IsraŽl a rendez-vous aujourdíhui avec son histoire (012303/21)
mardi, 23 mars 2021

 

Par Stéphane Juffa

 

On vote ce mardi en Israël. Il s’agit en principe d’élections générales ou législatives, mais ce n’est qu’une apparence. Car aucun des trente-neuf partis en lice n’a présenté de programme politique. C’est un peu normal car c’est la quatrième fois que nous sommes appelés aux urnes en un an. Et pour une seule raison, détournée de la fonction des élections générales : la quatrième tentative – après les trois précédentes infructueuses – de Binyamin Netanyahu pour obtenir des électeurs une majorité de 61 sièges à la Knesset, qui lui octroierait l’immunité juridique et lui assurerait de ne pas passer de longues années en prison.

 

Pas de programmes politiques, pas de débat politique non plus. Personne n’a évoqué l’avenir de la Judée-Samarie, l’éventualité d’un Etat palestinien, l’opposition des concepts de gouvernance gauche-droite, la situation alarmante de l’économie, l’inégalité flagrante entre les communautés, la nécessité d’une constitution, l’absence de budget depuis deux ans, les dangers qui pèsent sur la démocratie, la réforme souhaitable du système électoral, le respect des droits fondamentaux, notamment des femmes et des enfants, la conscription obligatoire des orthodoxes, ni même la manière d’aborder la période post-Corona.

 

Rien. Pas même un débat formel à la télévision. Netanyahu n’en a jamais accepté depuis une éternité. Il s’est moqué du candidat de Yesh Atid [héb. : il y a un avenir], Yaïr Lapid, celui qui a les meilleures chances de le battre, en arguant qu’il n’avait pas le courage de se mesurer à lui. Et en le défiant d’accepter une confrontation télévisée. Mais Lapid a ramassé le gant et c’est Netanyahu qui s’est instantanément esquivé.

 

Les analystes savent que c’est à cause d’une seule question qu’il redoute plus que tout, et pour la poser, il n’est pas nécessaire d’être un immense tribun : "Pour quelle raison avez-vous pris l’énorme risque d’autoriser la vente des sous-marins stratégiques furtifs germano-israéliens à l’Egypte islamique de Mohamed Morsi ?

 

Et si vous ne voulez pas répondre à cette interrogation, ce que vous n’avez pas fait face aux citoyens de l’Etat d’Israël, mais aussi aux députés, à l’état-major de l’Armée, au Conseil des ministres et au Mossad, pouvez-vous au moins nous exposer une raison – n’importe laquelle pourvu qu’elle soit sensée – à part les intérêts économiques démontrés que vous aviez dans la réalisation de cette transaction, qui aurait pu vous conduire à autoriser les Allemands étonnés à réaliser cette vente ?".

 

Voici pourquoi les électeurs israéliens sont privés de débat télévisuel depuis plusieurs années. A cause d’une seule question. Celle qui démontre le degré de corruption de M. Netanyahu au-delà du doute possible.

 

Une élection législative dans une démocratie, c’est forcément une fête. Mais pas lorsque c’est la quatrième en un peu plus d’un an !

 

Depuis la création de l’Etat d’Israël, toutes les élections ont été décrites comme cruciales ou historiques. Le pays en était honnêtement convaincu, mais c’était une erreur d’appréciation. C’est celle-ci qui est cruciale.

 

Par-delà l’avenir de l’actuel Premier ministre, elle va décider si ce pays va continuer d’être une démocratie de type ouest-européen, comme celles que l’on trouve au Royaume-Uni, en Allemagne ou en Italie, par exemple. Je ne parle pas de la France, où l’on élit démocratiquement un roi aux prérogatives démesurées ; c’est en France aussi que l’on a inventé la loi qui a empêché de poursuivre feu le président Chirac pour les délits qu’on lui imputait, qui sert de modèle aux aspirations de Netanyahu, et qui a même été baptisée ici la "loi française". Ou si l’on va devenir une démocratie de type illibéral, comme on en trouve en Turquie, en Russie, en Hongrie ou en Pologne. 

 

Si vous ignorez ce qu’est une démocratie illibérale, demandez une explication à Alexei Navalny..

 

Car une démocratie ouest-européenne ne se limite pas à la tenue d’élections libres. C’est également le respect de la séparation, de l’ordonnance et de l’indépendance des trois pouvoirs, dans l’ordre, législatif, juridique et exécutif. C’est un espace politique dans lequel l’égalité des droits entre les individus est respectée, le droit de faire appel, celui de disposer d’une presse libre, d’une police qui fait prévaloir la loi, où les dispositions républicaines et constitutionnelles sont à la fois garanties et exercées.

