Par Guy Millière
J’ai toujours pensé qu’il ne saurait y avoir de création d’un Etat palestinien en Judée-Samarie : d’une part parce que l’Autorité Palestinienne est une entité créée et gouvernée par des gens qui n’ont aucune intention de faire la paix avec Israël, et qui dissémine, plus que jamais, antisémitisme, apologie du terrorisme et intentions génocidaires.
D’autre part, parce que je sais comment la notion de peuple palestinien a été inventée (je publie bientôt un livre en France, basé sur un pamphlet de mon ami David Horowitz, qui portera précisément ce titre : Comment le peuple palestinien fut inventé), et, en troisième lieu, parce qu’un Etat arabe palestinien existe déjà, et s’appelle la Jordanie.
Le Quartette, composé de l’ONU (anti-israélienne), de l’Europe (anti-israélienne), de la Russie (anti-israélienne), et des Etats Unis sous l’administration Obama (anti-israélienne), fait le forcing, en ce moment, pour relancer des négociations. Mais ces négociations n’auront pas lieu ou ne mèneront à rien, parce qu’il est vraisemblable que, dans quatorze mois, l’administration Obama fera ses bagages ; il serait donc judicieux d’envisager une alternative. Celle-ci pourrait être simple. J’expose ici ma vision des choses.
Les accords d’Oslo sont morts depuis longtemps : disons, qu’avec la demande de reconnaissance d’un Etat palestinien présentée par Mahmoud Abbas à l’ONU, ils sont morts officiellement. Le gouvernement israélien devra trouver le moment opportun pour le dire. Le jour où il devra adresser des félicitations au prochain Président des Etats-Unis, en novembre 2012, (car je pense qu’il y aura un nouveau Président des Etats-Unis à partir de novembre 2012) me semblerait un moment opportun.
La Commission des Affaires Etrangères de la Chambre des représentants aux Etats-Unis, qui vient déjà de retirer deux cent millions de dollars d’aide à l’Autorité Palestinienne [puis de les débloquer, à la demande de la maison Blanche. Ndlr.], a, sur sa table, une proposition de loi coupant totalement l’aide américaine à l’Autorité Palestinienne, ainsi qu’une autre, proposant de réduire la contribution des Etats-Unis aux Nations Unies, visant la cessation du financement de l’UNWRA (l’Agence des Nations Unies pour le Secours et l’Action en faveur des Réfugiés Palestiniens).
Ces propositions, très sensées, pourront devenir effectives en fin d’année prochaine ou au début de l’année suivante avec le changement d’administration qui s’opèrera sans doute.
Le gouvernement israélien pourrait alors couper les ponts avec l’Autorité Palestinienne.
L’ONU, le cas échéant, ne fera rien, car le veto américain l’empêchera de faire quoi que ce soit.
L’Europe ne fera rien, sinon des gesticulations : un continent au bord de la banqueroute financière ne peut pas grand-chose. Hormis installer des islamistes au pouvoir à Tripoli peut-être ?
Le moment serait venu, dans ces conditions, de déclarer que la loi israélienne s’applique aux terres de Judée-Samarie non occupées par l’Autorité Palestinienne.
Quand celle-ci tombera, car elle tombera tôt ou tard, quitte à ce qu’il faille la pousser un peu pour cela (elle vit sous perfusion, et, sans soutien financier américain, sans liens avec Israël, la perfusion sera très amoindrie), la question des populations arabes de Judée-Samarie devra se trouver posée. Il faudra alors rappeler ce que j’écrivais plus haut, et que le gouvernement israélien disait lui-même avant les accords d’Oslo : un Etat arabe palestinien existe déjà, la Jordanie.
Il faudra rappeler que plus des trois quarts de la population de Jordanie est composée d’Arabes palestiniens, et que l’anomalie réside en cela que le pays est gouverné par une monarchie d’importation, venue de l’Arabie aujourd’hui Saoudite.
Il faudra rappeler, qu’avant 1967, les Arabes palestiniens vivant en Judée-Samarie, puisqu’à l’époque la Judée-Samarie était annexée par la Jordanie, étaient sous souveraineté jordanienne. Il faudra dire que ces gens doivent détenir la nationalité jordanienne, et doivent être traités à égalité de droits avec tous les Jordaniens, à l’instar des Palestiniens de Jordanie, qui possèdent encore, pour nombre d’entre eux, le statut de réfugiés.
Des gens de nationalité jordanienne pourraient avoir le statut de résidents en Israël et jouir, hormis le droit de vote, des mêmes droits que les habitants d’Israël, pour peu qu’ils ne se livrent pas à des activités criminelles, sans quoi ils devront être expulsés.
Le roi de Jordanie protestera, refusera, mais il n’est pas en position de protester ni de refuser longtemps : deux issues seraient envisageables, soit lui demander de cesser de se conduire de manière arbitraire et de sortir du mensonge, et, en ce cas, garantir sa position sur le trône, ou le laisser chuter, ce qui, dans le contexte du Proche-Orient tel qu’il évolue, peut survenir aisément.
La solution discutée par Guy Millière
Il n’y aura pas, je pense, si les choses devaient se passer ainsi, de guerre régionale : l’Egypte est à bout de souffle et ne survit que grâce à la perfusion américaine. La Turquie vocifère, mais se trouve dans une situation économique plus houleuse qu’il n’y paraît. La Syrie est aux abois. Les mollahs d’Iran veulent une position d’hégémonie, et non finir en cendres. Le retour probable d’un président digne de ce nom à la Maison Blanche calmera bien des ardeurs bellicistes chez les ennemis d’Israël.
