Juifs : affronts français inintelligents (013103/21)
mercredi, 31 mars 2021

 

Par Jules Mazouz

 

Des entités françaises de premier plan multiplient les actes de mépris gratuits et stupides à l’encontre de citoyens israéliens et israélites. Deux d’entre eux retiennent notre attention, car ils sont inexcusables. Le second que nous évoquons dans cet article vise spécifiquement le village dans lequel notre agence de presse est installée et il dure depuis un mois.

 

Revenons d’abord sur ce qu’il s’est passé jeudi dernier, 25 mars courant à Roissy. A l’arrivée d’un avion en provenance de Tel-Aviv, les passagers sont canalisés par une force de police armée et obligés de se soumettre à un test de dépistage du COVID-19.

 

Certains d’entre eux qui n’ont pas de masques, ou des masques non réglementaires selon la loi française, après plusieurs avertissements se font verbaliser et infliger une amende de 135 euros.

 

Tous les passagers de ce vol disposaient pourtant du passeport vert attestant qu’ils ont été vaccinés à deux reprises, y compris les dates des vaccinations et les numéros des lots des doses de Pfizer qui leur ont été administrées.

 

Pendant que les passagers israéliens et juifs subissent incrédules ce contrôle débile, d’autres, tous les autres, dont certains venus de pays où la pandémie fait rage, pénètrent sur le territoire tricolore sans la moindre vérification.

 

Certains media communautaires, je pense spécifiquement à Europe-Israël, dans un article truffé de fautes de français, ont trouvé dégourdi d’appuyer sur l’aspect dramatique de l’incident en y ajoutant des détails qui n’ont pas eu lieu.

 

Il n’y avait pas, en effet, de colonnes de policiers armés jusqu’aux dents et le doigt sur la gâchette pour effectuer ce contrôle, comme lors de la rafle du Vel d’Hiv, mais une dizaine d’entre eux, équipés de leur armement nominal.

 

Ces éléments ajoutés sont pourtant parfaitement inutiles. On comprend, sans qu’ils soient nécessaires, le sentiment d’humiliation qu’ont ressenti un grand nombre des passagers pris dans la nasse policière. D’autant plus que le contentieux existant entre la Police française et les Juifs n’a pas disparu ; lorsqu’un groupe d’Israélites se trouve en présence d’un groupe de policiers français, il est absolument normal que les pires souvenirs remontent à la surface ; qu’il s’agisse de rafles, de flics qui poussaient les enfants dans les trains à destination d’Auschwitz à la place des Allemands, de leurs excès de zèle antisémites, ou de leur comportement inhumain dans l’enfer de Drancy. Ceux qui pensent que le souvenir de ces traumatismes s’estompe en moins de quatre-vingt ans ne comprennent rien au fonctionnement de l’être humain.

 

Au gouvernement tricolore de réduire ce genre de rencontres au minimum nécessaire, ce qui était très loin d’être le cas jeudi dernier.

 

Les Juifs français de ce vol, soumis à un test PCR alors qu’ils sont dûment vaccinés dans les règles de l’art, n’avaient qu’une idée en tête face à cette énième vexation-exception, "se tirer de ce pays". Il n’y a pas de raison de ne pas exprimer la vérité clairement.

 

Libération, le quotidien de Patrick Drahi, dirigé par le directeur de la rédaction israélien (ancien rédac-chef d’Haaretz) Dov Khalfon, francisé en Alfon, a repris l’affaire quoique sans aller au bout de son enquête.

 

Ce qui a retenu notre attention, ce sont principalement les réactions des internautes sur la version électronique du journal. A côté de posts agacés par le comportement des autorités, principalement rédigés par des personnes portant des pseudos à consonance juive, on trouve une importante minorité de commentaires carrément antisémites, du genre : Pour qui il se prend le peuple élu pour prétendre devoir être épargné par les contrôles ?

 

Autres intervenants goguenards, le troupeau des béotiens antivaccins qui s’en donnent à cœur joie, inventant que la vaccination n’empêchait pas la transmission du virus. A ce propos, on aimerait bien que les résultats anonymisés de tous les PCR infligés contre leur gré à ces passagers soient envoyés au ministère de la Santé et publiés par ses soins afin de tordre le cou à cette fable urbaine. Ce détestable incident aurait ainsi finalement servi à quelque chose !

 

Aux bonnards antisémites de tout à l’heure, nous répondons par un oui sans appel : les Israéliens prétendent devoir être exonérés des contrôles sur présentation de leur passeport vert. Cela, même si cela vous chagrine, procède de l’évidence.

 

Illustration de mon propos : hier, en France, selon les chiffres officiels : 30 702 nouveaux cas, 381 morts. Et les chiffres de la pandémie sont en augmentation.

 

En Israël : 442 nouveaux cas et 11 morts.

 

En France, on a réalisé 964 333 tests par million d’habitant.

