Frappes terrestres de Tsahal dans le Golan syrien (012110/20) Version imprimable
mardi, 20 octobre 2020

 

Métula, nuit de mardi à mercredi, 02:00 à Métula, 01:00 à Paris,

 

Stéphane Juffa et Jules Mazouz ont participé à cette dépêche

 

Ce mardi soir, vers 23h15 locales, des chars et de l’artillerie de Tsahal ont visé et anéanti plusieurs objectifs situés dans le cercle orange sur la carte ci-dessous.

 

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Le plateau du Golan avec la zone des incidents de ce soir

Service cartographique © Metula News Agency

 

Des media au demeurant respectables ont rapporté cette information en citant une dépêche de l’agence officielle du gouvernement syrien SANA, et une agglomération du nom de al-Hurriyah [ara. : la liberté] à proximité de laquelle les cibles se situeraient.

 

Nous avons vérifié les nouvelles en arabe, en anglais et en hébreu du site officiel de SANA, et cette information n’y figure pas. [http://www.sana.sy/]

 

De plus, nous ne connaissons pas d’agglomération dans le Golan appelée al-Hurriyah, et nous nous faisons fort de bien connaître la plupart des conurbations des parties israélienne et syrienne du plateau du Golan.

 

En dépit de ces fausses informations, nous sommes en mesure de confirmer que plusieurs attaques quasi-simultanées ont bien été menées dans la zone/province de Kuneitra. Elles ont été conduites à l’artillerie lourde, en corrélation avec des chars qui ont tiré des missiles Tamouz.

 

Selon nos propres sources, trois positions de l’Armée gouvernementale syrienne ont été ciblées et totalement détruites, ainsi qu’un véhicule blindé.

 

Nous ignorons le bilan de ces attaques, mais il est peu probable qu’elles n’aient pas causé de victimes.

 

Au moins une de ces bases accueillait des miliciens libanais du Hezbollah, et une autre, des militaires gouvernementaux syriens. Nous n’avons par de précisions concernant la troisième.

 

Ces positions servaient à espionner celles de Tsahal en territoire israélien en vue de préparer des attentats et des embuscades. Elles se situaient entre les lignes Alpha [cercle bleu plein sur la carte] et la ligne Bravo [cercle rouge], qui constituent la frontière de facto entre les deux pays.

 

Ce territoire matérialisé par des cercles blancs pleins sur la carte est une zone démilitarisée décidée lors des Accords de désengagement de 1974 qui ont suivi la Guerre de Kippour. Damas n’est pas autorisé à déployer son armée dans cette zone ni à permettre à d’autres soldats ou miliciens, principalement iraniens et libanais, de s’y positionner.

 

A 02:00 locales, la situation est calme sur le Golan et dans le Doigt de la Galilée. L’Armée israélienne n’a pas commenté ces incidents.