 

Une démocratie, c’est un Etat dont le débat parlementaire fonctionne. Où les députés et les ministres ne sont pas des faire-valoir.

 

A cause de Binyamin Netanyahu nous naviguons entre la Grande-Bretagne et la Russie ; nous ne sommes pas à Moscou ni à Ankara, mais déjà plus à Londres ni à Berlin et ni à Prague. La détermination de mes compatriotes va décider aujourd’hui à quelle catégorie nous allons appartenir.

 

A Londres, il n’est pas concevable que pour des raisons de pure opportunité personnelle, Boris Johnson s’abstienne deux ans durant de présenter un budget à la Chambre. Un Etat sans budget n’est pas une démocratie.

 

A Berlin, il ne viendrait pas à l’idée d’Angela Merkel de faire passer une loi l’exonérant du paiement d’une partie de ses impôts personnels. Or c’est précisément ce qu’a fait Binyamin Netanyahu lorsqu’il a réclamé et obtenu de ses sectateurs du Likoud et des partis du Moyen-Age à la Knesset qu’on l’autorise à ne pas payer un million de shekels [environ 250 000 euros] au fisc, sans produire la moindre justification intelligible pour étayer sa demande. 

 

A Prague, le Président du gouvernement Andrej Babis ne signerait pas un accord de coalition avec le chef d’un autre parti, prévoyant l’adoption du budget et l’alternance entre les deux hommes à la tête de l’exécutif, sans réaliser aucune des clauses fondamentales de ce pacte de gouvernement. Et sans jamais avoir eu l’intention de le faire.

 

Mais surtout, nulle part dans ces Etats de décence le chef du gouvernement n’aurait songé accuser la Justice, la Police et la presse de son pays dans leur ensemble d’ourdir un putsch conspirationniste afin de le chasser du pouvoir. Ce, quel que soit son désarroi ou la précarité de sa situation judiciaire. Parce qu’ils savent à quel point une accusation fallacieuse de ce type, de la part du chef de l’exécutif, est destructive pour ses compatriotes, pourquoi cela ébranle les fondements mêmes de l’Etat de droit, à quel point les effets d’une crise artificielle de ce genre sont durables, et la restauration des institutions prend du temps, si cette réhabilitation est possible, ce qu’il reste à démontrer.

 

Ces chefs de gouvernements savent que l’Etat de droit, privé de ses institutions, de ses magistrats, de ses policiers et de ses journalistes n’en est plus un. Ils savent également que seul un dément ou un despote peut appliquer le principe "d’après moi le déluge" au détriment des personnes qu’il a la charge d’administrer.

 

Ce que je viens d’énoncer, et qui ne représente qu’une partie des activités récentes de l’apprenti-tyran Netanyahu, est connu de la plupart des Israéliens. Ce ne sont pas ces faits qu’ils contestent.

 

En plus de ce qui précède, cela fait belle lurette que Netanyahu a cessé de gouverner ce pays. Il se contente de faire ce que l’on nomme en anglais des "spins". Et, une fois n’est pas coutume, je regrette qu’il n’existe pas en français de mot équivalent pour décrire ce phénomène. Essayons tout de même… un "spin" est une pirouette, une déclaration ou une promesse vaine (non suivie d’effet), énoncée avec l’unique intention de séduire des électeurs potentiels crédules et/ou plongés dans une grande détresse.

 

Le dernier "spin" de Netanyahu a consisté à annoncer aux Arabes israéliens qu’il allait ordonnancer des vols directs entre Tel-Aviv et la Mecque afin de favoriser leur pèlerinage à la Kaaba.

 

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Binyamin Netanyahu a investi ce printemps dans une campagne massive dans les villes arabes

Il s’y fait appeler Abou Yaïr, "père de Yaïr" selon la tradition arabe

 

Yaïr Netanyahu, qui avait provoqué l'indignation après avoir qualifié de honte la condamnation d'un activiste orthodoxe, Amiram Ben-Uliel, pour le triple meurtre d'une famille palestinienne absolument innocente de tout crime, et partagé un financement participatif destiné à assurer sa défense.

 

Ben-Uliel avait incendiée une maison arabe au hasard dans le village de Duma, dans la nuit du 30 juillet 2015. L'incendie criminel a tué Ali Dawabsheh, 18 mois brûlé vif. Sa mère, Riham, et son père Saad, sont décédés plus tard des suites de leurs blessures. Le frère d’Ali, Ahmad,

âgé de quatre ans, a survécu avec des brûlures sur le corps.

