Frappes israéliennes en Syrie (011409/20) Version imprimable
lundi, 14 septembre 2020

 

Métula, lundi, 19h15 à Métula, 18h15 à Paris

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa et Jules Mazouz ont participé à  cette dépêche

 

Ce lundi, d’après des sources concordantes et vérifiées par nos soins, des appareils du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, ont attaqué une position de l’Armée iranienne dans les environs de Boukamal [carte] à proximité de la frontière irakienne.

 

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Vue globale

Service cartographique © Metula News Agency

 

Le raid, probablement effectuée par des chasseurs-bombardiers furtifs F-35, a coûté la vie à neuf miliciens chiites irakiens au service de la "République" Islamique d’Iran ainsi qu’à trois militaires gouvernementaux syriens dont un officier.  

 

Il y a quelques minutes, Michaël Béhé est parvenu a réaliser une brève interview téléphonique d’un aide-soignant à l’hôpital de Boukamal. Ce dernier a ajouté que sept autres miliciens et militaires avaient été blessés lors de l’intervention, dont deux grièvement.

 

Ces personnels gardaient un important dépôt d’armes et de munitions formé de plusieurs bâtiments qui ont été intégralement détruits.

 

De nombreuses ambulances ont été vues sur le lieu des frappes.

 

D’autre part, vendredi matin, à 1h34 précisément, deux autres F-35 (probablement) ont pris pour cibles les deux édifices d’une fabrique d’assemblage de missiles iraniens dans la zone industrielle d’al Safir, à une vingtaine de kilomètres au sud-est d’Alep [carte]

 

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La zone de l’attaque à al Safir

L’étoile symbolise l’emplacement de l’usine

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Comme on le distingue sur cette image satellitaire AVANT-APRES de l’agence israélienne ISI, spécialisée dans ce genre d’images, le bâtiment du haut (mais le plus au Nord en réalité, l’image ayant été inversée pour les besoins graphiques) qui contenait les explosifs ainsi que le carburant pour missiles a été totalement oblitéré. La seconde explosion, celle des stocks contenus dans ledit bâtiment, l’a totalement rasé.

 

L’autre bâtiment, qui accueillait les appareillages techniques et les structures des missiles a été sévèrement endommagé. Le matériel qu’il contenait a été détruit et n’est plus utilisable.

 

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La Carte AVANT/APRES d’ISI

 

SANA, l’agence d’information du gouvernement syrien et l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, avaient annoncé le raid de vendredi. Ils avaient déclaré que certains des missiles air-sol israéliens Dalila avaient été abattus en vol, ce que l’étude détaillée des ruines exclut catégoriquement.

 

Aucun des moyens antiaériens présents sur le sol syrien n’est technologiquement capable d’intercepter des missiles de ce type ains que les appareils furtifs qui les lancent.

 

Selon des sources kurdes (non vérifiées) de la région, quatre militaires iraniens ou des supplétifs irakiens ou libanais ont péri lors de ce raid et neuf autres ont été blessés.

 

Cette zone industrielle, relativement éloignée de la frontière israélienne (347km de Métula, le point le plus proche), a déjà été plusieurs fois attaqué chirurgicalement par le Khe’l Avir. Il est plus que probable que les équipements avaient été transportés dans la région par des avions-cargos qui se sont posés sur l’aéroport d’Alep [carte].

 

Les gouvernementaux syriens et leurs alliés iraniens ont bâti des usines d’armement dans cette zone industrielle ainsi qu’au nord de l’aéroport, à proximité immédiate de bâtiments industriels civils et d’autres constructions à usage militaire, actuellement inoccupés ou abritant des équipements sans intérêt stratégique.

 

Les missiles de cette fabrique étaient destinés au contingent iranien en Syrie et au Hezbollah au Liban.