L’incitation à la haine antijuive et anti-israélienne se poursuit en France et en Europe (020904/17)
dimanche, 09 avril 2017

 

Par Guy Millière

 

La manifestation des antisémites islamo-gauchistes d’Europalestine à Paris il y a huit jours a rassemblé très peu de personnes, deux centaines tout au plus. Les contre-manifestants ont été plus nombreux. Cela peut sembler une bonne nouvelle. Ce serait effectivement une bonne nouvelle si on pouvait imaginer qu’il n’y a que deux centaines d’antisémites en France et que ceux qui combattent courageusement l’antisémitisme et les incitations à la haine d’Israël sont bien plus nombreux que les antisémites. La réalité est hélas différente.

 

Les antisémites rassemblés à l’appel d’Europalestine sont les plus excités, les plus haineux. Ils sont la lie de la terre. Mais il existe tout un ensemble de gens qui, sans être consciemment antisémites ou sans l’assumer explicitement, trouvent que les Juifs ont trop d’influence en France et dans le monde. Tout en pensant sans doute qu’Europalestine exagère un peu, ils songent très vraisemblablement que tous les slogans d’Europalestine ne sont pas faux. Il existe un plus grand nombre de gens encore, qui, sans être résolument anti-israéliens, considèrent qu’Israël est une force d’oppression et fait subir une situation intolérable au “peuple palestinien” et qui, sans s’identifier aux visages haineux des membres d’Europalestine, songent sans aucun doute que les exigences de ce groupuscule sont fondées.

 

Il en est ainsi parce que les grands media en France pratiquent l’information d’une manière effroyablement biaisée et participent à l’incitation à la haine de manière insidieuse et hypocrite, souvent, hélas, en toute bonne conscience.

 

Si aucun grand quotidien français ne met en cause les Juifs en tant que tels, des tribunes paraissent ici ou là pour critiquer le diner annuel du Crif, pourtant bien anodin et souvent très politiquement correct. Les sites qui défendent de manière nette et explicite Israël sont fréquemment qualifiés de “sites d’extrême-droite” et définis, selon l’expression débile née dans les colonnes du journal Le Monde, comme faisant partie de la “fachosphère”.  

 

Lorsqu’il s’agit d’Israël, c’est infiniment pire. Pas un seul grand quotidien, pas même Le Figaro, où les nouvelles concernant Israël sont couvertes par un militant propalestinien appelé Cyrille Louis, ne présente les choses autrement qu’en s’alignant sur le point de vue de l’Autorité Palestinienne ou de l’extrême gauche israélienne.

 

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En cherchant sur Google quels étaient les titres du magazine Le Point concernant Israël au moment de rédiger cet article, j’ai trouvé deux titres, et deux titres seulement : “Israël : Benjamin Netanyahu, libre de grignoter la Palestine”, et “Israël sous les critiques en approuvant la première colonie depuis 1991”. En cherchant sur le site de L’Express, j’ai trouvé : “Israël menace de détruire les systèmes syriens de défense aérienne” (c’était avant l’utilisation par Bachar al Assad, une nouvelle fois, de gaz neurotoxiques et la réaction américaine qui s’en est suivie).

 

En regardant du côté du Nouvel Observateur, je n’ai découvert que des titres plus anciens, mais le premier qui est apparu est celui-ci : “Israël : grâce à Trump, l'extrême droite se sent pousser des ailes”. Si je prenais les reportages télévisés, les résultats seraient similaires.

 

Un Français qui ne s’informe que par le biais des media français ne peut qu’avoir l’esprit gravement déformé, penser, pour reprendre les titres que je viens de citer, qu’il existe un pays appelé Palestine et un ignoble Premier ministre israélien qui le “grignote”, qu’Israël “colonise” et doit pour cela être critiqué (par des “anticolonialistes” sans doute), qu’Israël “menace” un pays, la Syrie, qui veut juste se défendre, qu’il existe en Israël une “extrême droite” (des nazis sans doute, à moins que ce ne soit des ”fachos”, comme disent les journalistes “très cultivés” du Monde).  

 

Le résultat est clair, et il n’est pas étonnant dans ces conditions que, comme je l’ai déjà noté, pas un seul candidat à l’élection présidentielle française n’affirme être du côté de la démocratie israélienne et ne dise que le conflit entre Israël et les Palestiniens relève du conflit entre une démocratie et des forces totalitaires faisant appel au terrorisme.

 

Ce qui vaut pour la France vaut, hélas, pour toute l’Europe. Les déclarations, les positions et les actions de l’Union Européenne en font une entité presque aussi anti-israélienne que l’Organisation des Nations Unies. Et quand je vois le nom de Federica Mogherini, Haute représentante de l’Union Européenne pour les Affaires Etrangères, et celui d’Israël accolés dans un gros titre, je sais d’avance que le texte qui suivra sera un texte très négatif aux dépens Israël.

 

Je ne vois strictement aucune raison pour que cela s’améliore. Des tendances politiques profondes sont à l’œuvre. La France comme le reste de l’Europe a choisi l’apaisement devant l’islam politique et soutient depuis longtemps la “cause palestinienne”. L’électorat musulman va compter de plus en plus en Europe, et il n’est nul besoin de faire des analyses très fouillées pour savoir de quelle façon celui-ci vote massivement.

 

Les relations entre Israël et les Etats-Unis sont bien meilleures depuis que Donald Trump est à la Maison Blanche, et l’alliance entre Israël et les Etats-Unis redevient ce qu’elle a été pendant cinq décennies. Quand bien même le parti Démocrate de l’après Obama dérive vers l’islamo-gauchisme et pourrait bien finir par ressembler à un parti de gauche européen. Israël se tourne, outre les Etats-Unis, vers l’Asie, et en particulier vers l’Inde. C’est très sage et très judicieux, car Israël risque fort de n’avoir que de mauvais coups à recevoir de l’Europe.

 

Les Juifs qui vivent encore en Europe devront se battre pour ne pas avoir à vivre en baissant la tête et pour ne pas risquer de finir assassinés. Je comprends ceux d’entre eux qui ne peuvent se résoudre à partir. Je sais aussi que pour certains partir représente un sacrifice.


Je serais favorable à ce que des représentants des communautés juives d’Europe interpellent plus fermement les journalistes et les dirigeants européens les plus lamentables et leur demandent simplement: “n’avez-vous pas honte?”. Ils n’obtiendraient pas de réponse, je sais. Mais ils auraient au moins posé la question, et la non-réponse constituerait une réponse très éloquente.

 

 

 
By YinonSys