On me dira, je sais, que ma vision des choses est provocante et irréaliste. Cette solution à deux Etats, l’un du côté est du Jourdain, l’Etat palestinien, créé sur les trois quarts des terres du Mandat britannique sur la Palestine, appelés aujourd’hui Jordanie, et l’Etat d’Israël, sur la rive ouest du Jourdain, jusqu’à la Méditerranée est, je le soulignerai aussitôt, très sérieusement discutée dans les think tanks conservateurs de Washington aujourd’hui.
Elle est prônée par des intellectuels palestiniens jordaniens en exil, tels Muhdar Zaran, qui écrit pour le Jerusalem Post et le site du Hudson Institute des articles remarquables. Elle rencontre l’adhésion d’un nombre croissant de membres de la Knesset appartenant à la majorité actuelle.
L’un d’entre eux, Arieh Eldad, dirigeant d’un petit parti membre de l’Union Nationale, vient de publier une brochure très complète sur le sujet appelée Two States for Two People on Two Sides of the Jordan (deux Etats pour deux peuples des deux côtés du Jourdain).
Par Stéphane Juffa
France2 : miroir de la normalisation de l’antisémitisme radical
Les sites Internet et les media communautaires israélites français, de même que les institutions juives, ont massivement et clairement réagi à la diffusion, cette semaine, d’une émission de la série "Un œil sur la planète", consacrée au différend israélo-palestinien.
Ils ont décrit, de manière suffisamment précise et objective, en général, les carences de ce documentaire, pour ne pas que nous ayons à y revenir en détail.
Il est vrai que le reportage de cette semaine a dépassé, dans la médiocrité journalistique, le bidouillage intentionnel de la vérité, et la promotion de la haine antijuive, tout ce qui avait été proposé jusque-là par une chaîne du service public.
Quoique… la Ména avait dénoncé la mise en scène, par des "confrères" tricolores, d’un assassinat "en direct" par Tsahal de jeunes Palestiniens, "parce qu’ils donnaient des coups de pied dans la barrière de sécurité". Cette mise en scène avait été réalisée dans la même émission d’ "Un œil sur la planète".
Cela s’était passé en février 2004, Ilan Tsadik avait alors consacré l’article Les émules d’Enderlin à un doigt de l’accusation de crime rituel à cette mystification. Patrick Boitet était déjà le rédacteur en chef de cette émission ; il avait commis l’imposture de 2004 en compagnie du reporter Thierry Thuillier. Une malversation criminelle, qui n’était, intrinsèquement, pas moins grave que celle d’Enderlin à Nétzarim, en 2000. Mais la conjoncture, ainsi qu’une espèce de reconnaissance des faits de la part de Thuillier, avaient fait qu’on en parla un peu moins.
Depuis, Thuillier est devenu directeur de l’information de France Télévisions, en remplacement d’Arlette Chabot, licenciée. Cette promotion participe à expliquer l’orientation choisie par les préposés au service public français dans leur couverture du Proche-Orient. Un choix politique, s’entend. Alors, que ceux qui l’ont coopté fassent l’économie de nous bassiner les oreilles avec leur prétendue lutte contre l’antisémitisme, car avec des nominations de ce genre, on n’aspire pas à le combattre mais de le propager !
La faute de Thierry Thuillier aurait, en considération de tous les critères éthiques en vigueur, dû lui valoir son congédiement séance tenante. Celle de Boitet, qu’on déprogramme son émission et qu’on l’éloigne du service public.
Cela n’a pas été fait ; on les a, au contraire, promus et encouragés dans leur dénigrement des Hébreux par tous les moyens possibles, y compris le mensonge et la mise en scène. C’est cela qui a conduit à la réalisation d’une émission comme "Un Etat palestinien est-il encore possible ?", diffusée lundi dernier.
Pour cerner l’étendue de la licence que ces ersatz de journalistes se sont appropriée dans la chasse aux Juifs : en 2004, ils s’étaient "émus" de ce qu’aucun media israélien n’avait parlé de l’assassinat par leur armée des shooteurs de grillage. Ils avaient attribué à la presse des Hébreux un désintéressement condamnable pour le sort des Palestiniens. Ils avaient donc accusé la presse israélienne de n’avoir pas couvert un événement qu’ils avaient inventé de toutes pièces, qui ne s’était pas produit dans la réalité, ailleurs que sur les écrans des téléspectateurs français.
L’émission de cette semaine fut, bien évidemment, de la même veine, à la différence qu’elle ne se focalisait plus sur un seul incident stigmatisant l’attitude "asphyxiante" des Juifs, mais sur une situation globale, entre eux et les Arabes.
A ce titre, la dernière livraison d’ "Un œil sur la planète", doit interpeler les gens qui réfléchissent ; en cela qu’elle indique le franchissement d’une étape supplémentaire dans la détestation officielle d’Israël – Fr2 est un media public -, et qu’il ne suffit pas de décrire le contenu fallacieux de ce qui a été montré, ni de pousser des cris légitimes de révolte – on ne perd son pucelage qu’une seule fois ! -, pour prendre la mesure de la nouvelle situation prévalant dans l’Hexagone à l’encontre des Juifs et d’Israël.
D’abord, de poser que le contenu du reportage de cette semaine est objectivement faux. Erroné, à 90%, d’un point de vue factuel et historique. Ce à quoi il faut ajouter la recherche d’effets à charge contre les Juifs, par le choix des sujets, des images et des personnages, en plus des traductions infidèles des langues étrangères en français, et de l’exercice consistant à remplacer, dans la bouche des personnes interviewées, des mots qu’ils disent, par ceux que les réalisateurs de l’émission avaient envie de faire entendre.
