Nouveau raid israélien contre les Iraniens à T4 dans le désert syrien (010907/18)
dimanche, 08 juillet 2018

 

© Metula News Agency

 

1h15 à Métula lundi, 0h15 à Paris

 

L’agence de presse officielle syrienne SANA a annoncé dimanche soir que l’aéroport T4, situé en plein désert à 60km à l’ouest de Palmyre, a été la cible d’un raid aérien israélien [carte].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Les media et les sources gouvernementales syriens ont proposé plusieurs versions contradictoires de cette opération, affirmant, entre autres, que la défense antiaérienne avait touché un appareil du Khe’l Avir, abattu des missiles et avait forcé les avions israéliens à rebrousser chemin.

 

Il n’empêche que, selon des témoins oculaires, environ huit missiles ont explosé sur l’aéroport et dans ses environs immédiats.

 

Un responsable municipal de la bourgade-oasis de Tiyas, à 5km au nord-est de la base militaire, a confié à Michaël Béhé que "les dégâts aux infrastructures sont très importants", et "que des dizaines de personnels, principalement iraniens, mais également du Hezbollah, ainsi que des soldats du régime avaient été tués ou blessés durant l’attaque". "Le ballet des ambulances et des hélicoptères est incessant", a affirmé la même source, décrivant l’opération d’aujourd’hui "plus massive que celle du 9 avril dernier".

 

A cette date, un raid précédent, également attribué aux Israéliens, avait déjà visé T4. Il avait provoqué la mort de 14 combattants selon Téhéran, dont 7 Iraniens ; des dizaines de militaires de la République Islamique d’Iran avaient alors été tués selon les rapports de la Ména à l’époque, dont des officiers supérieurs.

 

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Le détail des installations de T4

Dans le cercle rouge : la section iranienne, détruite lors des raids précédents. A la Ména, nous pensons que les Iraniens s’étaient déplacés sur la base et qu’ils avaient étendu leurs activités

 

Le 10 février, les chasseurs-bombardiers à l’étoile de David avaient oblitéré les bâtiments qui abritaient des drones iraniens après que l’un de ceux-ci, bourré d’explosifs, eut été abattu au-dessus de la ville de Bet Shéan. Ce jour-là, Israël avait perdu un F-16 et avait procédé à l’attaque d’un grand nombre d’objectifs en Syrie.

 

C’est à nouveau les positions iraniennes de T4 qui ont été visées ce dimanche. Jérusalem a sans doute été prévenue de l’imminence d’une agression à partir de cet aéroport, qui prévoyait probablement l’utilisation de missiles terre-terre ou à nouveau de drones.

 

On parle souvent de tentatives de vengeance de la part de la théocratie iranienne, suite aux nombreuses pertes lors des attaques attribuées à Israël ces derniers mois, ainsi qu’à la subtilisation des archives nucléaires par le Mossad en plein cœur de Téhéran.

 

De l’avis des experts stratégiques de notre agence, ces tentatives de répliques à répétition répondent à une nécessité impérieuse d’une autre nature pour le régime des ayatollahs. En effet, une grande partie de la population iranienne considère que la dictature khomeyniste a non seulement été ridiculisée par Israël, dont elle annonce l’anéantissement imminent deux fois par semaine mais, de plus, qu’elle est incapable de répondre militairement à l’Etat hébreu de quelque manière que ce soit.

 

Alors que la contestation anti-régime ne cesse d’enfler en Perse, que le rial a perdu la moitié de sa valeur, que les pénuries se généralisent, que l’alimentation des villes en eau potable et en électricité n’est plus correctement assurée, l’exemplarité d’Israël dans son opposition à la théocratie chiite gagne de l’ampleur parmi la population.

 

Pour la plupart des opposants aux ayatollahs, les Hébreux font ce qu’ils veulent partout en Iran, et notre renseignement est au courant de tout ce que trame le régime. Ce sentiment est tel qu’une partie de la population est persuadée que nous allons l’aider à renverser le régime totalitaire qui l’oppresse et lui apporter la liberté.

 

Il importe pour le régime, dans ces conditions, de montrer aux Iraniens quasiment à n’importe quel prix qu’il est également capable de frapper Israël, ne serait-ce qu’afin de récupérer un peu de son prestige étiolé.

 

Reste que, pour le moment, et en dépit des consignes de discrétion extrêmes décrétées par le régime, Israël est chaque fois informée à temps et avec précision de ses intentions militaires, et qu’elle a la capacité de les faire échouer.

 

Il est également évident que les tentatives successives sont chaque fois plus difficiles à mettre en place, que ce soit à cause du coût du remplacement du matériel, de la mort des meilleurs spécialistes dans la gestion des armes et systèmes concernés, de la difficulté croissante d’acheminer des armes de remplacement en Syrie, de la démoralisation des militaires, qui craignent naturellement de subir le même sort que leurs prédécesseurs, et de la grogne de la rue, qui ne comprend pas la nécessité de ces sacrifices et de ces dépenses en Syrie, alors qu’elle se débat avec les pénuries, avant même l’instauration des nouvelles sanctions américaines.

 

A cela, il faut bien sûr ajouter un phénomène de suspicion généralisée qui doit régner au sein des décideurs politiques, mais aussi des cadres de l’Armée et des forces d’élite, où tout le monde se demande qui sont ceux qui renseignent les Israéliens.

 

 
By YinonSys