Balagan ! [héb. : désordre] (010504/21)
lundi, 05 avril 2021

 

Par Jean Tsadik

 

Depuis ce lundi matin, les représentants des partis se succèdent à la résidence du Président d’Israël, M. Reouven (Rubi) Rivlin dans le quartier de Rehavia à Jérusalem, afin de lui indiquer quel est le candidat qu’ils recommandent pour tenter de former le prochain gouvernement. Le Président devrait arrêter son choix entre ce soir et mercredi.

 

Dans le même temps, à un kilomètre et demi de là, au tribunal de district de Jérusalem, s’est ouverte la phase des témoignages des procès au pénal de Binyamin Netanyahu. Ils se prolongeront durant de longs mois au rythme de trois jours de débats par semaine.

 

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A l’issue de la première journée des témoignages, Netanyahu lance des accusations irresponsables contre l’Etat de droit, laissant à l’abandon un pays voué à lui-même

 

A midi quarante-cinq, Ilan Yeshua, l’ancien directeur général du site d’information Walla, le plus visité d’Israël, qui appartenait à l’homme d’affaires Shaul Elovitch, lequel contrôlait également Bezeq, la plus importante société israélienne de télécommunications, est monté à la barre.

 

Elovitch et Netanyahu sont accusés d’avoir échangé "une couverture partisane en faveur du Premier ministre dans Walla" contre des dispositions favorables voire monopolistiques en faveur de Bezeq, à l’époque où M. Netanyahu cumulait la fonction de ministre des Communications et celle de Premier ministre.

 

Grâce à ces dispositions, Bezeq a obtenu la possibilité de s’abstenir d’investir dans la fibre optique pour les échanges Internet durant plusieurs années, réalisant ainsi des profits indus s’élevant à des milliards de shekels.

 

Cette décision a permis à Bezeq de continuer à fournir des connections-cuivre, qui constituaient la seule façon de se connecter à Internet jusqu’à l’ouverture du marché des infrastructures aux concurrents de Bezeq. Ce qui a engendré un retard d’équipement très conséquent pour le marché israélien, freinant ainsi l’expansion de la "nation high-tech".

 

Pour illustrer ce propos et démontrer qu’il ne s’agit pas du tout d’un détail insignifiant, la Ména a été raccordée à la fibre optique (de Bezeq) il y a deux semaines. Nous comptons parmi les 350 premiers raccordés à la fibre dans l’ensemble d’Israël. La rapidité de nos communications est passée de 30 Mb chaotiques par seconde à 600 parfaitement stables. Nous transférons actuellement du matériel informationnel en quelques minutes, ce qui nécessitait des jours ou des semaines il y a quinze jours. Nous avons perdu beaucoup de contrats par le passé pour cette raison, alors que nos clients reconnaissaient volontiers que notre production journalistique était supérieure à celle de nos concurrents. Nous gagnons entre autres entre trente et quarante-cinq minutes de travail quotidiennement.

 

Si Bezeq n’avait pas reçu la possibilité gouvernementale de reculer son investissement, ou si le marché avait été ouvert plus tôt à la concurrence, l’Etat hébreu aurait été raccordé à la fibre optique il y a deux ou trois ans déjà. Désormais, il va falloir encore cinq ans, selon Bezeq, afin de brancher la totalité du pays.

 

L’un des points principaux des procès en cours sera de distinguer si ce retard et les coûts [et les profits. Ndlr.] monumentaux qu’il a provoqués sont dus à un deal entre Elovitch et Netanyahu, ou s’ils ont d’autres causes. Naturellement, nous avons le droit d’avoir notre point de vue à ce sujet, mais pas celui de décider à la place des juges.

 

Quoi qu’il en soit, dès les premières heures des témoignages, les procès sont entrés directement dans le vif du sujet.

 

Ilan Yeshua a en outre déclaré sous serment que "chaque organe de presse reçoit constamment des sollicitations relativement à sa couverture [des évènements]", mais le témoin a précisé que cela dépassait les limites à la fois "en termes de nombre et de nature des demandes". Il a estimé que la quantité et le niveau d'intensité des demandes combinées des autres politiciens en dix ans équivalaient à une semaine de requêtes de la famille Netanyahu. "Il ne fait aucun doute qu'il s'agissait d'un niveau d'intensité différent de la normale", a expliqué Ilan Yeshua.

