Raid dévastateur de l’Aviation israélienne dans l’ouest de la Syrie (011304/19)
samedi, 13 avril 2019

 

© Metula News Agency

 

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La nuit dernière (vendredi à samedi), selon des sources étrangères, y compris l’agence de presse-propagande officielle du régime syrien SANA et l’agence semi-officielle d’information du gouvernement russe, Sputnik, l’Aviation israélienne, le Khe’l Avir, a attaqué plusieurs positions militaires dans la région de Masyaf, à l’ouest de la Syrie [voir carte].

 

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Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Le raid, qui s’est déroulé à partir de 2h30 locales (1h30 à Paris), a notamment ciblé l’usine d’armement, mentionnée comme "Deir (arab. : couvent) Mama Fabrique de missiles" sur la carte. Il s’agit d’un complexe de mise au point et de fabrication d’armes géré par l’Armée iranienne en Syrie.

 

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L’usine d’armement iranienne de Deir Mama

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Google Earth Pro

 

Cet objectif a déjà été attaqué au moins à six reprises par le Khe’l Avir. Chaque fois, au prix de pertes humaines et d’investissements importants, la théocratie perse a reconstruit les installations oblitérées par les Israéliens.

 

Téhéran y pratique, en collaboration avec le régime de Bashar al Assad, la mise au point, l’entretien et le stockage d’armes de destruction massive, y compris des armes transportant des gaz de combat et des agents de guerre bactériologique.

 

Durant la Guerre Civile Syrienne, la plupart de ces aménagements ayant été anéantis par les chasseurs-bombardiers à l’étoile de David, l’unité de Deir Mama se concentre désormais sur la production de missiles à moyenne portée. Ces armes sont censées être livrées aux Pasdaran, l’unité d’élite des Gardiens de la Révolution khomeyniste iraniens, au Hezbollah libanais ainsi qu’à l’Armée gouvernementale syrienne.

 

On estime en Israël que le régime des ayatollahs a entrepris de redémarrer le complexe de Deir Mama après le déploiement par les Russes d’une batterie de missiles S300 sur la montagne dominant l’usine par 10km à l’Ouest et conçue pour la protéger.

 

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La batterie de S300 dans la montagne

mentionnée comme "4 rampes de missiles S300" sur la carte

Service cartographique © Metula News Agency

Base : Imagesat International ISI

 

Nous ignorons à la Ména si la batterie en question a été détruite lors de l’opération de cette nuit ou s’il existe un accord secret entre Moscou et Jérusalem afin que ces missiles ne soient pas utilisés lors des raids de l’Aviation israélienne.

 

La zone de Masyaf est également à portée des missiles S400 plus récents, déployés autour de Khmeimim, la principale base aérienne russe en Syrie à proximité de Lattaquié (carte).

 

Quoi qu’il en soit, les appareils hébreux opèrent en Syrie avec les contre-mesures permettant de rendre inopérants les deux types de missiles russes. Si un accord russo-israélien existe, c’est pour éviter une confrontation armée entre les deux pays et ne pas étaler l’impuissance du système russe d’interdiction aérienne, présenté par Moscou comme étant le plus performant au monde. Le système S400 est l’un des principaux produits d’exportation de l’industrie militaire russe. L’un de ces exemplaires vient d’être vendu à la Turquie de Recep Erdogan, suscitant un désaccord public entre Ankara et Washington, la Turquie, membre de l’OTAN, n’étant pas censée se pourvoir en armement auprès de l’adversaire de l’OTAN.

 

Outre le complexe de Deir Mama, sous réserve que la batterie de S300 n’ait pas été attaquée, l’on sait de source fiable qu’un camp de Pasdaran et de Hezbollani, installé dans une école, a été oblitéré dans les faubourgs mêmes de la ville de Masyaf.

 

On est sans confirmation, en revanche, des informations en provenance de l’opposition syrienne relatives à une quatrième cible du Khe’l Avir dans la vallée d’al Huyun. L’objectif en question, également dirigé par les Iraniens, participerait au projet de confection des missiles à moyen rayon d’action.

 

Michaël Béhé, le chef de la Ména libanaise, ajoute trois informations à notre compte-rendu. Premièrement, il conteste le nombre de 2 morts et 17 blessés fuité par le régime de Damas à l’intention des media. Après être parvenu à contacter des sources hospitalières à Masyaf et à Hama (carte), le bilan des raids de la nuit dernière s’élèverait en réalité à près de quarante morts et à une centaine de blessés, quasiment tous des personnels militaires appartenant à l’Armée iranienne, à l’Armée syrienne et au Hezbollah libanais.

 

D’autre part, reprenant en cela des informations de l’ANI, l’Agence Nationale de l’Information libanaise, des appareils israéliens évoluant à très basse altitude ont simulé plusieurs heures durant des attaques au sol en divers points du territoire du pays aux cèdres. Finalement, toujours selon l’ANI, une roquette serait tombée la nuit dernière, pendant les attaques en Syrie, entre les villages d’Andaket et de Chadra près de la frontière libano-syrienne. Elle n’a causé ni blessés ni dégâts matériels. Les autorités de Beyrouth sont en train d’analyser le projectile afin d’en définir la provenance.

 

A Kiryat Shmona aussi, à 11km au sud de Métula, des habitants ont signalé à la Ména que des avions du Khe’l Avir avaient survolé leur cité à très basse altitude autour de l’heure des raids.

 

L’opération de la nuit dernière est la seconde à parvenir à notre connaissance depuis l’accord du 20 janvier dernier, annoncé en exclusivité par la Ména et qu’aucun autre media n’a encore repris, entre Israël, la Russie, le gouvernement syrien et l’Iran. Aux termes de cet accord, Téhéran a pu retirer ses forces de l’aéroport international de Damas, de la capitale syrienne et de ses environs sans être dérangé par Tsahal. Ses positions, maintes fois visées par le Khe’l Avir, étaient devenues intenables et occasionnaient, en plus des pertes humaines et matérielles, des destructions inutiles à Damas. Depuis, la "République" Islamique d’Iran a retiré entre la moitié et les deux tiers de ses effectifs en Syrie et a éloigné le contingent restant de la proximité du territoire hébreu, vers des régions où elle le croyait en sécurité.

 

Le raid de vendredi à samedi démontre que Khamenei n’a pas encore fait le deuil de ses ambitions expansionnistes au pays de Bashar al Assad, mais entend influer sur le rapport de force avec Israël de façon différente.

 

Ce qui nous impressionne toujours autant à Métula, outre la dextérité des pilotes hébreux et la précision de leurs armes, c’est la qualité qui peut sembler fantastique du Renseignement israélien. C’est à croire que Jérusalem connaît tout ce qui se déroule dans les antres les plus secrets de ses ennemis en temps réel et avec une précision diabolique.

 

 
By YinonSys