résolution définitive du différend israélo-palestinien.

 

Leur plan s’articule en deux temps et prévoit une participation majeure des Etats-Unis : premièrement, Washington va élaborer un "basic framework", à savoir, un "accord cadre". Celui-ci comprendra les lignes directrices pour toutes les questions situées au cœur du conflit : les frontières, les réfugiés, Jérusalem, la reconnaissance mutuelle, et la fin de toutes les exigences des deux parties.

 

Les détails seront ensuite finalisés lors de discussions entre Israéliens et Palestiniens, là encore, avec une participation prépondérante des Américains.

 

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Erekat, Kerry, Livni : eux sont pour

 

L’"accord cadre" est attendu dans les toutes prochaines semaines par Jérusalem et Ramallah ; il prendra certes en compte les desideratas des deux camps, et c’est pour prouver qu’il les écoute, que John Kerry rencontre Messieurs Netanyahu et Abbas aujourd’hui et demain, mais le document final sera rédigé sur les rives du Potomac et c’est là que l’on tranchera sur les divergences inconciliables.

 

Au "Forum Saban", le secrétaire d’Etat a indiqué que les solutions de chaque question du cœur du conflit s’inspireront des idées présentées par Bill Clinton en 2000 ainsi que des rencontres d’Annapolis en 2007-2008.

 

Mais surtout, les solutions reprendront les conclusions des rounds de pourparlers précédents, particulièrement, celles envisagées lors de la "Grande négociation" de 2008-2009. A l’issue de celle-ci, Mme Livni et M. Erekat étaient pratiquement parvenus à un accord. A l’époque, dans les rangs des émissaires de l’AP que je fréquentais alors assidument, on disait que 97 à 98 pour cent des problèmes étaient résolus. A Ramallah, on a même hésité, juste avant le retour de Binyamin Netanyahu aux affaires, à déclarer publiquement, de concert avec Tsipi Livni, qu’un accord avait été conclu. Ce fut une décision politique qui poussa la Moukata à ne pas franchir le pas.

 

Dans les colonnes de la Ména nous nous sommes souvent demandé comment les mêmes protagonistes qu’en 2008 pouvaient aborder les mêmes sujets depuis quatre mois et élaborer des solutions différentes de celles qu’ils avaient adoptées alors.

 

Il nous semblait certain que cela était impossible, et cela explique, en partie du moins, que lors des vingt dernières rencontres, aucune avancée n’a été enregistrée, les participants campant sur leurs positions, tels les poilus de 14 terrés dans leurs tranchées.

 

Les récentes déclarations de la Maison Blanche indiquent que l’ère de ces longues audiences stériles sera bientôt révolue et qu’on allait prochainement arriver au stade des transactions pénibles et décisives. On va passer dans les faits des "propositions de compromis" à la négociation reposant sur le "basic framework".

 

L’objectif visé par l’Administration Obama consiste à obliger Netanyahu et Abbas à se décider sur les questions-clé du différend.

 

Au "Forum Saban", Barack Obama a déclaré que l’un des objectifs de l’ "accord cadre" était de "nous amener à un moment où chacun se rendra compte qu’il est préférable d’aller vers l’avant plutôt que vers l’arrière".

 

Au siège du gouvernement de l’AP, la Moukata de Ramallah, où je suis passé humer l’atmosphère ce matin en dépit des conditions hivernales, on se réjouit de l’implication nouvelle d’Obama dans le processus de négociation. En fait, ici, on a toujours appelé cet interventionnisme de ses vœux, persuadé de trois choses : 1. Seuls face à Netanyahu et à sa coalition, la seule chose qui peut avancer, ce sont les tracteurs construisant de nouvelles implantations. 2. Barack Obama, dans ses sympathies et sa vision du monde est en tout cas aussi proche de nous que des Israéliens. 3. En dépit du manque évident de qualité qui prévaut dans l’administration actuelle, de la confusion qui y règne et de la détérioration de ses positions dans la région, l’Amérique est en mesure de forcer, si elle le désire, les protagonistes à faire la paix.

