Rafales français contre F-16 israéliens dans le ciel d’Israël (011302/20)
jeudi, 13 février 2020

 

Par Ilan Tsadik

 

Deux jours durant cette semaine, lundi et mardi, des Rafales de l’Armée de l’air tricolore ont affronté des F-16 du Khe’l Avir lors de duels aériens.

 

Trois appareils de l’équipe rouge tentaient de réaliser des bombardements au sol, tandis que trois autres, de l’équipe bleue, essayaient de les en empêcher. Cela donnait des duels aériens spectaculaires et disputés à un contre un. Des dogfights, dignes de la Seconde Guerre Mondiale.

 

Ensuite on intervertissait les rôles, et les F-16 du 107ème escadron du Khe’l Avir, basés à Ovda, non loin d’Eilat, essayaient de couler le porte-avions Charles de Gaule qui croisait à proximité de la côte israélienne.

 

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Deux Rafales et un F-16 sur la côte israélienne de la Méditerranée, cette semaine

Source : Tsahal

 

L’exercice était d’autant plus intéressant qu’aucune des deux armées de s’est livrée à d’authentiques duels aériens depuis longtemps. Les Rafales, parce que la France n’est pas en guerre et évite de générer des situations de tensions aériennes là où elle est présente. Et les F-16, parce que les avions des autres nations de la région retournent prestement se poser lorsqu’ils savent que les pilotes israéliens se trouvent dans le ciel.

 

Ce qui fait que ces aviateurs et leurs appareils multirôles n’ont pas fréquemment l’occasion de se mesurer à des adversaires de leur qualité, et c’est pour pallier cette situation que ces simulations de combats sont régulièrement organisées.

 

Il en existe plusieurs dans le monde entier, auxquelles prennent part de nombreuses forces aériennes, qui peuvent à ces occasions aussi mesurer leur niveau d’efficacité et échanger entre elles des information sur les tactiques réciproques.

 

Lundi et mardi, on a assisté à une confrontation plus intime opposant les pilotes d’uniquement deux pays. A ce sujet, bien que les relations politiques entre Jérusalem et Paris soient traditionnellement tendues, cela nous donne l’occasion de signaler qu’entre les armées et les spécialistes du Renseignement, notamment les spécialistes de la lutte antiterroriste, les relations sont amicales et même cordiales.

 

Dans les décennies récentes, cette coopération a en outre permis de mettre en échec des dizaines de tentatives d’attentats prévues dans l’Hexagone par des organisations islamiques.

 

Des analystes de la Ména se trouvent également en contacts amicaux réguliers avec des officiers de l’Armée françaises et ils échangent leurs points de vue sur des sujets stratégiques et sécuritaires. Ce qui tranche particulièrement avec les représentants du Quai d’Orsay qui nous boycottent ostensiblement.

 

Un autre élément piquant des joutes de ce début de semaine provient du fait que les Rafales décollaient du Charles de Gaule, et donc d’un aéroport mobile, ce qui augmentait la difficulté de prévoir d’éventuelles interceptions.

 

D’autre part, les pilotes participant à l’exercice ne se connaissaient pas et ne s’étaient pas rencontrés physiquement avant de s’affronter dans l’éther. Les Français retournaient sur leur bateau en fin de journée et ne passaient pas la nuit en Israël. Cela ajoutait assurément une touche de réalisme et de mystère à ces jeux de guerre. Tout comme le fait que les aviateurs des deux pays communiquaient en anglais, ce qui n’est pas forcément évident pour ces pilotes militaires. Les Français possédant à ce propos l’avantage de s’entraîner et de participer couramment aux exercices et aux opérations de l’OTAN.

 

L’anglais était d’autant plus indispensable que, lors de la plupart des scénarii, les équipes rouge et bleue étaient mixtes, dans le but de préparer les pilotes à "travailler ensemble" au cas où ils auraient à le faire dans un éventuel conflit à venir.

 

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Pilotes israéliens et français en formation serrée dans le ciel d’Israël

Source : Tsahal

 

Mercredi, les Israéliens ont été invités et héliportés sur le porte-avions, que leurs "adversaires" de la veille leur ont fait visiter. Les hébreux qui ne possèdent pas de bâtiments de ce genre se sont dits passionnées par cette visite et par la qualité de l’accueil qui leur fut réservé.

 

Il n’a pas été annoncé qui sont les meilleurs pilotes ou les meilleurs avions, et il n’a pas été consacré de gagnants et de perdants à ces joutes. Ce que l’on peut dire est que le Rafale est probablement un appareil qui, pris individuellement, est supérieur au F-16 de par ses qualités de vol. Lesquelles sont compensées à la fois par la versatilité, le coût d’achat, d’entretien et par le nombre de F-16 en activité dans le monde, ainsi que par la très grande expérience opérationnelle des pilotes israéliens en conditions réelles d’affrontement.

 

Le Rafale est un bimoteur en service depuis 2002, d’un prix de vente moyen de l’ordre de 72 millions d’euros. Il a été construit à 196 exemplaires jusqu’à maintenant. Quant au F-16 américain, en service depuis 1978, c’est un monomoteur dont le prix de vente moyen est de 18.5 millions d’euros et il en a été produit 4 558 à ce jour. Le Khe’l Avir dispose de 322 F-16 en situation opérationnelle, dans cinq déclinaisons différentes. L’Armée de l’air tricolore aligne 151 Rafales.

 

Il ne s’agit pas de la première rencontre de ce genre. Il y a quelques temps, la Ména avait relaté un exercice similaire franco-israélien qui s’était déroulé en Corse.

 

Au vu de l’intérêt des deux nations pour cette synergie, il a d’ores et déjà été décidé de remettre cela prochainement, en élevant encore le degré de complexité des exercices prévus.

 

Le politique ne suit pas : alors que Tsahal communique normalement sur cet exercice, l’information reste très confidentielle dans les media tricolores.

 

 

 

 
By YinonSys