A la Ména, nous
avons, c'est le moins que l'on puisse dire, une certaine habitude des biais,
des erreurs et des mensonges de nos collègues mieux établis. Et pourtant,
malgré cette expérience, la couverture des émeutes qui agitent depuis une
semaine plusieurs grandes villes américaines est parvenue à nous surprendre.
Dans la presse
française, on trouve presque partout la notion de manifestations "pour les
droits des Noirs". Or, il n'y a aucun problème de droits raciaux aux
Etats-Unis depuis deux générations. Les dernières discriminations légales ont
été abolies par deux lois de 1964 et 1965 : la Loi sur les droits civils et la Loi
sur le droit de vote. La loi est, depuis plus de 50 ans, la même pour tous dans
tous les domaines et l'accès à tous les postes est possible sans discrimination
– y compris, pour ceux qui se souviendraient du passé récent, à la présidence
des Etats-Unis.
La réalité
est-elle conforme à ces lois ? Pas tout à fait – mais presque. Les
personnes qui se sentiraient discriminées dans quelque domaine que ce soit
peuvent aller en justice, et gagnent souvent. Cela incite concrètement les
employeurs, les commerces et les administrations à faire attention à assurer une
égalité réelle. Il y a encore parfois des cas de discrimination, mais la
justice les sanctionne sans faiblesse.
Alors que
reste-t-il du racisme qui a profondément marqué l'histoire américaine et
traumatisé des millions de personnes jusqu'aujourd'hui ? D'abord, des
comportements et des discours privés, qui relèvent d'un domaine que la loi ne
peut heureusement pas sanctionner et qui ne peuvent porter atteinte qu'à la
susceptibilité, non aux droits. Ensuite et surtout, le souvenir traumatisant
des époques passées – celle de l'esclavage, puis celle de la ségrégation – qui,
transmis de génération en génération, imprime sur la vision du monde de
nombreux Américains contemporains un filtre déformant qui fait resurgir le
passé, alors même que les faits prouvent clairement qu'il a disparu.
C'est ainsi que
le meurtre d'un petit délinquant noir, George Floyd, le 25 mai dernier, par un
policier blanc, Derek Chauvin, dans la ville de Minneapolis, a été associé dans
des millions d'esprits au souvenir de la justice raciste et des lynchages que
le parti Démocrate avait créés dans les Etats du Sud pendant le siècle qui
sépara la fin de la guerre civile en 1865 et le Mouvement des droits civils des
années 1950 et 1960. Peu importe que Chauvin, qui avait déjà fait l'objet de signalements
pour violence, ne l'ait jamais été pour racisme. Peu importe qu'il ait été
entouré au moment du meurtre de trois collègues (que la justice désignera
peut-être comme complices) dont aucun n'était blanc et l'un était noir. Peu
importe même qu'il ait été rapidement arrêté et s'apprête presque certainement
à passer en prison tout ou la plus grande partie du temps qui lui reste à
vivre. L'effet psychologique a été plus important que la réalité.
La réalité,
pourtant, a ceci de particulier qu'elle ne disparaît pas simplement parce qu'on
regarde ailleurs. Les statistiques américaines montrent que les noirs, qui
représentent 13% de la population, représentent aussi 40% des arrestations. Mais
comme ils représentent aussi 39% des gens finalement reconnus coupables et
incarcérés, cette surreprésentation dans les arrestations est principalement
liée à une surreprésentation des noirs dans la délinquance. Après tout, 96% des
suspects arrêtés sont des hommes ; et ce n'est pas par sexisme. Faire du
racisme des policiers une explication est d'autant plus problématique que
toutes les forces de police du pays sont entièrement intégrées et incluent une
proportion importante d'officiers noirs.
Il se peut qu'il
y ait en revanche un biais racial dans la longueur des peines prononcées au
moment du jugement. C'est en tout cas ce qu'annonçait une étude de 2012 de
l'université du Michigan[1].
En revanche, les
faits, aisément vérifiables, montrent qu'une des affirmations le plus souvent
entendues depuis le début des émeutes est une contre-vérité absolue. Le risque
de se faire tuer par la police pendant une arrestation n'est pas plus élevé
pour les noirs : il est plus faible.
Le Washington
Post tient à jour depuis plusieurs années toutes les statistiques des
violences policières[2]. Il suffit de croiser les données
statistiques présentées pour calculer qu'en 2019, 249 noirs ont été tués par la
police, dont 5 n'étaient ni armés ni en train de fuir, sur 4 millions de noirs
arrêtés cette année-là. 406 blancs ont été tués dans les mêmes conditions et
durant la même période, dont 19 n'étaient ni armés ni en train de fuir, sur 3,4
millions d'arrestations. Le risque d'être tué par la police pendant une
arrestation est donc significativement plus élevé pour les blancs que pour les
noirs. Il suffit de considérer les émeutes actuelles pour le comprendre. Les
policiers, tout simplement, savent qu'il existe un risque d'explosion sociale
et politique si un noir meurt pendant une arrestation ; ils font donc plus
attention.
L'autre erreur
commise par la presse a été de décrire les émeutes actuelles, qui se déroulent
presque exclusivement dans de grandes villes tenues par les Démocrates, comme
des émeutes raciales, spontanées et pacifiques. L'émotion a sans doute fait
descendre des noirs dans la rue suite au meurtre de George Floyd. Mais tout
indique que les émeutes sont, au contraire, éminemment politiques, organisées
et violentes.
Les premières
violences n'ont pas été le fait de citoyens noirs, mais d'une organisation
violente d'extrême-gauche presque exclusivement blanche, Antifa. Il y a
incomparablement moins d'hommes de couleur dans une réunion d'Antifa que dans
un meeting de Trump. Les images diffusées par la police montrent que les
militants d'Antifa sont allés dans des villes où ils n'habitent pas avec une
provision de briques, de cocktails Molotov et ont désigné les cibles des
attaques : bâtiments publics, commerces, églises et, à l'occasion,
habitations. A l'heure où j'écris ces lignes (7 juin au soir), les émeutes ont
fait au moins 18 morts parmi la police et les passants.
En soutien
d'Antifa, une autre organisation d'extrême-gauche, noire celle-là, violente
aussi à l'occasion mais moins bien entraînée, Black Lives Matter (BLM), a eu un
rôle important pour encadrer les émeutiers. On trouve des images de ses responsables
sur les lieux des nombreux pillages de magasins. De plus, BLM a défini les
slogans des émeutes : exiger des policiers puis de blancs au hasard qu'ils
s'agenouillent devant les manifestants, puis demander l'abolition des forces de
police.
La raison pour
laquelle les émeutes se sont exclusivement répandues dans des villes tenues par
les Démocrates est, elle aussi, éminemment politique : dans ces villes,
les maires, responsables de la police, les laissent faire. Les manifestants
savent qu'ils y seront bien accueillis et que la police s'humiliera devant eux
au lieu de les réprimer comme leur mission l'exige.
Michael Shaw, le chef de la police de
Webster, Massachusetts, se prosterne devant les manifestants
La complicité
entre le parti Démocrate et les émeutiers est indiscutable. Plusieurs
agitateurs d'Antifa ont vu leur caution payée par des officiels Démocrates, et
ce jusque dans la campagne présidentielle de Joe Biden. La presse Démocrate
présente une image uniformément positive des manifestants, malgré les
incendies, les pillages, les attaques et les meurtres.
Il y a deux
raisons qui poussent tant d'élus Démocrates à se soumettre à la violence de
l'extrême-gauche, au risque de voir leurs propres villes partir en flammes.
La première
raison est conjoncturelle et tient à la proximité des élections
présidentielles. Pour battre Trump avec un candidat exceptionnellement faible
(Joe Biden, qui n'a jamais été une lumière, souffre en outre manifestement d'un
début d'Alzheimer), le parti Démocrate a besoin que les Américains soient
malheureux.
Lors de
l'épidémie du Covid-19, les Démocrates ont instauré des confinements plus
sévères et plus longs que les Républicains, théoriquement au nom de la santé,
en fait pour provoquer les faillites, la misère et le mécontentement qui leur
fournissent des électeurs. Mais le confinement touche à sa fin et n'a pas
provoqué le désastre économique escompté : les Etats-Unis ont créé 2,5 millions
d'emplois au cours du mois de mai. Puisque la pandémie ne suffisait pas à
plonger les Américains dans le malheur, une guerre raciale allait donc faire
l'affaire.
La deuxième
raison, plus profonde, tient à un changement de génération au sein du parti
Démocrate. Les plus anciens sont comparables à la gauche européenne classique,
partisans de la redistribution et des droits civiques. Les plus jeunes,
influencés par une gauche universitaire largement coupée du reste du monde,
sont des nihilistes : aussi obsédés que les Nazis par les questions
raciales, déterminés à détruire la famille, la nation et l'entreprise. Leur
montée en puissance au sein du parti Démocrate signe la fin de la gauche de Kennedy
et Bill Clinton et l'arrivée d'idéologues illuminés qui ne pensent qu'à brûler
un monde trop différent de leurs fantasmes.
Là où le calcul
Démocrate rencontre ses limites, c'est que pour que la guerre raciale qu'ils
souhaitent ait lieu, il faut d'abord que les émeutiers rencontrent quelques
succès. Or, face aux moyens de renseignement et aux armements des forces
fédérales – et même des polices locales – cela ne peut se produire qu'avec la
complicité du pouvoir, donc dans les villes Démocrates. On voit donc les villes
qui soutiennent les émeutiers brûlées et pillées, pendant qu'une vie
parfaitement normale se poursuit au sein des villes Républicaines.
L'avenir de ces
émeutes est déjà écrit. Le président Trump a déjà désigné Antifa comme une
organisation terroriste. Cela autorise toutes les forces fédérales à collecter
des informations sur ces agitateurs et à arrêter ceux qui jouent un rôle clé
dans les violences. Les forces fédérales infiltrent les manifestations,
arrêtent quelques acteurs clés – et graduellement, le niveau de violence
diminue.
D'ores et déjà,
la marche sur Washington du samedi 6 juin a fait un flop et s'est terminée sans
violence – ce qui ne peut s'expliquer que par le fait que ceux qui voulaient en
faire en ont été empêchés.
D'ici quelques
jours, le niveau de violence s'effondrera et Trump commencera à recevoir le
bénéfice politique du retour à l'ordre. La guerre civile annoncée n'aura donc
pas lieu.
Notes :
1Racial Disparity in Federal Criminal
Charging and Its Sentencing Consequences. U of Michigan Law & Econ,
Empirical Legal Studies Center.
Un officier supérieur de l’Armée gouvernementale syrienne
ainsi qu’un haut responsable de la branche exécutive armée du Hezbollah ont été
abattus à bout portant par un tireur qui a immédiatement pris la fuite.
Ils se trouvaient dans le même véhicule et circulaient sur
l’axe principal à proximité du bourg d’ Om Elmiathin [carte].
Om Elmiathin se situe également à 6km au nord de la
frontière jordanienne, à 37km au sud-est de celle d’Israël et à 89km au sud-est
de la rédaction de Métula.
Par ailleurs une importante activité aérienne se déroule en
se moment dans notre région. Mais nous n’avons pas l’intention de la commenter
afin de ne pas risquer de mettre en péril la vie des pilotes et d’autres
militaires.
Raid attribué à Israël dans l’ouest de la Syrie (010506/20)
Tard dans la soirée de jeudi des appareils israéliens –
selon les media officiels syriens – ont attaqué quatre objectifs dans le
secteur de la ville de Masyaf, à 154km au nord de Damas, et 207 de la rédaction
à Métula dans le même point cardinal [carte].
Les appareils sont semble-t-il venus du Liban et ont lancé
leurs missiles – probablement des évolutions des missiles Dalila - à la limite
du territoire syrien.
Les objectifs identifiés étaient situés dans un complexe de
fabrication et d’entreposage d’armements au nord de Masyaf, déjà frappé par le
passé par le Khe’l Avir, l’Aviation israélienne.
Sur cette photo, on distingue les 4 foyers principaux
des objectifs du raid attribué à Israël
Les explosions sur la photo ressemblent à la détonation de
munitions.
Aucun appareil ni missile appartenant aux assaillants n’a
été touché par la DCA (Défense Contre Avions) syrienne
On dénombre des dizaines de morts et de blessés,
principalement des soldats syriens et iraniens. Il y aurait une trentaine de
morts selon un médecin de l’hôpital de Masyaf joint par Michaël Béhé au
téléphone avant que la communication ne soit interrompue.
Un importante batterie de missiles antiaériens S-300 et
S-400 est située à proximité (+-10km) de la position attaquée. Elle se trouve
sous le contrôle de soldats russes qui n’ont pas ouvert le feu. Le Q.G du corps
expéditionnaire russe en Syrie est établi sur l’aéroport de Khmeimim, à 50km
uniquement au nord-ouest de la cible du raid de cette nuit.
Nos spécialistes continuent leurs investigations afin de
tenter de recueillir plus d’informations quant à la nature précise des objectifs
détruits ainsi que sur les bilans humains et matériels détaillés.
Russes, Américains et Israéliens négocient le retrait des Iraniens de Syrie (010306/20)
La majeure partie de cette analyse est réservée aux
abonnés en règle de la Ména
Les confrères ne l’ont pas remarqué mais cela faire plus de
deux semaines que nous n’avons pas eu à signaler de raids massifs attribués à
Israël en Syrie. Et si nous n’en avons pas parlé, c’est qu’il n’y en a pas eu.
Certes, il y a eu des petits coups de poing ponctuels mais
qui n’ont rien à voir avec l’offensive généralisée qui visait entre six et dix
fois par mois les points d’appui ainsi que les installations
militaro-industrielles des Pasdaran [le corps des Gardiens de la
"Révolution" khomeyniste] dans le pays d’Assad. Avec des frappes au
cœur de Damas, à Homs, à Alep et sur la frontière syro-irakienne, sans compter
la zone frontalière dans le Golan.
Hier, selon un rapport précis de Jules Mazouz, nos grandes
oreilles, un appareil non identifié a oblitéré cinq supplétifs étrangers de
l’Iran dans la zone de Boukamal [carte]. L’information est confirmée par notre
bureau de Beyrouth.
L’autoroute iranienne en rouge, avec les zones de fortifications
des
J’étais en train de relire un article d’analyse qui
paraîtra très prochainement, lorsqu’en milieu d’après-midi je fus interpelé par
Jules Mazouz, les grandes oreilles de la Ména, qui m’indiqua qu’un incident
était en cours dans la région du kibboutz Misgav Am. Selon Mazouz, les armées
israélienne et libanaise se faisaient face à quelques mètres de distance.
J’abandonnai mon travail pour donner la priorité à l’actualité ;
je ne pris pas même la peine d’emporter notre matériel de prise de vues, qu’il m’aurait
pris une bonne vingtaine de minutes de préparer, et me rendis sur place équipé
de la seule caméra de mon téléphone portable.
Pour gagner un peu de temps supplémentaire, j’empruntai au
volant de la Land Rover de l’agence la route militaire qui rallie à flanc de
montagne Métula à une base de Tsahal située juste à côté du village (moshav) de
Margaliot.
J’arrivai à Misgav Am, distante de 3.8km à vol d’oiseau, en
quelques minutes et n’eus aucun mal à identifier l’endroit du face-à-face, à une
cinquantaine de mètres tout au plus de la barrière de sécurité au sud-ouest du
kibboutz [point rouge et jaune sur la carte].
La carte suivante qui figure l’ongle de la Galilée aide à
saisir le problème : la ligne bleue représente la frontière internationale
entre Israël et le Liban ; la ligne jaune pâle, la barrière de séparation
et la route de patrouille de Tsahal qui est adossée contre elle.
L’ongle de la Galilée, la région la plus septentrionale d’Israël
Nous en avons déjà parlé, la raison pour laquelle les deux
lignes ne suivent pas le même tracé relève du fait qu’il est matériellement
impossible de construire un mur et une route qui épouseraient parfaitement la
frontière pour des raisons de topographie, d’utilisation et de coût.
Pour toutes ces raisons, l’Etat hébreu a choisi de bâtir la
barrière de séparation, qui se change en mur de six mètres de béton sur
certaines portions, mais toujours en retrait de la frontière internationale
afin de ne pas indisposer les voisins libanais et de ne pas leur donner de
raison de nous chercher chicane à tout bout de champ.
En 2 000, lors du retrait du Liban-sud, Tsahal a évacué l’ensemble
du territoire voisin au mètre près, ce qui a été reconnu par les géomètres de l’ONU
qui ont balisé la frontière.
Ceci dit, Israël n’a nullement renoncé à sa souveraineté
sur la totalité de son territoire, même si les sections qui se trouvent au-delà
de la clôture ne sont pas accessibles aux civils. Encore, sur la carte, les
cartographes de l’agence n’ont choisi de présenter que les endroits où la différence
entre les deux lignes mesure quelques dizaines de mètres (jusqu’à 70 au
maximum), mais en de très nombreux points, notamment autour de Métula, Israël s’étend
jusqu’à dix mètres par-delà l’ouvrage de sécurité. Ainsi plusieurs routes
utilisées par nos voisins libanais se situent en fait chez nous.
Tsahal franchit régulièrement le mur de protection en
utilisant des portails spécialement aménagés. Ses objectifs sont de rappeler
aux Libanais que ce territoire nous appartient, de s’assurer qu’ils ne
franchissent pas la frontière et ne s’installent pas du mauvais côté d’icelle,
de nettoyer la broussaille afin de vérifier que le Hezbollah n’y pose pas de
bombes, et enfin, d’entretenir des appareils électroniques que nous avons
installés, des caméras automatiques et d’autres équipements de surveillance.
La clôture de sécurité et des traces qui indiquent
approximativement la frontière internationale
D’habitude, lorsque nous décidons de franchir la muraille,
nous informons la FINUL, laForce Intérimaire des
Nations Unies au Liban, de la date de notre traversée du mur pour qu’elle transfère
le message à l’Armée libanaise et permette ainsi d’éviter les malentendus. Mais
il n’en va pas toujours ainsi, particulièrement après que les Forces Armées
Libanaises ont été massivement infiltrées par le Hezbollah pro-iranien, qui a
exploité ces messages de bon voisinage pour tendre des guet-apens à nos
soldats. Depuis nous indiquons nos visites chez nous de façon plus aléatoire.
Il n’y a pas de no man’s land entre Israël et le Liban, et
les patrouilles de l’ONU n’occasionnent aucune séparation physique entre les
deux pays. Qui plus est, la FINUL n’entre pas dans les agglomérations tenues
par le Hezbollah, qui n’hésite pas à tirer sur les soldats de la paix pour les
dissuader de mettre le nez dans ce qu’il considère être ses affaires. Il s’agit
en fait de milliers de fortifications et de caches d’armes.
La conséquence de cette situation consiste en cela qu’une
fois qu’ils ont traversé le mur, nos militaires se trouvent fréquemment nez-à-nez
avec ceux de Beyrouth, et que cela donne lieu parfois à des échanges assez vifs
ainsi qu’à des canons de fusils pointées les uns sur les autres. La plupart des
disputes sont causées par le fait que nous ne sommes pas forcément d’accord sur
le tracé exact de la frontière, et que lorsque l’on est pas copain, on a
tendance à en venir aux mains pour quelques dizaines de centimètres.
Ce qui fait que les Casques bleus de l’ONU, chaque fois qu’ils
sont au courant de l’une de ces situations, se déploient avec leur drapeau levé
exactement sur le trajet de la frontière que pour leur part ils connaissent
très bien.
Ce fut le cas aujourd’hui lorsque deux Merkava Mk4, des
bébés bien nourris de 65 tonnes, décidèrent d’aller faire un tour au-delà de la
barrière pour voir s’il y fait aussi bon que de ce côté-ci. Le soldat de l’ONU
que l’on voit sur la photo le drapeau levé est resté sans interruption dans
cette position pendant deux heures. Et encore, lorsque je suis arrivé, l’incident
était déjà bien entamé. [Regarder une vidéo de l’incident : https://twitter.com/i/status/1267797068845809664
et une autre https://twitter.com/i/status/1267804197317206016
.
Cette après-midi les choses ne se sont pas trop mal
passées, les Libanais n’essayant pas de dépasser la ligne virtuelle tracée par
la disposition des Casques bleus sur le terrain. Ce qui pourrait gêner sur ces
images est de constater que l’un des soldats libanais tient un RPG, un lanceur
de grenades antichars, et que c’est la première fois que cela arrive.
On voit bien le 1er soldat libanais tout à droite
avec son RPG à l’épaule
Ce qui est cocasse en revanche, c’est que personne ne lui a
dit que la grenade doit atteindre une certaine vitesse afin de s’activer. Je ne
me souviens pas quelle est la distance de vol qu’elle doit parcourir pour s’armer
- je poserai la question à mon camarade Jean Tsadik qui est une véritable
encyclopédie vivante en matière d’armement – mais c’est assurément plus que les
vingt ou trente mètres qui séparaient ce soldat du Merkava. Il aura donc
transporté cette arme pesante sur un terrain très accidenté pour rien.
D’autre part, le Merkava Mk4 Barak est doté d’un système de
protection active et aucun projectile ennemi n’est parvenu à le traverser à ce
jour. Pas même les terribles missiles Kornet russes notamment entre les mains
du Hamas à Gaza.
Après plusieurs heures de face-à-face silencieux – mais comment
s’entretenir avec une masse d’acier ? – je dirai moyennement tendu mais
jamais agréable, les deux monstres ont refranchi le mur en marche arrière (on
ne présente jamais son postérieur à l’ennemi) avant que, quelques minutes plus
tard, les soldats libanais, suivis de ceux de l’ONU, ne se dispersent à leur
tour.
Au moment où les incidents divers mais pour l’instant sans
gravité se multiplient sur la frontière nord, que les relations avec le Hezbollah
sont acérées, et que nos avions n’ont pas cessé de survoler ses positions toute
la matinée, il est parfois de bon aloi de faire acte de présence. A fortiori quand
on est chez soi.
Les orthodoxes
antisionistes votent Bibi pour les raisons que nous venons de démontrer, et qui
font pencher la balance en sa faveur en lui procurant une quasi-égalité en
nombre de sièges de députés après le décompte des blocs. Les deux partis intégristes
non-sionistes fournissent à Netanyahu 16 sièges sur les 73 que compte son bloc.
Même après l’apport de Résilience, la formation de Benny Gantz, sans les
orthodoxes, Netanyahu se trouverait dans l’opposition.
Reste qu’au regard des
résultats bruts des trois dernières élections, uniquement motivées par sa
volonté d’obtenir l’immunité qui lui aurait permis d’échapper à la justice,
Netanyahu ne jouissait pas de la majorité requise pour former un gouvernement.
Il a alors ajouté un quatrième temps à sa manipulation : le mythe de la
"majorité juive" ou "bloc national". Un bloc national qui
repose sur les voix d’un million d’orthodoxes anti-Etat d’Israël !
La démocratie exigeait que
l’on ne puisse pas faire le compte des sionistes mais uniquement celui des
Israéliens. Cela découle du concept même de l’Etat moderne et démocratique. A
ce titre, il existait l’option qui consistait à intégrer les Israéliens-arabes,
qui ne sont pas non plus sionistes, voire antisionistes, dans le jeu politique
national. Les alternatives voulaient soit qu’on en exclût tous les
non-sionistes, soit qu’on les accepte tous, ce qui aurait été conforme à l’approche
"israélienne" de la nationalité.
La malversation fortement entachée
de racisme choisie par Bibi a consisté à faire passer les orthodoxes antisionistes
pour des sionistes, et à exclure les Arabes antisionistes à priori de toute
coalition gouvernementale.
Cela a été rendu possible
grâce au fait que la quasi-totalité des Israéliens, des socialistes aux traditionalistes
conservateurs, n’ont jamais mis les pieds à Bnei Brak ou à Méa Shéarim, et
s’ils l’ont fait, c’est uniquement pour traverser ces quartiers en vitesse,
sans s’attarder. Pourtant, en valeur absolue, les Israéliens sionistes se
situent à équidistance des Arabes et des intégristes. Ceux-là mêmes qui dansent
et qui chantent quand la sirène retentit le Jour du Souvenir, et que nous
pleurons les soldats morts pour qu’Israël existe. Pour qu’ils existent aussi.
Reste que, pour la majorité des Israéliens, les orthodoxes antisionistes ne
constituent que quelques centaines de dégénérés de la secte des Natureï Karta
ou des "extrémistes" de la "mouvance Jérusalem". C’est du
moins la fable urbaine que cultive Netanyahu, et qui lui permet de se maintenir
au pouvoir.
Vidéo :
la "poignée" de dégénérés et d’ "extrémistes" accueillant
le rabbin Zalman Teitelbaum, le chef de la Hassidout de Satmar, à Jérusalem, le
19 novembre dernier, afin de fêter la grande haine du sionisme. Zalman
Teitelbaum avait refusé de participer à ce rassemblement s’il était sécurisé
par le moindre policier israélien. Aucun responsable du Hamas n’a jamais
prononcé de mots aussi extrêmes pour annoncer la fin de notre pays. Une seule cour
hassidique a refusé de prendre part à cet évènement. A cette occasion, le
rabbin américain a distribué des dizaines de millions de dollars aux
associations orthodoxes qui s’opposent à l’existence de l’Etat hébreu. Ce sont
les électeurs du "bloc sioniste" de M. Netanyahu, ceux qui lui
permettent de se maintenir au pouvoir :https://youtu.be/vVYan0JgjYA
La différence entre les
Première et Seconde Israël est lourde de conséquences pour le ciment social, et
il s’agit de quelque chose de très difficile à énoncer et dont on ne parle pas
souvent non plus : pour les Israéliens de la Première Israël, notre pays est
la continuation de l’histoire du peuple juif et son évolution naturelle. Ceux
de la Seconde sont des Juifs de nationalité israélienne.
C’est assez cocasse quand
on sait que la Torah est centralement le récit des pérégrinations du peuple
d’Israël, qu’il y est sans cesse question des Israéliens et de leur nation mais
nulle part, jamais, de la Halakha, des Juifs et des rabbins. Mais c’est une
note de marge.
Dans ce pays recréé par le
socialisme et par les révisionnistes (droite) de la lignée de Zeev Jabotinsky,
tous appartenant au premier groupe, on a provoqué une vraie révolution au début
du XXème siècle, la révolution sioniste, qui visait à créer un
nouvel homme juif. Celui qui continuait l’ancien mais qui différait de lui en
presque tout.
On a créé un Etat, une
culture israélienne, un folklore, on a ressuscité une langue qui n’avait plus
été parlée depuis au moins deux mille ans, et dans laquelle on envoie désormais
des engins sur la lune.
On a surtout créé une
grande puissance scientifique, qui produit des armes capables d’intercepter des
obus en vol et des missiles dans l’espace. On se trouve en première ligne dans
le domaine de la biotechnologie et parmi les quinze pays qui déposent le plus
de brevets par année en valeur absolue. On développe un grand nombre des
microprocesseurs de la Planète, et il ne se trouve pas un ordinateur ou un
téléphone portable qui ne contiennent de composants créés par l’homo israelis.
Mais nous avons également
développé des institutions originales, une police, une armée, un espace
médiatique et un système juridique qui sont ceux d’un Etat de droit moderne, et
qui sont aujourd’hui contestés par la Seconde Israël. Sous l’impulsion d’un
individu que les instances du pays accusent d’avoir contrevenu à leurs règles
et qui leur a déclaré la guerre.
A ce propos, il y a vingt
jours, j’ai suivi quatorze heures de débats à la Cour Suprême, dirigés par onze
juges qui avaient à décider si un homme politique inculpé (Bibi) avait le droit
de former un gouvernement, et si l'accord de partage du pouvoir entre Binyamin
Netanyahu et Benny Gantz,- qui implique la légifération de nouvelles lois -
était légal.
J’ai suivi les plaidoiries
de tous les avocats deux jours durant, et je suis en mesure de témoigner que la
tenue de ces audiences marathons était exceptionnellement élevée, efficace,
neutre, professionnelle et respectable. Les juges ont répondu oui aux deux
questions et à l’unanimité. Non pas en interrogeant leur conviction profonde,
car ce n’est pas la fonction des juges de la Cour Suprême, mais en observant
que les deux actes politiques qui leur étaient soumis étaient en conformité
avec les lois en vigueur. Ils ont pris les seules décisions possibles, et cela
aurait largement dû suffire à faire taire ceux qui entendent réduire le
rayonnement de ce tribunal, à commencer par Binyamin Netanyahu et ses ministres
bibistes, qui veulent priver le pays de l’un des plus précieux garants des
droits individuels de ses habitants. Le fleuron des réalisations de la Première
Israël.
Si Bibi est condamné au
tribunal de district et s’il fait appel, ce seront ces juges qui auront à
trancher.
Depuis dimanche et les
propos de Netanyahu au tribunal, les officiers de la Police judiciaire sont en
révolte semi-ouverte. Particulièrement ceux de la branche Lahav 433, l’entité
de la Police israélienne qui traite les affaires d’intérêt national, financières
et de corruption. Le chiffre 33 de leur intitulé se réfère à l’unité d’élite
des Gédéonites, des "Mistaravim", les forces spécifiquement formées à
se fondre dans la population arabe afin d’opérer en territoire ennemi. Leur
légende a donné naissance à la série TV Fauda, qui fait un malheur sur
l’ensemble du Globe, y compris dans des pays arabes.
Les policiers, à l’instar
des magistrats, sont tenus au devoir de réserve et ne sont normalement pas
habilités à répondre aux accusations dont ils sont l’objet. Mais ceux de Lahav
fulminent, ce sont eux qui ont mené les interrogatoires de Bibi qui ont conduit
à ses inculpations. Selon le Premier ministre, ils auraient recouru au chantage
et aux menaces de représailles personnelles pour obtenir des témoignages à
charge et que des ex-proches collaborateurs du chef de l’exécutif acceptent de
témoigner contre lui.
Si ces accusations sont
mensongères, elles sont aussi ordurières. Mais plus encore, sans le travail de
Lahav 433 Israël est ingouvernable et devient une organisation mafieuse sans
foi ni loi.
Et les gens de cette
organisation se targuent d’être de bons policiers, indépendants et justes, et
surtout de servir Israël, souvent au péril de leurs vies. Non seulement trois
ou quatre de leurs chefs, qui se sont ouverts à des confrères sans réellement
dissimuler leur identité, nient les accusations de Netanyahu avec dégoût, mais
ils insistent, de plus, sur le fait qu’ils l’ont interrogé de façon extrêmement
courtoise, acceptant de le rencontrer chez lui et non dans leurs bureaux, et
adaptant leur emploi du temps à celui du Premier ministre.
En s’attaquant à Lahav de
la sorte, Netanyahu est en train de détruire l’Etat de droit à la pelle
mécanique. Pour les "remercier" du travail qu’ils ont réalisé, il a
récemment nommé Amir Ohana, un actionnaire principal dans son entreprise de
démolition, au ministère chargé de la Police (ministre de la Sécurité
Intérieure). Ohana est encore plus virulent que son maître dans ses attaques
contre la Maréchaussée et pour accuser les instances publiques de mener un coup
d’Etat pour évincer Bibi du pouvoir.
En véritable bourreau
itinérant des institutions chargées du respect de la loi et de la justice,
Ohana avait été nommé au poste de ministre de la Justice par Netanyahu lors de
son interminable intérim. Il avait imposé l’un de ses hommes, Dan Eldad, au procureur général
d’Israël Avikhaï Mandelblit au second poste du Parquet, celui de procureur de
l’Etat, contre l’avis de ce dernier. Dans le but d’empêcher le fonctionnement
du ministère public dans l’ensemble du pays, il a aussi demandé au contrôleur
de l’Etat Matanyahu Engelman - un homme également fraîchement pistonné par
Netanyahu à cette charge, et dont la première décision fut de fermer l’antenne
de son bureau s’occupant de la lutte anti-corruption – de conduire une enquête
approfondie contre Mandelblit.
Voici comment Ohana, alors
ministre de la Justice, considérait sur Facebook l’état de la justice dont il
représentait les intérêts : il était "inquiet
concernant le système judiciaire", affirmant que "de nombreuses
personnes avant lui avaient trouvé dans le système une sorte de maladie, un
esprit de vengeance, un manque de transparence, une forme de pourrissement. Certains,
au sein du système, le reconnaissent, mais il y a une grande peur, un effroi à
l’idée de le dire publiquement", écrivait récemment le ministre de la
Justice : "Si on sait regarder les choses, on peut constater le
déclin sans précédent de la confiance publique dans le bureau des procureurs et
à l’égard des conseillers juridiques".
La démarche était bien
trop grossière pour Engelman, malgré ce qu’il doit à Netanyahu, pour accéder à
la demande d’enquête d’Ohana, à qui il adressa un avis très sec de non-recevoir.
Les officiers de Lahav
433, loin de se laisser intimider par les propos du Premier ministre, lui ont
fait la meilleure réponse qu’ils pouvaient faire : si le ministère public
nous demande d’interroger M. Netanyahu concernant les affaires d’enrichissement
illégal dans une société écran appartenant à l’un de ses cousins, ainsi que
dans celle de la vente des sous-marins stratégiques à l’Egypte, nous
n’hésiterons pas à faire notre travail, ont affirmé tous chefs de la Police qui
se sont adressés à la presse.
L’affaire de l’accord
donné par M. Netanyahu à l’Allemagne pour la vente des submersibles de la
classe Dolphin, développés avec le concours des ingénieurs et de la Marine israéliens
pour l’usage exclusif de cette dernière, est largement plus grave que ce qui
lui est reproché au titre des trois inculpations dont il a actuellement à
répondre.
Dans ces dossiers, a
priori – nous insistons une fois encore sur le fait que jusqu’à une éventuelle
sentence de culpabilité prononcée par ses juges, Binyamin Netanyahu est
légalement innocent. Si rien ne peut nous empêcher de conduire nos enquêtes,
nous ne sommes pas des juges et n’avons aucunement l’intention de les remplacer
-, l’atteinte portée par l’inculpé aux intérêts de l’Etat dans les affaires
actuellement jugées est relativement restreinte et ne comporte pas de
conséquences de nature à mettre sa sécurité en péril.
La procureure Liat Ben-Ari, qui représente le ministère
public dans les affaires
jugées actuellement par le Tribunal de district de
Jérusalem
Dans le dossier 4 000
toutefois, où il est reproché à M. Netanyahu d’avoir grossièrement favorisé les
intérêts de l’homme d’affaires Shaul Elovitz, à l’époque principal actionnaire
de Bezeq, la plus grande société israélienne de communications, en échange
d’une couverture favorable dans les très influents media contrôlés par Elovitz,
on peut considérer que l’intérêt d’Israël a pâti de cette relation au demeurant
délictueuse.
Comme en témoignera Shlomo
Filber, un apparatchik du Likoud promu directeur général du ministère des
Communications en 2015, et désormais témoin d’Etat à charge contre Netanyahu,
ce dernier lui avait ordonné de faire passer plusieurs décrets qui
avantageaient les sociétés d’Elovitz en leur faisant gagner des centaines de
millions de shekels.
Là où les intérêts du pays
ont souffert de cette supposée magouille, c’est lorsque le gouvernement a retardé
l'obligation pour Bezeq de laisser de nouveaux concurrents installer des fibres
optiques servant au trafic d’Internet, obligeant les usagers à utiliser des
lignes en cuivre de Bezeq déjà existantes conçues pour le téléphone.
En conséquence de cette
décision, le "high-tech country", le pays high-tech, comme est
souvent appelée Israël, a pris cinq ans de retard pour le seul profit
d’Elovitz. Ainsi, l’envoi des articles de la Ména se fait par exemple à une
vitesse de 3 Mbps, ce qui est non seulement ridicule dans un pays
industrialisé, mais ce qui nous pénalise fortement au niveau de leur diffusion
par rapport à nos concurrents moins bien informés, lorsque les nouvelles
brûlantes que nous avons préparées atteignent le public bien plus lentement que
les leurs.
Pour nous et les abonnés
de la Ména, c’est désagréable, plus encore lorsqu’il s’agit de transférer nos
documents filmiques ; pour les entreprises high-tech localisées dans l’une
des zones ne bénéficiant pas encore de la fibre optique, ce serait impensable,
ce qui fait qu’elles ne travaillent pas dans ces régions dont le développement
est prioritaire et où le revenu des habitants est le plus faible.
Dans l’affaire des
Dolphin, les sous-marins fabriqués en Allemagne, l’atteinte à la sécurité de
l’Etat est incomparable. S’agissant de submersibles furtifs de dernière
génération, un Dolphin égyptien, dans une Egypte éventuellement retombée entre
les mains des Frères Musulmans après un nouveau Printemps arabe, pourrait se poser
sur le sable, chargé de missiles dernier cri, à trois kilomètres de Tel-Aviv
sans être repéré, et y rester plusieurs mois, recueillant au passage des
milliers d’informations à caractère militaire. Le tout, grâce à de la technologie
et de l’expérience israélienne.
Or Binyamin Netanyahu a
donné son accord à la vente de quatre de ces armes (certaines ont déjà été livrées),
qui au sein de Tsahal constituent et de loin la plus coûteuse de toutes à
l’unité (environ un milliard d’euros avec son électronique et son armement), à
l’Egypte. Sans contrepartie connue pour l’Etat d’Israël, pécuniaire ou
stratégique. Sans bénéfice possible pour icelui, le risque énoncé précédemment
annihilant l’hypothèse théorique d’une transaction avec un pays menacé
d’islamisme pour un engin de ce type. Du point de vue stratégique, le Caire ne
possède rien qui puisse intéresser Jérusalem en échange d’une telle prise de
risque. Et sans raison d’acquisition pour l’Egypte, l’achat, l’utilité et
l’entretien de matériels aussi sophistiqués étant stratégiquement inexistants à
moins de s’engager dans un conflit offensif.
Qui plus est, pour donner
son accord au gouvernement allemand pour cette vente, M. Netanyahu a
court-circuité l’ensemble du processus régulier de prise de décisions en
vigueur dans l’Etat hébreu. Il n’a pas informé Tsahal, ni les chefs du
renseignement, ni son cabinet, ni le cabinet restreint pour les affaires
politiques et sécuritaires, ni le ministre de la Défense, non plus qu’aucune
des autres instances du pays. Il a pris cette décision absolument seul et selon
son propre jugement, comme si Israël était une dictature soumise à la volonté
d’une seule personne.
Si ce manquement aux
règles de prise de décision ne suffisait pas à matérialiser un dol, Netanyahu a
ensuite déclaré à la télévision qu’il avait fait part de sa décision au
Conseiller juridique du gouvernement, l’inévitable Avikhaï Mandelblit. Lequel a
répondu dès le lendemain par écrit, que le Premier ministre et lui n’avaient
jamais évoqué les sous-marins Dolphins en aucune occasion.
Pour saisir les
conséquences de l’action de Netanyahu en l’occurrence, pendant un certain
nombre de mois, des centaines de militaires égyptiens et des milliers
d’Allemands liés à la construction des submersibles étaient au courant de cette
dotation, alors que les responsables israéliens de la sécurité ignoraient son
existence.
Sans vouloir préjuger de
quoi que ce soit, l’analyse du cas, basée sur la constatation inévitable qu’un
accord de ce genre n’est pas conclu sans la moindre raison ni contrepartie, et
que huit autres personnes, israéliennes, dont plusieurs font partie de
l’entourage immédiat du Premier ministre, se sont déjà vues signifier leur
inculpation dans cette affaire, l’unique conclusion logique de notre analyse
aboutit à la quasi-certitude que M. Netanyahu a bénéficié d’une commission à la
clé de ces transactions.
Cette
constatation-accusation est le fruit de mois entiers de recherches et
d’interviews de notre part, particulièrement en vue de nous assurer qu’il
n’existe effectivement pas de contrepartie d’une quelconque nature faisant sens
que l’Egypte aurait pu remettre à Israël et qui pouvait potentiellement
intéresser l’Etat hébreu.
Pour ne rien arranger aux
affaires de Binyamin Netanyahu, les investigateurs de la Ména ne sont pas les
seuls à avoir abouti à cette conviction. Moshe (Bogie) Yaalon, ancien chef
d’état-major de Tsahal et ministre de la Défense sous Netanyahu, ainsi qu’Ehud
Barak, lui aussi ex-chef d’état-major de Tsahal, puis Premier ministre
partagent notre certitude pratiquement à la nuance près. Et ils ne sont pas les
seuls.
Dans plusieurs régimes, ce
qu’il faut bien caractériser comme un acte de haute-trahison, serait passible
de la peine capitale, en Israël, elle peut valoir à son auteur la prison à vie.
L’existence de ce dossier
est d’ailleurs la raison principale qui fait que M. Netanyahu ne peut pas
envisager de solliciter une réduction de peine pour les trois accusations
actuellement jugées. Même s’il a beaucoup été question d’un abandon de la vie
politique par l’intéressé, en échange d’une peine symbolique, du genre de
travaux d’intérêt public qui ne seraient jamais réalisés en pratique. Nous
pensons que la présidence de l’Etat, l’opposition et l’instance judicaire
auraient accepté une telle issue, mais personne ne peut, dans l’Etat de droit,
accorder à quelqu’un une grâce à priori dans une affaire pour laquelle il n’a
pas été jugé ni inculpé. Au final, l’intérêt pour Netanyahu d’éviter
l’emprisonnement dans ces "petites" affaires actuellement en jugement
est quasi-inexistant, alors qu’il est conscient qu’il va devoir, tôt ou tard,
rendre des comptes pour son rôle présumé dans une grande et dans une immense
affaire, pour laquelle il risque probablement la prison à perpétuité.
Ce qui est certain est que
par égard pour notre pays et pour l’Etat de droit, afin de lui éviter la
déliquescence que lui impose l’actuel chef de l’exécutif, des hommes comme
Messieurs Yaalon ou Barak, nous-mêmes et d’autres encore, engageront toute leur
énergie afin que l’affaire de la vente des sous-marins à l’Egypte soit examinée
par la justice et qu’il en découle soit un verdict d’innocence, soit de
culpabilité.
Depuis que Binyamin
Netanyahu est poursuivi par ses casseroles judiciaires, il a fait adopter par la
Knesset plusieurs lois ou nominations qui vont à l’encontre de l’intérêt
objectif du pays. La première est la "Loi Israël, Etat-nation du peuple juif". Elle ne comporte
strictement aucun effet exécutoire, aucune modification d’aucune loi en
vigueur. Elle est donc inutile au niveau de la législation. Mais elle a
participé à instiller un sentiment d’abandon et d’amertume chez les Israéliens
d’autres confessions ayant lié leur destin au nôtre, je pense notamment aux
Druzes et aux Circassiens qui sont soumis au service militaire obligatoire,
mais aussi à des centaines de milliers de citoyens musulmans et de chrétiens
qui voient en Israël leur pays.
Désormais il est question de décréter en juillet l’annexion d’une
partie de la Cisjordanie. Nous y consacrerons évidement des analyses
détaillées, mais il s’agit d’une idée folle, qui, à l’instar de la "Loi Israël, Etat-nation du peuple juif", n’apportera aucun
avantage d’aucune sorte à Israël. Ce qui est certain, en revanche, est que nous
allons subir des condamnations et des sanctions de la part de plusieurs de nos
principaux partenaires économiques. Et si, d’aventure, les Démocrates
l’emportaient en novembre face à Donald Trump, et ils mènent dans les sondages,
les relations avec notre principal allié pourraient devenir intenables, bien
pires qu’avec Barack Obama, ce qui aurait des conséquences dramatiques sur le
plan stratégique, tant militaire que politique. En faisant adopter la loi d’annexion
durant l’été, Bibi compte prendre de vitesse les électeurs U.S. qui votent en
novembre, s’assurant ainsi d’avoir un président bienveillant à la Maison
Blanche au moment de notre décision. Reste que dans un tel processus la
décision d’annexer en elle-même n’a pratiquement aucune importance, et c’est d’un
soutien à terme dont nous devons être certains, notamment au moment où nous
déplacerons effectivement nos frontières. Nous courons également le risque de
voir des accords de paix péniblement négociés avec nos voisins arabes voler en
éclats et l’état de guerre permanent se réinstaurer à nos portes. Pour rien,
puisque, selon tous les observateurs, le contrôle israélien qui s’exerce
aujourd’hui sur les portions de territoires "annexables" existe déjà
de facto, et qu’il donne satisfaction du point de vue sécuritaire.
Sans compter que nous prenons le risque d’une nouvelle Intifada et que
la coopération sécuritaire avec l’Autorité a d’ores et déjà cessé. Les
travailleurs palestiniens du bâtiment ne sont pas revenus en Israël après Aïd al-Fitr,
une branche dans laquelle ils constituent l’écrasante majorité de la main d’œuvre
et qui se retrouve pratiquement à l’arrêt.
Les responsables de Tsahal
sont unanimes : cette décision ne sert à rien, elle est contre-productive
et dangereuse, la coopération avec les services de sécurité de l’Autorité
Palestinienne fonctionnait parfaitement et elle était précieuse ;
désormais, les opérations visant notamment à l’arrestation de terroristes
islamiques dans les villes de Cisjordanie sont devenues aléatoires et nous
risquons de perdre des combattants lors de chaque intervention.
Il est évident qu’il s’agit
d’une décision exclusivement populiste de la part de Netanyahu, destinée à
renforcer le soutien de l’extrême droite, des Juifs traditionnalistes et, plus
largement, de la Seconde Israël dans l’optique
de sa confrontation avec l’appareil judiciaire. Les membres de ces communautés se
réjouissent de la perspective d’isolation du pays dans le concert international.
Ils prônent une large autarcie et un repli sur nous-mêmes, qui, selon eux,
favoriseront la propagation des idées religieuses en réduisant l’influence
internationale dans le pays. Ils raisonnent tels les ayatollahs iraniens.
C’est naturellement une
décision aux ramifications infiniment graves, pouvant conduire à terme à la
mise en danger de l’existence même d’Israël. Car une modification des
frontières dans ces conditions ne participe pas d’une décision politique mais
essentiellement stratégique. A ce titre, il est indispensable de considérer ses
répercussions sur cinquante ou cent ans, et non pour les mois ou les quelques
années à venir. Pour le surplus, les pays démocratiques ayant décidé de
modifier leurs frontières l’ont presque tous fait en recourant à un référendum
populaire, dès lors qu’une décision de cette sorte concerne chaque citoyen
individuellement.
Dans le cas présent, on
sait que des millions d’Israéliens s’y opposeraient, ce qui laisse présager d’une
plus grande et plus irréparable scission encore qu’actuellement dans la société.
Un schisme à caractère idéologique entre les Première et Seconde Israël qui ne
manquera pas de s’immiscer au sein même de Tsahal, mettant en danger vital la cohésion
d’Israël et partant, sa pérennité.
Rien de moins.
Un Premier ministre aux
abois qui entraîne Israël dans sa chute qu’il sait inévitable. Un Premier
ministre qui vit au jour le jour, se satisfaisant de chaque heure gagnée sur
les échéances judiciaires et préparant le grand chaos pour le moment où les
verdicts tomberont. Un Premier ministre qui ne ressent pas la moindre
hésitation pour détruire les institutions de l’Etat les unes après les autres,
et pour remplacer leurs responsables par des moutons venimeux qu’il contrôle et
qui sont à sa botte. Un Premier ministre, enfin, qui, par les lois domestiques
qu’il promulgue et par ses initiatives à l’international, toutes démagogiques et
dictées par son instinct égoïste de survie, met soixante-douze ans de
réalisations en danger de mort.
Voilà pourquoi cet article
titre Etat d’urgence. Ou Etat en urgence absolue. Ou un seul homme est en train
d’emporter un pays entier – qui allait bien - dans sa chute. Ou Etat au bord du
gouffre. Ou après moi le Déluge ; ou, vous avez fait de moi une putain, je
ferai de votre monde un bordel. Ceux qui sont capables de comprendre auront
compris : Ca va mal. Très mal.
Avant-hier s’est ouvert le
procès de Binyamin Netanyahu au Tribunal de district de Jérusalem. C’est la
première fois qu’un Premier ministre en exercice comparaît au pénal. C’est
également, si le résultat de mes recherches est exact, la première fois que le
chef d’un exécutif en fonction se présente devant ses juges à l’occasion d’une
procédure criminelle dans l’histoire du monde.
Les Israéliens ont devant
leurs yeux un Etat qui se délite, un pays dont les valeurs fondamentales
disparaissent rapidement comme si elles n’avaient jamais rien représenté. Car
ce n’est pas uniquement que ce procès a forcé les électeurs à se rendre trois
fois aux urnes pour engendrer un parlement qui compte autant de ministres et de
secrétaires d’Etat que de députés. C’est aussi que ces élections ont accouché
d’une parodie de gouvernance que l’on n’aurait jamais imaginé trouver ici. On
se voyait mieux immunisé qu’on ne l’était vraiment.
C’est aussi un pays
d’immigration, qui réalise, après soixante-douze ans d’existence, que son
homogénéité apparente était trompeuse, que le dénominateur commun entre ses
citoyens est sans doute impossible à trouver, surtout lorsque le numéro un de
l’exécutif attise les braises de leurs différences afin d’assurer sa survie
politique. Cela nous amène à nous apercevoir, avec une stupeur certaine, qu’il
n’est pas facile de rassembler dans un même rêve des personnes qui ne s’étaient
pas rencontrées pendant deux mille ans. Que nos différences sont au moins aussi
nombreuses et profondes que ce qui nous rassemble.
Il est vrai que cette
découverte d’une société fragilisée a été outrageusement encouragée par Binyamin
Netanyahu. Un personnage qui n’a eu de cesse de jouer sur nos dissimilitudes pour
tenter d’échapper à la justice et au risque de se retrouver enprison. Mais il
a pianoté sur une réalité qui existait, qui surgissait par bribes, sans jamais
que ses failles n’apparaissent aussi exacerbées qu’aujourd’hui. Ce n’était sans
doute qu’une question de temps pour qu’elles parussent. Si elles n’existaient
pas, elles ne s’exprimeraient pas, et d’une manière aussi prégnante que
maintenant.
Jeudi dernier, le ministre
israélien des Affaires Nationales du Cyberspace et du Numérique, David, (Doudi)
Amsalem, un proche allié du Premier ministre Binyamin Netanyahu, a fustigé le
procureur général israélien Avikhaï Mandelblit. Amsalem a en outre
déclaré sur les ondes de la Radio de l’Armée : "Il n'existe pas de
contestation quant au fait que Mandelblit soit supposément un criminel".
Le ministre a précisé qu’
"il ne fait aucun doute qu'il est un criminel. Les commentaires ne sont
pas nécessaires, les juges de haut niveau ne sont pas nécessaires, vous n'avez
pas besoin de l'ensemble du troupeau de gauche et de ses commentateurs et
professeurs de toutes les facultés et du monde juridique tout entier [pour
l’affirmer]".
Le nouveau ministre de la
Justice, Avi Nissenkorn, a réagi à ces propos sur Twitter : "J'ai pleine
confiance dans le procureur général. Les ministres du gouvernement sont
autorisés à exprimer une critique de fond, mais les attaques sans retenue
franchissent la ligne rouge". Nissenkorn est un avocat de formation, il a
suivi Benny Gantz au gouvernement après l’éclatement de Kakhol-Lavan.
Cet échange nous emmène au
cœur du problème : si vous appartenez à la moitié d’Israël qui soutient
Bibi, les affirmations d’Amsalem sont parfaitement justifiées, et Amsalem a
raison de dire clairement son fait au procureur général, sans épargner le reste
de la "clique" des juges et des instruits, qui ont fomenté un faux
procès à Netanyahu afin de l’évincer du pouvoir. Le ministre du Cyberspace,
dont la fonction gouvernementale comporte la charge supplémentaire d’assurer la
liaison entre le gouvernement et la Knesset, voulait simplement parler de
l’Elite. De ce que l’on nomme de plus en plus fréquemment ici la Première
Israël.
Or si vous appartenez à la
Première Israël, que vous avez alors des notions de l’Etat de droit, si vous
avez fréquenté les bancs de l’Université, vous aurez sans doute été choqués
avec Nissenkorn par les affirmations inconsidérées et destructrices d’Amsalem.
Là où le bât blesse, c’est
lorsque l’on constate que les deux Israëls sont absolument certaines d’avoir
raison et ne sont prêtes à transiger sur rien, au point que le niveau de
violence n’avait jamais été aussi élevé dans le monde politique hébreu, qui en avait
pourtant connu d’autres, des vertes et des pas mûres. Ainsi que dans la rue,
malheureusement. Car Avikhaï Mandelblit, de même que ses assesseurs actuels, et
ceux qui ont instruit les dossiers Netanyahu et qui ne font plus partie du
Parquet, mais aussi la procureure, choisie au hasard, Liat Ben Ari, qui dirige
l’accusation lors des procès Netanyahu, les juges de l’instance de district qui
ne feront évidemment que leur travail et qui n’ont rien à voir avec Mandelblit,
ainsi que ceux de la Cour suprême, et en particulier sa présidente, Madame Esther
Hayut, font l’objet d’une surveillance policière incessante.
On pensait que les trois
juges qui officient dans ce procès, Rebecca Friedman-Feldman, Oded Shakham et
Moshé Bar-Am seraient temporairement épargnés par les attaques ad hominem, mais
les agressions verbales de Doudi Amsalem ne constituent qu’un exemple
représentatif de ce qu’expriment la plupart des ministres bibistes contre
toutes les instances de l’Etat et leurs représentants. Ainsi Shlomo Karaï,
un député du Likoud intervenant à la télévision quelques heures après la
clôture de la première audience, a élargi l’offensive aux trois juges,
affirmant avoir décelé lors de la première convocation du tribunal, pourtant purement
consacrée à des questions de procédure, des attitudes hostiles au Premier
ministre, qui démontrent, selon lui, qu’ils ne rendront pas un verdict
équitable.
La sécurisation des
magistrats et de leurs familles ne participe pas d’un luxe ou d’une précaution
ordinaire, ils font l’objet de centaines de menaces, d’insultes publiques et
téléphoniques, et d’intimidations près de leurs domiciles. C’est une épidémie
qui n’a rien à envier au COVID-19, et qui nous a atteints également à Métula,
que ce soit par des messages - des menaces de mort- privés, ou sur les réseaux sociaux. Certains
d’entre eux ne prêtent pas à rire et l’encre avec laquelle ils sont écrits a
l’odeur du sang.
Pour la Seconde Israël,
cela participe d’une juste révolte et ces "nantis",
ces "gauchistes", ces "accapareurs des attributs de l’Etat"
n’ont que ce qu’ils méritent. Pour la Première Israël, c’est juste une
catastrophe.
La question que les
professeurs de fac, les magistrats, les policiers et les journalistes (les
membres de "la junte commise au renversement de Netanyahu") n’osent
pas articuler est : "Que se passera-t-il si Bibi est lourdement condamné,
y compris à une peine d’enfermement, ce qui sera le cas s’il est reconnu
coupable des actes d’accusation dressés contre lui" ? Il risque plus
de dix ans de prison.
Netanyahu a déjà prévenu
que "le peuple" n’accepterait pas une sentence de ce genre, ce qui
constitue une menace à peine voilée de jeter un demi-million de ses partisans
dans les rues et de mettre le pays à feu et à sang.
C’est évidemment une
manière de faire pression sur les juges. Une menace qui a amplement contribué à
pousser Benny Gantz à accepter de former un gouvernement avec Netanyahu. On ne
l’a pas bien écouté, mais il a très clairement évoqué le risque d’un coup
d’Etat. On a cru qu’il s’agissait d’un prétexte destiné à déguiser une prétendue
soif de pouvoir de sa part, mais, connaissant un peu la personne et
l’atmosphère qui règne à Jérusalem, je suis convaincu que cette crainte
tangible a joué un rôle prépondérant dans sa décision.
Car de coup d’Etat, il en
a à nouveau été question dans l’intervention accordée aux journalistes par
l’inculpé Netanyahu au sein même du palais de justice. Plus vindicatif que
jamais, le Premier ministre a accusé en vrac le parquet, l’institution judiciaire,
la Police, la gauche et les journalistes, tous les journalistes, d’avoir
fomenté de concert ce "procès arrangé" afin de le faire chuter du
pouvoir et d’en écarter la droite pendant de très nombreuses années. Dans la
même harangue, Netanyahu a franchi une nouvelle ligne rouge en déclarant qu’il
ne s’agissait pas de son procès mais que c’était celui du Likoud et de la
droite qui venait de s’ouvrir. Comprenez que ce n’est pas sa personne qui est
accusée d’avoir commis des actes caractérisés de corruption, fraude et abus de confiance, mais la "droite" et la
moitié du peuple qui subiraient ces accusations infondées, ourdies par l’Elite,
la gauche, les sionistes, les ashkénazes, les laïcs, les instruits, les
partisans de l’Etat de droit, les haut-placés, ceux qui dirigent la Police, les
tribunaux et les journaux, ceux qui étaient officiers à l’Armée, les
internationalistes, tous ceux qui n’accepteraient pas que le bas peuple, la
droite, les séfarades, les religieux, les recroquevillés autour du judaïsme
hermétique et dominant, de l’Etat juif, les traditionnalistes, les ignorants, les
adeptes du principe "l’Etat, c’est le roi", ceux qui font leur
service militaire dans la piétaille ou ne le font pas du tout, les sans droit, les
désavantagés et les laissés pour compte dirigent le pays.
Car, comme on le distingue
sur la photo qui suit, la plupart des ministres et des dirigeants du Likoud se
tenaient derrière M. Netaynahu dans l’enceinte du tribunal lorsque celui-ci
accusa à nouveau toutes les instances de l’Etat d’avoir fabriqué par des
méthodes dolosives les affaires qui le mettent en cause. Le pouvoir exécutif
presque au complet qui se tient dans l’un des palais du pouvoir judiciaire pour
l’accuser de malversation, c’est une image qui fait froid dans le dos des
démocrates et qu’ils ne sont pas près d’oublier.
Les ministres du Likoud soutenant, en plein tribunal, l’assaut de
Netanyahu contre
toutes les instances de l’Etat de droit
Serait-ce le procès que la
Première Israël intente à la Seconde Israël afin de la priver de ses
"droits démocratiques exprimés dans les urnes" ?
Il est plus que temps de
mettre un peu d’ordre dans ce fourre-tout au demeurant inextricable. Pour
rappeler, d’abord et brièvement, que ce que la justice reproche à Binyamin ce
sont des actes exclusivement liés à son propre intérêt, visant des avantages monnayables
qu’il n’a jamais eu l’intention de partager avec qui que ce soit, et
certainement pas avec ce qu’il appelle "la droite".
Ensuite, parce que sa
tactique globale consiste à exploiter les ressentis de la Seconde Israël, mais
qu’on ne peut pas la confondre logiquement avec la droite. Certes, à force de
stigmatisations, de simplifications outrancières, Bibi est parvenu à imposer à
une partie de l’opinion un concept par élimination : tous ceux qui
présentent les caractéristiques de la longue énumération que j’ai faite trois
paragraphes précédemment appartiennent à la gauche. La gauche, c’est la
Première Israël, avec tout ce que cet amalgame imaginaire et ce raccourci
recèlent de dangereux.
Or, si la majorité de ceux
qui font partie de la Seconde Israël se considèrent effectivement de la droite
inventée par Netanyahu, on compte un grand nombre de personnes classées dans la
Première Israël qui appartiennent à la droite politique, telle qu’elle avait
été esquissée par le placement des députés dans l’Assemblée Nationale de la
Révolution française.
Parmi ceux-ci, on peut
citer les deux chefs de Yesh Atid, après le schisme avec Benny Gantz, Yaïr
Lapid et Moshé Ya’alon, le ministre des Affaires Etrangères issu de Kakhol
Lavan Gaby Ashkenazi, Benny Gantz, ainsi que des barons incontestables du
Likoud comme Benny Begin et Dan Meridor, Avigdor Lieberman, le leader d’Israël
Beiténou, ou encore AvikhaïMandelblit, l’ennemi juré
des bibistes, qui est à la fois pratiquant et conservateur. Il me faudrait deux
pages pour citer tous les noms des personnalités de droite qui n’appartiennent
pas à la Seconde Israël.
Il est encore plus probant
de mentionner que tous les leaders historiques du Likoud, à commencer par Zeev
Jabotinsky (dont le père de Bibi, Benzion Netanyahu, fut le secrétaire
particulier), faisaient partie, sans le moindre conteste sensé, de la Première
Israël, comme Menakhem Begin, Itzkhak Shamir, Ariel Sharon ; ils auraient
tous été des "gauchistes" dans la classification bibiste, en prenant
grand soin de ne pas oublier le premier d’entre eux… Binyamin Netanyahu. Dans
le profil duquel, en effet, il est impossible de trouver le moindre critère le
rattachant à la Seconde Israël.
Voici qui illustre la
"fragilité" ainsi que l’hypocrisie du tableau de classification
droite-gauche selon Netanyahu. Le chef de file de… la "droite forte",
titre qu’il s’est une fois encore approprié dimanche sur les marches
intérieures du palais de justice.
C’est dire l’étendue de
l’instrumentalisation par Netanyahu, entouré par un grand nombre de
responsables du Likoud actuel, appartenant tous à l’Elite de la Première
Israël, qui font un usage indiscriminé des ressentiments de la Seconde Israël.
Avec Jean Tsadik, nous
nous sommes intéressés de plus près à la raison pour laquelle la stigmatisation
de la gauche qui n’est pas la vraie gauche, occupait une place aussi importante
dans la rhétorique bibiste. Et nous avons découvert que, pour une fois, elle
était bien moins superficielle que tout ce qui précède.
Pour vérifier ce que nous
imaginions, nous nous sommes rendus il y a une petite semaine au cœur de Bnei
Brak (200 000 hab.), la ville juive orthodoxe la plus peuplée de la Planète. Sur
le coup de midi, affublés d’une kipa sur la tête, nous avons engagé la
conversation avec les passants, ce qui est très facile à réaliser dans les
quartiers religieux. Les habitants appréciaient visiblement que l’on
s’intéresse à eux et à ce qu’ils pensent, ce qui n’est pas fréquent. En prenant
grand soin de ne pas froisser nos interlocuteurs, nous n’avions aucune raison
de le faire, nous avons commencé par discuter de sujets divers, sélectionnés
par nos soins pour ne pas déclencher de grande passion. Au fur et à mesure de
notre débat à bâtons rompus, une foule de Juifs orthodoxes s’agroupaient autour
de nous, et grâce à la pondération de Jean, lui aussi issu d’une famille très
pratiquante, nous avons réussi à instaurer une ambiance propice au dialogue.
C’est alors que Jean
Tsadik a posé la question qui avait justifié notre déplacement dans la banlieue
de Tel Aviv : "Qu’est-ce que la gauche ?".
Déferlement. Tous avaient
quelque chose à dire, mais pas ce que la plupart des gens de la Première Israël
auraient pu imaginer. Il était exclusivement question de la Torah, de la haine
des orthodoxes et des rabbins par les "gauchistes", de leur volonté
d’éradiquer les mitzvot (règles) du judaïsme, de rendre le pays totalement
laïc, de les forcer à effectuer leur service militaire, ainsi que de l’attrait des
"gauchistes" pour la mixité et la fornication.