 

Et en Cisjordanie, la plupart des responsables politiques palestiniens sont en faveur d’un règlement axé sur le principe des deux Etats pour deux peuples ; de plus, ils ne sont pas mécontents du fait que ce sont les USA qui désirent, en fin de compte, "imposer" un traité. Car cela leur permettra de faire accepter par le peuple des concessions que l’AP n’aurait pas pu faire admettre à elle seule, munies de l’explication : "Ce sont les Américains qui nous les ont imposées – notamment à propos des réfugiés et du renoncement aux exigences historiques – que pouvions nous faire ? C’était à prendre ou à laisser et c’est ainsi que nous avons obtenu notre Etat".

 

Côté israélien, c’est plus compliqué. Yaïr Lapid et son parti Yesh Atid (il y a un avenir) (19 sièges sur 120) est plutôt favorable à la tournure que prennent les évènements. Tsipi Livni, la négociatrice d’Israël, et sa Tnua (le mouvement) (6 sièges), se montrent enthousiastes ; hier, à l’Université de Tel-Aviv, Mme Livni a dit : "Les décisions doivent être prises par une direction qui comprend le prix que nous devrons payer si les bonnes décisions ne sont pas prises". Puis d’ajouter : "Nous avons en face de nous une fenêtre d’opportunité pour la paix et ne devons pas la manquer. Je désire que ceux qui siègent à mes côtés dans le cabinet sachent qu’il y a un prix politique à payer pour ceux qui ne se décident pas à temps".

 

Parmi les droitiers de la coalition, la Bayit ha-Yehoudi (maison juive) (12 sièges) de Naftali Bennet et la fraction Israël Beïténou (Israël, notre maison), d’Avigdor Lieberman, qui a fusionné avec le Likoud de Netanyahu pour les dernières élections, il n’est pas même question d’entrer en matière sur le projet américain ni, d’ailleurs, sur quelque formulation que ce soit d’un Etat palestinien. Pour Bennett et Lieberman, Tsipi Livni est une "dangereuse gauchiste" et Barack Obama un ennemi.

 

Celui qui va décider si Israël participe de son plein gré au projet d’ "accord cadre" des Américains, ou si l’Etat hébreu va emprunter une trajectoire de confrontation avec Washington, c’est le 1er ministre Binyamin Netanyahu. Et il est difficile, pour l’instant, de savoir quelle sera l’attitude qu’il adoptera.

 

S’il décide d’avancer avec le processus Kerry, il perdra probablement, d’abord Bennett, et Lieberman ensuite – juste avant la signature ? -, mais il peut les remplacer à n’importe quel moment  par les travaillistes (15 sièges), toujours favorables à la paix.

 

L’hypothèse retenue par mes amis à Métula : Netanyahu suivra mais en traînant les pieds et en multipliant les incidents. Ce, car le 1er ministre connaît la difficulté que rencontrerait le pays qu’il dirige s’il perdait l’appui de la présidence US.

 

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Antiracisme : la psychanalyse au service de la bien-pensance (info # 011112/13) Version imprimable
mercredi, 11 décembre 2013

 

Par Llewellyn Brown

 

On fait appel à de nombreux discours pour comprendre l’actualité et les grandes mutations de notre société. Parmi eux figure, à l’occasion, la psychanalyse, ce qui soulève la question des conditions lui permettant d’éclairer les enjeux essentiels pour chacun. La lecture de deux textes récents1 contre le “racisme” – dans les pages de Lacan quotidien, publication en ligne de l’École de la Cause freudienne – semble nécessiter une réponse à certaines dérives idéologiques.

 

Un diagnostic psychanalytique dévoyé

 

Les auteurs de ces textes expliquent la montée du “racisme” comme une réaction contre le caractère uniformisant ou « massifiant » du capitalisme, contre « l’homogénéisation des consommateurs » qu’il produit.