 

"Normalement, un politicien peut demander une correction, mais il n'enverra pas une édition complète d'article, prête à être publiée. Nous étions en outre dans une situation où il nous était interdit de diffuser les commentaires des internautes".

 

Le témoin a révélé que le couple Elovitch lui demandait constamment d’enlever des articles qui ne plaisaient pas à Binyamin Netanyahu, sa femme, son fils ou leur entourage, et de mener des campagnes négatives à l’encontre des adversaires politiques du Premier ministre. C’est ainsi que des séries de reportages calomnieux furent distillés sur commande contre Moshé Kakhlon, pourtant ministre des Finances de Netanyahu durant cinq ans, de mai 2015 à mai 2020, ou contre Naftali Bennett et Benny Gantz notamment.

 

A plusieurs reprises, Shaul Elovitch ou sa femme Iris, également inculpée, on dit littéralement à Ilan Yeshua que si Netanyahu ou son clan n’appréciaient pas un article spécifique, le Premier ministre ne signerait pas les décrets régulateurs en faveur de Bezeq, et qu’ils perdraient alors "des milliards". Elovitch a expliqué à Yeshua qui l’informait qu’avec ces méthodes il mettait la survie de Walla en danger, que "Walla pèse un gramme et Bezeq une tonne".

 

Pour la procureur principale Liat Ben-Ari, les choses sont claires et évidentes : "L'accusé n°1, le Premier ministre d'Israël, a fait commerce de son pouvoir gouvernemental avec des hommes d'affaires". Elle a fait état de cette conviction à l’ouverture de l’audience ce lundi matin.

 

Dans un autre domaine – mais tout est lié désormais - demain mardi, vers seize heures, les cent-vingt députés de la 24ème Knesset se réuniront pour la première fois. Ils prêteront serment en présence du Président Rivlin et entameront les travaux parlementaires immédiatement après cela.

 

Ajoutez à cet ordre du jour chargé, pour comprendre l’ambiance qui règne dans la cité du Roi Salomon, qu’il se tient des manifestations de bibistes et d’anti-bibistes sous les fenêtres de la salle d’audience et face à la résidence du Président, fortifiée pour l’occasion. Mais elles ne réunissent que quelques dizaines de participants bruyants.

 

En fait, je relate tout cela en préambule ; d’une part pour informer nos lecteurs qui ne disposent pas d’autres sources fiables pour connaître de l’air terriblement lourd qui pèse ce lundi sur notre capitale. De l’autre, afin de dénoncer un déséquilibre très dangereux pour la sécurité de l’Etat hébreu.

 

Ce qui précède est un résumé. Il ne comprend pas les manœuvres juridiques, politiques et parlementaires qui se trament en vue de se hisser aux affaires. L’enjeu est de taille et il absorbe la totalité de l’énergie des chefs de clans, de leurs appareils, ainsi que de plusieurs études d’avocats et de conseillers en tous genres.

 

Cela ne vaut pas uniquement pour B. Netanyahu, mais aussi pour Yaïr Lapid, Benny Gantz, Naftali Bennett, etc.

 

Mais quid de la conduite des affaires de l’Etat, précisément ?

 

On imagine aisément que, même si l’on a raison, la seule réponse aux affirmations d’Ilan Yeshua prendra des jours entiers et impliquera d’entendre sur chaque point le commentaire du Premier ministre par intérim. Et le témoignage de Yeshua est loin d’être terminé, de plus, il y a plus de… trois cents témoins ayant rempli une déposition dans ces affaires et susceptibles d’être entendus par la cour.

 

Ce que j’affirme est qu’il est évidemment absolument impossible de gérer une telle densité de tâches et de présider aux destinées d’un pays. En particulier, d’un pays comme Israël.

 

Celui qui prétend le contraire n’est pas bien renseigné, pas intelligent ou d’une parfaite mauvaise foi.

 

Je vais maintenant simplement vous donner deux exemples destinés à soutenir ce que j’avance.

 

Le monde continue d’avancer ; il ne se soucie que modérément des pérégrinations de la politique israélienne. Des événements d’une grande gravité sont en train de se produire, qui nécessitent toute l’attention, mais aussi des concertations sereines et détaillées et des interventions, de la part des décisionnaires de Jérusalem.

