Etat d’Israël contre Mafia (011710/20)
samedi, 17 octobre 2020

 

Au vu de l’importance de cet article et des analyses exclusives qu’il contient, nous avons décidé, exceptionnellement, de le rendre accessible à tous dans sa totalité et gratuitement. (La rédaction)

Par Stéphane Juffa

 

Les tentatives diverses et variées du premier ministre Binyamin Netanyahu et de son entourage destinées à faire annuler ou à tout le moins repousser les procédures judiciaires en cours contre lui se poursuivent sans interruptions.

 

Parmi icelles, les actes d’intimidation visant les responsables des institutions juridiques de l’Etat ont franchi un nouvel échelon, mercredi dernier, avec l’intervention du député (Likoud) et chef du bloc bibiste à la Knesset Miki [Makhlouf-Michaël] Zohar. Zohar s’exprimait à l’antenne de la station de radio 103FM, lors de l’émission d’actualité de Golan Yokhpaz et Anat Davidov.

 

Voici la transcription de morceaux choisis de l’interview. Ceux qui comprennent l’hébreu peuvent suivre l’entièreté de l’émission sur le podcast de 103FM :

https://103fm.maariv.co.il/programs/media.aspx?ZrqvnVq=IDMFLI&c41t4nzVQ=GJL

           

[Zohar] "Si Mandelblit [le procureur général de l’Etat d'Israël] ne démissionne pas de ses fonctions et n’annule pas les actes d’accusation [contre Binyamin Netanyahu], il y aura ici un tremblement de terre".

 

[Golan Yokhpaz ] "Qu’est-ce que c’est, une menace ?"

 

[Zohar] "Non, c’est une promesse !"

 

[Golan Yokhpaz ] "Que savez-vous d’autre qui est censé être rendu public ?"

 

[Zohar] "Je vous promets que des choses vont être prochainement dévoilées… il y aura ici un tremblement de terre, il ne restera plus aucune autre option à Avikhaï Mandelblit que démissionner de sa fonction et annuler les actes d’accusation contre Netanyahu".

 

Zohar a également allégué que Shaï Nitzan [l’ex-procureur de l’Etat] possède d'autres informations "qui pourraient envoyer Mandelblit en prison". "Je ne vais pas en parler car elles n’ont pas encore été divulguées. Je suis sûr qu'elles seront publiées. Il y a d'autres conversations qui ont été enregistrées. Il y a d'autres cas qui n'ont pas encore été publiés", a déclaré Zohar, avant d’ajouter :

 

[Zohar] "(…) Je connais des informations très claires à ce sujet et les informations que je connais disent toutes la même chose - seule une toute petite partie a été révélée. Ils comprendront qu'il vaut mieux pour eux revenir du mauvais chemin qu'ils ont choisi, sinon, ils devront en payer le prix", a complété le chef de la coalition parlementaire bibiste.

 

Suite à ces déclarations, l'avocat Gonen Ben Itzhak, membre du mouvement de protestation contre Netanyahu, a déposé une plainte pénale contre Zohar. Ben Itzhak a affirmé que les propos du doberman de la coalition sont constitutifs du crime de chantage au travers des menaces qu’ils contiennent. Selon Ben Itzhak, ce chantage sous la menace1 contre Mandelblit concerne les procédures judiciaires en cours ainsi que  les affaires pénales à l’étude contre Netanyahu.

 

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Miki Zohar-la-Menace pour la démocratie

 

L’ancienne juge à la Cour Suprême, Mme Dalia Dorner [les juges en activités ne sont pas autorisés à intervenir dans la presse], a répondu lors de l'édition grand public de Democrat TV à la question de notre excellente consœur Lucy Aharish :

 

[Lucy] "Votre Honneur, j’aimerais un instant comprendre, peut-on dire qu’il s’agit d’une menace explicite contre le conseiller juridique du gouvernement [la seconde fonction d’Avikhaï Mandelblit] ?".

