Bruxelles-Métula du 11 septembre 2017 (011109/17)
lundi, 11 septembre 2017

 

© Metula News Agency

 

L’analyse de Stéphane Juffa, au micro d’Elsa Assoun, dans le cadre de l’émission Bruxelles-Métula sur Radio Judaïca  https://youtu.be/8AqP865YlCk (Youtube).

 

Problème : l’Etat Islamique n’existe plus et les attentats se multiplient

(les attentats terroristes ne sont pas politiquement corrects)

 

* L’Etat Islamique vit ses derniers moments, il n’est plus à même d’influer sur le cours des évènements locaux et encore moins sur ce qui se déroule en Europe.

 

* Pour des raisons stratégiquement inexplicables, Washington a cessé sa progression et celle de ses alliés kurdes des Forces Démocratiques Syriennes à une centaine de kilomètres au sud-est de Raqqa, sur l’Euphrate.

 

* La Coalition formée par les Etats-Unis et les Européens abandonne sans opposition la province et la ville stratégiques de Deïr ez Zor aux Iraniens, aux Alaouites, au Hezbollah, aux milices chiites irakiennes commandées par l’Iran, et à l’Aviation et aux commandos russes. Ce, alors qu’elle avait entre 4 et 6 mois d’avance sur eux et avait le loisir de s’emparer de cette zone hautement stratégique à moindre frais.

 

bm25.jpg

Vous êtes aujourd’hui à portée de ce missile BM25 acheté par l’Iran à la Corée du Nord

Et ça ne va pas s’arranger.

 

* Ladite Coalition a décidé de ne pas s’opposer à la construction du fameux corridor-autoroute iranien, passant par la province de Deïr ez Zor, commettant ainsi une erreur fondamentale d’appréciation stratégique à même de mettre l’entièreté de l’Europe en péril.

 

* Israël, au contraire, a décidé de contester l’édification de cet axe terrestre allant d’Afghanistan au Liban, en passant par l’Iran, l’Irak et la Syrie, comme l’a déclaré la semaine dernière son ministre de la Défense, Avigdor Lieberman. L’Etat hébreu est soutenu dans sa démarche par l’ensemble des Etats arabes.

 

* On a pu voir une expression militaire du refus israélien du Corridor iranien dans le raid de jeudi contre, notamment, la fabrique de missiles iraniens installée à Masayaf en Syrie.

 

* Israël va principalement s’attaquer à l’extrémité occidentale du Corridor, aux abords des grandes villes syriennes, de la province de Lattaquié et du Liban.

 

* A propos du problème du terrorisme islamique en Europe, vos gouvernants et vos media ne vous ont pas dit la vérité. Suite à Zaventem, à Nice et au Bataclan, ils ont déclaré la guerre conventionnelle en Syrie et en Irak contre l’Etat Islamique, promettant aux Européens que lorsque l’EI sera défait, il n’y aura plus d’attentats en Europe.

 

Mais l’Etat islamique a perdu la guerre et les attentats se poursuivent de plus belle.

 

* La vérité est que "votre" guerre vous oppose à des groupes islamiques existant parmi la communauté musulmane installée en Europe et non au Moyen-Orient. L’Etat Islamique n’a jamais commandé les cellules islamiques européennes ; celles-ci sont largement autonomes, elles s’inspirent de la lecture qu’elles font du Coran, de leur interprétation du Djihad, des ordres de tuer qui fleurissent sur le Net, ainsi que de la haine et du rejet de votre culture et de vos lois. Leurs méthodes d’attentats artisanales ne nécessitent pas de moyens importants, ni de connaissances techniques avancées.

 

* Vos gouvernants et votre presse désignent l’Etat Islamique afin de ne pas évoquer le problème posé par la présence musulmane massive en Europe. L’Etat Islamique, comme autrefois al-Qaeda, constitue un symbole abstrait facile à détester et à accuser de tous les maux, en lieu et place de la frange extrémiste et violente des musulmans vivant en Europe.

 

Cela permet de préserver le faux axiome politiquement correct : TOUS LES MUSULMANS EUROPEENS (ici et partout) SONT GENTILS ET AMICAUX, L’ETAT ISLAMIQUE (très loin), QUI DETOURNE LE SENS DE L’ISLAM, EST LE RESPONSABLES DES ATTENTATS QUI TUENT LES EUROPEENS.

 

* En plus d’exposer les Européens aux missiles iraniens et aux attentats des courants islamistes européens, l’ingérence occidentale mal évaluée et mal conçue a créé un grave déséquilibre au Moyen-Orient.

 

Jusqu’à l’intervention de la Coalition internationale contre l’EI, les extrémistes sunnites et chiites se neutralisaient mutuellement, préservant les Etats industrialisés et leurs amis dans la région. En annihilant l’Etat Islamique, l’Occident livre les territoires qu’il contrôlait aux extrémistes chiites dirigés par l’Iran.

 

Qui plus est, ils ne lui contestent pas lesdits territoires et le laissent s’installer en terrain conquis selon son bon vouloir, tout en s’approchant des frontières israélienne, saoudienne, jordanienne, en le laissant étendre sa mainmise sur le Liban et poser ses missiles à la lisière de la zone d’influence européenne.

 

Cette faute stratégique grave, pour ne pas dire inconcevable, aura pour conséquence d’allumer des conflits largement plus compliquées à résoudre que la Guerre Civile Syrienne, face à un ennemi au moins cent fois plus dangereux que ne l’était l’Etat Islamique.

 

L’EI représentait un danger pour une partie des populations de deux ou trois Etats moyen-orientaux ; l’Iran, avec ses missiles, son programme nucléaire mal gelé et uniquement de manière temporaire, participe d’une menace qui, à l’instar de son premier allié, la Corée du Nord, concerne la totalité de la planète.


 
By YinonSys