Un sous-marin russe interpelé à 15km de la côte israélienne (011111/19)
lundi, 11 novembre 2019

 

newmena.jpg

 

© Metula News Agency

 

Lundi, 23h30 à Métula, 22h30 à Paris

 

On apprend ce lundi qu’il y a trois mois de cela une vedette de la Marine israélienne (le Khe’l ha-Yam) a repéré un sous-marin russe à moins de 15km [8 miles nautiques] en face de la région de Tel-Aviv.

 

Ce, alors que les eaux territoriales de l’Etat hébreu s’étendent jusqu’à 22km [12NM] de la côte.

 

Des officiers israéliens ont contacté leurs homologues russes en utilisant un réseau de communication mis en place entre les deux armées afin d’éviter des situations dangereuses. Ce réseau est surtout utilisé par le Khe’l avir, l’Armée de l’air israélienne, pour communiquer sur les activités des avions dans le ciel syrien très emprunté.

 

Suite à ces discussions, le submersible russe a finalement quitté nos eaux territoriales pour rejoindre le cœur de la Méditerranée.

 

La Marine israélienne s’est refusée à faire tout commentaire sur l’incident.

 

Selon les media du Hezbollah au Liban, le sous-marin interpelé serait le Rostov-sur-le-Don, un bâtiment du Projet 636.3, ou "aka Vashavyanka-class" en russe, comme il en existe cinq autres en service, un en essais avant livraison et cinq supplémentaires en construction.

 

rostov_on.jpg

Le Rostov-sur-le-Don peu avant sa mise à l’eau

 

Il s’agit d’un submersible à propulsion diesel/électrique, à l’instar du Dolphin israélien, réputé pour avoir une signature sonore particulièrement discrète et considéré comme furtif par ses concepteurs.

 

Il mesure 70 mètres de long, peut plonger à 250 mètres en plongée opérationnelle et peut emporter 52 marins à 20 nœuds en immersion [37km/h]. Il est armé de torpilles, de mines et surtout du missile de croisière 3M54. Le Rostov-sur-le-Don aurait lancé un missile de ce type sur une position de l’Etat Islamique durant la Guerre Civile Syrienne. Il est principalement conçu cependant pour la lutte contre des navires de surface et d’autres sous-marins.

 

Son prix est évalué à 220 millions d’euros l’unité contre 650 millions aux Dolphins de l’Etat hébreu, dont six exemplaires sont en service.

 

Nous ne connaissons pas de réels avantages entre le positionnement d’un submersible à 15km des côtes ou à 22km, en dehors de la provocation ou d’une tentative effectuée afin de vérifier si le Khe’l ha-Yam était capable de le localiser. Ce qui a été le cas ; mais les stratèges hébreux ont dû réfléchir intensément avant de contacter leurs homologues russes, leur indiquant par là même qu’ils avaient les moyens de localiser les submersibles de la classe 636.3, la plus moderne actuellement pour ce genre d’engins au service de la Russie.

 

Il aura fallu que la nuisance possible que l’intrus représentait soit supérieure au fait de laisser croire au marins de Poutine que nous étions incapables de repérer sa présence. A la Ména nous ignorons à la fois combien de temps le submersible russe a séjourné dans nos eaux et depuis combien de temps il avait été repéré.

 

dolph.jpg

Un Dolphin israélien

 

A la Ména, on se demande si le rôle du sous-marin russe ne consistait pas précisément à repérer les sorties des Dolphins des ports israéliens. Car les Dolphins ne sont pratiquement pas repérables s’ils ne sont pas suivis dès le moment où ils prennent la mer. Notre spécialiste en armement Jean Tsadik peut concevoir que chaque mile pourrait compter pour surveiller ce genre de mouvements.

 

Avec la montée des tensions avec l’Iran et la reprise de l’enrichissement de l’uranium dans l’usine souterraine de Fodo, certains experts ont émis l’idée que les Dolphins pourraient participer activement à une éventuelle attaque de Tsahal visant les infrastructures nucléaires iraniennes.

 

Dans cette hypothèse, le Kremlin souhaiterait évidemment connaître le plus tôt possible les intentions israéliennes.

 

Nous notons tout de même que l’annonce officielle de la reprise des activités d’enrichissement à Fodo date d’il y a uniquement sept jours et que l’incident s’est produit il y a trois mois. Ceci posé, si les Perses ont repris l’enrichissement mardi dernier, ils ont dû préparer le redémarrage de leurs installations plusieurs semaines avant cela.

 

 

Notons enfin que ce genre d’incidents n’est pas totalement exceptionnel et pas unidirectionnel. Ainsi, peu de temps avant qu’il ne soit mis en cale sèche en juillet 2018, le seul porte-avions russe, l’Amiral Kouznetsov, avait été approché à quelques centaines de mètres par une vedette du Khe’l ha-Yam. A cette occasion également, une confrontation avait pu être évitée.  

 

 
By YinonSys