 

La Juge Dorner :

 

"Lors de mon dernier passage à votre émission, j’ai lancé un avertissement relatif aux attaques contre l’autorité et les institutions de la gouvernance ; nos institutions sans lesquelles il n’existe carrément pas d’Etat. Et les politiciens corrompus qui ont des affaires aux trousses œuvrent pour la délégitimation de ces institutions, affirmant qu’il est nécessaire de les démanteler, ce qui équivaut à détruire le pays. Quel pays peut exister sans institutions gouvernementales ?

 

Mais cette fois, je n'en croyais pas mes oreilles : un politicien, membre du pouvoir décisionnel, se présente en direct et commet simplement un délit de chantage avec menaces.

 

Il s’adresse au conseiller juridique du gouvernement en le menaçant, et lui dit que s’il ne retire pas ses inculpations et ne démissionne pas, des choses qui le heurteront seront rendues publiques, et que cela provoquera un véritable tremblement de terre, c’est saisissant !

 

(…) Ils détruisent la confiance dans les institutions de l’Etat. Quel pays peut exister sans système juridique ? Qu’est-ce qu’il arrive à ces gens ? Il se présentent tels des soi-disant patriotes, j’ai envie de pleurer… notre pays que l’on veut protéger en tant que pays juif et démocratique, cela dénote de l’absence totale de responsabilité. Il y a un acte d’accusation contre une personne, elle se présentera devant la justice, comme tout citoyen de l’Etat d’Israël, et si elle est innocente, elle sera innocentée, et si elle est coupable, elle rendra des comptes. Est-ce à cause de cela qu’il faut détruire le pays ?

 

Je veux ajouter un mot encore : parce que je préfère toujours conclure sur une remarque optimiste. Je crois en ce pays et dans ses bons habitants, et je crois que nous allons surpasser ces aléas, et que notre pays continuera d’exister longtemps après que ces politiciens auront cessé de nous gouverner".  

 

La Juge Dorner a précisé que la peine encourue par Miki Zohar est de sept ans de prison. Il est certes protégé par l’immunité parlementaire, mais cela n’empêche pas qu’il soit interrogé, c’est la moindre des choses. L’immunité pourrait être ensuite levée.

 

Regarder toute l’émission de Democrat TV (en hébreu) :

https://www.facebook.com/democratv/videos/358403418808167

 

Selon un haut responsable du ministère de la Justice qui s'est entretenu avec un confrère du magazine économique Globes, cette déclaration est considérée comme une "infraction pénale à tout point de vue". Une pré-enquête est en cours à ce sujet au bureau du procureur, à laquelle M. Mandelblit, concerné par les déclarations de Zohar, n’est strictement pas mêlé. Elle est diligentée par le procureur d'Etat adjoint chargé des suspects occupant des fonctions spéciales, l'avocate Nurit Littman, laquelle examine la question avec la Division des enquêtes policières et du renseignement comme il est d'usage.

 

Cette semaine a également vu la révolte de Benny Gantz, le ministre de la Défense, vice-premier ministre et Premier ministre par alternance, qui doit remplacer Netanyahu en novembre 2021 en vertu de l’accord de coalition en vigueur.

 

Dans une interview publiée jeudi par Ynet (le plus grand portail israélien), l’ancien chef d’état-major de Tsahal a confié qu’il examinait la possibilité de créer une sous-commission d'enquête sur l'affaire des sous-marins au sein du ministère de la Défense qu’il dirige. "C'est certainement un pas que je pourrais franchir", a commenté le leader de Kakhol-Lavan.

 

Officiellement, la déclaration de M. Gantz fait suite à la publication de plusieurs extraits de l'affidavit que l'ancien directeur général du ministère de la Défense, Dan Harel, a récemment soumis à la Cour suprême. Il y déclare notamment qu'en dépit de l’objection professionnelle qu’il avait communiquée à M. Netanyahu, ce dernier avait personnellement approuvé l'achat d'un septième sous-marin [allemand de la classe Dolphin] par Israël. "J'avais l'impression", souligne Harel dans son témoignage, "que derrière ce marché public, se dissimulait un intérêt qui ne m'apparaissait pas clair".