Je peux témoigner qu’en
vingt minutes, nous n’avons pas entendu un seul argument politique au sens que
l’on conçoit à un kilomètre de là, à l’extérieur de Bnei Brak. Lorsque
l’engouement se dissipa quelque peu, je posai une seconde question :
"Qui sont les grandes figures du gauchisme ?". Il y eut d’abord
une sorte de silence. Plusieurs participants à la discussion échangeaient entre
eux avant de fournir une réponse. Nous nous attendions tout de même à entendre
les noms de Marx, de Lénine ou de Trotski, voire ceux de la "vraie"
gauche israélienne, comme Nitzan Horowitz ou Zahava Gal-On, les chefs de file
de Meretz [parti de gauche israélien], mais rien de cela ne vint. Les noms qui
fusèrent furent ceux de Yaïr Lapid et d’Avigdor Lieberman (qui sont des
personnalités de droite), accompagnés de signes évidents de détestation.
Quelques minutes plus
tard, je décidai de rassasier ma curiosité : "Et Netanyahu, il est
aussi de gauche ?". Cela suscita une grosse discussion mais assez
confuse, dont il émana toutefois clairement que Binyamin Netanyahu était
effectivement "quelqu’un de gauche", mais qui ne détestait pas les
religieux. Et contrairement à ce à quoi nous nous attendions, nous n’avons
remarqué aucun indice de grande affection pour le représentant de la
"droite forte". Juste un consensus de compromis. Une approbation
conditionnelleagrémentée de multiples
restrictions.
Nous prîmes très amicalement
congé de la cinquantaine d’hommes qui nous entouraient. Nous eûmes deux heures
de trajet pour analyser les résultats de notre enquête de terrain. Nous n’avions
pas posé la question de savoir qui est de droite, car, comme dans le bibisme,
il nous était évident que le tri se faisait uniquement par élimination, et sans
la moindre affinité avec la composition de l’Assemblée convoquée à la
Révolution française. A Bnei Brak aussi, comme dans le reste d’Israël, mais selon
des critères différents, ceux qui sont de droite sont ceux qui ne sont pas de
gauche ! Il n’y a pas de démarche à faire pour "être de droite",
pas d’idée à émettre, c’est juste la normalité.
Dans la voiture qui nous
ramenait dans le Nord, il était apparent que notre hypothèse s’était
vérifiée : dans le monde orthodoxe, on déteste effectivement la gauche, mais
la gauche historique. Et ce, pour une raison évidente : sans rapport avec
la définition usuelle de la gauche, dans un univers qui ne vit pas en symbiose
avec le reste de la société, ce que l’on déteste, c’est ce qui représente le
rationalisme.
Le rationalisme, par
opposition à la croyance. Darwin, contre la vérité biblique selon laquelle Dieu
a créé le monde en six jours. Une Terre de 4.54 milliards d’années, contre une
Terre de 5 780 ans depuis la création du monde. Et toutes les divergences qui
s’ensuivent.
Or la gauche, pour les
Juifs religieux, c’est le courant politique qui, historiquement, explique la
vie de façon scientifique et s’oppose ainsi à leur croyance et à l’enseignement
de leurs rabbins. Si pour la majorité des hommes dans le monde, la gauche a
changé et ne prétend plus que la religion est l’opium du peuple, chez les
orthodoxes, on n’est ni évolutif ni à l’écoute de la télévision, et la
coexistence avec les "anti-religieux" n’est toujours pas envisageable.
Cela peut nous paraître anachronique, et ça l’est, mais uniquement lorsque l’on
n’est pas capable de réaliser que les habitants de Bnei Brak, comme ceux de Méa
Shéarim ont consacré leur vie, toute leur vie, à Dieu tel qu’il est décrit dans
la Bible.
Cela explique également la
ferveur de l’anti-gauche, la haine de "la gauche et des gauchistes"
responsables de tous les maux que l’on retrouve sur les réseaux sociaux. Ceux
qui l’expriment le plus souvent sont des traditionnalistes, des personnes qui
ne vivent pas dans un ghetto religieux et selon des préceptes totalement
rigides, mais des gens qui fréquentent tout de même quasi-quotidiennement leur
synagogue ou qui, s’ils ne le font pas, se le reprochent amèrement.
Les orthodoxes de Méa
Shéarim sont antisionistes, ils règlent leurs différends devant un rabbin et
non dans un prétoire séculier, dont ils ne reconnaissent ni l’utilité ni
l’autorité. Les traditionnalistes sont le plus souvent sionistes, mais leur
sionisme est très éloigné de celui de la Première Israël. Eux, s’ils vivent
ici, c’est parce que c’est le cœur géographique de leur foi, la source,
l’endroit où le messie fera son apparition, et l’Etat d’Israël est certes un
bienfait pour la plupart, mais il passe toujours bien après la Torah et la loi
halakhique, la loi des rabbins.
Les intégristes et les
traditionnalistes, les antisionistes religieux et les sionistes religieux,
offrent à Netanyahu, de par la raison unique de leur haine du rationalisme, le
terreau fertile de sa manipulation en trois temps : amalgamer la Première
Israël à la gauche, fustiger la "gauche" en l’accusant de tous les
maux lors de chaque intervention, se présenter comme le leader de la
"droite" forte, le principal et seul barrage contre les
"gauchistes".
A suivre…
La neutralisation de Bandar Abbas : un échantillon des capacités de Tsahal (011905/20)
Un article publié aujourd’hui sur le Washington Post fait le
buzz dans les chancelleries, les quartiers généraux des principales armées de
la Planète, et parmi les spécialistes de la guerre informatique. Le papier,
intitulé "Des officiels : Israël est impliqué dans une attaque
cybernétique chaotique contre une installation portuaire iranienne".
Le port de Rajahi, cible de l’attaque informatique
Comme le titre l’indique,
le rapport se base exclusivement sur des fuites de responsables gouvernementaux
de plusieurs pays sous le couvert de l’anonymat. Le fuitage contrôlé
d’informations aux journalistes d’un grand media constitue un processus très
courant aux Etats-Unis, utilisé par le gouvernement pour adresser un message
aux ennemis aussi bien qu’aux amis de l’Amérique.
Dans le cas présent, cet
article cite nommément l’Etat hébreu comme étant à l’origine de l’opération
cybernétique, ce qui, sous l’Administration Trump, n’aurait pas pu se faire
sans l’aval de Jérusalem, également intéressée à diffuser ce message.
Il faut dire que l’on
s’attendait à une réplique des Israéliens après la tentative attribuée à
l’Iran, le 24 avril dernier, de dérégler des systèmes de gestion des eaux
douces au pays des Hébreux. Les gardiens du cyberespace israélien avaient
rapidement réagi à l’intrusion de hackers iraniens dans les ordinateurs des
services de distribution d’eau, et tout dommage avait ainsi été évité.
Suite à cette tentative
d’attaque, les responsables informatiques desdits services avaient été
vigoureusement rappelésà l’ordre pour leur gestion inattentive de leurs
protections informatiques. Des "ajustements" ont été rapidement
effectués, aussi bien dans les services de gestion des eaux que dans d’autres
institutions. L’espace informatique israélien est généralement considéré comme
l’un des plus efficacement protégés au monde, notamment par des unités
spécifiques au sein de Tsahal, ce qui ne signifie pas que des ennemis ne
puissent pas trouver des failles par lesquelles s’infiltrer. En matière d’informatique,
un système sans failles, totalement impénétrable, n’existe pas.
Restait à savoir si les
représailles des Forces de Défense d’Israël allaient se faire sous la forme
d’une action kinétique [par une action militaire physique], ou par le biais
d’une riposte informatique. Le recours à une contre-action cybernétique
impliquait le risque (gérable) de dévoiler des capacités pouvant permettre aux
Iraniens d’améliorer eux-aussi leurs défenses en la matière.
Le choix de la riposte
s’est finalement porté sur une réplique informatique. Elle a visé le plus grand
port de la "République" Islamique d’Iran, celui de Rajahi, qui n’est
autre que l’installation portuaire commerciale de la ville de Bandar Abbas (500
000 hab.) [carte]. C’est l’un des deux grands ports au service des ayatollahs
avec celui de l’Imam Khomeini, situé à une cinquantaine de kilomètres seulement
de la frontière irakienne, dans l’estuaire d’un fleuve.
La riposte israélienne est
intervenue le 9 mai dernier ; elle a été "hautement précise"
d’après les informateurs du Washington Post et ses effets dévastateurs
ont été visibles par les satellites espions durant les jours qui s’ensuivirent.
En milieu de semaine
dernière, on observait la présence de douzaines de navires porte-conteneurs au
large de la côte, dans l’incapacité de décharger leurs marchandises.
En fait, le 9 mai, tous
les ordinateurs qui régissent le trafic maritime, le chargement, le stockage, les
routes et voies ferrées, ainsi que les communications ont simultanément cessé
complètement de fonctionner.
Cette "panne" a
empêché tout mouvement maritime de et vers le port de Rajahi, elle a stoppé net
les activités des grues et celles des installations de stockage des denrées et
des matières premières, et elle a généré d’inextricables bouchons de
circulation dans toute la région de Bandar Abbas.
La carte du port de Rajahi et la région de Bandar Abbas
Les responsables du port
ont tenté de minimiser le succès de l’opération israélienne en arguant qu’elle
n’avait atteint que des installations privées, mais il suffisait de mettre le
nez à la fenêtre ou de prendre des photos satellitaires pour se convaincre
qu’ils racontaient n’importe quoi.
Ce que le Washington
Post et la quasi-totalité des autres media ne font pas, c’est se pencher
sur les enseignements à tirer de cette opération, évaluer les capacités des
escadrons de hackers de Tsahal, et le message que Jérusalem et Washington ont
envoyé à la théocratie perse.
Le plus simple – et cela
explique le choix non anodin de Bandar Abbas – consiste à constater la capacité
des Hébreux à accéder aux systèmes informatiques de l’adversaire là où ils le
veulent, au moment où ils le décident, en choisissant les effets qu’ils
entendent provoquer et en privant les techniciens iraniens de la possibilité de
remédier au problème dans un délai raisonnable.
Si l’on se risque à la
comparaison entre l’attaque du réseau d’eau par les hackers des ayatollahs et
la réplique de Tsahal, nous dirons qu’il y a la même différence de pertinence
et de destruction entre eux qu’entre une balle de pistolet et une pluie de missiles
de précision.
Il y a aussi fort à parier
que les informaticiens iraniens ont agi au maximum de leurs capacités actuelles
de nuisance : avec davantage de maîtrise ils auraient au moins pu générer
quelques dégâts consistants dans les systèmes de distribution et de filtrage de
l’eau douce. Faute d’y parvenir, ils ont uniquement mis en lumière l’habilité
des gardiens cybernétiques hébreux à identifier rapidement leur attaque et à
prendre les mesures adéquates en l’espace de quelques minutes.
Quant aux Israéliens, leur
mode opératoire donne au contraire à penser que les dégâts qu’ils ont infligés
au port de Bandar Abbas ne représentent qu’un minuscule échantillon de ce
qu’ils sont capables de faire.
Mais pourquoi Bandar Abbas
et son port de Rajahi, avons-nous demandé ? Parce qu’il est à la fois le
principal point de passage des marchandises importées qui permettent aux
Iraniens de se nourrir et d’avoir accès à des produits de première nécessité.
Et à l’industrie de tourner et d’exporter une partie de sa production, dotant
le régime de Khameneï de quelques devises étrangères, absolument indispensables
au moment où les sanctions U.S. ont placé sa gouvernance en état de faillite
virtuelle.
Or si l’action des hackers
israéliens s’était poursuivie sur les ordinateurs de Rajahi, ou – pourquoi pas,
étendue à d’autres secteurs et d’autres régions ? – l’approvisionnement
critique de la capitale et des autres grandes villes d’Iran aurait très
rapidement été insuffisant pour répondre aux besoins de la population, et
l’activité industrielle et commerciale se serait encore ralentie.
On peut donc parler d’un
avertissement à Khameneï accompagné d’une preuve de compétences. De quoi faire
passer des nuits difficiles à ce vieil homme.
Le détail du port militaire de Bandar Abbas
Des navires de combat obsolètes censés
contrôler la passe d’Ormouz
Notez les deux frégates dotées d’une aire
d’atterrissage pour hélicoptères
Mais la démonstration de
ces capacités dans le port iranien va bien au-delà des effets que je viens de
citer. Il établit, par-delà le doute sensé, que sans s’en prendre directement
aux Forces de Défense Iraniennes et sans tirer le moindre missile, Jérusalem
possède la capacité de mettre 90% de l’activité en Iran au point mort.
Pour comprendre ce que
j’énonce, imaginez que la prochaine attaque se porte sur le système informatique
qui gère Téhéran (et/ou d’autres grandes métropoles persanes) et que, comme à Rajahi,
elle le mette totalement hors service.
La circulation automobile,
déjà à la limite de la saturation, faute de feux de signalisation s’arrêtera.
Des millions d’automobilistes et de camionneurs seront bloqués dans les rues et
sur les routes – ce qui deviendrait carrément désagréable, si, dans le même
temps, les théocrates khomeynistes avaient à faire face à une attaque de
missiles -. L’approvisionnement électrique serait coupé, de même que les
communications téléphoniques et celles empruntant les réseaux sans fils. Et
celle de l’eau potable, rendant, par les températures estivales qui prévalent
au Moyen-Orient, la vie difficilement supportable.
Et tout ce qui précède procède
exactement de la même capacité que celle exercée il y a dix jours à Bandar
Abbas ; il n’existe aucune différence entre neutraliser les ordinateurs du
port et ceux de Téhéran. Ce sont les mêmes, et ils sont installés et régis par
des méthodes communes ne présentant aucun secret pour les unités spécialisées
de Tsahal. Comme à Rajahi, les techniciens téhéranais ne possèderaient pas
l’antidote au poison informatique – si les Iraniens l’avaient, ils l’auraient
utilisé sur les rives du détroit d’Oman ; la situation était suffisamment
grave pour les obliger à faire appel à tous les moyens à leur disposition.
Ce n’est pas tout :
pour tenter de se mesurer à une telle attaque cybernétique, il faudrait avoir
recours à des ordinateurs de pointe n’existant pas en Iran, ainsi qu’à des
systèmes de gestion et à des logiciels spécifiques qui ont été placés sous
l’embargo décrété par Donald Trump. Le temps de s’en procurer par la
contrebande, de les planifier, de les installer et de les mettre en route
serait bien trop long pour sauver l’Iran de l’effondrement.
Encore faudrait-il être
certain que les hackers de Tsahal n’auraient pas déjà préparé des moyens pour
anéantir les solutions de rechange, auxquelles ils ont pour leur part un accès
illimité.
Certains de mes confrères
n’hésitent pas à soutenir qu’il serait possible d’obliger la théocratie des
ayatollahs à une reddition sans conditions uniquement en se lançant dans une
guerre cybernétique basée sur les capacités développées par ces spécialistes.
Toujours sans tirer un
seul missile. Ce qui n’empêcherait nullement de synchroniser une attaque
cybernétique avec une attaque kinétique, et d’autres armes encore, à l’instar
des bombes électromagnétiques ou E-bombs, dans leur définition
scientifique : bombes à impulsion électromagnétique non nucléaires (NNEMP).
Selon des sources étrangères, Israël serait à la pointe de la recherche dans
ces domaines également.
Ce type d’engin libère une
onde électromagnétique très brève et de forte amplitude, qui détruit les appareils
électriques (et partant, électroniques) dans une zone donnée, ce qui permet de
frapper des objectifs en neutralisant toutes les armes de défense connues.
On est très loin de la
science-fiction ou de techniques en voie d’élaboration. Lors d’opérations
passées, comme l’attaque du réacteur nucléaire syrien en cours de fabrication
par des ingénieurs nord-coréens le 6 septembre 2007, baptisée Opération Verger
ou "Out of the box", à proximité de Deïr ez-Zor, il est communément
admis que les Israéliens ont utilisé des moyens de guerre électronique.
Israël aurait eu recours à
la guerre électronique pour prendre le contrôle des défenses antiaériennes
syriennes et leur fournir une image de faux ciel pendant toute la période
nécessaire aux chasseurs-bombardiers israéliens pour traverser la Syrie,
bombarder leur cible et revenir. Cette technologie permettrait de nourrir les
émetteurs radar ennemis avec de fausses cibles, de les rendre totalement
aveugles, ou même de manipuler directement les capteurs ennemis.
Durant la période qui a
précédé cette intervention et celle qui l’a immédiatement suivie, à Métula, de
même qu’au Liban (nous nous trouvons à quelques centaines de mètres de la
frontière), nous avions expérimenté des interférences très importantes dans les
émissions de télévision ainsi que dans l’utilisation des téléphones portables.
Ces observations nous avaient permis à l’époque de réaliser rapidement qu’une
opération majeure était en cours et d’être les premiers à l’identifier et à
l’annoncer, générant, dans un premier temps, des réactions incrédules des
autres media.
Un individu à pied a franchi cette après-midi la frontière
internationale entre le Liban et Israël. Après les sommations d’usage, des
soldats du XIIIème bataillon de la Division Golani qui effectuaient
une patrouille de routine ont ouvert le feu sur l’intrus qui se trouvait en
territoire israélien.
L’individu est touché au niveau de sa poitrine et se trouve
dans un état grave. Il a été transporté par hélicoptère vers l’hôpital de Tel
Hashomer, à l’est de Tel-Aviv, et a été placé en soins intensifs.
L’incident s’est produit dans la zone montagneuse d’Har Dov
sur les contreforts du mont Hermon, à proximité de la forteresse de Gardiola (1
518m.) [carte], face au bourg libanais de Kfar Chouba.
Cette zone constitue un foyer de tension permanent. Elle
est investie, côté libanais, par le Hezbollah, qui contrôle Kfar Chouba et ses
environs.
Al Manar, l’une des chaînes de télévision de la milice terroriste
chiite libanaise, a relaté l’incident, annonçant que les militaires israéliens
avaient tiré sur un "berger désarmé". Il est permis de mettre ce
narratif en doute, les bergers de la région connaissant chaque mètre de la
zone.
Qui plus est, le Hezbollah utilise fréquemment des "bergers"
afin de tester le dispositif de Tsahal, que ce soit face au Liban ou à la Syrie.
Les incidents de ce genre, déjà courants d’ordinaire, se sont fait plus
nombreux ces dernières semaines.
La milice de Hassan Nasrallah a promis des représailles à l’Etat
hébreu.
L’intrus est emmené sur une civière par les soldats
Une certaine tension règne dans la région suite à cet
incident mais le cours normal des activités des civils n’est pas perturbé.
L’extrémité occidentale de la montagne d’Har Dov se situe à
10km à vol d’oiseau de la rédaction de Métula, et Gardiola, à 14km. La
température dans notre région dépasse les 40 degrés sous l’effet d’un vent du
désert appelé Sharav. Ces conditions extrêmes devraient perdurer jusqu’à la fin
de la semaine, constituant un phénomène météorologique exceptionnel en cette
saison et réduisant sensiblement la visibilité.
L’ambassadeur de Chine en Israël retrouvé mort à son domicile ce matin (011705/20)
L’ambassadeur de Chine en Israël, son Excellence Du Wei, a
été trouvé mort ce dimanche matin dans sa résidence d’une banlieue de Tel-Aviv.
On attend des précisions de la police.
M. Du Wei est en poste en Israël depuis un peu plus de deux
mois seulement. Il laisse une épouse et un fils. Il était âgé de 58 ans.
Bien qu’ayant présenté ses lettres de créance au président
Rivlin, il n’a jamais eu l’occasion de le rencontrer à cause des restrictions
due au Coronavirus.
Son Excellence Du Wei
(photo : ministère chinois des Affaires
Etrangères)
Corona : des médecins de Gaza entraînés Israël (011105/20)
Au total, c’est plus d’une centaine de médecins et
d’infirmiers de Gaza qui ont suivi des formations dans les hôpitaux israéliens,
sans compter les cours qui ont été administrés dans une salle du point de
passage d’Erez.
Certes, les deux parties, sans tenter d’imposer le secret
sur cette coopération hors du commun, ont préféré ne pas en
faire publiquement état. Les Israéliens, parce qu’ils excluent toute forme de
coopération avec le califat islamique dirigé par l’organisation terroriste du
Hamas qui gouverne la bande côtière ; le Hamas, parce qu’il prône la
destruction de l’Etat hébreu, l’annihilation de ses habitants et l’instauration
d’un Etat palestinien à sa place, du Jourdain à la Méditerranée.
N'empêche que dès le mois de mars des cliniciens de
l’enclave étaient bien en Israël pour se familiariser avec les techniques de lutte contre le virus. Début avril, la Ména a identifié
qu’une équipe de vingt praticiens gazaouis s’était rendue à l’hôpital de Tel
Hashomer en passant par Erez pour y suivre un stage.
D’autres ont suivis à l’hôpital Barzilaï d’Ashkalon et à
celui de Wolfson à Holon entre autres. Nous rappelons que l’hôpital Shifa de
Gaza, entièrement restauré par les Israéliens pendant l’occupation de la Bande
a été calqué sur celui de Holon, et que plusieurs médecins, dont la plupart des
responsables, avaient été formés dans cette ville de la banlieue sud de
Tel-Aviv.
Deux médecins qui ont participé à ces cours nous ont
confié, naturellement sous le couvert de l’anonymat, que l’atmosphère de ces
rencontres était carrément cordiale, et qu’elles ont même donné lieu à des
embrassades entre confrères qui avaient travaillé ensemble voici plusieurs
années.
Au niveau de la formation elle-même, ces personnes nous ont
dit que les pratiques qu’elles ont apprises en Israël avaient une importance "irremplaçable".
Qu’elles avaient porté sur "la détection des malades, leur prise en
charge, la séparation des patients atteints du COVID-19 des autres malades des
hôpitaux, la protection du personnel soignant, les procédures d’intubation et
de sortie d’intubation. C’étaient des protocoles dont nous ignorions
pratiquement tout", a déclaré l’un des médecins, ajoutant que
"jusqu’à ces stages, nous traitions les quelques personnes atteintes sur
la base de nos connaissances médicales générales et sur la documentation que
nous pouvions trouver sur Internet".
Des médecins israéliens transportant du matériel médical pour
des confrères palestiniens
Source : Médecins pour les Droits de
l’homme (archives)
Ces formations ont été accompagnées de livraisons/dons
massifs de matériel médical, comme des milliers de kits de test, des dizaines
de milliers de masques et des respirateurs. D’autre part, un laboratoire d’analyse
des échantillons a été installé à Gaza, financé conjointement par des sociétés
privées israéliennes et chinoises.
C’est le directeur de la Coopération Médicale
Internationale au sein du "ministère" de la santé de Gaza, le Dr.
Abdul Latif al-Hajj, qui a été la cheville ouvrière de la coopération avec
Israël côté Gaza. Il a lui-même participé à des stages en Israël.
Côté israélien, c’est principalement la fondation des Médecins pour les
Droits de l’homme qui a géré les échanges
avec la bénédiction du gouvernement.
Il est également apparu lors de notre enquête que les
médecins de Gaza et le Hamas préfèrent largement traiter directement avec
Israël que passer par le ministère de la Santé de l’Autorité Palestinienne.
Même si c’est l’AP qui, en principe, est chargée de gérer les relations
humanitaires entre la bande côtière et l’ "occupant" israélien.
Le ministère de la Santé de l’Autorité Palestinienne,
auprès duquel j’ai mes entrées, a bien organisé un séminaire au point de
passage d’Erez, mais il a appris ensuite par voie de presse l’étendue de la collaboration directe entre le Hamas et l’Etat hébreu,
notamment l’édification du laboratoire dans l’enclave palestinienne.
Les raisons de cette préférence, m’ont expliqué deux
membres des équipes médicales ayant suivi les stages en Israël, sont nombreuses :
d’abord le manque de confiance. "A Gaza, nous sommes convaincus que
Ramallah ne nous livre pas une proportion équitable du matériel et des fonds
que l’AP perçoit à l’international. D’autre part", poursuit le
porte-parole improvisé, "tous les médecins deCisjordanie qui
s’occupent du COVID-19 ont été formés et équipés par les Israéliens, et
Ramallah n’a inclus qu’un nombre insignifiant de nos praticiens dans ce
programme. Et déjà", continue notre interlocuteur, "si tout vient
d’Israël et qu’Israël accepte de s’occuper de nous, pourquoi ne pas s’adresser
directement à la source. Particulièrement si l’intermédiaire fait passer ses
intérêts bien avant les nôtres et que les Israéliens acceptent de nous parler
dans le domaine humanitaire ?.
Médecins pour les Droits de l’homme communique directement
avec le Hamas et cela se passe très bien", termine mon interlocuteur ;
"si nous avions attendu l’aide du Fatah, il n’y aurait probablement plus
personne en vie à Gaza…". S’ensuit un rire général et bruyant des autres
praticiens présents à la cafétéria d’un hôpital israélien.
Le second médecin, un épidémiologiste de bonne réputation,
m’a indiqué hier au téléphone que "vu la densité de la population à Gaza,
les limites du système sanitaire, la grande précarité économique régnante,
ainsi que les restrictions de mouvements imposées par Israël et l’Egypte, tout
le monde craignait d’assister à une hécatombe dans la bande côtière".
Je lui demande quels sont les derniers chiffres des
statistiques disponibles sur la propagation de l’épidémie à Gaza. Il répond
"que les craintes ne se sont pas vérifiées, mais qu’il était adéquat de se
préparer au pire. Le Hamas, l’Autorité Palestinienne, Israël et les instances
médicales mondiales ont tremblé, mais jusqu’à maintenant, nous n’avons dénombré
que vingt cas et aucun décès. Peut-être un, mais on ne peut pas déterminer à
cent pour cent que la personne est morte du Corona. Nous avons même pu renvoyer
quatorze patients chez eux".
Est-ce que ces chiffres sont fiables, demandé-je ?
- "Pas plus ni moins qu’ailleurs, nous n’avons rien
fait pour maquiller les chiffres !".
Est-ce grâce à l’aide israélienne ?
- "Un peu, mais c’est surtout la chance. Sur le plan
mondial, on n’a pas encore compris le comportement de ce virus, pourquoi il
frappe certains pays mais pas d’autres. Nous avons utilisé la moitié des kits
de test fournis par les Israéliens, nous avons correctement traité nos quelques
patients grâce à eux, mais surtout, nous étions prêts à faire face à une
catastrophe bien plus importante, nous savions que nous ne serions pas seuls
dans la tourmente, et cela, c’est appréciable".
Vous pensez que le Proche-Orient a été épargné par le virus
lui-même ?
- "C’est certain, sinon on relèverait les morts par
centaines de milliers en Egypte, en Jordanie, chez nous, au Liban, en Syrie etc.
Or on ne compte que quelques milliers de morts pour tous ces territoires. Le
virus frappe particulièrement les pays tempérés entre des parallèles
identifiables. Mais on se demande pourquoi des pays comme la Grèce et ceux de
l’est de l’Europe ont été relativement épargnés. C’est l’un des multiples
grands mystères de cette pandémie".
Et l’Iran ?
- "L’Iran, au printemps et en hiver, connaît des
températures européennes, pas moyen-orientales. Or il semble que, au moins dans
sa virulence bien davantage que dans le nombre de victimes qu’il provoque, ce
virus soit très sensible à la chaleur. Des différences de deux ou trois degrés semblent
faire une grande différence. Je crois que c’est le virus qui décide (il rit),
et que les mesures de confinement n’ont pas joué de très grand rôle :
l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes (Unis) ont comptabilisé un nombre
comparable de personnes positives pour un chiffre de décès également comparable
à Israël, et on ne peut pas vraiment confronter la qualité de la médecine dans
ces pays. C’est Allah et le virus qui ont décidé, pas les médecins" (il
rit à nouveau).
Ca vous a fait quoi de coopérer avec les Israéliens ?
Pensez-vous que la collaboration avec eux pourrait toucher d’autres
domaines ?
- "Je suis médecin, Sami, je ne me mêle pas de
politique ni des autres domaines. Mon travail consiste à sauver des vies. Ce
que je peux vous dire est qu’en médecine, la coopération a bien fonctionné, de
façon très professionnelle et positive. Et personnellement, également pour des
raisons professionnelles, je n’aime pas la guerre et je pense qu’il faudrait
s’arranger autrement, mais c’est tout ce que j’ai à répondre à votre question".
Il n’est pas vrai que l’accalmie dans les relations
entre Israël et Gaza ne concerne que la lutte contre le Coronavirus. Il est
certain qu’on se parle. Les émeutes du vendredi ont quasiment cessé, de même
que les envois de ballons et de cerfs-volants incendiaires.
Tout n’est pas parfait, ce weekend, des miliciens de Gaza
ont à nouveau et sans provocations de Tsahal tiré une roquette sur leurs
voisins juifs, heureusement, elle a manqué sa cible. Ces incidents, qui ne sont
pas rares, sont le fait de groupes islamistes, souvent au sein du Hamas même,
qui tentent de saboter les tentatives de dialogue. Tsahal réplique à chaque
provocation, et toujours sur des cibles du Hamas, qu’il considère responsable
de tout ce qui se déroule dans l’enclave palestinienne. Mais l’Armée sioniste
avise les miliciens qu’elle va détruire une cible et leur donne le temps de
s’en éloigner, les ripostes, lors d’incidents de ce genre, ne font jamais de
morts.
Dans le giron de
l’establishment israélien de la Défense, du Renseignement et du ministère de la
Guerre, on annonce que l’Iran est en train de vider massivement ses positions
en Syrie et de renvoyer ses soldats au pays. Nos antennes à l’extérieur
d’Israël et, notamment, dans les pays arabes avoisinants, confirment cette
information. Elle est bien réelle et participe d’un véritable tournant sur la
carte géostratégique moyen-orientale.
De Métula, nous avons
souvent eu l’occasion de le répéter, hormis dans les républiques bananières, on
ne bluffe pas avec la guerre. Et l’Iran est une théocratie, mais pas une
république bananière.
On bluffe avant un conflit
et après mais pas pendant. On essaie d’intoxiquer l’adversaire, certes, par la
propagation de fausses informations durant un affrontement, mais cela n’a rien
à voir, cela fait partie des tactiques militaires, non pas d’une stratégie
globale.
En fait, ce repli s’est
amorcé dès que le COVID-19 a commencé à toucher durement la
"République" Islamique, bien plus que les chiffres officiels de son
gouvernement ne le concèdent, des sources sérieuses parlant de dizaines de
milliers de victimes. Depuis, il ne fait que s’accélérer.
Ont
collaboré à cet article : Michaël Béhé, Stéphane Juffa, Yoshua Ohana
Métula, mardi 03h40, 02h40 à Paris
Selon diverses sources concordantes, y compris l’agence
officielle d’information syrienne SANA ainsi que des media iraniens à l’instar
d’al-Alam [ara.: le monde], des appareils israéliens ont bombardé le
complexe militaire-industriel situé au sud-ouest de la ville d’al Safirah
(Sfireh en dialecte local) 107 000 hab..
Le complexe en question, affilié au Centre d'Etudes et de Recherches
Scientifiques (CERS) syrien, se situe à 17km au sud-est d’Alep, à 278 au nord
de Damas et à 346km de Métula, dans la même direction, le point le plus proche en
territoire israélien.
Le CERS d’al Safirah était soupçonné par les agences de
Renseignement occidentales d’abriter des usines de missiles ainsi que la
fabrication d’armes chimiques et bactériologiques de destruction massive.
Le centre pris pour cible cette nuit incluait également une
base dans laquelle étaient stationnés des militaires gouvernementaux syriens et
des Pasdaran (corps des Gardiens de la "Révolution" khomeyniste).
Nous sommes en mesure de confirmer que l’objectif a été la
cible d’un raid aérien qui s’est déroulé à 22h32 locales. Des missiles ont été
tirés par des chasseurs-bombardiers – probablement des F-35 furtifs. Ils ont
provoqué au moins trois explosions majeures et ont totalement détruit le
complexe ainsi que les entrepôts attenants, selon un témoin oculaire et un
médecin joints par Michaël Béhé.
Il y a de très nombreux morts et blessés suite à cette
opération d’après le médecin. Le témoin oculaire prétend avoir distinctement compté
huit missiles "venus du ciel et générant d’énormes explosions".
L’opération d’al Safirah est confirmée par SANA, qui
ne parle que de dégâts matériels et prétend que des missiles d’interception ont
été tirés en direction des missiles air-sol israéliens. Nous sommes quant à
nous en situation d’affirmer que tous les missiles air-sol, sans doute des
Dalila, ont précisément atteint leurs objectifs. SANA affirme que l’Armée
est encore en train d’évaluer les dégâts causés par le raid.
D’autre part nous sommes également en mesure de confirmer
qu’un autre raid aérien a eu lieu aux environs de la ville d’al Salkhiyah, dans
la province de Deïr ez-Zor sur l’Euphrate, à mi-chemin entre al Mayadin et
Bukamal sur la frontière syro-irakienne.
Une vingtaine d’impacts ont été rapportés par des sources
locales. Des entrepôts d’armes et de munitions ainsi qu’un quartier général de
l’Armée iranienne ont été visés et oblitérés.
Les media arabes attribuent aussi le raid d’al Salkhiyah à
l’Aviation israélienne, ce qui est plausible.
De passage (enfin !) à Métula hier, j’ai eu l’occasion
relativement rare de photographier le mont Qournat as Saouda à partir
de la terrasse de la rédaction de la Ména.
Le mont Qournat as Saouda
Le Qournat as Saouda se
situe à 130km de Métula, soit 40km plus loin que Beyrouth, bien au-delà de l’autoroute
Beyrouth-Damas. Il culmine à 3 088 m d'altitude, ce qui en fait
le point le plus élevé du Liban ainsi que du Proche-Orient où Levant [carte].
Il conserve son manteau
neigeux jusqu’en juin ou en juillet. L’épaisseur de la neige varie habituellement
entre 2 et 16 mètres, les années exceptionnelles.
Son nom est tiré du syriaque
et du français "Qornet Sodé" qui signifie la "cornette des
Martyrs", en mémoire des chrétiens morts pas milliers lors de la famine
qui sévit dans la région du Mont-Liban durant la Première Guerre Mondiale pendant
l’occupation ottomane.
La cornette en français
est un chapeau de femmes qui fait penser à la forme du plus haut sommet de
cette montagne. Le syriaque
est une langue chrétienne extrêmement proche de l’hébreu (dont les lettres et
la grammaire sont quasi-identiques à celles de l’hébreu ancien).
Comme l’hébreu, le
syriaque comprend les voyelles o et é, ce qui n’est pas le cas de l’arabe. C’est
la raison pour laquelle le Qornet Sodé est devenu le Qournat
as Saouda avec le temps et la diminution de la présence chrétienne en Orient.
Sur la troisième
illustration, on distingue une partie du village de Métula au premier plan,
ainsi que la proximité de la frontière libanaise (à 380 mètres de la
rédaction).
Avec Métula au premier plan et des amis pilotes dans
le ciel libanais
Par le jeu du hasard, on
voit aussi les traînées de deux chasseurs-bombardiers du Khe’l Avir, l’Aviation
israélienne, qui, après avoir survolé Métula, s’enfoncent très profondément
dans le ciel du Liban le long de la frontière syrienne.
Hier (dimanche), durant
toute la journée, nos amis libanais ont noté une intense activité du Khe’l Avir
sur leurs têtes. Les appareils allant jusqu’à simuler des attaques au sol
contre des objectifs du Hezbollah.
Il arrive également que
ces exercices servent de diversion à de vraies attaques en territoire syrien.
De par la multiplicité des avions en vol, de leurs types variés et de leur
positionnement, l’ennemi ignore si une attaque aura réellement lieu et de quel
côté elle surviendra.
Il s’agit de la méthode de
"surprise par la sur-présence" parfois utilisée par le Khe’l Avir
afin de frapper des cibles iraniennes, syriennes et du Hezbollah en Syrie. Elle
est très difficile à contrer.
Elle a en outre l’avantage
de paralyser les activités hostiles – comme le transport d’armes et de
munitions, le déploiement de troupes et la préparation d’opérations offensives
- et de permettre d’étudier le dispositif antiaérien de l’adversaire, celui-ci
étant contraint d’ "allumer" ses radars et ses batteries pour les
rendre opérationnels.
Autre avantage, lorsque
ces "exercices" se prolongent, ils soumettent les armées ennemies en
général, et les servants de batteries et de sites sensibles en particulier, à
un stress très conséquent. Particulièrement si ce genre d’exercices se
poursuivent pendant plusieurs jours et plusieurs nuits consécutivement.
Hier, on n’a cependant
enregistré aucun raid du Khe’l Avir. Ce qui constitue également un élément dérivatif
intéressant : l’ennemi note qu’un déploiement massif de moyens aériens n’est
pas obligatoirement synonyme d’attaque. Lorsqu’il identifie nos appareils, il
ne sait donc pas si ces derniers vont l’attaquer ou non. Et l’instillation du
doute, particulièrement lorsque ces manœuvres se répètent, porte atteinte à son
niveau d’attention.
Il est vraisemblable que
la diminution de la pollution liée au ralentissement de l’activité industrielle
pendant l’épidémie du COVID-19, associée aux pressions barométriques basses de
ces derniers jours, favorisent les conditions de visibilité qui m’ont permis de
prendre ces photos.
Demain ou après-demain, je vous invite à ne pas manquer une analyse
illustrée préparée par mon père, Jean Tsadik et plusieurs autres spécialistes
de la Ména, exposant la précision des frappes du Khe’l Avir lors de récents
raids qui lui sont attribués en Syrie. Cette analyse exceptionnelle sera
toutefois réservée dans sa totalité aux abonnés de notre agence.
Une série d’énormes explosions s’est produite dans une base
militaire, à quelques centaines de mètres du quartier de Wadi Al-Dahab [ara. :
la vallée de l’or] au sud de la ville.
Les flammes atteignent plus de 80 mètres de hauteur [photo].
Des flammes gigantesques au sud-est de Homs, causées par
l’explosion de munitions
Le gouverneur de Homs attribue les explosions à "une
attaque", sans plus de détails. Les media d’Etat syriens et iraniens
confirment l’information, ne parlant, une fois de plus, que de dégâts
matériels.
Notre interprétation de l’événement, sans preuves mais par
référence au mode opératoire et au choix de l’objectif visé : il s’agit sans
doute d’une base confiée aux Gardiens de la "Révolution" khomeyniste dont
nous connaissons l’existence au sud-est de Homs. Il y a vraisemblablement de
nombreuses victimes, des dizaines, au vu des caractéristiques de ce genre d’objectif,
de l’élément de surprise et de l’explosion instantanée du stock de munitions [double
explosion : d’abord le missile, ensuite les munitions]. On est probablement
en présence d’une frappe provoquée par un missile de croisière air-sol
israélien de la famille des Dalila, lancé à partir du ciel libanais.
La frontière libanaise se trouve à 26km à l’ouest de la
base prise pour cible, et Métula, le point géographique le plus proche en
territoire israélien, est à 188km au Sud.
Attaque israélienne d’un convoi syrien (010105/20)
Ont
collaboré à cet article : Stéphane Juffa, Jules Mazouz, Yoshua Ohana
Métula, vendredi 02h40, 01h40 à Paris
Tard dans la soirée de jeudi, selon des sources étrangères
concordantes que nous sommes en mesure de confirmer, des hélicoptères d’assaut
israéliens ont attaqué au missile plusieurs positions de l’Armée gouvernementale
syrienne, à son usage et à celui du Hezbollah libanais et de milices chiites
sous commandement iranien dans le Golan syrien.
L’attaque fait suite à l’atterrissage cette après-midi à
Damas d’un Boeing 747-281F cargo iranien en provenance de Téhéran. Un appareil sous
livrée trompeusement civile de la compagnie Qeshm Fars
Air, immatriculé QFZ9951.
Qeshm Fars Air était une société civile et privée qui a fait
faillite en 2013 et qui a refait surface en 2017, exclusivement au service des
Gardiens de la "Révolution" khomeyniste (les Pasdaran).
Le matériel - des armes et des munitions -, a été chargé
sur des camions qui ont fait route en direction de la province de Kouneitra à
proximité de la frontière israélienne.
Aussitôt le déchargement effectuée, le Khe’l Avir, l’Armée
de l’air israélienne, est entré en action et a détruit les bâtiments dans
lesquels le matériel venait d’être entreposé.
Des organes d’information officiels syriens – dont l’agence
gouvernementale SANA - et iraniens font état de cette attaque mais ne
reconnaissent que des dégâts matériels.
Selon des sources plausibles mais que nous ne sommes pas en
mesure d’endosser actuellement, simultanément à l’attaque des hélicoptères,
Tsahal aurait bombardé deux autres objectifs dans le Golan syrien tenus par des
formations auxiliaires de l’Armée gouvernementale syrienne.
Ces attaques auraient conjugué des bombardements d’artillerie
et des tirs de missiles sol-sol Tamouz à partir du Golan israélien.
Nous ignorons le bilan précis des interventions
israéliennes de cette nuit mais nous savons avec certitude qu’il y a des morts
et des blessés dans les rangs ennemis.
Ont
collaboré à cet article : Michaël Béhé, Stéphane Juffa, Jules Mazouz,
Yoshua Ohana et Jean Tsadik
Métula, lundi 15h00, 14h00 à Paris
Le raid de l’aube attribué à Israël a visé (par recoupement
de diverses sources que nous sommes en mesure de confirmer) un site militaire secret
utilisé à la fois par les Pasdaran [les Gardiens de la "Révolution" khomeyniste]
et l’Armée gouvernementale syrienne.
Ce site est situé dans le quartier d’al Moadamyeh al Cham [ara. :
"le gouvernorat de Syrie", couramment appelé simplement le
gouvernorat : "al Moadamyeh"][cercle rouge et jaune sur la carte]
à Damas, non loin de l’aéroport de Mezzé [cercle rouge], dans l’ouest de la
capitale syrienne.
Selon nos sources, une intense activité avait été observée
ces dernières 24 heures sur cet emplacement. Des Pasdaran s’apprêtaient à
lancer sur Israël des drones-suicide, des engins téléguidés emplis d’explosifs
qui s’abattent sur une cible ; contrairement aux drones lanceurs de
missiles, le plus souvent utilisés par les Israéliens et les Américains. Ces
derniers étant censés rentrer une fois leur mission accomplie et sont
réutilisables.
Le site d’assemblage des drones à al Moadamyeh est si près
de la piste 06 (sur un axe nord-est, les chiffres 06 peints en entrée de piste signifiant
en aéronautique : orienté au 60 degrés sur une boussole) de l’aéroport de
Mezzé, pratiquement en bout de piste, qu’il n’aurait fallu que quelques minutes
pour les préparer au décollage.
Les Syro-iraniens entendaient sans doute effectuer un coup
d’éclat à l’occasion des commémorations du Jour du Souvenir et du Jour de l’Indépendance
en Israël.
L’objectif visé par le Khe’l Avir, l’Armée de l’air
israélienne, a été totalement détruit et il y a de nombreux morts iraniens et
syriens sur l’objectif ; une quinzaine au moins et des blessés, selon
Michaël Béhé, qui a pu s’entretenir téléphoniquement avec deux témoins à Damas.
Tous les missiles antimissiles syriens ont manqué (de
beaucoup) leurs cibles mais des éclats de certains d’entre eux (ils explosent
en vol) sont retombés sur des zones peuplées de la ville et on tué et blessé
plusieurs civils dont des enfants.
Des dégâts ce matin à Damas
On peut déduire de par le genre, l’étendue et l’environnement civil
des dommages qu’ils
ont été causés par les retombées d’un missile d’interception
syrien et non un engin israélien
Ils semble que les appareils israéliens ont lancé leurs
missiles à partir de l’est du territoire libanais, pendant que d’autres
chasseurs-bombardiers attendaient sur le Doigt de la Galilée, volant à basse
altitude pour se prémunir des radars et des missiles ennemis, prêts à parer à
toute éventualité en cas d’échec du raid initial. Il était évidemment
impensable de laisser ces menaces imminentes intactes.
Selon des sources nombreuses mais invérifiables, le
Renseignement russe aurait aidé son homologue israélien à préparer cette
opération. Ce qui est certain est que la presse moscovite a fait état cette
semaine d’une grande tension entre Vladimir Poutine et Bashar al Assad, le
président russe accusant le dictateur-président syrien de nager dans la corruption.
Reste que le Kremlin utilise très souvent des prétextes de ce genre afin de
dissimuler des ajustements stratégiques voire des changements de politique.
La situation est actuellement normale dans tout le nord de
l’Etat hébreu et particulièrement sur le Doigt de la Galilée et à Métula. En
fin de ce lundi après-midi et jusqu’à jeudi matin le couvre-feu sera décrété
dans tout le pays dans le but d’empêcher les attroupements à l’occasion des deux
jours de cérémonies à venir.
Ce matin aux alentours de 05h30 locales des appareils du
Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, ont attaqué au missile des objectifs dans la
région de Damas. Cette information a pu être vérifiée par la Ména, mais nous
ignorons pour l’heure la nature des cibles visées.
L’agence de presse gouvernementale syrienne SANA a succinctement
confirmé l’opération, la qualifiant d’ "agression israélienne",
ajoutant, comme à son habitude, que la DCA de Bashar avait abattu un certain
nombre de missiles.
Dans le vocabulaire gouvernemental syrien, le terme "agression
israélienne" est généralement utilisé pour qualifier une opération réussie
ayant occasionné des dégâts considérables.
De même que l’emploi de la phrase "la défense
antiaérienne a abattu un certain nombre de missiles hostiles" indique d’ordinaire
que les cibles ont été atteintes et qu’il n’est pas possible de dissimuler les
dégâts.
A l’heure de l’attaque, plusieurs chasseurs-bombardiers du Khe’l
Avir ont survolé le Doigt de la Galilée à basse altitude, réveillant notamment
de nombreux habitants de Kiryat Shmona.
Ce soir débutent en Israël les commémoration du ""Yom
hazirkaron" lé khlalaley maarakhot Israël vé lé nifgaé péoulot haéva",
le Jour du souvenir pour les victimes de guerre israéliennes et pour
les victimes des opérations de haine. Leur nombre, comptabilisé depuis 1860,
s’élève à 23 816 disparus.
Les cérémonies du "Yom hazirkaron" [Jour du souvenir] se
termineront demain soir et seront immédiatement suivies de la commémoration de "Yom
Hatzmaout", le Jour de l’Indépendance, 72ème du nom depuis la
création d’Israël, la fête nationale israélienne, qui durera jusqu’à la nuit de
mercredi à jeudi.
Le couvre-feu a été décrété pendant ces fêtes pour éviter
les attroupements en raison du Coronavirus. Sauf raison urgente, les Israéliens
auront cette année l’interdiction de quitter leur domicile. Ils pourront suivre
les cérémonies sans public à la télévision.
Il est relativement rare que l’Armée israélienne conduise
des opérations avant cet événement important. Si elle l’a fait cette année, c’est
sans doute que les Syro-iraniens prévoyaient une activité délétère imminente misant
sur le fait qu’Israël n’interviendrait pas à cette date, soit, c’est Tsahal qui
a décidé de surprendre ses ennemis en choisissant ce jour pour réaliser une
opération planifiée.
Quoi qu’il en soit, les reporters de la Ména sont à pied d’œuvre
dans tout le Moyen-Orient pour suivre les développements de ce raid, essayer d’identifier
les objectifs visés, et évaluer les résultats des frappes.
À son apparition,
la pandémie actuelle a provoqué un effet de saisissement dans le monde :
soudainement, chose inouïe, une immense partie des pays développés se sont
arrêtés, certains d’entre eux faisant le choix d’enfermer leur citoyens à
l’intérieur de leurs maisons pour une durée indéfinie. Le monde qui,
jusqu’alors, paraissait emporté par un mouvement continu d’échanges commerciaux
et d’enrichissement, s’est immobilisé, les rues des grandes villes se sont
vidées.
Devant cette
situation inédite et effrayante, on assiste à un véritable tourbillon de
discours cherchant à clarifier les origines du virus, sa nature précise, les
mesures à prendre pour traiter la maladie et remédier à sa propagation. À ces
nombreuses voix contradictoires s’est ajoutée la propagande d’État : les
mensonges du régime communiste chinois, ceux de l’OMS et, en ce qui nous
concerne, ceux du gouvernement français.
Dans cette
perspective, nous pouvons avancer que la véritable épidémie serait moins celle
du virus lui-même – dans son caractère biologique – que la manière dont les
humains et leurs institutions y réagissent : l’épidémie est avant tout
politique.
L’EPIDEMIE
FRANCAISE
En France, on est
bien placé pour saisir cette dimension. Ce pays, qui se targue d’être parmi les
plus développés de la Planète, se trouve absolument désarmé devant l’épidémie.
Les solutions paraissaient relativement simples pourtant : voyant ce qui
se passait en Chine (les États-Unis étaient informés
dès novembre 2019), il fallait distribuer des masques à toute la population
(méthode qui a fait ses preuves dans les pays asiatiques), s’assurer d’une
utilisation constante de gel hydroalcoolique, faire des tests de dépistage
massifs pour isoler ceux qui étaient déjà contaminés, dispenser les remèdes dès
les premiers signes de contamination (le docteur Raoult avait un protocole tout
prêt).
Or l’on découvre
un pays qui ne possède strictement rien du nécessaire : masques, gel
désinfectant, tests. Quant aux remèdes, au lieu de se prévaloir, devant
l’urgence, de l’existant (le protocole de Raoult), on le proscrit, ou on
l’autorise dans les cas extrêmes, quand le corps du patient a déjà évacué le
virus.
On prend
conscience aussi de la mutation désastreuse subie par l’État, empêchant toute
réponse adéquate. La souveraineté a été abolie au profit de la bureaucratie
européenne. Les institutions – hôpital, police, écoles – ont été méthodiquement
démantelées au cours des dernières décennies. Les grandes entreprises du pays
ont été vendues et la production « délocalisée », dans les pays du
Tiers monde. Alors que l’on ne cesse d’ajouter des taxes à des impôts en
augmentation constante, le citoyen qui finance l’État ne bénéficie pas des
services qu’il pourrait attendre en retour, l’argent étant plutôt investi dans
l’assistanat ou dans des projets coûteux sans utilité réelle. Tous les
gouvernements précédents ont fait comme si aucun danger ne pouvait plus menacer
un pays dans lequel la finance a remplacé la productivité. En somme, l’épidémie
qui devait représenter un problème à résoudre avec des moyens adéquats est devenue
une situation désastreuse.
LE CHOIX DE L’ALLEGORIE
– Le Hussard
Un roman offre la
possibilité de saisir les enjeux humains d’une telle catastrophe. En 1950-1951,
Jean Giono écrivit Le Hussard sur le toit,
un roman prenant la forme d’un pastiche de Stendhal, mais où l’auteur garde le
souvenir de la Grande Guerre, et de l’Occupation. Dans cette œuvre, le hussard
piémontais éponyme, Angelo Pardi, traverse la Provence en proie à l’épidémie du
choléra qui sévissait sous la Monarchie de Juillet. Traversant les épreuves
indemne – conformément à l’idée suggérée par son prénom –, il est témoin des
effets de la maladie à la fois dans le corps des pestiférés et dans la société.
Sur son chemin, il rencontre Pauline de Théus, à qui il offre, en chevalier
servant, de la reconduire auprès de son mari.
Le seul remède vérifié :
réapprendre à aimer
Au cours de leur
périple, on voit des mesures destinées à endiguer la propagation de l’épidémie.
La circulation des personnes n’est permise qu’à la condition de présenter un
laissez-passer officiel. Des barricades sont dressées et gardées par des
personnages arrogants qui clament : « La loi est faite pour
tous. », ou par d’autres, qui s’identifient tout bonnement à la
maladie : « Je suis comme le choléra, moi, je ne choisis pas. Tous
dans le même sac ». Comme les Français – et conformément à une pratique
qui remonte au Moyen Âge – tous sont confinés : l’efficacité de cette
mesure demeure démontrable en ce qui concerne le nombre de morts.
Vers la fin du
roman, les deux héros trouvent refuge chez un vieux médecin, qui prend une
figure de sage, et leur donne son « diagnostic », en quelque sorte
celui de l’épidémie. À ce moment, le choléra acquiert un caractère ouvertement
allégorique. Les démarches dictées par la nécessité apparaissent alors comme
révélatrices de la nature humaine.
C’est, en effet,
la fonction même de l’allégorie, par contraste avec le « réalisme ».
Celui-ci s’entend comme une idéologie qui, au nom d’une vérité opposable à
tous, prétend dicter une conduite et une attitude de soumission : le
dirigeant qui prononce une assertion fondée sur la science ou sur l’économie
n’entend pas qu’on lui objecte le moindre raisonnement divergent. En tant que
telle, l’allégorie dit comment on peut vivre une situation donnée en s’en
détachant quelque peu, pour la doter d’un sens humain.
Le médecin du
roman fait donc de la provocation lorsqu’il déclare à ses deux auditeurs que le
choléra est « une épidémie de la peur ». Il précise ensuite :
« Je sais fort bien que le choléra n’est pas tout à fait le produit de
l’imagination pure ». Dans son long discours, il présente l’épidémie sous
la forme d’images, afin de montrer qu’au-delà des causes objectives, ce qui est
en jeu sont des passions humaines, dans leur caractère irrationnel.
LA CAUSE DU MAL
Évoquant la
« mélancolie » qui affecterait ses contemporains, le médecin du Hussard fait donc de l’épidémie une
question morale qui concerne la manière dont les personnes et les sociétés
réagissent à leur condition. Il déclare ainsi que cette affection « fait
plus de victimes que le choléra », transformant la société en « une
assemblée de morts-vivants, un cimetière
de surface », où se répand « un délire de l’inutilité », poussant enfin « à des démesures de néant qui peuvent fort bien
empuantir, désœuvrer et, par conséquent, faire périr tout un pays ». Le
médecin laisse entendre ainsi que vivre, rester en vie, est avant tout une
question d’appétence pour la vie. Au niveau d’une nation, cela suppose, par
exemple, la volonté décidée de maintenir la cohésion en société et l’intégrité
de son pays.
Pour Giono,
l’absence du désir de vivre résultait de l’extension de la production
capitaliste, la destruction de la paysannerie et du lien avec la nature :
préoccupations qu’il a explorées dans ses écrits pacifistes, songeant au
carnage de la Grande Guerre qui l’avait marqué définitivement, et cherchant à
éviter qu’une telle destruction ne se reproduise. À notre époque, le
démantèlement de la nation au profit de la finance, la doctrine du
« nouveau management public » dans les institutions d’État en vue
d’une rentabilité accrue, l’émiettement du lien en société par l’immigration
massive, font partie des conditions infligées aux citoyens, et qui les privent
d’un sentiment d’appartenance à un ensemble qui donne sens à l’existence.
LA CATASTROPHE
Le cholérique
gionien se trouve donc « en proie au prodrome de « ce cancer de la raison pure, de chair
fatiguée des détours que lui fait prendre sa matière grise ». La
rationalité apparaît alors moins comme l’humilité devant la logique que comme
un affect délétère. Quand « toutes
les joies sédentaires foutent le camp », le cholérique se trouve
devant une absence de limites. Il n’est plus retenu par le lien avec ceux qui
lui étaient chers, il « se moque bien désormais de la chair et de la chair
de sa chair. Il suit son idée ».
Il a trouvé enfin ce qui fera de sa vie vide un destin marqué par la
grandeur : « Le cholérique n’est pas un patient : c’est un impatient. Il vient de
comprendre trop de choses essentielles. Il a hâte d’en connaître plus ».
Giono décrit alors
l’épopée de ce cholérique qui est captivé par le spectacle qui se déroule dans
son corps : « Mais voilà d’énormes globes de feu qui débordent
pesamment du cratère, des nuages incandescents qui remplacent le ciel. Votre
cholérique est prodigieusement intéressé. Son seul but est d’en connaître plus.
[…] Son sang se retire. Son sang se précipite sur les lieux du spectacle. Il ne
veut pas en perdre une bouchée ». Si la catastrophe est cause de
souffrance, elle possède aussi sa force de fascination pétrifiante, faisant
croire qu’elle serait détentrice de « la vérité ». Cette conception
exaltante – ce « sursaut d’orgueil » – porte l’individu à la hauteur
d’un enjeu métaphysique, aux conséquences sordides, comme on le voit dans le
chapitre où Angelo se trouve à Manosque, ville de l’auteur, et dont il montre
les habitants en proie à la peur et assoiffés de lynchages. Après l’Occupation,
Giono avait des comptes à régler avec les autres Manosquins.
EN REVENIR
Devant cette
force mortifère, le vieux médecin ménage la possibilité d’un ressaisissement de
la part du cholérique. Parlant au jeune couple chaste devant lui, il n’évoque
pas de remèdes matériels mais un principe moral : « […] il faudrait
se faire préférer, offrir plus que ne donne ce sursaut d’orgueil : en un
mot être plus fort, ou plus beau, ou plus
séduisant que la mort ». Le choléra exerce son emprise en diffusant un
sentiment de grandeur qui commande au malade : le cataclysme est de
l’ordre d’un fantasme et d’une passion destructrice. Or pour y faire face, le
médecin ne prône pas une hypothétique ou idéale rationalité retrouvée, mais
l’adoption d’un autre fantasme soutenu, ici, par le lien amoureux : une
adhésion qui sera suffisamment forte pour inciter le cholérique à se raccrocher
à la vie. Dans le roman, ce basculement se réalisera dans l’épisode où Angelo
sauve Pauline : alors que celle-ci subit la séduction de la mort, le jeune
hussard, saisi par « une sorte de fureur tendre », frictionne son
corps, dans une transposition de l’acte d’amour.
CONCLUSION
Nous sommes donc
en période de pandémie, mais en tant que phénomène médical, celle-ci paraît
bien moins mortelle que celles qui ont scandé le siècle passé. Elle est bien
davantage une catastrophe causée par l’humain : les malades auxquels on a
refusé un traitement adéquat, l’économie détruite par le confinement non
sélectif.
Certains voient
dans notre situation un moment d’arrêt salutaire, qui permet de réévaluer nos
priorités existentielles. C’est sans doute vrai. D’autres imaginent que tout
sera différent « après » : que le monde changera pour devenir
plus humain, plus écologique… En France, il y a lieu plutôt de noter que la
caste au pouvoir depuis des décennies n’a pas l’intention de lâcher son
emprise. Le seul espoir serait une prise de conscience générale de la nécessité
de reconstruire la nation et la démocratie. Sur ce plan, cependant, tout reste
à faire, le défi est à relever.
Corona : l’hypothèse qui change tout et qui répond aux défis de la pandémie (012104/20)
Le médecin-journaliste de
la Ména, le Dr. Olivier Katz, répond aux questions de Stéphane Juffa pour
expliquer l’intérêt médical de la théorie de la bactérie Prevotella.
C’est cette bactérie qui
deviendrait virulente en présence du COVID-19 et qui mettrait la vie des
patients en danger. Non le virus.
Or tous les effets connus
de la Prevotella correspondent précisément aux symptômes observés sur les
patients de la pandémie. Notamment quant à leurs prédispositions, à leurs
antécédents médicaux, à leur âge, à leur sexe et aux infections qu’ils subissent.
Au point qu’il faudrait
sans doute parler d’une épidémie de Prevotella, et pas de Coronavirus. Lequel,
à lui seul, pourrait effectivement être plus inoffensif que le virus de la
Grippe.
Or des antibiotiques
connus, fréquemment utilisés et pas rares existent pour combattre la Prevotella.
Si cette théorie prometteuse se vérifie, et cela se fera très rapidement, on
pourrait ne plus avoir besoin d’attendre un vaccin pour retrouver une vie
normale.
Rien de moins. 50 minutes
d’un entretien exclusif passionnant de bout en bout pour Radioména, et qui a le
poids d’un "game changer" !
En ce moment, les media gouvernementaux syriens et d’autres
observateurs font état d’un important raid aérien qu’ils attribuent à Israël.
La télévision syrienne (Etat) affirme que l’attaque se
déroule dans la région de Palmyre [l’antique Tadmor biblique en hébreu], à 56km
à l’est de l’aéroport T4, près de la ville oasis de Khirbat Tiyas, infesté de
Gardiens de la Révolution khomeyniste (Pasdaran) comme l’ensemble de la zone centrale
du désert syrien [carte].
T4 a été à de nombreuses reprises la cible de raids du Khe’l
Avir. L’aéroport, avec sa piste de 3km, peur accueillir les avions cargo de la théocratie
chiite persane. Il existe également un aéroport militaire non entretenu à l’est
de la cité de Palmyre qui sert de base aux Pasdaran ainsi qu’à leurs sbires
chiites irakiens. Il semble qu’il a été pris pour cible ce lundi soir.
On sait que cinq objectifs ont été visés entre Homs, à 140km
à l’ouest de Palmyre, et cette dernière.
Elle se trouve à 190km au nord-est de Damas, et à 290km au
nord-est de la rédaction de Métula, le point le plus proche en territoire
israélien.
On dénombre de nombreuses victimes ainsi que des dégâts
considérables suite à cette quintuple attaque que les media officiels du régime
alaouite qualifient de majeure.
La Ména est en mesure d’affirmer avec certitude que l’objectif
principal de l’opération consistait en une réunion secrète entre des officiers
supérieurs iraniens et syriens dans la ville de Palmyre. Tous les participants
à cette conférence ont été oblitérés.
Selon des sources sur place qui se sont confiées à Michaël
Béhé par téléphone, Maher al Assad, le frère du dictateur syrien aurait été
touché lors des raids de ce soir. Maher al Assad est un Major-Général ; il
est à la tête de la 4ème division blindée de l’Armée
gouvernementale, l’élite de l’élite assadienne, exclusivement constituée d’Alaouites.
C’est un personnage violent, lunatique, sanguinaire et cruel.
D’autre part, l’un des généraux principaux de la théocratie
chiite a également trouvé la mort ce soir, de même que le Général Salakh Dib, le
chef du Renseignement syrien pour les territoires du sud de Damas (Golan). Avec
lui, d’autres dignitaires et officiers supérieurs du régime, ainsi que des
dirigeants iraniens.
De nombreuses informations contradictoires circulent en ce
moment en Syrie et sur les réseaux sociaux arabes au sujet des opérations de ce
lundi attribuées à Israël. On observe un vent d’hystérie dans les media
gouvernementaux.
Les journalistes de la Ména dans la région sont évidemment au
travail.
Le gouvernement Macron ajoute l’indignité à l’incapacité (021504/20)
Le bilan de la pandémie ce mercredi en France : "une
cloche de Notre Dame a sonné à 20 heures". Ding-dong en stéréo sur toutes
les chaînes TV de l'Hexagone.
Pourquoi le 1er mars, en lieu et place du
décompte quotidien ? Pourquoi pas, dans le fond ?