 

Or je vous garantis qu’elles n’ont pas lieu. C’est mathématiquement impossible, et cela va le rester, au moins partiellement, potentiellement jusqu’à de nouvelles élections fin août.

 

Asphyxiés par nos avatars domestiques, je suis certain que la majorité d’entre ceux qui suivent la Ména régulièrement n’ont pas remarqué que, depuis le 16 mars dernier, soit depuis vingt jours, le Khe’l Avir [l’aviation israélienne] n’a pas bombardé de positions iraniennes ou du Hezbollah en Syrie.

 

Or auparavant et depuis des mois – à une autre interruption près – les raids de Tsahal se poursuivaient au rythme de deux à trois par semaine. Et je parle uniquement de ceux dont nous avions connaissance. Pour ajouter à ce que je viens d’écrire, les pensionnaires à demeure de la rédaction à Métula me confirment que le trafic des chasseurs-bombardiers sur leur tête a pratiquement cessé. Et Mansour, notre nouveau chef de la Ména dans le Golan, installé à Majd al Shams [ara. : l’étoile du soleil] me rapporte lui aussi que cela fait longtemps que le ciel sur la ligne Alpha – la frontière de facto entre Israël et la Syrie – n’a pas été aussi silencieux.

 

Or cela ne peut pas venir d’une évolution fortuite ou naturelle, car cela n’existe pas. Toutes les guerres ne se sont jamais interrompues autrement que sur la défaite de l’un des camps ou sur un accord de paix.

 

Dans ce cas-ci, c’est d’un accord temporaire qu’il s’agit, d’un cessez-le-feu obtenu par Vladimir Poutine. C’est un accord à la russe. Un arrangement obtenu par la pression sur les parties et par chantage. Un agrément qui ne va pas durer éternellement et qui – parce qu’il s’applique par un processus de retenue imposée et non une quelconque intention de faire la paix – ne va être que partiellement respecté.

 

D’autre part, Moscou lui-même ne respecte pas indéfiniment les ententes qu’il signe ou celles dont il est l’architecte. Il les honore tout le temps qu’elles vont dans le sens de son intérêt. Ensuite il jette une accusation fabuleuse de rupture de l’accord contre l’un des signataires et s’en retire.

 

Contrairement au ministère des Affaires Etrangères en Israël ou au Quai d’Orsay, la diplomatie russe n’a de tout temps eu qu’une seule fonction : atteindre sans passer par l’usage de la force un objectif défini. Et le faire en coordonnant tous les outils d’intimidation à disposition du régime.

 

Les seuls traités que la Russie respecte, ce sont ceux qu’elle ne signe pas. A l’instar de son engagement aux côtés de la dictature alaouite en Syrie, qui tient depuis quatre-vingts ans environ.

 

Il y a les ennemis irréductibles aussi, comme l’Ukraine ou la Pologne, qui comprenaient, jusqu’à l’avènement de Gorbatchev et surtout de Poutine, les Juifs et Israël. Il est vrai qu’il y a un million deux cent mille Israéliens d’origine russe, la seule minorité de cette taille en dehors des pays slaves, qu’ils sont riches, bien portants, puissants et emplis de bons sentiments pour le pays qu’ils ont quitté. Ce sont suffisamment de considérations pour que l’on en tienne compte.

 

Il y a également le fait que Jérusalem constitue un élément économiquement et militairement puissant au Moyen-Orient, et qu’il ne s’est jamais montré hostile ou irrespectueux à l’égard des intérêts russes.

 

Ca compte aussi. Même si le ministère russe des Affaires Etrangères et son immuable patron Lavrov (à cette fonction depuis 17 ans !), suivant un filon qui ressemble à s’y méprendre à la "politique arabe de la France", n’expriment encore que mépris et détestation pour Israël. Eux non plus n’ont pas compris que les pays arabes ont changé et qu’ils ne leur font plus plaisir en s’opposant systématiquement à Jérusalem.

