Gaza : la situation (011407/18) Version imprimable
samedi, 14 juillet 2018

 

© Metula News Agency

 

23h10 à Métula samedi, 22h10 à Paris

 

Depuis hier (vendredi), les miliciens islamistes de la Bande de Gaza ont tiré 190 roquettes et mortiers en direction d’Israël, dont une centaine depuis 15h ce samedi. Le Dôme de fer en a intercepté 39. Tous les projectiles palestiniens ont explosé entre 500 mètres et 10km de la barrière de sécurité. Tsahal a fait savoir que si des roquettes dépassaient cette distance, il élèverait le seuil de ses ripostes.

 

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Tir de roquettes depuis le centre de Gaza

Source : Armée de Défense d’Israël

 

Durant la même période, les sirènes d’alerte ont retenti 160 fois dans le pourtour de Gaza et jusqu’à Ashkelon. Deux projectiles sont tombés sur la ville de Sdérot, l’un aux abords d’une synagogue, l’autre dans le jardin d’une maison individuelle, au moment précis où Ilan Tsadik communiquait sur place son rapport à la rédaction de Métula. [Regarder la vidéo saisissante de l’une des explosions à Sdérot].

 

Il n’a pas été atteint, mais les quatre occupants de la maison individuelle ont été légèrement blessés. Ils ont été conduits au Centre Médical Barzilaï à Ashkelon pour y être soignés.

 

De son côté, le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, a mené quarante raids dans l’enclave palestinienne, visant deux tunnels d’attaque ainsi qu’un immeuble élevé du camp de réfugiés de Shati, qui servait de centre d’entraînement au Hamas. Le Quartier Général de la brigade Bet Lahia du Hamas a également été oblitéré, ainsi que divers entrepôts d’armes et de munitions, des ateliers de fabrication d’armes et des centres logistiques.

 

Deux Palestiniens ont été tués lors des frappes aériennes et quinze autres blessés.

 

D’autre part, deux émeutiers palestiniens ont été abattus par l’Armée alors qu’ils tentaient de franchir la barrière de sécurité. L’un des deux est décédé ce samedi à l’hôpital des suites de blessures subies la veille, l’autre, sur le coup, pendant qu’il escaladait le mur.

 

Le porte-parole de l’Armée a indiqué que la démolition des deux tunnels était intervenue en riposte aux blessures infligées à l’un de ses officiers par un émeutier ou un milicien, qui a lancé une grenade offensive au-delà de la clôture de sécurité dans le nord de la bande côtière.

 

Tsahal avait averti le Hamas la semaine dernière par l’intermédiaire de l’Egypte qu’il aurait recours à une réplique militaire sévère si les largages de cerfs-volants et de ballons incendiaires se poursuivaient.

 

Le Caire ainsi que d’autres capitales jouent actuellement les médiateurs entre Israël et le Hamas afin de tenter d’enrayer l’escalade.

 

Un porte-parole du Hamas a toutefois déclaré ce samedi que "l’escalade et l’intensification de l’agression israélienne ne parviendront pas à imposer un nouvel ordre du jour et à faire cesser la "Marche du Retour". Les "forces de la "Résistance" ne laisseront pas Israël poursuivre ses attaques contre le peuple palestinien", a poursuivi le représentant de la milice islamiste, "et nous serons prêts à y faire face".

 

Le Premier ministre Binyamin Netanyahu a déclaré pour sa part : "Nous allons augmenter notre riposte autant que nécessaire. Si le Hamas ne saisit pas le message aujourd’hui, il le saisira demain".

 

Le Lieutenant-colonel Jonathan Conricus, porte-parole de Tsahal, a déclaré ce samedi lors d’une téléconférence de presse : "Les raids de samedi constituent la plus importante opération diurne du Khe’l Avir dans la bande de Gaza depuis la guerre de 2014. Le Hamas a dépassé les bornes avec sa soi-disant "Marche du retour", qui consiste dans les faits en des actes de violence, des attaques contre la clôture de sécurité, des tirs de roquettes contre le territoire israélien et des lancements de ballons et cerfs-volants incendiaires".

 

A moins de graves développements nocturnes, le cabinet israélien discutera de la détérioration de la situation dans le Sud lors de sa réunion de demain [dimanche].

 

Quant à l’AFP, reprise telle quelle par la plupart des supports médiatiques francophones, elle a résumé les évènements autour de Gaza par le titre de sa dépêche suivant : "Raids israéliens sur Gaza, deux adolescents tués", et n’a nulle part mentionné le tir des 190 roquettes et mortiers sur le territoire israélien.  

 

On lit également dans le corps du câblogramme de l’agence de presse officielle du gouvernement français : "Depuis le 30 mars, la frontière entre la bande de Gaza et Israël est le théâtre de manifestations contre le strict blocus israélien et pour le "droit au retour" des Palestiniens chassés de leurs terres (…)".

 

Il ne s’agit pas d’une information mais d’une fake news, d’une ineptie et d’un acte de propagande en faveur d’une organisation terroriste islamique, classifiée comme telle par l’Union Européenne. En effet, Israël n’a pas la capacité matérielle d’imposer un blocus à la bande de Gaza, qu’il soit strict ou non. Israël ne contrôlant pas tous les territoires entourant la bande côtière, qui dispose d’une frontière de 14 kilomètres avec l’Egypte.

 

On n’est guère plus honnête du côté de Piotr Smolar et de son employeur Le Monde, où l’on affirme, noir sur blanc, que "côté gazaoui, plus d’une cinquantaine de tirs de roquettes et de mortiers ont été initiés". A 140 roquettes près, c’est parfaitement exact ! Délit d’initiés ?