C'est-à-dire qu'il y a eu en France 1 438 morts depuis
hier, mardi, mais cela, Salomon ne l'a pas dit. C'est le résultat d'une
soustraction du chiffre des décès communiqué hier - 15 729 - de celui
communiqué aujourd'hui.
Si c'est vrai, la France pleure presque autant de morts de
la pandémie au quotidien que les USA (1 502). Et vrai, ça l'est probablement. Mais
Paris est la seule capitale de pays occidental à dissimuler régulièrement les bilans
de la maladie, ou à les communiquer dans un mode illisible. En imputant la
faute tantôt à des pannes d’ordinateurs, tantôt à des week-ends trop longs.
Le Professeur Salomon a ainsi cru bon d'expliquer que
"la hausse [exorbitante] des chiffres par rapport à la veille est causée
par un rattrapage de saisie de données à l'issue d'un long week-end de trois
jours". Cela ne l’a pas empêché pourtant de commenter plusieurs graphiques
incorporant ces bilans tronqués, et dont ils savait donc qu’ils étaient faux
par une marge énorme. Puisqu’il l’a dit : ces chiffres sont le résultat d’un
rattrapage. Donc ils sont faux. Donc ils ne reflètent pas la réalité. Pourquoi alors
en faire l’analyse en public ?
L’homme est un descendant direct du Capitaine Alfred Dreyfus
(celui de droite, le Professeur Salomon)
La France est également le seul pays industrialisé à avoir
connu un "long week-end de trois jours". Les autres ont correctement
communiqué leurs bilans.
Avant le "rattrapage" à la hausse en question, la
France comptait déjà le second plus haut chiffre de décès quotidiens sur la
Planète. Avec des chiffres incomplets.
Ce n'est pas joli de se moquer d'une population déjà si
douloureusement frappée par une épidémie et anxieuse pour son avenir, notamment
parce qu’elle doute de la capacité de ceux qui la gouvernent de gérer une crise
de cette ampleur et de lui dire la vérité.
On ne va pas épiloguer sur ce mode opératoire, ni le
qualifier avec précision. Par respect pour nos lecteurs et leur intelligence.
On s’étonne tout de même que le Professeur Salomon se prête à cette sinistre
pantalonnade. De même que les confrères journalistes tricolores, mais cela, ça
ne nous étonne pas du tout.
Notre analyse ? Non seulement Emmanuel Macron et ses
ministres n'hésitent pas à bidouiller les statistiques pour que les Français ne
sachent pas que, jour après jour, ils sont parmi les principales victimes du
COVID-19 dans le monde. La France se rapproche désormais des chiffres globaux
de l'Italie et de l'Espagne, où la maladie est (réellement) en baisse. 578
morts en Italie aujourd'hui et 324 en Espagne !
Mais l'autre raison de demander à Jérôme Salomon de se
parjurer, c'est que le 11 mai, il faudra bien commencer à revenir à la vie "normale".
Or c'est une décision strictement politique, non médicale. Car à consulter
l'évolution du nombre des décès, rien ne vient justifier cette décision, bien
au contraire.
La raison c'est que la France n'a plus d'argent et ne sait
plus où en trouver, et qu'il va falloir vivre avec la pandémie. Masques ou pas
masques, tests ou pas tests.
Le gouvernement a aussi annoncé aujourd'hui par la bouche
d'Edouard Philippe le versement d'une prime unique de… 1 500 euros "pour
tous les personnels des services de santé qui gèrent la crise sanitaire dans les
départements les plus touchés et dans les services ayant accueilli des patients
Covid-19 dans les départements les moins touchés".
1 500 euros pour s'être exposé deux mois durant à la
maladie et à la mort ? 1 500 euros pour n'avoir pas pu embrasser ses enfants
durant tout ce temps ? 1 500 euros, pour s'être mesuré à une épidémie mondiale
sans disposer des moyens nécessaires de se protéger et d’administrer les soins ?
1 500 euros, pour avoir lutté jour et nuit, souvent des jours durant sans
prendre la moindre pause ?
Cette "prime" justifie-t-elle un commentaire de
notre part, en plus de celui que je viens de donner ? Sûrement pas. Pas de
sous. La faillite de l'Etat. La perte des pédales d’un gouvernement débordé et
apeuré.
On apprend au moment de clôturer cet article que "plus
d'un tiers des marins du porte-avions français Charles de Gaulle ont été testés
positifs au Covid-19 depuis leur retour anticipé en France dimanche, après la
découverte de contaminations à bord" (ministère français des Armées). Soit
668 marins, dont 31 ont dû être hospitalisés à Toulon.
Aucun doute, tous les signes l'indiquent, c'est vraiment le
moment de programmer le déconfinement. A commencer par le retour des enfants à…
l'école. Brillant gouvernement qui, au lieu de procéder à un état des lieux de
la pandémie pendant la première semaine de mai décide près d’un mois à l’avance
de ce qu’il va faire. S’il fallait une évidence à mes conclusions, en voici une
qui ne laisse pas beaucoup d’espace à l’imagination.
Il faut maintenant rouvrir l'économie mondiale (011504/20)
L'aspect le plus remarquable de la pandémie de Covid-19 est le nombre
impressionnant de choses que nous ne savons pas.
Personne ne sait avec certitude d'où vient le virus : des marchés de
viande exotiques de Wuhan, d'une erreur de manipulation dans le laboratoire
biologique de la même ville ou même, d'une source entièrement différente.
Personne ne sait pourquoi le rythme de contagion a été plus faible dans
l'hémisphère Sud que dans l'hémisphère Nord ou pourquoi certains pays, comme
l'Allemagne, publient des taux de mortalité beaucoup plus bas que leurs
voisins.
Personne ne sait, même à un ou deux ordres de grandeur près, combien de
personnes contaminées mais sans symptômes existent sur la Planète.
Même la manière dont le virus agit dans le corps n'est pas connue. Pourquoi
les enfants, dont le système immunitaire est fragile, tombent-ils si peu
malades quand ils sont infectés et ne meurent-ils quasiment jamais ? Pourquoi
tant de symptômes originaux, perte du goût et de l'odorat, rougeurs cutanées ?
Pourquoi les gros fumeurs sont-ils moins atteints que les autres et les obèses
davantage ?
Il y a à peine une semaine que l'explication la plus répandue du mode
d'attaque du virus a changé radicalement. On croyait qu'il attaquait le système
respiratoire ; on estime maintenant que c'est dans le système sanguin qu'il
fait des ravages, en empêchant les globules rouges d'apporter l'oxygène aux
organes du corps. Et si un troisième diagnostic, entièrement différent,
apparaissait demain, personne n'en serait surpris.
Et pourtant, il y a bien aujourd'hui deux certitudes sur la pandémie. D'abord,
il s'agit, en termes purement sanitaires, d'un épisode d'ampleur mondiale mais
de gravité moyenne à faible. La deuxième est que la pandémie a d'ores et déjà
provoqué une récession mondiale abyssale – une crise économique qu'on ne peut
comparer qu'aux dommages de certaines guerres ou, en temps de paix, à la Grande
Dépression des années 1930.
En termes sanitaires, la pandémie a provoqué pour l'instant environ
125.000 morts. Dans l'hémisphère Nord, le nombre des nouveaux cas est désormais
partout à la baisse, même si personne ne peut prévoir ce que sera la pente de
cette diminution. Dans l'hémisphère Sud (nettement moins peuplé) on ne peut pas
exclure, si le virus a une zone de température préférée (ce que beaucoup
supposent mais que personne ne sait) que la courbe des infections s'accélère
avec l'arrivée de l'hiver. Mais au total, même en prenant en compte des
hypothèses très pessimistes, il est désormais très peu probable que le nombre
total de victimes en fin de pandémie soit supérieur au double de celui
d'aujourd'hui.
Si la mortalité se stabilise à 250.000 victimes, le virus de Wuhan aura
été environ cent fois moins mortel que la grippe espagnole de 1918-1919 (entre
17 et 50 millions de morts) et quatre fois moins que les pandémies de 1957 et
1968-69, qui ont chacune fait environ un million de victimes. Au total, du
point de vue strictement sanitaire, la pandémie actuelle est sérieuse, mais
elle n'est pas cataclysmique.
En revanche, l'impact sur l'économie mondiale des décisions politiques
de gestion de l'épidémie sera abyssal – littéralement sans précédent, sauf
peut-être la Grande Dépression de 1929-1932, pendant laquelle l'économie
mondiale a reculé de 15 %. Ce que nous allons vivre dans les prochains
mois, aucun d'entre nous ne l'a jamais vu – et pour la plupart d'entre nous,
nos parents non plus. L'économie du monde est entrée dans une auto-asphyxie
dont elle ne sortira qu'avec des séquelles durables.
Dans la plus grande partie des pays touchés – avec des variations de
détail d'un pays à l'autre – il a été décidé, pour réduire la contagion,
d'empêcher la plus grande partie de la population de sortir de chez soi la
grande majorité du temps. Nul doute que la réduction des contacts humains ne
réduise les occasions de contagion. Mais cette décision a, sur l'économie
mondiale, un impact en chaîne qui va la ravager et en modifier le visage pour
de longues années.
Très rapidement, de nombreuses activités économiques sont anéanties. Les
commerces fermés ne vendent plus, les ventes en ligne ne se substituant que
très partiellement. Les secteurs économiques qui dépendent des déplacements et
des contacts humains – le pétrole, l'aéronautique, le tourisme, la culture –
entrent dans le coma. Le chômage explose : soit ouvertement, comme aux
Etats-Unis où 16 millions d'emplois ont disparu en trois semaines, soit de
manière dissimulée, comme en Europe où l'on préfère parler de chômage partiel
pour couvrir l'effondrement de l'activité.
Ceux qui ont perdu leur emploi voient leurs revenus s'effondrer et ne
peuvent plus faire face à leurs charges. Cela fait exploser le niveau total des
dettes et des impayés dans l'économie, ce qui fragilise les entreprises. Entre
la baisse de l'activité et l'augmentation des impayés, les entreprises
commencent à faire faillite et à fermer.
L'étape suivante est celle de l'intervention des Etats. Pour éviter un
chaos sociétal complet, les Etats se mettent à injecter à toute force de
l'argent nouveau dans l'économie. Là où cela est permis, cet argent est créé de
toutes pièces : la Banque d'Angleterre a ainsi été autorisée à émettre de la
monnaie pour acheter des titres de la dette publique, l'équivalent exact de
l'ancienne "planche à billets". Ailleurs, il est emprunté sur les
marchés. Les sommes mises en jeu par les gouvernements occidentaux pour contrer
la nouvelle grande dépression sont pharaoniques : 2 000 milliards de dollars
aux Etats-Unis (soit 10% de la richesse produite chaque année) et 500 milliards
d'euros déjà annoncés en Europe (soit 4% de la richesse nationale), qui seront
presque certainement augmentés dans les prochaines semaines. On parle déjà,
pour l'Europe, d'un fonds qui pourrait aller jusqu'à 1 500 milliards d'euros.
Ces interventions massives permettront de réduire à court terme le
nombre des faillites et le désordre social qui en est la conséquence. Mais
elles pèseront sur la croissance économique pendant des décennies. La dette
doit toujours être payée ; celle des Etats est payée par les impôts de leurs
citoyens. Le remboursement de la dette pandémique de 2020 va longtemps priver
les individus et les entreprises de moyens qu'ils auraient pu affecter à leurs
propres besoins.
La dette est si massive que les gouvernements et les banques centrales
ne pourront plus, pendant longtemps, relever des taux d'intérêt qui, dans tout
l'Occident, volent à peine au-dessus de zéro. Cela devrait permettre de réduire
un peu le nombre des faillites, mais cela fragilisera en contrepartie tout le
secteur financier, dont les taux d'intérêt sont le pain quotidien.
Tant que le confinement de la population se poursuivra, ces effets
économiques vont s'accumuler et faire augmenter la dette, la pauvreté et
l'angoisse de l'avenir. On doit d'ailleurs y ajouter qu'après un certain temps,
les machines et les talents qui restent sans emploi deviennent plus difficiles
à remettre en service. Une baisse du niveau des équipements et du travail est
un effet supplémentaire de la politique adoptée par la plupart des pays.
Le déséquilibre entre la gravité – disons, moyenne – de la pandémie et
le risque absolument catastrophique pour l'économie est encore plus massif si,
en revenant à des considérations sanitaires, on prend en compte trois données
essentielles.
D'abord, la dangerosité du virus est extrêmement différente selon les
âges. Confiner les plus âgés d'entre nous a un sens, quand on voit que près de
15 % des plus de 80 ans diagnostiqués meurent. Mais pour les adultes d'âge
actif – ceux qui contribuent à l'activité économique –, le pourcentage est
d'environ 0,5%, et même 0,2% pour les moins de 50 ans. A ce faible niveau de
dangerosité, la question de savoir s'il est vraiment pertinent de fermer
l'économie mondiale doit se poser. Aux Etats-Unis, le nombre de gens qui ont
perdu leur emploi est près de 10 000 fois supérieur au nombre de morts d'âge
actif. Or, le chômage a lui aussi des conséquences sanitaires : dépressions,
angoisses, violences familiales, suicides.
Une mortalité fortement
concentrée sur les plus anciens
Libérer les actifs, tout en continuant à isoler les plus anciens,
aurait donc presque certainement plus d'effets positifs que négatifs du point
de vue sanitaire. Cette politique serait rendue encore plus efficace en testant
systématiquement les gens qui retournent au travail, pour maintenir en
confinement ceux qui resteraient dangereux. Seule l'absence d'un nombre
suffisant de tests disponibles dans la plupart des pays empêche la mise en
place de cette politique.
La deuxième caractéristique de la maladie qui devrait conduire à remettre
en cause le confinement est que l'expérience montre que le port systématique du
masque réduit la contamination au moins aussi efficacement que le confinement. Sans
exception, les pays où le port du masque est généralisé (Corée du Sud, Hong
Kong, Singapour, Japon) ont vu une courbe d’infection plus plate que ceux qui
ne l'utilisaient pas, même lorsque les premiers choisissaient de ne pas
confiner et que les seconds le faisaient.
Le masque : une politique plus
efficace que le confinement
Enfin, la dernière donnée sanitaire à garder à l'esprit est que le
virus a commencé à reculer dans tout l'hémisphère Nord et suit à peu près la
même courbe dans tous les pays, qu'ils aient ou non décidé de confiner leur
population.
Cette dernière observation est surprenante : elle implique que même si,
à titre individuel, le confinement a évité certaines infections, cet effet a
été trop limité pour être visible dans les statistiques globales des pays
concernés. Et pourtant, c'est un fait : la courbe des nouveaux cas en Suède et
aux Pays-Bas, pays sans confinement, est indistinguable de celle de l'Italie,
le pays qui a jusqu'ici imposé le confinement le plus sévère.
Italie et Suède : la baisse du
nombre des cas est engagée – confinement ou non
Si l'on tire toutes les conséquences de ce fait, les conclusions de
politique publique s'imposent. Il faut mettre fin au confinement des personnes d'âge
actif, pour limiter l'effondrement en cours de l'économie mondiale – tout en
testant le plus de gens possible pour isoler les individus contagieux.
Il faut imposer le port du masque dans l'espace public tant que
l'épidémie dure : il constitue une barrière à la propagation plus efficace que
le confinement lui-même.
Un incident tendu s’est produit ce matin à 3.4km à vol d’oiseau
au sud-ouest de la rédaction, à proximité immédiate du village libanais d’Adassié.
Adassié est peuplé de chiites, traditionnellement soumis aux volontés de l’organisation
terroriste du Hezbollah [carte].
La ligne jaune matérialise (sur les deux cartes) la frontière
entre Israël et le Liban.
Il s’agit d’une frontière internationalement reconnue, marquée à
nouveau par l’ONU
en 2000, également connue sous le nom de "Ligne bleue"
L’un des problèmes liés à cette frontière réside en ce que
le mur de sécurité dressé par les Israéliens, adjacent à une route de patrouilles,
ne passe pas sur la frontière internationale, mais jusqu’à 500 mètres (en un seul endroit) à l’intérieur du
territoire israélien.
La raison pour laquelle le mur ne suit pas le tracé de la
frontière internationale est lié à la topographie accidentée des lieux et à la
nécessité d’avoir un mur et une route à la géométrie cohérente, ce qui serait
impossible en épousant précisément la frontière.
A noter qu’en aucun endroit le mur israélien n’empiète en
territoire libanais.
Sur la carte suivante on réalise la complexité de cette "double
démarcation" aux alentours du kibboutz de Misgav Am qui culmine à 820
mètres d’altitude. On y remarque, outre la frontière internationale en jaune,
le mur de sécurité en rouge, infranchissable pour les civils israéliens.
Le cercle rose indique l’endroit où s’est produit l’incident
de ce matin.
Le trait bleu, sans lien direct avec l’incident, est le
tracé de l’ancienne route qui reliait Misgav Am à Metula, à 3.2km au nord-est, et
qui a été rendue impropre à la circulation par l’Armée israélienne, afin d’empêcher
la présence de civils dans cette zone réputée dangereuse.
Il arrive, comme ce matin, que Tsahal traverse le mur de
sécurité afin de se livrer à des travaux sur le territoire israélien qui s’étend
du côté libanais du mur.
Ces activités consistent à s’assurer qu’aucun engin
explosif ou équipement d’espionnage du Hezbollah ne se trouve dans cette zone ;
à effectuer des tâches de débroussaillage pour que la végétation ne dissimule
pas d’éventuelles réalisations du Hezbollah ; de même que l’installation d’équipements
de surveillance pour le suivi de ce qui se déroule côté libanais.
Comme ce fut le cas ce matin, Tsahal, par l’intermédiaire
de la FINUL/UNIFIL, la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban, informe l’Armée
libanaise de la date, de l’heure et du type d’intervention envisagée afin d’éviter
les incidents inutiles. [https://fr.wikipedia.org/wiki/Force_intérimaire_des_Nations_unies_au_Liban]
Le plus souvent, les choses se passent bien, fréquemment
sans la présence de membres des Forces Armées Libanaises. Les soldats de l’UNIFIL
sont quant à eux toujours présents et remplissent deux fonctions en ces
occasions : matérialiser la frontière, les cartes à la main, en se
positionnant physiquement dessus pour informer visuellement les Israéliens et
les Libanais de son tracé, et créer un rempart humain entre les deux armées.
[On observe très bien ces rôles sur la photo suivante].
Il arrive que les deux armées se fassent face et se tiennent
mutuellement en joue
Les soldats libanais n’avaient aucune raison de pointer
leurs armes sur les militaires israéliens. Cela ne contribue qu’à tendre la
situation et risquer qu’un incident meurtrier ne se déclare par erreur.
Ce matin, les soldats de Tsahal, plus nombreux sur le
terrain et protégés par des chars Merkava positionnés sur des rampes de visée
préétablies le long du mur de sécurité, on conduit leur mission telle qu’elle
était prévue. A certains moments, ils ont dressé des bâches de tissu noir afin
de dissimuler aux yeux de l’adversaire la nature de leur activité.
Pendant qu’ils s’afféraient, des drones parcouraient le
ciel et à plus grande altitude, des hélicoptères et des chasseurs-bombardiers
se tenaient prêts à toute éventualité.
Ce mardi, les choses ont été simplifiées par le fait que
nous n’avons pas vu de miliciens du Hezbollah en première ligne côté libanais.
Il advient qu’ils s’y trouvent pour exciter les soldats, qui sont souvent des
miliciens vêtus de treillis des FAL ou de vrais soldats libanais de religion chiite,
obéissant toutefois aux ordres de Nasrallah. Visiblement, ce n’était pas le cas
ce matin, ce qui a simplifié les procédures de désengagement.
On distingue l’une des bâches entre les soldats, qui va être
dressée dans quelques instants
afin de dissimuler certaines manipulations des regards curieux
Le 3 août 2010, l’Armée libanaise avait organisé une embuscade
à l’occasion d’une session de débroussaillage, à 700 mètre environ de l’emplacement
de l’incident de ce matin. Lors du guet-apens de 2010, des snipers libanais
avaient ouvert le feu sur le Lieutenant-Colonel
de réserve Dov Harari, le tuant sur le coup, et avaient grièvement blessé le
commandant de peloton, le Capitaine Ezra Lakia.
Tsahal avait vigoureusement répliqué, s’attaquant notamment
au QG de bataillon des FAL dans le villaged’Al-Taybeh, à 3km au
nord-ouest d’Adassié, détruisant plusieurs véhicules et tuant deux soldats
ainsi qu’un journaliste, par erreur.
L’Armée israélienne avait averti à l’époque que si une
agression du même genre devait se reproduire, elle oblitérerait toutes les
positions des Forces Armée Libanaises dans la région frontalière. A notre
connaissance, l’avertissement est toujours en vigueur.
Sur cette dernière image on distingue la complexité de l’enchevêtrement
des deux pays, qui ne sont séparés par aucun No Man’s Land ou zone tampon. Tout
près de notre rédaction, on voit le tracé du mur de séparation en orange, la
frontière internationale en jaune, et entre les deux, une route utilisée
exclusivement par les Libanais mais qui se situe entièrement en territoire
hébreu.
Les Israéliens n’y voient aucune gêne, à la double
condition que ces portions de territoire ne servent pas de base arrière à des
agressions contre leur pays, et que leur souveraineté internationalement reconnue
ne soit pas mise en question par Beyrouth.
En fin de compte, lorsqu’il s’agira de signer un accord de
paix entre les eux pays, il sera nécessaire d’effectuer des échanges
territoriaux afin que le tracé des frontières corresponde à l’usage qu’en font
les Etats et les populations. Mais jusqu’à maintenant, et sous la pression
exercée par les supplétifs des Syriens et des Iraniens de la milice terroriste
du Hezbollah, le gouvernement libanais se refuse catégoriquement à entamer des
discussions de paix avec Jérusalem. Ce qui promet la répétition d’incidents du
type de celui de ce matin, et menace le Liban de destruction si son sol
devenait à nouveau le théâtre d’une agression généralisée du Hezbollah contre l’Etat
hébreu.
Nous sommes retournés à 16h locales sur le lieu du
face-à-face et tous les acteurs l’avaient quitté, lui rendant sa tranquillité
champêtre. Une heure plus tard, le couvre-feu pour la seconde partie des fêtes
de Pâque rentrait en vigueur en Israël, et nous rejoignions notre lieu de
confinement à Métula.
Le gouvernement décrète le couvre-feu généralisé jusqu’à samedi soir (010704/20)
Le gouvernement israélien a décidé d’instaurer un
couvre-feu généralisé qui débutera ce mardi à 16h et se terminera samedi soir à
20h. Durant cette période il sera interdit à tous les Israéliens de quitter l’agglomération
dans laquelle ils vivent.
Dans certains cas, à l’instar des quartiers orthodoxes de
Tel-Aviv et de Jérusalem, la population ne sera pas autorisée à quitter ces
quartiers.
A partir de mercredi à 14 heures et jusqu’à jeudi matin 7h,
règnera un super couvre-feu dans le couvre-feu. Pendant cette période, qui
correspond à la veillée de la Pâque juive, les gens se verront interdire de sortir
de leur domicile.
Ces décisions interviennent après que les mesures décidées
par le gouvernement durant la récente fête du Carnaval de Pourim n’avaient pas
été suivies. Les familles s’étaient réunies, de même que les communautés
religieuses, les spécialistes de la santé estimant que ces réunions ont été à l’origine
de nombreuses infections.
A l’occasion du Séder pascal1, des millions d’Israéliens
ont l’habitude de se ruer sur les routes afin de se réunir en famille.
Une décision forte était nécessaire pour empêcher la réédition
de cette tradition solidement ancrée. L’observation du couvre-feu sera
supervisée par la police et l’Armée.
D’autre part, à cause de l’indiscipline d’une forte
majorité des Juifs orthodoxes, qui n’ont pas respecté les consignes de
confinement adoptées par le gouvernement, un très grand nombre d’entre eux sont
infectés par le COVID-19.
Dans la ville de Bneï Brak, à l’orée de Tel-Aviv, la
conurbation la plus importante de Juifs orthodoxes au monde, on dénombre plus
de 75 000 personnes infectées sur une population de 200 000 individus.
Plus de la moitié des personnes hospitalisées dans le pays appartient
désormais à cette communauté qui ne respecte dans sa majorité pas les lois de l’Etat
d’Israël ni ne reconnaît son autorité. Cette infection massive met en danger l’ensemble
de la population largement respectueuse des consignes d’espacement.
Ce mardi on comptait en Israël 8 262 patients traités, dont
140 sont en état sérieux ou critique. 57 personnes sont mortes du COVID-19 depuis
le début de la pandémie.
Note :
1"Séder" héb. : l’"ordre". Durant
le Séder les Israélites consomment des plats prescrits et récitent un livre de
prière [la Haggadah héb. : légende] selon un "ordre" prédéfini
et immuable. La Haggadah conte la sortie d’Egypte de leurs ancêtres ayant ainsi
échappé à l’esclavage que leur avaient imposé les pharaons. https://fr.wikipedia.org/wiki/Séder_de_Pessa%27h
Probablement deux raids aériens en Syrie ce soir (010604/20)
Des informations font état d'une attaque israélienne dimanche
soir contre des stocks d'armes appartenant aux forces iraniennes dans la base
de l'Imam Ali, dans la région de Bokamal en Syrie, sur la frontière avec l’Irak..
D’autre part, des sources syriennes rapportent que plusieurs
combattants libanais du Hezbollah ont été tués et des dizaines d’autres blessés
dans l'explosion d'un dépôt de munitions iranien dans la région d'Alep en
Syrie. Alep se situe à 400km au nord-ouest de Bokamal et à 350km au nord-nord-est
de Métula.
De source iranienne, on apprend que l'attaque d’Alep aurait
été effectuée par deux chasseurs-bombardiers israéliens furtifs F35 ayant
pénétré en Syrie après avoir survolé le Liban.
Radio Damas, la radio du gouvernement de Bashar al Assad, a
évoqué laconiquement des "attaquesd'avions
ennemis vers 22h45 heure locale dans la région d’Alep".
Les journalistes de la Ména sont à pied d’œuvre à la
recherche de détails sur ces deux opérations distinctes, mais visant toutes
deux apparemment des dépôts d’armes iraniennes.
Les sacrifices impardonnables de la République (010504/20)
"Au moins" 2 028 morts dans les EHPAD en France.
Ca ne veut rien dire, "au moins". Il y a deux jours, c'était "au
moins" 884, pour le "grand Est" depuis le début de l’épidémie !
Comme si les responsables des établissements - y compris les prisons - ne
savaient pas très exactement combien de leurs "résidents" étaient
morts. N'ont-ils pas commandé les housses mortuaires ? Ont-ils laissé les morts
se décomposer dans leurs lits ?
Et la plupart sont morts dans des conditions épouvantables
de souffrance, en étouffant pendant des heures, sans médicaments sédatifs pour
l’atténuer. Sans personnel d'accompagnement adapté - les EHPAD ne sont pas des
hôpitaux -, seuls, sans leur famille à leur chevet. Je trouve cela simplement
monstrueux.
Même si on ne peut pas sauver tout le monde - ce n’est pas
cela qui est en question -, tout le monde a droit aux soins, et les aînés sont
des êtres humains à part entière, ils ont exactement le même droit d’accès aux
soins que quelqu’un de vingt ans ou de quarante-cinq. Le leur consiste à partir
adéquatement accompagnés, sans subir des douleurs inutiles et dans la dignité.
Et le personnel a été sacrifié, obligé de partager le
confinement d'un environnement hautement contaminé, avec l'explication que
c'est eux qui pouvaient infecter les aînés. Ce qui est probablement vrai, mais
s'ils avaient été correctement protégés, les accompagnants des EHPAD n'auraient
contaminé personne et n'auraient pas été contaminés.
Dès le début, cela m’avait fait penser, sans aucunement prétendre
que c’est identique, aux pilotes d'hélicoptères envoyés sur le site de
Tchernobyl alors que le réacteur était encore en train de se consumer. Ils sont
tous morts par la suite.
Et l’incurie continue dans les EHPAD, le manque de
matériel, de médicaments et de vêtements de protection subsiste, s'il n'est pas
encore en train de s'accentuer ! Lorsque l'on découvrira l'étendue de ce
véritable massacre, cela créera un choc psychologique terrible.
Le tout enrobé de mensonges unanimes et coordonnés des
media français. Une sorte de conditionnement du public, au prétexte de ne pas
créer de panique. Le gouvernement augmente artificiellement et graduellement le
nombre des victimes afin de recoller à la réalité. 5 387 morts "au
moins" jeudi, depuis le début de l’épidémie, 7 560 "au moins"
aujourd'hui, mais depuis le 1er mars. Tiens on a aussi changé les
critères des bilans, la pandémie n'a pas plus commencé le 1er mars que
le 5 mars !
A l'heure actuelle, les Français sont privés du droit de
connaître le nombre des victimes réelles du fléau qui les affecte, et ce n'est
pas pour des raisons controuvées de difficulté technique. A part quelques
ministres, les gens n'ont actuellement aucune idée de l'étendue réelle de la
catastrophe. Ni des conditions dans lesquelles meurent leurs parents ou leurs
grands-parents auxquels on retire les téléphones portables. Sur leur chaîne de
télévision unique, quelqu’un a-t-il vu ne serait-ce que l’interview d’un seul
résident d’EHPAD ? Un seul ? A croire qu’après soixante-cinq ans on
ne sait plus parler. A moins que ce qu’ils ont à dire n’intéresse personne, ou,
plus probablement, qu’on ne veuille surtout pas qu’ils parlent.
Corona : un seul pays du Jourdain à la Méditerranée (010304/20)
Le Président israélien Reuven [Ruby] Rivlin a téléphoné en milieu de
semaine dernière à Mahmoud Abbas afin de discuter de la coopération entre Israël
et l’Autorité Palestinienne face à la pandémie du Coronavirus. La conversation
n’a pas été simplement amicale, elle fut chaleureuse.
M. Rivlin a en outre déclaré à son interlocuteur que "le monde
fait face à une crise qui ne fait pas de distinction entre les personnes ou
leur lieu de résidence", et que "la coopération entre nous est vitale
pour assurer la santé des Israéliens et des Palestiniens".
Il a ajouté : "notre capacité à
travailler ensemble en temps de crise témoigne également de notre capacité à
travailler ensemble à l'avenir pour notre bien à tous".
La Moukata de Ramallah n’a pas communiqué sur cet entretien, mais nous
avons appris par des proches du raïs palestinien que ce dernier avait assuré
son homologue de son adhésion complète à cette idée et qu’il l’avait remercié
pour les efforts entrepris par l’Etat hébreu en vue de soutenir l’Autorité Palestinienne
en ces moments difficiles.
La collaboration entre les deux entités est très conséquentes et elle se
déroule à tous les niveaux. Un haut responsable palestinien a déclaré à
plusieurs media que "la coordination était permanente", ce qu’a
confirmé le porte-parole de l’Autorité, Ibrahim Milkhem, à
plusieurs reprises.
Même les deux ministres des Finances, Shukri Bishara et Moshe Kakhlon
se sont rencontrés selon le ministère des Finances de l'Autorité palestinienne pour
parler de l'impact économique du Coronavirus sur Israël et les Palestiniens.
A Gaza les ateliers ont
momentanément arrêté de produire des bombes
pour confectionner des tenues de
protection contre le Coronavirus
La pandémie a en effet placé l’AP dans une situation économique plus
que chancelante. Son économie fragile à l’ordinaire et dépendante de l’aide
internationale n’est plus capable de se confronter aux besoins fondamentaux de
la population qu’elle gouverne. Les Etats européens, en proie à de gigantesques
problèmes de trésorerie, on restreint leurs contributions de façon draconienne ;
et les Etats arabes, à l’exception notable du Qatar et du Koweït, également
préoccupés par leurs problèmes domestiques et l’effondrement du prix du brut,
se désintéressent du sort des Palestiniens.
La pandémie a encore affaibli l'activité économique de l'Autorité Palestinienne
et le système financier, fortement dépendants de l'économie israélienne,
elle-même pratiquement à l’arrêt. Entre 40 et 50 000 ouvriers palestiniens
travaillaient il y a quelques jours encore en Israël, principalement sur les
chantiers de construction, mais la décision de Jérusalem de geler cette
activité a renvoyé 90% d’entre eux en Cisjordanie, privant la communauté de sa
principale source de revenus non-subventionnée par l’étranger.
Des deux côtés de la Ligne verte, on craint même qu’en désespoir de
cause, des familles entières abandonnées à elles-mêmes et victimes de la
maladie, en Cisjordanie et à Gaza, ne tentent de se ruer massivement en Israël
pour y trouver de l’aide.
Ce sont des considérations de ce genre qui ont amené le gouvernement
israélien à transférer à l’AP des dizaines de millions de dollars de taxes qui
lui étaient dus et qui étaient retenus par l’Etat hébreu en raison du soutien
financier apporté par Ramallah aux familles des terroristes condamnés et
emprisonnés par les Hébreux.
Selon un rapport de l’antenne de l’ONU préposée à la Coordination des
Affaires Humanitaires, d’ordinaire très critique de la politique israélienne, "des
représentants des deux ministères de la Santé, ainsi que du bureau du Coordonnateur
israélien des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) se
réunissent régulièrement pour convenir de questions d'intérêt commun, telles
que les accords concernant les travailleurs palestiniens employés en Israël".
Le même organisme rapporte une "coopération sans précédent dans les
efforts visant à contenir l'épidémie entre les autorités israéliennes et
palestiniennes".
Outre les questions économiques, c’est évidemment dans le domaine de la
santé que porte l’essentiel de l’effort. Les Israéliens, et cela doit être
relevé par un Palestinien, font preuve d’un authentique souci humanitaire
relativement à notre détresse. Sans diminuer le mérite de l’observation qui
précède, Jérusalem est plus préoccupée encore par l’éventualité d’une perte
totale de contrôle sur la propagation de la maladie, qui influencerait forcément
très négativement ses propres efforts afin de contenir l’épidémie. Ce, vu qu’il
n’existe aucune possibilité de dresser une séparation hermétique entre les deux
populations.
On rappellera qu’Israël se situe pour le moment à la première place
mondiale dans le classement des résultats obtenus dans la lutte contre le COVID-19.
Devançant même les bons élèves que sont la Corée du Sud et Singapour.
Parmi les effets extraordinaires de la coopération entre l’AP et l’Etat
hébreu, on a remarqué l’intervention coordonnée de la Police palestinienne dans
la partie arabe de Jérusalem pourtant soumise à la souveraineté de l’Etat
hébreu. Cette incursion, la première du genre, visait à obliger les habitants,
notamment ceux du camp de Shuaffat, à se plier aux ordre de confinement.
Dans le même temps, on a appris que les Israéliens avaient interrompu
les démolitions de maisons palestiniennes qu’ils jugent illégales.
Les nouvelles de la collaboration israélo-palestinienne sont remontées
jusqu’au Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres, qui l’a
citée en exemple dans la lutte contre COVID-19. "L'Autorité palestinienne
et Israël ont pu travailler ensemble, même si nous connaissons l'extrême
division politique qui existe entre les deux", a notamment déclaré le Secrétaire Général.
Des propos détaillés par le coordinateur spécial des Nations Unies pour
le processus de paix au Moyen-Orient, le Bulgare Nickolay Mladenov. Meldenov a
rapporté aux membres du Quartet sur le Moyen-Orient, comprenant, outre l’ONU,
les Etats-Unis, la Russie et l’Union Européenne "l’excellente coordination
et coopération qui a été établie avec tous les interlocuteurs israéliens et
palestiniens".
Toujours plus étonnant, cette coordination inclut aussi Gaza et le
Hamas, toujours selon Nickolay Mladenov : "Israël a également
facilité l'entrée de fournitures et d’équipements essentiels dans l'enclave
côtière contrôlée par le Hamas", a annoncé le diplomate.
"Ces fournitures essentielles comprennent par exemple des
écouvillons pour la collecte d'échantillons et d'autres fournitures de laboratoire
nécessaires aux tests du COVID-19 et des équipements de protection individuelle
pour protéger les agents de santé. Cela s'ajoute à la coopération d'Israël pour
permettre le mouvement et l'accès du personnel impliqué dans la réponse au COVID-19
vers et depuis la Cisjordanie et Gaza".
Il y a six jours, l’ONU publiait un communiqué de presse extraordinaire,
détaillant "les louanges de Mladenov pour la coordination
israélo-palestinienne dans la lutte contre la pandémie".
L’Etat hébreu ne se contente pas de fournir de précieux appareils
respiratoires, des masques et des kits de test à la fois en Cisjordanie et à Gaza ;
il organise pareillement des cours prodigués par des médecins et des paramédicaux
israéliens à des dizaines d’homologues des deux territoires palestiniens, leur
apprenant les techniques de traitement de la maladie et les mesures de
protection qu’ils doivent adopter.
Je sais que des contacts directs et fréquents se produisent entre des
médecins et des responsables de la santé de Gaza et des Israéliens. C’est sans
doute moins compliqué que cela peut le paraître, des dizaines de praticiens de
la Bande côtière ayant fait leurs études en Israël avant le putsch sanglant du
Hamas qui, en juin 2007, avait reversé le gouvernement de l’AP à Gaza. L’hôpital
principal de Gaza, Shifa, a été entièrement rénové par les Israéliens en 1980
et est conçu presque à l’identique sur le modèle l’hôpital Wolfson à Holon,
dans la banlieue sud de Tel-Aviv, où de nombreux docteurs gazaoui ont réalisé
leurs stages.
La collaboration est d’ailleurs plus compliquée entre l’Autorité
Palestinienne et le Hamas. Ce dernier a demandé à l’AP de lever l’embargo qu’elle
lui impose sur certains matériels depuis 2017, arguant la nécessité d’outrepasser
les difficultés inter-palestiniennes en période de crise. Ramallah n'a accepté
d’annuler que partiellement ces dispositions, plus en raison de se propres
besoins que par manque d’empathie pour les habitants de Gaza.
Officiellement, selon l’agence étatique palestinienne d’information WAFA,
le bilan du Coronavirus s’élève ce vendredi dans tous les territoires sous
gouvernance palestinienne à 193 cas, 7 553 personnes contrôlées, 1 mort et 0
patients en état critique.
On est bien sûr et malheureusement très loin des chiffres réels, vu l’impossibilité
du réseau médical à fonder correctement les diagnostics et à effectuer les statistiques
de manière adéquate. Mais la situation est très différente en Cisjordanie et
dans l’enclave de Gaza. On peut considérer aujourd’hui la Cisjordanie comme une
prolongation quasi-intégrale du dispositif sanitaire israélien. Et l’on peut
considérer aussi qu’à l’exception de l’hypothèse selon laquelle le système de
nos voisins se verrait inonder d’un flot ingérable de patients, l’Etat hébreu
se souciera, pour se protéger, de nous aider à contrôler la pandémie. La bonne
nouvelle étant que les premiers signes de recul de la maladie se font voir en
Israël et que le risque que nous soyons tous débordés va s’amenuisant.
A Gaza c’est différent. Si tous les lieux publics sont fermés comme en
Cisjordanie, il se peut que les mesures aient été prises trop tardivement et
par un régime islamiste qui dirige la quasi-totalité de ses ressources vers le
Djihad. A en croire les personnes auxquelles je parle au téléphone
quotidiennement, la situation serait déjà très dégradée et les individus
touchés se recenseraient par milliers, sans que la population ne puisse compter
sur des structures médicales en mesure de faire face à un fléau de la taille de
cette pandémie.
Or tous les spécialistes que j’ai consultés m’ont tenu le même discours :
dans un milieu aussi contigu, peuplé et sous-médicalisé en moyens de
réanimation, la propagation du Coronavirus ferait des milliers de morts voire
davantage.
Et si une délégation de dix médecins israéliens peut se rendre dans un
hôpital de Cisjordanie en toute sécurité, comme je l’ai constaté hier, c’est
inconcevable pour le moment à Gaza, hormis en ce qui concerne des médecins arabes-israéliens
dont l’aide est acceptée par le Hamas, mais qui pourrait s’avérer insuffisante.
Le canal de l’évacuation de patients en nombre significatif sur l’Egypte
n’est pas à l’ordre du jour. Vers d’autres destinations non plus, en tout cas, pas
à l’heure actuelle. En considération de ces éléments, on ne peut compter que
sur trois facteurs pour éviter le pire : 1. La chance, on a constaté, sans
pouvoir l’expliquer, que la pandémie ne frappait pas partout avec la même intensité.
2. Les efforts des médecins de la Bande côtière, conscients que, même avec
leurs moyens limités, ils sont le seul rempart entre la population et la catastrophe,
et 3. L’aide israélienne, qui ne fait que s’intensifier de jour en jour, dans
la compréhension que si les Gazaouis se mettent à mourir comme des mouches, les
Télaviviens ne pourront pas être totalement épargnés.
A Gaza, des leaders islamistes ont cru nécessaire de menacer les
Hébreux : si vous ne nous donnez pas les moyens de nous soigner, nous vous
noyerons sous nos roquettes. Le weekend dernier, ils en ont même tiré une en
direction de Sdérot, mais elle a largement manqué sa cible.
Dans l’Autorité Palestinienne, il se trouve également des voix pour, en
dépit des constatations de l’ONU et des Palestiniens raisonnables,
instrumentaliser la détresse sanitaire afin d’en rejeter la faute sur les Israéliens.
Ce, même si le public n’est pas dupe.
Parmi ceux qui sont incapables de se départir de leur animosité, on
trouve le Premier ministre de l'AP, Mohammad Shtayyeh, qui s'est plaint que "l'occupation
haineuse poursuivait ses pratiques agressives contre notre peuple", et que
"cette occupation ne connaissait rien de l'humanité et la communauté
internationale était tenue de mettre un frein à ses pratiques illégales".
Outre le caractère abscons de cette déclaration – personne ne sait pourquoi
Shtayyeh effectue cette proclamation en ce moment – on n’ose pas imaginer où
nous en serions du point de vue sanitaire si notre objectif final en matière de
COVID-19 n’était pas le même que celui de nos voisins à l’Ouest ; et si
ledit voisin n’était pas l’un des superpouvoirs planétaires dans le domaine
médical.
Notre ministre officieux des Affaires Etrangères, Saëb Erekat, a
souligné quant à lui avec colère que le ministère israélien des Affaires Etrangères
avait publié un appel en arabe sur Tweeter à la coopération régionale avec
plusieurs Etats du Moyen-Orient, mais pas avec la Palestine.
Il n’a pas tort, évidemment, mais est-il utile de lui rappeler que les
Israéliens ne considèrent pas la Palestine telle un Etat, et que cette tendance
s’est encore accentuée après les dernières élections générales chez les Hébreux,
dont les dirigeants sont de plus en plus nationalistes ? Ils sont nettement
plus enclins à annexer des portions de notre territoire que de nous accorder
notre indépendance.
Ce qui n’a pas empêché Erekat (64 ans) d’aller se faire soigner à
Tel-Aviv il y a deux ans et demi pour une fibrose pulmonaire qui ne répondait
plus aux médications. Tel-Aviv, où il a été maintenu en vie avant de subir une
transplantation pulmonaire aux Etats-Unis, faute de poumons disponibles dans l’Etat
hébreu.
Sans avoir l’impolitesse
de rappeler à notre ministre grâce à qui il était encore vivant pour émettre
cette critique, les Israéliens s’en sont étonnés de la part de quelqu’un "qui connaît parfaitement l'étendue
de la coopération entre Israël et l'Autorité palestinienne contre le Corona".
Ont
participé à cet article : Jean Tsadik, Stéphane Juffa, Michaël Béhé, Jules
Mazouz et Yoshua Ohana
[Article réalisé par croisement d’informations d’origines
étrangères. Taux de certitude concernant le raid sur ash Sha’irat : maximal]
Ce mardi soir à 20h 25 heure locale, quatre
chasseurs-bombardiers F-16, chacun muni de deux missiles sol-air, ont visé l’aéroport
militaire d’ash Sha’irat, à 25km au sud-est d’Homs en Syrie [carte].
En chemin, ils avaient été entrevus par des habitants du
Liban au large de Tyr, puis à proximité immédiate de Beyrouth, obliquant
ensuite sur Zahlé et Baalbek, avant de larguer leurs missiles dans la zone de
la frontière syro-libanaise [carte].
Aucun appareil du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, n’a
été à aucun moment mis en danger et les huit missiles qu’ils transportaient ont
atteint leurs cibles avec une précision de moins d’un mètre.
La DCA [défense contre avions] syrienne a tiré des missiles
en direction des projectiles israéliens mais ils ont tous largement manqué
leurs objectifs, poursuivant leurs courses folles dans le vide.
Le raid visait très probablement le chargement de deux
avions cargos iraniens qui avaient très récemment atterri sur l’aéroport de Sha’irat.
Dont les deux pistes principales, respectivement de 3.5 et 3km, peuvent pratiquement
accueillir des avions de toutes tailles.
Un peu moins de la moitié de l’aéroport de Sha’irat a été
confié par le régime de Bashar al Assad à l’usage exclusif des Gardiens de la
Révolution khomeyniste ; l’unité d’élite de l’Armée iranienne des
Pasdaran.
Le chargement se trouvait dans cette zone lors du raid. Il comprenait
des missiles, de l’appareillage électronique et de contrôle ainsi que des
munitions diverses. Il a été détruit dans sa totalité.
Tout le personnel – une trentaine de commandos – qui se
trouvait près du chargement a été tué ou blessé dans des proportions
grossièrement similaires selon des membres du personnel hospitalier de la
région d’Homs joints au téléphone par Michaël Béhé une heure après l’attaque.
Des dizaines d’ambulances visibles de tous entre Homs et l’aéroport ont évacué
les morts et les blessés, dans leur grande majorité iraniens.
A en croire l’agence de presse officielle du régime de
Bashar al Assad, SANA, le Khe’l Avir aurait attaqué deux autres
objectifs, à savoir l’aéroport T4, à 65km à l’est d’ash Sha’irat, près de l’oasis
de Khirbat Tiyas, ainsi qu’une "fabrique d’engrais azoté" dans la
campagne à l’ouest d’Homs.
Nous ne disposons pas d’informations concernant ces autres
opérations mais elles sont plausibles, l’aéroport T4 étant également abandonné
aux Iraniens et ayant fait l’objet, ces dernières années, de nombreux raids de
Tsahal, tous relatés par la Ména.
Quant à la "fabrique d’engrais azoté", ce genre
de dénomination lorsqu’utilisé par le régime de Damas cache généralement une
activité de mise au point, de fabrication ou d’entreposage de moyens militaires.
La mention "engrais azoté" pouvant se référer à un traitement de gaz
de combat, les infrastructures d’une usine civile de ce type pouvant vaguement rappeler
celles nécessaires au traitement des gaz.
Si c’est le cas, l’intention de la dictature syrienne
pourrait consister à précéder une annonce ultérieure, illustrée par des
photographies ou des vidéos, à Jérusalem ou à New-York, démontrant que, violant
à nouveau tous ses engagements, Damas s’est remis à produire ce genre d’armes
interdites. On rappelle que lorsque l’utilisation de ce genre d’armes par le
régime avait été découverte par le passé, cela avait engendré des attaques
américaines et européennes au missile de croisière contre la Syrie.
Quoi qu’il en soit, si des cibles autres que l’aéroport d’ash
Sha’irat ont été visées ce soir et/ou une usine produisant des gaz de combat,
nous le saurons très prochainement et ne manquerons pas de l’évoquer à l’intention
de nos lecteurs.
La junte théocratique au pouvoir à Téhéran entendait
profiter de la confusion régnant dans la région à cause de la pandémie de Covid-19
afin de surprendre la vigilance de l’Armée israélienne. La tentative de ruse des
ayatollahs était renforcée par le fait que des milliers de soldats iraniens ont
été récemment retirés de Syrie et d’Irak pour être soignés en Iran. De nombreux
postes situés sur l’autoroute chiite, notamment dans la base d’Imam Ali à la
frontière syro-irakienne ont été abandonnés.
La pandémie heurte l’Iran de plein fouet. Selon la
théocratie, elle a causé la mort d’environ 3 000 personne, mais selon les organisations
de l’opposition au régime, elle frappe le pays en faisant des dizaines de
milliers de victimes, dans des proportions proches ou supérieures à celles finalement
constatées en Chine.
Téhéran a demandé aux Etats-Unis de lever les sanctions
économiques décrétées par Washington afin de permettre au régime de financer la
lutte contre la maladie. Après un refus initial de la Maison Blanche, le
Président Trump était enclin avant ce soir à assouplir lesdites sanctions par
souci humanitaire. Nul doute que la tentative d’infiltrer des missiles à Sha’irat
ainsi que d’autres préparations d’actions offensives de la part des milices irakiennes
supplétives de l’Iran, et des attaques des Houthis yéménites contre l’Arabie
saoudite, vont inciter M. Trump à durcir sa position. On ne peut en effet
décemment aider les habitants d’un Etat qui vous agresse ainsi que vos alliés
pendant qu’il demande des assouplissement des mesure économiques que vous avez
décidées afin de le dissuader de mener une politique expansionniste au Moyen-Orient.
Si la dictature chiite au pouvoir à Téhéran avait besoin de
moyens afin de lutter contre le Covid-19, elle commencerait par épargner ceux
qu’elle utilise pour la fabrication de missiles et l’entretient de son corps
expéditionnaire en Syrie.
La tentative de diversion ayant abouti aux opérations de ce
soir ne manquait pas d’inspiration. Les chefs des Pasdaran leur ont sans doute
expliqué que c’est en Perse qu’avait été inventé le jeu d’échecs, le plus
intelligent des jeux, ce qui est parfaitement exact. Mais ils ont sûrement omis
de leur préciser que depuis, la grande majorité des champions du monde étaient
juifs.
Une grande interrogation s’est faite jour ce soir après les
révélations supplémentaires de l’agence SANA. Il pourrait certes s’agir
d’une tentative de désinformation de la part du régime damascène, même si on ne
comprend pas, de prime abord, quels objectifs elle poursuivrait.
Le régime théocratique iranien a tenté d’exploiter la
pandémie de Covid-19 qui fait pourtant des ravages en Perse afin d’acheminer
discrètement des armes de destruction massive ainsi que des munitions pour son
contingent et ses alliés en Syrie.
Ces tentatives n’ont cependant pas échappé à l’Armée
israélienne qui est en train d’intervenir massivement par les airs, en
plusieurs vagues, notamment contre des objectifs situés dans la périphérie de
Damas et autour de la ville d’Homs à 120km au nord de la capitale syrienne.
Dans tous ces endroits, des habitants font état d’importantes
explosions.
L’aéroport militaire d’Ash Sha’irat, à 25km au sud-est d’Homs,
essuie actuellement les tirs de plusieurs missiles air-sol.
Les raids se poursuivent pendant que nous publions cette
breaking. Quatre appareils ont été vus par des habitants du Liban à proximité
de Tyr et de Beyrouth avant d’obliquer brusquement en direction de Zahlé et
Baalbek vers la frontière syrienne.
Les media officiels de Bashar al Assad confirment ces
attaques sans donner davantage de précisions.
Les journalistes de la Ména dans la région sont sur la
brèche.
Pourquoi les Chinois résistent mieux que nous au Covid-19 ? (013003/20)
Le Dr. Schlomo Cohen est belgo-israélien, médecin immunologiste,
clinicien et chercheur. Il a travaillé sur l'évolution des mécanismes du
système immunitaire et a décrit leur influence sur l'hémorragie pulmonaire et
la vasculite auto-immune.
Les Chinois ont surmonté l’infection du virus COVID-19 en une courte
période avec un taux de décès relativement faible, ce qui ne sera
vraisemblablement pas le cas des Occidentaux (Européens et Américains).
Pourquoi et
comment ?
C’est sans doute dans la signature héréditaire de l’humanité que
se situe la réponse.
Tous les humains ont émergé d’un tronc commun venu d’Afrique et ont
évolué en plusieurs branches, comme un buisson. Trois branches sont connues :
le Sapiens, qui a évolué sur le pourtour de la Méditerranée, le Néandertal, qui
a vécu dans les régions froides de l’Europe durant près de 600 000 ans et a
survécu à plusieurs périodes glacières, et le Denisova, qui a peuplé l’ensemble
de l’Asie.
Ces trois populations ont été longtemps isolées les unes des autres et leur
système immunitaire s’est adapté à chaque environnement spécifique.
Après une longue période de séparation, ces populations se sont
rencontrées et ont produit des descendants. L’analyse de notre ADN montre que
les trois humanoïdes se sont mélangés. Deux branches ont disparu il y a 30 à 40
000 ans. Aujourd’hui nous sommes tous des Sapiens.
L’ennemi
Il faut savoir qu’au fil de temps, le génome élimine les gènes qui ne
servent pas, qui ne sont pas sollicités. Seuls les gènes utiles sont conservés.
On retrouve aujourd’hui chez les Sapiens 2 à 3% de gènes hérités du
Néandertal-Denisova, notamment ceux qui portent la mémoire des infections
virales et des éléments qui permettent de résister au froid.
Dans une étude récente, la comparaison du génome de plus de 5 000
personnes vivant en Europe, Asie et en Océanie a permis d’identifier des
segments insérés dans le génome des hommes modernes, les Sapiens. Des segments
néandertaliens particuliers ont été retrouvés dans toutes les populations, et
deux types de segments dénisoviens sont présents chez les populations
asiatiques.
Le SARS-CoV2 (Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus 2) qui
produit la pathologie COVID-19 est un virus à ARN qui infecte la population des chauves-souris depuis
plusieurs centaines voire milliers d’années.
Le point
important :
Le système immunitaire des Asiatiques s’est adapté à leur
environnement. Ils ont eu des contacts plus fréquents avec des virus de cette
famille de virus SARS que les occidentaux. Ils prescrivent la chauve-souris
comme médicament et ils en mangent comme plat de fête. Ils ont connu des
épidémies de SARS–CoV2 dans le passé. Celle de 2002-2003 a été bien documentée
scientifiquement et on avait quantifié le nombre d’infections et de décès.
En décembre 2019 une nouvelle épidémie de la même famille virale s’est
propagée en Chine et a provoqué la pandémie mondiale du Covid-19 que l’on
connaît aujourd’hui.
Les mécanismes de défense des Asiatiques disposent de mémoire et de
savoir immunologiques accumulés à travers le temps grâce aux anciennes
épidémies virales de la même famille des SARS-CoV2.
En conséquence, plus de 80% des Chinois et des Coréens ont probablement
dans leur sang des anticorps spécifiques dirigés contre le SARS-CoV2. Ils
constituent une barrière immunologique. C’est cette "immunité collective"
qui va protéger ces populations. Lors, si on recherche les mêmes anticorps au
sein des populations européennes ou américaines, leur taux sera très faible
aujourd’hui. Les occidentaux ne possèdent pas d’immunité collective qui les
protège de cette famille de virus.
Ce taux faible est le reflet de l’invasion par un nouvel agresseur. Ce
qui explique que la pandémie va se poursuivre et causer de nombreux décès.
La clinique montre qu’en général les virus à ARN, dont le SARS-CoV2,
sont plus agressifs que les virus à ADN.
D’abord parce qu’un virus à ARN, une fois qu’il a pénétré dans les
cellules de notre corps, court-circuite une étape par rapport au virus à ADN
dans son processus de fabrication et de multiplication. Il n’est pas dépendant
de l’ADN de la cellule qu’il infecte.
Cela dépend également de la longueur du virus SARS qui produit la
pathologie du COVID-19. C’est aussi le virus de cette famille qui se transmet
par voie orale, ce qui le rend très infectieux.
Explication :
Le virus à ADN, lorsqu’il arrive à pénétrer dans une cellule doit
d’abord s’intégrer dans l’ADN de la cellule pour "répliquer", copier,
"photocopier" l’information nécessaire à sa fabrication. Ces "photocopies"
de l’information vont être transportées dans le cytoplasme de la cellule par ce
qu’on appelle le mARN ou "ARN messager". L’information véhiculée par
chaque mARN dans le cytoplasme va permettre d’y assembler les éléments nécessaires
à la production d’un nouveau virus à ADN. La majorité des infections virales
que nous contractons appartient à cette famille, comme la grippe saisonnière
par exemple.
En revanche, le virus à ARN qui produit la pandémie actuelle possède
une membrane (enveloppe) lipidique. Il se colle aux cellules de notre organisme
et lutte pour pénétrer dans le cytoplasme de la cellule où il va relâcher son
bagage génétique (l’information) - les nucléoprotéines - qui va s’accrocher sur
l’ARN transporteur (il fait de l’auto-stop viral dans la cellule). Ce
transporteur va l’amener dans la partie de la cellule où ces éléments
nécessaires se rassemblent pour produire le virus. Ce virus possède aussi un
enzyme qui lui permet de répliquer son bagage génétique dans le cytoplasme de
la cellule et de se reproduire. Ce qui n’est pas le cas des virus à ADN.
Deux situations se présentent : si le génome du virus ARN est court il
peut être transporté par un seul transporteur sans être découpé.
Mais si le génome du virus est long, comme c’est la cas pour le
SARS-CoV2, il sera transporté en morceaux par différents mARN. Ainsi ce seront
des morceaux différents (séquences) de virus qui seront produits. Les séquences
peuvent se rassembler dans l’ordre initial ou de façon aléatoire et c’est ainsi
que se produisent les mutations.
C’est-à-dire que notre système immunitaire est confronté à plusieurs
agresseurs différents.
Le virus qui produit la pathologie COVID-19 et le plus long virus connu
de cette famille SARS, ce qui peut expliquer une partie de ses mutations.
Si ce virus est aussi particulièrement robuste et agressif, c’est parce
qu’il a la capacité de s’adapter et de vivre dans des milieux cellulaires
différents : chauve-souris, animal intermédiaire et être humain.
Nous disposons d’un autre exemple récent de ce même type d’infection :
le MERS-CoV virus qui appartient à la même famille que le SARS-CoV2, qui a
infecté des chameaux et a été à l’origine d’une épidémie humaine en Arabie
Saoudite en 2012-2013.
Pour infecter une cellule animale, le virus doit trouver le mécanisme
qui lui permet de pénétrer et de s’adapter à ce nouveau milieu tissulaire comme
par exemple la cellule de chameau. Le virus peut transiter par différentes
cellules animales avant de contaminer les cellules humaines. Lorsqu’il infecte
l’homme, il est déjà fort armé par l’expérience acquise dans plusieurs tissus
différents.
L’infection virale qui produit l’actuelle pandémie et qui est importée
d’Asie peut contenir plusieurs souches du même virus.
On connait plusieurs autres virus à ARN comme ceux responsables de la
pathologie des hépatites A et C, de la rubéole, des encéphalopathies, et de la
fièvre jaune, etc.
De
l’ambiguïté des tests :
Le prélèvement de virus se fait par écouvillon dans la cavité buccale
ou nasale, c’est-à-dire dans les parties supérieures des voies respiratoires.
Le test cherche à identifier une séquence de virus par la technique (RT-PCR)
basée sur la transcription de polymérase [ndlr. : l’ARN est transcrit en
ADN complémentaire, puis des séquences d’ADN sont reconnues, habituellement par
fluorescence, et permettent d’identifier le virus].
Or le génome d’un virus SARS-CoV2 est composé de 10 segments. Les
faiblesses de ce test se situent au niveau du prélèvement, du nombre limité de
virus à l’endroit du prélèvement, et de la séquence de virus recherchée.
Ce qui explique les résultats faussement négatifs dans certains cas.
L’évaluation clinique par le médecin est plus importante et plus juste
que les tests de prélèvement par écouvillon. La clinique est aussi plus fiable
que la radiologie, le scanner, etc…
Le meilleur test pour confirmer qu’une personne est immunisée est la
recherche d’anticorps spécifiques dans son sang, comme le font les Chinois et
les Coréens en une dizaine de minutes seulement.
Conclusion :
La raison pour laquelle certaines personnes guérissent facilement et
d’autres moins réside dans le fait que le système immunologique inné et
adaptatif humain a un tronc commun à tous, mais avec des variantes d’une
personne à l’autre.
Pour éliminer un virus, une bactérie, un parasite, ou tout autre
antigène, les vivants produisent des anticorps contre l’agresseur pour le
neutraliser. Le système immunitaire doit produire plusieurs types d’anticorps
destinés à s’attaquer à des parties différentes du même agresseur. La capacité
de chaque personne à produire ces anticorps adaptés dépend de son profil
génétique et de son héritage des infections passées.
Benny Gantz ne sera probablement pas Premier ministre à
l’issue de l’accord en vue de la formation du gouvernement d’ "urgence
nationale" actuellement négocié entre l’ancien chef d’état-major et
Binyamin Netanyahu. D’une part, parce que croire à la promesse de l’actuel chef
du gouvernement par intérim de céder sa place après un an et demi fait rire
tout le monde, y compris au sein du Likoud. D’autre part, parce que Gantz et
Netanyahu peuvent convenir de ce qu’ils veulent, il ne leur appartient pas de
désigner les chefs de l’exécutif, mais au Parlement ; il suffirait dès
lors, si par miracle Bibi tenait parole pour une fois, qu’une majorité de
députés vote une motion de défiance pour que Gantz n’occupe cette fonction que
quelques jours. Et parce que, et c’est ce qui est le plus significatif, avec un
groupe de quatorze députés face à des partenaires en comptant cinquante-huit,
on ne fait pas le poids dans un mariage politique. Ce, d’autant plus que
pratiquement tous les députés qui ont suivi Gantz dans sa séparation d’avec
Kakhol-Lavan vont être couronnés ministres, et que les élus du Likoud ne
recevront que cinq à six portefeuilles ministériels – certains devant se
départir de celui qu’ils détiennent jusqu’à maintenant – et que cela déchaîne
déjà un amer mécontentement dans les rangs du plus grand parti du pays. Cela
n’influe pas sur la détermination pragmatique de Netanyahu, mais cela attise
les dissensions parmi ceux qui l’ont soutenu sous l’eau et dans les flammes
bien au-delà de tout ce qui était raisonnable.
Dans la pratique, la seule possibilité pour que Gantz
devienne Premier ministre et le reste plus de quelques jours s’inscrit dans
l’éventualité d’une condamnation de Netanyahu au pénal. Ce qui, en nous gardant
soigneusement de préjuger des décisions de justice, risquerait théoriquement
d’arriver dans entre six et quinze mois.
Ceci dit, dans l’intérêt d’Israël tout n’est pas négatif
dans ce revirement inattendu. A commencer par le paragraphe de l’accord qui
préconise que les projets de loi devront impérativement recevoir l’aval des
deux nouveaux associés pour être soumis à l’approbation du plénum. Autant dire
que Netanyahu peut dire adieu à ses espoirs d’immunité juridique et qu’il
devra, au final, se présenter devant ses juges. Ce, d’autant plus certainement
que l’on envisage la nomination très prochaine d’un ministre de la Justice du
parti de Gantz - "Khossen lé-Israël", que l’on peut traduire par
"Résilience pour Israël", qui était jusqu’à la semaine dernière l’une
des trois composantes de Kakhol-Lavan -, qui n’acceptera pas cette infamie.
