Gaza : un mardi de combats (011105/21) Version imprimable
mardi, 11 mai 2021

 

© Metula News Agency

 

Michaël Béhé, Stéphane Juffa, Jules Mazouz, Ilan Tsadik, et des observateurs de la Ména à Ashkelon, Sdérot, Jérusalem et Gan Yavné sont mobilisés pour suivre et analyser l’évolution de la situation.

 

Métula, mardi, 19h33, 18h33 à Montpellier

 

Le Général Aviv Kokhavi, le chef d’état-major de l’Armée israélienne, a un plan. Un plan destiné à faire en sorte qu’à la fin de la confrontation actuelle avec les organisations terroristes islamiques de Gaza, le Hamas et ses complices n’aient plus l’envie ni les moyens de renouveler leurs agressions pendant assez longtemps.

 

C’est la limite objective supérieure de ce qui est à portée de main sans réoccuper la bande de Gaza ou causer la mort de milliers de Gazaouis. Militairement, rien ni personne ne pourrait certes empêcher Tsahal de réaliser ces buts, mais, pour des tas de très bonnes raisons, ils ne sont pas à l’ordre du jour.

 

Donc pour accomplir ce qui est actuellement considéré comme raisonnable, deux conditions sont nécessaires :  premièrement, que l’échelon politique laisse les coudées franches à Kokhavi et qu’il ne l’interrompe pas avant la conclusion de son plan. Deuxièmement, que le front intérieur soit capable de subir les roquettes de l’ennemi jusqu’à ce qu’il y parvienne.

 

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Magnifique image du Dôme de Fer en action au-dessus d’Ashkelon

 

Dans un premier temps, Binyamin Netanyahu a freiné Kokhavi, le limitant à effectuer uniquement des frappes ciblées de précision dans la bande côtière.

 

Le général a obtempéré à contre-cœur, s’employant particulièrement à éliminer des chefs de guerre des organisations terroristes en évitant parfaitement les victimes et les dégâts collatéraux.

 

Il y est arrivé, mais principalement contre les cadres du Djihad Islamique, et dans une bien moindre mesure contre ceux du Hamas.

 

A ce titre, trois chefs du Djihad qui s’étaient cachés dans un appartement du luxueux quartier de Rimal ont été éliminés chirurgicalement. Seul l’appartement de l’immeuble dans lequel ils avaient pris place a été détruit. Le reste est intact. L’une des trois victimes, Samakh al Mamlouk, était le chef des tireurs de roquettes du Djihad.

 

Les deux autres chefs du Djihad islamique éliminés sont Mohamed Aboul Ata et Kamel Qreaiqe.

 

Les terroristes palestiniens, de leur côté, se sont déchaînés. Ils ont tiré près de 480 roquettes sur les civils israéliens depuis hier (lundi) à 18 heures.

 

Particulièrement, entre 12:15 et 12:30, le Hamas, et non le Djihad Islamique, a tiré 138 roquettes en onze minutes (selon le décompte de la Ména), en 5 minutes selon le Hamas.

 

L’intention consistait à déborder la capacité d’interception instantanée du Dôme de Fer. Cela n’a pas réussi, le Kipat Barzel a détruit en vol 94% des roquettes ennemies.

 

Ce qui n’a pas empêché quelques projectiles de frapper des bâtiments de plein fouet. L’une de ces salves a touché un pavillon et une autre un appartement dans un immeuble d’habitation à Ashkelon, l’agglomération la plus ciblée par les terroristes avec Ashdod.

 

Malheureusement, deux femmes ont été tuées à l’occasion de cette attaque. Elles n’ont pas eu le temps de rejoindre les abris.

 

Au total, on compte en outre 95 blessés en Israël, dont 80 victimes de traumatismes psychologiques, et une quinzaine par des éclats de roquettes ou d’intercepteurs.

 

Dans l’enclave côtière palestinienne, selon le décompte effectué par Michaël Béhé, on dénombre 44 morts et 170 blessés.

 

Dont 35 terroristes et 9 civils parmi les tués. Tous les civils palestiniens décédés, dont 6 enfants, ont été frappés par des roquettes islamiques qui se sont écrasées juste après leur décollage. Cela a été le cas de 150 des 480 roquettes islamiques qui ont explosé dans la bande de Gaza.

 

Le bilan proposé par le Hamas fait état de 26 morts et 98 blessés.

