Grosse attaque israélienne à Damas cette nuit (info # 011301/17) Version imprimable
vendredi, 13 janvier 2017

 

© Metula News Agency

 

07h20 à Métula, 06h20 à Paris

 

Juste après minuit, heure israélienne, plusieurs missiles se sont abattus sur le site de l’aéroport d’al Mazzeh, dans l’ouest de Damas, à 3km environ du palais de Bashar al Assad.

 

Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, rapporte que le fait de l’attaque ne fait aucun doute ; il s’est entretenu au téléphone avec des habitants de Damas qui lui décrivaient "une gigantesque colonne de flammes et de fumée visible de tous les quartiers de la capitale syrienne". Les mêmes témoins ont affirmés que "des dizaines d’ambulances faisaient route vers l’aéroport". (Voir une vidéo de l’attaque).

 

L’agence iranienne Alalam (le monde) a également confirmé la nouvelle, faisant état de très nombreux morts et blessés, de même que la Télévision étatique syrienne, et l’agence de presse du régime, Sana.

 

L’Armée syrienne a indiqué qu’ "un aéroport majeur avait été frappé par des salves israéliennes, tirées depuis le secteur du lac de Tibériade dans le nord d’Israël". Elle a menacé de "représailles suite à cette attaque flagrante". Elle a aussi mentionné qu’ "elle continuait le combat contre le terrorisme et afin d’amputer les bras des agresseurs".

 

Sana a affirmé que "les missiles avaient été tirés du mont Abou Nada", sur la partie israélienne du Golan, appelée en hébreu mont Avital, près des kibboutzim de Mérom Golan et d’Ein Zivan.

 

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Photo prise cette nuit par des civils damascènes

 

En réalité et vu le rapport de force entre Tsahal et l’Armée syrienne, cette dernière n’a pas intérêt à entrer dans un bras de fer avec les Israéliens, duquel elle sortirait amoindrie.

 

La Ména avait déjà annoncé, le 7 décembre dernier, qu’al Mazzeh avait été la cible d’une attaque israélienne au missile. L’hypothèse qui nous semblait alors la plus plausible était celle d’engins de haute précision largués à partir d’avions volant à une quarantaine de kilomètres de l’objectif. Jean Tsadik favorise la même hypothèse pour l’attaque de cette nuit.

 

Le complexe d’al Mazzeh comprend, outre des activités de l’aviation civile (c’est depuis cet aéroport – piste Sud-Ouest/Nord-Est longue de 2.7km - que Bashar al Assad décolle pour ses voyages à l’étranger), d’importantes structures militaires. Celles-ci incluent une base principale de la "Garde Républicaine", le Q.G du renseignement de l’Armée de l’air syrienne, sa branche la plus efficace, une vaste prison équipée d’un centre de torture, ainsi que des entrepôts souterrains censés abriter les armes les plus modernes du régime, de même que celles, en provenance d’Iran, destinées au Hezbollah libanais. Michaël Béhé précise qu’al Mazzeh se situe à proximité immédiate de l’axe Damas-Beyrouth, et que cette zone a déjà fait l’objet de nombreux raids aériens israéliens visant des cargaisons destinées à la milice chiite libanaise supplétive de la théocratie perse.

 

D’après les données en notre possession, l’opération de cette nuit a été l’une des plus violentes et efficientes sur la capitale syrienne durant ces dernières années. Les dégâts sont considérables, des ailes entières du complexe ont été oblitérées, et des centaines de personnels syriens, mais probablement aussi iraniens et hezbollanis ont été tués ou blessés.

 

Dans le nord d’Israël, dans le Golan et dans la région de Métula, on n’observe aucun préparatif militaire exceptionnel, mais la zone est protégée par les moyens les plus avancés de défense contre les avions et les missiles. Selon Jean Tsadik, une riposte d’envergure du régime alaouite est peu probable. Il pourrait cependant donner son feu vert à l’extension des activités hostiles de la part du Hezbollah et des Pasdaran iraniens à partir du Golan syrien. Mais même cette option sera difficilement réalisable, en raison des rudesses de l’hiver, et surtout, parce que les forces gouvernementales syriennes ne contrôlent plus que 3km de frontière commune avec l’Etat hébreu, à proximité de la ville druze de Hader, qui fait face à Majd al Shams (l’étoile du soleil) dans le Golan israélien.

 

L’Armée israélienne, comme à son habitude dans ce genre de cas, s’est refusée à tout commentaire.