On peut également se réjouir de la disparition prévue à ce
poste d’Amir Ohana, le ministre de la Justice qui a fait tout son possible, sur
l’ordre de Bibi, pour décrédibiliser l’institution judiciaire qu’il était censé
représenter. Good bye aussi Betzalel Smotrich, le ministre Yémina [héb. : la
droite] des Transports, qui avait déclaré en juin dernier : "Nous
voulons le portefeuille de la Justice parce que nous voulons restaurer le
système judiciaire de la Torah", et que "le pays devait aspirer à se
présenter comme au temps du roi David", soit effacer son aspiration
sioniste de même que son système démocratique.
Ce qui est tout aussi cocasse est que Smotrich avait
organisé la Parade des Béhémot (bêtes) afin de marquer son opposition à la Gay
Pride, alors qu’Amir Ohana, qui est un homosexuel assumé, participait à la fête
des LGBT.
Cette contradiction entre ministres du bloc bibiste peut
prêter à sourire. D’autres apories au crédit de Smotrich sont largement moins
humoristiques, comme celle qui lui avait donné envie de danser et de chanter
lorsque Yuli Edelstein avait refusé d’obtempérer à l’injonction de la Cour
Suprême en déclenchant une crise institutionnelle qui aurait pu être la plus
grave dans l’histoire de l’Etat hébreu. Il est vrai que cet acte de défiance de
la part de l’ex-président de la Knesset rapprochait le pays du chaos et de
l’exercice de la justice telle qu’on la pratiquait à l’époque du Roi David.
On a appris que Binyamin Netanyahu insistait lors des
débuts des négociations avec Gantz pour que ce dernier cède sa place de
président de la Knesset à Yuli Edelstein, dans un nouveau geste de défi à
l’encontre de la magistrature. Mais cela a constitué l’une des oppositions de
principe du général, et il semble que Bibi n’ait pas insisté.
Nettement moins drôle que l’hypothèse de retour aux
temps du Roi David : les media en ont peu parlé, mais en pleine crise
constitutionnelle et de pandémie meurtrière, tandis qu’Israël s’était trouvée
la semaine dernière et durant cinq jours au seuil d’un coup d’Etat, en Judée
Samarie, des amis de Smotrich s’attaquaient aux soldats et aux policiers d’Israël
avec une violence inouïe. Ce fut d’abord le cas mercredi dernier, lorsque des
unités de la Police des Frontières de la région de Judée-Samarie en patrouille
furent attaqués par des membres de la communauté illégale de "Koumi
Ori" dans une zone militaire fermée, qui les agressèrent à coups de pierres
et d’objets divers. Cinq suspects furent arrêtés pour l’occasion.
Mais ce n’était rien en comparaison des incidents de ce
vendredi. Lorsque, pas loin de là, à proximité de la ville de Naplouse, des
Policiers des Frontières furent attaqués au cocktail Molotov alors qu’ils
venaient de quitter l’implantation d’Yitzhar. A cette occasion, trois
projectiles enflammés ont été lancés sur les véhicules des forces de l’ordre.
L’un d’entre eux a pris feu et il s’en est fallu de peu pour que des policiers
ne soient transformés en torches humaines [photo]. L’incendie a finalement pu
être maîtrisé et l’agression s’est soldée par des dommages aux véhicules.
Sur la route d’Yitzhar, les bouteilles incendiaires brûlent encore
après le passage des soldats
Source : Police israélienne
Ce qui est significatif consiste en cela que l’attaque a
été perpétrée par des étudiants halakhiques de la Yéshiva (école toranique) d’"Od Yossef
Haï" [héb. : Joseph est toujours en vie], dirigée par le rabbin Itshak
Ginsburgh. Un personnage puissant et controversé qui œuvre pour l’abolition du
sionisme et le rétablissement de la monarchie biblique telle qu’en vigueur à
l’époque du… Roi David.
Binyamin Netanyahu et le ministre sortant de la Défense
Naftali Bennett (Yémina) - qui va être remplacé par l’ex-Kakhol-Lavan et lui
aussi ex-chef d’état-major de Tsahal Gaby Ashkenazi – n’ont pu faire autrement
que de condamner cette agression. Netanyahu a ainsi déclaré : "Je
condamne fermement les graves violences perpétrées la nuit dernière contre la
Police des Frontières. Les forces de sécurité nous protègent tous. C'est un
crime à n’importe quel moment, mais un double crime en ce moment, car la Police
des Frontières et la police nous aident à faire face à la crise du Corona".
Rien n’est simple au sein du bloc bibiste, en particulier
avec les partis religieux orthodoxes. Leurs adeptes, dont la plupart ne
reconnaissent pas la souveraineté de l’Etat d’Israël, se plaisent à ne pas
respecter les ordres de confinement décrétés par le gouvernement. Ainsi, les
trois agglomérations les plus touchées en nombre de malades appartiennent tous
à cette communauté, avec Kiryat Yeharim qui dénombre 53 malades pour 10 000
habitants, Kfar Khabad 38, et la ville de Bneï Brak [la plus grande
concentration de Juifs orthodoxes au monde, 200 000 hab.] 13. La comparaison
avec les villes laïques est édifiante : 4 malades pour 10 000 habitants à
Tel-Aviv et 1.5 à Haïfa.
Dans les hôpitaux, la proportion de malades orthodoxes sous
traitement est de plus du tiers des patients. Cette donnée irrite au plus haut
point le personnel soignant. Un médecin urgentiste francophone du sud de
Tel-Aviv me confiant pas plus tard que ce matin : "S’ils veulent se
suicider, ce n’est pas notre problème ; ce qui est notre problème, en
revanche, est que lorsqu’ils sont malades ils viennent demander des soins dans
les hôpitaux de l’Etat qu’ils ne respectent pas. Ils risquent de nous infecter
(le personnel soignant), d’occuper des lits de soins intensifs qui pourraient
servir à des gens, religieux ou laïcs, qui respectent le confinement, et aussi
infecter d’autres citoyens qui ne leur ont rien demandé".
La participation de milliers de personnes hier soir
(samedi) – en contradiction totale avec les consignes de prévention – aux
obsèques du Rabbin Tzvi Shenker, suscite ce matin des réactions indignées dans
l’ensemble du pays et de la classe politique.
Pour certains orthodoxes, l’Etat d’Israël et ses lois n’existent
pas
Ce, d’autant plus que le ministre de la Santé sortant
choisi par Binyamin Netanyahu est le Rabbin Yaakov Litzman du parti orthodoxe
Yahadout ha-Torah, (Judaïsme unifié de la Torah), et qu’il a été élu
notamment par ceux qui ont participé à l’enterrement d’hier et qui ne
respectent pas les consignes de sécurité face à la pandémie, établies par le
ministère de Litzman.
Là où le bât blesse vraiment, c’est que le ministère de la
Santé exerce une pression ininterrompue sur Netanyahu afin que le gouvernement
adopte une politique de confinement total, ce qui devrait être le cas dès ce
soir ou demain matin.
Depuis quelques jours, la plupart des directeurs des
hôpitaux publics israéliens exige à ce sujet qu’à l’occasion de la formation du
nouveau gouvernement d’urgence nationale, Litzman soit remplacé par un
professionnel de la santé.
A propos d’urgence nationale, on sait que le cabinet
envisagé comptera 30 ministères, 34 selon les dernières propositions du Likoud.
Cela représente un coût avoisinant le milliard de Shekels annuellement, au
moment où les hôpitaux, comme en France, manquent des effets élémentaires pour
combattre la pandémie.
Et particulièrement, alors que l’on approche du million de
nouveaux chômeurs dus à la maladie, dont la moitié n’est pas sûre du tout de
retrouver un employeur en état de les réengager au sortir de l’épidémie.
Comme dans les autres pays industrialisés, l’on s’attend à
des faillites massives, à une pénurie de moyens gouvernementaux pour faire face
à la situation, et à des emprunts d’Etat obligataires, qui seront réclamés à
une population déjà largement paupérisée. L’amertume de la note dépend évidemment
du temps qui va encore s’écouler jusqu’à ce que la société puisse reprendre le
cours normal de ses occupations. Et à ce propos, personne ne détient la
réponse, tant les ravages du virus diffèrent de pays en pays. Ce que l’on sait
est que les mesures de confinement seront au moins maintenues ici jusqu’après
la Pâque juive, c’est-à-dire au moins jusqu’au soir du 15 avril prochain.
Jusque-là, on peut dire qu’un gouvernement d’urgence
nationale compterait douze ministres, et qu’il s’agira doncdavantage d’un
cabinet de combine nationale, destiné à distribuer des bonus aux députés qui se
sont comportés comme on le leur demandait. En outre, ceux qui n’obtiendront pas
de ministères se verront décerner des présidences de commissions et des
ambassades à l’étranger. Et s’il manque de tous ces postes, eh bien nous en
créerons ! L’urgence absolue de combattre le Coronavirus apparaît soudain
beaucoup plus diffuse et ne remplace pas le partage du butin politique.
A l’issue duquel on s’attend à ce que, parmi les ministères
vraiment importants, la Défense, la Justice et les Affaires Etrangères aillent
à Khossen lé-Israël, les Finances au Likoud, l’Intérieur à l’ex-prisonnier Aryé
Déry de Shas, à nouveau soumis à une enquête pénale, etc.
Pour les Finances, c’est Israël Katz, du Likoud, qui semble
posséder les meilleurs atouts, mais ce qui l’attend ressemble à tout sauf à une
sinécure.
Chaque pays dépendra, au sortir de la crise sanitaire, de
l’énergie restante de sa population pour redémarrer, et cela découlera aussi du
nombre de morts et des crédits spéciaux qui auront été débloqués durant la
pandémie.
A cette aune, Israël, dont l’économie repose pour une
grande partie sur les développements de haute technologie, semble relativement
bien parée. Notre capacité d’adaptabilité, la qualité de nos cerveaux, et notre
propension à l’innovation devraient faire des merveilles dans le "monde
d’après".
Et là, on compte précisément sur la portion de la
population très peu politisée qui travaille dans la recherche et le
développement, que cela passionne et qui s’y retrouve bien au niveau des
rétributions.
J’en veux pour exemple l’initiative privée de Marius Nacht,
l’un des patrons du géant informatique israélien Check Point. Nacht a décidé de
fabriquer localement les respirateurs qui nous manquent cruellement, et de les
exporter si on en produit suffisamment.
Pour parvenir à ses fins, il a réuni nos jeunes gens les
plus brillants dans le domaine des sciences et de l’adaptabilité. Presque tous
sont issus du Projet Talpiot, un programme militaire à la base qui entraîne les
plus brillants éléments, sélectionnés dès les bancs de l’école pour occuper les
fonctions de pointe dans la sécurité, la recherche et le développement.
Nacht les a divisés en
deux équipes, et chaque équipe a dû imaginer et développer l’idée de deux
respirateurs répondant à toutes les normes internationales en matière de
respirateurs, et les deux prototypes correspondants par équipe. Ils doivent
être efficaces, faciles à entretenir et à faire fonctionner, bon marché,
fabriqués uniquement sur la base d’équipements disponibles en Israël, et
adaptés à une production de masse dans des usines existantes et dans les plus
brefs délais.
Israel Aircraft Industry,
Rafaël, l’institut de développement des armes de pointe, et toute l’industrie
militaire ont été associés au défi, de même que les médecins en charge des
hôpitaux, qui répondent en direct aux questions des développeurs.
Nacht et Check Point ont
fourni les fonds nécessaires. On leur a donné deux semaines pour présenter un
ou deux prototypes, préliminaires, mais en état de fonctionner. Le terme de ces
quinze jours c’est demain. On choisira le concept gagnant, on le développera en
même temps que les industriels se prépareront à le fabriquer, puis on lancera
la production. Si tout se passe comme prévu, d’ici deux semaines.
Une semaine plus tard, on
devrait pouvoir fournir les hôpitaux israéliens avec autant de respirateurs
qu’ils en réclameront, ensuite on se tournera vers l’exportation. On se prépare
à en confectionner des dizaines de milliers, et ce projet constitue l’un des
espoirs authentiques de sauver autant de vies humaines à l’échelle de la
Planète jusqu’à ce que la pandémie s’épuise.
C’est aussi l’espoir du
génie israélien. Un exemple de ce que nous sommes capables de faire. Mieux et
plus vite que la plupart des autres. Et en fin de compte, pour
"après", c’est ce qui sculptera le modèle des pays dans lesquels nous
vivrons. Au moment de la grande redistribution il faudra être présent, et nous
nous y préparons déjà. Pas les politiciens, Israël.
France : la réalité est dure mais c’est la réalité (022603/20)
Dans le cadre de
l’accélération de l’épidémie, nous avons contacté le Docteur Yannick
Gottwalles, le chef du Pôle des Urgences de l’hôpital Pasteur de Colmar, qui
nous a dressé un tableau préoccupant de la progression du COVID-19 sur le
terrain.
Emmanuel Macron a
passé sa journée d’hier dans l’hôpital de campagne dressé par les militaires
sur le parking de l’hôpital municipal de Mulhouse. Il était entouré par des
officiers qui ne sont pas en relation directe avec la pandémie, dans une
structure vide de patients. Un hôpital mobile de trente lits que les Français
ont déjà vu deux cents fois sur toutes leurs chaînes de télévision. Il en
faudrait cinq cents de plus rien qu’à cet endroit, la plupart équipés de respirateurs,
pour espérer se mesurer sérieusement avec le pic de la pandémie attendu à
partir de la semaine prochaine. M. Macron est resté à cinquante mètres de la
réalité du Coronavirus sans jamais l’effleurer. Dans son discours, il n’a rien
évoqué de la situation. Rien de ce dont révèle le Dr. Gottwalles dans cette
interview.
Le Docteur Yannick Gottwalles
La Ména : Comment évolue la
situation à Colmar ? A-t-on atteint le pic de l’épidémie ?
La situation à
Colmar est dramatique. Le nombre de patients continue d’augmenter. Le pic
devrait être atteint vers la fin du mois de mars, ce qui laisse augurer de 10
jours difficiles. Nous sommes actuellement à environ 100 admissions par jour en
urgence, dont 80 % de COVID-19. Dans ce groupe, il y a 8 à 12 malades par jour
qui nécessitent une intubation avec placement en réanimation, et 5 ou 6 à
surveiller de très près.
350 lits sont
actuellement dédiés au COVID et l’on ouvre de nouveaux services dès que nécessaire.
A ce chiffre-là, il faut ajouter 52 lits de réanimation, tous équipés de
respirateurs.
La Ména : Quel est le parcours
suivi habituellement par un patient qui entre pour des difficultés
respiratoires, et quels traitements sont mis en route ?
Dès que
nécessaire, le malade est intubé et placé sous respirateur. On peut dire que
100% des malades en réanimation sont ventilés. Par la suite, en fonction de
l’état respiratoire ou rénal, on peut rajouter une ECMO (ang. : Extracorporeal
Membrane Oxygenation,il s’agit d’unappareil
permettant d’oxygéner le patient en cas de défaillance pulmonaire) ou avoir
recours à une hémodialyse (épuration extra-rénale) dans 15 à 20 % des cas. Ce
qu’il est important de noter, c’est la rapidité d’évolution de la maladie. Il y
a habituellement une aggravation entre le 4ème et le 6ème
jour. Si on rate le coche, on perd le patient.
Nous utilisons
tous les antiviraux en phase d’expérimentation, ainsi que l’hydroxychloroquine
dans le cadre de protocoles prédéfinis.
La Ména :Le système est-il saturé ?
Oui bien sûr. Au
départ il était possible de transférer des patients vers d’autres services de
réanimation, proches d’abord comme Nancy, puis plus lointains en avion ou en TGV
sanitaire. Mais l’aggravation de l’épidémie dans les autres régions, qui va
occasionner des hospitalisations importantes localement, crée une réticence
compréhensible de la part de ces services quant aux prochains transferts.
Ce matin un TGV
sanitaire a permis de libérer 6 places en réanimation (3 heures de route pour
des patients instables), 3 ont déjà été attribuées à des admissions de ce
matin, et les 3 autres seront bien évidemment réutilisées dans la journée.
La Ména :Que se passera-t-il quand tous les postes de
réanimation seront utilisés ? Utilisez-vous des critères de sélection pour
l’admission en réanimation ?
On utilisera les respirateurs
de transport, qui ne permettent pas de gérer sur le long terme la ventilation,
et qui pourraient occasionner des barotraumatismes.
Il n’y a pas à
proprement parler de limite d’âge, même si le chiffre de 70 ans a été souvent
avancé. Nous tenons compte de l’autonomie du patient et de ses antécédents pour
décider.
Nous n’en sommes
pas encore à la situation espagnole, et il n’y a pas de malades couchés par
terre dans les couloirs.
La Ména : Pourquoi l’Allemagne,
avec 37 000 malades dépistés et 200 morts présente un profil épidémiologique
bien meilleur que la France (25 000-1 300) ? Est-elle juste en retard
chronologiquement sur l’évolution de la pandémie, ou y a-t-il des critères
objectifs de différenciation ?
Il y a plusieurs
raisons à cette différence :
l’Allemagne et la
France n’ont pas la même politique de dépistage. Les Allemands contrôlent
beaucoup de gens, et peuvent rapidement isoler les porteurs de virus.
Le système de
santé germanique entretient un pool de respirateurs 2,5 fois supérieur à celui
de la France.
Le confinement a
été demandé plus tôt (en Allemagne), et on sait que ce confinement est
l’élément majeur de non-dissémination de la maladie. Mais il est vrai que les Allemands
n’avaient pas de premier tour d’élections municipales, ce qui nous a fait
perdre plusieurs jours. Ces élections nous ont toutefois permis de récupérer
dans tous les bureaux de vote dans lesquels un candidat a été élu au premier
tour les stocks de gel hydroalcooliques dont nous manquions cruellement.
La Ména :La demande du directeur de l’OMS de tester
tous les cas suspects est-elle suivie à Colmar, et la France a-t-elle les
moyens de ses ambitions ?
Le dépistage en
France ne concernait que les patients hospitalisés. Depuis quelques jours, des (médecins)
libéraux peuvent effectuer ces tests en ville. Le nombre de tests journaliers
dans l’hexagone va passer de 9 à 19 000 puis à 29 000 par jour la semaine
prochaine. Mais il y a des faux négatifs et des variations importantes dans le
temps.
La Ména :Le personnel est-il testé ? Comment
gérez-vous le personnel infecté ?
Jusqu’à présent
le dépistage est effectué sur la base du volontariat. En cas de positivité, une
éviction de 15 jours était proposée, ramenée par le gouvernement à 8 jours s’il
n’y a ni température, ni symptômes. Les sujets contacts ne sont pas isolés.
La Ména :Quels sont les équipements manquants
actuellement ?
La pénurie de masques
a été jugulée grâce aux donations d’entreprises ou de particuliers, ainsi que
par la mise à disposition du stock de l’Armée, mais il nous manque encore des
lunettes, des surblouses et des stéthoscopes.
La Ména :Le centre téléphonique 15 a-t-il été renforcé
et peut-il répondre à la demande ?
L’engorgement
était majeur au début (le nombre d’appels journaliers passant de 800 à 2 500),
mais l’installation de 2 salles de crise supplémentaires a permis de ramener le
délai d’appel à des niveaux raisonnables.
La Ména :Est-il envisagé une phase
« suivante » une fois que les capacités seront dépassées ?
Une fois actionné
un plan appelé "Blanc", impliquant l’Armée avec ses structures
hospitalières fixes et mobiles ainsi que ses hôpitaux de campagne, on arrive au
bout du dispositif envisagé.
La Ména :On parle en France de l’activation de la
Réserve sanitaire. Qu’en est-il ?
Sur Mulhouse,
elle a été convoquée, mais par essence, elle est constituée de personnel à
risque pour le COVID (âge élevé), ou insuffisamment expérimenté pour de la
réanimation lourde, et n’a servi qu’à remplacer le personnel pour des tâches
administratives.
La Ména : Quel est la situation
des EPHAD colmariennes actuellement, sont-elles contaminées ?
Indéniablement,
une grande part de ces institutions est contaminée, et un véritable drame est
en train de se jouer dans ces centres. Les consignes mises en œuvre permettent
de traiter sur place les individus atteints par le COVID, une hospitalisation
ne pouvant être envisagée (en aucun cas). Un nouvel indicateur va être mis en
place ce soir par le gouvernement pour rendre compte de l’état sanitaire des
EPHAD.
La Ména :Le pays risque-t-il un rebond avec
recrudescence des contaminations à la sortie du confinement ?
Bien sûr. On n’a
pas de recul suffisant pour savoir si le risque de réinfections secondaires est
majeur ou non.
La Ména :La barbe est-elle un facteur facilitant pour
la transmission du virus ?
Sans doute, de
par la possibilité de réceptacle des projections d’une part, et de par la
mauvaise occlusion du masque qui limite la protection de l’autre. Tout notre
personnel barbu a été sommé de sa raser.
A Colmar, les
équipes travaillent d’arrache-pied, toujours sur le fil du rasoir en matière de
places ou de matériel, mais savent que le pic n’est pas encore atteint. La
mobilisation nationale a permis de rendre le quotidien plus vivable, mais que
se passera-t-il quand le reste de la France, et notamment la région parisienne
sera saturée ?
La Haute Cour ordonne l’élection d’un nouveau président permanent de la Knesset ce jeudi à midi
Yuli Edelstein, le président sortant de la Knesset, a
présenté mercredi matin sa démission dès l’ouverture de la séance plénière, qu’il
a clôturée immédiatement après sa "communication extraordinaire". Il avait
également convenu de la date de lundi prochain en vue d’une nouvelle réunion du
Parlement. Mais ledit Parlement n’avait pas de président pour diriger la
prochaine séance, aucune disposition légale ne précisant la marche à suivre en
cas de démission d’un président sortant (issu d’une législation précédente).
De plus, Edelstein disposait légalement d’un délai de
rétractation de 48h, à l’image de tous les députés et ministres en Israël. Ce
délai devait se terminer vendredi matin et aucune initiative parlementaire ne
pouvait théoriquement être prise avant cette échéance.
La Présidente de la Cour Suprême, la juge Esther Hayut
et l’ex-Président de la Knesset, Yuli Edelstein
Source : Adina Wallman, porte-parole de
la Knesset
En agissant de la sorte, Yuli Edelstein a contrevenu en
toute connaissance de cause à l’injonction de la Haute Cour qui lui intimait de
réunir le plenum pour procéder à l’élection de son remplaçant avant la fin de
la journée de mercredi.
Edelstein a choisi au contraire d’adresser depuis le
perchoir des critiques virulentes à l’encontre du tribunal, et comptait générer
une crise institutionnelle procurant du temps et des arguments à Binyamin
Netanyahu afin d’échapper à son procès, ou, à tout le moins, pour en reculer l’échéance.
Dans son discours de démission, Edelstein a notamment
prétendu que "la décision de la Haute Cour sapait les fondements de la
démocratie".
Des hauts responsables du Likoud et du cabinet intérimaire ont
saisi l’occasion pour saluer l’acte de défiance d’Edelstein contre l’institution
juridique, et ses attaques verbales contre la Haute Cour. Ces appels à l’insurrection
ont enflammé la base fanatique des bibistes, invités à croire que la plus haute
cour du pays agissait au nom d'un vaste complot de gauche visant à renverser
Netanyahu. Les expressions de haine et de menaces de violence ont immédiatement
fleuri sur les réseaux sociaux.
La Haute Cour, saisie par la Commission régulatoire de la
Knesset récemment élue, a ordonné le transfert de l'autorité du président de la
Knesset au vétéran de la chambre Amir Peretz, du parti travailliste, pour
convoquer un plénum, ainsi que de démettre Yuli Edelstein de toute autorité. Le
mandat décerné à Amir Peretz par le tribunal se limite à lui permettre de
convoquer une séance plénière au cours de laquelle il sera procédé à l’élection
d’un président permanent de la Knesset ce jeudi à la mi-journée. Le candidat le
plus en vue à ce poste est le député Meïr Cohen de Kakhol-Lavan.
Dans sa décision, la Présidente de la Cour Suprême, la juge
Esther Hayut, a stigmatisé Edelstein, affirmant
qu'il avait commis "une violation sans précédent de l’Etat de droit".
Hayut a vivement critiqué la décision d'Edelstein de verrouiller la session plénière
contrairement à la décision du tribunal.
La décision, adoptée à l'unanimité par Esther Hayut et les
juges Meltzer, Handel, Vogelman et Amit, a déterminé que le refus de Yuli
Edelstein "affecte clairement le statut de la Knesset en tant qu'autorité
indépendante, ainsi que le processus de transition gouvernementale".
La proposition de nommer Amir Peretz pour une seule session
avait été suggérée à la Cour par le Conseiller juridique de la Knesset Eyal Ynon
et affinée par le Conseiller juridique du gouvernement Avikhaï Mandelblit, qui
représentait en l’occurrence "l'Etat de droit et l'intérêt public".
Quant à Yuli Edelstein, qui pouvait briguer la succession
de Netanyahu à la tête du Likoud, ou même la présidence de l’Etat à la suite du
Président Ruby Rivlin, sa carrière va probablement s’achever par l’acte d’infamie
qu’il a commis hier.
Le président de la Knesset annonce sa démission (012503/20)
Le Président de la Knesset, Yuli Edelstein, a démissionné
mercredi matin. Il a annoncé sa décision à l’occasion d’une "communication
extraordinaire" en début de séance plénière, puis a clôturé les débats,
renvoyant la prochaine réunion du parlement à lundi.
Edelstein a préféré cette solution à celle qui consistait à
présider aujourd’hui une séance qui devait se solder par l’élection de son
remplaçant. Il répond ainsi à l’arrêt de la Haute Cour de Justice qui lui
enjoignait d’autoriser le vote en question pas plus tard que ce mercredi.
Le président de la Knesset démissionnaire a subi de nombreuses
et énergiques pressions contradictoires provenant de son parti, le Likoud,
aussi bien que de membres d’autres formations de la coalition bibiste, le
poussant à accepter ou au contraire à refuser la décision du tribunal. Comme
Stéphane Juffa l’avait mentionné hier, en cas de refus de la part d’Edelstein,
le pays se serait trouvé en situation de coup d’Etat institutionnel.
Pendant l’annonce de la démission d’Edelstein, des centaines d’Israéliens
manifestaient
devant la Knesset, brandissant des pancartes du style :
"Les corrompus, marre de vous !"
"La décision de la Haute Cour sape les fondements de
la démocratie", a en outre déclaré Edelstein dans son discours de
démission.
En tant qu’individu qui a payé un lourd tribut personnel, ayant
été emprisonné pendant des années [en Union Soviétique Ndlr.] pour vivre dans l’Etat
d'Israël, je n'ai pas besoin de m'expliquer. En tant que démocrate juif
sioniste qui a combattu des régimes arriérés et en tant que président de la
Knesset, j'ai décidé de ne pas permettre qu’Israël sombre dans l’anarchie.
Je ne participerai pas à une guerre civile et agirai selon
l'héritage de David Ben Gourion. Les citoyens israéliens ont actuellement
besoin d'un gouvernement d'unité. Ces jours-ci, une pandémie nous met en danger
de l'extérieur, tandis que des dissensions internes nous détruisent de
l'intérieur. Nous devons tous nous élever au-dessus de cela et nous unir. Par
la présente, je démissionne de mon rôle de président de la Knesset".
Les députés Gantz et Netanyahu visiblement enthousiasmés par
l’annonce de la démission de Yuli Edelstein
Gantz a réagi à la démission d’Edelstein en annonçant "qu'il
terminerait d'abord les processus qu’il a engagés à la Knesset, puis qu’il se
tournerait vers les tentatives visant à élargir le gouvernement".
Il a noté que "le Comité des Finances, des Affaires Etrangères
et de la Sécurité de la Knesset avaient déjà été formés, ainsi qu’un comité
chargé de régler la question du Corona et bien plus encore".
Il a ajouté : "Suite à la
décision de la Haute Cour, nous procéderons à l’élection du président de la
Knesset comme cela est de mise dans un Etat démocratique.
J’agirai sans crainte, les pirouettes rhétoriques, les
attaques dénuées de retenue contre le tribunal, celles nous visant, mes
partenaires et moi, resteront sans effet ; je commencerai par restaurer la
démocratie israélienne dans son fonctionnement complet.
Ensuite, j'ai l'intention d’envisager toutes les manières
possibles de former un gouvernement d'unité qui combattra le Corona et relèvera
les défis supplémentaires auxquels nous sommes confrontés".
A ce propos, Yuli Edelstein a donné un dernier coup de pouce
à son mentor Netanyahu en retardant la reprise des débats jusqu’à lundi, ce qui
n’était absolument pas nécessaire. On se trouve cependant en présence d’un vide
constitutionnel, aucun texte ne stipulant ce qu’il fallait faire en cas de
démission du président de la Knesset (ce n’est jamais advenu jusqu’à
maintenant).
Lundi, il restera à Benny Gantz quatorze jours ouvrables pour
former un gouvernement, et il pourra obtenir une rallonge de quatorze jours supplémentaires
auprès du Président Rivlin. Le leader de Kakhol-Lavan devra se méfier des manœuvres
que ne manquera pas de tenter le bloc bibiste afin de lui compliquer le travail
en l’obligeant à consommer des jours de mandat. Notamment en saisissant la
Haute Cour au sujet du processus de remplacement du président de la Knesset,
quelques heures seulement après que ses membres se sont élevés contre l’ingérence
de la Haute Cour dans le fonctionnement de la Knesset. On dirait que ces gens
essaient pas tous les moyens de mettre à jour la définition encyclopédique de l’hypocrisie.
L’agenda de Benny Gantz commence par l’élection d’un
nouveau président. Après quelques pérégrinations et palabres, ce devrait être le
député Meïr Cohen (Kakhol Lavan) qui devrait succéder à Edelstein.
Ensuite, la route sera libérée pour toutes les réformes que
la majorité parlementaire voudrait faire passer. Elle commencera probablement par
une proposition de loi déjà déposée, visant à interdire à un député sous le
coup d’une procédure pénale de briguer un poste ministériel, de même, nous l’espérons,
que celui de président de l’Etat.
La proposition de loi d’Israël Beiténou (Lieberman) prévoit
aussi de limiter à deux le nombre autorisé de législatures pour un Premier
ministre.
Comme Juffa l’a écrit dans son analyse d’hier, le train des
anti-bibistes a désormais quitté la gare et rien de légal ne peut l’arrêter en
chemin. A chaque arrêt, la marge de manœuvres de Gantz ira augmentant alors que
celle de Netanyahu, s’amenuisant.
Cela renforcera la position prépondérante de Gantz dans les
négociations en vue de former un gouvernement d’union. Et si les tentatives
échouent, l’ancien chef d’état-major de Tsahal pourra toujours composer une
coalition avec une partie des députés du Likoud. Une fois Netanyahu exclu de la
course à la présidence du Conseil, il faudra bien qu’ils redéfinissent leur
avenir politique.
L’Etat de droit israélien sous la menace d’un (vrai) coup d’Etat ! (012403/20)
Avec
Jean Tsadik, et Ilan Tsadik qui a participé au suivi des débats de la Knesset
Une minuscule introduction est nécessaire pour expliquer à
ceux qui ne l’ont pas encore compris le sens de notre travail. Je suis
républicain, c’est aussi le seul principe accepté par tous les rédacteurs de la
Ména où qu’ils se trouvent sur la Planète. Quelles que soient nos sensibilités,
nous sommes républicains, ce qui signifie que l’Etat de droit, le respect des
instances fondamentales de tous les régimes démocratiques et partant, de la
démocratie, ne sont pas négociables.
Tout le reste est permis, et jamais il ne me viendrait à
l’idée de censurer qui que ce soit pour les idées qu’il peut émettre et les
analyses qu’il peut produire. Particulièrement si elles diffèrent des miennes. Nous
avons démontré notre attachement à ces principes à cinq mille reprises déjà.
Le problème lors de la plus importante crise politique que traverse
l’Etat d’Israël depuis sa création consiste en cela qu’une partie non
négligeable de nos concitoyens et des Israélites de l’exil ignore à la fois la
signification de l’Etat de droit et de la séparation des pouvoirs, ou que la prépondérance
absolue de ces principes pour la survie d’Israël – aussi déterminante que
Tsahal - leur échappe.
Pour d’autres, les messianistes par exemple, la démocratie
ne procède pas d’une valeur à laquelle ils adhèrent, et ils la considèrent
plutôt telle une hérésie dans la profession de leur croyance. Pour d’autres
encore, nombreux, l’adhésion superficielle à la démocratie est un argument qui
vaut tant qu’elle correspond à leurs objectifs politiques ; mais ils la vouent
aux gémonies dès qu’elle les prive du pouvoir.
Au paroxysme de l’absurdie, pour des milliers d’incultes,
la défense de l’Etat de droit s’assimile à un engagement politique de
gauchistes, de traîtres, d’arabisants et de quelques autres déviances
burlesques, violentes et psychiatriques.
Tant pis pour eux. Les hommes ne discutent pas avec les
escargots.
Pour remettre la synagogue au cœur du village, rien ne peut
nous faire dévier de notre travail d’informateurs, et leurs insultes, qui sont
récemment passées au stade des menaces physiques, n’ont strictement aucun effet
sur notre engagement à relater les faits et à les analyser en toute
indépendance.
Si j’évoque ce sujet, c’est que ce mardi matin, l’Etat de
droit en Israël est menacé. Car la Haute Cour de Justice avait imparti au
président de la Knesset, le député du Likoud Yuli Edelstein, jusqu’à 21h hier
(lundi) pour lui indiquer s’il entendait convoquer une session du Parlement
jusqu’à mercredi (demain) afin de discuter et voter pour le choix de son
remplaçant.
"Avec tout le respect
que je vous dois, tant que le tribunal me présentera, à moi et à la Knesset
israélienne, un ultimatum pour tenir la session au plus tard le 25 mars 2020,
je ne serai pas d'accord", a répondu Edelstein.
"Cela signifierait
que l'ordre du jour de la Knesset serait fixé par la Cour suprême et non par le
président de la Knesset, qui est chargé de cette tâche.
Edelstein et Netanyahu
Le sacrifice du fou pour sauver Bibi des griffes de la Justice ?
"L'ingérence de la
Cour dans le jugement du président du Parlement concernant l'ordre du jour de
la Knesset et la convocation d'un vote pour son remplacement est une immiscion
sans précédent dans le domaine politique."
Edelstein ajoutant que "l'ingérence du tribunal dans l'affaire revêtirait
un caractère politique évident, et que si le tribunal décidait d'intervenir, il
pourrait être perçu comme plongeant ses orteils dans le marais politique, ce
qui porterait gravement atteinte à la confiance du public".
Edelstein a déclaré qu'il
porterait la question du choix d’un nouveau président du Parlement à l'ordre du
jour "dès que possible, lorsque toutes les circonstances le justifieront,
à tout moment à partir des prochains jours et au plus tard lorsque la Knesset
se réunira pour établir un gouvernement".
La réaction de la plus
haute instance juridique de l’Etat face à ce refus ne se fit pas attendre, aussi
a-t-elle ordonné à Edelstein d'autoriser la Knesset à discuter du choix d'un
nouveau président d'ici mercredi.
La Présidente du Tribunal,
Madame Esther Hayut, a expliqué sa décision inférant que "le refus
persistant de permettre un vote complet à la Knesset pour l'élection d'un
président permanent sape les fondements du processus démocratique. Il porte
manifestement atteinte à la réputation de la Knesset en tant qu'organe
indépendant ainsi qu'au transfert pacifique du pouvoir (…)".
On ne peut échapper à la
conclusion que dans ces circonstances particulières, il s'agit d’un de ces
rares cas qui nécessitent l’intervention du tribunal afin de ne pas porter
atteinte à notre système de gouvernement parlementaire", peut-on lire dans
la décision.
Mme Hayut a souligné que "61
membres (sur 120) de la Knesset sont intéressés à voter pour élire un nouveau
président de la Knesset et que faire barrage à cet effort, dirigé par une
majorité de membres de la Knesset, est une violation de la volonté des
électeurs".
Elle a également répondu à
un argument présenté par Edelstein selon lequel le remplacement du président de
la Knesset à ce moment nuirait aux négociations pour la formation d’un
gouvernement d'unité : "La position du président de la Knesset selon
laquelle la tenue d'élections pour un président permanent nuirait à la
formation du gouvernement est une inversion causale. La Knesset est souveraine.
La Knesset n’est pas "le fan club du cabinet".
Le refus initial de Yuli
Edelstein de signaler à la Haute Cour s’il entendait ou non autoriser le vote
de son remplacement avait été précédé par une intervention à peine croyable du
ministre de la Justice, Amir Ohana, nommé par Binyamin Netanyahu. Ohana a
composé un Tweet dans lequel il a écrit : "Si j’étais le président de
la Knesset, je dirais : non.".
Le gouvernement
intérimaire dirigé par Netanyahu a qualifié la mise en demeure de la Cour Suprême
de "coup (d’Etat)".
Netanyahu lui-même a
ordonné aux membres du Likoud et aux députés de son bloc de boycotter les
délibérations de la Knesset qui se sont déroulées hier. Cette séance avait pour
but de permettre la nomination des commissions parlementaires sans lesquelles
le Parlement est incapable de fonctionner.
Lundi 16 mars, Yuli
Edelstein avait clôturé la première réunion de la Knesset après les récentes
élections générales au bout de seulement quatre minutes, invoquant le danger
d’infection des députés par le Covid-19. Il avait ainsi empêché la Knesset de
fonctionner, en entravant la formation des commissions dans lesquelles le bloc
bibiste, en minorité à la Knesset, s’est également retrouvé en minorité dans
les commissions.
Lors de la discussion en
séance plénière qui a précédé le vote, outre Edelstein, la seule représentante
du bloc bibiste présente était la ministre de la Culture et du Sport Miri
Regev. Cette dernière a empêché le chef de Kakhol-Lavan d’adresser un message intelligible
aux députés. Elle a saboté l’intervention de la personnalité chargée par le
Président Rivlin de former un gouvernement à coups d’invectives et de
hurlements divers.
Il était impossible
d’obliger Regev à quitter la salle vu qu’elle était, par calcul, l’unique
représentante du gouvernement intérimaire, et que la session ne pouvait se
tenir hors la présence d’au moins un membre du cabinet.
A la suite de la séance
plénière, lors de la première réunion de la "Commission organisatrice", celle qui régule le travail du Parlement et
établit les autres commissions, les députés bibistes étaient de retour. Miki
Zohar remplaçait Miri Regev dans le rôle de saboteur principal de l’exercice
parlementaire, interrompant les intervenants et soulevant tous les points de
procédures possibles afin de plomber la réunion.
Les députés du bloc
bibiste bien que présents lors des débats ont refusé de participer aux votes
constitutifs des deux principales commissions de la Knesset, celle des finances
et celle gérant les questions sécuritaires et politiques. Ces commissions ont
toutefois pu être établies. Quatre sous-commissions ont en outre été créées,
notamment celle chargée d’accompagner la lutte contre le Covid-19. Deux de ces
sous-commissions seront présidées par des députés de la Liste Unifiée des Arabes
israéliens, dont celle devant se pencher sur l’explosion de violence dans le
secteur arabe.
Les membres du bloc
bibiste ont quitté la salle avant les votes pour la mise en place des
sous-commissions, Miki Zohar sollicitant personnellement tous les députés du
bloc à cette fin. Peu auparavant, on a assisté à un échange très dur, parsemé
d’invectives, entre Zohar et les membres du parti Yémina (la droite) appartenant
pourtant au même camp, qui entendaient participer aux travaux de la commission
et avaient communiqué au président les noms des membres de leur parti qui
allaient s’y associer.
En quittant bruyamment les
lieux, le même Zohar a annoncé que son bloc abandonnait la Knesset et ne
participerait pas aux réunions des commissions non plus qu’aux séances
plénières.
Après l’injonction de la
Cour Suprême obligeant Yuli Edelstein à procéder à l’élection de son successeur
jusqu’à mercredi, des députés du bloc bibiste ont réagi de façons diverses à
cette ordonnance.
Le ministre du Tourisme
(Likoud), Yariv Levin, dans sa réponse, a affirmé que "le tribunal a
officiellement pris le contrôle de la Knesset".
Le ministre de la Sécurité
Publique (Likoud), Gilad Erdan, après avoir dans un premier temps invité
Edelstein à refuser l’injonction de la Haute Cour et à "ne pas se départir
de ses flingues", s’est ensuite rétracté, précisant : "Cependant,
si la Haute Cour adopte une décision forçant l'élection d'un président de la
Knesset pendant que les négociations en vue de la constitution d'un
gouvernement d'unité sont en cours, nous devons respecter la décision ou bien
nous résigner à l'anarchie".
Même son de cloche sous la
plume de Gideon Sa’ar, celui qui s’était confronté à Netanyahu pour lui
disputer les commandes du Likoud et avait été traité de gauchiste et de traître
par le Premier ministre intérimaire. Sa’ar a ainsi tweeté que "la position
d’Edelstein était légitime et qu’il devrait la défendre dans la procédure
devant la Haute Cour", mais il a aussi signifié que "les appels à ne
pas accepter une décision directe de justice étaient inacceptables".
Quant au ministre des
Transports de Yémina, Bezalel Smotrich, il a déclaré
: "Pendant l'une des crises les plus difficiles, le système judiciaire
fait la promotion d'un coup d'Etat en Israël. Rien de moins". Smotrich, un
messianiste, avait, il y a quelques mois, exprimé que la justice séculière en
Israël devait être remplacée par la justice halakhique (religieuse).
Ce n’est pas la première
fois que le bloc bibiste et son leader, Binyamin Netanyahu, affirment que les
instances juridiques de l’Etat hébreu fomentent un coup d’Etat contre sa
personne. En septembre, il avait déjà allégué, comme moyen de défense contre
son inculpation au pénal, que le Procureur général Avikhaï Mandelblit, les autres
magistrats du Parquet, la Police et les media, avaient ourdi un coup d’Etat
pour le chasser du pouvoir.
A noter, et c’est
important, qu’il n’existe aucun lien entre le Parquet et la Cour Suprême qui constituent
deux instances totalement indépendantes dans l’appareil judiciaire. La Cour
Suprême ou Haute Cour, qui a pris la décision hier d’obliger Edelstein à
procéder à l’élection en vue de son remplacement est composée de juges de
toutes les sensibilités politiques, de plusieurs religieux, de laïcs et de
représentants de la minorité arabe.
Accuser ce tribunal d’agir
avec un parti pris dans ses décisions ne participe pas d’une critique
démontrable et partant raisonnable, maisprocède de ce fait d’une
tentative indiscutable de porter atteinte à l’Etat de droit et à la démocratie.
Un éventuel refus
d’obtempérer de la part du tandem Netanyahu-Edelstein constituerait la première
occurrence depuis la création de l’Etat d’un refus d’accepter une décision de
sa plus haute instance juridique, fragilisant dans son sillage tout l’édifice
judiciaire israélien.
En observant ces
évènements très graves, la conclusion selon laquelle M. Netanyahu n’œuvre
uniquement, depuis un an et demi, que dans le but d’échapper à son procès est
objectivement inévitable. Il est en train d’instrumentaliser la terrible
pandémie de Covid-19 pour continuer à délégitimer l’appareil judiciaire
israélien, ce qui cristallise une atteinte jamais encore observée contre l’Etat
de droit. Sauf que, désormais, il s’emploie aussi activement à neutraliser le
parlement en l’empêchant par de multiples manipulations mafieuses de siéger et
de remplir son rôle. Un rôle rendu plus indispensable encore par la
prolifération exponentielle du virus et des dispositions économiques et budgétaires
y afférentes, qui sont l’apanage de la Knesset.
Le train des anti-bibistes
est toutefois en marche ; il a quitté la gare, et rien de légal ne peut
plus le forcer à s’arrêter. S’il poursuit son chemin, d’ici demain, un
remplaçant d’Edelstein sera élu au perchoir. Ce qui permettra, quelques jours
plus tard, de faire voter une loi interdisant à un député sous inculpation
pénale de briguer le poste de ministre, à fortiori, celui de Premier ministre.
Dans ce cas, Netanyahu a
déjà obligé tous les députés du bloc bibiste à signer une déclaration selon
laquelle – s’il était empêché de se présenter - ils ne soutiendraient aucun
candidat aux prochaines élections générales qui pourraient se dérouler dès la
fin de la pandémie. Sacrée leçon de civisme !
C’est peut-être là le
talon d’Achille de Binyamin Netanyahu : s’il tente d’imposer au pays un régime
autocratique, un peu comme en Turquie ou en Russie, toujours dans l’objectif
d’échapper à ses procès, pour le moment, il fait peser l’essentiel de ses décisions
autoritaires sur les membres de son propre parti et de son bloc, en les
écrasant littéralement sous les menaces.
Reste que le vote parlementaire
visant à l’empêcher de redevenir Premier ministre implique la modification
d’une "khok yessod", c’est-à-dire d’une Loi Fondamentale de l’arsenal
législatif israélien. Or les votes de cette espèce se déroulent à bulletins
secrets, et plusieurs députés du Likoud, dont un qui s’est ouvert à la Ména
sous le couvert de l’anonymat, prétendent qu’une dizaine au moins d’entre eux,
protégés par ce mode de scrutin, en profiteraient pour appuyer la loi et se
"débarrasser" ainsi d’un personnage devenu de plus en plus despotique
et incontrôlable.
Dans l’immédiat et à cause
des manœuvres de Netanyahu à la Knesset, le schisme et la tension augmentent
dans le pays. Hier, des milliers de personnes arborant des drapeaux noirs et
des drapeaux nationaux manifestaient spontanément devant le Parlement en
exigeant la préservation de l’Etat de droit.
Ce mardi, l’appareil de
propagande du Likoud, après que ses députés ont qualifié d’inconscient et
d’irresponsable le rassemblement des légitimistes sur le parvis de la Knesset,
leur reprochant de menacer de contagion la Garde de l’institution et les
policiers, a organisé, au même endroit, une manifestation de soutien à
Netanyahu.
Mais le pire pourrait être
à venir avant la fin de la semaine en cours. A la Ména et parmi la frange
éduquée de la population, l’on craint deux mesures hypothétiques qui pourraient
nous faire basculer dans le précipice. La première, serait évidemment un refus
d’obtempérer de la part de Yuli Edelstein répondant aux ordres de Netanyahu.
Dans ce cas, nous ignorons ce que serait la réaction des députés qui
représentent la majorité parlementaire et nous craignons des heurts violents
entre manifestants pro et anti-Bibi. En tout état de cause, l’insoumission du
président de la Knesset à une décision juridique devrait être interprétée comme
un authentique coup d’Etat, cette fois-ci, dont les conséquences sont pour le
moment imprévisibles.
La seconde mesure, plus
préoccupante encore, procèderait d’une décision du premier ministre par intérim
de confinement général de la population – on sait qu’une telle mesure est sur
le point d’être décrétée, avec recours à la troupe afin de la faire respecter –
mais qui inclurait la Knesset et ses députés, et pourquoi pas, les juges de la
Cour Suprême.
En droit israélien,
l’exécutif, inféodé en démocratie aux pouvoirs – dans l’ordre – judiciaire et
législatif, ne détient pas l’autorité requise afin d’empêcher un membre de la
Knesset de se rendre où il le désire et quand il le désire. On peut donc
s’imaginer – c’est aussi ce que nous disent des conseillers de Kakhol-Lavan –
que les députés n’accepteraient pas une telle décision, et qu’ils se rendraient
au parlement pour y siéger en dépit du décret de Netanyahu.
A partir de ce point, nous
nous perdons en conjectures et nous refusons d’envisager pour le moment les
terribles répercussions dont nous pourrions être témoins. Cela dépendrait
largement de la réaction initiale des forces de l’ordre face aux députés.
Ce qui est sûr est que,
dans ces deux hypothèses funestes, Israël se trouverait divisée en deux camps,
celui qui obéit à la Justice et à la députation, face à celui qui suit le
Premier ministre intérimaire Binyamin Netanyahu.
Il est clair que nous
sommes tout aussi opposés à ce genre de situation qu’à celle d’un coup d’Etat. Tout
comme il est clair que nous devons cette situation impensable en Israël, qui a
toujours été considérée comme le régime démocratique au monde le moins enclin à
un coup d’Etat, à un individu aux abois, prêt à sacrifier une nation toute
entière à son objectif d’échapper à ses juges et au verdict qu’ils pourraient
rendre.
Cette personne, Binyamin
Netanyahu, semble reprendre à son compte la décision de la vieille prostituée
Clara Zahanassian dans La visite de la vieille dame de Friedrich
Durrenmatt : "Le monde
a fait de moi une putain ; je
veux faire du monde un bordel !".
Corona : la vérité sur la situation en Alsace, sans enfumage (011903/20)
Alertés par les
informations en provenance d’Alsace, nous nous sommes entretenus avec le
Docteur Georges Fabrice Blum, responsable de la Cellule de crise de Mulhouse,
et ses réponses claires à nos questions donnent un reflet saisissant du paysage
sanitaire local.
La Ména : Quelle est la
situation actuellement à Mulhouse ?
Tout l’hôpital
est mobilisé, toutes les opérations de chirurgie réglée ont été annulées, et la
totalité des appareils d’assistance respiratoire est utilisée pour le
traitement des patients COVID-19, soit 54 respirateurs sur 54. Jusqu’à présent,
60 lits de cohorting (ang. : regroupement. Espace réservé au traitement
des patients COVID-19 présentant des problèmes respiratoires ne nécessitant pas
de réanimation. Ndlr.) étaient disponibles. Il a été installé, hier, 2 unités
supplémentaires de 30 et 40 lits, qui sont quasiment saturées, et dans
lesquelles 3 patients supplémentaires ont déjà été intubés (ndlr : Bien
entendu d’autres suivront, si tant est que des machines supplémentaires soient livrées).
134 lits étaient
réservés aux patients COVID-19 sans signes respiratoires, ce chiffre ayant été
étendu à 200 ce jour.
Le Docteur Georges Fabrice Blum,
responsable de la Cellule de crise de Mulhouse
La Ména : De quoi l’hôpital
manque le plus actuellement ?
De médecins et
d’infirmières de réanimation essentiellement.
Les masques
commandés depuis longtemps ont dû arriver aujourd’hui.
Il manque
également des sacs pour recevoir les morts, 110 devant être rapidement
acheminés sur place.
La Ména : Quels types de
patients sont hospitalisés actuellement à Mulhouse ?
Au début de
l’épidémie, on pensait que les gens âgés allaient payer un lourd tribut au Coronavirus ;
il faut reconnaitre que de plus en plus de jeunes peuplent nos services, 50%
des malades ayant moins de 60 ans. La politique mise en place, du fait du
nombre de respirateurs limité, fixe à 70 ans l’âge maximum d’entrée en
réanimation.
1 820 patients
ont été testés et 61 décès sont à déplorer.
La Ména : Le personnel
est débordé, du moins c’est ce qui ressort des blogs, cris d’alarme,
témoignages et WhatsApp échangés. Qu’en est-il sur le terrain. Combien de soignants
sont contaminés ?
Je n’ai pas le
chiffre exact du personnel testé positif, mais il est conséquent évidemment, ce
qui limite encore les possibilités sanitaires locales. Ce qui est sûr, c’est
que les équipes sont épuisées, qu’une cellule psychologique a été mise en
place, mais qu’il n’y a pas de relève possible pour l’instant.
La Ména : On a beaucoup
médiatisé l’apport de l’Armée française à l’hôpital de Mulhouse.
Qu’en est-il exactement ?
Un A 330 a
transporté 6 patients sous assistance respiratoire hier pour les centres
hospitaliers de Marseille et Toulon, ce qui a libéré 4 machines à Mulhouse,
aussitôt réutilisées pour d’autres patients. Un hélicoptère a effectué
plusieurs rotations vers les centres de Metz, Strasbourg ou Nancy. Mais ce que
tout le monde attend, c’est le montage d’un hôpital militaire de campagne qui
devrait devenir opérationnel d’ici le 27 mars.
La Ména : Pourquoi si
tard ? Pour le public, 10 jours pour monter un hôpital militaire pour 30
patients, quand les Chinois mettent une semaine pour créer de toutes pièces un
hôpital de 1 000 lits, c’est étonnant ?
Parce-que les ordres
sont arrivés tardivement, et que sans l’aide des politiques, cette éventualité
n’aurait pas été envisagée.
A quelques
exceptions près (1 million de masques vont être sortis de la réserve militaire),
le matériel de l’Armée a vocation à y rester.
La Ména : En matière de santé publique,
le confinement est-il respecté à Mulhouse ?
Globalement oui,
la ville est à l’arrêt complet, dans tous les quartiers, même les plus
indisciplinés habituellement.
La Ména : A-t-on perdu du temps
dans la gestion de cette crise ?
Incontestablement,
mais personne n’y croyait.
La Ména : Comment se sont
faites les coopérations avec le privé, ou transfrontalières ?
Le secteur privé
a immédiatement été impliqué, notamment en stoppant toute intervention non
urgente, ce qui a permis d’ajouter 7 médecins anesthésistes et 15 infirmiers(es)
anesthésistes à l’équipe publique. Des unités de cohorting ont été positionnées
dans les cliniques privées du département. En transfrontalier (ndlr. :
coopération avec l’Allemagne et la Suisse), rien n’a été entrepris à ma
connaissance.
La Ména : Beaucoup
d’histoires circulent dont l’authenticité est sujette à caution. Qu’en
est-il en vérité ?
Les blouses à
usage unique sont lavées et réutilisées : non c’est inexact.
Les médecins
généralistes se plaignent d’être obligés d’aller chercher leurs masques à
Mulhouse ou Colmar, et il y en a très peu : c’est malheureusement juste.
Il a été distribué 17 masques par généraliste, ils vont donc travailler avec 2
masques par jour dans le meilleur des cas.
La patinoire de
Mulhouse a été réquisitionnée pour servir de morgue : Fake news, la ville
a prévu des camions frigorifiques pour la gestion des personnes décédées, ça
c’est exact.
Il faut souligner
l’efficacité des politiques, et en particulier du député Olivier
Becht, qui, depuis le début de la pandémie a activé tous ses réseaux pour
obtenir du ministère de la Santé une aide substantielle pour la ville de
Mulhouse.
= = =
Voilà où nous en
sommes ce soir à Mulhouse, mais les problèmes ne font que commencer, la phase
de pic épidémique n’étant de loin pas atteinte. Le département du Haut-Rhin va
aborder la période suivante qui verra affluer des centaines de patients, avec
un système de santé déjà saturé, au bord de l’explosion.
Une info exclusive de la Ména confirmée par Tsahal 21 jours plus tard (011803/20)
Le 27 février dernier, la Ména émettait une breaking news
intitulée : "Elimination d’un chef du Hezbollah
sur la frontière syrienne" ; nous y décrivions, quelques minutes après les faits, l’élimination
du chef Hezbollah Imad Tawil dans la localité de Hader en Syrie, à 4.5km de la
frontière israélienne dans le Golan.
Pour l’occasion, nous publiions une carte détaillée ainsi
que des photos du véhicule détruit du milicien, fournies par nos amis de l’autre
côté de la frontière.
Nous précisions en exclusivité que Tawil était chargé de la
"préparation d’attentats le long de la frontière israélienne".
Feu
Imad Tawil le chef du groupe qui préparait l’attaque (source Ména)
L’article en question peut être consulté sur la page
Facebook de notre agence ainsi que sur notre site www.menapres.org.
Or hier, et c’est une occurrence assez exceptionnelle pour
être relevée, un communiqué de Tsahal venait confirmer les informations que
nous avions données à nos lecteurs il y a trois semaines de cela.
Le message du porte-parole indique que la veille (dimanche)
une "procédure AAR d’Analyse opérationnelle et de Renseignement Après Action"
avait été finalisée.
Celle-ci indiquait qu’une attaque qui devait être perpétrée
par des miliciens du Hezbollah avec l’aide de l’Armée gouvernementale syrienne
le 2 mars courant avait été contrecarrée.
Ce
qu’il reste du véhicule de Tawil et du commandement des miliciens
"L’attaque planifiée était prévue à partir d’un complexe
de l’Armée syrienne situé dans la zone démilitarisée du Nord-Golan, à proximité
de la ville de Hader. Elle devait être réalisée par le Hezbollah avec le
concours de l’Armée d’Assad et viser des soldats de Tsahal".
Durant la semaine précédant l’attaque programmée une unité
du Yamam – une entité spécialeisraélienne rattachée à la Police des frontières – ainsi que
des observateurs du 595ème bataillon de Renseignement de campagne"
ont identifié des activités suspectes se déroulant dans des zones sensibles qui
dévoilaient qu’une attaque était en préparation" (communiqué de Tsahal).
"Parmi ces activités, l’observation de l’utilisation
de téléphones portables et de caméras professionnelles, d’appareils servant à
mesurer la force du vent etc.
Un soldat syrien à Hader opérant une mesure du vent grâce à un
anémomètre.
La mesure du vent est nécessaire afin de calculer la correction
nécessaire à prendre
en compte lors de tirs opérés par des snipers (Source : Tsahal)
Lorsque l’occasion s’est présentée – le 27 février (Ména),
le communiqué ne mentionne pas la date – le véhicule du groupe d’assaut
(ennemi) a été visé (et détruit, tuant Imad Tawil (Ména), Tsahal ne fournit
aucun nom) -, lors d’un raid conduit par un hélicoptère d’attaque de Tsahal".
En raison de la gravité du
contenu de cet article, la rédaction a décidé de le rendre gratuitement accessible
à l’ensemble du public.
Samedi 14 mars, le
Premier ministre Edouard Philippe annonçait, dès minuit, la fermeture des
commerces "non essentiels" – en clair, tous les commerces, y compris
les restaurants, à la seule exception des magasins d'alimentation et services
de santé.
Cette annonce était
la conséquence inévitable des derniers chiffres de la pandémie du CoVid-19
pour la France. Après avoir connu une courte décélération
du 7 au 10 mars, la contamination est repartie à un rythme de type exponentiel
: chaque jour, le nombre de nouveaux cas recensés est supérieur à celui de la
veille (900 nouveaux cas recensés le 15 mars, contre 203 le 10 mars).
Le nombre de victimes
augmente, lui aussi, de manière exponentielle : 3 morts le 10 mars, 12 le 14 et
– la nouvelle tombe alors même que j'écris ces lignes – 36 le 15 mars.
Au total, 5 423 cas
ont été établis dans le pays et 127 personnes sont mortes. Et cela ne fait que
commencer. Lorsqu'une épidémie évolue selon une
courbe exponentielle, le renversement de tendance ne peut apparaître qu'une
fois que les mesures prises auront eu leur effet – c'est-à-dire après la
période de latence moyenne entre la contamination et l'identification clinique
du mal, soit environ 9 jours. La courbe des morts, elle, ne peut s'infléchir
qu'après l'expiration du délai moyen entre la contamination et le décès du
malade, soit 13,5 jours.
La croissance de la
maladie est actuellement si rapide que personne ne peut croire que les mesures
annoncées samedi par le Premier ministre
suffiront pour limiter les dommages. D'ici demain mardi au plus tard, d'autres dispositionssuivront
presque certainement : confinement général de la population, autorisée
seulement à sortir pour acheter de la nourriture et aller au travail dans les
secteurs qui resteront en opération ; arrêt ou réduction à l'extrême des
transports en commun ; possible couvre-feu pour toute la population, obligée de
rester chez elle après une heure qui reste à fixer ; et intervention de l'armée
pour contrôler le respect de ces mesures.
Je précise que je
n'ai aucune source au sein du pouvoir qui m'ait confirmé tout cela. J'ai
consulté, en revanche, un épidémiologiste, qui sait
comment fonctionnent les courbes de contamination et ce qu'il faut faire pour
casser une croissance exponentielle.
L'effet de ces mesures
ne sera pas immédiatement visible. Le nombre des nouveaux cas identifiés chaque
jour ne commencera pas à baisser avant le milieu de la semaine du 23 mars ; le
nombre de décès quotidiens, vers la fin de la même semaine. Il ne serait pas
étonnant que la France enregistre, au maximum de la courbe, plus de 300 décès
par jour du fait du SARS-Cov-2. L'Italie
aura alors entamé la décroissance, si bien que la France sera probablement le
premier pays du monde en nombre de victimes par jour. (Du moins officiellement
: les statistiques iraniennes sont presque certainement falsifiées et c'est ce
pays, non l'Italie comme le disent les statistiques officielles, qui détient en
réalité le record des nouvelles contaminations et des décès).
La courbe des décès
a, sur celle des contaminations, l'avantage d'être fiable en France. Chacun est
désormais parfaitement conscient que le nombre réel des contaminations est
supérieur au nombre recensé, d'un facteur probablement situé quelque part entre
10 et 100. Non pas que le gouvernement mente – il fait ce qu'il peut – mais
parce qu'il n'y a tout simplement pas assez de tests disponibles.
La courbe du Coronavirus en France
: une exponentielle presque parfaite
Pour résumer, voilà
quelle est la situation ce matin du 16 mars :
La France a
officiellement 5 423 résidents contaminés par le virus. La vérité est située quelque
part entre 50.000 et 500.000. La très grande majorité des personnes contaminées
ne souffre que de symptômes légers, voire pas de symptômes
du tout. C'est notamment le cas, sans que personne ne sache encore
pourquoi, de la quasi-totalité des enfants qui ont attrapé le virus.
127 personnes sont
mortes. A quelques erreurs possibles près, ce chiffre
correspond à la réalité. S'il est exact que la grande majorité
des décès concerne des personnes âgées ou déjà malades, il y a des exceptions :
des adultes encore jeunes et en bonne santé périssent aussi, même si c'est plus
rare.
Le nombre quotidien
de nouvelles contaminations et de nouveaux morts va mécaniquement augmenter
pendant plus d'une semaine – environ 10 jours pour le premier et 13 pour le
dernier. Puis, les courbes repartiront à la baisse, pour aller vers une
disparition totale de l'épidémie quelques semaines ou quelques mois plus tard. Personne
ne peut aujourd'hui prédire avec certitude quel sera le rythme de la
décroissance.
Enfin, pour faire
face à cette situation, le gouvernement français s'apprête à mettre en place
des mesures exceptionnelles telles que la France n'en a connues qu'en temps de
guerre, y compris la possibilité d'un couvre-feu et d'une administration
partiellement militaire du pays.
Le nombre des morts
est aggravé par un phénomène sur lequel tous les observateurs sont d'accord :
la France n'est pas prête à affronter l'épidémie. Le Covid-19
n'a, pour l'instant, ni traitement ni vaccin. Baisser le
taux de mortalité exige donc avant tout deux choses. D'abord, limiter les
contaminations, non seulement en changeant les comportements, mais en disposant
de produit désinfectant, de masques et de gants. Ensuite, fournir de l'oxygène aux
cas les plus atteints, seul moyen d'augmenter leurs chances de survie en
l'absence de traitement.
Or, ces moyens
n'existent tout simplement pas. Il n'y a pas assez de masques, pas assez de
gants, pas assez de produits désinfectants, pas assez de respirateurs.