 

Cela est vrai. L’une des auteurs cite Manuel Zlotnik évoquant « des masses humaines condamnées à partager le même espace géographique en restant séparées ». Ne supportant pas la proximité de l’autre, le “raciste” suppose que celui-ci le prive de ce qui lui appartient de droit : « […] si l’étranger est cause du manque-à-jouir pour un raciste décidé, ce dernier ne peut y parer que par le rejet de l’autre ». Bref, le raciste considère que l’autre est la cause de ses propres frustrations. Certes, mais… force est de constater qu’une telle analyse ne s’oppose en rien à la bien-pensance “antiraciste” que nous rencontrons tous les jours dans les media français.

 

En effet, la méthodologie adoptée dans ces textes ne va pas sans poser question : les deux auteurs s’appuient sur la seule théorie psychanalytique, à l’exclusion de toute autre référence à la réalité sociale, politique ou historique (hormis des allusions à l’actualité, notamment l’insulte adressée à Christiane Taubira, désormais promue à la sainteté). L’évacuation décidée de cette réalité sociale, politique et historique, favorise une confusion des registres, que nous pouvons décrire comme suit.

 

Qu’il puisse incomber à chaque sujet de s’interroger sur la haine qui l’anime, sur ce qui cause l’animosité foncière qui l’agite à l’encontre des autres, une telle idée est parfaitement recevable : grâce à cette démarche, chacun peut se dégager de ses luttes stériles, se centrer sur ce qui constitue le réel enjeu de son existence. Mais vouloir transposer cette perspective, telle quelle, dans le domaine politique est irrecevable et relève d’une pensée confusionniste : c’est vouloir rabattre ce que Lacan appelle « le discours de l’analyste » sur son contraire, « le discours du maître ».

 

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Lacan : terriblement actuel

 

A vouloir cumuler ces deux positions opposées, ces deux “belles âmes” ressemblent à la fameuse chauve-souris de La Fontaine. En s’affranchissant de toute rigueur méthodologique, on ne tarde pas à plier la réalité à toutes nos propres fantaisies. Ces auteurs ravalent la psychanalyse au niveau d’une simple idéologie destinée à prendre le relais des homélies de Monsieur le Curé. Or, pas plus qu’avec la littérature, on ne fait de psychanalyse avec de bons sentiments. Et pourtant, Jacques-Alain Miller – cité par l’une des auteurs – évite ce genre de confusion comme il se doit, quand il évoque « la tâche de substituer aux lois folles de la modernité un autre désordre, qui consiste à démonter la défense contre ce réel pour atteindre à ce qui fait, de chaque Un, sa singularité, sa “différence absolue” ». Ses deux disciples ne s’embarrassent pas de cette distinction fondamentale. Aucune ne veut identifier des causes concrètes, positives, de ce qui se produit dans notre société actuelle.

 

La violence que recouvre la bien-pensance

 

Or ceux qui commencent – on entend leur voix seulement depuis quelques années – à protester contre la politique d’immigration pratiquée en France, sont systématiquement qualifiés de “racistes”. Ce que nos âmes vertueuses – journaleux ou psys – n’acceptent pas d’entendre, c’est l’injonction émanant tant du capitalisme financier que des institutions européennes, adressée à quiconque (immigré ou autochtone) nourrit le désir coupable de vouloir vivre en France : Non : tu vivras désormais à Bamako ! Tu vivras à Oran ! Ainsi donc, on invite certains à vivre sur le territoire de leur choix ; les autochtones (ou assimilés) doivent se taire : ils sont condamnés à voir leur monde et leur entourage disparaître.

