Goodbye et Hallelujah ! (info # 012201/17)
dimanche, 22 janvier 2017

 

Par Guy Millière

 

La conférence de Paris, le 15 janvier dernier, a suscité bien des inquiétudes. Tout en les énumérant, j’avais écrit ici que ces inquiétudes étaient exagérées dès lors que la conférence était organisée par un président en situation d’échec total et en fin de parcours, François Hollande, et qu’elle avait surtout été conçue pour servir les intérêts d’un autre président en échec et en fin de parcours, Barack Obama. Et accessoirement, pour faire plaisir aux amis chefs d’Etat musulmans et islamistes du gouvernement français et pour tenter d’apaiser l’électorat français musulman.

 

La conférence était promise à être nulle et inutile. Elle l’a été encore bien plus que prévu.

 

Elle devait conduire à un texte anti-israélien très virulent, dont une version était déjà parue dans la presse avant même l’ouverture de la conférence. Le texte final publié le 15 janvier en fin de journée avait perdu toute sa virulence.

 

Les discours prononcés en cours de journée furent vides. Soixante-douze participants sont venus pour rien. Ils ont dû en profiter pour faire quelques achats et quelques bons repas aux frais des contribuables français. Ils se sont écouté parler les uns les autres comme on écoute les mouches voler. Puis ils sont rentrés chez eux.

 

François Hollande a prononcé un discours dénué du moindre intérêt, comme à son habitude, et a agité en fin de journée ses petits bras pour dire que la “colonisation” israélienne menaçait la paix tout autant que la violence terroriste, et que toute tentative d’essayer autre chose qu’un “processus de paix” au service de la “solution à deux Etats” serait l’antichambre du désastre. Il était toutefois évident qu’il était conscient de distiller un long verbiage et, ce faisant, il crachait un venin qui retombait aussitôt à ses pieds.

 

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Ben et l’ex-Secrétaire d’Etat Démocrate John Kerry participant à une manifestation

contre la démocratie, au lendemain de l’intronisation de Donald Trump

 

Jean-Marc Ayrault était amer et a lancé des imprécations contre le futur déménagement de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, empruntant des formules dignes des communiqués de l’OLP appelant à l’Intifada. Mais Ayrault était surtout habité par le dépit.

 

La vérité sous-jacente au désenchantement du ministre français des Affaires Etrangères saute aux yeux : une ère entièrement nouvelle s’ouvre. Israël a de nouveau un ami à la Maison Blanche, et cet ami est sans doute le meilleur qu’Israël y ait compté depuis 1948-49.

 

Le “processus de paix”, qui n’a jamais été un processus de paix, et la “solution à deux Etats”, qui n’a jamais constitué une solution, vont incessamment être rangés au rayon des accessoires obsolètes. L’Autorité Palestinienne risque fort de connaître le même sort.

 

La France, qui a tant aimé Obama et qui déteste tant Donald Trump et Israël, va se trouver ignorée et laissée de côté, comme la puissance de seconde zone peu fréquentable qu’elle est devenue.

 

L’Union Européenne ne va guère se trouver mieux traitée.

 

Donald Trump se tourne vers le Royaume-Uni [qui n’a pas paraphé le texte final de la Conférence de Paris. Ndlr.], souligne les erreurs consternantes et suicidaires d’Angela Merkel, mais n’évoque à peu près jamais la France, sinon pour déplorer sa déchéance. Il parle de l’Union Européenne pour la décrire comme un Léviathan inutile, condamné à tomber en morceaux. Il offusque ainsi les dirigeants allemands, français et européens, mais il n’en a cure car il ne leur doit rien.

 

Les dirigeants d’Israël savent qu’avec des amis comme les dirigeants allemands ou français, il vaut mieux avoir des ennemis déclarés, et ils discernent qu’avec l’islamisation de l’Europe et l’esprit de soumission qui en découle, le temps où l’Europe n’était pas explicitement antisémite est quasiment révolu.

 

Parce qu’en Allemagne, en France et en Europe en général, on ne comprend rien à Trump, on le dépeint comme l’abruti qu’il n’est pas, l’homme grossier qu’il n’est pas non plus, et pour un président sans vision stratégique, ce qu’il est moins encore.

 

Au centre de la vision stratégique de Trump, il y a la nécessité de réaffirmer rapidement et clairement le statut des Etats Unis en tant que première puissance économique, politique et militaire du monde, que cela plaise ou non aux Européens. Il y a aussi une volonté claire de faire échec à l’islam radical, sans employer de formules de politesse inutiles et sans éviter d’utiliser le mot islam, comme le faisait son prédécesseur. Il y a, enfin, une amitié sincère et profonde pour Israël, et une détestation tout aussi sincère et profonde pour le terrorisme quel qu’il soit, et cela inclut naturellement le terrorisme palestinien. Il y a, cela ne doit pas être oublié, une compréhension des valeurs communes liant les Etats Unis et Israël, et une compréhension du rôle et du poids stratégiques d’Israël au Proche-Orient.

 

Trump a quatre ans pour faire avancer cette vision stratégique. Il sait qu’il sera jugé sur ses résultats, pas sur ce qu’on dit de lui dans la presse et dans les chancelleries européennes. Il sait qu’il est l’élu du peuple américain et de personne d’autre. Il sait que le monde est dangereux et que ceux qu’imprègnent des règles éthiques l’emportent sur ceux qui qui adoptent une attitude de chien crevé dérivant au fil de l’eau. Il est de ceux qu’imprègnent les règles éthique, n’en déplaise à ses détracteurs.


Il l’a rappelé en prenant ses fonctions le 20 janvier lors d’une cérémonie grandiose et très émouvante. Il le rappellera encore souvent, cela ne fait aucun doute.

 

 

 
By YinonSys