Pas assez de médecins et d'infirmières non plus d'ailleurs.
On détourne pour la lutte contre le Coronavirus des personnels
d'autres services : à la fin de la crise, il faudra ajouter au nombre des
victimes du virus celui de ceux qui n'auront pas été traités à temps pour
d'autres pathologies.
Faute des équipements
suffisants, le nombre total des victimes sera supérieur à ce qu'il aurait dû
être. La question politique se posera alors inévitablement : y a-t-il une
responsabilité du gouvernement dans cette surmortalité ?
La réponse à cette
question n'est pas simple. Le gouvernement n'est pas responsable du
déclenchement de l'épidémie. Il met désormais en place des moyens exceptionnels
– tels que la France ne les a jamais vus en temps de paix – pour freiner sa
progression. On n'est pas en France dans la situation de l'Iran, qui a d'abord
nié la maladie et même encouragé les infections (en appelant au pèlerinage
après le déclenchement de l'épidémie), puis systématiquement menti sur les
chiffres.
Et pourtant, il y a
bien une responsabilité de l'Etat français dans deux aspects de l'évolution de
l'épidémie. Le premier de ces aspects concerne tous les gouvernements
précédents ; le second est une accusation de
l’équipe en place, mais il est probable que ses prédécesseurs
n'auraient pas fait mieux.
La première faute des
gouvernements français successifs a été budgétaire. La France est un pays riche
et détient le record des dépenses publiques parmi les économies importantes. Les
ressources étaient donc largement disponibles pour mettre en place un stock
stratégique suffisant de gants, produits désinfectants, masques et appareils
respiratoires pour faire face à une épidémie. Personne ne pouvait savoir que le
Covid-19 se déclencherait fin 2019, mais tout
le monde savait qu'il y aurait, un jour, une pandémie d'une maladie
respiratoire.
Mais, dans
l'attribution des gigantesques dépenses publiques françaises, la préparation
des situations d'urgence – sanitaires, de défense ou autres – n'est qu'un
objectif parmi d'autres. Elle passe bien après les objectifs de redistribution,
et plus particulièrement de redistribution aux inactifs : allocations sociales,
chômeurs, pré-retraités, fonctionnaires en surnombre (3 millions de
fonctionnaires de plus que l'Allemagne), accueil des migrants, etc. Le poids de
la redistribution a, avec le temps, étouffé toutes les autres dépenses. Sur 1 000
euros distribués par l'Etat, 575 le
sont en dépenses sociales. Le résultat est qu'alors que la dépense publique
représente environ 55% de la richesse créée en France contre environ 40% il y a
50 ans, la qualité des services publics n'a pas sérieusement augmenté ; et
beaucoup de Français ont le sentiment qu'elle s'est dégradée.
La deuxième faute du
gouvernement – du gouvernement en place, pour le coup – est d'avoir refusé
pendant plusieurs jours cruciaux d'écouter les statisticiens et les épidémiologistes
qui, en voyant le début de la courbe des infections, avaient annoncé dans le
détail ce qui allait arriver. Le 8 mars, le président Macron incitait encore
les Français à sortir et aller au théâtre. Le 12 mars, le ministre de l'Education
Nationale refusait la fermeture généralisée des écoles. A ce jour encore, la
fermeture des frontières françaises – une mesure adoptée par l'Italie,
l'Espagne et l'Allemagne – est refusée par principe.
Erreurs temporaires,
de quelques jours, pourra-t-on dire. Mais cela n'est pas une explication
suffisante, car au moment où elles étaient commises, la situation était
parfaitement prévisible par les experts. Et dans une épidémie au développement
si rapide, chaque jour compte pour limiter les contaminations et les décès.
Plus on regarde le
déroulement des événements, plus il semble que le pouvoir français ait été
victime de deux désordres collectifs de la personnalité auxquels la société
française est volontiers sujette et auxquels les
gouvernements précédents avaient, eux aussi, souvent succombé : le narcissisme
et le fétichisme idéologique.
Le narcissisme est un
dérèglement qui consiste à penser que l'on est un cas particulier, unique,
auquel les règles générales ne sont pas applicables. Les individus peuvent en
être atteints, mais aussi les peuples. La France,
en l'espèce, a voulu croire que ce qui arrivait aux Chinois, puis aux Italiens,
ne pouvait pas lui arriver – sans autre raison que parce qu'elle était la France.
Des Parisiens au marché hier
dimanche : comme si la réalité ne pouvait pas les atteindre
Le fétichisme
idéologique consiste à analyser une action ou une politique, non par leurs
conséquences concrètes, mais à travers le prisme de l'idéologie qu'elles
pourraient illustrer ou encourager. Si la France avait fermé ses frontières,
moins de Chinois et d'Italiens infectés l'auraient visitée avant la
généralisation de l'épidémie et il y aurait aujourd'hui moins de malades et
moins de morts. Mais fermer les frontières aurait paru nationaliste et c'était
ce que demandait le Rassemblement National. Il
fallait donc s'y opposer, sans prendre en considération les conséquences
concrètes de ce refus.
Aujourd'hui, les
conséquences sont là. La France s'apprête à connaître une crise majeure, la
plus importante de son histoire en temps de paix. Les libertés vont être
réduites dans des proportions qu'aucun Français de moins de 80 ans n'a jamais
connues. Une économie dirigée et en partie militarisée sera mise en place pour
quelques semaines ou quelques mois. Face au désastre financier et économique,
la France et l'Europe mettront en place des mesures tout aussi exceptionnelles
de soutien, qui n'empêcheront pas une sévère récession.
Quand tout cela sera
fini, que la maladie aura disparu et que l'Etat habituel des droits et libertés
aura été rétabli, qu'en restera-t-il ? Si le traumatisme a été suffisamment
important, peut-être un peu de méfiance face aux tendances nationales au
narcissisme et au fétichisme idéologique ; peut-être aussi des priorités plus
saines dans les dépenses publiques, pour faire moins de poids à la
redistribution et davantage à la préparation des crises. Un gouvernement plus
réaliste, moins attaché aux symboles et plus aux conséquences concrètes de ses
décisions, plus soucieux aussi de préparer l'avenir, finira peut-être par parvenir
au pouvoir. Encore faudra-t-il pour cela que les Français souhaitent, cette
fois, tirer les conséquences de leurs échecs passés – et ne se contentent pas,
comme ceux que je voyais hier dimanche se mêler les uns aux autres comme si de
rien n'était, de hausser les épaules en répétant qu'en France, ce n'est jamais
comme ailleurs. Les règles qui s'appliquent à tous valent pour nous aussi – y
compris celle qui veut que la réalité finisse toujours par
écraser ceux qui la nient.
L’influence du Coronavirus sur l’Armée iranienne, ses
capacités de nuisance, le programme nucléaire, les visées stratégiques du régime
et ses alliés régionaux.
Des informations et des développements exclusifs.
L’analyse de Stéphane Juffa pour Bruxelles-Métula au micro
d’Anne-Sophie Dekeyser sur Radio Judaïca.
Ce samedi matin, peu avant midi heure de Métula, plusieurs
salves de roquettes se sont abattues sur le Camp Taji, situé à 14km au nord de
Bagdad [cartes].
L’information provient de sources officielles militaires irakiennes,
elle a été confirmée par Radio Bagdad ainsi que par notre observateur radio
Jules Mazouz.
Selon les officiels irakiens, cette agression a blessé au
moins deux militaires irakiens. Les tirs ont consisté en 12 à 18 roquettes.
Dans le Camp Taji, les soldats gouvernementaux irakiens
sont séparés de leur collègues américains et coalisés. Les roquettes de ce
matin sont tombées à la fois sur des installations au service des Irakiens à
proximité de la piste d’aéroport – les Irakiens touchés appartenaient à la
défense contre avions - et sur des baraquements d’habitation des Occidentaux.
On ignore si le bombardement a causé des pertes chez les
coalisés. Le Pentagone n’a fait aucune déclaration pour le moment. Une source
américaine en Irak dénombre officieusement 3 soldats U.S. blessés.
Cette attaque est particulière car elle s’est déroulée de
jour. Les précédentes visant les mêmes objectifs se produisirent nuitamment.
A l’instar de l’agression de mercredi dernier qui a coûté
la vie à trois militaires U.S. et à un soldat britannique dans la même base d’al
Taji.
Suite à ces tirs, les Américains avaient réagi énergiquement,
ciblant au moins cinq objectifs par voie aérienne appartenant aux Kataëb
Hezbollah [ara. : les Phalanges du Hezbollah], un groupe armé chiite
supplétif de l’Armée iranienne en Irak. Les Kataëb Hezbollah n’ont rien à voir
avec le Hezbollah libanais, hormis qu’ils se situent dans le même camp et qu’ils
tuent pour les intérêts du même patron.
Parmi les cibles de l’U.S. Air force, officiellement des
entrepôts d’armes, nous avons identifié le Quartier Général des Kataëb
Hezbollah à al Najebeia, ainsi qu’une base à Jurf al Sakher, à 39km au
sud-ouest de Bagdad [carte].
A Jurf al Sakher, le Général Siamand Mashhadani du corps d’élite
des Gardiens de la Révolution khomeyniste [far. : "Pasdaran" =
gardiens, diminutif de "Sepâh-e Pâsdârân-e Enghelâb-e Eslâmi", l’Armée
des Gardiens de la Révolution Islamique] a perdu la vie lors du raid américain.
L’opération la plus sanglante s’est déroulée à Bukamal en
Syrie [carte], sur la frontière entre ce pays et l’Irak, dans et à proximité du
camp iranien d’Imam Ali. Les bombardements ont causé la mort de 27 miliciens supplétifs
de l’Iran et d’un nombre indéterminé (mais nettement moindre) de militaires
iraniens. Les militaires iraniens ont été soignés dans un hôpital installé au
sein même du camp d’Imam Ali.
Dès jeudi matin, des Pasdaran ont bloqué les accès de et
vers Bukamal ainsi que les routes menant à Imam Ali, de même que les liaisons
téléphoniques et les connexions Internet. Ce sont des Kurdes des Forces
Démocratiques Syriennes et des médecins de l’hôpital d’al Qaïm, côté irakien de
la frontière, qui ont fourni des bilans concordants à Michaël Béhé.
Nous notons que les Kataëb Hezbollah sont mentionnés sous
le dénominateur global de PMF, soit Forces de Mobilisation Populaire par les
instances officielles irakiennes. Or les PMF sont intégrées à l’Armé régulière
irakienne et portent souvent le même uniforme, le gouvernement de Bagdad étant
chiite, lui aussi inféodé au régime des ayatollahs de Téhéran.
Le gouvernement irakien a d’ailleurs dénoncé la riposte
U.S. de mercredi et jeudi, prétextant qu’elle constituait une violation de son
territoire.
Ce positionnement, c’est-à-dire la soumission de l’exécutif
irakien à la théocratie persane, pose de sérieux problèmes à l’Armée
américaine. Cela va de l’impossibilité de faire confiance aux soldats du régime
qui occupent les même cantonnements que les boys, à celle de partager les
informations avec eux, et aux soupçons selon lesquels les soldats irakiens aident
les miliciens des PMF/Kataëb Hezbollah à préparer leurs tirs sur les
Américains.
En fait, le commandement U.S. tend à considérer les
militaires irakiens chiites exactement comme des Iraniens. Cette assimilation n’est
tempérée que par le fait que lors de chaque raid des militaires irakiens sont
tués ou blessés, et que les miliciens sont parfaitement au courant de leur
présence, par exemple à al Taji, et du risque auquel ils les soumettent.
Il ne fait aucun doute non plus que les opérations U.S.
sont coordonnées avec Tsahal, les mêmes cibles sur l’autoroute chiite, à la
frontière syro-irakienne, étant visées par les deux armées de l’air de manière
complémentaire : ce ne sont pas les mêmes objectifs qui sont attaqués dans
le même périmètre, tous constituant des objectifs stratégiques.
Finalement, nous nous penchons depuis plusieurs jours sur l’influence
qu’a l’épidémie de Coronavirus en Iran sur les activités de son armée,
notamment en Syrie et au Liban.
Les chiffres des morts et des personnes infectées sont
incontrôlables mais ce qui est sûr est que ceux donnés par la dictature théocratique
sont absolument faux et sous-évalués. Le nombre de morts pourrait dépasser les 3
000 victimes, selon les moudjahidines Khalk [ou Organisation des Moudjahidines
du Peuple Iranien (OMPI)] qui combattent les ayatollahs ainsi que d’autres
associations de l’opposition civile iranienne avec lesquelles nous sommes en
relation.
Ce qui nous apparaît certain est que l’Iran est le second
pays le plus touché par la pandémie après la Chine, tant au nombre des décès qu’à
celui des personnes infectées. Cette dernière estimation ne fait pas l’ombre d’un
doute, tout comme le fait que la "République" Islamique d’Iran ne
dispose pas des matériels et des personnels médicaux en quantité suffisante
pour faire face à la maladie. L’Iran est en passe de devenir le premier foyer
mondial du Coronavirus.
On peut simplement s’en persuader en comptant le nombre élevé
de ministres et de conseillers malades, certains dans le premier cercle du "Guide
suprême", à l’instar d’Ali Akbar Velayati, son principal conseiller. Velayati,
pédiatre de formation, qui fut ministre des Affaires Etrangères de décembre
1981 à août 1997.
Nombreux sont aussi les officiers des Pasdaran et les
conseillers iraniens à être atteints par la maladie. Cela met en doute non
seulement leur aptitude à combattre mais aussi la menace qu’ils contaminent
massivement le reste de l’Armée ainsi que les personnes qu’ils rencontrent.
On sait avec certitude à ce propos que des délégations
iraniennes ont contagionné un grand nombre de dirigeants du Hezbollah. Les
Iraniens étaient évidemment entrés au Liban sans avoir à se soumettre au
moindre contrôle. Des rumeurs persistantes courent aussi à Beyrouth selon
lesquelles Hassan Nasrallah, Secrétaire général du Hezb., aurait été contaminé
par ces encombrants visiteurs. D’après Michaël Béhé, le chef de la Ména
libanaise, ces soupçons concernant Nasrallah sont cependant invérifiables.
Un autre problème provient du fait que les Iraniens qui tuent
des militaires américains et européens par proxys interposés sont en train de
demander des milliards de dollars d’aide d’urgence à la Banque Mondiale pour
combattre la pandémie et à Washington, des allégements supplémentaires dans l’application
des sanctions.
Sur les rives du Potomac et dans le reste du monde libre on
aimerait naturellement aider la population iranienne, otage des imams, sans aider
à soigner ceux qui s’emploient à tuer nos soldats. Un équilibre pas forcément évident
est à trouver rapidement.
Dans l’entre-temps on s’attend à une riposte énergique des
Américains. Avec le risque, pour la junte théocratique, que Donald Trump décide
de s’attaquer à des Iraniens, peut-être en Iran, pour faire cesser les
agressions. Cela dépendra principalement de savoir si des boys sont morts, et combien
d’entre eux sont tombés.
Une grosse tempête a frappé les hauteurs du Doigt de la
Galilée cette nuit, avec des rafales de vent atteignant les 150km/h à Métula [2
500hab.].
Pour ne rien arranger, des arbres sont tombés vers minuit
sur les lignes à haute tension plongeant les habitants dans l’obscurité. L’unique
route reliant Métula au reste d’Israël a été plusieurs fois coupée ces
dernières 24 heures, par des troncs et des feuillages affalés en travers de la
chaussée.
Les dégâts sont importants comme on peut l’apprécier sur
cette vidéo de la rue principale du village tournée par Stéphane Juffa ce matin
avec son téléphone portable.
Fort heureusement il n’y pas eu de blessés, mais la moitié
des bâtiments a souffert. Une partie de la toiture de ceux de la Ména a été
arrachée, et les deux journalistes présents ont du intervenir sur les toits en
pleine bourrasque afin de protéger les bureaux de l’agence.
Il s’agissait d’un vent d’Est, relativement chaud, remontant
d’Egypte et transportant du fin sable rouge qui a pénétré et souillé les
habitations.
D’abondantes précipitations sont également tombées toute la
nuit.
Un chêne vieux de 450 ans s’est brisé dans la Forêt de Tal
dans le Doigt de la Galilée
La météo annonce une seconde vague de la même tempête pour
la nuit de vendredi à samedi.
Cet épisode de mauvais temps survenant en pleine crise de
Coronavirus, avec 130 cas relevés ce vendredi matin en Israël, dont 3 cas
graves et 5 sérieux, les misères des habitants du Nord sont passées presque
inaperçues.
L’électricité dans le quartier où se situe la rédaction de
la Ména, le plus élevé de Métula, à 750 mètres d’altitude, n’a été rétablie qu’à
midi trente vendredi.
D’abord il ne faudrait plus l’appeler Coronavirus, cette appellation
recouvrant depuis très longtemps des virus connus à ARN [Acide RiboNucléique,
par opposition aux virus à ADN, plus dangereux mais beaucoup plus rares] dont
la membrane en forme de couronne [Corona] est responsable de l’étymologie.
Notre sujet du jour, qui répond au doux patronyme de SARS-Cov2, est finalement
entré dans l’histoire sous le nom de CoVid-19 (Corona Virus Disease), qui
désigne en fait la maladie elle-même.
En France, on compte officiellement ce lundi 130 cas de contamination,
avec 2 décès à ce jour ; le chiffre n’est pas encore alarmant, et ne
semble pas sous-évalué. Contrairement à d’autres Etats dans lesquels le
comptage est pour le moins fantaisiste, ou dans lesquels le dépistage ne peut
être effectué compte-tenu du niveau de la médecine locale (6 laboratoires
peuvent tester le Coronavirus pour 1,2 milliards d’habitants en Afrique), la
France, et l’Europe en général, jouent la transparence.
On peut cependant remarquer quelques éléments atypiques qui nous font
penser que ce Coronavirus est loin de la grippette sympathique :
Le taux de mortalité, pour l’instant (le taux exact ne sera connu au
mieux qu’au pic de l’épidémie, en divisant le nombre de morts par le nombre de
patients atteints) est proche de 3,5%, soit quand-même 7 fois celui de la
grippe, mais moins que le SARS, crédité de 9,6%.
La population à risque est essentiellement masculine, âgée, présentant
d’autres pathologies (essentiellement cardio-vasculaires) et immunodéprimées. Parmi
la population à risque, le taux de mortalité se rapproche des 15%
Certains supermarchés sont
littéralement pris d’assaut
Ici Auchan à Vélizy
L’incubation est longue (14 jours), ce qui aggrave les risques de
contamination. Le R0 ou taux de reproduction de base (nombre de personnes
potentiellement contaminées par un patient) est de 3 environ, à comparer à 1,3
pour la grippe (mais à 9 pour la rougeole).
On ne sait pas pour le moment si une personne asymptomatique [Ndlr. Ne
présentant pas les symptômes de la maladie] peut transmettre le virus ; un
cas de transmission venant d’une personne asymptomatique décrit en Allemagne a
été pour l’instant infirmé.
Le mode de contamination « gouttelettes » est le plus
courant (virus contenu dans la salive, et extériorisé dans la toux ou
l’éternuement, puis absorbé par contact), mais la transmission fécale est de
plus en plus mise en cause, ce qui va poser un vrai problème de santé publique
dans les pays sous-développés, ou dans les hôpitaux ayant pris en charge des
patients atteints.
Il n’y a pas de traitement spécifique
Voilà pour la partie technique.
Pour le volet santé publique, il nous faut nous intéresser à son
épidémiologie. Pour comprendre son mode d’entrée sur un territoire, il faut
repérer le Patient 0, celui par lequel le virus a été introduit (on l’appelle
patient 0 par analogie avec le Sida, pour lequel le steward canadien Gaëtan
Dugas avait été le malade O (pour Out of California), qui est devenu par la
suite patient 0).
Autant en Haute-Savoie on connaît ce chef d’entreprise qui a séjourné
en Italie et est revenu chez lui, autant pour le deuxième foyer, dans l’Oise,
le patient 0 n’a pu être identifié.
Commence alors une course contre la montre pour l’enquête
épidémiologique, qui devra déterminer, à partir des zones de fréquentation, des
moyens de transports, et de l’emploi du temps des patients 1 et suivants, d’où
peut provenir l’infection.
Tant que ce patient 0 n’est pas retrouvé, le virus peut sévir, à l’insu
du patient 0 le plus souvent. Cette enquête est nécessaire scientifiquement
pour comprendre la maladie, et médicalement, pour appréhender son mode de
transmission et éviter la propagation.
On classe ensuite les personnes-contact en 3 catégories de risque –
négligeable, faible, et modéré à élevé -. Les premiers peuvent vaquer à leurs
occupations, les seconds sont confiné à leur domicile mais contactent l’Agence
Régionale de Santé tous les jours pour savoir si un symptôme de type fièvre
notamment est apparu. Et les derniers, ceux pour lesquels un contact avec un
sujet malade a duré plus d’une heure, sont hospitalisés en isolement.
Pour essayer de juguler la transmission du virus, on classe l’épidémie
en 3 stades :
Stade 1 : Il faut freiner l’introduction du virus
Stade 2 : Il faut freiner la propagation du virus (dès
l’apparition de plusieurs clusters (foyers))
Stade 3 : Il faut atténuer les effets de l’épidémie
Nous sommes entrés depuis le 1er mars en phase 2, avec
fermeture d’établissements scolaires, annulation de manifestations regroupant
du public, et mise en quarantaine.
Tous les épidémiologistes s’accordent pour dire que le stade 3 est
inévitable en France. Il se traduira par des restrictions de circulation, de
l’enseignement en ligne et du chômage partiel.
Quelle est la
situation sur le terrain ?
Dans l’Oise, 107 établissements sont fermés, 26 000 élèves se
retrouvent cantonnés à la maison, et 2000 professeurs rongent leur frein. Et ce,
sans compter les habitants des communes alentour qui lancent des pétitions pour
demander la fermeture des écoles de Compiègne, interdire aux élèves des "clusters"
d’accéder à leurs écoles situées sur des communes non touchées par l’arrêté de
fermeture ; idem pour les personnes qui voudraient voir les enfants de la
base aérienne de Creil, un des foyers de la maladie, rester cloitrés dans des
bunkers. Les maisons de retraite filtrent les entrées pour éviter la
contamination d’une population à risque de contagion et de mortalité élevés.
100 000 habitants sont actuellement confinés, les rayons des
supermarchés, toujours ouverts, sont désespérément vides, les plus prévoyants
ayant déjà stocké la nourriture nécessaire.
Des consultations médicales sont mises en place dans l’enceinte de
certains collèges.
Mais dans le même temps, les transports en communs, souvent bondés,
continuent à circuler à Creil. En fait, la préfecture a refusé le confinement à
l’italienne - avec interdiction de sortie pour la population -, et fait appel
au civisme de ses administrés.
Élément intéressant, les élèves et les adultes mis en quarantaine au
retour d’un pays touché (hors Chine, Iran, …) vont pouvoir retourner à l’école une
fois leur quatorzaine terminée. En fait le passage au stade 2 de l’épidémie
permet la recirculation de personnes venant d’Italie notamment : il n’y a
plus de mesure visant à endiguer l’introduction du virus en France ! Il
est là !
Il faut également noter que le personnel médical et de secours paie un
lourd tribut au CoVid-19. Plusieurs soignants sont passés de l’autre côté de la
barrière, notamment trois employés de l’hôpital Tenon, et une caserne de
pompiers (Saint Georges à Rennes) qui est tout simplement fermée.
Concomitamment à la crise médicale, l’exécutif passe en force avec le
49.3 sur sa réforme des retraites. L’extension du Coronavirus, relayée par les
media d’information en continu, bienveillants envers le gouvernement,
organisant tables rondes sur interviews de personnalités dont l’acuité sur le
sujet ne saute pas aux yeux, « masquant » ainsi la vacuité du débat
politique.
La mise en scène du Président et de ses ministres sur tous les fronts
de la lutte contre le CoVid-19 donne une impression d’impuissance qui pourrait
se retourner contre la République En Marche au cours des scrutins municipaux.
Il ne manque plus encore qu’un attisement des braises du mal-être de
l’hôpital public pour que le tableau soit complet.
Avec Jean Tsadik, Michaël Béhé, Jules Mazouz,
Yoshua Ohana et Olivier Katz
La Planète entière se trouve ce weekend
en situation de crise aigüe et de désorganisation. Plusieurs événements
concomitants font planer des risques mortels sur une grande partie de la
population terrienne, et les responsables politiques ont largement perdu le
contrôle de la situation. D’autres pays, mieux organisés, plus efficaces
militairement et scientifiquement, sont tentés d’exploiter les opportunités
offertes par les dérèglements afin de renforcer leurs positions stratégiques.
A la
Ména, tous les reporters et analystes sont à pied d’œuvre depuis plusieurs
jours et traitent dans l’urgence le flux d’informations qui nous parviennent.
La difficulté principale pour nous est de trier ces nouvelles et de ne pas
sombrer avec la majorité des media dans l’hystérie ambiante. Nous nous sommes
fixés comme priorité de ne pas diffuser la moindre information dont nous
n’avons pas pu vérifier l’authenticité au-delà du doute raisonnable. Cela fait
partie de notre mode opératoire : mieux vaut manquer un scoop que donner à
nos lecteurs des repères erronés. La Ména, dans la tourmente, doit rester
absolument fiable.
Raids israéliens dans le
Golan
Pour
illustrer ce qui précède, nous sommes au courant du fait avéré et reconnu par
les media officiels du régime de Bashar al Assad qu’une attaque d’hélicoptères
hébreux s’est déroulée dans la nuit de jeudi à vendredi à al Qahtaniah, sur le
Golan syrien, à moins de 250 mètres de la frontière israélienne (la ligne de
séparation Alfa de 1974).
Or nous
connaissons très bien le site [carte] sur lequel le raid s’est déroulé, nous
vous proposons ci-dessous une photo satellitaire de celui-ci en exclusivité.
Tous
les autres media ont relaté – faute de toute communication de la part d’Israël
– les rapports syriens faisant état de trois soldats gouvernementaux blessés
lors de cette attaque.
Mais
nos informateurs situés en permanence dans le village druze israélien de
Boukata [6 500 hab.], à 12km du site bombardé, dans la ville druze de Majdal
Shams [ara. : l’étoile du soleil. 11 000 hab.] ainsi qu’en territoire
syrien, nous ont rapidement informés que ce bilan était fantaisiste.
Après
vérification approfondie, nous sommes en mesure d’annoncer que le bilan réel de
cette opération s’élève à 3 militaires gouvernementaux syriens tués et 13
blessés, dont trois au moins sont en état de mort clinique.
Ce
qui est encore plus important est la raison qui a poussé les Israéliens à
effectuer cette intervention : les soldats gouvernementaux syriens encadraient
et étaient censés sécuriser des miliciens du Hezbollah de l’entité druze
pro-régime centrée dans la ville de Hader, à 19km plus au Nord, qui
s’apprêtaient à tirer des roquettes sur l’Etat hébreu afin de venger
l’élimination ciblée de leur chef Imad Tawil, la veille, par un drone du Khe’l
Avir [voir nos breakings précédents].
L’attaque
à partir de la base aussi étrange que gigantesque d’al Qahtaniah était
imminente.
Quant
à Imad Tawil, il préparait un attentat visant Israël le jour des élections générales
de demain. Les cibles que son groupe envisageait étaient le village de Névé
Ativ – la station de sports d’hiver israélienne au pied du mont Hermon où se
sont installées plusieurs familles originaires de pays francophones d’Europe –
ainsi que les kibboutzim israéliens du nord-Golan.
Comme
nous le laissions entrevoir, le Hezbollah n’a pas reconnu la perte d’Imad
Tawil, ce qui aurait officialisé sa présence active dans le Golan syrien.
D’autre
part, le Hezbollah, l’Armée gouvernementale alaouite d’al Assad et les Gardiens
de la Révolution, unité d’élite de l’Armée iranienne, ne sont pas en mesure de
monter une opération militaire significative contre Israël. Ce, pour plusieurs
raisons : ils sont totalement infiltrés par les agents travaillant pour le
Renseignement hébreu, qui sait en temps réel ce que ces formations ourdissent.
Ils sont complètement dépassés sur le plan technologique et organisationnel par
les capacités de Tsahal, et, et c’est sans doute l’essentiel, ils sont trop
préoccupés par l’affrontement avec l’Armée turque, dans la région d’Idlib/Alep,
pour risquer un affrontement simultané avec l’Armée israélienne. La
confrontation à Idlib/Alep dégénèreen guerre ouverte pendant que nous rédigeons ces lignes, avec des morts
par centaines dans les armées turque et syrienne. De plus, elle fait planer le
risque d’un affrontement direct entre le contingent russe et l’Armée de Recep
Erdogan.
Opération aérienne massive
attribuée à Israël à la frontière Syrie-Irak, sur l’autoroute iranienne
(exclusivité)
Comme
il fallait s’y attendre, Israël met à profit les affrontements à Idlib/Alep
afin d’effectuer des actes stratégiques visant son ennemi direct iranien. En
effet, dans la situation qui prévaut, l’Armée d’al Assad, de même que les
Russes, ne disposent pas des moyens d’appuyer les Pasdaran, les Gardiens de la
Révolution khomeyniste, face aux raids du Khe’l Avir.
Lors,
laissé aux seuls moyens dont il dispose en Syrie, le contingent de la
"République" Islamique d’Iran se retrouve sans ressources pour
s’opposer aux desseins de Tsahal, de même que pour envisager sérieusement une
quelconque riposte.
Durant
toute la nuit de jeudi à vendredi nous avons reçu des informations relevant de
media arabes et de notre bureau de Beyrouth faisant état d’un raid massif sur
la région frontalière, précisément sur la base Imam Ali et les positions
iraniennes aux abords des localités situées le long de l’autoroute chiite dans
la zone s’étendant de Deir ez-Zor à la frontière syro-irakienne.
Ces
camps fortifiés abritent des missiles, d’autres armes, ainsi que des
installations de chargement et de stockage. Ils sont situés aux abords
immédiats de Bokamal, d’al Meridan (les deux faisant partie de la base d’Imam
Ali), d’al Mayadin, d’al Hari et d’al Tawshiah.
Selon
les rapports qui nous sont parvenus, les raids attribués au Khe’l Avir de la
mi-semaine auraient causé la mort de 140 militaires membres de la Force Qods
[ara. : Jérusalem], dans leur écrasante majorité des soldats iraniens des
Gardiens de la Révolution.
La
raison pour laquelle la quasi-totalité des morts appartiendrait à l’Armée
iranienne découle du fait que l’on a observé des dizaines de cas de désertions
parmi les supplétifs chiites des Perses, des miliciens chiites irakiens pour la
plupart.
Ces
derniers tombaient comme des mouches, notamment dans les convois de camions
qu’ils acheminaient à partir de l’Iran et dans les aires d’entreposage qu’ils
avaient pour mission de protéger, sans avoir les moyens militaires de le faire.
Nous
avons répertorié des raids sur ces objectifs chaque semaine depuis plusieurs
mois, décimant littéralement tous les individus qui se trouvaient dans les
camions et à proximité d’iceux.
Vendredi
matin, le chef de la Ména libanaise, Michaël Béhé, s’est brièvement entretenu
avec un médecin de l’hôpital de Bokamal. Ce dernier a refusé de répondre à
notre camarade, alléguant "qu’il avait été menacé par des Iraniens en
civil et que s’il répondait à ce genre de questions, il recevrait une balle
dans la tête". La conversation a été enregistrée.
Un
aide-soignant, également joint par Michaël Béhé, a reconnu que les positions énumérées
plus haut avaient été "durement frappées et qu’on était en présence d’un
authentique carnage".
Au vu
de ce qui précède et d’autres informations concordantes, nous sommes en mesure
de confirmer les assertionsfigurant dans les media arabes. Ces raids ont effectivement eu lieu et
le bilan s’approche de la réalité constatable.
C’est
la première fois qu’un nombre aussi conséquent de militaires iraniens est anéanti
dans la région de Bokamal, et cela va sans aucun doute influer sur les
conditions de l’affrontement entre Téhéran et Jérusalem.
Nous
garderons un œil sur les media perses afin de voir si, et comment, on y annonce
les funérailles des soldats décédés. Nous notons aussi que l’Iran est frappé de
plein fouet par l’épidémie de Coronavirus, et que l’on y compte des dizaines de
morts (52) officiels ainsi que des centaines de personnes atteintes par le Covid-19.
Vendredi
la BBC en farsi a annoncé que le nombre réel de morts dus au Coronavirus
en Iran s’élevait à 210. La méthode de comptage utilisée par les Britanniques
est identique à celle employée par notre camarade Michaël Béhé : ils
appellent les hôpitaux et se renseignent auprès du personnel soignant.
En
dehors de la Chine, l’Iran est le pays où le plus grand nombre de décès dus à
la pandémie aété
annoncé. Plusieurs membres de la junte théocratique ont été infectés par le
virus à l’instar du vice-ministre de la Santé.
Des
sources émanant de l’opposition iranienne en exil confirment que les chiffres
diffusés par le régime sont très nettement sous-évalués, et que les conditions
médicales ainsi que la misère régnant dans le pays rendent la lutte contre la
maladie aléatoire. Les Etats-Unis, pour leur part, ont décrété une levée de
l’embargo qu’ils imposent à la "République" islamique pour tout ce qui
concerne la fourniture d’équipements médicaux.
Idlib/Alep : c’est
la guerre
Depuis
mercredi les combats opposant les forces du régime syrien, soutenues par le
contingent russe, à celles des mercenaires islamiques et de l’Armée turque dans
le nord-ouest s’apparentent de plus en plus à une guerre ouverte.
Les
morts dans les deux camps se montent à plusieurs centaines et des actes de
guerre impliquent directement les blindés, les batteries d’artillerie et les
avions de Poutine et d’Erdogan. Pour le moment ces deux armées parviennent à ne
combattre que leurs proxys mutuels, les gouvernementaux syriens et les
islamistes ex-al Qaëda, mais on se rapproche toujours davantage d’une
confrontation entre les deux grandes puissances.
Le général turc Halil Savisal, tué samedi
dans les combats en Syrie
L’acte
qui les placeraitface-à-face
sur le théâtre des opérations serait un affrontement aérien. Pour le moment,
les deux aviations qui bombardent le même périmètre parviennent à s’esquiver.
Ce
dimanche, les Turcs ont lancé une vaste offensive dans toutes les directions à
partir de la poche d’Idlib et dans la région d’Alep. Cette offensive, qui se
poursuit à plein régime en ce dimanche soir, a permis à l’Armée turque de
progresser d’une quinzaine de kilomètres au sud de la poche.
Ils
ont également abattu trois chasseurs-bombardiers de l’Aviation gouvernementale.
Les Syriens, avec l’aide des Russes, ont détruit au moins trois drones turcs.
Au-delà
des annonces fantaisistes faites par les deux camps, Michaël Béhéévalue à 250 le nombre de morts dans les
rangs turcs et ceux de leurs mercenaires (90/160), et à 370 celui des soldats
gouvernementaux décédés. En outre, 24 Iraniens qui se battaient aux côtés des
forces de Bashar al Assad ont également péri. Téhéran reconnaît 21 morts et
déclare que leurs enterrements se dérouleront vendredi.
La
Ména est en train de s’organiser pour suivre heure par heure les développements
de cette guerre. Nous espérons pouvoir en rendre compte régulièrement à partir
de mardi.
D’autre
part, Recep Erdogan a permis à 13 000 réfugiés syriens d’atteindre la frontière
grecque, afin de faire pression sur l’Union Européenne pour obtenir de l’aide
sous diverses formes. Les soldats turcs cisaillent les grillages de la
frontière pour permettre aux réfugiés de la traverser, et les soldats grecs
rafistolent les brèches comme ils le
peuvent. Déjà 4 000 déplacés syriens ont réussi à franchir la frontière.
Les forces grecques faisant face à des
milliers de réfugiés syriens
Les Syriens du sud du
Golan se révoltent contre les forces gouvernementales (exclusif)
Mettant
à profit le fait que l’essentiel de l’Armée gouvernementale est employé à
contenir l’offensive turque au sud d’Idlib, et que le contingent russe est
occupé à lui prêter assistance, les rebelles sunnites du sud du Golan syrien se
sont soulevés depuis hier (samedi) contre les soldats gouvernementaux qui les
occupaient dans la région de Deraa.
Quelques minutes avant 14h locales, un drone israélien a
éliminé Imad Tawil alors qu’il circulait à bord de son véhicule à proximité de
la ville de Hader [5 000 hab.][carte].
Tawil était un habitant de Hader d’origine druze comme la
majorité des gens de cette agglomération syrienne, située à 4.5km de la
frontière israélienne et à 22km à vol d’oiseau en plein est de notre rédaction
à Métula.
C’était l’un des quatre commandants du Hezbollah libanais
dans le Golan. Il était responsable de l’implantation iranienne dans la région
et de préparer des attentats le long de la frontière.
Les organes d’information du régime de Bashar al Assad ont
fait mention de l’élimination de Tawil par un appareil israélien.
Ce qui reste du véhicule d’Imad Tawil après son oblitération par
un drone israélien
De nombreux aéronefs du Khe’l Avir, l’Aviation israélienne,
sillonnent les cieux de toute la région pour parer à une éventuelle tentative
de riposte de la part du Hezbollah, des Gardiens de la Révolution khomeyniste
iraniens et de l’Armée gouvernementale syrienne.
Pour le moment, les fronts syrien et libanais sont calmes
et aucune consigne particulière n’a été donnée aux habitants du Doigt de la
Galilée.
Feu l’exécutif du Hezbollah Imad Tawil
Nous nous demandons si le Hezbollah va reconnaître la perte
de son officier. Si tel était le cas, la milice chiite libanaise reconnaîtrait du
même coup son implication sur le Golan aux côtés de l’Armée iranienne et à son
service.
Les journalistes de la Ména dans la région sont mobilisés
et ont été placés en état d’alerte. Une équipe est en route vers la frontière,
dans la ville druze israélienne de Majdal Shams [ara. L’étoile du soleil. 11
000 hab.] qui fait face à Hader. De nombreux habitants de Majdal Shams ont des
liens de parenté avec ceux de Hader.
Gaza : fin d’un nouveau cycle de violence, et absence de toute solution de Netanyahu (012502/20)
Fin d’un nouveau round d’affrontements à Gaza entre l’Armée
israélienne et le Djihad Islamique Palestinien. A 23h30 locales hier (lundi),
les armes se sont définitivement tues, grâce à l’intervention du Renseignement
égyptien, l’intermédiaire attitré de ce genre de médiations.
Le dernier raid israélien est intervenu à 20h20.
Avant d’en arriver là, les milices islamiques avaient tiré
91 roquettes, toutes visant des objectifs civils, depuis le dimanche précédent.
Le Dôme de Fer, dont l’efficacité va croissant, a intercepté
et détruit 93% des projectiles – roquettes et obus de mortier - que son
ordinateur avait décidé d’abattre (ceux qui se dirigeaient vers des zones
habitées).
Reste que des éclats d’intercepteurs (les missiles tirés
par le Dôme de Fer) sont tombés sur des terrains habités des deux côtés de la
frontière, occasionnant des blessures et des dégâts le plus souvent superficiels.
A l’exception d’un tir manqué, à quelques minutes du
cessez-le-feu, qui a explosé sur une maison palestinienne près de la localité
de Sudjiah, blessant 13 personnes, dont certaines assez grièvement.
Côté palestinien, on dénombre, selon le décompte de la
Ména, 13 morts, soit 11 du Djihad Islamique et 2 du Hamas, y compris 6
miliciens tués lors du raid de dimanche soir dans la périphérie de Damas.
7 soldats iraniens et supplétifs locaux de l’Armée
iranienne également neutralisés lors de cette opération aux abords de Damas n’interviennent
pas dans le bilan ci-dessus.
Les raids du Khe’l Avir, l’Armée de l’air israélienne, sur Gaza
ont en outre causé des blessures à plus de 40 personnes à des degrés divers,
des miliciens armés dans 37 de ces 40 cas.
Tous les raids israéliens ont visé des objectifs
exclusivement militaires, comme des postes de commandement, des dépôts et des
fabriques d’armes, des infrastructures souterraines, des miliciens en train d’attaquer
des position israéliennes ou de tirer des roquettes, des bases fortifiées,
ainsi que des centres d’entraînement.
Le Djihad Islamique Palestinien a tiré des salves de roquettes fournies
sur les civils israéliens dans le but unique de les tuer
Côté israélien on compte 21 blessés, la plupart soignés à l’hôpital
Barzilaï d’Ashkelon. 15 d’entre eux, dont deux soldats, ont été physiquement
atteints alors qu’ils se rendaient aux abris, ou par des éclats de missiles
intercepteurs du Dôme de Fer ou de roquettes ennemies. Leur état à tous est
jugé satisfaisant.
6 Israéliens souffrent de traumatismes psychiques.
Au niveau des dégâts matériels subis en Israël, une aire de
jeux pour enfants a subi un tir direct, une usine d’Ashkelon a essuyé des dommages
mineurs, 3 véhicules privés ont été endommagés, et une maison d’habitation de
la ville de Nétivot a connu des dégâts de moindre importance.
Les hostilités ont été déclenchées par le Djihad Islamique
Palestinien, qui, de façon spontanée, c’est-à-dire en l’absence de toute activité
à caractère offensif de l’Armée israélienne, a envoyé deux miliciens-saboteurs
poser des bombes à proximité de la frontière. Lesquelles bombes étaient
destinées à exploser au passage d’une patrouille de Tsahal et à tuer ainsi des militaires
hébreux.
Les deux miliciens avaient été identifiés et neutralisés
par des tirs d’armes automatiques. L’un des deux est décédé, le sort du second,
grièvement blessé lors de ces tirs, est incertain.
La raison de l’opération entreprise par le Djihad Islamique
Palestinien est à chercher dans le rapprochement sensible entre l’exécutif
israélien de M. Binyamin Netanyahu et le Hamas en vue d’un accord de trêve
prolongée et étendue.
Dimanche, un émissaire du Qatar avait remis au Hamas une
valise contenant 12 millions de dollars en cash nominativement destinés à des nécessiteux
dans l’enclave palestinienne. Israël avait auparavant dépêché le chef du
Mossad, Yossi Cohen, ainsi que le Général commandant le front-sud, Herzl Halevi
à Doha afin de persuader les Qataris de ne pas interrompre l’aide financière qu’ils
octroient au Hamas.
Les mêmes Qataris ont accepté de procéder au versement de
dimanche mais ont annoncé aux émissaires israéliens qu’ils entendaient
interrompre cette aide le 30 mars prochain. Doha subit en effet la pression de
l’Egypte et de l’Arabie Saoudite pour qu’il cesse toute aide au Hamas tant que
celui-ci maintient des contacts opérationnels avec l’Iran.
Quoi qu’il en soit, ce rapprochement Hamas-Netanyahu n’est
pas du goût du Djihad Islamique Palestinien, qui se définit comme une "organisation nationaliste islamique et
un mouvement de libération" opposé à tout dialogue et à toute
possibilité de coexistence avec l’Etat hébreu. De plus, le rapprochement entre Israël
et le Hamas, l’organisation qui gouverne le califat de Gaza, renforce la prévalence
de cette dernière au détriment du Djihad Islamique.
D’autre part, le Djihad Islamique Palestinien est exclusivement
une organisation terroriste (qui s’attaque systématiquement à des civils) de
combat. Elle compte environ 7 000 miliciens-terroristes mais, contrairement au
Hamas [20 000 miliciens], le Djihad n’exerce aucune activité sociale ou
politique. Or si le Hamas s’engage auprès d’Israël à cesser et à faire cesser
les actes de violence en provenance de Gaza, le Djihad Islamique se retrouvera
au chômage technique, sans raison d’être.
En fomentant la tentative de guet-apens de dimanche et en espérant
qu’elle dégénèrerait en affrontement armé, les responsables du Djihad escomptaient
que Tsahal cible également massivement les miliciens du Hamas, les obligeant à
participer à la confrontation et faisant voler en éclats la "houdna"
[ara.], la trêve à peine conclue.
Mais l’Armée israélienne a très attentivement évité les
cibles du Hamas alors qu’elle a pilonné avec une intensité inhabituelle celles
du Djihad Islamique, le forçant à réclamer aux Egyptiens un cessez-le-feu dans
l’urgence.
L’une des dernières répliques de Tsahal ciblant un objectif
militaire du Djihad à Gaza
En Syrie, le quartier général du Djihad Islamique
Palestinien dans ce pays a été la cible dimanche soir de deux raids aériens quasi-simultanés.
Environ 13 de ses occupants ont été oblitérés et une vingtaine d’autres blessés
à des degrés divers.
Parmi les morts, on compte 6 membres du Djihad, dont 3 commandants,
2 officiers des Gardiens de la Révolution iranienne, un autre soldat iranien et
4 supplétifs-mercenaires étrangers au service de l’Armée khomeyniste.
Selon des sources arabes concordantes, y compris Radio
Damas, la voix du régime alaouite de Bashar al Assad, l’un des exécutifs du
Djihad décédés n’est autre qu’Akram Adjouri, le no.2 ou 3 de l’organisation
terroriste islamique palestinienne.
En plus des miliciens mis hors de combat, l’édifice principal
du Djihad en Syrie a été totalement détruit. Il abritait des ateliers de mise
au point d’armes, des réserves de carburant et d’explosifs destinés à des
roquettes, ainsi qu’un centre de formation technique pour des activités de
sabotage et de terrorisme.
Ce mardi après-midi la situation demeure calme. L’Armée a
autorisé la réouverture de toutes les routes voisines de Gaza, des écoles et
des usines. La ligne de train menant à Nétivot et qui passe par endroits à
quelques mètres de la barrière de sécurité a également repris du service. Toutes
les mesures d’urgence sont désormais levées.
Il demeure qu’une milice de 7 000 dégénérés a la
possibilité de geler les activités civiles d’une région entière et de ses
habitants lorsqu’elle le décide. Israël est condamné à réagir aux agressions
spontanées des organisations terroristes, lesquelles peuvent éventuellement
atteindre Tel-Aviv, Jérusalem ainsi que les autres métropoles du centre du
pays.
Sur le plan stratégique, cela participe d’une totale aberration.
Le fait de tolérer la présence de ces groupes armés et leurs agressions à
répétitions contre une grande puissance régionale qui possède la capacité
militaire de les écraser en l’espace de quelques journées de combat procède du
non-sens.
Ce Dimanche soir aux environs de 23h30 locales, le Khe’l
Avir, l’Armée de l’air israélienne, est intervenu au sud de Damas contre une base
appartenant au Djihad Islamique Palestinien.
A l’occasion de ces raids et selon des sources arabes
concordantes, Akram Adjouri, l’un des principaux chefs militaires de l’organisation
terroriste a été oblitéré et la base détruite.
Feu Akram Adjouri
Celle-ci servait en outre de centre pour les activités du Djihad Islamique Palestinien en Syrie ; elle était
utilisée pour la recherche et le développement ainsi que la production d’armes
destinées à la fois à être fabriquées dans la bande de Gaza et en Syrie.
On y fabriquait également du carburant pour roquettes. Le
complexe anéanti abritait aussi l’entraînement technique de miliciens
originaires à la fois de Gaza, du Liban et de Syrie.
L’opération en Syrie a fait l’objet d’un communiqué
officiel de Tsahal, qui ne mentionne toutefois pas la neutralisation d’Akram Adjouri.
Cette action en Syrie constitue la riposte principale à la
tentative effectuée dimanche matin par deux miliciens du Djihad Islamique
Palestinien de placer un engin explosif à proximité de la barrière de sécurité séparant
la bande de Gaza d'Israël.
Les deux miliciens avaient été abattus par des tirs de
Tsahal.
Plus tard dans la journée et en soirée, le Djihad Islamique
Palestinien avait lancé des dizaines de roquettes sur Ashkelon, Sdérot ainsi
que sur d’autres agglomérations israéliennes, toutes civiles, situées le long
de la frontière avec Gaza.
Le Dôme de Fer avait intercepté la majorité de ces
projectiles, le reste tombant dans des secteurs inhabités.
A partir de 22h30 Tsahal a riposté aux tirs de roquettes en
lançant des douzaines de raids contre des positions du Djihad Islamique
Palestinien dans la bande de Gaza. A Rafah, à la frontière entre l’enclave
palestinienne et l’Egypte, des infrastructures souterraines ont été détruites
de même que des entrepôts qui accueillaient des matières premières utilisées dans
la confection de roquettes.
A Khan Yunis, c’est l’un des quartiers généraux de l’organisation
terroriste qui a été visé ; il abritait un centre d’entraînement pour l’usage
de missiles antichars ainsi que des équipements militaires destinés aux
commandos marins de l’entité islamiste.
A Bet Lahia, à l’extrême nord de la bande, un camp d’entraînement
du Djihad a également été détruit.
L’organisation terroriste islamique a annoncé que plusieurs
de ses membres avaient été tués ou blessés. Cela comprend une unité de tireurs
de roquettes prise sur le fait et mise hors de combat probablement par des
missiles tirés par un drone.
Aucune activité militaires n’est à signaler à partir de Gaza
depuis les raids de Tsahal en Syrie et dans l’enclave côtière.
Aucun des objectifs visés cette nuit n’appartenait au Hamas,
avec lequel le gouvernement provisoire dirigé par Binyamin Netanyahu a
semble-t-il passé un accord instaurant une trêve des activités militaires et
violentes.
Les écoles du pourtour de Gaza resteront fermées demain
lundi, au vu du risque d’activités hostiles du Djihad Islamique afin de venger la mort d’Akram
Adjouri.
Coronavirus : instantané d’humains pris au dépourvu (012302/20)
Le Coronavirus ou Covid-19
est en train de supplanter les autres inquiétudes des habitants de la Planète.
Il est en voie de chambouler nos habitudes comme si celles-ci ne pesaient d’aucun
poids. Ce dimanche matin, je suis dans la Région italienne de Lombardie, avec
ses dix millions d’habitants, la plus peuplée et la plus riche d’Italie, dont
la ville la plus connue est Milan [voir carte]. Je me trouve précisément dans l’une
des onze provinces lombardes, Lordi, à quelques dizaines de kilomètres au
sud-est de Milan.
Si je suis à Lordi, c’est d’abord
parce que l’Italie est subitement devenue le pays européen le plus touché par
le Coronavirus, avec plus d’une centaines de cas recensés – et déjà deux morts
-, dont précisément 90 cas en Lombardie.
La Région de Lombardie
C’est ensuite parce que
onze communes de Lombardie et de Vénétie ont été placées en quarantaine,
imposant à quelques cinquante mille Italiens abasourdis un traitement qu’on
avait uniquement vu jusqu’à présent dans les films de science-fiction les plus déjantés.
Or je me suis retrouvée
dans l’un de ces films ce matin. J’ai pu brièvement me joindre à une équipe de
médecins – les Italiens ont constitué une formation de praticiens de terrain,
notamment des virologues, qu’ils nomment "task force" ou commando - pour administrer les soins et effectuer les
relevés dans les communes en quarantaine.
Je les ai suivis dans
celle de Codogno, devenue ville-fantôme. Nous nous sommes vêtus de combinaisons
dignes d’astronautes, à l’image de tout le personnel soignant et des
carabinieri, les policiers italiens. Les mesures restrictives ne se limitent
pas à la circulation des personnes – personne n’entre ou ne sort de la commune –
mais également à ce qui se passe à l’intérieur des zones bouclées.
Par exemple, pour avoir
accès aux services publics essentiels et aux commerces afin de s’y procurer des
biens de première nécessité, il est obligatoire d’être équipé d’un dispositif
de protection individuel. Quant à ceux qui ont été en contact avec des cas
avérés de la maladie, ils sont soumis à un régime de quarantaine avec "surveillance
active". En d’autres termes, ils sont strictement confinés dans leur
domicile, plus précisément dans leur chambre, et ne disposent que d’un minimum de
communications vitales avec un seul membre de leur entourage.
Sur le plan collectif, les
réunions religieuses sont suspendues, ainsi que toute les manifestations
publiques. Les écoles sont fermées, de même que les commerces et les musées ;
les activités commerciales, aussi bien privées que publiques, à l’exception des
occupations essentielles comme celles liées à la fourniture d’alimentation et aux
services médicaux sont également à l’arrêt.
Au cœur d’une commune en
quarantaine :
CORONA VIRUS
LA POPULATION EST INVITEE PAR RAISON
DE PRECAUTION A
RESTER DANS SON PROPRE LIEU D’HABITATION
Les éventuels contrevenants
auront affaire à la police présente en nombre sur le terrain ainsi qu’à l’Armée
en cas de nécessité. Ils sont passibles de poursuites pénales. C’est du lourd !
Le Premier ministre Giuseppe
Contetente comme il
peut de relativiser la dureté du décret adopté hier qui permet ces dispositions
d’urgence. M. Conte a répété à plusieurs reprises que "les Italiens doivent
faire confiance aux responsables politiques et aux institutions scientifiques
qui font tout leur possible".
Il a également expliqué
que "le but du décret consiste à protéger la santé des Italiens, que c’est ce qui
nous tient le plus à cœur et qui occupe le premier rang dans l’ordre des
priorités constitutionnelles".
Ce n’est pas réellement
rassurant, particulièrement pour les personnes soumises à la quarantaine qui se
sentent comme des parias et craignent, comme j’ai pu m’en rendre compte en
discutant avec certaines d’entre elles à distance respectable, pour leur existence
et leur avenir.
Certains habitants de Codogno
me semblent pris par la panique, même s’ils ne représentent pas la majorité de
ceux qui ont accepté de me parler. Un monsieur d’un certain âge était ainsi
certain que la population de Codogno allait être scarifiée pour endiguer la
progression du virus. Il ajoutait quelques propos mystiques au sujet de l’apocalypse,
qui reflétaient l’état fragile de son état psychologique.
Ce monsieur a certainement
tort, car les mesures d’exception ne touchent pas uniquement ces onze communes,
et on s’attend ici à ce que d’autres soient très prochainement également mises
en quarantaine.
En attendant, les
manifestations sportives et les réunions publiques ont été annulées dans l’ensemble
de la Lombardie, notamment trois matchs de "Serie A", l’équivalent de
notre Ligue 1 de football. Or ici, on ne rigole pas avec le calcio [ita.:
kal-tchio], le foot, c’est dire si la situation est préoccupante.
Voilà, la demi-heure en
zone de quarantaine qui m’avait difficilement été octroyée est déjà terminée et
j’ai dû sortir du périmètre en subissant de multiple mesures supplémentaires de
protection. La courte expérience que je viens de passer n’est guère encourageante
lorsque l’on pense que des quarantaines similaires ont de grandes chances d’être
étendue à d’autres villes dans d’autres pays européens et au-delà encore.
La police et les commandos-médecins à l’œuvre dans
une commune en quarantaine
Parce que si les
scientifiques ne connaissent encore aucune façon de soigner le Coronavirus, en
Europe au moins et dans les pays industrialisés on est capable de prendre des
mesures de cloisonnement comme en Lombardie, de nature à freiner la propagation
de l’épidémie.
Les mauvaises nouvelles de
cette fin de semaine résident en cela que des Etats tels l’Egypte ou l’Iran
sont également touchés. Dans la satrapie des ayatollahs, on dénombre déjà sept décès
sur vingt-huit cas officiellement recensés. Et cela ne fait que commencer.
Or le directeur général de
l’OMS, le chercheur éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, redoute "le
potentiel de dissémination du Covid-19 dans les pays dont les systèmes de santé
sont plus précaires. C'est le cas de nombreux pays africains", a-t-il
précisé, "dont les infrastructures sanitaires et le personnel médical ne
sont pas préparés pour affronter une épidémie de cette envergure".
On doit à la vérité de
dire que dans les pays riches, les autorités tant médicales que politiques ne
savent pas non plus comment gérer la maladie, et surtout, ils ignorent les
proportions qu’elle peut encore prendre.
Les effets du doute et du tâtonnement
se retrouvent partout dans les communiqués officiels. Cela va des Japonais qui se
sont montrés incapables de gérer correctement la quarantaine du paquebot Diamond
Princess, laissant sortir des passagers potentiellement infectés sans le
moindre examen. Le Professeur Kentaro Iwata, un spécialiste des maladies
infectieuses de l'Université de Kobé, a ainsi affirmé que la situation à bord
du navire était "complètement chaotique et violait les procédures de
quarantaine".
Quant au Centre des
maladies infectieuses de l'Imperial College de Londres, il estimait vendredi que
les deux tiers des cas de Covid-19 sortis de Chine sont restés indétectés au
niveau mondial. Si cette estimation se révèle exacte, la situation de la pandémie
à l’échelle planétaire ne peut que se détériorer, à tout le moins dans les
semaines à venir, avant que des dispositions plus énergiques ne soient
décrétées et activées efficacement.
En Chine même, c’est aussi
la confusion qui prédomine. On y passe son temps à apporter des modifications à
la méthode de comptage, aussi bien des cas déclarés que des malades et des
morts. Pour ne rien arranger, ces modifications ne sont pas appliquées rétroactivement,
ce qui a pour conséquence qu’il est pratiquement impossible d’obtenir des
informations précises sur les tendances d’évolution de la contagion.
Ce que nous pouvons
exprimer en prenant nos responsabilités est qu’en Chine, on a recensé ce dimanche
77 000 cas avérés de contaminations. Depuis le début de la maladie dans la
province du Hubei, ce sont 2 447 personnes qui ont trouvé la mort en Chine après
avoir contracté le Coronavirus.
Les sources médicales que
j’ai consultées m’indiquent en moyenne 3.6 décès pour cent cas avérés. Tout en
me précisant que le nombre des cas répertoriés et, dans une moindre mesure,
celui des décès dus à la maladie, sont sans doute très nettement sous-évalués à
cause d’un grand nombre de facteurs. Ceci dit, personne ne s’avance à articuler
un chiffre qui lui paraît plus conforme à la réalité.
Des spécialistes réputés
mondialement envisagent que l’épidémie pourrait toucher soixante pour cent de
la population mondiale. Ce que j’ai trouvé très préoccupant à ce sujet est que
les cinq pontes des maladies virales que j’ai questionnés, dans trois pays
différents, n’ont pas écarté du tout cette hypothèse. Ils ont tous préféré
admettre modestement qu’ "ils ne savaient pas".
En Israël, où personne n’est
encore mort de la maladie, Ilan Tsadik m’informe que le problème principal lié
au Coronavirus concerne deux groupes de touristes sud-coréens qui ont visité l’Etat
hébreu de long en large durant ce mois de février, et ont eu de nombreuses
rencontres avec divers représentants de la société israélienne.
Or il est apparu, après le
départ des touristes asiatiques, que 18 des 78 visiteurs avaient été diagnostiqués
positifs au Covid-19. Actuellement diverses mesures de quarantaine sont imposées
aux 200 Israéliens, notamment des enfants des écoles, qui ont rencontré les
Coréens.
D’autre part 190 Coréens
errent dans les couloirs de l’aéroport de Tel-Aviv depuis de nombreuses heures
après que l’avion qui aurait dû les ramener à Séoul hier soir (samedi) n’a pas
reçu l’autorisation de laisser débarquer ses passagers. Les autorités aéronautiques
israéliennes sont à la recherche de solutions afin de les rapatrier. A ces 190
âmes en peine s’ajoutent 1 500 touristes coréens visitant actuellement l’Etat
hébreu, pour lesquels on ne dispose pas de moyens de transport suite à la
cessation des vols entre les deux pays. Il a été proposé de les loger
momentanément dans le quartier de Gīlo à Jérusalem, mais les résidents dudit
quartier protestent en arguant que cela mettrait leur santé en péril.
En Israël, tous les Israéliens
revenant d’un certain nombre de pays asiatique sont également soumis à une
quarantaine obligatoire à domicile de 14 jours. Selon Ilan Tsadik, plusieurs de
ces personnes ne se sont pas pliées à cette injonction et mettent ainsi la
police et les autorités dans l’embarras.
Le gouvernement a envisagé
ce dimanche, au cas où l’épidémie viendrait à s’étendre, d’interdire
provisoirement l’accès du pays à toute personne n’étant pas de nationalité
israélienne. Dans les mêmes milieux, on évoquait la possibilité de reporter les
élections générales prévues pour le 2 mars prochain.
On le constate, les
scientifiques et les politiciens de tous les pays sont clairement débordés par les
effets de l’épidémie et balbutient des solutions qui paraissent soit
inopérantes, soit exagérément pénalisantes. Dans les deux cas, l’on sait parfaitement que
ce ne sont pas les mesures envisagées qui juguleront le virus.
Sans nous prendre pour des
spécialistes médicaux que nous ne sommes pas, nous avons tenté ce dimanche de
vous communiquer un cliché instantané de la situation face à la pandémie à
partir de plusieurs endroits de la Planète, notamment depuis les lieux les plus
sensibilisés en Europe. Ce que nous n’avons pas fait consiste à estimer les
retombées économiques de la propagation du Covid-19.
A la place de nous
épancher en de longues théories, imaginons simplement pour l’exemple que les
mesures restrictives, spécifiquement la mise à l’arrêt de toutes les activités
commerciales et industrielles soient décrétées dans l’ensemble de la Lombardie,
alors que cette région produit vingt pour cent de la totalité des richesses de
l’Italie.
Combien de temps une
situation de ce genre pourrait-elle durer sans précipiter des pays entiers
dans la faillite et leurs habitants dans la misère. Ce scénario effectivement
apocalyptique n’est pourtant plus une hypothèse à la Spielberg mais elle
pourrait être décidée cette nuit même par le gouvernement italien, et demain
par Paris, Madrid ou Berne. Voilà précisément où nous en sommes, et c’est bien
un avertissement pour ceux qui ne se sentaient pas "directement concernés".
Israël a développé un système d’intervention par voie
aérienne qui révolutionne tous les principes de la guerre moderne.
Tsahal est capable d’anéantir des milliers d’objectifs
simultanément en quelques heures à des milliers de kilomètres de distance et face
à plusieurs ennemis à la fois.
Pour la première fois et en exclusivité Stéphane Juffa dévoile
les principes de fonctionnement de ce système d'intervention.
L’analyse de Stéphane Juffa pour Bruxelles-Métula au micro
d’Anne-Sophie Dekeyser sur Radio Judaïca.
La cible des attaques aériennes israéliennes de cette nuit
était une maison de Damas dans laquelle se déroulait une réunion au plus haut
échelon des Gardiens de la Révolution (khomeyniste) [far. : Pasdaran] et
de leurs homologues syriens.
Le Général Haj Husayn, l’un des chefs du contingent iranien
en Syrie, préposé au transport des armes et à la gestion des munitions a été
tué lors de l’attaque, de même qu’au moins un autre général iranien et deux
officiers supérieurs syriens de l’Armée gouvernementale.
La nouvelle de la mort du "martyr" Haj Husayn a été confirmée par Radio Téhéran ainsi que
par divers media gouvernementaux syriens captés par Jules Mazouz.
Plusieurs autres militaires de ces deux armées ont été tués
ou blessés selon Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, qui s’est
entretenu par téléphone avec des médecins de Damas.