Bref, au niveau de l’objectivité fondamentale, de l’information brute communiquée dans cette émission, quant au fond et dans la forme, il s’agit purement et simplement d’un exercice d’intoxication ; d’une tentative d’influencer le téléspectateur afin qu’il développe (ou entretienne) de l’empathie à l’égard des Arabes et de l’hostilité à l’encontre des Juifs.
Au surplus, comme souvent dans ces cas de désinformation préméditée, la qualité des journalistes est également en cause. La volonté d’influencer la sensibilité du public ne va visiblement pas de pair avec un travail d’investigation de qualité.
Pour exemple de ce qui précède, ce commentaire de la voix off dans le reportage, au sujet des habitants juifs de la ville d’Hébron : "Forts de cet attachement biblique, des colons se sont installés à Hébron dès 1968"…
C’est faux, grossièrement mensonger ! Hébron est l’une des quatre villes saintes du judaïsme ; on y trouve le caveau de Makhpela, le lieu de sépulture présumé d’Abraham, de Sarah, d’Isaac, de Rébecca, de Jacob, de Léa, et même d’Adam et Eve.
Contrairement à ce qui est indiqué dans l’émission, une présence juive continue à Hébron a été maintenue pendant des millénaires, ce, quel qu’ait été le régime qui régnait sur la ville. Cette continuité est à ce point exceptionnelle, que les historiens la considèrent comme un évènement en tous points extraordinaire.
La présence des Juifs dans la ville des Patriarches n’a été que brièvement interrompue, par une action violente, en 1929. Cette année-là, 67 Juifs d’Hébron furent assassinés par des émeutiers et des policiers arabes.
Les survivants furent transférés, dans l’urgence, à Jérusalem par camions. Tous leurs biens et propriétés furent pillés par les habitants arabes.
Mais "Un œil sur la Planète" n’avait pas pour vocation de décrire la complexité de la double légitimité des Juifs et des Arabes sur Hébron. Lors, Etienne Lennhardt et ses camarades n’ont pas hésité une seule seconde à dénaturer la réalité pour la représenter aux yeux du téléspectateur sous la forme d’une dichotomie simpliste. Ils lui font croire que des Juifs extrémistes – les fameux "colons" - sont arrivés de nulle part, sous la protection des baillonnettes, en 1968, pour s’emparer des biens et des terres arabes. Et tant pis pour les millénaires de la légitimité indiscutable des Israélites à Hébron. Nous sommes en plein déni.
Médiocres, les fabricants de légendes fielleuses d’ "Un œil sur la Planète" ? Certes, quand dans le même souffle ils affirment, péremptoires, qu’aujourd’hui, 35 000 Palestiniens vivraient à Hébron !
En vérité, la casbah d’Hébron compte 200 000 habitants arabes palestiniens, la ville avec ses banlieues 400 000, et la grande région d’Hébron 700 000. Cette dernière démonstration ne visant qu’à prouver que ces pseudo-confrères n’ont pas la moindre idée de la réalité dans laquelle ils évoluent, et qu’ils étaient censés rapporter à l’intention des téléspectateurs.
Le trait de la stigmatisation des Juifs, le long du documentaire, est parfois si gras, qu’il pourrait prêter à sourire, si le genre n’était pas à ce point préoccupant ; à l’instar de ce vieux bédouin, montrant les étendues de sable vierge dans le désert de Judée, et s’exclamant : "C’est un désert par manque d’eau !".
Ouah ! Comme le Sahara ! On aborde ici le précipice du crime originel "commis" par les Juifs : ils sont à l’origine de la sécheresse mondiale, de l’existence des déserts, même s’il est clair, qu’avec de l’eau, beaucoup d’eau, et si les Juifs n’existaient pas, grâce aux Arabes palestiniens, tous les déserts de la planète seraient rapidement transformés en terrains de golf.
Cette forme de racisme hyper-primaire est plus que ridicule.
Sous le titre trompeur "Les 1000 visages de Gaza", les "confrères" s’essaient à propager leur décision : Gaza n’est pas un califat islamique, c’est un territoire encerclé et affamé par Israël, en dépit des quatorze kilomètres de frontière avec l’Egypte, auxquels ils n’attribuent aucune fonction dans ce pseudo blocus, se contentant d’exprimer que l’Egypte impose à son tour le siège aux Gazaouis à la demande des monstrueux Israéliens.
Depuis quand les gouvernements égyptiens obéissent-ils aux ordres de Jérusalem ? Où donc proposera-t-on cette ineptie crasse hors du cadre d’ "Un œil sur la Planète" ?
Et puis, "presque tous les Gazaouis aspirent à la paix" : c’est en tout cas le choix du message des réalisateurs de ce film de propagande, quand ils filment cette seule jeune fille, intrépide et tremblante, en chemise boutonnée et sans niqab, dans le coin d’un café de Gaza-city.
La voix off lui demande quel est son vœu pour le futur ? La jeune femme répond en anglais : mon vœux "is a peaceful place to live in". Ce qui signifie : mon désir est d’aller vivre dans un endroit où l’on vit en paix, donc de partir de Gaza. Or cette déclaration est traduite par "mon vœux, ce serait de pouvoir vivre en paix".
Evacuée, la peaceful place ! Introduit, en lieu et place, le vœu pieux des journalistes français : "presque tout le monde à Gaza aspire à vivre en paix".