 

Dans les faits, la menace adressée par le ministre de la Défense Gantz à M. Netanyahu procède d’une manœuvre de stratégie politique intelligente : le dossier des sous-marins recèle potentiellement les exactions les plus graves que l’actuel Premier ministre pourrait avoir commises.

 

Ce dossier est lié à trois soupçons de malversations majeures, soit, dans le désordre 1. Un délit d’initiés, qui a amené Netanyahu a réaliser une plus-value hors du commun par l’achat et la revente rapide d’actions dans une société en difficulté financière, qui s’est avérée être un fournisseur en métaux de la société allemande qui fabrique les sous-marins. 2. L’achat par Israël, contre l’avis des professionnels et des experts, d’un nombre exagéré de ces sous-marins et d’équipements d’appoint relativement aux besoins tactiques de Tsahal. Le prix global de chacun de ces submersibles s’élevant à environ un milliard d’euros, ce qui en fait l’arme la plus coûteuse en service dans l’Armée israélienne. 3. L’accord octroyé par Netanyahu à l’Allemagne – Israël ayant participé à l’élaboration de ces engins - au nom de l’Etat hébreu de vendre des sous-marins de ce type à l’Egypte, nonobstant le risque stratégique majeur qu’ils font peser sur la sécurité d’Israël et ses habitants.

 

Concernant le délit d’initiés, M. Mandelblit vient d’annoncer que Netanyahu ne serait pas poursuivi dans cette affaire, en dépit de sa gravité et des soupçons légitimes de fraude qu’elle véhicule, en raison de la clause de prescription ; aucune enquête n’ayant été ouverte à ce sujet contre le Premier ministre et, partant, aucun acte d’accusation n’ayant été dressé contre lui dans le temps imparti.

 

Le chef de l’opposition et du parti Yesh Atid, Yaïr Lapid, a déclaré qu’il se félicitait de l’intention de Gantz de former un comité pour enquêter sur l’affaire des sous-marins.

 

"Il s'agit de l'affaire de corruption liée à la sécurité la plus grave de l'histoire du pays", a déclaré Lapid. "Le Premier ministre n'a toujours pas répondu à la question : pourquoi a-t-il approuvé la vente de sous-marins stratégiques à l'Egypte sans informer le ministre de la Défense et les chefs de l’Armée et du Renseignement ?".

 

Ce, alors que des milliers de concepteurs allemands et autant de militaires égyptiens étaient au courant par la force des choses.

 

Je l’ai plusieurs fois écrit, et je le répète aujourd’hui, après des mois d’enquête, la caractérisation juridique de corruption à l’encontre de Binyamin Netanyahu semble avérée, mais sa gravité est négligeable en comparaison de l’acte de haute-trahison qu’a constitué la vente d’armes de destruction massive à un régime islamiste [celui de Morsi] ouvertement hostile à la pérennité d’Israël. Laquelle décision communiquée aux Allemands a été prise par un seul individu, de manière à court-circuiter les procédures résolutives en vigueur dans l’Etat démocratique d’Israël. Ainsi qu’à dissimuler la décision de la connaissance des responsables et des instances sécuritaires du pays.

 

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L’Egypte recevant le deuxième des 4 sous-marins stratégiques furtifs

qu’elle a commandés en Allemagne. Sans l’accord de Netanyahu, cette

menace contre l’avenir d’Israël n’existerait pas

 

Il est évident à mes yeux que l’ouverture d’une enquête approfondie relative à la malversation qui précède participe de la menace constitutionnelle la plus redoutée par Netanyahu. Reste que, pour des raisons d’ordre principalement procédurières, l’enquête policière n’a pas pu commencer, en dépit de très nombreuses tentatives de saisir la Cour Suprême en la matière. Notamment par l’entremise d’une pétition qui a recueilli les signatures de plus de 4 500 hauts gradés de réserve de Tsahal.

 

Or l’initiative de Gantz visant à réunir une commission d’enquête au sein du ministère de la Défense est parfaitement légitime, puisqu’un recours de ce type existe et que c’est la défense qui est principalement concernée par les faits à examiner.