Selon l’agence officielle SANA et Radio Damas, de
nombreuses ambulances s’affairaient dans le quartier de
Sayyida Zeinab [carte], au cœur de la capitale syrienne, à 13km de l’aéroport
international.
Un porte-parole du ministère iranien des Affaires Etrangères,
Abbas Mousavi, avait pourtant averti la semaine dernière que "l'Iran
donnerait une réponse cinglante à tout acte stupide d'Israël ou des Etats-Unis
contre les intérêts iraniens en Syrie et dans la région".
Il semble que l’avertissement en question n’ait pas effrayé
outre mesure les Israéliens. Depuis le raid survenu sur le coup de minuit, la
situation est calme.
Attaques aériennes dans la région de Damas (011402/20)
Radio Damas, captée par Jules Mazouz, dans une grande effervescence,
parle de plusieurs attaques aériennes dans la zone de Damas et d’al Kissweh, à
la périphérie sud-ouest de la capitale syrienne.
D’autres attaques ont été lancées à partir du ciel libanais.
Peu auparavant, à minuit, nous avons entendu, à Métula, le
vrombissement de moteurs d’avions sur nos têtes. Or il n’y a pas de manœuvres d’entraînement
sur le territoire ennemi, encore moins de nuit.
Une vidéo a été filmée par notre reporter-photographe
Yoshua Ohana, qui se trouvait par hasard sur le terrain au moment où des chasseurs-bombardiers
israéliens ont tiré deux missiles en direction de la Syrie. C’est la voix de
Yoshua Ohana que l’on entend sur la vidéo : https://youtu.be/oesnNv779BI
.
Tous les personnels de la Ména dans la région sont à pied d’œuvre.
Rafales français contre F-16 israéliens dans le ciel d’Israël (011302/20)
Deux jours durant cette semaine, lundi et mardi, des
Rafales de l’Armée de l’air tricolore ont affronté des F-16 du Khe’l Avir lors
de duels aériens.
Trois appareils de l’équipe rouge tentaient de réaliser des
bombardements au sol, tandis que trois autres, de l’équipe bleue, essayaient de
les en empêcher. Cela donnait des duels aériens spectaculaires et disputés à un
contre un. Des dogfights, dignes de la Seconde Guerre Mondiale.
Ensuite on intervertissait les rôles, et les F-16 du 107ème
escadron du Khe’l Avir, basés à Ovda, non loin d’Eilat, essayaient de couler le
porte-avions Charles de Gaule qui croisait à proximité de la côte israélienne.
Deux Rafales et un F-16 sur la côte israélienne de la Méditerranée,
cette semaine
Source : Tsahal
L’exercice était d’autant plus intéressant qu’aucune des
deux armées de s’est livrée à d’authentiques duels aériens depuis longtemps.
Les Rafales, parce que la France n’est pas en guerre et évite de générer des
situations de tensions aériennes là où elle est présente. Et les F-16, parce
que les avions des autres nations de la région retournent prestement se poser
lorsqu’ils savent que les pilotes israéliens se trouvent dans le ciel.
Ce qui fait que ces aviateurs et leurs appareils multirôles
n’ont pas fréquemment l’occasion de se mesurer à des adversaires de leur
qualité, et c’est pour pallier cette situation que ces simulations de combats
sont régulièrement organisées.
Il en existe plusieurs dans le monde entier, auxquelles
prennent part de nombreuses forces aériennes, qui peuvent à ces occasions aussi
mesurer leur niveau d’efficacité et échanger entre elles des information sur
les tactiques réciproques.
Lundi et mardi, on a assisté à une confrontation plus
intime opposant les pilotes d’uniquement deux pays. A ce sujet, bien que les
relations politiques entre Jérusalem et Paris soient traditionnellement tendues,
cela nous donne l’occasion de signaler qu’entre les armées et les spécialistes
du Renseignement, notamment les spécialistes de la lutte antiterroriste, les
relations sont amicales et même cordiales.
Dans les décennies récentes, cette coopération a en outre permis
de mettre en échec des dizaines de tentatives d’attentats prévues dans l’Hexagone
par des organisations islamiques.
Des analystes de la Ména se trouvent également en contacts
amicaux réguliers avec des officiers de l’Armée françaises et ils échangent
leurs points de vue sur des sujets stratégiques et sécuritaires. Ce qui tranche
particulièrement avec les représentants du Quai d’Orsay qui nous boycottent ostensiblement.
Un autre élément piquant des joutes de ce début de semaine
provient du fait que les Rafales décollaient du Charles de Gaule, et donc d’un
aéroport mobile, ce qui augmentait la difficulté de prévoir d’éventuelles
interceptions.
D’autre part, les pilotes participant à l’exercice ne se
connaissaient pas et ne s’étaient pas rencontrés physiquement avant de s’affronter
dans l’éther. Les Français retournaient sur leur bateau en fin de journée et ne
passaient pas la nuit en Israël. Cela ajoutait assurément une touche de
réalisme et de mystère à ces jeux de guerre. Tout comme le fait que les aviateurs
des deux pays communiquaient en anglais, ce qui n’est pas forcément évident
pour ces pilotes militaires. Les Français possédant à ce propos l’avantage de s’entraîner
et de participer couramment aux exercices et aux opérations de l’OTAN.
L’anglais était d’autant plus indispensable que, lors de la
plupart des scénarii, les équipes rouge et bleue étaient mixtes, dans le but de
préparer les pilotes à "travailler ensemble" au cas où ils auraient à
le faire dans un éventuel conflit à venir.
Pilotes israéliens et français en formation serrée dans le ciel
d’Israël
Source : Tsahal
Mercredi, les Israéliens ont été invités et héliportés sur
le porte-avions, que leurs "adversaires" de la veille leur ont fait
visiter. Les hébreux qui ne possèdent pas de bâtiments de ce genre se sont dits
passionnées par cette visite et par la qualité de l’accueil qui leur fut
réservé.
Il n’a pas été annoncé qui sont les meilleurs pilotes ou
les meilleurs avions, et il n’a pas été consacré de gagnants et de perdants à
ces joutes. Ce que l’on peut dire est que le Rafale est probablement un
appareil qui, pris individuellement, est supérieur au F-16 de par ses qualités
de vol. Lesquelles sont compensées à la fois par la versatilité, le coût d’achat,
d’entretien et par le nombre de F-16 en activité dans le monde, ainsi que par
la très grande expérience opérationnelle des pilotes israéliens en conditions
réelles d’affrontement.
Le Rafale est un bimoteur en service depuis 2002, d’un prix
de vente moyen de l’ordre de 72 millions d’euros. Il a été construit à 196
exemplaires jusqu’à maintenant. Quant au F-16 américain, en service depuis
1978, c’est un monomoteur dont le prix de vente moyen est de 18.5 millions d’euros
et il en a été produit 4 558 à ce jour. Le Khe’l Avir dispose de 322 F-16 en situation
opérationnelle, dans cinq déclinaisons différentes. L’Armée de l’air tricolore aligne
151 Rafales.
Il ne s’agit pas de la première rencontre de ce genre. Il y
a quelques temps, la Ména avait relaté un exercice similaire franco-israélien qui
s’était déroulé en Corse.
Au vu de l’intérêt des deux nations pour cette synergie, il
a d’ores et déjà été décidé de remettre cela prochainement, en élevant encore
le degré de complexité des exercices prévus.
Le politique ne suit pas : alors que Tsahal communique
normalement sur cet exercice, l’information reste très confidentielle dans les
media tricolores.
"1960.
La guerre d'Algérie a déjà 6 ans. Les
combats sont sanglants et ne font pas de prisonniers" ?
Première
interrogation. L'auteur, Abdel Raouf Dafri, situe
l'action en 1960, ce qui est bien entendu son droit le plus absolu. Cependant,
ni la bande annonce, non plus que son film ne nous proposent d’aperçu de la
situation politique et militaire pour situer l’action, ne serait-ce que par des
allusions succinctes.
C’est
gênant. Rappelons qu’en 1960 le conflit entre les nationalistes algériens et l'Etat
français se situe dans sa phase finale.
Sur
le terrain des opérations militaires, grâce au plan Challe1, l'ALN (Armée
de libération nationale) – la
branche militaire du FLN (Front de Libération Nationale [algérienne]) – est
quasiment refoulée de nombreux territoires qu'elle occupait.
La
pression exercée par le FLN sur les populations a considérablement diminué, car
les militaires algériens de l’ALN ne disposent plus de leurs "zones
refuges". Ils sont coupés de leurs bases arrière tunisiennes grâce à
l'efficacité de la "Ligne Morice". La ligne Morice est une barrière
électrifiée qui constituait une défense armée à partir de juillet 1957, et qui
séparait les territoires algérien et tunisien.
Blanc,
chrétien, croisé, assassin de musulmans, aveuglé par le drapeau français
et
ses valeurs traditionnelles
Son
nom est emprunté à celui d’André Morice, qui, à l’époque, était ministre des
Armées du gouvernement français. Rappelons aussi qu’en 1960 eut lieu l’épisode
des « Barricades », qui faisait suite à l’action menée par le
député Lagaillarde contre le Gouvernement général dont l’immeuble était situé à
Alger.
Les
manifestants affrontèrent les forces de l’ordre. Il y eut des morts et des
blessés. L’action était une réponse à l’allocution du chef de l’Etat, lequel
annonçait dans une intervention télévisée la tenue probable d’un référendum.
Les manifestants avaient compris que Charles de Gaulle était sur la voie de
l’abandon et trahissait ainsi les Algériens et les Français qui l’avaient porté
au pouvoir le 13 mai 1958 sur la base du maintien de l’Algérie dans la France.
Le 6
octobre 1960, De Gaulle annonça la création d’un Etat algérien souverain et
indépendant. C’était donc plié, selon l’expression utilisée de nos jours. La
guerre se terminerait bientôt, même si l’on pouvait imaginer qu’il y aurait ici
et là des convulsions militaires sur le théâtre des opérations.
Chaque
camp, cependant, se tenait tranquille dans l’attente de la suite des décisions
politiques. Ni l’Armée française ni les soldats algériens n’avaient intérêt à
provoquer le moindre remous dans la crainte de voir s’effondrer la paix qui
était à portée de main, quoi qu’on en disait.
Après
le référendum, De Gaulle se lancera dans une autre guerre – une guérilla plus
précisément – contre les Français d’Algérie.
Rappelons
à ce propos à Abdel Raouf Dafri, que la troupe française - j’évoque ici les
« appelés du contingent » - n’était pas, dans son ensemble, favorable
au putsch des généraux. C’est leur réticence qui fera échouer l’entreprise
considérée par les media gaullistes et ceux de gauche comme séditieuse.
Dafri
affirme : « Les combats sanglants ne font pas de prisonniers… ».Pas de prisonniers ? Il est regrettable pour son film qu’il contienne
d’aussi énormes « imprécisions » ; s’il avait effectué un minimum de
recherches, Dafri aurait découvert, pour le seul intérêt du spectateur bien
entendu, l’un de mes ouvrages qui parut sous le titre : Les oubliés de
la guerre d’Algérie. Lorsque l’on lance des accusations historiques contre
une nation, il est généralement préférables qu’elles soient fondées…
L’enquête
que j’avais menée raconte en effet, témoignages à l’appui, ce que fut la vie
des soldats français prisonniers des Algériens : l’ALN ne disposant pas de
lieux de détention, les prisonniers étaient contraints de marcher de jour et de
nuit en empruntant sans cesse le même circuit.
Il y
en eut qui marchèrent ainsi pendant trois ans… Ils sont apparus dans
l’historiographie de la Guerre d’Algérie sous l’appellation de
« prisonniers nomades ». D’autres ont été transférés à Oujda, au
Maroc, base arrière de l’Armée algérienne, et parqués dans des maisons
individuelles.
Ils
dormaient à même le sol et devaient supplier les gardiens pour qu’ils leur
permettent de se laver. Sans compter la nourriture, composée de rations
congrues. Certains d’entre eux ont perdu la raison, d’autres, de retour à la
vie civile, ont mis fin à leurs jours. Ce qui a motivé leur geste est trop long
à exposer ici, ce n’est pas le sujet de l’article.
Côté
des Français, n’en déplaise à Dafri, on compte aussi des prisonniers algériens.
Leur incarcération n’était certes pas de joyeuses vacances ; certains ont
connu les séances d’interrogatoire, car il était nécessaire pour l’Armée
française de recueillir le maximum d’informations utiles à la protection des
civils et des militaires. D’autres, j’en ai vus, j’y étais, restaient quelques
jours dans l’unité qui les avait fait prisonniers.
Ils y
étaient nourris correctement, soignés si c’était nécessaire ; j’en
témoigne d’autant plus aisément que je servais dans une unité du Service de Santé
des Armées. Ensuite ils étaient conduits soit dans un camp soit dans une prison,
à Alger ou dans une autre ville.
J’ajoute
à la liste des actions meurtrières de l’Armée française aux dépens des
prisonniers algériens la fameuse "corvée de bois", parce qu’il
ne me viendrait pas à l’idée d’occulter les épisodes du conflit qui ne parlent
pas en faveur du comportement de la France.
C’est
précisément le plus grand problème de crédibilité du réalisateur de Qu'un
sang impur : il a raison lorsqu’il évoque dans le cahier de presse la
barbarie qui sévissait dans les deux camps, le malaise réside en cela que son
film ne montre strictement qu’une seule barbarie : celle des Français.
L’un
des personnages principaux du film est un certain Paul Andreas Breitner. Voici
ce qu’en dit le résumé officiel du film : "Vétéran de la guerre
d’Indochine, le Lieutenant-colonel Paul Andreas Breitner a laissé son glorieux
et douloureux passé militaire derrière lui. Jusqu’au jour où il est contraint
de se rendre en Algérie récupérer le corps du colonel Simon Delignières, porté
disparu dans les Aurès Nemencha, une véritable poudrière tombée aux mains des
rebelles. Alors qu’il n’est plus que l’ombre de lui-même, Breitner se voit
forcé d’assurer cette mission quasi suicidaire accompagnée de Soua Ly Yang,
ancienne combattante dans le groupe de commandos qu’il dirigeait au Viet Nam".
Mais
d’où sort ce colonel avec son nom à consonnance germanique ? Que vient-il
faire dans le rôle principal de cette cacophonie censée extraire la
quintessence de la Guerre d’Algérie ?
Avoir
engagé un comédien belgo-néerlandais pour tenir ce rôle n’est assurément pas innocent.
Son accent, se rapprochant de celui d’un Allemand, suggère que les soldats
français, ou ceux agissant sous le drapeau tricolore, étaient des ersatz de nazis,
et donc, par extension, que l’Armée française en Algérie avait des
comportements de nazis.
Un
Allemand engagé dans la Légion, sans doute un ancien nazi camouflé sous
l’uniforme français puisqu’on mentionne sans autre élément
d’explication le"glorieux et douloureux passé militaire
derrière lui".
Le
narratif du film est ainsi truffé d’invraisemblances, d’artifices destinés au
détournement de la sensibilité du spectateur sans aucun lien avec le sujet, et
de messages codés.
Une
fois encore, nous ne prétendons pas qu’il n’y ait pas eu d’Allemands engagés
dans la Légion Etrangère, ni même d’anciens soldats d’Hitler, mais ils
n’étaient en aucun cas représentatifs de l’Armée française, et surtout, ils
n’eurent évidemment aucune fonction historique dans le conflit algérien.
Il
est dit de surplus dans le résumé que Breitner est accompagné de deux femmes.
L’une est Soua Ly Yang, "ancienne combattante dans le groupe de
commandos qu’il dirigeait au Viet Nam".
Il
est inutile de chercher à saisir la vraisemblance du personnage de Ly Yang dans
le film, car il relève de la fantasmagorie "missionnaire" du
réalisateur. C’est inimportant, sauf qu’elle incarne également l’un des acteurs
principaux de l’action.
L’autre
femme est Assia Bent Aouda, "membre du FLN,
spécialiste en explosifs, qui intègre la mission dans l’espoir de sauver la vie
de sa mère, prisonnière des parachutistes français".
La
rencontre avec ce second personnage, j’ai un peu honte de le concéder, m’a fait
éclater de rire. Parce qu’il n’y avait pas de femmes dans les unités
combattantes de l’Armée tricolore, pas plus que dans les rangs de l’Armée
algérienne !
Au
cas où Abdel Dafri fait allusion à des femmes-terroristes, à l’exemple de Zohra
Drif, celles-ci agissaient uniquement dans les villes et jusqu’à la fin de la
Bataille d’Alger, sur ordre d’Ali Lapointe. Ce dernier inventait les explosifs
qu’elles posaient dans les cafés ou les bals, causant à ces occasions de
nombreux morts et des invalides permanents parmi les civils, dont un chiffre
non négligeable d’enfants.
Mais
jamais une femme n’aurait pu se trouver dans une unité militaire. Quelle
qu’elle soit. Alors que dans le film on en compte deux !
Autre
contradiction historique : il est dit dans le résumé que Breitner récupère
un sergent-chef sénégalais, lequel est condamné à mort dans le film pour le
meurtre de son officier. Je sais bien que Qu'un sang impur est une
fiction, et qu’une fiction peut prendre des libertés avec la réalité
historique ; mais lorsqu’il n’y a pratiquement plus aucun lien entre
ladite fiction et la réalité historique, pourquoi, dans ces conditions,
prétendre illustrer la Guerre d’Algérie ? J’ose donc demander sur quelle
archive le réalisateur s’appuie-t-il pour nous proposer cette nouvelle
ineptie ?
Combien
y a-t-il eu de soldats ayant assassiné l’officier qui les commandait pendant la
Guerre d’Algérie ? Aucun à ma connaissance, et je passe pour l’un des spécialistes
de ce conflit.
Dans
le film, le lieutenant-colonel ex-allemand nazi est à la recherche du corps du Colonel
Simon Delignières. Qui l’a mandaté pour cette mission ? Dans quel cadre
s’inscrit-elle ? Mais surtout, à quelle réalité "factuelle, méconnue,
révélatrice ou problématique" du conflit Dafri entend-il s’attaquer ?
Il y
eut bien un sous-lieutenant, Hervé Arthur, qui fut égorgé dans l’embuscade de
Palestro2 avec quarante de ses hommes. Mais son corps a été
retrouvé. Le seul officier de l’Armée française qui a bel et bien disparu pendant
le conflit fut le Capitaine Raymond Bouchemal. Un capitaine, rien à voir donc
avec un colonel. Le reste est à l’avenant.
Faute
de références plausibles aux événements, ce film n’est plus qu’une fiction
partisane et biaisée qui prend le prétexte de la Guerre d’Algérie pour
permettre à Abdel Raouf Dafri de se livrer à une critique abjecte, toujours la
même : celle de l’Armée française, celle de la France. A l’en croire, une
armée de soldats bornés ne sachant faire qu’une chose : tuer. C’est de la
caricature au premier degré. Sans l’esquisse d’une nuance, d’un questionnement,
sans le moindre recul, sans la moindre analyse. Lorsque l’on retire l’ensemble
de ces éléments d’une narration, il ne demeure que de l’émotion de bas étage.
Que
sont devenus pour Darfi les trente mille soldats français qui sont morts ?
Les soldats algériens également tombés au combat ? Que diable ne
montre-t-il pas les femmes européennes violées par les nationalistes dans les
cours d’immeubles ? Où sont les femmes arabes qui se prostituaient,
s’offrant aux militaires français et qui, par crainte de perdre leur virginité,
et donc d’être répudiées par leur futur mari au moment de l’examen prénuptial,
pratiquaient la sodomie entre deux portes ?
Le
réalisateur n’a-t-il pas entendu parler des soldats français éviscérés après
qu’ils furent morts, ou est-ce que cette barbarie-là n’a pas "mérité son
attention" ? Combien de fois, pourtant, avons-nous dû, après
l’affrontement, les récupérer dans cet état. Ils étaient tués au cours d’un
accrochage avec l’ennemi, et avant que le Service de Santé et une unité de
protection n'interviennent, les soldats algériens revenaient sur place et leur
ouvraient le ventre. C’était une façon pour eux de salir la mort.
Où
sont passés les civils algériens auxquels leurs compatriotes coupaient le nez
s’ils étaient pris fumant des cigarettes françaises ? Où est l’adolescent
algérien, fils d’un harki, c’était son seul crime, pendu par les pieds, la tête
plongée dans une cage, où des rats lui dévoraient le visage ? Ses cris de
terreur sont à jamais mêlés à ma mémoire. Ca, c’était ça la Guerre d’Algérie,
rien à voir avec l’opérette de fin des soldes proposée par ce que
propagandiste, récupérateur de souffrances.
Lequel
Abdel Raouf Dafri, né à Marseille le 13 août 1964, se prétend"un enfant de la France. Un de ces
fils de la première vague d’immigrés débarqués du bled un an après la
proclamation d’indépendance de l’Algérie".
Ce
type de déclaration est inconsommable sans apprêts : que viennent faire
ses parents en France ? La question n’est pas incongrue, elle est légitime
et même nécessaire. Les parents de Dafri quittent l’Algérie qui vient d’obtenir
son indépendance pour aller vivre au milieu de la nation dont les
arrière-grands-parents ont asservi les Algériens pendant 132 ans ? Ils s’installent
au milieu de ce peuple qui, à en croire le film, a pris du plaisir à tuer et à
torturer celui de Dafri ? J’ai du mal à saisir… ils en redemandaient ?
Le
sens de l’histoire voudrait qu’ils soient restés en Algérie pour y bâtir le
pays de leurs rêves enfin libérés des "monstrueux colons".
Sang
impur ou navet indigeste, on n’échappe pas au pathos d’Abdel Raouf Dafri,
lequel ne répond en aucune manière à la question simple que je viens de formuler :
« La France est mon pays, l’Algérie celle de mes parents. Sur ce point,
je sais exactement où j’en suis et je n’ai aucun problème d’identité. Le destin
de mes parents, comme celui de beaucoup d’immigrés algériens, est la
conséquence d’une colonisation très violente commencée en 1830 avant de
déboucher sur une guerre d’Indépendance qui va durer près de huit ans, soit
deux fois plus longtemps que la Seconde Guerre mondiale au cours de laquelle
les deux camps feront preuve d’une effroyable sauvagerie ».
Mon
pays ? Le problème est que les déclarations du réalisateur, jurant à qui
veut l’entendre qu’il a refusé de choisir un camp au détriment de l’autre, sont
mensongères. L’une des preuves de ce que j’avance consiste en l’affiche du
film ; elle montre un soldat français, la tête et le visage occultés sous
le pan du drapeau tricolore. Le treillis est largement ouvert sur la poitrine
où nous voyons pendre la croix chrétienne à une chaine. Il faudrait être
complètement sot pour ne pas comprendre le message : le soldat est
chrétien et tue des Arabes. C’est un croisé, digne descendant de Godefroy de
Bouillon, venu assassiner des musulmans en Algérie. Non, Dafri, nous ne sommes
pas totalement sots, nous avons eu l’occasion d’apprendre la dialectique qui
mène au Bataclan et à la promenade des Anglais. Je ne fais pas d’amalgame, je
décris l’affiche de votre film telle que chacun peut la voir.
Le
film en soi ne présente strictement aucun intérêt, ni sur le plan historique,
ni éventuellement philosophique. Question filmique ; il nous a été donné
de voir des séries « B » plus inventives et mieux ficelées. Tkss…
disons les choses simplement et sans détours : Qu’un sang impurest une allégorie islamo-gauchisante de réécriture
politiquement correcte de l’histoire servant de déversoir de haine au
réalisateur.
De
plus, Abdel Raouf Dafri était parfaitement au courant de ce qu'un sujet comme
celui-ci, traité comme il l’a fait, lui assurerait, sans s’exposer au moindre
risque, les faveurs de la presse bienpensante.
Mais
tant de haine et tant de mensonges… Antispécisme grégaire à l’encontre des Français,
mais formulé dans un double langage pernicieux d’une sorte de nationalisme à la
fois identitaire et anti-identitaire, dans lequel les nouveaux arrivants
seraient les dépositaires de la vraie France et les garants de son avenir, et
les indigènes, forcément des racistes qui devraient avoir honte ne serait-ce
que de la couleur blanche de leur peau : « Je suis heureux d’être
Français (sic), donc je raconte l’histoire de mon pays qui se trouve, en ce
début du 21e siècle, traversé par des questionnements sur son
identité, sa souveraineté et ses frontières. Ceux qui s’emparent de la question
de l’identité sont, hélas, majoritairement, des sournois racistes persuadés
qu’être Français (sic), c’est forcément être catholique et blanc de peau ».
Le journaliste
et avocat Charles Consigny, a rédigé un article3 paru dans le
magazine Le Point, qui me semble décrire correctement le personnage de
Dafri et son œuvre. J’en propose ici un court mais explicite extrait : « Un
homme vulgaire et belliqueux. Il incarne une nouvelle jet-set Canal + fière
d’être analphabète, de se dire de gauche, et de produire des œuvres nulles aux
frais de l’Etat ».
Vous
pouvez ne pas aller voir ce film sorti dans les salles le 20 janvier dernier. Abstenez-vous
afin de ne pas donner à Dafri ne serait-ce que l’impression que son ode à la
haine participe d’une œuvre artistique, philosophique ou historique. N’y allez
pas, en mémoire des soldats français, algériens morts au combat, des déracinés,
des victimes du terrorisme, des massacrés d’Oran, et des cent-soixante-mille
harkis assassinés sur l’ordre du premier président algérien, Ben Bella.
Notes :
1Maurice
Challe est l’un des généraux du putsch qui aura lieu à compter du 21 avril 1960
et se terminera le 26 du même mois [https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Challe_(1905-1979)]
2Embuscade
de Palestro [https://fr.wikipedia.org/wiki/Embuscade_de_Palestro]
3Charles
Consigny : "Mais qui êtes-vous, Monsieur Dafri ?"[https://www.lepoint.fr/invites-du-point/charles-consigny/charles-consigny-mais-qui-etes-vous-monsieur-dafri-20-10-2013
1745943_1449.php]
L’opération israélienne de cette semaine en Syrie (010802/20)
Par Stéphane Juffa, Jean et Ilan Tsadik, Yoshua Ohana, Michaël
Béhé
Une vaste opération
principalement aérienne attribuée à Israël a été conduite aux premières heures
de jeudi dernier en Syrie. En raison de la multiplicité des objectifs visés, du
secret entourant les activités de ces sites, des fausses informations diffusées
intentionnellement par les media gouvernementaux syriens et russes, des
approximations le plus souvent singulières des autres media, ainsi que du
mutisme de l’Armée israélienne, nous n’avons pas été en mesure d’identifier
rapidement les cibles de ces attaques, non plus que leur mobile.
Plutôt que de diffuser de
fausses informations, nous avons entrepris un travail condensé d’investigation qui
a débuté dans la nuit de mercredi à jeudi, une heure après les faits, et s’est
achevé ce samedi matin. Les bureaux de la Ména en Israël et au Liban ont
participé à cette enquête intensive.
Nous sommes désormais en
mesure de publier des informations vérifiées par nos soins concernant ces raids,
ce, après avoir pu identifier et localiser géographiquement la plupart des
sites visés, de même que le résultat et les bilans humains de ces opérations.
Vous constaterez une nouvelle fois que notre compte-rendu diffère largement de
tout ce qui a été diffusé par les autres media.
Le plan des frappes avait
été dressé depuis plusieurs jours par les experts du Khe’l Avir (l’Aviation
israélienne). Ses commandants attendaient la livraison par l’Iran d’un nombre
important d’armes – principalement des missiles sol-sol - et d’équipements afin
de lancer l’opération.
Le transport fut effectué
par un 747 cargo des Forces aériennes iraniennes dans la journée de mercredi.
Cet appareil s’est rendu de Téhéran à Damas sans actionner ses systèmes d’identification,
en maintenant le silence radio, tentant de passer inaperçu sur les écrans
radars.
Ce 747 avait précédemment appartenu
à la société SAHA AIRLINES avant d’être transféré à l’Armée perse. Durant son
vol de mercredi, il n’avait pas allumé son transpondeur, l’appareil permettant
aux contrôleurs aériens de connaître sa position, son altitude, sa vitesse et
sa direction. Nous avons connaissance de son vol de retour grâce à la
technologie MLAT, ou Multialtération [https://en.wikipedia.org/wiki/Multilateration].
Quelques heures après son
redécollage, Tsahal a lancé ses opérations en deux vagues, la première, à 1h15
locales, la seconde, à 1h45. Elles ont consisté en deux activités distinctes :
des tirs de missiles air-sol à partir des territoires israélien et libanais, et
des incursions dans l’espace aérien syrien pour des attaques au sol.
A notre avis, ce sont des
chasseurs-bombardiers F-16 qui ont largué leurs missiles à partir d’Israël et
du Liban et des F-35 (furtifs) qui ont procédé aux incursions.
En dépit des annonces faites
par les organes de propagande du régime de Bashar al Assad, reprises par la
plupart des media occidentaux, aucun des appareils du Khe’l Avir et des
missiles qu’ils ont largués n’a été intercepté par la défense antiaérienne
ennemie.
Au contraire, au moins trois
batteries de missiles antiaériens de la dictature alaouite ont été mises hors
de combat lors de la première phase de l’assaut. L’une d’elle était située sur le
mont Kassioun [voir carte], l’autre, à proximité du soi-disant centre de
recherches scientifiques de Jomraya [carte], au nord-ouest de la capitale
syrienne, et la troisième à Jisr al Bagdad.
Lors de ces frappes, les servants
syriens de ces missiles ont été tués ou blessés. A moins 14 de ces soldats ont
ainsi perdu la vie selon les informations recueillies par le chef de la Ména
libanaise, Michaël Béhé, auprès de responsables hospitaliers.
La phase essentielle des raids
a visé des entrepôts d’armes, dont celles fraichement débarquées du 747
iranien, des quartiers généraux syriens et iraniens, ainsi que des positions
militaires hostiles.
Des missiles ont ainsi
visé et détruit plusieurs sections du centre de Jomraya qui ont pris feu après
l’assaut. Ces positions abritaient des missiles sol-sol et le matériel de
guidage qui leur était associé. Selon Michaël Béhé, au moins 35 Syriens,
Iraniens, Libanais (Hezbollah) et supplétifs iraniens d’autres nationalités ont
péri à Jomraya. On compte un nombre pratiquement équivalent de blessés.
Le soi-disant centre de
recherches scientifiques de Jomraya
Des installations de l’aéroport
de Mezzé [carte], à 9km en plein sud de Jomraya, ont été elles aussi visées. Elles
hébergeaient du matériel du même type qu’à Jomraya. Selon Béhé, on dénombre 11
morts à Mezzé. A noter que le palais de l’oculiste-dictateur Bashar al Assad - l’un
des plus grands assassins de masses et sous la torture de notre époque - qui
constitue sa résidence principale, est situé à équidistance entre Jomraya et
Mezzé.
D’autre part, les
quartiers généraux de la 91ème brigade des forces gouvernementales à
al Kissweh [carte], et de la 75ème brigade à al Mouqaylabieh [carte],
dans la périphérie-sud de Damas ont été ciblés et oblitérés. Aux moins 18
soldats et officiers sont morts durant ces attaques, selon Michaël Béhé. Les
deux quartiers généraux se trouvaient à 3.5km l’un de l’autre.
A une soixantaine de
kilomètres plus au Sud, à Izra, dans la province du Golan syrien de Deraa, où
la révolte anti-Assad avait débuté au commencement de la Guerre Civile Syrienne,
c’est le centre de commandement opérationnel de la Force Quds (division
Fatimioun https://fr.wikipedia.org/wiki/Division_des_Fatimides)
[fra. : Fatimides][carte] iranienne qui a été visée et totalement
détruite. 17 Iraniens et supplétifs iraniens d’autres nationalités, dont des Hazaras
afghans, sont morts à l’occasion de cette frappe.
Une position mixte –
Syriens – Iraniens – supplétifs – a été en outre annihilée dans la province de Kouneitra
[carte], à proximité de la frontière israélienne, ainsi qu’une autre, du même type,
à Marj al Sultan [carte], un quartier de l’est damascène, à 7km de l’aéroport international.
Ces deux frappes ont fait entre 8 et 13 morts.
Les organes de propagande
gouvernementaux syriens ont également fait état d’un raid israélien sur la
frontière syro-irakienne, en territoire syrien, mais nous n’avons pas été en
mesure de corroborer cette information. Elle reste cependant plausible, les
attaques aériennes israéliennes et coalisées contre l’ "autoroute
iranienne" se succédant à raison de plusieurs par semaine.
Les mêmes organes, y
compris l’agence gouvernementale SANA, omettent de mentionner les victimes
des raids israéliens, n’admettant que quelques blessés. Les autres media,
reprenant aveuglément les rapports de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme,
une ONG de nouvelles située à Coventry, au Royaume-Uni, et financée par le
Qatar, proposent un bilan non documenté des attaques de jeudi, nettement
sous-évalué.
Les sources gouvernementales
syriennes affirment aussi que la vaste majorité des missiles israéliens aurait
été détruite en vol, ce que la constatation des dégâts occasionnés – tous les
objectifs ont été atteints et détruits – suffit à disqualifier.
Le ministère russe de la
Défense accuse quant à lui l’Etat hébreu d’avoir intentionnellement mis en
péril l’Airbus A320 immatriculé 6Q514, de la compagnie CHAM [ara. : Syrie]
WINGS [ang. : ailes] et ses 172 passagers. L’Airbus en question se
trouvait en phase d’approche à l’aéroport international de Damas lorsque les
raids ont commencé. Il a préféré interrompre son atterrissage et se dérouter
sur la base militaire russe de Khmeimim, dans la province de Lattaquié.
Nous notons à ce propos
que Moscou ne communique pas sur les transports d’armes en provenance d’Iran,
lorsqu’il ne participe pas lui-même à leur débarquement à Khmeimim. Lorsque la
Syrie s’associe au transit, au stockage et à l’utilisation d’armes provenant de
la théocratie iranienne, qui déclare officiellement vouloir anéantir Israël et
sa population, elle expose naturellement ses activités civiles aux actes de
légitime défense conduits par les Hébreux. Au surplus, lors de cette dernière
opération, de même qu’au cours des précédentes, Tsahal n’a jamais visé ni
détruit des appareils civils, pas même des cargos iraniens transportant des
armes et des munitions. Contrairement aux déclarations russes, Jérusalem avait
pris le vol de CHAM WING en considération et celui-ci aurait pu se poser sans
encombre sur son aéroport de destination. Le seul risque qu’il encourait était
celui d’être pris pour cible par la DCA d’Assad qui pouvait le confondre avec
un missile de croisière.
La raison de l’intervention
attribuée à Israël indique que la théocratie chiite n’a pas renoncé, après la
mort de Qassem Souleimani (ex-chef de la Force Quds [ara. : Jérusalem]) à
s’implanter en Syrie et à la frontière d’Israël.
Michaël Béhé estime que
sur les 105 morts (+-10) ennemis tombés jeudi matin, une bonne vingtaine était
de nationalité iranienne, dont au moins trois officiers. Lors d’occurrences précédentes,
lorsque des militaires perses avaient été éliminés, Téhéran avait tenté d’organiser
une riposte face à Israël. Ces tentatives de représailles avaient toutes
lamentablement échoué et les ayatollahs avaient été contraints de ramasser des
cadavres supplémentaires causés par les contre-attaques de Tsahal. Ces velléités
d’opérations offensives et les dommages humains et matériels qu’elles avaient
suscités engagent Téhéran à faire preuve de prudence dans sa confrontation avec
Israël. Reste qu’en Israël on envisage l’éventualité d’une réaction militaire
persane, et on est prêt à y faire face avec toute la célérité voulue.
En plus des pertes dans
les rangs de leurs unités d’élite, les dictateurs iraniens doivent prendre en
compte la destruction systématique de leur meilleur matériel envoyé en Syrie.
Par exemple, les coups de boutoir du Khe’l Avir jeudi ont occasionné des destructions
de matériel se chiffrant à plusieurs dizaines de millions d’euros. C’est encore
sans recenser le prix de leur remplacement.
C’est en principe aujourd’hui que la
Maison Blanche est censée dévoiler le "Plan du Siècle", celui qui
pourrait mettre un terme au conflit de toujours opposant les Palestiniens et
les Israéliens, et, dans son acception plus large, les Arabes et les
Israéliens.
Je
note à ce sujet qu’un tel plan a déjà l’avantage d’exister et qu’il est exhaustif, ce
qui n’avait jamais été le cas d’aucun plan envisagé durant les douze dernières
années. Or le jeu en vaut déjà la chandelle, particulièrement alors qu’il est
proposé par la dernière hyper-puissance de la Planète, qu’elle a planché sur
tous ses aspects durant maintenant trois ans, qu’elle possède une influence
prépondérante sur les décisions de l’Etat hébreu, et qu’elle est également
capable de convaincre la plupart des pays arabes de tenir compte de sa
proposition.
On
pourrait attendre de prendre connaissance du texte officiel qui sera produit
par Washington (en principe ce soir), il sera surtout intéressant pour les
détails qu’il comporte. Ceci dit, les Américains ont suffisamment et habilement
fuité l’essentiel de ses dispositions, ce qui nous permet d’en faire un
commentaire préliminaire et d’en saisir la portée et la dynamique. Cette
dernière constituant une part prépondérante de son élaboration. Au reste, nous
ne manquerons évidemment pas d’analyser le document officiel lorsqu’il sera publié,
notre exercice de ce jour n’empêchant en aucune façon des articles
supplémentaires.
Le
plan de partage voté par l’ONU en 1947 et rejeté par les Arabes
Commençons
à partir de la fin, en allant directement à l’essentiel, j’observe que, si tout
se déroule comme les Américains l’entendent, il y aura pour la première fois
dans l’histoire un Etat palestinien, sa capitale sera Jérusalem, il englobera
plus de soixante-dix pour cent de la Cisjordanie, dont toutes ses villes
arabes, de même que Gaza. Gaza qui sera reliée à la Cisjordanie par un tunnel,
mais qui sera surtout démilitarisée, débarrassée du Hamas et soumise à la gouvernance
de notre futur Etat.
Il y
a dans cette brève énumération suffisamment de points intéressants pour
justifier que les Palestiniens l’étudient consciencieusement. Ce qui n’est déjà
pas le cas de Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité Palestinienne, qui,
avant même la diffusion officielle du projet s’est cru inspiré en traitant le
Président Trump de "chien et de fils de chien". Ce faisant, il vient
à nouveau d’illustrer son immaturité politique et celle des dirigeants de
l’OLP, de même que leur incapacité à diriger un pays, quelle que soit sa taille
et ses prérogatives. Dans les capitales arabes, on se moque de ce comportement,
comprenant qu’en s’opposant d’une manière aussi grossière au président des
Etats-Unis, on condamne en fait toute possibilité d’établir notre souveraineté
par une autre voie.
[Ndlr. Ne cherchez pas les propos de Mahmoud Abbas dans les media
français main stream, ce sont leurs rédacteurs en chef qui décident depuis
longtemps de ce que les Palestiniens disent et ne disent pas. Ce, dans un souci
inexplicable pour des journalistes de protéger les intérêts des Palestiniens et
de dissimuler leur nature authentique au public de l’Hexagone. Cela ne concerne
pas uniquement la Palestine, c’est le Quai d’Orsay qui décide de ce qu’il se
passe dans le monde et non le monde. Et qui le transmet ensuite aux media bien
dressés par l’intermédiaire de son organe de propagande qu’est l’AFP et
les chaînes d’information publiques].
Car
on ignore encore si le "Plan du Siècle" aboutira, mais en revanche,
on sait fort bien que sans l’approbation de l’Amérique, il n’y aura jamais
d’Etat palestinien. On sait aussi qu’aucune autre entité n’est en mesure de
proposer une alternative que l’on pourrait discuter,
aussi longtemps que cette proposition U.S. se trouve sur la table.
Abbas a poursuivi
dans sa bêtise, ajoutant à ses insultes : "J'ai dit non et je continuerai de dire
non ... Nous allons vivre des jours difficiles et nous commençons à supporter
les conséquences du refus. La résistance doit s'intensifier à tous les points
de friction. Tous les jeunes doivent être encouragés [à aller participer à des
émeutes face à l’Armée israélienne]".
Abbas
a en outre affirmé : "On m'a dit que je paierai un lourd tribut pour
mon comportement insensé. Je n'ai plus beaucoup de temps à vivre et je ne partirai
pas en tant que traître. On peut soit mourir comme des martyrs, soit se battre pour
déployer le drapeau palestinien sur les murs de Jérusalem".
Il
envisage aussi de mettre un terme à la coopération sécuritaire avec l’Armée
israélienne, auquel cas, il mettrait en péril la gouvernance de l’Autorité
Palestinienne par l’OLP, ainsi que de dénoncer les Accords de 1995 (Oslo). Ce
qui, selon le plan de Trump, permettrait à Israël d’annexer jusqu’à
soixante-dix pour cent de la Cisjordanie et de laisser Gaza enclavée, si cette
posture de refus devait perdurer durant la "période de préparation"
instrumentée par les Américains. Une période de quatre ans au maximum, précisément
imaginée pour permettre la réflexion des Palestiniens et le remplacement
d’Abbas par des leaders pragmatiques et responsables. Lorsqu’il évoque le lourd
tribut qu’il sera amené à payer, c’est exactement à son écartement qu’Abbas
fait allusion.
Ce
qui est dur à admettre pour la direction de l’OLP, c’est l’écart existant avecle
concept de Barack Obama et de certains Européens selon lequel notre Etat devait
voir le jour sur la base des frontières de 1967. Ce principe a été abandonné
dans la proposition actuelle. Sauf que ni Obama ni les Européens n’ont jamais
formulé de plan de paix.
L’auraient-ils
fait, il aurait été rejeté par Israël, et personne n’a jamais envisagé de
campagne militaire contre l’Etat hébreu afin de l’obliger à accepter une
solution qui ne lui convenait pas. Ce qui a fait que la situation s’est
embourbée, que l’extrême-droite israélienne est montée en puissance et que les implantations n’ont
cessé de se multiplier.
Dans
le plan Trump, Israël doit s’engager dès à présent à cesser de construire de
nouvelles implantations pendant la période de préparation et n’aura pas le
droit d’agrandir les implantations existantes. Ce, jusqu’à réception d’un non
définitif de la part des instances dirigeantes palestiniennes.
Ce
sera du même coup la première fois depuis les négociations d’Oslo qu’un
président étasunien aura obtenu d’Israël un gel complet de ses implantations.
Et ce gel va à l’encontre des desseins de Netanyahu qui envisageait d’annexer
des parties de la Cisjordanie les jours prochains dans le cadre de sa campagne
électorale.
D’autre
part, Donald Trump est en train d’expliquer à Netanyahu et à Gantz qu’il
n’acceptera aucun aménagement de son plan. Il est "as is", tel quel,
à prendre ou à laisser. Benny Gantz a déjà fait savoir que s’il était élu, il
l’accepterait. Netanyahu s’est contenté de se faire photographier au côté de
Trump et d’évoquer un moment historique, en évitant de froisser son électorat
droitiste avec la création d’un Etat palestinien, qu’il réfute totalement, à
l’instar de Naftali Bennett qui l’a fait savoir publiquement, précisant
"qu’il ne permettrait jamais la création d’un tel Etat".
Dans
l’état actuel des choses, tandis que la cause palestinienne perd ses soutiens,
principalement dans le monde arabe, la majorité des Israéliens est persuadée
qu’elle peut envisager l’avenir sans avoir à concéder un Etat aux Palestiniens.
La seule personnalité politique qui puisse les faire changer d’avis est
évidemment Donald Trump. Un président qui a démontré de toutes les façons
possibles qu’il était leur ami véritable, notamment en transférant son
ambassade à Jérusalem et en déclarant la légalité de leurs implantations. Trump
est vraisemblablement plus populaire en Israël que Netanyahu et Gantz ; d’autre
part, à la veille d’une confrontation avec l’Iran qui semble inévitable,
l’Israélien de la rue comprend qu’il n’est pas possible de se lancer dans un
conflit de cette ampleur sans bénéficier du soutien de l’Amérique, et qu’il
serait imprudent de se mettre son président à dos.
De
plus, pour les Israéliens, le "Plan du Siècle" laisse entrevoir une
vie normale pour les habitants du pourtour de Gaza, ce que Netanyahu, en onze
de pouvoir, n’est pas parvenu à imposer. Et surtout, les Israéliens rêvent
toujours de paix, d’entretenir des relations normales et durables avec leurs
voisins et de pouvoir vivre en n’ayant pas toujours à l’esprit la menace d’une
nouvelle guerre et de son cortège de morts.
Or,
et c’est une constante dans la doctrine de l’OLP, on essaie sans cesse
d’oublier que sans l’adhésion des Israéliens à une solution, l’Etat palestinien
n’existera jamais. En réalité, c’est avec Israël et ses habitants que nous
devons faire la paix, pas avec Obama ou Macron ; personne n’est en mesure
d’imposer ladite solution à l’Etat hébreu, son accord est incontournable.
Ayant
exposé ceci, cela m’amène à une observation plus générale : en dépit des
réaction infantiles d’Abbas et d’un certain nombre de leaders arabes, à
considérer le plan U.S. dans sa globalité, il m’apparaît soudain évident que ce
qu’il préconise se situe à l’extrémité maximale de ce que les deux camps ont la
capacité d’accepter. Pas de gaité de cœur, certes, lorsqu’il s’agit de faire
des concessions et d’abandonner les certitudes trompeuses que l’on s’est
répétées des décennies durant, il est très douloureux de changer d’avis. Mais
un Etat palestinien démilitarisé sur soixante-dix à soixante-quinze pour cent
de la Cisjordanie, constitue une proposition raisonnable et acceptable à la
fois par les responsables politiques et par les populations des deux entités.
Quant
au rattachement de Gaza à notre Etat, sans la présence du Hamas, c’est encore
quelque chose que la direction de Fatah ne serait jamais parvenue à obtenir,
ce, dans toutes les circonstances envisageables.
Idem
pour la cogestion de l’esplanade des Mosquées, pour notre reconnaissance
internationale, pour le volet économique qui avait déjà été présenté en juin
2019 à Bahreïn, et qui nous permettrait à nous aussi d’avoir une existence
décente, et d’envisager notre futur autrement… avec un futur.
Et
comment aurions-nous pu obtenir le démantèlement d’implantations
israéliennes ? Par quel prodige, alors que les gouvernements Netanyahu
plaçaient leurs pièces sur notre territoire, comme sur un échiquier, afin
d’empêcher la création d’un Etat palestinien contigu et homogène, et qu’ils
étaient sur le point de réaliser leur objectif.
Or
selon le plan Trump, l’Etat de Palestine sera contigu. Il impliquera le
démantèlement d’implantations légales et illégales, ne laissant qu’une
quinzaine de petites enclaves juives sur le territoire que le plan nous promet.
Un mal avec lequel nous pouvons aisément nous accommoder. La proposition
américaine prévoit également le retrait d’Israël des quartiers arabes de
Jérusalem, ce qui, sans Trump, n’était pas envisageable.
Alors
certes, nous n’aurions pas d’armée. Mais à quoi nous servirait une armée si
nous ne voulons pas faire la guerre aux Juifs, et s’ils endossent la
responsabilité de notre défense territoriale ? Sans compter que nous ne
possédons pas les moyens financiers d’entretenir une armée, qu’elle ne ferait pas
le poids face à Tsahal, et qu’une armée avec les divisions que nous connaissons
implique le risque de coups d’Etat.
Nous
n’aurions pas non plus le contrôle des frontières de notre Etat, elles seraient
supervisées par Israël. La belle affaire… si la paix s’installe et que nous
n’essayons pas d’importer des armes, en quelques mois, cette supervision ne
deviendrait qu’une formalité qui passerait quasiment inaperçue.
Le
plan implique également par l’abandon de la vallée du Jourdain, mais pas par le
démantèlement de nos villes et villages qui s’y trouvent ; et c’est à
étudier dans le texte final, mais l’accord entreverrait des échanges
territoriaux en contrepartie de l’abandon de notre souveraineté sur la vallée
du Jourdain.
Permettez-moi
d’être plus pragmatique encore : le flux de l’histoire ne s’écoule pas en
notre faveur. Après chaque refus d’une solution de notre part, nos ambitions
ont été revues à la baisse. En 1948, le plan adopté par l’ONU [voir la carte] nous
décernait quarante-cinq pour cent de toute la Palestine, et en fait, nous y
gagnions, puisque la plus grande partie du territoire promis aux Juifs était
constituée du désert du Néguev, à l’époque largement inhabité et inhabitable.
De la
Guerre de 48 à 1967, Jérusalem, l’esplanade des Mosquées et le mont du temple
étaient entièrement sous contrôle arabe, de même que la bande de Gaza et les
frontières sur le Jourdain et avec l’Egypte. A l’époque, les Israéliens étaient
totalement disposés à sanctuariser cette situation par un accord de paix, et si
Nasser n’avait pas bloqué le détroit de Tiran aux navires arborant l’étoile de
David, chassé les observateurs de l’ONU de sa frontière avec Israël, massé des
troupes dans le Sinaï et annoncé qu’il allait jeter les Juifs à la mer, il
aurait été possible, sans avoir à négocier avec les Juifs, de décréter un Etat
palestinien sur cent pour cent du territoire de Cisjordanie, et d’instaurer
notre capitale à Jérusalem.
Mais
la cause palestinienne n’était alors pour les Arabes qu’un prétexte pour
justifier l’annihilation de l’Etat hébreu, et pendant toutes ces dix-neuf
années, la possibilité d’établir un Etat palestinien ne leur avait pas même
traversé l’esprit.
En
2008, lors des négociations avec Ehud Olmert et Tzipi Livni, les Israéliens
étaient disposés à nous confier quatre-vingt-treize pour cent du territoire
cisjordanien pour y créer notre Etat. Là encore nous manquions le coche :
après d’innombrables tergiversations – j’ai participé à certaines d’entre elles
- il fut décidé du rejet dela proposition et d’attendre un nouveau gouvernement en Israël afin,
pensait-on, d’obtenir davantage. En fait de nouveau gouvernement, c’est celui
de Netanyahu qui fut élu et il ne reconnut pas les avancées faites par ses
prédécesseurs, réclamant que tous les sujets soient renégociés depuis le début,
ce qui demeure sa position à ce jour.
Maintenant
Donald Trump nous offre soixante-dix pour cent de la Cisjordanie, et sa
proposition est accompagnée d’un plan Marshall de nature à faire réellement de
nous un pays structuré, disposant des ressources financières nécessaires à sa
réussite.
C’est
la dernière fois que la cloche sonne, notre dernière chance de posséder un
pays, palabres d’un côté, réalité de l’autre. En cas d’un nouveau non de notre
part, les trente à quarante pour cent du territoire de Cisjordanie qui ne
seront pas attribués initialement et qui nous reviendraient en cas
d’acceptation du plan seront remis à Israël, qui les annexera immédiatement.
Les Arabes, à bout de patience à notre endroit, diront "bien fait pour
vous !" et se désintéresseront de la Palestine. La communauté
internationale fera le même raisonnement et, à la longue, s’habituera à la
domination israélienne. Nous serons un bantoustan, un conglomérat de villes
arabes sans communications terrestres entre elles, sans identité nationale, et
nous le resterons. Personne ne délogerait Israël - justifiant son expansion par notre refus - des
territoires qu’il aurait annexés. Ce, d’autant plus si pendant les quatre ans
de la période de réflexion, Jérusalem respecte les directives restrictives de Washington,
démontrant de la sorte qu’elle était prête à nous concéder un Etat et à
réaliser les concessions que l’on exigeait d’elle.
J’ajouterai
pour terminer qu’à bien y regarder, la proposition américaine nous va bien.
Nous n’avons pas démontré depuis 1995 que nous étions capables de gouverner un
Etat, loin s’en faut. Nous n’avons pas été capables d’organiser des élections
générales régulières, de développer notre économie, de vivre sans être
dépendants de l’aide internationale. Nos chefs, faute de se battre pour planter
le drapeau palestinien sur les murs de Jérusalem s’engraissent tous tels des
gorets, se faisant construire des palais démesurés et s’offrant des jets
privés, le tout, bien entendu, sur les deniers destinés au bien-être de la
population qui souffre.
Ils
sont corrompus jusqu’aux oreilles, et il m’arrive de penser, et je ne suis pas
le seul, que la situation ambiguë qui prévaut leur convient bien. Qu’ils
entretiennent des espoirs irréalisables, parlant de résistance et de conquêtes,
envoyant nos jeunes gens se faire tabasser par les soldats israéliens sans
motifs et sans stratégie.
Au vu
de tout ce qui précède et en ayant pris le temps de considérer ce que nous
savons du Plan du Siècle, je dis oui, sans arrière-pensée. Ce plan constitue la
planche de salut des Palestiniens, leur unique espoir. Celui de vivre dans leur
identité et sur leur terre, de tourner le dos à la violence et à la misère,
d’instaurer la première démocratie arabe, et de vivre en paix avec nos voisins,
avec le reste du monde, et, et c’est sans doute le plus important, avec nous-mêmes.
Au deuxième tour de l'élection
présidentielle de 2017, environ 95% des Juifs de France ont voté Macron. Ceux
qui, comme moi, avaient des doutes sur la personne et se sont abstenus ne l'ont
généralement fait que parce que les sondages garantissaient sa victoire. Marine
Le Pen, par le bagage historique que son nom et son parti portent, ne semblait
tout simplement pas une option imaginable.
Par
la suite, le Président Macron a fait des pas importants en direction de la
mémoire juive. Il fut le premier président à reconnaître que l'antisionisme est
une forme d'antisémitisme. Le transfert au Panthéon de la dépouille de Simone
Veil était une reconnaissance appréciée de l'histoire de l'Holocauste.
Le
voyage du président à Jérusalem, à l'occasion de la commémoration de
l'Holocauste à Yad Vashem, a annulé tous ces progrès et pourrait représenter
une rupture définitive entre le président, d'une part, les Juifs de France et
tous ceux qui partagent leurs valeurs, de l’autre.
Nous
aurions pu admettre qu'il soit le seul chef d'Etat ou de gouvernement, sur les
40 présents, à demander à compléter sa visite par une rencontre avec Mahmoud
Abbas à Ramallah. Le Quai d'Orsay s'est toujours vanté de la capacité de la
France à parler avec toutes les parties, et ce n'est pas forcément un mal. Le
fait que la France, seule parmi les puissances représentées, semble encore
croire que le soutien à la cause palestinienne lui apportera des soutiens dans
le monde arabe peut être attribué à une erreur d'interprétation – certes
majeure – et non à une hostilité particulière.
Nous
aurions pu admettre aussi que le Président Macron, pour son premier voyage en
Israël, se contente d'une courte étape mémorielle et ne demande pas, comme ses
deux prédécesseurs l'avaient pourtant fait, l'organisation d'une séquence
économique, malgré la rapide augmentation récente des liens d'affaires entre
Israël et la France.
Mais
le président est allé bien plus loin. De manière méthodique et préméditée, il a
transformé son court séjour en Israël en une attaque politique systématique
contre l'Etat juif, sa souveraineté et ses préoccupations de sécurité. La
raison en est un calcul politique assez transparent, qui, s'il réussit, ne
nuira pas uniquement aux Juifs de France, mais à tous les Français attachés à
leur identité.
Au
premier jour de sa venue, Macron, dans un scénario manifestement calculé, a mis
en scène une altercation avec les forces israéliennes chargées de sa sécurité,
à l'entrée de l'Eglise Sainte-Anne à Jérusalem, administrée par la France. Alors
que, conformément à l'accord passé entre les forces de sécurité des deux pays,
deux officiers israéliens s'apprêtaient à l'accompagner à l'intérieur de
l'Eglise, il a exigé qu'ils restent à l'extérieur en prétendant que l'Eglise
"est la France" – ce qui est juridiquement faux, la France y est
gestionnaire et non souveraine – et en utilisant des mots destinés à identifier
le président avec les Arabes de Jérusalem, soumis à l' "occupation juive".
Dans une mise en scène aussi précise, dire à un Juif à Jérusalem "Go
outside" n'est pas un hasard.
Comme
l'ont fait remarquer presque tous les journaux français, cette scène était
aussi un remake de l'altercation au même endroit, vingt-trois ans plus tôt,
entre le président Chirac et les forces de sécurité israéliennes, dont le
président d'alors fit semblant de considérer qu'elles le serraient de trop
près. Comme souvent, Macron – qui semble avoir des difficultés à exister par
lui-même et a souvent besoin de rappeler l'image de ses prédécesseurs – voulait
ancrer sa chorégraphie dans les souvenirs collectifs des Français. L'effet
politique, cependant, en a été réduit : trop similaire à une scène dont
beaucoup de Français se souviennent encore, la mise en scène macronienne est
apparue à beaucoup comme un pastiche plutôt que comme un geste politique.
Au deuxième
jour de sa présence en Israël, sur le site de Yad Vashem, Macron fit encore
pire – une attaque si grave que beaucoup de commentateurs ont préféré la passer
sous silence. Au milieu d'un discours mémoriel froid, qui montrait une réelle
compassion pour les victimes d'hier mais aucune sympathie pour les Juifs
d'aujourd'hui, le président a accusé Israël d'exploiter la mémoire de
l'Holocauste pour faire avancer ses intérêts géopolitiques d'aujourd'hui.
Ne vous inquiétez pas, Monsieur le
Président. Nous connaissons les règles
La
phrase précise était la suivante : "Nul n'a le droit de convoquer ses
morts pour attiser les divisions et les haines contemporaines". Il n'y a qu'une façon possible de comprendre
cette phrase : comme une accusation faite à Israël de rappeler injustement
l'Holocauste pour justifier ses avertissements à l'Iran, et, peut-être, sa
réticence à donner la terre nécessaire à l’institution un Etat palestinien.
Si
c'est ce que le président avait à l'esprit – et nous ne voyons pas d'autres
explications possibles – c'est là une accusation digne de Dieudonné Mbala-Mbala
ou d'Alain Soral. La politique israélienne face à l'Iran est, tout simplement,
due au fait que l'Iran annonce chaque jour son intention d'exterminer ou de
chasser tous les Juifs d'Israël. Il en est de même du Hamas, dont chacun sait
qu'il serait le principal bénéficiaire de la création, de plus en plus
improbable, d'un Etat palestinien.
Quand
quelqu'un annonce qu'il veut tuer tous les Juifs, les Juifs ont tendance à le
croire. L'Holocauste n'est que le dernier d'une longue série d'événements qui
le leur a appris. Monsieur le Président, la référence à l'Holocauste face aux
appels contemporains au génocide n'est pas une habileté politique. Peut-être
avez-vous le sentiment, de par votre expérience, que l'habileté politique
explique tout. Mais notre expérience des vingt derniers siècles est un peu
différente.
Le Président
Macron n'en avait cependant pas fini. Alors qu'il venait de participer à une
cérémonie mémorielle en souvenir des six millions de Juifs assassinés, il s'est
mis, dans l'avion de retour, à réfléchir à haute voix devant les journalistes –
c'est-à-dire à envoyer délibérément un message – sur ce que devait être sa
prochaine tâche mémorielle.
Sa
réponse ? De même que le président Chirac avait reconnu une responsabilité de
la France dans le génocide des Juifs, le Président Macron estime que sa
prochaine mission est de reconnaître une responsabilité similaire… dans la
guerre d'Algérie.
Du
point de vue historique, le président sait naturellement que la comparaison est
absurde et scandaleuse. Mais son objectif n'est pas de faire œuvre d'historien.
Macron est un homme politique : son métier est de ramener des voix vers sa
personne et son parti. Analysés à cette lumière, son comportement et ses
déclarations à Jérusalem peuvent se comprendre comme suit :
la présentation
d'Israël comme une puissance occupante et manipulatrice, et des souffrances du "colonialisme"
comme comparables à celles de l'Holocauste, se manifeste principalement à
l'extrême-gauche de l'arc politique français, dans un électorat principalement
acquis à la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Cet électorat mélange des
aspirations gauchistes comme la remise en cause du capitalisme, racialistes
comme l'idée d'une nature essentiellement oppressive des Blancs et des Juifs,
et islamistes.
Or,
le Président Macron a beaucoup chuté dans les sondages depuis 6 mois. Un
sondage récent (BFMTV, 29 janvier) montre que 69% des Français pensent
qu'il ne sera pas réélu. Quelle que soit la faiblesse – indiscutable – de ses
opposants, la situation politique nationale est devenue très inconfortable pour
le président sortant.
Dans
ces conditions, empêcher la France Insoumise de faire le plein de l'électorat
racialo-islamo-gauchiste devient nécessaire pour garantir l'arrivée du
président dans les deux premières places au premier tour des prochaines
présidentielle. Or il n'y a pas de meilleur moyen de séduire cet électorat que d'accuser
Israël – implicitement bien sûr, Macron n'est pas fou – de discrimination
raciale, d'occupation, de colonialisme et d'utilisation abusive du souvenir de
l'Holocauste.
Au
deuxième tour, naturellement, Macron – dans un duel très probable contre Marine
Le Pen – retournerait immédiatement l'argument et se présenterait comme un
rempart contre le même antisémitisme qu'il aura encouragé avant le premier tour
pour aller chercher les voix de la France Insoumise. Son calcul est que les
Juifs et ceux qui sont proches de leurs valeurs n'auront pas d'autre choix,
après avoir été trahis au premier tour, que de se rallier à lui au second.
Il y
a plusieurs manières dont ce calcul pourrait se révéler faux.
Tout
d'abord, un rapprochement excessif des thèses racialistes et anticolonialiste
risque de coûter plus de voix à Macron qu'il ne lui en rapportera – non pas
chez les Juifs, mais chez les Français de souche dont l'image des musulmans est
de plus en plus mauvaise et qui n'apprécieront pas de voir leur propre histoire
comparée à la barbarie allemande.
Le pouvoir des gens est plus
fort que les gens au pouvoir
Depuis avant-hier,Hassane Diab
est officiellement le nouveau premier ministre du Liban. Sur le papier, c’est
un ingénieur en informatique et communications qui a effectué l’essentiel de
ses études dans trois universités britanniques. Il est sunnite, comme le veut
la constitution, tandis que le président, Michel Aoun, est maronite (chrétien),
et le président du Parlement, en l’occurrence Nabih Berri, est chiite.
Jusque-là pour les
apparences : Diab a été élu par 69 députés sur 128, à savoir le bloc du 8
mars, constitué des organisations chiites du Hezbollah et d’Amal, du Courant Patriotique
Libre (CPL) de Michel Aoun, chrétien, et de quelques parlementaires
prétendument indépendants mais maintenus sous l’influence du Hezb d’une façon
ou d’une autre.
Le grand parti de la
communauté sunnite dont Diab est issu, le Courant du Futur de Saad Hariri, n’a
pas soutenu sa candidature. Qui plus est, le nouveau premier ministre a été
coopté lors d’une réunion secrète (dont tous les Libanais ont entendu parler) entre
Gebran Bassil, le chef du CPL, et Nabih Berri, celui d’Amal, la doublure pour
noces et banquets du Hezbollah.