Mais comment espérer vivre en paix lorsque l’on balance, spontanément, sans la moindre provocation, et souvent, sans engendrer de représailles, 10 000 roquettes sur les villages de ses paisibles voisins ?
La question n’a même pas effleuré les réalisateurs du documentaire, elle est sans doute hors-propos. Comme sont hors-propos les dispositions conservatoires prises, postérieurement à ces attaques, par les Israéliens, afin qu’elles deviennent plus difficiles à réaliser. Des dispositions qui sont considérées par les gens de France 2 comme autant d’actes agressifs et barbares.
On trouve également des formules orphelines parsemant le commentaire du documentaire. Comme celle-ci : "Aux Palestiniens (…) on rationne l’eau, beaucoup se découragent. Ils étaient 300 000 en 1967, ils ne sont plus que 80 000 aujourd’hui !".
80 000 ? Qui ? Où ? Ces chiffres ne se rapportent à rien du tout, pas même d’un point de vue philologique ; ils émergent d’un chapeau de magicien afin de "démontrer" que les éternels "colons" juifs s’emploient, jour et nuit, à trouver des astuces pour chasser les Arabes de leurs terres et s’en emparer.
En réalité, la population de Cisjordanie et de Gaza a plus que doublé depuis 1967. Mais le commando de désinformation de Patrick Boitet n’a visiblement rien à faire des chiffres réels et vérifiables. La vérité, ce sont eux qui la fabriquent !
L’ossature idéologique de l’émission de lundi dernier reste à reposer principalement sur un seul concept : le mot "colon". Il apparaît toutes les quelques phrases et à toutes les sauces. L’Israélien est un colon, le Juif est un colon, l’agresseur est un colon, le tourmenteur des braves Arabes palestiniens est un colon. Le colon, c’est le mal absolu, le monstre.
Ce documentaire constitue le paroxysme, à ce jour, du processus néo-existentialiste que j’avais identifié et décrié déjà en 2004, dans ma série d’articles intitulée "Une explication" [1].
On évolue ici dans le domaine de l’hyper-caricature ; une transposition simplificatrice du différend israélo-arabe, exécutée à l’intention du consommateur français. Pour "qu’il pense bien".
Le colon juif israélien, c’est la transposition récente du colon français en Algérie. Celui stigmatisé par Sartre et Fanon, le porteur de tous les maux, celui qui fait suer le burnous. Tandis que le Palestinien devient, forcément, dans la même dialectique, la victime de la France coloniale, le paysan algérien torturé à la gégène, exploité, massacré par centaines de milliers.
Peu importe que les habitants des implantations juives ne remplissent aucun des critères définissant, en science politique, les paramètres de la colonisation. Les media français ont décidé qu’il s’agissait de colons, de même que les instances officielles de l’Hexagone, ce seront donc des colons.
Et si ce sont des colons, cela confère aux Palestiniens, en suivant la doctrine existentialiste, le droit, à priori, d’utiliser la force la plus violente et extrême afin d’assassiner lesdits colons et la puissance colonisatrice qui les mande. Ils sont absous, globalement, génériquement, quoi qu’ils fassent. Avant même d’avoir commis leurs crimes.
Avant même d’avoir lancé une roquette de 25 kilos d’explosifs dans la salle à manger d’une famille débonnaire, d’avoir égorgé et décapité des nouveau-nés, d’avoir kidnappé des innocents, de les torturer, de les assassiner.
Au contraire, provisionne Fanon, plus la réaction contre le colon est radicale et extrême, et plus le processus de libération de l’opprimé est efficace. Il n’y a pas de dialogue israélo-arabe qui tienne. La reconquête de sa dignité, ne peut passer, pour l’opprimé, que par l’usage de la violence la plus sauvage possible. C’est dans Fanon.
C’est la doctrine que les journalistes français, dans leur quasi-totalité, emploient - par l’accolement indu du terme "colon" aux Israéliens -, afin de les délégitimer, et de donner raison, quoiqu’ils fassent, à ceux qui les agressent.
C’est pour cela, notamment, que l’association de mots "terroriste palestinien" n’apparaît pas dans les dépêches de l’AFP et, par conséquent, dans les media bleu blanc rouge : un opprimé ne saurait être un terroriste. L’assassinat systématique de civils, par des opprimés armés, ne constitue pas des assassinats collectifs de civils - terroristes par essence et définition -, mais des tentatives absolument légitimes de la part de victimes de la colonisation de recouvrer leur liberté.
C’est, du moins, la grille de lecture schattnerienne qui s’impose, lorsque l’on a pris le parti, comme l’écrasante majorité des journalistes et responsables politiques français, de transposer la doctrine existentialiste de Fanon et Sartre, au conflit proche-oriental. C’est idiot. Cela n’a ni queue ni tête. Cela participe d’un acte d’antisémitisme génocidaire, coulé dans une application usurpée d’une théorie, qui fut conçue et écrite pour des conflits d’un autre temps, d’autres lieux, et pour d’autres belligérants.
Même si, dans les autres langues, les commentateurs ne disent ni ne pensent "colons" !
Même si aucun des intervenants arabes du film n’emploie le mot colon ! Pour la raison qu’il leur est inconnu, qu’il ne participe pas de leur phraséologie, mais du combat, à disposition pathologique, des journalistes français.
Par Raphaël Delpard
Voici un texte qui relate brièvement comment s’est opéré, après la Guerre des Six Jours, le changement de stratégie de la Ligue et des Etats arabes à l’égard d’Israël, ainsi que le déplacement de la grille de lecture, qui ont abouti à la situation que nous connaissons aujourd’hui.
