Les Chameaux éliminés de la Ligue des Champions (info # 012208/17)
mardi, 22 août 2017

 

Par Ilan Tsadik

 

Des joueurs rouges affalés sur la pelouse, des violets qui pleurent de joie, un public qui exulte, c’est la cruelle loi du sport. Hapoël Beersheva s’est incliné sur la marque d’un but à zéro, mais cela suffit à Maribor pour se qualifier pour la phase des poules de la compétition reine grâce au but qu’il a marqué au match aller dans la capitale du Néguev. Car en cas de parité au terme des deux rencontres, les buts inscrits à l’extérieur comptent double.

 

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Le gardien Gaï Khaïmov, l’un des seuls Beershéviens à n’avoir rien à se reprocher ce soir

 

Un but du défenseur local Viler à la quinzième minute, alors que les "ouvriers" du désert n’étaient pas encore entrés dans la rencontre, a scellé le sort de ce match de barrage. Beersheva a chèrement payé pour une première mi-temps en demi-teinte, lors de laquelle il n’a pratiquement pas inquiété le portier Jasmin Handanović, qui allait devenir le héros de toute la Slovénie.

 

En effet, à la dernière minute de la rencontre, Handanović déviait un coup de tête de Nwakaeme qui prenait le chemin des filets au prix d’une détente en tous points monumentale. Car il n’aurait fallu qu’un but aux Chameaux pour accéder au paradis du football.

 

En seconde période, c’est Hapoël qui prit le match à son compte mais avec moins de niaque qu’à son habitude. Il se ménageait certes quatre ou cinq opportunités mais Pekhart, entré à la place de Ghadir, inexistant jusqu’alors, manquait cruellement de mordant. Et Melikson, le capitaine, qui n’excelle pas de la tête, loupait la cible à deux ou trois reprises dans des situations favorables.

 

Toute l’équipe jouait un ton au-dessous de son meilleur niveau, et c’était insuffisant pour évincer les Slovènes, certes inférieurs en valeur absolue, mais volontaires, organisés et soutenus par un public qui ne cessa pas une seconde de les encourager.

 

John Ogu semblait fatigué, Radi n’a pas le niveau européen, particulièrement en phase offensive, et la défense s’est montrée souvent confuse. Il est vrai qu’en l’absence de Vitor, blessé, c’était la première fois qu’elle s’alignait avec son transfert de dernière minute, Elkhamed, ponctionné la semaine dernière du FC Ashdod.

 

Même Anthony Nwakaeme était loin de son rendement coutumier, soumis au marquage de deux ou trois adversaires chaque fois qu’il héritait du ballon.

 

Le gardien Gaï Khaïmov tira son épingle du jeu en multipliant les sorties très propres. L’autre point fort des footballeurs du Néguev fut le jeune Michaël Ohana (21 ans), lui aussi entré en seconde période, qui insuffla beaucoup de vie à ses couleurs grâce à sa vivacité et à sa technique.

 

Durant les vingt dernières minutes, les Chameaux firent le siège des bois adverses mais sans parvenir à trouver la faille.

 

La saison dernière, Beersheva avait manqué la phase des groupes également à un but près face au Celtic Glasgow en barrages, Maharan Radi manquant un penalty dans le money time au stade Turner. Hapoël Beersheva devra encore prendre son mal en patience afin de devenir la quatrième équipe israélienne à évoluer en phase de poules de la Ligue des Champions.

 

La différence, ce soir ? Le tir de Viler est entré, la tête de Nwakaeme non. Ce furent les deux vraies occasions des deux côtés. Une petite différence qui coûte la bagatelle de douze millions d’euros à Hapoël, qui constitue le bonus accompagnant l’accession à la phase des groupes.

 

Tout n’est pas perdu pour les Chameaux, puisqu’ils sont qualifiés pour l’Europa League, la seconde compétition du foot européen, à la faveur de leurs victoires durant les rencontres préliminaires de la Champions League.

 

Ils y retrouveront aussi de sérieux clients, à l’instar d’Arsenal, et de Nice, qui n’a rien pu faire même à la maison face à Naples, qui s’est à nouveau imposé par deux buts à zéro comme à l’aller il y a une semaine.

 

L’ambiance ne sera pas à la fête dans l’avion du retour, ni pour les joueurs, ni pour les cinq cents tifosi qui avaient fait le déplacement de Maribor. Avec, au fond de la gorge, non seulement le goût amer de la défaite, mais aussi celui d’avoir galvaudé de pas grand-chose l’occasion de briller au plus haut niveau mondial. Ce n’est pas uniquement la loi du sport, c’est aussi celle de la vie. Et le spectacle continue…

 

 
By YinonSys