En Israël : 1 461 821

 

Pour répondre à des internautes antivaccins-antisémites qui se demandaient dans Libé pourquoi, si cela fonctionne si bien, les Israéliens portent encore des masques, nous leur indiquons qu’à partir de la semaine prochaine, ils ne seront plus obligatoires.

 

Cela montre, d’une part, que l’Etat hébreu se situe après l’épidémie de Covid et que la France est en plein dedans, dans des proportions qui le disputent aux pics les plus élevés de cas depuis le déclenchement de la maladie.

 

Cela explique, d’autre part, que les gens les moins dangereux car les moins susceptibles de transporter la maladie sur tout le territoire français jeudi dernier étaient les passagers de ce vol ElAl 325. Et ce sont précisément ceux que les autorités de l’Hexagone ont choisi de contrôler !

 

Au milieu d’un système de santé en échec et d’un système de contrôle nommé passoire.

 

Au gouvernement français de prendre des dispositions plus intelligentes, en tenant compte du fait qu’il est actuellement la principale source de l’encouragement à l’immigration vers Israël. Ce qui pourrait avoir des conséquences désagréables, compte tenu du fait que le directeur général de la Santé en France, le Professeur Jérôme Salomon est juif, et qu’il est même un descendant direct du Capitaine Alfred Dreyfus, qui avait également eu à tâter de l’équité de l’Etat français à l’égard de sa population israélite. A l’île du Diable, et lorsqu’il s’était fait dégrader pour un crime qu’il n’avait pas commis dans la cour d’honneur de l’école militaire de Paris, sous les cris de la foule : "A mort Judas ! Mort au juif !". Vous croyez sincèrement que nous avons oublié ?

 

Compte-tenu aussi que la communauté israélite est largement sur-représentée dans les professions médicales, et qu’en ces heures dramatiques pour la France, les médecins juifs français sauvent des vies sans la moindre discrimination, naturellement, pour le sexe du patient, sa religion ou sa nationalité.

 

S’agissant d’une affaire liée à l’aviation, nous remarquons qu’elle survient après certains antécédents désagréables restés inexpliqués. Je pense à ce capitaine d’Air France qui, à son arrivée à Tel-Aviv, s’écriait au micro "Bienvenue en Palestine !". Au fait que les vols de la compagnie nationale française sur Tel-Aviv avant le Covid s’effectuaient en condition court-courrier – ce qui influait sur la disposition de la cabine (sièges plus serrés), le type d’avions utilisés et la qualité du service – alors que les vols équidistants vers les pays qui entourent Israël étaient des moyen-courriers. Je pense aussi à la suppression des vols Air France entre Marseille et Tel-Aviv, alors qu’ils étaient parmi les plus remplis de la compagnie. Ce qui était assez naturel, vu que Marseille abrite la deuxième population israélite de France avec 80 000 Juifs, soit plus de 9% de la population de la cité phocéenne. Air France a supprimé ses vols à destination de Tel-Aviv au départ d’une ville accueillant la troisième communauté juive d'Europe, après celles de Paris et de Londres ??

 

Ca fait beaucoup, non ?

 

 

Venise n’est pas en Italie

 

Le 2 mars dernier, lors de l’un de ses contrôles de routine, Ilan Tsadik découvrait que Météo Consult et la Chaîne Météo (TV) plaçaient le village de Métula, peuplé des irréductibles journalistes que nous connaissons bien, au Liban, dans le Gouvernorat de Nabatiyeh.

 

Ce, alors que ce village de 3 000 habitants fait partie de l’Etat d’Israël depuis avant même sa création, notamment dans le plan de partage de l’ONU de 1947. Et que son rattachement à l’Etat hébreu n’est contesté par aucun Etat.

 

Météo Consult et la Chaîne Météo (TV) appartiennent au groupe du journal Le Figaro, lui-même propriété du Groupe Industriel Marcel Dassault (GIM Dassault), dirigé par Charles Edelstenne.

 

Désireux de ne pas envenimer les choses, toutes les erreurs ne justifiant pas de scandales à l’échelle planétaire, nous avions émis un simple communiqué reprenant les faits, le 2 mars dernier.

 

Plusieurs lecteurs de La Ména avaient, de leur propre initiative, interpelé Météo Consult, notamment par message électronique. La société avait promptement réagi en reconnaissant son erreur et en promettant de la corriger sans délai :

 

Un lecteur : "Je vous signale que Métula n'a JAMAIS fait partie du Liban mais est depuis toujours une ville israélienne. Veuillez en tenir compte !".

 

Réponse de Météo Consult le 9 mars : " Bonjour, nous faisons suite à votre remarque et vous en remercions.

Nous vous informons qu'un correctif est en cours d'exécution.

Bien cordialement.