 

Chacun en Europe – pour autant qu’il adhère à la société dans laquelle il habite – est sommé de se plier aux effets de l’immigration sans réagir, sous peine d’être qualifié de “conservateur”, de “réactionnaire” et de “raciste” : il commet le suprême péché de « n’aimer pas l’Autre ». C’est dans ce contexte que certaines psychanalystes se font les joyeux valets du capitalisme financier. Refusant de nommer des choix précis et évitables faits par les gouvernements – l’immigration de peuplement, composée essentiellement de musulmans –, ils font croire que la situation actuelle – que l’on n’osait imaginer il y a trente ans – est la fatale conséquence de la postmodernité : il n’y a rien à y faire, personne n’en est responsable. Le monde est régi par une force muette et implacable : on n’a qu’à acquiescer. On frémit à l’idée du zèle missionnaire qui risquerait de s’emparer d’elles, si un patient, sur le divan, proférait des propos contraires à leur orthodoxie.

 

Cette promotion des vertus de l’immigration s’appuie sur une conception abstraite de l’humain, tout comme le capitalisme : les individus sont autant de choses qui ne doivent pas parler, qui sont manipulables à l’envi, qui sont dénués de dimension culturelle ou discursive. Selon cette vision, les caractéristiques culturelles n’existent pas, l’islam et les textes islamiques ne présentent rien de problématique. Il est impossible que le musulman me veuille du mal, dès lors qu’il est un individu échangeable avec n’importe quel autre. On oublie que sur les bases d’une population importante, nombreux sont ceux qui veulent instaurer, en Europe, un califat…

 

Le Blanc, source de tout Mal

 

Il y a plus grave. Ce qui définit un concept, c’est sa qualité universelle : on ne peut faire un concept ad hominem, destiné à qualifier une seule entité. Or pour ces auteurs, le qualificatif “raciste” est manifestement réservé au seul homme blanc, à l’Européen. A lui seul il sera interdit de formuler des réflexions critiques à l’égard des populations arabes et africaines installées en France. C’est le méchant Européen qui vise « l’identité à soi-même à travers un signifiant figé (nous sommes les seuls civilisés, les vrais croyants… les seuls) ».

 

Pourtant, il est évident que si racisme il y a, en France aujourd’hui, il est massivement le fait des personnes originaires du Maghreb et de l’Afrique noire : il suffit d’observer la démographie des incarcérés, les auteurs d’agressions perpétrées quotidiennement, y compris les attitudes injurieuses et méprisantes à l’égard des « sous-chiens » ou des « faces de craie » (crachats, insultes, l’injonction : « Baisse les yeux… »). Au point que les journaleux, en plus d’affubler ces criminels du sobriquet “jeunes”, ressentent le besoin urgent de déguiser un Souleymane en « Vladimir ». Ils n’hésitent pas à cracher leur dégoût quand ils sont contraints d’avouer que le tueur au scooter était encore un « Mohamed ».

 

Une surdité décidée

 

L’“antiraciste” est celui qui refuse d’écouter celui qu’il a désigné comme victime du “racisme”. Il n’entendra pas les flots de haine antijuive qui se déversent dans les media français sous prétexte de “critiquer” Israël, et pourtant, on sait que cette propagande cause des morts réels. Tant pis ! On a achevé le Juif à Auschwitz, il n’est donc plus “diversité”.

 

L’“antiracisite” n’écoutera pas les prêches musulmans (nourris des textes du Qor’an, des A’hadit, de la Chari’a), il n’entendra pas les discours antisémites disséminés par l’OLP (alias “Autorité palestinienne”), ni les vociférations haineuses des “jeunes” des “quartiers défavorisés” (un exemple parmi des centaines, cette manifestation, sous protection policière, où l’on entendait l’appel au djihad contre les Juifs : « Khaybar, Khaybar, Ya-Yahoud »). Il paraît bien étrange de trouver ce refus d’écouter chez des… psychanalystes !

 

Selon Lacan, ce qui se répète, ce qui fait série, est à prendre au sérieux : si les actes délictueux – voire barbares – sont commis chaque fois par les mêmes, la seule attitude humaine consiste à mettre ces communautés face à leurs responsabilités. Certes, tous les musulmans ne sont pas délinquants ou criminels, loin s’en faut, mais combien prennent clairement position pour dénoncer les actes de terrorisme ? Après des crimes comme les massacres de Montauban et de Toulouse, les porte-parole musulmans ne pensent qu’à sauver leur image (« pas d’amalgame ! ») : jamais le désastre subi par les victimes n’entre en ligne de compte.