 

Yaïr Netanyahu  a en outre déclaré : "Il n’y aura jamais de paix avec ces monstres sous la forme d’hommes qui se disent "Palestiniens" depuis 1964". Il n’a pas été démenti par son père pour tous ces propos

 

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Amiram Ben-Uliel, un assassin orthodoxe raciste auteur d’un triple crime gratuit,

Des dégénérés fiers et satisfaits d’avoir brûlé vifs une famille d’Arabes innocents.

Vénéré chez les Netanyahu

 

L’un des "spin" précédents datant de quelques jours fut de mettre sur pied un déplacement express aux Emirats Arabes Unis afin de poser quelques heures avec le Cheikh Khalifa ben Zayed Al Nahyane pour présenter l’aspect idyllique de la paix qu’ "il" a instaurée avec nos voisins arabes.

 

C’est un spin-gagnant auprès du public israélien, longtemps habitué à être entouré d’ennemis hostiles. Sauf que le Cheikh ben Zayed n’a pas apprécié de faire de la figuration pour la campagne électorale du Premier ministre israélien. Et qu’il a eu la franchise de le faire savoir, ajoutant qu’il "pensait avoir fait la paix avec une nation et pas avec un seul individu". Face aux dispositions chafouines du monarque émirati, qui ne présageaient rien de bon pour son image, Netanyahu a annulé son voyage à la toute dernière minute, prétextant des raisons diverses et variées.

 

L’été dernier, il avait promis qu’il allait étendre la souveraineté israélienne à la Cisjordanie. Il en avait fait, pendant un temps, son spin de bataille. Cela devait intervenir le premier juillet 2020. Puis l’apprenti autocrate a changé d’avis, comme d’habitude sans ne rien expliquer à personne.

 

C’est d’ailleurs son mode opératoire dans le cabinet qu’il dirige. Il ne met personne au courant des décisions qu’il va prendre, et dissimule au contraire les informations de la connaissance des ministres, y compris ceux de son propre parti ou de son bloc. Lorsqu’il s’agit de signer un accord international à l’étranger, il se rend seul à la cérémonie, le tout, par crainte de partager la publicité qui en découle avec une autre personnalité, qui, demain, peut devenir un adversaire.

 

Dans ces conditions, connues de la grande majorité des Israéliens, comment expliquer que les derniers sondages lui attribuaient (à son parti le Likoud) 30 à 31 sièges sur les 120 que compte la Knesset ? Et qu’il n’est pas certain du tout qu’il ne parvienne pas à former une coalition de 61 députés à l’issue de la consultation électorale, même si, mathématiquement, une majorité de nos compatriotes déclarent souhaiter son départ ?

 

La raison est simple. Elle découle d’un spin qui a bien tourné : la vaccination de l’ensemble de la population contre le Corona. Nous l’avions prédit dans l’un de nos articles ; nous avions dit au milieu de cet hiver qu’au début du mois de mars, il se présenterait comme celui qui a vaincu la pandémie, en se flattant du fait qu’Israël – à moins de l’apparition d’un variant résistant aux vaccins – est le seul pays au monde à avoir vaincu la maladie et retrouvé une vie quasiment normale.

 

Et c’est vrai.

 

Mais ce n’est pas dû à un éclair de génie de Netanyahu. C’est un remarquable orateur, un politicien sans scrupules, mais c’est un stratège militaire médiocre, un poltron en proie à l’hystérie, et quelqu’un qui n’a absolument rien de la vision politique d’un Churchill. La plupart des gens vont confondant un brillant orateur avec un grand chef d’Etat. Or rien n’est plus faux ; un bon chef d’Etat se caractérise surtout par les décisions qu’il prend. Un clown, par celles qu’il déclare qu’il va prendre.

 

Israël, y compris votre serviteur, a eu la vie sauve grâce au fait qu’avant d’aller se coucher, Netanyahu ne pense pas à ce qu’il pourrait faire afin d’améliorer les conditions de vie de ses administrés, mais se demande quel lapin il pourrait sortir de son chapeau afin de réunir une majorité qui lui décernerait l’immunité et lui permettrait d’échapper à la prison.

 

A cette aune, toutes les idées sont bonnes, comme celle, singulière à l’époque, d’immuniser un pays tout entier. Cela tombait à pic, puisque le président de Pfizer, Albert Bourla, est un Juif originaire de Salonique qui, outre sa sympathie authentique pour l’Etat hébreu, était à la recherche d’un laboratoire d’essai à échelle réelle pour tester son vaccin.

