Elections israéliennes : il est trop tôt pour savoir si quelqu’un a gagné (012403/21)
mardi, 23 mars 2021

 

© Metula News Agency

 

Métula, mercredi, 01h35 à Métula, 00h35 à Paris.

 

Nous n’allons pas proposer un article de fond cette nuit sur le élections générales qui viennent de se dérouler en Israël.

 

La raison de notre choix est que presque aucun résultat réel, c’est-à-dire issu du dépouillement de bulletins, n’a été publié. Dans tous les bureaux de vote, on se trouve en plein comptage. Tout ce qui est disponible, ce sont les résultats de sondages réalisés devant certains de ces bureaux considérés par les sondeurs comme représentatifs.

 

Ce qui n’est ni suffisant ni définitif, particulièrement alors que les résultats des sondages sont à ce point serrés que l’on peut envisager une égalité absolue entre les blocs bibiste et antibibiste.

 

Marginalement, parce qu’Israël possède probablement les plus mauvais instituts de sondage de la planète des démocraties avancées.

 

Il y a une demi-heure, tous donnaient les bibistes légèrement en tête et capables d’atteindre la majorité de 61 sièges requise pour la formation d’un gouvernement, et désormais, tous modifient leur estimation initiale en prévoyant un tassement du Likoud à 30 sièges et une victoire des antibibistes qui obtiendraient ladite majorité absolue.

 

Par respect pour nos lecteurs, nous n’allons pas passer la nuit à jouer les essuie-glaces et à modifier notre analyse et nos prévisions au fur et à mesure des ajustements des instituts de sondages, qui ne vont pas manquer de se succéder.

 

Nous exprimerons nos conclusions lorsque les résultats définitifs ou quasi-définitifs seront connus.

 

Ce qu’il est actuellement possible de considérer comme acquis, ce sont les éléments suivants : au cas où les antibibistes obtiendraient moins de 60 sièges lors du décompte final, il appartiendrait à Naftali Bennett, à la tête du parti Yamina [la droite], auquel les sondages à la sortie des urnes n’accordent que 7 sièges sur les 120 que compte la Knesset, de déterminer lequel des deux blocs dirigerait le pays.

 

Il disposerait dans cette éventualité d’un tel levier sur Binyamin Netanyahu, qu’il ne manquerait pas de présenter des exigences démesurées pour permettre à Netanyahu de former une coalition majoritaire.

 

Laquelle, dans le meilleur des cas, reposerait sur un seul mandat d’avance sur les antibibistes, et serait la proie de toutes les convoitises et de tous les chantages. Non seulement au moment de former une coalition, mais également après avoir formé un gouvernement et commencé à diriger les affaires du pays.

 

Tous les membres d’une éventuelle coalition bibiste connaissent par cœur les termes de l’équation à laquelle fait face l’actuel Premier ministre par intérim : devenir Premier ministre permanent ou risquer de passer des années derrière les barreaux d’une prison. Dès lors, nous vous assurons qu’ils abuseraient de ce paramètre durant d’hypothétiques négociations.

 

Ce que l’on peut dire aussi, est que le parti travailliste que l’on pensait moribond est en train de réaliser un bon score, entre 7 et 8 sièges ; que le parti sioniste religieux et son leader fascisant Itamar Ben-Gvir va faire son entrée au Parlement, en réalisant le même résultat peu ou prou que les travaillistes. Kakhol-Lavan [bleu-blanc] de Benny Gantz résiste mieux que prévu, réalisant une performance comparable à celle des formations que je viens de citer, ce qui est également le cas du parti de gauche Meretz [héb. : énergie], auquel les mêmes sondeurs prédisaient qu’il n’atteindrait pas le quorum.

 

Le bloc bibiste sans Yamina est crédité de 52 à 53 sièges en ce moment par tous les instituts de sondages, ce qui, si cela se confirme, ne permettrait en aucun cas à Binyamin Netanyahu d’atteindre les 61 sièges nécessaires à la formation d’une majorité parlementaire.

 

Nous espérons être en mesure de trancher ce mercredi après-midi, mais ce n’est pas du tout certain. Dans l’entre-temps, deux analystes de la Ména vont suivre l’évolution des résultats du dépouillement toute la nuit, ainsi que les déclarations des chefs de partis. En cas de rebondissements majeurs, ils émettront des breakings. Ils seront remplacés par une autre équipe à neuf heures ce mercredi matin.

 

 
By YinonSys