 

En réalité, loin de “stigmatiser” une communauté, tenir celle-ci pour responsable permet aux musulmans qui rejettent les exactions de certains des leurs de ne plus se trouver isolés, pris en étau entre la coercition exercée par des délinquants et criminels et la complicité de l’Etat. Conforter les musulmans dans leur complaisance victimaire (témoin, l’obscénité exhibitionniste des reportages sur les “Palestiniens”), c’est les réduire à une masse indistincte (comme l’étranger « non-divisé », dixit l’une de nos “belles âmes”) ; c’est les supposer incapables d’une conscience et d’une conduite humaines. Bref, c’est une attitude méprisante et méprisable : le sens le plus vrai que l’on pourrait attribuer au qualificatif raciste.

 

Si les gouvernants continuent à céder aux exigences des musulmans (enfreignant la loi sur la séparation de l’Église et de l’Etat), c’est pour la simple raison qu’ayant – depuis des décennies – pratiqué une immigration de peuplement (refusant toute consultation du peuple), ils ont maintenant peur de susciter la « rage » proverbiale de ces populations qui n’ont que du mépris pour leur pays d’accueil (la Grèce offre un exemple tout à fait probant). L’“antiracisme” soutient cette position, révélant à quel point une telle “vertu” n’est rien d’autre que la volonté de se complaire dans ses propres penchants masochistes, à l’image de cet étudiant de Science Po qui, roué de coups, sut néanmoins faire son autocritique !

 

Cette même surdité s’étend, comme il se doit, aux victimes, les vraies : les massacrés de Toulouse, de Libye, d’Israël… Aux yeux de l’“antiraciste”, si ces victimes osent se plaindre, c’est qu’elles sont… “racistes”. A nouveau : ce refus d’écouter ne peut qu’étonner, venant de la part de psychanalystes.

 

La Ségrégation ?

 

Nos deux psychanalystes définissent le racisme comme le rejet du corps de l’autre : « Corps en trop, insupportable ». Et pourtant, on peut supposer que les victimes de la Shoah durent trouver que le corps des nazis était quelque peu en trop ; de même qu’une victime d’inceste ; ou les chrétiens persécutés et exterminés aujourd’hui en Égypte, en Syrie…

 

Rejetant toute référence à une situation concrète, ces psychanalystes se complaisent à jeter l’opprobre sur ceux qui récusent la situation qu’on leur impose. Elles n’acceptent pas l’idée que des gouvernements s’autorisent à prendre des décisions et à décider de leur destin, pour protéger les citoyens dont ils ont la charge. Exemple : certains pays ou territoires n’acceptent plus une immigration musulmane incontrôlée (le Japon, Tahiti, la Birmanie, l’Angola).

 

La “ségrégation” est dénoncée comme conséquence néfaste de la mondialisation. A défaut d’analyse concrète de la part de ces auteurs, on doit supposer qu’il s’agit, là encore, d’un comportement propre aux seuls Blancs, non la ségrégation instituée par l’idéologie musulmane (en Arabie, par exemple). Le “raciste” blanc est, disent-elles, celui qui possède et qui redoute que ceux qui n’ont rien puissent venir lui enlever son objet.

 

En effet, de nombreux agités de gauche croient avoir trouvé en Israël le type même de la ségrégation, supposé infliger une politique d’apartheid à un “peuple” affublé d’un nom usurpé. Pourtant, sans la barrière de séparation (qui est loin d’être la seule qui existe au monde), les massacres perpétrés par les djihadistes se poursuivraient. Il suffit de regarder l’extermination actuelle des chrétiens en terre musulmane pour en voir les conséquences. On ne veut pas comprendre que la “ségrégation” est une indispensable mesure de protection, non une forme de maltraitance de l’autre. Après tout, pourquoi serait-il interdit à un peuple d’exercer son droit à la souveraineté, de se mettre à l’abri des agressions avérées émanant d’autres peuples ? La ségrégation (méchante) a tout l’air d’un mythe élaboré par les “antiracistes”, pour soutenir la destruction des frontières.