 

Le puissant establishment russe de la Guerre est devenu plus nuancé. D’une part personne, depuis la Guerre de Corée, n’a détruit autant de matériel militaire russe qu’Israël avec tout ce que cela implique, mais de l’autre, les réalisations de Tsahal, de son aviation et de son Renseignement forcent le respect des généraux du Kremlin.

 

L’accord obtenu par les émissaires de Poutine vise à protéger l’allié Bashar al Assad, diminué par le Corona qu’il a contracté, à la tête d’un pays en ruines, qui n’a plus besoin des Iraniens et des destructions qu’ils engendrent, mais qui s’oriente vers une réconciliation avec les riches pays arabes ainsi qu’une normalisation avec Israël.

 

La première chose que Poutine avait obtenue était que les appareils du Khe’l épargnent les militaires syriens, en échange d’informations de leur part concernant les activités des Gardiens de la Révolution khomeyniste sur son sol. Les Pasdaran.

 

Le réchauffement est perceptible, Assad nous a rendu pour un prix relativement modique la folle qui avait traversé la frontière syrienne parce qu’elle trouvait son existence monotone. Depuis, il a autorisé des spécialistes russes à rechercher dans les cimetières damascènes les restes des soldats de Tsahal tués lors de l’affrontement de Sultan Yacov en 1982, ainsi que ceux de l’espion pendu en place publique à Damas, le 18 mai 1965, Eli Cohen. Pour ceux qui sont familiers avec la mentalité des Alaouites syriens, ce n’est ni plus ni moins que le franchissement de la moitié du chemin qui mène à la paix.

 

Poutine a enjoint les Iraniens de stopper leurs livraisons d’armes et de munitions par les airs en Syrie, et les gouvernementaux syriens, de ne pas les laisser transiter par leurs aéroports. Il a même reçu officiellement, voici quinze jours, une délégation du Hezbollah à Moscou, exigeant de l’organisation terroriste chiite libanaise de s’abstenir de toute provocation contre l’Etat hébreu, tant à partir du Liban que de Syrie, et de démanteler des batteries antiaériennes dissimulées dans les quartiers populeux de Beyrouth. Les Russes ont aussi ordonné/demandé à l’organisation de Nasrallah de modérer fortement ses menaces verbales contre Israël.

 

De son côté, le Hezb a réclamé de pouvoir se faire livrer des cargaisons ne comprenant pas d’armes sur l’aéroport de Khmeimim tenu par le contingent russe près de la ville de Lattaquié en Syrie. C’est largement une demande symbolique, destinée à présenter publiquement l’accord comme un échange de concessions plutôt que tel le diktat qu’il est. Le Hezbollah n’ayant aucune difficulté à se faire livrer du matériel civil directement au Liban.

 

Voilà. Cela durera le temps que cela durera. Plus particulièrement, aussi longtemps que les Iraniens ne se mettent pas à tricher, car ils comptent bien profiter de la cessation provisoire et inespérée des attaques aériennes israéliennes contre leurs hommes.

 

Aujourd’hui-même, les grandes oreilles de la Ména, Jules Mazouz, a informé la rédaction qu’un important chargement de missiles était arrivé à Boukamal [Syrie, frontière avec l’Irak. Ndlr.] par l’autoroute iranienne à destination du Liban et de la frontière israélienne.

 

Okay, ça n’est pas par la voie aérienne, mais s’il ne s’agit pas d’un enfumage, Aviv Kokhavi, le chef de l’état-major de Tsahal, va s’en occuper, cette cargaison d’armes ne traversera pas le désert de Syrie. Et les Russes ne bougeront pas. Ils s’attèleront, inlassablement, à instaurer une nouvelle trêve, puisque c’est dans l’intérêt de leur protégé.  

 

Kokhavi est à l’affut, de même que le Mossad, mais cela ne suffit aucunement. Il n’appartient pas aux militaires de prendre les décisions qui reviennent aux civils. C’est malsain et cela procède d’un processus de prises de décisions irrégulier et même dangereux. Car les militaires ne disposent pas d’un point de vue d’ensemble sur le statut du pays en temps réel. Naturellement, leur expertise se limite à leur domaine, celui de la confrontation armée. 