Bref, Hassane Diab est le
choix des Syriens et des Iraniens, de ce mouvement du 8 mars pour lequel la
souveraineté et l’indépendance du Liban ne constituent pas une priorité.
Si quelqu’un avait encore
un doute – c’est qu’il n’est pas libanais -, nous lui rappellerons que Diab fut
ministre de l’Education et de l’Enseignement supérieur de 2011 à 2014 sous le
Premier ministre Najib Mikati et le Président Michel Sleiman, ce que l’on fait
de mieux en matière d’agents du Guide suprême Khameneï et de l’oculiste-boucher
de Damas, Bashar al Assad.
Les ministres choisis par
le nouveau chef du gouvernement sont issus du CPL, des organisations
terroristes chiites et des rangs de la formation du Prince-Emir druze Talal
Arslane, qui s’alimente à tous les râteliers.
On y trouve un grand
nombre de chrétiens orthodoxes, bien plus que la proportion qu’ils représentent
dans la population. Du point de vue politique, cela n’a pas plus d’importance
que le fait que ce cabinet compte aussi quelques très belles femmes, je pense
particulièrement à Varty Ohanian-Kevorkian à la Jeunesse et aux Sports, à Manal
Abdel Samad Najd, à l’Information, et à Lamia Yammine Doueyhi au Travail. De
plus, certaines d’entre elles ont fait de brillantes carrières, ce qui est une
maigre consolation en comparaison de la catastrophe qui frappe le pays et à
laquelle elles participent.
La nomination la plus
surprenante au demeurant est celle de l’aouniste Zeina Acar-Adra au ministère
de la Défense. Elle devient la première femme ministre de la Défense dans le
monde arabe. C’est une grecque-orthodoxe d’origine, qui doit largement son
portefeuille à l’entregent de son mari, l’homme d’affaires Jawad Adra, un
sunnite laïc qui s’efforce d’entretenir autant de contacts au sommet du 8 mars
(pro-iraniens), qu’à celui du 14 mars (souverainistes). Du libanisme pur jus,
tirant le meilleur parti de la polarisation confessionnelle à outrance de notre
société : les ponts entre les deux camps sont rares et recherchés dans le
monde politique et celui des affaires.
Mais pas par la rue…
c’est-à-dire par les Libanais, qui manifestent désormais toutes les nuits en
affrontant la police de plus en plus violente sous l’influence du Hezbollah. Or
la population n’a de cesse que de crier son ras-le-bol, à la fois de cette
manière de gérer les affaires de l’Etat qui nous a mis en faillite, et de la
soumission aux plus obscures dictatures du monde musulman.
Dans cette optique, la
titularisation de Zeina Acar ne signifie strictement rien : tout Libanais
dès l’âge de dix ans vous expliquera que c’est le Hezbollah, et donc l’Iran,
qui s’occupe chez nous des affaires relatives à la guerre et des relations
internationales.
C’en est même à se
demander pourquoi nous entretenons une armée qui ne saurait être engagée dans
quelque conflit que ce soit au risque de déclencher immédiatement une guerre
civile. Elle est à peine bonne à matraquer les manifestants et à les arroser de
balles enrobées de caoutchouc, au point d’en avoir blessé quatre cents en une
seule nuit de la semaine dernière. Et d’avoir "fini" les plus
convaincus à l’intérieur des casernes, à quatre ou cinq militaires contre un
protestataire en état d’arrestation.
Selon tous les
observateurs, cette répression totalement disproportionnée d’une population en
souffrance vise uniquement les sunnites et les chrétiens, de même que les
chiites courageux qui se sentent plus libanais qu’iraniens ou syriens. Il est
évident, et les dirigeants du 14 mars le soulignent autant qu’ils le peuvent,
que le Hezbollah encadre l’Armée de plus en plus près, et que ceux qui ont
battu les manifestants en parfaite illégalité sont presque tous des chiites
hezbollanis déguisés sous l’uniforme national. Aucun soldat chrétien en pleine
possession de ses facultés mentales ne frapperait un Libanais qui brave la
nuit, le froid et les coups pour exprimer qu’il a faim, que le système et les
responsables doivent changer, et que nous allons droit dans le mur.
C’est tout de même significatif
d’observer à quel point le régime en place n’hésite pas à aller à
contre-courant des doléances exprimées jour après jour par une vaste majorité
des Libanais. Nous allons prochainement dépasser les cinquante pour cent de
personnes vivant dans ce pays au-dessous du seuil de pauvreté, la livre ne vaut
bientôt plus rien (50% de dépréciation face au dollar durant l’année écoulée),
ce qui entraîne une baisse considérable de notre pouvoir d’achat qui n’était
déjà pas bien élevé, nous sommes en pleine récession économique, et Aoun et ses
alliés n’en ont strictement rien à faire. Ils poursuivent sur leur lancée.
Ils ont pris la direction
opposée de celle qui nous donnait une chance de nous en sortir, car pour cela,
nous avons besoin de l’aide des Américains et des monarchies sunnites, à
commencer par l’Arabie Saoudite. L’économie iranienne est exsangue du fait des
sanctions américaines et nous ne pouvons ainsi attendre aucune aide de ceux qui
nous occupent militairement. Quant à l’Amérique, elle a non seulement placé le
Hezbollah à une place de choix sur sa liste des organisations terroristes, mais
elle vient encore par deux fois, récemment, de renforcer les mesures pénalisant
la milice de Nasrallah. Riyad, pour sa part, est entièrement mobilisée à se
préparer à une confrontation avec l’Iran, à combattre les Houthis au Yémen,
ouvertement soutenus par le Hezb et ses mentors, et à se rapprocher d’Israël
afin que Jérusalem l’aide à réaliser ces deux priorités.
Avec la formation d’un
gouvernement dépendant du Hezbollah, et donc de l’Iran, il est évident que nous
venons de tourner le dos à ceux qui avaient la capacité de nous porter secours.
Ces observations rendent
évident le fait qu’Aoun et Nasrallah ont fait un pari risqué, pour ne pas dire
suicidaire. Car la rue n’est pas dupe et les manifestants exigent désormais la
démission de Diab et de son cabinet, en plus de celle du président de la
République. La protestation ne peut que s’étendre et se durcir, comme cela va
aussi être le cas des tentatives visant à la juguler.
Or ces manifestations
visent de plus en plus distinctivement la cause principale des malheurs du
Liban et celle qui trouve son intérêt à nous condamner à une misère de plus en
plus noire. En étouffant nos cris à l’aide de bâtons avant de passer – ce n’est
qu’une question de semaines – aux fusils. Je parle évidemment du Hezbollah
Alors qu’on ne s’y trompe
pas, les Libanais s’expriment de plus en plus ouvertement, c’est la récompense
du courage, et cela rend le Hezbollah complètement fou ! La révolte revêt
de plus en plus les mêmes allures qu’à Téhéran et à Bagdad : on veut que
les Iraniens rentrent chez eux et cessent d’utiliser notre territoire comme
base logistique de leurs rêves génocidaires. On n’entend surtout pas mourir
pour assouvir les délires guerriers de Khameneï et de l’islam chiite de destruction
d’Israël. Or cette menace est fortement présente dans le subconscient de tous
les Libanais : si le Hezb tire des missiles sur l’Etat hébreu à partir de
Beyrouth, les Hébreux tireront sur Beyrouth. Et de leur point de vue, ils
n’auront pas le choix.
Les langues se délient. La
formation de ce gouvernement indique l’isolement grandissant du Hezbollah et
son affaiblissement. Ce dernier est particulièrement flagrant depuis
l’élimination du criminel Qassem Souleimani. On vient de réaliser à quel point
ce général au service de la théocratie perse était personnellement responsable
de l’asservissement du Liban ; c’était même son idée, et il en était le
"grand organisateur".
Privé de ressources
extérieures, mis au banc du monde musulman et du monde tout court, le Hezbollah
ne peut que se montrer de plus en plus irascible et partant, de plus en plus
décalé et violent.
Mais Khameneï n’a
semble-t-il pas idée de la capacité de résilience des Libanais, forgée par des
siècles de dominations étrangères et d’apprentissage des façons de leur
résister. Contrairement aux apparences, le Hezbollah et la
"République" Islamique de Téhéran sont des nains face au peuple
libanais, à sa tradition de liberté, à son refus des diktats religieux et à sa
profondeur culturelle.
De plus, notre résistance
est spontanée, elle vient des tripes et elle ne coûte pas cher. Nous voulons
que tout ce qui touche à l’Iran et la Syrie, de même qu’à leurs supplétifs
chiites libanais disparaisse ou crève. Nous voulons que le vieillard cacochyme Michel
Aoun, disposé à toutes les trahisons pour mourir sur le trône, parte à la
retraite. Et qu’il emmène avec lui toute cette clique de politiciens marrons,
qui servent leurs intérêts plutôt que ceux des Libanais. Nous voulons que le
système électoral confessionnel cesse d’exister, et que le nouveau soit
démocratique et qu’il permette l’alternance. Nous voulons, enfin, vivre en paix
avec nos voisins éclairés, nos partenaires naturels, nos sources d’activités
potentielles, d’investissements et d’emplois. Nous voulons regarder vers le Sud
et travailler avec nos amis israéliens ; vers l’Ouest, en direction de
Chypre, des Européens, et, plus loin, des Etats-Unis ; vers les émirats et
les monarchies arabes, auxquelles nous avons toujours servi d’intermédiaires
avec le monde chrétien. Nous voulons participer au projet d’exploitation du gaz
dans le bassin est-méditerranéen, ainsi qu’à la construction du gazoduc vers l’Europe
avec nos amis grecs et italiens.
Deux attaques aériennes durant cette nuit (mardi à
mercredi) attribuées à Israël par les media officiels syriens.
La première a visé des éléments iraniens ainsi que des
milices chiites irakiennes et libanaise à leur service à l’entrée de la ville
de Deir ez-Zor, sur l’Euphrate. Les dégâts sont importants, il y a des morts
parmi ces combattants ainsi que dans les rangs de l’Armée gouvernementale syrienne.
Le second raid, le plus important, a ciblé la base aérienne
T4, ou aéroport al Althias, du nom de la ville-oasis Khirbat Thiyas, toute
proche, qui est située en plein désert syrien, à 55km à l’ouest de Palmyre et à
83km à l’est de Homs.
L’attaque au missile a été d’une rare violence. Radio
Damas, au milieu d’informations fantaisistes faisant état de missiles
israéliens abattus (au début, ils ont prétendu que l’attaque avait été
repoussée par la DCA d’al Assad), a reconnu finalement d’importants dégâts
matériels.
Les autres nouvelles des media gouvernementaux syriens sont
sans intérêt. Elle ne constituent pas de l’information mais de la propagande.
Plusieurs bombardiers Soukhoï 22 et 24 de fabrication russe
ont été détruits au sol.
Faute de toute information côté israélien, on ignore quels
étaient les objectifs visés et la raison de ces opérations.
Nous ignorons également les bilans de cette intervention,
les lignes téléphoniques ayant été interrompues immédiatement après l’assaut,
probablement afin d’empêcher Michaël Béhé de s’entretenir avec les médecins de
l’hôpital de Khirbat Thiyas. D’après ce dernier toutefois, le bombardement de
cette nuit "pourrait être les plus violent de ceux qui ont touché T4 jusqu’à
présent. En considération des dommages subis dans la base aérienne",
poursuit le chef de la Ména libanaise, "les pertes en hommes et en
matériel sont probablement très importantes".
On sait en revanche que T4 constitue une importante base
militaire partiellement cédée aux Iraniens, et qu’elle a été prise pour cible
au moins huit fois déjà par Tsahal dans le passé (selon le décompte de la Ména).
Nous savons également que deux gros porteurs syriens ont
atterri hier, des Ilyushin 76, en provenance de Téhéran, à 11h20 et
respectivement 13h, heures locales. On pouvait suivre leurs périples sur l’application
Flightradar24.
Vu la virulence de l’intervention attribuée à Israël, soit
l’état-major israélien entendait détruire les armes amenées par les Ilyushin
avant qu’elles ne puissent être mises à l’abri, soit les Iraniens préparaient
une opération imminente contre l’Etat hébreu.
Nous remarquons également que lors de la présentation
annuelle du Renseignement militaire israélien qui s’est déroulée ce mardi, les
intervenants ont estimé que l’élimination de Qassem Souleimani, la mobilisation
du régime théocratique afin de réprimer la révolte populaire, ainsi que la
tension entre la "République" Islamique et les Etats-Unis
constituaient un moment opportun pour frapper très fort le déploiement perse en
Syrie. Plus encore que jusqu’à maintenant.
Des sources militaires irakiennes ont informé l’agence Reuters
que sept roquettes avaient frappé ce dimanche en fin d’après-midi la base
aérienne d’al Balad [carte].
L’emplacement géographique de la base d’al Balad/Yathrib
Cette dernière est située près du village de Yathrib, à
14km à l’est de la ville d’al Balad (80 000 hab.). Elle abrite à la fois des
soldats gouvernementaux et des militaire américains et se trouve à 60km au nord
de Bagdad.
Il s’agit de la plus grande base aérienne en Irak [carte].
Selon des sources concordantes, seules cinq roquettes ont atteint
Yathrib.
On ignore pour le moment s’il y a des victimes américaines ou
des dégâts, et si cette attaque sera suivie de représailles étasuniennes. Ce
qui serait sans doute le cas si des soldats U.S. ont été touchés.
Selon Radio Bagdad, captée par notre camarade Jules
Mazouz, quatre soldats irakiens auraient été blessés lors de l’attaque. Les
informations de Radio Bagdad sont à considérer avec précaution, plusieurs
nouvelles que cette station a récemment émises s’étant avérées sans fondements.
Il s’agit d’une radio gouvernementale.
Les milices chiites irakiennes supplétives de l’Armée
iranienne sont sans doute à l’origine de ces tirs de Katiouchas.
Deux raids aériens sur Boukamal attribués à Israël (011012/19)
La nuit dernière (jeudi à
vendredi), des chasseurs-bombardiers ainsi que des drones ont effectué deux
raids visant des intérêts iraniens dans la région de Boukamal en Syrie, à la
frontière avec l’Irak.
Les chasseurs-bombardiers
ont détruit des entrepôts ainsi que des infrastructures dans la base Imam Ali
construite par l’Armée de la "République" Islamique d’Iran.
Des drones ont quant à eux
ciblé et anéanti un convoi de camions en provenance d’Iran dès qu’il eut
franchi la frontière syrienne. Les véhicules étaient conduits et protégés par
des miliciens chiites des Hachd al-Chaabi, les Unités de Mobilisation Populaire.
Tous les camions ont été
oblitérés et les drones ont ensuite donné la chasse aux miliciens qui s’éloignaient
des poids lourds en feu.
Les véhicules
transportaient des missiles balistiques et les entrepôts accueillaient des
armes du même type.
Selon Michaël Béhé, le
chef de la Ména libanaise, qui s’est entretenu par téléphone avec des personnels
hospitaliers de l’hôpital de Boukamal, 9 miliciens auraient péri lors de ces
raids et 5 autres seraient blessés, dont 2 dans un état désespéré.
La plupart des media
régionaux attribuent ces nouveaux raids au Khe’l Avir, l’Armée de l’air
israélienne, ce qui est plausible.
Les images satellitaires prises
par la société spécialisée ImageSat International (ISI) indiquent que les
Iraniens investissent de très gros efforts afin de reconstruire et d’améliorer
les capacités de leur grande base frontalière d’Imam Ali.
Photo d’ISI montrant les récentes réalisations souterraines des Iraniens
à Imam Ali
Les nouvelles installation
comprennent de nombreuses fortifications souterraines, des tunnels et des
entrepôts pouvant recevoir des armes et des munitions.
Selon des sources
concordantes, Vladimir Poutine aurait informé le régime de Bashar al Assad de l’intention
des Américains de couper définitivement l’autoroute chiite reliant l’Iran aux
frontières libanaise et israélienne.
A la Ména nous n’avions
pas compris la décision étasunienne d’empêcher les FDS sous commandement kurde
de couper ce corridor passant le long de l’Euphrate sur son versant occidental.
A plusieurs reprises durant la guerre menée ces dernières années par la
coalition face à DAESH et aux soldats de l’Armée gouvernementale alaouite des al
Assad, les Peshmerga avaient atteint la route en question lors de leur
offensive terrestre. Pour des raisons difficiles à saisir, le commandement américain
leur avaient alors ordonné de se retirer sur la rive orientale du fleuve.
D’autre part, les services
de Renseignement U.S., canadiens, et très probablement israéliens ont déterminé
avec certitude que le Boeing 737-800 de la compagnie nationale Ukraine
International Airlines qui s’est écrasé au décollage de l’aéroport Imam
Khomeiny de Téhéran a été abattu par un missile sol-air iranien. Les 176
passagers et membres d’équipage ont péri lors du crash. Parmi les morts on
dénombre des Iraniens, des Canadiens, des Ukrainiens, des Suédois, des
Allemands et des Britanniques.
Le jour même du crash, la
Ména avait soutenu cette hypothèse, exprimée noir sur blanc dans l’article "L’Iran
attaque des bases U.S. au missile balistique et place le M.O au seuil de la
guerre" :
"On ignore
si cet accident aérien est lié d’une manière ou d’une autre aux activités
militaires dans la région. La concomitance des divers évènements nous semble
suspecte, ce d’autant plus que la compagnie ukrainienne a immédiatement décidé
de cesser la desserte des aéroports iraniens après l’accident. Ce qu’elle
n’aurait pas fait si elle ne prenait pas en compte une cause non-accidentelle
de la catastrophe. Il pourrait théoriquement s’agir d’un
tir par erreur de la DCA iranienne aux aguets, ou d’un système de tir
automatique. On ne tardera pas à le savoir".
Il s’agit effectivement d’un
"tir par erreur de la DCA iranienne aux aguets" (et on n’a pas tardé
à le savoir). Ce qui n’excuse rien du tout. Ce tir est constitutif d’un meurtre
de 176 innocents et non d’un assassinat, ce qui aurait été le cas si le tir
avait été volontaire.
Par Stéphane Juffa avec tous les journalistes de la Ména postés au
Moyen-Orient
Entre 01:45 et 02:45 heure irakienne (00:45 – 01:45 à Métula et 23:45 –
00h:45 à Paris) la "République" Islamique d’Iran a lancé 15 missiles
balistiques de moyenne portée en direction de deux bases situées en Irak qui
abritaient des soldats américains.
Les résultats détaillés et les bilans de ces frappes n’ont pas encore
été publiés par les organes militaires et gouvernementaux aux Etats-Unis.
Officiellement, pour la raison qu’ils seraient toujours en train d’évaluer les
dégâts et les pertes éventuelles causés par ces attaques. En réalité, c’est parce
que lesdites informations recèlent quantité d’enseignements relatifs aux
capacités des missiles utilisés, qui sont actuellement disséqués par les
spécialistes américains et israéliens. Et également, afin de ne pas fournir d’éléments
pouvant être utiles à l’ennemi persan.
Les objectifs visés étaient les bases aériennes de Aïn al Assad [ara. :
l’œil du lion] à 100km à l’ouest de Bagdad, et le Q.G des forces U.S. à Erbil,
capitale du Kurdistan irakien [carte].
Nous n’avons aucune information relative aux résultats des frappes à
Aïn al Assad. En revanche, le correspondant permanent de la Ména au Kurdistan,
Perwer Emmal, a pu recueillir les conclusions de celles d’Erbil, de la bouche d’un
responsable officiel de l’Entité politique autonome kurde du nord de l'Irak.
Selon ce dernier, et la source a été vérifiée par nos soins, deux
missiles iraniens ont atteint Erbil ; l’un s’est écrasé dans le périmètre
élargi de l’aéroport international local, à l’écart des installations aéroportuaires
et n’a pas explosé. Le second a touché une zone désertique à 35km environ à l’ouest
de la ville d’Erbil sans causer de victimes ni de dégâts matériels.
Tir d’un missile balistique
iranien ce matin
Par comparaison, les missiles balistiques israéliens, à l’instar des
dernières conjugaisons du Jéricho, peuvent atteindre n’importe quelle cible sur
la Planète avec une charge utile (classique ou nucléaire) de 1 300kg, et un
MECP [écart circulaire maximum probable] de l’ordre d’un kilomètre.
Les résultats médiocres des tirs sur Erbil, s’ils sont confirmés par
ceux d’Aïn al Assad, démontreraient que la théocratie chiite a eu recours à des
armes qui ne sont pas opérationnelles. Ce qui la priverait des moyens nécessaires
pour espérer soutenir une confrontation avec Washington ou Jérusalem.
L’usage d’armes non-opérationnelles de ce type participerait d’une
tentative désespérée de nature suicidaire de la part des ayatollahs, car aucun
Etat ne viserait la plus puissante armée du monde avec des armes inopérantes.
Qui plus est, l’emploi de telles armes démontrerait aux Américains et aux
Israéliens que Téhéran est pratiquement démuni de moyens offensifs face à une
éventuelle attaque visant ses installations stratégiques.
Les media de la junte religieuse perse annoncent avoir tué plus de
quatre-vingt militaires étasuniens lors de l’attaque de cette nuit qu’elle
avait baptisée "Opération shahid [martyr] Qassem
Souleimani".
Le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique, le corps d'élite de
l'Armée iranienne qui était soumis au commandement de feu Qassem Souleimani, a fait
savoir que les attaques contre les bases irakiennes étaient une vengeance dure
pour la mort de son chef.
Le CGRI a déclaré que tout pays abritant des troupes américaines
pourrait être soumis à "des actes hostiles et agressifs" et a appelé
les citoyens américains à demander à leur gouvernement de retirer ses troupes de
la région.
"Nous avertissons le Grand Satan", a poursuivi le communiqué
des Pasdaran, "que si vous répétez votre méchanceté, engagez des actions ou
une agression supplémentaire, nous répondrons par des réponses encore plus
douloureuses et écrasantes".
D’intenses consultations sont actuellement en cours au sommet de l’Etat
et de l’Armée américaine, idem en Israël, ainsi qu’entre Washington et
Jérusalem et d’autres alliés des USA.
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, le secrétaire à la Défense
Mark Esper et le président du Joint Chiefs of Staff, le Général Mark Milley, se
sont rendus à la Maison Blanche après l'attaque et ils en sont repartis deux
heures plus tard.
Aux Etats-Unis, on est en train de décider si on va ou non frapper tout
ou partie des 52 sites stratégiques identifiés en Iran par le Renseignement
U.S. Au cas où la totalité de ces sites serait détruite, cela priverait pratiquement
la théocratie chiite de tout recours à la force militaire et la priverait
définitivement de son infrastructure nucléaire destinée à produire une bombe
atomique.
L’Armée américaine a dépêché ces derniers jours six bombardiers
stratégiques B-52 sur la base britannique de Diego Garcia dans l’océan indien.
Diego Garcia se trouve à 3 500km de la partie méridionale de l’Iran et est ainsi
à portée de n’importe quel objectif sis sur le territoire des ayatollahs.
Dans le cas où un militaire américain aurait été tué ou sérieusement
blessé lors de l’attaque de cette nuit, Donald Trump n’hésitera sans doute pas
à lancer une contre-attaque sur l’Iran. Si tous les missiles perses ont manqué
leurs cibles, le président posséderait la latitude de décider de mettre fin au
cycle de violences-représailles qui a suivi l’élimination du chef des Gardiens
de la Révolution khomeyniste, feu le Général Qassem Souleimani. Ce, sans qu’aucun
soldat de l’Oncle Sam n’aurait été blessé.
Jusqu’à maintenant, la présidence américaine ne s’est exprimée qu’au
travers d’un message du Président sur Twitter dont le contenu est : "Tout
va bien ! Des missiles ont été lancés depuis l’Iran sur deux bases situées
en Irak. L’évaluation des victimes et des dommages a lieu actuellement. Jusqu’ici
tout va bien ! Nous possédons l’armée la plus puissante et la mieux
équipée du monde et de loin. Je ferai une déclaration demain matin (mercredi
après-midi en Israël et en Europe)".
Diverses sources iraniennes ont annoncé qu’en cas de réplique
américaine, la théocratie avait ordonné à sa milice supplétive libanaise du Hezbollah
d’attaquer Israël. Tsahal est parfaitement préparé à cette éventualité et il a
déployé toutes les ressources nécessaires pour y faire face. Y compris celles
lui permettant, le cas échéant, de mener une opération préventive au pays des
cèdres, mais aussi de moyens défensifs et offensifs de contre-attaque.
Rien ne dit non plus que
le Hezbollah – qui dispose d’une certaine marge de manœuvre autonome - obéirait
aveuglément à un ordre de ce type qui, il le sait, pourrait le conduire à son
éradication ainsi qu’à l’oblitération d’un grand nombre d’infrastructures indispensables
du Liban.
D’autre part, à un petit
intervalle du moment durant lequel se déroulaient les attaques au missile en
Irak, un Boeing 737-800 à peine sorti d’usine, de la compagnie nationale Ukraine
International Airlines s’est écrasé au décollage de l’aéroport Imam Khomeiny de
Téhéran. Les 176 passagers et membres d’équipage ont péri lors du crash. Parmi
les morts on dénombre des Iraniens, des Canadiens, des Ukrainiens, des Suédois,
des Allemands et des Britanniques.
Selon Radio Bagdad, la station gouvernementale
irakienne, captée par Jules Mazouz, les Iraniens et/ou leurs milices
supplétives chiites irakiennes ont bombardé six bases américaines en Irak.
Les journalistes de Radio Bagdad étaient
particulièrement tendus à l’antenne.
Des soldats U.S. auraient péri lors de ces attaques, qui
visent principalement les positions étasuniennes dans la région de Mossoul, à
240km au nord de Bagdad.
Nous tenons pour certain que la base de Kindi, située dans
le nord de cette ville, a essuyé les tirs de nombreuses roquettes.
Tirs de mortiers également sur la base de Kiara où résident
des forces américaines dans la même région. Le poste de commandement opérationnel
régional U.S. à Ninive, à 75km à l’ouest de Mossoul, a lui aussi été visé par
des mortiers.
RT, anciennement Russia Today, une chaîne de
télévision d'information internationale en continu financée par l'Etat russe,
diffuse ces images de l’une de ces attaques antiaméricaines :
Dans un communiqué, les Phalanges du Hezbollah (une milice
chiite sous commandement iranien) ont appelé ce soir "les frères des forces
de sécurité irakiennes (l’Armée nationale irakienne) à s'éloigner des bases
ennemies américaines à pas moins de 1000 mètres". Plusieurs bases militaires
hébergeant à la fois des militaires américains et irakiens.
Selon des sources concordantes et fiables, les Américains ont
entamé leurs ripostes, bombardant depuis les airs une position iranienne en
Irak et faisant au moins dix morts et un nombre non encore identifié de blessés
parmi les militaires de Téhéran
Un autre raid a été mené contre une position
iranienne/milices chiites irakiennes dans la zone frontalière entre la Syrie et
l’Irak, non loin d’Abou Kamal.
Les appareils de l’U.S. Air Force survolent massivement l’Irak,
y compris Bagdad, ainsi que des zones en territoire syrien.
Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, rapporte également
une très intense activité aérienne israélienne dans tout le sud libanais.
Actuellement la situation est calme sur l’ensemble du territoire
israélien, qui subit des trombes d’eau depuis deux jours, occasionnant des
inondations, notamment dans la région de Tel-Aviv. Tsahal est placé en état d’alerte
élevé.
Etat d’alerte au Moyen-Orient : l’estimation des dangers (030301/20)
L’élimination cette nuit du Général Qassem
Souleimani, le commandant de la force al Qods [ara. : Jérusalem], no.2 de
la théocratie chiite iranienne, probablement lors d’une opération conjointe
américano-israélienne, modifie totalement les fondamentaux de la situation
moyen-orientale.
Ce pour une raison très simple : en annonçant qu’il
avait donné l’ordre de procéder à l’oblitération ciblée du général iranien,
Donald Trump a clairement démontré qu’il était prêt à une confrontation majeure
avec la dictature de Téhéran. [Regarder la vidéo filmée par l’Armée américaine montrant
le moment où le véhicule de Souleimani a été la cible d’un missile de précision
tiré par un drone : https://youtu.be/R-9gYccauyE].
Avant de prendre cette décision, Trump ne pouvait pas, en
effet, ignorer que l’anéantissement du no.2 du régime perse, le premier
militaire du pays, le chef de sa stratégie, de la confrontation avec Israël et
de l’expansion de l’empire chiite en direction de l’Irak, de la Syrie et du
Liban risquait de déclencher un processus d’affrontement direct qui aboutirait
potentiellement à une guerre ouverte et totale.
Pour la première fois depuis son accession à la présidence,
Donald Trump, qui déteste le recours à la force militaire, s’en est pris
directement aux Iraniens – et non plus à leurs supplétifs -, et encore à l’échelon
le plus élevé.
Il est ainsi évident qu’il a pris en compte l’hypothèse d’un
conflit et qu’il l’assume.
Tout comme il est évident qu’il s’agit d’un choix à
caractère stratégique et non d’une réaction à l’attaque de l’ambassade
américaine à Bagdad, orchestrée par la junte des ayatollahs de Téhéran.
Certes, en agissant de la sorte, Trump se démarque de Jimmy
Carter et de la façon dramatique qu’il avait eue de gérer la crise des otages
de l’ambassade américaine à Téhéran en 1979, et cela est de bonne guerre en
cette année électorale.
Mais le président étasunien est solidement entouré par d’excellents
stratèges militaires. Même s’il ne les écoute pas toujours, il n’a pu ignorer
ce qu’ils ne cessent de lui répéter : on ne prend pas le risque de
déclencher une guerre en représailles à quelque provocation tactique que ce
soit.
Si on le fait, à l’instar de l’immense erreur d’Ehud Olmert
face au Hezbollah à l’été 2006, on laisse à l’adversaire le privilège de
choisir le moment de la confrontation. Cela équivaut aux échecs à opter de
commencer la partie avec les noirs alors que l’on peut jouer avec les blancs.
En termes strictement stratégiques, on peut s’interroger
sur la raison qui avait poussé Trump, en 2017, à abandonner les Kurdes (déjà)
irakiens alors qu’ils étaient confrontés autour de Kirkouk aux mêmes Forces de
Mobilisation Populaires. Ces dernières étaient encadrées par des officiers
iraniens sous le commandement de Qassem Souleimani ; elles supportaient l’essentiel
de la confrontation aux côtés de l’Armée irakienne, obéissant aux injonctions d’un
gouvernement chiite inféodé aux ayatollahs iraniens. Le comble de la sottise
fut que pour vaincre les Kurdes, les Iraniens et les Forces de Mobilisation
Populaires s’appuyèrent uniquement sur le matériel que les Américains avaient
fourni à Bagdad.
Si Trump avait alors soutenu ses alliés kurdes, Téhéran n’aurait
pas pu s’implanter comme il l’a fait en Irak, pas plus qu’il n’aurait pu
construire sa fameuse autoroute chiite en direction de Beyrouth et de
Jérusalem.
Ce fut un monumental gâchis, une erreur stratégique majeure
et coûteuse. On peut sans doute la mettre sur le compte d’un président encore
inexpérimenté à l’époque en matière de compréhension du labyrinthe
moyen-oriental.
Laissons toutefois le passé là où il se trouve, car la
question est désormais "que va-t-il se passer ?".
Avant de l’envisager, il convient tout de même de préciser
que le narratif de la quasi-totalité des autres media européens et américains
relativement à la situation prévalant en Irak est trompeur. Contrairement à ce
qu’ils racontent, il n’existe pas de "peuple irakien" homogène, mais
deux groupes ennemis ; les chiites, alignés sur Téhéran - à l’exception
notable de l’imam chiite Moqtada al-Sadr, de ses nombreux partisans et de sa
milice ouvertement opposée aux Iraniens - qui pleurent l’élimination de
Souleimani.
Et les sunnites et les Kurdes, qui représentent environ 45%
de la population, qui sont fermement opposés au gouvernement en place et à l’invasion
rampante des Iraniens. Sur cette vidéo, on voit des milliers de sunnites irakiens
manifester leur joie au péril de leur vie à l’annonce de l’éradication du
général perse : https://twitter.com/SecPompeo/status/1212955403077767168
Cette précision, pour expliquer que les Iraniens ne sont
pas en Irak en terrain conquis, et qu’en cas de guerre totale, les Américains
peuvent compter sur la moitié de la population ainsi que sur les milices sunnites
qui ne participent pour le moment à aucune confrontation.
En Irak, il y a donc ceux qui ont attaqué l’ambassade
américaine, les chiites aux ordres de Khameneï, anciennement transmis par feu
son régisseur Souleimani, et ceux qui fêtent la perte de ce dernier. Ils ne
sont pas réconciliables, en tout cas tant que les Perses n’auront pas quitté
définitivement leur pays.
Les dirigeants de la junte religieuse persane pleurent leur
général [https://youtu.be/st4HXoZX228],
tout en lançant des
menaces de guerre imminente.
Ainsi le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, après
avoir décrété un deuil national de trois jours, a déclaré qu' "une vengeance
terrible attendait les criminels qui ont assassiné Souleimani". Il a pris
la décision de nommer Souleimani chef d’état-major à titre posthume et de lui
décerner le grade de Sfihabad, maréchal. Khameneï a en outre désigné le
Brigadier Général Esmaïl Qaani, ancien bras droit de Souleimani, comme nouveau
chef de la force al Qods.
Toutes les forces militaires présentes aux abords du
Moyen-Orient et à l’intérieur de celui-ci sont en état d’alerte, y compris
Tsahal bien entendu. En Israël, les permissions ont été supprimées, toutes les
bases sont en mode opérationnel et d’autres mesures qu’il n’est pas nécessaire
de mentionner dans ces colonnes ont été prises.
L’Armée a fermé la station de ski du mont Hermon par
précaution ; c’est l’une des parties du territoire les plus exposées à d’éventuelles
représailles. Si cela n’avait pas été le cas, les pistes auraient été envahies
par des dizaines de milliers de skieurs ce weekend, car l’enneigement y est
particulièrement abondant. L’espace aérien civil dans le Doigt de la Galilée n’a,
en revanche, pas été fermé, comme c’est le cas en présence d’un danger
imminent.
L’Armée
a barré les accès aux pistes de ski
Je décrirai l’état d’esprit de Tsahal comme prêt à toute
éventualité dans une grande sérénité. Cela découle de la constatation selon
laquelle l’ennemi ne dispose pas des moyens nécessaires afin de se mesurer
militairement à l’Etat hébreu. Encore moins aux Etats-Unis.
Pour être plus précis encore, on dira que toute action
militaire majeure de la théocratie chiite participerait de l’ordre du suicide.
Ce, notamment parce que du point de vue stratégique, plusieurs Etats dont
Israël n’attendent que l’opportunité adéquate pour réduire à néant l’infrastructure
nucléaire des ayatollahs, leurs fabriques et concentrations de missiles, ainsi
qu’un répertoire trèsbien choisi de
cibles, en Iran, en Irak et en Syrie.
Le commandant en chef de l’Armée iranienne a beau déclarer
ce matin que "nos missiles se trouvent en alerte de guerre et nous
attendons les instructions du président", il n’impressionne pas les
responsables militaires qui lui font face.
L’éventualité la plus désagréable est celle représentée par
la menace des milliers de roquettes aux mains du Hezbollah libanais. Mais la
même équation s’impose à son chef, le Sayyed Hassan Nasrallah : tout acte
hostile à l’encontre d’Israël exposerait son organisation et sa propre personne
à un éventuel anéantissement.
Nasrallah a certes promis le "juste châtiment aux assassins
criminels responsables de la mort du général iranien Qassem Souleimani". Soulignant
que "ce sera la responsabilité et la tâche de tous les résistants et
combattants à travers le monde", mais s’il est sensé, ce qui est
ordinairement son cas, il s’en tiendra aux menaces non suivies d’effets.
C’est d’ailleurs le questionnement de base : l’appréhension
du rapport de force entre l’Iran et ses adversaires implique pour ses
dirigeants, au-delà du doute sensé, de s’abstenir de toute action militaire.
Reste que si la dictature chiite ne réagissait pas à l’élimination de son
principal chef de guerre, elle perdrait toute crédibilité en tant que puissance
militaire.
Ce qu’il lui reste dans l’éventail des possibilités de "riposte
raisonnable" se situe dans des actes très circonscrits, indirectement de
préférence, par l’intermédiaire des nombreuses milices étrangères que l’Iran a
créées, notamment au Yémen, en Irak et au Liban. Mais alors que les forces
occidentales dans la région sont sur le pied de guerre, à l’abri de la
surprise, la liste des choix de réplique est objectivement très limitée.
Au cas où Téhéran ne souhaite pas déclencher son propre Armageddon,
ses représailles devront se cantonner dans le domaine des attentats contre des
personnes ou dans celui des actes de guérilla.
La France s’est exprimée par la voix d'Amélie de
Montchalin, la secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes ; celle-ci a
affirmé que "quand de telles opérations ont
lieu, on voit bien que l'escalade est en marche, alors que nous souhaitons
avant tout la stabilité et la désescalade". Derrière ce discours aux
apparences de responsabilité, les mots stabilité et désescalade expriment la
volonté de maintenir le statu quo, c’est-à-dire de préserver la dictature odieuse
des mollahs et des ayatollahs, ce qui nous semble à vrai dire difficilement
compréhensible. Ce qu’elle nomme "de telles opérations" est somme
toute l’anéantissement d’un méga-criminel dont les mains étaient entachées du
sang de milliers d’être humains et qui n’avait jamais dissimulé sa haine à l’encontre
des régimes démocratiques et laïcs à l’instar de celui de la France.
La Ména diffuse ci-après les images édifiantes de l’oblitération
du Général Qassem Souleimani, le commandant de la force al Qods [ara. : Jérusalem]
des Gardiens de la Révolution Islamique Iranienne.
Le Général Qassem Souleimani, le commandant de la force al
Qods [ara. : Jérusalem] des Gardiens de la Révolution khomeyniste, la première
unité d’élite de l’Armée iranienne, a été tué durant une attaque aérienne à l’Aéroport
International de Bagdad. A la Ména on estime l’attaque aux alentours de 2h30
heure locales.
Outre le fait qu’il commandait les fronts syrien et irakien
et qu’il recevait ses ordres directement du Guide suprême Ali Khameneï, Souleimani était l’officier supérieur principal de l’Armée
iranienne. Il était considéré comme le no.2 de la théocratie persane.
Le cadavre de Souleimani a été identifié grâce à la bague qu’il
ne quittait jamais
Abu Mahdi al-Muhandis, le no.2 des Forces de Mobilisation
Populaires, la milice chiite irakienne, qui est la principale organisation supplétive
de la "République" Islamique d’Iran, a également péri lors du raid. Il
était venu accueillir Souleimani à l’aéroport.
Ahmed al-Assadi, le porte-parole des Forces de Mobilisation
Populaires, a accusé l’ennemi américain et israélien d’être à l’origine de la
mort du moudjahid [ara. :un combattant
de la foi qui s'engage dans le Djihad] Abu Mahdi al-Muhandis.
L'avion de Souleimani était arrivé du Liban ou de Syrie. La
frappe aérienne a eu lieu dès qu'il est descendu de l'appareil. Al-Muhandis et
ses compagnons qui étaient présents ont tous été oblitérés par l’explosion. Ils
se trouvaient dans deux véhicules qui ont été spécifiquement visés et détruits.
Parmi eux, deux chefs d’autres milices irakiennes chiites fidèles
à l'Iran ont également perdu la vie lors de l’opération, dont un responsable du
Kataëb [ara. : phalanges] Hezbollah, impliqué dans l'attaque contre l’ambassade
des Etats-Unis cette semaine.
Le Kataëb Hezbollah, est une milice chiite irakienne qui n’a
rien à voir avec le Hezbollah libanais. Il prend ses ordres à Téhéran.
L’attaque de ce matin intervient suite à l’attaque de l’ambassade
américaine le weekend dernier, orchestrée par les supplétifs de Téhéran en
réaction aux frappes aériennes U.S. dimanche. Ces frappes ont tué 25
combattants des Kataëb Hezbollah. L'Armée étasunienne avait alors déclaré que
les frappes étaient des représailles au meurtre, la semaine dernière, d'un
entrepreneur américain lors d'une attaque à la roquette sur une base militaire
irakienne conduite par la milice.
Selon les techniques employées ce vendredi matin, il nous
semble à la Ména que l’opération de neutralisation de ce matin à l’aéroport de
Bagdad est une opération conjointe des armées israélienne et américaine.
En ce moment-même, Tsahal envoie d’importants renforts sur
les fronts septentrionaux. On craint en Israël que cette élimination ne
déclenche le conflit généralisé avec l’Iran.
L’adjoint au Conseil à la Sécurité Nationale sous Barack
Obama, Ben Rhodes, l’un des principaux artisans de l’Accord nucléaire avec l’Iran,
celui qui avait également suggéré à Obama d’abandonner Hossni Moubarak :
"Bien sûr, Souleimani a beaucoup de sang sur les
mains.Mais c'est un moment réellement
effrayant. L'Iran va répondre et probablement dans plusieurs endroits. Je pense
à tous les personnels américains dans la région".
Les journalistes de la Ména sont à pied d’œuvre.
Les vœux des rédacteurs de la Ména pour 2020 (010101/20)
Stéphane
Juffa à Métula, rédacteur en chef et
analyste stratégique
Israël est un pays fort et structuré. C’est ma constatation essentielle
au vu de sa capacité à traverser l’une des plus violentes crises politiques de
son histoire sans perturbations majeures.
En dépit de la mise en accusation de son Premier ministre et des agressions
verbales de ce dernier visant les magistrats qui le mettent en cause, allant
jusqu’à les accuser d’avoir fomenté un "coup d’Etat" contre sa
personne, Israël continue de vivre d’une manière relativement sereine.
La magistrature, privée pourtant de procureur général par la volonté de
Netanyahu et de ses séides, qui retardent sa nomination pour de sombres raisons
personnelles, continue de fonctionner et elle est considérée avec raison à
l’étranger comme l’une des plus indépendantes et équitables de la Planète.
La high-tech, principalement dans le domaine médical, est en train de
développer des remèdes contre le cancer. Elle se place également à la pointe du
progrès dans une multitude d’autres domaines.Son chiffre d’affaires ne cesse d’augmenter au rythme de ses avancées,
jonglant avec les dizaines de milliards d’euros. Les publications scientifiques
internationales sont remplies d’articles relatant ses découvertes.
L’Armée israélienne, sous le commandement remarquable du Général Aviv
Kokhavi, gère indépendamment du tumulte politique la sécurité du pays. La
plupart des opérations qu’elle lance chaque semaine pourraient figurer dans les
livres d’histoire et être enseignées dans les écoles militaires. Nul doute
qu’elles le seront. Tsahal a fait en sorte qu’aucun projectile n’a traversé
notre frontière septentrionale en 2019 sans être instantanément abattu, et ceux
qui les avaient lancés, tout comme ceux qui leur avaient ordonné de le faire,
ne se trouvent plus parmi nous pour en parler.
On en viendrait presque à penser qu’Israël se porte mieux sans
gouvernement opérationnel et sans parlement depuis un an qu’auparavant.
Les préoccupations pourtant ne manquent pas, à commencer par la
situation de guerre larvée avec l’Iran et par le déficit qui se creuse à cause
de l’inaction prolongée dans la gestion des finances publiques.
2019 a été une bonne cuvée pour la qualité des analyses et la précision
des breaking news de la Ména. L’appareil est bien rôdé sans qu’aucun de ses
rouages n’ait jamais sombré dans la routine ou l’autosatisfaction. Je me
permets de saluer particulièrement les équipes qui passent leurs nuits à vous
informer sur les activités militaires en Syrie et en Irak, mais surtout, et ce
sont en partie les mêmes, ceux qui ont assuré la couverture du conflit entre la
Turquie et les Kurdes, parfois au péril de leurs vies. La Ména a été reconnue à
cette occasion par nombre de ses pairs comme ayant été le media d’information
et d’analyse principal de cette guerre.
Je termine mes vœux par une pensée émue, suite à la disparition
douloureuse de deux grands amis de notre agence, à quelques jours d’intervalle,
durant l’année écoulée ; Roger Bismuth, l’humaniste et le visionnaire qui
avait réalisé la synthèse impossible entre les mondes arabe et juif, et Maurice
de Paillette, grand officier de terrain de l’Armée française, homme de culture,
de partage et de tradition. Je les avais d’ailleurs fait se rencontrer et leurs
discussions nocturnes me laisseront un souvenir inexhaustible.
Pendant que je rédigeais ces vœux, j’ai appris le décès du Professeur
Haïm Vidal Sephiha, le 17 décembre dernier à Boulogne-Billancourt. Haïm était
l’âme de la langue et de la culture judéo-espagnoles, qu’il avait ressuscitées
et réhabilitées dans la réalité moderne. C’était un grand homme passionné
auquel je consacrerai un article distinct dans les semaines à venir. Il avait
plusieurs fois publié des textes dans les colonnes de la Ména qui nous avaient
tous enthousiasmés, et qui avaient largement étendu nos connaissances sur notre
propre histoire. Il suivait assidument nos articles depuis les premiers jours.
Que son âme repose en paix dans le sommeil des Justes.
Je salue également la mémoire des trois camarades qui nous ont quittés
depuis la création de la Ména, Luc Rosenzweig, l’une des plus fines plumes
qu’ait connu le journalisme français, Laurent Murawiec, l’un des plus éminents
analystes stratégiques de notre époque, qui a influencé plusieurs gouvernements
américains, dont celui de Donald Trump, et Gérard Huber, écrivain et psychanalyste
français, auteur notamment du livre de la Ména sur la Controverse de Nétzarim.
A cette liste de disparus depuis notre création, il convient d’ajouter
le Capitaine de la marine marchande Khananya Peretz et le Général Benny Peled,
ancien commandant du Khe’l Avir, l’Armée de l’Air israélienne. Nous n’oublions
aucun d’entre eux, ils nous inspirent quotidiennement dans notre travail. Parce
que personne n’a acquis sa capacité de comprendre le monde sans l’aide de ceux
qui nous ont précédés, et parce qu’il n’existe pas de chemin que l’on puisse
emprunter qui n’ait été tracé par quelqu’un d’autre avant nous.
Tous ont été nos maîtres et nos amis, sans lesquels nous ne serions pas
ceux que, modestement, nous sommes.
Sur cette note de mémoire, recueillie mais pas triste, je vous souhaite
à tous, chers abonnés, camarades et au personnel administratif et technique de
la Ména une très belle année 2020 de santé, de qualité et d’amour. L’amour,
sans lequel tout le reste de l’existence n’a pas de raison d’être.
Michaël Béhé à Beyrouth (analyste politique, chef du bureau libanais de la Ména)
Le Liban vit depuis quelques semaines dans une atmosphère de révolte
populaire permanente. Hassan Diab a été nommé Premier ministre, mais il ne
jouit pas de la confiance de la rue ni même des formations politiques sunnites,
notamment à cause de sa proximité avec le Hezbollah. Selon la plupart des
analystes politiques libanais, Diab, bien que sunnite, serait l’homme du
Hezbollah chiite, ce qui modifierait fondamentalement l’équilibre des pouvoirs
entre les communautés religieuses dans notre pays.
Le Hezbollah, milice supplétive de l’Iran, menace en permanence
d’intervenir militairement au Liban au cas où la protestation menacerait les
institutions libanaises, qu’il noyaute et qui lui permettent de constituer un
Etat dans l’Etat. Il envoie régulièrement des casseurs agresser les
manifestants pacifiques dans la rue.
De plus en plus de Libanais, notamment lors de débats organisés pendant
les manifestations, réclament la normalisation des relations avec Israël.
L’économie et les banques sont en faillite, le gouvernement ne remplit
pas son rôle, les chefs de l’Armée sont inquiets et divisés, le président de
l’Etat, Michel Aoun est totalement impotent. Tout cela rend la situation
extrêmement fragile et explosive. Une guerre civile n’est pas à exclure en
2020.
Je souhaite aux lecteurs
libanais de la Ména un pays libre pour le réveillon 2020 et la fin de l’occupation
rampante iranienne. Ce, même au prix d’une nouvelle guerre meurtrière entre le
Hezb et Israël sur notre territoire. Mieux vaut risquer sa vie pour redevenir
libre que passer sa vie sous une occupation étrangère. La Ména constitue un
poumon d’information indépendante pour des milliers de mes compatriotes. Nous
lui souhaitons longue vie, de même qu’à tous ses abonnés et à mes chers
confrères.
Sylvie
Tobelem en Israël (1ère assistante
de rédaction)
Peu de pannes (2, très
brèves) en 2019, mais une intense activité continue de nos informaticiens afin
de préserver nos installations face aux attaques permanentes de nos ennemis,
souvent identifiables à des pays.
La gestion administrative est dans l’ensemble satisfaisante. J’ai
obtenu l’aide d’une seconde assistante à mi-temps, uniquement occupée à
enregistrer les pièces comptables. Cela me libère un peu.
Nous sommes toujours aussi fiers de participer au travail de la Ména et
avons l’impression de côtoyer les meilleurs spécialistes de la presse. C’est
extrêmement gratifiant.
Le nombre des abonnements a augmenté de 4.69% en 2019, en dépit de
l’annulation de quelques milliers d’autres, en défaut de paiement de plus de 12
mois. Cet effort d’assainissement se poursuivra l’an prochain afin de ne pas
léser les lecteurs qui s’acquittent régulièrement du prix de leur abonnement.
Des discussions vont avoir lieu afin d’envisager une hausse raisonnable
des prix des abonnements, qui n’ont jamais évolué depuis notre création en mai
2000. Depuis, la hausse des coûts, des salaires et les pertes de change sont
importantes et freinent nos projets.
Le projet de TV Ména n’a progressé que de 3% en 2019, et sa
capitalisation, de moins d’1%. Il ne semble pas que le public francophone soit
suffisamment intéressé à se doter d’une chaîne de télévision digne de ce nom. A
mon avis, nous avons réalisé un peu moins de la moitié du projet depuis 2009.
Je suis au courant de nos retards dans certains domaines de services à
la clientèle et promets de m’y atteler après de courtes vacances en famille
prévues début janvier. Entre-temps, je vous souhaite à tous, chers lecteurs,
chers administratifs et chers rédacteurs, de bonnes fêtes de fin d’année et une
nouvelle année 2020 heureuse et en pleine santé.
Perwer Emmal (correspondant dans le Kurdistan syrien)
Une guerre contre la Turquie nous a partiellement privés de notre
indépendance dans la région du Rojava, dans le nord de la Syrie. Trahis et
abandonnés par Donald Trump pour des raisons qu’il ne serait pas même capable
d’expliquer, nous avons bien résisté à la seconde plus puissante armée de
l’OTAN.
Nous avons également été capables de circonscrire l’Armée de Bashar al
Assad, un ramassis de saltimbanques d’une lâcheté difficilement descriptible,
et contrôlons toujours, de façon démocratique, une vaste majorité du Rojava.
Je suis installé dans la ville de Kobané, sous protection russe, et je
parcours sans arrêt la province pour me faire une idée du rapport de forces.
Nous jouissons toujours de l’aide indispensable d’Israël et d’un certain nombre
de pays européens, et nous avons pu échapper en 2019 à un génocide programmé
par l’Hitler du Moyen-Orient, Recep Erdogan. Principalement grâce à la
résilience de nos combattants et de nos combattantes.
Tout ceci posé, personne n’a aucune idée de ce que nous réserve
l’avenir, totalement incertain pour le peuple kurde. J’exprime toute mon
admiration pour la Ména, qui fut distinctement la principale source
d’informations vérifiables durant l’affrontement avec la Turquie, sur le plan
mondial. Son rédacteur en chef m’a même rendu visite en plein conflit à Kobané
afin de me remettre les effets et les devises qui m’ont permis de tenir le
coup. Ici aussi, la Ména est devenue indispensable. Mes meilleurs vœux à ses
lecteurs pour 2020.
Olivier Katz à Jérusalem (rédacteur-relecteur)
Au cours de 2019, les gilets jaunes et les grèves ont fait prendre
conscience aux Français que la situation économique était fragile. Pendant ce temps, le Brexit risque
de faire exploser l’Europe, les errances de la Turquie et le bellicisme iranien
menacent d’avoir raison de l’OTAN et des suprastructures mondiales. La variable
kurde, elle, est passée en pertes et profits.
Israël a vécu une période étonnante, entre roquettes au sud, opérations
au Nord et élections à rallonges en bruit de fond. Tsahal a montré les dents et s’efforce
d’installer à nouveau une dissuasion salutaire.
Pour 2020, je souhaite un Premier Ministre stable pour le pays, ce qui
favoriserait les réformes économiques, notamment en faveur des plus fragiles.
Je souhaite aussi le recul de l’arrogance iranienne, grâce aux sanctions
américaines et à leurs conséquences économiques locales. Et je souhaite avant
tout une bonne année et une bonne santé en 2020 à tous les lecteurs et amis de
la Ména.
Roger Bismuth à Tunis
Décédé le 1er octobre
2019.
Ilan Tsadik à Sdérot (journaliste, reporter, journaliste sportif)
Aviv Kokhavi, le commandant en chef de Tsahal, a révélé cette semaine
que les discussions avec le Hamas, par l’intermédiaire des Egyptiens,
progressaient de manière satisfaisante. Il a dit que l’organisation terroriste
islamique avait opté pour l’amélioration des conditions de vie dans la bande
côtière ainsi que pour une accalmie sur le long terme avec Israël.
Il a également déclaré que 99% des récentes agressions contre l’Etat
hébreu étaient le fait du Djihad Islamique et non du Hamas, qui s’efforce
d’empêcher les affrontements.
Plus important encore, Kokhavi a exprimé que l’organisation islamique
s’était réorganisée et qu’elle avait mis fin au morcellement clanique auquel
elle faisait face.
Cela répond aux informations exclusives exactes de Sami el Soudi depuis
plus d’un an, qui avait démontré que le Hamas s’était fractionné en plusieurs
groupes de miliciens qui n’obéissaient plus à un commandement centralisé.
On envisage sérieusement au Caire [où les discussions se déroulent.
Ndlr.] d’autoriser quelques milliers de Gazaouis à revenir travailler en
Israël. Et on reparle d’un port en eaux profondes, d’une nouvelle centrale
électrique, et de diverses mesures de normalisation des relations avec l’enclave
palestinienne.
Il convient certes d’avancer prudemment dans ces pourparlers, mais ils
constituent une option intéressante. Car, au bout du compte, on ne pourra pas
continuer à survivre comme on le fait maintenant, ni dans le pourtour de Gaza,
ni à Gaza même. Si vous avez des doutes, venez passer vos prochaines vacances à
la maison.
Il est nécessaire de faire des choix clairs : soit on anéantit le
Hamas et on prend la responsabilité de Gaza et de son million et demi
d’habitants, soit on tente de trouver un modus vivendi avec eux. Et s’ils
envisagent un changement de cap, c’est sans doute parce qu’ils sont éreintés
des coups de nos représailles, qu’ils sont en train de comprendre qu’ils ne
nous vaincront jamais militairement et, sans doute, que nous ne sommes pas les
pires ennemis sur lesquels ils auraient pu tomber. Un autre ennemi que nous,
avec la puissance dont nous disposons, les aurait déjà massacrés depuis
longtemps.
C’est également grâce à l’Egypte que ces changements s’esquissent, sans
elle ces nouvelles options n’existeraient pas. Bonne année à tous de Sdérot.
Claude Berger à Paris (essayiste, romancier, poète et musicien)
2020, une année cruciale ! Le besoin de démocratie et d’équité
sociale se fait sentir en Irak, au Liban, en Iran… et en France, mais aussi en
Israël.
Qualifier la crainte des migrations en Europe de
« populiste » ne rend pas compte de la déperdition culturelle qui
menace notre continent, ni de la menace bien réelle du terrorisme islamiste.
La réactivation de l’antisémitisme, sous un habit antisioniste,
réclamerait une analyse de l’inconscient culturel des droites et des gauches,
héritières d’un antijudaïsme chrétien sécularisé.
Et puis, il y a un aveuglement propre à nos sociétés fondées sur la
marchandisation du travail salarié. Mais il y a aussi des signes d’espoir y
compris au Moyen Orient ! Transformer la réalité ? Mais les vœux ne
suffisent plus. Il y a lieu de les muter en volontés. Vive la Ména !
Jules Mazouz entre Jaffa et Dunkerque (grandes oreilles)
Chers amis, comme vous le savez, la lumière du temple brilla durant 8
jours après la victoire des Hasmonéens. Ce fut un miracle parmi tant d'autres
qui ont fait d’Israël ce qu’il est aujourd'hui, gardien de nos frontières et de
notre peuple.
Puisse la même lumière apporter la paix, la sérénité et surtout la
santé à vous et à vos proches pour cette nouvelle année 2020.
Merci pour votre fidélité à la Ména.
Fayçal H. à Amman (informateur-relais)
La coopération entre le
monde arabe et l’Etat d’Israël est devenue une routine. Les rencontres
opérationnelles se suivent à un rythme soutenu, principalement entre chefs
militaires, responsables du Renseignement, experts en armement et hommes
d’affaires.
Il y a de nombreux
Israéliens, du matériel israélien et même des usines israéliennes en Arabie
Saoudite, y compris sur des sites militaires et des aéroports.
On trouve aussi des
Saoudiens et d’autres officiels arabes fréquemment en Israël. Dans la plupart
des Etats du Golfe, la présence des Israéliens est normalisée. A la Ména, nous
avions été les premiers à décrire les contacts initiaux entre Ryad et
Jérusalem, il y a de cela presque vingt ans.
Les temps ont bien
changé : les Arabes ne font plus du tout confiance aux Américains,
particulièrement après la non-réaction de leur armée suite aux attaques
iraniennes contre les raffineries de l’Est de l’Arabie Saoudite. L’une des
raisons en est que l’Amérique est désormais auto-suffisante en pétrole et même
exportatrice. La dépendance du monde occidental envers le pétrole arabe a
fortement diminué.
Dans la situation qui
prévaut désormais, le principal pilier des Arabes dans leur stratégie de
défense face à Téhéran est Israël. Cette évolution est encore renforcée par la
faible capacité militaire des Etats sunnites, incapable même de mater la
révolte des Houthis au Yémen malgré une supériorité insolente en armement et un
niveau presque illimité de leurs moyens financiers.
Le problème palestinien
n’a plus qu’une influence symbolique. Les Etats arabes n’ont plus rien à faire
de cette cause qu’ils avaient contribué à placer sur le devant de la scène,
sauf sur un point : ils connaissent la sympathie dont elle jouit dans la
rue arabe et les dirigeants ne veulent pas, en cette période délicate, se
mettre les peuples à dos. Mais pour le reste, j’ai de la peine à me souvenir
quand les organisations arabes ont lancé leur dernière campagne diplomatique
sérieuse à l’encontre d’Israël.
L’Egypte et Israël sont
quasiment des alliés stratégiques. Ils organisent des campagnes militaires
communes, particulièrement dans le Sinaï. Les relations entre les dirigeants
sont chaleureuses, coordonnées et basées sur la confiance et les intérêts
communs.
L’Etat hébreu gagne des
milliards de dollars, probablement des dizaines de milliards de dollars en
exportant ses armes, sa technologie et ses conseils dans le monde arabe.
En cas de conflit avec les
ayatollahs, et même dans les exercices réalisés en préparation de celui-ci, les
Hébreux savent qu’ils peuvent utiliser le ciel arabe, notamment celui de
Jordanie et d’Arabie Saoudite, à leur guise. Cela comprend les infrastructures
militaires au sol.
Plus la menace iranienne
sera tangible, plus l’alliance sacrée Israël-pays arabes sera visible.
Dans toutes nos capitales,
on attend avec un grand intérêt les rapports de la Ména concernant les
activités militaires en Syrie et en Irak. Notre agence possède la meilleure
réputation parmi tous les media auprès des responsables sécuritaires et du renseignement.
Notre rôle et notre fiabilité à ce titre sont particulièrement importants.
Je souhaite une excellente
nouvelle année à mes chers confrères de l’agence ainsi qu’à tous ses lecteurs,
dans le monde arabe et partout ailleurs.
Ferit Ergil (Correspondant de la Ména à Istanbul)
« Paix dans le pays, paix
dans le monde » était la devise de Kemal Atatürk, fondateur de la République de
Turquie. Et pourtant, au cours de l’année écoulée, les guerres « chaudes »
et « froides » ont fait rage dans le monde et dans nos régions.
Nous entamerons dans
quelques jours le nouvel an 2020 avec, pour ma part, un goût amer dans la
bouche, en faisant le constat de la persistance des conflits et des
interventions étrangères dans le pourtour méditerranéen. Les successeurs
d’Atatürk dans l’administration de l’Etat n’ont pas suivi ses préceptes sur le
refus d’intervenir dans les affaires des voisins.
La laïcité reste inscrite
comme un principe intangible dans la constitution turque, mais elle s’est
effritée depuis des décennies et cohabite, de nos jours, avec les dogmes
officialisés de l’Islam. L’exode des populations issues des zones de conflits
dans le voisinage, notamment en Syrie et en Irak, suscitent une xénophobie
exacerbée par les difficultés économiques du pays, le chômage massif et la
stagnation.
Une lueur d’espoir est née
à l’issue des élections municipales, avec l’avancée de l’opposition laïque dans
l’ensemble du pays et la conquête de la capitale, Ankara, et de la municipalité
métropolitaine d’Istanbul par le Parti Républicain du Peuple (laïc). Mais la
tâche des nouveaux maires sera difficile, avec l’épée de Damoclès d’une
éventuelle destitution et d’une mise sous tutelle suspendue au-dessus de leur
tête, accompagnée de pressions d’ordre financier.
J’envoie de la ville
d’Istanbul, de nouveau ornée des portraits d’Atatürk, mes vœux les plus
sincères aux lecteurs de la Ména, en espérant que la nouvelle décennie sera
celle de la paix entre les peuples de la région – une paix dictée par la
raison, la sagesse et le bon sens, contre les menées des forces obscurantistes.
Philippe
Bercovici à Bruxelles (dessinateur de BD,
auteur des illustrations de ces vœux)
Indisponible en cette fin d’année 2019.
Raphaël
Delpard en France (cinéaste, historien,
écrivain)
L’exercice prophétique est rendu difficile par la complexité des
mouvements du monde, qui ne semblent refléter ni les résultats, ni les
ambitions.
Ainsi, l’amélioration de la situation sociale des classes les plus
démunies aux Etats-Unis depuis l’élection du Président Trump devrait être
l’occasion d’un vivat général.Or, nous
assistons au contraire à la curée contre le président en exercice, pour le
jeter au sol.
Israël vit une crise structurelle qui plonge le pays, pourtant classé 5ème
parmi les pays les innovants de la Planète, dans la tourmente économique.
Certes, les Israéliens finissent toujours par trouver la solution. Mais
était-ce bien utile de plonger le pays dans une telle situation ?