 

Signalons que même Madame Taubira dénonçait l’immigration, en Guyane, et réclamait l’application d’une politique de préférence nationale, à l’instar du… Front national. Il est pourtant clair (du moins, si l’on lit l’Histoire de l’islam, par exemple) qu’un pays qui accepte, sans questionnement, de se plier aux injonctions de la circulation sans entraves de l’argent, des biens et des populations, ne fait qu’aspirer à son propre anéantissement. Y aurait-il quelque chose, là, qui ressemblerait à la pulsion de mort ?

 

Le “méchant”, tel qu’on l’aime !

 

Un morceau de choix se trouve à la fin du texte de l’une des deux auteurs : « La sémantique du racisme se réadapte pour ne pas s’afficher crue ». L’auteur ne parle pas de la « banalisation du discours frontiste », comme le ferait un vulgaire journaliste. Au contraire, elle emploie une formulation singulièrement expressive. Cela semble la gêner les “racistes” s’expriment de manière nuancée, civilisée ; qu’ils formulent des jugements réfléchis. Manifestement, on devient ultra-sensible dès lors que son mode de non-pensée est devenu hégémonique ! D’où l’impératif : Exprime-toi méchamment, pour qu’on te connaisse pour ce que tu es ! Il faudrait que l’on puisse identifier le “raciste”. Peut-être faudra-t-il que celui-ci porte des signes distinctifs, afin qu’on l’identifie avec certitude ! On sait que l’idée a déjà été appliquée à certains moments de l’Histoire.

 

Ou peut-être faut-il s’exprimer comme l’un des membres d’ “honneur” de l’École de la Cause freudienne – Abdoulaye Yerodia – qui put appeler à l’élimination des Tutsies, à Kinshasa en 1998, en les qualifiant de « déchets », de « microbes qu’il faut qu’on éradique avec méthode ». Ah ! tout n’est pas si simple dans le pays des psys vertueux ! Mais peut-être rétorquera-t-on que notre cher Abdoulaye n’est pas raciste, parce qu’il est noir !

 

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Nelson Mandela n’a jamais associé Israël à l’apartheid (info # 010812/13) Version imprimable
dimanche, 08 décembre 2013

 

Par Guy Millière

 

Hormis les dirigeants du Hamas et de l'Autorité Palestinienne, personne n'a encore tenu de discours anti-israélien à la suite du décès de Nelson Mandela. Une période de deuil international s'est ouverte, emplie par les éloges envers un homme dont on avait déjà fait une icône de son vivant, et que l'on va désormais invoquer comme un demi-dieu pour justifier tout et n'importe quoi.

 

C'est lorsque l'on parlera de paix comme on en parle dans les media occidentaux que cela deviendra dangereux, car le mot paix y revêt toujours des allures de défaitisme anti-occidental. Et le mot paix commence d'ores et déjà à se faire entendre.

 

Il sera sans doute suivi de près par le mot « apartheid », et on dira que Nelson Mandela a fait tomber l'apartheid en Afrique du Sud, en oubliant que c'est incomplet, et que l'apartheid est surtout tombé parce qu'il y a eu la chute de l'empire soviétique et que l'African National Congress - fragment du mouvement communiste international, financé par l'Union Soviétique à des fins très intéressées – avait cessé de représenter une menace.

 

On ajoutera vraisemblablement, dans certains cercles, qu'il existe aujourd'hui encore de l'apartheid quelque part dans le monde, et quand bien même l'affirmation sera aussi inexacte que celle prétendant que Nelson Mandela a éliminé l'apartheid à lui seul, elle n'en sera pas moins proférée. Il suffira pour cela advienne de suivre la voie ouverte par les dirigeants du Hamas et de l'Autorité Palestinienne.