Avec, en parallèle, la question qui agita très sérieusement les milieux musulmans et ceux d’ailleurs, à savoir, si Israël se trouvait sous la protection de Dieu ?
Les représentants de la Ligue et des Etats arabes finissent par convenir, du moins officieusement, que l’affrontement traditionnel avec les sionistes est voué à l’échec. Trois guerres successives ont vu les Juifs triompher. Y compris celle de Kippour, qui, pourtant, avait commencé à leur désavantage.
Dans certains milieux intellectuels en France, et dans les pays musulmans, on se demande même si Israël ne serait pas sous la protection d’une force divine. En effet, si l’on prête une quelconque attention à la permanence du chiffre 7 dans l’histoire et la tradition du peuple juif, on peut légitimement être intrigué.
On constate que le chiffre 7 apparaît 77 fois dans l’Ancien Testament, et que Dieu y est désigné de sept façons différentes. « Les Hébreux y voyaient le symbole de la totalité humaine, mâle et femelle », écrit le journaliste Jacques Derogy.
Les sept sceaux ferment le livre des Prophétiques. Sept anges sont les ministres de sept fléaux. L’arche de Noé avait embarqué, sept jours avant le Déluge, sept couples d’animaux purs et sept paires d’oiseaux.
Joseph rêvait, à travers Pharaon, de sept vaches maigres et de sept vaches grasses, de sept épis vides, et de sept épis pleins…
Le septième jour du siège de Jéricho, sept servantes héréditaires du Temple firent sept fois le tour de la ville, dont les murailles tombèrent au son de sept cornes de bélier.
Salomon mit sept ans à bâtir le temple de Jérusalem, qui comptait sept marches.
On peut ajouter que le calendrier hébraïque compte sept jours, et quantité d’autres occurrences de ce chiffre hautement symbolique, des sept jours originels dans la Genèse, aux sept branches du chandelier sacré.
La Menora, le chandelier à sept branches, emblème de l’Etat d’Israël, trônant devant la Knesset
Et les dates.
En août 1917, le Congrès de Bâle voit la naissance du mouvement sioniste. Son expression est une charte politique et culturelle, reconnaissant, par le droit international, la constitution d’un foyer juif en Palestine pour les rescapés des pogroms et les persécutés de la diaspora.
Au mois de novembre 1917, la Déclaration de Lord Arthur Balfour, ministre des Affaires Etrangères britanniques, reconnaît qu’il y a nécessité pour les Juifs, dispersés à travers le monde depuis leur défaite devant les Romains, de pouvoir revenir sur leur terre ancestrale.
Cinquante ans plus tard, en 1947, de Port Bouc, en France, un bateau prend clandestinement la mer, bourré de réfugiés, dont l'objectif est de se rendre en Eretz Israël pour y vivre. L’aventure sera connue dans le monde sous le nom d’Exodus (le nouvel exode, par rapport à celui de Moïse), et provoquera le vote historique de novembre 1947 des Nations Unies à New York, portant sur la création de l’État juif.
1967 : la coalition arabe s’écrase devant l’armée juive.
1977 : l’Égyptien Sadate fait le voyage historique en Israël.
Le rapprochement des dates qui viennent d’être citées a longtemps perturbé, à l’époque, les dirigeants arabes et les a conduits à réfléchir autrement sur les moyens à employer pour éliminer Israël.
Or, malgré tout ce que cette approche numérologique peut avoir de troublant, il n’est venu à l’esprit d'aucun dirigeant arabe, après 1967, qu’Israël, avant d’être – éventuellement – un peuple « protégé », était surtout une communauté humaine. Les succès militaires sont la conséquence de sa volonté opiniâtre de vivre en paix sur la terre qui l’a vu naître.
L’opposition des Arabes au vote de 1947 de l’ONU signifie deux choses. D’abord, le non-respect des décisions prises par les Nations Unies, dont les États Arabes sont membres, et ensuite, qu’ils reconnaissent de facto à tous les peuples le droit de posséder une terre, les Juifs seuls étant exclus de ce droit.
Devant le constat de l’impossibilité d’éliminer les sionistes, pourquoi le bon sens n’a-t-il pas commandé d’interrompre l’action meurtrière désormais inutile ? La haine antijuive, dont les dirigeants arabes ont nourri les masses, les a-t-elle enfermés à leur tour ?
C’est bien possible, car nous voyons, à leurs gesticulations, qu’ils sont effectivement enfermés dans la spirale diabolique, et qu’ils ne savent pas comment en sortir.
Revenons après 1977.
La Ligue arabe fait appel au parti Baas, et propose à ses têtes pensantes de réfléchir à l’élaboration de nouvelles actions. Les chercheurs sollicités s’aperçoivent que la solution de la problématique tient tout entière dans la grille de lecture que l’on choisit.
Dans les pays occidentaux, les Juifs et les Arméniens constituent les peuples errants.
L’errance de chacun de ces deux peuples est liée à son histoire propre. L’événement marquant pour les Arméniens est le massacre d’un million des leurs, en 1915, par les Turcs. Cette page douloureuse, si elle n’explique pas leur dispersion pour les profanes, semble figée dans un moment de leur parcours, tandis que les Juifs ont accumulé les malheurs depuis la destruction du second Temple.
Ils ont été pourchassés et massacrés à toutes les époques, dispersés autant que les Arméniens à travers le monde ; ils n’ont pu, à l’inverse de ceux-ci, revenir à l’endroit duquel ils étaient partis, car cela leur a été interdit pendant des siècles.
