Champions : Beersheva a remporté une précieuse victoire face au champion de Bulgarie (info # 012707)
mercredi, 26 juillet 2017

 

Par Ilan Tsadik

 

Hapoël Beersheva 2 – Ludogorets 0

 

Soirée de gala au stade Turner de Beersheva, ce mercredi, pour la réception du champion de Bulgarie, Ludogorets, pour le compte du troisième tour qualificatif de la Ligue des Champions, la compétition phare du vieux continent en football.

 

Le caissier avait fait le plein, c’est une constante, en accueillant 16 000 spectateurs sympathiques et bruyants, et surtout totalement pacifiques et sportifs.

 

Ce qui ne les empêche pas d’aimer leur équipe, l’Hapoël (l’ouvrier) Beersheva, et comme on les comprend. Leurs joueurs, surnommés les Chameaux – Beersheva est la capitale du désert du Néguev -, est en train de donner une nouvelle impulsion au football israélien qui en a bien besoin.

 

L’an dernier, en Coupe Europa, ils s’étaient faits les auteurs d’un superbe parcours, allant notamment chercher une victoire à Milan face à l’AC. Cette année, leur appétit a encore grandi, avec l’ambition d’atteindre la phase des groupes de la compétition reine. Mais avant d’y parvenir, il faut préalablement éliminer un sérieux client, à savoir Ludogorets précisément.

 

Une belle équipe qui a la particularité d’aligner neuf Brésiliens dans ses rangs, en plus de deux Roumains, d’un Argentin, d’un Ukrainien et d’un Hollandais. En fait, ce soir, sur la pelouse de Turner, il n’y avait qu’un seul Bulgare, le milieu de terrain et capitaine Dyakov.

 

Neuf Brésiliens, c’est dire si les visiteurs ont présenté un jeu technique et offensif, n’hésitant pas à monter à l’assaut des buts de Gay Khaïmov à six ou sept joueurs. Appliquant un pressing très haut sur les défenseurs, en vue d’empêcher les Chameaux de développer leur jeu habituel au sol à partir d’une passe de leur gardien.

 

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Nwakaeme et Beersheva :

Vous n’avez pas fini d’en entendre parler

 

Cela les a gêné durant un petit quart d’heure, puis les Hébreux se sont peu à peu libérés pour atteindre leur pleine puissance. Devant, les occasions pour Hapoël se multipliaient ; ils développaient des actions de qualité dans un match d’un excellent niveau européen.

 

Il faut dire que le coach d’Hapoël, Barak Bakhar, un ancien défenseur et entraîneur de Kiryat Shmona, avait bien préparé sa tactique. Il avait compris qu’en jouant très haut, les Bulgaro-brésiliens allaient forcément découvrir leurs arrières, là où ils sont nettement moins à l’aise.

 

Surtout lorsque l’on dispose de joueurs intelligents et ultra-rapides à l’instar du Nigérien Anthony Nwakaeme et du capitaine Maor Mélikson. C’est d’ailleurs une combinaison lumineuse entre ces deux hommes qui allait offrir le premier but à Hapoël. Un une-deux royal parti de Nwakaeme, absolument inarrêtable balle au pied, que ce soit face à un, deux ou trois adversaires. Passe sur l’aile droite pour Mélikson, retour instantané et millimétré à l’envoyeur, qui s’était entre-temps avancé et qui plaçait un envoi imparable pour le portier argentin Jorge Broun. De la belle ouvrage, vraiment !

 

Incapables de freiner les vagues rouges et blanches des joueurs locaux, les hôtes se mirent à tacler intentionnellement les jambes de l’élégant Mélikson, qui se retrouvait plus souvent le nez à hauteur de pâquerettes que sur ses pattes. C’était visiblement volontaire, quoique s’en défende le coach Georgi Dermendzhiev       dans l’après-match.