Je termine ici, car le patron a bien précisé : "pas plus de
dix lignes", en disant qu’en France, le pays est ouvert à toutes les
crises. Le personnel politique de tous les bords ne réglera rien, car trop
empêtré dans son incapacité à gouverner. Je crains 2020.
Patricia La
Mosca à Paris (journaliste généraliste,
enquêtrice, chroniqueuse juridique)
J’en ai assez d’écrire chaque année à l’occasion des vœux que la
situation en France n’est pas bonne. En réalité, elle est désastreuse et elle
s’est encore nettement détériorée en 2019.
Sur le plan politique et journalistique, on n’a pas suffisamment pris
en compte que l’expression anti-israélienne s’est désormais totalement
décomplexée. On en est presque à un alignement automatique, non sur les
capitales arabes, qui se sont rapprochées de Jérusalem, mais sur les narratifs
caricaturaux et infantiles des organisations et des Etats terroristes.
Le pouvoir et la presse dissimulent en permanence la vérité sur ce qui
se passe en Turquie et en Iran. Ils continuent à soutenir ces régimes bien
qu’Ankara et Téhéran cassent du sucre sur le dos de la France, le plus souvent
de manière extrêmement grossière et non-diplomatique, plusieurs fois par mois.
Le gouvernement et les confrères sont à la fois motivés par le souci de
ne pas froisser la banlieue, dont ils craignent plus que jamais – et avec
raison – un embrasement général, de par les séquelles de la politique arabe de
la France et les sentiments antisémites qui persistent dans ces milieux.
Quant auxdites banlieues, elles sont de moins en moins contrôlables et
contrôlées. Les effectifs des forces de maintien de l’ordre et les moyens
financiers et en équipement dont elles disposent ne couvrent pas dix pour cent
des besoins réels.
Cela cantonne la police et le renseignement exclusivement à des
fonctions défensives. J’ai rendu en 2019 mon appartement en banlieue, mais je
m’y rends encore souvent. La haine de la France augmente proportionnellement
aux largesses distribuées par les politiques et à leurs déclarations
anti-israéliennes. En banlieue, on ne considère pas ces gestes comme des
ouvertures en direction des musulmans, mais comme des preuves de la faiblesse
des institutions françaises, de la montée en force de l’Islam et de sa
prochaine prise de contrôle de la France. C’est encore loin de la réalité, mais
c’est le sentiment qui prédomine et qui se lit sur les graffitis des murs.
Selon un spécialiste de la police avec lequel j’entretiens des
relations régulières, les "zones perdues de la République" se sont
encore étendues d’environ huit pour cent en 2019. Selon tous les responsables,
cela sera pire en 2020, parce qu’il n’y a pas d’argent dans les caisses de
l’Etat et parce qu’il n’existe aucun plan pour reconquérir le terrain perdu ou le
circonscrire.
Selon les mêmes sources, il faut s’attendre à une recrudescence des
actes antichrétiens et antijuifs en 2020. En 2019, les media
« mainstream » n’ont parlé que des violences qu’il était impossible
de dissimuler, et encore, de manière très fragmentaire. Lorsqu’il y a le plus
petit doute quant à la mise à sac d’une église ou d’un bâtiment officiel, on
privilégie automatiquement l’hypothèse de l’accident.
Nous en sommes arrivés à un stade où les confrères qui évoquent
l’hypothèse d’un acte islamique "lorsque cela ne s’impose pas absolument
avec toutes les preuves à l’appui", se font rabrouer très énergiquement,
jusqu’à ce qu’ils n’aient plus envie de recommencer.
J’invite mes concitoyens à se risquer dans les "banlieues" et
à constater de leurs propres yeux sur les murs que les terroristes qui ont
massacré des Français sont dépeints comme des héros et que toutes les formules
scatologiques et sexistes sont employées pour décrire ce qu’ils veulent faire à
la France.
Dans ces conditions, il n’est pas sorcier de comprendre que si tous les
musulmans ne soutiennent évidemment pas le terrorisme, les territoires perdus
de la République sont devenus le terreau fertile du terrorisme islamique.
Il paraît aussi que le nombre des armes de guerre a doublé. D’ailleurs,
elles sont de plus en plus utilisées contre les policiers et les services
d’urgence. Pourquoi ? Pour rien. Parce que ces corps représentent l’Etat
français et que c’est l’Etat français qu’on hait le plus. Et on le hait non pas
parce qu’il serait hostile, mais parce qu’il est faible.
Vous repenserez malheureusement à ces vœux en 2020. Je vous souhaite
cependant une nouvelle année la moins mauvaise possible. Et vous engage à
réfléchir à votre sécurité, car la sécurité personnelle est devenue un enjeu principal
du Grand Dérèglement.
Jean-Claude
Zerbib, en France, (ingénieur atomiste, spécialiste des
questions nucléaires)
L'année 2019 n'a pas été une année favorable pour le nucléaire civil
français. Elle a été marquée par :
-la découverte ou l'aveu officiel de défauts importants affectant des
composants majeurs installés sur plusieurs des 58 réacteurs en fonctionnement,
-les graves défauts de soudures réalisées dans l'imposant réacteur
nucléaire de Flamanville.
Démarrée en 2007, la construction de l'EPR de Flamanville, le plus
puissant réacteur de troisième génération (1 650 MW) était évaluée à 3,5
milliards d'euros et devait permettre une mise en service en 2012. Le coût a
plus que triplé (12,4 milliards d'euros) et la divergence prévue pour fin 2022
(10 ans de retard).
La construction de ce réacteur a été ponctuée de malfaçons et
d'anomalies métallurgiques affectant le couvercle et le fond de cuve du
réacteur, et susceptibles d’amoindrir sa résistance à la pression et aux chocs
thermiques.
Depuis une vingtaine d'années, la France n'a pas construit de nouveaux
réacteurs nucléaires et l'on constate que si le savoir nucléaire
progresse, le savoir-faire se perd s'il n'est pas entretenu.
Nous aurons l'occasion d'en reparler dans l'année qui vient avec les
lecteurs de la Ména, à qui nous souhaitons une belle année 2020.
Jean Tsadik en Israël (analyste stratégique, expert militaire)
Israël a bien un chef de gouvernement, mais ce n’est pas celui que nous
croyions. En l’absence de Binyamin Netanyahou, exclusivement occupé à courir
après une improbable immunité – il va d’ailleurs la demander à la Knesset dans
les deux prochaines semaines -, celui qui assume la fonction de Premier
ministre, c’est le chef de notre armée, Aviv Kokhavi.
Il le fait d’ailleurs très bien ; cela l’oblige à se mêler, en
plus de la défense du pays et des affaires stratégiques, des questions
économiques et de la politique étrangère d’Israël.
A propos de défense, le contraste entre la qualité exceptionnelle des
interventions de Tsahal ces derniers temps et les bavardages de nos politiciens
est remarquable. Jamais l’Armée israélienne n’avait été aussi efficace et
active dans la protection à grande distance de notre pays. La quantité
d’efforts requis afin d’y parvenir, au niveau de la préparation des opérations,
de leur exécution, de la gestion de notre technologie, des impératifs
stratégiques et tactiques, de l’intégration de nouvelles armes et du renseignement,
situe Tsahal à l’échelon le plus élevé qu’elle ait jamais atteint.
Ce, tandis que le niveau de nos politiciens n’a jamais été aussi
médiocre et irresponsable.
Cette semaine, le Général Kokhavi a multiplié les déclarations
fondamentales dans le domaine de la projection de nos relations à venir avec la
plupart de nos voisins. Ce qui a attiré mon attention est sa déclaration selon
laquelle une confrontation généralisée avec la République Islamique d’Iran
était pratiquement inévitable. Or, le chef d’état-major n’émet pas ce genre de
constatations à la légère. Il est parfaitement au courant de leur impact au
Moyen-Orient et ailleurs.
Kokhavi a perçu que Téhéran, en proie à une situation économique
inextricable et à la révolte de sa population, s’est engagé dans une fuite en
avant qui comprend le renforcement de sa présence face à Israël et au Liban, au
prix d’immenses sacrifices, ainsi que la remise en route de son programme
nucléaire militaire.
Ce sont ces deux éléments conjugués, associés au fait que l’Amérique et
l’Europe ont renoncé à gérer la menace iranienne, qui ont amené le chef de
Tsahal à sa constatation. Elle est lourde de conséquences pour nous et pour
tous les peuples de la région. En comparaison de ce qui se prépare, on peut
considérer la dangerosité du Hamas et du Hezbollah comme des piqûres
d’abeilles.
Je n’ai pour ma part aucun doute que c’est ce problème qui marquera
l’année nouvelle. Je ne doute pas non plus que l’Armée israélienne saura le
gérer de manière adéquate, qu’il ne met pas en question la survie de notre pays
et qu’il se soldera, malgré des moments douloureux, par l’affaiblissement,
voire par la défaite de la junte théocratique qui dirige l’Iran.
Reste que ce questionnement aboutira à des situations nouvelles et
difficilement prévisibles, qu’il y aura lieu de traiter dans l’urgence avec
intelligence. C’est donc lucide, mais confiant, que j’aborde 2020. Dans ces
vœux, je tenais simplement à souligner ce qui est réellement significatif pour
les mois qui viennent. Et cela ne m’empêchera pas de souhaiter à nos lecteurs
et à mes camarades de la Ména une nouvelle année de santé, de sécurité et de
bonheur.
Sami El Soudi en Palestine (chef du bureau palestinien de la Ména)
La situation des Palestiniens stagne.
Nous sommes coincés entre Binyamin Netanyahu, qui n’a strictement
aucune intention de négocier quoi que ce soit avec nous et qui risque même
d’annexer la Cisjordanie, ou une partie de celle-ci, afin de réaliser un coup
électoral, et Mahmoud Abbas, profiteur cacochyme entouré de barons véreux.
Ces derniers s’accommodent fort bien du statu quo et passent leur temps
à s’enrichir de façon impudente, principalement en détournant l’aide
internationale destinée à mes nombreux compatriotes indigents, qui ne la
perçoivent jamais.
La construction des infrastructures d’un pays à naître est inexistante,
mais la confrontation avec l’Armée israélienne n’est pas non plus à l’ordre du
jour. La force de police palestinienne collabore plein pot avec Tsahal, l’un et
l’autre étant animés par le souci commun de limiter l’extension des islamistes
en Cisjordanie.
La vie en Palestine est triste et monotone, sans aucune ouverture à
l’horizon. Les Etats arabes se sont désintéressés de notre sort au profit de la
confrontation avec l’Iran, aux côtés d’Israël.
De Cisjordanie, on observe avec horreur le Hamas et le Djihad islamique
instrumentaliser les civils à Gaza en les sacrifiant sur la frontière avec
l’Etat hébreu.
Je suis certain que nous avons manqué le coche de notre émancipation.
Plusieurs fois dans l’histoire, mais surtout, lors des négociations avec Ehud
Olmert et Tzipi Livni en 2008, début 2009. Nous pourrions avoir aujourd’hui un
Etat si nous avions été moins bêtes et jusqu’au-boutistes. La question
est : qu’en aurions-nous fait ? Pas mal d’intellectuels nationalistes
palestiniens que je fréquente n’hésitent plus à affirmer ouvertement qu’ils
préféraient la période de l’occupation israélienne.
Amram
Castellion à Métula, (analyste
politique, expert en économie) :
A l’échelle de la planète, l’année 2020 s’annonce comme celle d’une
amélioration significative de la situation géopolitique et morale. Les deux
institutions les plus hostiles aux valeurs occidentales – celles de l’égalité
des individus, de la méritocratie, de la transparence de l’information, du
respect de l’histoire et de la règle de droit – sont toutes les deux
confrontées à une impasse.
La première, la République Islamique d’Iran, sait désormais, même si
elle ne l’admet pas, qu’elle ne parviendra jamais à détruire Israël. Ruinée par
les sanctions, haïe par sa population, elle continue à perdre des milliards de
dollars de ressources militaires, qu’elle n’envoie en Syrie que pour les voir
transformées en fumée par Tsahal. Le seul héritage durable du régime des
mollahs sera d’avoir vu, avant son effondrement, une grande alliance
arabo-israélienne se former contre lui et le caractère définitif du retour des
Juifs chez eux enfin reconnu par toutes les puissances qui comptent.
Le deuxième grand ennemi de la civilisation est le parti Démocrate
américain, qui rêve de remplacer une société du droit – égalitaire,
méritocratique et transparente – par une société des races, de l’arbitraire et
de la propagande. George Orwell décrivait dans 1984 le risque d’une
évolution future du régime soviétique ; les Démocrates en ont fait un
modèle à imiter. Ils y ont trouvé leur inspiration pour la dénaturation
délibérée du langage, l’effacement de l’histoire au profit de directives
quotidiennes toujours changeantes, et même la « minute de la haine »
à l’encontre de la personne de leur principal ennemi.
Eux aussi, cependant, sont en train d’échouer. La procédure d’impeachment
du Président Trump, qui a ouvertement méprisé le droit et les faits, va échouer
devant le Sénat – à moins que les Démocrates fuient la queue entre les pattes
et renoncent même à saisir le Sénat. Les sondages montrent que l’opinion
américaine se détourne de l’obsession maladive et sans succès des Démocrates
pour abattre un homme au lieu de faire leur travail de législateurs.
Le régime des mollahs tombera, peut-être même dès 2020. Trump, si D-
préserve sa santé, sera réélu. Un autre Trump vient de prendre le pouvoir au Royaume-Uni
et dirige son pays vers la liberté économique et l’acceptation sans complexe de
son identité. Israël sera pour toujours un Etat central au Moyen-Orient,
entretenant de bonnes relations avec la plupart de ses voisins.
Au milieu de ces bonnes nouvelles, certains pays restent coincés dans
le mode de pensée qui échoue partout et ne peut qu’échouer. C’est le cas de la
France, dont les dirigeants en sont encore à s’excuser de leur identité, à se
coucher devant leurs ennemis, à avoir désigné leur propre population comme une
menace et à considérer comme une priorité absolue de cacher la vérité au
peuple. L’avenir dira si d’autres dirigeants parviennent, plus tard, à prendre
le train d’un monde en amélioration. Ce n’est pas impossible. Mais si cela
ne se fait pas, eh bien, le monde progressera sans elle.
Dans l’intervalle, je souhaite à tous nos lecteurs une excellente année
et une joyeuse décennie 2020.
Bernardo
Stenhof à Genève (ambassadeur auprès des Nations Unies
et de l’Unesco, écrivain et éditeur)
Cela fait bientôt une douzaine d’années que je fréquente le siège des
Nations Unies à Genève. Pour la première fois, en septembre, des escalators et
des ascenseurs étaient hors service dans les bâtiments pour cause de
restrictions budgétaires.
Le Président Trump, considéré par de nombreux membres de cette auguste
assemblée comme un détraqué mental, a, en réduisant sa participation
financière, mis en place de petites nuisances.
Qu’en sera-t-il s’il réduit de façon substantielle les budgets alloués
à l’OTAN ? Je pense que l’année 2020 sera celle d’une reprise de
conscience, qui, du moins je l’espère, permettra de remettre les pendules à
l’heure. Car nos dirigeants ont besoin d’un réveil brutal pour les sortir de
leur médiocrité.
2020 sera une année exceptionnelle, du moins je nous le souhaite.
Llewellyn
Brown en France (traducteur officiel de la
Ména, rédacteur, écrivain)
La France va très mal. Le pays est profondément divisé, un effet
recherché par son banquier président lui-même. D’un côté, les
« élites » : le 1% de grosses fortunes, soutenues par les
journalistes et les Bobos qui, bénéficiant de l’économie mondialisée, baignent
dans le confort et dans le narcissisme de se ranger du côté du Bien. De l’autre
côté, la populace, jugée coupable de tous les mauvais sentiments : les
Français qui vivent dans la précarité et voient leur niveau de vie baisser, ou
doivent apprendre que plus personne ne promettra de réduire le chômage.
Cette situation est devenue patente depuis les manifestations
spontanées et inattendues des Gilets jaunes et, à présent, à la suite des
grèves où les salariés se révoltent contre la contre-réforme du système des
retraites : les organisations syndicales craignent de se trouver débordées
par leur base.
Pour les retraites, les autorités prétendent que l’Etat n’en a plus les
moyens. C’est faux, bien sûr : les fonds sont illimités quand il s’agit de
remplir les poches de nos dirigeants, de financer la fumisterie du
« développement durable » ou de favoriser les populations d’assistés
islamiques : « migrants » ou habitants des
« quartiers ». Ces populations, on le sait, ont été amenées
expressément pour réduire le coût des salaires et mettre au pas les autochtones.
Nous assistons au démantèlement de tout ce qui fait une nation. Les
supposés responsables nationaux passent sous silence l’augmentation
exponentielle de la violence dans le pays et rejettent d’emblée toute
suggestion que les incendies d’églises et d’usines puissent être d’origine
criminelle : l’exécution du djihad par le feu. Des groupes financiers – avec l’aide de la magistrature – ayant
mis en place notre président, celui-ci, par ses actions, met au grand jour le
mécanisme à l’œuvre. Certes, l’Etat existe toujours, mais le pays est donné en
fermage aux marchés privés et la seule fonction du gouvernement paraît être
désormais de taxer toujours davantage les Français, sans pour autant que
l’argent recueilli ne serve à améliorer leur qualité de vie. Les entreprises
rentables (Aéroports de Paris, la Française des Jeux) sont vendues. On laisse
péricliter les corps intermédiaires – police, justice, santé, enseignement –,
en les privant des moyens nécessaires.
On veut faire croire que les salariés de ces secteurs sont des
« privilégiés » (rappelons que le salaire des professeurs débutants
en France s’élève à peine au-dessus du SMIC). L’objectif du pouvoir consiste à
pousser les Français à se retourner contre les « profiteurs » de ces
régimes spéciaux qui, pourtant, furent institués par le patronat. Surtout, il
s’agit de faire oublier que la prédation se situe, en réalité, au niveau de
l’Etat, celui-ci étant gangréné par la corruption et livré au capitalisme de
connivence. Le pays n’appartient plus au peuple.
Toutefois, ce qui nous reste est la possibilité d’entretenir des
échanges chaleureux et vivifiants, aptes à rendre ce monde habitable et à
préparer le changement dont les contours commencent à s’esquisser. A tous, je
souhaite une excellente année 2020.
Yoshua Ohana à Kiryat Shmona (fixeur militaire, photographe, région nord-est)
Non encore remis d’un "accident domestique" survenu il y a un
an et demi, je m’apprête à subir une nouvelle opération correctrice à la jambe
durant la première semaine de janvier.
Je suis cantonné par mon état à suivre les mouvements de troupes,
particulièrement les activités aériennes, à partir de mon balcon à Kiryat
Shmona et à en référer à la rédaction de Métula.
Je suis également en charge des contacts avec nos différentes sources
d’information pour recueillir les images et les vidéos que nous publions
souvent après les frappes du Khe’l Avir en Syrie et en Irak.
Mais il me tarde beaucoup de reprendre mes appareils photos et de
participer à nouveau aux enquêtes de terrain, sur le front syrien et le long de
la frontière libanaise. Je ne suis décidément pas un homme d’intérieur.
J’espère reprendre mon vrai travail en mars ou en avril.
Jusqu’alors, je vous souhaite à tous et à toutes une excellente
nouvelle année 2020. Et faites attention lorsque vous montez sur une
échelle.C’est comme pour
l’information : mieux vaut laisser faire les pros.
Ce mercredi soir, la Ména confirme plusieurs attaques
aériennes attribuées à Israël par l’Iran et la Syrie dans la région frontalière
entre la Syrie et l’Irak.
La cible principale de ces raids aux missiles lancés par
des avions était la brigade 47 de l’Armée iranienne, comptant également des
miliciens chiites irakiens et du Hezbollah libanais.
De violentes explosions ont été perçues par des témoins
oculaires dans le quartier d’al J’mayat de la ville frontalière d’Abou Kamal (Syrie)
où se situe le Q.G de la 47ème brigade.
La Ména annonce également en exclusivité qu’une base
iranienne en Irak, dans laquelle étaient stockés des missiles, a été visée et
totalement détruite.
Michaël Béhé est parvenu à s’entretenir avec un médecin de
l’hôpital d’Abou Kamal, lequel a décrit ces derniers raids comme "apocalyptiques"
au niveau "du bruit des détonations et de l’ampleur des dégâts constatés".
Sans être capable de fournir à Michaël Béhé un bilan humain
précis de ces frappes, le praticien lui a déclaré avoir personnellement
dénombré treize cadavres, ainsi qu’une "trentaine de combattants blessés,
dont une grande part ne passera pas la nuit".
Ces éléments de bilan n’incluent pas le raid en Irak, dont
nous avons pris connaissance par des media locaux proposant des récits
concordants.
Les Perses avaient déjà été fortement ébranlés par les
opérations de dimanche à Damas. La radio d’Etat syrienne, captée par Jules
Mazouz, a cité ce soir une source officielle iranienne "promettant qu’Israël
le regrettera", en parlant des opérations de ce mercredi.
D’autre part, un Mig-29 de l’Armée de l’air iranienne s’est
écrasé contre le sommet du mont Sablan, dans la province d’Andabil, au nord-est
de l’Iran. Le pilote a été tué. On ignore si la perte de cet appareil est due à
un affrontement ou si elle est le résultat d’un accident.
Et aussi : les terroristes islamiques palestiniens de
Gaza ont tiré une roquette mercredi soir sur Ashkelon, au moment précis où le
Premier ministre intérimaire Binyamin Netanyahu prononçait un discours
électoral dans cette ville.
M. Netanyahu a été immédiatement évacué vers un abri. La
roquette palestinienne a été interceptée par le Dôme de Fer.
En réponse à cette agression spontanée (non précédée d’activités
offensives de l’Armée israélienne), l’artillerie de Tsahal a bombardé une
position du Hamas près de la ville de Bet Lahiya, à l’extrémité septentrionale
de la bande de Gaza. Probablement la position d’où avait été tiré le projectile
sur Ashkelon.
Des media du Hamas ont fait état de frappes du Khe’l Avir
sur l’enclave côtière, ce que nous ne confirmons pas. Nous pensons que la
réplique principale de l’agression d’Ashkelon est encore à venir.
Ces évènements se déroulent alors que toute la région est
plongée dans une véritable tempête météorologique depuis 24 heures. Une tempête
qui va se poursuivre durant les jours à venir. Les prévisions font état de
possibilité de chutes de neige sur les hauteurs d’Israël, donc également à
Métula, où notre rédaction est située à 600 mètres d’altitude.
Il neige abondamment sur le mont Hermon, y compris sur la
portion inférieure des remontées mécaniques.
Le commandant des Gardiens de la Révolution Iranienne éliminé en Syrie (012312/19)
C’est intentionnellement
que la Ména n’a pas émis de breaking news cette nuit suite à des attaques
attribuées à Israël en Syrie.
Toutes les nouvelles publiées
jusqu’à maintenant par les autres media et pseudo-media sont fausses ou inexactes.
Après de longues heures de
recherches, nous sommes en mesure d’annoncer ce qui suit :
Des opérations conduites à
l’aide de missiles de croisière ont eu lieu la nuit dernière aux alentours de
23h, heure locale. Ces missiles ont été tirés à partir de navires probablement
israéliens croisant au large du Liban, ainsi que par des appareils du Khe’l
Avir.
Une intense activité
aérienne a été observée de visu par nos reporters sur le nord du Doigt de la
Galilée ainsi que sur le Golan à l’heure indiquée.
Il n’y a pas eu de frappes
visant des entrepôts de missiles ou d’autres objectifs tactiques dans la région
de Damas. Mais uniquement des tirs de précision sur des cibles distantes les
unes des autres, dans la zone étendue de la capitale syrienne.
Les missiles étaient
dirigés contre des personnalités appartenant aux appareils militaires syrien et
iranien, notamment contre leurs lieux de domicile.
Aucun missile n’a été
intercepté par la DCA syrienne.
Tous les objectifs ont été
atteints et oblitérés. Reste qu’il ne nous est pas possible de déterminer avec
précision l’emplacement géographique de ces cibles. Aucune photographie représentant
les bâtiments visés n’est en effet disponible. Leur emplacement était tenu
secret et ils étaient entourés de larges périmètres inaccessibles aux civils.
Ce que nous pouvons
confirmer avec certitude est que le Général Hadj Ali [photo], le chef du corps
des Gardiens de la Révolution Islamique khomeyniste (Pasdaran) en Syrie, ne
recevant ses ordres que du Guide suprême Ali Khameneï, a été éliminé lors de l’une
de ces attaques.
Feu le Général Hadj Ali
Il a été cueilli à son
domicile. La plus grande partie de sa famille a également péri lors de l’explosion.
Les Pasdaran comptent 150
000 hommes répartis en une vingtaine de formations, y compris des unités de parachutistes,
de commandos et d’infanterie de marine. Ils constituent le fer de lance du
contingent de l’Armée iranienne en Syrie et en Irak, et la force d’élite de
cette armée, dotée du meilleur équipement en possession de la théocratie
chiite.
Plusieurs officiers
supérieurs des Gardiens de la Révolution ont également été neutralisés. Nous
pensons qu’ils se trouvaient au domicile d’Hadj Ali au moment du raid, sans
doute pour participer à une réunion importante.
Un autre missile de
croisière a atteint l’emplacement où se trouvait l’un des fils (il a trois
enfants) du Dictateur-président syrien Bashar al Assad. Il a été blessé au
niveau de ses membres inférieurs. On ignore pour le moment si son diagnostic
vital est engagé.
Les bilans publiés dans
les autres media sont également fantaisistes. Michaël Béhé, le chef de la Ména
libanaise, qui est parvenu à s’entretenir avec des médecins hospitaliers
syriens, fait état d’au moins 40 morts et d’une centaine de blessés, dont une
vingtaine se trouvent dans un état désespéré. Selon Béhé, le bilan humain est vraisemblablement
supérieur à ces estimations.
Le ministre syrien des
Affaires étrangères, Walid al Mouallem, a accusé depuis Moscou Israël de mener
une "agression de missiles sur Damas et sa banlieue".
Voici les termes utilisés
par Mouallem selon l'agence de presse russe Tass : "Hier,
Israël a lancé une attaque contre la République Arabe Syrienne, tirant un
certain nombre de roquettes contre des installations à Damas et dans la
périphérie".
Mouallem participait à une
réunion avec son homologue russe, Sergey Lavrov.
Il est clair que ces
opérations ciblées portent un coup redoutable à la tête du dispositif iranien
en Syrie. De nature même à l’avoir décapité.
Les autorités syriennes n’ont
fourni aucun détail supplémentaire, tentant de gêner le Renseignement hébreu dans
sa récolte d’informations relatives aux résultats précis des opérations de
dimanche soir.
Le 3 avril 2017, Sarah Halimi était
assassinée par défenestration, par les mains de Kobili Traoré. Un an et demi
plus tard, ce jeudi 19 décembre, la chambre d’instruction a annoncé que
l’assassin, mis en examen pour homicide volontaire à caractère antisémite, ne
sera pas jugé. En effet, on a déclaré le prévenu pénalement irresponsable de
son acte, au prétexte qu’il était sous l’emprise du cannabis – utilisation du
stupéfiant néanmoins volontaire – qui avait provoqué une « bouffée
délirante ». Trois expertises psychiatriques sont intervenues, hésitant
toutefois à déterminer s’il s’agissait d’une « abolition » ou d’une
« altération » de son discernement.
En conséquence donc, le criminel est
judiciairement libre. Maître Francis Szpiner, avocat des enfants et de la
famille, précise que « monsieur Traoré sera examiné par des praticiens et
ils seront obligés de constater qu'il ne souffre d'aucune affectation
psychiatrique. Il n'est pas schizophrène, il n’est dangereux que lorsqu'il
prend du cannabis, donc, il n’y a aucune raison de le garder dans un
hôpital… » Reconnaissons que le garde-fou – si l’on nous passe cette
expression – paraît des plus légers au regard de la menace que cet individu
représente encore.
Traoré : "Allah-hou akbar !"
On comprend bien que cette décision du
tribunal puisse déchaîner la polémique. Certains font valoir l’expertise de
psychiatres, ces derniers déclarant qu’au moment de commettre son forfait,
l’assassin ne pouvait être responsable de son acte. D’autres se scandalisent de
ce jugement, insistant sur le caractère antisémite du crime, et arguant
notamment de la motivation islamique de l’assassin ayant poussé le cri
djihadique « Allah-hou
akbar ». Ceux qui soutiennent les instances de justice considèrent
que leurs opposants font fi de l’indispensable cadre institutionnel et du
sérieux de ses agents, estimant qu’une telle attitude cherche à faire plier la
justice devant des sentiments irrationnels.
Cependant, il semblerait plutôt que
ceux qui font ainsi confiance à l’institution judiciaire font fausse route, se
prêtant à une confusion des genres, au moment même où ils se revendiquent d’une
rigueur supérieure à la populace. Or il convient, au contraire, d’établir une
distinction que l’on ne fait trop que rarement.
Gilles de Rais
On peut prendre l’exemple d’un
criminel célèbre, Gilles de Rais (1405-1440), dans le récit qu’en fait
l’écrivain Joris-Karl Huysmans vers 1891*. Cet homme, héros de guerre, compagnon
d’armes de Jeanne d’Arc, devint fameux pour l’extrême horreur de ses crimes. La
violence qu’il avait exercée d’abord dans la légalité guerrière fut ensuite
tournée vers le rétablissement de sa fortune pour, enfin, devenir un but en
soi. Gilles se livrait à une frénésie de tortures et de mises à mort, tandis
que ses acolytes écumaient la campagne, enlevant les enfants, au point que l’on
a pu parler de « génocide », en raison du caractère systématique de
ces rapts qui vidèrent les contrées de tous leurs habitants mineurs. Dans le
château de Tiffauges, en Vendée, ces derniers subirent les pires
supplices : viols, tortures, dépeçage… Le catalogue désordonné des
supplices annonce, quelques siècles à l’avance, les crimes détaillés
méticuleusement par le marquis de Sade dans ses fictions. Huysmans
précise : « Les textes du temps comptent de sept à huit cents
victimes, mais ce nombre insuffisant, semble inexact. Des régions entières
furent dévastées […]. »
La légende s’est chargée de donner un
visage à cette horreur innommable. On note, au sujet d’une femme qui servait à
appâter les enfants, que « le peuple épouvanté appelle cette pourvoyeuse
de chair, cette ogresse, la Meffraye, du nom d’un oiseau de proie ».
Gilles lui-même inspira la figure de la Barbe bleue, dans les contes populaires
rendus ensuite célèbres par Charles Perrault.
Malgré l’énormité de ces opérations –
qui couvraient un large territoire –, l’on découvrit la réalité de ces horreurs
seulement après que Gilles eut commis publiquement un crime multiple :
violant la loi féodale, profanant une chapelle et s’emparant d’un clerc tonsuré
de l’Église. C’est alors que Huysmans raconte longuement le procès du criminel.
Les deux juridictions
Ce qui est instructif, pour notre cas,
relève de la distinction pratiquée à cette époque. Deux tribunaux furent
institués : « […] l’un, ecclésiastique, pour juger les crimes qui
relevaient de l’Eglise, et l’autre civil, pour juger ceux qu’il appartenait à
l’Etat de connaître ». Le premier s’occupait du salut de l’âme, le second
se chargeait de la question du corps.
En effet, l’Eglise se refusait
d’intervenir dans un domaine qui ne relève pas de sa compétence, ou de son
champ d’action. Elle ne pouvait donc toucher au champ profane : les
autorités d’Etat devaient prononcer « la sentence de mort que l’Église
s’interdisait de proférer en raison du vieil adage : Ecclesia abhorret a sanguine » [Lat. :L'église
abhorre le sang].La distinction
exemplifiée ici dans le système de justice est théorisée quelques siècles plus
tard par Blaise Pascal, dans son élaboration des différents
« ordres ». Dans ses Pensées,
Pascal établit des champs distincts que l’on ne doit pas confondre : le corps, ou la réussite mondaine
(politique, guerrière) ; l’esprit,
ou l’élaboration intellectuelle ; et le cœur, ou le domaine spirituel. Chacun de ces ordres fonctionne
selon ses lois propres, ignorant complètement les règles régissant les autres.
Le refus de la confusion dicte une conduite politique raisonnée :
« Ces discours sont faux et tyranniques : Je suis beau, donc on doit
me craindre ; je suis fort, donc on doit m’aimer ».
En ce qui concerne l’âme, la rédemption de Gilles s’exprime
de façon spectaculaire dans la conclusion du récit déroulé par Huysmans :
« Et foudroyé par la grâce, dans un cri d’horreur et de joie, il s’était
subitement renversé l’âme ; il l’avait lavée de ses pleurs, séchée au feu
des prières ». Le repentir est indispensable, dans ce qu’il témoigne d’un
changement intime dans le cœur du criminel. Cependant, la conversion n’est pas
l’unique composante du dispositif destiné à trancher du sort de Gilles. Une
fois que Gilles eut reconnu ses crimes, une autre étape devait intervenir :
« La justice de Dieu était satisfaite, le crime était reconnu, puni, mais
effacé par la contrition et la pénitence. La justice humaine demeurait seule ».
Ainsi, pour ce seul criminel et cette
seule série de crimes, aucune des deux juridictions ne pouvait être écartée.
Cet exemple démontre la nécessité de se garder de confondre les domaines
temporel et spirituel. En l’occurrence, l’Eglise réussit à sauver l’âme de
Gilles, mais cet aboutissement heureux n’écarte en rien la justice des hommes.
En effet, la conversion ne saurait en rien effacer la réalité des exactions
commises : les centaines de victimes dont la vie fut anéantie dans les
plus atroces souffrances, et leurs familles arbitrairement privées de leur
progéniture.
Cependant, ce même propos peut se
retourner pour souligner l’importance du côté spirituel. En matière de justice,
on ne peut simplement satisfaire le besoin de paix dans la société, sans se
préoccuper du sort qui concerne l’individu intimement. Si, dans le contexte du
Moyen Âge, ce dernier domaine était pris en charge par l’institution
ecclésiastique, on ne doit pas céder à une erreur de perspective inspirée par
notre siècle, et se laisser obnubiler par la façade confessionnelle. Ce dont il
s’agit est bien le domaine intime, que seul l’individu peut connaître, voire
qui échappe à toute connaissance directe par ce dernier. Il suffira de
transposer les termes « péché » et « grâce », et de parler
de « désir », d’« inconscient » dont, comme le dirait
Lacan, chacun demeure responsable. Il y va donc d’un champ où notre être se
joue tout entier, mais qui ne se laisse pas maîtriser par la rationalité, dont
chacun doit répondre.
Psychiatrie et justice
Or dans le cas de l’assassin de Sarah
Halimi, la confusion des genres semble être à l’œuvre. D’une part, certains
semblent tenir l’avis des psychiatres pour la déclaration d’une vérité,
estimant que le prévenu ne saurait être criminellement responsable de ses
actes. L’erreur ici consiste à laisser la psychiatrie se poser en position
d’expertise, l’érigeant au statut d’une instance irréfutable, extérieure au
système de justice. A ce titre, elle est supposée apte à dicter le champ
d’application du domaine judiciaire. On imagine le tollé qui se lèverait si
l’Église s’autorisait à disculper les criminels, au motif qu’ils ont fait
pénitence.
Contrairement à cette place qu’on
accorde à la psychiatrie, celle-ci n’est pas extérieure à la société et à ses
rapports de force ; elle ne peut donc se prévaloir d’une position
surplombante. On l’a déjà vue aux ordres du pouvoir politique, notamment dans
les régimes totalitaires : sera déclaré « fou » celui qui
s’excepte de la norme sociale. Voire, encore récemment en France, un fonctionnaire fut interné dans
une institution psychiatrique par son employeur, le préfet des Alpes-Maritimes.
Malheureusement, ce même principe vaut
pour les juges qui, supposés se plier à la rigueur exigée par leur discipline
et l’interprétation des lois, doivent être libres de toute influence partisane.
En réalité – le fait est notoire en France –, un certain nombre de magistrats
se montrent obéissants aux idéologies dominantes, et serviles à l’égard des
ordres donnés par le pouvoir politique.
L’assassin de Sarah Halimi a donc été
déclaré non responsable de ses actes, en raison d’une crise de délire.
Pourtant, le petit peuple dit vrai quand il note que le criminel n’agit pas
tout seul, en dehors de tout discours ambiant. S’il assassine une Juive, c’est
parce qu’un tel acte est cautionné par l’islam conquérant, les injonctions de
ce dernier étant propagées dans les milieux familiaux, sociaux, électroniques,
et cautionnée par un pouvoir politique complaisant. Ce discours est présent à
tout moment : il n’est pas réservé aux seuls moments de folie. Il désigne
les Juifs comme des mécréants à l’égard de la foi, et comme des profiteurs à
l’égard de la société. Sur les deux comptes, les musulmans sont des victimes
supposées, et appelés à se venger.
Il est peut-être vrai que le criminel
était momentanément délirant, emporté par une fureur irrésistible, mais cette
passion – qu’on lui a inculquée – reste néanmoins la sienne : il est seul à pouvoir en répondre. Il peut l’abjurer
ou la maintenir, mais il est obligé de choisir et de se déclarer. Priver
l’assassin de toute responsabilité, c’est, au fond, lui dénier son humanité,
celle-ci consistant en l’aptitude de prendre connaissance de ses actes, et d’en
répondre, notamment devant les hommes.
Note :
*Joris-Karl Huysmans, Gilles de Rais : la sorcellerie en Poitou,
précédé de Gilles de Rais ou le crime
parfait, par Jérôme Solal, Jérôme Millon, Grenoble, « Golgotha »,
2019.
Alors que la Ména publiait l’analyse de Stéphane Juffa
concernant la crise politique que traverse actuellement l’Etat d’Israël, dans
laquelle il jugeait notamment la désignation de Madame Orly Ben-Ari Ginsberg au
poste de Procureur de l’Etat par le ministre intérimaire de la Justice "à la
lisière du délit pénal" et digne d’une "république bananière",
l’intéressée annonçait qu’elle renonçait à sa nomination.
Mercredi, la Haute Cour de justice avait déjà gelé sa
nomination controversée, en marge d’une audience qui se penchait sur une
accusation visant le ministre intérimaire de la Justice pour avoir utilisé
cette désignation dans le but d’entraver les procédures pénales intentées
contre le Premier ministre par intérim Binyamin Netanyahu.
Consciente sans doute qu’elle était l’instrument d’une
manœuvre de ce dernier et de son sectateur, le ministre Ohana, Madame Orly
Ben-Ari Ginsberg a sagement décidé de jeter l’éponge.
Amir Ohana et Orly Ben-Ari Ginsberg, mardi dernier
Les qualités de cette magistrate ne sont pas en cause, mais
elle ne possède actuellement pas l’expérience requise pour assumer cette
fonction. Cela avait induit l’Avocat Général Avikhaï Mandelblit à décrire le
choix du ministre comme se situant "au-delà des critères raisonnables"
et de le déclarer nul et non avenu du point de vue juridique.
Cette volte-face constitue un véritable camouflet pour
Messieurs Netanyahu et Ohana, qui avaient grossièrement ignoré le candidat
qualifié proposé par l’Avocat Général pour imposer Madame Orly Ben-Ari
Ginsberg, une procureur adjointe de district.
Suite à ce coup de théâtre, Amir Ohana se voit contraint de
rechercher avec l’Avocat Général une candidature de remplacement de consensus.
Une rencontre entre les deux hommes est prévue dans ce dessein dimanche
prochain.
D’autre part, la direction du ministère public devrait se
réunir ce même dimanche dans les bureaux de l’Avocat Général afin de répartir
temporairement les tâches du Procureur de l’Etat entre les chefs de
départements et M. Mandelblit.
Constitutionnellement, l’Avocat Général est également
chargé de "protéger l'Etat de droit et, à ce titre, l'intérêt public
contre tout préjudice éventuel de la part des autorités gouvernementales".
Une tâche dont il s’acquitte avec lucidité et maîtrise en dépit des attaques incessantes
de M. Netanyahu contre sa personne et les institutions de l’Etat, ainsi que des
nombreuses menaces de mort dont il est l’objet de la part des partisans du
Premier ministre.
Une protection policière permanente autour de M. Mandelblit
et de sa famille a dû être mise en place afin d’assurer leur sécurité. La tombe
du père de l’Avocat Général a notamment été profanée. Avikhaï Mandelblit est un
Juif pratiquant proche du courant sioniste religieux. Il avait été Avocat
Général en chef de Tsahal de 2004 à 2011, puis secrétaire de cabinet de
Binyamin Netanyahu de 2013 à 2016.
Netanyahu saborde les institutions de l’Etat d’Israël (022012/19)
Le ministre de la Justice par intérim, Amir
Ohana, a désigné Madame Orly Ben-Ari Ginsberg au
poste vacant de Procureur de l’Etat, elle aussi à titre transitoire. Madame Ben-Ari
Ginsberg occupait jusqu’à maintenant la fonction de procureur adjoint du district
central, ce qui ne la prédisposait pas à une promotion aussi subite pour un
exercice pour lequel elle ne possède actuellement pas l’expérience nécessaire.
Ohana a ignoré le candidat de niveau supérieur proposé par l’Avocat Général,
Avikhaï Mandelblit, en lui préférant une avocate gouvernementale de niveau
inférieur.
M. Mandelblit a émis un avis qualifiant le choix du ministre comme se
situant "au-delà des critères raisonnables" ainsi que le déclarant nul
et non avenu du point de vue juridique.
En fait, cette décision se positionne même à la lisière du délit pénal.
Pour en arriver là, il aura fallu qu’un Premier ministre inculpé de corruption,
de fraude et d'abus de confiance se livre à un double hold-up politique en
nommant Amir Ohana, dont le mandat se limite légalement à expédier les affaires
courantes, au ministère de la Justice. Dans la situation qui prévaut, Ohana n’a
pas obtenu le vote de confirmation de la Knesset vu que le parlement n’est pas
en mesure de siéger. De plus, au regard de la répartition des mandats issue de
l’élection de septembre, Ohana n’avait aucune chance de l’obtenir.
L’inquiétude de l’Avocat Général
La seconde étape du hold-up consiste en cela que c’est l’Avocat Général qui préside usuellement le comité
public chargé de nommer le Procureur de l’Etat. Ce qui est naturel puisque le Procureur
de l’Etat est subordonné à l’Avocat Général pour toutes les questions
juridiques. En des temps normaux, le ministre de la Justice est contraint
d’accepter le candidat dudit comité. Mais ce dernier ne peut pas non plus se
réunir du fait que la Knesset s’est auto-dissoute.
On nage en pleine république bananière suivant la volonté de Binyamin
Netanyahu de ridiculiser l’institution judiciaire qui l’a déféré devant un
tribunal et de gêner ainsi son bon fonctionnement.
Plus encore qu’une attaque contre l’institution qui rend la justice en
Israël, il s’agit carrément d’une agression délibérée contre l’Etat de droit. Et
celui qui s’en prend à l’Etat de droit s’en prend à l’Etat tout court.
Pour dissiper toute scorie de doute sensé, on précisera que depuis son
entrée en fonction, ce nervis de Netanyahu qu’est Amir Ohana n’a cessé
d’insulter l’institution dont il a reçu le ministère de tutelle. Il a ainsi
dénoncé la présence "d’éléments criminels" (sic) au sein du bureau du
Procureur de l’Etat, a accusé ce dernier d’avoir fomenté un complot en vue de
destituer Binyamin Netanyahu, et s’est même permis d’évoquer un coup d’Etat
ourdi par la magistrature.
Avec la nomination de Madame Orly Ben-Ari Ginsberg on a assurément
franchit un nouveau cap dans la guerre que mène le Premier ministre aux dépens
de l’Etat d’Israël. Le Guide suprême iranien Ali Khamenei n’aurait jamais pu
parvenir à générer autant de dégâts au cœur de la démocratie israélienne, même
dans ses rêves les plus débridés.
Nous assistons impuissants, avec tout ce que le pays compte de citoyens
instruits, à la dernière bataille que livre un personnage transi par la hantise
de passer plusieurs années en prison. Cela me rappelle irrépressiblement la
phrase que l’auteur Friedrich Dürrenmatt met dans la bouche de l’héroïne de son
chef d’œuvre "La Visite de la vieille dame", Clara Zahanassian,
lorsqu’il la fait s’exclamer : "Le monde a fait de moi une putain, je veux faire du monde un bordel !".
Le dernier plan tactique de Netanyahu consiste à délégitimer le système
qui l’accuse afin, pense-t-il, de l’aider à remporter la troisième élection en
un an qu’il a imposée à Israël. En dépit de ses deux derniers échecs, il compte
toujours disposer d’une majorité de gouvernement suite à la consultation du 2
mars, qui lui accorderait ensuite l’immunité en votant une loi idoine. C’est
absolument tout ce qui l’intéresse dans la manœuvre que je viens de décrire. Tout
ce qui constitue son emploi du temps. C’est également l’unique quoiqu’improbable
constellation qui lui permettrait d’y parvenir.
A l’intention des rebelles au raisonnement logique, je rappellerai que
M. Netanyahu a rejeté l’offre publique présentée par le leader de Kakhol-Lavan,
Benny Gantz, qui était disposé à accepter le principe d’une rotation à la tête
de l’exécutif en échange du renoncement de Netanyahu à l’immunité. Gantz était
même prêt, à cette condition, à ce que l’actuel Premier ministre par intérim
assume en premier la direction du pays.
En passant, les attaques répétées et totalement indues de Netanyahu
lui-même, d’Ohana, et de tout le clan de ceux qui soutiennent encore le Premier
ministre, font peser un danger d’assassinat sur la personne du magistrat Shaï
Nitzan, le Procureur de l’Etat sortant, celui qui a eu le malheur de superviser
l’enquête ayant conduit à l’inculpation de Netanyahu. Shaï Nitzan a reçu des
centaines de menaces de mort et sa sécurité, ainsi que celle de sa famille,
nécessitent une protection policière detous les instants. C’est évidemment le sort également réservé à Avikhaï
Mandelblit ainsi qu’à plusieurs autres serviteurs de l’Etat.
Il y a désormais gros à parier que la Haute Cour de justice va
s’emparer de l’affaire de la nomination de Madame Ben-Ari Ginsberg et
s’empresser de l’annuler. C’est précisément l’espoir que nourrit Netanyahu et
ses butors ; cela lui permettrait de présenter cet acte de bon sens comme
une preuve de ce qu’Israël est gouvernée en sous-main par une conjuration de
magistrats déterminés à le renverser.
Cela fonctionnera auprès des plus incultes de nos concitoyens et des
laissés pour compte qui n’entendent rien au fonctionnement de l’Etat de droit
et de ses institutions, qui ne s’y intéressent même pas et qui les considèrent
globalement responsables de leur précarité.
Aux Juifs de la Diaspora, en proie à l’antisémitisme décomplexé des
Corbyn, des Mélenchon et des juges français, qui assimilent les attaques contre
le Premier ministre d’Israël à des attaques contre Israël, nous disons que nous
les comprenons mais que nous ne les approuvons pas. D’abord, parce que pour
saisir le fondement de la crise qui nous afflige, et le verbe n’est vraiment
pas trop fort, il faudrait impérieusement pouvoir suivre son évolution
quotidienne à la télévision israélienne et être capable de la comprendre.
Ensuite, parce que c’est nous qui paierons les pots cassés de la fragilisation
de nos institutions et pas eux, et que nous payerons assez cher pour cela. Et
en dernier, parce que s’ils désirent participer à ce débat national, la Loi du
retour le leur permet à n’importe quel moment.
Les uns et les autres ne s’émouvront pas de ce qu’il n’y aura pas plus
de débat d’idées à l’approche du troisième round de cette élection qu’à la
veille des précédentes, mais uniquement des insultes et des actes
d’intimidation émanant de Netanyahu. Si ce n’était pas le cas, celui-ci
présenterait un programme de gouvernance et il accepterait un débat télévisé
avec Benny Gantz, ce qu’il a, avec consistance, refusé de faire jusqu’à
présent.
C’est l’endroit de tordre le cou à un autre faux-semblant : il n’y
a jamais eu d’insultes mutuelles entre Gantz et Netanyahu. J’ai suivi la
plupart de leurs interventions et je n’ai jamais entendu la moindre invective
ou tentative de délégitimation sortir de la bouche de l’ancien chef
d’état-major. Dans un style très différent de celui de son adversaire, Gantz a
toujours fait preuve de retenue et de courtoisie.
Dans le domaine des détournement intentionnels des éléments des
dossiers à charge contre Netanyahu, il est nécessaire de se pencher brièvement
sur le Dossier 1 000, dit des cigares et du Champagne. J’admets volontiers que
le fait de poursuivre un Premier ministre pour avoir reçu quelques Havanes en
cadeau tutoie le ridicule et la mesquinerie. De nombreux partisans du leader du
Likoud le mentionnent, mais ils font l’erreur, intentionnelle ou non, de passer
à côté du mécanisme qui est reproché à Netanyahu dans cette affaire. Pour la
raison qu’il ne s’agit pas de cadeaux mais de commandes régulières se montant à
264 000 dollars, adressées par le Premier ministre d’un Etat démocratique et
moderne à des pourvoyeurs. Cet exercice a duré une vingtaine d’années et n’a
pas été à l’initiative des livreurs de cigares, le producteur de films
hollywoodiens Arnon Milchan et le milliardaire australien James Packer, mais de
leur utilisateur, ce qui change toute la donne. La raison pour laquelle les
critères de fraude et d’abus de confiance sont retenus dans l’acte d’accusation
relève de la suspicion étayée par une multitude d’indices de ce que le Premier
ministre a échangé ces approvisionnements contre des interventions politiques (chiffrables
en équivalent argent) en faveur des fournisseurs, particulièrement de M.
Milchan. Pour peu que l’accusation parvienne à démontrer lors du procès qu’il y
a eu échange de faveurs entre les protagonistes, elle établira qu’il y a eu des
transactions frauduleuses (bilatérales) qui n’ont rien à voir avec l’envoi de
cadeaux (unilatéral). Et ce qui les rend frauduleuses découle de ce que M. Netanyahu
est intervenu, au demeurant, dans les affaires de l’Etat à plusieurs reprises
afin de favoriser ses pourvoyeurs en échange de leurs livraisons.
La lecture redressée des éléments de ce dossier implique une conclusion
diamétralement opposée à celle avancée par les partisans de Bibi et ses avocats :
s’il est effectivement sordide et mesquin d’ouvrir une action pénale pour la
réception de cigares, de caisses de champagne et de quelques bijoux, à l’aune
de cette remise à plat des considérants, on s’aperçoit que la mesquinerie et l’avarice
ne sont ni le fait des cigares ni celui du parquet mais qu’ils sont
exclusivement liés au comportement de Binyamin Netanyahu. Lequel, en dressant
ses listes de commandes périodiques sur une très longue période, et en se
plaignant lorsque la marchandise lui parvenait en retard ou de façon incomplète,
s’est livré à un trafic dérisoire aux dépens de l’Etat. De plus, il a pris des
risques inconsidérés en échange d’articles de confort, qu’un multimillionnaire
en dollars comme lui aurait largement pu et dû s’offrir sur ses propres deniers.
Netanyahu a fait preuve d’une incroyable avarice en monnayant de la sorte sa
position de chef de l’exécutif d’un Etat libéral avancé. En plus des
répercussions légales de ce comportement, je ne peux m’empêcher de ressentir de
la gêne face à la bassesse et à l’exemple didactique exécrables que le Premier
ministre a ainsi fourni à la population d’Israël et aux yeux du monde. Et
plutôt que de considérer des cigares, de l’alcool et des bijoux, il est plus
révélateur de ne s’attacher qu’à leur valeur marchande, et de rappeler que l’ex-Premier
ministre Ehud Olmert avait été condamné à 7.5 ans de détention après qu’il eut
été prouvé qu’il avait encaissé un avantage illicite d’une valeur de… 15 000
euros. Les barèmes de la justice israélienne sont peut-être sévères dans sa manière
de sanctionner la corruption, mais elle cristallise l’application de la jurisprudence
israélienne et elle s’applique identiquement à tous les citoyens.
Une autre contre-vérité tient à l’existence alléguée d’un "camp
national". A la Ména, nous avons suivi attentivement la cérémonie
d’inauguration de la dernière Knesset désormais dissoute. Nous avons observé
qu’aucun, je récris, "aucun" des "nationalistes" issus des
partis orthodoxes n’a chanté l’Hatikva (héb : l’espoir), l’hymne
israélien. Ce, alors qu’il est nécessaire de bâillonner tout sioniste pour
l’empêcher de chanter l’Hatikva lorsque ses voisins l’entonnent. La raison qui
explique ce comportement tient à cela que ces gens ne sont pas sionistes, voire
antisionistes, et qu’on peut les considérer comme tout sauf ce qu’ils ne sont
pas. Et ce sont ces individus avec lesquels Netanyahu a constitué (entre
autres) son bloc national, qu’il s’est refusé à défaire au profit de la
formation d’un gouvernement d’union avec les anciens chefs de Tsahal. Des
généraux de réserve que le Premier ministre inculpé verse sans hésitation dans
le camp des "gauchistes", où ils rejoignent le populiste Lieberman,
les sociaux-démocrates et les membres de son propre parti favorables à son
départ.
On a en revanche vu des milliers (plus d’une dizaine de milliers) d’électeurs
de ces partis orthodoxes chanter et danser pour accueillir le Rabbin de Satmer Yekutiel
Yehuda Teitelbaum à Jérusalem. Lequel a profité de sa visite afin d’exhorter
ceux qui l’écoutaient à refuser de se plier aux lois de l’Etat "illégitime"
d’Israël. Il a en outre distribué vingt-cinq millions de dollars aux
organisations orthodoxes qui refusent les subsides de l’Etat. Teitelbaum a été
accueilli en saint homme par une foule garnie lors de ses visites dans la ville
de Bneï Brak et dans celle à majorité orthodoxe de Bet Shemesh. Ce sont les
mêmes "nationalistes" qui dansent de joie pendant que retentit la
sonnerie aux soldats morts durant le Jour du Souvenir à la mémoire des combattants
d’Israël.
Quant au fan club de Bibi roi d’Israël, il ne saisira pas non plus
qu’il ne saurait y avoir pour le moment d’erreur judiciaire, le parquet n’étant
pas un organe habilité à prononcer le moindre jugement. Netanyahu tant qu’il
n’est pas reconnu coupable de délits par un tribunal est totalement innocent à
l’instar de tous les honnêtes gens de la Planète. Il sera toujours temps de parler
d’erreur judiciaire si une cour le condamnait pour des crimes qu’il n’a pas
commis. Et même dans cette éventualité, il aurait la possibilité de recourir
contre cette décision en interjetant un appel devant la Haute Cour, qui
fonctionnerait alors comme une cour de cassation.
Or les magistrats qui jugeront le Premier ministre par intérim le
feront en parfaite indépendance et sans la moindre interaction avec le bureau
de l’Avocat général, non plus qu’entre les deux instances qui auraient à se
prononcer en droit. Si cette règle était rompue, ce sont les juges qui
commettraient un délit et qui s’exposeraient à de graves poursuites. De plus,
leurs décisions seraient naturellement invalidées.
Mais que l’on ne s’y trompe pas, cette règle, ils ne l’enfreindront
pas. Car personne dans la magistrature ne rumine le moindre ressentiment
personnel à l’encontre de Netanyahu.
A l’instar des juges, nous sommes en revanche des républicains à la
Ména, attachés à la prévalence de l’Etat de droit et de ses principes.
Notamment celui de l’égalité devant la loi.
La langue de certains piliers du Likoud se délie aussi, comme celle de
l’ancien député Benny Begin. Lequel a déclaré il y a trois jours : "Il
n'est pas possible d'accepter une situation dans laquelle un Premier ministre
est mis en accusation. La question juridique n'est pas la seule en cause ; il y
a un aspect éducatif et moral", a déclaré Begin à la radio militaire,
avant de dire que Netanyahu "ne peut pas être Premier ministre".
Il s’est aussitôt trouvé des internautes pour l’abreuver d’insultes, un
énergumène allant jusqu’à affirmer qu’il n’avait fait une carrière politique que
parce qu’il était "le fils de…". Un ministre, un géologue aux talents
reconnus, qui l’ont conduit à la tête de l’Institut israélien de géologie… Mais
également le père d’un pilote de F-16, Yonathan, mort dans le crash de son
appareil. C’est à ce genre de démonisation gratuite que nous a conduit
Netanyahu, montrant chaque jour l’exemple qui nous mène au schisme, à la perte
de la raison et à la violence.
Dans le même souci, nous sommes préoccupés par le fait qu’un homme aux
aguets et sans la moindre considération pour la cohésion du pays puisse
continuer à le tourner en ridicule. Inquiets lorsqu’il fustige tous ses
adversaires en les traitant de "faibles gauchistes", des policiers
aux magistrats en passant par ses concurrents politiques et les confrères
journalistes, lorsque ce n’est pas des communautés entières qu’il agresse. A ce
titre, ses attaques fielleuses à répétition contre les vingt pour cent d’Arabes
israéliens sont particulièrement alarmantes, l’énorme majorité d’entre eux
constituant des citoyens respectueux des lois. Il y aura un après-Netanyahu et
les communautés seront condamnées à vivre ensemble, les laïcs avec les
religieux, les droitistes avec les musulmans, les libéraux et les
conservateurs, les Israéliens issus de l’immigration russe avec ceux venus du
Maroc. C’est ce fragile vivre ensemble qui souffrira le plus des excès de
Netanyahu, et qui prendra des années à sereconstituer.
A Métula, nous sommes convaincus que Binyamin Netanyahu aurait
volontiers accepté de parvenir à un aménagement de peine avec l’Avocat Général,
et que ce dernier, encouragé par le monde politique, aurait sans doute accepté
de clore les dossiers sans peine de prison ferme en échange du retrait de l’intéressé
de la vie politique. On connaît des précédents et personne de sensé ne
prendrait du plaisir à voir un Premier ministre passer de la tribune du Congrès
américain à une longue période de privation de liberté. D’autre part, Netanyahu,
contraint par sa propre tactique jusqu’au-boutiste à être de plus en plus
violent, de plus en plus arbitraire dans ses décisions, de plus en plus détesté
par de plus en plus de personnes respectables, est sans doute conscient de ce
qu’il se prépare de la sorte une sortie de scène peu glorieuse, douloureuse, et
pitoyable pour les traces qu’elle laissera dans les livres d’histoire.
Ce qui condamne Bibi à l’autodestruction se trouve dans les dossiers en
attente liés à des malversations relatives aux sous-marins Dolphin, conçus en
partenariat entre l’Allemagne et l’Etat hébreu et construits par la firme ThyssenKrupp
à Kiel.
Schématiquement, les transactions liées à ces bateaux font l’objet de
deux questionnements judiciaires : le premier concerne l’éventualité selon
laquelle la Marine israélienne a commandé plus de sous-marins qu’elle n’en avait
réellement besoin, dans le dessin d’enrichir frauduleusement un certain nombre
de personnes. Il y a quinze jours, le parquet israélien a inculpé plusieurs
hauts responsables militaires, politiques et du monde des affaires aux motifs
de corruption, blanchiment d'argent,
fraude, abus de confiance et infractions fiscales. Parmi les inculpés on
retrouve des proches de Netanyahu dont notamment David Sharan, son ancien assistant,
et David Shimron, son ancien avocat personnel et cousin. Netanyahu, qui n’est
pas inculpé dans ce dossier, a cependant empoché quatre millions d’euros en
vendant ses actions dans SeaDrift, une petite société de métallurgie
fournisseur de ThyssenKrupp, dirigée par un autre cousin, Nathan Milikowsky. Il
a miraculeusement multiplié sa mise de départ par quatreentre 2007 et 1010, en dépit des très mauvais
résultats de cette société.
M. Netanyahu est exposé au risque que l’un des inculpés décide de
devenir témoin d’Etat et qu’il charge le Premier ministre par intérim afin de
diminuer sa propre peine.
Mais surtout, Netanyahu aura tôt ou tard à rendre des comptes à la
justice pour l’autorisation qu’il a donnée aux Allemands de vendre des Dolphins
à l’Egypte, en exposant Israël à un risque stratégique majeur. Or non seulement
il a court-circuité ce faisant tout le processus légal de prise de décision de
l’Etat d’Israël, et n’en a informé personne dans le pays, mais il n’a pas été
capable de fournir la moindre justification sensée de son acte, multipliant les
contre-vérités comme s’il en pleuvait, et s’embrouillant dans des explications incohérentes.
Les experts stratégiques de la Ména sont convaincus au-delà du doute sensé que
le Premier ministre a commis dans cette transaction un acte de haute-trahison, et
qu’aucune motivation autre que l’enrichissement illicite n’était envisageable
dans sa décision.
C’est précisément en raison de ces deux menaces juridiques tangibles qui
pèsent sur lui que Bibi ne peut envisager un aménagement de peine. Car s’il
peut négocier avec l’Avocat Général l’abandon des dossiers existants, il ne
peut en aucun cas prétendre à une immunité dans des procédures qui n’ont pas
encore été ouvertes. Il reste de ce fait exposé à des inculpations et à d’éventuelles
peines de prison dans les mois et les années à venir, ce qui diminue de manière
dramatique l’intérêt d’une transaction avec la justice.
En fait, l’analyse des éléments contenus dans cet article aboutit à la
conclusion que Netanyahu ne possède plus vraiment d’autre alternative que celle
de quitter le monde politique de sa propre initiative, sans le moindre
parachute, dans l’attente de son procès, ou celle de continuer son œuvre de
destruction des institutions de l’Etat de droit, dans l’espoir plus que ténu de
fomenter une révolte populaire qui l’amènerait à remporter les élections de
mars prochain, et, plus tard, à un encore plus hypothétique vote à la Knesset
lui attribuant l’immunité juridique.
Nous ne sommes pas optimistes, car dans toute l’histoire de l’humanité,
il a toujours été infiniment plus rapide et aisé de détruire quelque chose que
de construire une intelligence.
Il est clair que nous craignons pour la paix civile à deux mois et demi
du nouveau scrutin. Un appel au vote sans questionnement politique mais pour ou
contre le fait de décerner à un individu forcené le privilège d’échapper dans
l’immédiat à ses juges, ne peut qu’enflammer les tensions.
Vers 19h50 locales jeudi, des terroristes islamiques de
Gaza ont lancé une roquette sur le territoire israélien. Elle a explosé sur un
terrain inhabité du Conseil régional de Shaar Hanegev,
Ce tir était spontané, c’est-à-dire non précédé d’une
action offensive de l’Armée israélienne.
Une photo d’origine palestinienne de la riposte du Khe’l Avir
En réaction à cette agression, vers 23h20, des appareils du
Khe’l Avir, l’Aviation israélienne, ont bombardé une structure souterraine ainsi
qu’une base navale dans le sud de la bande côtière, et un complexe militaire
dans le nord de celle-ci. Tous les objectifs visés appartenaient au Hamas.
C’est la seconde roquette tirée sur Israël en 24 heures et
la seconde vague de représailles israéliennes durant la même période.