Les chercheurs du Baas comprennent qu’il faut donc opérer le glissement d’un peuple à l’autre. Les Palestiniens doivent remplacer les Juifs et devenir le peuple errant au regard du monde.
Il faudra évidemment imposer cette image à la collectivité internationale ; des experts en communication seront requis qui y pourvoiront. Le mot « réfugié », auquel on accole des photographies de camps de transit en noir et blanc, sans fournir la moindre explication sur l’existence et le fonctionnement de ceux-ci, accentue l’image de « victime » qui doit être donnée au « peuple spolié ».
Le théorème subtilement diffusé s’emploie à soutenir deux démonstrations. La première consiste à faire remarquer que les Juifs, finalement, ne sont guère différents des autres peuples ; l’illustration en est donnée avec le traitement « inhumain » qu’ils infligent aux Palestiniens.
La deuxième démonstration laisse entendre que, si les Juifs ont été massacrés au cours des siècles, c’est qu’il devait bien y avoir une raison, comme un secret qui n’aurait pas été révélé !
Lundi, 21h30 à Metula et à Paris
Le village de Touba fait, ce lundi, les gros titres de l’actualité en Israël, ainsi que ceux des pages internationales des media étrangers, car des inconnus ont bouté le feu à la mosquée locale, qui a été entièrement ravagée par les flammes.
Un flot extraordinaire d’inepties est cependant rapporté par la presse, tant domestique qu’étrangère, au sujet de cet incident fâcheux. A commencer par le fait que le nom complet du bourg en question s’énonce Touba-Zangariyya, non Touba. A la Ména, nous sommes familiers des évènements touchant à ce village de 6 000 habitants, car ils sont nombreux et c’est vraiment un endroit très spécial.
Affirmons-le d’entrée : l’incendie de cette mosquée n’a strictement rien de politique. Avant même que la police ne rende ses conclusions – elle a déjà arrêté un certain nombre de suspects -, nous sommes en effet en mesure d’avancer qu’il s’agit d’un règlement de comptes, et non d’une péripétie du différend arabo-israélien.
Touba-Zangariyya se situe à l’extrémité sud du doigt de la Galilée, dans un paysage féérique surplombant le lac de Tibériade, et Metula, tout au nord de celui-ci. La distance entre les deux se parcourt aisément en voiture en une vingtaine de minutes.
Là s’arrêtent les points de comparaison entre les deux agglomérations, car, et cela n’a été pour l’instant mentionné nulle part, Touba-Zangariyya, c’est Dalton city ! Un village atypique, le seul peuplé exclusivement de bédouins dans la région, qui n’ont pas grand-chose en commun, dans leurs traditions et leur mode de vie, avec leurs voisins, qu’ils soient d’ailleurs juifs ou arabes.
La police ne franchit jamais les limites de ce village, tant la vie des gendarmes se trouve immédiatement menacée, dès qu’un képi se pointe en ce lieu mal famé. Les forces du maintien de l’ordre, lorsqu’elles s’aventuraient à Touba-Zangariyya, se faisaient immédiatement caillasser par des bandes de jeunes, et cela finissait presque toujours par des jets de cocktails Molotov et autres projectiles incertains.
La gestion du village bédouin pèse, depuis de nombreuses années, sur le poste de police voisin, au point qu’on lui a fait changer déjà trois fois de nom. La gendarmerie s’est d’abord appelée Gendarmerie de Rosh Pina (la ville la plus proche), puis Tzakhar, et enfin Yarden (Jourdain).
On a déjà également remplacé plusieurs fois tout le personnel de ce commissariat, mais rien n’y fait : les méthodes des gardiens de la paix israéliens sont toujours trop douces pour traiter le crime organisé qui sévit dans l’agglomération bédouine.
Les clans du village maudit se sont spécialisés dans la délinquance. Ils sont la terreur des éleveurs de bétail des kibboutz avoisinants, Shamir, Lehavot Habashan et Snir. Les voleurs de vaches s’intéressent principalement aux veaux, dont la valeur marchande s’établit entre six et sept mille shekels par tête, soit aux alentours de 1 350 euros. Ils préfèrent naturellement les veaux aux vaches, qui ne se vendent qu’entre trois et quatre mille cinq cents shekels sur le marché de la viande, et qui sont plus difficiles à transporter.
Les éleveurs, pour tenter de faire face aux voleurs, très organisés, qui lancent des raids avec des camions pratiquement chaque nuit, ont constitué des patrouilles de protection, mais celles-ci, non armées, ont du mal, elles aussi, à s’opposer à la violence des voyous.
Ces derniers ne se contentent pas de s’en prendre au bétail. Il y a quelque temps, ils se sont attaqués, nuitamment, à la zone industrielle de Tzakhar, où ils sont parvenus à déboulonner et à emporter tous les panneaux de signalisation ainsi que les lampadaires, pour les métaux qu’ils contenaient. Le butin de ce seul raid s’était alors élevé à 800 000 shekels, circa 160 000 euros.
Les smalahs de malfaiteurs de Touba-Zangariyya se sont également spécialisées dans le vol des compteurs de débit d’eau, installés dans les exploitations agricoles avoisinantes ; ce, pour leur forte teneur en cuivre, dont le prix ne cesse de grimper.
Ils n’hésitent même pas à s’en prendre aux transformateurs d’électricité, et ce, d’une façon assez particulière : ils attachent des câbles à certaines parties du transformateur et les tractent violemment derrière leurs 4x4. Ils génèrent ainsi une explosion qui fait voler le transformateur en éclats et leur libère l’accès, sans péril, au cuivre qu’il contient.
