Bruxelles-Métula du 8 septembre 2017 (010809/17)
vendredi, 08 septembre 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro de Jim Mosko, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca  https://youtu.be/MTZ_5F9C6tY (Youtube).

 

Au sommaire :

 

1. Les mises en garde proférées par le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, à l’encontre des Syriens, des Iraniens et du Hezbollah : "Nous sommes déterminés à empêcher nos ennemis de porter atteinte, ou même de créer une occasion pour porter atteinte à la sécurité des citoyens d'Israël".

 

Au niveau stratégique, Lieberman indique qu’Israël fera "tout pour empêcher l'existence d'un corridor chiite de Téhéran à Damas".

 

C’est en fait la tâche de l’Armée américaine, des Occidentaux et des pays arabes, mais puisqu’ils semblent se désister, l’Etat hébreu, en considération de ses intérêts sécuritaires supérieurs, n’a pas d’autre choix que d’empêcher l’expansion iranienne en direction de l’ensemble de la Syrie et du Liban par ses propres moyens.

 

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Une photo de l’attaque d’hier matin en Syrie

 

2. Jean Tsadik, dans son analyse d’hier (jeudi), avait envisagé deux hypothèses de comportement que Jérusalem avait pu adopter à l’égard des Russes et de leurs bases militaires situées à seulement un peu plus de 40km de l’objectif détruit par les appareils hébreux :

 

a.     Ne pas les informer ou les informer trop tard de l’opération en cours. Ce, afin de les empêcher d’intervenir et d’interférer pour compliquer le raid, et pour leur signifier que l’intérêt supérieur d’Israël passait avant la coordination avec eux.

 

b.     Qu’une entente avait été conclue lors des discussions de Sotchi entre Messieurs Netanyahu et Poutine pour laisser le Khe’l Avir débarrasser Moscou de l’encombrante usine de production de gaz de combat de Masayaf. Ceci, en considération de ce que la communauté internationale avait enjoint à Bashar al Assad de détruire toutes ses réserves de gaz de combat et qu’il affirmait avoir procédé à cette destruction.

 

Juffa ajoute ce matin une troisième hypothèse à celles proposées par Jean Tsadik : l’intervention visant Masayaf pourrait faire partie de la liste dressée en commun par les responsables russes et israéliens des actions militaires jugées légitimes pour la défense de l’Etat hébreu. Les trois hypothèses restent envisageables.

 

Juffa observe que Moscou n’a pas réagi à l’annihilation du complexe militaire syrien par Tsahal. Washington d’ailleurs non plus.

 

3. Le raid israélien est survenu quelques heures seulement après l’accusation formelle de crime de guerre contre le régime alaouite, formulée par les experts de l’ONU suite à une enquête minutieuse. Les conclusions de l’ONU indiquent que le gaz sarin, produit à Masayaf, a servi à l’attaque par les forces gouvernementales de ville syrienne de Khan Cheikhoun, en avril dernier, qui avait causé la mort d’entre100 et 200 civils et en avait blessé plus de 500.

 

Dans ces conditions, au vu du timing choisi par Israël pour détruire Masayaf, personne ne peut critiquer la décision du gouvernement hébreu.

 

4. Le Khe’l Avir a-t-il utilisé pour le raid ses nouveaux avions furtifs F-35 – rebaptisés en hébreu "Adir" (superbe) ? Israël en a reçu 5 sur une cinquantaine de commandés. En principe, il aurait fallu beaucoup plus de temps – l’Etat hébreu vient de les recevoir – pour les rendre opérationnels, mais il est assurément capable de ce genre d’intégration accélérée.

 

5. Quelles sont les réactions éventuelles que l’on doit attendre de la part de la Syrie et de ses alliés ?

 

 
By YinonSys