 

Aviv Kokhavi ne peut pas passer un coup de fil à Vladimir Poutine, cela ne se fait pas. C’est le boulot du Premier ministre. Voire plusieurs fois par jour, notamment pour lui demander de faire pression sur Khameneï afin qu’il ramène sa camelote de Boukamal à Téhéran pour éviter que les raids ne reprennent. Et croyez-moi bien que B. Netanyahu ne l’a pas fait. Il faut avoir la tête à cela, être au courant des moindres détails de la situation.

 

Depuis l’instauration de cette Pax Poutina, il faudrait avoir un briefing d’au moins une heure par jour avec Tsahal et le Renseignement. Vous la calez où, cette heure, exactement ?

 

Premier ministre, c’est un job à plein temps. Surtout en Israël. Une fonction qui ne saurait se mélanger avec des préoccupations judiciaires personnelles, comme la préparation de la réponse à Ilan Yeshua. Et si vous ajoutez la bagarre pour essayer de former une coalition en faisait cohabiter des Juifs fascisants qui veulent impunément infliger des roustes à leurs femmes, avec des islamistes qui ne rêvent que de précipiter les homos depuis les toits des immeubles, ce n’est pas joué d’avance.

 

Et la trêve russe ainsi que le suivi qu’elle nécessite ne sont pas tout. Il y a aussi le commencement des discussions entre Américains et iraniens cette semaine à Vienne en vue de relancer l’accord de 2015 sur le nucléaire des ayatollahs.

 

Le simple fait que les 5+1 acceptent d’entrer en matière avec les représentants de la théocratie, alors que Téhéran n’a pas respecté la moindre ligne du traité original depuis sa signature, est le pire des signaux.

 

Il démontre que les 5+1 sont disposés à parapher pratiquement n’importe quel nouvel accord avec les tyrans de Téhéran. Tout ce que Biden désire, à l’instar de son prédécesseur Démocrate Barack Obama, est de normaliser les relations avec ces monstres. Principalement pour faire contrepoids à l’influence des Etats arabes et d’Israël dans cette région du monde.

 

Cela nécessite une attention de tous les instants de la part du chef de l’exécutif israélien. Ne serait-ce qu’afin de circonscrire les dégâts. Mais comment faire lorsque vous êtes condamné à passer trois jours ouvrables sur six au tribunal pour éviter de vous retrouver en prison ?

 

Coup de théâtre en fin de journée : Netanyahu a convoqué la presse et les chaînes de télévision afin de se réitérer sa dénonciation d’un soi-disant coup d’Etat de la part de la magistrature et du parquet contre sa personne.

 

Au bord des larmes, avançant des arguments teintés d’hystérie, le Premier ministre par intérim s’est attaqué frontalement aux institutions de l’Etat de droit en Israël.

 

La réaction à ces propos du procureur général de l’Etat, M. Avikhaï Mandelblit, est attendue avec intérêt. Il avait fait entériner par la Cour suprême l’interdiction imposée à M. Netanyahu de se servir de sa fonction de chef de l’exécutif pour défendre ses intérêts personnels. Or c’est précisément ce qu’il a fait ce soir. Il a replaidé à sa guise l’audience de la journée devant toutes les chaînes TV du pays, et il n’aurait pas pu le faire s’il n’était pas Premier ministre en exercice.

 

Dans l’attente d’une réponse de la justice aux accusations insupportables du chef du pouvoir exécutif, nous avons enregistré la réplique du ministre de la Défense et chef du parti Kakhol-Lavan, Benny Gantz, lequel a critiqué Netanyahu après son discours, appelant les autres partis à s'unir et à le remplacer.

 

"Netanyahu a prouvé ce soir qu'il était inapte à diriger un gouvernement, et que c'est lui qui tente un coup d'Etat. Son attaque contre le ministère public ne visait qu'une chose : délégitimer les résultats de son procès et tenter de constituer un pouvoir sans entraves".

 

Prenant le contrepied de Binyamin Netanyahu, Gantz a twitté : "J'aimerais envoyer un message au parquet, aux juges et à l'ensemble du système judiciaire - continuez à faire votre travail sans crainte. Nous ne permettrons pas qu’il vous soit fait du mal et nous protégerons votre indépendance pendant le gouvernement de transition" [en attendant qu’une coalition majoritaire désignant un Premier ministre ne se dégage des dernières élections générales. Ndlr.]

 

 
By YinonSys