De plus, Touba-Zangariyya est probablement l’un des villages les moins politisés du Moyen-Orient. Les habitants, constitués en clans, puissants et armés, sont par trop occupés à piller les richesses de leurs paisibles voisins, et à se livrer une guerre des gangs interne ininterrompue, pour se soucier des disputes entre Juifs et Arabes.
Traverser leur village est une opération téméraire. On voit parfois des gens lancer des grenades dans le salon d’une famille adverse ou prendre des otages. La violence extrême y règne en système de fonctionnement, et l’une des coutumes morbides des habitants consiste à couper les testicules des mâles des clans concurrents.
Souvent, les choses ne s’arrêtent pas là, et les règlements de comptes engendrent la mort d’homme. C’est ainsi que le chef du clan Farhan est récemment tombé dans une embuscade dont il ne s’est pas relevé vivant. Une autre grande famille de Touba-Zangariyya, dont le seul nom terrorise toute la vallée du Jourdain, est la smalah des Ali, qui a également perdu nombre de ses membres lors d’altercations violentes.
Dans ces conditions, on comprend qu’on ait mal interprété les inscriptions "Tag Mekhir" (prix à payer, monnaie de votre pièce, prix de vos forfaitures), que l’on a retrouvées à proximité immédiate de la mosquée incendiée.
Il est encore trop tôt pour nous de désigner les coupables de cet acte criminel et stupide. Mais les ennemis des Bédouins de ce lieu-dit mal famé du doigt de la Galilée ne manquent pas. Ils sont en fait légions, les nomades ayant réussi l’ "exploit" de se faire craindre et détester par toutes les autres communautés qui peuplent la vallée.
Il n’est pas du tout dit que ce soit des Israélites qui aient mis le feu à l’édifice religieux. Il y a tout juste quarante minutes, l’un de nos reporters entendait encore, parmi les enquêteurs de la police, la remarque suivante, fuser de manière récursive : "il faut être complètement cinglé pour pénétrer dans Touba-Zangariyya !".
Parmi les enquêteurs, on envisage ainsi que l’incendie de la mosquée constituerait la conséquence de l’une de ces incessantes luttes de clans qui sévissent dans la bourgade.
Ce qui est certain, c’est que les habitants des implantations juives de Judée et Samarie n’ont rien à voir avec cet incident. D’abord, parce que les premières implantations sont fort éloignées du théâtre du crime, et ensuite, parce que rien n’oppose les habitants des implantations – même les plus extrémistes d’entre eux – à ceux de Touba-Zangariyya. Ce village, en effet, se situe profondément à l’intérieur de la ligne verte, et son appartenance géographique à Israël n’a jamais été remise en question par quiconque. C’est une fausse piste.
Il y a quelques heures, trois cents Arabes israéliens de la région se sont réunis pour manifester leur colère face à l’embrasement d’un lieu de culte musulman. Si l’on comprend leur révolte, on redoute une instrumentalisation d’un acte de banditisme à des fins nationalistes.
Car, jusqu’à maintenant, la cohabitation entre les nombreuses communautés, très éclectiques, qui peuplent notre vallée, se passe plutôt bien. Les musulmans sunnites, les Druzes du Golan, les habitants des villes de peuplement, comme Kiryat Shmona et Khatzor, les villages anciens, comme Metula et Rosh Pina, les kibboutzim, les mochavim, ainsi que les deux villages tcherkesses, cohabitent dans une paix durable et harmonieuse.
Le crime commis contre cette mosquée constitue un acte irresponsable, à une quinzaine de kilomètres à vol d’oiseau de la frontière syrienne, et à une quarantaine de la ville de Deera, qui représente l’épicentre de l’affrontement entre la junte des Al-Assad et la population syrienne.
Israël est réellement une démocratie, et quels que soient les griefs justifiés que pourraient nourrir des victimes du banditisme du village bédouin, il est hors de question que les citoyens fassent régner la justice à la place de la justice.
Il est encore plus méprisable qu’ils s’en prennent à un lieu de culte, alors qu’il n’est jamais survenu, dans toute l’histoire de l’Etat d’Israël, que les autorités de ce pays détruisent une mosquée. Au contraire, elles s’activent à restaurer les anciennes.
Guy Millière
Le grand poète et essayiste canadien David Solway, dans un récent article de Frontpage Magazine, posait la question de savoir si Obama était criminel ou incompétent. C’est une question qui mérite effectivement d’être posée, et tenter d’y répondre permet de poser un regard d’ensemble sur le personnage.
Du côté de l’incompétence, on peut retenir que Barack Obama, dans son passé, n’a jamais géré quoi que ce soit, pas même sa propre campagne électorale en 2008. On peut aussi considérer que les lectures qu’il a effectuées en matière d’économie, de son propre aveu, se sont limitées à quelques pages de Karl Marx, ce qui est plus qu’insuffisant. On peut, enfin, discerner que sa vision géopolitique du monde se limitait à ce qu’il pouvait lire chez ses amis Rashid Khalidi et Ali Abunimah, deux extrémistes pro-palestiniens, ce qui laissait présager le pire.
C’est une réalité, qui est de plus en plus reconnue : Barack Obama est le président le plus incompétent à avoir occupé la Maison Blanche depuis la fondation des Etats-Unis. Comme l’a écrit Thomas Sowell dans son livre Dismantling America (Ruiner l’Amérique), « avoir placé un homme aussi dépourvu de qualités intellectuelles et de connaissances dans la position de responsable de la première puissance du monde, en un temps de dangers internationaux extrêmes, est un geste irréfléchi de la part des électeurs américains, et davantage que consternant ».