 

On peut regretter l’indulgence de l’arbitre grec, M. Charalambos Kalogeropoulos, partisan, certes, d’un jeu viril, mais à l’excès. Si bien que les visiteurs ont fini par blesser sérieusement le chef chamelier à la cheville. Ce dernier, malgré la souffrance et sur une seule jambe réussit l’exploit de tenir sa place jusqu’à la 71ème minute, lorsque le coach Bakhar mit fin à son supplice en lui substituant le jeune Michaël Ohana.

 

Grand bien lui en prit, car à peine huit minutes plus tard, Ohana reprenait une passe de l’inévitable Nwakaeme et trompait Jorge Broun d’un maître tir dans la lucarne pour la seconde fois de la soirée.

 

Hapoël se ménagea d’autres grosses occasions, notamment par Einbinder à deux reprises, sans parvenir à aggraver la marque. Quant aux visiteurs, ils eurent également leurs chances et passèrent plusieurs fois à deux doigts de la réduction du score, qui leur aurait permis d’inscrire un but à l’extérieur extrêmement précieux en vue de la revanche, la semaine prochaine. Celle-ci se déroulera dans le petit stade de Razgrad, chef-lieu d’une région forestière du nord-est de la Bulgarie.

 

A nouveau, comme lors des tours qualificatifs précédents, les Chameaux ont nettement baissé le pied en seconde période, terminant la rencontre sur les rotules à force de courage et de volonté. Les lacunes au niveau de la condition physique sont le prix à payer du manque de compétition, avant la reprise du championnat régulier. Ludogorets est légèrement à meilleure enseigne à ce propos, puisque son championnat a recommencé la semaine dernière ; les Bulgares ont semblé un peu plus frais sur la fin.

 

En Ligue des Champions, un avantage de deux buts à zéro à la veille du match retour est appréciable. Si Beersheva parvenait à marquer à Razgrad, il faudrait que Ludogorets fasse trembler les filets de Khaïmov à quatre reprises pour se qualifier, ce qui tiendrait de l’exploit.

 

Mais gare à ces Bulgaro-brésiliens tout de même. Des petits gabarits – ça aide à les contrôler sur les balles arrêtées, certes -, mais des footballeurs complets et endurants. Il n’y a qu’à consulter le palmarès de leur formation pour s’en persuader : ils se sont qualifiés par deux fois, ces trois dernières saisons, pour la phase des groupes de la Champions League, tenant par exemple le PSG en échec chez eux.

 

Forts de leur avantage obtenu ce soir, les hommes de l’entraîneur Barak Bakhar seront "raisonnablement favoris"  la semaine prochaine. Avec l’espoir que Maor Mélikson se sera remis de son combat de boxe thaï, et en attendant aussi la première apparition de la nouvelle et prometteuse recrue d’Hapoël, l’avant-centre tchèque Tomáš Pekhart et de son mètre quatre-vingt-quinze. Suite à la blessure de Ben Saar (épaule démise) la semaine dernière face au champion de Hongrie, voilà un renfort qui fera du bien à la pointe de l’attaque.

 

Et si les chameaux franchissent l’obstacle bulgare – mais comment les chameaux passent-ils les haies ? -, il leur faudra alors disputer et remporter une double confrontation contre un adversaire en play-off. Le vainqueur sera admis en phase des groupes de la Ligue des Champions, ce qui constituerait déjà une jolie performance pour Hapoël Beersheva, le champion d’Israël en titre, qui, au vu de ce qu’il a montré, en est parfaitement capable. D’autant plus que s’il passe l’écueil bulgare, il pourra compter sur un autre de ses transferts, l’Espagnol Isaac Cuenca, un ex du FC Barcelone, mais qui est blessé depuis qu’il est arrivé en Israël.

 

 

En play-off, les footballeurs du désert pourraient rencontrer d’autres vainqueurs du troisième tour qualificatif, de la trempe de l’Ajax d’Amsterdam, de Bruges ou du CSKA Moscou, par exemple, ou des cadors directement qualifiés tels Naples, Séville ou Liverpool. De belles affiches en perspective, naan ?

 

 

 
By YinonSys