 

Pour Netanyahu, ce serait la Bérézina ; d’une part, parce qu’il ne possède pas les prérogatives nécessaires à empêcher la formation et le fonctionnement d’une telle commission, ensuite, parce que ses conclusions et ses recommandations à la Cour Suprême obligeraient sans doute la justice à se saisir enfin de l’affaire. En troisième, et c’est là que le choix de Gantz est stratégiquement intéressant, parce que la mise sur pied et la mise en marche d’une commission de ce genre sont relativement rapides ; plus rapides en tous cas que les recours qui restent à Netanyahu pour provoquer la tenue de nouvelles élections, qui n’auraient pas lieu avant mars, avril ou mai, et la possibilité théorique qu’elles lui procurent une majorité parlementaire qui lui permette – a posteriori – d’interrompre ses procès en cours.

 

Benny Gantz semble tenir une carte d’atout gagnante. Et il en est conscient. Il a exigé dans une lettre que le budget pour l’an prochain soit voté à la Knesset avant la fin de l’année civile, comme cela est provisionné noir sur blanc dans le traité de coalition qu’il a signé avec Netanyahu mais que ce dernier n’a jamais eu l’intention de respecter.

 

Pour une foultitude de raisons, dont certaines figurent dans l’accord de coalition, si le budget est voté avant 2021, il ne serait plus loisible à Netanyahu de convoquer des élections l’an prochain. En plus des dispositions contractuelles contraignantes, parce que le pays pourrait fonctionner, et que cela priverait Netanyahu de tout alibi politique justifiant de dissoudre le parlement. Or pour le moment, le budget n’est pas même en préparation au ministère des Finances, sans qu’aucune complication connue ne soit avancée pour justifier cette inertie majuscule. Israël fonctionne, strictement sans raison autre que les intérêts illégitimes de Netanyahu, selon le budget de 2019. Ce qui est évidemment pénalisant et coûteux pour l’économie du pays déjà outrageusement malmenée par la pandémie.

 

Si Gantz tient bon avec sa menace, Netanyahu cèdera. Il se verra même obligé de transmettre les rênes du pouvoir au ministre de la Défense en novembre 2021, comme cela est prévu dans l’accord de coalition, que Netanyahu n’a jamais eu l’intention de respecter.

 

Mais le Premier ministre fera absolument tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher l’ouverture de l’enquête sur l’affaire des sous-marins devant n’importe quelle instance. Tout pour ne pas avoir à répondre à une seule et unique question, qui fait l’économie du reste du procès : Pourquoi avez-vous autorisé l’Allemagne à vendre des Dolphin à l’Egypte ?

 

La Propagandastaffel de Netanyahu s’est évidemment mise en mouvement dès la publication de la lettre de Gantz et la corrélation qu’elle opère entre le budget, les élections, la transmission du pouvoir et la commission d’enquête.

 

Le communiqué émis par les responsables du Likoud, même s’il n’est pas à même d’influer sur la décision de Gantz, ni de faire de l’effet sur le public israélien, reste intéressant de par les arguments qu’il met en avant :

 

"Tout le monde sait que l'affaire des sous-marins a été écartée par toutes les forces de l'ordre (sic) ; même ceux connus pour leur hostilité à l’encontre de Netanyahu ont été forcés d'admettre qu'il n'avait rien à voir avec les allégations (sic ita). Il est temps pour Gantz de commencer à travailler pour le bien du peuple et pas les chiffres des sondages".

 

S’ensuit, après cette monumentale contre-vérité, l’argument massue dans le plus pur style Miki Zohar : "Après que Netanyahu a réussi à réduire le taux d'infection au Coronavirus, au lieu de s'unir dans la lutte et de sauver des vies, Kakhol Lavan continue de constituer un gouvernement au sein du gouvernement et de recycler l'affaire des sous-marins".