Cela dit, en sus de l’inaptitude d’Obama à gouverner, il n’est pas raisonnable de faire l’économie d’envisager ses intentions criminelles. Ceux qui l’auraient oublié doivent se souvenir de ce que je n’ai cessé de rappeler aux rêveurs et aux praticiens de l’aveuglement volontaire : Obama vient de l’extrême gauche. Il a eu et a toujours, parmi ses fréquentations, outre Rashid Khalidi et Ali Abunimah, Bill Ayers et Bernardine Dorn, terroristes non repentis et professeurs d’université à Chicago.
Il est un disciple du maître à penser de la gauche radicale américaine, Saul Alinsky, au point qu’il a enseigné ses thèses. Il est arrivé au pouvoir porté par des organisations telles qu’ACORN, Association of Community Organizers for Reform Now (l’Association des Organisateurs de la Société pour une Réforme Immédiate), qui ont une responsabilité essentielle dans la crise des prêts subprime et dans la crise financière qui en a découlé, et que connaît le monde aujourd’hui. Il a eu, en accédant à la présidence, des projets méphitiques, qui ont conduit à des résultats destructeurs.
Sur le plan intérieur américain, il a détraqué profondément l’économie et entend continuer sur sa lancée. Le « plan de stimulation de l’économie », qu’il a fait voter en février 2009, n’a, comme c’était prévisible et prévu par de nombreux économistes, stimulé que l’endettement, abyssal désormais, n’a créé quasiment aucun emploi, ni relancé aucune croissance ; en revanche, il a gaspillé des centaines de milliards de dollars en vain.
La réforme du système de santé, qui n’est pas encore en place, fait peser le spectre d’une augmentation de charges sur toutes les entreprises, et celui d’une prise en main par le gouvernement fédéral des assurances, hôpitaux, et des laboratoires pharmaceutiques.
Aujourd’hui, sur un mode qui ressemble à de la provocation, et pour bien montrer qu’il entend poursuivre dans la même direction et ajouter de la destruction à la destruction, dans un contexte où le chômage se maintient au-dessus de neuf pourcent, où la croissance est absente, et où la pauvreté explose, il ne trouve rien de mieux à faire que proposer un « plan de stimulation » numéro deux.
Un projet composé exactement des mêmes ingrédients que le premier, et qu’Obama appelle, cyniquement, « plan pour l’emploi ». Et il ajoute à ce « plan » un projet d’augmentation massive des impôts sur les revenus de l’investissement, qui semble destiné à dissuader tout investisseur qui voudrait investir.
Dès lors que le Congrès, où les Républicains possèdent, depuis novembre 2010, la majorité à la Chambre des représentants, ne votera ni le « plan de stimulation numéro deux », ni le projet d’augmentation massive des impôts, on ne peut voir là autre chose que la recherche d’un blocage, ne pouvant conduire qu’à un maintien du chômage à son niveau actuel, un retour à la récession, et une augmentation supplémentaire de la pauvreté.
Sur le plan extérieur, Obama veut détruire l’hégémonie américaine telle qu’elle existe depuis la fin de la guerre froide. Et, dans la région cruciale du monde qu’est le Proche-Orient, il est déjà très largement parvenu à ses fins.
Avant Obama, les Etats-Unis comptaient plusieurs alliés majeurs dans la région : Israël, bien sûr, mais aussi la Turquie, l’Egypte et l’Arabie Saoudite. Grâce à la stratégie mise en place sous la présidence Bush, la Libye coopérait elle aussi avec les Etats-Unis.
Obama pris en flagrant délit tentant de déplacer le Mur des Lamentations
pour le remettre aux Arabes…
Aujourd’hui, le dernier allié qui reste aux Etats-Unis est Israël, pays qu’Obama a tout fait pour isoler et placer dans une position de danger accru. La Turquie a nettement basculé vers l’islamisme, l’Egypte aussi.
L’Arabie Saoudite a pris ses distances avec les Etats-Unis après le lâchage de Moubarak. Quant à la Libye, elle est gouvernée aujourd’hui par des islamistes « modérés », liés à l’AKP d’Erdogan et aux Frères Musulmans égyptiens.
Les arsenaux de l’armée libyenne sont pillés par Al Qaeda et par l’Iran. L’attitude actuelle de l’Autorité Palestinienne, de même que les pressions exercées sur Israël aux Nations Unies, sont le résultat direct de la politique d’Obama au Proche-Orient.
Et le discours qu’il a prononcé le 21 septembre dernier ne doit pas faire illusion : il contenait d’ailleurs une référence aux « nouvelles bases » qu’il avait posées en mai dernier, lorsqu’il avait évoqué les « frontières de 1967 ». Avec un « ami » comme Obama, Israël n’aurait pas besoin d’ennemis, et Obama a multiplié le nombre des ennemis d’Israël.
Barack Obama, pour évoquer une autre zone du monde, vient de refuser la fourniture de matériel militaire à Taïwan (des chasseurs F-16), afin de satisfaire le gouvernement de Pékin, ce qui ouvre la porte à une hégémonie de Pékin sur la mer de Chine. Les accords de désarmement américain unilatéral passés avec la Russie ont eux-mêmes représenté des concessions majeures et délétères.
Bien d’autres éléments pourraient être ajoutés au dossier. Les détournements de fonds et les faillites frauduleuses, telle celle de la firme Solyndra, qui a englouti cinq cent milliards de dollars venus de la poche des contribuables américains !