Le Général Souleimani, no.2 du régime islamique iranien, a été éliminé à Bagdad (010301/20)
vendredi, 03 janvier 2020
Vendredi, 05h40 à Métula, 04h40 à Paris
Le Général Qassem Souleimani, le commandant de la force al
Qods [ara. : Jérusalem] des Gardiens de la Révolution khomeyniste, la première
unité d’élite de l’Armée iranienne, a été tué durant une attaque aérienne à l’Aéroport
International de Bagdad. A la Ména on estime l’attaque aux alentours de 2h30
heure locales.
Outre le fait qu’il commandait les fronts syrien et irakien
et qu’il recevait ses ordres directement du Guide suprême Ali Khameneï, Souleimani était l’officier supérieur principal de l’Armée
iranienne. Il était considéré comme le no.2 de la théocratie persane.
Le cadavre de Souleimani a été identifié grâce à la bague qu’il
ne quittait jamais
Abu Mahdi al-Muhandis, le no.2 des Forces de Mobilisation
Populaires, la milice chiite irakienne, qui est la principale organisation supplétive
de la "République" Islamique d’Iran, a également péri lors du raid. Il
était venu accueillir Souleimani à l’aéroport.
Ahmed al-Assadi, le porte-parole des Forces de Mobilisation
Populaires, a accusé l’ennemi américain et israélien d’être à l’origine de la
mort du moudjahid [ara. :un combattant
de la foi qui s'engage dans le Djihad] Abu Mahdi al-Muhandis.
L'avion de Souleimani était arrivé du Liban ou de Syrie. La
frappe aérienne a eu lieu dès qu'il est descendu de l'appareil. Al-Muhandis et
ses compagnons qui étaient présents ont tous été oblitérés par l’explosion. Ils
se trouvaient dans deux véhicules qui ont été spécifiquement visés et détruits.
Parmi eux, deux chefs d’autres milices irakiennes chiites fidèles
à l'Iran ont également perdu la vie lors de l’opération, dont un responsable du
Kataëb [ara. : phalanges] Hezbollah, impliqué dans l'attaque contre l’ambassade
des Etats-Unis cette semaine.
Le Kataëb Hezbollah, est une milice chiite irakienne qui n’a
rien à voir avec le Hezbollah libanais. Il prend ses ordres à Téhéran.
L’attaque de ce matin intervient suite à l’attaque de l’ambassade
américaine le weekend dernier, orchestrée par les supplétifs de Téhéran en
réaction aux frappes aériennes U.S. dimanche. Ces frappes ont tué 25
combattants des Kataëb Hezbollah. L'Armée étasunienne avait alors déclaré que
les frappes étaient des représailles au meurtre, la semaine dernière, d'un
entrepreneur américain lors d'une attaque à la roquette sur une base militaire
irakienne conduite par la milice.
Selon les techniques employées ce vendredi matin, il nous
semble à la Ména que l’opération de neutralisation de ce matin à l’aéroport de
Bagdad est une opération conjointe des armées israélienne et américaine.
En ce moment-même, Tsahal envoie d’importants renforts sur
les fronts septentrionaux. On craint en Israël que cette élimination ne
déclenche le conflit généralisé avec l’Iran.
L’adjoint au Conseil à la Sécurité Nationale sous Barack
Obama, Ben Rhodes, l’un des principaux artisans de l’Accord nucléaire avec l’Iran,
celui qui avait également suggéré à Obama d’abandonner Hossni Moubarak :
"Bien sûr, Souleimani a beaucoup de sang sur les
mains.Mais c'est un moment réellement
effrayant. L'Iran va répondre et probablement dans plusieurs endroits. Je pense
à tous les personnels américains dans la région".