 

Naaaaan. Netanyahu n’est strictement pour rien dans la baisse du taux de contamination par le virus en Israël. Je ne crains même pas d’affirmer qu’il déplore cette amélioration, lui qui a placé le pays en confinement généralisé le 25 septembre dernier. Il s’était empressé d’annoncer juste après avoir pris cette décision et déclaré préalablement que le confinement durerait 15 jours, que l’état d’exception demeurerait en vigueur pendant "au moins six mois voire une année" ; cela lui aurait permis d’éviter la phase des témoignages à ses procès, qui doit s’ouvrit fin décembre et de la repousser aux calendes grecques.

 

Même si c’est, comme c’est le cas, au prix du sabotage de l’économie, de dizaines de milliers de faillites, du sabordage de l’industrie du tourisme, de l’aviation et de la restauration, de plus d’un million de chômeurs-corona, et contre l’avis des experts de la santé que Netanyahu a lui-même nommés.

 

Cela n’avait aucune importance aux yeux d’un homme traqué par les conséquences de ses fautes et de sa cupidité, disposé à sacrifier la vie d’un pays entier afin d’échapper à ses juges.

 

Puis l’inattendu s’est produit : un réduction inexplicable de la propagation du virus. Nous sommes passés en deux semaines de plus de 10 000 nouveaux cas journaliers à 1 700 hier (vendredi), et moins de 2 000 également les jours précédents. Du pays mondialement le plus infecté proportionnellement à la taille de sa population, à l’un des plus épargnés.

 

A tel point que le confinement général ne se justifie plus, et que même le ministre Likoud des Finances, Israël Katz, exclut de le prolonger. Netanyahu a beau prétexter la prudence afin de retarder le retour à la normale, il est débordé par la réalité et par les avis des spécialistes de la santé. D’ailleurs, aucun autre pays au monde n’a décrété le confinement généralisé. Maintenant que nous sommes de façon stable au-dessous de 2 000 nouveaux cas/jour, et que tous les autres indices baissent également, le maintien de l’état de siège est simplement ridicule, et chaque heure perdue à empêcher les usines de reprendre le travail et les commerces de rouvrir leurs portes coûte des milliards pour rien. Déjà Netanyahu est contraint d’accepter des assouplissements prévus pour dimanche, lundi est mardi. Ce samedi déjà, les manifestations à Jérusalem n’ont pas pu être interdites, après deux semaines d’interruption. Le Corona ne sauvera donc pas Netanyahu de ses procès..

 

Quant à la revendication de sa Propagandastaffel selon laquelle le Guide Suprême a terrassé l’infection, elle n’est pas uniquement mensongère, elle est aussi délirante. Premièrement, parce qu’elle n’a pas été respectée : tous les chefs spirituels orthodoxes, les "admors", TOUS, tous courants confondus, ont décrété la réouverture immédiate de toutes les écoles talmudiques [héb. : yéshivot]. Elles n’avaient par ailleurs jamais été fermées, non plus que les synagogues et les transports en commun pour les Juifs orthodoxes. Pendant qu’ils représentent la population largement la plus touchées. Pendant qu’ils comptent pour la majorité des patients décédés. Pendant que les autres citoyens se voient condamnés à de très lourdes amendes s’ils s’éloignent de plus d’un kilomètre de leur domicile. Des dizaines de milliers d’entre eux ont été verbalisés pendant que dans les villes religieuses, les pratiquants chargeaient la Police et blessaient des dizaines d’officiers.

 

En plein confinement, un ministre orthodoxe a participé sans s’en cacher à un mariage. Quelques heures plus tard, le gouvernement décrétait un aménagement autorisant – en situation de quasi-couvre-feu ! – les gens à participer au mariage d’un proche.

 

Il convient de préciser que si la Police avait empêché les yéshivot et les synagogues d’ouvrir, les partis religieux auraient voté à la Knesset pour la destitution de Netanyahu la semaine suivante, et l’auraient ainsi exclu du pouvoir et de la politique. C’est de la corruption transparente..