 

Au moment où les deux hommes ont convenu d’un deal, nous nous situions dans un lieu imprécis entre des gens chanceux et les cobayes d’une expérimentation.

 

Nous avons payé près du double du prix que versent les Européens pour chaque dose de vaccin, Netanyahu ayant toujours été fort généreux avec l’argent des autres. Ceci dit, j’admets volontiers qu’à posteriori cela valait largement la peine, et qu’Israël, qui est en passe de devenir le premier pays à retourner à une activité économique normale, va gagner largement plus d’argent que le surcoût payé à Pfizer.

 

Netanyahu a pris un pari risqué en usant de la surface financière et de l’infrastructure médicale d’un pays avancé. Toujours dans la même optique : remporter finalement des élections et échapper à la justice. A nous d’admettre honnêtement cependant, que sans lui et sans les casseroles qu’il traîne lamentablement à la patte, nous serions, comme les Européens, en voie de sombrer dans la quatrième vague de la pandémie, avec tous les désagréments que cela implique.

 

Au lieu de cela, les Israéliens dansent sur les tables des cafés à Tel-Aviv, vont à la plage, assistent aux matchs de foot, se rendent aux concerts et sont en train de tomber leurs masques.

 

A Tel-Aviv, on enterre la pandémie. Regarder le reportage de BFM TV

 

Pour un grand nombre de nos compatriotes, c’est tout ce qui importe, et sincèrement, on ne saurait leur jeter la pierre. Ne plus se soucier de ne pas tomber malade, ne plus vivre avec cette anxiété permanente, pour soi et pour ses proches, retrouver une activité professionnelle normale, revoir des êtres humains, ré-aimer, qu’y a-t-il de plus essentiel dans la vie ?

 

Certains sont carrément reconnaissants à Binyamin Netanyahu. Une minorité, il n’est pas aimé, d’ailleurs, on n’a pas vu une seule manifestation de bibistes digne de ce nom depuis un an, face aux dizaines de milliers d’anti-bibistes, qui battent le pavé de Jérusalem et de toutes les intersections routières chaque fin de semaine.

 

D’autres, peu politisés, font rapidement le bilan de l’action du Premier ministre et ont décidé de ne pas aller voter. Si Tel-Aviv votait à 70%, Netanyahu n’aurait aucune chance de remporter ces élections..

 

On trouve également dans le lot de ses supporters un noyau d’inconditionnels, mais ils ne sont pas nombreux. La plupart des "Likoudnikim" traditionnels et respectables, les partisans de Menahem Begin, d’Arik Sharon et ceux qui aiment à se situer dans l’héritage de Zeev Jabotinsky, le fondateur de leur mouvement, voteront contre Netanyahu qu’ils détestent. Ils ont pris le parti du dissident du Likoud Guidon Saar, qui s’est engagé par écrit à ne pas participer à une éventuelle coalition incluant Netanyahu.

 

Ce dernier peut compter sur le soutien des orthodoxes. Il est inutile de préciser qu’il s’agit d’ "ultra-orthodoxes" comme le font certains confrères, le sens d’ultra faisant déjà partie de la définition de l’orthodoxie.

 

Cinquante pour cent des cours hassidiques iront voter. Leur taux de participation dépassera les 80%, et ils plébisciteront la même formation – le Judaïsme Unifié de la Torah pour les ashkénazes et Shas pour les séfarades - politique à plus de 90%, obéissant ainsi aux injonctions de leur rabbin, le chef de leur communauté.

 

Les orthodoxes représentent environ un million trois cent mille personnes en Israël. A part une petite minorité estimée à trente ou quarante mille membres d’orthodoxes sionistes, tous sont antisionistes, opposés à l’Etat d’Israël, voire carrément à son existence. La moitié de façon modérée, l’autre, véhémente, avec entre cent mille et cent-vingt mille "violents", qui sont plus proches du Hamas et de l’ayatollah iranien Khameneï, que de Binyamin Netanyahu.

 

C’est cette moitié qui ne vote pas, par mépris pour nos valeurs. Les autres déposent un bulletin dans l’urne par seul intérêt économique. C’est un partenariat avec Netanyahu, mais pas idéologique : il arrose d’argent la communauté orthodoxe en échange de son soutien inconditionnel.