 

Karine Braz

 

METEO CONSULT - Groupe Figaro

Domaine de Marsinval 78540 Vernouillet, France

Tél : 01 39 28 19 90 - Fax : 01 39 71 85 31

e-mail : contact@meteoconsult.fr"

 

Nous décidâmes d’attendre un peu, d’autant que Madame Karine Braz expliquait que c’était un problème de base de données, et que cela prendrait "quelques jours" pour ramener Métula dans le pays qui est le sien.

 

Le 9 mars, soit une semaine après notre communiqué, ne décelant aucun correctif, je décidai d’interpeler Madame Braz par téléphone pour savoir où ils en étaient. Elle reconnut les faits et la conversation se déroula de façon fort civile. Elle promit qu’elle allait relancer le département concerné et me remercia même de lui avoir rappelé de faire le nécessaire.

 

Conciliants, nous avons attendu. Des membres d’institutions locales et nationales nous ont appelés à plusieurs reprises afin de savoir si les choses étaient en voie de solutionnement ou si une action diplomatique était nécessaire. Nous leur avons proposé de se munir d’un peu de patience, les assurant que nous suivions la bonne réalisation de l’engagement de Météo Consult, et qu’en aucun cas nous ne lâcherions le morceau avant que la modification ne soit réalisée.

 

Nous sommes le 31 mars, soit pratiquement un mois après la désagréable découverte effectuée par Ilan Tsadik. J’ai vérifié hier sur les deux supports médiatiques français et n’y ai décelé aucun changement, le siège de notre agence de presse étant toujours signalé comme situé au Liban, dans le Gouvernorat de Nabatiyeh.

 

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Cela suffit. Nous ignorons si l’ "erreur" initiale provenait d’une malveillance ou d’une glissade de bonne foi. En dépit du fait que je me montrerais quelque peu réticent à utiliser une base de données situant Métula dans un pays en guerre avec l’Etat hébreu.

 

Mais si nous n’avons pas de réponse à cette question, nous pouvons en revanche décréter qu’un délai d’un mois pour résoudre un problème de ce type n’est pas concevable.

 

Ce n’est ni éthique ni respectable face aux habitants de Métula, dont deux analystes de la Metula News Agency, Amram Castellion et Stéphane Juffa, non plus que par l’égard qui est dû aux citoyens de l’Etat d’Israël.

 

Pour les personnes lésées, ce retard est inacceptable.

 

La réaction de Stéphane Juffa que j’ai sollicité ce matin a été : "Si ces gens ne maîtrisent pas leur outil de travail, qu’ils cessent alors d’émettre jusqu’à ce qu’ils apprennent leur géographie ! Mais maintenir une faute de ce genre, mêlant deux Etats officiellement en guerre, un mois après que nous la leur avons poliment signalée, cela confine au mépris des Israéliens, peut-être au racisme avec volonté de nuire.".

 

C’est bien mon avis également, même si je ne suis pas Métulien comme notre rédac-chef.

 

"Il y a possiblement une tentative de s’en prendre à notre agence de presse de la part du Figaro. Cela a suivi de près la critique d’un article de ce quotidien qui outrepassait un grand nombre de nos règles déontologiques dans l’une de ses dépêches sur Gaza au contenu proprement scandaleux. Il est advenu par le passé que des confrères, incapables de faire face à nos imputations circonstanciées se "vengent" en décernant des coups très au-dessous de la ceinture. Sans digresser outre mesure, on doit bien convenir que la seule institution d’envergure basée à Métula est la Ména, que c’est Métula qui est insultée par une fausse attribution géographique, et qu’un mois après la découverte de l’imposture, le Figaro n’a toujours pas trouvé le temps de rectifier sa faute. Il y a ceux qui croient aux concours de circonstances et il y a les autres. Nous, nous faisons partie de la seconde catégorie", ajoutait Juffa.

 

Quoi qu’il en soit, nous allons encore attendre jusqu’à la fin de cette semaine. Nous exigeons de constater sur les deux supports une correction claire et précise qui ne laisse aucune trace de l’imposture, ainsi que des excuses détaillées et sincères exprimées aux habitants de Métula.

 

Faute de quoi nous informerons sans état d’âme et dès lundi prochain les autorités israéliennes concernées, et nous n’avons pas le moindre doute que cet incident, au demeurant sans conséquence s’il avait été traité dans un délai raisonnable, va dégénérer en dispute diplomatique.

 

GIM Dassault est certes un groupe privé, mais il est très étroitement lié à l’Etat français. Lequel, au vu de ces deux affaires, doit impérativement choisir s’il souhaite des relations bilatérales avec Israël basées sur le respect mutuel, ou s’il entend continuer à articuler sa perception des Israélites sur la base de ce qu’il a montré lors des procès Dreyfus, des lois d’apartheid de la période de Vichy et de la Controverse de Nétzarim, fabriquée par sa chaîne publique principale de télévision.

 

 
By YinonSys