 

Ce n’est pas tout : les routes sont pleines de voitures et de camions, et elles bouchonnent aux heures habituelles. Tout ce qui est resté fermé, ce sont les usines et les commerces. Même si certains restaurants sont à moitié fermés, sous l’œil consentant de la Police. Il y des "deals" entre la Police et les orthodoxes, entre la Police et les usagers. Seules les usines sont fermées. L’état de siège est un fiasco complet, c’est le carnaval Netanyahu de la corruption, la prévalence de l’Etat bananier.

 

Ce qui a arrêté le virus, c’est… le virus. Nous l’avons déjà écrit à maintes reprises, il n’en fait qu’à sa tête. Les gestes barrières ne servent qu’au niveau individuel et à restreindre marginalement les dommages, ils n’ont strictement aucune influence sur les fluctuations fondamentales de l’épidémie. Celles-là, les épidémiologistes ne les comprennent toujours pas.

 

Nous ne sommes peut-être pas tous médecins à la Ména, mais nous sommes des observateurs aguerris : le Covid19 est en train de quitter le Proche-Orient ! Outre Israël, les cas baissent au Liban, en Syrie, dans les territoires palestiniens, en Jordanie, en Egypte (118 cas quotidiens !), etc. Et, jusqu’à plus ample informé, les Syriens et les Jordaniens n’ont pas respecté le confinement généralisé décrété par Netanyahu.

 

Flûte au pipeau, nous ne sommes pas des ânes ! Mais, par un autre mécanisme que les scientifiques ignorent et qu’ils devraient se mettre à étudier à leur plus proche convenance, lorsque le Corona quitte une région, il s’attaque simultanément à une autre. C’est encore une fois le cas de l’Europe de l’Ouest : la France est le pays largement le plus touché de la Planète, avec ses plus de 30 000 cas (officiels) quotidiens, l’Espagne a repassé la barre des 10 000, 20 000 au Royaume-Uni, 10 000 en Italie et en Allemagne, qui n’a rien changé de ses méthodes de prévention, 9 000 en Belgique (c’est grave), aux Pays-Bas, en Pologne et en Tchéquie. Et aucun de ces pays n’a décrété l’état de siège…

 

Pour ceux qui ne l’ont pas encore assimilé, Netanyahu a autant d’effet sur le Corona que sur les éclipses de la lune. Le Likoud actuel, celui de Netanyahu, est devenu une organisation pégreleuse, une authentique association mafieuse. Ce sont les jabotinskistes, les beginnistes, les sharonnistes qui sont les premiers à le reconnaître et à le déplorer. Ils démissionnent en vrac de leurs postes de haut-fonctionnaires, notamment de la tête de tous les départements du ministère des Finances, corrompu jusqu’à l’os et changé en lupanar. Mais la réserve des recours, même gredins, du triple inculpé de Balfour s’amenuise. Ses alliés au sein même de son parti s’éloignent de lui (ils auront mis le temps). Nous ne sommes plus qu’à un tour de manège de la fin du règne de cet escroc apprenti-dictateur. Qui s’est trompé de pays à asservir. Des dizaines de milliers de manifestants vont aller lui rappeler tout cela pas plus tard que ce soir sous ses fenêtres à la rue Balfour.   

 

 

Note :

 

1Chantage sous la menace, article 428 du Code pénal israélien :

"Extorsion [ou chantage sous la menace] : Menacer une personne par écrit, oralement ou par son comportement, porter illégalement atteinte à une autre personne morale ou physique, à ses choix, à ses biens, à ses moyens de subsistance, à sa réputation ou à sa vie privée, ou menacer une telle personne de publier ou de s’abstenir de publier quoi que ce soit la concernant, ou terroriser une autre personne d'une autre manière afin de la motiver à effectuer un acte ou, au contraire, pour éviter que la personne ne réalise un acte qu'elle est autorisée à faire.

 

Dans les deux cas, l'extorqueur est passible d'une peine d'emprisonnement de sept ans, et si l'acte ou l'omission à la clé de l'extorsion a été commis, il est passible d'une peine d'emprisonnement de neuf ans".

 

 

 
By YinonSys