 

C’est ce que le Premier ministre appelle le "bloc national", les lecteurs apprécieront. Les orthodoxes, s’ils votaient tous, représenteraient entre 22 et 24 sièges à la Knesset, ce soir, ils en obtiendront entre 12 et 14.

 

C’est à cause d’eux que nous n’avons pas de constitution, car ils rejettent catégoriquement la convention des droits de l’homme, et particulièrement la notion d’égalité de droits entre l’homme et la femme.

 

C’est par leur faute que nous sommes l’Etat d’Israël et pas la République d’Israël, car pour eux, le régime de la nation juive ne peut être que la monarchie de droit divin.

 

Ce sont des racistes, des xénophobes, des misogynes vivant dans un système de soumission féodale, et pour beaucoup des désaxés sexuels pratiquant le viol et la polygamie. Officieusement, le nombre de pédophiles parmi les orthodoxes est entre dix et douze fois plus élevé que dans le reste de la société. Un grand nombre d’entre eux étant des rabbins, chefs de communautés ou enseignants, qui ont abusé sexuellement de leurs adeptes ou de leurs élèves.

 

Ces jours, Israël est secouée par un nouveau scandale de pédophilie, un orthodoxe célèbre, Yehuda Meshi-Zahav, le fondateur de Zaka, un organisme reconnu et grandement utile d’identification des victimes de catastrophes. Meshi-Zahav appartient au courant minoritaire sioniste, ils est accusé de viols et d’actes de pédophilie multiples sur des jeunes garçons et des jeunes filles.

 

Pour ces personnes, la démocratie et l’Etat de droit sont des hérésies empruntées à des cultures païennes. Plusieurs de leurs représentants dans le monde politique œuvrent afin de remplacer les institutions existantes par celles décrites dans la Bible.

 

A l’orée de ces élections, ils ont déjà annoncé qu’ils comptaient réduire l’influence de la Cour Suprême. Si la majorité parlementaire dépend de leurs voix, ou le résultat du vote sur son immunité, Netanyahu n’hésitera pas à abonder dans leur sens.

 

Un candidat orthodoxe comme Itamar Ben Gvir est un admirateur de Baroukh Goldstein, l’assassin raciste qui a massacré en 1994, sans aucun motif, 29 musulmans qui priaient dans le Caveau des Patriarches à Hébron.

 

C’est lui aussi qui réclame la libération de l’assassin d’Itzkhak Rabbin, Ygal Amir. Mais ce n’est pas tout, quelques jours avant cet assassinat, Ben Gvir s’était fait connaître du grand public en brandissant l’emblème de la Cadillac volé sur la voiture du Premier ministre abattu, s’exclamant : "Nous avons eu sa voiture, nous l’aurons lui aussi !".

 

Cet énergumène sera peut-être ministre de l’Etat d’Israël en cas de victoire de Netanyahu ce soir. C’est le genre d’évènements qui ne peuvent survenir que dans une démocratie illibérale sur la voie du totalitarisme.

 

Il servirait dans le même gouvernement que Mansour Abbas, le leader du parti Raam, la formation officiellement islamiste et antisioniste arabe, représentant l’aile politique de la branche méridionale du mouvement islamique en Israël.

 

Mansour a quitté la liste arabe unie pour se rapprocher de Netanyahu. Lequel qualifiait les députés de cette liste de terroristes, alors qu’ils ne sont pas islamistes et ne prônent pas la destruction de l’Etat d’Israël.

 

On parle aussi de Mansour comme d’un ministrable. Particulièrement si d’aventure le bloc ""national"" obtenait 60 sièges et avait besoin de la voix de Mansour pour s’assurer de la majorité.

 

C’est l’enjeu de ces élections. L’intérêt d’un homme condamné à les remporter à n’importe quel prix ou à se retrouver derrière les barreaux pour de longues années.

 

Israël des Ben Gvir et des Mansour, qui licencierait le Procureur général de l’Etat, le Juif pratiquant – à ne pas surtout confondre avec les orthodoxes !! - Avikhaï Mandelblit quelques jours après son éventuelle victoire, pour le remplacer par un procureur fantoche à la botte du demi-dictateur, qui annulerait les procès en cours.

 

Ou celle pour laquelle 23 000 combattants d’Israël ont donné leur vie, celle à laquelle rêvaient les six millions de Juifs en pénétrant dans les chambres à gaz nazies, pour lesquels nous avons construit ce pays ; car si Israël avait existé en 1940 ils ne seraient pas morts, et c’est en leur mémoire, pour nous excuser d’être arrivés en retard, que nous nous battons pour repousser l’infamie.

 

 
By YinonSys