 

En Israël, l’irritation et la colère montent à l’encontre principalement de Binyamin Netanyahu. La population lui reproche d’empêcher Tsahal de faire son maximum pour empêcher les terroristes de lancer des roquettes sur nos localités. D’ailleurs les tirs se poursuivent en ce moment.

 

De nombreux généraux de réserve partagent cette critique. L’un d’entre eux s’est ainsi confié à la rédaction de la Ména il y a une heure : "Il est inadmissible, après avoir assassiné deux citoyens israéliens, que les terroristes de Gaza puissent encore soulever la tête du sol et lancer des roquettes. C’est un véritable scandale !".

 

Un colonel d’artillerie de réserve : "Si des roquettes frappaient le Goush Dan [la région de Tel-Aviv] un déluge de feu s’abattrait instantanément sur Gaza. Mais de Sdérot et d’Ashkelon Netanyahu s’en fout ! Et cela a toujours été le cas".

 

C’est sans doute la raison pour laquelle le Hamas se garde bien de cibler Tel-Aviv.

 

Le commentaire de Jean Tsadik, l’un des analystes stratégiques de la Ména : "Il est aberrant et pour tout dire inacceptable qu’une petite organisation terroriste islamique puisse tuer des citoyens protégés par l’une des plus grandes puissances militaires du globe sans être prestement éliminée. Cela offre un modèle d’inspiration pour tous les ennemis d’Israël, en particulier le Hezbollah et l’Iran".

 

Le Conseil de défense s’est réuni cette après-midi, après la méga salve de 138 roquettes en 11 minutes. Nous sommes certains que les discussions ont été houleuses à la fois entre les ministres et les militaires et parmi les ministres entre eux.

 

A l’issue de la réunion, Netanyahu annonçait que les frappes sur Gaza allaient s’intensifier et que le Hamas allait être surpris par ce qu’il allait voir.

 

Rony Daniel, le consultant militaire de la Chaîne no.12 de télévision a réagi en disant que cela ne l’impressionnait pas. Qu’il serait impressionné si c’était le Hamas qui disait cela à la fin des hostilités.

 

Hier, en effet, B. Netanyahu déclarait déjà que le "Hamas avait franchi toutes les lignes rouges", promettant une riposte exemplaire de Tsahal. Ce qui n’a pas empêché les terroristes de Gaza de tirer 450 roquettes et d’assassiner deux israéliennes depuis ce "cinglant avertissement".

 

Depuis que l’Armée jouit de davantage de liberté, elle s’est mise à bombarder l’adversaire sans lui laisser le temps de souffler ; à s’attaquer systématiquement à ses centres de commandement, à ses tunnels, à ses fabriques d’armes, à ses entrepôts d’armes et de munitions, à ses rampes de lancement de roquettes ainsi qu’à ses voies de communications.

 

Ci-dessous, les images explicites de l’explosions d’un dépôt de munitions dissimulé dans une maison d’habitation à Gaza :

https://fb.watch/5qpdMkOxxb/

 

Qui plus est, Tsahal masse des divisions de chars, d’obusiers autotractés et d’infanterie sur le pourtour de Gaza. La division Golani est en route depuis le Nord. Elle se déploiera en ordre d’attaque dès son arrivée.

 

Dès leur mise en place, les canons se sont mis à bombarder les zones de déploiement des lanceurs de roquettes.

 

Benny Gantz, le 1er ministre par alternance et ministre de la Défense a ordonné la mobilisation de 5 000 réservistes afin de remplacer les unités d’active qui prennent position autour de Gaza.

 

Le porte-parole de Tsahal en langue arabe a invité les habitants de la bande côtière à s’éloigner des infrastructures du Hamas car elles allaient faire l’objet de frappes de plus en plus soutenues. Précisant aux Gazaouis que s’ils ne l’écoutaient pas ils mettaient leur existence en péril.

 

Si on permet à Aviv Kokhavi de mettre son plan à exécution, Tsahal – l’Armée de Défense d’Israël -  remplira sa fonction première qui consiste à protéger la population de l’Etat hébreu. Ce qu’elle ne parvient pas à faire jusqu’à maintenant, les tirs de roquettes à l’heure où nous terminons la rédaction de cette breaking se faisant toujours entendre.

 

A cette condition, les organisations terroristes seraient nettement affaiblies à la fin de l’affrontement actuel.

 

Dans le cas contraire, elles auraient gagné la capacité d’initiative qui leur permettrait de ranimer le feu lorsqu’elles le décideraient. Et elles ne s’en priveraient pas.