 

On verra des groupes « propalestiniens » incriminer Israël, invoquant le nom de Nelson Mandela pour pointer du doigt, en son nom, le traitement « discriminatoire » et « raciste » subi par les Palestiniens, et la « colonisation » de la « terre palestinienne ».

 

On pourra compter sur des usurpateurs se drapant dans le symbole Nelson Mandela pour venir en rajouter à l'incrimination : je ne serais pas du tout surpris de voir Desmond Tutu venir jouer ce rôle. Je suis sûr qu'il frémit d'impatience.

 

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Nelson Mandela ici avec son ami Shimon Pérès

 

Le seul problème est que, quand bien même Nelson Mandela a pu prononcer des propos regrettables sur Israël et la cause palestinienne, et a eu des fréquentations très douteuses, il n'était pas anti-israélien.

 

Cela doit être rappelé et d'urgence.

 

Dans ses mémoires "Un long chemin vers la liberté", parues en 1995, Nelson Mandela se réfère, pour expliquer son combat, non pas à des marxistes tels que Fidel Castro ou Ernesto Che Guevara, mais à Arthur Goldreich, un Juif d'Afrique du Sud qui a combattu au sein du Palmach – les célèbres Plugot Maḥatz, la force d’élite de la Haganah pendant la Guerre d’Indépendance d'Israël. Cela fut d'ailleurs rappelé, à juste titre, par la presse israélienne lors du décès d'Arthur Goldreich.

 

Arthur Goldreich, après qu'Israël eut gagné la guerre, retourna en Afrique du Sud pour combattre l'apartheid. Il a abrité Nelson Mandela pendant quelques mois avant d'être arrêté, condamné à la prison à vie, et de s'évader pour rejoindre à nouveau Israël, où il s'est éteint en 2011.

 

Nelson Mandela a entretenu des relations avec des dirigeants israéliens. Il s'est rendu en visite en Israël en 1999, voyage au cours duquel il a rencontré des membres du gouvernement israélien, notamment le Premier ministre Ehud Barak et le Président de l'époque, Ezer Weisman.

 

Lors de ce voyage, Mandela avait tenu des propos soulignant sa compréhension du fait que la reconnaissance d'Israël par les pays du monde arabe en général était « nécessaire ». Il a ensuite rencontré Yasser Arafat, certes ; il n'a, pour autant, jamais tenu de propos négationnistes ou infâmes à l’encontre d’Israël.

 

Il n'a, cela doit être souligné, jamais parlé d'apartheid à propos d'Israël.

 

Irshad Manji, auteur et professeur canadien, a, voici une décennie, écrit un texte délibérément parodique attribué à Nelson Mandela, et entendait que ce texte reste une parodie.

 

Ce texte a néanmoins été mis en circulation comme s'il s'agissait d'un vrai texte de Nelson Mandela, et Irshad Manji a eu beau faire et écrire sans répit que ce n'était pas le cas, et que c’était une parodie, il n'en continue pas moins à circuler. Il est également possible de consulter les positions authentiques d'Irshad Manji concernant Israël.

 

Le texte a refait surface, diffusé par des « défenseurs de la cause palestinienne ».

 

Qu'ils utilisent un faux s’inscrit dans leur logique : faire parler les morts en leur attribuant des propos qui ne sont pas les leurs est un fait coutumier des gens qui justifient le terrorisme et les meurtres les plus abjects, et qui ne cessent de falsifier l'histoire et les faits du présent et du passé proche.

 

Des amis d'Israël, sans aucun doute bien intentionnés, citent eux aussi ce texte, et il est indispensable de les mettre en garde : en citant un faux de bonne foi, ils contribuent à accréditer l'idée que ce faux n'en est pas un, et servent la propagande de ceux qu'ils entendent combattre.

 

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Communiqué de la rédaction : MetulaTV Version imprimable
dimanche, 08 décembre 2013


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