Incidents dans le Nord (021609/19) Version imprimable
lundi, 16 septembre 2019

 

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© Metula News Agency

 

Métula, lundi soir.

 

En cette veille d’élections en Israël, nous signalons deux incidents sécuritaires, l’un face à Majdal Shams (11 000 hab.), dans le Golan, et l’autre à Métula, où se situe notre rédaction.

 

Comme le montre cette vidéo tournée par un habitant en fin d’après-midi, une violente explosion s’est produite en territoire syrien, à moins d’un kilomètre de la ville druze israélienne de Majdal Shams [ara. : étoile du soleil], en direction de Hader (5 000 hab.) [carte].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

 

La ville de Hader en Syrie est elle aussi peuplée très majoritairement de membres de la communauté druze, beaucoup de personnes des deux cités ayant des liens de parenté.

 

Hader est également connue pour être l’une des seules localités habitée par des Druzes favorables au régime de Bashar al Assad. Elle constitue l’un des points d’ancrage de l’organisation "Dossier du Golan", formée par des Druzes de Hader, des miliciens libanais du Hezbollah et des cadres syriens et iraniens.

 

Majdal Shams, quant à elle est une ville qui ne pose pas de problèmes sécuritaires particuliers, où la population parle couramment l’hébreu et travaille pour en grande partie à Kiryat Shmona et dans les environs. Les restaurants et les pubs de Majdal sont très prisés par les Israéliens de la vallée, les Druzes du Golan ainsi que les touristes du centre du pays. Il est possible de s’y rendre de jour comme de nuit sans s’exposer au moindre risque sécuritaire.

 

On ignore à la Ména l’origine de l’explosion ; il pourrait s’agir d’une tentative avortée du Dossier du Golan de frapper une position militaire israélienne, ou au contraire d’une attaque ponctuelle de Tsahal visant un objectif ciblé.

 

Il pourrait également être question d’une roquette tirée par un groupuscule appartenant à la Résistance syrienne (sunnite), opposée aux Druzes de Hader et au gouvernement des al Assad. Bien que la partie syrienne du Golan ait été réoccupée par l’Armée gouvernementale avec l’appui aérien et terrestre des Russes, des opposants au régime continuent d’agir de façon intermittente à partir de la Zone démilitarisée (points blancs sur la carte).

 

On ignore si l’explosion a fait des victimes et des dégâts.

 

Le second incident s’est déroulé dans notre village de Métula (1 500 hab.), quasiment au même moment, lorsque des individus ont découpé le grillage de sécurité à partir du Liban et ont caillassé une patrouille motorisée de l’Armée israélienne.

 

L’agression s’est produite dans partie orientale de Métula, sur une ancienne route d’accès au village qui n’est plus utilisée par les civils et qui se situe en surplomb de la rivière Ayoun, toujours en Israël, mais sur la rive libanaise du cours d’eau et de sa vallée abrupte.

 

Il y a quelques jours, on a découvert côté israélien et à proximité immédiate de la barrière de sécurité un paquet contenant de nombreuses armes qui avait été lancé à partir du Liban. Il était sans doute destiné à des éléments hostiles dans les territoires palestiniens.

 

Les incidents qui se sont produits à une vingtaine de kilomètres à vol d’oiseau l’un de l’autre, n’ont probablement pas de lien entre eux. Il est toutefois à noter, en ce qui concerne Métula, que les deux épisodes sécuritaires n’auraient pas pu se produire sans l’accord de la milice chiite du Hezbollah qui impose sa loi côté libanais, contrôlant d’une main de fer la ville de Kfar Kileh (25 000 hab.), distante de 380 mètres de notre rédaction.

 

Au vu de la tension diffuse qui prédomine dans la région, Tsahal y a renforcé sa présence en hommes et en matériel. Les incidents n’ont pas interrompu le cours normal de la vie des habitants.